Le devoir, 13 avril 2019, Cahier C
[" INONDATIONS | CAHIER SPÉCIAL C | LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 Le souvenir des inondations du printemps 2017 est encore frais dans la mémoire de plusieurs citoyens du Grand Montréal.Deux ans après ces crues historiques, des terrains encore vacants témoignent des dégâts qu\u2019avaient entraînés ces débordements majeurs.Pour éviter que le scénario se reproduise, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s\u2019est retroussée les manches pour élaborer un plan d\u2019action à jour et adapté à notre nouvelle réalité liée aux changements climatiques.Ce cahier spécial, fait en collaboration avec la CMM, fait le point sur la nouvelle réglementation sur l\u2019aménagement résilient vulnérabilité des populations quant aux inondations.Prendre le taureau par les cornes INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 2 Au printemps 2017, des crues historiques ont créé des débordements majeurs dans le Grand Montréal et ont révélé du même coup les retards que connaissait le Québec en matière de gestion des risques d\u2019inondation.Pour pallier ces derniers et diminuer la vulnérabilité des populations, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s\u2019est dotée d\u2019un solide plan d\u2019action.Mais à quelles lacunes celui-ci répond-il au juste?É M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale GESTION DES RISQUES La CMM prend le taureau par les cornes « La démarche de la CMM ap- por te une réponse à plusieurs enjeux qui freinaient la protection du territoire de l\u2019archipel et la résilience de ses communautés», exprime d\u2019entrée de jeu Mme Isabelle Thomas, professeure titulaire à la Faculté de l\u2019aménagement de l\u2019Université de Montréal et spécialiste des questions de développement durable et de vulnérabilité urbaine.La capacité à bien prévoir les risques d\u2019inondations est l\u2019un des enjeux auxquels fait référence Mme Thomas.Celui-ci est en bonne partie lié à l\u2019état de la cartographie des zones inondables du territoire de la CMM.« Les événements de 2017 ont révélé que les car tes d\u2019inondations n\u2019étaient pas à jour dans la plupart des régions de la province», indique-t-elle.Il faut savoir qu\u2019au Québec, la cartographie des zones inondables relève des municipalités régionales de comté (MRC) et des municipalités locales.Elle est encadrée par la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme.Ce que cela signifie, c\u2019est que les études hydrauliques menant à la détermination des cotes de crues nécessaires à la cartographie des zones inondables sont en général réalisées séparément pour chaque cours d\u2019eau ou section de cours d\u2019eau.Comme il existe diverses méthodes pour établir les zones inondables et que les municipalités possèdent des moyens et des outils variables pour y parvenir, les données avec lesquelles elles travaillent dif fèrent souvent d\u2019une ville à l\u2019autre, même si leur territoire est contigu et même si le Québec est doté depuis 2002 d\u2019une politique nationale visant la gestion intégrée de l\u2019eau par bassin versant.Dans un contexte particulier comme celui de l\u2019archipel de Montréal, dont le territoire compte 82 municipalités qui sont traversées par différents cours d\u2019eau, ces disparités nuisent à la gestion des risques d\u2019inondations.C\u2019est pourquoi la CMM, avec le soutien du gouvernement du Québec et la collaboration des municipalités de son territoire, a entrepris d\u2019homogénéiser les outils et techniques utilisés pour déterminer les cotes de crues et de mettre à jour la cartographie des zones inondables sur l\u2019ensemble des cours d\u2019eau métropolitains.Cette dernière tiendra notamment compte des aléas d\u2019inondations, des changements climatiques et de la gestion des barrages. IN ONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 3 «C\u2019est une avancée importante, car on ne peut absolument pas avoir une gestion cohérente, ni même une prévention, si on n\u2019a pas accès à des données harmonisées sur l\u2019ensemble du territoire», remarque Mme Thomas.La prise en compte de la vulnérabilité L\u2019amélioration des connaissances locales de la vulnérabilité, c\u2019est-à-dire la propension à être af fecté négativement par les inondations, est un autre enjeu impor tant auquel répond le plan d\u2019action de la CMM.Celui-ci prévoit des analyses de vulnérabilité des milieux de vie et permettra notamment de mieux déterminer les bâtiments et les populations à risque.«Par le passé, nous avons construit dans des zones inondables sans tenir compte de la vulnérabilité, relève Mme Thomas.Par endroits, on trouve des hôpitaux, des écoles ou des maisons de retraite dans des zones à risque et c\u2019est un problème.Pour protéger les bâtiments et les personnes sur notre territoire, et surtout, ne pas créer plus de risque, il importe de bien connaître sa vulnérabilité.» La spécialiste souligne qu\u2019une meilleure prise en compte de la vulnérabilité permettra d\u2019aménager le territoire de manière plus durable et d\u2019accroître sa résilience.« Les événements de 2017 ont révélé que les cartes d\u2019inondations n\u2019étaient pas à jour dans la plupart des régions de la province » Inondations à l\u2019île Mercier, en 2017.Une meilleure prise en compte de la vulnérabilité permettra d\u2019aménager le territoire de manière plus durable et d\u2019accroître sa résilience.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR VOIR PAGE C 12 : RISQUES Benoit Charette, ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques «Après les inondations printanières de 2017, nous avons collectivement pris conscience de l\u2019importance de l\u2019aménagement du territoire et de la gestion des risques pour notre adaptation aux impacts des changements climatiques.En effet, les choix qui sont faits aujourd\u2019hui dans ces domaines influenceront demain le bien-être et la sécurité de la population.En ce sens, le Plan Archipel de la Communauté métropolitaine de Montréal constitue une démarche gagnante pour accroître la résilience des populations du Grand Montréal.Le gouvernement du Québec partage sa vision d\u2019un archipel protégé, résilient et accessible à la population pour 2025.Bravo à la CMM pour la qualité des travaux qu\u2019elle a entrepris et bon succès ! » Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l\u2019Habitation «Le gouvernement du Québec soutient, dans le cadre du Plan d\u2019action en matière de sécurité civile relatif aux inondations, les travaux de la Communauté métropolitaine de Montréal.L\u2019harmonisation de la cartographie pour le Grand Montréal est à court terme un objectif important à atteindre afin d\u2019assurer une plus grande résilience du secteur le plus urbanisé de la province.Le monitorage des niveaux d\u2019eau en temps réel et la communication de cette information aux citoyens et aux élus amélioreront l\u2019efficacité des interventions à diverses échelles.Les connaissances et l\u2019expertise développées par la CMM permettront également de réfléchir à l\u2019analyse du territoire en matière de risque et de vulnérabilité afin d\u2019accroître la sécurité des personnes et des biens.» Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal et présidente de la CMM «Le plan Archipel \u2013 Inondations de la Communauté métropolitaine de Montréal vise à améliorer la protection et la résilience des municipalités de notre région qui sont confrontées aux inondations.L\u2019échelle métropolitaine est la meilleure pour prendre en compte la complexité de l\u2019archipel du Grand Montréal.Une vision d\u2019ensemble est nécessaire afin de respecter la dynamique de nos cours d\u2019eau, notamment dans un contexte de changements climatiques.Cette vision doit reposer sur des outils robustes et innovants, appliqués à l\u2019échelle du Grand Montréal.» INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 4 La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s\u2019affaire, dans le cadre de ses travaux, à élaborer un nouveau règlement métropolitain, harmonisant par le fait même l\u2019encadrement des zones à risque d\u2019inondation dans l\u2019archipel montréalais.J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale P ar ce travail, la CMM cherche entre autres à moderniser les critères d\u2019évaluation des risques d\u2019inondation et à redessiner la cartographie de ces risques sur l\u2019ensemble de son territoire, de même qu\u2019à mettre en place les balises qui permettront une utilisation résiliente des zones concernées.Elle se base sur les plus récentes connaissances scientifiques et s\u2019inspire des approches d\u2019autres pays, comme la France et le Royaume-Uni.Depuis février dernier, un groupe de travail a donc le mandat d\u2019élaborer une nouvelle réglementation métropolitaine afin de l\u2019adapter à cette nouvelle caractérisation des risques.Il s\u2019agit d\u2019encadrer les constructions, ouvrages et usages situés en zones inondables, afin d\u2019en réduire la vulnérabilité et d\u2019en augmenter la résilience, et d\u2019assurer une application homogène et cohérente de l \u2019approche sur l\u2019ensemble du territoire.L\u2019intérêt d\u2019une approche métropolitaine «Une approche métropolitaine est cohérente avec la nature des enjeux que sont les risques d\u2019inondation, fait valoir Nicolas Milot, conseiller en recherche de la CMM.D\u2019abord, une vision à l\u2019échelle de l\u2019archipel est nécessaire afin de tenir compte des interrelations entres les dif férents cours d\u2019eau.Présentement, la responsabilité de cartographier les zones inondables et d\u2019évaluer les risques relève en grande partie des MRC et des municipalités.Dans l\u2019archipel de Montréal, il existe une dizaine de Un nouveau cadre réglementaire sur la planche à dessin cartes produites entre 1977 et 2006, ce qui provoque des incohérences.» En guise d\u2019exemple, il cite les villes de Laval et Montréal, dont l\u2019évaluation du niveau d\u2019eau de la rivière des Prairies diffère.Selon lui, il faut un modèle uniforme pour caractériser les risques d\u2019inondation dans tout l\u2019archipel.Ensuite, le contexte métropolitain est particulier de par sa forte urbanisation.En effet, la moitié de la population du Québec se retrouve sur le territoire de la CMM.Le taux d\u2019urbanisation en zone inondable y varie, mais reste généralement élevé.Dans les zones touchées par les inondations du printemps 2017, ce taux est régulièrement supérieur à 75 %.«Déplacer l\u2019ensemble des résidents de ces zones est une solution peu envisageable, souligne M.Milot.Une approche par la résilience alliant des approches urbanistiques innovantes, des choix architecturaux permettant le libre écoulement des eaux et des mesures d\u2019immunisation permettra de mieux prendre soin des populations touchées.La réglementation permettra d\u2019encadrer le recours à ces approches dans les secteurs qui seraient caractérisés par des niveaux de risque plus modérés.» Cela pourrait passer par de nouvelles normes du cadre bâti dans ces endroits, lesquelles prévoiraient, par exemple, de ne pas mettre les boîtes électriques des bâtiments à une hauteur susceptible d\u2019être atteinte lors d\u2019une inondation.Les nouveaux immeubles à logements pourraient être construits sur pilotis, avec un premier étage servant de stationnement et laissant passer l\u2019eau en cas d\u2019inondation.JUIN 2017 À la suite des inondations de 2017, la Commission de l\u2019aménagement de la CMM reçoit le mandat d\u2019analyser les données recueillies lors des récentes inondations, de dresser un portrait du cadre légal et des règles d\u2019aménagement et de développement du territoire en zone inondable et de formuler des recommandations visant l\u2019adaptation des outils et des règles d\u2019aménagement et de développement du territoire en plaine inondable.JANVIER-FÉVRIER 2018 La CMM élabore le plan Archipel, volet « inondations », qui vise à améliorer la gestion des risques d\u2019inondation dans la région métropolitaine de Montréal.SEPTEMBRE 2017 La Commission de l\u2019aménagement dépose un premier rapport couvrant les volets 1 et 2.Chronologie des inondations de 2017 à aujourd\u2019hui INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 5 MARS 2018 aux travaux les autres cours d\u2019eau des municipalités du territoire qui en feraient la demande.MARS 2018 de dollars à la réalisation du plan Archipel volet « inondations » de la CMM.Les cours d\u2019eau AVRIL 2018 La CMM instaure le Bureau de projet de gestion des volet « inondations ».Ce bureau de projet regroupe une quinzaine d\u2019experts.« I l s \u2019agi t de déter miner des normes de constr uction afin de mieux bâtir dans ces zones-là, de manière à réduire la vulnérabilité des gens, tout en encadrant les projets de développement locaux et les droits des gens déjà installés dans ces zones, qui souhaitent modifier ou vendre leur propriété », précise M.Milot.En cohérence avec la planification régionale François Lestage, président de l\u2019Association des aménagistes régionaux du Québec et urbaniste de la MRC de Marguerite-D\u2019Youville, se réjouit à la perspective de pouvoir bénéficier d\u2019une car tographie uniforme des risques appuyée par la science.« Il y aura toujours des zones trop à risque pour être aménagées, mais cela nous permettra de déterminer si certaines zones considérées au- jourd\u2019hui comme risquées pourraient en fait convenir à dif férents usages, comme un parc ou un espace vert », avance-t-il.Il rappelle que sa MRC dispose de données très fragmentaires sur les risques dès que l\u2019on sort des zones urbanisées comme les villes de Varennes, Contrecœur et Verchères.« L a C M M v a é v e n t u e l l e m e n t me fournir des données en format numérique, que je pourrai ensuite utiliser pour montrer clairement aux citoyens où se situent les zones plus ou moins à risque », dit-il.Un règlement en 2020 Me Jean-François Girard, avocat et biologiste chez DHC Avocats et membre du groupe de travail de la CMM, rappelle que la décision, prise en 1978, d\u2019arrêter le développement dans les zones susceptibles d\u2019être for tement inondées au moins une fois tous les vingt ans n\u2019a commencé à être appl iquée par tout qu\u2019en 2005.« Voilà qu\u2019au- jourd\u2019hui, nous réalisons que le cadre réglementaire et la fameuse distinction entre les zones inondables aux vingt ans ou aux cent ans sont obsolètes et reposent sur des bases scientifiques inappropriées, alors il faut faire une mise à jour », ajoute-t-il.Le groupe terminera son travail à la fin du printemps avec la rédaction d\u2019un règlement basé sur ses conclusions.Ce projet de règlement cheminera ensuite à la CMM et devrait être adopté au plus tard en décembre 2020.Un groupe de travail de la CMM s\u2019efforce de mieux encadrer les constructions situées en zones inondables afin d\u2019en réduire la vulnérabilité aux inondations.PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale L a ville de Deux-Montagnes, située à la croisée du lac du même nom et des rivières des Mille Îles et des Prairies, a subi de plein fouet les inondations du printemps 2017.Deux cent cinquante maisons ont été touchées et, parmi elles, trente ont dû être démolies.Et cela, en plein centre-ville.« Résultat, nous nous retrouvons avec un quartier qui ressemble à un gruyère, indique le maire de la municipalité, Denis Martin.Et en plein cœur de la ville.Nous ne pouvons pas dire juste, on ne reconstruit pas là, c\u2019est trop dangereux.Une gare du futur REM s\u2019y trouve.C\u2019est une zone TOD [transit-oriented development], ce qui signifie qu\u2019elle doit être densifiée, et qu\u2019à terme, il doit y avoir de l\u2019aménagement vertical.La solution passe par une reconstruction plus résiliente.» Par tout dans le monde, la résilience urbaine aux inondations apparaît de plus en plus comme une solution de rechange nouvelle aux politiques locales de gestion des risques d\u2019inondation, encore très centrées sur la protection hydraulique contre les crues.Une stratégie basée sur la résilience suppose la reconnaissance INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 6 On peut s\u2019y préparer, mais on ne peut pas les éviter.Le réchauffement cl imatique est tel que Montréal, comme bien d\u2019autres régions métropolitaines dans le monde, va devoir vivre avec des inondations de plus en plus fréquentes.Faut-il raser les quartiers qui se sont édifiés au fil du temps en zone inondable et y refuser tout développement nou- v e a u ?N o n , r é p o n d e n t a u - jourd\u2019hui les experts.La tendance est plutôt à la résilience, approche consistant à accepter le risque d\u2019inondation et à adapter l\u2019aménagement en conséquence.RÉSILIENCE Bien vivre avec le risque d\u2019inondation du fait que les ouvrages de protection \u2014 de type digue ou barrage \u2014 ne peuvent constituer la réponse unique au risque d\u2019inondation et qu\u2019un ensemble de mesures en matière d\u2019aménagement du territoire permet de moduler le niveau de risque.Aménagement résilient C\u2019est l \u2019approche que privi légie aujourd\u2019hui la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui a lancé plusieurs projets pi- lo tes en ce sens , notamment à Deux-Montagnes.«Nous ne réinventons pas la roue, note Émilie Charbonneau, ingénieure en environnement, rattachée au Bureau de projet de gestion des risques d\u2019inondation (BPGRI) de la CMM.Nous nous inspirons de ce qui se fait ailleurs, aux Pays-Bas, à Paris ou encore à New York, des zones qui ont elles aussi à faire face au risque d\u2019inondation.Nous cherchons à déterminer nos propres solutions, en fonction de la réalité de notre territoire, qui se situe sur un archipel à la confluence de plusieurs cours d\u2019eau de plus ou moins grande importance.» MAI 2018 La CMM et le consortium Ouranos conviennent d\u2019un partenariat dans le cadre de la réalisation des travaux de cartographie en zones inondables.JUIN 2018 La CMM organise une mission d\u2019étude dans la région parisienne auprès de responsables français et anglais de la gestion des risques d\u2019inondation et des représentants du secteur de l\u2019assurance des risques naturels.MAI 2018 Début des travaux de bathymétrie (mesure JUIN 2018 La Commission de l\u2019aménagement dépose son deuxième rapport couvrant le 3e INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 7 L\u2019approche de la résilience se décline en trois axes.Il s\u2019agit d\u2019une part de permettre à l\u2019eau de circuler librement sans que cela occasionne des dégâts importants.La construction sur pilotis, peu commune ici, mais largement utilisée dans de nombreuses régions du globe, serait appropriée.Dans ce type d\u2019habitations, ainsi surélevées, l\u2019étage le plus bas se trouve au-dessus du niveau d\u2019inondation.Deuxième axe : la protection de l\u2019étage situé en dessous du niveau Inondations au printemps 2017 dans Ahuntsic- Cartierville, à Montréal.Les experts recommandent de construire les bâtiments en milieu inondable de façon plus résiliente.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale « La taille des bassins versants joue un rôle majeur dans la dynamique des cr ues et les risques d\u2019inondation», explique Émilie Char- bonneau, ingénieure à la CMM.Un bassin d\u2019une grande superficie fournit un important apport en eau dans la rivière lorsque la neige fond.C\u2019est pourquoi les grandes rivières connaissent leurs principales crues au printemps.Les précipitations, phénomène plus local, ont moins d\u2019impact sur les grands cours d\u2019eau puisqu\u2019elles ne tombent pas simultanément sur tout le bassin.En revanche, lorsqu\u2019elles tombent abondamment sur l\u2019ensemble d\u2019un petit bassin, elles deviennent un apport en eau important dont l\u2019effet se fait sentir rapidement.C\u2019est ce qui provoque les crues subites.Les changements climatiques pourraient diminuer ou devancer les crues printanières dans les grands bassins versants, en multipliant les redoux hivernaux qui font fondre une partie de la neige avant le printemps.Toutefois, la plus grande fréquence et l\u2019intensité accrue des précipitations extrêmes pourraient augmenter la fréquence des crues subites dans les petits bassins au printemps et en été.La dynamique des crues JACQUES NADEAU LE DEVOIR Intégrer la résilience à l\u2019environnement Pour renforcer la résilience quant aux inondations, l\u2019aménagement du territoire doit permettre aux cours d\u2019eau de migrer librement sans que leurs crues causent des dégâts importants.Comme les maisons avec sous-sol sont communes au Québec, il est recommandé de ne pas y entreposer d\u2019éléments vulnérables à l\u2019eau (pièces habitables, boîte électrique, matières dangereuses, etc.) et de plutôt les installer aux étages situés au-dessus du niveau d\u2019inondation prévu.Pour les zones susceptibles d\u2019être inondées, la résilience est aussi axée autour de l\u2019aménagement de bassins de rétention des eaux pour épargner les habitations et permettre aux citoyens un retour à la normale le plus rapide possible.VOIR PAGE C 12 : RÉSILIENCE 1 1 2 2 3 3 Aménagement résilient Aménagement non résilient AOÛT 2018 Début de l\u2019acquisition des données lidars FÉVRIER 2019 La CMM forme un groupe de travail sur la réglementation.DÉCEMBRE 2018 Amorce des projets-pilotes en résilience avec la Ville de Deux-Montagnes.CMM INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 8 L a t e m p é r a t u r e a n n u e l l e moyenne au pays a déjà augmenté de 1,7 °C depuis 1948, et les récentes prévisions d\u2019Environnement Canada tablent sur une autre élévation du mercure \u2014 entre 1,8 et 6,3 °C \u2014 d\u2019ici la fin du siècle.Bâtie sur un archipel, la grande région de Montréal doit ainsi s\u2019attendre à vivre de plus en plus d\u2019épisodes météorologiques extrêmes pouvant mener à des catastrophes telles que les inondations qu\u2019elle a connues au printemps 2017.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale P récipitations et vents violents, chaleur extrême, pics de froid, l\u2019augmentation de la température, telle que l\u2019envisage aujourd\u2019hui la communauté scientifique, aura de répercussions sur l\u2019environnement dans lequel vit la population du Grand Montréal.La biodiversité s\u2019en trouvera changée avec l\u2019arrivée notamment de nouvelles espèces envahissantes.Il y aura plus de canicules en été.Elles seront plus longues et plus violentes, et entraîneront la multiplication des îlots de chaleur.Davantage de grosses pluies, mais aussi davantage de tempêtes l\u2019hiver, pouvant laisser plus de centimètres de neige au sol.«Et tout cela de manière complètement imprévisible, ajoute Pascale Bi- ron, professeure au Département de géographie de l\u2019Université Concor- dia.Le climat sera plus instable.Il sera plus dif ficile de le lire.Regardons ce qui s\u2019est passé cet hiver avec des journées de pluie au-dessus de 0 °C et le lendemain, \u201325 °C.La pluie qui glace, de la neige par-dessus\u2026 tout un melting-pot de précipitations auxquelles les municipalités auront à faire face.» Vision cohérente Des prévisions d\u2019autant plus préoccupantes à Montréal et dans sa région métropolitaine, que l\u2019agglomération s\u2019est construite sur un archipel avec de l\u2019eau à perte de vue, et des lacs et des rivières qui ne demandent qu\u2019à déborder.« Il y a les crues de printemps auxquelles il faut faire attention, explique Des événements climatiques de plus en plus extrêmes H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale « C\u2019est difficile de comprendre le risque réel de voir sa propriété inondée parce qu\u2019on se concentre aujourd\u2019hui sur le risque annuel, explique Émilie Charbonneau, ingé- nieure en environnement, rattachée au Bureau de projet de gestion des risques d\u2019inondation (BPGRI) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).On devrait présenter ce risque sur une période plus longue afin que chacun puisse déterminer s\u2019il est prêt ou non à le prendre.» Ainsi, voir un risque de crue de récurrence 20 ans ne signifie pas que l\u2019on risque une fois tous les vingt ans en moyenne d\u2019être inondé, mais plutôt que chaque année, il y a une chance sur vingt d\u2019avoir les pieds dans l\u2019eau, soit 5 % de risque que cela se produise.Mais si l\u2019on ramène cette statistique sur 25 ans, soit la durée d\u2019une hypothèque moyenne, le risque est alors de 72 % d\u2019avoir au moins une inondation durant cette période.« C\u2019est un calcul mathématique tout simple très utilisé par les statisticiens et qui permet de projeter le risque sur le long terme plutôt que dans une perspective annuelle, note Mme Charbonneau.Pour la population, comme pour les décideurs, c\u2019est plus parlant ainsi.» Les nouveaux outils de cartographie que la CMM est en train de mettre au point privilégieront donc la communication du risque sur la longue durée.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Mieux comprendre les risques d\u2019inondation Émilie Charbonneau, ingénieure en environnement, rattachée au Bureau de projet de gestion des risques d\u2019inondation (BPGRI) à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).La fonte des neiges et de la glace couplée à de fortes précipitations peut faire en sorte que les cours d\u2019eau sortent de leur lit.Mais il y a aussi des événements plus spontanés qui peuvent sur venir en plein été.Une grosse, grosse pluie peut très bien entraîner une crue subite.» Or, ce n\u2019est pas parce que ces événements sont imprévisibles que les municipalités n\u2019ont pas le devoir de s\u2019y préparer et de trouver les moyens de l imiter leur impact.Dans le dossier des inondations pourtant, nombre d\u2019entre elles ne se sentaient jusque-là pas complètement maîtresses de leur destin tant L\u2019armée avait été appelée en renfort dans certaines villes, dont à Pierrefonds, lors des inondations de 2017.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 9 elles étaient dépendantes des décisions prises par les villes voisines.«Un cours d\u2019eau ne connaît pas les frontières administratives des villes et des MRC, souligne Mme Charbon- neau.Sur notre territoire coulent de très gros cours d\u2019eau : le Saint-Lau- rent, les rivières Richelieu, des Mille Îles et des Prairies, le lac des Deux- Montagnes.Et puis une multitude de moyens et de plus petits.Nous avons près d\u2019une trentaine de petits, moyens et grands bassins versants sur le territoire, dont les plus importants sont celui de l\u2019Outaouais et celui des Grands Lacs.Sans vision cohérente, il est difficile d\u2019avoir un véritable impact.» Harmonisation des outils C\u2019es la raison pour laquelle le dossier est tombé dans les mains de la CMM.À la suite des inondations du printemps 2017, alors que des centaines de résidents sont obligés d\u2019abandonner leurs propriétés, le gouvernement provincial mandate l\u2019organisme afin qu\u2019il procède à une mise à jour et une harmonisation de la cartographie des zones inondables sur son territoire et qu\u2019il formule des recommandations en matière d\u2019aménagement du territoire dans une perspective d\u2019adaptation aux changements climatiques et de révision du cadre réglementaire en lien avec les plaines inondables.« C\u2019est rassurant de voir que la CMM a pris les choses en main et qu\u2019elle le fait de manière scientifique, note Pascale Biron.Tout le monde sur la planète est à risque, mais il y a encore un fort déni, notamment en Amérique du Nord.On n\u2019en fait pas assez.Ici, les inondations de 2017 ont entraîné un réveil.Ce qui est intéressant, c\u2019est que la CMM devrait avoir la distance nécessaire pour prendre les bonnes décisions et faire les bonnes recommandations.Elle ne dépend en effet pas des taxes foncières.» À terme, l\u2019objectif est de mieux préparer les municipalités et les citoyens aux risques afin qu\u2019ils prennent les meilleures décisions, en toute connaissance de cause.« Il s\u2019agit de modéliser ce à quoi pourrait ressembler une crue à l\u2019avenir, compte tenu des faits historiques, de l\u2019état actuel des choses et des prévisions en terme de changements climatiques, conclut Émilie Charbonneau.Et donner des solutions à ceux qui se situent en zone inondable.Il ne s\u2019agit plus de vouloir maîtriser l\u2019aléa, mais plutôt d\u2019apprendre à vivre avec.» « La pluie qui glace, de la neige par-dessus\u2026 tout un melting-pot de précipitations auxquelles les municipalités auront à faire face.» INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 10 CARTOGRAPHIE Harmoniser et moderniser les outils H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale « Jusque-là, chaque municipalité avait ses propres outils, explique Cédric Marceau, chef de projet du Bureau de projet de la gestion des risques d\u2019inondation (BPGRI).Certaines d\u2019entre elles avaient une cartographie qui datait des années 70, et d\u2019autres pouvaient n\u2019avoir que l\u2019historique des cotes de crues.Quand il a fallu faire le bilan des inondations de 2017, la CMM s\u2019est rendu compte qu\u2019il n\u2019y avait aucune cohérence.» En juin 2018, dans le rappor t qu\u2019elle remet, la commission de l\u2019aménagement de la CMM explique que le contexte particulier de l\u2019archipel de Montréal, à la confluence de deux grands bassins versants, le bassin des Grands Lacs et celui de l\u2019Ou- taouais, commande une modélisation hydraulique intégrée de tous les cours d\u2019eau afin que les données de La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) lance un vaste plan pour cartographier les zones inondables de son territoire.À terme, ces outils permettront aux municipalités de connaître précisément les risques dans tel ou tel quartier et de bâtir ou de rebâtir en conséquence.Surtout, en cas d\u2019épisode de crue extrême, chaque citoyen pourra entrer son adresse dans le système pour savoir à quel moment il aura les pieds dans l\u2019eau et à quelle hauteur celle-ci montera. INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 11 base soient communes à toutes les municipalités concernées.Dans les semaines qui suivent, une équipe d\u2019experts est mise sur pied afin de travailler à la mise au point de ces outils, que tous les acteurs veulent à la fine pointe de la technologie.« Nous avons conclu que nous devions avoir une vision globale de la situation, mais aussi être en mesure de connaître les risques avec précision, indique Jérôme Normand, conseiller de l \u2019ar rondissement Ahuntsic-Car tier ville et président de la commission de l \u2019aménagement.Les car tes interactives permettront aux municipalités d\u2019agir en amont, et on sait aujourd\u2019hui que 1 dollar investi en prévention, ce sont 7 dollars d\u2019épargnés en indemnisation.Elles nous donneront également la possibilité de suivre en temps réel ce qui se passe en cas de crue, et de réagir plus rapidement et de manière concertée.» Technologies de pointe Pierre Dupuis fait partie des hydrologues embauchés par la CMM pour mener ce projet à bien.En un an, lui et son équipe sont parvenus à mettre au point le modèle pour les rivières des Prairies et des Mille Îles, et ils vont maintenant se pencher sur le lac des Deux-Montagnes.« Les élus nous ont demandé de nous concentrer en priorité sur les zones ayant subi des inondations en 2017, explique-t-il.La première étape, c\u2019est de recueillir toutes les données auxquelles nous avons accès, tant du point de vue de l\u2019histoire des différentes crues et inondations que de l\u2019état des cours d\u2019eau et des bassins versants aujourd\u2019hui ou de l\u2019impact des changements climatiques.Nous avons donc travaillé avec les municipalités, les MRC, mais aussi les organismes de bassin versant ou encore Environnement Canada et Hydro-Québec.» Afin de produire des cartes interactives les plus précises possible, la CMM utilise des technologies de pointe.Le territoire a notamment été passé au LiDar, technique de mesure à distance par faisceau lumineux, permettant de reproduire de façon très précise la réalité au sol.« Ainsi, nous avons une idée au centimètre près de la hauteur de nos sols, explique Cédric Marceau.Si le niveau de l\u2019eau s\u2019élève dans une rivière, nous pouvons donc savoir vers où elle va s\u2019écouler.Les modèles informatiques nous permettront de le calculer, en fonction de la hauteur de la rivière, de la vitesse de la montée des eaux, du débit, etc.» Au cas par cas À terme, la CMM mettra en ligne deux sites Web.Le premier permet- t ra aux c i toyens d \u2019entr er leur adresse pour savoir comment l\u2019eau va se compor ter sur leur terrain dans les trois jours suivants.L\u2019autre, à destination des décideurs, gouvernement, sécurité publique, municipalités, équipes de gestion de crise, mettra à jour les hauteurs d\u2019eau toutes les quinze minutes, afin qu\u2019ils puissent prendre des décisions éclairées.« Et cela, grâce aux données que nous obtenons dans les quarante stations limnimétriques installées un peu partout sur nos cours d\u2019eau, indique Pierre Dupuis.Grâce aussi aux conférences téléphoniques que nous avons régulièrement avec Environnement Canada, Hydro-Québec, les organismes de bassin versant, notamment ceux des Grands Lacs et de l\u2019Outaouais.» Toutes ces données compilées permettront ainsi de savoir que te l l e p r opr ié té aura un mèt r e d\u2019eau dans son sous-sol, alors que sa voisine n\u2019en aura peut-être que 52 centimètres.« En cas de crise, ces outils vont nous aider à réagir rapidement et en faisant du cas par cas, af firme Jérôme Normand.Nous savons que nous aurons de plus en plus d\u2019événe- ments extrêmes à gérer dans les prochaines années.Grâce à la précision de la cartographie interactive, nous saurons quelles maisons seront touchées par les inondations et à quelle échéance.Cela nous permettra de communiquer avec les riverains et de mettre en place des mesures d\u2019urgence là où il y aura des besoins.» « Nous devions avoir une vision globale de la situation, mais aussi être en mesure de planifier les risques avec précision » Inondations dans Ahuntsic- Cartierville.À la suite des événements de 2017, la CMM a décidé de renouveller ses cartes de zones inondables.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR d\u2019inondation prévu, avec l\u2019utilisation de matériaux étanches tels que le bé- ton, mais surtout, de ne pas y installer des équipements vulnérables à l\u2019eau (pièces habitables, boite électrique, matières dangereuses, etc.) et d\u2019installer plutôt ceux-ci aux étages situés au dessus du niveau d'inondation prévu.Troisième axe enfin, prévoir un espace de stockage de l\u2019eau, sor te de bassin de rétention, et s\u2019arranger pour que celle-ci se dirige vers cet endroit lors des crues.Le projet pilote de Deux-Mon- tagnes comportera ces trois axes.Faire évoluer la réglementation «À Deux-Montagnes, nous prévoyons l\u2019installation de caissons de rétention au-dessous d\u2019un parc qui se trouve au cœur de la ville, explique le directeur de la municipalité, Benoit Ferland.Les propriétaires des résidences qui ont été démolies ont été indemnisés par le gouvernement, et les terrains nous appar tiennent aujourd\u2019hui.Lorsque nous aurons le feu vert pour reconstruire, nous le ferons de façon résiliente pour ne pas accroître la vulnérabilité des citoyens.» À Varennes, municipalité située de l\u2019autre côté du territoire de la CMM, sur la rive sud du Saint-Laurent, un autre projet pilote est mené afin de permettre le développement d\u2019un secteur industriel situé en zone inon- dab le .Le mair e , Mar t in Dam- phousse, souhaiterait en effet mettre en valeur 3,5 millions de pieds carrés aujourd\u2019hui non développables selon les critères de la politique provinciale de protection des rives, du littoral et des plaines inondables.« Il y a moyen d\u2019imaginer des bâtiments industriels surélevés et des stationnements étagés afin que l\u2019eau puisse circuler en dessous en cas de débordement du fleuve, croit-il.Nous travaillons avec la CMM afin de faire évoluer la réglementation et que celle-ci soit plus flexible qu\u2019elle ne l\u2019est actuellement.Nous avons besoin de principes de résilience adaptables au cas par cas.Les situations sont très différentes d\u2019un territoire à un autre, à la grandeur du Québec, mais aussi de la communauté métropolitaine.Nous ne pouvons plus fonctionner avec un texte applicable \u201cmur à mur\u201d.La situation nous oblige à plus d\u2019intelligence.» « Ce qui est majeur, c\u2019est la compréhension que le risque zéro n\u2019existe pas.Nous avons des ouvrages, mais des événements malheureux peuvent toujours survenir.Bien prendre en compte la vulnérabilité, ça veut non seulement dire limiter le développement dans les zones inondables, mais également privilégier des aménagements qui vont pouvoir vivre avec l\u2019eau», précise-t-elle.La communication du risque Sur le plan de la communication, la CMM fait preuve d\u2019innovation.Elle travaille par exemple à développer une interface qui permettra aux citoyens et aux différentes parties prenantes de visualiser sur un plan en trois dimensions la progression des inondations sur son territoire.En ce moment, les citoyens peuvent accéder à cer taines informations à propos de la crue des eaux en consultant le site Vigilance du ministère de la Sécurité publique du Québec.La convivialité de l\u2019interface n\u2019est toutefois pas optimale et celle-ci ne permet pas de suivre en temps réel les risques d\u2019inondations.« La CMM veut que les citoyens puissent accéder facilement à l\u2019information et ça, c\u2019est très positif, soutient Mme Thomas.Ça va leur permettre de mieux comprendre le risque auquel leur bâtiment et leur parcelle sont exposés, et donc de mieux se préparer et d\u2019être plus résilients.» L\u2019accessibilité de ces données devrait également permettre d\u2019améliorer la cohésion des interventions en matière de sécurité civile.« J\u2019espère que l \u2019exemple de la CMM percolera dans les autres col lect ivi tés au Québec, confie Mme Thomas.Sa démarche est in- novante, transparente et collabora- t ive et s i el le était reprise, el le pourrait apporter de la résilience à l\u2019ensemble du Québec.» INONDATIONS \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2019 C 12 SUITE DE L A PAGE C 7 RÉSILIENCE SUITE DE L A PAGE C 3 RISQUES La clé: communiquer Mieux prévenir les inondations JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec la Communauté métropolitaine de Montréal.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR "]
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