Le devoir, 29 mai 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 118 / LE MERCREDI 29 MAI 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM CONSTITUONS L\u2019acte fondateur Une assemblée constituante a adopté une constitution du Québec à l\u2019initiative de l\u2019homme de théâtre Christian Lapointe GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Elle est là, toute prête : 80 articles pour la toute première Constitution citoyenne du Québec.Présenté à l\u2019Assemblée nationale ce mercredi, le document né d\u2019un vaste chantier initié par le créateur Christian Lapointe vise à réitérer le rôle du théâtre comme « agora populaire »\u2026 mais peut-être encore plus à « déjouer les forces de l\u2019inertie » qui font que le Québec n\u2019a pas de loi fondamentale.« Cela existe et c\u2019est la première fois.» Il est 10 h au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui et Christian Lapointe constate qu\u2019il est rendu là : avec une constitution sous les yeux, écrite par une assemblée constituante ouverte composée « de vrais citoyens qui ont fait ce travail-là sérieusement, sans qu\u2019aucun lobby ne leur ait soufflé quoi que ce soit dans les oreilles.» L\u2019auteur, metteur en scène et comédien mijote ce projet depuis près de trois ans.Et ce n\u2019était que la prémisse.Sur le front politique, la Constitution sera présentée en matinée à la députée indépendante Catherine Fournier par Lapointe, le constitutionna- liste Daniel Turp (voir encadré) et l\u2019ancienne bâ- tonnière Claudia P.Prémont, en plus de l\u2019équipe INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 MONDE Une centrale nucléaire flottante russe voisine des côtes arctiques canadiennes ACTUALITÉS L\u2019éthique de certains agronomes mise en cause à la commission parlementaire sur les pesticides A 8 L\u2019innovation et le leadership dans l\u2019industrie automobile 10 juin 2019 de 11 h 30 à 14 h Fairmont Reine Elizabeth, 900 René-Lévesque O., Montréal, QC, H3B 4A5 Billets : Connie Russo 514-844-4249 #229 russo.montreal@italchamber.qc.ca Stefano Domenicali Président-d.g.Automobili Lamborghini Déjeuner-causerie : of?ciel eur t Présenta e Italienne au Canada a c ommer e de C de la Chambr ano Domenicali, P ef t ec S v ghini g.Lambor .-d.ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR MATERNELLE 4 ANS D\u2019abord sortir les enfants du placard Les oppositions mettent le ministre de l\u2019Éducation face à la réalité du manque de locaux dans les écoles AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Même s\u2019il a étouffé son épouse atteinte d\u2019Alzheimer pour que cessent ses souffrances, Michel Cadotte a commis l\u2019irréparable, a rappelé la juge Hélène Di Salvo, qui a condamné mardi l\u2019aidant naturel à une peine de prison de deux ans moins un jour pour s\u2019assurer qu\u2019il ne soit pas perçu comme un « héros ».« Quelle que soit la motivation, et même au nom de la compassion, ce geste doit être dénoncé », a souligné la juge Di Salvo, qui avait déjà annoncé que son verdict sur la peine serait l\u2019un des plus difficiles à rendre de sa carrière.Tenant compte de la nécessité de dissuader quiconque de poser un tel geste, la juge a condamné M.Cadotte à une peine de 2 ans et 204 jours d\u2019emprisonnement.La juge Di Salvo a par ailleurs tenu compte des 205 jours de détention préventive de l\u2019accusé, ce qui lui permet de purger sa peine dans une prison provinciale plutôt que dans un pénitencier fédéral.Assis dans le box des accusés, Michel Cadotte est demeuré calme durant l\u2019heure qu\u2019a duré l\u2019audience.«On ne peut poser ces gestes à l\u2019égard d\u2019une personne malade, vulnérable, dépendante et incapable de manifester sa volonté, et ce, même si dans le passé la personne malade a exprimé son désir de mourir», lui a signifié la juge.Au prononcé du verdict, il s\u2019est tranquillement levé et a tendu les mains MORT DE JOCELYNE LIZOTTE La compassion n\u2019excuse pas le crime Michel Cadotte se voit imposer une peine de deux ans moins un jour La juge Hélène Di Salvo a indiqué que le crime de Michel Cadotte ne pouvait rester impuni, même s\u2019il a agi par compassion.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Christian Lapointe a mis trois ans à réaliser son projet.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR E VOIR PAGE A 4 : ACTE VOIR PAGE A 4 : PLACARD Des révélations choquantes sur de jeunes autistes confinés au placard de leur école ont renforcé les attaques du programme des maternelles quatre ans mardi au Parlement.Plus que jamais, le gouvernement doit revoir ses priorités, plaident les oppositions.«Le ministre peut-il admettre que les besoins sont criants en ce moment dans le réseau de l\u2019éducation?», a dénoncé la députée péquiste Véronique Hivon mardi pendant la période de questions.Mme Hivon avait fourbi ses munitions à partir d\u2019un reportage de Radio-Ca- nada rapportant que la pénurie de locaux était tellement grave à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) que l\u2019école spécialisée de l\u2019Étincelle n\u2019avait plus d\u2019endroit sécuritaire pour isoler ses élèves autistes en crise.Mme Hivon dénonçait aussi le cas rapporté par Le Journal de Montréal d\u2019un jeune garçon de 11 ans qui ne savait ni lire ni écrire, faute d\u2019avoir eu de l\u2019aide pour composer avec ses troubles d\u2019apprentissage.«Est-ce que le ministre peut s\u2019engager aujourd\u2019hui [à ce] que tous les enfants qui ont des besoins à l\u2019heure actuelle [\u2026] VOIR PAGE A 2 : COMPASSION Un reportage a mis en lumière le traitement réservé à des enfants autistes en crise dans une école de la CSDM ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 29 MAI 2019 Après quatre ans \u2014 oui, quatre ans! \u2014, nous attendons encore le renouvellement de notre convention collective.Après tout ce temps, les 18 ouvriers spécialisés concernés ont dû entreprendre une grève, le 14 mars dernier.L\u2019Université de Montréal ignore-t-elle que le Code du travail a depuis longtemps évolué?Appelé à intervenir, le Tribunal administratif du travail a ordonné à l\u2019Université de Montréal de cesser d\u2019embaucher un sous-traitant pour accomplir des tâches similaires à celles qui sont normalement effectuées par ses ouvriers spécialisés en grève.L\u2019Université de Montréal veut imposer un grand bond en arrière.\u2022 L\u2019Université impose la sous-traitance, dont le premier effet est de mettre nos emplois en péril.Un recul inacceptable.\u2022 L\u2019Université refuse de pourvoir les postes vacants, ce qui augmente la tâche, le stress et l\u2019épuisement professionnel des employés.Une situation inacceptable.\u2022 L\u2019Université exige une convention collective de 7 ans (!) sans offrir de compensation salariale juste.Une demande inacceptable.Monsieur le Recteur, réglez donc ce con?it! Un message des techniciens en mécanique du bâtiment et des mécaniciens en machines ?xes de l\u2019Université de Montréal, membres du SCFP.C\u2019EN EST GÊNANT\u2026 À L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Hassan Guillet défendra les couleurs du PLC OTTAWA \u2014 Hassan Guillet, cet imam qui avait livré un sermon remarqué aux funérailles des victimes de l\u2019attentat à la mosquée de Québec, sera candidat pour le Parti libéral du Canada dans Saint-Léonard\u2013Saint-Michel cet automne.M.Guillet, qui est avocat et ingénieur, explique qu\u2019il n\u2019est plus imam depuis juin 2018, quand il a décidé de se lancer en politique.Il trouve « injuste » que certains résument son curriculum à cette activité religieuse bénévole à laquelle il s\u2019adonnait à temps partiel.« C\u2019est comme si on disait de quelqu\u2019un qui est coachde soccer la fin de semaine avec ses enfants qu\u2019il est coachde soccer alors qu\u2019il est aussi dirigeant de banque ou professeur d\u2019université.» Les ministres libéraux québécois ont nié que cette candidature puisse nuire au PLC au Québec dans le contexte d\u2019un débat sur la laïcité.« La dernière fois que je l\u2019ai vu, il était en com- plet-cravate », a lancé Pablo Rodriguez, qui codirige aussi la campagne libérale.Mélanie Joly a rappelé que le Bloc québécois a déjà fait élire l\u2019abbé Raymond Gravel et que le député torontois Rob Oliphant est un pasteur protestant.Le Devoir EN BREF Rectificatif L\u2019article intitulé «Agressions sexuelles : le Sénat pressé de passer à l\u2019action» et paru dans notre édition de mardi en page A 4 a été publié par erreur.Le développement prévu n\u2019a pas eu lieu.Une affaire « tragique, triste et pathétique » COMPASSION SUITE DE LA PAGE A 1 vers les constables spéciaux, qui l\u2019ont m e n o t t é.Ap rès avo i r é ch a n gé quelques mots avec ses avocats, M.Ca- dotte a pris le chemin de la prison.Celui-ci devra, à sa sortie de prison, effectuer 240 heures de travaux communautaires et sera soumis à une probation de trois ans.« Bonne chance pour la suite des choses M.Cadotte », lui a glissé la juge.La Couronne tout comme la défense n\u2019ont pas caché leur déception devant la décision rendue par la juge.Les deux parties, qui réclamaient des peines diamétralement opposées, ont d\u2019ailleurs indiqué qu\u2019elles analyseront s\u2019il y a lieu de faire appel.« C\u2019est difficile à digérer parce que c\u2019est beaucoup plus que ce qu\u2019on avait demandé », a laissé tombé Elfriede Duclervil, une des avocates de M.Ca- dotte.La défense réclamait un maximum de 12 mois de prison.« Vu les enjeux importants soulevés par la présente affaire, soyez assurés que nous procéderons à un examen minutieux de la décision », a, de son côté, indiqué la procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Geneviève Langlois, qui demandait huit ans de pénitencier.Détresse des aidants naturels Bien que le procès de M.Cadotte ait exposé le drame quotidien des proches aidants, la juge a rappelé qu\u2019aux yeux de la justice, il s\u2019agit d\u2019un homme qui a commis un geste illégal.« Si nous pouvons comprendre que la situation dans laquelle M.Cadotte s\u2019est retrouvé ait pu entraîner le geste fatidique, il demeure qu\u2019aux yeux du droit, ce geste ne peut être excusé », a indiqué la magistrate.M.Cadotte, qui a été l\u2019aidant naturel de sa femme pendant plus de neuf ans, avait admis l\u2019avoir étouffée pour mettre fin à ses souffrances le 20 février 2017.La maladie d\u2019Alzheimer avait complètement fait perdre son autonomie à Jocelyne Lizotte.Elle ne reconnaissait plus personne, elle ne pouvait manger que des aliments en purée et, en raison de son errance, elle devait être retenue par contention sur une chaise gériatrique toute la journée.« Elle souffrait trop, je ne voulais plus qu\u2019elle souffre.J\u2019avais mal pour elle, ça n\u2019avait plus d\u2019allure », avait expliqué M.Cadotte au jury.La Couronne réclamait une condamnation de meurtre au deuxième degré, mais le jury s\u2019est rangé du côté de la défense, qui a plaidé que l\u2019état d\u2019esprit de M.Cadotte était perturbé par une dépression majeure lorsqu\u2019il a mis fin aux jours de Mme Lizotte.L\u2019homme de 58 ans a été reconnu coupable d\u2019homicide involontaire en février dernier.« Il a causé la mort par suffocation de la femme qu\u2019il aimait et, contrairement à ce que d\u2019aucuns pourraient penser, ceci ne fait pas de lui un héros », a dit la juge Di Salvo.Devant une salle d\u2019audience bondée, où se trouvaient plusieurs proches de Mme Lizotte, la juge a qualifié cette affaire de « tragique, triste et pathétique ».« Il s\u2019agit d\u2019un homme amoureux, épuisé, usé, souffrant de dépression, qui a donné neuf ans de sa vie pour que son épouse conserve une certaine dignité, qu\u2019elle ne souffre pas trop et qu\u2019elle obtienne les soins nécessaires [\u2026]?Mais, il a commis l\u2019irréparable », a- t-elle laissé tomber.La juge Di Salvo a également évoqué les bouleversants témoignages des proches de Mme Lizotte qui avaient témoigné des conséquences de la mort tragique de Mme Lizotte.« Le Tribunal leur souhaite de trouver un peu de paix avec le temps et que la fin de ce procès leur permettra de vivre leur deuil », a- t-elle dit.Une peine juste La peine imposée à M.Cadotte se devait d\u2019envoyer un message fort, soutient la juge retraitée de la Cour du Québec, Nicole Gibeault.« Il y a un message de dénonciation et de dissuasion à envoyer.Pour certains, la peine ne sera pas suffisante parce qu\u2019il a enlevé la vie d\u2019une personne vulnérable, alors que pour d\u2019autres, il s\u2019agira d\u2019une peine trop sévère parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un aidant naturel », souligne Mme Gibeault.L\u2019ancienne juge rappelle que, bien qu\u2019elle soit déchirante, la décision d\u2019emprisonnement à l\u2019égard de M.Ca- dotte est une peine juste qui répond aux fins de la justice.« La décision du Tribunal est individualisée à la personne qui a commis le crime.?La juge a constaté que M.Ca- dotte était un aidant naturel, mais ce n\u2019est pas là-dessus que sa décision devait se baser », soutient-elle.La juge Di Salvo l\u2019a répété tout au long du procès, l\u2019histoire de Jocelyne Lizotte et de Michel Cadotte a soulevé les passions dans l\u2019opinion publique.« On ne peut qu\u2019espérer que les cris d\u2019alarme concernant les difficultés des aidants naturels ainsi que la problématique du nombre grandissant de personnes atteintes d\u2019Alzheimer auront été entendus ».Le Regroupement des aidants naturels du Québec (RANQ) estime qu\u2019il faut tirer des leçons du drame qu\u2019a exposé le procès de M.Cadotte.« C\u2019est un cas isolé, le passage à l\u2019acte est rare, mais reste que les idées homicidaires sont présentes chez plusieurs aidants naturels », indique Mélanie Perroux, coordonnatrice du RANQ.Celle-ci martèle que l\u2019aidant naturel, au même titre que la personne aidée, devrait avoir son propre dossier médical.« J\u2019espère vraiment que le gouvernement du Québec en tienne compte dans la politique de la proche aidance qui doit être prochainement annoncée », ajoute-t-elle.Il a causé la mort par suffocation de la femme qu\u2019il aimait et, contrairement à ce que d\u2019aucuns pourraient penser, ceci ne fait pas de lui un héros HÉLÈNE DI SALVO » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 29 MAI 2019 HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR Les conservateurs accusent les libéraux de s\u2019acheter les journalistes en amont de l\u2019élection en plaçant Unifor, un syndicat ouvertement hostile au Parti conservateur, dans le comité devant déterminer les paramètres de la future aide financière aux médias.Mais le syndicat semble vouloir tuer cette accusation dans l\u2019œuf en nommant comme son représentant un journaliste à la retraite du Toronto Sun, une publication à tradition conservatrice.Les conservateurs ont attaqué sans relâche mardi le premier ministre Justin Trudeau et son plan pour venir en aide à l\u2019industrie médiatique malmenée.Ils l\u2019accusent de concevoir le futur programme de manière à privilégier les organisations favorables au Parti libéral.« Les libéraux veulent détruire la crédibilité des journalistes à cinq mois des élections», a lancé le conservateur Alain Rayes.Son collègue Steven Blaney a demandé au gouvernement s\u2019« il veut des élections truquées ».Trudeau a répliqué en accusant le Parti conservateur de ne pas appuyer les syndicats, rappelant les projets de loi restreignant leurs activités que le précédent gouvernement avait fait adopter.« Leur haine des syndicats ne connaît pas de limite.» Le gouvernement fédéral a promis qu\u2019il accordera aux organisations médiatiques des crédits d\u2019impôt sur la masse salariale.Il confiera à un comité la tâche de concocter les paramètres du Aide aux médias : Scheer met en doute l\u2019indépendance politique d\u2019un comité Le chef du PCC estime que les libéraux veulent s\u2019attirer les faveurs des journalistes MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Alors que le gouvernement peine à s\u2019entendre avec les partis d\u2019opposition pour la Commission sur la protection de la jeunesse, l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) exige une coprésidence autochtone.« Bien que toute décision concernant un enfant doive être prise dans son intérêt supérieur et son mieux-être, la surreprésentation des enfants issus des Premières Nations dans le système de la protection de la jeunesse demeure une réalité indéniable et préoccupante, et ce, à tous les stades d\u2019intervention », a rappelé le chef Ghislain Picard dans un communiqué mardi.« Nos enfants méritent aussi de grandir dans la dignité », a-t-il ajouté en faisant référence au nom suggéré par la députée libérale Hélène David.Le taux d\u2019enfants autochtones pris en charge par le Directeur de la protection de la jeunesse est presque huit fois plus élevé que dans le reste de la population.C\u2019est pourquoi leur sort doit faire partie du mandat de la commission, réclame l\u2019AQPNL.Cette commission promise par le premier ministre Legault moins de 48heures après la mort tragique d\u2019une fillette à Granby à la fin du mois d\u2019avril sera présidée par l\u2019ancienne présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent.Le gouvernement a également choisi le psychoéducateur André Lebon comme vice-président, qui a déjà présidé la commission indépendante sur l\u2019éducation à la petite enfance lancée par l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance en 2016.Transpartisanerie Le gouvernement et les partis d\u2019opposition sont toujours en train de négocier le mandat de cette révision des services à l\u2019enfance qui se veut complète et non partisane.Québec solidaire et le Parti libéral sont tous les deux déçus par l\u2019approche de l\u2019équipe de François ENFANCE Les Autochtones ne veulent pas être oubliés L\u2019Assemblée des Premières Nations exige un siège à la tête de la Commission sur la protection de la jeunesse Legault qui, selon eux, impose plus qu\u2019il ne consulte.« On soumet des choses et là ils prennent en délibéré et ils décident, a déploré Mme David.Pour nous, la trans- partisanerie, c\u2019est plus de cocons- truire.» « C\u2019est mal parti, mais le gouvernement a l\u2019opportunité maintenant de dire \u201cça va bien aller\u201d, a affirmé la co- porte-parole de Québec solidaire, Ma- non Massé.Et moi, ce que je vous dis, c\u2019est que ça prend l\u2019indépendance, l\u2019autonomie et inévitablement un peu de ressources parce que c\u2019est lourd pour les partis comme nous.» Les libéraux n\u2019ont pas décidé s\u2019ils vont participer à l\u2019annonce de la commission.Celle-ci devait avoir lieu mercredi, mais elle a été reportée.Seul le Parti québécois se fait discret, pour éviter de faire dérailler le processus.« Je trouve ça malheureux, a commenté le premier ministre François Le- gault.Il faut absolument qu\u2019on arrête de faire de la petite politique et qu\u2019on s\u2019occupe des enfants.» Il a indiqué qu\u2019il a parlé à chacun des chefs de parti pour tenter de calmer le jeu.« Ce que je leur ai dit, et l\u2019engagement qu\u2019on a pris, c\u2019est de consulter les Le président syndical note en outre que le comité procédera par consensus.« Ce n\u2019est pas comme si nous allions contrôler le processus.C\u2019est pour ça qu\u2019Andrew Scheer est un imbécile : il ne sait pas dire la vérité.» La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ ) désignera son représentant en fin de semaine.La Canadian Association of Journalists consultera ses membres cette semaine avant de déterminer si elle joue le jeu.On craint que de s\u2019associer au processus gouvernemental n\u2019alimente une perception de conflit d\u2019intérêts.Chose certaine, si la CAJ nomme un représentant, ce sera un journaliste à la retraite.Sinon, « siéger à ce comité serait un conflit d\u2019intérêts », estime la présidente, Karyn Pugliese.Enjeu politique Le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, a indiqué que la partie patronale serait représentée par d\u2019autres groupes et qu\u2019il fallait un pendant syndical.Or Unifor représente non seulement des journalistes, mais aussi des techniciens et d\u2019autres types de travailleurs de l\u2019industrie.Médias d\u2019info Canada, qui représente des patrons de presse, déplore d\u2019ailleurs les attaques conservatrices.« Il est malheureux que ce soit devenu un enjeu politique, parce qu\u2019on ne voit pas ce comité comme menant une discussion politique, mais comme faisant des recommandations techniques », explique le président, John Hinds.Thomas S.Saras, le président du National Ethnic Press and Media Council of Canada, argue que les conservateurs ont pour leur part versé des milliards de dollars pour sauver GM.« Aujourd\u2019hui, le gouvernement ne nous donne pas des milliards.Il essaie de nous aider à survivre avec des crédits d\u2019impôt.Quel est le problème ?» La Fédération nationale des communications, qui rassemble des travailleurs de l\u2019information du Québec, n\u2019a pas voulu commenter la présence d\u2019Unifor, mais elle souligne que, pour sa part, à cause de la nature de son membrariat, elle ne prend aucune position politique.partis d\u2019opposition, ce qu\u2019on a fait, mais à la fin du parcours, il faut qu\u2019il y ait quelqu\u2019un qui décide.Actuellement, les partis d\u2019opposition ne s\u2019entendent même pas entre eux pour choisir les personnes.» Ils pourront donner leur avis sur le choix des autres experts qui seront appelés à participer aux travaux de la commission, mais pas question pour le gouvernement de nommer la commission Grandir dans la dignité.« On n\u2019est pas d\u2019accord avec ce mot- là qui est utilisé par Hélène David, a tranché le premier ministre.Je pense que ça s\u2019applique pour mourir dans la dignité, que les personnes âgées soient traitées avec dignité, mais les jeunes, ce n\u2019est pas de ça qu\u2019on parle.On parle de jeunes qui sont violentés, abusés, qui ont des parents qui ne s\u2019occupent pas d\u2019eux autres, de jeunes qui sont laissés à eux-mêmes, qui tombent entre les \u201ccraques \u201d et qu\u2019il n\u2019y a pas de bon lien qui est fait avec l\u2019école.On ne parle pas de la même chose.» En ce qui a trait aux demandes de l\u2019APNQL, le gouvernement préfère attendre l\u2019annonce de la création de la commission pour y répondre, a indiqué le directeur des communications du premier ministre, Manuel Dionne, tout en demeurant vague sur le moment où elle aura lieu.De l\u2019info locale pour SRC/CBC Si le chef conservateur Andrew Scheer devient premier ministre cet automne, il demandera que CBC/Radio- Canada se concentre sur les nouvelles qui concernent le Canada et accorde moins d\u2019importance à l\u2019information internationale.«Lorsque nous examinons toute la couverture consacrée à la politique américaine par CBC/Radio-Canada [\u2026], je pense que beaucoup de Canadiens aimeraient qu\u2019on s\u2019assure que [le diffuseur public] se concentre sur son mandat principal: la couverture canadienne», a-t-il dit en entrevue avec La Presse canadienne.M.Scheer a aussi l\u2019intention d\u2019examiner les pratiques du diffuseur public afin d\u2019évaluer s\u2019il respecte son mandat.«Lorsque Radio-Canada a été créée il y a plusieurs décennies, il n\u2019était pas possible d\u2019obtenir du contenu sur les téléphones intelligents ou d\u2019obtenir des centaines et des centaines de chaînes de télévision par satellite.[\u2026] Il est temps que nous examinions la manière dont Radio-Canada s\u2019intègre dans tout cela.» Le chef Ghislain Picard rappelle que le taux d\u2019enfants autochtones pris en charge par le Directeur de la protection de la jeunesse est presque huit fois plus élevé que dans le reste de la population.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Jerry Diaz, président du syndicat Unifor COLE BURSTON LA PRESSE CANADIENNE programme et ses critères d\u2019admissibilité.Pour plus d\u2019indépendance, il a désigné huit organisations qui choisiront chacune un représentant pour composer ce comité.Or Unifor, un syndicat qui représente quelque 12 000 travailleurs de l\u2019information, est du lot.Son président, Jerry Dias, s\u2019attaque publiquement au Parti conservateur.Le syndicat a promis sur Twitter qu\u2019il sera le « pire cauchemar » du chef Andrew Scheer.Pendant la période de questions mardi, les conservateurs ont cité tour à tour des chroniqueurs partageant leurs craintes.La ministre responsable des Institutions démocratiques, Karina Gould, estime que les conservateurs s\u2019engagent « dans une voie dangereuse ».« Il s\u2019agit d\u2019une autre ligne à leur rhétorique visant à miner nos institutions démocratiques, a-t-elle dit.« Ils s\u2019en sont pris au patron d\u2019Élections Canada, au commissaire d\u2019Élections Canada, ils s\u2019en sont pris au commissaire de la Commission aux débats et maintenant ils s\u2019en prennent à la presse libre et indépendante.» Retraités recherchés Les craintes des conservateurs semblent toutefois prématurées car, selon les informations obtenues par Le Devoir, Unifor désignera un journaliste retraité du Toronto Sun pour siéger au comité d\u2019Ottawa.« Je refuse de m\u2019excuser, lance Jerry Dias.La réalité, c\u2019est que nous représentons plus de journalistes, plus d\u2019employés de médias que quiconque d\u2019autre au pays.Dire que ces travailleurs ne devraient pas avoir de voix est tout simplement ridicule.» La surreprésentation des enfants issus des Premières Nations dans le système de la protection de la jeunesse demeure une réalité indéniable et préoccupante, et ce, à tous les stades d\u2019intervention GHISLAIN PICARD » LEDEVOIR // LE MERCREDI 29 MAI 2019 ACTUALITÉS A 4 Le ministre fait valoir sa propre expérience de prof PLACARD SUITE DE LA PAGE A 1 vont les recevoir avant de se lancer tête baissée dans cette idée fixe des maternelles quatre ans?», a-t-elle lancé.Un peu plus tôt, la porte-parole libérale en éducation Marwah Rizqy reprochait au gouvernement de ne pas avoir «la priorité à la bonne place».«En ce moment, il y a des endroits où il y a de véritables besoins.[\u2026] C\u2019est triste de voir au- jourd\u2019hui qu\u2019on a des enfants autistes qui sont mis dans des placards.[\u2026] La priorité du gouvernement doit être revue.» Chez Québec solidaire aussi on a brandi l\u2019histoire du placard à la CSDM pour inviter le ministre à « mieux gérer ses priorités ».De l\u2019aide avant les maternelles Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, n\u2019a toutefois pas manqué de se dire « choqué » par la situation de l\u2019école de l\u2019Étincelle.« J\u2019ai eu à travailler avec des enfants qui ont un trouble du spectre de l\u2019autisme puis j\u2019ai eu à intervenir sur de tels enfants en crise.Il faut le faire avec tact en prenant soin d\u2019eux, même s\u2019ils sont en crise.Ils ont besoin qu\u2019on prenne soin d\u2019eux, et de les envoyer dans un placard à balais, dans un endroit où il y a des dispositifs électriques, des vis apparentes.[\u2026] Ce n\u2019est pas une façon de faire acceptable au Québec », a-t-il lancé lors de la période de questions.Le ministre était d\u2019autant plus sur le gril que la CSDM lui avait écrit en mars pour lui signaler que la sécurité des élèves était « fortement compromise ».Piqué au vif, il a laissé entendre que les commissaires de la CSDM auraient dû agir.« S\u2019il y a un problème, si un local est dangereux, n\u2019appelez pas le ministre, appelez l\u2019ébéniste.Quand il y a un problème, ne me demandez pas d\u2019aller visiter l\u2019école, réparez-la.Et si vous avez besoin d\u2019argent, faites-nous des demandes, on ne laissera pas les enfants dans des locaux dangereux.» La CSDM fait par ailleurs partie des groupes qui n\u2019ont pas réussi à se faire inviter à la commission parlementaire chargée d\u2019étudier le projet de loi sur les maternelles 4 ans.« Il n\u2019y a pas d\u2019ouverture de la part du gouvernement de les entendre.Et, pourtant, la CSDM est un groupe qui a de l\u2019expertise par rapport aux maternelles quatre ans », a déploré à cet égard la porte-parole solidaire en éducation Christine Labrie.Étude peu concluante La question des invitations à cette commission parlementaire est source de tensions, les caquistes se faisant justement reprocher de ne pas inviter certains experts moins gagnés aux maternelles quatre ans, comme le pédiatre Jean-François Chicoine, de l\u2019Hôpital Sainte-Justine, la Dr Mylène Drouin, de la Direction régionale de santé publique de Montréal ou encore la chercheuse Christa Japel, de l\u2019Université du Québec à Montréal.Il reste pourtant des plages horaires vacantes, martèlent à cet égard les oppositions.Or, cela n\u2019a pas empêché le projet de loi de s\u2019attirer encore du scepticisme mardi.Le Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE) a notamment cité dans son mémoire une étude embarrassante de Mme Japel (mentionnée plus haut), l\u2019une des deux seules recherches à avoir évalué les maternelles 4 ans qui se sont développées au Québec ces dernières années.L\u2019étude menée en 2014-2015 concluait que « la qualité de l\u2019environnement éducatif » dans lequel évoluaient les enfants était « très basse ».Ce passage du mémoire a fait réagir le ministre qui a tenu à souligner qu\u2019à l\u2019époque de l\u2019étude, le gouvernement avait peu investi dans l\u2019aménagement des locaux.Or, la présidente du CSE, Maryse Lassonde, lui a répondu que l\u2019étude relevait aussi des lacunes en « stimulation du langage » dans les « activités offertes », notamment.Par contre, Mme Lassonde n\u2019a pas non plus donné satisfaction à la péquiste Véronique Hivon lorsque cette dernière lui a demandé de comparer les services offerts en CPE et ceux en maternelle quatre ans.La présidente du CSE a alors affirmé que l\u2019accès à des orthophonistes et orthopédagogues serait plus facile dans les maternelles 4 ans que dans les CPE parce qu\u2019elles se trouvent dans des écoles qui en ont déjà.« Il y a probablement dans certains milieux plus d\u2019accès aux ressources professionnelles.Cet accès-là devrait favoriser le développement des enfants, oui.» JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Le développement du secteur Namur- de la Savane, où verra le jour le projet Royalmount, nécessitera que des gestes soient posés rapidement pour améliorer le transport en commun et restreindre l\u2019utilisation de la voiture.C\u2019est l\u2019avertissement que lance le groupe de travail présidé par Florence Junca Adenot qui, dans un rapport publié mardi, recommande notamment le prolongement de la ligne orange jusqu\u2019à la gare Bois-Franc et le désenclavement du secteur.Il eût mieux valu réfléchir aux enjeux de congestion automobile avant d\u2019autoriser des projets de développement, notent d\u2019emblée les auteurs du rapport.Mais compte tenu du degré d\u2019avancement de certains dossiers, le groupe de travail a formulé 13 recommandations pour réduire les impacts du développement sur la congestion dans ce secteur.Au cours des 15 prochaines années, huit projets immobiliers sont prévus dans le secteur Namur-de la Savane, à la jonction des autoroutes 15 et 40.Parmi eux, le Royalmount, le site de l\u2019ancien hippodrome et le Triangle, qui ajouteront 15 278 logements et 2,7 millions de pieds carrés de commerces, de bureaux et de services.Mais cette zone industrielle est enclavée et il faudra remédier à ce problème, prévient le groupe de travail.À l\u2019heure actuelle, le secteur Namur-de la Savane génère 95 000 déplacements quotidiens auxquels s\u2019ajouteront 194 000 déplacements attribuables aux nouveaux projets, dont 94 000 pour le Royalmount.Quelque 360 000 véhicules circulent déjà sur les autoroutes 15 et 40 tous les jours.« Si rien n\u2019est fait, l\u2019ajout de déplacements se traduira par d\u2019importants débordements de la circulation sur les réseaux routiers limitrophes et par un allongement des temps de parcours pour atteindre le centre de Montréal », peut- on lire dans le rapport.Comme le secteur est traversé par deux corridors ferroviaires, le groupe de travail propose plusieurs mesures, dont le prolongement du boulevard Cavendish.Des actions concrètes devront aussi être prises pour accroître l\u2019utilisation des transports en commun qui, dans ce secteur, représentent seulement 17 % des déplacements, malgré la présence de deux stations de métro.Le promoteur du Royalmount a récemment révisé son projet.Il y a ajouté un volet résidentiel et a réduit de près de 44 % le nombre de pieds carrés de commerces et de bureaux.Il fixe maintenant à 38 % la part des transports collectifs dans les déplacements liés à son projet.Le promoteur Carbonleo s\u2019est d\u2019ailleurs engagé à construire une passerelle au-dessus de l\u2019autoroute Déca- rie au coût de 22 millions afin de relier son projet à la station de métro.Mais il faudra faire plus pour l\u2019ensemble du secteur, d\u2019autant que les stations de métro de la Savane et Namur sont parmi les moins fréquentées du réseau.Le groupe de travail suggère donc de raccorder le métro au futur Réseau express métropolitain (REM) en prolongeant la ligne orange de la station de la Côte-Vertu et la gare Bois-Franc.À plus long terme, la ligne orange pourrait se rendre jusqu\u2019à Laval, ajoute-t-on.Le projet Royalmount prévoyait à l\u2019origine 12 000 places de stationnement, mais ce nombre a récemment été réduit à 9850, dont 3000 pour le volet résidentiel qui a été intégré dans les nouveaux plans.Le groupe de travail croit toutefois que ce nombre pourrait être réduit davantage.Il suggère aussi que les cases de stationnement pour le secteur non résidentiel soient tarifées.Finalement, le groupe de travail propose que les promoteurs qui participeront au développement du secteur Namur-de la Savane contribuent au financement des services et des infrastructures de mobilité « selon le principe du bénéficiaire-payeur ».« Nous accueillons le rapport et prendrons le temps d\u2019étudier les recommandations formulées par le groupe de travail Namur-de la Savane », a indiqué le promoteur du Royalmount dans un courriel.Carbonleo n\u2019écarte pas la possibilité de réduire le nombre de stationnements ou de tarifer certains d\u2019entre eux, mais aucune décision n\u2019a encore été prise à ce sujet.Il précise avoir entrepris une démarche de participation publique qui lui permettra de présenter une nouvelle mouture de Royalmount à l\u2019automne.Mairesse insatisfaite Malgré les améliorations apportées par le promoteur du Royalmount, le projet ne satisfait toujours pas Valérie Plante.« Le projet tel qu\u2019il est présenté a plus d\u2019impacts négatifs que positifs », a indiqué la mairesse mardi.« Le promoteur n\u2019a enfreint aucune loi.Pour ce qui est de l\u2019urbanisme, il a respecté les règles.Mais étant donné l\u2019impact sur la circulation et l\u2019impact général de ce projet, je ne peux pas l\u2019accepter dans sa forme actuelle.» MONTRÉAL Comment éviter le chaos Le transport en commun dans Namur-de la Savane devra être amélioré pour tenir compte des développements, dit un groupe de travail Le théâtre pour secouer la peur des élus ACTE SUITE DE LA PAGE A 1 de l\u2019Institut du nouveau monde (INM), qui a supervisé le processus de consultations ayant mené au document.Mme Fournier remettra le tout à la ministre des Institutions démocratiques.L\u2019objectif ?Que le document vive.« Je veux que les pouvoirs publics ne puissent pas l\u2019éviter », dit l\u2019homme de théâtre, qui demande si la valeur de ce texte serait « moins vraie parce qu\u2019il émane du théâtre et de la société civile plutôt que des pouvoirs publics ».Puis, sur le plan théâtral, Christian Lapointe entame samedi un cycle de représentations qui le mènera dans une dizaine de théâtres du Québec dans la prochaine année.Point d\u2019orgue des travaux de l\u2019assemblée citoyenne constituante, le spectacle « Constituons ! » se compose de 17 scènes dans lesquelles Lapointe « témoigne de l\u2019aventure telle [qu\u2019il] l\u2019a vécue ».« Pendant deux heures, je joue un one man show pour présenter la démarche, raconte Lapointe.Qui j\u2019ai rencontré, comment j\u2019ai ramassé l\u2019argent\u2026 J\u2019utilise des images qui ont été filmées pour un documentaire.Je crée une œuvre d\u2019art qui n\u2019est ni didactique ni straight.» Dans la deuxième partie de la représentation, la Constitution sera lue par des volontaires du public.Qui ?La matière du spectacle a émergé d\u2019un véritable chantier, financé à près de 250 000 $ par des fonds publics.Dans la dernière année, quelque 250 personnes ont participé à un des dix forums citoyens organisés par l\u2019INM partout au Québec.Plus de 1500 per- Le projet Royalmount ajoutera 94 000 déplacements quotidiens dans le secteur.CARBONLEO sonnes ont aussi répondu à un questionnaire en ligne.Les idées brassées ont par la suite été débattues et adoptées par les 41 membres d\u2019une assemblée constituante citoyenne.Et qui étaient ces constituants ?Des gens tirés au hasard parmi quelque 600 volontaires recrutés dans un panel de la firme de sondage Léger et représentatifs de toutes les couches de la société.Lapointe soulève que « si on est capables d\u2019enfermer des gens à vie avec des jurés tirés au hasard », le même processus est tout aussi valable pour composer une assemblée constituante.« Je sors de cette démarche avec la conviction qu\u2019il n\u2019y pas de meilleure méthode ».Un bémol important, toutefois: aucun autochtone n\u2019a participé, malgré des efforts répétés de l\u2019INM pour en recruter.Ce qui n\u2019empêche pas un article de la Constitution de prévoir qu\u2019elle devra être «négociée de nation à nation» avec chacune des nations autochtones.Modéré Tout mis ensemble, Christian Lapointe évoque un vaste projet «de démocratisation, de vulgarisation et de promotion de nos droits citoyens.» «Parler de Constitution serait \u201caride et plate\u201d?, demande- t-il.Mais non! C\u2019est un jeu d\u2019écriture qui concerne tout le monde.» Au Québec, le mot «constitution» est chargé et réfère à une sorte de champ de mines divisant fédéralistes et souverai- nistes depuis la Nuit des longs couteaux de 1981.L\u2019évoquer fait presque peur.Christian Lapointe appelle à prendre un pas de recul.«Ça dit quoi, une constitution?Ça dit qui tu es, qu\u2019est-ce que tu veux et comment tu vas le faire.» En ce sens, le document qui sera présenté au Parlement mercredi dessine « un Québec très ouvert et pacifique », note-t-il.On y affirme la souveraineté du peuple sans faire de déclaration d\u2019indépendance, mais en « bousculant le statu quo » \u2014 notamment par ces idées « d\u2019abolir toute référence à la monarchie » ou d\u2019attribuer au « fleuve Saint-Laurent et à ses affluents une personnalité juridique ».« C\u2019est le projet de société que veulent les citoyens, pas les partis politiques, soutient Christian Lapointe.Comme artiste, quand on écrit, on le fait à partir d\u2019un endroit.Avec ce projet écrit par des citoyens, je comprends mieux où je me tiens et à quel groupe d\u2019humains j\u2019appartiens.» Celui qui se pose en « défenseur de l\u2019inutilité de l\u2019art dans un monde utilitariste qui formate tout » se trouve ainsi dans une posture particulière : « J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir fait œuvre utile », s\u2019étonne-t-il.Daniel Turp en appui Coprésident de l\u2019assemblée constituante citoyenne, le constitutionnaliste Daniel Turp rappelait mardi que « le Québec a la compétence d\u2019adopter une constitution », un pouvoir que prévoit la Loi constitutionnelle de 1982 et que seule la Colom- bie-Britannique a utilisé.« Un gouvernement qui voudrait initier une assemblée constituante peut le faire », dit-il.Et nul besoin d\u2019arrimer la démarche à l\u2019indépendance du Québec, ajoute M.Turp.Selon lui, « il y a quelque chose d\u2019essentiel dans l\u2019idée qu\u2019un peuple se dote de sa propre Constitution.Il y a un facteur d\u2019identité, une façon de dire qui on est.On a plein de lois au Québec, mais pas de loi fondamentale globale.» S\u2019il y a un problème, si un local est dangereux, n\u2019appelez pas le ministre, appelez l\u2019ébéniste.Quand il y a un problème, ne me demandez pas d\u2019aller visiter l\u2019école, réparez-la.JEAN-FRANÇOIS ROBERGE » LEDEVOIR // LE MERCREDI 29 MAI 2019 ACTUALITÉS A 5 STÉPHANIE MARIN LA PRESSE CANADIENNE Le propriétaire du zoo de Saint-Édouard, Normand Trahan, demande à la cour d\u2019annuler les mandats de perquisition pour tenter de récupérer ses animaux.Son avocat, Me Michel Lebrun, a déposé une requête dans ce but, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières.M.Trahan a été accusé d\u2019avoir causé des souffrances et des blessures à des animaux, dont des oiseaux, et d\u2019avoir omis de leur fournir l\u2019eau, la nourriture et les soins nécessaires.Les gestes auraient été commis entre mai 2016 et octobre 2018.Mardi dernier, les animaux ont été saisis par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA).Les autorités avaient immédiatement amorcé la tâche complexe de retirer du zoo les animaux mal en point selon elles, notamment des zèbres, des singes, des chameaux, des kangourous, des lions, des tigres et des ours.M.Trahan nie que les animaux étaient mal traités, a indiqué en entrevue Me Lebrun.Il était responsable du zoo situé en Mauricie depuis 30 ans, détenait les permis requis et collaborait avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, a-t-il ajouté.Dans la requête, il est allégué que la saisie a été menée de façon abusive et qu\u2019elle viole les droits de M.Trahan, protégés par la Charte canadienne des droits et libertés.D\u2019abord parce que l\u2019on ne lui a pas permis de savoir ce qui était recherché par la saisie ni les méthodes qui seraient employées.Mais aussi parce que la SPCA, qui a mené la perquisition, a un parti pris contre les zoos, et cherche à se débarrasser de cette activité, qui est légale au Québec.Ses agents n\u2019ont pas l\u2019objectivité requise pour exercer les fonctions d\u2019un agent de la paix et seraient même en conflit d\u2019intérêts, est-il rapporté dans la procédure.Le propriétaire du zoo de Saint-Édouard riposte en cour Normand Trahan demande à récupérer ses animaux PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Jusqu\u2019ici, on ne s\u2019est intéressé principalement qu\u2019à l\u2019efficacité des médicaments à traiter une pathologie.On découvre depuis peu que ceux-ci peuvent aussi influer sur le microbiome de la personne qui les absorbe.Daniel Figeys, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, a mis au point une technologie qui lui a permis de voir que la consommation non seulement de médicaments, mais aussi de certains produits naturels et additifs alimentaires entraîne d\u2019importants changements fonctionnels dans la flore intestinale qui sont susceptibles d\u2019avoir des conséquences néfastes sur la santé.Lors d\u2019une conférence qu\u2019il présente aujourd\u2019hui, mercredi, dans le cadre du congrès de l\u2019Acfas, qui se poursuit cette semaine à l\u2019UQO, à Gatineau, M.Figeys révélera les premiers résultats de ses recherches.Celles-ci ont consisté à étudier l\u2019effet de divers médicaments et autres substances chimiques sur le mi- crobiome d\u2019individus obtenu à partir d\u2019un échantillon de leurs selles ou de lavage de leurs intestins.« Ces prélèvements ont été maintenus dans des conditions anaérobiques semblables à celles prévalant dans le côlon où vivent la majorité des microbes qui composent le microbiome pendant qu\u2019on appliquait sur eux divers composés.On mesurait les changements que ces composés induisaient sur le micro- biome à l\u2019aide de techniques génomiques et protéomiques », a précisé en entrevue Daniel Figeys, qui est directeur du département de biochimie, microbiologie et immunologie de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Son équipe a observé qu\u2019environ 20 % des médicaments qu\u2019elle a testés « entraînaient des changements majeurs dans le microbiome qui compromettaient les fonctions que ce dernier remplit normalement.» « Ces changements pouvaient se traduire par la perte de certaines espèces SCIENCES Des médicaments néfastes pour la santé Ces produits, comme l\u2019ibuprofène, compromettent les fonctions de la flore intestinale, selon un chercheur d\u2019Ottawa De plus, pour obtenir la délivrance du mandat de perquisition par un juge, la SPCA a allégué que les animaux étaient en « danger imminent », alors que ses observations dataient d\u2019il y a plusieurs mois, est-il invoqué dans la requête.Le propriétaire du zoo demande donc que les mandats soient annulés et qu\u2019on lui remette tout ce qui a été saisi : bêtes et lieux.Il veut aussi qu\u2019il soit interdit à la SPCA d\u2019avoir accès au zoo.La date à laquelle cette requête sera entendue par un juge de la Cour supérieure n\u2019a pas encore été déterminée.de bactéries et la croissance d\u2019autres espèces.On a vu qu\u2019en changeant la composition du microbiome, certains médicaments pouvaient avoir un impact sur la production d\u2019acides gras ou indirectement sur des voies de signalisation qui sont importantes pour produire ces composés.» «?Or, les bactéries du microbiome produisent, à partir des aliments, comme les fibres, des acides gras qui sont essentiels pour maintenir les cellules épithéliales du côlon en bonne santé.Quand les bactéries produisent moins d\u2019acides gras, les cellules épithéliales meurent de faim et dépérissent », explique M.Figeys.Les chercheurs ont également découvert qu\u2019environ 40 % des médicaments testés affectaient le microbiome, sans toutefois le transformer de façon aussi drastique.Un autre 40 % des composés étudiés n\u2019induisait que des changements très spécifiques chez certains individus, « ce qui veut dire que ces médicaments avaient un effet différent d\u2019une personne à l\u2019autre ».Des médicaments identifiés Parmi les substances passées sous la loupe, l\u2019ibuprofène a induit « des effets sévères chez certaines personnes, ce qui laisse penser qu\u2019à long terme, cet anti-inflammatoire courant serait néfaste pour la santé ».Les antibiotiques, l\u2019antidiabétique metformine et la méthylprednisolon, qui est prescrite pour traiter les maladies inflammatoires de l\u2019intestin, font également partie des médicaments qui transforment profondément le microbiome.La berbérine, un produit naturel que certaines personnes consomment de façon régulière, en Asie, pour contrôler les triglycérides et le diabète de type 2, a un effet antimicrobien qui réduit l\u2019abondance du microbiome.Et certains des dérivés de la berbérine ont carrément des effets nocifs, affirme le chercheur.Même si elle ne modifie pas l\u2019abondance du microbiome, la digoxine, qui est administrée pour traiter l\u2019insuffisance cardiaque, en affecte certaines fonctions.Des études préliminaires sur les édulcorants artificiels ont montré que certains d\u2019entre eux ont des effets drastiques sur la composition du microbiome.Au cours des trois prochaines années, l\u2019équipe de M.Figeys prévoit d\u2019examiner les effets de 1000 substances : médicaments, produits naturels et composés ajoutés aux aliments transformés vendus sur le marché, comme les succédanés du sucre et les surfactants, qui donnent une certaine consistance aux aliments, voire les pesticides contenus dans les ingrédients de base.À la lumière de ces résultats, les chercheurs croient que « tous les médicaments et les composés qui sont introduits dans les aliments devraient faire l\u2019objet de telles analyses », ce qui permettrait d\u2019établir « une classification des médicaments en fonction de leurs effets sur le microbiome ».« On sait que des changements dans la composition du microbiome sont associés, voire impliqués dans certaines maladies, comme l\u2019obésité, le diabète de type 2, la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse.Des études récentes ont même établi un lien entre des changements du microbiome et la dépression, l\u2019anxiété et la schizophrénie.» «?Compte tenu de toutes ces observations, il faut se préoccuper de l\u2019effet des médicaments et autres composés sur le microbiome, car, à long terme, ces substances pourraient avoir des effets nocifs sur la santé », affirme le chercheur.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR La Régie des installations olympiques (RIO) pourrait changer de nom, se voir confier de nouveaux pouvoirs et être investie d\u2019une mission bonifiée.La ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a présenté mardi un projet de loi qui propose de substituer à l\u2019organisation une toute nouvelle « Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique ».Si le projet de loi est adopté tel quel, la Société aura pour mission de travailler activement à attirer des événements sportifs, culturels, communautaires ou touristiques.Elle devra aussi « mettre en valeur le patrimoine et l\u2019héritage olympiques ».Ces éléments étaient absents de la loi qui encadre actuellement la RIO.À sa création, en 1975, la RIO avait simplement été investie d\u2019une fonction de régisseur des travaux et d\u2019exploitation des installations.Aucune révision majeure de la loi l\u2019encadrant n\u2019avait été effectuée par la suite.La nouvelle entité pourrait également négocier des baux à plus long terme La RIO mutée en société de développement ?Québec propose de donner plus de latitude en affaires à la société d\u2019État avec des concessionnaires alimentaires et commerciaux.Ces changements devraient «favoriser l\u2019optimisation de sa performance financière» et «engendrer des retombées sociales et économiques encore plus importantes», selon un communiqué de la ministre.Une « mission nationale » Actuellement, Québec verse chaque année 17 millions à la RIO \u2014 qui exploite le stade, la tour, le centre sportif et l\u2019esplanade \u2014 pour éponger son déficit.La mise à jour de la société d\u2019État fait suite à un rapport déposé en 2012 par le Comité-conseil sur l\u2019avenir du Parc olympique, présidé par Lise Bisson- nette.Celui-ci conseillait de doter la RIO d\u2019une « mission nationale et de l\u2019investir d\u2019une véritable autorité » en matière de loisirs et de sports, de même que de reconnaître son importance patrimoniale.Le p.-d.g.de la RIO a accueilli positivement l\u2019annonce de la ministre Proulx.Des consultations sur le projet de loi auront lieu à l\u2019automne.Le gouvernement Legault vise une entrée en vigueur au printemps 2020.La SPCA a procédé, le 21 mai dernier, à la saisie de plusieurs animaux qu\u2019elle soupçonne être maltraités par le propriétaire du zoo de Saint-Édouard.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Les antibiotiques, l\u2019antidiabétique metformine et la méthylprednisolon, prescrite pour traiter les maladies inflammatoires de l\u2019intestin, font partie des médicaments qui transforment profondément le microbiome.MARK LENNIHAN ASSOCIATED PRESS LEDEVOIR // LE MERCREDI 29 MAI 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin undi, le gouvernement Trudeau a amorcé le processus de ratification du nouvel accord commercial liant les États-Unis, le Mexique et le Canada (ACEUM).Il avait dit qu\u2019il ne bougerait pas avant d\u2019obtenir la levée des tarifs américains sur l\u2019acier et l\u2019aluminium.Sa détermination a porté ses fruits.Dès le début de la renégociation de l\u2019Accord de libre- échange nord-américain (ALENA) à l\u2019été 2017, le président américain, Donald Trump, y est allé de menaces et d\u2019ultimatums.En juin 2018, il imposait des tarifs sur les importations d\u2019acier (25 %) et d\u2019aluminium (10 %).En août, après la conclusion d\u2019un accord bilatéral avec le Mexique, il sommait le Canada de signer dans les jours suivants s\u2019il ne voulait pas être exclu de l\u2019entente.Le gouvernement canadien a gardé le cap, les négociations se sont poursuivies et une entente a été signée en novembre dernier.M.Trump a quand même repris son intimidation.Cette fois, il exigeait la ratification de l\u2019entente avant de lever ses tarifs punitifs.Le Mexique et le Canada ont plutôt répliqué en disant qu\u2019il n\u2019y aurait pas de ratification tant que les tarifs seraient en place.Ces derniers ont été levés il y a un peu plus d\u2019une semaine.Le Canada a refusé de céder devant les coups de gueule du président parce qu\u2019il n\u2019a jamais perdu de vue le contexte politique américain.D\u2019abord, l\u2019exclusion du Canada de l\u2019accord garantissait presque son échec au Congrès, ce que le président ne pouvait se permettre, la renégociation de l\u2019ALENA ayant été une de ses promesses phares.Il avait besoin du Canada.Le calendrier a aussi fait son œuvre.Le président était pressé à cause des élections de mi-mandat de novembre dernier.Toutefois, une fois ce scrutin passé, il n\u2019y avait plus d\u2019urgence, mais toujours la nécessité d\u2019un accord à mettre en vitrine.Ottawa a aussi su tirer profit de la guerre commerciale dans laquelle le président s\u2019est récemment lancé avec la Chine.En imposant des tarifs sur à peu près tout ce que les États-Unis importent de la Chine et en s\u2019en faisant imposer en retour par Pékin, le président a mis l\u2019économie américaine sur la corde raide.Il avait de nouveau besoin de ses voisins et de l\u2019accès à leur marché, sans tarifs.On peut dire que le gouvernement canadien a bien joué ses cartes.L\u2019ACEUM n\u2019est pas parfait, loin s\u2019en faut, mais il préserve ce qui était la raison d\u2019être du premier accord de libre-échange canado-américain et de son successeur, l\u2019ALENA : le mécanisme indépendant de règlement des différends.Le président Trump voulait l\u2019éliminer pour confier le travail aux tribunaux nationaux, exactement ce que le Canada, qui a souvent souffert de leur biais, a toujours voulu éviter.Ottawa a aussi réussi à préserver l\u2019exception culturelle, qui suscite des critiques, mais qui n\u2019a pas disparu comme le souhaitait M.Trump, et il s\u2019est prémuni contre des tarifs imposés au secteur automobile.Les grands perdants cependant sont encore les secteurs agricoles sous gestion de l\u2019offre.Ce système n\u2019a pas été démantelé, contrairement à ce que voulait Washington, mais il en ressort affaibli.Les producteurs laitiers, qui ont encore vu de nouvelles parts de marché cédées à leurs vis-à-vis américains, attendent toujours la compensation promise.Il est désolant que les négociateurs commerciaux ne voient pas le problème de miner un système ordonné de la production laitière pour permettre aux producteurs américains d\u2019écouler ici des surplus qu\u2019encouragent les subventions et le laisser-faire de leur gouvernement.Le Nouveau Parti démocratique voudrait que le Parlement attende de connaître les changements envisagés par les démocrates avant de procéder à la ratification.Les conservateurs l\u2019appuieront, mais à reculons, leur chef Andrew Scheer étant persuadé qu\u2019il aurait pu faire mieux.Il ne dit pas comment, cependant.Une entente est toutefois nécessaire, non seulement pour le Canada, mais pour le Québec, qui a largement profité de l\u2019ALENA.Ses exportations vers les États-Unis ont triplé depuis 1992, avec croissance et emplois à la clé.Le temps pourrait manquer pour ratifier l\u2019entente, les travaux parlementaires devant prendre fin le 21 juin.Il est vrai que l\u2019ALENA reste entre-temps en vigueur et que l\u2019ACEUM ne lui succédera qu\u2019après ratification par les trois pays.Le Canada, comme le Mexique, a entrepris de terminer ses devoirs, et cela vaut mieux.Aux Américains de démontrer qu\u2019ils peuvent en faire autant et être des partenaires fiables.Carol Patch-Neveu Montréal Des experts et encore des experts, des experts qui sont de bons vulgarisateurs, voilà qui devraient écouter les élus et les citoyens afin de comprendre ce qu\u2019implique le réchauffement climatique.Pourquoi accorder autant d\u2019attention médiatique au showd\u2019un Dominic Champagne ?Il me semble que l\u2019enjeu environnemental est trop sérieux pour reposer sur des envolées lyriques, c\u2019est sur un consensus scientifique et des données probantes qu\u2019il convient de fonder nos décisions individuelles et collectives.Je n\u2019ai pas besoin de signer un pacte, je sais que j\u2019ai toujours eu un important rôle à jouer fondé sur des valeurs : ne pas gaspiller, ne pas surconsommer, toujours songer à l\u2019impact de mon mode de vie sur ma communauté.Nous ne sommes pas issus d\u2019une lignée d\u2019irresponsables, mes grands-parents ménageaient et recyclaient.Le virage écologique me semble plus facile à emprunter en ce qui a trait à la gestion des déchets domestiques, au recyclage, au compostage, à la création de son propre écosystème exigeant peu d\u2019eau pour verdir et à un sain mode d\u2019alimentation que par rapport aux autres choix à fixer afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.Nous chauffons encore au mazout, mais plus autant (compte tenu de rénovations faites pièce par pièce) ni pour longtemps.Transformer une maison construite en 1950 ou en 1960 ou avant en un domicile 100 % écolo ne se fait pas de jour au lendemain.C\u2019est possible grâce à un investissement étalé, grandement facilité par des programmes de crédits d\u2019impôt permettant de progresser dans la bonne direction plus rapidement.Bien avant l\u2019échéance que fixe Montréal pour le retrait définitif du mazout.Or, le gouvernement Legault a aboli le programme Ré- noVert.Pourquoi ?Tout à l\u2019électricité ?Le Québec veut électrifier les domiciles non seulement sur son territoire, mais aussi en Ontario Rouler sans bornes\u2026 Le gouvernement de la CAQ veut devenir le champion de l\u2019électrification des transports, des bâtiments et des entreprises, de même qu\u2019il souhaite réduire la consommation de pétrole de 40 % d\u2019ici 2030, soit dans un peu plus de 10 ans\u2026 Voilà de louables ambitions ! Les véhicules électriques coûtent plus cher à l\u2019achat que les véhicules à essence ; cependant, ils ne requièrent ni entretien ni réparation de tout ce qui se cache sous le capot, sans compter qu\u2019une recharge de batterie est bien moins onéreuse qu\u2019un plein d\u2019essence.Au bout du compte, les adeptes de l\u2019énergie fossile ne réalisent aucune économie par rapport aux conducteurs de l\u2019ère moderne, depuis l\u2019achat de leur véhicule jusqu\u2019à son remplacement quelques années plus tard.Malgré les incitatifs financiers qui réduisent le coût d\u2019acquisition d\u2019un véhicule électrique, ce qui freine le plus les gens à opter pour cette solution, c\u2019est la crainte de tomber en panne d\u2019électricité, particulièrement lors de longs déplacements.Le premier ministre Legault annonce partout qu\u2019Hydro-Québec dispose de nombreux surplus d\u2019électricité.Pourquoi alors ne pas installer plusieurs bornes de recharge rapide dans chaque halte routière appartenant à l\u2019État, ainsi que dans les stationnements des services et édifices gouvernementaux ?On trouve à l\u2019occasion des bornes de recharge de 240 V, mais de tels équipements desservent davantage les employés qui y travaillent toute la journée.Par la même occasion, pourquoi ne pas installer des panneaux routiers qui indiquent la présence de bornes de recharge de 400 V le long des autoroutes et routes principales, comme on le fait depuis toujours pour les stations d\u2019essence ?Lorsque les gens verront qu\u2019il existe bel et bien des bornes de recharge rapide (seulement 180 à l\u2019heure actuelle sur tout le territoire du Québec), l\u2019idée d\u2019une voiture électrique commencera à faire du chemin dans leur tête, ce qui aidera l\u2019atteinte de l\u2019objectif de réduction des GES visé par la CAQ.Lorsqu\u2019on vise des objectifs, il faut prendre les moyens pour les atteindre.Ma suggestion pourrait répondre aux attentes de nombreux contribuables préoccupés par la santé de notre Terre d\u2019accueil, mais freinés dans leur désir par la crainte de rouler sans bornes\u2026 Annette Côté Québec, le 28 mai 2019 Souffler le « show » et le froid de l\u2019urgence climatique LIBRE OPINION LETTRES COMMERCE Pari en partie gagné L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu et aux États-Unis.Question existentielle : pourquoi nous incite-t- on tant à ménager notre consommation en périodes de froid ou de canicule même si nous sommes en surplus ?Il y a le raisonnable et l\u2019excès.L\u2019enthousiasme débordant du premier ministre Legault et son regard en signe de piastre quand il se présente à New York me laissent perplexe autant qu\u2019ils me font craindre une exportation exponentielle pour alimenter une surconsommation électrique effrénée au prix de construction d\u2019autres mégabarrages.L\u2019électricité est certes une source propre, mais à consommer avec modération, et non comme une source intarissable ! Et si c\u2019était un mode hybride de chauffage que nous privilégierions, par exemple l\u2019électricité et le gaz naturel, serions-nous pour autant condamnables aux yeux des anti-oléo- ducs absolutistes ?Qu\u2019est-ce qui est moins dommageable pour l\u2019environnement, construire un oléoduc pour acheminer le gaz naturel ou défigurer des montagnes pour ériger des pylônes ?Nous en sommes à jauger l\u2019avantage de la géothermie.Pour éviter tout péril en la demeure et ne pas contribuer à une catastrophe planétaire, nous préférons investir dans l\u2019avenir sciemment en nous fiant à des avis de réels experts, au lieu de nous laisser berner par des colporteurs de n\u2019importe quoi qui font déjà du porte-à-porte.Nous préférons les consignes éminemment scientifiques et techniques aux envolées théâtrales, aux insultes des jeunes qui nous traitent à tort d\u2019irresponsables, voire de salauds.MANON CORNELLIER Détachons-nous du boulet GNL ! On blâme souvent les politiciens pour leur langue de bois ou pour leur vision à courte vue.On déplore qu\u2019ils se soucient plus de leur réélection que de la défense des vrais intérêts des citoyens qu\u2019ils représentent.Il faut donc souligner à grands traits la prise de parole récente du député de Jonquière, Sylvain Gaudreault \u2014 mon député.Il a osé prendre une position claire contre le projet d\u2019usine de liquéfaction de gaz naturel au Sague- nay (GNL).Je suis heureuse de constater que ce qui prime ici, c\u2019est la défense à long terme du bien commun.À première vue, le projet de GNL semble très alléchant et ses promoteurs savent faire miroiter ses supposés avantages.Mais il ne faut justement pas en rester à cette première réaction et élargir le regard.L\u2019urgence climatique exige un vrai virage vert.L\u2019avenir se trouve dans le développement des énergies renouvelables et la mise en place d\u2019une vraie économie verte.Les projets qui, comme celui de GNL, nous en détournent nous nuisent pour prendre notre place dans cette nouvelle économie verte qui générera des emplois durables.Ils sont des boulets qui nous empêchent d\u2019avancer.Entre les avantages illusoires d\u2019un projet qui nous enfonce encore plus dans les énergies fossiles et les bienfaits à long terme d\u2019un vrai virage vert, il faut choisir les seconds.Et ce n\u2019est pas du rêve, c\u2019est possible ! La création du laboratoire de recherche Elysis qui travaillera à produire de l\u2019aluminium « vert » en est un bon exemple.Anne-Marie Chapleau Jonquière, le 28 mai 2019 Pourquoi accorder autant d\u2019attention médiatique au show d\u2019un Dominic Champagne ?Il me semble que l\u2019enjeu environnemental est trop sérieux pour reposer sur des envolées lyriques L\u2019ACEUM n\u2019est pas parfait, mais il préserve ce qui était la raison d\u2019être du premier accord et de son successeur, l\u2019ALENA : le mécanisme indépendant de règlement des différends A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 29 MAI 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet INDUSTRIE DU TAXI Les oubliés ominic Champagne et les jeunes auront finalement réussi à percer le mur du son qui les empêchait d\u2019atteindre l\u2019oreille de François Legault.Au terme d\u2019un conseil général sur la question de l\u2019environnement, le PM n\u2019a pas seulement paru convaincu, dit l\u2019initiateur du Pacte pour la transition, mais aussi, pour la première fois, « convaincant ».Alléluia.Assisterions-nous à la fécondation in vitro d\u2019une politique (enfin) viable sur la réduction des gaz à effet de serre ?« Les sceptiques seront confondus », répond le nouveau maître de la bonhomie au Québec.(Ce qui, conve- nons-en, est un cran au-dessus de « on verra ».) Après la communauté des affaires, ce sont les parents d\u2019enfants d\u2019âge scolaire, sans oublier les femmes, les francophones de souche, les environnementalistes et les jeunes, qui s\u2019ajoutent maintenant à la catégorie d\u2019électeurs que la CAQ veut, en théorie, satisfaire.Ce désir manifeste d\u2019être le gouvernement de « tous les Québécois » n\u2019inclut malheureusement pas tout le monde.Les anglophones et les immigrants sont manifestement les mal-aimés du gouvernement à ce jour.Je reviendrai sur les anglophones, mais place, pour l\u2019heure, à cette classe d\u2019immigrants que nous connaissons tous : les chauffeurs de taxi.Plaignons-les.L\u2019étude du projet de loi no 17, qui les concerne, sur le « transport rémunéré de personnes par automobile », est restée dans l\u2019ombre du projet de loi, beaucoup plus discuté, sur la laïcité.On en a peu entendu parler.Ensuite, ce projet de modernisation du taxi est une tape dans le dos des rois du transport par application mobile, Uber et Lyft, et un pied de nez aux milliers de chauffeurs de taxi, des gens qui ont toujours « payé leur dû à la société québécoise », qui risquent aujourd\u2019hui de se retrouver Gros- Jean comme devant.En abolissant le système de permis de taxi et en offrant de compenser seulement 50 % de l\u2019argent investi par quelque 8000 chauffeurs dans une certification soudainement désuète, le gouvernement crible de dettes bon nombre d\u2019entre eux.« Qui va payer la banque ?», demande un des porte-parole des chauffeurs, Abdallah Homsy.Rappelons que le gouvernement du Québec contrôle l\u2019émission et le nombre de permis depuis 1973, une « gestion de l\u2019offre » qui, en limitant la concurrence, permettait à ceux qui font du taxi d\u2019en vivre plus ou moins décemment.Rappelons aussi que la grande majorité des chauffeurs sont des immigrants, travaillant de 6 à 7 jours par semaine, de 12 à 18 heures par jour ; tout un bail, mais apprécié néanmoins par ceux qui ne trouvent pas (autre) chaussure à leur pied.Fut un temps, donc, où le gouvernement cherchait à protéger ces travailleurs de l\u2019ombre.Les temps ont bien changé.Le même jour où un chauffeur de taxi faisait une tentative de suicide devant les caméras de TVA, la mise en bourse de Lyft partait en trombe \u2014 l\u2019un et l\u2019autre événement agissant comme un énorme panneau réclame de notre époque, repu du désespoir des sans-statut, d\u2019une part, du triomphalisme des nouveaux seigneurs de la haute technologie, de l\u2019autre.Tout en disant vouloir « uniformiser » le système de transport automobile, c\u2019est précisément ce « deux poids, deux mesures » que le projet de loi no 17 vient alimenter.Du côté du taxi traditionnel, non seulement un permis n\u2019est plus nécessaire pour les propriétaires de véhicules, mais les chauffeurs eux-mêmes n\u2019ont plus besoin de permis de conduire 4C ni de plaque d\u2019immatriculation spéciale, ouvrant la porte à une concurrence sans limites.Prétendant vouloir éliminer les coûts et la paperasse aux gens du taxi, le gouvernement va même jusqu\u2019à éliminer « l\u2019inspection mécanique annuelle obligatoire ».Celle-ci serait exigée seulement si l\u2019âge de la voiture, le nombre de kilomètres ou une plainte de la part d\u2019usagers l\u2019exigent.Mais à quoi sert toute cette déréglementation sinon à dérouler un tapis rouge aux Uber et aux Lyft de ce monde tout en jetant en pâture les vieux routiers de l\u2019industrie du taxi ?Pourrait-on imaginer soumettre les producteurs de lait, protégés eux aussi par la gestion de l\u2019offre, à traitement aussi injuste ?Poser la question, c\u2019est y répondre.L\u2019aplaventrisme face à la Silicon Valley laisse finalement bouche bée.En plus de balayer la réglementation du revers de la main, le projet de loi no 17 entérine la « tarification dynamique » des applications mobiles, impliquant des fluctuations de prix parfois insensées.Uber et Lyft qui, malgré leur attrait sur papier, n\u2019ont pas encore réussi à rentabiliser leur entreprise, utilisent ce stratagème pour renflouer leurs coffres, mais sans en faire bénéficier leurs chauffeurs pour autant.Un trajet à l\u2019aéroport de San Francisco peut coûter par exemple jusqu\u2019à 145 $, alors que le chauffeur Lyft, lui, ne reçoit que 33 $.Et c\u2019est sans parler de la « culture toxique » (harcèlement sexuel, discrimination raciale\u2026) dont Uber, lui, s\u2019est rendu coupable.Tant qu\u2019à vouloir repenser l\u2019industrie du taxi, est-ce vraiment la voie à suivre ?Didier Delsart Professeur de philosophie au Cégep de L\u2019Assomption Nous autres, Européens, avons, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup rêvé et donc beaucoup dormi.Sans doute avions-nous besoin de rêve après une première moitié de siècle où, embrasant le monde, nous nous consumâmes nous-mêmes, comme jadis les Grecs lors de la guerre du Péloponnèse.Pour entretenir ce rêve, menacé de tourner au cauchemar soviétique, nous fîmes appel au marchand de sable américain, protecteur, bienveillant et soucieux de ses intérêts.Ceux qui dormaient du sommeil le plus profond lui reprochèrent ce dernier point, ignorant que, s\u2019il y avait un reproche à faire, celui-ci s\u2019adressait aux Européens, peu soucieux de leurs intérêts à long terme, contrairement aux Américains, bien éveillés.À la fin de la guerre froide, le réveil sonna très fort \u2014 avec le son d\u2019une chute, celle de l\u2019Empire soviétique.Mais nous rêvions très fort, et le rêve n\u2019est-il pas le gardien du sommeil ?Il n\u2019y avait désormais plus d\u2019obstacles, rêvions-nous, à l\u2019avancée de la démocratie dans le monde et à l\u2019avènement d\u2019une communauté internationale.Notre incapacité à régler la crise européenne yougoslave sans notre protecteur américain nous fit peut-être ouvrir un œil, qui se referma aussitôt.Ceux qui dormaient du sommeil le plus profond reprochèrent avec bonne conscience aux Américains de renforcer leur puissance militaire.Mais la bonne conscience pacifiste est une mauvaise stratégie pacifique.La réalité que dissimulent nos rêves, c\u2019est celle des rapports de force, c\u2019est- à-dire la réalité politique.L\u2019originalité et le mérite de Donald Trump, comme le dit Gérard Chaliand, sont de nous rappeler, avec brutalité, cette réalité.La réorientation de la stratégie américaine vers l\u2019Asie-Pacifique ne date certes pas du président actuel des États-Unis.Ce qui est nouveau, après leur éloignement de l\u2019Europe, c\u2019est une hostilité affichée.En disant « bonne nuit les petits », le marchand de sable (et d\u2019armes) américain insiste moins désormais sur « bonne nuit » que sur « les petits ».Ce n\u2019est pas diplomatiquement très correct, mais ce n\u2019est pas stratégiquement faux.Fièvre populiste Cette fois, nous ouvrons les yeux, mais nous sommes encore nus sous la couette.À notre réveil, comme le monde a changé ! Il est pris d\u2019une fièvre dite « populiste » que les Européens, dont les classes moyennes se sont appauvries, ne surmontent qu\u2019en partie.La Chine s\u2019est éveillée et une partie du monde tremble.Cette Chine « communiste », deuxième puissance mondiale, dispose désormais de moyens de contrôle sur sa population que George Orwell lui-même ne pouvait imaginer.Or, l\u2019influence de la Chine est considérable et devrait s\u2019étendre et s\u2019accroître.Entre elle et les États-Unis se joue, pour notre siècle, la première place sur le « grand échiquier », à savoir le continent eurasiatique.Les États-Unis, menés par un leader « populiste » radicalisant une tendance déjà présente avant lui, rejettent désormais multila- téralisme et internationalisme, méprisant ouvertement leur « allié » européen.Quel réveil ! Dans ce nouveau monde, l\u2019OTAN subsiste, plus étendue mais plus américaine que jamais, le seigneur protégeant désormais sans ménagement ses vassaux plus nombreux.Mais les protégeant contre quoi ?L\u2019ennemi de l\u2019OTAN, l\u2019URSS, n\u2019est plus ; la Russie est désormais une puissance régionale moyenne, qui ne peut plus menacer militairement l\u2019Europe.Sans doute la Russie menace-t-elle les Européens sous d\u2019autres formes que celle militaire, mais Trump les menace aussi, la plus grande arrogance n\u2019étant pas toujours du côté de Poutine.Dans un tel contexte, la danse de la pluie entamée par les extrêmes droites européennes pour que les nations « retrouvent leur souveraineté » est une manière de demander aux Européens de se retourner dans leur lit pour se rendormir.Que pèsera la « souveraineté de la France », qui a pourtant fourni quelques efforts militaires contrairement à la plupart des autres pays européens, face aux « deux grands » ?Certes, les Européens tiennent à leurs nations, qui doivent \u2014 comme le montre la montée des nationalismes \u2014 subsister et conserver la part de souveraineté qui vaut à leur échelle.Mais seule l\u2019Union européenne, première puissance économique du monde, peut rivaliser avec les deux grandes puissances d\u2019aujourd\u2019hui, prendre la troisième place et peser ainsi dans les affaires du monde.C\u2019est l\u2019Europe, continent de la philosophie et du droit, qui représente le mieux désormais les principes universels qui méritent d\u2019être défendus dans le monde : liberté, solidarité et multila- téralisme.Nous ne pourrons pas les défendre en continuant à rêver, c\u2019est-à- dire en restant faibles.Notre priorité est de définir un projet stratégique autonome et d\u2019engager les pays de l\u2019Union européenne à renouer avec la puissance militaire.Ce qui suppose que tous les citoyens européens cessent de parler de leurs « valeurs » et mettent en œuvre ce dont ils ont au- jourd\u2019hui le plus besoin : le courage ! Quand l\u2019Europe s\u2019éveillera-t-elle ?Louis Balthazar Politicologue Au cours des années 1960, les francophones québécois ont voulu se désigner comme Québécois plutôt que comme Canadiens français parce qu\u2019ils voulaient, plus ou moins explicitement, s\u2019en remettre à l\u2019État du Québec pour concevoir leur avenir.Cela ne pouvait pas ne pas signifier que leur conception de l\u2019appartenance collective et de leur vie sociale était liée au territoire québécois et à tous ceux qui y vivaient.Il fallait donc apprendre à vivre avec les anglophones et les immigrants.Sans doute fallait-il s\u2019imposer comme majorité, mais il fallait reconnaître les droits des minorités.Il fallait surtout apprendre à dialoguer avec des personnes qui nous paraissaient étrangères à notre société et les inclure dans notre conception du Québec moderne.Cela ne s\u2019est pas produit instantanément ni facilement.Trop de mauvais souvenirs d\u2019injustices, d\u2019oppressions et aussi trop de vieux préjugés nous amenaient à nous penser encore comme Canadiens français tout en nous disant Québécois, voire à faire l\u2019équation entre le Québec et sa majorité francophone.Mais nous avons fait peu à peu de grands progrès, nous sommes devenus assez confiants en nous-mêmes pour reconnaître les citoyens minoritaires comme des citoyens à part entière et partager avec eux notre vie commune et concevoir avec eux une nouvelle culture publique commune.La création d\u2019un ministère de l\u2019Immigration et l\u2019acquisition d\u2019un contrôle renforcé du choix et de l\u2019accueil des nouveaux venus ont contribué à cette évolution.De même que l\u2019adoption de deux grandes chartes nationales inclusives et complémentaires: la Charte des droits et libertés de 1975 et la Charte de la langue française de 1977.Nation inclusive Des ministres dynamiques comme Jacques Couture et Gérald Godin ont voulu faire de grands pas dans cette nouvelle conception d\u2019une nation québécoise inclusive.On se rappelle le beau slogan de Godin : « Autant de façons d\u2019être Québécois ».La vie culturelle de Montréal, entre autres, se transformait, notre culture collective s\u2019enrichissait sous l\u2019effet de la diversité des origines.Le boulevard Saint-Lau- rent, autrefois frontière entre les anglophones et les francophones, devenait un lieu de convergence et de vitalité culturelle par excellence.Sur le plan politique, même le mouvement indépendantiste se voulait inclusif.Le Parti québécois a eu un député anglophone, des candidats et des députés appartenant aux minorités visibles.Le Bloc québécois surtout a créé, sous la direction de Gilles Du- ceppe, une nouvelle culture politique d\u2019ouverture et de diversité.Le référendum de 1995 a été vécu dans cette atmosphère qui correspondait bien à l\u2019idéal qu\u2019entretenait Jacques Parizeau d\u2019un Québec souverain, même si ses malheureux propos du soir de la défaite ont eu l\u2019effet contraire.Le désenchantement de tous ces jeunes issus de l\u2019immigration qui s\u2019étaient joints à la campagne du Oui fut considérable.Malgré tout, l\u2019idée d\u2019un Québec divers et multiethnique faisait des progrès jusqu\u2019au tournant du siècle.Déjà, cependant, des intellectuels se sont mis à définir la nation en d\u2019autres termes.Tout en admettant que l\u2019État québécois doive être respectueux des minorités, ils accordaient un rôle particulier à la majorité francophone en raison de son enracinement historique.En d\u2019autres termes, la nation ne pouvait être que canadienne-française même si l\u2019État était pluraliste.La carte identitaire À la suite de sa cuisante défaite de 2007, le Parti québécois a adopté plus ou moins cette conception en jouant, à l\u2019instar de l\u2019ADQ, ce qu\u2019on a appelé la carte identitaire.Cela nous a valu la charte des valeurs de 2013, et par la suite une conception très étroite du « Nous » québécois.La Coalition avenir Québec représente la forme la plus pure de ce recul vers l\u2019appartenance canadienne-fran- çaise.Rarement a-t-on vu un gouvernement aussi peu représentatif des minorités.Le présent gouvernement est pratiquement absent de la métropole et d\u2019autres centres urbains du Québec.Il s\u2019en remet exclusivement à la majorité francophone pour faire des lois qui déplaisent aux minorités.Aucun véritable dialogue avec ces minorités.On oublie qu\u2019une démocratie libérale ne repose pas que sur la loi de la majorité, mais aussi sur les droits des minorités.Il faut relire des ouvrages comme Rhapsodie québécoise.Itinéraire d\u2019un enfant de la loi 101 (Akos Verboczy, Boréal, 2016) ou La grande déception de François Boucher (Somme toute, 2018) pour constater les ravages de cette politique identitaires auprès des jeunes immigrants de bonne volonté, en voie d\u2019intégration à une nation québécoise dynamique et ouverte.Il faut ajouter le livre de Rosa Pires, Ne sommes- nous pas Québécoises?(Remue-ménage, 2019), dont Caroline Montpetit faisait état dans le cahier Lire du Devoir le samedi 25 mai: «Nostalgie d\u2019un nationalisme identitaire».Nous assistons à l\u2019échec d\u2019une nation québécoise.Nous sommes redevenus des Canadiens français.Cela augure très mal évidemment pour un État québécois souverain.Mais tout autant pour le vivre-ensemble québécois dans une fédération canadienne.L\u2019échec d\u2019une nation québécoise L\u2019auteur de ces lignes estime que la province a rarement vu un gouvernement aussi peu représentatif des minorités que celui de la Coalition avenir Québec.RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE FRANCINE PELLETIER D Mais à quoi sert toute cette déréglementation sinon à dérouler un tapis rouge aux Uber et aux Lyft de ce monde tout en jetant en pâture les vieux routiers de l\u2019industrie du taxi ? LEDEVOIR // LE MERCREDI 29 MAI 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR AGRICULTURE Des agronomes payés par l\u2019industrie prescrivent davantage d\u2019herbicide Le ministère de l\u2019Environnement a rappelé à l\u2019ordre 15 scientifiques, révèle un sous-ministre aux consultations sur l\u2019impact des pesticides sur la santé publique et l\u2019environnement 3690 tonnes Ce sont les ventes de pesticides en 2017 au Québec 3860 tonnes C\u2019est la moyenne des ventes de pesticides pour la décennie 2007-2017 44?% C\u2019est la part du glyphosate dans les ventes de pesticides au Québec en 2017 78 % C\u2019est la part des productions de foins, de soya et de maïs-grain dans les cultures au Québec.Elles utilisent des quantités importantes de pesticides.vent, en effet, proposer aux agriculteurs des solutions de remplacement à l\u2019atrazine.« L\u2019application ne devrait être recommandée que lorsque c\u2019est absolument nécessaire de manière à en réduire autant que possible son utilisation », a expliqué M.Croteau.D\u2019où l\u2019importance de la formation, a-t-il ajouté.Les justifications agronomiques qui accompagnent les prescriptions sont obligatoires depuis mars 2018 pour cet herbicide.Un comité de suivi a été créé par le ministère avec l\u2019Ordre des agronomes du Québec pour les compiler et ainsi documenter l\u2019indépendance professionnelle de ces spécialistes de l\u2019agriculture.Le rôle d\u2019Ottawa Les députés qui siègent à la Commission de l\u2019agriculture, des pêcheries, de l\u2019énergie et des ressources naturelles ont également entendu des fonctionnaires du MAPAQ et de l\u2019Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), un organisme fédéral responsable de l\u2019homologation des pesticides qui relève de Santé Canada.uinze agronomes québécois ayant des liens avec l\u2019industrie ont signé en 2018 près de la moitié des 1500 prescriptions d\u2019un puissant herbicide jugé le plus à risque.Une situation préoccupante, selon le ministère de l\u2019Environnement du Québec.L\u2019atrazine est surtout utilisée dans la culture du maïs pour détruire les mauvaises herbes et présente « un potentiel important de contamination des eaux souterraines et de surface », peut-on lire sur le site de l\u2019Institut national de santé publique du Québec.Sur les 435 agronomes qui œuvrent en phytoprotection sur le territoire, 127 ont justifié le recours à l\u2019atrazine dont le petit groupe de quinze à l\u2019origine de près de 50 % des autorisations remises aux agriculteurs.« Selon l\u2019Ordre des agronomes, ces quinze-là ont un lien avec un distributeur, un vendeur ou un fabricant », a révélé le sous-ministre à l\u2019Environnement, Marc Croteau, en commission parlementaire mardi.Il témoignait au premier jour des consultations sur l\u2019impact des pesticides sur la santé publique et l\u2019environnement lancées dans la foulée du congédiement de Louis Robert.Cet agronome au bureau de Saint- Hyacinthe du ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation (MAPAQ ) avait dénoncé ce qu\u2019il considérait comme de l\u2019ingérence des compagnies du secteur privé dans la recherche publique sur l\u2019usage des pesticides.Le ministère de l\u2019Environnement a rappelé ces quinze agronomes à l\u2019ordre et effectuera une vérification de leur pratique.Il a également constaté que certains des documents produits par ces agronomes ne répondaient pas aux exigences du gouvernement.Ils doi- Des députés du Parti libéral (PLQ) et du Parti québécois (PQ) se sont questionnés sur les pratiques de cette agence.En mêlée de presse, la porte-parole du PLQ en matière d\u2019agriculture, Marie Montpetit, a rappelé que l\u2019ARLA avait été « beaucoup critiquée » parce qu\u2019elle fondait ses homologations sur l\u2019industrie plutôt que sur la recherche indépendante.« Il y a des pesticides qui ont été interdits ou restreints en Europe et qui sont toujours permis au Canada.C\u2019est l\u2019occasion de demander à l\u2019Agence les raisons pour lesquelles elle a des analyses différentes.» Pour sa part, le député péquiste Sylvain Roy exige que l\u2019homologation des produits par l\u2019ARLA se fasse en toute transparence.« L\u2019organisme fédéral donnerait le soin à l\u2019industrie de fournir des études scientifiques pour homologuer les produits sans contre-vérification par des chercheurs indépendants.C\u2019est extrêmement inquiétant.» Qui plus est, a déploré le député sou- verainiste, le Québec se fie sur le fédéral en cette matière, donc c\u2019est un enjeu de compétence Québec-Ottawa.Le directeur de la gestion des réévaluations de l\u2019ARLA, Frédéric Bissonnette, a confirmé que si une étude n\u2019était pas disponible dans la littérature scientifique, l\u2019organisme prenait l\u2019étude de l\u2019industrie.Il a précisé que l\u2019ARLA n\u2019avait pas un mandat de recherche, mais que ces fonctionnaires vérifiaient plutôt les études effectuées par l\u2019industrie à partir des données brutes.Les membres de la commission doivent réaliser des visites d\u2019entreprises agricoles et de fermes au cours de l\u2019été.La liste n\u2019est pas encore connue.Chargée de projets, pesticides et produits toxiques, chez Équiterre, Nadine Bachand souhaite que la commission parlementaire mène à une « réflexion en profondeur » sur la grande utilisation des pesticides dans le secteur agricole au Québec.Elle estime d\u2019ailleurs que cet exercice devra impérativement se pencher sur la question de « l\u2019indépendance de la recherche sur les pesticides », mise à mal au cours des derniers mois en raison des révélations de Louis Robert sur le Centre de recherche sur les grains (CEROM), mais aussi sur celle des agronomes.La tenue de cette commission découle en effet en bonne partie des révélations concernant l\u2019ingérence du secteur privé dans la recherche sur les pesticides, financée majoritairement au CEROM par des fonds publics.Mme Bachand déplore par ailleurs que plus de 10 ans après la commission sur l\u2019avenir de l\u2019agriculture et de l\u2019agroali- mentaire québécois (commission Pronovost), peu des propositions de réforme du modèle agricole québécois aient été mises en œuvre.Elle croit que la province est aujourd\u2019hui « mûre » pour un virage qui ferait davantage de place à la production biologique.Avec Alexandre Shields et La Presse canadienne Q 50 % C\u2019est la proportion des ventes d\u2019atrazine autorisée par un petit groupe de 15 agronomes.Quelque 435 agronomes œuvrent en phytoprotection sur le territoire québécois.DAVE MARTIN ASSOCIATED PRESS "]
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