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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2019-04-11, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 79 / LE JEUDI 11 AVRIL 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Manuscrit trouvé à Copenhague Un Québécois découvre le catalogue de l\u2019extraordinaire bibliothèque du fils de Christophe Colomb STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR ans le monde des érudits et des bibliophiles, c\u2019est un peu comme si Guy Lazure avait découvert le plutonium par accident.Alors qu\u2019il recherchait des lettres d\u2019un érudit espagnol de la Renaissance dans la bibliothèque de l\u2019Université de Copenhague, le professeur québécois est tombé sur un très gros catalogue de la célébris- sime bibliothèque de Fernand Colomb (1488- 1539).Le second fils de Christophe Colomb, humaniste et voyageur (il a même accompagné son père dans le Nouveau Monde) est considéré comme le plus grand collectionneur de livres de son temps.Sa bibliothèque exceptionnelle a été léguée à la cathédrale de Séville.La Biblioteca Colombina s\u2019y trouve toujours.Elle comptait environ 15 000 ouvrages au début du XVIe siècle.Il en reste le quart dans la ville espagnole.Fernand Colomb aurait fait rédiger deux Libros de los Epitomes avant sa mort.Celui découvert à Copenhague (l\u2019autre est encore manquant) permet de refaire en partie la liste des ouvrages d\u2019origine, y compris les manuscrits éparpillés ou détruits.La description annotée explique la provenance des livres collectionnés, leur prix d\u2019achat et même leur contenu à l\u2019aide de résumés substantiels.D\u2019où le titre donné à ce genre de gros bouquin synthétique, l\u2019épitome étant l\u2019abrégé d\u2019un livre.INDEX Décès .A3 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Avis légaux .B2 Économie.B4 Sports.B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 CULTURE Québecor met sa menace à exécution et prive Bell du signal de TVA Sports | B 8 CULTURE La croisade poétique de Zachary Richard.Une chronique d\u2019Odile Tremblay.B 8 ACTUALITÉS Première capture photographique d\u2019un trou noir A 8 MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR TAXI Bonnardel entrouvre la porte à une bonification de l\u2019indemnisation ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le projet Beauport 2020 risque de se heurter à la législation canadienne qui protège les espèces en péril.Le nouveau complexe portuaire industriel de 400 millions de dollars du port de Québec menacerait en effet un habitat essentiel pour le bar rayé, une espèce en voie de disparition.Les autorités gouvernementales attendent d\u2019ailleurs depuis plusieurs mois des réponses du promoteur sur cet enjeu, a appris Le Devoir.Présenté comme une « espèce patrimoniale mythique » dans le Plan d\u2019action Saint-Laurent des gouvernements du Québec et du Canada, le bar rayé avait complètement disparu du fleuve à la fin des années 1960, notamment en raison de la dégradation de son habitat.Le gouvernement du Québec a toutefois lancé en 2002 un programme pour reconstituer cette population.«Cette réintroduction a nécessité des investissements d\u2019argent importants de la part du gouvernement québécois», précise d\u2019ailleurs le ministère de l\u2019Environnement du ENVIRONNEMENT Un poisson menace un projet du port de Québec Le quai projeté entraverait la reproduction du bar rayé, une espèce protégée Le bar rayé, que l\u2019on aperçoit ici, a été réintroduit dans les eaux du Saint-Laurent, mais il s\u2019agit toujours d\u2019une espèce en voie de disparition.OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Fernand Colomb BIBLIOTECA COLOMBINA D VOIR PAGE A 4 : MANUSCRIT VOIR PAGE A 2 : MENACE VOIR PAGE A 2 : TAXI On attend les propositions, c\u2019est ce que j\u2019ai dit FRANÇOIS BONNARDEL » Le ministre des Transports, François Bonnardel, a adouci le ton mercredi envers les chauffeurs de taxi, lui qui était demeuré ferme depuis le dépôt de son projet de loi pour déréglementer cette industrie.Après avoir émis un non catégorique au cours des dernières semaines, il semblait plus disposé à revoir l\u2019indemnisation pour les permis de taxi.« On attend les propositions, c\u2019est ce que j\u2019ai dit », a-t-il affirmé à sa sortie de la première journée de consultation en commission parlementaire lorsque Le Devoir lui a demandé s\u2019il était prêt à bonifier l\u2019enveloppe de 500 millions de dollars offerte par le gouvernement.Le projet de loi 17 abolirait les permis ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 11 AVRIL 2019 Une juste compensation TAXI SUITE DE LA PAGE A 1 de taxi, dont la valeur peut dépasser 150 000$ dans certains cas, pour permettre l\u2019entrée de nouveaux joueurs dans l\u2019industrie.Plus tôt dans la journée, M.Bonnar- del n\u2019écartait pas une bonification de la redevance temporaire de 20 cents par course prévue dans son projet de loi pour enrichir le programme de modernisation de l\u2019industrie mis sur pied par le gouvernement précédent.Ce programme prévoit une aide financière pour l\u2019achat de véhicules électriques ou hybrides, le développement d\u2019outils technologiques et la création d\u2019une image de marque.Selon le ministre, cette redevance générerait 36 millions de dollars durant les trois années où elle serait prélevée.Ce montant s\u2019ajouterait aux 44 millions de dollars déjà alloués au programme en 2017.« Je sais que certains dans les mémoires ont écrit qu\u2019on devrait peut-être l\u2019augmenter de façon additionnelle, a- t-il dit.Moi, je suis ouvert aux propositions.Ce que j\u2019ai demandé à l\u2019industrie du taxi depuis le début, c\u2019est de me proposer des choses.Est-ce que c\u2019est une avenue qui pourrait être ouverte, qui serait intéressante ?Sûrement.» « Bonnardel assassin ! » La commission parlementaire s\u2019est ouverte mercredi alors que des dizaines de chauffeurs de taxi venus d\u2019un peu partout au Québec manifestaient leur mécontentement à l\u2019extérieur de l\u2019Assemblée nationale.« Bonnardel assassin », ont-ils scandé en accusant le gouvernement de tuer leur industrie.Si le gouvernement poursuit sur sa voie « tyrannique » qui mène à la « disparition » de l\u2019industrie, les propriétaires exigent d\u2019être pleinement indemnisés pour la valeur de leur permis calculée avant l\u2019arrivée de la multinationale Uber, a expliqué l\u2019un des représentants de l\u2019industrie, Abdallah Homsy, en mêlée de presse.Deux groupes qui soutiennent la libéralisation de l\u2019industrie ont plaidé en leur faveur en commission parlementaire.Le dédommagement pour la perte de valeur des permis doit être juste et équitable, selon la Fédération des Chambres de commerce du Québec (FCCQ) et l\u2019Institut économique de Montréal (IEDM).« De toute évidence, il y a un effort à faire, a constaté le président-directeur général de la FCCQ, Stéphane Forget.Cette compensation-là doit voir le jour parce qu\u2019il y a des gens qui ont œuvré dans un système et ce système-là tombe.» Le gouvernement a offert jusqu\u2019à maintenant 500 millions de dollars en tout aux détenteurs de permis, dont 250 millions ont été versés lorsque les libéraux étaient toujours au pouvoir.L\u2019industrie évalue plutôt la valeur de ces permis à 1,4 milliard de dollars.Le montant d\u2019indemnisation se situe probablement entre les deux, selon M.Forget.Une analyse d\u2019impact réglementaire du ministère des Transports publiée mardi estime que les 7500 permis de taxi ordinaires répertoriés au Québec représentent 748,7 millions de dollars.L\u2019IEDM a avancé qu\u2019il revenait au gouvernement de «réparer son erreur», celle d\u2019avoir soumis l\u2019industrie du taxi à une gestion de l\u2019offre il y a près de 50 ans en limitant le nombre de permis.« C\u2019est nécessaire qu\u2019il y ait un plan de compensation, après tout, c\u2019est les chauffeurs qui ont participé au système en étant tout à fait conscients de ce qu\u2019on leur demandait, ils ont respecté la loi », a affirmé l\u2019un des signataires du mémoire de l\u2019IEDM, Vincent Geloso, en entrevue au Devoir.« C\u2019est une propriété qu\u2019ils ont, a-t-il ajouté.C\u2019est comme si on leur enlevait leur maison, qu\u2019on disait : \u201cLe titre de votre propriété sur votre maison n\u2019est plus valide.\u201d C\u2019est un peu inéquitable.» Il a suggéré l\u2019imposition d\u2019une taxe transitoire sur chaque course pendant dix ans pour créer un fonds qui servirait à compenser l\u2019effondrement de la valeur comptable des permis de taxi après l\u2019adoption du projet de loi 17.Ce dédommagement doit plutôt provenir d\u2019Uber, selon Québec solidaire.« Il y a Uber qui a déjà payé des montants d\u2019argent ailleurs, a affirmé la députée Ruba Ghazal.En ce moment, il paie zéro.Ce n\u2019est pas toujours aux usagers de payer.C\u2019est à Uber, et il va falloir lui imposer qu\u2019il paie de l\u2019argent.» Avec La Presse canadienne MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le succès d\u2019une campagne électorale est plus qu\u2019une affaire de sous.L\u2019équipe de François Legault a remporté une victoire décisive le 1er octobre dernier même si elle a dépensé des centaines de milliers de dollars de moins que le Parti libéral du Québec ou le Parti québécois.La Coalition avenir Québec a comptabilisé des dépenses totalisant plus de 6,1 millions durant la campagne électorale, comparativement à 7 millions pour le PLQ et 6,3 millions pour le PQ (+ 216 602 $), peut-on lire dans le Sommaire des rapports de dépenses électorales, publié par Élections Québec.La troupe de Philippe Couillard a ainsi déboursé 938 224$ de plus que la CAQ pendant un marathon électoral de 22 jours, durant lequel elle a décliné ses propositions pour «faciliter la vie des Québécois» aux quatre coins du Québec.D\u2019ailleurs, toutes proportions gardées, c\u2019est le PLQ qui a déclaré le plus de frais de voyage et de repas.La formation politique a nolisé des avions afin de transporter le premier ministre Philippe Couillard et sa suite de Roberval à Sherbrooke en passant par la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine et la Côte-Nord.Peine perdue, les circonscriptions visitées sont tombées (ou retombées) dans l\u2019escarcelle de partis adverses.Factures d\u2019Air Inuit, Max Aviation et Panorama Fixed Wings: plus de 100 000$.Lors du prochain rendez-vous électoral, «ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on va se présenter devant les Québécois avec des pailles en bambou et une deuxième carte d\u2019assurance-maladie!» a lancé la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, mardi.Le Parti québécois a dépensé 6,3 millions durant la campagne électorale, c\u2019est-à-dire 216 602 $ de plus que la CAQ.« Sérieusement.» L\u2019« Équipe François Legault » a toutefois investi davantage que le PLQ et le PQ en publicité (3,2 millions).C\u2019est plus de la moitié du budget de dépenses de la CAQ qui a été alloué dans différentes offensives publicitaires.Le parti politique a retenu les services de Carat, une filiale de Dentsu Aegis Network, moyennant 1,7 million.Le groupe, qui a pignon sur rue dans le sud-ouest de Montréal, se targue de pouvoir compter sur des agences spécialisées en affichage, en performance numérique, en efficacité de la mise en marché et en création » et de « crée[r] des campagnes médiatiques multipla- teformes et innovantes, livrant une valeur commerciale supérieure ».La CAQ s\u2019est aussi tournée vers Sud- Ouest Productions, qui s\u2019enorgueillit de « pouss[er] constamment les limites pour que chaque projet soit exceptionnel ».« C\u2019est en soi une belle aventure chaque fois », note l\u2019équipe de producteurs et réalisateurs.Québec solidaire a, pour sa part, dépensé près de 3 millions en campagne électorale.C\u2019est deux fois moins que le PLQ, le PQ ou la CAQ.Les autres partis politiques ont couvert des dépenses totalisant 673 471 $ du 24 août au 1e r octobre, dont 196 834 $ pour le Parti vert du Québec (PVQ) et 183 204 $ pour le Parti conservateur du Québec (PCQ).À l\u2019instar des quatre partis politiques représentés à l\u2019Assemblée nationale, le PVQ et le PCQ ont droit à un remboursement de la moitié des dépenses électorales effectuées par l\u2019état-major de leur formation politique par Élections Québec, puisqu\u2019ils ont obtenu au moins 1 % des votes valides (1,68 % pour le PVQ et 1,46 % pour le PCQ).Ayant obtenu à peine 0,57 % des suffrages, le Nouveau Parti démocratique du Québec n\u2019aura pas droit à un sou de la part d\u2019Élections Québec.La facture de sa première aventure électorale québécoise s\u2019élève à 106 855 $.Le Directeur général des élections rembourse aussi 50 % de la note de campagne de candidats ayant rallié l\u2019appui d\u2019au moins 15 % des électeurs de leur circonscription.Ils sont : 112 ca- quistes, 86 libéraux, 60 péquistes et 51 solidaires.En résumé, les partis politiques et les candidats indépendants ont déboursé durant la dernière campagne électorale un total de 23,1 millions.Il s\u2019agit d\u2019un record.Cependant, aucun d\u2019entre eux n\u2019a frôlé la limite permise par la Loi électorale, soit environ 8,9 millions pour 125 candidats.ÉLECTIONS La CAQ a été moins dépensière que le PLQ et le PQ Une espèce protégée MENACE SUITE DE LA PAGE A 1 Québec dans un document déposé à l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale (ACEE), qui pilote l\u2019examen du projet Beauport 2020.Le bar rayé est donc de retour dans le Saint-Laurent, si bien que Pêches et Océans Canada (MPO) devrait faire passer son statut d\u2019espèce « disparue » à « en voie de disparition », en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).« Une mise à jour du Programme de rétablissement du bar rayé, incluant une mise à jour de l\u2019habitat essentiel, est en développement », précise aussi une porte-parole du MPO, Karina Laberge.Un « avis scientifique » produit en 2017 par le MPO pour la « désignation » de cet habitat essentiel démontre d\u2019ailleurs clairement que la baie de Beauport et le « secteur portuaire de Québec » constituent un habitat crucial pour le rétablissement de l\u2019espèce.Or, c\u2019est précisément dans cet habitat que le port de Québec veut implanter le projet Beauport 2020, qui comprend la construction d\u2019un nouveau quai de 610 mètres, le dragage de plus de 900000m3 de sédiments et le remblaiement d\u2019une partie du fleuve pour créer un nouvel «espace» de 170 000m2, afin de stocker des conteneurs.Dans un document mis en ligne par l\u2019ACEE le 30 mai 2018, le MPO est pourtant formel : « Le secteur du nouveau quai correspond à une aire de reproduction pour le bar rayé du fleuve Saint-Laurent, population protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril.Seuls deux sites de reproduction sont actuellement connus pour cette population en rétablissement dans le Saint-Laurent.» Le ministère ajoute que le quai serait construit directement dans un « secteur très important dans le déroulement de la fraie », et qui fera donc vraisemblablement partie de l\u2019habitat jugé essentiel pour le bar rayé.Or, la LEP prévoit qu\u2019« il est interdit de détruire un élément de l\u2019habitat essentiel d\u2019une espèce sauvage inscrite comme espèce en voie de disparition ou menacée \u2014 ou comme espèce disparue du pays dont un programme de rétablissement a recommandé la réinsertion à l\u2019état sauvage au Canada ».Réponses attendues Dans son étude d\u2019impact et dans des réponses fournies à l\u2019ACEE jusqu\u2019en avril 2018, le port de Québec admet que « la zone d\u2019extension du quai 53 fait partie d\u2019une aire de rassemblement printanier du bar rayé », mais affirme qu\u2019« aucune activité de fraie du bar rayé » n\u2019a lieu dans ce secteur.Dans une réponse à ces affirmations du port de Québec, le MPO précise cependant que «l\u2019espèce est connue pour utiliser des aires de rassemblement avant la fraie qui, à l\u2019instar des frayères, jouent un rôle essentiel pour la reproduction.Les aires de rassemblement avant la fraie font partie intégrante de l\u2019habitat nécessaire à la reproduction».Le ministère ajoute que l\u2019étude d\u2019impact du projet ne précise « aucun plan compensatoire » pour la destruction « d\u2019habitats de haute valeur » pour le poisson, ce qui signifie que Beauport 2020 risque « de nuire ou de mettre en péril la survie ou le rétablissement d\u2019une espèce en péril [bar rayé] ».Dans le cadre de la dernière demande de l\u2019ACEE adressée au port de Québec, datée du 8 juin 2018, l\u2019Agence exige en outre que le promoteur de Beauport 2020 reprenne «la description des fonctions d\u2019habitat du bar rayé observées au site de prolongement du quai 53 en remplaçant la fonction d\u2019habitat de migration identifiée par le promoteur par une fonction de reproduction ».L\u2019ACEE souligne qu\u2019en plus de son rôle dans la reproduction de cette espèce protégée, le secteur visé pour construire le nouveau quai « se trouve à l\u2019intérieur de zones plus vastes qui constituent des aires d\u2019hivernage et d\u2019alimentation des adultes et de croissance des larves et des juvéniles, ce qui ajoute à l\u2019importance de ce secteur pour l\u2019espèce.La description de l\u2019habitat essentiel doit prendre en compte ces constats et rapporter les connaissances acquises au cours des dernières années par la communauté scientifique ».Même si la demande a été formulée il y a maintenant plus de dix mois, l\u2019ACEE a confirmé au Devoir qu\u2019elle est toujours « en attente » des réponses du port de Québec.La porte-parole de l\u2019administration portuaire, Marie-An- drée Blanchet, a affirmé pour sa part que « conformément à la demande de l\u2019ACEE, nous avons complété l\u2019évaluation de la question de l\u2019utilisation de l\u2019habitat par le bar rayé ».Est-ce que vous estimez toujours que le secteur du projet portuaire n\u2019est pas utilisé par le bar rayé durant la période de reproduction ?Êtes-vous convaincus de pouvoir réaliser le projet Beau- port 2020 sans nuire au bar rayé ?Mme Blanchet n\u2019a pas fourni de réponses à ces questions, invitant simplement Le Devoir à « consulter le site de l\u2019Agence pour l\u2019information de nature technique ».7 millions Le PLQ a dépensé plus que tous les autres partis.Mais il a tout de même dû se contenter de la deuxième position.6,3 millions Avec un investissement de cette importance, le PQ n\u2019a fait élire que 10 députés.Depuis, une élue a quitté la formation politique.6,1 millions La CAQ a remporté les élections, même en étant relativement économe.3 millions QS, le parti qui se dit de la rue, a dépensé deux fois moins que les autres et fait élire malgré cela 10 députés.François Bonnardel Abdallah Homsy C\u2019est comme si on leur enlevait leur maison, on disait: \u201cLe titre de votre propriété sur votre maison n\u2019est plus valide.\u201d C\u2019est un peu inéquitable.VINCENT GELOSO » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 11 AVRIL 2019 I l est vrai que les responsabilités de chef de parti sont difficiles à concilier avec celles de père d\u2019une jeune famille.On ne peut certainement pas blâmer André Fortin de privilégier celle-ci, mais la situation précaire du PLQ a sûrement facilité sa décision.On a beau dire que les choses peuvent changer rapidement en politique, les chances que le PLQ remporte l\u2019élection de 2022 paraissent très minces.La reconstruction s\u2019annonce longue et ardue.Le jour où le PLQ semblera voir le bout du tunnel, le chef usé par des années dans l\u2019opposition risque fort d\u2019être sacrifié sur l\u2019autel du pouvoir.Pierre Moreau et Sébastien Proulx, qui ont déclaré forfait d\u2019entrée de jeu, en étaient bien conscients.On dit souvent que le PQ dévore ses chefs, mais le PLQ est encore plus impitoyable envers les perdants.Claude Ryan, qui avait été accueilli comme un sauveur en 1978, a survécu 16 mois après à la défaite d\u2019avril 1981 avant de lancer la serviette.Jean Charest a échappé au même sort après celle de 1998 simplement parce que le PLQ avait obtenu plus de votes que le PQ.Même réélu dans Roberval, Philippe Couil- lard n\u2019aurait pas fait vieux os.Un chef défait qui s\u2019accroche doit s\u2019attendre à vivre de pénibles années.Entre 1998 et 2003, M.Charest avait été constamment sur la corde raide.Chaque conseil général du PLQ, il était presque gênant de le voir détailler son emploi du temps, comme s\u2019il sentait le besoin de justifier son maintien en poste.En avril 2000, le président du conseil d\u2019administration, André Fortier, avait exprimé brutalement la déception des milieux d\u2019affaires.« Il faut qu\u2019on ait mieux que ça », avait-il lancé sur les ondes de TVA.Trois semaines plus tard, le magazine L\u2019actualité rapportait sans le nommer les propos d\u2019un ancien ministre libéral selon lesquels M.Charest n\u2019avait pas l\u2019envergure intellectuelle requise.André Fortin était perçu comme la vedette montante et le chouchou de l\u2019establishment du parti, mais rien n\u2019assure qu\u2019il aurait pu faire la traversée du désert avec la même résilience que l\u2019ancien premier ministre.Le député de Pontiac a démontré un réel talent pour la politique depuis son entrée à l\u2019Assemblée nationale.Alors que le ministre des Transports avait été un véritable casse-gueule pour ses prédécesseurs, M.Fortin s\u2019en est sorti indemne.À 37 ans, il peut cependant se permettre de passer un tour et d\u2019attendre des jours meilleurs.Plusieurs lui ont trouvé une ressemblance avec Robert Bourassa, mais ceux qui souhaitent voir le PLQ renouer avec son passé nationaliste se demandaient si cet homme, qui a fait ses classes dans les officines libérales à Ottawa, était réellement l\u2019homme de la situation.On n\u2019a jamais senti chez lui un quelconque intérêt pour l\u2019affirmation de la spécificité québécoise.Il est vrai que le PLQ, dont la grande majorité des députés ont été élus grâce à l\u2019appui des non-francophones, ne semble pas prêt à prendre les moyens nécessaires pour se reconnecter avec la majorité francophone.Quand Alexandre Taillefer a osé dire qu\u2019il devrait se positionner dans la défense du français et s\u2019employer à « faire évoluer le Canada », il a été rapidement rappelé à l\u2019ordre.M.Taillefer n\u2019était sans doute pas le messager idéal après sa performance désastreuse à la présidence de la campagne électorale, mais les libéraux auraient eu intérêt à se concentrer sur le message.« C\u2019est un peu une page blanche en ce moment, le Parti libéral.Ça, c\u2019est intéressant pour n\u2019importe quel parti politique », a déclaré M.Fortin.À la condition d\u2019avoir quelque chose à écrire.En réalité, le PLQ souffre du syndrome de la page blanche depuis longtemps.Philippe Couillard avait promis de refaire du PLQ ce lieu de réflexion qui avait jadis jeté les bases de la Révolution tranquille, mais il est vite retombé dans la torpeur intellectuelle qui avait caractérisé les années Charest.Loin de se renouveler, il s\u2019est plutôt transformé en « machine à ramasser de l\u2019argent », comme l\u2019a déploré un de ses anciens présidents de l\u2019ère Bourassa, Robert Benoît.La commission Charbonneau a cassé la machine, mais rien ne l\u2019a remplacée.La députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, dont le franc- parler est décidément rafraîchissant et qui ne cache pas ses ambitions, a dénoncé à mots à peine couverts la pauvreté des propositions libérales lors de la dernière campagne électorale.« Je travaille sur une plateforme pour 2022 parce que ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on va se présenter devant les Québécois avec des pailles en bambou et une deuxième carte d\u2019assurance-maladie », a-t-elle déclaré.La course à la chefferie, dont le conseil général du PLQ définira les règles au conseil général du début de mai, devrait en principe être l\u2019occasion d\u2019un grand brassage d\u2019idées.Encore faudrait-il qu\u2019il y ait une course digne de ce nom.Après le retrait de M.Fortin, Mme Rizqy et l\u2019ancienne vice- première ministre, Dominique Anglade, sont les seules à être officieusement dans les rangs.Si l\u2019idée de confier la direction du parti à une femme pour la première fois est séduisante, il serait certainement dans l\u2019intérêt du PLQ qu\u2019au moins un candidat vienne de l\u2019extérieur de Montréal.Certains auraient même tenté de convaincre Sam Hamad de se porter volontaire.C\u2019est dire à quel point ils sont désespérés.La page blanche du PLQ MICHEL DAVID MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le maire de Hampstead, William Stein- berg, se retrouve désormais dans le collimateur de la Commission municipale du Québec (CMQ) pour avoir accusé le gouvernement caquiste de procéder à du «nettoyage ethnique» au moyen du projet de loi sur la laïcité de l\u2019État.La CMQ évaluera si M.Steinberg a commis un manquement au Code d\u2019éthique et de déontologie des membres du conseil de la Ville de Hampstead.Le document enjoint notamment les élus de la municipalité de l\u2019île de Montréal à «respecter les normes les plus strictes en matière d\u2019honneur et d\u2019intégrité dans l\u2019exercice de leurs fonctions, et ils doivent faire preuve de prudence dans la recherche de l\u2019intérêt public».Malgré les appels répétés des élus de l\u2019Assemblée nationale, M.Steinberg se refuse à présenter ses excuses pour avoir décrit le projet de loi 21 comme un moyen pour l\u2019équipe de François Legault de procéder à un « nettoyage ethnique pacifique ».« Je parlais de nettoyage ethnique non pas par les armes, mais par la loi », a-t-il réitéré.Un élu ayant dérogé au Code d\u2019éthique et de déontologie de Hamps- tead peut se voir imposer par la CMQ une réprimande ou encore d\u2019une suspension du conseil municipal pour un maximum de 90 jours.En en « remett[ant] », M.Steinberg a fait preuve d\u2019un « manque de respect envers la majorité des Québécois », a fait valoir le premier ministre François Legault, mercredi.« Il est en train de se mettre à dos la majorité des Québécois.Je ne pense pas que ça va aider sa crédibilité », a-t-il affirmé dans une mêlée de presse.De son côté, le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a donné pour « consigne » aux membres de son caucus de ne pas s\u2019afficher aux côtés du maire de Hampstead \u2014,qui a tenu des propos « inacceptables », selon lui \u2014dans des manifestations contre le projet de loi 21.«Si j\u2019étais à sa place, je réfléchirais à mon avenir », a poursuivi M.Arcand, se gardant toutefois d\u2019appeler M.Steinberg à démissionner.Reproches à la CAQ Le gouvernement caquiste n\u2019est pas pour autant exempt de tout reproche dans cette affaire, a fait valoir M.Ar- cand mercredi.« C\u2019est sûr que ce que la CAQ fait au Québec, de façon générale, incite à ce genre d\u2019excès », a soutenu le chef de l\u2019opposition officielle à l\u2019Assemblée nationale, avant d\u2019ajouter : « Il y a des projets de loi qui sont diviseurs.Et évidemment, ça mène souvent à des excès.» M.Legault a demandé à son adversaire « de ne pas faire exprès pour rajouter de l\u2019huile sur le feu ».« J\u2019ai de la misère à reconnaître Pierre Arcand », a-t-il lancé aux courriéristes parlementaires avant de filer vers le Salon bleu.À Montréal, l\u2019administration Plante a invité, du bout des lèvres, M.Steinberg à faire acte de contrition.«Je vais laisser à M.Steinberg la liberté de s\u2019excuser, mais on préférerait qu\u2019il s\u2019excuse», a affirmé le membre du comité exécutif Jean- François Parenteau.«L\u2019important, dans ce débat, c\u2019est de garder de la hauteur.Ça ne donne rien de rentrer dans l\u2019émotivité et de descendre bas», a-t-il insisté.Libéraux et conservateurs À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau et le chef conservateur ont tour à tour dénoncé la sortie médiatique « inacceptable » du maire d\u2019Hampstead.De son côté, Gérard Deltell a répété en boucle qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un débat québécois dans lequel il ne voulait pas, en tant qu\u2019élu fédéral, s\u2019immiscer.« Quand on dit qu\u2019il y a un débat, évidemment, il peut y avoir des propos qui peuvent parfois surprendre, décevoir, mais c\u2019est ça, un débat politique.» Condamne-t-il les propos ?« Ça appartient au débat provincial.» Le Bloc québécois a demandé le consentement unanime de la Chambre des communes pour condamner les propos du maire, mais à sa grande surprise \u2014 car il en avait au préalable reçu l\u2019assurance de chacun des autres partis \u2014, il ne l\u2019a pas obtenu.Quelques voix se sont élevées \u2014 des banquettes libérales, selon le Bloc \u2014 pour s\u2019opposer à la motion.«Si tu ne dénonces pas, dans une certaine mesure, tu cautionnes», a conclu le chef bloquiste, Yves-François Blanchet.Avec Hélène Buzzetti et Jeanne Corriveau LAÏCITÉ Le maire Steinberg pourrait être sanctionné Québec comme Ottawa dénoncent les propos de l\u2019élu municipal HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le NPD ne craint pas de subir cet automne le même sort électoral qu\u2019en 2015 et de payer chèrement son opposition à la loi québécoise sur la laïcité.Les députés du Québec pensent que les électeurs leur sauront gré de reconnaître à l\u2019Assemblée nationale la légitimité de légiférer en la matière.En 2015, des vandales avaient dessiné des niqabs sur la photo de certaines candidates néodémocrates en réponse à l\u2019appui du parti aux prestations de serment de citoyenneté à visage voilé.Le Bloc québécois avait attaqué le NPD sans relâche, notamment avec une publicité montrant une goutte de pétrole se transformant en burqa.Le NPD avait perdu les trois quarts de ses sièges au Québec.Le scénario se répétera-t-il?«Je ne vois pas comment ça pourrait se répéter dans la mesure où le message est clair, basique, facile à comprendre: l\u2019Assemblée nationale a toute autorité pour légiférer en la matière.Qu\u2019est-ce qu\u2019un membre du Bloc québécois peut me reprocher?» demande le député Robert Aubin, appuyé par le député Matthew Dubé.Le chef adjoint Alexandre Boulerice prédit que le NPD sera épargné, car il ne répète pas l\u2019erreur de 2015 d\u2019afficher une sorte de supériorité morale.«Il faut éviter de faire comme on l\u2019a fait en 2015, éviter d\u2019avoir une approche légaliste ou chartiste, dit-il.Il faut être à l\u2019écoute et dire aux gens que s\u2019ils ont un malaise, s\u2019ils ne sont pas sûrs, on le comprend.Mais après, on va dire quelles sont nos préoccupations, ce qu\u2019on veut éviter, et on aura une conversation qui sera plus humaine plutôt que de leur dicter de haut [ce qu\u2019il faut penser].» Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a déclaré qu\u2019il respectait la compétence du Québec de légiférer en matière de laïcité, mais qu\u2019il n\u2019était «pas d\u2019accord avec ce projet de loi», car contrôler l\u2019apparence des gens «soulève de grandes inquiétudes».Les cinq députés québécois auxquels Le Devoir a parlé disent appuyer cette position, mais certains laissent entendre quelques bémols.C\u2019est le cas de Pierre Nantel, qui soutient que la position de M.Singh n\u2019engage pas le parti.« C\u2019est son point de vue personnel.Il faisait allusion à son expérience personnelle.» Il trouverait « dommage » que le chef prétende parler au nom du NPD « parce que les députés fédéraux n\u2019ont pas d\u2019opinion à émettre là-dessus ».À l\u2019inverse, son collègue François Choquette (Drummond) affirme « qu\u2019en principe, on est contre, parce que ça va à l\u2019encontre des chartes ».Croyant catholique, M.Choquette dit avoir notamment à cœur les chrétiens désireux de porter une croix.« C\u2019est sûr que je ne serais pas pour une loi comme ça au fédéral.S\u2019il y avait une loi comme ça du même genre, ici, au fédéral, je voterais contre.» Néanmoins, plusieurs élus admettent leur malaise envers les symboles religieux cachant le visage des femmes.M.Boulerice avait déjà déclaré ne pas aimer le niqab.«Je suis favorable à des services publics à visage découvert», dit-il encore aujourd\u2019hui.Matthew Dubé abonde.«Quand on parle du niqab, de la burqa, on reconnaît qu\u2019il y a un malaise.» M.Aubin ajoute sa voix.«Évidemment que c\u2019est problématique.Ça a toujours heurté les Québécois.» Avec Marie Vastel PROJET DE LOI 21 Le NPD croit avoir adopté une position acceptable au Québec Même si le second désavoue le projet de loi sur la laïcité du premier, François Legault et Justin Trudeau ont tous les deux condamné les propos du maire de Hampstead.JACQUES BOISSINOT ET SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE En réalité, le PLQ souffre du syndrome de la page blanche depuis longtemps.Philippe Couillard a promis de refaire du PLQ ce lieu de réflexion qui avait jadis jeté les bases de la Révolution tranquille, mais il est vite retombé dans la torpeur intellectuelle qui avait caractérisé les années Charest. LEDEVOIR // LE JEUDI 11 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 4 La pièce manquante MANUSCRIT SUITE DE LA PAGE A 1 Un savant britannique chargé maintenant d\u2019analyser le trésor bibliophile, le professeur Edward Wilson-Lee, de l\u2019université Cambridge, parle d\u2019une découverte «extraordinaire».Lui-même a publié l\u2019an dernier une biographie de Fernand Colomb, The Catalogue of Shipwrecked Books: Young Columbus and the Quest for a Universal Library.« Le professeur Wilson-Lee en met un peu et il a le sens de la formule », dit le professeur Lazure, demeuré très modeste devant sa découverte.Formé à l\u2019Université de Montréal, docteur de l\u2019université Johns Hopkins à Baltimore avec une thèse sur la culture et l\u2019humanisme à Séville au XVIe siècle, Guy La- zure enseigne l\u2019histoire médiévale et de la Renaissance à l\u2019Université de Windsor en Ontario.« Disons que c\u2019est la pièce manquante d\u2019un puzzle.Ce catalogue permet de mieux comprendre une bibliothèque unique.Il n\u2019en existe aucune de cette ampleur à l\u2019époque.Les grands collectionneurs érudits et en moyens accumulaient quelques centaines de livres, pas des milliers d\u2019ouvrages comme Fernand Colomb.» Le livre des livres Comme dans le roman Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, ce n\u2019est pas une, mais plusieurs histoires qui s\u2019imbriquent dans cette odyssée intellectuelle.La fascinante histoire court sur un demi-millénaire et deux continents pour lier au passage un Espagnol, un Danois, un Islandais et un Canadien, tous amoureux des livres.Le professeur Lazure explique que le fils illégitime de Christophe Colomb a été accepté à la cour d\u2019Espagne.Cette position de courtisan lui a fourni des revenus et des occasions de voyages en Europe pour y dénicher des manuscrits.Fernand Colomb collectionnait aussi les estampes.Colomb fils employait des érudits pour lire et résumer ses livres.La plus longue synthèse du codex danois, concernant les œuvres complètes de Platon, court sur une trentaine de pages.Le catalogue comprend aussi bien des almanachs que des pamphlets.Le livre des livres s\u2019étend sur quelque 2000 pages et fait un bon pied d\u2019épaisseur.Il montre la boulimie insatiable du bibliophile, mais aussi et surtout ce qui intéressait un esprit allumé du XVIe siècle, au moment de l\u2019imprimerie naissante.Un ambassadeur à la cour d\u2019Espagne a acheté des manuscrits à la fin du XVIIe siècle, période sombre après des décennies fastes surstimulées par la découverte et l\u2019exploitation du Nouveau Monde.«Des nobles vendaient leur collection d\u2019art, leurs meubles, leurs livres, explique Guy Lazure.On pense que l\u2019ambassadeur a été attiré par de très vieux manuscrits qui remontent aux Wisi- goths, peuple germanique qui a peuplé l\u2019Espagne.» Le professeur fait l\u2019hypothèse que le volume du catalogue a été dérobé par un chanoine puis recelé.À la mort de l\u2019ambassadeur, une partie de sa collection a été achetée par Árni Magnússon (1663-1730), autre fabuleux collectionneur d\u2019ouvrages.Ce savant islandais a collecté des centaines de manuscrits de son pays (les fabuleuses sagas), ensuite légués à l\u2019institution danoise où il était professeur et bibliothécaire.Indices et patience Le centre de documentation de l\u2019institut Arnamagnæan de l\u2019Université de Copenhague comprend une centaine de textes étrangers à la Scandinavie, dont une vingtaine en vieil espagnol ou en latin.Le codex de Colomb porte le numéro AM377 fol.C\u2019est celui-là qu\u2019a découvert le savant québécois.« Les gens qui travaillent sur l\u2019Espagne, comme moi, ne vont pas à Copenhague pour leurs recherches », explique le professeur Lazure.Lui-même s\u2019y est retrouvé alors qu\u2019il cherchait des lettres de l\u2019humaniste Pedro Vélez de Guevara (1529-1591).Le directeur de l\u2019institut danois était bien content qu\u2019un spécialiste s\u2019intéresse enfin à des textes espagnols négligés depuis environ 350 ans.Il a demandé à l\u2019universitaire québécois ibé- rophile de jeter un coup d\u2019œil au lot.« Beaucoup me semblaient venir de Séville, jusqu\u2019à ce que je tombe sur le très gros livre, explique le fouineur professionnel.En un coup d\u2019œil, j\u2019étais à 95 % sûr de ce que c\u2019était et d\u2019où ça venait.La bibliothèque du fils de Colomb est vraiment unique à cette époque-là et tous les indices concordaient.» Sa découverte date de 2013, mais vient tout juste d\u2019être publicisée par Den Arnamagnæanske Kommission.Deux spécialistes, le professeur José María Pérez Fernández de l\u2019université de Grenade et le professeur Wilson- Lee, ont vérifié l\u2019authenticité du manuscrit et vont maintenant s\u2019atteler à la tâche de l\u2019étudier et de le numériser, avec leur collègue de Windsor.GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Si le soleil a finalement brillé sur une partie du sud du Québec mercredi, des milliers de ménages se sont préparés à passer une nouvelle nuit privés d\u2019électricité.Le travail des équipes d\u2019Hydro- Québec a néanmoins jugulé une bonne partie de la crise des derniers jours.Au moment où ces lignes étaient écrites, plus de 39 000 foyers manquaient toujours de courant, pour un total de 875 interruptions de service.La région de Lanaudière demeurait la plus gravement touchée (17 400), suivie des Laurentides (12 500) et de Laval (8500).« À peu près la moitié de ces pannes touchent trente clients ou moins », faisait remarquer en milieu de journée un porte-parole d\u2019Hydro-Québec, Cen- drix Bouchard.Ainsi, pour des réparations nécessitant aux techniciens parfois « plusieurs heures » de travail, seules quelques personnes retrouvaient le courant.Dans le quartier Sainte-Rose, à Laval, Roselyne Forget et son conjoint, Jean Desrochers, se préparaient mercredi à souper une nouvelle fois aux chandelles.Équipé d\u2019un poêle à bois, le couple s\u2019estimait toutefois «privilégié» de pouvoir s\u2019offrir un peu de confort dans son foyer, sans électricité depuis lundi soir.Plusieurs de leurs voisins n\u2019avaient pas cette chance, devant faire la navette entre leur domicile et celui de leur entourage.« Il y en a beaucoup qui partent quelques heures pour aller chez des amis ou dans leur famille avant de revenir.Ils ne veulent pas nécessairement laisser leur maison trop longtemps sans surveillance », raconte Mme Forget, les systèmes d\u2019alarme étant hors d\u2019usage.MÉTÉO Le soleil printanier favorise un retour à la normale Pour cette Lavalloise, à qui la situation actuelle rappelle « beaucoup » la crise du verglas de 1998, le plus embêtant reste les aliments périssables qu\u2019elle devra se résigner à jeter aux ordures.« On a vidé le réfrigérateur et mis la nourriture à l\u2019extérieur pour la tenir au frais le plus possible.» Haltes ouvertes Les conditions météorologiques ont été plus clémentes mercredi, mais la hausse du mercure a passablement compliqué le travail d\u2019Hydro-Québec.« Aujourd\u2019hui, on a moins de clients en panne qu\u2019hier à pareille heure, mais plus de pannes », précisait lorsque joint par Le Devoir Cendrix Bouchard.La neige s\u2019est alourdie, abaissant ou sectionnant des branches d\u2019arbres qui ont abîmé des fils du réseau électrique.Résultat : 181 pannes supplémentaires sont survenues dans la nuit de mardi à mercredi.Dans les secteurs les plus éprouvés par la pluie verglaçante et les fortes bourrasques, les autorités municipales ont ouvert des haltes pour permettre aux citoyens de se réchauffer, ou même de passer la nuit.À Laval, en début de soirée, une trentaine de personnes se trouvaient dans l\u2019une ou l\u2019autre des deux haltes aménagées, selon un porte- parole de la Ville, Louis-Philippe Dorais.Seules deux d\u2019entre elles comptaient y passer la nuit ; la veille, on en recensait une centaine.Les autorités ont par ailleurs tenté mercredi de décourager les ménages sans électricité de chauffer leur résidence avec des moyens les plaçant à risque.Depuis le début des pannes, plus de vingt personnes ont dû être traitées pour une intoxication au monoxyde de carbone.«Ce n\u2019est pas une bonne idée de rentrer son barbecue.Certains l\u2019ont fait et se sont intoxiqués hier soir.Je fais un appel à la prudence», a lancé en matinée le premier ministre, François Legault.Écoles fermées La Commission scolaire de Laval a décidé mardi soir de fermer les portes de ses écoles primaires et secondaires.Elle a toutefois maintenu les cours du soir dans ses centres de formation, à l\u2019exception de quatre établissements.La Commission scolaire des Affluents a, de son côté, fermé mercredi ses établissements scolaires, son service de transport et ses centres de formation.Selon Environnement Canada, de belles journées sont à venir cette semaine, avec des températures avoisinant les 6 °C.Vers la fin de la semaine, des averses de pluie et des températures au-dessus des normales de saison devraient également accélérer la fonte de la neige.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Tout en accueillant favorablement les recommandations du rapport de l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur l\u2019avenir du parc Jean-Dra- peau, le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez, admet qu\u2019il ne sera pas facile de réduire les places de stationnement sur les deux îles.Selon lui, le rapport de l\u2019OCPM reflète bien les souhaits exprimés par les Montréalais pendant la consultation.« Ils veulent ravoir un parc.Ils veulent que l\u2019aspect insulaire soit rapporté », a commenté M.Ferrandez.Publié mercredi, le rapport de l\u2019OCPM recommande que le parc Jean-Drapeau retrouve sa vocation de grand parc urbain et que son caractère naturel et ses espaces verts et bleus soient mis en valeur dans le prochain plan directeur d\u2019aménagement.Il suggère aussi d\u2019y réduire la place de l\u2019automobile et le nombre de places de stationnement.«Ça va être difficile de réduire le nombre de stationnements», a toutefois indiqué Luc Ferrandez.Le Casino possède son propre stationnement, et il faudra travailler fort pour convaincre La Ronde de renoncer aux siens, car ceux-ci représentent des revenus importants, a expliqué l\u2019élu : « Le maire Bourque a signé une emphytéose de 65 ans avec La Ronde.[\u2026] Il faudra arriver avec des solutions innovantes avant de pouvoir dire qu\u2019on va diminuer les stationnements.» Le rapport critique aussi la place importante qu\u2019occupent les grands événements dans le parc au détriment des usagers qui cherchent des lieux de détente.À ce sujet, la Ville pourrait mettre en place des règles plus restrictives pour les promoteurs d\u2019événements comme Evenko ainsi que Piknic Électronik, qui occupe depuis deux ans la plaine des Jeux, prévient Luc Ferrandez.«Il faut travailler avec eux pour resserrer leur périmètre et garantir que les zones qu\u2019ils occupent actuellement sont préservées», a-t-il insisté.L\u2019administration ne prévoit toutefois aucun changement pour la prochaine saison, mais elle entend discuter de cet enjeu lorsque les contrats arriveront à MONTRÉAL Parc Jean-Drapeau : difficile de réduire le stationnement La Ronde détient un bail de 65 ans, souligne Luc Ferrandez échéance.« Il ne s\u2019agit pas d\u2019étrangler Piknic Électronik avec des annonces de dernière minute, mais il va falloir travailler avec eux », a dit M.Ferrandez.À ce sujet, Nicolas Cournoyer, cofon- dateur de Piknic Électronik, indique que des discussions sont en cours.Les événements ont été déplacés à la plaine des Jeux en raison des travaux sur l\u2019amphithéâtre naturel, rappelle-t-il : « On est là pour une période transitoire en attendant un autre site.» Il croit cependant en la cohabitation des usages.La place des Nations, située à la pointe de l\u2019île Sainte-Hélène, représente peut-être la solution, avance-t-il.L\u2019enjeu de la gouvernance Luc Ferrandez s\u2019attend à ce que la Société du parc Jean-Drapeau présente un nouveau plan directeur en 2020.Il dit faire confiance au nouveau conseil d\u2019administration dirigé par Renaud Coulombe.La question de la gouvernance demeure toutefois complexe.« Ça prend un travail de surveillance mutuelle et de transparence pour s\u2019assurer que ni d\u2019un côté ni de l\u2019autre on ne déroge des orientations d\u2019un plan directeur sous la pression des lobbys.» Au sujet de la « gouvernance participative » évoquée dans le rapport de l\u2019OCPM, Luc Ferrandez doute qu\u2019un modèle regroupant les partenaires comme le Casino ou La Ronde, qui ont un intérêt dans les décisions prises, reflète réellement la volonté des Montréalais.« Il faut vraiment regarder la question en profondeur.» À Sainte-Rose, un vieil arbre n\u2019a pu résister au poids du verglas.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le rapport de l\u2019Office de consultation publique de Montréal critique la place importante qu\u2019occupent les grands événements dans le parc au détriment des usagers qui cherchent des lieux de détente.PEDRO RUIZ LE DEVOIR LEDEVOIR // LE JEUDI 11 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 5 CN : Aller de l\u2019avant au-delà de nos 100 ans d\u2019héritage Inscrivez-vous à ccmm.ca/CN Jean-Jacques Ruest Président-directeur général CN Presenté par : En collaboration avec : Midi-conférence 25 avril 2019 de 11 h 30 à 13 h 30 Terre-Neuve-et-Labrador interdira à son tour les sacs en plastique SAINT-JEAN \u2014 Terre-Neuve-et-Labrador a annoncé qu\u2019elle deviendrait la deuxième province à interdire les sacs en plastique.Le gouvernement provincial a déposé mardi un projet de loi lui permettant d\u2019interdire leur utilisation dans les magasins et autres points de vente au détail.La loi indique que l\u2019interdiction ne devrait pas entrer en vigueur avant six à douze mois, pour donner aux consommateurs le temps de prendre l\u2019habitude d\u2019apporter des sacs réutilisables.L\u2019Île-du-Prince-Édouard a adopté une interdiction similaire en juin dernier, qui entrera en vigueur le 1er juillet.La Presse canadienne Nouvelle prolongation accordée à l\u2019enquête sur les femmes autochtones OTTAWA \u2013 L\u2019enquête nationale sur les femmes autochtones a réclamé et obtenu une seconde prolongation de son mandat.Alors que la commission d\u2019enquête devait rendre son rapport définitif d\u2019ici la fin avril, elle disposera finalement d\u2019un mois de plus pour remettre ses conclusions au gouvernement, soit d\u2019ici la fin mai.Le rapport sera rendu public le 3 juin, lors d\u2019une grande cérémonie.La commission note que le « processus de validation » de ses travaux auprès de familles, de grands-mères et de groupes autochtones et LGBT « a élargi et précisé le rapport définitif » et qu\u2019elle a connu des problèmes de traduction.L\u2019enquête, qui a débuté en septembre 2016, avait au départ un mandat de deux ans et un budget de 53,8 millions.Le gouvernement a accepté l\u2019an dernier de prolonger ses travaux de six mois et d\u2019octroyer 38 millions supplémentaires.Le Devoir Une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines La famille s\u2019agrandit : des chercheurs ont annoncé mercredi avoir découvert une nouvelle espèce humaine aux caractères morphologiques singuliers, qui vivait sur l\u2019île de Luçon, aux Philippines, il y a plus de 50 000 ans.L\u2019analyse de treize restes fossiles (dents, phalanges de pied et de main, fragments de fémur) trouvés dans la grotte de Callao, et appartenant à au moins trois individus dont un enfant, a conduit ces scientifiques à considérer qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une nouvelle espèce, qu\u2019ils ont nommée Homo luzonensis.Elle présente à la fois « des éléments ou caractères très primitifs ressemblant à ceux des Australopithèques et d\u2019autres, modernes, proches de ceux des Homo sapiens », explique Florent Détroit, paléoanthropologue au musée de l\u2019Homme à Paris et principal auteur de l\u2019étude parue dans la revue Nature.Agence France-Presse EN BREF MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le nouveau chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, touche à son tour un salaire que lui verse le parti en attendant qu\u2019il se fasse élire à la Chambre des communes.Le président du Bloc, Yves Perron, a confirmé au Devoir que M.Blanchet récoltait un salaire annuel de 98 000 $.« Ce salaire a été renouvelé au déclenchement de la course à la chefferie, donc avant son arrivée», a relaté M.Perron.Les bloquistes avaient décidé l\u2019an dernier de verser un salaire de 95 000 $ à leur ancienne chef Martine Ouellet, pour qu\u2019elle soit rémunérée malgré le fait qu\u2019elle ne soit pas députée fédérale.Elle avait également eu droit à une indemnité de départ de l\u2019Assemblée nationale de 164 197 $.La rémunération pigée dans la caisse du Bloc québécois en avait toutefois fait sourciller plusieurs au parti, car elle représentait presque 10 % du budget annuel du Bloc de 1,1 million.Des fonds jugés plus que nécessaires à la veille d\u2019une campagne électorale.Le Bloc québécois était également dirigé par un chef non élu sous le règne de Daniel Paillé, entre 2011 et 2013.Mais ce dernier ne touchait alors qu\u2019une somme de 25 000$ par année.M.Blanchet n\u2019a pas voulu commenter sa prime mercredi.Le leader du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, s\u2019est lui aussi fait verser une rémunération par son parti, entre son départ de l\u2019Assemblée législative ontarienne en 2017 et son élection à la partielle de Burnaby-Sud en février.Son salaire annuel était de 172 700 $ \u2014 l\u2019équivalent d\u2019un salaire de député fédéral.M.Singh avait pour sa part reçu une indemnité de départ de 116 550 $ de Queen\u2019s Park.OTTAWA Le Bloc verse un salaire à Yves-François Blanchet ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Le devoir de loyauté dissuade les employés du milieu de la santé de dénoncer publiquement les failles du réseau.La ministre de la Santé, Danielle McCann, a pourtant appelé au dialogue le mois dernier, assurant que le temps des représailles était révolu.« Tout le monde a peur de témoigner.Ça prend des superhéros, des gens exceptionnels qui n\u2019ont pas peur des conséquences, ou des gens qui ne sont plus dans le milieu », confie un travailleur social préférant garder l\u2019anonymat.La peur au ventre, il a envoyé au Devoir une lettre, écrite avec d\u2019autres acteurs de la santé, dénonçant l\u2019organisation du réseau à travers la province.Encouragés à la performance et la rapidité \u2014 dans un contexte de réduction du personnel et des budgets \u2014, les soignants finissent par tomber malades ou quitter ce milieu « devenu toxique ».Cette lettre (voir notre page Idées), qu\u2019il n\u2019a finalement pas signée, a reçu l\u2019appui de plusieurs organisations, dont le groupe Médecins québécois pour le régime public et l\u2019Association des psychologues du Québec.« On a rencontré plusieurs syndicats qui nous ont prévenus que la probabilité de compromettre notre devoir de loyauté était très forte si on signait la lettre », explique l\u2019employé rencontré par Le Devoir.Les conséquences d\u2019une sortie publique, bien que floues, pourraient être une rencontre avec la direction, un avertissement, une suspension ou une perte de privilèges tels que des aménagements d\u2019horaire.« C\u2019est encore plus difficile quand on est dans une situation précaire.On ne veut pas être le nom dont les gestionnaires se souviennent, négativement, au moment de faire l\u2019horaire », renchérit une employée temporaire au soutien à domicile, qui a aussi souhaité taire son nom.Fin mars, Mme McCann a pourtant invité tous les acteurs du milieu de la santé au dialogue.« Sentez-vous à l\u2019aise, parlez.Dites- nous ce que vous pensez.Donnez-nous des solutions », a-t-elle lancé lors d\u2019un sommet du Forum de la relève étudiante pour la santé au Québec.« Nouveau gouvernement, nouveau ton.On encourage les gens à ne pas avoir peur de parler à leur supérieur ou leur syndicat», a précisé son attaché presse, Alexandre La- haie, mercredi.Des propos qui contrastent avec la réalité dans les établissements de santé, estime l\u2019employée au soutien à domicile.Elle raconte n\u2019avoir jamais senti une ouverture à la discussion et à la remise en question de la part de ses supérieurs.« Il n\u2019y a pas de temps pour ça ni d\u2019espace voué à ça.» « Rares sont ceux qui veulent prendre la parole, que ce soit dans les médias ou dans des études universitaires.Même anonymement, les gens ont peur», renchérit le travailleur social qui doute que la ministre McCann réalise le « climat de peur » qui règne dans le réseau.Les soignants se sentent ainsi pris entre l\u2019arbre et l\u2019écorce : ils veulent informer la population de leurs conditions de travail difficiles \u2014 car elles ont un impact direct sur les services offerts \u2014, mais ont peur de manquer à leur obligation de loyauté, prévue dans le Code civil du Québec.« Parler pourrait miner la confiance du public envers notre employeur : le système de santé.Mais dans un système public, notre devoir de loyauté ne devrait-il pas plutôt être envers la population ?» se questionne de son côté le travailleur social.« Dérive du devoir de loyauté » « Dans le secteur privé, où les entreprises sont en concurrence, on comprend ce devoir de loyauté, dont le non-respect par le salarié peut nuire à la réputation et la production de son entreprise.Mais c\u2019est plus difficile à comprendre dans le secteur public », juge Jean-Philippe Lampron, professeur de droit à l\u2019Université Laval, qui voit là un problème dans l\u2019interprétation du Code civil.« On a déjà vu plusieurs décisions, validées par un arbitre ou une cour de justice, où des employés du public ont subi des sanctions », critique-t-il.Le professeur parle même d\u2019une « dérive du devoir de loyauté » de la part des employeurs dans les milieux de la santé et scolaire, notamment.Cette obligation est trop souvent utilisée pour décourager quiconque de critiquer son établissement, d\u2019après lui.« On se prive collectivement d\u2019un droit à l\u2019information quand on ne laisse pas parler les acteurs de première ligne Le réseau de la santé : un milieu de travail toxique ?L\u2019épuisement professionnel, provoqué par des compressions et le manque de personnel, demeure un sujet tabou, affirment des employés Encouragés à la performance et la rapidité, les soignants finissent par tomber malades ou quitter ce milieu « devenu toxique », affirment des travailleurs du réseau de la santé.ISTOCK À LIRE : UN SYSTÈME DE SANTÉ QUI REND MALADES SES SOIGNANTS, EN PAGE A 7 qui pourraient parfaitement critiquer de bonne foi certaines dérives de leur milieu », insiste M.Lampron.De son côté, Finn Makela, professeur spécialisé en droit du travail à l\u2019Université de Sherbrooke, rappelle qu\u2019il existe d\u2019autres mécanismes de dénonciation.Les salariés peuvent faire passer leur message à travers leur représentant syndical ou s\u2019adresser anonymement aux médias, par exemple.Dans des cas de malversation ou de non-respect des règlements, ils peuvent aussi se tourner vers le Protecteur du citoyen.Dans un monde idéal, un salarié du secteur public devrait pouvoir s\u2019exprimer comme citoyen, même lorsque le sujet touche son milieu de travail, re- connaît-il toutefois. LEDEVOIR // LE JEUDI 11 AVRIL 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e thème de la corruption aurait dû occuper une place prépondérante dans la campagne électorale qui vient de se terminer en Israël, et Benjamin Nétanyahou, dont on sait déjà qu\u2019il fera probablement l\u2019objet d\u2019une inculpation d\u2019ici la fin de l\u2019année, aurait normalement dû en payer un certain prix dans l\u2019urne.Au contraire, son Likoud a amélioré son nombre de députés de cinq par rapport au dernier scrutin de 2015, et l\u2019increvable Nétanyahou, dont il faut bien reconnaître le cynique talent à détourner la conversation, pourra reformer un gouvernement de coalition grâce à ses alliés ultraorthodoxes et d\u2019extrême droite.Preuve, si besoin était, que l\u2019état de santé de la démocratie israélienne n\u2019est pas des plus sains.L\u2019alternance n\u2019aura donc pas lieu, même si l\u2019opposition réunie autour de l\u2019alliance Bleu et blanc de l\u2019ancien chef d\u2019état-major Benny Gantz a fait élire le même nombre de députés que le Likoud (35).Performance tout de même remarquable pour ce parti nouvellement créé.Et signe qu\u2019après tout, « Bibi » est peu apprécié par une grande partie de l\u2019électorat.Mince consolation.Ces élections confirment surtout le glissement à droite de l\u2019ensemble de l\u2019offre électorale, sur fond de grande fatigue des électeurs à l\u2019égard du conflit israélo-palestinien, ce qui est d\u2019autant plus déprimant du fait qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019une des campagnes les plus sales que le pays ait connu, les réseaux sociaux aidant.Il se trouve en fait que, présentant le Bleu et blanc comme le parti de la « droite modérée », le général Gantz a mis en avant son passé militaire à défaut de savoir se définir avec plus de clarté sur le plan politique, refusant de s\u2019engager à l\u2019égard de la solution à deux États et se rangeant pour l\u2019essentiel aux positions de la droite dure, nommément au sujet de Jérusalem comme « capitale unie et indivisible » d\u2019Israël.Pendant qu\u2019à gauche, les forces paraissent aujourd\u2019hui moribondes, le glissement se traduisant par l\u2019effacement du Parti travailliste, hier si influent, réduit avec ces élections à 6 députés et à moins de 5 % du vote.C\u2019est dire « à quel point est prégnant dans les idées qu\u2019il faut être dur, en matière sécuritaire », disait en entrevue au Monde le philosophe israélien Assaf Sharon, alors que « mettre la tête dans le sable sur la question palestinienne est une catastrophe assurée ».Catastrophe annoncée, à vrai dire, quoi qu\u2019en dise le président Trump, qui s\u2019est ridiculisé mercredi en affirmant que la victoire de Bibi améliorait les perspectives de paix israélo-palestinienne.Le fait est que M.Trump a libéré la parole de M.Nétanyahou, si tant est qu\u2019elle ne le fût pas déjà passablement, en reconnaissant Jérusalem comme capitale, au mépris d\u2019une revendication fondamentale des Palestiniens, puis la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan.Il est devenu clair depuis plusieurs années qu\u2019Israël s\u2019approprie morceau par morceau les territoires occupés en y installant des colonies de peuplement juif et en y développant des infrastructures.Nétanyahou, dont le langage de plus en plus populiste, lire ultranationaliste, résonne apparemment auprès d\u2019une large tranche de la jeunesse, se gênera dorénavant de moins en moins pour défendre publiquement cette politique du fait accompli.Sa promesse, à trois jours du scrutin, d\u2019annexer à Israël les colonies en Cisjordanie, brisant un tabou qu\u2019il s\u2019était toujours imposé pour sauver \u2014 on se demande bien pourquoi \u2014 les apparences, revient à enterrer carrément l\u2019idée que puisse un jour exister un État palestinien viable.Qu\u2019ensuite M.Trump s\u2019autorise à faire ce qu\u2019il a fait, et M.Nétanya- hou à dire ce qu\u2019il vient de dire met en évidence, par rapport à la cause palestinienne, l\u2019indifférence des dictatures sunnites obnubilées par leur rivalité avec l\u2019Iran.Il en va du reste, par sa fuite en avant, de la survie politique du premier ministre sortant.Or, au pouvoir sans interruption depuis dix ans, l\u2019homme fort qu\u2019il est se retrouve maintenant à n\u2019avoir jamais été aussi bien tenu en laisse par les formations d\u2019extrême droite \u2014 suivant une logique postélectorale qui paraît exclure d\u2019emblée la formation d\u2019un gouvernement d\u2019unité nationale avec M.Gantz.S\u2019il a déclenché des élections précipitées, c\u2019était dans l\u2019espoir de recréer une coalition qui le mettrait à l\u2019abri d\u2019un procès pour corruption qui lui pend au bout du nez lié à des affaires de trafic d\u2019influence et de détournement de fonds.Et qui pourrait ultimement lui montrer le chemin de la prison.Ses partenaires de coalition vendront leur soutien à prix fort.Ils en demanderont beaucoup.Il leur en donnera beaucoup trop.Michael Shevell* Directeur du Département de pédiatrie et titulaire de la Chaire Harvey Guyda de l\u2019Université McGill et pédiatre en chef de l\u2019Hôpital de Montréal pour enfants Un récent dossier de l\u2019Observatoire des tout-petits a mis en lumière une situation peu connue du grand public, mais à laquelle se heurtent régulièrement les pédiatres.Des enfants habitant au Québec, dont plusieurs sont citoyens canadiens, n\u2019ont pas accès à des soins couverts par l\u2019assurance maladie en raison de leur statut d\u2019immigrant ou de celui de leurs parents.Ces enfants n\u2019ont pas leur mot à dire quant aux conditions dans lesquelles ils naissent.Leurs familles ont émigré, souvent en dépit de grandes difficultés, pour se reconstruire une nouvelle vie dans cette province qu\u2019ils appellent maintenant leur chez-soi.À leur arrivée au Québec, ils se voient refuser l\u2019accès aux soins de santé.Ces familles, qui se trouvent déjà dans des conditions particulièrement vulnérables, se voient dans l\u2019obligation d\u2019assumer les frais élevés reliés aux soins de santé.Cette situation ne peut plus durer.Ces enfants doivent être couverts par la RAMQ pour pouvoir accéder à notre système de santé sans préjudice.Il est de notre devoir de leur permettre non seulement de mener une vie en santé, mais aussi d\u2019être reconnus comme faisant partie intégrante de notre société en recevant les « Chum politique » et toponymie Le 5 avril, dernier, le GIRAM a signifié à la Commission de toponymie du Québec son opposition à la proposition du ministre Bonnardel d\u2019attribuer le nom de l\u2019ex-chroniqueur politique Jean Lapierre à un important tronçon de l\u2019autoroute 10.Nonobstant l\u2019affection que l\u2019on peut porter au personnage, l\u2019organisme s\u2019inscrit en faux contre une telle proposition en invoquant les règles largement reconnues ici et ailleurs dans le monde en matière de toponymie.Pour être durable dans le temps, un toponyme doit puiser dans le patrimoine historique et mémoriel d\u2019une collectivité.S\u2019il faut nommer ou renommer une section de l\u2019autoroute 10, nécessité par ailleurs non démontrée, l\u2019organisme demande pourquoi ne pas prendre en considération que les femmes, qui représentent 52 % de la population du Québec, sont absentes dans l\u2019univers de la toponymie des grandes voies de communication.À cette fin, il propose à la Commission de puiser parmi cinq noms de femmes ayant significativement marqué l\u2019histoire du Québec.Mais au-delà de cette considération, il faut soulever le caractère inconvenant et déplacé de l\u2019initiative du ministre Bonnardel.Un ministre des Transports peut-il de la sorte profiter de son statut politique de ministre pour saisir directement la Commission de toponymie en vue de faire attribuer le nom d\u2019un « chum politique » et d\u2019un ami personnel à une importante autoroute ?La question mérite d\u2019être soulevée ; c\u2019est ce que nous faisons.« C\u2019était vraiment un ami, une amitié où on mangeait ensemble à Noël avec nos conjointes.Quand il descendait à Québec, il m\u2019appelait.On ne se parlait pas tous les jours, mais on avait la chance de jouer au golf l\u2019été ensemble, souper, se parler de nos vacances qui s\u2019en venaient, avec nos conjointes.Ce n\u2019était pas juste le chum politique, c\u2019était plus que ça ».(Le Journal de Montréal, 29 mars 2016).Le Code d\u2019éthique de la Commission de toponymie est explicite : « Le membre de la Commission doit, dans l\u2019exercice de ses fonctions, prendre ses décisions indépendamment de toute considération politique partisane.» Un tel principe ne de- vrait-il pas également inspirer un ministre quand il est question de toponymie ?Pierre-Paul Sénéchal, président du GIRAM.Le 10 avril 2019 On ne peut plus refuser l\u2019accès aux soins de santé aux enfants migrants LIBRE OPINION LETTRES ISRAËL Bibi, plus toxique que jamais ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER L mêmes services publics que leurs voisins, leurs camarades de classe et leurs amis.Les départements de pédiatrie des facultés de médecine de la province, la Société canadienne de pédiatrie et l\u2019Association des pédiatres du Québec travaillent à protéger et à promouvoir la santé et l\u2019accès aux soins des enfants.Nous considérons comme prioritaire d\u2019assurer leur bien- être afin qu\u2019ils puissent réaliser leur plein potentiel en tant que membres actifs et engagés de notre société.Toutefois, cet objectif ne pourra être pleinement réalisé que si tous les enfants vivant au Québec sont en mesure d\u2019avoir librement accès à des soins de santé complets dans notre système public.L\u2019accès aux soins de santé est un droit de la personne fondamental et favorise l\u2019intégration et l\u2019inclusion au sein de la société, en particulier lorsque cela est possible dès la petite enfance.Travaillons de concert avec les instances publiques afin de faire en sorte que plus aucune famille québécoise n\u2019ait à se préoccuper de questions financières lorsqu\u2019il s\u2019agit de la santé de leurs enfants.*Sont cosignataires du texte: Thérèse Côté-Boileau Marc-André Dugas Jean-Yves Frappierl Catherine Farrell Pascale Hamel Il est de notre devoir de leur permettre non seulement de mener une vie en santé, mais aussi d\u2019être reconnus comme faisant partie intégrante de notre société 250 universitaires contre le projet de loi 21 : je dénonce Je dénonce le manque de nuances dans le discours de ces universitaires et sa contribution au malaise.Je dénonce l\u2019attitude des autres universitaires qui refusent de participer au débat.Je dénonce l\u2019attitude des universitaires et des directions de faire fi de la troisième mission de l\u2019institution universitaire au Québec : le service direct à la communauté.Je dénonce le discours de certains établissements prestigieux qui laisse entendre que la recherche constitue « la » mission des universités.Je dénonce la propension des gouvernements successifs du Québec à faire fi des compétences universitaires.Je dénonce la propension des gouvernements précédents à faire fi de la vraie nature de la Révolution tranquille et la présence de la religion au programme de formation des petits.Je dénonce la pensée du gouvernement actuel voulant que le problème n\u2019est que « juridique », alors qu\u2019il est transdisciplinaire.Je félicite le professeur Robert Leckey, doyen de la Faculté de droit de l\u2019Université McGill, pour son article intitulé « Un gouvernement de sondeurs ou de leaders » paru dans La Presse du 4 avril, lequel constitue un modèle d\u2019intervention constructive et respectueuse, conformément à l\u2019esprit de la troisième mission des universités.Claude Magnan, cadre retraité de l\u2019UQAM Montréal, le 6 avril 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 11 AVRIL 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Micheline Labelle Fondatrice de l\u2019Observatoire international sur le racisme et les discriminations de l\u2019UQAM Daniel Turp Professeur titulaire à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal Nous soussignés et soussignées, intellectuel.le.s et citoyen.nes du Québec, universitaires, enseignant.e.s au sein de collèges d\u2019enseignement général et professionnel et appartenant à d\u2019autres institutions, saluons la présentation du projet de loi 21 sur la laïcité de l\u2019État.Celui-ci vise à enchâsser la laïcité dans une nouvelle loi fondamentale du Québec et à affirmer, ce que l\u2019Assemblée n\u2019a jamais fait à ce jour, que « [l]\u2019État du Québec est laïque ».Le projet de loi no 21 fait en outre reposer la laïcité de l\u2019État sur les quatre principes que sont : 1) la séparation de l\u2019État et des religions ; 2) la neutralité religieuse de l\u2019État ; 3) l\u2019égalité de tous les citoyens et citoyennes et ; 4) la liberté de conscience et la liberté de religion.Le projet de loi ne se limite donc pas à mettre en œuvre le seul principe de la neutralité, mais ajoute une pierre à l\u2019édifice de la laïcité.Il s\u2019inscrit dans une histoire qui a vu le Québec procéder à une laïcisation progressive de ses institutions publiques, réalisée notamment par la création d\u2019un ministère de l\u2019Éducation en 1962, par l\u2019avènement en 1981 d\u2019un Code civil du Québec séculier et par la déconfessionnalisation des commissions scolaires et des écoles publiques du Québec, par laquelle les Québécois.es ont collectivement renoncé à des droits constitutionnels.Dispositions de dérogation À l\u2019instar de plusieurs autres nations et pays du monde, le Québec veut incarner le principe de laïcité dans des règles visant à régir et interdire le port des signes religieux par des personnes exerçant des fonctions au sein de l\u2019État ou au sein de certains établissements d\u2019enseignement, au nom du devoir de réserve en ce qui concerne les convictions politiques ou religieuses.Destinées à fixer la portée et à aménager l\u2019exercice des libertés et des droits fondamentaux au Québec, ces nouvelles règles n\u2019empêcheront pas de telles libertés et de tels droits de s\u2019exercer dans le respect des valeurs démocratiques, de l\u2019ordre public et du bien-être général des citoyen.ne.s du Québec et, comme le prévoira la nouvelle version de l\u2019article 9.1 de la Charte des droits et libertés de la personne (Charte québécoise), dans le respect de la « laïcité de l\u2019État ».Nous sommes par ailleurs d\u2019avis qu\u2019il est opportun de mettre la future loi sur la laïcité de l\u2019État à l\u2019abri de contestations fondées sur la Charte québécoise et la Charte canadienne des droits et libertés (Charte canadienne), en s\u2019appuyant respectivement sur les dispositions de dérogation de ces deux lois.Les raisons en sont fort simples.En premier lieu, il s\u2019agit de favoriser un climat de paix sociale et de prévoir un temps d\u2019arrêt démocratique pendant cinq ans, sur un enjeu qui mobilise la société québécoise depuis plus d\u2019une décennie.En second lieu, afin de marquer la différence légitime du Québec dans son traitement du pluralisme.Il y a lieu de rappeler que la Charte canadienne a été adoptée sans l\u2019assentiment du gouvernement, du Parlement et du peuple du Québec.Nous estimons que le projet de loi no 21 énonce une neutralité réelle et apparente de l\u2019État et prévoit une laïcité où l\u2019État s\u2019incarne dans ses représentant.e.s en autorité, conformément aux prescriptions de la Cour suprême dans l\u2019arrêt Mouvement laïque québécois c.Ville de Saguenay de 2015, le seul arrêt unanime en matière de liberté de religion.Nous ne pouvons toutefois écarter la possibilité que la plus haute juridiction au Canada, se fondant sur l\u2019article 27 de la Charte canadienne, selon lequel « toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l\u2019objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multicultu- rel des Canadiens », juge la loi, ou certains de ses aspects, comme incompatible avec la jurisprudence et la tradition canadienne à ce jour.Dans ces circonstances, il appartient à l\u2019Assemblée nationale du Québec, qui agit dans une matière ressortissant à sa compétence constitutionnelle et dont la loi constitutive rappelle que celle-ci est, « par l\u2019intermédiaire des représentants élus qui la composent, [\u2026] l\u2019organe suprême et légitime d\u2019expression et de mise en œuvre de ces principes [démocratiques de gouvernement] », d\u2019édifier une laïcité qui s\u2019inscrit dans sa propre trajectoire historique.Nous soussignés et soussignées récusons les accusations de racisme et de discrimination à l\u2019égard des minorités de diverses cultures et religions, adressées à ceux et celles qui, comme nous, proposent une conception québécoise de la laïcité.Par sa spécificité et son histoire, le Québec nourrit une conception de la laïcité se rapprochant davantage de celle partagée par d\u2019autres États démocratiques de tradition civiliste, comme la France, la Belgique et la Suisse, plutôt que de la vision multi- confessionnelle qui prévaut dans les pays de common law comme le Canada, les États-Unis d\u2019Amérique et le Royaume-Uni.Vaste appui Nous constatons par ailleurs que des organisations de la société civile au Québec, regroupant des citoyen.ne.s de toutes provenances, notamment l\u2019Association québécoise des Nord- Africains pour la laïcité et l\u2019organisme Pour les droits des femmes du Québec, ont exprimé leur appui à cette conception québécoise de la laïcité, auxquelles s\u2019ajoute l\u2019appui provenant de plusieurs citoyen.ne.s issu.e.s d\u2019autres minorités, dont témoignent les recherches sur le terrain et les sondages effectués depuis la dite « crise des accommodements raisonnables ».Dans ce domaine, il n\u2019y a pas d\u2019opposition binaire entre majorité et minorités eth- noculturelles comme le sous-tend un certain discours politique et dogmatique réducteur de la réalité.Il nous semble dès lors que la laïcité devrait être désirée pour ses vertus intrinsèques par l\u2019ensemble des citoyen.ne.s du Québec, croyant.e.s ou non.Le projet de loi sur la laïcité de l\u2019État constitue une avancée tangible dans la voie de la laïcisation progressive du Québec.Son adoption par l\u2019Assemblée nationale devrait contribuer à la consolidation du principe de la laïcité au Québec et est donc aujourd\u2019hui éminemment souhaitable.Ce texte a été cosigné par plus de 1000 Québécois.La liste complète peut être consultée sur Internet.PROJET DE LOI SUR LA LAÏCITÉ Une avancée tangible Diane Francœur, M.D., FRCSC, MHCM Présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) Les événements vécus par un jeune couple entre l\u2019hôpital de La Malbaie et l\u2019hôpital Saint-François-d\u2019Assise le week-end dernier ont connu une fin heureuse avec l\u2019arrivée d\u2019un bébé bien en santé.Mais nous ne devons remercier que les parents cette fois-ci.À haute vitesse, pendant que bébé pointait du nez sur le siège arrière, papa évitait en plus une carcasse sur la route chemin faisant.En 2019, cette situation est tout à fait inacceptable.Est-il normal que, dans une ville qui profite d\u2019une industrie touristique florissante, d\u2019un casino et même d\u2019un hôpital, un couple soit contraint de conduire jusqu\u2019à Québec en pleine nuit?Il y a pourtant partout au Québec des ambulances qui transfèrent des cas de grossesse à risque.Pourquoi cela n\u2019a-t-il pas été fait dans ce cas-ci?Toute cette situation, digne du tiers- monde, mérite autant d\u2019être décriée qu\u2019une directive qui interdit maintenant aux nouveaux pères de se déplacer avec leur bébé dans les corridors d\u2019un l\u2019hôpital, de peur qu\u2019ils chutent et qu\u2019ils lui infligent des blessures.Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Un plan de transport intégré Pour éviter que ne se reproduisent pareilles situations traumatisantes, une solution de transport par ambulance, voire par hélicoptère, doit être mise en place.Le ministère de la Santé et des Services sociaux doit élaborer et déployer un réel plan de transport universel pour assurer la sécurité des patients dans des régions où les bris de services en obstétrique sont prévisibles, ou encore en chirurgie et en anesthésie.Ainsi, chaque fermeture d\u2019unité d\u2019obstétrique devrait minimalement être assortie d\u2019un plan de transport par ambulance.Cela sécuriserait les patients, encore davantage les femmes enceintes.Le centre hospitalier devant accueillir les ambulances et leurs patients en serait informé, permettant une gestion moins chaotique de l\u2019urgence.Du reste, les ambulanciers sont formés pour faire des accouchements en situation d\u2019urgence.Le minimum requis Depuis plusieurs semaines, les médias rapportent les déplacements forcés de mères vivant en région afin d\u2019accoucher dans de plus grandes localités.Cela soulève inévitablement la question de la masse critique : quel est le chiffre magique minimum d\u2019accouchements à atteindre, avec ou sans césarienne, pour maintenir à temps complet en région un chirurgien et une équipe médicale ?D\u2019autres questions tout aussi pertinentes se posent : quels services une région devrait-elle minimalement offrir ?Que faire lorsque nous fermons temporairement une unité de soins par manque de ressources ?Quel serait le plan d\u2019ensemble pour pallier les bris de services en région ?Plus d\u2019agilité dans l\u2019organisation Nous devrons aborder plus concrètement ces questions, car la précarité des équipes et le surmenage découlant du travail en heures supplémentaires obligatoires entraînent des risques accrus pour les patients et le personnel soignant.Il faut absolument revoir l\u2019organisation et la gestion du travail dans nos hôpitaux afin de s\u2019adapter aux réalités des jeunes travailleurs en santé.Bien des postes sont actuellement vacants, mais ils ne correspondent pas aux aspirations de la nouvelle cohorte, pour qui la conciliation travail-vie personnelle prend un sens différent que pour la génération précédente.Une pénurie cachée Et il ne manque pas seulement de médecins ou d\u2019infirmières.Il y a également un manque criant de préposés et d\u2019auxiliaires.Tout cela mis ensemble, la pénurie de personnel est devenue une question de précarité dans le réseau, à travers tout le Québec.Ainsi, de plus en plus fréquemment, des unités de soins sont fermées et les patients sont déroutés vers d\u2019autres centres, faute de personnel.À Québec ou à Montréal, des lits restent vides et des unités entières sont régulièrement fermées, faute de personnel.Nous ne sommes pas loin du point de rupture dans certains cas.Pourquoi ne pas déjà prévoir un plan de continuité des services lorsque nous savons précisément ce qui s\u2019en vient \u2014 par exemple durant le long week-end de Pâques et des Fêtes ?Pourquoi ne pas mettre en place une offre stable et prévisible de services médicaux aux citoyens, en leur donnant accès à des corridors de services efficaces et sécuritaires?Il est plus que temps d\u2019en parler.Le travail supplémentaire obligatoire doit demeurer une mesure exceptionnelle, la garantie de services aux citoyens doit devenir une mesure essentielle.SANTÉ Accoucher dans la douleur TEXTE COLLECTIF* La chaîne de montage de l\u2019usine de santé qu\u2019ont mise en place nos gouvernements successifs menace très sérieusement de défaillir, car les ouvriers sont de plus en plus souffrants, abandonnant chaque jour l\u2019usine pour partir en congé de maladie.Depuis la réforme de 2015, les heures liées aux congés de maladie des employés du réseau de la santé ont en effet augmenté de 24 %.Le taux historique des congés de maladie met en lumière un aspect qui, selon nous, va bien au-delà d\u2019une simple crise circonstancielle.La crise actuelle révèle plutôt un fossé abyssal entre les valeurs humanistes que portent et défendent les soignants et les valeurs de type industriel que le ministère et ses gestionnaires imposent avec une autorité machinale depuis plusieurs années.Pour le ministère et ses gestionnaires, le « bon » soignant, c\u2019est celui maintenant qui voit le plus de personnes dans le moins de temps possible.Celui qui jadis prenait son temps auprès d\u2019une mère, d\u2019une famille ou d\u2019une personne âgée est aujourd\u2019hui devenu le « bouc émissaire » de la nouvelle gestion publique.C\u2019est ainsi que la logique comptable vient à la fois dévaluer et amputer le temps nécessaire à la réalisation de plusieurs pratiques comme l\u2019écoute, l\u2019accueil et l\u2019accompagnement.On voit bien comment cette situation ne peut qu\u2019être préjudiciable pour la population.Quant aux soignants, cette nouvelle norme du « bon » soignant occasionne chez eux de la colère et un sentiment d\u2019impuissance.Le délire de la technocratie Le temps qu\u2019exige l\u2019administratif est en voie de d\u2019égaliser le temps consacré à la population.À titre d\u2019exemple, actuellement, une demande d\u2019hébergement en santé mentale dans le réseau public exige de remplir un questionnaire de 60 pages et plus, alors que moins de 8 pages suffisaient dans les années 2000.Paradoxalement, alors que ces outils sont censés mieux desservir la population, jamais tels outils n\u2019ont autant éloigné les soignants de la population.En fait, l\u2019intensification des exigences technico-administratives est rendue à un point tel, en matière de quantité et de complexité, que l\u2019ensemble du personnel de soutien aux soignants est maintenant mobilisé à la gestion des procédures technico-admi- nistratives.Conséquemment, non seulement les soignants ont de moins en moins de temps pour être auprès de la population, mais ils sont aussi de moins en moins aidés pour gérer les impasses cliniques qu\u2019ils rencontrent dans leur travail.Crise des valeurs et perte de sens La rentabilité, la performance, l\u2019optimisation, la concurrence et la compétition représentent autant de valeurs que de principes issus de la logique industrielle où la performance et les résultats sont évalués strictement en termes comptables.Or, ces valeurs et ces principes sont la plupart du temps en contradiction profonde avec les valeurs, les normes et même le code de déontologie des métiers relationnels.Chemin faisant, l\u2019évaluation comptable de la performance comme nouvelle norme institutionnelle engendre chez les soignants un sentiment de culpabilité, d\u2019incompétence et une de perte de sens dans ce qu\u2019ils font.Prendre un congé de maladie Enfin, pour faire face à la détresse des soignants, l\u2019institution propose de revoir leur gestion du temps et du stress, et on les réfère vers les programmes d\u2019aide aux employés (PAE).Aussi nécessaires et aidantes soient-elles, ces solutions individuelles révèlent le déni institutionnel des causes structurelles qui sont, croyons-nous, à la source de la souffrance qui assaille actuellement des milliers de soignants.Étant incapables de surmonter le conflit entre leurs valeurs humanistes et celles imposées par le monde industriel d\u2019un côté, et incapables, de l\u2019autre côté, de se résigner à quitter le réseau de la santé, les soignants finissent en effet par tomber malades du fait de leur souffrance inédite et n\u2019ont d\u2019autre choix que de partir en congé de maladie.L\u2019espoir d\u2019un rétablissement ?L\u2019étiquette psychologique de « résistance au changement » comme explication causale de la hausse des congés de maladie des soignants ne tient pas la route.Il y a beaucoup trop de recoupage dans les témoignages des soignants pour réduire cette souffrance aux dimensions individuelles.Mettre en valeur les solutions organisationnelles ne peut qu\u2019ouvrir la voie, selon nous, au rétablissement des milliers de soignants « partis » en congé de maladie.La société québécoise doit donc exiger que le ministère s\u2019engage à désintoxiquer les pratiques soignantes de la logique comptable et du délire chronique de la technocratie institutionnelle afin que les soignants puissent être libérés de leur fardeau et retourner ainsi faire dignement leur travail auprès de la population: *Sont cosignataires du texte: Marjolaine Goudreau, présidente du RECIFS (Association des travailleuses sociales et techniciennes en travail social); Natalie Stake-Doucet, présidente de l\u2019Association québécoise des infirmières et infirmiers; Isabelle Leblanc, présidente des médecins québécois pour le régime public; Charles Roy, président de l\u2019Association des psychologues du Québec; Angelo Soares, professeur au Département d\u2019organisation et ressources humaines de l\u2019École des sciences de la gestion à l\u2019Université du Québec à Montréal.Un système de santé qui rend malades ses soignants La logique industrielle du système de santé engendre la culpabilité chez les soignants Nous estimons que le projet de loi no 21 énonce une neutralité réelle et apparente de l\u2019État et prévoit une laïcité où l\u2019État s\u2019incarne dans ses représentant.e.s en autorité, conformément aux prescriptions de la Cour suprême dans l\u2019arrêt Mouvement laïque québécois c.Ville de Saguenay de 2015, le seul arrêt unanime en matière de liberté de religion LEDEVOIR // LE JEUDI 11 AVRIL 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 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qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.LA PRESSE CANADIENNE L\u2019astronaute canadien David Saint- Jacques affirme qu\u2019il lui faudra probablement des années pour assimiler pleinement l\u2019expérience de sa sortie dans l\u2019espace, à l\u2019extérieur de la Station spatiale internationale.M.Saint-Jacques a parlé mercredi aux journalistes par l\u2019entremise d\u2019une liaison vidéo en direct de la station spatiale, deux jours après être devenu le quatrième Canadien à effectuer une sortie dans l\u2019espace.Il a indiqué que sa sortie spatiale, d\u2019environ six heures et demie, avait Une sortie dans l\u2019espace épuisante pour David Saint-Jacques PAULINE GRAVEL LE DEVOIR M ême Einstein, qui avait pourtant prédit leur existence, doutait que la nature ait pu générer des objets aussi étranges.Et voilà qu\u2019une équipe de plus de 200 chercheurs nous présente la toute première preuve visuelle directe de leur présence dans notre univers.L\u2019image qu\u2019on nous donne à voir surprend en soi, ne serait-ce que par le fait qu\u2019un trou noir est un objet céleste qui est invisible, car sa gravité est si forte qu\u2019elle ne laisse rien échapper de ce qui s\u2019est engouffré en son sein, ni même la lumière.Mais ce que l\u2019Event Horizon Telescope a capté est en fait la silhouette du trou noir supermassif M87, qui est situé à 55 millions d\u2019années-lumière de la Terre, au centre de la galaxie Messier 87.Essentiellement, l\u2019image nous montre ce qui borde le trou noir et est illuminé par les gaz chauds qui sont derrière lui.Un trou noir est un objet très massif et très compact qui est bordé par une frontière, qu\u2019on appelle l\u2019horizon.À l\u2019intérieur de cette frontière, tout est aspiré vers le trou noir sans pouvoir s\u2019en échapper en raison de son énorme force de gravité.Par contre, la matière et la lumière qui se trouvent à l\u2019extérieur de l\u2019horizon réussissent généralement à se dérober à l\u2019attraction gravitationnelle du trou noir.La partie sombre au centre du disque correspond donc à l\u2019intérieur de l\u2019horizon du trou noir.Sa taille nous renseigne sur la quantité de masse que renferme le trou noir, soit 6,5 milliards de fois la masse du Soleil pour M87.Ce cœur sombre est entouré d\u2019un anneau brillant situé quant à lui à l\u2019extérieur de l\u2019horizon et dont la lumière est celle émise par les gaz et la matière se trouvant très près du trou noir.« La très forte gravité du trou noir entraîne la matière et les gaz à tourbillonner autour et vers le trou noir à une vitesse proche de celle de la lumière.Ce mouvement induit beaucoup de frottement entre les particules qui peuvent ainsi atteindre une température de 10 millions de degrés Celsius.Quand un gaz est aussi chaud que ça, il émet beaucoup de lumière», explique Julie Hlava- cek-Larrondo qui détient une chaire de recherche du Canada en astrophysique observationnelle des trous noirs.Ce qui a réjoui le plus les chercheurs qui ont participé à cet exploit astronomique est le fait que les images du trou noir M87 confirment exactement la théorie de la relativité générale d\u2019Einstein.« En 1915, Einstein publie sa théorie, dont les équations prédisent clairement l\u2019existence de trous noirs.Mais il ASTRONOMIE L\u2019image d\u2019un monstre de l\u2019espace Deux cents chercheurs parviennent à photographier un trou noir et à confirmer la justesse de la théorie d\u2019Einstein se demandait comment la nature pouvait créer des objets aussi compacts et dotés d\u2019une gravité aussi forte.Ces objets lui semblaient tellement étranges qu\u2019il ne croyait pas qu\u2019ils puissent exister et il a ignoré ses résultats.Puis, cinquante ans se sont écoulés avant que les astronomes fassent des observations indiquant que les trous existaient bel et bien », relate la chercheuse de l\u2019Université de Montréal.Ainsi, « selon la relativité générale, les trous noirs sont si massifs, leur gravité est si forte, qu\u2019ils courbent la lumière qui se trouve à proximité de leur horizon », rappelle la professeure de l\u2019Université McGill Daryl Haggard, qui est coauteure de deux des six articles publiés mercredi dans The Astrophysical Journal Letters au sujet de cette première image d\u2019un trou noir.Ce phénomène expliquerait ainsi en partie l\u2019asymétrie de la luminosité de l\u2019anneau entourant l\u2019ombre du trou noir.« Certaines régions de l\u2019anneau sont plus brillantes parce que la lumière arrive à échapper plus facilement à l\u2019attraction du trou noir que dans d\u2019autres régions, comme celles derrière le trou noir, ajoute Mme Hlavacek-Larrondo.«?De plus, quand on regarde le disque qui est en rotation avec une certaine inclinaison, la lumière émise par le gaz qui se dirige vers nous sera plus brillante que celle du gaz qui s\u2019éloigne de nous dont les photons auront du mal à atteindre nos yeux puisqu\u2019ils s\u2019écartent de nous au lieu de s\u2019en rapprocher.» Défi scientifique Pourquoi a-t-il été si difficile d\u2019obtenir une telle image ?« Les trous noirs sont très loin de nous et leur lumière n\u2019est pas très brillante.Mais surtout, ils sont très petits.Ils font tout au plus quelques fois la taille de notre système solaire.Il nous fallait donc un télescope capable de fournir des images d\u2019une très grande précision, qui permettrait, par exemple, de lire un journal à New York depuis un café à Paris », affirme Mme Haggard.Pour obtenir une telle précision d\u2019image, un télescope de la taille de la Terre était nécessaire.Comme on ne pouvait pas construire un miroir d\u2019une Les puissantes antennes d\u2019Atacama, dans les Andes chiliennes, font partie de l\u2019Event Horizon Telescope, créé pour capter l\u2019image du trou noir M87.EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY été physiquement et psychologiquement éprouvante, et l\u2019a comparée à un marathon.Mais M.Saint-Jacques a dit qu\u2019il était tellement rempli d\u2019adrénaline lorsqu\u2019il est rentré à l\u2019intérieur de la station spatiale qu\u2019il a eu du mal à dormir cette nuit-là.Le Canadien et sa collègue américaine Anne McClain sont sortis de la station spatiale lundi.Ils ont notamment procédé à la mise à niveau du système de communication sans fil de l\u2019engin spatial et à la connexion de câbles d\u2019appoint pour donner au Cana- darm2 une source d\u2019alimentation de rechange.Le Canadarm2 est un type de bras robotique attaché à la station spatiale créé par des ingénieurs canadiens.Il est utilisé pour effectuer diverses tâches de maintenance et pour recevoir des capsules de marchandises sans pilote lancées de la Terre.M.Saint-Jacques a expliqué que chaque mouvement effectué lors d\u2019une sortie dans l\u2019espace était chorégraphié et qu\u2019il avait eu peu de temps pour se détendre et admirer l\u2019incroyable exploit d\u2019ingéniosité humaine auquel il participait.Mais il a dit que toute l\u2019expérience avait été une pure joie.telle dimension, on a fait appel à huit radiotélescopes, soit huit antennes posées en hautes altitudes, notamment sur les volcans d\u2019Hawaï et du Mexique, sur les montagnes de l\u2019Arizona et de la Sierra Nevada espagnole, dans le désert chilien d\u2019Atacama et en Antarctique.Les signaux captés par chacune de ces antennes ont été rassemblés et corrélés par une technique appelée interférométrie à très longue base.Les images de M87 ont donc été synthétisées à partir des ondes millimétriques \u2014 ayant des longueurs d\u2019onde un peu plus courtes que les ondes radio \u2014 émises par le trou noir, et captées par cet éventail de radiotélescopes dénommé Event Horizon Telescope (EHT).Mais l\u2019analyse de ces signaux a été très ardue et a nécessité le développement de nouvelles technologies et la collaboration de plus de 200 chercheurs de 59 institutions à travers le monde.Cela a pris deux ans pour analyser et interpréter les observations captées du 5 au 11 avril 2017 et synthétiser l\u2019image que nous découvrons aujourd\u2019hui.David Saint-Jacques a parlé mercredi aux journalistes par l\u2019entremise d\u2019une liaison vidéo en direct de la station spatiale.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ces objets semblaient tellement étranges [à Albert Einstein] qu\u2019il ne croyait pas qu\u2019ils puissent exister et il a ignoré ses résultats JULIE HLAVACEK-LARRONDO » "]
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