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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2019-05-11, Collections de BAnQ.

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[" LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 ÉDUCATION D\u2019autorité (bis): la chronique de Normand Baillargeon B 4 SOCIÉTÉ Consultations sur la laïcité: un projet de loi à peaufiner B 4 POLITIQUE Rappelez plus tard: la chronique de Michel David B 5 AFRIQUE DU SUD L\u2019ANC remporte les législatives, mais son déclin continue B 7 PERSPECTIVES BIODIVERSITÉ Le naufrage à nos portes Le Canada et le Québec ne sont pas épargnés par le déclin accéléré de la faune et de la flore Le nouveau rapport sur le déclin de la biodiversité publié cette semaine par l\u2019ONU est venu rappeler, encore une fois, l\u2019impact dévastateur de l\u2019activité humaine sur la vie sur Terre.Et ni le Canada ni le Québec ne sont épargnés par cette érosion du tissu vivant qui a mis des millions d\u2019années à se former et à rendre la planète habitable.Or, nos gouvernements ne sont pas à la hauteur lorsque vient le temps d\u2019éviter le pire.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR l y a de cela 65 millions d\u2019années, c\u2019est la collision d\u2019une météorite avec notre planète qui provoqua vraisemblablement la cinquième extinction de masse de la vie sur la Terre.Mais aujourd\u2019hui, alors que des scientifiques constatent que la « sixième extinction de masse » est en cours, ils précisent du même coup que le coupable ne vient pas de l\u2019espace.Cette fois, c\u2019est en effet l\u2019activité humaine qui conduit la biodiversité mondiale vers le naufrage.Le rapport publié lundi par des experts mandatés par l\u2019ONU est venu confirmer cet état de fait, chiffres à l\u2019appui.Environ un million d\u2019espèces animales et végétales « sont au- jourd\u2019hui menacées d\u2019extinction ».En moyenne, 25 % des espèces de vertébrés terrestres, d\u2019eau douce et marines sont menacées de disparition, ainsi que 33 % des récifs coralliens.L\u2019empreinte de l\u2019activité humaine se fait également de plus en plus invasive, puisque 75 % de l\u2019ensemble du milieu terrestre est « sévèrement altéré », de même que 66 % des milieux marins.Malgré leurs vastes territoires exempts d\u2019activités humaines et en apparence relativement bien préservés, le Canada et le Québec ne sont pas épargnés par ce recul de la biodiversité.Le rapport publié au printemps 2018 par la commissaire à l\u2019environnement et au développement durable du Canada, Julie Gel- fand, insistait justement sur les multiples déclins constatés pour la période 1970-2014 : recul de 43 % des populations de mammifères, de 34% des populations de reptiles et d\u2019amphibiens et de 20% des populations de poissons.Chez les oiseaux, «44% des populations ont diminué», notait aussi le rapport.Le rapport soulignait du même coup le « déclin important » d\u2019écosystèmes cruciaux, dont un recul majeur des milieux humides, des prairies naturelles (qui ne sont plus qu\u2019« une fraction » de ce qu\u2019elles étaient à l\u2019origine) et des forêts de feuillus.Dans certaines régions, plus de 90 % de ces zones boisées ont été transformées par l\u2019activité humaine.Qui plus est, concluait la commissaire, le gouvernement fédéral n\u2019a pas assuré de « leadership efficace » pour respecter ses engagements en matière de protection de la « biodiversité canadienne ».Un point de vue que partage le responsable des dossiers de biodiversité chez Greenpeace, Olivier Kolmel.« Nous avons des objectifs de protection du territoire qui semblent clairs.Pourtant, nous ne sommes pas du tout en voie de les atteindre.Selon les Objectifs d\u2019Aichi de la Convention sur la diversité biologique, le Canada, tout comme le Québec, est à la traîne.Avec à peine 10 % du territoire protégé, non seulement nous passons à côté de notre objectif de 17 % de protection d\u2019ici 2020, mais nous n\u2019atteignons même pas celui de 2015, qui était de 12 %.» Dans le cas des milieux marins, le gouvernement Trudeau réaffirmait cette semaine avoir déjà protégé 8 % du territoire, alors que l\u2019objectif est de 10 % en 2020.Mais ce taux comprend plusieurs « refuges marins », des milieux où Ottawa pourrait autoriser les forages pétroliers et gaziers si ceux-ci sont conformes aux « objectifs de conservation ».Espèces menacées Le biologiste Alain Branchaud, de la Société pour la nature et les parcs du Canada, déplore aussi « des retards importants dans la protection des habitats essentiels » des espèces menacées, que le gouvernement fédéral a l\u2019obligation de protéger en vertu de la Loi sur les espèces en péril.Officiellement, l\u2019habitat critique d\u2019environ 150 de ces espèces a été dû- ment « désigné » par le fédéral.Or, pour la quasi-totalité des cas, il n\u2019est toujours pas protégé, même si le gouvernement aurait normalement eu six mois pour le faire une fois que l\u2019habitat est désigné.Dans le cas du chevalier cuivré, par exemple, l\u2019habitat essentiel pour la survie de cette espèce endémique du fleuve Saint-Laurent a été désigné en juin 2012.Quelque 76 mois plus tard, il n\u2019est toujours pas protégé, alors qu\u2019une portion de cet habitat serait aujourd\u2019hui menacée par le projet d\u2019expansion du Port de Montréal, à Contrecœur.Dans d\u2019autres cas, c\u2019est au gouvernement provincial d\u2019agir pour protéger des espèces dont l\u2019habitat se situe sur des terres de compétence provinciale.C\u2019est le cas, par exemple, du caribou forestier.Or, les provinces, dont le Québec, n\u2019en font pas assez pour freiner son déclin continu.Même si elles ont eu plus de cinq ans pour « élaborer » des plans de protection de l\u2019habitat essentiel de l\u2019espèce, elles n\u2019ont pas été en mesure de respecter l\u2019échéancier fixé par le fédéral.Et le gouvernement de François Legault a annoncé récemment que sa « stratégie » ne sera pas prête avant 2022.Chef de section, Collections entomologiques et recherche à l\u2019Insectarium de Montréal, Maxim Larrivée souligne par ailleurs que « l\u2019effondrement de la biodiversité » s\u2019observe aussi chez plusieurs espèces qui étaient « communes » au Québec il y a à peine quelques décennies.C\u2019est le cas d\u2019espèces d\u2019insectes, mais aussi pour des oiseaux qui s\u2019en nourrissent et dont les populations ont chuté de plus de 90 %, comme l\u2019hirondelle.M.Larrivée prévient qu\u2019en plus des impacts de la disparition de milieux naturels et de « la surexploitation des ressources » de la nature, les impacts des changements climatiques, qui poussent plusieurs espèces « vers des scénarios où l\u2019adaptation sera impossible », risquent d\u2019accentuer le déclin.Vice-président associé à Conservation de la nature Canada au Québec, Joel Bonin fait aussi valoir que les bouleversements du climat vont pousser toujours plus vers le nord plusieurs espèces, à raison de 45 kilomètres par décennie.Il insiste donc sur la nécessité de protéger des « corridors écologiques », et ce, dans une perspective qui dépasse les frontières du pays.L\u2019ampleur des défis actuels milite en faveur d\u2019une profonde révision de la « gouvernance » de la protection de la biodiversité, insiste Alain Branchaud.Selon lui, il faut s\u2019attaquer à un « obstacle » majeur au Québec : le blocage de certains ministères, dont celui de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, mais aussi celui de la Forêt, de la Faune et des Parcs.« Ce sont les potentiels minier, pétrolier, forestier ou hydroélectrique qui bloquent ou retardent systématiquement les projets.L\u2019économie d\u2019une autre époque est encore maître chez nous.» Les provinces, dont le Québec, n\u2019en font pas assez pour freiner le déclin continu du caribou forestier.ÉRIC DESCHAMPS I eudi matin, des centaines de personnes faisaient la file devant la banque alimentaire La bouchée généreuse, à Québec, pour recevoir des produits de subsistance.Quand on demande au directeur, Pierre Gravel, s\u2019il perçoit des impacts positifs de la vitalité économique, il se crispe.« Nous autres, ça augmente tout le temps ! C\u2019est beau de dire que le chômage baisse, mais les gens n\u2019arrivent pas ! On a 500, 550 familles toutes les semaines.» À la Maison Lauberivière non plus, un refuge de la Vieille Capitale, on ne sent pas trop les effets « positifs » de la rareté de la main-d\u2019œuvre.« Je n\u2019ai jamais refusé autant de gens en hébergement, explique le directeur, Éric Bou- lay.Encore hier, quatre hommes [se sont présentés].Depuis deux, trois ans, l\u2019itinérance a explosé.» Les données sur l\u2019emploi sont pourtant plus que positives.En 10 ans, le taux de chômage a dégringolé de 3,9 points de pourcentage, passant de 8,8% (mars 2009) à 4,9% (avril 2019).La pauvreté, elle, a reculé moins vite.À peu près à la même période, le taux d\u2019assistance sociale a fléchi seulement de 1,8 point de pourcentage (de 7,4% à 5,6% entre février 2009 et février 2019).« La relation de causalité entre croissance économique et réduction de la pauvreté n\u2019est pas aussi univoque que ce qu\u2019il est généralement admis », souligne à ce sujet le Centre d\u2019étude sur la pauvreté et l\u2019exclusion, affilié au ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS).Comme une roue qui tourne Comment l\u2019expliquer ?D\u2019un parcours à l\u2019autre se dessinent des embûches, des erreurs, des malchances, des carences qui se répercutent les unes sur les autres.Certains, par exemple, baissent les bras après avoir cumulé les échecs sur le marché du travail.Daniel*, 49 ans, voudrait bien travailler, mais ça ne marche jamais.Il doit chaque fois avoir recours à l\u2019aide sociale.«C\u2019est comme une roue qui tourne, dit-il.Je suis pas capable de garder mes jobs.» Il a fait de l\u2019entretien ménager, de la vitrerie, du pavage, de l\u2019asphaltage.«J\u2019ai de la misère à être accepté des employés.» S\u2019ajoute à cela un mal de dos « chronique » et des problèmes d\u2019anxiété, ex- plique-t-il.« J\u2019ai pas de qualité de vie, j\u2019ai pas de \u201csocial\u201d, je vais pas nulle part.Je sors pas, je rencontre plus personne, je suis toujours enfermé chez nous tout seul.J\u2019ai pas d\u2019argent pour me payer la télé ; c\u2019est mon voisin qui me passe son signal d\u2019Internet pour que je puisse écouter un peu de télé, pis des affaires sur YouTube.» Pas moins de 383 046 personnes dépendent de l\u2019aide de dernier recours au Québec.Et 140 424 d\u2019entre elles, jugées inaptes à travailler en raison de handicaps ou de maladies, touchent des prestations mensuelles plus généreuses d\u2019au moins 978 $.Pour les 235 109 autres, considérées « aptes à l\u2019emploi », la prestation de base ne dépasse pas de 644 $ par mois.À une paie de l\u2019itinérance Il y a aussi ceux qui travaillent mais ne gagnent pas assez pour subvenir à leurs besoins.Du coup, ils se tournent vers le crédit.« Ils sont pris à la gorge.Ils sont à une paie près de rentrer à Lauberi- vière », avertit Éric Boulay.Pour l\u2019organisme Au bas de l\u2019échelle, le contexte économique devrait nous inciter à augmenter le salaire minimum à 15 $ « le plus rapidement possible », croit sa porte-parole Mélanie Gauvin.Elle concède toutefois que les gouvernements ont déjà fait un bout de chemin avec les deux hausses successives de 75 (2018) et de 50 cents (2019) qui ont porté le salaire minimum à 12,50 $ l\u2019heure le 1er mai.Mais attention, les petits salariés sont loin de tous travailler à temps plein, met-elle en garde.« À 20 heures par semaine au salaire minimum, on n\u2019a pas encore la tête sortie de l\u2019eau.» Avec la pénurie de main-d\u2019œuvre, les offres d\u2019emploi sont plus nombreuses pour les jeunes, convient Marie-Noëlle Perron, intervenante à la Maison Tangente, dans Hochelaga-Maisonneuve.« Avant, on pouvait faire un quartier au complet avec des CV, puis on n\u2019avait pas beaucoup d\u2019occasions.Là, les jeunes se font rappeler rapidement, ex- plique-t-elle au Devoir.Mais, souvent, c\u2019est des emplois de nuit, des emplois précaires.Ils vont prendre le jeune pour un mois et après ils le slaquent parce qu\u2019il y a pus d\u2019ouvrage.» Le secrétaire du CA de l\u2019Association pour la défense des droits sociaux du Montréal métropolitain (ADDS-MM), François Brosseau, travaille au quotidien avec des oubliés du plein-emploi.Son équipe épaule « des jeunes sans diplôme ou des personnes d\u2019un certain âge qui ont perdu leur emploi pour x raisons ».« Ils ont travaillé dans un domaine où ils n\u2019avaient pas besoin d\u2019une grosse instruction.Se recycler et retourner au travail, ce n\u2019est pas évident quand tu as 45, 50 ans », souligne-t-il.Préjugés tenaces Jeudi, les élus de l\u2019Assemblée nationale ont adopté une motion soulignant « que le fait de se retrouver en situation d\u2019assistance sociale n\u2019est ni volontaire ni recherché ».Le député péquiste Harold LeBel a rappelé l\u2019importance de combattre les préjugés.« Tu as une étiquette en plein dans le front, un préjugé : maudit BS, paresseux.Il y a de la job pour tout le monde, comment ça, tu ne travailles pas ?T\u2019as juste à bouger.C\u2019est ça qu\u2019on entend dans nos comtés, on le sait.» LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 PERSPECTIVES DOSSIER ASSISTANCE SOCIALE B 2 J MAIN-D\u2019ŒUVRE Les oubliés du plein-emploi L\u2019embellie économique laisse en plan des milliers de prestataires et de petits salariés Avec un taux de chômage historiquement bas, les sans-emploi n\u2019ont jamais été aussi convoités au Québec.Pourtant, des dizaines de milliers de prestataires de l\u2019aide sociale et de petits salariés peinent encore à joindre les deux bouts.Portrait des oubliés du plein-emploi.MARCO BÉLAIR-CIRINO ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Les groupes engagés dans la lutte contre la pauvreté ont protesté avec indignation lors de la présentation du programme Objectif Emploi (OE) en 2016.La crainte de voir amputer les chèques des nouveaux prestataires d\u2019aide sociale refusant de souscrire à un « plan d\u2019intégration en emploi » était réelle.Un an plus tard, les avis sont partagés.Certains n\u2019hésitent pas à dire que « ce qui s\u2019est dit sur Objectif Emploi avant, et comment ça a atterri, c\u2019est deux choses ».Après un an, indique le ministère, moins de 1 % des prestataires ont été sanctionnés, soit 8795 des nouveaux inscrits.Pour dresser un bilan de ce programme controversé, Le Devoir a contacté une quinzaine d\u2019organismes et d\u2019intervenants qui accompagnent des jeunes sans emploi.Aucun n\u2019a été avisé d\u2019une menace de sanction de la part du ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) pesant sur un prestataire d\u2019aide sociale.C\u2019est le cas de Marie-Noëlle Perron, intervenante à la Maison Tangente, une auberge du cœur dans Hochelaga- Maisonneuve, qui a suivi une quarantaine de jeunes au bureau d\u2019aide sociale.À ses yeux, Objectif Emploi n\u2019a tout simplement « rien changé ».Pas de pénalités, mais pas non plus de bienfaits particuliers.« C\u2019est comme avant, le même flou concernant les CLE [centres locaux d\u2019emploi].Il faut souvent rappeler l\u2019agent plusieurs fois pour avoir des infos sur le dossier, les jeunes ne sont pas informés du processus », déplore-t-elle.Objectif Emploi visait à éviter que les nouveaux inscrits à l\u2019aide sociale y restent pour toujours, en élaborant avec un agent d\u2019aide à l\u2019emploi d\u2019un CLE un « plan d\u2019intégration en emploi personnalisé » visant à « retrouver une autonomie financière ».Trois choix s\u2019offrent aux nouveaux prestataires : la recherche active d\u2019emploi, le développement de leurs compétences ou encore le développement de leurs habiletés sociales.Après avoir suivi une dizaine de jeunes inscrits \u2014 malgré eux \u2014 à ce nouveau programme, Marc-André Tremblay, intervenant de l\u2019organisme SQUAT\u2013 Basse-Ville à Québec, se dit, lui, plutôt ravi de son expérience.Il n\u2019a que de bons mots pour les deux agents d\u2019OE à qui il a eu affaire.« Ce sont des gens habitués de dealer avec des personnes en difficulté, en errance ou en recherche identitaire, toxico, santé mentale\u2026 » Le programme « contribue à les garder en action », répond-il.Le plan élaboré par le participant peut viser un retour à l\u2019école, un projet d\u2019insertion en emploi ou, par exemple, une aide psychosociale.Les participants ont reçu jusqu\u2019à 165 $ de plus par mois, à la condition de rencontrer leur agent toutes les deux semaines.L\u2019idée n\u2019est pas nouvelle.Depuis les années 1980, le gouvernement a testé maintes formules pour limiter le nombre d\u2019assistés sociaux.Or, le taux d\u2019assistance sociale n\u2019a jamais été aussi bas qu\u2019aujourd\u2019hui.Des jeunes au lourd passif Les jeunes qui fréquentent SQUAT viennent souvent de sortir des centres jeunesse parce qu\u2019ils ont atteint la majorité.Ils traînent un lourd passif, affichent une confiance en eux quasi nulle et ne sont pas prêts à intégrer le marché du travail, explique M.Tremblay.Parmi ceux suivis au sein d\u2019OE, aucun ne travaille.« Mais j\u2019ai des retours à l\u2019école, des jeunes en transition, des projets au Carrefour jeunesse-em- ploi », fait-il remarquer.Le réseau des carrefours jeunesse- emploi (CJE) propose différents projets comme Graff \u2019Cité, où les jeunes nettoient les graffitis sur les propriétés aux quatre coins de la ville.« Ils sortent d\u2019ici avec une attestation », explique le directeur du CJE de Québec, Mario Côté.Lors du lancement d\u2019Objectif Emploi, les CJE ont reçu des subventions du gouvernement pour accompagner les jeunes participants.Le CJE de Québec n\u2019en a reçu que quelques-uns, explique Mario Côté.« Tout ce qui s\u2019est dit sur Objectif Emploi avant, et comment ça a atterri, c\u2019est deux choses », souligne-t-il.La principale différence, selon lui, OBJECTIF EMPLOI Un programme aux effets mitigés Après un an, moins de 1 % des nouveaux inscrits à l\u2019aide sociale ont vu leurs prestations diminuer c\u2019est que les jeunes qui s\u2019inscrivent sur l\u2019aide sociale doivent maintenant cogner à la porte de son organisme dès le départ.« Objectif Emploi, ce n\u2019est pas un remède, c\u2019est un outil parmi d\u2019autres », poursuit-il.Le programme permet-il à plus de jeunes de regagner le marché du travail ?Chose certaine, ils sont plus nombreux à travailler, même s\u2019il est difficile d\u2019en déterminer la cause.OE ou la pénurie de main-d\u2019œuvre ?« Le téléphone n\u2019a pas arrêté de sonner ces derniers mois.Les employeurs m\u2019appelaient pour me dire de leur envoyer des jeunes », mentionne Mario Côté.Or, tout n\u2019est pas si simple.Les jeunes peuvent se faire embaucher en claquant des doigts.Mais les garder en emploi, c\u2019est une autre paire de manches, soutient-il.Selon Marc-André Tremblay, la rareté de la main-d\u2019œuvre a pu être profitable, même pour des jeunes affrontant des défis particuliers.Il évoque le cas d\u2019une jeune fille aux prises avec un trouble déficitaire de l\u2019attention, embauchée dans un dépanneur.« Avant, cette jeune-là n\u2019aurait pas gardé son emploi, mais là elle l\u2019a gardé.Le proprio accepte qu\u2019elle fasse plus d\u2019erreurs.Il passe plus de temps avec elle pour lui apprendre.Je ne sais pas si c\u2019est comme ça partout, mais\u2026 Probablement que la jeune a démontré assez de qualités aussi pour que le proprio ait eu envie de donner le temps », conclut-il.À gauche : Marc-André Tremblay, intervenant à l\u2019organisme SQUAT\u2013Basse- Ville à Québec.Ci-dessus : Mario Côté, directeur du Carrefour jeunesse-emploi de Québec.Le fait de se retrouver en situation d\u2019assistance sociale n\u2019est ni volontaire ni recherché UNE MOTION ADOPTÉE JEUDI À L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE » 165 $ Les participants au programme ont reçu jusqu\u2019à ce montant de plus par mois, à la condition de rencontrer leur agent toutes les deux semaines.644 $ C\u2019est la prestation mensuelle de base à l\u2019aide sociale pour une personne apte à l\u2019emploi.978 $ C\u2019est la prestation mensuelle de base à la solidarité sociale pour une personne jugée inapte au travail à cause d\u2019un handicap ou pour maladie.Le revenu vital En 2017, 14,4% des Québécois avaient moins de la moitié du revenu médian pour subvenir à leurs besoins, selon la mesure du faible revenu après impôts.Environ 9% des Québécois étaient en situation de pauvreté, si on se fie à la mesure du panier de consommation (MPC), basé sur le coût de divers produits et des services nécessaires pour une famille composée de deux parents et de deux enfants. Le plus absurde, c\u2019est que les prestataires pénalisés, comme Annie, sont les plus transparents.Ils déposaient simplement les dons reçus dans leur compte, ce qui laissait des traces, note Renée Du- beau, responsable de l\u2019ADDS.«Les gens se faisaient donner par Interac parce qu\u2019ils étaient sûrs qu\u2019ils avaient droit à ça.Et ce n\u2019est pas plus le fun pour ceux qui ont donné.» Ces dons servaient surtout « à payer des comptes », pas des produits de luxe, se désole Annie.« Je me nourris grâce aux banques alimentaires.Alors, c\u2019était vraiment pour payer mes factures, dit-elle au Devoir.Je trouve aberrant que le gouvernement appauvrisse les pauvres.» Considérée apte au travail, Annie ne touche que la prestation d\u2019aide sociale de base.Avec les offres d\u2019emploi qui pleuvent dans la région de Québec, on pourrait penser qu\u2019elle gagnerait à quitter l\u2019aide sociale et trouver un emploi.Mais la jeune femme souffre d\u2019anxiété généralisée.« J\u2019ai des médicaments.J\u2019ai été suivie deux ans par une psychologue.Je croyais bien aller, puis j\u2019ai eu la \u201cmerveilleuse\u201d idée d\u2019aller travailler dans un magasin à grande surface.» Elle travaillait alors le soir, dans la section des vêtements.« Je pensais avoir moins de contacts avec les clients, mais finalement, on avait oublié de me dire qu\u2019il fallait que j\u2019emballe aux caisses.Je faisais des crises de panique.Ça allait trop vite.Un panier à la minute.C\u2019était intenable », relate-t-elle.Annie a depuis cessé de travailler et cherche à faire reconnaître ses problèmes de santé pour obtenir le statut « d\u2019inapte au travail » et, éventuellement, accéder aux prestations de solidarité sociale, beaucoup plus généreuses.Même si son médecin a établi qu\u2019elle avait une incapacité, les médecins du gouvernement sont d\u2019un autre avis et son dossier fait l\u2019objet d\u2019une révision.La décision de permettre des dons de 100 $ par mois a été prise par le précé- dent gouvernement libéral.Avant, les prestataires n\u2019avaient droit qu\u2019à trois dons par an, dont un à leur anniversaire et l\u2019autre à Noël.Les autres dons étaient comptabilisés, puis transformés en dette.En assouplissant ces règles, le gouvernement cherchait à « favoriser l\u2019entraide », indique le porte-parole du MTESS, Vincent Breton.« Souvent, ces gestes d\u2019entraide font la différence », indiquait même le Plan d\u2019action gouvernemental, à l\u2019origine du changement.Dans ce contexte, pourquoi continuer de pénaliser les gens pour l\u2019aide reçue dans le passé ?Le porte-parole du MTESS rétorque que la nouvelle mesure n\u2019est pas rétroactive et que la loi continue de s\u2019appliquer pleinement à ceux ayant reçu des dons avant le changement.Claude s\u2019est vu lui aussi exiger ses relevés bancaires des quatre dernières années.L\u2019homme de 51 ans traîne au- jourd\u2019hui une dette de 3000$ envers l\u2019État.Il pense avoir été pénalisé en raison du coup de pouce financier offert par sa blonde et avoir encaissé des chèques d\u2019assurance, mais il n\u2019est pas sûr.«J\u2019ai présumé que c\u2019était d\u2019elle, les montants.Mais quatre ans, penses-tu que je me souviens de tout?Oui, ma blonde m\u2019aidait souvent.Il aurait fallu que je dise qu\u2019elle me l\u2019avait prêté [l\u2019argent]?[\u2026] [Je comprendrais] si j\u2019avais fait de fausses déclarations.Mais là, on est en survie.Pourquoi ils\u2026 j\u2019ai travaillé toute ma vie, moi là», lance-t-il au Devoir.Claude Turcotte, 51 ans, superviseur dans l\u2019ancienne usine de Louis Gar- neau, a aussi travaillé comme pâtissier.Mais les douleurs au dos ont fini par avoir le dessus.« Ça fait deux, trois jobs que je quitte à cause de [ça].Je peux pas pelleter, pas râteler, pas me pencher.Je peux pas rester debout tout le temps [ni] rester assis tout le temps\u2026 » En 2007, le diagnostic tombe : arthrose.Le médecin l\u2019incite à changer de secteur d\u2019activité.« Mais j\u2019ai pas de scolarité, faque quand je recommence ailleurs, c\u2019est en bas de l\u2019échelle.» Claude tente depuis de faire reconnaître son invalidité par le MTESS.Sans succès.Pour cette année, le ministère de la Solidarité sociale estime à 120 millions les sommes qu\u2019il réclame pour des fraudes, des montants versés en trop et d\u2019autres raisons, incluant les dons.Le MTESS affirme ne pas tenir de statistiques sur le montant total des dettes exigées de prestataires ayant reçu des dons.Au moment de changer la loi, le ministère évaluait à 3 à 4 millions le manque à gagner annuel pour le trésor public entraîné par l\u2019exemption des dons n\u2019excédant pas 100 $ par mois.* Annie a demandé qu\u2019on garde son identité confidentielle.LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 PERSPECTIVES B 3 Tous les jeudis, plus de 400 familles se procurent des produits à la banque alimen - taire La Bouchée généreuse.PHOTOS RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Les prestataires d\u2019aide sociale peuvent désormais recevoir jusqu\u2019à 100 $ par mois de leurs proches sans crainte de voir leur prestation réduite par le ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS).Cependant, gare à ceux qui ont reçu un don avant l\u2019entrée en vigueur des nouvelles règles, en janvier dernier : ils héritent d\u2019une dette envers l\u2019État et voient leur aide de dernier recours sabrée en conséquence.C\u2019est ce qui est arrivé à Annie*.En décembre, une agente du MTESS l\u2019a contactée pour lui demander ses relevés de comptes bancaires de la dernière année.Elle a alors découvert que le beau-père d\u2019Annie y déposait des montants de temps en temps.L\u2019agente a alors étendu sa recherche aux trois années précédentes.Résultat : le ministère lui réclame aujourd\u2019hui 5391 $ et retranche chaque mois 56 $ de son chèque.Annie, découragée, a vu ses prestations fondre de 716 $ à 660 $.Son loyer payé (637 $), il ne lui reste que 23 $ par mois pour subsister.Selon l\u2019Association pour la défense des droits sociaux du Québec métropolitain (ADDS), c\u2019est tout simplement inacceptable.L\u2019organisme a lancé la campagne « Donner c\u2019est donner » pour dénoncer cette situation.NOUVELLES RÈGLES Une dette pour un don L\u2019aide d\u2019un proche peut obliger un prestataire à remettre rétroactivement des sommes à l\u2019État En assouplissant ses règles, le gouvernement cherchait à favoriser l\u2019entraide.C\u2019était vraiment pour payer mes fac - tures.Je trouve aberrant que le gouver - nement appauvrisse les pauvres.ANNIE » Pourquoi continuer de pénaliser les gens pour l\u2019aide reçue dans le passé ?Le MTESS rétorque que la loi continue de s\u2019appliquer pleinement à ceux ayant reçu des sommes avant le changement.Vendredi, le ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a promis d\u2019investir 138,8 millions de plus pour s\u2019attaquer à la pauvreté.L\u2019argent permettra à des organismes locaux et régionaux de « mettre sur pied des projets d\u2019insertion sociale et d\u2019amélioration des conditions de vie des personnes défavorisées d\u2019ici 2023 », a-t-il annoncé.Lors d\u2019une conférence de presse tenue en Mauricie, qui compte la plus grande proportion de prestataires d\u2019aide de dernier recours (8,4 %), le ministre a rappelé que « la lutte contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale est un enjeu d\u2019importance pour notre gouvernement».Plus de 15 ans après l\u2019adoption d\u2019une loi visant à lutter contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale, « une réflexion reste à faire sur nos méthodes et politiques pour aider les Québécois démunis à se sortir de la pauvreté, car ils ne semblent pas s\u2019en sortir plus vite qu\u2019ailleurs et ils y demeurent parfois plus longtemps », notait l\u2019Institut du Québec (IDQ) dans le rapport « Sortir de la pauvreté au Québec » paru en avril dernier.« Une société développée comme le Québec, aux prises avec le vieillissement de sa population, ne peut se permettre de laisser une partie de sa population dans le besoin et doit mettre les outils nécessaires en place pour que tous puissent y contribuer.» Avec Dave Noël * Le nom de Daniel a été changé pour préserver son anonymat. L e sociologue Gérard Bouchard était «très content » de venir rencontrer les élus de l\u2019Assemblée nationale mercredi.Mais il s\u2019est aussi demandé à voix haute s\u2019il n\u2019avait pas «traversé le parc [des Laurentides] pour rien.Vous allez me rassurer?» a-t-il lancé au ministre Simon Jolin-Barrette au début de son témoignage.Ce qui inquiétait M.Bouchard \u2014 au- delà de plusieurs éléments du projet de loi sur la laïcité \u2014, c\u2019est l\u2019apparente fermeture du gouvernement à l\u2019idée d\u2019en modifier les paramètres.« J\u2019ai été refroidi un peu en entendant votre déclaration voulant que rien d\u2019essentiel ne serait changé dans le projet », a lancé le coauteur du rapport Bouchard-Taylor au ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion.Cela, parce qu\u2019avant même que le premier intervenant ne s\u2019exprime dans le cadre des consultations particulières organisées pour étudier le projet de loi, M.Jolin-Barrette avait limité la portée réelle du processus.«Au bout de l\u2019exercice, a-t-il dit mardi, c\u2019est très clair que l\u2019interdiction de port de signes religieux pour les personnes en situation d\u2019autorité, incluant les enseignants et les directeurs d\u2019école, va demeurer.» Ces consultations \u2014 qui seront suivies d\u2019une étude détaillée du projet de loi \u2014 ne sont-elles ainsi menées que pour la forme?Ancien président de l\u2019Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbonneau rappelle que «l\u2019idée est d\u2019évaluer le projet de loi et de donner l\u2019occasion à des citoyens ou à des groupes de dire ce qu\u2019ils en pensent.Après, j\u2019ai vu de tout: des consultations où un ministre était prêt à changer plusieurs éléments, et d\u2019autres où c\u2019était réglé d\u2019avance, où le gouvernement avait fait son lit et où les audiences servaient surtout à faire un travail de vente dans l\u2019opinion publique.» Quoi qu\u2019il en soit cette fois, les trois premiers jours d\u2019audiences ont permis d\u2019entendre opposants et partisans proposer des idées pour améliorer \u2014 ou atténuer \u2014 le projet de loi sur la laïcité.Résumé thématique tiré de la lecture des 18 mémoires présentés jusqu\u2019ici (10 sont opposés au projet, et 8 le soutiennent).LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 PERSPECTIVES B 4 D\u2019autorité (bis) D ans une précédente chronique, j\u2019ai traité de la délicate question de l\u2019autorité en éducation et avancé un argument (inspiré de Hegel) voulant que l\u2019école, institution médiane et médiatrice entre l\u2019État et la société civile d\u2019une part et la famille de l\u2019autre, soit un lieu obéissant à des normes précises.Là, l\u2019enfant entre dans un univers où il se définit de manière autre que par ces relations affectives vécues au sein de la famille dont il provient, un lieu où, sans être encore ce citoyen défini par des relations contractuelles, abstraites et formalisées qu\u2019il sera demain, il commence à se forger une personnalité propre, notamment par son entrée dans le domaine du savoir et de ses exigences d\u2019objectivité.Cet argumentaire contribue à défendre la laïcité de l\u2019école et il a en effet été important, historiquement, dans le développement de cette idée.On peut notamment, par lui, rappeler l\u2019importance de la liberté de conscience des enfants.Notez que je parle d\u2019un argumentaire en faveur de cette position et non d\u2019une preuve : dans ce genre de sujet, on ne peut, au sens strict, prouver des choses.Mais la question de l\u2019autorité en éducation se pose aussi sur un autre plan, et elle est là aussi cruciale.L\u2019autorité d\u2019éduquer Cette fois, la question posée demande de décider à qui revient l\u2019autorité d\u2019éduquer.Les parents peuvent bien entendu la revendiquer.Le fait de faire soi-même ou de confier à des tuteurs privés l\u2019éducation de ses enfants a ainsi longtemps été une pratique courante, entre autres chez les plus fortunés ou les plus éduqués.De nos jours, un peu partout, y compris chez nous, l\u2019éducation à domicile devient d\u2019ailleurs de plus en plus populaire.Sa pratique soulève des questionnements et est présumée, ici et là, demander des justifications, des garanties, des encadrements.Une autre manière de donner une grande, voire, en certains cas, décisive importance aux parents est de privatiser l\u2019école.Cette option peut bien entendu se décliner de diverses façons, que vous connaissez, et notamment par des écoles confessionnelles.Il est encore une autre manière d\u2019en un sens privatiser l\u2019éducation.Elle est moins connue ici, où elle n\u2019est pas pratiquée, mais je veux tout de même la rappeler puisqu\u2019elle a déjà été au programme d\u2019un parti politique.Elle a été imaginée par l\u2019économiste Milton Friedman et consiste, pour l\u2019État, à donner aux parents des bons annuels correspondant à la valeur de la scolarité de leur enfant et de les laisser ensuite libres de les dépenser à leur guise sur le marché de l\u2019éducation ainsi créé.Mais un autre candidat au titre de détenteur de l\u2019autorité d\u2019éduquer est bien entendu l\u2019État.Un argumentaire en sa faveur insiste sur son droit à pouvoir compter sur des citoyens dans l\u2019exercice de la démocratie, des citoyens éclairés par le savoir, et il rappelle la forte tension possible entre cette exigence et la privatisation par les parents de l\u2019autorité d\u2019éduquer.La transmission de savoirs par l\u2019État est alors présentée comme un compromis acceptable laissant aux parents une part légitime de leur autorité.Dans la modernité, c\u2019est chez Condorcet que ce type d\u2019argument va exemplairement être déployé, en faveur de ce qu\u2019il appelait l\u2019instruction publique.Un autre argumentaire en faveur de l\u2019État peut être, et a été, invoqué, un argumentaire qui fait cette fois valoir le droit de l\u2019enfant à un avenir ouvert.Cela exige cette ouverture vers le monde du savoir permettant de se forger une personnalité qui pourra fort bien être en tension avec celle qu\u2019il a reçue au sein de sa famille.L\u2019école est le lieu où un choix devient possible pour l\u2019enfant, un lieu qui contribue à faire en sorte que son avenir soit ouvert.On aura deviné qu\u2019il s\u2019agit ici encore d\u2019un argument en faveur de la laïcité de l\u2019école, et ce n\u2019est pas un hasard si l\u2019idée française de laïcité se trouve, elle aussi, chez Condorcet.Ces idées nous invitent à rappeler, dans les débats actuels, certaines exigences à mon avis incontournables de la laïcité en éducation.Quelques conséquences de ce qui précède Si on prend ces arguments au sérieux, notamment ceux concernant le droit de l\u2019enfant à un avenir ouvert et le droit de l\u2019État à avoir des citoyens éclairés, il ne saurait alors être question pour l\u2019État de subventionner des écoles privées, et encore moins des écoles confessionnelles.Plus encore, il ne saurait être question de dispenser les personnes enseignant dans de telles écoles de l\u2019interdiction faite à celles enseignant dans les autres écoles de porter des signes religieux.Enfin, on devrait s\u2019assurer que ces écoles, privées ou confessionnelles, qui ne seraient plus subventionnées, suivent néanmoins, et à la lettre, le programme de formation de l\u2019école québécoise.Il va de soi que ce que j\u2019ai rappelé est loin de clore le sujet de l\u2019autorité d\u2019éduquer.En particulier, je n\u2019ai rien dit de cette importante réalité que les enfants ne sont pas seulement éduqués dans la famille et à l\u2019école : ils le sont aussi par la société tout entière, sur les terrains de jeu, dans les centres commerciaux, par leurs fréquentations, par la publicité, par les écrans, par les jeux vidéo, et ainsi de suite, par quoi la socialisation se fait.Alain disait joliment que les enfants sont éduqués par la famille et par l\u2019école, certes, mais aussi par ce qu\u2019ils croisent sur le chemin qui les conduit de l\u2019école à la maison.Pour ma part, j\u2019y vois une raison de plus pour souhaiter une véritable instruction publique et pour vouloir qu\u2019une part de la socialisation se fasse à l\u2019école publique et laïque, justement dans le contexte et à travers le savoir qui s\u2019y transmet, qui est la mission propre de l\u2019école, et qui la définit.NORMAND BAILLARGEON Après trois jours d\u2019audiences, les consultations particulières sur le projet de loi 21 sont déjà à mi-chemin : ce sera terminé jeudi prochain.Entre les propos résolument pour ou absolument contre la Loi sur la laïcité, plusieurs recommandations d\u2019améliorations ont été faites cette semaine.Tour d\u2019horizon de ce qui est sur la table.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR LAÏCITÉ Un projet de loi 1.Étendre à d\u2019autres employés l\u2019interdiction du port de signes religieux L\u2019annexe II du projet de loi donne en dix points la liste des personnes qui sont visées par l\u2019interdiction de porter un signe religieux dans l\u2019exercice de leurs fonctions \u2014 notamment les enseignants des écoles publiques.Des partisans du projet croient qu\u2019il faudrait élargir cette liste.«Il faut étendre les dispositions du projet de loi à tout le personnel de l\u2019école», a par exemple fait valoir le groupe PDF Québec, au diapason du Collectif citoyen pour l\u2019égalité et la laïcité (Djemila Benhabib).Le fait que seuls les enseignants et les directeurs soient visés révèle «un manque de cohérence évident qui ne peut que nourrir les divisions au sein du personnel de l\u2019école: certains pouvant porter des signes religieux et les autres non», note PDF Québec.Une autre idée commune a fait son chemin dans les mémoires des deux organismes: élargir l\u2019interdiction aux éducateurs en garderie ou en CPE.Le mémoire de la professeure Nadia El-Ma- brouk revendique la même chose.L\u2019Association québécoise des Nords- Africains pour la laïcité recommande pour sa part que «l\u2019interdiction du port de toute forme de voile [le projet de loi parle plus largement de signes religieux] soit étendue à l\u2019ensemble des employés» de l\u2019État qui offrent des services publics.Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) a soumis la même proposition, qu\u2019il situe dans une «optique de cohérence».Pour le Mouvement national des Québécoises et des Québécois, il faudrait «une application beaucoup plus ambitieuse du projet de loi en étendant le devoir de neutralité religieuse à tous les employés de l\u2019État».2.Étendre aux écoles privées l\u2019interdiction du port de signes religieux Cela a souvent été soulevé cette semaine : l\u2019incohérence apparente entre le sort des enseignants des écoles privées (non assujettis au projet de loi) et ceux des écoles publiques.Opposé au projet de loi, le sociologue Gérard Bou- chard a tout de même fait valoir que si les enseignants devaient être visés par celui-ci, alors il y a lieu de « s\u2019interroger sur les raisons qui justifient l\u2019exclusion » des enseignants des écoles privées \u2014 notamment celles religieuses où on présume que le port de signes religieux est plus fréquent.Le juriste Louis-Philippe Lampron a lui aussi mis en lumière cet aspect en posant une question : « Les élèves qui fréquentent des établissements privés, largement financés par le gouvernement québécois, auraient-ils moins besoin d\u2019être protégés que ceux qui fréquentent les établissements scolaires publics ?Et si oui : en vertu de quels principes ?» Le groupe PDF a également suggéré que les « écoles privées, soutenues par les deniers publics, devraient être soumises aux mêmes exigences de neutralité religieuse et politique que les écoles publiques ».Encore ici, le collectif de Mme Benhabib a présenté une recommandation semblable.3.Restreindre l\u2019interdiction du port de signes religieux Plusieurs intervenants opposés au projet de loi ont plutôt affirmé que le gouvernement pourrait atténuer l\u2019impact de sa loi en restreignant le bassin de gens visés par les interdits de port de signes religieux.L\u2019Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec a demandé à Québec de « renoncer à l\u2019interdiction systématique des signes religieux ».La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse juge que « l\u2019interdiction de porter un signe religieux pour les employés visés dans le cadre de leur fonction risque de porter atteinte à la liberté de conscience et de religion de ceux-ci ainsi qu\u2019à leur droit à l\u2019égalité.La clause partielle de droits acquis ne permettrait d\u2019ailleurs pas de corriger ces atteintes pour toutes les personnes visées, que ce soit en embauche ou dans le cadre d\u2019une promotion.» Gérard Bouchard a incité le gouvernement à réfléchir sur la portée des catégories d\u2019emplois visés.« Comment se justifie l\u2019interdiction frappant diverses catégories de personnel qui n\u2019exercent pas ce type de pouvoir [de coercition], notamment les arbitres, les shérifs, les greffiers, les avocats et les notaires ?» Plus largement, il pense que « si le gouvernement se limitait à appliquer la recommandation du rapport de la commission Bouchard-Taylor sur les signes religieux [interdits aux seuls employés de l\u2019État avec pouvoir de coercition] », son projet de loi « aurait beaucoup plus de chances de passer le test du droit.Et il ne serait donc pas nécessaire de recourir à la clause nonobstant.» Mémoires favorables au projet de loi PDF Québec Association québécoise des Nords-Africains pour la laïcité Mouvement national des Québécoises et des Québécois Collectif citoyen pour l\u2019égalité et la laïcité Nadia El-Mabrouk et Leila Bensalem Juristes pour la laïcité de l\u2019État Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec Christiane Pelchat Mémoires en défaveur du projet de loi Gérard Bouchard Charles Taylor et Jocelyn Maclure Centre consultatif des religions juives et israéliennes Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse Centrale des syndicats du Québec Louis-Philippe Lampron Organisme Communication, l\u2019Ouverture et le Rapprochement interculturel Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec Fédération des commissions scolaires du Québec Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec De part et d\u2019autre Si on prend ces arguments au sérieux, notamment ceux concernant le droit de l\u2019enfant à un avenir ouvert et le droit de l\u2019État à avoir des citoyens éclairés, il ne saurait alors être question pour l\u2019État de subventionner des écoles privées, et encore moins des écoles confessionnelles LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 PERSPECTIVES B 5 4.Ne pas assujettir les enseignants Plusieurs jugent qu\u2019à tout le moins, le gouvernement devrait accorder aux enseignants (actuels et futurs) le droit de porter un signe religieux.«Pour nous, la volonté d\u2019inclure le personnel enseignant dans la liste des agents de l\u2019État visés par l\u2019interdiction du port d\u2019un signe religieux n\u2019est tout simplement pas justifiée», a relevé la Centrale des syndicats du Québec.Le mémoire du Centre consultatif des relations juives et israéliennes va dans le même sens.«Nous estimons que le retrait des enseignants [\u2026] constituerait un compromis judicieux et contribuerait à accroître l\u2019acceptabilité sociale du projet de loi, au-delà des clivages politiques et identitaires marquant notre société.» L\u2019Association provinciale des enseignants du Québec souhaite aussi qu\u2019à « défaut d\u2019être complètement retiré, le projet de loi [devrait être] modifié de telle sorte que soient exclus de l\u2019application de cette interdiction les enseignants qui œuvrent au sein de notre système public d\u2019éducation.Le fait que certains [enseignants] affirment leurs convictions en portant un symbole religieux ne remet pas en question la laïcité de nos institutions ou la neutralité des services qui y sont offerts », a-t-on fait valoir au ministre Jolin-Barrette.Louis-Philippe Lampron a ainsi résumé l\u2019enjeu : « Au-delà de toute considération liée à la légitimité ou à l\u2019opportunité politique d\u2019interdire le port de signes religieux à une catégorie d\u2019agents de l\u2019État, l\u2019interdiction imposée aux enseignants pose problème pour deux raisons principales : l\u2019insuffisance de motifs pour justifier l\u2019interdiction qui les concerne, et les grandes difficultés d\u2019application \u2014 voire l\u2019inapplicabilité pure et simple de cette interdiction.» 5.Définir des sanctions applicables Qu\u2019arrivera-t-il si un établissement scolaire public permet à ses enseignants non protégés par la clause de droits acquis de porter un signe religieux ?Quelle sanction sera appliquée ?Cette question a été posée à maintes reprises au gouvernement dans les dernières semaines \u2014 ce à quoi les audiences ont fait écho.Pour le sociologue Bouchard, la future loi devrait être claire sur les moyens d\u2019application.Ce ne sont pas là des « questions théoriques, a-t-il dit.Elles touchent au contraire à des dispositions essentielles et souvent complexes dont dépend le sort d\u2019une loi ».Partisan du projet de loi, PDF Québec a aussi souligné qu\u2019une « loi reste au niveau de vœux pieux si aucune sanction n\u2019est prévue, ce qui est le cas du projet de loi 21.D\u2019autant plus que déjà des incitations à la désobéissance civile sont proférées ».Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, qui s\u2019oppose au projet, trouve néanmoins « essentiel qu\u2019il soit modifié afin que ses dispositions, ses mécanismes d\u2019application et son régime de sanctions soient cohérents et compréhensibles ».6.Définir ce qu\u2019est un signe religieux Qu\u2019est-ce qu\u2019un signe religieux ?Un voile peut-il par exemple n\u2019avoir qu\u2019une signification politique ?Le projet de loi 21 est muet quand vient le temps de déterminer ce qui sera interdit.Et c\u2019est un problème à corriger, ont dit opposants et partisans.« L\u2019absence de définition de ce que constitue un signe religieux et l\u2019interprétation arbitraire qui en découlera ; l\u2019absence de dispositions quant aux mesures et sanctions applicables ; ainsi que l\u2019incohérence résultant de l\u2019application des mesures transitoires relatives aux droits acquis sont des éléments générateurs de contestations, ce qui aura pour effet de déstabiliser et de diviser le réseau public scolaire et ses milieux », a notamment affirmé la Fédération des commissions scolaires.« Il existe actuellement un très large éventail de symboles qui peuvent tout aussi bien revêtir ou non un sens religieux chez les personnes qui les portent, a noté Gérard Bouchard.L\u2019identification des contrevenants posera donc problème, en plus de porter atteinte à la vie privée : voudra-t-on interroger les personnes pour les obliger à déclarer le sens qu\u2019elles attachent aux symboles qu\u2019elles affichent ?» Le SFPQ recommande ainsi que «seuls les signes religieux ostentatoires soient interdits et qu\u2019une définition claire \u2014 telle celle du site Internet La langue française: \u201cAction, volonté délibérée de mettre en évidence, d\u2019afficher, d\u2019exhiber quelque chose\u201d \u2014 soit précisée concernant le terme \u201costentation\u201d».Rappelez plus tard S elon un rapport du vérificateur général du Canada publié en début de semaine, il devient de plus en plus difficile pour les contribuables de joindre un agent du gouvernement fédéral au téléphone.Non seulement il faut se perdre dans les dédales du service automatisé, mais 40 % des appels ne sont même pas acheminés.On a l\u2019impression que le gouvernement du Québec \u2014 et sans doute ceux des autres provinces \u2014 a le même problème quand il tente de communiquer avec Ottawa.Comme c\u2019est apparemment le cas au ministère de l\u2019Immigration, il semble se buter à un message enregistré l\u2019invitant à rappeler plus tard.Depuis l\u2019élection du 1er octobre dernier, le financement du tramway de Québec, dont le coût est évalué à 3 milliards de dollars, a pris l\u2019allure d\u2019un casse-tête impossible à assembler.L\u2019entente intervenue avec le gouvernement Couillard prévoyait une participation fédérale de 1,2 milliard, mais Ottawa insiste toujours pour que 800 millions proviennent du Fonds pour l\u2019infrastructure verte, alors que le gouvernement Legault refuse sous prétexte que ce projet monopoliserait l\u2019enveloppe destinée à l\u2019ensemble des municipalités du Québec.Il y a un mois, une rencontre entre le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, et le ministre fédéral de l\u2019Infrastructure, François-Philippe Champagne, avait fait naître l\u2019espoir d\u2019un déblocage.« On est vraiment en mode solution », avait déclaré M.Champagne, qui se disait prêt à examiner « toutes les solutions possibles ».Manifestement, cet examen n\u2019a pas été concluant.Jeudi, le premier ministre Legault a pris tout le monde par surprise en annonçant que le projet devrait être réduit pour le rendre moins coûteux, au grand mécontentement de l\u2019administration Labeaume, qui refuse de faire les frais de cette chicane entre les gouvernements des ordres supérieurs.Les adversaires du gouvernement Legault n\u2019ont pas mis de temps à lui jeter la pierre.Le député libéral de Jean-Talon, Sébastien Proulx, l\u2019accuse de « jouer à la roulette russe », et il craint que la campagne fédérale ait pour effet de remiser le tramway sur une voie de garage, tandis que sa collègue solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, dénonce les « magouilles politiques » du premier ministre.À Ottawa, on soupçonne ce dernier de faire traîner les choses pour favoriser l\u2019élection des conservateurs, mais rien n\u2019assure qu\u2019un changement de gouvernement à Ottawa faciliterait un règlement.Lors de son passage à la Chambre de commerce et d\u2019industrie de Québec à la fin de mars, le chef conservateur, Andrew Scheer, a déclaré que sa priorité était le « troisième lien ».Il a été nettement moins catégorique en ce qui concerne le tramway.Rien n\u2019est jamais simple dans le merveilleux monde des relations fédérales-provinciales canadiennes.Selon le réseau TVA, Québec bloque à son tour deux projets du Service de l\u2019eau de la Ville de Montréal, auxquels Ottawa serait prêt à participer à hauteur de 52 millions de dollars, de même que le prolongement de l\u2019autoroute 19, dont le gouvernement Trudeau serait impatient de faire l\u2019annonce.La participation fédérale est conditionnelle à celle du gouvernement Le- gault, qui prétend ne pas avoir les moyens.À Ottawa comme à Québec, les gouvernements passent, mais les différends à propos des infrastructures se multiplient, malgré les protestations de bonne foi des protagonistes.Il est tout simplement impossible de concilier les intérêts politiques des uns et des autres.Même le gouvernement Couillard se plaignait de l\u2019attitude d\u2019Ottawa, c\u2019est dire.Sa ferveur fédéraliste n\u2019avait d\u2019ailleurs pas réussi à convaincre le gouvernement Trudeau d\u2019installer le siège social de la nouvelle Banque de l\u2019infrastructure du Canada à Montréal plutôt qu\u2019à Toronto, à la grande indignation de François Le- gault.« On a tout fait », avait plaidé le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier.Le pire est que c\u2019est probablement vrai.Le Québec n\u2019avait tout simplement aucune chance.Quand on parle de rapatrier des pouvoirs, on pense généralement à des domaines plus nobles, comme l\u2019immigration, la langue ou la culture, qui font périodiquement l\u2019objet de revendications, mais il ne faudrait pas négliger les «vraies affaires».Les infrastructures font partie du « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec », que la CAQ a rendu public en novembre 2015.On peut y lire que le Québec doit être « le maître d\u2019œuvre dans le choix des priorités en matière d\u2019infrastructure, ce qui implique le transfert en bloc des budgets provenant du Fonds Chantiers Canada plutôt qu\u2019à travers plusieurs ententes administratives ».Il est vrai que le nouveau gouvernement a eu beaucoup à faire au cours des premiers mois de son mandat et que les Relations canadiennes ne sont qu\u2019un des nombreux dossiers dont a hérité la ministre de la Justice, Sonia LeBel, également responsable de la réforme du mode de scrutin.Il est cependant évident qu\u2019Ottawa n\u2019a aucune intention de renoncer aux avantages que lui procure son contrôle sur des projets totalisant des dizaines de milliards, qui lui donnent une grande visibilité.Si jamais vous appelez à Québec pour savoir comment le gouvernement Legault compte s\u2019y prendre pour l\u2019amener à jeter du lest, il vaut mieux vous armer de patience.On vous invitera sans doute à rappeler plus tard.MICHEL DAVID En trois jours d\u2019audience concernant le projet de loi sur la laïcité, 18 mémoires (dont 8 favorables et 10 défavorables) ont été présentés aux élus de l\u2019Assemblée nationale.FRANCIS VACHON LE DEVOIR À Ottawa comme à Québec, les gouvernements passent, mais les différends à propos des infrastructures se multiplient, malgré les protestations de bonne foi des protagonistes.Il est tout simplement impossible de concilier les intérêts politiques des uns et des autres.à peaufiner Les forces spéciales françaises ont libéré quatre otages \u2014 deux Français, une Américaine et une Sud-Coréenne \u2014 au cours d\u2019une intervention dans le nord du Burkina Faso, pendant laquelle deux militaires français ont été tués.Cette libération a pu être obtenue grâce à « une opération d\u2019une très grande complexité menée dans la nuit du 9 au 10 mai dans le nord du Burkina », a déclaré vendredi la ministre française des Armées, Florence Parly, lors d\u2019une conférence de presse.« C\u2019est une opération d\u2019une rare difficulté que peu d\u2019armées au monde sont capables de mener », a-t-elle fait valoir, en rendant hommage à « l\u2019héroïsme des forces spéciales » françaises, qui ont perdu deux des leurs pendant l\u2019assaut contre les ravisseurs.Quatre d\u2019entre eux ont été tués.Selon le récit du chef d\u2019état-major français, le général François Lecointre, « les commandos des forces spéciales se sont infiltrés dans la nuit noire sur une distance de 200 mètres, malgré la présence d\u2019une sentinelle », avant d\u2019être finalement repérés à 10 mètres des abris des ravisseurs.Cette opération a été « rendue possible par la mobilisation des moyens de [la force antidji- hadiste française au Sahel] Barkhane, le soutien logistique des forces burki- nabè et le soutien américain en renseignement », a précisé le général.Les deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai dernier pendant un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l\u2019insécurité en Afrique de l\u2019Ouest.Le corps du guide béninois des deux Français avait été découvert samedi dans le parc national de la Pendjari, où ils effectuaient un safari.Leur véhicule avait été retrouvé dans l\u2019est du Burkina Faso.Otages depuis 28 jours Quant aux deux autres otages libérées, une Américaine et une Sud-Coréenne, personne n\u2019avait connaissance de leur présence au Burkina Faso, a affirmé le général Lecointre.« A priori, elles étaient otages depuis 28 jours », a-t-il précisé.Le président français, Emmanuel Macron, accueillera samedi à 17 h locales (11h, heure de l\u2019Est) les deux ressortissants français ainsi que l\u2019ex-otage sud-coréenne à l\u2019aéroport militaire de Villacoublay, en région parisienne.Au cours de l\u2019opération, deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, membres du prestigieux commando marine Hubert, unité d\u2019élite de la Marine française.Le président Macron « s\u2019incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires, qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens », selon le palais de l\u2019Élysée.Il présidera « en début de semaine prochaine » une cérémonie d\u2019hommage national aux deux commandos marine.« La France a perdu deux de ses fils, nous perdons deux de nos frères », a commenté avec émotion le général Lecointre, la gorge nouée.Les autorités françaises suivaient l\u2019évolution des ravisseurs depuis plusieurs jours et ont saisi l\u2019occasion d\u2019agir en raison du risque « de transfèrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui opère au Mali [\u2026] la Katiba Macina » du prédicateur Amadou Koufa, ce qui aurait dès lors «rendu impossible d\u2019organiser une quelconque opération de libération », a-t-il détaillé.L\u2019identité des preneurs d\u2019otages qui avaient enlevé les deux touristes français au Bénin voisin le 1er mai est encore inconnue.Il est « trop tôt pour se prononcer », a déclaré Mme Parly.B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION 1.Les personnes intéressées sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie, à sa séance du 7 mai 2019, a adopté, en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modi?cation ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (CA-24-011), les premiers projets de résolution dont la description suit : a) Résolution autorisant l\u2019animation de l\u2019esplanade de la Place des Arts et les usages autorisés dans un secteur de la catégorie M.9 pour le complexe situé au 105, rue Sainte-Catherine Ouest, et ce, en dérogation notamment aux articles 381, 387, 388 et 501 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à dépendances et aux équipements mécaniques et récréatifs en cours avant, à l\u2019aménagement d\u2019un café-terrasse dans un secteur de la catégorie E.6 et excédent 50 % de la super?cie occupée ainsi qu\u2019à l\u2019installation d\u2019enseignes sur un toit ou sur un bâtiment dépassant le parapet ou la ligne de faîte \u2013 pp 405 (dossier 1196255006); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : b) Résolution autorisant l\u2019installation d\u2019enseignes sur le bâtiment situé au 1440, rue de la Montagne, et ce, en dérogation notamment aux articles 257, 259, 496 et 501 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à une enseigne visible de l\u2019extérieur du bâtiment signalant la présence d\u2019un usage complémentaire, à une enseigne commerciale, à une enseigne en saillie ?xée à un bâtiment excédant une hauteur de 16 mètres et ainsi qu\u2019à l\u2019installation d\u2019enseignes sur un toit \u2013 pp 406 (dossier 1196255007); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : c) Résolution autorisant la construction, l\u2019occupation et la démolition d\u2019un bâtiment temporaire sur le lot 1 066 120 du cadastre du Québec (1535, boulevard De Maisonneuve Ouest), et ce, en dérogation notamment aux articles 10, 34, 81, 85, 207, 381 et 656 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) et à l\u2019article 1 du Règlement sur la construction et la transformation de bâtiments (11-018) relatifs, entre autres, à la hauteur minimale, aux usages prescrits dans un secteur de la catégorie M.4, à la marge latérale et arrière, à l\u2019emplacement d\u2019un équipement mécanique et aux unités de stationnement pour vélo \u2013 pp 407 (dossier 1194869004); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : d) Résolution autorisant les usages épicerie, dépanneur, restaurant et traiteur pour l\u2019immeuble situé au 3460, rue Peel, et ce, en dérogation notamment aux articles 21.4, 21.6, 21.8 et 21.10 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville- Marie (01-282) et à l\u2019article 1 Règlement portant sur l\u2019approbation du plan de construction et d\u2019occupation d\u2019un bâtiment résidentiel et d\u2019un restaurant situé au côté nord de la rue Sherbrooke et du côté ouest de la rue Peel (7325) relatif, entre autres, à une construction hors toit, aux conditions d\u2019aménagement d\u2019une terrasse, à l\u2019écran des équipements mécaniques et aux usages \u2013 pp 408 (dossier 1193332001); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : 2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ces projets feront l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 22 mai 2019, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera les projets ainsi que les conséquences de leur adoption, et le public pourra les commenter.4.Les projets a), c) et d) contiennent des dispositions susceptibles d\u2019approbation référendaire.5.Une copie de ces projets peut être consultée aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 mai 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com L a s u i t e d e s a v i s s e t r o u v e e n p a g e B 8 DAPHNÉ BENOIT À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE BURKINA FASO Quatre otages libérés par les forces françaises, et deux soldats tués législatives], nous prouverons à ce pays que nous pouvons réunir tous les Sud-Africains [\u2026] et apporter le changement à cette nation.» Réparer les erreurs Depuis qu\u2019il a poussé le président Jacob Zuma à la retraite début 2018, il a promis de « réparer » les « erreurs » de son parti, d\u2019éradiquer la corruption et de relancer l\u2019économie.Mais un an plus tard, l\u2019ancien syndicaliste reconverti en homme d\u2019affaires à succès a tardé à concrétiser ses promesses.Tout au long de sa campagne électorale, il a été confronté à l\u2019impatience et à la colère d\u2019une part croissante de la population face à la corruption, au chômage de masse (27 %) et aux inégalités criantes qui persistent, un quart de siècle après la chute du régime de l\u2019apartheid.« Nous leur avons donné 25 ans [de pouvoir], mais les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches, encore plus riches », a résumé en votant mercredi Anmareth Preece, une institutrice de 28 ans, électrice à Coligny (nord-ouest).L\u2019opposition n\u2019a pas non plus épargné l\u2019ANC, dénonçant un parti « pourri jusqu\u2019à la moelle » et appelant au « changement ».Avec cette performance électorale médiocre, la plupart des observateurs prédisent à Cyril Ra- maphosa des difficultés à faire accepter ses projets de réforme au clan de l\u2019ex- président Jacob Zuma, qui dispose toujours de forts soutiens au sein de l\u2019ANC.La composition du prochain gouvernement devrait révéler la marge de manœuvre politique dont dispose M.Ramaphosa.B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 SUSAN NJANJI À PRETORIA AGENCE FRANCE-PRESSE Le Congrès national africain (ANC) a largement remporté les élections législatives en Afrique du Sud, malgré un résultat en baisse qui va compliquer la tâche du président Cyril Ramaphosa pour relancer l\u2019économie et lutter contre la corruption.Sur la foi du dépouillement de plus de 95 % des 23 000 bureaux de vote du pays, l\u2019ANC a rallié plus de 9,1 millions d\u2019électeurs, soit 57,7 % des suffrages, et mathématiquement renouvelé sa majorité absolue à l\u2019Assemblée nationale.En recul de près de cinq points par rapport au scrutin de 2014, ce résultat est le plus mauvais jamais réalisé par le parti historique de Nelson Mandela en vingt-cinq ans de pouvoir.Élu par les députés, M.Ramaphosa devrait être investi pour un nouveau mandat de chef de l\u2019État dès le 25 mai.Assuré de la victoire depuis la publication des premiers résultats partiels, l\u2019ANC s\u2019est gardé de tout triomphalisme.« Nous avons gagné largement [\u2026], il est clair que nous allons gouverner sans besoin d\u2019une coalition, a lâché vendredi son porte-parole, Dakota Le- goete.On aurait pu s\u2019attendre à mieux, a-t-il concédé.Pour nous, c\u2019est une piqûre de rappel qui nous impose de faire de notre mieux.» « Une victoire avec 57 % des voix prive l\u2019ANC de la marge de sécurité de 62 % qu\u2019il détenait depuis 2014, a noté l\u2019analyste Daniel Silke.S\u2019il n\u2019améliore pas la gouvernance et sa politique, même le président de la \u201cNouvelle Aube\u201d Cyril Ramaphosa aura du mal à tenir ses promesses.» Derrière la formation du président, l\u2019Alliance démocratique (DA), principal parti d\u2019opposition, pointait en deuxième position avec un score décevant de 20,6 % des voix, en nette baisse par rapport à celui de 2014 (22,2 %).« Nous n\u2019avons pas réussi cette fois-ci, a concédé vendredi son chef, Mmusi Maimane.Mais croyez- moi, a-t-il ajouté, que ce soit en 2021 [aux municipales] ou en 2024 [aux AFRIQUE DU SUD L\u2019ANC affiche son plus mauvais score De nombreux observateurs prédisent au président Cyril Ramaphosa des difficultés à faire accepter ses projets de réforme au clan de l\u2019ex-président Jacob Zuma FABIEN DEGLISE LE DEVOIR La chaleur et le jeûne n\u2019ont finalement pas ramolli le mouvement de contestation populaire en Algérie, qui s\u2019est maintenu dans une intensité similaire à celles des dernières semaines, à l\u2019occasion de ce premier vendredi du ramadan, ont indiqué plusieurs personnes sur place contactées par Le Devoir.En après-midi, des milliers d\u2019Algériens ont ainsi déjoué les prévisions d\u2019affaiblissement de cette révolution dite des sourires en investissant, comme ils le font depuis le 22 février, les rues d\u2019Alger après la grande prière du vendredi, afin de réclamer les départs des figures de l\u2019ancien régime d\u2019Abdelaziz Bouteflika.« C\u2019est une grande surprise, résume à l\u2019autre bout du fil Khaled Drareni, journaliste et fondateur de la Casbah Tribune, qui a une fois de plus témoigné de la vigueur du mouvement sur les réseaux sociaux vendredi.Les premiers manifestants sont arrivés tôt le matin à la Grande Poste [un des épicentres de la contestation] pour être rejoints par la suite dans l\u2019après-midi par des milliers d\u2019autres.» D\u2019ordinaire, les Algériens qui font le ramadan réduisent leurs activités le jour entre le lever et le coucher du soleil, particulièrement le vendredi, une journée pieuse consacrée à la prière.Nouvelle cible Dans les dernières semaines, les participants à ces marches hebdomadaires ont réitéré leur intention, ramadan ou pas, de descendre dans la rue chaque vendredi jusqu\u2019à la destitution complète de l\u2019ensemble des figures du pouvoir liées à l\u2019ex-président.Lors de ce douzième vendredi, leur voix s\u2019est intensifiée pour réclamer le départ du chef de l\u2019état-major et actuel gardien du pouvoir, Ahmed Gaïd Salah.« C\u2019est la grande nouveauté de cette journée, assure M.Drareni.Le chef de l\u2019armée est devenu pour la première fois la cible unique des manifestants.» Le mouvement populaire s\u2019oppose également à la tenue du scrutin présidentiel, prévu le 4 juillet, et favorise plutôt l\u2019adoption d\u2019un nouveau cadre constitutionnel pour placer l\u2019Algérie sur la voie d\u2019un réel régime démocratique.À ce jour, l\u2019Hirak a fait tomber l\u2019ex-pré- sident Bouteflika, mais également, à la surprise générale, Saïd Bouteflika, qui dans l\u2019ombre de son frère affligé par un AVC depuis 2013 tenait les cordes du pouvoir.Le général Mohamed Mediène, dit Toufik, ex-patron des puissants services de renseignement algérien, a également été arrêté et accusé de complot contre l\u2019État.Malgré la montée de l\u2019opposition populaire, les deux hommes continuaient à faire la pluie et le beau temps dans les arcanes du pouvoir.Dans les rues d\u2019Alger, la population dit qu\u2019elle va maintenir la pression tant que Ahmed Gaïd Salah, chef de l\u2019état- major, Nourredine Bedoui, actuel premier ministre et ex-ministre de la Défense, Abdelkader Bensalah, chef de l\u2019État par intérim, et Mouad Bouchareb, président de l\u2019Assemblée populaire nationale (APN), ne connaîtront pas le même sort.ALGÉRIE Le ramadan n\u2019a pas affaibli le mouvement Pour un douzième vendredi de suite, les Algériens ont réclamé les têtes du régime Bouteflika E N B R E F Un Palestinien tué par des tirs israéliens à la frontière GAZA \u2014 Un Palestinien a été tué vendredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza lors de manifestations et de heurts le long de la frontière avec Israël, a indiqué le ministère de la Santé de l\u2019enclave gouvernée par le Hamas.Ab- dullah Abd al-Aal, 24 ans, a été atteint au ventre lors des premières protestations depuis une flambée de violence le weekend dernier, a dit un porte-parole du ministère.Treize autres Palestiniens ont été touchés par des tirs israéliens, a dit le porte-parole.Les Gazaouis se sont rassemblés le long de la frontière comme tous les vendredis, mais la participation a été notablement moindre, a constaté un journaliste de l\u2019AFP.Une porte-parole de l\u2019armée israélienne a fait état d\u2019environ 6000 personnes prenant part aux protestations.Elle ne s\u2019est pas exprimée sur la mort d\u2019un Palestinien.Agence France-Presse Plusieurs migrants portés disparus après un naufrage TUNIS \u2014 Trois migrants ont été retrouvés noyés et des dizaines ont disparu après le naufrage en Méditerranée de leur embarcation vendredi, à 60 km au large de Sfax, ville côtière de la Tunisie.Trois migrants ont été retrouvés noyés, ont indiqué les autorités tunisiennes.Un bateau de pêche a pu sauver 16 des passagers, a indiqué le porte-parole du ministère de la Défense, Mohamed Zekri, précisant que, selon les rescapés, leur embarcation transportait de 60 à 70 migrants.Selon le Croissant-Rouge local, il pourrait y avoir eu jusqu\u2019à 90 passagers dans l\u2019embarcation, ce qui porterait le bilan à plus de 70 disparus.« On ne connaîtra probablement jamais le nombre exact de morts », a estimé Mongi Slim, responsable du Crois- sant-Rouge à Zarzis.Agence France-Presse Une enquête ouverte sur Monsanto PARIS \u2014 La justice française a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal pour le compte du géant américain Monsanto de centaines de personnalités et médias, concernant notamment leur position vis-à-vis du glyphosate, des OGM, ou leur propension à être influencés.Cette enquête confiée à la police judiciaire parisienne fait suite à la plainte déposée par le quotidien Le Monde et un de ses journalistes, qui figurait dans les fichiers incriminés, a précisé le parquet de Paris.Elle vise notamment le chef de «collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite» dans ses investigations.Le géant américain Monsanto, filiale depuis l\u2019an dernier du groupe pharmaceutique allemand Bayer, aurait secrètement fait réaliser ces listes par l\u2019agence de communication Fleishman Hillard.Agence France-Presse Le gouvernement français défend son projet de restauration de Notre-Dame PARIS \u2014La restauration de Notre-Dame de Paris ne se fera «pas à la hâte», a promis vendredi le ministre français de la Culture, Franck Riester, devant les députés.Le ministre s\u2019exprimait à l\u2019ouverture de l\u2019examen du projet de loi \u2014 adopté dans la nuit de vendredi à samedi \u2014, destiné à gérer les dons et à encadrer les travaux de restauration de la cathédrale après l\u2019incendie qui l\u2019a endommagée le 15avril.Revenant sur le souhait du président Emmanuel Macron de voir la restauration réalisée en cinq ans \u2014 jugé irréaliste par certains spécialistes \u2014, le ministre a évoqué «un délai ambitieux, volontariste, qui permet de mobiliser l\u2019ensemble des équipes concernées».«Oui, nous voulons aller vite.On nous a accusés d\u2019aller trop vite, mais c\u2019est l\u2019élan de générosité qui a été très vite», a-t-il dit.Agence France-Presse C\u2019est un échec pour le dirigeant de l\u2019opposition, Mmusi Maimane, affaibli au sein du parti, la DA, qu\u2019il dirige depuis 2015, qui espérait tirer profit des résultats économiques très décevants de l\u2019ANC et attirer les déçus du parti de Mandela et de Ramaphosa.BEN CURTIS / THEMBA HADEBE AGENCE FRANCE-PRESSE Nous leur avons donné 25 ans [de pouvoir], mais les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches, encore plus riches ANMARETH PREECE » LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 B 8 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES S u i t e d e s a v i s d e s p a g e s A 4 e t B 6 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de Dieugrand PIERRE, né le 10 janvier 1952, en son vivant domicilié au 11 817 Hector-Bernier, en la ville de Montréal, province de Québec, H1E 2W2, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successoral.Cet inventaire peut être consulté par tout intéressé, à l'étude de Me Roberte FLEURMÉ, notaire, sise au 6205 Boul.Des Grandes-Prairies, suite 100, Saint-Léonard, Québec, H1P 1A5.Donné ce 8 mai 2019.Me Roberte FLEURMÉ, notaire AVEZ-VOUS ÉTÉ VICTIME D\u2019AGRESSIONS SEXUELLES PAR DES MEMBRES DES CLERCS DE ST-VIATEUR ?Une action collective a été autorisée par la Cour supérieure.M.Brian Ford a été nommé pour représenter les victimes d\u2019abus sexuels par des membres des Clercs de St-Viateur.L\u2019ACTION COLLECTIVE S\u2019ADRESSE À VOUS SI : 1.Vous avez été victime d\u2019une agression sexuelle; 2.Depuis 1950 à aujourd\u2019hui; 3.Commise par un membre religieux des Clercs de St-Viateur ou Commise par un employé laïc qui, au moment de l\u2019agression, travaillait dans un endroit situé au Québec étant dirigé par les Clercs de St-Viateur.* À l\u2019exception de l\u2019Institut Raymond-Dewar à Montréal Si vous remplissez ces conditions, vous pourriez être membre de l\u2019action collective.Il est important que vous communiquiez avec nous.Les Clercs de St-Viateur étaient entre autres présents dans les établissements suivants : POURQUOI DEVENIR MEMBRE ?Avec ce recours, nous cherchons à indemniser les victimes pour les dommages causés par les agressions sexuelles.Comme membre, vous pourriez obtenir une compensation.Vous n\u2019aurez pas à avancer les honoraires d\u2019avocats.COMMENT S\u2019EXCLURE DU GROUPE ?Si vous ne souhaitez pas être membre et faire partie de l\u2019action collective, vous devez envoyer un avis à la Cour supérieure de Montréal au plus tard le 3 juillet 2019 à l\u2019adresse suivante : Greffe de la Cour supérieure, Palais de justice de Montréal, 1, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) Canada, H2Y 1B6.Par exemple, parce que vous souhaitez entreprendre un recours à votre nom contre les Clercs de St-Viateur.POUR DE PLUS AMPLES INFORMATIONS Consultez notre site web pour en savoir plus sur cette action collective.Vous y trouverez un jugement du tribunal et plus d\u2019informations pour les membres.Me Virginie Dufresne-Lemire / Me Justin Wee / Me Alain Arsenault 2328, rue Ontario Est, Montréal (Qc) H2K 1W1 Tél : (514) 527-8903 actioncsv@adwavocats.com www.adwavocats.com Vous pouvez aussi consulter le Registre des actions collectives : https://services12.justice.gouv.qc.ca/RRC/RRC_Public/Accueil/Accueil.aspx?langue=F CE TEXTE A ÉTÉ APPROUVÉ PAR LE TRIBUNAL, EN CAS DE DISPARITÉ ENTRE CET AVIS ABRÉGÉ ET L\u2019AVIS AUX MEMBRES COMPLET, LE TEXTE COMPLET PRÉVAUT.- Collège Bourget - École St-François d\u2019assise (Berthierville) - Camp Ozanam - Orphelinat St-Georges (Joliette) - École Jean-Talon (Montréal) - Collège Champagneur (Rawdon) - Institut des Sourds de Charlesbourg (Québec) - École Monseigneur Lacourse (Lachute) - École St-Jean-Baptiste (Montréal) - Collège Notre-Dame-des-Champs de Sully (Témiscouata) - Collège de Matane - École St-Michel (Rouyn-Noranda) - École St-Guillaume (Épiphanie) - École St-Pierre (Joliette) - École St-Louis (Terrebonne) - École St-Germain (Outremont) Avis de la première assemblée (paragraphe 102(4) de la Loi) Dans l\u2019affaire de la faillite de : Paris-ci, Bistro Français Inc., corporation légalement constituée ayant eu sa place d\u2019affaires au 416, boul.Sir- Wilfrid-Laurier, Mont-Saint- Hilaire (Québec) J3H 3N9.Faillie AVIS est par les présentes donné que la faillite de Paris-ci, Bistro Français Inc.est survenue le 3 mai 2019 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 23 mai 2019 à 11h00 au bureau du syndic.Ce 3e jour de mai 2019 PRIMEAU PROULX ET ASSOCIÉ INC., Syndics autorisés en insolvabilité Sylvain Proulx, CPA, CA, SAI Syndic administrateur 103-3410, Chemin de Chambly, Longueuil (Québec) J4L 1N8 Tél.: 450 670-1040 Téléc.: 450 670-1542 Syndics de faillite et gestionnaires Syndics autorisés en insolvabilité AVIS DE DIVIDENDE AVIS est par les présentes donné que iA Société financière inc.a déclaré un dividende trimestriel de 0,4500 $ par action ordinaire.Ce dividende sera payable au comptant le 17 juin 2019 à tous les actionnaires ordinaires inscrits le 24 mai 2019.AVIS est par les présentes donné que l\u2019Industrielle Alliance, Assurance et services financiers inc.a déclaré un dividende trimestriel de 0,2875 $ par action privilégiée à dividende non cumulatif de catégorie A \u2013 série B.Ce dividende sera payable au comptant le 2 juillet 2019 à tous les actionnaires privilégiés inscrits le 31 mai 2019.AVIS est par les présentes donné que l\u2019Industrielle Alliance, Assurance et services financiers inc.a déclaré un dividende trimestriel de 0,2360625 $ par action privilégiée à dividende non cumulatif de catégorie A \u2013 série G.Ce dividende sera payable au comptant le 2 juillet 2019 à tous les actionnaires privilégiés inscrits le 31 mai 2019.AVIS est par les présentes donné que l\u2019Industrielle Alliance, Assurance et services financiers inc.a déclaré un dividende trimestriel de 0,3000 $ par action privilégiée à dividende non cumulatif de catégorie A \u2013 série I.Ce dividende sera payable au comptant le 2 juillet 2019 à tous les actionnaires privilégiés inscrits le 31 mai 2019.Québec (Québec), le 9 mai 2019 À LA DEMANDE DES CONSEILS Jennifer Dibblee Secrétaire de la Société iA Groupe ?nancier est une marque de commerce et un autre nom sous lequel l\u2019Industrielle Alliance, Assurance et services ?nanciers inc.exerce ses activités.ia.ca AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION 1.Les personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et de l\u2019arrondissement du Plateau Mont-Royal, demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement de Ville-Marie, sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie, à sa séance du 7 mai 2019, a adopté le premier projet de résolution autorisant les usages « débit de boissons alcooliques » et « restaurant » pour le bâtiment situé au 1333, boulevard Robert-Bourassa, et ce, en dérogation notamment à l\u2019article 134 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatif, entre autres, aux usages autorisés dans un secteur de la catégorie E.5 \u2013 pp 404 (dossier 1197303003); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : 2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ce projet fera l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 22 mai 2019, à compter de 17 h 30, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.3.Au cours de cette assemblée, la mairesse d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera le projet ainsi que les conséquences de son adoption, et le public pourra le commenter.4.Ce projet contient une disposition propre à un règlement susceptible d\u2019approbation référendaire.5.Une copie de ces projets peut être consultée aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 mai 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de Jean Guy GI- ROUX, né le 15 octobre 1934, en son vivant domicilié au 6995 Boulevard Gouin Est, appartement 211, Montréal, Québec, H1G 6L1, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successoral.Cet inventaire peut être consulté par tout intéressé, à l'étude de Me Roberte FLEURMÉ, notaire, sise au 6205 Boul.Des Grandes- Prairies, suite 100, Saint- Léonard, Québec, H1P 1A5.Donné ce 8 mai 2019.Me Roberte FLEURMÉ, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est donné conformément au Code civil du Québec de la clôture de l'inventaire en regard de la succession de Maurice LACOSTE, né le 10 août 1944 en son vivant résidant et domicilié au 3447 Chemin Lacoste, en la ville de Rivière-Rouge, province de Québec et décédé le 10 mars 2018.Cet inventaire peut être consulté pour toute personne ayant un intérêt, à l'étude de Beau- champ et Gilbert, Notaires, au 54 rue de Brésoles, Montréal, Québec H2Y 1V5.Montréal le 11 mai 2019 BEAUCHAMP GILBERT NOTAIRES Avis est par les présentes donné que la faillite de : Réal Gagnon Situé au : 1850, Chemin Hamelin, La Tuque, Québec.G9X 3N6 est survenue le 06-05-2019 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 24-05-2019 à 11 :00 Au bureau du syndic au: 500, avenue Broadway, 2e étage, Shawinigan, Québec.G9N 1M3 Jean Fortin, Syndics autorisés en Insolvabilité Tél.450-442-3260 JeanFortin.com Avis public AUX PERSONNES INTÉRESSÉES AYANT LE DROIT DE SIGNER UNE DEMANDE DE PARTICIPATION À UN RÉFÉRENDUM Second projet de résolution adopté le 7 mai 2019 1.APPROBATION RÉFÉRENDAIRE À la suite à l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 24 avril 2019, le conseil d\u2019arrondissement a adopté, lors de sa séance du 7 mai 2019, le second projet de résolution CA19 240228.Ce second projet de résolution contient une disposition qui peut faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées a?n que la résolution qui la contient soit soumise à leur approbation conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ, c.E-2.2).2.OBJET DU SECOND PROJET En vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modi?cation ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (CA-24-011), la résolution autorisant les usages commerciaux complémentaires « salle de réception » et « salle de réunion » dans certains bâtiments du parc Jean-Drapeau, dont le siège social est situé au 1, circuit Gilles-Villeneuve, et ce, en dérogation notamment à l\u2019article 296 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, aux usages commerciaux complémentaires autorisés dans un secteur de la catégorie E.3(2) \u2013 pp 403 (dossier 1197199003).3.DISPOSITION SOUMISE À UNE APPROBATION RÉFÉRENDAIRE Une demande relative à une disposition ayant pour objet d\u2019autoriser une dérogation aux normes énumérées ci-dessous peut provenir de la zone visée et des zones contiguës : - usages commerciaux complémentaires autorisés dans un secteur de la catégorie E.3(2) (art.296 règl.01-282).4.TERRITOIRE VISÉ Le territoire visé est constitué de la zone visée 0002 et 0003 et des zones contiguës 0006 et 0028; il peut être représenté comme suit : 5.CONDITIONS DE VALIDITÉ D\u2019UNE DEMANDE Pour être valide, une demande doit : - indiquer clairement la disposition qui en fait l\u2019objet et la zone d\u2019où elle provient; - être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d\u2019où elle provient ou, si leur nombre dans la zone n\u2019excède pas 21, par au moins la majorité d\u2019entre elles; - être reçue avant 16 h 30, le 21 mai 2019, à l\u2019adresse suivante : Demandes de participation à un référendum a/s de Me Domenico Zambito, Secrétaire d\u2019arrondissement Ville de Montréal, arrondissement de Ville-Marie 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage Montréal (Québec) H2L 4L8 6.PERSONNE INTÉRESSÉE Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter en vertu de la loi et qui remplit les conditions suivantes le 7 mai 2019 : - être majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle; et - être domiciliée dans une zone d\u2019où peut provenir une demande valide et, être depuis au moins six (6) mois, au Québec; ou - être, depuis au moins douze (12) mois, propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise au sens de la Loi sur la ?scalité municipale (RLRQ c F-2.1), dans une zone d\u2019où peut provenir une demande.Condition supplémentaire aux copropriétaires indivis d\u2019un immeuble et aux cooccupants d\u2019un établissement d\u2019entreprise : - être désigné, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants, comme celui qui a le droit de signer la demande en leur nom et être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant.Condition d\u2019exercice du droit de signer une demande par une personne morale : toute personne morale doit désigner parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 7 mai 2019, est majeure et de citoyenneté canadienne, n\u2019est pas en curatelle, et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue par la loi.Les personnes morales, les copropriétaires et cooccupants doivent produire leur résolution ou leur procuration en même temps que la demande.Elle prend effet lors de sa réception et demeure valide tant qu\u2019elle n\u2019est pas remplacée.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne intéressée à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ c F-2.1).7.ABSENCE DE DEMANDE Ce second projet de résolution contient des dispositions susceptibles d\u2019approbation référendaire.Les dispositions qui n\u2019auront pas fait l\u2019objet d\u2019une demande valide pourront être incluses dans une résolution qui n\u2019aura pas à être approuvée par les personnes habiles à voter.8.CONSULTATION DES DOCUMENTS PERTINENTS Le second projet de résolution peut être consulté, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de- chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Fait à Montréal, le 11 mai 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC RÈGLEMENTS À sa séance du 7 mai 2019, le conseil d\u2019arrondissement a adopté les règlements suivants : - Règlement CA-24-302 intitulé Règlement concernant le droit de visite et d\u2019inspection; - Règlement CA-24-303 intitulé Règlement modi?ant le Règlement sur l\u2019occupation du domaine public relatif aux abribus (CA-24-221) a?n de modi?er l\u2019annexe A pour y introduire des abribus de type marquise.ORDONNANCES Il a édicté à cette même séance les ordonnances suivantes : - B-3, o.598, P-1, o.549, C-4.1, o.241 et CA-24-085, o.139 relatives à la tenue d\u2019événements sur le domaine public (saison 2019, 4e partie, A); - B-3, o.599, P-1, o.550, CA-24-085, o.140, P-12.2, o.145 et 01-282, o.222 relatives à la tenue d\u2019événements sur le domaine public (saison 2019, 4e partie, B); - B-3, o.600, C-4.1, o.243 et P-12.2, o.146 désignant, dans le cadre d\u2019un projet pilote, comme étant une place publique, la rue de Rouen entre la rue du Havre et l\u2019avenue Gascon, du 8 mai 2019 au 10 mai 2020, autoriser l\u2019occupation du domaine public pour permettre l\u2019installation d\u2019équipements d\u2019embellissements; - B-3, o.601 autorisant la tenue des événements au parc Jean-Drapeau pour la période estivale 2019; - P-1, o.551, C-4.1, o.242 et P-12.2, o.147 relatives à la piétonnisation d\u2019une portion de la rue Saint-Paul, entre la rue du Marché Bonsecours et la Place Jacques-Cartier du 26 juin au 24 septembre 2019 et une autre partie entre la rue St-Vincent et Saint-Paul du 6 juin au 24 septembre, autoriser l\u2019occupation du domaine public pour permettre l\u2019exploitation de cafés-terrasses; - CA-24-085, o.141 relative au service de triporteurs dans le Vieux-Montréal; et ce, en vertu des règlements concernant le bruit (R.R.V.M., c.B-3), la paix et l\u2019ordre sur le domaine public (R.R.V.M., c.P-1), la circulation et le stationnement (R.R.V.M., chapitre C-4.1), le civisme, le respect et la propreté (CA-24-085), la propreté et la protection du domaine public et du mobilier urbain (R.R.V.M.c.P-12.2) et l\u2019urbanisme (R.R.V.M., 01-282, article 560).Ces règlements et ces ordonnances entrent en vigueur à la date de la présente publication; ils peuvent être consultés aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM.Fait à Montréal, le 11 mai 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie APPEL D\u2019OFFRES Appel d\u2019offres : 300-189 Descriptif : Travaux de remplacement d\u2019une glissoire à la piscine Ladauversière L\u2019ouverture des soumissions qui était prévue pour le 17 mai 2019 est reportée au 21 mai 2019 à 10 h à la Direction de l\u2019arrondissement de Saint-Léonard, au rez-de-chaussée de la mairie d\u2019arrondissement, située au 8400, boulevard Lacordaire, Saint-Léonard (Québec) H1R 3B1.Montréal, le 11 mai 2019.La Secrétaire d\u2019arrondissement Guylaine Champoux, avocate PROLONGEMENT DES SERVICES SUR LA RUE DAY \u2013 PROLONGEMENT DES CONDUITES D\u2019AQUEDUC ET D\u2019ÉGOUT Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent commander les documents d\u2019appel d\u2019offres sur le site internet du Système Électronique d\u2019Appels d\u2019Offres au www.seao.ca ou par téléphone au 514 856-6600 à compter du vendredi 10 mai 2019.Fait à Paspébiac, le 9 mai 2019 Me Karen Loko, greffière Ville de Paspébiac Direction des services techniques APPEL D\u2019OFFRES AO-2019-02 B 9 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 L Les vertus morales du programme de QS Si la pureté la distingue, la rationalité en valeur ne favorise pas l\u2019atteinte de résultats concrets, selon Max Weber ors de son dernier congrès, Québec solidaire a renoncé au compromis Bouchard- Taylor dans le débat sur la laïcité et a adopté une position beaucoup plus permissive à l\u2019égard du port de symboles religieux par les employés de l\u2019État.Le parti rejette maintenant toute interdiction concernant le port de signes religieux par les employés de l\u2019État, ce qui en fait le parti le plus permissif de l\u2019Assemblée nationale à cet égard.L\u2019article de Mylène Crête qui relate l\u2019événement (« Québec solidaire abandonne le compromis Bouchard- Taylor », Le Devoir, 31 mars 2019) fait mention d\u2019une intervention où une militante invitait l\u2019assemblée à choisir cette option pour être cohérente avec les valeurs du parti.Cette recherche de cohérence et de pureté morale, qui est une constante à QS, peut être analysée sous la lorgnette du sociologue Max Weber, qui a étudié les logiques qui président aux décisions sociales et politiques.Max Weber est le père de la sociologie dite compréhensive.Le but de cette perspective sociologique est de comprendre les motivations éthiques, idéologiques et personnelles qui sont profondément intégrées chez les acteurs sociaux.Ces motivations intersubjec- tives sont constitutives des actions comprises comme des phénomènes sociaux dont il faut rendre compte.Pour la sociologie wébérienne, la société n\u2019est pas étudiée comme un tout déterminé par des structures sociales, mais comme une collectivité qui se définit d\u2019abord par les motivations de ses membres.Ainsi, ce sociologue offre un cadre d\u2019analyse qui permet de jeter un éclairage nouveau sur les choix opérés par les acteurs sociaux.Un des outils d\u2019analyse de Weber est sa catégorisation des motifs de l\u2019action sociale.Selon le sociologue, il existe deux types de rationalité qui se concurrencent pour définir l\u2019action politique : l\u2019action rationnelle en finalité et l\u2019action rationnelle en valeur.La première est plus proche de la définition usuelle de la notion : elle recherche une adéquation entre l\u2019objectif qui est visé et les moyens que l\u2019on déploie pour le réaliser.En gros, les fins visées par des projets rationnels en finalité sont ici cohérentes les unes avec les autres, et les moyens d\u2019y parvenir sont réalistes et efficaces.Par contre, c\u2019est la rationalité en valeur qui inspire avant tout le programme de Québec solidaire.Cette rationalité stipule que les valeurs et les idéaux comptent plus que tout autre paramètre dans l\u2019élaboration des objectifs du parti.L\u2019action rationnelle en valeur « est une action réfléchie ordonnée à des valeurs ou des impératifs éthiques ou religieux » envers lesquels l\u2019individu se sent engagé.« Ce qui la distingue de la précédente est l\u2019absence de prise en compte par l\u2019agent des conséquences envisageables », écrit la philosophe Catherine Colliot- Thélène dans son ouvrage La sociologie de Weber.Cela fait en sorte, à la rigueur, qu\u2019une telle action peut viser divers objectifs qui sont inconciliables.Idéal inclusif Mais pourquoi avançons-nous que Québec solidaire est avant tout inspiré par cette rationalité en valeur ?Constatons d\u2019abord que certains des objectifs de Québec solidaire sont difficilement conciliables.Ses membres viennent de se doter du projet politique le plus permissif en ce qui a trait au port des signes religieux par les employés de l\u2019État.Cette position, vertueuse pour certains, est certes cohérente avec l\u2019idéal inclusif du parti, mais elle est loin d\u2019attirer la sympathie d\u2019un électorat largement gagné à la conception plus ferme de la laïcité défendue par la Coalition avenir Québec et le Parti québécois.Si ce n\u2019était que cela le problème, le parti pourrait effectivement se targuer d\u2019être vertueux et de ne pas sombrer dans de basses considérations électoralistes, mais le problème est que, par ailleurs, le programme dit vouloir mettre en avant une « démocratie participative et inclusive » en remettant à la population québécoise ses pleins pouvoirs dans l\u2019élaboration de la Constitution du pays du Québec, par exemple.Il apparaît difficile de défendre avec autant de conviction une démocratie quasiment directe dans l\u2019élaboration d\u2019un texte de loi fondateur tout en énonçant une politique sur la laïcité qui va à l\u2019encontre de l\u2019opinion de deux tiers des Québécois.Bref, la conception de laïcité permissive et ouverte de QS se concilie très mal avec son idéal démocratique.Ces idéaux incarnent, pour ses membres, une haute valeur morale, mais les chemins pour les accomplir sont tortueux, voire contradictoires.Il en va de même pour le volet économique de ce parti aux velléités socialistes.Sa plateforme électorale promettait la nationalisation de compagnies de transport en commun, de l\u2019énergie éolienne et des mines de lithium.En plus, son programme avance la possibilité de nationaliser les grandes entreprises forestières et l\u2019industrie minière.Outre le coût extravagant de ces nationalisations, on saisit mal comment l\u2019État pourrait financer l\u2019achat d\u2019un secteur aussi polluant que les mines tout en nous assurant, de l\u2019autre main, qu\u2019il fera tout pour diminuer l\u2019empreinte écologique des Québécois.Pour honorer les lourds emprunts liés à une telle nationalisation, il faudrait assurer à ces mines un haut niveau de production, voire un accroissement de leurs activités, un peu comme on l\u2019a fait avec Hydro-Québec.C\u2019est un peu comme si René Lévesque avait voulu convaincre les citoyens des mérites de la nationalisation des compagnies d\u2019électricité en prévenant qu\u2019Hydro-Québec diminuerait la production.Risquons ce dilemme qui n\u2019est qu\u2019à moitié faux : soit les engagements les plus importants de QS ne sont que des paroles en l\u2019air impossibles à concrétiser, soit ils conduiraient à la faillite de l\u2019État québécois, ce qui allégerait effectivement notre bilan d\u2019émissions de gaz à effet de serre.Bref, on peut encore ici se demander si ces nobles idéaux sont conciliables et réalisables.Cohérence Comment expliquer que ce programme politique suscite l\u2019engouement d\u2019une partie non négligeable de l\u2019élite intellectuelle ?C\u2019est que, pour Weber, l\u2019action rationnelle en valeur se définit comme la « croyance en la valeur intrinsèque inconditionnelle \u2014 d\u2019ordre éthique, esthétique, religieux ou autre \u2014 d\u2019un comportement déterminé qui vaut pour lui-même et indépendamment de son résultat ».Il s\u2019agit ici d\u2019un mobile de l\u2019action sociale qui est rationnel dans la mesure où l\u2019acteur social cherche avant tout la cohérence entre sa prise de position et son idéal.Ainsi, on peut comprendre que des citoyens votent pour ce parti avant tout en raison de ses grands idéaux.Il faut accorder que cette rationalité en valeur qui motive les militants de QS est alimentée par une critique pertinente du néolibéralisme.Après toutes les dérives qu\u2019on peut associer au capitalisme globalisé, il est compréhensible que des citoyens éclairés remettent en question la rationalité instrumentale pure qui est à l\u2019œuvre dans ce mode de production économique.Les crises passées, présentes et à venir peuvent justifier cet attachement aux idéaux solidaires.Le problème toutefois est que la rationalité en valeur, à l\u2019œuvre dans cette éthique de la conviction, est comparée par Max Weber à une forme de pensée magique : « Le chrétien fait son devoir et, en ce qui concerne le résultat de son action, il s\u2019en remet à Dieu.» À cet égard, il n\u2019y a qu\u2019un pas à faire entre le cas de figure de ce chrétien puriste décrit par Weber et le rejet de l\u2019entente électorale ponctuelle avec le PQ , sous prétexte que ce parti était néolibéral et raciste.Les militants de cette assemblée souveraine étaient sans doute si convaincus de la pureté de leurs valeurs qu\u2019ils ne voulaient les souiller sous aucun prétexte.Il faut noter qu\u2019au moment même de ce congrès, un sondage créditait l\u2019option politique d\u2019une alliance QS-PQ de 39 % des voix.Cette alliance permettait d\u2019espérer l\u2019élection d\u2019un gouvernement certainement plus équitable et environnementaliste que celui de la CAQ , considérée aujourd\u2019hui par les porte-parole de QS comme une menace pour la planète.Comme quoi, parfois, la pureté morale est un obstacle à l\u2019intérêt général.Raison d\u2019être Max Weber ne renie pas pour autant la rationalité en valeur.Celle-ci donne une raison d\u2019être au politicien, mais elle doit être conciliable avec un pragmatisme certain.Les plus grands hommes politiques sont ceux qui peuvent prêter allégeance à une cause plus grande qu\u2019eux : « Engageant par ses choix le devenir de la nation, [l\u2019homme d\u2019État] prend une responsabilité dont il est comptable devant ses contemporains, et plus encore envers les générations à venir », écrit le sociologue.Il importe de formuler des projets collectifs certes inspirants, mais aussi réalisables et responsables.En guise de conclusion, on doit se réjouir que François Legault et son parti aient accepté de mettre en œuvre un projet de réforme électorale.Avec une représentation plus proportionnelle de nos élus, un parti de convictions comme QS pourrait s\u2019allier à d\u2019autres partis pour contrer le capitalisme sauvage ; avec le Parti libéral, QS pourrait défendre les droits de minorités qu\u2019il juge opprimées.Mais il faudrait que dans ce futur hypothétique, il accepte de tisser des alliances avec des partis qui, moins candides que lui, sont susceptibles de faire avancer la nation vers des objectifs réalisables et non contradictoires.Autrement, on voit mal comment ce programme pourrait en être un de gouvernement.Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.IAN DE VALICOURT Professeur de philosophie au cégep Lionel-Groulx Un des outils d\u2019analyse du sociologue Max Weber est sa catégorisation des motifs de l\u2019action sociale.Selon le sociologue, il existe deux types de rationalité qui se concurrencent pour définir l\u2019action politique : l\u2019action rationnelle en finalité et l\u2019action rationnelle en valeur.ILLUSTRATION TIFFET Ian de Valicourt Des suggestions ?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutri- sac@ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo : www.ledevoir.c om/motcle/le- devoir-de-philo. LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019étude détaillée du projet de loi 12, qui limite le droit à la gratuité scolaire, s\u2019est terminée sans que le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, y apporte d\u2019amendements significatifs et, surtout, sans qu\u2019il tienne compte des objections de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) et du Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE).Le ministre a besoin que le projet de loi 12 soit adopté avant la fin de la présente session, puisqu\u2019il lui permet, par voie de règlement, de définir, à temps pour la prochaine année scolaire, ce qui doit ou non être couvert par les parents pour le matériel et les fournitures scolaires ainsi que pour les sorties éducatives.Le ministre pourra ainsi uniformiser les pratiques, qui pouvaient varier d\u2019une commission scolaire à l\u2019autre, ce qui est déjà une amélioration.On note qu\u2019aucun frais d\u2019administration ou d\u2019admission ne pourra plus être exigé, ce qui était le cas pour certains programmes particuliers ou concentrations.Le ministre a aussi confirmé que l\u2019État paiera deux sorties éducatives par an à tous les élèves.En ce sens, les frais scolaires que les parents paieront sont clarifiés, ce dont la Fédération des comités de parents du Québec s\u2019est réjouie.Cette clarification était nécessaire à la suite de l\u2019action collective intentée par des parents pour frais abusifs, action qui s\u2019était conclue par une entente à l\u2019amiable qui a coûté 153 millions à 68 commissions scolaires.Les chèques, de près de 100 $ par élève, sont parvenus ou parviendront sous peu aux parents visés.L\u2019autre effet du projet de loi 12, c\u2019est celui de pérenniser les frais exigés pour les programmes pédagogiques particuliers offerts par l\u2019école publique, principalement au secondaire.Comme il l\u2019a affirmé lors des consultations entourant le projet de loi 12, Jean-François Roberge est parfaitement à l\u2019aise avec ces programmes qui sélectionnent les élèves.Il l\u2019est un peu moins avec la barrière financière qui empêche les élèves dont les parents n\u2019ont pas les moyens de fréquenter ces programmes.Le ministre a évoqué le rôle que les fondations peuvent jouer pour «favoriser» l\u2019accès à ces programmes, comme c\u2019est le cas à l\u2019heure actuelle.Toutefois, on peut douter que la vente de chocolat, par exemple, soit une stratégie efficace pour pallier la non-gratuité scolaire.En principe, la Loi sur l\u2019instruction publique garantit la gratuité des services éducatifs.Cependant, avec le projet de loi 12, le gouvernement ca- quiste exclut formellement les programmes pédagogiques particuliers des services éducatifs gratuits, ce qui, aux yeux du Conseil supérieur de l\u2019éducation, « peut constituer un recul préoccupant pour les acquis du Québec en matière de justice sociale ».Selon le CSE, un élève sur cinq de l\u2019école secondaire publique est inscrit à un programme particulier reconnu par le ministère, ce qui ne comprend pas les concentrations ou profils lancés à l\u2019initiative de l\u2019école.Les programmes particuliers commandent des frais de scolarité ou autres de 1000 $ à 3000 $ par an, et davantage pour les programmes sport-études.Lors des consultations, la présidente du CSE, Maryse Lassonde, a relevé que seulement 16% des écoles secondaires publiques dont l\u2019indice socioécono- mique est faible proposaient à leurs élèves des programmes particuliers, contre 43% pour les écoles dans des milieux à revenus moyens ou élevés.Populaires auprès des parents, les programmes particuliers ont des retombées positives et contribuent à diminuer le décrochage scolaire.Le CSE se demande alors pourquoi, compte tenu de leurs avantages, ils ne seraient pas aussi offerts aux enfants les plus vulnérables.Pour sa part, la Commission des droits de la personne estime que le projet de loi 12, en avalisant la non-gratuité des programmes particuliers, est discriminatoire.Il contreviendrait à l\u2019article 40 de la Charte des droits et libertés de la personne, qui garantit le droit à l\u2019instruction publique gratuite, ainsi qu\u2019à l\u2019article 10, qui interdit notamment toute discrimination fondée sur la condition sociale.Le projet de loi 12 compromet le principe de l\u2019égalité des chances, qui est au cœur de la Loi sur l\u2019instruction publique, soulève par ailleurs la CDPDJ.Avec légèreté, le ministre fait fi de l\u2019opinion de la CDPDJ, avec laquelle il n\u2019est pas d\u2019accord, et fait peu de cas de l\u2019avis du CSE.Mais il ne pourra pas toujours, comme il l\u2019a fait jusqu\u2019à maintenant, occulter les enjeux liés à la multiplication des programmes particuliers et des concentrations au sein de l\u2019école publique et à la confirmation d\u2019une non-gratuité scolaire qui nuit sérieusement à l\u2019égalité des chances.François Doyon Enseignant en philosophie Le jeudi 9 mai 2019, Manon Massé a dressé un parallèle entre l\u2019opposition au port de signes religieux par les enseignants et l\u2019homopho- bie.Dans les années 1970, a rappelé Manon Massé, « une large partie de la population était convaincue que nous, les gais et lesbiennes, on ne pouvait pas enseigner ou s\u2019occuper des enfants parce qu\u2019on allait les contaminer avec nos différences.Une chance que les politiciens de l\u2019époque et ceux qui ont suivi n\u2019ont pas appuyé leur seul jugement sur les qu\u2019en- dira-t-on, parce qu\u2019aujourd\u2019hui, il manquerait bien des profs ! » La comparaison avec l\u2019orientation sexuelle revient souvent dans les débats sur la laïcité.L\u2019argument consiste à dire qu\u2019on ne peut pas demander sans raison grave à un religieux sincère, bon citoyen, de mettre en question sa foi et de la pratiquer seulement en privé, car, comme pour l\u2019homosexualité, la foi serait constitutive de l\u2019identité des gens et ce serait manquer de sensibilité que de leur demander de nier cette part d\u2019eux ou de les considérer comme de moins bons citoyens à partir de cette différence Cependant, l\u2019homophobie ne ressemble pas suffisamment aux religions et à leurs symboles pour que l\u2019analogie soit pertinente.En comparant l\u2019homosexualité à la religion, Manon Massé compare quelque chose d\u2019inné, qu\u2019on ne peut changer volontairement, à un acquis culturel dont on peut se départir si on en fait le choix.Sa comparaison ne peut tenir la route que si l\u2019on suppose que l\u2019homosexualité est un choix.Or la science sérieuse sait depuis un bon moment déjà que l\u2019orientation sexuelle n\u2019est pas un choix.Elle s\u2019impose à nous, et même si elle peut se modifier au cours d\u2019une vie, ce chan- Bravo Monsieur Johnson ! Lettre en réaction au texte de monsieur Pierre Marc Jonhson Quel plaisir que de vous lire dans ce contexte où, de tous bords, les esprits s\u2019enflamment et les paroles blessent.Votre rappel qu\u2019en démocratie il est impératif que les débats de société soient menés en respectant l\u2019Autre est non seulement apaisant, mais nécessaire.Vous évoquez avec pertinence que pour être profitables, ces débats doivent s\u2019exercer dans la tolérance, la retenue, le respect et la civilité.Plus encore, vous insistez sur la responsabilité de chacun à accepter l\u2019issue du débat.Ainsi, vous affirmez qu\u2019en «\u2026 [dernier recours], il y a lieu de mettre fin aux oppositions et de vivre de bonne foi avec les choix effectués».Que voilà les paroles d\u2019un démocrate sincère! Votre éloquence est empreinte d\u2019une grande sagesse.Merci.Michel Maheu Brossard, le 9 mai 2019 L\u2019interdiction des signes religieux ne peut être comparée à l\u2019homophobie LIBRE OPINION LETTRES FRAIS SCOLAIRES L\u2019égalité des chances bafouée L ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu tiques ».Il n\u2019y a pas de terrorisme gai.L\u2019homosexualité n\u2019est pas une doctrine conservatrice qui remet en question les acquis de la modernité.Il n\u2019y a pas de raison valable d\u2019avoir peur de l\u2019homosexualité.Les homosexuels peuvent évidemment être solidaires des opprimés.Sauf que les religieux ne sont pas opprimés au Canada, ils jouissent au contraire de privilèges, comme celui de pouvoir déclarer publiquement que les homosexuels sont des abominations sans être poursuivis pour incitation à la haine, ou de jouir d\u2019écoles confessionnelles financées par des fonds publics.La comparaison établie par Ma- non Massé entre l\u2019homophobie et les symboles religieux ne tient pas la route.Il est déplorable de voir la porte-parole de Québec solidaire instrumentaliser les homosexuels pour défendre des religions qui s\u2019opposent souvent encore à leurs droits.gement n\u2019est jamais volontaire.Si on pouvait choisir son orientation sexuelle comme on peut choisir de porter le hidjab, les personnes homosexuelles voulant changer d\u2019orientation ne se suicideraient pas en si grand nombre.Préjugé En comparant l\u2019homosexualité à quelque chose que l\u2019on peut choisir librement, Manon Massé propage un préjugé de la droite la plus rétrograde.Plusieurs conservateurs de droite croient en effet que l\u2019orientation sexuelle est un choix, afin de rendre les homosexuels responsables de ce qu\u2019ils considèrent comme un désir pervers, voire satanique.L\u2019homosexualité est pour eux un péché, et par définition un péché doit être choisi librement.Il y a plusieurs autres différences entre l\u2019identité religieuse et l\u2019orientation sexuelle.Les désirs physiologiques ne sont pas des convictions profondes « authen- En comparant l\u2019homosexualité à la religion, Manon Massé compare quelque chose d\u2019inné, qu\u2019on ne peut changer volontairement, à un acquis culturel dont on peut se départir si on en fait le choix terdire le port de signes religieux aux juges, procureurs, policiers et gardiens de prison.Il avance que la confiance à l\u2019endroit de notre système de justice pourrait être perturbée aux yeux des justiciables éventuels \u2014 des personnes adultes \u2014 si ces différents acteurs de notre système de justice portaient des signes religieux.En d\u2019autres termes, monsieur Bou- chard présume que des justiciables pourraient être victimes de leurs préjugés à l\u2019endroit de notre système de justice s\u2019ils devaient faire face à des acteurs de ce système qui portent des signes religieux.Jusqu\u2019à maintenant, monsieur Bouchard n\u2019a toutefois pas établi le bien-fondé de sa position en s\u2019appuyant sur des « données scientifiques ».Sa position émane d\u2019une opinion découlant, principalement peut-on supposer, de son expertise en histoire et en sociologie.Cette opinion n\u2019est donc pas fondée scientifiquement.Étonnamment, Gérard Bou- chard exige que lui soient présentées des «preuves scientifiques» pour étendre l\u2019interdiction du port de signes religieux aux enseignants.Il avance que les enfants et les adolescents sont «indifférents» \u2014 terme qu\u2019il a utilisé \u2014 au port de signes religieux chez leurs enseignants.Il n\u2019a pas fait part de preuves à l\u2019appui de ses dires.À l\u2019encontre des psychologues et des pédagogues, et du commun des mortels, monsieur Bouchard avancerait donc que le passage progressif du stade de l\u2019enfance au stade de l\u2019adulte chez les êtres humains s\u2019accompagnerait d\u2019une dépendance croissante des influences extérieures.Davantage que les enfants et adolescents, les justiciables adultes auraient besoin d\u2019être protégés contre les influences extérieures et donc, en l\u2019occurrence, de signes religieux portés par les acteurs du système de justice.Sa pensée est très difficile à suivre.Il est à noter au passage que les personnes qui s\u2019opposent au projet de la loi 21 ne se sont pas longuement attardées au fait que les personnes qui tiendraient absolument à porter leur signe religieux n\u2019auraient pas accès à plus de vingt mille emplois que représentent les juges, procureurs, policiers et gardiens de prison.Ce n\u2019est pourtant pas là un nombre négligeable d\u2019emplois.Gérard Bouchard non plus n\u2019a pas fait état des conséquences de sa position sous cet aspect.L\u2019accès à des emplois ne devrait donc pas constituer le considérant le plus pertinent dans les débats qui ont cours à propos du projet de loi 21.À noter également que devant le tribunal, les procureurs n\u2019ont ni autorité ni pouvoir de coercition.Leur intervention est à la merci du juge ou des juges, seul(s) maître(s) à bord.André Juneau Québec, le 9 mai 2019 Bouchard n\u2019a pas « prouvé » le bien- fondé de sa position Gérard Bouchard propose d\u2019in- ROBERT DUTRISAC B 11 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 MAI 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Les voies pas si ensoleillées que ça L \u2019avocate Marie Henein a commencé sa conférence de presse, qui suivait la suspension mercredi par la Couronne de l\u2019accusation d\u2019abus de confiance contre son client, le vice-amiral Mark Norman, en remerciant son équipe entièrement féminine.« Heureusement, le vice-amiral Norman n\u2019a pas congédié les femmes qu\u2019il avait engagées », a-t-elle laissé tomber.Son commentaire, livré sur un ton moqueur, n\u2019est pas passé inaperçu.Rappelant l\u2019évincement du caucus libéral des anciennes ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Phil- pott par le premier ministre Justin Trudeau, il soulignait le dénominateur commun entre l\u2019affaire SNC-Lavalin et la saga du vice-amiral Norman, qui avait lui aussi été victime d\u2019une campagne de dénigrement.Le comportement vindicatif de M.Trudeau et de son entourage fut au centre de l\u2019intrigue.Le côté revanchard du premier ministre serait même à l\u2019origine des deux scandales.Mme Wilson-Raybould a prétendu qu\u2019elle avait été limogée de son poste de ministre de la Justice en janvier dernier parce qu\u2019elle a refusé de céder à la pression exercée sur elle par M.Trudeau (et par ceux qui parlaient en son nom) afin d\u2019infirmer une décision de la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel.Cette dernière avait porté des accusations de corruption contre SNC-Lavalin liées au versement de pots-de-vin en Libye, alors que le bureau du premier ministre aurait préféré conclure un accord de remédia- tion avec l\u2019entreprise afin d\u2019éviter une condamnation qui priverait SNC-Lavalin du droit de soumissionner sur les contrats fédéraux.Mme Wilson-Raybould avait refusé d\u2019intervenir, prétextant l\u2019indépendance de l\u2019appareil juridique, et aurait ainsi suscité l\u2019ire du premier ministre.Mme Philpott, qui avait démissionné du Conseil des ministres en solidarité avec sa collègue, fut la prochaine cible de M.Trudeau.Le vice-amiral Norman avait été suspendu de ses fonctions au début de 2017.Sa suspension suivait une plainte du bureau du premier ministre auprès de la GRC concernant une fuite d\u2019informations confidentielles entourant la décision du cabinet libéral de réévaluer un contrat naval accordé en 2015 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.Le contrat pour un navire de ravitaillement avait été accordé sans appel d\u2019offres au chantier maritime Davie en raison de l\u2019urgence des besoins des forces navales canadiennes.Selon les libéraux, ils voulaient simplement vérifier si les conservateurs avaient fait le bon choix.Or, il s\u2019est avéré que la compagnie néo-brunswickoise Irving, qui a longtemps cherché à éliminer son concurrent québécois, faisait du lobbyisme auprès des ministres libéraux pour faire annuler le contrat accordé à Davie.Le président du Conseil du Trésor de l\u2019époque, le député néo-écossais Scott Brison, aurait milité pour que le contrat soit accordé au chantier maritime d\u2019Irving à Halifax.La vérité sortira sans doute un jour.Tout ce que l\u2019on sait pour l\u2019instant, c\u2019est que le bureau du premier ministre était déterminé à identifier la source de la fuite.Avant même que la GRC ait accusé le vice-amiral Norman, M.Trudeau avait publiquement déclaré que l\u2019affaire serait « inévitablement » réglée en cour.Il s\u2019agissait d\u2019une déclaration inappropriée de la part d\u2019un premier ministre.Mais M.Trudeau était déterminé à faire un exemple du vice-amiral Norman, quitte à détruire la réputation du numéro deux de l\u2019état-major, qui avait jusque-là mené une carrière exemplaire longue de plus de 35 ans.Était-il allé trop loin ?Quoi qu\u2019il en soit, le vice-amiral Norman n\u2019allait pas se laisser intimider.Il a embauché Mme Henein, considérée comme la meilleure avocate de la défense au Canada.Elle a allégué que de l\u2019ingérence politique a été à l\u2019origine de l\u2019accusation portée contre son client.Connue pour ses contre- interrogatoires impitoyables, Mme Henein promettait d\u2019appeler comme témoin lors d\u2019un procès éventuel non seulement M.Brison, mais aussi l\u2019ancien secrétaire principal de M.Trudeau, Gerald Butts, ainsi que l\u2019ancien greffier Michael Wernick.Le tout devait se dérouler à partir d\u2019août prochain, soit en pleine campagne électorale fédérale.La décision prise cette semaine par le bureau de Mme Roussel de suspendre les procédures contre le vice-amiral Norman, prétendant qu\u2019il n\u2019existait plus de perspective raisonnable d\u2019une condamnation, épargnera au gouvernement Trudeau l\u2019épreuve qu\u2019aurait constitué un procès avec Mme Henein à la barre.Mais le premier ministre n\u2019est pas sorti du bois.Le vice- amiral Norman promet de livrer bientôt sa version des événe- ments.Et les conservateurs ne lâcheront pas pour autant le morceau.Ils y voient un autre exemple d\u2019abus de pouvoir et d\u2019intimidation de la part du bureau du premier ministre.Alors que M.Trudeau s\u2019est souvent vanté d\u2019être un homme de consensus, qui encourage l\u2019expression une diversité d\u2019opinions au sein de gouvernement, la réalité serait toute autre.Comme quoi les voies ensoleillées ne s\u2019étendraient pas jusqu\u2019en coulisses.Pierre Desjardins Philosophe Lorsqu\u2019un peuple assume fièrement son identité socio-économique, les manifestations culturelles et religieuses étrangères ne posent pas problème et sont plutôt perçues comme venant enrichir le fonds culturel commun.Toutefois, lorsque ce n\u2019est pas le cas, ces expressions sont vues comme de la provocation et peuvent même engendrer le rejet pur et simple des nouveaux arrivants.On a vu cela en France.C\u2019est alors que ces nouveaux venus se regroupent en ghettos.Dans le cas des immigrants de la région de Montréal toutefois, c\u2019est différent.Ils préfèrent s\u2019intégrer à la culture anglo-cana- dienne dominante.Notons qu\u2019à ce jeu, le Québec francophone perd déjà une grande partie de ses immigrants à la faveur de la communauté anglo- canadienne.Lors de la commission Bouchard- Taylor, il est apparu que ce n\u2019était pas tant le statut des cultures et religions étrangères qui posait problème chez nous, mais plutôt le statut de la culture québécoise qui, incidemment, dans le vaste fouillis de la fédération canadienne, se cherche toujours une place.Aussi, ainsi privés d\u2019une identité reconnue constitutionnellement, les Québécois s\u2019en prennent régulièrement aux minorités culturelles et religieuses.Alors que la population québécoise n\u2019a toujours aucun papier officiel pour prouver qu\u2019elle existe et forme une nation distincte, elle ne voit pas en effet pourquoi ces gens, possédant le statut d\u2019immigrants canadiens, auraient le droit de les narguer sur leur propre territoire.Or, tel que présenté par le gouvernement Legault, le projet de loi 21 sur la laïcité de l\u2019État est l\u2019expression même de ce mal identitaire qui nous ronge.Rappelons d\u2019abord aux jeunes élus du gouvernement Legault que la séparation entre l\u2019Église et l\u2019État est chose faite depuis au moins cinquante ans au Québec.Férus de cette ignorance, qui sont-ils donc pour présenter une Loi sur la laïcité ?Et plus largement, en vertu de quels principes les immigrés devraient-ils tout à coup être tributaires de vertus que nous n\u2019assumons même pas nous- mêmes ?Car, tant et aussi longtemps qu\u2019on ne rouvrira pas le dossier constitutionnel, notre statut comme nation québécoise restera indéfini.Populisme de bas étage Dans pareil contexte, le projet de loi 21 s\u2019apparente plutôt à du populisme de bas étage, l\u2019affirmation soudaine et inutile de la laïcité de l\u2019État faisant ici office d\u2019écran de fumée pour cacher l\u2019incapacité chronique du Québec à se situer politiquement.La vraie question qui se pose dans tout ce débat n\u2019est pas tellement de savoir si les femmes musulmanes peuvent garder le voile à leur travail, mais plutôt celle de savoir si leurs enfants auront le goût de s\u2019intégrer à la société québécoise et n\u2019auront pas, eux, à porter ce symbole religieux d\u2019un autre âge.Pour l\u2019instant, il est pour le moins prétentieux de penser que le Québec réglera le problème de l\u2019infériorité de la femme musulmane en lui arrachant sauvagement le voile de la face.Donnons plutôt à celle-ci et à ses descendants l\u2019occasion de voir ce qu\u2019un Québec rayonnant et qui s\u2019assume a à offrir.C\u2019est sur des générations et en douceur que l\u2019intégration des nouveaux arrivants doit se faire et non pas par la force.D\u2019ici là, il est clair que, si la loi 21 est adoptée, nous nous retrouverons collectivement sur le terrain glissant de la discrimination et du racisme.Avant que cette situation ne se produise, j\u2019en appelle à la raison pour que l\u2019on boycotte cette commission parlementaire bidon.Alors que, pour le gouvernement Legault, les dés sont déjà jetés quant au port du voile, pourquoi aller plus loin avec cet exercice nauséabond ?Rappelons que, chez les Grecs, la polis, c\u2019est-à-dire l\u2019organisation de la cité- État, était un pouvoir qui n\u2019avait qu\u2019un but : favoriser le mieux-être des membres de la cité ! Utiliser cette polis autrement que pour le bon fonctionnement de la cité, par exemple en créant de la zizanie et des tensions inutiles dans la population, était pour eux un non-sens.Cela ne pouvait que mettre en péril le bon ordre social.Suivant cet héritage, c\u2019est l\u2019ensemble des citoyens qui doivent immédiatement se mobiliser.Car participer à cette comédie de mauvais goût, c\u2019est avaliser une initiative totalitaire qui, dans un contexte démocratique, n\u2019a pas sa place ! Savoir dire non à la commission parlementaire sur le projet de loi 21 André Poupart Professeur honoraire à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal De 1867 à 1982, les Canadiens se sont vus à travers le fantasme des deux peuples fondateurs, des deux nations.Fantasme dès l\u2019origine, car les quatre futures provinces du Canada étaient représentées par environ 34 pères de la Confédération, dont quatre Canadiens français du Bas-Canada.Mais fantasme utile, car il permettait de confondre l\u2019illusion de l\u2019égalité des peuples fondateurs et la réalité de l\u2019accaparement du pouvoir réel par le gouvernement central.Si le fantasme a été perçu de manière plus forte au Québec, il n\u2019a pas été absent du reste du Canada.Les Ukrainiens de l\u2019Ouest, entre autres, l\u2019ont très bien compris et ont lutté contre une conception du Canada bilingue et biculturel (V.Lapointe-Gagnon, Panser le Canada) pour le plus grand bonheur du « Rest of Canada ».Le mythe a éclaté en 1982 lors du rapatriement, contre la volonté du Québec, de la Constitution assortie d\u2019une nouvelle Charte canadienne des droits et libertés.L\u2019un des peuples fondateurs est devenu une simple minorité, le multiculturalisme devenant l\u2019idéologie d\u2019intégration graduelle de toutes les minorités à la langue et à la culture anglo-canadienne dans un Canada dit postnational ! Sous l\u2019empire de la Charte canadienne des droits et libertés, qui a priorité sur toutes les lois adoptées par le Parlement canadien, par les assemblées législatives des provinces et par l\u2019Assemblée nationale du Québec y compris la Charte des droits et libertés de la personne, tous les citoyens canadiens deviennent égaux selon l\u2019interprétation de la Cour suprême du Canada.Le modèle est celui de la tolérance ; le Canada devenu postnational, mais selon un modèle anglo-saxon, reconnaît dans l\u2019espace public les convictions religieuses personnelles affirmées par tous ses citoyens qui respectent l\u2019ordre public général du Canada.Celui-ci est défini par l\u2019autorité politique suprême du Canada, soit par le pouvoir judiciaire ultimement représenté par les neuf juges de la Cour suprême, qui décident selon les termes de la Constitution à partir de « principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit », interprétés par eux-mêmes.Accroc à la cohérence La clause dérogatoire intégrée à la Constitution de 1982, à la demande de premiers ministres de l\u2019Ouest canadien, permet de déroger à l\u2019ordre constitutionnel canadien.Elle implique une rupture avec le nation building canadien, auquel la Cour suprême contribue.Cet accroc à la cohérence et à l\u2019uniformité de l\u2019interprétation de la Cour, tout en étant reconnu par la charte elle-même, est dénigré par certains.L\u2019exercice de ce droit serait une manifestation d\u2019intolérance, de racisme et, dans notre cas particulier, d\u2019islamophobie et d\u2019antisémitisme.La question qui se pose est la suivante: « N\u2019y a-t-il qu\u2019une seule conception de la liberté et, notamment, de la liberté de religion qui soit acceptable eu égard aux normes internationales?» Les juges minoritaires opposés à la décision de la Cour suprême (R.c.N.S., (2012) 3 R.C.S.726) favorable au droit d\u2019une femme musulmane à porter le voile (niqab) dans un procès public sont-ils des isla- mophobes ?Les pays anglo-saxons qui adoptent une politique de tolérance envers les minorités savent bien, par leur expérience, que c\u2019est le détenteur du pouvoir qui fixe les limites de la tolérance.Le minoritaire est toléré, tant qu\u2019il ne met pas en péril les privilèges de la majorité.Quand ses intérêts sont menacés, le Pouvoir érige un mur le long du Rio Grande ou déplace ses frontières hors de son territoire, jusqu\u2019à Calais.De telles décisions scandaleuses de la part d\u2019une minorité deviennent acceptables de la part de pouvoirs prépondérants.Au Québec, ce sont les loyalistes qui, par la création des Cantons-de-l\u2019Est, ont refusé de cohabiter avec les francophones catholiques et papistes.Au Canada, les Métis de l\u2019Ouest ont été massacrés pour éviter que l\u2019Ontario soit coincé entre deux provinces francos et papistes (Jean Morisset, Sur la piste d\u2019un Canada errant).Le Québec, nation et société distincte, qui par une loi sur la laïcité déroge à la politique canadienne, n\u2019est pas de ce seul fait raciste et islamophobe.Il lui appartient d\u2019adopter des normes qui soient respectueuses des droits fondamentaux comme l\u2019ont fait de nombreux pays qui ont opté pour une forme de laïcité en fonction de leurs intérêts.Alors que la Cour canadienne a adopté un test essentiellement fondé sur la conscience individuelle, la Cour européenne des droits de l\u2019Homme a retenu une perspective plus large qui tient compte de l\u2019intérêt de l\u2019inclusion dans la société d\u2019accueil (affaire Osmanoglu et Kocabas c.Suisse).Elle n\u2019est pas pour autant islamophobe.Pour certains, il n\u2019y aurait que la perspective de la Cour suprême du Canada qui vaille.La discussion est close lorsqu\u2019il n\u2019y a que le dénigrement et le mépris qui tiennent lieu d\u2019arguments.D\u2019autres peuvent penser que si le Québec peut adopter, en se prévalant de la disposition de dérogation, une loi sur la laïcité incompatible avec l\u2019interprétation de la liberté de religion adoptée par la Cour suprême, cette loi doit être respectueuse des standards internationaux.La discussion reste ouverte pour la recherche et l\u2019atteinte de cet objectif.Nous sommes passés d\u2019un régime démocratique à un État de droit, mais la démocratie existe encore et le demos, le peuple qui n\u2019est pas uniquement porteur des pires excès, peut heureusement encore s\u2019exprimer.Si les mots « nation québécoise » et « société distincte » ont un sens, le Québec doit pouvoir manifester le caractère distinctif de la nation qu\u2019il constitue.Ce faisant, selon les normes internationales reconnues, il deviendra un Autre tout aussi respectable que tous les Autres.CANADA Vous avez dit société distincte ?Privés d\u2019une identité reconnue constitutionnellement, les Québécois s\u2019en prennent régulièrement aux minorités culturelles et religieuses D\u2019autres peuvent penser que si le Québec peut adopter, en se prévalant de la disposition de dérogation, une loi sur la laïcité incompatible avec l\u2019interprétation de la liberté de religion adoptée par la Cour suprême, cette loi doit être respectueuse des standards internationaux.KONRAD YAKABUSKI Les conservateurs ne lâcheront pas pour autant le morceau.Ils y voient un autre exemple d\u2019abus de pouvoir et d\u2019intimidation de la part du bureau du premier ministre. 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