Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2019-04-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" VOL.CX NO 76 / LE LUNDI 8 AVRIL 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR C e matin, David Saint-Jacques plongera dans l\u2019espace pour une première fois.Et il verra ce que bien peu d\u2019humains ont eu la chance d\u2019admirer avant lui : une planète bleue flottant dans l\u2019immensité du ciel noir, quelque 400km sous ses pieds.L\u2019astronaute canadien accomplira, avec sa collègue américaine Anne McClain, des opérations d\u2019entretien à l\u2019extérieur de la Station spatiale internationale (SSI).Les deux astronautes quitteront le sas vers 8 h 05, heure avancée de l\u2019est, pour une sortie d\u2019environ 6 h 30.Ils butineront d\u2019une tâche à l\u2019autre sur la structure où la gravité n\u2019a pas d\u2019emprise.Au programme initialement prévu s\u2019est ajoutée ces derniers jours une tâche supplémentaire : les deux astronautes déplaceront une plaque afin de libérer l\u2019accès à une pile installée le 22 mars qui s\u2019est avérée défectueuse.Un bras mécanique viendra compléter la besogne.À part cet ajout, David Saint-Jacques et Anne McClain brancheront un câble fournissant une connexion sans fil à de nouveaux segments de la SSI.Ils établiront un circuit électrique pouvant offrir une alimentation de rechange au bras robotisé canadien (Canadarm2) en cas de coupure.INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 ACTUALITÉS Affaire SNC-Lavalin : Trudeau menace Scheer de poursuite A 2 CULTURE Le syndrome de Stockholm au grand écran B 8 Un quart de siècle après le génocide de 1994, qui coûta la vie à au moins 800 000 personnes, le président rwandais, Paul Kagame, a vanté dimanche la force de son peuple, sorti de l\u2019abîme pour redevenir une « famille », « plus unie que jamais », lors d\u2019une cérémonie au Centre de conventions de Kigali, emblème de la modernité de la capitale rwandaise et du renouveau du pays.PAGE B 1 YASUYOSHI CHIBA AGENCE FRANCE-PRESSE Le Rwanda se souvient ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR PROJET ÉNERGIE SAGUENAY GNL Québec doit présenter « les solutions de rechange » ACTUALITÉS Des milliers de manifestants contre le projet de loi sur la laïcité | A 3 SCIENCE David Saint-Jacques goûte à l\u2019espace L\u2019astronaute canadien fait aujourd\u2019hui une première escapade en dehors de la station spatiale VOIR PAGE A 4 : ESPACE Jugeant l\u2019étude d\u2019impact du projet Énergie Saguenay incomplète, l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale (ACEE) demande au promoteur GNL Québec de lui fournir les informations sur les « solutions de rechange au projet », soit les 14 sites qui ont été analysés en vue de l\u2019implantation du terminal d\u2019exportation de gaz naturel albertain.La plupart sont situés le long du Saint-Laurent.GNL Québec a déposé en février son étude d\u2019impact en vue de l\u2019examen fédéral du complexe industriel de liquéfaction et de transport maritime de gaz naturel que l\u2019entreprise veut implanter au Saguenay.Après avoir analysé les documents, qui totalisent plus de 5000 pages, l\u2019ACEE conclut cependant que «l\u2019étude d\u2019impact est incomplète et ne satisfait pas à certaines des exigences des lignes directrices ».Une situation qualifiée de « normale » par GNL Québec, « compte tenu de la complexité du processus de réalisation d\u2019une étude d\u2019impact environnemental ».Parmi les demandes transmises au promoteur du complexe de liquéfaction, l\u2019ACEE s\u2019attarde notamment aux « solutions de rechange au projet, incluant tous les autres sites alternatifs considérés ».Plus précisément, l\u2019Agence rappelle que GNL Québec dit avoir mené « une analyse rigoureuse de 14 sites, mais ne présente pas cette information » dans l\u2019étude d\u2019impact déposée en février.Elle demande donc à l\u2019entreprise de « fournir les informations en lien avec tous les sites considérés ».Qui plus est, l\u2019entreprise devra « déterminer les effets environnementaux de chacune des solutions de rechange réalisables sur les plans technique et économique ».VOIR PAGE A 2 : SOLUTIONS S E A N K I L P A T R I C K L A P R E S S E C A N A D I E N N E Après avoir analysé les documents, l\u2019ACEE conclut que « l\u2019étude d\u2019impact est incomplète et ne satisfait pas à certaines des exigences des lignes directrices » ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 8 AVRIL 2019 Le chef conservateur Andrew Scheer JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE JOAN BRYDEN À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Andrew Scheer défie Justin Trudeau de donner suite à sa menace de le poursuivre pour avoir affirmé que le premier ministre s\u2019est ingéré dans les procédures judiciaires contre la firme d\u2019ingénierie montréalaise SNC-Lavalin.Le chef du Parti conservateur du Canada a dévoilé dimanche une lettre qui lui a été transmise le 31 mars dernier par l\u2019avocat du premier ministre, Julian Porter, menaçant de le poursuivre pour diffamation.M.Scheer y voit une «tactique d\u2019intimidation» visant à faire taire les conservateurs qui réclament une enquête indépendante, de même qu\u2019une «tentative flagrante» de l\u2019empêcher de remplir son devoir de chef de l\u2019opposition.« Voilà ce que fait Justin Trudeau quand on lui tient tête.Il nous menace», a-t-il lancé en conférence de presse.M.Scheer invite le premier ministre à aller de l\u2019avant avec cette poursuite afin que l\u2019affaire soit amenée devant les tribunaux \u2014 où, souligne-t-il, les libéraux ne pourront pas contrôler les procédures.« Je serais ravi de pouvoir soumettre M.Trudeau à un interrogatoire préalable le plus tôt possible, a-t-il enchaîné.Je suis impatient que M.Trudeau présente sa preuve aux Canadiens sous serment, dans le cadre d\u2019une audience publique.» Mais M.Scheer semble croire que Justin Trudeau bluffe.Dans un communiqué, le cabinet du premier ministre a déclaré que M.Scheer et son parti «ont tenu des propos faux et diffamatoires à répétition.Nous l\u2019avons averti que faire des déclarations complètement fausses et diffamatoires comporte des conséquences».29 mars 2018 La menace de poursuite émane plus précisément des propos tenus par M.Scheer le 29 mars dernier.Il avait alors affirmé que les documents fournis par Mme Wilson-Raybould au comité de la justice \u2014 y compris l\u2019enregistrement secret d\u2019une conversation téléphonique avec le greffier du Conseil privé, Michael Wernick \u2014 constituent « une preuve concrète que Justin Trudeau a fait campagne pour interférer politiquement avec les poursuites criminelles contre SNC-Lavalin».L\u2019avocat de M.Scheer, Peter Dow- nard, estime que si le premier ministre renonce à intenter une poursuite, il reconnaîtra par le fait même que les propos de son adversaire conservateur étaient appropriés.L\u2019ex-procureure générale Jody Wil- son-Raybould dit avoir fait l\u2019objet de pressions indues de la part du cabinet du premier ministre pour qu\u2019elle permette à SNC-Lavalin d\u2019échapper à des poursuites criminelles en lien avec des pots-de-vin versés en Libye.Elle croit avoir été écartée du ministère de la Justice et transférée à celui des Anciens Combattants en janvier dernier en raison de son refus d\u2019obtempérer.Elle avait démissionné de son poste un mois plus tard.Elle ne croit toutefois pas qu\u2019un geste illégal ait été posé.Mme Wilson-Raybould a finalement été expulsée du caucus libéral la semaine dernière, aux côtés de Jane Philpott.Cette dernière avait également remis sa démission à titre de ministre, disant avoir perdu confiance en son gouvernement en raison de cette saga.Bien que les conservateurs aient bien accueilli tous les autres aspects du témoignage de Mme Wilson-Raybould, ils n\u2019acceptent pas sa conclusion selon laquelle rien d\u2019illégal ne s\u2019est produit.Andrew Scheer dit n\u2019avoir eu aucune nouvelle de la Gendarmerie royale du Canada depuis qu\u2019il a demandé, le 28 février dernier, à ce qu\u2019elle vérifie si la loi a été enfreinte.AFFAIRE SNC-LAVALIN Scheer défie Trudeau de le poursuivre pour diffamation Les sites couvrent la rive sud du Saint-Laurent SOLUTIONS SUITE DE LA PAGE A 1 Quels sont les autres sites qui ont été évalués par GNL Québec avant de décider de mettre en avant un complexe industriel qui serait construit dans le secteur de Grande-Anse, au Saguenay ?La direction des communications de l\u2019entreprise, Stéphanie Fortin, n\u2019a pas transmis au Devoir de liste précise des sites qui ont été évalués.« Différents sites potentiels ont été évalués pour l\u2019implantation du complexe de liquéfaction, ces secteurs se trouvant tout le long de la voie maritime du Saint-Lau- rent et du Saguenay.Ils couvrent la rive sud du Saint-Laurent de, approximativement, Rimouski jusqu\u2019à l\u2019est de Montmagny, la rive nord du Saint-Lau- rent entre l\u2019embouchure du Saguenay et Baie-Saint-Paul ainsi que le secteur de Lévis », a-t-elle cependant expliqué, dans une réponse écrite.GNL Québec a par ailleurs déterminé finalement que « le site de Saguenay offre plusieurs avantages en plus de répondre aux critères de sélection : plus grande proximité au réseau de gazoduc existant ; un port en eau profonde accessible à l\u2019année ; site qui ne nécessite pas de dragage, les infrastructures en place ; la disponibilité de terrain et la faible densité de population autour du site ; une source d\u2019énergie renouvelable d\u2019Hydro-Québec ; une main-d\u2019œu- vre compétente ».Menaces pour le béluga Le choix de ce site soulève toutefois des inquiétudes réelles pour le rétablissement du béluga, en raison de l\u2019augmentation de la pollution sonore générée par le trafic maritime commercial au cours des prochaines années dans le parc marin du Saguenay\u2013 Saint-Laurent.Selon un avis scientifique produit par des chercheurs de Pêches et Océans Canada, le projet GNL Québec et le terminal de la minière Arianne Phosphate (déjà approuvé par Ottawa) « tripleront » le trafic maritime actuel dans le Saguenay, « pour le faire passer de 450 à près de 1300 transits par an ».Dans ce contexte, « on ne peut exclure des risques élevés compte tenu de l\u2019état actuel de la population [de bélugas] en déclin pour laquelle le bruit a été identifié comme un des facteurs de risques », soulignent les chercheurs de Pêches et Océans.Les scientifiques indiquent d\u2019ailleurs que le Programme de rétablissement du béluga élaboré par le gouvernement du Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril prévoyait des mesures afin de réduire le bruit dans l\u2019habitat.« Les projets proposés ne contribueront pas à l\u2019atteinte de cet objectif.À l\u2019inverse, l\u2019insonification plus fréquente d\u2019un secteur actuellement peu insonifié (le Saguenay) et l\u2019augmentation de 10 % du trafic dans l\u2019estuaire maritime iront à l\u2019encontre des objectifs de rétablissement et des mesures récemment proposées pour minimiser les effets du stresseur bruit », expli- quent-ils dans la conclusion de leur analyse.Dans son étude d\u2019impact déposée à l\u2019ACEE, l\u2019entreprise GNL Québec estime plutôt que « l\u2019effet cumulatif du trafic occasionné par le projet dans l\u2019habitat essentiel du béluga dans le Saint-Laurent est négligeable, considérant la faible proportion imputable au Projet par rapport à l\u2019ensemble du trafic ».Navires et remorqueurs En plus des méthaniers \u2014 jusqu\u2019à 300 mètres de longueur et 50 mètres de largeur \u2014, GNL Québec précise dans son étude d\u2019impact que le projet pourrait nécessiter le recours à des remorqueurs qui navigueraient eux aussi dans le parc marin.« Les navires-citernes qui navigueront sur la rivière Saguenay pour se rendre aux installations de GNL Québec pourraient, selon certaines conditions météorologiques, être accompagnés par des remorqueurs, à l\u2019aller comme au retour.Leur nombre exact, si requis, sera toutefois défini lorsque les simulations sur la navigation seront complétées.» Qui plus est, « entre deux et quatre remorqueurs pourraient être requis à l\u2019accostage des navires ».TERESA WRIGHT À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Les efforts du Canada pour faire de l\u2019égalité des genres un élément central de sa présidence du G7, l\u2019an dernier, ont déteint sur le président français Emmanuel Macron, qui s\u2019est engagé à faire de la lutte contre les inégalités \u2014 et plus particulièrement les inégalités de genre \u2014 une priorité de cette année.Mais la France adoptera une approche beaucoup plus circonscrite que celle du Canada, dans l\u2019espoir d\u2019améliorer de manière claire et concrète la vie des femmes.L\u2019an dernier, le premier ministre Justin Trudeau avait choisi de mettre l\u2019accent sur la condition des femmes et des filles à travers l\u2019ensemble des délibérations du G7 afin de montrer l\u2019engagement du Canada envers le féminisme sur la scène internationale.Justin Trudeau avait mis sur pied un conseil consultatif sur l\u2019égalité des genres afin de garantir la présence de ce thème dans toutes les discussions et activités du G7, y compris dans des domaines non traditionnels tels que la sécurité et la politique économique.La France reprend maintenant le flambeau avec la création d\u2019un autre conseil consultatif sur l\u2019égalité des genres et un accent renouvelé sur la politique étrangère à saveur féministe.L\u2019ambassadrice de France au Canada, Kareen Rispal, compte parmi les éminentes féministes qui siégeront à ce conseil consultatif, aux côtés de l\u2019actrice et ambassadrice de bonne volonté de l\u2019ONU Emma Watson, de la militante ukrainienne et représentante du groupe Femen Inna Shevchenko et de deux lauréats du prix Nobel de la paix, le Congolais Denis Mukwege et la yézi- die irakienne Nadia Murad.Mme Rispal précise que cela s\u2019articulera autour de trois axes : mettre fin à la violence sexuelle envers les femmes, soutenir l\u2019accès à l\u2019éducation pour les femmes et les filles, puis promouvoir l\u2019entrepreneuriat et l\u2019émancipation économique des femmes, en particulier dans la région du Sahel, en Afrique.Ces priorités ont été établies d\u2019après le rapport final du conseil consultatif canadien de 2018, intitulé « Faire de l\u2019égalité des sexes une histoire du passé », qui comprenait une liste de 60 recommandations à l\u2019intention du G7.« C\u2019est incroyable quand on le relit.Tout y est », souligne Mme Rispal.« C\u2019était une occasion de réaliser que ce travail est assez important et qu\u2019il reste encore beaucoup à faire, et qu\u2019un seul G7 traitant de ce sujet ne suffirait pas », souligne-t-elle.Les recommandations du conseil consultatif de 2019 se concentreront sur la législation.Une liste des lois les plus favorables aux femmes à travers le monde sera dressée et les pays membres seront encouragés à légiférer en ce sens.G7 Inégalités de genre : la France reprend le flambeau du Canada Le projet GNL Québec et le terminal de la minière Arianne Phosphate (déjà approuvé par Ottawa) « tripleront » le trafic maritime actuel dans le Saguenay, « pour le faire passer de 450 à près de 1300 transits par an » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 8 AVRIL 2019 Joe le taxi E n 1381, les paysans d\u2019Angleterre se soulèvent.Ils demandent de meilleures conditions de vie, après avoir subi la peste noire et l\u2019imposition de taxes supplémentaires pour financer la guerre.En vain.Ils en viennent aux mains avec les représentants du roi, puis ils convergent vers Londres, où ils font corps avec les habitants de la ville.Ensemble, ils attaquent les prisons, incendient l\u2019hôtel de Savoie et les Inns of Court, tout en tuant des représentants de l\u2019autorité royale.À la tour de Londres, l\u2019archevêque de Canterbury et le lord trésorier, coupables de collusion avec le pouvoir royal, sont décapités à la hache.La royauté est un héritage de la puissance des armes.En ce printemps 1381, le jeune roi voit soudain celles-ci se retourner contre lui.Affolé par ce soulèvement, il plaide l\u2019apaisement.Gagner du temps en cédant de l\u2019espace constitue une vieille tactique qui a fait ses preuves.Âgé de 14 ans seulement, le roi Richard II n\u2019a d\u2019autre choix que de se montrer bon prince avec les insurgés.Il accepte donc de discuter avec eux.Malgré la promesse faite de les écouter, il tue leur chef dans un guet-apens.Le corps social qui s\u2019était soulevé, soudain privé de tête, s\u2019effondre de tout son long, pantelant, désarticulé.Les pieds dans le sang, le pouvoir royal redresse la tête.Au fil de l\u2019histoire, il y eut plusieurs de ces révoltes de paysans matées dans le sang.Dans paysan, on trouve le mot pays.Pas de pays sans paysans.Jusqu\u2019au XIXe siècle, partout ou presque, les paysans forment l\u2019essentiel du peuple.Ils sont à majorité.Il conviendrait de les écouter.Au XVIe siècle, un prédicateur évangélique anabaptiste, Thomas Müntzer, est un des chefs des paysans qui se soulèvent contre les abus du Saint Empire romain germanique.De lui et d\u2019autres aussi, l\u2019écrivain Éric Vuillard évoque la trajectoire dans son plus récent livre, un récit intitulé La guerre des pauvres.J\u2019aime les livres de Vuillard.Tous.Dans celui-ci, il met en garde, finalement, contre la volonté romantique de voir, dans ces défaites répétées, matière à des cultes.Il dit : « Le martyre est un piège pour ceux que l\u2019on opprime, seule est souhaitable la victoire.» On sait d\u2019où viennent les défaites.Mais on ignore toujours d\u2019où viennent les révolutions qui parviennent à les éviter.« Les faits sont ainsi, ils ont lieu quand ils veulent », écrit Vuillard.Ceux qui se sont employés à prédire l\u2019arrivée des soulèvements, souvent au nom de leurs illusions, se sont toujours trompés.Les acteurs des soulèvements, pris dans l\u2019élan du présent, sont aveugles dans la mesure où ils ne croient pas prendre fait et cause dans une action qui dépasse l\u2019immédiat.Les révolutions recouvrent une suite d\u2019événements et de faits souvent disparates.Elles avancent à tâtons.On n\u2019en reconstruit le but et le sens qu\u2019après coup, dans une lumière qui leur est étrangère au moment où elles progressent en zigzaguant, par à-coups.Des phénomènes souvent disjoints et discontinus ne trouvent à être unis que grâce à un élan interprétatif postérieur.En voyant Andrew Scheer inviter ses compatriotes, pistolet à essence à la main, à résister aux taxations sur l\u2019environnement, on se dit que ce n\u2019est pas demain la veille, sans doute, qu\u2019on verra se former au Canada une chaîne d\u2019évé- nements propices aux changements sociaux.Entouré de béton, posant à côté d\u2019un véhicule « utilitaire » gigantesque, le chef des forces conservatrices canadiennes incarne la confiance indéfectible envers les puissances de l\u2019argent qui l\u2019ont adoubé grand chevalier de leur cause.Des puissances qui profitent des habitudes dont jouit cette classe moyenne qu\u2019aucune peste ne menace pour l\u2019instant, sa mise à mort étant plutôt lente, indiscernable, presque consentante.Mais qui sait ?Il est certain que, devant un avenir écologique difficile, la crise entourant le carburant ne fait que commencer, comme en témoigne l\u2019action des gilets jaunes en France.Comment tout cela va-t-il tourner ?Personne ne peut le prévoir.Le rouleau compresseur de ce pouvoir, avant de céder ne serait-ce qu\u2019un mètre de terrain, fourbira toutes les armes dont il dispose.On ne parle plus ici d\u2019épées et de gibets, mais de lois, d\u2019avocasseries et de campagnes de marketing qui prennent en apparence le parti du « monde ordinaire », mais en se jouant dans les faits du sort des gagne-petit, à commencer par tous les Joe dans leur taxi qui payent, comme une hypothèque hors de prix, jusqu\u2019à leur droit de travailler.On s\u2019apprête à dépouiller ces chauffeurs de taxi en les expropriant, ni plus ni moins, de leur bien, au nom de cette « libéralisation du marché » qui nous a précisément conduits là où nous en sommes.Pourtant, dans les traités internationaux, le « droit des investisseurs » protège les capitalistes étrangers contre ce type de dévalorisation de leurs avoirs.Mais il suffit qu\u2019un géant, Uber par exemple, débarque avec l\u2019idée grossière que la déréglementation du droit du travail constitue une avancée sociale pour qu\u2019on exproprie de petits propriétaires locaux.Et c\u2019est à peine si on s\u2019étonne ensuite d\u2019en voir un tenter de s\u2019ouvrir les veines en direct, à la télévision, tant on fait peu de cas d\u2019eux.Que ces gens que l\u2019on n\u2019hésite pas à déclasser, souvent des immigrants, partagent nos peines et nos joies, nos hivers et les défaites du Canadien, que leurs enfants soient dans les mêmes écoles que les nôtres, cela ne suffit pas, apparemment, pour éviter l\u2019odieux de les condamner ainsi.Au Québec, « c\u2019est comme ça qu\u2019on vit », comme dirait l\u2019autre.Mais cela ne durera peut-être pas encore longtemps.Heureusement.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Entouré de béton, posant à côté d\u2019un véhicule « utilitaire » gigantesque, Andrew Scheer, le chef des forces conservatrices canadiennes, incarne la confiance indéfectible envers les puissances de l\u2019argent qui l\u2019ont adoubé grand chevalier de leur cause La marche, organisée par le Collectif canadien anti-islamophobie, aurait réuni quelques milliers de personnes.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LA PRESSE CANADIENNE Les résidents du chemin Roxham, où des milliers de migrants ont franchi la frontière canado-américaine de manière irrégulière depuis 2017, se partageront 405 000 dollars en indemnisation financière.Un document déposé le mois dernier par le gouvernement fédéral confirme que 45 ménages se diviseront cette somme en fonction de leur proximité avec la frontière.Le même document précise que 8 ménages recevront la somme maximale de 25 000 $, 15 autres toucheront à 10 000 $, et les 22 restants obtiendront 2500 $.MIGRANTS Les résidents du chemin Roxham dédommagés par Ottawa Une quarantaine de ménages se partageront un peu plus de 400 000 $ CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR On portait le voile, la casquette, le turban, le sari, l\u2019étoile de David, dimanche à la manifestation contre le projet de loi 21 sur la laïcité de l\u2019État dans les rues de Montréal.Plusieurs manifestants ne portaient d\u2019ailleurs aucun signe religieux distinctif.De 5000 à 6000 personnes s\u2019étaient déplacées pour participer à cette manifestation organisée par le Collectif canadien anti-islamo- phobie, dirigé par l\u2019imam montréalais Adil Charkaoui.Les représentants du groupe Solidarité sans frontières avançaient d\u2019ailleurs que le projet de loi du gouvernement Legault sur le port de symboles religieux visait spécifiquement les femmes musulmanes.L\u2019imam Charkaoui avait fait venir deux survivants de l\u2019attentat à la mosquée de Québec pour parler à la foule.L\u2019un d\u2019eux, Aymen Derbali, est resté tétraplégique après cet attentat.« Au lieu de se pencher sur ces pro- blèmes-là [qui ont mené à l\u2019attentat de la mosquée] », qui deviennent des problèmes de société et qui risquent de devenir un fléau, ils décident de faire une loi qui opprime les droits des femmes de porter leur voile et de travailler avec leur voile en ayant ces convictions religieuses.Peu importe quel signe religieux, mais on s\u2019entend que cela cible principalement les femmes musulmanes », a-t-il dit.Un autre survivant de la tuerie, Saïd El-Amari, a raconté que sa petite fille avait été exclue de l\u2019école pour une journée parce qu\u2019elle portait le voile.Pour Aicha Battai, qui travaille comme infirmière auxiliaire dans un CHSLD à Repentigny et qui participait à la manifestation, il ne serait pas question d\u2019aller travailler sans son voile.Elle bénéficierait cependant de la clause de droits acquis, qui permettrait aux personnes qui portent déjà des signes religieux de continuer à les porter.Priorités Shauna Fine, enseignante en maternelle dans une école publique, a recommencé à porter son étoile de David, qui l\u2019identifie à la communauté juive, depuis qu\u2019a repris le débat sur la laïcité.« Dans ma classe, il y a des enfants de différentes communautés, dit- elle.Il faut que les enseignants soient représentatifs des enfants qui sont dans leur classe.» Elle précise que plusieurs femmes voilées qui s\u2019exprimaient durant la manifestation sont très éduquées et parlent un excellent français.« Et nous vivons une pénurie d\u2019enseignants », dit-elle.Pour Taran Singh, membre de la communauté sikhe qui vit au Québec depuis 32 ans, les dossiers plus urgents ne manquent pourtant pas pour le gouvernement québécois, alors que les garçons québécois peinent à finir leur secondaire et que les files d\u2019attente s\u2019allongent dans les urgences des hôpitaux.Mais c\u2019est sur le thème de la liberté que la manifestation s\u2019est essentiellement déroulée.Certains slogans avaient des échos résolument féministes : « Bikini, leggings, voile ou burqa, c\u2019est mon choix », disait une pancarte.« Empowered women empower girls», disait une autre.« Jugez mes compétences, pas mon apparence », par exemple, ou « peu importe ce qu\u2019il y a sur votre tête, l\u2019important, c\u2019est ce qu\u2019il y a dedans ».Plusieurs ont souligné que le gouvernement Legault sait très bien que sa loi 21 contrevient aux Chartes des droits et libertés québécoise et canadienne, puisqu\u2019il évoque déjà la disposition de dérogation pour pouvoir l\u2019appliquer.Rappelons que l\u2019organisateur de l\u2019événement, l\u2019imam Adil Charkaoui, a déjà été soupçonné d\u2019être affilié au réseau terroriste al-Qaïda en 2003.Il a alors été incarcéré pendant 21 mois, puis a porté un bracelet électronique.Il a retrouvé sa liberté en 2009.« Jugez mes compétences, pas mon apparence » Des milliers de personnes ont défilé à Montréal pour dénoncer le projet de loi sur la laïcité de l\u2019État du gouvernement Legault Depuis le début de l\u2019année 2019, 1671 demandeurs d\u2019asile irréguliers ont été interceptés sur le chemin Roxham par des agents de la GRC.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ottawa avait prévu jusqu\u2019à 485 000 $ à cet effet, mais un fonds de prévoyance a été réservé dans l\u2019éventualité où d\u2019autres ménages seraient admissibles à la compensation.Les résidents du chemin Roxham ont vu passer près de 96 % de l\u2019ensemble des demandeurs d\u2019asile irréguliers en provenance des États-Unis depuis 2017.Un porte-parole du ministère de la Sécurité frontalière, Bill Blair, explique que ce secteur auparavant paisible a dû composer avec une augmentation de la circulation et du bruit, en plus de la construction d\u2019infrastructures temporaires. LEDEVOIR // LE LUNDI 8 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Nima Machouf, candidate pour le NPD Nima Machouf a officiellement été désignée candidate du Nouveau Parti démocratique dans Laurier\u2013Sainte-Ma- rie, dimanche, en vue des élections fédérales de l\u2019automne.La candidate, appuyée par la direction du parti, remplace donc Hélène Laverdière, députée dans cette circonscription depuis 2011, qui prend sa retraite de la politique.Épidémiologiste et chercheuse en santé publique, Mme Machouf compte faire de la lutte contre les changements climatiques des thèmes centraux dans sa campagne.« Je partage la déception de plusieurs des électeurs et électrices envers les promesses brisées du gouvernement Trudeau, [qui] continue à donner des cadeaux aux compagnies pétrolières à coups de milliards de dollars », a-t-elle déclaré dans un communiqué.Le Devoir Énergie : le Québec vante son expertise en Allemagne Après Boston, le gouvernement Le- gault fait à nouveau la promotion des ressources naturelles du Québec sur la scène internationale dans l\u2019espoir d\u2019accroître ses exportations et d\u2019attirer de nouveaux investisseurs, particulièrement dans les secteurs de l\u2019énergie et des mines.Cette fois, c\u2019est le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, qui représentera la province en Allemagne, d\u2019abord au salon Bauma de Munich \u2014 le plus important au monde dans le secteur des mines, de la machinerie et des équipements de construction \u2014, puis à la 5e conférence Dialogue de Berlin sur la transition énergétique (Berlin Energy Transition Dialogue), où des représentants Hydro-Québec seront également sur place.La Presse canadienne Éducation des adultes : cri du cœur d\u2019un syndicat L\u2019éducation des adultes souffre d\u2019un sous-financement, le soutien aux élèves est inadéquat et les trois quarts des enseignants ont un statut précaire, dénonce la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE).Le syndicat, affilié à la Centrale des syndicats du Québec, dresse ce constat à la veille de la deuxième Semaine de la formation générale des adultes qu\u2019elle organise.Selon la FSE, ce secteur doit être mieux connu par la population et les décideurs.«Plus on va le faire connaître, plus le financement qui devrait être là et l\u2019accompagnement qu\u2019on doit donner à ces gens-là suivront», estime sa présidente, Josée Scalabrini.Elle souligne également que 16% des diplômés du secondaire sont issus de ce secteur et «qu\u2019il y a autant d\u2019élèves à l\u2019éducation des adultes qu\u2019au collégial» public.La Presse canadienne La candidate néodémocrate fraîchement investie Nima Machouf, aux côtés de son mari, Amir Khadir VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR JULIEN ARSENAULT LA PRESSE CANADIENNE Bien que le flou provoqué par le Brexit au Royaume-Uni complique la tâche à certaines entreprises canadiennes qui brassent des affaires dans ce pays, celles-ci ne sont pas prêtes à tourner le dos à cet important marché.On ignore toujours s\u2019il y aura sortie sans accord de l\u2019Union européenne (UE), un scénario qui pourrait se concrétiser dès le 12 avril et qui est redouté par le milieu des affaires.Vendredi, la première ministre britannique, Theresa May, a demandé un report de l\u2019échéancier au 30 juin.«On nage dans l\u2019inconnu et à ce stade- ci, il est encore trop tôt pour définir exactement les impacts », estime l\u2019analyste Chris Murray, d\u2019Altacorp Capital, qui suit des entreprises canadiennes exposées à l\u2019étranger.Pour des joueurs du Québec inc.avec une importante présence au Royaume- Uni comme CGI, Bombardier, WSP Global et SNC-Lavalin, il n\u2019y a pas lieu d\u2019imiter Airbus et d\u2019évoquer un désengagement faute d\u2019un Brexit sans accord.Mais cela n\u2019empêche pas certaines de ces multinationales de souhaiter que l\u2019impasse soit dénouée dans ce pays \u2014 le cinquième partenaire commercial international en importance pour le Québec.Pour le moment, M.Murray dit avoir constaté une baisse de l\u2019activité dans le secteur privé, notamment du côté de la construction, ce qui peut compliquer la tâche à certaines compagnies.Mais à l\u2019inverse, les dépenses gouvernementales dans les projets d\u2019infrastructures et de transport sont au rendez-vous afin de stimuler l\u2019économie.Avec quelque 5500 professionnels au Royaume-Uni, CGI, spécialisée dans les technologies de l\u2019information et de services-conseils, demeure optimiste, malgré le Brexit, à l\u2019endroit de ce marché où elle a généré 12 % de ses revenus de 11,5 milliards de dollars l\u2019an dernier.Optimisation Selon la multinationale québécoise, une sortie de l\u2019UE, combinée à la conjoncture économique, est un élément qui incite les gouvernements et les entreprises à accroître leur efficacité.« Si [le Royaume-Uni] devait se séparer des douanes européennes, il y aurait d\u2019importants systèmes à changer, avait expliqué le président et chef de la direction de CGI, Georges Schindler, en janvier, au cours d\u2019une entrevue accordée à La Presse canadienne, en marge de l\u2019assemblée annuelle.Et si le pays décide de négocier une entente, les changements seront différents.» Toutefois, le contexte d\u2019incertitude a semblé avoir une incidence sur les activités de CGI au Royaume-Uni, puisque l\u2019an dernier, la hausse des recettes n\u2019a été que de 0,3 % dans le marché britannique, alors qu\u2019en 2017, la progression avait été de 6,1 %.Pour sa part, SNC-Lavalin, qui compte près de 10 000 employés au Royaume- Uni, vient de déménager au cœur de Londres, afin de regrouper des employés d\u2019Atkins, acquise par la firme québécoise, et d\u2019autres divisions.Chez Bombardier, qui construit des trains et du matériel roulant à Derby ainsi que des pièces d\u2019aéronautique \u2014 dont les ailes du A220 \u2014 à Belfast, en Irlande du Nord, on a plutôt opté pour la prudence dans ce dossier.La ÉCONOMIE Le Brexit n\u2019effraie pas des joueurs québécois multinationale souhaite une « sortie ordonnée de l\u2019UE », a indiqué par courriel un porte-parole, Simon Le- tendre.L\u2019incertitude actuelle « ne nous aide pas à planifier nos activités », a-t-il ajouté, dans un marché où l\u2019entreprise emploie 8000 personnes, soit environ 12 % de son effectif mondial.Bombardier Transport « n\u2019exporte pas vraiment vers l\u2019Europe à partir du Royaume-Uni », a indiqué M.Leten- dre, puisque l\u2019entreprise compte plusieurs installations sur le Vieux Continent, comme en Allemagne et en France.C\u2019est au chapitre de l\u2019importation de pièces que le problème pourrait se situer en cas de Brexit dur.« Je pense que tout le monde doit actuellement tabler sur des plans de contingence, mais je ne considère pas que la situation [du Brexit] engendrera une perturbation majeure », a estimé Chris Murray, l\u2019analyste d\u2019Altacorp Capital.Quant aux installations de Bombardier à Belfast, qui font partie de la division aéronautique, la majorité de la production est expédiée à destination du Québec et du reste de l\u2019Amérique du Nord, où se fait l\u2019assemblage de l\u2019A220, et non vers l\u2019Europe.Plus de tremplin Selon Hubert Rioux, chercheur à l\u2019École nationale d\u2019administration publique, le Brexit pourrait surtout refroidir les entreprises qui misaient sur le Royaume- Uni comme un tremplin vers le reste du marché européen.Mais il croit toutefois que le Brexit pourrait générer des occasions d\u2019affaires pour les entreprises canadiennes, particulièrement si le Royaume-Uni désire renforcer ses liens commerciaux avec d\u2019autres partenaires pour s\u2019approvisionner.CGI emploie quelque 5500 professionnels au Royaume-Uni.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Une sortie dans l\u2019espace pour un quatrième Canadien Ils installeront aussi de l\u2019équipement structurel pour l\u2019ajout d\u2019une future plateforme extérieure.Leurs déplacements sur la charpente sont précisément planifiés, leurs manipulations sont minutieusement prédéterminées, mais le succès de l\u2019opération reposera avant tout sur les épaules des astronautes.M.Saint-Jacques anticipait d\u2019ailleurs sa sortie extravéhiculaire dans une vidéo publiée sur le site Web du Globe and Mail vendredi dernier: «Vous êtes soudainement à l\u2019intérieur de votre propre «bocal de poisson », et vous réalisez que vous devez être les yeux et les mains du centre de contrôle.C\u2019est vrai de tout ce que nous faisons comme astronautes, mais lors d\u2019une sortie spatiale, cette perception d\u2019être un opérateur agissant au nom de la planète entière s\u2019accentue.» Des inconnues La veille de sa première sortie spatiale, David Saint-Jacques était « très emballé » et se sentait « très bien préparé », rapportait dimanche Marie-An- dré Malouin, chef aux relations médias à l\u2019Agence spatiale canadienne.Néanmoins, une pincée d\u2019inconnu épicera la journée.« Les astronautes s\u2019entraînent très longtemps pour des opérations comme celle-ci, mais lorsque c\u2019est leur première sortie dans l\u2019espace, on ne sait jamais comment ils vont réagir », expliquait Mme Malouin en entretien avec Le Devoir.Les combinaisons spatiales sont conçues pour permettre aux astronautes de résister à des températures oscillant entre - 150 °C (à l\u2019ombre) et 120 °C (au soleil), mais le corps des astronautes est néanmoins soumis à un choc.« Des fois, ils vont avoir les doigts gelés, et ça peut nuire aux tâches plus délicates », cite Mme Malouin en exemple.David Saint-Jacques, qui en sera au- jourd\u2019hui à sa 127e journée à bord de la SSI au cours d\u2019une mission devant s\u2019étaler jusqu\u2019au 25 juin, deviendra le quatrième Canadien à participer à une sortie dans l\u2019espace.Le premier à l\u2019avoir fait était Chris Hadfield, en avril 2001, pour l\u2019installation du bras canadien.« Ce fut l\u2019expérience la plus magnifique de toute ma vie, a plus tard raconté M.Hadfield.Seul, à bord d\u2019un vaisseau individuel [la combinaison spatiale], en me tenant d\u2019une seule main, avec la noirceur infinie de l\u2019univers à ma gauche et le monde entier dans toute sa splendeur lumineuse à ma droite.» Une retransmission vidéo de la sortie de David Saint-Jacques et d\u2019Anne McClain sera diffusée sur la chaîne YouTube de l\u2019Agence spatiale canadienne dès 6 h 30.L\u2019astronaute canadien retraité Dave Williams commentera les opérations dans la retransmission.C\u2019est lui qui, avec trois sorties totalisant 17 heures 43 minutes, détient le record canadien du plus de temps passé en sortie spatiale extravéhiculaire.Changement de piles La présente sortie est la troisième de l\u2019équipage actuellement à bord de la SSI.Les deux premières ont eu lieu les ESPACE SUITE DE LA PAGE A 1 22 et 29 mars et visaient à remplacer les piles stockant l\u2019énergie récoltée par les panneaux solaires.Peu de temps après la sortie du 22mars, des ingénieurs de la NASA sur Terre ont mesuré un voltage trop élevé aux bornes d\u2019une des nouvelles piles.Celle-ci doit donc être retirée, et les deux anciennes unités qu\u2019elle remplaçait seront réinstallées temporairement.Les unités de piles ne pèsent presque rien dans l\u2019environnement de microgravité, mais elles peuvent être encombrantes pour les astronautes (elles sont de la taille d\u2019un réfrigérateur miniature).Elles sont donc déplacées grâce à un bras motorisé, et les astronautes sortent dans l\u2019espace pour les brancher et les débrancher.Après l\u2019opération d\u2019aujourd\u2019hui, il faudra au moins quatre autres sorties pour terminer le remplacement des 48 piles nickel-hydrogène par 24 piles li- thium-ion.Les sorties pourraient avoir lieu à la fin 2019 ou au début 2020.Les nouvelles piles fonctionneront pendant au moins 10 ans, mais la NASA s\u2019attend à ce qu\u2019elles durent en fait 20 ans.Elles devraient donc permettre à la SSI d\u2019emmagasiner l\u2019énergie du soleil jusqu\u2019à la fin de son mandat céleste.Il est prévu que la NASA abandonne la SSI en 2024, mais des élus américains tentent actuellement de prolonger son financement jusqu\u2019en 2030.ALEXANDER GERST / AGENCE SPATIALE EUROPÉENNE / AGENCE FRANCE-PRESSE Les astronautes s\u2019entraînent très longtemps pour des opérations comme celle-ci, mais lorsque c\u2019est leur première sortie dans l\u2019espace, on ne sait jamais comment ils vont réagir MARIE-ANDRÉ MALOUIN » SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 8 AVRIL 2019 Autrefois l\u2019apanage d\u2019extrémistes ou de marginaux, comme le groupe punk animaliste Vegan Reich, le véganisme fait aujourd\u2019hui recette, même si, dans les faits, peu de gens embrassent réellement ce mode de vie.RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR Le véganisme n\u2019est plus seulement l\u2019apanage de militants ou de quelques exaltés.Miley Cyrus, Bill Clinton, Beyoncé et plusieurs icônes hollywoodiennes dont les principes n\u2019ont jamais été revendicateurs optent aujourd\u2019hui pour le « sans cruauté animale ».Partant de là, une question se pose : le véganisme est-il devenu, comme certains de ses détracteurs l\u2019affirment, un phénomène touchant surtout les jeunes occidentaux aisés, citadins, scolarisés et progressistes ; et plus particulièrement les femmes ?Médiatiquement, on pourrait être tenté de croire que oui.Du moins, si l\u2019on décortique un peu le genre de per- sonæ que ciblent les grandes campagnes marketing de produits véganes ou les initiatives comme le Défi végane 21 jours, relevé par une écrasante majorité de femmes (95 %).Philosophiquement (et dans la pratique), il en est autrement.Un paradoxe demeure : la communauté végane ne grossit que très lentement, en dépit de la popularité que gagne indéniablement le mouvement, comme l\u2019explique la philosophe Valéry Giroux, auteure avec Renan Larue du livre Le véganisme (Presses universitaires de France).Déplacement du seuil de sensibilité Pour Christiane Bailey et Jean- François Labonté, auteurs de La philosophie à l\u2019abattoir (Atelier 10), la question de nos devoirs envers les animaux n\u2019est pas une préoccupation récente de citadins déconnectés de la nature.Elle s\u2019inscrit dans une longue histoire de la philosophie occidentale, de Pythagore à Derrida, qui résonne au-delà des clivages idéologiques et politiques.La récente ambiguïté quant à la souffrance animale peut être expliquée par un déplacement du seuil de la sensibilité des populations occidentales.C\u2019est l\u2019avis de Larue et Giroux, qui croient que, si le sexe est moins déterminant dans le choix de renoncer aux produits d\u2019origine animale, d\u2019autres paramètres, comme le niveau d\u2019éducation et de revenus, jouent un rôle significatif.Valéry Giroux croit que la place que prend le véganisme dans les médias s\u2019explique aussi par plusieurs facteurs : la force des arguments en sa faveur, l\u2019intérêt que lui portent de plus en plus d\u2019omnivores, les réactions (favorables et défavorables) de l\u2019industrie et les actions «dérangeantes» (manifestations, campagnes de sensibilisation, vandalisme) menées par certains animalistes.Pour l\u2019ethnologue, anthropologue et auteur français Jean-Pierre Digard (L\u2019animalisme est un anti-humanisme, CNRS Éditions, 2018), c\u2019est « sur le double terreau de la diffusion hégémonique du phénomène animal de compagnie et de l\u2019intensification de l\u2019élevage de production que sont nés et se sont développés les sensibilités ani- malitaires, puis l\u2019activisme animaliste, antispéciste et véganien ».Au cours des dernières années, c\u2019est surtout le « statut culturel » des animaux comme les chiens et les chats qui a changé.« Désormais omniprésents, explique Digard, les animaux de compagnie sont \u201caimés\u201d avec ostentation [surtout en ligne] et de plus en plus \u201can- thropomorphisés\u201d.» La part considérable des budgets familiaux qui leur est consacrée s\u2019élève à environ 4 milliards d\u2019euros par année dans l\u2019Hexagone.« Pas d\u2019amis avec d\u2019la salade » Dans un monde de carnivores, une image précède souvent le végane : celle du casse-pieds, de l\u2019empêcheur de gruger en rond ; il est nimbé de cette aura cristallisée par la désormais classique ritournelle « végéphobe » (pour reprendre l\u2019expression des militants) adressée à Lisa Simpson par sa famille : « Pas d\u2019amis avec d\u2019la salade ».« Être végane dans une société spéciste comme la nôtre, c\u2019est encore à ce jour accepter d\u2019agir comme un pionnier et de se livrer à une certaine forme d\u2019activisme au quotidien », affirme Valéry Giroux.Si certains parlent d\u2019activisme, d\u2019autres n\u2019hésitent pas à y voir un « procès », sinon une « guerre ».On pouvait à ce titre récemment lire dans le Courrier international le gros titre suivant : « Végans contre bouchers, une nouvelle guerre de religion ».Si le Québec n\u2019a pas énormément souffert de ce que certains nomment le « terrorisme végane », on se souviendra que la boucherie Grinder, dans Griffintown, à Montréal, a été vandalisée en juin 2017.Des activistes y avaient laissé un message se terminant par « Ensemble pour un futur 100 % végétaire ».Quelques mois avant, Le véganisme, au-delà des effets de mode Malgré la visibilité du mouvement végane, la communauté grossit lentement « Être végane dans une société spéciste comme la nôtre, c\u2019est encore à ce jour accepter d\u2019agir comme un pionnier et de se livrer à une certaine forme d\u2019activisme au quotidien », affirme la philosophe Valéry Giroux.PHILIPPE HUGUEN AGENCE FRANCE-PRESSE c\u2019était Le Marchand du bourg, une boucherie à l\u2019ancienne du quartier Ro- semont, que ciblait une campagne de dénigrement en ligne sur les médias sociaux.Débat sémantique Le débat se poursuit par ailleurs sur le terrain du langage, comme pour d\u2019autres revendications minoritaires nées dans les milieux militants, théorisées dans les campus et libérées sur les réseaux sociaux au cours des dernières années.L\u2019organisme PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), par exemple, écrivait sur son compte Twitter (en anglais), en décembre 2018 : « Tout comme il est devenu inacceptable d\u2019utiliser un langage raciste, homophobe ou capacitiste, les phrases qui banalisent la cruauté envers les animaux disparaîtront à mesure que les gens commenceront à apprécier les animaux pour qui ils sont et commenceront à \u201crapporter les bagels à la maison\u201d plutôt que le bacon [bring home the bacon].» L\u2019organisme suggérait aussi plusieurs expressions comme « prendre la fleur par les épines » plutôt que « le taureau par les cornes».Si le vocabulaire semble parfois dévorer les concepts et que certains militants semblent à leur tour dévorer les chercheurs, le risque demeure de voir en l\u2019autre un adversaire susceptible d\u2019être voué à l\u2019anathème \u2014 ce que la chambre d\u2019écho des réseaux sociaux permet si facilement.Comme l\u2019écrivent Christine Bailey et Jean-François Labonté : « [Critiquer] individuellement les consommateurs rend les débats stériles et pousse les gens à se sentir attaqués personnellement et à adopter une posture défensive.» 2017 C\u2019est l\u2019année où la boucherie Grinder, dans Griffintown, à Montréal, a été vandalisée, alors que le Québec n\u2019avait, avant cela, pas énormément souffert de ce que certains nomment le « terrorisme végane ». LEDEVOIR // LE LUNDI 8 AVRIL 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Raphaël Fischler* Doyen de la Faculté de l\u2019aménagement de l\u2019Université de Montréal Il ne se passe pas un mois, sem- ble-t-il, sans qu\u2019une structure patrimoniale soit mise à terre au Québec ou qu\u2019une rénovation lui inflige un outrage architectural.Cet état de fait est la conséquence de nos choix collectifs.Québec vient de se doter d\u2019une Politique culturelle qui fait du patrimoine un des « éléments fondamentaux de la vitalité du territoire ».Montréal a adopté un Plan d\u2019action en patrimoine, qui vise une meilleure mise en œuvre de sa Politique du patrimoine de 2005.Ces initiatives sont les bienvenues, mais elles ne suffisent pas.Seule une augmentation significative des investissements publics fera une différence.Alors que la définition du patrimoine historique s\u2019élargit et que les enjeux de la conservation se complexifient, les moyens d\u2019action changent peu.Des organismes tels qu\u2019Héritage Montréal ont beau déployer des efforts admirables, l\u2019intérêt du public semble se focaliser sur le « verdissement » des constructions neuves plutôt que sur la conservation du patrimoine.La vigueur des marchés immobiliers renforce la perception de la conservation comme une entrave.La jeunesse, qui se mobilise pour la durabilité et la résilience, ne semble pas désireuse de faire de la conservation du patrimoine un sujet de carrière professionnelle.Malgré les efforts de recrutement et le rayonnement des activités de recherche à la Faculté de l\u2019aménagement, et bien que nos diplômés occupent des postes intéressants, notre programme de maîtrise en Conservation du patrimoine bâti attire de moins en moins de candidats, et nos cours dans le domaine voient leur fréquentation diminuer.Cette situation si décevante est due au fait qu\u2019il n\u2019y a pas assez de demande en spécialistes de la conservation du patrimoine, ni assez de reconnaissance de leur contribution à la qualité des projets et des plans.Le manque de demande et de reconnaissance est lui-même dû au fait que ni l\u2019État ni le secteur privé n\u2019ont créé un marché de l\u2019emploi dans le domaine.L\u2019exemple américain La situation est fort différente aux États-Unis.Depuis 1976, le Federal Rehabilitation Tax Credit offre des crédits d\u2019impôt très substantiels pour la rénovation de bâtiments classés.Cet incitatif a stimulé des investissements massifs (7,16 milliards de dollars en 2016) et permis la rénovation de plus de 42 000 bâtiments de tous types.Surtout, le « Historic Tax Credit » a créé un marché de l\u2019emploi en conservation du patrimoine bâti.Du côté du secteur privé, une demande de participation au programme de crédit d\u2019impôt comporte une évaluation experte des qualités patrimoniales du bien foncier, une description détaillée des travaux proposés et un rapport final sur les travaux effectués.Du côté du gouvernement, l\u2019octroi de crédits d\u2019impôt exige une analyse critique des rapports d\u2019expertise et autres documents.Tout cela crée une demande à laquelle des programmes universitaires répondent depuis des décennies.En même temps, le crédit d\u2019impôt a permis la création d\u2019une alliance publique privée en faveur de la conservation du patrimoine bâti.Le Comité permanent de l\u2019environnement et du développement durable de la Chambre des communes a recommandé au gouvernement fédéral de créer un crédit d\u2019impôt pour la restauration de bâtiments patrimoniaux.Le gouvernement du Québec doit en faire de même.Les connaissances pointues et la bonne volonté que l\u2019on retrouve au sein des universités, de la société civile et du gouvernement ne suffisent pas.Tant que l\u2019État ne consentira pas les investissements nécessaires par l\u2019entremise d\u2019un crédit d\u2019impôt ou d\u2019un outil similaire, conservation continuera à rimer avec frustration \u2014 frustration des propriétaires privés, qui ne trouvent pas leur compte dans l\u2019achat et la réhabilitation d\u2019un bien patrimonial, et frustration des défenseurs du patrimoine québécois, qui le voient disparaître monastère par monastère, maison par maison.*Ont également signé ce texte : Christina Cameron, Claudine Déom, Julia Gersovitz, Jacques Lachapelle, professeures et professeur à l\u2019Université de Montréal Le compromis exige d\u2019être deux Selon Francine Pelletier (« La tour de Babel », 3 avril 2019), le projet de loi sur la laïcité aurait pour effet de « travestir les principes garantis par les chartes ».Le discours de Mme Pelletier, comme celui de bien d\u2019autres, tient les droits individuels pour des absolus.Or, ils n\u2019en sont pas.Même pas selon les chartes.Pour mettre fin au débat sur la laïcité, il faut reconnaître cela et il faut simplement que les deux camps acceptent de faire un compromis.Pour la majorité \u2014 et il me semble ici que cette majorité est composée non pas uniquement de francophones de souche, mais de francophones, d\u2019anglophones et de citoyens et citoyennes d\u2019autres origines \u2014, ce compromis consiste à accepter la présence de signes religieux ostentatoires partout dans l\u2019espace public, sauf dans les lieux de travail pour certaines catégories d\u2019employés.Voilà le compromis que fait cette majorité, et il est très important.Et que fait la minorité ?Elle refuse quelque compromis que ce soit : nos droits sont des absolus et les chartes vous interdisent d\u2019y toucher.Bien sûr, le projet de loi sur la laïcité crée une entorse à la liberté de religion, quoi qu\u2019en dise François Legault, mais il s\u2019agit d\u2019une entorse mineure.Le seul compromis qui est demandé à la minorité, c\u2019est que certains de ses membres s\u2019abstiennent de porter des signes religieux ostentatoires sur leur lieu de travail, c\u2019est-à- dire qu\u2019ils acceptent cette légère entorse à leur liberté de religion.Cette demande de la majorité n\u2019exprime aucune « angoisse viscérale ».Tant que les croisés des droits individuels absolus continueront de réfléchir en ces termes, il n\u2019y aura aucune issue à ce débat.Yvan Giroux Gatineau, le 5 avril 2019 La réponse de Francine Pelletier Bien d\u2019accord que les droits fondamentaux ne sont pas « absolus ».Seulement, comme le rappelait Gérard Bouchard récemment, « la restriction ou la suppression d\u2019un droit fondamental n\u2019est admissible que si elle s\u2019appuie sur un motif d\u2019ordre supérieur reconnu par les tribunaux ».Or, ce motif n\u2019existe pas.Il ne sévit aucune crise actuellement au Québec qui mériterait d\u2019être présentée devant un juge.N\u2019est-ce pas précisément pourquoi le gouvernement Legault invoque la disposition de dérogation ?Pour empêcher que les tribunaux l\u2019obligent à repenser sa loi.Loin d\u2019être « mineure », l\u2019entorse causée ici est grave puisqu\u2019elle malmène les fondements mêmes de la démocratie.Patrimoine : joindre le geste à la parole LIBRE OPINION LETTRES IMMOBILIER Qui peut prédire la suite ?force d\u2019entendre crier au loup, plus personne ne croit les experts qui prédisent l\u2019écrasement imminent du marché immobilier canadien.Encore moins celui de Montréal.Au cours du premier trimestre de 2019, Montréal a même connu une meilleure performance que Vancouver et Toronto en ce qui a trait à la hausse des ventes, soit 5,5 %, et du prix moyen, qui atteint maintenant 406 332 $, selon une analyse de Royal LePage.Pendant ce temps, le marché de Toronto connaissait aussi une hausse du prix moyen, de 3,4 %, mais celui de Vancouver subissait une baisse de 1,5 % par rapport au même trimestre de l\u2019an dernier.Dans ce dernier cas, la baisse n\u2019est pas insignifiante, puisque le prix des propriétés de Vancouver est trois fois supérieur à celui de Montréal.Pour en arriver à un tel renversement de tendance, il a fallu que la demande soit elle-même en forte baisse.D\u2019ailleurs, selon le regroupement MLS, les ventes de propriétés à Vancouver ont été, le mois dernier, de 31 % inférieures à celles de mars 2018.Évidemment, ces trois marchés sont peu comparables, ne serait-ce qu\u2019à cause de l\u2019activité économique et financière beaucoup plus intense à Toronto, de l\u2019attractivité géographique et de la rareté d\u2019espace à Vancouver et de l\u2019intérêt que représentent ces deux villes pour les investisseurs d\u2019origine étrangère, notamment les riches Chinois en quête de lieux sûrs pour recycler leur fortune.Peu comparable, du moins jusqu\u2019à récemment, puisque les choses semblent évoluer ; depuis que Vancouver et Toronto imposent une taxe de 20 % et 15 % respectivement à l\u2019achat d\u2019une propriété par des étrangers, le marché montréalais subit aussi des pressions à la hausse, quoique beaucoup moins fortes.Dans son dernier budget, le ministère des Finances du Québec constate ainsi que le nombre de transactions résidentielles conclues par des résidants étrangers sur l\u2019île de Montréal a grimpé de 50 % depuis deux ans.Un pourcentage élevé, certes, mais qui n\u2019exprime pour l\u2019instant qu\u2019une tendance, puisque la proportion des transactions totales effectuées par ces acheteurs étrangers est d\u2019à peine 3,4 % sur l\u2019île comparativement à 1,7 % en 2006.Le hic, c\u2019est que ces acquisitions, surtout circonscrites au marché des copropriétés de luxe du centre-ville, expliquent certainement une partie des hausses de prix constatées dans ces quartiers et, par effet de contagion, dans les quartiers avoisinants.Compte tenu de ce qu\u2019on a pu observer ailleurs au pays, on comprend l\u2019administration montréalaise de réclamer de Québec le pouvoir d\u2019imposer à terme une taxe spéciale.Avec l\u2019ajout récent de vols directs Montréal- Pékin et Montréal-Shanghai, une économie stable et des universités de bonne réputation, il ne serait pas surprenant d\u2019assister à une accélération du phénomène.À Vancouver et à Toronto, on a trop attendu.Il serait impardonnable que le même phénomène se reproduise à Montréal, où le prix des propriétés continue de croître, malgré le resserrement des règles d\u2019emprunt et un début de hausse des taux d\u2019intérêt.Devant le ralentissement récent observé à Toronto et à Vancouver, les chambres immobilières font pression sur les autorités fédérales pour revenir aux anciennes conditions d\u2019emprunt, plus souples.Ce serait une mauvaise décision compte tenu du niveau d\u2019endettement général des ménages canadiens et du prix déjà très élevé des propriétés.Dans son dernier rapport, le FMI classe d\u2019ailleurs ces deux villes parmi les zones à risque d\u2019éclatement d\u2019une bulle immobilière dans le monde.Le problème avec l\u2019immobilier, c\u2019est qu\u2019une baisse des prix n\u2019entraîne pas nécessairement une hausse de la demande, puisque les acheteurs potentiels retardent leur décision dans l\u2019espoir de nouvelles baisses.Il s\u2019ensuit dès lors une spirale descendante, dont on ne peut prédire la fin.L\u2019immobilier, y compris l\u2019industrie de la construction, étant intimement lié au secteur financier, un éventuel écrasement du marché tirerait l\u2019ensemble de l\u2019économie vers le bas.Dans son dernier budget, le ministre fédéral Bill Morneau a résisté aux pressions des agents immobiliers.Il a plutôt fait le choix d\u2019aider les jeunes ménages à acquérir une première propriété en haussant le plafond du Régime d\u2019accès à la propriété (RAP) de 25 000 $ à 35 000 $ et en autorisant la SCHL à prendre une participation (remboursable à la revente) de 10 % lors de l\u2019achat d\u2019une maison neuve.Retenons-nous de crier au loup, tout en reconnaissant que la prudence est de mise.Cela dit, en immobilier comme à la Bourse, il est bien téméraire de tenter de trouver le meilleur moment pour acheter ou vendre un titre.En fait, le meilleur moment est toujours celui qui correspond à nos besoins, selon nos moyens.ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu À JEAN-ROBERT SANSFAÇON Révisez vos livres d\u2019histoire, Monsieur Steinberg ! Dans cette langue d\u2019adoption qui est devenue vôtre, vous avez utilisé des termes qui devraient vous faire rougir de honte, avec un nom et un âge qui ne vous donnent aucune excuse au regard de l\u2019histoire du XXe siècle.Nettoyage ethnique ?Pour oser dire ouvertement de telles infamies face à un gouvernement élu démocratiquement, qui plus est au regard de vos fonctions d\u2019élu, considérez-vous chanceux, en tant que membre de la communauté anglophone, de vivre dans une province où la liberté d\u2019expression n\u2019est pas celle des francophones hors province.Comme c\u2019est le cas pour beaucoup trop d\u2019immigrants, l\u2019histoire du Québec et de son peuple [\u2026] ne vous a sans doute jamais intéressé.De l\u2019histoire ancienne, direz-vous, mais c\u2019est justement en raison de cette historicité que le peuple du Québec a réussi contre vents et marées à survivre et à prendre conscience, depuis la Révolution tranquille, de l\u2019importance de la laïcité.Nettoyage ethnique ?Vous insultez des millions de victimes ! Le Québec a connu sa période d\u2019obscurantisme où l\u2019Église venait s\u2019immiscer jusque dans la chambre à coucher du peuple.Il aura fallu une véritable prise de conscience pour se débarrasser de tout signe religieux et ne plus être sous son emprise.Vénérer un dieu n\u2019a nul besoin d\u2019être exhibé sur la place publique.On le garde pour soi et chez soi.Pas au-delà.Philippe Bensimon Le 6 avril 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 8 AVRIL 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Antoine Ross-Trempe Éditeur et auteur Il y a quelques semaines, trois scientifiques invités à Tout le monde en parle ont été la cible de propos haineux pour avoir simplement défendu le consensus scientifique sur l\u2019efficacité et l\u2019innocuité des vaccins pour la prévention des maladies infectieuses.Comment expliquer la popularité grandissante des discours anti-vaxxers?Qu\u2019est-ce qui motive certaines personnes à mettre la vie de leurs enfants (et celle des autres) en danger ?Sont- elles seulement victimes de gourous au- toproclamés qui se servent d\u2019Internet comme d\u2019un mégaphone à faussetés dans le but de vendre des pierres magiques ?Pourquoi un tel aveuglement devant les faits et une telle surdité devant les affirmations des scientifiques ?Au-delà de la faiblesse des arguments factuels avancés par les anti-vaxxers (les vaccins causent l\u2019autisme, les ingrédients des vaccins sont toxiques, etc.), il est utile de s\u2019interroger sur les motivations qui guident ces mouvances pour mieux les comprendre et mieux les endiguer.La journaliste Laurie Garrett, lauréate du prix Pulitzer, recense deux foyers d\u2019anti-vaxxers particulièrement actifs aux États-Unis : il y a le pôle Deep South (du Missouri au Texas) et le pôle côte ouest (centré sur Portland, en Oregon).Il est intéressant de constater que le mouvement anti-vaccin s\u2019est implanté à la fois dans des régions plus conservatrices votant républicain et dans celles, plus progressistes, votant démocrate.Ces deux groupes expriment la même opposition, mais pour des raisons légèrement différentes : les premiers, plus près des libertariens et des évangélistes chrétiens, craignent d\u2019abord « l\u2019État » ou « les élites » et les organismes de régulation qui en sont la partie apparente, comme la Food and Drug Administration.L\u2019ennemi n\u2019est pas tant les vaccins eux-mêmes que la peur d\u2019une éventuelle obligation de vacciner, perçue comme un autre abus de pouvoir d\u2019un État corrompu et idéo- logiquement partial.Le deuxième foyer est formé de gens plutôt à gauche qui ne font pas confiance aux grandes compagnies pharmaceutiques et à la médecine moderne.Comme « l\u2019État » pour le premier groupe, le « Big Pharma » est ici vu comme un ennemi tapi dans l\u2019ombre, un groupe obscur qui contrôle, en coulisse, toutes les décisions de santé publique.Les médecins, les pharmaciens et tous les spécialistes de la santé, dès lors qu\u2019ils se prononcent en faveur des vaccins, sont immédiatement intégrés à cette nébuleuse dangereuse contrôlée par des intérêts purement commerciaux prêts à empoisonner la population pour engranger les profits.On le constate, loin d\u2019être seulement un problème de connaissances scientifiques, la position des anti-vaxxers est motivée par d\u2019autres préoccupations (conscientes ou non), qui ont finalement bien peu à voir avec la recherche de la vérité et ne se situent pas sur le même plan que les faits scientifiques.Ce sont des motivations que l\u2019on pourrait qualifier de politico-religieuses : le besoin de liberté (face aux puissants), une volonté de pureté (du corps), une peur des institutions sans visage, le besoin de se regrouper en groupes homogènes, le besoin de se différencier de la masse, etc.Ces peurs proto-politiques se heurtent à un discours scientifique qui ne sait pas trop quoi faire de ces MOUVEMENT ANTI-VACCIN LOUISE BEAUDOIN Laïcité et progressisme S \u2019il faut rendre à César ce qui est à César selon Jésus lui-même, commençons par blâmer les libéraux pour avoir laissé pourrir la situation à ce point.Il y aura onze années en mai que, dans son rapport final, la commission Bou- chard-Taylor invitait le gouvernement à produire un livre blanc sur la laïcité, qui aurait servi à définir le concept, à tenter de trouver des consensus, en d\u2019autres termes à commencer par le commencement.L\u2019incurie des libéraux, si durable, aura finalement coûté très cher au climat social.Pas étonnant, dans ces circonstances, que le premier ministre Legault ait commencé sa récente « adresse à la nation » par un « enfin ! » bien senti, un quasi « Amen », après tant d\u2019années de laisser-aller ou, plus justement, de « rien faire ».S\u2019il n\u2019est pas parfait ou de conception immaculée, qu\u2019il ne va pas assez loin pour certains ou qu\u2019il va trop loin pour d\u2019autres, le projet de loi sur la laïcité de l\u2019État a plusieurs mérites.D\u2019abord, celui d\u2019être accompagné d\u2019un véritable serment à retirer le crucifix du Salon bleu de l\u2019Assemblée nationale.Comment a-t-on pu jusqu\u2019ici justifier pareille incohérence ?Là-dessus, rendons grâce aux caquistes pour avoir privilégié le bon sens face à leurs intérêts purement électoralistes ou clientélistes.L\u2019inclusion d\u2019une clause de droits acquis pour les personnes visées par l\u2019interdiction de porter des signes religieux au moment de la présentation du projet de loi permet aussi au premier ministre de jouer la carte de la modération.L\u2019évacuation de la dimension « ostentatoire », et par le fait même des rubans à mesurer, s\u2019ajoute à la colonne des plus, tout comme le recentrage du débat sur la laïcité comme telle.Exit donc les pompeuses « valeurs québécoises » et tout le superflu qui accompagnait le projet de charte présenté par le gouvernement Marois.Comme le rappelaient en 2010 les Intellectuels pour la laïcité menés par Guy Rocher, la laïcité fait partie de l\u2019histoire du Québec, depuis les Lumières jusqu\u2019à la déconfessionna- lisation des commissions scolaires en 1998, en passant par la Déclaration d\u2019indépendance des patriotes, en 1838, et la modernisation de la société lors de la Révolution tranquille.Il est de bon ton pour les détracteurs du projet de loi actuel de parler de la laïcité comme d\u2019un concept étranger au Québec, en effaçant un courant pourtant bien présent tout au long de l\u2019évolution de note société distincte en Amérique du Nord.Il est faux \u2014 presque blasphématoire \u2014 de prétendre que nous avons commencé à parler de laïcité seulement récemment au Québec.C\u2019est d\u2019ailleurs dans une perspective historique qu\u2019il faut accueillir ce qui ne constitue rien de moins qu\u2019un jalon.Qu\u2019on y pense : c\u2019est la première fois qu\u2019une loi va proclamer en son article premier que « l\u2019État du Québec est laïque » et que la Charte des droits et libertés de la personne sera modifiée pour inclure l\u2019« importance fondamentale que la nation québécoise accorde à la laïcité de l\u2019État » alors que le Canada, lui, est fondé à la fois sur « la suprématie de Dieu et la primauté du droit », deux principes contradictoires.Pourquoi ne pas situer le débat dans ce courant progressiste ?Ne l\u2019oublions pas : aussi importante que soit la question de l\u2019interdiction du port des signes religieux, elle n\u2019est pas la raison d\u2019être du projet, ni une fin en soi, mais une conséquence simple et logique de l\u2019affirmation de la neutralité de l\u2019État incarnée par certains de ses agents et de leur nécessaire devoir de réserve pendant les heures de travail.C\u2019est enfin dans une perspective féministe qu\u2019on peut applaudir le projet de loi sur la laïcité.Dans son avis, publié en 2011, « Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l\u2019égalité réelle entre les femmes et les hommes », le Conseil du statut de la femme rappelait « qu\u2019à mesure que l\u2019État s\u2019est dissocié de la religion, les femmes ont progressé sur le chemin de l\u2019égalité ».C\u2019est une incontestable vérité qui se vérifie partout dans le monde et qui vaut aussi pour les communautés LGBTQ +.Tout cela pour dire qu\u2019il existe ici, et depuis fort longtemps, une gauche laïque et progressiste.Alors, quand les néo-marxistes de Québec solidaire décident fort curieusement d\u2019embrasser le religieux sans retenue et sans nuances, on a vraiment envie de citer à nouveau Jésus: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu\u2019ils font ».David Bowles Président de la Fédération des établissements d\u2019enseignement privés Monsieur Vigneault, dans votre texte d\u2019opinion « Financement scolaire : la gestion des méfaits a fait son temps », publié le 3 avril, vous décrivez l\u2019école privée comme étant exclusive, sélective et réservée à une élite privilégiée.C\u2019est loin d\u2019être la situation des écoles privées au Québec.En 2011, un groupe de travail mis sur pied par la ministre Beauchamp avait effectué une étude auprès des écoles privées, afin de connaître le nombre d\u2019élèves ayant un plan d\u2019intervention.On en comptait alors 8,6%.Une étude similaire réalisée en 2018 auprès des membres de la Fédération des établissements d\u2019enseignement privés indique que plus de 18% des élèves des écoles secondaires et 14% des élèves des écoles primaires ont un plan d\u2019intervention.Il s\u2019agit d\u2019une augmentation considérable.Les écoles privées ont pris les moyens nécessaires pour accueillir et garder des élèves qui éprouvent des difficultés, en mettant en place des mesures pour bien les accompagner, en priori- sant le développement professionnel des enseignants et en embauchant du personnel spécialisé.Selon les données obtenues du MEES, les élèves issus de l\u2019immigration (1re ou 2e génération) sont bien représentés au sein des écoles privées.On y observe une grande diversité de cultures d\u2019origine, un trait distinctif des écoles privées québécoises, comparativement à certains endroits en Amérique du Nord où le choix d\u2019une école se fait davantage en fonction de la religion et où les frais de scolarité parfois très élevés en limitent l\u2019accessibilité.L\u2019hypothèse voulant que l\u2019abolition du financement de l\u2019école privée soit la meilleure façon d\u2019assurer la mixité scolaire semble séduisante, mais elle n\u2019est pas fondée.Le mode de gestion des écoles n\u2019explique pas les écarts entre les élèves de différents milieux en matière de réussite scolaire.Certains pays, comme les États-Unis, où les écoles privées reçoivent peu ou aucun financement public affichent une moins bonne performance en matière d\u2019équité que d\u2019autres où elles reçoivent un financement public important, comme la Belgique et l\u2019Irlande.Cela est bien illustré dans le Bilan Innocenti, publié par l\u2019UNICEF en 2018.Ségrégation préexistante Scolariser tous les élèves à l\u2019école publique n\u2019est pas un gage de mixité scolaire, puisque l\u2019attribution d\u2019une école en fonction du code postal représente déjà une forme de ségrégation, le lieu de résidence étant en partie déterminé par le revenu des familles.Par ailleurs, dans plusieurs pays, on observe une prolifération des services de tutorat.Ainsi, un nombre croissant de parents qui n\u2019ont pas accès à l\u2019école privée paient un tuteur ou des programmes spéciaux après l\u2019école pour que leur enfant bénéficie d\u2019enrichissement.Même si tous les jeunes fréquentent la même école, ces parents veillent à ce que leur enfant suive un programme enrichi, mais au détriment de sa qualité de vie et de ses temps libres.On mentionne souvent l\u2019exemple de l\u2019Ontario, qui a aboli le financement public des écoles privées.Dans cette province, les élèves de la classe moyenne se trouvent en grand nombre dans des programmes particuliers sélectifs, notamment d\u2019immersion.De plus, en Ontario et dans d\u2019autres provinces canadiennes, certains conseils scolaires catholiques requièrent que l\u2019élève ou l\u2019un de ses parents soit baptisé pour fréquenter une école catholique, ce qui a pour effet d\u2019exclure bien des jeunes.Par ailleurs, même si les écoles privées n\u2019y sont pas subventionnées, leur fréquentation est en hausse.Notons de plus que c\u2019est en Colombie-Britannique, et non au Québec, qu\u2019on observe la plus forte proportion d\u2019élèves qui fréquentent l\u2019école privée (13 %) au Canada.Un rapport publié par le Conseil supérieur de l\u2019éducation en 2016 affirmait que le Québec est la province la plus inégalitaire en matière d\u2019éducation.Ce constat est souvent repris dans les médias.Toutefois, l\u2019analyse des résultats des derniers tests PISA montre que c\u2019est en Ontario qu\u2019on observe le plus d\u2019écart entre les élèves de milieux défavorisés et les autres (Bilan Inno- centi 15, UNICEF, p.31), lorsqu\u2019on utilise comme critère les résultats en lecture des élèves de 15 ans, ce qui s\u2019avère un bon indicateur de la poursuite d\u2019études supérieures.Finalement, l\u2019étude des taux de di- plomation des différentes commissions scolaires québécoises montre qu\u2019il n\u2019y a pas de lien entre ce taux et le nombre d\u2019écoles privées présentes sur le territoire.Il faut donc faire preuve de prudence avant d\u2019affirmer que le financement des élèves qui fréquentent l\u2019école privée est la cause des faibles taux de diplomation.L\u2019équité en éducation est un enjeu complexe auquel il n\u2019y a pas de solution simple.La réflexion est en cours à l\u2019échelle du Québec et se fait aussi au niveau des écoles, car les mentalités changent et plusieurs parents et enseignants qui choisissent l\u2019école privée tiennent à ce que ces écoles soient des milieux inclusifs.Pour que cette réflexion porte ses fruits, suivons les conseils des enseignants, et faisons preuve de rigueur.ÉDUCATION Un problème de culture scientifique ou politico-religieux ?questions.Les scientifiques ont beau taper, avec un courage qu\u2019il ne faut surtout pas minimiser, sur le clou à coups de faits scientifiques, les anti-vaxxers se sentent persécutés, incompris et ressortent galvanisés par ce qu\u2019ils perçoivent comme des attaques.Le problème, c\u2019est que la santé fait partie, avec l\u2019alimentation et la sexualité, de ces questions trop complexes pour être épuisées par des réponses exclusivement factuelles.Ce n\u2019est pas pour rien que toutes les religions ont imposé des commandements stricts pour régir ces trois pôles fondamentaux de la vie humaine : se nourrir, rester en santé et se reproduire sont les clés de la survie de l\u2019espèce, et ces mécanismes sont enfouis profondément en chacun de nous depuis des centaines de milliers d\u2019années.Les questions liées à la santé sont donc particulièrement difficiles à discuter rationnellement, et potentiellement explosives, parce qu\u2019elles convoquent nos valeurs profondes sur ce qu\u2019est une vie saine, sur notre rapport à la liberté et sur nos craintes face à l\u2019autorité.Mais bref, pour faire face à ces discours, il n\u2019y a que deux options : la coercition pure et simple (c\u2019est l\u2019option adoptée par plusieurs pays, où la vaccination est obligatoire) ; ou nous continuons la discussion, mais en comprenant que si celle-ci doit s\u2019appuyer sur la science, elle ne doit pas s\u2019y limiter.Il est impératif d\u2019utiliser tous les outils psychologiques et éducatifs à notre disposition pour comprendre et calmer les différents types de préoccupations qui émergent de ce débat afin de rallier un maximum de personnes à cette question d\u2019une importance capitale.Abolir le financement au privé n\u2019est pas la solution Scolariser tous les élèves à l\u2019école publique n\u2019est pas un gage de mixité scolaire Loin d\u2019être seulement un problème de connaissances scientifiques, la position des anti-vaxxers est motivée par d\u2019autres préoccupations (conscientes ou non), qui ont finalement bien peu à voir avec la recherche de la vérité et ne se situent pas sur le même plan que les faits scientifiques Ne l\u2019oublions pas : aussi importante que soit la question de l\u2019interdiction du port des signes religieux, elle n\u2019est pas la raison d\u2019être du projet, ni une fin en soi, mais une conséquence simple et logique de l\u2019affirmation de la neutralité de l\u2019État incarnée par certains de ses agents et de leur nécessaire devoir de réserve pendant les heures de travail LEDEVOIR // LE LUNDI 8 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Un homme s\u2019épongeant le cou à une intersection de Tokyo, le 24 juillet dernier, alors que le Japon traversait une vague de chaleur qui a fait plus d\u2019une soixantaine de morts.MARTIN BUREAU AGENCE FRANCE-PRESSE L e Japon est un petit pays insulaire, qui paie déjà les frais de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes.Et pourtant, son gouvernement ne s\u2019attaque que timidement à la lutte contre les changements climatiques.Quant au sort de sa population riveraine, plutôt que de consolider la protection de ses côtes, le gouvernement nippon mise sur l\u2019évacuation.« En matière de mesures concrètes, on est un peu en retard », admet candidement Tomoyuki Okada, du ministère japonais des Terres, de l\u2019Infrastructure, du Transport et du Tourisme.Les dernières années ont été rudes, dans l\u2019archipel.Typhons et pluies torrentielles s\u2019y sont succédé, en faisant chaque fois de nombreuses victimes.Le nombre de précipitations diluviennes a augmenté d\u2019environ 1,4 fois en 30 ans \u2014 174 incidents par année en moyenne entre 1976 et 1985, contre 238 précipitations importantes par année entre 2008 et 2017.Les effets du réchauffement planétaire s\u2019y font en outre sentir dans les champs, où la chaleur excessive a abîmé la qualité du riz et malmené les plantations de clémentines.Mais malgré ce dur constat, M.Okada peine à citer des mesures récentes mises en œuvre par son gouvernement pour composer avec ces nouvelles réalités.Des digues sont en place depuis des décennies, rétorque- t-il.Des barrages ont été érigés depuis longtemps pour contrer les marées des tempêtes ou les inondations qu\u2019elles occasionnent.« Le Japon est entouré par la mer.Il y a toujours eu beaucoup de risques de catastrophes naturelles », fait-il valoir.Mais depuis les dernières années ?Le Japon met ses infrastructures à niveau, se contente de répondre le directeur du bureau de gestion de l\u2019eau et des catastrophes du ministère.La démographie du Japon est cependant concentrée en bord de mer et de rivières.La moitié de la population nippone \u2014 qui se chiffre à 126 millions de personnes \u2014 habite 10 % du territoire.Car de grandes parts du pays sont inhabitables, truffées de montagnes.Ces villes en bord de mer sont de surcroît souvent partiellement sous le niveau de l\u2019océan.C\u2019est le cas du cœur administratif de Tokyo, qui vit déjà presque chaque année de petites inondations.Si le niveau de la mer monte de 60cm d\u2019ici 2100, comme le prédit le Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC), le centre-ville de la capitale japonaise aurait une chance sur deux d\u2019être submergé.« Si on améliorait l\u2019infrastructure pour répondre à ce risque d\u2019inondation, il faudrait investir énormément d\u2019argent, note Tomoyuki Okada.Au lieu de renforcer l\u2019infrastructure, on prévoit plutôt des plans d\u2019évacuation pour protéger la population contre ce risque minime.» Son ministère continue en outre à récolter de l\u2019information, pour savoir mieux prédire les risques à venir.Une lutte volontaire Le Japon se hisse au septième rang des plus gros émetteurs d\u2019émissions de gaz à effet de serre de la planète.Le pays a néanmoins ratifié l\u2019Accord de Paris sur le climat et s\u2019est doté d\u2019une cible de réduction de ses GES de 26 % d\u2019ici 2030, par rapport aux niveaux de 2013.Mais les mesures pour y parvenir ne sont pas contraignantes.« Le gouvernement du Japon ne veut pas imposer de réglementation ou de loi.Il souhaite tenir un dialogue avec le secteur privé », explique Hidenori Nishita, du ministère de l\u2019Économie, du Commerce et de l\u2019Industrie.Et les entreprises s\u2019y conforment malgré tout, argue-t-il.« Même s\u2019il n\u2019y a pas de sanctions, les compagnies essaient de respecter les cibles du gouvernement.» Le gouvernement nippon a imposé une taxe carbone en 2012, qui se chiffre toutefois à 3,50 $ par tonne de CO2.À titre comparatif, le gouvernement canadien en impose une lui aussi depuis le 1er avril, fixée à 20 $ la tonne de CO2 et qui sera haussée de 10 $ par année par la suite pour atteindre 50 $ la tonne en 2022.M.Nishita argue que le gouvernement ne veut pas nuire au développement économique ou étouffer les entreprises qui pourraient alors procéder à des mises à pied.Tokyo souhaite en outre éviter d\u2019augmenter les charges publiques de ses citoyens.« Bien sûr, il y a des critiques disant que le gouvernement doit être plus sévère vis-à-vis des entreprises.Mais au Japon, ça se passe comme ça.L\u2019État n\u2019intervient pas dans les activités du secteur privé », fait valoir à son tour Tatsuya Abe, du ministère de l\u2019Environnement.Usage unique Idem pour ce qui est du plastique.Alors que des villes comme Montréal interdisent les sacs et les bouteilles sur leur territoire, et que l\u2019Union européenne compte interdire le plastique à usage unique dans deux ans, le Japon avait refusé l\u2019an dernier de signer la « charte zéro déchet de plastique » du G7, qu\u2019accueillait alors le Canada.L\u2019initiative canadienne visait à éradiquer la pollution et à s\u2019assurer que tout le plastique soit à l\u2019avenir recyclé et réutilisé.« Le gouvernement n\u2019a pas signé au moment du G7, parce qu\u2019il n\u2019avait pas obtenu le consentement des fabricants de plastique, ni des vendeurs ou des détaillants », relate M.Abe.Mais Tokyo pourrait élaborer un plan d\u2019action en la matière en vue du sommet du G20 qu\u2019il accueillera en juin, laisse-t-il entendre.Le constat est frappant, dans les rues de la capitale japonaise, où les tasses de café réutilisables ne sont pas coutume.Les bouteilles d\u2019eau réutilisables encore moins, vues comme d\u2019étonnantes curiosités.Le Japon prévoit réduire de 25 % la quantité de plastique non réutilisable d\u2019ici 2030 et recycler la totalité du plastique sur son territoire d\u2019ici 2035.Le recours du Japon aux énergies fossiles a par ailleurs augmenté au cours des dernières années, à la suite de la fermeture des centrales nucléaires ordonnée après la catastrophe de Fukus- hima en 2011.Le gouvernement prévoit renouer avec le nucléaire, pour en faire la source de 20 à 22 % de son approvisionnement d\u2019électricité en 2030, tandis les énergies renouvelables devraient représenter alors 22 à 24 % du lot, le gaz naturel liquéfié 27 % et le charbon 26 %.Une cible jugée insuffisante par les groupes environnementaux, qui déplorent le fait que l\u2019objectif du gouvernement ne permettra pas de limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius, comme le vise l\u2019Accord de Paris.« On a vu davantage de mesures pour le climat venir de la part de compagnies japonaises que de la part du gouvernement, dénonçait récemment Hisayo Takada de Greenpeace Japan, au journal The Japan Times.En tant qu\u2019hôte du sommet du G20, le gouvernement du Japon ferait bien de leur emboîter le pas.» Notre journaliste a été invitée à Tokyo par le Foreign Press Center Japan.Répercussions des changements climatiques, relance contestée de l\u2019industrie nucléaire, accès des femmes au marché du travail pour stimuler l\u2019économie : le Japon fait face à d\u2019importants défis.Troisième et dernier texte sur quelques enjeux cruciaux au pays du Soleil levant.MARIE VASTEL À TOKYO LE DEVOIR LES DÉFIS DU JAPON À la remorque des changements climatiques Les mesures adoptées par le 7e émetteur d\u2019émissions de GES demeurent timides Les émissions de CO2 par habitant France 4,6t Royaume-Uni 6,5t Belgique 8,3t Allemagne 8,9t Japon 9,5t Pays-Bas 9,9t Canada 15,1 t États-Unis 16,5t Source: Banque mondiale, 2014 Les émissions de GES par pays Belgique 117 Mt Pays-Bas 195 Mt France 465 Mt Royaume-Uni 486 Mt Allemagne 909 Mt Canada 704 Mt Japon 1304 Mt États-Unis 6511 Mt Source: Organisation de coopération et de développement économiques, 2016."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.