Le devoir, 14 mars 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 55 / LE JEUDI 14 MARS 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM La websérie prend du galon Deux productions québécoises sont nommées au festival Canneséries PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR arce qu\u2019il est mieux financé, mieux encadré et mieux diffusé qu\u2019à ses débuts, le monde de la websérie d\u2019ici voit son travail fleurir.À preuve, deux productions québécoises se sont retrouvées encore cette année parmi les finalistes de Canneséries, le petit voisin numérique du Festival de Cannes.Pour l\u2019édition 2019 de l\u2019événement, qui se déroule début avril, les courtes séries Web Téodore pas de H, de Julien Hurteau, et La maison des folles, de Mara Joly, se sont hissées mercredi parmi les dix finalistes internationaux dans leur catégorie.À celles-ci s\u2019ajoute la série cana- dienne-anglaise Warigami, d\u2019Eddie Kim, qui doit être diffusée par CBC.En 2018, déjà, les séries L\u2019arène et Dominos avaient trouvé une place parmi les nommés.Dominos, de Zoé Pelchat, était même repartie avec le trophée \u2014 un palmier en néon.« Canneséries, c\u2019est un rendez-vous pour plein de producteurs, pour plein d\u2019acteurs du milieu, pour beaucoup de diffuseurs aussi, explique Sophie Samson, productrice déléguée chez St Laurent TV, qui a chapeauté La maison des folles.Ça peut être une belle occasion pour que la série voyage dans le monde.» INDEX Éditorial.A6 Idées.A7 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B4 Décès .B4 Sports.B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Météo .B6 Monde .B7 Avis légaux .B7 CULTURE Parole de jeune Québécois.La chronique d\u2019Odile Tremblay.B 3 ÉCONOMIE Le programme fédéral sur les infrastructures n\u2019a pas eu l\u2019effet d\u2019entraînement escompté B 5 GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Catherine Fournier savait que son départ du Parti québécois (PQ) ferait des vagues.Mais elle n\u2019avait certainement pas anticipé leur « virulence »\u2026 non plus que des péquistes remettent en question sa « maturité » alors qu\u2019ils célébraient deux jours plus tôt sa jeunesse.« Les gens au PQ veulent tellement avoir des jeunes, ils étaient tellement contents d\u2019avoir une jeune femme avec eux », soulignait la députée mercredi lors d\u2019une longue entrevue accordée au Devoir dans son bureau de circonscription de Longueuil.« Mais du moment où je pose ce geste très réfléchi, on remet en question ma maturité, on fait référence à mon âge.Ça me fait me poser des questions.» « Je ne pense pas que ces commentaires seraient venus si j\u2019avais été plus vieille, et peut-être un homme, sug- gère-t-elle.C\u2019est comme si une femme de 26 ans n\u2019était pas capable de prendre une grosse décision.» Mme Fournier dénonce aussi que depuis lundi, « certains avancent que des gens sont derrière ma décision, que je serais la marionnette de ces personnes.Je suis déçue d\u2019entendre ça ».Je a n -Ma r t i n Au s s a n t , d e q u i Mme Fournier est proche, a d\u2019ailleurs senti le besoin mercredi de corriger des « élucubrations qui partent dans tous les sens » et de préciser qu\u2019il n\u2019a « pas hypnotisé Catherine Fournier pour qu\u2019elle prenne la décision de siéger comme indépendante ».Pour comprendre le choc causé dans la famille péquiste par sa démission fracassante \u2014 et ses constats lapidaires sur le parti \u2014, il faut rappeler la place importante que Catherine Fournier occupait Une rupture difficile à encaisser Catherine Fournier se dit surprise de la « virulence » des réactions à son départ KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR Le Boeing 737 MAX, l\u2019avion ayant enregistré les ventes les plus rapides de l\u2019histoire de l\u2019avionneur américain, est banni des airs jusqu\u2019à nouvel ordre.Avec la décision du Canada puis des États-Unis de le clouer au sol mercredi, comme l\u2019avaient déjà décidé des dizaines de pays, l\u2019appareil impliqué dans deux écrasements en l\u2019espace de cinq mois est pratiquement inopérable sur l\u2019ensemble du globe.La FAA, l\u2019agence de l\u2019aviation civile américaine, a changé de cap mercredi après-midi en décrétant une interdiction de vol pour tous les Boeing 737 MAX sur le territoire américain, qu\u2019ils soient opérés par une compagnie américaine ou étrangère.Dans une déclaration écrite, elle a indiqué que sa décision a été prise après avoir eu accès à de nouvelles preuves récoltées sur le lieu de l\u2019écrasement survenu dimanche en Éthiopie et aux dernières données satellites.Jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, la FAA avait répété qu\u2019aucune information ne justifiait qu\u2019elle cloue au sol les appareils montrés du doigt.« Boeing continue d\u2019avoir confiance en la sécurité des appareils 737 MAX », a indiqué la compagnie dans un communiqué.L\u2019entreprise américaine dit TRANSPORT AÉRIEN Le B737 MAX ne vole plus Le Canada et les États-Unis ferment la marche des pays ayant cloué l\u2019appareil au sol DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE toutefois avoir recommandé à la FAA de suspendre les vols de sa gamme d\u2019avions phares pour rassurer le public.« Les pilotes ont été avisés, les compagnies ariennes ont toutes été avisées.Elles approuvent cette décision.La sécurité des Américains et de tous les passagers est notre principale préoccupation », a déclaré le président américain, Donald Trump, lors d\u2019une allocution à la Maison-Blanche.Le ministre des Transports, Marc Garneau, a décidé d\u2019agir après avoir pris connaissance de données satellites inquiétantes.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le Canada bouge Quelques heures plus tôt, le ministre des Transports du Canada, Marc Gar- neau, a annoncé que les Boeing 737 MAX 8 ne pourront plus décoller ou atterrir au Canada, ni circuler dans l\u2019espace aérien canadien.« La décision est basée sur de nouvelles informations que nous avons reçues ce matin », a-t-il affirmé.Il a précisé que des données satellites lui permettent désormais de croire que les écrasements de dimanche en Éthiopie et d\u2019octobre dernier en Indonésie, qui ont impliqué le même type d\u2019appareil, sont survenus dans des circonstances semblables.La trajectoire changeante de l\u2019avion entre son décollage de l\u2019aéroport d\u2019Ad- dis-Abeba et le moment de l\u2019écrasement avait pourtant fait l\u2019objet d\u2019une vaste couverture médiatique depuis dimanche, notamment à partir des données du site spécialisé Flightradar24.« Je pense que c\u2019est une excuse, estime le professeur de l\u2019UQAM et spécialiste de l\u2019industrie aéronautique Mehran Ebrahimi.La trajectoire satel- litaire, c\u2019est la première chose qu\u2019on peut regarder à la suite d\u2019un écrasement.Dans la mesure où les boîtes noires ont tardé à partir de l\u2019Éthiopie et où on n\u2019avait rien de concret, il fallait VOIR PAGE A 4 : RUPTURE VOIR PAGE A 2 : AVIATION Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques dans Teodore pas de H MAXIME DESBIENS VOIR PAGE A 2 : WEBSÉRIE P ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 14 MARS 2019 ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Si plus du quart des Canadiens estiment que le nouveau Guide alimentaire les dirige vers des choix peu abordables, suivre ses recommandations dégage pourtant des économies sur leur facture d\u2019épicerie\u2026 du moins pour l\u2019instant.C\u2019est ce que révèle l\u2019étude Le « Guide alimentaire canadien » : sensibilisation, compréhension et obstacles à l\u2019accessibilité et son adoption par les Canadiens, publiée conjointement par l\u2019Université Dalhousie et l\u2019Université de Guelph jeudi, et dont le Devoir a obtenu copie.En comparant les coûts et les portions recommandées dans les versions de 2007 et 2019 du Guide alimentaire, les auteurs ont constaté qu\u2019une famille de quatre personnes, par exemple, pourrait économiser près de 7 % sur sa facture annuelle d\u2019épicerie en préparant ses repas en fonction des nouvelles recommandations.Rappelons que la dernière version du guide, dévoilée en janvier, a mis l\u2019accent sur les fruits et légumes ainsi que les protéines végétales.De leur côté, les produits laitiers et les protéines animales, sans disparaître, y ont perdu leur piédestal.« C\u2019est une bonne nouvelle de voir les familles épargner en mangeant sainement, mais ça risque de ne pas durer », laisse tomber Sylvain Charlebois, l\u2019un des auteurs de l\u2019étude et professeur en distribution et politiques agroalimen- taires à l\u2019Université Dalhousie.Il rappelle que la croissance du prix des fruits et légumes est plus rapide que celle de la viande.De plus, la forte demande en aliments d\u2019origine végétale \u2014 générée par les conseils du nouveau guide \u2014 pourrait encore plus faire grimper la facture d\u2019ici quelques années.Cela fait déjà un moment que les Canadiens se tournent davantage vers la cuisine végétale, certains ayant même tiré un trait sur toutes les protéines animales.D\u2019après M.Charlebois, on compte près de 466 000 véganes au pays.Et plus de 3 millions de Canadiens se disent végétariens ou végétaliens.D\u2019ailleurs, à titre d\u2019exemple, certains commerces se sont retrouvés en rupture de stock de tofu début janvier au Québec, avant même la publication du nouveau Guide alimentaire canadien.Les principaux producteurs de la province, Unisoya et Soyarie, ont alors décidé de doubler leur capacité de production cette année pour répondre à la demande grandissante pour cette protéine végétale.ALIMENTATION Manger mieux pour moins cher Le nouveau Guide alimentaire peut permettre aux familles de réaliser des économies «Si on aspire à une assiette comme celle présentée par Santé Canada, il faudrait arrimer nos ambitions nutritionnelles avec notre capacité de production nationale», croit M.Charlebois.Il suggère notamment de développer des économies d\u2019échelle.« Il y a des serres énormes qui se bâtissent au Canada pour le cannabis.Pourquoi ne pas le faire pour les tomates, le céleri, les concombres, etc.?» Le directeur général de l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA), Charles- Félix Ross, n\u2019est pas de son avis.Il soutient que les importations, les aléas climatiques ainsi que la fluctuation du dollar canadien ont bien plus d\u2019impact sur le coût des fruits et légumes que l\u2019adhésion des Canadiens à une alimentation végétale.Jocelyn St-Denis, directeur général de l\u2019Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), abonde dans le même sens.« Avec les aléas de la température en Californie, on se souvient tous des choux-fleurs à 7 $ il y a deux hivers.» «On est au deuxième rang des provinces productrices de fruits et légumes au Canada.Si la demande augmente, on va juste moins exporter et vendre davantage localement », assure M.St-Denis.Argent et mentors WEBSÉRIE SUITE DE LA PAGE A 1 La maison des folles, qui sera diffusée dès le 15 avril sur le site Web du diffuseur Unis, est construite en huit épisodes d\u2019une douzaine de minutes et raconte la naissance d\u2019une « sororité improbable dans un demi-sous-sol beige pour adolescentes « à problèmes ».» Quant à la série Teodore pas de H, qui met en vedette Philippe-Audrey Lar- rue-St-Jacques en trentenaire TDAH retournant au secondaire, elle est produite par le gros joueur Zone 3, mais sera offerte sur Facebook dès le 11 avril.Écosystème « Il y a un écosystème qui s\u2019est installé depuis cinq ou dix ans », souligne Jean Hamel, le directeur des communications de l\u2019INIS.Depuis 2017, l\u2019institution de formation en audiovisuel demande d\u2019ailleurs aux étudiants inscrits en télévision de créer une courte websérie.Selon M.Hamel, il y a, d\u2019un point de vue plus large, un certain effet Netflix, « qui a remis en valeur la série, par l\u2019offre qu\u2019il proposait.Dans leur cas, ce sont des épisodes qui ont des durées plus traditionnelles, mais quand même, on peut constater que l\u2019intérêt pour les séries est devenu aussi important que l\u2019intérêt pour le cinéma à proprement dit ».Au Québec et au Canada, la série Web a aussi beaucoup grandi grâce au financement de trois fonds : le Fonds indépendant de production (FIP), créé en 2010, le tout nouveau Fonds Bell et le Fonds TV5, qui porte aujourd\u2019hui le nom équivoque de Créateurs en série.Le FIP injecte entre 1,2 et 1,8 million annuellement dans l\u2019ensemble du Canada pour des séries Web, et finance chaque projet choisi à la hauteur de 125 000 $ en moyenne, précise Claire Dion, la directrice adjointe du FIP et du Fonds Bell.Les diffuseurs y mettent aussi du leur, notamment Tou.tv, un acteur important des webséries, ou Vrak, Unis et TV5.« Mais il n\u2019y a pas que l\u2019argent, insiste Mme Dion.C\u2019est un accompagnement.Et c\u2019est très important pour les jeunes créateurs ou les maisons de production sans beaucoup d\u2019expérience.On les a soutenus, tant du point de vue administratif que pour la production et le contenu.On a exigé des mentors aux jeunes, par exemple.Il y a toute une synergie qui s\u2019est créée autour des webséries.» Il reste que le système de financement traditionnel ouvre fort peu la porte au Web, précise Claire Dion.« Il faut travailler tranquillement à modifier le système », dit-elle en soulignant que les webséries ont maintenant droit à des crédits d\u2019impôt comme les productions traditionnelles.Petits miracles Pour Sophie Samson, les créateurs québécois sont pratiquement formés pour accomplir de petits miracles.« Met s - n o u s e n c o re u n e a u t re contrainte, on va voir ça comme un autre terrain de jeu.[\u2026] On a soif de ça, on veut se démarquer, on est de grands joueurs autant que les Américains », lance-t-elle.Julien Hurteau, aussi acteur, n\u2019en est pas à son premier effort sur le Web.Déjà en 2011, il avait livré la websérie Deep.« Aujourd\u2019hui, la qualité [de ce qui se fait| n\u2019a plus rien à voir.C\u2019est rendu confondant entre la télé et le Web.» Hurteau estime que les festivals francophones européens ont un penchant pour le travail des Québécois.Question de langue ?« C\u2019est le contenu, je dirais.On a une manière de faire.C\u2019est très personnel, ça vient du cœur, souvent », donnant l\u2019exemple de son Teo- dore, qui touche malgré le comique de la production.Si Jean Hamel, de l\u2019INIS, n\u2019hésite pas à parler d\u2019âge d\u2019or, Sophie Samson voit dans l\u2019approche de travail du Web l\u2019avenir de la télé.« Tourner, c\u2019est plus simple qu\u2019avant, les équipements techniques sont plus légers, on peut maximiser les sources de lumière, explique- t-elle.Je pense que la façon de produire et d\u2019exporter, c\u2019est comme ça qu\u2019on va faire de la télé dans pas long.» Julien Hurteau et son équipe se rendront sur la Croisette, Canneséries offrant une « belle notoriété à la série », qui pourrait permettre de la vendre à l\u2019international.« Mais bon, pour moi, les nominations, c\u2019est le fun, mais c\u2019est toujours dans l\u2019idée que le plus de gens puissent voir la série.» La sécurité avant tout AVIATION SUITE DE LA PAGE A 1 quelque chose pour justifier la modification de la position gouvernementale.» La position du Canada n\u2019a pas été influencée par des pressions politiques, américaines ou autres, a assuré M.Garneau.Depuis le début de la semaine, le ministre libéral a dit à plusieurs reprises qu\u2019il voulait attendre d\u2019avoir suffisamment d\u2019informations en main concernant la cause de la tragédie aérienne de dimanche pour prendre une décision au sujet des appareils Boeing 737 MAX.Annonce saluée L\u2019Association des pilotes d\u2019Air Canada (APAC) a aussitôt salué la décision du ministre Garneau, elle qui lui avait demandé plus tôt cette semaine « d\u2019agir de manière proactive pour assurer la sécurité des passagers canadiens ».« Les décisions comme celle d\u2019au- jourd\u2019hui sont difficiles à prendre, mais elles sont importantes pour maintenir la confiance du public envers l\u2019aviation », a indiqué l\u2019APAC par voie de communiqué.« Nous sommes heureux que le ministre ait décidé de privilégier la prudence en attendant que l\u2019analyse des causes de l\u2019écrasement du vol 302 d\u2019Ethiopian Airlines soit achevée », a noté le syndicat qui représente les agents de bord d\u2019Air Canada.Par mesure de précaution, des dizaines de pays ont décidé de clouer au sol les Boeing 737 MAX depuis l\u2019écrasement de l\u2019avion d\u2019Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts, dont 18 Canadiens.Mardi, l\u2019Agence européenne de la sécurité aérienne a même décidé de fermer l\u2019ensemble de l\u2019espace aérien européen à ce type d\u2019appareil, pour les vols en provenance, à destination ou à l\u2019intérieur de l\u2019Union européenne, que les opérateurs soient européens ou issus d\u2019autres pays.Au Canada, Air Canada (24 appareils), WestJet (13) et Sunwing (4) ont des Boeing 737 MAX 8 au sein de leur flotte.Mardi en fin de soirée, Sunwing avait annoncé la suspension des opérations de ses quatre appareils en raison des « restrictions d\u2019espace aérien imposées sur certaines [\u2026] destinations partenaires ».Les yeux de la planète seront maintenant rivés sur les deux boîtes noires de l\u2019appareil qui s\u2019est écrasé en sol africain.L\u2019une contient les paramètres de vol et l\u2019autre, les conversations dans la cabine de pilotage.Les deux boîtes ont été retrouvées lundi et seront transférées jeudi en France pour y être analysées.FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR La fermeture de l\u2019espace aérien canadien aux avions 737 MAX 8 a donné du fil à retordre aux clients de Boeing et à de nombreux passagers, parfois coincés dans un aéroport où ils ont dû faire la file pour modifier leur réservation.Pendant que des entreprises comme Air Canada et WestJet ont indiqué qu\u2019elles se conformeraient instantanément à la directive du ministre des Transports, les réseaux sociaux ont été pris d\u2019assaut par des passagers préoccupés de leur situation.«Nous nous efforçons de réacheminer les clients touchés dès que possible», a affirmé Air Canada, qui transporte en moyenne «de 9000 à 12 000 passagers par jour» dans les avions visés.Air Canada, qui possède 24 modèles touchés par l\u2019interdiction, a prévenu qu\u2019en raison de l\u2019interdiction de vol décrétée par Ottawa, ses centres de services seraient inondés d\u2019appels et que les clients devaient donc prévoir des retards.Ceci dit, la compagnie « soutient B737 MAX Des maux de tête pour les voyageurs la décision de Transports Canada ».Le transporteur WestJet, qui appuie également le geste d\u2019Ottawa, a dit qu\u2019il tenterait d\u2019établir de nouvelles réservations « le plus rapidement possible » pour ses passagers.L\u2019entreprise a jusqu\u2019ici reçu 13 de ces appareils.Coincé à l\u2019aéroport international de Palm Beach, en Floride, Éric Lachapelle a fait la queue pendant quelques heures pour parler à un employé d\u2019Air Canada afin d\u2019établir une nouvelle réservation.Il décollera finalement vendredi, a-t-il indiqué au Devoir, mais ce sera à Miami, à environ 1heure 45 minutes de route.Les voyageurs ont certains recours, mais ils dépendent «de la destination, de l\u2019origine et de la réglementation», a indiqué Jacob Charbonneau, p.-d.g.et cofon- dateur du site Web Vol en retard.Outre les arrangements avec les transporteurs, il peut y avoir les assurances voyage ou, pour ceux qui ont fait affaire avec une agence, le recours au Fonds d\u2019indemnisation des clients des agents de voyages.Les décisions comme celle d\u2019au- jourd\u2019hui sont difficiles à prendre, mais elles sont importantes pour maintenir la confiance du public envers l\u2019aviation APAC » 26 % C\u2019est le pourcentage de Canadiens qui estiment que les recommandations du nouveau Guide alimentaire canadien ne sont pas abordables.Des milliers de voyageurs ont dû faire la file durant des heures, mercredi, aux comptoirs des compagnies aériennes afin qu\u2019on les redirige vers de nouveaux vols après la suspension du droit de vol pour les appareils B737 MAX.GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 14 MARS 2019 Vingt ans après M on fils, qui a aujourd\u2019hui 14 ans, n\u2019était pas né quand le « père de la loi 101 », Camille Laurin, est décédé, le 11 mars 1999.Sa question ne m\u2019en a pas moins causé un choc : « C\u2019est qui ça, Camille Laurin ?» Jacques Parizeau avait peut-être donné la meilleure réponse : « Il a donné un nouveau visage au Québec.Il est rare qu\u2019on puisse dire ça d\u2019un personnage public.» Plus encore, il a rendu les Québécois fiers de leur visage, alors qu\u2019ils l\u2019avaient longtemps considéré comme un handicap.Dans sa biographie du docteur Laurin, Jean-Claude Picard cite son ancien collègue dans le gouvernement Lé- vesque, Denis de Belleval : « Il voulait corriger les effets psychologiques de la Conquête, élever l\u2019esclave au niveau du maître et le faire agir en majoritaire dans sa propre maison.Je dois dire que Lévesque n\u2019aimait pas beaucoup ce genre de discours.» La communauté anglophone, qui le détestait au point de le comparer à Joseph Goebbels, avait très bien senti que M.Laurin incarnait, plus encore que Lévesque ou Parizeau, la volonté des francophones de mettre fin à deux siècles d\u2019infériorisation.En conclusion du débat sur l\u2019adoption de la loi 101, en août 1977, il avait déclaré que ce n\u2019était « rien d\u2019autre que le geste d\u2019un peuple déterminé à vivre sa vie ».On ne lui sera jamais assez reconnaissant.Certes, personne n\u2019est irremplaçable, mais qui sait où en serait le Québec s\u2019il n\u2019avait pas été là ?Chose certaine, le PQ aurait bien eu besoin de ses conseils au cours des dernières années.Dans son esprit, la loi 101 était de toute évidence un pas vers l\u2019indépendance.Il a même confié à son biographe qu\u2019il y avait volontairement inclus des dispositions qu\u2019il savait inconstitutionnelles.« On a fait exprès pour mettre ces articles.Ça nous a permis de déchirer nos chemises en public, de démontrer aux Québécois qu\u2019ils constituent un peuple dominé et d\u2019affirmer que seule l\u2019accession à la souveraineté permettra de rétablir la loi dans son intégralité.» Aujourd\u2019hui, on est généralement d\u2019avis qu\u2019elle a eu pour effet de rendre l\u2019indépendance superflue aux yeux d\u2019une majorité de Québécois en les rassurant sur leur avenir linguistique.« Une grande loi canadienne », a dit Stéphane Dion.En réalité, le projet souverainiste est venu le plus près d\u2019aboutir à l\u2019automne 1995, au moment où la loi 101 commençait à donner son plein effet, alors que son recul au cours des dernières années coïncide avec celui du français.Il est toujours hasardeux de faire parler les morts, mais on peut difficilement s\u2019empêcher de se demander ce que le docteur Laurin penserait de l\u2019évolution du PQ et de la situation dans laquelle il se retrouve.Les partisans d\u2019une laïcité musclée ont souvent fait un parallèle avec la loi 101, qui avait fait l\u2019objet des pires attaques lors de son adoption.Lui-même aurait-il été aussi intransigeant sur la question des signes religieux qu\u2019il l\u2019avait été sur la langue ?Jacques Parizeau, qui était son allié inconditionnel dans le bras de fer sur la loi 101 à l\u2019intérieur du cabinet Lévesque, a déconseillé au PQ de s\u2019engager dans cette voie.On peut également penser que l\u2019intensité de sa propre foi aurait amené M.Laurin à témoigner plus de respect envers celle des autres.Ayant fait partie de la première fournée de députés péquistes élus à l\u2019Assemblée nationale, en 1970, il aurait certainement été attristé de voir le PQ ramené à la case départ.S\u2019il a lui-même claqué la porte en 1984 pour protester contre le « beau risque », il serait presque inconvenant de faire la comparaison avec le départ de Catherine Fournier.La députée de Marie-Victorin incarnait peut-être la relève, mais M.Laurin était un véritable monument.On peut toujours reprocher au PQ de ne pas s\u2019être suffisamment investi dans la promotion de la souveraineté au cours des dernières années, mais M.Lévesque était rendu à en parler à l\u2019imparfait et se disait prêt à négocier le renouvellement du fédéralisme avec Brian Mulroney.La synthèse du plan d\u2019action 2019 qui a été rendu public par la direction du PQ mardi demeure sans doute très vague, mais elle traduit au moins sur papier une réelle volonté de remettre l\u2019indépendance au centre de son action.En 1984, M.Laurin avait tout tenté pour trouver un compromis entre les partisans d\u2019une élection référendaire, dont il faisait partie, et ceux qui voulaient mettre la souveraineté en veilleuse.Le jour de sa démission avait été le plus triste de sa vie, disait-il.Les collègues de Mme Fournier au sein de la direction du parti soutiennent qu\u2019elle s\u2019est très peu intéressée à l\u2019élaboration du plan d\u2019action.S\u2019il l\u2019avait trouvé mauvais à ce point, M.Laurin aurait certainement tenté de l\u2019améliorer, mais il aurait sans doute été incapable de souhaiter la disparition du PQ.Il avait désavoué le chef, pas le parti.MARCO FORTIER LE DEVOIR La Commission scolaire de la Pointe- de-l\u2019Île (CSPI) prend les grands moyens pour affronter la « tempête parfaite » qui frappe le milieu de l\u2019éducation : selon ce que Le Devoir a appris, elle compte fermer deux classes de maternelle 4 ans à la rentrée de l\u2019automne 2019 et s\u2019apprête à exproprier un terrain appartenant à un promoteur immobilier pour y construire une école \u2014 une mesure rarissime dans le réseau de l\u2019éducation.Cette commission scolaire de l\u2019est de Montréal prévoit d\u2019avoir besoin de 156 classes supplémentaires à la prochaine rentrée scolaire.C\u2019est un réel casse- tête, parce que ses 41 écoles primaires et ses sept écoles secondaires sont quasi à leur pleine capacité.Loin de créer de nouvelles maternelles 4 ans comme le recommande le gouvernement Legault, la CSPI s\u2019apprête à en fermer deux (sur un total de 22 existantes), situées à Saint-Léo- nard.Ce n\u2019est pas de gaieté de cœur que la commission scolaire prend cette décision.Il n\u2019y a tout simplement pas d\u2019espace.« On croit aux bienfaits des maternelles 4 ans en milieu défavorisé, mais on est dans une situation très sérieuse qui demande des solutions qui sortent des sentiers battus.On dit que l\u2019éducation est une priorité au Québec, il faudra que ça paraisse », dit Miville Bou- dreault, président de la CSPI, rencontré mercredi à son bureau de Pointe- aux-Trembles.Les commissaires de la CSPI prévoient d\u2019adopter mercredi prochain une résolution qui enclenchera le processus d\u2019expropriation d\u2019un terrain appartenant à un promoteur privé.Pour cela, la commission scolaire a besoin de l\u2019approbation du gouvernement.Le président en a parlé récemment au ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge.Il a bon espoir d\u2019avoir été écouté.« Le promoteur veut probablement construire des condos sur le terrain qu\u2019on veut exproprier.Est-on vraiment sérieux à Québec quand on dit que l\u2019éducation est une priorité ?On a besoin d\u2019une école, pas d\u2019une tour de condos », prévient Miville Boudreault.Explosion démographique La « tempête parfaite » à la CSPI comporte une série d\u2019ingrédients.Le nombre d\u2019élèves a d\u2019abord explosé depuis sept ans.La hausse a été de 24 %, dont la moitié est survenue au cours des 18 derniers mois, notamment à cause de l\u2019arrivée de réfugiés.Les dernières prévisions ministérielles faisaient état d\u2019une hausse de 900 élèves pour l\u2019année scolaire 2018- 2019.Ce sont plutôt 2000 élèves qui sont venus frapper à la porte des écoles de la CSPI.Et ça ne fait que commencer : le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur prévoit une augmentation de 45 % du nombre d\u2019élèves au secondaire (3500 places) d\u2019ici les huit prochaines années.La commission scolaire a besoin rapidement de trois nouvelles écoles secondaires, dont une qui serait construite sur le terrain à exproprier.Elle a aussi soumis six projets d\u2019agrandissement d\u2019écoles primaires, secondaires ou de formation professionnelle.« On se croise les doigts pour que le gouvernement accorde nos demandes d\u2019agrandissement dans le budget de la semaine prochaine », dit Miville Boudreault.Les nouveaux indices de défavorisa- tion, issus du recensement de 2016, frappent aussi durement la CSPI : pas moins de 28 des 41 écoles primaires ont désormais une cote de défavorisation de 9 ou 10 (les plus préoccupantes), ce qui entraînera une diminution automatique du nombre d\u2019élèves par classe \u2014 et donc la création d\u2019une cinquantaine de classes supplémentaires.Il n\u2019y a aucun espace pour aménager des classes modulaires \u2014 les « roulottes » ajoutées dans les cours d\u2019école.Les écoles primaires ont presque toutes été agrandies au fil des ans, y compris « par en dedans » en transformant des bibliothèques et d\u2019autres locaux en salles de classe.La CS de la Pointe-de-l\u2019Île soustrait deux maternelles Les dirigeants scolaires veulent aussi exproprier un terrain pour construire une des trois écoles secondaires dont ils ont un urgent besoin JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Des trottinettes électriques en libre- service et des vélos sans ancrage pourraient débarquer à Montréal dès cet été.Afin de s\u2019y préparer, la Ville a élaboré un règlement pour encadrer ce service.Bien que les trottinettes ne soient pas encore autorisées sur les routes du Québec, la Ville de Montréal a voulu prendre les devants, d\u2019autant que Québec s\u2019apprête à adopter un décret pour permettre la circulation de ces véhicules sur le chemin public dans le cadre d\u2019un projet-pilote.Le projet de règlement de la Ville, qui devrait entrer en vigueur à la fin d\u2019avril, porte plus spécifiquement sur les «véhicules non immatriculés en libre-service sans ancrage», qu\u2019ils soient électriques ou non, ce qui inclut les trottinettes et les vélos en libre-service n\u2019ayant pas besoin de bornes, contrairement aux Bixi.Québec légifère sur la circulation de ces véhicules sur les routes, mais Montréal doit déterminer où ceux-ci pourront être garés.« Il faut absolument contrôler les nuisances que peuvent avoir ces véhicules », a expliqué mercredi le responsable du transport au comité exécutif, Éric Alan Caldwell.« Dans d\u2019autres villes dans le monde, il y a des problèmes.Des vélos et des trottinettes traînent sur le trottoir.Ils entravent le passage et peuvent être une nuisance importante, entre autres pour l\u2019accessibilité universelle.[\u2026] On ne veut pas ça à Montréal.» Le règlement préparé par la Ville interdira notamment la circulation des trottinettes sur les trottoirs, comme c\u2019est déjà le cas pour les vélos.Ces véhicules devront être garés dans des aires leur étant destinées situées au centre-ville.Ils pourront également être laissés dans certaines zones de dégagement de 5 mètres aux intersections, là où le stationnement pour voitures est déjà interdit.Quant aux vélos, il sera possible de les attacher aux supports à vélos publics dans 19 arrondissements.Monopole de Bixi Comme ces vélos et trottinettes sont dotés de GPS, les entreprises devront s\u2019assurer qu\u2019ils sont garés aux bons endroits et intervenir si ce n\u2019est pas le cas, faute de quoi elles pourraient se voir imposer des constats d\u2019infraction.« On veut responsabiliser les fournisseurs », a dit M.Caldwell.Les exploitants devront obtenir un permis \u2014 au coût de 15 000 $ à 27 500 $ \u2014 avant de pouvoir déployer leurs véhicules.Plusieurs entreprises ont déjà manifesté leur intérêt à s\u2019implanter à Montréal, dont Uber, partenaire de Lime (trottinettes) et de Jump Bikes (vélos).L\u2019arrivée de vélos sans ancrage menace le monopole de Bixi, mais Éric Alan Caldwell soutient ne pas craindre pour l\u2019avenir du service public créé à Montréal il y a 10 ans.«La force de Bixi, c\u2019est qu\u2019il y a un contrôle de l\u2019offre, avance-t-il.Le modèle d\u2019affaire de Bixi est solide.Sa compétitivité est, à notre avis, inégalée.Bixi va demeurer l\u2019option privilégiée pour beaucoup de Montréalais.» Montréal se prépare à l\u2019arrivée des trottinettes et vélos en libre-service MICHEL DAVID Les trottinettes électriques en libre-service et les vélos sans ancrage sont déjà présents dans plusieurs villes à travers le monde où, selon l\u2019administration municipale de Montréal, ils causent des problèmes qu\u2019on ne veut pas connaître ici.GABRIEL BOUYS AGENCE FRANCE-PRESSE Il est toujours hasardeux de faire parler les morts, mais on peut difficilement s\u2019empêcher de se demander ce que le docteur Laurin penserait de l\u2019évolution du PQ depuis vingt ans et de la situation dans laquelle il se retrouve LEDEVOIR // LE JEUDI 14 MARS 2019 ACTUALITÉS A 4 Présenté par : expomangersante .com MONTRÉAL 15-16-17 MARS Palais des congrès Alimentation saine · Écologie · Santé globale C\u2019est cett e semaine ! Pour découvrir, goûter et s\u2019informer! fi n de LE DEVOIR DE DÉBATTRE Édition spéciale Ce soir à 19 h BILLET : debat-art.eventbrite.ca v t vi Ar ant - t - te s i x e a r c r é u S public n u ore nc e l i , e l l a n s u e n o absent , ?i t r a es d c p i l b u p no , s i a l a ré t on M r L t pa i u d n o c i v i s u l c x n e \u2014 e e s é r a p s l è r p A s a e l y n M a i r B r à c e t s i s s ez a n e V es t s s e r v u s œ e r l u o e d t ron t t a b é d s é t i nv i q n i c s s e t l s e t r s a e r l u r s e g é a d n o n s u \u2019 s d t a t l u s é s r e é \u2014 d t q r u o n B a i t s i r h r C n pa o i t a t n .e é s u u M a d m é n i u C r é pa m i n t a ba é e d ?e g e u r a e l\u2019 e d c a l a p l .n i ba r e u t x e t n o n c s u n a t d Régis Labeaume est atteint d\u2019un cancer Le maire de Québec, Régis La- beaume, est atteint d\u2019un cancer de la prostate, a révélé son cabinet mercredi.Il compte rester en poste malgré la maladie, mais « allégera graduellement son emploi du temps en prévision de la suite des choses », a signalé son équipe.M.La- beaume devra aussi plus tard s\u2019absenter pour une convalescence, a-t-on fait savoir.« Des membres de son équipe » prendront alors le relais.De nombreuses personnalités publiques, dont le premier ministre François Legault, lui ont transmis des messages d\u2019encouragement mercredi.Le Devoir Pétition pour limiter la distribution de publisacs Les Montréalais pourront finalement demander la tenue d\u2019une consultation publique sur la distribution de publisacs par l\u2019entremise d\u2019une pétition en ligne.Cette consultation était réclamée par le citoyen Charles Montpetit, qui prône un meilleur encadrement de la distribution de circulaires sur le territoire montréalais.Il recommande notamment de ne permettre la livraison de cette publicité qu\u2019aux résidents ayant affiché un logo représentant une circulaire entourée d\u2019un cercle bleu.Si, d\u2019ici trois mois, le nombre de signatures atteint 15 000 noms, la Ville devra tenir une consultation publique sur la proposition.Une dizaine d\u2019organismes en environnement ont appuyé la démarche.Chaque semaine, 900 000 publisacs sont distribués à Montréal.Le Devoir EN BREF L\u2019avenir est ailleurs RUPTURE SUITE DE LA PAGE A 1 au PQ depuis son élection en 2016.Durant la dernière campagne électorale, nombre de rassemblements l\u2019ont par exemple mise en vedette comme symbole d\u2019un PQ qui ne parlait pas qu\u2019aux têtes blanches qui remplissaient majoritairement les salles.Chaudement applaudie alors, la voilà aujourd\u2019hui houspillée par la même famille, piquée au vif par les conclusions de Catherine Fournier sur un PQ qui aurait perdu toute pertinence.Elle s\u2019étonne du ressac parce qu\u2019elle n\u2019a pas renié ses convictions et principes sou- verainistes, fait-elle valoir.« C\u2019est pour les faire avancer que j\u2019ai choisi de faire ça.[\u2026] Mais du moment où je dis que malheureusement, malgré tout ce que le PQ a fait de bien \u2014 et je ne remets pas en question les réalisations qui ont été faites \u2014, du moment où je dis que l\u2019avenir doit passer ailleurs, plusieurs me vilipendent.Hors de la bulle du PQ, les messages que je reçois sont positifs.Mais dans la bulle du PQ, c\u2019est virulent.» Et selon elle, ces réactions prouvent « à quel point les choses vont mal dans ce parti.Je sens que c\u2019est une attitude repoussoir pour qui regarde de l\u2019extérieur.Ça fait un peu sectaire, comme attitude.Je ne vois pas à qui ça donnerait le goût de se joindre au parti.» Surprise Plusieurs élus du caucus ont fait part de leur incompréhension devant la décision de Catherine Fournier.Cette dernière siégeait au conseil de direction national qui a élaboré le plan d\u2019action devant mener à une refonte complète du PQ à l\u2019automne : pourquoi partir avant même que ce projet soit mis en branle ?« J\u2019avais une réflexion qui évoluait depuis octobre.Et mon analyse me mène à la conclusion que la marque du Catherine Fournier soutient ne pas avoir d\u2019espoir quant à la capacité du PQ de se métamorphoser, notamment parce que le parti serait paradoxalement « réfractaire au changement ».GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR PQ est finie », réitère-t-elle.« On promet un gros processus de réflexion.Il y en a eu plusieurs dans le passé, et tout a été tabletté, au bout du compte.Je n\u2019allais pas aller au conseil national [dans dix jours] m\u2019embarquer dans un processus auquel je ne croyais pas, en travaillant en parallèle sur autre chose [son projet de rassemblement des sou- verainistes].Ç\u2019aurait été hypocrite.» Elle soutient ne pas avoir d\u2019espoir quant à la capacité du PQ de se métamorphoser, notamment parce que le parti serait paradoxalement « réfractaire au changement ».« Et même si j\u2019avais espoir, le problème est plus profond que ça.» Catherine Fournier parle ainsi d\u2019un parti que « les Québécois n\u2019écoutent plus ».Et elle se dit bien placée pour le savoir : « J\u2019ai fait les assemblées de circonscriptions à peu près partout au Québec » depuis trois ans, en tant que vedette montante du parti.Le PQ serait aussi victime « d\u2019un passif qui lui colle à la peau d\u2019une façon plus importante que pour n\u2019importe quel autre parti, parce que c\u2019est un parti de projets ».Elle illustre : « Durant la campagne, je parlais de notre plan environnemental très étoffé, et on me disait : \u201cOui, mais Anticosti.\u201d Je parlais de notre volonté de mieux intégrer les immigrants, et on me disait : \u201cOui, mais la charte des valeurs\u201d.» Conclusion : les péquistes « sont bloqués ».Et maintenant ?La convergence entre Québec solidaire et le Parti québécois n\u2019a pas fonctionné ; le PQ , autrefois coalition de tous les souverainistes, ne pourrait maintenant plus jouer ce rôle ; alors quoi ?La solution proposée par Catherine Fournier est encore floue : rassembler les souverainistes dans un mouvement non partisan.« Les prochaines étapes demeurent à définir, dit-elle.Certains s\u2019attendaient à ce que je fonde un mouvement [tout de suite] : mais ça prend du temps et je ne vais pas faire ça toute seule.Ç\u2019aurait aussi été hypocrite de monter quelque chose en demeurant en même temps au PQ.Là, j\u2019ai les coudées franches.» LEDEVOIR // LE JEUDI 14 MARS 2019 ACTUALITÉS A 5 HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Le chef du Nouveau Parti démocratique ne voit pas de problème à accueillir dans ses rangs Nima Machouf, l\u2019épouse de l\u2019ex-député provincial Amir Khadir et elle aussi militante du parti souverai- niste Québec solidaire.Jagmeet Singh accepte que des nationalistes se joignent à lui au Québec dans la mesure où ils acceptent l\u2019orientation fédéraliste de la formation fédérale.« On est très contents d\u2019avoir cet intérêt d\u2019une candidate extraordinaire », a lancé M.Singh lors d\u2019une conférence de presse à Ottawa.Le Devoir a révélé mardi que Mme Machouf sera candidate à l\u2019investiture néodémocrate dans la circonscription montréalaise de Lau- rier\u2013Sainte-Marie, afin de remplacer la députée Hélène Laverdière qui prend sa retraite politique.D\u2019autres candidats pourraient se présenter contre Mme Ma- chouf, mais l\u2019establishment du parti sera derrière elle.Mme Machouf est peu connue en politique, mais sur sa page Facebook, elle arborait encore mercredi matin un logo de Québec solidaire (QS).Ce parti est officiellement pour l\u2019indépendance du Québec.En conférence de presse, Mme Machouf a d\u2019ailleurs confirmé être toujours membre de QS et qu\u2019elle continuera à militer pour le parti de gauche.Sur la question de l\u2019indépendance du Québec, elle a spécifié que c\u2019est plutôt un projet auquel adhère son mari, Amir Khadir.« Moi, j\u2019ai choisi d\u2019autres batailles.Le projet d\u2019une société progressiste me passionne plus et je me concentre sur d\u2019autres genres de luttes, comme celles qui sont sociales, pour l\u2019environnement et pour l\u2019égalité », a-t-elle fait valoir.Questionnée sur le même sujet en anglais, elle a rappelé qu\u2019elle s\u2019embarquait dans une formation politique fédérale où la question de l\u2019indépendance ne se pose actuellement pas.« Je ne suis pas tant ça [souverainiste] », a-t-elle ajouté.MmeMachouf a également rappelé son implication sur la scène municipale avec la formation Projet Montréal dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal.Elle a été élue en 2009, lors de la première victoire du maire Luc Ferrandez.Puisque le chef de l\u2019époque, Richard Bergeron, avait été battu à la mairie, elle lui avait cédé sa place à titre de colistière.Virage progressiste L\u2019épidémiologiste, qui travaillait pour la clinique L\u2019Actuel dans le Village gai de Montréal, a expliqué que son saut en politique a été motivé par l\u2019urgence d\u2019effectuer un virage progressiste.Mme Machouf s\u2019est dite consciente « de la pente à remonter » pour les néo- démocrates.« Je suis une battante, j\u2019ai été de plusieurs causes difficiles dans ma vie et ça ne m\u2019inquiète absolument pas.Je suis convaincue qu\u2019on va pouvoir convaincre la population de l\u2019importance de prendre un virage progressiste à l\u2019heure où on est», a-t-elle souligné.Pour le chef Jagmeet Singh, l\u2019engagement politique de Mme Machouf au provincial ne pose pas problème.« Notre position comme parti, c\u2019est POLITIQUE Les nationalistes sont les bienvenus au NPD, assure Jagmeet Singh un Canada uni, a-t-il expliqué plus tôt dans la journée.On est ouverts aux opinions des gens qui partagent des valeurs nationalistes parce qu\u2019il y a ce sentiment au Québec.Les Québécois sont fiers de faire partie d\u2019une nation.C\u2019est une chose avec laquelle on est tellement d\u2019accord.Mais notre valeur pour le pays, c\u2019est un pays uni, et c\u2019est la valeur comme néodémocrate.» Un Canada uni Craint-il que le recrutement d\u2019un élément nationaliste dans ses rangs puisse nuire au NPD ailleurs au Canada ?« Ça va montrer qu\u2019au Québec, on a toujours une base forte », a-t-il répondu, avant d\u2019ajouter que, « comme néodémocrate, notre position comme parti, c\u2019est un Canada uni.On est toujours ouverts aux gens qui partagent des valeurs qui sont les nôtres, donc je ne vois aucun problème avec la candidature de cette nouvelle candidate ».En 2011, la vague orange avait conduit à Ottawa un grand nombre de Québécois auparavant inconnus en politique, dont les allégeances avaient été scrutées à la loupe.Alexandre Boulerice, qui a été promu chef adjoint du NPD lundi, avait reconnu avoir voté oui au référendum de 1995.Il avait déclaré que sa position avait évolué depuis, mais les conservateurs l\u2019avaient attaqué en découvrant qu\u2019il avait fait un don de 150$ à Québec solidaire en 2012.Nycole Turmel, alors députée de Hull-Aylmer, avait été détentrice d\u2019une carte de membre du Bloc québécois pendant plus de quatre ans.Ces cas avaient amené les conservateurs à étiqueter le NPD de «Bloc orange».PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Dans la dernière édition de la revue Nature, un groupe de dix-huit scientifiques et éthiciens de sept pays réclame l\u2019instauration d\u2019un moratoire international sur toute modification génétique effectuée sur des cellules reproductrices humaines et des embryons précoces à des fins cliniques, et qui aboutirait à la naissance de bébés génétiquement modifiés.Ce moratoire ne serait toutefois pas permanent, mais devrait rester en vigueur tant et aussi longtemps que la technologie d\u2019édition du génome n\u2019aura pas atteint des niveaux de sécurité et d\u2019efficacité suffisants.Cet appel à un moratoire et à l\u2019adoption d\u2019un cadre de gouvernance international est lancé quelques mois à peine après que le biophysicien chinois He Jiankui a annoncé la naissance des deux premiers bébés génétiquement modifiés.Chercheur à la Southern University of Science and Technology, de Shenzhen, He Jiankui a expliqué avoir modifié le génome d\u2019embryons venant tout juste d\u2019être formés par fécondation in vitro.Plus précisément, il aurait altéré le gène CCR5 \u2014 qui est responsable de la production d\u2019un récepteur que le VIH utilise pour entrer dans les cellules \u2014 afin de rendre les individus porteurs de cette modification moins à risque de développer le sida.Dans un commentaire publié dans Nature, les dix-huit signataires, dont certains ont été impliqués dans la découverte et la mise au point de la technologie Crispr-Cas9, permettant l\u2019édition du génome (Emmanuelle Charpentier et Feng Zhang), son utilisation ainsi que dans l\u2019étude des questions éthiques qu\u2019elle soulève (la Canadienne Françoise Baylis), précisent que le moratoire ne viserait pas les modifications du génome des cellules germinales humaines (ou reproductrices: ovules et spermatozoïdes) effectuées dans le cadre de recherches qui n\u2019impliquent pas le transfert des embryons formés dans l\u2019utérus d\u2019une personne.Le moratoire ne s\u2019appliquerait pas non plus aux modifications du génome des cellules somatiques (non reproductrices) humaines, qui visent à traiter une maladie et qui ne sont pas transmissibles à la descendance contrairement à celles qui sont faites dans les cellules germinales ou dans les cellules des embryons précoces.Les signataires soulignent également le fait que même si les techniques ont progressé au cours des dernières années, l\u2019édition génomique des cellules germinales n\u2019est pas encore assez sûre et efficace pour autoriser son utilisation en clinique.« Un large consensus prévaut au sein de la communauté scientifique quant au fait que le risque d\u2019échouer à effectuer la modification génétique désirée ou d\u2019introduire des mutations inattendues à l\u2019extérieur de la cible est encore trop élevé pour que l\u2019édition des cellules germinales soit employée en clinique.Beaucoup de recherche doit encore être menée pour résoudre ces problèmes.Aucune application clinique ne devrait être envisagée avant que les conséquences biologiques à long terme pour les individus et l\u2019espèce humaine soient suffisamment comprises», écrivent les auteurs du commentaire.Quand toutes ces conditions seront remplies, il faudra débattre du possible recours à l\u2019édition génomique des lignées germinales pour certaines applications cliniques particulières.Selon les auteurs, chaque pays pourrait alors décider de la limite à ne pas franchir en matière de modifications génétiques.« Mais ces décisions ne devront pas être prises que par des scientifiques et des médecins, elles devront prévoir la participation de personnes handicapées, de patients et leur famille, de personnes socio-économiquement défavorisées, de membres de groupes marginalisés, de groupes religieux et de la société civile en général ».Scepticisme Un éditorial publié dans la même édition de la revue Nature montre un certain scepticisme quant à l\u2019efficacité d\u2019un moratoire, compte tenu du fait que la Chine possède une réglementation qui équivaut à un moratoire national, laquelle n\u2019a visiblement pas fonctionné.L\u2019éditorial insiste néanmoins sur l\u2019urgence d\u2019établir des règles permettant de mieux surveiller l\u2019utilisation de cette technologie sur des cellules germinales humaines, et sur l\u2019importance de procéder à un débat quant à son application en clinique, lequel SCIENCE Des scientifiques appellent à un moratoire sur les modifications du génome humain Le comité décidera dans 5 jours d\u2019inviter Jody Wilson-Raybould ou pas OTTAWA \u2014 C\u2019est finalement derrière des portes closes mardi prochain, jour du budget, que le Comité de la justice se penchant sur l\u2019affaire SNC-Lavalin décidera s\u2019il invite à nouveau ou pas l\u2019ex-mi- nistre Jody Wilson-Raybould à témoigner.Une réunion d\u2019urgence avait été imposée mercredi par l\u2019opposition, mais les députés libéraux ont usé de leur majorité pour qu\u2019elle soit ajournée.Les députés conservateurs ont crié au « camouflage », tandis que les néodémocrates ont parlé d\u2019un « geste extrême ».Mme Wilson- Raybould a déjà témoigné plus de trois heures et demie, mais elle a refusé de parler en détail de la conversation qu\u2019elle a eue avec Justin Trudeau en lien avec sa rétrogradation au ministère des Anciens Combattants, rétrogradation supputée être motivée par son refus d\u2019aider SNC-Lavalin.Le Devoir Le budget de la dernière chance, selon le NPD OTTAWA \u2014 Le Nouveau Parti démocratique (NPD) dresse sa liste de demandes pour ce qu\u2019il qualifie de « budget de la dernière chance ».Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, déposera son budget mardi après-midi, le dernier de ce premier mandat du gouvernement libéral.Les néo- démocrates veulent que le document offre des preuves que le gouvernement se range du côté des gens ordinaires plutôt qu\u2019avec « les riches et les puissants ».« C\u2019est la dernière occasion pour ce gouvernement de montrer quelles sont ses valeurs et pour qui il travaille », a lancé le chef néodémocrate Jagmeet Singh au cours d\u2019une conférence de presse mercredi matin.Il réclame donc, entre autres, un régime d\u2019assurance médicaments public et national, des mesures pour le logement abordable, des investissements en énergie verte et de nouvelles règles pour freiner l\u2019évasion fiscale.La Presse canadienne EN BREF débat devra inclure la participation de la société dans son ensemble, particulièrement les familles touchées par des maladies génétiques.Selon Yann Joly, directeur de la recherche au Centre de génomique et politiques (CGP) de l\u2019Université McGill, ce que proposent les auteurs du commentaire de Nature sera extrêmement complexe à mettre en œuvre.« Je doute que cela puisse se faire rapidement », dit-il.« L\u2019adoption d\u2019un moratoire mondial par chaque pays sera un processus trop long et qui viendra trop tard compte tenu de la rapidité avec laquelle la technologie progresse », ajoute Bartha Maria Knoppers, directrice du CGP.Selon Mme Knoppers, «un moratoire crée l\u2019illusion de sécurité, ce qui risque de clore le débat plutôt que de le nourrir».Elle préfère l\u2019initiative de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), qui annonçait en décembre dernier la création d\u2019un comité d\u2019experts chargés de mettre en œuvre des normes internationales de gouvernance et de surveillance de l\u2019édition du génome humain.Pour l\u2019instant, ce comité ne comprend essentiellement que des scientifiques et des bioéthiciens, font remarquer les deux juristes.«Il faudrait qu\u2019il intègre des patients atteints de maladies héréditaires, des personnes ayant des handicaps qui pourraient être affectés par les décisions que devra prendre ce comité», affirme M.Joly.MmeKnoppers croit que l\u2019OMS pourrait ainsi guider les pays dans ce domaine particulier de l\u2019édition génétique.«Les pays pourraient adhérer à un encadrement international provenant d\u2019une instance liée à la santé, comme l\u2019OMS, qui est assez neutre et qui a une bonne crédibilité», suggère-t-elle.« Il faut absolument que la technologie soit sécuritaire avant qu\u2019on puisse l\u2019utiliser en clinique.Mais la technologie pourrait se raffiner beaucoup plus rapidement que semblent le croire les auteurs.Et s\u2019il en est ainsi, il faudrait disposer d\u2019un processus qui sera simple à mettre en œuvre et qui permettra de répondre rapidement aux questions sociales et éthiques », fait valoir M.Joly.Ce que dit la loi canadienne Au Canada, l\u2019édition du génome est illégale, et ce, tant pour des applications cliniques que pour la recherche.La Loi sur la procréation assistée interdit toute modification génétique de la lignée germinale.Selon cette loi fédérale promulguée en 2004, « nul ne peut, sciemment : [\u2026] modifier le génome d\u2019une cellule d\u2019un être humain ou d\u2019un embryon in vitro de manière à rendre la modification transmissible aux descendants ».La violation de cette loi peut entraîner une peine pouvant aller d\u2019une amende (jusqu\u2019à 500 000 $) à un emprisonnement (jusqu\u2019à dix ans).Les Québécois sont fiers de faire partie d\u2019une nation.[.] Mais notre valeur pour le pays, c\u2019est un pays uni, et c\u2019est la valeur comme néodémo- crate.JAGMEET SINGH » Un moratoire crée l\u2019illusion de sécurité, ce qui risque de clore le débat plutôt que de le nourrir BARTHA MARIA KNOPPERS » vec la décision du président Trump de suivre l\u2019exemple du Canada et de la quarantaine de pays qui avaient déjà interdit les vols des Boeing 737 MAX 8 et 9 dans leur espace aérien, c\u2019est la totalité de la flotte mondiale de ce modèle récent qui est clouée au sol.Un dur coup pour Boeing, qui doit trouver les causes des deux accidents survenus récemment et y remédier tout en faisant face à la pluie d\u2019accusations et de réclamations qui ne manquera pas de s\u2019abattre sur elle.Il aura fallu cette décision du Canada annoncée hier matin pour forcer les États-Unis à changer leur fusil d\u2019épaule.Et ce n\u2019est pas un hasard si la décision a tant tardé, Boeing, la Federal Aviation Administration (FAA) et la Maison-Blanche étant très proches les unes des autres.M.Trump a même déjà lancé (à la blague ?) qu\u2019il verrait bien son pilote personnel à la tête de la FAA.On ne connaît pas encore les causes précises de l\u2019écrasement qui a coûté la vie aux 157 passagers du vol 302 d\u2019Ethiopian Airlines survenu dimanche.En revanche, certains indices permettent de faire le lien entre cet accident et celui d\u2019octobre dernier, en Indonésie, où 189 personnes avaient aussi trouvé la mort.Hier matin, le ministre Garneau nous apprenait que l\u2019analyse des données recueillies par satellite révélait des similitudes entre les deux événements.Dans les deux cas, on a observé que les appareils n\u2019avaient pas suivi une courbe d\u2019ascension régulière après le décollage.De plus, les constatations préliminaires qui ont suivi l\u2019écrasement d\u2019octobre laissent croire que l\u2019équipage a été pris de court par un système de pilote automatique erratique.Est-ce parce qu\u2019ils ne savaient pas comment désactiver le pilote automatique pour reprendre le contrôle manuel de l\u2019appareil ou parce que le système refusait d\u2019obéir?Quelle que soit la réponse, le problème reste majeur.Boeing avait réagi à la suite du premier accident en informant les transporteurs des manœuvres à suivre en cas d\u2019incident du genre, mais la correction des logiciels défectueux n\u2019était toujours pas terminée au moment du deuxième accident.Hier, les médias américains rapportaient qu\u2019au moins cinq pilotes américains auraient aussi éprouvé des difficultés avec le système de pilote automatique au décollage d\u2019un 737 MAX et qu\u2019ils en auraient informé les autorités.Mais hier encore, ni Boeing ni la FAA ne reconnaissaient que la qualité des appareils puisse être en cause.Certains transporteurs, comme Norvegian Airlines et Sunwing au Canada, n\u2019ont pas attendu l\u2019interdiction des autorités pour clouer temporairement leur flotte de 737 MAX au sol.Ils ont eu raison, car la sécurité des aéronefs est certainement le facteur le plus déterminant pour la clientèle.Il est d\u2019ailleurs choquant qu\u2019Air Canada et WestJet, deux des trois compagnies canadiennes qui exploitent ce modèle d\u2019avion, n\u2019aient pas jugé bon d\u2019en faire autant.Dans la même veine, comment expliquer qu\u2019une société aussi importante que Boeing et une agence fédérale de contrôle comme la FAA aient mis autant de temps à réagir ?Une question de gros sous, bien sûr.Mais si les deux catastrophes avaient eu lieu aux États-Unis au lieu de pays pauvres dont les Américains doutent de la compétence en matière de haute technologie, la réaction aurait-elle autant tardé ?L\u2019autre question qui se pose maintenant est de savoir si le monde entier peut faire confiance à la FAA, dont l\u2019une des fonctions primordiales est d\u2019accorder la certification indispensable à la mise en service d\u2019un appareil.Ils sont nombreux, aux États-Unis, à douter de l\u2019impartialité de cette agence dont le grand patron, nommé par la Maison-Blanche, provient généralement de l\u2019industrie, pour ne pas dire de chez Boeing.Le New York Times rappelait dans son édition de mardi que, depuis la vague de déréglementation, les constructeurs choisissent eux-mêmes une bonne partie du personnel chargé de suivre les étapes de la certification.Ces gens travaillent dans les ateliers de la compagnie.Dans le cas des 737 MAX, certains experts se demandent si Boeing et la FAA n\u2019ont pas agi de façon précipitée dans le but de prendre Airbus de vitesse pour la mise en marché des nouveaux modèles moins énergivores.Depuis le début des travaux de conception, en 2012, Boeing a vendu près de 5000 unités du 737 MAX, dont seulement 371 exemplaires ont été livrés à ce jour.Une affaire de 600 milliards $US.Le 737 MAX, c\u2019est l\u2019avenir de Boeing, et il est probable que les problèmes techniques seront corrigés rapidement.Quant à Dennis Muilenburg, on peut déjà prédire son éjection du siège de président à cause de sa très mauvaise gestion d\u2019une crise sans précédent.LEDEVOIR // LE JEUDI 14 MARS 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Audrey Perreault Militante indépendantiste Prendre le problème à l\u2019envers.Voilà ce qu\u2019a fait la députée de Ma- rie-Victorin, Catherine Fournier, lors de la conférence de presse annonçant son retrait du caucus du Parti québécois lundi dernier.Portant essentiellement \u2014 pour ne pas dire exclusivement \u2014 sur la marque de commerce péquiste, sur une question de marketing politique, son propos écartait, volontairement ou non, la substance, le nœud du problème, la raison pour laquelle on peut aujourd\u2019hui s\u2019interroger sur l\u2019image de cette formation politique.Certes, il n\u2019est probablement pas faux de dire qu\u2019une partie de l\u2019électorat ne porte plus réellement attention aux propositions du Parti québécois.On peut aisément partager le constat que fait Catherine Fournier : à force de tergiversations, de calculs, de contradictions, d\u2019électoralisme maladif, ce que l\u2019on présente souvent comme le vaisseau amiral de l\u2019indépendantisme québécois a perdu la confiance d\u2019une large partie de nos concitoyens qui ne voient plus l\u2019intérêt de voter pour lui ou, pour certains, de voter tout court.Il a perdu son essence.Comme jeune militante indépendantiste, je ne peux démentir cette affirmation : je n\u2019ai jamais eu de bonnes raisons d\u2019appuyer ce parti, de lui accorder mon vote.Peut-être doit-on changer le nom de ce parti, bâtir autre chose, se doter d\u2019un nouveau logo, de nouveaux visages.Peut-être qu\u2019après une vingtaine d\u2019années d\u2019errance, il est temps de faire peau neuve.Toutefois, cela ne peut être la première étape de la réflexion qui s\u2019impose depuis l\u2019échec référendaire de 1995 et que l\u2019élite indépendantiste a inlassablement et maladroitement tenté d\u2019envoyer sous le tapis au point de se retrouver où elle est au- jourd\u2019hui, au point d\u2019échapper une génération.Je peine à m\u2019expliquer comment on peut rejeter la marque, la qualifier de «perdante», sans, du même souffle, dénoncer la démission indépendantiste qui caractérise le Parti québécois, et ce, depuis aussi longtemps que je me souvienne.Après tout, qu\u2019est-ce qui distinguait à l\u2019origine le Parti québécois des autres partis si ce n\u2019est pas cet objectif ?Comment peut-on parler d\u2019unir les indépendantistes de divers horizons sans énoncer ce qui les a séparés en premier lieu ?Qu\u2019y a-t-il de plus perdant que de renier sa raison d\u2019être ?Une personne qui souhaite que des changements en profondeur s\u2019opèrent devrait être en mesure de nommer la cause du problème et non seulement ses effets.D\u2019ailleurs, pendant ce temps, le Parti québécois ne fait guère mieux en promettant \u2014 pour une millième fois \u2014 une réflexion où « tout est sur la table » et en réitérant une fois de plus que l\u2019indépendance est sa « priorité », ce qui ne s\u2019est jamais traduit de façon concrète depuis près d\u2019un quart de siècle.On pourrait penser que le temps est venu de prendre acte de la réalité : le Parti québécois est en chute libre depuis qu\u2019il a abandonné sa raison d\u2019être.Les chiffres sont clairs.Pourquoi tarde-t-on encore à le dire ?Pourquoi est-ce si difficile de le reconnaître ?De poser des gestes conséquents ?De quoi a-t-on peur au juste ?D\u2019une défaite plus cuisante que celle du 1er octobre dernier ?On a beaucoup parlé ces dernières années de l\u2019incapacité du Parti québécois à susciter l\u2019intérêt des jeunes.Or, n\u2019en déplaise à certains, les jeunes ne sont pas bien différents du reste de l\u2019électorat: ils ont soif d\u2019idées qui se tiennent, de projets porteurs, de démarches honnêtes, franches, claires.À ce chapitre, le Parti québécois avait dans son offre initiale tout pour leur plaire.À une certaine époque, il suscitait d\u2019ailleurs l\u2019engouement de la jeune génération.Il me semble qu\u2019il serait réducteur d\u2019expliquer aujourd\u2019hui leur manque d\u2019intérêt par une simple question d\u2019image.S\u2019il faut vraiment parler de « marque », soyons francs : une marque n\u2019est pas une fin en soi.Il est vain de décréter sa mort sans être capable d\u2019en énoncer les causes.Une marque doit représenter une vision et susciter l\u2019engagement pour celle-ci.Elle est d\u2019abord et avant tout le produit de caractéristiques précises qui la distinguent des autres.C\u2019est une garantie.Une marque est tributaire de ce que l\u2019on propose.Bref, pour avoir une marque, encore faut-il déterminer ce que l\u2019on a à offrir, les valeurs auxquelles on souhaite que les gens adhèrent, et s\u2019y tenir.Il y a des années déjà que l\u2019élite indépendantiste prend le problème à l\u2019envers.Et si on essayait autre chose cette fois?As-tu deux minutes.à consacrer à la Terre ?Dans son nouvel opus, Stefie Shock nous fait le bonheur d\u2019interpréter la très belle As-tu deux minutes de Pauline Julien et Michel Tremblay.Un baume de fraîcheur sur cet hiver qui n\u2019en finit plus.As-tu deux secondes, as-tu deux minutes\u2026 Dans ce climat d\u2019urgence climatique, c\u2019est un peu la même question que la Terre souhaiterait sans doute poser au monde avant son dernier souffle.As-tu deux minutes à me consacrer ?Oui alors à la mobilisation mondiale pour pallier le manque de volonté politique de nos gouvernements.Oui à la demande de plusieurs milliers d\u2019étudiants de partout au Québec qui réclament un avenir viable.Oui à l\u2019appel du Pacte.Participons à la grève mondiale pour le climat, vendredi 15 mars à 13 h, au pied du mont Royal et dans plusieurs villes au Québec.As-tu deux minutes pour y penser ?Avec 8 milliards de population mondiale, à coups de deux minutes chacun, ça pourrait faire pas mal de temps à lui consacrer.Alain Petel Le 13 mars 2019 Prendre la souveraineté à l\u2019envers LIBRE OPINION LETTRES BOEING Une certification au rabais ?A ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Le Parti québécois : nouvelle perspective ?La perspective sur la souveraineté du Québec sommeille actuellement pour diverses raisons.Parallèlement, un mouvement se dessine et s\u2019amplifie avec une impressionnante accélération : les pressions exercées, par les jeunes en particulier, pour combattre les menaces d\u2019une planète à la dérive.Or, on constate en même temps, et c\u2019est difficilement explicable, l\u2019absence ici et ailleurs de partis politiques vraiment influents pour prendre cette cause à bras-le-corps.Dans ce contexte, le Parti québécois cherche à se redéfinir.Pourquoi deux projets pressants, la souveraineté du Québec et la survie de la planète, ne pourraient-ils pas se jumeler ?Cela signifierait un virage radical, mais, dans le contexte planétaire actuel, prometteur et incontournable.Il s\u2019agirait peut-être d\u2019une dernière chance pour le Parti québécois de mobiliser les jeunes prêts à s\u2019engager dans leur avenir à titre de Québécois et de citoyens du monde à côté des vieux militants.Merci aux jeunes qui nous poussent dans le dos.Que leur fougue vienne nous bousculer, Un choc salutaire pour le Parti québécois L\u2019électrochoc que Catherine Fournier a fait subir au Parti québécois s\u2019apparente au réveil brutal d\u2019une personne vivant une dépendance et qui, après avoir atteint le fond du baril, prend soudainement conscience de son état.Le PQ a en effet longtemps feint d\u2019ignorer les avertissements et les signes annonciateurs de son déclin.Au- jourd\u2019hui, le parti se retrouve dans ses derniers retranchements.Il devra donc s\u2019astreindre à une difficile démarche en vue de se réhabiliter dans l\u2019opinion publique.Quant à Catherine Fournier, il est difficile d\u2019y voir un geste désintéressé, étant donné ses accointances avec Jean-Martin Aussant.Celui-ci représente le courant pur et dur pour qui l\u2019indépendance constitue une fin en soi.Philippe Dorais Sherbrooke, le 13 mars 2019 Je peine à m\u2019expliquer comment on peut rejeter la marque, la qualifier de « perdante », sans, du même souffle, dénoncer la démission indépendantiste qui caractérise le Parti québécois nous, les anciens devenus avec le temps ankylosés.L\u2019arrimage entre plusieurs générations\u2026 Quoi de plus emballant ?Frans Van Dun L\u2019Assomption, le 12 mars 2019 JEAN-ROBERT SANSFAÇON A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 14 MARS 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Lionel Perez Chef de l\u2019opposition officielle à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal et conseiller municipal du district de Darlington Beaucoup d\u2019encre a déjà coulé concernant la proposition du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) d\u2019interdire aux employés de l\u2019État en position d\u2019autorité coercitive (juges, policiers et procureurs de la couronne) ainsi qu\u2019aux enseignants de porter des signes religieux durant l\u2019exercice de leurs fonctions au nom de la neutralité de l\u2019État.À titre de conseiller municipal, de juriste et de Québécois croyant qui porte une kippa dans un Québec moderne, permettez-moi de partager mon point de vue.Les droits et libertés inclus dans nos Chartes représentent les valeurs fondamentales de notre société.Toutefois, ces droits et libertés ne sont pas absolus et peuvent être restreints de façon raisonnable et justifiable dans une société libre et démocratique.Or, l\u2019interdiction proposée ne réussira vraisemblablement pas le test de constitutionnalité des Chartes.La CAQ a affirmé qu\u2019elle était prête à invoquer la clause dérogatoire pour s\u2019exempter de respecter lesdites libertés.La question est: devrait-elle le faire?La neutralité de l\u2019État est une composante essentielle de notre démocratie.Elle assure la liberté de conscience et de religion et garantit que l\u2019État n\u2019impose aucune option politique, philosophique ou religieuse à ses citoyens, et qu\u2019il les traite de manière égale.Toutefois, issu d\u2019une religion minoritaire, je suis gravement préoccupé par la vision du gouvernement et la façon dont il veut mettre en œuvre ce principe de neutralité.La proposition du gouvernement repose sur deux hypothèses.D\u2019abord, elle présume qu\u2019une personne qui porte un symbole religieux ne peut être neutre car elle n\u2019a pas la capacité d\u2019accomplir ses responsabilités en tant qu\u2019agent de l\u2019État de façon professionnelle.Ou alors, lorsqu\u2019un employé de l\u2019État portant un symbole religieux rend un service, la perception de celui qui le reçoit est telle que ce dernier ne peut croire dans l\u2019impartialité du prestataire du service.Il m\u2019est difficile de croire qu\u2019en 2019, nous faisons un procès d\u2019intention à des gens en nous basant sur leur habillement.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on enlève un symbole religieux que les préjugés s\u2019éliminent.Et ce n\u2019est parce qu\u2019on n\u2019en porte pas qu\u2019on n\u2019abrite pas de préjugés.Suis-je moins apte à être juge ou procureur parce que je porte la kippa ?Est-ce que l\u2019étudiante en techniques policières sera moins capable d\u2019assumer un rôle au sein du SPVM parce qu\u2019elle porte un hidjab ?Jugez- nous sur nos habilités et notre performance, Monsieur le Premier Ministre, et je vous garantis que vous ne serez pas déçu.L\u2019ironie de la proposition de la CAQ est qu\u2019en dictant à un citoyen comment pratiquer sa religion, on viole le principe même que nous affirmons vouloir protéger.Il ne faut pas faire l\u2019erreur de remplacer une vision religieuse de l\u2019État par un autre dogme philosophique.Or, la neutralité de l\u2019État n\u2019exige pas d\u2019éliminer le religieux de l\u2019État.Même aux États- Unis, où il existe une prescription constitutionnelle de séparation entre l\u2019Église et l\u2019État, il n\u2019y a aucune prérogative d\u2019interdire les symboles religieux auprès de ses représentants.Serions-nous plus neutres que nos voisins du sud?Les conséquences de cette « solution de compromis » sont graves, car une telle mesure créerait deux classes de citoyens.On discriminerait les gens selon leurs choix moraux et religieux.Tout traitement étatique à géométrie variable La neutralité de l\u2019État dans un Québec moderne exclut, prive le citoyen de son autonomie morale et va à l\u2019encontre de nos valeurs québécoises.La citoyenneté ne peut être conditionnelle à l\u2019absence de religion et aucun citoyen ne devrait être forcé de choisir entre être un employé de l\u2019État et porter un symbole religieux qui n\u2019affecte aucunement ses tâches.La croyance selon laquelle on « réglerait » la question de la laïcité et des accommodements est malavisée.Bien que certains aient de la difficulté à y croire, il n\u2019existe aucune crise d\u2019accommodements religieux au Québec.Les rapports Fleury, Bouchard-Taylor et ceux de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse sont unanimes sur ce point.Mais non, on préfère parler d\u2019un enjeu simpliste, d\u2019un problème qui n\u2019en est pas un.Il est faux d\u2019affirmer que la proposition caquiste obtient un consensus au Québec.D\u2019abord, Charles Taylor a renié cette recommandation qui n\u2019a jamais inclus les enseignants.Aussi, plus de 70% de l\u2019immigration québécoise s\u2019installe à Montréal.C\u2019est donc dans la métropole que cet enjeu se manifeste et se réglera.Or, l\u2019appui de la CAQ sur l\u2019île de Montréal a été minime.Dans notre société pluraliste, les défis d\u2019intégration ne seront pas réglés avec des solutions simplistes.Notre défi collectif est donc de trouver un équilibre qui nous permette de rester fidèles à notre patrimoine et à nos valeurs communes tout en respectant la diversité de notre société.Tout projet de loi sur la laïcité devra bâtir une passerelle entre l\u2019histoire du Québec et sa réalité pluraliste contemporaine.La proposition de la CAQ fait le contraire.Maïka Sondarjee Doctorante en science politique à l\u2019Université de Toronto et chercheuse affiliée au Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal (CERIUM) Le futur président de la Banque mondiale portera l\u2019idéologie Trump Lettre à la jeunesse algérienne À quelques heures de la fin des mises en candidature au poste de président de la Banque mondiale, le seul candidat à la succession du président sortant Jim Yong Kim était toujours David Mal- pass, le sous-secrétaire au Trésor du gouvernement de Donald Trump.An- tiglobaliste et fervent défenseur de l\u2019économie de marché, cet économiste de Wall Street a au moins une idée intéressante : cesser de prêter à la Chine.L\u2019élection presque inévitable de Mal- pass n\u2019a rien pour réjouir le monde du développement international.Ayant travaillé au Trésor sous Ronald Reagan et George W.Bush, il est surtout connu pour avoir écrit un éditorial en 2007 intitulé « Ne paniquez pas pour le marché du crédit ».Sept mois plus tard, la banque d\u2019investissement Bear Stearns, dont il était l\u2019économiste en chef, s\u2019est effondrée après avoir eu des pratiques risquées liées aux sub- primes.La crise financière de 2008 a su achever l\u2019optimisme de Malpass.Le candidat à la présidence de la Banque mondiale est un grand critique des organisations internationales comme l\u2019Organisation mondiale du commerce et la Cour pénale internationale.De concert avec le président américain Donald Trump, il a maintes fois critiqué le multi- latéralisme et «l\u2019idéologie globaliste».La nomination de David Malpass par Trump n\u2019a rien de surprenant.Rappelons que le président américain a aussi placé un lobbyiste du charbon à la tête de l\u2019Agence américaine de protection de l\u2019environnement.À la suite de l\u2019annonce de sa candidature, Malpass a martelé la ligne du Parti républicain: plus de libre marché et moins de pouvoir pour l\u2019État et la société civile.L\u2019élection de ce conservateur est désastreuse pour l\u2019avenir de la Banque mondiale et pour les pays du Sud.Après avoir causé des crises économiques et sociales dans plusieurs pays emprunteurs par l\u2019imposition de politiques néolibérales dans les années 1980, une Banque mondiale sous Malpass risquerait de ramener des conditionnalités de privatisation et de libéralisation à la «Consensus de Washington».La seule proposition intéressante de tendus sépare l\u2019État de la nation, Tlem- cen de Tizi-Ouzou, les Berbères des arabophones, les femmes des hommes\u2026 Détourné de son esprit universel, le projet révolutionnaire n\u2019a pas été achevé.Le soleil de l\u2019indépendance s\u2019est éclipsé aussitôt qu\u2019il s\u2019est levé.Les Français sont partis et l\u2019Algérie française a cédé la place à une Algérie artificielle, arabo-is- lamique.Dépossédé, l\u2019Algérien est devenu l\u2019Autre.Étranger dans son propre pays, il flotte au gré des vents idéologiques venus d\u2019ailleurs.On a fait de lui un être hors-sol, un sujet déconnecté de sa patrie, plus arabe et musulman que le Saoudien.Et il fallait chasser la langue de De Gaulle et la remplacer par celle du prophète Mahomet.Comme les colons français qui parlaient aux indigènes de «leurs ancêtres, les Gaulois», les instituteurs algériens racontaient aux enfants les épopées de «leurs aïeux, les Arabes».Quand les Berbères revendiquaient leurs droits, on les accusait de servir les intérêts de Hizb França, le Parti de la France.Sœurs et frères des luttes joyeuses, Il est venu le temps de vous regarder dans la glace et de répondre sans faux- fuyants à la question délicate : « Qui êtes-vous ?» Berbères ?Arabes ?Musulmans ?Algériens ?Pour savoir où vous vous dirigez, il faut connaître d\u2019où vous venez.Le citoyen, comme l\u2019oiseau, a besoin aussi bien d\u2019ailes que de pattes.Sans les premières ou les secondes, il est condamné à ramper dans la boue et le brouillard du temps.L\u2019actuelle « République algérienne » est un oxymore.Tant que l\u2019islam se frottera aux affaires de la cité, la langue arabe sera favorisée au détriment des langues autochtones, l\u2019école ne sera pas laïque et la femme ne sera pas l\u2019égale de l\u2019homme, la révolution n\u2019aura pas lieu.Et ces longues marches n\u2019auront été, hélas, qu\u2019une catharsis collective, un carnaval folklorique géant, sans changement profond ni sérieuse ouverture.Sœurs et frères des combats nobles, Vous devez être acteurs du changement, pilotes du nouveau navire et non des gardes-chiourmes.Investir les agoras, réformer la Constitution, l\u2019école et la justice, et refuser que quiconque écrive les nouvelles lois à votre place.Raser «la baraque FLN» et bâtir sur de nouvelles bases un nouvel État, fédéral, démocratique, riche de sa mosaïque de cultures et de langues, loin de tout archaïsme.Il y a tant de tabous à briser, tant de champs à débroussailler, tant de rêves à planter\u2026 Bouteflika n\u2019était qu\u2019une pièce rouillée dans un engrenage en panne depuis 1962.Dégager uniquement «le roi» ne suffit pas pour réformer « le royaume » si un « roitelet » lui succède aux prochaines élections.Ce qu\u2019il faut réclamer, ce n\u2019est pas seulement la fin de l\u2019actuel régime, mais la fin de tout le Système, autrement dit la fin de cet État artificiel et voyou, érigé contre le peuple et la nation par des fous et des faussaires.Votre révolte ne deviendra révolution que si vous vous attaquez enfin à l\u2019ara- bisme-islamisme et à ces vieilles pratiques culturelles et idéologiques de l\u2019Algérie officielle héritées de Boumédiène, incarnées par Bouteflika et consorts.Ainsi, vous provoquerez, dans le même sillage, un séisme positif et durable dans les mentalités.Une manifestante dans les rues d\u2019Alger, la semaine dernière RYAD KRAMDI AGENCE FRANCE-PRESSE Il m\u2019est difficile de croire qu\u2019en 2019, nous faisons un procès d\u2019intention à des gens en nous basant sur leur habillement.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on enlève un symbole religieux que les préjugés s\u2019éliminent.L\u2019actuelle « République algérienne » est un oxymore.Tant que l\u2019islam se frottera aux affaires de la cité, la langue arabe sera favorisée au détriment des langues autochtones, l\u2019école ne sera pas laïque et la femme ne sera pas l\u2019égale de l\u2019homme, la révolution n\u2019aura pas lieu.Karim Akouche Écrivain Sœurs et frères des luttes pacifiques, Maintenant que Bouteflika a renoncé au cinquième mandat et que votre détermination a réussi à faire fléchir les décideurs algériens, les «choses sérieuses» commencent.Ne vous faites pas voler vos rêves ! Car si vous avez gagné un combat contre un tyran, vous n\u2019avez pas encore terrassé le système, ce monstre qui étrangle le pays depuis l\u2019indépendance.Il nous a démontré l\u2019efficacité de son don d\u2019ubiquité : il peut à tout moment rebondir, retourner à son avantage sa défaite et se refaire une santé.Les arbres que vous avez plantés ont donné des fleurs, mais pas encore de fruits.L\u2019heure de la transition démocratique a retenti et le temps est venu de traduire vos banderoles en propositions politiques.Cependant, le chemin qui mène vers la deuxième République n\u2019est pas sans danger: il est épineux, car les charognards du régime et les islamistes n\u2019hésiteront pas à le détourner de son but.Sœurs et frères de la liberté, Tout, ou presque, sonne faux depuis l\u2019indépendance de l\u2019Algérie.Dès le départ, les vrais combattants contre le colonialisme français ont été écartés du pouvoir par le clan d\u2019Oujda.Ben Bella, parachuté par ses amis de l\u2019Ouest, s\u2019est emparé des rênes du pays contre l\u2019Est, les Kabyles et les Chaouis.Les soutiens de Hocine Aït Ahmed ont pris les armes en 1963 et plus de 500 «rebelles» ont été assassinés dans le Djurdjura.Ainsi, les premières fondations de l\u2019État algérien ont été tachées du sang d\u2019opposants kabyles.Au lieu de bâtir une nation sur un socle solide, Boumédiène a importé des mœurs et des croyances d\u2019Égypte et d\u2019Arabie saoudite.«L\u2019Algérie est arabe et musulmane!» clamaient les dignitaires du régime.Résultat: l\u2019Algérie est fracturée à tous les étages, un fleuve de malen- Malpass est que la Banque mondiale doit cesser de prêter à la Chine.La deuxième économie mondiale a en effet les ressources pour se soutenir elle-même et trouver du financement ailleurs.La Chine a dépassé depuis 2016 le seuil économique qui lui permet en principe d\u2019emprunter à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement.Cette branche de la Banque mondiale ne prête normalement qu\u2019aux pays à revenus moyens ou moindres.Toutefois, bien que la Chine ait connu une croissance fulgurante ces dernières années, elle continue d\u2019avoir accès aux taux préférentiels et au soutien technique offerts par la Banque mondiale, rapporte une étude du Center for Global Development publiée en janvier dernier.La Chine n\u2019a plus le droit d\u2019emprunter à la Banque depuis 2016, mais a tout de même eu accès à 2 milliards par année en moyenne, pour un total de 7,8 milliards.La Chine prend donc d\u2019une main l\u2019argent de la Banque mondiale et prête allègrement de l\u2019autre à des pays en Afrique subsaharienne.D\u2019un côté, elle profite de faibles taux d\u2019intérêt à la Banque et de l\u2019autre, elle prête en fonction de ses intérêts géostratégiques.Les prêts trop généreux de la Chine en Afrique risquent de mener les pays emprunteurs dans de nouvelles crises de la dette.De plus, ces prêts s\u2019accompagnent parfois d\u2019obligations contraignantes, comme celle de repayer la Chine en matières premières ou en marchandises sur le long terme.Et bien sûr, les prêts chinois n\u2019adhèrent pas aux normes environnementales ou aux règles internationales anticorruption.La Banque mondiale a aussi travaillé avec le président Xi Jinping sur son projet de « nouvelle route de la soie » (One Belt, One Road).Cette initiative ultracapitaliste de créer six « corridors économiques » de libre-échange vise, de manière à peine cachée, à renforcer le pouvoir de la Chine sur les marchés mondiaux.Ce projet favorise l\u2019accès de Beijing à des matières premières à faible coût et à de nouveaux marchés.La seule raison de continuer de prêter à la Chine est de permettre à la Banque mondiale d\u2019avoir un droit de regard sur ses activités.Selon des experts en développement, les prêts de la Banque à Beijing servent entre autres à surveiller et à gérer les coûts environnementaux des investissements chinois.Il s\u2019agit d\u2019un anachronisme pour une banque multilatérale de développement de prêter à un pays qui a depuis longtemps passé le cap de la maturité économique.Le candidat à la présidence de la Banque mondiale a au moins ça de bon.Pour le reste, les perspectives dans le monde du développement international sous David Malpass sont plutôt sombres.L\u2019élection presque inévitable de Malpass n\u2019a rien pour réjouir le monde du développement international LEDEVOIR // LE JEUDI 14 MARS 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 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a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.L ÉDUCATION Où en est le Lab-École ?Le projet créé par Sébastien Proulx a survécu au changement de gouvernement \u2019arrivée de la Coalition avenir Québec (CAQ ) n\u2019a pas eu d\u2019impact pour l\u2019instant sur le projet Lab-École créé en 2017 par les libéraux avec le concours de Ricardo Larrivée, Pierre Lavoie et Pierre Thibault.L\u2019organisme espère même élargir son mandat vers les écoles secondaires.« Tout à fait », dit la directrice de Lab-École, Natacha Jean, qui assure que le changement de gouvernement n\u2019a pas eu d\u2019impact sur la trajectoire du projet.Depuis l\u2019élection, le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, a d\u2019ailleurs renouvelé le budget de fonctionnement de l\u2019organisme à but non lucratif de 3 millions pour un nouveau mandat de deux ans.Créé en 2017 par l\u2019ex-ministre libéral de l\u2019Éducation Sébastien Proulx, Lab- École découle d\u2019une initiative du chef Ricardo Larrivée, du conférencier Pierre Lavoie et de l\u2019architecte Pierre Thibault qui vise à réinventer les écoles primaires.« Lab-École est là pour réfléchir », avait-il alors annoncé.« Avec le même dollar, on peut faire mieux.» Sept écoles, qui devaient de toute façon être construites ou rénovées, ont ensuite été ciblées pour tester les meilleures pratiques connues : à Québec, Granby, Maskinongé, Saguenay, Ri- mouski, Montréal et Gatineau.Un total de 60 millions leur a alors été réservé, avec l\u2019équivalent de 15 % de plus de ce qui est normalement alloué à des projets de ce type.Elles devraient pour la plupart ouvrir leurs portes à l\u2019automne 2021.Ces derniers mois, messieurs Larri- vée, Lavoie et Thibault ont pris part à des assemblées dans chacun des milieux pour déterminer les besoins qui leur sont propres et concevoir des écoles sur mesure.En fait, selon Mme Jean, qui a rejoint l\u2019équipe cet été, le seul changement découlant de l\u2019arrivée de la CAQ au pouvoir est qu\u2019il a récemment fallu ajouter des maternelles 4 ans.« On a dû les intégrer rapidement, mais ce n\u2019est pas un élément majeur », dit-elle en précisant que l\u2019ajout de classes pour les tout-petits n\u2019a pas nécessité le retrait d\u2019autres espaces.Les écoles, dit-elle, seront tout simplement « plus grandes » et un financement supplémentaire suivra en conséquence, lui a-t-on assuré.L\u2019alimentation au cœur des projets L\u2019aventure doit par ailleurs franchir une étape importante en avril avec le lancement des concours d\u2019architecture pour cinq des sept écoles, une première pour le réseau primaire.Le projet prévu pour Montréal reste toutefois à ficeler, puisqu\u2019il est moins avancé et beaucoup plus imposant et que l\u2019argent qui lui avait été réservé (3 millions) n\u2019a permis que de financer des études.Le complexe pour lequel on a réservé un terrain sur le site du pavillon des Sœurs-Grises de l\u2019Université Concor- dia est un « projet d\u2019envergure de plus de 30 classes », selon Mme Jean.À lui seul, il va nécessiter 50 millions en investissements supplémentaires.Dans les locaux de l\u2019organisme sur la rue Saint-Joseph à Québec, des étudiants en architecture ont produit des dizaines de maquettes.« Ils ont examiné par fragments toutes les possibilités », poursuit la directrice.«Qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire ici comme potagers ?Comment est-ce qu\u2019on peut configurer un gymnase pour qu\u2019il soit plus lumineux, qu\u2019il ait une ouverture sur l\u2019extérieur ?Il y a eu une panoplie de modèles étudiés.Comment recréer des classes flexibles qui ne prennent pas trop d\u2019espace ?» Même si les projets diffèrent, une constante s\u2019impose partout: l\u2019ajout d\u2019espace par rapport à l\u2019école traditionnelle.« On s\u2019est rendu compte qu\u2019on avait besoin de nouveaux espaces.» Les écoles devraient par exemple avoir des vestiaires afin de libérer les corridors adjacents aux classes.On souhaite aussi créer des espaces consacrés à l\u2019alimentation.« Il n\u2019y a pas de salle à manger dans la plupart des écoles», dé- plore-t-elle.« Dans l\u2019ancien modèle, les jeunes n\u2019étaient pas là sur l\u2019heure du midi et allaient manger à la maison.Mais maintenant, dans certains milieux, 85 % des jeunes dînent à l\u2019école et plusieurs passent dix heures par jour dans le bâtiment.» En plus d\u2019espaces pour manger, certaines écoles souhaitent avoir des potagers.C\u2019est le cas de l\u2019école de Maskinongé en Mauricie.« Le volet alimentaire, l\u2019éducation à l\u2019alimentation, le potager, ça va être le cœur probablement de leur projet éducatif », mentionne Natacha Jean.Le projet dans Limoilou, à Québec, prévoit quant à lui l\u2019aménagement d\u2019une cuisine collective qui serait utilisée aussi par des organismes communautaires le soir lorsque l\u2019école est fermée.Des idées pour le niveau secondaire La révision de l\u2019acoustique des gymnases devrait également être revue un peu partout.« C\u2019est un élément qui figure dans les incontournables », souligne MmeJean, qui rappelle qu\u2019un tribunal a récemment reconnu que le bruit en gymnase pouvait causer des maladies professionnelles chez les enseignants.À certains endroits, on préconise aussi des bibliothèques dites «éclatées», avec des présentoirs à livres à différents endroits dans l\u2019école.«Si l\u2019école est configurée par cycle, tu peux y aller avec une offre littéraire qui va avec le cycle.» Dans l\u2019ensemble, les bâtiments seraient plus lumineux et les espaces, plus ouverts \u2014 comme certaines classes doubles qui pourraient être reliées l\u2019une à l\u2019autre à l\u2019occasion.Reste à savoir quelles suites cela aura.Les sept projets-pilotes mèneront-ils à un changement généralisé des pratiques ?La directrice générale l\u2019espère, mais ne présume pas des intentions du gouvernement.« Évidemment, il y a d\u2019autres écoles qui vont être construites, d\u2019autres écoles qui vont être rénovées.Alors, on espère que ce ne sera pas les seuls modèles qui vont intégrer l\u2019innovation et des espaces comme ça », signale-t-elle.L\u2019équipe Lab-École aimerait aussi faire le même exercice pour les écoles secondaires.«À mon sens, ce serait vraiment intéressant », avance Mme Jean.« On doit se pencher, dans les prochaines semaines, sur notre intention ou non de proposer au ministère de créer une cohorte aussi au niveau secondaire.» ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019école devient un grand terrain de jeu avec cette maquette intitulée La grande cabane.PHOTOS ALICE CHICHE LE DEVOIR Une partie de l\u2019e ?quipe du Lab-École : Natacha Jean, directrice générale ; Christopher Bouchard, adjoint administratif ; Dominique Laflamme, gestionnaire des opérations ; Denis Morin, coordinateur des comités de travail ; et Élisa Verrault, chef du chantier mode de vie sain et actif Dans l\u2019ancien modèle, les jeunes n\u2019étaient pas là sur l\u2019heure du midi et allaient manger à la maison.Mais maintenant, dans certains milieux, 85 % des jeunes dînent à l\u2019école et plusieurs passent 10 heures par jour dans le bâtiment.NATACHA JEAN » 2021 Année d\u2019ouverture des Lab-Écoles 7 Chiffre total de villes qui recevront un Lab-École 60 Nombre de millions alloués à la construction de Lab-École "]
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