Le devoir, 22 juin 2019, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Lire Marie-Élaine Guay, appelez-la l\u2019incendie Vivre Au Texas, du côté des petites villes Festival Jazzer la ville L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Jazzer la ville La tendance est au rapprochement avec les festivals-boutiques.Odile Tremblay Musique Théâtre Arts visuels Les flâneurs Cinéma Classique Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 4 67 10 10 18 29 8 5 22 28 24 23 34 36 38 40 42 44 45 46 L\u2019écrivain au travail Rencontre avec la poète, horticultrice et entrepreneuse Marie-Élaine Guay.Louis Hamelin Fiction Louis Cornellier Récit Voyage On valorise authenticité et douceur de vivre dans le Hill Country, Texas.Escapade Famille Société Resto Jardin Vin Jeux SOMMAIRE 27 Illustration de la une du D : Tiffet Photo de la une Lire : Marie-France Coallier Le Devoir C U L T U R E André Ménard tirera le 6 juillet sa révérence au terme de la 40e édition du festival qu\u2019il a cofondé.Une décision « sereine » et assumée depuis plus d\u2019un an.N\u2019empêche que le « pincement au cœur » est inévitable pour cet amoureux de musique.Rencontre dans un bureau en désordre.ENTREVUE GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Les adieux d\u2019un faux imposteur Le 40e FIJM sera le dernier d\u2019André Ménard, qui fait « la même vie depuis l\u2019adolescence » et n\u2019a « jamais trouvé de raison de changer » La carrière qu\u2019André Ménard a bâtie autour de sa passion pour la musique s\u2019est construite de la même manière que le jazz fonctionne : avec beaucoup d\u2019improvisation.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR l y a dans un coin une effigie de carton grandeur nature de Miles Davis (1,69 m).Juste au-dessus, une affiche de Willie Nelson, « héros absolu » d\u2019André Ménard.Sur le mur d\u2019en face, des photos de Bob Dylan (la couverture de Nashville Skyline) et de The Band signées par le photographe Elliott Landy.À côté, une affiche du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) 1989, avec des remerciements manuscr i ts du contrebassiste Charlie Haden.On ajoute autour des dizaines d\u2019encadrements et des centaines de disques pour compléter le décor d\u2019un joyeux désordre : celui du bureau d\u2019André Ménard, à quelques jours de sa retraite \u2014 si tant est que le mot s\u2019applique ici.À bientôt 66 ans et après 40 éditions du FIJM, il s\u2019apprête en effet à laisser les rênes de l\u2019événement qu\u2019il a cofondé avec Alain Simard, qui a été l\u2019ancrage de sa vie professionnelle (avec les activités plus larges de l\u2019Équipe Spectra) et dont il a défini le socle identitaire : un gros trou, il laissera.Et pour tant, André Ménard se considère encore comme une sorte d \u2019« imposteur » .I l raconte que lorsque Spectra s\u2019est mise à grossir jusqu\u2019à devenir cet empire québécois de la musique, il éprouvait constamment ce sentiment « que quelqu\u2019un, un moment donné, allait me demander si j\u2019avais ma passe [ces badges qui permettent d\u2019entrer dans les salles] et que celle que j\u2019aurais ne serait pas la bonne.Je ne pourrais pas rentrer ».Ce n\u2019est jamais arrivé.Que ce soit au FIJM ou dans n\u2019importe quel événement culturel qui se tient à Montréal (sans compter les liens qu\u2019il a tissés un peu par tout à travers le monde), André Ménard entre essentiellement où il veut.Cela même quand une salle est déserte.« Je visite souvent des salles vides, dit-il.Les antiques ou les toutes neuves, j\u2019aime voir l\u2019arrière-scène.Et s\u2019il n\u2019y a pas de visite officielle, je demande au concierge.» Il est ainsi d\u2019André Ménard, qui disait il y a dix ans avoir une «boulimie de spectacles » \u2014 maladie indolore qui ne s\u2019est en rien atténuée depuis.Le samedi précédant l\u2019entrevue accordée au Devoir, il s\u2019était enfilé trois spectacles en quelques heures, passant du rock de The Cult au rap de Loud.En mars, il s\u2019est mis à angoisser parce qu\u2019il avait « perdu le fil » des sorties cinéma après un séjour de deux semaines à l\u2019étranger.Il a donc vu trois films dans la même journée au Cinéma du Parc.« Ce sont des habitudes», dit-il.Et il ne les changera pas vraiment.«Le travail est une chose, mais j\u2019ai eu le bonheur de rester très attiré par la scène culturelle.J\u2019ai ouvert les horizons au fil des ans.Aller voir un show rock ne me remplit plus comme avant.Le jazz, ça va, tant que c\u2019est nouveau et frais \u2014 j\u2019aime beaucoup ce qui se fait à Londres depuis quelques années.Mais je vais voir beaucoup d\u2019opéra, de musique classique.Ma consommation culturelle n\u2019est plus tout à fait alignée sur le travail\u2026» Ce sont là autant de territoires I Je suis quelqu\u2019un d\u2019assez nostalgique, qui cultive ses souvenirs\u2026 Le sac est pas mal rempli, mais il y a encore de la place.ANDRÉ MÉNARD » | 3 Ja z z e r l a v i l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 12 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.ée par sent é e pr euv ne épr U qu\u2019il pourra dorénavant explorer en toute liberté.Car pour autant qu\u2019André Ménard promette de « répondre présent » si on l\u2019appelle pour lui demander conseil, il ne « pense pas qu\u2019on va s\u2019obliger à le faire ».« Et je n\u2019attendrai pas d\u2019appel non plus.Ce n\u2019est pas ça l\u2019idée.» La relève est bien formée, signale-t-il, en rappelant que le programmateur Laurent Saul- nier est là depuis une vingtaine d\u2019années déjà.« Il y a eu une longue transition et transmission.» Le directeur ar tistique sor tant ne voit pas de changement de cap à l\u2019horizon pour le FIJM.« Ça ne m\u2019inquiète pas.Evenko a compris que ce n\u2019est pas la même bête que ses autres festivals.» Partir André Ménard avait annoncé son départ lors de la conférence de presse bilan du dernier FIJM.Six ans après le rachat de Spectra par Evenko, près de 45 ans après avoir produit ses premiers spectacles avec Alain Simard, « le moment est venu, dit-il.Ce n\u2019est pas comme si on n\u2019avait pas eu le temps de faire le tour du jardin».« J\u2019en ai parlé un an d\u2019avance pour ne pas me laisser surprendre par ça », ajoute-t-il, les yeux humides.« Je suis quelqu\u2019un d\u2019assez nostalgique, qui cultive ses souvenirs\u2026 Le sac est pas mal rempli, mais il y a encore de la place.Au final, j\u2019anticipe ça de façon assez sereine.Je fais la même vie depuis l\u2019adolescence, et je n\u2019ai jamais trouvé de raison de changer.» En 2017, au moment de recevoir un doctorat honoris causa de l\u2019Université de Montréal, André Ménard disait : « la musique demeure encore pour moi un grand mystère, mais je sais qu\u2019elle a changé ma vie ».La carrière qu\u2019il a bâtie autour de cette passion s\u2019est construite de la même manière que le jazz fonctionne : avec beaucoup d\u2019improvisation.« Maintenant que j\u2019y pense, c\u2019était un peu naïf, dit-il.À la limite irresponsable, mais aussi très héroïque ! Dans mon parcours, il y a toutes les facettes du métier.Au début, j\u2019allais chez les graphistes pour monter les publicités.Alain écrivait des communiqués que j\u2019allais por ter directement au Devoir ou à La Presse.J\u2019ai appris à maîtriser une console de seize pistes avec trois paramètres \u2014 bass, treble, mid.Une journée de show, pour moi, c\u2019était aller mettre des oranges dans la loge, brancher le système de son, aller chercher l\u2019artiste à l\u2019hôtel pour le test de son, courir ramasser les billets invendus \u2014 et l\u2019argent des billets vendus \u2014 dans les magasins de disques, etc.Tout se faisait dans une certaine bonhomie.On était un peu amateurs, tout en devenant professionnels.» La suite ?N\u2019importe qui ayant déjà croisé André Ménard connaît son amour des anecdotes de coulisses.Alain Simard et lui auront d\u2019ailleurs l\u2019occasion d\u2019en raconter un plein sac lors d\u2019une soirée organisée par la radio américaine WBGO («40 ans d\u2019histoires avec André Ménard et Alain Simard », présentée à L\u2019Astral le 4 juillet).Mais quand on lui demande quel moment l\u2019a le plus marqué durant ces quatre décennies de jazz et de musique, c\u2019est une émotion qu\u2019il évoque.Celle du 5 juillet 1987, du soir où Ella Fitzgerald lui a dédié une version piano-voix de Summertime, quelques heures après l\u2019enterrement de son père.« C\u2019est encore impossible à évoquer sans que les larmes me montent aux yeux.» Il y a dans cette chanson et dans ce soir-là la rencontre de plusieurs éléments importants de sa vie : le souvenir de son père typographe, la voix d\u2019Ella au cœur de l\u2019été et tout ce que le FIJM a pu créer d\u2019unique en 40 ans.LIRE AUSSI PAGES 4 ET 5 : TROUVER FESTIVAL À SA POINTURE e Festival international de jazz de Montréal (FIJM) prend le large en créant une première édition satellite dans le quartier Verdun du 27 juin au 6 juillet, en même temps que le « grand événement » dans son Quartier des spectacles.Par cette initiative, l\u2019organisateur Spectra embrasse la tendance des « festivals-bou- tiques » dont la popularité croissante peut être interprétée comme un symptôme des dif ficultés que rencontre aujourd\u2019hui le circuit des grands festivals de musique à travers le monde.La première édition du Festival international du jazz de Verdun (FIJV) \u2014 comme il est écrit sur l\u2019affiche ! \u2014 est d\u2019abord le fruit d\u2019une réflexion sur le FIJM lui-même, explique son programmateur, Maurin Auxéméry.D\u2019une part, à cause des nombreux chantiers, « il y a un rétrécissement de l\u2019espace disponible dans le Quartier des spectacles, ce qui complique d\u2019année en année l\u2019organisation du festival, même si on finit par trouver les solutions nous permettant de conserver notre spécificité ».Ensuite, « nous avions le désir de créer une espèce de réseau touristique, en quelque sorte, à l\u2019intérieur de Montréal.Inviter les gens à découvrir d\u2019autres quartiers », à commencer par Verdun, présenté par le programmateur comme « la première étape du plan» d\u2019investir un nouveau quartier de Montréal chaque année.« L\u2019an prochain, on va retourner à Verdun et probablement y rester pour quelques années, mais on va aussi créer un autre hub dans un autre quar tier ».Lors de l\u2019appel d\u2019of fres pour ce projet lancé l\u2019an dernier, 15 arrondissements avaient déposé un dossier à Spectra.Pour Auxéméry, « l\u2019idée d\u2019aller à Verdun, c\u2019est aussi d\u2019aller à la rencontre du public du quartier avec une programmation conçue en fonction des gens », par exemple en donnant une scène à Clay&Friends et à Susie Arioli, résidents du quartier.Se rapprocher du public avec une programmation adaptée à celui-ci\u2026 le FIJV serait-il un festival-boutique ?« Ben, on l\u2019a peut-être évoqué, concède le programmateur, mais ce n\u2019est pas ainsi qu\u2019on présente les choses.Le FIJM est un festival établi d\u2019une certaine ampleur, l\u2019idée est de faire non pas un nouveau festival, mais un prolongement du FIJM dans le quartier.Mais oui, ça peut ressembler à un festival-boutique, effectivement.» L\u2019anti-« grand événement » Un nouveau festival-boutique verra le jour à Laval du 19 au 22 septembre prochain : le LVL UP Lab numérique et musique urbaine, une coproduction entre [co]motion (salle André- Mathieu, Maison des arts de Laval), Evenko (Place Bell) et le studio de création numérique HUB Studio.Pour cet événement de petite taille \u2014 les organisateurs espèrent attirer entre 5000 et 10 000 festivaliers \u2014, on proposera une programmation rap nichée (Tizzo, Sarahmée, FouKi, White-B et plusieurs autres) en s\u2019ancrant dans le «quadrilatère Montmorency » qui sera illuminé par le travail des ar tistes du numérique.Pointu et intime, précisément le profil du festival-boutique.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e Ja z z e r l a v i l l e 4 | GRAND ANGLE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Trouver festival à sa pointure La tendance est au rapprochement et à l\u2019authenticité avec les festivals-boutiques qui poussent un peu partout Après avoir pris racine rue Beaubien à Montréal, le festival- boutique multidisciplinaire SOIR a récemment inauguré avec succès une édition à Québec.LLAMARYON TIFFET L «Pour moi, le festival-boutique est une manière de ramener [l\u2019événement] à une dimension plus locale, plus humaine », estime Steve Marcoux, programmateur chez [co]motion qui oppose la popularité de cette formule à petite échelle à la démesure des grands événements.D\u2019autant que « les gros festivals sont en train d\u2019étouffer à cause de la flambée des cachets [versés aux gros noms de la musique] qui les met en compétition, surtout qu\u2019à chaque saison, l\u2019of fre d\u2019ar tistes capables de remplir les grandes surfaces occupées par ces festivals est restreinte».Conséquemment, une nouvelle classe de festivals \u2014 on les appelait autrefois les « festivals de niche » \u2014 fait surface, des événements «mieux arrimés à leur environnement », ajoute Marcoux.L\u2019appellation « festival-boutique » est apparue dans l\u2019industrie musicale européenne il y a moins de dix ans, là où la compétition entre grands événements musicaux est coriace, avant de se répandre en Amérique du Nord.Elle a gagné en reconnaissance lorsque certains artistes établis (Gorillaz, The National, Tyler the Creator) ont mis sur pied leurs propres petits festivals assortis d\u2019une programmation très ciblée.Selon le site de billetterie et de recension de l\u2019industrie festivalière Eventbrite, le festival-boutique (toutes disciplines artistiques et culturelles, musique comprise) a connu en Grande-Bretagne une croissance de 400 % au cours des quatre dernières années.Voir petit Ce retour à une expérience culturelle plus intime n\u2019étonne pas Thomas Bourdon, cofondateur du festival- boutique multidisciplinaire SOIR, qui, après avoir pris racine rue Beau- bien à Montréal, a récemment inauguré, avec succès, une édition dans la ville de Québec : « Chaque année [tous les grands festivals] contactent les mêmes agences de booking, si bien qu\u2019il y a un peu toujours les mêmes noms dans tous les gros festivals.Or, il y a tellement d\u2019autres artistes \u2014 pas les artistes de l\u2019heure que tout le monde s\u2019arrache \u2014 qui ont des pratiques intéressantes, je pense que ça peut être rafraîchissant pour le public de se faire proposer autre chose.» « On parle de plus en plus de la fatigue du festivalier », af firme Steve Marcoux, ajoutant que les mégafesti- vals aux affiches similaires sont, au bout du compte, interchangeables : «Y a de ces gros festivals dont on regarde l\u2019af fiche en se disant : \u201cÇa pourrait se tenir à Montréal, à Longueuil, à Hamilton ou à London, ce serait la même affaire.\u201d Le festival- boutique, lui, représente sa localité et ceux qui l\u2019habitent en souhaitant avoir un impact sur eux.» C\u2019est ce qui a réussi aux organisateurs du festival-boutique La Noce de Saguenay, dont fait partie Frédéric Poulin.L\u2019événement, dont la 3e édition se déroulera du 4 au 6 juillet, offre une affiche d\u2019artistes à découvrir, ou déjà découver ts par les mélomanes les plus allumés : U.S.Girls, KNLO, Munya, Pierre Kwenders, Milk&Bone, entre autres.Une affiche pointue qui répond au besoin de la population : « Y a une clientèle jeune et bouillonnante à Sa- guenay qui avait besoin d\u2019un festival comme celui-ci », estime Frédéric Poulin, qui affirme même que la moitié de ses festivaliers proviennent de l\u2019extérieur de la région \u2014 22 % des détenteurs de billets sont d\u2019ailleurs de la région montréalaise.«Notre ambition ne sera jamais de devenir un grand événement, explique Poulin.De toute façon, l\u2019endroit qu\u2019on a choisi \u2014 la Zone portuaire de Saguenay \u2014 a une capacité maximale d\u2019environ 10 000 personnes [l\u2019organisation vise 5000 festivaliers].C\u2019est surtout sur le plan du décor, de l\u2019aménagement des lieux, qu\u2019on se démarque en créant une atmosphère.Les gens aiment la vibe, l\u2019animation des lieux, d\u2019autant qu\u2019on propose beaucoup de découvertes musicales.Nous aspirons à demeurer dans notre niche et à attirer les gens d\u2019année en année.» « Une des raisons pour lesquelles on a créé SOIR, dit Thomas Bourdon, c\u2019est parce qu\u2019on ne se retrouve pas dans le modèle de diffusion [des grands événements].Personnellement, je vais rarement voir des spectacles dans de grands festivals parce que je ne trouve pas intéressant d\u2019être là dans une immense foule \u2014 au niveau de la connexion avec l\u2019artiste, c\u2019est difficile de vraiment vivre quelque chose, avec le volume sonore trop fort, les gens entassés, etc.Je crois que, dans les plus petites manifestations, il y a quelque chose de plus porteur et d\u2019unique.C\u2019est vivre une expérience plus authentique et à échelle humaine.» | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Mario Cyr cloné aux Îles De passage aux îles de la Madeleine, je me suis retrouvée à la boutique salon de thé Le flâneur, à L\u2019Étang-du-Nord de Cap-aux-Meules.Mme Arthure y expose et vend ses œuvres, dont maintes poupées kitsch aux allures fofolles.Au sous-sol: ses statues grandeur nature de Madelinots d\u2019exception, figures de la petite histoire toujours vivace dans cet archipel-là, adaptées de portraits peints par l\u2019artiste.Dimanche dernier était dévoilée celle du photographe, cinéaste, plongeur en eau glacée Mario Cyr et grand sonneur d\u2019alerte des bouleversements climatiques qui affectent les pôles de premier fouet.Toute une faune s\u2019était réunie pour l\u2019occasion, discours inclus, entourant le modèle vivant qui posait avec son clone (à nez plus pointu que le sien) pour la suite du monde.«Il n\u2019y a rien qui a changé chez moi et qui va changer non plus», assurait cet homme de simplicité.Mario Cyr est une célébrité locale et internationale, rare plongeur photographe à exercer sous glace dans les régions arctiques.Il a travaillé pour le documentaire Océans, du Français Jacques Perrin, sous bannière Disney, sorti en 2009, fut de l\u2019aventure de 16 mois du voilier Sedna IV avec Jean Lemire en 2005 en tournage du Dernier continent, avec hivernage en Antarctique.Un ouvrage, truffé de spectaculaires photos, sur des textes de Nancy Chiasson, lui a été consacré : L\u2019aventurier des glaces, publié chez Cardinal en 2018, préfacé par Denis Villeneuve, que j\u2019ai acheté sur place.«Ce livre trace un portrait de cette relation exceptionnelle entre un homme et les océans, avec la magnifique humilité des gens des Îles et la profondeur des grandes âmes», écrivait le cinéaste d\u2019Incendies.Mario Cyr est aussi le propriétaire du Bistro Plongée Alpha sur l\u2019île de Grande-Entrée, dont il est natif, établissement où il donne l\u2019été des conférences fort courues sur ses expériences océaniques.Il a été pê- cheur de homards, a suivi des études d\u2019ambulancier qui lui permirent surtout de recoudre l\u2019un ou l\u2019autre blessé durant ses missions éloignées, fut maire de Grande-Entrée de 1993 à 1997 : un être inspirant sorti des brouillards madelinots.Je l\u2019ai interviewé après le grand dévoilement.«Le fait d\u2019être né aux Îles m\u2019a attiré vers ce qui se passait dans l\u2019eau, disait-il.La plage était notre terrain de ODILE TREMBLAY jeu.» Phoques, poissons, naufrages et baleines échouées marquent un imaginaire d\u2019enfant.À dix ans, il étrennait palmes, masque et tuba avant de suivre des cours de plongée sportive et commerciale, puis de devenir guide- plongeur et instructeur.En 1984, Discovery Channel l\u2019embaucha comme plongeur au Groenland.Or le cameraman sous-marin avait trop froid pour opérer : « J\u2019ai demandé qu\u2019on me montre le maniement de la caméra et ils ont utilisé mes images.Deux mois plus tard, la même équipe qui partait du côté de l\u2019Alaska m\u2019a engagé comme second caméraman sous-marin\u2026 » En 1991, National Geographic l\u2019invita à Igloulik, au Nunavut, où il put capter les premières images de morses sous la glace; ce qui l\u2019aura vraiment lancé.Depuis, Mario Cyr a bourlingué partout, apprenant les secrets de la caméra IMAX en 2010 sur le film Polar Bears 3D: Ice Bear, produit par National Geographic et la CBC.Vocation?Hasard?Goût de l\u2019aventure ?Ils sont à peine une quinzaine sur la planète à gagner leur vie avec la caméra sous-marine, sans guère de relève.Pas trop peureux, ces gars des vues.Mario Cyr a eu l\u2019épaule disloquée par un morse et a vécu un grave accident de plongée lors du tournage d\u2019Océans.L\u2019exercice commande de maîtriser sa peur sans jamais remiser sa prudence.Métier pour ceux qui n\u2019ont pas froid aux os?Même pas.Il confesse avoir beaucoup gelé au départ, apprenant ensuite à se concentrer afin d\u2019éloigner les frissons, sans détester plonger dans les mers chaudes pour autant.Les qualités requises : «L\u2019endurance, une bonne santé, être sportif, passionné, nullement claustrophobe.» Reste à pouvoir vivre dans la promiscuité sur un bateau ou un camp de fortune des mois durant\u2026 Mario Cyr est un artiste.Il faut avoir l\u2019œil pour capter le rorqual, le narval et le morse au moment éloquent : « J\u2019essaie d\u2019aller chercher les émotions de l\u2019animal, en me collant à lui sans lentilles de rapprochement.Il faut d\u2019abord s\u2019approcher pour saisir comment il fonctionne.Un apprivoisement réciproque.Les mammifères marins envoient des signaux avant d\u2019attaquer.On développe un sixième sens.» Il me parle du camping d\u2019hiver, de l\u2019apprentissage des terres hostiles auprès des Inuits, mais son expérience de l\u2019Arctique lui a enseigné bien vite à s\u2019adapter aux changements climatiques qui bouleversent la vie des hommes et des animaux sur une banquise en perdition dont il n\u2019a pas fini d\u2019observer la fonte tragique.Cette chronique s\u2019interrompt durant cinq semaines pour cause de vacances.Bonne Saint-Jean ! La troisième édition du festival- boutique La Noce de Saguenay se déroulera du 4 au 6 juillet.LE PETIT RUSSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 6 | BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Le trio que forme depuis une vingtaine d\u2019années le saxophoniste, flûtiste, arrangeur et compositeur Jean Derome avec le contrebassiste Normand Guilbeault et le batteur Pierre Tanguay est sans l\u2019ombre d\u2019un doute l\u2019une des formations les plus passionnantes du continent.Il en est ainsi parce que Derome n\u2019a pas son pareil pour jongler avec le risque avec doigté.À preuve, son nouvel album, intitulé Somebody Special \u2014 9 chansons de Steve Lacy, sur Ambiances magnétiques.Avant de poursuivre, soulignons que les 22 et 29 juin, ce trio se produira au Cheval blanc.Avec ce Somebody Special, on vous assure que le risque pris par nos amis était au diapason de « l\u2019énorme, pesant, très lourd ».Car cet album n\u2019est pas seulement musical, il est également littéraire.Très littéraire même.Il se trouve, comme disait l\u2019autre, qu\u2019en fait de chansons, Lacy avait emprunté des poèmes et des textes à des auteurs variés, mais surtout à Brion Gysin, avec lequel il se produisit d\u2019ailleurs régulièrement et enregistra même un disque.De citoyenneté canadienne, le peintre et poète Gysin a beaucoup étudié et vécu, pour faire vraiment court, à Paris.Il fut un des surréalistes avant qu\u2019André Breton n\u2019exerce à son endroit sa personnalité de père Fouettard en le renvoyant du groupe comme il l\u2019avait fait avec Raymond Queneau.Qu\u2019importe.Après eux, Gy- sin fut une des figures de proue des beatniks, admiré notamment par William Burroughs, pour le hier, et John Zorn, pour l\u2019aujourd\u2019hui.Bien.Dans le volumineux catalogue de chansons confectionnées par Lacy \u2014 environ 500, précise Derome \u2014, le trio en a choisi trois dont Gysin a écrit les textes, un de Herman Melville (Yes!), un de Lao-Tseu, un de Thomas Gainsborough, un de Po Kiu-yi et enfin un de Judith Malina.On l\u2019aura compris, cet album propose une façade ONU.Pour mener à bien son aventure, De- rome a « exploité » les talents de la chanteuse Karen Young et du pianiste Alexandre Grogg.La clarté d\u2019expression de la première, le dynamisme et l\u2019attention du second, combinés au brio et à l\u2019intensité de Guilbeault, au savoir- faire en multiples nuances de Tanguay, sans oublier l\u2019ingéniosité de Derome, font de cet album\u2026 quelque chose! C\u2019est ce qu\u2019on se dit, après écoute : «C\u2019est quelque chose, cet album.» Il est à l\u2019image du titre : spécial.Car on a l\u2019impression que Derome et ses camardes sont passés entre les mailles ou les filets, c\u2019est au choix.Parfois, on a le sentiment que le saxophoniste a fait de l\u2019exploration sonore entre Eric Dolphy et Jackie McLean.Parfois, on a l\u2019impression que l\u2019ensemble au complet évolue dans un territoire voisin d\u2019Alban Berg d\u2019un côté, de jazz de stricte obédience de l\u2019autre.En fait, ce que cet album confirme, ou plutôt ce qu\u2019il a de passionnant, est à mettre sur le compte de la surprise.À l\u2019évidence, chacun des protagonistes cultive une inclination prononcée pour la curiosité.Depuis le temps que Derome, Guilbeaut et Tanguay nous régalent, ils pourraient fort bien verser dans la mortifère gestion du fonds de commerce.Au lieu de ça, ils s\u2019appliquent à nous étonner dans le sens le plus noble de ce verbe.C\u2019est énorme.Somebody Special \u2014 9 chansons de Steve Lacy Jean Derome, Ambiances magnétiques.Le Trio DGT (Derome\u2013Guil- beault\u2013Tanguay) sera aussi en spectacle les 22 et 29 juin au Cheval blanc.Le risque selon Jean Derome L\u2019album Somebody Special est énorme sur les plans musical et littéraire ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR our son incontournable création estivale, le Petit Théâtre du Nord (PTdN) fait appel cette fois à un quatuor d\u2019auteures couvrant un large spectre d\u2019âges: Gabrielle Chapdelaine, jeune lauréate du prix Gratien-Gélinas 2018, Rébecca Déraspe (Gamètes), Mélanie Maynard (Docile, au PTdN) et Maryse Warda.Un dernier nom qui surprend: si cette discrète travailleuse de l\u2019ombre a fait sa marque sur les scènes depuis 1992, c\u2019est plutôt à titre de traductrice émérite des dramaturges anglophones.Celle qui a trouvé dans ce métier une niche qui la comble admet qu\u2019elle aurait bien aimé écrire, à l\u2019origine.«Mais je n\u2019ai rien de particulier à dire.J\u2019ai essayé à plusieurs reprises, et je Maryse Warda, auteure d\u2019un été La réputée traductrice est l\u2019une des quatre voix de la nouvelle création du Petit Théâtre du Nord Le saxophoniste, flûtiste, arrangeur et compositeur Jean Derome (au centre), le contrebassiste Normand Guilbeault (à droite) et le batteur Pierre Tanguay LOUISE LABROSSE trouvais que ça n\u2019ajoutait rien.Je pense que mon censeur intérieur est très fort.» Maryse Warda avait déjà touché un peu à l\u2019écriture, à la création de dialogues, en travaillant à des adaptations théâtrales, notamment celle du roman français La liste de mes envies, en 2016.Sa première réaction à l\u2019offre du codirecteur de la compagnie de Blainville, Luc Bourgeois, a toutefois été de rétorquer qu\u2019elle n\u2019écrivait pas.Devant l\u2019assurance qu\u2019il s\u2019agissait seulement d\u2019un morceau de 20 minutes et qu\u2019elle serait encadrée, la traductrice a jugé que le «risque était calculé».« Finalement, ça n\u2019a pas été aussi souffrant que je le pensais, raconte-t- elle avec humour.[L\u2019exercice] a été relativement aisé.Et j\u2019ai aimé le groupe.» Partition déconstruite sur le plan temporel, La maison tourne autour d\u2019une même demeure, mais vue à quatre époques dif férentes.Chaque auteure s\u2019est vu assigner une période : les années 1920 pour Dé- raspe, la décennie 1970 pour Chapde- laine, tandis que le récit de Maynard, une visite de la propriété mise en vente, permet d\u2019arrimer l\u2019ensemble en révélant l\u2019histoire de la maison.La pièce de Maryse Warda, La petite noirceur, a amené la traductrice à se plonger dans une recherche sur les années 1950.« Trois éléments m\u2019ont accrochée : la Grande Noirceur, Maurice Richard et l\u2019émeute au Forum, et la mort de James Dean.Et comme ce qui s\u2019imposait à moi était, entre autres, un personnage d\u2019adolescente \u2014 une période de la vie qui en soi est une forme de noirceur \u2014, j\u2019ai joué avec ces éléments-là.» Il résulte du processus quatre univers aux tons «assez différents», mais liés par un objet qui traverse le temps.La maison est un « chassé-croisé d\u2019événements entrelacés, avec de très bons comédiens » (Antoine Durand, Geneviève Alarie, Annick Bergeron, Luc Bourgeois et Kim Despatis), résume la coauteure, sans trop en dévoiler.Les créateurs veulent manifestement conserver un élément de mystère autour du spectacle.Sans être «vraiment» un thriller, la pièce distille des secrets sur ses personnages.La seule Même après avoir accepté de faire le saut, l\u2019auteure débutante n\u2019était pas rassurée sur sa légitimité.«Au début, je me sentais en danger.Après notre première réunion, on parlait de Catherine Léger, une auteure que j\u2019aime beaucoup et j\u2019ai dit : \u201cC\u2019est elle que vous devriez aller chercher à la place !\u201d » (rires) L\u2019une de ses collègues a vite mis le holà à ce discours.Maryse Warda la trouve bien rassurante, cette ombre où elle œuvre habituellement.« Je reviens d\u2019une résidence de traduction à Banff, où j\u2019avais été engagée comme conseillère.C\u2019est une résidence internationale, et dès que je me retrouve avec ces gens qui sont des autorités en la matière, c\u2019est fou comme je redeviens petite.» Même dans ce domaine où elle a acquis une indéniable reconnaissance, sa confiance n\u2019est « jamais vraiment acquise parce que je n\u2019ai pas étudié en traduction.J\u2019ai appris sur le tas.» Pourtant, constate-t-elle, elle est probablement la seule, ici, à avoir fait de la traduction théâtrale un métier en soi.«Tous les autres sont des auteurs, des metteurs en scène ou des interprètes.Je suis comme la seule qui fait ça dans la vie.» Ce qui n\u2019est pas rien, même l\u2019humble Warda doit en convenir\u2026 Je lui demande si son défi d\u2019au- teure consiste à trouver sa propre voix, puisque la traductrice a coutume de se couler dans le style d\u2019autrui.« J\u2019ai l\u2019impression que ma voix à moi, je l\u2019ai laissée loin il y a très longtemps.» Cette native d\u2019Égypte explique cela par le contexte dans lequel elle a grandi : une situation tendue dans la cellule familiale.« C\u2019était assez explosif, et je pense qu\u2019on était à l\u2019image de notre pays.Alors je me suis por tée en spectatrice et en témoin assez rapidement.J\u2019ai appris à me taire et à regarder, à avoir le moins d\u2019opinions possible pour ne pas que les choses éclatent.Donc je fais en général très attention à où je mets les pieds et à ce que je dis.C\u2019est épuisant, à la longue.Mais c\u2019est pour ne pas rajouter au chaos ambiant.J\u2019ai de la misère avec tout ce qui est confrontation.» Et à l\u2019opposé de notre époque \u2014 qu\u2019elle trouve d\u2019ailleurs dif ficile \u2014, cette artiste à l\u2019identité mouvante (elle a grandi en parlant arabe.mais aussi français, avant d\u2019immigrer, enfant, au Québec) préfère s\u2019intéresser à « ce que les gens ont tous en commun, plutôt qu\u2019à ce qui les différencie».Traduire, c\u2019est après tout créer des ponts entre des cultures.Le mythe de la tour de Babel, cette idée que tout est par ti d\u2019une seule langue avant d\u2019éclater, lui plaît.«Chaque fois que je découvre l\u2019origine d\u2019un mot qui le ramène à trois ou quatre autres langues, moi, ça me fait plaisir.[\u2026] C\u2019est ce qui me touche le plus, en fait : se reconnaître dans quelqu\u2019un d\u2019autre.J\u2019aimerais beaucoup qu\u2019on aille plus vers là plutôt que de toujours revendiquer notre différence.» Quant à l\u2019écriture, la coauteure de La maison ne sait pas si cette agréable aventure restera une expérience isolée.« À 80 ans, je vais écrire quelque chose toute seule, par moi- même ! ironise-t-elle.Sur le bord de la tombe, je vais me dire : OK, il n\u2019y a pas grand risque\u2026 » | 7 C u l t u r e T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 À l\u2019opposé de notre époque, qu\u2019elle trouve d\u2019ailleurs difficile, Maryse Warda est une artiste à l\u2019identité mouvante ; elle a grandi en parlant arabe, mais aussi français, avant d\u2019immigrer, enfant, au Québec.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Chaque fois que je découvre l\u2019origine d\u2019un mot qui le ramène à trois ou quatre autres langues, moi, ça me fait plaisir.[\u2026] C\u2019est ce qui me touche le plus, en fait : se reconnaître dans quelqu\u2019un d\u2019autre.J\u2019aimerais beaucoup qu\u2019on aille plus vers là plutôt que de toujours revendiquer notre différence.MARYSE WARDA » La maison Texte : Mélanie Maynard, Gabrielle Chapdelaine, Rébecca Déraspe et Maryse Warda.Mise en scène: Sébastien Gauthier.Au Petit Théâtre du Nord, à Blainville, du 20 juin au 23 août. ncore cette année, la Biennale de Venise donne l\u2019occasion de repenser le terreau idéologique qui l\u2019a vue naître à la fin du XIXe siècle, d\u2019après le modèle colonialiste et moderniste des expositions universelles.En complément de l\u2019exposition de groupe thématique, menée par le commissaire Ralph Rugoff, la 58e Biennale présente 90 pavillons nationaux, dépassant le record de 89 établi en 2011 et en 2015.Contre l\u2019eurocentrisme de ses premiers jours, la plus ancienne des biennales d\u2019art ne renonce pas à la représentation par États qui fait sa caractéristique si notable, mais tend plutôt à en multiplier le nombre.En faveur de l\u2019inclusion, du décentre- ment et de l\u2019hétérogénéité, ce parti pris prend forme dans la Sérénissime, elle- même façonnée par le post-capitalisme: tourisme de masse, présence marquée de réfugiés africains, montée des eaux menaçant la lagune indiquent que tout ne tourne pas rond.Sombre constat partagé par les artistes en visite qui, d\u2019un pavillon à l\u2019autre, appellent avec leurs œuvres à des prises de conscience critiques dont beaucoup, sans être alarmistes, portent sur les déplacements (migrants, tourisme) et les transitions (de régimes politiques ou économiques, de conflits).Les pavillons font voyager et d\u2019autres regardent l\u2019événement qu\u2019est la Biennale, un exercice de réflexivité que l\u2019Ukraine a poussé avec une proposition hautement conceptuelle en suggérant de faire voler au-dessus des Giardini, site central, l\u2019unique AN-225 Mriya («rêve» en ukrainien), le plus gros avion du monde et fierté nationale héritée de l\u2019ère soviétique.Contre la logique célébrationelle et compétitive de l\u2019événement \u2014 de Venise définissant les canons de l\u2019art contemporain, un art souvent monumental \u2014, c\u2019est la liste de tous leurs ar tistes autoproclamés qui figure dans le pavillon.En refusant d\u2019exclure quiconque, l\u2019Ukraine met en doute la possibilité de faire son propre récit, consensuel, de l\u2019art contemporain.Quel mythe situer à ses origines, depuis l\u2019indépendance ?La légende voulant que l\u2019avion ait jeté son ombre sur l\u2019événement s\u2019offre en L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 8 | REPORTAGE MARIE-ÈVE CHARRON À VENISE COLLABORATRICE LE DEVOIR Une Biennale de Venise inclusive, décentrée et hétérogène Déplacements et transitions sous les feux des projecteurs dans les pavillons nationaux pour cette 58e édition Le Canada à Venise avec Isuma Le Canada est représenté cette année par Isuma, un collectif inuit, instigateur de la première société inuite de production télévisuelle.Ce choix, chapeauté par le Musée des beaux-arts du Canada en phase avec l\u2019Année internationale des langues autochtones, ne détone pas dans cette édition de la Biennale soucieuse de donner une voix aux marges et faisant de l\u2019approche documentaire ou du témoignage des moyens d\u2019expression privilégiés.Reportages et webdiffusion, donnés en exemples, sont pour Isuma une façon d\u2019actualiser la tradition orale sur laquelle repose la transmission des savoirs inuits.C\u2019est le film de fiction One Day in the Life of Noah Piugattuk qui occupe le cœur de l\u2019espace, dans une proposition des plus épurées laissant apprécier les travaux de restauration du pavillon achevés en 2018.Rejouée au présent, c\u2019est l\u2019histoire du nomade Piugattuk qui, en 1961, refuse la sédentarité voulue pour lui et sa bande par le gouvernement canadien.Alors que dans l\u2019actualité au Canada le rapport de l\u2019ENFFADA divise les politiques sur l\u2019emploi du mot «génocide», Venise en décide autrement avec Artivism, une exposition en marge de la Biennale.Le Canada y figure aux côtés de l\u2019Afrique du Sud et de quatre autres pays pour des atrocités commises envers des populations.De quoi nourrir le débat.58e Biennale de Venise Giardini, Arse- nale et divers sites à Venise, jusqu\u2019au 24 novembre E À gauche : Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois ce bleu profond te fondre, pavillon de la France.À droite : Igor Grubic, Traces of Disapearing (In Three Acts), vue de l\u2019installation, pavillon de la Croatie.GIACOMO COSUA / BOJAN MRDENOVIC | 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Tourisme de masse et mobilisation citoyenne Visiter la Biennale, c\u2019est forcément aussi parcourir Venise et ses dédales.À moins d\u2019avoir les yeux uniquement rivés sur le GPS de son téléphone \u2014 le nouveau visage du touriste égaré \u2014, il était impossible de ne pas remarquer les affiches appelant à la mobilisation citoyenne contre les monstrueux paquebots de croisière qui frôlent agressivement la fragile lagune.Le 8 juin, ils étaient 10 000, a salué une des affiches, rassemblés pour exiger une loi ferme interdisant ces paquebots.Participants et visiteurs de la Biennale font également partie du problème global de ce tourisme de masse qui a des effets négatifs localement.À défaut d\u2019avoir une empreinte nulle, des artistes en abordent les enjeux dans leurs œuvres, dont le trio pour le pavillon de la Lituanie, gagnant du Lion d\u2019or.Sur la plage artificielle campée dans leur opéra-performance, l\u2019insouciance chantée par des vacanciers cède à l\u2019anxiété face aux préoccupants changements climatiques.miroir.Ce spectre, cette présence absente, tourne entre autres l\u2019attention sur les mécanismes de sélection des artistes par les pays et la construction de la nation sous-jacente.Un avion trône au contraire réellement dans le pavillon de la Pologne.Roman Stanczak a retourné tel un gant un jet privé, mettant hors d\u2019usage l\u2019engin prisé par l\u2019élite fortunée.La prouesse technique met à mal un symbole capitaliste, comme d\u2019autres objets dans la ligne de mire de l\u2019artiste depuis la fin du régime communiste.À reculons Pour la Suisse, le duo Pauline Bou- dr y et Renate Lorenz s\u2019inscrit en porte-à-faux avec la croissance, l\u2019accélération et le progrès, si vantés par le néolibéralisme, en appelant à reculer.L\u2019installation vidéo esquisse un parcours, de la scène aux coulisses, incluant danse, musique et accessoires.Captivante, la chorégraphie est évocatrice de tactiques pratiquées dans le monde où la marche arrière fait résistance, loin de l\u2019ordre hégémonique occidental, de sa temporalité linéaire et des exclusions qu\u2019il entraîne.Danse et musique sont par ailleurs des véhicules critiques partagés par d\u2019autres pavillons, comme celui du Brésil avec son irrésistible Swinguerra.L\u2019installation vidéo du duo Bárbara Wagner et Benjamin de Burca met en scène des danseurs dont le style frevo puise dans la culture populaire, le vo- guing et le folklore.Les protagonistes sont noirs, issus de milieux pauvres, et plusieurs sont queers, des sujets qui apparaîtront par trop indociles et affirmés aux yeux d\u2019un Bolsonaro à la tête du pays.Des moyens immersifs sont décuplés dans le pavillon de la France, qui aurait pu remporter le prix du Lion d\u2019or.Entre le road trip et le voyage initiatique, la proposition de Laure Prouvost se démarque par sa générosité et l\u2019entrelacs astucieux de ses composantes.Au cœur d\u2019une installation riche en détail, un film suit, de la banlieue parisienne au pavillon français à Venise, des personnages qui recomposent le monde de façon surréaliste, prisant l\u2019organicité et la fluidité à la division.La mise en abîme de Venise, et en par ticulier du pavillon occupé, se retrouve également dans l\u2019installation vidéo sophistiquée Passage de Nujoom Alghanem pour les Émirats arabes unis.La cinéaste se met en scène avec une actrice jouant son double dans un périple réel et fictif, mêlant la quête individuelle au sort des migrants, des trajectoires où la perte et le deuil s\u2019insinuent.Indépendance et transitions Le déplacement se joue aussi pour les pays qui vont et viennent à la Biennale, leur participation évoluant selon la situation politico-sociale locale.Le Ghana fait sa première apparition cette année avec une exposition de groupe dont le design de présentation recrée une maison en terre battue typique.Elle inclut six figures locales et de la diaspora, choisies depuis l\u2019accès à l\u2019indépendance en 1957, soulevée par la vision panafricaniste de Kwame Nkrumah.Les portraits d\u2019époque de Felicia Abban et l\u2019envoûtante installation vidéo de John Akomfrah, entre autres, entraînent des perspectives décoloniales nécessaires.Le Pakistan fait aussi très bonne figure alors qu\u2019il en est à sa première participation.Les œuvres de Naiza Khan, développées depuis 2009, prennent la péninsule de Manora, près du por t de Karashi, comme étude de cas, révélant les effets tangibles de la mondialisation dans la transformation du paysage économique, technologique et sociale.Des préoccupations semblables occupent Igor Grubic dans le pavillon de la Croatie.Ses photographies d\u2019approche documentaire cernent attentivement les signes du passage de l\u2019économie fordiste à postfordiste.L\u2019ancien régime communiste est évoqué avec un brin de nostalgie dans son remarquable film d\u2019animation How Steel Was Tempered, dont l\u2019intrigue se por te sur tout à la défense d\u2019une réconciliation entre les générations lorsque père et fils remettent ensemble le feu ardent dans la fournaise d\u2019une usine désaffectée. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e 1 0 | ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Ma lutte consiste à faire des films.Et je souhaite qu\u2019ils soient bons, qu\u2019ils servent à quelque chose.C\u2019est mon devoir», confiait Carlos Rey- gadas en février, alors qu\u2019on l\u2019attrapait dans la dernière ligne droite de la rétrospective que lui consacrait la Cinémathèque québécoise.Le temps était au dégel, après des journées de grands froids.Le réalisateur mexicain, coqueluche cannoise depuis son iconoclaste Japón (2002), se plaisait sous les humeurs variées de l\u2019hiver montréalais.Il s\u2019apprêtait à prendre la route vers Québec, sans peur des conditions climatiques.Fin diplomate ou pas, Carlos Rey- gadas a vanté en entrevue l\u2019auditoire de la Cinémathèque, appréciant la curiosité et l\u2019humilité des cinéphiles québécois.Il faut dire qu\u2019il adore échanger sur le cinéma, bien plus que sur lui ou sur son œuvre.« En tant que cinéphile, je préfère parler de cinéma, de ce qu\u2019est le cinéma, son langage, sa nature », dit celui qu\u2019on associe souvent à l\u2019univers mystique d\u2019Andreï Tarkovski et à une approche anticonformiste, loin du spectacle.Cinq titres à son actif, entre ce Japón qui déroutait par l\u2019absence de dialogues et le tout dernier Nuestro tiempo, à l\u2019af fiche dès ce samedi dans deux salles montréalaises, Rey- gadas est déjà une signature forte de la planète cinéma.La fellation explicite en ouverture de son deuxième long métrage \u2014 Batalla en el cielo (2005) \u2014 lui a valu l\u2019étiquette d\u2019auteur qui n\u2019a peur de rien.Ne lui prêtez aucune intention militante.Ni porte-étendard du cinéma mexicain, ni Don Quichotte du mode analogique, ni figure anti-Netflix.Il œu- vre indépendamment de tout.Reste qu\u2019il donne volontiers son appréciation.Le piratage en ligne a du bon, estime ce grand consommateur de films : «L\u2019État abandonne tout et tout dépend du marché.Qui, lui, ne répond pas toujours présent.La culture ne peut compter que sur le piratage, le piratage culturel, la gratuité sur Internet.Ce piratage a davantage à voir avec la soif de l\u2019être humain pour la connaissance, pour la production humaine, qu\u2019avec un marché.» Chercher sa voie, le secret de Carlos Reygadas « Nous vivons sous l\u2019anesthésie du divertissement », déplore le cinéaste qui revient sur nos écrans avec Nuestro tiempo « Nuestro tiempo prend l\u2019affiche à Montréal samedi à la Cinémathèque québécoise et dimanche au Cinéma Moderne.Pour rassurer les cinéastes en devenir, être à contre- courant n\u2019équivaut pas à un échec commercial L E S F L  N E U RS «All engines running.» Récit d\u2019ingéniosité, de danger et d\u2019héroïsme, le nouveau balado du BBC World Service 13 Minutes to the Moon suit la phase de descente vers la Lune de la mission Apollo 11, s\u2019en servant comme prétexte pour raconter l\u2019histoire de ceux qui ont rendu possible la réussite de la mission.Et tout y passe: de l\u2019ordinateur embarqué sur le module lunaire aux jeunes ingénieurs dans la salle de contrôle, le narrateur Kevin Fong nous fait vivre les événe- ments avec émotion.Et, cerise sur le gâteau, c\u2019est le compositeur Hans Zimmer qui signe la trame sonore.« The Eagle has landed » Grand film, Dogman de l\u2019Italien Mat- teo Garrone (Gomorra), qui valait en 2018 à l\u2019extraordinaire Marcello Fonte le prix d\u2019interprétation masculine à Cannes, en plus de la Palm Dog pour toute la distribution canine.À la frontière des genres, avec coup de chapeau au néoréalisme italien, ce film de crime et d\u2019amitié, plus crédible que nature, dans une banlieue blafarde, repose sur le coup de génie d\u2019avoir donné au personnage principal, crédule puis vengeur, le métier de toiletteur pour chiens, ce qui nous vaut des scènes ahurissantes avec d\u2019irrésistibles cabots de tous poils.Un homme et ses chiens C\u2019est un livre friandise, acidulé et étourdissant à souhait, parfait pour une nuit d\u2019été.Prix spécial du jury à Angoulême, Les rigoles raconte l\u2019effervescence d\u2019une chaude soirée parisienne.Dans une débauche de formes et de couleurs qui, tour à tour, épate et déroute, Brecht Evens y détourne les codes habituels du roman graphique pour offrir à nos esprits bombardés mille façons de s\u2019évader.Tout à l\u2019aquarelle, son dessin défile en alignant les offrandes comme autant de plans-séquences orfévrés.Des néons aveuglants des bars jusqu\u2019à la noirceur inquiétante des ruelles, c\u2019est ainsi que s\u2019anime sous nos yeux un vrai cinéma.En cette longue fin de semaine de la Fête nationale, on recommande la lecture de l\u2019essai J\u2019ai refait le plus beau voyage de Josée Boileau pour remonter le moral de certains qui ont le fleurdelisée un peu en berne\u2026 L\u2019ex- rédactrice en chef du Devoir y dresse un portrait social, culturel et politique généralement très positif du Québec d\u2019aujourd\u2019hui, en faisant le pont avec notre passé et en nous comparant, le plus souvent avantageusement, avec d\u2019autres nations.On peut ne pas partager son enthousiasme parfois débordant, mais on peut aisément se laisser convaincre qu\u2019il y a de l\u2019espoir\u2026 Un peu d\u2019optimisme\u2026 Étourdissantes rigoles OLIVIER SYLVESTRE AMÉLIE GAUDREAU ODILE TREMBLAY LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Il en mange du cinéma, Reygadas, davantage celui d\u2019hier que celui d\u2019au- jourd\u2019hui.Melville, Bergman ou alors Alan Clarke, réalisateur trempé dans le réalisme social qu\u2019il découvre trente ans après sa mort.« Je cherche le point de vue des autres, des regards dif férents, plutôt que des histoires.Les histoires sont toujours les mêmes, ou alors [elles tombent] dans l\u2019excentricité.Je préfère un cinéma qui se définit par la vision d\u2019un auteur, par un langage », dit le réalisateur de 47 ans.Héros, pas martyr Après avoir été consacré au Festival de Cannes pour ses troisième et quatrième opus \u2014 Stellet Licht, prix du jur y 2007, puis Post Tenebras Lux, prix de la mise en scène 2012 \u2014, Carlos Reygadas est réapparu avec Nuestro tiempo en 2018 au Festival de Venise, puis à celui de Toronto.Les thèmes de l\u2019isolement, du couple et de la sexualité, tout ceci avec des acteurs inexpérimentés et sur fond de magnifiques paysages naturels, demeurent les siens.En haut de la distribution, cette fois : sa femme, Natalia López, habituellement au montage, et lui-même, en éleveurs de taureaux, amoureux, mais dont l\u2019union est mise à épreuve avec l\u2019arrivée d\u2019un étranger.Reconnaissant à l\u2019égard des honneurs qu\u2019il a récoltés, Reygadas ne se cache pas sous sa barbe bien garnie.«Le cinéma d\u2019auteur s\u2019uniformise, reprend les codes du divertissement, déplore-t-il.Le système économique dominant nous pousse à consommer sans efforts, à nous auto-exploiter, à nous auto-divertir jusqu\u2019à nous endormir.Nous vivons sous l\u2019anesthésie du divertissement.» Lui fait comme il lui plaît, y compris au moment de choisir les trames sonores, du mémorable Cantus in me- moriam Benjamin Britten d\u2019Arvo Pärt pour conclure Japón à l\u2019inattendue Les bonbons de Brel chez les mennonites de Stellet Licht (ou Lumière silencieuse).Ses longs plans-séquences, le minimalisme de ses récits, ses images brouillées (Post Tenebras Lux)\u2026 Il les assume, quitte à déranger.« Le cinéma est si codifié, croit-il, que, dès que quelque chose rompt avec ce code, on le qualifie de difficile.Ce n\u2019est pas mon intention.Je ne fais que chercher ma voie.» Son langage, il le résume à peu de choses : « J\u2019essaie de donner présence aux objets, aux êtres vivants, à la nature.Une fois que je réussis à capter ça, j\u2019essaie de créer un espace, un univers où tout peut fonctionner.» Il refuse de définir son cinéma comme un duel entre le sacré et le charnel \u2014 «c\u2019est le point de vue des analystes».Accepte de le considérer comme un écho du renfermement social, y compris dans une mégapole telle que Mexico, décor de Batalla en el cielo.Et affirme chercher à montrer, par autant d\u2019astuces possibles, que les images sont une fabrication.Sa lutte tient à ça.Et pour rassurer les cinéastes en devenir, être à contre-courant n\u2019équivaut pas à un échec commercial.« Je ne meurs pas de faim.Mes films se vendent dans 30, 40 pays.Tout ce que je possède, je le dois au cinéma.Tu peux être héros sans être martyr », soutient Carlos Reygadas, entre rires et aveux de modestie.C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec le Groupe Clarins et la Maison Mugler.Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.Dominique Issermann, Jerry Hall (détail), 1997.Collection Les Insectes, haute couture Thierry Mugler printemps-été 1997.© Dominique Issermann En collaboration avec Une présentation de Partenaire média o?ciel L\u2019EXPOSITION À VOIR CET ÉTÉ ! DÉJÀ PLUS DE 150 000 VISITEURS COUTURISSIME « Une rétrospective spectaculaire.» \u2014 Connaissance des arts POURSUIVEZ VOTRE VISITE AVEC L\u2019EXPOSITION MONTRÉAL COUTURE DONT L\u2019ACCÈS EST INCLUS DANS LE DROIT D\u2019ENTRÉE.Les thèmes de l\u2019isolement, du couple et de la sexualité, sur fond de magnifiques paysages naturels, demeurent ceux de Carlos Reygadas.LES FILMS DU LOSANGE Il en mange du cinéma, Reygadas, davantage celui d\u2019hier que celui d\u2019aujourd\u2019hui.BERENICE BAUTISTA ASSOCIATED PRESS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 2 | 25 JUIN AU 3 SEPTEMBRE 2019 20H30 - 14E ÉDITION - SAT.QC.CA/CINEMA FILMS & CONCERTS À LA PLACE DE LA PAIX DANS LE QUARTIER DES SPECTACLES PRÉSENTÉ PAR : PARTENAIRES DE PROJECTION : PARTENAIRE MÉDIA : INNU NIKAMU : CHANTER LA RÉSISTANCE COURTS-MÉTRAGES : TSHITASHUN & INNU-AIMUN INVITÉE : SEDALIA FAZIO ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR resque dix années se sont écoulées depuis que le public a fait la connaissance, et s\u2019est épris, des copains du film Les petits mouchoirs.Écrit et réalisé par Guillaume Canet, ce film était le troisième mis en scène par l\u2019acteur de premier plan.Étant donné l\u2019énorme succès remporté par le film, et sachant le genre de pressions pouvant être exercées à la perspective de davantage de profits, ce qui étonne avec la suite Nous finirons ensemble, ce n\u2019est pas qu\u2019elle ait vu le jour, mais qu\u2019elle ne soit pas venue avant.On s\u2019est informé de cela, et du développement du projet, auprès du principal intéressé.Pour l\u2019anecdote, Les petits mouchoirs a attiré 5,5 millions de spectateurs en France seulement, et cumulé pas loin de 50 millions de dollars de recettes de par le monde.Pour une œuvre produite à cette échelle, c\u2019est colossal.« Oui, bien sûr qu\u2019on m\u2019a encouragé à sortir une suite rapidement, confirme Guillaume Canet.Mais je ne fonctionne pas comme ça.Je dois sentir que j\u2019ai quelque chose à dire pour m\u2019engager dans la conception d\u2019un film.» Les petits mouchoirs, on s\u2019en souviendra, contait les tribulations d\u2019un groupe d\u2019amis de longue date ayant pour tradition de séjourner, chaque été, dans la villa de l\u2019un d\u2019eux, Max, restaurateur et hôtelier prospère.Avec en toile de fond un des potes, Ludo, se trouvant entre la vie et la mort, le film renvoyait à deux classiques absolus du genre : Vincent, François, Paul et les autres, de Claude Sautet, et Les copains d\u2019abord (The Big Chill), de Lawrence Kasdan.« Vous savez, ce succès, je ne l\u2019ai pas vraiment vécu.Au moment de la première, un drame a ébranlé mon propre cercle\u2026 Un de nos amis est décédé dans des circonstances très similaires à ce qui est décrit dans le film.Après, quand on me parlait d\u2019une suite, je disais non, et j\u2019étais sincère.Je n\u2019avais pas fait Les petits mouchoirs en nourrissant quelque idée de continuation.» Mais a lors , qu\u2019est -ce qui l \u2019a convaincu de rempiler ?Sa carrière se por tant bien, cer tainement pas l\u2019appât du gain.« Le temps a passé, tout simplement, et j\u2019ai constaté un Quelque chose à dire L\u2019acteur-cinéaste Guillaume Canet ramène la bande des Petits mouchoirs dans Nous finirons ensemble Qu\u2019est-ce qui a convaincu Guillaume Canet de faire une suite ?« Le temps a passé, tout simplement, et j\u2019ai constaté un jour combien certaines de mes amitiés avaient évolué, s\u2019étaient\u2026 transformées.J\u2019ai voulu parler de ça.» SÉBASTIEN BERDA AGENCE FRANCE-PRESSE P | 1 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Billets en ligne: espacepourlavie.ca PIE IX POMME 30 JUIN ALBIN DE LA SIMONE 7 JUILLET ÉMILE PROULX-CLOUTIER 14 JUILLET CATHERINE DURAND 28 JUILLET LUC DE LAROCHELLIÈRE 4 AOÛT MARTIN LÉON 21 JUILLET FLORENT VOLLANT 11 AOÛT DAVID MYLES 18 AOÛT CAROLINE PLANTÉ 1ER SEPTEMBRE DOMINIQUE FILS-AIMÉ 25 AOÛT TOUS LES DIMANCHES DU 30 JUIN AU 1ER SEPTEMBRE JARDIN BOTANIQUE mnbaq.org Joan Miró, Sans titre, 1978 (détail).Huile sur toile, 92 x 73 cm.Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca (FPJM-50) © Successió Miró / SOCAN, Montréal / ADAGP, Paris (2019) Miró à Majorque Un esprit libre 30 mai \u2013 8 septembre 2019 présentée par jour combien certaines de mes amitiés avaient évolué, s\u2019étaient\u2026 transformées.J\u2019ai voulu parler de ça.» Fiction personnelle D\u2019of fice, Nous finirons ensemble prend ses distances du modèle initial alors qu\u2019on retrouve Max arrivant seul à sa villa, l\u2019air hagard et frêle.Or, lorsque se pointent Marie (Marion Cotillard), Éric (Gilles Lellouche), Vincent (Benoît Magimel), Antoine (Laurent Lafitte) et Isabelle (Pascale Arbillot), Max paraît tout sauf ravi.C\u2019est que, apprend-on, depuis sa séparation d\u2019avec Véronique (Valérie Bonneton) trois ans plus tôt, puis sa mise en ménage subséquente avec Sabine (Clémentine Baert), Max ne les a pas revus.Amer, il se sent en outre humilié, lui qui, prompt jadis à étaler sa richesse, est ces jours-ci acculé à la faillite.« Dans ce constat que j\u2019évoquais par rapport à mes amitiés, il y avait de ça, cette impression que des amis m\u2019avaient abandonné au fil des ans, alors qu\u2019au contraire, c\u2019est moi qui m\u2019étais isolé.Il y a deux répliques qui me tiennent à cœur : « C\u2019est pas parce qu\u2019on a été potes pendant vingt ans qu\u2019on est obligés de le rester » et « L\u2019amitié, c\u2019est pas d\u2019être là tout le temps, c\u2019est d\u2019être là quand il faut ».J\u2019y souscris complètement.» Bref, les thèmes du film correspondent aux préoccupations de Guillaume Canet.Par exemple, le dernier acte s\u2019attarde aux relations qu\u2019entretiennent les parents du groupe avec leurs enfants.Comme un recadrage, après prises de bec et retrouvailles, vers un nouvel essentiel.« C\u2019était impor tant pour moi d\u2019aborder cet enjeu-là.Ça fait partie des changements qui sont survenus dans mon existence depuis dix ans, depuis Les petits mouchoirs : je suis devenu papa.Plus rien n\u2019est pareil après ça, et c\u2019est merveilleux.» Fructueuse collaboration Et les interprètes, dont la conjointe fort occupée du cinéaste, Marion Co- tillard, ont-ils été faciles à convaincre ?« La plupar t avaient des réserves, à raison.La première mouture du scénario que je leur ai fait lire ne leur a pas particulièrement plu.Sauf que de partager avec eux cette version, disons, verte, ç\u2019a eu ceci de formidable qu\u2019ils m\u2019ont tous fait part de commentaires hyper précieux par rapport aux personnages.Ça m\u2019a nourri.» À présent que Guillaume Canet a revisité, contrairement à ce qu\u2019il avait lui-même escompté, sa bande de complices, envisage-t-il de nouvelles péripéties ?« C\u2019est comme je vous le disais : il faudra que je sente que j\u2019ai quelque chose à dire.» Ce n\u2019est donc pas exclu.Nous finirons ensemble prend l\u2019affiche le 28 juin. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 14 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Dans une banlieue délabrée en périphérie de Rome, Marcello tient un salon de toilettage canin.Le coin étant ce qu\u2019il est, une bonne partie de sa clientèle est composée de personnages peu recommandables.Bien qu\u2019il l\u2019adore, sa profession ne suffit pas à subvenir à ses besoins, d\u2019autant qu\u2019il aime gâter sa grande fille.Aussi vend-il de la coke en guise de revenu d\u2019appoint, principalement à son cercle de copains du quartier.Boxeur déchu, Simoncino est du lot.Et il est de plus en plus hors de contrôle.Inspiré par un fait divers, Dogman marque le retour de Matteo Garrone à l\u2019univers du gangstérisme déjà visité dans son saisissant Gomorra.Cela, après les parenthèses fantaisiste et satirique que furent respectivement les tout aussi remarquables Le conte des contes et Réalité.À la différence que Dogman s\u2019attarde spécifiquement à des criminels sans envergure et mus par un appât du gain illusoire, le désespoir constituant leur motivation véritable.En filigrane, Matteo Garrone ausculte une masculinité pas tant toxique qu\u2019autodestructrice.Il y a une par t de masochisme dans la relation qu\u2019entretient Mar- cello avec Simoncino \u2014 Simone.Ce dernier a beau le mettre dans le pétrin à répétition, ne pas le payer pour la drogue qu\u2019il lui soutire, le menacer, le violenter\u2026 Rien n\u2019y fait : Mar- cello lui reste fidèle.Pourquoi ?On n\u2019est pas en présence d\u2019une affaire de désir homosexuel refoulé, mais plutôt d\u2019un cas de subjugation : Marcello est captivé par Simone et en est par le fait même «captif ».Rien n\u2019est simple, cela dit, puisque Marcello n\u2019est pas une victime innocente.Si Simone est accro à la drogue, lui est accro à Simone.Marcello est comme un chien prêt à toutes les courbettes pour plaire à un maître cruel.D\u2019ailleurs, et le titre est équivoque, cette analogie entre l\u2019homme et l\u2019animal, Garrone ne cherche pas à l\u2019inscrire en sous-texte : elle est d\u2019emblée apparente.Une transparence qui, loin d\u2019af faiblir le film, rend l\u2019exploration de cette amitié délétère plus fascinante encore.À cet égard, la tension que génèrent les deux comédiens principaux, l\u2019évolution de celle-ci, est prenante également : Marcello Fonte, qui a reçu le prix d\u2019 interprétation à Cannes, et Edoardo Pesce sont hallucinants, vraiment.Sensibilité néoréaliste Dans un premier temps, Dogman est ponctué d\u2019humour, certes noir, mais néanmoins.On songe à cette scène où Le sang des bêtes Matteo Garrone revient au gangstérisme de Gomorra pour un opus tragicomique brillant CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Sorti en 1995, Histoire de jouets est devenu non seulement un classique, mais une œuvre de référence.En effet, ce film d\u2019animation a révolutionné la réalisation en images de synthèse.Les trois premiers volets de la série contaient en filigrane le parcours d\u2019un enfant, Andy, propriétaire des- dits jouets dotés de vie à son insu.Avec le troisième, on bouclait magnifiquement la boucle : sur le point de par tir pour le collège, Andy léguait ses précieux compagnons à une jeune voisine, Bonnie.Après de si beaux adieux, on se demandait bien ce que le studio avait à gagner à ramener la bande pour un quatrième tour de piste.La réponse courte : beaucoup d\u2019argent.Créé par le studio Pixar, Histoire de jouets, outre qu\u2019il a contribué à maints souvenirs heureux, est devenu une institution \u2014 et une marque \u2014 très lucrative pour son propriétaire Disney.Et qu\u2019importe ce qu\u2019on en dira, Histoire de jouets 4 (Toy Story 4) cartonnera, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une institution, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une marque, bis.En l\u2019occurrence, le film est produit avec tout le brio technique attendu de Pixar, ce qui n\u2019est pas peu dire.John Cooley, scénariste de Sens dessus dessous (Inside Out), signe ici sa première réalisation.Pour mémoire, est à l\u2019origine de la saga John Lasseter, réalisateur des deux premiers films, coscénariste et producteur du troisième, et coréali- sateur pressenti pour ce film-ci.Bonze déchu, Lasseter fut éjecté de Pixar l\u2019an dernier après avoir été accusé de harcèlement sexuel.Il est l\u2019une des huit \u2014 huit \u2014 personnes dont le nom est associé au récit d\u2019Histoire de jouets 4.Surplus de « bébelles » Le récit ramène le cowboy Woody, autrefois jouet favori d\u2019Andy, à présent délaissé par Bonnie.Bonnie qui, pour se donner du courage à la garderie, bricole un jouet qui prend vie mais qui a la fâcheuse manie de s\u2019enfuir.S\u2019ensuit un voyage en caravane en famille à destination d\u2019un parc d\u2019attractions ambulant sis à proximité d\u2019un village touristique où trône une boutique d\u2019antiquités.Dans la vitrine, Woody reconnaît un accessoire assorti jadis à Bo, une jolie bergère ayant appartenu à la sœur cadette d\u2019Andy.Le commerce est régenté par Gabby Gabby, poupée doucereuse dont le mécanisme vocal est brisé\u2026 mais identique à celui que Woody a toujours de cousu dans le dos.Cet aspect du scénario est un peu glauque quand on y pense, d\u2019autant qu\u2019il est mené jusqu\u2019au bout, mais passons.Le problème du film, car problème il y a, est son intrigue en dents de scie, qui met un temps fou à se mettre en branle après un prologue chez Andy, conjugué au passé, puis une première partie campée dans la chambre de Bonnie et à la garderie.Se multiplient ensuite les personnages secondaires, surplus de «bébelles» vouées à être sous-utilisées, et surtout les allers-re- tours entre la caravane, le parc d\u2019attractions et le magasin d\u2019antiquités.À force de va-et-vient, l\u2019action s\u2019essouffle.Poudre aux yeux Avec ses pantins de ventriloques merveilleusement sinistres, ses toiles d\u2019araignée et ses ombres inquiétantes, la boutique est le théâtre des meilleures séquences: une vraie «maison hantée » de fête foraine.On se surprend à rêver d\u2019un film qui aurait maximisé le potentiel de ce décor-là.Un autre aspect intéressant réside dans un parti pris, louable, de promouvoir des valeurs d\u2019équité entre les femmes et les hommes par l\u2019entremise des jouets, avec une abondance de personnages féminins partie prenante de l\u2019action plutôt qu\u2019à la remorque de celle-ci, comme ce fut longtemps le cas.La bergère-aventu- rière Bo, personnage le plus captivant de la ménagerie, en constitue Dérives ludiques Le cowboy Woody et sa bande reviennent dans un 4e volet inégal aux relents d\u2019infopub L\u2019histoire est filmée avec une sensibilité néoréaliste affirmée.MÉTROPOLE FILMS Histoire de jouets 4 divertit, c\u2019est indéniable, mais est vite oublié.WALT DISNEY PICTURES | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Jean-Pierre Jeunet a déjà avoué en entrevue son exaspération à entendre sans cesse les ritournelles accrocheuses de Yann Tiersen tapissant ce qui est encore à ce jour son film le plus célèbre : Le fabuleux destin d\u2019Amélie Poulain.Ce qui doit aussi l\u2019affliger, et sur ce point il n\u2019est pas seul, c\u2019est le nombre de pâles copies de cette formidable lettre d\u2019amour à Paris, doublée d\u2019une magnifique traversée du miroir.Depuis 2001, elles s\u2019accumulent sur nos écrans, et rien ne semble vouloir diminuer la témérité de ses disciples \u2014 qui se gardent bien de s\u2019en vanter.Devant L\u2019extraordinaire voyage du fakir, de Ken Scott, on songe moins à La grande séduction (qu\u2019il a scéna- risé) ou à Starbuck (qu\u2019il a aussi réalisé), qu\u2019à cette volonté d\u2019accentuer les effets, et les couleurs, pour nous plonger dans un climat de réalisme magique.Le roman de Romain Puér- tolas s\u2019y prêtait, fantaisie se déroulant dans plusieurs pays avec au centre un personnage aux allures de boule de billard, constamment ballotté au gré des événements dont la majorité semble tirée d\u2019une bande dessinée.Tout cela relève aussi du conte moral, puisque Ajatashatru Lavash Patel (Dhanush, une vedette en Inde, plein de candeur) se retrouve devant un petit auditoire, trois garçons qui n\u2019ont guère le profil d\u2019enfants de chœur.Dans ce poste de police, il leur raconte sa destinée, marquée par la pauvreté d\u2019un quartier de Mumbai, l\u2019exigence d\u2019une mère célibataire besogneuse, mais aussi, et surtout, par le pouvoir de l\u2019imagination.Devenu magicien pour mieux détrousser les touristes, il rêve d\u2019aller à Paris, mais surtout d\u2019échouer au milieu d\u2019un grand magasin où on n\u2019a aucun mal à reconnaître IKEA.Les allées de ce dernier seraient d\u2019ailleurs le théâtre des premières chicanes des jeunes couples; Patel, lui, y trouve l\u2019amour en la personne d\u2019une Américaine en exil, Marie (Erin Moriarty), mais le conte s\u2019arrêterait trop vite si le rendez-vous galant du lendemain était respecté.En lieu et place, nous voilà emportés dans une suite de péripéties qui, à l\u2019heure de la crise des migrants, font office de séjours en colonie de vacances.Endormi dans une armoire, freiné dans son élan en Grande-Bretagne pour ensuite se balader entre l\u2019Espagne, l\u2019Italie et La Libye, l\u2019infatigable voyageur tient farouchement à son statut de touriste.Et de conteur, dans la mesure où un doute plane sans cesse sur l\u2019authenticité de ses aventures.Si Patel sait convaincre son auditoire, il en va autrement pour Ken Scott, visiblement heureux devant les moyens à sa portée, dont la présence épisodique d\u2019acteurs au charisme certain (Bérénice Bejo, Ste- fano Cassetti, ou Gérard Jugnot en coup de vent, et tant mieux).Ce déploiement d\u2019artifices à saveur internationale propose ici et là quelques moments pétillants, dont de beaux clins d\u2019œil felliniens à Rome, mais ce voyage cède aussi à la mièvrerie, accentuée par une esthétique publicitaire qui lamine la misère et donne aux singularités locales des allures de réclame de Benetton.Ken Scott s\u2019est offert ici un magnifique voyage, a cherché à plaire, ce qu\u2019il réussit parfois, mais toute cette magie préfabriquée apparaît souvent difficile à assembler.L\u2019extraordinaire voyage du fakir (V.F.de The Extraordinary Journey of the Fakir) ?1/2 Comédie dramatique de Ken Scott.Avec Dhanush, Erin Moriarty, Bérénice Bejo, Sarah-Jeanne Labrosse.France\u2013 Inde\u2013Belgique, 2018, 92 minutes.Magie à assembler Couleurs, clichés et sentimentalisme à profusion dans une virée aux quatre coins du monde Le réalisateur Ken Scott a cherché à plaire, ce qu\u2019il réussit parfois.AZ FILMS Marcello dégèle \u2014 littéralement \u2014 un chihuahua enfermé dans un congélateur dans des circonstances que l\u2019on taira ici.Il y a en outre quelque chose de foncièrement absurde dans le spectacle de Marcello, homme tout menu, et Simone, géant fruste.Sauf que, à mesure que Simone perd les pédales et que Marcello, au lieu de s\u2019en détacher, s\u2019enfonce avec lui, l\u2019envie de sourire se dissipe.Éventuellement, on entre de plain-pied dans la tragédie.Puissant, le dénouement hante.Le tout est filmé avec une sensibilité néoréaliste af firmée qui confère à l\u2019œuvre une poésie âpre.Un film de fureur, de musc et de sang : celui des bêtes, qui ne sont pas toujours celles que l\u2019on croit.Dogman (V.O., s.-t.f.et s.-t.a.) ?Drame de Matteo Garrone.Avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria, Nunzia Schiano.Italie, 2018, 102 minutes.l\u2019exemple le plus patent : c\u2019est elle qui élabore les plans d\u2019intervention et qui a du leadership.Il est à cet égard savoureux (nombre de femmes reconnaîtront la justesse du moment) d\u2019observer Woody tentant d\u2019expliquer à Bo ce qu\u2019elle sait déjà mieux que lui, puis de le voir mettre tout le monde dans le pétrin parce qu\u2019il n\u2019a pas su l\u2019écouter, croyant aveuglément savoir la meilleure marche à suivre.Sauf qu\u2019à terme, on s\u2019aperçoit que ce n\u2019est que de la poudre aux yeux : cette histoire de jouets là est d\u2019abord et avant tout celle de Woody, le reste n\u2019étant que périphérie.L\u2019usage très limité qui est fait de la cowgirl Jessie, figure clé des volets 2 et 3, est particulièrement représentatif.Quant à l\u2019antagoniste Gabby Gabby, qui n\u2019est finalement pas vraiment méchante puisque les méchants vraiment méchants sont dorénavant proscrits des films pour enfants, elle est ni plus ni moins « sauvée » par Woody à la fin.Bref, on subodore dans tout cela plus de rectitude oppor tuniste que de conviction.Pour le compte, puisque les jouets ne sont plus attachés à Andy mais à Bonnie, pourquoi ne pas en avoir profité pour effectuer une transition là également, en désignant une héroïne ?Bo ou Jessie auraient été parfaites, d\u2019autant que le thème central du film est l\u2019abandon et que c\u2019est justement ce que la cowgirl a connu avant d\u2019intégrer la cohorte de Woody dans Histoire de jouets 2.Mais bon, rien ne sert de se perdre en conjectures : Histoire de jouets 4 est ce qu\u2019il est.Au sujet de la teneur du film d\u2019ailleurs, l\u2019une de ses composantes principales est\u2026 publicitaire.De fait, le complexe Walt Disney Studios Park a lancé il y a un an sa nouvelle annexe Toy Story Land.C\u2019est entendu, la fête foraine du film est plus modeste, mais le message n\u2019est pas exactement subliminal : Toy Story égale parc d\u2019attractions, parc d\u2019attractions égale Toy Story.Devinez où voudront aller les tout-petits ?À l\u2019époque, Star Wars, bannière appartenant à présent à Disney, tiens, avait lancé la mode des produits dérivés \u2014 figurines, jeux, friandises, etc.\u2014 déclinés dans la foulée du film original puis de ses suites.Depuis, un revirement est survenu, et c\u2019est désormais volontiers le film lui-même qui est le produit dérivé d\u2019un jouet ou d\u2019un jeu.Est-ce cynique de déceler dans Histoire de jouets 4 une manifestation de cette tendance appliquée cette fois à un lieu?Peut-être.Quoi qu\u2019il en soit, sans doute la dimension « infopub » de la proposition aurait-elle mieux passé avec un scénario aussi soigné et rigoureux que ceux des précédents opus.Tel quel, Histoire de jouets 4 divertit, c\u2019est indéniable, mais est vite oublié.Comme un tour de manège faisant suite à un autre, puis un autre, en attendant le suivant.Histoire de jouets 4 (V.F.de Toy Story 4) ?Animation de John Cooley.États-Unis, 2019, 100 minutes. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 6 | Les nouveautés sont en rose X-Men.Phénix noir (V.F.de Dark Phoenix) ?La principale mutation du dernier X- Men, c\u2019est l\u2019éjection de Bryan Singer aux commandes de cette série quasiment inusable.Simon Kinberg, nouveau venu avec une longue feuille de route comme producteur, a pris les commandes, et respecté le cahier des charges: de nouveaux visages, mais pas trop; des péripéties à la pelle, mais aussi quelques dilemmes moraux.Tout cela baigne dans une ambiance de fin du monde, avec la présence d\u2019une héroïne survitaminée à l\u2019énergie solaire (Sophie Turner, guère irradiante) affrontant une extraterrestre s\u2019appropriant les traits magnifiques de Jessica Chastain, ici glaciale comme une gestionnaire de multinationale.Pour le reste, Montréal sert une fois de plus de décor commode (New York et Paris), et les figures familières ont répondu à l\u2019appel, même Jennifer Lawrence en Mys- La femme de mon frère ?Pessimiste quant à ses perspectives d\u2019avenir, Sophia, doctorat en poche, squatte l\u2019appartement de son frère Karim, avec qui elle partage une complicité de toujours.Mais lorsqu\u2019il s\u2019éprend d\u2019Éloïse, c\u2019est la panique.Ce film «dramatico-désopilant» expertement écrit et réalisé est à ranger dans la catégorie des irrésistibles.C\u2019est là un portrait de femme à maints égards atypique que brosse Monia Chokri.Vive, nuancée, et complètement désarmante, Anne-Élisabeth Bossé compose une héroïne qui, sous couvert de désinvolture et de bel esprit, cache un abîme d\u2019angoisse.Souvent, on est ému alors qu\u2019on a encore mal aux côtes de s\u2019être esclaffé.La facture est extrêmement soignée sans être poseuse.Bémol: une propension à faire durer certaines scènes jusqu\u2019à en amoindrir l\u2019impact.Avec l\u2019aide de la directrice photo Josée Deshaies, la cinéaste ménage cela dit d\u2019authentiques instants de grâce visuelle.Du très drôle, du très beau, et du très bon.François Lévesque The Souvenir (V.O.) ?1/2 Primé à Sundance, ce film autobiographique de Joanna Hogg s\u2019attarde au destin de Julie, qui vit un double éveil : sentimental et professionnel.Étudiante en cinéma, elle s\u2019éprend d\u2019un jeune cadre érudit et ténébreux dont elle est la seule à ne pas déceler les tendances autodestructrices.The Souvenir évolue à rythme non pas lent, mais mesuré, en adéquation parfaite avec le cheminement psychologique de l\u2019héroïne.Tandis qu\u2019à l\u2019université, l\u2019émerveillement de Julie croît vis-à-vis du 7e art, sur le front amoureux, la nature délétère de sa relation est un lent désenchantement.Des vents contraires qui engendrent une tempête intérieure qui serait invisible à l\u2019œil, n\u2019eut été la maestria de la cinéaste pour en capter les moindres frémissements extérieurs.D\u2019une infinie délicatesse, d\u2019une absolue précision, sa mise en scène multiplie les couches de lectures.Un superbe (auto)portrait doublé d\u2019une fine étude du pouvoir transcendant du cinéma.François Lévesque Comme des bêtes 2 (V.F.de The Secret Life of Pets 2) ?Comme son prédécesseur, The Secret Life of Pets 2 s\u2019interroge avec un humour rafraîchissant sur ce que peuvent bien fabriquer nos animaux domestiques lorsque nous les laissons seuls à la maison.Porté par trois intrigues inégales formant un tout plutôt incohérent, le film demeure d\u2019une indéniable efficacité, notamment grâce à de remarquables animations et à de désopilants et ingénieux clins d\u2019œil aux comportements à la fois irrésistibles et exaspérants de ces petites bêtes.Amusant et adorable, à l\u2019image de ses héros.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec tique.Après le couac Godzilla, l\u2019été des blockbusters a bel et bien démarré.André Lavoie coin, une poupée reluque le mécanisme vocal de Woody et tient en otage le jouet favori de Bonnie.Ce quatrième volet divertit, mais déçoit après que le troisième eut si magnifiquement bouclé la boucle de la série.Trop de personnages secondaires sous-utilisés et de va-et-vient entre la caravane, la boutique et un parc d\u2019attractions (« infopub» pour Walt Disney Studios Park) imposent un rythme en dents de scie.Quant aux velléités «girl power», elles paraissent factices au vu de l\u2019usage limité fait de la cowgirl Jessie et du traitement réservé à l\u2019antagoniste.Cette histoire-là est celle de Woody, et elle n\u2019était pas indispensable.Le film affiche le brio technique attendu de Pixar, mais ne convoque pas la magie des précédents.François Lévesque Aladdin (V.O.et V.F.) ?Après Le livre de la jungle, La Belle et la Bête et autre Cendrillon, Disney continue d\u2019adapter son catalogue animé en prise de vue réelle en reprenant cette fois son succès de 1992.Aladdin, jeune pickpocket, s\u2019éprend de la princesse Jasmine, et elle de lui.Il est prisonnier de sa pauvreté, elle est oppressée par les traditions.Mais voilà qu\u2019Aladdin met la main sur une lampe magique où est enfermé (tiens!) un génie qui lui accorde trois souhaits\u2026 En coulisse guette Jafar, le vizir fourbe du sultan qui connaît d\u2019ores et déjà les pouvoirs de la lampe.Fort d\u2019un héros attachant, d\u2019une héroïne plus autodéterminée, d\u2019un méchant étoffé, d\u2019un génie déjanté et d\u2019effets spéciaux spectaculaires, Aladdin devrait plaire aux petits et grands friands de merveilleux.Cela, en dépit de longueurs et d\u2019un dernier acte qui s\u2019embourbe.François Lévesque Tout ce qu\u2019il me reste de la révolution ?Judith Davis a visiblement des comptes à régler, et beaucoup de choses à nous raconter.Comédienne issue d\u2019un collectif théâtral, elle transpose dans son premier film les principes créatifs de sa bande, et leurs préoccupations sociales.Même si on peut percevoir une certaine influence godardienne, il y a tout de même de l\u2019humour, de la tendresse familiale et de la romance dans la trajectoire de cette urbaniste au chômage qu\u2019elle incarne avec une énergie parfois excessive.Cette chronique de notre époque à plusieurs tonalités affiche de belles têtes peu connues et des acteurs d\u2019un autre temps (comme Mireille Perrier, celle qui traversait les premiers films de Leos Carax).Tous ces excès, comiques comme oratoires, ne sont pas toujours bien modulés, mais ce film demeure chargé de belles promesses.Cette troupe idéaliste dirait plutôt: des lendemains qui chantent! André Lavoie Le mystère Henri Pick ?Croyant qu\u2019un succès littéraire cache une mystification, un critique gagne la Bretagne afin d\u2019investiguer sur l\u2019auteur, un pizzaïolo décédé.La fille de ce dernier le rejoindra dans son enquête.Après l\u2019animosité, le flirte : la convention aurait pu agacer, n\u2019eût été la chimie comique que partagent Fabrice Luchini et Camille Cottin.Tiré d\u2019un roman de David Foenkinos, le film offre une satire aiguisée mais affectueuse du milieu littéraire.La réalisation de Rémi Be- zançon insuffle un mouvement élégant et fluide auquel un montage bien réglé imprime un rythme allègre.La musique ajoute au charme, épousant les sinuosités d\u2019un récit juste assez excentrique pour ne pas être tenu à trop de vraisemblance.Le film ne s\u2019en écrase pas moins au dernier acte, embourbé dans ses propres circonvolutions.L\u2019irrésistible devient affecté, l\u2019intérêt vacille\u2026 Restent quelques perles, comme ce pastiche «durassien» livré par Lu- chini, et qui à lui seul vaut une étoile.François Lévesque L\u2019Apollon de Gaza ?1/2 Sous ses airs de traque à la Scotland Yard, L\u2019Apollon de Gaza retrace la destinée improbable d\u2019une statue de bronze du dieu solaire des arts et de l\u2019amour devenue, à sa découverte, en 2013, un trésor national âprement disputé.À travers son histoire rocambolesque, Nicolas Wadimoff esquisse un portrait contrasté du rude quotidien des Gazaouis gangrené par le conflit israélo-palestinien et la pauvreté endémique.S\u2019ajoute, en creux, une réflexion sur la valeur même de l\u2019Histoire, ce qu\u2019on en garde, ce qu\u2019on en préserve.De même que sur les sacrifices qui ouvrent cette voie difficile qu\u2019est l\u2019exercice de mémoire.Le tout se décline avec une belle audace formelle qui permet au documentaire de rompre avec l\u2019enfilade inévitable de têtes parlantes, prenant dès lors un ton plus engagé et, surtout, engageant.Louise-Maude Rioux Soucy Les sept dernières paroles ?Dirigé par Kaveh Nabatian, cet essai est une mise en images très libre des ultimes propos qu\u2019aurait tenus le Christ en croix.Or en guise de « parole », les cinéastes devaient s\u2019en tenir à l\u2019opus 51 de Haydn : Les sept dernières paroles de Notre Sauveur en croix.Même s\u2019il est techniquement constitué de sept courts métrages, tant le thème que la musique assurent une unité.D\u2019autant que Na- batian a tourné, outre son segment, un prologue et un épilogue puissants.En couleur ou en noir et blanc, la facture demeure toujours superbe.C\u2019est tour à tour émouvant, mystérieux, déroutant, hallucinant\u2026 Évidemment, et c\u2019est le propre des films collectifs, certaines contributions s\u2019avèrent plus marquantes.Cela dit, et c\u2019est en soi un accomplissement, il n\u2019est ici point de véritable maillon faible.Quand même, l\u2019ouverture en pleins cieux est inoubliable.Et il y a la musique de Haydn, à l\u2019épreuve du temps\u2026 François Lévesque Dogman (V.O., s.-t.f.et s.-t.a.) ?Dans une banlieue italienne délabrée, Marcello, un toiletteur canin, arrondit ses fins de mois en vendant de la coke à ses amis.L\u2019un d\u2019eux, Simone, un ex- boxeur, a beau le mettre dans le pétrin à répétition, Marcello lui reste fidèle.Ici, Matteo Garrone revisite le monde du gangstérisme sous l\u2019angle d\u2019une masculinité pas tant toxique qu\u2019autodestructrice.Plutôt que d\u2019homosexualité refoulée, il est question de subjugation: Marcello est captivé par Simone.Or, Marcello entretient cette relation: si Simone est accro à la drogue, lui est accro à Simone.Mar- cello est comme un chien prêt à tout pour plaire à un maître cruel.La tension que génèrent les acteurs Mar- cello Fonte, primé à Cannes, et Edoardo Pesce est hallucinante.Le tout, filmé avec une sensibilité néoréa- liste qui confère à l\u2019œuvre une poésie âpre.Puissant, le dénouement hante.Un film de fureur, de musc et de sang: celui des bêtes, qui ne sont pas toujours celles que l\u2019on croit.François Lévesque Histoire de jouets 4 (V.F.de Toy Story 4) ?À l\u2019occasion d\u2019un voyage en caravane avec sa nouvelle propriétaire, Bonnie, le cowboy jouet Woody renoue avec Bo, une bergère ayant jadis appartenu à la sœur de son premier propriétaire.Or, chez l\u2019antiquaire du | 17 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Programmation complète : LE FESTIVAL INTERNATIONAL Domaine Forget VENEZ RESPIRER LE GRAND ART DU 22 JUIN AU 18 AOÛT Concert Tous les dimanches de l\u2019été, ne manquez pas LES BRUNCHES-MUSIQUE, présentés par le Casino de Charlevoix, ! NOUVEAUTÉS : concerts sur le quai et cinéma en plein air.29 JUIN LES VIOLONS DU ROY Bernard Labadie, chef Benedetto Lupo et Angela Cheng, pianos Hommage à Élise Paré-Tousignant 20 H 30 JUIN ANDRÉ LAPLANTE piano 15 H Godzilla.Roi des monstres (V.F.de Godzilla \u2013 King of the Monsters) ?En aura-t-on fini un jour avec Godzilla, cette créature dont on n\u2019arrive plus à faire le décompte des déclinaisons cinématographiques?Depuis qu\u2019Hollywood s\u2019en est entiché pour le gonfler à l\u2019hélium du numérique, on en vient à s\u2019ennuyer des versions en caoutchouc de notre enfance.Cinq ans après la dernière catastrophe \u2014 dans tous les sens du terme\u2026 \u2014, la créature dopée au nucléaire revient à l\u2019avant-scène, avec quelques personnages de l\u2019épisode précédent incarnés par certains acteurs visiblement sous la domination de leur agent.Michael Dou- gherty (Trick\u2019r Treat, Krampus) gère le tout selon la méthode du blockbuster pétaradant, atteignant un niveau d\u2019agression sonore inégalé.Les cris et rugissements martèlent les péripéties de ce monde au bord de l\u2019Apocalypse, mais surtout du vide.André Lavoie Fin de soirée (V.F.de Late Night) ?1/2 Katherine va perdre son talk-show.Arrive au sein de son équipe mâle et blanche Molly, qui vénère Katherine même si celle-ci a la dent très dure.Molly saura-t-elle percer la carapace de son idole?Cette comédie étant ce qu\u2019elle est, la réponse n\u2019est pas difficile à deviner.Surtout si on a vu Le diable s\u2019habille en Prada, ce film-ci transposant plusieurs situations et beats de ce film-là.L\u2019enjeu de la stigmatisation liée à la diversité au travail constitue, jumelé à une sensibilité in- tersectionnelle, l\u2019aspect le plus intéressant du scénario de Mindy Kaling, aussi covedette.Hélas, on reste en surface, surtout quant au thème de l\u2019âgisme misogyne dont Katherine fait les frais.Dans le rôle de cette femme n\u2019acceptant d\u2019autrui rien de moins que l\u2019excellence, car c\u2019est à cela qu\u2019elle s\u2019astreint elle aussi, Emma Thompson est formidable.Elle donne zeste et mordant à une comédie qui manque un peu des deux.François Lévesque Les morts ne meurent pas (V.F.de The Dead Don\u2019t Die) ?1/2 Dans cet hommage à George A.Romero et Ed Wood, Jim Jarmusch conte, à sa manière décalée, une invasion de zombies dans un hameau figé dans le temps.Si le cinéaste a eu, on le présume, bien du plaisir, le spectateur, lui, n\u2019en éprouve que par intermittence.En dépit de procédés chers à l\u2019auteur, le film est d\u2019abord un pastiche assumé, quoique mince.Il y a quelques savoureux numéros d\u2019acteurs, mais plusieurs partitions sont sous-écrites.Ceci expliquant cela, le film échoue dans ses velléités chorales.Entre deux passages d\u2019une splendide insanité, s\u2019intensifie une impression prégnante d\u2019assister à du n\u2019importe quoi conçu à la va- vite.Avec son recours abusif au silence stylisé, du type «ceci est un malaise » ou «ceci est absurde », Jar- musch flirte en outre avec la complaisance.Le résultat plaira surtout à ses inconditionnels, ou à qui n\u2019a pas vu les œuvres qui l\u2019ont influencé.Les autres passeront un meilleur moment à revoir ces films-là.François Lévesque Avengers.Phase finale (V.F.de Avengers : Endgame) ?1/2 Sorti l\u2019an dernier à pareille date, Avengers.La guerre de l\u2019Infini se sera essentiellement révélé être une mise en place de ce très attendu Avengers.Phase finale.Cet ultime opus ne perd pas de temps à plonger dans l\u2019action, ce qui est heureux puisque le film dure trois heures.Résulte de cette gageure le mélange attendu de séquences d\u2019action haletantes, d\u2019effets spéciaux époustouflants, d\u2019humour salutaire\u2026 et de moments émotionnels souvent insistants.Hélas, alors qu\u2019arrive l\u2019affrontement final, on va de reports en épilogues, étirant là où l\u2019on devrait resserrer.La conclusion de la saga de l\u2019Infinité s\u2019avère ainsi insatisfaisante, un brin opportuniste et larmoyante.François Lévesque vient de disparaître lors d\u2019une classe de neige dans le massif du Vercors.Pour ses deux premiers tiers, Mon garçon se concentre sur le calvaire de cet homme rongé par culpabilité (Guillaume Canet est excellent d\u2019intériorité tendue).Cela, sur fond de suspense à combustion lente quant au sort de l\u2019enfant.Hélas, après avoir considéré d\u2019intéressantes pistes, survient un troisième acte qui transforme le film en pseudo Taken à la montagne.Or, moyens et ressorts techniques ne sont pas au rendezvous.Réalisateur de la comédie dramatique Une hirondelle a fait le printemps et de la chronique historique Joyeux Noël, Christian Carion tente ici un virage professionnel qui, à l\u2019évidence, ne sied guère à ses sensibilités de mise en scène.Bref, ce qui débute comme un mystère psychologique prenant se conclut comme une version fauchée d\u2019une production générique de Luc Besson.François Lévesque Anna (V.F.et V.O.) Ce film ne récolte aucune étoile Ex-cadette devenue junkie, Anna est recrutée par le KGB, qui la fait intégrer une agence de mannequins à Paris.La voici top-modèle (simple comme ça) le jour, et assassin le soir.L\u2019avantage d\u2019une telle couverture ?Qu\u2019elle prenne la pose ou qu\u2019elle tue des régiments armés, Anna est toujours bien habillée.Il faut la voir combattre en porte-jarretelles (en dentelle indéchirable, on présume).Tout cela paraît ridicule ?Ça l\u2019est.On sent le désespoir de Luc Besson, dont la compagnie EuroCorp est menacée de faillite, dans Anna, qui tente de convoquer l\u2019esprit du succès passé Nikita.Au gré des révélations controuvées, le film multiplie les flashbacks explicatifs au point où ça en devient involontairement drôle.Vrai top-modèle, Sasha Luss n\u2019a aucune présence.Pire, le film est d\u2019une misogynie à hurler : voir la première affiche officielle, où le titre Anna est collé sur le derrière de l\u2019actrice.Oui, c\u2019est à ce niveau-là qu\u2019opère le film.Au secours.François Lévesque L\u2019extraordinaire voyage du fakir (V.F.de The Extraordinary Journey of the Fakir) ?1/2 On ne compte plus les rejetons de Jean-Pierre Jeunet, celles et ceux qui tentent de reproduire la magie unique du Fabuleux destin d\u2019Amélie Poulain.Ken Scott (Starbuck) figure parmi eux, et la chose est palpable devant son nouveau film à saveur de conte moral et aux ambitions résolument internationales.Inspiré du roman de Romain Puértolas, il illustre les péripéties de Patel (Dhanush), un magicien détrousseur de touristes à Mumbai, dont le voyage à Paris se transformera en périple désordonné à travers le monde.L\u2019affaire ne manque pas de couleurs, d\u2019effets et de clins d\u2019œil, mais aussi d\u2019une surdose de sentimentalisme.Une petite épopée au souffle court, évoquant parfois la crise des migrants dans sa version la plus aseptisée.André Lavoie MIB Hommes en noir : International (V.F.de Men in Black \u2013 International) ?Marquée par une rencontre du troisième type durant l\u2019enfance, Molly intègre à l\u2019âge adulte une agence ul- trasecrète qui régule la présence extraterrestre sur la Terre.Transférée de New York à Londres, elle fait équipe avec un agent rebelle sur fond de possible traîtrise.Fatigue narrative il y a dans ce quatrième opus d\u2019Hommes en noir.D\u2019office, on sent poindre l\u2019enchaînement laborieux alors que se succèdent deux prologues mal emboîtés.Écrit, dirait- on, en comité où tout un chacun insiste pour qu\u2019on garde son idée, le film consiste en une course-pour- suite au rythme cahin-caha.Il en résulte un assemblage disparate parfois drôle, souvent ennuyeux, et abusant du deus ex machina.Pour tout liant : ce qui est devenu le concept usuel de la série, soit une entité extraterrestre malveillante cherchant à mettre la main, la patte ou le tentacule sur un dispositif quelconque capable d\u2019annihiler planète, galaxies, alouette.On tourne en rond.François Lévesque Mon garçon ?De passage en France, Julien, père absent, apprend que son fils Mathys e Festival du Domaine Forget, en Charlevoix, s\u2019ouvre officiellement samedi avec Marc-André Hamelin.Jusqu\u2019au 18 août, pianistes, guitaristes, chambristes et orchestres se produiront sous l\u2019égide du rire éclatant de Marie-Nicole Lemieux, ambassadrice colorée de la manifestation.Comment dissocier désormais le Domaine Forget de notre contralto nationale, Marie-Nicole Lemieux?Officiellement, la chanteuse sera l\u2019image du festival pour une saison encore, en 2020, mais Paul Fortin, directeur artistique du lieu, n\u2019en fait pas mystère au Devoir : «Marie-Nicole veut absolument représenter le festival en 2021 aussi, car ce sera son 10e anniversaire dans ce rôle.Après cela, nous verrons si nous irons un peu plus loin.» Le concert de l\u2019ambassadrice mettra cette année un terme à la journée « Art sans frontières » du Domaine, consacré à la musique et à la danse, le samedi 27 juillet.Lors de ce récital capté par Medici.tv, accompagnée par le pianiste Roger Vignoles et le violoncelliste Stéphane Tétreault, elle chantera les Mélodies de Venise de Fauré et des mélodies d\u2019Enesco, de Honegger et de Kurt Weill.Alliances mouvantes Si la journée Art sans frontières, qui comprend, à 16 h, un grand concert extérieur gratuit avec Bruno Pelletier, se situe la veille du grand rendez-vous du Festival d\u2019opéra de Québec, la première du Vaisseau fantôme de Wagner dans la mise en scène de François Girard (le 28 juillet), cela tient davantage du concours de circonstances que de la synergie d\u2019évé- nements capables d\u2019attirer des mélomanes hors du Québec.« La disponibilité de Marie-Nicole Lemieux a dicté le choix de la date, mais maintenant que notre classe de chant, qui vient de s\u2019achever, prend beaucoup d\u2019ampleur, avec des professeurs tels que Jean-François Lapointe, Marie-Ange Todorovitch et Donna Brown, je songe à la déplacer afin de faire un lien avec les gens du Festival d\u2019opéra de Québec.Il me faut parler avec leur direction dans les prochains jours pour voir si nous ne pourrions pas faire des choses ensemble.Ils ont un festival fantastique », nous dit Paul Fortin.Le par tenariat très prometteur avec le Palazzetto Bru Zane de Venise, lui, s\u2019est étiolé : «La direction de Bru Zane a changé et ils ont modifié leur manière de faire.» Au lieu de soutenir et de promouvoir la programmation d\u2019œuvres françaises rares, la priorité est allée au développement de «projets clé en main, produits dans le cadre de leurs propres festivals puis vendus à l\u2019international », résume le directeur artistique.«C\u2019est dommage, car nous avons programmé beaucoup de compositeurs et de musiques que les spectateurs ne connaissaient pas», reconnaît-il.Parmi les autres projets perdus en chemin, l\u2019intégrale Beethoven avec Les Violons du Roy : « Nous avions effectivement annoncé cela en 2012.Mais le projet a été abandonné en cours de route à cause de la maladie de Bernard Labadie et de son départ de la direction musicale des Violons.» L\u2019année 2020 permettra assurément un certain rattrapage.Par contre, l\u2019association avec la Chapelle Reine Élisabeth de Belgique se développe.« C\u2019est un partenariat que j\u2019aime beaucoup, car il fonctionne dans les deux sens.Il nous amène des musiciens et des programmes et, d\u2019un autre côté, une de nos étudiantes de 2018 sera acceptée au sein de leur académie à Bruxelles.Nous avons de grands projets pour l\u2019été 2020.» Mozart et le piano En juxtaposant la Fantaisie op.17 de Schumann et six arrangements de chansons de Charles Trenet par Alexis Weissenberg, Marc-André Hamelin donnera ce soir le coup d\u2019envoi à un festival qui renferme, pour ses débuts, un minifestival de piano.Le pianiste québécois jouera aussi le 6e Nocturne de Fauré, une pièce précieuse et sublime, bijou du répertoire pianistique française, la seule œuvre de musique française gravée par le francophile pianiste allemand Wilhelm Kempff, plus que symboliquement en octobre 1945\u2026 Disponible sur YouTube, car dans le domaine public, ce témoignage précieux est l\u2019un des plus grands moments de musique française enregistrés de tous les temps.Le volet pianistique du festival comprendra des récitals d\u2019André La- plante et d\u2019Alexandre Tharaud, la venue de Benedetto Lupo et d\u2019Angela Cheng pour le Concer to pour deux pianos de Mozart avec Les Violons du Roy et un concer t lors duquel ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 1 8 | Les songes mozartiens du Domaine Forget Des nouvelles fraîches du festival qui débute samedi avec un concert de Marc-André Hamelin Cinq concerts à ne pas manquer 22 juin Marc-André Hamelin joue Chopin, Schumann, Weissenberg et Fauré.7 juillet Jonathan Cohen et Charles Richard-Hamelin célèbrent Mozart.13 juillet Récital d\u2019Alexandre Tharaud (Couperin, Beethoven, Ravel, Hahn).19 juillet Le Quatuor Emerson joue Mozart, Dvorák et Chostakovitch.4 août Yoav Talmi et l\u2019OSM accueillent Midori dans le Concerto de Dvorák.L Charles Richard-Hamelin jouera les Concer tos nos 22 et 24 de Mozar t sous la direction de Jonathan Cohen.Cette concentration mozartienne n\u2019est pas le fruit du hasard.« Depuis que je suis au Domaine Forget, j \u2019ai toujours voulu programmer Mozar t », avoue Paul For tin, qui reconnaît du même souf f le que souvent, les ar tistes n\u2019étaient pas enthousiastes à l\u2019idée.« Cette année, ils sont nombreux à vouloir jouer le jeu et cela me fait très plaisir.» André Laplante interprétera la Sonate pour piano K.282 , Jonathan Cohen dirigera la symphonie « Prague », Kerson Leong et Marina Thibeault joueront la Symphonie concertante K.364 sous la direction de Jean-Philippe Tremblay le 14 juillet, le Quatuor Emerson lui-même, quatuor vedette de cette programmation estivale, s\u2019y collera, le 19 juillet, avec le superbe Quatuor en ré majeur K.575.Le Domaine Forget a su s\u2019assurer la participation des deux orchestres de Québec.Les Violons du Roy seront présents à trois reprises.Bernard La- badie dirigera le 29 juin la Trauer-Sym- phonie (« Symphonie funèbre » en quelque sorte) de Haydn en hommage à Élise Paré-Tousignant, ancienne directrice artistique du Domaine.Jonathan Cohen sera au Domaine le 7 juillet avec Charles Richard-Ha- melin et le 18 août en clôture avec Julie Boulianne dans des airs célèbres des opéras de Händel, des extraits de L\u2019art de la fugue de Bach, une symphonie pour cordes de Mendelssohn et les Métamorphoses de Strauss.L\u2019Orchestre symphonique de Québec viendra le 4 août avec Yoav Talmi et Midori (Concerto pour violon de Dvorák et 4e Symphonie de Schumann) et le 10 août avec Fabien Gabel (Symphonie pathétique de Tchaïkovski).2020, l\u2019année Beethoven Que faudrait-il de plus pour rendre Paul For tin encore plus heureux ?« J\u2019aimerais programmer à un moment donné une grande œuvre chorale, car la salle a été un peu conçue pour cela avec un chœur que l\u2019on peut placer derrière en hauteur.Nous travaillons là-dessus.J\u2019espère y parvenir en 2020, puisque c\u2019est l\u2019année Beethoven.Est-ce que ce sera la Fantaisie chorale, la 9e Symphonie ?On verra.Mais même si ce n\u2019est pas Beethoven, j\u2019aimerais beaucoup cela avant de prendre ma retraite.» L\u2019autre rêve de Paul Fortin serait d\u2019accueillir « quelques grands artistes » parmi ses préférés, comme Emanuel Ax ou Joyce DiDonato.«Elle est venue enregistrer un disque au Domaine, mais n\u2019est jamais revenue.J\u2019aimerais vraiment la revoir.» | 19 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 LES ENIVRÉS EN REPRISE © N I C O L A S D E S C Ô T E A U X LES ENIVRÉS IVAN VIRIPAEV \u2022 FLORENT SIAUD LE PRINCIPE D\u2019ARCHIMÈDE JOSEP MARIA MIRÓ \u2022 CHRISTIAN FORTIN LA MALADIE DE LA MORT MARGUERITE DURAS \u2022 MARTINE BEAULNE BECOMING CHELSEA SÉBASTIEN HARRISSON \u2022 ERIC JEAN SCÈNE PRINCIPALE MOURIR TENDRE GUY RÉGIS JR \u2022 KESIA DEMERS, GABRIEL L\u2019ARCHEVÊQUE, ANTOINE PELLETIER MADEMOISELLE AGNÈS REBEKKA KRICHELDORF \u2022 LOUIS-KARL TREMBLAY ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 75 $ SAISON Le pianiste québécois Marc-André Hamelin donnera samedi soir le coup d\u2019envoi à un festival qui renferme, pour ses débuts, un minifestival de piano.CANETTY-CLARK L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 0 | CLASSIQUE Carl Stamitz ?Paul Meyer, Kurpfälzisches Kammerorches- ter, Johannes Schläefli, CPO555053 C\u2019est l\u2019été ! Pour faire une pause de la 9e Symphonie de Mahler et de la symphonie Pathétique de Tchaïkovski, Naxos distribue depuis le 21 juin un disque rafraîchissant regroupant en première mondiale trois concertos de Carl Stamitz (1745-1801), de cette famille majeure des Stamitz œuvrant à la Cour palatine, incubateur musical connu sous le nom d\u2019École de Mannheim qui influença Mozart dans les années 1770.Découvrir les concertos de Carl Stamitz, c\u2019est entendre la clarinette au début de son essor.Stamitz, qui a composé onze concertos pour cet instrument entre 1770 et 1790, est largement crédité du développement de sa notoriété et de son usage pour sa vocalité (superbe andante du 4e Concerto).Contrairement à nombre d\u2019œuvres sans concurrence discographique, la redécouverte a été confiée à un maître, Paul Meyer, que nous retrouvons avec plaisir et qui, reconverti à la direction, prendra la tête, en septembre 2019, de l\u2019orchestre de la ville de Mannheim qui l\u2019accompagne ici.Stimulante et joyeuse découverte.Christophe Huss AMERICANA Ride Me Back Home ?Willie Nelson, Sony Legacy L\u2019autre jour, je dénichai un Willie Nelson des débuts : Country Willie His Own Songs.Imberbe, pas mécontent, il y rapatriait ses enfants, chansons à succès jusque-là disséminées : Hello Walls, Funny How Times Slips Away, dix autres.Déjà une somme, en 1965.Nous voilà 54 ans et 803 albums plus tard (j\u2019exagère à peine), et Willie propose encore du nouveau : on est comme d\u2019hab\u2019 entre l\u2019énième évocation de la fin finale (One More Song to Write) et la suite pas énervée de la vie : frétillements sur le tard (Seven-Year Itch), ballade au petit trot (Come on Time).Mais la force de notre octagénaire impénitent réside plus que jamais dans son art d\u2019interpréter, à l\u2019opposé du Willie de 1965 : c\u2019est lorsqu\u2019il «countryfie» du Billy Joel romantique (Just the Way You Are), du Guy Clark tendre (My Favorite Picture of You) ou du Mac Davis marrant (It\u2019s Hard to Be Humble) qu\u2019il donne sa pleine mesure.Il peut tout s\u2019approprier, le patriarche, et ne s\u2019en prive pas.En fumer du bon, ça ne se refuse pas.Sylvain Cormier NÉOCLASSIQUE Esja ?Hania Rani, Gondwana Records Un premier album comme Esja se célèbre.Fluide, harmonieux, très intuitif, il nous habite aussitôt \u2014 et, après, il se fait aussi insistant qu\u2019un aimant.C\u2019est d\u2019autant plus étonnant que la musicienne polonaise Hania Rani, une habituée des projets et des collaborations, n\u2019avait pas prévu de produire un album solo, pas plus que de le consacrer au piano.Mais ses bases en musique, classiques, se sont naturellement imposées.Esja incarne ainsi pour la jeune compositrice une étude de ce qui la fascine et la constitue \u2014 les sons, les harmonies, leur langage capable de traduire une partie du monde.Enregistrées à la fois dans un studio en Islande et dans son appartement de Varsovie, ces dix pièces sont un ravissement de rythmes et de climats; leur rondeur grave rappelle parfois Nils Frahm, les séquences répétées ont un écho de Max Richter.En mêlant une organisation serrée et une liberté de mouvement, Hania Rani exprime brillamment la tragédie, la résilience, la volupté, parfois dans une même pièce (Eden).Que sa main ne perde jamais cette grâce.Geneviève Tremblay FOLK Tales of America ?1/2 J.S.Ondara, Verve Forecast C\u2019est à peine croyable en 2019.Quelque part au Kenya, un p\u2019tit gars que l\u2019on destinait à une profession libérale s\u2019entiche de Dylan, entendu à la radio.En 2013, le voilà à Minneapolis, chez une tante.Trouve une épave de guitare.Apprend tout Dylan à l\u2019oreille.Quelques perfos en ligne et puis Verve, la fameuse étiquette du folk, le repère.Et voilà son premier album, surtout guitare-voix mais pas seulement.De l\u2019Afrique dans le phrasé, çà et là dans la rhythmique, mais on dirait surtout un jeune Arlo Guthrie.Et il chante son rêve américain comme si ça se faisait encore: «Go as fast as your feet they will carry / For the greater chase has begun».Son Amérique est une course à la désillusion dans Saying Goodbye, une suite de constats terrifiés (Days Of Insanity), des échos d\u2019esclavagisme (Master O\u2019Connor) et l\u2019espoir doux-amer de se faire une place: «Will you let me in / or are you at capacity?» demande-t-il dans God Bless America.L\u2019Amérique d\u2019Ondara est une peine d\u2019amour.En spectacle dans le cadre du FIJM au Club Soda, jeudi, 21 h.Sylvain Cormier CLASSIQUE Juilliard String Quartet ?1/2 The Complete RCA Recordings 1957-1960, Sony Classical, 11CD, 19075863412 Après le coffret réunissant les enregistrements pour Epic (1956-1966), voici le Juilliard String Quartet dans ses disques réalisés pour RCA Victor entre mai 1957 et octobre 1960.Fidèles à Columbia depuis leurs débuts, les Juilliard étaient alors allés voir RCA, qui commençait à développer son catalogue stéréo.On ne saurait cependant affirmer, malgré la qualité musicale des disques Mozart et Haydn (en mono), Berg et Webern, Carter et William Schuman, Dvorák et Wolf et les Beethoven (op.18 nos 2, 59 nos 2, 95, 131, 132, 135) que l\u2019équipe artistique de RCA Victor a su se faire un nid aux Juilliard, passant à côté de la conception d\u2019une identité sonore, fait dont témoigne le gouffre entre le sublime Beethoven (op.18 et 59) capté par John Pfeiffer au Webster Hall de New York et l\u2019abrasivité sonore des autres opus beethovéniens enregistrés au Studio B de RCA par Allan Ballantine.Coffret historiquement important, mais à entendre ici le Dvorák et les trois Beethoven de 1960, les Juilliard ont bien fait de retourner chez Columbia.Christophe Huss ROCK Help Us Stranger ?1/2 The Raconteurs, Third Man Records Un an après le difforme album solo Boarding House Reach, Jack White revient à ses premières amours blues rock en réactivant le groupe The Raconteurs pour un premier album en 11 ans.Avec Help Us Stranger, aucune prise de tête, pas de dérapages de synthétiseurs ni de boîtes à rythmes : que du bon rock vintage dont les compositions, co- écrites par White et le guitariste- chanteur Brendan Benson, font encore allusion aux classiques de Led Zep et de The Who.Un peu simple, dites-vous?C\u2019est même, sur le plan musical, anti-original.On ne boudera pas notre plaisir pour ça ; ces douze nouvelles chansons ont toutes leurs qualités propres, de la beatlesque ballade Only Child au furieux rock anti-réseaux sociaux Don\u2019t Bother Me propulsé par la puissante section rythmique de Patrick Keeler (batterie) et Jack Lawrence (basse), en passant par la power ballad blues So- medays (I Don\u2019t Feel Like Trying) ou la superbe et solennelle Thoughts and Prayers qui clôt ce troisième album sur une note bluegrass.Philippe Renaud JAZZ Migrations ?Jacques Kuba Séguin, OddSound Le trompettiste montréalais Jacques Kuba Séguin ne fait pas un disque pour le simple plaisir de coller sept ou huit morceaux ensemble : il consulte, réfléchit, conceptualise.Et bravo, parce que le résultat nourrit.Cinquième album de sa discographie, Migrations se présente ainsi comme le bilan musical d\u2019une sorte d\u2019enquête menée auprès de Québécois ayant, comme lui, des racines métissées \u2014 les entrevues menées par Kuba Séguin seront intégrées à la trame des concerts qu\u2019il présentera aux festivals de jazz de Montréal (27 juin) et de Québec (le lendemain).La synthèse artistique qu\u2019il a tirée de ce travail est remarquable : avec un quintet symbiotique (Pilc au piano, Rieu au sax, Vedady à la contrebasse, Salazar au vibraphone et Warren à la batterie), Kuba Séguin déploie un jazz d\u2019inspiration européenne, très dynamique sur le plan rythmique, et qui trouve partout le juste équilibre dans le dosage écriture-improvisation.Guillaume Bourgault-Côté POP A Bath Full of Ecstasy ?1/2 Hot Chip, Domino Pour peu qu\u2019elle soit encore nécessaire, Melody of Love, premier extrait de A Bath Full of Ecstasy, fait la démonstration qu\u2019après 19 ans, Hot Chip n\u2019a encore rien perdu de sa mélodique touche.Tout y est, la voix angélique d\u2019Alexis Taylor, le refrain qui tourne en boucle entre nos deux oreilles sans vouloir s\u2019arrêter, étourdissant et addic- tif.Valeur sûre de la pop britannique, le quintette a recours, pour la première fois en sept albums, à l\u2019avis extérieur de deux réalisateurs d\u2019expérience, Rodaidh McDonald et le regretté Philippe Zdar, qui poussent encore plus le son du groupe au milieu du dancefloor: Hungry Love s\u2019écoute comme un hommage au house de Chicago des années 1990, Positive évoque les bombes des Pet Shop Boys, la magnifique Why Does My Mind progresse doucement dans une symphonie de synthétiseurs aux mille couleurs, bijoux de pop dansante qui font oublier les plus douces et désincarnées Bath Full of Ecstasy et Echo en milieu d\u2019album.Le plus accessible de la discographie du groupe nous accompagnera tout l\u2019été, jusqu\u2019au concert le 10 septembre, au MTelus.Philippe Renaud L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 LI RE Entrevue Le roman patriotique raté de Sébastien Chevalier SérieMarie-Élaine Guay, appelez-la l\u2019incendie Est-ce que je te shoote trop d\u2019informations?Je me demande vraiment comment tu vas faire pour mettre de l\u2019ordre là-dedans?» Sous la pergola de son jardin communautaire, dans l\u2019arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, Marie- Élaine Guay raconte en mode fast- forward ses nombreuses vies, une succession de petites révolutions spirituelles et de réinventions totales qui donne au surnom que lui a offert la poète Daria Colonna \u2014 « l\u2019incendie » \u2014 des airs d\u2019euphémisme.Comment faire pour mettre de l\u2019ordre là-dedans?Voilà une mission vertigineusement impossible, mais tentons quand même notre chance.Née à Lac-Saint-Charles (au nord de Québec), Marie-Élaine Guay grandit auprès d\u2019un père «qui vivait tout seul dans le bois», et contre qui elle se rebellera, parce qu\u2019un père hippie qui vit dans le bois n\u2019est pas forcément ce dont rêve une adolescente, et parce qu\u2019un incendie, qu\u2019elle ne savait pas encore maîtriser, brûlait déjà en elle.«J\u2019étais tellement en tabarnac quand j\u2019étais ado.J\u2019étais tout le temps fâchée», se rappelle la poète de 36 ans.Aux côtés de ces familles qui ne font pousser que des poivrons, ou de ce gentil monsieur italien qui arrose ses tomates chaque demi-heure, son petit bout de jardin à elle, où poussent dans une sorte d\u2019anarchie sous contrôle les plants de thym, de livèche, de mélisse, de melon et de menthe, est la fleurissante preuve que, même si l\u2019on a appris à sublimer sa colère, l\u2019indocilité est un puits auquel il ne faut jamais cesser de s\u2019abreuver.Après avoir quitté les murs des centres jeunesse où elle avait été enfermée, la jeune femme déménage à Montréal et multiplie les petits boulots, sans autre ambition que de survivre.Un ami œuvrant dans le monde de la publicité lui propose un jour un contrat de coordonnatrice, dont elle s\u2019acquitte avec beaucoup trop d\u2019efficacité pour une totale néophyte.Avec en poche une troisième secondaire, la jeune femme gravit rapidement les proverbiaux échelons du monde de la publicité, puis occupe chez Sid Lee et Newad des postes de productrice que ses collègues ont, eux, convoités pendant toutes leurs longues études universitaires.Elle mène, autrement dit, une vie digne de ceux ou celles qui, la quarantaine ou la cinquantaine venue, finissent immanquablement par célébrer leur parcours de self-made-(wo)man dans un livre vendu en pharmacie.Un livre que l\u2019on ne lira jamais.Pourquoi ?« J\u2019ai vécu une peine d\u2019amour dégueulasse et j\u2019ai dû trouver des idées pour me gérer, parce que je ne voulais pas mettre fin à mes jours.J\u2019avais 27 ans, j\u2019ai commencé à faire du yoga, à méditer, à prendre conscience de mon corps, de mon esprit, de ma respiration, des choses auxquelles je ne m\u2019étais jamais arrêtée.Je me suis rendu compte qu\u2019il n\u2019y avait plus rien de créateur en moi : je ne me faisais même plus à manger.Je vivais une vie de pub : tout le temps dans un taxi, ou au resto avec des clients.Et j\u2019ai compris que je n\u2019étais pas dans la bonne job.Mon \u201cépiphanie\u201d est arrivée quand j\u2019ai recommencé à écrire et à lire de la poésie.» La reine du bien-être ?En trois mois, Marie-Élaine Guay décroche son diplôme d\u2019études secondaires dans une école pour adultes, avant de faire des études d\u2019horticultrice (elle a travaillé pendant deux ans à la Ville de Montréal).La poésie se dresse au même moment comme le meilleur moyen de «dire les vraies choses», et de se dire à elle-même les vraies choses, tout en L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 L i r e L \u2019é c r i va i n au t r ava i l 2 2 | L\u2019écrivain au travail, c\u2019est Le Devoir qui, dans les prochaines semaines, repart à la rencontre d\u2019écrivains gagnant leur vie grâce à des emplois plutôt éloignés de la littérature.En apparence.ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Marie-Élaine Guay, appelez-la l\u2019incendie Rencontre au jardin avec la poète, horticultrice et entrepreneuse aux mille et une vies Dans son jardin communautaire, Marie-Élaine Guay raconte en mode fast-forward ses petites révolutions spirituelles et ses réinventions totales.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR « La poésie, c\u2019est ce qui m\u2019a donné la possibilité de m\u2019éman - ciper, c\u2019est ce qui fait que tel - lement de gens qui m\u2019ont lue croient en moi, c\u2019est ce qui m\u2019a sauvé la vie MARIE-ÉLAINE GUAY » | 2 3 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Après la cabane Quelque part au cours du dernier siècle et demi, le sentier de la cabane de Thoreau a bifurqué.Une des branches menait à la sagesse, celle, lointaine, des Orientaux, moines, maîtres et autres méditatifs ermites dont les écrits côtoyaient Homère dans la rustique bibliothèque du solitaire de Walden.Cette branche a fleuri jusqu\u2019en Europe.Elle pointe vers l\u2019isba de Sylvain Tesson au bord du grand lac Baïkal, donne des fruits en Xaintrie Noire, dans le sud du Massif central, «contrée sauvage, peu accessible, refermée sur ses monts et ses vallées forestières», où vit Antoine Marcel dans un vieux moulin dressé près d\u2019un ruisseau (Ma vie dans les monts, Arléa, 2018).Marcel pourrait être un petit-cou- sin français de Gary Snyder, le pote de Kerouac, chez qui le vieux fonds puritain du transcendantalisme fut dynamité et fécondé par le zen.Un héritier de Thoreau, mais sans le «rêve d\u2019autarcie» de celui-ci, «vaguement misanthrope, ce désir de pureté de la nourriture qui s\u2019assortit d\u2019une phobie maniaque des intrants.» «En toute inconscience, écrit-il, cette culture venue d\u2019Amérique a influencé notre mode de vie.En moi il y a un homme de la frontière, sans doute, qui m\u2019incite à vivre ici en solitude, bien que sans Winchester 30x30 [sic] face aux intrus.» À défaut de brandir l\u2019arme mythique des cow-boys, chez lui, un «vieux calibre 12, [une] carabine et [une] machette côtoient l\u2019image d\u2019un bodhisattva compassionné ».La posture du résistant L\u2019autre branche de ce sentier fourchu conduit à quelque chose de plus inquiétant.Ainsi, celui que le FBI avait baptisé Unabomber et qui aura été le plus fameux « terroriste intérieur » de l\u2019histoire des États-Unis, Ted Kaczynski, en rébellion contre la destruction de la nature et l\u2019éradication de la liberté humaine par le progrès et la société technocratique, habitait, dans le Montana, une cabane bâtie de ses mains qui se présente comme « l\u2019inversion maligne » de celle d\u2019un Thoreau \u2014 pour parler comme l\u2019Abel Tiffauges de Michel Tournier.À la vie apaisée, poétique et contemplative du philosophe retiré du monde s\u2019oppose la posture du résistant décidé à défendre son jardin les armes à la main.Les Gandhi, Luther King et autres, en reprenant, au XXe siècle, le concept révolutionnaire LOUIS HAMELIN de désobéissance civile dû à la plume de l\u2019encabané, en auront imposé la forme non violente.Mais il y a trop d\u2019armes en circulation aux États-Unis pour qu\u2019une formule aussi explosive ne s\u2019incarne pas à la fin dans quelque sombre métastase sociale aux allures de bunkers surviva- listes et de milices patriotiques.Ce courant qui, du Tea Party à Trump, sur fond de révolte populiste, dessine les nouvelles lignes de faille d\u2019une actualité où parler de seconde guerre civile dans une démocratie américaine à la dérive a cessé d\u2019être tabou, ce courant, dis-je, traverse tout l\u2019impressionnant premier recueil de nouvelles de Maxim Loskutoff.Ce nouveau venu aurait, semble-t- il, suivi les cours donnés en Californie par un David Foster Wallace dû- ment remercié à la page appropriée, l\u2019homme dont on dit qu\u2019il aurait sonné la fin du «party postmoderne » dans la littérature américaine.De fait, la prose de Viens voir dans l\u2019Ouest (Albin Michel, 2019, traduit de l\u2019américain par Charles Recoursé) nous donne l\u2019impression de s\u2019appuyer davantage sur les solides réalités terriennes de l\u2019École du Mis- soula que sur les roulements de mécanique de l\u2019ironie pynchonienne.La première nouvelle, qui plante le décor et se veut une manière d\u2019introduction à la suite du recueil, raconte comment un trappeur, en 1893, sur le territoire du Montana, tombe amoureux d\u2019une ourse grizzly.Ça pourrait sembler délirant comme prémisse.Mais le traitement est réaliste, naturaliste même, et c\u2019est brillant.La Winchester y est, et la cabane.«Hors de question que je l\u2019abandonne sans combattre.» La pugnacité dont témoigne cette dernière phrase va prendre la forme, dès la troisième histoire, «Papa a prêté serment », de la Redoute, une «bande de terres défendables de trois cent vingt kilomètres de long» dans les montagnes sauvages de l\u2019Idaho, dernier bastion des combattants de la liberté et des constitution- nalistes \u2014 car ces gens prétendent défendre la Constitution américaine, et les membres d\u2019une de leurs milices se sont baptisés les Oathkee- pers \u2014 en lutte contre un État fédéral qui leur confisque les pâturages jadis conquis de haute lutte sur les tribus hostiles pour les convertir, horreur, en « réserves pour le canard pilet et le cygne siffleur ».Mais c\u2019est tout l\u2019Ouest qui, dans le livre de Maxim Loskutoff, est en ébullition.Dans une nouvelle tout simplement fabuleuse intitulée «Proie», les deux Dakota manifestent, la Redoute attire toujours plus de monde et un soulèvement se produit en Oregon, près de la Little Charbonneau, cette rivière qui, remarquez-le, porte un nom canadien-français.Assurément, il y a chicane en la cabane.East Village Blues ?1/2 Chantal Thomas (photos d\u2019Allen S.Weiss), Seuil, Paris, 2019, 190 pages La Grosse Pomme ne cessera jamais d\u2019enchanter, c\u2019est certain, avec son charme citadin, ses rues étourdissantes, ses soirées qui ne se terminent jamais\u2026 Au milieu des années 1970, Chantal Thomas (Les adieux à la reine, Seuil, 2002) s\u2019éprend de New York, particulièrement de l\u2019East Village, et raconte ainsi son aventure particulière dans le quartier bohémien de l\u2019époque dans East Village Blues.La romancière, essayiste et scénariste dit bien blues, car de toute évidence, cette époque lui manque.Le récit débute au moment où elle retourne dans la ville qui ne dort jamais à la mi-juin de 2017.L\u2019East Village du nouveau millénaire s\u2019y révèle à des lieues du quartier mythique, révolté, envoûtant qu\u2019elle avait connu près de 40 ans auparavant.S\u2019ensuivent des pages et des pages d\u2019éloge de ce temps révolu, animé par la Beat Generation et ses pionniers, Kerouac, Ginsberg, Burroughs.On croise aussi Andy Warhol, pas tant l\u2019artiste que le spectre qu\u2019il devient après avoir souffert une tentative d\u2019assassinat en 1968.Bien entendu : le New York de l\u2019époque, c\u2019était le leur.Ces rencontres fictionnelles provoquent un contraste un peu déroutant avec la vie que menait alors Thomas, plongée dans une ville inconnue et un mode de vie tout aussi fascinant qu\u2019étranger.Toute cette nouveauté constitue une aventure intéressante, qui pourrait presque devenir captivante, mais puisque constamment entrecoupée de références à tel auteur, à tel artiste, on s\u2019en lasse, malheureusement, rapidement.Certes, la plume de la romancière épate, mais il est difficile de s\u2019approprier le blues que tente de raconter Chantal Thomas dans ce court récit souvenir, d\u2019autant plus que les parallèles qu\u2019elle tisse avec ce que l\u2019East Village est devenu sont un peu maladroits.Malgré une ville en arrière-plan aussi mystifiante que New York, dont le charme s\u2019est raffiné avec le temps, le récit \u2014 et son auteure \u2014 demeure, en soi, incapable de se détacher de son passé : « those were the days», tout a changé, rien ne va plus.Sarah Boumedda Le village perdu tentant de revaloriser des idées malmenées par notre époque, comme la bienveillance ou la solidarité.La fondation de Skog produits naturels, sa petite entreprise embouteillant shampoings, gels douches et autres lotions naturelles et biologiques, procédera du même désir de résister aux logiques déshumanisantes du marché.Vous n\u2019avez pas assez d\u2019argent pour vous procurer ses produits ?Marie-Élaine vous proposera un rabais, un troc ou un plan de paiement.« j\u2019ai pris tous les bains / bu toutes les tisanes / brûlé de la sauge / mais ça a changé / sweet fuck all», écrit-elle pourtant dans Castagnettes (Del Busso, 2018), son premier recueil, qui embrasse en partie le discours du self-care (un terme désignant l\u2019acte de prendre soin de soi), tout en critiquant ses injonctions, qui exacerbent trop souvent l\u2019anxiété plutôt que de la calmer.« On m\u2019a déjà dit que je suis la reine du bien-être », regrette celle à qui la présence de Skog sur les réseaux sociaux aura permis de développer un petit réseau d\u2019influence.« Ça m\u2019horripile qu\u2019on me dise ça, parce que je suis juste un être humain et quand je feel pas, oui, je prends un bain ou je bois du thé, mais ça ne règle pas tout ! Je ne vais pas immédiatement mieux.Ce que je veux dire, c\u2019est que c\u2019est correct de ne pas aller bien.C\u2019est un de nos gros problèmes sociaux : même quand ça va pas bien, il faut performer, il faut revenir à la charge rapidement, être mieux tout de suite.Mais peut-être que t\u2019as besoin de brailler longtemps, tsé ! » Elle poursuit, sur un ton, préci- sons-le, plus sororal qu\u2019agacé : « Il n\u2019y a aucune crème, aucun conseil, aucun poème, qui va tout régler.» Révolte et amour Elle sait pertinemment que l\u2019entrepreneuse qui se prétend anticapitaliste accouche d\u2019un oxymore costaud, mais Marie-Élaine Guay répétera néanmoins à plusieurs reprises au cours de cette longue conversation ses envies de mettre le feu à tout ce qui enlise notre monde dans la violence et l\u2019injustice.Un programme à la fois littéraire et humain qui s\u2019enracinerait, entre autres, dans des relations interpersonnelles plus douces, dans un rapport étroit à la contemplation, ainsi que dans la poésie, bien sûr.Mais une chose aussi petite et marginale peut- elle vraiment allumer des brasiers?«Tu me dis \u201cC\u2019est petit, la poésie\u201d, mais les révolutions ne partent jamais des châteaux, elles partent du bois, pis elles avancent tranquillement, et c\u2019est là que ça pète.Plus c\u2019est petit, plus ça a de chance d\u2019être révolutionnaire, parce qu\u2019une fois que ça devient gros et que c\u2019est récupéré par ceux qui veulent faire du cash, tout perd son essence.La poésie, c\u2019est ce qui m\u2019a donné la possibi l i té de m\u2019émanciper, c\u2019est ce qui fait que tellement de gens qui m\u2019ont lue croient en moi, c\u2019est ce qui m\u2019a sauvé la vie.Alors je continue d\u2019être dans la révolte, parce qu\u2019il le faut, mais je suis aussi de plus en plus dans l\u2019amour.» Mea culpa : les journalistes littéraires n\u2019ont pas toujours le chic pour les questions originales.Témoignage plus amusé qu\u2019affligé de Patrice Lessard : « Quand mon premier roman, qui raconte l\u2019histoire d\u2019un Québécois perdu dans Lisbonne, est paru [Le sermon aux poissons, Héliotrope, 2011], on me demandait : \u201cAntoine [le narrateur] est-ce que c\u2019est toi?\u201d [Il sourcille.] C\u2019est que\u2026 je ne m\u2019appelle pas Antoine\u2026 je ne vis pas à Lisbonne\u2026» C\u2019est bien connu : sous n\u2019importe quel écrivain se cache un troll.Patrice Lessard prendra donc son par ti de cette éternelle confusion entre narrateur, personnage et auteur et jurera solennellement, dans l\u2019avant-propos de son troisième roman (L\u2019enterrement de la sardine, Héliotrope, 2014), donner à lire un « récit autobiographique.» Le problème ?Le narrateur de ce livre, un certain Patrice Lessard, croise en chair et en os Sebastián Caballero, le personnage principal du roman sur lequel il planche, une sorte de surgissement de la fiction dans le réel qui, selon les scientifiques consultés par Le Devoir, appartiendrait précisément au monde de la fiction.« Et c\u2019est là que tu te rends compte que l\u2019avant-propos, c\u2019est de la bullshit.» Ce n\u2019est pas d\u2019hier, vous l\u2019aurez compris, que Patrice Lessard se plaît à enfiler masque par-dessus masque.Nul besoin de l\u2019aide de Marie-Maude Denis pour deviner qu\u2019À propos du Joug, roman signé Sébastien Chevalier que lançaient récemment les éditions Rodrigol, a été écrit par Lessard.Je suis Sébastien Chevalier (Héliotrope, 2009) : c\u2019est ainsi, après tout, que s\u2019intitulait son premier recueil de nouvelles peuplé de personnages qui ne savaient plus très bien qui ils étaient.Vous suivez toujours?Nous non plus.Lors d\u2019une soirée ennuyante de décembre \u2014 Montréal contre Boston à la télé \u2014, un écrivain répondant aux initiales P.L.discute avec ses hôtes d\u2019une nouvelle ratée qu\u2019il a récemment écrite et dans laquelle un pilier de taverne, qui rêve d\u2019écrire un roman patriotique, regarde un match Canadiens-Bruins.La boutade d\u2019un des éditeurs de ce P.L.\u2014 «Tu devrais écrire un grand roman nationaliste et patriotique» \u2014 aurait dû tout simplement l\u2019amuser, puis mourir dans le brouhaha de l\u2019après-match.Son dégoût pour toute forme de patriotisme n\u2019est-il pas de notoriété publique?Le faux défi le taraude quand même: «Après tout, le Québec, c\u2019est malheureusement l\u2019endroit où je vis, je veux dire, on ne peut se regarder ainsi le nombril alors qu\u2019un nombre sans cesse croissant d\u2019imbéciles se rengorgent de leur fierté et de leur passion nationales et identitaires, ne rien faire, ne rien dire, c\u2019était tout simplement humiliant.» Mais puisqu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019un livre de Patrice Lessard, ce roman patriotique n\u2019aura, au final, pas grand-chose d\u2019historique, de romanesque ou de patriotique.« Le Joug », le texte que présente P.L.dans la note qui amorce À propos du Joug, n\u2019est rien de plus qu\u2019une lettre dans laquelle un écrivain, Sébastien Chevalier, explique pourquoi il préfère mettre fin à ses jours, plutôt qu\u2019un point final à ce manuscrit en chantier « racontant l\u2019histoire d\u2019un jeune intellectuel qui décidait d\u2019entrer dans la clandestinité afin de se livrer à une véritable action qui changerait le cours de l\u2019histoire de son pays».Avez-vous, vous aussi, perdu le compte du nombre de mises en abyme ?« Je suis conscient que la confusion, je la provoque un peu », concède en riant Patrice Lessard, pour qui ces jeux narratifs très borgésiens deviendront le prétexte à une charge d\u2019une rare intransigeance contre à peu près tout, y compris le Québec.Pas le choix de ressortir la bonne vieille question plate : dis, Patrice, Sébastien Chevalier, est-ce que c\u2019est toi?Est-ce que tu penses tout ce qu\u2019il écrit?De la farce au brûlot «Je suis, oui, très critique vis-à-vis du Québec.Autant je suis convaincu que le Québec devrait être un pays, autant je ne trouve rien de vraiment éblouissant ici.La fierté d\u2019être né quelque part, je ne comprends pas ça, mais je suis absolument convaincu que si je vivais n\u2019importe où dans le monde, je te dirais la même affaire», confie-t-il en entrevue.Et pourtant, bien que ce discours sur la fierté nationale recoupe en partie celui d\u2019À propos du Joug, il ne faudrait L i r e F i c t i o n 2 4 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 CONTE Soly ou la leçon d\u2019humilité ?1/2 Amadou Hampâté Bâ et Sara Quod, Éditions des Éléphants, Paris, 2019, 40 pages Dans une grotte située au flanc d\u2019une montagne «tour à tour brûlée par le soleil, fouettée par les vents ou battue par les pluies» vit Soly, homme «habillé de feuilles et de fibres végétales» qui n\u2019a d\u2019autres lois que celles de la nature.Un jour, le roi Seydou, chef de la contrée de Soulé, est aver ti de la présence de cet ermite et demande à le rencontrer.Le fossé qui sépare les deux hommes est immense, mais le roi, intrigué par Soly, décide de le suivre afin de découvrir sa vision du monde.Raconté ici par Amadou Hampâté Bâ, écrivain malien et fier passeur de la culture orale, Soly ou la leçon d\u2019humilité invite l\u2019homme à se questionner sur son rapport à l\u2019autre.Si Soly initie le roi à prendre conscience de l\u2019importance et de l\u2019utilité de tout, ce dernier, fort de son apprentissage, poursuit son chemin afin de trouver sur la terre quelque chose qui lui est inférieur.Sa rencontre \u2014 et le dialogue \u2014 avec ses propres déjections fait fondre définitivement ce qui lui restait d\u2019orgueil.Profondeur des personnages Intemporel et universel, le message offert dans ce conte issu de la tradition orale peule renvoie à cet éternel sentiment de supériorité ressenti par l\u2019homme vis-à-vis de tout ce qui l\u2019entoure.L\u2019écriture à la fois poétique et riche d\u2019un vocabulaire qui encense la beauté et la force de la nature, le style soigné et sophistiqué épousent avec grâce la profondeur des personnages.Présenté en grand format, le conte est par ailleurs accompagné des illustrations de Sara Quod, lesquelles, offrant tour à tour des paysages sauvages et urbains, apportent un complément au texte en y ajoutant des détails qui renforcent le discours.Le masque porté par le roi tout au long de son périple tombe ainsi à la toute fin, symbole de cette humilité tant recherchée.Ce conte philosophique brodé d\u2019espérance reste en fin de compte utopiste mais nécessaire dans un monde où la loi du plus fort mène encore et toujours le bal.Marie Fradette De l\u2019utilité de toute chose Un conte philosophique inspiré de la tradition orale peule ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Le roman patriotique raté de Sébastien Chevalier Sous pseudonyme, Patrice Lessard multiplie les masques dans un livre triste comme une mauvaise farce et drôle comme un brûlot Il ne faudrait surtout pas conclure à la symétrie parfaite entre la pensée de Patrice Lessard (photo), un gentleman, et celle de Sébastien Chevalier, un type pas spécialement sympathique, qui vomit sur tout.JACQUES NADEAU LE DEVOIR | 2 5 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 CRITIQUE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR À l\u2019ère des réseaux sociaux, le rapport qu\u2019entretient l\u2019écrivain avec son quotidien est aussi fascinant qu\u2019irritant.Entre ses prises de position et son auto- promotion, le plumiste mise parfois sur les dialogues parent-enfant.Il va sans dire que ceux-ci sont, au mieux, grossièrement exagérés, au pire, totalement fabulés \u2014 les meilleurs dialoguistes arrivant même à nous convaincre qu\u2019ils méritent d\u2019avoir des enfants.Bref, on a le quotidien qu\u2019on peut.La vie de tous les jours est une pâte que John « Derf » Backderf pétrit lui aussi.Il la transforme en « true stories» depuis plus de 25 ans.Pourquoi devrait- il piquer notre curiosité ?Eh bien, lorsqu\u2019on a été camarade de classe de Jeffrey Dahmer et qu\u2019on provient de l\u2019Ohio, on bénéficie d\u2019un passe-droit.Une évolution stylistique Publié chez Çà et là, dans une traduction de Philippe Touboul, True Stories compile près de 200 histoires que l\u2019on peut lire soit « depuis » les trois célèbres romans graphiques de Der f (Punk rock & mobile homes, Mon ami Dahmer et Trashed), ou encore « en amont » de la publication somme toute récente de ceux-ci.Comme le principal intéressé l\u2019explique : « On aurait pu croire que je sortais de nulle part, autodidacte de 50 ans.Mais, entre 1990 et 2014, j\u2019avais écrit et dessiné approximativement 1500 comic strips [\u2026].» Selon Derf, on retrouve donc dans ce recueil une évolution stylistique manifeste.Cela va de soi, dirons-nous (un peu comme les écrivains-parents qui se feront un jour poursuivre par leurs enfants pour atteinte à la réputation).On constate de ce fait surtout l\u2019évolution du trait : au début épais, haché, sans subtilité, s\u2019appuyant progressivement de moins en moins sur la surenchère « expressionniste » pour faire ressortir le baroque des situations.Souci du détail Deux éléments sont au cœur de cette anthologie d\u2019histoires déployées généralement en quatre cases.Le premier s\u2019avère l\u2019évolution de Der f en tant qu\u2019ar tiste-obser vateur de la bêtise humaine.Ce qui en fait une espèce de Bildungsroman, si on lit le tout d\u2019un trait.Le second élément est le résultat du premier : une attention aux détails et aux marqueurs d\u2019identité culturelle.Un pli qui a suivi l\u2019ar tiste jusque dans Trashed , Dahmer et Punk rock\u2026 Bref, le genre de mousse qu\u2019amasse une pierre dans un endroit comme l\u2019Ohio, lieu qui par aucun hasard est aussi celui qui a accouché des rockeurs psychotiques du groupe The Cramps.Dans Punk Rock\u2026 l\u2019Ohio devenait la capitale du new wave.Ici, l\u2019État devient la capitale des agités du bocal à tendance fonctionnelle.Exagérées et universelles Au fil des histoires, si le trait se décrispe, aucun esprit ne s\u2019assainit \u2014 ni les vieux qui vont voir des pornos en tracteur à gazon ni les enfants obèses qui doivent terminer leurs pogos s\u2019ils veulent des frites.À ce titre, le style de Derf, hérité des grands de la bédé underground, sied comme un gant aux true stories, simultanément exagérées et rendues universelles par leur esthétique.Et si vous posez encore la question « Pourquoi le croire, lui ?», eh bien, c\u2019est parce que l\u2019une de ses histoires biscornues implique un membre de ZZ Top sortant d\u2019un McDonald\u2019s et que l\u2019auteur de ces lignes sait de source sûre que l\u2019un des membres du groupe fréquente l\u2019aubergiste aux arches dorées chaque jour à la même heure depuis des années.Voilà, c\u2019est dit.C\u2019est arrivé près de chez Derf Une anthologie où le dessinateur de Cleveland partage ses observations du monde Le livre True Stories compile près de 200 histoires.DERF True Stories ?Derf BackDerf, traduit de l\u2019anglais par Philippe Touboul, Çà et là, Bussy-Saint- Georges, 2019, 208 pages En multipliant les doubles, Patrice Lessard complique bien sûr la tâche de qui souhaite savoir à quelle enseigne il loge vraiment, tout en rappelant implicitement la souveraineté du discours littéraire.Précisions cependant qu\u2019il n\u2019emploie pas le paravent de la fiction pour dédouaner des idioties, mais bien pour mettre en lumière l\u2019agressivité grandissante d\u2019un personnage dont les cris se heurtent au silence.Sébastien Chevalier, c\u2019est un peu la version érudite du fou qui joue à allumer des feux sur les réseaux sociaux.Oui, la violence de cette énumération de tout ce qui écœure Chevalier (son voisin, les petites habitudes de sa femme, son époque, sa propre médiocrité) a forcément quelque chose d\u2019épuisant.Elle recèle néanmoins des propriétés ca- thartiques, presque hygiéniques, pour qui craint chaque jour que la vraie violence de notre époque \u2014 celle du confort et de la haine normalisée de l\u2019autre \u2014 le fasse basculer du côté de la folie.Portrait sans pitié de l\u2019échec auquel celui qui consacre sa vie à l\u2019écriture serait condamné, À propos du Joug résonne comme un hurlement volontairement excessif dans le ronron d\u2019une littérature québécoise sur laquelle règne la demi-mesure.Un hurlement qui, soyons francs, génère de nombreux rires grâce à ses phrases à l\u2019emporte-pièce et à ses condamnations ridiculement péremptoires.Texte touf fu présenté sans mode d\u2019emploi, cette lettre de suicide dessine en creux la plus étrange des célébrations de la littérature québécoise et de sa vivacité.Pendant que Sébastien Chevalier lance au sol tous les livres qui occupent ses bibliothèques, c\u2019est l\u2019indif férence généralisée que suscite au Québec la littérature que Patrice Lessard tente de secouer.Il n\u2019y aurait d\u2019ailleurs rien de plus ironique, et amusant, que de voir des chroniqueurs avides de clics arracher cer taines des phrases les plus outrancières du Joug à leur contexte, mais quand pour la dernière fois un roman a-t- il provoqué un scandale dans cette province ?Derrière les doubles À propos du Joug ?Sébastien Chevalier, Éditions Rodrigol, Montréal, 2019, 166 pages surtout pas conclure à la symétrie parfaite entre la pensée de Patrice Lessard, un gentleman, et celle de Sébastien Chevalier, un type pas spécialement sympathique, qui vomit sur tout.«La posture narrative d\u2019À propos du Joug tient du brûlot », précise Patrice Lessard au sujet de cette longue lettre d\u2019adieu, une vitupération obsessive des illusions dont se berce la littérature quant à son réel pouvoir, paradoxalement interrompue par d\u2019occasionnels spasmes d\u2019espoir que la littérature puisse infléchir le sort du monde.La figure d\u2019Hubert Aquin sera évidemment convoquée dans un passage auscultant les rapports entre la vie politico-intellectuelle québécoise et notre crainte collective de la défaite.«Le livre critique à tort et à travers, se contredit d\u2019une page à l\u2019autre.Je ne crois pas d\u2019ailleurs que ça contrecarre le réflexion.Sans vouloir me défiler, ce n\u2019est pas le programme politique de Patrice Lessard que j\u2019ai écrit.C\u2019est un peu la même posture que dans les romans de [l\u2019écrivain autrichien] Thomas Bernhard, dont les narrateurs sont tout le temps dans l\u2019exagération.Dans un contexte littéraire, ils disent des choses que tu ne prendras pas pour du cash, mais qui provoquent des prises de conscience, comme quand il écrit que tous les Autrichiens sont des catholiques et des nazis.Je n\u2019ai pas écrit ça [au sujet des Québécois], mais ça a passé proche.Je sais bien que ce n\u2019est pas vrai, mais quand tu vois à quel point, au Québec, le racisme s\u2019est décomplexé, quand tu vois que tu peux dire des choses comme \u201cLes arabes, je les aime pas\u201d et que ça passe, c\u2019est inquiétant.» Plaisanterie grave Le projet même d\u2019un roman patriotique tenait de la plaisanterie en 2009, lors de la rédaction de la première version de ce qui deviendra À propos du Joug.Dix ans plus tard, l\u2019humour potache de cette proposition saugrenue avait soudainement pour son auteur des résonances plus graves, alors que des groupes d\u2019extrême droite se rallient pour vrai derrière l\u2019idée d\u2019une patrie à défendre contre l\u2019étranger.Le Patrice Lessard assis devant nous, celui qui en tant que prof de littérature au collège de Bois-de-Boulogne enseigne à des classes composées de nombreux Québécois issus de l\u2019immigration, contresignerait sans trop bouger de virgules ce qu\u2019avance son alter ego dans la note précédant le roman avorté de Sébastien Chevalier.Nos gouvernants, écrit-il, «travaillent essentiellement à nous diviser, à créer un climat malsain, propice à la haine et à la discorde, au déchirement, jamais propice à des discussions constructives».Plus question de porter de masque, de se ranger der rière un double, quand surgit, en fin d\u2019entrevue, le sujet de la loi 21 et de son effet sur ses étudiants arabo-musulmans.«Ce sont des gens qui ressemblent beaucoup à ce que les Québécois ont de positif et je vois le désarroi que ça crée chez eux, ces conneries.Ça me fait de la peine pour eux, parce que je les aime et que tout ce qu\u2019ils veulent, c\u2019est s\u2019intégrer, faire partie de notre société.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 6 | COURTIERS ET ENTREPRENEURS Le courtage ?nancier au Québec, 1867-1987 Marc VALLIÈRES s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel.LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Louise Penny, ancienne journaliste de la CBC établie dans les Cantons-de- l\u2019Est, fait maintenant partie du groupe sélect des grandes pointures du polar.Publiées chez des éditeurs prestigieux aux États-Unis et en France comme ici, les enquêtes d\u2019Armand Gamache sont désormais traduites en une vingtaine de langues \u2014 26 selon le site officiel de l\u2019auteure et 29 si l\u2019on se fie à la quatrième de couverture de son plus récent roman \u2014 et elles ont déjà rejoint plus de sept millions et demi de lecteurs.C\u2019est un succès colossal.Bravo! Cette nouvelle histoire, se déroulant à la fois dans le monde de la haute finance et dans l\u2019antichambre de la mort des drogués au fentanyl, devrait encore une fois séduire les habitués du genre.Sans en avoir l\u2019air On retrouve ici un Gamache un peu déboussolé alors qu\u2019il est nommé (avec sa voisine Myrna et un parfait inconnu du nom de Benedict) exécuteur testamentaire de la baronne Baumgar tner, une sympathique femme de ménage aux idées de grandeur.Un peu à côté de ses pompes, probablement parce qu\u2019il Deux enquêtes pour le prix d\u2019une Pour compliquer les choses un peu plus, voici qu\u2019Armand Gamache est devenu exécuteur testamentaire d\u2019une baronne un peu farfelue\u2026 Louise Penny fait maintenant partie du groupe sélect des grandes pointures du polar grâce aux enquêtes d\u2019Armand Gamache, traduites en une vingtaine de langues.JEAN-FRANÇOIS BÉRUBÉ Au royaume des aveugles ?Louise Penny, traduit de l\u2019anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Flammarion Québec, Montréal 2019, 448 pages Gamache donne l\u2019impression de s\u2019être laissé piéger quelque part.Mais ce n\u2019est bien sûr qu\u2019une impression, puisque le policier nous réserve encore une fois une surprise de son cru.fait toujours l\u2019objet d\u2019une enquête et qu\u2019il est suspendu de son poste de directeur général de la SQ, Gamache donne l\u2019impression de s\u2019être laissé piéger quelque part.Mais ce n\u2019est bien sûr qu\u2019une impression, puisque le policier nous réserve encore une fois une surprise de son cru\u2026 Avant que la «surprise» ne prenne forme, le lecteur aura l\u2019occasion de faire connaissance avec les trois héritiers de la baronne \u2014 les deux frères sont courtiers et la sœur courtière immobilière \u2014, et lorsque l\u2019aîné sera assassiné, il aura aussi droit à toutes les hypothèses formulées par le petit groupe des fidèles de Three Pines entourant Gamache.Le mystère s\u2019épaissira davantage quand l\u2019enquête révélera une gigantesque fraude de plusieurs centaines de millions de dollars.En parallèle, et sur tout sans en avoir l\u2019air, Gamache coordonne une vaste opération visant à mettre la main sur les doses de fentanyl lui ayant échappé lors de sa dernière enquête et qui s\u2019apprêtent à déferler sur Montréal.Menée en plein hiver sibérien, l\u2019opération sera difficile, risquée, et mettra en jeu tout autant la vie que la carrière de Gamache et de son «agent secret»\u2026 mais ce ne sera une surprise pour personne si on vous dit qu\u2019il parviendra malgré tout à faire la lumière sur les deux affaires.Tout cela nous est raconté dans le style Louise Penny avec forces considérations sur la vie en général, et en par ticulier, y compris moult et diverses interventions de tous les acteurs de Three Pines, que l\u2019on connaît maintenant comme s\u2019ils habitaient la maison d\u2019à côté.Dans cette double histoire, tous les personnages sont crédibles, de la spécialiste de la haute finance au moindre drogué, et le duo de traducteurs par vient, souvent grâce à de savants découpages, à rendre vivante l\u2019atmosphère bien particulière dans laquelle baignent Gamache et sa bande.Probablement un autre best-seller au compteur\u2026 | 2 7 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Tessier en douceur Les essais de Jules Tessier me font du bien.J\u2019aime leur tendresse, leur délicatesse et leur liberté.Professeur de littérature retraité de l\u2019Université d\u2019Ottawa, Tessier, ça se sent, écrit pour le plaisir, au gré de son inspiration.Et ça donne des textes d\u2019une élégante simplicité, des essais d\u2019allure narrative dans lesquels se combinent des considérations linguistiques, historiques, sociales et littéraires qui, grâce à leur fluidité stylistique, nous entraînent doucement.J\u2019ai salué, dans cette chronique, les quatre précédents ouvrages de Tessier, en évoquant l\u2019esprit de Montaigne.Je ne ferai pas exception pour Point final?(Fides, 2019, 312 pages), le cinquième tome de la série des carnets dont le titre indique qu\u2019il s\u2019agira peut-être du dernier.Quand on écrit en toute liberté, il faut laisser des portes ouvertes.Résident du Plateau Mont-Royal, l\u2019essayiste s\u2019inspire de son environnement pour choisir ses sujets.Le premier essai de Point fial?se compose du récit de ses aventures au marché Jean-Talon, « lieu privilégié d\u2019une rencontre avec nos ruraux».Tessier s\u2019y promène, croise des jardiniers-maraî- chers dont il fait de chaleureux portraits et goûte à des bleuets qui lui font tout de suite penser au Maria Chapdelaine, de Louis Hémon, et au Menaud, maître-draveur, de Félix- Antoine Savard.Le style de l\u2019essayiste est tout là, dans cet art de la causerie qui raconte une promenade au coin de la rue, magnifiée par la culture vivifiante de l\u2019écrivain.Dans l\u2019avant-dernier essai du recueil, Tessier, avec la même méthode, fera le tendre portrait de deux prolétaires de l\u2019ombre \u2014 un ramasseur de canettes et un camelot de L\u2019Itinéraire \u2014 croisés à l\u2019épicerie de son quartier.L\u2019essayiste ne bat jamais le tambour, mais fait entendre un murmure militant à l\u2019heure de parler de justice sociale, de solidarité avec les négligés, de culture et de défense du Québec français.Médecins de plume Les médecins qui l\u2019intéressent, par exemple, sont ceux qui incarnent ces convictions.Dans un substantiel essai consacré aux médecins-écrivains, Tessier rend hommage à ceux d\u2019entre eux qui expriment l\u2019humanité dans le soin et dans les mots.Chez les anciens, il retient les noms du grand Ringuet, du méconnu Bertrand Vac, qui « a fait figure de devancier en explorant la veine des LOUIS CORNELLIER CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Michel Onfray, célèbre philosophe et essayiste français, hédoniste et athée notoire, adepte de Nietzsche et d\u2019Épicure, propose dans son nouvel essai, Théorie de la dictature, une lecture novatrice et actuelle de l\u2019univers totalitaire de George Orwell.Écartant la référence évidente et mille fois remâchée à la surveillance constante et à la réduction de la vie privée insinuée par Big Brother, Onfray pose l\u2019hypothèse que 1984 et La ferme des animaux permettent de concevoir toutes les formes de dictature, y compris celle de l\u2019idéologie néolibérale, portée par une vision capitaliste et insatiable du progrès, au mépris de la nature, de la liberté et de la vérité.Contrairement à la lecture classique de l\u2019œuvre, qui inscrit la pensée d\u2019Orwell dans un refus de l\u2019absolu totalitaire que supposaient les régimes fasciste et staliniste, le philosophe rappelle que ses desseins demeuraient résolument socialistes, fermés à la conception américaine de la réussite, ancrés dans les révoltes et les injustices qui incombaient aux laissés-pour- compte \u2014 cette classe prolétaire devenue moyenne, bercée par une illusion de privilèges et de succès.Onfray propose donc, à partir des postulats au cœur de l\u2019univers dysto- pique de 1984, sa propre théorie de la dictature.Il dégage sept pistes nécessaires à l\u2019instauration d\u2019un tel régime, sept préceptes expansionnistes et liberticides qui, selon lui, existent sous une forme ou une autre aujourd\u2019hui dans le monde occidental : la destruction de la liberté ; l\u2019appauvrissement de la langue; l\u2019abolition de la vérité; la suppression de l\u2019histoire ; la négation de la nature ; la propagation de la haine; et l\u2019aspiration à l\u2019Empire.Bien qu\u2019Onfray appuie son analyse majoritairement sur la construction, la justification et la naissance de l\u2019Union européenne, sur son mépris de la souveraineté et sur sa volonté expansionniste, cette dernière s\u2019applique à toute l\u2019organisation et à toutes les institutions occidentales, de la glorification du profit au détriment des droits, en passant par l\u2019altération du pouvoir de la majorité.Les parallèles intrigants sont légion dans cet essai pessimiste qui compare toute forme de révolution à une passation de pouvoir et associe le capitalisme à une forme de propagande visant à nier la complexité de l\u2019expérience humaine.Mais les idées de l\u2019auteur se construisent parfois en contradiction avec la liberté qu\u2019il défend.Car Onfray, en digne candidat à l\u2019Académie française, dénonce, entre autres, les réseaux sociaux et l\u2019ouverture des tribunes, la féminisation des mots, la disparition de l\u2019intellectuel, la théorie des genres, le transhumanisme et la voix croissante des minorités qui réduiraient à néant les véritables combats sociaux.Son argumentaire restreint n\u2019outrepasse jamais la désolation du constat subjectif et semble davantage appartenir à un homme défaitiste et nostalgique qui craint de voir la modernité lui glisser sous les pieds qu\u2019à un grand penseur.Intéressant, mais inachevé.L\u2019avertissement de George Orwell Selon Michel Onfray, l\u2019œuvre d\u2019Orwell décrit toutes les formes de dictature, dont celle du capitalisme Michel Onfray, philosophe, essayiste, hédoniste, adepte de Nietzsche.JOEL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Théorie de la dictature ?Michel Onfray, Robert Laffont, Paris, 2019, 234 pages romans non conformes à la morale traditionnelle » dès les années 1950, et de Jacques Ferron, médecin des pauvres et écrivain du pays.«On peut se demander, note Tessier au passage, quelle serait la réception de ce discours nationaliste de nos jours, alors que le simple mot \u201cidentité\u201d, relié à la \u201clangue française\u201d, fait descendre dans la rue des attroupements tonitruants, constitués de multiculturalistes, de mondialistes sansfrontiéristes, identifiés à une certaine gauche radicale ».Chez les contemporains, Tessier salue d\u2019abord Jean Désy, l\u2019écrivain- médecin dont l\u2019œuvre est habitée par l\u2019amour \u2014 il aime, note-t-il, sa femme, ses enfants, la nature sauvage, la population autochtone, ses étudiants en médecine et ses patients \u2014 et l\u2019attachement au Québec.Alain Vadeboncœur, qualifié d\u2019«écrivain astucieux», a aussi droit à ses éloges.En le lisant, écrit Tessier, «on a l\u2019impression d\u2019entendre en écho des mots que son père Pierre utilisait lorsqu\u2019il était à la CSN et se portait à la défense des travailleurs».L\u2019exigeante poésie de l\u2019urgentologue Philippe More, enfin, permet à Tessier de conclure que la disparition du cours classique au profit du modèle polyvalentes-cégeps, fréquenté par Vadeconcœur et More, n\u2019a pas tari la source des écrivains-médecins.Femmes de classe Tessier n\u2019oublie pas les femmes.Dans un souriant essai consacré aux mairesses du Québec, il avoue s\u2019«adonner à une forme de sexisme à rebours» en trouvant les femmes meilleures que les hommes dans l\u2019exercice de cette fonction.Il donne en exemple la défunte Andrée Boucher (Sainte-Foy et Québec), Caroline St-Hilaire (Longueuil), Francine Ruest Jutras (Drummond- ville) et Colette Roy Laroche (Lac- Mégantic).« Mais ce qu\u2019elles sont bonnes ! » s\u2019exclame-t-il.On rencontre aussi, dans ces pages, Elizabeth Simcoe (1762-1850) et lady Aylmer (1777-1862), deux Anglaises francophiles et très classe, respectivement femme de lieutenant- gouverneur et de gouverneur, de passage au Québec en 1791, pour la première, et en 1830, pour la seconde.Grâce à une passionnante relecture de leurs journaux personnels, Tessier nous fait entrer de très originale façon dans le monde des relations, étonnamment bonnes, qu\u2019entretenait l\u2019élite canadienne-française de l\u2019époque avec les représentants du nouveau pouvoir anglais.C\u2019est tout un monde, méconnu, qui renaît sous nos yeux par l\u2019entremise d\u2019un point de vue bourgeois et féminin.Essayiste inclassable, Jules Tessier, en toute liberté, transforme tous ses sujets, même les plus inattendus, en bonne littérature. CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR C\u2019est une légende vivante des lettres américaines.Né en 1919, dans l\u2019État de New York, d\u2019une famille d\u2019immigrés juifs Séfarades d\u2019origine italo-portugaise, très tôt orphelin de père et de mère, Lawrence Ferlinghetti sera confié à une tante qui va l\u2019emmener en France à l\u2019âge de deux ans.De retour aux États-Unis, gouvernante dans une famille riche, cette tante va mystérieusement disparaître en laissant l\u2019enfant à sa charge.Comme il est né un pied en l\u2019air, pour ainsi dire, le reste de sa vie prend des airs de mouvement perpétuel.Ainsi, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il soutenait le débarquement de Normandie, tenant la barre d\u2019un chasseur de sous-marins de la marine américaine \u2014 « Nous étions si jeunes, mais ne le savions pas, et nous étions aux commandes d\u2019un navire.» Peu de temps après, à l\u2019autre bout du monde, il visitait Nagasaki dévastée par l\u2019arme nucléaire.Résolument à gauche Ces expériences fondatrices sont venues alimenter un engagement résolument à gauche.Après la guerre, grâce au G.I.Bill, Ferlinghetti passera ensuite quatre ans à Paris, le temps de boucler un doctorat en littérature comparée à la Sorbonne.Au retour, on le retrouvera vite à San Francisco, en Californie, aux commandes de City Lights, librai- r ie qu\u2019 i l a fondée avec Peter D.Mar tin, en 1953, sur Columbus Avenue.Ce lieu rapidement devenu mythique \u2014 qu\u2019évoque, entre autres, Jacques Poulin dans Volkswagen Blues \u2014, est calqué sur le modèle de la mythique librairie Shakespeare & Co, à Paris , de son ami George Whitman.À la librairie City Lights, qui a toujours pignon sur r ue à San Francisco, viendra vite se gref fer une maison d\u2019édition, où Ferlinghetti publiera la plupar t des poètes de la Beat Generation \u2014 tout en se défendant d\u2019appartenir au mouvement \u2014, Ginsberg, Kerouac, William Burroughs, mais aussi Bukowski, Genet, Pasolini et Chomsky.Ferlinghetti a beaucoup voyagé, et c\u2019est peu dire.Il l\u2019a fait tour à tour comme soldat, étudiant, militant, poète ou éditeur, en prenant part à des événements littéraires, à la recherche de quelque auteur ou d\u2019un chef-d\u2019œuvre inconnu à publier chez City Lights Books.En témoigne aujourd\u2019hui La vie vagabonde, ses fascinants « carnets de route » des années 1960 à 2010.L\u2019Américain, qui ne s\u2019est jamais considéré comme un membre du mouvement beat, avait accumulé une somme impressionnante de journaux de voyage, qu\u2019il utilise pour ratisser le paysage : « Peut- être vais- je découvrir quelque chose », écrit-il.À cet ef fet, le titre original ne ment pas : Writing Across the Landscape \u2014 écrire à travers le paysage.Un livre, explique-t-il, qui présente des « monologues intérieurs » qui s\u2019inscrivent dans la tradition des voyages de Goethe et de D.H.Lawrence en Italie.Des « pages péripa- tétiques » qu\u2019il avait écrites pour lui seul en n\u2019ayant jamais songé à une éventuelle publication, dans lesquelles on le suit en Amérique latine, en Afrique du Nord, sur le Transsibérien, à Paris en mai 1968.On le retrouve ainsi en vadrouille avec Jack Kerouac dans les rues de New York en 1960, tout nu sur une plage de Saint-Tropez en compagnie de l\u2019écrivain Albert Cossery (et de quelques jolies femmes).Dans une prison américaine après une manifestation contre la guerre du Vietnam.Fumant du kif à Tanger avant de frapper à la porte de Paul Bowles.Se promenant à Cuba un an après la révolution pour en mesurer les effets.À Marrakech, où son regard est frappé par « des chevaux qui ne sont jamais allés chez le dentiste ».Accueil lant les « béatitudes vi - suelles mexicaines » qui s\u2019offrent à lui \u2014 le Mexique étant de loin le pays qu\u2019i l aura le plus visité au cours de sa vie.Un monde libre de tyrans ?Dans l\u2019Espagne de Franco, un séjour de trois mois lui inspire des observations sur le régime dictatorial.À Lisbonne, un jour de 1965, il se demande : « Pourquoi le monde ne peut-il être libre de tyrans, pourquoi ne peuvent-ils tous être libres ?Par tout autour les gens marchent avec des visages sérieux et fermés au lieu de rire aux éclats comme des Fous du Zen ; tous suspicieux, ayant peur des étrangers et des uns les autres\u2026 » Qu\u2019il soit à Big Sur, Milan, Harbin, Pompéi ou Oaxaca, la parade est la même.Partout, toujours, Ferlinghetti promène son regard de poète et d\u2019anarchiste, critique permanent de la « Coca-Colonisation du monde » qui s\u2019étonne de ce que les États-Unis aient fini par incarner le « cauchemar climatisé » entrevu par Henry Miller.Sous les anecdotes, la confession, le mouvement, les rencontres, La vie vagabonde porte magnifiquement la marque d\u2019un engagement politique et poétique.Voilà des carnets que l\u2019on peut dévorer à toute vitesse ou savourer à petites gorgées, qui nous font penser à cette phrase de Saint-Denys Garneau: « Je suis un peintre qui promène ce qu\u2019il est parmi ce qu\u2019il y a.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 L i r e R é c i t 2 8 | Lawrence Ferlinghetti sur la route Globe-trotteur infatigable, le mythique poète et éditeur américain publie, à 100 ans, ses carnets de route des années 1960 à 2010 Le livre de Lawrence Ferlinghetti porte magnifiquement la marque d\u2019un engagement politique et poétique.CHRISTOPHER MICHEL La vie vagabonde ?Lawrence Ferlinghetti, édition établie par Giada Diano et Matthew Gleeson, traduit de l\u2019anglais par Nicolas Richard, Seuil, Paris, 2019, 600 pages Extrait de La vie vagabonde Nous quittons San Francisco pour Santiago, ma femme Kirby et moi, retrouvons Allen [Ginsberg] et changeons d\u2019avion à Panama, en pleine nuit, sans rien voir d\u2019autre que l\u2019aéroport qui fait penser à une gare routière.Mon corps a transité par ce Canal il y a une quinzaine d\u2019années à bord d\u2019un navire de transport de troupes de l\u2019U.S.Navy, en route pour l\u2019occupation du Japon\u2026.En tant que navigateur, j\u2019ai débarqué au Bureau hydrographique de la Marine pour récupérer des cartes, ai poussé les portes battantes des bars sur le chemin du retour au navire, tout juste réussi à remonter à bord avant que le bateau quitte le Canal\u2026. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 | 2 9 É c r an s C U L T U R E NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR C\u2019est la fête ! Dimanche sur les plaines d\u2019Abraham, Ariane Moffatt et Pierre Lapointe tiendront la barre du grand spectacle de la Fête nationale.Serge Fiori, Alex Nevski, Brigitte Boisjoli, Yann Perreau, Sarahmée, Loud, France d\u2019Amour, Cœur de pirate\u2026 le cœur de Québec vibrera pour l\u2019occasion au rythme de quelque 75 chansons et d\u2019une animation que l\u2019on nous promet rigolote et relaxe.Le lendemain, à Montréal, et dans le tout nouvel amphithéâtre de l\u2019Espace 67, Guillaume Lemay-Thivierge endossera le rôle de maître de cérémonie sur une scène où l\u2019on entendra chanter ou rapper Jenny Salgado, FouKi, Ko- riass, Florent Vollant, Philippe Brach, Guylaine Tanguay et plusieurs autres artistes, accompagnés également par le Cirque Éloize.Excellentes festivités ! Le grand spectacle de la Fête nationale dans la capitale Télé-Québec, dimanche, 21h30 Le grand spectacle de la Fête nationale à Montréal Radio-Canada, lundi, 20h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 D E S S P ECTAC L E S R E T R A N S M I S, D E S C H A N G E M E N TS D E V I E E T D E S M A N GAS Bon Bending Le 28 juin, la chaîne Mezzo live HD retransmettra, effectivement en direct, le concert anniversaire que donnera Erik Truffaz au Festival international de jazz de Montréal.Pas le sien, d\u2019anniversaire, mais celui, le vingtième, de son album Bending New Corners.Paru en 1999, donc, ce quatrième disque encensé du trompettiste français d\u2019origine suisse, fortement inspiré par Miles Davis, entremêle drum and bass, hip-hop et jazz.Pour l\u2019occasion, le musicien sera accompagné par ses complices de quartet, Benoît Corboz, Marcello Giuliani et Marc Erbetta.Le rappeur NYA sera également de la partie.À voir soit au petit écran, soit sur la place des Festivals.Bending New Corners Mezzo Live HD, vendredi, 21h30; en reprise samedi, 15h Voir ailleurs «Il faut être le changement de ce que l\u2019on veut voir dans le monde.» Armés de cette philosophie, et un peu tannés de faire des allers-retours constants entre leur maison de ville et leur chalet, Patricia Paquin et Louis-François Marcotte décident de changer d\u2019air.Plus précisément, de s\u2019acheter une fermette dans les Laurentides, à Saint-Hippolyte, et d\u2019y emménager avec leur petite famille.Cette téléréalité les suit tandis qu\u2019ils vont à la banque, font leurs cartons, supervisent les réparations, conçoivent un îlot de cuisine de 20 pieds et ouvrent de multiples bouteilles de bulles célébratoires.Pour vous sentir moins seuls si vous déménagez le 1er juillet?On change d\u2019air Véro.tv, dès maintenant Le visionnement en continu Voici la version animée de la série de mangas de science- fiction vendue à plus de 10 millions d\u2019exemplaires au Japon.7Seeds, c\u2019est le titre de ladite série, imaginée par l\u2019auteure et illustratrice Yumi Tamura.C\u2019est aussi le nom du projet secret fomenté par le gouvernement et visant à sauver la Terre d\u2019une météorite.Pour ce faire, cinq groupes composés de sept jeunes ont été formés et nommés selon les saisons: Automne, Hiver, Printemps, Été A et Été B (le beau temps en deux temps).L\u2019action se déroule à Kyushu, à Honshu, à Hokkaido et à Tokyo.Beaucoup d\u2019espoir est mis par les fans non seulement dans leur réussite, mais aussi dans celle de cette adaptation.7Seeds Netflix, dès vendredi ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR / JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 3 0 | SAMEDI GERRY (5) Can.2010.Drame biographique d\u2019Alain DesRochers avec Mario Saint-Amand, Capucine Delaby, Marc-François Blondin.- La vie et la carrière de Gerry Boulet, figure de proue du groupe Offenbach, emporté par un cancer en 1990, cinq ans après avoir entamé une brillante carrière solo.ARTV 12h LANCE ET COMPTE (5) Can.2010.Drame sportif de Frédérik D\u2019Amours avec Marc Messier, Marina Orsini, Jason Roy Léveillée.- Pendant qu\u2019un entraîneur reconstruit son équipe frappée par une tragédie, son épouse met à profit la notoriété des joueurs pour aider des ouvrières menacées de licenciement.Z 14h LE VENDEUR (3) Can.2010.Drame psychologique de Sébastien Pilote avec Gilbert Sicotte, Nathalie Cavezzali, Jeremy Tessier.- Au Lac- Saint-Jean, la vie d\u2019un vendeur d\u2019automobiles est bouleversée par sa rencontre avec un ouvrier au chômage à qui il a forcé la main pour qu\u2019il achète une camionnette neuve.ARTV 14h30 SPIDER-MAN 2 (3) É.-U.2004.Drame fantastique de Sam Raimi avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Alfred Molina.- Un justicier masqué qui vit une crise d\u2019identité décide d\u2019abandonner ses activités au moment où sévit un redoutable savant fou.TVA 15h30 CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE (4) (Charlie and the Chocolate Factory), É.-U.2005.Comédie fantaisiste de Tim Burton avec Johnny Depp, Freddie Highmore, David Kelly.- Un inventeur excentrique invite cinq enfants à visiter sa mythique confiserie qui recèle de nombreuses surprises.V 16h UN FAUTEUIL POUR DEUX (4) (Trading Places), É.-U.1983.Comédie de John Landis avec Dan Aykroyd, Eddie Murphy, Jamie Lee Curtis.- Pour les besoins d\u2019un pari, deux hommes d\u2019affaires remplacent leur directeur par un Noir sans formation financière.MAX 17h30 DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS 2 (5) Can.2008.Comédie fantaisiste de Philippe Gagnon avec Guy Jodoin, Claude Legault, Sylvie Moreau.- En 2040, des explorateurs à la recherche d\u2019une terre d\u2019accueil pour l\u2019espèce humaine tentent de récupérer leur sonde tombée sur une planète inconnue.TQ 18h ROCKY BALBOA (5) É.-U.2006.Drame psychologique de Sylvester Stallone avec Sylvester Stallone, Burt Young, Geraldine Hugues.- Rendu dans la cinquantaine, un ex-champion du monde de boxe poids lourd se laisse convaincre de remonter sur le ring afin d\u2019y affronter l\u2019actuel détenteur du titre.V 18h30 GABRIELLE (3) Can.2013.Drame psychologique de Louise Archambault avec Gabrielle Marion-Rivard, Mélissa Désormeaux-Poulin, Alexandre Landry.- Une handicapée intellectuelle de 22 ans réclame son indépendance après que son amoureux, lui aussi déficient, eut reçu de sa mère l\u2019interdiction de la fréquenter.ARTV 20h RAIN MAN (3) É.-U.1988.Drame psychologique de Barry Levinson avec Dustin Hoffman, Tom Cruise, Valeria Golino.- Son frère autiste ayant hérité de la fortune de leur père, un vendeur de voitures décide de l\u2019enlever dans le but de faire valoir ses droits.MAX 20h HUNGER GAMES LA RÉVOLTE.PARTIE 1 (4) (The Hunger Games Mockingjay \u2013 Part 1), É.-U.2014.Science- fiction de Francis Lawrence avec Jennifer Lawrence, Julianne Moore, Liam Hemsworth.- L\u2019héroïne d\u2019une téléréalité meurtrière créée pour affirmer l\u2019emprise d\u2019un gouvernement totalitaire devient la figure emblématique de la révolution.TVA 20h45 COMPLOT MORTEL (5) (Conspiracy Theory), É.-U.1997.Drame policier de Richard Donner avec Mel Gibson, Julia Roberts, Patrick Stewart.- Un chauffeur de taxi new-yorkais qui voit des complots partout devient la cible d\u2019un agent de la CIA.V 20h45 LE SENS DE L\u2019HUMOUR (4) Can.2011.Comédie d\u2019Émile Gaudreault avec Michel Côté, Louis-José Houde, Benoît Brière.- Deux humoristes en tournée sont kidnappés par un cuisinier timide mais psychopathe, qu\u2019ils avaient pris comme tête de Turc dans leur spectacle.TQ 21h LOIN DES YEUX (4) (Going the Distance), É.-U.2010.Comédie sentimentale de Nanette Burstein avec Drew Barrymore, Justin Long, Charlie Day.- Une aspirante journaliste de San Francisco et un employé d\u2019une maison de disques de New York font le pari de la relation amoureuse à distance.MP 21h LA MAÎTRESSE DE MAISON (4) (Housesitter), É.-U.1992.Comédie de Frank Oz avec Steve Martin, Goldie Hawn, Dana Delany.- Une jeune serveuse emménage dans la maison de campagne d\u2019un architecte célibataire et se fait passer pour sa femme auprès des villageois.MAX 22h30 ESCOBAR (4) (Escobar \u2013 Paradise Lost), Fr.2014.Thriller d\u2019Andrea Di Ste- fano avec Benicio Del Toro, Josh Hutcherson, Claudia Traisac.- Tombé amoureux de la nièce du narcotrafiquant Pablo Escobar, un jeune surfeur canadien intègre l\u2019équipe du célèbre criminel, quelques années avant son arrestation en 1991.TVA 23h42 LE CHOIX DE SOPHIE (3) (Sophie\u2019s Choice), É.-U.1982.Drame psychologique d\u2019Alan J.Pakula avec Meryl Streep, Kevin Kline, Peter MacNicol.- Un jeune écrivain découvre progressivement le passé douloureux d\u2019une Polonaise rescapée des camps nazis.RC 0h40 DIMANCHE C\u2019EST PAS SI SIMPLE (5) (And So It Goes), É.-U.2014.Comédie sentimentale de Rob Reiner avec Michael Douglas, Diane Keaton, Yaya DaCosta.- S\u2019étant vu confier la garde de sa petite-fille, un veuf égocentrique profite de la bonté de sa voisine pour se décharger d\u2019une grande part de ses responsabilités.TVA 10h DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS 2 Voir samedi, 18h.TQ 12h LA VOLANTE (5) Fr.2015.Thriller de Christophe Ali avec Nathalie Baye, Malik Zidi, Johan Leysen.- Une secrétaire intérimaire s\u2019immisce dans la vie de son nouveau patron, qu\u2019elle tient pour responsable de la mort de son fils, survenue neuf ans plus tôt.TV5 13h MAURICE RICHARD (3) Can.2005.Drame biographique de Charles Binamé avec Roy Dupuis, Stephen McHattie, Julie Le Breton.- La vie et la carrière de Maurice Richard, hockeyeur célèbre et héros du peuple canadien-français.Z 14h TRON (3) É.-U.1982.Science-fiction de Steven Lisberger avec Jeff Bridges, David Warner, Bruce Boxleitner.- Un ingénieur en électronique se retrouve à l\u2019intérieur d\u2019un ordinateur sophistiqué où il découvre un mini-monde surprenant.V 14h LE JOURNAL D\u2019UNE PRINCESSE 2: LES FIANÇAILLES ROYALES (5) (Princess Diaries 2: Royal Engagement, The), É.-U.2004.Comédie sentimentale de Garry Marshall avec Anne Hathaway, Julie Andrews, Hector Elizondo.- Seule héritière d\u2019un petit royaume européen, une adolescente américaine doit se choisir un époux afin d\u2019être couronnée reine.RC 15h RAIN MAN Voir samedi, 20h.MAX 15h30 SHERLOCK HOLMES (4) G.-B.2009.Drame policier de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams.- Le détective Sherlock Holmes et son fidèle associé, le médecin John Watson, cherchent à neutraliser un meurtrier mégalomane ressuscité d\u2019entre les morts.V 16h FILIÈRE 13 (5) Can.2010.Comédie policière de Patrick Huard avec Claude Legault, Guillaume Lemay-Thivierge, Paul Doucet.- À la suite de bavures, deux policiers en crise sont affectés à une mission ingrate de surveillance par leur patron, lui-même en pleine débâcle conjugale.Z 16h30 ENNEMI DE L\u2019ÉTAT (4) (Enemy of the State), É.-U.1998.Drame d\u2019espionnage de Tony Scott avec Will Smith, Gene Hackman, Jon Voight.- Un jeune avocat devient la cible de la Sécurité nationale lorsqu\u2019il est soupçonné de posséder une vidéo incriminant un haut dirigeant de l\u2019agence.V 18h45 JACK REACHER (5) É.-U.2012.Drame policier de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert Duvall.- Un ancien major de la police militaire enquête sur les raisons qui ont motivé l\u2019assassinat de cinq personnes par un tireur déséquilibré.TVA 19h LES ÊTRES CHERS (4) Can.2015.Chronique d\u2019Anne Émond avec Maxim Gaudette, Karelle Tremblay, Valérie Cadieux.- Sur une vingtaine d\u2019années, les tourments d\u2019un ébéniste du Bas-Saint-Laurent et de sa famille, marqués par le suicide du patriarche.ARTV 20h LE DESTRUCTEUR (5) (Demolition Man), É.-U.1993.Science-fiction de Marco Brambilla avec Sylvester Stallone, Wesley Snipes, Sandra Bullock.- En 2032, un policier et un psychopathe meurtrier s\u2019affrontent à Los Angeles après avoir passé 36 ans dans un état d\u2019hibernation artificielle.V 21h30 LE VENDEUR Voir samedi, 14h30.ARTV 23h PICHÉ - ENTRE CIEL ET TERRE (5) Can.2010.Drame biographique de Sylvain Archambault avec Michel Côté, Maxime LeFlaguais, Sophie Prégent.- Après un atterrissage d\u2019urgence qui a fait de lui une vedette médiatique, un pilote d\u2019avion alcoolique entre en cure de désintoxication pour apaiser les démons de son passé.TVA 23h10 ROLL RED ROLL (3) É.-U.2018.Documentaire de Nancy Schwartzman.- L\u2019agression sexuelle d\u2019une mineure par deux footballeurs d\u2019une école secondaire de l\u2019Ohio a été camouflée par les autorités puis commentée favorablement sur les réseaux sociaux.PBS (WCFE) 23h30 TRIPTYQUE (4) Can.2013.Drame de Robert Lepage avec Lise Castonguay, Frédérike Bédard, Hans Piesbergen.- Les destins interreliés d\u2019une libraire schizophrène, de sa sœur chanteuse atteinte d\u2019une tumeur au cerveau et du nouvel amoureux de celle-ci, un neurochirurgien allemand.RC 0h07 CAMION (4) Can.2012.Drame de Rafaël Ouellet avec Julien Poulin, Patrice Dubois, Stéphane Breton.- Deux frères rentrent au bercail afin de soutenir leur père, un camionneur veuf traumatisé par un accident de la route.RC 1h41 LUNDI INSAISISSABLE (4) (Now You See Me), É.-U.2013.Thriller de Louis Leterrier avec Mark Ruffalo, Mélanie Laurent, Jesse Eisenberg.- Un agent du FBI et une consœur d\u2019Interpol prennent en chasse quatre maîtres illusionnistes ayant réalisé durant leur spectacle à Las Vegas un spectaculaire vol de banque.TVA 12h30 TROIS FOIS 20 ANS (4) (Late Bloomers), Fr.2011.Comédie dramatique de Julie Gavras avec Isabella Rossellini, William Hurt, Doreen Mantle.- À l\u2019aube de la soixantaine, une enseignante à la retraite et un architecte abordent différemment la vieillesse, ce qui crée de la tension dans leur couple jusque-là heureux.RC 14h BABINE (4) Can.2008.Conte de Luc Picard avec Luc Picard, Vincent- Guillaume Otis, Alexis Martin.- Le marchand général d\u2019un petit village entre en conflit avec le nouveau curé, qui veut éliminer un simple d\u2019esprit que l\u2019on dit fils de sorcière.TQ 21h NUAGES SUR LA VILLE (5) Can.2009.Comédie dramatique de Simon Galiero avec Jean-Pierre Lefebvre, Robert Morin, Teo Spychalski.- Un agent des services sociaux qui fut autrefois un écrivain estimé prend la mesure de la distance qui le sépare de ses proches.TFO 21h THE GOSPEL OF EUREKA (4) É.-U.2018.Documentaire de Donal Mosher.- Dans une petite ville du sud des États-Unis, la cohabitation est possible entre fervents chrétiens et flamboyants transgenres.PBS (WETK) 22h L\u2019ITALIEN Voir mardi, 21h.TFO 23h30 NUAGES SUR LA VILLE Voir lundi, 21h.TFO 1h30 MARDI EN TROMPE L\u2019ŒIL (4) Fr.2016.Drame policier de Josée Dayan avec Corinne Masiero, Pierre Arditi, Aure Atika.- Une capitaine de gendarmerie haute en couleur enquête sur le meurtre d\u2019une jeune femme qui s\u2019est produit dans le manoir d\u2019un riche écrivain de polars en panne d\u2019inspiration.RC 14h L\u2019ÉPREUVE.LE LABYRINTHE (4) (The Maze Runner), É.-U.2014.Science-fiction de Wes Ball avec Dylan O\u2019Brien, Will Poulter, Thomas Sangster.- Des adolescents se retrouvent captifs dans une clairière ceinturée par un énorme labyrinthe peuplé d\u2019araignées géantes.MP 17h L\u2019ITALIEN (5) Fr.2010.Comédie d\u2019Olivier Baroux avec Kad Merad, Valérie Benguigui, Roland Giraud.- L\u2019épreuve d\u2019un fils d\u2019immigrants maghrébins installé à Nice sous la fausse identité d\u2019un Italien bon vivant se corse lorsque son père l\u2019oblige à observer le ramadan.TFO 21h NÉ QUELQUE PART Voir mercredi, 21h.TFO 23h30 BLUFF (4) Can.2007.Comédie de Simon Olivier Fecteau avec Emmanuel Bilodeau, Isabelle Blais, Raymond Bouchard.- Sur une période de quinze ans, aperçu de la vie des habitants successifs d\u2019un appartement sur le point d\u2019être démoli.TQ 0h30 L\u2019ITALIEN Voir mardi, 21h.TFO 1h30 MERCREDI HAIRSPRAY (4) É.-U.2007.Comédie musicale d\u2019Adam Shankman avec John Travolta, Nikki Blonsky, Amanda Bynes.- À Baltimore, dans les années 1960, une adolescente grassouillette devient la coqueluche d\u2019une émission musicale pour jeunes.TVA 9h29 CROC-BLANC (4) (White Fang), É.-U.1991.Aventures de Randal Kleiser avec Ethan Hawke, Klaus Maria Brandauer, James Remar.- Venu au Yukon réclamer le terrain censément aurifère exploité par son père décédé, un adolescent se lie à un chien-loup qui lui a sauvé la vie.Z 21h LE PARRAIN (1) (The Godfather), É.-U.1972.Drame de mœurs de Francis Ford Coppola avec Marlon Brando, Al Pacino, James Caan.- Malgré sa décision de ne pas se mêler aux affaires de la famille, le fils d\u2019un chef de la mafia américaine finit pourtant par succéder à son père.TQ 21h NÉ QUELQUE PART (4) Fr.2013.Comédie dramatique de Mohamed Hamidi avec Tewfik Jallab, Jamel Debbouze, Fatsah Bouyahmed.- Né en France de parents algériens, un étudiant se rend dans le pays de ses ancêtres, où il n\u2019a jamais mis les pieds, afin d\u2019empêcher la démolition de la maison de son père.TFO 21h BILL NYE \u2013 SCIENCE GUY (4) É.-U.2017.Documentaire de David Alvarado.- Un ex-anima- teur d\u2019une émission de vulgarisation destinée aux enfants se reconvertit en pourfendeur des créationnistes, climatoscep- tiques et autres militants anti-science.PBS (WETK) 22h LES VOISINS (4) (Neighbors), É.-U.2014.Comédie de Nicholas Stoller avec Seth Rogen, Rose Byrne, Zac Efron.- En quête de tranquillité depuis la naissance de son premier bébé, un couple de trentenaires voit débarquer dans la maison voisine des étudiants fêtards et grossiers.TVA 23h05 TOMBOY Voir jeudi, 21h.TFO 23h30 JEUDI UN AMOUR FOU (4) (Crazy, Stupid, Love), É.-U.2011.Comédie de Glenn Ficarra avec Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore.- Un quadragénaire en instance de divorce reçoit d\u2019un jeune tombeur des conseils qui éveillent en lui des dons de séducteur insoupçonnés.TVA 19h30 MENTEUR MENTEUR (4) (Liar Liar), É.-U.1997.Comédie de Tom Shadyac avec Jim Carrey, Maura Tierney, Justin Cooper.- Le fils délaissé d\u2019un avocat particulièrement menteur fait le vœu que son père ne puisse dire que la vérité durant vingt-quatre heures.V 20h LA JEUNE FILLE À LA PERLE (3) (Girl With a Pearl Earring), G.-B.2003.Drame de mœurs de Peter Webber avec Scarlett Johansson, Colin Firth, Judy Parfitt.- En 1665, une jeune servante travaillant dans la demeure du peintre Vermeer devient son assistante puis son modèle.TQ 21h TOMBOY (3) Fr.2011.Drame psychologique de Céline Sciamma avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson.- Une fille de dix ans aux allures androgynes se fait passer pour un garçon auprès des enfants de son nouveau voisinage.TFO 21h LES ÊTRES CHERS Voir dimanche, 20h.ARTV 23h L\u2019ESPRIT D\u2019UNE ÉQUIPE (5) (We Are Marshall), É.-U.2006.Drame sportif de McG avec Matthew McConaughey, Matthew Fox, Anthony Mackie.- En 1970, après la disparition d\u2019une équipe de football universitaire de la Virginie dans un accident d\u2019avion, un entraîneur de l\u2019Ohio se charge de former une nouvelle équipe.TVA 23h05 DÉFENDU (4) (Breathe In), É.-U.2012.Drame de Drake Doremus avec Felicity Jones, Guy Pearce, Amy Ryan.- Participant à un échange d\u2019étudiants, une jeune Anglaise douée pour le piano bouleverse la vie familiale d\u2019un professeur de musique de la banlieue de New York.TQ 0h45 TOMBOY Voir jeudi, 21h.TFO 1h30 VENDREDI LES CHORISTES (4) Fr.2004.Comédie dramatique de Christophe Barratier avec Gérard Jugnot, François Berléand, Jean-Baptiste Maunier.- En 1949, un professeur de musique nommé surveillant dans un internat tente d\u2019amadouer des élèves difficiles en formant avec eux une chorale.RC 9h Y A-T-IL QUELQU\u2019UN POUR TUER MA FEMME?(4) (Ruthless People), É.-U.1986.Comédie policière de Jim Abra- hams avec Danny DeVito, Bette Midler, Judge Reinhold.- Ayant déjà songé à tuer sa femme, un homme d\u2019affaires retors se garde bien de payer la rançon le jour où celle-ci se fait kidnapper.VIE 13h LA FILLE DE MONACO (4) Fr.2008.Comédie dramatique d\u2019Anne Fontaine avec Fabrice Luchini, Roschdy Zem, Louise Bourgoin.- À Monaco, un célèbre avocat, coincé sur le plan sexuel, s\u2019éprend d\u2019une présentatrice météo délurée qui a déjà eu une liaison avec le garde du corps chargé de veiller sur lui.RC 14h DE PÈRE EN FLIC (4) Can.2009.Comédie policière d\u2019Émile Gaudreault avec Michel Côté, Louis-José Houde, Rémy Girard.- Afin d\u2019obtenir la collaboration de l\u2019avocat d\u2019un gang criminel, un père et son fils, tous deux policiers, infiltrent un groupe de thérapie filiale.RC 20h ROMY ET MICHELE, REINES DE LA SOIRÉE (4) (Romy and Michele\u2019s High School Reunion), É.-U.1997.Comédie de David Mirkin avec Mira Sorvino, Lisa Kudrow, Janeane Garofalo.- Deux copines un peu paumées font croire qu\u2019elles mènent la grande vie afin de bien paraître lors d\u2019une réunion d\u2019anciens de leur école.V 20h LUCIE AUBRAC (4) Fr.1997.Drame historique de Claude Berri avec Carole Bouquet, Daniel Auteuil, Jean-Roger Milo.- Durant la Deuxième Guerre mondiale à Lyon, l\u2019épouse d\u2019un résistant détenu par les nazis échafaude un audacieux plan pour le libérer.ARTV 23h LES ÊTRES CHERS Voir dimanche, 20h.RC 23h05 IL RESTE DU JAMBON?(5) Fr.2010.Comédie sentimentale de Anne Depetrini avec Anne Marivin, Ramzy Bedia, Marie-France Pisier.- L\u2019histoire d\u2019amour compliquée entre une journaliste télé issue de la bourgeoisie parisienne et un urgentiste maghrébin qui vit avec sa famille dans une banlieue défavorisée.TFO 23h30 LES DOORS (4) (The Doors), É.-U.1991.Drame biographique d\u2019Oliver Stone avec Val Kilmer, Meg Ryan, Kevin Dillon.- Évocation de la carrière et de la vie sentimentale du chanteur américain Jim Morrison.RC 1h05 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 1 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 GRAND ANGLE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR « Nouvelle ville, nouveaux drames.» C\u2019est la formule qui marquait le tout premier épisode de The Hills, intitulé d\u2019ailleurs ainsi, présenté le 31 mai 2006 sur MTV.Nouvelle ville, soit Los Angeles.Là où débarquait l\u2019héroïne et narratrice, Lauren Conrad.Une étudiante en mode, venue faire un stage chez Teen Vogue.Et nouveaux drames, au pluriel, parce que c\u2019est ce qui marquera l\u2019ensemble de ces sommets.Des personnages aisés, se querellant, se quittant et se réconciliant souvent sous le soleil de la Californie.« C\u2019était un peu extra, si l\u2019on peut dire », nous dit à son tour Jessica Garneau.Jessica Garneau est l\u2019une des auto- proclamées « plus grandes fans de The Hills».C\u2019est ce qui l\u2019a poussée à étudier à l\u2019École supérieure de mode de Montréal de l\u2019ESG UQAM.Ce qui l\u2019a poussée à devenir styliste.Puis, à signer des articles de mode et beauté pour le site Ton Petit Look.Aujourd\u2019hui, elle travaille en communications, mais The Hills, ça ne s\u2019oublie pas juste comme ça, que non.Elle nous confie que, depuis, elle a visionné les six saisons plusieurs fois et que Justin Bobby c\u2019est « oh, mon Dieu, l\u2019homme de ma vie ».Justin qui ?« Ah, c\u2019est pas tout le monde qui a écouté The Hills au point de le savoir ! », s\u2019esclaffe-t-elle.Justin Bobby, donc.Héros ténébreux portant des bottes de combat à la plage.Briseur de ces cœurs qui, avant de rejoindre le monde de la téléréalité, fut coiffeur pour les stars.Il s\u2019est notamment chargé des chevelures des gars de Maroon 5, groupe mené par Adam Levine, le frontman tatoué qui a enlevé son t-shirt à la mi-temps du Super Bowl LIII.(Nous le savons, c\u2019est beaucoup d\u2019informations.) Mais qu\u2019est-ce qui attirait tant dans cette série à la réalité pourtant très éloignée de la nôtre?«Ils avaient beaucoup de sous et un mode de vie qui n\u2019était pas du tout du même rythme, remarque Jessica Garneau.Mais ils vivaient des choses dans lesquelles on pouvait se reconnaître: un premier appartement, des partys, des chicanes\u2026 Je n\u2019avais pas le même budget, mais je pouvais m\u2019y identifier.» A-t-elle retrouvé depuis une émission qu\u2019elle a autant aimée ?Même pas une seconde d\u2019hésitation : « Aucune.» Alors, c\u2019était un plaisir coupable ou un plaisir véritable ?Jessica éclate de rire.« Je l\u2019assume complètement.J\u2019écoute encore les vieux The Hills.À un moment donné, je ne peux pas faire semblant que ça ne m\u2019intéressait pas tant que ça ! » Inspiré de, inspiré de, inspiré de C\u2019est sous le nom de New Beginnings que The Hills renaît aujourd\u2019hui.Nouveaux dépar ts.Justement, pour mieux comprendre le phénomène, il importe de retourner au commencement.Car The Hills, c\u2019était en fait une téléréalité très scriptée INSPIRÉE de Laguna Beach, une téléréalité légèrement moins scriptée, INSPIRÉE, quant à elle, de The O.C., une télésé- rie de fiction.Vous suivez toujours?The O.C., c\u2019était d\u2019ailleurs l\u2019une des séries préférées de Mélodie Nelson.« Il y avait des maisons en feu, des jeunes filles qui vivaient dans de grosses maisons et faisaient de l\u2019équitation, des pères qui se faisaient battre parce qu\u2019ils devaient de l\u2019argent à la communauté\u2026 » Fascinée par la pop culture américaine de la sorte, tout comme par le mode de vie californien, l\u2019écrivaine montréalaise en a glissé des éléments dans son dernier roman, Juicy.Paru aux Éditions de ta mère en 2017, ce récit mettait en scène une jeune Cali- fornienne, justement, qui remportait le concours de Miss Teen USA.Mélodie Nelson ne suivait pas The Hills, donc.Mais peut-être comme certains d\u2019entre vous, sans même le vouloir, elle était au courant de l\u2019existence des héros de la téléréalité de MTV.Car longtemps, les magazines à potins américains, US, In Touch et autres Star, se sont régalés des déboires de Speidi.Spardon ?Ah oui, c\u2019est le surnom donné à Spencer Pratt et à son épouse Heidi Montag, aujourd\u2019hui convertie à la pop chrétienne.Les amoureux que tout le monde aimait détester dans The Hills.Bref, chaque semaine, Mélodie Nelson achetait ses revues à potins et lisait sur la vie de «ce couple qui se transforme en Barbie et Ken» (voyez les photos).«Ça peut avoir l\u2019air très superficiel et ridicule, mais\u2026 ça m\u2019a vraiment aidée, confie-t-elle.À l\u2019époque, je travaillais comme libraire, j\u2019étudiais en études littéraires et j\u2019essayais de me détacher de l\u2019obligation d\u2019être cette personne sérieuse qui a les mêmes intérêts que tout le monde et un gros livre de 800 pages d\u2019un auteur russe obscur posé sur sa table de nuit.» Elle ajoute : « Mon plaisir à lire des revues à potins m\u2019a permis de dépasser tout cela.» Donc attends, Mélodie.Ce que tu nous dis, c\u2019est que de lire sur la vie de Speidi t\u2019a permis de mieux apprécier\u2026 « Le pavillon des cancéreux de Soljenitsyne, oui.» En riant, Mélodie Nelson note ensuite avoir récemment lu une entrevue dans Vogue («oh là là, c\u2019est terrible ! C\u2019est terrifiant ! C\u2019est pathétique ! ») où Heidi était interrogée sur le manque de diversité dans The Au sommet de la téléréalité C\u2019est le retour de The Hills, l\u2019une des pépites de la vraie fausse vie en Californie Hills.Là où tout le monde est principalement blond, blanc et richissime.Heidi, pour tant, reste convaincue que de la diversité, il y en a à foison : « Je veux dire, Audrina a les cheveux plus foncés.Et Mischa aussi.» Mischa, c\u2019est Mischa Barton.L\u2019actrice principale de The O.C.(vous savez, la série de fiction mentionnée ci- dessus) qui jouera désormais dans New Beginnings.Vous sentez un petit étourdissement ?En effet, c\u2019est tout un microcosme qui se rassemble et se croise.Serez-vous du reste étonné d\u2019apprendre que Paris Hilton, Kim Kar- dashian, Lady Gaga et Marc Jacobs ont fait des apparitions au fil des années dans la fameuse téléréalité ?Et que cette nouvelle édition accueillera aussi dans ses rangs Brandon Thomas Lee (fils de Pamela Anderson et de Tommy « Mötley Crüe » Lee) ?« C\u2019est en quelque sor te le même modèle de personne, remarque Mélodie Nelson.Super ficielle et très, très assumée.» L\u2019écrivaine assume, quant à elle, le fait d\u2019aimer plusieurs éléments de cet univers : « C\u2019est divertissant, les histoires de personnes qui veulent revenir dans le droit chemin.Enfin.Dans le droit chemin étrange de la Californie.» Ce qu\u2019elle aime moins : « L\u2019omniprésence des filles pas fines.C\u2019est hyper triste.Je trouve ça platte qu\u2019on mise sur les chicanes entre elles.» Entre nous, certains diraient que The Hills aurait dû rester dans le passé.Pourtant, c\u2019était un élément marquant de la culture pop, tout comme de la téléréalité.C\u2019était avant Instagram, « avant que beaucoup de gens fassent semblant d\u2019être réellement dans un décor irréel ».« Ils posaient les mêmes gestes dont on se moque chez les influenceurs au- jourd\u2019hui, remarque Mélodie.Des photos en bikini, des paroles impossibles à prendre autrement qu\u2019en riant\u2026 C\u2019est vraiment un retour à quoi ?Il y a dix ans?» Précisément.Mais attention.Ce sont de «new beginnings».The Hills : New Beginnings MTV, lundi, 22h Mischa, Brandon, Heidi, Spencer et leur entourage sont de retour pour de nouvelles aventures, mais surtout pour une panoplie de drames dont ils ont le secret.MTV L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 32 | À N E PAS M A N Q U E R Le mal de vivre En cette semaine de Fête nationale, les films québécois sont plutôt rares dans la grille de programmation télévisuelle.Du lot plus ou moins inspirant (Babine, Piché entre ciel et terre, les documentaires Snowbirds et Félix dans la mémoire longtemps), on note la première diffusion télévisée du deuxième long métrage d\u2019Anne Émond (Nuit #1, Nelly), Les êtres chers.Cette chronique familiale, qui a fini de révéler la jeune actrice Karelle Tremblay (La fin des lucioles), donnait une partition de choix à Maxim Gaudette (Incendies) en artisan de pantins de bois et père de famille, dont on suit le quotidien chargé de tourments sur une vingtaine d\u2019années.Les êtres chers Artv, dimanche, 20h et Radio-Canada, vendredi, 23h05 06/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille Des squelettes Discussions Grand spectacle / Éric Lapointe , Marie-Élaine Thibert.Le Téléjournal Grand Rire Docteur Foster TVA TVA nouvelles Sucré Salé Refuge animal Fous du BBQ Chicago Fire / La traque Combien vaut cette maison?TVA nouvelles 22h35 Sucré 23h05 Félix TQ 17h55 P-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc BABINE (2008) avec Maude Laurendeau, Vincent-Guillaume Otis.23h05 Messe V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le DATE PRÉVUE (2010) Robert Downey Jr.CSI: Miami / Éclipse mortelle 911 ICI RDI Le Téléjournal Vocation Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal David Saint-Jacques: retour sur terre TV5 17h50Champion Journal FR Aliments: Rien ne Pyramides L'odyssée des forçats de la mer Faits divers Journal/ C à dire CANAL D Accident de star / Evel Knievel Célèbres et fauchés Machines de génie Shark Safari Le cosmos dans tous / Mars Parker: Sa ruée CANAL VIE Rénovateurs à l'entrainement Jamie et Doug / De deux à trois Jamie et Doug / De deux à trois Quoi ton plan?Quoi ton plan?Quoi ton plan?Quoi ton plan?Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 FIFA: 2019 Au 19e LMB Baseball / Braves d'Atlanta c.Cubs de Chicago (D) Sports 30 HISTORIA Trésors décodés Trésors décodés Le mystère de l'or confédéré La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Extraterrestres ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / La terreur passe Pour l'amour du country Tout pour la musique Tout pour la musique Pour emporter EXPLORA Le refuge de l'espoir Nous, les singes! Stan Lee et les super-humains Vivre loin du monde Photographes Photographes Deux guerres Z Face Off / Dieux de la guitare Top Gear Diesel Brothers (v.f.) Américars: Rapides et musclés Animal Kingdom / Les loups Westworld sav-media Maîtres 18h55 Thèse Archi branchés Archi branchés De garde 24/7 Gardiste Cancer 21h55 Urgence Question santé Question santé Couple nerds TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top!/ Top! Subito texto Subito texto NUAGES SUR LA VILLE (2009) Alex Bisping.Droit comme un F Planète Vanity Fair Confidential (v.f.) Scène du crime / Poing final Point de fuite Histoire opéra Face au feu Superpouvoirs CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries CBC Docs POV CBC News: The National Hello Goodbye CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang American Ninja Warrior Grand Hotel / Smokeshow CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Superstore New Amsterdam Bull / A Higher Law Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelorette Grand Hotel / Smokeshow Local 22 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Neighborhood Magnum P.I.Bull / A Higher Law News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow POV / The Gospel of Eureka UNIS Cochon dingue Bizarroscope Tournée générale Sel et Diesel Chars Snowbirds Hors série Les fermiers / Le printemps HBO1 18h10 SEDUCED BY A STRANGER (2017) 19h40 San Francisco 2.0 20h25 Last Wk Years and Years Big Little Lies Euphoria TVA Sports Le TVA sports Le TVA sports LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Yankees de New York (D) Le TVA sports Point de mire Le TVA sports 06/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Les Poilus Viens-tu faire un tour?1res fois / Marina Orsini Le Téléjournal Sports ex /22h35 Musique TVA TVA nouvelles VLOG JACK REACHER (V.F.) (2012) avec Rosamund Pike, Tom Cruise.21h45 Mitsou et Léa 22h45 TVANou.Cinéma TQ Un chef à la cabane De garde 24/7 Banc public Y'a du monde à messe À communiquer V Cinéma 18h45 ENNEMI DE L'ÉTAT (1998) avec Gene Hackman, Will Smith, Jon Voight.LE DESTRUCTEUR (1993) Sylvester Stallone.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Le 21e / Akos Verboczy Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR Un jour, un destin Le Marrakech du rire Journal/ L'invité CANAL D Comédie Club / Mike Ward Cauchemar sur l'autoroute Texas Chrome Docu-D / Ce silence qui tue Le sport Michel Barrette CANAL VIE Chopped / Zone de confort Gâteaux Rénover Vie de tournée / 2Frères Naissances Naissances Les naufragés de l'amour Parol'enfant RDS CONCACAF Soccer / Canada c.Cuba - Coupe d'or Groupe A (D) FIFA: 2019 CONCACAF Soccer / Martinique c.Mexico - Coupe d'or (D) Sports 30 Départ/ Course HISTORIA Homme de toi Homme de toi Homme de toi Homme de toi Homme de toi Homme de toi Homme de toi Magasin Magasin Magasin Magasin ICI ARTV ICI on chante Pour emporter LES ÊTRES CHERS (2015) Maxim Gaudette.Victoria / La jeune Angleterre LE VENDEUR EXPLORA Cerveau Cerveau Méga constructions Pharmachien Planète techno Hackers VolteFace Découverte Alex+Tyler, éco Z 16h30 FILIÈRE 13 (2009) Week-end Talk show Déroute Comédie Ballers (v.f.) Ballers (v.f.) Vikings / Mésalliances South Park sav-media L'écran roi 18h50 Gardiste Kebec/ Gardiste Génie d'ici Couple nerds Archi branchés Civilisations 21h50 Savoir Grand chapitre 22h50 Urgence Musée/ Art TFO Maya/ Maya Subito texto Flip Métiers/ Métiers Sapiens 20h45 Métiers Kattawapiskak 21h55 Magasin Empreint 22h35 Visite 23h05 ONFR+ Planète 17h00 L'accusé Les frères de la tortue La Juge Globe cooker Un vrai sport de gonzesses Les ailes de la guerre Le plus haut niveau CBC CatchDream CatchDream CatchDream CatchDream Indspire Awards Horse/ Empty CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Mary's Kitchen The Big Bang God Friended Me The $100,000 Pyramid In the Dark / Mommy Issues National News GBL Global News Global National Security Security Private Eyes / The Life of Riley The Good Fight The Good Fight Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Highwire Live in Times Square With Nik Wallenda To Tell the Truth News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes 60 Minutes The Good Fight The Good Fight News PBS (33) Civilizations / Encounters Great British Baking / Final Masterpiece Classic / Poldark Masterpiece Mystery! / Endeavour: Apollo Jamestown UNIS Le p'tit cabaret / Kevin Bazinet La galère Le Loup-garou Le Loup-garou Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour HBO1 AXIOS Andre the Giant Real Time With Bill Maher Big Little Lies Euphoria Last Week TVA Sports RAW WTA Tennis - Birmingham Classic Finale WTA Tennis - Omnium de Mallorca Finale Le TVA sports 06/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille Les enfants de la télé ICI on chante / Benoît McGinnis Outlander / Seuls contre tous 22h10 Journal 22h40 Du Teweikan TVA TVA nouvelles LE ZODIAC CHINOIS (2012) avec Qi Shu, Jackie Chan.20h45 HUNGER GAMES: LA RÉVOLTE - PARTIE 1 (2014) Jennifer Lawrence.23h15 TVANou.TQ DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS 2 (2008) Guy Jodoin.SOS sages-femmes LE SENS DE L'HUMOUR (2011) avec Anne Dorval, Michel Côté.23h05 Banc p.V Cinéma ROCKY BALBOA (V.F) (2006) avec Burt Young, Milo Ventimiglia.20h45 COMPLOT MORTEL (1997) avec Julia Roberts, Patrick Stewart, Mel Gibson.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal L'Épicerie Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h10 Fête de la Musique 2019: tous à Nice! / Patrick Bruel , Zazie.CANAL D Routiers de l'Outback SOS Infesta.SOS Infesta.Célèbres et fauchés Galas ComédiHa! 2016 Comédie Club / Mike Ward Tanked (v.f.) CANAL VIE Idées-grandeur Idées-grandeur Luxe au bord Au chalet Mini-maisons sur mesure Merci de parta Mariages The Affair (v.f.) Rénovateurs RDS Sports 30 Sports 30 LCF Football / Tiger-Cats d'Hamilton c.Argonauts de Toronto (D) Sports 30 Sports 30 Course auto HISTORIA Shotgun Ménard Shotgun Ménard Shotgun Ménard Référendum 1995 Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country GABRIELLE (2013) Gabrielle Marion-Rivard.Notre vie / Fille à papa GERRY EXPLORA Photographes Photographes Deux guerres, une histoire La Semaine verte Exposciences: finale mondiale Pharmachien Z Cinéma Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Les hors-la-loi du volant Animal Kingdom / Le pilier Westworld / Espace de phase sav-media Grand chapitre 18h50 Urgence CORIM CORIM Musée/ Art Kebec/ Gardiste L'écran roi 21h50 Gardiste 36.9° / Migraine de folie 36.9° TFO Maya/ Maya Subito texto Flip Métiers/ Métiers Sapiens 20h45 Métiers On ne peut pas faire deux fois la même erreur Planète Kangourous Globe cooker The Scene Energy Observer Dans le secret des villes D'où je viens CBC CBCNews marketplace The Pass System Johnny Cash RHYMES FOR YOUNG GHOULS (2013) Roseanne Supernault.Cinéma CTV CTV News Montreal W5 / Jihadi Brides/ Family Plan TO BE ANNOUNCED The Big Bang The Big Bang National News GBL Global News Global National Security Security Rookie Blue / Best Man TULIPS IN SPRING (2016) avec Lucas Bryant, Fiona Gubelmann.Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend Shark Tank / Matt Higgins The Good Doctor / Empathy The Rookie / The Shake Up News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight BIG3 Basketball (D) 48 Hours News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Rev.Still Open Doc Martin / Facta Non Verba Death in Paradise Austin City UNIS À plein gaz Filles de moto Chez nous File d'attente St-Nickel L'ODYSSÉE D'ALICE TREMBLAY (2002) Sophie Lorain.Chair de poule HBO1 17h10 BREXIT (2019) 18h55 The Inventor: Out for Blood in Silicon Valley THE TALE (2018) avec Laura Dern, Elizabeth Debicki.THE HITCHER TVA Sports 16h00 Baseball / Tor./Bos.(D) LMB Baseball / Astros de Houston c.Yankees de New York (D) Le TVA sports Kevin Raphael Le top LNH S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Vrak ne cesse d\u2019explorer pour trouver de nouveaux moyens d\u2019augmenter sa voilure en matière de fiction pour jeunes adultes.Dernier exemple en date, la convaincante Juste nous deux.Sous ses dehors de road trip un peu convenu sur les bords, la websérie de huit épisodes teste les limites de l\u2019amitié (et de l\u2019amour) entre deux duos d\u2019amis que tout sépare : Joëlle et Mathieu, versant solaire, et Robin et Étienne, versant saturnien, voire bilieux de ce qui deviendra un quatuor désassorti, mais serré.De fil en aiguille, les deux couples rapprochés par hasard, puis par les manigances des seconds, verront leur trajectoire changer du tout au tout.Les fils qui conduiront à la formation de ce quatuor sont un peu forcés, on en convient.L\u2019intérêt véritable de la série tient aux textes naturels de Benoit Lach et Vincent Lafortune, qui dévoilent de vrais talents de dialoguistes.Ce faisant, ils offrent une intéressante réflexion sur l\u2019amitié au temps des millénariaux.À la caméra, Lach fait preuve de la même retenue empreinte de naturel, y compris dans l\u2019habillage sonore, qui disparaît à l\u2019occasion pour mieux reprendre, divisant ainsi l\u2019espace et le temps.Mikhaïl Ahooja, Sacha Charles, Noémi Lira et Philippe Robidoux incarnent avec aplomb ce carré d\u2019as désaccordé aux prises avec des noirceurs qui ne sont jamais appuyées.En prime, les productions Blachfilms (derrière notamment le primé Avec pas de parents) nous plongent dans un Québec trop rare sur nos écrans, celui d\u2019un Bas-du-Fleuve sans clichés, ses beautés intouchées, sans filtre.Juste nous deux Vrak.tv, en ligne D\u2019amour et d\u2019amitié La websérie Juste nous deux transforme un road trip en voyage initiatique VRAK.TV | 3 3 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR L\u2019irrésistible documentaire Expos- ciences : finale mondiale (V.F.de Science Fair) s\u2019ouvre sur une explosion de joie pure.Celle qui s\u2019empare littéralement de Jack Andraka, 15 ans, alors qu\u2019il apprend qu\u2019il décroche le prix Gordon E.Moore, l\u2019équivalent de l\u2019or olympique pour les jeunes scientifiques de la planète.Le ton est donné.Ici, le cool a non seulement des lettres, mais il a des chiffres et des idées à revendre.Primée à Sundance et à SXSW, l\u2019offrande qui porte le sceau de National Geographic est traversée par une ambition contagieuse, celle de neuf ados allumés en lice pour les plus grands honneurs dans le Saint des Saints des exposciences parmi 1700 aspirants aux dents longues.Impossible de ne pas craquer pour Kashfia Rahman, cette brillante jeune adolescente voilée et ef facée qui, devant l\u2019apathie que suscitent ses recherches sur la prise de risque sur le cer veau des ados dans un Dakota du Sud qui n\u2019en a que pour son élite sportive, décide de prendre le taureau par les cornes en recrutant\u2026 le coach de football de son école pour la parrainer ! À la réalisation, Cristina Costantini et Darren Foster captent leurs confidences empreintes de candeur avec ouverture et une pointe d\u2019humour.Surtout, ils parviennent, et ce en dépit d\u2019une caméra un peu raide et d\u2019un montage qu\u2019on croirait expédié à la truelle, à fixer ce je-ne-sais-quoi qui fait la singularité de ces jeunes.C\u2019est ainsi que, de l\u2019assurance quasi effrontée de l\u2019inusable Anjali Chadha à la volonté peu commune d\u2019un imperturbable Ivo Zell, ce portrait contrasté non seulement émeut, mais se reçoit comme une invitation à se surpasser.Exposciences : finale mondiale Explora, samedi, 21h ; en reprise lundi 14h et dimanche 16h Science académie Une électrisante incursion dans l\u2019univers archicom- pétitif des exposciences EXPLORA 06/28 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy L'effet Wow DE PÈRE EN FLIC (2009) avec Louis-José Houde, Michel Côté.Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Sucré Salé Du talent à revendre LES SACRIFIÉS (2010) avec Jason Statham, Sylvester Stallone.TVA nouvelles 22h35 Sucré 23h05 Ma tête TQ Pat'Patrouille Passager Cuisine futée, Mc$ween De garde 24/7 Banc public Y'a du monde à messe Kebec Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire ROMY ET MICHÈLE (1997) avec Lisa Kudrow, Mira Sorvino.CSI: Miami / Nounous modèles SQ ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Thalassa / Camargue, Venise: les peuples des lagunes Sexe autour du monde / Italie Journal/ C à dire CANAL D La ruée vers l'or: Dakota Boys Fugitifs Patrouille Patrouille Best of Sharks Craindre son voisin Billions (v.f.) CANAL VIE Encan et flip au Texas Mariages Au chalet Naissances Naissances Idées-grandeur Idées-grandeur Idées-grandeur Idées-grandeur Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 L'avant-match LCF Football / Alouettes de Montréal c.Tiger-Cats d'Hamilton (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Yukon Gold: L'or à tout prix Yukon Gold / De dures leçons Les montagnards Les montagnards / Commotion Les montagnards Montagnards ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Anne Pour emporter / Anne Dorval ICI on chante Rétroviseur Mr Bean Cinéma EXPLORA L'Irlande du bout du monde Dans la tête de la bête Naissance continent Anomalies humaines Venezuela, l'expédition extrême Venezuela Z Face Off / Inspiration Japon Américars: Rapides et musclés Top Gear Diesel Brothers (v.f.) Les Brown / Délivrance Péril en mer sav-media Génie d'ici Génie d'ici L'ombre d'un doute Maîtres peinture / Van Gogh Civilisations 21h50 Histoire Musée/ Mat Chi.Musée/ Lexique Variées TFO Amélie /18h25 Amélie Top!/ Top! Mosquée Métiers/ Doc 20h35 Doc LEUR MORALE.ET LA NÔTRE (2008) 22h40 P Tango Un amour rose Planète Géants de l'océan Jurassic Fight Club (v.f.) Face au feu Nos seins, nos armes! Kangourous Globe cooker The Scene CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.Nature of Things / Ice Bridge Taken Taken CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Agents of SHIELD / Toldja Blindspot Criminal Minds CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Mary Kills People Hawaii Five-0 Ransom / It's a Ravenzo Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Agents of SHIELD / Toldja 20/20 Local 22 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Whistleblower Hawaii Five-0 Blue Bloods / Blues News PBS (33) PBS NewsHour Whole Truth Vermont Week Wash.Week Firing Line Big Pacific / Mysterious Great Yellowstone Thaw Amanpour UNIS Chair de poule Chair de poule Le Loup-garou Le Loup-garou Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour Chars HBO1 17h15 THE PADRE (2018) 19h15 GOON: LAST OF THE ENFORCERS (2017) Warrior Real Time With Bill Maher Jett TVA Sports Les partants LMB Baseball / Cubs de Chicago c.Reds de Cincinnati (D) Le TVA sports Point de mire Le TVA sports 06/27 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Lâcher prise Magnifiques Le grand rire Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Réelle TVA TVA nouvelles Sucré Salé Pot Inc.UN AMOUR FOU (2011) avec Ryan Gosling, Julianne Moore, Steve Carell.TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Conseils Génial! 180 jours / Face à la réalité LA JEUNE FILLE À LA PERLE (2003) 22h55 Un chef à la cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire MENTEUR MENTEUR (1997) avec Maura Tierney, Jim Carrey.CSI: Miami 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Champions Les Princes Des racines et des ailes / En Bretagne, de la Cornouaille au Léon Berlin '59 Journal/ C à dire CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Enchères Enchères Enchères Enchères Guadalupe Docu-D Docu-D CANAL VIE Encan et flip au Texas Conquérants Gâteaux Chopped / Gaufres gagnantes The Affair (v.f.) Proprio Proprio Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 F1 Magazine Hors-jeu 2.0 Oups LCF Football / Eskimos d'Edmonton c.Blue Bombers de Winnipeg (D) HISTORIA FantomWorks FantomWorks Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Hors route ICI ARTV 17h30 Downton Abbey / Spéciale de Noël Moi et l'autre Lumière sur.Guerre et paix Cirque Alfonse Cinéma EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Broken Tail ou le Alex+Tyler, éco Recyclage Pharmachien Gros labo Nous, les singes! Les singes! Z Face Off / Sésame, ouvre-toi! Les Stupéfiants Les stupéfiants / Revisité LE MONDE SELON WAYNE II (1993) Mike Myers.HYP-GAGS sav-media La grande muraille du Japon Couple nerds Couple nerds En mouvement 20h50 Lexique FutureMag L'ère robots Génie d'ici Génie d'ici Grand chapitre TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top!/ Top! Subito texto Subito texto TOMBOY (2011) Zoé Héran.LE PARI 23h05 Mamie Planète Point de fuite Histoire opéra Maria Chapdelaine L'Antiquité Les oubliés Géants de l'océan CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.Dragons' Den CBC Docs POV CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang MasterChef The Big Bang Young Sheldon Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight The Wall NCIS: New Orleans Elementary / Command: Delete Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Holey Moley Family Food Fight Partie 2 de 2 Reef Break / Lost and Found Local 22 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Young Sheldon Young Sheldon Life in Pieces Life in Pieces Elementary / Command: Delete News PBS (33) PBS NewsHour On Main The Keto Diet With Dr.Josh Axe Joe Bonamassa/Vienna Amanpour UNIS Cochon dingue Mission Verte Bouffe en cavale Les fermiers Hooké File d'attente Web Thérapie Web Thérapie Peaky Blinders HBO1 17h55 Living With Lincoln 19h10 NATIVE SON (2019) Margaret Qualley.Class Divide 22h20 Ice on Fire TVA Sports Les partants LMB Baseball / Nationals de Washington c.Marlins de Miami (D) Le TVA sports Point de mire Le TVA sports 06/26 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes L'Épicerie Deuxième chance Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports TVA TVA nouvelles Sucré Salé Oeufs d'or Boomerang La recrue / Premier jour en solo Esprits criminels TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc LE PARRAIN (1972) avec Al Pacino, James Caan, Marlon Brando.V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire THUNDERSTRUCK (V.F.) (2013) avec Taylor Gray, Kevin Durant.CSI: Miami 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les secouristes de l'extrême Complément d'enquête 21h25 Carnets 100 jours / Réflexe Journal/ C à dire CANAL D Tanked (v.f.) Transports Éboueurs La ruée vers l'or: Dakota Boys Requins des Abysses Accident de star / Evel Knievel Au pays des CANAL VIE Encan et flip au Texas Les gratteux Merci de parta Simplement vedette Design V.I.P.Design V.I.P.Design V.I.P.Design V.I.P.Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 LMB Baseball / Athletics d'Oakland c.Cardinals de St.Louis (D) Sports 30 Sports 30 Images/sec.HISTORIA Fièvre encans Fièvre encans De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu L'acier et feu ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Moi et l'autre Génie: Picasso Génie: Picasso Génie: Picasso Génie: Picasso EXPLORA Suprême animal Nous, les singes! Cerveau Cerveau Méga constructions Planète techno Gagner Hackers Z Face Off Déroute Comédie Talk show Week-end CROC BLANC (1991) avec Klaus Maria Brandauer, Ethan Hawke.HYP-GAGS sav-media Grand chapitre Biblioth Le grand Encore plus L'ère robots La grande muraille du Japon FutureMag Couple nerds Couple nerds Question santé TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top!/ Top! Subito texto Subito texto NÉ QUELQUE PART (2013) Tewfik Jallab.Droit comme un F Planète Energy Observer Dans le secret des villes Vanity Fair Confidential (v.f.) Sur la scène du crime Arts backstage Plus près des étoiles CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.Finding the Secret Path Secret Path CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang MasterChef / Hot and Spicy The Amazing Race CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother Private Eyes NCIS Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Press Your Luck Card Sharks Match Game Local 22 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Big Brother The Amazing Race News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Rivers of Life / The Amazon Nova / First Man on the Moon POV / Bill Nye: Science Guy UNIS Cochon dingue Monde Web Thérapie Web Thérapie La galère St-Nickel / Déjeuner topless Tournée générale Chez nous HBO1 17h25 Running With Beto Big Little Lies True Justice 21h45 Years and Years Last Week TVA Sports Les partants Avant-match Le top LNH LMS Soccer / Timbers de Portland c.Montreal Impact (D) L'Impact RAW Le TVA sports 06/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes S'aime chien Secret médical Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Révolte TVA TVA nouvelles Sucré Salé Lâchés lousses Malaises Complexe G L'arme fatale / Remuer la boue TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc / Pompéi sous l'eau House of Cards (v.f.) House of Cards (v.f.) Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire ROMANCE À TRIBORD (2018) Alexa PenaVega.CSI: Miami / Défilé électrique 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chiens et chats Partir Autrement en famille Les Princes Sexe autour du monde / Italie Profilage Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Douanes Douanes Cauchemar sur l'autoroute Air Jaws: le retour Routiers de l'Outback SOS Infesta.CANAL VIE Rénovateurs à l'entrainement Maison jackpot Luxe au bord Mini-maisons sur mesure Idées grandeur Idées grandeur Idées grandeur Idées grandeur Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 Sport en liberté Expédition extrême FINA Plongeon L'histoire Sports 30 Sports 30 FIFA: 2019 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Le secret de Bella Quelle famille! Cirque Alfonse Guerre et paix Notre vie / Fille à papa Victoria EXPLORA Animo S'aime chien Nous, les singes! Pharmachien Gros labo Anomalies humaines Alex+Tyler, éco Recyclage Rite passage Z Face Off / Tapi dans l'ombre Les Brown / Délivrance Péril en haute mer Vikings / Nouveau monde Ballers (v.f.) Ballers (v.f.) Silicon Valley sav-media De garde 24/7 Gardiste Musée/ Fausses Musée/ Thèse L'écran roi uniVERT Kebec/ Nature Grand chapitre 22h50 Urgence Archi branchés TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top!/ Top! Subito texto Subito texto L'ITALIEN (2010) Kad Merad.22h40 P Tango Un amour rose Planète La Belgique frappée au coeur Tout savoir.Géants de l'océan Jurassic Fight Club (v.f.) Spécial F1: Sur les traces d'Ayrton Senna CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.Kim's Still Standing Schitt's Creek Workin' Moms CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang ANT-MAN (2015) avec Michael Douglas, Evangeline Lilly, Paul Rudd.The Big Bang CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother FBI / Conflict of Interest Blood & Treasure Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Am.Housewife Modern Family The Goldbergs Modern Family Black-ish Local 22 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Big Brother FBI / Conflict of Interest Blood & Treasure News PBS (33) PBS NewsHour Places to Love Yankee Secrets of the Dead Tiananmen: The People Versus the Party Amanpour UNIS Cochon dingue Devenir adulte Chez nous Chez nous LE DIVAN DU MONDE (2010) Antoine Gratton.Ciné tout court Rire à l'autre HBO1 17h05 M.Ali What's My Name: Muhammad Ali Partie 2 de 2 19h55 Years and Years 20h55 Big Little Lies 21h55 Euphoria 22h55 Foster TVA Sports Les partants LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Yankees de New York (D) Le TVA sports Point de mire Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 3 4 | V I V R E REPORTAGE À FREDERICKSBURG A Le Dixie Dude Ranch accueille des touristes depuis\u2026 1937.s a x e T , é ôt c s e it et p vill PARENT CAROLYNE COLLABORATRICE LE DEVOIR s e fi e b m i W u x u e d , e f s é h \u2019 n s e t r p p a \u2019 s à t e r t o n p m o c à c e n u n o s r u o p g n i h s u r b b n e i r n u y o b w o c r e n u e v i r r a s i u P N .e h c n a m i d u d n o s t e t S n o s à l i o v e l t e e t t e s a j e n u s n o u q - a C y e l r - t e u q o c s a p t n e t i e d r e h c o t e e l b a r e t n e m i l e u g è l l o .t n a f f u o t n a r o b r a - i p s u o - n i \u2019 s i u q ru \u2019 i d n u \u2019 d e c n e s b a l e d e t è i u q p p a R .e h c u a g e r i a l u n n a n o m e i n i s i u c f e h c u a e v u o n e l e t i u s u q , n o i t u t i t s n i e l b a r é n é v e t t i r c s e t n e l i v e d é y u s s e r i o v a o p s t n e i l c s n i a t r e c e d t r a p a l i r o c e d s e t t e l e m o s r u e l i n r a g e é r t n e \u2019 l s a p t s e \u2019 n e c , n o N m t e e r t r u e M h c n u l n u \u2019 d e r è i t v n u \u2019 d t n e m e l p m i s t i g a \u2019 s l i b - i u o b n u s n a d e r i a n i d r o i d i m Wimberley.de sympa ticulièrement fi à t n a m a - n e e u q i l - t e c e d r e n o c i e d s e u q i r i o v a r u .e r d n a - a m n e ; e r è t s y i d e r d n e - r a p i u o r n i l e t a p s e l e u q s i v a t s e \u2019 M t n e s s e c e d s r o h s é u t i s , e r n e g v e n e n n o s r e p s u l p e u q s u t bel un à promis sont prunter, p n o i s s e s b o e n U .e u q i t s i r u o t » locale expérience l\u2019« pour s e d s e l r u o p é c r o m a t ê r é t n i s o g n e n u ; s e é t n e u q é r f r u s dites villes les pour croissant t i a f u d e i t r a p n e é n , s e r i a d p s a b à s e n n e i r é a s e i n g a p m o c r u e i s u l p : s t o p o r é a s r u e l t n e s e c e d s - t a b s r e i - m e t u e avenir e r i a t é n a l dé- un ; s n o i t a n i t t n e m e u secon- s e l e u q - i l i t u x i r s e c i d n i s s e \u2019 C ! t e f f e l e b s u l p u d t u a \u2019 D - l u s é r e l i s s u a t \u2019 r e z t i P e l l e t , s e i r e l a g s e l l e b s e r s fi r a l r i o v e r t n e t e f f e n e t n e s s i a l ».vraie ville petite « la de e T u a \u2019 u q l i - t s e s r u o j u o T m n e e g l\u2019 a s s a p e d s n o i t é s u o n office de l\u2019invitation à nier boudé a tournée notre risme, o b s e d t o r p u a s a l l a D t e n o t Country.Hill du commerce de marque L\u2019art, l l o c e d e t i a f n o i g é r e n u t s e \u2019 C a t É \u2019 l e d e r t n e c u a t n e i o d n o e h c n a v e ù o , s a x - r e d i a du tou- Hous- s e d a g r u i u q , s e n i , t o s s o r g S O T O H P T N E R A P E N Y L O R A C yp É \u2019 d e u q i t i l o p e n u \u2019 d t a t o r i v n e \u2019 l e d t n e m e s .B n o d n y L e d e s u o p é \u2019 l surnommée Taylor, dia r e u q i l p x e \u2019 m , e é r i p s n i guide-naturaliste.d e r u e h e n u à e é u t i S o i t c n o j a l à , o i n o t n A e r C a l e d t e o c n a l B a e u q s e r o t t i p a l y e l r e b e r u t l u c t c i r t s i d e d t u t b m o n d n a r g u d n o s i a r r A e n i F m ê m e d e m i d r u s e t s i t r a \u2019 d o n , 4 1 0 2 m i W l u f u c e m s i r d , » s è c e l a r é n é g o l a L « , s n a x e T e i v y i u q - s i l l e b m e \u2019 d t a t e u q , t n e m e n n - u a l C , n o s n h o J a Bird, Lady n u d r a t s u l p a n a S e d e t u o r e e r è i v i r a l e d n - m i W , k e e r C s s - a t s e l u n e t b o n e s a x e T u d l i u q s e t s i t r a \u2019 d e r 2 1 d a o R h c n a R a l t n e d r o b , s t y o b w o c e d s e t t o b 0 5 e u q e n a t u a \u2019 d s e r v u œ , s e é n n o i s n n E « .n o i g é r a l e d s e r t n i e p s i t o o B t e j o r p e l é c n a l s n o v a s u u o t e l r e s i m a n y d r u o p y e l r e b c u s d n a r g n u t s e \u2019 c t e , l e r u t l e c i r t c e r i d , n a m e r o M y h t a C t i e c r e m m o c e d e r b m a h C a l e d e d e u n n o c n e i b t s e é t i l a c n o t s u o H e d s n e g s e d t u o t r u s u e l s i u p e d s e c n a c a v n e t n e n n , t - - - .s , r fi o d o m n i t s u A , e l a t i p a c a s e r t n e u o - d u s u a , o i n o t n A n a S t e f e d s e r è i v i r s e d , s r u o j x u a e b e m a f n u t n o d , s e r o l o c i t l u m e l u a f e s , t e n n o b e u l B é l e p p a enserrent pacaniers, et verts chênes à t n e s o p m o c t e s e t u o r s e l r u e S a l à a m a r o n a p n u e u v l , t s e \u2019 l à , .t s e x u A s e t t e r u e n i p u l x u e r t n e t n e d e t r e p .t a t s e \u2019 C travaillent.y et vivent y de natif Jong, de Tim a » r u o m a n e é b m o t « L .s n a 0 3 e d s è r p a y s i u p e d e r è p o y e r r e v e u q a h c ù o , s k r o w s s a l G assistent visiteurs 000 28 art.son de monstration fl e c n a f n e t i u s r u o p s a b n o b r p p a i u q Choisis r e v e B « a r e d n a B d\u2019eux, L\u2019un est Saskatoon, l i n o i g é r a l c e v e d r u e f u o s e y e l r e b m i W e l e u q l e u q e é n n a dé- une à e t i a r t e r a l à t n e s s i l b a t é y \u2019 s u o n u i c i a n o \u2019 u q t i a f i u q e C .e l l e - s t a r o t c o d e d s r u e t n e t é d e d n i s » .t r a \u2019 l t n e i c é ranch, ton dude e v i r D o e d o R n o s a s l l i H y l u o n l i t e , e v i r D e d u D n o s a , , ; s | 3 5 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 En haut : le Marketplatz de Fredericksburg.Ci-dessus : le parc d\u2019État Enchanted Rock.Bons plans g o l e S t t a y H s é é r C i r o t s i h d é t o d o r t 7 2 ( c n u \u2019 d e s s i a l e D .r i a s r u c x e M r e u a , o i n o t n A n a S e d s è r p , a p S & t r o s e R y r t n u o C l l i H .h c n a r n u \u2019 d e t i s e l r u t s e l a i l i m a f e n i a m o d e c , e u q f l o g e d s r u o c r a p e t e s e n i c s i p s r u e i s u l p e d , ) s u e s n o l e u q e l r u s u a e \u2019 d s r u o à s e r b m a h c s e d r u s r e v i r é d x u e d e r t n e e r d n e t é d e s i o u q .s n o i h t i t é i g n a A o m a l n o t n A e p u o s e i a r u a q i s u m r i o m u f î a n e R y l i é N e c n o c a v a r i M Y r e z e c n e m e v a r p m n a S à y n a p m o C Q B B o i e d t n e l a v i u q é \u2019 l t s e \u2019 C .i u q s n i a p o c e d r u o c a l s n a d r e d e p u o r g n u é g a g n e t n - e u c e b r a b u d o r p n u t e e u ! n o i s a c c o \u2019 l r u o p .e r t .n i t s u A \u2019 d é t i m i x o r p à e l , a n o z i r A n e s n a 5 2 a e u q i t s i l o h r u o j é s e d t p l .s a x e T u a r e v i r r a \u2019 d t n e i v \u2019 l à i i i d é , a g o u t n i e p i l a , ) u l r u o v a s n i u q e r o s u o n h c u o c b a t r o p Renseignements traveltexas.com texashillcountry.com , c r a r t , n o t a t m n e i b z e v a s u o v ( l a v e h c r u s e r e u q e n i a s i s s u a n o i t a t n e m s u o n à t r u o c n o c t u o t : e s u e n o , e é v i r r a e r t o n À .r e u q e d c a s « n u s r u e l l i a \u2019 d e r f f e n o h p é l é t e r t o n r u o p » e g a \u2026 e l , , c e v A wimberleyarts.org banderacowboycapital.com dixieduderanch.com visitfredericksburgtx.com tpwd.texas.gov/state-parks/ enchanted-rock et narrowpathwinery.com.r e s é r p n e i b e l l i v - e r t n e c n o s , , , , , - D e i x i D u a t i o r d e n è m o p é \u2019 L i u q , h c n a R e d u d e l l e c t n a t é n o i t s e u q n e e u q parlant country sons e s e s , é v n n o s r e p c , s c i h c e n e t r a g r u l l a e r , e n o o K u a s n o i t u q , u a e r r u e s y l a t n a d é t i c o r p À p x u e m dé- « d\u2019amours fi e d s e n i e l p s e t ô h \u2019 d s n o s i a m t p e c n o c s n i s a g a m s e s , é t i l a r e i b s e s , e l l i v e d u a V e m m o è a é t i l a c o l a l , n i v à s e v a c t a d n a m A à e r i d t i a f i u q e C .e a c i n u m m o c s e d e c i r t c e r i d u B s r o t i s i V d n a n o i t n e v n o C a c e l « t s e g r u b s k c i r e d e r F e i t n e h t u a \u2019 l e d e m s i r u o t n u \u2019 d .» n o i d é r a l s a f e l , e l l i v e t i t e p a l e g é t i m i x e é n n o d n a r e d u e i l n u t s e c r a s - 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r - .- - t - .u a r e r g é t n i \u2019 s r u o p d r e g o l e d e u q x u e i m actuel Propriétaire e u q e n g i l u o s y l o n o C i n g i s s r u o j u o t s a p g i s é d a ç , e u q o p é \u2019 l À « ici, fois une qui, ville la masse.la dans fondre ky yp d t s e \u2019 C e j e u q t - n o h B y e k r A d e d i a r a r b u D u p s u l p \u2019 t s e u O l e d n e i r , r o c é d .h c n a r n u s n a \u2019 Dixie, du t o m e l e d u d a Clay n : » c e m « é i f e d e t n u t i a n se de tentait » o o l a s e l t n a h c r e h c n e s r u e l l i a \u2019 u e i v s u l p e l r u s e é b m o t s i u s s a x e T u d ) e s n a d e d e l l a s ( k n o e i l a c s e n U .r a l l o D r e v l i S s \u2019 e u l e r b m o s e c è i p e n u s r e v d n e c s e l s n a d l o s e l e r v u o c e i c s e d n d » e u q s e r a b « n o i t i d a r t e r n a h c s e d e t è r p r e t n i o u d n U .o ç a f , l l e w o V l l e s s u R n s u o n \u201c s n e i d n i r é m A e s n o v i v , s n o i t i n u m n u é n g i s t n o s l i , 7 4 8 1 r e d é t n o l o v r u e l t n a s i v n e s r u o j u o t t s e l I o m n u a y l i t e , i u h \u2019 d a l p t k r a M r u s e l l e p p a r n x : r .a e - p \u201d fi z e h C a t s u g é d e l b m e s v a , e s s a r d t n a t o r o l l i n a r p u e l l i e m v i v : e t ê t x u a e r i d e d n e d s u l s n o v a \u2019 n e t e , x i a p n - i l a i c f o é t i a r t .l e u t u m t c e p s e - r u o j u a r u e u g e l i u q t n e m u n » .z t vu e d e s o p o r p n o , h t a P w o r r a N s e r i u q e l l a s e n u s n a d s n o i t r e t n e u o t r a \u2019 d e i r e l a g e n u à i s n E .e r d è v r u o m r u s e c e m e t e d u o r e i n g o i v e d s n i v s e e d t i u d o r p s a x e T e l e u q e c , n e e é s n e p e n u \u2019 u q a r u a \u2019 n n o , r ! e l l i v e t i t \u2019 p a l e s - - - - L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e E s c ap a d e 3 6 | REPORTAGE L la e D êt r o f ssi a l\u2019 à e ett LEFEBVRE CATHERINE COLLABORATRICE LE DEVOIR r o b sine ui c a L l à e m r e f a l e d t n e m e v u o m e endr r e d t ar l\u2019 ou , e éal a e l b a t a e r t t e m à t n e m de terre la de t î a n n o c l i t E t n e s s i n r u o f i u l a p e j d n a u Q « ou t à e mmag ho e e c n a d n o b a \u2019 l r u e l a v n e nous.chez i u q s e l l e c t e x u e c n e i b .s e l l i e v r e m s e c s e t u o t r a p e d n a m m o c e n u e s s u d e ss he c ri la e t s oi c é b é qu oir err t lecture de Suggestions herboriste et L\u2019horticultrice 3 la récemment e de édition publié a Wilson Mélinda du : comestibles Fleurs c a l r u s e c a l p a s e r d n e r p u s e u q à l i o v t E .s t n a r u a t s e r e u q s r o l a n a r c n u \u2019 d e v è l é \u2019 s n e s u l p n e s u l p e d e t i v n i \u2019 s e t û o g e d r o n e n o i s a c c o e n U singulier.terroir i l i t u \u2019 n s e t s i r u p s f e h c s e L e c e b é u Q u d s t n e i d é r g n i s e d de incontournables quelques t s e \u2019 C .s e m i t i r a M s e d u o o i r Winter John de cas le ment e d i d n a C t n a r u a t s e r u d f e h c s e d e t r a e r r a b a l t ê r o f a l .e n i s i u c e r t o n à r e u q t n e s s i o f r a p \u2019 t l Onta- - m a t o n Russell, - n o M à texte, message l l e v u o n s r u e l s i u p , s e n n e i m champignons de los anecdotes Des Candide du chef .s r u e s s i n r u o f t n o s l i \u2019 u q s r o l s u n n o c s n i o m t s e e g a t r a p e d valorisation de et pect t s e \u2019 C .n u c a h c de d\u2019abord prends je s e d t n e n n e r p s l i , s e - i k x e d n a m m o c r u e l e j raconte-t-il.», le celle-là, comme ces tous avec a en i s s u a t n e s s i t r e v a \u2019 l s l I s t i u d o r p x u a e v u o n e d n o i t a l e r e t t e C .s e r a r u o - s e r e d e l p m e x e l e b n u de travail du - a g e h c o r p p a e n u i s s u a table la à jardin Québec, (Fides, origines ses raconte elle plante, utilisations, ses préférences, aussi suggère Elle légendes.surprenantes, agréablement une ou magnolia de pétales d\u2019hémérocalle.et yogourt Ariane animatrice et journaliste La l\u2019ouvrage cueillir, identifier, \u2013 Forêt en 2019) Québec, Cardinal, Gal.Le Gérald bois des coureur 2019).chaque Pour ses histoire, son et quelques même parfois et recettes plusieurs de beignets des comme de base à trempette signe Gal Paré-Le cuisiner (Éditions le père, son de compagnie est espèce Chaque fi d\u2019olive, l\u2019huile donc Exit tréal.m r o s é d t n o f i u q e r c u s e l , n o r t culinaires.réflexes nos de tie m e r p a l à e c n e r é f n o c n E a l e d i s e B l a v i t s e f u d n o i t e s s u R f e h c e l , e r è i n r e d e n i a m S .e l a i c o s e i m o n o r t s a g e d minutieuses\u2019affairent lui et équipe ci- le - 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S E G A D R U O B T O B A H C 2 1 4 e e r e d t e q a h C s e n i a m t r a p s e l e d e t e v u d e i n g è r p A e l a é r o b n i m r e t n e s l l e i t i R d r a n m2 n e m e n g e s n e u e n u t s e .e r i a n i d r o a r t x e e h c r e h c e s q n i c t n a d n e p , e h c n a m i d e u û o a - i m a l à t e l l i u j - i m a l e d , u o c é d a l à t n o r i t r a p s t n a p i c i a p m o c n e t ê r o f a l e d s r o s é r t s .e t n a l P e n a h p é t S , e t s i n a t o b o i t a r i p s n i \u2019 d s a p e r n u , i o u q s s e é n r u o j a l , s i u P .i v r e s a r e s s e s e l i u h \u2019 d r e i l e t a n u r a p e r e B e t s i m i h c e l r a p é m i n a s e .l d e t - , t - - n e - - rt he p e c x E r c a s n o c e l b m e s u e l l i e u c tronomie o s n E t s i t r a t e t s e n e G n e m m a t a e F l a e r o N t u q i d r o n nf yu he xp r e s t e l l i u j 1 2 e l , t n e m e l l e n n o i t é ras- un boréal, Comptoir à d t e s r u e t c u d o r p e d t n e m s a g a l r u e l a v n e t n a t t e m s r forestière.r u e t u a \u2019 l e d e c n e r é o c e n u , e é r i l e h c i M e s i a n n o k e r i a n i l u c e o n a i u q e l l e C .e é t n e s é r p a r e s é l u t i t n i e g a r v u o \u2019 l é n g i s t o B T g u o r h T y e n r u o J y r a n i l u C A .t s h e l l i a v u o r t s e s r e s o e a r d n e i v o s à r i r v u o c é d e d s u l p n e , s e a e - e e - - h s n a h p t n a r u a t s e r u d n o i t a q n i c s è r p a , 3 e r è i n a T p p a s e h c r e h c e r e d t e fl D L U O B H C R A Y H P A R G O T O H P l e c r u o t i t i a F o b u a e t a e t â h C d e r b r a s i o f e u q h c e r i a f o j é s n u a f e l l e b d n o i t a r nature la De a L , e p u o r g u d e r n o i x e é r e d s n t s e l I .s e i d n o f o r .c e b é u Q u d s e l â h C e m m a r g o r p e l , t n a s s e r é t n L t n o m r i a F l e t ô h \u2019 l e d l a é r u r e t n a l p à e s i v c a n e t n o r F u s n a a h c y c n e r o m t n o M t ê r o f a l a p e n e d t i s i o h c t n e i l c n u \u2019 u q n a d n e p s e t t e i v r e s s e s r e g n a n U .s u l p u o s r u o j x u e d e d r u é n é g é r a l à r e u b i r t n o c e d n o ç .t ê r o f a l e labo au - e n - s t e - u r é u t i s t n a n e t n i a m e b é u Q - x u e i V e l s n a d L s n o s i a m s e d s e t û o v salle en L\u2019expérience a r F f e h c e l , e n i s i u c n E m m o c x u a t s e l o c i N i a l e d r u o B n a x o R e u q p x e \u2019 l e d t n e m e l u o r é d o f e l l e v u o n a l , t e f f e n E e l c a t c e p s - r e p u o s n u \u2019 d a d n o i s r e m m i \u2019 d e t r o s fi rt e d n A f s t n e i d e r i a f i s e s i o c é b u t i t s n I \u2019 l c e b é u Q L C Q i m m a S c r e h c e r s e d e f s e n i a m a i u p p a , e r r e i P - t n i a S e s e l e m ê m à , c .t s e r a h C t e r e b e l e u n a m m E - s i o ç n t n a d n e p , s e d n a n o b u a e l l i e v s .e l l a s n e e c n e i r é e n g i d t s e e l u m r e n u , é t n e v n i é r e r u t a n e r t o n s n é r g n i \u2019 d s u l p e r o c n e e r t t e m n i a t e e l b a t e r t o n r u s s r e i t s e r o é u q e i m o n o r t s a g a l r e n n o y \u2019 a r e ) L U ( l a v a L é t i s r e v i n U l , d e i r e l l e t ô h \u2019 d t e e m s i r u o t e d t o n o r t s a G e l é é r c t n o ) Q H T I ( .8 1 0 2 n e b a d s é t i v i t c a s e d r e s i l a é r : n o i s s i s n a r t e d t e n o i t a m r o f e d , e h o d s r e v i d s n a d s e c n a s s i a n n o c e s e r i a t n e m i l a s e c n e i c s s e d s a g e r t o n e d t n e m e p p o l e v é d u - - - t u - e - - n - s e h c i r s o n t e e g a v u a s e s s a p x u e v e n e J « e g n a m t n e n n e i v s n e g u e c n e i r é p x e e n u r i r f u q t e e t r o p a l t i h c n a r f e t u o t a l à \u2019 u q s u j e t r F e n n o i t n e m , » e é h c communiqué.de voie par s r u o p , t n a s i a f e C a l e d i c i \u2019 d s t i u d o r p n e x u e t n e v i o d s l i , é t i l c s e l c e v a s t i o r t é s n e i l fi m o n o r t e i s u l P n u t n o d o n s r e i t t a r o b a l r u e s s e f u e g i r i d » L N F P t e r u e s o \u2019 L « u e i l s e d m , e é l e c .s e r i a u t s e s e l e u q t n e m e l u - f o e t i a h u o s e j , r n o \u2019 u q s è d e u q i n - i a f r a p t i o s e l l e \u2019 - u o b e r è i n r e d e t n a l p a L c i r é d é \u2019 r e n n o i s i v o r p p a - a u q e r u e l l i e m s e d r e s s i t i s s u a s n t e s r u e l l i e u fi .e u q i n u e i r u o c n e c n o d t n o s s t e j o r p s r u s e r o f s t i u d o r p s e l r u s t n a t r o p o c a l c e v A .) L N F P ( x u e n g i l n o r p , e t t o c r a M e l a c s a P e d n o i o « , L U \u2019 l e d e i h p a r g o é g n e e e d n o i t s e u q a l r u s e s è h t e n s e f o r p , d r a r i G n i a l A e u q i l p x e , Q.H T I \u2019 l à r u e h c r e h c a t é n u r e s s e r d e d t s e f i t c e j b r o m , e x e l p m o c e r è i l e n u \u2019 d x n e m e p p o l e v é d n i e l p n e s i a , s - - l - n s - t - .t n a l e d s r u e s s i a n n o c entoure.o n u o s r u e t a r u a t s e R r t î a n n o c x u e i m à s u o t t n e l u e v e l e m m o c , e r e d e t t e i s s a \u2019 l à t ê r o f a l e e i h p a r g o é g , e i r e t s e r n a d l a v a L é t i s r e v i n U \u2019 l fi u a \u2019 d n E e n u e r s r u e t c a , t n e s s i t m e l b i s i V m s i a m t e , s r e e d n o i t s u o n i u q e r u t a s n o n g a g s u o n , n - i o t i r r e t e r t o n e e D s é t i v i t c a s e l - o f e d é t l u c a F a l e d e u q i t a m o é g t - t n o M t ê r o f a l s ux fi ux a f à s n o h c r e h c s u o n , s t o m s e r t e d , s t i u d o r p s e d e i h p a r g o t r a c i \u2019 u q a e s é r s e d t e ] s r e i t s e r o f [ .s t i u d o r p s e c r e s i r o l a v e d n a e h c i r t s e e r i o t i r r e t e r t o n , t n e n o y o s , e i r u c s n o y o S .u n n o c é a v r e s é r p a l à s n o l l i e v , t u o t r u s .é t i s r e v i d o i b e s u e i c é r p a s - i s s l » , s - L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e F a m i l l e 3 8 | Caillot.Mais il faut aussi accepter que l\u2019enfant va rapporter à la maison des choses que nous n\u2019accepterions pas nécessairement.» Il y a quelques semaines, Éloïse a franchi avec succès le fil d\u2019arrivée d\u2019une course.La maman a bien sûr accepté que sa fille rapporte à la maison \u2014 avec une grande fierté, faut-il préciser \u2014 la médaille qu\u2019elle a gagnée.Mais Éloïse a refusé la gourde d\u2019eau en plastique qu\u2019on a voulu lui remettre en cadeau \u2014 l\u2019instant de fierté, cette fois, de sa maman.« Non merci, je n\u2019en veux pas.Elle est en plastique.Et j\u2019ai déjà une gourde à la maison », a-t-elle dit.Discuter, mais pas culpabiliser « Il faut laisser les enfants poser des gestes à la hauteur de ce qu\u2019ils sont capables de faire », précise Laure Caillot.Il faut donc leur expliquer le comment, mais aussi le pourquoi du zéro déchet.« Quand le sujet se présente, on en profite pour discuter avec elle [de l\u2019impact de la pollution et des déchets], mais ce n\u2019est pas un sujet de conversation quotidien à la maison.» Le choix des mots et la manière de présenter le sujet sont alors cruciaux, l\u2019anxiété environnementale gagnant du terrain auprès des plus jeunes générations.« Je ne veux pas qu\u2019elle se sente responsable et coupable pour les baleines qui mangent du plastique dans les océans », souligne Laure Caillot.En France, en 2016, Bénédicte Moret et Jérémie Pichon ont publié un livre sur le zéro déchet spécialement dédié aux enfants.Intitulé Les zenfants presque zéro déchet.Ze mission, l\u2019ouvrage, confectionné sous la forme d\u2019une bande dessinée, explique de façon ludique et humoristique pourquoi c\u2019est important de moins consommer et de toujours se demander si on a réellement besoin de ce nouvel objet.Par des missions à accomplir, le livre détaille quels sont les gestes qu\u2019on peut poser pour avoir un impact.ses limites, avance Mélissa de La Fontaine.Sinon, les changements ne perdureront pas.Le fait d\u2019avoir des enfants, c\u2019est une limite, un contexte particulier, soutient l\u2019auteure.« Ça va définir ce qu\u2019il va être possible de changer, mais aussi ce qui sera impossible.» Les couches lavables seront ainsi une option évidente pour bien des familles, mais pas pour toutes.Éliminer les collations préemballées achetées à l\u2019épicerie pour les lunchs des enfants sera facile à réaliser pour certains parents, mais sera une contrainte trop importante pour d\u2019autres.Idem pour les produits ménagers et les aliments achetés en vrac, l\u2019achat de vêtements d\u2019occasion ou encore la réduction du nombre de jouets à la maison.Et c\u2019est sans oublier que les enfants, eux aussi, ont leurs propres limites qu\u2019il faut respecter.« Ma fille va intégrer beaucoup de gestes et attitudes dans son quotidien, mentionne Laure REPORTAGE MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Éloïse, six ans et demi, vit dans une famille zéro déchet.C\u2019est difficile ?« Pas vraiment.C\u2019est pour protéger la Terre.Si le zéro déchet n\u2019existait pas, la planète ne serait pas en santé », répond-elle sur un ton assuré.Éloïse n\u2019a aucune collation préemballée dans ses lunchs.Elle va à l\u2019épicerie en vrac avec ses parents.Reçoit souvent des activités en cadeaux.Et se déplace principalement à pied, à vélo ou en transport en commun.Parce que lorsqu\u2019on a un mode de vie zéro déchet, on est écolo.Sa maman, Laure Caillot, se fait toutefois rassurante : « Elle a la même vie que les autres enfants, c\u2019est juste qu\u2019on achète différemment.» Éloïse a des jouets comme ses amis.Elle porte de jolis vêtements et rapporte même à l\u2019occasion de petits cadeaux en plastique reçus lors d\u2019anniversaires.« La clé \u2014 peut-être encore plus lorsqu\u2019on a un enfant \u2014 est d\u2019être indulgent avec soi-même.Il faut accepter que tous nos gestes ne sont pas parfaits », avance sa maman.Parce que le zéro déchet, c\u2019est avant tout un objectif vers lequel tendre plutôt qu\u2019une cible fixe à atteindre, explique Mélissa de La Fontaine, auteure du livre Tendre vers le zéro déchet, qui vient de paraître aux Éditions La Presse.« Ce n\u2019est surtout pas une compétition pour savoir qui va avoir le moins d\u2019ordures », dit-elle en s\u2019esclaffant.D\u2019ailleurs, ni Laure Caillot ni Mélissa de La Fontaine \u2014 deux figures bien en vue du mouvement zéro déchet au Québec \u2014 n\u2019ont pour seule et unique poubelle qu\u2019un pot Mason trônant sur leur comptoir.Une image associée à la blogueuse Béa Johnson, du site Zero Waste Home, qui démontre que le zéro déchet est possible.Mais qui rend, du coup, l\u2019objectif inatteignable aux yeux de bien des mortels.Faire de son mieux « L\u2019objectif, c\u2019est de faire de son mieux.Et selon moi, tout le monde est capable de faire de son mieux », précise Mélissa de La Fontaine.Le zéro déchet, c\u2019est donc avant tout une succession de petits gestes \u2014 parfois imparfaits \u2014 qu\u2019on intègre progressivement à notre routine et qui au bout du compte ont un impact.Il n\u2019y a pas une formule à suivre, d\u2019étapes à franchir ou de critères à respecter.Mais pour qu\u2019une transition en douceur vers le zéro déchet soit couronnée de succès, il faut surtout respecter LES APPLICATIONS DE LA SEMAINE Devenir fermier Certains jeux nous permettent de sauver le monde.D\u2019autres, d\u2019explorer des endroits fascinants, comme des planètes en dehors de notre galaxie.Et certains, comme Stardew Valley, du développeur indépendant Eric Barone, nous ramènent à l\u2019essentiel.Regarder l\u2019herbe pousser Stardew Valley a un point de départ simple : un vieux fermier rencontré il y a plusieurs étés, alors que nous n\u2019étions qu\u2019un enfant, est décédé.Sans famille, il nous a désigné comme héritier de sa terre.Geste de bonté ou de folie, sa proposition, quitter la grande ville pour la campagne, séduit.Nous voilà donc propriétaire d\u2019une petite terre agricole.Et il y a tant à faire ! Nourrir les poules et récupérer des œufs pour se faire une omelette.Pêcher au bord de la rivière.Rendre visite à nos voisins du village et siroter une bière au pub.Travailler la terre, y semer des pommes et du maïs, et regarder l\u2019herbe pousser.Si tout cela vous rappelle quelque chose, c\u2019est que Stardew Valley s\u2019inspire de la série de jeux Harvest Moon, que Nintendo a laissée pour compte avec le temps.Stardew Valley reprend le flambeau et mise sur la nostalgie : les visuels sont rétro et le concept vise directement les joueurs plus vieux ayant déjà fait l\u2019expérience du simulateur rural de la firme nippone.Mais Eric Barone propose ici quelque chose de plus.En travaillant la terre, on réfléchit au capitalisme sauvage représenté par cette grande chaîne de vente au détail qui vient de s\u2019installer au village.Et on pense, surtout, à sa place dans une grande ville comme Montréal en rêvant de s\u2019en évader.Stardew Valley Offert pour iOS et Android.Olivier Sylvestre Le Devoir veut savoir ce que vous faites sur votre téléphone ! Faites parvenir vos histoires et une capture de votre écran d\u2019accueil à osylvestre@ledevoir.com.« Stardew Valley » nous ramène à l'essentiel.OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR Le zéro déchet en famille\u2026 c\u2019est possible ! Ce mode de vie est un objectif vers lequel tendre plutôt qu\u2019une cible à atteindre Tendre vers le zéro déchet Mélissa de La Fontaine, Éditions La Presse, 2019, 192 pages Lancé par une pionnière du mouvement Zéro déchet au Québec, le petit ouvrage de Mélissa de La Fontaine se présente comme un guide de base pour mieux comprendre cette vague écolo qui prend de plus en plus d\u2019ampleur.Pratico- pratique, ce condensé fait plus que réunir les gestes essentiels à adopter pour réduire la quantité de déchets de la cuisine à la salle de bains, il donne les outils et les références québécoises pour amorcer sa transition personnelle.Sans impératifs ni diktats, l\u2019auteure et émule de Béa Johnson embrasse ce sujet parfois épineux avec bonhomie, humour et pragmatisme, d\u2019avis que des objectifs réalistes valent mieux qu\u2019un idéal jamais atteint.Choisir son combat, voilà qui résume bien l\u2019esprit de ce petit compagnon de poche façonné pour verdir le quotidien.Isabelle Paré Pour qu\u2019une transition en douceur vers le zéro déchet soit couronnée de succès, il faut surtout respecter ses limites.Sinon, les changements ne perdureront pas. Pour Éloïse, ce livre a été un outil fort utile qui lui a donné le goût d\u2019embarquer \u2014 encore un peu plus \u2014 dans le mouvement.« Impliquer les enfants dans ce qu\u2019on fait et dans les gestes qu\u2019on décide de poser, ça les rend nécessairement curieux », estime Mélissa de La Fontaine.Sauter dans le zéro déchet, c\u2019est toutefois aussi s\u2019exposer au jugement des autres.« Parce que choisir de changer ses habitudes pour mieux respecter nos valeurs ne signifie pas qu\u2019on souhaite s\u2019isoler de nos amis, de notre famille et de nos collègues », écrit l\u2019auteure, celle- ci a développé la stratégie du territoire.Lorsqu\u2019elle se rend chez ses proches, elle respecte leur mode de vie.Mais à l\u2019inverse, lorsqu\u2019ils viennent chez elle, elle leur demande d\u2019en faire autant.« Au début, je ne comprenais pas, je me disais : \u201cMoi, je n\u2019attaque personne, pourquoi je me fais attaquer ?\u201d Quel- qu\u2019un m\u2019a alors expliqué : \u201cJuste ton existence est culpabilisante.Tu démontres que ça se peut.Donc, si nous, on n\u2019a pas envie de le faire\u2026 c\u2019est culpabilisant !\u201d » Laure Caillot et sa fille Éloïse, six ans, font partie d\u2019une famille zéro déchet.Elles se rendent à l\u2019épicerie à vélo et apportent leurs contenants dans un sac qu\u2019elles mettent dans un panier.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Il faut laisser les enfants poser des gestes à la hauteur de ce qu\u2019ils sont capables de faire LAURE CAILLOT » | 3 9 Vi v r e F a m i l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec le département de publicité au 514 985-3399 publicite@ledevoir.com À TABLE À déguster à: 1 Boulevard de Sardaigne Suite 101, Candiac Le vin, un produit de plaisir info@edoniasignature.com The Mariner Dry Creek 2014 Assemblage Meritage Un vin harmonieux et souple aux arômes de cassis, cerise noire, chêne vanillé avec des notes de crème.L'accord parfait : Ribeye 14 oz veillit à sec avec champignons sauvages poêlés au beurre et rondelles d'oignons au fromage.en importation privéE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e S o c i é t é 4 0 | e n u s i u s e J « e d e t r o s s i o b e j e r i p m a v , g n a s e l , » s e r t u a s e d l r a K t i a t é p é r .d l e f r e g a L K I R A V O K K C I R T A P E C N E G A E S S E R P - E C N A R F | 4 1 Vi v r e S o c i é t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 « ENTREVUE La queue de cheval, les lunettes noires, le costume noir, la chemise blanche qui étranglait le cou.Quand je le voyais, c\u2019est simple, j\u2019étouffais.La rigidité et le puritanisme de cet accoutrement me faisaient penser au corset de l\u2019ère victorienne.Il se disait libre \u2014 libre d\u2019esprit, c\u2019est clair.Mais aussi engoncé.Prisonnier de ses angoisses.Quelque chose chez lui m\u2019attristait.LOUISE DUGAS » em \u2019 L L e pir erf ag d l e e t s ournali j a L WYSOCKA NATALIA COLLABORATRICE LE DEVOIR é qu Bac e ll haë Rap d e héritag l\u2019 e s analy a m e c n e t s i x e e n U n e e é m r o f s n a r t é i t i m a i ous s l Kar er s Kai e n o s r a p e é u q r é t i l a v i r e c o r é f é f l s e tur ou c s e s s e t ou t Caméléon s e l s n a D é p Karl e l l ë a h p a R , i a s s e n o s e d s e g a l é é i i \u2019 a r s e M o v r u o p e d e l o v » s e n i c u c o d e l d o R e d t s e \u2019 C ë a h p a R couturier i r e d n r e grand fi s s a r r a b é d s i u s n e \u2019 m e j , s e n i c u q e C .s e l i a s e r p o r p s e m e d r e l a r e d s a p a \u2019 n s e l i a s e r p o r p s e s n a d d l e f r e g a L l r a K t i a r a l c é d , e r i a t n e m a i t n e d n o C d l e f r e g a L 7 0 0 2 n e i t r o s , i n o c r a M e h p l o t a t s n o c a \u2019 u q e c t n e m e l a g é l , s e n i c a r s e s e u q : é u q c a B e l l février 19 le disparu a t é d n e \u2019 s r u o p t i a f t u o t a r u a r u a L t n a S s e v Y c e v a e d n o i t a t n e u q : s r a t s P Noureev\u2026 Newton, Helmut e d t n a v i t p a c t c e p s A descriptions ces que reste, t n u s n a d t n e n î a r t n e octobre en Notamment débarque Warhol Andy u o t a v l I .e r è i m u L r u o m a \u2019 L i r p t s e l i t E .d e l r u o p l a c i m a r u œ c allemande.ne é i - s l, .é e - fi - r a r a P .t n e , o s s a c i P a m o l a l r a K r e s i a K u d , nous qui .l a t o t n o l l i b r u o quand 1970, Ville la dans , m l n u r e n r e d p u o c n u \u2019 d s - i g i r o \u2019 d r e n g i s e \u2019 u q c a B h c s e l p i t a t é l I « e m m o c l u e g a l p n a m e l l a s i u p , e l c \u2019 n e C e a l i \u2019 u q n e i v u o s , l a v e h c a l , r i o n u m x u a e s s e r t n s s u a t s e s e n ô c i \u2019 l e d k o o l e d s t n e m e g n a e m r o f s n a r t e s e d e l b a p a c t i a l r u s e t s i r u t l u c e D .o g o l n u n o r a b à é s s a p t s e l i , é l c s u m a r t o n o m n u t e e b r a b e n u c e v a d » \u2026 t e l p e r r e i u q \u2019 n a b à e l c è i s u d t n a n r u o t u a u q t s e e s n o t n o d e l y t s e l é s s a r b m e d e u e u q a L « .s r u o j u o t a r d e m u t s o c e l , s e r i o n s e t t e n u l s e l n a r t é i u q e h c n a l b e s i m e h c - .r - - S .r e h c t s e n e \u2019 s dissocié d a l i ù o e n n e i s i r été avoir p x E « i n r e d « e f o r p « j a l e d é d i s n o c de faute fi fi , e n g a m e l l A n e e c n a f n e n o s e \u2019 s l i e m m o c t u o T .é i c o s s i d point au renié père, son de a p e t s i l a n r u o j a l à é n o c à j é a p e n e d e h c o r p e r e m e J « : » lui.avec gentil très » e é m u f e d s n a r c é s e d t r e » e d o m a l e d r u e r e p m e r e r u g a l e d x u e r u o g i r l e n n o i s s u q » k n u p - 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t .t r z t s - a R e u q d l e f r e g a n i c s a f , e t n a l g Chanel r i r c É un fois a C ?t e j adorait u d o m e l s i o d e J extrêmement A a L e t n e s é r p é u q c a B e l l ë a h p s n a d l r a K r e s i a K a s s e n U .n i c e i t r a p é r a l à e n ô c i \u2019 l r u s t n d e u q i t s i t r a r u e t c e r i d u n e v e d 1983.en l à e c - t i a t é , e m m o h t e c r u s e su- de cauchemar un et rêve ù o s n e s e l s n a d r a m e h c u passé, propre son réinventer h « .s r u e m u h s e s n o l e s r e l g a n n o s r e p n u t i a t é \u2019 c e u q e r i d » romanesque.gu a R , e h c u a g à t e e t i o r d e f r e g a L e u q e l l e p p a r i a \u2019 n e J « .a c o c u d e u q o r d a l s a p e m i a \u2019 n e j sexuel.obsédé un été s s u a s a g u D e s i u o L r g u d n o i t a t i c e t t e c qu celle comme Tout # t n e m e v u o m n i e l p n e q s a p z e l u o v e n s u o v e v e d e n , e t t o l u c a l r u s t ô t u l p z e n g i o j e R .n i u q - i - e a l i ! e é u q c a B e l l ë a h p t i o b e n , i u l , d l , l o o c l a \u2019 l s a p e m s i a m a j i a \u2019 n e j , e » e l l e p p a r s u o n i .r e i r u t u o c d n a prononcée a \u2019il i S « : i s s u A i o M e r i t s u o v n o \u2019 u - e n n a m s a p z e n - r u s e d n o i n U \u2019 l s l i \u2019 s e m , y r o t c a F a P à s i a l n u t u o t e m e r i a n m a l e d e l l i a \u2019 D g a L l r a K d n e p s é l o v , s i r a P e i r é s a l p m o C rv u fi fl n e m o M r a p s é é r c é t é t n e i a v a a P d n a r G u d e l o p u o c a l s u o s n a v a t i a t é \u2019 c , i o m r u o P « .» s i r i d r o a r t x e n u , g n i t e k r a m u d s a e e m ê m - i u l e d e n è c s n e r u e t t » .l e n a h C e u q r a e e s b o z e t i a h o s s u o v i s , s r u é d s e s e d n u \u2019 l r e r a p é r p d l e f r e e d e d o m a l e d e n i a m e s a l t n a é r c a s n o c a i u l e u q e d o s i p é \u2019 l z e y t u O s y a D 7 .x i t e N r u s a n n o d a M à l r a K r e s i a K t n a r a t - t - t r - Portrait jeune en e d n a r G ë a h p a R , r e i l b u p couturier le sur e é p p a r f carrière, p a r o i b lement g six En l\u2019artiste de homme l a n r u o j u a r e t r o p e r d n o M e L a p é c n e m m o c a é u q c a B e l l e t ê u q n e \u2019 d e i r é s e n u , 8 1 0 2 n e mystère, le cultivant d s n a 0 5 « n e \u2019 u q r i o v e d aucune presque n\u2019existait il a i d n o m i s e m m o h t e c r u s e i h ».connu entre revenait, elle articles, yt n e t u r c e r s e l l E .s e n i l u s 2014, à 2010 de été, a qui du chef en Québec Elle n a d n e p é l l i a v a r t a e l l e a f e n e l l e : s a p e h c a c l\u2019homme.de admirateurs des o n , s u l p e d s i o f e n U r e t é e t t e c à e c a f s n o v séparer pouvons-nous L c e v A ?e r v u œ n o s s a g u D e s i u o L , s n i o m m e l t i a n e t e r t n e l I « e, r s e - e l l e c , n o N » ! t rédactrice où magazine , n e \u2019 s e n , s n a 5 1 t e i t r a p s a p t i a s i - u o r t e r s u o n s u : n o i t s e u q e l l e n de créateur le u d , d l e f r e i a .e r i a f e l à e n g e p - s e n u e j a l e d e h a s r u o p entretenir a g é e u o l digne le u n é e l l E e r i p m a v a p i a \u2019 J « déjà est vie o r p À n o s e d e d n a m D ?d l e f à t e r e é r c e r e s à é t i c a p a c « Dugas Louise », mythe le u m r o f a l e d s n e s n o s t n e m e l publicitaires.meilleurs des e d e t r o s e n u s i u s e J « : e r è m » s e r t u a s e d g n a s e l s i o b e j , a m , r u e t c a n u e r t ê \u2019 d n i o s e b s ».pantomime une n o i s u l c n o c n e , e i v e t t e c e d s o p e d é u q c a B e l l ë a h p a R , e r v i l r e g a L e d l i - t - a r e t s e r e u Q « : s e d s e D ?e l y t s n U ?s e b o r s e - , - - - autres, n a s e d d n o s à s s e n u e j principal u a f l I a p t s e \u2019 n .e d o m e s l e u q n e i a t i a r t t e d n a r n r e d e c hi Lagerfeld, de jeunesse la sur r u o b m a H à 3 3 9 1 n e e c n a s s i a S .2 5 9 1 n e s i r a P r u o p t r a p é o b a t n o s « t ô t u l P .c n o d e l\u2019essayiste.précise », u q c a B e l l ë a h p a R e u q i c i e r i d t l e d u e i l i m u d e é u t i b a h e n u s s e l r u s s i a s s e s t n e d é c é r p s e L I ?e r u t a n g i s a s é s o p p a a e l l r e t t i M e d , K S D e d , c a r C e d t d r e l l i e s n o c e l t u f i u q i u l e c e d .e r v u o s s o r G e d s i o ç n a r F , r e i é m ê m - i u L .e l l e n r e t é e s m r u o p , t i a t é \u2019 C .e m p m a r e i n y g o s i m e n u \u2019 d \u2019 Une modela de l l e miso u q e c r a p t i a s n e c n e culture, de et chic de très façon de femmes e r u o m a e t t e c n o l e S trait a qui ce en nes, n u e l è d o m e l r e g n a h c d n u t i a t é d l e f r e a L « l s p r o c s e c t i a r g f é r p g a u é a - s l - e - i t c i v t i a t é n e e e m è l b m e \u2019 l , i o u e i l i m u d e t n a l\u2019on que gynie e t r e v u o c t i a t é e les minait qui » insidieuse.- i z a g a m e d e s u de volonté la à , é t u a e b e d e u q i l I « .» e r u a s o n i e u q s e n g i l i g n o r a p s n i s u d t u o b i n r e d a l v a s l i \u2019 u q m é m s e l a u ç n o c i a m , i u l u o e n u fi u A » ?e d n e g é l a S ?s r e i l l i m r e t i s é h s n a s d n o p é r e l l e , l e s n e p e J « .s n o i t p o s e c e d e r è n a d t s e e t s e r i u q e c e u q t i a s e \u2019 s l I .s e m m o h s e d s e r i o c e v a t î a r a p s i d e r i p m e n o S .i s n i u o p s t i r p s e s e l é u q r a m a l i s » .s n o i t a r é n é g x u e d Karl Kaiser Raphaëlle : s t r t n E u q t n a t L l r a K é t c a r a c r i o v u o p o j x u a o c u a e b n e v n i é r a P ?s r o l a , u n n o c n i n i a r r e e r a C .e l l e - t - e r u s s a , a ç e e l « é v u o r t a e l l e , d l e f r e g a d e m m o h n u \u2019 d s e u q i t s i r p m o r e m m o h n U .e u q i t i l o p i u q , t e r c e s u a , s e t s i l a n r u u o p e i g r e n é \u2019 d é s n e p é d p u .» e c n e t s i x e n o s r e t d % 1 n o r i v n e e d è s s o p r t n o i s i v e n u t i a v a l I l\u2019esthétisme, de beau, q t n e i v u o s e s e l l E z e h c e l l E o c t i a s s u o p e l p m e x e r a p , t n a t t e m que Adele « verture.rappelle-t-elle.» grosse\u2026 trop vait s n s e u a r .n o i t a l u p o p a l e u d e é i f i d o c s è » luxe.du e p i u q é n o s e u , s e d o c s e c e r t n - u o c n e e l e d A , trou- Lagerfeld Éditions Bacqué, Michel, Albin 2019, France, pages 256 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e R e s t o 4 2 | restaurant, ce soir-là, est particulièrement tranquille.Montréal semble se remettre d\u2019un Grand Prix sous des airs d\u2019été.Bien que la plupart des tables soient libres, nous nous installons au bar afin de satisfaire notre curiosité et d\u2019avoir un œil sur la cuisine.Un cocktail est de mise.Une belle sélection s\u2019offre à nous \u2014 une carte courte, précise et sensée.Nous optons pour Le Valhalla (vodka, carvi, fenouil, citron et bitter forestier) ainsi que pour Le Gilbert (gin, sirop de fleurs, citron et blanc d\u2019œuf).Nous observons Rob exécuter avec précision les créations du chef barman Gilbert Le- mieux, qui sont toutes deux d\u2019un équilibre délectable.Le service ne tarde pas à nous impressionner.Trouver le bon dosage entre présence et discrétion lors d\u2019une soirée tranquille est beaucoup plus délicat qu\u2019il n\u2019y paraît.Nous comprenons rapidement qu\u2019ici, nous avons affaire à des pros.Le personnel, bien renseigné et toujours à l\u2019affût, répond habilement à nos nombreuses interrogations.Vins diversifiés mais onéreux Sur les précieux conseils de l\u2019aide-som- melier, nous optons pour un joli blanc du Rhône, qui guidera nos choix difficiles à travers le menu, où tout nous met en appétit.La carte des vins de la sommelière Claire Gauthier est diversifiée et réfléchie, bien qu\u2019un peu onéreuse.Nous voilà toutefois bien heureuses de notre trouvaille, prêtes pour le festin qui s\u2019annonce.Nous sont d\u2019abord servis les bour- gots gratinés au cheddar d\u2019Avonlea.Les petits mollusques ont la résistance qui convient et sont délicieusement ac- Un autre tour de force signé Toqué ! Le savoir-faire de Normand Laprise et de Christine Lamarche s\u2019étend jusqu\u2019à Parc-Extension, au Beau Mont L\u2019endroit est lumineux et arbore une élégance intemporelle.Malgré ses quelque 70 places assises, chaleur et intimité sont au rendez-vous.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Pour la note sucrée, ce sera le millefeuille à la rhubarbe, accompagné d\u2019un sorbet à la fraise, qui l\u2019emportera CRITIQUE LAURENCE MICHÈLE DUFOUR COLLABORATRICE LE DEVOIR \u2019est après une longue journée sur la route que ma complice et moi nous sommes rendues au Beau Mont, le petit dernier de la famille Toqué ! Ouvert depuis un peu plus d\u2019un mois, c\u2019est tout doucement qu\u2019il s\u2019est installé dans le quartier Parc-Extension.Doucement, car on comprend rapidement en entrant dans l\u2019établissement que tout projet de cette maison est réfléchi et qu\u2019aucun détail n\u2019est laissé au hasard.Derrière la porte vitrée, on retrouve un vaste hall et un lounge qui ne sont pas sans rappeler l\u2019entrée d\u2019un chic hôtel rétro.L\u2019endroit est lumineux et arbore une élégance intemporelle.Malgré ses quelque 70 places assises, chaleur et intimité sont au rendez-vous.Le C | 4 3 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 compagnés d\u2019une purée de piment cherry bomb parfaitement relevée, que l\u2019on s\u2019empressera de finir à la cuillère.Un généreux tartare de bœuf est servi au même moment.La viande, habilement coupée au couteau, est apprêtée de manière classique, quoique peu relevée.Une fois la bouchée déposée sur le croûton, bien poivré quant à lui, l\u2019équilibre est presque atteint.Petite ponctuation en fraîcheur avec une dernière entrée de concombre grillé à l\u2019unilatéral et surmonté d\u2019un soyeux et bien aillé fromage de chèvre.Cette explosion de saveurs enterrera malheureusement les délicats œufs de truite marinés déposés sur cette variation du tzatziki, néanmoins réussie.Les plats de résistance sont sobrement présentés, la protéine est isolée, les à-côtés sont proposés à la carte.Le flétan est accompagné d\u2019un beurre blanc à la fois enrobant et tranchant et d\u2019une douce purée d\u2019épinards.Le délicat poisson aurait bénéficié d\u2019une cuisson un chouïa moins longue.Le poulet de Cornouailles, savoureux et juteux, est pour sa part servi avec une pe (à Montréal, à Brossard et bientôt à Laval) grâce à son pratique accès aux autoroutes et à sa cuisine de production immense munie d\u2019un équipement dernier cri.Un comptoir traiteur cet automne Un comptoir traiteur devrait également voir le jour à l\u2019automne.Il sera possible de s\u2019y procurer pièces de viande, charcuteries, plats cuisinés et légumes de saison.La réputation de Normand La- prise n\u2019est plus à faire en ce qui a trait à sa volonté de mettre en avant les produits artisans d\u2019ici.Christine La- marche et lui en donnent encore une fois la preuve avec ce captivant projet.Beau Mont 1/2 $$$$ 950, avenue Beaumont, local 105, Montréal, 514 270-8882 Ouvert en soirée du dimanche au jeudi de 17 h 30 à 22 h, et jusqu\u2019à 23 h le vendredi et le samedi.On nous annonce qu\u2019on pourra également profiter d\u2019un service du midi en semaine dès l\u2019automne.sauce au thym bien réduite et deux très séduisants oignons cipollinis farcis d\u2019une sopressata maison.Les asperges, dont la saison est si courte, nous semblent le choix évident pour compléter la séquence.Avec sa cuisson et son assaisonnement impeccables, le légume ne manque pas de nous ravir.Bien que repues, il nous semble inconcevable de ne pas terminer ce succulent repas sur une note sucrée.Cette fois, c\u2019est le charmant maître d\u2019hôtel Philippe qui viendra nous porter secours quant au choix d\u2019une douceur.Tout semble alléchant, mais ce sera le millefeuille à la rhubarbe, accompagné d\u2019un sorbet à la fraise, qui l\u2019emportera.Nous ne ferons que quelques bouchées de ce dessert sans faille d\u2019une fraîcheur et d\u2019un équilibre exquis.C\u2019est en faisant le tour du propriétaire que notre hôte enjoué nous explique le choix de l\u2019emplacement du Beau Mont, qui peut de prime abord surprendre.Situé près du viaduc Rockland, l\u2019établissement approvisionnera les autres adresses du grou- Gravlax de flétan rhubarbe et crème sure MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR LA RECETTE D\u2019ALAMBIKA Gin Old Fashioned aux bleuets Cette semaine, la boutique cocktail Alambika vous propose une nouvelle recette à réaliser à la maison.Jean-Sébastien Michel, propriétaire, photographe et grand amateur de cocktails, vous propose des recettes inspirées de la saison.Ce cocktail simple à réaliser est parfait pour être siroté à la belle étoile un 24 juin.On y trouve le gin Menaud ; originaire de Charlevoix, ce gin est l\u2019un des rares alcools blancs dont les grains servant à produire l\u2019alcool neutre sont entièrement québécois (blé et seigle).Le sirop acidulé (famille des shrubs) provient d\u2019une jolie fermette de la Rive-Sud et se trouve dans des épiceries fines.Finalement, le bitter Arbor de Sombre & Amer est du pur « jus de forêt boréale ».Le tout se marie de manière élégante.Bonne Fête nationale à tous, avec ou sans alcool ! Ingrédients 0,75 oz (22 ml) de sirop de bleuet acidulé Au fil du temps 2 oz (60 ml) de gin Menaud 4 bons jets de bitter Arbor de Sombre & Amer Bleuets frais Préparation Dans un verre Old Fashioned, déposer un gros glaçon (ou plusieurs glaçons de taille moyenne).Verser les ingrédients liquides dans le verre.Mélanger à la cuillère une quinzaine de secondes.Garnir de bleuets frais.Boutique Alambika : 6484, boulevard Saint-Laurent, Montréal.JEAN-SÉBASTIEN MICHEL / ALAMBIKA Steak d\u2019agneau, purée de haricots cocos et sauce lavande L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e Ja r d i n 4 4 | BILLET S j n U din, ar îl une dan e e T e l s ssin e c nnu, o c u e P E L L I E B O G E S I L E S S I U S N E e e qu otani b din ar j à au y o j it et p un t s ss ui S en vrir ou c é d e RA ar COLLABO TRICE LE DE n e é u t i j e l , n i s s e T u d n o t n a c l e l r u s , o g a s s i r B e d e l î \u2019 l ni fu VOIR e l s n a d e s s i u S e d e u q a t o b n i d n u t , r u e j a M c a ur se al am an rm fi m e d s r o l œ c e d p u o c u e i s u l p r u o p e p o r u E n e n o i t c e l l o c s e d é t i u q y a p e l t e s t n e m e g a n é e e g a y o v u d r e l r a p s n a S e r b m o \u2019 l s s , i u q e r d n e r t i s i v a l e d e a h c u a e t s e l s n a d e é g r e m m I a l e l u m u c c a i u q , r u e j u o c u a r e u t i t s e r a l r u o p a f i s s a m e l r e é é t o r p e d i l c n u \u2019 d e i c g n é b o g a s rn se an nn vi ux r u o j é s r e i e d n o a l t n o d , s n o s i a r s r s e d é t u a e b a l , s .t o r n e e g a s y \u2019 s r u o p u a e t a b n - u o j a , e t u o d n u \u2019 d .e - a M c a l u d a e é t é \u2019 l e d r u e l a h c s u l p n e , r e v i h \u2019 l s r - s i r B e d e l î \u2019 l , n i p l ù o é l l i e l o s n e t a m ur rr st gr ur ai mi ar ai ir r u o j e d u e p e t p m o c n o \u2019 l a d e v u o r t e r n o i o u q o p t a m i l c e d x u a t é g é v s e d e t i d é M a l e d i u l e c e m .e d i m u h l a c i p o r t b u s e r i o i h \u2019 d u e p n U a l ù o e u q o p é , 5 8 8 1 n E a t s e s e l l \u2019 d s e t n a l p n o s t e t e g n e l F d h c a , r e é L t n S e d e é n , e t n é r g o v a s è r p A .r e t i b a h y n ux Ri An ux vi g a m a L E B O G E S I L t s e \u2019 C .l e g e d s e é s n o i t c e l l o c s e l s n - m o c , o d s u l p t a m i l c e d t e , e é n a s e l r u o p é t i s o i r u c - n o r a b e l , e d n - t e n i o t e s u o p é r u o p e l î \u2019 l t n e t è h c - u o c e e l é v o L\u2019Odyssée c a p s E r v u o c u s e t i u r t s n o c t i a f a ' u q a l l i v e u q i f i n E L L I plantes des - é d à e t i v n i s u o v e i v a l r u o p e - n a l p s e d e é s s y d o \u2019 L é t é t e c r i - a c u d é t e t n a s u m a s r u o c r a p n ax ur fi a so rv vu ar c e l , n e d m E M e d s è c é t i t n e s e r t u a s e i s u l p t e s e l e d n t n e m i t â b n , e r u t l u c a l à , n o i t a e s i r u o t u a t e n o i t a s i r a g l d j e l , 0 5 9 1 l i r v a 2 e L c a r i o v a s è r p a m e d m E x a M e r an fi sp n i s s e T u d n o t t e e l î \u2019 l t n e t è h c a r s - n o c a l à r e n i t s e d a l à , e c n e i c s a l à .e m s - u p u a e r v u o \u2019 s n i p e t i u s n e d y \u2019 d n a o s s e r e e i M .s a d a l e t ô h \u2019 l e c s n a d o g a s s i r B e d e l î ' l é t e h ar gu an rr ur rv ux fi ar n a r u a t s e r u a r e t ê r s u o v r u o n u u o s a p e r t n e l l e c x e n u r e t s é r é v s e l s u o s u o e s s a e t a l s , à t i u n e n u z e e s é r , e r o c n e e v ê r e d e é r i o s e n u r e s s a p e d n .l e n n o i t p e c x e n i d j t - an nn an ax aî ni r vi gn ir ru ir rt o p , t n e r è i u q c a s l i , t n e v d s e t n a l p s e d , e n n o r a b n a d t n e c l e s t e s t n e n s i u p t E .e u q i t o x e n i d r a j L .e m m e f a s e o d b a .n e d m E M à e u d c , l i - t r a p , r e e d e C I .s e t n a l p s e l e u q e r v h c u o t s a p e n e d e t i r é m a m a l e t s n o c e a f e r e d t n a n e t n i a m e s e l a s e u q l e u q , 9 4 9 1 n E .l e t rt a q \u2019 vi fi i nn a l e d r i s i a l p e l r u - i t n o c s e l s u o t e n u \u2019 d n o i t a é r c a l s n o r a b e l , r u o j n u - n e v s r o l a t s e e l î \u2019 e d \u2019 l s u l p e v i t l u e l t n a d n e p e c a l e d t e n i d r a j u a r e - l e u a l , a l l e u q - ô h d t e t n a r u a t s - é d e l s è r p a s e é , u a f i t o b n i d o t s i h \u2019 l d n e r p é r p p a n e s é s s p m e t c s e d x u e i m s e r t ê - r a J u d m u t e r o b r A \u2019 l e d r u œ c r e c a r t i o u q r u o P .e u q i n a t - m o c r u o P ?n o i t u l o v é \u2019 l e d e r i r u o p t e s n o n e v s u o n ù o \u2019 d e r - s i t t n o s e s i u q s n e i l s e l r e i c u d l i f u a s t n a v i v s e r t ê s e l e r t t i b u s e r u t a n a l ù o e r u e h \u2019 l À ., é r é l é c c a n e s t n e m e g n a h s e d é t i s r e v i d a l e r d n e r p m o c .n o i x e l f é r a l à e t i v n i s t n a v i v nn ux ux rn e r o c n e e t a t s n o c n o t e c i l b s n i a m s e o b e r t n e t s e é g é v a e v u o n e d ; u n e t e d t e ; s n o i t c e l l o c a s é t é t é t n o y s e e d o m s u l p e r i a t é i r p o r p u d e t i s i V a t c e h 5 , 2 t n e m e l u e s r u S e d e u q i n a t o b é t i s r e v i d 0 2 e d s u l p n e e é n i l c é d d é M a l e d e c n a n e v o r p q i r f A n e p a C u d n o i g é r ui ur ux am ru l i \u2019 u q h \u2019 d o j u a - e r t n e n e i b t s e l i : - u o j a t n o s e s a t s t n e m e g a n é s .s t i t s n o c a l e i o l p é d e s s e r s t n e n i t n o c q n i c n e s e c è p s e 0 0 a l e d , e é n a r r e t i s e d , d u S u d e u jardin Au potager, Au presque être jusqu\u2019à carottes.les semis recommencera d\u2019une qui mes devraient semis les puisque terminés que sème ne on juin, fin la pause la donc fait On l\u2019on où mi-août, la jusqu\u2019à profiter de afin légu- de automnale récolte tem- des sous poussent ni al rt fl ux fl ar so an e d , s e n n e r o f i C s e t ô c C u d e r t n e c u d t e e i l a r t valeurs en mis sont gétaux l e r u t a n s t n e m e g a n é m a t n e m e r è i l u c i a p i a \u2019 J e n n e i l a r t s u a t ê r o f e r i a n u a s r u e s e s , e u t s e j a m s e r è g u o f s e s , s e t n a u o t b , i m e l l o W e d n i p n s e g r o g s e d s d 4 9 9 1 n e n o i t c e s a l e d r e l r a p s n a S a l u c a t c e p s s e s r u o p , d u S xt rm x rt ar - s u A \u2019 l e d t s e u o \u2019 l - é v s e l s u o T .i l i h des dans .s - i d r o a r e \u2019 l é m i a s e r b r a s e s c e v a - s u o p é s e o f t e s e t n e c s e r o b r a e v u o c é d e r e r .y e n d y S e d s è r p u d e u q i r f A \u2019 l e d e l l e c , s e t n a l p s e r i pératures mesclun\u2026).à cher mates en sant corps, tenues.boîtes les riode tante.souhaitez fruits.leurs laitue, (épinard, froides d\u2019atta- pas N\u2019oubliez to- de plants vos tuteur un pous- ; indéterminé type de de pas n\u2019ayant et hauteur sou- d\u2019être besoin ont elles dans comme potager Au pé- une est juin fleurs, à impor- est fertilisation la où vous si pas négligez la Ne portent efforts vos que u o t n e n i a m o r n i a b e L m s a p e n à n o i t c a r t t a E L L I E B O G E S I L c t e s e l a n i c i d é m s e t n a l p e d é r d e u q i n a t o b n i d r a j u a r e u q n a e n u t s e s e r i a t n e m i d n o .o g a s s i r B e l î \u2019 l e Am fi ar rt s e s r u o p , s e u q i r é s e d u d t e , s e u q i h p a r g s e m n a l p e d é r u o t n e , n i a m o r .s e r i a t n e m i d n o c t e , e t i s i v e r t o v e d s r o L r e p u s u d é t ô c u d r e l l a \u2019 d n a a l l i v a l t n a v e d é g a n p s i d e d e i o v n e s e u o t ux an fi am rv fi - r o f a s e t l p n i a b e u q i n g a m s e l a n i c i d é m s e t e r è g g u s s u o v e j - é e g a s y a p e b s e d r e e s b o y \u2019 d n e - z e t o r P .n o i t i | 4 5 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 BILLET L LES VINS DE LA SEMAINE Chacun est libre de comparer ce qu\u2019il veut avec tout ce qui lui tombe sous la main et\u2026 dans la bouche e t u o t e t t e C e r è i m e r p u d n o i t i d é y a n n o d r a h C 7 1 0 2 e r u t a n g i S r u e l l i a p r O \u2019 L e d u d n o f n o c a ! s e u q i t p e c s s e l Y R B U A N A E J o i b e L Lieue la Château (16,80 France Varois, seul pas suis ne Je rouge et rosé blanc, étant comme Vial seulement non pour aussi mais les lequel dans fruité Le source.Coteaux 2017, Rouge 605287) \u2013 $ trio le considérer à famille la de vins des respect de marque une consommateur, le p \u2019 sain l environnement our leur ici prennent cépages et moelleux dense, est y o - t u e P ugg s s e qu l e Qu mpar o c n e èr i mat en s n o i t s e s e l er n o s ai mpar o c e d ?s vin d\u2019une généreux, Top longuement.rouge Le G.2017, Brouilly \u2013 $ (27,85 France e u q n e i b a r d u a f l I o j u a e b e u q i n o r h c o c t s e y a m a g n o s è régale vous qui s ve (5 ! ) Beaujolais, Descombes, 12494028) e n u u e p s u o s e r v i l s u o v e j s n a s e é n r u o j e n u r a c , e s i a l a s s n a s c a m a h n u e m m Y R B U A N A E J COLLABORATEUR LE DE ux VOIR u a e r i l e s i s s u a t u e p n o i t s e u q a ?s n i v s e l r e r a p m o c n o - t i o D « S ! e c n a u n a l t s e à l , r i o v u o p u o u q a h c , e m ê m i c i , » t i o b e u q e c à r i o v e d n o m , e s s a p i u q e n v s e l r e r a p m o c e d r û s n e i b u s , t e e t p m o c e r d n e r n e e i m rt fi r am : t n e m e r t r i o v e D » s i a f « e j i - i a m e s e t s e i o m r u o p s n i s e l , t u o p s e h c u o b s e n n n o d r a h c x u e d t e c s e t n e r é f f i d t e é r r u e b , c e S s u l p , c e s ; r e i m e s e l r u o p e c a v d i u l e c é r é f é r p Q.P h t o n ( e r t s u l l i \u2019 l o c â m t i a n g i e t m o c e d s i m r e p g v a nn s e c é r o d a t n o s e t n e s é r s n o s i a r s e d r u o p , s y a .e m ê m e d t u o t s i a m , s e - e r p e l r u o p x u e l l e o m - i v s u l p t e » l a r é n i m « t n o % 0 5 e d s è r P .d n o c u - n u D e d e l b o n i e n n e y o m n e é à ) s i , - t a e r o c s e l t n o d t s e l i i o u q e m m o C ! 2 / 1 u a r e l u o f s n a s r e r a p y l l i u o r b e C .e t s e i s o b e r i a f s u o v r u o p a r f é t i u r f n o s t n a t m ê m e d t u o T .e i v ! é t i n r e t a r f e t u a h c n a l b e L C , 6 1 0 2 c o d a m e r T e c n a r F , n o l l i s s u o R s a c t u o t n e e l l i u o r b é d e s n o i t s e u q n e c a m a h u d r i d n a l à e l l e p p a r s u o v d n a i r f t e s i e d s r i a s e s s u o s x u e i r é s u d e ) + 5 ( © 2 / 1 , d r a l l i a G e r r e i P , c n a l B e r u o i l l o ) 8 0 1 1 2 9 3 1 \u2013 - $ 5 2 , 4 2 ( s e l s u o t i m r a p , e c t E .r e t o n t i l a u q n o i t a t o n e n U .e d n o m f f o \u2019 l e d u l o s b a \u2019 l s n a d e l l a t s n i \u2019 s e d e v i t c e p s e r e i r o g é t a c a l s n a d é t e t n e i c s n o c x i o h c n u t s e \u2019 C t u c s i d e s a ç i s e m ê m , t r a p a m m e r i a s s e c é n t n a t é n o s i a r a p m o c l l e t n i s e l l i u q é b s e l l e u q , e s u e t v i t c e j b o \u2019 l à s r o l a t n e i a r t t e m r e p é r i t n a r a g n e \u2019 d e h c r a m é d e l l e t , e l i c a f s a P ?e r b i l i u q é \u2019 l t n e m e l .e m ê m e d t u o t s n o u q i t r o c é D fl u d s n i v i u q e v i t a n o n t e e r .n u c a h c e d é r i a l c e t u o T .e - i o b t n e s e l l e u t c e e n u \u2019 d é t i - l e u t n e v ! a ç t u o t n i g i r o s e s d e i p ?n o - t i o D a p m o c r i o v e D n u à j é d e l l a t s n i e l l i u e v e l n o \u2019 u q u d e r t u a \u2019 l à u G s i u s e j , ) l a t n e n t è m a r a p e d e m e r é f f i d s e m i s é l o i t i s o p s i d , s e u q n a u t c u s e l l e n .s e x u e e r t n e s n i v s e l r e r , s i r p i t r a p e d e m r o f e n o i t i d é e n u \u2019 D .n o n u o y r b u A e d i - i t n o c s n a r T ( - m o s e n u à é t n o r f n o c - l i m ( s e l b a i r a v p o r t s e r - i n u s n o l l i t n a h c é , s t n - n o s r e p s r u e m u h t e s n r i o v e d r u o p ) .c t e , s e t u e m s a t n a f n o M e s a p e l b m e s e n v u d e r i a F ?z e n d n o f o r p n a l a t a c o c c a , e l b a d n o s n i g s e d i s s u a s i a m e t t e c t n e s o p m o c r a p , e s n e d , e h c i r a f f a e l l e B .e t u r b surprise La i u q e t i a r t e r e n u r u o p e m i t l n o s e d t u o b e l r i o v e r o c n s y a p - e r è i r r a t e c s n a d n i t e e h c i r , x u e i r é t s y m t e , s e r d è v r u o m s e d é n g a p m i u q s i r g t e s c n a l b s e h c a n e r , x u e l l e o m é t i u r f u a e é v u c e r r e i p a l s n a d é c a r t , é m u f ) + 5 ( ! e r i © 2 / 1 ?n o - t u e P u c a h c , r u o t é d s n a s e l - s n o s i D v l i \u2019 u q e c r e r a p m o c e d e r b m a l s u o s e b m o t i u l i u q e c t u o t e d s a p i a \u2019 n e J .e h c u o b a l s n a d e l z e i g a t r a p é d s u o v e u q e c s u j u d s e u q i r t i c t e s e u q i l a m i a M .e g n a r o \u2019 d s u j u d u o e m s e d à s e m m o p s e d r e r a p m o c e t i m i l s e d e m ê m e d t u o t a y l i m e l s n a d s t i u r f s e s s u o t e r t - i l t s e n c e v a t u e \u2026 t e n i a à s i c u o s s e d i c a s - m o p e d à à l e d s , s e g n a r o - t e m à s - a p e m ê u o t n e r e h c n a r t p e m m o c , t n e m f e l e d s i o d e m d e r t u a e n U t e d s é s o r s n i v r a p t n e m m e c é r i a f u a t n a u q e c e e r t n e n i v e d b u l r u h t e c s a p n e m e t c a x e s è r t o a 1 3 e l t e s e r g a \u2019 s l I ?9 5 h 3 2 t yp - m e d i v É .é t i v i t c e j b o e t e j , e u q i n o r h c e t t e c r u o .t n a t o n n e t u o t , e r i a e d à l - e l l e c , n o i t a t s u g é t i a t é , s n o z i r o h s e l s u o - i r t a l é v é r t n e m e r è i l u c i s e t s e l r e r a p m o c e d t e c - t s e \u2019 N ?é s o r e L .x u t i o b e s i u q n i v e d u l r e - è M s e d e t ê f a l e r t n e t à t n e m é s i c é r p s è r t , t û - ê m , à l - i u l e c e d n e i b t i Mazeris Château France Bordeaux, e d r o b u d e r o c n E t c a t n e s s a p s u o n n o i t a t i s é h e l p m i s n e t t A .s t g i o d s e l e m e l e n i m o d ù o r e s s e r , n o t - i m e d m r u o p e l a r é n i m a l C .s n a q n i c u o Canon-Fronsac, 2015, 13964925) \u2013 $ (26,20 i u q 5 1 0 2 s e c c e v A ?x u a e n u , z e n e l s u o s t n e m e l l e u e r d r o m n e \u2019 s à t i a r e t l u s é r s i r e z a M e c , t n a d n e p e c n o i t n e t n e m e l l e u t c a t s e t o l r t e e n i f e v è s a s t n a r s i o r t s n a d r e p i c n a m é \u2019 l x u e i ) + 5 ( .e u q i s s © 2 / 1 yt m o c t s e i u q e c r e r a p m o C ! r e i n e i v e r ) s a p t s e \u2019 l e n i u q \u2019 e c u o ( d e t a d n e n o i s s e r p x e l n o l e s I I I V X u d e u e d r i o v a à , e l c è i s .s e r u s e m x u e d \u2019 d t n a l u m i t s s r u e l l i a \u2019 d t s e l I o l , s r u e s s i a n n o c t e s e h p o é n r i t r o s , c i l b u p d n a r g s n o i t a t s u g s e r s n o i t o m é s r u e l e d u a e p s e l s e l i g a i s s u a s u o t s n i p a l s e d e n n o s r e p e u q s n a s s e r t u a s e l e d r e s n e p e d é t r e b i l a l r u s e t yp e l b a r a p , s r o l a t n u e i l i m u , s d i o p x e r d n e t n e - é d e d s r - a h c u d s e v i t c e p e u q s n u - è i p m e \u2019 n .e r t u a \u2019 l a t n e m s e l i s e m o c t n a t u a r u o p , s é s o r , s c n a l b n e i b , n o N ?s e g s e l , t n a t r u o P é d e t t e c e d s r o l n e i a n n o d r o b u s o c , n i v e d s e t e \u2019 d t i o r d e l s a p e r t ê \u2019 d , e i v e r p n u e r t ê \u2019 d , f e r b h E .n i v - i m e d n u gu n o - t i o D .t n e g n a h c s é t i l s n i v x u e e r t n e r e r a p m - u o r e r o c n e u o e g n a r o .r û s s u n e t e r s e r i a t n e m m o c s é s o r s n i v e d n o i t a t s s e r t u a x u a r e i n r e d e c t t i a v a \u2019 n i c - i u l e c i s e m m - o r p a s e r v i v e d , r e t s i x , e r n e g n o s n e e u q i n u s a P .e r è i t n e t r a p à n i v r i o v a t u e p é s o r n u , i u o $ 6 1 e d s n i o M o D , 7 1 0 2 a v e t s E \u2013 $ 2 1 ( l a g u t r o P , e l b i s s o p t s e l I d , e u q i h t a p m y s u g é t i l i b a ç a r t a l c , u e i l e c , n e i b c s n a d , i c i n e i b r n o s e d r i g u o r l l e b e d t e n t s e , a h n i r i e r r e F a s a C , o r u ) 1 4 5 2 8 8 3 1 e u q s u l p x i r p à t n o d s n i v s e d r e h c i n é d e h E .e t n e d i v é t s e e v i t a t s t e l e b e t s i x e l i , r i o r r e t e à s a p a \u2019 n i u q e é v u c e t t e y é t i u r f e l b m e s n e \u2019 L .g n a e c e d é t o d e s i h c n a r f e i fl x e n U .n i p a l t n a i r c n e t u o T e l é s s i l g s i a v a \u2019 J y a n n o d r a h C d e n i a m o D u d 7 1 0 2 e r u t ) $ 9 2 ( r u e l l a p g é d e n u \u2019 d s r o l c s e r t u a \u2019 d i m r a p e l g u e v a \u2019 l à e t e c t n o d , e d n o m u d s â a n D u d 7 1 0 2 é z r e V - n o c y M ) $ 5 7 , 8 4 ( e v i a e L x u e d s e L .g \u2019 fi gu ?e l p m e - a n i S - r O L e n o i t a t s u - n o d r a h t n e l l e c x e n i a m o s e d s r e i t E .e s s e n a l e d d t e e x e l p m o c r p e d e r t ê t u e p u e n o l e n n o b b e s t u e p é s o r t o v e d e r b m o \u2019 l r t u a a r e s o p e s u a s é g u j é r p s e s fi e r t ê t u e p é s o r n u , i u o h é s o r n u , i u o h E .é l l i a t é e d t e r u e h c î a r f e r è i m e n u , i u o , t E .e h c u o b n e r à e l l i e t u o b n e r e i n o i c i n o i t s e u q a L .e v a c e r r e s s i a l n o - t i o d : t n e m e ?e r i a i t s e v , ù o r e g é l l i f o r p s i a l a p e l r e s s a l ) 5 ( s n a q n i c i c i \u2019 d e r i o b à) + 5 ( c e d s u l p e v r e s n o c e s a r a c n e r e n r u o j é s t i a r v e d © , s n a s e t i v n i e s s e l p u o s a l ) 5 ( .2 / 1 s n a q n i e f L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 4 6 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 47 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 J U I N / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement Solution du n° 456 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Épreuve de révision Antidote | O I R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V e à h c u a e g a d r i l e i s u n q o i t a t i e c n u r e m r o e à f r è i n a m e , d s a u b s d e s a c s e s l n a e d l l i r a g e l d us s s e d - u a s ne n o ol c s e s l n a s d e u n e t n o c s e r t t le s le z e lac P 4 78 1 .r e g n a h c t n e v eu p ts n e c c a e r p o r s p m o s n e .L s n o i t i n i f é d e m u q a h e c s d e r t t e s l e r è i n r e d s à p t o e m e d n î a h e c n z u e m r o F O C H A I N E É D I T I O N D U D E V A N S L A P R U T I O N P U B L I É E D O L S .e t i ro d I I I s e t l s e i m r e t p n o s s s e e d d i a \u2019 t à l t e o s i o r s t e r d i t r a 4 78 1 I I I 6 7 5 4 3 2 1 2 1 1 1 0 1 9 8 s e ai G .6 t r n o H s u C s d e l l e C .5 .s e s i r p e e c i f i l a u n q t o n o D .4 s e l o i l s fo i ro A t .3 s e r it l nt e C .2 e r u t i onf c é D .1 IX IV X I I V I V V V s e é g n a - e r t n s e e d n a r s g e n i a t r I I I e é u q a h e à c r t t e e l l u e e s n u \u2019 u q e i n r e e d t l r e e i m e r e p e l r t n E n o rb a h C 0.1 n e bi e n g a omp c c A .9 o r e r To .8 é g r e H lon e s t le a V 7.I i v E .I m A .I l o p a P u t r o l av n e a o c u d u J e q o i u N a g é p s u l V D .I I T .e l l i u s s R r o c c a l c i f f a \u2019 t u o j , a t n e m e g n a h c e ( p a t t n a e g n a h e c n n t e , e t o r m 4 78 1 s on i t u ol s é r s e d ff II 3 .é r a p é r e r è i m u l e p s u S .1 .7 .t n i o P u i t n o r t S l e o m e d b e d u e J t s a B a l à D e m m a g c é r r u o p n i s l e H \u2019 d é d i s n o c c a l p m e r t i s o p é r P g é r r u o p .e d a ç a f n e s t â g é d s o r g e d a r e t t i m t e n o i t a l u c r i c a l a r o i l é e l l e B .e t t e l c y c i b à e c i l r u o p s e r è p e r s e D .I I I .e s i a g é s i o r C .V I .r e s i n i t é r C .r u e t a g i i o R .n o s i a i l a l e r u s s A .t a b m e r b m a h c e d s e m m e F .V .a d .I V .e s o p a l s i r p t n e v u o s t n s e l r u o p x u a e b s u l p s e L .n o i t .n o i t a m r i a \u2019 l e c r o f n e R .s e l l e b a l r u S .s n o t u o b s e d e n n o e d r u o c a l à e r u t c e l a l t i a f A n e e m ê m i c I .I V .e i e d t u a h e l t n e n n e i T .i c r u à é p p a r F .l e n n o s r e P .X I .e h t t t P X t d s u o v - z e d n e r e n n o d s u o V .t e é r a p e r t ê a r r u o p i u Q .2 .a l e t u o t e r i a f r u o p u d n s i a t r o S .8 .e m m o s a l a l g é R .s o a h C u d e i t r o S .6 .m .d r a t s u l P .5 .x u e l s u l p r u o p e é r a p é r P .s e l l a .4 .e b o l g e l t n e g è t o r P .e l l i t t i t à .s e n r o b s e l r u s e g u o r n E .e d e r u t r e v u O .r e r é p u s e l b a s n e p s i d n I .1 1 .i k s e u e i l n a b a l s n a D .n o i t a r n e s i r P .0 1 .a R e l r a p é i u h \u2019 d r u o j u A .n o i .e d n o m u d e m m e F .9 .r e l a , m s i m r e t p n o s s t n e c c s a e L v u o r , t ) e r t t e e l n u \u2019 t d i a r t e u r o D E C A L PA AN L G II H i r o I o l P .E .I L k n a C u s é I p s e n X e N .c p u o d o v a \u2019 .e r p o r m p o n n u c u s a i .s e r i a i d é m r e t n s i t o s m e z l e IV II t n e m e l a t n o z .n o i t c u d o r p e R .I I .e i t a r c o t u i r S .r u D .a H .r e s e p m .I V .ï A .) e u l ( l u E .e n è r I .V .a .I V .s a r e t â T .i S .I I V .s r e i T .e r .é k é Y .a t o I .u O .X I .é o N .é r é é s s i a c n E 1 .e é n r E e t t u L .c R O .6 .r o P s s e r p p O c i d é r P .1 a c i t r e V .s e é s i l a r t u s n a .2 1 n e e m r e .u a e r a m e s .s e c a l p s e r u e l l i e m e d r i i u p u D e p p i l i h P .s e .2 1 .é k o a r a K .o I .1 .n a i T .0 1 .s Y .e i l a h t A .9 .8 .l a r A .e i r u C .7 .a t ê t E .r e d .r e s s o T .5 .t i s i u N .e r U .4 .é .3 .e u N .e r u m é L .2 .n o i t t n e m e l s .s p m e s o r s e g .r u e p r o a t e s a d r i e t i l m r a u e l l i e m n i s f n a t s e l e p a h n c n u e t en i a èn r é s\u2019 r u o s j e e c e d n t u i a t é \u2019 .C s e m yg r o b r o b om on s te l u o m t n a t s n t i u o t à t n a s s u o p ei f e r r e i , P l a s s y b i a u n n n e e à u i o r n p E g y 12 o n n o e s e d é n i p o n e i t i s i a v , l e c n a h r c a .P s e d n o c e s s e l ou s e é n s e r t u t a e s e n ili b s s e é op t a , n i t a e m s l i u p e d t i a t n ne T O M 7 5 4 ° N E M È L B O R P S É S I O R C S Philippe Dupuis est également l\u2019auteur Monde oisés du des mots-cr ser é s r oit ous dr .T ormatique inc 9 Druide inf 01 © 2 r a e p n t u s e e m g y r o b r o n b \u2014 U que r a m e R t n e ai n ai r g é i : s s u t a i r c é \u2019 .S t n e c c s a n a t s s e e c c u s s t n e m é l s é e r d e u t i t s n o : c r e n e gr é \u2019 S n e gr é .: v nt e i a n rè g é * n o t n , e t en i a en r ég a r r e e v j .: x e t ( n e c c s a n a , s ou n o i t a din r o o c e u n q s e p m e u t .A l e .r n o r : p u *o n o t n , e ù o .e r d n e r p m o e à c l i c i ff i D a n lli y b i s .j d : a s e n ili yb s * n o t n , e s e in l l y ib s x d u e a m r o e f m ê a m a l lt u o M .e p d u o c u a e B c a .( r u l .p m é .f t é : d s te l u o *m n o t n , e t l u mo .t ai t n a é n ai f , t i a t n a n ig fa i : s s u t a i r c é \u2019 S gna i e f .: v it a t n e n g i e f * n o t n , e t i a t an gn ei f s.é v e i f i t n e d e à i l b i s s o p m n i o n s , u e l b i g i l l e t n i n e i l o .a v e d e e , l nt e i a n re g é s n a .D s é h c o r p p a s r f i s s ).es d n o ec s es l t : e j u s .( r u l p e , 3 .f r a p m .i d n , i r e ).c u u L l o u a i P o i t c n o j n o a c c l e v e a r d n o f n o s c a e p .À n n o i t s n e t u o S .[ ) s e é op t oma on d : r o c c a .( r u l .p m é u f .s e r n e x g u e ] u n e t u o S u [ ] o x u e i V .[ ) s e é op t oma on d : r o c e r a .P ) e rr e i P t : e j u s .( g n i s e , 3 .f r a p m .i d n , i r e t n at v Ernö Os st be tout bébé e as de sa mèr s br dans le sence de son auteur é en pr amais je ne lis un manuscrit J ANCHE BL GRILLE 83 17 X JEU .r n t n e n d ] u .r e s s CHÉS FLÉ S T MO au., e ; US FÉR DES GRILLE COHUE COQUE MOQUE MOR MOR EURÊKA \u2022 RIEUR \u2022 ÂNERIE \u2022 OMANE CLEPT \u2022 BINOCLE \u2022 UBIN CHÉR \u2022 CHE GRENA \u2022 HONGRE \u2022 CHON OUR ALIF C \u2022 AL TIC VER \u2022 UE TE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 5 E T D I M A N C H E 1 6 J U I N / 2 0 1 9 Evergon · Robert Mapplethorpe · Andy Warhol · Charles Eames LUNETTES "]
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