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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-05-18, Collections de BAnQ.

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[" C AHIER SPÉCIAL D LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 MAI 2019 30 ANS DU GRIL Les écosystèmes aquatiques doivent s\u2019adapter à plusieurs nouveaux stress ou défis, tels que les changements climatiques, les espèces envahissantes, la perte de couvert forestier, l\u2019accroissement des populations, la pollution chimique et lumineuse, les microbilles ou encore l\u2019urbanisation.Depuis 30 ans, le Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie (GRIL) explore les lacs, les rivières ainsi que le fleuve Saint-Laurent et s\u2019intéresse à leurs écosystèmes et aux organismes qui les peuplent.À l\u2019occasion de cet anniversaire, Le Devoir dresse le portrait des cours d\u2019eau du Québec.Lors de ses présentations, il n\u2019est pas rare que Beatrix Beisner commence par cette phrase : «La limnologie, c\u2019est l\u2019océanographie des eaux douces, une science qui cherche à comprendre la biologie, la physique et la chimie des eaux douces.» Ainsi, la directrice du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL) est convaincue d\u2019attirer l\u2019attention de son auditoire.L\u2019eau douce dans tous ses états Relever le défi de l\u2019eau M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale À sa création en 1989, le GRIL regroupait des limnologistes provenant de quatre universités québécoises, l\u2019Université de Montréal, l\u2019Université du Québec à Montréal et à Trois-Rivières et McGill.Mais l\u2019intérêt pour cette science remonte aux années 1970, époque où Montréal était un point central de ces recherches au Canada.Si nombre d\u2019entre elles portent sur la qualité de l\u2019eau qui sor t de nos robinets, très peu de groupes cependant s\u2019intéressent aux écosystèmes et aux organismes qui peuplent les lacs et cours d\u2019eau du Québec.Aujourd\u2019hui, le GRIL constitue un des regroupements stratégiques du Fonds de recherche du Québec \u2013 Nature et technologie, et il se compose d\u2019équipes et de laboratoires de recherche en limnologie de dix établissements universitaires québécois.«Quand on regarde une carte qui montre la distribution des lacs dans la province, on comprend vraiment pourquoi c\u2019est au Québec que le GRIL est né », raconte sa directrice, qui elle-même a fait ses études ailleurs au Canada et aux États-Unis, à une époque où la réputation du GRIL dépassait les frontières.Faire face aux défis actuels La recherche fondamentale représente un aspect important de la mission que s\u2019est donnée le GRIL : « On cherche à utiliser nos connaissances en biologie, en physique et en chimie des eaux douces pour mieux protéger et af fronter les défis auxquels sont confrontées nos eaux douces », explique Beatrix Beisner.Deux axes de recherche sous-tendent les travaux du GRIL.Tout d\u2019abord, la biocomplexité des écosystèmes.Ces derniers touchent la structure et le fonctionnement fondamental des limnopay- sages.Les chercheurs se penchent sur les liens et les échanges biologiques, physiques et chimiques des écosystèmes et travaillent à mieux connaître les limites et les seuils de fonctionnement de ces milieux aquatiques.Le deuxième axe de recherche touche les défis actuels auxquels font face les écosystèmes d\u2019eau douce qui doivent dorénavant lutter contre l\u2019influence des facteurs anthropiques, les changements climatiques, les espèces envahissantes, la perte de couvert forestier, l\u2019accroissement des populations, la pollution chimique et lumineuse, les microbilles et l\u2019urbanisation.Ces deux axes composent la mission scientifique du GRIL.Mais il n\u2019y a pas que ça\u2026 « Un vaste volet de nos activités touche à la formation», explique la directrice.Le GRIL forme de nouveaux limnologistes et facilite les recherches novatrices dans le domaine.En promouvant ainsi le développement professionnel et universitaire, le groupe tente de faciliter l\u2019intégration de ses membres au sein de grands réseaux scientifiques nationaux et internationaux.Transfert de connaissances Si le GRIL rayonne ailleurs au Canada ainsi qu\u2019à l\u2019étranger, c\u2019est que le groupe sert de plateforme pour stimuler la collaboration entre ses membres : «Nos chercheurs proviennent de différentes disciplines et apportent une vision globale », explique Beatrix Beisner, qui ajoute : « Pour nous, le transfert de connaissances est primordial, non seulement dans le monde scientifique, mais aussi auprès des riverains, des municipalités et des organismes de bassins versants.» Le GRIL dispose ainsi depuis 2006 d\u2019une coordinatrice générale et agente de liaison, en la personne de Marie-Andrée Fallu, dont le rôle est notamment de transférer les connaissances des chercheurs du GRIL aux utilisateurs, incluant les ministères provinciaux et fédéraux, les organismes à but non lucratif (OBNL) et les acteurs des secteurs municipal et privé.VOIR PAGE D 2 : HISTORIQUE Les infrastructures du GRIL permettent par ailleurs aux chercheurs et aux étudiants d\u2019évoluer dans un environnement propice à mener des recherches de pointe.En plus des laboratoires analytiques et de trois stations de recherche, les membres ont accès à deux navires de recherche.Les laboratoires permettent l\u2019étude de l\u2019écologie, de la toxicologie, de l\u2019éco- physiologie et des processus aquatiques.Les stations de recherche sont réparties sur le territoire québécois : le Centre écologique La Huardière de l\u2019UQAM, les stations de McGill situées à la réserve Penfield et Gault et la station de biologie des Laurentides de l\u2019UdeM.Quant aux navires de recherche, il y a le Lampsilis, qui permet d\u2019échantillonner l\u2019ensemble des habitats du Saint-Laurent, et le Narke, un bateau de pêche électrique pour échantillonner les poissons.En ce qui concerne la santé de notre réserve d\u2019eau douce, Beatrix Beisner affirme qu\u2019évidemment « les problèmes sont plus importants au sud qu\u2019au nord du Québec, mais ça ne veut pas dire que les écosystèmes du nord ne sont pas touchés.C\u2019est là-haut que les changements climatiques se font le plus sentir.L\u2019autre problème, ce sont les produits toxiques qui se déplacent jusqu\u2019aux pôles.On constate que les effets néfastes de l\u2019industrie sont bel et bien présents en Arctique.» Au fil des ans, le GRIL a tissé des relations étroites avec certains partenaires.Quelques-uns d\u2019entre eux ont tenu à rendre hommage au regroupement.« Le GRIL s\u2019engage activement comme acteur de l\u2019eau auprès des organismes de bassins versants du Québec (OBV), qui sont mandatés par l\u2019État pour assurer une gestion intégrée de l\u2019eau à l\u2019échelle du bassin versant.Une entente de partenariat nous permet de mettre la science sur les environnements aquatiques à contribution pour une meilleure gestion de nos ressources en eau.Que ce soit en contribuant à l\u2019analyse de projets, en s\u2019associant à des événements de transfert scientifique sur les inondations ou sur les algues bleu-vert, ou en soutenant nos prises de décisions sur des sujets tels que le contrôle d\u2019espèces envahissantes ou la réduction du phosphore dans nos cours d\u2019eau, le GRIL est un partenaire fidèle et engagé de notre réseau.» \u2014 Antoine Verville, directeur général du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec « Le développement de nos projets les plus innovateurs a nécessité l\u2019expertise des membres du GRIL.Ceux-ci ont réussi à opérer le transfert scientifique vers les enseignants et techniciens du réseau scolaire québécois dans le cadre de certains projets de conservation et d\u2019éducation \u2014 identification d\u2019espèces fauniques par code-barres génétique, inventaire acoustique par analyse sonore, etc.\u2014 de l\u2019opération Partenariat action jeunesse en environnement (PAJE).» \u2014 Pablo Desfossés, enseignant à la Commission scolaire des Chênes et coordonnateur du Groupe d\u2019aide pour la recherche et l\u2019aménagement de la faune (GARAF) et de l\u2019opération PAJE « Pour moi, le GRIL c\u2019est un partenaire incontournable pour son apport scientifique à nos projets.Dans le cadre de nos projets de suivi de qualité de l\u2019eau par exemple, Stéphane Campeau nous offre son expertise quant à la conception de nos stratégies d\u2019échantillonnage d\u2019eau.Également, lors de nos projets agro-environnementaux, il apporte un volet scientifique qui appuie l\u2019importance de l\u2019impact des actions posées sur le terrain, comme l\u2019efficacité des bandes riveraines pour améliorer l\u2019intégrité d\u2019un cours d\u2019eau.» \u2014 Mylène Vallée, directrice du comité Zip Les Deux Rives « Pour nous, le GRIL, c\u2019est quinze ans de collaboration pour conjuguer science et actions citoyennes.» \u2014 Anne Léger, directrice générale du Conseil régional de l\u2019environnement des Laurentides Le projet qui a vu le jour en 2016 entame sa troisième et dernière saison d\u2019échantillonnage.Jusqu\u2019à maintenant, même s\u2019il est encore beaucoup trop tôt pour tirer quelque conclusion que ce soit, le chercheur Yannick Huot, qui dirige le projet, n\u2019est pas surpris d\u2019avoir noté des lacs en moins bonne santé qu\u2019avant dans le sud de l\u2019Ontario et dans les Prairies, où il y a plusieurs plans d\u2019eau endommagés par l\u2019agriculture.« Dans les régions plus nordiques en revanche, il y a peu d\u2019impacts humains directs sur les lacs, indique le chercheur.Bien entendu, il y a les effets des changements climatiques ou encore des pluies acides, mais pour le moment, nous nous concentrons sur l\u2019impact direct humain lorsque les hommes sont présents dans le bassin versant.» Parmi les activités humaines qui viennent influencer la santé d\u2019un lac, on retrouve entre autres l\u2019agriculture, l\u2019urbanisation par les routes, les ensembles résidentiels, commerciaux et industriels et la présence de fosses septiques près des lacs, tout particulièrement lorsqu\u2019elles sont mal entretenues.La santé des lacs est l\u2019affaire de tous et à terme, l\u2019équipe de Lake Pulse espère que des mesures seront mises en œuvre pour contribuer à l\u2019amélioration de la qualité des lacs et limiter l\u2019impact humain sur ceux-ci.« Pour chacun des lacs, nous tenterons de bien faire comprendre aux gens ce qui a amené la mauvaise santé du plan d\u2019eau.En comprenant pourquoi la santé du lac s\u2019est dégradée, ils pourront mieux agir pour répondre à la problématique, espère le professeur au Département de géo- matique appliquée.Toutefois, il arrive que certaines situations dépassent l\u2019individu.Alors, s\u2019ils souhaitent s\u2019impliquer dans leur milieu ou dans leur association, il y aura des solutions pour eux.En travaillant collectivement, les choses pourront s\u2019améliorer pour les lacs.» L\u2019équipe du projet Lake Pulse, qui passe une grande partie de son temps sur le terrain, fait également de grands efforts pour bien expliquer la démarche scientifique et rendre le projet le plus accessible possible pour les citoyens, comme le soutient Yannick Huot : « Nous souhaitons rendre ça interactif, convivial et accessible.C\u2019est quelque chose à quoi on tient beaucoup.Pour que ce soit utile pour les citoyens, la collecte de données et la présentation des résultats doivent être compréhensibles.» Anaïs Oliva est candidate au dans les projets de recherche », souligne Cindy Paquette, étudiante au doctorat qui prépare son troisième et dernier été de collecte de données.Ses intérêts de recherche portent sur l\u2019influence des activités humaines sur le zooplancton et la possibilité d\u2019utiliser ce dernier comme indicateur de la qualité de l\u2019eau d\u2019un lac.« Avec des carottes de sédiments prélevées au point le plus profond du lac, on peut retourner à des centaines d\u2019années en arrière et ainsi reconstruire l\u2019histoire des changements dans les lacs et noter les perturbations humaines », résume-t-elle.Mais d\u2019un point de vue beaucoup plus concret, le temps qu\u2019elle passe sur les berges et sur l\u2019eau lui permet d\u2019observer une chose qui ne fait pas de doute : « Les gens sont soucieux de la qualité de l\u2019eau d\u2019un lac.Ils sont accueillants, ils veulent en savoir plus, ils veulent s\u2019impliquer.On est chanceux, au Québec, d\u2019avoir des lacs en bonne santé, rappelle Cindy Paquette.Pour nous, avoir une maison au bord d\u2019un lac signifie baignade, kayak, etc.Pourtant, il y a certaines régions marquées par l\u2019agriculture ou les industries, où les citoyens n\u2019ont plus accès aux lacs, tout simplement parce qu\u2019on ne peut plus les utiliser.» Pour sa part, Yannick Huot insiste sur le fait que Lake Pulse à lui seul ne pourra pas changer les choses et ajoute que ce sera aux gouvernements de mettre en place de nouvelles réglementations.La base de données qui dressera un portrait canadien de l\u2019état de santé des lacs sera en ligne d\u2019ici 2021.Elle fournira certainement toute l\u2019information requise pour alimenter la réflexion et inviter les associations de riverains à s\u2019impliquer davantage.Cet été, pour conclure l\u2019étape de collecte de données à l\u2019échelle du pays, cinq équipes partiront vers la Colombie-Britannique, le Yukon, les Territoire du Nord-Ouest et l\u2019Alberta, particulièrement la région touchée par l\u2019exploitation des sables bitumineux.680 lacs à échantillonner sur une période de trois ans 47 étudiants à former 40 chercheurs et collaborateurs 13 universités canadiennes impliquées Des centaines de variables analysées pour chacun des lacs Pour plus d\u2019informations : http://lakepulse.ca doctorat à l\u2019Université de Sherbrooke et a quitté la France pour se joindre à l\u2019équipe de Lake Pulse.Celle qui s\u2019intéresse à la télédétection appliquée aux lacs est d\u2019avis que le succès d\u2019un projet d\u2019une telle envergure passe aussi par l\u2019engagement des riverains : « On parle avec les gens, on répond à leurs questions et on attise leur curiosité.On tente de mettre la science à la disposition des citoyens.Si on veut que nos résultats soient connus, ça fait partie de notre rôle que de faire l\u2019effort d\u2019aller démystifier ça auprès des gens, ne serait-ce que de faire comprendre l\u2019intérêt général du projet.» « Ce sont l\u2019envergure nationale du projet et l\u2019importante de la participation des citoyens qui m\u2019ont attirée vers Lake Pulse.C\u2019est peu fréquent La Faculté des arts et des sciences de l\u2019UdeM est fière de souligner les 30 ans du GRIL, chef de file mondial en écologie aquatique des eaux douces. François Guillemette et son collègue Gilbert Cabana, tous deux professeurs au Département des sciences de l\u2019environnement de l\u2019UQTR et membres du GRIL, feront état des multiples facettes de la santé du Saint-Laurent lors du colloque de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), le 30 mai.Consécration de ces deux années de recherche entre autres réalisée grâce à l\u2019aide financière du Réseau Québec maritime, ils y résumeront la dynamique des polluants et leurs effets sur les particules et organismes.Les conclusions tirées de ce colloque serviront de base au développement d\u2019un futur programme de recherche intégré sur le fleuve Saint-Laurent.Impact des terres rares dans le fleuve, route migratoire des diasporas de coliformes fécaux (E.coli), quantification de contaminants émergents : François Guillemette a assumé la portion « qualité de l\u2019eau » de la recherche.« Il est difficile de faire le bilan de santé du fleuve, laisse-t-il tomber.Mais disons qu\u2019il a pris une couple de brosses, et qu\u2019il se réveille un peu magané le lendemain matin.» Parmi les découvertes de l\u2019équipe du Lampsilis : les apports importants d\u2019E.coli associés aux usines de traitement des eaux usées et aux tributaires agricoles, qui menacent la qualité de l\u2019eau et assombrissent les activités récréatives.Et la santé humaine s\u2019en voit inévitablement touchée.Il n\u2019existait à ce jour aucun portrait intégré de la contamination en coliformes à l\u2019échelle du fleuve Saint-Laurent.« Beaucoup de sites sont contaminés de façon systématique, indique François Guillemette ; 50 % étaient contaminés, 44 % des sites visités excèdent le seuil de mauvaise qualité pour la baignade et 16 % des sites compromettent tout usage récréatif.» La baignade en zone centrale demeure la plus sécuritaire, dû à l\u2019eau provenant des Grands Lacs.Traditionnellement, le dénombrement d\u2019E.coli a été employé pour localiser la contamination des milieux lotiques \u2014 en eau courante \u2014 en raison de son faible coût.Cette approche ne permet toutefois pas d\u2019identifier les organismes \u2014 bovins, oiseaux, humains \u2014 à l\u2019origine de cette contamination.Bien que les co- liformes d\u2019origine humaine dominent le paysage, les ruminants ont leur part de responsabilité.Résultat de la complexité hydrologique du Saint-Laurent, « les sources d\u2019E.coli compromettent principalement les rives situées à des dizaines, voire des centaines de kilomètres en aval », précise François Guillemette.Pour en diminuer la propagation dans le Saint-Laurent : « des usines de traitement des eaux usées plus performantes et une meilleure gestion des rejets agricoles », s\u2019accordent les professeurs.Gilbert Cabana, lui, s\u2019est penché sur l\u2019état de santé des particules et organismes vivants du Saint-Laurent, dans une approche notamment appuyée sur les acides gras et les ratios isotopiques de l\u2019azote.Il se dit surpris par l\u2019impact du rejet ponctuel et diffus des eaux usées urbaines et agricoles sur le réseau trophique du fleuve.Ces émissions et l\u2019origine de l\u2019eau influeraient sur la composition en acides gras du seston et des poissons.En juillet 2017 et 2018, 60 stations ont été échantillonnées entre le lac Ontario et Trois-Rivières.« Les eaux en aval de Montréal possèdent une faible quantité d\u2019oméga-3, les bons gras, alors que des acides gras trans ont été observés », dit-il.Ces résultats sont inattendus, voire provocants, selon le professeur.Malgré le bannissement des gras trans artificiels au Canada depuis 2018, soit presque 15 ans après qu\u2019une majorité de députés a voté pour cette proposition à la Chambre des communes, ils continuent à être présents dans la chaîne alimentaire.Plusieurs hypothèses sont considérées.« Les acides gras rejetés sont assimilés par les organismes ; certaines bactéries transforment les gras cis en gras trans pour résister au stress écotoxicologique ; la friture qui augmente le cycle de gras trans est plus utilisée en cuisine, expose le professeur.Peut-être même que d\u2019autres processus biologiques comme les bactéries peuvent produire des gras trans.» Pour Gilbert Cabana, il semble clair que le mouvement écologique doit prendre de l\u2019ampleur sur le plan politique.Le colloque de l\u2019Acfas servira de lieu d\u2019échange de connaissances entre les scientifiques et les acteurs du milieu, les décideurs et le grand public.L\u2019implication de ces derniers est critique pour la mise en place de mesures de remédiation, croit-il.Ce cahier a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.La pêche sportive s\u2019est développée dans les dernières décennies sur cette étendue d\u2019eau.Il a donc comparé les analyses génomiques et la taille selon l\u2019âge des spécimens de cette espèce de poisson avec d\u2019autres récoltés il y a 15 ans au même endroit, là où ils se reproduisent.« Il y a une diminution entre 20 et 30 % de la taille moyenne », indique Dylan Fraser, qui vient de soumettre ses résultats à une revue scientifique.Cette conclusion concorde avec les constats que lui ont exprimé des pê- cheurs de la communauté crie de la région, avec qui il collabore dans sa démarche.Si les interactions entre l\u2019écologie et l\u2019évolution sont soit recréées en laboratoire, soit constatées en nature après des événements perturbateurs, il est rare de pouvoir les observer en temps réel dans l\u2019environnement.C\u2019est ce que réalise actuellement Dylan Fraser avec Alison Derry, pro- fesseure au Département des sciences biologiques de l\u2019Université du Québec à Montréal, tous deux membres du GRIL.Dans la région du lac Louise, au parc national Banff, ils retirent de manière intensive des ombles de fontaine des cours d\u2019eau.Aussi nommée truite mouchetée, cette espèce indigène du Québec constitue plutôt une espèce exotique envahissante en Alberta.Elle y a été introduite volontairement par l\u2019humain pour stimuler le tourisme.Une mauvaise idée, puisqu\u2019elle a déstabilisé les écosystèmes et mis en périls des espèces de truites présentes avant elle.En les enlevant, les chercheurs donnent en fait un coup de Un million d\u2019espèces sont menacées d\u2019extinction.Ce message clé du rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a monopolisé les manchettes au début du mois de mai.Mais d\u2019autres messages dans le sommaire, remis aux décideurs le 6 mai dernier, se révèlent préoccupants.L\u2019un d\u2019eux souligne que l\u2019activité humaine crée des conditions d\u2019évolutions biologiques rapides, « si rapides que les répercussions peuvent être observées en quelques années et encore plus vite ».Une donne dont il faut tenir compte dans les stratégies pour protéger des espèces vulnérables comme pour réduire l\u2019influence des espèces nuisibles.L\u2019un des experts associés à l\u2019IP- BES et impliqué dans l\u2019écriture de ce passage est Andrew Hendry, professeur au Musée Redpath de l\u2019Université McGill et membre du GRIL.Au même moment où il aidait à terminer la rédaction de ce message clé du rapport, sa maison de Laval était en proie aux inondations.« Les écosystèmes d\u2019eau douce changent dramatiquement avec les inondations, prévient-il.Celles des dernières années vont probablement avoir une répercussion importante sur tous les organismes présents dans la rivière des Outaouais.» Il émet cette hypothèse en raison de recherches qu\u2019il a menées à l\u2019île de Trinidad.« On étudiait comment des inondations pouvaient imposer une sélection naturelle chez les poissons de manière à les rendre mieux adaptés à de futurs épisodes.» Là-bas, il a constaté une réponse évolutive chez les populations de guppys, des poissons tropicaux.Ces interactions entre l\u2019écologie et l\u2019évolution durant de courtes périodes constituent la spécialité d\u2019Andrew Hendry, auteur du livre de référence Eco-evolutionnary Dynamics.Depuis la publication de L\u2019Origine des espèces par Charles Darwin en 1859, on conçoit souvent l\u2019évolution et la sélection naturelle par des mutations génétiques qui s\u2019effectuent lentement sur des siècles ou des millénaires.Depuis quelques décennies, plusieurs chercheurs examinent des modifications biologiques chez des espèces à l\u2019intérieur de décennies.Et pas seulement chez les bactéries ! Elles sont de plus en plus documentées chez les poissons.Les pressions qui engendrent des adaptations sont multiples : espèces exotiques envahissantes, urbanisation, pollutions, changements climatiques, etc.La plus connue concerne directement une activité humaine : la taille, la morphologie ou les comportements de certaines espèces se transforment en raison de la pêche intensive.Comme cette dernière cible généralement les spécimens les plus gros et les plus matures pour l\u2019alimentation, l\u2019évolution privilégie les poissons de plus petite taille et la transmission de leurs gènes désormais favorable à la survie des générations futures.Un phénomène qu\u2019Andrew Hendry remarque notamment chez les populations de saumons en Alaska, où il effectue d\u2019autres travaux.Pas besoin d\u2019aller aussi loin pour voir la même dynamique à l\u2019œuvre.Dylan Fraser, professeur au Département de biologie de l\u2019Université Concordia, s\u2019inquiète pour le doré jaune, qu\u2019il étudie en ce moment au lac Mistassini, dans le Nord-du-Québec.56 organisations partout au Québec œuvrent de concert pour préserver l\u2019eau et l\u2019environnement robvq.qc.ca rncreq.org De nombreuses activités humaines, comme l\u2019agriculture, l\u2019industrie minière et les activités récréatives, peuvent affecter la qualité de l\u2019eau douce.Depuis longtemps, on récolte des informations bactériologiques et physico-chimiques, comme la concentration en phosphore et en azote, la matière en suspension ou la présence de coliformes fécaux, pour évaluer cette qualité.Toutefois, ces mesures sont un peu comme une photo.Elles renseignent sur la qualité de l\u2019eau, mais uniquement pour le moment bien précis où les échantillons ont été prélevés.Une autre approche vient apporter des informations complémentaires et nuancer les résultats des analyses bactériologiques et physico-chimiques.Il s\u2019agit du biosuivi, qui évalue la qualité de l\u2019eau à partir d\u2019une analyse de ce qui y vit, comme les algues et les poissons.Il vise à détecter et à mesurer l\u2019impact des activités humaines sur ces communautés aquatiques.Au Québec, en Ontario et dans les Maritimes, on utilise l\u2019indice diatomées de l\u2019est du Canada (IDEC), développé par le professeur de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Stéphane Campeau, un membre du Groupe de recherche in- teruniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL), en collaboration avec Peter Dillon de l\u2019Université Trent.Si les poissons ou les invertébrés peuvent servir à faire du biosuivi, plus polluées au Québec, en particulier près de son embouchure avec le fleuve Saint-Laurent.L\u2019industrie minière bouscule aussi passablement les équilibres aquatiques.Ici encore, les diatomées peuvent nous renseigner.L\u2019existence de spécimens déformés constitue un bon indicateur de contamination par les métaux.Il n\u2019existe toutefois pas d\u2019indice basé sur les diatomées spécifiquement conçu pour évaluer ce type de contamination.Cela pourrait bien changer.« Je travaille depuis quelques années à développer une approche permettant d\u2019utiliser la présence, le type et la sévérité des déformations de diatomées comme outils de suivi de la contamination métallique », confie Isabelle Lavoie.Ces algues microscopiques n\u2019ont donc pas fini de témoigner de l\u2019état de santé de nos cours d\u2019eau.et aux effets de leurs modifications dans la chaîne alimentaire.Elle donne l\u2019exemple des acides gras polyinsaturés, comme les omé- ga-3.Nécessaires à plusieurs fonctions métaboliques humaines, ils sont surtout synthétisés par les algues.Pour en accumuler, nous devons donc ingérer certains aliments, comme des poissons.Or, eux-mêmes vont chercher les oméga-3 en consommant des algues.« Des changements dans la production d\u2019acides gras à la base du réseau alimentaire sont donc susceptibles d\u2019avoir un impact sur toutes les espèces qui en consomment », souligne Isabelle Lavoie.Tant les indices physico-chimiques que l\u2019IDEC montrent l\u2019impact important de l\u2019activité humaine sur la qualité de l\u2019eau.La rivière Yamaska, par exemple, bordée par une intense activité agricole et industrielle, compte depuis longtemps parmi les l\u2019IDEC se concentre plutôt sur les microscopiques algues benthiques (diatomées) qui tapissent le fond des cours d\u2019eau.Il compare des algues qui sont affectées par des perturbateurs à d\u2019autres, plus saines et servant ainsi de référence, et en tire une mesure de 0 à 100.Plus elle est élevée, plus cette mesure témoigne d\u2019un cours d\u2019eau en santé.L\u2019IDEC renseigne notamment beaucoup sur l\u2019enrichissement de l\u2019eau en sels et en nutriments.Il peut aussi être fort utile pour évaluer l\u2019efficacité des mesures de restauration d\u2019un cours d\u2019eau.« Les diatomées sont très abondantes et très sensibles aux perturbateurs et elles les intègrent très rapidement, ce qui fait d\u2019elles de bonnes indicatrices de la qualité de l\u2019eau », explique Isabelle Lavoie, chercheuse spécialisée en biosuivi des écosystèmes d\u2019eau douce du Centre Eau Terre Environnement de l\u2019INRS et membre du GRIL.Isabelle Lavoie a effectué des biosui- vis auprès de nombreux cours d\u2019eau de l\u2019Est canadien, notamment dans des milieux agricole et minier.Elle s\u2019intéresse à la biomasse qui tapisse le fond des écosystèmes aquatiques MESSAGE DE LA MINISTRE À titre de ministre déléguée aux Transports, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal et responsable du déploiement de la Stratégie maritime, c\u2019est avec fierté que je tiens à souligner le 30e anniversaire du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie (GRIL).Ce dernier étant considéré comme un des principaux centres de recherche en écologie des eaux douces au Canada, il m\u2019apparaît essentiel de mettre en valeur les travaux de ses chercheurs qui explorent les lacs, les rivières et le fleuve Saint-Laurent sous tous leurs aspects.Les cours d\u2019eau qui sillonnent le Québec représentent une importante richesse collective.Votre gouvernement a la ferme volonté d\u2019en faire un élément central du développement économique et social du Québec.Pour ce faire, il est indispensable d\u2019agir de concert avec nos partenaires afin d\u2019assurer la protection des écosystèmes et le bien-être des communautés.Votre gouvernement travaille actuellement à élaborer une nouvelle vision maritime au Québec.Notre future vision reposera sur l\u2019avènement d\u2019une réelle économie bleue axée sur le développement responsable de l\u2019économie maritime et sur le savoir, offrant ainsi la possibilité de développer de nouvelles filières et des façons de faire novatrices.Pour atteindre nos objectifs, l\u2019étape des prises de décision sera des plus importantes.Celles-ci devront donc être documentées et appuyées sur des informations tangibles.L\u2019acquisition et l\u2019accès aux connaissances fondamentales et aux données probantes, grâce à des regroupements stratégiques comme le GRIL, sont donc essentiels pour orienter adéquatement nos actions à venir.Le partage et la diffusion des connaissances ne peuvent qu\u2019être bénéfiques, et c\u2019est d\u2019ailleurs dans cette optique que le Réseau Québec maritime a été créé.Celui-ci rassemble divers acteurs, dont le GRIL, qui focalisent leurs recherches sur les grands enjeux d\u2019un développement maritime durable, et ce, dans le but d\u2019assurer un meilleur transfert de connaissances.Avec ses 30 ans d\u2019excellence et de savoir-faire partagé entre limnologistes, le GRIL est un partenaire inestimable du gouvernement du Québec.Je vous souhaite donc à tous, chercheurs, étudiants des cycles supérieurs, stagiaires postdoctoraux et professionnels de recherche, une bonne continuation et des recherches des plus productives pour l\u2019avenir maritime du Québec.Chantal Rouleau Ministre déléguée aux Transports Ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal Une part importante des travaux du Groupe de recherche inter- universitaire en limnologie (GRIL) porte sur les contaminants présents dans l\u2019eau.Grâce au Lampsilis, un navire de recherche appartenant à l\u2019Université du Québec à Trois- Rivières (UQTR), certains chercheurs se penchent notamment sur la présence de pesticides dans l\u2019eau du Saint-Laurent, d\u2019autres sur les matières organiques.Marc Amyot, professeur en sciences biologiques à l\u2019Université de Montréal, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicolo- gie et changements mondiaux et lui- même membre du GRIL, s\u2019intéresse à la présence de terres rares dans le fleuve.Ils s\u2019agit d\u2019un groupe de 17 métaux, très utilisés aujourd\u2019hui dans la fabrication de piles pour véhicules électriques et de divers appareils électroniques, dont les téléphones intelligents.Encore peu de recherche a été effectuée sur une possible contamination de l\u2019eau que pourraient causer les terres rares.« Mes recherches m\u2019ont amené à constater une présence en quantité inhabituelle de gadolinium dans les eaux du Saint-Laurent », mentionne M.Amyot.Cet élément chimique est utilisé notamment dans la fabrication d\u2019appareils d\u2019imagerie médicale.Bien que la concentration ne soit pas assez élevée pour représenter un risque pour la santé, M.Amyot croit qu\u2019il faut surveiller le phénomène, car l\u2019usage de ces métaux est aujour- d\u2019hui très fréquent et il le sera de plus en plus.Une autre raison de s\u2019y intéresser est l\u2019éventuelle exploitation d\u2019un gisement de terres rares dans le Nord- du-Québec, près du village de Kan- giqsualujjuaq, dans la baie d\u2019Ungava.« Je travaille en ce moment à évaluer les impacts qu\u2019aurait sur la communauté inuite le projet d\u2019extraction de ces métaux, dit M.Amyot, qui mentionne que l\u2019exploitation des terres rares est généralement très polluante.Ce travail, fait en association avec la communauté de l\u2019endroit, devrait permettre de développer des normes associées à l\u2019exploitation de ces métaux.» des bassins versants à l\u2019automne, mais aussi des pluies hivernales qui sont de plus en plus fréquentes.» Les carottes de glace prélevées par la chercheuse comportaient toutes des strates de carbone, ce qui fait dire à Milla Rautio qu\u2019il « y a plus de carbone organique dans la glace que dans la colonne d\u2019eau sous la glace ».À l\u2019heure actuelle, il est impossible de dire si cette découverte est une bonne ou une mauvaise nouvelle, « mais on pense que c\u2019est extrêmement important pour le lac au printemps, assure la chercheuse.Quand la glace fond, le carbone ainsi libéré est alors disponible pour les micro- organismes, qui l\u2019utilisent comme source d\u2019énergie ».Cette recherche qui n\u2019en est qu\u2019à son deuxième hiver vient d\u2019obtenir un financement pour se poursuivre : « Tous les résultats qu\u2019on a obtenus jusqu\u2019à maintenant sont très excitants parce qu\u2019on découvre que cette glace fournit plein de nutriments », s\u2019exclame Milla Rautio.Toutefois, comme ces découvertes sont toutes récentes, il est encore trop tôt pour tirer de grandes conclusions.Les changements climatiques, on le sait font en sorte que les hivers québécois ne sont plus les mêmes, « la saison est plus courte, la glace est plus mince et il y a de plus en plus d\u2019épisodes de pluie qui emportent de grandes quantités de carbone terrestre.Est-ce que ce sera positif ou non?On ne le sait pas encore\u2026 » Les prochaines étapes de la recherche seront importantes puisqu\u2019elles tenteront de répondre à cette question.La chercheuse et son équipe essaieront de savoir si ce carbone stocké dans la glace se transforme pendant l\u2019hiver : « Jusqu\u2019à présent, certains de nos résultats suggèrent qu\u2019une transformation physique et biologique s\u2019opère.» À l\u2019image du printemps, qui est une saison importante pour les écosystèmes des lacs, alors que les algues entament leur photosynthèse.« On croit que de la même façon, le carbone libéré de la glace aura une influence tout au long de l\u2019été, c\u2019est ce qu\u2019on va découvrir\u2026 » La chercheuse arrive au Québec en 2003 pour effectuer un post- doctorat à l\u2019Université Laval : « Je souhaitais étudier dans un pays d\u2019hiver, le froid, c\u2019est ma passion », lance la titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie aquatique boréale et polaire, professeure au Département de sciences fondamentales de l\u2019Université du Québec à Chicoutimi et membre du GRIL.« Je connaissais déjà le GRIL avant d\u2019arriver ici et comme le regroupement compte tous les limnologistes, c\u2019était naturel pour moi de collaborer avec eux », ajoute-t-elle.Ce que la pro- fesseure apprécie du regroupement, c\u2019est la qualité de la communication et de la collaboration entre tous les chercheurs.Au départ, les recherches de Milla Rautio portaient principalement sur le zooplancton des lacs boréaux et nordiques.Elle tentait alors de comprendre leur mode de vie sous la glace : « Contrairement à ce qu\u2019on peut penser, l\u2019hiver n\u2019est pas une saison de repos pour tous les organismes », explique-t-elle en ajoutant que « certains d\u2019entre eux vont même jusqu\u2019à se reproduire sous la glace ».En fait, ils déploient les mêmes stratégies que les organismes terrestres : « Comme les ours, ils accumulent les gras, les lipides, les Oméga-3 tout au long de l\u2019année pour être capables de survivre au froid de l\u2019hiver.» La ressemblance s\u2019arrête ici, car contrairement aux ours, les zooplanctons vont prendre une couleur rougeâtre.Cette pigmentation est due aux caroténoïdes, des anti- oxydants qui vont protéger l\u2019organisme.« Tout ce gras et ces pigments constituent une nourriture de grande qualité pour les prédateurs », affirme Milla Rautio.Après avoir étudié la vie des zoo- planctons sous les glaces, aujour- d\u2019hui, la chercheuse et son équipe ont eu l\u2019idée d\u2019aller voir ce qui se passe dans la glace des lacs et des cours d\u2019eau.Depuis longtemps, les océanographes se sont penchés sur la vie présente dans les glaces marines, comme les algues, qui sont une source importante de production.« Mais on avait toujours pensé que les glaces d\u2019eau douce, contrairement aux glaces océaniques, étaient trop denses pour héberger des organismes », explique Milla Rautio.Ce qu\u2019elle a découvert, ce ne sont peut-être pas des organismes vivants \u2014 quoiqu\u2019il y ait quelques algues prises dans ces glaces \u2014, mais du carbone : « Il y a une grande accumulation de carbone organique qui provient L\u2019INRS, entièrement dédié à la recherche et à la formation universitaire de cycles supérieurs, contribue à la société par ses découvertes et innovations scientifiques, sociales et technologiques. Le pergélisol occupe près du quart de l\u2019hémisphère nord, où est séquestrée près de la moitié du carbone de la planète.On peut comprendre pourquoi son dégel attire ainsi l\u2019attention de la communauté scientifique.La biologiste Isabelle Laurion, de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), s\u2019intéresse depuis 2002 aux lacs de thermokarst, ces nombreuses mares formées par le dégel du pergélisol, plus particulièrement à ceux de petite taille et peu profonds.« Beaucoup de carbone s\u2019est accumulé dans le pergélisol de ces tourbières », explique la chercheuse.Un dégel saisonnier en superficie est normal, mais depuis quelques décennies, le pergélisol dégèle de plus en plus sur la dégradation de ce pool ancien de carbone », ajoute la professeure à l\u2019INRS.En effet, l\u2019Arctique se verdit de plus en plus : plantes, arbustes, plantes aquatiques et phytoplancton se multiplient.Or, lors de leur croissance, ces organismes photosynthétiques fixent le carbone dans l\u2019atmosphère.Jeune carbone provenant de la croissance des plantes et « vieux carbone » accumulé depuis des millénaires se rencontrent dans les lacs ; les micro-organismes dans les lacs préfèreront-ils le jeune ou le vieux carbone ?« Si les micro-organismes préfèrent le vieux carbone, ceux-ci, en le respirant, le relâcheront dans l\u2019atmosphère.» Pour l\u2019instant, les micro-organismes semblent préférer le jeune carbone, mais ces résultats restent variables et difficiles à généraliser.La professeure Laurion travaille donc en collaboration avec les professeurs Connie Lovejoy et Jérôme Comte pour mieux comprendre ces phénomènes.« On sait également que les lacs brunissent partout sur la planète.Le dégel du pergélisol apporte de l\u2019eau au moulin dans le Grand Nord, alors que les matières organiques se retrouvent dans les cours d\u2019eau et brunissent les lacs.L\u2019eau brune bloque profondément.Les sols des tourbières, gorgés d\u2019eau et de glace, s\u2019érodent en dégelant et forment des étendues d\u2019eau.Qu\u2019adviendra-t-il ainsi du carbone stocké dans la toundra depuis des millénaires ?La réponse n\u2019est pas simple.« Lorsque j\u2019ai commencé à mesurer les émissions de gaz à effet de serre de ces lacs, j\u2019ai remarqué que ça variait beaucoup dans l\u2019espace et dans le temps », explique la professeure Laurion, qui mène ses recherches sur deux sites \u2014 un le long de la baie d\u2019Hudson à la ligne sud du pergélisol (Kuujjuarapik-Whapmagoostui, au Nunavik), et l\u2019autre au 73e parallèle, en zone de pergélisol en continu (île Bylot, Nunavut).La chercheuse veut mieux comprendre la chimie, la physique et la microbiologie de ces lacs pour expliquer ces variations.Ainsi, le carbone pourrait se dégrader par l\u2019action bactérienne, ou encore aboutir dans le réseau hydrologique et finalement dans l\u2019océan, entraînant alors des conséquences sur le climat si une partie de ce carbone est transformée en gaz à effet de serre.« Une autre chose qui nous intéresse beaucoup, c\u2019est l\u2019effet de la lumière la lumière, ayant toutes sortes de conséquences sur la vie des lacs », avance Mme Laurion.La professeure collabore en ce moment avec Manuel Rodriguez de l\u2019Université Laval pour évaluer l\u2019état des lieux.La présence de cyanobactéries pourrait également devenir problématique si une communauté puise son eau potable dans ces lacs.L\u2019alternative est pour le moins inquiétante : boire de l\u2019eau potentiellement contaminée par les toxines des cyanobac- téries, ou boire une eau brune traitée au chlore (que les Inuits ont très peu tendance à boire, n\u2019aimant pas son goût) ?Or, la matière organique dissoute dans l\u2019eau brune réagit avec le chlore pour former du dibutylétain (DBT), un contaminant potentiellement cancérigène.main à la démarche de conservation de Parcs Canada.« C\u2019est une occasion unique, dit Alison Derry.Comme les gens pê- chent généralement les gros spécimens, cela nous permet de voir ce qui se passe dans la nature lorsque cela se produit, avec toutes les interactions en jeu avec les autres groupes et l\u2019écosystème.» Alors que Dylan Fraser s\u2019attarde davantage aux effets sur les poissons, Alison Derry ausculte les impacts sur les macro-invertébrés et le zooplanc- ton.Elle étudie aussi ces derniers dans un autre laboratoire à ciel ouvert, celui-là en Alaska, en compagnie d\u2019Andrew Hendry.Les deux chercheurs ont traité à cet endroit un lac à la roténone, afin d\u2019éliminer des espèces exotiques envahissantes, avant d\u2019y réintroduire des épinoches, une espèce de poisson indigène.« Nous avons la permission de manipuler un lac entier, ce qui est vraiment rare et nous permet d\u2019observer une évolution en nature », souligne Alison Derry.« Nous pourrons voir comment les différents types d\u2019épinoches sont importants pour l\u2019ensemble de l\u2019écosystème du lac, ajoute Andrew Hendry.Et nous pourrons ensuite mesurer leurs évolutions dans ce nouveau lac et comprendre comment elles modifient l\u2019écosystème.» Ces recherches sont loin d\u2019être anodines.Bien comprendre l\u2019évolution contemporaine des espèces, comme le souligne le rapport de l\u2019IPEBS, permettra de mieux gérer la conservation de la biodiversité et les pressions sur les habitats, comme la pollution et les changements climatiques.LA RECHERCHE L\u2019EAU DOUCE, UN FIL CONDUCTEUR DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES Nos chercheurs scrutent les lacs et les rivières pour comprendre les effets du réchauffement planétaire sur la vie aquatique.T 1 9 - 5 3 5 2 4 CONCORDIA .CA/RECHERCHE P h o t o : D y l a n F r a s e r Le Canada abrite 20 pour cent des réserves d\u2019eau douce de la planète.Ces précieux écosystèmes, et la vie qui en dépend, sont en danger.À titre de membres du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie (GRIL), sept professeurs des départements de biologie et des sciences des ressources naturelles ainsi que de l\u2019École d\u2019environnement de l\u2019Université McGill s\u2019emploient à assainir nos lacs, rivières, cours d\u2019eau et milieux humides.Ils percent le code génétique des espèces envahissantes, étudient les répercussions des changements évolutifs contemporains et gèrent au mieux les écoservices.Ces chercheurs nous aident à comprendre le fonctionnement de nos écosystèmes aquatiques et forment la nouvelle génération qui protégera ces ressources, d\u2019une valeur inestimable.FÉLICITATIONS AUX CHERCHEURS DU GRIL, À L\u2019AVANTGARDE DE LA RECHERCHE EN SCIENCES AQUATIQUES DEPUIS 30 ANS.NOS CHERCHEURS SE JETTENT A L\u2019EAU Isabelle Laurion travaille également en collaboration avec le professeur Marc Amyot pour étudier la présence de méthylmercure, un contaminant avec une résonance particulièrement importante dans l\u2019Arctique.« Le cycle du carbone est intimement lié au cycle du méthylmercure », explique la professeure Laurion.L\u2019activité microbiotique qui utilise le carbone transforme aussi le mercure en méthylmercure, un contaminant qui entre ensuite dans la chaîne alimentaire pour cheminer vers le haut.La recherche dans le Nord n\u2019est pas de tout repos : les conditions météorologiques sont souvent mauvaises, et le terrain est accessible environ un mois par année.Lentement, mais sûrement, la recherche sur ces écosystèmes est toutefois primordiale : « Nous faisons de la recherche fondamentale, mais au final, les connaissances servent à faire des projections.Si on ne tient pas compte du rôle des différents écosystèmes dans le potentiel réchauffement, nos projections ne seront pas aussi justes », conclut la chercheuse.Anthony Ricciardi est biologiste spécialiste des espèces envahissantes au sein du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie (GRIL) et professeur à l\u2019École de l\u2019environnement de l\u2019Université McGill.Selon lui, le système hydrographique du Saint-Laurent incluant les Grands Lacs est de loin le meilleur laboratoire vivant.D\u2019une superficie de 1,6 million de kilomètres carrés, il se classe au 3e rang en importance en Amérique du Nord, après les systèmes du Mississippi et du Mackenzie.Il draine plus de 25 % des réserves mondiales d\u2019eau douce et influence les processus environnementaux de tout le continent nord-américain.Plus de 30 millions d\u2019Américains et 15 millions de Canadiens vivent dans le bassin, selon le gouvernement du Canada.« Le Saint-Laurent est le premier fleuve au monde à être à ce point envahi par des espèces non indigènes, indique Anthony Ricciardi.Il fournit des informations précieuses qui pourront prédire ce qui se passera ailleurs.» Quelque 80 envahisseurs se partagent l\u2019étendue du fleuve, et 190 ont été répertoriés dans les Grands Lacs.échappés vers 1991, à la suite d\u2019une crue importante.Sa présence se confirme en 1999, alors qu\u2019un premier spécimen est trouvé par un pêcheur commercial du Haut-Richelieu.Elle atteint le lac Champlain en 2001, puis le fleuve Saint-Laurent en 2005.« Contrairement à la majorité des espèces, elle a d\u2019abord envahi le fleuve, fait valoir le professeur.Mais une tanche a été capturée près du lac Ontario.C\u2019est le début de l\u2019invasion des Grands Lacs.» L\u2019espèce deviendra connue quand elle sera bien implantée, précise-t-il.Claude Lavoie, professeur à l\u2019École supérieure d\u2019aménagement du territoire et de développement régional de l\u2019Université Laval et auteur de l\u2019ouvrage 50 plantes envahissantes.Protéger la nature et l\u2019agriculture, se spécialise quant à lui dans les espèces de plantes envahissantes au sein du GRIL.Parmi les plus notoires : le roseau commun et la renouée du Japon, « des envahisseurs extraordinaires à peu près indélogeables, de plus en plus communs le long des rivières », le myriophylle à épi, « bien apprécié dans l\u2019aquariophilie », souvent largué avec les restes de l\u2019aquarium, et la berce du Caucase, « une très grande plante dont la sève peut causer des brûlures sévères lorsqu\u2019elle entre en contact avec la peau ».« Les bateaux de plaisance sont de bons moyens de transport des espèces envahissantes », explique Anthony Ricciardi.Des débris de myriophylle par exemple, s\u2019attachent fréquemment aux coques et aux hélices des bateaux, favorisant ainsi sa prolifération.Résultat du transport, du commerce et de la mondialisation, tout peut être déplacé.Ce nouvel environnement, doublé de l\u2019absence d\u2019ennemis naturels, rend la tâche d\u2019extermination encore plus complexe, selon Claude Lavoie.« Les plantes envahissantes ont beaucoup d\u2019effets sur la flore et l\u2019agriculture.Elles transforment progressivement l\u2019environnement.Nous ne pouvons pas nécessairement les éliminer, mais nous pouvons en diminuer la contamination en limitant les effets les plus importants.» Le professeur Lavoie ne connaît aucun exemple de plantes envahissantes ayant été éliminées, « sauf quand elles sont prises au tout début ».La berce du Caucase, toutefois, est la seule espèce dont les populations régressent au Québec, les régions de Chaudière-Appalaches et du Bas- Saint-Laurent ayant mené de vastes opérations pour en diminuer la contamination.Pour les spécialistes, donc, la lutte sera nécessaire.« Sur la surface, rien n\u2019y parait, laisse tomber le professeur Ricciardi.Mais dans les profondeurs, le fleuve est un véritable champ de bataille écologique.C\u2019est la guerre pour la nourriture et le territoire.» Au cours des 70 dernières années, soit depuis l\u2019inauguration de la Voie maritime, sur six espèces découvertes, une a eu un effet négatif sur l\u2019écosystème.Au nombre de ces envahisseurs : les moules zébrées et quagga, le gobie à taches noires et la tanche, le « nouveau conquérant ».L\u2019introduction de la tanche au Québec résulte d\u2019une souche importée illégalement d\u2019Allemagne en 1986 par un homme d\u2019affaires qui voulait créer une ferme d\u2019élevage en bordure de la rivière Richelieu, raconte Anthony Ricciardi.Les poissons se seraient L\u2019UQAM, ?ère de collaborer depuis 30 ans à la recherche et à la formation en écologie des eaux douces sciences.uqam.ca patrie 1d 3! A pi of Woo wit Tam bo mn 3 3 .d 0 - > to £ AW, TE, ah a\u201c wv vw \" 5 - Pa ak 4 ad - JE » | 4.24 4 / Groupe de recherche Interuniversitaire en limnologie La science pour l'avenir des écosystèmes d'eau douce Le Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie est un groupe de recherche actif en limnologie fondamentale et appliquée et constitue un des regroupements stratégiques du FRONT, le Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies.Il compte actuellement 51 chercheurs provenant de dix institutions universitaires québécoises, auxquels se joignent plus de 175 étudiants de cycles supérieurs, stagiaires postdoctoraux et professionnels de recherche.En place depuis 1989, le GRIL joue un rôle de chef de file international en écologie aquatique des eaux douces.LIMNOLOGIE *du grec limne (lac) et logos (étude) Science qui a pour objet l'étude des eaux intérieures.Pour les chercheurs du GRIL, cette définition touche l'ensemble des écosystèmes d'eau douce, incluant les lacs, les rivières et le fleuve Saint-Laurent.a ee vs .a æ aa \u201cx Pw ¢ æ vr \u2014 , as 7 IE 627 A Lobe t pics x 7 RH td \u2018 il Nese Jd ri pt Ih BT pod pal Ms + En Giant eme SRP pr ; net ja mé a col = ea x oa?et ry Fig es A + =) ke IF = FFE ges SE & A7 7 RE 3 A a à (Nr age\u201d i .Ha ff et {* f 14 Eo NE 3 3 iy 5 J Ps 1 L) Eph I i} tr A) A Le a ; AA 2 à 0) A f ON Tri QU VUS {y of = EA 06 D TL 4 Th $y IEA K À À AT .WN Le | ( AF NP > LE PSE \u2018 hy Er À y as; Pei) : - 8 i 4 ;, i É f ; y "]
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