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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-06-03, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 122 / LE LUNDI 3 JUIN 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM CANADA Moins seules pour avorter SYLVIE ST-JACQUES LE DEVOIR O n connaît les « doulas » à l\u2019accouchement, celles qui procurent un soutien émotionnel au moment de la naissance.Mais depuis quelques années, le métier de doula à l\u2019avortement sort de la confidentialité.« Ici, au Canada, les doulas travaillent dans le respect des ordres professionnels.Aucune d\u2019entre nous n\u2019offre des services d\u2019interruption de grossesse comme tels ; nous croyons en l\u2019efficacité du système de santé public.L\u2019idée est d\u2019apporter un complément aux soins », explique Mélina Castonguay, une sage-femme à la naissance de Rimouski, qui œuvre aussi comme doula-accompagnante à l\u2019avortement.Les doulas à l\u2019avortement, décrit Mélina Caston- guay, ont aussi comme rôle de communiquer aux femmes tous les choix qui s\u2019offrent à elles, pour l\u2019interruption de grossesse.« Nous offrons un soutien d\u2019information et un soutien émotionnel.Plusieurs femmes souhaitent avoir une présence, durant l\u2019intervention médicale en clinique.Nous sommes là pour tenir la main, pour entendre l\u2019histoire d\u2019une personne.» Offrir une information éclairée sur la sédation et la douleur, guider les femmes qui hésitent entre l\u2019option pharmacologique ou en clinique, assurer une présence (optionnelle) avant, pendant et après l\u2019intervention, parfois épauler les patientes qui doivent supporter les insultes de manifestants anti-choix à l\u2019entrée d\u2019une clinique\u2026 Les doulas à l\u2019avortement travaillent à offrir un contexte sécuritaire et bienveillant.Même si, au Québec, l\u2019interruption volontaire de grossesse est gratuite et accessible en tout temps, certains tabous autour de cette intervention perdurent, souligne Mélina Castonguay.« Plusieurs femmes ne savent pas INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 ACTUALITÉS Tian\u2019anmen : l\u2019image qui saisit toujours, 30 ans plus tard A 8 URBANISME Plus de 4000 interruptions depuis 4 ans dans le métro de Montréal | B 5 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.Le Gala Québec Cinéma de dimanche a été fertile en malaises en dépit d'un cru 2019 particulièrement riche, qui a notamment consacré Sandrine Bisson (notre photo), gagnante de l\u2019Iris de la Meilleure interprétation féminine dans un rôle de soutien pour 1991.Le film de Ricardo Trogi a aussi reçu les prix du Meilleur long métrage et de la Meilleure réalisation.Le compte rendu de la soirée est publié sur nos plateformes numériques.VOIR PAGE B 8 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gala Québec Cinéma ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR GAZ Les GES oubliés d\u2019Énergie Saguenay Le projet de GNL Québec ne serait pas «le plus vert au monde» Malgré ce qu\u2019affirme GNL Québec, le projet Énergie Saguenay ne serait pas « le plus vert au monde ».Un avis d\u2019experts du ministère de l\u2019Environnement du Québec démontre plutôt que l\u2019exploitation de cette usine serait aussi polluante que les projets similaires ailleurs dans le monde.Dans une lettre publiée ce lundi dans Le Devoir, plus de 160 scientifiques demandent d\u2019ailleurs le rejet du projet, qu\u2019ils jugent « incompatible » avec la lutte contre les changements climatiques.Plusieurs ministères du Québec ont analysé l\u2019étude d\u2019impact produite par le promoteur du complexe de liquéfaction et d\u2019exportation de gaz albertain, afin de juger de sa « recevabilité ».C\u2019est le cas de la Direction de l\u2019expertise climatique (DEC) du ministère de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC).Dans les « commentaires » qui accompagnent l\u2019« avis d\u2019expert » produit par la DEC, les experts du MELCC soulignent que l\u2019ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) « en amont » de l\u2019usine totalisent 7,1 millions de tonnes par année.C\u2019est quatre fois le total des émissions de la cimenterie McInnis de Port-Daniel.Dans son étude d\u2019impact et dans la promotion de son projet gazier, GNL Québec affirme cependant que son complexe de liquéfaction serait « le plus vert au monde », essentiellement parce que l\u2019usine fonctionnera à l\u2019hydroélectricité.« Toutefois, quand toutes les étapes de la chaîne de production de GNL sont considérées, cet avantage est grandement réduit et les émissions totales de GES du projet sont plutôt dans la moyenne d\u2019autres projets similaires au monde », répondent les experts du gouvernement du Québec, exemples à l\u2019appui.Ils réfutent ainsi un argument en faveur du projet mis en avant par le promoteur et repris par plusieurs médias au cours des derniers mois.« Cette performance moyenne du projet en termes d\u2019intensités totales d\u2019émissions 7,1 C\u2019est ce que représente, en millions de tonnes par année, l\u2019ensemble des émissions de GES «en amont», avant que le gaz ne soit liquéfié au Saguenay, selon des experts.VOIR PAGE A 2 : GAZ VOIR PAGE A 4 : AVORTEMENT MONDE Le Devoir en Norvège : un pays toujours attaché à son pétrole | B 1 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 3 JUIN 2019 De gauche à droite : Mme Monique Simard, vice-présidente au développement des affaires chez La Personnelle, Mme Diane Lamarre, pharmacienne, récipiendaire du Prix du CIQ 2019, ainsi que Mme Gyslaine Desrosiers, présidente du CIQ.Remise du Prix du CIQ 2019 À l\u2019occasion du souper suivant son assemblée générale annuelle (AGA) le 16 mai dernier, le Conseil interprofessionnel du Québec remettait à Mme Diane Lamarre le Prix du CIQ 2019.Elle devient ainsi la 30e récipiendaire de cette prestigieuse reconnaissance qui souligne l\u2019apport exceptionnel d\u2019une personne au système professionnel québécois.La Personnelle agit à titre de commanditaire du CIQ pour la production de la médaille qui symbolise le Prix ainsi que pour l\u2019événement entourant sa remise.Dans le cadre de l\u2019AGA du CIQ, des élections pour le comité exécutif 2019-2020 ont également eu lieu.Ce comité est composé de : Mme Gyslaine Desrosiers, in?rmière, présidente; Mme Danielle Boué, technologue en imagerie médicale, réélue vice-présidente; M.Alain Bernier, technologue professionnel, réélu trésorier; M.Denis Leclerc, psychoéducateur, secrétaire; M.François Bibeau, notaire; M.Jean-François Henry, chiropraticien, réélu; M.Denis Pelletier, physiothérapeute.Le Conseil interprofessionnel du Québec est le regroupement des 46 ordres professionnels qui comptent collectivement près de 400 000 membres exerçant 55 professions réglementées.L\u2019Alberta intégrée à l\u2019«analyse du cycle de vie» GAZ SUITE DE LA PAGE A 1 de GES serait due au fait que les émissions de production du gaz naturel canadien (majoritairement non conventionnel) sont plus élevées que d\u2019autres sources du gaz naturel », explique la Direction de l\u2019expertise climatique.Le gaz qui serait liquéfié au Saguenay serait extrait du sous-sol de l\u2019Alberta et exploité majoritairement en ayant recours à la fracturation.Selon les données provenant de l\u2019« analyse du cycle de vie » du projet réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), à la demande de GNL Québec, l\u2019exploration, l\u2019extraction et le traitement du gaz naturel produira plus de six millions de tonnes de GES par année.À cela s\u2019ajoutent un million de tonnes pour le transport du gaz jusqu\u2019au Québec.GES absents C\u2019est donc la production et le transport du gaz albertain qui alourdiront le bilan de gaz à effet de serre d\u2019Énergie Sague- nay.Pourtant, ni Québec ni Ottawa n\u2019en tiendront compte dans leur décision d\u2019autorisation du plus imposant projet industriel privé de l\u2019histoire de la province.Les experts de la DEC remettent par ailleurs en question les données sur les émissions fugitives.Ils demandent au promoteur de « justifier le choix du 0,31 % pour ce qui est du pourcentage d\u2019émissions fugitives de la phase d\u2019extraction du gaz naturel ».Les experts soulignent que l\u2019Agence de protection de l\u2019environnement des États-Unis recommande de prévoir un taux de fuites de 1,4 %, soit un taux quatre fois et demie plus élevé que celui utilisé pour l\u2019étude de GNL Québec.En réponse à l\u2019avis produit par les experts du gouvernement sur l\u2019enjeu des émissions de GES, GNL Québec répond : « Nous avons justement, afin de documenter scientifiquement cette question, mandaté volontairement le CIRAIG pour réaliser une analyse du cycle de vie du projet en amont et en aval du projet Énergie Saguenay.C\u2019est une première qui va apporter un éclairage rigoureux à notre approche et nous sommes confiants [au sujet] des résultats.» Au cabinet du ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, on dit que « le ministre préfère ne pas commenter les enjeux spécifiques afin de s\u2019assurer de la transparence de l\u2019ensemble du processus d\u2019évaluation et de consultations publiques ».Au cabinet du ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, on indique que « l\u2019évaluation environnementale du projet suit son cours.C\u2019est dans ce cadre que l\u2019impact environnemental du projet sera analysé.Cette dernière est effectuée par le ministère de l\u2019Environnement ».À la mi-mai, M.Julien et M.Charette se sont tous deux portés à la défense du projet Énergie Saguenay.Jonatan Julien a qualifié le complexe industriel de « bon projet », en ajoutant que le gaz naturel « fait partie de la transition énergétique ».Opposition scientifique Dans une lettre transmise au Devoir et publiée dans cette édition en page A6, plus de 160 scientifiques québécois affirment au contraire que « le projet de GNL Québec doit être rejeté », en raison de ses impacts climatiques, mais aussi des risques qu\u2019il représenterait pour la protection de la biodiversité.Selon ce qu\u2019ils écrivent, ce projet « est incompatible avec la transition énergétique », puisqu\u2019il favorisera le développement de l\u2019industrie gazière, alors que pour respecter les objectifs de réduction des émissions de GES à l\u2019échelle mondiale, « il est essentiel de réduire le nombre d\u2019infrastructures liées aux combustibles fossiles et non d\u2019en construire davantage ».Enfin, ils estiment que le projet gazier, qui va de pair avec un accroissement du trafic maritime sur le Sague- nay et dans le Saint-Laurent, représente « une menace sérieuse » pour la biodiversité.Dans un « avis » produit en réponse à l\u2019étude d\u2019impact du promoteur, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs prévient d\u2019ailleurs que cette navigation imputable à GNL Québec « ajoutera un effet cumulatif non négligeable » pour le béluga.UGO GIGUÈRE LA PRESSE CANADIENNE La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a prononcé dimanche un discours émotif au congrès de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), à Québec, appelant « tout le monde sur le pont » pour s\u2019attaquer sérieusement à l\u2019urgence climatique.« On doit travailler ensemble, on doit faire face à la menace contre notre avenir et on doit faire ça ensemble.Ce n\u2019est pas un moment pour diviser la population du Canada, c\u2019est le moment d\u2019avoir tout le monde sur le pont ! » a-t-elle déclaré dans une rare portion en français de son allocution.Insistant sur l\u2019état d\u2019urgence auquel la planète fait face, la chef des Verts a souligné que l\u2019enjeu du climat est « une menace à la sécurité, pas seulement un problème environnemental ».Elle a également offert un plaidoyer May appelle à l\u2019union face l\u2019urgence climatique Le gaz qui serait liquéfié au Saguenay serait extrait en Alberta.ISTOCK en faveur de la science, soutenant que la toute première chose à faire pour un nouvel élu serait de s\u2019informer pour comprendre ce que disent les scientifiques au sujet de l\u2019urgence climatique.« L\u2019atmosphère ne négocie pas avec l\u2019humanité.On ne peut pas argumenter avec la physique.On se retrouve dans la situation actuelle parce que pendant des décennies, nous avons ignoré les avertissements des scientifiques », a-t-elle rappelé.La politicienne estime que les décideurs ont tellement peur de passer à l\u2019action pour sauver l\u2019humanité qu\u2019on est prêt à laisser aller et à se condamner.« Je ne vais pas abandonner mes enfants et je sais que vous ne le ferez pas non plus », a-t-elle lancé.Au terme du discours de sa chef, le Parti vert a annoncé par communiqué qu\u2019il appuyait la Déclaration d\u2019urgence climatique de l\u2019organisation indépendante GroupMobilisation.C\u2019est le moment d\u2019avoir tout le monde sur le pont ELIZABETH MAY » LA PRESSE CANADIENNE Une tornade a frappé dimanche la région d\u2019Ottawa-Gatineau, arrachant sur son passage des arbres et endommageant des maisons.Plusieurs rues du secteur ont été fermées à la circulation en raison des débris recouvrant la chaussée.Une première alerte avait été lancée à 18 h 01 pour des secteurs de l\u2019ouest du Québec et de l\u2019est de l\u2019Ontario.On a pu voir l\u2019alerte sur les réseaux sociaux et les écrans de télévision.La tornade avait été observée plus tôt près de l\u2019aéroport de Gatineau.Alexandre Parent, météorologue pour Environnement Canada, a expliqué qu\u2019une tornade avait été formée à proximité d\u2019Orléans.Les conclusions préliminaires de l\u2019organisation fédérale établissent qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une tornade de force EF1, sur l\u2019échelle de Fujita améliorée, soit avec des vents variant entre 135 et 175 km/h.Des témoins l\u2019ont aussi observée près de Rockland, en Ontario.Elle se dirigeait vers l\u2019est à la vitesse de 40 km/h en suivant la rivière des Outaouais.Plusieurs photos de l\u2019entonnoir et des dégâts ont été diffusées sur les réseaux sociaux.Selon l\u2019agence, « la tornade soulève des débris et cause des dommages ».Elle recommandait à la population des environs de se mettre à l\u2019abri « immédiatement ».Environnement Canada a levé l\u2019alerte à 20 h 37 pour les secteurs de la rivière du Lièvre et de Papineauville-Chéné- ville, en Outaouais, ainsi que pour le secteur de Lachute.À 20 h 40, les météorologues d\u2019Environnement Canada ont indiqué qu\u2019ils surveillaient un orage violent pouvant produire des rafales très fortes, de la grêle pouvant atteindre la taille d\u2019une pièce de cinq cents et de la pluie forte pour le secteur de Sainte-Adèle\u2013Saint- Sauveur, dans les Laurentides.« Attention ! Ces orages pourraient produire une tornade », pouvait-on lire sur le site de l\u2019agence fédérale au moment d\u2019écrire ces lignes.Avec Le Devoir CLIMAT La région d\u2019Ottawa- Gatineau frappée par une tornade Environnement Canada a établi qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une tornade de force EF1 ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 3 JUIN 2019 Le placard A u fond de la Beauce, près de la forêt du Maine, on trouve le village de Saint-Gé- déon.C\u2019est là que, dans une maison de planches, par un jour d\u2019hiver de 1895, est née Ludivine Lachance.L\u2019existence des La- chance, peut-on lire dans sa biographie, ressemblait à celle des habitants de certaines régions perdues des États-Unis, notamment dans les montagnes du Kentucky.« Là vivent des Américains de vieille souche, se mariant seulement entre eux, murés depuis des générations dans leurs étroites vallées, loin de toute civilisation, privés d\u2019écoles, ayant pour gîtes de misérables cabanes et pour tout patrimoine quelques arpents de terre peu propre à la culture.» Une méningite, alors qu\u2019elle n\u2019a pas trois ans, fait perdre à Ludivine la vue et l\u2019ouïe.Incapable d\u2019entendre l\u2019écho de sa propre voix, elle devient complètement muette.Laissée à ses infirmités, faute de moyens, la petite représente bientôt un danger pour elle-même et une nuisance pour ceux qui l\u2019entourent.Trop occupée à tirer de la terre de quoi vivre, sa famille ne peut s\u2019occuper de la petite.On jugea bon, très vite, de l\u2019enfermer dans un placard de la cuisine.Durant toutes les années où elle survécut dans ce réduit, on lui jeta sa pitance, dans l\u2019intervalle de l\u2019une ou l\u2019autre de ses colères gutturales.À cause de ce régime d\u2019exclusion, le tonus de ses muscles finit par s\u2019atrophier.Elle eut bientôt du mal à se tenir debout, à marcher, à s\u2019asseoir.À 16 ans, à force de subir ces contraintes, son corps était en loque.Quelle mauvaise blague que de s\u2019appeler Lachance quand on se retrouve dans pareille condition.L\u2019enfant finira, in extremis, par être soustraite à sa famille pour se voir emmener à Montréal, dans une institution spécialisée.Là, les sœurs de la Providence font face à une jeune fille qui crie, griffe, hurle.On la décrit comme un petit animal.Mais en quelques mois seulement, elle finit par apprendre à communiquer, à réfléchir, à considérer des abstractions, peu de temps avant de mourir, emportée en 1918 non plus par les conséquences de l\u2019ignorance, mais par cette autre faucheuse des milieux pauvres qu\u2019était alors la tuberculose.Un siècle plus tard, on trouve à Montréal, contre toute attente, des enfants autistes confinés à leur tour à un placard, en raison d\u2019un manque de locaux dans les écoles censées les aider.Comment en est-on revenus là ?Année après année, la situation s\u2019est dégradée, explique la direction d\u2019une de ces écoles spécialisées.De la valse d\u2019une fausse solution à une autre, l\u2019école publique s\u2019est appauvrie, sans qu\u2019on remette en question le sérieux des discours de politiciens sur la promotion sociale promise par la fréquentation de l\u2019école publique, alors que le propre milieu des enfants des gens favorisés, celui d\u2019ordinaire de l\u2019école privée, démontre le contraire.Faute d\u2019espace, plusieurs écoles publiques ont fait disparaître les classes de musique et d\u2019arts plastiques.Des bureaux d\u2019enseignants sont relégués à leur tour dans d\u2019étroits cagibis, toujours chargés néanmoins de stimuler les enfants par leur enseignement.Malgré les évidences de ce qu\u2019induit pareille pauvreté sur la société, il se trouve toujours des gueulards \u2014 souvent d\u2019ailleurs les purs produits de l\u2019esprit qui prévaut à ce trop peu d\u2019éducation \u2014 pour affirmer que les professeurs se plaignent pour rien et que tout, malgré tout, va plutôt bien.On en est arrivés, dans l\u2019horizon de la courte vue, à concevoir que les écoles n\u2019étaient vouées qu\u2019à dresser la future main-d\u2019œuvre à ne pas vouloir aller plus loin que le bout d\u2019une laisse.Si bien qu\u2019on rencontre souvent un refus obstiné des investissements nécessaires à l\u2019éducation de la part de ceux qui constituent précisément le cœur du groupe qui devrait se mobiliser et agir pour conduire à réformer leur propre condition.Dans cette logique, le premier ministre Couillard, en confondant sans cesse excellence et performance, fut un des pires modèles, lui qui affirmait, à l\u2019occasion d\u2019un débat télévisé, qu\u2019on devait veiller à apprendre l\u2019anglais au cas où, à l\u2019usine, un patron étranger viendrait nous interroger ! En toute logique, devant les conséquences de ces vues étroites qui limitent la définition de l\u2019Être à son Avoir, le même homme savait se faire rassurant.Après tout, disait l\u2019ancien premier ministre, il est possible de parvenir à se nourrir avec une épicerie de seulement 75 $ par semaine\u2026 Or il ne suffit pas de proposer de changer pareilles mentalités de colonisés pour que la situation qui prédispose de longue date à l\u2019oppression en matière d\u2019éducation soit durablement changée.Le placard dans lequel croupit ce système, il faudrait voir à le défoncer au-delà du cadre du ministère de l\u2019Éducation.Je m\u2019explique, faute d\u2019espace ici, à l\u2019aide d\u2019un exemple.En France, comme chaque année, la radio publique se voue, en cette fin de printemps, à aider les étudiants à préparer leurs examens par une programmation reconfigurée au nom d\u2019une volonté de faire progresser l\u2019éducation nationale.Certes, cette initiative ne suffit pas en elle-même à réduire les inégalités en matière d\u2019accès à l\u2019éducation.Mais au moins permet-elle aux auditeurs, jeunes et vieux, de communier ensemble à l\u2019importance de l\u2019éducation.Il y a bien quelque chose d\u2019enthousiasmant à voir ainsi les ondes publiques se trouver mobilisées au nom de l\u2019éducation de toute une population.Après tout, des conseils sur l\u2019art d\u2019étudier ceci ou cela, du type de ceux que prodiguent de trop rares Normand Baillargeon, ne seraient-ils pas plus utiles chez nous qu\u2019une multiplication d\u2019émissions de marmitons ?Il n\u2019est question, sans arrêt, que des seuls bienfaits de la maternelle pour les enfants de quatre ans.Pourquoi ai-je l\u2019impression que, depuis trop longtemps, l\u2019éducation chez nous reste confinée à pareil placard de la pensée ?FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR La deuxième phase de la légalisation du cannabis récréatif \u2014 qui prévoit notamment les produits comestibles, les boissons et les crèmes \u2014 pourrait donner lieu à un marché de 2,7 milliards de dollars à l\u2019échelle pancanadienne, soit moins que la catégorie des produits combustibles.Cette projection est l\u2019un des éléments centraux du troisième rapport annuel produit par la firme-conseil Deloitte au sujet de l\u2019industrie, qui pourrait en principe déployer ces nouveaux produits le 17 octobre 2019, un an jour pour jour après la première vague de légalisation.« Les consommateurs de produits combustibles sont très différents de ceux qui s\u2019orienteront vers le comestible», a dit en entrevue Jennifer Lee, leader nationale du secteur du cannabis chez Deloitte.« Ce sont des gens qui cherchent une façon plus subtile de consommer du cannabis.Ils veulent des produits qu\u2019on n\u2019a pas besoin de fumer.» L\u2019intention du gouvernement fédéral, au début du processus de législation, consistait à prévoir une phase « comestible » un an après la première étape de légalisation.Le site Internet de Santé Canada indique que « la production et la vente légales du cannabis comestible, des extraits de cannabis et du cannabis pour usage topique seront autorisées au plus tard le 17 octobre 2019 ».Ottawa a proposé des règles cet hiver et a tenu une consultation de deux mois.Ainsi, le gouvernement a suggéré dans son projet de règlement que les boissons alcoolisées infusées au cannabis soient interdites.Sondage Pour effectuer les projections, Deloitte a mené un sondage auquel ont répondu 2000 personnes partout au Canada de manière à cibler le profil des acheteurs intéressés de même que ce qu\u2019ils souhaiteraient.Selon le rapport, les consommateurs potentiels auraient une préférence pour les biscuits (50 % des répondants seraient susceptibles d\u2019en acheter), les brownies (49 %), les jujubes et le chocolat (48 %).Plus bas dans le classement figurent les caramels (32 %), les fruits séchés, les noix et le granola (25 %), et le miel, le sucre et les édulcorants (21 %).La partie « comestible » représenterait environ 1,6 milliard du marché total de 2,7 milliards, selon Deloitte.À eux seuls, les boissons infusées se situeraient à 529 millions, suivies des crèmes (174 millions), des concentrés (140 millions), des teintures (116 millions) et des capsules (114 millions).L\u2019an dernier, Deloitte avait estimé qu\u2019après la première vague de légalisation, la consommation totale de cannabis mènerait à un marché de 7 milliards au Canada, dont environ 4,3 milliards sur le marché récréatif légal.« La taille du marché qui a été légalisé l\u2019an dernier n\u2019a pas crû aussi vite qu\u2019on le croyait, mais ce n\u2019était pas à cause de la demande des consommateurs.C\u2019était à cause du commerce de détail et de la réglementation », a dit Mme Lee.La réglementation a besoin de s\u2019établir de manière appropriée et «ça va être la même chose avec les produits comestibles en octobre », a-t-elle dit.Les produits dérivés du cannabis nourrissent des attentes La firme-conseil Deloitte prévoit que la seconde phase de la légalisation créera un marché de 2,7 milliards Le Québec compte un peu plus de 40 000 préposés aux bénéficiaires, surtout des femmes.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Malgré les sommes qu\u2019a prévues le gouvernement Legault pour bonifier les services du personnel soignant dans les hôpitaux et les centres de soins de longue durée, il faudra aller plus loin, car 74 % des préposés aux bénéficiaires vivent un niveau de détresse psychologique « élevé », affirme le milieu syndical.Selon un sondage de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS- CSN) auprès de 8500 préposés, il faudra multiplier les embauches et revaloriser le travail rapidement pour que le réseau de la santé évite de se trouver en « situation de rupture de service ».Outre le niveau de détresse élevé affectant 74 % des gens, nettement plus que le niveau de 18 % observé ailleurs sur le marché du travail, le sondage indique notamment que : \u2022 90 % des répondants disent être sans cesse pressés par le temps en raison de la charge de travail \u2022 16 % des gens disent qu\u2019ils réussissent chaque semaine à donner le minimum d\u2019un bain aux résidents dont ils s\u2019occupent \u2022 40 % ont fait des heures supplémentaires obligatoires, et 30 % ont été soumis à des menaces de sanctions si les heures supplémentaires obligatoires étaient refusées \u2022 70 % doivent « faire des compromis sur la qualité du travail » Les résultats du sondage ont été publiés dans le cadre d\u2019un forum de réflexion auquel participaient une centaine de préposés aux bénéficiaires.La situation décrite par l\u2019enquête est « incontestable », a dit le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley.« Défaire les résultats de ce portrait-là, ça va être très difficile.» De nombreuses participantes ont dit que l\u2019enquête ne fait que traduire ce qu\u2019elles vivent au jour le jour.« Le sondage ne me surprend pas », a dit Annie, préposée aux bénéficiaires à l\u2019urgence de l\u2019hôpital Charles-Lemoyne.« On voit ça au quotidien, jour, soir et nuit.» Depuis qu\u2019elle a commencé il y a 16 ans, «[elle a] vu une détérioration du système de santé, [s]es conditions de travail ont diminué et la surcharge de travail est énorme ».Le nombre de patients par préposé a beaucoup augmenté également.Le Québec compte un peu plus de 40 000 préposés aux bénéficiaires, majoritairement des femmes.Message au gouvernement « On vient lancer un cri du cœur auprès du gouvernement, auprès de la ministre [de la Santé], Danielle McCann, pour qu\u2019ils prennent des mesures urgentes pour corriger les problèmes que vivent les préposés aux bénéficiaires, pour éviter qu\u2019on finisse par se retrouver dans une situation de rupture de service avec les patients dans les hôpitaux et les résidents dans les CHSLD », a dit Jean Lacharité, vice-président à la CSN.Les directions d\u2019établissement ont aussi un rôle à jouer, a-t-il précisé.Québec a récemment engagé de nouvelles sommes pour renforcer le réseau, mais « ce n\u2019est pas suffisant », a dit M.Lacharité, qui impute l\u2019essentiel des problèmes aux compressions du gouvernement Couillard et aux réformes de l\u2019ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette.Le budget présenté en mars par le gouvernement Legault a promis 215 millions par année, dès 2019-2020, pour l\u2019ajout de personnel soignant.De cette somme, 200 millions permettront d\u2019«améliorer les services» et 15 millions iront à la formation de nouveaux préposés.Le cabinet de la ministre n\u2019a pas souhaité commenter directement le sondage, mais il « entend les défis auxquels font face les préposés aux bénéficiaires », selon un attaché de presse en mentionnant les montants réinvestis dans le réseau.M.Lacharité doit rencontrer la ministre McCann prochainement, et le sondage fera partie des sujets abordés.SANTÉ Les préposés aux bénéficiaires au bout du rouleau Les résultats d\u2019un sondage montrent qu\u2019il faut réinvestir encore plus, selon la CSN JEAN- FRANÇOIS NADEAU Un siècle plus tard, on trouve à Montréal, contre toute attente, des enfants autistes confinés à leur tour à un placard, en raison d\u2019un manque de locaux dans les écoles censées les aider.Comment en est-on revenus là ?Le sondage ne me surprend pas.[.] On voit ça au quotidien, jour, soir et nuit.ANNIE, PRÉPOSÉE AUX BÉNÉFICIAIRES » 1,6 milliard C\u2019est la valeur, en dollars, du marché des produits comestibles au cannabis, selon Deloitte. LEDEVOIR // LE LUNDI 3 JUIN 2019 ACTUALITÉS A 4 Démystifier l\u2019accès à l\u2019avortement AVORTEMENT SUITE DE LA PAGE A 1 qu\u2019elles ont des droits », dit celle qui milite pour le droit des patientes à être accompagnées dans la salle d\u2019avortement.« Pour moi, il y a un parallèle à faire entre les conjoints et les pères qui, dans les années 1970, ont revendiqué le droit d\u2019être présents dans la salle d\u2019accouchement.» Une amie qui vous veut du bien Certes, sur papier, les services d\u2019avortement sont assurés dans toutes les provinces et tous les territoires du pays, en vertu de la Loi canadienne sur la santé.Trente ans après l\u2019affaire Chan- tal Daigle, l\u2019avortement est pourtant loin d\u2019être un sujet réglé.Hors des grands centres urbains, l\u2019accès à cette procédure peut s\u2019avérer difficile, indique Frédérique Chabot, d\u2019Action Canada pour la santé et les droits sexuels.Elle explique que les réseaux informels militants forment des réseaux de soutien pour épauler les femmes dans le besoin.« Certaines ont mené des campagnes de sociofinancement, par exemple, pour aider des femmes de provinces maritimes, où l\u2019accès est restreint, à voyager dans des villes pour obtenir un avortement.» Bien évidemment, la philosophie du mouvement n\u2019est pas de banaliser l\u2019avortement, mais bien de travailler dans un objectif de sécurité, de confidentialité et de soutien.En matière de droit reproductif, l\u2019histoire et la recherche montrent que l\u2019agentivité et la légalité sont les meilleures alliées des femmes.Une étude de l\u2019Institut Guttmacher montre que les taux d\u2019avortement sont similaires dans les pays où l\u2019accès à l\u2019avortement est restreint et dans ceux où cette pratique est légale.En fait, la seule chose qui change, quand l\u2019avortement devient illégal, c\u2019est que les femmes sont plus susceptibles de se soumettre à des procédures risquées.À Montréal, l\u2019organisme Projet d\u2019accessibilité à l\u2019avortement Montréal (PAAM) fondé par l\u2019éducatrice sexuelle Melissa Fuller, se consacre à démystifier l\u2019accès à l\u2019avortement, en dispensant notamment des formations d\u2019accompagnement (doulas) à l\u2019avortement.L\u2019organisme Brooklyn Doula Project y était récemment de passage, pour dispenser une formation de doulas.« Parfois, la personne n\u2019a pas le droit de retourner seule chez elles après l\u2019intervention.On peut aussi offrir de l\u2019appui par textos ou par téléphone, qui peut d\u2019ailleurs se poursuivre après que la personne a vécu un avortement, au besoin », souligne Nathalie Héron, porte-parole de PAAM, qui évoque aussi le besoin de donner aux femmes le pouvoir de prendre les meilleures décisions.« Il reste encore beaucoup SYLVIE ST-JACQUES LE DEVOIR AVORTEMENT Les faiseuses d\u2019anges, au temps d\u2019Internet Plan C, une ONG américaine, s\u2019efforce de faciliter l\u2019accès aux pilules abortives de stigmates autour de l\u2019avortement.On pense souvent que cette question touche de très jeunes femmes, mais ce n\u2019est pas toujours le cas.À PAAM, nous épaulons des femmes plus âgées, certaines ont deux ou trois enfants.Parfois, il s\u2019agit de femmes qui vivent des relations abusives et sont confrontées à beaucoup de jugement dans leur environnement immédiat.» Cela dit, le Québec accuse du retard en matière d\u2019utilisation de la pilule abortive, en comparaison avec d\u2019autres provinces, révélait une récente recherche réalisée par la Dre Édith Guil- bert, chercheuse au Groupe de recherche sur l\u2019avortement et la contraception à l\u2019Université Laval.De fait, seulement 5 % des doses de Mifegy- miso vendues au Canada l\u2019ont été au Québec, depuis que le produit est disponible (en juillet 2018.) Les risques de complications associés à l\u2019utilisation de la mifepristone sont très faibles et l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que son utilisation peut être gérée sans avoir à se rendre chez un médecin, en s\u2019assurant toutefois que les femmes soient adéquatement guidées.« Bien qu\u2019elle soit sur le marché, l\u2019accès à la pilule abortive demeure difficile.Plusieurs médecins de famille aimeraient la prescrire, mais n\u2019en ont pas le droit puisque, à l\u2019heure actuelle, le Collège des Médecins exige une formation en matière d\u2019interruption de grossesse en clinique », explique Mé- lina Castonguay.« Il y a un questionnement à faire sur le fait que tant de formation soit requise pour un médicament aussi sécuritaire.» E N B R E F Un 35e Tour de l\u2019île sous les gouttes, mais populaire Malgré la pluie, 22 000 personnes ont participé dimanche au Tour de l\u2019Île de Montréal.La directrice générale Évé- nements et Voyages de Vélo Québec, Joëlle Sévigny, estime qu\u2019environ 25 000 personnes s\u2019étaient à l\u2019origine inscrites à l\u2019événement.Elle conclut à un bilan « positif » de l\u2019édition 2019.Seules certaines activités au parc Jeanne-Mance ont dû être modifiées en fonction de la météo.« Les activités sur le parcours se sont tenues comme prévu », a résumé Mme Sévi- gny.« On a des spectacles de cirque qui ont dû être retardés ou annulés en raison de la pluie, pour des raisons de sécurité », a-t-elle expliqué.Le Devoir Le Canada ferme son ambassade au Venezuela Le Canada suspend les activités de son ambassade au Venezuela, car ses diplomates se voient refuser un renouvellement de leur visa par Caracas, a annoncé la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.Dans un communiqué publié dimanche, Mme Free- land a reproché «au régime illégitime de Nicolás Maduro» de prendre des mesures «pour limiter la capacité des ambassades étrangères à fonctionner au Venezuela, en particulier celles qui préconisent le rétablissement de la démocratie au [pays]».«Nous n\u2019avons d\u2019autre choix que de suspendre temporairement nos activités à l\u2019ambassade du Canada au Venezuela, et ce, dès maintenant», signale la ministre.Elle a aussi indiqué que le statut des diplomates vénézuéliens se trouvant au Canada faisait l\u2019objet d\u2019une évaluation.La Presse canadienne De l\u2019héroïne mauve contenant du fentanyl circule à Montréal La crise des surdoses ne s\u2019estompe pas au pays et une nouvelle substance extrêmement dangereuse vient de faire son entrée sur le territoire de la métropole, selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).L\u2019héroïne mauve, aussi appelée « Purp » ou « Purple », consisterait en un mélange d\u2019héroïne, d\u2019OxyContin et de fentanyl ou de carfentanil, ce qui inquiète sérieusement les autorités.Dans une note interne obtenue par La Presse canadienne, le SPVM confirme que son service d\u2019analyse et de renseignement a été informé de la présence de cette drogue dure dans la grande région de Montréal.D\u2019après la description des policiers, la substance se présente sous forme de poudre de couleur mauve ou de « mastic de couleur mauve ».La Presse canadienne VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Des manifestants ont dénoncé la fermeture de la dernière clinique d\u2019avortement à Saint Louis, Missouri, le 30 mai.JACOB MOSCOVITCH AGENCE FRANCE-PRESSE Il reste encore beaucoup de stigmates autour de l\u2019avortement.On pense souvent que cette question touche de très jeunes femmes, mais ce n\u2019est pas toujours le cas.NATHALIE HÉRON » Au pays de Donald Trump, l\u2019offensive pour annuler l\u2019arrêt « Roe c.Wade » représente un sérieux recul pour l\u2019accès à l\u2019interruption volontaire de grossesse.Mardi dernier, les Nations unies faisaient appel aux autorités américaines pour assurer l\u2019accès à des procédures d\u2019IVG sécuritaires, évoquant comment la loi restrictive votée en Alabama pourrait ouvrir la voie à des réseaux d\u2019avortements illégaux et risqués.Aux États-Unis, des manifestantes sortent ces jours-ci dans les rues, brandissant des cintres en guise de sanglants rappels des IVG illégales d\u2019antan.Or, à l\u2019heure de la pharmacologie en ligne et des réseaux de soutien pour les femmes plus vulnérables, l\u2019avortement informel sort au grand jour et se porte au secours de celles pour qui l\u2019étau se resserre.Dans tel contexte, les services postaux pourraient être les meilleurs alliés des femmes.L\u2019entrée en scène de l\u2019avortement pharmacologique \u2014 exécuté en combinant deux médicaments, le misopros- tol et la mifepristone \u2014 rend obsolète le recours aux méthodes d\u2019IVG moyenâgeuses.Dans un tel contexte, plusieurs femmes remettent les cintres au placard, se tournant vers l\u2019avortement « maison », procédure rendue possible par le commerce en ligne.« Depuis les six derniers mois, nous avons reçu des demandes de 21 000 personnes.Cela démontre que les gens recherchent activement des services d\u2019avortement.L\u2019aspect confidentiel et pratique de ce que nous offrons est perçu comme une issue bénéfique, dans le climat politique horrible qui règne actuellement aux États-Unis.Le jour du jugement en Alabama, nous avons reçu de nombreux appels de gens qui voulaient se procurer la pilule abortive », explique au téléphone Elisa Wells, cofondatrice de l\u2019organisme Plan C, qui œuvre depuis 2015 à bâtir un mouvement pour un meilleur accès à la pilule abortive pour ses concitoyennes américaines.Elisa Wells et l\u2019autre cofondatrice de Plan C, Francine Coeytaux, sont toutes deux des militantes de longue date en matière de santé reproductive.C\u2019est lors d\u2019un voyage en Éthiopie qu\u2019elles ont décidé de fonder leur ONG axée sur l\u2019accès plus démocratisé à l\u2019IVG.« Nous voyions des femmes sortir de la pharmacie avec un kit d\u2019avortement à 5 $-10 $, dans ce pays où le système de santé vit de très grands défis.Pendant ce temps, chez nous, aux États-Unis, de tels services nous sont interdits pour des raisons politiques.» La mission de Plan C consiste à accomplir un travail de repérage et d\u2019évaluation (en collaboration avec d\u2019autres chercheurs) des sites d\u2019achat en ligne de pilules abortives en évaluant leur validité par l\u2019entremise de bulletins de notes.Les cofondatrices de l\u2019organisme entendent également apporter du soutien aux personnes marginalisées en fonction de leur race, de leur statut socio-économique et de leur identité de genre.Elles entretiennent des liens avec des doulas d\u2019avortement et des réseaux informels de soins offerts aux femmes qui décident d\u2019avorter.« Avant tout, nous croyons en la capacité des gens de prendre des décisions qui les concernent.» La mission de Plan C consiste à accomplir un travail de repérage et d\u2019évaluation des sites d\u2019achat en ligne de pilules abortives SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 3 JUIN 2019 L Plaidoyer pour les « fous » Sadia Messaili dénonce la mainmise médicale sur les personnes atteintes de troubles mentaux a demeure de « Madame Sadia » \u2014 comme l\u2019appellent ses élèves \u2014, logée dans un immeuble typique du quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, est moderne, récemment rénovée.L\u2019espace est ouvert et aéré.Sur les étagères sont exposées des photos de ses trois enfants, y compris de son aîné, Fe- rid, à différents âges.Comme chez toute mère aimant être entourée au quotidien des images de sa famille.À la différence que Ferid, atteint de schizophrénie, a mis fin à ses jours en 2013 dans la foulée d\u2019un parcours particulièrement traumatisant dans le système de santé public.Fin avril, Mme Messaili faisait paraître Les fous crient toujours au secours, témoignage poignant d\u2019une mère endeuillée et récit de ce qu\u2019elle considère comme un exemple d\u2019échec en matière de santé mentale.Question de confiance En 2009, un premier épisode psychotique se déclenche chez Ferid.Ses psychiatres lui prescrivent du Zy- prexa, un antipsychotique qui lui fait prendre beaucoup de poids et le rend léthargique \u2014 « il faut voir des vidéos de gens qui prennent ce médicament, de vrais zombies ! ».Il cesse la médication.Il arrive ensuite à vivre assez bien pendant trois ans et maintient un état stable, un jour à la fois.Survient ensuite une nouvelle crise, dans laquelle Ferid se voyait comme le Christ.Entre délires messianiques et discours sensés, le jeune homme se rend de son plein gré à l\u2019hôpital.Diagnostic précipité, effets secondaires gardés secrets, attitude cavalière, culpabilisation et travailleuse sociale passive- agressive sont quelques-unes des tares que Sadia Messaili énumère pour décrire le périple de son fils dans les dédales de la psychiatrie.En 2013, en proie à une souffrance innommable, l\u2019homme de 32 ans se rend avec sa mère à l\u2019urgence.On le renvoie chez lui avec l\u2019instruction de revenir le lendemain.C\u2019est à ce moment qu\u2019il perd tout espoir, croit-elle.Écouter les malades Après des années d\u2019effondrement, l\u2019enseignante au primaire a enfin repris le dessus sur sa vie.Son ton est ferme, presque inquisiteur.« L\u2019ancien ministre de la Santé, M.[Gaétan] Barrette, disait en 2016 ou 2017 qu\u2019il allait injecter plus d\u2019argent pour les soins, se rappelle-t-elle.Mais ce n\u2019est pas une question d\u2019argent.C\u2019est qu\u2019historiquement, les fous, les personnes qui ont des troubles mentaux, n\u2019ont pas de pouvoir.Il faut le leur restituer.Ça, ça veut dire qu\u2019ils peuvent décider pour eux-mêmes.» Complètement dépouillés de leur libre arbitre, les patients psychiatriques sont tenus « tranquilles » par une camisole chimique médicamenteuse, déplore Sadia Messaili.Et elle en veut à l\u2019autorité monolithique des médecins qui imposent cette solution.« Mon fils s\u2019est présenté de lui-même, insiste-t-elle, tapant la table du bout de l\u2019index.Il avait donc une volonté.Il faut leur demander \u201cde quoi penses- tu avoir besoin ?\u201d» Une histoire des fous Dans Histoire de la folie à l\u2019âge classique, sa thèse publiée en 1961, le philosophe Michel Foucault remontait le courant de l\u2019histoire pour brosser le portrait des sociétés occidentales à travers leur traitement des « fous ».La folie, soutient-il, n\u2019a pas toujours été la chasse gardée du domaine médical, et la psychiatrie ne naît qu\u2019au XIXe siècle.Au Moyen Âge, par exemple, les fous sont intégrés à la vie sociale.« Il y avait une époque, je ne saurais dire à quel siècle, où les personnes avec des troubles de santé mentale avaient des thérapies, de la musique, on les laissait aller dans la nature, s\u2019exclame Mme Messaili.Aujourd\u2019hui, ça arrange tout le monde : on ne va plus enfermer et les nourrir, comme à l\u2019époque des asiles, parce que ça coûte de l\u2019argent.On les médicamente.» Le titre de son livre est un clin d\u2019œil au témoignage de Jean-Charles Pagé, Les fous crient au secours!, paru en 1961.Dans cet ouvrage, l\u2019auteur, un jeune homme de 28 ans alcoolique, vendeur d\u2019assurances, raconte comment il s\u2019est réveillé enfermé à l\u2019asile de l\u2019hôpital Saint-Jean-de-Dieu.Il dénonce les divers abus dont sont victimes les « fous », ceux que la société préfère enfermer pour assurer sa sécurité.À sa sortie, le livre a créé un tel tollé qu\u2019il est en partie considéré comme à l\u2019origine du processus de désinstitutionnalisation qui a marqué les années 60.Pour la petite histoire, Écosociété a réédité l\u2019ouvrage l\u2019automne dernier, originellement paru aux Éditions du Jour.L\u2019auteur et Les patients psychiatriques sont tenus « tranquilles » par une camisole chimique médicamenteuse, déplore Sadia Messaili.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR [.] Historiquement, les fous, les personnes qui ont des troubles mentaux, n\u2019ont pas de pouvoir.Il faut le leur restituer.Ça, ça veut dire qu\u2019ils peuvent décider pour eux- mêmes.SADIA MESSAILI » Dans un Québec où les électrochocs sont toujours utilisés pour traiter certains troubles de santé mentale \u2014 11 045 ont été administrés en 2017 dans la province \u2014, les patients ont-ils réellement leur mot à dire dans le processus de leur rémission ?Non, déplore Sadia Messaili, auteure du témoignage Les fous crient toujours au secours et mère de Ferid, jeune homme diagnostiqué schizophrène, décédé en 2013.SOPHIE CHARTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR ses ayants droit sont, au dire de l\u2019éditeur, introuvables.Sadia Messaili, chef de famille mono- parentale et immigrante, ne cache pas que l\u2019écriture l\u2019a sauvée.Mais c\u2019est surtout, à la manière de Jean-Charles Pagé, un désir de faire bouger les choses qui l\u2019a poussée à prendre la plume.«Quand on n\u2019a pas l\u2019information [adéquate], on croit les autres.On va s\u2019en remettre à celui qui sait, dit-elle.Chaque personne qui a vécu quelque chose devrait l\u2019écrire.Si on a la force de le faire, il le faut.Écrire un livre, faire un film, des reportages.Les grandes révolutions se sont faites avec l\u2019information, avec des témoignages.Pas avec des matraques.» Les fous crient toujours au secours L\u2019histoire de Ferid Ferkovic Sadia Messaili, Éditions Écosociété, 2019, Montréal GETTY IMAGES À court de définitions Une question demeure inexpliquée dans le livre : qu\u2019est-ce que la schizophrénie, en fait ?Il n\u2019existe pas de consensus sur sa définition, selon Sa- dia Messaili.« Moi, je ne crois pas que c\u2019est une vraie maladie ! », af- firme-t-elle, catégorique.Le site de la Société québécoise de la schizophrénie la définit comme « une maladie mentale qui peut être sévère et persistante.La maladie se manifeste par des épisodes aigus de psychose, suivis de divers symptômes chroniques ».Le DSM-5, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, bible médicale en matière de psychiatrie, énumère une liste assez exhaustive de symptômes : hallucinations, idées délirantes, discours désorganisé, mouvements catato- niques et bien d\u2019autres.La schizophrénie est jugée incurable, mais peut être contrôlée par la médication.Le site Web de l\u2019Association des médecins psychiatres du Québec dit qu\u2019« en plus de la psychose qui persiste plus d\u2019un mois, on notera une diminution du fonctionnement global depuis au moins six mois ».Mais Mme Messaili n\u2019est pas la seule à remettre en doute ce verdict.Dans La schizophrénie : le symbole sacré de la psychiatrie (1988), Thomas Szasz, professeur de psychiatrie à l\u2019Upstate Medical University de Syracuse écrivait : « À vrai dire, la schizophrénie n\u2019existe pas.» La cause ?La diversité de symptômes serait trop grande pour les classer sous un même libellé médical. LEDEVOIR // LE LUNDI 3 JUIN 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019image de ces 69 conteneurs canadiens remplis de déchets non recyclables, coincés dans deux ports philippins depuis six ans, a fait réaliser au monde que le Canada n\u2019avait pas toujours les mains propres en matière d\u2019environnement.L\u2019affaire, qui a provoqué une crise diplomatique entre Manille et Ottawa, a finalement été résolue, mais la leçon doit porter.Les conteneurs ont repris la route du Canada jeudi dernier en direction d\u2019un incinérateur générateur d\u2019électricité de la région de Vancouver.La compagnie exportatrice qui avait faussement affirmé que les déchets étaient recyclables a toutefois disparu et ce sont les contribuables canadiens qui vont éponger la facture de plus de 1,14 million de dollars.Les sociétés riches ne peuvent prétendre concilier croissance, synonyme de consommation, et protection de l\u2019environnement sans s\u2019attaquer résolument à la production des déchets et sans en assurer complètement le traitement et l\u2019élimination.L\u2019exportation de nos déchets vers des pays en développement est simplement inacceptable.De toute façon, la Chine les refuse depuis janvier 2018 et la Malaisie menace à son tour le Canada de lui retourner ses poubelles.On veut consommer, assumons-en les conséquences.La dispute avec les Philippines a au moins eu le mérite de secouer un peu le gouvernement fédéral qui, en 2016, a finalement adopté un règlement resserrant le contrôle des exportations de déchets.Depuis, aucun permis n\u2019a été accordé, dit Ottawa.Tant mieux, mais il faut faire plus.Le Canada, déjà reconnu pour être un des principaux producteurs de gaz à effet de serre par habitant, est aussi le pays membre de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui produit le plus de déchets par habitant.Avec seulement 0,5 % de la population mondiale, le Canada génère 2 % des déchets de la planète.Tous les gouvernements ont un rôle à jouer pour changer ce bilan, bien que les municipalités soient les premières sur la ligne de front, avec les provinces.Le Québec arrivait troisième pour le recyclage des déchets ménagers en 2017, selon Statistique Canada.Pour sa part, Ottawa se vante par exemple de s\u2019attaquer à la pollution par le plastique avec la Charte sur le plastique adoptée au Sommet du G7 de juin 2018, mais il refuse d\u2019interdire les objets à usage unique qui infestent la planète.Les solutions ne manquent pas.La valorisation énergétique des déchets, comme cela se fait en Suède depuis plus de 20 ans, est souvent citée en exemple.Brûler les déchets de manière contrôlée pour produire de la chaleur ou de l\u2019électricité est toutefois une option moins attrayante pour le Québec, qui a déjà des surplus imposants.La réutilisation, la revalorisation des matières résiduelles et le recyclage sont par contre des incontournables.Les initiatives locales et provinciales visant les ménages sont connues: consigne, tarification du volume des ordures ménagères, collecte sélective, compostage, points de dépôt de produits toxiques\u2026 Les consommateurs doivent apporter leur contribution, et ils le font, puisque la quantité d\u2019ordures par habitant envoyées au dépotoir et à l\u2019incinérateur a diminué de près de 6% entre 2012 et 2015 au Québec, selon Recyc-Québec.À l\u2019échelle canadienne, le taux de recyclage et de compostage des ordures ménagères est passé de 25 à 32% entre 2002 et 2016, selon un rapport de Statistique Canada paru en décembre dernier.Mais quand on tient compte de toutes les sources de déchets, résidentielles et non résidentielles, ce taux n\u2019est que d\u2019environ 27% (2016), ce qui est loin de la moyenne de 50% des pays européens.La quantité de déchets de sources non résidentielles (entreprises et institutions publiques) non recyclés a quand même diminué entre 2008 et 2016 d\u2019environ 1,9 mégatonne, passant de 16,6 à 14,7 mégatonnes, selon l\u2019agence fédérale.Ces ordures représenteraient cependant 59 % des déchets non récupérés.Bref, il y a du travail à faire.Mais on n\u2019y échappe pas.Si on veut vraiment protéger l\u2019environnement, il faut réduire la production de déchets à la source.Combattre le gaspillage alimentaire et le suremballage, punir l\u2019obsolescence programmée, exiger des produits conçus pour être réparés et\u2026 les faire réparer ne suffisent malheureusement pas, il faut contrer la surconsommation.Faudra-t-il cependant que les déchets qu\u2019elle génère restent dans notre cour pour qu\u2019enfin nous en soyons persuadés ?Jesse Greener Professeur de chimie, Université Laval Lucie Sauvé Professeure, Institut des sciences de l\u2019environnement, UQAM* En cette ère d\u2019urgence climatique et d\u2019effondrement de la biodiver- sité, nous estimons que les scientifiques ont le devoir de se prononcer sur les grands projets qui détermineront l\u2019avenir de notre civilisation.C\u2019est dans cet esprit que nous intervenons aujourd\u2019hui dans le débat public sur le projet GNL Quebec.GNL Québec est un mégaprojet comprenant un pipeline de 782 km (le projet Gazoduq), une usine de gaz naturel liquéfié (le projet Énergie Saguenay) et un terminal maritime ou des super-méthaniers chargeraient le gaz naturel liquéfié (GNL) pour l\u2019exporter vers les marches étrangers via le fjord du Saguenay et le fleuve Saint-Lau- rent.Ses promoteurs soutiennent qu\u2019il contribuerait à la lutte contre le réchauffement climatique grâce à l\u2019hydroélectricité qui serait utilisée pour la liquéfaction du gaz et au fait que le gaz exporte remplacerait le charbon et le mazout « en Europe, en Asie et ailleurs ».En réalité, ce projet ne contribuerait pas à lutter contre le changement climatique.Il favoriserait l\u2019extraction quotidienne de 44 millions de mètres cubes de gaz naturel dans les Prairies canadiennes, ce qui représente 2,6 fois la consommation quotidienne de l\u2019ensemble du Quebec.Le Canada, qui est déjà le 5e exportateur de gaz naturel en importance au monde, verrait ses exportations nettes de gaz naturel grimper de 27% si ce projet allait de l\u2019avant.Selon une analyse du cycle de vie de ce gaz commandée par les promoteurs, de son extraction jusqu\u2019à sa sortie de l\u2019usine de liquéfaction, il engendrerait plus de 7,8 millions de tonnes de gaz a effet de serre (GES) par an.Cela signifie que les émissions totales associées à ce projet au Canada seraient comparables au total des réductions d\u2019émissions de GES au Quebec depuis 1990.Une incertitude de taille dans ces calculs concerne la quantité d\u2019émissions fugitives de gaz (fuites) survenant durant son extraction, tout au long de la chaîne de transport et après la fermeture des puits.Comme le gaz naturel est constitué essentiellement de méthane, un gaz à effet de serre 84 fois plus puissant que le CO2 sur un horizon de 20 ans, la contribution de ces fuites au réchauffement planetaire est énorme, et il est donc possible que les émissions totales de GES associées à ce projet soient considérablement plus élevées que les meilleures estimations disponibles.En outre, le promoteur se garde bien de souligner les grandes quantités de CO2 générées en aval par la combustion du gaz qu\u2019il exporterait.Selon nos calculs, cette combustion ajouterait environ 30 millions de tonnes de CO2 par an, en supposant qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019émissions fugitives.Ce total augmente considérablement quand on tient compte de l\u2019impact des émissions fugitives survenant dans des conditions normales d\u2019exploitation.Qui plus est, GNL Québec n\u2019aurait aucun contrôle sur l\u2019utilisation finale de ce gaz, et il n\u2019y a aucune preuve que son utilisation remplacerait le charbon ou le mazout.Il est tout aussi probable que ce gaz puisse remplacer les sources d\u2019énergie renouvelables, ce qui ne ferait que renforcer la dépendance Une potentielle stratégie de victimisation Avec des titres de journaux comme «Trump admet, brièvement, que Moscou l\u2019a aidé à être élu», on est en droit de se demander jusqu\u2019à quel moment le «déni originel» du président américain saura le protéger encore.Hypothèse: Trump planifie sa sortie (voir sa démission) au moment le plus propice pour une potentielle stratégie de victimisation (auprès de tous les politiciens des États-Unis et de partout ailleurs).Et maintenant, il est encore plus isolé qu\u2019il ne l\u2019était depuis la récente mise au point de Robert Mueller.Combien d\u2019élus républicains (Sénat et Chambre des représentants) le soutiennent «publiquement» depuis quelque temps?Il y a bien sûr son complice William Barr (quelle honte!), qui l\u2019absout de tout \u2014 mais ce n\u2019est pas un politicien! Bref, il pourrait se développer, si ce n\u2019est pas déjà commencé, dans les coulisses des républicains, une certaine pression (voire une pression certaine) pour que «le Donald» prépare ses valises avant la conclusion de certaines enquêtes et de prochaines tout aussi embarrassantes.C\u2019est la glissade vers la confiance zéro des élus et de la po- Le projet GNL Québec doit être rejeté LIBRE OPINION LETTRES DÉCHETS VOYAGEURS Mes poubelles dans ma cour L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MANON CORNELLIER bien sûr colossal, mais surtout d\u2019une importance capitale si l\u2019on veut éviter des drames comme celui vécu par la fillette de Granby.Le succès de la commission est intimement lié aux efforts de ses membres pour garder le cap sur le bien-être des enfants maltraités\u2026 Henri Marineau Québec, le 2 juin 2019 pulation «sensée» envers ce mégalomane malfaisant.Il ne pourra plus louvoyer encore bien longtemps.Jacques Lambert Mauricie, le 30 mai 2019 mondiale à l\u2019égard des combustibles fossiles, et ralentir le développement des technologies énergétiques de rechange dont nous avons désespérement besoin.Menace sérieuse Nous rappelons que, pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, il faut réduire d\u2019ici 2030 les émissions de GES d\u2019environ 45 % par rapport a 2010 et avoir atteint la carboneutralité d\u2019ici 2050.Pour y parvenir, il est essentiel de réduire le nombre d\u2019infrastructures liées aux combustibles fossiles et non d\u2019en construire davantage.Le projet GNL Québec constitue également une menace sérieuse pour la biodiversité.En traversant les milieux naturels du Nord-du-Québec, de l\u2019Abitibi-Té- miscamingue au fjord du Sague- nay, le pipeline Gazoduq fragmenterait l\u2019habitat de 17 espèces vulnérables, menacées ou en voie de disparition.Il croiserait les bassins versants des rivières Harricana, Nottaway, Moose, Outaouais, Saint- Maurice et Saguenay.Enfin, l\u2019exportation du gaz liquéfié exigerait chaque semaine 6 à 8 passages de super-méthaniers dans le fjord.Le bruit sous-marin assourdissant de ces géants des mers mettrait en péril la survie du béluga du Saint-Laurent dans le seul refuge acoustique protégé dont il dispose encore.Pris dans son ensemble, ce projet viendrait donc altérer encore davantage les écosystèmes terrestres et marins dont dépend la vie sur Terre, alors même que les experts mandates par l\u2019ONU ont récemment confirme un taux d\u2019extinction des espèces « sans précé- dent » et qui s\u2019accélère, érodant « les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier ».Ces faits s\u2019accordent très mal avec la prétention que GNL Québec ferait partie des solutions à l\u2019urgence écologique.Ils indiquent plutôt que ce projet contribuerait a l\u2019aggraver.Nous estimons par conséquent que le projet GNL Québec est incompatible avec la notion de transition énergétique et doit être rejeté.* Ce texte est appuyé par environ 150 scientifiques.Avant tout, les enfants Dans le cas du drame de Granby, le juge aurait-il retourné la fillette à son père, conformément à la jurisprudence, malgré l\u2019environnement toxique, s\u2019il avait tenu compte du bien-être de l\u2019enfant en priorité?La réponse va de soi: c\u2019est non.Partant de ce constat, toute la démarche impliquant l\u2019ensemble des intervenants, notamment les réseaux de la santé, de l\u2019éducation, des organismes communautaires et des services policiers, devront dorénavant placer l\u2019enfant au centre de leurs préoccupations.La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, plus particulièrement les représentants des quatre partis politiques, devra laisser dans le placard toute forme de partisanerie reliée au parti que chacun des députés représente.Comme l\u2019a mentionné François Legault, la commission devra être « totalement indépendante du gouvernement ».À mon sens, les travaux de la commission partent sur un bon pied.Le travail qui attend ses membres est Les choses ont-elles vraiment changé ?Qui déambule en Normandie dans les cimetières militaires de la Seconde Guerre mondiale ne peut qu\u2019être ému.Tant de jeunes soldats de toute nationalité morts dans cette guerre totale\u2026 «Jamais plus la guerre», affirmait le pape Paul VI en 1965 devant les Nations unies.Mais les guerres ont continué et continuent toujours.Inutile de toutes les nommer, pensons seulement au Vietnam, au génocide du Rwanda, à l\u2019Irak et à la Syrie.[\u2026] Il est de plus [en plus] important d\u2019appuyer fortement les institutions internationales, notamment l\u2019ONU.Celles-ci peuvent assurer un certain dialogue, une certaine solidarité, voire une certaine paix.Ce ne sont pas des «machins» inutiles, comme le disait de Gaulle\u2026 et aujourd\u2019hui un certain Trump! Michel Lebel Entrelacs, le 1er juin 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 3 JUIN 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Être français Q u\u2019est-ce qu\u2019être français?La question m\u2019avait toujours paru malsaine et manipulatrice, surtout sortie de la bouche de Nicolas Sarkozy lorsqu\u2019il cherchait à voler des voix anti-immigrants au Front national.D\u2019après mon expérience, les déclarations sur une prétendue identité nationale se présentent pour la plupart dans un contexte de rancune et de peur ; il convient aux politiciens d\u2019en parler juste au moment où les citoyens se sentent le plus vulnérables, soit pour des menaces perçues à l\u2019intérieur du pays (en 2007, trop de Maghrébins et d\u2019Africains noirs), soit pour une vraie menace (en 1940, des soldats allemands partout dans la rue, réquisitionnant des maisons privées).Le maréchal Pétain, partisan d\u2019une identité nationale très particulière, s\u2019occupait beaucoup, selon les termes de Xavier Vallat (commissaire aux questions juives à Vichy), de «?défendre l\u2019organisme français du microbe qui le conduisait à une anémie mortelle?», le microbe étant incarné par les juifs, les communistes, et les francs- maçons plutôt que par la Wehrmacht.Toutefois, la question me poursuit et, d\u2019une certaine manière, me dérange encore.Le mois dernier, j\u2019ai eu l\u2019honneur d\u2019être décoré par le gouvernement français pour mes «?créations dans le domaine littéraire?».Me voilà donc de nouveau confronté à ma double identité et nationalité.Issu d\u2019un père américain et d\u2019une mère française, j\u2019avais toute ma vie penché \u2014 du moins, c\u2019est ce que j\u2019imaginais \u2014 vers mon côté américain.Puisque j\u2019avais grandi dans le système scolaire des États-Unis, il était bien plus facile pour moi de me sentir «?anglo?» que de fouiller dans mon côté français.Mais au moment où Bénédicte de Montlaur, la conseillère culturelle de l\u2019ambassade française, m\u2019a épinglé la médaille, j\u2019ai bien été obligé de reconnaître des faits évidents sur la différence entre mes deux berceaux culturels, et leur importance relative.En fait, c\u2019est l\u2019argent légué à ma mère par le Code Napoléon, interdisant aux parents de déshériter leurs enfants, qui a payé mon éducation dans une école privée, excellente éducation, surtout en littérature.J\u2019ai tout lieu de croire, hélas, que mon grand-père français aurait voulu suivre l\u2019exemple de mon grand-père américain, qui a déshérité mon père à 100 % en accord avec les lois américaines.Voilà déjà une partie de la psychographie française qui la distingue de celle de mon pays paternel \u2014 la priorité donnée à la famille au-dessus de la «?liberté?» de l\u2019argent et de son titulaire.Une autre différence entre les deux cultures : mon grand- père Amédée L\u2019Etendart, propriétaire d\u2019une usine de placage dans la banlieue de Paris, n\u2019était pas d\u2019un esprit littéraire.Ses goûts en drame, raconte ma mère, favorisaient le sentimentalisme; la représentation sur scène de L\u2019Arlésienne le faisait pleurer.Néanmoins, en contraste avec mon grand- père MacArthur \u2014 chez qui je n\u2019ai jamais vraiment remarqué de livres \u2014, Amédée L\u2019Etendart possédait une bonne bibliothèque.Un bon bourgeois devait se montrer éduqué.Par conséquent, sa fille aînée, Christiane, privée par les Allemands d\u2019une éducation secondaire, a pu continuer sa lecture des classiques français de Hugo et Dumas aux romans contemporains de Mauriac, d\u2019Aragon et de Colette (avec l\u2019invasion des unités Panzer, mon grand-père avait déménagé la famille, et les livres, de La Varenne à leur maison de campagne près de Romorantin).Peu après leur arrivée en Sologne, les militaires allemands ont frappé à la porte pour réquisitionner la maison, allant jusqu\u2019à choisir leurs chambres à coucher.Heureusement, ils ne sont pas revenus \u2014 ils devaient se trouver trop éloignés de la ville \u2014, mais cela a probablement contribué à la décision de ma grand-mère de garder ses deux filles près d\u2019elle.Devenue autodidacte et bilingue, ma mère n\u2019a pas laissé tomber son engagement pour les lettres françaises ni perdu son habitude d\u2019enfance de passer des heures avec de gros livres épais.Je me souviens comme si c\u2019était hier, dans la banlieue nord de Chicago où nous vivions, de ma mère allongée sur son lit, le visage plongé dans des ouvrages de Marguerite Duras, Jean Giono, Françoise Giroud, Albert Camus, ou, en anglais, dans la mythologie grecque d\u2019Edith Hamilton.Quand elle a réalisé que j\u2019aimais lire, elle m\u2019a gavé d\u2019histoires et d\u2019écrits français \u2014 tout Tintin, bien sûr, mais à l\u2019âge de 13 ans le livre qui a changé ma vie a été Le comte de Monte Cristo, en Classiques Garnier.Quelque part, j\u2019ai compris qu\u2019être français, c\u2019était être lettré \u2014 tout simplement être dévoué à la lecture sérieuse tout comme joyeuse.Et si ma mère m\u2019a fait immatriculer au consulat de France à New York après ma naissance plutôt qu\u2019à l\u2019Église catholique, c\u2019était en partie parce que, pour elle, la citoyenneté française comptait plus que toute autre affiliation \u2014 même un dévouement à Dieu.C\u2019est un peu pour ça qu\u2019à la suite de l\u2019incendie de Notre-Dame, j\u2019ai commencé à lui lire Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo, à voix haute.À 94 ans, presque aveugle, elle m\u2019a souri et m\u2019a dit, «?je le connais par cœur?».Le texte, et non pas l\u2019édifice religieux.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.JOHN R.MACARTHUR Lorenzo Benavente Enseignant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) Nous avons appris récemment que l\u2019école de l\u2019Étincelle, à Montréal, était surpeuplée au point d\u2019utiliser des placards comme lieu d\u2019isolement pour les élèves autistes qui en auraient besoin.Cette situation est atroce, mais elle n\u2019est que le symptôme d\u2019une gestion peu rigoureuse et qui manque cruellement de vision à long terme.Alors que le gouvernement en place fait de la maternelle 4 ans son cheval de bataille, quelle est la réalité sur le terrain ?L\u2019espace Le manque de locaux est criant depuis des années à Montréal.Les écoles débordent et trop d\u2019entre elles sont dans un état si lamentable qu\u2019elles doivent fermer, et ce, pendant des années.Par exemple, il y a dans Saint-Michel l\u2019école Sainte-Lucie fermée depuis des années et qui n\u2019est même pas encore en chantier, comme en témoignent les mauvaises herbes dans la cour.Une cohorte complète passera tout son primaire relocalisée dans des locaux d\u2019une école secondaire elle-même au bord de la surpopulation.Pour pallier le manque de locaux, plusieurs écoles en sont venues à enlever les locaux aux spécialistes.Ainsi, des enseignants d\u2019anglais, de musique ou d\u2019arts plastiques doivent se promener de classe en classe avec un chariot comprenant tout le matériel nécessaire pour donner leurs cours.On peut donc facilement comprendre que l\u2019envergure des projets écope malgré, toute la bonne volonté de ces professionnels.On peut aussi facilement comprendre pourquoi certains postes de spécialistes restent à pourvoir.Le personnel Mais il n\u2019y a pas que le manque de locaux qui s\u2019avère un défi de taille pour les commissions scolaires.Il y a également le manque de personnel.Nous l\u2019avons vu, lu et entendu au cours des derniers mois : la pénurie d\u2019enseignants est à son comble.La situation actuelle dans les écoles y est pour beaucoup, tout comme le manque de professionnels, qu\u2019il s\u2019agisse de psychologues, d\u2019orthopédagogues, d\u2019orthophonistes ou de psychoéducateurs.Ces professionnels doivent malheureusement prioriser les élèves qui, selon eux, ont davantage de besoins, laissant pour compte des élèves en difficulté, des titulaires à court de ressources et des parents désemparés.Puis, dans un ultime effort de garder ses enseignants, la CSDM a récemment décidé de refuser les retraites progressives.Dans le contexte où l\u2019on souhaite garder ses employés, s\u2019attaquer à leurs avantages sociaux relève évidemment d\u2019une fausse bonne idée.D\u2019autant plus que 25 % des enseignants démissionnent avant cinq ans de travail, je ne vois vraiment pas comment cette décision pourrait améliorer quoi que ce soit.Les demandes d\u2019évaluation se font également souvent attendre.Alors que des parents préfèrent se tourner vers le privé pour avoir une évaluation psychologique plus rapidement, plusieurs d\u2019entre eux ne peuvent tout simplement pas s\u2019offrir ce luxe.Ils doivent alors attendre les professionnels lorsqu\u2019ils sont disponibles et c\u2019est souvent une attente éreintante qui les attend.Je connais même un élève pour qui une demande en psychologie a été déposée vers le mois d\u2019octobre.Les résultats sont arrivés à la dernière semaine de classe, au mois de juin.Pour combattre le manque de personnel, plusieurs commissions scolaires ont commencé à engager quiconque possède un baccalauréat.Je comprends que nous soyons en situation de pénurie et qu\u2019il faille trouver des solutions, mais prétendre que n\u2019importe qui peut enseigner revient à considérer notre diplôme d\u2019enseignant comme un simple bout de papier.Les classes Il y a également toute la question du ratio maître-élèves qui pose problème.ÉDUCATION Priorité à l\u2019école Yves-Thomas Dorval Président-directeur général, Conseil du patronat du Québec Marc-André Laurier Thibault Directeur des affaires publiques et gouvernementales, Savoura bio Joseph Giulione Président, Regroupement des organismes spécialisés pour l\u2019emploi des personnes handicapées Depuis plusieurs années, les employeurs de toutes les régions du Québec sont aux prises avec un enjeu important de rareté de main-d\u2019œuvre et cherchent des solutions.Une des façons de remédier à cette situation est d\u2019avoir recours à des bassins de population pour qui l\u2019accès à l\u2019emploi peut être parsemé d\u2019obstacles, mais qui représentent un potentiel extraordinaire.Dans le cadre de la semaine québécoise des personnes handicapées (qui se tient du 1er au 7 juin), rappelons qu\u2019il y a environ 287 000 personnes en situation de handicap et aptes au travail, vivant au Québec.Il s\u2019agit de personnes possédant les compétences et les ambitions nécessaires afin d\u2019intégrer le marché du travail, mais qui se heurtent souvent à des difficultés d\u2019intégration.Cette situation se traduit par un taux d\u2019emploi de près de la moitié de celui des personnes sans incapacité.Il est vrai que l\u2019embauche de personnes en situation de handicap peut également représenter un défi pour les employeurs.Pourtant, certains d\u2019entre eux ont décidé de mettre en œuvre des solutions pour les intégrer dans leur milieu de travail et ont pu constater une plus-value remarquable.De manière générale, ils bénéficient de l\u2019apport de personnes compétentes et engagées, qui s\u2019investissent au travail et qui changent moins d\u2019emploi.Le tout a un impact positif sur le climat et la culture organisationnelle, de même que sur la productivité.Non seulement l\u2019objectif économique est mieux servi, mais, en outre, les personnes en situation de handicap pourront avoir une possibilité de plus de se réaliser avec fierté.Un modèle inspirant Parmi les employeurs qui ont décidé de miser sur la diversité pour remédier à leurs besoins en main-d\u2019œuvre, Savoura représente un modèle inspirant.Effectivement, l\u2019entreprise a embauché plusieurs personnes en situation de handicap, et ce, dans différentes fonctions.Que ce soit pour effectuer des tâches manuelles, administratives ou des postes hautement stratégiques, l\u2019entreprise a réussi à intégrer avec succès des travailleurs vivant avec une incapacité, en prouvant qu\u2019il est possible de faire les choses différemment.De leur côté, les travailleurs sont également fiers d\u2019avoir un emploi leur permettant de contribuer activement à la productivité, à la croissance et à la compétitivité d\u2019une entreprise ainsi que de l\u2019ensemble de la société.La mise en place des mesures concrètes favorisant l\u2019intégration des personnes en situation de handicap représente un avantage indéniable pour notre société.Mais il est indispensable d\u2019aider les employeurs à trouver des solutions au problème de rareté de main-d\u2019œuvre et de démontrer que nous sommes prêts à innover dans notre recherche de solutions en faisant les choses différemment.À titre d\u2019exemple, le Conseil du patronat du Québec et le Regroupement des organismes spécialisés pour l\u2019emploi des personnes handicapées ont développé une formation destinée aux gestionnaires afin de les accompagner à recruter des personnes en situation de handicap.Nous avons tous à y gagner ! Lever les barrières pour les travailleurs en situation de handicap Non seulement l\u2019objectif économique est mieux servi, mais, en outre, les personnes en situation de handicap pourront avoir une possibilité de plus de se réaliser avec fierté Le maximum d\u2019élèves dans une classe de la CSDM est de 22 en première année et de 26 en sixième année.Sur quelle planète vivons-nous pour nous permettre de penser qu\u2019un enseignant seul et sans ressources pourrait réussir à transmettre de façon adéquate une nouvelle matière à 26 cerveaux d\u2019enfants en ébullition ?Une professeure à l\u2019université nous a un jour dit qu\u2019on « ne peut pas tous les sauver ».J\u2019aimerais à tout le moins avoir pris tous les moyens nécessaires collectivement avant d\u2019accepter d\u2019abandonner des élèves.Dans une classe d\u2019accueil au primaire, le maximum d\u2019élèves est de 17.Nul besoin de vous mentionner que toutes ces classes sont pleines.Prenons simplement un instant pour nous demander comment 17 élèves parlant huit ou neuf langues différentes sont censés apprendre efficacement et ultimement bien s\u2019intégrer au système scolaire québécois.Il s\u2019agit pour eux d\u2019un baptême de feu.Quelques pistes de solution L\u2019argument principal en faveur de l\u2019implantation des maternelles 4 ans est la détection précoce des difficultés d\u2019apprentissage, et il est vrai que nous avons grandement besoin de déceler plus tôt les besoins de nos élèves.Le problème, c\u2019est que nous avons trop longtemps négligé le système d\u2019éducation pour pouvoir nous permettre un tel projet.Il faudrait d\u2019abord construire des écoles.Ce serait la base.Ce serait un long chantier qui nécessiterait temps et argent, mais c\u2019est ce qu\u2019on appelle une solution à long terme.Les maternelles 4 ans sont une bonne idée en soi, mais elles ne pourraient pas s\u2019épanouir pleinement dans le contexte actuel.Parce que, même si nous accueillons ces élèves plus tôt dans le système scolaire, ils se buteront aux mêmes défis qui n\u2019ont jamais été prioritaires.On pourrait ensuite parler du ratio maître-élèves afin d\u2019assurer un climat propice à l\u2019apprentissage et, déjà, je vous garantis que nous pourrions observer une diminution de démissions chez les enseignants.Parce que c\u2019est ça, le nœud de la guerre : sans locaux et sans enseignants qualifiés, il ne peut pas y avoir de maternelles 4 ans.La pénurie d\u2019enseignants est à son comble.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Sur quelle planète vivons- nous pour nous permettre de penser qu\u2019un enseignant seul et sans ressources pourrait réussir à transmettre de façon adéquate une nouvelle matière à 26 cerveaux d\u2019enfants en ébullition ?Quelque part, j\u2019ai compris qu\u2019être français, c\u2019était être lettré \u2014 tout simplement être dévoué à la lecture sérieuse tout comme joyeuse LEDEVOIR // LE LUNDI 3 JUIN 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR ans la nuit du 3 au 4 juin 1989, le pouvoir chinois décide que la contestation menée contre lui a assez duré.Des étudiants, des intellectuels et des ouvriers qui s\u2019élèvent contre lui, il n\u2019entend faire qu\u2019une bouchée.L\u2019armée est envoyée.Bilan officiel de l\u2019opération : 241 morts.Des chiffres loin de la réalité, répètent des observateurs.En 2017, l\u2019ambassadeur britannique de l\u2019époque avancera le nombre de 10 000 victimes.À ce jour, il n\u2019est toujours pas question d\u2019intégrer le récit de ce soulèvement à l\u2019histoire officielle du pays.Trente ans après les événements tragiques de la place Tian\u2019anmen, les images de ce petit homme debout, dressé seul devant une longue et haute colonne de blindés, continuent de nous saisir à la gorge tant l\u2019émotion qu\u2019elles suscitent reste forte.Le 5 juin 1989, depuis le balcon d\u2019un hôtel situé près de la place Tian\u2019an- men, divers photoreporters empoignent leur équipement.Le plus célèbre cliché de la scène est dû à Jeff Widener, un photographe qui travaille pour l\u2019Associated Press.À l\u2019aide d\u2019un téléobjectif, Widener cadre la scène : avenue de la Paix éternelle, un homme seul, vêtu d\u2019une chemise blanche, défie une colonne de blindés.Dans ses mains, deux sacs qui ne sont pas sans rappeler les bâtons lumineux avec lesquels, sur les tarmacs des aéroports, le personnel au sol guide d\u2019immenses avions aveugles.Dans ce cas, c\u2019est tout un régime qui apparaît aveugle devant un peuple qu\u2019on voudrait rendre muet.Puissance de l\u2019image Exprimer les choses avec des mots justes, en une circonstance donnée, constitue une forme d\u2019action, disait Hannah Arendt.D\u2019une photographie, comme celle dont on parle ici, pourrait-on dire la même chose ?L\u2019écho de cette image ne cesse en tout cas de se réverbérer dans la société, comme les ondes infinies créées dans l\u2019eau par un caillou jeté de haut.Tantôt, on fait porter à cette image la toute-puissance supposée de la volonté individuelle.Ou encore celle d\u2019une non-violence déterminée.Sans parler jamais, il est vrai, du destin de ce manifestant dont on ne sait toujours pas avec certitude s\u2019il en est sorti mort ou vivant.Le photographe Jeff Widener a soutenu que cette image représentait à son sens « un soldat inconnu », lequel symbolise la liberté et la démocratie.Les configurations de sens données à cette photo varient, mais l\u2019émotion qu\u2019elle suscite, dans tous les cas de figure, demeure forte.Pourquoi ?Quel est le ressort de cette émotion ?Cette image constitue un archétype solidement ancré aux ressorts de l\u2019imaginaire culturel occidental, soutient la sémiologue Catherine Saouter, professeure à l\u2019UQAM.D\u2019abord en raison du fait que l\u2019émotion qu\u2019elle suscite s\u2019enracine ailleurs que dans la Chine.Selon elle, plusieurs fables nous ont, depuis l\u2019enfance, préparés à accueillir favorablement ces instants qui mènent à cette photographie.Cette photo reprend les codes des histoires, très nombreuses, qui nous nourrissent au pays de l\u2019enfance.« C\u2019est David contre Gol- liath, où le courage du petit triomphe en définitive.Mais ce rapport fonctionne à vrai dire dans toutes les directions.Il est très malléable.» Dans les fables de La Fontaine, comme dans des contes plus anciens, ce rapport entre le petit et le grand est sans cesse exposé.« Dans Le loup et l\u2019agneau, c\u2019est le premier qui mange le second, donc le plus fort qui triomphe.Une autre fable, L\u2019éléphant et la souris, montre que le petit est mégalomane.Le petit, là encore, est vaincu.Mais dans Le lion et le rat, le petit offre cette fois une leçon au plus fort.Tout est très réversible, dans cet archétype.» Les leçons déclinées par l\u2019entremise de ces fables évoquent l\u2019idée, maintes fois répétée, qu\u2019« on a souvent besoin d\u2019un plus petit que soi » ; ou bien que la patience et le temps font plus, dans leur alliance mesurée, que la force et la rage.« Gulliver, c\u2019est aussi ça », dit Catherine Saouter : le géant maîtrisé par les Lilliputiens.« On nous dit qu\u2019avant tout, l\u2019union fait la force.» Voilà pourquoi, croit Catherine Saou- ter, la photographie de l\u2019homme devant une colonne de blindés a instantanément été élevée au statut de photographie mythique.Selon elle, la cristallisation de notre attention sur ce cliché tient d\u2019abord à sa dimension animée.« L\u2019important tenait d\u2019abord au fait que l\u2019image bougeait.À la télévision, on voyait arriver le tank, en croyant, au fond, qu\u2019il allait écraser le manifestant, que cela nous donnerait honte, une image que jamais on ne pourrait oublier\u2026 Mais au lieu de cela, voici le tank qui s\u2019écarte\u2026 La magie s\u2019enclenche alors.On entre dans le mythe, celui de David contre Goliath.Quelque chose est activé de plus grand que la scène.» Réutilisation Dernier usage notable en date de la célèbre photographie : sa reprise, sous forme publicitaire, par la marque allemande Leica, elle-même un mythe dans l\u2019univers de la photographie.Dans une publicité lancée en avril, on voit un officier chinois hurler au milieu d\u2019un corridor d\u2019hôtel à la lumière fade.En face de lui, un photographe occidental n\u2019y comprend rien.La scène, on va vite le comprendre, est censée se dérouler en 1989 à Pékin.La publicité, intitulée « The Hunt », aborde aussi, dans plusieurs clins d\u2019œil, d\u2019autres conflits.À la fin, le photographe de Pékin réussit à récupérer son appareil pour s\u2019installer à la fenêtre de son hôtel avec son Leica.Dans le miroir de son objectif apparaît alors l\u2019image légendaire de la place Tian\u2019anmen.Cette publicité, très léchée, « met elle aussi en scène David (le photoreporter) et Goliath (les « méchants Chinois ») », commente Catherine Saouter.Devant les protestations des autorités chinoises, Leica s\u2019est vite désolidarisé de la publicité.Un porte-parole de Leica, rapporte le South China Morning Le photographe Jeff Widener a produit le plus célèbre cliché de cette scène survenue le 5 juin 1989.JEFF WIDENER ASSOCIATED PRESS Rare mention de Tian\u2019anmen par le gouvernement chinois Dans une rare mention officielle de l\u2019événement, la Chine a défendu dimanche la répression sanglante des manifestations de la place Tian\u2019anmen en 1989.« Cet incident était une turbulence politique et le gouvernement central a pris les mesures pour mettre un terme à ces turbulences, ce qui a été la décision correcte [à prendre] », a dit le ministre chinois de la Défense, le général Wei Fenghe, devant le forum de sécurité du « Dialogue de Shangri-La » réuni à Singapour.S\u2019exprimant devant des ministres, des militaires de haut rang et des experts, le général Wei s\u2019est demandé pourquoi le monde disait toujours que la Chine n\u2019avait « pas géré correctement » l\u2019événement.« Ces trente dernières années ont prouvé que la Chine a vécu des changements majeurs », a-t-il lancé.Grâce aux mesures prises à l\u2019époque par le gouvernement chinois, «la Chine a joui de stabilité et de développement », a-t-il dit.En Chine, grâce à la « Grande Muraille » informatique et aux censeurs du parti, toute référence à la répression est expurgée d\u2019Internet.Les discussions sur les manifestations et la répression sont interdites, tandis que les autorités mettent en garde chaque année les militants, les avocats et les journalistes à la veille de l\u2019anniversaire.Agence France-Presse Post de Hong Kong, a affirmé qu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019une publicité approuvée par sa firme, mais qu\u2019elle était la création d\u2019une agence qui avait voulu lui offrir un cadeau\u2026 Retourner sa veste Il faut savoir que les célèbres optiques de Leica sont partie intégrante de la plus récente offensive publicitaire du géant chinois de la téléphonie Huawei.Plusieurs entreprises occidentales ont été critiquées, ces dernières années, pour avoir « offensé » la Chine.Pour la légendaire marque allemande, comme pour tant d\u2019autres entreprises, la Chine est un terrain d\u2019expansion autant que de fabrication qu\u2019il ne saurait être question de froisser.On ne marche pas sur la queue d\u2019un dragon impunément.Toujours selon le South China Morning Post, le fabricant allemand a dû céder à la réaction négative suscitée par sa publicité en Chine.Aucune de ces entreprises ne semble avoir considéré la possibilité de se lever pour faire dévier la marche du système politique chinois, comme le faisait, à sa façon, ce manifestant devant une colonne de blindés.D La place Tian\u2019anmen, 30 ans plus tard Que nous dit la photo de cet homme bloquant une colonne de blindés ?On entre dans le mythe, celui de David contre Goliath.Quelque chose est activé de plus grand que la scène.CATHERINE SAOUTER » Jeff Widener, en 2019 "]
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