Le devoir, 4 mai 2019, Cahier B
[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 L\u2019Algérie se découvre un nouvel élan Plus de dix semaines après le début de l\u2019Hirak, ce mouvement populaire spontané appelle toujours à la destitution du régime en place et à la modernisation du pays.À la croisée des chemins, l\u2019Algérie regarde plus que jamais son avenir avec confiance et optimisme.Incursion au cœur d\u2019une société qui sourit à une transition démocratique inéluctable.À lire en pages B 2 et B 3.JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 PERSPECTIVES ALGÉRIE B 2 1 Crépuscule sur le quartier Bologhine, au nord d\u2019Alger, qui espère, lui aussi, un avenir lumineux.2 Fatah le pêcheur, ancien interprète.Il a quitté le monde des affaires pour celui de la mer.« L\u2019argent, c\u2019est le déchet du monde », dit-il.2 1 3 Au centre d\u2019Alger, modernité et tradition cohabitent dans une paix et un optimisme retrouvé.4 Un vent de renouveau souffle sur un pays qui, par ses fenêtres, contemple désormais un régime qui s\u2019affaiblit.5 Dans la casbah d\u2019Alger, l\u2019insou - ciance de l\u2019enfance fait entendre ses rires, dans un pays en profonde mutation.6 Avant la grande marche du vendredi, rue Boualem Aissaoui, à Alger, à l\u2019heure de la prière.7 Depuis 1954 et le début de la guerre d\u2019indépendance, l\u2019Algérie s'est renforcée dans les crises qu\u2019elle a traversées.Photo de la page B 1 : mardi, les étudiants ont, pour une 10e semaine de suite, confronté le régime en place dans le but de se construire un autre avenir.La soif d\u2019un temps nouveau L\u2019élan démocratique de la jeunesse a déjà transformé le visage de la société algérienne FABIEN DEGLISE À ALGER LE DEVOIR \u2019est sans doute l\u2019assiette de «frites-ome- lette», sorte de pou- tine algérienne très prisée chez les jeunes, jumelée aux bruits du stade de soccer pris d\u2019assaut par deux équipes amateurs en cette fin de journée juste à côté du restaurant, dans le quartier populaire de Raïs Hamidou au nord d\u2019Alger, qui a fait dévier la conversation.« Le mouvement actuel, c\u2019est dans les stades de football de l\u2019Algérie qu\u2019il est né, résume Khaled, jeune graphiste dans la trentaine.C\u2019est de là que tout est parti.» Il se souvient : nous sommes le 2 février et le Front de libération national (FLN) au pouvoir annonce qu\u2019Abde- laziz Bouteflika, 82 ans, président devenu impotent et fantomatique après un AVC subi en 2013, va être candidat à sa propre succession.Pour un cinquième mandat.Celui de trop.« La rumeur de cette candidature avait commencé à faire bouillonner un sentiment de révolte et de résistance chez les jeunes, poursuit-il alors que, derrière lui, le soleil se couche sur la Méditerranée.Sa confirmation, avec la « lettre à la nation » de Bouteflika diffusée le 10 février, l\u2019a fait exploser ».En chanson, pour commencer.Dans les stades du Mouloudia Club Alger (MCA), de l\u2019Union sportive de la Medina d\u2019Alger (USM) ou du Chabab Riadhi de Belouizdad (CRB), clubs des quartiers populaires de la ville, mais aussi dans ceux de partout à travers le pays, à Oran, Constantine, Béjaïa, Biskra, Béchar, Touggourt\u2026 l\u2019affrontement amical entre les équipes locales devient alors prétexte à la revendication politique et sociale: marre de la corruption, des intérêts personnels qui s\u2019affichent avec arrogance au sommet de l\u2019État.Pas question d\u2019un 5emandat.Pas de persistance des figures du passé.Oui à la modernité.La jeunesse entonne en chœur un chant intitulé Casa del Mouradia.La Mouradia est le quartier du palais présidentiel à Alger.Le titre détourne celui de la série télévisée espagnole Casa del Papel, diffusée sur Netflix et relatant l\u2019histoire d\u2019un braquage spectaculaire.Les paroles dépeignent avec un humour très algérien et un sarcasme très contemporain les 20 années de l\u2019ère Bouteflika en annonçant la suite des choses : « On en a assez de cette vie.» «Parler de politique et du système en public a toujours été tabou en Algérie, résume, assis sur les marches d\u2019une ruelle d\u2019Alger, Nazih Cherouati, jeune informaticien dans la trentaine, influenceur du Web, qui a accompagné, avec d\u2019autres, la naissance de ce mouvement sur les réseaux sociaux.Mais là, les jeunes le faisaient pour la première fois en toute liberté», légitimant ainsi l\u2019appel des «ultras», ces partisans plus déterminés que les autres, à tenir une marche populaire le 22 février, un vendredi, jour de congé en Algérie, pour donner corps à cette opposition en train de naître.Partout au pays, les jeunes Algériens sont descendus par millions dans les rues, incitant leur famille à emboîter le pas.La date, depuis, s\u2019est installée dans les conversations quotidiennes comme le marqueur du début d\u2019un temps nouveau.Une mobilisation inédite « En proposant un 5e mandat, le régime ne s\u2019attendait pas à cette réaction-là ; l\u2019opposition non plus d\u2019ailleurs», fait remarquer Soufiane Djilali, chef du parti politique Jil Jadid (qui veut dire « Nouvelle génération»), rencontré à Zéralda, une banlieue populaire d\u2019Alger.«Il avait sans doute anticipé de petites tensions qui allaient, comme d\u2019habitude, très vite s\u2019estomper.» Mais le mouvement, l\u2019Hirak, comme on dit ici, a trouvé du carburant pour être plus qu\u2019un épiphénomène.Après 10 semaines, ce n\u2019est pas que l\u2019expression d\u2019un ras-le-bol qu\u2019il porte.Il montre désormais le visage d\u2019une Algérie nouvelle qui se découvre elle-même dans son élan.« Le 22 février, on s\u2019est aperçus collectivement que l\u2019Algérie était devenue une nouvelle société, résume M.Dji- lali.Pendant longtemps, les gens ont eu peur de la rue, par crainte de repro- C L\u2019appel au changement a la puissance du nombre.Et il est déjà en cours parce que nous avons vaincu la peur.Nous avons gagné parce que les jeunes s\u2019intéressent plus que jamais à leur pays et expriment une conscience sociale qui déjoue les préjugés des élites, qui les croyaient déconnectés de la vie publique parce que trop connectés sur l\u2019Internet.NAZIH CHEROUATI » LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 PERSPECTIVES B 3 3 5 6 7 4 duire un conflit qui avait dépassé tout le monde dans la décennie 1990 », cette décennie noire marquée par le terrorisme et la guerre civile.«D\u2019un seul coup, les Algériens se sont aperçus qu\u2019ils étaient désormais devenus une autre société.Le pouvoir en place, lui, a pris conscience de la coupure entre les générations, la sienne et celle des jeunes qui sont plus ouverts, qui ont d\u2019autres besoins, d\u2019autres horizons, alors que les élites sont restées coincées dans leur nationalisme de la guerre de libération du pays, dans leur populisme de gauche mélangé à une économie de bazar», dans lesquels les jeunes Algériens ne se reconnaissent pas.Mardi, jour de la grande marche des étudiants, les mots ont circonscrit une nouvelle fois ce clivage dans les rues d\u2019Alger, où les pancartes appelaient au départ des anciens, à la fin des magouilles, à la rupture totale des liens occultes entre les oligarques algériens, l\u2019armée, la présidence, le clan Bouteflika avec l\u2019ancienne puissance coloniale française, mais surtout à la construction d\u2019une Algérie nouvelle et moderne capable de laisser éclore les aspirations des moins de 35 ans.Sur cinq Algériens, trois entrent dans cette tranche d\u2019âge dont les yeux préfèrent regarder devant.Médina, 20 ans, future ingénieure en génie civil, manifestait pour une « Algérie laïque » qui respecte « la diversité des opinions et des croyances », a-t- elle dit.Amar, aspirant vétérinaire, employait dans son discours les mots liberté, justice, démocratie, intégrité, alors que Saad, juriste en devenir, rêvait à voix haute d\u2019un pays ouvert sur le reste du monde où l\u2019administration publique cesserait de mettre des « bâtons dans les roues » à ceux qui veulent innover, entreprendre et avancer, et qui embrasserait enfin la technologie pour faciliter ses rapports avec les simples citoyens.Une évidence pour des jeunes qui se déplacent en taxi dans la ville en utilisant les applications mobiles Tem Tem ou Yassir, des services efficaces calqués sur le modèle d\u2019Uber, et qui aiment pester contre les vieux taxis, pas très sympathiques avec leurs attitudes et réflexes ancrés dans un autre âge.La victoire en souriant L\u2019appel au changement a la puissance du nombre.Et il est déjà en cours, assure Nazih Cherouati, « parce que nous avons vaincu la peur », dit-il.« Il est trop tard pour le système.Nous avons gagné, parce que les jeunes s\u2019intéressent plus que jamais à leur pays et expriment une conscience sociale qui déjoue les préjugés des élites, qui les croyaient déconnectés de la vie publique parce que trop connectés sur l\u2019Internet, occupés à consommer et à produire des contenus négatifs.» Mardi, sur les marches de la Grande Poste, épicentre de l\u2019Hirak à Alger, Ab- del-Hakim, 23 ans, a reconnu que, depuis le 22 février, son pessimisme face à son avenir en Algérie a été soudainement emporté par le vent de renouveau qui souffle désormais sur l\u2019Algérie.« Comme tout le monde ici, j\u2019ai de plus en plus espoir.» Pour Soufiane Djilali, la mobilisation actuelle devrait perdre en intensité dans les prochains mois, mais ses effets, eux, ne vont cesser de croître, dit- il.« Il n\u2019y a pas d\u2019autres issues possibles pour le pays.Il va avancer vers une transition.Sa forme est encore incertaine, c\u2019est vrai, mais elle est inévitable.» Il ajoute : « Nous sommes en plein cœur d\u2019une crise politique, mais nous avons dépassé son pic.Ce qui va suivre va être compliqué, oui, mais forcément plus positif.Depuis l\u2019indépendance en 1962, l\u2019Algérie a évolué, elle a de nouveaux repères, plus solides, qui la rendent plus mature face à d\u2019éventuels chocs identitaires.Si, dans les prochaines années, nous sommes capables de nous donner un régime stable, un pouvoir légitime, il va y avoir ici encore plus d\u2019espoir et encore plus d\u2019euphorie.» Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat\u2013Le Devoir.Le pouvoir en place a pris conscience de la coupure entre les générations, la sienne et celle des jeunes qui sont plus ouverts, qui ont d\u2019autres besoins, d\u2019autres horizons, alors que les élites sont restées coincées dans leur nationalisme de la guerre de libération du pays, dans leur populisme de gauche mélangé à une économie de bazar SOUFIANE DJILALI » PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR La valeur des taxes foncières dicte-t-elle le sens des décisions prises par les municipalités ?Deuxième volet : le patrimoine.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Après la démolition intempestive de la maison du patriote Boileau à Chambly, la perspective de voir rasé le monastère des Moniales à Berthierville a eu l\u2019effet d\u2019un électrochoc dans les milieux voués à la protection du patrimoine.« Les municipalités ne sont pas outillées pour répondre à la nécessité de protéger le patrimoine », explique en entrevue au Devoir Renée Genet, directrice d\u2019Action patrimoine, le plus important regroupement d\u2019organismes du genre au Québec.« Ce n\u2019est pas juste Berthierville », partout au Québec, « chaque année, chaque semaine », nous nous trouvons dépossédés de nos bâtiments patrimoniaux, en moins de deux, rappelait le 29 avril Catherine Dorion, députée de Taschereau, à l\u2019occasion d\u2019une séance d\u2019étude des crédits du ministère de la Culture et des Communications dirigé par Nathalie Roy.Celle-ci, très attentive, a affirmé qu\u2019elle en arrivait aux mêmes conclusions : « Les conclusions auxquelles vous arrivez, je suis en train de les vivre, je vis les mêmes », lui a répondu la ministre Nathalie Roy, en ne cachant pas un certain désarroi devant le manque d\u2019attention portée au patrimoine dans plusieurs municipalités.« Il y a une loi actuellement qui s\u2019appelle Loi sur le patrimoine culturel, a expliqué la ministre.La loi a été adoptée.Il y a eu une réforme en 2011.[\u2026] Elle a été mise en vigueur en 2012.Et une loi, c\u2019est en l\u2019appliquant qu\u2019on voit dans quelle mesure on peut travailler avec, ce qui existe à l\u2019intérieur, ce qui n\u2019existe pas à l\u2019intérieur.Les constats auxquels vous arrivez, je fais pas mal les mêmes.[\u2026] Qu\u2019on agisse à la pièce, en catastrophe, ça devient vraiment problématique.» En vertu des pouvoirs conférés par la loi de l\u2019État québécois, les municipalités ont le pouvoir de citer des bâtiments pour les protéger, au nom de l\u2019intérêt collectif.Or, dans bien des cas, constatent les spécialistes, les municipalités prêtent moins attention à la protection du patrimoine qu\u2019aux intérêts des promoteurs.Un bel exemple À cet égard, le monastère des Moniales de Berthierville, construit en 1934 selon les plans d\u2019un architecte de l\u2019École des beaux-arts, apparaît exemplaire.Après avoir décidé d\u2019accorder très rapidement un permis de démolition au nouveau propriétaire, la municipalité a vu sa décision être contestée par des groupes de défense du patrimoine, avant d\u2019être invalidée par le ministère de la Culture.La ministre Nathalie Roy a finalement annoncé, le 29 avril, qu\u2019elle demandait au Conseil du patrimoine de classer ce lieu à titre de patrimoine national.Tout comme dans plusieurs autres cas du genre dans d\u2019autres municipalités, Berthierville se défend d\u2019avoir mal agi.« Pendant près de sept ans, Berthier- ville a agi pour tenter de trouver une solution dans le dossier du monastère pour éviter sa démolition », affirme au Devoir la directrice générale de la Ville, Sylvie Dubois, au lendemain de l\u2019annonce faite par la ministre.« Entre 2012 et 2018, la Ville a été interpellée par divers promoteurs pour discuter du zonage du secteur en rapport avec leurs projets, explique Sylvie Dubois.La Ville s\u2019est toujours montrée réceptive à tout projet afin de préserver le bâtiment.» Une vingtaine de représentants de groupes communautaires et d\u2019organismes voués à la santé s\u2019étaient réunis le 16 janvier 2019 pour structurer un projet de reconversion du monastère.« Nous n\u2019avons eu aucun encouragement de la mairesse [Suzanne Nantel], qui était présente à cette séance et qui était très négative face à tout projet de relance du site », affirme au Devoir un des participants de cette rencontre.L\u2019avocat Louis-V.Sylvestre avait pour sa part présenté dès 2014 un autre plan de reconversion du site, en prenant en compte, lui aussi, le fait qu\u2019il « ne se LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 PERSPECTIVES B 4 De l\u2019école et des écrans L e ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur vient de publier son Cadre de référence pour la compétence numérique.Douze dimensions de cette compétence sont nommées, par lesquelles on vise à permettre à chacun d\u2019agir en « citoyen éthique » à l\u2019ère numérique et à « préparer les futurs travailleurs et travailleuses aux défis de demain ».Je veux profiter de sa parution pour évoquer quelques résultats de recherche crédibles qui sont autant de feux rouges qui s\u2019allument pour nous rappeler l\u2019immensité du défi que pose à l\u2019éducation le numérique.Je me risquerai ensuite à indiquer deux manières de lui faire face qui me semblent mériter réflexion.Des feux rouges Depuis longtemps déjà, de nombreux résultats de recherche empirique couplés à des savoirs solidement établis en sciences cognitives suggèrent de très fortement tempérer les passions technophiles qui se sont emparées du monde de l\u2019éducation il y a quelques décennies.Par exemple, on doit avec force rejeter cette minoration de l\u2019importance des savoirs et de la mémorisation que justifierait l\u2019arrivée d\u2019Internet, où on pourrait si facilement tout trouver.Les savoirs, d\u2019abord inflexibles, restent indispensables pour apprendre et a fortiori pour un usage intelligent de la Toile.De même, cette idée que les supposés « natifs du numérique » seraient cognitivement différents des plus âgés n\u2019a pas résisté à l\u2019examen.Entre autres, les limitations de la mémoire de travail sont les mêmes chez eux et le multitâche leur est aussi nuisible qu\u2019aux autres.Cela explique sans doute en partie pourquoi la Conférence des recteurs et des principaux du Québec (CREPUQ) remarquait que les étudiantes et étudiants universitaires, au Québec, préfèrent les méthodes d\u2019enseignement traditionnelles et s\u2019enthousiasment moins pour les nouvelles technologies éducationnelles que leurs enseignants.Recherches et méta-analyses convergent d\u2019ailleurs vers ce que concluait l\u2019OCDE dans un récent rapport (2015), à savoir que « les pays qui ont consenti d\u2019importants investissements dans les TIC [technologies de l\u2019information et de la communication] dans le domaine de l\u2019éducation n\u2019ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l\u2019écrit, en mathématiques et en sciences.» Des travaux crédibles font aussi le lien entre les médias sociaux et le dénialisme (la négation de ce que la science sait hors de tout doute raisonnable), la prévalence des fausses nouvelles, et même des formes de conformisme a-critique alimentées par la surfréquentation de ces chambres à échos que sont parfois les nouveaux médias.La valeur éducative des jeux vidéo a elle aussi souvent été testée.Les auteurs d\u2019une méta-analyse bien connue publiée en 2012 avaient, non sans humour, adopté comme titre résumant leur conclusion : Notre princesse est dans un autre château.Tout cela, et j\u2019en passe, invite à tout le moins à pondérer l\u2019enthousiasme technophile en éducation.Mais certains feux rouges vont plus loin encore.Qu\u2019on en juge.Le phénomène est certainement multicausal, et il faut donc l\u2019aborder avec prudence, mais bien des avis incitent à invoquer un principe de précaution.Ils sont avancés par des personnes qualifiées (des pédiatres et des psychologues, notamment) qui s\u2019inquiètent du lien plausible entre la fréquentation des écrans et des phénomènes comme l\u2019anxiété et divers troubles intellectuels, de langage et cognitifs.On recommande donc de sérieusement limiter le temps passé devant les écrans, tout particulièrement chez les plus jeunes.Une récente recherche en psychologie (2019) que je viens de lire avance que les téléphones intelligents travaillent dangereusement contre cette tendance naturelle à former des liens étroits avec autrui, laquelle a été et reste si importante pour notre espèce.Tout cela est aussi, est-il nécessaire de le rappeler, une affaire de gros sous, tant pour des chercheurs que pour diverses entreprises, parfois très puissantes, vendant aux écoles toutes sortes de produits.L\u2019expérience passée devrait ici nous inciter à un minimum de prudence.On imagine en tout cas sans mal la réaction des 79 firmes regroupées sous la bannière de l\u2019Association des entreprises pour le développement des technologies éducatives au Québec (EDTEQ) à ce document ministériel\u2026 Modestes suggestions Je pense que dans ce dossier la contribution propre de l\u2019école est de doter chacun de cette vaste culture générale riche de toutes les formes de savoir, laquelle prépare réellement et efficacement à affronter les pièges des écrans ; je pense aussi que cette culture devrait être transmise par des moyens éprouvés.La place qu\u2019y occuperont les TIC devrait, elle aussi, être décidée en se fondant sur des données probantes.Je conviens que la formation de la pensée critique devant le numérique doit en effet être faite à l\u2019école.Justement : elle aurait toute sa place et toute sa pertinence dans un cours ECR repensé comme cours préparant à l\u2019exercice de la citoyenneté.Je m\u2019en voudrais de vous laisser sans vous transmettre trois petits trucs utiles, pour des élèves par exemple.Ils sont couramment utilisés par les personnes dont c\u2019est le métier de vérifier des informations.Les voici.On ne clique pas sur les premiers liens trouvés : on lit plutôt quelques dizaines de descriptions brèves avant d\u2019en choisir un.Avant d\u2019ouvrir ce lien, on fait une recherche à son sujet : des surprises nous attendent parfois.Enfin, on va lire sur le sujet sur Wikipédia, mais pas sur l\u2019article qui lui est consacré, plutôt sur la page où on discute de celui-ci, si toutefois elle existe.NORMAND BAILLARGEON Deux dossiers distincts, mais des questions similaires : les municipalités du Québec exercent-elles correctement les pouvoirs qu\u2019elles ont en matière de protection du patrimoine et de gestion des zones inondables ?Les experts sont unanimes à dire qu\u2019il faut un changement de cap.Premier regard de deux volets.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Le débat a divisé le conseil municipal de Gatineau à l\u2019automne 2017 : fallait-il accorder une dérogation à un concessionnaire automobile qui souhaitait s\u2019établir en pleine zone inondable \u2014 et d\u2019ailleurs inondée quelques mois plus tôt ?Dilemme.L\u2019entrepreneur n\u2019a finalement pas eu gain de cause.« Heureusement, dit l\u2019urbaniste Mario Gauthier, membre du nouveau Réseau Inondations intersectoriel du Québec : c\u2019est encore inondé cette année.» Mais les arguments avancés par les partisans de ce projet résument bien les tensions que peuvent vivre les municipalités lorsque vient le temps de limiter les constructions en zones inondables.«On dirait qu\u2019on veut demeurer un village, avait ainsi commenté au Droit un candidat à la mairie de Gatineau (Denis Tassé) au moment du débat.Il faut développer notre ville.On dirait qu\u2019on veut créer de la pauvreté.Moi, je veux créer de la richesse parce que c\u2019est avec ça qu\u2019on va pouvoir réparer nos rues.» Quarante ans après l\u2019adoption de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme, Mario Gauthier se sert de l\u2019exemple du concessionnaire pour illustrer les failles du système actuel.Des failles dont les inondations historiques de ce printemps ont révélé la profondeur, même si elles n\u2019expliquent pas tout.« Une des idées générales de la loi et des schémas d\u2019aménagement était de demander aux municipalités ou aux MRC [municipalités régionales de comtés] d\u2019établir les zones inondables 0-20 ans, et qu\u2019elles s\u2019organisent pour ne pas occuper ces zones.C\u2019était l\u2019esprit.Et c\u2019était intéressant, parce que ça forçait les municipalités à s\u2019entendre à une échelle régionale, tout en étant dans une sorte de dialogue avec le gouvernement [qui doit approuver les schémas d\u2019aménagement].Mais de toute évidence, on n\u2019a pas réussi à empêcher que les zones inondables soient occupées », constate-t-il en entretien.Et pourquoi donc ?« Les documents officiels du ministère de l\u2019Environnement ou des Affaires municipales vont parler de \u201cdifficultés d\u2019application de la mise en œuvre des orientations\u201d.Moi, je parle d\u2019une forme de laxisme.» Ce laisser-faire s\u2019exprime sur deux plans, ajoute Mario Gauthier.« Pour ce qui est d\u2019identifier les zones inondables, il n\u2019y a visiblement pas eu de grand empressement.Il y a bien eu un sursaut après les inondations de 2017 [le gouvernement Couillard a débloqué 50 millions en mars 2018, notamment pour actualiser la cartographie des zones inondables], mais il reste Préférer les promoteurs au patrimoine DES MUNICIPALITÉS TROP LAXISTES ?Un jeu qui en vaut la chandelle?Les municipalités ont globalement une grande marge de manœuvre pour ce qui est de permettre \u2014 ou non \u2014 la construction en zone inondable trouve plus de centre communautaire multifonctionnel à Berthierville ».Il affirme avoir été accueilli très froidement par l\u2019administration municipale.En entrevue au Devoir, M.Sylvestre soutient que la mairesse avait tout de suite rejeté ce projet.Pour l\u2019avocat, ce dossier illustre bien « le conflit entre la préservation du patrimoine bâti et l\u2019appât fiscal ».Les municipalités, censées protéger le patrimoine commun, sont essentiellement tributaires de revenus perçus par les taxes foncières.Comment concilier la protection du patrimoine commun avec la recherche de revenus de taxation supplémentaires ?Citation au combat La municipalité de Berthierville, confirme au Devoir sa directrice générale, n\u2019a jamais considéré citer ce bâtiment, comme la loi lui permet de le faire et comme la Municipalité régionale de comté (MRC) d\u2019Autray l\u2019encourageait à le faire.Pourquoi?«Ce n\u2019est pas l\u2019option qui a été retenue», se contente de dire Sylvie Dubois.La citation est un statut légal qu\u2019une municipalité peut attribuer à un bien patrimonial.En citant un bâtiment, explique le ministère, « la municipalité reconnaît formellement sa valeur patrimoniale.Elle assure la protection du bien et favorise sa transmission aux générations futures ».Le bien patrimonial cité est inscrit au Registre du patrimoine culturel, ce qui contribue à sa mise en valeur auprès de la collectivité.Il empêche légalement sa destruction.Et le lieu peut alors profiter, à certaines conditions, de subventions gouvernementales pour la restauration de l\u2019ordre de 25 %.Le 5 avril dernier, le nouveau propriétaire du site, l\u2019entrepreneur André Saint-Martin, affirmait que dès l\u2019été 2018 « un inspecteur en urbanisme et environnement de la MRC d\u2019Autray » lui avait confirmé « qu\u2019il serait possible de démolir le bâtiment » si tel était son souhait.Le permis de démolition, affirme au Devoir la directrice générale de Ber- thierville, « a été délivré en vertu de la réglementation en vigueur à l\u2019issue de la transaction entre le promoteur et les propriétaires ».Comme la municipalité s\u2019était refusée à citer le bâtiment tel qu\u2019on le lui avait pourtant recommandé, le nouveau propriétaire pouvait donc en disposer.Le même scénario se rejoue, à des échelles différentes, partout et tout le temps sur le territoire québécois.« Si on prend l\u2019exemple de la France, ils ont procédé à l\u2019inverse, affirme la ministre Nathalie Roy.Tout est protégé d\u2019emblée.Ils ont décidé de tout protéger, de tout classer.Lorsque quelqu\u2019un achète quelque chose, il le sait que c\u2019est patrimonial.Il le sait qu\u2019il y a une valeur, qu\u2019il y a une protection.Pas ici.Ici, c\u2019est l\u2019inverse.Ici, on classe à la pièce.» On laisse aux municipalités le soin de faire les premiers pas en matière de protection.Un pas que la plupart ne font pas.Réécrire la loi ?La députée de Taschereau faisait remarquer, dans ses questions lors de l\u2019étude des crédits, qu\u2019il devrait y avoir, en matière de patrimoine, des mesures incitatives mais aussi punitives.Ce à quoi la ministre Nathalie Roy rétorquait à raison qu\u2019il y en a déjà.« Dans la loi, il y en a ! Mais la question est de savoir dans quelle mesure il est pertinent de les appliquer.Entre autres, il y a cette ordonnance que j\u2019ai utilisée à quelques reprises depuis que je suis arrivée en poste.[\u2026] Il y a [aussi] une mesure dans la loi qui fait qu e je p ourrais envoyer des amendes de 190 000 $.Mais on arrive à quoi avec une amende de 190 000 $ si la personne ne s\u2019occupe pas davantage du bâtiment ?» Il est bien, croit la directrice générale d\u2019Action patrimoine, que la ministre Nathalie Roy se pose des questions sur l\u2019efficacité de la loi dans sa forme actuelle.« On n\u2019oblige pas les municipalités à se munir des outils juridiques et réglementaires pour protéger le patrimoine.C\u2019est bien de faire des inventaires des biens patrimoniaux exceptionnels, comme la MRC d\u2019Autray l\u2019a fait dans le cas du monastère de Ber- thierville.Mais, au bout du compte, les municipalités ne les protègent pas.Il y a beaucoup de lacunes.» LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 PERSPECTIVES B 5 L\u2019errance libérale E n septembre 2012, Philippe Couillard avait été le premier surpris de voir Pauline Ma- rois réduite à former un gouvernement minoritaire.Convaincu que le PQ aurait droit à deux mandats, comme c\u2019est généralement le cas, il avait renoncé à sa propre ambition de devenir premier ministre, qu\u2019il nourrissait depuis son entrée en politique.Comme on le sait, il a changé d\u2019idée.L\u2019avenir ne semble pas plus rose pour ceux qui seraient tentés de se lancer dans la course à la succession de M.Couillard.La lune de miel que vit le gouvernement Le- gault ne durera pas éternellement et l\u2019avenir peut réserver bien des surprises, mais le premier ministre surprend agréablement et on peut raisonnablement penser qu\u2019il sera réélu en 2022.À l\u2019exception de Jean Charest, aucun chef libéral depuis Georges-Émile Lapalme (1950-1958) n\u2019a survécu à une défaite électorale.Robert Bourassa a dû s\u2019astreindre à un purgatoire de sept ans avant d\u2019effectuer un retour.Le prochain chef pourrait donc n\u2019assurer qu\u2019un long intérim.À 37 ans, un homme comme André Fortin, que certains voyaient déjà couronné, a les moyens d\u2019attendre des jours meilleurs en profitant des plaisirs de la vie familiale.Il se fera réélire sans problème aussi longtemps qu\u2019il le faudra dans son château fort de Pontiac.Une nouvelle venue comme la députée de Saint-Laurent, Marwah Risqy, dont les chances sont pratiquement nulles, a au contraire tout à gagner à entrer dans la course, ne serait- ce que pour se faire connaître.Pour Pierre Moreau, c\u2019est maintenant ou jamais.Tant qu\u2019André Fortin était sur les rangs, sans parler de Sébastien Proulx, on pouvait comprendre l\u2019ancien président du Conseil du trésor de ne pas avoir très envie de rejouer dans le film de 2013 et de devoir se contenter encore une fois d\u2019une honorable et néanmoins deuxième place.Comme la nature, la politique a horreur du vide, et M.Moreau est tout désigné pour combler celui qui règne au PLQ.Les délégués au conseil général de la fin de semaine feront certainement en sorte qu\u2019il se sente désiré, et il ne demande manifestement qu\u2019à l\u2019être.L\u2019ancienne vice-première ministre, Dominique Anglade, de même que Mme Risqy sont trop identifiées au multicultu- ralisme montréalais pour permettre au PLQ de se reconnecter avec la majorité francophone.Plusieurs croyaient que Gaétan Barrette ne tolérerait pas longtemps de se morfondre dans l\u2019opposition, mais il y semble très heureux et fait du bon travail.Il est cependant impensable qu\u2019il puisse se substituer à M.Moreau si ce dernier déclare finalement forfait.Il n\u2019arrivera jamais à faire oublier le ministre tyrannique et déplaisant qu\u2019il a été.Après la défaite historique du 1er octobre dernier, il est clair que la priorité du prochain chef sera de reconstruire.La Presse faisait état la semaine dernière du bilan dévastateur de la dernière campagne fait par les dirigeants du PLQ : déficiences sur les plans des communications et de la structure organisationnelle, démobilisation des militants et du personnel, etc.Des candidats qui en étaient à leur première expérience et qui s\u2019étaient fiés à la réputation de la « machine » libérale ont eu la désagréable impression de se retrouver seuls dans l\u2019arène.Ils ont également été déconcertés par l\u2019apparente indifférence du premier ministre Couillard.Dans ses propres explications de la défaite, la nouvelle directrice générale du PLQ, Véronyque Tremblay, s\u2019est rabattue sur le classique « désir de changement » des électeurs, qui était sans doute bien réel, mais qui était puissamment renforcé par l\u2019atrophie de la pensée libérale.Quand il est devenu chef du PLQ, Jean Charest a eu la modestie de reconnaître que lui-même n\u2019était pas en mesure de lui donner une direction intellectuelle.Il a donc demandé à Claude Ryan de s\u2019en charger.Son opuscule sur les « valeurs libérales » (2002) constituait un excellent rappel des principes qui avaient fait la grandeur du PLQ, mais il l\u2019a bien peu inspiré au cours des quinze dernières années.La « vision plus élevée de la politique » dont parlait M.Ryan a fait place à une véritable dérive éthique sous le règne de Jean Charest, tandis que l\u2019austérité des années Couillard a été perçue comme la négation de la « justice sociale » à laquelle il avait également consacré un chapitre.Dans sa sacralisation des droits individuels, le PLQ a complètement abandonné ce que M.Ryan appelait « l\u2019identification au Québec », qu\u2019il définissait d\u2019abord comme « l\u2019identification à sa majorité francophone ».En refusant de se rallier à la recommandation du rapport Bouchard-Taylor sur le port des signes religieux, malgré les objurgations des députés plus nationalistes, le caucus libéral a donné l\u2019impression d\u2019être prisonnier des électeurs non francophones qui ont fait élire la majorité de ses membres.Plusieurs souhaiteraient que le conseil général se charge de le libérer.Encore faudrait-il que les délégués en aient la volonté.Pour le moment, le PLQ ressemble plutôt à un troupeau qui erre sans trop savoir où il va, ni même qui il est.MICHEL DAVID À l\u2019exception de Jean Charest, aucun chef libéral depuis Georges-Émile Lapalme n\u2019a survécu à une défaite électorale.beaucoup de travail à faire.Et puis, c\u2019est une chose d\u2019identifier les zones\u2026 mais c\u2019en est une autre d\u2019interdire le développement sur ces zones.» Des impôts fonciers ! Le cas du concessionnaire gatinois rappelle à cet égard que les municipalités peuvent accorder des dérogations.Et elles le font sans qu\u2019un grand suivi soit fait de ces décisions.« Je ne connais pas d\u2019études sérieuses qui auraient analysé le dossier des dérogations », note l\u2019urbaniste Gauthier.Des abus ?Mystère.Les municipalités ont globalement une grande marge de manœuvre pour ce qui est de permettre \u2014 ou non \u2014 la construction en zones inondables, indique Guy Chiasson, spécialiste du développement régional et professeur à l\u2019Université du Québec en Outaouais.« Certains diront que le regard n\u2019est pas assez centralisé là-dessus », dit-il.Mais avant de jeter la pierre aux seules municipalités, M.Chiasson rappelle que le mode de financement de celles- ci soumet les élus à un arbitrage délicat.« Elles dépendent très fortement de l\u2019impôt foncier [environ 70 % des revenus des municipalités en moyenne].Les zones inondables \u2014 en bord de rivière par exemple \u2014 sont des zones très valorisées, qui peuvent rapporter des sommes importantes.Il y a donc une pression pour les élus quand vient le temps de dire non au développement et d\u2019être rigides sur les zones à exclure.Ça a des incidences budgétaires.» Le premier ministre Legault l\u2019a reconnu cette semaine en discutant des incitatifs que Québec propose pour que les propriétaires d\u2019habitations touchées par des inondations successives déménagent.M.Legault a donné l\u2019exemple de Maskinongé, où 130 résidences touchées en 2019 l\u2019ont aussi été en 2017.Si tous ces gens partaient, le maire « perdrait une partie importante de son assiette fiscale pour donner des services à sa population », a soulevé le premier ministre.Cette question surgira probablement dans le cadre de la renégociation en cours du pacte fiscal entre Québec et les municipalités.Pour l\u2019hydrologue François Brissette, professeur à l\u2019École de technologie supérieure, le constat est néanmoins clair.« Certaines municipalités n\u2019ont pas les connaissances techniques pour dresser des plans de zones inondables, et elles sont toujours en conflit d\u2019intérêts [à cause de l\u2019impact des décisions sur la valeur des taxes foncières] », dit-il.Selon lui, on doit donc « retirer cette responsabilité aux villes et la donner au gouvernement du Québec.Les zones inondables devraient être déterminées par des instances complètement indépendantes des villes ».Spécialiste de la gestion et de la fiscalité municipales et professeure à l\u2019UQAM, Danielle Pilette ne pense pas que « les municipalités ont agi sur la seule foi de la rentabilité fiscale » au fil des ans.« Mais ce sont des gouvernements de proximité, proches de leurs citoyens et qui veulent favoriser l\u2019accession à la propriété », souligne-t-elle.A contrario de l\u2019équation qui voudrait que toute nouvelle construction soit rentable pour une municipalité, Mme Pi- lette avance qu\u2019il n\u2019en est rien.« Les élus, souvent, ne comprennent pas l\u2019importance des coûts marginaux que ça entraîne en services.On pense que ça va être rentable fiscalement, mais ça va être le contraire.Je conteste cet argument de la rentabilité fiscale effective.» Pour Danielle Pilette, le problème mis en lumière par la crue des eaux tient à un ensemble de facteurs : une absence de « données probantes » incontestables fournies par Québec pour que les municipalités prennent des décisions encadrées ; un meilleur accès à l\u2019expertise scientifique pour les petites municipalités ; le réflexe de ce qu\u2019elle appelle la « tentation d\u2019un développement bas de gamme », qui voit des « municipalités irresponsables et inconscientes » accepter n\u2019importe quel projet, etc.Le président de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, défend pour sa part l\u2019action de ses membres.« Je n\u2019ai aucun doute sur les capacités et le professionnalisme des municipalités pour gérer ça\u2026 si on leur en donne les moyens.» Et maintenant ?Tous les gens interrogés cette semaine s\u2019entendent sur un point : les inondations de 2019 forceront des remises en question profondes.Le gouvernement Legault a d\u2019ailleurs déjà annoncé la création d\u2019un comité interministériel pour réfléchir à l\u2019enjeu.Mais il faudra plus, dit-on.« On a besoin d\u2019un véritable retour sur les expériences de 2017 et de 2019, estime Mario Gauthier.On n\u2019a pas pris avec assez de sérieux les questions liées aux risques d\u2019inondations.» Ça, et de façon plus large, l\u2019adaptation aux changements climatiques, ajoute Guy Chiasson.« Car les inondations de 2019 ne seront pas un événement isolé », dit-il.Avec Isabelle Paré Tous les gens interrogés cette semaine s\u2019entendent sur un point : les inondations de 2019 forceront des remises en question profondes.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Le monastère des Moniales dominicaines, construit en 1934, était voué à la démolition, avec l\u2019accord de la municipalité de Berthierville, jusqu\u2019à ce que le ministère de la Culture ordonne sa préservation dans l\u2019intérêt commun.JASON KHAN es États-Unis se portent bien.Les indicateurs économiques sont au beau fixe : le taux de chômage se maintient autour de 3,8 % \u2014 un record en 50 ans \u2014 et, à 3,2 % pour le premier trimestre de 2019, la croissance économique dépasse les attentes.Les exportations augmentent tandis que les importations ont légèrement décliné.Le revenu personnel disponible a crû de 3 % alors que les prix n\u2019ont augmenté que de 1,9 %.Le marché de la construction est en croissance nette depuis 2017, et les grues émaillent le paysage de nombreuses villes, d\u2019Oklahoma City à San Diego en passant par Austin.Mais l\u2019histoire que racontent les chiffres, les indicateurs, les données composites, omet des réalités crues.De celles qui expliquent les votes aux extrêmes, la polarisation, le repli sur soi et la prégnance du populisme.De celles que documente le photographe Chris Arnade depuis des années, et sur lesquelles il publie, le mois prochain, un ouvrage aux Éditions Sentinel sous le titre évocateur de Dignité.La quête de respect de l\u2019Amérique reculée (Dignity : Seeking Respect in Back Row America).C\u2019est justement du manque de dignité lié au fonctionnement du système de santé américain que parle de manière récurrente la journaliste Sarah Kliff.Au cours de la dernière année, elle a décrypté pour Vox 1200 factures des services d\u2019urgence et les montants astronomiques qui y figurent : 40 000 $ pour des points de suture, 25 000 $ pour un scanneur d\u2019une demi-heure, 369 $ pour la pose d\u2019un Band-Aid sur le doigt éraflé d\u2019un enfant, 39,95 $ pour déposer un bébé sur sa mère à la suite d\u2019une césarienne.Elle raconte des histoires comme celle de cette maman dont le petit de deux ans a avalé un médicament pour adultes, qui se précipite aux urgences comme le lui recommande le centre antipoison, se gare.Et attend.De voir si l\u2019état du petit se dégrade.Parce que franchir les portes des urgences fait démarrer le compteur.Celui des factures médicales.Et de la spirale de l\u2019endettement.Cette histoire est celle de ces familles qui doivent parfois déclarer faillite pour refaire surface après un incident médical, de ces individus qui choisissent d\u2019omettre des tests diagnostiques (coloscopie, tests sanguins) pour des raisons financières, celle de diabétiques qui rationnent leur insuline en raison de son coût.Pour les personnes qui ont une assurance, selon l\u2019United States of Care en date du 1er avril, les primes d\u2019assurance maladie augmentent plus vite que les revenus, et les franchises ont crû en moyenne de plus de 60 % en cinq ans.Parmi les non-assurés, leur nombre, au plus bas en 2016, remonte rapidement : ils sont 28,9 millions à n\u2019avoir plus aucune forme de couverture médicale.Ainsi, assurés ou pas, un grand nombre d\u2019Américains peinent à avoir accès aux soins de santé et la raison en est d\u2019abord financière.Les États- Unis dépensent pourtant, selon le Commonwealth Fund, 17,7 % de leur PIB en santé \u2014 très loin devant les autres États industrialisés.Toutefois, ce n\u2019est pas en raison d\u2019une plus grande offre de services, mais du fait du prix disproportionné des services et des médicaments.À titre d\u2019exemple, un rapport d\u2019une commission parlementaire de 2014 évaluait l\u2019augmentation du prix d\u2019un bronchodila- tateur (le Salbutamol, la fameuse pompe bleue) à 4000 % en un an.Ces éléments ont logiquement une incidence sur l\u2019espérance de vie globale (parmi les plus basses de l\u2019OCDE) et sur l\u2019augmentation du taux de mortalité maternelle (fait unique parmi les pays de l\u2019OCDE).Ils ont également un lien avec l\u2019éclosion récente de foyers de rougeole (qui, au demeurant, fait bien moins de vagues que les quatre cas d\u2019Ebola diagnostiqués en sol américain en 2014).En effet, en 1999, le National Vaccine Advisory Committee publiait dans le Journal of the American Medical Association un article liant les barrières à l\u2019accès au système de santé, le déficit d\u2019information des parents, le déclin de la couverture vaccinale et les flambées de rougeole.Parce qu\u2019on ne peut voir un médecin régulièrement, la pratique de l\u2019automédication s\u2019accroît, l\u2019auto-information aussi, et le rapport à la médecine est marqué par les réseaux sociaux, comme l\u2019expliquent des articles récents du Journal of Medical Internet Research.La pérennité sur le Web d\u2019un vieil article publié en 1998 par The Lancet et réfuté depuis, qui entretient le lien entre la vaccination et l\u2019autisme, alimente les théories complotistes.Ainsi, au cours du seul premier qua- drimestre de 2019, les Centers for Disease Control and Prevention ont confirmé 704 cas de rougeole, un chiffre inédit depuis 1994.Dans ce contexte, le dépôt par le gouvernement Trump d\u2019un mémoire demandant à une cour d\u2019appel fédérale de mettre un terme à Obamacare est loin d\u2019être anodin : une décision dans ce sens pourrait laisser, selon le Health Policy Center, 20 millions d\u2019Américains de plus sans couverture médicale \u2014 le total des non-assurés dépasserait alors la population canadienne.Dépourvus d\u2019assurance, de plus en plus d\u2019individus devront faire des choix déchirants, entre nourriture et médicaments, matériel scolaire et soins de santé, consacrant les fractures profondes de cette société, cantonnant à la périphérie ceux qui devront parfois se contenter d\u2019attendre de mourir\u2026 aux portes de la cité.B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 AHUNTSIC - boul.Gouin 5 1/2 rénové, 2e étage, triplex Face parc, piste cyclable 1 chambre - 1 145 $ (514) 903-4761 Métro Côte-des-Neiges Haut de duplex, 9 pièces.Ensoleillé, près de tout, écoles, églises, université.1 875 $ /ms, chauffé.514 342-5178 OUTREMONT Le Chambertin Grand 3 1/2, 15e étage, grand 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jour et réparation P.C., Mac et portables.20 ans d'experience.Service à domicile.514 573-7039 Julien 303 ANTIQUITÉS 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE PETITES ANNONCES AVIS DE DÉCÈS LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel.ÉTATS-UNIS Mourir aux portes de la cité L E N B R E F Le ministre français de l\u2019Intérieur contraint au mea culpa PARIS \u2014 Le ministre français de l\u2019Intérieur, Christophe Castaner, a dû faire son mea culpa vendredi pour avoir dénoncé une « attaque » d\u2019un hôpital parisien lors des manifestations du 1er Mai, une thèse depuis mise à mal et dénoncée comme une fausse information, voire un « mensonge ».Des élus d\u2019opposition ont réclamé vendredi son audition devant le Parlement français.Devant la levée de boucliers, le ministre a regretté ses propos.Il s\u2019est justifié en rapportant les propos que lui ont tenus différents responsables hospitaliers.« \u201cIntrusion violente\u201d, c\u2019est le terme utilisé par la directrice de l\u2019hôpital.\u201cAttaque\u201d, c\u2019est celui qui m\u2019est venu après avoir entendu le récit ému du personnel.Retenez le terme que vous voudrez.» Agence France-Presse Ebola fait plus de 1000 morts dans l\u2019est du Congo GENÈVE \u2014 La plus récente épidémie d\u2019Ebola en République démocratique du Congo a fait plus de 1000 morts depuis le mois d\u2019août, a annoncé vendredi le ministère congolais de la Santé.L\u2019épidémie dans l\u2019est du Congo est la deuxième plus meurtrière de l\u2019histoire, et les efforts pour la contenir ont été compliqués par l\u2019instabilité dans la région et la profonde méfiance de la population envers les travailleurs humanitaires.Les centres de traitement du virus Ebola ont fait l\u2019objet d\u2019attaques répétées.La sécurité est devenue un problème majeur, a déclaré Mike Ryan, chef des urgences de l\u2019Organisation mondiale pour la santé, à des journalistes à Genève, soulignant que 119 attaques distinctes avaient été enregistrées depuis le mois de janvier.Associated Press La Thaïlande couronne son nouveau roi BANGKOK \u2014 Près de 70 ans se sont écoulés depuis le dernier couronnement d\u2019un roi en Thaïlande.Ce samedi, derrière les murs du Grand Palais à Bangkok, à 10h09 du matin (23 h 09 vendredi soir, heure de l\u2019Est), une heure choisie avec le plus grand soin en fonction des astres, le roi Maha Vajira- longkorn, qui a pris le titre de Rama X de la dynastie Chakri, prendra place sous l\u2019ombrelle à neuf étages, symbole du caractère sacré de la fonction, dans la salle du trône.On lui présentera notamment la «Grande Couronne de la victoire», de plus de 7 kilos en or et sertie de diamants.Comme le veut la tradition depuis Rama IV, le roi la posera lui-même sur sa tête.Ce couronnement sera une première pour la plupart des Thaïlandais, après que le roi Bhumibol eut régné pendant sept décennies.Agence France-Presse Christophe Castaner GÉRARD JULIEN AGENCE FRANCE-PRESSE Sarah Kliff raconte des histoires comme celle de cette maman dont le petit de deux ans a avalé un médicament pour adultes, qui se précipite aux urgences comme le lui recommande le centre antipoison, se gare.Et attend.De voir si l\u2019état du petit se dégrade.Parce que franchir les portes des urgences fait démarrer le compteur.ÉLISABETH VALLET B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 CAMP DE ROBOTIQUE 7 à 14 ans Camp bilingue Camps d\u2019été 2019 Du 1er juillet au 16 août Choisir entre les 6 semaines LE CAMP DE CONSTRUCTION ULTIME CRÉER ?CONSTRUIRE ?PROGRAMMER INSCRIVEZ-VOUS MAINTENANT sur : robotcamp.net Collège Dawson \u2013 4001, boul.de Maisonneuve O., Montréal 514-813-6673 | info@roboticscamp.net CAMPS D\u2019ÉTÉ Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec le département de publicité au 514 985-3399 publicite@ledevoir.com PETER HUTCHISON À CALCUTTA AGENCE FRANCE-PRESSE Calcutta était étrangement calme, vendredi soir, alors que le cyclone Fani, le plus puissant dans l\u2019océan Indien depuis des années, avançait vers la méga- pole indienne en laissant un sillage de morts et de destructions.Le cyclone a touché l\u2019est de l\u2019Inde vendredi matin dans l\u2019État d\u2019Odisha (46 millions d\u2019habitants), tuant au moins huit personnes et une autre au Bangladesh voisin, qu\u2019il devrait frapper après Calcutta, selon l\u2019agence Press Trust of India (PTI).Le monstre météorologique, avec des vents dépassant 200 km/h, s\u2019est fait sentir jusqu\u2019au lointain mont Everest, arrachant des arbres et coupant l\u2019eau, l\u2019électricité et les communications sur son passage.En prévision de son arrivée, les autorités de l\u2019Odisha, où 10 000 personnes avaient été tuées en 1999 par un cyclone, avaient fait évacuer plus d\u2019un million de personnes, craignant une montée des eaux pouvant atteindre jusqu\u2019à un mètre et demi.Huit personnes ont péri en Inde, dont un adolescent et une femme frappée par des débris de béton, selon PTI.Les autorités de l\u2019Odisha n\u2019ont pu confirmer ce bilan.Environ 160 blessés à Puri Fania touché terre à Puri, ville indienne côtière de 200 000 habitants célèbre pour son temple de Shree Jagannath, l\u2019un des plus sacrés de l\u2019hindouisme, qui accueille des millions de pèlerins chaque année et a été épargné.« Environ 160 personnes ont été blessées à Puri », a indiqué un responsable des secours, Prabhat Mahapatra.Au Bangladesh, plus au nord, où 400 000 personnes ont été évacuées de villages côtiers vers des abris en dur, les autorités ont annoncé la mort d\u2019une femme tuée par un arbre.Quatorze villages ont été inondés lorsque des digues se sont rompues à cause de la montée des eaux.L\u2019ordre d\u2019évacuation a également été donné à des centaines de milliers de personnes de l\u2019État indien du Bengale occidental, où les aéroports ont été fermés et les routes et lignes de chemin de fer fermées.« Tout est devenu noir d\u2019un coup et, soudain, on n\u2019y voyait plus à cinq mètres », a témoigné un homme réfugié dans un hôtel de Puri.« Les étals de nourriture et les enseignes se sont envolés.Le vent est assourdissant.» L\u2019électricité et l\u2019eau ont été coupées dans la plupart des quartiers de la ville, et des centaines d\u2019arbres déracinés.Un autre témoin a raconté avoir vu une voiture être poussée, puis retournée par le vent sur une avenue.Alors que Fani se dirige vers le nord- est, perdant de sa puissance, mais continuant à faire des dégâts, les autorités de l\u2019Odisha tentaient de dégager les routes encombrées d\u2019arbres arrachés et autres débris et de rétablir les communications.Des pylônes électriques sont tombés, des toits ont été arrachés et les fenêtres de bâtiments ont été brisées.« Je n\u2019ai jamais vu autant de destruction de ma vie », confiait Gouranga Malick, 48 ans, au milieu des ruines de sa petite maison de deux pièces détruite par la tempête à Puri.Selon les autorités de l\u2019Odisha, l\u2019infrastructure électrique de l\u2019État a été détruite par Fani.Une petite fille est née à l\u2019hôpital de Bhubaneswar, la capitale de l\u2019État, alors que le cyclone faisait rage.« Nous l\u2019appelons Lady Fani », a indiqué un porte-parole de l\u2019hôpital à PTI.Fani avance désormais vers Calcutta, capitale du Bengale occidental comptant 4,5 millions d\u2019habitants, qu\u2019il devrait toucher vers minuit (18h30 GMT).Des pluies diluviennes tombent sur la ville depuis plusieurs heures.La ville, habituellement très animée, était déserte, ses commerces fermés, et quelques rares véhicules se risquaient dans les rues.« Nous avons vu comment le cyclone a ravagé certains quartiers de Bhubaneswar.Nous ne voulons prendre aucun risque.Nous allons essayer de survivre au cyclone», a déclaré Subrata Das, directeur du centre commercial AXIS.Ressenti jusque dans l\u2019Everest Les vents violents ont été ressentis jusqu\u2019au massif de l\u2019Everest, où des tentes ont été arrachées au camp 2 (6400 mètres d\u2019altitude).Les autorités népalaises ont déconseillé aux hélicoptères de prendre l\u2019air.Les ports ont été L\u2019Inde et le Bangladesh frappés par un puissant cyclone Le monstre météorologique Fani a déjà fait au moins huit morts et continue son avancée AGENCE FRANCE-PRESSE À MEXICO Un journaliste mexicain, Telesforo Santiago Enriquez, qui animait une émission sur les ondes d\u2019une radio communautaire, a été tué par balle dans la ville de Juchitan (sud), devenant le quatrième reporter assassiné dans ce pays depuis le début de l\u2019année, ont annoncé vendredi les autorités et sa famille.L\u2019homme a été abattu jeudi après- midi lorsqu\u2019il se dirigeait vers la station de radio El Cafetal, qu\u2019il avait fondée.« Il a été tué par des tirs au niveau de la bouche et du cœur», a déclaré vendredi au micro de Radio Formula sa nièce Aida Valencia, qui estime que le meurtre est lié à la profession de son oncle.« Dans ses émissions radio, Santiago Enriquez faisait part de ses analyses et critiquait le gouvernement, il avait récemment dénoncé publiquement les autorités municipales pour détournement présumé de fonds » publics, indique la Commission nationale des droits de l\u2019Homme (Ombudsman) dans un communiqué.Journée de la liberté de presse L\u2019annonce de ce nouvel homicide de journaliste intervient le jour même de la Journée mondiale de la liberté de la presse.Telesforo Santiago Enriquez est le quatrième journaliste assassiné au Mexique depuis le début de l\u2019année.Le 16 mars, Santiago Barroso, qui écrivait pour l\u2019hebdomadaire en ligne Contra- sena, a été tué par balle à son domicile dans l\u2019État de Sonora (nord).Le 9 février, Jesus Ramos Rodriguez, un journaliste de radio, a été tué dans l\u2019État de Tabasco (est), et le 21 janvier, le directeur d\u2019une radio communautaire, Rafael Murua, a été assassiné dans l\u2019État de Basse-Californie du Sud (nord- ouest) après avoir reçu des menaces.Le Mexique arrive au 147e rang sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières.Selon l\u2019organisation, il s\u2019agit d\u2019un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes, au même niveau que l\u2019Afghanistan, la Syrie ou le Yémen.En 2018, dix journalistes y ont été assassinés.La majorité de ces assassinats restent impunis.Le gouvernement du Mexique a annoncé fin mars vouloir renforcer le mécanisme de protection des journalistes, dans un pays parmi les plus dangereux du monde pour ces professionnels.MEXIQUE Un 4e journaliste assassiné fermés, mais la marine indienne a envoyé six navires dans la zone.Le principal producteur de pétrole et de gaz indien, ONGC, a évacué quelque 500 employés de plateformes en mer.Au Bangladesh, où la tempête devrait frapper samedi, plus de 4000 abris anticycloniques ont été ouverts, selon un responsable des secours, Mohammad Hashim.L\u2019est et le sud-est de l\u2019Inde sont régulièrement balayés par des tempêtes tropicales entre avril et décembre.En octobre, quelque 300 000 personnes avaient été évacuées dans les districts côtiers de l\u2019Odisha, frappés par le cyclone Titli, qui avait fait au moins deux morts.En 2017, quelque 250 personnes avaient été tuées et plus de 600 avaient disparu au passage du cyclone Ockhi dans le Tamil Nadu et le Kerala.À Puri, ville indienne d\u2019environ 200 000 habitants, 160 personnes ont été blessées lors du passage du cyclone Fani.DIBYANGSHU SARKAR AGENCE FRANCE-PRESSE a veille de son exécution, François-Ma- rie-Thomas Chevalier de Lorimier écrivait son testament politique, un épisode devenu mythique dans la lutte indépendantiste québécoise.«Je meurs sans remords.Je ne désirais que le bien de mon pays dans l\u2019insurrection et la mort», écrivait le patriote de sa cellule, en concluant par un retentissant: «Vive la liberté! Vive l\u2019indépendance!» Ce qui est moins connu cependant, c\u2019est le contour flou du pays en construction pour lequel Chevalier de Lorimier donnait sa vie.Les incertitudes, les doutes, les désaccords, les choix stratégiques ou encore les désillusions sont le propre de tout moment révolutionnaire, et les rébellions de 1837-1838 ne font pas exception.Créer une république française du Bas-Canada (l\u2019ancêtre administratif du Québec) était un projet envisagé par certains patriotes.Les documents historiques rappellent toutefois que différentes utopies circulaient.Les patriotes ont bien proclamé une république du Bas-Canada, voulue bilingue, en février 1838, mais nous pouvons aussi relever les nombreuses allusions, privées et publiques, à la possibilité d\u2019intégrer les États-Unis une fois l\u2019indépendance acquise.Au printemps 1837, le chef du mouvement patriote, Louis-Joseph Papineau, expliquait au peuple que le temps était venu de choisir entre l\u2019union avec l\u2019Empire britannique et celle avec les États- Unis.En décembre de la même année, il tentait d\u2019obtenir le soutien politique et financier des Américains en affirmant que les Canadiens souhaitaient l\u2019annexion aux États-Unis.Le cas du Texas, république indépendante depuis peu et qui avait officiellement demandé son annexion en 1837, était dans toutes les têtes.Angle mort Dans son testament politique, Chevalier de Lorimier ne fait pas mention d\u2019une annexion aux États-Unis, pas plus qu\u2019à la République du Bas-Canada.«Le sang et les larmes versés sur l\u2019autel de la patrie, expliquait-il lorsqu\u2019il parlait de son pays, arrosent aujourd\u2019hui les racines de l\u2019arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas.» Il évoque donc un autre projet politique, celui d\u2019une république des deux Cana- das incluant le Haut-Canada (l\u2019ancêtre de l\u2019Ontario).Ce projet à deux étoiles constitue un angle mort historiographique, mais Chevalier de Lorimier n\u2019est pas le seul à le mentionner.Avant les rébellions, les républicains de la colonie voisine nommaient déjà les Bas-Canadiens leurs fellow citizens et l\u2019idée d\u2019une convention commune circulait.Dès la fin de 1837, la coordination des efforts militaires semblait une évidence, de même que la création d\u2019un gouvernement commun.La société secrète des Frères Chasseurs a matérialisé ce projet associant les deux Canadas.Tout au long de 1838, les références à ces deux étoiles sont régulières, y compris chez leurs adversaires, signe que cette utopie s\u2019était répandue dans l\u2019opinion.Lors du soulèvement de novembre 1838, le drapeau à deux étoiles est hissé au quartier général de Napierville, tout comme il avait été brandi sur Navy Island, dans le Haut-Canada.Dans un poème qui circulait le long de la frontière, The Stars of Canada, nous lisons également que le Canada à deux étoiles formait désormais une nouvelle «nation».Cette utopie que Chevalier de Lorimier a couchée dans son testament est en partie une réponse à l\u2019hostilité des dirigeants des États-Unis envers les révolutionnaires canadiens.La jeune république américaine était alors engluée dans une politique du compromis, avec la question de l\u2019esclavage comme avec les banquiers londoniens.En prenant les États-Unis pour contre-modèle, les patriotes en armes souhaitaient renouveler l\u2019idéal républicain, une tendance radicale qu\u2019ils qualifiaient de vrai républicanisme.Malgré certaines limites philosophiques, à commencer par l\u2019exclusion des femmes du corps politique actif, leur républicanisme était voulu plus égalitaire, plus moral que la realpolitik alors pratiquée aux États-Unis, soit en la personne du président Martin Van Bu- ren et du Parti démocrate connu pour son penchant esclavagiste et son opposition aux droits des Premières Nations, soit par les hommes d\u2019affaires de Wall Street qui s\u2019enrichissaient avec le coton du Sud et un système bancaire fondé sur une spéculation immodérée.Par contraste, les patriotes envisageaient d\u2019accorder la pleine citoyenneté aux Autochtones et de créer un nouveau système bancaire dans lequel l\u2019éthique serait plus importante que le profit.Ils ont rêvé d\u2019établir une république qui se réconcilierait avec certains principes démocratiques, mais ils ont perdu la guerre.En réponse à l\u2019attitude des élites étasuniennes qui ont tout fait pour saper leur mouvement, les républicains canadiens, épaulés par des citoyens des États frontaliers, ont créé leurs propres structures, leur propre projet politique, et ils ont cru pouvoir sortir victorieux de la crise militaire.Ils ont échoué, nous le savons.Ils n\u2019avaient que peu de chances de réussir par les armes.Il serait néanmoins erroné de les décrire comme des hurluberlus, des rêveurs incapables de surmonter leurs contradictions et leurs erreurs, voire comme des victimes inéluctables de la logique de l\u2019Histoire.Les autorités américaines ont activement collaboré avec les Britanniques pour écraser le mouvement révolutionnaire.Mais que se serait-il passé si Washington avait été réellement neutre, ou à tout le moins un complice discret?Que se serait-il passé si les fermiers loyalistes des deux Canadas, ulcérés par le harcèlement continu des patriotes exilés aux États-Unis qui, jusqu\u2019en 1841, franchissaient la frontière pour brûler leurs propriétés, avaient répondu plus fortement qu\u2019ils ne l\u2019ont fait, précipitant une nouvelle guerre entre la Grande-Bre- tagne et les États-Unis que plusieurs estimaient inévitable?Que se serait-il passé si les patriotes canadiens avaient pu remporter une bataille retentissante, comme celle des révolutionnaires américains à Saratoga en 1777 ?Les rebelles ont rêvé de cette victoire symbolique qui aurait changé le cours de l\u2019Histoire, celle qui aurait rallié, selon le patriote Donald McLeod, les populations de l\u2019ensemble des colonies britanniques, du lac Sainte-Claire jusqu\u2019à Terre-Neuve, derrière un esprit révolutionnaire commun, un cœur commun, une âme commune.Bouleversements Un concours de circonstances en fin de compte relativement réaliste sur le plan historique aurait permis de réécrire l\u2019histoire nord-américaine, surtout si l\u2019incompatibilité politique avait empêché une annexion formelle des deux Canadas aux États-Unis.L\u2019ordre diplomatique, politique, mais aussi social, économique, et même culturel, était en jeu à une échelle continentale.Si l\u2019on en juge par l\u2019orientation politique des patriotes qui ont combattu pour une république à deux étoiles, l\u2019héritage européen, qu\u2019il soit français ou britannique, aurait été largement balayé en cas de victoire, à commencer par le régime seigneurial et la common law.Ils auraient eu à faire face à une dépression économique dans un premier temps et, privée des flux financiers et humains de l\u2019Empire britannique, la sphère marchande et industrielle se serait développée moins rapidement et à partir de structures moins puissantes, moins conquérantes.Les patriotes n\u2019étaient pas des adversaires du commerce et de l\u2019industrie, mais ils planifiaient une refonte générale des mécanismes bancaires et financiers, de même que celle de l\u2019encadrement légal des compagnies privées : la tendance à privilégier les structures commerciales coopératives de ces utopistes finalement au pouvoir, inspirés par les expérimentations du philanthrope écossais Robert Owen, aurait brisé le principe de responsabilité limitée des marchands et la possibilité de gérer les affaires entre amis.Il aurait ainsi été plus difficile de mêler intérêts privés et politique publique, comme ce fut le cas autour des chemins de fer pour les Pères de la Confédération de 1867.Délestées du lien colonial, les langues française et anglaise auraient cohabité dans la sphère publique sur un pied d\u2019égalité.Le corps citoyen aurait tenté d\u2019amalgamer les descendants des immigrants européens avec ceux des esclaves africains et les Premières Nations.Sa composante masculine aurait eu un pouvoir plus direct sur leurs représentants et le processus législatif.Univers républicain Au-delà des deux Canadas devenus les deux étoiles d\u2019un nouveau pays, les colonies plus loyalistes de la Nouvelle- Écosse et surtout du Nouveau-Bruns- wick auraient été noyées dans un univers républicain.À l\u2019ouest, les Métis, ainsi que l\u2019ensemble des nations amérindiennes des plaines, auraient rajouté leur(s) étoile(s) au drapeau évoqué par Chevalier de Lorimier, créé leur(s) pays, ou développé leurs propres régimes politiques.La radicalité d\u2019une république à deux étoiles aurait aussi galvanisé les réformistes vivant aux États-Unis et directement nourri leur combat pour que démocratie et république s\u2019accordent davantage.Les patriotes canadiens auraient été non pas les éphémères et téméraires combattants de la liberté admirés par les Locofocos américains, les chartistes anglais et les républicains parisiens, ils seraient devenus un phare de l\u2019histoire politique atlantique, peut-être même une boussole.Mais tout ceci n\u2019est qu\u2019une réécriture uchronique de l\u2019histoire ; une pure fiction qui rassurera, attristera, révoltera ou divertira.Pour proposer un texte ou pour faire des commentaires et des suggestions, écrivez à Dave Noël à dnoel@ledevoir.com.B 8 LE DEVOIR D\u2019HISTOIRE LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 RÉBELLIONS DE 1837-1838 Réécrire l\u2019histoire des patriotes avec deux étoiles Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d\u2019histoire le défi de décrypter un thème d\u2019actualité à partir d\u2019une comparaison avec un événement ou un personnage historique.Julien Mauduit Professeur, McMaster University L Dans son testament politique, François- Marie-Thomas Chevalier de Lorimier évoque une république des deux Canadas incluant le Haut-Canada.ILLUSTRATION TIFFET Julien Mauduit Vous pensez constamment à votre entreprise.Nous aussi.C\u2019est pourquoi nous abordons le financement avec une perspective à long terme en offrant un capital patient qui vous aide à surmonter les défis du monde des affaires.fondsftq.com/entreprise LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin a guerre est déclarée, et bien déclarée.Celle entre Donald Trump et la nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants au sujet du rapport Mueller sur l\u2019ingérence russe.William Barr est l\u2019homme de main mis en place pour effectuer la besogne, moins procureur général qu\u2019avocat de la défense, comme en fait foi l\u2019énergie avec laquelle il a défendu les intérêts de son patron mercredi devant la Commission de la justice du Sénat, à majorité républicaine, puis son refus le lendemain de se présenter devant celle de la Chambre des représentants.Atteinte à l\u2019ordre constitutionnel, mépris de l\u2019État de droit\u2026 Les opposants de tous bords à M.Trump en ont beaucoup agité le spectre depuis deux ans, et avec raison, pour dénoncer la part d\u2019impunité avec laquelle il manigance et met la présidence à sa main.Le Congrès reprenant ses travaux après la pause pascale, le conflit devient maintenant plus explicite encore, la Maison- Blanche affichant sans complexes son indifférence à l\u2019égard de l\u2019essentiel principe, en cette démocratie imparfaite, de la séparation des pouvoirs.M.Trump avait préparé le terrain il y a une dizaine de jours en affirmant : « Nous nous battons contre toutes les citations à comparaître » présentées par l\u2019une ou l\u2019autre des six commissions de la Chambre qui se penchent sur son cas.Non à la divulgation de ses déclarations de revenus, non à l\u2019audition d\u2019un conseiller sur la politique migratoire, non à la comparution de l\u2019ancien conseiller Donald McGahn, témoin clé de l\u2019enquête Mueller sur les allégations d\u2019obstruction à la justice\u2026 Bref, non à tout, au nom des « privilèges du pouvoir exécutif ».Tel est l\u2019énervement parmi les Trump que la famille a lancé lundi dernier des poursuites contre les banques allemande Deutsche Bank et américaine Capital One pour les empêcher de remettre à une commission des informations sur ses transactions financières \u2014 que d\u2019aucuns jugent troubles.Qu\u2019un président résiste à collaborer avec un Congrès dont il n\u2019a pas le soutien partisan n\u2019est pas inédit.Richard Nixon vient à l\u2019esprit.À l\u2019époque du scandale du Watergate, il avait tenté de bloquer la divulgation d\u2019enregistrements incriminants, ce que la Cour suprême lui avait refusé en estimant que le « privilège exécutif » ne protégeait pas des informations pertinentes dans le cadre d\u2019une enquête sur des soupçons de crimes.Le comportement de M.Trump est inédit en ce qu\u2019il cherche à empêcher la Chambre des représentants, partout et tout le temps, de jouer son rôle constitutionnel de surveillance du gouvernement.Un rôle qui est forcément équivoque, bien entendu, puisqu\u2019en l\u2019occurrence, la majorité démocrate, naviguant tout à la fois en terrain légal et politique, se trouve à être juge et partie.Reste qu\u2019il devient toujours plus évident que, le 24 mars dernier, M.Barr a fourni un résumé tendancieux du rapport Mueller en soutenant qu\u2019il lavait M.Trump de tout soupçon.Or, même expurgé, le rapport rendu public trois semaines plus tard déconstruit ce verdict d\u2019acquittement, ou du moins le nuance beaucoup, faisant état d\u2019une centaine de contacts avec les Russes et d\u2019une douzaine d\u2019incidents susceptibles de s\u2019apparenter à de l\u2019obstruction à la justice \u2014 à commencer par la demande faite par M.Trump de renvoyer le procureur spécial.Qui plus est, l\u2019édulcoration à laquelle s\u2019est livré M.Barr est confirmée par une lettre de M.Mueller que le Washington Post a rendu publique mardi soir.Une lettre datée du 27 mars dans laquelle, démarche tout à fait inhabituelle, le procureur spécial se plaint auprès de ses supérieurs du fait que le sommaire de M.Barr ne reflétait pas « le contexte, la nature et le contenu » de son enquête.Sous, entre et par-dessus tous ces grands enjeux de clarté démocratique, il y a le cirque partisan, à 18 mois de la présidentielle de 2020.Il est nécessaire que M.Mueller aille témoigner en commission, que les démocrates obtiennent une copie non caviardée de son rapport, que M.Barr ne se sente pas permis de mentir\u2026 Bref, que les prérogatives du Congrès soient respectées.Pour autant, que peuvent vraiment les démocrates contre un président qui se mure \u2014 ou jusqu\u2019où sont-ils prêts à aller ?La procédure de destitution ?L\u2019opinion publique y est peu favorable et elle n\u2019aboutirait pas de toute façon, comme les républicains sont majoritaires au Sénat.Sans compter qu\u2019elle se trouverait, ainsi que le font valoir les Pelosi et les Sanders, à faire tourner le pays, ce qui serait vain, autour de la seule personne de M.Trump, qui ne demanderait pas mieux.Les démocrates sont sur le pied de guerre, mais ils le sont en ordre dispersé.Paul Morin Professeur à l\u2019École de travail social de l\u2019Université de Sherbrooke Le récent décès d\u2019une fillette dont les parents étaient suivis par la DPJ, au-delà des émotions fort légitimes qu\u2019il suscite, devrait aussi constituer une occasion de réfléchir à l\u2019intervention à domicile et à sa singularité.Espace de réalisation des activités quotidiennes, le domicile est associé aux sentiments de sécurité, de contrôle, de liberté, de créativité.Depuis au moins trois décennies, l\u2019évolution des connaissances, les aspirations des citoyens et les changements démographiques, ainsi que des considérations budgétaires ont eu pour effet de recentrer les politiques et programmes de santé et de services sociaux sur le domicile auprès notamment des personnes âgées, des personnes handicapées et des familles en besoin d\u2019aide.Les interventions à domicile font donc partie intégrante du travail de tous les jours du personnel de la santé et des services sociaux, de multiples professions y concourent, comme les travailleurs sociaux et les infirmières.En protection de la jeunesse, les intervenants, par leur mandat légal de protection des enfants, ont l\u2019obligation légale d\u2019être parfois in- trusifs dans l\u2019espace domiciliaire et de s\u2019y déplacer dans les différentes pièces.L\u2019intervention à domicile, en toute logique, devrait donc être reconnue, de plein droit, comme digne d\u2019intérêt par le milieu de la recherche en protection de la jeunesse.Ce n\u2019est pas le cas.Harry Ferguson, la référence Au niveau international, Harry Ferguson, professeur en travail social à l\u2019Université de Birmingham, constitue la référence obligée.Travailleur social d\u2019expérience, son intérêt en la matière a notamment été suscité par les résultats de plusieurs enquêtes publiques en Angleterre, survenus après des décès tragiques d\u2019enfants.Ces enquêtes ont démontré l\u2019incapacité des travailleurs sociaux à prendre la réelle mesure de ce qui se déroulait dans ces maisons des horreurs.Ses travaux de recherche, de vrais bijoux, démontrent que le Allez-vous finir par comprendre ?Mais qu\u2019est-ce que ça va vous prendre pour réaliser enfin que le réchauffement climatique, c\u2019est pas une joke ! Les scientifiques n\u2019en finissent plus de lancer des avertissements de plus en plus alarmants, les faits eux-mêmes le démontrent de plus en plus brutalement, avec le tragique exemple des inondations en cours et le souvenir de la canicule de l\u2019été passé (qui se répétera encore cette année?).Est-ce qu\u2019on va continuer à rapiécer notre univers comme ça, un morceau à la fois, digue après digue, coup de chaleur après coup de chaleur?Que font dans le décor ces dinosaures que sont Doug Ford, Andrew Sheer, leur nouvel allié Jason Kenney et de l\u2019autre côté de la frontière, l\u2019ineffable Donald Trump ?Qu\u2019attendent Justin Trudeau et François Legault pour déclarer l\u2019urgence nationale, amorcer une véritable réflexion globale et mettre sur pied un plan d\u2019action et des stratégies à la hauteur des menaces pressenties ?Car ne nous leurrons pas, ce que nous entrevoyons présentement, ce n\u2019est que la pointe de tous ces icebergs qui continuent à fondre inexorablement, emportés par notre meurtrière folie de consommation.Si les pouvoirs publics persistent à faire la sourde oreille et ne se montrent pas à la hauteur de leurs responsabilités, il faudra que nous, citoyens et citoyennes, habitants de notre seule planète, prenions les mesures qui s\u2019imposent pour que nos dirigeants agissent avant qu\u2019il ne soit trop tard.Je vous en prie, Monsieur Legault, lorsque la crue sera terminée, réu- Intervenir à domicile en protection de la jeunesse LIBRE OPINION LETTRES RAPPORT MUELLER Trump dans la posture de l\u2019autocrate L ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER sein de laquelle tous les sens et les émotions sont mis en jeu dans un espace fermé.Selon Ferguson, étant donné que les multiples tâches bureaucratiques définissent, malgré tout, largement ce que font les travailleurs sociaux, les interventions à domicile apparaissent de ce fait comme essentiellement une extension du travail social (organisation, normes et procédures) dans la sphère domestique.Afin de relever le défi de la complexité de l\u2019intervention à domicile au Québec, il importe au contraire, pour le bien- être des enfants, de placer le domicile au centre des réflexions afin que le savoir-être et le savoir-faire des intervenants soient à la mesure du défi à relever.travail social dans le chez-soi des familles est une activité complexe et qu\u2019en cherchant à atteindre leurs objectifs respectifs, autant les travailleurs sociaux que les familles mettaient en œuvre une gamme de stratégies.Le mouvement de l\u2019intervention à domicile a son déroulement ; les praticiens se déplacent du bureau à la maison.Ils franchissent le seuil de la porte et pénètrent dans la sphère intime familiale.En s\u2019appuyant sur leur savoir-être et leur savoir-faire, les intervenants doivent s\u2019adapter à la maison, ses atmosphères, ses odeurs, ses bruits, tout en mettant en œuvre une intervention efficiente et significative.L\u2019intervention à domicile peut donc être conceptualisée comme une pratique corporelle, au Le comportement de M. Trump est inédit en ce qu\u2019il cherche à empêcher la Chambre des représentants, partout et tout le temps, de jouer son rôle constitutionnel de surveillance du gouvernement nissez votre cabinet, lançons des états généraux sur le réchauffement climatique et préparons-nous dans toutes les régions du Québec pour que nos populations souffrent le moins possible de ces dérèglements dont nous sommes responsables et dont les effets commencent à peine à nous affliger.Pierre Landry Saint-Alexandre-de-Kamouraska, le 28 avril 2019 Montréal et la francophonie Mme la Mairesse, J\u2019ai rempli récemment avec enthousiasme le sondage que vous faites circuler sur les réseaux sociaux concernant l\u2019horizon souhaitable de développement de la ville, d\u2019ici à 2030.S\u2019y succèdent des questions à développement telles que «en quoi êtes-vous fiers de votre ville?», tandis que d\u2019autres nous demandent de choisir plusieurs mots parmi: développement durable, famille, mixité sociale, propreté, convivialité, diversité, etc.Ces questions à choix multiples sont les plus nombreuses.Nous sommes invités à resserrer nos attentes envers la ville et à énoncer des valeurs, des axes de développement.Beaucoup de mots, beaucoup d\u2019intentions et une omission importante.Là précisément où mon enthousiasme s\u2019est démenti.En effet, de toutes ces locutions ou propositions, aucune ne fait référence au caractère francophone de la ville.Il n\u2019est nulle part suggéré, proposé ou même insinué que le fait que Montréal soit la plus grande ville française en Amérique du Nord puisse être considéré comme un atout, un axe de développement.Une seule question : pourquoi ?Il est beaucoup question de développement durable dans le sondage, ce qui est très bien.Nous voulons une ville plus verte, plus propre et conviviale, en phase avec les meilleures approches urbanistiques.Mais dites-moi, ces approches à la fois novatrices et politiquement correctes ne pour- raient-elles pas aller de pair avec un vaste mouvement de mobilisation et de mise en valeur du fait français à Montréal ?Imaginez : un mouvement duquel découlerait une toponymie rafraîchie, qui mettrait l\u2019histoire à la une, des initiatives qui célébreraient notre caractère unique en Amérique du Nord, le chériraient et le mettraient en valeur, l\u2019utiliseraient comme un levier de visibilité, notamment touristique.Quelle formidable carte de visite et, en plus, voilà de quoi rebâtir les ponts entre Montréal et le continent ! Je ne suis pas naïve.Juste à voir comment Montréal se Torontoïse, ne serait-ce que linguistiquement parlant, on comprend que votre sensibilité politique est semblable à celle de vos prévisibles collègues de gauche\u2026 Mais là, le jupon commence à dépasser en diable.Je rêve du jour où nous pourrons marcher et mâcher de la gomme en même temps! Mettre en avant des pratiques environnementales audacieuses.Et faire preuve d\u2019un protectionnisme de bon aloi, décomplexé, visant à protéger notre caractère unique et distinct.Je suis déjà lasse de votre administration si Canadian qu\u2019elle n\u2019ose pas dénouer cet inextricable lien entre une certaine gauche urbaine et ce maudit multiculturalisme qui nous avilit et nous humilie sous des oripeaux faussement inclusifs.Décevant.Voilà le mot de la fin, Mme Plante.Geneviève Chagnon Montréal, le 26 avril 2019 B 11 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.La dégringolade des rouges L \u2019annonce faite cette semaine par le Parti libéral du Canada d\u2019un nouveau directeur de campagne pour les élections qui auront lieu cet automne a confirmé en quoi les libéraux sont en retard par rapport à leur principal adversaire, le Parti conservateur du Canada, à moins de six mois du vote.Le manque de préparation du PLC préoccupait beaucoup de libéraux avant même que l\u2019ancien secrétaire principal du premier ministre Justin Trudeau, Gerald Butts, fût obligé de quitter son poste en février dernier dans la foulée de l\u2019affaire SNC-Lavalin.Mais le départ de M.Butts a encore bousculé la stratégie libérale en vue des élections d\u2019octobre prochain.Écarté pour l\u2019instant de la planification de campagne, on ne sait pas encore s\u2019il jouera quelque rôle que ce soit dans l\u2019élaboration de la stratégie électorale que les libéraux comptent dérouler sous peu.C\u2019était tout autrement en 2015.Avec la directrice de campagne de l\u2019époque, Katie Telford, M.Butts avait assemblé une équipe du tonnerre pour amener les libéraux au pouvoir.Tout semblait fonctionner à merveille.En 2015, c\u2019était les conservateurs, usés après près d\u2019une décennie au pouvoir, qui semblaient manquer d\u2019élan, de préparation et de stratégie.Or, le partenariat entre M.Butts et Mme Telford, qui se sont tous deux retrouvés au bureau du premier ministre après les élections de 2015, n\u2019aura pas survécu à l\u2019usure du pouvoir.Alors que M.Butts prétendait récemment que les deux sont restés amis, d\u2019autres prétendent que les relations de travail au sein du bureau du premier ministre étaient déjà devenues tendues avant même que l\u2019affaire SNC-Lavalin n\u2019éclate.Elles ne se sont pas améliorées depuis, alors que plusieurs organisateurs et députés libéraux réclament les têtes de bon nombre de conseillers du premier ministre.Alors que les libéraux pouvaient compter sur M.Trudeau pour remonter le moral des troupes en 2015, il ne peut plus jouer ce rôle en 2019, au moins parmi les bonzes du parti.Les libéraux n\u2019ont pas encore annoncé si Mme Telford quittera son poste de chef de cabinet de M.Trudeau cet été pour se consacrer à temps plein à la campagne.Laissée seule à la tête du bureau du premier ministre après de départ de M.Butts, qui ne sera pas remplacé, Mme Telford serait devenue trop critique quant au fonctionnement quotidien du gouvernement pour que M.Trudeau puisse lui permettre de retourner au poste clé qu\u2019elle occupait durant la campagne de 2015.C\u2019est ainsi que les libéraux ont cette semaine nommé Jeremy Broadhurst au poste de directeur de campagne pour 2019.L\u2019actuel chef de cabinet de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, occupera son nouveau poste à partir de la mi-mai, plus de 18 mois après que son homologue conservateur eut été nommé, en novembre 2017.Certes, la nomination par le PCC de Hamish Marshall comme directeur de campagne n\u2019a pas fait l\u2019unanimité dans les rangs conservateurs.Certains craignaient que son association passée avec Rebel Media, considéré comme un organe de presse de la droite radicale (ou alt-right) canadienne, puisse faire de lui une cible de prédilection des libéraux qui cherchaient à associer le chef Andrew Scheer aux éléments radicaux.M.Scheer refuse de donner des entrevues à Rebel Media depuis sa couverture controversée des manifestations des suprémacistes blancs à Charlottesville, en Virginie, à l\u2019été de 2017.Et depuis, M.Marshall aura gagné la confiance des troupes conservatrices.Selon un député conservateur centriste consulté, il serait un génie du marketing politique.Depuis plusieurs mois déjà, les conservateurs rodent les messages et les thèmes qu\u2019ils comptent privilégier durant la campagne qui s\u2019en vient.Leurs candidats \u2014 ils en ont déjà choisi plus de 280 sur les 338 qu\u2019ils présenteront cet automne \u2014 suivent les formations et sillonnent leurs circonscriptions en campagne non officielle.Surtout, les conservateurs ramassent de l\u2019argent.Le PCC a recueilli plus de 8 millions de dollars en dons de financement durant le premier trimestre de 2019, un record pour le parti et le double des 3,9 millions amassés par les libéraux durant la même période.S\u2019il est vrai que les conservateurs dépensent beaucoup plus en frais d\u2019administration que leurs adversaires, la capacité du parti d\u2019attirer des dons ne semble pas avoir été entachée par la tiédeur de beaucoup de militants conservateurs envers M.Scheer.Ce dernier peine toujours à frapper l\u2019esprit des Canadiens.Et c\u2019est peut-être là où le bât blessera le plus en campagne électorale.Pour l\u2019instant, toutefois, les libéraux ont beaucoup de pain sur la planche pour rattraper les conservateurs non seulement dans les sondages, dont certains ont été dévastateurs à leur égard depuis quelques semaines, mais aussi en ce qui concerne leur niveau de préparation.Une chose est certaine, la campagne de 2019 ne ressemblera guère à celle de 2015.KONRAD YAKABUSKI Pour l\u2019instant, les libéraux ont beaucoup de pain sur la planche pour rattraper les conservateurs non seulement dans les sondages [\u2026], mais aussi en ce qui concerne leur niveau de préparation Dominique Goubau Professeur en droit de l\u2019enfance à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval Le martyr d\u2019une enfant est probablement la chose qui nous bouleverse et nous scandalise le plus au monde.On comprend l\u2019émotion et la juste et unanime indignation des Québécois et des députés de l\u2019Assemblée nationale au lendemain du drame.L\u2019inacceptable est arrivé, et il est impératif de savoir s\u2019il pouvait être évité.Les parents seront-ils condamnés au criminel ?La DPJ est-elle fautive ?Le Tribunal aurait-il dû retirer l\u2019enfant de sa famille ?Les intervenants ont-ils agi selon les normes ?Les enquêtes annoncées détermineront, on doit l\u2019espérer, les manquements et les responsabilités.Bien sûr, comme le souligne Brian Myles, le directeur du Devoir, le Québec ne peut se contenter de faire le procès du père, de la belle-mère et de la DPJ, car cette tragédie interpelle également la police, le réseau de la santé et des services sociaux et l\u2019école, qui « savaient tous que les choses ne tournaient pas rond dans cette famille de Granby ».Il faut, en effet, exiger que toute la lumière soit faite sur ce cas particulier, et cela inclut la mise au jour et la sanction de tous les dysfonctionnements, individuels comme institutionnels.C\u2019est bien la moindre des choses que l\u2019on doit à la mémoire de cette enfant.Mais au-delà de l\u2019importance de réagir fermement à ce drame particulier, il est tout aussi impératif d\u2019interroger la manière dont notre société, dans son ensemble, gère le fléau de la maltrai- tance des enfants au Québec.Depuis des décennies, les DPJ sont sur le banc des accusés chaque fois qu\u2019une situation dramatique survient et que les médias se font l\u2019écho de drames familiaux impliquant les services de protection de la jeunesse.Il se trouve toujours des accusateurs pour reprocher à la DPJ de ne pas être intervenue à temps ou, au contraire, d\u2019être intervenue trop rapidement et mal.Et il est vrai que des dérapages peuvent survenir.Il est vrai aussi que ces manquements sont souvent mis en exergue et peuvent faire oublier que les services de protection viennent chaque année en aide à des dizaines de milliers d\u2019enfants au Québec.Les DPJ ont, au quotidien, la délicate mission d\u2019évaluer en derniers recours si des enfants sont en danger, s\u2019ils doivent ou non être retirés de leur famille, si et comment la famille doit être soutenue dans son rôle d\u2019éducation des enfants.Dans le courant des 30 dernières années, la Loi sur la protection de la jeunesse a fait l\u2019objet de multiples études, commissions, réformes, etc.Chaque fois, ce fut l\u2019occasion de rappeler à quel point les enfants sont importants pour notre société.On se souviendra, par exemple, du rapport de Camil Bou- chard qui, il y a plus de 25 ans, portait fièrement le titre Un Québec fou de ses enfants !.Et pourtant, force est de constater que les difficultés vécues au quotidien par le réseau de la protection de la jeunesse n\u2019émeuvent malheureusement qu\u2019à l\u2019occasion de drames.Ces moments d\u2019émotion provoquent souvent des remises en question de la loi elle-même.Trop laxiste pour certains, trop interventionniste pour d\u2019autres.Or, il faut savoir que lorsque la Loi québécoise sur la protection de la jeunesse fut adoptée dans les années 1970, elle était considérée alors comme un modèle du genre dont plusieurs pays se sont inspirés.Cette loi a fait l\u2019objet de nombreuses réformes au cours des années afin d\u2019en peaufiner les principes et de l\u2019adapter aux connaissances scientifiques en matière d\u2019intervention sociale et de psychologie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence.Mais elle demeure fidèle à sa philosophie de départ: lorsqu\u2019un enfant est en danger, il faut le protéger, et cette protection passe en priorité par la mise en place d\u2019un soutien aux parents; lorsque ce soutien est inefficace ou impossible, l\u2019enfant doit être retiré de son milieu et confié le plus rapidement possible à des personnes qui sauront répondre adéquatement à ses besoins.Manque de ressources La plupart des experts s\u2019entendent pour dire qu\u2019il s\u2019agit globalement d\u2019une bonne loi.Par contre, pour la mettre en œuvre, il faut des moyens matériels et financiers à la hauteur de sa mission.Le travail d\u2019évaluation et d\u2019intervention requiert, en effet, des ressources considérables et doit être fait en collaboration avec les ressources de première ligne (CLSC, pédopsychiatres, orthopédagogues, psychologues d\u2019école, etc.).Or, c\u2019est là que le bât blesse.Depuis des décennies, les DPJ du Québec, de même que d\u2019autres instances d\u2019intervention, soulignent le manque de ressources consacrées au Québec à la protection des enfants en danger.Depuis 30 ans que j\u2019observe attentivement le domaine de la protection de la jeunesse au Québec, je ne peux que constater qu\u2019il a trop souvent été le parent pauvre quand vient le temps des arbitrages budgétaires entre les différents secteurs de l\u2019intervention étatique.Or, le manque de ressources humaines pour soutenir la mission des DPJ et pour faire le nécessaire travail d\u2019aide aux familles est au cœur du problème.Certains cyniques diront que ce manque de budget est invoqué chaque période de négociation des conventions collectives dans le secteur des services sociaux.C\u2019est un reproche injuste.Il faut le dire clairement : la protection de la jeunesse manque de moyens au Québec, et les enfants en paient le prix.C\u2019est donc une excellente nouvelle que celle de l\u2019adoption unanime par l\u2019Assemblée nationale d\u2019une motion exigeant l\u2019octroi des ressources financières nécessaires en protection de l\u2019enfance.Le premier ministre François Legault a, semble-t-il, indiqué qu\u2019il n\u2019hésiterait pas à y consacrer les sommes nécessaires si le problème de la protection de l\u2019enfance émane effectivement d\u2019un budget insuffisant.Or, ce problème budgétaire est récurrent et bien connu.Espérons donc que le premier ministre tienne parole, car comme il l\u2019a dit lui-même dans la foulée du drame qui unit le Québec au- jourd\u2019hui, « on doit ça à nos enfants ».DRAME DE GRANBY La protection des enfants au-delà de l\u2019indignation Il faut le dire clairement : la protection de la jeunesse manque de moyens au Québec, et les enfants en paient le prix Jean Letarte Ex-enseignant et ex-directeur Depuis le début de ma carrière en 1982 jusqu\u2019à ce triste événement du décès de la fillette de sept ans à Granby, j\u2019ai souvent eu affaire à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).Contrairement au réseau de l\u2019éducation, où il y a une obligation de fréquentation scolaire, donc une obligation d\u2019offrir le service, le réseau de la DPJ n\u2019a pas cette obligation.Elle gère les services par priorité et par liste d\u2019attente, tout comme le réseau de la santé.À partir d\u2019un premier signalement, une évaluation préalable est établie pour vérifier si le signalement est accepté ou non (premier délai : quelques jours).Par la suite, une évaluation plus en profondeur est faite par un intervenant qui se documentera sur la situation (deuxième délai : quelques semaines).Ensuite, le dossier sera pris en charge par un intervenant régulier (troisième délai : quelques mois).Donc, trois intervenants avant la prise en charge, et souvent plus, car la réalité de ce réseau fait qu\u2019il y a un problème de roulement de personnel très important.Imaginez comment peut se sentir un enfant qui doit composer avec plusieurs intervenants et établir un lien de confiance.Sans relation de confiance, aucune intervention n\u2019est efficace.Après nous être informés en détail du fonctionnement de la DPJ, en tant que directeur d\u2019une école, avec l\u2019aide de l\u2019équipe multidisciplinaire (psychologue, travailleuse sociale du CLSC prêtée à l\u2019école et éducatrice spécialisée), pour chaque cas, nous établissions une stratégie d\u2019intervention pour que la responsabilité de la prise en charge (la pression) soit confiée au réseau de la DPJ.Car sans cela, à cause de la charge de travail des intervenants, ces derniers avaient souvent tendance à refiler la pression à l\u2019école ou aux parents.Une stratégie gagnante a été de travailler en étroite collaboration avec les policiers éducateurs.Ainsi, lorsqu\u2019il y avait urgence, la cohésion de tous les intervenants scolaires et policiers exerçait une pression qui obligeait la DPJ à retenir le signalement, à en faire une évaluation rapide et à nommer un travailleur social régulier pour le suivi du cas.Et jamais nous ne nous sommes gênés pour aller voir le supérieur immédiat d\u2019un intervenant afin que le dossier soit pris en charge, nous rendant jusqu\u2019au directeur de la DPJ s\u2019il le fallait.Souvenez-vous d\u2019une autre stratégie qui a poussé la DPJ à agir rapidement, soit celle de la juge Andrée Ruffo.Malheureusement, on a tenté de la ridiculiser plutôt que de chercher à améliorer la situation.La non-obligation de prise en charge par la gestion de la liste d\u2019attente, la mauvaise connaissance des intervenants du milieu scolaire par le réseau de la DPJ, le peu d\u2019investissements des policiers éducateurs, le manque de cohésion de l\u2019ensemble des intervenants font que plusieurs dossiers échappent à la DPJ et finissent toujours mal, sans être nécessairement spectaculaires, comme la mort de la fillette de Granby.La solution n\u2019est pas que financière.Les CPE et le réseau de l\u2019éducation sont souvent en première ligne pour voir si la sécurité ou le développement d\u2019un enfant est compromis.Lorsque les intervenants de ces réseaux signalent une situation à la DPJ, cette dernière devrait avoir l\u2019obligation de prendre en charge immédiatement le cas.La cohésion des intervenants est aussi essentielle.Si l\u2019on veut vraiment être fous de nos enfants, il faudra arrêter de se cacher, imposer des obligations et investir aux bons endroits.Un Québec fou de ses enfants, mon œil ! Deux femmes se recueillent devant la maison où vivait la fillette décédée à Granby.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 MAI 2019 B 12 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R OUTREMONT SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE VENDU PLATEAU MONT-ROYAL SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE VISITE LIBRE DIMANCHE 14 H À 16 H VISITE LIBRE DIMANCHE 14 H À 16 H VENDU VISITE LIBRE DIMANCHE 14 H À 16 H VISITE LIBRE DIMANCHE 14 H À 16 H Legault & Legault courtiers immobiliers 514.272.1010 www.suttonquebec.com René Cell.: 514.973.6461 Vincent D.Cell.: 514.206.9527 Groupe sutton - immobilia inc.AGENCE IMMOBILIÈRE 1280 avenue Bernard O., bureau 100, Outremont, Qc, H2V 1V9 | | realta.ca | 514 789 2889 courtier immobilier agréé ÉQUIPE FRANÇOIS BISSONNETTE J\u2019ai fondé REALTA en janvier 2008 sur une promesse : faire du courtage immobilier de façon différente, résolument moderne.Pour nos clients.En faisant de la satisfaction de leurs exigences notre raison d\u2019être.C\u2019est notre image de marque et le fondement de notre succès.C\u2019est une question de valeurs.V I S I T E S L I B R E S d i m a n c h e 1 4 h à 1 6 h S U R R E N D E Z - V O U S c o n t a c t e z - n o u s ! 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