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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-05-13, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 105 / LE LUNDI 13 MAI 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM SANTÉ Les jeunes trans surreprésentés chez les itinérants de la métropole Taux de suicide, toxicomanie et itinérance explosent chez les jeunes trans et non binaires.Montréal vient de se doter d\u2019une clinique de rue pour mettre fin à cette spirale infernale et combler un manque criant dans les services de santé.INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès .A4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Société .B3 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 ACTUALITÉS Éducation à la sexualité : le malaise persiste chez les enseignants | A 3 CULTURE Il y a 35 ans naissait le Festival international de musique actuelle de Victoriaville | B 8 URBANISME Les rues partagées, ou comment faire cohabiter piétons et automobiles sur les artères commerciales | B 5 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.La grande histoire qui s\u2019écrit au quotidien en Algérie depuis le début du mouvement populaire bouleverse aussi les plus petites.De Rimouski à Alger, Mehdi Amir voit désormais son destin se synchroniser avec celui du pays qui l\u2019a vu naître.Rencontre.PAGE A 8 JACQUES NADEAU LE DEVOIR De Rimouski à Alger À LIRE.LA CHRONIQUE DE FRANÇOIS BROUSSEAU EN PAGE B 1.VOIR PAGE A 4 : EUROPE ISABELLE PARÉ LE DEVOIR C \u2019est l\u2019histoire d\u2019une chute qui n\u2019en finit plus.D\u2019abord, l\u2019intimidation à l\u2019école, les notes qui dégringolent, l\u2019abandon scolaire, puis le départ pour la grande ville, où tout devrait mieux aller.Mais la souffrance sourde continue de coller à la peau.Un jour, tout bascule : tentative de suicide, transport à l\u2019urgence, déboulant en zigzag dans les dédales d\u2019un système de santé, plus habitué à traiter les crises cardiaques que la détresse identitaire.« Tous mes amis ont eu des idées suicidaires.Mais on dirait qu\u2019il n\u2019y a pas de place pour nous dans le système de santé.Moi, j\u2019ai eu de l\u2019aide.Eux, ils n\u2019ont pas de médecin ou de psy qui les comprennent, et ils commandent leurs médicaments sur Internet », affirme Sabrina, une jeune femme trans de 24 ans, qui a réchappé d\u2019une longue dégringolade.Sabrina fait partie des 25 jeunes qui ont pu compter depuis janvier sur la nouvelle Clinique Trans, ouverte en janvier dernier par le CIUSSS du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal, dans le cadre du programme destiné aux jeunes de la rue.En décembre 2017, la Dre Anne-Sophie Thomme- ret-Carrière, omnipraticienne à la Clinique Jeunes de la rue, se heurte pour la première fois à cette réalité.«Mon premier patient est arrivé en medisant: \u201cJe ne suis bien nulle part, je vais mesuicider.Faites quelque chose.\u201d», dit-elle.Un patient rebuté par un système de santé qui n\u2019a pas pris au sérieux son appel à l\u2019aide, sa demande pour recevoir des hormones et pour mettre fin à l\u2019incompatibilité entre son sexe à la naissance et son identité de genre.« Il y a des personnes trans qui décèdent par suicide sur les listes d\u2019attente pour obtenir l\u2019hormonothérapie, lance la Dre Thommeret.Ce n\u2019est pas une maladie, être trans, c\u2019est la dysphorie qui crée la souffrance, et c\u2019est ça qu\u2019il faut traiter rapidement ! » VOIR PAGE A 4 : TRANS Sabrina est au nombre des 25 jeunes qui comptent depuis janvier sur les services offerts par la nouvelle Clinique Trans.JACQUES NADEAU LE DEVOIR CHRISTIAN RIOUX À STRASBOURG LE DEVOIR « On va lui filer une gifle.Comptez sur nous pour mettre un peu d\u2019animation ! » Richard Rico est arrivé le premier.Sous un ciel fâché, les portes du Palais de la musique n\u2019étaient pas encore ouvertes qu\u2019il était déjà sur le coin avec son gilet jaune dissimulé dans un sac pour éviter les contrôles de police.Pas question de rater la grande assemblée du groupe d\u2019Emmanuel Macron (Renaissance) à Strasbourg.À deux semaines des élections européennes, cet homme de 63 ans actif dans le mouvement coopératif alsacien a été sur tous les ronds- points.« Je veux dire à Macron qu\u2019au-delà des \u201ccadeaux\u201d, on veut surtout qu\u2019il nous respecte.Le peu d\u2019argent qu\u2019il avait, il nous l\u2019a donné.Mais, le mépris lui, n\u2019a pas disparu ! » À 14 jours du scrutin, le président français se pose plus que jamais en fer de lance de la lutte contre les populismes.Alors qu\u2019en France Macron et Le Pen sont au coude-à-coude, cette fin de campagne prend de plus en plus l\u2019allure d\u2019un duel qui l\u2019oppose à Marine Le Pen et à son allié italien, le ministre de l\u2019Intérieur, Matteo Salvini.Une sorte de campagne présidentielle bis, disent les observateurs, où le président pourrait jouer la fin de son quinquennat et l\u2019intégration européenne prendre une direction radicalement différente.L\u2019assemblée de Strasbourg a d\u2019ailleurs des allures de meeting présidentiel.En moins flamboyant.Même fond sonore en anglais.Mêmes t-shirts où les organisateurs s\u2019affichent fièrement comme des membres du « staff ».La moitié des représentants des partis frères venus d\u2019Allemagne, de Hongrie, d\u2019Italie, d\u2019Autriche et de Belgique s\u2019exprimeront en anglais.Sans traduction dans une ville, où la première langue seconde serait plutôt\u2026 l\u2019allemand.Ils sont tous venus faire bloc autour de la tête de liste, l\u2019ancienne ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, ÉLECTIONS EUROPÉENNES Un duel sur fond de populisme DIES SAIU IL KOIN x IL CG AE POURVOHE, ch SE 1S olrl JQ JQ A0 10 0p a 0 C pol og 0 \"TZ | \u2014 pt Ie | « ) { ] C 3 LU Lt JU VU 5 Un.blus,pourvotre croissance ef OE ETSIO VOUS à u'o oeil peut vous aide financlerement T SE a1es=\\vo pes > consommation de noffe ene ei er, ft Su TOR v CCOUVTE le LX SECIISPIERSISII SE Sie EEEV www.hvdro var uebec*com/solutionsefficaces ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 13 MAI 2019 Les invisibles À l\u2019heure où ma gorge est enflammée par la faim du matin, elle est déjà passée depuis longtemps.Madame Vanasse passe en coup de vent, bien avant que l\u2019astre qui porte la lumière sur terre ne se montre.Je ne la connais pas.Ce n\u2019est même pas une ombre, mais elle donne pourtant de la consistance à mes journées puisque c\u2019est elle qui vient me livrer mes journaux quotidiens.Jusqu\u2019à la semaine dernière, je ne savais pas même son nom.Vous l\u2019apprenez presque en même temps que moi.Elle s\u2019appelle Diane.Diane Vanasse.Je ne l\u2019avais jamais vue.Après 18 ans de service, elle est venue nous dire qu\u2019elle s\u2019en va.Elle tenait à faire savoir à ses clients que c\u2019était fini, qu\u2019elle était presque partie déjà.À tous, elle a distribué un petit mot pour l\u2019expliquer.La nuit, va-t-elle enfin pouvoir dormir ?À compter du 20 mai, elle n\u2019aura plus, en tout cas, à être debout à minuit et demi, ni à se coucher en fin d\u2019après-midi.Nos vies sont faites d\u2019un fragile pointillé que tout peut effacer.Qui retient ce qui s\u2019est passé, sinon le temps seul ?Dans quelques jours, ce sera l\u2019heure de mettre un point final à son travail.Je l\u2019ai trouvée chez elle.Je lui ai parlé.Elle était un peu surprise.Et moi aussi, finalement, parce que je ne savais pas trop quoi lui demander, pour commencer.Il y a deux décennies, elle a perdu son emploi.Depuis, on ne dit plus « perdre son emploi ».On use de circonlocutions.On dit qu\u2019il a fallu « moderniser », « restructurer », « libéraliser », « externaliser », tout en faisant volontiers croire que l\u2019individu demeure, malgré tout, seul responsable de son autonomie, valeur suprême et norme des sociétés contemporaines.Toujours est-il que, sans emploi, Diane Vanasse a décidé d\u2019accepter de livrer les journaux.Quand j\u2019étais petit, je me souviens d\u2019enfants qui faisaient ce travail autour de moi, avec leur gros sac de toile ciré, un peu comme un jeu, du moins par beau temps.À Kingston, en Ontario, mes cousins distribuaient, chaque matin, les journaux en patins à roulettes, au son d\u2019une musique disco.Mais ce n\u2019est plus un jeu d\u2019enfants depuis longtemps, ces livraisons de l\u2019aube.Il vous faut, pour commencer, une auto.Diane Vanasse avait accepté ce travail en attendant de trouver mieux.Pourquoi pas ?Le temps qu\u2019il faut pour amasser un peu d\u2019argent.Le temps qu\u2019il faut pour reprendre le dessus, pour empêcher l\u2019univers de vous écraser.Le temps, en somme, de se prouver qu\u2019on a le désir de durer.Livrer des journaux n\u2019était pas son premier choix.Mais qu\u2019est-ce qu\u2019on choisit vraiment ?Il faut bien vivre.« On reçoit un chèque aux deux semaines.» Comme les autres camelots, Diane Vanasse touche treize sous pour chaque exemplaire de journal livré.« Plus un peu d\u2019argent pour le gaz.Pas grand- chose, parce qu\u2019on fait pas du gros millage.» Ce n\u2019est pas là un salaire qui donne envie.Pourtant, son travail s\u2019avère essentiel à ma vie.À la vôtre aussi, peut-être.Se lever avant une heure le matin pour pouvoir composer avec deux trajets de livraison, ce n\u2019était pas fait pour elle.Il y a deux décennies, quand elle a commencé, Diane Va- nasse a tout de suite compris que ce travail de fou, elle ne le supporterait pas plus d\u2019une semaine.On l\u2019a mise au défi de tenir, dit-elle.Elle a tenu.Une semaine d\u2019abord, puis deux, puis un mois, deux mois, une année\u2026 « C\u2019était si prenant qu\u2019ensuite, il n\u2019était plus possible de partir ».Le journal doit être livré au plus tard à 7 heures.Avec Diane Vanasse, il est toujours là beaucoup plus tôt, assez tôt pour ne jamais la croiser, pour ne rien déranger de la vie d\u2019une maisonnée.Nous sommes dans une société de services.Il est facile, quand on est aussi bien servi, de s\u2019imaginer qu\u2019on ne vit pas dans une société de servitudes.« Ceux qui font ça, en général, n\u2019ont pas de famille.Ce n\u2019est pas possible, travailler la nuit, comme ça, avec des enfants.» Surtout qu\u2019il n\u2019y a jamais personne pour vous remplacer.Il y a, depuis un moment, une pénurie de camelots.« Cet hiver, bien que ça ait été très difficile à cause de la météo, de la glace, tout ça, il n\u2019y a pas eu beaucoup de blessés.Les autres années, il y en a eu beaucoup.» Tôt le matin, les escaliers ne sont pas déneigés.Les trottoirs non plus.On glisse.On se fait mal.« Pas grand monde veut faire ça.» Des projets pour cette retraite ?Prendre des vacances.Rien d\u2019extravagant du tout.« Je n\u2019ai jamais pris de vacances.Jamais.Je trouvais ça trop difficile, être remplacée.C\u2019est nous qui sommes responsables de notre remplaçant.» Pas facile d\u2019en trouver un.Il faut expliquer à quelqu\u2019un d\u2019autre ce que le corps, au fil du temps, a appris dans une suite d\u2019automatismes qui ne s\u2019enseignent pas.Des congés, Diane Vanasse n\u2019aura connu que la poignée de jours fériés.Et des dimanches.« Je n\u2019ai jamais manqué une journée.Une fois, je me suis fait une entorse.Un neveu est venu m\u2019aider.» Maintenant, elle aura du temps pour aller visiter sa parenté, dit-elle.Peut-être même pour aller un peu en Floride, voir des gens.Et puis elle veut s\u2019abonner au Devoir.Celui du samedi.Combien de gens, telle Diane Vanasse, habitent nos vies, sans pour autant qu\u2019on les voie, sans qu\u2019on fasse trop attention à eux ?Combien de gens acceptent, contre quelques sous, de rendre notre quotidien plus riche ?Ils sont partout autour de nous, mais ils ne laissent pas de traces, car on s\u2019emploie à faire comme s\u2019ils n\u2019en laissaient pas\u2026 Même si, pour bien vous le dire, il est tout de même un peu tard, je voulais vous dire merci, Madame Vanasse.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Diane Vanasse avait accepté ce travail en attendant de trouver mieux.Pourquoi pas ?Le temps qu\u2019il faut pour amasser un peu d\u2019argent.Le temps qu\u2019il faut pour reprendre le dessus, pour empêcher l\u2019univers de vous écraser.Le temps, en somme, de se prouver qu\u2019on a le désir de durer.Les élèves doivent maintenant recevoir chaque année cinq heures de cours d\u2019éducation à la sexualité au primaire et quinze heures au secondaire.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR CAROLINE PLANTE À QUÉBEC LA PRESSE CANADIENNE « Ça ne passe pas.» Dur constat que fait la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE), neuf mois après le retour du cours d\u2019éducation à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires du Québec.Les enseignants sont toujours mal à l\u2019aise d\u2019enseigner cette matière délicate, pour laquelle ils ne se considèrent pas comme des experts, selon la présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini.En entrevue à La Presse canadienne, elle a déclaré en vouloir au précédent gouvernement libéral d\u2019avoir rendu ce contenu obligatoire, sans vraiment consulter les enseignants, qui au- jourd\u2019hui éprouvent des difficultés.Le gouvernement Couillard avait annoncé fin 2017 qu\u2019il ramenait le cours d\u2019éducation sexuelle \u2014 aboli lors de la réforme de 2003 \u2014 et le rendait obligatoire dès l\u2019automne 2018, dans la foulée du mouvement #MoiAussi.Des réticences exprimées par des parents et des enseignants ont ralenti l\u2019implantation du cours, mais le nouveau gouvernement caquiste a persisté et décidé que le programme contenait des notions « primordiales pour nos jeunes ».Neuf mois plus tard, les enseignants sont pris avec cette tâche dont ils ne voulaient pas, selon Mme Scalabrini, et ils ne savent pas s\u2019ils parviendront à enseigner les 5 à 15 heures d\u2019éducation sexuelle.« On est arrivé avec une solution qui nous est venue d\u2019en haut, qui a été improvisée, qui n\u2019a pas été préparée et on a obligé les enseignants à aller enseigner dans du \u201cmur-à-mur\u201d », a-t- elle déploré en entrevue téléphonique, en précisant pourtant être en faveur de l\u2019éducation à la sexualité.Au départ, les enseignants ne devaient pas être forcés à donner le cours ; d\u2019autres intervenants, comme des travailleurs sociaux, pouvaient aussi le dispenser.Il appartenait aux écoles de déterminer le moment et la manière pour offrir ces cours.Or, sur le terrain, c\u2019est une tout autre histoire, selon la chef syndicale.Les écoles ont très peu de latitude, la grille- matières du régime pédagogique étant déjà suffisamment remplie, et il n\u2019y a pas d\u2019argent pour embaucher des intervenants externes.« Tu ne peux pas faire ça le midi avec une activité si tu veux couvrir tous les élèves, tu ne peux pas en faire une semaine thématique, donc la solution pour tous les milieux ça a été de dire : \u201cBien, c\u2019est les enseignants qui vont le faire.[\u2026] Oui, mais on va retirer quoi ?\u201d » Mm e Scalabrini rapporte que ses membres ne se sentent pas « à l\u2019aise » d\u2019enseigner l\u2019éducation à la sexualité, car ils craignent entre autres d\u2019être incapables de répondre aux questions difficiles des élèves.« Ce n\u2019est pas réglé », prévient-elle.Depuis septembre 2018, les jeunes Québécois doivent recevoir cinq heures de cours d\u2019éducation à la sexualité par année durant le primaire et 15 heures par année au secondaire.Au primaire, les thématiques tournent davantage autour de l\u2019estime de soi, du respect et de l\u2019empathie.Des sujets tels que le sexisme et l\u2019homophobie y sont abordés.Au secondaire, la notion de consentement devient plus centrale et les questions de relations amoureuses, des comportements, de la violence sexuelle, des maladies transmises sexuellement et des grossesses précoces figurent au cursus.La FSE représente plus de 60 000 enseignants des commissions scolaires du Québec.Elle est affiliée à la Centrale des syndicats du Québec.Les cours de sexualité indisposent les professeurs Un syndicat reproche à Québec d\u2019avoir réintroduit cette matière délicate dans les classes sans avoir véritablement consulté les enseignants LA PRESSE CANADIENNE AU NUNAVUT Un groupe inuit de revendications territoriales demande au gouvernement fédéral de protéger de façon permanente de vastes régions de l\u2019est de l\u2019Arctique contre tout développement industriel.« Il existe des zones extrêmement sensibles, soutient le président de l\u2019Association inuite Qikiqtani, P.J.Akeea- gok.Il ne peut y avoir de négociation concernant des secteurs où nous pensons qu\u2019il est absolument impossible d\u2019y exploiter les ressources pétrolières et gazières.» La demande fait partie d\u2019un effort énorme pour déterminer comment l\u2019exploitation pétrolière, gazière et minière sur et autour de l\u2019île de Baffin peut coexister avec la vie traditionnelle des Inuits.L\u2019exploitation des ressources énergétiques dans l\u2019Arctique fait l\u2019objet d\u2019un moratoire de cinq ans qui prend fin cette année.Le sujet sera examiné de nouveau en 2020.Un rapport remis au ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord ne trace pas de limites sur une carte.Cependant, la zone en question se situe dans la région de la baie de Baffin et du détroit de Davis, où trois sociétés norvégiennes ont voulu réaliser des tests de prospection sismique.Elle ne fait partie d\u2019aucune aire marine protégée actuellement à l\u2019étude par le gouvernement fédéral.Besoins alimentaires Des groupes inuits demandent aussi à Ottawa d\u2019interdire de façon saisonnière le transport maritime lorsque des animaux comme le narval, le morse et le phoque mettent bas.« Comme nous habitons sur la côte, nous dépendons énormément de la faune », fait valoir M.Akeeagok.Des consultations approfondies ont été menées auprès de sept communautés des îles de Baffin et d\u2019Ellesmere.Elles se sont déroulées dans le cadre d\u2019une évaluation environnementale stratégique menée par la Commission du Nunavut chargée de l\u2019examen des répercussions.Les experts pensent que l\u2019est de l\u2019Arctique renferme d\u2019importants gisements de pétrole et de gaz.Il existe 20 permis d\u2019exploration pour les îles de l\u2019Arctique et une autre au large de la pointe sud de l\u2019île de Baffin.Les conséquences d\u2019un tel développement ne sont pas suffisamment connues pour le permettre, a dit M.Akeeagok.« Il est très évident qu\u2019il devait y avoir beaucoup plus de recherches.» L\u2019association souhaite aussi que le gouvernement fédéral crée un institut de recherche dédié au pétrole et au gaz dans l\u2019Arctique, et un organe consultatif permanent chargé de veiller à ce que les connaissances traditionnelles des Inuits soient prises en compte dans la prise de décision.Elle souhaite également que les gouvernements examinent d\u2019autres moyens, tels que la pêche et le tourisme, pour soutenir l\u2019économie de la région.Le gouvernement fédéral examinera les recommandations formulées par le rapport final de la Commission, a indiqué par courriel un porte-parole.ARCTIQUE Un groupe inuit veut tenir la porte fermée à l\u2019exploitation pétrolière Quelques exemples d\u2019apprentissages Maternelle Les parties du corps Les étapes de la naissance Fin du primaire La puberté Le sexisme et l\u2019homophobie Secondaire La notion de consentement L\u2019orientation sexuelle La contraception et les infections transmises sexuellement Source: ministère de l\u2019Éducation LEDEVOIR // LE LUNDI 13 MAI 2019 ACTUALITÉS A 4 « On a tous fait des tentatives de suicide » C\u2019est ce non-sens qui a forcé la Clinique Jeunes de la rue à ouvrir un programme pointu pour ces jeunes en pleine crise d\u2019identité, de plus en plus nombreux.Un phénomène croissant Sur la rue, à Montréal comme ailleurs, on observe une proportion démesurée de jeunes trans, hommes, femmes ou non binaires, parmi les sans-abri.« Même si ce n\u2019est pas la majorité, les trans sont surreprésentés [dans la rue].Or, entre 14 et 25 ans, c\u2019est un moment crucial dans leur développement.L\u2019iti- nérance a le potentiel de compromettre leur avenir », explique Matthieu Tancrède, infirmier praticien spécialisé au CIUSSS Centre-Sud-de-l\u2019Île- de-Montréal.Si l\u2019ouverture de la Clinique Trans est trop récente à Montréal pour mesurer le phénomène dans la métropole, une étude pancanadienne menée en 2016 par le Homeless Hub de Toronto a déjà chiffré à 30 % la proportion de personnes LGBTQ chez les jeunes itinérants de moins de 25 ans.En octobre 2018, on apprenait que plus de la moitié des jeunes hommes trans de 11 à 19 ans, 30 % des jeunes femmes trans et près de 42% des jeunes non binaires avaient tenté de mettre fin à leurs jours, selon une étude publiée par l\u2019American Academy of Pediatrics.La même année, l\u2019enquête du National Transgender Discrimination Survey, aux États-Unis, révélait que 19 % des patients trans et non binaires se sont vu refuser l\u2019accès à des soins à l\u2019hôpital ou par leur médecin en raison de leur identité de genre ; 28 % avaient été harcelés et 2 % carrément violentés.Affronter le système Sabrina confie, elle aussi, « fuir les hôpitaux comme la peste ».Pourquoi ?« Il faut avoir une évaluation chez un sexologue ou un psychiatre au privé pour obtenir des hormones.C\u2019est comme si on devait se justifier d\u2019être assez trans à leur goût, comme s\u2019ils savaient mieux que moi si je suis trans », dit-elle.C\u2019est sans compter le dérapage survenu après son appel à l\u2019aide logé à un centre de crise pour le suicide.« Les policiers sont débarqués, m\u2019ont brassée, ont ri de moi parce que je pleurais, et m\u2019ont traitée \u201ccomme un gars\u201d.» La méconnaissance de la réalité trans et non binaire dépasse encore souvent médecins, personnel hospitalier, policiers et ambulanciers.La peur du rejet, d\u2019être scruté comme un objet étrange ou de la discrimination amène bon nombre de personnes trans à reporter leurs visites médicales ou à ne pas mauvais corps.Pour cela, les hormones agissent très vite et ont rapidement un effet bénéfique sur leur détresse », explique la Dre Thommeret.Les jeunes sont ensuite conseillés par des psychologues, aidés pour mettre fin à leurs dépendances, pour se trouver un toit, un travail et, s\u2019ils le souhaitent, pour changer leur état civil.Pour Sabrina, après son passage épique à l\u2019hôpital, la Clinique Trans a eu l\u2019effet d\u2019une bouée de secours.« Aller à l\u2019hôpital, où on m\u2019appelait monsieur Sabrina, c\u2019était humiliant, déshumanisant.Je n\u2019y allais plus, je laissais les problèmes de santé s\u2019accumuler.Ici, ils m\u2019ont écoutée.Avec les hormones, mon corps et mes comportements ont commencé à changer », dit celle qui bénéficie maintenant d\u2019une formation en entreprise grâce à la clinique.À la Clinique Trans, Sabrina se fait maintenant appeler Sabrina.Par tout le monde, réceptionnistes et dentiste compris.« Ici, on les accueille en se disant qu\u2019il n\u2019y a pas que deux boîtes, monsieur ou madame, et que le spectre est bien plus large que cela.Il y a aussi des non binaires, des patients qui veulent se faire enlever les seins, mais veulent garder leur nom féminin.» Bientôt, Sabrina espère pouvoir changer son nom à l\u2019état civil.Ce sera un grand pas.« À la clinique, je me sens bien.Sinon, je sors peu de chez moi.Parce que partout où je vais, ça reste encore difficile d\u2019être dans une société qui n\u2019est pas faite pour moi.» Besoin d\u2019aide ?Contactez la ligne d\u2019écoute 1-866-APPELLE.TRANS SUITE DE LA PAGE A 1 Même si ce n\u2019est pas la majorité, les trans sont surrepré- sentés [dans la rue].Or, entre 14 et 25 ans, c\u2019est un moment crucial dans leur développement.L\u2019itinérance a le potentiel de compromettre leur avenir.MATTHIEU TANCRÈDE » qui en a bien besoin après un début de campagne plutôt poussif.L\u2019ancien premier ministre Jean-Pierre Raffa- rin, le ministre de la Culture, Franck Riester, et le premier ministre, Édouard Philippe, ont répondu présent.Tous, sauf Emmanuel Macron alors que la rumeur a pourtant couru qu\u2019il serait à Strasbourg.Mais, ce jour- là, il accueillait les deux otages français libérés au Burkina Faso par un sauvetage controversé, qui a coûté la vie à deux militaires.« Un pari risqué » Chez les partisans d\u2019Emmanuel Macron, on est convaincu que tout se jouera dans les derniers jours.« C\u2019est un pari risqué », dit Jean-Jacques Pion, qui déplore le manque de culture politique des candidats.À 80 ans, cet ancien dessinateur industriel ne sait toujours pas pour qui il votera.« Je connais plein de gens de gauche qui s\u2019apprêtent à voter Marine Le Pen.Ça ne mange pas de pain.Elle ne sera pas élue.Et ce sera une façon de dire à Macron ce qu\u2019on pense de lui.» Dans la salle à moitié pleine, où les sièges vides sont dissimulés derrière un rideau, les drapeaux européens font la vague.Ce sera la première élection d\u2019Alexis Gauckler.« Je suis venu entendre ce que les candidats ont à dire sur l\u2019écologie », dit ce lycéen de 18 ans, qui prépare un diplôme professionnel en électricité.Chaque vendredi, il fait « grève » pour protester contre le réchauffement climatique.Divulgué il y a quelques jours à peine, le programme de Renaissance veut consacrer pas moins de 1000 milliards d\u2019euros à la transition écologique.Un chiffre qui a surpris même les écologistes de longue date.Pourtant, d\u2019écologie il ne sera pratiquement pas question dans cette assemblée.Pour la candidate Nawel Ra- fik-Elmrini, adjointe aux affaires européennes à Strasbourg (Grand Est), il s\u2019agit surtout de combattre l\u2019extrême droite et « ses ambitions nauséabondes ».Beaucoup sont venus soutenir l\u2019ancienne mairesse de Strasbourg Fabienne Keller qui est septième sur la liste.Selon elle, il ne reste que « 15 jours pour montrer que la France est une digue contre les populistes et les extrémistes ».Selon Jean-Pierre Raffarin, « le match central, c\u2019est le match Orban contre Mer- kel et Macron ».Car, « ainsi commence le fascisme », dira sur un ton monocorde Nathalie Loiseau citant l\u2019écrivaine Françoise Giroud.L\u2019ambition du groupe centriste auquel s\u2019est rallié Renaissance, l\u2019Alliance des démocrates et des libéraux pour l\u2019Europe (ALDE), n\u2019est pas différente de celui non moins hétéroclite que forme Marine Le Pen avec Matteo Salvini.Les deux groupes se rêvent en faiseur de rois au moment où conservateurs (PPE) et sociaux-démocrates (APSD) risquent de ne plus avoir de majorité suffisante pour gouverner ensemble.Entre le libéral et très fédéraliste Guy Verhofstadt, président de l\u2019ALDE, et un Édouard Philippe qui refuse de voir l\u2019Europe comme « le modèle de l\u2019après-État nation », c\u2019est pourtant le grand écart.Voilà qui explique peut- être un programme qui varie selon que l\u2019on s\u2019adresse aux Français ou aux alliés européens.Alors que le président avait annoncé une « remise à plat » du traité de Schengen, il n\u2019est plus question que de le « sauvegarder ».Auguste Gerschheimer, 80 ans, est un ancien supporter de François Bay- rou, dont il appréciait la réflexion et la hauteur de vues.« Je ne trouve pas vraiment ça chez Macron », dit-il.Fin connaisseur de la Pologne, il s\u2019inquiète de ce qu\u2019il advient de l\u2019État de droit sur le front de l\u2019Est.Pendant que les participants entonnent « On va gagner », il raconte que, dans la matinée, il était en Allemagne, à 4 kilomètres de là.« Là- bas, les choses sont très différentes.C\u2019est beaucoup plus calme.Ici, c\u2019est toujours plus compliqué.» En bon philosophe, la perspective d\u2019une défaite d\u2019Emmanuel Macron ne l\u2019inquiète pas trop : « En politique, il faut aussi apprendre à perdre ! » CHRISTIAN RIOUX À STRASBOURG LE DEVOIR À l\u2019aube des élections européennes, on ne pouvait imaginer pire polémique.Il a suffi d\u2019un mot pour relancer la controverse.En mars, répondant aux propositions d\u2019Emmanuel Macron, la présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karren- bauer, a qualifié d\u2019« anachronisme » la présence du Parlement européen à Strasbourg.Un écho aux déclarations faites dès le mois de juin 2018 par nulle autre que la chancelière Angela Merkel.Il n\u2019en fallait pas plus pour relancer une vieille polémique sur le fait que les 751 parlementaires européens ne siègent que quelques jours par mois à Strasbourg alors que le reste du temps les commissions se réunissent à Bruxelles.Un va- et-vient de 460 kilomètres qui coûterait une centaine de millions d\u2019euros par année.« Auparavant, c\u2019était les Britanniques qui voulaient déménager le Parlement à Bruxelles.Voilà que les Allemands s\u2019y mettent », dit Jean-Louis de Val- migère, auteur de La merveilleuse histoire de l\u2019Europe (Éditions Hervé Chopin).Pourtant, « il n\u2019y a pas de ville plus européenne que Strasbourg », dit l\u2019ancien propriétaire du restaurant Chez Yvonne, une institution strasbourgeoise où Jacques Chirac avait l\u2019habitude de venir déguster son plat préféré, la tête de veau.Ville libre pendant plus de cinq siècles, ancienne patrie de Luther et de Gutenberg, conquise et reconquise par la France et l\u2019Allemagne, siège du Conseil de l\u2019Europe, ce n\u2019est pas un hasard si Strasbourg a été nommé la « ville des routes » (strass).« C\u2019est le point de rencontre entre la France et l\u2019Allemagne, mais aussi entre le monde germanique et latin, dit Jean-Louis de Valmigère.Clovis lui-même parlait probablement une langue proche de l\u2019alsacien.» Le Parlement à Strasbourg, c\u2019est «non négociable», a évidemment répliqué Emmanuel Macron qui rappelle que le lieu du siège du Parlement est inscrit dans les traités.Ceux-ci n\u2019ont beau être modifiables qu\u2019à l\u2019unanimité, l\u2019inquiétude est telle que le président a aussitôt dépêché à Strasbourg sa ministre des Affaires européennes.Certains voient pourtant dans cette polémique un nouveau signe de l\u2019influence déclinante de la France en Europe.Mais comme une mauvaise nouvelle n\u2019arrive jamais seule, Emmanuel Macron a annoncé il y a deux semaines qu\u2019il supprimait l\u2019École nationale d\u2019administration (ENA), elle aussi basée à Strasbourg.Rien qui puisse aider sa campagne dans la ville pourtant la plus européenne du continent.Strasbourg perdra- t-elle son Parlement ?Macron face à Salvini EUROPE SUITE DE LA PAGE A 1 Nathalie Loiseau a été ministre des Affaires européennes sous le gouvernement d\u2019Édouard Philippe.FREDERICK FLORIN AGENCE FRANCE-PRESSE consulter du tout, selon une étude publiée dans Transgender Health en 2017.Ce faisant, elles sont trois fois plus à risque de sombrer dans la dépression que la population générale.« Imaginer un jeune de la rue, déjà instable, devoir payer pour obtenir une évaluation psychologique, en cabinet privé, ou attendre des mois pour une évaluation à l\u2019hôpital, ça ne tient pas la route.Ici, on réclame un consentement éclairé du patient, sans avoir à passer par l\u2019hôpital », explique l\u2019infirmier Matthieu Tancrède.L\u2019équipe de la Clinique Trans a été formée pour entourer ces jeunes pour qui la transition vers une autre identité est souvent un des seuls remèdes aux souffrances vécues depuis des années.« Pour certains, la dysphorie est clairement identifiée et à la source de la souffrance, alors que pour d\u2019autres, ça fait longtemps que ça couve, mais c\u2019est difficile pour eux d\u2019arriver à cette évi- dence-là », explique Élaine Polflit, chef par intérim de l\u2019administration des programmes des équipes Itinérance.Des soins ciblés Au fil des rencontres, le diagnostic se peaufine et, très souvent, des traitements hormonaux sont nécessaires pour apaiser la dysphorie de genre.« Pour plusieurs trans, avoir des règles ou une érection matinale, c\u2019est un rappel quotidien qu\u2019ils sont nés dans le Le président Emmanuel Macron, en compagnie du premier ministre Édouard Philippe CHRISTIAN HARTMANN AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE LUNDI 13 MAI 2019 ACTUALITÉS A 5 MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Les personnes souffrant à la fois d\u2019apnée du sommeil et d\u2019insomnie chronique pourraient trouver une voie de salut pour atténuer leurs symptômes en combinant un programme d\u2019exercices physiques à une thérapie cogni- tivo-comportementale.Les patients souffrant de cette comor- bidité ne répondent généralement pas aux traitements standards, explique Véronique Pepin, professeure et directrice du Département de santé, kiné- siologie et physiologie appliquée de l\u2019Université Concordia.Or, environ la moitié des personnes souffrant d\u2019apnée du sommeil doivent également composer avec une insomnie chronique.Les chercheurs de Concordia Thanh Dang-Vu et Jean-Philippe Gouin, respectivement neurologue et psychologue, travaillaient déjà sur les effets de la thérapie cognitivo-comporte- mentale sur l\u2019insomnie.«Lorsqu\u2019ils ont réalisé qu\u2019il y avait une tranche de gens qui ne pouvaient pas participer au projet de recherche parce qu\u2019ils souffraient également d\u2019apnée du sommeil et que ces patients étaient en quelque sorte délaissés, c\u2019est là qu\u2019ils sont venus me chercher», raconte Mme Pepin.Habituellement, les patients souffrant d\u2019apnée du sommeil se font recommander d\u2019utiliser un appareil CPAP lorsqu\u2019ils dorment.Cet appareil projette de l\u2019air en continu dans les voies respiratoires, par l\u2019entremise d\u2019un masque, ce qui permet de maintenir les voies respiratoires ouvertes.Or, certaines personnes ne tolèrent pas bien ce traitement.« Et lorsqu\u2019il y a présence d\u2019insomnie, il est encore moins bien toléré », explique Véronique Pepin.Par ailleurs, la thérapie cognitivo- comportementale, utilisée pour traiter l\u2019insomnie chronique, peut s\u2019avérer utile, sans toutefois régler cette comorbidité.« On s\u2019est demandé ce qu\u2019on pouvait faire pour ces gens-là [\u2026] qui sont particulièrement vulnérables aux conséquences des deux maladies et qui posent un défi vraiment unique et complexe.Et la réponse a été l\u2019exercice physique », explique Véronique Pepin, ki- nésiologue spécialisée en réadaptation pulmonaire et cardiaque.« À notre connaissance, c\u2019est la première fois que des chercheurs tentent cette combinaison de traitements (thérapie cognitivo-comportementale et exercices physiques) chez cette population spécifique.» Bienfaits Le projet de recherche, mené conjointement par les trois chercheurs, en est à l\u2019étape du projet pilote.Une dizaine de participants suivent actuellement le programme d\u2019intervention.Les chercheurs espèrent recruter plusieurs autres personnes atteintes de cette comorbidité.«L\u2019étape pilote est primordiale pour expérimenter réellement cette combinaison d\u2019interventions», mentionne Véronique Pepin.En plus de suivre une thérapie cognitivo-comportementale, les patients sont soumis à un programme d\u2019exercices aérobiques, d\u2019intensité modérée, trois fois par semaine.Déjà, certains résultats se profilent.Pour l\u2019apnée du sommeil, l\u2019exercice mène à une réduction du nombre d\u2019apnées dans une nuit, en plus d\u2019améliorer la santé cardiovasculaire, rapporte la chercheuse qui travaille au centre Perform de l\u2019Université Concordia.« C\u2019est un aspect important, puisque les gens qui souffrent d\u2019apnée du sommeil ont un risque de problèmes de santé car- diovasculaire plus élevé que la population en général.» Du côté de l\u2019insomnie, des améliorations ont été notées au niveau du «sommeil objectif ».« Quand on regarde l\u2019architecture du sommeil, elle semble s\u2019être améliorée, on trouve un sommeil moins fragmenté et certains sujets vont s\u2019endormir plus rapidement.» Une fois le projet pilote terminé, une étude à plus grand déploiement devrait être lancée.« Il est encore trop tôt pour dire que ce qu\u2019on propose, c\u2019est la solution à cette comorbidité.Mais nous avons des raisons de croire que possiblement, ça aidera.» Véronique Pepin croit même que cette combinaison de traitements pourrait apporter une réponse à d\u2019autres problèmes de santé chronique.Effets secondaires positifs Pour la chercheuse, l\u2019exercice physique doit être vu comme une bougie d\u2019allumage qui « force les systèmes du corps humain à se parler, à communiquer entre eux et à travailler ensemble ».Une fois le corps en mouvement, « on peut vraiment mettre le doigt sur des aspects auxquels on a difficilement accès au repos ».Et l\u2019exercice physique est l\u2019une des rares interventions qui a des effets secondaires positifs, rappelle-t-elle, le sourire dans la voix.« On dit aux gens, même si on n\u2019arrive pas à aller chercher l\u2019effet principal que l\u2019on recherche avec l\u2019exercice physique, la bonne nouvelle c\u2019est que vous aurez au minimum des effets secondaires positifs.» Ce contenu est réalisé en collaboration avec l\u2019Université Concordia.L\u2019exercice physique comme solution aux troubles du sommeil ?RECHERCHE ET INNOVATION PATRICE BERGERON À QUÉBEC LA PRESSE CANADIENNE On devrait « interdire aux ex-ministres libéraux de venir verser devant les caméras des larmes de crocodile », lance avec ironie l\u2019ancien chef péquiste Jean- François Lisée dans le débat concernant la protection de la jeunesse, à la suite de la mort d\u2019une fillette de sept ans victime de sévices à Granby.Dans un texte de blogue obtenu par La Presse canadienne avant sa parution, M.Lisée, qui a déjà été porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de protection de la jeunesse pendant près de deux ans, dénonce « l\u2019insondable sans-gêne des libéraux » et leur demande de présenter des excuses.Il fait ainsi écho à la députée libérale Marwah Rizqy, qui avait déjà suggéré que son parti fasse un acte de contrition pour les coupes budgétaires imposées par le gouvernement Couillard.Les élus à l\u2019Assemblée nationale ont jusqu\u2019à présent été assez prudents et ont évité de faire de la surenchère partisane concernant les problèmes de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), sauf certaines critiques concernant la réforme du réseau de la santé de l\u2019ancien ministre libéral Gaétan Barrette sous le gouvernement Couillard.Les partis se sont d\u2019ailleurs tous ralliés à l\u2019idée d\u2019une vaste consultation.Cependant, M.Lisée, battu dans Ro- semont en octobre dernier et affranchi de la ligne de parti, y va d\u2019une attaque frontale : « On ne peut cependant passer sous silence l\u2019extraordinaire toupet des membres de la députation libérale du Québec dans le nouveau et nécessaire débat sur la protection de la jeunesse vulnérable, écrit-il.Pendant leur dernier passage au pouvoir, ils ont été les artisans conscients de l\u2019affaiblissement constant des services rendus à nos jeunes.» Un grand débat ?Selon lui, il est « particulièrement absurde » que les libéraux réclament ce débat.En vertu de la loi, le gouvernement Couillard devait faire une consultation en 2016, avec un projet de loi et une commission parlementaire, mais l\u2019exercice a été bâclé selon lui avec « des aménagements à la marge » et ils « se sont déclarés parfaitement satisfaits de leur travail ».Il rappelle que le gouvernement Couillard a supprimé 20 millions en 2014 dans le budget de la DPJ et que DPJ Les libéraux devraient d\u2019abord « s\u2019excuser » L\u2019ex-chef péquiste Jean-François Lisée critique l\u2019action du dernier gouvernement en matière de protection de la jeunesse M.Lisée recommande notamment de redonner son autonomie à la DPJ et de revoir son budget à la hausse.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Véronique Pepin est professeure et directrice du Département de santé, kinésiologie et physiologie appliquée de l\u2019Université Concordia.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR En plus de suivre une thérapie cognitivo-comportementale, les patients sont soumis à un programme d\u2019exercices aérobiques, d\u2019intensité modérée, trois fois par semaine même les directeurs régionaux de cette institution avaient publiquement dénoncé la décision.Puis, les DPJ ont perdu leur autonomie et ont été avalées par les nouvelles grandes structures régionales, CISSS et CIUSSS.M.Lisée évoque les nombreux signaux d\u2019alarme qui se sont pourtant succédé à l\u2019époque, notamment la hausse des signalements, ainsi qu\u2019une décision d\u2019une juge en 2017 relative à un enfant de 5 ans dont les droits ont été lésés, décision dans laquelle elle dénonçait le « désordre administratif » de la réforme Barrette.Également, il rappelle la « crise des fugueuses de Laval » en 2015.Un rapport d\u2019expert soutenait qu\u2019« il serait illusoire de penser qu\u2019on peut respecter les conditions de succès de ces projets en même temps qu\u2019on réduit les engagements financiers ».L\u2019ancien chef péquiste fait aussi référence à des témoignages du personnel de la DPJ qui se plaignait de la surcharge de travail et d\u2019une perte d\u2019expertise.Des recommandations Jean-François Lisée recommande de redonner son autonomie à la DPJ et idéalement de l\u2019intégrer à un grand ministère de la Jeunesse, avec éducation pré-scolaire, primaire et secondaire.Il suggère aussi de revoir à la hausse le budget de la DPJ en fonction du nombre de signalements.En outre, il propose aussi de lancer une « Politique nationale de bienveillance » avec comme objectif de réduire la mal- traitance sur un horizon de quatre ans.Et également, il faudrait, selon lui, nommer au Bureau du premier ministre un Chargé de mission pour l\u2019enfance qui ferait le suivi.Enfin, l\u2019ancien chef du PQ invite le Parti libéral à reconnaître sa « lourde part de responsabilité » s\u2019il veut retrouver un peu de crédibilité dans ce débat.Il souhaite même qu\u2019on retire à Hélène David le dossier de porte-parole de l\u2019opposition en matière de services sociaux, parce qu\u2019elle était ministre à l\u2019époque.« S\u2019excuser auprès des enfants du Québec serait un bon début, écrit-il.Puis, de toute urgence, confier le dossier à un(e) député(e) qui n\u2019était pas présent, ou du moins pas ministre, au moment de la prise de ces très mauvaises décisions.Finalement, interdire aux ex-ministres libéraux de venir verser devant les caméras des larmes de crocodile.» Pendant leur dernier passage au pouvoir, [les libéraux] ont été les artisans conscients de l\u2019affaiblissement constant des services rendus à nos jeunes JEAN-FRANÇOIS LISÉE » LEDEVOIR // LE LUNDI 13 MAI 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e nouveau rapport publié cette semaine par l\u2019ONU sera à la biodiversité ce que ceux du GIEC sont au réchauffement climatique : un jalon ne pouvant être ignoré, au péril de notre avenir.Pour la première fois, l\u2019ONU a brossé le portrait mondial de la biodiversité, résultat de la collaboration de 145 experts en provenance de 50 pays.Il se dégage de la lecture une impression de vertige.Environ un million d\u2019espèces végétales et animales sont menacées de disparition en raison de l\u2019activité humaine.Et le taux d\u2019extinction est de 10 à 100 fois plus rapide que la normale.L\u2019anthropocène, soit « l\u2019ère de l\u2019homme » à l\u2019échelle des temps géologiques, se déroule en accéléré.L\u2019influence humaine sur la biosphère est documentée avec minutie par les experts internationaux réunis sous l\u2019égide de l\u2019ONU.Outre le million d\u2019espèces végétales et animales promises à l\u2019oubli éternel d\u2019ici une trentaine d\u2019années, le rapport indique, entre autres, que : les trois quarts des milieux terrestres et les deux tiers des milieux marins sont sévèrement altérés ; 87 % des milieux humides ont disparu ; le quart des espèces vertébrées terrestres, d\u2019eau douce et marines sont menacées de disparition ; le tiers des récifs coralliens sont aussi menacés ; l\u2019habitat naturel de 500 000 espèces terrestres ne sera pas suffisant pour assurer leur survie à long terme.L\u2019anthropocène érige le genre humain au rang de « tueur silencieux », car c\u2019est bien lui le responsable des maux de la planète.Parmi les cinq facteurs qui contribuent à ce que les auteurs désignent comme « une mort à petit feu», on retrouve l\u2019exploitation des terres agricoles, l\u2019exploitation directe des ressources naturelles, les changements climatiques, la pollution par le rejet dans l\u2019environnement de 80 % des eaux usées mondiales sans traitement et, enfin, la prolifération des espèces invasives.Et concrètement ?L\u2019hirondelle du printemps se fait plus rare au Québec.L\u2019ouvrière des champs, l\u2019infatigable abeille, est en panne de pollinisation.Le caribou forestier est condamné à la périphérie de Val-d\u2019Or, car il coûterait trop cher à sauver, selon le calcul du précédent gouvernement.Ne pariez pas sur le majestueux tigre du Bengale.C\u2019est un dodo en devenir.La chaîne alimentaire et la survie des espèces sont déréglées par le produit de l\u2019activité humaine et les conséquences seront tragiques.La singularité de ce rapport est de relier la biodiversité, la préservation des espèces et des milieux naturels, la sécurité alimentaire, l\u2019accès à l\u2019eau potable et les fondements des économies pour l\u2019ensemble des pays, riches ou pauvres.Alors que faire?Les constats du rapport sont profondément anxiogènes.Il fut un temps où la jeunesse craignait le spectre de l\u2019annihilation nucléaire.Les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui se demandent si la planète pourra encore les porter lorsqu\u2019ils atteindront l\u2019âge adulte.Pas surprenant de les voir quitter les cours, jusque dans les écoles secondaires, pour manifester sous le soleil ou la pluie.Les petits gestes comptent, et c\u2019est bien là l\u2019ingéniosité du Pacte pour la transition, lancé par Dominic Champagne.À ce jour, près de 275 000 personnes ont pris l\u2019engagement non pas d\u2019être parfaites, mais de tenter de limiter leur empreinte écologique au quotidien.C\u2019est encore trop peu.Privilégier les transports actifs, manger moins de viande, gaspiller moins: autant de gestes que les esprits chagrins balaient du revers de la main, mais qui feront pourtant une différence avec la force du nombre.Les trois quarts des terres agricoles sont au- jourd\u2019hui destinées à l\u2019élevage d\u2019animaux et à la production des céréales pour l\u2019alimentation de ceux-ci, faisait remarquer dans Le Monde l\u2019économiste Yann Laurans.Réduire la part de l\u2019alimentation carnée constituerait, selon lui, l\u2019une des mesures les plus efficaces pour préserver la biodiversité.Les petits gestes ne remplaceront jamais les mesures structurantes qui se font attendre et qui exigeront courage et fermeté de la part des gouvernements.Le rapport de l\u2019ONU évalue à 460 milliards de dollars les subventions annuelles mondiales du secteur des énergies fossiles.Et si on subventionnait la recherche et le développement de l\u2019industrie des énergies renouvelables, en lieu et place de cette gabegie ?Dans la foulée de la publication du rapport, des groupes environnementalistes ont suggéré de protéger jusqu\u2019à 30 % des milieux marins et terrestres d\u2019ici 2030.Le Québec et le Canada ont le luxe de l\u2019espace, et ils peuvent faire beaucoup mieux à ce chapitre.En ce moment, le Canada a protégé 10 % de ses milieux naturels terrestres et 8 % de ses milieux marins seulement.Le Québec est aussi à la traîne.La prochaine Conférence des Nations unies sur la diversité biologique aura lieu en 2020 en Chine.Lors de la précédente réunion, en 2010, les nations se sont fixé d\u2019ambitieux objectifs qu\u2019ils n\u2019ont pas atteints.Cette fois, il y a urgence de trouver des solutions concertées, ce qui s\u2019annonce complexe.L\u2019ère industrielle a mis en marche la sixième extinction de masse sur la planète, mais l\u2019humanité n\u2019a pas encore la pleine conscience qu\u2019elle porte la faute et le salut de son espèce.Texte collectif* Nous sommes dix-neuf directeurs et directrices de la protection de la jeunesse au Québec.Chacun d\u2019entre nous a choisi par conviction et amour des enfants de leur consacrer sa vie professionnelle, particulièrement aux plus vulnérables d\u2019entre eux.Ils sont ce que nous avons de plus précieux pour l\u2019avenir de notre société, et c\u2019est pourquoi nous avons choisi d\u2019en faire notre priorité.Veiller sur leur bien-être est une responsabilité collective et assurer leur protection lorsque le filet social ne suffit pas demeure notre raison d\u2019être.Tout comme l\u2019ensemble des citoyens du Québec, nous ne pouvons tolérer les circonstances ou événements qui mettent en péril la vie des enfants.Depuis l\u2019annonce du décès de cette petite fille, chacun d\u2019entre nous, ainsi que chaque intervenant et gestionnaire de nos services, est affecté, bouleversé.Nos pensées vont à cette petite et toutes nos condoléances, à la famille et aux proches.Jamais de tels drames ne devraient arriver.La jeunesse est une étape déterminante dans la vie d\u2019une personne : chaque enfant doit avoir la chance de grandir et d\u2019évoluer dans un environnement sécuritaire et propice à son développement.Chaque jour, partout au Québec, nos intervenants sont confrontés à la détresse, à la pauvreté, à la maladie mentale, au rejet, à l\u2019isolement et à la violence vécue par les jeunes parmi les plus vulnérables de la communauté.Dans des circonstances souvent difficiles, ils gardent espoir et se dévouent sans relâche afin d\u2019offrir aux enfants en difficulté et à leur famille les services les mieux adaptés à leurs besoins.Leurs responsabilités sont immenses, mais leur engagement envers les jeunes l\u2019est tout autant.Ils exercent des responsabilités humainement et professionnellement très exigeantes.La Loi sur la protection de la jeunesse a permis de protéger des milliers d\u2019enfants au Québec grâce à leurs efforts.Les enfants d\u2019abord Nous sommes d\u2019avis, comme plusieurs intervenants et experts l\u2019ont exprimé, que pour actualiser notre mission de protection des enfants, notre réseau a besoin d\u2019être soutenu différemment.Ce soutien doit être organisé en fonction de l\u2019évolution de notre société, de l\u2019état de la recherche, des nouvelles problématiques émergentes et de la réalité actuelle du marché du travail.Plus important encore, notre société doit également confirmer l\u2019engagement qu\u2019elle a pris en 1979 en se dotant de la Loi sur la protection de la jeunesse.Cet engagement, voulant que la protection des enfants soit une priorité et qu\u2019à ce titre, les instances qu\u2019elle consacre à cette fonction aient à leur disposition les moyens d\u2019agir avec célérité, afin d\u2019intervenir dans le cadre des meilleures pratiques et ainsi de protéger les enfants qui vivent malheureusement de la maltraitance encore aujourd\u2019hui.Plusieurs enquêtes ont été annoncées afin de faire la lumière sur les circonstances ayant mené à la tragédie vécue dans la région de Granby.Comme nous l\u2019avons toujours fait dans l\u2019intérêt des enfants, soyez assurés de notre contribution pleine et entière, et ce, tant au cours du processus qui s\u2019amorce que lors de la mise en place d\u2019éventuelles mesures afin d\u2019éviter qu\u2019un tel drame ne se produise à nouveau.Nous prendrons part activement à la réflexion annoncée par le gouvernement.La maltraitance exige une intervention soutenue, spécialisée et collective, tant en matière de prévention que d\u2019intervention.Notre volonté demeure de tendre, avec l\u2019ensemble de nos partenaires, vers la meilleure protection possible de nos enfants.Cette tribune sera une occasion pour nous de réitérer notre invitation à faire de la protection de nos enfants une priorité nationale.Chaque enfant mérite un regard bienveillant, attentif et porteur des valeurs qui nous sont chères comme société.*La liste complète des signataires se trouve sur nos plateformes numériques Pour en finir avec la présomption de prosélytisme J\u2019appartiens à la génération des baby boomers.Aussi bien dire que je suis passée du liquide amniotique à l\u2019eau bénite.Née le 20, baptisée le 21, il ne fallait surtout pas prendre le risque d\u2019en « échapper » une.J\u2019ai commencé l\u2019école en 1957, dans ce Québec éclairé du « bon monsieur » Duplessis.Jusqu\u2019au milieu du secondaire, l\u2019enseignement m\u2019a surtout été dispensé par des religieuses : étouffées sous leur cornette, le plastron écrasé par un énorme crucifix, la taille ceinte d\u2019une corde ET d\u2019un chapelet.J\u2019en ai détesté plusieurs, mais j\u2019en ai admiré et même aimé quelques-unes.Comme la plupart de mes contemporains, pour bien me faire voir, j\u2019ai acheté des « petits Chinois », j\u2019ai fait des « retraites », j\u2019ai écouté avec admiration les témoignages exemplaires des missionnaires « recruteuses » de passage, j\u2019ai tenté de me gagner une indulgence plénière en allant à la messe neuf premiers vendredis du mois en ligne (sans jamais y parvenir\u2026 !), je me suis privée de chocolat pendant le carême et j\u2019ai mangé du poisson (que j\u2019abhorrais) le vendredi, j\u2019ai défilé sous les flambeaux de la Fête-Dieu.[\u2026] Et pourtant, malgré les assauts répétés de ce prosélytisme acharné dans un monde où la pensée dominante en menait large, avec des sources d\u2019information tout sauf diversifiées et une parole publique strictement contrôlée, je fais partie de la génération qui a rejeté les carcans religieux, déserté les églises, sauté à pieds joints dans la révolution sexuelle, réclamé et défendu la sécularisation de la société et malmené les modèles de vie étroits de nos prédécesseurs.Et on voudrait me faire croire que les enfants actuels, parce qu\u2019ils seraient en contact avec une éducatrice de CPE ou une enseignante portant le voile, sont en danger d\u2019endoctrinement ?! Allons donc, dans un monde qui permet aisément l\u2019accès à des informations diversifiées, dans une société où les choix et les styles de vie contrastés coexistent, où il y a bien peu de barrières à l\u2019expression des idées et des divergences, où les influences à partir desquelles les jeunes forgent leur identité sont multiples et éclatées, il me semble invraisemblable que l\u2019exposition au hidjab ou aux autres signes religieux mette les enfants en danger d\u2019endoctrinement.Si j\u2019ai beaucoup de respect et de compassion pour les femmes qui, telles mesdames Benhabib, El- Mabrouk ou Houda-Pepin, se sont intégrées au Québec après avoir été opprimées par le fondamentalisme religieux dans leurs pays d\u2019origine, je demeure mal à l\u2019aise avec leurs mises en garde quant à l\u2019intégrisme rampant qui se cacherait sous tout voile religieux.La montée de l\u2019intolérance m\u2019inquiète drôlement plus pour l\u2019avenir des enfants du Québec, quelle que soit leur origine.Claire Minguy Québec, le 9 mai 2019 La cause des enfants tatouée sur le cœur LIBRE OPINION LETTRES BIODIVERSITÉ Une impression de vertige L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES Confusion dans l\u2019argumentaire Le témoignage de Gérard Bou- chard était attendu avec intérêt à la Commission parlementaire sur le projet de loi sur la laïcité.Sans grande surprise, M.Bouchard s\u2019est prononcé d\u2019entrée de jeu contre le projet de loi 21, notamment sur l\u2019interdiction du port des signes religieux chez les enseignants et les directeurs d\u2019écoles.À titre d\u2019argumentaire, Gérard Bouchard a demandé au ministre responsable du projet de loi, Simon Jolin-Barrette, de prouver que le port du hidjab par des pro- fesseures, par exemple, entraîne l\u2019endoctrinement des élèves.Or, à ma connaissance, au même titre que les policiers, les gardiens de prison et les juges, les enseignants sont en position d\u2019autorité par rapport à leurs élèves et, à ce titre, le port d\u2019un signe religieux ostentatoire vient court-circuiter l\u2019autorité laïque qu\u2019ils incarnent de facto dans leur profession.Autrement dit, la question de l\u2019endoctrinement des élèves ne fait pas office d\u2019argument prioritaire, mais ne fait que signaler une hypothèse possible dans l\u2019exercice de la profession de l\u2019enseignant qui porte un signe religieux\u2026 En conséquence, la demande de Gérard Bouchard au ministre de prouver avant d\u2019interdire ne tient tout simplement pas la route face au principe qui soutient que le port de signes religieux est inconciliable avec des postes d\u2019autorité dans une société laïque.Henri Marineau Québec, le 9 mai 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 13 MAI 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Sale pétrin O n a tellement parlé \u2014 à raison \u2014 des malheurs du Parti québécois (PQ) au lendemain des récentes élections qu\u2019on en a presque fini par oublier ceux du Parti libéral du Québec (PLQ) qui, tout en étant moins spectaculaires, sont considérables.Qui plus est, dans une certaine mesure, ils sont inversement proportionnels aux succès de la Coalition avenir Québec (CAQ) à gouverner, à être crédible et, donc, à s\u2019inscrire dans la durée.Cela apparaît de plus en plus comme sur une photo qui trempe depuis octobre dans le révélateur : les libéraux sont dans un sale pétrin.Depuis plus de vingt ans, le PLQ s\u2019est principalement défini en opposition à deux grands projets : l\u2019indépendance du Québec et la laïcité de l\u2019État qui inclut, selon une forte majorité de citoyens, l\u2019interdiction du port de signes religieux pour certains de ses agents pendant leurs heures de travail.Maintenant que la première de ces idées n\u2019est plus portée par un parti susceptible de prendre (QS) ou de reprendre (PQ ) prochainement le pouvoir, les libéraux ont perdu beaucoup de leur précieux carburant.Quant à la laïcité, une fois le projet de loi adopté, il faudra bien enfin passer à autre chose.On ne voit pas comment le PLQ de 2022 pourrait proposer un vaste programme de dé-laïcisa- tion ! On imagine difficilement pire slogan électoral que « Recommençons ce débat ! ».Que reste-t-il donc de la marque libérale pour le commun des mortels ?L\u2019austérité ?Ce n\u2019est certainement pas ce qu\u2019on peut appeler un attrait.Le centre un peu plus à gauche ?Difficile d\u2019y croire après ces années de compressions budgétaires.Sans parler de l\u2019habilité de la CAQ à couvrir un vaste spectre politique, avec son fond de conservatisme bleu et son étonnant budget de réinvestissement que d\u2019aucuns n\u2019ont pas hésité à qualifier de social-démocrate.Resterait l\u2019économie ?Le premier ministre (et son surprenant ministre Pierre Fitzgibbon) ne donnera pas facilement sa place sur ce terrain, comme le démontre entre autres sa volonté ferme de garder ici les sièges sociaux, dont celui de Transat.Ce n\u2019est pas pour rien que l\u2019appui aux libéraux est famélique chez les francophones.Le parti ne se distingue pas, ne se démarque plus et ne porte plus d\u2019idéal.L\u2019éventuelle candidate à la chefferie, Marwah Rizqy, avait raison de souhaiter davantage comme programme électoral que « des pailles en bambou pis une deuxième carte d\u2019assurance maladie ».Ses déclarations incendiaires témoignent aussi du danger que la course au leadership se solde par un vrai feu de brousse, marqué par une division entre l\u2019establishment et la députée de Saint-Laurent, mais aussi entre les Montréalais et les quelques régionaux qui restent, entre la frange caquisto-adéquiste repentie et les libéraux purs et durs traditionnels.Il faudrait tout un sauveur (venu du Parti libéral du Canada ?) pour faire trembler la CAQ et François Legault, compte tenu du problème profond avec la « marque » libérale.Pour incarner non pas le « bon gouvernement », mais le « meilleur gouvernement ».La candidate pressentie Dominique Anglade a-t-elle le niveau ?La bonhomie de Sébastien Proulx apparaîtra-t-elle suffisante ?Quant à Gaétan Barrette, sa réputation de « bully » en chef effraie désormais la plupart des électeurs.De ces trois-là, aucun ne sera plus en phase avec les Québécois que François Legault lui-même.Ce premier ministre qui s\u2019est montré sans détour « en beau maudit », tout en qualifiant les responsables de « monstres » dans l\u2019horrible histoire de la petite fille martyrisée de Granby\u2026 Et c\u2019est ce « parler vrai » qui plaît, qui est rafraîchissant, tout autant que la réponse qu\u2019il a donnée lorsqu\u2019il a été questionné sur l\u2019existence de Dieu.Il est vrai que les trois prochaines années seront parsemées d\u2019embûches pour le gouvernement caquiste.Un jour ou l\u2019autre, un ralentissement économique viendra mettre à mal les finances du Québec.Les débats avec Ottawa resteront tout aussi stériles.Les lendemains d\u2019inondations et les déménagements feront des insatisfaits.L\u2019application de la loi sur la laïcité ne se fera pas sans mal.Quant aux frictions de plus en plus nombreuses avec la Ville de Montréal, elles n\u2019auront guère de répercussions sur les électeurs caquistes, rarissimes sur l\u2019île.Elles pourraient cependant donner du PLQ \u2014 qui aura pour rôle, par définition, de s\u2019opposer et de prendre la part de la métropole \u2014 l\u2019image d\u2019un parti à la défense d\u2019une ville, d\u2019une seule ville, presque confiné sur le fond, comme il l\u2019est déjà beaucoup par ses appuis et sa députation, au statut de parti municipal plutôt que national.Ainsi, le purgatoire pourrait être long.LOUISE BEAUDOIN Charles-Albert Morin Patient et assistant de recherche, Institut universitaire en santé mentale Douglas Je suis atteint d\u2019un trouble bipolaire de type II et d\u2019un trouble d\u2019anxiété généralisée.J\u2019ai été suivi au cours des dix dernières années par quatre psychiatres différents et j\u2019ai la chance de travailler avec des psychiatres dans mes fonctions d\u2019assistant de recherche à l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas.Dans la foulée de la tenue du Forum Jeunes et santé mentale qui se tiendra le 13 mai prochain, je ne peux m\u2019empêcher de réaffirmer haut et fort la confiance que méritent les psychiatres, et ce, principalement pour le bien-être des gens qui sont touchés ou seront un jour touchés par un trouble de santé mentale.Méfiance L\u2019actualité des derniers mois a mis en lumière des cas malheureux de gens que le système n\u2019a pu sauver, soulevant des doutes légitimes quant aux décisions qui ont été prises par les psychiatres impliqués.En parallèle, un discours remettant en question l\u2019expertise des psychiatres et critiquant leur supposée tendance à n\u2019avoir recours qu\u2019à la pharmacologie pour régler tous les problèmes gagne de plus en plus d\u2019importance.Le discours critique sur la psychiatrie n\u2019est pas nouveau.On critique cette discipline pratiquement depuis qu\u2019elle est née, et particulièrement depuis les années 1960 avec le discours antipsychia- trique.Seulement, de plus en plus, il n\u2019est plus question de critique, qui est nécessaire, mais de méfiance envers ceux qui ont la responsabilité d\u2019améliorer et de sauver les vies des gens aux prises avec un trouble de santé mentale.On cherche de plus en plus à faire un procès à la psychiatrie sans aller en profondeur dans les enjeux qui ont trait à la profession, lesquels mériteraient des débats plus sereins et des positions moins braquées.Le chemin vers la déstigmatisation de la maladie mentale, qui sera long et ardu, est bel et bien entamé, mais la psychiatrie, elle, souffre toujours d\u2019une stigmatisation bien ancrée en raison de son passé lugubre.La psychiatrie a connu une succession de révolutions, mais c\u2019est comme si l\u2019on imaginait encore que la lobotomie était utilisée couramment, et que la désinstitutionnalisation n\u2019avait pas eu lieu.Aujourd\u2019hui, pourtant, la psychiatrie s\u2019est affranchie des histoires horribles du passé, et est par le fait même devenue une discipline moderne qui s\u2019appuie sur des données probantes.Si le discours de méfiance vis-à-vis de la psychiatrie gagne autant d\u2019adeptes, c\u2019est que tout le monde a, un jour ou l\u2019autre, ressenti de la détresse semblable aux symptômes d\u2019un trouble anxieux ou dépressif, symptômes qui se sont en définitive dissipés sans nécessiter d\u2019interventions plus sérieuses.Dès lors, à peu près n\u2019importe qui estime avoir l\u2019expertise nécessaire pour se prononcer sur les soins à prodiguer aux personnes qui souffrent.Pour s\u2019attaquer à l\u2019augmentation importante et réelle des cas de maladie mentale des dernières années, on en vient rapidement à conclure que les changements dans les habitudes de vie, qui font, du reste, partie de la solution, peuvent à eux seuls guérir le mal.Mon expérience L\u2019effet pervers le plus notoire de cette méfiance grandissante vis-à-vis de la psychiatrie est que les gens en situation de détresse vont refuser de suivre les conseils du psychiatre et la médication qu\u2019on leur prescrit, ou vont l\u2019abandonner.On voit de tels cas tous les jours où je travaille.Pour ce qui est des troubles dits plus «sévères», cela retarde leur rétablissement, les maintient dans la souffrance et détériore les pronostics.Par exemple, chez les personnes qui ont connu un premier épisode psychotique, le taux de rechute des gens qui interrompent la médication est de 77 % après un 1 an et de 90 % après 2 ans, selon une étude citée dans le Cadre de référence pour programmes d\u2019interventions pour premiers épisodes psychotiques paru en 2018.Si les conséquences de ne pas suivre les recommandations du psychiatre pour un trouble moins sévère peuvent ne pas être aussi graves, il n\u2019en demeure pas moins que ces recommandations sont à prendre au sérieux.Au cours des dix dernières années, jamais je n\u2019ai eu l\u2019impression qu\u2019on ne m\u2019a que prescrit des pilules sans prendre en considération les autres dimensions de ma situation.Cette expérience est identique à celles que j\u2019observe au travail.Les psychiatres que je côtoie se préoccupent des problèmes psychosociaux des patients, les encouragent à avoir recours à une pluralité de traitements et, dans les cas où leurs patients le demandent, sont prêts à réduire leur médication si les effets secondaires deviennent envahissants et que leur vie n\u2019est pas en danger.L\u2019avis du psychiatre ayant été la pierre angulaire de mon rétablissement, l\u2019impression que tout le monde peut se prononcer sur cette profession de façon aussi péremptoire m\u2019irrite profondément.À la clinique où je travaille, j\u2019ai parlé à des parents dont les enfants ont vu leur vie changer lorsqu\u2019ils ont cessé de se méfier de ceux qui les traitaient.Continuons de débattre d\u2019une science ayant certes son lot d\u2019ambiguïtés, mais cessons de diaboliser la psychiatrie.Les psychiatres sont dignes de confiance Laurence Charton Sociodémographe, Institut national de la recherche scientifique Les mères se réjouissent souvent d\u2019avance des cadeaux que leurs enfants leur offriront pour la fête des Mères.Cette dernière peut aussi générer de la tristesse, et même des idées suicidaires, chez des femmes qui, en raison de circonstances de la vie (stérilité, absence de partenaire, maladie), n\u2019ont pas eu d\u2019enfant.La fête des Mères est apparue aux États-Unis à la fin de la première décennie du XXe siècle, après qu\u2019Anna Jarvis (1864-1948) eut plaidé pour qu\u2019une journée soit consacrée aux mères.Au Canada, elle trouve sa place, bon an mal an, dans les médias et les commerces.Bien que des recherches féministes aient démontré que les femmes ne sont pas naturellement enclines à s\u2019occuper d\u2019autrui et à conforter leur féminité dans la maternité, des pressions sociales continuent de s\u2019exercer sur elles pour qu\u2019elles aient \u2014 sous certaines conditions (âge, statut conjugal, niveau économique du ménage) des enfants et \u2014 « fondent » ainsi une famille.Les discours à l\u2019origine de ces pressions sont, comme l\u2019écrit la chercheuse française Sarah Lécossais dans La fabrique des mères imaginaires, dans les séries télévisées françaises « à la fois contrôlés et policés.Ils fonctionnent en tant que système de représentation et participent à forger les imaginaires autant que les attentes vis-à-vis de ce que signifie aujourd\u2019hui être mère », mais aussi plus largement une « femme accomplie ».L\u2019enfant qui fait la famille Ces discours se diffusent particulièrement à travers la culture populaire.Ils participent au renforcement non seulement d\u2019une « norme procréative », en confortant les femmes dans « leur nature » féminine féconde, mais aussi d\u2019une vision normative de la maternité.Les représentations sociales du rôle des femmes et de ce qui fonde une famille font que la maternité se perçoit fréquemment comme une façon de « se réaliser ».« La famille débute avec l\u2019arrivée de l\u2019enfant », écrivent par exemple les philosophes Anne Morvan et Anne Verjus.L\u2019enfant crée une « mère » et un « père ».Il leur offre un nouveau statut et une reconnaissance sociale par leur contribution reconnue au renouvellement des générations, des sociétés et des lignées familiales, mais aussi en tant que personne détentrice présumée de valeurs altruistes.À l\u2019inverse, l\u2019absence d\u2019enfant, par « choix » ou à la suite de circonstances de vie, remet souvent en question la légitimité et les raisons entourant cette situation.Elle peut entraîner chez des femmes involontairement sans enfant une détresse psychologique significative et des difficultés à trouver leur place dans leur famille et leur entourage social.Un sentiment d\u2019échec La fête des Mères apparaît ainsi comme une journée qui exalte la fécondité, mais aussi qui exclut des femmes.Jeanne, rencontrée à l\u2019hiver 2018 dans le cadre d\u2019un projet de recherche intitulé «Avoir ou non des enfants au Québec», déclarait par exemple que «jusqu\u2019à il y a deux ans, la perspective de la fête des Mères, c\u2019était atroce».En recueillant des témoignages de femmes qui n\u2019ont pas eu d\u2019enfant, il m\u2019a ainsi été possible aussi de mieux saisir les représentations associées à la féminité et à la maternité.Pour les femmes involontairement sans enfant rencontrées, la maternité est apparue comme une phase importante dans la définition de soi et la construction identitaire.Plusieurs femmes ont ainsi déclaré ne pas se sentir complètement accomplies et ressentir un sentiment d\u2019échec.Elles ont le sentiment d\u2019être passées à côté d\u2019une relation spéciale, comme le lien d\u2019attachement à un enfant que décrivent certaines de leurs amies.Elles ne se sentent pas « normales, comme les autres femmes, les mères ».Pourquoi ces femmes ont-elles ces sentiments ?Quel regard portons- nous, en tant que société, sur elles ?Ce qu\u2019elles ressentent et vivent n\u2019est en fait que le reflet d\u2019un système socioculturel qui s\u2019appuie sur des inégalités comme celui d\u2019être fécond ou non, ou sur celles fondées sur le genre, autrement dit sur un modèle culturel nataliste et patriarcal.Éliminer la stigmatisation Car la maternité est aussi pour les femmes le moment de réinstaurer leur fonction et leur genre, dans la mesure où l\u2019exercice féminin de la parentalité diffère de celui des hommes.Les mères restent ainsi toujours celles à qui incombe la majorité des tâches familiales et domestiques.Dans le même temps, elles peuvent aussi contribuer, dans une certaine mesure, à entretenir ce modèle, en faisant de la maternité une « chasse gardée » des mères, ou en adoptant des pratiques de « maternité intensive ».Comment sortir de ces paradoxes : celui qui peut conduire des femmes involontairement sans enfant « à avoir des idées suicidaires », mais aussi celui qui peut amener dans d\u2019autres circonstances certaines femmes « à regretter d\u2019avoir eu des enfants » ?Une solution serait peut-être de repenser, de façon critique, le rôle, la place et l\u2019importance de chacun et chacune dans la société, pour assurer l\u2019acceptation complète des itinéraires personnels et contribuer ainsi à éliminer une stigmatisation dont la fête des Mères reste indubitablement le signe.FÊTE DES MÈRES Le mal des femmes sans enfant Que reste-t-il donc de la marque libérale pour le commun des mortels ?L\u2019austérité ?Ce n\u2019est certainement pas ce qu\u2019on peut appeler un attrait.Le centre un peu plus à gauche ?Difficile d\u2019y croire après ces années de compressions budgétaires.Si le discours de méfiance vis-à-vis de la psychiatrie gagne autant d\u2019adeptes, c\u2019est que tout le monde a, un jour ou l\u2019autre, ressenti de la détresse semblable aux symptômes d\u2019un trouble anxieux ou dépressif, symptômes qui se sont en définitive dissipés sans nécessiter d\u2019interventions plus sérieuses.Dès lors, à peu près n\u2019importe qui estime avoir l\u2019expertise nécessaire pour se prononcer sur les soins à prodiguer aux personnes qui souffrent. LEDEVOIR // LE LUNDI 13 MAI 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.\u2019ambiance était enfumée dans ce petit restaurant de brochettes, poissons et frites, de la rue Reda HouHou à Alger.Mais c\u2019est plutôt la première bouchée de sardines qui a fait monter les larmes dans les yeux de Mehdi Amir, 29 ans, Québécois d\u2019origine algérienne, débarqué la veille de l\u2019avion.« Ça fait 19 ans que je les attends, ces sardines-là », me dit Mehdi, un ami de longue date rencontré au bord du Saint-Laurent au début de ce siècle, en s\u2019excusant de l\u2019intensité de l\u2019émotion qui, sans prévenir, vient de le rattraper.« Depuis des semaines, je vis avec une boule dans le ventre : le stress de ce retour.Et là, c\u2019est comme si la tension d\u2019un seul coup venait de partir.» Six heures de route vers Montréal, 7 heures d\u2019avion vers Alger.5900 km.Rimouski, où il vit depuis ses dix ans, est désormais très loin.Et sur la table, sardines et hmiss \u2014 prononcer « ha- misse » \u2014, cette salade algérienne à base de poivrons grillés, d\u2019ail et de tomates, accentuent la distance en le rapprochant, par la magie des odeurs et des goûts, de son passé.« J\u2019ai quitté l\u2019Algérie pour le Québec, mais ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai décidé.Ce sont mes parents », dit-il pour éclairer la complexité des sentiments qui l\u2019animent depuis des années et qui ont balisé la nécessité de ce retour, pour la première fois depuis 19 ans.Un moment rêvé, anticipé et attendu, que l\u2019euphorie de l\u2019Hirak, ce mouvement populaire qui cherche à changer le visage de l\u2019Algérie depuis le 22 février dernier, a un peu précipité et même facilité.« Ce qui se passe ici, c\u2019est très beau, très positif, très inspirant », commente le jeune homme qui a vécu l\u2019exil, puis la construction de sa nouvelle identité québécoise, dans le souvenir de la décennie noire, celle du terrorisme et de la persécution des lettrés, qui ont incité son père et sa mère, employés dans le domaine des services sociaux et de la santé, à venir refaire leur vie au Québec.« J\u2019ai trouvé ça difficile.Mais je les remercie de l\u2019avoir fait », dit Mehdi.C\u2019était en 2000.C\u2019était pour lui et sa petite sœur.Pour qu\u2019ils puissent s\u2019épanouir dans un climat social et politique moins hostile, dans cette liberté, cette justice, cette ouverture que le peuple algérien réclame désormais en chœur, après avoir empêché Adbelaziz Boute- flika de se présenter pour un cinquième mandat.Le président était devenu invisible et impotent après un AVC en 2013.L\u2019annonce de sa candidature a été vécue comme un affront, une insulte, La grande histoire qui s\u2019écrit au quotidien en Algérie depuis la naissance de l\u2019Hirak, ce mouvement populaire qui appelle à la modernisation du pays, bouleverse aussi les plus petites.De Rimouski à Alger, Mehdi Amir, 29 ans, voit désormais son destin se synchroniser avec celui de son pays natal.Premier texte d\u2019une série de deux.FABIEN DEGLISE À ALGER LE DEVOIR LE DEVOIR EN ALGÉRIE Le retour au pays d\u2019un enfant de la décennie noire L\u2019élan démocratique de l\u2019Algérie donne un nouvel espoir à la diaspora vivant au Québec Le Québécois d\u2019origine algérienne Mehdi Amir vit depuis l\u2019âge de dix ans à Rimouski.Pour la première fois depuis 19 ans, il est retourné dans son pays natal.PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR L Après 20 ans d\u2019un pouvoir de clan, d\u2019un régime autoritaire et corrompu, l\u2019Algérie s\u2019est levée au grand complet, surtout sa jeunesse, qui représente les deux tiers de la population du pays.particulièrement au sein de la jeunesse algérienne, qui représente les deux tiers de la population, l\u2019incubateur du mouvement.Le début d\u2019un temps nouveau Après 20 ans d\u2019un pouvoir de clan, d\u2019un régime autoritaire et corrompu, l\u2019Algérie s\u2019est levée au grand complet pour réclamer la fin de la soumission, le départ des fantômes de son passé et surtout la mise de son destin sur une autre trajectoire, désormais démocratique, laïque et moderne.La transition, poussée par la révolution dite des sourires, est en cours.Et Mehdi en comprend les racines, le sens et les aspirations, intimement.« Moi aussi, je me cherche depuis des années», admet le jeune homme qui est passé à l\u2019âge adulte dans une incertitude et une indécision qui ne l\u2019a jamais quitté depuis.Il a travaillé dans le monde des bars à Montréal.Il s\u2019est intéressé aux relations internationales, au développement durable.Il est au- jourd\u2019hui dans le tourisme et la restauration en Gaspésie, avec le sentiment d\u2019une faille dans ses fondations qui l\u2019éloigne constamment de projets un peu plus structurants.« Depuis 19 ans, je vis avec l\u2019impression qu\u2019il me manque quelque chose.Quand je suis sorti de l\u2019avion dimanche, j\u2019ai compris ce que c\u2019était.C\u2019était l\u2019Algérie.» Le jour de son arrivée à Alger, un groupe de penseurs algériens, baptisé Nabni \u2014 pour Notre Algérie bâtie sur de nouvelles idées \u2014, a appelé à une « transition concertée, pacifique et ordonnée » pour ne pas laisser la crise politique actuelle détruire le pays.Mehdi, lui aussi, a commencé à mettre de l\u2019ordre dans son identité et à faire la paix avec son passé, admet-il après quelques jours à peine.La chaleur débordante des membres de sa famille, des oncles, des cousins, une grand-mère, qui n\u2019ont jamais quitté le pays a facilité le processus.Son nouveau contact avec l\u2019algérien, sa langue maternelle, que ses années rimouskoises avaient enfoncé dans les zones sombres de sa mémoire, aussi.Le onzième vendredi de l\u2019Hirak, c\u2019est dans cette langue qu\u2019il a chanté lui aussi dans les rues d\u2019Alger, place Mau- rice-Audin, un des épicentres de cette révolution tranquille, pour qu\u2019« ils dégagent tous ».Ils ?Les figures de l\u2019ancien régime, dont les têtes, en tombant les unes après les autres, inspirent désormais un sentiment de retour chez certains.« Le mouvement appelle à une modernité pour l\u2019Algérie, à une ouverture sur le reste du monde, dit Mehdi.Il y a quelque chose de très optimiste dans ce que l\u2019on entend dans la rue.Et la diaspora algérienne a désormais un rôle à jouer dans ce nouvel élan démocratique.» Tisser des liens ll parle de construire des ponts entre le Québec et l\u2019Algérie.Il émet une idée.Puis une autre.Mais demande qu\u2019il n\u2019en soit pas question dans le journal.« Je ne veux pas me les faire voler », résume-t- il en riant.Autour de lui, Mehdi entend désormais d\u2019autres Québécois de son âge, d\u2019origine algérienne comme lui, qui parlent de retourner en Algérie ou qui en reviennent débarrassés, pour la première fois, de ce pessimisme et de ce fatalisme qui plombaient jusqu\u2019à février dernier leur rapport au territoire.« Les choses bougent, elles le font vite et dans la bonne direction », estime Mehdi.Quelques jours plus tôt, à la surprise générale, trois figures du pouvoir occulte algérien, dont l\u2019intrigant Toufik, un ex-patron des puissants services de renseignement et Saïd Bouteflika, véritable détenteur du pouvoir exécutif en Algérie depuis l\u2019accident de son frère, l\u2019ex-président, ont été arrêtés par l\u2019armée qui encadre la transition.On les accuse de complot contre l\u2019État.C\u2019est une rupture majeure dans l\u2019histoire politique du pays.Mehdi était dans l\u2019avion du retour, « en train de pleurer avec d\u2019autres Algériens », raconte-t-il, qui comme lui ont été touchés par le caractère émouvant du mouvement.«L\u2019Algérie est en train de changer.Et à son contact, pendant une semaine, j\u2019ai l\u2019impression que, sur le plan personnel, je suis en train d\u2019en faire autant.» Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat\u2013Le Devoir.L\u2019Algérie est en train de changer.Et à son contact, pendant une semaine, j\u2019ai l\u2019impression que, sur le plan personnel, je suis en train d\u2019en faire autant.MEHDI AMIR » "]
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