Le devoir, 9 mars 2019, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Lire Mirion Malle Pas sorcier, le féminisme Vivre Sous une bonne étoile dans la vallée de l\u2019Elqui THÉODORE PELLERIN dans l\u2019univers de Philippe Lesage L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Entrevue Avec Genèse, Théodore Pellerin retrouve le cinéaste Philippe Lesage.Odile Tremblay Cinéma Danse Arts visuels Musique Blues Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 6 8 14 18 35 36 16 5 28 32 25 24 42 44 46 48 50 53 54 Entrevue La bédéiste Mirion Malle vulgarise pour les jeunes la lutte de l\u2019égalité.Librairie des Colonnes May Telmissany Fiction Essai Louis Cornellier Entrevue avec Véronique Ovaldé Voyage Sous une bonne étoile dans la vallée désertique et verdoyante de l\u2019Elqui.Escapade Plein air Resto Famille Vin Jeux SOMMAIRE 26 33 34 Photo de la une du D : Valérian Mazataud Le Devoir Illustration de la une Lire : Mirion Malle, La ville brune C U L T U R E Catherine Chabot a écrit une tranche de vie hyperréaliste, sans ellipses, ancrée dans l\u2019ici-maintenant.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Le désenchantement d\u2019une romantique déçue La troisième pièce de Catherine Chabot, Lignes de fuite, trace un portrait grinçant de nos contradictions sa troisième pièce, Catherine Chabot s\u2019assume de plus en plus comme au- teure.La comédienne, qui était venue un peu par hasard à l\u2019écriture, en donnant forme aux échanges collectifs du célébré Table rase en 2014, y a développé un amour durable du dialogue.« C\u2019est ce qui m\u2019a révélée au désir d\u2019entendre les gens se parler.» Il y a une approche quasi sociologique chez l\u2019auteure de Dans le champ amoureux, qui adore se nourrir d\u2019essais.Pour Lignes de fuite, créée au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, elle a aussi sondé six jeunes trentenaires, issus de différents milieux, afin de comprendre où sa génération se situait par rapport aux idéaux politiques.Sans inspirer directement ses personnages, leurs réponses \u2014 sur le féminisme, la souveraineté, la langue française, le Printemps érable\u2026 \u2014 lui ont permis d\u2019exposer dif férents points de vue dans une pièce où « les relations deviennent en elles-mêmes politiques».Son constat ?« À partir de 30 ans, il y a une espèce de deuil des idéaux, et on passe à une autre étape de la vie.» On se demande où on est rendus, sur le plan de la carrière, par rapport à l\u2019image des autres et à nos propres attentes.« C\u2019est pourquoi on dit que les gens se \u201cdroiti- fient\u201d en vieillissant, après l\u2019emballement de la vingtaine.Il y avait ce même désenchantement chez des acteurs du mouvement étudiant que j\u2019ai rencontrés.» Catherine Chabot est elle-même une endeuillée de la grève de 2012, un mouvement social dont l\u2019écho dans diverses œuvres (pensons au récent ColoniséEs d\u2019Annick Lefeb- vre) témoigne de son impor tance pour une génération à qui il a permis de se politiser, de rêver à un réel changement.Et qui a donc chuté à la hauteur de ses espoirs.Ce phénomène de repli sur soi, après un engouement « lyrique » politique, se répète de manière cyclique, estime la dramaturge.« On passe à travers des moments historiques, puis on est rappelés à l\u2019ordre.Et on ÀENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR | 3 T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 recommence.» Devant le souper riche en bons mets et arrosé de cynisme qu\u2019illustre Lignes de fuite, on pense d\u2019ailleurs un peu au Déclin de l\u2019empire américain et à sa période postréférendaire.Relations toxiques Catherine Chabot a écrit une tranche de vie hyperréaliste, sans ellipses, ancrée dans l\u2019ici-maintenant par ses références réelles.«Ce que j\u2019aime, c\u2019est de faire croire à la vraie vie.Même si on sait très bien qu\u2019on est au théâtre.Mais j\u2019aime cette épaisseur du quatrième mur, qui fait qu\u2019on a l\u2019impression d\u2019assister à un moment de la vie auquel on n\u2019est pas conviés.» La situation, un souper entre six amis, évoque un peu celle de Table rase \u2014 une pièce dont le Talisman Theatre s\u2019apprête à présenter à La Chapelle une version anglaise, Clean Slate.Mais sur le plan des sentiments, Lignes de fuite pourrait presque être l\u2019envers de ce récit de solidarité entre copines.Écho d\u2019un monde actuel « atomisé, individualiste, désolidarisé ».Ces trois amies du secondaire qui se retrouvent avec leur conjoint ou conjointe pour une soirée tumultueuse sont figées dans des relations toxiques.« Les personnages sont tous prisonniers de l\u2019image que les autres se font d\u2019eux, d\u2019une certaine version d\u2019eux-mêmes.On se met beaucoup dans des boîtes.Je pense que chacun devrait saisir sa ligne de fuite.» Le titre renvoie à un concept philosophique de Gilles Deleuze qui désigne, en gros, «de sortir du territoire qu\u2019on connaît pour s\u2019imaginer autre ».Un parcours d\u2019émancipation à la destination inconnue, qui rompt avec l\u2019ordre établi.La pièce multiplie les répliques grinçantes.La dramaturge, qui affectionne les personnages avec le sens de la répartie, désirait dépeindre le cynisme ambiant.À commencer par le sien.«On se terre sous six degrés d\u2019ironie.Moi-même, je fais beaucoup ça.Avec mes amis, on dit parfois des affaires terribles.Mais c\u2019est pour se protéger.» Sylvain Bélanger \u2014 « un directeur d\u2019acteurs incroyable, tout désigné pour monter le spectacle » \u2014 travaille à exposer l\u2019humanité des personnages, dont l\u2019alcool et la fatigue viennent en cours de soirée éroder les couches protectrices.«Comme dans mes deux premières pièces, il y a un apport des acteurs.On remet le texte en quest ion jusqu\u2019à la fin.Je suis dans la réévaluation constante », dit l\u2019auteure, qui joue elle-même dans la création, afin d\u2019être aux premières loges pour recevoir les commentaires, modifier le texte si besoin est, et y intégrer les perles impromptues qui surgissent en répétitions.Tous de droite Le texte, qui peint une « multiplicité de points de vue », dissèque aussi nos contradictions.«On n\u2019est pas notre discours», constate l\u2019auteure.Son personnage le plus progressiste, finalement, c\u2019est le bon gars qui ne prétend pas l\u2019être\u2026 « Et notre posture politique, qu\u2019elle soit de droite ou de gauche, est souvent liée à des affects qui ne sont pas nommés.C\u2019est lié à notre enfance, à des rencontres\u2026 » Pour Catherine Chabot, la gauche semble un idéal difficilement accessible à nos contemporains très individualistes.«C\u2019est dur, être de gauche.Je pense que personne n\u2019y arrive.On est tous de droite, finalement [rires].Parce qu\u2019on est tous pris avec nos besoins égoïstes.» Cette « romantique déçue » trace donc ici un portrait dur, cruel.Et elle épingle nos incohérences sans s\u2019épargner.« Toutes les critiques, dans le spectacle, je me les adresse aussi à moi-même.Nous, les Y, avons un rapport schizophrénique au monde.Deux voix parlent dans notre tête : la fin du monde approche et profitons-en, carpe diem ! Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ?» Sa pièce reflète ses inquiétudes quant à l\u2019état actuel du monde, nourrie aussi par l\u2019écoanxiété, ce sentiment de vertige qu\u2019elle ressent chez ses contemporains devant l\u2019alarmant rappor t du GIEC sur les changements climatiques.« Ce n\u2019est pas en posant des gestes individuels que ça va changer.Alors, on est dans une impasse totale.Je n\u2019ai pas beaucoup d\u2019espoir.Mais c\u2019est dur, parce que j\u2019aimerais avoir des enfants ! » Parler de ce qui est douloureux, c\u2019est la façon de survivre que Catherine Chabot a apprise dans une famille où on disait les choses sans faux semblants, où on riait pour ne pas pleurer.Toute sa vie, elle a vu le spectre de la mort planer au-dessus de son père, atteint d\u2019une maladie dégénérative du cœur.« On s\u2019en est toujours sortis en faisant des blagues avec ça.» E l le a tou jours vécu avec l a conscience de cette gravité.« J\u2019ai appris à gérer la catastrophe, je n\u2019ai pas eu le choix.Alors, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec toutes ces infos [pessimistes] ?On essaie d\u2019en parler dans une pièce pour passer à travers\u2026 » LIgnes de fuite Texte : Catherine Chabot.Mise en scène: Sylvain Bélanger.Avec Lamia Benhacine, Catherine Chabot, Victoria Diamond, Benoît Drouin-Germain, Léane Labrèche-Dor et Maxime Mailloux.Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 12 mars au 6 avril.Les personnages sont tous prisonniers de l\u2019image que les autres se font d\u2019eux, d\u2019une certaine version d\u2019eux-mêmes.On se met beaucoup dans des boîtes.Je pense que chacun devrait saisir sa ligne de fuite.CATHERINE CHABOT » n aime dire qu\u2019au théâtre, chaque représentation est différente.Un adage qui prend tout son sens dans ces deux spectacles qui, coïncidence, prennent l\u2019affiche le 16 mars et où un interprète invité ignore tout du rôle qu\u2019il va y tenir.Avec Ce qu\u2019on at tend de moi , Philippe Cyr et Gilles Poulin-Denis ont conçu une « par t i t ion pour spectateur » explorant le fantasme universel de la fuite.Dans le spectacle créé aux Écuries l\u2019an dernier et repris à l\u2019Usine C, l\u2019entièreté de la performance est assumée par un membre du public \u2014 sur une base volontaire \u2014, qui le choisit par vote après une présélection.L\u2019élu est notamment appelé à répondre à des questions introspectives et à s\u2019inventer une autre vie.« On met la table, mais on ne sait pas exactement ce qui va arriver, décrit Philippe Cyr.Le spectacle est teinté par la personne choisie.C\u2019est ver tigineux, on est très ner veux avant chaque représentation.C\u2019est très bizarre de se dire : nous ne savons pas qui va faire le show ! » Le duo a pourtant réalisé que la majorité des gens réagissent « sensiblement de la même manière au processus de gratification, au regard des autres, aux rapports hiérarchiques\u2026 On a toujours l\u2019impression que nos sentiments sont donc particuliers, mais finalement, on est conditionnés sur la même base.Et en choisissant une personne du public, on est à même de constater ça de soir en soir.» Pour le metteur en scène, l\u2019exercice remet en question la relation du spectateur avec la représentation, son état de passivité.« Même pour ceux qui vont rester dans la salle, la posture est un peu moins sécuritaire que d\u2019habitude, plus im- pliquante.» Et puisqu\u2019ils ont choisi l\u2019interprète, les spectateurs portent un regard fait d\u2019empathie plutôt que de jugement.« Tout le monde est un peu dans le même bain.Et chacun fait la démarche aussi dans sa tête, s\u2019interroge sur sa propre posture : qu\u2019est-ce que j\u2019aurais fait ou dit, moi ?» Stars d\u2019un soir Dans Un chêne, présenté à la Salle intime du Théâtre Prospero, Philippe Robert campe un hypnotiseur préparant son numéro face à un interprète invité qui «doit arriver le plus vierge possible à la représentation ».Peu importe son âge ou son genre, puisque l\u2019auteur britannique Tim Crouch travaille sur l\u2019art de la suggestion, explique le metteur en scène Charles Dauphinais.Une seule personne sollicitée a refusé d\u2019embarquer dans cette aventure à l\u2019aveugle.Impossible de trop vous en dévoiler non plus sur ce récit qui pose une réflexion sur la représentation théâtrale.« Tout le monde doit être au même niveau [d\u2019ignorance].» La par tition du par tenaire d\u2019un soir \u2014 dont le public découvrira seulement l\u2019identité durant la représentation \u2014 est très encadrée.Les invités savent qu\u2019ils n\u2019auront pas à improviser.Tout est écrit.Selon Dau- phinais, l\u2019œuvre de Tim Crouch est basée sur la manipulation.«Pas juste de l\u2019acteur, mais aussi du public.» Sans vraiment participer, les spectateurs reçoivent aussi des consignes.Se préparer à l\u2019imprévisible Ces deux spectacles sont répétés avec des interprètes ponctuels, différents de ceux qui vont le jouer.Le metteur en scène du Chêne lance ainsi un défi à son acteur principal, qui doit s\u2019adapter à des partenaires aux profils divers.«On voit déjà en répétitions que la pièce ne résonne pas du tout de la même façon avec des interprètes de 30 ans qu\u2019avec d\u2019autres de 50.» Et L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e T h é ât r e 4 | ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR Le beau risque Deux spectacles où un interprète invité ignore tout du rôle qu\u2019il va y tenir prennent l\u2019affiche le 16 mars Violette Chauveau est l\u2019une des braves qui ont accepté de participer au Chêne, sans en rien savoir à l\u2019avance.La comédienne est attirée par la prise de risque.«J\u2019aime quand j\u2019ai peur, que c\u2019est excitant.Je vais essayer d\u2019arriver là complètement disponible.D\u2019être détendue le plus possible.D\u2019être réceptive, totalement ouverte et à l\u2019écoute de la situation.C\u2019est comme partir en voyage, finalement, et découvrir au fur et à mesure.» L\u2019exercice requiert de l\u2019abandon, estime-t-elle.«Les comédiens avec lesquels j\u2019ai le plus de plaisir sur scène sont ceux capables de jouer vraiment dans le moment présent et de renvoyer la balle.Plus qu\u2019avec ceux trop figés dans leur partition.C\u2019est une raison pour laquelle j\u2019ai accepté : j\u2019aime bien ces zones où l\u2019on ne sait pas ce qui peut arriver.» Et cette possibilité de créer une communion avec le public, en partageant cet espace du présent.Durant l\u2019entrevue téléphonique, Violette Chauveau évoque une expérience similaire : avoir remplacé une actrice malade au pied levé, dans un théâtre d\u2019été.« Je ne connaissais pas la pièce.J\u2019étais dans un état épouvantable.Grâce à l\u2019adrénaline, j\u2019ai appris les premières scènes par cœur très rapidement.Après, j\u2019avais mon texte en main.Mais ça a créé un effet intéressant sur le plan du jeu : j\u2019étais totalement dans la situation.Et je punchais à n\u2019en plus finir parce qu\u2019au lieu d\u2019essayer de trouver tous les niveaux de la scène, j\u2019étais dans l\u2019urgence\u2026 » Violette Chauveau et le saut dans l\u2019inconnu O | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 ODILE TREMBLAY Les metteurs en scène Philippe Cyr (Ce qu'on attend de moi) et Charles Dauphinais (Un chêne) MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR selon Charles Dauphinais, la situation rend les interprètes qui découvrent le texte «très fébriles et sans protection.Un état parfait pour jouer».Et même si rien n\u2019est improvisé, l\u2019invité peut trouver une grande liberté dans son interprétation du personnage et les relations qu\u2019il noue avec son homologue.« Jusqu\u2019à présent, chacun explore quelque chose de nouveau.C\u2019est assez fascinant à voir.» Théoriquement, l\u2019interprète temporaire pourrait décider d\u2019arrêter la représentation « s\u2019il ne veut pas aller dans cer taines zones.Ça lui est suggéré dès le départ.C\u2019est la pire chose qui puisse arriver.» Ces sauts dans le vide exigent donc que les créateurs renoncent à une part de contrôle.Ce qui est insé- curisant, convient Philippe Cyr.« On a l\u2019habitude de présenter des objets super maîtrisés, où on choisit tous les éléments.C\u2019est un peu ça, notre travail de metteur en scène.Notre réflexe, c\u2019est de peaufiner l\u2019objet.» Les créateurs de Ce qu\u2019on attend de moi ont encore le pouvoir sur plusieurs paramètres \u2014 notamment un film qu\u2019ils tournent en direct.Mais la nouvelle version du spectacle donne une latitude augmentée à l\u2019improvisation du spectateur.« C\u2019est ce qui est fantastique, finalement : la rencontre qu\u2019on fait tous avec cette per- sonne-là, d\u2019une manière qu\u2019on ne ferait pas autrement.Laisser la place à la rencontre [permet] beaucoup plus d\u2019inattendu et de beauté.» «Parfois, quand tout est décidé ou très contrôlé, c\u2019est comme si l\u2019espace d\u2019évocation disparaissait, ajoute Cyr.Je trouve qu\u2019au théâtre, il faut créer des blancs où les spectateurs peuvent s\u2019insérer, et avoir un espace pour imaginer.C\u2019est comme ça qu\u2019on réussit à avoir ce dialogue.C\u2019est un art de rencontre.On est là, ensemble : il faut en faire quelque chose.» Un chêne Texte : Tim Crouch.Mise en scène: Charles Dauphinais.Une production du Collectif La Stasi.Invités : Paul Ahmarani, Éric Bernier, Violette Chauveau, Normand D\u2019Amour, Kathleen Fortin, Tania Kontoyanni, Marie-Ève Milot, Vincent-Guillaume Otis, Danielle Proulx et Cynthia Wu-Maheux.À la Salle intime du Théâtre Prospero du 13 au 23 mars.Ce qu\u2019on attend de moi Création et idéation: Philippe Cyr et Gilles Poulin-Denis.Une coproduction de 2PAR4 et L\u2019Homme allumette.À l\u2019Usine C du 13 au 16 mars.L\u2019autre jour, dans une librairie, j\u2019ai attrapé au passage un livre publié chez Folio.Vous savez, cette petite collection de Gallimard proposant à des prix dérisoires des textes du passé libres de droits, signés par des auteurs oubliés ou pas de la postérité.Son titre, Défense des droits des femmes, et sa couverture colorée, avec un poing révolutionnaire brandi, m\u2019inspiraient, alors que le nom de sa signataire, la Britannique Mary Wollstonecraft, m\u2019était inconnu.J\u2019appris à la lecture que le manifeste féministe dont ce texte est extrait, traduit de l\u2019anglais, avait été publié à Londres puis à Paris, ses deux villes d\u2019élection, en 1792.La Révolution française donnant à cette sociologue féministe avant la lettre quelques raisons d\u2019espérer, elle réclamait pour les femmes une éducation et des droits constitutionnels égaux à ceux des hommes.Cri dans le désert, malgré quelques vagues d\u2019intérêt soulevées par ses théories novatrices; une vie sentimentale complexe et des velléités de libération sexuelle auront apposé à son nom le sceau d\u2019infamie posthume.Il fallut attendre le XIXe siècle de George Sand puis le XXe siècle de Virginia Woolf pour réhabiliter sa cote, comme on dit.Le vendredi 8 mars était célébrée la journée des femmes, et j\u2019ai envie de dédier celle-ci à cette figure avant- gardiste trop méconnue qui, près de deux siècles avant Simone de Beauvoir, écrivit son Deuxième sexe.«Je regarde depuis longtemps l\u2019indépendance comme le plus grand bonheur de cette vie, et même comme la base de toute vertu, écrivait-elle à M.de Tallerand-Périgord après lecture de son ouvrage sur l\u2019instruction publique en 1791.Et cette indépendance, je me l\u2019assurerai toujours, en resserrant mes besoins, dussé-je vivre sur une lande stérile.» Bon sang ne saurait mentir.Mary Wollstonecraft était la mère de Mary Shelley, et elle mourut un mois après avoir accouché de la future auteure de Frankenstein.Cette dernière, élevée par son père philosophe anarchiste, William Godwin, devait épouser plus tard le poète Percy Bysshe Shelley.Le film d\u2019Haifaa al-Mansour remontait en 2017 le cours du destin de Mary Shelley, mais sa mère aurait mérité un long métrage aussi.Étonnante chaîne d\u2019écrivaines dans une Angleterre de clubs privés mascu- Un cri féministe du XVIIIe siècle lins où les dames de leur condition se voyaient reléguées davantage aux travaux d\u2019aiguille et au statut d\u2019ornement des salons qu\u2019au rang d\u2019essayistes ou d\u2019auteures de best-sellers fantastiques.La plongée dans Défense des droits des femmes témoigne de l\u2019acuité du regard de cette pionnière comme de son courage.Elle dénonçait chez les femmes de la classe moyenne une éducation tournée vers le désir de plaire aux hommes, les poussant à devenir coquettes et engluées dans le sentimentalisme, conditions peu propices au développement d\u2019une force intellectuelle et mentale.Mary Wollstonecraft trouvait chez les mères de famille pauvres un héroïsme démentant tout ce que les philosophes de son temps énonçaient sur la faible constitution féminine.« Je considérerai d\u2019abord les femmes sous le grand point de vue des créatures humaines, placées sur cette terre avec les hommes et aussi bien qu\u2019eux pour y développer leurs qualités», lançait-elle en profession de foi.La dame s\u2019opposait aux écrits de Jean-Jacques Rousseau sur l\u2019éducation, l\u2019accusant de ne voir chez les femmes que tendres créatures préparées dès le berceau à la soumission par contrainte.«En vérité, les hommes me paraissent agir bien peu philosophiquement quand ils veulent s\u2019assurer de la bonne conduite des femmes en essayant de les retenir toujours dans un état d\u2019enfance», lui décochait-elle, précisant ailleurs : «Il est vrai qu\u2019ils prétendent les tenir seulement dans l\u2019ordre et à leur place, mais fortifiez l\u2019âme des femmes en l\u2019agrandissant et vous verrez bientôt finir cette obéissance aveugle.[\u2026]» L\u2019écrivaine du XVIIIe siècle a cette définition de celle qui portait jupon : «Faite pour être aimée, elle ne peut prétendre au respect sans se dénaturer et sans être rejetée de la société, comme empiétant sur les droits de l\u2019autre sexe.» Dépassé, tout ça?Hum ! Il n\u2019y a qu\u2019à voir ce qui se passe en France avec la Ligue du LOL pour saisir la persistance des vagues de fond à travers les époques.Des propos sexistes et homophobes sous couvert d\u2019humour de cyberharceleurs sur Facebook font scandale là-bas depuis un mois et valurent le licenciement de journalistes et de têtes dirigeantes aux Inrockuptibles et à Libération.Dans l\u2019Hexagone, des analystes ont rapproché la Ligue du LOL des boys clubs anglo-saxons, fraternités masculines d\u2019exclusion qui se réservent les tribunes de prestige en empêchant les femmes «d\u2019empiéter sur les droits de l\u2019autre sexe ».Ces mêmes boys clubs qui ricanaient devant les propos de Mary Wollstonecraft en son temps\u2026 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 6 | Théodore Pellerin se souvient de son apprentissage du cinéma, à ses débuts, avec Philippe Lesage.Il avait 17 ans à l\u2019époque, il en a 21 aujourd\u2019hui.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ENTREVUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR ertains cinéastes rêvent ouvertement d\u2019accéder au monde de la fiction lorsqu\u2019ils tournent des documentaires.Philippe Lesage, calme et posé dans ce restaurant d\u2019Outremont où nous avons rendezvous, avoue ne s\u2019être jamais privé des artifices de la fiction pour réaliser ses documentaires.Sans compter qu\u2019il assume le caractère autobiographique de ses f i lms, dont le plus récent, Genèse, qui sortira au Québec vendredi.Dès ses premières incursions du côté du réel, comme Ce cœur qui bat (2010) et Laylou (2012), Lesage ef fectuait ce qu\u2019 i l nomme « des emprunts », soit « l\u2019utilisation de la musique, des ambiances, et une recherche sur le plan visuel ».« Mes films de fiction ne seraient pas les mêmes si je n\u2019avais pas fait de documentaires, car c\u2019est là que j\u2019ai commencé à explorer le plan-séquence, et je donne aussi beaucoup de liberté à mes comédiens pour improviser.» Genèse d\u2019un acteur Pour son nouveau film, le cinéaste a fait appel à Théodore Pellerin, qui s\u2019impose une fois de plus, lui dont la trajectoire ne cesse de surprendre depuis ses débuts dans la quotidienne 30 vies et ceux au cinéma, justement faits avec Philippe Lesage dans Les démons (2015).L\u2019acteur le retrouve ainsi quelques années plus tard, et avec une feuille de route bien garnie, grâce à Never Steady, Never Still, de Kathleen Hepburn, un premier film en langue anglaise qui allait lui ouvrir les portes d\u2019Hollywood, au cinéma (Boy Erased) comme à la télévision (The OA, On Becoming a God in Central Florida).Au Québec, ceux qui l\u2019ont vu dans Chien de garde, de Sophie Dupuis, s\u2019en souviennent encore.Pellerin, lui, se souvient de son apprentissage du cinéma avec Le- sage.« J\u2019étais très dif férent, dit celui qui avait 17 ans à l\u2019époque et qui en a 21 aujourd\u2019hui.J\u2019ai tourné Genèse après Chien de garde : je sais maintenant comment approcher un rôle, comprendre ce qui m\u2019atteint et me touche, et je suis plus à l\u2019aise sur un plateau.» Apprendre d\u2019eux De toute évidence, le réalisateur des Démons, une incursion troublante dans les angoisses de l\u2019enfance, aborde ses univers avec sérieux et précision, comme dans Genèse, qui connaît une brillante carrière inter nationale depuis la première mondiale au Festival de Locarno en août dernier.Ce récit en forme de triptyque présente de jeunes personnages en quête d\u2019amour : Guillaume (Pel- lerin), Charlotte (Noée Abita, stupéfiante dans Ava, de Léa Mysius) et Félix (Édouard Tremblay-Gre- nier, qui incarnait le tout jeune héros tourmenté dans Les démons).Mais selon leur âge, leur milieu social ou scolaire, dont celui des pensionnats pour garçons, cette recherche s\u2019avère hasardeuse, non sans périls, et par fois vécue dans une certaine ivresse.« Nous avons beaucoup à apprendre d\u2019eux, souligne Philippe Lesage, même s\u2019ils se cassent la gueule.Combien de personnes renoncent à tout laisser tomber pour aller vers la personne qu\u2019elles aiment parce qu\u2019elles ont peur de se faire mal, d\u2019être ridicules ou dépendantes.Eux ne sont pas dans ce calcul-là\u2026 et j\u2019espère qu\u2019ils ne le seront pas en vieillissant.» On pourrait croire que Philippe Lesage s\u2019adresse un peu à lui- même, le cinéaste ne cachant pas avoir puisé dans sa propre vie pour nourrir la trajectoire de ses personnages, peu importe leur âge.Refuser les faux-fuyants Ce dévoilement semble d\u2019ailleurs remporter l\u2019adhésion, étant donné le nombre de festivals internationaux qui accueillent Genèse depuis quelques mois.« Les réactions ne sont pas si dif férentes d\u2019un pays à Ces cœurs qui battent Théodore Pellerin s\u2019impose dans Genèse, où le cinéaste Philippe Lesage explore le trouble et l\u2019ivresse des premiers émois amoureux Les 30 nouvelles vies de Théodore Pellerin Là où excelle Théodore Pellerin, qui a fréquenté l\u2019école Robert-Gravel, c\u2019est dans sa manière de s\u2019imposer si rapidement auprès des réalisateurs américains, lui qui peut compter sur deux agents, l\u2019un à New York et l\u2019autre à Los Angeles, tout en continuant à tisser des liens avec les cinéastes d\u2019ici.On pourra l\u2019entendre prochainement dans le premier long métrage d\u2019animation de Félix Dufour-Laperrière, Ville neuve, partageant l\u2019affiche avec Johanne-Marie Tremblay, sa toute première coach de jeu alors qu\u2019il n\u2019avait que 15 ans.Au moment de notre rencontre, l\u2019acteur ne savait pas trop où il voulait vivre (« Je vis là où sont les tournages»), mais ce qu\u2019il compte faire de sa vie, cela semble déjà tout tracé.C | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 L E S F L Â N E U RS Debouttes !, de Jenny Cartwright, est le premier balado original financé par Télé-Québec et Canal Savoir.On sait gré à ce documentaire sonore de ressusciter un pan occulté par les manuels d\u2019histoire de la brève histoire du Front de libération des femmes (FLF), relié aux mouvements de gauche des années 1960 et 1970 au Québec.Collé aux récits de militantes du temps, Marjolaine Péloquin et Lise Balcer, sur des textes de Marjolaine Beauchamp avec une voix hors champ d\u2019Elkahna Talbi, ce balado permet de suivre la manifestation de sept jeunes femmes au procès du felquiste Paul Rose.debouttes.telequebec.tv Pionnières oubliées Les nouvelles structures qui ravagent le paysage écartent-elles, chemin faisant, jusqu\u2019aux discussions véritables à leur sujet?Dans Dépayser / Strange- land, la photographe Isabelle Hayeur s\u2019est intéressée aux désordres de tout ordre créés par d\u2019immenses mises en chantier.Elle a documenté, à la suite de la mise en chantier de projets de lignes électriques, les bouleversements du paysage aux quatre coins du Québec.Mais il y a là autre chose qu\u2019un document.J\u2019insiste: ce n\u2019est pas un reportage; ce ne sont pas des archives.Devant les pylônes et les barrages qui poussent au mépris du paysage, Hayeur voit.Elle pose un regard.Le sien, sur des nuits que nous nous fabriquons.Isabelle Hayeur, si près, si loin Il y a un brin de Vian dans La règle de (3), cette comédie romantique sur- réelle que signent Mikaël Gouin et Léane Labrèche-Dor.Ils y incarnent un couple se préparant à accueillir son premier enfant après trois années d\u2019amour sans nuages.Ils choisissent de se séparer afin d\u2019encapsuler cet amour pour toujours.Ils s\u2019en remettent à une firme spécialisée en ruptures, dont le décalage jouissif est incarné par un Antoine Vézina survolté.Le tout reste léger, presque aérien, tout en distillant un sous-texte complexe qui rachète quelques longueurs vénielles.Finaliste des Francouvertes en 2017, la musicienne Laurence-Anne reste une recrue sur la scène québécoise, d\u2019où le nom de son disque, Première apparition.Sa chanson rock plutôt sombre s\u2019abreuve à plusieurs sources.On perçoit une guitare à la Feist, un timbre vocal pas si loin de celui de Fanny Bloom ou Lydia Képinski, l\u2019audace et l\u2019éclectisme d\u2019une Klô Pelgag avec un brin de vieux Karkwa ou de Fontarabie dans le nez.C\u2019est mélodique et percus- sif, parfois planant et assez insaisissable.Si chaque écoute éclaire la précédente, ce disque se déguste à petit feu.Mélodique percussif Like is the new love PHILIPPE PAPINEAU LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY JEAN-FRANÇOIS NADEAU ODILE TREMBLAY Le cinéaste ne cache pas avoir puisé dans sa propre vie pour nourrir la trajectoire de ses personnages, peu importe leur âge.l\u2019autre, constate Lesage, car j\u2019aborde des sujets qui sont universels, tout en étant proches de moi.Mais je retourne vingt ans en arrière, ce qui me donne de la distance pour me débarrasser de choses inintéressantes.» Exercice thérapeutique, que tout cela ?« Il y a eu un ef fet libérateur pendant l\u2019écriture, même si ce n\u2019est pas très facile.Dans Les démons, c\u2019était une réconciliation avec l\u2019enfant que j\u2019ai été, ainsi qu\u2019avec ce paradoxe sur l\u2019enfance : elle est empreinte d\u2019ambiguïté et de méchanceté\u2026» Et si l\u2019on en croit Genèse, dif ficile d\u2019y échapper à l\u2019adolescence.D\u2019ailleurs, à voir l\u2019aisance avec laquelle Théodore Pellerin défend Guillaume, étudiant brillant, espiègle et insolent, dont la drôlerie camoufle quelques failles, on ne peut s\u2019empêcher de lui demander si des parallèles sont possibles avec sa propre adolescence.« J\u2019essayais d\u2019être le clown dans ma classe au secondaire, mais je n\u2019étais pas très bon ! » En abordant cette phase un peu trouble, la question de la sexualité n\u2019est jamais balayée sous le tapis, et les personnages de Genèse les abordent avec une franchise parfois déconcertante \u2014 ce qui ne déconcerte jamais Philippe Lesage.« La sexualité, comme la personnalité, c\u2019est quelque chose qui évolue avec le temps, qui se transforme.» Et qu\u2019il soit question de pédophilie, d\u2019agressions sexuelles ou d\u2019homosexualité, le cinéaste refuse les faux- fuyants, surtout avec ses acteurs.«Je pars du principe que les enfants comprennent beaucoup de choses et je refuse d\u2019infantiliser des acteurs de 18 ou 19 ans.Ce sont des adultes.» Mais Philippe Lesage espère sûrement qu\u2019ils ne grandiront pas trop vite.Genèse prend l\u2019affiche le 15 mars. on anglais alambiqué ne l\u2019empêche pas d\u2019être un moulin à paroles.Un doute langagier, un léger embarras à la prononciation, et le voilà dans une époustouflante réponse.Au bout du sans-fil, Milorad Krstic donne l\u2019impression de sortir lui-même de son Ruben Brandt, Collector.Bien que ponctué de lentes séquences, ce long métrage d\u2019animation roule à vive allure.« Mon premier objectif était de ne pas ennuyer.Le récit ne vous laisse pas de repos, vous n\u2019aurez pas le choix de suivre jusqu\u2019à la fin », commente celui qui s\u2019estime pressé de nature, «même dans le désert ».Artiste multimédia, Milorad Krstic tient avec Ruben Brandt, Collector son premier long métrage, à près de 70 ans (il est né en 1952).Et c\u2019est par une plongée dans la peinture occidentale, celle-là même que chérissent les musées du monde, qu\u2019il y est parvenu.Le Ruben Brandt du titre collectionne les chefs-d\u2019œuvre\u2026 volés.Histoire de l\u2019ar t et thriller s\u2019y confondent, avec comme personnage central un psychologue égocentrique et possessif devenu un terrible brigand.Ses victimes : le Louvre, la Tate, l\u2019Hermitage, le MoMA\u2026 Pour Milorad Krstic, le crime reste la meilleure façon de raconter l\u2019art.«C\u2019est un film sur l\u2019art, qui ne prend pas la voie de l\u2019art.L\u2019histoire de ce criminel qui vole les peintures est plus intéressante.Mais je voulais davantage.Il ne vole pas ces tableaux pour les revendre.Il les vole parce qu\u2019il en est hanté.Il doit les posséder.» Symphonie audiovisuelle Il est rafraîchissant, ce Milorad Krst ic .Oui , i l est rare que nos écrans présentent l \u2019œuvre d\u2019un Slovène établi en Hongrie.Oui, son film tourné en anglais est teinté d\u2019un tour du globe inusité.Oui, ce peintre n\u2019avait rien réalisé pour le cinéma, si ce n\u2019est un court il y a un quart de siècle.Sa brise toute fraîche, on la trouve dans son sujet, son traitement, ou ses références, un véritable méli- mélo.Krstic s\u2019approprie de manière explicite la grande histoire de l\u2019art \u2014 de Botticelli à Warhol \u2014 et livre des clins d\u2019œil au cinéma \u2014 Eisenstein, Chaplin et autres Fellini y passent.Puis, il adopte le film noir et signe une intrigue for te en psychologie et soubresauts.« Je voulais une symphonie audiovisuelle, à plusieurs couches, dit le cinéaste.Le récit en est une, mon hommage aux tableaux et films en est une autre.» Milorad Krstic ne précise pas où il a puisé ses scènes.Il signale qu\u2019il travaille sous l\u2019influence de tout ce qu\u2019il a vu.Le septième ar t est cimenté dans sa tête ; c\u2019est son subconscient qui s\u2019exprime.Au bout, une centaine de titres cités.Sans compter la silhouette d\u2019Hitchcock, qui apparaît en glaçons pour cocktails.«Je n\u2019inclus pas ces références pour les fans de Tarkovski ou Kurosawa, mais au cas où quelqu\u2019un déciderait de mettre le film sur pause.C\u2019est mon rythme.Je veux que les gens s \u2019ar rêtent pour découvrir mon hommage au cinéma mondial.» Malgré une certaine retenue, l\u2019artiste se permet de grandes libertés, comme de transformer la femme au cœur de La naissance de Vénus, de Sandro Botticelli, en étrangleuse.Sa symphonie, confie-t-il, il la voulait unique, loin des stéréotypes.S\u2019il a un faible pour des scènes surréalistes, L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 8 | ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Vol et survol d\u2019art Un artiste slovène de 67 ans signe un étonnant premier film, riche en références Milorad Krstic ne précise pas où il a puisé ses scènes.Il signale qu\u2019il travaille sous l\u2019influence de tout ce qu\u2019il a vu.Le septième art est cimenté dans sa tête ; c\u2019est son subconscient qui s\u2019exprime.PHOTOS MÉTROPOLE FILMS S | 9 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Milorad Krstic C\u2019est un film sur l\u2019art, qui ne prend pas la voie de l\u2019art.L\u2019histoire de ce criminel qui vole les peintures est plus intéressante.Mais je voulais davantage.Il ne vole pas ces tableaux pour les revendre.Il les vole parce qu\u2019il en est hanté.Il doit les posséder.MILORAD KRSTIC » c\u2019est parce qu\u2019elles permettent de s\u2019éclater.Son plaisir aura été de dessiner l\u2019horreur là où on ne l\u2019attend pas.« Ce qui m\u2019intéressait, ce n\u2019était pas de créer des zombies à partir des monstres de Goya [les gravures Les désastres de la guerre], mais à partir des belles filles chez Botticelli ou Velázquez.J\u2019ai voulu que vous soyez hantés par la beauté et l\u2019innocence de personnages enchanteurs», dit-il.Liberté de création Il a fait d\u2019Olympia, tableau fondateur de la modernité signé Édouard Manet, une des obsessions du voleur Ruben Brandt.La peinture du Musée d\u2019Orsay, rappelle le cinéaste, a été la première à expliciter le désir sexuel des hommes.« Manet n\u2019a pas peint seulement une femme couchée.[Celle-ci] est clairement une prostituée, qui nous regarde dans les yeux», résume-t-il.C\u2019est un autre tableau impressionniste du même musée parisien qui est le préféré de Milorad Krstic : Portrait de Renoir, du moins connu Frédéric Bazille.« Je l\u2019ai découvert quand je vivais à Paris, il y a 50 ans.Il m\u2019a fasciné par la pose très atypique de Renoir, assis les pieds sur la chaise, décrit-il.Je me suis toujours demandé, poursuit le peintre slovène, si c\u2019était le choix de Renoir ou de Bazille.» Peu importe, ce portrait d\u2019ar tiste lui apparaît comme l\u2019emblème de la liberté de création.Botticelli, Velázquez, Manet, mais aussi Le Titien, Van Gogh, Gauguin, Picasso, Magritte ou encore Edward Hopper sont parmi les peintres cités.Malgré des tableaux libres de droits, un dixième du budget a été consacré à la reproduction de cette tonne de toiles, qui compte 150 artisans.« C\u2019est beaucoup d\u2019argent », selon Milorad Krstic, qui donne en exemple le cas du Warhol, Elvis I & II.« Il a fallu payer la Fondation Warhol et la Fondation Presley.» Le cinéaste slovène a affronté plus d\u2019un obstacle, entre les exigences des uns et le refus des autres.Son pr inc ipa l regret : ne pas avoir convaincu la Fondation Miró.« Elle n\u2019a pas compris mon humour.Je suis sûr que Miró aurait accepté.Il ava i t mon sens de l \u2019humour » , pense, rêveur, Krstic.Ruben Brandt, Collector prendra l\u2019affiche le 15 mars. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | CRITIQUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le phénomène Jafar Panahi est fascinant.Que le grand cinéaste iranien assigné à résidence et interdit de tournage chez lui pour des raisons politiques depuis neuf ans parvienne à réaliser des films tient déjà du miracle.Que ceux-ci soient retenus et primés dans les festivals de prestige démontre la schizophrénie du régime des mollahs, qui n\u2019ose bâillonner tout à fait un artiste éminent, sans le financer et le distribuer pour autant, fermant les yeux quant au reste.Ses quatre longs métrages tournés sous le manteau, abreuvés au documentaire comme toute la vague du cinéma iranien, relèvent du parcours du combattant.Mais ses films de résistance étaient jusqu\u2019ici condamnés au confinement d\u2019un appartement, d\u2019un quartier, d\u2019un taxi.Pour la première fois depuis sa réclusion à domicile, avec Trois visages \u2014 dont le scénario a été primé à Cannes, surtout pour soutenir sa cause \u2014, Panahi prend l\u2019air.Il le fait avec un humour fou, sur une trame sonore nourrie des beuglements bovins et des klaxons codifiés des conducteurs de véhicules naviguant à l\u2019oreille entre les virages en épingle à cheveux des lacis routiers.Place à un road movie en hommage à son défunt mentor Abbas Kiaros- tami, avec caméra filmant à travers les routes de montagne jusqu\u2019à un petit village de Turcs azéris, bornés et accueillants, qui s\u2019adonnent à d\u2019étranges rituels, entre soucis d\u2019éleveurs et sursauts de conservatisme.L\u2019enfermement de la société iranienne trouve un miroir dans l\u2019immobilisme et le machisme des villageois.Le cinéaste du Cercle n\u2019a pas attendu #MoiAussi pour s\u2019intéresser au sort des femmes iraniennes.Trois visages aborde trois générations d\u2019actrices.Une star de la télé à Téhéran (Beh- naz Jafari, vibrante dans son propre rôle) reçoit une vidéo alarmante d\u2019une jeune villageoise entravée dans sa vocation d\u2019actrice (Marzieh Re- zaei).Elle prend la route avec Jafar Panahi (dans son rôle aussi, figure d\u2019ironie) pour la sauver.Chacune des actrices constitue une figure allégorique de la féminité: la jeunesse en invitation à se battre, l\u2019âge adulte en position de pouvoir relatif, l\u2019âge mûr relégué au placard.Au village, une ancienne vedette du temps du shah, recluse et ostracisée, n\u2019est qu\u2019une ombre et sa silhouette dansante auprès des autres nous offrira le plus poignant moment de poésie du film.Moins percutant et concentré que son Taxi pour Téhéran coif fé de l\u2019Ours d\u2019or à Berlin en 2015, Trois visages joue de mises en abîme inégales d\u2019écrans divers, dont une vidéo captée par un cellulaire tremblant dans une grotte.Avec des codes du thriller, des emprunts par fois appuyés au Goût de la cerise et au Vent nous emportera de Kiarostami, une ambiguïté cultivée entre réalité et fiction, sa mécanique du cinéma exposée, le film, ténu, ne prend sa pleine charge qu\u2019en fin de parcours.Mais à travers une critique du régime et la fragilité de sa forme, il nous of fre des moments de grâce douloureux ou comiques, en nouvelles touches au portrait de ce pays qu\u2019il aime et qui le tue.En mode mineur, mais aérien et libre.Trois visages (V.O., avec s.-t.f.) ?1/2 Drame de Jafar Panahi.Avec Behnaz Jafari et Jafar Panahi.Iran, 2018, 100 minutes.Panahi prend l\u2019air de la montagne Dans Trois visages, chacune des actrices constitue une figure allégorique de la féminité Behnaz Jafari et Jafar Panahi mettent le cap vers le Turkménistan iranien à la suite d\u2019une vidéo reçue dans laquelle une jeune fille leur annonce son suicide.EYESTEELFILM CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR En 2006, le réalisateur allemand Florian Henckel von Donnersmarck fit une entrée fracassante sur la scène cinématographique mondiale avec La vie des autres.Drame sentimental racontant, dans l\u2019Allemagne de l\u2019Est de 1984, la liaison passionnée entre un dramaturge et une actrice telle que perçue par l\u2019of ficier de la Stasi chargé de les espionner, le film gagna maints prix, dont l\u2019Oscar et le César du meilleur film en langue étrangère.On annonçait l\u2019avènement d\u2019un cinéaste majeur.Puis vint en 2010 Le touriste, remake hollywoodien clinquant, et embarrassant, du succès français Anthony Zimmer.De retour dans ses terres, si l\u2019on veut, von Don- nersmarck propose avec Never Look Away une synthèse de son travail.Le film donne en ef fet à voir le meilleur et le pire d\u2019un auteur manifestement désireux de tenir un propos, mais tenté en même temps par une certaine vacuité formelle que facilite sa maîtrise technique.Librement inspiré de la vie du célèbre peintre Gerhard Richter (rebaptisé Kurt Barnet), 87 ans, et qui a désavoué le film, Never Look Away est une chronique de trois heures au mouvement ample et assez bien réglé couvrant autant de décennies de l\u2019histoire allemande.L\u2019action démarre à Dresden en 1937.Kurt, orphelin de sept ans, visite avec sa tante Elisabeth une exposition réunissant des œuvres jugées déviantes par les autorités nazies.La jeune femme ne partage pas cet avis, mais se garde de contredire le guide.Quant au petit Kurt, son regard laisse entrevoir un attrait instinctif pour l\u2019art.Internée peu après pour schizophrénie, Elisabeth est stérilisée puis euthanasiée par le professeur Carl Seeband, eugéniste nazi.Insipide Tom Schilling Des années plus tard, Kurt, étudiant aux beaux-arts contraint de s\u2019en tenir au réalisme social, s\u2019éprend d\u2019Ellie, une étudiante en mode qui est aussi la fille du professeur Seeband, dont Kurt ignore qu\u2019il est responsable de la mort de sa tante.Deux amants, et en périphérie un homme qui jauge: difficile de ne pas percevoir dans ces amours surveillées à l\u2019ère de la RDA le repli stratégique d\u2019un cinéaste cherchant à reproduire la magie passée.Ce qui ne survient que par intermittence.Le film explore deux enjeux principaux: la nécessité pour un artiste de développer sa propre vision et le pouvoir guérisseur de l\u2019art \u2014 aspect qui s\u2019avère de loin plus intéressant.En effet, les aléas de l\u2019apprentissage de Kurt, qui occupent souvent le premier plan, font pâle figure comparativement à l\u2019entrelacs de duperies et de faux- semblant déployé en toile de fond.L\u2019absence totale de charisme de Tom Schilling, insipide dans le rôle de Kurt, n\u2019aide pas.De fait, il est éclipsé par ses partenaires, les magnétiques Paula Beer (Frantz, Transit), qui joue Ellie, et Sebastian Koch (La vie des autres, Le carnet noir), qui incarne le vil professeur.Sans oublier Saskia Ro- sendahl, brève mais marquante en Elisabeth.Ce sont eux qui donnent ses quelques moments forts à un film qu\u2019on dirait par-dessus tout préoccupé par son esthétisme creux.Car, ironiquement, alors même qu\u2019il conte cette histoire d\u2019un peintre « qui se trouve », von Donnersmarck s\u2019égare en privilégiant une approche visuelle certes recherchée, mais parfaitement anonyme.Never Look Away (V.O., avec s.-t.a.) ?1/2 Chronique de Florian Henckel von Donnersmarck.Avec Tom Schilling, Paula Beer, Sebastian Koch, Saskia Rosendahl, Oliver Masucci.Allemagne, 2018, 188 minutes.L\u2019art du vide Florian Henckel von Donnersmarck revisite à la fois les horreurs de l\u2019Allemagne nazie et celles de l\u2019Allemagne divisée Tom Schilling, sans charisme, est insipide dans le rôle de Kurt.MÉTROPOLE FILMS | 1 1 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 avec ERIC-EMMANUEL SCHMITT NARRATEUR MARIE-JOSÉE LORD SOPRANO JEAN-MICHEL RICHER TÉNOR DOMINIC BOULIANNE PIANISTE Production Théâtre du Nouveau Monde et Didier Morissonneau LE MYSTÈRE CARMEN Un spectacle musical D\u2019ERIC-EMMANUEL SCHMITT \u2014 MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL À l\u2019affiche jusqu\u2019au 16 mars TNM.QC.CA En écho au spectacle.LES BEAUX ENTRETIENS sur la scène du TNM Mardi 12 mars de 14 h à 16 h Animation Lorraine Pintal Invité Eric-Emmanuel Schmitt RÉSERVATIONS BELLESSOIREES.UMONTREAL.CA supplémentaire dimanche 10 mars à 14 H CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR En entrevue au Devoir, la scénariste Chloé Cinq-Mars expliquait à propos du film Dérive : « Je voulais parler de ce que c\u2019est, que de devenir une femme, de la violence que ça représente de devenir une femme.» Et de fait, c\u2019est là l\u2019idée maîtresse qui se dégage d\u2019un récit qui ne craint pas de plonger dans des zones difficiles, voire troubles.Réalisé par David Uloth, Dérive s\u2019attarde plus précisément à trois âges de la femme, offrant autant de portraits sensibles.Au cœur de ce premier long métrage pour le couple à la ville se trouve une cellule familiale mono- parentale dont on assiste, dans un premier temps, à l\u2019éclatement.Cela, dans la foulée du décès soudain du père, survenu en amont de l\u2019action.Dans la maisonnée, une femme, une jeune fille et une enfant encaissent différemment le choc.Catherine, la mère, surnage comme elle le peut.Entre les récriminations silencieuses de ses deux filles qui ne la blâment pas tant pour une raison spécifique que par défaut, parce qu\u2019elle est là, Catherine est en recherche d\u2019emploi, prise à la gorge avec les dettes que lui a abandonnées son mari en mourant.Océane, l\u2019aînée de 16 ans, traficote on ne sait quoi à l\u2019école et, sur le terrain de foot, ne parvient pas toujours à réprimer des bouffées de violence.Nourrissant en secret le rêve de devenir actrice, elle se prend d\u2019une folle passion pour un comédien pas mal plus âgé qu\u2019elle.En apparence sûre d\u2019elle, l\u2019adolescente a la tête remplie d\u2019idées romantiques la rendant aveugle à la prédation dont elle est l\u2019objet.Marine, la cadette de 11 ans, vit pour sa part carrément dans le déni, certaine qu\u2019elle est de sentir la présence de son père, qu\u2019elle voit même, parfois.L\u2019esprit encore immergé dans l\u2019enfance et le regard chargé d\u2019innocence, la voici bien mal équipée pour entrer à l\u2019école secondaire, où sa sœur a autre chose à faire que de veiller sur elle.Victime d\u2019intimidation et en proie à des souvenirs refoulés qui menacent de rejaillir de son inconscient en un torrent furieux, Marine est la plus vulnérable des trois protagonistes.Parce que l\u2019écriture est, à la fois, pleine d\u2019acuité et d\u2019une infinie délicatesse, on met un moment à comprendre que cette petite est en dépression.Sous la surface C\u2019est d\u2019ailleurs là un aspect sur lequel on ne saurait trop insister : la qualité du scénario.Sans faux-fuyant, mais sans pathos non plus, Chloé Cinq-Mars explore des espaces psychologiques et relationnels douloureux, d\u2019abord individuellement, puis en les entrelaçant à mesure que croît le patient mais constant crescendo.À la mise en scène, David Uloth prend le relais narratif avec tact et empathie, entrant en symbiose narrative : sa caméra flotte, en apesanteur, qu\u2019elle soit immobile face aux protagonistes paralysées par le chagrin, la peur ou le doute, ou qu\u2019elle s\u2019avance lentement, presque appréhensive, à l\u2019instar là encore de Catherine, Océane et Marine.Dans la composition de ses plans d\u2019ensemble, le cinéaste s\u2019avère habile, d\u2019une part, à établir les dynamiques en présence et, d\u2019autre part, à laisser entendre que des tensions invisibles courent sous la surface.Lors de scènes choisies, Uloth s\u2019approche au plus près des visages pour y lire ce qui est tu, consciemment ou non.Capable de jouer avec la forme et de ménager des instants empreints d\u2019une certaine recherche esthétique (les visites dans la bulle mentale quelque peu éthérée de Marine, l\u2019admirable séquence d\u2019ouverture, entre autres), David Uloth donne toutefois la priorité absolue aux actrices.Héroïnes unies Ces dernières sont exceptionnelles.Mélissa Desormeaux-Poulin hérite de la partition la plus ardue puisque Catherine est un personnage en demi-teintes plutôt qu\u2019en éclats dramatiques.Des passages explosifs sur le plan émotionnel sur viennent, certes, mais de manière générale la comédienne a la tâche délicate, et moins « voyante », de maintenir un ballant entre l\u2019exaltation d\u2019Océane et la mélancolie de Marine.Éléonore Loiselle incarne Océane tandis que Maèva Tremblay interprète Marine.La première embrase l\u2019écran avec son énergie et son charisme, le regard vaguement félin, la dégaine androgyne.La seconde broie le cœur avec ses grands yeux un peu perdus pour avoir trop vu.Des révélations, toutes les deux.On s\u2019attache d\u2019emblée à ces trois héroïnes qui, en pleine tempête, s\u2019éloignent initialement les unes des autres.De ballottements en quasi- noyade, elles réapprendront à voguer de conserve, unies par une résilience et un amour, sur tout, plus forts que la souffrance.Dérive ?Drame psychologique de David Uloth et Chloé Cinq-Mars.Avec Mélissa Desormeaux-Poulin, Maèva Tremblay, Éléonore Loiselle, Emmanuel Schwartz, Émilie Bierre, Réal Bossé.Québec, 2018, minutes.En eaux profondes Chloé Cinq-Mars et David Uloth visitent trois âges de la femme en trois portraits sensibles Éléonore Loiselle incarne Océane tandis que Maèva Tremblay interprète Marine.La première embrase l\u2019écran, la seconde broie le cœur avec ses grands yeux.AXIA FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 2 | Les nouveautés sont en rose Roma ?Chef-d\u2019œuvre d\u2019Alfonso Cuarón que ce retour à son enfance au début des années 1970, en banlieue cossue de Mexico.À travers l\u2019admirable portrait de Cleo (Yalitza Aparicio), servante et ange d\u2019une famille en éclatement, c\u2019est l\u2019âme du Mexique qui vibre et respire dans ce film contemplatif et immersif.Les images en noir et blanc sublimes, les cadrages artistiques, somptueusement filmés, sans musique, et une caméra 65mm qui embrasse à la fois les détails intimes et la violence du pays, la sensibilité et la force du film en font une œuvre d\u2019anthologie.Odile Tremblay Une affaire de famille (V.O., s.-t.f.) ?Lauréat de la Palme d\u2019or, Une affaire de famille marque un nouveau sommet pour l\u2019auteur des déjà exceptionnels Nobody Knows et Still Walking, Hiro- kazu Kore-eda.On y suit le quotidien ardu de la famille Shibata, qui joint les deux bouts en recourant à divers larcins et dont l\u2019équilibre précaire est compromis lorsque le père et la mère recueillent une fillette abandonnée dans le froid.Kore-eda, malgré une empathie évidente envers ses personnages, ne minimise jamais l\u2019ampleur des dilemmes moraux en présence, non plus qu\u2019il ne se montre complaisant par rapport aux failles du couple, qui n\u2019en est dès lors que plus poignant, que plus humain.Porté par une poésie visuelle sur laquelle l\u2019adversité n\u2019a aucune prise, c\u2019est là un film qui reste.On l\u2019emporte avec soi, en pensées, y revenant inopinément\u2026 On sent des larmes monter alors que défilent en boucle des scènes si justes qu\u2019elles semblent avoir été arrachées au réel.François Lévesque Une colonie ?1/2 L\u2019enfance semble un pays que Geneviève Dulude-De Celles (Bienvenue à F.L.) se plaît à ratisser, sans compter celui de son enfance, la région de So- rel-Tracy, avec cette campagne marquée aussi par l\u2019industrialisation.Ces paysages, la jeune Mylia (Émilie Bierre) semble les observer avec détachement, voire avec ennui, tout le contraire de sa cadette (Irlande Côté), vraie boule d\u2019énergie.À la faveur de l\u2019arrivée de Mylia, protégée de loin par les adultes, dans une nouvelle école, c\u2019est aussi de nouveaux horizons qui s\u2019ouvrent devant elle, des découvertes parfois douloureuses.Une œuvre délicate, sensible, sur ces passages entre deux âges, transitions aussi douloureuses qu\u2019interminables, mais essentielles pour atteindre une assurance nécessaire.C\u2019est l\u2019une des belles leçons d\u2019Une colonie.André Lavoie Edmond ?Scénario devenu pièce de théâtre pour redevenir scénario, tout cela grâce à son succès sur les planches.L\u2019histoire de cette création du dramaturge et acteur Alexis Michalik en est une de ténacité, tout comme celle entourant Cyrano de Bergerac, d\u2019Edmond Rostand, dont il s\u2019inspire avec humour, et un maximum de libertés.Dans ce Paris de la Belle Époque récréé en République tchèque, le jeune Rostand doit livrer rapidement une pièce pas encore écrite, fabriquée dans la précipitation et une multitude de quiproquos dignes\u2026 de Georges Feydeau, son grand rival de l\u2019époque.Superbe fantaisie qui s\u2019inspire (timidement) du style Jean-Pierre Jeunet et qui évoque l\u2019hilarant Bullets Over Broadway de Woody Allen, Edmond propose un hommage au théâtre d\u2019une belle virtuosité, fourmillant d\u2019acteurs dévoués et inspirés, dont Olivier Gourmet en premier Cyrano.Ni plus ni moins qu\u2019une tourbillonnante fête foraine des vers, des mots d\u2019esprit et des répliques mordantes.André Lavoie Arctique (V.F.de Arctic) ?1/2 Un des aspects distinctifs de ce drame de survie est que l\u2019on y fait fi de toute entrée en matière.Lorsqu\u2019on aperçoit le protagoniste, seul survivant d\u2019un écrasement déduit-on a posteriori, ce dernier en est à creuser un SOS géant dans le sol couvert de neige d\u2019une contrée nordique non identifiée.En une poignée de scènes brèves exemptes de dialogue, le réalisateur Joe Penna campe personnage et contexte avec une précision assez remarquable.Habitant chaque scène avec une autorité tranquille, Mads Mikkelsen offre une performance d\u2019une grande richesse dramatique en dépit de ce qu\u2019il est privé, ou presque, de parole.La seconde partie consiste en un périple difficile, et un tantinet longuet, sur fond de panorama magnifique, mais sans pitié.Un périple, qui plus est, dont on ne parvient pas à prédire si l\u2019issue sera heureuse ou malheureuse.À l\u2019instar de l\u2019absence de préambule, cette incertitude distingue elle aussi Arctique de ses prédécesseurs.François Lévesque Pupille ?1/2 À travers le parcours d\u2019un nourrisson, de sa naissance jusqu\u2019à son arrivée dans les bras de sa mère adoptive, la cinéaste Jeanne Herry explore l\u2019entièreté d\u2019un processus marqué par les actions de maintes intervenantes, car elles sont ici presque exclusivement femmes, chacune un personnage à dé- Tout le monde le sait (V.F.de Todos lo saben) ?1/2 Ce qui se passe entre hommes et femmes dans les films du cinéaste iranien Asghar Farhadi (Une séparation, Le client) relève tout autant du mystère, de l\u2019angoisse que du suspense; le quotidien y est parfois vertigineux et dangereux.Après la France (Le passé), le voilà qu\u2019il débarque en Espagne dans un petit village charmant qui recèle bien des secrets et des frustrations.Elles vont d\u2019ailleurs éclater au grand jour après le kidnapping de la fille de Laura (Penélope Cruz), revenue au pays pour le mariage de sa sœur, elle qui habite en Argentine avec un homme d\u2019affaires.C\u2019est aussi l\u2019occasion de renouer avec une an- Oiseaux de passage (V.O., s.-t.f.) ?Malgré le titre, ceux qui, ici, «ne font que passer» ne sont pas des volatiles, mais bien des humains.Membres de deux clans wayuu, en Colombie, ils s\u2019associent au cours des années 1960- 1970 dans un lucratif trafic de stupéfiants pour mieux s\u2019entretuer ensuite, avec en toile de fond des croyances séculaires auxquelles l\u2019une et l\u2019autre factions tournent graduellement le dos.D\u2019où leur déchéance?La trame shakespearienne imaginée par Cristina Gallego et Ciro Guerra, une tragédie en cinq actes enrichie de considérations ethnographiques, est plus complexe que cela.En effet, si le scénario joue en apparence de rouages connus (voir Le parrain, Scarface ou Narcos), le film se distingue par son utilisation fascinante des us et coutumes wayuu.Dans ses élans oniriques autant que lorsqu\u2019elle se confine au réel, la mise en scène de Galego et Guerra maintient une ampleur visuelle enivrante, en phase avec la dimension mythique de ce film aussi violent que beau.François Lévesque cienne flamme (Javier Bardem), mais derrière leurs sourires se camouflent de cruelles vérités enfouies.Ce n\u2019est pas le plus grand film de son auteur, mais avec la complicité de José Luis Alcaine, un directeur photo associé à Pedro Almodóvar, il sait nous happer dans un autre de ses univers où les non-dits sont cruels, et les faux pas parfois fatals.André Lavoie beuglements des bovins et les klaxons des conducteurs à travers des lacis renvoyant aux délires de la bureaucratie iranienne.Odile Tremblay Capitaine Marvel (V.F.de Captain Marvel) ?1/2 Ex-pilote recueillie dans des circonstances mystérieuses par un peuple extraterrestre extrêmement avancé, Carol Danvers revient sur la Terre en 1995, dotée qui plus est de pouvoirs phénoménaux, afin d\u2019en apprendre davantage sur son passé.Après onze ans d\u2019activités, le vaste Univers cinématographique Marvel offre ici son premier film solo consacré à une superhéroïne.Rythmé, léger, bien ancré émotionnel- lement, c\u2019est l\u2019un des très bons crus.En filigrane: un commentaire féministe bienvenu et une critique peu subtile mais efficace des politiques antimi- gratoires de l\u2019Amérique actuelle.Dans le rôle-titre, Brie Larson est formidable.Idem pour Samuel L.Jackson, savoureux dans son rôle récurrent de Nick Fury.Coréalisé par Anna Boden et Ryan Fleck, Capitaine Marvel n\u2019est pas «signé», mais il est en continuité visuelle avec ses prédécesseurs.Les fans y trouveront leur compte.Ah, un détail: le film donne à voir l\u2019un des chats les plus craquants de ce côté-ci de la galaxie.François Lévesque Dérive ?À la suite du décès subit d\u2019un mari et d\u2019un père, Catherine et ses deux filles, Océane, 16 ans, et Marine, 11 ans, se sont d\u2019ores et déjà isolées en elles- mêmes lorsqu\u2019on les rencontre.Tandis qu\u2019Océane plonge dans un premier amour trouble avec un homme plus âgé, Marine refuse la réalité du décès de son papa.Sans faux-fuyant mais sans pathos non plus, la scénariste Chloé Cinq-Mars explore des espaces psychologiques et relationnels douloureux.À la mise en scène, David Uloth entre en symbiose narrative: sa caméra flotte, qu\u2019elle soit immobile face aux protagonistes paralysées par le chagrin ou qu\u2019elle s\u2019avance lentement, presque appréhensive, à l\u2019instar là encore de Catherine, Océane et Marine.On s\u2019attache d\u2019emblée à ces trois héroïnes qui, dans la tourmente, se sont éloignées les unes des autres.De ballottements en quasi-noyade, elles réapprendront à voguer de conserve, unies par une résilience et un amour plus forts que la souffrance.François Lévesque Trois visages (V.O., s.-t.f.) ?1/2 L\u2019Iranien Jafar Panahi, assigné à résidence à Téhéran depuis neuf ans, a tourné sous le manteau (comme pour ses derniers films) ce Trois visages, dont le scénario a été primé à Cannes.Road movie en hommage à son mentor Abbas Kiarostami, ce film met en scène, sur accents féministes, trois actrices d\u2019âges différents, en miroir des évolutions et blocages du pays.Moins percutant que son œuvre précédente, Taxi pour Téhéran, entre drame, allégorie et poésie, dans un village d\u2019éleveurs des montagnes, ce film trouve une grâce fragile ponctuée par les Capitaine Marvel, science-fiction d\u2019Anna Boden et Ryan Fleck WALT DISNEY STUDIO MOTION PICTURES | 1 3 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Le nouveau succès du Buddies in Bad Times enfin à Montréal \u2013 Toronto Star / \u2013 The Globe and Mail / NNNN \u2013 NOW Magazine DU 12 AU 16 MARS 2019 Spectacle en anglais et inuktitut, surtitré en français.ANTONIJA LIVINGSTONE & NADIA LAURO TRACES-HORS-SENTIERS les études (hérésies 1-7) Conçu & réalisé par Antonija Livingstone & Nadia Lauro Artistes invité.e.s Stephen Thompson, Kennis Hawkins, An Thorne, Tobaron Waxman, Winnipeg Monbijou, Nicoletta Brandi, Mich Cota, Malik Nashad Sharpe UNE BIBLIOTHÈQUE CHIMÉRIQUE \u2013 UNE ASSEMBLÉE WYRD \u2013 UN SYMPOSIUM QUEER 4 PERFORMANCES : 8.9.11.12 MARS 2019 \u2013 20 H 2 INSTALLATIONS DÉAMBULATOIRES : 9.10 MARS 2019 \u2013 13H Galerie du MAI [Montréal, arts interculturels] | Danse-cite.org Capharnaüm (V.O., s.-t.f.) ?1/2 À la mort de sa petite sœur vendue à un voisin par ses parents, Zain, un enfant des rues, intente un procès à ceux- ci.Son grief: qu\u2019ils l\u2019aient mise au monde.En dépit de l\u2019intelligence de la réalisation de Nadine Labaki, qui privilégie une caméra en phase avec Zain, c\u2019est-à-dire sur le qui-vive et à hauteur d\u2019enfant, Capharnaüm ne fonctionnerait pas sans Zain al-Rafeea.Un réfugié syrien dans la vraie vie, il confère au jeune héros une vérité de chaque instant.La plupart des interprètes sont des non-professionnels comme lui.Justement, l\u2019authenticité douloureuse qui émane de la distribution pallie en partie le manque de fluidité d\u2019un récit sincère mais ponctué, hélas, de trop nombreux points d\u2019orgue émotionnels.À terme, le film a valeur de plaidoyer adressé à un monde en perte d\u2019humanité, une exhortation à chérir davantage ce qu\u2019il a de plus précieux: ses enfants.Car il est des richesses qui ne devraient jamais être monnayées.François Lévesque Greta ?Dans Greta, son premier film depuis 2012, Neil Jordan s\u2019amuse avec les incohérences désopilantes des films de série B dans un tout nouveau registre: le thriller psychologique.Lors d\u2019un trajet en métro, France (Chloe Moretz) trouve un sac abandonné sur une ban- Doubles vies ?1/2 Sous couvert de raconter les infidélités d\u2019une ménagerie d\u2019intellectuels aisés, Olivier Assayas interroge l\u2019avenir du monde littéraire, du mot, de l\u2019idée, entre nostalgie de ce qui fut et incertitude quant au futur numérique.Les personnages, incarnés par d\u2019excellents comédiens, possèdent une profondeur appréciable.Or, la structure est si répétitive qu\u2019on en vient à se lasser d\u2019eux.Ainsi, bloc narratif après bloc narratif, on se rencontre, on s\u2019assoit et on devise.À chaque séquence son sous-thème quasiment surligné.C\u2019est néanmoins loin d\u2019être inintéressant, d\u2019autant que les répliques savoureuses ne manquent pas.Incessant, le dialogue donne hélas trop souvent l\u2019impression d\u2019un cinéaste qui pontifie par la bouche de ses interprètes.Conclusion?De la même manière que cet éditeur doute qu\u2019un agrégat de tweets équivaille à un manuscrit, on se demandera si cette collection de réflexions a valeur de scénario.François Lévesque Clichy reprennent leurs pinceaux (numériques) pour une aventure originale\u2026 mais pas tant que cela.Car malgré cette quête pour un aspirant druide destiné à remplacer un jour Panora- mix, le parcours est bien balisé, avec des figures récurrentes et leurs postures familières.On s\u2019arrime aussi à l\u2019air du temps, parfois avec humour, parfois dans un fracas plus inutile qu\u2019assourdissant.Bref, pas vraiment de secrets ni de mystères, mais de bonnes pincées de plaisir.André Lavoie quette.Elle s\u2019empresse de le retourner à sa propriétaire, Greta (Isabelle Hup- pert), une veuve esseulée pour laquelle elle se prend d\u2019affection.Or, le spectateur, et bientôt France, met peu de temps à réaliser que cette apparente douceur cache des tendances instables et obsessives.Le résultat final, porté par la prestation jubilatoire et affranchie d\u2019Isabelle Huppert, oscille entre l\u2019angoisse et l\u2019absurde, suscitant autant de rires nerveux que d\u2019appréhension.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec velopper: la mère étudiante qui accouche sous X, la «recueillante» qui l\u2019accompagne dès après, l\u2019assistante sociale qui évalue une candidate en parentalité divorcée, la travailleuse sociale qui confie le poupon à un assistant familial\u2026 Tous les interprètes sont d\u2019une justesse absolue.La réalisation dénuée d\u2019afféterie engendre quant à elle une impression d\u2019authenticité quasi permanente.Très fouillé, le scénario emprunte la même avenue à tendance naturaliste.Une propension au didactisme, hélas, heurte parfois le flot narratif, voire émotionnel.Au final néanmoins, Pupille demeure une œuvre profondément humaine et touchante.François Lévesque Alita.L\u2019ange conquérant (V.F.de Alita : Battle Angel) ?1/2 Dans un futur lointain, le docteur en cybernétique Ido (Christoph Waltz) fait la découverte dans un dépotoir d\u2019Alita (Rosa Salazar), une jeune cyborg qui n\u2019a plus aucun souvenir de son identité.Au fil du temps, confrontée aux forces obscures qui menacent la ville, elle découvre qu\u2019elle possède des talents de combattante exceptionnels.Malgré des prouesses techniques et visuelles stupéfiantes, Alita: Battle Angel, long métrage réalisé par Robert Rodriguez et scénarisé par James Cameron, ne parvient pas à racheter un scénario mille fois rabattu qui paraîtra souvent confus aux néophytes.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Avant qu\u2019on explose ?Le territoire de la comédie «adules- cente» légèrement grivoise a été passablement bien défriché par Ricardo Trogi (1981, 1987, 1991), mais d\u2019autres veulent lui succéder.Voilà qui semble la mission de Rémi St-Michel dans son premier long métrage de fiction, une comédie au parfum de fin du monde \u2014 et ce n\u2019est pas une figure de style.La planète court à sa perte pour cause de conflit nucléaire, mais un adolescent n\u2019en a cure : pas question de mourir encore puceau.Cette quête amène son lot de quiproquos, de railleries, de trop rares moments cocasses portés par un humour sans finesse et des blagues livrées par de jeunes acteurs à la diction pâteuse.Les beautés de Charle- voix n\u2019y changent absolument rien.André Lavoie Climax ?Isolés dans une école désaffectée au milieu de la campagne en plein hiver, les membres d\u2019une troupe de danse voient leur fête de fin de répétition virer au cauchemar lorsqu\u2019une drogue inconnue est ajoutée au bol de sangria collectif.Dans Climax, Gaspar Noé re- visite son thème de prédilection: la sexualité débridée d\u2019une jeunesse tentée par les paradis artificiels, avec malheur à la clé (sous couvert de provoc, il y a quelque chose de curieusement moralisateur dans son cinéma).Ponctué de plans-séquences virtuoses, une signature, le film comporte des passages insoutenables, la ligne entre le refus du compromis et la complaisance étant très floue.Là-dessus, l\u2019auteur, dont le style consiste en un assaut violent des sens et des émotions, est égal à lui-même.L\u2019ensemble possède une qualité hypnotique indéniable, même si le film se résume à un bad trip d\u2019une heure et demie.À chacun de déterminer si sa curiosité cinéphile est assez forte pour s\u2019y soumettre.François Lévesque Astérix et le secret de la potion magique ?Peu importe sa forme (bande dessinée, film d\u2019animation ou en prises de vue réelles), le plaisir est toujours au rendez-vous devant les aventures d\u2019As- térix et Obélix.Certains albums des célèbres René Goscinny et Albert Uderzo sont tout aussi mémorables, quelques films (dont celui d\u2019Alain Cha- bat, Mission: Cléopâtre) se revoient inlassablement.Après Le domaine des dieux (2014), Alexandre Astier et Louis Never Look Away (V.O., s.-t.a.) ?1/2 Dans son troisième film, von Donners- marck conjugue des motifs de son beau La vie des autres avec l\u2019esthétisme appuyé de son navrant Le touriste.On y suit un aspirant peintre, Kurt (inspiré par Gerhard Richter, qui a désavoué le film) avant, pendant et après qu\u2019il se fut épris d\u2019une jeune femme sans savoir qu\u2019elle est la fille de l\u2019ancien nazi qui a tué sa tante.À l\u2019avant-plan: la nécessité pour un artiste de développer sa propre vision.À l\u2019arrière-plan: le pouvoir guérisseur de l\u2019art, aspect plus intéressant.En effet, les aléas de l\u2019apprentissage de Kurt font pâle figure comparativement à l\u2019entrelacs de duperies déployé en toile de fond.L\u2019absence de charisme de Tom Schilling, éclipsé, n\u2019aide pas.Ironie suprême: alors même qu\u2019il conte cette histoire d\u2019un peintre «qui se trouve», le cinéaste s\u2019égare dans une approche visuelle certes recherchée, mais parfaitement anonyme.François Lévesque L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e D a n s e 14 | ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR es impacts des avancées technologiques courantes sur l\u2019évolution humaine inspirent de plus en plus de chorégraphes à appréhender le futur du corps, outil de travail du danseur.Si cer tains artistes comme Isabelle Van Grimde ou Gilles Jobin n\u2019hésitent pas à faire entrer leurs danses dans des univers de science-fiction à l\u2019aide de dispositifs numériques toujours plus poussés, d\u2019autres, comme Ismaël Moua- raki, prennent le pari de renoncer au recours aux technologies en scène et de s\u2019en remettre pleinement au pouvoir d\u2019évocation du mouvement pour approcher ce thème.C\u2019est en observant les ef fets des nouvelles technologies sur nos comportements sociaux et l\u2019adaptation rapide aux changements induits par Ismaël Mouaraki et les mutations invisibles Le chorégraphe s\u2019abreuve aux théories du transhumanisme pour imaginer l\u2019humanité de demain La notion d\u2019intelligence émotionnelle qui se matérialise par l\u2019interaction entre danseurs et public est, pour Ismaël Mouaraki, une clé de voûte de Phenomena.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR nos outils numériques \u2014 notamment en matière d\u2019instantanéité des communications et de l\u2019information \u2014 que le chorégraphe montréalais a décidé d\u2019entamer une recherche chorégraphique s\u2019appuyant sur la philosophie transhumaniste et des thèses sociologiques.Fasciné par les enjeux éthiques liés à l\u2019avancée des recherches en intelligence artificielle (IA) et par les prédictions quant aux possibilités d\u2019augmentation du corps dans un futur proche, le danseur a puisé d\u2019une série d\u2019ouvrages spécialisés des idées clés pour alimenter son processus créatif.Ne désirant pas porter une vision tranchée \u2014 soit optimiste, soit pessimiste \u2014 de l\u2019évolution de l\u2019être humain, le créateur entend en revanche toucher aux paradoxes et apporter à travers sa création une série de questionnements.De l\u2019hyperhumanisme «Une des écoles de pensée du trans- humanisme voit le corps comme une boîte de mort, af firme Ismaël Mouaraki.Pour certains penseurs, le corps serait une défaillance de la nature, une entité dégénérescente qui n\u2019est pas acceptable et que l\u2019être humain peut surpasser en utilisant L C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 POURSUIVEZ VOTRE VISITE AVEC L\u2019EXPOSITION MONTRÉAL COUTURE DONT L\u2019ACCÈS EST INCLUS DANS LE DROIT D\u2019ENTRÉE.« Le Musée des beaux-arts de Montréal frappe un grand coup.» \u2014 ICI Radio-Canada, Le Téléjournal « Chaque modèle présenté est une source d\u2019émerveillement et d\u2019enchantement pour tous les âges.» \u2014 Elsa Vecchi, Quebec.Hu?ngtonPost.ca COUTURISSIME Une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec le Groupe Clarins et la Maison Mugler.Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.| Alan Strutt, Yasmin Le Bon (Londres, 1997).Collection La Chimère, haute couture Thierry Mugler automne-hiver 1997-1998.© Alan Strutt En collaboration avec Une présentation de Partenaire média o?ciel son intelligence.Ces penseurs réfléchissent sur comment déjouer la mort ou du moins à gagner des années en la repoussant toujours plus loin.» Si la révolution des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) appliquée au domaine de la médecine promet ef fectivement de rallonger considérablement notre espérance de vie, en contrepartie, une inquiétude persiste quant aux possibles dérives de l\u2019eugénisme induites par l\u2019usage de ces technologies.Car d\u2019importants enjeux sociaux et économiques entrent en ligne de compte dans cette quête de longévité et de perfectionnement de l\u2019être humain, tandis qu\u2019actuellement, le plus gros de la fortune mondiale est concentré entre les mains de 26 milliardaires.Ces questions touchant à l\u2019accessibilité et la démocratisation des technologies à venir ont poussé l\u2019artiste à porter en scène une vision futuriste qui dépasserait la pensée individualiste du transhumanisme.En s\u2019appuyant sur les thèses du biochimiste et ancien professeur au MIT Joël de Rosnay, Ismaël Mouaraki a imaginé avec ses cinq danseurs comment fonctionnerait une collectivité augmentée : «Ce brillant scientifique pense le transhuma- nisme au-delà de l\u2019individualisme et avance l\u2019idée d\u2019une société qui tire ses forces de regroupements collectifs.Dans ces collectifs augmentés, les individus seraient interconnectés et par tageraient continuellement des connaissances et des données afin de devenir meilleurs dans leurs valeurs humaines.» Grâce à l\u2019imitation des codes de la nature par l\u2019être humain et au progrès de l\u2019IA, l\u2019individu augmenté deviendrait un être symbiotique avec son environnement, apte à lier directement son cer veau aux machines.« Je me suis rendu compte en lisant De Rosnay qu\u2019on n\u2019aura bientôt plus de technologies visibles sur nous.Elle va être très minimale.Il parlait par exemple du cellulaire actuel comme d\u2019une prothèse, un prolongement de nous-mêmes, et que tout ça serait intégré à l\u2019intérieur de nos corps.Ç\u2019a été la clé de mon entrée dans la matière, et c\u2019est pourquoi j\u2019ai choisi d\u2019évacuer les gadgets sur scène.» Hybride humanoïde Laissant de côté les outils numériques, Ismaël Mouaraki s\u2019est plutôt appliqué à créer une forme de lexique chorégraphique en imaginant comment bougerait un hybride humanoïde.Une approche du mouvement qui correspond parfaitement à sa signature physique très organique, tournée vers l\u2019intérieur, basée sur le ressenti et enrichie par l\u2019aspect visuel des danses urbaines : « C\u2019est tout un défi de parler des technologies sans y avoir recours.En essayant de les reproduire dans le corps, systématiquement on tombe dans le piège des stéréotypes.Au début, je m\u2019entêtais à ne pas les reproduire, mais finalement il fallait que j\u2019aille dans le stéréotype pour le déconstruire et venir y faire émerger ma ligne physique.Je me suis donc figuré comment ces humanoïdes recevraient les données des êtres humains pour pouvoir grandir et mûrir.» Dans ce contexte fictif, les corps des danseurs agissent comme des antennes captant des données par le toucher.Souhaitant se détacher d\u2019une certaine froideur qu\u2019il observe dans les représentations futuristes de l \u2019être humain, le recours au toucher représente pour lui une manière d\u2019humaniser sa vision du corps du futur : « Si on veut parler des technologies aujourd\u2019hui, on ne peut plus le faire sans une interaction avec le public.J\u2019ai donc opté pour une conception scénogra- phique bifrontale qui me permettait de casser le quatrième mur et d\u2019établir un contact direct avec le public.Je voulais que le spectateur puisse sentir qu\u2019il reçoit quelque chose de ces hybrides et qu\u2019en retour, il les fasse grandir.Ce contact transforme les danseurs, qui sont comme des êtres en devenir dans la pièce.Ça ne revient plus à obser ver froidement des robots, mais à voir ce que les spectateurs laissent dans le corps des interprètes.Ainsi on n\u2019est plus dans le paraître, mais vraiment dans l\u2019être.» La notion d\u2019intelligence émotionnelle qui se matérialise par l\u2019interaction entre danseurs et public est, pour Ismaël Mouaraki, une clé de voûte de Phenomena.Un territoire émotif qu\u2019il reste encore à percer et démystifier en matière de recherche en IA.Phenomena Une création d\u2019Ismaël Mouaraki.Avec Audrey Bergeron, Geneviève Boulet, Félix Cossette Levasseur, José Flores et Geneviève Gagné.À l\u2019Agora de la danse du 13 au 16 mars.C\u2019est tout un défi de parler des technologies sans y avoir recours.En essayant de les reproduire dans le corps, systématiquement on tombe dans le piège des stéréotypes.Au début, je m\u2019entêtais à ne pas les reproduire, mais finalement, il fallait que j\u2019aille dans le stéréotype pour le déconstruire et venir y faire émerger ma ligne physique.ISMAËL MOUARAKI » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 6 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Voir de près révèle bien des choses, dit-on.Le contraire aussi est vrai : il faut s\u2019éloigner pour mieux percevoir un tout, mieux le comprendre.Bref, parler de la distance entre le spectateur et une œuvre est peu inusité.Le travail en peinture de Jérôme Bouchard et celui en sculpture de Mathieu Gaudet ressassent ces notions.Pourtant, rarement une exposition en galerie privée a été aussi attendue que L\u2019échelle des choses.C\u2019est sous ce titre que les Galeries Bellemare Lambert ont réuni deux de leurs artistes.Il faut dire que l\u2019expo arrive du Japon, où elle a été présentée à l\u2019automne.Rien d\u2019exceptionnel à ce fait, surtout que c\u2019est à l\u2019ambassade du Canada à Tokyo qu\u2019elle a pris place.La maison de la diplomatie canadienne a l\u2019habitude d\u2019accueillir et de soutenir les artistes québécois.N\u2019empêche, si les Galeries Belle- mare Lambert ont ramené le projet tel quel à Montréal, c\u2019est qu\u2019elles estimaient tenir un coup solide.C\u2019est le cas.Précisons qu\u2019il ne s\u2019agit pas de deux solos (quoique\u2026), mais bien d\u2019une seule expo.Les œuvres de l\u2019un et de l\u2019autre s\u2019entremêlent, cohabitent en deux salles et se relancent la sempiternelle question : faut-il s\u2019approcher ou s\u2019éloigner des œuvres?Il n\u2019y a pas de bonne réponse.Faut se placer loin et près.Ce sont les rapports entre les deux expériences, rapports d\u2019échelle et de perception, qui ont du sens.Autant dans les tableaux de Jérôme Bouchard que dans les sculptures de Mathieu Gaudet.Mais il y a plus que ces jeux entre un tout et ses détails.L\u2019exploration des matériaux, la redéfinition du genre paysage et l\u2019aller-retour entre le plan et le volume, ou entre le 2D et le 3D, animent L\u2019échelle des choses.Côté cour industrielle Sur les cinq corpus exposés (trois de Bouchard, quatre de Gaudet), un seul est pratiquement nouveau.Il s\u2019agit d\u2019une série réalisée en Belgique par le peintre, où l\u2019artiste s\u2019est établi en 2018.D\u2019apparence abstraite, les tableaux de Jérôme Bouchard relèvent néanmoins du réel.Ils sont la traduction de données scientifiques liées à la topographie d\u2019un lieu.Le travail tient en différentes étapes, dont celle, paradoxale, qui consiste à retirer la matière une fois appliquée sur sa toile.C\u2019est du moins ainsi que Bou- chard procède depuis son passage au centre Plein sud, qui l\u2019a révélé en 2011.Pour la série de 2018, il a troqué ses habituels outils (couteau, pochoirs, etc.) contre une découpeuse laser.Il obtient ainsi d\u2019infinis petits orifices, presque comme les pores de la peau.Mécanisée, l\u2019opération consacre la fin du travail manuel, décrit aussi comme « le retrait du geste » \u2014 ce sont les mots de l\u2019artiste.Le choix de la machine n\u2019est pas gratuit, tant il répond au contexte de création.Dans sa désormais vie belge, à Liège, Jérôme Bouchard côtoie un ancien site industriel.La traduction de ce paysage en abstraction picturale s\u2019en fait l\u2019écho, à plusieurs égards.L\u2019utilisation du « lin belge » comme surface de travail en est déjà un clin d\u2019œil.Il y a aussi suggestion d\u2019un dessin caché, perceptible à la faveur d\u2019une teinte d\u2019acrylique appliquée au verso de la toile (une sorte de revers de la réalité).Ce sont comme les vestiges industriels que côtoie l\u2019artiste québécois, des terrils encore présents et pour tant imperceptibles pour la population locale.Côté bois Le bloc en car ton, élément massif qui fait l\u2019œuvre Sans titre (Retico- lato) de Mathieu Gaudet, s\u2019enrichit dans sa proximité avec les toiles de son confrère.Striée, la surface laisse la lumière s\u2019immiscer et révéler ce qui est imperceptible.L\u2019arbre qui cache la forêt, ou à peu près.Il faut bien sûr prendre du recul pour saisir qu\u2019à l\u2019intérieur se trouve un objet étrange, de forme organique, mais à la texture réfléchissante et métallique.Cette mise en scène optique découle cependant d\u2019un travail exigeant et précis de la matière.L\u2019art de Gaudet s\u2019appuie sur des distorsions, rompt avec les normes.Les différentes œuvres qu\u2019il expose, y compris un dessin de la série Arcs, ouvrent de multiples perspectives.La récente variante de Pa(ï)sage, série d\u2019œuvres en bois de peuplier que Mathieu Gaudet développe depuis quelque temps, renchérit sur une redéfinition de l\u2019horizon.L\u2019épaisse couche de couleur appliquée sur le dessus du peuplier, la diversité tonale, la subtile fragmentation (à moins que ce soit la subtile unité de trois éléments)\u2026 Pa(ï)sage gris #4270 n\u2019est pas une représentation fixe d\u2019une réalité, seulement qu\u2019une variable.Qu\u2019une interprétation de données.Qu\u2019une traduction de l\u2019écart entre un objet et son analyse.Voir de près ou de loin modifie nécessairement la compréhension d\u2019une chose, peu importe sa nature.C\u2019est un discours souvent entendu, mais qui prend plus d\u2019un sens dans la réunion Bouchard-Gaudet.L\u2019échelle des choses De Jérôme Bouchard et de Mathieu Gaudet.Aux Galeries Bellemare Lambert, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu\u2019au 6 avril.Voir l\u2019arbre et sa forêt La question de la distance réussit à deux artistes Vue de l\u2019installation L'échelle des choses de Jérôme Bouchard et Mathieu Gaudet GUY L'HEUREUX | 17 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Comme l\u2019indiquait la directrice de la Fonderie Darling, Caroline Andrieux, lors de la visite de presse, notre époque est à l\u2019hétérogénéité.Et les deux expositions présentées ces jours- ci dans son centre incarnent bien ce que certains décrivent ainsi, depuis quelques décennies, comme étant la postmodernité.Déjà, dans les années 1980, le critique d\u2019art René Payant expliquait comment l\u2019installation \u2014 qui, selon lui, serait le nom postmoderne de l\u2019œuvre d\u2019art \u2014 obligeait le spectateur à faire intellectuellement le saut entre les éléments éclectiques qui la constituent afin de construire du sens.C\u2019était l\u2019époque où l\u2019essayiste Guy Scarpetta parlait d\u2019impureté\u2026 Dans la grande salle de la Fonderie Darling, l\u2019exposition de David Armstrong Six, commissariée par Andrieux, est une installation qui traite de cet état actuel de l\u2019art et du monde.Cette expo est formée de trois ensembles hétéroclites de sculptures : des formes plus organiques qui semblent copier la nature sont posées sur le sol, des structures plus anthropomorphiques s\u2019élèvent fragilement dans l\u2019espace et des demi-cylindres qui évoquent des tuyaux fabriqués industriellement créent de for tes lignes horizontales\u2026 Et à cela s\u2019ajoutent quelques dessins placés en hauteur\u2026 Ces sculptures exposées semblent produites par différents moyens allant de la taille au moulage, en passant par l\u2019empreinte et l\u2019assemblage.Ces formes de sculptures se donnent parfois des allures organiques, animales ou végétales, parfois des apparences minérales.Il s\u2019agit presque d\u2019une histoire de la sculpture qui «aboutit » à ces demi-cylindres qui font penser au Sun Tunnels (1973-1976) que la land- artiste Nancy Holt créa dans le désert du Grand Bassin en Utah.Cette œuvre nous parle du poids de l\u2019histoire de la sculpture, de l\u2019art, mais aussi des civilisations qui pèsent sur l\u2019artiste et le citoyen contemporains.L\u2019artiste sembre écartelé entre ces différents pans, tentant d\u2019apprendre, de retenir le maximum de ce passé.Cette expo intitulée Night School fait certainement référence à l\u2019enseignement que l\u2019ar t of fre aux nouvelles générations plongées dans l\u2019ombre du passé\u2026 Mais ces œuvres qui insistent beaucoup sur la notion d\u2019empreintes \u2014 cer taines empreintes sont littéralement celles de semelles de chaussures \u2014 évoquent aussi la notion d\u2019empreinte écologique que l\u2019humanité laisse sur la planète.Une histoire en ef fet par fois lourde à porter.Héritages culturels à la Fonderie Darling David Armstrong Six et Guillaume Adjutor Provost mettent en scène l\u2019empreinte du passé sur le présent Photo du haut : vue de l\u2019exposition Night School de David Armstrong Six.En bas : vue de l\u2019exposition Vapeurs de Guillaume Adjutor Provost.ADRIAN MORILLO / SIMON BELLEAU Poupées russes Dans la petite salle de la Fonderie, l\u2019installation de Guillaume Adjutor Provost, commissariée par Ji-Yoon Han, traite elle aussi de la transmission de l\u2019histoire.Le centre de son expo s\u2019organise autour de « tableaux» regroupés sous le titre suivant : Nous ne sommes déjà plus les mêmes.Ces images, composées d\u2019encre, d\u2019acrylique et de gravure sur aluminium, donnent à voir des taches d\u2019encre semblables à celles élaborées par le psychanalyste Thomas Rorschach en 1921 pour son test devenu célèbre.Dans ces taches non figuratives, le patient devait projeter du sens\u2026 Adju- tor Provost n\u2019a pas utilisé la dizaine de planches originales que Rorschach avait élaborées, mais a plutôt colligé les taches que ses successeurs ont bâties dans l\u2019esprit du maître.Dans une forme de mise en abîme, il nous montre comment des idées suscitent l\u2019imaginaire, l\u2019interprétation et l\u2019appropriation dans une sorte de projection proche de la mécanique du test de Rorschach.Pour filer encore plus cette idée de l\u2019interprétation et l\u2019appropriation comme moteur de la pensée humaine, Adjutor Provost a invité dans son expo deux autres artistes à venir dialoguer avec son travail.Julie Tremble y présente une vidéo qui elle-même joue sur le dialogue et l\u2019appropriation.Intitulée Marcel Broodthaers en conversation avec Hi- deaki Anno et Akhenaton, cette animation met en scène un poème de l\u2019artiste belge réitéré en s\u2019inspirant du célèbre réalisateur de dessins animés et d\u2019un pharaon\u2026 Et puis, cette œuvre donnera lieu à des per for- mances de Guillaume B.B.durant les mois d\u2019avril et de mai à partir d\u2019une plateforme déjà intégrée dans l\u2019expo.En fa i t , cet te œuvre nous di t comment i l n\u2019y a d\u2019histoire que dans la réécriture.Night School De David Armstrong Six.Commissaire : Caroline Andrieux.Vapeurs De Guillaume Adjutor Provost.Avec la participation de Julie Tremble et Guillaume B.B.Commissaire : Ji-Yoon Han.À la Fonderie Darling, jusqu\u2019au 12 mai. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 1 8 | ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Je n\u2019ai pas de chat, j\u2019ai juste des valises », ricane l\u2019auteure- compositrice-interprète Josie Boivin, alias Munya.Une musicienne sans domicile fixe, ajoute-t-elle à la blague : son studio et son équipement de scène entrent dans une valise, elle garde ses vêtements dans l\u2019autre, changeant ainsi de ville au gré de ses engagements.Munya se produisait vendredi dans un festival à Brooklyn, avant de mettre le cap sur Houston, où elle présentera sa bedroom pop aux doux accents sixties \u2014 chantée en français, s\u2019il vous plaît \u2014 au festival South by Southwest.Méconnue au Québec, Josie Boivin suscite pourtant l\u2019engouement sur la scène pop américaine depuis qu\u2019elle a publié sur sa page Bandcamp son premier EP autoproduit, North Hatley, le printemps dernier.«Comment ça se fait que Pitchfork a découvert ma musique?» se demande-t-elle encore.Le site spécialiste des nouvelles tendances musicales avait craqué, avec raison, pour sa ritournelle Des bisous partout.Ce fut le début d\u2019une histoire d\u2019amour avec les Américains, entichés de ce qu\u2019elle interprète comme de « l\u2019exotisme» de ses chansons francophones.Le jour de notre entretien, depuis New York, la musicienne découvrait qu\u2019elle fait partie de la liste des cent ar tistes à sur veiller au South by Southwest selon National Public Radio (NPR).« L\u2019article mentionnait que je viens du Saguenay ; j\u2019étais contente de promouvoir ma région ! » rigole-t-elle au bout du fil.Claviériste et choriste Formée au piano classique, puis à l\u2019art lyrique, Josie Boivin a d\u2019abord frayé avec les acteurs de la scène musicale montréalaise en tant que cla- viériste et choriste, entre autres pour Philémon Cimon et Alex Nevsky.« J\u2019avais commencé à faire des beats et des remix en tant que compositrice- productrice.Une amie travaillant chez Pop Montréal avait entendu mon travail et m\u2019avait invitée à donner un concert pendant le festival.» Josie a sauté sur l\u2019occasion: «Je n\u2019avais aucun matériel original, le concert était deux semaines plus tard.J\u2019ai écrit le plus de chansons possible pour faire ce concert, c\u2019était spécial.Ça m\u2019a surtout permis de réaliser que j\u2019avais vraiment envie de créer du matériel original et de m\u2019investir là-dedans sérieusement.» Elle a lâché son boulot pour emménager avec sa sœur, écrire ses chansons et lancer ce premier EP en mai dernier.« Je n\u2019avais aucune attente, j\u2019étais seulement fière de lancer mes propres chansons.» Arrive le petit article de Pitchfork «qui m\u2019a vraiment mise sur la map» ; d\u2019autres médias en ligne s\u2019y sont aussi intéressés, Coup de foudre pour la French Canadian girl Méconnue au Québec, Munya, qui suscite l\u2019engouement sur la scène pop américaine, lance son premier album Le jour de l\u2019entretien avec Le Devoir depuis New York, Josie Boivin, alias Munya, découvrait qu\u2019elle fait partie de la liste des 100 artistes à surveiller au South by South West, selon National Public Radio.JOSH ALDECOA « Munya Munya, Luminelle Records L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 puis l\u2019étiquette new-yorkaise Lumi- nelle \u2014 qui possède d\u2019excellentes antennes à Montréal, ayant repéré Helena Deland et le groupe Anemone \u2014 lui a offert un contrat de disque.Un deuxième EP est paru l\u2019automne dernier, et le troisième, Blue Pine, vient compléter ce premier album, collection de ses chansons.Elle compose, joue de presque tous les instruments, chante, mixe et réalise elle-même sa musique, une pop rêvasseuse et romantique aux textes bonbons et candides magnifiés par des orchestrations d\u2019une admirable finesse.C\u2019est la pop française rétro rencontrant les grooves indie pop : «J\u2019adore Françoise Hardy, j\u2019ai grandi avec ça, la chanson française qu\u2019écoutaient mes parents.J\u2019aime beaucoup la musique des années 1960, c\u2019est une chose que j\u2019ai en commun avec Chloé [Soldevila, du groupe Anemone], on aime beaucoup la musique de cette époque, un peu psychédélique.Pour moi, les Beatles, c\u2019est la référence ultime.Mais, honnêtement, j\u2019aime toutes sortes de musiques, ç\u2019a été mon problème pendant des années, ne pas savoir dans quelle direction me diriger.J\u2019aime le jazz, Gil Evans, Coltrane, j\u2019adore; j\u2019aime la musique classique, la musique française, la musique électro, je suis une passionnée, toujours à la recherche des nouveaux sons.» L\u2019oreille d\u2019une pro Josie Boivin aime donner du poids à sa section r ythmique, les basses avançant rondement sous sa voix soyeuse et retenue.« C\u2019est d\u2019avoir étudié l\u2019opéra qui m\u2019a appris à bien poser ma voix», soutient-elle.Encore plus admirable, son sens de la structure : elle n\u2019en est encore qu\u2019à ses débuts, mais chaque chanson est parfaitement calibrée, pas une mesure en trop, elle a déjà l\u2019oreille d\u2019une pro.« Honnêtement, je ne sais pas pourquoi ç\u2019a débloqué si vite pour moi, tente de raisonner Josie.Tous les jours, je me sens reconnaissante.Tu sais, l\u2019expression : les étoiles sont alignées?Ça doit être ça.Les bonnes personnes ont entendu mes chansons au bon moment.Il y a aussi le fait que je chante principalement en français, mais en même temps, je ne suis pas une \u201cchansonnière\u201d, le texte n\u2019est pas à l\u2019avant-plan.Les paroles se mêlent aux mélodies, je crois que les gens ont vu de l\u2019exotisme dans ma musique et ont accroché à mon son.La French Canadian, comme on m\u2019appelle.Ça me permet de sortir du lot ; le marché américain est tellement gros que si tu ne chantes qu\u2019en anglais, ta compétition, ce sont les gros de l\u2019industrie.En chantant en français, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir moins de compétition.» Elle a donné une bonne vingtaine de concerts là-bas en 2018 et espère en donner davantage durant l\u2019année en cours.Son programme pour 2019 se précise: vivre encore dans ses valises.« Je veux simplement que les gens écoutent ma musique pour se sentir bien.Mes paroles, mes mélodies ne sont jamais très profondes, même si on peut y trouver une certaine profondeur, comme la musique des années yéyé.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Je peux à peine décrire ce que la découverte de cette œuvre a provoqué en moi.» C\u2019est dans ces mots qu\u2019Anne-Sophie Mutter parle de la Sonate pour violon et piano de Francis Poulenc, avec laquelle elle mettra un point final à son récital de vendredi à la Maison symphonique de Montréal.Outre une sonate de Mozar t (K.454), la violoniste a choisi un programme français, avec les sonates de Debussy et de Ravel, qu\u2019elle fréquente depuis longtemps, et, donc, la sonate de Poulenc, «chef-d\u2019œuvre particulier et incomparable, baigné des affres de la Seconde Guerre mondiale entrecoupées de moments paradisiaques».Ce «kaléidoscope d\u2019émotions» fait vibrer cette star internationale du violon, qui, à 55 ans, a déjà plus de quatre décennies de carrière derrière elle, puisqu\u2019à 15 ans elle enregistrait les Concertos nos 3 et 5 de Mozart sous la direction d\u2019Herbert von Karajan à Berlin, après avoir fait ses débuts en 1977 à Salzbourg avec le mythique chef.Créatrice dans l\u2019âme Après plus de 40 ans à parcourir le monde et à épuiser le réper toire pour violon, qu\u2019est-ce qui motive encore Anne-Sophie Mutter ?« Fondamentalement, ce qui me procure du plaisir, c\u2019est de jouer du violon et d\u2019entrer en dialogue avec un public.Dans ce cadre, interpréter de la musique contemporaine occupe une par t impor tante de mon activité depuis le milieu des années 1980.J\u2019ai créé 27 œuvres et, quelques jours avant Montréal, je donnerai la première mondiale d\u2019un trio de Sebastian Currier à Carnegie Hall avec Lamber t Ork is e t Dan ie l Müller Schott.» Le nom de Sebastian Currier revient ainsi dans la carrière d\u2019Anne- Sophie Mutter, qui avait enregistré à New York, en 2011, son concer to Time Machines, alors couplé à une œuvre de Wolfgang Rihm.« J\u2019ai aussi commandé à Jörg Widmann un quatuor à cordes, un essai sur Beethoven », ajoute Anne-Sophie Mutter.Cette commande s\u2019inscrit dans le cadre des festivités Beethoven de 2020 à Pékin.« J\u2019y jouerai le Concerto pour violon, le Triple concerto, des sonates pour violon, et j\u2019y donnerai une soirée de musique de chambre avec un trio, le Quatuor no 10, op.74 et cette création de Widmann.» Son année de concer ts, Anne- Sophie Mutter ne la planifie pas arithmétiquement entre musique orchestrale et musique de chambre.Par contre, elle réfléchit et procède par cycles de deux ans pour équilibrer ses divers centres d\u2019intérêt.« Par périodes de 24 mois, j\u2019essaie d\u2019intégrer des trios avec piano, des concertos, mais aussi du répertoire nouveau, contemporain ou non.» Il est facile de deviner que, pour l\u2019heure, le répertoire de quatuors à cordes est une partie substantielle de la section non contemporaine de ce nouveau répertoire qui maintient le taux d\u2019adrénaline d\u2019une violoniste en quête perpétuelle de « nouveaux défis et de nouveaux projets».Le double grand écart Tout de suite après son concer t montréalais, Anne-Sophie Mutter ira rejoindre le grand compositeur de musiques de film John Williams.Il va être le moteur de l\u2019un de ses projets phares de 2019 et l\u2019initiateur d\u2019une petite révolution personnelle : « Cette année, je vais donner mon premier grand concert en plein air.Ce sera avec des musiques de John Williams.Il avait composé pour moi il y a quelques années une partition pour violon, harpe et orchestre de chambre que j\u2019avais créée à Tanglewood.» Le nouveau projet se démarquera totalement puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un arrangement de 15 musiques de film que John Williams jugeait adaptables pour violon et orchestre.« C\u2019est tout nouveau pour moi et je m\u2019y prépare aussi sérieusement que pour un quatuor de Beethoven ou une création de Widmann », dit la violoniste.Par contre, le temps presse : « Je vais le rencontrer [John Williams] pour discuter avec lui, car l\u2019encre est à peine sèche et nous devons enregistrer en avril.Ce sera mon prochain disque chez Deutsche Grammophon.» À défaut d\u2019avoir un concer to en bonne et due forme du compositeur (« il n\u2019a pas le temps »), Anne-Sophie Mutter se réjouit de ce projet et rappelle que le fameux Concer to pour violon du compositeur de musiques de film Erich Wolfgang Korngold, «ce sont dix thèmes très habilement agencés pour Jascha Heifetz ».« J\u2019aimerais avoir un concer to de Williams, mais ce n\u2019est pas réaliste.Nous avons donc trouvé ce moyen d\u2019attirer un autre public à la musique.» Sur ce sujet, Anne-Sophie Mutter est insatiable : « Je veux tenter de nouvelles choses, auxquelles je crois même si elles sont inattendues, afin de toucher d\u2019autres personnes.Je pense par exemple aux concer ts \u201cclub\u201d que j\u2019ai donnés, matérialisés par le CD Yellow Lounge.Pour l\u2019instant, cela n\u2019a pas accroché, mais je suis persuadée que c\u2019est pour des raisons d\u2019organisation.» Les concer ts « club » auxquels Anne-Sophie Mutter fait allusion sont plutôt originaux, en effet.Imaginez la vedette passer de Carnegie Hall au Club Soda, jouant, à quelques mètres de 200 à 300 personnes, dans un lieu confiné, un réper toire éclectique (du Kreisler, du Gershwin, du baroque, du moderne, du jazz).« Avec deux sessions de 30 minutes dans une soirée, c\u2019est un autre public qui Anne-Sophie Mutter et le plaisir de la découverte La violoniste allemande sera en récital à Montréal le 15 mars Concerts de la semaine Staier et Melnikov.Immense affiche avec l\u2019association d\u2019Andreas Staier et d\u2019Alexander Melnikov pour une soirée de piano à quatre mains sur le piano Erard de la salle Bourgie.Qui plus est, le programme est d\u2019une parfaite cohérence avec un superbe tour d\u2019horizon de la production de Schubert, avec comme point culminant, évidemment, la Fantaisie en fa mineur D.940.Mercredi 13 mars à 19h30, salle Bourgie.Lorenzo Coppola.Le très grand communicateur Lorenzo Coppola, qui fait de chaque concert un véritable spectacle théâtral sonore, revient chez Arion pour un programme associant la 80e Symphonie de Haydn et un air de Rossini à l\u2019air de concert Ch\u2019io mi scordi di te ?\u2014 Non temer, amato bene et au 23e Concerto de Mozart.En solistes : la pianiste Cristina Escla- pez et la soprano Andréanne Bris- son Paquin.Il y a quatre occasions pour profiter de ce rare rendez-vous : jeudi 14 mars à 19 h, vendredi 15 mars à 20 h, samedi 16 mars à 16 h et dimanche 17 mars à 14 h, salle Bourgie.« C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 rendez-vous MOZART e SAISON 18 -19 osm.ca En vente maintenant 16 au 18 AVRIL Le génie de Mozart est à l\u2019honneur ! L\u2019OSM présente concertos, ouvertures et symphonies, en passant par Une petite musique de nuit et le sublime Requiem.Présentateur de saison Présenté par 19 AVRIL supplémentaire du Requiem Hommage à André Previn L\u2019entrevue avec Anne-Sophie Mutter a été menée avant le décès d\u2019André Previn, dont elle fut la cinquième et dernière épouse (2002-2006).Le jour de sa disparition, la violoniste a déclaré : «Pendant plus de 70 ans, André Previn a illuminé ce monde souvent si sombre par ses talents extraordinaires, sa superbe intelligence et son esprit.Nous avons été des compagnons en musique pendant quatre décennies et des âmes sœurs pendant ces 19 dernières années [\u2026] Ses nombreuses partitions continueront d\u2019enrichir la vie de musiciens à travers la planète.» La violoniste Anne-Sophie Mutter sera de passage à la Maison symphonique de Montréal vendredi, avec le pianiste Lambert Orkis, pour offrir un récital où Mozart côtoie des compositeurs français du début du XXe siècle.DARIO ACOSTA/DG peut se laisser ensorceler par le v io lon e t la musique dans une atmosphère inattendue.» « Mon ambition pour l\u2019avenir est de faire le double grand écar t entre le réper toire traditionnel, les créat ions contemporaines, les grands rassemblements en plein air et les concer ts \u201cclub\u201d.Je voudrais réunir tout cela pour le bien de la musique.» Anne-Sophie Mutter sent-elle une pression de l\u2019industrie pour lui faire enregistrer une troisième fois les chevaux de bataille du répertoire ?« Deutsche Grammophon ne me demande rien.Quant à moi, je ne me suis pas distanciée de mes deuxièmes enregistrements, avec Kur t Masur, au point que ce soit pertinent de réenregistrer quoi que ce soit.Mon devoir est de m\u2019engager à l\u2019égard de réper toires qui, sans l\u2019appui de ma relative popularité, auraient davantage de mal à survivre, par exemple le réper toire contemporain.C\u2019est ma responsabilité de mettre tout mon poids dans la balance, car ma force de persuasion peut attirer des spectateurs qui viennent en salle parce qu\u2019ils me font confiance.Ce qui me pousse en ce moment, ce sont les quatuors de Beethoven, pas les grands concertos.Et puis, il y a des musiques qu\u2019on n\u2019aurait même plus besoin d\u2019enregistrer.J\u2019ai parfois l\u2019impression que ce sont des papillons que l\u2019on épingle dans des boîtes.D\u2019accord, on peut les ressortir des boîtes, mais c\u2019est leur évanescente impression qui est la plus belle.» Anne-Sophie Mutter à Montréal Récital avec Lambert Orkis (piano).Œuvres de Debussy, Ravel, Mozart et Poulenc.À la Maison symphonique de Montréal, vendredi à 20h. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | JAZZ POP The Same but by Different Means ?Yves Jarvis, Flemish Eye Entre chien et loup.Le moment de la journée où la clarté du jour fait place aux mystères du soir.Avec le déclin de la lumière, les émotions basculeront- elles vers la sourde amertume de la solitude non désirée ou vers l\u2019excitation de la promesse de la fête?C\u2019est de ce moment unique que The Same but by Different Means propose de se faire la trame sonore.Nouvel album, nouveau pseudonyme pour le créateur montréalais Jean-Sebastien Audet, anciennement Un Blonde.Alors que le précédent, Good Will Come to You, était optimiste et lumineux, Audet propose cette fois un cocon intimiste dissimulé, un secret qu\u2019il offre à qui veut bien prendre le temps de porter attention.La voix multipliée du chanteur invite à l\u2019immersion.C\u2019est ensuite seulement que l\u2019instrumentation riche se révèle, faite de pickings sensuels et de percussions aux frontières du jazz moderne.L\u2019ambiance est donc étoffée.Il manque toutefois un peu de mélodies fortes auxquelles se raccrocher.En concert le 21 mars au MTelus avec Homeshake.Sophie Chartier CLASSIQUE Elles ?1/2 Marina Thibeault (alto), Marie-Ève Scarfone, Atma ACD2 2772 L\u2019altiste Marina Thibeault rassemble des œuvres de compositrices.On connaît surtout Clara Schumann, qui ouvre le programme, et Fanny Mendelssohn, sœur de Felix, ici étrangement intercalée sous son patronyme marital Hensel entre Nadia Boulanger et Rebecca Clarke, compositrices plus tardives.Les originalités du programme sont deux œuvres pour alto seul \u2014 la Sonate pastorale (1956) de Lillian Fuchs (aride pour les non- altistes) et The Child, Bringer of Light (2012) d\u2019Anna Pidgorna (contemporain intéressant).L\u2019œuvre majeure est la sonate de Rebecca Clarke (1886- 1979).Dans la version de référence, Tabea Zimmermann et Kirill Gerstein (sur la confidentielle étiquette Myrios) ont eu la clairvoyance de la coupler avec Brahms dont cette musique est si parente.Le concurrent de Marina Thi- beault est l\u2019anthologie Clarke de Naxos avec la sonate par Philip Dukes.Les deux font jeu égal, sauf, hélas, pour la captation sonore, plus aérée chez Dukes.Comment peut-on aller dans la miraculeuse salle du Domaine Forget et en sortir pareil son confiné?Christophe Huss ÉLECTRONIQUE Run That ?Jerico, Moonshine Moins d\u2019un an après la parution de son premier EP sur New Label, le Montréalais Jerico Rony pose une pierre additionnelle à l\u2019édifice afrobeat expérimental qu\u2019il érige sur la scène underground.Cette fois, c\u2019est l\u2019étiquette Moonshine (Pierre Kwendes, ABAKOS, Kae Sun) qui se charge du brûlot: l\u2019influence du rabodày haïtien émerge de l\u2019obsédante mélodie de synthétiseur sur Zanmi en ouverture, avant de laisser place aux violons filtrés et aux percussions cadencées de Zanj, le clou du mini-album, un house lent et singulier aux harmonies vaguement mélancoliques duquel finit par apparaître la voix d\u2019une chanteuse vraisemblablement andalouse.Le choc, la décharge! Le chœur exotique bat à nouveau sur les breakbeats éparses de Li Do, alors que la rythmique pétaradante de Run That se rapproche davantage des explorations kuduro ango- laises et portugaises de la fameuse étiquette Principe Discos de DJ Marfox.Vivement la suite de la part de ce compositeur et producteur qui ne cesse d\u2019élargir ses horizons musicaux, et les nôtres par la même occasion.Philippe Renaud POP ALTERNATIVE Still on My Mind ?1/2 Dido, BMG Vingt ans ont passé depuis No Angel, six depuis Girl Who Got Away.Voilà maintenant Still on My Mind, cinquième album de Dido, de son propre aveu presque accidentel tant personne ne l\u2019attendait, pas même elle.On veut bien le croire : cela s\u2019entend.Toujours avec son frère Rollo Armstrong, son proche collaborateur depuis ses débuts, Dido a conçu des morceaux qui louvoient, incapables de former une matière cohérente.À force de s\u2019éparpiller entre dance, électro, dream pop et folk, avec ici et là des apparitions de chœurs tribaux, de cuivres ou encore d\u2019effets drone, l\u2019ensemble devient bavard et même factice au point où on n\u2019attend plus que la fin.Si Dido a toujours une voix chaude et intuitive d\u2019une solidité irréprochable, sa réflexion sur la maternité \u2014 notamment sur Have to Stay et Hurricanes, dont les deux premières minutes étaient fort prometteuses \u2014 manque de portée, de subtilités.Seule Some Kind of Love, à la guitare acoustique, apparaît comme un effort mélodique et vocal fort, d\u2019une présence entière.Dommage.Geneviève Tremblay JAZZ Trio Tapestry ?Joe Lovano, ECM Voilà un album d\u2019immersion : sans une écoute attentive, on passe à côté du sujet \u2014 par mesure d\u2019efficacité, le port du casque d\u2019écoute est ainsi chaudement recommandé.Un album profondément atmosphérique, ont relevé plusieurs médias spécialisés (et enthousiastes).Profondément ancré dans l\u2019esthétique de l\u2019étiquette ECM, ajouterons-nous en notant que c\u2019est le premier disque du saxophoniste Joe Lovano pour la maison allemande (il a longtemps été chez Blue Note, à distiller un post-bop autrement musclé).La pianiste Marilyn Crispell et le batteur Carmen Castaldi accompagnent le géant Lovano dans un projet aux accents avant-gardistes : beaucoup de silences et d\u2019éléments intangibles autour de séquences plus concrètes, le tout créant un univers sonore très ouvert.C\u2019est énigmatique, parfois très beau, parfois confondant dans ce dépouillement « rythmé » de gong chinois.Pour référer au titre, on parlera d\u2019une tapisserie aux motifs subtils, pleine de détails fins.Guillaume Bourgault-Côté CHANSON The Glimmer ?1/2 Fredric Gary Comeau, indépendant En revenant à la langue anglaise, le poète, auteur, compositeur et interprète d\u2019origine acadienne Fredric Gary Comeau rappelle à notre douce mémoire son excellent Hungry Ghosts, qu\u2019Audiogram avait édité en 2002.The Glimmer, cinquième album en carrière, a cependant plus de chien, de mordant, qu\u2019il y a 17 ans.Mettons cela sur le compte des quelque 15 années d\u2019expérimentation rock passées, et sur la fameuse réalisation d\u2019Alexis Martin et de François Richard.Donnant une dimension à la fois brute et sophistiquée à cet album sanguin, le tandem souffle sur les braises lyriques du poète, dont la voix rappellera encore celles de Lou Reed et de Leonard Cohen, alors qu\u2019Andrea Lindsay joint la sienne sur deux des plus belles de l\u2019album, la ballade country Out for Blood et l\u2019envoûtante envolée rock When This Fever Breaks.Ailleurs, c\u2019est le timbre d\u2019Alexandre Désilets et les guitares, superbes, de Joe Grass qui suivent l\u2019ombre de Gary Comeau, laissant dans leur sillage des traces de jazz, de folk et de dub.Philippe Renaud R&B When I Get Home ?Solange, Columbia À propos des influences musicales ayant donné forme à son quatrième album, Solange Knowles a parlé du Stevie Wonder des années 1970, ce qui saute aux oreilles dès les premiers accords de synthétiseurs de Things I Imagined à l\u2019ouverture.Le territoire de When I Get Home est ainsi vite tracé: soul, R&B de toutes époques, jazz-funk, le tout retenu ensemble par des rythmiques rap/trap contemporaines.Ce que l\u2019on n\u2019attendait pas, c\u2019est la dimension ambient, voire ésotérique, de ses chansons: elles sont au nombre de dix-neuf, durent rarement plus de deux minutes, paraissent malheureusement légères en substance, comme si l\u2019auteure, compositrice, productrice et réalisatrice se satisfaisait d\u2019une simple idée, un motif mélodique, un groove, qu\u2019elle répète en boucle.Des impressions de chansons, diffuses, fragiles, sur lesquelles ses nombreux invités passent quasi inaperçus (exception faite de Gucci Mane sur l\u2019amusante My Skin My Logo).Ça s\u2019écoute bien distraitement, et nous laisse sur notre faim quand on s\u2019y penche de plus près.Philippe Renaud CLASSIQUE Hilary Hahn ?1/2 Bach: Sonates nos 1 et 2, Partita no 1, Decca 483 3954 En 1997, Sony Classical annonçait la mise sous contrat d\u2019une violoniste adolescente américaine.Lorsque le programme du premier CD de cette jeune fille de 16 ans \u2014 Partitas nos 2 et 3 et 3e Sonate pour violon seul de Bach \u2014 a été révélé, nous étions nombreux dans le métier à penser que les limites de la témérité ou de l\u2019inconscience venaient d\u2019être franchies.Puis est venu un CD qui a aplani les réticences et révélé un incroyable talent et une maturité musicale précoce.C\u2019était il y a 20 ans.Devenue une star du violon, Hilary Hahn n\u2019a jamais enregistré les trois autres œuvres pour violon seul.Pour son nouvel éditeur, voici le complément.Chose rare, Hilary Hahn a changé de violon entre les sessions de cet enregistrement réalisé en 2012 et 2017, mais les montages ne s\u2019entendent pas (ce sont deux Vuillaume).Esthétiquement, Hilary Hahn choisit la voie d\u2019un cantabile continu, donc pas d\u2019une suite de danses bondissantes (façon Mullova ou Faust), mais pas non plus un «sirop à la sauce romantique».Cette finesse sereine est splendide.Christophe Huss L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 LI RE Mirion Malle Pas sorcier, le féminisme Véronique Ovaldé Un sourire pour changer le monde ? e restaurant se nomme Saveur de poisson.Les touristes s\u2019y rendent parce qu\u2019Anthony Bourdain y a fait escale, à la recherche d\u2019un Tanger qui subsiste encore dans la tête des voyageurs égarés sur le chemin de Com- postelle de la génération beat.Ce chemin qui inspire toujours le même article aux journalistes ayant succombé à ce que certains nomment ici le syndrome de Tanger, une variation du syndrome de Jér usalem qui pousse les visiteurs de la ville sainte à des comportements erratiques.Le repas terminé, on glisse un mot sur Bourdain au tenancier de l\u2019endroit.Sa réponse : « Ah, oui, il est mort, ce monsieur-là, non?» Aucune ironie.Mohamed Mrabet, conteur analphabète qui fut accessoirement chauffeur et cuisinier de Jane et Paul Bowles, considérait Truman Capote, William Burroughs, Francis Bacon et Tennessee Williams comme des touristes semblables aux autres : des Occidentaux qui sourient trop et parlent fort.Cet Orient qui leur a fourni des paradis artificiels et parfois le cul de jeunes hommes en a vu d\u2019autres.Et il en verra d\u2019autres.Un chef new-yorkais de plus ou de moins, c\u2019est peu dans un lieu où l\u2019on affirme qu\u2019Hercule a séparé les continents.Mrabet est toujours vivant, les autres sont morts.Mektoub (c\u2019était écrit).Adjacent au restaurant, un escalier mène au boulevard Pasteur.Une enfilade de boutiques oubliables.Puis une vitrine, un décor qui détone.Bienvenue à la Librairie des Colonnes, un lieu mythique\u2026 qui vient tout juste de changer de propriétaire.Une ville mythique Au-dessus de la caisse, là où ailleurs au Maroc, on lorgne le portrait du roi Mohammed VI, on aperçoit Mohamed Choukri, Federico García Lorca et Jean Genet.Saints martyrs de la littérature, ils témoignent de la situation géolinguistique de cette ville dont l\u2019origine mythique ne se défait pas des mots depuis Homère\u2026 En fait, depuis Noé, qui selon la légende locale, aurait entendu les passagers de son arche s\u2019écrier « tin jâa» (la terre est arrivée), alors qu\u2019après 40 jours en mer, une colombe serait revenue avec de l\u2019argile sur les pattes.Tanger, « la vigie du détroit de Gibraltar», pour reprendre les mots de l\u2019homme qui vous accueille dans son commerce par une interjection inattendue : « Eh, vous venez au lancement demain soir ?» Il aurait pu prononcer le tout en arabe, en français ou en espagnol.Mais c\u2019est le ton de sa voix qui vous frappe.Le même ton grave avec lequel il vous met rapidement entre les mains des livres d\u2019Án- gel Vázquez et d\u2019Ahmed Bouanani, ou vous parle du travail de la poète tangéroise Rachida Madani, des écrits d\u2019Abdellah Taïa ou de Zoubeir Ben Bouchta, en précisant : « Ces écrivains nous montrent un Tanger plus intéressant que pendant la période internationale.La movida littéraire, c\u2019est aujourd\u2019hui, pas dans les années 1950, quand les gens venaient pour la drogue et la prostitution.» Une ville mondiale Simon-Pierre Hamelin est le directeur de la Librairie des Colonnes, fondée en 1949 par Robert Gérofi, un archéologue, grand admirateur de Yource- nar et correspondant de Gide, dont la création devint ensuite l\u2019affaire de sa femme et de sa sœur.Les « Dames Gérofi», comme on dit par ici.Écrivain, éditeur et cofondateur de la revue Nejma (« étoile » en arabe, clin d\u2019œil au roman de Kateb Yacine), Hamelin a peu fréquenté l\u2019école, mais beaucoup les textes.Il ne l\u2019avouera pas, mais il est l\u2019une des raisons pour laquelle la librairie qu\u2019il dirige est devenue célèbre dans le monde entier.Par-dessus tout, il est l\u2019artère principale d\u2019un cœur qui pompe enfin le sang des filles et des fils de ce pays autrefois sous protectorat français.«Cela fait 15 ans que Tanger est devenue une ville mondiale», explique-t- il.Grâce à son activité d\u2019édition et à la mise en place d\u2019un rayon de littérature arabe, la librairie où Jean Genet allait chercher ses cachets de Galli- mard est devenue un lieu de rencontres culturelles, au même titre que la Cinémathèque de Tanger, le centre Tabadoul ou le Théâtre Darna.C\u2019est ce qui avait poussé Pierre Bergé à la racheter en 2010.En voyant la manière dont Hamelin L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 L i r e 2 4 | Hôpital de jour des victimes du « syndrome de Tanger », la légendaire Librairie des Colonnes vient d\u2019être rachetée à la succession de Pierre Bergé par l\u2019homme d\u2019affaires marocain Fadel Iraki.ENTREVUE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR La vigie du détroit de Gibraltar À Tanger, la mythique Librairie des Colonnes a changé de propriétaire Écrivain, éditeur et cofondateur de la revue Nejma, Simon-Pierre Hamelin a peu fréquenté l\u2019école, mais beaucoup les textes.Il est l\u2019une des raisons pour lesquelles la librairie qu\u2019il dirige est devenue célèbre dans le monde entier.MOHAMED EL HALIM L Mohamed Mrabet, conteur et peintre LIBRAIRIE DES COLONNES se démenait, ses mots avaient été : « J\u2019achète, si vous restez.» Bergé est décédé en 2017.Sa succession a repris le tout.La semaine dernière, Si- mon-Pierre Hamelin a appris par les médias sociaux que le commerce dont il est directeur depuis 2005 a été vendu à l\u2019homme d\u2019affaires marocain et collectionneur d\u2019ar t Fadel Iraki.Qu\u2019adviendra-t-il de son poste et de la librairie ?Pour l\u2019instant, la vie continue\u2026 Le syndrome de Tanger Après cinq ans en Russie et le même nombre d\u2019années en Inde, Hamelin a atterri à Tanger au début des années 2000, alors que la Librairie des Colonnes était en déclin.Français d\u2019origine, il se décrit comme le veilleur d\u2019un hôpital de jour, un hospice à ciel ouvert où n\u2019existe qu\u2019une seule pathologie : le syndrome de Tanger.« La particularité de celui-ci est que le fantasme se cristall ise sur la chose littéraire et provoque la négation de soi et l\u2019invention d\u2019une autre identité, le tout allant jusqu\u2019à la schizophrénie », dit-il.Auteur du roman 101, rue Condorcet, Clamart (La Différence, 2013), l\u2019homme a aussi consacré un essai audit syndrome de Tanger, traduit et publié dans des magazines littéraires tchèque et allemand.Silence radio chez les Français\u2026 En serez-vous étonnés ?Il a par ailleurs réglé ses comptes avec la République dans un texte magistral demeuré inédit, Lettres à F.de Tanger ; échange épistolaire fantasmé avec la mère patrie, où il se moque des « petits cercles consensuels» où l\u2019on fait la leçon à tous quand on n\u2019est pas «occupé à déflorer le petit personnel bon marché».À l\u2019heure où le Maroc, tout comme l\u2019Algérie, vit une explosion démographique, il n\u2019y a néanmoins qu\u2019une minorité de jeunes Tangérois qui fréquente les Colonnes.« La jeunesse est l\u2019avenir depuis les printemps arabes de 2011 », soutient Hamelin, martelant que l\u2019actualité algérienne prouve le tout, au même titre que la vitalité et l\u2019avancement des droits civiques et des droits des femmes au Maroc.De l\u2019argile sur les pattes d\u2019une colombe ?Espérons-le.| 2 5 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Scorsese glamour Grande nouvelle pour les cinéphiles et les amateurs de cinéma américain que la toute récente parution aux éditions Nouveau Monde d\u2019une biographie en français de Martin Scorsese ! Rappelons que le cinéaste reçut en 2015 les honneurs de la Cinémathèque française et le prestigieux prix Lumière après avoir été fait chevalier de la Légion d\u2019honneur en 1999.La cinéphilie notoire du réalisateur américain le plus marquant de la deuxième moitié du XXe siècle se devine en filigrane dans toutes les pages du livre, à tout moment de sa carrière flamboyante.La cinéphilie à la française, listes des meilleurs films à l\u2019appui, est appréciée à sa juste valeur par le biographe Régis Dubois.Il faut dire que la passion de Scorsese pour le cinéma a toujours été contagieuse, à travers ses films et ses nombreuses interventions et entrevues.L\u2019œuvre elle- même, comme le démontre bien le livre, déborde de références cinématographiques et littéraires.Depuis Or- son Wells et John Cassavetes jusqu\u2019à Sartre, Camus et Dostoïevski en passant par Le magicien d\u2019Oz et 8 1/2.Toute ma vie, résume Scorsese, je n\u2019ai fait qu\u2019aller et venir entre Shadows (Cassavetes) et Kane (Wells).En rendant hommage à la cinéphi- lie, Martin Scorsese.L\u2019infiltré devient incontournable aussi bien pour les professionnels du cinéma que pour les amateurs.Signé par un critique spécialiste du cinéma américain, le livre a le mérite d\u2019insérer la vie et l\u2019œuvre de ce cinéaste phare du cinéma contemporain dans un contexte à la fois local et global, au croisement de l\u2019histoire de l\u2019immigration italo-américaine et de celles des cinémas américain et européen.Tourmente Auteur notamment de Cinéma des Noirs américains entre intégration et contestation (2005) et Hollywood, cinéma et idéologie (2008), Régis Du- bois nous introduit de plein fouet dans le monde de Scorsese au moment où il fait un hématome cérébral à l\u2019âge de 36 ans.Dès les premières pages du livre, il dresse le portrait d\u2019un drogué, un bon à rien, un lâche en chute libre, bref un antihéros que l\u2019on aurait sans doute admiré dans des classiques tels que Taxi Driver, Casino ou L\u2019aviateur.Marty, confirme Dubois, était tout sauf serein ; la cocaïne à laquelle il succomba lui permettait de calmer ses angoisses et de continuer de travailler sous MAY TELMISSANY pression.L\u2019histoire de cette descente en enfer aurait pourtant un autre début, celui des années mafia et des années beatniks.Né en 1942 à New York dans le quartier Little Italy, géré par la mafia sicilienne, Martin est un enfant asthmatique, frêle et solitaire.Très tôt, il fuit la violence quotidienne des rues en trouvant refuge dans ses deux sanctuaires: l\u2019église et la salle de cinéma.À l\u2019église, il se protège contre la misère et la menace constante de se faire «buter» par la bonne conduite et la chasteté.Au cinéma, il s\u2019évade de la réalité sordide du quotidien en se rapprochant d\u2019un père ténébreux et introverti avec lequel il partage la passion des films.Dubois réussit la tâche difficile de mettre les films de Scorsese en perspective tout en assouvissant le voyeurisme du lecteur grâce à des incursions ponctuelles dans la vie privée de Marty: ses rapports familiaux difficiles, ses amours, son attachement à sa fille Francesca, ses amitiés professionnelles (De Palma, De Niro, DiCaprio), mais aussi ses peurs, ses faiblesses, sa nervosité et sa dépendance.Le tout contribuant à complexifier l\u2019œuvre et à la voir sous un jour nouveau.Une certaine perte d\u2019innocence Réalisateur précoce et persévérant, Marty reçoit à 21 ans le prix du Meilleur film étudiant décerné par le Syndicat des producteurs d\u2019Amérique pour son court métrage It\u2019s Not Just You, Murray !.Depuis, auteur et réalisateur d\u2019une soixantaine de films, dont les plus marquants demeurent fidèles à la représentation des gangsters, son sujet de prédilection, et à celle du passé comme champ d\u2019exploration, le glamour de Scorsese n\u2019a d\u2019égal aujourd\u2019hui que celui d\u2019Hitchcock ou de Tarantino.Grâce à cette nouvelle biographie, le lecteur reconnaîtra la signature thématique et esthétique de Scorsese aussi bien dans les classiques analysés tels que Les rues chaudes (1973), Taxi Driver (1975), Casino (1995), Les gangs de New York (2002) et Agents troubles (2006) que dans les films historiques remarquables tels que La dernière tentation du Christ (1988), Le temps de l\u2019innocence (1993) ou L\u2019aviateur (2004).Sans oublier Le loup de Wall Street (2013), premier film de Scorsese tourné en numérique et pour lequel il reçoit l\u2019Oscar du meilleur réalisateur.Avec le numérique, écrit Dubois, une certaine perte d\u2019innocence du cinéma se fait regretter.Cependant, le spectateur-lecteur ne peut qu\u2019admirer l\u2019immense talent du cinéaste et sa capacité à renouveler son discours tout en restant fidèle à sa signature.Et ce, au cœur même du système hégémonique hollywoodien, que la machine Scorsese glamour parvient à apprivoiser de façon magistrale.Quelques incontournables Rachida Madani Poète et romancière tangéroise, elle est l\u2019auteure de Femme je suis, Blessures au vent et Ce qui aurait pu demeurer silence.Mohamed Choukri Auteur sulfureux, ce Rifain a appris à lire et à écrire à 20 ans.On lui doit notamment les romans Le pain nu et Le temps des erreurs.Ángel Vázquez Romancier tangérois hispano- phone; son livre La chienne de vie de Juanita Narboni demeure un incontournable pour comprendre l\u2019évolution de la ville.Zoubeir Ben Bouchta Dramaturge tangérois, Ben Bouchta est surtout connu pour sa trilogie Hôtel de Tanger.Mohamed Mrabet Conteur et peintre, Mrabet vit ses histoires couchées sur papier par Paul Bowles.Depuis la mort de ce dernier, en 1999, Simon-Pierre Ha- melin a repris le flambeau de scribe et a depuis publié deux livres avec l\u2019homme, aujourd\u2019hui âgé de 82 ans.La revue Nejma Née en 2006, cette revue cofon- dée par Simon-Pierre Hamelin, publiée en arabe et en français, a permis de réhabiliter des oubliés et des martyrs de la littérature marocaine, d\u2019Ahmed Bouhanani à Mohamed Choukri.Le prochain numéro portera sur Angel Vasquez. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 6 | CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Vaut-il mieux rester sagement au fond de sa province ou rejoindre la capitale, comme en rêvaient jusqu\u2019à la nausée les trois sœurs de Tchek- hov ?Choisir l\u2019amour ou préférer la sécurité matérielle ?Avec Devouchki, son deuxième roman traduit en français, le Russe Victor Remizov s\u2019empare de ces interrogations et fait d\u2019un dilemme moral et amoureux le cœur de son second roman.Dans la petite ville de Beloret- chensk, à 300 kilomètres d\u2019Irkoutsk, au cœur de la « magnifique et indomptable Sibérie », deux cousines décident d\u2019aller tenter leur chance à Moscou au milieu de l\u2019année 2014, devenant des immigrantes dans leur propre pays, côtoyant Tadjiks et Ouz- beks qui tentent d\u2019y faire leur place envers et contre tout dans cette impitoyable jungle urbaine.Nastia, beauté vulgaire, superficielle et un peu dépravée, est attirée par tout ce qui brille et ne pense qu\u2019à s\u2019amuser.Katia, au contraire, rêve de faire des études de médecine, a lu tous les classiques russes et n\u2019a aucune expérience des hommes.Sa mère s\u2019épuise pour trois fois rien à l\u2019usine locale de poissons et son père, enseignant de mathématiques, est immobilisé depuis deux ans dans un corset de plâtre à la suite d\u2019un accident.Entre la somme astronomique que les médecins exigent pour opérer son père et les demandes incessantes de la direction corrompue de la prison où son frère est incarcéré, l\u2019argent manque cruellement.Katia, beauté russe classique qui fait tourner toutes les têtes, devient serveuse dans un chic restaurant géorgien de Moscou et souhaite aider sa famille.Sa cousine, qui travaille dans un marché public, n\u2019a qu\u2019un objectif : se faire entretenir par un homme.Ce qui était le fantasme de l\u2019une deviendra le destin de l\u2019autre.Alexeï, un homme d\u2019af faires millionnaire marié, va s\u2019éprendre de Katia.Mais son colocataire, un étudiant en journalisme du nom d\u2019Andreï, va lui aussi tomber amoureux d\u2019elle.Entre les deux, le cœur, la conscience et le portefeuille de la jeune femme vont balancer.Voilà qui est vite résumé.Si l\u2019écrivain russe de 60 ans nous avait impressionnés avec Volia Vol- naïa (Belfond, 2017), implacable cri de révolte et de liber té lancé en pleine taïga, cette histoire de destin féminin dans la Russie d\u2019aujourd\u2019hui force un peu sur les clichés.On pourra au passage s\u2019étonner que l\u2019on ait choisi pour titre un mot russe qui n\u2019est pas le titre original du livre, Iskushenie (« la tentation», avec toute sa résonance chrétienne) devenant ici Devouchki (« les jeunes femmes»).La bêtise des éditeurs est parfois insondable.Malgré certaines faiblesses \u2014 un déluge de dialogues, des longueurs, une finale prévisible à la Le bonheur est dans le pré \u2014, Remizov évite ici de verser tout d\u2019un bloc dans le manichéisme, mais sans approcher le souffle et le tragique de Volia volnaïa.Le grand écart L\u2019écrivain russe Victor Remizov pose un dilemme moral et amoureux au cœur de son deuxième roman Malgré certaines faiblesses, Victor Remizov évite ici de verser tout d\u2019un bloc dans le manichéisme JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Devouchki ?Victor Remizov, traduit du russe par Jean-Baptiste Godon, Belfond, Paris, 2019, 400 pages La résilience des corps ?Marie-Ève Muller, L\u2019Instant même, Québec, 2019, 206 pages Clara n\u2019en est pas à sa première disparition.Avec le temps, son chum Romain a même développé une sorte d\u2019étrange complicité avec l\u2019enquêteur vers qui il se tourne quand le syndrome dissociatif de sa blonde confisque sa personnalité, pour la remplacer par une autre.Histoire d\u2019amour entre une jeune femme confinée à la marginalité par la maladie et un homme chérissant confort et traditions, La résilience des corps explore avec sensibilité la possibilité même de la parentalité pour ceux et celles dont la psyché se désorganise sans avertissement.Portrait sans fard Drame familial, por trait sans fard des liens entre maladie et pauvreté, procès à charge d\u2019un système médical qui aggrave les maux qu\u2019il devrait pourtant apaiser, ce premier roman de Marie-Ève Muller fait longtemps mine d\u2019embrasser un canevas éculé (le gentil garçon qui sauve la pauvre fille hagarde) pour mieux révéler peu à peu le mensonge que cache cette fiction à laquelle la littérature de bons sentiments aime adhérer.En fin de compte, son titre, La résilience des corps, ressemblera d\u2019ailleurs davantage à une question qu\u2019à une affirmation.Malgré ses personnages par fois tributaires de gros stéréotypes et une langue beaucoup plus sage que son indocile de protagoniste principale, Marie-Ève Muller met ainsi salutairement en lumière la violence de ce discours voulant qu\u2019il n\u2019y ait de salut, pour les personnes aux prises avec une santé mentale vacillante, que dans le conformisme d\u2019une vie dite normale, avec maison et enfants.En privant ses lecteurs de la fin heureuse vers laquelle ses premiers chapitres pointaient, Marie-Ève Muller nous renvoie aussi au visage notre furieux désir de croire que l\u2019amour permet de guérir de tout, ou qu\u2019il suf fit de rencontrer la bonne personne pour que tous nos problèmes s\u2019envolent.Le mot résilience a forcément une signification dif férente, rappelle en creux l\u2019auteure, pour quiconque sait qu\u2019il devra le conjuguer pour toujours.Dominic Tardif L\u2019amour qui ne guérit pas tout La femme assise ?1/2 Clémence Dumas- Côté, Les Herbes rouges, Montréal, 2019, 72 pages Cliché d\u2019entretien d\u2019écrivain : afin de témoigner de l\u2019intensité de sa relation le liant à ses personnages, un romancier vous racontera, avec la conviction qu\u2019il est le premier à le faire, qu\u2019il ne prend que très peu de décisions narratives, et que ce sont eux \u2014 ses personnages ! \u2014 qui sont maîtres de leur propre destin.« Je me contente de les suivre ! » ajoutera- t-il peut-être pour faire bonne mesure.Insérer bâillement.Que dire alors de celle qui converse littéralement avec ses poèmes?Voilà pour tant l\u2019improbable tragicomé- die que dirige la poète Clémence Dumas-Côté dans La femme assise, son deuxième livre, en se jouant finement des poncifs d\u2019usage sur la per te de contrôle que suppose le travail d\u2019écriture.Il y a d\u2019un côté « la femme assise », de l\u2019autre « les poèmes ».Ils se complimenteront, s\u2019obstineront et se feront des accroires ; étrange duel théâtral à la fois digne d\u2019un combat et d\u2019une danse.Qui donc est le maître entre elle et eux ?« Mon dos je n\u2019y peux rien / quand vous allez vous servir dans la pièce aux entrailles », confie la première, en reconnaissant que le texte ne peut naître que lorsqu\u2019on tente de tout déverrouiller en soi.Humour caustique Mais au-delà de sa réflexion sur la vulnérabilité nécessaire à l\u2019écriture, l\u2019intelligence de ce recueil tient surtout à son humour caustique (« Je souhaite devenir un roman / afin que ma mère survive aux ascenseurs »), ainsi qu\u2019aux idées reçues qu\u2019il malmène en revendiquant la totale et salvatrice souveraineté de celle qui écrit quant au texte qu\u2019elle produit.Sans nier que tout poème demeure perméable à des lectures que son au- teure n\u2019avait pas prévues, Clémence Dumas-Côté parle de l \u2019écriture comme du rare lieu permettant à la voix fragile du quotidien de s\u2019armer contre tout ce qui tente de la policer, de l\u2019entraver ou de l\u2019édulcorer.« Nous appor tons le métronome / nous te donnons la réplique / toi, manœuvre la partition », c\u2019est tout ce que « les poèmes » demandent.Autrement dit : la femme assise est aussi une femme debout.Dominic Tardif Elle parle avec ses poèmes CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR «Personne n\u2019avait jamais entendu un tel rugissement.Personne n\u2019avait jamais vu ça : les jeunes, les vieilles, les vierges, les prostituées, les amoureuses, les musulmanes, les Africaines, les Asiatiques, les échevelées, les tondues, les sévères, les robes rouges, les pantalons noirs, les beautés, les disgraciées, les en fauteuil, les béquillardes, les sirènes, les gorgones, les talons hauts, les chaussures basses, les myopes, les lunettes noires, les battues, les battantes, les voilées, les seins nus, les callipyges, les hurleuses, les timides, les grandes, les petites, les grosses dondons, les fils de fer, les roploplos, les œufs au plat, les révoltées, les rebelles, les révolutionnaires\u2026 Elles étaient le chaos, l\u2019insurrection.» Avec son nouveau roman, Ces femmes-là, l\u2019écrivain français Gérard Mordillat rend hommage au courage et à la résilience anonymes des femmes ; celles qui n\u2019hésitent jamais à por ter secours au plus démuni, celles qui portent leur famille à bout de bras, assurant des soins à leurs aînés autant qu\u2019à leurs enfants, celles qui, surtout, de la Révolution française aux gilets jaunes, ont l\u2019audace de ne jamais renoncer à leurs droits, à leurs convictions, à leurs émotions.Écrivain engagé s\u2019il en est un, par tisan de la gauche française, n\u2019hésitant jamais à mettre en scène l\u2019injustice, Mordillat renoue avec la fresque sociale pour dénoncer les dérives du populisme, de la propagande, d\u2019une polit ique mensongère et radicale construite sur la peur de l\u2019autre et l\u2019exploitation de la misère.La France de 2024 Il se projette cette fois dans la France de 2024, quelques mois avant la tenue des Jeux olympiques d\u2019été dans la capitale.La République badine désormais avec le totalitarisme ; les médias sont au service de l\u2019État, les forces de l\u2019ordre paramilitaires paradent au coin des rues, les droits sociaux sont bafoués, la censure et les emprisonnements des opposants gouvernementaux sont légion.Devant cette montée en puissance de la dictature, les syndicalistes s\u2019organisent et préparent une grande manifestation au cœur de Paris.Au fil des quelque 400 pages du roman, près d\u2019une cinquantaine de personnages aux origines, aux expériences et aux motifs divers, des prolétaires aux ministres, des adolescents aux grands-parents, des femmes aguerries et inflexibles aux amoureuses transies, racontent les quelques jours décisifs entourant cette protestation de masse tels qu\u2019ils les ont vécus.Un tout pondéreux et impétueux La multiplication des points de vue et des interactions forment un tout pondéreux et impétueux dans lequel on perd très rapidement ses repères.La ligne directrice réside dans le cynisme, la dénonciation et l\u2019ambition généralisés, au détriment de personnages par fois grotesques \u2014 absolument indissociables du regard masculin de l\u2019auteur \u2014 définis par un extrémisme dont les contours manquent de finesse ou par un mimétisme naïf et indif férent.Ces failles s\u2019estompent néanmoins derrière la clarté du propos cassant et sans concession ; car à travers une multitude de destins individuels, Gérard Mordillat parvient à croquer la puissance de l\u2019action collective et de la solidarité, tournant de surcroît le dos au désespoir et à l\u2019aveuglement volontaire.| 2 7 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Librairie indépendante de quartier 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 hesne Pierre Duc her et Guy Roc ec v Rencontre a Agir uger \u2013 oir \u2013 J V $ 5 : suggérée Contribution Samedi 16 mars à 14 h Fanie Demeule Roman ROUX CLAIR NATUREL Une pour toutes et toutes pour une Un roman dystopique qui rend hommage au courage et à l\u2019empathie des femmes Gérard Mordillat parvient à croquer la puissance de l\u2019action collective et de la solidarité.JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Ces femmes-là ?Gérard Mordillat, Albin Michel, Paris, 2019, 383 pages ENTREVUE SOPHIE CHARTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR L i r e B a n d e d e s s i n é e 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E Pas sorcier, le féminisme La bédéiste Mirion Malle vulgarise pour les jeunes la lutte pour l\u2019égalité avec humour et mordant « Je trouve ça faux de se dire que parce qu\u2019un concept est pointu, il est inaccessible », explique l\u2019auteure de bandes dessinées Mirion Malle à propos de son nouvel album, La ligue des super féministes, une bédé éducative s\u2019adressant aux jeunes de dix ans et plus.Dans cette première œu- vre de vulgarisation pour enfants, publié chez La ville brûle, la dessinatrice et écrivaine d\u2019origine française revisite des théories féministes clés comme le consentement, l\u2019injonction à la beauté ou encore les privilèges genrés.Mais en dessins.Et avec une déconcertante simplicité.On s\u2019y questionne à savoir si ce n\u2019est pas un peu bizarre que, dans les films et les séries, les personnages de filles soient presque tout le temps des rivales.Ou encore, tiens, c\u2019est moche, ça, notre société recommande fortement (pour ne pas dire impose) aux femmes d\u2019être belles, minces, blondes et gracieuses.Pas des idiots Et cet autre passage qui, en à peine quelques cases, rappelle aux lecteurs que, quand on n\u2019a pas été mis « dans la bonne case de genre à la naissance, on dit qu\u2019on est trans».« J\u2019avais vraiment à cœur de faire un tr uc qui ne parle pas aux enfants comme s\u2019ils étaient idiots, dit la jeune auteure, attablée à un café du quartier Villeray.Dans les médias, des fois, on a l\u2019impression qu\u2019un enfant de huit ans, c\u2019est une espèce de gros poupon.Comme si avant dix ans tu ne peux avoir aucune conversation avec des enfants.Je discutais avec un enfant de cinq ans l\u2019autre jour et c\u2019est fou ! On a l\u2019impression qu\u2019à cet âge-là ce sont des bébés, mais non, pas du tout ! » Dans La ligue des super féministes, un alter ego de Mirion, accompagné de deux jeunes personnages souriants et futés \u2014 qui prennent vie dans la page grâce au tracé distinctif, naïf et franc de la bédéiste \u2014, détaille et décortique des notions de prime abord arides.«On m\u2019a déjà demandé d\u2019écrire des textes pour des publications non illustrées, parfois sur le féminisme ou sur mes idées, et je trouve ça dur, franchement.Dans ce temps-là, je voudrais juste pouvoir faire un tout petit personnage et tout deviendrait plus clair ! Avec les dessins, on peut expliquer des choses qu\u2019on ne peut pas avec les mots», dit l\u2019auteure, qui revient d\u2019une tournée de promotion et de dédicaces en France autour du livre.L\u2019exercice didactique Avec Commando Culotte, un livre \u2014 dont le titre est tiré du blogue qui l\u2019a fait connaître dans le milieu de la bande dessinée \u2014 qui critiquait et analysait les clichés sexistes dans la culture pop, Mirion Malle s\u2019était déjà prêtée à l\u2019exercice didactique.Mais il a tout de même fallu s\u2019adapter au ton prescrit par l\u2019entrée dans la catégorie littérature jeunesse.Un travail qui s\u2019est révélé pas si évident que ça.«Le premier chapitre, sur la représentation, j\u2019ai dû tout redessiner.Il est passé de quatre pages à quelque chose comme huit maintenant.Au début, je pataugeais un peu.C\u2019était écrit trop petit, il manquait d\u2019espace.Mon éditrice m\u2019a dit : \u201cAttention, tu vas les perdre.\u201d Quand tu parles à des adultes, tu peux dire \u201cje pars d\u2019une idée\u201d, pis ça débouche sur une autre idée, pis ça débouche sur une autre, et là, je reviens à la première idée.Avec les enfants, c\u2019est pas ça.Pas qu\u2019il faut simplifier, ils sont pas bêtes, mais tu dois donner une idée, puis tu expliques l\u2019idée.Tu peux pas t\u2019éparpiller comme ça partout.» Les personnages abordent, pas à pas donc, des questions sérieuses.Il s\u2019agit après tout de dénoncer les inégalités et d\u2019outiller les enfants pour reconnaître le sexisme dans leur quotidien.Mais la bédéiste arrive à insuf fler humour et candeur à des sujets qui peuvent être durs pour les jeunes, comme l\u2019homophobie ou les clichés blessants.« Toutes les questions de violence, on a décidé de laisser ça de côté, pour ne pas effrayer les enfants, ex- plique-t-elle.On a voulu aller à la base en se disant que s\u2019il y a des choses qui sur viennent après, ils vont pouvoir en parler avec un adulte.Ils vont avoir le vocabulaire et les concepts.» De petits militants et militantes ?Certes, il fallait rendre le discours féministe accessible aux jeunes lecteurs, mais pas de là à tout évacuer du militantisme! Ce que Mirion Malle voulait faire, c\u2019est justement éviter de faire un bel objet qui serait vide de contenu politique, pour la seule raison qu\u2019il serait adressé aux dix ans et plus.« Un gros problème avec le féminisme, c\u2019est un désir de le dépolitiser, comme si ce n\u2019était qu\u2019un terme avec rien derrière.Dans les critiques que j\u2019ai eues, ça va souvent dire \u201cattention, il y a un petit côté militant\u201d, mais ça me semble toujours très bizarre de dire ça.C\u2019est quoi alors, le féminisme, si ce n\u2019est pas militant ?C\u2019est constater qu\u2019il y a des inégalités et dire : \u201cOK, bah, c\u2019est la vie !\u201d ?J\u2019ai l\u2019impression que quand on parle de féminisme aux enfants, ça va beaucoup être centré sur l\u2019individu, alors qu\u2019on parle d\u2019un système, de toute une société qui est basée sur des inégalités.C\u2019est absurde que des concepts que j\u2019ai appris parce que j\u2019ai un cer tain niveau d\u2019études [Mirion Malle détient une maîtrise en sociologie] soient suppo- sément inaccessibles à des gens qui n\u2019ont pas étudié.Parce que c\u2019est de justice sociale dont on parle.» | 2 9 T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Dans cette première œuvre de vulgarisation pour enfants, la dessinatrice et écrivaine revisite des théories féministes clés, comme le consentement, l\u2019injonction à la beauté ou encore les privilèges genrés.Mais en dessins.Et avec une déconcertante simplicité.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR La ligue des super féministes Mirion Malle, La ville brûle, Paris, 2019, 64 pages ILLUSTRATIONS MIRION MALLE On se questionne à savoir si ce n\u2019est pas un peu bizarre que, dans les films et les séries, les personnages de filles soient presque tout le temps des rivales L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 3 0 | CRITIQUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR Premier roman de Christina Dalcher, Vox est présenté comme « la nouvelle Servante écarlate ».Et marqué de l\u2019accroche : « Quand parler tue ».Or, l\u2019auteure et linguiste américaine a plus d\u2019un tour dans son sac pour sauver ses personnages.Quand le récit débute, nous sommes «après ».Après qu\u2019un mouvement ultraconservateur chrétien eut pris d\u2019assaut les États-Unis, après que le mur à la frontière du Mexique eut été érigé, après que « le président élu après le premier président noir » eut mis en place des mesures empêchant les femmes de travailler et de prononcer plus de 100 mots par jour.Cet après, c\u2019est une docteure en neurosciences, mariée et mère de quatre enfants, qui le raconte, tout en regrettant « l\u2019avant » durant lequel (ce sera répété souvent) elle n\u2019a pas voté ni manifesté ni participé à la vie citoyenne.Elle regrette aussi tout ce qu\u2019elle aurait pu faire de ses compétences : « Dans une vie antérieure, j\u2019aurais pu faire une bonne cor rectrice, remarque-t-elle.Ce que j\u2019écris ne vaut pas un clou, mais je suis douée pour repérer ce qui cloche.» Sauf que, justement, beaucoup de trucs clochent dans cette histoire.Un univers dystopique fonctionne si tout se tient et si les obstacles sont clairs, précis et ne peuvent être éliminés par un truchement trop facile comme c\u2019est le cas ici.Dans l\u2019eau de rose Ainsi , le mari boi t à en perdre connaissance quand son épouse doit aller fouiner dans son bureau.Des femmes quittent les édifices gouvernementaux en emportant des fioles précieuses sans se faire fouiller par les soldats à l\u2019entrée parce que, attention à l\u2019explication, « ce sont des hommes après tout ».Pardon?Pour des personnages sous surveillance constante, plongés dans un univers dictatorial, ils sont d\u2019ailleurs drôlement distraits.« Si j\u2019avais jeté un œil par la fenêtre plutôt que de me démêler les cheveux, j\u2019aurais pu apercevoir un discret SUV», remarque l\u2019héroïne alors que le quar tier est assiégé depuis des jours.Quant aux quelques scènes d\u2019amour avec son « secret d\u2019un mètre quatre- vingt-dix avec un accent italien », elles baignent dans l\u2019eau de rose : «On n\u2019a jamais perdu du temps à cuisiner en ces lieux.On avait autre chose à déguster.» Plusieurs questions soulevées Certes, la prémisse est bonne.De même que plusieurs questions soulevées, notamment celle de la radicalisation d\u2019un fils et de la répulsion d\u2019une mère face à sa progéniture qui embrasse des idées rétrogrades et devient tortionnaire.Celle de la culpabilité par omission aussi.De ces hommes qui restent en retrait et ne commettent, en apparence, rien de grave, mais qui se révèlent tout aussi vils.Aussi bonne soit-elle, l\u2019idée demeure également très appuyée.Le mari de la narratrice est faible et son amant, fort ; de toute façon, que faire de cette « maisonnée remplie de mâles incompétents» \u2014 y compris\u2026 ses fils jumeaux de 11 ans.Dans le dernier acte du roman, quand le tout se mue en thriller hollywoodien cadencé avec fusillades, poursuites et attaques de chimpanzé à l\u2019appui (eh oui !), la narratrice remarque: «Tout ressemble à la scène d\u2019un film.» Parions que c\u2019est justement sous forme de film que Vox revivra.Casser la voix Dans une Amérique dystopique sous surveillance, les femmes ont perdu le droit de parole Premier roman de Christina Dalcher, Vox est présenté comme « la nouvelle Servante écarlate ».BRUCE DALCHER Vox ?1/2 Christina Dalcher, traduit de l\u2019anglais par Michael Belano, Nil, Paris, 2019, 432 pages CRITIQUE CHRISTIAN SAINT-PIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019écrivain français Gilles Leroy, qui a obtenu le prix Goncour t en 2007 pour Alabama Song, poursuit sa radiographie de la société américaine avec Le Diable emporte le fils rebelle, un quinzième roman publié au Mercure de France.« C\u2019était l \u2019aîné, ma croix, mon grand tourment.L\u2019aîné toujours à part \u2014 si difficile à élever, lui qu\u2019on pointait du doigt dès la naissance, dont on redoutait sans cesse le pire\u2026 » C\u2019est ainsi que Lorraine parle d\u2019Adam, le premier de ses quatre fils, celui qu\u2019elle appelle « l\u2019escroc», celui qu\u2019elle va mettre à la por te parce qu\u2019il est homosexuel : « Il fallait que je protège nos plus jeunes.Eux n\u2019ont rien voulu, rien demandé.Je devais penser aux trois qui restent.» Une mère au destin piégé On pourrait dire de ce roman qu\u2019il relate le triste sort d\u2019une famille du Wisconsin, un clan dont les parents vont de petits boulots en petits boulots pour nourrir leurs quatre enfants.On pourrait aussi dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un portrait de société, celui d\u2019un milieu où règne une cer taine misère physique et intellectuelle, où la toxicomanie, l\u2019alcoolisme, la violence et la criminalité ne sont jamais très loin.Mais plus encore que tout cela, le livre de Leroy est un vibrant portrait de femme, ou plutôt un autoportrait, puisque cette mère au destin piégé, celle qu\u2019on a pris l\u2019habitude d\u2019appeler « la reine du feu », agit comme narratrice.Les brasiers que Lorraine orchestre et observe contribuent à maintenir un semblant d\u2019équilibre dans sa vie.Il s\u2019agit selon elle du « meilleur des remèdes ».Ils sont aussi, en quelque sorte, l\u2019incarnation de sa foi ultracatholique : « [\u2026] le feu, c\u2019est franc.Ça ne trompe pas.C\u2019est innocent de son pouvoir.» Ainsi, après avoir chassé Adam comme un pestiféré, la mère répond à la colère en brûlant toutes traces du passage de son fils sur Terre : « [\u2026] j\u2019ai préparé mon bûcher loin de la maison, après le local sanitaire et le carré des mobil-homes, sur la friche où on bazarde les pneus foutus parmi les caravanes abandonnées et les épaves de camping-cars.» Exploitée avec finesse, la métaphore du feu permet à l\u2019auteur de passer tout naturellement de la violence à la bienveillance, de la destruction à la purification, de la condamnation au pardon, en somme de mettre en mots une vie entière de désillusions, une existence cruelle qu\u2019il nous est possible de lire alors même qu\u2019elle se consume.« Personne ne peut comprendre, estime Lorraine.C\u2019est un rêve debout, comme si je me détachais de moi-même, comme si je voyais mon reflet dans les flammes, mon reflet ou plutôt le film de ma vie, tout un grand cinéma que j\u2019aurais à l\u2019intérieur de moi, les souvenirs\u2026, les regrets\u2026, les vengeances que j\u2019ai pas osées et puis peut-être encore, je dis bien peut-être, quelques rêves idiots\u2026» La reine du feu Gilles Leroy trace le portrait d\u2019une femme aussi cruelle que l\u2019Amérique qui l\u2019a créée La métaphore du feu est exploitée ici avec finesse par Gilles Leroy.STÉPHANE HASKELL Le Diable emporte le fils rebelle ?1/2 Gilles Leroy, Mercure de France, collection Bleue, Paris, 2019, 144 pages L\u2019auteur passe tout naturellement de la violence à la bienveillance, de la destruction à la purification, de la condamnation au pardon | 3 1 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR À l\u2019origine, le héros d\u2019une comptine traditionnelle anglaise, Humpty Dumpty \u2014 mieux connu dans la chansonnette sous le nom de Rondu- Pondu \u2014, a été rendu célèbre notamment grâce à la petite Alice de Lewis Carroll avec qui il entretient une conversation aussi loufoque que profonde dans De l\u2019autre côté de miroir.Renouant avec ce personnage à la fois fragile et fier, l\u2019Américain Dan Santat remonte le fil du temps et permet à cet œuf légendaire non seulement de s\u2019expliquer, mais aussi de se refaire une vie.« Là, juste en haut du mur, c\u2019était mon endroit préféré.Je sais, c\u2019est un drôle d\u2019endroit pour un œuf, mais j\u2019aimais être tout près des oiseaux » raconte le personnage en amorce de l\u2019album Après la chute La remontée de Humpty Dumpty à paraître aux éditions d\u2019Eux.Rien d\u2019étonnant, bien sûr, à ce que cet œuf soit amoureux des oiseaux, du ciel, de cet infini, lui qui n\u2019a pas encore atteint ce stade de développement.Mais depuis cette chute, la peur des hauteurs le confine à regarder le ciel d\u2019en bas jusqu\u2019à ce qu\u2019un événement impromptu l\u2019oblige à affronter sa crainte des hauteurs, à grimper tout en haut du mur et à rejouer son histoire.Si les thèmes de la peur et du courage fondent cette histoire, l\u2019auteur, qui a remporté la médaille Caldecott en 2014, donne une seconde chance à ce héros classique, investit l\u2019espoir d\u2019une vie meilleure et la chance de l\u2019entreprendre.Mais ce qu\u2019il lui permet surtout, c\u2019est de renouer avec sa nature profonde, de retrouver l\u2019essence cachée ou étouffée par la peur ou la honte.Ainsi, quoi de plus naturel pour ce coco rondouillet à l\u2019allure balourde que de voir sa coquille se briser et d\u2019y découvrir alors des ailes immenses qu\u2019il déploie dans l\u2019azur.Naturel peut-être, mais il fallait y penser.Renaissance L\u2019espoir de connaître une vie meilleure après la chute, de se relever témoigne ici d\u2019une réelle renaissance, d\u2019une métamorphose toute symbolique alliant la fragilité de cet œuf et la force de caractère qui se trouve sous la coque.L\u2019agencement entre le texte et l\u2019image, et la complémentarité qu\u2019ils of frent épousent cette évolution.D\u2019abord faite de phrases courtes, parfois brodée de quelques rimes, l\u2019histoire coule doucement d\u2019une page à l\u2019autre, laissant fréquemment le lecteur sur des points de suspension qui invitent à découvrir, tranquillement, le destin du héros.Les illustrations témoignent tout autant de l\u2019avancée de Humpty Dumpty.Le mur, immense et insurmontable sur lequel trône un oiseau, rappelle au départ non seulement la chute, mais également l\u2019impossible ascension.Puis, les nombreuses variations de plans s\u2019inscrivent dans cette marche vers tous les possibles.Les contre-plongées du début insistent sur la petitesse du héros vis- à-vis de sa peur.Puis, ils changent de cap et deviennent des vues en plongée, reflétant alors le succès de Humpty Dumpty qui domine alors la situation.De nombreux détails, notamment les oiseaux, participent de cet effet de sens.Ils sont par tout : sur des dessins faits par le héros, sur les remparts, dans le ciel.On voit aussi leur reflet dans les yeux de l\u2019œuf, miroir de son désir, jusqu\u2019à la fin où un plan en contre-plongée nous donne à voir l\u2019envolée flamboyante du héros.Un album tout en finesse dans lequel l\u2019auteur réussit à rejouer un classique tout en investissant sa part lumineuse.Sous la coquille La renaissance d\u2019un œuf célèbre ou quand Humpty Dumpty rapièce l\u2019avenir Dan Santat permet au héros de renouer avec sa nature profonde.DAN SANTAT Après la chute La remontée de Humpty Dumpty ?Dan Santat, traduit de l\u2019anglais par Christiane Du- chesne, Éd.d\u2019Eux, Sherbrooke, 2019, 34 pages (15 mars) CRITIQUE FRANÇOIS LEMAY COLLABORATEUR LE DEVOIR «Le rock français, c\u2019est comme le vin anglais.» La citation, de Lennon, est passée à l\u2019histoire et sert à démontrer à quel point le rock hexagonal n\u2019a jamais vraiment eu la cote.Et pourtant, si les Français n\u2019ont ef fectivement pas marqué autant l\u2019histoire du rock que l\u2019ont fait les Anglais (personne ne se souvient de l\u2019invasion française), il faut leur donner qu\u2019ils ont su créer un genre bien à eux : la French pop.Une musique éclectique qui n\u2019est « ni de la chanson française, ni du rock, ni du rap, ni de l\u2019électro, mais un peu de tout ça réuni », selon les deux Her vé (Bourhis et Tanque- relle) qui signent, avec Le petit livre French pop, une BD ambitieuse qui pose un regard aussi total que le permet le genre sur cet amalgame musical né au milieu des années 1950.Les deux Hervé Hervé Bourhis, scénariste et dessinateur, n\u2019en est pas à ses premières armes lorsqu\u2019il est question de musique pop et de bédé, ayant à son actif des titres tels Le petit livre rock ou Le petit livre Beatles.Pour cette partition créée à quatre mains, il s\u2019adjoint les ser vices d\u2019Her vé Tanquerelle, un dessinateur qui a, entre autres, collaboré avec Joann Sfar sur la série Professeur Bell.À eux deux, ils retracent plus de 50 ans d\u2019histoire musicale française dans ce qu\u2019elle a eu de meilleur à nous proposer depuis le titre Fais- moi mal, Johnny, une pièce signée Boris Vian et endisquée en 1956 par Magali Noël.La démarche peut sembler un peu ambitieuse, celle de réussir à raconter toutes les grandes histoires et petites anecdotes associées à un genre musical si étendu.Cependant, les Hervé réussissent à maintenir de la discipline et de l\u2019ordre en y allant chronologiquement, saucissonnant le tout par année et commençant systématiquement chacune d\u2019elle par la reproduction dessinée de la pochette de ce qu\u2019ils considèrent en être l\u2019album le plus représentatif.Par la suite, de courtes vignettes racontent des anecdotes portant sur la musique ou sur cer tains événe- ments sociaux ayant eu des répercussions sur ce que les Français ont écouté et qu\u2019ils ont vigoureusement su exporter.Marge de manœuvre On entre donc dans la BD à peu près n\u2019importe où, ce qui rend la lecture fragmentée non seulement possible, mais souhaitable, étant donné la quantité assez impressionnante d\u2019informations que l\u2019on y retrouve.Le ton, documenté et léger, rend l\u2019ensemble amusant, surtout lorsque les auteurs reprennent des épi - sodes pas très glorieux de l\u2019histoire, telle cette chicane par chansons interposées entre Antoine et Johnny Hallyday.Le dessin, à la limite de la caricature, laisse assez de marge de ma- nœuvre pour que l\u2019on puisse s\u2019y perdre, chaque vignette ayant le potentiel de déclencher un souvenir et, surtout, de donner l\u2019envie d\u2019aller fouiller pour trouver les chansons dont il est question.Un grand oublié Gros bémol : un seul oublié, et pas des moindres, soit Alain Souchon, dont on ne fait même pas mention.On pardonne quand même cet oubli à cette BD for t agréable, ne serait-ce que parce qu\u2019elle redonne le goût d\u2019écouter de la musique le nez plongé dans une pochette d\u2019album.C\u2019est déjà beaucoup.Quand la French pop fait boom ! Bourhis et Tanquerelle racontent en bédé l\u2019histoire d\u2019un genre musical éclectique À eux deux, Hervé Bourhis et Hervé Tanquerelle retracent plus de 50 ans d\u2019histoire musicale française dans ce qu\u2019elle a eu de meilleur à nous proposer depuis le titre Fais-moi mal, Johnny.BOURHIS ET TANQUERELLE Le petit livre French pop ?Hervé Bourhis et Hervé Tanquerelle, Dargaud, Paris, 2019, 244 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 L i r e 32 | CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019Europe tout entière aura mis plusieurs années à se reconstr uire après la Seconde Guerre mondiale\u2026 et l\u2019Allemagne encore plus.C\u2019est précisément ce qu\u2019illustre la série de trois livres que Cay Rademacher situe dans les ruines de Hambourg, de 1945 à 1948, et dont le dernier tome, Le faussaire de Hambourg, arrive tout juste dans les présentoirs des librairies.Plongée sous la poussière de l\u2019histoire.En 1948, Hambourg n\u2019est toujours qu\u2019un tas de ruines; le port est dévasté et les bombardements alliés n\u2019ont laissé dans la ville que quelques vieux bâtiments tenant encore le coup.C\u2019est d\u2019ailleurs en effectuant un contrôle de routine au milieu des décombres que l\u2019inspecteur principal Frank Stave est sérieusement blessé par balles.À la surprise de tous \u2014 il est nettement le meilleur enquêteur des services de police \u2014, il prendra durant sa longue convalescence la décision de quitter la brigade des homicides pour passer à l\u2019Office de lutte contre le marché noir.Ce sont des raisons toutes personnelles qui amènent Stave \u2014 que l\u2019on a vu travailler dans L\u2019assassin des ruines et dans L\u2019orphelin des docks, tous deux republiés en poche l\u2019automne dernier chez le même éditeur \u2014 à rejoindre l\u2019Office ; il ne peut plus supporter de côtoyer son collègue Dönnecke, un ancien nazi pur jus bizarrement «dénazifié» par les autorités britanniques.Stave prend son nouveau poste au moment où l\u2019on découvre une série d\u2019œuvres d\u2019« art dégénéré » dans les décombres, près d\u2019un cadavre.Et, heureusement pour lui, Dönnecke conclura très vite à une mort accidentelle\u2026 ce qui lui donne le champ libre pour faire son enquête en paix.Presque en même temps, des nouveaux billets de banque apparaissent sur le marché noir, et Stave soupçonne un lien entre les deux affaires.Patiemment, il réussira à identifier les œuvres, leurs auteurs et même le cadavre délaissé par Dönnecke et qui vraisemblablement gardait tout cela.Il suivra quelques fausses pistes, remontant souvent le cours de l\u2019histoire jusqu\u2019à la «période brune», mais son acharnement lui vaudra de tirer au clair les deux affaires.L\u2019intrigue touffue, les éléments historiques sur lesquels elle s\u2019appuie et surtout le personnage de Stave forment le cadre de cette double enquête particulièrement réussie.C\u2019est cependant la vie qui se vit dans ce tas de ruines qu\u2019est Hambourg qui fait le charme du triple récit de Rademacher dont chacun des éléments se lit sans problème indépendamment des autres.Cet impressionnant portrait d\u2019êtres humains désemparés survivant au quotidien parmi les murs ef fondrés, la poussière, les tas de pierres et le métal tordu est omniprésent dans les trois livres au point de s\u2019imposer comme un des principaux personnages de la trilogie.Sans lourdeur, souvent avec élégance, la fresque que trace Rademacher est une sorte de témoignage supplémentaire de l\u2019absurdité de la guerre.Sous la poussière de l\u2019histoire Le troisième tome d\u2019une fresque sur l\u2019innommable bêtise de la guerre En 1948, Hambourg n\u2019est qu\u2019un tas de ruines ; le port est dévasté et les bombardements alliés n\u2019ont laissé que quelques vieux bâtiments tenant le coup.PLANET NEWS / AGENCE FRANCE-PRESSE Le faussaire de Hambourg ?1/2 Cay Rademacher, traduit de l\u2019allemand par Georges Sturm, Éditions du Masque, Paris 2019, 328 pages CRITIQUE SÉBASTIEN VINCENT COLLABORATEUR LE DEVOIR Le champagne aurait d\u2019abord été affaire de femme.Barbe-Nicole Pon- sardin épousa François Clicquot, marchand de vin, qui mour ut en 1805.La veuve reprit la maison.On lui attribua le premier champagne « moderne » en 1811.Elle le vendit dans les cours d\u2019Europe, « faisant du champagne le vin de choix des vrais et prétendus aristocrates, et de Veuve Clicquot, la principale marque».Cette anecdote s\u2019insère dans cette passionnante histoire des femmes d\u2019affaires, du XVe siècle à nos jours, que raconte Béatrice Craig.L\u2019entreprise, c\u2019est le cas de le dire, est vaste.L\u2019historienne rend visibles les femmes d\u2019affaires du passé, tout en recensant «les facteurs qui ont conditionné leurs activités, la manière dont ces facteurs ont évolué dans le temps et varié dans l\u2019espace, et en particulier en quoi l\u2019expérience des femmes a différé de celle des hommes».Béatrice Craig montre que les femmes se lancèrent en affaires par nécessité, pour être indépendantes, améliorer leur situation ou faire fortune.Leurs activités étaient acceptées par leurs contemporains « aussi longtemps qu\u2019elles ne violaient pas ouvertement les normes de genre de l\u2019époque, normes qui pouvaient être inscrites dans le droit et reflétées par les institutions».L\u2019un des mérites de ce livre est de remettre en question la notion des « sphères distinctes » selon laquelle les hommes devaient s\u2019occuper du domaine public et les femmes, de la sphère privée.L\u2019historienne montre que des femmes d\u2019affaires surent parfois utiliser les arguments liés au genre pour tenter d\u2019exclure les hommes des domaines qu\u2019elles occupaient.Ainsi, ces lingères qui s\u2019opposèrent aux merciers en France au XVIIIe siècle ou ces hommes découragés, au nom des valeurs masculines, d\u2019œuvrer dans la fabrication de la dentelle.La perspective internationale privilégiée par Béatrice Craig met en lumière la multiplicité des rôles tenus par ces femmes, peu importent les couches sociales.Ces rôles furent mult iples : épouse soutenant le conjoint, fille ou veuve reprenant l\u2019affaire familiale, fondatrice d\u2019entreprise, surtout dans des domaines « concédés» aux femmes tels que l\u2019alimentation, le vêtement et la mode.Des femmes, comme Estée Lauder, profitèrent des occasions d\u2019affaires créées notamment par le développement de la société de consommation.Par exemple, Melitta Bentz breveta en 1908 la cafetière-filtre.Vers 1920, Ida Rosenthal développa les vêtements pour femme enceinte et le soutien-gorge avec notation standardisée des bonnets.«L\u2019implication des femmes dans les affaires semble avoir fluctué à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle [\u2026].Cependant, le manque de statistiques fiables et comparables demande de la prudence».De fait, écrire une telle histoire internationale comporte des écueils, dont la disponibilité relative des sources.Béatrice Craig surmonte ces défis méthodologiques.Elle offre une synthèse accessible qui comble un vide historiographique.Une œuvre nécessaire, car les femmes demeurent sous-représentées dans le monde des affaires.Encore du chemin à faire Béatrice Craig retrace le lent parcours des femmes dans le monde des affaires Des femmes, comme Estée Lauder (avec un chapeau), profitèrent des occasions d\u2019affaires créées par le développement de la société de consommation.ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE Les femmes et le monde des affaires depuis 1500 ?Béatrice Craig, Presses de l\u2019Université Laval, Québec, 2019, 280 pages | 3 3 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Un rêve canadien Le politologue Louis Balthazar a raison : Pierre Joncas est un «gentleman fédéraliste».Ancien collaborateur à Cité libre et à Inroads, ce retraité de la fonction publique fédérale se caractérise, dans le débat, par sa délicatesse et son respect de l\u2019éthique de la discussion.«Là où c\u2019est possible dignement, écrit l\u2019octogénaire, je préfère l\u2019accommodement à la résistance.Je conteste sans plaisir.Les affrontements me répugnent : partout où je le puis sans enfreindre l\u2019honneur, je les fuis.» Homme de la conciliation, Joncas demeure cependant allergique au mépris et aux injustices.Or, selon lui, les Canadiens français et les Québécois en ont trop souvent subi les outrages de la part des Canadiens anglais, ce qui explique et justifie, croit-il, la naissance et la persistance du projet souverainiste.Balthazar, son préfacier, partage cette idée.«Les Québécois, affirme-t- il, sont foncièrement fédéralistes et ne souscrivent au projet souverainiste que dans la foulée de leur conviction que le fédéralisme canadien ne peut être réformé.» Pour cette raison, Jon- cas continue de croire à la nécessité d\u2019une réforme du fédéralisme satisfaisante pour les Québécois, ouverts, pense-t-il, à une réconciliation qui n\u2019aurait rien d\u2019une capitulation.Espoir fragile L\u2019essayiste développe ces idées dans Une réconciliation durable est-elle à la portée du Canada?(PUL, 2018, 204 pages).Malgré toute la bonne volonté qui anime son propos, Jon- cas, malheureusement, risque de mécontenter tout le monde.En exposant, sobrement mais sans euphémisme, les injustices historiques perpétrées par le Canada anglais envers les francophones du pays, il se mettra à dos les fédéralistes bornés qui ont fait du cassage de Québécois leur sport national.En proposant, comme réponse aux «doléances légitimes des Canadiens français», une réconciliation fondée sur la reconnaissance constitutionnelle des deux peuples fondateurs, il s\u2019attirera des accusations d\u2019idéalisme de la part des souverainistes qui ne croient plus à ces chimères.«Est-il illusoire, demande Joncas, d\u2019espérer que les élus canadiens négocieront de bonne foi avec leurs vis-à-vis du Québec afin de s\u2019entendre pour apporter à la constitution des modifications acceptables pour une majorité claire et solide de Québécois?» Après LOUIS CORNELLIER le rapatriement de 1982, après Meech, après Charlottetown, trois événements dans lesquels Pierre Elliott Trudeau a joué un rôle de premier plan pour isoler le Québec, peut-on répondre autrement que par l\u2019affirmative à cette question?Convaincu que les Québécois souhaiteraient, si l\u2019honneur le permet, éviter «une sécession ardue », Jon- cas ne se démonte pas.Il sait que son projet de fédéralisme renouvelé à la satisfaction des Québécois est périlleux, mais, comme le projet sou- verainiste l\u2019est tout autant, il ne voit pas de raison d\u2019abdiquer.Aussi, cordial et ferme, il argumente.Fondateurs bafoués Après un avertissement dans lequel il exprime « l\u2019obligation morale » de rendre justice aux Premières Nations du pays, Joncas précise que son propos, dans cet essai, porte sur la situation des Canadiens français.Ces derniers, explique-t-il, sont bel et bien un des deux peuples fondateurs du Canada de 1867.Le pays, selon Joncas, n\u2019aurait pas pu exister si, en 1776, les Canadiens français n\u2019avaient pas refusé de se joindre aux indépendantistes américains et si, en 1813, à Châteauguay, avec Salaberry, ils n\u2019avaient pas fait de même.Le pays de 1867, leur a-t-on fait croire ensuite, devait être aussi le leur partout.Ce ne fut pas le cas.Joncas, pour illustrer cette trahison, évoque l\u2019affaire Riel, l\u2019interdiction du français dans les écoles du Manitoba et de l\u2019Ontario, la conscription, la Constitution de 1982, Meech, Charlottetown, les manœuvres lors du référendum de 1995 et le multi- culturalisme, conçu pour nier la «vérité historique» des deux peuples fondateurs, au profit de la culture anglaise et au mépris de « l\u2019esprit de la fédération canadienne ».Joncas ne dit jamais précisément ce qu\u2019il souhaiterait voir inscrit dans cette constitution renouvelée qui satisferait les Québécois.On peut penser que la proposition du politologue Guy Laforest \u2014 fédéralisme multinational, reconnaissance du Québec comme « société nationale distincte » et comme société d\u2019accueil respectant le « principe de la prépondérance de la langue française » \u2014 ferait son affaire.Qui, au Canada, pourrait offrir cela ?Trudeau, le fils du fossoyeur de la notion de «peuples fondateurs»?Scheer, le conservateur qui offre des pinottes incertaines en échange d\u2019une adhésion à son Canada pétrolier ?Les néodémo- crates, qui ont fait du multicultura- lisme une religion?Les Québécois ont probablement plus de chances d\u2019être reconnus par l\u2019ONU comme peuple fondateur d\u2019un nouveau pays que de l\u2019être par Ottawa pour services rendus.CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR En France, dans les manifestations polymorphes et sans chef menées par les gilets jaunes contre l\u2019injustice du système socio-économique, on discernait quelque chose qui s\u2019apparente aux anarchistes, en particulier aux zadistes (de ZAD, «zone à défendre »).Francis Dupuis-Déri nous fait découvrir ces derniers qui, squat- teurs politiques d\u2019endroits menacés écologiquement par le néolibéra- lisme, se servent d\u2019une arme de subversion totale : l\u2019humour.Son essai Les nouveaux anarchistes porte comme sous-titre De l\u2019alter- mondialisme au zadisme.Le spécialiste universitaire québécois des pratiques libertaires, qui séduisent une jeunesse désillusionnée par les partis politiques et les syndicats, s\u2019emploie toujours à montrer la per ti- nence de l\u2019anticonformisme.Pour lui, les campements autogérés des zadistes en France et de groupes semblables en Amérique du Nord prouvent que les anarchistes ne sont pas des casseurs.I l s s o n t f o n d a m e n t a l e m e n t , explique-t-il, des militants rationnels qui favorisent « un processus de prise de décision autonome, horizontal, participatif, délibératif et consen- suel ».Dupuis-Déri reste toutefois conscient que l\u2019expression de cette liberté, de cette égalité, se heurte à des contingences.Il reconnaît que peut surgir «une méfiance envers les procédures délibératives, ce qui favorise les plus forts en gueule \u2014 généralement des hommes \u2014 qui veulent imposer leur volonté ».L\u2019anarchisme le mieux intentionné n\u2019est donc pas à l\u2019abri du masculi- nisme et de la violence vaine ou non nécessairement provoquée par la répression policière.Dupuis-Déri déplore que chez les plus spectaculaires des anarchistes, les Black Blocs, malgré la présence de quelques femmes, « les hommes ont tout de même tendance à se réserver les rôles les plus prestigieux et à adopter des attitudes viriles et prétentieuses » à l\u2019égard du sexe opposé.Au sein de la nébuleuse anarchiste, il a l\u2019éclatant mérite de mettre l\u2019accent sur les groupes d\u2019af fi- nité ou d\u2019amitié qui ont connu un essor dans les années 1980-1990 chez les féministes, les écologistes, les altermondialistes.À ses yeux, ils incarnent spontanément l\u2019idéal non autoritaire de l\u2019anarchisme.Le politologue fait sien le mot de l\u2019anarchiste Emma Goldman (1869- 1940) : « Si je ne peux pas danser, ce n\u2019est pas ma révolution.» Il célèbre le côté carnavalesque de tant de manifestations anarchistes avec marionnettes géantes et armée de clowns révolutionnaires.Pour lui, cela montre que la plus efficace riposte au pouvoir et à ses absurdités dialectiques n\u2019est pas le contre-pouvoir de type léniniste, cette autre horreur autoritaire, mais la simple dérision.Sensible à la tristesse de notre époque, Dupuis-Déri substitue au « principe espérance » de l\u2019utopiste allemand Ernst Bloch (1885-1977) un «principe désespérance » en sous- entendant que notre ultime salut est le rire.Pour un anarchisme carnavalesque Francis Dupuis-Déri rêve de pratiques libertaires libérées de tout autoritarisme macho Francis Dupuis-Déri nous fait découvrir les squatteurs politiques d\u2019endroits menacés écologiquement par le néolibéralisme qui se servent d\u2019une arme de subversion totale : l\u2019humour.ÉMILE TOURNEVACHE Les nouveaux anarchistes De l\u2019altermondia- lisme au zadisme ?1/2 Francis Dupuis-Déri, Textuel, Paris, 2019, 160 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 3 4 | ENTREVUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR T u n\u2019as pas remarqué qu\u2019on nous demande de toujours sourire pour ne pas ef frayer les hommes ?» Lorsque Stella, jeune adolescente dans la fleur de l\u2019âge, lance cette réplique à sa mère Gloria, c\u2019est d\u2019abord pour s\u2019indigner des pressions indues et irréalistes qui pèsent sur les femmes, du pouvoir démesuré accordé à leur apparence et à leur attitude au détriment de leurs réflexions.Or, pour Gloria, héroïne du roman Personne n\u2019a peur des gens qui sourient, ce sourire débonnaire constitue une arme redoutable, un mécanisme de survie qu\u2019il vaut mieux apprendre à utiliser le plus rapidement possible.« Un homme qui prend un air renfrogné sera toujours considéré comme sérieux, concentré ou préoccupé, souligne l\u2019auteure française Véronique Ovaldé.Une femme qui adopte la même attitude sera désignée comme revêche et inaccessible.Pour neutraliser son entourage, les convaincre qu\u2019elle est inoffensive et gagner leur confiance, le sourire s\u2019avère plus efficace que n\u2019importe quelle autre forme d\u2019interaction.» Gloria choisit ainsi d\u2019embrasser le paradoxe auquel toutes les femmes se heurtent : reconnaître les diktats absurdes du patriarcat et condamnés à éventuellement lui échapper tout en exploitant, pendant qu\u2019il est encore temps, le potentiel ravageur, séducteur et ambitieux d\u2019un visage qui s\u2019illumine.Dans ce treizième roman, récit noir flirtant avec le thriller psychologique, Véronique Ovaldé s\u2019amuse à exploiter les extrêmes dans lesquels on n\u2019attend que trop rarement les personnages féminins, esquissant le destin exalté d\u2019une jeune mère dont le parcours est semé de morts inexpliquées, de souvenirs tragiques, de colères incontrôlables et libératrices et de décisions déraisonnables.Mais selon qui?Le fantasme de la mère Gloria a choisi ce jour de juin pour partir, fuir, recommencer une nouvelle vie.«Elle a fermé les volets côté sud comme elle le faisait toujours dans la journée \u2014 elle se doutait qu\u2019il passait régulièrement devant l\u2019immeuble.Elle voulait que tout ait l\u2019air absolument normal.Ça leur laisserait quelques heures d\u2019avance.» Elle file récupérer ses filles, Stella et Loulou, à la sortie de l\u2019école et les embarque pour un long voyage sans préavis en direction de la maison alsacienne où elle passait ses vacances étant enfant.Mais pourquoi ce départ soudain ?Quelle menace redoute tant Gloria ?Pour protéger ses enfants du danger, elle devra elle-même se mesurer à ses propres fantômes, surmonter ses innombrables craintes et affronter l\u2019inquiétude quant au monde qui la taraude en permanence.« Chaque parent doit trouver le juste milieu entre le désir de protéger et celui de développer l\u2019autonomie de sa progéniture.Or, cette balance est très difficile à définir.Pour Gloria, que j\u2019imagine facilement prévoir un abri en cas de catastrophe nucléaire, la sécurité de ses enfants est indissociable de sa présence », précise la romancière.Le récit fait la part belle aux mères vacillantes, celles qui abandonnent leur progéniture pour l\u2019aventure, celles qui les couvent jusqu\u2019à la suffocation, celles dont l\u2019élan maternel ne s\u2019est jamais présenté.« Mais qui décide qu\u2019une mère est défaillante ?Qu\u2019elle ne répond pas aux critères de réussite ?Ce sont bien sûr tous des paramètres définis par les hommes et ça en fait des archétypes très intéressants à exploiter.» Pour assurer la quiétude de ceux qu\u2019elle aime, Gloria est donc prête à tout ; un tout qui se dévoile au compte-gouttes et qui étonnera même les plus perspicaces.L\u2019écriture inventive et lucide de Véronique Ovaldé permet au lecteur de se laisser convoquer dans l\u2019esprit délirant et irrationnel d\u2019un personnage qu\u2019il ne peut s\u2019empêcher d\u2019adopter.«C\u2019était nécessaire pour le lecteur de comprendre la façon de penser de Gloria afin qu\u2019il accepte de la suivre dans son excès, et qu\u2019il adhère aux incohérences et débordements qui lui sont proposés», insiste l\u2019écrivaine.Cette acceptation et cette identification à un personnage étourdissant et, disons-le, un peu détraqué, est aussi rendu possible grâce au caractère éminemment universel des pulsions de Gloria.«Bien que cette mère fuie vraisemblablement une menace, on se retrouve tout un peu dans ce fantasme de départ, de fuite.Elle porte en elle une colère que chacun aimerait pouvoir libérer.Qui n\u2019a pas déjà rêvé de crier des injures au type qui laisse tourner le moteur de sa voiture pour rien ?La plupart d\u2019entre nous lui feraient remarquer avec un sourire au visage.Pas Gloria.Elle hurle.Elle est ce que nous serions vous et moi si nous nous donnions le droit à l\u2019extrême.» Cette absence de limites crée une tension latente dans la narration, transformant progressivement cette tragique histoire de famille en un suspense haletant.Grâce à une construction narrative ef ficace qui repose sur la mémoire et les impressions, ainsi qu\u2019à des personnages secondaires dont les contours poncifs s\u2019avèrent illusoires, chaque page de Personne n\u2019a peur des gens qui sourient fait miroiter l\u2019imprévu et pousse le thème de la paranoïa à son apogée, avec toujours cette question : jusqu\u2019où Gloria sera-t-elle capable d\u2019aller ?Un sourire pour changer le monde ?Véronique Ovaldé offre un thriller psychologique autour de la maternité et des apparences trompeuses Le récit de Véronique Ovaldé fait la part belle aux mères vacillantes, celles qui abandonnent leur progéniture pour l\u2019aventure, celles qui les couvent jusqu\u2019à la suffocation, celles dont l\u2019élan maternel ne s\u2019est jamais présenté.JEAN-LUC BERTINI FLAMMARION En récupérant ses filles à l\u2019école en cette chaude journée du mois de juin, Gloria leur annonce sans préavis qu\u2019elles embarquent pour un long voyage.Elles quittent les rives de la Méditerranée en direction du nord, vers la maison alsacienne dans la forêt de Kay- serhein où Gloria, enfant, passait ses vacances.La précipitation, la sensation de fuite sont tangibles dans cette désertion soudaine.Mais à quelle menace cherche-t- elle à échapper?Pour le découvrir, l\u2019écrivaine française Véronique Ovaldé entraîne le lecteur dans un récit tendu et enivrant, virevoltant entre les fantômes et les secrets du passé, les menaces du présent et les bizarreries d\u2019un quotidien où les spectres, la solitude et la peur d\u2019une mère qui a trop vécu côtoient les rires d\u2019enfants rêveurs et assurés.Mené par une construction narrative inventive et précise et des personnages complexes et mystérieux que l\u2019auteure ne craint pas de malmener, Personne n\u2019a peur des gens qui sourient est à la fois un roman envoûtant et imprévisible et un délicieux croquis des constructions sociales qui orientent nos choix et nos démarches.Personne n\u2019a peur des gens qui sourient ?1/2 Véronique Ovaldé, Flammarion, Paris, 2019, 270 pages « | 3 5 B l u e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C U L T U R E BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Comment il disait déjà, le zygomar du théâtre qui pleure ?Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie obladi, oblada\u2026 Bon, mettons que la vieillesse a joué un tour de cochon chinois \u2014 c\u2019est son année, au cochon, non ?\u2014 à l\u2019ami Mayall, John de son prénom.Heureusement qu\u2019Elvin Bishop est intervenu pour semer les graines de l\u2019humour et que Tony Joe White a ressorti des boules à mites son blues de marguerite et de coquelicot.Détaillons.Au cours des dernières années, Mayall, 85 ans aujourd\u2019hui, a publié quatre albums qui avaient ceci de remarquable : l\u2019approche choisie par l\u2019homme originaire de Manchester, la façon de faire, le traitement arrêté par le trio qui l\u2019accompagne ont fait des albums en question les équivalents de ceux publiés dans les années 1960.En d\u2019autres mots, A Special Life, Find a Way to Care, Talk About That et Three for the Road étaient à classer dans la même catégorie que le Beano Album, Hard Road et Crusade, soit celle des incontournables.Il va sans dire que lorsqu\u2019au début de l\u2019année il a été annoncé que l\u2019on pouvait commander son nouveau disque en pré-vente \u2014 Nobody Told Me sur étiquette For ty Below Records a été publié le 22 février dernier \u2014, on s\u2019est empressé d\u2019agir.Puis, une fois le disque en main, on l\u2019a écouté et là, on a eu un choc égal à un choc culinaire singulier : le tout s\u2019est dégonflé comme un soufflé au fromage.En fait, la vérité de cette histoire est la suivante: le vétéran de la guerre de Corée est tombé dans les ornières du producteur.De-que-cé?Celui-ci, il se nomme Eric Corne, est par venu à convaincre Mayall d\u2019enregistrer avec des mercenaires de la six-cordes réputés pour leur maîtrise technique, voire leur virtuosité, alors que dans les faits ils sont très bavards.Car Nobody Told Me n\u2019est que cela : des solos à n\u2019en plus finir.En clair, on entend ce qui a été enregistré et entendu des centaines de milliers de fois.On doit avouer, même confesser, que les disser tations de John McLaughlin, Stevie Ray Vaughan et autres nous ont toujours\u2026 épuisé ! Les coupables?Ici, ils s\u2019appellent Joe Bonamassa, Larr y McCray, Todd Rundgren, Alex Lifeson, Steven Van Zandt et Carolyn Wonderland.Vivement le prochain album ! Campagne et bayous Heureusement qu\u2019Elvin Bishop et Tony Joe White avaient publié des petits nouveaux au cours des semaines antérieures.Le dernier du Une déception, deux consolations Heureusement que Bishop et Joe White ont lancé leurs albums avant celui de Mayall Le plus récent album de John Mayal (photo du haut), Nobody Told Me, ne présente que des solos à n\u2019en plus finir.Or le dernier d\u2019Elvin Bishop (à gauche), Something Smells Funky \u2018Round Here, et le dernier de Tony Joe White, Bad Mouthin\u2019, proposent dans un cas comme dans l\u2019autre un blues de campagne et de pêche.CRISTINA ARRIGONI / ASSOCIATED PRESS / RICH DIAMOND AGENCE FRANCE-PRESSE premier s\u2019intitule Something Smells Funky \u2018Round Here, sur Alligator Records.Celui de White ?Bad Mouthin\u2019.Dans un cas comme dans l\u2019autre, ce qui est proposé est un blues de campagne et de pêche.C\u2019est paysan dans le sens archinoble du terme.Au ras des pâquerettes, c\u2019est le cas de le dire, nous ne sommes pas à Chicago, mais dans les bayous avec Joe White et au bord des rivières de l\u2019Oregon avec Bishop.On l\u2019a peut-être oublié, mais Bishop est le héros méconnu de la grande époque du Paul Butterfield Blues Band.Passons.Aujourd\u2019hui, il est à la tête du Big Fun Trio, qui rassemble Bob Welch à la guitare, au piano et à l\u2019orgue et Willy Jordan au cajon, une batterie péruvienne.Entre les mots du commentaire social et de l\u2019humour et la cohésion, voire la complicité musicale des trois, on nous propose l\u2019album le plus sympathique de ces temps-ci.C\u2019est original et séduisant en diable.Avec Tony Joe White, c\u2019est pas compliqué, nous sommes en présence d\u2019un grand défenseur du blues minimaliste.Sur la plupar t des pièces enregistrées, il chante seul avec sa guitare et son harmonica.Bref, avec Bad Mouthin\u2019 sur Yep Roc Records, il s\u2019est posé en héritier très digne de Lightnin\u2019 Hopkins.Fait d\u2019une grande tristesse, l\u2019auteur de Polk Salad Annie est décédé une semaine après la sortie de cet album. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | Présenté par CHRISTIAN BLACKSHAW joue MOZART CONCERT I Mardi 19 mars 19 h 30 MOZART Sonates pour piano nos 1, 2, 8, 9 et 17 CONCERT II Mercredi 20 mars 19 h 30 MOZART Sonates pour piano nos 3, 4, 5, 10 et 13 Le pianiste anglais est sans conteste l\u2019un des plus grands mozartiens actuels.sallebourgie.ca Arte Musica présente 18 19 Salle Bourgie LE PIANISTE AU 50 DOIGTS Mardi 12 mars 19 h 30 Pascal Amoyel, piano et textes Mise en scène, Christian Fromont De retour à la salle Bourgie ! Pascal Amoyel rend un vibrant hommage au légendaire pianiste hongrois György Cziffra.ANDREAS STAIER ALEXANDER MELNIKOV, piano à quatre mains Mercredi 13 mars 19 h 30 RÉCITAL TOUT SCHUBERT Deux admirables interprètes s\u2019unissent pour offrir, sur le piano Érard, une sélection d\u2019œuvres du grand compositeur viennois.Le piano est à l\u2019honneur à la salle Bourgie Combo concerts I + II : 75 $ Le blogue Les fourchettes, « ça fait partie de moi et ça fait l\u2019auteure que je suis », raconte la grande brune native de Granby, qui porte au poignet un tatouage de l\u2019ustensile filiforme.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Éloge de la solitude Sarah-Maude Beauchesne joue son alter ego dans la websérie Fourchette, inspirée de sa vingtaine amoureuse endant plus de huit ans, Sarah-Maude Beauchesne a raconté sa grouillante vingtaine amoureuse sur son blogue Les fourchettes.Dans une nouvelle websérie disponible mercredi sur Tou.tv, celle qui est devenue une prolifique scénariste et auteure jeunesse revient sur ses propres montagnes russes et sur son apprivoisement de la solitude.Beauchesne, à qui l\u2019on doit la série télé L\u2019académie et les livres Cœur de slush et Lèche-vitrines, a écrit cette nouvelle websérie en dix épisodes intitulée Fourchette, en plus d\u2019y jouer son propre rôle.La jeune femme de 29 ans est au centre de son propre écosystème, en quelque sorte.Le blogue Les fourchettes, « ça fait par tie de moi et ça fait l\u2019auteure que je suis.Les gens m\u2019appellent Fourchette.C\u2019est mon alter ego, qui me ressemble beaucoup», raconte la grande brune, qui porte au poignet un tatouage de l\u2019ustensile filiforme.Dans la websérie, son personnage s\u2019appelle toutefois Sarah, mais il est surnommé « Fourchette » par son amoureux Sam (Guillaume Laurin).Les trois premiers épisodes qu\u2019il nous a été donné de voir montrent la grande beauté de leur rencontre, ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR P | 37 C u l t u r e É c r a n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Pascale BEAUDIN soprano Marcel D\u2019ENTREMONT ténor Aline KUTAN soprano Marianne LAMBERT soprano Rocco RUPOLO ténor Anja STRAUSS soprano Michel-Alexandre BROEKAERT Carole-Anne FRASER Mathieu GAUDET piano Mark SIMONS clarinette Dimanche 17 mars 2019, 15 h Salle de concert du Conservatoire 4750, Avenue Henri-Julien (métro Mont-Royal) Billet : 80 $ \u2022 25 $ (30 ans et -) Membre : 70 $ \u2022 20 $ (30 ans et -) Chaque membre peut acheter jusqu\u2019à 4 billets par événement.Société d\u2019art vocal de Montréal CONCERT 20e ANNIVERSAIRE SCHUBERTIADE 514 397-0068 www.artvocal.ca «.un signe d\u2019encouragement envers un genre délaissé, fragile et précieux : la mélodie.» Christophe Huss, Le Devoir comme ça d\u2019un homme qui est seul.Un homme célibataire dans la vingtaine ou la trentaine, c\u2019est un bachelor, tandis qu\u2019une fille qui est toute seule dans la trentaine, c\u2019est une pauvre fille désespérée.Et ça m\u2019écœure.» Sarah-Maude Beauchesne raconte à ce sujet une scène qui se déroule au neuvième épisode de Fourchette, où la rédactrice en chef d\u2019un magazine pour femmes lui dit qu\u2019elle a l\u2019air heureuse « pour une fille qui n\u2019a pas de chum ».« Je me le suis fait dire.Et c\u2019est la phrase que j\u2019haïs le plus ! » Il y a quelque chose dans la culture populaire, dans les schémas sociaux, qui nous propose un chemin bien balisé, croit Beauchesne.« On ne m\u2019avait jamais dit que j\u2019avais le droit de ne pas avoir un chemin typique : aller à l\u2019université, avoir un chum, avoir des enfants.Je ne suivrai jamais ce chemin-là, et ça m\u2019a pris du temps à comprendre que c\u2019était correct.» Se jouer soi-même La native de Granby n\u2019est pas comédienne de formation, mais elle avait l\u2019ambition dès le départ de jouer son alter ego dans Fourchette.« J\u2019avais mon plan ! J\u2019aime bien ça, avoir ce que je veux », laisse-t-elle filer avec un sourire quasi machiavélique.Elle a toutefois trouvé une alliée for te en la réalisatrice Catherine Therrien, avec qui elle est « tombée en amour ».Celle qui travaille sur District 31 et qui a laissé sa marque sur la série Lourd à Vrak a proposé en réunion que Beauchesne incarne elle- même le personnage de Sarah.« Je me suis dit : yes, quelqu\u2019un l\u2019a dit avant moi !» raconte l\u2019auteure en rigolant.A-t-elle un peu souf fer t du syndrome de l\u2019imposteur ?« Pas une minute.Même si j\u2019appréhendais énormément ce sentiment-là, parce que toutes mes amies sont comédiennes et qu\u2019elles ont toutes travaillé très fort pour avoir un premier rôle à la télé.J\u2019avais peur de me sentir mal, mais finalement tout s\u2019emboîtait, tout coulait.Ça n\u2019a pas été facile, mais je sentais que c\u2019était la bonne chose » à faire.Sarah-Maude dit avoir travaillé beaucoup pour apprendre les rudiments du métier, avec l\u2019aide de la comédienne Dominique Pétin comme coach.« Une fois sur le plateau, je me suis rendu compte de l\u2019ampleur [de la tâche], de comment c\u2019est difficile.C\u2019est technique, c\u2019est du mouvement, c\u2019est pas juste du par cœur et de l\u2019émotion.C\u2019est vraiment une maudite job ! » La liberté du Web Sarah-Maude Beauchesne a beau avoir écrit pour la télévision traditionnelle, elle a bien aimé œuvrer pour le Web, en l\u2019occurrence Tou.tv.Il y a dans les productions en ligne davantage de liberté, croit-elle.Dans les mots, mais dans les images aussi.«Ça permet de montrer des choses qu\u2019on peut moins montrer à la vraie télé.Comme une fille nue, ou un \u201ccuni\u201d sans censure.Et à Tou.tv, ils ont dit : évidemment.Ça existe, tous les jours ! Et c\u2019est rare qu\u2019on voie ça [à l\u2019écran].Chaque femme qui va voir ça va se dire : ben oui.» C\u2019est aussi pour plein de détails sur la représentation de la femme que Beauchesne a aimé le Web.« Mon personnage, Sarah, ne porte pas de brassière, et des fois ç\u2019aurait été peut- être plus beau, selon les normes, qu\u2019il en porte une.Mais non.Dans la vie, ce n\u2019est plus vrai que les femmes portent des brassières avec des cerceaux pour ne pas laisser voir le mamelon, ou pour ne pas montrer que les seins bougent.Ça sonne anodin, mais quand je vois Fourchette, pour moi c\u2019est une vraie fille.» Richesse Est-ce que la suite de son travail d\u2019écriture pourrait se faire davantage en dehors de son propre univers émotif ?Beauchesne croit que oui, mais ajoute qu\u2019elle a encore beaucoup à écrire à partir de son monde.« Je ne trouve pas que c\u2019est un défaut de créateur d\u2019être dépendant de ses émotions, je trouve que c\u2019est une richesse de s\u2019écouter et d\u2019utiliser ce qu\u2019on vit pour créer quelque chose pour les autres», dit-elle.Elle donne toutefois l\u2019exemple de l\u2019actrice et scénariste britannique Phoebe Waller-Bridge, qui a créé la série Fleabag, très autofictionnelle, à l\u2019humour noir.« Après, elle a fait Killing Eve, qui est une série d\u2019enquêtes policières mais qui met en scène deux femmes très puissantes, éclatées.Elle a gardé son essence, son intégrité de créatrice, sa personnalité et sa plume, mais dans quelque chose de vraiment dif fé- rent.Ça m\u2019inspire.Mais je ne suis pas encore prête à faire une série policière à saveur Fourchette ! » Pour l\u2019instant, le piquant des intrigues du cœur suffira.Fourchette Par et avec Sarah-Maude Beauchesne.Disponible dès le 13 mars sur Tou.tv.Il y a toujours l\u2019image de la vieille femme aux chats, ou de la vieille fille.Et c\u2019est rare qu\u2019on parle comme ça d\u2019un homme qui est seul.Un homme célibataire dans la vingtaine ou la trentaine, c\u2019est un bachelor, tandis qu\u2019une fille qui est toute seule dans la trentaine, c\u2019est une pauvre fille désespérée.Et ça m\u2019écœure.SARAH-MAUDE BEAUCHESNE » mais aussi la déchirure et le célibat qui s\u2019en est suivi.« Je me suis rendu compte que j\u2019avais une communauté qui me lisait, et qui humblement en avait besoin, avait besoin de se faire raconter quelque chose.[Fourchette] c\u2019est comme 50 % pour moi, égoïstement, et 50 % pour les gens qui me lisent depuis le début et qui m\u2019ont confié que c\u2019était aussi thérapeutique pour eux autres.» Le sous-titre de la série de Sarah- Maude Beauchesne est Jeune femme cherche amour-propre, et il constitue une image importante pour l\u2019auteure.« Mon message, c\u2019est majoritairement qu\u2019on n\u2019est pas seulement valides à travers le regard d\u2019un gars, d\u2019un partenaire, et que le bonheur et le grand amour peuvent arriver dans la solitude.Pour moi, ç\u2019a été une révélation », explique celle qui a vécu trois ans seule.Solitude, le mot est presque tabou dans notre société, estime-t-elle.Sinon lourd à porter, surtout pour les femmes.« Il y a toujours l\u2019image de la vieille femme aux chats, ou de la vieille fille.Et c\u2019est rare qu\u2019on parle L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI MONSTRES CONTRE ALIENS (4) (Monsters vs Aliens), É.-U.2009.Film d\u2019animation de Rob Letterman.- Devenue géante après avoir reçu une météorite sur la tête, une jeune femme rejoint un groupe de monstres afin de combattre un extraterrestre voulant détruire la Terre.TQ 12h RENOIR (4) Fr.2012.Drame biographique de Gilles Bourdos avec Michel Bouquet, Christa Theret, Vincent Rottiers.- À l\u2019été 1915, sur la Côte-d\u2019Azur, l\u2019aspirante actrice Andrée Heuschling devient la muse du peintre Auguste Renoir et de son fils Jean.ARTV 12h LA MONTÉE DE LA PLANÈTE DES SINGES (5) (Rise of the Planet of the Apes), É.-U.2011.Science-fiction de Rupert Wyatt avec James Franco, Andy Serkis, Freida Pinto.- Arraché au domicile du scientifique qui l\u2019a élevé puis mis en cage, un chimpanzé doté d\u2019intelligence sonne la révolution parmi les autres spécimens de son espèce.TVA 13h45 LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER (4) (Ferris Bueller\u2019s Day Off), É.-U.1986.Comédie de John Hughes avec Matthew Broderick, Alan Ruck, Mia Sara.- Se faisant passer pour malade, un adolescent en profite pour faire l\u2019école buissonnière avec sa copine et un ami.V 14h GEMMA BOVERY (4) Fr.2014.Comédie dramatique d\u2019Anne Fontaine avec Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng.- En Normandie, un boulanger féru de littérature observe les tribulations extracon- jugales d\u2019une voisine anglaise qui lui rappelle la célèbre héroïne d\u2019un roman de Flaubert.ARTV 14h10 LES AVENTURES DE TINTIN (4) (The Adventures of Tintin), É.-U.2011.Film d\u2019animation de Steven Spielberg.- Après avoir acheté une maquette d\u2019un navire du XVIIe siècle, un reporter intrépide est entraîné dans une étonnante chasse au trésor.TVA 15h54 LES TROLLS (4) (Trolls), É.-U.2016.Film d\u2019animation de Mike Mitchell.- Une petite créature colorée et joyeuse part à la rescousse d\u2019un groupe de ses semblables, capturés par des ogres maussades qui croient à tort que les manger les rendront heureux.TQ 18h PROTECTION (5) (Homefront), É.-U.2013.Thriller de Gary Fleder avec Jason Statham, James Franco, Izabela Vidovic.- Un ex-agent fédéral, qui tente de refaire sa vie incognito dans un coin reculé de la Louisiane, est démasqué par un baron local de la drogue.TVA 18h30 L\u2019AUBE DE LA PLANÈTE DES SINGES (3) (Dawn of the Planet of the Apes), É.-U.2014.Science- fiction de Matt Reeves avec Andy Serkis, Jason Clarke, Toby Kebbell.- Les survivants d\u2019une épidémie qui a décimé la population terrestre dix ans plus tôt négocient une entente de bon voisinage avec une communauté de singes évolués.V 18h30 LES AMANTS PASSAGERS (4) Esp.2013.Comédie de Pedro Almodóvar avec Javier Camara, Carlos Areces, Raul Arévalo.- Tandis qu\u2019un Airbus en panne attend de pouvoir se poser en catastrophe, le personnel de bord et les passagers noient leur anxiété dans un cocktail fortifié à la mescaline.ARTV 20h WELCOME TO LEITH (4) É.-U.2014.Documentaire de Michael Beach Nichols.- En 2012 au Dakota du Nord, le suprémaciste blanc Craig Cobb a tenté, par des tactiques d\u2019intimidation, de prendre le contrôle d\u2019une petite ville.PBS (WETK) 20h SAINE ET SAUVE (5) (Safe), É.-U.2011.Thriller de Boaz Yakin avec Jason Statham, Catherine Chan, Robert John Burke.- À New York, un ex-policier se fait le protecteur d\u2019une fillette chinoise qui a mémorisé un code numérique convoité par les triades, la mafia russe et des flics corrompus.TVA 20h27 L\u2019AN UN (5) (Year One), É.-U.2009.Comédie d\u2019Harold Ramis avec Jack Black, Michael Cera, David Cross.- Bannis de leur tribu, un chasseur fantasque et un cueilleur puceau s\u2019engagent dans un curieux périple au cours duquel ils croisent divers personnages bibliques.MP 21h LA TOURNEUSE DE PAGES (3) Fr.2006.Thriller de Denis Dercourt avec Déborah François, Catherine Frot, Pascal Greggory.- Une jeune femme devient tourneuse de pages pour la célèbre concertiste qui, par sa désinvolture dix ans plus tôt, l\u2019a décidée à renoncer à une carrière de pianiste.TFO 21h LA DAME DE FER (5) (The Iron Lady), G.-B.2011.Drame biographique de Phyllida Lloyd avec Meryl Streep, Jim Broadbent, Alexandra Roach.- Au soir de sa vie, l\u2019ex-première ministre de la Grande-Bretagne Margaret Thatcher passe en revue les événements marquants de sa carrière politique.TQ 22h RÉDEMPTION (4) (Hummingbird), É.-U.2013.Thriller de Steven Knight avec Jason Statham, Agata Buzek, Vicky McClure.- Tombé en disgrâce, un membre des Forces spéciales américaines tente de faire amende honorable, notamment auprès des trois femmes de sa vie.TVA 22h57 LES ADIEUX À LA REINE (4) Fr.2012.Drame historique de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen.- Les jours précédant le déclenchement de la Révolution française, à travers le regard de la lectrice de la reine Marie-Antoinette.TFO 23h16 LA TOURNEUSE DE PAGES Voir samedi, 21h.TFO 0h55 GRIMSBY.AGENT TROP SPÉCIAL (5) (The Brothers Grimsby), É.-U.2016.Comédie d\u2019espionnage de Louis Leterrier avec Sacha Baron Cohen, Mark Strong, Ian McShane.- Accusé à tort de meurtre, un agent secret du MI6 en cavale fait équipe avec son frère idiot et gaffeur dans le but de sauver le monde d\u2019une attaque bactériologique.TVA 0h57 DIMANCHE QU\u2019EST-CE QU\u2019ON A FAIT AU BON DIEU?(4) Fr.2013.Comédie de Philippe de Chauveron avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Élodie Fontan.- Un couple de bons catholiques de province accepte mal que ses quatre filles aient décidé d\u2019épouser des hommes de races et de religions différentes.TVA 10h LES TROLLS Voir samedi, 18h.TQ 12h MISS PERSONNALITÉ (5) (Miss Congeniality), É.-U.2000.Comédie policière de Donald Petrie avec Sandra Bullock, Benjamin Bratt, Michael Caine.- Pour les besoins d\u2019une enquête, une policière peu portée sur la coquetterie féminine devient participante dans un concours de beauté.TVA 14h L\u2019UNIVERSITÉ DES MONSTRES (4) (Monsters University), É.-U.2013.Film d\u2019animation de Dan Scanlon.- À l\u2019université des monstres, une limette dotée d\u2019un seul œil est forcée de faire équipe avec un yéti paresseux pour remporter un important concours.RC 15h LENDEMAIN DE VEILLE 2 (5) (The Hangover Part II), É.-U.2011.Comédie de Todd Phillips avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis.- Trois Américains, dont un est sur le point de se marier, se réveillent dans un hôtel malfamé de Bangkok sans aucun souvenir de leur soirée trop arrosée de la veille.MP 15h UNE NUIT AU MUSÉE (4) (Night at the Museum), É.-U.2006.Comédie fantaisiste de Shawn Levy avec Ben Stiller, Robin Williams, Carla Gugino.- Le nouveau gardien d\u2019un musée d\u2019histoire naturelle découvre que les animaux et mannequins en exposition prennent vie chaque nuit.TVA 16h L\u2019AFFAIRE PÉLICAN (4) (The Pelican Brief), É.-U.1993.Thriller d\u2019Alan J.Pakula avec Julia Roberts, Denzel Washington, Sam Shepard.- Une étudiante en droit devient la cible d\u2019assassins après avoir rédigé un exposé sur le meurtre mystérieux de deux juges de la Cour suprême.V 16h LA GRANDE ARNAQUE (5) (The Big Bounce), É.-U.2004.Comédie policière de George Armitage avec Owen Wilson, Sara Foster, Morgan Freeman.- Un petit escroc devient le complice d\u2019une jeune femme délurée qui veut voler une forte somme à son riche amant.MAX 18h30 LAURENCE ANYWAYS (4) Can.2012.Drame sentimental de Xavier Dolan avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye.- Un enseignant trentenaire bouleverse sa compagne et les membres de sa famille lorsqu\u2019il leur révèle qu\u2019il est en vérité une femme dans le corps d\u2019un homme.ARTV 20h NE NOUS FÂCHONS PAS (4) Fr.1966.Comédie policière de Georges Lautner avec Lino Ventura, Mireille Darc, Jean Lefebvre.- Un ancien truand est entraîné dans un règlement de comptes en voulant rendre service à un ami.TFO 21h LES DENTS DE LA MER 2 (5) (Jaws 2), É.-U.1978.Thriller de Jeannot Szwarc avec Roy Scheider, Lorraine Gary, Murray Hamilton.- Un requin fait des ravages dans les eaux avoisinant une station balnéaire.V 21h30 ELLE S\u2019EN VA (4) Fr.2013.Comédie dramatique d\u2019Emmanuelle Bercot avec Catherine Deneuve, Nemo Schiffman, Gérard Garouste.- En peine d\u2019amour, une restauratrice sexagénaire fauchée prend la route sur un coup de tête et se laisse porter par le hasard des rencontres.TQ 22h30 LE CŒUR A SES RAISONS (3) Isr.2012.Drame de Rama Burshtein avec Hadas Yaron, Yiftach Klein, Irit Sheleg.- Une jeune femme issue de la communauté hassidique de Tel-Aviv subit la pression de sa mère afin qu\u2019elle épouse son beau-frère endeuillé.TFO 23h29 LES HOLLAR (5) (The Hollars), É.-U.2016.Comédie dramatique de John Krasins- ki avec John Krasinski, Margo Martindale, Richard Jenkins.- Un auteur de bédé new-yorkais en panne d\u2019inspiration rentre d\u2019urgence à la maison familiale, où il apprend que sa mère souffre d\u2019un cancer et que son père peine à rembourser ses dettes.TVA 23h45 GEMMA BOVERY Voir samedi, 14h10.ARTV 0h LA TUNIQUE (5) (The Robe), É.-U.1953.Drame biblique d\u2019Henry Koster avec Richard Burton, Jean Simmons, Victor Mature.- Les tribulations d\u2019un officier romain qui a gagné aux dés la tunique du Christ lors de la crucifixion.RC 0h25 NE NOUS FÂCHONS PAS Voir dimanche, 21h.TFO 0h59 LUNDI LE VŒU (5) (The Vow), É.-U.2011.Drame sentimental de Michael Sucsy avec Rachel McAdams, Channing Tatum, Wendy Crewson.- Un jeune homme de Chicago s\u2019efforce de reconquérir son épouse qui, à la suite d\u2019un accident, n\u2019a plus aucun souvenir de leur rencontre et de leur union heureuse.TVA 13h QUEBEC \u2013 THE MEMORIES OF ANGELS (3) (La mémoire des anges), Can.2008.Film de montage de Luc Bourdon.- Le Montréal d\u2019autrefois, tel que vu à travers les images d\u2019une centaine de productions de l\u2019Office national du film du Canada.PBS (WETK) 21h LES VACANCES DU PETIT NICOLAS Voir mardi, 21h.TFO 23h13 MON AMOUR (3) (Bright Star), G.-B.2009.Drame sentimental de Jane Campion avec Ben Whishaw, Abbie Cornish, Paul Schneider.- L\u2019histoire d\u2019amour tragique du poète John Keats avec la jeune voisine coquette et extravertie qui lui a inspiré certaines de ses plus belles œuvres.TVA 0h35 MARDI RADICAL GRACE (4) É.-U.2015.Documentaire de Rebecca Parrish.- Par leur action militante féministe, trois religieuses américaines réclament des réformes au sein de l\u2019Église catholique.PBS (WETK) 20h LES VACANCES DU PETIT NICOLAS (4) Fr.2014.Comédie de Laurent Tirard avec Mathéo Boisselier, Valérie Lemercier, Kad Merad.- En vacances à la mer, un gamin convaincu que ses parents veulent le marier de force à une étrange petite fille met tout en œuvre pour faire échouer ce projet.TFO 21h UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES Voir mercredi, 21h.TFO 23h25 RADICAL GRACE Voir mardi, 20h.PBS (WETK) 0h VOICI POLLY (5) (Along Came Polly), É.-U.2004.Comédie sentimentale de John Hamburg avec Ben Stiller, Jennifer Aniston, Philip Seymour Hoffman.- Effrayé par le risque, un assureur tombe pourtant amoureux d\u2019une ancienne camarade de classe au tempérament excentrique.TVA 0h35 LES VACANCES DU PETIT NICOLAS Voir mardi, 21h.TFO 1h13 MERCREDI MONICA LA MITRAILLE (4) Can.2004.Drame biographique de Pierre Houle avec Céline Bonnier, Frank Schorpion, Patrick Huard.- Dans les années 1960, à Montréal, le parcours d\u2019une criminelle notoire surnommée Monica la Mitraille.VIE 13h RADICAL GRACE Voir mardi, 20h.PBS (WETK) 14h MARS ATTAQUE! (3) (Mars Attacks!), É.-U.1996.Comédie fantaisiste de Tim Burton avec Jack Nicholson, Annette Bening, Glenn Close.- Des Martiens malicieux envahissent la Terre où ils s\u2019amusent à décimer les humains et à détruire les villes.MP 21h UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES (5) Fr.2009.Comédie dramatique d\u2019Alfred Lot avec Michel Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey.- Un retraité hypocondriaque, convaincu d\u2019être atteint d\u2019un cancer, reçoit en rafale une série de mauvaises nouvelles qui déclenchent en lui une véritable crise névrotique.TFO 21h ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR Voir jeudi, 21h.TFO 23h25 LE GRAND SAUT (5) (Ride), É.-U.2015.Comédie dramatique d\u2019Helen Hunt avec Helen Hunt, Brenton Thwaites, Luke Wilson.- Partie rejoindre en Californie son fils, une éditrice new-yorkaise tente de se rapprocher de ce dernier en s\u2019adonnant comme lui au surf.TVA 0h35 UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES Voir mercredi, 21h.TFO 1h04 JEUDI FOOTLOOSE (5) É.-U.2011.Drame musical de Craig Brewer avec Kenny Wormald, Julianne Hough, Dennis Quaid.- À la mort de sa mère, un adolescent de Boston s\u2019installe dans une petite ville où l\u2019influent révérend a fait interdire le rock et la danse.TVA 13h AILLEURS NOUS IRONS (4) (Away We Go), É.-U.2009.Comédie dramatique de Sam Mendes avec John Krasinski, Maya Rudolph, Jeff Daniels.- À la veille d\u2019avoir un enfant, un couple de trentenaires voyage à travers l\u2019Amérique du Nord afin de trouver l\u2019endroit idéal pour fonder une famille.VIE 13h AHEAD OF TIME \u2013 THE EXTRAORDINARY JOURNEY OF RUTH GRUBER (4) É.-U.2009.Documentaire de Robert Richman.- Portrait de Ruth Gruber, photographe et journaliste d\u2019origine juive née en 1911 à Brooklyn, qui fut témoin des événements les plus marquants survenus au cours du XXe siècle.PBS (WETK) 14h 93QUEEN (4) É.-U.2018.Documentaire de Paula Eiselt.- Des femmes d\u2019une enclave juive hassidique de Brooklyn créent une brigade ambulancière entièrement féminine, pour celles refusant d\u2019être touchées par d\u2019autres hommes que leur mari.PBS (WETK) 15h30 MARS ATTAQUE! Voir mercredi, 21h.MP 17h ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR (5) Fr.2009.Comédie de Gérard Bitton avec Gérard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin, Philippe Magnan.- Un quinquagénaire qui rêve d\u2019ouvrir un restaurant utilise des informations confidentielles pour jouer ses économies à la Bourse.TFO 21h LAURENCE ANYWAYS Voir dimanche, 20h.ARTV 23h L\u2019ITALIEN Voir vendredi, 21h.TFO 23h24 MESSE NOIRE (5) (Black Mass), É.-U.2015.Drame de mœurs de Scott Cooper avec Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch.- Dans les années 1970 à Boston, le truand irlandais James «Whitey» Bulger forge une alliance secrète avec le FBI pour se débarrasser de la mafia italienne.TVA 23h35 ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR Voir jeudi, 21h.TFO 1h03 VENDREDI LES ROIS DU PATIN (4) (Blades of Glory), É.-U.2007.Comédie sportive de Josh Gordon avec Will Ferrell, Jon Heder, Jenna Fischer.- Pour renouer avec la compétition, deux anciens champions de patinage artistique mettent fin à leur rivalité et forment le premier duo masculin de l\u2019histoire de ce sport.TVA 13h LA MARIÉE EST EN FUITE (5) (Runaway Bride), É.-U.1999.Comédie sentimentale de Garry Marshall avec Julia Roberts, Richard Gere, Joan Cusack.- Un journaliste s\u2019intéresse à une jeune femme qui a pris l\u2019habitude de fuir chaque fois qu\u2019elle est sur le point de se marier.MAX 20h QUEBEC \u2013 THE MEMORIES OF ANGELS Voir lundi, 21h.PBS (WETK) 20h LE RÈGNE DU FEU (4) (Reign of Fire), É.-U.2002.Drame fantastique de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco.- Dans un futur post-apocalyptique, des humains réfugiés dans un château fort sont en proie aux attaques de dragons.MP 21h L\u2019ITALIEN (5) Fr.2010.Comédie d\u2019Olivier Baroux avec Kad Merad, Valérie Benguigui, Roland Giraud.- L\u2019épreuve d\u2019un fils d\u2019immigrants maghrébins installé à Nice sous la fausse identité d\u2019un Italien bon vivant se corse lorsque son père l\u2019oblige à observer le ramadan.TFO 21h LE PÈRE DE LA MARIÉE (5) (Father of the Bride), É.-U.1991.Comédie de mœurs de Charles Shyer avec Steve Martin, Diane Keaton, Kimberly Williams.- Un couple connaît diverses mésaventures en veillant aux préparatifs du mariage de sa fille.MAX 22h30 LA VIE DE MILES DAVIS (5) (Miles Ahead), É.-U.2015.Drame biographique de Don Cheadle avec Don Cheadle, Ewan McGregor, Emayatzy Corinealdi.- En 1979 à New York, le trompettiste de jazz Miles Davis se fait voler par un producteur l\u2019enregistrement qui lui permettrait de faire son grand retour.ARTV 23h LAURENCE ANYWAYS Voir dimanche, 20h.RC 23h05 IL RESTE DU JAMBON?(5) Fr.2010.Comédie sentimentale d\u2019Anne Depetrini avec Anne Marivin, Ramzy Bedia, Marie-France Pisier.- L\u2019histoire d\u2019amour compliquée entre une journaliste télé issue de la bourgeoisie parisienne et un urgentiste maghrébin qui vit avec sa famille dans une banlieue défavorisée.TFO 23h25 ROMÉO ONZE (3) Can.2011.Drame d\u2019Ivan Grbovic avec Ali Ammar, Joseph Bou Nassar, Sanda Bourenane.- Un fils d\u2019immigrants libanais, atteint d\u2019une atrophie musculaire qui le fait boiter, hésite à rencontrer la belle jeune femme qui s\u2019est laissée séduire par son avatar sur Internet.TQ 23h30 L\u2019HOMME AUX POINGS DE FER (4) (The Man with the Iron Fists), É.-U.2012.Film d\u2019arts martiaux de RZA avec RZA , Russell Crowe, Rick Yune.- Un forgeron noir s\u2019allie à un aventurier anglais et à un guerrier chinois pour empêcher les ennemis de ce dernier de mettre la main sur une cargaison d\u2019or.TVA 23h35 L\u2019ITALIEN Voir vendredi, 21h.TFO 0h53 CE SOIR, JE VAIS TUER L\u2019ASSASSIN DE MON FILS (4) Fr.2014.Drame de Pierre Aknine avec Jean-Paul Rouve, Sami Bouajila, Audrey Lamy.- Un cadre, qui a pris la fuite après avoir tué accidentellement un garçon de dix ans avec sa voiture, est tourmenté par son crime et la promesse de vengeance du père de la victime.RC 1h54 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Avec le printemps, o?rez-vous le plaisir d\u2019un beau détour! OTTAWA 7 avril - Concert des Petits Chanteurs de Vienne SOREL 2 juin - Piano-violon, à la Maison de la musique Charles Richard-Hamelin et Andrew Wan OTTAWA 20 juin - Portraits de GAUGUIN : l\u2019exposition de l\u2019été ! QUÉBEC 6 juillet - 350 ans de pratiques artistiques au musée PORTLAND 23-26 juillet - le Maine et ses richesses\u2026 AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Accepter la différence, en famille La minisérie de fiction britannique Butterfly, désormais disponible en version française dans l\u2019Extra de Tou.tv, aborde avec beaucoup de sensibilité et un certain didactisme le désir ardent, pour ne pas dire urgent, d\u2019un préadolescent (formidable Callum Booth-Ford) qui s\u2019est toujours identifié comme une fille, de montrer au grand jour « celle qu\u2019elle est vraiment ».Max, qui veut qu\u2019on l\u2019appelle Maxine, fait face aux réticences de ses parents (Anna Friel et Emmett J.Scanlan, très justes dans des rôles périlleux), au premier chef, son père, qui arrive très difficilement à accepter l\u2019identité sexuelle de son garçon.Le dramaturge Tony Marchant, qui avait déjà exploré le thème de la trans- sexualité dans le film Different for Girls, offre aux téléspectateurs l\u2019occasion de découvrir en profondeur les personnages principaux afin de mieux saisir les enjeux moraux et sociaux complexes de cette situation familiale pas très courante.On en oublie les ficelles parfois un peu grosses du récit.De Max à Maxine Tou.tv Extra, dès jeudi SU R VOS ÉC R A N S \u2013 E X E RC I C E S I D E N T I TA I R E S E T D E ST Y L E Musiciens francos dans leur élément Ceux qui ont suivi les quatre saisons de pérégrinations de musiciens de la francophonie canadienne dans la Ville Reine dans la série documentaire Balade à Toronto ne seront pas dépaysés devant cette nouvelle déclinaison.Le concept reste le même : chaque épisode donne l\u2019occasion de découvrir l\u2019univers musical et les inspirations d\u2019un artiste ou d\u2019un groupe musical franco, entre discussions et performances, cette fois-ci livrées dans leur ville ou village d\u2019origine.La production gagne en authenticité et en intimité.Balade Unis, dimanche, 23h30.Quelques épisodes sont déjà disponibles à unis.ca/balade Exercices de style Deux nouvelles fictions américaines qui font leur apparition cette semaine offrent des exercices de style plus ou moins clichés, inégalement réussis, mais donnent tout de même aux téléspectateurs qui s\u2019y aventurent le goût de les regarder jusqu\u2019à la fin\u2026 Dans la première, une comédie suivant le modèle du «duo improbable», Idris Elba (Luther) se glisse avec un plaisir évident dans la peau d\u2019un artiste fauché, DJ à ses heures, qui devient un peu par accident la nounou de l\u2019enfant gâtée de son ami à la carrière plus prospère.La seconde, une production de Greg Araki, réalisateur d\u2019une trilogie de films cultes sur « l\u2019apocalypse adolescente », poursuit dans la même veine d\u2019histoires de cœur et de cul de jeunes gens qui se cherchent dans une Los Angeles légèrement surréaliste.Ça navigue entre le drame de mœurs contemporain «blasé » aux images «explicites» et la science-fiction bas de gamme.Malgré tout ça, on veut voir la suite.Turn Up Charlie (Charlie, monte le son en V.F.) Netflix, dès vendredi Now Apocalypse Crave, dès dimanche Le visionnement de la semaine On serait tenté d\u2019ajouter tout de suite «pour public averti »\u2026 C\u2019est du moins ce qu\u2019indique sans détour dans ses communications le géant du Web à propos de sa première série originale d\u2019animation pour adultes, pilotée par Tim Miller (Deadpool) et David Fincher.La proposition devrait particulièrement plaire aux amateurs de cinéma fantastique, d\u2019horreur et de science-fiction, puisque cette anthologie « internationale » se décline en 19 courts épisodes qui abordent l\u2019amour, la mort et la robotique en mélangeant ces genres, produits par des équipes d\u2019animateurs venant de partout sur la planète, incluant les États-Unis, le Canada, la Corée, la Hongrie et la France.Love, Death & Robots Netflix, dès vendredi Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 03/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Lâcher prise Une autre histoire Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas En tout cas L'échappée / Faute avouée Les invisibles TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Ça vaut le coût National Geographic Cette année-là L'heure grave Mc$ween Dans médias V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le Maître du chantier L'Open Mic Scorpion Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Notre pain est-il dans le pétrin?Monuments sacrés Jusqu'au dernier / Le piège Paradis de rouille Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Affaire Structures / Vestiges oubliés À la recherche de.Scénarios de fin du monde Australie: Ruée CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Vendre ou rénover Vancouver?Joue Docteur Accros au look Dre Boutons SPCA en action SPCA en action ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Flyers de Philadelphie (D) L'antichambre (D) Sports 30 F1 Magazine HISTORIA Infiltrateur Infiltrateur Chasseurs Chasseurs La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Nos ancêtres les extraterrestres Artéfacts ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Pour l'amour du country U2 en concert à Londres Amy Winehouse Virtuose / Marie St-Onge EXPLORA Le refuge de l'espoir Habitations animales / Le nid S'aime chien Repères Photographes Photographes Vaincre l'expert Était humanité Z Tout s'explique! Américars: Rapides et musclés American Chopper (v.f.) Garage d'élite Garage The Gifted (v.f.) / Le patient X ST: Discovery SAVOIR En mouvement 18h55 Filmez! Réparer nature 19h50 Prof Nomade mers Découvertes Hollywood 21h50 Prof Dactylo Publications Semaine Verte TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Conseils LA VIE DE CHÂTEAU (1965) Philippe Noiret.Cinéma Planète Vanity Fair Confidential Caïds Story La Montagne Magique Or maison Dinosaures Ghost Chasers (v.f.) / Ardennes De scènes CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Street Legal / Moving Day CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang The Big Bang Magnum P.I.The Good Doctor / Trampoline CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Man Plan Chicago Med SEAL Team Global News ABC News News Local 22 News Women's Hist The Bachelor The Good Doctor / Trampoline News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Man Plan Magnum P.I.Bull / Jury Duty News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow In Their Own Words Independent Lens UNIS Cochon dingue Pas plus bêtes Tournée générale Hooké Les encanteurs L'appel d'un chant inuit Hors série Liberté Chez nous HBO1 17h30 Momentum Generation 19h15 Say Her Name: The Life and Death of Sandra Bland Crashing Last Week The Case Against Adnan Syed Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Lightning de Tampa Bay c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LNH Hockey 03/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Les Auditions à l'aveugle 21h15 La vraie nature 22h15 TVANou.22h45 Être: André Sauvé TQ Les francs-tireurs Deux hommes en or L'amour au temps du M'entends-tu?L'heure est grave ELLE S'EN VA (2013) V 16h00 L'AFFAIRE PÉLICAN C'EST ASSEZ! (2002) avec Bill Campbell, Tessa Allen, Jennifer Lopez.LES DENTS DE LA MER II (1978) Roy Scheider.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Mixeur / Noah Witenof Journal/ L\u2019invité CANAL D De l'or sous la glace Mayday / Écrous et boulons Cauchemar sur l'autoroute Docu-D / Les superhéros démystifiés: Les vilains À la recherche CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Les naufragés de l'amour La vie avec des quintuplées Joue Docteur Accros au look Dre Boutons Le Club Mel RDS ATP Tennis - Omnium BNP Paribas (D) Images/sec.L'histoire ATP Tennis - Omnium BNP Paribas (D) Sports 30 HISTORIA Artéfacts sous la loupe Roanoke: la colonie perdue Nos ancêtres les extraterrestres La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Chasseurs ICI ARTV C'est juste de la TV Dieux de la danse / Demi-finale LAURENCE ANYWAYS (2012) avec Suzanne Clément, Melvil Poupaud.22h50 Lire Durrell EXPLORA S'aime chien Curiosités Animo Les Poilus Pharmachien Planète techno Quand Homo sapiens Découverte Le gaspillage Z Nature sauvage / Nick Jonas BattleBots: Combats de robots Talk show Roast Battle Seuls et tout nus XL Pinel Maripier! Expédition SAVOIR Semaine Verte Fabrique/ Avenir Arrêt monde Publications De garde 24/7 20h45 UN 10 découvertes Autisme Cancer 22h55 Prof Routes science TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Conseils Subito texto Les sapiens Les sapiens NE NOUS FÂCHONS PAS (1966) avec Mireille Darc, Jean Lefebvre, Lino Ventura.Planète 17h00 L'accusé Saoud, la dynastie de l'or noir Hélène Darroze: le goût du défi Choc continents / L'Eurasie Histoire Amérique / Les rebelles Collections volées CBC When Calls the Heart Heartland / Stress Fractures The Nature of Things the fifth estate CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal God Friended Me World of Dance / The Qualifiers Three The Enemy Within / Black Bear National News GBL Global News Global National Security BorderSecur Big Brother Canada NCIS: New Orleans / #1 Fan NCIS: Los Angeles Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol / Auditions Shark Tank News CBS 16h30 Basket.Ch.3 News 60 Minutes God Friended Me Aretha! Grammy Cel./ Smokey Robinson , Yolanda Adams.News PBS (33) Bardo: Night Music Voyager Great British Baking / Biscuits Masterpiece Classic Shakespeare's Tomb Royal Wives at War Midwife UNIS Les encanteurs Les Newbies Le p'tit cabaret / Julie St-Pierre Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Le punch HBO1 Cinéma 18h25 Tokyo Outside the Bubble Real Time With Bill Maher The Case Against Adnan Syed 22h10 Crashing HighMain 23h05 Last Wk TVA Sports Kevin Raphael RAW LNH Hockey / Bruins de Boston c.Penguins de Pittsburgh (D) Le TVA sports LHJMQ Hockey 03/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Deuxième chance Notre vie / Liens fraternels Le Téléjournal Quand les pouvoirs s'emmêlent TVA TVA nouvelles PROTECTION (2013) avec James Franco, Jason Statham.SAINE ET SAUVE (2012) avec Catherine Chan, Jason Statham.TVA nouvelles RÉDEMPTION TQ LES TROLLS (2016) Farquaad Cette année-là Belle et Bum LA DAME DE FER (2011) avec Jim Broadbent, V Cinéma L'AUBE DE LA PLANÈTE DES SINGES (2014) avec Keri Russell, Gary Oldman.21h15 LE SPÉCIALISTE (1994) avec Sharon Stone, Sylvester Stallone.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Enquête Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 Les années bonheur / Le meilleur des années bonheur Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Affaire Douanes Douanes Harceleurs de stars Madame Lebrun Comédie Club Les Recrues CANAL VIE SPCA en action SPCA en action Faites-nous Palm Springs Mini-maisons sur mesure Projection Mariages Catastrophe 22h35 Ouvrez Quintuplées RDS Sports 30 CH Express LAH Hockey / Comets d'Utica c.Rocket de Laval (D) ATP Tennis - Omnium BNP Paribas (D) HISTORIA Le lot du diable Poirier enquête Poirier enquête Infiltrateur Infiltrateur Hitler déclassifié Hitler déclassifié A$ de brocante ICI ARTV Pour emporter / Nathalie Bondil Pour l'amour du country LES AMANTS PASSAGERS (2013) Antonio Banderas.Outlander 23h10 Révolte EXPLORA Animo Pharmachien Refuge de l'espoir / Axis mundi Le gaspillage Homme qui.Rêver le futur Stupidité Z Fallait pas essayer Rapide et mill Déroute Rat rods de Vegas Nature sauvage / Nick Jonas Le web obscur Maripier! Le trône de fer SAVOIR Nomade mers La bibliothèque de.Connaissance Ombre doute 20h50 1763 Ombre doute 21h55 Fabrique Mémoires/ UN L'inis reçoit.Claude Lelouch TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Flip Subito texto Les sapiens Les sapiens LA TOURNEUSE DE PAGES (2006) Déborah François.Cinéma Planète Planète Chefs Choc continents / L'Amérique Piripkura Tour de Canton Exil: Enquête sur un mythe CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Oilers d'Edmonton (D) Hockey / Vegas vs Vancouver (D) CTV CTV News Montreal W5 / TBA The Launch / Emotional Carter / Harley's Got a Gun The Big Bang The Big Bang National News GBL Global News Global National Security Security Ransom / It's a Ravenzo Mary Kills People Remedy / Fight or Flight Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend NBA Countdwn NBA Basketball / Celtics de Boston c.Lakers de Los Angeles (D) News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Ransom / It's a Ravenzo 48 Hours 48 Hours News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Rev.Upstart Crow Doc Martin / All My Trials The Doctor Blake Mysteries Austin City UNIS Hôpital vétérinaire Liberté Louis la faune Mauvais karma Mauvais karma LÀ OÙ ATILLA PASSE (2015) Ambrosio De Luca, L'espionne HBO1 18h10 MY DINNER WITH HERVÉ (2018) Peter Dinklage.Real Time With Bill Maher Leaving Neverland Partie 1 de 2 Neverland TVA Sports 17h00 Soccer / MTL/Hou (D) LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Bruins de Boston (D) Le TVA sports Kevin Raphael Soccer / MTL/Hou S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR On les croise dans la rue ou ailleurs, concentrés qu\u2019ils sont sur leur travail dévoué pour mener leur maître à bon port.Il est parfois difficile de résister à l \u2019envie de caresser les chiens- guides ou d\u2019assistance.Cette série documentaire en quatre épisodes, qui relate habilement la formation de plusieurs mois d\u2019une demi-douzaine de ces précieux animaux, tous plus charmants les uns que les autres, donnera sans doute quelques raisons de plus aux cynophiles de ne pas déranger les « toutous au travail ».Cette incursion émouvante et instructive dans les coulisses du centre de formation de la Fondation Mira illustre de façon éloquente la complexité d\u2019une telle formation, autant pour les vaillants (et moins vaillants) pitous que pour leurs entraîneurs, patients, doux, mais rigoureux.La réalisatrice Mélanie Dion (Soins intensifs, L\u2019école à l\u2019examen) réussit à livrer ici un portrait global fort intéressant de cette école hors norme, de la «prématernelle», lorsque les chiots passent une année de socialisation dans une famille d\u2019accueil, jusqu\u2019à l\u2019intégration «professionnelle» auprès d\u2019une maître «bénéficiaire», sans tomber dans la vulgaire «plogue» pour un organisme déjà for t bien connu et apprécié du public.La série n\u2019offre pas de point de vue extérieur sur les techniques pédagogiques et manières de faire des entraîneurs et des responsables de l\u2019organisme (dont le fondateur Éric St-Pierre et son fils Nicolas).C\u2019est sans doute là la principale faiblesse de ce projet documentaire, qui mérite amplement le détour, même pour ceux qui ne sont pas « fanas» des chiens\u2026 L\u2019Académie Mira Unis, jeudi, 19h30, rediffusions vendredi, 11h, et samedi, 18h Parcours de guides à quatre pattes Une chouette série documentaire suit la formation de chiens-guides et d\u2019assistance SU R VOS ÉC R A N S Une pionnière oubliée\u2026 Le nom d\u2019Anne Innis Dagg vous dit quelque chose?Probablement pas.Et pourtant, cette biologiste, chercheuse et auteure ontarienne est une grande pionnière en matière d\u2019étude d\u2019animaux sauvages dans leur milieu naturel.Avant les Jane Goodall et Diane Fossey, elle s\u2019est rendue dans des coins reculés d\u2019Afrique du Sud pour étudier le comportement des girafes.Ses travaux sont encore une référence pour les chercheurs dans ce domaine.Ce documentaire, qui met en lumière son héritage, explique les tristes raisons de cet oubli\u2026 La femme qui aimait les girafes Canal D, jeudi, 22h, rediffusion, dimanche, 21h UNIS | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 M A R D I 03/15 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Prière de ne pas Guillemets Les Poilus Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit la semaine / Mike Ward Du talent à revendre La liste noire TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Encore plus De garde 24/7 / Enseignement Un chef à la cabane Deux hommes en or M'entends-tu?Belle et Bum V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Ambulances Les effaceurs Haute sécurité Code 111 Gotham Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands report Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Nus et cullotés Nordik / Chili: Santiago Échappées belles / Week-end à Stockholm Journal/ C à dire CANAL D Australie: La ruée vers l'or Amour fatal / L'affaire Bush En prison Patrouille Marche à l'ombre Palais Outback CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Mariages Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Les naufragés de l'amour Joue Docteur Accros au look ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 Images/sec.Dakar Rallye Mobil 1 Grid F1 Magazine L'antichambre (D) Sports 30 ATP Tennis HISTORIA Belles ordures Dieux du ciel Bêtes de foires Les montagnards Les montagnards Les montagnards / La chute Temps sucres ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter / Guy A.Lepage C'est juste de la TV L'effet Wow Cinéma EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Pharmachien Les Poilus Cobaye Cobaye Stupidité Stupidité Cerveau Z Expédition extrême Week-end Garage d'élite Américars: Rapides et musclés American Chopper (v.f.) Infiltration Maripier! Cinéma SAVOIR 18h20 Métiers Cancer 19h25 Métiers 36.9° Autisme Routes science Prof/ Prof Encore plus Électron/ Prof Découvertes En mouvement TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Subito texto C'est WOW Doc/ Je dors Mosquée L'ITALIEN (2010) avec Valérie Benguigui, Roland Giraud, Kad Merad.Planète Si l'évolution / La vitesse Expédition Bornéo Ghost Chasers (v.f.) Face au feu Planète Chefs Continents CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.marketplace Management CBC Docs POV / My Farmland CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot Am.Housewife The Goldbergs Blue Bloods / Two-Faced CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 The Blacklist Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods / Two-Faced News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont This Week Wash.Week Mary Tyler Moore American Masters / Carole King Amanpour & C UNIS À fond de train / Halifax Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Les Newbies Le punch Les encanteurs HBO1 18h20 Rock and a Hard Place 19h45 Neil Patrick Harris: Circus Awesomeus Outside the Bubble Real Time With Bill Maher Strike Back TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Flyers de Philadelphie c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct WTA Tennis (D) 03/14 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 1res fois / Ariane Moffatt Enquête Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) La Dérape Le bon docteur J.E.Tu ne m'as pas TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Génial! Mc$ween De garde 24/7 / Enseignement Dans les médias House of Cards (v.f.) L'amour V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire L'amour est dans le pré L'Open Mic Chicago Police Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Ouragan L'enquête de ma vie Criminels 2.0 Munch Journal/ C à dire CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Routiers de l'Outback De l'or sous la glace Harceleurs de stars Docu-D / La femme qui aimait les girafes CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Quintuplées / La Saint-Valentin SPCA en action SPCA en action Catastrophe Ouvrez, jamais Faites-nous Quais ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Islanders de New York (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA De l'acier et du feu Mordus Mordus Fous bolides Fous bolides Du muscle sous le capot Belles ordures ICI ARTV 17h30 Downton Abbey Sois Moi et l'autre Esprit critique Conséquences Conséquences Cinéma EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Alliances naturelles Supercherie chocolat Les génies de Stephen Hawking Repères Hackers Hackers Z Tout s'explique! Seuls et tout nus XL BattleBots: Combats de robots Talk show Comédie Star Trek: Discovery Cinéma SAVOIR 17h30 Ombre Ombre doute 19h25 Publica.Semaine Verte 20h10 Prof Publications Dactylo Hollywood 22h25 Fabrique Arrêt monde Réparer nature TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Flip Amélie Les sapiens Motel Monstre ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR (2009) Cinéma Planète La Montagne Magique Or maison Dinosaures Einstein Histoire de l'Amérique Si l'évolution / La taille Bornéo CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Still Standing Still Standing Workin' Moms Comedy Fest CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Station 19 / I Fought the Law Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother Canada Superstore Will & Grace S.W.A.T./ Never Again Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy Station 19 / I Fought the Law For the People / This Is America News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Fam Young Sheldon Fam S.W.A.T./ Never Again News PBS (33) PBS NewsHour QUEBEC: THE DEVIL'S SHARE (2017) Celtic Woman: Ancient Land Amanpour & C UNIS Cochon dingue Échappe Fous animaux L'académie Mira Chez nous Liberté Louis la faune Web Thérapie Balade Tor.Peaky Blinders HBO1 18h15 Number 18h35 Robin Williams: Come Inside My Mind HighMain 21h05 Crashing 21h35 Last Wk 22h05 Adnan Syed P.Walker TVA Sports 17h00 JiC RAW WTA Tennis - BNP Paribas Quart de finale #4 (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports 03/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cheval-Serpent Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or La Voix: Extra Lâchés lousses Victor Lessard / Dernier abîme TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs M'entends-tu?Kebec De garde 24/7 V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Phil s'invite L'Open Mic SEAL Team: Coeur et courage Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Nordik / Chili: Araucanie Envoyé spécial Enfants prodiges / Angleterre Journal/ C à dire CANAL D Structures / Vestiges oubliés Douanes Fous bateaux Australie: La ruée vers l'or Ambulanciers de nuit Vie de chantier Comédie Club CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Amour aveugle Projection Les naufragés de l'amour Vendre ou rénover Vancouver?Design V.I.P.À vos marques ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LAH Hockey / Crunch de Syracuse c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Les armuriers Les armuriers De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu Homme de toi ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Moi et l'autre Blanche Blanche Blanche Illusion EXPLORA Animo Alex+Tyler, éco Habitations animales La Semaine verte Pharmachien Pharmachien Que mangera-t-on / Food 3.0 Vaincre Z Tout s'explique! Nature sauvage Expédition extrême Week-end Déroute Les Riders Maripier! Prêt sur gage SAVOIR Encore plus Between Pages Rature et lit Connaissance La bibliothèque de.Arrêt monde Publications Semaine Verte Prof/ Nature Montcalm.TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Citoyen monde UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES (2009) avec Cyril Descours, Michel Blanc.Planète Piripkura Tour de Canton Vanity Fair / Comme envolée Caïds Story Tout savoir.USA, 100 ans d'automobile CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Diggstown / Renee Joy Ordeal by Innocence / Part Two CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Launch Grey's Anatomy Whiskey Cavalier CTV National GBL Global National Global News Big Brother Canada Survivor: Edge of Extinction Chicago Fire Chicago P.D.Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Whiskey Cavalier News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Edge of Extinction The World's Best SEAL Team News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature Nova / Arctic Ghost Ship Plants Behaving / Sex and Lies Amanpour & C UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Les encanteurs Web Thérapie Les Newbies Le punch Mauvais karma Mauvais karma Tournée générale Vétérinaire HBO1 17h45 I Am Evidence 19h15 It Will Be Chaos 20h50 Last Wk 21h20 The Case Against Adnan Syed Crashing Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Maple Leafs de Toronto (D) D.Morissette 22h15 RAW 23h15 TVA sp.03/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Unité 9 5e rang Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition O' / Aux grands maux\u2026 L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Kebec Point doc / L'orage félin SOS sages-femmes L'heure grave Format familial Deux hommes V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Taxi payant Je suis chef L'Open Mic NCIS: Los Angeles Rire et délire Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Enfants prodiges / Angleterre Les pouvoirs extraor / Comment passer l'hiver en pleine forme?Caïn / Fantômes du passé Journal/ C à dire CANAL D À la recherche de.Train d'enfer Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Balayé par le vent Routiers de l'Outback Mme Lebrun CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Quais Faites-nous Mini-maisons sur mesure Vendre ou rénover au Québec Projection Mariages ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Red Wings de Détroit c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Roanoke: la colonie perdue Hitler déclassifié Hitler déclassifié Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Le cadeau Quelle famille! Conséquences Conséquences Outlander 23h10 Durrell EXPLORA Îles de beauté / Les Malouines Habitations animales Découverte Mégastructures nazies Rêver le futur Cobaye Z Tout s'explique! Face Off / Sésame, ouvre-toi! Les vampires originels Killjoys The Strain / Contre-Attaque Le trône de fer SAVOIR 18h25 Métiers 36.9° Autisme Mémoires/ Prof CORIM Routes science Prof/ Filmez! Découverte Prof/ Fabrique Électron/ Prof Le grand TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens C'est WOW LES VACANCES DU PETIT NICOLAS (2014) avec Kad Merad, Valérie Lemercier.Planète 17h30 Le port de Hambourg Sur les toits des villes / Rome Si l'évolution / La vitesse Expédition Bornéo Choc continents / L'Australie Toits des villes CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Kim's 22 Minutes Schitt's Creek Catastrophe CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Ellen's Game of Games This Is Us The Rookie / Crash Course CTV National GBL Global National Global News NCIS: New Orleans / Reckoning NCIS / Silent Service FBI / Apex New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelor / After the Final Rose Videos After Dark News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Silent Service FBI / Apex NCIS: New Orleans / Reckoning News PBS (33) PBS NewsHour Bardo: Night Bardo: Night Finding Your Roots Ireland's Wild Coast Ireland's Wild Coast Amanpour & C UNIS Cochon dingue Ouache/ Ouache Louis la faune Vu intérieur BUNKER (V.F.) (2014) avec Martin Dubreuil, Patrice Robitaille.Ciné tout court Hooké HBO1 17h55 MY DINNER WITH HERVÉ (2018) 19h45 Parkland 20h20 Crashing 20h50 The Case Against Adnan Syed High Main Last Week Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Capitals de Washington c.Penguins de Pittsburgh (D) Kevin Raphael Dave Morissette en direct Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR La Méditerranée est la première destination touristique au monde.À la belle saison, ils sont 300 millions à se disputer un bout de sable sur ses flancs pressurisés.En 2030, ils seront 200 millions de plus.Ajoutez à cela une pression démographique fulgurante et un développement industriel et économique débridé qui poussent cette mer semi-fermée au bord du burn-out, comme le laisse entendre une enquête journalistique d\u2019Arte au titre pour le moins évocateur : La Méditerranée va-t-elle passer l\u2019été?.Avec 10% de la biodiversité marine en son sein, la Grande Bleue charrie bien plus qu\u2019un rêve de vacances.Or, la saturation des activités l\u2019entourant est devenue telle qu\u2019elle menace d\u2019en faire la plus grande mer morte au monde.La formule-choc est dûment documentée par des journalistes qui, sous la houlette du réalisateur Alexis Marant, en décortiquent tous les angles, qu\u2019ils soient économiques, politiques, scientifiques, environnementaux ou sociaux.D\u2019Espagne, où l\u2019on déroule sciemment le « tapis bleu » aux touristes, jusqu\u2019au Liban, où les déchets sont enfouis sur les berges avec la bénédiction du pouvoir, ce documentaire dense accumule les témoignages éclairants et les statistiques affolantes.Ceux-ci sont posés sur des plans contrastés de la Grande Bleue, entre des images d\u2019Épinal à faire rêver et leurs revers effarants faits d\u2019abus éhontés de toutes sortes.Oui, le ton est à l\u2019alarme.Reste que la démonstration tient la route et, si elle n\u2019apporte pas de solutions, elle a de quoi éveiller les consciences.La Méditerranée va-t-elle passer l\u2019été?Télé-Québec, mercredi, 20h; en reprise jeudi 14h Mer sous tension Au bord du burn-out, la Méditerranée pourrait devenir la plus grande mer morte TÉLÉ-QUÉBEC L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 V I V R E Sous une bonne étoile dans la vallée de l\u2019Elqui Peu connue des touristes, cette vallée chilienne à la fois désertique et verdoyante vous transportera au firmament Le soleil brille quelque 300 jours par année dans la vallée de l\u2019Elqui, située à environ 550 km au nord de Santiago au Chili.PHOTOS ANDRÉANNE CHEVALIER LE DEVOIR l est difficile de déterminer l\u2019origine du sentiment de plénitude qui envahit les visiteurs dans la vallée de l\u2019Elqui, située à quelque 550 km au nord de Santiago au Chili.Certains, dont je ne suis pas, évoqueraient des explications spirituelles : une telle aura plane ef fectivement sur la région, qui attire depuis des années son lot de hippies et de chercheurs de sens \u2014 on raconte, entre autres, que des moines tibétains s\u2019y sont établis, dans les années 1970, traçant un parallèle entre Lhassa, à 30 degrés de latitude nord, et l\u2019Elqui, à 30 degrés de latitude sud.Étrangement (ou pas), le spirituel et l\u2019inexpliqué cohabitent avec la science le long de la Ruta de las Estrellas (la route des étoiles), qui traverse ces terres à la fois arides et généreuses.C\u2019est que cet te REPORTAGE ANDRÉANNE CHEVALIER LE DEVOIR La lune vue à travers le télescope de l\u2019Observatorio del Pangue, près de Vicuña I « connexion » avec le ciel a probablement une explication plus terre à terre.De fait, la région jouit d\u2019une situation exceptionnelle pour l\u2019observation des astres ; elle est d\u2019ailleurs la première du monde à avoir été nommée sanctuaire de ciel étoilé.Il serait dommage d\u2019y faire un tour sans se transformer en astronome amateur au moins le temps d\u2019une soirée.«Quand on dit que c\u2019est un des meilleurs ciels du monde, c\u2019est pas juste une impression esthétique», confirme Éric Escalera, astrophysicien français et propriétaire depuis une dizaine d\u2019années de l\u2019Observatorio del Pangue, près de Vicuña.«Ce sont les paramètres physiques de la haute atmosphère au Chili qui, à cause des circonstances géographiques [les Andes, l\u2019Antarctique, le Pacifique et de désert de l\u2019Atacama], font en sorte que l\u2019atmosphère est très propre», explique-t-il.Puisqu\u2019il y a moins de poussière, moins d\u2019humidité, moins de turbulences et de nuages dans le ciel, la vue y est supérieure.Beauté sélène En cette mi-janvier, la lune était visible à près du tiers.Pourtant, elle éclairait autant sinon davantage que pendant une nuit où elle est pleine en Amérique du Nord ou en Europe.C\u2019est « l\u2019effet pervers de la qualité du ciel», reconnaît M.Escalera.Aux étrangers qui souhaitent visiter l\u2019observatoire, l\u2019astronome suggère de planifier leur passage en fonction du calendrier lunaire: les jours entourant la nouvelle lune donne lieu à une meilleure expérience.Soit.Même en ce soir où la grande luminosité rendait l\u2019obser vation céleste un peu difficile, l\u2019expérience était magnifique.À l\u2019Obser vatorio del Pangue, au sommet d\u2019une route sinueuse dans les montagnes, à quelque 18km de Vicuña, pas de charabia incompréhensible au commun des mortels.Plus comme un ami discret et savant qu\u2019un guide touristique en représentation, Éric Escalera explique et répond de sa voix douce et posée aux questions de ses visiteurs \u2014 pas plus d\u2019une dizaine à la fois, permettant ainsi à chacun plusieurs moments d\u2019observation au télescope (de 40 cm de diamètre).Là, ce sont les Nuages de Magellan, les seules galaxies visibles à l\u2019œil nu, situées à 150 000 années-lumières.Et là, l\u2019œil collé sur la lentille, on assiste à la naissance d\u2019une étoile\u2026 Comment se sentir tout petit, première leçon.Splendeur solaire Le soleil brille quelque 300 jours par année dans la vallée de l\u2019Elqui.L\u2019été (ici entre décembre et février) est chaud.Très chaud.Au cœur de cet environnement désertique gît une vallée luxuriante ; un contraste saisissant.C\u2019est le centre de la production de pisco du pays.Les vignes abondent.Sur la route entre Vicuña et Pisco Elqui, le bleu du réservoir Puclaro paraît irréel.La réputation mystique de la vallée est par ticulièrement vibrante dans le petit village de Pisco Elqui.L\u2019industrie touristique y mise beaucoup sur les attraits « nouvel-âge ».Pas besoin, toutefois, de croire aux ovnis, de séjourner dans un ashram ou de chercher à harmoniser ses chakras pour apprécier la région.Les randonnées à pied ou à cheval sont des activités tout aussi méditatives, surtout dans un paysage aussi singulier.Ici, les Andes serpentent le territoire, s\u2019emboîtant les unes sur les autres.Leurs replis et leurs sommets jouent sans cesse avec le soleil éblouissant et les ombres.Ce sont des montagnes de sable, sèches \u2014 on a l\u2019impression que le moindre mouvement pourrait provoquer une avalanche dorée.Elles sont recouvertes de bosquets de cactus d\u2019un vert ténu, presque de la couleur du désert qui les entoure, comme des caméléons cherchant à passer inaperçus.On comprend alors facilement comment ces majestueuses montagnes, pont entre le ciel étoilé et la terre ferme, incitent autant à la contemplation.| 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 En vrac La vallée de l\u2019Elqui est située entre La Serena (sur la côte) et la frontière argentine.Il est très facile et peu onéreux de voyager en bus local de La Serena à Vicuña ou à Pisco Elqui.Des bus locaux font aussi fréquemment la route entre Vicuña et Pisco Elqui.Pour explorer la région plus en profondeur, il est toutefois préférable d\u2019avoir un véhicule.Louer un vélo pour une journée (ou plus) est une façon intéressante de découvrir Vicuña et ses environs.L\u2019énergique Adeline, chez Elki Magic, se fera un plaisir de vous proposer \u2014 en français \u2014 un trajet couvrant plusieurs points d\u2019intérêt le long d\u2019une route tranquille et bordée de vignobles : la microbrasserie Guayacán, les cuisines solaires, l\u2019ashram Eco Truly\u2026 Pour les amateurs d\u2019eau-de-vie, il est possible de visiter plusieurs distilleries dans le berceau chilien du pisco (dont l\u2019artisanale Aba, à Vicuña, et le gros canon Mistral, à Pisco Elqui).Contrairement à la version péruvienne, le pisco sour chilien \u2014 omniprésent sur les menus partout au pays \u2014 est en quelque sorte une version végéta- lienne du rafraîchissant cocktail : il ne contient pas de blanc d\u2019œuf.Le pays de Gabriela Mistral La vallée de l\u2019Elqui est d\u2019une importance significative dans la vie de la grande Gabriela Mistral (1889-1957).C\u2019est à Vicuña qu\u2019est née la première auteure sud-américaine à recevoir le prix Nobel de littérature.Et c\u2019est à Montegrande (environ 35 km plus loin) que l\u2019auteure du recueil D\u2019amour et de désolation repose pour l\u2019éternité.À Vicuña, un charmant (et gratuit) musée raconte son parcours, sur les lieux mêmes de la maison où elle est née.À noter que les textes de l\u2019exposition sont uniquement en espagnol.Entrée gratuite.Les montagnes près de Pisco Elqui et les vignes près de Vicuña L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Vi v r e E s c ap a d e 4 4 | REPORTAGE SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATRICE LE DEVOIR \u2019aventurer dans les bois au plus for t de l\u2019hiver, en quête de champignons, d\u2019aiguilles de conifères et de baies comestibles, alors que les ours sont loin d\u2019avoir fini leur longue nuit de sommeil ?L\u2019idée peut paraître étonnante, mais c\u2019est pourtant une charmante et magnifique façon de passer un samedi du mois de mars.Sur l\u2019île Amherst, au sud- ouest de la vil le ontarienne de Kingston, la ferme Topsy et la chef Ruthie Cummings invitent les cueil- leurs hivernaux à aller à la rencontre des trésors de la forêt dormante.Le lac Ontario est solidement gelé, en cet hiver de froid et de glace qui perdure.Mais la vue blanche et glacée est spectaculaire, de la rive de l\u2019île Amherst, contrée loyaliste d\u2019à peine 400 âmes qui loge plusieurs éoliennes, trois petites églises anglicanes, un magasin général, une école primaire (pour 25 enfants !), mais aucune stat ion d\u2019essence, banque ou resto de bouffe-minute.Le jour de notre visite, nous attrapons à 8h30 du matin le traversier qui part de Millhaven toutes les 30 minutes en direction de Stella, le village principal de l\u2019île Amherst.À notre arrivée à la ferme Topsy, Sally Bowen et son fils Jake nous réservent un accueil enthousiaste, heureux de rencontrer des francophones captivés par leur entreprise hors du commun.La ferme Topsy, dont l\u2019activité principale est la production de viande d\u2019agneau et de laine, ajoute désormais à son répertoire des sorties de cueillette en forêt.Pendant la saison plus clémente, ces marches dans le bois sont suivies d\u2019une dégustation d\u2019un menu composé de produits sauvages dans une yourte.«Vous avez des vêtements chauds, c\u2019est parfait ! », fait remarquer Jake, qui nous invite à prendre place à bord d\u2019un quatre roues pour rejoindre les troupeaux de moutons à sustenter, avant de prendre un sentier qui nous mène vers une marche en forêt doublée d\u2019une séance privée de cueillette d\u2019hiver.«On ne sait jamais sur quel animal on peut tomber aujourd\u2019hui.Tu vois, toutes ces traces?C\u2019est l\u2019autoroute à chevreuils !», explique Jake, qui nous Promenons-nous dans les bois Sur l\u2019île Amherst, en Ontario, on découvre les délices de la forêt grâce à la cueillette d\u2019hiver Sur l\u2019île Amherst, au sud-ouest de la ville ontarienne de Kingston, la ferme Topsy invite les cueilleurs hivernaux à aller à la rencontre des trésors de la forêt dormante.Photo du bas : les moutons de la ferme Topsy.PHOTOS SYLVIE ST-JACQUES S | 4 5 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 avertit qu\u2019il n\u2019est pas impossible que nous croisions des coyotes.Pendant notre promenade sur une neige durcie par un hiver en dents de scie, notre guide trouve des baies de genièvre, des aiguilles de pin qui sert à faire du sirop contre la toux, des pleurotes en forme d\u2019huître sur un tronc d\u2019arbre endormi, une barque de lichen qui peut aussi être transformée en élément médicinal\u2026 Tous ces restes de l\u2019été dernier, nous assure-t-il, sont d\u2019insoupçonnés délices gastronomiques et produits guérisseurs.«C\u2019est extraordinaire tout ce qu\u2019on peut trouver ! », dit celui qui nourrit l\u2019ambition de fabriquer du gin artisanal et d\u2019autres boissons à base des plantes et fongus qui poussent sur le domaine familial où il a grandi et élève ses deux garçons.Nature sauvage Le 16 mars, la ferme Topsy convie donc curieux et aguerris défricheurs gustatifs à une cueillette en forêt atypique.« J\u2019avais six ans quand j\u2019ai cueilli mon premier champignon », évoque la chef et sommelière Ruthie Cummings, qui guidera cette chasse au trésor hivernale.Ex-propriétaire d\u2019un restaurant bien en vue de Toronto, cette chef «de la forêt à la table » d\u2019origine allemande, installée depuis trois ans à Kingston, se passionne pour tout ce qui pousse à l\u2019état sauvage dans les forêts d\u2019Amérique du Nord et anime régulièrement des conférences et des ateliers sur la cueillette sauvage.« On recherche des produits gelés qui ont poussé l\u2019année dernière, comme des aiguilles de pin, d\u2019épinette, des baies de genièvre et de cèdre, des champignons médicinaux, comme le chaga.Ensuite, on peut en faire des sirops, des sauces, des infusions\u2026 Les aiguilles de pin, par exemple, sont délicieuses dans une recette de sablés », énumère celle qui invite aussi les promeneurs à faire bien attention aux arbres en dormance, quand ils font la cueillette.« Il faut savoir comment nettoyer le sol pour une cueillette éthique.» Les sorties de cueillette en forêt avec Ruthie Cummings s\u2019échelonnent sur deux heures ; elles sont suivies d\u2019une séance de partage dans la yourte, où l\u2019on fait le bilan des denrées trouvées.C\u2019est à ce moment que les aiguilles sont nettoyées, bouillies et transformées, et que les cueilleurs ont droit à une séance d\u2019information sur la préservation et la préparation des produits de la forêt.« Chaque participant rentre chez lui avec un échantillon de sirop fabriqué à même les produits de la forêt, et plusieurs denrées cueillies pendant la journée », dit celle qui vante la beauté de l\u2019île Amherst, comme site pour s\u2019adonner à telle activité.« Il faut aussi découvrir l\u2019histoire de l\u2019île et sa beauté.Ici, on se sent transporté très loin\u2026 » Pendant notre promenade, notre guide Jake trouve des baies de genièvre, des aiguilles de pin, des pleurotes en forme d\u2019huître sur un tronc d\u2019arbre endormi (photo de droite) et une barque de lichen qui peut aussi être transformée en élément médicinal\u2026 Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 LES ÉRABLIÈRES \u2022 Site en montagne.\u2022 110 pers max.\u2022 2 salles.\u2022 Sentier pédestre.\u2022 Tire sur neige.\u2022 Cuisine maison de grande qualité à volonté.Apportez votre vin.Sur réservation.www.cabanedupicbois.com 1468 rue Gaspé Brigham, (Bromont) (450) 263-6060 Petite cabane à sucre traditionnelle.45 minutes de Mtl MEDAILLE D\u2019OR \u201cLa Commanderie de l\u2019Érable\u201d Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS VIEUX-QUÉBEC ESCAPADE au cœur du Vieux-Québec Séjournez deux nuits ou plus et économisez jusqu\u2019à 30%* 44, Côte du Palais Vieux-Québec (Québec) G1R 4H8 TARIFS À PARTIR DE : PAR NUIT, EN OCCUPATION DOUBLE, PLUS TAXES.155$ L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Vi v r e P l e i n a i r 4 6 | REPORTAGE NATHALIE SCHNEIDER COLLABORATRICE LE DEVOIR Avez-vous peur de l\u2019hiver?Si oui, vous souffrez peut-être du syndrome de l\u2019«encabanement», cette spirale infernale qui nous plonge dans la sédentarité et l\u2019enfermement jusqu\u2019aux premiers signes des beaux jours.La solution?Affronter sa peur, dans l\u2019un des plus beaux décors que nous offre l\u2019hiver, lors d\u2019une expérience immersive totale : une longue randonnée en raquettes, comprenant une ou plusieurs nuits en hébergement rustique.Premier conseil : mettez le cap sur l\u2019une des régions du Québec qui promettent neige généreuse et froid sec.Deuxième conseil : mettez toutes les chances de votre côté en optant pour un service de transport des bagages de refuge en refuge.Troisième conseil : optez pour un équipement de qualité qui allie la performance technique et la légèreté, et ce, dans les limites financières du raisonnable.Voilà un petit prix à payer pour obtenir un gain considérable : redevenir en phase avec son pays nordique et, chemin faisant, avec soi-même.Sentier des caps dans Charlevoix Soyons clairs, ce sentier de longue randonnée, qui totalise plus de 50km, est l\u2019un des plus beaux du Québec.Particulièrement en hiver.De Saint- Tite-des-Caps jusqu\u2019à Petite-Rivière- Saint-François, on trouve de la neige en abondance, une ambiance montagnarde et des points de vue uniques sur le fleuve.Dans le secteur des îles de Montmagny, on aperçoit Grosse- Île, puis la pointe de l\u2019île d\u2019Orléans.Dans celui du massif, c\u2019est L\u2019Isle-aux- Coudres qui se dévoile depuis les refuges Ligurie et Labatie.Le parcours peut être ef fectué dans sa totalité, en six jours et cinq nuits, ou en partie, avec une nuit ou deux d\u2019hébergement et une distance moyenne de 8 km par jour.Les refuges rustiques dispersés sur le sentier possèdent un poêle à bois et un dortoir au 2e étage d\u2019une capacité de 9 à 14 personnes.Après une bonne tempête de neige, le sentier peut s\u2019avérer dif ficile à pratiquer, d\u2019autant que le dénivelé positif totalise 2000 m ; le service de transport des bagages constitue alors une précieuse option.Infos pratiques : les randonneurs doivent apporter le matériel de camping nécessaire (matelas de sol, sac de couchage et équipement de cuisine, y compris un réchaud).Tarif : 29,75 $ par personne, par nuit.Transport des bagages : 80 $ par jour pour 3 sacs de 45 livres.Réservation nécessaire.?1 866 823-1117 Immersion prolongée Quatre sentiers de longue randonnée à parcourir en raquettes pour retomber amoureux de l\u2019hiver En haut : premier belvédère du sentier La Chute dans Charlevoix.Au centre : l\u2019un des huit chalets du « Village des bâtisseurs » du parc régional Montagne du Diable.En bas : vue sur le lac Talon dans le parc régional des Appalaches.CLAUDE FORTIN / ZOOM MULTIMÉDIA / DANIEL T.Parc régional des Appalaches Qui dit Appalaches dit montagnes.Et pas qu\u2019un peu.Sur une distance de 70 km, les randonneurs hivernaux peuvent apprécier la nature exubérante de ce territoire morcelé qui s\u2019étend sur huit municipalités.C\u2019est dans le secteur du mont Sugar Loaf que sont situés les refuges pour la longue randonnée.En trois jours, on parcourt une distance d\u2019environ 25 km en partant de Sainte- Lucie-de-Beauregard, avec deux options de trajets : passer par le mont Sugar Loaf, avec 2450 m de dénivelé, ou, plus facile, le contourner par la base.Enfin, on peut sélectionner un tronçon plus court, à la carte.Quelle que soit l\u2019option choisie, le circuit promet des points de vue panoramiques et une tranquillité absolue.Aux érablières succèdent les peuplements de sapins et d\u2019épinettes à mesure qu\u2019on prend de la hauteur.Les refuges rustiques, d\u2019une capacité de quatre à huit personnes, sont à aire ouverte et comportent des lits superposés pour une ou deux personnes.Décrochage garanti.Infos pratiques : les randonneurs doivent apporter le matériel de camping nécessaire (matelas de sol, sac de couchage et équipement de cuisine, y compris un réchaud).Tarif : 80 $ pour deux personnes, par nuit (10 $ par personne supplémentaire).Transport des bagages : 60 $ par section.Accès au parc : gratuit.Réservation nécessaire.?1 877 827-3423 Parc régional Montagne du Diable Voilà un parc qui s\u2019est bâti, au fil des années, une réputation d\u2019excellence.Surtout grâce à l\u2019appui de la municipalité de Ferme-Neuve, qui a cru très | 47 Vi v r e P l e i n a i r L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Le sentier de la vallée Bras-du-Nord est réservé aux randonneurs confirmés.MAGALIE HURTUBISE tôt à son pouvoir attractif, mais aussi à celui des Amis de la Montagne, un regroupement de passionnés qui œuvre depuis près de vingt ans à en conserver le caractère naturel exceptionnel.Depuis cinq ans, un « Village des bâtisseurs» regroupe huit chalets nature ainsi qu\u2019un pavillon d\u2019accueil, d\u2019où l\u2019on part pour une longue randonnée d\u2019une trentaine de kilomètres en deux jours (sentier no 1) ou pour un parcours plus court, de 18km, selon l\u2019option choisie.La boucle des sommets permet d\u2019apercevoir les quatre monts : Belzébuth, du Garde- Feu, de la Paroi de l\u2019Aube et du Diable, le plus haut atteignant 783m.Du refuge ouest, on peut même apercevoir le réservoir Baskatong, une immense réserve d\u2019eau située entre les Laurentides et l\u2019Outaouais.Bagages et eau potable sont transportés sur demande de refuge en refuge et certains abris chauffés sont mis à la disposition des randonneurs pendant la nuit, selon l\u2019itinéraire emprunté.Si on ne connaît pas encore ce parc, c\u2019est l\u2019occasion rêvée d\u2019en découvrir les secrets en toute quiétude.Infos pratiques : les refuges, d\u2019une capacité de 10 personnes, possèdent un dortoir au 2e étage.Des matelas sont offerts.Les randonneurs doivent prévoir sac de couchage et matériel de cuisine.Tarif : 25$ par personne, par nuit.Transport des bagages : 14$ par bagage (minimum de 4 bagages).Le feu est prêt à l\u2019arrivée.Accès au parc : 8 $ par nuit (gratuit pour les 18 ans et moins).Réservation nécessaire.?1 877 587-3882 Vallée Bras-du-Nord Ce sentier est réservé aux randonneurs confirmés, tant il multiplie les défis sur le plan du dénivelé \u2014 1000m en trois jours \u2014 et de la quantité de neige qui s\u2019y abat: en février dernier, il s\u2019est accumulé, en une seule tempête, quelque 70cm de neige! Et, ici, on transporte soi-même ses effets ; autant dire que le circuit est classé « difficile à expert » selon les conditions.Mais quelle récompense à se retrouver dans ses paysages contrastés, ses forêts anciennes et ses six lacs le long du sentier linéaire du Philosore (environ 28 km) ! Le départ se fait de l\u2019accueil La Mauvaise et se termine à l\u2019accueil Per thuis, où on aura laissé son auto avant de revenir en taxi au point de dépar t (réservation obligatoire).Deux refuges rustiques sont accessibles sur le sentier, le tout étant géré par une coopérative de solidarité, un modèle de développement concerté basé à Saint-Raymond-de-Por tneuf.Un joyau à découvrir de toute urgence.Infos pratiques : les refuges, d\u2019une capacité de 8 personnes, possèdent des matelas.Tarif pour le forfait de 3 jours : 92 $ par personne en occupation quadruple (110 $ en occupation double).Accès au territoire : 8,50 $.?1 800 321-4992 le magazine de décoration le plus complet.Découvrez Economisez jusqu\u2019à 66 % * Recevez 1 année pour seulement 19,95 $.Découvrez les plus belles demeures du Canada et du Québec.Aussi, lisez nos interviews réalisées avec des personnes célèbres, trouves des projects à faire vous- mêmes, des conseils de cuisine, et plus ! 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L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Vi v r e R e s t o 4 8 | CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Si, un soir, vous cherchez un endroit où, pour une somme modeste, vous pourriez passer quelques heures en vous croyant dans un tout aussi modeste établissement de Milan, de Naples ou de Rome, allez à l\u2019Osteria da Elda, cette nouvelle taverne qui n\u2019a de taverne que le nom, en italien osteria.Bien sûr, les soirs de sortie de la clientèle traditionnellement festive le brouhaha a tendance à s\u2019épanouir dès le milieu de la soirée, mais le reste du temps il règne chez Madame Elda une de ces ambiances feutrées qui incitent à la dégustation.Le décor est exactement comme on les aime, quand on aime le jazz, le cinéma italien, Sophia Loren et le regard envoûtant de Claudia Cardinale en bord de baignoire.Un comptoir rétro et aux murs, seulement des choses agréables : du vin italien et des disques de jazz.Quelques affiches de films également, et divers autres petits détails de décoration qui rendent l\u2019endroit éminemment sympathique.Ainsi, même si l\u2019on maîtrise plus ou moins la langue de Sophia et de Marcello, on comprend facilement cette affichette : «Per un pugno di dol- lari ».Ça rassure pour plus tard, au moment des adieux, lorsque viendra cette inéluctable addition, l\u2019aggiunta qui sonne plus poétique en italien.Cette Osteria da Elda a deux chefs, en fait une chef, Julieta Morros, qui ce soir-là a brillé à chaque plat, et un autre chef, Fabrizio Caprioli, dont on connaît le talent pour savourer sa cuisine à son Barcola, avenue du Parc.Comme Frabrizio ne possède pas le don d\u2019ubiquité, mais qu\u2019il voulait vraiment ouvrir cette osteria, il a confié les fourneaux à Julieta, initiative dont vous le remercierez sans doute vous aussi après avoir mangé ici.L\u2019Osteria da Elda propose une carte courte, mais amplement suf fisante pour festoyer : une dizaine d\u2019entrées, trois pâtes, trois plats principaux.En fin de repas, Samuel, un jeune homme empressé et très appliqué, proposera deux ou trois petites choses dont je vous parle plus tard.Le menu dit : «Nos assiettes se partagent en toute convivialité.» Je confirme.La soirée commence par une plantureuse salade César composée de laitue romaine, de pommes vertes passées à la mandoline, de quelques croûtons et d\u2019une très vivifiante vinaigrette aux anchois.Sur le tout, semblant littéralement flotter, un délicieux nuage de mousse de parmesan.Suivent, déposés sur un lit de crème d\u2019épinards, de beaux morceaux de betteraves, quelques noisettes grillées relevées de citron et une grosse quenelle de chèvre; un plat aux couleurs du drapeau italien qui tend à prouver que rien n\u2019est laissé au hasard ici.Le cotechino est une sorte de saucisse italienne.Ici, la chef en sert deux belles tranches cuites à basse température dans un bouillon à la vanille, puis grillées et déposées sur une onctueuse purée de céleri-rave et de gros pleurotes érigés également grillés.De superbes Tagliatelle alla chi- tarra partageaient l\u2019assiette suivante avec des crevettes très goûteuses et un fond de pois chiches décortiqués, un peu de basilic et quelques tomates cerises revenues dans un bouillon aux crevettes.Un autre plat parfait.Chez Julieta et Fabrizio L\u2019Osteria da Elda, une nouvelle taverne qui n\u2019a de taverne que le nom Le resto a une chef, Julieta Morros, qui ce soir-là a brillé à chaque plat, et un chef, Fabrizio Caprioli, dont on connaît le talent pour savourer sa cuisine à son Barcola La tablée baignait dans la félicité la plus complète.Nous avions perdu Mario dès l\u2019arrivée de son « Trio napolitain » (aubergines frites et sauce tomate au basilic, courgettes marinées à la menthe et vinaigre blanc, poivrons rouges et jaunes au four avec câpres et olives noires, focaccia maison grillée) et seule Olga, une esthète du gnocchi dont elle maîtrise maintes subtilités dans sa panoplie de recettes, hésitait à s\u2019extasier.Son bonheur et le nôtre sont revenus lorsque le jeune mentionné plus haut est arrivé avec, dans une main, une très jolie Torta caprese, dessert typique de la région de Naples, sans farine de blé et fait avec de la farine d\u2019amandes et du chocolat noir, et dans l\u2019autre, une assiette de cannolis maison, farcis de fromage ricotta au lait de bufflonne.Ces cannolis avaient été trempés dans une poudre de chocolat et de pistaches et étaient servis avec une dionysiaque confiture de figues et basilic.Quelques minutes plus tard, il dépose un nocciolino ; dans un petit verre, un mélange de pâte de noisette, de crème fraîche et de sucre auquel on ajoute un café espresso.J\u2019ai bien essayé d\u2019en apprendre davantage, mais le chef n\u2019a pas voulu en dire plus long sur les secrets de sa propre confection.Le bonheur d\u2019un passage à cette adresse tient aussi au fait que la carte des vins montée par M.Jimmy comporte de nombreuses petites trouvailles à prix raisonnables et que M.Bruno, que vous avez sans doute côtoyé au Laïka, qu\u2019il a dirigé pendant des années, super vise le service avec élégance.Osteria da Elda ?$$$$ 5206, boulevard Saint-Laurent, Montréal ?438 387-6050.Ouvert le midi du jeudi au samedi et en soirée du jeudi au lundi.Un repas très plantureux pour deux a coûté 94$.| 4 9 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 L A R EC E T T E D E M I C H A E L TOZ Z I Les malfatti Les malfatti, signifiant «mal fait» en italien, sont des pâtes à base de ricotta.On les sert ici avec une sauce beurre brun, vin blanc, petits pois et menthe, mais vous pouvez les servir avec une sauce de votre choix.Ils sont un vrai délice ! Ingrédients 2 tasses de ricotta bien drainée 1 tasse de parmesan râpé 1 1/2 c.thé de sel 1 œuf 1 jaune d\u2019œuf 1/4 tasse de farine et un peu plus pour former les malfatti Préparation Dans un robot culinaire, bien mélanger la ricotta, le parmesan, les œufs et le sel.Y rajouter la farine et mélanger tranquillement, juste assez pour incorporer le tout sans trop travailler la pâte.Couper et rouler la pâte en petites boules de 20g et les transférer dans un petit bol de farine afin de les recouvrir.Placer les boules sur une plaque à pâtisserie et réserver.Dans un grand chaudron d\u2019eau bouillante bien salée, cuire les malfatti quelques minutes et servir avec la sauce de votre choix.Michael Tozzi est chef du Dandy, 244, rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal.MICHAEL TOZZI Même si l\u2019on maîtrise plus ou moins la langue de Sophia et de Marcello, on comprend facilement cette affichette : « Per un pugno di dollari ».Page de gauche, en haut : salade de saumon fumé brossé au soya à l\u2019érable sauce au safran et noix de coco.Page de gauche, en bas : joue de veau braisée.PHOTOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Le plat de tomates stracciatella de mozzarella grissini Le bonheur d\u2019un passage à cette adresse tient notamment au fait que la carte des vins montée par M.Jimmy comporte de nombreuses petites trouvailles à prix raisonnables L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Vi v r e F a m i l l e 5 0 | REPORTAGE FLORENCE SARA G.FERRARIS LE DEVOIR i les dérogations pour scolarisation précoce ont eu du succès au Québec dans les années 1980 et 1990, il a longtemps été plutôt rare de voir des parents prendre la décision de retarder la scolarisation de leurs enfants.Il s\u2019agit pourtant d\u2019un choix qui gagne en popularité, principalement chez nos voisins du sud et dans le reste du Canada, où un nombre grandissant de familles décide de repousser d\u2019un an la première rentrée scolaire de leur tout-petit.Mieux connu des obser vateurs sous le nom d\u2019«academic redshirting» \u2014 une appellation anglophone empruntée au monde sportif faisant référence aux maillots rouges portés par les jeunes recrues universitaires écartées pendant un an de la compétition afin notamment de prendre de la masse musculaire \u2014, le phénomène a aujourd\u2019hui fait le saut dans les classes, certains parents estimant qu\u2019en arrivant plus tard sur les bancs d\u2019école, leur enfant aura gagné en maturité et pourra ainsi tirer profit de son statut d\u2019«aîné ».Plus vieux et, bien souvent plus grands, ces jeunes bénéficieraient en ef fet d\u2019une longueur d\u2019avance physique, intellectuelle et émotionnelle sur leurs paires.Absence de consensus Le tout est cependant au conditionnel, la communauté scientifique, tant américaine que canadienne-an- glaise, n\u2019arrivant toujours pas à s\u2019entendre sur les bien-fondés de la pratique, et ce, malgré la multiplication des travaux sur la question dans les dernières années.D\u2019ailleurs, rares sont les experts qui appuient sans condition le redshirting puisqu\u2019aucune étude probante n\u2019a encore réussi à démontrer ses bienfaits à long terme.Cela n\u2019empêche toutefois pas certains chercheurs, comme Elizabeth Dhuey, de l\u2019Université de Toronto, de souligner les écarts qui existent chez les enfants en fonction de leur âge ; les plus vieux d\u2019un groupe ayant, selon elle, une facilité plus naturelle à se démarquer.À l\u2019inverse, d\u2019autres scientifiques mettent plutôt en garde les parents avides de performance en insistant, notamment, sur le fait que leur enfant pourrait finir par s\u2019ennuyer ou être Quand les dérogations scolaires font école Populaire aux États-Unis, le phénomène du redshirting vise à retarder l\u2019entrée scolaire à des fins de performance Certains parents estiment qu\u2019en arrivant plus tard sur les bancs d\u2019école, leur enfant aura gagné en maturité et pourra ainsi tirer profit de son statut d\u2019« aîné ».ISTOCK démotivé s\u2019il est toujours celui qui tire vers l\u2019avant.Chose cer taine, s\u2019il est vrai que dans le milieu spor tif, les jeunes joueurs mis sur la touche pendant un an reviennent généralement au jeu plus gros, plus rapides et plus forts que leurs cadets, les avantages tirés en salle de classe varient grandement d\u2019un élève à l\u2019autre.« Il ne faut pas oublier qu\u2019en dépit de l\u2019âge numérique, les enfants se développent tous à un r ythme qui leur est propre, soutient la présidente de l\u2019Ordre des psychologues du Québec (OPQ), Christine Groulx.Retarder l\u2019entrée à l\u2019école \u2014 surtout à la maternelle, qui s\u2019inscrit en continuité avec le milieu de la petite enfance et qui n\u2019a pas de visée \u201cscolarisante\u201d \u2014 n\u2019aura donc pas nécessairement les effets escomptés.» La tendance demeure tout de même assez marginale chez nous.Interpellées sur la question, les c o m m i s s i o n s s c o l a i r e s d e l a grande région de Montréal ont en effet indiqué que, pour le moment, on compte, en moyenne, entre 5 et 20 dérogations tardives acceptées S Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 CONFÉRENCES VOYAGES Réserver au 514-351-5814 Les Grands Lacs d\u2019Amérique du Nord, du 26 août au 9 septembre 2019 Mercredi, 13 mars à 18h30 avec Yves Petit Marcher aux Iles de la Madeleine (groupes exclusifs) Mercredi, 20 mars à 18h30 avec Jean-Yves Cloutier Circuits coup de cœur au Québec et au Canada Mercredi 27 mars à 18h30 avec Groupes Voyages Québec Le printemps japonais 2020 Mercredi, 3 avril avec Yves Petit Voyages actifs et randonnées pédestres Mercredi, 10 avril à 18h30 Forfaits et circuits en Europe Mercredi, 24 avril à 18h30 avec Vacances Air Canada Lieu: Librairie Raffin Place Versailles, Montréal ON S RADIS POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com BON VOYAGE Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca L E S AP P L I CAT I O N S D E LA S E MAI N E Streaming en fa majeur Êtes-vous amateur de musique classique ?Novice en la matière et avide de mieux la connaître ?Peu importe sa connaissance du monde de la musique classique, ces deux applications de diffusion en continu sont à découvrir.Au diapason avec ses états d\u2019âme «Passionné», voilà l\u2019humeur choisie dans l\u2019application Idagio au moment d\u2019écrire cette chronique\u2026 et on est servi.L\u2019algorithme choisi la pièce Šárka, troisième poème symphonique du cycle Má vlast (Ma patrie), de Bed?ich Smetana.Plutôt mélancolique, maintenant?Idagio sélectionne la deuxième partie du Concerto pour piano no 2 en do mineur de Sergueï Rachma- ninov, «Adagio sostenuto».En plus des 14 autres états d\u2019esprit parmi lesquels choisir, l\u2019application comporte un catalogue de musique sur demande franchement phénoménal.Pour le plaisir des audiophiles, tous les morceaux sont aussi offerts avec compression sans perte.L\u2019application demande un abonnement comme Spotify et Apple Music, mais une période d\u2019essai est offerte.Idagio Idagio, offert pour iOS et Android Des concerts à la portée des doigts L\u2019application Classica de Stingray offre de tout pour le mordu de musique classique: des enregistrements vidéo de concerts, d\u2019opéras, de ballets, de documentaires, d\u2019entrevues et on en passe, tous dans le creux de sa main.Comme quoi on n\u2019a plus besoin de prendre l\u2019avion pour aller écouter l\u2019Orchestre philharmonique de Berlin ou l\u2019Opéra de Paris.Là encore, il faut un abonnement pour profiter de l\u2019application, mais une période d\u2019essai est offerte.Classica Stingray, offert pour iOS Olivier Sylvestre OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR chaque année.Les observateurs du milieu sont toutefois bien au courant du phénomène et gardent un œil attentif sur cet épineux dossier qui, selon plusieurs, risque de s\u2019intensifier dans les prochaines années.Système protégé Il est toutefois bon de rappeler qu\u2019au Québec, il n\u2019est pas si simple d\u2019obtenir une dérogation scolaire, peu importe sa nature.«Ça ne se fait pas en claquant des doigts, lance Christine Groulx, de l\u2019OPQ, avec un léger rire.C\u2019est un processus complexe et coûteux qui doit nécessairement être encadré par un professionnel reconnu.» Cela ne veut par contre pas dire que, dans certains cas, la dérogation n\u2019a pas sa raison d\u2019être.«C\u2019est du cas par cas, af firme la psychologue de formation.Il faut juste se rappeler que, oui, les parents sont les experts de leurs enfants, mais ils doivent aussi être capables de démontrer que cet te déc is ion n \u2019ag i ra pas comme une entrave dans le développement de leur petit.Ici, on ne peut pas demander d\u2019altérer le parcours scolaire seulement parce qu\u2019on souhaite que notre enfant soit un premier de classe ! » Dans tous les cas, un parent qui souhaite retarder ou devancer l\u2019entrée à l\u2019école de sa progéniture doit travailler de concert avec un psychologue ou un psychoéducateur qualifié.De plus, il doit soumettre son enfant à une batterie de tests (développement moteur, maturité émotionnelle, interactions sociales, etc.), le but étant justement de s\u2019assurer que les exceptions ne deviennent pas la règle.« Il ne faut pas oublier qu\u2019il s\u2019agit, d\u2019abord et avant tout, d\u2019un choix individuel, qui ne répond aux besoins que d\u2019un seul enfant \u2014 le nôtre \u2014, souligne Joanne Lehrer, professeure au Dépar tement des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université du Québec en Outaouais (UQO).Or, le problème est plus large : il touche la manière dont on aborde les transitions scolaires, mais aussi les ressources \u2014 ou plutôt le manque de ressources \u2014 mises à la disposition des enseignants qui accompagnent les enfants à cet âge.Retarder la scolarisation d\u2019un enfant ne tient pas compte de ces enjeux, bien au contraire.» Creuser les fossés Pire encore, selon la chercheuse, compte tenu de toute la démarche exigée au Québec pour obtenir une dérogation et des coûts qui y sont associés, cette tendance pourrait, à long terme, creuser encore davantage les écarts qui existent entre les enfants.« Et je ne parle pas juste ici du fossé scolaire, expose-t-elle, en laissant échapper un soupir.Il ne faut pas oublier que les enfants n\u2019ont pas tous le même bagage et que, malheureusement, ils ne naissent pas tous égaux\u2026 Or, nos centres de la petite enfance et nos maternelles visent justement à égaliser les chances, à permettre à tous les enfants de passer de la garderie à l\u2019école en douceur.Et juste ça, ça va à l\u2019encontre même de l\u2019idée du redshirting.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com ÉLUE Meilleure agence spécialisée au Québec AGENCE SPÉCIALISÉE MAROC Tél.: 450-984-2585 www.experienceberberetours.com No permis de l\u2019OPC : 702865 Nous sommes spécialiste Maroc Voyage privé et diffèrent des circuits touristiques toujours accompagnés par un chauffeur guide, une vrai expérience Berbère Courriel : angie@legroupevip.com Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 sans frais Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal (QC).Suivez-nous sur Facebook www.facebook.com/legroupevip LEGROUPEVIP.COM permis du Québec LES CHARMES DE L\u2019INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN Comprend : Ne comprend pas : INDE DÉPART DE GROUPE 2019 5 649 $ par personne en 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façon de visiter ces deux pays ! P t : 11 mai Dépar E & P N G A P S E , s e n o h p o c n a r f , s e l c a t c e p S , s , s o m t a P , s o Hôtels au çoise Gil S R et plusieurs autres extras\u2026 , utes les en- o ! rofitez S R GAL \u2013 25 J RTU O S ! E T I D NÉ I s e t r e v u o c é D .E U Q I N U e g a y o V L A R ST I G A M o i d u a e c i v r e S , s a p e r 9 5 , e n o h p o c n a r f r u e t a n g t n e s e l s e t ou T , s e s n a d e d t e s e u g n a l e d s r u o C n e rs j 6 , * 4 l e t ô h n e ) s r j 5 ( u o c s o M *, 5 l e t ô h Anneau d\u2019Or (5 jrs): la région de tous les de l\u2019 q t 8 mai (garanti) Petit groupe! Dépar * J 2 2 \u2013 S T R A \u2019 D S E L L I V S E S T E E I S S U R E u Les seuls à offrir un circuit authenti ue de la q i r o t s i h s e l l i -v s e r t n e c s e l s n a d s l e ôt h s e l s u o t , u q i n o h p y l o p s e l c a t c e p S , s e s u l c n i s e t i s i v t e s e ré s e l c a t c e p S , a v e N a l t e a g ol V a l r u s * 5 e r è i s i o r C ars et des plus beaux villages de Russie, en plus de S s T p S R .Russie avec un anorama \u2026 s a r t x e s e r t u a s r u e i s u l p t e e - a p m o c c a - e d i u G , s n o i t a t s u g é D , s e , s e s s u r s t r e c n o C , s e c n e r é f n o C , en int-Pétersbourg (4jrs) a complet Permis du Québec Visites et frais d\u2019entrées selon le programme Hôtels catégorie 3* 4* 5* 21 nuits d\u2019hébergement ol international Montréal/Delhi/Montréal avec British Air V Circuit de 21 nuits, limité à 17 passagers vice d\u2019un chauffeur avec véhicule Ser Accompagnateur de Montréal ous les tr T 3 repas par jour axes aériennes d T ways e 750 $ ansferts requis durant l\u2019itinéraire en classe économique Khajurâho/Vârânasî et Vârânasî /Delhi Guide accompagnateur francophone tout au long du circuit climatisé Pourboires aux guides, chauffeurs et personnel hôtelier vices non mentionnés dans le programme, T Frais de visa pour l\u2019Inde, Ser axes locales T Billet de train d\u2019Agra à Jhansi , Frai V , Assurances voyage, Contribution FICA outes les dépenses personne ols domestiques V s pour cameras photos et vidéos à certains sites lles, Boissons lors des repas | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Moins de 16 $ Réserve 2016, Domaine du Tariquet, Côtes de Gascogne, France (15,95$ \u2013 11556320) Voilà qu\u2019il n\u2019est nul besoin d\u2019une hirondelle pour annoncer le printemps qui peine à venir quand ce blanc sec se faufile entre vous et cet hiver de force (merci Réjean) qui est le nôtre.L\u2019énergie y est ici contagieuse, avec cette balade fruitée exotique où l\u2019acidité et une pointe d\u2019amertume cohabitent.Recommandable ! (5) ?1/2 La surprise douRosa 2016, Douro, Portugal (20,15$ \u2013 12640232) Ce n\u2019est évidemment pas un vin d\u2019opérette.Plutôt wagnérien sur le plan du souffle emporté.Vous êtes bien assis, je l\u2019espère.Non pas que ce ténor du Douro soit inenvisagea- ble sur le plan gustatif, mais plutôt qu\u2019il offre sans filtre un fruité impérieux, grave et profond que l\u2019immense terroir derrière porte plus avant.Du lourd ! (5+) © ?Le blanc Grüner Veltliner 2017, Kamptal, Rabl, Autriche (19,80$ \u2013 13750417) La maison familiale dispose d\u2019une superficie enviable de vignoble et sait reconnaître en ses vignes ses petits les plus audacieux.Ce grüner en est.Il est sculpté à même la rencontre d\u2019une pointe de silex et d\u2019un zeste de citron au contact d\u2019une lame fine qui les scie tous les deux.C\u2019est sec, salivant, bref, savoureux.(5) ?Le rouge Pinot Noir La Cantina 2017, Vallée d\u2019Oka, Québec (24,95$ \u2013 13952941) Daniel Lalande et son équipe peuvent être fiers de ce pinot noir tout juste arrivé à la SAQ (faites vite cependant) et qui n\u2019a d\u2019autres ambitions que d\u2019être bon, fidèle et intègre.La modulation fruitée y est fine, souple, bien fraîche, coulante et révélatrice de ce goût de cerise mûre typique de ce grand cépage réputé capricieux.(5) © ?1/2 Le bio Château La Tour de Béraud 2016, Costières de Nîmes, Rhône, France (19,10$ \u2013 12102629) Ce beau rouge d\u2019assemblage offre une fois de plus le portrait d\u2019une courtepointe où chacune des pièces d\u2019étoffe mises ensemble constitue un tableau plus complexe.La base est solide et s\u2019assure, derrière la robe profonde, de balayer large sur le plan des épices, avec une pointe animale et fumée typique.Mâche et longueur.(5) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Les vins de Bourgogne sont hors de prix?Belle est la lapalissade! Et là, je ne vous parle pas des trois palettes tout juste arrivées à la SAQ directement des chais du Domaine de la Romanée- Conti et dont les crus panachés en caisses de bois, gravées aux initiales d\u2019heureux propriétaires dont nous tairons bien sûr le nom, commandent à eux seuls l\u2019équivalent de la moitié du PIB du Québec tout entier! Il aurait été impensable il y a à peine 50 ans de constater qu\u2019il existe désormais, sur cette bonne vieille Terre, des vins devenus intouchables pour le commun des mortels.Il n\u2019y a pas de justice: être à la fois commun et mortel, c\u2019est comme avouer, pour paraphraser Gainsbourg, que l\u2019amour physique est sans issue! Alors, on fait quoi ?Eh bien, on se rabat sur les magnifiques beaujolais, comme le font d\u2019ailleurs de plus en plus d\u2019amateurs avisés, tout comme on peut jeter son dévolu entre la Côte-d\u2019Or et ces beaujolais de cru, en appellation bouzeron, rully, mer- curey, givr y et montagny en côte chalonnaise.Mais là encore, les prix prennent du galon.Dans le prolongement naturel de la côte de Beaune, chardonnay, aligoté, gamay et pinot noir tracent ici des vins au profil généralement plus délicat et friand, accessible et polyvalent.Avec des exceptions bien sûr, telles les perles de chez Joblot ou Dureuil- Janthial, par exemple.Les Amis du vin du Devoir se penchaient récemment sur leur sort avec un pirate dans le lot, rapidement démasqué, soit le Maranges 2015, Côtes de Beaune de la Maison Chanzy (37$ \u2013 13236055), visiblement pas à la hauteur des attentes avec une moyenne de groupe de ?.Bon niveau d\u2019ensemble pour le reste, bien que la moyenne de 37,60 $ par bouteille chatouille tout de même un brin les goussets.Les voici, brièvement.Bouzeron 2014, Chanzy (28,80 $ \u2013 13002988).Un rien d\u2019évolution transforme l\u2019aligoté qui offre ici, derrière une robe or citron, des nuances de poire pochée, de citron confit et de pomme verte sur une bouche vivace, de belle texture.Tarte à l\u2019oignon ?(5) ?Moyenne du groupe : ?Bouzeron 2015, Faiveley (25,45$ \u2013 13386424).On rejoint ici le style Faiveley avec cette approche stricte et verticale, sans toutefois cette générosité fruitée des 2015.(5) © ?1/2 Moyenne du groupe : ?1/2 Montagny 1er Cru Buissonnier 2015, Vignerons de la Cave de Buxy (24,75$ \u2013 12454624).J\u2019aurais voulu redoubler d\u2019enthousiasme à ce prix et à ce niveau de hiérarchie, mais voilà, tout cela demeure un peu lourd, sans direction précise.Comme si ce chardonnay se cherchait un peu.Meilleur en bouche en raison de son onctuosité.(5) ?1/2 Moyenne du groupe : ?1/2 Rully Montagne «La Folie 2016», Claudie Jobard, Bourgogne, France (32,75$ \u2013 13385974).Ça vibre bien ici, avec une jolie tension, mais aussi avec du « fond», de la sève et une incontournable présence fruitée.On mord littéralement dans la craie.Une superbe bouteille à coucher deux ou trois ans en cave.(5) © ?1/2 Moyenne du groupe : ?1/2 Mercurey 1er Cru «Clos Tonnerre» 2015, Michel Juillot (48$ \u2013 895334).Enthousiaste et flamboyante que cette cuvée de belle clarté où pivoine, noyau et cerise au jus se bousculent autour de tanins mûrs, sapides et bien vivants.Très réussi dans ce millésime! Pas donné, mais quand on aime le pinot\u2026 (5+) © ?1/2 Moyenne du groupe : ?Givry 1er Cru «Clos de Choué» 2016, Chofflet Valdenaire (42$ \u2013 11669391).Ça «cerise » ici encore une fois avec une rare conviction et une bouche déjà veloutée, d\u2019une exceptionnelle cohérence.Rien de trop large, mais une personnalité affirmée sur le mode de l\u2019élégance.(5+) © ?1/2 Moyenne du groupe : ?1/2 Givry 1er Cru «Crausot» 2016, François Lumpp (62$ \u2013 13061857).Bon, gratiné côté prix, mais par ailleurs hautement digeste sur tous les plans! Un rouge ambitieux en tous points, coloré et profond, substantiel et consistent, aux flaveurs de gelée de cerise et de pétale de rose rouge, le tout cadré avec brio à l\u2019intérieur d\u2019un boisé noble, ajusté au quart de tour.Grande sève! (10+) © ?Moyenne du groupe: ?La semaine prochaine : le zinfandel guideaubry@gmail.com Une Bourgogne discrète à découvrir La côte chalonnaise offre des appellations qui méritent qu\u2019on s\u2019y attarde Côte chalonnaise : des pinots noirs parfois aux antipodes, mais toujours d\u2019une exquise buvabilité JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1.2.INGR ADÉES 1.2.AVINNELETS 1.2.GRÉL AITUE 1.2.ENTINAMUES 1.2.SURMESA 1769 Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 441 Horizontalement I.Arrière-train.II.Boulle.Réglo.III.Du.Euclidien.IV.Ignorée.Elsa.V.Ce.Neptune.VI.Aga.Néant.Fi.VII.Tolet.Liebig.VIII.Iran.Ver.Eon.IX.Ogm.Mi.Avale.X.Néoréaliste.Verticalement 1.Abdication.2.Rouge-gorge.3.Ru.Alamo.4.Iléon.En.5.Elurent.Me.6.Recépé.Via.7.Létale.8.Tri.Unirai.9.Redenté.Vs.10.Agile.Béat.11.Iles.Fiole.12.Non-alignés Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 442 1.Beau comme un marbre.2.Equipée pour prendre l\u2019air.Repris pour correction.3.Débordements de la société de consommation.4.Négation.Fait l\u2019innocent.Sans la moindre fantaisie.5.Trompent les plus jeunes.Assure la liaison.6.Jeunes pousses.Fit pression.7.A mis la peinture aux points.8.Bien plein.Arrive charnu et juteux d\u2019Asie.9.Vient de sortir.Points en opposition.10.Bien en place.Donne le ton.11.Sur le retour.Allait je ne sais où chez La Fontaine.12.Poussé à faire un grand saut dans le vide.I.Un bon gros qui vous aidera à refaire surface.II.Au sommet du casque.Région de la Botte.III.Allemande sur le Danube.Organisés en réseaux.IV.Comme une rime très riche.Dirige son arme.V.L\u2019Italie et aussi l\u2019Espagne et le Portugal.VI.Se jette en mer d\u2019Irlande.Vallée fluviale.Interjection.VII.Canton helvète.Dans les marais et aux bouts des skis.VIII.Fait preuve.En raccourci pour éviter bien des longueurs.Plus difficile que la critique.IX.Percent les peaux.Interjection.Mou et brillant.X.De Braga ou de Porto.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Il faut viser la lune, parce qu\u2019au moins si vous échouez, vous finissez dans les étoiles.Oscar Wilde MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE MOTTE MOITE BOÎTE BOIT BOUT LES ANAGRAMMES \u2022 AMNISTIES / ANIMISTES \u2022 ÉCARTERONS / ÉCRASERONS \u2022 DÉSIRERAIT / RÉSIDERAIT \u2022 BIMOTEUR / EMBOUTIR \u2022 MARINADE / AMANDIER / MANDERAI JEUX 1768 1769 1769 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1769 1.On y passe la soupe 2.Oisillon 3.Mortel 4.Pente très inclinée 5.Plafonnier 6.Faire un faux pas 7.Grand échassier 8.Carrefour 9.Passage obligé des étudiants en médecine 10.Peuple \u2022 COUCHE \u2022 CHEVEU \u2022 VEULERIE \u2022 RIESLING \u2022 INGÉRABLE \u2022 BLEUÂTRE \u2022 TRÈFLE \u2022 FLÉCHI \u2022 CHIMPANZÉS \u2022 ZESTE HÊTRE TAIRE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R 3.4. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 M A R S / 2 0 1 9 Rencontrez les Îles avant même d\u2019y arriver Avec les Croisières CTMA, vous mettez le pied aux Île dès votre embarquement à Montréal.Notre charmant équipage vous promet l\u2019accueil chaleureux, la savoureuse cuisine des Îles et une ambiance conviviale, pour un voyage en mer incomparable.JOUR 1, 19h : Savourez la cuisine typique des Îles JOUR 3, 10h : Une arrivée aux Îles de la Madeleine à couper le souf?e "]
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