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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2019-05-22, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 112 / LE MERCREDI 22 MAI 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM 1939-2019 J.Beaudin réalisateur Le cinéaste derrière J.A.Martin photographe et Les filles de Caleb n\u2019est plus FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR écédé dimanche à l\u2019âge de 80 ans, Jean Beaudin n\u2019en était qu\u2019à son troisième long métrage lorsque J.A.Martin photographe fut sélectionné au Festival de Cannes, en 1977.Sa vedette féminine, Monique Mercure, en femme du tournant du XXe siècle qui s\u2019impose dans le périple de son photographe ambulant de mari, en revint avec un prix d\u2019interprétation.Suivit en 1980 Cordélia, avec Louise Portal en figure historique accusée en 1899 d\u2019avoir tué son époux.Jean Beau- din revisita la même période, cette fois pour la télé, en 1990, avec les péripéties professionnelles et sentimentales de l\u2019institutrice Émilie Borde- leau, dans Les filles de Caleb.Ces trois héroïnes bataillant contre les carcans de leur époque comptent parmi les personnages les plus mémorables d\u2019une filmographie variée qui débuta à l\u2019ONF.Cordélia, Mario et Being at Home with Claude comptent aussi parmi les réussites de cette figure importante du cinéma québécois, qui fit également sa marque à la télévision au cours d\u2019une carrière s\u2019étant échelonnée sur quatre décennies.INDEX Avis légaux.B6 Culture .B1 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo.B7 Monde .B8 Mots croisés .B7 Sports .B7 Sudoku .B7 MONDE Aux États-Unis, les défenseurs du droit à l\u2019avortement se mobilisent | B 8 ÉCONOMIE Le FMI exhorte le Canada à la plus grande prudence B 4 ACTUALITÉS Quand Jean Leloup va jouer dehors et qu\u2019il en rapporte un disque | A 8 Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et le réalisateur Quentin Tarantino à leur arrivée pour la projection du film Once Upon a Time in Hollywood, l\u2019œuvre la plus attendue de la compétition à Cannes.Mais, nous dit Odile Tremblay, le film déçoit.VOIR PAGE B 1 ALBERTO PIZZOLI AGENCE FRANCE-PRESSE Cannes : le trio attendu ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Séduits comme plusieurs par les caméras hyperperformantes du numéro un mondial du téléphone intelligent, les propriétaires d\u2019appareils Huawei pourraient regretter ce surplus de pixels au cours des prochains mois, selon des spécialistes interrogés par Le Devoir sur l\u2019impact possible des sanctions assenées par le gouvernement Trump au groupe Huawei.Même si le président milliardaire a accordé lundi un sursis de 90 jours avant que ne s\u2019abatte le couperet sur Huawei, ce n\u2019est qu\u2019une question de temps avant que les consommateurs qui ont en poche un appareil du fabricant asiatique ne se retrouvent pris avec un outil aux fonctionnalités réduites.Depuis que Google a annoncé dimanche son intention de se conformer aux sanctions américaines, le colosse des télécoms chinois se retrouve privé de la suite Android pour équiper ses futurs appareils, notamment des applications qui l\u2019accompagnent, dont Gmail (messagerie), Google Maps (cartographie), Waze (trafic routier) et YouTube, devenues pour le commun des mortels des incontournables du quotidien.Même si le géant chinois de la téléphonie mobile a affirmé lundi vouloir « continuer d\u2019offrir des mises à jour de Les dommages collatéraux de la guerre technologique Chine\u2013É.-U.Quels seront les recours des consommateurs ayant acquis un téléphone Huawei FABIEN DEGLISE LE DEVOIR ROYAUME-UNI Un second référendum pour sauver le Brexit Les élus britanniques devront toutefois entériner l\u2019accord de divorce que Theresa May a négocié et qu\u2019ils ont déjà rejeté par trois fois Jean Beaudin, figure importante du cinéma québécois, s\u2019est éteint à l\u2019âge de 80 ans.ANNIK MH DE CARUFL LE DEVOIR D VOIR PAGE A 8 : BEAUDIN Même si elle y a toujours été opposée, la première ministre britannique, Theresa May, a ouvert la porte mardi à la tenue d\u2019un nouveau référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne.Cette possibilité est toutefois conditionnelle à l\u2019adoption par les parlementaires britanniques dans la semaine du 3 juin de son plan de divorce négocié avec Bruxelles.Un plan qu\u2019ils ont rejeté massivement depuis le début de l\u2019année et qui reste inchangé.« Je ne crois pas que c\u2019est la route que nous devons prendre, car je pense que nous devons mettre en place les résultats du premier référendum plutôt que de demander aux Britanniques de voter une deuxième fois », a-t-elle dit lors d\u2019une conférence de presse Web diffusée à Londres, en fin d\u2019après-midi mardi, pour présenter les grandes lignes de ce qu\u2019elle a nommé un « nouvel accord de retrait ».« Mais je reconnais les sentiments profonds et sincères du Parlement sur cette question importante », a-t-elle ajouté, en précisant qu\u2019un projet de loi, qu\u2019elle compte présenter début juin à la Chambre des communes pour faire débloquer le Brexit, va exiger un vote sur la tenue d\u2019un nouveau référendum ou pas.Cette nouvelle consultation publique irait chercher l\u2019appui ou le rejet des électeurs du texte de l\u2019entente de séparation avant sa ratification.VOIR PAGE A 2 : BREXIT Je ne crois pas que c\u2019est la route que nous devons prendre, car je pense que nous devons mettre en place les résultats du premier référendum plutôt que de demander aux Britanniques de voter une deuxième fois THERESA MAY » VOIR PAGE A 4 : HUAWEI ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 22 MAI 2019 IL FAIT TOUJOURS BEAU QUAND ON ROULE EN SUBARU.quebecsubaru * L\u2019offre de location s\u2019applique au modèle illustré, l\u2019Impreza 2.0i Commodité 5 portes 2019 (KG1 CP), à transmission manuelle, dont le prix de détail suggéré est de 22 358 $ (taxes en sus).L\u2019offre de location comprend 208 paiements de 63 $ (taxes en sus) par semaine pour un terme de 48 mois avec un acompte de 0 $.Le premier paiement de 63 $ est requis à la signature du contrat.Le montant total exigé avant le début de la location est de 72,43 $ (taxes incluses).La location est basée sur une allocation annuelle de 20 000 km.Des frais de 0,10 $/km seront facturés pour les kilomètres excédentaires.Les frais d\u2019inscription au Registre des droits personnels et réels mobiliers, les frais de transport et de préparation, ainsi que les droits spéci?ques sur les pneus neufs sont inclus.Le permis de conduire, l\u2019immatriculation (prix varie selon le client) et les assurances sont en sus.Le concessionnaire peut louer à prix moindre.L\u2019offre et les spéci?cations techniques peuvent changer sans préavis.Le ?nancement est offert sous réserve de l\u2019approbation de crédit des Services Financiers Subaru par TCCI.L\u2019offre est en vigueur jusqu\u2019au 31 mai 2019.Certaines conditions s\u2019appliquent.1.EyeSight® est un système d\u2019assistance au conducteur qui peut ne pas fonctionner dans certaines conditions.Il incombe en tout temps au conducteur d\u2019adopter une conduite sécuritaire et prudente.L\u2019ef?cacité du système dépend de nombreux facteurs, tels que l\u2019entretien du véhicule ainsi que les conditions météorologiques et routières.Consultez le Manuel du propriétaire pour les détails de fonctionnement et les limites.2.Les cotes de sécurité sont attribuées par l\u2019Insurance Institute for Highway Safety (IIHS).Visitez le www.iihs.org pour connaître les méthodes de tests.3.ALG est la référence de l\u2019industrie en matière de valeurs résiduelles et de données de dépréciation, www.alg.com.Visitez votre concessionnaire Subaru participant pour tous les détails.Impreza et Subaru sont des marques déposées.Association des concessionnaires Subaru du Québec SUBARU SAINT-HYACINTHE Saint-Hyacinthe SUBARU REPENTIGNY Repentigny SUBARU DES SOURCES Dorval SUBARU RIVE-NORD Boisbriand JOLIETTE SUBARU Joliette SUBARU SAINTE-JULIE Sainte-Julie LACHUTE SUBARU Lachute SUBARU GRANBY Granby SUBARU MÉTROPOLITAIN Saint-Léonard SUBARU-MONTRÉAL Montréal SUBARU DE LAVAL Laval SUBARU BROSSARD Brossard SUBARU SAINTE-AGATHE Sainte-Agathe-Des-Monts 63 $* 208 paiements à partir de par semaine taxes en sus 0 $ acompte 48 Location de mois $ Transport et préparation inclus, taxes en sus Prix de détail suggéré de ® IMPREZA LA NOUVELLE 5 portes VÉHICULE À ÉMISSIONS QUASI NULLES La manœuvre ne semble pas vaincre les réticences BREXIT SUITE DE LA PAGE A 1 « Mme May doit agir très vite en raison du calendrier des parlementaires britanniques » qui arrêtent de siéger fin juillet avant de revenir début octobre, a indiqué Hubert Rioux, chercheur à l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP), en entrevue au Devoir il y a quelques jours.« Il lui faut quelque chose de nouveau pour faire augmenter les chances de faire adopter son accord d\u2019ici là.» Avec cet accord, le Brexit entrerait en vigueur le 31 octobre prochain.Le projet de loi de Mme May accompagne et encadre donc l\u2019adoption de cet accord de retrait qu\u2019elle a négocié avec Bruxelles.Pour des raisons de procédures parlementaires, elle ne peut pas en effet resoumettre cet accord au vote des élus comme tel, puisqu\u2019ils l\u2019ont rejeté à trois reprises depuis le début de l\u2019année.Malgré l\u2019échec de la sortie du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne le 29 mars dernier, Bruxelles a toujours refusé de rouvrir le texte de l\u2019entente pour en changer les termes, termes dont plusieurs continuent de diviser les Britanniques.La loi d\u2019application du Brexit, qui, en contradiction avec le vocabulaire utilisé par Mme May, ne constitue pas un « nouvel accord », cherche avant tout à rassurer les opposants au Brexit et les critiques de l\u2019accord négocié en inscrivant dans le texte introductif les intentions du gouvernement pour atténuer plusieurs irritants, dont la litigieuse question de la frontière entre les deux Irlandes.Rappel des faits : l\u2019une est au sein du Royaume-Uni, l\u2019autre, de l\u2019Union européenne.Pour respecter les accords de paix de 1998 et éviter le retour d\u2019une frontière physique entre les deux pays, le traité de retrait inclut un filet de sécurité (le fameux backstop, en anglais), une solution de dernier recours qui fait l\u2019unanimité contre elle.Les pro-Brexit y voient la faille qui maintiendrait le Royaume-Uni dans le cadre douanier de l\u2019UE, alors que les pro-Européens rejettent cette option qui risque de soumettre le Royaume-Uni aux règles de Bruxelles sans droit de regard.Le texte du projet de loi, résumé par Mme May, forcerait alors le gouvernement à trouver une solution de remplacement à ce backstop avant la fin de l\u2019année 2020.Lors de sa conférence de presse, la première ministre a indiqué qu\u2019une fois le cadre du Brexit adopté, le gouvernement garantira aux travailleurs des droits équivalents à ceux dont ils jouissent actuellement dans un Royaume-Uni vivant toujours au sein de l\u2019UE.Londres n\u2019abaissera pas les niveaux des protections environnementales actuellement imposées par Bruxelles et dit vouloir réduire les tensions avec l\u2019UE dans les échanges de biens hors du marché commun, en cherchant un compromis sur la question douanière afin de faire sortir le Brexit de l\u2019impasse.Cet « accord » de « la dernière chance », comme l\u2019a présenté la première ministre, est loin d\u2019avoir convaincu les réticents.« C\u2019est en gros le rabâchage de ce qui a déjà été dit avant et qui n\u2019apporte rien de neuf sur l\u2019alignement des marchés, sur l\u2019union douanière ou sur la protection des droits », a résumé le chef de l\u2019opposition, Jemery Corbyn, avec qui Mme May cherche depuis plusieurs semaines à s\u2019entendre pour aller chercher une majorité à la Chambre afin de faire approuver son accord.Figure du Brexit, Boris Johnson, qui aspire à prendre la place de Theresa May à la tête du Parti conservateur, a indiqué qu\u2019il n\u2019allait pas voter pour cette loi d\u2019application, puisqu\u2019elle revient à se prononcer pour une union douanière et un nouveau référendum, ce que les électeurs n\u2019ont pas réclamé, selon lui, en votant pour le Brexit en 2016.« Nous pouvons et devons faire mieux pour livrer ce pour quoi les gens ont voté », a-t-il indiqué sur Twitter.Il avait voté pour le même accord de retrait en mars dernier.Theresa May a annoncé depuis plusieurs semaines qu\u2019elle envisage de quitter le pouvoir une fois son accord de retrait entériné par Westminster.Elle a également qualifié de « corrosif » l\u2019interminable débat autour de cette question qui maintient toujours le Royaume-Uni dans l\u2019impasse, deux mois après la date où ce Brexit aurait dû se jouer.Jeudi, les électeurs britanniques vont se rendre aux urnes pour se choisir de nouveaux députés.Le parti euroscep- tique, populiste et pro-Brexit de Nigel Farage mène dans les derniers sondages, venant ainsi complexifier une équation aux termes nombreux et contradictoires.Avec l\u2019Agence France-Presse Theresa May photographiée après avoir livré son discours DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 22 MAI 2019 E N B R E F « L\u2019urgence d\u2019agir », selon Dominic Champagne Le metteur en scène et écologiste Dominic Champagne s\u2019adressera aux militants caquistes réunis en conseil général à Montréal la fin de semaine prochaine, pour les convaincre de «l\u2019urgence d\u2019agir».La présence de M.Champagne a été confirmée mardi au moment où une vidéo était diffusée pour lancer une nouvelle campagne de promotion du Pacte pour la transition.M.Champagne a déjà rencontré le premier ministre François Legault.Le conseil général de la Coalition avenir Québec (CAQ) doit porter précisément sur l\u2019environnement \u2014 le talon d\u2019Achille de la formation de M.Legault, selon les partis d\u2019opposition.Selon le communiqué diffusé par l\u2019équipe du Pacte, M.Champagne «tentera de convaincre de l\u2019urgence d\u2019agir» quant aux bouleversements climatiques.La Presse canadienne Lobbyiste d\u2019un jour Le magnat de la presse Pierre Karl Pé- ladeau a été inscrit officiellement au Registre des lobbyistes près de trois mois après avoir rencontré le ministre François Bonnardel, soit au-delà du délai de 60 jours prescrit par la loi.C\u2019est ce que le Commissaire au lob- byisme a constaté mardi, sans toutefois pouvoir se prononcer sur d\u2019éventuelles sanctions.M.Péladeau s\u2019est inscrit au Registre pour une période d\u2019une seule journée, soit le 28 février 2019, date où il a rencontré le ministre des Transports, François Bonnardel, pour discuter de sa volonté d\u2019acquérir les actifs de Téo Taxi par l\u2019entremise de son entreprise Placements Saint- Jérôme.La « déclaration initiale », soit l\u2019inscription au Registre, a été « reçue » le 17 mai, près de trois mois après la rencontre, peut-on lire dans le Registre des lobbyistes.La Presse canadienne Ken Pereira sera candidat du parti de Maxime Bernier Ken Pereira sera candidat aux élections fédérales pour le Parti populaire du Canada (PPC), le parti de Maxime Ber- nier.L\u2019ex-syndicaliste et témoin-ve- dette à la commission Charbonneau a salué en entrevue le «courage» de Maxime Bernier, «un politicien de carrière qui prend une chance avec une nouvelle vision en quittant les conservateurs».De passage à Québec pour y présenter une dizaine de candidats, le chef du PPC a pour sa part semé le doute quant à sa position personnelle sur l\u2019avortement.Son parti n\u2019a «pas de position là-dessus», a-t-il dit pour ensuite refuser de dire s\u2019il est «pro-vie» ou «pro-choix».M.Bernier n\u2019exclut pas un débat sur le droit à l\u2019avortement à la Chambre des communes si l\u2019un de ses futurs députés décide de déposer un projet de loi à ce sujet.La Presse canadienne Dominic Champagne, porte-parole du Pacte pour la transition GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR LA PRESSE CANADIENNE À OTTAWA Le gouvernement fédéral veut attirer les touristes étrangers en dehors des saisons de pointe et ailleurs que dans les grandes villes.La nouvelle Stratégie fédérale pour la croissance du tourisme, dévoilée mardi à Montréal par la ministre Mélanie Joly, prévoit la création d\u2019un Fonds pour les expériences canadiennes, doté de 58,5 millions sur deux ans, afin d\u2019aider les collectivités à créer ou à améliorer leurs installations et « expériences touristiques ».Géré par les organismes de développement régional du Canada, ce fonds « investira dans des produits et des expériences valorisant les atouts du Canada ».On veut par ailleurs encourager le développement d\u2019activités touristiques ailleurs que dans les grandes villes \u2014 et pas seulement en été.Ottawa espère ainsi que les arrivées de touristes internationaux en hiver et au cours de la saison intermédiaire augmenteront de plus d\u2019un million, et que les dépenses touristiques à l\u2019extérieur de Montréal, Toronto et Vancouver connaîtront elles aussi une hausse.Le fonds est ouvert aux organismes à but non lucratif, aux entreprises commerciales et aux associations industrielles, ainsi qu\u2019aux administrations locales ou autochtones, mais pas aux organisations gouvernementales provinciales ou fédérales.Ottawa précise que les projets recevront une subvention pouvant couvrir jusqu\u2019à 100 % des coûts admissibles.« Un peu plus de trois visiteurs internationaux sur quatre se rendent uniquement dans les plus grandes provinces du Canada, soit l\u2019Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec, et la plupart se rendent dans leurs grandes villes : Toronto, Vancouver et Montréal, précise le document de présentation de la Stratégie.Attirer les touristes à s\u2019aventurer au- delà des grandes villes reste un défi pour les régions qui veulent développer leur économie touristique.» La ministre Joly a déclaré mardi que les mesures favorables au tourisme étaient conçues pour aider les revenus provenant de ce secteur à augmenter de 25 % d\u2019ici 2025, pour atteindre 128 milliards.Le gouvernement espère également créer 54 000 nouveaux emplois directement liés au tourisme.La Stratégie fédérale prévoit aussi la création de « groupes d\u2019investissement en matière de tourisme », où tous les ordres de gouvernement « collaboreront en vue d\u2019investir de manière plus efficiente tout en répondant aux priorités locales ».Le Canada a accueilli 21,1 millions de touristes en 2018, dépassant ainsi le record de 20,9 millions enregistré l\u2019année précédente.Le tourisme est un pilier de l\u2019économie canadienne, rappelle Ottawa: il génère une activité économique annuelle de 102 milliards, emploie 1,8 million de personnes et représente plus de 2% du produit intérieur brut.Ottawa dévoile sa stratégie en tourisme Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, a accompagné la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dans le métro de Montréal, où il a partagé le quotidien des Montréalais qui empruntent la ligne orange à l\u2019heure de pointe.JACQUES NADEAU LE DEVOIR JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Répondant à l\u2019invitation de Valérie Plante, le ministre des Transports, François Bonnardel, est monté dans le métro à l\u2019heure de pointe mardi matin en compagnie de la mairesse.Il n\u2019a cependant pas pris d\u2019engagement clair concernant la ligne rose de la mairesse Plante.Ce projet fera l\u2019objet d\u2019études plus approfondies si l\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) la juge nécessaire, s\u2019est-il contenté de dire.La ligne orange n\u2019était pas aussi bondée qu\u2019à l\u2019habitude mardi matin.« Je connaissais déjà la situation.Je sais jusqu\u2019à quel point le métro est très populaire à Montréal.Je vois et je lis comme tout le monde la situation », a indiqué le ministre Bonnardel à sa sortie du métro à la station Champ-de- Mars en compagnie de Mme Plante et de la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau.« Mais il n\u2019y a rien de mieux que de voir comment les gens voyagent, matin après matin, pour être capable de faire un constat en bonne et due forme.» Son constat ne l\u2019a pas convaincu de la nécessité de construire la ligne rose prônée par la mairesse Plante.Il n\u2019a pas écarté la possibilité que des études plus poussées soient faites si l\u2019ARTM juge cette ligne nécessaire pour désengor- MÉTRO À Québec, le feu reste au rouge Le ministre des Transports n\u2019est pas convaincu de la nécessité de la ligne rose, même après une balade sur la ligne orange à l\u2019heure de pointe ger la ligne orange, mais il s\u2019est bien gardé de faire des promesses à ce sujet.« C\u2019est prématuré, mais les études se font et on va laisser l\u2019ARTM faire le travail », a-t-il dit.Rappelons qu\u2019en campagne électorale, François Legault avait rejeté l\u2019idée d\u2019une ligne rose entre Montréal-Nord et Lachine, jugeant ce projet trop coûteux.Il avait par la suite assoupli sa position en ouvrant la porte à un mode de transport de surface pour desservir cet axe.Plan de décongestion Mardi matin, après un court voyage entre les stations Laurier et Champ-de- Mars, le ministre Bonnardel a fait valoir que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) avait déposé un « plan de décongestion » pour la région de Montréal.Plusieurs projets de transport seront en cours de réalisation dans les prochaines années, dont le prolongement de la ligne bleue du métro, le Service rapide par bus (SRB) du boulevard Pie-IX et la construction du garage Côte-Vertu.À ces projets s\u2019ajoutera notamment un tramway vers l\u2019est de l\u2019île.Le ministre a aussi fait remarquer que la Société de transport de Montréal (STM) va mettre en place des mesures pour « donner un peu d\u2019oxygène » à la ligne orange en augmentant la fréquence des passages des trains et en implantant une ligne express d\u2019autobus sur l\u2019avenue Papineau.« Mais il faut aller plus loin », a-t-il reconnu.Rappelons que, sur la ligne orange, la fréquentation entre les stations Beau- bien et Berri-UQAM a connu une croissance de 19 % au cours des 10 dernières années.Mairesse satisfaite Même si elle n\u2019a pas obtenu d\u2019engagement du ministre Bonnardel concernant la ligne rose, la mairesse Plante s\u2019est dite satisfaite de sa visite.« Je l\u2019ai toujours dit, peu importe la couleur de la ligne ou le mode de transport, il faut absolument que, dans la planification du transport dans la région métropolitaine, on n\u2019oublie pas le cœur du réseau, c\u2019est-à-dire la ligne orange et la station Berri-UQAM.Alors, je pense que c\u2019est mission accomplie.» La mairesse a rappelé qu\u2019il faut préparer le futur : « À Montréal, on n\u2019a pas construit de nouvelles stations de métro depuis 25 ans.À Barcelone, une ville de la grandeur de Montréal, on est en train de doubler le nombre de lignes de métro et on n\u2019a jamais cessé d\u2019investir.Nous, à Montréal, on est en mode rattrapage.» En février dernier, Valérie Plante avait reproché au ministre Bonnardel d\u2019être « déconnecté de la réalité » en ce qui concerne la congestion de la ligne orange.Elle l\u2019avait invité à prendre le métro avec elle.À Barcelone, une ville de la grandeur de Montréal, on est en train de doubler le nombre de lignes de métro et on n\u2019a jamais cessé d\u2019investir.Nous, à Montréal, on est en mode rattrapage.VALÉRIE PLANTE » LEDEVOIR // LE MERCREDI 22 MAI 2019 ACTUALITÉS A 4 Assemblée annuelle des actionnaires de L\u2019IMPRIMERIE POPULAIRE, LIMITÉE (LE DEVOIR) Avis est par les présentes donné aux détenteurs d\u2019actions des classes A et B de L\u2019Imprimerie Populaire, Limitée (¨Société¨) que l\u2019assemblée annuelle des actionnaires se tiendra le vendredi 21 juin 2019, à 9h00, heure locale, aux bureaux de BCF 1100, boulevard René-Lévesque Ouest, 25e étage Montréal pour y traiter des points suivants: \u2022 Recevoir et examiner les états financiers de la Société pour l\u2019exercice terminé le 31 décembre 2018 et le rapport des vérificateurs; \u2022 élire les administrateurs; \u2022 nommer les vérificateurs pour l\u2019exercice suivant; \u2022 traiter tout autre sujet qui pourrait être dûment soumis à l\u2019assemblée.PAR ORDRE DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Brian Myles Le géant chinois pourrait tirer profit de la situation HUAWEI SUITE DE LA PAGE A 1 sécurité et le service après-vente » sur tous ses mobiles, plusieurs observateurs estiment que rien n\u2019est moins sûr pour les détenteurs actuels d\u2019appareils, promis à l\u2019obsolescence à court terme.« Le téléphone va devenir un outil pour accéder à Internet, mais sera privé de la mise à jour des autres applications.C\u2019est clair que la valeur d\u2019un téléphone Huawei vient de chuter et devient [un outil] beaucoup moins intéressant pour les consommateurs », estime Jean-François Ouellet, professeur au Département d\u2019entrepreneuriat et innovation à HEC Montréal.Pour la Coalition des associations de consommateurs du Québec, dans le contexte légal actuel, il s\u2019avère que les fournisseurs de téléphonie mobile canadiens, qui vendent les appareils Huawei, ne pourront se délester des tuiles qui s\u2019abattent sur le fabricant chinois.Guerre commerciale ou pas.« On peut s\u2019attendre à ce que des fournisseurs comme Vidéotron et Rogers poussent des cris d\u2019effraie.Mais ils ont l\u2019obligation légale de fournir les services qu\u2019ils se sont engagés à fournir », estime Jacques St-Amant, ana- lyste-conseil pour cet organisme.Loi pour la protection du consommateur (LPC) du Québec prévoit en effet qu\u2019un «bien doit pouvoir servir à l\u2019usage pour lequel il est destiné ».Même une fois le contrat de services conclu, le fournisseur «a une obligation de résultat».On imagine mal, ajoute ce dernier, comment les opérateurs de téléphonie cellulaire pourraient prétendre s\u2019acquitter du service vendu avec un téléphone à moitié fonctionnel.À défaut d\u2019une volte-face américaine, les fournisseurs n\u2019auront d\u2019autre choix que de remplacer les téléphones de leurs clients ou de les dédommager, croit M.St-Amant.« Ces compagnies connaissaient les risques qui planent sur Huawei depuis des semaines.En parlent-elles aux consommateurs qui achètent un téléphone ?Or, la loi prévoit qu\u2019un fournisseur ou un fabricant qui connaît les risques associés à un produit doit le divulguer », ajoute cet analyste.En cas de refus de dédommagement, « il risque aussi d\u2019y avoir des actions qui dépassent l\u2019échelle des frontières nationales, prévoit-il.Il serait plus simple pour eux d\u2019offrir des règlements rapides plutôt que de risquer des actions longues et coûteuses.» Le professeur Jean-François Ouellet croit aussi que ce sont les consommateurs qui détiennent le « gros bout du bâton » dans le marché actuel hyper- concurrentiel de la téléphonie mobile.« Les compagnies tentent de s\u2019arracher les clients et, d\u2019après moi, elles vont tenter d\u2019offrir des prix d\u2019ami sur d\u2019autres appareils.» Contactée mardi, l\u2019entreprise de télécommunications Vidéotron a fait savoir par courriel qu\u2019elle était «en contact avec Huawei et Google pour obtenir tous les détails ».« Nous tenons à rassurer les clients de Vidéotron : notre priorité reste de les accompagner dans cette situation et d\u2019en minimiser les impacts potentiels pour eux.» Horizons troubles Si l\u2019avenir semble trouble pour Hua- wei, victime du pugilat sino-américain lancé sur fond de sécurité nationale, il n\u2019est pas dit que le géant chinois pliera si vite l\u2019échine, estime le professeur Ouellet.Au deuxièmerang mondial des fabricants de téléphones intelligents, devant Apple et derrière Samsung (1errang), Huawei carbure surtout en Asie, en Europe (20% du marché) ainsi qu\u2019en Amérique latine (12 %) et en Afrique (11 %).En Amérique du Nord, sa faible part de marché limitera l\u2019impact des sanctions sur le géant chinois, ajoute Jean-François Ouellet.À long terme, la compagnie honnie par le président Trump pourrait même sortir gagnante de cette partie de bras de fer si elle développe rapidement ses propres processeurs et systèmes d\u2019opération (aujourd\u2019hui 100 % américains), pour devenir un concurrent de Google.« Huawei se positionne pour devenir indépendante des compagnies américaines.D\u2019ici deux ou trois ans, elle pourrait donc prendre une place accrue à l\u2019échelle mondiale.«?Google, par contre, sera privée d\u2019accès à une compagnie promise à une forte croissance et perd surtout l\u2019accès à la montagne de données que lui conférait l\u2019usage de son système Android par Huawei.» En tentant de paralyser le leader chinois, les États-Unis espèrent aussi faire échec aux ambitions de Huawei de devenir le leader de la 5 G, la prochaine génération ultrarapide de la téléphonie mobile, qui dominera l\u2019Internet des objets.Ce faisant, le gouvernement Trump inflige toutefois des pertes importantes aux fabricants américains de composantes, notamment de puces électroniques, pour qui les ventes en Chine rapportent aujourd\u2019hui quelque 11 milliards par année.LA PRESSE CANADIENNE À SAINT-ÉDOUARD-DE-MASKINONGÉ La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) a procédé mardi à l\u2019arrestation du propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, qui est accusé de cruauté animale et de négligence criminelle.Normand Trahan, propriétaire du zoo situé en Mauricie, a été arrêté mardi matin, et ses bêtes ont été saisies par la SPCA, a indiqué la section montréalaise de l\u2019organisme de défense des animaux.Selon le mandat d\u2019arrestation, M.Tra- han est accusé d\u2019avoir «volontairement causé à des animaux et à des oiseaux gardés en captivité une douleur, de la souffrance et des blessures sans nécessité».Il est aussi accusé d\u2019avoir «volontairement négligé ou omis de fournir des aliments, de l\u2019eau, de l\u2019abri et des soins convenables et suffisants» aux animaux.Ces accusations sont passibles d\u2019une peine d\u2019emprisonnement maximale de cinq et deux ans, selon le Code criminel.Les gestes auraient été commis entre mai 2016 et octobre 2018.Michel Lebrun, avocat de M.Trahan, a indiqué après la comparution sommaire, mardi au palais de justice de Trois-Rivières, que le zoo devait ouvrir en fin de semaine prochaine.Le propriétaire doit maintenant aller constater sur place ce qu\u2019il advient des animaux, et son avocat lui a conseillé de ne pas faire de commentaires.Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard accusé de cruauté animale ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR SOCIÉTÉ Le discours de La Meute disséqué à l\u2019université Après avoir étudié les échanges au sein du groupe La Meute pendant plus d\u2019un an, deux chercheurs n\u2019ont observé aucun appel à la violence ou à des gestes illégaux, mais une banalisation « inquiétante » des stéréotypes sur l\u2019islam et du mépris envers les personnes de foi musulmane.« La banalisation peut affecter le climat social et contribue à des actions nocives envers des groupes ou des individus telles que documentées dans les cas de crimes haineux à l\u2019endroit des femmes et des membres de la communauté LGBTQ+ », concluent les chercheurs Samuel Tanner (Université de Montréal) et Aurélie Campana (Université Laval) dans un article qui vient d\u2019être publié dans la revue universitaire Global Crime.L\u2019étude découle de l\u2019analyse de toutes les publications (232) trouvées sur la page « privée » Facebook de La Meute entre octobre 2015 et septembre 2016, ainsi que dans les jours qui ont suivi l\u2019attaque à la grande mosquée de Québec en 2017.Le compte privé de La Meute se distingue de sa page «publique», puisqu\u2019on ne peut y accéder que si on est membre et qu\u2019on ne peut en devenir membre que si on est recommandé par quelqu\u2019un qui en fait déjà partie.Sur le plan idéologique, l\u2019analyse montre clairement que les membres sont surtout unis par une peur de « l\u2019envahisseur islamique ».Le groupe, rappellent les chercheurs, avait été créé en octobre 2015 par deux anciens membres des forces armées dans la foulée de la décision du gouvernement canadien d\u2019accueillir des réfugiés syriens.Le nombre de membres a déjà atteint 50 000 personnes, mais s\u2019élèverait plutôt aujourd\u2019hui à 40 000 adhérents.Les chercheurs ont par ailleurs constaté que « seulement un petit pourcentage d\u2019entre eux (environ une centaine) est très actif sur la page ».La peur de disparaître Plusieurs publications s\u2019en prennent au multiculturalisme.Une peur « profonde » de disparaître émane de nombreuses publications, comme celle-ci : «Les gens ont peur, j\u2019ai peur\u2026 Je me sens seul.[\u2026] Je me sens violé, volé et rejeté par mon propre gouvernement inconscient, qui laisse une soi-disant religion dominer et s\u2019étendre.» La peur de voir une culture, ethnie ou histoire disparaître, notent les chercheurs, est « courante » dans les discours d\u2019extrême droite.Or, La Meute s\u2019inscrit plus particulièrement dans le courant « vigilantiste » de l\u2019extrême droite, qui fait référence à leur rôle de gardiens autoproclamés de certaines valeurs, expliquent-ils.Les professeurs Tanner et Campana soulignent toutefois qu\u2019« à aucun moment » il n\u2019a été question d\u2019actions illégales sur la page Facebook du groupe.Par contre, on y « encourage le mépris à l\u2019endroit des membres de la communauté musulmane en réclamant leur exclusion et en démontrant de l\u2019hostilité à leur endroit ».De plus, « dans la plupart des publications, la différence entre l\u2019islam et l\u2019islam radical est floue, ce qui génère de la confusion », signalent-ils.Il faudrait d\u2019ailleurs, selon eux, mener d\u2019autres recherches pour voir si la banalisation du mépris à l\u2019endroit des musulmans peut être liée à des crimes haineux.Selon Sophie Gaillard, avocate et porte- parole de la SPCA, c\u2019est la première fois au Québec que des accusations de cruauté envers les animaux sont portées par voie de mise en accusation, ce qui permet de prononcer des peines plus lourdes.Les accusations découlent d\u2019une visite en août 2018, au cours de laquelle la SPCA aurait constaté plusieurs infractions.Lors d\u2019une visite ultérieure en octobre, les autorités ont saisi deux alpagas en mauvaise santé et ont retrouvé quatre animaux morts, dont deux tigres.Une greffière du palais de justice de Trois-Rivières a indiqué que M.Trahan avait été libéré sous plusieurs conditions, notamment de ne pas posséder d\u2019animaux, hormis les bêtes qui n\u2019auront pas été saisies par la SPCA au zoo \u2014 il devra leur prodiguer les soins requis.Sa cause reviendra devant le Tribunal le 21 juin.Les autorités ont amorcé mardi la tâche complexe de retirer du zoo les animaux qui seraient mal en point, notamment des zèbres, des singes, des chameaux, des kangourous, des lions, des tigres et des ours.Les animaux saisis seront transférés au cours des prochains jours vers de nouvelles installations, a indiqué Me Gaillard lors d\u2019une conférence de presse devant le Zoo de Saint-Édouard- de-Maskinongé, une petite localité rurale située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Louiseville.Le groupe La Meute a été créé en octobre 2015 par deux anciens membres des Forces armées canadiennes.GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Un écosystème d\u2019a?aires montréalais branché Fiers commanditaires piliers : LEDEVOIR // LE MERCREDI 22 MAI 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin l ne faudra pas que la réforme du mode de scrutin, promise par la Coalition avenir Québec, tourne en eau de boudin, comme l\u2019ont été les tentatives précédentes.Pour éviter une déconvenue, il importe que les partis politiques favorables à cette réforme, soit la CAQ, Québec solidaire et le Parti québécois \u2014 le Parti libéral, qui s\u2019y opposait, ne sait plus très bien où il loge \u2014, se fixent un échéancier précis bien que serré, soit l\u2019élection de 2022.Certes, en vertu de l\u2019entente multipartite signée en mai 2018, la CAQ ne s\u2019est engagée qu\u2019à présenter, d\u2019ici le 1er octobre, un projet de loi instaurant un mode de scrutin proportionnel mixte.Il va de soi que le parti de François Legault ne pouvait promettre qu\u2019il soit adopté, pareil changement ne pouvant se faire sans l\u2019appui des deux autres formations politiques représentées à l\u2019Assemblée nationale qui ont signé l\u2019entente et, idéalement, du Parti libéral du Québec.Les banquettes de l\u2019opposition sont propices à la réflexion et les libéraux, qui, au pouvoir, refusaient d\u2019abandonner un mode de scrutin renforçant leur hégémonie, seraient bien inspirés s\u2019ils revoyaient leur position dès lors qu\u2019une proportionnelle mixte compensatoire les favoriserait.Mais au-delà des intérêts partisans à court terme, les arguments en faveur d\u2019un changement du mode de scrutin actuel, qui accorde 100 % du pouvoir à un parti qui a recueilli 38 % des suffrages, comme c\u2019est le cas pour la CAQ à la dernière élection, vont dans le sens d\u2019une meilleure représentation démocratique, moins d\u2019électeurs ayant l\u2019impression de perdre leur vote.Ce changement implique l\u2019émergence d\u2019une nouvelle culture politique reposant sur des alliances.C\u2019est tout à l\u2019honneur de François Legault de vouloir respecter cet engagement et de tenter de le faire pour le prochain scrutin.C\u2019est d\u2019autant plus méritoire que le parti au pouvoir, et surtout les députés du parti au pouvoir qui risquent de perdre leur siège, n\u2019a aucun avantage à changer les règles, à moins d\u2019en faire une question de principe qui dépasse ses intérêts partisans.On a malheureusement vu des chefs de parti qui, dans l\u2019opposition, ont proposé un tel changement pour se défiler une fois au pouvoir.On n\u2019a qu\u2019à penser à Justin Trudeau, ou même à Jean Charest, qui avait abandonné un projet de réforme sous la pression de son caucus après des consultations publiques étendues.Il faut dire que, pour la CAQ, il ne s\u2019agit pas d\u2019une simple promesse de la dernière campagne électorale mais d\u2019un projet de réforme des institutions démocratiques qui avait fait l\u2019objet, en 2015, de consultations auprès de ses instances régionales afin de contrer une « désaffectation générale pour la politique » qui se manifestait, selon la Commission politique du parti, par le déclin du taux de participation aux élections et la montée du cynisme à l\u2019égard de la classe politique.François Legault ne prend pas cet engagement à la légère.Que ce soit à son cabinet ou à celui de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, des travaux sérieux ont cours sur un projet de proportionnelle à compensation régionale et des pourparlers ont débuté avec les autres partis afin d\u2019aboutir à un projet de loi qui recevrait leur aval.Déposé à l\u2019automne, le projet de loi promis ne pourra être adopté avant la session suivante.Il tombe sous le sens qu\u2019une telle réforme du mode de scrutin nécessitera des consultations publiques élargies qui ne pourront pas être bouclées en quelques jours d\u2019audition en commission parlementaire.En outre, il faut respecter les prérogatives du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) \u2014 organisme indépendant des partis politiques et, au premier chef, du parti au pouvoir \u2014 et la loi le régissant.Déjà, son titulaire, Pierre Reid, a exprimé des réserves quant à la possibilité de mettre en œuvre un nouveau mode de scrutin à temps pour la prochaine élection.Il a évoqué un délai minimal de 30 mois, et même jusqu\u2019à 42 mois.Toutefois, rien n\u2019empêche le DGEQ d\u2019entreprendre des travaux préliminaires dès l\u2019automne, quitte à demander des ressources financières supplémentaires au Conseil du trésor.Certains ont réclamé la tenue d\u2019un référendum sur le nouveau mode de scrutin, référendum qui pourrait avoir lieu en même temps que la prochaine élection.Cela présenterait le désavantage de reporter à 2026 la réforme.Il n\u2019y a pas que le référendum qui en assurerait la légitimité démocratique, d\u2019autant plus que l\u2019exercice favoriserait indûment le statu quo, comme cela s\u2019est vu ailleurs.Si les quatre partis s\u2019entendaient et que l\u2019appui au nouveau mode de scrutin était manifeste au sein de la population, la classe politique, comme pour toute réforme d\u2019envergure, aurait la légitimité voulue pour demander au DGEQ de mettre en œuvre les changements souhaités.Soraya Martinez Ferrada Candidate aux élections fédérales 2019 Québécoise d\u2019adoption, j\u2019ai immigré au Québec il y a bientôt près de 40 ans avec mes parents.Je suis une enfant de la loi 101 qui a grandi portée par la fierté d\u2019être québécoise.Aujourd\u2019hui, je travaille et vis en français, langue que j\u2019ai également la chance de partager avec mes enfants.Au fil des années, je me suis laissée imbiber par les valeurs du Québec, ses ambitions, sa langue et sa culture.Je me considère avant tout comme Québécoise.J\u2019ai choisi et j\u2019aime profondément notre nation.Je me suis beaucoup impliquée dans mon milieu, celui qui m\u2019a, à son tour, permis de progresser comme personne, mère de famille et citoyenne active.Avec sa langue française, le Québec est une nation forte ayant une identité unique.Une communauté artistique forte, une culture entre- preneuriale en croissance et une volonté maintes fois réitérée de développer de nouvelles façons de créer, notamment en énergie renouvelable, sont des traits assurément distinctifs qui donnent à notre nation son identité unique.Pas de doute, je suis nationaliste.Et je suis aussi fédéraliste.Le nationalisme québécois m\u2019appartient et il appartient à tous les Québécois.C\u2019est un nationalisme qui dépasse les frontières des partis politiques.C\u2019est affirmer que l\u2019avenir du Québec est intimement lié à sa capacité de prendre sa place au Canada et dans le monde.Que le Québec est un exemple de protection de la langue et d\u2019intégration des immigrants.Que le Québec peut transmettre sa fierté nationale aux générations futures et au reste du monde.En ce sens, le rôle des députés fédéraux est de permettre que notre voix soit entendue au sein du Parlement canadien.Avec eux, nous devons garder un regard résolument tourné vers l\u2019avenir et conjuguer nos forces avec celles des autres provinces pour développer notre économie et notre présence sur la scène internationale.Nous aurons également besoin de cette collaboration pour faire front commun afin de surmonter les défis incontournables auxquels nous devons faire face, tels que les changements climatiques et la nécessaire réconciliation avec les peuples autochtones.Nous devons travailler ensemble pour assurer Est-ce que Legault est en train de faire un Trudeau de lui- même ?Justin Trudeau avait promis, lors de sa dernière campagne électorale, une réforme du mode de scrutin.Après avoir dormi sur la «switch» pendant plusieurs mois, il a mis à la poubelle sa promesse en prétextant qu\u2019il n\u2019y avait pas de consensus assez fort.François Legault a fait la même promesse lors de la dernière campagne électorale.De plus, comme Trudeau l\u2019avait fait, M.Legault s\u2019affaire à préparer le terrain et nos esprits pour nous dire bientôt que ce ne sera pas possible d\u2019avoir un nouveau mode de scrutin pour les prochaines élections.Sa stratégie pour ne pas perdre la face et nous berner encore une autre fois est claire : ne pas laisser suffisamment de temps au DGEQ pour préparer une élection avec un mode de scrutin proportionnel en 2022.Nous annoncer qu\u2019il faudra, désormais, faire un référendum sur la réforme du mode de scrutin en consultant la population lors de la prochaine élection.On se rappelle parfaitement que M.Legault, durant la dernière campagne électorale, avait écarté l\u2019idée d\u2019un référendum, disant que l\u2019appui du Parti québécois et de Québec solidaire était suffisant.La CAQ nous donne l\u2019impression qu\u2019elle est prête à renier son programme et sa promesse électorale pour jouir en paix des prébendes du pouvoir.Gérard Talbot Montréal, 19 mai 2019 À qui appartient le nationalisme québécois ?LIBRE OPINION LETTRES MODE DE SCRUTIN Une réforme attendue I ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu un avenir durable à ceux et celles qui nous succéderont.Concen- trons-nous sur nos éléments et objectifs communs pour créer un discours rassembleur, respectueux de l\u2019unicité du Québec et pour bâtir une nation influente.Le discours nationaliste n\u2019est pas exclusif à un groupe parlementaire ni l\u2019affaire d\u2019un groupe restreint de personnes.Les identités qui nous composent ne s\u2019excluent pas, elles s\u2019additionnent.Nous pouvons être fiers et souhaiter un Québec robuste tout en croyant à la force d\u2019un modèle fédéral.Je crois qu\u2019il est de notre devoir, comme Québécois, de se concentrer d\u2019abord et avant tout sur les aspects qui nous unissent et qui nous permettent de nous épanouir dans le modèle que les Québécois ont choisi.Projetons-nous dans un nationalisme d\u2019avenir et inclusif, qui rassemble les générations passées et les générations futures, les Québécois d\u2019ici et ceux qui arrivent, afin de continuer notre parcours comme nation, sans compromis sur notre identité.ROBERT DUTRISAC Que vont nos maternelles devenir ?À l\u2019heure où «les maternelles 4 ans» vont se multiplier et où le nouveau programme pour le cycle des maternelles 4 et 5 ans est en élaboration, je m\u2019interroge sur le processus de création de celui-ci.Qui a droit de regard sur les contenus?Quels sont les critères de sélection pour désigner les personnes qui siègent aux comités de rédaction ou d\u2019agrément de celui- ci?Qui est consulté?Quel poids donne-t-on aux avis des uns ou des autres, et pourquoi?Qu\u2019est-ce qu\u2019on considère: leur statut, leurs relations, leur expertise en petite enfance?Quelles précautions prend-on pour s\u2019assurer que des programmes personnels ou de groupe ne biaisent pas les décisions prises?Est-il normal, prudent ou souhaitable que des concepteurs ou promoteurs de méthodes, de matériel didactique, de formations ou d\u2019outils de dépistages puissent siéger à ces comités?Ne peut-on craindre que leurs intérêts directs ou indirects n\u2019influencent indûment les objectifs, attentes et formulations du programme et donc les pratiques que le libellé impliquera?Oui, je m\u2019inquiète de dérives possibles.Le ministre de l\u2019Éducation a affirmé qu\u2019il ne cédera aux pressions d\u2019aucun lobby, d\u2019aucun groupe.Se laissera-t-il dicter ce qui se passera en éducation préscolaire par celui, bien en vue, de l\u2019enseignement systématique, formel, explicite, précoce, alors que des méta-ana- lyses confirment la supériorité des pratiques pédagogiques axées sur l\u2019apprentissage par découverte assistée pour favoriser la réussite éducative des jeunes enfants de 12 ans et moins?Cédera-t-il au chant des sirènes alors que d\u2019autres méta-analyses démontrent qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019avantage à apprendre à lire, de façon formelle, plus tôt et que des recherches soulignent que trop d\u2019activités dirigées nuisent, entre autres, au développement des capacités indispensables pour réussir que sont les fonctions exécutives?Si on veut ce qu\u2019il y a de mieux pour les enfants, on devrait plutôt regarder du côté des écoles préscolaires italiennes de la ville de Reggio Emilia, connues à travers le monde.C\u2019est ce genre d\u2019environnement et de stratégies pédagogiques que méritent nos petits et ce vers quoi nous pourrions tendre.Parents, grands-parents, éducatrices, enseignantes, experts de l\u2019éducation préscolaire, unis- sons-nous pour contrer le discours dominant afin que nos enfants en CPE et en maternelle ne soient pas assujettis à des pratiques qui ne respectent pas leurs façons d\u2019être et d\u2019apprendre.Sinon, la maternelle que vous avez connue, aimée sans doute, et où le vrai jeu et l\u2019exploration avaient leur place, n\u2019existera bientôt plus.Anne Gillain Mauffette, conseillère pédagogique indépendante et chargée de cours à l\u2019UQO en éducation préscolaire Gatineau, le 20 mai 2019 Projetons-nous dans un nationalisme d\u2019avenir et inclusif, qui rassemble les générations passées et les générations futures A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 22 MAI 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Pierre Céré Auteur des livres Une gauche possible et Coup de barre Les États-Unis ne se résument pas à Donald Trump, pas plus que le Brésil à Bolsonaro.La France du mariage pour tous, comme celle de l\u2019occupation, a révélé l\u2019autre partie d\u2019elle-même.De la même façon, il n\u2019y a pas UN Québec, il y en a au moins deux.Nous avons été des Canadiens français, et nous pensions que ce monde était révolu à jamais.Notre nationalisme avait été identitaire, frileux, replié sur lui-même.Dans ce passé pas si lointain, nous avions craint l\u2019immigration comme la peste, surtout quand ces étrangers n\u2019allaient pas prier aux mêmes églises que les nôtres.Nous étions un peuple enfermé dans son huis clos, à nous raconter nos peurs, mais nous avions la province belle.Il y a une soixantaine d\u2019années, un formidable vent de changement a balayé ce vieux monde.Si chaque génération depuis la Conquête avait porté son lot de réfractaires marginalisés à cette soumission, ils prenaient alors le haut du pavé et transformaient, partout et sur tous les plans, notre société.Ce Québec novateur, emballant, brisait enfin ses carcans et définissait un modèle de développement émancipateur à bien des égards.Longtemps, nous avons cru que l\u2019un était la représentation de notre passé, alors que l\u2019autre portait notre avenir.Le Parti québécois avait définitivement avalé et relégué aux marges ce vieux fond bleu.Maurice Duplessis était devenu une statue, et nous regardions ailleurs.Enfin.Avancer par en arrière Est-ce un sentiment d\u2019échec, celui de ne pas s\u2019être rendu au pays, qui explique cette résurgence d\u2019un passé qu\u2019on nous lance au visage comme le reflet de notre avenir ?Le nouveau premier ministre, jouant au bon père de famille, protecteur de la nation, nous dit qu\u2019il faut avancer par en arrière.Alors, allons-y : limiter l\u2019immigration devient notre droit national quant au multiculturalisme assimilateur ; la laïcité devient sujette à tous les détournements identitaires; la loi fédérale est trop permissive sur la légalisation du pot; Ottawa ne nous empêchera pas de mettre un peu de privé dans notre système de santé\u2026 Le PQ, dans ce grand jeu de la patrie, devient le faire-valoir de la CAQ.Ainsi, il soutient le projet de loi 21 sur la laïcité, mais en veut plus : il faut l\u2019étendre aux garderies.Son chef parlementaire déchire sa chemise à propos du programme Éthique et culture religieuse, comme si le feu était pris.Parions que François Legault voudra garder en face de lui un PQ diminué à ce mauvais rôle.Faut-il répéter que remuer les préjugés à l\u2019égard de minorités religieuses, comme le font la CAQ et le PQ, brasse des eaux boueuses qui dessinent de mauvais lendemains?Francine Pelletier nous rappelle qu\u2019il a fallu bien des années avant que nous puissions parler de l\u2019attentat de Polytechnique pour ce qu\u2019il était, un attentat contre les femmes.Combien de temps mettrons-nous à assimiler ce qui s\u2019est passé à la grande mosquée de Québec en janvier 2017?Que dire de ce mensonge assimilant l\u2019adversité au projet de loi 21 à une adhésion au multiculturalisme canadien, ou pire, faisant l\u2019équation avec les secteurs de la société à l\u2019époque opposés à la loi 101 ?Les arguments ultimes devenant, ici celui de notre fatigue collective, qu\u2019il faut donc mettre ce débat derrière nous ; ou encore, ici celui de notre droit d\u2019affirmation nationale, d\u2019être ce que nous sommes.Sommes- nous vraiment devenus cela ?Le projet de loi 21 s\u2019attaque à un droit fondamental enchâssé dans la Déclaration universelle des droits de l\u2019Homme.Le gouvernement Legault va utiliser des clauses de dérogation ayant pour effet de suspendre ces droits fondamentaux et l\u2019application de notre propre Charte des droits et libertés de la personne.Nous nous enfonçons, et manifestement nombreux sont ceux qui préfèrent ne pas le voir.Louise Arbour, dans une récente allocution, mentionnait qu\u2019il serait probablement impossible, dans le contexte international actuel, d\u2019adopter une telle déclaration universelle des droits.Nous ne faisons pas bande à part.Le ciel est peut-être bleu, mais le fond de l\u2019air est lourd, et ça sent mauvais.PROJET DE LOI 21 Un vieux fond bleu André Lamoureux Politologue à l\u2019UQAM Les audiences en commission parlementaire sur le projet de loi 21 sont terminées.Le gouvernement voulait faire les choses rapidement.D\u2019un point de vue stratégique, la perspective était claire : aller vite et soutenir la position du « juste milieu ».Il faut applaudir la volonté du gouvernement d\u2019agir sans tarder.Il faut aussi accepter sa volonté d\u2019établir un socle minimal de laïcité dans la législation et les institutions québécoises : une primauté à l\u2019école publique, une neutralité des enseignants sur le plan religieux et un respect de la liberté de conscience des élèves.Ce choix se défend parfaitement.Par contre, dans ce schéma de laïcité « modérée », il faut à tout prix éviter qu\u2019un « système à deux vitesses » s\u2019installe, qu\u2019il soit source d\u2019iniquités.On évoque souvent ce danger dans les domaines de la santé et de l\u2019éducation.Pourquoi ne pas s\u2019inquiéter sur de tels glissements en matière de laïcité dans les écoles ?Sur certains aspects litigieux, le projet de loi 21 ouvre précisément la voie à des inégalités de traitement, des dissensions et d\u2019inévitables contestations juridiques.Services de garde Le port de signes religieux génère actuellement un problème indéniable chez les techniciennes des services de garde des écoles.Il suffit de fouiller mi- nimalement le dossier pour constater que le port de signes religieux, notamment le voile islamique, est en forte progression dans les écoles publiques de la région de Montréal.Des données existent, mais personne ne veut les voir.Des employés s\u2019en inquiètent, mais ne veulent pas protester auprès de leurs employeurs ou s\u2019exprimer par peur de représailles.Des parents réprouvent ce carcan imposé, mais n\u2019osent pas crier pour éviter d\u2019être ostracisés ou accusés d\u2019islamophobie ou de racisme.Le port de signes religieux par les techniciens et techniciennes des services de garde heurte la liberté de conscience des enfants.De ce côté, la situation est tout aussi litigieuse que pour le corps enseignant.Le personnel des services de garde exerce une influence et une autorité directes sur les enfants.Des liens serrés sont tissés avec ceux-ci pendant plusieurs années.L\u2019influence et l\u2019ascendance de ces techniciens sur les jeunes sont manifestes.Il en est de même pour les spécialistes non enseignants, même si le port de signes religieux y est moins répandu.Étonnamment, le gouvernement semble faire la sourde oreille sur cette question.Un double standard s\u2019échafaude en matière de laïcité dans les écoles, et il ne pourra que générer davantage de frustrations.L\u2019enseignante laïque et la technicienne voilée, c\u2019est un non-sens pour un parent.À cette asymétrie s\u2019ajoute le double standard qui prévaudra chez les enseignantes.Un système de droit pour les anciennes, un autre pour les nouvelles.Dans une visée laïque, la manière d\u2019agir aurait été d\u2019imposer une interdiction universelle pour toutes et tous.Le gouvernement a malheureusement fait un autre choix en maintenant un privilège religieux pour les enseignants déjà en poste.Il crée ainsi deux types de classes, certaines étant laïques, d\u2019autres évoluant sous enseigne religieuse.Dans ces conditions, il n\u2019y a qu\u2019une solution pour les parents désirant protéger la liberté de conscience de leurs enfants : l\u2019introduction d\u2019une réglementation gouvernementale accordant un droit d\u2019exemption ou de retrait pour les parents tenant à ce que leurs enfants soient exemptés de toute classe régie par un enseignant exhibant ses croyances religieuses.C\u2019est là le dernier recours pour des parents coincés dans un régime à double standard où le principe d\u2019universalité a été oublié.Assemblée nationale À propos du crucifix au Salon bleu de l\u2019Assemblée nationale, le gouvernement s\u2019est enfin résigné à le déplacer dans un autre espace dédié.Pourtant, derrière ce qui semble à première vue une décision tout à fait logique se cache un marché de dupes.On envoie le message que le crucifix sortira de l\u2019enceinte parlementaire tandis que des députés pourront vraisemblablement y arborer des signes ou symboles religieux.Deux directions opposées.[\u2026] Comment peut-on concevoir que les députés et les ministres, qui sont les détenteurs de la plus haute autorité législative et exécutive au Québec, ne soient pas tenus de respecter le principe de « séparation de l\u2019État et des religions » ?Comment peut-on l\u2019exiger aux enseignants, mais pas aux députés ?Tout cela dilue d\u2019autant la portée du projet de loi.Il importe donc qu\u2019un considérant soit ajouté à la Loi sur l\u2019Assemblée nationale, dans son préambule.Il spécifierait que celle-ci est laïque et que ses salles de délibération demeurent dénuées de tout signe ou symbole religieux.La décision prise par l\u2019Assemblée nationale en 2011 d\u2019interdire aux sikhs d\u2019entrer dans l\u2019enceinte de l\u2019Assemblée nationale en arborant leur kirpan a été prise au nom de la sécurité et de la préservation du caractère de neutralité de l\u2019État.C\u2019était la bonne décision à prendre.Elle a été avalisée par la Cour supérieure en 2015 et par la Cour d\u2019appel du Québec en 2019.Enfin, le Règlement sur la déclaration de candidature, modifié en sourdine en février dernier par le DGEQ de manière à permettre aux candidats aux élections de porter des signes religieux, doit être révisé.Les principes du projet de loi 21 doivent avoir prépondérance.Au nom du caractère laïque de l\u2019État et de ses institutions, ce règlement doit être rétabli dans sa version antérieure en exigeant que la photo officielle de candidature soit effectuée « à tête découverte » et non pas « à visage découvert ».En corrigeant ces déficiences du projet de loi 21, le gouvernement s\u2019assurerait d\u2019un socle de laïcité beaucoup plus cohérent et moins contestable.Les mal-aimés de la laïcité Le port de signes religieux, notamment le voile islamique, est en progression dans les écoles publiques de la région de Montréal, affirme l\u2019auteur.GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Les enfants que nous voulons \u2019autobus partait tous les vendredis soir à minuit pour New York.Les femmes pour lesquelles nous n\u2019avions pu trouver de place chez le Dr Morgentaler ou, plus rarement, au Montreal General Hospital, se trouvaient à bord, accompagnées de bénévoles du Comité de lutte pour l\u2019avortement.Chaque semaine, de 10 à 15 femmes se rendaient ainsi dans une petite clinique du Harlem portoricain pour se faire avorter.Ni vues ni connues.Elles reprenaient l\u2019autobus pour Montréal l\u2019après-midi même, suivi souvent d\u2019un deuxième pour Trois-Rivières, Québec, Jonquière, Sept-Îles.Le voyage ne se faisait pas de gaieté de cœur et il coûtait cher : 250 à 300 $US pour l\u2019avortement et environ 80 à 100 $ pour le transport.Mais au moins, c\u2019était légal.À la fin des années 1970, l\u2019avortement, sauf « thérapeutique », était toujours interdit au Canada et au Québec, alors qu\u2019il était permis aux États-Unis depuis 1973.Comme bien d\u2019autres femmes, j\u2019ai collaboré au Comité de lutte pour l\u2019avortement, j\u2019ai aidé des femmes à avorter à un moment où c\u2019était encore « criminel » de le faire.Rien n\u2019était plus important, non seulement pour les femmes enceintes malgré elles, mais pour les femmes en général, que de pouvoir choisir leurs grossesses.« Les femmes ne sont pas nées pour se soumettre.Nous aurons les enfants que nous voulons », disait un célèbre slogan.Devenir maîtresse de son propre destin passait, et passe encore, par décider soi-même quand et comment faire des enfants.Les femmes, depuis toujours, sont contraintes par leur fonction biologique.La maternité et la vulnérabilité physique ont toujours servi de prétexte à l\u2019inégalité hommes-femmes ; à refuser aux femmes les mêmes droits et à les enfermer à la maison pour s\u2019occuper de la vie familiale.En vue du prodigieux recul qui se déroule actuellement aux États-Unis, il est important de rappeler que l\u2019accès à l\u2019avortement n\u2019a jamais été une revendication comme une autre.Tout l\u2019édifice de l\u2019émancipation féminine repose sur le fait que les femmes n\u2019ont plus, depuis quelques décennies seulement, l\u2019obligation de faire des enfants.Les femmes sont aujourd\u2019hui considérées comme les égales des hommes (en théorie, du moins) parce que leurs corps, voire leurs maternités ne les confinent plus à un espace restreint ni à un statut secondaire.On pourrait dire que la libération du corps des femmes a été à la lutte féministe ce que la libération du corps des esclaves a été à la lutte des Noirs : la clé de voûte.Tous ces voyages secrets et combien tendus pour obtenir un avortement ont constitué, pour les femmes aussi, un genre de underground railroad, un passage vers la liberté.À la suite de l\u2019interdiction quasi complète de l\u2019avortement en Alabama la semaine dernière \u2014 menaçant de 99 ans de prison les médecins pris en flagrant délit, une punition qui excède dans cet État celle d\u2019un violeur \u2014 sans parler des lois antiavortement récemment votées en Géorgie, au Kentucky, en Ohio et au Mississippi, un éditorial du New York Times incitait les lecteurs à reprendre précisément ce flambeau.« Pensez à accompagner des femmes qui cherchent à avorter », dit-il.Au moment où la poussée de fièvre antiavortement est à son paroxysme, ce genre de solidarité est crucial pour la protection des droits acquis, poursuit le journal.La multiplication de mesures antiavortement de plus en plus « cruelles » \u2014 au Texas, on étudie actuellement la possibilité d\u2019accuser de meurtre les femmes qui ont avorté \u2014 ont un but : l\u2019abrogation de Roe c.Wade, la loi de 1973 légalisant l\u2019avortement aux États-Unis.La Cour suprême étant aujourd\u2019hui (grâce à Trump) majoritairement conservatrice, les États républicains espèrent pouvoir en finir avec ce « crime contre l\u2019humanité ».S\u2019ils réussissent à interdire à nouveau l\u2019avortement, il ne s\u2019agira pas seulement d\u2019un recul, de dire la chroniqueuse du NYT Michelle Goldberg, mais d\u2019une situation pire qu\u2019avant 1973.Non seulement les mesures punitives sont-elles beaucoup plus fortes que par le passé (99 ans de prison ?), mais ce sont les femmes elles-mêmes que l\u2019on vise désormais, pas seulement les médecins pratiquant l\u2019avortement.« Aujourd\u2019hui, dans les États où l\u2019on reconnaît le fœtus comme personne, on arrête déjà les femmes enceintes soupçonnées de nuire au bien-être de l\u2019enfant, par prise de médicaments, par tentative de suicide ou simplement pour avoir retardé une césarienne.Là où l\u2019avortement sera considéré comme un meurtre, il y a de bonnes raisons de croire que les procureurs seront tout aussi vigilants », écrit Mme Goldberg.L\u2019Alabama, évidemment, n\u2019est ni le Québec ni les États-Unis ni le Canada.Mais une régression aussi spectaculaire des droits des femmes n\u2019est pas sans appeler à la vigilance.Fait à noter, le Parti conservateur du Canada, en congrès l\u2019année dernière, a voulu éliminer l\u2019article de son programme interdisant de nouvelles législations sur l\u2019avortement.La motion a été battue, mais de justesse : 53 à 47.Il serait naïf de croire que le vent rétrograde qui souffle aux États-Unis et en Europe n\u2019a aucun retentissement ici.LFRANCINE PELLETIER Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus. LEDEVOIR // LE MERCREDI 22 MAI 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Échecs, puis succès BEAUDIN SUITE DE LA PAGE A 1 Né à Montréal en 1939, Jean Beaudin entra à l\u2019École des beaux-arts, où il reçut, entre autres enseignements, ceux du peintre Jean Paul Lemieux.Épris de photographie, il s\u2019installa à Zurich après ses études afin de s\u2019y perfectionner.C\u2019est aussitôt rentré, ou presque, qu\u2019il amorça sa carrière à l\u2019ONF.Étude de jeunes couples peinant à communiquer, Stop, son premier long métrage, dérouta avec son mélange de fiction et de documentaire.Produit dans la foulée du succès de Rosemary\u2019s Baby, Le Diable est parmi nous, mystère satanique au générique garni, fut remonté contre son gré, et le cinéaste désavoua le film.De retour au court et au moyen métrages, Jean Beaudin se refit une santé cinématographique avant qu\u2019une rencontre avec le comédien Marcel Sabou- rin le ramène au long.En effet, c\u2019est lors d\u2019une discussion fortuite que naquit le projet de J.A.Martin photographe, qu\u2019ils coscénarisèrent avant que le premier prenne place derrière la caméra, et le second devant.Road movie en carriole dans le Québec d\u2019autrefois, J.A.Martin photographe cumula les prix.Les hauts et les bas Bel accueil pour le subséquent Cordé- lia, qui revient sur le procès de Cordélia Viau, condamnée en 1899 pour le meurtre de son conjoint.La comédienne Louise Portal se souvient avec émotion d\u2019un tournage déterminant.« Jean m\u2019a raconté après coup que dès après l\u2019audition, son choix était fait.Je me souviens, je l\u2019ai accompagné dans son bureau, et il m\u2019a montré une photo de Cordélia en me disant: \u201c?Tu ne trouves pas que tu lui ressembles ?\u201d C\u2019est resté comme ça.Je n\u2019ai su que deux mois plus tard que j\u2019avais le rôle.» La comédienne dit avoir beaucoup appris avec lui.« Jean m\u2019a encouragée à demeurer dans l\u2019univers mental du personnage pendant le tournage ; à conserver cette énergie-là.J\u2019ai appris la concentration, mais aussi la préparation, sur Cordélia.Ça m\u2019est resté.Au départ, j\u2019avais dû insister pour passer l\u2019audition, parce que les producteurs voulaient Geneviève Bujold\u2026 Ç\u2019a été mon premier vrai grand rôle.J\u2019ai toujours gardé Jean dans mon cœur.» As directeur photo, Pierre Mignot fut un collaborateur fréquent de Jean Beau- din.« On s\u2019est connus au début des années 1970, sur le programme de l\u2019ONF Toulmonde parle français, qui consistait à produire des courts métrages en français destinés au public anglophone du reste du pays.On s\u2019est retrouvés souvent, sur J.A.Martin, Cordélia, Mario, Shehaweh, Sans elle\u2026 » C\u2019est dire que Pierre Mignot, complice des débuts, fut aussi de ce qui devait être l\u2019ultime film de Jean Beaudin.Après l\u2019échec de la coûteuse fresque Nouvelle-France, en 2004, celui de Sans elle, en 2006, fit d\u2019autant plus mal que le cinéaste était fier du film.Avant sa sortie, il confiait au Devoir : « Je joue avec des tabous, que certains repoussent.Mais des gens s\u2019y intéressent aussi.Est-ce un film d\u2019exorcisme ?Peut-être.La folie est présente dans plusieurs familles, mais souvent occultée.» Qu\u2019à cela ne tienne, Jean Beaudin obtint auparavant un triomphe d\u2019une magnitude à laquelle peu de collègues peuvent prétendre : Les filles de Caleb, minisérie dans laquelle Marina Orsini et Roy Dupuis forment un couple épris puis maudit inoubliable.Suivirent deux autres séries «lourdes» avec Marina Orsini : Shehaweh, ou les tourments d\u2019une jeune Autochtone enlevée par les colons français, et Miséricorde, sur la saignée des couvents durant la Révolution tranquille.Dans l\u2019intervalle : le remarquable Being at Home with Claude, d\u2019après la formidable pièce de René-Daniel Dubois, avec cette fois Roy Dupuis en prostitué homicide.Beaucoup de soin De fait, Jean Beaudin alterna cinéma (Souvenirs intimes, Le collectionneur) et télévision (Ces enfants d\u2019ailleurs, Willie) sa carrière durant, récoltant au passage 19 prix Gémeaux et 5 prix Génie (Écrans canadiens).Parmi ses bons coups, on signalera encore Mario, sur un enfant autiste et son frère aîné à l\u2019aube de l\u2019âge adulte.Ce dernier film, empreint de poésie, est très cher à Pierre Mignot.« Jean créait ses mises en scène avec l\u2019œil dans la caméra.C\u2019est lui qui dessinait les plans et décidait des mouvements de caméra, avec très peu de monde autour à part nous.Il élaborait ses compositions avec beaucoup de soin.On sentait son passage aux beaux-arts.» À cet égard, permettez une anecdote personnelle.Lors d\u2019un stage il y a une vingtaine d\u2019années, on put discuter avec Jean Beaudin, qui remarqua au sujet du montage désormais plus frénétique en cinéma : « Je m\u2019ennuie d\u2019une certaine langueur.Dans J.A.Martin photographe, y\u2019a ce plan où on voit la carriole arriver de loin, puis elle s\u2019approche, elle s\u2019approche, sans coupe, et c\u2019est long, c\u2019est long\u2026 Mais maudit que c\u2019est beau.» Pierre Mignot opine en entendant cela, ajoutant: «C\u2019est assez particulier, parce que samedi, j\u2019étais à la cinémathèque pour une projection de J.A.Martin photographe\u2026 Il y a de très beaux plans dans ce film, dont certains de la carriole qui traverse l\u2019écran au complet, de droite à gauche, en plan très large.Cette lenteur n\u2019était pas juste un caprice: ça aidait le public à s\u2019immerger dans l\u2019ambiance d\u2019alors.Dans le rythme d\u2019alors.» Ça passerait encore, ce type de plan ?«Peut-être, je ne sais pas, avoue Pierre Mignot.Mais ce que je sais, c\u2019est que Jean adorait le cinéma, il adorait la mise en scène.Et il adorait les comédiens.» SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR S ur chaque haut-parleur, un corbeau.Empaillé.De part et d\u2019autre d\u2019une table basse, où sont déposées les victuailles d\u2019un traiteur, ils décorent le bar de L\u2019Arsenal, parmi d\u2019autres animaux prenant la pose pour l\u2019éternité.Un écureuil.Des oiseaux.Une dinde.Des canards.Il y a même une tête de chien, gueule ouverte, crocs saillants.Drôles de trophées de chasse.Pas d\u2019exotiques espèces dans le lot.Jean Leloup non plus ne se présente pas comme une bête fantastique.Plutôt comme un «travailleur autonome», dont le métier est de faire des chansons.La petite mise en scène animalière vient souligner le caractère pas du tout spectaculaire de sa dernière entreprise.Ni tigre du Bengale ni marsupi- lami de Palombie au tableau.Son nouvel album, intitulé L\u2019étrange pays, a certes été enregistré dans divers lieux, dont le Costa Rica « pas loin d\u2019un volcan », mais aussi dans Charlevoix, sur des balcons, le soir ou la nuit.Gui- tare-voix.Avec une enregistreuse faite pour résister aux bombes atomiques.Premières impressions Éparpillés sur de grands poufs, ou accoudés au bar, les collègues de la presse écrite écarquillent les yeux avant d\u2019ouvrir grand les oreilles.Le décor fait son petit effet.La séance d\u2019écoute peut commencer.Dès Le sentier, c\u2019est très balisé : riff en boucle, texte assorti.«Connaissez-vous le pont / De l\u2019île de l\u2019oubli / Où on circule en rond / Au milieu des néons / En attendant le pire / S\u2019il est encore à venir\u2026» On entend vraiment bien les mots, avec rien d\u2019autre qu\u2019une guitare en appui.Leloup insiste quand même pour qu\u2019on « crinque » le volume.Après vient la chanson-titre.La mélodie est belle, le propos, acéré.C\u2019est « l\u2019homme à tête de chien » qui hurle « sous la lune du destin » : « Et bling- bling brillent les chaînes / Des pimps et des mécènes / En attendant la mention \u201cj\u2019aime\u201d / De vos faces de carême ».Une seconde voix vient s\u2019ajouter, en MUSIQUE Jean Leloup, travailleur autonome Cet homme de métier, comme il se considère, lance mercredi son nouvel album intitulé L\u2019étrange pays harmonie.Il faut quelques instants pour comprendre que c\u2019est Leloup qui, en direct, chante avec lui-même.L\u2019harmonie se promène en même temps que lui dans la petite salle.« Je suis pas capable d\u2019être inactif pendant que l\u2019autre travaille », offre-t- il en guise d\u2019explication.La vérité ?Il est intimidé.Gêné.Il a beau la jouer Leloup extraverti, la petite assemblée trop contente de sa chance ne cesse de lui rappeler, de bas en haut, des poufs à ses yeux, à quel point il est adulé en son étrange pays.Plus la question est télégraphiée («Considères-tu Hubert Lenoir comme un descendant de Jean Leloup ?»), plus il se drape dans son personnage (« Je ne suis pas son père ! »).C\u2019en est\u2026 gênant.Que pense-t-il de vieillir ?De la mort ?« C\u2019est pas ben grave\u2026 » Aime-t-il ses nouvelles chansons?«Oui, je les aime.» Il relativise vite fait : « En général on est plates.Tous.Il y a juste un petit pourcentage de bon.» Le minimum vital Encore heureux que l\u2019écoute des chansons ramène le propos à la bonne place.Au bluesman Robert Johnson, en l\u2019occurrence, dont il se réclame : vient un moment où il faut revenir à la base.« Ça m\u2019étouffe quand j\u2019entends des trucs très arrangés.Avec les logiciels qu\u2019on a aujourd\u2019hui, tu peux toujours être parfait, et rajouter des sons et des sons.Pareil pour les images.Au début, j\u2019aimais ça, mais j\u2019ai commencé à trouver ça fatigant d\u2019avoir beaucoup de cré- mage.Maintenant j\u2019ai besoin de place.» Pour improviser une harmonie s\u2019il en a envie, par exemple.Badine-t-il lorsqu\u2019il affirme vouloir jouer les chansons de L\u2019étrange pays en pleine forêt, pour autant de gens qu\u2019il y a d\u2019arbres ?Un spectacle dans le bois, vraiment ?Allez savoir.On comprend surtout qu\u2019il a envie d\u2019aller jouer dehors.C\u2019est l\u2019impulsion de départ d\u2019il y a trois ans, aussi naturelle et impérative que son besoin de marcher.Sortir sur le balcon avec sa guitare, jouer ce qui lui vient, une ligne mélodique, un riff, toute la nuit s\u2019il le faut.Créer sans vouloir faire du Jean Leloup, tout simplement gratter à l\u2019air libre.Avec les bruits environnants.Et les sons des êtres vivants de la nuit.Le contraire des empaillés de la petite salle.Bruits, bruissements, hululements, grognements que l\u2019on entend un peu partout dans les enregistrements de l\u2019album.C\u2019est voulu.C\u2019est sa façon de signifier qu\u2019il est vivant, lui aussi.« C\u2019est une drôle d\u2019affaire, être chanteur, pense-t-il tout haut.Faut que tu fasses des chansons et que tu les joues en spectacle et qu\u2019elles soient aimées pour que tu en vives.» À la fin de la séance d\u2019écoute, les journalistes et l\u2019équipe de la compagnie de disques Grosse Boîte applaudissent.Lancement officiel mercredi.Pas le choix.C\u2019est ce qui permet à un travailleur autonome de passer des nuits à chasser le riff qui tue.Être chanteur est une drôle d\u2019affaire, dit Jean Leloup.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Au départ, j\u2019avais dû insister pour passer l\u2019audition, parce que les producteurs voulaient Geneviève Bujold\u2026 Ç\u2019a été mon premier vrai grand rôle.J\u2019ai toujours gardé Jean dans mon cœur.LOUISE PORTAL » "]
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