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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-04-09, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 77 / LE MARDI 9 AVRIL 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Avis légaux .B2 Économie.B4 Décès .B4 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 Météo .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 CULTURE Le « rideau de verre » perdure pour les femmes en théâtre B 8 MONDE En Iran, Trump cible les Gardiens de la Révolution ACTUALITÉS Le t-shirt comme arme politique de propagande massive A 8 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Ottawa impuissant à protéger le processus électoral Mission accomplie pour David Saint-Jacques.Le Québécois est devenu lundi le quatrième astronaute canadien à effectuer une sortie dans l\u2019espace.Saint-Jacques et sa collègue américaine Anne McClain ont effectué avec succès des tâches d\u2019entretien à l\u2019extérieur de la Station spatiale internationale, et ce, en un peu moins de sept heures, soit plus rapidement que prévu, a indiqué l\u2019agence spatiale américaine (NASA).Les deux astronautes ont notamment déplacé une plaque pour libérer l\u2019accès à une pile défectueuse, mis à niveau le système de communication sans fil de la station et connecté des câbles pour offrir, en cas de coupure, une alimentation de rechange au bras robotisé canadien (Canadarm2).Les astronautes ont amorcé leur sortie dans l\u2019obscurité, mais le Soleil est ensuite apparu, leur offrant des vues imprenables de la Terre, retransmises en direct sur le Web.NASA/AP Mécanos de l\u2019espace AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Quelques vérités sur le viol La juriste Suzanne Zaccour ouvre la discussion « Où se trouvent tous ces violeurs ?» interroge la juriste Suzanne Zaccour dans un essai.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le gouvernement fédéral s\u2019impatiente, devant le peu de gestes des géants du Web pour protéger la prochaine élection de l\u2019ingérence étrangère.La ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, se dit carrément mécontente de l\u2019état de la situation.Mais elle admet également qu\u2019elle n\u2019a plus le temps de légiférer pour leur forcer la main d\u2019ici le scrutin d\u2019octobre prochain.« Les plateformes de médias sociaux plaident depuis quelque temps qu\u2019elles vont s\u2019attaquer aux problèmes.Nous ne les avons pas vues agir de manière satisfaisante et qui nous permette d\u2019être à l\u2019aise de les voir continuer à évoluer dans un système d\u2019autorégle- mentation », a laissé tomber la ministre Gould, en conférence de presse lundi.Quelques minutes plus tôt, le Centre de la sécurité des télécommunications venait de déposer sa plus récente évaluation du niveau de risque d\u2019ingérence étrangère cet automne.VOIR PAGE A 2 : ÉLECTIONS Le temps manque pour légiférer afin de forcer les médias sociaux à un devoir de vigilance contre l\u2019influence étrangère es violeurs ne sont pas des monstres, mais plutôt des hommes ordinaires, comme votre père, votre frère, votre meilleur ami et même votre amoureux, souligne Suzanne Zaccour dans son plus récent essai, La fabrique du viol, dans lequel elle s\u2019attaque aux aspects les plus controversés des agressions sexuelles.« Les violeurs sont parmi nous.Autant le reconnaître.C\u2019est la seule façon d\u2019aller de l\u2019avant », écrit Suzanne Zac- cour.D\u2019ailleurs dès les premières pages, elle adresse un avertissement aux lecteurs : « Les conversations qui nous attendent seront parfois inconfortables, mais le confort n\u2019est pas ce dont notre société a besoin pour déraciner le viol », note-t-elle.Un an et demi après le mouvement de dénonciation #MoiAussi, la juriste estime qu\u2019il est temps de parler des vérités difficiles.« Le mouvement #MoiAussi a permis de donner une meilleure idée de l\u2019ampleur [des agressions sexuelles], mais n\u2019empêche qu\u2019on parle toujours des victimes, et ce n\u2019est pas un reproche, mais L VOIR PAGE A 2 : VIOL ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 9 AVRIL 2019 CAMPS D\u2019ÉTÉ Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec le département de publicité au 514 985-3399 publicite@ledevoir.com Rectificatif L\u2019article de Caroline Montpetit intitulé «Jugez mes compétences, pas mon apparence» et publié en page A3 dans notre édition de lundi citait une infirmière auxiliaire dans un CHSLD, en mentionnant qu'elle bénéficierait de la clause de droits acquis, qui permet aux personnes qui portent déjà des signes religieux de continuer à les porter.Or, les infirmières ne sont pas visées par le projet de loi 21.Questions difficiles VIOL SUITE DE LA PAGE A 1 je pense qu\u2019il est aussi important de poser des questions difficiles, notamment à savoir où se trouvent tous ces vio- leurs-là ?», explique l\u2019auteure en entrevue avec Le Devoir.La réponse met mal à l\u2019aise, admet Suzanne Zaccour, mais elle est nécessaire à entendre.« Les violeurs, ce sont des hommes bien ordinaires, et il y a donc beaucoup de femmes qui sont agressées et qui ne sont pas crues parce qu\u2019on se dit que ça ne se peut pas, parce que ce n\u2019est pas un monstre qui les a violées », souligne la Montréalaise qui poursuit un doctorat sur les agressions sexuelles et le droit à l\u2019université d\u2019Oxford, en Angleterre.« Les violeurs sont riches et pauvres, blancs et noirs, urbains et ruraux, et tout ce qu\u2019il y a au milieu ».Déraciner le viol Dans cet essai de 176 pages, l\u2019autrice déracine le viol en trois actes : les victimes, les violeurs et le consentement.« Ce livre a deux objectifs: d\u2019abord, il se veut très pédagogique, parce qu\u2019il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas, par exemple, ce qu\u2019implique la présomption d\u2019innocence ou encore les raisons pour lesquelles des victimes se tournent vers les médias et les réseaux sociaux pour dénoncer.Puis, je voulais aussi nous \u201cchallenger\u201d et aller plus loin que certains discours féministes, qui dépeignent les violeurs comme des monstres », confie Suzanne Zaccour.Puisqu\u2019il n\u2019existe aucune définition officielle et universelle du terme, l\u2019au- teure brise la glace en expliquant qu\u2019elle utilisera tout au long de son essai le terme viol et agression sexuelle de façon synonymique « pour désigner tout contact sexuel non désiré ».« Le mot viol fait souvent réagir, parce qu\u2019il est associé à des clichés comme l\u2019agression au fond d\u2019une ruelle », dit-elle.Le malaise à mettre les « vrais mots » sur les violences sexuelles est également alimenté par une fausse perception qu\u2019elles relèvent du droit, soutient Suzanne Zaccour.Le principe de la présomption d\u2019innocence en est l\u2019exemple.« Les gens qui utilisent la présomption d\u2019innocence pour culpabiliser et démoniser les victimes se trompent [\u2026] Elle n\u2019a pas été créée pour protéger des criminels, mais pour favoriser la recherche de vérité », rappelle-t-elle.D\u2019ailleurs, ce concept se limite au droit criminel, rappelle-t-elle.« Décrier les dénonciations publiques, ce n\u2019est pas protéger la présomption d\u2019innocence.C\u2019est garantir l\u2019impunité aux violeurs », écrit l\u2019auteure.La juriste rappelle également les limites du droit et les conséquences qu\u2019elles engendrent lorsque la culture du viol est présente.« Lorsqu\u2019on apprend qu\u2019une victime qui a dénoncé son agresseur publiquement n\u2019a pas obtenu raison en cour de justice, il ne faut pas penser que le droit a établi qu\u2019elle mentait», dit-elle.«Tout au plus, le droit n\u2019a pas assez de preuve solide pour justifier une condamnation.Mais on n\u2019a pas fait la preuve que l\u2019agresseur est innocent», fait-elle valoir.La dernière partie de son essai est consacrée au consentement, un enjeu crucial souvent critiqué, où se retrouve en filigrane le flirt.« La notion de consentement est souvent vue comme exagérée, on entend des hommes dire que ça va prendre un contrat notarié en trois exemplaires, mais ce n\u2019est pas ça.Ce qu\u2019on veut promouvoir, c\u2019est un comportement égalitaire, qu\u2019on cesse de dire qu\u2019un \u201cnon\u201d voulait dire \u201coui\u201d parce qu\u2019à force d\u2019insister, la fille a fini par coucher avec toi », souligne Suzanne Zaccour.Et maintenant que les mythes sont déboulonnés, Suzanne Zaccour espère que femmes et hommes feront une introspection.« Je ne crois pas que la place de tous les agresseurs soit en prison, mais je crois qu\u2019il est temps que plusieurs hommes réalisent que leur comportement est teinté par la culture du viol et qu\u2019ils cessent de se convaincre que ce qu\u2019ils font ne correspond pas à l\u2019image qu\u2019on a des agressions sexuelles », dit-elle.Si elle estime qu\u2019une des solutions réside dans l\u2019apprentissage du consentement et l\u2019éducation sexuelle à l\u2019école, elle propose d\u2019ici sa méthode pour promouvoir ce credo : « Croire les victimes.Responsabiliser les violeurs.Honorer le consentement.» La fabrique du viol Suzanne Zaccour, Leméac, 2019, 176 pages Croissance rapide des cybermenaces ÉLECTIONS SUITE DE LA PAGE A 1 Son constat : le nombre de cyberme- naces a presque triplé depuis 2015, la moitié des pays de l\u2019OCDE ayant été victimes de telles tentatives dans le cadre de leurs élections respectives en 2018.C\u2019est dans ce contexte que la ministre Gould a prévenu qu\u2019elle envisageait « attentivement » la possibilité de légiférer pour encadrer les plateformes numériques et le contenu qui s\u2019y propage.Le gouvernement s\u2019était pourtant montré patient, en janvier, en se disant optimiste sur le fait que les pourparlers entre Ottawa et les Facebook, Twitter, Google et autres porteraient leurs fruits.Quatre mois plus tard, le ton a changé.« Nous avons eu plusieurs conversations avec les plateformes numériques, mais je n\u2019ai pas confiance [dans le fait] qu\u2019ils prennent cet enjeu très au sérieux, a déploré la ministre.Ils pensent qu\u2019ils font le travail nécessaire, mais ils ne sont pas assez transparents.» Facebook souhaiterait, pour sa part, que les pays s\u2019entendent entre eux pour que la compagnie n\u2019ait qu\u2019à suivre une seule loi internationale \u2014 plutôt qu\u2019une panoplie de réglementations locales.« Ce n\u2019est pas aux plateformes numériques de décider ce que les différents pays devraient adopter comme loi », a rétorqué Mme Gould.Certains gestes ont été faits.Twitter retire maintenant de faux comptes sur sa plateforme.Facebook censure certains propos sur la sienne.Facebook s\u2019est aussi engagé à tenir un registre des publicités politiques et de ceux qui les financent lors de l\u2019élection \u2014 comme le demande la réforme de la Loi électorale.Google a cependant refusé de s\u2019y conformer.Twitter ne s\u2019est pas encore prononcé.Or, la campagne électorale débutera dans moins de cinq mois.Et la ministre Gould a admis qu\u2019elle n\u2019avait plus le temps d\u2019adopter une loi.« Il est très étonnant qu\u2019on en soit rendus là, compte tenu du fait qu\u2019on savait depuis des années que c\u2019était le dénouement probable », observe Elizabeth Dubois, professeure adjointe de communications à l\u2019Université d\u2019Ottawa.« Cela m\u2019inquiète qu\u2019on tire tant de l\u2019arrière, alors que l\u2019élection est si rapprochée.» Car faute de pare-feu suffisants, des acteurs étrangers pourraient semer un doute chez les électeurs quant à la légitimité du processus électoral.Stephanie Carvin, de l\u2019Université Carleton, partage cette crainte.Cette spécialiste de la sécurité nationale doute que l\u2019ingérence vise à favoriser un parti politique en particulier, puisque tous les principaux partis sont très critiques de la Russie \u2014 qui est le principal agent de ce genre de stratégies.Mais les Russes pourraient tenter d\u2019amplifier des discours controversés pour semer la division ou diffuser de fausses nouvelles pour « propager l\u2019idée que l\u2019élection est truquée », explique Mme Carvin.Faute de nouvelle loi, le fédéral pourrait néanmoins tenter de faire respecter les lois existantes interdisant les discours haineux ou la suppression de votes.Encore faudrait-il, toutefois, augmenter les ressources d\u2019Élections Canada pour les déceler en temps réel, note Mme Dubois.Consternation internationale La pression contre les médias sociaux a augmenté d\u2019un cran partout dans le monde, depuis la diffusion en direct sur Facebook de la tuerie de Christchurch en Nouvelle-Zélande et la propagation de discours haineux qui a suivi.La Grande-Bretagne s\u2019est dotée lundi d\u2019un livre blanc, qui permettrait d\u2019imposer des sanctions aux plateformes qui ne contrôlent pas le contenu dangereux sur leurs sites.Un «devoir de vigilance» que la ministre Gould juge intéressant.Facebook a quant à lui banni des individus et des groupes « dangereux » propageant des discours nationalistes blancs \u2014 notamment Faith Goldy, une ancienne journaliste de Sun News qui a participé à un rallye auquel était présent Andrew Scheer cet hiver.La pression exercée par le gouvernement canadien contre les géants du Web a été plus « accommodante » que celle d\u2019autres pays, observe Chris Te- nove, chercheur au post-doctorat en politique et médias numériques à l\u2019Université de Colombie-Britannique.« Les compagnies de médias sociaux répondent à la pression publique de gouvernements, note-t-il cependant.Surtout lorsque l\u2019opinion publique appuie ces gouvernements.Et on constate un niveau grandissant de scepticisme de la part de la population face aux médias sociaux.» C\u2019est ce qui explique que Facebook ait apporté quelques changements, même s\u2019ils sont encore jugés insuffisants par Ottawa.Le directeur des politiques publiques de la compagnie, Kevin Chan, a promis d\u2019ici juillet davantage de mesures pour encadrer les publicités politiques sur Facebook.Google et Twitter ont défendu leur bilan, mais tous les trois ont refusé de réagir à la frustration de la ministre Gould.L\u2019ingérence « très probable » Le Centre de la sécurité des télécommunications estime qu\u2019il « très probable » que les Canadiens soient victimes cet automne d\u2019une tentative d\u2019ingérence étrangère sur le Web.Il est toutefois « improbable » que celle-ci ait l\u2019ampleur de l\u2019ingérence russe commise lors de l\u2019élection présidentielle de 2016 aux États-Unis.« Depuis les élections fédérales de 2015, les dirigeants politiques et le public canadiens ont été ciblés par des activités d\u2019ingérence étrangère », stipule le rapport, en citant sans les nommer des campagnes de fausses informations sur les médias sociaux.Le néodémocrate Matthew Dubé a sommé le gouvernement de légiférer une fois pour toutes pour traquer l\u2019ingérence étrangère sur le Web et les discours haineux qui l\u2019accompagnent, comme l\u2019ont fait des pays européens.Le Parti conservateur et le Bloc québécois ont indiqué qu\u2019il y avait là matière à réflexion.Avec Hélène Buzzetti Karina Gould, ministre des Institutions démocratiques ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Les violeurs ce sont des hommes bien ordinaires et il y a donc beaucoup de femmes qui sont agressées et qui ne sont pas crues parce qu\u2019on se dit que ça ne se peut pas, parce que ce n\u2019est pas un monstre qui les a violés SUZANNE ZACCOUR » Décrier les dénonciations publiques, ce n\u2019est pas protéger la présomption d\u2019innocence.C\u2019est garantir l\u2019impunité aux violeurs SUZANNE ZACCOUR » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 9 AVRIL 2019 P armi la centaine de personnes présentes à l\u2019assemblée générale des Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI Québec) samedi à Longueuil, il y avait des députés du Parti québécois (Véronique Hivon), de Québec solidaire (Alexandre Leduc), du Bloc québécois (Mario Beaulieu et Xavier Barsalou-Duval), de même que la dissidente péquiste, Catherine Fournier.Personne dans la salle ne se faisait cependant la moindre illusion.La « convergence » qui avait mené à une entente de principe sur une « feuille de route » en avril 2017 est au point mort, et ce n\u2019est pas demain la veille que les divisions vont cesser dans la famille souverainiste.Quand Jacques Pari- zeau avait parlé d\u2019un « champ de ruines » à l\u2019automne 2014, il ne pensait peut-être pas que la situation allait encore se détériorer à ce point.En attendant que les partis politiques trouvent un moyen de s\u2019entendre, il faudra faire sans eux.S\u2019ils demeurent un véhicule incontournable pour le projet indépendantiste, ils n\u2019ont jamais compté pour si peu depuis la victoire péquiste de 1976, a fait remarquer la présidente des OUI Québec, Claudette Carbonneau.Tous partis et niveaux de gouvernement confondus, le nombre de députés souverainistes est à son plus bas.À Québec, le premier ministre et le chef de l\u2019opposition sont tous deux partisans d\u2019un Canada uni.« Il faut prendre acte de la réalité », a dit Mme Carbonneau.Depuis un demi-siècle, la question constitutionnelle n\u2019avait pas été exclue des enjeux électoraux comme elle l\u2019a été durant la campagne électorale de l\u2019automne dernier.Pire encore, les Québécois ont désappris à faire le lien entre l\u2019avenir politique du Québec et sa capacité de se développer.Ils ne voient plus les inconvénients de son appartenance au Canada.Dans ces conditions, la société civile doit plus que jamais s\u2019approprier le projet souverainiste et créer un lieu de convergence non partisan.Les OUI Québec proposent donc la tenue d\u2019assises nationales sur le modèle des États généraux du Canada français, qui avaient été un tournant dans les années 1960.Le projet est pour le moins ambitieux.Les États généraux avaient été tenus dans un climat d\u2019effervescence et d\u2019espoir, dont on cherche en vain la trace.Il est un peu déprimant de penser que chasser les libéraux était devenu le grand projet collectif.Près de 25 ans après le référendum de 1995, il n\u2019est pas trop tôt pour faire un état de la situation et se demander si le Québec va dans la bonne direction.Encore faut-il qu\u2019on ait envie de se poser la question.Les OUI Québec se sont donné un an pour déterminer si l\u2019exercice en vaut la peine.Le grand danger est que cela se limite encore une fois à une conversation entre indépendantistes convaincus, comme cela a été le cas des États généraux sur la souveraineté, qui avaient été tenus entre 2012 et 2014 sous les auspices du Conseil de la souveraineté, l\u2019ancêtre des OUI Québec.Même si l\u2019invitation est lancée à tous, personne ne doutera que l\u2019opération vise à donner un nouveau souffle au projet souverainiste, idéalement avant l\u2019élection de 2022.Ceux qui sont convaincus que l\u2019appartenance au Canada demeure le meilleur choix seront nécessairement méfiants.Il sera impératif de trouver le moyen d\u2019intéresser la jeune génération.Ses représentants étaient rarissimes samedi à Longueuil.L\u2019adhésion du PLQ à la réforme du mode de scrutin est une des rares bonnes nouvelles pour les souverainistes depuis longtemps.Non seulement elle élimine un sérieux obstacle, mais elle met de la pression sur le gouvernement Legault, qui n\u2019aura plus aucune excuse pour se dérober, si telle était son intention.Si l\u2019introduction d\u2019un élément de proportionnelle dans le système devrait permettre d\u2019augmenter le nombre de députés souverainistes à l\u2019Assemblée nationale, cela ne rend pas pour autant la «convergence» moins nécessaire.Un jour ou l\u2019autre, les partis devront s\u2019entendre sur une démarche commune.Comme il y a une trentaine d\u2019années, il faudra aussi espérer un coup de main de la conjoncture.Le gouvernement Legault aura beau multiplier les demandes, il est cependant illusoire d\u2019espérer amener le Canada anglais à participer à une nouvelle grande messe constitutionnelle, qui se conclurait par un drame comparable au rejet de l\u2019accord du lac Meech.D\u2019ailleurs, cela n\u2019est peut-être pas nécessaire.Le débat sur la laïcité commence déjà à faire réapparaître les lignes de fracture que les libéraux s\u2019étaient efforcés de masquer depuis quinze ans.À entendre le maire de Hampstead crier au « nettoyage ethnique », on se surprend à penser que le jour n\u2019est peut-être pas loin où le fleurdelisé sera piétiné comme il l\u2019avait été à Brockville en 1989.Sous la férule de Doug Ford, l\u2019Ontario est en voie de reprendre les airs de Bonhomme Sept Heures que lui avait jadis donnés Mike Harris, et l\u2019élection de Jason Kenney en Alberta entraînerait à coup sûr un regain de tension entre le Québec et l\u2019ouest du pays.Il est parfois étonnant de voir à quel point on peut rebâtir rapidement sur des ruines.Rebâtir sur les ruines MICHEL DAVID Le grand danger est que ce nouvel exercice collectif se limite encore une fois à une conversation entre indépendantistes convaincus, comme cela a été le cas des États généraux sur la souveraineté, qui avaient été tenus entre 2012 et 2014 sous les auspices du Conseil de la souveraineté, l\u2019ancêtre des OUI Québec.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Cinq ans après la démolition de la maison Redpath, le terrain est toujours vacant.Mais un bâtiment de trois étages pourrait y voir le jour avec un espace d\u2019exposition occupé par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).Le projet est embryonnaire, prévient Patricia Lachance, chargée des relations médias au MBAM.En effet, le musée a reçu une offre d\u2019un mécène afin qu\u2019un espace soit mis à sa disposition pour y exposer des œuvres.Le terrain visé est celui de l\u2019ancienne maison Redpath, une demeure patrimoniale qui avait été démolie en 2014.Le terrain appartient désormais à l\u2019homme d\u2019affaires Daniel Assouline.« On a eu une proposition de don, mais l\u2019offre n\u2019est pas encore entérinée », a indiqué Patricia Lachance au Devoir.Mais afin de savoir si l\u2019aménagement d\u2019un espace muséal était possible à cet endroit, le MBAM a déposé à l\u2019arrondissement de Ville-Marie en octobre dernier une lettre d\u2019intention d\u2019occupation des espaces disponibles au 3457, avenue du Musée.Le conseil d\u2019arrondissement sera donc appelé à autoriser, mardi soir, l\u2019usage « musée » pour le site.Une résidence-musée Le 14 mars dernier, le Comité consultatif d\u2019urbanisme (CCU) a formulé un avis favorable à cet usage.Selon les documents fournis aux élus, un projet de construction d\u2019une résidence unifami- liale jumelé à un musée est présentement à l\u2019étude.La résidence du propriétaire occuperait le troisième étage et une partie du deuxième étage.Le reste du bâtiment serait consacré à l\u2019exposition d\u2019œuvres et comporterait des espaces d\u2019entreposage et des bureaux au sous-sol.Aucun permis de construction n\u2019a cependant pas été soumis à l\u2019arrondissement.« On a voulu voir si ce terrain-là pourrait à terme avoir un usage muséal », explique Patricia Lachance.« C\u2019est un peu pour ça qu\u2019on a pris les devants avec la Ville.Mais pour le moment, on n\u2019a pas confirmé le don avec le donateur pressenti.Donc, on n\u2019a pas encore de projet concret.» Résidence étudiante La maison Redpath avait fait les manchettes au début des années 2010 quand le propriétaire de l\u2019époque avait voulu démolir l\u2019immeuble pour y construire des copropriétés.Le MBAM s\u2019était d\u2019ailleurs plaint au maire Gérald Tremblay, car le nouvel immeuble risquait d\u2019obstruer la vue sur la montagne.Construite en 1886 par l\u2019architecte Sir Andrew Taylor, la maison Redpath était une des rares d\u2019architecture Queen Anne qui subsistait dans la métropole.Partiellement démolie, puis sauvée en 1986, la maison a été laissée à l\u2019abandon pendant plus de 25 ans.En 2014, après que le propriétaire eut renoncé aux copropriétés pour privilégier une résidence étudiante de 30 logements, la Ville a finalement autorisé sa démolition.La maison Redpath a été détruite promptement, mais l\u2019immeuble pour étudiants ne s\u2019est jamais concrétisé.La propriété a été vendue en juin dernier à l\u2019homme d\u2019affaires Daniel Assouline pour 3,5 millions.Il n\u2019a pas été possible lundi d\u2019obtenir les commentaires de M.Assouline.Les documents de la Ville mentionnent que l\u2019espace muséal pourrait être utilisé pour exposer des œuvres de Jean-Paul Riopelle, mais le MBAM soutient qu\u2019aucune décision n\u2019a été prise à ce sujet.Patricia Lachance reconnaît toutefois que les besoins d\u2019espaces sont grands pour le MBAM : « On a une collection de 43 000 œuvres, et on en a 5500 qui sont exposées.C\u2019est sûr qu\u2019il y a toujours du potentiel d\u2019élargir notre surface d\u2019exposition ».Commémorer la maison Redpath Les nouveaux espaces d\u2019exposition seraient situés non loin des autres pavillons du MBAM, notait le CCU dans sa décision, et le projet entraînerait moins de volume de circulation que la résidence étudiante initialement prévue.Le CCU a toutefois recommandé d\u2019« amorcer une réflexion quant à la stratégie de commémoration de la maison Redpath à prévoir dans les plans ».Des œuvres du MBAM dans une propriété privée ?Un mécène propose de construire un édifice de trois étages sur le site de la maison Redpath, qu\u2019il partagerait avec le musée ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) saura d\u2019ici 48 heures si des personnes, parmi une centaine de patients et d\u2019employés entrés en contact avec un employé atteint du virus de la rougeole à la fin mars, ont pu être infectées.La direction du CUSM s\u2019est toutefois faite rassurante lundi, estimant « très faibles » les probabilités de contagion.Des tests sérologiques ont été demandés lundi à quelques personnes qui se sont trouvées en présence de l\u2019employé infecté entre le 23 et le 27 mars, et qui n\u2019avaient pas de preuve de vaccination contre la rougeole.Selon toute vraisemblance, l\u2019employé en question aurait contracté le virus lors d\u2019un voyage dans les Caraïbes, et aurait développé des symptômes seulement trois semaines plus tard, même s\u2019il avait déjà reçu le vaccin, comme le prévoient les règles pour toute personne travaillant au CUSM, a indiqué lundi la Dre Marie-Astrid Le- febvre, spécialiste des maladies infectieuses au CUSM.Un rare cas La spécialiste du CUSM a expliqué lundi qu\u2019une infection peut se développer « dans de très rares cas », même chez les personnes vaccinées, notamment parce que les anticorps de certains individus diminuent avec l\u2019âge.Pendant cinq jours, l\u2019employé présentait des symptômes « atypiques » et s\u2019est rendu malgré tout au travail.Durant cette période, il a côtoyé du personnel, des patients et des étudiants des unités de soins intensifs et des cliniques de chirurgie cardiaques, de maladies cardio-vasculaires, d\u2019insuffisance cardiaque, de transplantation cardiaque et de maladies infectieuses du secteur adulte du CUSM.La maladie n\u2019a été diagnostiquée qu\u2019après l\u2019apparition d\u2019une importante éruption cutanée, typique de la rougeole.Les patients toujours hospitalisés et vulnérables qui ont pu être en contact avec l\u2019employé contagieux étaient pour la plupart déjà vaccinés contre la rougeole, a précisé la porte-parole du CUSM, et des tests ont été prescrits chez ceux qui ne pouvaient en fournir la preuve.Ce n\u2019est que le 5 avril que le CUSM a été informé par la Direction de la santé publique de la présence d\u2019un cas confirmé de rougeole \u2014 une maladie à déclaration obligatoire \u2014 chez l\u2019un de ses employés.La liste de tous les patients, employés et étudiants potentiellement exposés \u2014 environ une centaine \u2014 a été dressée depuis durant la fin de semaine et leur statut immunitaire vérifié, a indiqué la Dre Lefebvre.Des lettres recommandées ont aussi été envoyées aux patients renvoyés dans la communauté pour les aviser des mesures à prendre en cas de symptômes.Une ligne téléphonique a aussi été mise à la disposition du public.« Nous n\u2019avons aucune transmission secondaire à ce jour et nous sommes dans la période d\u2019incubation où on s\u2019attendrait à avoir des cas », a expliqué la Dre Lefebvre, précisant que le CUSM restera sur le qui-vive jusqu\u2019à la fin de la période d\u2019incubation, fixée au 17 avril.La période d\u2019incubation moyenne du virus de la rougeole, est de 7 à 15 jours, mais peut aller jusqu\u2019à 21 jours.«Ce qui est rassurant, c\u2019est que [cette personne] avait des contacts très limités avec les patients», a dit la Dre Lefebvre.Récemment, le niveau d\u2019inquiétude face à la rougeole \u2014 une maladie presque éradiquée depuis la mise au point d\u2019un vaccin \u2014 est monté d\u2019un cran au Canada en raison de la détection de deux cas dans la région d\u2019Ottawa et du relâchement observé dans le taux de vaccination de certaines couches de la population.Un cas de rougeole au CUSM L\u2019employé a été en contact avec une centaine de patients La direction du CUSM estime que les risques de contagion sont très faibles.JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MARDI 9 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 4 HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Quinze mois après l\u2019avoir promis, le gouvernement canadien a procédé à la nomination d\u2019une ombudsman pour veiller au comportement éthique des entreprises canadiennes actives à l\u2019étranger.Mais les groupes qui réclament un tel surveillant depuis des années sont déçus qu\u2019Ottawa n\u2019ait toujours pas décidé des pouvoirs qui lui seront conférés.Sheri Meyerhoffer sera la première personne à occuper le nouveau poste d\u2019Ombudsman canadien indépendant pour la responsabilité sociale des entreprises.Avocate spécialisée dans la gouvernance mondiale, Mme Meyerhoffer a fait partie pendant 10 ans d\u2019un groupe de juristes ayant aidé le Népal à élaborer sa Constitution.Elle a été auparavant lobbyiste pour l\u2019Association canadienne des producteurs de pétrole.Le Canada avait depuis 2009 un conseiller en responsabilité sociale des entreprises de l\u2019industrie extractive.Il occupait la fonction de médiateur entre l\u2019entreprise canadienne et les civils touchés par un projet minier alléguant une violation de droits de la personne.Le tout restait toutefois volontaire.Le nouvel ombudsman pourra entrepren- OTTAWA Une gardienne de l\u2019éthique pour les entreprises canadiennes à l\u2019étranger dre les enquêtes de son choix et, en théorie, forcer les entreprises récalcitrantes à y collaborer.Le tout demeure théorique, car les pouvoirs conférés à Mme Meyerhoffer ne sont toujours pas connus.Le ministre du Commerce international, Jim Carr, a commandé un avis juridique externe sur la question, qui doit lui être remis début juin.« Nous maintenons notre engagement [à ce que] que l\u2019ombudsman dispose des outils législatifs et réglementaires nécessaires pour s\u2019assurer que les demandes d\u2019informations [soumises aux entreprises] sont respectées, a assuré le ministre Carr.Par exemple, [le pouvoir d\u2019exiger] la production de témoins et de documents dans les très rares cas où une entreprise ne coopère pas totalement.» « Préoccupant et troublant » Pourquoi ne pas avoir demandé cet avis juridique il y a 15 mois ?Le ministre Carr soutient qu\u2019il était « absolument essentiel » que l\u2019ombudsman contribue elle-même à l\u2019élaboration des règles qu\u2019elle fera appliquer.Le secrétaire général d\u2019Amnistie internationale Canada, Alex Neve, estime que ce n\u2019était pas nécessaire.Il rappelle que les intervenants du secteur ont déjà fourni des avis juridiques complets.« C\u2019est préoccupant et troublant que nous ne sachions toujours pas exactement quels pouvoirs elle aura, et particulièrement si, oui ou non, elle aura le pouvoir contenu dans la Loi sur la preuve pour faire des enquêtes indépendantes en ayant accès aux documents et en forçant les témoins à parler avec elle.Si elle n\u2019a pas des pouvoirs comme cela, nous aurons plus ou moins une version modifiée du poste que nous avons eu.» C\u2019est aussi l\u2019avis d\u2019Emily Dwyer, la coordonnatrice du Réseau canadien sur la reddition de comptes des entreprises.« Ça fait 15 mois que le gouvernement a annoncé un poste avec de véritables pouvoirs d\u2019enquête.Ce dont on a besoin aujourd\u2019hui, ce n\u2019est pas d\u2019une autre étude, on a besoin d\u2019un bureau d\u2019ombudsman avec les pouvoirs qu\u2019on avait décidé.On considère l\u2019annonce d\u2019aujourd\u2019hui comme un recul par rapport à la promesse qui a été faite.» L\u2019industrie aimerait que le mécanisme demeure volontaire.Sheri Meyerhoffer n\u2019a pas voulu se prononcer sur les pouvoirs qu\u2019elle réclamera.« Plus le bureau de l\u2019ombudsman aura d\u2019outils pour réaliser son mandat, mieux ce sera », s\u2019est-elle contentée de dire.Elle n\u2019a pas voulu dire si elle demanderait le pouvoir d\u2019imposer des sanctions financières aux sociétés fautives.ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Ébranlé par la crise interne au sein de Québec 21, le chef de l\u2019opposition, Jean- François Gosselin, a annoncé lundi qu\u2019il mandatait un ancien bras droit de Régis Labeaume pour relancer son parti.« Notre parti n\u2019est pas mort, bien au contraire », a déclaré M.Gosselin lors d\u2019une conférence de presse aux locaux du parti lundi après-midi.Au cours des derniers jours, tous les membres du conseil d\u2019administration sauf un (agent officiel compris) avaient démissionné en raison de divergences avec le chef.Les tensions qui s\u2019intensifiaient depuis plusieurs mois avaient notamment amené M.Gosselin à mandater un vérificateur indépendant pour s\u2019assurer que les pratiques du Conseil ne contrevenaient pas à l\u2019éthique.Lundi, le chef de Québec 21 a dit vouloir tourner la page.Un nouveau conseil d\u2019administration sera nommé et le parti vient de faire le plein de 200 nouveaux membres pour un total de 300, a-t-il souligné.M.Gosselin assume toutefois une part de responsabilité dans la crise des derniers mois.« Nous avons tous notre part de responsabilité », a-t-il dit en insistant sur les problèmes de « communication » entre le parti et ses trois élus au conseil municipal.Aux membres qui doutent encore de son leadership, le chef de Québec dit par contre être prêt à se soumettre à un vote de confiance.« Il n\u2019est aucunement question de me défiler.Je n\u2019ai et n\u2019aurai aucun problème à me soumettre à un vote de confiance, si telle est la volonté des membres du parti.» Ledit vote devra toutefois attendre parce que l\u2019assemblée générale extraordinaire prévue pour le 16 avril sera reportée, a-t-il fait savoir.Nouveau mandat pour M.Côté Pour tourner la page de façon effective, le politicien a annoncé qu\u2019il avait mandaté Richard Côté afin de constituer un nouveau conseil d\u2019administration.M.Côté a été conseiller municipal pendant cinq mandats à la Ville de Québec, dont les deux derniers comme vice-président du comité exécutif aux côtés de Régis Labeaume (de 2007 à 2013).VILLE DE QUÉBEC Contesté, Gosselin cherche à sauver son parti politique ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le député indépendant Guy Ouellette doit déposer mardi un projet de loi privé pour lutter contre l\u2019obsolescence programmée qui rallie tous les partis d\u2019opposition et intéresse aussi le gouvernement.Ce projet de loi vise essentiellement à ce qu\u2019on reconnaisse l\u2019existence de l\u2019obsolescence programmée et qu\u2019on donne aux consommateurs un « droit à la réparation ».Il a été rédigé par un groupe d\u2019étudiants en droit de l\u2019Université de Sherbrooke.« C\u2019est clair que cette génération a un souci pour tout ce qui est lié à l\u2019environnement », remarque le chargé de cours qui les a dirigés dans cette aventure, Jonathan Mayer.« J\u2019aime arrimer la pédagogie à des cas concrets », raconte l\u2019enseignant.L\u2019obsolescence programmée est une pratique de plus en plus répandue par laquelle des entreprises diminuent la vie utile des produits qu\u2019ils vendent tout en rendant particulièrement difficile l\u2019accès à des outils pour les remettre en état.La seule loi modifiée par le projet de loi serait la Loi sur la protection des consommateurs, qui relève de la ministre de la Justice, Sonia LeBel.M.Mayer espère que ce projet de loi pourra être adopté.« On le souhaite », dit-il.« C\u2019est une démarche qui est vraiment citoyenne et démocratique », ajoute-t-il, en soulignant que leur pétition déposée la semaine dernière à l\u2019Assemblée nationale a récolté pas moins de 45 000 signatures.« Il n\u2019y a pas de capital politique à se faire à aller contre la protection du consommateur.» Après ce dépôt mardi après-midi, M.Mayer et une vingtaine d\u2019étudiants doivent prendre part à un point de presse commun avec les députés Guy Ouellette (ind.), Lise Thériault et Marwa Risky du Parti libéral, Christine Labrie de Québec solidaire, Sylvain Gaudreault du Parti québécois et la députée indépendante Catherine Fournier.«Ce sont des gens qui étaient là quand les étudiants ont présenté leur première version du projet de loi le 18 mars à l\u2019université », précise M.Mayer, en soulignant que les députés avaient alors fourni des commentaires pour l\u2019améliorer.Selon M.Mayer, la démarche ne laisserait pas le gouvernement caquiste in- différent puisque l\u2019adjointe parlementaire de la ministre de la Justice et responsable de la protection des consommateurs, Lucie Lecours, a déjà rencontré ses étudiants à ce sujet.« En principe, on a une oreille attentive du gouvernement », dit-il.Il concède toutefois que d\u2019autres pays ont peiné à légiférer à ce sujet.« C\u2019est super compliqué », dit-il en mentionnant les efforts déployés pour le faire en France et aux États-Unis notamment.« Dans treize États américains, on avait entamé des démarches, mais les lobbies se sont réveillés et cela a fini par faire patate à peu près partout.» TECHNOLOGIE Projet de loi pour améliorer la vie utile des produits On savait déjà qu\u2019il avait été recruté en février comme conseiller spécial par Québec 21, mais il a fallu attendre jusqu\u2019à lundi pour en savoir plus sur ses motivations.D\u2019abord, M.Côté est formel : il n\u2019a aucune intention de se présenter aux élections de 2021.Il réfute en outre l\u2019idée qu\u2019il soit revenu en politique « contre » Régis Labeaume.« Pas du tout.Si j\u2019avais été contre M.Labeaume, j\u2019aurais mis ma face sur une pancarte», a-t-il dit en soulignant qu\u2019il aimait le rôle de conseiller stratégique et la possibilité de transmettre à ses connaissances en politique municipale.« Les seuls mots que j\u2019ai pour M.La- beaume, c\u2019est que j\u2019espère qu\u2019il va combattre son cancer», a-t-il aussi déclaré.L\u2019ancien politicien concède par contre être en profond désaccord avec les politiques de son ancien chef dans deux dossiers : la centralisation des services municipaux vers un nombre réduit d\u2019arrondissements et le projet de tramway.En contact Pourquoi s\u2019être joint à Jean-François Gosselin ?« Il gagne à être connu », a-t- il dit en soulignant que son collègue « a un MBA, est parfaitement bilingue ».À ses yeux, M.Gosselin a progressé de façon « extraordinaire » depuis deux ans.« Ce sont des gens dynamiques qui travaillent bien, je me plais très bien dans mon rôle.» M.Gosselin et lui étaient en contact depuis « plusieurs mois ».« On allait prendre un café, on parlait de politique», a-t-il raconté.Au sein de l\u2019administration Labeaume, M.Côté s\u2019était surtout illustré comme responsable des négociations avec les syndicats.Il n\u2019y a pas de capital politique à se faire à aller contre la protection du consommateur JONATHAN MAYER » On considère l\u2019annonce d\u2019aujour- d\u2019hui comme un recul par rapport à la promesse qui a été faite EMILY DWYER » Jean-François Gosselin a vu tous les membres du conseil d\u2019administration, sauf un, de son parti politique remettre leur démission ces derniers jours.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Il n\u2019est aucunement question de me défiler.Je n\u2019ai et n\u2019aurai aucun problème à me soumettre à un vote de confiance, si telle est la volonté des membres du parti.JEAN-FRANÇOIS GOSSELIN » LEDEVOIR // LE MARDI 9 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 5 L\u2019UQAM célèbre son 50e anniversaire Découvrez une université innovante et les projets qui l\u2019animent.50ans.uqam.ca ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Constatant que les infirmières ont pu vivre une «journée normale de travail» lundi, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) estime avoir réussi à «donner un électrochoc» aux gestionnaires et à leur prouver que le réseau de la santé peut fonctionner sans heures supplémentaires obligatoires.« Comme quoi, quand les gestionnaires priorisent ce dossier, ils arrivent à planifier les horaires et la main-d\u2019œu- vre comme il faut.Et s\u2019ils ont été capables de le faire une fois, ils sont capables de le faire tout le temps », laisse tomber au téléphone la présidente de la FIQ, Nancy Bédard.Elle précise qu\u2019en début de soirée, « aucun temps supplémentaire obligatoire, très élargi comme on le connaît », ne lui avait encore été signalé à travers les différents établissements de santé de la province.Le syndicat \u2014 qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnels en soins \u2014 a appelé ses membres à refuser, le lundi 8 avril, toute heure supplémentaire obligatoire, une pratique devenue quotidienne plutôt qu\u2019une situation d\u2019urgence.SANTÉ «Journée normale de travail» pour les infirmières Cette méthode de pression a néanmoins mené la FIQ et la partie patronale devant le Tribunal administratif du travail (TAT), qui a statué vendredi que les infirmières devraient tout de même répondre aux demandes d\u2019heures supplémentaires obligatoires si la situation l\u2019exigeait.Les employeurs devaient, quant à eux, tout faire pour ne pas y recourir.Habituées aux heures supplémentaires, certaines infirmières peinent à croire qu\u2019elles pourraient vivre une journée sans.«Je ne suis pas censée travailler [le lundi] parce que j\u2019ai un cours à l\u2019université, mais je suis sûre que mon cellulaire va sonner dans la nuit, je m\u2019y prépare», indiquait Laurie, infirmière à Ri- vière-du-Loup, en entrevue avec Le Devoir lundi après-midi.«Et je ne vois pas comment je pourrais refuser et argumenter avec ma gestionnaire.J\u2019ai peur d\u2019avoir un avertissement», poursuit-elle.La jeune femme travaille normalement à temps partiel durant ses études en sciences infirmières, mais les heures supplémentaires ont transformé son horaire en un «quasi-temps plein» à l\u2019hôpital, en plus de ses cours.«Quand je rentre travailler, j\u2019ai toujours cette appréhension de devoir faire un double [quart de travail] et de rester pour la nuit.Quand je ne suis pas à l\u2019hôpital, je mets ma vie entre parenthèses, parce que je sais qu\u2019on va finir par m\u2019appeler», confie-t-elle, reconnaissant être encore motivée par son métier «sûrement parce [qu\u2019elle] débute».Nombre d\u2019infirmières sont tombées en épuisement professionnel ou ont même préféré quitter le milieu dans les dernières années.D\u2019après la présidente de la FIQ, la fusion des établissements de santé, les compressions budgétaires et les suppressions de postes expliquent en majeure partie le recours presque systématique aux heures supplémentaires obligatoires par les gestionnaires.«Dossier numéro un» Cette situation n\u2019a pas échappé à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui s\u2019est dite «très concernée» par le départ de nombreuses infirmières du réseau public de la santé.Elle a ainsi réitéré lundi sa volonté de régler le problème en mettant fin aux heures supplémentaires obligatoires utilisées de façon « routinière et habituelle ».Une promesse qu\u2019elle avait faite durant la campagne électorale, à l\u2019automne 2018.«Si j\u2019avais une baguette magique, ça serait réglé demain matin.[\u2026] Mais ça ne se fait pas en deux jours malheureusement, ça va se faire dans les prochaines semaines», a-t-elle déclaré en marge d\u2019une conférence de presse à Montréal, lundi matin.La ministre dit faire de ce dossier une priorité et compte bien «faire les étapes en accéléré».Les établissements sont d\u2019ailleurs déjà à pied d\u2019œuvre, dit-elle.«Nous avons des mesures concrètes qui sont en voie d\u2019être implantées: rehausser les postes, embaucher davantage de personnel.Nos établissements sont déjà en marche.» Elle cite en exemple la région de La- naudière, dont les établissements ont déjà porté tous les postes d\u2019infirmières à quatre jours par semaine et réembauché près de 200 personnes qui venaient de prendre leur retraite.«Il y a moyen de faire quelque chose à travers le réseau à moyen terme», souligne Mme McCann.De son côté, la présidente de la FIQ reste ferme: «On va s\u2019assurer que les actions vont suivre les paroles de la ministre, et rapidement».Mme Bédard se dit prête à organiser d\u2019autres journées de refus des heures supplémentaires, voire d\u2019organiser «d\u2019autres types d\u2019événe- ments de mobilisation».«On aimerait ne pas être obligées d\u2019en arriver là.Une chose est sûre, vous n\u2019avez pas terminé d\u2019entendre parler de nous», conclut-elle.CAROLINE PLANTE À QUÉBEC LA PRESSE CANADIENNE Instaurer deux récréations obligatoires d\u2019au moins 20 minutes chacune pose un défi plus grand qu\u2019on pourrait le croire dans plusieurs écoles québécoises, selon le Conseil supérieur de l\u2019éducation.Sa présidente, Maryse Lassonde, comprend le gouvernement de vouloir offrir aux enfants plus de temps de détente dès l\u2019automne prochain, mais elle relève aussi plusieurs «contraintes» et «défis» pour les établissements concernés.Elle a expédié un avis en ce sens au ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, dans le cadre des consultations sur le projet de règlement qui inscrit au régime pédagogique un temps minimum de récréations par jour.Mme Lassonde a prévenu lundi que la répartition du temps de surveillance entre le personnel, les espaces insuffisants ainsi que le transport scolaire peu flexible font partie des contraintes avec lesquelles les écoles doivent composer.L\u2019ajout de minutes en surveillance pour les enseignants pourrait se traduire par une diminution du temps pour la réalisation de projets pédagogiques particuliers, ainsi que pour la récupération et l\u2019encadrement des enfants.Les élèves plus vulnérables seraient davantage touchés, avertit-elle.Étant donné les contraintes liées au transport des élèves, il est également probable que des milieux choisissent de retrancher du temps à la période de dîner, selon le Conseil, qui s\u2019inquiète des « répercussions majeures » qui pourraient découler d\u2019une application trop restrictive du règlement.D\u2019ailleurs, l\u2019application stricte de deux récréations de 20 minutes par jour « peut ne pas être possible dans certains milieux », indique-t-on.Dans d\u2019autres situations, elle pourrait créer des conditions qui ne sont pas favorables aux enfants.« C\u2019est un casse-tête à l\u2019heure actuelle, a déclaré Mme Lassonde en entretien.Tout le monde trouve ça bien comme principe, mais ça peut être un petit peu difficile de l\u2019appliquer partout très, très, très vite.» Répercussions financières Par ailleurs, le Conseil ne souscrit pas tout à fait à l\u2019opinion du ministre, qui affirme que sa mesure n\u2019entraînera aucun coût supplémentaire.Tout un chapitre est consacré aux « répercussions financières ».Pour les plus petites écoles, puisque le temps de surveillance requis peut dépasser les minutes disponibles dans la tâche éducative des enseignants, « l\u2019ajout de ressources non enseignantes pour assurer la surveillance sera nécessaire », peut-on lire dans le document.Pour les écoles qui souhaiteront limiter l\u2019impact sur la récupération et l\u2019encadrement des enfants, les minutes ajoutées, assumées par d\u2019autres membres du personnel, se traduiront par une augmentation de la masse salariale.De plus, des changements d\u2019horaire pourraient déboucher sur une révision des contrats avec les transporteurs et une hausse des coûts associés serait à prévoir.Le Conseil recommande plus de souplesse dans l\u2019application du règlement.Il invite le ministre à donner davantage de flexibilité aux écoles et à prévoir une évaluation des effets de l\u2019application du règlement après deux années d\u2019implantation.Le ministre Roberge accueille l\u2019avis du Conseil « avec ouverture » et en tiendra compte pour la suite des choses, a affirmé lundi son attaché de presse, Francis Bouchard.Le 12 février dernier, à Lac-Beauport, Jean-François Roberge avait loué les bienfaits des récréations sur la santé des jeunes.Il s\u2019était engagé à modifier le régime pédagogique pour y inscrire deux périodes de détente obligatoires d\u2019au moins 20 minutes.Actuellement, il n\u2019existe aucune balise au Québec pour guider les écoles dans la gestion des récréations.Le régime pédagogique indique simplement que « l\u2019élève de l\u2019enseignement primaire bénéficie d\u2019une période de détente le matin et l\u2019après-midi ».Selon un sondage réalisé en 2017 par la Coalition québécoise sur la problématique du poids et la Fédération des comités de parents du Québec, près de 40 % des écoles primaires offrent moins de 30 minutes de récréation par jour.Une école sur cinq n\u2019offre aucune récréation à l\u2019extérieur en après-midi.Le Conseil supérieur de l\u2019éducation est constitué de 22 membres nommés par le gouvernement.Il a été institué en 1964 en tant qu\u2019organisme indépendant de consultation et de réflexion, et fait des recommandations au ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur sur toute question relative à l\u2019éducation.Je ne suis pas censée travailler [le lundi] parce que j\u2019ai un cours à l\u2019université, mais je suis sûre que mon cellulaire va sonner dans la nuit, je m\u2019y prépare LAURIE, INFIRMIÈRE » Deux longues récréations : plus compliqué qu\u2019on le pense, selon le Conseil supérieur de l\u2019éducation 40 % C\u2019est le pourcentage d\u2019écoles primaires qui offrent moins de 30 minutes de récréation par jour, selon un sondage réalisé en 2017 par la Coalition québécoise sur la problématique du poids et la Fédération des comités de parents du Québec LEDEVOIR // LE MARDI 9 AVRIL 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin endredi dernier, la juge Hélène Bédard, du Tribunal administratif du travail, a sommé les infirmières d\u2019accepter sans condition de faire des heures supplémentaires obligatoires le 8 avril.La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) avait décrété ce lundi « journée nationale » sans heures supplémentaires obligatoires.Or cette défaite n\u2019en est pas une.D\u2019une part, dans sa décision, la juge reconnaît que les heures supplémentaires obligatoires devraient être acceptées «lors de situations urgentes et exceptionnelles».De toute manière, les infirmières sont soumises à un code de déontologie qui leur défend d\u2019abandonner un patient qui a besoin de soins.D\u2019autre part, la FIQ avait demandé aux gestionnaires du réseau de la santé de préparer des horaires sans heures supplémentaires obligatoires, et c\u2019est exactement ce qu\u2019ils ont fait.Nous ne savons pas si c\u2019est au prix d\u2019un certain ralentissement des activités, notamment en ce qui a trait aux chirurgies électives.Mais les gestionnaires ont démontré qu\u2019ils pouvaient y arriver.Cela représente, aux yeux de la FIQ, une éloquente admission de leur part.Au fil du temps, les heures supplémentaires obligatoires sont devenues un mode de gestion courant dans le réseau de la santé.Mais cet expédient a plusieurs effets pervers.Nombre d\u2019infirmières refusent des postes à temps plein parce qu\u2019à temps partiel, elles peuvent éviter l\u2019obligation de faire des heures supplémentaires, d\u2019autant que, souvent, les postes offerts ne sont pas assignés à des unités de soin précises et ne comportent pas de plages horaires stables.La surcharge de travail, causée par des ratios infirmières-patients trop élevés, a des conséquences néfastes sur l\u2019assiduité et elle pousse les professionnelles à prendre leur retraite plus tôt.C\u2019est un cercle vicieux qui creuse la pénurie de main-d\u2019œuvre.De plus, la réforme centralisatrice de Gaétan Barrette a aggravé la situation en éliminant des cadres qui s\u2019occupaient de l\u2019organisation de travail dans chacun des établissements, déshumanisant encore plus le milieu de travail.La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, croit aussi que cette journée de lundi fait la démonstration que gérer sans le recours aux heures supplémentaires obligatoires est possible.Ce ne devrait pas être « une mesure habituelle et routinière ».Rappelant que le dernier budget prévoit une enveloppe de 200 millions pour l\u2019embauche d\u2019infirmières et autres professionnelles dans le réseau de la santé, la ministre a répété que l\u2019élimination des heures supplémentaires obligatoires est un engagement ferme de son gouvernement.« C\u2019est le dossier numéro un.C\u2019est la priorité de tous les établissements », a-t-elle déclaré.Il est heureux que Danielle McCann affiche une véritable volonté politique de mettre fin à ce mode de gestion qui, s\u2019il simplifie le travail de gestionnaires, rend misérable celui des infirmières.La ministre soutient que les directions des établissements sont dans le coup.Pour améliorer la situation, elle compte, notamment, sur le « rehaussement » des postes, c\u2019est-à- dire l\u2019ouverture de postes d\u2019infirmières à temps plein, quatre jours semaine, des postes stables auxquelles celles-ci aspirent.Les heures supplémentaires \u2014 non obligatoires \u2014 seraient réservées aux fins de semaine.Elle table aussi sur le retour d\u2019infirmières qui ont pris leur retraite.Évidemment, il y a loin de la coupe aux lèvres.«Si j\u2019avais une baguette magique, ce serait [réglé] demain matin », a illustré la ministre.Le gouvernement caquiste s\u2019est donné quatre ans pour corriger la situation.Or des améliorations tangibles devront être apportées rapidement.Au bénéfice des infirmières, qui méritent de pouvoir exercer leur profession dans les meilleures conditions possible, mais surtout pour le bien des patients, qui pâtissent de cette organisation de travail déficiente et inhumaine.Christine Durocher Directrice du Centre de pédiatrie sociale de Saint-Laurent/Au cœur de l\u2019enfance Être un enfant canadien et être privé de soins de santé, est-ce possible en 2019 ?Être un enfant canadien, être né à Montréal et ne pas avoir de carte d\u2019assurance maladie, est-ce possible ?C\u2019est non seulement possible, mais fréquent, dans notre société qui se pense pourtant à l\u2019avant-garde des droits des enfants\u2026 Le petit Thierno* a 18 mois.Il a une santé fragile et tombe souvent malade.Thierno est asthmatique, et aurait besoin de suivis réguliers.Il montre également des signes de retards de développement.Thierno, comme tous les enfants québécois, devrait avoir le droit de recevoir des soins de santé.Après tout, il est né dans un pays qui a ratifié la Convention relative aux droits de l\u2019enfant, qui s\u2019applique à tous les enfants, en tout temps, quelle que soit leur situation ou celle de leurs parents, et qui devrait lui garantir le droit aux soins de santé.Mais Thierno n\u2019a pas accès au réseau de santé québécois\u2026 En effet, l\u2019accès de Thierno aux soins de santé est lié au statut de sa mère.Sa mère est arrivée de Côte d\u2019Ivoire il y a trois ans, avec un visa d\u2019étudiante, mais a dû interrompre ses études parce qu\u2019elle était enceinte.Elle craint de rentrer dans son pays parce que sa famille veut organiser un mariage arrangé avec un homme beaucoup plus âgé.La mère de Thierno a présenté, il y a déjà deux ans, une demande de résidence permanente, mais vient d\u2019apprendre il y a quelques semaines que son dossier faisait partie des 18 000 dossiers rejetés par Immigration Québec en raison de la réforme de la loi sur l\u2019immigration\u2026 Thierno restera donc longtemps encore privé de ses droits à la santé\u2026 La mère de Thierno a eu la chance de trouver sur sa route notre équipe interdisciplinaire du Centre de pédiatrie sociale de Saint-Laurent/Au cœur de l\u2019enfance, qui accompagne et soigne des enfants laissés pour compte, sans statut, demandeurs d\u2019asile, qui tombent dans les failles du système\u2026 Des enfants qui, comme Thierno, ne naissent pas égaux et ont difficilement accès aux soins de santé\u2026 Avec le soutien de partenaires comme Médecins du Monde, ou en négociant avec des cliniques privées pour obtenir des tests gratuits, notre équipe parvient à fournir un suivi médical adéquat.Mais le parcours est complexe, pour des parents qui vivent déjà dans une grande précarité\u2026 Complexes aussi, et ô combien chargés d\u2019inquiétudes, les suivis de grossesse que l\u2019équipe du Centre de pédiatrie de Saint-Laurent effectue avec des femmes sans statut.Des femmes qui nous arrivent souvent en fin de grossesse, sans suivis médicaux dans les premiers mois.Des femmes dont la santé et celle de leur futur bébé sont compromises par le manque d\u2019accès aux soins\u2026 En signant la Convention relative aux droits de l\u2019enfant, notre gouvernement s\u2019était engagé, en notre nom, à accorder la priorité à l\u2019intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.N\u2019est-il pas temps que nous demandions collectivement, pour Thierno, pour Sa- mira, pour Chérie, et pour les centaines de petits Québécois comme eux, le droit de grandir en santé?Que nous demandions, pour ces enfants qui sont nos enfants, le droit de naître égaux?* Le nom de l\u2019enfant a été changé pour protéger son intimité et celle de sa mère.Laïcité, crise climatique et diversion Le Québec est plongé dans la controverse depuis le dépôt du projet de loi sur la laïcité.Attitude autoritaire mais souriante du premier ministre, montée aux barricades de certaines commissions scolaires et associations, critique vigoureuse des partis d\u2019opposition, analyse nuancée mais néanmoins négative de certains intellectuels, la polémique occupe le devant de la scène et suscite une polarisation de plus en plus toxique.N\u2019aurions-nous pas pu aborder cette importante question de la laïcité avec un peu plus de bon sens et de retenue ?Nous sommes tous d\u2019accord sur la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État, n\u2019est-ce pas ?La neutralité religieuse des fonctionnaires, tout comme la neutralité politique qui leur est imposée depuis longtemps, devrait être un paramètre de base.Au lieu de déclarations empestant la malhonnêteté intellectuelle, du genre : « Personne ne devrait avoir à choisir entre son emploi et sa religion », ne pour- rions-nous pas faire appel, d\u2019une part, aux personnes qui portent des signes religieux, d\u2019autre part, aux chefs religieux, pour trouver un accommodement raisonnable permettant aux croyants de retirer les objets du litige pendant leurs heures de travail sans pour cela que les portes de l\u2019enfer leur soient ouvertes ?Oserai-je parler de mon expérience personnelle ?Élevée en France dans une famille croyante et pratiquante, fille d\u2019instituteurs de l\u2019école publique, je n\u2019ai jamais perçu le moindre malaise : j\u2019allais à l\u2019école la semaine et au cours d\u2019enseignement religieux la fin de semaine.Laïcité et respect des croyances vont de pair.Cette polémique qui occupe les Québécois joue un autre rôle, encore plus toxique selon moi : pendant que nous nous chicanons pour savoir si les enseignants peuvent porter un hidjab, une croix, une kippa ou un turban, nous ignorons l\u2019éléphant qui est dans la pièce.La crise climatique est là, et nous ne faisons rien, ou si peu ! Alors que tous les voyants sont au rouge, que nous pouvons encore limiter les dégâts si nous agissons fermement, que les jeunes sont dans la rue pour clamer leur droit à un avenir, le dossier de la laïcité fait ici diversion (tout comme l\u2019affaire SNC-Lava- lin au niveau fédéral).Pourquoi ?De grâce, revenons sur terre.Faisons appel à la bonne volonté de tous.Finalement, il m\u2019importe peu que les enseignants portent ou non des signes religieux.J\u2019aimerais qu\u2019ils soient conscients de leur rôle dans l\u2019éducation des enfants à l\u2019écocitoyenneté et qu\u2019ils descendent dans la rue avec tous ces jeunes qui demandent aux gouvernements d\u2019ouvrir les yeux et de s\u2019occuper des vraies affaires : leur avenir ! Denise Campillo Roxton Falls, le 7 avril 2019 Naître égaux, vraiment ?LIBRE OPINION LETTRE INFIRMIÈRES ET HEURES SUPPLÉMENTAIRES Enfin une véritable volonté politique PATRIMOINE De sursis en sursis n matière de protection du patrimoine bâti, l\u2019histoire hoquette.Chaque mois apporte son joyau menacé, son promoteur décidé à tout raser, sa municipalité désolée de ne pas pouvoir payer.Et sous la menace de la grue, la ministre de la Culture et des Communications active un levier qui s\u2019use par les temps qui courent : l\u2019article 76 de la Loi sur le patrimoine culturel, qui lui confère le pouvoir de recourir aux tribunaux pour faire cesser tous travaux, le temps qu\u2019on vérifie si le bâtiment est digne d\u2019une protection nationale.Le monastère Notre-Dame-du-Rosaire vient de bénéficier du dernier sursis accordé par la ministre de la Culture, Nathalie Roy.En donnant ses trente jours de répit au bâtiment de style néo-roman érigé en 1934 et occupé jusqu\u2019en 2012 par les Moniales dominicaines, la ministre a précisé qu\u2019elle voulait à tout prix éviter la finale catastrophe de la Maison Boileau, cette demeure de patriote démolie à Chambly au terme d\u2019une saga ayant montré les limites de la loi.Raser le monastère: c\u2019est pourtant bel et bien ce qu\u2019a prévu le promoteur, permis délivré par la Ville en main.Son plan est d\u2019y construire quelques dizaines de bungalows.On comprend que, devant le peu d\u2019intérêt suscité par leur maison-mère, les Moniales dominicaines ont dilué leurs exigences au fil des mois.Sur l\u2019avis de vente d\u2019origine, une petite note précisait pourtant: «Puisque la propriété appartient à une congrégation religieuse, il est important que la vocation future réponde aux attentes des Moniales dominicaines.» Elles n\u2019avaient jamais rêvé à la démolition, on l\u2019a bien compris.Qui mène le bal au Québec en matière de protection du patrimoine?Sont-ce les promoteurs immobiliers?La question est brutale, mais il faut la poser.Dans certaines municipalités, la vision urbanistique est fragile, détachée de toute réflexion associée au patrimoine, et ne répond qu\u2019à des intérêts pécuniaires.Les municipalités, grandes gardiennes de la protection du patrimoine en vertu de la Loi, occupent un siège inconfortable: elles sont juge et partie lorsque vient le temps de décider où investir.Les errements des derniers mois ont fait la preuve que tous les discours de sensibilisation autour des vertus et richesses associées aux pierres du passé ne convainquent pas les argentiers des villes.Alourdir la charge fiscale des citoyens ou percevoir de nouvelles taxes grâce à de l\u2019immobilier neuf?Poser la question, c\u2019est y répondre.Nous avons donc une loi dont l\u2019application pose de sérieux problèmes.Ne manque après tout que l\u2019essentiel : une vision, qui embrassera large et consacrera au plus haut niveau de la tour de la Culture une volonté réelle de protéger le patrimoine autrement qu\u2019en jouant les pompiers.E ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC V MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Le dossier de Thierno faisait partie des 18 000 dossiers rejetés par Immigration Québec en raison de la réforme de la loi sur l\u2019immigration.Il restera donc longtemps encore privé de ses droits à la santé\u2026 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 9 AVRIL 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Le coût des injures racistes L orsque les positions sont tranchées, les injures peuvent s\u2019inviter dans les conversations.Le déroulement de discussions civilisées requiert une dose de retenue de la part des uns et des autres.Il est à cet égard utile de rappeler les règles applicables aux injures discriminatoires.Une décision rendue récemment par le Tribunal des droits de la personne condamne une femme qui vivait à Laval (au moment des faits reprochés) à payer une indemnité de 13 000 $ à ses anciens voisins, à qui elle a adressé des propos injurieux fondés sur leur origine ethnique.Une décision qui illustre la rigueur de la loi québécoise à l\u2019égard des injures discriminatoires.Propos outrageants Le Tribunal a trouvé vexatoires et outrageantes les insultes lancées à répétition par la dame à l\u2019endroit de ses voisins évoquant le fait qu\u2019ils sont immigrants.Au nombre des propos et faits et gestes de la dame, le Tribunal cite une lettre que celle-ci leur a transmise qui déclarait notamment : « Je vous informe que nous sommes au Québec, et non pas dans le pays d\u2019origine de vos parents qui ne parlent ni français ni anglais.Bien que vous habitiez tous ensemble, je comprends que vous agissez comme prête-nom pour ceux-ci.Si vos parents ne comprennent pas les lois au Québec, peut-être vau- drait-il mieux qu\u2019ils retournent vivre dans leur pays.» Dans la même veine, il y a les propos mis en preuve où la défenderesse déclare à l\u2019endroit de ses voisins : « Tu es laide, grosse, chinoise, t\u2019es laide, criss de gang de malades\u2026 » Le Tribunal réitère ce qu\u2019avaient déjà exprimé plusieurs décisions judiciaires antérieures et réaffirme que de « telles paroles, qui déprécient l\u2019origine ethnique d\u2019une personne, portent atteinte à sa dignité » en véhiculant le message que sa valeur intrinsèque en tant qu\u2019être humain est moins grande parce qu\u2019elle appartient à une ethnie plutôt qu\u2019à une autre.Les juges ajoutent qu\u2019« en dénigrant une personne en raison de son origine ethnique, [\u2026] de telles injures font échec à sa pleine intégration sociale.Elles favorisent aussi l\u2019incompréhension mutuelle et la haine entre les différentes communautés qui composent la société québécoise ».Or, c\u2019est justement le type de conduite que la Charte des droits et libertés de la personne vise à empêcher.Le droit à l\u2019égalité garantit à toute personne le droit de ne pas être dénigrée ou harcelée en raison de ses caractéristiques personnelles différentes de celles d\u2019autres membres de la société.Le Tribunal rappelle que la Charte « [\u2026] vise à introduire des rapports civilisés entre les individus, fondés sur le respect des différences de chacun » et qu\u2019elle interdit d\u2019exprimer verbalement une insatisfaction ou un désaccord par rapport au comportement d\u2019un tiers « sur la base des motifs interdits de discrimination qui correspondent à des caractéristiques personnelles n\u2019ayant aucun lien avec la conduite reprochée ».On considère qu\u2019il y a du harcèlement lorsqu\u2019une personne a « une conduite vexatoire ou non désirée qui a un effet négatif durable sur ses victimes lorsque les gestes ou les paroles sont répétés, ou en présence d\u2019un seul acte dont la gravité produit des effets continus dans l\u2019avenir ».Le harcèlement racial peut se présenter sous différentes formes.Il peut par exemple résulter de remarques désobligeantes, « injures, insultes, voies de fait ou autres agressions, caricatures, graffitis et dommages causés à la propriété de la victime, ou aux lieux et objets mis à sa disposition ».Évaluer le caractère abusif des propos Afin d\u2019établir si le comportement reproché est abusif au sens de la loi, les tribunaux examinent l\u2019effet ressenti en considérant ce qui est perçu en se situant du point de vue d\u2019une personne raisonnable appartenant au groupe visé par le propos.Dans l\u2019affaire dont il est ici question, il y a eu plusieurs épisodes d\u2019injures, de harcèlement et de gestes agressifs.Lorsqu\u2019ils sont intentionnels, les propos discriminatoires et les gestes de harcèlement peuvent donner lieu à une condamnation à payer non seulement des sommes afin de réparer les dommages, angoisses et détresse engendrés par les propos illicites, mais également une indemnité destinée à punir le comportement discriminatoire.Le Tribunal explique que ce type de punition est nécessaire, car « les propos racistes et xénophobes sont un frein à l\u2019intégration et au déploiement par les personnes membres de communautés racialisées de leur plein potentiel.» De tels propos doivent être découragés.Tous ceux qui prennent part à des débats sur des questions controversées ont intérêt à connaître les limites imposées à l\u2019égard des propos portant sur les caractéristiques à l\u2019égard desquelles la Charte des droits et libertés de la personne interdit de discriminer.Cela vaut pour les injures fondées sur la race, la couleur, le sexe, l\u2019identité ou l\u2019expression de genre, la grossesse, l\u2019orientation sexuelle, l\u2019état civil, l\u2019âge, la religion, les convictions politiques, la langue, l\u2019origine ethnique ou nationale, la condition sociale ou le handicap.Louise Mailloux Philosophe, essayiste et conférencière En invoquant la disposition de dérogation à titre préventif, le gouvernement a agi de façon fort avisée, permettant ainsi au projet de loi 21 de demeurer dans le périmètre du politique, plutôt que de prendre, comme à l\u2019habitude, le chemin des tribunaux.Protéger la souveraineté parlementaire au lieu d\u2019abandonner son pouvoir à la Cour suprême pour décider du cadre laïque au Québec, voilà une attitude courageuse et responsable que nous devons saluer.La judiciarisation du politique Consacrant la primauté du droit individuel sur la démocratie parlementaire et la suprématie du juridique sur le politique, la Charte canadienne qui, faut- il le rappeler, n\u2019a jamais été entérinée par aucun gouvernement, a ainsi fait barrage à l\u2019autonomie de l\u2019État québécois dans sa volonté de définir son cadre laïque.Pensons, par exemple, aux nombreuses contestations devant les tribunaux dont les questions religieuses ont fait l\u2019objet ces dernières années et pour lesquelles la Cour suprême a toujours eu le dernier mot.En 1985, la Cour suprême a reconnu la notion d\u2019accommodement raisonnable.Ce concept, qui est une invention du monde juridique, s\u2019est par la suite progressivement imposé dans la sphère politique sans jamais y avoir été discuté.En 2004, au sujet de l\u2019installation des souccahs juives sur des balcons de condos, la Cour suprême a rejeté le témoignage d\u2019experts et fait de la sincérité de la croyance un critère suffisant pour être protégé par la Charte.En 2006, la Cour suprême autorise le port du kirpan pour un élève sikh dans une école publique de Montréal.En 2012, une décision de la Cour suprême confirme le caractère obligatoire du cours d\u2019ECR, alors que des parents en demandaient l\u2019exemption pour leurs enfants.Également en 2012, la Cour suprême n\u2019interdit pas de témoigner en Cour avec un niqab dans le cas de causes criminelles.En 2015, la Cour suprême dit non à la prière au conseil municipal de Sague- nay.Toujours en 2015, la Cour d\u2019appel fédérale autorise le port du niqab lors des cérémonies d\u2019assermentation de citoyenneté.En 2017, trois semaines seulement après l\u2019adoption de la loi 62, une demande visant à faire suspendre l\u2019article 10 de la loi, qui prévoit que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, a été déposée devant la Cour supérieure du Québec.Le 1er décembre, la Cour supérieure ordonne de suspendre l\u2019article 10 alors qu\u2019un jugement subséquent maintiendra la suspension de celui-ci.Voilà comment depuis 1982, avec l\u2019enchâssement de la Charte des droits et libertés dans la Constitution canadienne, la démocratie parlementaire a été constamment mise en tutelle et inféodée aux décisions des tribunaux en matière de religion, donnant ainsi à la Cour suprême du Canada un pouvoir politique sans précédent.C\u2019est ce que l\u2019on appelle la judiciarisation du politique.Ce qu\u2019il faut retenir de tous ces jugements, c\u2019est que la définition du cadre politique et juridique des rapports entre l\u2019État et les religions a toujours échappé à nos élus et qu\u2019ils ne peuvent retrouver cette prérogative qu\u2019en invoquant la disposition de dérogation leur permettant de se soustraire à l\u2019omnipotence des tribunaux.Le droit à l\u2019autonomie politique S\u2019il est un droit qui soit fondamental entre tous, c\u2019est bien celui pour un État de pouvoir assumer tous les pouvoirs nécessaires permettant de garantir l\u2019avenir de la nation et de protéger les droits de tous les citoyens, y compris ceux en matière de laïcité.Le recours à la disposition de dérogation dans le cadre du projet de loi 21 n\u2019est pas une admission de la part du gouvernement que ce projet de loi viole les chartes, mais bien le geste politique réfléchi d\u2019un gouvernement qui assume ses responsabilités plutôt que de s\u2019en remettre aux chartes et aux tribunaux, comme l\u2019ont toujours fait les libéraux depuis quinze ans.S\u2019il est une chose à laquelle s\u2019attaque ce projet de loi, ce ne sont pas les droits fondamentaux inscrits dans les chartes mais bien le pouvoir extraordinaire et démesuré des tribunaux et de la Cour suprême pour définir le cadre laïque au Québec.Pour le dire très simplement, cette disposition de dérogation fait en sorte que la question laïque, celle de l\u2019indispensable séparation de l\u2019État et des religions, ne soit pas confisquée par les avocats et les juges de la Cour suprême, mais bien débattue et tranchée par les députés, ceux que nous avons démocratiquement élus à l\u2019Assemblée nationale le 1er octobre dernier.LAÏCITÉ La disposition de dérogation, un geste d\u2019affirmation politique Renée Genest Directrice d\u2019Action patrimoine Anne-Sophie Desprez Responsable des communications d\u2019Action patrimoine À maintes reprises au cours de la dernière année, l\u2019actualité a abordé l\u2019enjeu de la conservation et de la mise en valeur des maisons ancestrales.Mais qu\u2019en est-il réellement au quotidien ?Action patrimoine est le fier propriétaire de la maison Henry-Stuart, à Québec.Au fil du temps, l\u2019organisme a eu l\u2019occasion de découvrir les implications d\u2019une telle responsabilité et de tirer quelques leçons de cette expérience.Deux types de protection et de reconnaissance touchent la maison.Elle est classée immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications.Elle est aussi désignée lieu historique national du Canada par le gouvernement fédéral.Ces protections peuvent, pour certains, sembler restrictives.Elles donnent cependant droit à de l\u2019aide financière pour la restauration.Pour les propriétaires dont l\u2019immeuble n\u2019est pas désigné ou classé, d\u2019autres moyens sont disponibles.Quelques municipalités offrent des programmes de soutien à certains travaux de rénovation ou de restauration.Elles sont toutefois encore trop peu nombreuses.Cela sans parler de l\u2019absence de crédit d\u2019impôt réservé à la rénovation et à la restauration de maisons patrimoniales.Quel que soit l\u2019ordre de gouvernement, de nouvelles mesures fiscales apporteraient une bouffée d\u2019air non négligeable aux propriétaires vertueux et en inciteraient certainement d\u2019autres à faire plus d\u2019efforts pour préserver leurs biens.Entretenir de façon adéquate une maison ancestrale demande évidemment d\u2019effectuer un suivi régulier, mais aussi de faire appel à des spécialistes et à des professionnels au savoir- faire rare, parfois unique.Comme on le lit dans les Échos du Sommet national du patrimoine bâti du Québec : « [\u2026] de nombreux chantiers et programmes de subventions exigent certains permis comme les cartes de la Régie du bâtiment du Québec, ce qui a souvent pour effet de limiter l\u2019accès des artisans sur les chantiers.» La clé pour nous est certainement l\u2019entretien quotidien de notre bâtiment et notre vigilance par rapport à son état général.Chaque intervention compte.Pour un propriétaire, il n\u2019est pas toujours simple de faire une restauration complète.D\u2019où l\u2019importance de prévoir un échéancier.Il est évidemment plus facile d\u2019effectuer de petits travaux au fur et à mesure que d\u2019attendre et de devoir gérer de fortes dégradations nécessitant une intervention majeure.La reconversion, pour léguer En plus de se soucier de conservation et de mise en valeur, les propriétaires de maisons anciennes doivent penser le bâtiment dans son environnement.Lors de la requalification de la maison Henry-Stuart, Action patrimoine a rapidement compris le rôle civique qu\u2019impliquait la possession d\u2019une telle maison.Notre organisme a choisi de mettre en valeur son intérieur ancien et sa collection par des visites guidées.Occuper la maison Henry-Stuart avait un objectif double, soit celui de réinvestir un lieu résidentiel sans trop le dénaturer et de démontrer l\u2019efficacité et les répercussions positives de la requalification des bâtiments.Outre les revenus de location, qui sont un bénéfice certain, des professionnels du patrimoine animent la maison au quotidien.Cela permet un suivi régulier de l\u2019entretien et le maintien d\u2019une maison au charme apprécié par les résidents du quartier.Tout comme les églises ne peuvent pas toutes devenir des bibliothèques, les maisons anciennes ne peuvent pas toutes devenir des musées ou des bureaux.La requalification harmonieuse de bâtiments doit se faire selon plusieurs critères, en fonction notamment de l\u2019environnement du quartier et des besoins de la communauté, mais également des ressources financières disponibles.Les maisons anciennes font partie de notre patrimoine collectif, de notre histoire et de notre identité.Les rendre accessibles permet de développer un sentiment d\u2019appartenance qui favorise la sensibilisation à ce patrimoine et sa préservation.Quel avenir pour ces maisons ?Bon nombre de maisons anciennes ont connu un triste sort dans les dernières années.Au-delà de l\u2019aspect pécuniaire, maintenir une maison ancienne en bon état, c\u2019est traduire le désir, encore plus important, d\u2019une transmission aux générations futures.Il faut être visionnaire, passionné et déterminé, et c\u2019est ainsi que nous contribuons collectivement à la mise en valeur de notre quartier, à la visibilité de notre ville et à l\u2019attractivité de notre région.Le patrimoine est une responsabilité partagée entre les propriétaires, les villes, les MRC et le gouvernement.Ce dernier a d\u2019ailleurs un rôle déterminant tant dans la mise en œuvre d\u2019une vision pour le patrimoine que dans la sensibilisation de tous ces acteurs.L\u2019avenir de nos maisons anciennes dépend d\u2019une volonté politique, mais aussi de l\u2019accès à une aide financière et à des professionnels qualifiés capables d\u2019appuyer les propriétaires dans leur démarche de préservation.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.PATRIMOINE Il faut soutenir les propriétaires de maisons anciennes Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Continuité, printemps 2019, no 160.PIERRE TRUDEL Les propos discriminatoires et les gestes de harcèlement peuvent donner lieu à une condamnation à payer non seulement des sommes afin de réparer les dommages, angoisses et détresse engendrés par les propos illicites, mais également une indemnité destinée à punir le comportement discriminatoire. LEDEVOIR // LE MARDI 9 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Blanchet sera candidat aux élections complémentaires dans Belœil-Chambly OTTAWA \u2014 Le nouveau chef du Bloc québécois a fait son choix : Yves- François Blanchet se présentera à l\u2019élection générale cet automne dans la circonscription de Belœil-Chambly, sur la Rive-Sud, près de Montréal.Il tentera de déloger le néodémocrate Matthew Dubé, qui avait conservé de justesse son siège en 2015.M.Dubé avait récolté 31 % des voix, talonné par la candidate libérale à 29 % et le blo- quiste à 28 %.M.Dubé prédit cette fois une course à deux entre lui et M.Blanchet.Le Devoir Des enfants privés des soins de santé gratuits Au Québec, des enfants ne sont toujours pas couverts par l\u2019assurance maladie, déplore dans un rapport déposé lundi l\u2019Observatoire des tout-petits.Ces enfants \u2014 pour lesquels aucune statistique n\u2019existe, précise l\u2019organisme \u2014 sont ainsi exposés à des frais médicaux « exorbitants » en raison du statut d\u2019immigration dit irrégulier de leurs parents.Un accouchement sans complication, par exemple, coûte à ces familles entre 9000 et 17 000 $ (y compris le coût du suivi de grossesse), indique Fannie Dagenais, directrice de l\u2019Observatoire.Selon elle, le Québec pourrait entre autres s\u2019inspirer de ce qu\u2019il a fait en éducation : les enfants qui habitent régulièrement dans la province ont le droit à l\u2019école publique, peu importe leur statut d\u2019immigration.La Presse canadienne STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR S itôt dit, sitôt fait.Dès sa première apparition publique après la diffusion du rapport Mueller sur la collusion avec la Russie, Donald Trump s\u2019en est pris au représentant Adam Schiff, qui dirige la commission permanente sur le renseignement.Le président, fort aux insultes, a ridiculisé son « cou minuscule » et l\u2019a traité de « petite tête de crayon ».Le t-shirt caricaturant « Pencil-Neck Adam Schiff» est apparu quelques jours plus tard sur le site du Parti républicain.Le cou de l\u2019élu démocrate y est remplacé par un bout de crayon.Son visage blanchi est affublé d\u2019un nez de clown.La description précise que le vêtement vendu 28$ américain, comme les 70 autres du site shop.donaldjtrump.com, est «fièrement» fabriqué aux États-Unis».«Le t-shirt, c\u2019est la page blanche, c\u2019est le vêtement à message par excellence», résume au Devoir Charlotte Brunel, rédactrice en chef de la section mode d\u2019Express diX, supplément lifestyle du célèbre magazine français.Mme Brunel a publié T-shirt, chez As- souline, en 2002, ouvrage de référence sur l\u2019incroyable fortune de ce sous-vêtement.« Au début, c\u2019est le maillot de corps tubulaire que les hommes portent sous leur chemise pour avoir chaud l\u2019hiver et absorber la transpiration, explique l\u2019historienne de la mode.Cette fonction ancienne est institutionnalisée dans la marine américaine à la fin du XIXe siècle.Le t-shirt devient une partie de l\u2019uniforme du soldat, comme le pantalon ou la veste militaire.» Les reportages montrant le GI en t-shirt dans les zones de combat pendant la Deuxième Guerre mondiale vont en faire «l\u2019uniforme des héros» et un signe de masculinité virile (il est moulant).Il va aussi devenir le « blanc de travail » des cols bleus, des classes populaires qui triment fort, et puis l\u2019icône de la jeunesse en rébellion, avec ou sans cause.Et cela continue.Il y a trois ans, l\u2019aspirant président Emmanuel Macron avait répliqué à un gréviste qui se plaignait de ne pas avoir de « pognon » pour se payer un costume : « Vous n\u2019allez pas me faire peur avec votre t-shirt ! La meilleure façon de se payer un costard, c\u2019est de travailler.» Tomber dans le panneau Tel qu\u2019il est, comme média vierge et maculé, le t-shirt aussi est donc déjà un POLITIQUE Le média, c\u2019est le message Le t-shirt comme arme politique de propagande massive message.Il va encore plus s\u2019affirmer comme véhicule à message en devenant, dès les premières années de l\u2019après-guerre, une sorte de panneau publicitaire ambulant, d\u2019abord pour les slogans politiques, puis pour les logos commerciaux et enfin pour n\u2019importe quelle cause, conviction ou émotion.«Le marketing fait partie de l\u2019ADN des États-Unis, explique le Québécois Philippe Denis, sociologue de la mode.Les Américains dominent le XXe siècle avec cette idée de la promotion, de la publicité, de la vente de tout et n\u2019importe quoi.Ils ont donc vite compris l\u2019avantage de ce média personnel.Le prix de revient très bas permet de massifier la production pour presque rien.Les partisans payent même souvent eux-mêmes le t- shirt qui fait la promotion d\u2019un produit commercial ou d\u2019une cause politique.» Le premier t-shirt de campagne apparaît en 1948 pour la campagne de Thomas E.Dewey opposant du président sortant Harry S.Truman.Il reproduit une photo du candidat avec son slogan « Dew-it-with ».Le musée national de l\u2019histoire américaine de Washington en expose un exemplaire en permanence.Le célèbre slogan « I like Ike » du républicain Dwight « Ike » Eisenhower pour sa campagne de 1952 se vend encore en ligne.Et cela continue, dans tous les sens, partout, ici comme ailleurs.La députée Catherine Dorion, de Québec solidaire, a fait jaser à l\u2019automne avec son t-shirt supposément hors décorum célébrant le poète Patrice Desbiens à l\u2019Assemblée nationale.Ironiquement, l\u2019Élysée offre maintenant des t-shirts reprenant deux formules d\u2019Emmanuel Macron employées pendant des débats télévisés : « Croqui- gnolesque » et « Poudre de perlimpinpin ».Ces drôleries se vendent tout de même 55 euros (83 $).Les bénéfices de la vente des produits made in France sont affectés au projet de restauration du palais présidentiel.L\u2019impression à chaud Ce moyen d\u2019engagement simple et efficace a évidemment été récupéré par les marques qui finissent par croiser le commercial et le politique.À sa première collection pour la Maison Christian Dior en 2016, Maria Grazia Chiuri proposait le t-shirt We Should All Be Feminists, vendu environ 800 $.Le t-shirt incarne aussi l\u2019image de la mode mondialisée (« encore plus que le jean », résume la journaliste Brunel) en même temps que les inégalités mondia- lisées.Souvent produit dans les sweat shops d\u2019Asie, même quand il est à l\u2019effigie de Che Guevara, il peut se vendre dix ou vingt fois son prix à l\u2019autre bout riche du monde.Les techniques d\u2019impression bon marché développées depuis quelques décennies permettent en plus de réagir à chaud, presque en instantanée.Charlotte Brunel a pu le voir de ses yeux au moment d\u2019un des événements fondateurs du XXIe siècle.« Je suis arrivée à New York pour faire des recherches pour mon livre juste au moment des attaques du 11 Septembre, raconte-t-elle.Ce qui m\u2019a absolument fascinée et m\u2019a poussée encore plus à écrire sur le sujet, c\u2019est de voir la capacité de réaction du t-shirt.Les premiers exemplaires adaptés sont sortis un jour après les attaques.Les fabriques de Canal Street avaient fait rouler les planches à imprimer toute la nuit et il en était sorti des t-shirts anti-Ben Laden ou patriotiques disant que l\u2019Amérique ne se laisserait jamais détruire.» Afficher son appartenance L\u2019écrivain Mathieu Arsenault anime le site Doctorak Go !, où une boutique offre des t-shirts produits de manière artisanale aux thématiques littéraires, dont le plus célèbre proposant l\u2019amalgame : Louis-Ferdinand Céline Dion.Pourquoi créer des t-shirts ?Est-ce typiquement nord-américain ?La lecture est une activité discrète, qui se fait en silence dans l\u2019intimité.Le t-shirt permet d\u2019afficher en public son appartenance à ses lectures.Dans mon projet de boutique, cette appartenance, c\u2019est à la littérature, locale surtout, et à la philosophie.Je vends beaucoup de t-shirts dans de petites villes ou des villages du Québec qui n\u2019ont parfois même pas de librairie.Ça veut assurément dire quelque chose de porter sur soi en public une référence à Hubert Aquin, à Maurice Blanchot ou à Éva Circé-Côté dans une ville qui n\u2019a ni cégep ni université.Pluie verglaçante et neige sur le Québec Des régions du sud et de l\u2019ouest du Québec ont été touchées par de la pluie verglaçante, lundi.Environnement Canada prévoyait des précipitations plus importantes en Outaouais et sur les régions situées au nord du fleuve Saint-Laurent.À Montréal et Gatineau, la pluie s\u2019est changée en pluie verglaçante pour redevenir de la pluie en mi-journée.Du côté de Québec, c\u2019est une quinzaine de centimètres de neige qui devait tomber, une quantité similaire à celle prévue pour Trois-Rivières.En Montérégie, les conditions météorologiques ont forcé la fermeture de certaines écoles.En soirée, lundi, Hydro-Québec faisait état de plus de 500 pannes, privant de courant environ 310 000 clients dans la province, principalement dans les Laurentides, Lanaudière et Laval.La Presse canadienne Yves-François Blanchet JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE LE DEVOIR, LA PRESSE CANADIENNE, AGENCE FRANCE-PRESSE "]
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