Le devoir, 9 mars 2019, Cahier E
[" | CAHIER SPÉCIAL E | LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 S T E P H A N I E S T U D E R U N S P L A S H ALIMENTATION Nouveau Guide alimentaire, popularité de plus en plus grande pour l\u2019alimentation saine, locale, biologique, végétarienne et végétalienne.Les Québécois sont nombreux à vouloir bien manger et savoir ce qu\u2019il y a dans leur assiette.Alors que l\u2019Expo Manger santé et vivre vert se tiendra à Montréal le weekend prochain, Le Devoir se met la tête dans les plats et réfléchit à ce qu\u2019on y mitonne aujourd\u2019hui, et à ce qu\u2019on y mitonnera demain.Une révolution dans l\u2019assiette Manger de la viande de façon éthique, une utopie?E7 Cultiver ailleurs pour penser l\u2019agriculture de demain E8 et E9 Le véganisme pour tous E2 et E3 Manger le Québec Une nouvelle collaboration est née entre Le Devoir et Caribou, un magazine consacré à la culture culinaire québécoise.Dès le mois de mai, une série de six cahiers spéciaux, produits en partenariat avec l\u2019équipe éditoriale de Caribou, sera publiée dans Le Devoir.Au menu Reportages, photoreportages, entrevues, portraits, recettes, chroniques, virées à travers la province\u2026 Cette série fera découvrir le Québec autrement, en présentant les humains qui façonnent notre culture culinaire et les enjeux qui s\u2019y rattachent.Le contenu de votre assiette comme vous ne l\u2019avez jamais lu ! Premier numéro le 4 mai Pour en savoir plus sur cette série ou pour y annoncer : 514-985-3399 lhemond@ledevoir.com Le véganisme pour tous Faut-il être végétarien pour apprécier un repas où les légumes sont en vedette?Stéphanie Audet, ancienne chef au restaurant Lov et spécialiste de la cuisine botanique, ne le croit pas et tente de démocratiser les végétaux un peu partout dans le monde.C A T H E R I N E M A R T E L L I N I Collaboration spéciale A près avoir réussi à hisser le restaurant botanique Lov parmi les tables incontournables de Montréal \u2014 et non pas uniquement aux palmarès des tables végés ou véganes \u2014, Stéphanie Audet a décidé de semer sa passion végétale au Portugal en novembre dernier avec son mari, le sommelier Marc Davidson.Ce qui devait n\u2019être qu\u2019un simple voyage pour évaluer l\u2019ouverture des Portugais à la cuisine botanique s\u2019est soldé par la signature d\u2019un bail de cinq ans au Senhor Uva, un bar de Lisbonne où l\u2019on peut déguster des vins naturels et des tapas végétariennes.C\u2019est l\u2019un des rares restaurants végés au pays, dont la majorité ont ouvert au cours des 12 derniers mois, soutient la Gaspésienne, qui n\u2019en est pas à sa première aventure d\u2019affaires à l\u2019étranger, ayant notamment eu son propre restaurant de 22 places à Hawaï.Les légumes, l\u2019apanage des végétariens ?C\u2019est pour éviter d\u2019exclure les « non- végétariens » que Stéphanie Audet qualifiait sa cuisine au Lov de botanique, soit axée sur les légumes et les végétaux.« Je ne suis pas militante, ni purement végétarienne : je mange du poisson et des fruits de mer s\u2019ils sont fraîchement pêchés et non congelés, précise-t-elle.Je veux inspirer les gens et leur faire découvrir les légumes, et ils n\u2019ont pas à être végétariens pour les apprécier.» Si le menu au Lov était à la base végétalien et excluait donc tout produit laitier, celui du Senhor Uva propose un fromage por tugais fondu avec du romarin, et bientôt un œuf.«Les clients qui visitent le restaurant ne sont pas nécessairement végétariens et sont attirés d\u2019abord par les vins nature.» Ceux-ci commencent à faire leur entrée dans ce marché, souligne-t-elle.La carte de Marc Davidson en compte 55, une des plus vastes au pays.Chou-fleur au lait de coco à la lime kaf fir, cajou, coriandre et sumac ; houmous au zeste de citron, menthe, aubergines marinées, concombre et croustilles de pita ; courge Butternut rôtie, servie avec purée d\u2019oignons caramélisés, graines de citrouille au miel, fromage de chèvre frais et pol- RESTAURANT BOTANIQUE LOV ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 RESTAURANT BOTANIQUE LOV RESTAURANT BOTANIQUE LOV E 2 ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 3 len d\u2019abeille : tous les plats se marient avec un verre de vin et témoignent de la signature gastronomique de la chef.Les aliments employés, eux, ne sont pas entièrement bios : ils proviennent en majorité des fermes du Portugal, la chef alternant entre de petits producteurs et des fermes qui détiennent la cer tification biologique.« Je peux m\u2019approvisionner à coups de quelques fruits et légumes auprès de producteurs parce que mon menu comprend seulement une douzaine d\u2019aliments et que le restaurant compte moins de 30 places.» Une mode ou un mode de vie L\u2019engouement pour le véganisme est tel qu\u2019on a assisté au déploiement d\u2019un premier drapeau international végane en 2017, au lancement de Billions Vegan, une sorte d\u2019Amazon vé- gane en 2018, et à la mise sur pied d\u2019un nouvel indice boursier américain au soutien des entreprises végéta- liennes et respectueuses de l\u2019environnement, le US Vegan Climate Index.« J\u2019ai remarqué un boom il y a environ trois ans.Les émissions de télé et les journaux souhaitaient tous aborder le sujet, et il y a aussi eu une hausse des grandes entreprises pour des services de traiteur végé », mentionne celle qui a aussi été à la barre du restaurant Crudessence.Au Canada, il existerait plus de trois millions de végétariens ou végé- taliens, selon une récente étude de l\u2019Université Dalhousie, soit près de 10 % de la population canadienne.Si elle admet qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019une mode, elle croit toutefois qu\u2019elle se transformera en véritable style de vie.« Le végétarisme est principalement motivé par la santé et le bien-être actuellement, suivant l\u2019engouement pour le yoga, mais j\u2019espère que la motivation éthique ressortira davantage durant les prochaines années : manger de la viande si on le souhaite, mais locale, en moins grande quantité et achetée auprès de petits producteurs.» Le secret est dans les épices États -Unis, Costa Rica, Brési l , Mexique, Europe, Islande\u2026 Stéphanie Audet a eu l\u2019occasion de voyager et de raffiner sa spécialité culinaire dans différents pays.Mais c\u2019est le Sri Lanka, qui jouit d\u2019une longue tradition végétarienne, qui a changé son rapport avec la façon de cuisiner les légumes.«Ce choix est ancré dans leur culture : cultiver des légumes coûte moins cher que d\u2019élever des bêtes qui demandent notamment plus d\u2019eau.» Dans les restaurants traditionnels du pays, la majorité de l\u2019offre est végé, a-t-elle noté, même si on peut y trouver un peu de poulet ou de poisson.Ce sont les épices qui changent tout.«Si on apprête les légumes seulement avec du sel et du poivre, c\u2019est bien certain que ce ne sera pas savoureux, souligne-t-elle.Le Québec regorge d\u2019épices, mais on oublie de les utiliser.» Stéphanie Audet lancera son premier livre de recettes, Cuisine botanique, le 12 mars, dont elle partage ci-dessous une recette.VALERIA BISMAR Hoppers 1/2 tasse (125 ml) d\u2019eau (pour faire lever la levure) + 2/3 tasse (170 ml) d\u2019eau (pour diluer le lait de coco) 1 c.à s.(15 ml) de levure active 2 c.à s.(30 ml) de sucre de canne 2 tasses (500 ml) de farine de riz fine 1/2 tasse (125 ml) de farine tout usage sans gluten 1 2/3 (420 ml) tasse de lait de coco 1 1/2 c.à t.(8 ml) de sel de mer Chutney à la menthe 1 tasse (250 ml) de feuilles de menthe fraîche 2 tasses (500 ml) de feuilles de coriandre fraîche 1/2 tasse (125 ml) de noix de coco, râpée 4 gousses d\u2019ail 1 tasse (250 ml) de poivrons verts doux, de type banane 2 c.à s.(30 ml) de gingembre frais, râpé 4 c.à t.(20 ml) de jus de lime 1 c.à t.(5 ml) de sel marin 8 c.à s.d\u2019eau au besoin HOPPERS, CHUTNEY À LA MENTHE ET PIMENTADE Portions : 12 Temps de préparation : 20 min + 9 h de repos 1.Préparer les hoppers.Dans un petit bol, mélanger 1/2 tasse d\u2019eau tiède, la levure active et le sucre de canne.Laisser reposer 1 heure sur le comptoir pour que le mélange mousse.2.Dans un grand un bol, mélanger la farine de riz et la farine tout usage.Réserver.3.Dans une casserole, mettre le lait de coco et 2/3 de tasse d\u2019eau.4.Faire chauffer le mélange légèrement, jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit tiède.Verser sur les farines et bien mélanger pour obtenir une pâte onctueuse qui colle à la cuillère.5.Incorporer la levure à la pâte.Couvrir avec une pellicule plastique.Laisser fermenter à la température de la pièce pendant 8 heures.Après ce temps de repos, ajouter le sel de mer.6.Pour la cuisson, utiliser une poêle antiadhésive si vous n\u2019avez pas de poêle à hopper en forme de bol.7.Déposer 1/3 de tasse du mélange dans la poêle chaude.Bien répartir en soulevant et en tournant la poêle pour en recouvrir les rebords, ce qui donne la forme d\u2019un bol.8.Laisser cuire 2 minutes, ou jusqu\u2019à ce que la pâte commence à devenir dorée.1.Pour le chutney à la menthe, incorporer tous les ingrédients dans le récipient du mélangeur et mixer jusqu\u2019à obtenir une texture plus ou moins lisse.Ajouter de l\u2019eau au besoin.2.Pour le chutney au piment, hacher le piment, les poivrons et les échalotes.Faire chauffer l\u2019huile de pépins de raisin dans une poêle à feu moyen-élevé.Faire sauter le piment, les poivrons et les échalotes.3.À mi-cuisson, ajouter le sucre Jaggery et le sel.4.Faire cuire jusqu\u2019à ce que les poivrons soient moelleux.5.Mettre le tout dans le récipient du mélangeur.Ajouter le vinaigre de riz.Mélanger en laissant quelques morceaux intacts pour la texture.6.Servir avec les hoppers.Chutney de piment Gorria 1 piment Gorria* (ou 2 c.à t.(10 ml) de piment Gorria broyé, ou de piment d\u2019Espelette) 2 poivrons rouges 6 échalotes françaises 4 c.à s.(60 ml) d\u2019huile de pépins de raisin 2 c.à s.(30 ml) de sucre Jaggery 2 c.à t.(10 ml) de sel de mer 1 c.à t.(5 ml) de vinaigre de riz * Vous pouvez vous procurer des piments Gorria en saison dans les marchés fermiers.RESTAURANT BOTANIQUE LOV ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 4 Ayant pour mission de promouvoir l\u2019industrie agroalimentaire du Québec, Aliments du Québec est un organisme sans but lucratif qui détient deux certifications : Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec, et leurs déclinaisons bios.Chaque année, avec des campagnes publicitaires, l\u2019organisme rappelle aux consommateurs qu\u2019il existe des outils pour s\u2019orienter vers des produits québécois et leurs multiples avantages?: en plus de proposer une grande fraîcheur et diversité, s\u2019en procurer encourage les producteurs et transformateurs québécois, et leur proximité réduit les impacts négatifs du transport.Des produits d\u2019ici en magasin L\u2019organisme s\u2019assure de la provenance d\u2019un produit, vérifie ses ingrédients et reconnaît son producteur.Pour qu\u2019un produit obtienne la certification Aliments du Québec, celui-ci doit être composé d\u2019un minimum de 85 % d\u2019ingrédients d\u2019origine québécoise et que tous les ingrédients principaux soient d\u2019ici.De plus, toutes les activités de transformation et d\u2019emballage du produit doivent être réalisées au Québec.On retrouve dans cette catégorie tous les produits plus ou moins bruts?comme les fruits et légumes, les œufs, la viande ou encore les jus.Mais comme de nombreux ingrédients ne sont pas disponibles à longueur d\u2019année au Québec, l\u2019organisme a aussi voulu saluer le travail des transformateurs avec le logo Aliments préparés au Québec.Il garantit qu\u2019un produit est entièrement transformé et emballé au Québec.Par ailleurs, si les ingrédients principaux sont disponibles en quantité suffisante au Québec, ils doivent être utilisés.Depuis 2013, des versions biologiques de ces certifications sont clairement identifiées.Né d\u2019une alliance avec la Filière biologique du Québec, Aliments du Québec s\u2019assure de la provenance des produits, tandis que les organismes accrédités comme Québec Vrai ou Ecocert Canada sont chargés de la certification biologique.Résultat : un repère deux en un?! Savourez le Québec, même au restaurant Depuis 2014, Aliments du Québec s\u2019est aussi donné comme mission d\u2019aider les consommateurs à manger québécois en toutes occasions, et il n\u2019y a pas qu\u2019en épicerie qu\u2019on peut faire des choix locaux, mais aussi au restaurant.Le programme Aliments du Québec au menu, reconnaît ainsi l\u2019effort de nombreux établissements.Ces restaurateurs qui mettent en avant les produits locaux s\u2019engagent à offrir à leurs clients un menu composé d\u2019un minimum de 60 % de contenu québécois, et ce, tout au long de l\u2019année.Des sorties entre amis dans les chaînes de restauration familiale jusqu\u2019aux grandes occasions dans un restaurant gastronomique, l\u2019éventail de restaurants participants peut satisfaire tous les goûts.Le site alimentsduquebecaumenu.com propose aux consommateurs de faire une recherche par région et par type de cuisine.En 2018, une première édition du concours du restaurant de l\u2019année a couronné Chez Boulay, bistro boréal pour sa cuisine nordique où se mêlent wapiti, thé du Labrador et huile de pépins de canneberges.CONTENU PUBLICITAIRE Les Québécois connaissent tous le petit logo bleu et jaune d\u2019Aliments du Québec, qui agit comme un repère en permettant aux consommateurs de faire une choix local.Pas étonnant, puisqu\u2019il existe plus de 22?000 produits certifiés par l\u2019organisation.Ce contenu publicitaire a été produit par ou pour les annonceurs suivants?: Aliments du Québec.Décider de privilégier les aliments locaux au quotidien présente de nombreux avantages, pour nous et pour ceux qui nous entourent.Aliments du Québec nous permet de manger local facilement, dans toutes les occasions.«?Exigez de manger local?!?»?: Aliments du Québec invite les consommateurs à interpeller leurs propres établissements pour faire un virage vers l\u2019approvisionnement local?! Manger local, c\u2019est aussi possible à la garderie, à l\u2019école, sur les lieux de travail\u2026 et même à l\u2019hôpital?! Le programme Aliments du Québec au menu récompense également les institutions qui font des efforts pour cuisiner local.Lancé il y a deux ans, le programme développé par Aliments du Québec et Équiterre a déjà attiré 78 établissements à travers la province.Cette fois, ce sont les plats qui sont reconnus Aliments du Québec s\u2019ils sont composés majoritairement d\u2019ingrédients locaux.L\u2019organisme accompagne les établissements pour trouver des fournisseurs et des producteurs qui peuvent les aider à augmenter au fur et à mesure leur approvisionnement local.Ouvert à tout type de société, le programme les encourage toutes?! ALIMENTS DU QUÉBEC UN REPÈRE POUR MANGER LOCAL DANS TOUTES LES OCCASIONS ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 5 C\u2019est facile de choisir ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 6 Que ce soit en achetant des produits locaux, en parcourant des circuits agrotouristiques durant vos vacances ou en cuisinant de bons aliments d\u2019ici avec vos enfants, encourager l\u2019agriculture de chez nous, c\u2019est encourager notre économie, la vitalité de nos régions, la saine alimentation et la conservation de notre patrimoine.LE NOUVEAU GUIDE ALIMENTAIRE CANADIEN Pour de saines habitudes alimentaires Le guide va bien au-delà des aliments consommés, il privilégie l\u2019art de bien manger M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale D epuis sa sor tie, le nouveau Guide alimentaire canadien fait beaucoup jaser.On y trouve des nouveautés, des changements et des lignes directrices.En gros, on a opté pour une approche holistique de l\u2019alimentation.«Le guide va bien au-delà de ce qu\u2019il faut manger, il parle aussi de comment manger », explique le Dr Alfred Aziz, directeur général du Bureau de la politique et de la promotion de la nutrition pour le gouvernement fédéral.Il nous rappelle ce qu\u2019il est important de retenir de ce guide.L\u2019essentiel « Nous recommandons une consommation régulière de légumes, de fruits, d\u2019aliments à grains entiers, indique le Dr Aziz.De plus, le guide suggère de privilégier les aliments protéinés d\u2019origine végétale ; ils favorisent la santé cardiovasculaire.» Sans bannir complètement les aliments hautement transformés, le guide recommande d\u2019en manger moins souvent et en petite quantité.Idéalement, il est préférable de limiter les ingrédients qui contiennent du sodium, des sucres et des gras saturés.Faire de l\u2019eau notre boisson de choix apparaît comme une directive nouvelle : « Les boissons sucrées représentent les principales sources de sucres totaux dans l\u2019alimentation des Canadiens », révèle le docteur, qui rappelle que, dans les boissons sucrées, on inclut bien sûr les sodas, mais aussi les thés et les laits sucrés, les boissons énergisantes ainsi que les jus de fruits.Le Dr Aziz explique que le nouveau guide s\u2019attarde « aux proportions plutôt qu\u2019aux portions, comme le faisaient les anciens guides ».Il ajoute que, « pour les Canadiens, le concept des portions n\u2019était pas très utile et qu\u2019ils n\u2019arrivaient pas à l\u2019appliquer au quotidien».Bien lire les étiquettes des produits permet aussi de faire de meilleurs choix.De plus, il est primordial de rester vigilant devant le marketing alimentaire, aujourd\u2019hui omniprésent dans nos vies.Bien plus que l\u2019assiette Au-delà de ces recommandations de base, le nouveau Guide alimentaire canadien s\u2019attarde sur le plaisir et sur l\u2019acte même de manger, signalant au passage l\u2019impor tance de bien prendre conscience de nos habitudes alimentaires.Prendre le temps de cuisiner plus souvent permet de mieux manger.D\u2019abord, cela évite de consommer des aliments transformés, mais cela permet également de contrôler le contenu de nos assiettes.De plus, cuisiner est économique, agréable et bon.Tout en soulignant l\u2019importance de bien savourer les aliments, le nouveau guide insiste sur les avantages de prendre ses repas en bonne compagnie.Pour plus de recettes, de conseils et de ressources, rendez-vous également sur le site Internet du Guide alimentaire canadien (guide-alimen- taire.canada.ca). On croit souvent que le végétarisme, le végétalisme, le véganisme et les questionnements liés à l\u2019éthique animale sont des mouvements très contemporains.En réalité, les philosophes y réfléchissent depuis plusieurs siècles\u2026 Les arguments avancés aujourd\u2019hui pour justifier la consommation de viande, qui font appel à ce qu\u2019on appelle les «quatre N», à savoir que l\u2019exploitation des animaux est normale, nécessaire, naturelle et nice, existaient déjà dans la Grèce antique.Ce qui explique que ces questions aient présentement une plus grande attention sociale tient à des facteurs nouveaux, comme le fait que nous soyons face à une crise écologique et que nous reconnaissions davantage la conscience animale grâce aux nouveaux savoirs que nous avons sur leurs conditions.En quoi la consommation de viande peut-elle poser problème?C\u2019est avec l\u2019alimentation que nous avons le plus gros impact sur la planète.Selon une étude de Poore et Ne- mecek publiée en 2018 dans la revue Science, si nous comparons les impacts environnementaux de la production de viande biologique à celle de la viande non biologique, le rapport est de un pour deux.Mais si nous comparons la production de lentilles, par exemple, à celle de la viande, le rapport est de un pour cent.Pour le moment, l\u2019élevage d\u2019animaux est responsable de 15 à 20% des gaz à effet de serre sur la planète.Mais en 2050, si d\u2019autres secteurs deviennent moins polluants dans l\u2019objectif de respecter les objectifs de l\u2019Accord de Paris sur le climat, l\u2019élevage pourrait être responsable de 50% d\u2019entre eux.Il y a par ailleurs un enjeu de santé humaine.L\u2019utilisation d\u2019antibiotiques dans l\u2019élevage favorise le développement de bactéries résistantes aux médicaments.Et les zoonoses, comme la grippe aviaire et porcine, inquiètent les autorités de santé publique.Enfin, du côté de l\u2019éthique animale, avouons-le, c\u2019est assez commode de se dire que les animaux ne ressentent pas la douleur ou ne la ressentent pas comme nous, mais les études prouvent que cet argument ne tient plus la route.Y a-t-il moyen de consommer de la viande de façon plus responsable?Aujourd\u2019hui, même si nous souhaitons faire de bons choix, il y a dans l\u2019industrie un problème de transparence.Même quand ils proviennent de petits élevages, les animaux ont dû subir le transport vers l\u2019abattoir, ce qui est très stressant pour eux.Pour contrer ce problème, certaines personnes font leurs achats directement à la ferme.Mais c\u2019est une solution très élitiste, qui n\u2019est pas accessible à tous et qui, parce qu\u2019il faut y aller en auto, n\u2019est pas moins polluante.Cela n\u2019aide pas à la sécurité alimentaire, au contraire, cela continue plutôt à encourager l\u2019élevage.Quels sont donc les choix qui s\u2019offrent aux consommateurs?Soit consommer de la viande à bas prix, soit payer plus cher pour des animaux mieux traités, soit opter pour le végétalisme, qui privilégie une alimentation sans aucun produit animal.Selon moi, le discours végane est le plus intéressant en ce qui a trait à la justice envers les animaux et à la justice sociale.Il faut faire la promotion de l\u2019alimentation végétale afin d\u2019entamer une transition à la fois agricole et alimentaire.Parce qu\u2019au fond, pourquoi manger de la viande s\u2019il est possible de faire autrement?Vous parlez de végétalisme, mais que pensez-vous du végétarisme?Le végétarisme implique de remplacer la viande par des produits laitiers ou des œufs.Au Canada, entre 2007 et 2017, la consommation d\u2019œufs et de fromages a explosé.Cela n\u2019aide pas non plus la cause animale.C\u2019est la même chose pour les gens qui diminuent leur consommation de viande rouge et qui se tournent vers le poulet.Dans ce cas, il y a plus d\u2019animaux qui souffrent parce qu\u2019il faut tuer plus de poulets que de bœufs pour obtenir la même quantité de viande.Il faudrait donc arrêter complètement de consommer des produits provenant des animaux ?En effet, je promeus l\u2019idée de ne pas manger d\u2019animaux ou de produits provenant des animaux quand cela est possible.On entend souvent parler de flexitarisme, mais je préfère utiliser le terme réductionnisme, qui sous-entend une réduction.Plus de 50 % de la population canadienne souhaite réduire sa consommation de viande.Nous ne sommes donc même plus dans une situation où il faut convaincre; ce qu\u2019il faut, c\u2019est aider les gens à réduire.Il n\u2019y a personne à blâmer pour la situation actuelle puisque tout le système est créé par des décisions qui ont été prises dans le passé.La question maintenant, c\u2019est de savoir comment, à partir d\u2019aujourd\u2019hui, travailler ensemble pour faire autrement.Il faut par exemple revoir nos priorités.Se demander d\u2019abord ce qu\u2019on veut produire, bien avant de se demander comment le produire.Comment opérer ces changements ?Cela doit être un choix de société, et tous les ordres de gouvernement doivent être impliqués.J\u2019aimerais que le discours ne soit pas centré sur l\u2019individu mais sur les institutions.La tragédie actuelle, c\u2019est que beaucoup de gens doivent manger des animaux malgré eux, dans les cafétérias, les cantines, les hôpitaux, par exemple.C\u2019est un minimum de demander que l\u2019on puisse avoir le choix de ne pas manger d\u2019animaux.Malheureusement, pour le moment, aucune décision n\u2019est prise en ce sens.Il n\u2019y a aucune volonté politique de se détourner de l\u2019exploitation des animaux, même si le nouveau Guide alimentaire canadien est un pas dans la bonne direction.Devant les questions d\u2019éthique animale, il faudrait que chaque personne se voie comme un citoyen plus que comme un consommateur.C\u2019est à nous de faire des choix, car nous avons encore le pouvoir de changer les choses.ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 7 Manger de la viande de façon éthique, une utopie?Comment repenser notre relation aux animaux ?Christiane Bailey, auteure et philosophe, réfléchit à la question et signe, avec le professeur Jean-François Labonté, La philosophie à l\u2019abattoir, un essai publié récemment aux éditions Atelier 10.Alors que la quantité d\u2019animaux d\u2019élevage pourrait avoir doublé en 2050, une réflexion sur l\u2019éthique animale est urgente, croit Christiane Bailey, qui estime que le débat à mener pourrait être le plus important du XXIe siècle.Entrevue.V É R O N I Q U E L E D U C Collaboration spéciale La philosophie à l\u2019abattoir, Christine Bailey et Jean-François Labonté, Atelier10 VINGT MILLE LIEUES SOUS LES MERS C ultiver des légumes sous la mer : c\u2019est l\u2019idée un peu farfelue, tout droit sor tie d\u2019un roman de Jules Verne, qu\u2019un groupe de jardiniers-plongeurs a eu envie de tester au large de la baie de Noli, au nord de l\u2019Italie.Leur projet pilote, appelé le Jardin de Nemo, consiste en une serre sous- marine où l\u2019on cultive des plantes potagères en hydroponie (une technique de production hors-sol où les racines sont immergées dans une solution nutritive).Celles-ci poussent sous des biosphères qui ressemblent à de gros ballons, enfouies\u2026 à six mètres sous le niveau de la mer.Ce système, qui n\u2019est nocif ni pour l\u2019écosystème ni pour les espèces marines \u2014 les biosphères ser vent même de récifs ar tificiels pour les poissons \u2014, comporte de surcroît certains avantages qu\u2019on ne trouve pas sur la terre ferme.Comme la température de l\u2019eau demeure stable, il n\u2019y a aucun risque de gel ou de sécheresse.De plus, l\u2019utilisation de pesticides n\u2019est pas nécessaire, compte tenu de l\u2019absence des insectes ravageurs et des autres nuisibles qu\u2019on trouve généralement au jardin.Encore au stade de l\u2019expérimentation, ce potager aquatique propose un modèle qui pourrait un jour être reproduit dans des zones où la culture du sol est impraticable.Et comme les océans couvrent 70 % de la surface de la Terre, l\u2019idée pourrait être fructueuse\u2026 LE GOÛT DU NORD À l \u2019heure actuelle, les produits importés composent une partie im- por tante de l \u2019a l imentat ion des populations du Grand Nord.Les légumes et les fruits frais, transportés par avion du sud du Québec, sont coûteux aussi bien économi- q u e m e n t q u \u2019 é c o l o g i q u e m e n t , puisqu\u2019ils laissent derrière eux une importante empreinte carbone.Qui plus est, les habitudes de chasse et de pêche des habitants de ces régions glacées sont de plus en plus bouleversées par les changements climatiques.Pour mettre fin à cette précarité, de nombreuses initiatives ont vu le jour.Et l\u2019une d\u2019entre elles est montréalaise ! L\u2019entreprise EAU (Écosystèmes alimentaires urbains) a en ef fet mis au point une ferme ver ticale, sur deux étages, qui permet de produire en grande quantité des fruits, des légumes et du poisson selon les principes de l\u2019aquaponie.Née à la fois de l\u2019aquaculture (élevage de poisson) et de l\u2019hydroponie, cette technique repose sur la symbiose naturelle qui existe entre les poissons et les végétaux : les excréments des poissons engraissent les plantes qui, en échange, purifient l\u2019eau des poissons.La jeune entreprise travaille de concer t avec la communauté Whapmagoostui \u2014 inaccessible par la route et hors du réseau d\u2019hydro- électricité du Québec \u2014 pour y implanter son système, afin que les Cris de ce village puissent assurer leur autonomie alimentaire.ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 8 Cultiver ailleurs En ce moment, près de 40 % de la superficie des continents est occupée par l\u2019agriculture.En raison des changements climatiques et de l\u2019accroissement de la population, nous risquons d\u2019être bientôt forcés de trouver de nouveaux territoires où cultiver, à la fois pour préserver les écosystèmes et pour nourrir la planète.Un peu partout dans le monde, de petites révolutions sont déjà en marche pour penser l\u2019agriculture de demain.Coup d\u2019œil sur trois possibilités.M É L A N I E R O Y Collaboration spéciale Magazine Caribou | cariboumag.com ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 9 UN PETIT PAS POUR L\u2019HOMME Le 10 août 2015, des astronautes de la Station spatiale internationale ont dégusté, en direct sur Twitter, de la laitue romaine rouge qu\u2019ils avaient fait pousser\u2026 dans l\u2019espace.En réussissant à surmonter la difficulté technique liée à la culture de végétaux dans un environnement caractérisé par une quasi-absence de gravité, de lumière naturelle et d\u2019eau, les astronautes ont confirmé qu\u2019il est possible de produire et de consommer des aliments frais pendant les longs séjours dans l\u2019espace.Cela résout un problème de taille lié aux voyages en orbite : les aliments lyophilisés, qui constituent la nourriture des astronautes, perdent certains de leurs nutriments au fil du temps.Il sera donc nécessaire, si l\u2019on veut lancer des missions spatiales de très longue durée, que les voyageurs de l\u2019espace fassent pousser au moins une partie de leurs aliments, afin de pouvoir rester en santé.C\u2019est d\u2019ailleurs une des raisons pour lesquelles la NASA finance en ce moment plusieurs projets d\u2019agriculture spatiale.Pour l\u2019instant, le cresson, les lentilles et le soya comptent parmi les variétés testées.Ces plantes ont été choisies pour leur rendement élevé (quasiment toutes leurs par ties se mangent) et leur capacité à pousser dans de petits espaces.La première mission habitée sur Mars étant prévue pour les années 2030, ces décou- ver tes sont cruciales pour la prochaine génération d\u2019explorateurs.Autre jalon à poser pour la conquête de l\u2019espace : trouver un système de culture adapté aux arides conditions martiennes, un défi sur lequel planchent simultanément plusieurs chercheurs dans le monde.De petites révolutions sont déjà en marche pour penser l\u2019agriculture de demain Cuisiner sans culpabiliser Pour ceux qui souhaitent réduire leur consommation de viande sans savoir comment s\u2019y prendre, de plus en plus de livres de cuisine végétalienne et végétarienne font leur apparition sur les tablettes des librairies.Voici trois suggestions.Végane, mais pas plate! Jessie et PH, les deux vedettes véganes de l\u2019émission de téléréalité Occupation double Bali, publient leur premier livre de cuisine.Ceux qui ont suivi l\u2019émission se souviendront de la tourtière du Lac véganisée de la mère de PH ou encore de la recette de poutine cuisinée par Jessie à Bali lors du concours de cuisine\u2026 Ces recettes se retrouvent dans l\u2019ouvrage, aux côtés de plats d\u2019ici et d\u2019ailleurs revisités afin de faire la part belle aux légumineuses.Par Jessie Nadeau et Pascal-Hugo Caron-Cantin, Éditions Pratico-Pratiques, 2018 Mon récit culinaire en plus de 50 recettes C\u2019est après avoir visionné le documentaire Glass Walls qu\u2019Eve-Lyne Auger, alias La Fraîche, a pris la décision de ne plus consommer de viande et de se tourner vers une alimentation pesco-végéta- rienne.Convaincue de son choix et toujours aussi gourmande, elle relate cette transition en cinq chapitres, tous accompagnés de recettes savoureuses et faciles à préparer.Son but: encourager à consommer moins de viande, en montrant que manger végé, c\u2019est simple, facile et délicieux! Par La Fraîche, Éditions Goélette, 2018 Une journée dans mon assiette vegan Quatre-vingts recettes véganes créatives et gourmandes classées par saisons et par circonstances présentées par la youtubeuse française Lloyd Lang.Un ouvrage idéal pour manger vé- gane et sain au fil des saisons et des journées, qu\u2019elles soient sportives ou festives, que vous ayez le temps de cuisiner ou prévoyiez plutôt de manger sur le pouce.Par Lloyd Lang, Éditions Hachette Pratique, 2019 ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 10 Diminuer le glyphosate, mais comment?La controverse autour du glyphosate s\u2019est amplifiée au cours des derniers mois.L\u2019ingrédient actif de l\u2019herbicide Roundup est largement utilisé dans les cultures de blé, de maïs et de soya, ici comme ailleurs, mais quelques agriculteurs et chercheurs tentent de diminuer son usage, voire de s\u2019en passer.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale P aul-Émile Brisson, propriétaire de la Ferme Lait-Brissau de Saint-Stanislas-de-Kostka, a commencé l\u2019an dernier à diminuer son usage de glyphosate dans ses 350 hectares de maïs et de soya.Pour y arriver, il répand l\u2019herbicide à des moments dif férents de l\u2019année afin de réduire de plus de moitié la quantité utilisée.Mais il n\u2019est pas simple de s\u2019en débarrasser.Sur la base de la quantité de glyphosate vendue en 2016, le ministère de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a estimé les superficies traitées au Québec à 1 750 000 hectares.Comme le maïs et le soya sont cultivés sur 745 000 hectares dans la province, tout porte à croire que le produit a été utilisé plus d\u2019une fois ou avec une dose plus élevée que la moyenne dans plusieurs champs.« C\u2019est un herbicide miracle, reconnaît M.Bris- son.Tu le mets sur une plante résistante et tout brûle sauf elle.» En plus de ne pas être cher, le glyphosate avait été adopté par l\u2019agriculteur en raison de sa réputation comme l\u2019un des herbicides les moins néfastes pour l\u2019environnement et la santé humaine.Mais l\u2019actualité récente a semé une inquiétude chez lui.Retour sur une controverse En 2015, cet ingrédient actif a été classé comme cancérigène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), un organe de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS).Qu\u2019à cela ne tienne, Santé Canada a renouvelé pour 15 ans l\u2019homologation du gly- phosate en 2017.La décision a créé une controverse, qui s\u2019est amplifiée avec les conséquences d\u2019un procès en Californie contre Monsanto, le fabricant du Roundup aujourd\u2019hui propriété de Bayer.Les tribunaux ont condamné la multinationale à dédommager un jardiner qui souffrait d\u2019un cancer de type lymphome non hodg- kinien.Des documents divulgués dans la foulée, surnommés les «Monsanto Papers», ont dévoilé que Monsanto avait manipulé des études au sujet des impacts sur la santé de l\u2019herbicide, études auxquelles Santé Canada se serait notamment fié pour renouveler l\u2019homologation.La toxicité du glyphosate continue néanmoins de faire débat dans la communauté scientifique.La ganderosité chez les humains, dans des conditions normales d\u2019utilisation, demeurent à démontrer, surtout lorsqu\u2019il est question de la consommation des aliments en bout de chaîne, car peu d\u2019études indépendantes et rigoureuses se sont penchées sur la question.Mais à toute la polémique s\u2019ajoutent des constats écologiques.Les mauvaises herbes résistantes aux glyphosates se multiplient en Amérique du Nord, et un premier cas, la moutarde des oiseaux, a été signalé au Québec en 2017.Dans le plus récent rapport sur la présence de pesticides dans l\u2019eau, publié en février dernier par le MELCC, les résultats indiquent « une tendance significative à la hausse des concentrations de l\u2019herbicide glyphosate et de son produit de dégradation, l\u2019AMPA ».Les travaux de Marc Lucotte, titulaire de la Chaire de recherche UQAM sur la transition vers la durabilité des grandes cultures, notent que l\u2019accumulation d\u2019AMPA a des conséquences néfastes.Dans le sol, elle influe sur les plants, même génétiquement modifiés, en les empêchant de bien assimiler certains nutriments.MERIC TUNA UNSPLASH Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus. ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 11 Une solution de rechange Une rencontre entre Marc Lucotte et Louis Pérusse, agronome du réseau SCV Agrologie, a mené à un projet de recherche qui suscite de l\u2019espoir chez ceux qui souhaitent une solution pour diminuer l\u2019usage du gly- phosate tout en conservant leur rendement.Intitulé MYFROG \u2014 pour Maintaining high Yields in Field crops while Reconsidering the Option of using Glyphosate \u2014, ce projet mise sur les systèmes en semis directs sous couverture végétale permanente, désigné par le sigle SCV.Sans travail mécanique de la terre, les agriculteurs créent une couverture végétale permanente du sol à l\u2019aide de résidus de récolte, de culture de couverture ou une combinaison des deux, en plus d\u2019effectuer une rotation et association des cultures.Du maïs, par exemple, peut être semé dans une couverture vivante de luzerne.En occupant ainsi le sol et en créant de l\u2019ombre, les plantes de couver ture inhibent les conditions de germination des mauvaises herbes contraignantes.« La démarche SCV n\u2019exclut pas les pesticides, mais on est capables d\u2019en réduire les quantités de manière importante », indique Louis Pérusse.Ce dernier prône cette méthode depuis une dizaine d\u2019années et accompagne aujourd\u2019hui près de 45 producteurs de l\u2019Ontario et du Québec.«Le projet MYFROG va venir documenter de manière scientifique la répercussion de cette approche agricole, tant du point de vue agronomique que de celui de la santé des sols et de l\u2019usage des pesticides.» Richard Hogue, chercheur en écologie microbienne à l\u2019Institut de recherche et de développement en agroenvironne- ment (IRDA), collabore aussi au projet.Ce dernier analysera le micro- biome des sols agricoles à l\u2019aide de techniques de séquençage d\u2019ADN.Avant même que la subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) soit obtenue, l\u2019agriculteur René Têtu, de Semences Magny, à Montmagny, s\u2019était joint au projet.« On y croyait tellement qu\u2019on avait déjà commencé », dit celui qui espère aussi y trouver une solution pour éviter les fongicides.Et le bio ?Réal Gauthier, copropriétaire des fermes Belvache à Sainte-Anne-des- Plaines, n\u2019utilise pas de glyphosate sur les 900 hectares où il cultive surtout du blé, du soya, du maïs, de l\u2019avoine et des pois.Il s\u2019agit d\u2019un prérequis pour que sa production soit certifiée biologique.Son approche s\u2019ar ticule autour d\u2019un travail vigoureux du sol en plusieurs étapes, comprenant le binage, qui permet d\u2019aérer la couche superficielle de la terre.« On nuit aux mauvaises herbes, mais on ne les tue pas », explique M.Gauthier.Pour réaliser ce travail avec précision, ses tracteurs sont équipés de GPS.Les recours aux appareils mécaniques demeurent nécessaires dans les grandes cultures biologiques.« Pour arriver à ce que la population demande [en bio], ce n\u2019est pas magique : je dois utiliser du diesel et faire des émissions de carbone », reconnaît-il.Selon lui, il est dif ficile, avec les avantages et inconvénients de chacune, de déterminer quelle démarche est la meilleure entre la sienne et celle qui ne préconise aucun labourage à l\u2019aide des semis directs avec couverture végétale.Les fermes Belvache persistent dans le bio « par conviction et rentabilité ».M.Gauthier croit que viser la réduction ou le bannissement du glyphosate devrait s\u2019accompagner d\u2019un soutien à l\u2019agriculture biologique.La Politique bioalimentaire, adoptée par le gouvernement du Québec en 2018, vise à doubler la superficie de ce type d\u2019agriculture dans la province pour la faire passer à 98 000 hectares d\u2019ici 2025.PHOENIX HAN UNSPLASH Louis Pérusse, agronome du réseau SCV Agrologie, a mené un projet de recherche qui suscite de l\u2019espoir chez ceux qui souhaitent une solution pour diminuer l\u2019usage du glyphosate.COURTOISIE Des traces de glyphosate dans nos aliments Les analyses réalisées par l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments en 2015 et en 2016 ont détecté des traces de glyphosate dans près de 30 % des 3188 échantillons d\u2019aliments prélevés lors de son enquête sur le glyphosate.En revanche, à peine 1 % des échantillons excédaient la limite maximale de résidus.Voici quelques résultats de l\u2019étude, montrant dans quelle proportion d\u2019échantillons des résidus de glyphosate ont été détectés dans des aliments.36 % Dans cette proportion des produits céréaliers, 4 % contenaient plus que la limite maximale de résidus.47 % Dans cette proportion des produits de haricots, de pois et de lentilles, 0,6 % contenaient plus que la limite maximale de résidus.11 % Dans cette proportion des produits du soya, 0 % contenait plus que la limite maximale de résidus.31 % Dans cette proportion des aliments pour nourrissons, 0 % contenait plus que la limite maximale de résidus. ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 12 Choisissons la prévention en santé Préservons la qualité de l\u2019environnement Favorisons l\u2019offre de produits bio locaux La Filière biologique du Québec remercie le ministère de l\u2019Agriculture, ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 13 CONTENU PUBLICITAIRE QUÉBECBIO CONSOMMER BIO, C\u2019EST APPLIQUER UN PRINCIPE DE PRÉCAUTION Au Québec, la moitié de la population consomme occasionnellement des aliments biologiques.Parmi eux, 20?% le font sur une base quotidienne.Toutes ces personnes se tournent vers les aliments bio pour différentes raisons, dont les principales sont la protection de l\u2019environnement et la prévention en santé.Dans ces deux cas, on applique le principe de précaution, notamment par rapport à l\u2019usage répandu des pesticides chimiques de synthèse, comme les herbicides à base de glyphosate, dans les cultures.La controverse qui sévit présentement autour de ce type d\u2019herbicides alimente les préoccupations des consommateurs face à la contamination dans les aliments.Plusieurs études sérieuses démontrent en effet que cet herbicide peut non seulement avoir des effets nocifs sur l\u2019environnement, mais aussi qu\u2019il est probable qu\u2019il soit cancérigène pour l\u2019être humain.Dans ce contexte, consommer des aliments bios québécois représente une option des plus intéressantes et rassurantes.En effet, les normes biologiques interdisent l\u2019utilisation des pesticides et des engrais chimiques de synthèse dans les cultures végétales.En bio, on dit également non à l\u2019utilisation d\u2019hormones de synthèse dans l\u2019élevage des animaux et non aux antibiotiques dans les soins qui leur sont donnés.À l\u2019écoute des consommateurs La Filière biologique du Québec, une organisation à but non lucratif vouée au développement du secteur biologique québécois, a mis en place une campagne Web pour entretenir un véritable dialogue avec les consommateurs.QuébecBio agit comme éditeur et diffuseur des contenus de cette campagne qui vise à démontrer que « Le bio d\u2019ici : ça vaut le coût?!?» En effet, si le prix des produits bio est encore plus élevé que celui des aliments non bio, le fait d\u2019opter pour ce type d\u2019aliments évite de refiler des coûts de dépollution aux générations futures.Sous l\u2019influence d\u2019un important marketing alimentaire, les Québécois ont longtemps été portés à croire que « le produit le moins cher était toujours le meilleur choix ».Or, cette vision économique du profit à court terme a eu pour conséquence de rendre plus difficile toute initiative en production alimentaire voulant prendre davantage en compte la qualité de l\u2019environnement.M. Alain Rioux, coordonnateur principal de la campagne, souligne que les temps ont changé.Les nombreux commentaires reçus des consommateurs dans le cadre de la campagne numérique confirment que ceux-ci veulent s\u2019alimenter d\u2019une façon de plus en plus écoresponsable.Ils associent désormais leurs décisions d\u2019achat à des valeurs environnementales et à leur désir de mener une vie en santé.Par ailleurs, ajoute-t-il, une majorité d\u2019entre eux sont fermement convaincus que les achats de proximité ont une plus-value environnementale et contribuent à augmenter la richesse collective.Le bio d\u2019ici s\u2019inscrit donc dans un mode de vie qui répond à une nouvelle conception de l\u2019alimentation des Québécois.Désormais, ils sont de plus en plus ouverts à repenser leur assiette dans une optique de qualité de vie.Soutien déterminant du MAPAQ Pour développer un secteur d\u2019activité aussi complexe que le secteur biologique, ça prend du soutien financier.M. Daniel Dubuc, président de la Filière biologique du Québec, tient donc à souligner l\u2019appui du ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec (MAPAQ), qui a été déterminant dans le développement du secteur biologique au Québec.Le MAPAQ a investi dans des programmes avec des mesures particulières pour aider la conversion des entreprises vers le bio, indique M. Dubuc.« Au cours des trois dernières années, le nombre d\u2019entreprises québécoises dont les produits sont certifiés biologiques est passé de 1500 à près de 2500, ce qui représente en moyenne l\u2019entrée dans le secteur de 333 nouvelles entreprises chaque année.On est dans une croissance exceptionnelle, et les incitatifs gouvernementaux y ont contribué significativement.» Une tendance qui devrait aller en se renforçant dans les prochaines années, croit-il, puisque la Politique bioalimentaire 2018-2025 du gouvernement du Québec fait, elle aussi, une place de choix aux aliments biologiques.« Si la tendance se maintient, on peut penser que, d\u2019ici trois ans, plus de 10?% des entreprises agricoles du Québec auront choisi le mode de production biologique, estime M. Dubuc.Le secteur augmente donc sans cesse son poids économique et sa présence sur l\u2019ensemble du territoire québécois.Déjà, les consommateurs québécois peuvent compter sur une offre de plus de 12 000 produits biologiques bien de chez nous et bien diversifiés dans les cinq grandes catégories de produits que sont les fruits et légumes, les produits laitiers, les grains, les viandes et les produits de l\u2019érable.» Il conclut en rappelant qu\u2019en somme, acheter du bio d\u2019ici, c\u2019est prendre à cœur la santé et la qualité de vie de l\u2019ensemble des citoyens tout en favorisant l\u2019essor d\u2019une économie locale écoresponsable.Ce contenu publicitaire a été produit par ou pour les annonceurs suivants?: QuébecBio. David Côté, Julie Poitras-Saulnier et Frédéric Monette veulent « sauver » les fruits et légumes destinés à être jetés.SYLVIANE ROBINI ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 14 Au Canada, on évalue le gaspillage alimentaire à 11,2 millions de tonnes chaque année du début à la fin de la chaîne alimentaire, de la fourche à la fourchette.Cela représente suffisamment d\u2019aliments pour nourrir toute la population pendant près de cinq mois\u2026 De plus en plus de gens et d\u2019organisations s\u2019insurgent contre cette situation et tentent de lutter contre le phénomène.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale Rien ne se jette, tout se transforme Des organisations partent en lutte contre le gaspillage alimentaire R ien ne se jette, tout se transforme, pourrait-on dire.Transformer une carcasse de poulet en bouillon.Congeler ou mettre dans la boîte à lunch les restants et les petites portions.Utiliser les fruits trop mûrs pour en faire des smoothies, des tar tes et des compotes, ou les carottes et le brocoli fatigués pour un potage\u2026 Toutes ces options sont à considérer plutôt que de jeter les aliments, explique Re- cyc-Québec sur son site Web.L\u2019organisme rappelle par ailleurs que le gaspillage alimentaire est un enjeu planétaire important.Le tiers de la nourriture produite dans le monde est perdu ou jeté, ce qui équivaut à environ 1,3 milliard de tonnes par an.Par ailleurs, la nourriture produite mais non consommée occupe inutilement près de 1,4 milliard d\u2019hectares de terres, ce qui correspond à la super ficie du Canada et de l\u2019Inde réunis.Plus encore, la production de toute cette nourriture perdue ou jetée requiert environ un quart de toute l\u2019eau utilisée en agriculture chaque année.Sans compter que l \u2019enfouissement ou l\u2019incinération de ces aliments génère des émissions de gaz à effet de serre qui contribuent aux changements climatiques.Et que le gaspillage alimentaire a également des impacts sur le pouvoir d\u2019achat, puisque les 140 kilos de nourriture jetés chaque année par un ménage moyen génèrent une per te annuelle de 1100 $.« Sauver » les fruits et légumes Autant de raisons qui poussent de plus en plus de citoyens à réagir et à créer des organisations destinées à utiliser ces résidus encore bel et bien consommables.Parmi celles- ci, Loop, qui transforme les mal- aimés de l\u2019industrie alimentaire en boissons que l\u2019on peut aujourd\u2019hui trouver dans la plupar t des épiceries au Québec.« Il y a trois ans environ, j\u2019ai reçu un appel de Frédéric Monette, raconte David Côté, cofondateur de Loop.Il travaillait chez Courchesne Larose et il voulait que je vienne dans l\u2019entrepôt.Il y avait là tout un mur de fruits et légumes qui allaient être jetés\u2026 16 tonnes de fruits et légumes.C\u2019était comme ça tous les jours.Le gaspillage alimentaire, on en parle de plus en plus, on entend des statistiques, mais quand tu te retrouves devant un mur comme ça, ça donne les frissons.Il fallait agir.» À l\u2019époque à la tête de Rise Kombu- cha et de la chaîne de restaurants bios Crudessence, David Côté entraîne Frédéric Monette et Julie Poitras-Saul- nier, une autre passionnée de l\u2019alimentation.Ensemble, ils décident de «sauver» ces fruits et légumes en les transformant en jus pressés à froid.Depuis, ils commercialisent également des bières faites à par tir de miches de pain destinées à être jetées.Et bientôt arrivera un gin fait à partir de pommes de terre récupérées chez un industriel québécois des chips et des pizzas confectionnées avec les surplus de légumes.La pulpe des jus entre également dans la composition de la pâte.BALZAC\u2019S BALZAC\u2019S ALIMENTATION \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 15 Des aliments de qualité La Transformerie est une autre de ces organisations utilisant l\u2019économie circulaire pour lutter contre le gaspillage alimentaire.Son credo à elle : les fruits et légumes jetés chaque jour non pas par les grossistes, mais par les épiceries elles-mêmes.Elle les collecte, en redistribue une partie à des organismes de bienfaisance et transforme le reste en tartinades salées ou sucrées, vendues ensuite dans les épiceries où les denrées auront été collectées.« À l \u2019époque, j \u2019é ta is chef aux 400 coups et Thibault Renouf proposait des produits locaux aux chefs de Montréal, raconte Guillaume Cantin, co-instigateur du projet.Il m\u2019a lancé le défi de cuisiner un souper gastronomique à partir de produits récupérés dans les conteneurs d\u2019épiceries.Au dépar t, je n\u2019étais pas très chaud à l\u2019idée, puis j\u2019ai décidé de relever le défi.Je n\u2019ai pas vraiment été surpris par la quantité de produits, mais plutôt par leur qualité.Je m\u2019attendais à ce qu\u2019ils soient moisis ou abîmés, mais beaucoup étaient mûrs, à point.» Dès le mois d\u2019avril, les produits seront sur les tablettes de trois épiceries partenaires et six mois plus tard, une dizaine d\u2019enseignes participeront au projet.«L\u2019idée n\u2019est cependant pas de sortir des millions de pots, explique M.Cantin.Nous souhaitons plutôt capter l\u2019attention, sensibiliser, éduquer à la fois les commerçants et les consommateurs, afin que chacun réfléchisse à ses propres pratiques.L\u2019économie circulaire n\u2019est pas une finalité.À terme, il s\u2019agit bien d\u2019enrayer le gaspillage alimentaire à tous les niveaux de la chaîne.» LA TRANSFORMERIE Guillaume Cantin, Marie Gaucher, Thibault Renouf et Bobby Grégoire ont fondé La Transformerie pour lutter contre le gaspillage alimentaire.LA TRANSFORMERIE 11,2 millions Nombre de tonnes d\u2019aliments dont ont évalue le gaspillage chaque année au Canada ALIMENTATION LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 E 16 Présenté par : expomangersante .com QUÉBEC 30-31 MARS Centre des congrès 11-12 MAI Centre de foires MONTRÉAL 15-16-17 MARS Palais des congrès Nouveau ! manquer ! Bio Emile Noël, un savoir-faire familial à retrouver à l\u2019expo Manger Santé 15 au 17 mars - MONTREAL Depuis 1920 www.emilenoel.com Pour découvrir, goûter et s\u2019informer! JUS 100 % PURS Naturels et biologiques Fraîchement pressés (non faits de concentré) les 15, 16 et 17 mars ! À ne pas MANGER SANTÉ ET VIVRE VERT ? DE D GÉ VÉ S E U L E P ANS D X U A T S U L N P CONTENU AIRE PUBLICIT NO a s ff a M SIE S A S u o j a , t r e v e r v i v t e é t n p , r e i p p a r F e é n e R e m r i u t s e t en em n i a s er g n a ?S TTE d\u2019 r u o j u a a y l i \u2019 u q t n ta d ce i r t a d n o f - e t n e d i s é r en r p i u q e èn m o én h p n e l b ta i r é v n u i u h r e g n a m o p x E \u2019 l e , e r u g er v en \u2019 l e d d tati limen A SHERBROOK té glo an S · cologie É · on saine bale v é ff e à o c i s e d a l G y a L é g é s v t i u od r x p u l a i e am t o n t an s i du é r n e e r r e s e d t e e d s n io s s i m é s r u e l r e u n i m i d n e t n o s e s , t an s i a f e s , i qu , s i Q 0 0 0 0 5 2 e d s u l p ar p é n g an r t a l r u o p e t c a P e l , e r t au \u2019 l g é v s e n i é t o r p aux e l l e b t ar p q n e di a n a c e air t n e im l a e d ui o n du ie t r o s a l t ar p e n u \u2019 d a ie b t e l e b t s e e qu i am n y d s.e u q i og l o i t b x e u ta t n e m à z a g s é g a g - é b é u n io t i s , s e al ét t fai ui u a e v u l I .à l n o c qu C a \u2019 L a p l du e d t E r p a v e l m i al e r ff o \u2019 l e qu et s t n ie c s n e s u l p e d t n o s s n e g s e l e h c an v e r n e n i a t r e c t s e i qu e r F e m M d n o p é r , a r i d e l r i n e v u o t n u t i v n o \u2019 l e qu e c - t s E « iv s n e t n e i l o ic r g n a io t c du o r s i l i t u e d i ic t s e p , e t a s o h p ly g s et ff e s e l r u s s e g a t r o p e r s l p i t l u m a l i s s au a y l i , s i u p g o l o i b et t n e m e al c o l s t i du o al s e d t n a s s i s i o h c n e et e g e d an i v e d n io t a m m o s n o c r u e r i a t n e s u l p n t s e \u2019 c , e .r ie p ap ?t an n r .e s an d é s f i c o n n io t a ic .s e qu i s t n e m i - e l é \u2019 d e d e d u v a s an g i A R an s e d an r s e e r iè m e r p a l e d s t n a t i l i m s e t i a s s i g a \u2019 s l i , 0 0 0 2 s e é ann s au \u2019 qu s u J .r e u l o v é e l è t n ie l c a l a r F e é n e R , t r e v e r iv v et é t n m o xp E \u2019 l e é ann e qu a h c e s i qu s an ux e d - t g n i v s i u p e d , i s n r e n i s i u e à c r d n e r p p a é u o r s à t du s ar u l t p n ie a é ét t al s e l , e nn ie ar ét g é v e nu e v i o m s i u s je e qu s r o l , s an e t y l I .i hu \u2019 d r u aujo e l b i s s e c c a t o s s e d i hu \u2019 d r u jo e nn e r p ap s l I e r u e h et ff e n t u b é d a r ie p p r e g an - r o e l l e \u2019 r ! 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