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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-07-02, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 145 / LE MARDI 2 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM BANDE DESSINÉE Les adieux d\u2019un superhéros parlable DOMINIC TARDIF LE DEVOIR mpossible de visiter la librairie Mille- nium Comics, coin Marie-Anne Est et Rivard, sans y passer au moins une heure.Une heure à fouiller les nouveaux arrivages, certes, mais aussi à jaser avec l\u2019équipe, avec les autres clients, ainsi qu\u2019avec Jean-Bernard Vidal, son propriétaire, qui accrochait officiellement sa cape hier, après avoir joué les ambassadeurs de Batman, Superman, Spider-Man et Iron Man pendant près de trois décennies.À 65 ans, l\u2019homme choisit de se reposer et cède ses superpouvoirs à Alex La Prova et à Oscar Ya- zedjian, cofondateurs du Comiccon de Montréal et copropriétaires du 1000000 COMIX, une autre boutique de comic books (le terme désigne généralement ces fascicules de bande dessinée consacrés à un superhéros, publiés à intervalles réguliers).« Ma vie fait en sorte que je ne peux pas autant flâner là-bas que pendant ma vingtaine, mais oui, longtemps, quand j\u2019allais acheter des comics, c\u2019était un exercice de minimum une heure », raconte le chroniqueur, doctorant en sémiologie et animateur du balado Pop-en-stock Jean-Michel Berthiaume.« Quand tu arrives au Millenium, tu débarques INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B4 Sudoku .B6 MONDE L\u2019Iran outrepasse les termes de l\u2019accord sur le nucléaire et irrite Washington ACTUALITÉS Un 1er juillet de déménagement entre soulagement et attente pour certaines familles A 8 L\u2019hémicycle du parlement hongkongais a été occupé et saccagé lundi durant plusieurs heures par des manifestants anti-Pékin \u2014 parfois casqués ou masqués \u2014, qui ont forcé un barrage de police, au jour anniversaire de la rétrocession de l\u2019île à la Chine, en 1997.VIVEK PRAKASH AGENCE FRANCE-PRESSE ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Après le calme vient la tempête.Faute d\u2019avoir reçu des réponses satisfaisantes à leurs préoccupations en matière de démocratie et de liberté, un important groupe de protestataires opposés au gouvernement pro-chinois de Hong Kong a occupé le bâtiment du conseil législatif pendant des heures, lundi soir.Le mouvement, largement pacifique, a versé dans le vandalisme en ce jour du 22eanniversaire de la rétrocession de l\u2019ex-colonie britannique à Pékin.Défonçant les portes vitrées du complexe gouvernemental à coups de barre de fer, une partie des manifestants est entrée dans l\u2019édifice vers 21 h locales après des heures de siège.À l\u2019intérieur, ils ont saccagé des écrans, tracé des graffitis, défiguré les portraits de personnages politiques, et, dans un geste d\u2019affront, fait voler le drapeau britannique.« Il n\u2019y a pas d\u2019émeutiers violents, seulement un régime violent », pouvait-on lire sur une pancarte déployée dans l\u2019enceinte par les militants.Des députés sympathiques à leur cause avaient pourtant tenté de les dissuader de forcer les portes, s\u2019interposant physiquement, mais sans succès.Des policiers ont aussi essayé de les contenir, avant de battre en retraite quand les contestataires ont lancé dans leur direction des poudres irritantes.Pendant trois heures, l\u2019occupation du bâtiment s\u2019est poursuivie sans que la police intervienne.À l\u2019extérieur, des dizaines de milliers de personnes se massaient près du conseil législatif (LegCo).Vers minuit, les forces de l\u2019ordre ont finalement fait irruption près du complexe gouvernemental.Munies de matraques et de boucliers, elles ont aspergé de gaz lacrymogène les contestataires Hong Kong crie sa colère au cœur du Parlement I VOIR PAGE A 2 : SUPERHÉROS Jean-Bernard Vidal MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR VOIR PAGE A 2 : CONTESTATION Il n\u2019y a pas d\u2019émeutiers violents, seulement un régime violent UN SLOGAN LU SUR UNE PANCARTE » ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 2 JUILLET 2019 E N B R E F La consommation de cannabis a bondi avant sa légalisation, dit l\u2019ONU OTTAWA \u2014 Le plus récent rapport mondial des Nations unies sur les drogues montre que de plus en plus de Canadiens ont commencé à consommer du cannabis dans les années qui ont précédé sa légalisation à des fins récréatives.Le rapport relève une augmentation de 40% de la consommation de 2013 à 2017, imputable à une diminution de la perception du risque lié à cette drogue et au débat national autour de sa légalisation.Selon l\u2019ONU, cette hausse était plus marquée chez les adultes âgés de 20 ans et plus et moins prononcée chez les jeunes de 19 ans ou moins.Dans l\u2019ensemble, les personnes âgées de 15 à 24 ans demeuraient néanmoins plus nombreuses à consommer du cannabis que celles âgées de 25 ans et plus.La Presse canadienne Nouvelle-Zélande: fini, les sacs plastique à usage unique WELLINGTON \u2014 L\u2019interdiction des sacs plastique à usage unique, avec de lourdes amendes pour les magasins qui continueraient d\u2019en fournir, est entrée pleinement en vigueur lundi en Nou- velle-Zélande.Chaque année, un million d\u2019oiseaux et plus de 100 000 mammifères marins dans le monde sont blessés ou meurent en s\u2019empêtrant dans des déchets plastiques ou en les confondant avec de la nourriture.Cette réglementation était déjà appliquée dans les supermarchés néo-zélandais.Les contrevenants risquent des amendes allant jusqu\u2019à l\u2019équivalent de 88 000 $.Environ 5000 milliards de sacs en plastique sont consommés chaque année dans le monde et, comme l\u2019essentiel du plastique, une infime proportion est recyclée, selon l\u2019ONU.Agence France-Presse Le pont Samuel-De Champlain ouvert en entier Le pont Samuel-De Champlain est maintenant ouvert à la circulation dans les deux directions.Les premiers véhicules ont emprunté les voies en direction sud lundi, une semaine après l\u2019ouverture de celles vers l\u2019île de Montréal.L\u2019événement a entraîné la fermeture définitive de l\u2019ancien pont Champlain, inauguré il y a un peu plus de 57 ans.Un cortège de voitures anciennes de 1962 transportant des personnes qui ont marqué l\u2019histoire de ce pont était prévu pour l\u2019occasion.Le pont Samuel-De Champlain, qui s\u2019étend sur 3,4 kilomètres, accueillera d\u2019abord les automobiles et les autobus, ces derniers devant être à terme remplacés par les convois du Réseau express métropolitain (REM).Une voie pour les piétons et cyclistes sera ouverte à la fin de l\u2019été.La Presse canadienne Avec un taux de consommation de plus de 23 %, la Colombie-Britannique était la province comptant le plus grand nombre d\u2019adeptes de cannabis en 2017.JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE « Les gens de Hong Kong sont désespérés» CONTESTATION SUITE DE LA PAGE A 1 autour des édifices.Les policiers se sont ensuite affairés à démanteler les barricades entourant le LegCo et sont entrés dans le bâtiment, que la plupart des militants avaient déjà fui.Ce ras-le-bol d\u2019une partie de la jeunesse hongkongaise survient dans la foulée d\u2019un projet de loi rendant possibles les extraditions vers la Chine.Carrie Lam, la chef de l\u2019exécutif de Hong Kong, a suspendu le projet de loi le 5 juin, mais sans l\u2019annuler définitivement.Même si les autorités assurent que le projet sera abandonné de facto, le mouvement maintient la pression, demandant la démission de Mme Lam.Parmi les revendications, on compte aussi le retrait des accusations contre les personnes arrêtées pendant les manifestations des dernières semaines, une enquête sur la violence policière et l\u2019instauration du suffrage universel en 2020.« Les gens sont vraiment en colère contre la police, qui fait un usage excessif de la force et qui dépeint les manifestants comme des personnes violentes, alors que c\u2019est elle qui blesse des innocents », déplore Ashley Yue, une résidente de Hong Kong âgée de 26 ans jointe par Le Devoir.À l\u2019aube, mardi matin, Mme Lam a condamné « l\u2019usage extrême de violence et de vandalisme par les protestataires ».L\u2019occupation du LegCo « est quelque chose que nous devons sévèrement condamner », a-t-elle ajouté, rejetant tout le blâme sur les militants en invoquant que le projet de loi avait été suspendu.Eddie Chu, un parlementaire de l\u2019opposition, jugeait pourtant lundi que la responsabilité de résoudre la crise politique qui enflamme la péninsule revenait avant tout au gouvernement.« Si nous laissons la police et Pékin s\u2019en occuper, nous ferons face à la plus grave tragédie jamais vue en 22 ans », depuis la rétrocession, a-t-il déclaré à la presse.Trois suicides liés au mouvement Dans les deux dernières semaines, trois jeunes sympathisants du mouvement de contestation se sont enlevé la vie, rapportent plusieurs médias locaux et internationaux.Les plus récents cas de suicides sont survenus samedi et dimanche.Tandis que les autorités de santé publique font tout pour éviter que ces drames en inspirent d\u2019autres, les suicidés ont été élevés au rang de martyrs Un pont entre la bande dessinée anglophone et francophone SUPERHÉROS SUITE DE LA PAGE A 1 toujours au milieu d\u2019une conversation sur la bande dessinée, qui peut devenir une conversation sur la musique, ou sur la vie.J\u2019ai dû y passer rapidement la semaine dernière \u2014 je ne pouvais pas rester plus que dix minutes \u2014 et il y avait quelque chose d\u2019obscène dans le fait de ne pas rester plus longtemps.» Salut Sotiris.Salut Marika.Salut Jean- Michel.Tout le monde, ou presque, est accueilli par son prénom dans ce petit local du Plateau Mont-Royal.Quiconque a fréquenté les boutiques de bandes dessinées, ou les disquaires, ou les magasins de cartes de hockey, sait pourtant qu\u2019un certain snobisme règne souvent dans ces havres pour beaux monomaniaques, où la passion dévorante confine parfois à l\u2019obsession limite sectaire.« Quand, dans les années 1980, je montais de Sherbrooke à Montréal pour faire ma tournée des comic shops, tu ne pouvais pas parler à ces gens-là et je m\u2019en suis toujours souvenu », confiait Jean-Bernard, quelques jours avant de marcher vers le couchant.Un prostestataire a recouvert l\u2019emblème de Hong Kong par un drapeau de l\u2019époque coloniale britannique.KIN CHEUNG ASSOCIATED PRESS « C\u2019est pour ça que ça a toujours été important pour moi d\u2019être parlable.» Un pont entre les communautés C\u2019est le 1er août 1991, à Drummondville, que Jean-Bernard Vidal, un Sherbroo- kois presque biberonné aux publications de Marvel et de DC Comics, fonde la Librairie des superhéros.Faute de masse critique de clients dans le Centre-du- Québec, elle déménage sur la rue Duluth à Montréal en 1994, puis devient, lors de son arrivée sur Marie-Anne Est en 1996, Millenium comics, une référence au Faucon Millenium de Star Wars (et clin d\u2019œil à son principal concurrent de l\u2019époque, baptisé Empire).L\u2019échoppe aura depuis conservé le charme d\u2019un espace fécond en rencontres imprévues et informelles, et donc d\u2019autant plus vraies et enthousiasmantes.« Le monde du comic book shop, avant le Millenium, c\u2019était de prédominance anglophone à Montréal.Jean-Bernard a été le premier à ouvrir une librairie où, même s\u2019il vendait le produit américain, il faisait la part belle à la production franco-belge et à la production locale », souligne le chroniqueur bédé Jean-Do- minic Leduc, qui, après avoir officié derrière le comptoir vitré du Millenium, co- fondait la Librairie Z dans Hochelaga- Maisonneuve.Marc Jetté, fondateur de la librairie Studio 9 dans Rosemont, est aussi un ancien de Millenium.«Tenter de créer un pont entre deux communautés, le milieu de la bande dessinée anglophone et francophone, avant le Millenium, à peu près personne ne faisait ça», poursuit Jean-Dominic Leduc, évoquant au passage Yanick Paquette, dessinateur montréalais œuvrant au- jourd\u2019hui pour DC Comics et sa série Wonder Woman, qui a écoulé chez Mille- nium ses premières publications maison.« Ouvrir ma propre librairie, c\u2019était en quelque sorte pour moi une façon de poursuivre à ma manière le travail amorcé par Jean-Bernard et de créer comme lui un lieu où le désir de découvrir et de faire découvrir serait ce qu\u2019il y a de plus important, parce que la bande dessinée, c\u2019est malheureusement encore beaucoup une niche.» Le Professeur Xavier du Plateau En près de trente ans, Jean-Bernard Vidal aura pu observer celui que l\u2019on appelle communément le geek sortir de l\u2019ombre dont les quolibets le maintenaient otage.Celui et celle, devrait-on écrire.« Dans les années 1980, 1990, une fille entrait dans un comic shop et c\u2019était à peu près comme entrer dans une taverne.Au cours des quinze dernières années, ça a beaucoup changé », lance le libraire au moment précis où \u2014 allô, le gars des vues \u2014 Marika, une fidèle du Millenium dans la jeune vingtaine, passe la porte.«Le mot geek, tu ne peux plus l\u2019associer à un physique ou à un genre», se réjouit de son côté le libraire Mario Girard, qui demeurera en service.Les nouveaux propriétaires de Millenium disent d\u2019ailleurs vouloir en respecter l\u2019âme, un serment sur lequel l\u2019ancien patron pourra garder un œil depuis son appartement, situé juste au-dessus du magasin.Jean-Bernard Vidal, superhéros à sa manière ?« Pour moi, Jean-Bernard, c\u2019est Professeur Xavier», explique Jean- Michel Berthiaume, en convoquant la figure du fondateur de l\u2019école pour jeunes mutants aux pouvoirs surhumains, dans l\u2019univers X-Men.« Le Mil- lenium, ça a été le lieu de rassemblement pour des gens qui avaient des cercles sociaux restreints, et pour qui le Millenium devenait un lieu d\u2019acceptation.Passer du temps au Millenium, ça a été une école aussi importante que mon secondaire.J\u2019ai tellement appris de choses grâce à Jean-Bernard.C\u2019est surtout beaucoup grâce à lui que j\u2019ai appris que j\u2019avais une place dans le monde.» Dans les années 1980, 1990, une fille entrait dans un comic shop et c\u2019était à peu près comme entrer dans une taverne.Au cours des quinze dernières années, ça a beaucoup changé .JEAN-BERNARD VIDAL » par certains militants.« Beaucoup de gens se sentent désespérés par la situation actuelle », affirme Mme Yue, qui a étudié à l\u2019Université McGill, à Montréal, de 2011 à 2015.« Les gens de Hong Kong sont désespérés.Ma génération est désespérée.Nous ne savons pas quoi faire.Nous faisons de notre mieux pour agir », expliquait pour sa part Edward Tsang, un jeune homme de 25 ans interrogé à Hong Kong par le Los Angeles Times.Comme plusieurs autres témoins, M.Tsang dit soutenir l\u2019intrusion au parlement, mais ne pas y avoir participé.Avant le grabuge de la soirée, une manifestation défilait à quelques coins de rue du siège du gouvernement.Organisée à l\u2019occasion de l\u2019anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à Pékin par le Royaume-Uni, elle a réuni 550 000 personnes, selon ses organisateurs \u2014 un record pour cet événement marqué chaque année.Si cette marche s\u2019est déroulée dans un climat pacifique et familial, des violences avaient déjà éclaté plus tôt dans la journée en marge d\u2019un autre événement tenu à l\u2019occasion de l\u2019anniversaire de la rétrocession.En matinée, des militants ont tenté de perturber la traditionnelle cérémonie de levée des drapeaux hongkongais et chinois.Les forces de l\u2019ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de matraques afin de mater les quelques milliers d\u2019opposants.Prétextant des risques de pluie, les membres du gouvernement ont finalement observé la cérémonie sur des écrans depuis l\u2019intérieur d\u2019un centre de congrès.Les hôpitaux de Hong Kong ont dit avoir soigné plus de 50 personnes à la suite des événements de lundi.Trois d\u2019entre elles seraient dans un état sérieux.Avec Baptiste Barbe ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 2 JUILLET 2019 Les coqs L e chant du coq a, pour des générations, fixé le début des journées.Il n\u2019en fallait pas davantage puisque la division des jours en plages fixes, réglées par la course des aiguilles sur un cadran, n\u2019avait guère d\u2019intérêt pour de petits groupes humains qui vivaient un temps commun, ponctué par leurs besoins et leurs activités du jour.À quoi bon, en effet, coordonner les heures du jour et de la nuit si tout le monde est là, que l\u2019on vit ensemble les moments de l\u2019existence, dans leur lenteur répétitive ou leur accélération ponctuelle ?Avant le tic-tac des mécaniques horlogères, la mesure du temps est une affaire jugée à l\u2019œil, selon la course du soleil, en fonction du rythme des journées, que ponctuent par exemple les cloches des églises, selon les différentes occupations propres à chacun.Avant qu\u2019elle ne soit soumise à l\u2019empire de ce nouveau pouvoir qu\u2019est l\u2019argent, cette mesure du temps reste un ventre mou qui s\u2019emplit d\u2019une tâche à accomplir, laquelle varie au rythme des saisons et des jours.C\u2019est pour unir des groupes d\u2019hommes différents, ceux qui ne pouvaient se voir de près, qu\u2019un temps commun fut imposé.Les grands élans politiques font d\u2019ailleurs de l\u2019unification du calendrier, des heures et des minutes la base de leur puissance, au point de vouloir réformer leur calcul ou d\u2019imposer, par la dénomination des fêtes et des jours, les signes manifestes de ce pouvoir.À un ordre nouveau s\u2019adjoindra souvent, dans l\u2019histoire, la mise en valeur d\u2019un temps nouveau.Des exemples ?Jules César impose son calendrier julien.L\u2019empire du catholicisme, lui, fixe son ère en faisant de la naissance de Jésus la borne de départ de toute mesure de l\u2019écoulement des années.En France, à compter du 15 vendémiaire an II, soit le 6 octobre 1793 selon le calendrier qui est désormais le nôtre, on se met à envisager la durée selon l\u2019idée de la Révolution.La Russie des Soviets, en février 1918, impose par un décret de Lénine, elle aussi, son calendrier à ses gouvernés.Régler à sa manière le temps demeure un combat pour ceux qui entendent régner sur lui.Les heures ne sont pourtant jamais les mêmes pour tout le monde.Celles des maîtres ne sont pas celles de leurs esclaves.L\u2019heure de ceux-ci ne sera jamais tout à fait celle de ceux-là.Nous vivons désormais en un monde où les maîtres actuels des horloges nous ont pétris de leurs folies au point de transformer tout le monde en forçats de la prospérité.Notre rapport au temps s\u2019affole, quitte à repousser toujours plus loin les limites des coûts de pareille absurdité.Ainsi, qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas : ce n\u2019est guère au nom de la mobilité, comme cela nous est sans cesse seriné qu\u2019un gouvernement comme celui de François Legault conçoit la nécessité de construire un pont-tunnel pour relier, sous l\u2019île d\u2019Orléans, les deux rives du Saint-Laurent.Ces incantations en faveur de la mobilité ne justifient au fond qu\u2019un étalement urbain qui va toujours croissant.On baisse les bras devant la nécessité de repenser l\u2019occupation du territoire.Nos coqs ne trouvent en effet rien de mieux à faire que de chanter l\u2019éloge du béton, des ponts et de nouveaux tronçons, dans l\u2019espoir de rattraper le temps qui nous manque de plus en plus, mais sans pourtant rien changer, au final, à des phénomènes de congestion qui empirent.Ce plan mal assuré d\u2019un lien sous le Saint-Laurent témoigne, parmi d\u2019autres, d\u2019une propension à perpétuer le monde tel qu\u2019il va plutôt que de porter de nouvelles espérances au grand jour.Plus que jamais, les valets des maîtres chantent leur servilité à l\u2019ordre du monde.Si vous demandez aux gens combien d\u2019heures ils travaillent par semaine, ils vous répondront d\u2019ordinaire, selon leur métier, le nombre de celles qui leur sont payées.Trente heures, quarante heures, cinquante heures\u2026 En multipliant ces heures par le taux horaire auquel ils sont rémunérés, vous obtenez, comme de raison, leur salaire hebdomadaire.Par une aliénation reproduite, depuis la fin du XIXe siècle, de génération en génération, les gens demeurent convaincus qu\u2019ils échangent une marchandise particulière (leur travail, mesuré en heures, depuis le moment de leur arrivée au travail) contre une autre marchandise (des dollars, sous forme de salaire horaire).Qui compte le coût, qui va pourtant croissant à notre époque, de devoir voyager deux heures par jour pour se rendre à son travail ?On fait peser sur toute la société, telle une fatalité, la charge immense de l\u2019expansion du domaine du transport automobile que cette situation rend en apparence nécessaire.À défaut de s\u2019arrêter pour réfléchir sur les moyens de contrer ce délire qu\u2019on laisse se reproduire au seul profit des puissants, on glisse de la sorte dans une fuite en avant qui nous dirige droit vers un mur.L\u2019urbanisation, celle laissée au bon vouloir d\u2019entrepreneurs pressés d\u2019encaisser des profits, continue d\u2019être favorisée sans égard au poids du transport sur la vie des gens.En maintenant ce mode, on s\u2019assure que demain sera fait des mêmes délires qu\u2019hier.Comment relâcher cet étouffement qui nous gagne ?Comment desserrer cette emprise propre à notre temps ?Qu\u2019aucune étude sérieuse ne vienne soutenir l\u2019à-propos du pont-tunnel de l\u2019île d\u2019Orléans ne change rien à l\u2019échafaudage des idées confuses au nom desquelles il s\u2019autorise.Par anticipation à régler un problème de transport qui, en ce cas, à l\u2019évidence n\u2019existe pas, les chants du coq semblent en fait résolus à nous faire entendre leur ferveur à le créer.Ainsi l\u2019attitude du gouvernement Legault dans cette affaire ne fait pas partie des solutions, mais bien des problèmes.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Nous vivons désormais en un monde où les maîtres actuels des horloges nous ont pétris de leurs folies au point de transformer tout le monde en forçats de la prospérité MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Les appels à la décriminalisation de toutes les drogues se multiplient.Et cette fois-ci, c\u2019est un comité parlementaire à majorité libérale qui somme le gouvernement fédéral de légiférer en ce sens.Le comité de la santé s\u2019est penché cet hiver sur l\u2019augmentation de consommation de métamphétamines au Canada.Au terme de consultations à Winnipeg, à Calgary, à Vancouver et à Montréal, les députés ont déposé une vingtaine de recommandations à la mi- juin.Et parmi celles-ci : que le gouvernement du Canada œuvre à décriminaliser la possession simple de petites quantités de substances illicites.« Nous ne pouvons pas arriver à bout de cette crise à coup d\u2019arrestations.Nous l\u2019avons tenté pendant des décennies, et la consommation et la dépendance aux drogues sont aussi répandues qu\u2019avant », déplore le député néo- démocrate Don Davies, qui a appuyé cette recommandation de concert avec les six députés libéraux qui siègent aussi au comité de la santé.Les trois membres conservateurs se sont abstenus de soutenir cette proposition.Mais ils appuient en revanche la recommandation qui l\u2019accompagne et qui invite le gouvernement à étudier le modèle du Portugal, qui a décriminalisé toutes les drogues il y a près de 20 ans.Le comité de la santé somme ainsi de façon unanime Ottawa d\u2019entreprendre « une évaluation de l\u2019approche adoptée par le Portugal pour la décriminalisation de la possession simple de substances illicites et [déterminer] comment elle pourrait être appliquée de façon positive au Canada ».La conservatrice Marilyn Gladu argue qu\u2019avant de légiférer, le Portugal comptait des centres de traitement de dépendance, des campagnes éducatives à l\u2019école sur les méfaits de la drogue et un système de santé universel comprenant des soins de santé mentale.« On ne peut pas appuyer la décriminalisation pour le moment, parce que ces éléments ne sont pas en place au Canada », explique-t-elle.Mais les conservateurs ne sont pas contre pour autant.« Nous soutenons l\u2019idée que ce soit étudié et reconnaissons que le fait d\u2019avoir une dépendance ne représente pas, au départ en soi, une infraction criminelle», fait valoir Mme Gladu, qui loge chez les conservateurs plus progressistes du caucus d\u2019Andrew Scheer.Est-ce à dire que le Parti conservateur ne rejette plus la décriminalisa- tion ?Le parti a évolué, souligne la députée, en rappelant qu\u2019il s\u2019est engagé à ne pas annuler la légalisation du cannabis.« Et le fait qu\u2019on ait rédigé cette étude et affirmé que nous soutiendrions l\u2019étude du modèle portugais témoigne aussi d\u2019une évolution », a dit Ottawa pressé de décriminaliser les drogues Le gouvernement a été appelé par un comité parlementaire à étudier l\u2019approche du Portugal MARLOWE HOOD À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019une des trois espèces de baleines visées par les Japonais, qui ont repris lundi la chasse commerciale dans les eaux nippones, est menacée d\u2019extinction et des groupes des deux autres espèces ne se portent pas trop bien, selon des experts.Le gouvernement japonais avait annoncé il y a six mois son retrait de la Commission baleinière internationale (CBI), s\u2019affranchissant ainsi du moratoire de 1986 sur la pêche commerciale.Des navires japonais ont harponné lundi deux baleines de Minke, les deux premières d\u2019un quota de 227 mammifères pouvant être chassés d\u2019ici décembre dans les eaux territoriales japonaises : 150 rorquals de Bryde, 52 baleines de Minke et 25 rorquals boréals.Cette dernière espèce est classée « en danger » sur la liste rouge de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).Long de 20 mètres, ce cétacé, le plus gros du monde après la baleine bleue et le rorqual commun, a été la cible principale des captures « scientifiques » japonaises depuis le début des années 2000.Les deux autres ne suscitent qu\u2019une «préoccupation mineure», signe qu\u2019elles ne font pas face à un danger d\u2019extinction.Mais la réalité est plus nuancée, et ces espèces aussi pourraient subir certaines conséquences, explique à l\u2019AFP Justin Cooke, membre du comité scientifique de la CBI et du groupe « cétacés » à l\u2019UICN.« Il y a deux sortes de baleines de Minke exploitées au large des côtes japonaises », note-t-il.« L\u2019une, qui se trouve dans les eaux côtières \u2014 dans la mer du Japon, la mer de Chine orientale et la mer Jaune \u2014, est décimée en raison d\u2019une longue histoire de captures par le Japon et la Corée du Sud.» «Stock J» Et au-delà de celles ciblées par les baleiniers, certaines sont des victimes collaté- JAPON Des baleines chassées en danger d\u2019extinction Mme Gladu, qui croyait Andrew Scheer du même avis.Le bureau du chef a toutefois stipulé que M.Scheer « ne soutient pas la décriminalisation ».Idem au bureau de la ministre libérale de la Santé, Ginette Petitpas-Tay- lor.« Nous remercions le comité pour son travail, car il est important que nous puissions avoir ces discussions.Notre gouvernement a cependant été clair, ce n\u2019est pas dans nos plans.» Des appels successifs Ce n\u2019est toutefois pas la première fois que des libéraux font pression pour que Justin Trudeau modifie la loi.Les militants du Parti libéral ont adopté une résolution, en congrès l\u2019an dernier, pour que le fédéral «requalifie la possession et la consommation de faibles quantités de drogues en infractions administratives».En 2017, l\u2019élu Nathaniel Erskine- Smith, de la région de Toronto, avait lancé le même appel.Des demandes qui s\u2019inscrivent dans la foulée de l\u2019épidémie de surdoses accidentelles aux opioïdes qui a fait 4460 morts l\u2019an dernier et 11 500 victimes depuis 2016.Et ces appels à la décriminalisation de drogues ont en outre été partagés, depuis un an, par la direction de la santé publique de Montréal, de Toronto, de la Colombie-Britannique et le maire de Vancouver \u2014 où une personne meurt tous les jours d\u2019une sur- dose d\u2019opioïdes.Le directeur de l\u2019Association canadienne de santé publique, Ian Culbert, appelait en outre le fédéral à faire ce virage lors de sa comparution au comité de la santé.« Il y a de plus en plus de députés de tous les partis qui le disent.Et plus nous sommes nombreux, plus cela augmente la pression sur le premier ministre Trudeau pour qu\u2019il change de position », espère le néodémocrate Don Davies \u2014 dont le parti défend l\u2019idée.Au Portugal, quiconque est pris en possession d\u2019une quantité de drogue équivalant à moins de dix jours de consommation est convoqué devant un « panel de dissuasion » composé d\u2019intervenants sociaux.Les contrevenants peuvent recevoir des amendes, être envoyés en thérapie ou dans un centre de désintoxication.Des navires japonais ont harponné lundi deux baleinesde Minke, les deux premières d\u2019un quota de 227 mammifères pouvant être chassés d\u2019ici décembre dans les eaux territoriales japonaises.KAZUHIRO NOGI AGENCE FRANCE- PRESSE rales des filets des pêcheurs de poissons.Cette population côtière, connue sous le nom de « stock J », a la particularité de se reproduire en été plutôt qu\u2019en hiver, contrairement aux autres baleines à fanon.Des études des agences de pêche japonaise et sud-coréenne ont estimé leur nombre à environ 1500, selon Justin Cooke.Le « stock O », qui se reproduit l\u2019hiver et compte environ 25 000 individus, se trouve plus au nord dans la mer d\u2019Okhotsk, dans les eaux russes.Comme pour d\u2019autres baleines, des sous-populations d\u2019une même espèce peuvent développer des comportements différents, que les biologistes décrivent comme leur culture.Il existe également deux sous-es- pèces du rorqual de Bryde, qui peut faire jusqu\u2019à 17 mètres de long.Le Japon avait arrêté de le chasser en 1987 mais avait autorisé à nouveau 50 captures dans les eaux internationales à partir de 2000, « pour des raisons scientifiques ».La population du Pacifique Nord, qui vit dans la zone économique exclusive du Japon, a récemment été estimée à plus de 26 000 individus par le comité scientifique de la CBI.Lors du dernier décompte, il y a 20 ans, il existait moins de 170 représentants de l\u2019autre groupe, qui est l\u2019objet, dans les eaux du sud du Japon, d\u2019un tourisme lié à l\u2019observation des cétacés, selon Justin Cooke. LEDEVOIR // LE MARDI 2 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 LA PRESSE CANADIENNE Des célébrations soulignant le 152e anniversaire du Canada avaient lieu partout au pays en ce 1er juillet.Le premier ministre Justin Trudeau a pris la parole devant la foule réunie à Ottawa, en milieu de journée.Avant d\u2019entreprendre son discours, il a reconnu que la célébration se tenait « sur le territoire traditionnel algonquin ».Au moment où il prononçait ces mots, la grande chef du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, Verna Polson, venait d\u2019entreprendre une grève de la faim devant l\u2019édifice du 100, rue Wellington.Celle-ci réclame que la nation al- gonquine soit consultée sur l\u2019utilisation future de l\u2019immeuble vacant situé sur un territoire qu\u2019elle revendique.Dans son message à la foule vêtue de rouge et de blanc, Justin Trudeau a souligné la solidarité des Canadiens au cours de la dernière année marquée par l\u2019imposition de tarifs américains sur l\u2019acier et l\u2019aluminium.« Notre pays a été façonné par des gens qui s\u2019épaulent, qui s\u2019entraident et qui travaillent fort.Des gens qui choisissent la générosité, la compassion et l\u2019espoir.C\u2019est notre détermination à mettre en valeur ces pratiques au quotidien qui a fait la réussite de notre pays », a-t-il déclaré.Le premier ministre a ajouté que, « chaque jour, les Canadiens démontrent au reste du monde qu\u2019une société multiculturelle et inclusive est une société forte ».Il a affirmé que cette même société était tournée vers l\u2019avenir et « prête à relever les grands défis de notre époque », soit les changements climatiques, la réconciliation avec les Autochtones et l\u2019égalité des sexes.« Profitons de cette journée pour célébrer le Canada, mais surtout les Canadiens parce que c\u2019est vous qui faites de notre pays le meilleur pays au monde », a-t-il conclu.Des fêtes partout Comme de coutume, la fête la plus grandiose avait lieu à Ottawa, principalement sur la colline du Parlement.Les festivités ont commencé avec le cercle pour la paix et l\u2019amitié, une cérémonie algonquine, et un concert du carillon de la tour de la Paix.En plus du premier ministre Justin Trudeau, on retrouvait la gouverneure générale, Julie Payette, de nombreux ministres, ainsi que le populaire acteur Ryan Reynolds.L\u2019astronaute David Saint-Jacques a souhaité un bon anniversaire aux Canadiens dans un message vidéo depuis Houston, au Texas, où il se remet de son séjour dans la Station spatiale internationale.Une cérémonie protocolaire, avec coups d\u2019artillerie et survol traditionnel des avions Snowbirds et CF-18 des Forces armées canadiennes, a été suivie du spectacle du midi mettant en vedette l\u2019Orchestre du Centre national des arts, K\u2019naan, T.Thomason, les Ballets jazz de Montréal, Karim Ouellet, Shawnee et plusieurs autres.Une deuxième sortie des Snowbirds était attendue avant le spectacle du soir mettant en vedette Kaytranada, Marie- Mai, Cœur de pirate, Brett Kissel, The Strumbellas, William Prince, Karim Ouellet, K\u2019naan et d\u2019autres invités.À Montréal, c\u2019est au Vieux-Port qu\u2019avaient lieu encore cette année les célébrations de la fête du Canada.Des activités familiales interactives, des animations, un spectacle réunissant plusieurs artistes et un feu d\u2019artifice de fin de soirée étaient au programme.Les canons ont aussi tonné à Halifax, mais sous la pluie.Malgré le temps maussade, les gens ont tout de même célébré.À Toronto, de nombreuses fêtes étaient organisées à travers la ville avec des défilés, des pique-niques et des activités pour les enfants.Parcs Canada souligne qu\u2019en cette fête du Canada, l\u2019entrée des lieux historiques et des parcs nationaux est gratuite.1ER JUILLET Des festivités d\u2019un bout à l\u2019autre du pays pour la fête du Canada Comme de coutume, la fête la plus grandiose avait lieu à Ottawa, où les avions Snowbirds ont effectué leur survol traditionnel alors que le premier ministre Justin Trudeau s\u2019accordait un bain de foule.À Montréal, le défilé au Vieux-Port mettait en avant la diversité culturelle des Canadiens.GRAHAM HUGHES / JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE IVAN COURONNE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE La banquise de l\u2019Antarctique, après s\u2019être mystérieusement étendue pendant des décennies, se rétrécit à toute vitesse depuis 2014, année charnière pour le continent.Elle a perdu en quelques années une superficie équivalente à quatre fois la France.« En trois ans seulement, l\u2019Antarctique a perdu autant de banquise que l\u2019Arctique » en 40 ans, dit à l\u2019AFP Claire Parkinson, climatologue de la NASA, qui a publié lundi dans Proceedings of the National Academy of Sciences une étude analysant les variations de la banquise antarctique de 1979 à 2018.Les scientifiques savaient déjà que l\u2019Antarctique fondait de plus en plus vite, tout comme l\u2019Arctique, à cause du déversement accéléré des glaciers, ces rivières de glaces poussées lentement vers les rives.Mais pendant des décennies, ils observaient un phénomène à la fois rassurant et intrigant : la superficie de la banquise, c\u2019est-à-dire la glace qui flotte sur l\u2019océan, grandissait.Claire Parkinson, du centre spatial Goddard de la NASA, près de Washington, a reconstitué l\u2019histoire la plus précise de cette banquise antarctique, en reprenant et en analysant les données de cinq satellites successifs de la NASA et du Pentagone, qui ne regardent pas les volumes mais seulement l\u2019étendue, grâce à une mesure des rayonnements (micro-ondes) émis par la glace.Bien sûr, la banquise fondait l\u2019été, de janvier à mars, et se reformait l\u2019hiver, de juillet à septembre.Mais la couverture avait tendance à grandir au fil du temps, durant toutes les saisons.Il s\u2019est passé quelque chose après 2014.Chaque année voit désormais moins de banquise se former \u2014 beaucoup moins.En 2014, la banquise antarctique était à son maximum jamais enregistré depuis 1979.En 2017, elle était au minimum.La perte dépasse deux millions de kilomètres carrés.La tendance continue apparemment en 2019, dit la climatologue.Plusieurs hypothèses Les scientifiques ne savent pas pourquoi la banquise s\u2019est étendue pendant si longtemps, ni pourquoi elle fond au- jourd\u2019hui.Des hypothèses rivales existent, selon les chapelles scientifiques, qui prennent en compte le trou de la couche d\u2019ozone, les vents, les courants ou la température des eaux profondes, mais aucune n\u2019explique avec certitude le basculement de 2014.« Aucune des hypothèses n\u2019est bonne, selon moi », confie à l\u2019AFP Douglas Martinson, océanographe à l\u2019Université Columbia, qui a participé au comité de lecture ayant validé l\u2019article.Il prévient que comparer Arctique et Antarctique revient à « comparer des pommes et des camions militaires ».L\u2019Arctique est un océan entouré de terres, tandis que l\u2019Antarctique est un continent entouré d\u2019océans, où les icebergs sont moins contraints.Chris Rapley, climatologue au University College de Londres, souligne que les gains initiaux de la banquise, avant 2014, ne contredisaient en rien le fait que la planète se réchauffait.« Cela démontre seulement que dans un système complexe et intercon- necté, des choses contre-intuitives peuvent se produire, en tout cas pendant un moment », écrit le chercheur.« Nous avons tendance à chercher des explications simplistes de cause et d\u2019effet, mais en réalité, la situation est bien plus compliquée et nuancée », conclut-il.2014, année charnière pour l\u2019Antarctique Sa banquise rétrécit à toute vitesse depuis\u2026 et on ignore pourquoi En 2014, la banquise antarctique était à son maximum jamais enregistré depuis 1979.En 2017, elle était au minimum.La perte dépasse deux millions de kilomètres carrés.Et la tendance continue apparemment en 2019. SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE MARDI 2 JUILLET 2019 ANAÏS MORAN LIBÉRATION L \u2019avènement d\u2019un modèle économique réservé aux footballeuses est-il arrivé ?C\u2019est l\u2019un des grands espoirs depuis le début de ce Mondial, mais force est de constater que la réalité est mitigée.Car si la ferveur médiatique et populaire déborde de toutes parts, suscitant l\u2019attrait grandissant des commanditaires, l\u2019entichement des agents sportifs pour les footballeuses demeure timide, et c\u2019est un signe qui ne trompe pas.« Je ne constate ni une émulation extraordinaire ni une présence massive de nouveaux agents dans les tribunes », décrit Tony Reale, conseiller des internationales françaises Amel Majri et Sakina Karchaoui.« C\u2019est difficile de s\u2019intéresser aux joueuses lorsqu\u2019il n\u2019y a pas un grand intérêt pécuniaire derrière, concède-t-il.Les agents qui accompagnent les joueuses le font soit par conviction, soit pour éviter la concurrence du milieu masculin.En aucun cas pour espérer un gros chiffre d\u2019affaires.Le marché financier du football féminin est à l\u2019heure actuelle tout petit, voire inexistant.» Un constat partagé par Sevan Ka- rian, conseiller sportif de pas moins d\u2019une trentaine de joueuses, parmi lesquelles les Bleues Griedge Mbock, Kadidiatou Diani ou encore Ève Péris- set : « Bien sûr, on observe l\u2019arrivée de quelques nouvelles têtes dans le milieu.Des agents qui pensent miser sur la bonne affaire.Mais il ne faut pas se leurrer, il y a un réel décalage entre l\u2019ul- tramédiatisation des joueuses durant cette Coupe du monde et leur profes- sionnalisation.Ce n\u2019est pas une compétition d\u2019un mois, aussi réussie soit-elle, qui va rattraper l\u2019écart qui sépare les footballeuses des footballeurs en matière de droits télé, de billetterie, de merchandising, de sponsors\u2026 Ce sont deux mondes incomparables.Il va falloir attendre encore une dizaine d\u2019années avant de pouvoir profiter d\u2019un véritable modèle économique du football féminin.» Payées au lance-pierres Verre à moitié vide: oui, il y a encore du travail.En France par exemple, près de 44% des joueuses de première division sont contraintes de garder un «vrai emploi» en parallèle, car seulement 27,5% d\u2019entre elles bénéficient d\u2019un «contrat fédéral» à temps plein pour s\u2019adonner à cette activité professionnelle.Ce contrat est d\u2019ailleurs signé sous l\u2019égide de la Fédération française de foot (FFF, qui gère le football amateur), et non de la Ligue de foot professionnel (LFP, qui s\u2019occupe uniquement des hommes de Ligue 1 et Ligue 2).Il serait peut-être temps d\u2019y remédier.« Le processus de professionnalisa- tion du football féminin d\u2019élite est une très lente évolution, en France comme partout ailleurs», explique Sonia Souid, agente de joueuses depuis 2011 et conseillère de la capitaine des Bleues, Amandine Henry.« Des joueuses commencent à être très bien rémunérées, mais d\u2019autres sont encore payées au lance-pierres.Ces inégalités s\u2019expliquent par la réticence de nombreux clubs à investir sur des filles qui vont leur coûter de l\u2019argent.Aujourd\u2019hui, la balance investissement-rentabilité est à l\u2019inverse de celle des hommes.» Un début de changement Verre à moitié plein : les choses bougent enfin.Signature inédite des droits télé pour les matchs de D1 française cette année (Canal +) et espagnole l\u2019an prochain (Mediapro), logique de « gros » contrats pour les joueuses « superstars » (la Norvégienne Ada Hegerberg, l\u2019Américaine Carli Lloyd et la Brésilienne Marta touchent respectivement 400 000, 345 000 et 340 000 euros bruts annuels), démarchage publicitaire sans précédent auprès des joueuses lors de ce Mondial\u2026 La saison prochaine, le Championnat de France s\u2019appellera la D1 Arkema (société chimique française).Et Nicolas de Tavernost, patron de M6, qui détient les droits exclusifs des matchs des Bleues d\u2019après le Mondial, s\u2019enthousiasme : « Cette Coupe du monde est une formidable bande-annonce pour nos programmes des quatre ans à venir.» Le modèle commercial autour des footballeuses est bel et bien en cours.Et l\u2019annonce du Real Madrid d\u2019aligner une équipe en première division féminine espagnole pour 2020 est le symbole d\u2019une accélération de la cadence.« Plus les grands clubs européens miseront sur le secteur féminin, plus la discipline sera structurée, offrira des matchs à gros enjeux et s\u2019ouvrira vers un véritable marché féminin des contrats et des transferts », résume Fa- bien Petit, le conseiller de l\u2019attaquante Valérie Gauvin.SPORT Le soccer féminin, une entreprise en gestation Malgré certains changements, l\u2019écart avec les hommes reste abyssal AGENCE SCIENCE-PRESSE Le projet de télescope qui s\u2019était heurté en 2014 au réveil de la culture traditionnelle hawaïenne reprend vie : le gouverneur de cet État américain dans le Pacifique a annoncé une entente grâce à laquelle sa construction pourrait commencer en juillet.La construction du Télescope de trente mètres (TMT), à 4200 mètres d\u2019altitude au sommet du Mauna Kea, doit s\u2019étaler sur près de dix ans et coûter deux milliards de dollars.Il sera le plus puissant du monde et il implique six partenaires, dont la Chine, l\u2019Inde, le Canada et deux universités américaines.Sauf qu\u2019à l\u2019automne 2014, l\u2019opposition de groupes autochtones et environnementaux d\u2019Hawaï avait soudain pris les astronomes de court.Ils n\u2019auraient pas été surpris, avait-on écrit à l\u2019époque, s\u2019ils avaient été plus attentifs à la politique et à la culture locales.Le gouverneur David Ige, le même qui avait annoncé un moratoire en 2015, a annoncé le 20 juin la reprise imminente des travaux, dans le cadre d\u2019une entente qui prévoit le démantèlement de 5 des 13 télescopes construits sur cette montagne depuis 1968, et la restauration des sites.L\u2019annonce met-elle fin à la dispute ?La Cour suprême d\u2019Hawaï avait, en 2015, bloqué le permis de construction, décrétant que les opposants n\u2019avaient pas eu le temps nécessaire pour se faire entendre lors des audiences publiques.L\u2019automne dernier, la Cour a réin- stauré le permis, après quatre nouvelles années de débats.Dès le 20 juin, certains des opposants s\u2019en prenaient, non à l\u2019annonce du gouverneur, mais aux autorités qui s\u2019étaient empressées de démanteler quatre structures temporaires qui bloquaient la route d\u2019accès au site.Il n\u2019était pas facile de déterminer, pendant la fin de semaine, s\u2019ils avaient l\u2019intention de continuer à s\u2019opposer au projet ou s\u2019ils s\u2019étaient tous ralliés au compromis.Le projet du nouveau télescope d\u2019Hawaï reprend vie Concentration très limitée Depuis quelques années déjà, le nombre de joueuses qui partent faire carrière dans des clubs étrangers ne cesse de gonfler.D\u2019après l\u2019observatoire du Centre international d\u2019étude du sport (CIES), 379 footballeuses jouent actuellement dans l\u2019un des cinq plus grands championnats au monde (anglais, allemand, suédois, américain ou français) contre 300 en 2017.« De plus en plus de clubs investissent dans le football féminin en reproduisant les mêmes mécanismes déjà observés chez les hommes, souligne ainsi le rapport du CIES.Comme pour le football masculin, on assiste à une internationalisation du marché du travail et une concentration très limitée des meilleures joueuses dans les meilleurs clubs.» Un nouveau modèle ?Pour la sociologue Béatrice Barbusse, spécialiste du sexisme dans le sport, cette « normalisation » de la pratique féminine sur le modèle masculin est « réjouissante » quoique ambivalente.« La professionnalisation des filles est une très bonne nouvelle, car c\u2019est le chemin vers l\u2019égalité, dit-elle.Mais l\u2019égalité, c\u2019est le modèle masculin.Peut-être qu\u2019il serait nécessaire de développer un football professionnel sans dérive financière, sans déséquilibre compétitif et inégalité salariale.Avec la pratique féminine, nous avons la possibilité de ne pas commettre les mêmes erreurs et d\u2019inventer un nouveau modèle économique du football.C\u2019est peut-être utopiste, mais ce n\u2019est pas encore trop tard.» La Française Griedge Mbock (à gauche) et la Brésilienne Cristiane, pendant la Coupe du monde féminine de football 2019, au Havre.Il existe un réel décalage entre l\u2019ultra- médiatisation des joueuses durant cet événement et leur profes- sionnalisation.FRANCK FIFE AGENCE FRANCE-PRESSE Des joueuses commencent à être très bien rémunérées, mais d\u2019autres sont encore payées au lance- pierres.Ces inégalités s\u2019expliquent par la réticence de nombreux clubs à investir sur des filles qui vont leur coûter de l\u2019argent.SONIA SOUID » LEDEVOIR // LE MARDI 2 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin n finir avec les talibans, éradiquer al-Qaïda et puis, arguments progressistes imparables, mettre en place des institutions démocratiques et rendre leur liberté aux Afghanes : autant d\u2019objectifs qui n\u2019ont pas été atteints, sinon de façon fragmentaire, en 18 ans d\u2019intervention militaire américaine en Afghanistan, cette « guerre oubliée » déclenchée en riposte aux attentats du 11 septembre 2001.Faits : les talibans restent maîtres du jeu alors que les services de renseignement russe font état de la présence de près de 5000 combattants proches de l\u2019organisation armée État islamique (EI) au Tadjikistan, pays voisin de l\u2019Afghanistan avec lequel il partage une longue frontière éminemment poreuse ; et qu\u2019en écho, l\u2019establishment militaire américain signale « des traces de la présence d\u2019al-Qaïda sur l\u2019ensemble du territoire afghan, et non dans un seul endroit du pays ».En 2004, un an après le déclenchement de la guerre d\u2019Irak, le président George W.Bush enfonçait le clou du gros bon sens sécuritaire : « Nos militaires se battent contre les terroristes en Afghanistan, en Irak et au-delà afin que nous n\u2019ayons pas à leur faire face dans les rues de nos villes.» Or, il s\u2019est produit plus de 200 attentats aux États-Unis depuis le 11 Septembre, la moitié ayant été commis par des Américains fanatisés par les organisations qui instrumentalisent l\u2019islam à des fins terroristes.En marge du démenti que présentent ces chiffres, il se trouve qu\u2019en ce lointain Afghanistan, dont la communauté internationale se désintéresse plus ou moins complètement, 2018 a été l\u2019année la plus meurtrière à ce jour pour les civils avec 3800 tués, souligne la Mission d\u2019assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA).Une violence dont sont autant responsables les tali- bans que les forces américaines et afghanes \u2014 dont la MANUA épinglait en avril l\u2019« impunité ».C\u2019est dans ce contexte que se sont ouvertes à Doha, il y aura un an en septembre prochain, des négociations de paix directes entre les États-Unis et les talibans.Des négociations qui tournent pour l\u2019essentiel autour de l\u2019engagement des États-Unis à retirer leurs troupes d\u2019Afghanistan (il s\u2019y trouve encore 14 000 soldats) contre la promesse des talibans de refuser sur leur sol tout groupe djihadiste étranger.Des pourparlers qui reviennent pour les Américains à une « capitulation négociée », résumait le New York Times en éditorial, tant il est devenu évident qu\u2019ils veulent se laver les mains du conflit en essayant de ne pas trop perdre la face ; et tant il est clair que Donald Trump est impatient d\u2019en finir, pour ainsi dire à n\u2019importe quel prix.Jouant de leur rapport de force, les talibans ont obtenu jusqu\u2019à maintenant que les négociations se déroulent à l\u2019exclusion du gouvernement afghan, qu\u2019ils jugent illégitime.Et ces pourparlers ne les ont pas empêchés de lancer leur habituelle « offensive militaire du printemps ».Lundi encore, un attentat à Kaboul a fait au moins 40 morts, alors qu\u2019Américains et tali- bans poursuivaient leurs pourparlers au Qatar depuis trois jours.Que partent les forces \u2014 essentiellement américaines \u2014 de l\u2019OTAN, et une « entente » sera de toute façon difficilement applicable.La guerre civile risque de n\u2019en devenir que plus cruelle, avec possibilité patente d\u2019un retour au pouvoir des talibans.C\u2019est un horizon qui traduit un échec épouvantable de la politique étrangère militariste des États-Unis.À entendre les bruits de bottes autour de l\u2019Iran, on désespère de les voir un jour rompre avec ce militarisme.La folie de cette politique est aussi qu\u2019elle fait le vide autour d\u2019elle.Ils sont très optimistes ceux qui croient que les pays du grand voisinage \u2014 Pakistan, Inde, Iran, Chine et Russie \u2014 dont les intérêts sont surtout conflictuels, trouveront peut-être à coopérer pour apaiser l\u2019Afghanistan.Il se dessine que les femmes sont les grandes sacrifiées de ladite négociation, elles qu\u2019on s\u2019en allait sauver il y a 18 ans.Si la condition féminine a connu quelques améliorations depuis 2001, en matière d\u2019accès à l\u2019éducation et au marché du travail, il demeure que, selon Amnistie internationale, l\u2019Afghanistan demeure « le pire pays » où naître pour une femme.Allait enfin se tenir à Doha, fin avril, le premier dialogue interafghan dans le cadre du « processus de paix ».Le gouvernement allait y participer, ainsi qu\u2019une délégation d\u2019une cinquantaine de femmes.Les talibans ont annulé la rencontre au dernier moment au prétexte que la délégation gouvernementale était trop grande et que la présence des femmes n\u2019était pas « nécessaire ».Les Américains ont fait le dos rond.Serge Roy Citoyen de Québec Le 3 juillet de chaque année nous rappelle la fondation de notre ville il y a maintenant 411 ans.Nous vivons dans une ville extraordinaire par sa situation géographique.Québec, c\u2019est aussi son Vieux-Qué- bec inscrit au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.Nous avons la chance de vivre dans un milieu très riche sur le plan culturel.Chacun des arrondissements de Québec possède un caractère historique et une valeur patrimoniale certaine de même qu\u2019un environnement formidable, dont la préservation doit faire l\u2019objet de notre attention et d\u2019une protection efficace pour que notre ville vive et respire encore de nombreux siècles.Mais, pour que cela soit possible, il est indispensable que nous adoptions des mesures concrètes pour protéger nos milieux de vie adéquatement dans toutes leurs dimensions.Ces mesures doivent remettre en question des modes de fonctionnement et d\u2019administration, de production et de consommation qui nuisent, de toute évidence, à notre futur collectif.Nous faisons sans doute consensus en ce qui concerne la protection du patrimoine.Pourtant, certains promoteurs immobiliers ne sont pas gênés pour laisser aller des édifices comme l\u2019église Saint- Cœur-de-Marie.Nous avons besoin d\u2019une ville capable de neutraliser ce genre de comportement qui a produit trop de dégâts, comme ce fut le cas de l\u2019îlot Saint- Vincent-de-Paul dans la côte d\u2019Abraham.Nous sommes largement sensibles à la dégradation de l\u2019environnement et l\u2019accélération des changements climatiques.Nous savons très bien que cette crise est liée aux dégâts produits par des industries polluantes, des modes de transport qui continuent d\u2019ajouter des GES quotidiennement dans l\u2019atmosphère et par une consommation productrice d\u2019une quantité Le 3e lien : à quel prix ?Le ministre des Transports, François Bonnardel, vient de présenter la forme et le tracé du projet de 3elien dans l\u2019est, soit un tunnel sous l\u2019île d\u2019Orléans, mais il n\u2019en a pas dévoilé les coûts.En mars 2018, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait révélé les détails du projet de transport collectif de tramway, exposant d\u2019emblée les coûts de construction évalués à 3,3 milliards, ainsi que les frais d\u2019exploitation annuels projetés de 155 millions.La population a aussi été informée récemment que le pont de Québec aurait une durée de vie minimale de 75 ans, moyennant des travaux de restauration estimés à 600 000 millions.À la suite de la publication des résultats de l\u2019étude origine-desti- nation dans la région de Québec, de plus en plus de citoyens s\u2019interrogent sur le bien-fondé du projet de 3e lien dans l\u2019est, ce tracé n\u2019offrant pas d\u2019amélioration aux problèmes de congestion recensés principalement dans l\u2019ouest, ni de solution alternative en transport collectif pour la grande majorité des automobilistes qui transitent par les secteurs de Sainte-Foy et du centre-ville.Plusieurs hôpitaux sont en très mauvais état, de nombreux aînés sont hébergés dans des CHSLD vétustes, des écoles trop petites et détériorées ne bénéficieront pas des investissements annoncés Une autre ville de Québec est possible! LIBRE OPINION LETTRES AFGHANISTAN Négociation en forme de reddition E ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu sonne puisse vivre heureuse et en santé.À l\u2019occasion de l\u2019anniversaire de la fondation de Québec, je souhaite sincèrement qu\u2019apparaisse un rassemblement de citoyennes et de citoyens qui voudront changer les choses en profondeur en s\u2019appuyant sur des valeurs sûres : le respect de l\u2019environnement, la lutte contre les changements climatiques, la mise en œuvre de moyens concrets pour réorienter le développement économique dans notre ville et notre région afin d\u2019assurer une redistribution plus égalitaire de la richesse, l\u2019égalité entre les femmes et les hommes en adoptant des programmes de développement et d\u2019aménagement qui favoriseront cette égalité et enfin l\u2019amélioration de la démocratie pour nous permettre de participer directement aux décisions qui nous concernent.scandaleuse de déchets.Crise climatique et du logement Nous avons besoin d\u2019une ville consciente des graves conséquences de la crise climatique que nous vivons.Des milliers de jeunes nous l\u2019ont rappelé avec conviction depuis le début de l\u2019année.Malheureusement, certains hommes politiques continuent de promouvoir des projets insensés, comme le troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis.Malgré la richesse qui se crée dans notre ville, nous savons très bien que les inégalités sociales y demeurent inacceptables et trop souvent porteuses de drames humains.Les logements sociaux sont insuffisants et, de manière générale, les coûts du logement augmentent.Nous avons besoin d\u2019une ville faite de justice sociale et d\u2019égalité pour que chaque per- GUY TAILLEFER À entendre les bruits de bottes autour de l\u2019Iran, on désespère de voir les États-Unis un jour rompre avec ce militarisme Malgré la richesse qui se crée dans notre ville, nous savons très bien que les inégalités sociales y demeurent inacceptables et trop souvent porteuses de drames humains.Les logements sociaux sont insuffisants et, de manière générale, les coûts du logement augmentent.dans ma situation vont-elles bénéficier de ce juste remboursement ?Je crois comprendre que la solution dévoilée récemment fait l\u2019objet de critiques pouvant à terme améliorer l\u2019offre.Je souhaite qu\u2019on en arrive à dédommager aussi tous ceux qui ont trop payé sans pouvoir récupérer leur juste part dans la proposition actuelle.Normand Breault Le 26 juin 2019 dernièrement, de jeunes adolescents à risque sont laissés à eux- mêmes faute de services suffisants, nos tout-petits en difficulté souffrent d\u2019un manque flagrant de ressources pouvant leur venir en aide, des exemples parmi tant d\u2019autres de l\u2019important rattrapage à effectuer en matière d\u2019infrastructures et de services.Dans un tel contexte, le gouvernement Legault craint-il le regard critique de la population s\u2019il rend publics les coûts de son projet de 3e lien dans l\u2019est ?Ou s\u2019avère-t-il un piètre gestionnaire en faisant la promotion d\u2019un projet sans connaître le montant de la facture à payer par les contribuables ?Qui arrêterait son choix pour l\u2019achat d\u2019une résidence sans en avoir demandé le prix ?Francine Duperré Québec, le 27 juin 2019 Dédommagement pour tout le monde On apprenait récemment qu\u2019Hy- dro-Québec allait dédommager les clients de la société d\u2019État qui ont trop payé durant quelques années pour leur électricité.Cette indemnisation, telle qu\u2019elle a été annoncée, est sûrement une bonne chose pour ceux qui continuent à recevoir les services d\u2019Hydro-Québec.Je ne suis sûrement pas le seul cependant à ne plus avoir un recours direct au service électrique public puisque je vis depuis plus de deux ans dans une résidence pour personnes retraitées autonomes.Comment alors des personnes Un sujet sensible Le Devoir aurait-il été puni pour son indépendance originelle et indéfectible face aux pouvoirs dominants ?La question se pose quand on apprend qu\u2019il lui a fallu près de six mois pour obtenir du gouvernement du Québec un document, demandé selon la Loi d\u2019accès aux documents des organismes publics.La loi dit pourtant que le délai de réponse doit être d\u2019un mois maximum.Invoquera-t-on un goulot d\u2019étranglement ou un changement de gouvernement ayant ralenti le processus ?À moins que ce ne soit parce qu\u2019on y aborde d\u2019un sujet politiquement trop sensible à exposer en public ?Dans le cas présent, celui d\u2019une vision différente de celle de la minorité anglophone proposée par le ministère de l\u2019Éducation dans un nouveau livre d\u2019histoire du Québec et du Canada destiné aux écoliers.À mon sens, il y a ici un cas flagrant de rétention d\u2019information venant de l\u2019État qui mérite un blâme.Marcel Lapointe Jonquière, le 27 juin 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 2 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Houria Hamzaoui Professeure à l\u2019Université du Québec en Abibiti-Témiscamingue en didactique des mathématiques au primaire « Qu\u2019est-ce qui vous amène en Abitibi- Témiscamingue ?» C\u2019est la question qu\u2019on se fait le plus souvent poser quand on fait partie des vagues récentes d\u2019immigration.Et bien que l\u2019on se considère, après quelques années, comme faisant partie de la communauté d\u2019accueil, on se fait encore poser cette même question.Comme je n\u2019avais pas vécu à Montréal, Rouyn-Noranda était pour moi une ville québécoise comme une autre.Je me suis attachée à plusieurs autres villes plus ou moins grandes en Europe où j\u2019ai vécu quelques années.Je suis encore attachée à ma ville natale Mostaganem, en Algérie, mais Rouyn-Noranda est maintenant ma ville et l\u2019Abitibi-Témiscamingue, ma région.C\u2019est parfois frustrant d\u2019être souvent considérée comme quelqu\u2019un qui vient d\u2019arriver, qui pourrait partir à tout moment ou encore qui est destiné à partir ultimement.C\u2019est également frustrant de constater que sa région n\u2019est pas valorisée autant qu\u2019elle le mériterait.La particularité de l\u2019immigration en région est qu\u2019elle ne passe pas inaperçue.La diversité récente de la population est visible, comme elle l\u2019avait été au début du XXe siècle.Elle amène donc son lot de défis, qui sont essentiellement liés aux changements sociaux, à l\u2019émergence d\u2019une mixité de cultures et à une jeunesse plus ouverte à la diversité et à l\u2019évolution de la culture commune.L\u2019avantage de l\u2019ouverture à l\u2019autre, c\u2019est justement de rencontrer l\u2019ouverture de l\u2019autre.Je me souviens encore de l\u2019accueil chaleureux de Jackie, intervenante à l\u2019époque à la Maison de la famille de Rouyn-Noranda.J\u2019y étais allée pour rencontrer de nouvelles personnes; j\u2019y suis devenue bénévole puis membre du conseil d\u2019administration.La mission de l\u2019organisme et ses valeurs m\u2019avaient interpellée: offrir des services à toutes les familles, briser l\u2019isolement, offrir du répit aux parents.L\u2019ouverture, le respect, l\u2019accessibilité, l\u2019entraide, l\u2019authenticité et le plaisir ; quoi de mieux pour intégrer les personnes marginalisées ou nouvellement arrivées dans la région?Les familles qui s\u2019installent en Abitibi- Témiscamingue, qu\u2019elles soient issues du Québec, du Canada ou de l\u2019étranger, vivent potentiellement les mêmes défis : l\u2019éloignement et l\u2019hiver, tous deux facteurs d\u2019isolement.Sans réseau, les nouvelles familles pourraient très vite se retrouver dans une forme de détresse.L\u2019hiver intense et interminable n\u2019arrange pas les choses.C\u2019est ainsi que la Mosaïque, une association intercul- turelle d\u2019accueil des immigrants, œu- vre pour accompagner et outiller les nouvelles familles, étudiants et travailleurs.Ses activités sont autant consacrées à l\u2019accueil qu\u2019au réseautage dans et avec la société d\u2019accueil.Les missions des deux organismes communautaires sont au cœur des besoins de la communauté.Si leurs ressources sont limitées, le dévouement, l\u2019engagement et l\u2019investissement de leurs employés et bénévoles n\u2019ont pas de limites.Des gestes considérés comme petits par celles et ceux qui les accomplissent font la différence dans la vie de femmes, d\u2019hommes, jeunes et moins jeunes.Les personnes qui généralement se considèrent comme ordinaires ignorent à quel point leur sourire, leur « bonjour » peuvent embellir les journées d\u2019une personne nouvellement arrivée.Quand Michel, mon voisin, déneigeait l\u2019entrée de mon stationnement après une tempête de neige, pour lui, c\u2019était normal ; il m\u2019avait observée la veille me débattant avec mes pelles pour sortir la voiture et emmener mes filles à l\u2019école.Pour moi, c\u2019était une chaleur humaine qui rendait l\u2019hiver moins dur.Quand Lynn, la grand-mère de l\u2019amie de l\u2019une de mes filles, tricotait des bas en laine pour mes filles en même temps que celles pour ses petites-filles, pour elle, c\u2019était juste deux paires de plus, pour mes filles et moi- même, c\u2019était nous inclure dans sa famille.Quand feu Micheline, ma voisine, guettait de sa fenêtre l\u2019autobus de 11 h 45 le 26 mars de chaque année et qu\u2019elle faisait signe à ma petite fille pour qu\u2019elle aille la rejoindre et recevoir son cadeau de fête, pour elle, c\u2019était juste une carte et un objet de sa maison.Pour ma fille et pour moi-même, c\u2019était la douceur retrouvée d\u2019une grand-mère qui nous manque terriblement.Des attentions comme celles-là et beaucoup d\u2019autres n\u2019expliqueront pas ce qui m\u2019a amenée en Abitibi-Témisca- mingue.Elles expliqueront mieux pourquoi j\u2019y suis encore.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Vivre comme immigrante en Abitibi Sans réseau, les nouvelles familles risquent d\u2019éprouver une forme de détresse Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue À bâbord !, juin 2019, no 80.Cette chronique fait relâche pour la période estivale.Grandeur américaine D \u2019où vient l\u2019obsession pour la grandeur américaine, énoncée une fois de plus lors du lancement de la campagne de réélection de Donald Trump?Avec une petite modification \u2014 «Conservez sa grandeur à l\u2019Amérique» au lieu de «Rendez sa grandeur à l\u2019Amérique» \u2014, Trump a de nouveau clamé sa foi dans ce concept abstrait devant un rallye de militants à Orlando le 18 juin.En fin de compte, il faudrait d\u2019abord se demander pourquoi « l\u2019Amérique » se considérait comme petite ; pourquoi avait-elle besoin d\u2019être rassérénée par un voyou de l\u2019immobilier devenu vedette de la téléréalité ?Bien entendu, un pays n\u2019est pas une personne \u2014 cette humanisation de la nation fait dévier la conversation politique à toutes les époques et dans la bouche de presque tout politicien.Toutefois, on peut croire en un « corps politique » qui posséderait une âme, une histoire psychologique et un esprit.Sans concéder quoi que ce soit de logique à la sotte rhétorique du président, on peut quand même reconnaître que l\u2019Amérique est souffrante, qu\u2019elle se sent déçue au plus profond d\u2019elle-même, coupable d\u2019une faute profonde.D\u2019où vient ce sentiment ?La première déception à l\u2019égard d\u2019une prétendue grandeur américaine remonte à l\u2019esclavage, légal aux États censément unis pendant le premier siècle de son existence.Comment les pères fondateurs, dévoués à l\u2019égalité des hommes et à la liberté, avaient-ils pu permettre une telle hypocrisie?Tant de livres ont tenté de répondre à cette question, mais ce n\u2019est pas mon but de culpabiliser Thomas Jefferson et George Washington, deux grands révolutionnaires également propriétaires de nombreux esclaves.De 1861 à 1865, l\u2019Amérique, déchirée par l\u2019esclavage, a subi une guerre sanglante qui a coûté la vie à peut-être 750 000 soldats.À la suite de ce carnage extraordinaire s\u2019est présentée la meilleure occasion de notre histoire pour racheter l\u2019âme nationale, souillée pour avoir sanctionné l\u2019exploitation de 4 millions de personnes d\u2019origine africaine.L\u2019assassinat du président Lincoln, lui aussi un grand militant pour la liberté, a entravé le rêve d\u2019une société véritablement basée sur une justice égale pour tous.À sa place à la Maison- Blanche s\u2019est retrouvé l\u2019ancien vice-président Andrew Johnson, farouche partisan de l\u2019Union, mais en même temps ennemi déclaré de l\u2019égalité pour les anciens esclaves.Face au Congrès dominé par les «républicains radicaux», ce «président accidentel» a fait son possible pour contourner le programme de Reconstruction, qui aurait non seulement donné tous les privilèges de la citoyenneté aux Noirs mâles, mais aurait même pu confisquer certains terrains de plantations sudistes et les redistribuer à ces nouveaux hommes libres sous forme de petits lopins.L\u2019opposition de Johnson à la Reconstruction a encouragé les anciens rebelles à se ressaisir de leur statut dominant, et des émeutes anti-Noirs à Memphis et à La Nouvelle-Orléans ont tué environ 150 personnes prétendument libérées par la guerre et protégées par l\u2019armée fédérale.Son racisme et son obstruction ont mené la Chambre des représentants à la première inculpation d\u2019un président dans l\u2019histoire.Brenda Wineapple, dans son récent livre sur Johnson, raconte la suite lamentable du procès au Sénat où Johnson a été acquitté par une seule voix, celle du sénateur Edmond Ross, vraisemblablement achetée par des pots-de-vin.La réputation de Ross a bénéficié d\u2019une hagiographie écrite par le jeune John F.Kennedy en 1955, qui l\u2019avait traité de héros et d\u2019homme de principe pour avoir repoussé des jacobins dangereux qui auraient voulu détruire l\u2019équilibre des pouvoirs entre le Congrès et l\u2019exécutif.Pour le futur président et son «nègre», Theodore Sorensen, le pire des radicaux était Thaddeus Stevens, de la Pennsylvanie, grand abolitionniste, que Kennedy décrit comme «le perclus, fanatique personnification des extrêmes des républicains radicaux, maître de la Chambre des représentants, avec une bouche comme la fine lame d\u2019une hache».En fait, Stevens reste un des plus épatants personnages de l\u2019histoire américaine, partisan par-dessus tout des idéaux ratés des pères fondateurs.Eric Foner, auteur du livre de référence sur la Reconstruction, nous rappelle que Clemenceau le considérait comme le «Robespierre» de «la seconde révolution américaine».Cela dit, selon Foner, «même ceux qui étaient en désaccord avec sa politique ne pouvaient pas éviter d\u2019admirer, à contrecœur, cet homme pour son honnêteté, son idéalisme et son indifférence à l\u2019éloge et à la critique\u2026».Cependant, Stevens n\u2019était pas juste l\u2019ami des esclaves libérés; il était, avec son collègue le sénateur Benjamin Wade, le champion de tous les pauvres, noirs ou pas, et parmi ces derniers, surtout les Chinois et les Irlandais.Son projet de loi, qui aurait fourni 15 hectares à chaque esclave libéré, confisqués dans les anciens États rebelles, faisait également peur aux capitalistes du nord.Karl Marx était fort impressionné par cette politique et a cité un discours de Wade dans Le capital.Le livre de Foner est sous-titré La révolution inachevée de l\u2019Amérique, et c\u2019est ici qu\u2019on retrouve la « grandeur » perdue et déformée par Trump.La Reconstruction, subvertie par la violence de Blancs sudistes « et l\u2019affaiblissement de la détermination nordiste », a finalement échoué \u2014 il a fallu presque un siècle avant que les Noirs ne relancent leur campagne pour les droits civils.Mais ce ne sont pas seulement les Noirs qui ont souffert des conséquences de cette faillite.Car la vraie grandeur de l\u2019Amérique, le rêve égalitaire et la promesse de justice économique qui se situaient « au cœur de la politique de Reconstruction », a aussi chuté.La déception qui règne parmi les Blancs et les Noirs nous empoisonne toujours.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient au début de chaque mois.JOHN R.MACARTHUR Julie Dénommée Sidney Leclercq Chercheurs au Centre d\u2019etudes et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal Les Congolais se sont prononcés, le 30 décembre 2018, lors d\u2019élections présidentielles et législatives nationales et provinciales.Surprenante à première vue, la victoire de l\u2019opposant Félix Tshi- sekedi doit être relativisée.Elle doit être comprise à la lumière d\u2019un accord passé entre le vainqueur et le président sortant, Joseph Kabila, qui permet à ce dernier de conserver une très grande partie de son pouvoir sur les institutions du pays.Six mois plus tard, plusieurs leçons peuvent être tirées de ce processus électoral.L\u2019une d\u2019entre elles est que, loin d\u2019être un cas isolé, ces élections et la manipulation dont elles ont fait l\u2019objet s\u2019inscrivent dans un mouvement plus large, qui n\u2019est pas exclusif au continent africain : la défiance à l\u2019égard de la démocratie libérale.Lors de ces élections générales, trois candidats principaux se sont affrontés : Emmanuel Ramazani Shadary, du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition du président Joseph Ka- bila, inéligible à ces élections ; Martin Fayulu, de la coalition formée par l\u2019opposition, Lamuka ; et Felix Tshisekedi, fils de l\u2019opposant historique Étienne Tshisekedi, avec la plateforme Cap pour le Changement (Cach).Selon les résultats officiels, Tshisekedi a remporté la présidentielle avec 38 % des voix contre 34 % pour Fayulu et 23 % pour Shadary.Cette victoire du fils de l\u2019opposant historique est aussi, paradoxalement, celle du FCC de Kabila, qui sort grand gagnant des autres scrutins (législatifs et provinciaux) et prend ainsi le contrôle de l\u2019Assemblée nationale, du Sénat, des assemblées provinciales ainsi que des gouvernorats provinciaux alors que le Cach arrive bon dernier.Erreur sur le vainqueur Ces résultats, qui semblent illogiques tant ils impliqueraient que les électeurs ont voté de façon radicalement différente entre deux scrutins tenus le même jour, sont également vite contredits par les 40 000 observateurs électoraux de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et par une fuite de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).Selon ces deux sources, Martin Fayulu serait en fait le gagnant de l\u2019élection avec environ 60% des voix.Ce ne serait donc pas le « bon » opposant qui aurait été élu.S\u2019il s\u2019agit de la première alternance présidentielle pacifique du pays, la victoire de Tshisekedi apparaît plutôt être issue d\u2019un arrangement entre celui-ci et son prédécesseur, Joseph Kabila.Confirme a demi-mot par Tshisekedi, cet accord pour une transition pacifique et une gestion commune du pays a travers une coalition gouvernementale permet à Tshi- sekedi d\u2019accéder a la présidence tout en garantissant a Kabila un rôle prépondérant dans la gestion de l\u2019État.Comment?En contrôlant institutions étatiques et, donc, en se protégeant de possibles enquêtes.Ainsi, si Kabila n\u2019est plus à la tête du pays, il en détient encore largement le pouvoir.Quatre leçons Quels sont les enseignements de ces élections?D\u2019abord, la reconfiguration politique imposée par l\u2019accord entre Tshisekedi et Kabila montre la résilience de ce dernier pour rester au pouvoir tout en offrant la façade d\u2019une alternance.Félix Tshisekedi n\u2019a qu\u2019une marge de manœuvre politique très limitée en raison du déséquilibre des forces dans les institutions du pays, acquises à son prédécesseur.Ensuite, le faible espoir qu\u2019avait la communauté internationale pour un bon déroulement des scrutins et sa crainte d\u2019une éclosion de violences post-électorales ont largement contribué à lui faire accepter, après quelques hésitations, les résultats.Si ce n\u2019est pas une alternance démocratique, c\u2019est une alternance tout de même.L\u2019absence de mobilisation massive pour Fayulu en dépit d\u2019un taux de participation élevé aux élections confirme aussi une forme de satisfaction prudente de la part de la population qui, sans que le résultat corresponde à celui des urnes, se contente du départ de Ka- bila à la présidence et de l\u2019absence de violences postélectorales.Enfin, même si son élection est contestée, l\u2019arrivée au pouvoir de Tshisekedi a permis une détente politique nationale et internationale.De plus, sa volonté de changement et sa quête de légitimité, qui lui permettraient de peser plus lourd dans son rapport de force avec Kabila, le poussent à adopter plusieurs mesures symboliques comme la libération de prisonniers politiques ou l\u2019autorisation de manifestations de l\u2019opposition.La compétition avec son prédécesseur pourrait ainsi produire des dividendes et jouer en faveur d\u2019une amélioration de la situation en RDC.Un récent sondage Berci/GEC montre que, si près de la moitié de la population congolaise considère que les élections ont été truquées, elle en accepte le résultat et a une opinion positive de Félix Tshisekedi, à 62%.Le défi pour le nouveau chef de l\u2019État sera donc bien de concrétiser une alternative au-delà de l\u2019alternance, de naviguer entre dépendance à son prédécesseur et émancipation vis-à-vis de celui-ci, et de saisir les occasions de changement tout en sachant établir les limites de ses réformes et ambitions.POLITIQUE Les faux-semblants de la démocratie congolaise Le nouveau président congolais, Félix Tshisekedi, n\u2019a qu\u2019une marge de manœuvre politique très limitée.ANDREW CABALLERO-REYNOLDS AGENCE FRANCE-PRESSE Sans concéder quoi que ce soit de logique à la sotte rhétorique du président, on peut reconnaître que l\u2019Amérique est souffrante, qu\u2019elle se sent déçue au plus profond d\u2019elle- même, coupable d\u2019une faute profonde LEDEVOIR // LE MARDI 2 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com 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450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR P lusieurs familles ont poussé un soupir de soulagement en ce lundi de déménagement sur fond de pénurie de logements, tandis que d\u2019autres \u2014 près d\u2019une centaine \u2014 cherchaient toujours un toit à Montréal.Une trentaine de ménages devaient d\u2019ailleurs recourir au service d\u2019hébergement d\u2019urgence offert par la Ville.En entrevue avec Le Devoir, Véronique Laflamme, la porte-parole du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), a expliqué que 94 ménages locataires n\u2019avaient toujours pas signé de bail dans la métropole.À l\u2019échelle de la province, ce chiffre grimpe à plus de 200, selon le regroupement pour le droit au logement.Kerry Whelan confie avoir failli faire partie de ces malchanceux.Élevant seule ses trois enfants, dont un bébé, elle a trouvé de justesse un appartement dans l\u2019arrondissement Hoche- laga-Maisonneuve, pour y déménager dimanche, après avoir quitté un logement insalubre.« Il y avait des rats et de la moisissure, et nous ne voulions pas rester là-bas avec le bébé », a-t-elle expliqué, en ajoutant avoir cherché un appartement durant trois mois.Elle juge que sa capacité à trouver un logement était limitée, en raison de sa mauvaise cote de crédit.Elle occupe désormais un appartement où deux de ses enfants partagent une chambre, tandis qu\u2019elle occupe l\u2019autre avec son nourrisson.Le prix de son logement est toutefois plus élevé que celui qu\u2019elle occupait précédemment.« Nous devons nous adapter, nous n\u2019avons pas le choix », a-t-elle affirmé.D\u2019autres familles ont confié au Devoir avoir eu de la difficulté à trouver un appartement convenable.C\u2019est le cas d\u2019Ève Ferreira-Aganier, qui déménageait lundi avec son conjoint et sa fille.«Ma mère avait un condo à nous céder au même moment.Autrement, on aurait été pris avec la crise », a-t-elle dit.Elle a expliqué avoir regardé les petites annonces, pour s\u2019être ensuite rapidement tournée vers son réseau de connaissances, après avoir vu les prix des logements.«À 1000$, 1200$, ce ne sont pas de beaux appartements », a-t- elle déploré.«Les propriétaires sont de moins en moins conciliants.Ils demandent plus cher pour des choses qui ne sont pas retapées», a-t-elle ajouté, en disant comprendre tout de même les propriétaires.«Tout le monde a la corde au cou», a-t-elle conclu.« On visite, on écrit beaucoup et, souvent, on n\u2019a pas de retour », a renchéri Caroline Daigle, qui a vendu son appartement dans un immeuble en copropriété en juin.Avec son conjoint et sa fille en bas âge, elle cherche toujours un appartement.« On a vu des choses exorbitantes à 2400 $.Ça n\u2019a pas de bon sens », a-t-elle déploré.« Risque élevé » Lundi matin, les ressources de l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Montréal étaient chargées de trouver un toit aux ménages dépourvus de logis.Parmi eux, une trentaine sont considérés comme étant « à risque élevé ».Cela signifie qu\u2019ils nécessiteront probablement un service d\u2019hébergement d\u2019urgence.Les autres, considérés comme plus autonomes, devront être hébergés par leurs proches.Les ménages « à risque élevé » ont commencé à être hébergés dans des chambres de résidences universitaires réservées par la Ville de Montréal.« On ne veut pas indiquer le lieu pour ne pas que des gens se présentent là, mais il ne s\u2019agit pas d\u2019un centre communautaire avec des lits dans un gymnase, ce sont des chambres fermées », a expliqué à La Presse canadienne le LOGEMENT Déménager in extremis Le FRAPRU estime que plus de 200 ménages québécois étaient toujours à la recherche d\u2019un toit, lundi aux ménages ayant de la difficulté à déménager, en cas d\u2019urgence.Dur temps pour les familles Les difficultés que semblent éprouver de jeunes familles à se loger n\u2019étonnent pas Véronique Laflamme.«Les propriétaires vont préférer de jeunes professionnels tranquilles à une famille avec deux enfants», fait-elle valoir.La Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement a établi en octobre dernier que le taux d\u2019inoccupation dans la région de la métropole était de 1,9 %.Cette pénurie de logements fait en sorte que les propriétaires « ont le gros bout du bâton», déplore MmeLaflamme.Elle note que la situation « met en exergue toutes sortes de pratiques qui sont illégales, comme la discrimination et les dépôts qui sont exigés des locataires».La Montréalaise Marie-Pier Bazin a dû verser une somme de 200 $ à son nouveau propriétaire pour avoir l\u2019appartement qu\u2019elle désirait.« Je ne savais pas que c\u2019était illégal, mais en même temps, je comprends le principe », a-t-elle expliqué au Devoir, en ajoutant avoir vu des annonces en ligne où des propriétaires demandaient un dépôt dès la visite et la somme pour réaliser l\u2019enquête de crédit.« Je me disais que je ne donnerais pas un dollar à un appartement que je vais juste voir, je trouve ça illogique », a-t-elle expliqué.Elle et son compagnon ont trouvé leur logement au début du mois d\u2019avril.«On était dans les cinq premières personnes à appeler.On est allés visiter la journée même et on l\u2019a pris», a-t-elle expliqué, en disant que la clé du succès pour trouver un appartement est d\u2019agir rapidement.Rassurer les locateurs Même si le fait d\u2019exiger un dépôt de garantie de la part d\u2019un locataire est présentement interdit par la Régie du logement, des propriétaires réclament que la pratique soit légalisée.Selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), l\u2019obtention d\u2019un dépôt permettrait de rassurer le locateur et favoriserait ainsi l\u2019accès au logement, en protégeant les propriétaires contre d\u2019éventuels dégâts.Les membres de la CORPIQ estiment que les logements laissés en mauvais état touchent le tiers des appartements et que cela force le propriétaire à augmenter le loyer pour l\u2019ensemble de ses locataires, afin de prévoir une somme pour d\u2019éventuelles réparations.Avec La Presse canadienne Au moment même où des Montréalais hissaient boîtes et électroménagers pour déménager, lundi, le FRAPRU estimait à 94 le nombre de ménages locataires dans la métropole qui n\u2019avaient toujours pas trouvé de logis.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR conseiller municipal Craig Sauvé, responsable du dossier de l\u2019habitation au conseil exécutif.Les effets personnels des ménages hébergés seront entreposés, dans l\u2019attente d\u2019un nouveau logis.M.Sauvé a ajouté que des employés des travaux publics des arrondissements ont été mobilisés et qu\u2019ils pourraient intervenir afin de venir en aide On a vu des choses exorbitantes à 2400 $.Ça n\u2019a pas de bon sens.CAROLINE DAIGLE » "]
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