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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-06-15, Collections de BAnQ.

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[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 HISTOIRE Laure Gaudreault, une éducatrice de terrain B 7 ÉTATS-UNIS Le bon, la brute et le truand : la chronique d\u2019Élisabeth Vallet B 6 HONG KONG La cité-État peut-elle tenir tête à Pékin ?B 4 POLITIQUE Bulletin ministériel : la chronique de Michel David B 5 La centrale Robert-Bourassa (LG2) produit normalement 42 600 GWh par an.Pour pallier les variations du rendement de ses installations, Hydro-Québec entretient des comptes d\u2019écart.C\u2019est de là que proviendra l\u2019argent remis aux clients pour compenser les trop-perçus, a décidé Québec.COURTOISIE HYDRO-QUÉBEC Le projet de loi 34 présenté cette semaine à Québec promet entre ses lignes que les « trop-perçus » engrangés par Hydro-Québec depuis 2005 seront redistribués aux Québécois.Vraiment ?Des experts doutent des mécanismes censés concrétiser l\u2019intention.Explications.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR HYDRO-QUÉBEC Des trop-perçus aux contours flous Que redonne vraiment le gouvernement aux Québécois ?dans son rapport de mai 2018.Ces écarts s\u2019expliquent par la différence entre les prévisions d\u2019Hydro-Québec et les résultats réels enregistrés.« Hy- dro-Québec parle de gains d\u2019efficience qui auraient réduit les charges au-delà de celles autorisées par la Régie de l\u2019énergie et d\u2019écarts de prévision, alors que d\u2019autres prétendent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019erreurs de prévision », résumait la VG.Le problème est connu depuis longtemps.La Régie de l\u2019Énergie soulignait elle-même en 2017 qu\u2019Hydro-Québec « sous-estime historiquement sa capacité à réaliser des gains d\u2019efficience dans sa gestion, ses processus d\u2019affaires et ses activités, conduisant à une surestimation annuelle de ses charges ».La VG, elle, remarquait qu\u2019il n\u2019y pas de « mécanisme d\u2019ajustement pour tenir compte des coûts réels dans les tarifs futurs ».L\u2019argent dormait dans les coffres d\u2019Hydro-Québec?Non.La VG indiquait dans son rapport que les trop-perçus « ont permis de verser 1,1 milliard de dollars de dividendes supplémentaires au gouvernement du Québec ».« Cet argent-là retourne aux Québécois dans le dividende qu\u2019on verse au gouvernement chaque année et qui sert à financer les services publics, les écoles, les hôpitaux », défendait un attaché de presse de la société d\u2019État en 2017.« Il n\u2019y a pas eu de détournement de fonds, illustre Luc Godbout, titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques.L\u2019argent est allé dans les coffres de l\u2019État.» Les 500 millions de «rabais» seront puisés où ?Selon l\u2019analyste indépendant en réglementation d\u2019énergie Jean- François Blain, la somme de 500 millions promise « est de l\u2019argent qui appartient déjà aux clients, et qui aurait été remis autrement aux clients.Il n\u2019y a aucun avantage par rapport à la situation actuelle ».C\u2019est que l\u2019article 21 du projet loi stipule que l\u2019argent proviendra des « comptes d\u2019écart» de la société d\u2019État \u2014 une sorte de coussin que la Régie autorise à Hy- dro-Québec pour s\u2019adapter à certains imprévus.Un hiver plus doux entraînera par exemple un manque à gagner par rapport aux prévisions d\u2019Hydro : le compte d\u2019écart des « aléas climatiques » pourra fournir la somme manquante, et vice versa s\u2019il fait plus froid et que les revenus augmentent.Mais comme la VG le rappelait, la valeur des comptes d\u2019écart est « ultérieurement intégrée dans les tarifs d\u2019Hydro, selon des modalités autorisées par la Régie, généralement sur une période d\u2019un an à cinq ans ».Une façon de dire que cette cagnotte revient indirectement dans les poches des Québécois.Le gouvernement rend l\u2019opération plus concrète.Les hausses de tarifs décrétées par Québec seront-elles profitables aux consommateurs ?Rien n\u2019est moins sûr, affirment Jean-François Blain et Luc Godbout.« Il aurait été préférable de laisser la Régie de l\u2019énergie déterminer quels auraient dû être les tarifs chaque année plutôt que d\u2019imposer des augmentations comme celles-là, indique M.Godbout.Québec aurait pu laisser la marge de manœuvre à la Régie, quitte à fixer un plafond pour les hausses.» « Comme la Régie ne fera pas l\u2019exercice pour les cinq prochaines années, on ne saura jamais si les hausses décrétées par Québec auront été plus élevées que celles que la Régie aurait établies.» M.Blain rappelle pour sa part que la Régie a déjà imposé des baisses de tarifs.Et que depuis quatre ans, les hausses tarifaires accordées par la Régie ont été inférieures au taux d\u2019inflation.Considérant l\u2019augmentation attendue des volumes de ventes d\u2019Hy- dro-Québec (notamment à cause de l\u2019entrée en service des blockchain), M.Blain juge qu\u2019il est peu probable que la Régie aurait accordé à Hydro des hausses aussi importantes que celles prévues par Québec.« Il y a de la poudre aux yeux » dans les calculs du gouvernement, estime-t-il.Y aurait-il eu une meilleure façon de redistribuer l\u2019argent ?Luc Godbout estime que Québec aurait été mieux avisé d\u2019agir par une baisse d\u2019impôt sur le revenu, ou par un crédit d\u2019impôt remboursable.« Je ne pense pas que si la volonté est de remettre de l\u2019argent aux gens, une réduction de la facture [qui ne fait pas de distinction sur les moyens financiers des destinataires] est la meilleure solution.» Quel rôle jouera la Régie dans le futur?Le projet de loi 34 « retire les obligations pour Hydro-Québec de faire autoriser par la Régie de l\u2019énergie ses projets d\u2019investissement en infrastructures », ses initiatives de réorganisation du réseau et ses programmes commerciaux.Il retire aussi à la Régie l\u2019obligation « d\u2019établir un mécanisme de réglementation incitative assurant la réalisation de gains d\u2019efficience » par Hydro-Québec.Et, bien sûr, il décrète à la place de la Régie les tarifs pour les cinq prochaines années.Hydro-Québec s\u2019est dite « extrêmement satisfaite » de la proposition.La Régie ne pouvait de son côté commenter le dossier vendredi, n\u2019ayant pas terminé l\u2019analyse du projet de loi.Selon le ministre Julien, il ne faut pas voir dans le projet de loi 34 un « désaveu du rôle de la Régie ».Cette dernière « a un rôle hyper important pour protéger les consommateurs et faire le suivi des plaintes ».ans un rapport déposé en mai 2018, la vérificatrice générale (VG) du Québec notait que « le processus d\u2019établissement des tarifs d\u2019Hydro-Québec est complexe ».Un an plus tard, le gouvernement Legault vient de le simplifier radicalement : en un trait de crayon, Québec a imposé ses tarifs pour cinq ans, et fin de la discussion.En lieu et place des savants calculs de la Régie de l\u2019énergie, le projet de loi 34 du ministre Jonatan Julien (Énergie) a donc prévu un gel des tarifs pour 2020, suivi d\u2019une indexation sur l\u2019indice du coût de la vie pour les quatre années suivantes.Québec calcule que l\u2019effet combiné de cette décision sera d\u2019avoir remis aux Québécois près de 1 milliard d\u2019ici 2024.En ajoutant à cette somme un « rabais » de quelque 500 millions qu\u2019Hy- dro-Québec devra offrir à ses clients au début de l\u2019année prochaine, le gouvernement soutient que tous les « trop- perçus » engrangés par la société d\u2019État depuis 2005 et identifiés par la VG l\u2019an dernier auront été redistribués.Ce qui ne sera pas nécessairement le cas \u2014 et qui sera surtout très difficile à mesurer, soutiennent des experts.Tour d\u2019horizon en questions.D\u2019où viennent les trop-perçus?« Des écarts de rendement favorables à Hy- dro-Québec ont totalisé 1,5 milliard de dollars de 2005 à 2017 », écrivait la VG D LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 PERSPECTIVES CHAPEAU, GARNOTTE ! B 2 Grandeurs et misères de la caricature La caricature se trouve peut-être dans une période de recul, après l\u2019affranchissement qu\u2019elle a connu au XIXe siècle et le symbole de liberté qu\u2019elle est devenue au XXe siècle JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR oici une poire.Un dessin de poire.Mais regardez mieux.Dans un second dessin, la poire semble mûrir un peu vite.Au bout d\u2019un enchaînement de quatre dessins, la tête d\u2019un roi gras, Louis-Philippe, est là, à la place de la poire\u2026 La poire devenue roi.Et vice versa.Tout le monde rigole de cette audace du dessinateur.Vive la poire ! Vive le roi ! Nous sommes en 1831.La première version de ce dessin, qui connaîtra plusieurs déclinaisons, est un grand succès.Elle est l\u2019œuvre d\u2019Honoré Daumier, selon une idée de Charles Phili- pon, directeur du journal La Caricature.En ce roi terne, Charles Philipon voit un barrage contre la liberté de la presse.C\u2019est dans des saillies pareilles, portées par la caricature, que la presse gagne, au XIXe siècle, le droit d\u2019exprimer librement des idées.Pour Ersy Contogouris, professeur au Département d\u2019histoire de l\u2019art de l\u2019Université de Montréal et spécialiste de l\u2019histoire de la caricature, « le ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Même s\u2019il a égratigné leur amour-propre, parfois flatté leur ego et fait damner leurs attachés de presse, les cibles de Gar- notte confessent avoir la plupart du temps aimé les supplices de ce gentil bourreau.La patte du caricaturiste visait juste, concèdent hommes et femmes politiques, aidant même à gonfler leur popularité, humour en bandoulière.Garnotte ?Pour le meilleur et pour le rire.«Je dois tellement lui manquer!» lance à la blague l\u2019ex-premier ministre Jean Charest, joint à Paris, copieusement harponné par la plume de Garnotte au fil de sa longue carrière politique.Plus d\u2019une fois croqué en Petit Prince frisotté ou affublé d\u2019un nez rouge pendant la crise des « casseroles » de 2012, Jean Charest garde un souvenir attendri de l\u2019humanité de Garnotte.Notamment des coups de griffe le montrant avec son épouse sur les plaines d\u2019Abraham lors de la venue de Paul McCartney.« J\u2019espère qu\u2019il va chanter Michelle !, disait Michou ».L\u2019ex-chef libéral décelait chez Garnotte une lucidité désarmante.Un souvenir en particulier ?Un autre dessin montrant Michou, devenue vedette après son premier livre photo, faisant de l\u2019ombre à un Charest, penaud, de retour au bercail après la présentation de son Plan Nord, le chapeau de cow-boy transpercé de flèches\u2026 « Il avait visé là où ça fait mal ! » L\u2019ex-chef libéral affirme avoir toujours vu la caricature comme une sorte de « baromètre de l\u2019opinion publique ».« Les gens en politique, s\u2019ils sont intelligents, doivent regarder les caricatures ! » Idem pour Denis Coderre, ex-maire de Montréal, bouc émissaire chéri de notre virtuose du crayon, immortalisé en Jules César et combien de fois moulé dans les seyantes culottes de l\u2019uniforme des Expos de Montréal.« Garnotte n\u2019a jamais été mesquin, jamais déplacé », confie l\u2019ex-magistrat, qui garde jalousement dans ses cartons celle qui l\u2019a dépeint en Maurice Richard, monté aux barricades pour défendre les arbitres francophones de la LNH, victimes de sobriquets racistes.Et comment ne pas parler du mythique couple Coderre- Labeaume, incarné en Laurel et Hardy par la mine hilare de Garnotte.Dur à avaler ?« Non, les caricaturistes, ce sont un peu comme nos agents.Faire une caricature, c\u2019est comme faire le Bye Bye, lance Coderre.Je peux dire que Garnotte a contribué à une part de ma carrière.» Celle qui a goûté au stylet railleur de plusieurs générations de caricaturistes, l\u2019ex-première ministre Pauline Marois, dit avoir vu en Garnotte un artiste capable de décocher un éditorial d\u2019un seul trait de crayon.« Parfois ça m\u2019a blessée, ça touche des cordes sensibles.Mais je l\u2019ai toujours aimé, j\u2019en ai gardé plusieurs, j\u2019en ai même acheté ! » raconte celle, combien Pour le meilleur et pour le rire Des cibles qui s\u2019ennuieront de la mine de leur gentil bourreau Je dois tellement lui manquer ! JEAN CHAREST » Parfois ça m\u2019a blessée, ça touche des cordes sensibles.Mais je l\u2019ai toujours aimé, j\u2019en ai gardé plusieurs, j\u2019en ai même acheté.PAULINE MAROIS » De haut en bas : des dessins de Pascal Élie, caricaturiste au Devoir, de Côté (André-Philippe Côté), caricaturiste au Soleil, et de Bado (Guy Badeaux), caricaturiste au Droit gouvernement de Louis-Philippe attendait un prétexte pour essayer de limiter davantage la liberté d\u2019expression ».En 1835, une tentative d\u2019assassinat contre le roi, commise avec une arme artisanale, forgée de 25 canons, donne l\u2019occasion à l\u2019État de limiter la liberté d\u2019expression.On en a particulièrement contre le dessin de presse, dit Ersy Contogouris, parce qu\u2019il peut être vu et compris même par ceux qui ne savent pas lire.Avec le temps, la censure incline à censurer tantôt le dessin, tantôt l\u2019écriture.Auteure d\u2019une histoire de la caricature au Québec, Mia Falardeau juge que « c\u2019est très grave ce qui se passe en ce moment dans l\u2019univers de la caricature ».Pour elle, la censure constante dont fait de plus en plus l\u2019objet cette discipline « n\u2019a rien d\u2019anecdotique » et devrait inquiéter au plus haut point.« Il y a en effet de quoi s\u2019inquiéter », observe lui aussi Robert Aird, auteur d\u2019une Histoire politique du comique au Québec.« Il y a eu plusieurs cas de caricaturistes muselés.Au Venezuela, au Nicaragua, en Russie.Aux États-Unis, les caricaturistes Nick Anderson et Rob Rogers, jugés trop anti-Trump, et maintenant le New York Times.» « On le sait, de tout temps, la caricature est détestée par les dictatures, rappelle Mia Falardeau.Or, ce n\u2019est plus du côté des dictatures qu\u2019on fait la guerre à la caricature.Qu\u2019un journal comme le New York Times décide désormais qu\u2019il vaut mieux arrêter les caricatures plutôt que de les prendre pour ce qu\u2019elles sont \u2014 des objets de discussion \u2014, cela participe d\u2019un mouvement social inquiétant, le même qui invite à faire reculer le droit à l\u2019avortement pour les femmes.On veut taire la caricature, pour toutes sortes de raison.C\u2019est un très gros coup qui est porté.Ce n\u2019est pas anecdotique.Le New York Times, qui est tout de même un pilier dans le monde du journalisme, envoie un signal inquiétant.Très inquiétant.» Il existe des lois contre la diffusion de messages haineux.Mais dans les limites de ces législations, on se montre néanmoins toujours plus frileux.C\u2019est ce qu\u2019estime en tout cas Mia Fa- lardeau.« Dès qu\u2019il est question de religion, on entre dans une frilosité pas possible.Les journaux sont hyperfri- leux.Lorsqu\u2019un débat éclate, on voudrait nous faire croire soudain qu\u2019une caricature publiée n\u2019est avalisée par personne, qu\u2019un rédacteur en chef V LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 PERSPECTIVES B 3 n\u2019approuve pas la publication au préalable.Et on pénalise la caricature seule, le caricaturiste.On commence à écraser la caricature, mais où est-ce que cela va finir ?» Distinctions Ersy Contogouris expose le cas de deux caricatures dessinées autour de l\u2019affaire SNC-Lavalin.Elles montrent Justin Trudeau boxer contre Jody Wilson- Raybould.Les deux dessins ont tous les deux été publiés le 15 février dernier.«Il y a eu tollé sur les réseaux sociaux à cause de la question de la violence représentée ou sous-entendue, qui a été jugée particulièrement problématique étant donné que Mme Wilson-Raybould est une femme autochtone.Un des caricaturistes, Michael de Adder, s\u2019est excusé et a dit qu\u2019il serait plus sensible à cette problématique, qu\u2019il ne dessinerait plus d\u2019images de femmes dans des situations violentes, alors que l\u2019autre, Graeme MacKay, a dit que c\u2019était une question de liberté d\u2019expression et qu\u2019il avait donc le droit de montrer ce qu\u2019il voulait.» Selon l\u2019historienne, les caricaturistes sont peut-être plus conscients désormais du caractère potentiellement sexiste, racisme, homo- phobe ou autre de leurs caricatures.Ils font sans doute plus attention.Mais «la censure qui vient du haut, de l\u2019État ou des éditeurs et propriétaires de publications» soulève un tout autre type de problème, insiste-t-elle.Il ne faut pas tomber dans le piège de confondre les deux.Pour Robert Aird, il existe plusieurs angles d\u2019analyse aux récents cas de censure.«La crise de la presse écrite affecte le dessin de presse comme le reste de l\u2019information», dit-il.Par souci d\u2019économie, au nom du profit, plusieurs journaux se sont séparés de leur caricaturiste attitré pour faire plutôt affaire avec des pigistes, moins payés, moins mordants aussi, explique Robert Aird.« Depuis plusieurs années, la presse engage des agences qui vendent des dessins de presse.Je me disais, en regardant ce phénomène, que cela engendrerait des caricatures plus inoffensives\u2026 Et voilà que le New York Times se fait reprocher la publication d\u2019une caricature venant justement d\u2019une agence ! » Dominic Hardy, professeur d\u2019histoire de l\u2019art à l\u2019UQAM, observe aussi les piètres conditions de travail qui priment désormais chez les caricaturistes.Inadmissible Certes, reconnaît Mia Falardeau, les caricaturistes ne sont pas toujours très subtils.« Certains, disons, ont le trait un peu gros\u2026 Mais quoi qu\u2019on pense par exemple de cette caricature particulière du New York Times, l\u2019idée de supprimer complètement la caricature est un geste totalement inadmissible.» Aller jusque-là, insiste Robert Aird, voilà qui dépasse les bornes.« Dans le cas du New York Times, admettons que la caricature était d\u2019un goût douteux, fallait-il cesser la publication d\u2019autres caricatures ?Que fait-on des milliers d\u2019autres qui ne causaient pas de controverses ?C\u2019est abusif.» La caricature est peut-être dans une période de recul, après l\u2019affranchissement qu\u2019elle a connu au XIXe siècle, à la suite d\u2019une lente maturation.«Cette forme graphique existe de longue date dans la tradition hollandaise, rappelle Ersy Contogouris.On y parle beaucoup de religions, contre le catholicisme en particulier.» Mais la tradition de la charge du dessin vient d\u2019Italie, en particulier des frères Carracci qui, dans leurs ateliers, voient un côté très classique au dessin.Au XVIIIe siècle, les grands touristes anglais qui voyagent en Italie se font caricaturer.Ce travail est gravé puis diffusé en Angleterre.Ce mélange de tradition hollandaise et italienne va prospérer en Angleterre, dans un esprit de tolérance qui fera la fortune du genre.Pour Dominic Hardy, le contexte immédiat invite à penser que « la possibilité même d\u2019une pensée complexe par le visuel » est désormais placée « sous haut soupçon, sous haute attaque ».Mais, dit-il, « je préfère encore de loin qu\u2019on me dérange qu\u2019on me dise que je n\u2019ai pas le droit de penser, de réfléchir, de réagir, de ne pas être d\u2019accord.» Michel Garneau, alias Garnotte, en pleine action dans son bureau des anciens locaux du Devoir, rue de Bleury, au début des années 2000 JACQUES GRENIER LE DEVOIR de fois parodiée en « Bonnemine » (femme d\u2019Assurancetourix dans Astérix) ou en maîtresse d\u2019école, règle en main.Elle confesse avoir un faible pour un dessin la campant dans le ring, gratifiant le bras de Marc Laviolette (président du SPQ-Libre) d\u2019un tourniquet bien senti, ou en chef guide, rejointe autour d\u2019un feu par nulle autre que Jacques Parizeau, alias Belette vibrante.Attendrie, la cochef de Québec solidaire, Manon Massé, vante quant à elle «l\u2019œil de lynx» de Garnotte, «doté d\u2019un sens aigu de l\u2019injustice».«Il va nous manquer.Derrière son dessin, il y avait un être humain qui s\u2019indigne et on en a bien besoin.» Le départ de Garnotte, « c\u2019est une tragédie nationale ! » rigole l\u2019ex-chef péquiste Jean-François Lisée, qui a longtemps gardé comme fond d\u2019écran une caricature le portraiturant, théâtral, en Cyrano de Bergerac.« Avec Garnotte, on avait l\u2019impression qu\u2019il riait avec nous, plutôt que de nous.Sa facture, c\u2019était la bonne humeur, un style bon enfant.» Aimés de ses pairs En 40 ans de carrière, Garnotte a aussi laissé sa marque dans le club restreint de ceux qui ont fait du dessin de presse, un métier exigeant, leur carrière.« Michel a toutes les qualités essentielles d\u2019un bon caricaturiste : imiter l\u2019apparence physique des personnages, avoir de l\u2019humour et une vision du monde bien à lui », souligne l\u2019ex-directeur de la revue humoristique Croc, Pierre Huet, qui l\u2019a côtoyé pendant 11 ans.« Il n\u2019a jamais versé dans la facilité.» Pour Jacques Goldstyn, caricaturiste à The Gazette, à la fois collègue et ami, Garnotte s\u2019est montré souvent féroce, mais « jamais vicieux ».D\u2019abord un tendre, féru de justice sociale.« Il a un sens de l\u2019observation incroyable, avec une imagination débordante.Ce qui frappe dans son dessin, c\u2019est sa capacité à créer de réelles mises en scène, confie Goldstyn.Le dessin de presse, ce n\u2019est pas simple, dit-il.Ça prend une très grande culture politique et Michel avait en sus une position éditoriale très personnelle.» Celui qui partage le « carré éditorial » au Devoir, Pascal Élie, ne tarit pas d\u2019éloges à l\u2019égard de la simplicité de Garnotte, en dessins comme dans la vie.« La simplicité, c\u2019est sa force.En quelques traits, il va droit au but et arrive avec un gag clair.Sa moyenne au bâton est très élevée ! » « Ça va être un grand manque.On est habitués à sa présence au quotidien », affirme Serge Chapleau, caricaturiste à La Presse, qui l\u2019a précédé dans la page éditoriale du Devoir dans les années 1990.« On est allé une fois dans un congrès de caricaturistes au Mexique, il était une véritable star ! Son style à l\u2019européenne était adulé, admiré.» Yannick Landry, qui signe Ygreck dans les journaux de Qué- becor, se souvient d\u2019avoir appris le dessin en recopiant, dès l\u2019âge de 10 ans, les dessins de Garnotte et d\u2019autres de ses « héros » publiés dans Croc.« Il laisse un trou important dans l\u2019éditorial québécois.» La force de Garnotte, affirme de son côté André-Philipe Côté, qui signe dans Le Soleil, c\u2019est de parvenir à camper le caractère de personnages en quelques lignes.« En plus d\u2019avoir un regard lucide sur la politique, il a aussi le don d\u2019exposer la vulnérabilité et la fragilité des politiciens.» « C\u2019est un vrai de vrai pro », scandent de leur côté Guy Badeaux, qui dessine pour Le Droit sous le nom de Bado, et Terry Mosher, vétéran de la caricature au Québec plus connu sous le nom d\u2019Aislin.« Il y a beaucoup de bons dessinateurs, pense Bado, mais peu ont à la fois l\u2019humour, l\u2019idée et la capacité à imiter les personnages.Garnotte, lui, a les trois.» Avec Garnotte, on avait l\u2019impression qu\u2019il riait avec nous, plutôt que de nous.Sa facture, c\u2019était la bonne humeur, un style bon enfant.JEAN-FRANÇOIS LISÉE » Non, les caricaturistes, ce sont un peu comme nos agents.Faire une caricature, c\u2019est comme faire le Bye Bye.Je peux dire que Garnotte a contribué à une part de ma carrière.DENIS CODERRE » De haut en bas : des dessins de Ygreck (Yannick Lemay), caricaturiste chez Québecor, de Boris (Jacques Goldstyn), caricaturiste à The Gazette, et de Serge Chapleau, caricaturiste à La Presse LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 PERSPECTIVES B 4 NORMAND BAILLARGEON Les arts et le curriculum l y a tout juste cinquante ans paraissait le rapport Rioux, fruit du travail de la Commission d\u2019enquête sur l\u2019enseignement des arts au Québec.Il doit son nom à son président, le sociologue Marcel Rioux (1919-1992).La question de la place de l\u2019art dans le curriculum n\u2019a jamais vraiment cessé de susciter débats et controverses.L\u2019art en est bien souvent le parent pauvre et le premier à écoper en cas de restrictions budgétaires.Je vous propose cette fois un éclairage philosophique sur certains de ces débats et controverses.Vous avez dit « arts » ?Faire une place à l\u2019art dans le curriculum pose immédiatement la question de savoir ce qu\u2019on entendra par art et lesquelles de ses disciplines (théâtre, littérature, danse, poésie, roman, peinture, sculpture, musique, chanson, architecture, etc.) on y inclura.La question de la définition de l\u2019art est plus complexe qu\u2019on pourrait le penser et on pourra légitimement demander qu\u2019on justifie, dans un horaire qui n\u2019est pas infiniment extensible, de privilégier telle discipline plutôt que telle autre.Pire encore : on se demandera quoi faire, le cas échéant, avec des formes ou des types d\u2019art dont non seulement la valeur, mais aussi le statut et l\u2019appartenance même à l\u2019art sont controversés.Je ne nommerai rien ni personne, mais chacun pensera sans doute ici à tel ou tel courant ou artiste appartenant à l\u2019art contemporain.Toutefois, il est aussi plausible que le caractère essentiellement contesté du concept d\u2019art et son perpétuel éclatement (pensez à Marcel Duchamp\u2026) soient des réalités auxquelles devrait initier toute éducation à l\u2019art.Je propose de mettre tout cela de côté.Il reste que les questions de savoir ce qu\u2019il faut mettre dans un curriculum consacré à l\u2019art, dans quel ordre y insérer ces éléments et avec quelles finalités, restent posées.Une première réponse plausible, appelons-la culturelle, consiste à vouloir transmettre progressivement un savoir jugé important sur des arts eux-mêmes jugés culturellement importants.L\u2019art comme élément de haute culture Dans cette perspective, si on choisit, comme on devrait le faire, de transmettre, disons, une culture musicale, on ambitionnera de faire en sorte que progressivement, depuis l\u2019apprentissage des notes et de l\u2019harmonie jusqu\u2019à celui des formes et des genres, chacun sorte de l\u2019école en connaissant et en pouvant apprécier et commenter les grandes œuvres musicales et justifier ses jugements à leur propos.Vaste programme, pas facile, mais pas impossible non plus à décliner.Les objections qu\u2019il soulèvera sont faciles à imaginer.Quelle place fait-on à la musique populaire ?Au jazz ?Comment en juger du point de vue, adopté ou récusé, de l\u2019appropriation culturelle ?Est-il élitiste ?Occidentalo-centriste ?Sexiste ?Mais son bien-fondé me semble aussi bien grand.Il transmet des savoirs, ce qui est le rôle de l\u2019école.Ces savoirs sont souvent nécessaires pour prendre part à la conversation démocratique et même pour que certains des échanges qui s\u2019y tiennent puissent être compris.Par lui, on sort les enfants de l\u2019ici et maintenant où notre culture commerciale les confine souvent.Cela est précieux pour tous, mais particulièrement pour les enfants provenant de milieux où cette haute culture est largement inconnue et pour lesquels l\u2019école est à peu près la seule porte d\u2019entrée pour y accéder.Plus subtilement, cette entrée dans le monde de l\u2019art et des discussions qui s\u2019y tiennent est une initiation par l\u2019exemple à ce type d\u2019échanges où on discute, précisément, sans pouvoir trancher de manière absolue, comme dans les domaines où on dispute (en mathématiques, de manière exemplaire).On cultive de la sorte des vertus nécessaires au citoyen.Mais les plus convaincantes objections contre cette manière de penser l\u2019art en éducation viennent de ceux qui préconisent une approche misant surtout sur la pratique de l\u2019art.Art et créativité On mise alors sur la rencontre passionnelle de l\u2019enfant avec une pratique artistique à travers laquelle il s\u2019exprime.Les maîtres mots seraient ici créativité, subjectivité, passion, expression.Il n\u2019est pas rare de voir ces idées couplées à une certaine vision romantique de l\u2019enfant, à la conviction que l\u2019intérêt est premier et capital pour apprendre, et à une vision de l\u2019école comme tournant autour de l\u2019enfant, plutôt que du curriculum.Ce modèle n\u2019est pas aussi facile à décrire que le précédent, mais le meilleur exemple que j\u2019en connaisse est celui de l\u2019école fondée à Santiniketan, en Inde, par le poète Tagore (1861-1941) dans laquelle les arts, et parmi eux la danse, occupent une place prépondérante.Vous aurez déjà compris combien ce modèle est exigeant et deviné ses possibles défauts.Je pense néanmoins qu\u2019il a pour qualité de nous rappeler combien est unique et précieuse l\u2019expérience d\u2019une véritable rencontre avec ce que l\u2019art a de plus profond et d\u2019irremplaçable.Peut-on combiner ces deux modèles ?Je pense que oui, et le programme du Core Knowledge aux États-Unis, inspiré par E.D.Hirsch, a cette ambition.Pour moi, quoi qu\u2019il en soit, l\u2019art est un extraordinaire et irremplaçable moyen d\u2019élargir notre compréhension de l\u2019expérience humaine.Sans lui, les enfants ne connaissent pas, et donc n\u2019ont pas même la liberté de refuser, certaines des plus grandes joies qu\u2019on peut ressentir.Cela survient quand nous allons goûter à l\u2019immensité de ce que l\u2019humanité a dit et fait de mieux et que nous sommes bouleversés par un poème, transportés par une musique, émus devant une toile, ou que nous pleurons en regardant un film ou une pièce de théâtre.C\u2019est une mobilisation historique qui s\u2019est mise en marche cette semaine à Hong Kong pour défier le pouvoir de Pékin et ses intentions à peine voilées d\u2019éroder les libertés civiles sur cet ex-territoire britannique rétrocédé à la Chine en 1997.Une résistance justifiée, estime le sinologue Serge Granger, professeur à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke, mais sans doute vaine, face à une superpuissance prête à tout pour imposer son modèle social et politique à Hong Kong, y compris à nier l\u2019autonomie de cette région administrative spéciale, pourtant garantie par la rétrocession jusqu\u2019en 2047.Propos recueillis par Fabien Deglise.LE DEVOIR Mépris chinois sur Hong Kong L\u2019autonomie de l\u2019ex-territoire britannique peut-elle résister aux attaques liberticides de l\u2019Empire du Milieu ?Chine continentale de personnes accusées pour des crimes passibles de sept ans de prison ou plus.Cela touche les Hongkongais comme des ressortissants étrangers vivant ou étant de passage à Hong Kong.Et la tentation peut être forte pour Pékin de profiter de ce cadre pour régler des comptes avec d\u2019autres États ou pour faire taire des opposants ou critiques du régime chinois.Il serait possible alors de porter des accusations frivoles pour espionnage contre des étrangers vivant à Hong Kong ou des Hongkongais, de les placer face à une peine de 10 ans de prison et plus et de les extrader vers Pékin.Cette loi pourrait donc tuer tout discours critique à l\u2019endroit de la Chine, et les Hongkongais ne veulent pas vivre avec cette perspective.La seconde lecture du projet de loi a été repoussée cette semaine.Croyez- vous que Carrie Lam, chef de l\u2019exécutif de Hong Kong, va finir par céder face à la pression de la rue ?Si ce n\u2019est pas elle qui va porter cette réforme, ce sera quelqu\u2019un d\u2019autre.Mme Lam a les mains liées par Pékin.Si elle est là, c\u2019est parce que le régime chinois le veut bien et le régime va aller jusqu\u2019au bout pour mener à terme sa réforme de la justice.Dans les prochains jours ou dans les prochaines se- \u2019ampleur de la mobilisation contre la réforme des lois d\u2019extradition pour permettre le transfert d\u2019accusés de Hong Kong vers la Chine continentale semble exceptionnelle vue de loin.Est-ce vraiment le cas ?C\u2019est un mouvement unique, en effet, depuis la rétrocession du territoire à la Chine par le Royaume-Uni en 1997 et depuis la révolte des parapluies de 2014, où des milliers de gens étaient alors descendus dans les rues pour dénoncer les atteintes aux processus démocratiques lors des élections locales.Cette fois-ci, l\u2019opposition rejoint un plus grand nombre de Hongkongais, qui voient dans le projet de loi discuté une atteinte à leurs libertés fondamentales et au système de justice de Hong Kong.Elle est nourrie par la peur de perdre en autonomie.Il n\u2019existe pas de traité d\u2019extradition entre la Chine continentale et Hong Kong, ce qui semble particulier pour ces régions limitrophes.N\u2019y a- t-il pas moyen de corriger ce manque sans déclencher le pire ?La Chine n\u2019est pas un État de droit, mais bien un État de loi.Et ces lois sont arbitraires, ce qui est bien au cœur du problème.Le projet de loi veut favoriser l\u2019extradition vers la CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT À PARIS LE DEVOIR Boris Johnson a au moins un avantage sur ses opposants dans la course à la direction du Parti conservateur.C\u2019est sans conteste le candidat le plus détesté en France.Il venait à peine de déposer sa candidature que le quotidien Le Monde s\u2019est fendu d\u2019un éditorial dénonçant les « bévues », les « échecs » et les « impostures » de ce « Trump au petit pied ».Nul doute que celui qui est arrivé largement en tête du premier scrutin éliminatoire qui doit mener à la désignation d\u2019un chef à la fin juillet brandira ces mots comme un trophée.Avec 104 députés sur les 313 élus conservateurs, l\u2019ancien ministre des Affaires étrangères et maire de Londres semble avoir déjà un pied au 10, Downing Street.À moins d\u2019un imprévu, avec une telle avance, celui que certains n\u2019hésitent pas à qualifier de « clown » et de « bouffon » a toutes les chances de succéder à Theresa May.On l\u2019avait oublié, ce dandy des beaux quartiers qui se prend parfois pour Churchill est aussi une redoutable bête politique.Ses conquêtes de la mairie de BREXIT Boris Johnson sera-t-il le sauveur du Parti conservateur ?En début de semaine, la police de Hong Kong a procédé à de nombreuses fouilles, ce qui a contribué à faire monter la colère des manifestants.ISAAC LAWRENCE AGENCE FRANCE-PRESSE Boris Johnson Contraire ment à ce qui s\u2019était produit en 2016, Boris Johnson semble cette fois bien décidé à l\u2019emporter Londres et la campagne du Brexit l\u2019ont prouvé.Contrairement à ce qui s\u2019était produit en 2016, Boris Johnson semble cette fois bien décidé à l\u2019emporter.La course a été préparée de longue date.Ses soutiens rassemblent d\u2019anciens opposants comme des représentants de la garde montante, d\u2019anciens partisans du Remain comme des Brexiters convaincus.Selon le site Atlantico, il s\u2019entretiendrait régulièrement avec le célèbre stratège australien Lynton Crosby, qui a conseillé de nombreux leaders conservateurs du monde anglo-saxon, dont Stephen Harper.La bouée de sauvetage Que s\u2019est-il passé pour que les élus qui ont si longtemps tenu tête à Theresa May s\u2019exclament soudain que « seul Boris peut livrer la marchandise », comme l\u2019écrit le député Richard Dax dans le Times ?Selon lui, « le Brexit a eu l\u2019effet d\u2019un tsunami sur la politique britannique, déracinant les loyautés partisanes traditionnelles, devenant même pour certains une question de démocratie en elle-même.Tant que nous ne respecterons pas ce vote populaire [\u2026], aucun électeur ne nous écoutera plus.» Demeurer dans l\u2019Union européenne après le 31 octobre, c\u2019est ni plus ni moins que condamner le Parti conservateur à l\u2019extinction, dit Johnson.Comment en douter depuis que Nigel Fa- rage et son Brexit Party ont tout raflé aux élections européennes, les torys n\u2019obtenant que 9 % des voix ?Pour de nombreux observateurs, bien au-delà du Brexit, c\u2019est donc la survie du Parti conservateur qui risque de se jouer d\u2019ici le 31 octobre, nouvelle échéance de sor- L I Par ce vaste programme, on sort les enfants de l\u2019ici et maintenant où notre culture commerciale les confine souvent LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 PERSPECTIVES B 5 Bulletin ministériel près les années Barrette, la nomination de Danielle McCann à la Santé a été une bouffée de fraîcheur dans le réseau et laisse enfin espérer une réelle amélioration.Elle a réussi ce qui semblait impossible en orchestrant une entente entre le Collège des médecins et l\u2019Ordre des infirmières pour élargir le champ de pratique des infirmières praticiennes spécialisées.Un projet de loi présenté jeudi accorde également des pouvoirs accrus aux pharmaciens.A L\u2019austérité des libéraux a grandement aidé le ministre des Finances, Eric Girard, à présenter un budget qui a fait la quasi-unanimité et consolidé la cote de crédit du Québec.À l\u2019Assemblée nationale, son style concis offre peu de prise à l\u2019opposition.A La ministre de la Sécurité, Geneviève Guilbault, démontre un aplomb et des talents de communicatrice très efficaces en période de crise, qu\u2019il s\u2019agisse de la rupture des câbles sous-marins aux îles de la Madeleine ou des inondations, même si le suivi des inondations est plus difficile.Elle a commis une bourde en déclarant que la police ferait respecter la loi sur la laïcité.A- Sonia LeBel (Justice) a ouvert un grand chantier avec la réforme du droit de la famille et convié l\u2019opposition à une réflexion commune sur la façon d\u2019ajuster le système judiciaire aux victimes de crimes sexuels.La réforme le mode de scrutin semble toutefois moins assurée.B Le ministre du Travail, Jean Boulet, a corrigé en bonne partie les failles de la Loi sur l\u2019équité salariale.Lancer une « Grande Corvée » pour pallier la pénurie de main-d\u2019œuvre était une bonne idée.L\u2019ingérence du premier ministre dans le conflit chez ABI a malheureusement saboté ses efforts pour rapprocher les parties.B La compétence de Pierre Fitzgib- bon (Économie) ne fait pas de doute, mais le passage des affaires à la politique nécessite parfois une certaine adaptation.On ne devrait jamais évoquer une démission que personne ne réclame.Son ami Guy LeBlanc était peut-être l\u2019homme de la situation, mais sa nomination à la tête d\u2019Investissement Québec, avec une rémunération pouvant approcher le million, ne pouvait que susciter la controverse.B On sait peu de choses des projets du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, pour augmenter l\u2019efficacité de l\u2019État, mais rien n\u2019annonce le démantèlement que certains appréhendaient.De son propre aveu, le nombre de ses employés augmentera au cours des prochaines années.Le congédiement honteux de l\u2019agronome Louis Robert le forcera à revoir sans délai la loi qui devait protéger les lanceurs d\u2019alerte.B Comme pour rassurer ceux qui s\u2019inquiètent de voir maternelles quatre ans accaparer les ressources, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a annoncé la création de 2500 nouvelles places en garderie subventionnée, dont 85 % en CPE, et relancé des projets totalisant 11 000 places additionnelles qui avaient été placées sur une voie de garage.B Caroline Proulx (Tourisme) a fait diligence pour modifier la réglementation de l\u2019hébergement touristique afin d\u2019encadrer Airbnb, qui fait une concurrence déloyale à l\u2019industrie hôtelière.B Jean-François Roberge (Éducation) s\u2019est montré arrogant envers ceux qui ne partagent pas son enthousiasme pour les maternelles quatre ans, même si ce qu\u2019il envisage est nettement en deçà des engagements de la CAQ.Imposer une deuxième récréation de 20 minutes était une bonne idée.En revanche, encadrer les frais scolaires sans inclure les programmes particuliers va consacrer la création d\u2019une école publique « à deux vitesses ».B- La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, se croyait peut-être encore au PLQ quand elle a révisé à la baisse sa promesse de créer 2600 places dans les maisons des aînés.On a dû lui expliquer que M.Legault tenait à honorer les engagements de la CAQ.B- Simon Jolin-Barrette (Immigration) en avait un peu trop sur les épaules.Il a commis une erreur de débutant en voulant détruire 18 000 demandes d\u2019immigration avant même que le projet de loi 9 soit adopté.Il a mieux géré le débat sur le projet de loi 21 sur la laïcité, mais le fait qu\u2019il cumule les deux dossiers a contribué à l\u2019engorgement des travaux parlementaires qui force le recours au bâillon.B- François Bonnardel (Transports) a veillé au grain lors de la tempête de la mi-février.Il a fait un ménage qui s\u2019imposait à la Société des traversiers.Le projet de loi 17 laissera toutefois un goût amer aux chauffeurs de taxi, malgré les compensations offertes.Son plaidoyer en faveur du « troisième lien » entre Québec et la rive sud était presque une insulte à l\u2019intelligence.B- Appelé en remplacement de Marie- Chantal Chassé, incapable de composer avec la pression médiatique, Benoit Charette (Environnement) a orchestré avec succès le virage vert du récent conseil général de la CAQ.Exclure les GES émis en amont de l\u2019évaluation du projet GNL Québec relève de la malhonnêteté intellectuelle.Il a reconnu son impuissance à faire respecter la nouvelle réglementation sur les pesticides « tueurs d\u2019abeilles ».La platitude de ce moulin à paroles est une arme redoutable, capable de décourager n\u2019importe quel adversaire.C Nadine Girault (Relations internationales) a gardé un profil bas.Puisque la politique extérieure du Québec semble se limiter au développement des affaires, il n\u2019y a pas meilleur commis voyageur que le premier ministre.C Alors que la vente d\u2019électricité était la principale raison de sa visite à New York le mois dernier, le premier ministre n\u2019a pas jugé utile de se faire accompagner par le ministre de l\u2019Énergie, Jonatan Julien, de qui relève Hy- dro-Québec.Affranchir la société d\u2019État de la Régie de l\u2019Énergie ne peut que renforcer son statut d\u2019« État dans l\u2019État ».C Trois ans après la publication d\u2019un « plan d\u2019action » pour protéger le caribou forestier, Pierre Dufour (Forêt) a reporté de trois autres années toute intervention, au grand plaisir de l\u2019industrie.Il a démontré toute sa classe en qualifiant de « torchon » les déclarations de Richard Desjardins, selon qui la situation de la forêt québécoise n\u2019a changé depuis L\u2019erreur boréale.D Nathalie Roy (Culture et Communications) a beau crier son amour du français et de la culture québécoise, on désespère de la voir passer de la parole aux actes.Un an après la publication d\u2019une première politique culturelle, on ne sait toujours pas ce qu\u2019elle en pense.Le rapport Samson, qui tenait lieu de politique linguistique à la CAQ, s\u2019empoussière sur une tablette.D André Lamontagne (Agriculture), qui s\u2019est laissé berner par son sous-mi- nistre, disait avoir autorisé personnellement le congédiement de l\u2019agronome Louis Robert, dont la protectrice du citoyen a exposé l\u2019odieux.Il a fallu que le premier ministre s\u2019excuse auprès de M.Robert pour que M.La- montagne s\u2019y résigne après avoir d\u2019abord refusé.Qualifier les fonctionnaires du ministère de l\u2019Environnement d\u2019« ayatollahs » ne témoigne pas d\u2019un grand sens politique.E * Comme d\u2019habitude, je n\u2019ai pas décerné de note au premier ministre ni aux ministres délégués.MICHEL DAVID maines, il va y avoir des changements cosmétiques, puis le pouvoir chinois va revenir à la charge.Nous sommes face à une puissance qui, en devenant une superpuissance, cherche à imposer son modèle social et politique à tous ses partenaires et voisins.Hong Kong n\u2019échappe pas à ce principe qui n\u2019a rien d\u2019étonnant.Les démocraties libérales font la même chose.Alors que la jeunesse de Hong Kong a prévenu jeudi que le mouvement n\u2019avait pas d\u2019autres choix que de se radicaliser, y a-t-il un risque réel de dérapage ?Pékin doit certainement être en train d\u2019évaluer le coût-bénéfice quand au maintien de la ligne dure.Il est aussi en train d\u2019infiltrer la société civile hongkongaise avec l\u2019intention d\u2019isoler les leaders du mouvement, pour en réduire peu à peu l\u2019ampleur.Cette tentative d\u2019appliquer la justice arbitraire de Pékin sur le territoire de Hong Kong peut-elle finir par nuire à l\u2019avenir de ce territoire autonome ?Même s\u2019il prend pour justification des accusations pénales ou des cas de criminels profitant des particularités ju- tie du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne.Une date qu\u2019il n\u2019est plus question de repousser, s\u2019il faut en croire Boris Johnson, quitte à se résoudre, dit-il, à une sortie unilatérale (hard Brexit).Celui qui avait qualifié l\u2019accord de Theresa May de « veste suicide » apparaît donc d\u2019abord comme la dernière bouée de sauvetage du parti.Ce qui ne veut pas dire qu\u2019il aura la tâche plus facile que sa prédécesseure.Si The Telegraph voit dans son ancien chroniqueur le seul « qui peut casser le moule », sa stratégie n\u2019est qu\u2019une « fiction », selon Tom Kibasi, qui s\u2019exprimait dans The Guardian.Le directeur de l\u2019influent think tank de gauche Institute for Public Policy Research estime que Johnson se frappera à la même porte close que Theresa May à Bruxelles lorsqu\u2019il tentera de renégocier l\u2019accord de sortie.Pour le savoir, il faudra tout de même attendre quelques semaines, alors que seront connus la composition de la nouvelle Commission européenne et le nom de son président.Celui qui menace de ne pas payer la facture britannique à l\u2019Union dit miser sur une nouvelle dynamique à Bruxelles.Un retour à la case départ qui lui permettrait peut-être d\u2019arracher quelques concessions symboliques sur le « filet de sécurité » (backstop) destiné à éviter les contrôles à la frontière entre les deux Irlandes.Des élections en octobre ?Pour le chef du bureau européen du Telegraph Peter Foster, le véritable avantage de Johnson est ailleurs.Seul un partisan inconditionnel du Leave serait en mesure d\u2019inspirer suffisamment confiance aux radicaux du parti pour rétablir une « paix » minimale avec Bruxelles, écrit-il.Selon lui, Johnson est le seul à pouvoir éviter à ces derniers de s\u2019enfermer dans le « cul-de- sac autodestructeur du no deal ».Quitte à leur faire adopter du bout des lèvres un accord à peine modifié.Si Boris Johnson semble mieux armé que Theresa May pour unir son parti, en cas d\u2019échec à Bruxelles, il risque de rencontrer la même opposition au parlement face à toute sortie unilatérale de l\u2019Union européenne.Mais, pour Tom Kibasi, l\u2019objectif caché de Johnson est plutôt de « provoquer une confrontation avec l\u2019Union européenne » afin de déclencher des élections générales en octobre.Johnson pourra alors rejeter la faute sur « l\u2019intransigeance et l\u2019irrationalité de l\u2019Europe, comme il le fait depuis 30 ans », écrit-il.Devant une gauche divisée et un Parti travailliste qui branle dans le manche, une victoire ne serait pas impossible.Chose certaine, chez les to- rys, seul Johnson est en mesure d\u2019affronter à la fois Jeremy Corbyn et Nigel Farage.Les exemptions d\u2019impôt annoncées par Johnson ne visent-elles pas justement les classes moyennes supérieures, qui craignent encore plus le gauchisme de Corbyn que le Brexit ?Un sondage publié par The Telegraph prédit même à Johnson un balayage à la Thatcher avec une majorité de plus de 140 députés.Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.Si les partisans de Boris Johnson vantent sa résilience, ses opposants rappellent qu\u2019un homme aussi imprévisible peut à tout moment exploser en plein vol.Ce serait d\u2019ailleurs la raison pour laquelle la lutte pour la seconde place attire autant de jeunes et ambitieux candidats\u2026 Mercredi, les tensions se sont mutées en violences.ANTHONY WALLACE AGENCE FRANCE-PRESSE diciaires de Hong Kong pour ne pas faire face à la justice chinoise, ce projet de réforme est surtout politique et ne peut que miner la confiance des Hong- kongais et des étrangers envers ce territoire et ses institutions.C\u2019est très dangereux pour Hong Kong, qui est une place financière forte pour l\u2019Asie et qui a besoin d\u2019une transparence financière et judiciaire pour le rester.Le problème, c\u2019est que dans l\u2019état actuel des choses, la Chine continentale pourrait très bien se passer de Hong Kong.Mais l\u2019inverse n\u2019est pas vrai, ce qui place cette ville-État dans une situation délicate face aux exigences de Pékin dans la réforme de la justice.Le Brexit a eu l\u2019effet d\u2019un tsunami sur la politique britannique, déracinant les loyautés partisanes tradition - nelles, devenant même pour certains une question de démocratie en elle- même RICHARD DAX » A Simon Jolin-Barrette en avait un peu trop sur les épaules.Il a commis une erreur de débutant en voulant détruire 18 000 demandes d\u2019immigration avant même que le projet de loi 9 soit adopté. B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.Avis légaux et appels d\u2019offres TOMBÉES SPÉCIALES FÊTE DE LA ST-JEAN Jour de non publication : Lundi 24 juin 2019 Publication du mardi 25 juin : Réservation et matériel le vendredi 21 juin 11 H Publication du mercredi 26 juin : Réservation et matériel le vendredi 21 juin 15 H TOMBÉES RÉGULIÈRES Les réservations doivent être faites avant 15 H pour les publications deux (2) jours plus tard.Publication du lundi : Réservation avant 11 H le vendredi Publication du mardi : Réservation avant 15 H le vendredi Téléphone : 514-985-3452 Télécopieur : 514-985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS PUBLIC DEMANDES D\u2019AUTORISATION D\u2019EXERCER UN USAGE CONDITIONNEL Les personnes intéressées sont priées de noter qu\u2019elles pourront être entendues par les membres du conseil d\u2019arrondissement qui statueront, en vertu de la procédure des usages conditionnels du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282), sur les demandes approuvant : - au rez-de-chaussée du bâtiment situé au 1622-1628, rue Sherbrooke Ouest, l\u2019usage « résidentiel », et ce, conformément au paragraphe 8° de l\u2019article 136 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Ville-Marie (01-282) [dossier 1193332002]; - au dernier étage d\u2019un bâtiment situé au 1819, boulevard René-Lévesque Ouest, l\u2019usage « bâtiment abritant un nombre illimité de logements », et ce, conformément au paragraphe 2° de l\u2019article 136 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1198399001]; - pour le bâtiment situé au 1911-2065, rue Sherbrooke Ouest, l\u2019usage « collège d\u2019enseignement général et professionnel », et ce, conformément au paragraphe 1° de l\u2019article 301 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1197400002].La séance du conseil d\u2019arrondissement au cours de laquelle seront étudiées ces demandes aura lieu le mercredi 3 juillet 2019, à 18 h 30, à la salle du conseil, 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de-chaussée.Toute personne qui désire obtenir des renseignements relativement à ces demandes d\u2019autorisation peut communiquer avec la Division de l\u2019urbanisme de la Direction de l\u2019aménagement urbain et des services aux entreprises au 514 872-9545 et en mentionnant les numéros de dossiers indiqués précédemment.Fait à Montréal, le 15 juin 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie Appel d\u2019offres Appel d\u2019offres : 201-169 Descriptif : Construction de structures de bois, installation d\u2019éclairage et de mobilier urbain et réalisation des plantations dans le cadre du réaménagement des bassins Chartier L\u2019ouverture des soumissions qui était prévue pour le 20 juin 2019 est reportée au 25 juin 2019 à 10 h à la Direction de l\u2019arrondissement de Saint-Léonard, au rez-de-chaussée de la mairie d\u2019arrondissement, située au 8400, boulevard Lacordaire, Saint-Léonard (Québec) H1R 3B1.Montréal, le 15 juin 2019.La Secrétaire d\u2019arrondissement Guylaine Champoux, avocate ALBI LE GÉANT.COM Donnant mandat d'agir en l'instance à Jean-Félix Bou- chard, huissier de justice Ci-après appelé \"le détenteur'' ET CHRISTIANE MORIN Dernière adresse connue: 4-4170 45e Rue, Montréal, (Québec H1Z 1M6 Ci-après appelé \" celui qui a confié le bien \" AVIS ET AVIS DE VENTE (SANS PRÉJUDICE) Conformément à la loi et suite à la garde de vos biens terminée depuis le 14 novembre 2018 et de l'avis expédié à cet effet le 26 novembre 2018, conformément aux règles prescrites au Code civil du Québec, AVIS DE VENTE est donné à Christiane Morin que si vous ne réclamez pas les biens confiés au détenteur, j'en disposerai en procédant à la vente desdits biens ou autrement le 26 juin 2019 à 10H00, qui se tiendra au 3601, Avenue de la Gare, Mascouche (Québec) J7K 3C1, soit à la place d'affaire du détenteur.NATURE DES BIENS : Un véhicule de marque Hyundai Accent GL, No.série : KMHCT4AE6DU567720 CONDITIONS : ARGENT COMPTANT Avis est donné à CRISTIA- NE MORIN de vous présenter au 240, Chemin de la Grande-Côte, Saint-Eusta- che, avant le 26 JUIN 2019 afin de recevoir l'avis de vente qui y est laissé à votre attention pour valoir notification.St-Eustache, le 13 juin 2019.Jean-Félix Bouchard, huissier de justice Étude J.F.Bouchard Inc., huissiers de justice 240, Chemin de la Grande- Côte, Saint-Eustache (Québec) J7P 1B5 Tel.: (514) 350-9000 ÉTATS-UNIS Le bon, la brute et le truand l était tard et Pat était seule à la maison.Elle n\u2019avait jamais aimé ça.Car dans le désert de Sonora, le soir, lorsque les Saguaro dessinent une armée d\u2019ombres qui s\u2019imprime sur les montagnes d\u2019Arizona, la nuit s\u2019anime, bruisse, chuinte, siffle, glisse, feule.Le désert revit.Ce soir-là, ça a cogné à la porte.Il y avait deux hommes.Sales.Patibulaires.Ils voulaient de l\u2019eau.Elle leur en donne.Ils repartent.Après, elle a toujours eu un tuyau branché sur l\u2019extérieur.Au cas où quelqu\u2019un aurait soif.Parce que, ajoute-t-elle, même si on a peur, on ne refuse pas l\u2019essentiel à quelqu\u2019un qui en manque.Elle a raison: lorsque la peur supplante l\u2019empathie, la société se noie.Mais voilà, alors que prolifèrent les théories du complot, la désinformation et les propos haineux, alors que la polarisation du discours public est alimentée par des politiciens en mal de (ré)élection, des influenceurs à la conquête de clics, des radicaux en mal de reconnaissance publique, il devient difficile de dissocier Al Capone d\u2019Eliot Ness.Et dans un monde pourtant loin d\u2019être celui de Gary Cooper dans High Noon, il existe des frontières \u2014 de décence, de probité, d\u2019intégrité \u2014 essentielles\u2026 mais éclipsées lorsque celui qui arbore l\u2019étoile du shérif est du côté des brigands.Le bon Depuis que Scott Warren a été arrêté, en janvier 2018, on a retrouvé 88 dépouilles dans une zone qui s\u2019étire de la frontière mexicaine à la ville d\u2019Ajo en Arizona.Ces drames sont le résultat d\u2019une politique délibérée, consciente, amorcée sous le gouvernement Clinton.En 1994, le plan stratégique de la Border Patrol (disponible en ligne) était d\u2019ailleurs sans équivoque: en renforçant la frontière en zones urbaines et en multipliant les postes de contrôle à l\u2019intérieur des États-Unis, on détournerait «le trafic migratoire vers des zones hostiles» dont les dangers «mortels» finiraient par dissuader le passage.Mais le nombre de morts dans le désert a augmenté avec celui des migrants, car la dissuasion n\u2019a pas fonctionné.Plus encore, l\u2019insécurité, les changements climatiques, la dégradation économique et les politiques de fermeture du président actuel qui fonctionnent comme un accélérant dans les mains d\u2019un pyromane, ajoutent aux flux.Or cet espace désertique est si dangereux que des organisations comme No More Deaths, dont Scott Warren était un bénévole, déposent des bidons d\u2019eau sur les sentiers empruntés par les migrants \u2014 ce que reprochent les forces de l\u2019ordre à Scott Warren, qui l\u2019ont arrêté en janvier 2018, tout comme le procureur qui a mené son procès (annulé faute de verdict le 11 juin).Mais à l\u2019heure où ces lignes sont écrites, le corps d\u2019une petite fille déshydratée de sept ans vient d\u2019être trouvé à la frontière, dans ce corridor où Scott Warren allait poser de l\u2019eau.Une petite.Morte.Seule.De soif.Parce que les politiques publiques l\u2019ont menée là.Scott ressemble à Pia Klemp, cette capitaine des navires de sauvetage Sea Watch-3 en Méditerranée, elle aussi poursuivie en Italie, parce que, tel un juste, il est animé d\u2019humanité.La brute Dans un pays où il n\u2019existe pas d\u2019obligation de porter secours, ou de délit pour non-assistance à personne en danger, les gestes d\u2019humanité de No More Deaths pèsent peu face à la sécurité nationale.Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas répréhensible pour les milices de Minutemen (selon Shane Bauer dans Mother Jones, fin 2016) ou les patrouilles frontalières (selon Francisco Cantú dans son livre The Line Becomes a River en 2018) de détruire les bidons d\u2019eau \u2014 même si cela condamne d\u2019autres humains à une mort certaine.Faut-il s\u2019étonner que, dans les jours suivant l\u2019inauguration présidentielle, des branches de l\u2019Administration soient devenues, dès le premier décret, l\u2019instrument d\u2019une politique brutale, amplifiant le jeu de la dissuasion par la violence, interprétant des normes préexistantes dans leur forme la plus dure\u2026 au point où The Atlantic titrait en septembre sur la « radicalisation du service d\u2019immigration et de douanes ».Faut-il s\u2019étonner de certains symboles, comme le choix de Fort Sill pour incarcérer prochainement 1200 migrants mineurs non accompagnés.C\u2019est sur cette base d\u2019Oklahoma que le chef Géronimo est mort après y avoir été interné avec 400 Apaches à la fin du XIXe siècle ; c\u2019est également là que 350 Nippo- Américains ont été détenus pendant la Seconde Guerre mondiale.De fait, le système a toujours été violent, et sa violence touche les Latinos, les Autochtones, les Afro-Américains.Mais l\u2019érosion des garde-fous, jusqu\u2019au sommet, en amplifie la brutalité\u2026 Le truand Jimmy Carter disait récemment à Thomas Hartmann que les États- Unis sont une « oligarchie assortie d\u2019une corruption politique sans pré- cédent ».À tous les paliers de gouvernance, et de part et d\u2019autre de l\u2019échiquier politique, expliquait-il.Notamment parce que la Cour suprême, avec Citizens United, a ouvert les vannes de la corruption électorale.Mais cela va plus loin.La méconnaissance actuelle de l\u2019exécutif de ce que représentent l\u2019intérêt national et le bien commun érode rapidement le socle du système politique.Le plus probant exemple en est la réponse du président américain interrogé sur ce qu\u2019il ferait advenant qu\u2019un agent étranger lui donne des informations sur un adversaire électoral : il resterait coi et n\u2019appellerait pas le FBI.Pourtant, la présidente de la FEC, Ellen Weintraub, vient de le clamer haut et fort : ce n\u2019est ni nouveau ni légal.Et l\u2019objectif maintes fois réaffirmé en cour (Bluman c.FEC) est de s\u2019assurer que jamais les élus ne dépendent d\u2019intérêts autres que ceux des États-Unis.Mais rien ne semble ébranler le président.Pas plus les faits prouvés que la règle de droit, ou que les enquêtes qui frappent sa campagne, son comité d\u2019inauguration, et l\u2019existence de bénéfices et de financements suspicieux du Qatar, des Émirats arabes unis, de l\u2019Arabie saoudite, de la Turquie ou de la Chine, des investigations sur la violation de lois électorales et fiscales, ou encore sur les bénéfices pécuniaires dont il bénéficierait indûment.Il est aisé de comprendre que, faute de pouvoir distinguer clairement le bon, la brute et le truand, l\u2019empathie s\u2019efface.Et que la peur domine.Mon amie Pat avait raison : nous nous y noierons.I ÉLISABETH VALLET CYRIL JULIEN À WASHINGTON SHATHA YAISH À DUBAÏ AGENCE FRANCE-PRESSE Donald Trump a rejeté vendredi les dénégations de Téhéran sur sa responsabilité dans l\u2019attaque de deux pétroliers en mer d\u2019Oman, affirmant que les dégâts subis par les navires portaient la signature de l\u2019Iran, alors que les appels au calme se sont multipliés par peur d\u2019un embrasement dans la région du Golfe.Deux pétroliers, norvégien et japonais, ont été la cible jeudi d\u2019attaques d\u2019origine indéterminée alors qu\u2019ils naviguaient près du détroit d\u2019Ormuz, un passage maritime stratégique à l\u2019échelle mondiale.Ces attaques interviennent un mois après le sabotage de quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Émirats arabes unis.Washington avait alors déjà montré du doigt Téhéran, qui avait démenti.« On voit le bateau, avec une mine qui n\u2019a pas explosé et c\u2019est signé » de l\u2019Iran, a assuré le président américain à Fox News, en s\u2019appuyant sur une vidéo publiée par le Pentagone.Celle-ci semble montrer l\u2019accostage d\u2019un des na- vires-citernes par une vedette rapide des Gardiens de la révolution, l\u2019armée idéologique du régime iranien, qui retire une « mine ventouse non explo- sée » de la coque du pétrolier.Les Gardiens « ne voulaient pas laisser de preuves derrière eux », a estimé M.Trump.Moscou, allié de l\u2019Iran, a condamné « sévèrement » les attaques et a demandé à Washington de ne pas « tirer des conclusions hâtives », alors que plusieurs analystes ont estimé que les images vidéo étaient inexploitables.L\u2019ONU a réclamé une enquête indépendante pour trouver les auteurs de l\u2019attaque.La Chine a appelé au « dialogue », tandis que l\u2019Irak, proche à la fois de Téhéran et de Washington, a prôné « l\u2019apaisement ».Londres, autre ennemi historique de la République islamique, a également estimé que l\u2019Iran était « presque certainement » responsable de l\u2019attaque.L\u2019Iran a démenti toute implication, jugeant les accusations américaines « sans fondement ».Press TV, la chaîne d\u2019information en anglais de la télévision d\u2019État iranienne, a pour sa part affirmé que les Gardiens de la révolution étaient « la force la plus proche du lieu de l\u2019incident » et que l\u2019Iran avait « été le premier à se rendre sur place pour sauver les équipages ».Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a accusé sur Twitter les États-Unis « de sabotage diplomatique et de maquillage de son #TerrorismeÉconomique contre l\u2019Iran ».Et le président iranien, Hassan Rohani, en visite au Kirghizstan, a accusé les États-Unis « de représenter une grave menace à la stabilité dans la région et dans le monde en violant toutes les règles internationales ».Washington accuse Téhéran de chercher à perturber l\u2019approvisionnement du marché mondial en bloquant le détroit d\u2019Ormuz par lequel passe 30 % du pétrole transporté par voie maritime, une menace déjà évoquée par le passé par l\u2019Iran.Mais les transporteurs maritimes sont inquiets : « Si ces eaux devenaient dangereuses, l\u2019approvisionnement de l\u2019ensemble du monde occidental pourrait être menacé », a expliqué Paolo d\u2019Amico, le président d\u2019Intertanko, une association de pétroliers dont font partie les deux propriétaires des navires touchés jeudi.Selon le propriétaire du Kokuka Courageous, l\u2019équipage a vu un « objet volant » viser le navire-citerne.« Puis il y a eu une explosion.» Signe de la fébrilité ambiante, les cours du pétrole ont terminé en hausse vendredi, les investisseurs s\u2019inquiétant des potentielles répercussions de l\u2019attaque sur le marché du brut.Pour Trump, l\u2019Iran a signé les attaques contre les pétroliers Si ces eaux devenaient dangereuses, l\u2019approvisionnement de l\u2019ensemble du monde occidental pourrait être menacé PAOLO D\u2019AMICO » Donald Trump B 7 LE DEVOIR D\u2019HISTOIRE LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 À Une éducatrice de terrain Le féminisme de Laure Gaudreault se vit dans la quête de meilleures conditions d\u2019enseignement l\u2019heure où la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite « revaloriser » la profession enseignante, qu\u2019en penserait la syndicaliste Laure Gaudreault (1889- 1975) qui a commencé son parcours scolaire à l\u2019adolescence parce qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019école dans son rang natal ?Elle en serait sans doute fort surprise.La fondatrice de l\u2019Association catholique des institutrices rurales, mise en place en 1936, a dû compter sur la formation acquise auprès de sa mère pour apprendre à lire, à écrire et à compter.Mme Gaudreault était pourtant reconnue comme une élève très avancée dans sa scolarisation à son arrivée au couvent des Sœurs de la charité de La Malbaie en 1902.Deux ans plus tard, elle étudie déjà à l\u2019école normale de Québec en vue de devenir enseignante.Elle n\u2019a que 16 ans en 1906 lorsqu\u2019elle commence à donner ses cours aux Éboulements dans Charlevoix.Les maternelles quatre ans universelles n\u2019étaient pas à l\u2019ordre du jour à l\u2019époque de Laure Gaudreault.Cette pionnière du syndicalisme enseignant donnait néanmoins la priorité à une éducation de qualité qui pourrait rejoindre plusieurs de nos préoccupations actuelles.La priorité de l\u2019éducation Si le gouvernement actuel peut définir l\u2019éducation comme une priorité, cela n\u2019était pas aussi évident au temps de Laure Gaudreault.Née dans une famille où l\u2019éducation est bien vue, avec une mère très scolarisée pour son époque, elle grandit toutefois dans une société où l\u2019agriculture prime.Ses contemporains ne considèrent pas la formation des enfants comme un atout important, préférant garder tous les membres de la famille et surtout les jeunes au service de la culture de la terre.Peut-être que le fait d\u2019avoir été incapable d\u2019aller à l\u2019école en bas âge fait-il émerger chez Laure Gaudreault cette conscience de la nécessité de l\u2019accès à l\u2019enseignement ?Mais retenons que son parcours est un peu hors-norme dans le Charlevoix plutôt traditionaliste de la fin du XIXe siècle.Laure Gaudreault, femme célibataire et éduquée, se démarque de son époque et de sa société immédiate par sa volonté d\u2019accorder une priorité à l\u2019éducation des jeunes.Bien qu\u2019elle ait choisi l\u2019enseignement, elle se rebelle bientôt contre cette tâche qu\u2019elle juge ingrate.Après un peu moins de quinze ans dans des écoles de rang, Mme Gaudreault devient en 1929 l\u2019une des premières femmes à occuper une fonction de journaliste au Québec, au Progrès du Saguenay à Chicoutimi.Elle y tient une sorte de « courrier du cœur » qu\u2019elle signe du titre de « Cousine Laure ».Bien mal lui en prit puisque plusieurs des lettres reçues proviennent d\u2019institutrices rurales malheureuses.Laure Gaudreault connaît bien leurs récriminations, qui sont la cause de son propre retrait de l\u2019enseignement : faibles salaires (100 $ par année), renvoi de l\u2019institutrice chaque année, impossibilité de se marier et de continuer à enseigner, conditions de vie misérable dans les écoles de rang, isolement face au harcèlement des membres peu instruits de commissions scolaires qui sont alors paroissiales.Le germe de l\u2019engagement Contre toute attente, Laure Gaudreault, qui aurait pu se contenter d\u2019un poste avantageux de journaliste, revient à l\u2019enseignement en 1931.Le désir de changer les choses a germé en elle.Ici, il est important de ne pas négliger le fait qu\u2019elle possédait déjà une réflexion sociale avancée lorsqu\u2019elle décide de s\u2019impliquer dans le monde de l\u2019éducation et du syndicalisme enseignant.Laure Gaudreault connaît bien l\u2019encyclique Rerum Novarum (Quelque chose de nouveau) parue en 1891 sous l\u2019égide du pape Léon XIII.Un ami de sa famille, Mgr Eugène Lapointe (1860- 1940), fut le pionnier du syndicalisme catholique au Québec et, dès lors, elle a bien saisi la nécessité d\u2019agir dans le « monde social ».Pour tout dire, en 1966, alors qu\u2019elle termine sa vie active, Laure Gaudreault cite encore des extraits de l\u2019encyclique Rerum Nova- rum, qui reste au cœur de son engagement.Elle en retient notamment la notion de misère imméritée pour définir la situation des institutrices rurales.L\u2019engagement de l\u2019enseignante est bientôt total.En 1937, elle devient une syndicaliste rémunérée à temps plein (450 $ par année) au moment de la création de la Fédération catholique des institutrices rurales du Québec.Elle prend conscience de l\u2019ampleur de sa tâche et se répète souvent à elle- même et dans ses discours publics : « Ce n\u2019est pas parce que personne ne parle que la justice règne.» Laure Gaudreault doit négocier avec des commissions scolaires paroissiales dirigées par des personnes de la localité, sans formation.Elle parcourt le Québec en auto, sur de bien mauvais chemins, afin d\u2019assurer la syndicalisation des institutrices rurales.Elle connaît rapidement du succès et elle gagne ses causes.En 1944, le gouvernement libéral d\u2019Adélard Godbout accorde le droit d\u2019arbitrage et la reconnaissance syndicale aux institutrices rurales.Ce gain est toutefois annulé deux ans plus tard sous la gouverne de Maurice Duples- sis, qui est plutôt sensible aux désirs des milieux ruraux peu enclins à favoriser l\u2019éducation.Ces femmes que représente Laure Gaudreault n\u2019ont que peu de grâce aux yeux de Duplessis, qui les traite de « vieilles filles ».Plus que jamais, Mme Gaudreault mène un syndicalisme de combat.Elle se qualifie alors d\u2019excessive dans sa tâche, et non de modérée.Sans surprise, elle voue une haine féroce à Maurice Duplessis et, après une négociation encore une fois improductive, elle dira de manière presque vindicative : « Si Duplessis frappe un poing sur le bureau, j\u2019en frappe deux.» Il faudra attendre son successeur, Paul Sauvé, en 1959, pour que les enseignantes retrouvent leur droit à l\u2019arbitrage et que leur salaire fasse un bond notable en passant de 600 à 1500 $.Une négociation presque miraculeuse qui couronne d\u2019un réel succès les années difficiles vécues par Laure Gaudreault.Avant-garde Faut-il penser qu\u2019à la veille de la Révolution tranquille, la venue plus grande d\u2019hommes (autres que des religieux) dans le milieu de l\u2019enseignement ait favorisé ce succès ?Laure Gaudreault a vu clairement que la tâche d\u2019enseigner fut d\u2019abord comblée surtout par des femmes et que cela a rendu cette fonction sans doute moins valorisée.Elle se moquera d\u2019ailleurs de son curé de la paroisse de Clermont, l\u2019abbé Félix- Antoine Savard (1896-1920), l\u2019auteur de Menaud, maître-draveur, qui la qualifie de « communiste » puisqu\u2019elle n\u2019accepte pas, selon lui, le sacrifice nécessaire des institutrices qui leur accordera « une étoile dans le ciel après leur mort ! ».Laure Gaudreault veut plutôt du changement, des conditions meilleures dans cette vie pour les institutrices et le plus tôt possible.Féministe, elle le sera en lien avec sa classe sociale et dans la modestie, raillant quelque peu les suffragettes qui vont, selon elle, « promener leurs toilettes à Québec ».Naturellement en accord avec le droit de vote des femmes, l\u2019engagement féministe de Laure Gaudreault se vivra au quotidien dans la revendication concrète de conditions matérielles afin d\u2019améliorer la vie et le sort de femmes enseignantes d\u2019une condition plutôt humble.L\u2019apport de Laure Gaudreault dans la valorisation de l\u2019éducation au Québec est inestimable.Avec la Révolution tranquille, elle a vu venir avec satisfaction la création du ministère de l\u2019Éducation et l\u2019accès plus facile à l\u2019éducation pour les jeunes du Québec.Pionnière du syndicalisme québécois, elle a pu paraître plus conservatrice ou même réactionnaire avec le temps, s\u2019opposant notamment à l\u2019usage de la grève dans le monde scolaire.C\u2019était sans doute un effet du temps et peut-être la crainte des changements rapides qui se produisaient alors.À la fin de sa vie, elle craignait même d\u2019avoir été à l\u2019origine d\u2019un mouvement syndical devenu trop imposant.En fait, Laure Gaudreault a toujours conservé une vision exigeante de la tâche de l\u2019enseignante.Ses convictions, avec le temps, la portaient plus encore vers un « ordre enseignant » que vers le syndicalisme que nous connaissons actuellement.L\u2019engagement de Laure Gaudreault est celui d\u2019une éducatrice de terrain et les mots suivants définiraient bien cette grande dame : entêtée, pragmatique, engagée, fervente, concrète.Au fond, elle restera au service des plus humbles et ne négociera jamais à la baisse les conditions matérielles requises afin d\u2019assurer une éducation de qualité et la reconnaissance du droit à l\u2019éducation.Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d\u2019histoire le défi de décrypter un thème d\u2019actualité à partir d\u2019une comparaison avec un événement ou un personnage historique.SERGE GAUTHIER Centre de recherche sur l\u2019histoire et le patrimoine de Charlevoix En 1937, Laure Gaudreault devient une syndicaliste rémunérée à temps plein (450 $ par année) au moment de la création de la Fédération catholique des institutrices rurales du Québec.Elle prend conscience de l\u2019ampleur de sa tâche et se répète souvent à elle-même et dans ses discours publics : « Ce n\u2019est pas parce que personne ne parle que la justice règne.» COLLECTION SOCIE?TE?D\u2019HISTOIRE DE CHARLEVOIX Pour proposer un texte ou pour faire des commentaires et des suggestions, écrivez à Dave Noël à dnoel @ledevoir.com Serge Gauthier LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin i le gouvernement fédéral va de l\u2019avant avec le projet de loi C-69 réformant le processus d\u2019évaluation environnementale, il risque de provoquer rien de moins qu\u2019une crise constitutionnelle, ont averti les cinq premiers ministres conservateurs provinciaux dans une lettre transmise mardi à leur homologue fédéral Justin Trudeau.Ils invoquent deux raisons fort différentes : le manque de respect de la compétence des provinces en matière de gestion des ressources naturelles et les obstacles que pourraient rencontrer les projets énergétiques majeurs.L\u2019opposition au projet C-69 n\u2019est pas une fiction.Elle est si vive dans certaines régions que le Sénat a cru bon de tenir des audiences à travers le pays sur le sujet.Cela s\u2019est terminé avec le dépôt d\u2019un nombre record d\u2019amendements, 229 au total.Jeudi soir, la Chambre, avec sa majorité libérale, en a disposé.Elle en a retenu ou modifié 99, pratiquement tous présentés par des sénateurs indépendants.Les sénateurs doivent maintenant décider s\u2019ils acceptent ou non le verdict des Communes.Le premier ministre Justin Trudeau, qui tient à cette réforme, n\u2019a pas apprécié la lettre des cinq chefs conservateurs.Sa réaction vive n\u2019est pas étrangère au fait que la démarche des premiers ministres provinciaux est entachée de forts relents partisans et d\u2019un désintérêt pour l\u2019environnement.Les deux premiers ministres qui font le plus de bruit, l\u2019Ontarien Doug Ford et l\u2019Albertain Jason Kenney, sont déjà en campagne pour défaire les libéraux fédéraux en octobre prochain.Et en demandant de tuer le projet de loi ou d\u2019accepter TOUS les amendements du Sénat, ils ne veulent rien de moins que donner préséance aux intérêts de l\u2019industrie pétrolière.Plusieurs des amendements mis en avant par les conservateurs au Sénat visaient d\u2019ailleurs à soustraire à un examen des volets complets des sables bitumineux et auraient affaibli les obligations d\u2019Ottawa envers les Autochtones.La crainte de voir ressurgir le sentiment d\u2019aliénation de l\u2019Ouest, un scénario qu\u2019agite volontiers M.Kenney, ne peut justifier de conserver le processus d\u2019évaluation bancal du gouvernement Harper.La contestation de ses conclusions dans les dossiers des pipelines Northern Gateway et Trans Mountain a mené à la suspension par les tribunaux des autorisations accordées à cause, entre autres, de consultations insuffisantes auprès des Autochtones et de l\u2019absence de prise en compte de leurs préoccupations.Si le respect des principes du fédéralisme motivait la démarche de ces premiers ministres, il aurait mieux valu qu\u2019ils joignent leurs voix à celle du Québec, qui exige qu\u2019on corrige un travers de longue date du processus fédéral, soit le peu de respect pour les compétences des provinces en matière d\u2019évaluation environnementale, car sur ce point ils n\u2019ont pas tort.Mais voilà, contrairement à eux, le Québec ne s\u2019oppose pas à la modernisation de la loi fédérale ni à des évaluations plus rigoureuses.Québec veut des dispositions permettant de réellement appliquer le principe « un projet, une évaluation », et ainsi mettre fin aux dédoublements et aux délais inutiles.Pour ce faire, il veut qu\u2019on reconnaisse la pleine légitimité des examens provinciaux, surtout quand ils sont menés avec rigueur comme au Québec, et ce, sans les subordonner au régime fédéral.Ottawa hésite devant la faiblesse de certains processus provinciaux.Ses changements en faveur d\u2019une plus grande collaboration sont cependant encore loin du compte, confie-t-on à Québec.Les sénateurs, qui se présentent en défenseurs des provinces, devraient profiter de l\u2019aller-retour du projet C-69 pour insister sur ce point en s\u2019inspirant des positions historiques du Québec.Quant au gouvernement Trudeau, il devrait saisir l\u2019occasion pour finalement y répondre favorablement.Louis-Pierre Beaudry Piéton, cycliste et automobiliste, Québec Avec l\u2019arrivée de l\u2019été et le retour des déplacements actifs, la rage ordinaire sévit de plus belle dans les rues de Québec.Libre des troubles hivernaux, le trafic de l\u2019heure de pointe semble devenir d\u2019autant plus absurde et intolérable pour les automobilistes.Les mettant en lutte féroce, le trafic arrache le meilleur des gens.Selon le regard de haine reçu cette semaine d\u2019une femme dans son VUS sur le boulevard Charest, ce ne serait même plus légitime de critiquer quelqu\u2019un d\u2019avoir traversé sur un feu rouge alors que des piétons s\u2019étaient engagés, soi-disant protégés par leur feu exclusif.Frustrée par le trafic, cette automobiliste a mis tout le monde à risque pour 50 pieds.Et pour mieux terminer sa course au feu suivant.Il est de bon ton de souligner que les voitures ne sont pas les seules fautives et que de nombreux cyclistes et piétons ne respecteraient pas systématiquement le Code de la route.C\u2019est vrai et cela doit être critiqué\u2026 mais à la hauteur de la gravité que cela représente.Parce qu\u2019il ne fait aucun doute que le principal problème reste que de nombreux automobilistes de Québec se sentent comme les seuls usagers légitimes du réseau routier et qu\u2019un trop grand nombre d\u2019entre eux adoptent des comportements dangereux envers les autres.La rage ordinaire au volant à Québec LIBRE OPINION ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE Écoutez le Québec INVESTISSEMENT QUÉBEC Le pari ambitieux de Fitzgibbon S e ministre de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation, Pierre Fitzgibbon, a annoncé une révision en profondeur de l\u2019intervention de l\u2019État dans l\u2019économie.Investissement Québec (IQ) en mènera large : elle deviendra l\u2019instrument privilégié pour soutenir le démarrage et la croissance des entreprises québécoises, assurer l\u2019automatisation et le virage numérique des PME, stimuler les exportations et attirer les investissements étrangers.IQ prend sous sa coupe des activités du ministère de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation (MEI) et du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF).Pour le meilleur et pour le pire, le gouvernement Legault imprime une approche commerciale aux relations internationales, comme en font foi les changements qu\u2019il a apportés aux délégations et bureaux du Québec à l\u2019étranger.Le ministre a heureusement renoncé à couper les vivres à Montréal International et à Québec International, deux organismes financés en partie par le secteur privé qui font de la prospection à l\u2019étranger.Les effectifs d\u2019IQ doubleront pour passer à 1000 personnes, dont un certain nombre proviendront du ministère.Les salaires et bonis de ses dirigeants seront relevés, question de s\u2019arrimer à la rémunération du secteur privé.On sait que le président, Guy LeBlanc, touchera un demi-million par an, auquel peut s\u2019ajouter une rémunération variable de l\u2019ordre de 450 000 $.IQ voit ses fonds propres augmenter de 1 milliard.La capacité d\u2019intervention d\u2019IQ en capital de risque sera considérablement augmentée, d\u2019autant plus que les exigences de rendement seront réduites.On ne peut qu\u2019espérer que cette expansion ne viendra pas du remplacement des joueurs existants, comme le Fonds de solidarité, Desjardins ou la Banque Nationale.Pierre Fitzgibbon veut doubler les investissements étrangers au Québec, de 3,5 à 7 milliards, et augmenter les exportations de plus de 50 % en dix ans.Puisqu\u2019une grande partie de la rémunération des dirigeants d\u2019IQ sera variable, les primes qu\u2019ils encaisseront devront être véritablement liées à leur performance, et non pas au rendement des portefeuilles constitués par l\u2019ancienne équipe ou encore à des fluctuations qui ne dépendraient pas des actions d\u2019IQ.Comme le faisait remarquer récemment la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, la rémunération incitative des hauts dirigeants de sociétés d\u2019État comme IQ atteignent ou dépassent souvent la cible établie, et ce, sans égard à la performance individuelle.C\u2019est le temps de mettre fin à cette pratique.L ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu En séparant les piétons par des feux exclusifs, on déresponsabi- lise les automobilistes et on envoie comme message qu\u2019il ne devrait y avoir, lorsque le feu est vert, aucun obstacle à leur déplacement.Les vélos les frustrent alors d\u2019autant plus \u2014 même hors pointe, même lorsqu\u2019il y a de nombreuses voies pour les dépasser \u2014 parce que leur présence pourrait nuire à cette fluidité espérée.Pas étonnant, alors, de se faire couper dangereusement à 23 h sur Dorchester par des voitures qui veulent tourner à droite et qui ne veulent surtout pas attendre trois secondes, le temps de franchir la rue transversale.Comment peut-on s\u2019attendre à ce que les conducteurs soient vigilants et prudents, alors que tout est fait pour leur faciliter un passage prioritaire sans obstacle et sans préoccupation ?Comment peut-on espérer que ces automobilistes cessent de croire qu\u2019ils sont rois de la route alors que tout le leur fait croire, que ce soit les infrastructures, les animateurs de radio ou, indirectement, l\u2019absence de surveillance routière sérieuse au centre-ville ?Tout comme M.Labeaume l\u2019a fait, il est temps que les résidents de Québec réalisent qu\u2019ils habitent dans une grande ville ; que dans une grande ville et surtout en son centre, beaucoup de gens se déplacent autrement qu\u2019en voiture ; que la conduite d\u2019une voiture exige une responsabilité et une prudence aussi importantes que les risques en jeu; qu\u2019elle n\u2019a pas priorité sur les autres modes de transport ; et, surtout, qu\u2019une seconde gagnée ne vaut pas une vie, ni une égratignure, ni même une tôle froissée.La Ville de Québec et M.Labeaume doivent maintenant prendre les moyens de ces nouvelles ambitions et lancer une réflexion courageuse qui dépasse le symbole et qui s\u2019attaque aux racines du problème.Le maire Labeaume en a même fait grand cas cette semaine, affirmant que la Ville devra éduquer ses automobilistes et changer leur culture au volant en investissant « des millions de dollars dans l\u2019affichage ».Si on ne peut qu\u2019applaudir cette prise de conscience de l\u2019administration, force est de constater que la profondeur du problème exigera des solutions qui dépassent une bonne signalisation et des publicités ciblées.L\u2019automobile reste centrale Du côté de la Ville et de ses infrastructures, malgré le bon vouloir de plusieurs fonctionnaires, l\u2019automobile reste toujours bien centrale.Notamment, la rapidité et la fluidité du trafic continuent d\u2019être les principales préoccupations pour la gestion du réseau routier, comme en témoignent l\u2019aménagement des boulevards, la durée des cycles des feux de circulation et, surtout, leur synchronisation qui assure de pouvoir traverser la ville avec le moins d\u2019obstacles possible.Les conducteurs, quant à eux, orientent leurs comportements et leurs attentes en fonction de ces infrastructures.Préoccupés d\u2019optimiser leurs déplacements, ils apprennent les « raccourcis » dans les rues résidentielles, les cycles de synchronisation des feux et la vitesse à laquelle ils doivent rouler, parfois bien au-delà de 50 km/h, pour tous les traverser rapidement.Tout le reste devient secondaire et le système leur donne raison.Le Devoir laisse en blanc l\u2019espace réservé à la caricature en hommage à notre dévoué caricaturiste Michel Garneau, dit « Gar- notte », qui a animé et coloré cet espace pendant 23 ans, pour le délice de nos lecteurs et lectrices.Ce vide est la meilleure description de nos sentiments.Le personnel du Devoir est sans mots à la suite de l\u2019annonce de son départ à la retraite en raison de problèmes de santé.Garnotte a rangé ses crayons sur les conseils de son médecin.Ce n\u2019était pas notre souhait, ni le sien.Depuis 2016, il évoluait dans Garnotte laisse un vide CUQ, pour Caricaturistes unis du Québec ! Bado (Le Droit), Boris (Montreal Gazette), Chapleau (La Presse), Côté (Le Soleil), Pascal (Le Devoir) et YGreck (Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec) dessinent exceptionnellement en page B 2 et B 3 un hommage à Garnotte.Leur témoignage vous apprendra tout ce qu\u2019il faut savoir de Garnotte.Son humanisme et son humilité lui ont valu l\u2019appréciation de ses pairs et des lecteurs.Son regard nous manquera.LE DIRECTEUR, BRIAN MYLES une semi-retraite heureuse, en partageant le travail de caricaturiste avec notre collaborateur Pascal Élie.Cette cohabitation harmonieuse aurait pu durer encore quelques années n\u2019eût été l\u2019impérative nécessité pour Gar- notte de ralentir la cadence.Nous ne choisissons pas la condition humaine, nous la subissons.Nous pouvons cependant témoigner notre solidarité et notre empathie à ceux qui traversent une épreuve, comme le fait aujourd\u2019hui un assemblage de crayons parmi les plus aiguisés de la boîte.Appelons-les les MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC Pierre Fitzgibbon veut doubler les investissements étrangers au Québec, de 3,5 à 7 milliards B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.ÉLECTIONS FÉDÉRALES Un chef en sursis D eux sondages sortis cette semaine sur les intentions de vote au niveau fédéral ne feront rien pour calmer le mécontentement grandissant de plusieurs libéraux à l\u2019égard de leur chef.Plus la date des élections approche, plus la nervosité gagne les rangs du Parti libéral du Canada.Après l\u2019Institut Angus Reid, c\u2019était au tour vendredi de la firme Léger de déceler la tendance.Alors que les libéraux comptaient faire des gains au Québec en octobre afin de compenser une perte de sièges ailleurs au Canada, le PLC risquerait plutôt d\u2019être balayé de la carte à l\u2019extérieur de grande région de Montréal, à quelques exceptions près.Bien sûr, à plus de quatre mois des élections, rien n\u2019est coulé dans le béton.Si les campagnes de 2011 et de 2015 nous ont appris une chose, c\u2019est que les Québécois sont les électeurs les plus « mobiles » au pays.Alors, il est impossible de prévoir où ils se caseront le 21 octobre.C\u2019est une autre histoire ailleurs au Canada, où l\u2019électorat semble de plus en plus décidé.En quelques mois à peine, l\u2019image de M.Trudeau en tant que premier ministre progressiste et généreux s\u2019est transformée en celle d\u2019un chef arrogant et poseur qui manque terriblement de substance.L\u2019affaire Jody Wilson-Raybould y est pour quelque chose.Mais c\u2019est loin d\u2019être la seule raison qui explique le désenchantement de plus en plus de Canadiens envers M.Trudeau.Sa gestion de l\u2019affaire Meng Wanzhou, arrêtée à Vancouver en décembre dernier à la demande des États-Unis, a mené à une sérieuse détérioration des relations entre le Canada et la Chine.Le comportement de M.Trudeau dans ce dossier a miné la confiance de nombreux Canadiens, surtout dans la communauté d\u2019affaires et dans les sphères diplomatiques.Au niveau national, les sondages Angus Reid et Léger accordent une avance respective de onze et de neuf points de pourcentage au Parti conservateur d\u2019Andrew Scheer sur les troupes de M.Trudeau.Le PCC serait même en avance au Québec, bien que (comme nous avons souligné ci-dessus) l\u2019électorat québécois puisse toujours réserver des surprises.Mais l\u2019avance des conservateurs dans les banlieues de Toronto et de Vancouver, là où les élections fédérales se décident souvent, se confirme de sondage en sondage.De quoi inquiéter les stratèges du PLC.Or, il y a deux semaines, la chroniqueuse du Toronto Star Chantal Hébert écrivait qu\u2019un groupe de libéraux influents avait discuté, lors d\u2019une conférence téléphonique récente, du remplacement de M.Trudeau par l\u2019ancien gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney.Ce dernier, dont l\u2019actuel mandat comme gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre se termine en janvier prochain, serait recruté pour devenir chef du PLC non seulement advenant une défaite électorale, mais aussi si M.Trudeau ne réussissait qu\u2019à former un gouvernement minoritaire en octobre.Les troupes libérales ne tarderaient pas à le limoger en faveur de M.Carney en vue d\u2019élections précipitées.Les ministres libéraux ont vite cherché à discréditer cette hypothèse.Il n\u2019empêche que la cote de M.Trudeau a chuté au sein de son propre parti, y compris chez les députés libéraux qui peinent à avoir l\u2019oreille de leur chef.En privé, d\u2019anciens hauts gradés du PLC sous Jean Chrétien et Paul Martin sont de plus en plus critiques envers M.Trudeau.Et depuis le départ de Gerald Butts comme secrétaire principal en février dernier, M.Trudeau manque sérieusement de mains expérimentées au bureau du premier ministre.C\u2019est ainsi que M.Chrétien serait lui-même intervenu pour recommander que le gouvernement Trudeau abandonne les démarches d\u2019extradition concernant Mme Meng, la chef financière du géant chinois des télécommunications Huawei, qui est accusée par les États-Unis d\u2019avoir violé les sanctions américaines contre l\u2019Iran.Mme Meng est actuellement en attente de son procès, mais selon le Globe and Mail, M.Chrétien aurait recommandé que le ministre de la Justice, David Lametti, se prévale de son pouvoir discrétionnaire pour mettre fin au processus d\u2019extradition, afin de réparer les relations avec la Chine, qui détient deux Canadiens en guise de représailles pour l\u2019arrestation de Mme Meng et bloque les importations canadiennes du canola de du porc.La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a immédiatement rejeté cette recommandation \u2014 avec raison.Le gouvernement Trudeau est déjà accusé d\u2019avoir essayé d\u2019influencer les affaires judiciaires concernant SNC- Lavalin et le vice-amiral Mark Norman.Et il a toujours maintenu que le procès de Mme Meng doit être mené indépendamment de toute pression politique.Mais les critiques, dont M.Chrétien fait partie, croient que le Canada est tombé dans le piège du président Donald Trump en arrêtant Mme Meng et que les conséquences \u2014 dont une guerre froide avec la Chine \u2014 coûteront très cher à l\u2019économie canadienne.Selon plusieurs libéraux, un chef plus futé ne se retrouverait pas dans un tel pétrin.C\u2019est pourquoi, à la veille des élections fédérales, M.Trudeau est plus que jamais un chef en sursis.Pierre Desjardins Philosophe Il semble que de larges pans de nos sociétés se retrouvent maintenant dans un no man\u2019s land difficilement compréhensible rationnellement.Ce qui se passe en France avec les gilets jaunes en est un bon exemple.Objectivement pourtant, tout devrait être d\u2019une extrême simplicité : étant donné la mondialisation des marchés, les tensions politiques devraient simplement être réduites à des considérations économiques.Il n\u2019y a pas si longtemps, la population se sécurisait en se disant membres d\u2019une grande classe moyenne.Ainsi, personne ne se sentait exclu du système économico-technique, un système puissant qui se présente pour la plupart d\u2019entre nous comme le garant de notre santé et de notre bonheur sur terre\u2026 Mais il est clair d\u2019ores et déjà qu\u2019une grande partie de la population a été exclue de ce trop beau système : nos cen- tres-villes inhabités et nos banlieues surpeuplées en sont l\u2019éloquent témoignage.Confinés et isolés faute d\u2019une vie citoyenne conviviale, beaucoup d\u2019individus s\u2019enferment alors, par le truchement des médias sociaux, dans des groupes marginaux: ils forment alors des minorités socioculturelles particulières, minorités auxquelles ils s\u2019identifient avec enthousiasme.Celles-ci ont pour mission d\u2019asseoir et de défendre leurs identités.Elles sont de différentes natures : ethniques, religieuses, d\u2019orientations sexuelles ou autres.Mais ces nouvelles minorités, de par leur caractère bien spécifique, s\u2019opposent à l\u2019ensemble, favorisant ainsi une certaine paranoïa sociétale.Un peu comme si les individus, écrasés sous le poids du système économico-tech- nique trop puissant, étaient maintenant incapables d\u2019exprimer leurs ressentiments profonds sans l\u2019intermédiaire de groupes revendicateurs.Fanatisme obsessionnel On comprendra que cet ultime recours crée un dangereux précédent.En effet, ces nouvelles entités socioculturelles agissantes, fonctionnant le plus souvent à contre-courant, sont portées à exacerber leur identité, ce qui, dans certains cas, dégénère en un fanatisme obsessionnel.Les exemples d\u2019une pareille attitude ne manquent pas aujourd\u2019hui : groupes antiavortement ou pro-choix, groupes favorables au port du voile ou carrément contre, groupes pro-environ- nement ou partisans du développement économique à tout prix, autant de groupes défendant farouchement leur point de vue envers et contre tous ! L\u2019essor de tous ces groupes ne favorise en rien le développement démocratique.Car les débats qui s\u2019y passent n\u2019ont jamais lieu, comme on pourrait s\u2019y attendre, sur la place publique, mais à travers les médias sociaux entre membres initiés, soit en marge de l\u2019ensemble de la société.Évidemment, certains pourraient rétorquer que ces minorités forment une culture marginale ou ce que l\u2019on pourrait appeler une contre-culture, ce qui en soi pourrait être valable.Ceux-ci pourraient même ajouter que, devant une culture générale qui, d\u2019année en année, s\u2019est vue dépossédée d\u2019éléments consensuels structurants, cette contre-culture extra-muros constitue le seul lien social encore valable.Cependant, l\u2019expansion rapide de ces groupes de pression mine la possibilité d\u2019une vie en société normale, car il n\u2019existe plus, comme autrefois, d\u2019appartenance culturelle collective suffisamment forte permettant d\u2019absorber positivement ces nombreuses marginalités en pleine expansion.Le développement tous azimuts de celles-ci favorise plutôt l\u2019antagonisme social et enferme la population dans un mode presque schizophrénique : nous nous retrouvons en effet coincés à choisir entre, d\u2019une part, une appartenance idéologique à un de ces groupes à caractère plus ou moins totalitaire et, d\u2019autre part, un laisser-aller débonnaire à la consommation.Nos espoirs, nos désirs et nos pensées profondes sont en réalité incompatibles avec cet univers disloqué fait de totalitarismes idéologiques, un univers où nous sommes condamnés à n\u2019être que des agents revendicateurs radicaux.On comprendra également que, dans un contexte aussi étroit, la haine s\u2019installe facilement entre factions adverses\u2026 Ces nouvelles entités favorisent en effet une nette fracturation sociale et, éventuellement, comme on l\u2019a vu en France, la désobéissance civile et le recours à la violence.Notons comment, chez nous, l\u2019adoption par le gouvernement du Québec d\u2019une loi comme la loi 21, en exacerbant les esprits, contraint les citoyens à se réfugier, de part et d\u2019autre, dans des groupes revendicateurs au caractère totalitaire.Ce qui vient malheureusement miner toute possibilité de cohésion sociale.La nouvelle fracturation sociale Jérôme Beaugrand-Champagne Avocat Nos cœurs ne peuvent qu\u2019être émus par le courage du million de femmes et d\u2019hommes de Hong Kong qui ont manifestés pacifiquement cette semaine pour décrier le projet de loi sur l\u2019extradition, projet qui mettrait les citoyens de Hong Kong, les étrangers et les voyageurs sur le territoire de Hong Kong à la merci du système judiciaire chinois, qui est fortement politisé.Cela mettrait en danger plus de 300 000 Canadiens résidant à Hong Kong.Selon lord Patten, chancelier de l\u2019Université d\u2019Oxford, « le projet de loi sur l\u2019extradition ferait disparaître le pare-feu entre la règle de droit de Hong Kong et le concept du droit qui prévaut dans la Chine communiste ».En 2017, le juge en chef de la Cour suprême de Chine a rejeté le concept de l\u2019indépendance judiciaire sous prétexte que c\u2019est une pensée occidentale erronée.Nous sommes témoins de l\u2019application arbitraire de la loi en Chine avec l\u2019arrestation de deux Canadiens, MM.Kovrig et Spavor, qui, à ce jour, se voient toujours refuser le droit à un avocat.Le 12 juin, la police de Hong Kong a utilisé du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc sur des manifestants pacifiques en blessant plusieurs personnes.Des recherches illégales ont été effectuées par la police de Hong Kong, et Telegram, la plate- forme de messagerie cryptée, a signalé une cyberattaque massive « essentiellement en provenance de Chine ».L\u2019application a été largement utilisée par les manifestants à Hong Kong.Ces manifestations ne peuvent pas être comparées aux grabuges faits en France par certaines personnes lors des rassemblements des gilets jaunes.L\u2019ONG Human Rights Watch a accusé la police de Hong Kong d\u2019avoir utilisé « une force excessive » contre les manifestants.Censure Selon les médias internationaux, dont la BBC, les autorités chinoises ont censuré les manifestations de Hong Kong sur les réseaux sociaux chinois en supprimant des articles qui ne respectent pas la ligne officielle du Parti communiste.Sur Sina Weibo, l\u2019équivalent de Facebook en Chine, toute publication qui faisait référence aux manifestations, ou à Hong Kong en général, étaient soit supprimée, soit soigneusement contrôlée.Sur la même plateforme Sina Weibo, le premier ministre du Canada, M.Justin Trudeau, a un compte officiel, où il publie diverses nouvelles semblables à celles que nous pouvons retrouver sur son compte Twitter.Malheureusement, le contenu de son blogue Sina Weibo n\u2019est pas un miroir complet de son compte Twitter.Sina Weibo censure non seulement les manifestations à Hong Kong, mais a aussi censuré tout contenu LGTBQ2 l\u2019an dernier, ce qui a suscité un tollé massif en Chine et, sous pression, Sina Weibo a dû infirmer sa décision.Le mois dernier, Sina Weibo a censuré tous les articles et commentaires qui comportent le mot- clic #les (court pour « lesbienne »).De nombreuses ambassades, y compris l\u2019ambassade du Canada à Beijing, ont un blogue officiel sur Sino Weibo qui permet de relayer des informations sur les échanges commerciaux et culturels entre les pays.Pour plusieurs diplomates, la «Weiplomacie» était un moyen de rejoindre un grand nombre de citoyens chinois afin qu\u2019ils puissent découvrir notre pays.Selon M.Fergus Ryan, auteur du rapport «Weibo Diplomacy and Censorship in China» pour l\u2019Australian Strategic Policy Institute, Sina Weibo censure périodiquement des articles publiés sur son site par les ambassades qui sont considérées comme sensibles, ou pour simplement éviter que certains messages deviennent viraux en Chine.Pourquoi M.Trudeau ne décrie-t-il pas la censure de Sina Weibo et ne prend-il pas l\u2019initiative de fermer son compte si Sina Weibo ne corrige pas sa pratique de censure ?Ou encore mieux, utiliser son compte Sina Weibo pour démontrer sa solidarité avec les manifestants de Hong Kong et la liberté d\u2019expression ! Nous ne devrions jamais accepter la censure et l\u2019homo- phobie et toujours lutter pour la liberté d\u2019expression dans le monde entier.Le Canada c\u2019est déjà insurgé contre l\u2019exceptionnalisme américain.Il doit apprendre comment et quand lutter contre l\u2019exceptionnalisme chinois pour les mêmes raisons.C\u2019est l\u2019une de ces occasions ! LIBERTÉ D\u2019EXPRESSION Il faut lutter contre l\u2019exceptionnalisme chinois Selon les médias internationaux, les autorités chinoises ont censuré les manifestations de Hong Kong sur les réseaux sociaux chinois.ANTHONY WALLACE AGENCE FRANCE-PRESSE KONRAD YAKABUSKI LEDEVOIR // LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2019 B 10 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R 60, ch.de la Plage-St-Laurent, CAP-ROUGE 2030 15e Avenue, SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES ACCÈS AU LAC VISITEZ NOS PROPRIÉTÉS WWW.MARCBONENFANT.COM VENDU 1,645,000 $ Charlotte MICHAUD cmichaud@sutton.com 514.894.0866 10h à 22h groupe sutton-immobilia inc.Agence immobilière 514.272.1010 Depuis 31 ans L\u2019AUTHENTIQUE PERLE RARE OUTREMONTAISE ! 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