Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2019-07-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Lire La poète Maude Jarry avait fait de la mort sa vie Vivre Istanbul, entre passé et modernité Cinéma Faux frères et vrais mensonges L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Entrevue Émile Gaudreault dirige Antoine Bertrand et Louis- José Houde dans Menteur.Cinéma Les flâneurs Arts visuels Musique Festival international de jazz de Montréal Écrans Grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 4 7 12 29 30 32 14 6 22 27 24 23 34 36 38 40 42 44 45 46 L\u2019écrivain au travail Réflexion sur notre rapport à la mort avec la poète Maude Jarry.Louis Hamelin Entrevue Jeunesse Louis Cornellier Fiction Voyage Istanbul, centre culturel de la Turquie, entre passé et modernité.Jardin Alimentation Société Resto Escapade Vins Jeux SOMMAIRE 25 28 Photo de la une du D : Jacques Nadeau Le Devoir Photo de la une Lire : Marie-France Coallier Le Devoir C U L T U R E Les Belges et les Suisses ont pris en main leur présence dans l\u2019énorme festival OFF d\u2019Avignon et cartonnent avec leurs programmations audacieuses.Et si le Québec offrait aussi sa sélection dans le plus grand marché du théâtre francophone au monde ?Étude de cas.GRAND ANGLE PHILIPPE COUTURE À AVIGNON COLLABORATEUR LE DEVOIR À quand une sélection québécoise au OFF d\u2019Avignon ?Inspirons-nous du succès des Belges et des Suisses dans la cité papale our 1 du Festival d\u2019Avignon.Le festivalier s\u2019empare du gigantesque catalogue du OFF et tourne les 472 pages en quête de la pépite rare.Angoisse annuelle sur papier glacé : il y a 1700 spectacles à l\u2019af fiche, répartis dans des centaines de petits théâtres, la plupart alignant les pièces sans cohérence et sans direction.Au cœur de ce néanmoins charmant casse-tête, les productions suisses et belges se démarquent d\u2019emblée.Le festivalier le plus rusé s\u2019ar rête plus longuement sur la page 28, puis la 58, puis la 322, où son œil remarque les programmations hyperréfléchies de quelques lieux phares : La Manufacture, le 11 Gilgamesh Belleville et le Théâtre des Doms, lesquels accueillent entre autres les spectacles helvètes et ceux du plat pays.Chaque année, la tendance se confirme : les Belges et les Suisses sont tendance.Dans cet écosystème avignonnais qui favorise les productions des francophones hors France, le Québec est le grand absent.La distance géographique est un frein, certes, mais pas l\u2019accent ou les différences culturelles, depuis longtemps sources de curiosité bienveillante et même d\u2019un préjugé favorable.Les comédiens du NoShow peuvent en témoigner.En marge d\u2019une tournée précédente et de leur immense succès au OFF d\u2019Avignon en 2017, le spectacle mis en scène par Alexandre Fecteau a connu l \u2019une des plus grosses tour nées françaises récentes pour une production québécoise, enchaînant au total plus de 100 représentations.« Il est évident que de nombreux spectacles d\u2019ici ont le potentiel de répéter ce succès, mais c\u2019est compliqué et coûteux d\u2019être présent à Avignon sans appar tenir à une Selon Alain Cofino Gomez, directeur du Théâtre des Doms, « être sur place à l\u2019année [à Avignon] nous permet aussi de mettre en place des coproductions.Pendant le festival, notre lieu devient un repaire belge sympathique, qui contribue à nous donner une chouette image ».DR J Il est évident que de nombreux spectacles d\u2019ici ont le potentiel de répéter ce succès, mais c\u2019est compliqué et coûteux d\u2019être présent à Avignon sans appartenir à une structure VINCENT DE REPENTIGNY » | 3 Fe s t i va l O F F d \u2019Av i g n o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 14 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.ée par sent é e pr euv ne épr U structure », commente Vincent de Repentigny, directeur de La Serre arts vivants, qui séjourne au festival cet été pour tester l\u2019eau et tenter d\u2019imaginer le modèle idéal.« Faut-il faire comme les Belges et occuper carrément un théâtre avec notre programmation, ou faire comme les Suisses et saupoudrer notre sélection dans différents lieux?» demande-t-il.C\u2019est LA question.Le modèle belge, ancré dans la cité Vous cherchez du théâtre belge à Avignon ?C\u2019est simple.Direction le Théâtre des Doms.Les Belges ont ouvert leur propre lieu dès les années 1990 (ou les années nonante, comme on dit en Wallonie), au- jourd\u2019hui dirigé par Alain Cofino Gomez.« Les retombées sont majeures pour la scène belge », assure-t-il.Exemple : au moins trois des spectacles programmés l\u2019été dernier ont ensuite connu une tournée d\u2019une cinquantaine de dates sur le territoire français.«Être sur place à l\u2019année nous permet aussi de mettre en place des coproductions, explique Alain Cofino Gomez.Pendant le festival, notre lieu devient un repaire belge sympathique, qui contribue à nous donner une chouette image.» L\u2019autre avantage, c\u2019est la présence permanente de chargés de diffusion et d\u2019attachés de presse « redoutables », souvent recrutés directement en France parce qu\u2019ils connaissent mieux le milieu.Budget annuel : 700 000 euros (environ 1 million de dollars) ! La somme est entièrement financée par Wallonie-Bruxelles International (WBI), qui est également propriétaire du bâtiment.«Notre chance est que WBI soit un organe fédéral voué à la promotion de la Belgique et qu\u2019il ne relève pas du ministère de la Culture.Pour réussir le projet des Doms, il ne fallait pas espérer toucher les subventions artistiques habituelles, surtout consacrées à financer la création.» On prend des notes pour le Québec.Le modèle suisse de l\u2019infiltration L\u2019expérience de la Suisse est bien plus récente.En seulement trois étés, grâce à une stratégie ef ficace La pièce NoShow, en plus de son immense succès au OFF d\u2019Avignon en 2017, a connu l\u2019une des plus grosses tournées françaises récentes pour une production québécoise, enchaînant au total plus de 100 représentations.CHRISTOPHE PEAN de par tenariats avec cer tains des théâtres les mieux implantés à Avignon, les ar tistes de la Suisse romande sont devenus sexy aux yeux des festivaliers.« Ils étaient quasi invisibles il y a quelques années », se souvient Laurence Perez, directrice de la sélection suisse.Inspirée par les Belges, Laurence Perez a rapidement mis en place une équipe de diffusion sur place \u2014 c\u2019est le nerf de la guerre \u2014 ainsi qu\u2019une collaboration soutenue avec les théâtres qui accueillent les spectacles.« C\u2019est une logistique compliquée, ajoute-t-elle.Mais ça nous donne accès à des lieux adaptés à chaque production et nous offre un public très varié.» Et ça porte ses fruits.Après leur présence à Avignon, les ar tistes François Gremaud et Philippe Saire, par exemple, ont fait de grosses tournées (jusqu\u2019à 200 dates pour Conférence de choses de Grémaud !).D\u2019autres, comme Émilie Charriot, ont développé des coproductions avec la France.Combien ça coûte ?Rien de moins que 420 000 francs suisses (environ Une discrète présence du Québec cette année Les foules s\u2019agglutineront-elles aux portes du 11 Gilgamesh Belleville pour voir Antioche, de Sarah Berthiaume, comme elles l\u2019ont fait en 2017 pour voir le NoShow ?Le spectacle mis en scène par Martin Faucher est la seule production québécoise à l\u2019affiche du OFF cet été, après un passage à Paris où sa réception critique a été plutôt discrète.Le Québec brille aussi par ses textes, adaptés et interprétés par des troupes françaises.Comme presque chaque année, on trouve le nom de Carole Fréchette dans la programmation.S\u2019y ajoute cet été l\u2019auteur et comédien Steve Gagnon, qui verra sa pièce Ventre revisitée par le metteur en scène Vincent Goethals.557 000 $) par année.Le financement s\u2019ar ticule selon un modèle plus complexe, la majorité de la somme venant de la Fondation Pro Helvetia (une entité financée par la Confédération suisse), le reste étant assuré par les villes et les cantons dont sont originaires les artistes et par d\u2019impor tants mécènes privés (car ainsi va la Suisse).Fédéral, régional, municipal et privé : tout le monde contribue.On prend encore des notes.« Ce genre d\u2019initiative n\u2019est néanmoins pas toujours rose », conclut Vincent de Repentigny, donnant l \u2019exemple du Canada Hub au Fringe d\u2019Édimbourg, où se sont produits certains spectacles québécois récents sans connaître le succès escompté.Ils y ont perdu de rondelettes sommes.« Pour implanter une sélection québécoise, il faudra aussi prendre très au sérieux la direction artistique, dit-il.Le choix des spectacles sera complexe : il faudrait représenter la diversité du spectacle vivant québécois tout en ar ticulant une posture ar tistique forte et cohérente.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 4 | ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Faux frères et vrais mensonges Dans Menteur, Émile Gaudreault dirige les « jumeaux » Antoine Bertrand et Louis-José Houde euf longs métrages à son compte et Émile Gaudreault refuse toujours de se couvrir du chapeau de réalisateur.« Je ne suis qu\u2019un scénariste qui réalise », dit-il, en toute franchise.Si son neuvième film (le quatrième avec Louis-José Houde) s\u2019intitule Menteur , lu i , l \u2019auteur à succès (Mambo italiano, De père en flic 1 et 2), ne se raconte pas de salades.« C\u2019est l\u2019histoire qui me dicte tout.L\u2019histoire, c\u2019est ma manière de m\u2019exprimer.Le récit, la feel dramatique.Je suis de l\u2019école de Billy Wilder, qui disait qu\u2019il ne pouvait pas faire un plan qui n\u2019appartenait pas à son histoire.Je me reconnais là-dedans », raisonne-t-il.Émile Gaudreault n\u2019aime pas mentir.Il est plutôt attiré par l\u2019authenticité et c\u2019est peut-être pour cette raison qu\u2019il a souvent écrit, même sans les mettre en scène, de vrais canulars.Louis 19, le roi des ondes (1994), réalisé par Michel Poulette, est né en partie de sa plume.Sa filmographie personnelle en est, elle, fortement marquée, de Mambo italiano (2003), récit «d\u2019une réalité plus vraie que nature », à Le vrai du faux (2014).«C\u2019est toujours une histoire de qui est qui, de personnages vrais avec eux-mêmes», résume-t-il.La vérité du menteur Parole de scénariste-qui-tourne-des- images, Menteur prend sa source dans la vraie vie.Celle d\u2019un proche qui mentait tout le temps, allant jusqu\u2019à se servir de son propre fils.Émile Gaudreault a voulu traquer « la vérité émotionnelle » de ce menteur compulsif sans trop s\u2019y coller.Il affirme s\u2019être lancé dans l\u2019écriture avec Éric K.Boulianne et Sébastien Ravar y, au générique aussi de De père en flic 2 (2017), en 2014.Deux bonnes années avant l\u2019ère fake news.«L\u2019actualité nous a rattrapés.On ne pouvait pas ne pas en tenir compte», dit-il, en savourant son flair.Un flair qu\u2019il avait déjà à l\u2019époque de Louis 19\u2026, film sur la téléréalité avant que le phénomène existe.Menteur s\u2019appuie sur une idée, sinon utopiste, suffisamment farfelue pour aboutir à une comédie fantastique rarement vue dans le cinéma québécois.Et si ses mensonges devenaient réalité ?demande le slogan du film.Le monde déraillerait.Et entrerait, selon la vision de ce réalisateur qui n\u2019en est pas un, dans une dimension parallèle.Celle du « multi- vers », là où le revers de la médaille prend le dessus.La nouvelle comédie d\u2019Émile Gaudreault mélange les genres, romance, burlesque, horreur, jusqu\u2019au cinéma de fin du monde, sur fond de guer re planétaire \u2014 comme celles qu\u2019Hollywood aime inventer.À la dif férence que le budget de Menteur en est un à la québécoise, soit 7 millions de dollars, ef fets spéciaux compris.Productrice attitrée d\u2019Émile Gaudreault, Denise Robert estime que la folie imaginaire du projet aurait coûté, au sud de la frontière, 38 millions.Le travail d\u2019équipe en amont et une approche « organique » auront été ici la voie du salut.« La fin du monde ?On n\u2019en avait pas les moyens.On y est allé une journée à la fois et on a trouvé la solution en réaffectant des sommes», dit-elle.Au bout, Menteur, par sa forme, est le film le plus original et le plus exigeant qu\u2019elle ait produit.« J\u2019aime la capacité d\u2019Émile à aller là où notre cinéma n\u2019est jamais allé.» S\u2019abandonner au mensonge Gaudreault et ses coscénaristes se sont servis de tous les genres pour «renouveler l\u2019histoire ».Du coup, les mensonges se complexifient, révè- Émile Gaudreault, en bon scénariste, s\u2019est inspiré de la vraie vie pour écrire Menteur tout en évitant de tomber dans les stéréotypes de la comédie.PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR N | 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C\u2019est l\u2019histoire qui me dicte tout.L\u2019histoire, c\u2019est ma manière de m\u2019exprimer.Le récit, la feel dramatique.Je suis de l\u2019école de Billy Wilder, qui disait qu\u2019il ne pouvait pas faire un plan qui n\u2019appartenait pas à son histoire.Je me reconnais là-dedans.ÉMILE GAUDREAULT » On pourrait penser que les acteurs sont des bons menteurs.Ce n\u2019est pas la même affaire.Le mensonge du comédien, c\u2019est plus un oubli, un abandon.Il faut arriver à se croire.Plus Louis- José est convaincu, plus c\u2019est drôle.ANTOINE BERTRAND » Les étiquettes ne me dérangent pas.Sur le plateau, je n\u2019ai aucune gêne.Je ne m\u2019excuse pas, je travaille avec humilité et écoute.Et personne ne me fait sentir outsider.LOUIS-JOSÉ HOUDE » lent des vérités dif ficiles à avouer.Bien sûr, Menteur ressasse codes et gags propres à l\u2019univers comique, y compris le lancer de nourriture, mais évite aussi des stéréotypes qui se profilaient pourtant à l\u2019horizon.Son choix d\u2019humoristes pour assurer les premiers rôles de ses films, le membre du défunt Groupe sanguin ne se l\u2019explique pas.L\u2019humour, c\u2019est sa famille et c\u2019est naturellement qu\u2019il se tourne vers elle.Pour incarner « celui-qui-ment-à-tout-vent » : Louis- José Houde, pour qui Émile Gaudreault a la plus grande estime.« Louis-José est un grand comique, mais sur tout un acteur exceptionnel », dit-il, le plus sérieusement du monde.Il est aussi « un super véhicule », qu\u2019il apprécie pour son rythme, sa musique, comme il apprécie les tempos du reste de la distribution \u2014 Antoine Ber trand, Catherine Côté, Anne-Élisabeth Bossé, pour ne nommer que les principales têtes.Vrai acteur ou humoriste déguisé ?Louis-José Houde se fait encore poser la question.Pas sur les plateaux.« Les étiquettes ne me dérangent pas.Sur le plateau, je n\u2019ai aucune gêne.Je ne m\u2019excuse pas, je travaille avec humilité et écoute.Et personne ne me fait sentir outsider », dit celui pour qui la scène du mensonge original \u2014 se mentir à lui-même \u2014 aura été la plus difficile.« On pourrait penser que les acteurs sont de bons menteurs, estime pour sa part celui qui incarne son frère jumeau, Antoine Bertrand.Ce n\u2019est pas la même affaire.Le mensonge du comédien, c\u2019est plus un oubli, un abandon.Il faut arriver à se croire.Plus Louis-José est convaincu, plus c\u2019est drôle.» La « vérité réorganisée » Émile Gaudreault, qui espère « transporter les gens », les « sortir de l\u2019ordinaire », recherche, en tant que cinéphile, les mêmes plaisirs.Amateur autant de blockbusters que de films « personnels », il ne voit pas le cinéma comme un artifice ou une fabrication, mais comme « la vérité réorganisée ».Naturellement, il cite en entrevue Une séparation (2011) d\u2019Asghar Farhadi et Toni Erdmann (2016) de Maren Ade.Les deux titres possèdent un fond de mensonges-vérités.«Le personnage de Toni Erdmann se dévoile à mesure.Ce qu\u2019on nous raconte, c\u2019est la révélation d\u2019une femme à travers son père.J\u2019ai été fasciné par la structure du scénario », confie-t-il.Ça doit être vrai que son truc, c\u2019est le récit (et non le mensonge).Mais franchement, après neuf films, ne vous sentez-vous pas un peu cinéaste ?Qu\u2019est-ce que ça vous prendrait ?« Il faudrait peut-être que je réalise quelque chose que je n\u2019ai pas écrit », concède-t-il, après avoir affirmé que, réalisateur, « je pense que je ne le serai jamais».Le croyez-vous?Menteur prend l\u2019affiche partout au Québec le 10 juillet.C\u2019est Louis-José Houde (à droite) qui interprète ce menteur compulsif face à Antoine Bertrand, son frère jumeau. \u2019intention, dès le titre et l\u2019ordre dans lequel sont placés les prénoms, ne pourrait être plus claire.Avec Marianne & Leonard : Words of Love, Nick Broomfield entendait non seulement retracer une histoire d\u2019amour, mais célébrer l\u2019œuvre \u2014 réelle mais intangible \u2014 de celle qui aura inspiré à Cohen quelques-unes de ses immortelles (Hey, That\u2019s no Way to Say Goodbye, Bird on the Wire, So Long Marianne).Objectif revendiqué : montrer que Marianne Ihlen n\u2019avait rien d\u2019une muse passive, n\u2019existant que dans l\u2019œil du créateur dont elle provoquait l\u2019état de grâce.« Marianne avait un grand talent, celui de présenter les gens à leur talent [« introduce people to their talent»], de le raffiner», fait valoir le documentariste anglais (Kurt & Courtney, Whitney : Can I Be Me) lors d\u2019une brève entrevue téléphonique.En plus d\u2019accompagner Cohen dans l\u2019écriture de deux romans (The Favourite Game et Beautiful Losers), Marianne aura notamment encouragé la chanteuse folk Julie Felix à créer ses chansons à elle, et le cinéaste lui-même à tourner son premier long métrage.« Elle parvenait à faire germer le talent des autres, à les convaincre de suivre leurs instincts et à croire en eux, de la même manière qu\u2019un grand réalisateur de disques, ou un grand gérant le ferait », insiste celui qui vivra une idylle d\u2019un an avec la Norvégienne, de 13 ans son aînée.« Son univers était plein de couleurs et de choses exotiques.Elle a nourri mon intérêt pour la vie, pour le monde, pour le moment présent que l\u2019on vit pleinement.C\u2019est elle qui m\u2019a appris à remplir ma vie d\u2019instants dont je vais me souvenir et que je vais chérir, plutôt que de le remplir d\u2019argent.» «Life is an art», répondait-elle à ceux qui s\u2019enquéraient de la discipline dans laquelle elle s\u2019illustrait.La traductrice anglaise de sa biographie, Helle Goldman, déclarait pour sa part au Guardian le 30 juin : «Le fait qu\u2019elle ait été à un très jeune L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 6 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF LE DEVOIR Rendre justice à la muse Le documentaire Marianne & Leonard promet un regard nouveau sur la plus grande inspiratrice de Cohen L Marianne Ihlen et Leonard Cohen sur l\u2019île grecque d\u2019Hydra ROADSIDE ATTRACTIONS ASSOCIATED PRESS âge définie comme la muse d\u2019artistes masculins l\u2019a handicapée pendant un certain temps.» Ne pas juger Marianne Ihlen s\u2019installe en 1958 sur l\u2019île grecque d\u2019Hydra, avec son mari, le romancier Axel Jensen, un homme taciturne qui l\u2019abandonne rapidement pour une autre femme.Grâce à ses amis écrivains George Johnston et Charmian Clift, Leonard Cohen s\u2019éprend à la même époque de ce microcosme de liber té, peuplée d\u2019ar tistes fuyant les contraintes de leur milieu d\u2019origine.Il s\u2019y installe au printemps 1960, et tombe amoureux de cette femme discrète, qui tentera du mieux qu\u2019elle peut d\u2019apaiser ses angoisses nombreuses.Sous le violent soleil du golfe Saronique, le Montréalais gobe du speed comme des arachides et tape chaque jour ses trois pages obligatoires.Le roman qui émerge de ces rudes séances de travail, Beautiful Losers, sera, à son total désarroi, très durement accueilli par la critique. | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 L E S F L Â N E U RS Relire La Québécoite de Régine Robin, c\u2019est s\u2019offrir le luxe d\u2019un voyage dans le temps sans nostalgie, une visite guidée dans les rues de quartiers de Montréal aux identités protéiformes, où ouvriers séparatistes côtoient juifs hassidiques ou bourgeois.C\u2019est un réel plaisir de lecture, de s\u2019immerger dans la prose en forme de patchwork de cette figure incontournable de la littérature migrante au Québec, qui dépeint avec liberté la réalité multicultu- relle en juxtaposant Montréal à Paris et à New York, abordant par la bande la complexe question identitaire.Errances dans le Montréal d\u2019hier Comme il nous faut toujours de la poésie, en voici de la belle: pour souligner les dix ans de la mort du poète français Pierre Peuchmaurd, l\u2019éditeur montréalais l\u2019Oie de Cravan a publié en avril un ensemble de textes inédits, Les cordes de patience.Voilà des tableaux plus courts qu\u2019une sieste d\u2019été, une magnifique architecture de ce que nous sommes à travers les saisons et le temps.Il faut larguer les amarres et se laisser porter sous son «ciel jaune», en attendant de voir apparaître ses «grandes plaines» et leurs montures filantes.Pierre Peuchmaurd, c\u2019est l\u2019immensément grand dans le tout petit.Pierre Peuchmaurd, dix ans après Surnommée le «charmant petit monstre» par Mauriac, propulsée à 19 ans sur la scène littéraire avec Bonjour tristesse, Françoise Sagan (1935-2004) a fait autant parler de ses livres que de ses frasques au cours de sa tumultueuse existence.Alors que Christian Lacroix vient de faire paraître dans la collection «Bouquins» (Robert Laf- font) les œuvres de la dame, parmi lesquelles Un certain sourire, Dans un mois, dans un an et Aimez-vous Brahms\u2026, l\u2019occasion paraît idéale pour se laisser emporter par sa «petite musique».Une lecture d\u2019été tout en délicatesse pour ceux qui ne craignent pas la mélancolie.La série culte japonaise des années 1990 Neon Genesis Evangelion, longtemps disponible en DVD d\u2019occasion uniquement, a finalement été rematri- cée par Netflix.Pour plusieurs \u2014 nous compris \u2014, ce sera donc une découverte.15 ans avant les faits, un météore frappe l\u2019Antarctique.La fonte de ses glaces a provoqué l\u2019inondation de la Terre et la mort de la majorité de ses habitants.Et comme si la fin du monde n\u2019était pas assez, des «Anges», sortes d\u2019extraterrestres, veulent réduire ce qu\u2019il reste en poussière.On demande à un jeune garçon de piloter un robot humanoïde pour les combattre\u2026 au prix de sa santé mentale.Alerte aux robots géants Bonjour Françoise SYLVIE ST-JACQUES OLIVIER SYLVESTRE GENEVIÈVE TREMBLAY MANON DUMAIS Paumé et abattu, l\u2019homme de lettres se tourne vers l \u2019écriture de chansons.La populaire Judy Collins enregistre Suzanne en 1966 et le pousse presque sur scène.Malgré une voix au registre limité, Cohen- le-magnétique devient l\u2019objet d\u2019une dévotion quasi-religieuse et essentiellement féminine dont il tirera gaiement \u2014 allô l\u2019euphémisme \u2014 profit sur la route.« C\u2019était ma période blue movie », se souviendra-t-il plusieurs années plus tard au sujet de ses premières tournées, aussi généreuses en corps dénudés qu\u2019un film pornographique.Leur relation s\u2019inscrivait hors des limites de la monogamie traditionnelle, cer tes, mais Marianne vivra difficilement la popularité et les histoires d\u2019un soir de Leonard.Nick Broomfield se refuse pourtant à remettre en question les rapports de pouvoir qui permettent alors à l\u2019homme de goûter à tous les plaisirs pendant que la femme ronge son frein, un triste rappel de la réalité voulant que celle que l\u2019on confine au rôle de muse ne soit toujours que soumise aux envies fluctuantes de celui qu\u2019elle enfièvre.La relation entre Ihlen et Cohen s\u2019étiole jusqu\u2019à la fin de la décennie 1960.« J\u2019ai essayé très for t de ne pas juger, parce que souvent, juger, c\u2019est réduire la complexité d\u2019une réalité, explique Nick Broomfield.Leonard adorait les femmes, cer tains ont peut-être même pensé qu\u2019il les aimait trop, mais l\u2019essentiel, c\u2019est qu\u2019il était incapable de s\u2019engager.Ce n\u2019est pas pour autant une raison de le critiquer.Il a écrit lui-même là-dessus ; il serait le dernier à tenter de se défendre.Si son œuvre est à ce point forte, c\u2019est précisément parce qu\u2019il s\u2019est beaucoup moqué de lui-même.» Une histoire d\u2019amour ?Peu impor te ses ambitions de départ, Marianne & Leonard demeure ainsi plus fasciné par Cohen que par son amoureuse et ne consacre que très peu de temps à l\u2019existence rangée que vivra Marianne à Oslo après Hydra, pendant que la retraite de Leonard dans un monastère bouddhiste, elle, occupe un segment substantiel.Même dans un documentaire habité par le noble désir de rendre à Marianne ce qui lui revient, l\u2019ombre de Cohen continue visiblement de l\u2019avaler.Nick Broomfield par vient néanmoins à mettre en lumière des facettes inédites du personnage scruté de toutes parts depuis son départ, grâce à des intervenants aussi truculents que bien choisis, dont le guitariste Ron Cornelius, qui vole la vedette avec ses anecdotes de drogue, et Aviva Layton, troisième femme du poète et mentor de Cohen Ir ving Layton, qui s\u2019y connaît en matière de relations pas simples, simples.Dans une des dernières scènes \u2014 arrache-larmes \u2014 du film, une Marianne émaciée, 81 ans, reçoit un courriel d\u2019adieu de son amant d\u2019antan, qui mour ra seulement trois mois après elle, en novembre 2016 : « I\u2019m just a little behind you, close enough to take your hand.» (Je suis juste derrière toi, assez près pour prendre ta main.) Si bien que l\u2019on ne sait plus s\u2019il s\u2019agit d\u2019une histoire d\u2019amour ou d\u2019une histoire de rendez-vous raté, que l\u2019on nous a racontée.« Je pense que c\u2019est une histoire d\u2019amour, mais l\u2019amour est évidemment une émotion très puissante, qui peut supposer aussi beaucoup de tristesse, plaide Nick Broomfield.Je pense que Marianne et Leonard avaient une grande profondeur de sentiments l\u2019un pour l\u2019autre, mais ce n\u2019était certainement pas un amour de type boîte de chocolats.» Marianne & Leonard : Words of Love prend l\u2019affiche le 13 juillet.Le cinéaste Nick Broomfield parvient à mettre en lumière des facettes inédites de Cohen.TIBRINA HOBSON AGENCE FRANCE-PRESSE Marianne et Leonard avaient une grande profondeur de sentiments l\u2019un pour l\u2019autre, mais ce n\u2019était certainement pas un amour de type boîte de chocolats NICK BROOMFIELD » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 8 | À partir de 1879 jusqu\u2019à 1912, tous les jours, peu importe le climat ou les malheurs de l\u2019existence, rien n\u2019empêchera Ferdinand Cheval d\u2019ériger ce lieu nettement inspiré des conquêtes coloniales, et dont il a rêvé en feuilletant les journaux.AZ FILMS CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Devant L\u2019incroyable histoire du facteur Cheval, on ne peut s\u2019empêcher de dresser des paral lè les avec L\u2019homme qui plantait des arbres, de Jean Giono, mis en images par Frédéric Back : dans le sud de la France, un homme obstiné, seul contre tous, et surtout contre les éléments, érige une œuvre singulière.Elzéar Bouf fier a fait naître une forêt ; Ferdinand Cheval a construit de ses mains un palais, symbole éclatant de l\u2019art naïf.Nils Tavernier a pris à bras-le- corps un sujet, celui-là véridique, qui n\u2019était pas sans risques, et surtout sans excès de mièvrerie.Sans doute à cause de l\u2019époque, du décor (champêtre, mais rarement bucolique) et de son interprète principal, l\u2019heure est davantage à l\u2019ascétisme, à la sobriété, bref, à mille lieues d\u2019une variation de Jean de Florette ou de Manon des sources.Disons que Jacques Gamblin, dans la peau de cet homme de (très) peu de mots, n\u2019a rien d\u2019une star, tandis que Laetitia Casta, dans le rôle de sa seconde épouse, réussit tant bien que mal à nous convaincre de sa condition de paysanne.Avant même qu\u2019il entreprenne le projet de se transformer en maçon, de travailler comme une bête de somme pour ériger cette construction improbable à la gloire de sa fille bien-aimée, Ferdinand Cheval passait déjà pour un excentrique, incapable du moindre signe de politesse, ratissant les environs avec une détermination sauvage.Trébucher violemment sur une pierre fut pour lui comparable à la pomme tombée devant le physicien Isaac Newton : une sorte d\u2019illumination, et plus rien ne pouvait être comme avant.À partir de 1879 jusqu\u2019à 1912, tous les jours, peu importe le climat ou les malheurs de l\u2019existence, rien ne l\u2019empêchera d\u2019ériger ce lieu nettement inspiré des conquêtes coloniales, et dont il a rêvé en feuilletant les journaux.Dans cette émouvante chronique paysanne, les grands événements qui ont marqué la France (l\u2019af faire Dreyfus, l\u2019annonce de la Première Guerre mondiale) ne sont que de timides échos qui effleurent la vie harassante et monotone de ces personnages en marge du tumulte, et les avancées technologiques (de la photographie à l\u2019automobile), de simples bizarreries.Ce qui fascine Nils Tavernier, c\u2019est la détermination quasi démentielle de cet homme qu\u2019on pourrait croire sorti de l\u2019imagination d\u2019un romancier comme Émile Zola, figure héroïque jamais totalement affranchie de la misère.Dans ce monde où le temps semble figé, où la maladie est une menace constante (elle fauche les enfants, au grand désespoir des parents) et la faim une préoccupation perpétuelle, l\u2019édification de ce palais ressemble à un pied de nez à l\u2019adversité, un monument à la beauté dans un univers impitoyable, mais aussi un rempar t contre le deuil qui rend fou.Toutes ces émotions L\u2019homme qui posait des pierres Nils Tavernier nous dépeint la détermination démentielle d\u2019un antihéros digne d\u2019Émile Zola entremêlées, Jacques Gamblin les fait siennes, à la fois solide comme le roc et fragile comme un adolescent affolé devant l\u2019inconnu.La leçon de cet antihéros buté, pauvre en expressivité (apprivoiser la paternité fut pour lui une épreuve, mais qu\u2019il a somme toute réussie), est celle d\u2019un petit triomphe de la volonté : lent, patient, constant, jamais hors de la trajectoire fixée par son créateur.Au-delà de ses limites intellectuelles qui ne furent jamais un frein à son ingéniosité, son palais idéal symbolise l\u2019exemple par fait d\u2019une victoire devant la petitesse d\u2019un milieu.Nils Tavernier a ajouté une pierre finement taillée à la mémoire de cet homme vraiment pas comme les autres.L\u2019incroyable histoire du facteur Cheval ?1/2 Drame biographique de Nils Tavernier.Avec Jacques Gamblin, Laetitia Casta, Florence Thomassin, Bernard Le Coq.France\u2013Belgique, 2017, 105 minutes. | 9 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR On disait d\u2019Alfred Hitchcock qu\u2019il filmait les scènes d\u2019amour comme des scènes de crime, ou alors l\u2019inverse.Le Belge Olivier Masset-Depasse (Cages, Illégal) a retenu la leçon dans Duelles, surtout pour les scènes qui émaillent le quotidien, orchestrées comme si l\u2019effroyable ou l\u2019irréparable pouvait surgir à tout moment au milieu d\u2019un escalier ou d\u2019un corridor.Car y Grant sor tirait de nulle par t avec un verre de lait (empoisonné ?), comme dans Suspicion, que cela ne surprendrait personne.Voulant visiblement jouer la carte du pastiche et des références rarement voilées, le cinéaste s\u2019est fait plaisir en transposant dans les années 1960 le roman de Barbara Abel (Derrière la haine), une histoire d\u2019amitiés féminines brisées par la mort d\u2019un enfant dont la présence fantomatique va hanter tout le film.Et surtout plonger les deux héroïnes dans le délire, la rancœur et la peur, chacune habitant dans une maison cossue uniquement séparée par un mur mitoyen.Elles semblent aussi sorties d\u2019un catalogue de grand magasin, ou alors d\u2019un film de Douglas Sirk, de Todd Haynes ou de François Ozon, quasiment identiques, différentes de par leur couleur de cheveux, la blonde Alice (Veerle Baetens, une présence forte) et la brune Céline (Anne Coesens, le feu sous la cendre), toutes deux mamans d\u2019un charmant petit garçon qui, tiens tiens, s\u2019entendent à merveille.Tout va basculer \u2014 littéralement \u2014 lorsque Maxime, le fils de Céline, sautera de la fenêtre sous le regard horrifié d\u2019Alice, impuissante à le sauver.Commence alors un immense deuil pour Céline, et l\u2019omniprésence d\u2019un profond sentiment de culpabilité pour Alice, assorti d\u2019une peur grandissante devant les comportements étranges de celle qui pourrait bien avoir l\u2019intention de se venger.Est-ce bien le cas ?Les subterfuges de la dissimulation meurtrière sont bien connus au cinéma, la caméra téléguidant souvent le regard du spectateur pour mieux le distraire, construisant ainsi une mystification autour des suspects potentiels.Le mari d\u2019Alice (Mehdi Nebbou) fait même partie de cette liste, question de brouiller un peu plus les pistes et de jeter un doute sur l\u2019équilibre mental fragile de cette femme rongée par le remords, mais surtout envahie d\u2019une peur légitime devant le nombre de cadavres s\u2019accumulant dans ce quartier paisible où les voisins semblent inexistants.Duelles relève surtout d\u2019un exercice de style aux moyens minima- listes, usant au maximum d\u2019une direction artistique soignée, des coiffures aux costumes en passant par les intérieurs à l\u2019ameublement scandinave, sans compter les voitures suintant une évidente nostalgie.Dans un souci évident de ne jamais ennuyer, sur tout dans un nombre très limité de décors et de personnages, la musique se fait omniprésente, injectant une dose supplémentaire d\u2019angoisse, même, et surtout, aux moments les plus banals.Les ficelles narratives sont parfois un peu grosses, dont celles entourant la fragilité émotionnelle d\u2019Alice, véritable blonde hitchcockienne, mais on sent chez Olivier Masset-De- passer un plaisir pleinement assumé de jouer au cinéphile érudit.Et de réussir, ici et là, à nous mystifier, une petite réussite qui annonce déjà la possibilité d\u2019un remake hollywoodien.Preuve que l\u2019élève a bien fait ses devoirs, sachant aussi plagier les plus doués de sa classe.Duelles ?1/2 Thriller d\u2019Olivier Masset-Depasse.Avec Veerle Baetens, Anne Coesens, Mehdi Nebbou, Jules Lefebvre.France\u2013Belgique, 2018, 97 minutes.Sueurs froides à la belge Quand craque le vernis aveuglant d\u2019une banlieue cossue, réveillant soupçons et paranoïa Le cinéaste prend un malin plaisir à orchestrer les scènes qui émaillent le quotidien, comme si l\u2019effroyable ou l\u2019irréparable pouvait surgir à tout moment.AZ FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 0 | Les nouveautés sont en rose X-Men.Phénix noir (V.F.de Dark Phoenix) ?La principale mutation du dernier X- Men, c\u2019est l\u2019éjection de Bryan Singer aux commandes de cette série quasiment inusable.Simon Kinberg, nouveau venu avec une longue feuille de route comme producteur, a pris les commandes, et respecté le cahier des charges: de nouveaux visages, mais pas trop; des péripéties à la pelle, mais aussi quelques dilemmes mo- La femme de mon frère ?Pessimiste quant à ses perspectives d\u2019avenir, Sophia, doctorat en poche, squatte l\u2019appartement de son frère Ka- rim, avec qui elle partage une complicité de toujours.Mais lorsqu\u2019il s\u2019éprend d\u2019Éloïse, c\u2019est la panique.Ce film «dramatico-désopilant» expertement écrit et réalisé est à ranger dans la catégorie des irrésistibles.C\u2019est là un portrait de femme à maints égards atypique que brosse Monia Chokri.Vive, nuancée, et complètement désarmante, Anne-Élisabeth Bossé compose une héroïne qui, sous couvert de désinvolture et de bel esprit, cache un abîme d\u2019angoisse.Souvent, on est ému alors qu\u2019on a encore mal aux côtes de s\u2019être esclaffé.La facture est extrêmement soignée sans être po- Comme des bêtes 2 (V.F.de The Secret Life of Pets 2) ?Comme son prédécesseur, The Secret Life of Pets 2 s\u2019interroge avec un humour rafraîchissant sur ce que peuvent bien fabriquer nos animaux domestiques lorsque nous les laissons seuls à la maison.Porté par trois intrigues inégales formant un tout plutôt incohérent, le film demeure d\u2019une indéniable efficacité, notamment grâce à de remarquables animations et à de désopilants et ingénieux clins d\u2019œil aux comportements à la fois irrésistibles et exaspérants de ces petites bêtes.Amusant et adorable, à l\u2019image de ses héros.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Les sept dernières paroles ?Dirigé par Kaveh Nabatian, cet essai est une mise en images très libre des ultimes propos qu\u2019aurait tenus le Christ en croix.Or en guise de «parole», les cinéastes devaient s\u2019en tenir à l\u2019opus 51 de Haydn: Les sept dernières paroles de Notre Sauveur en croix.Même s\u2019il est techniquement constitué de sept courts métrages, tant le thème que la musique assurent une unité.D\u2019autant que Nabatian a tourné, outre son segment, un prologue et un épilogue puissants.En couleur ou en noir et blanc, la facture demeure toujours superbe.C\u2019est tour à tour émouvant, mystérieux, déroutant, hallucinant\u2026 Évidemment, et c\u2019est le propre des films collectifs, certaines contributions s\u2019avèrent plus marquantes.Cela dit, et c\u2019est en soi un accomplissement, il n\u2019est ici point de véritable maillon faible.Quand même, l\u2019ouverture en pleins cieux est inoubliable.Et il y a la musique de Haydn, à l\u2019épreuve du temps\u2026 François Lévesque Dogman (V.O., s.-t.f.et s.-t.a.) ?Dans une banlieue italienne délabrée, Marcello, un toiletteur canin, arrondit ses fins de mois en vendant de la coke à ses amis.L\u2019un d\u2019eux, Simone, un ex- boxeur, a beau le mettre dans le pétrin à répétition, Marcello lui reste fidèle.Ici, Matteo Garrone revisite le monde du gangstérisme sous l\u2019angle d\u2019une masculinité pas tant toxique qu\u2019autodestructrice.Plutôt que d\u2019homosexualité refoulée, il est question de subjugation: Marcello est captivé par Simone.Or, Marcello entretient cette relation: si Simone est accro à la drogue, lui est accro à Simone.Marcello est comme un chien prêt à tout pour plaire à un maître cruel.La tension que génèrent les acteurs Marcello Fonte, primé à Cannes, et Edoardo Pesce est hallucinante.Le tout, filmé avec une sensibilité néoréaliste qui confère à l\u2019œuvre une poésie âpre.Puissant, le dénouement hante.Un film de fureur, de musc et de sang: celui des bêtes, qui ne sont pas toujours celles que l\u2019on croit.François Lévesque Histoire de jouets 4 (V.F.de Toy Story 4) ?À l\u2019occasion d\u2019un voyage en caravane avec sa nouvelle propriétaire, Bonnie, le cowboy jouet Woody renoue avec Bo, une bergère ayant jadis appartenu à la sœur de son premier propriétaire.Or, chez l\u2019antiquaire du coin, une poupée reluque le mécanisme vocal de Woody et tient en otage le jouet favori de Bonnie.Ce quatrième volet divertit, mais déçoit après que le troisième eut si magnifiquement bouclé la boucle de la série.Trop de personnages secondaires sous-utilisés et de va-et-vient entre la caravane, la boutique et un parc d\u2019attractions («infopub» pour Walt Disney Studios Park) imposent un rythme en dents de scie.Quant aux velléités «girl power», elles paraissent factices au vu de l\u2019usage limité fait de la cowgirl Jessie et du traitement réservé à l\u2019antagoniste.Cette histoire-là est celle de Woody, et elle n\u2019était pas indispensable.Le film affiche le brio technique attendu de Pixar, mais ne convoque pas la magie des précédents.François Lévesque Gaza ?1/2 Espoir, légèreté et poésie peuvent-ils fleurir au milieu des décombres et des détritus?Les cinéastes irlandais Garry Keane et Andrew McConnell en étaient convaincus lorsqu\u2019ils ont sillonné Gaza pendant des mois, allant à la rencontre de personnages qui ne militent que pour une seule cause: leur survie.Un quotidien harassant, ponctué de ruptures de courant, d\u2019attaques aériennes, d\u2019horizons bouchés et de frontières bloquées, fait d\u2019eux des survivants.Entre le théâtre et la pêche, la musique et les flâneries sur la plage, ils s\u2019inventent des lendemains rayonnants, souvent loin de cette prison à ciel ouvert que l\u2019ONU a décrétée invivable à partir de 2020.Pour certains d\u2019entre eux, spectateurs impuissants de la corruption de leurs élites, voilà des décennies qu\u2019ils le savent\u2026 André Lavoie seuse.Bémol: une propension à faire durer certaines scènes jusqu\u2019à en amoindrir l\u2019impact.Avec l\u2019aide de la directrice photo Josée Deshaies, la cinéaste ménage cela dit d\u2019authentiques instants de grâce visuelle.Du très drôle, du très beau, et du très bon.François Lévesque Quoiqu\u2019il pousse ici jusqu\u2019à ses limites son parti pris de langueur horrifique.Certains développements prévisibles ne minent pas trop cet exercice de « folk horror» inducteur d\u2019une transe semblable à un cauchemar éveillé, et d\u2019autant plus tétanisant qu\u2019il se déploie en pleine lumière.Propice à maintes lectures allégoriques (et leurs contraires), le film ne se borne pas à effrayer: il joue dans la tête.Et dès lors, s\u2019y incruste.François Lévesque quelques destinations européennes fort fréquentées, et que va découvrir Peter Parker.Il voulait laisser son costume de Spider-Man derrière lui, mais nul n\u2019échappe à sa destinée, surtout pas un superhéros en vacances scolaires.Loin d\u2019être funèbre, ce nouvel épisode du jeune homme-arai- gnée, encore signé Jon Watts, affiche un peu d\u2019humour, beaucoup de névroses adolescentes et quelques attaques monstrueuses, avec au centre un Jake Gillenhaal que l\u2019on sent très coincé dans son costume moulant.André Lavoie Duelles ?1/2 Cela amuserait sans doute Alfred Hitchcock de savoir que ses émules se retrouvent même en Belgique.Olivier Masset-Depasse aime bien les mystères, mais ne masque jamais ses références, très assumées dans cette adaptation du roman Derrière la haine, de Barbara Abel, transposé dans les années 1960.Et la raison crève l\u2019écran: bonjour les robes moulantes, les coiffures sophistiquées, et les meubles scandinaves ! Mais les enjeux narratifs sont ailleurs, dans cette amitié brisée entre deux femmes depuis la mort tragique d\u2019un enfant.Ce qui s\u2019annonçait comme un deuil douloureux se transforme en délire paranoïaque\u2026 mais est-ce vraiment le cas?Deux solides interprètes s\u2019affrontent: Veerle Baetens en blonde hitchcockienne, et Anne Coesens en mère courage aux pensées opaques.Un exercice de style tout à fait séduisant, déjà dans le viseur d\u2019Hollywood en vue d\u2019un éventuel remake.André Lavoie Wild Rose (V.O.) ?1/2 À sa sortie de prison, à Glasgow, Rose- Lynn ressuscite son rêve de gloire country à Nashville.Elle a le talent, mais aussi deux enfants qu\u2019elle confie à sa mère, cachant leur existence à la riche dame où elle fait le ménage.Sans faux-fuyant, Wild Rose parle d\u2019abandon parental, du droit de rêver, et de la difficulté de concilier les deux lorsqu\u2019on est femme et sans le sou.Car voici une héroïne mère avant 18 ans.Le ou les pères?Absents (comme le sien).Et dès lors, Rose-Lynn aurait dû trouver un boulot, n\u2019importe lequel, et s\u2019occuper de ses petits sans broncher dans une pauvreté «respectable» aux yeux de gens prompts à la juger mais pas à se mettre dans ses souliers?Des questions épineuses auxquelles répondent les interrelations éloquentes des trois femmes.Hélas, au troisième acte, l\u2019au- tosabotage redondant lasse; s\u2019empilent fausses fins et épilogues\u2026 Il n\u2019empêche, Wild Rose vaut pour ses actrices et sa réflexion.Ah: et pour sa musique.François Lévesque L\u2019incroyable histoire du facteur Cheval ?1/2 Ferdinand Cheval portait vraiment bien son nom: sauvage, déterminé, infatigable à la tâche.Entre 1879 et 1912, ce facteur taciturne et rêveur va construire de ses propres mains, sans connaissances en maçonnerie ou en architecture, un palais improbable, symbole exceptionnel de l\u2019art naïf.Cette tranche de vie laborieuse et misérable est racontée avec une grande délicatesse par Nils Tavernier, qui a trouvé en Jacques Gamblin l\u2019interprète parfait.Sa taille filiforme et son visage opaque sont au service de ce héros atypique, incapable de montrer le moindre sentiment.Sa deuxième épouse (Laetitia Casta, trop belle pour une paysanne) et leur fille sauront toutefois l\u2019humaniser, lui tout entier au service d\u2019un monument à la gloire de sa détermination parfois aveugle.André Lavoie Midsommar : solstice d\u2019été (V.F.de Midsommar) ?1/2 Lorsque de jeunes Américains débarquent dans la campagne suédoise afin d\u2019assister à des festivités traditionnelles vantées par un ami, ils n\u2019ont aucune idée de l\u2019horreur qui se trame.Sous un soleil radieux, une angoisse insidieuse se fait jour, intangible\u2026 Un sentiment d\u2019inquiétante étrangeté trop diffus pour justifier qu\u2019on prenne ses jambes à son cou.Avec Midsommar: solstice d\u2019été, Ari Aster confirme, après Héréditaire, ses dons pour générer puis dilater une peur sourde.Spider-Man.Loin des siens (V.F.de Spider-Man: Far from Home) ?Le deuil fut de courte durée.Quelques mois après la sortie d\u2019Avengers : Endgame et la disparition de personnages comme Iron Man, les survivants ne peuvent les pleurer très longtemps.Car une fois encore, le monde est en péril, plus précisément | 1 1 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 VENEZ RESPIRER LE GRAND ART DU 22 JUIN AU 18 AOÛT LORENZO MICHELI & MATTEO MELA, ALEXANDRE THARAUD, guitares 12 JUILLET 20 H ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE 14 JUILLET 15 H 13 JUILLET 20 H Programmation complète : domaineforget.com LE FESTIVAL INTERNATIONAL du Domaine Forget de Charlevoix présente piano Jean-Philippe Tremblay, chef Kerson Leong, violon Marina Thibeault, alto À la mémoire de Madame Huguette Dubois Tous les dimanches de l\u2019été, ne manquez pas LES BRUNCHES-MUSIQUE, présentés par le Casino de Charlevoix, du 16 juin au 1er septembre ! NOUVEAUTÉS : concerts sur le quai et cinéma en plein air.Aladdin (V.O.et V.F.) ?Après Le livre de la jungle, La Belle et la Bête et autre Cendrillon, Disney continue d\u2019adapter son catalogue animé en prise de vue réelle en reprenant cette fois son succès de 1992.Aladdin, jeune pickpocket, s\u2019éprend de la princesse Jasmine, et elle de lui.Il est prisonnier de sa pauvreté, elle est oppressée par les traditions.Mais voilà qu\u2019Aladdin met la main sur une lampe magique où est enfermé (tiens!) un génie qui lui accorde trois souhaits\u2026 En coulisse guette Jafar, le vizir fourbe du sultan qui connaît d\u2019ores et déjà les pouvoirs de la lampe.Fort d\u2019un héros attachant, d\u2019une héroïne plus autodéterminée, d\u2019un méchant étoffé, d\u2019un génie déjanté et d\u2019effets spéciaux spectaculaires, Aladdin devrait plaire aux petits et grands friands de merveilleux.Cela, en dépit de longueurs et d\u2019un dernier acte qui s\u2019embourbe.François Lévesque surdose de sentimentalisme.Une petite épopée au souffle court, évoquant parfois la crise des migrants dans sa version la plus aseptisée.André Lavoie de le ramener à la vie (le créateur a emporté sa formule dans la tombe), visiblement nostalgique d\u2019une technologie, mais aussi d\u2019une époque plus insouciante que la nôtre.Entre les confidences et les exposés théoriques, le cinéaste néerlandais Willem Baptist s\u2019amuse à recréer visuellement un processus en apparence simple, mais plus que jamais mystérieux.André Lavoie raux.Tout cela baigne dans une ambiance de fin du monde, avec la présence d\u2019une héroïne survitaminée à l\u2019énergie solaire (Sophie Turner, guère irradiante) affrontant une extraterrestre s\u2019appropriant les traits magnifiques de Jessica Chastain, ici glaciale comme une gestionnaire de multinationale.Pour le reste, Montréal sert une fois de plus de décor commode (New York et Paris), et les figures familières ont répondu à l\u2019appel, même Jennifer Lawrence en Mystique.Après le couac Godzilla, l\u2019été des blockbusters a bel et bien démarré.André Lavoie Godzilla.Roi des monstres (V.F.de Godzilla \u2013 King of the Monsters) ?En aura-t-on fini un jour avec Godzilla, cette créature dont on n\u2019arrive plus à faire le décompte des déclinaisons cinématographiques?Depuis qu\u2019Hollywood s\u2019en est entiché pour le gonfler à l\u2019hélium du numérique, on en vient à s\u2019ennuyer des versions en caoutchouc de notre enfance.Cinq ans après la dernière catastrophe \u2014 dans tous les sens du terme\u2026 \u2014, la créature dopée au nucléaire revient à l\u2019avant-scène, avec quelques personnages de l\u2019épisode précédent incarnés par certains acteurs visiblement sous la domination de leur agent.Michael Dougherty (Trick\u2019r Treat, Krampus) gère le tout selon la méthode du blockbuster pétaradant, atteignant un niveau d\u2019agression sonore inégalé.Les cris et rugissements martèlent les péripéties de ce monde au bord de l\u2019Apocalypse, mais surtout du vide.André Lavoie Nous finirons ensemble ?1/2 Neuf ans après Les petits mouchoirs, Guillaume Canet organise à nouveau des retrouvailles avec cette bande de copains qui avait séduit plus de trois millions de spectateurs français à l\u2019époque.Or, ils ont vieilli, certains se sont brouillés, d\u2019autres ont gagné en maturité, mais pas tous.Au centre de cette nouvelle rencontre au sommet, et dans le même cadre enchanteur, on retrouve encore Max (François Cluzet), dont le virage vers la soixantaine apparaît bien mal engagé.Entre beuveries et sauts en parachute, cachotteries et révélations fracassantes, leurs vacances traînent parfois en longueur, mais regorgent de visages sympathiques défendus par des figures familières, dont Marion Cotillard et Gilles Lellouche.Mais de là à bousculer nos projets de vacances pour les passer avec eux\u2026 André Lavoie Yesterday ?À quoi ressemblerait un monde dans lequel les Beatles n\u2019auraient jamais existé?Un monde privé de Let It Be, de Strawberry Fields Forever, d\u2019un iconique sous-marin jaune et d\u2019autres innombrables hymnes à la paix et à l\u2019amour?C\u2019est l\u2019intéressante prémisse que propose le film Yesterday, première collaboration entre le réalisateur Danny Boyle et le scénariste Richard Curtis.Après les quelques frissons provoqués par les souvenirs de la découverte de l\u2019incroyable répertoire du monstre à quatre têtes, le récit devient vite captif d\u2019une histoire d\u2019amour d\u2019un pathétisme peu convaincant et des bons sentiments de personnages dénués des essentiels paradoxes de l\u2019humanité.Une occasion ratée.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Fin de soirée (V.F.de Late Night) ?1/2 Katherine va perdre son talk-show.Arrive au sein de son équipe mâle et blanche Molly, qui vénère Katherine même si celle-ci a la dent très dure.Molly saura-t-elle percer la carapace de son idole?Cette comédie étant ce qu\u2019elle est, la réponse n\u2019est pas difficile à deviner.Surtout si on a vu Le diable s\u2019habille en Prada, ce film-ci transposant plusieurs situations et beats de ce film-là.L\u2019enjeu de la stigmatisation liée à la diversité au travail constitue, jumelé à une sensibilité in- tersectionnelle, l\u2019aspect le plus intéressant du scénario de Mindy Kaling, aussi covedette.Hélas, on reste en surface, surtout quant au thème de l\u2019âgisme misogyne dont Katherine fait les frais.Dans le rôle de cette femme n\u2019acceptant d\u2019autrui rien de moins que l\u2019excellence, car c\u2019est à cela qu\u2019elle s\u2019astreint elle aussi, Emma Thompson est formidable.Elle donne zeste et mordant à une comédie qui manque un peu des deux.François Lévesque L\u2019extraordinaire voyage du fakir (V.F.de The Extraordinary Journey of the Fakir) ?1/2 On ne compte plus les rejetons de Jean-Pierre Jeunet, celles et ceux qui tentent de reproduire la magie unique du Fabuleux destin d\u2019Amélie Poulain.Ken Scott (Starbuck) figure parmi eux, et la chose est palpable devant son nouveau film à saveur de conte moral et aux ambitions résolument internationales.Inspiré du roman de Romain Puértolas, il illustre les péripéties de Patel (Dhanush), un magicien détrousseur de touristes à Mumbai, dont le voyage à Paris se transformera en périple désordonné à travers le monde.L\u2019affaire ne manque pas de couleurs, d\u2019effets et de clins d\u2019œil, mais aussi d\u2019une Instant Dreams ?1/2 Le Polaroïd, symbole du caractère instantané de la photographie, bien avant l\u2019arrivée du téléphone intelligent.En fait, cette invention a dominé la seconde moitié du XXe siècle, et certains croyaient son règne éternel, sauf sans doute son inventeur Edwin Land, qui avait prédit l\u2019apparition de technologies tenant dans la paume de notre main\u2026 et prenant des photos! Dans ce documentaire mi-pédagogique, mi-poétique, trois irréductibles de cet appareil au- jourd\u2019hui en voie d\u2019extinction tentent MIB Hommes en noir : International (V.F.de Men in Black \u2013 International) ?Marquée par une rencontre du troisième type durant l\u2019enfance, Molly intègre à l\u2019âge adulte une agence ultrase- crète qui régule la présence extraterrestre sur la Terre.Transférée de New York à Londres, elle fait équipe avec un agent rebelle sur fond de possible traîtrise.Fatigue narrative il y a dans ce quatrième opus d\u2019Hommes en noir.D\u2019office, on sent poindre l\u2019enchaînement laborieux alors que se succèdent deux prologues mal emboîtés.Écrit, di- rait-on, en comité où tout un chacun insiste pour qu\u2019on garde son idée, le film consiste en une course-poursuite au rythme cahin-caha.Il en résulte un assemblage disparate parfois drôle, souvent ennuyeux, et abusant du deus ex machina.Pour tout liant: ce qui est devenu le concept usuel de la série, soit une entité extraterrestre malveillante cherchant à mettre la main, la patte ou le tentacule sur un dispositif quelconque capable d\u2019annihiler planète, galaxies, alouette.On tourne en rond.François Lévesque L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 2 | © R o g e r T a i l l i b e r t / S O C A N ( 2 0 1 9 ) .P h o t o A n n i e G a r o f a n o EXPOSITION JUSQU\u2019AU 29 SEPTEMBRE 2019 CENTRE D\u2019ART DIANE-DUFRESNE 11, allée de la Création, Repentigny Alain Stanké et Maxime-Alexis Frappier, commissaires VOLUMES & LUMIÈRE L\u2019HOMME AU-DELÀ DU STADE Partenaires de l\u2019exposition Partenaires du CADD CRITIQUE JÉRÔME DELGADO À MEXICO COLLABORATEUR LE DEVOIR a mémoire estelle une faculté qui se perd\u2026 ou que l\u2019on nous fait perdre ?Le double projet que l\u2019artiste contestataire chinois Ai Weiwei expose cet été dans la capitale mexicaine of fre un début de réponse.Pour des raisons idéologiques, apprend-on, il y en a qui s\u2019efforcent d\u2019alimenter l\u2019oubli.Le hic, c\u2019est que ces pro-amnésie ont le pouvoir, les ressources et l\u2019autorité (morale ?) pour agir.Entretenir la mémoire devient dès lors un acte de résistance.L\u2019exposition Restablecer memorias (Resetting Memories) d\u2019Ai Weiwei que présente le Museo universitario de ar te contemporáneo (MUAC) à Mexico occupe une pièce scindée en deux.Mais il n\u2019y a aucun mur de séparation, et chacun des deux projets exposés demeure donc ouvert, perméable à l\u2019autre.La mémoire, ici, est montrée comme une faculté vivante, qui évolue, et dont les traces d\u2019un passé donné gagnent à se frotter aux traces d\u2019un autre passé.Dans le catalogue bilingue (espa- gnol-anglais) produit par le MUAC, et téléchargeable gratuitement, l\u2019artiste de 62 ans af firme qu\u2019une fois réunis, ces deux projets si distincts deviennent une seule œuvre.Au salon, pour commencer En arrivant dans la salle, le visiteur navigue parmi des artefacts au sol et une structure en bois qui s\u2019élève jusqu\u2019au plafond.Tout cela compose El salón ancestral de la familia Wang, un projet évolutif d\u2019Ai Weiwei depuis 2014, mais qui dans les faits est né il y a 400 ans.En achetant à un antiquaire tout cet ensemble, l\u2019artiste a amorcé la nouvelle ère de ce salon tiré de l\u2019époque de la dynastie Ming (du XIVe au XVIIe siècle).À travers les années, le bâtiment a eu plusieurs fonctions, de temple commémoratif dédié à un influent aïeul à lieu privé pour des rites et des réunions, puis à une place publique.Il a aussi survécu à différents stades, notamment ceux de l\u2019abandon, de la ruine, du démantèlement.Avec Ai, l\u2019objet architectural devient installation d\u2019art contemporain, suit plusieurs fins, comme celle de traverser les murs et de réunir deux galeries voisines de Pékin.Ce qui avait permis à l\u2019artiste, si célèbre en Occident, de continuer à dire qu\u2019il n\u2019a jamais exposé en «une seule galerie chinoise».Au MUAC mexicain, El salón ancestral de la familia Wang devient un objet muséal.Temple reconstitué, copie mise en valeur ou intervention en cours?Un peu tout ça, et ce n\u2019est pas sans raison que sa découverte se fait avec un sentiment de déroute.Ai Weiwei à Mexico : résister par la mémoire L\u2019artiste chinois s\u2019est penché sur le drame des 43 disparus d\u2019Ayotzinapa Ai Weiwei a présenté son exposition Restablecer memorias en avril dernier, au Museo universitario de arte contemporáneo à Mexico.PHOTOS ALFREDO ESTRELLA AGENCE FRANCE-PRESSE L Morceaux repeints en couleurs vives, photos d\u2019archives et collections de céramiques ponctuent l\u2019espace.La mémoire est activée au fur et à mesure de la visite.À partir de l\u2019imaginaire personnel de chacun, une nouvelle histoire se construit alors, gardant dans le temps présent l\u2019archaïque salon de 400 ans.Place au dialogue La par tie ar rière de la salle propose une tout autre expérience.Le contenu exposé est davantage de nature documentaire et prend la forme d\u2019ouvrages imprimés, de vidéos, de photos ou d\u2019une longue chronologie détaillée.Cette section plus éclairée, plus aérée, comme s\u2019il s\u2019agissait de la mise en lumière d\u2019un événement poussé dans l\u2019ombre, est consacrée au triste sor t des 43 étudiants disparus (et des sur vivants, et des proches) de ladite « affaire Ayotzinapa ».Ayotzinapa est une municipalité dans le Guerrero (l\u2019État où est située la célèbre Acapulco), d\u2019où venait un fort contingent d\u2019étudiants disposés à se rendre à Mexico pour un rassemblement politique.Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, les autobus qu\u2019ils avaient nolisés (illégalement) ont été attaqués par les forces de l\u2019ordre.Résultat : plusieurs victimes, mais surtout 43 individus dont le sort demeure encore inconnu en 2019.Ayotzinapa est devenu le projet mexicain d\u2019Ai Weiwei.Un projet toujours en cours, dont le résultat final, ou une étape importante, sera un long métrage documentaire.Au MUAC, il expose une partie de son matériel, notamment, sur dix moniteurs : des entrevues avec parents et amis des disparus ainsi qu\u2019avec des activistes et des experts.La disparité entre les deux sections est palpable à plusieurs niveaux.Le volet chinois, plus personnel à l\u2019artiste, est équivoque, mais accessible.Le volet mexicain, qu\u2019Ai aborde comme un étranger, est facilement reconnaissable (du moins, suppose-t-on, pour le public local le moindrement informé), mais on ne peut que rester en retrait de celui-ci.Ce double projet souffre peut-être d\u2019un manque de liant évident.Or, c\u2019est cette absence de mur, sujet éminemment mexicain, qui lui donne tout son sens.La mémoire, ou la résistance contre l\u2019oubli, repose sur l\u2019écoute, l\u2019ouverture, le dialogue.Le drame d\u2019Ayotzinapa, s\u2019il perdure encore en 2019, c\u2019est parce que le gouvernement a toujours refusé de répondre aux demandes des familles.En niant des faits, en désinformant, en alimentant toutes sor tes de conjectures.Ai Weiwei, avec l\u2019appui du MUAC et de son conservateur vedette Cuauhtémoc Medina, qui signe le commissariat de l\u2019expo, transporte cette histoire dans une nouvelle dimension.Il en préserve la mémoire, lui donne un nouveau souffle.Restablecer memorias Ai Weiwei.Au Museo universitario de arte contemporáneo, à Mexico, jusqu\u2019au 6 octobre.| 1 3 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 DU 7 JUILLET AU 25 AOÛT PIQUE-NIQUE VERNISSAGE : DIMANCHE 7 JUILLET À 12 H Commissaires : Émilie Granjon et Laurent Lamarche Galerie d\u2019art Stewart Hall 514 630-1254 | pointe-claire.ca www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec MUSIQUE, ÉTÉ ET AUTRES PLAISIRS\u2026 TROIS LIEUX POUR LA DÉCOUVERTE : Quelques places disponibles! 7 août - SAINT-HYACINTHE CAPITALE MONDIALE DE L\u2019ORGUE l\u2019Opus 9 de Casavant expliqué, commenté la visite d\u2019un monastère-musée et un concert de trompette et orgue LÉVIS Internationale d\u2019art miniature SAINT CAMILLE Concert de musique ancienne\u2026 SAINT-GEORGES Beauce-Art Symposium de sculpture 24-25 août Ce double projet souffre peut-être d\u2019un manque de liant évident.Or, c\u2019est cette absence de mur, sujet éminemment mexicain, qui lui donne tout son sens.La mémoire, ou la résistance contre l\u2019oubli, repose sur l\u2019écoute, l\u2019ouverture, le dialogue. onseils d\u2019ami, précise-t-on en amont.L\u2019appeler Little Steven ou Stevie, jamais Steve.Et limiter au strict minimum les références à Bruce Springsteen.Ah, d\u2019accord.Surgit l\u2019image de Steven Van Zandt en Silvio Dante, le consigliere de Tony Soprano.Comme si la série télé avait été une téléréalité, et qu\u2019un mauvais pas du journaliste lui vaudrait des souliers en ciment au fond du Saint-Laurent.Enfer ! Le portable sonne au lieu de la ligne maison.M\u2019sieur Little Steven, pourriez-vous rappeler à l\u2019autre numéro ?« Bonne idée de m\u2019avoir fourni celui-là, alors\u2026 » Clic.Sueurs froides.Scène suivante : passage à tabac dans le bureau du Bada Bing?Il rigole fort à son bout du fil.Fameux rire étouffé.« C\u2019est mal parti, hein ?» Une petite éternité d\u2019incon- for t passe.Parlons d\u2019autre chose.Évoquons ses spectacles de 1983 et 1984 au regretté Spectrum de Montréal.Souvenir formidable en forme d\u2019acouphènes.En décibels, c\u2019était dix fois George Thorogood, jusque là détenteur du record.La comparaison le fait pouf fer.« On joue plus fort maintenant\u2026 » Renaissance artistique Un marrant, Steven Van Zandt.Un marrant content : le retour à la carrière solo de ces dernières années n\u2019était pas « dans le plan de match ».Ses incursions dans la série The Sopranos, entre autres rôles, et surtout l\u2019animation (et la programmation) des quelque 900 livraisons de son émission de radio hebdomadaire, Little Steven\u2019s Underground Garage, l\u2019occupaient bien assez entre les tournées du E Street de Bruce, le copain d\u2019adolescence et frère de rock\u2019n\u2019roll.« J\u2019étais tout à fait heureux de mon sort\u2026 et puis en octobre 2016, j\u2019ai reçu cette invitation d\u2019un type un peu timbré qui me disait de raviver les Disciples of Soul et d\u2019aller jouer dans son festival de blues.Je n\u2019avais pas réécouté ma propre musique depuis 20-25 ans.C\u2019était comme découvrir un band oublié.Ça méritait d\u2019être entendu.Alors, je me suis dit : allons-y.Voyons voir si on peut refaire la lien avec les gens.On a enregistré, pour l\u2019album Soulfire, des titres que j\u2019avais écrits ou composés au cours des ans pour d\u2019autres, et puis, à ma grande surprise, j\u2019ai vécu une sorte d\u2019épiphanie ! » Véritable renaissance artistique, à la fin de la soixantaine.Il s\u2019en étonne encore.« Un monde s\u2019est ouver t, man ! Pas seulement l\u2019envie d\u2019écrire de nouvelles chansons, mais de les écrire sous un autre angle, ni militant comme dans mes disques des années 1980 ni autobiographique.Je me suis mis à écrire pour moi-même comme si c\u2019était pour d\u2019autres.En me mettant dans leur peau.Summer of Sorcery, c\u2019est ça : chaque chanson est comme un petit film où je jouerais un dif férent personnage, et les L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e Fe s t i va l d \u2019é t é d e Q u é b e c 14 | ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR La mission éducative rock\u2019n\u2019soul de Little Steven Guitariste du E Street Band, auteur-compositeur, réalisateur, militant, animateur de radio, historien du rock, Steven Van Zandt s\u2019amène à Québec et à Montréal avec des Disciples of Soul pour propager la bonne nouvelle Appelez-le Little Steven ou Stevie, jamais Steve.Et limitez au strict minimum les références à Bruce Springsteen.CHRISTOPHE SMITH ASSOCIATED PRESS Un monde s\u2019est ouvert, man ! Pas seulement l\u2019envie d\u2019écrire de nouvelles chansons, mais de les écrire sous un autre angle, ni militant comme dans mes disques des années 1980 ni autobiographique.Je me suis mis à écrire pour moi-même comme si c\u2019était pour d\u2019autres.En me mettant dans leur peau.LITTLE STEVEN » C Summer of Sorcery Little Steven, Steven Van Zandt Catalog | 1 5 C u l t u r e Fe s t iva l d \u2019é t é d e Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 possibilités sont infinies, je me sens complètement relancé.» L\u2019album est absolument réjouissant, dans la façon de raconter autant que dans la manière de jouer, où les références à toutes sortes de musiques fondatrices entendues à l\u2019Underground Garage font surface.Ainsi entend-on l\u2019écho mélodique de la chanson I Saw the Light (de Todd Rund- gren au temps du groupe The Nazz) dans Suddenly.«C\u2019est une façon différente de faire des liens, mais la même intention qu\u2019à l\u2019émission.Je l\u2019assume complètement.» Petit rire étouffé.«Je suis assez constant, finalement\u2026» Merci, les profs Tout se tient, en effet.Qu\u2019il se produise en spectacle, qu\u2019il anime son émission, qu\u2019il parvienne à réunir sur scène les membres du mythique groupe The Rascals (puis à en décanter deux comédies musicales avec son Renegade Theatre), qu\u2019il présente des affiches d\u2019artistes rock de garage d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, la même mission se poursuit : lier les gens entre générations.De la même façon qu\u2019en découvrant les Beatles et les Stones au Ed Sullivan Show, il s\u2019est senti « appelé comme des millions d\u2019autres » à propager la bonne nouvelle.« Le rock demeure pour moi le meilleur moyen de réunir les gens.C\u2019est pourquoi notre Forever Rock\u2019n\u2019Roll Foundation a mis en avant le projet TeachRock, qui permet aux professeurs d\u2019utiliser la musique pour enseigner toutes sortes de choses.Pour capter l\u2019attention de ces jeunes qui sont plus rapides et plus intelligents que nous, rien ne bat la musique.» Notez : les profs sont admis gratuitement dans ses spectacles.«With a friend», précise-t-il.Quand on fait partie du E Street Band, qu\u2019on a accompagné les Jerry Lee Lewis, Chuck Berr y, Darlene Love, Ronnie Spector et tant d\u2019autres, qu\u2019on a chanté I Saw Her Standing There avec Paul McCartney, il est difficile de vouloir une vie mieux remplie.Avec qui aurait-il aimé jouer parmi ceux qui n\u2019étaient déjà plus là quand sa renommée a dépassé les limites du New Jersey ?Sam Cooke, Bobby Fuller, Eddie Cochran?Un gigantesque fou rire jouissif accueille les suggestions.« Ah, aaaaaah ! La liste est longue, man ! Faudrait remonter à Charley Patton ! Oh, man ! Robert Johnson, GSon House, Little Walter, Sonny Boy Williamson, How- lin\u2019 Wolf, oh my God ! Otis Redding, c\u2019est sûr.» Soupir au bout du fil.« Sam Cooke, man ! Accompagner Sam Cooke\u2026 » Au moins contribue- t-il à garder leur musique en vie.« C\u2019est vrai ! Ils sont éternels à l\u2019Underground Garage ! Keep listening ! » Oh, que oui.Écouter et réécouter : toutes les émissions « sont entreposées dans le garage ».Entendez : archivées sur le site.The Summer of Sorcery Tour Little Steven and The Disciples of Soul.Le 6 juillet en ouverture de soirée sur les plaines d\u2019Abraham (FEQ), et le 8 juillet à L\u2019Olympia de Montréal, avec Garland Jeffreys en première partie. n ouverture de sa 33e édition, le Festival international Nuits d\u2019Afrique fait place à la relève : à 26 ans, l\u2019auteure- compositrice-interprète Elida Al- meida incarne le renouveau de la scène musicale cap-verdienne grâce aux rythmes dansants de sa région natale, au sourire qu\u2019elle appose sur sa voix chaude et à son appétit insatiable pour les rencontres musicales.Conversation enjouée avec la jeune star qui viendra présenter le matériel de son plus récent album, Kebrada, au club Balattou le 9 juillet.Du nom du village où elle a grandi, Kebrada, paru en 2017, est pourtant déjà de l\u2019histoire ancienne.Ces derniers temps, Elida Almeida enfile les projets collaboratifs : « Je rentre tout juste de l\u2019île de la Réunion», où elle a collaboré avec Tiloun, l\u2019un des plus grands ambassadeurs du genre musical traditionnel de l\u2019île, le maloya.« J\u2019ai adoré découvrir la tradition réunionnaise, très dif férente de la nôtre, s\u2019emballe la musicienne.Leur musique est beaucoup axée sur les percussions, alors que chez nous, elle s\u2019appuie davantage sur les harmonies, c\u2019était intéressant.» Récemment encore, elle visitait une autre île, Cuba, où elle a enregistré avec les musiciens locaux.«Je me sens, comment dire\u2026 honorée, chanceuse, chaque fois, de découvrir de nouveaux lieux et des gens qui enrichissent ma musique.» Ouvrir ses horizons Vous dire le bonheur qui s\u2019entend dans sa voix\u2026 « Ma vie a complètement changé », confirme Almeida, passée de parfaite inconnue aux origines modestes à Découverte RFI Musique en l\u2019espace d\u2019un album, Ora Doci Ora Margos , par u en 2014.« J\u2019avais 21 ans, maintenant, j\u2019en ai 26.J\u2019ai voyagé beaucoup, découvert beaucoup de pays, des cultures, goûté à de la nourriture dif férente, entendu des musiques dif férentes.[\u2026].J\u2019ai beaucoup changé, beaucoup appris surtout.» Et ouvert ses horizons musicaux: il y a un mois à peine apparaissait le clip d\u2019une nouvelle collaboration avec le L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e Fe s t i va l i n t e r n at i o n a l Nu i t s d \u2019A f r i q u e 1 6 | ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Elida Almeida, voix dansante du Cap-Vert L\u2019auteure-compositrice-interprète incarne le renouveau de la scène musicale cap-verdienne E Elida Almeida Dans le cadre du Festival international Nuits d\u2019Afrique, au club Balattou, mardi, 20h30 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 mnbaq.org Joan Miró, Sans titre, 1978 (détail).Huile sur toile, 92 x 73 cm.Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca (FPJM-50) © Successió Miró / SOCAN, Montréal / ADAGP, Paris (2019) Miró à Majorque Un esprit libre 30 mai \u2013 8 septembre 2019 présentée par rappeur cap-verdien Elji Beatzkilla, une petite bombe de groove caniculaire qui se danse en essayant de ne pas trop transpirer.Elji, «c\u2019est un rap- peur que j\u2019aime beaucoup \u2014 depuis qu\u2019il a commencé à faire ses beats, j\u2019écoute tout et j\u2019adore.Il me disait toujours: \u201cUn jour, on va travailler ensemble.\u201d » Cette collaboration s\u2019est concrétisée l\u2019an dernier dans un studio d\u2019Abidjan, produite par un jeune réalisateur ivoirien, qui donne la saveur des musiques de club locales à cette coquine chanson baptisée Homi Nha Amiga.Comme sa compatriote Mayra An- drade, Elida Almeida présente un visage différent de la culture musicale du Cap-Vert, auparavant intimement associée aux poignantes mornas de la regrettée Cesária Évora et, pour les plus curieux, aux rythmes du batuque défendus par Tcheka.«La morna et la [plus rythmée] coladeira, c\u2019est la musique du nord du pays, explique Al- meida.Moi, je suis du sud, de [l\u2019île de] Santiago, notre force, c\u2019est le batuque, le funana, le tabanque, des styles musicaux plus festifs, plus dansants.Danser batuque, chanter batuque, ça fait partie de moi, même si j\u2019adore chanter la morna.Je ferme alors les yeux et ça me remonte\u2026» Se laisser imprégner Le contraste entre sa démarche, l\u2019énergie que dégage Almeida, et celle, émouvante et contrite, d\u2019Évora est frappant.La jeune Cap-Verdienne a un penchant pour la fête et les rythmes entraînants\u2026 en phase non seulement avec son âge, mais aussi avec la tendance des musiques de club du continent africain qui connaissent beaucoup de succès dans l\u2019hémisphère nord.Le courant afrobeats n\u2019a évidemment pas échappé à la musicienne, admiratrice de l\u2019œuvre de la superstar pop nigériane Yemi Alade : « Je connais tout d\u2019elle, ses chansons, ses vidéoclips toujours très artistiques, j\u2019adore.En passant beaucoup de temps à Abidjan, où je compose beaucoup, je me laisse imprégner par les musiques que j\u2019y entends.Bien entendu, je tiens à la tradition musicale de mon pays \u2014 il faut la défendre, et personne ne pourra jamais toucher au batuque, mais on doit avoir l\u2019esprit ouvert.Je suis d\u2019une nouvelle génération de musiciens cap-verdiens et, pour représenter notre pays, on se doit d\u2019être au même niveau de production [musicale] que ce qui se fait au Nigeria, par exemple.Il faut être ouvert aux fusions, aux mélanges des influences, tout en protégeant nos traditions.» Le contraste entre sa démarche, l\u2019énergie que dégage Almeida, et celle, émouvante et contrite, d\u2019Évora est frappant Elida Almeida est passée de parfaite inconnue aux origines modestes à Découverte RFI Musique en l\u2019espace d\u2019un album, Ora Doci Ora Margos, paru en 2014.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 1 8 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR e p u i s p l u - sieurs mois, en Europe, le monde de l \u2019opéra est e n é b u l l i - tion.Les directions de deux des plus prestigieuses maisons européennes, l\u2019Opéra de Paris et la Scala de Milan, sont à prendre.Après dix ans de succès à la tête de l\u2019Opéra de Vienne, les observateurs voyaient le Français Dominique Meyer entrer sans coup férir à l\u2019Opéra de Paris.Or, le voilà nommé le 28 juin à la tête de la Scala de Milan.Pour les lecteurs du Devoir, le nouvel homme fort de la légendaire scène milanaise lève le voile sur ses ambitions et les coulisses d\u2019une étrange saga.« Je suis le type le plus heureux du monde.Personne n\u2019a jamais dirigé l\u2019Opéra de V ienne et la Scala ! » Dominique Meyer, qui a vu la création de cinq opéras de Rossini, trois de Bellini (dont Norma), cinq de Donizetti, sept de Verdi (dont Nabucco, Otello et Falstaf f), deux de Puccini, sans oublier Dialogues des carmélites de Poulenc, a tout pour irradier le bonheur.Avant Vienne, raconte-t-il au Devoir, « les années passées au Théâtre des Champs-Élysées ont été 11 ans de bonheur ininterrompu.Et je n\u2019oublie pas ma petite période à l\u2019Opéra de Lausanne [1994-1999].C\u2019est là où j\u2019ai été peut-être le plus heureux.Car j\u2019y ai réalisé que j\u2019étais fait pour ce genre de travail ».Signe des temps, c\u2019est à Lausanne que Dominique Meyer a rencontré dernièrement le maire de Milan, la ville s\u2019y étant vu, le 24 juin, attribuer les Jeux olympiques d\u2019hiver 2026.Rendez-vous manqué Mais, même si Dominique Meyer a su, comme un chat, prestement se retourner sur ses pattes, il ne faut pas être devin pour percevoir que tel n\u2019était pas le plan de match initial.Tout le destinait, sur le papier, à prendre la succession de Stéphane L issner à l \u2019Opéra de Paris, où i l a commencé sa carrière et dont il connaît les rouages.Le poste convoité présente une particularité : le directeur général de l\u2019Opéra national de Paris est nommé par décret du président de la République sur proposition du ministre de la Culture.Il est faux d\u2019avancer, comme le prétend Le Monde en date du 29 juin, que « Dominique Meyer [\u2026] est sorti de la course depuis qu\u2019il a été annoncé il y a quelques jours comme le prochain surintendant de la Scala de Milan », car il n\u2019a jamais été dans la course.« Le 10 mars, j\u2019ai été reçu par une commission de trois personnes, le président du conseil de l\u2019opéra, qui avait trois mois d\u2019ancienneté dans cette fonction, la directrice des spectacles du ministère, qui avait deux mois d\u2019ancienneté dans cette fonction, et M.Laurent Bayle.J\u2019ai présenté mon CV et un projet.Peu de temps après, j\u2019ai reçu un mail du président de l\u2019opéra disant que les conclusions de la commission avaient été transmises au ministre.C\u2019est la dernière information reçue.J\u2019ai appris par les journaux que j\u2019étais soi-disant sur une \u201cshortlist\u201d, mais je n\u2019ai pas eu de signe de vie de qui que ce soit, ni du ministre ni du cabinet de l\u2019Élysée.Donc, je ne sais même pas si j\u2019ai jamais été sur une telle liste.» Alors que tout le monde s\u2019étonne du délai entre la recommandation (fin mars) et le fait que, trois mois plus tard, aucune nomination ne soit intervenue, Dominique Meyer, qui a travaillé au début des années 1990 au cabinet du premier ministre Pierre Beregovoy, avoue lui aussi n\u2019avoir « jamais vu » tel délai.Pas plus qu\u2019il ne s\u2019attendait à lire dans la presse la liste des candidats auditionnés : «Cela ne me gênait pas, personnellement, puisqu\u2019on savait que je quittais l\u2019Opéra de Vienne en 2020, mais pour des gens qui s\u2019intéressaient à ce poste et qui sont en fonction quelque par t, c\u2019est extrêmement désagréable de voir leur nom jeté en pâture.» « Quand j\u2019ai vu que cela se passait comme cela, je me suis concentré sur la Scala ! » Bien lui en a pris.Changement de décor : « À Milan, j\u2019ai rencontré trois membres du conseil d\u2019administration dépêchés par ce dernier pour entendre les candidats.Ces membres, en place depuis longtemps, ont un amour sincère et une connaissance de l\u2019opéra.Ils sont des amoureux de la Scala.Ils brûlent pour cela.J\u2019ai passé 90 minutes avec ces gens et à la fin, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019être avec Dominique Meyer, nouvel homme fort de la Scala de Milan À la tête de l\u2019Opéra de Vienne depuis 2010, le Français peut se targuer d\u2019avoir drainé les foules et il a bien l\u2019intention d\u2019en faire autant dans la ville italienne Dominique Meyer a un plan pour l\u2019opéra milanais : un recentrage identitaire.MICHAEL POEHN WIENER STAATSOPER D C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 JARDIN BOTANIQUE PIE-IX espacepourlavie.ca Festival d\u2019opéra de Québec 24 juillet au 4 août 2019 Le vaisseau fantôme / Wagner / François Girard \u2022 Les noces de Figaro / Mozart Le jeune Verdi à l\u2019apéro \u2022 Viennoiseries musicales III \u2022 ZoOpéra / Opéra jeunesse La brigade lyrique \u2022 L\u2019Amant jaloux / Récital humoristique FestivalOperaQuebec.com Suspense à l\u2019Opéra de Paris 12 septembre 2018.Annonce de la non-reconduction du directeur Stéphane Lissner au-delà de 2021.Raison officielle : il a atteint la limite d\u2019âge.Mi-janvier 2019.Constitution d\u2019un comité d\u2019audition comprenant le président du conseil de l\u2019Opéra, une responsable du ministère, Laurent Bayle, le président de la Philharmonie de Paris, le chef James Conlon et la chorégraphe Sasha Waltz.Mi-mars.La presse publie la liste des onze candidats auditionnés par la commission.28 mars.Le magazine Challenge publie une «shortlist» (fort théorique) de quatre noms: Olivier Mantei (Opéra-Comique et Bouffes du Nord) ; Peter de Caluwe (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles) ; Dominique Meyer (Staatsoper Vienne) et Alexander Neef (Canadian Opera Company).Avril-juin.Les rumeurs veulent que la recommandation du comité favorise Olivier Matei et Peter de Caluwe.19 juin.Le ministère de la Culture explique par un «emploi du temps chargé du président» l\u2019absence de nomination, écartant les rumeurs d\u2019une distanciation entre un président très mélomane et les conclusions de son comité.27 juin.Le Figaro avance le scénario d\u2019une reconduction de Stéphane Lissner pour une année supplémentaire et une nomination d\u2019Alexander Neef à compter de 2022.de vieux copains d\u2019opéra.À l\u2019issue de la discussion en italien, un membre qui n\u2019était pas pour moi au dépar t m\u2019a dit : \u201cFinalement vous êtes un Italien qui parlez bien le français !\u201d Je me sentais écouté par des gens qui savaient comprendre ce que j\u2019étais en train de leur raconter.» Plans et réalisations À Paris, les plans stratégiques de Dominique Meyer étaient peaufinés.« J\u2019avais un projet précis, avec les noms d\u2019un directeur du ballet et d\u2019un directeur musical.En analysant le fonctionnement, je trouvais qu\u2019il y a trop de jours de fermeture.Quand ils ont fait Les Troyens de Berlioz, il y a eu 22 jours de fermeture.À Vienne, j\u2019en ai eu deux.Il y a un problème systémique expliquant cela.Il y a aussi trop de jours où l\u2019Opéra Bastille et le Palais Garnier sont fermés en même temps, ce qui n\u2019est pas acceptable pour un établissement public.Je voulais aussi augmenter le nombre de pièces jouées et réduire le nombre de représentations de chaque pièce : des séries sans fin réduisent la fréquentation et, par ailleurs, ce n\u2019est pas sain qu\u2019un orchestre joue un même opéra 18 fois de suite.Enfin, il faut aller davantage vers le répertoire : refaire toujours de nouvelles productions de La Traviata, je ne vois pas à quoi cela rime.» À la Scala, Dominique Meyer souhaite analyser l\u2019of fre par rapport à la taille de la ville.« Le prix des places a beaucoup augmenté et les abonnements sont en chute libre.On a un peu exagéré.Un billet de première catégorie coûte désormais 300 euros [450 $].Il faut donc trouver pour chaque représentation 200 couples qui dépensent 600 euros pour s\u2019asseoir au parterre de la Scala ! Or, ce que j\u2019ai fait à Vienne, c\u2019était de tenter d\u2019augmenter les recettes tout en évitant le phénomène d\u2019éviction des amateurs locaux.Nous avons ainsi préservé 70 % de fréquentation locale.» Sur le plan artistique, « le chœur ne peut absorber trois opéras allemands par saison : il faut opérer un recentrage identitaire sur le répertoire italien.Il faut que la Scala soit le théâtre de référence dans l\u2019opéra italien.Il y a plein [d\u2019œuvres de] répertoire que l\u2019on ne joue jamais.C\u2019est bien de s\u2019ouvrir à Haendel, mais il y a aussi du vrai réper toire italien, comme les compositeurs napolitains ».À Vienne, le bilan de Dominique Meyer est spectaculaire, avec un taux de remplissage supérieur à 99 % et des revenus de billetterie passés de 28 millions d\u2019euros à 37,8 millions en 2018.Dans ce théâtre de répertoire qui af fiche une cinquantaine d\u2019opéras dif férents par an, dont six nouvelles productions, le directeur a privilégié l\u2019élargissement du répertoire, soit deux à trois opéras jamais joués ou absents de l\u2019affiche depuis très longtemps.« Cela a abouti à un élargissement considérable du répertoire : en 2018, nous avons eu le plus grand nombre de titres joués et de compositeurs de toute l\u2019histoire de l\u2019Opéra de Vienne.» Il a aussi « revampé » par des metteurs en scène locaux des productions iconiques, telles celles d\u2019Otto Schenk « qui habite à 800 m de l\u2019Opéra et n\u2019est pas revenu dans la maison ».Scheck a dépoussiéré ses Chevalier à la rose, Chauve-souris, Fidelio et Élixir d\u2019amour et, désormais, avec le système d\u2019enregistrement vidéo installé à l\u2019Opéra, ce contenu est documenté avec précision.Ce système a par ailleurs permis de « réorganiser les rappor ts de l\u2019Opéra de Vienne avec l\u2019ORF, la chaîne de télévision publique.L\u2019intérêt du dif fuseur public pour les retransmissions lyriques et chorégraphiques baissait considérablement, car l es coûts techn iques sont énormes [200 000 euros].J\u2019ai passé un accord pour utiliser notre installation et, en 2018, nous avons fait sept retransmissions sur les antennes de l\u2019ORF en 2018, car nos coûts sont de 15 000 à 20 000 euros pour une qualité strictement identique ! » Au nom des 95 millions d\u2019euros en argent public reçus par l\u2019Opéra de Paris, telles énergie et efficacité valaient peut-être au moins un petit coup de téléphone d\u2019un ministre ou d\u2019un cabinet élyséen.Désormais, c\u2019est l\u2019Italie qui en profitera ! L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e D i s q u e 2 0 | POP-ROCK Let\u2019s Rock ?1/2 The Black Keys, Nonesuch Revoilà nos compères, un peu beaucoup comme au début en 2002, véhicule réusiné, livré clé en main.Pop-rock plus classique, tu te retrouves illico à l\u2019Electric Lunch Hour de CHOM.Ça sent les pots d\u2019échappement de ZZ Top (le riff de LoHi), ça résonne Steeler\u2019s Wheel (Sit Around and Miss You est née chez Stuck in the Middle With You).Il y a même des relents de Gordon Light- foot : on peut chanter Sundown sur l\u2019air de Walk Across the Water.On a ainsi cette drôle de sensation à chaque intro : ces chansons n\u2019exis- tent-elles pas déjà, plutôt cent fois qu\u2019une ?Ça ne veut pas dire que c\u2019est pas réussi : le tandem Dan Auerbach-Patrick Carney n\u2019est jamais en flagrant délit de redite.Il y a bel et bien un son Black Keys, une rugosité dans les guitares et une douceur des harmonies qui séduisent assurément.Peut-être un peu trop assurément.Je suppose que ça peut servir de clé pour ouvrir les bonnes portes : le fait est que ça donne très envie d\u2019aller fouiner au sous-sol, dans la collection de vinyles.Sylvain Cormier CLASSIQUE Leonardo da Vinci ?«La musique secrète», Doulce Mémoire, Denis Raisin Dadre, Alpha 456 Présentée sous forme de livre- disque, cette parution, conçue à l\u2019occasion du 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, propose une poétique alliance de l\u2019art visuel et de la musique.Denis Raisin Dadre et Doulce Mémoire, qui, depuis trois décennies, sont des spécialistes reconnus du répertoire de la Renaissance, imaginent à partir de dix tableaux du peintre un «univers sonore » qui pourrait les accompagner.La démarche est à la fois subjective et érudite, et argumentée dans un livret étoffé qui associe les tableaux et l\u2019explication autour des choix musicaux.La surprise relative à la forte présence musicale franco-flamande est défendue de manière éloquente par les interprètes (Raisin Dadre souligne que le manuscrit offert à Isabelle d\u2019Este pour son mariage ne contient que de la musique franco- flamande).Nous écoutons donc un programme italo-flamand (Desprez, Cara, Piacenza, Isaac, Obrecht, Caron, etc.) en feuilletant un livre éclairant, superbement illustré et en faisant s\u2019évader notre imaginaire.Christophe Huss ROCK Schlagenheim ?black midi, Rough Trade Depuis longtemps déjà, nous aurions dû apprendre à nous méfier de ceux qu\u2019on annonce comme les sauveurs du rock \u2014 le quatuor black midi étant le dernier en lice, arrivant avec son premier album quelques mois après avoir créé le buzz à South by South West.Frustrant disque s\u2019il en est: ces quatre jeunes Londoniens ont de toute évidence de la fougue et du talent \u2014 Morgan Simpson à la batterie est impressionnant par la précision de son jeu et l\u2019étendue de son registre \u2014, les déflagrations punk expérimental fusent sur ce disque instable et farouche.D\u2019authentiques brûlots noize tels que Near DT, MI (qui fait allusion à la crise de l\u2019eau potable à Flint, au Michigan) côtoient d\u2019étranges sparages rock comme Of Schlagenheim ou Western et sa section prog-folk menant à un rock tendu, ou des chansons épuisantes, puériles et incohérentes comme BMBMBM.La pierre d\u2019achoppement pour certains sera la voix, nasillarde et ostentatoire, du chanteur et guitariste Geordie Greep.Souvent irritant, néanmoins intrigant: un concert est annoncé aux Foufounes électriques le 9 novembre.Philippe Renaud HIP-HOP Bandana ?Freddie Gibbs&Madlib, Columbia Le rap est la pop d\u2019aujourd\u2019hui, cela est désormais admis.Or, il fait bon parfois prendre congé des Future, Travis Scott et Cardi B qui dominent les plateformes de streaming pour reprendre contact avec le travail des artisans d\u2019un rap plus exigeant tels que le MC Freddie Gibbs et le compositeur/réalisateur (et occasionnellement rappeur) Madlib.Bandana constitue le second volet de leur trilogie amorcée avec Piñata en 2014, la formule provoque toujours des étincelles, même qu\u2019elle a été améliorée: la prosodie de Gibbs est plus inventive que jamais, ses rimes font mouche avec humour, bravade et conscience politique, alors que le vétéran Madlib brille des mêmes feux qui l\u2019ont rendu célèbre dans les années 2000 avec ses projets Jaylib et Madvillain.Son utilisation d\u2019échantillonnages est particulièrement bien avisée, jouant avec de vieux enregistrements de soul et de musiques de films indiens.Pusha T, Killer Mike, Anderson .Paak, Yasiin Bey et Black Thought \u2014 une sacrée belle brochette d\u2019escrimeurs du verbe \u2014 collaborent à cet excellent disque.Philippe Renaud NÉO-SOUL CASE STUDY 01 ?Daniel Caesar, Golden Child Ce second album de Daniel Caesar, on l\u2019attendait avec impatience.Le Torontois a su charmer le monde entier avec son début percutant, Freudian, en 2017, dont la douce Best Part, avec la chanteuse H.E.R., lui a valu le Grammy pour la meilleure performance R &B en 2019.Sans surprendre, Case Study 01 est tout de même à la hauteur du bijou qu\u2019est Caesar.On y retrouve la même simplicité musicale caractéristique de Freudian : une voix cajolante chantant l\u2019amour sous tous ses visages, des guitares calmes mais raffinées (surtout sur Superposition, avec John Mayer, et Too Dddp to Turn Back), et des beats parfois surprenants (Restore the Feeling), mais toujours accrocheurs \u2014 on pense surtout à Cyanide, s\u2019avérant l\u2019un des meilleurs morceaux du répertoire de l\u2019artiste, aux côtés de la perle Are You OK?qui clôt l\u2019album.Controversé pour certains, surestimé par d\u2019autres ; n\u2019empêche, Caesar reste incroyablement talentueux.Sarah Boumedda CHANSON Déséquilibre ?Marc-Antoine Beaudoin, Les disques de la cordonnerie Arrive ce moment où les promesses des concours doivent être validées par un premier album.Au printemps 2017, la victoire de Marc-Antoine Beaudoin à Ma première PdA ne faisait aucun doute.L\u2019auteur-composi- teur-interprète avait des kilomètres au compteur de bon piétage, un savoir-faire dans la confection.Je retrouve d\u2019ailleurs La tête à l\u2019envers, complainte déjà bouleversante à la finale, déployée en une forte version à crescendo plus vertigineux que dans mon souvenir.Il avait moins impressionné à Granby, trop poète maudit pour son bien.C\u2019est encore un peu vrai, visez-moi ce portrait rimbaldien dans le livret.Il se la joue damné sur l\u2019autel (Amour dans l\u2019église), se complaît dans son spleen (J\u2019aimerais y croire), précise qu\u2019il lit Ducharme pour s\u2019endormir (Se prendre pour un autre), mais il y a plus de chansons abouties que de facilités : Montréal, J\u2019aimerais y croire décrivent lieux et sentiments avec une rare justesse.On va continuer de le suivre de près.Sylvain Cormier FOLK I Love You.It\u2019s a Fever Dream ?1/2 The Tallest Man on Earth, Rivers / Birds Records Oui, il est bon de retrouver Kristian Matsson (The Tallest Man on Earth), surtout sur un cinquième album aussi sensible et assuré.Quatre ans après Dark Bird Is Home, ce I Love You.It\u2019s a Fever Dream est l\u2019album de l\u2019évaluation du soi à un certain moment de la vie, sans l\u2019enveloppe sévère que peut avoir l\u2019incertitude.Après des années raides marquées par un divorce, la mort d\u2019un proche et d\u2019incessantes tournées, Kristian Matsson regarde cette fois son visage et devient ce cœur ouvert qui ne crie pas, mais qui plutôt s\u2019observe, se raconte, se représente.«I travel through the storms but then I hang to dry», chante-t-il sur la superbe I\u2019ll Be a Sky, aussi révélatrice que There\u2019s a Girl.Cet album se trouve à une jonction, brassant un passé qu\u2019on sait douloureux sans faillir à interroger le présent.Quant aux arrangements, ils sont doux et chantants \u2014 harmonica, guitares, banjo, piano, cuivres (belle Hotel Bar) valsent dans des rythmes plus ou moins intenses.Mais le plus beau, c\u2019est la lumière de l\u2019ensemble, qui annonce: rien n\u2019est tout à fait mort.Geneviève Tremblay CLASSIQUE Francesco Landini ?L\u2019Occhio del Cor [Songs of Invisible Love], La Reverdie, Arcana, A 462 La Reverdie se spécialise, avec la même excellence, dans un répertoire antérieur à celui de Doulce Mémoire: Moyen Âge et début de la Renaissance.S\u2019agissant de Francesco Lan- dini (v.1330-1397), nous sommes en présence du maître de la musique dans l\u2019Italie du XIVe siècle, un musicien aveugle de naissance, chanteur et organiste, notamment connu pour ses «ballate».Le programme de La Reverdie est composé en grande partie à partir de textes autour des «yeux qui ne voient pas ou ne voient plus».Cette composition programmatique adopte toutes formes sensibles, comme le résume si bien le livret : douleur infligée par les yeux de la femme qui ne regardent plus le poète ou, à l\u2019opposé (Ochi dolenti) le poète qui se prive de regarder afin de ne pas désirer.La qualité référentielle perçue dans les enregistrements précédents demeure avec ces six habiles chanteurs et instrumentistes maniant luth, vielles, rebec, harpe, flûtes à bec, tam- burello et organetto.Ce très beau CD vient relayer ceux d\u2019Alla Francesca et de Micrologus chez Opus 111.Christophe Huss L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 LI RE Entrevue Pascal Janovjak Rome, cage ouverte Série La poète Maude Jarry avait fait de la mort sa vie L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 L i r e L \u2019é c r i va i n au t r ava i l 2 2 | Celle qui avait fait de la mort sa vie Réflexion sur notre rapport à la mort avec la poète et thanatologue Maude Jarry J\u2019avais besoin de quelque chose de plus concret », se souvient Maude Jarry au sujet de ses études au baccalauréat en écriture de scénario et création littéraire.Quelque chose de plus concret comme quoi ?Quelque chose comme la thanatologie.On ne fait pas plus concret que le corps, on ne fait pas plus concret que la mort.La conversation, ce jour-là, n\u2019aura à peu près rien de scabreux ou de glauque, contrairement aux préjugés que continue de charrier la profession.Maude Jarry ressemble à une comédienne que l\u2019on engagerait pour jouer une thanatologue dans une série télé mettant en vedette une thanatologue n\u2019ayant pas du tout la tête de l\u2019emploi.Difficile, cela dit, de ne pas sourciller, et de rire, en entendant l\u2019auteure raconter qu\u2019un corps embaumé, conservé dans de bonnes conditions, pourrait rester en bon état au moins six mois, pour peu que « tu gères bien tes moisissures», une phrase à la fois suave et dégueulasse.Si j\u2019étais un motel j\u2019af ficherais jamais complet (Éditions de Ta Mère, 2019), son premier livre, est d\u2019ailleurs ponctué d\u2019emprunts au vocabulaire anatomique (plusieurs occurrences du mot « cavité ») et les élans physiques d\u2019une passion délétère y sont souvent assimilables à des façons de narguer la mort : « je te touchais l\u2019enveloppe épithéliale / voulais passer à travers / caresser ton ectoplasme mouillé / notre amour halo d\u2019anniversaire / on se lâchait pas des yeux».Alors, pourquoi la thanatologie ?Maude Jarr y grimace, un peu gênée d\u2019avoir été de ceux que la mort fascine de façon pas forcément saine.« C\u2019était une forme de fantasme, oui.J\u2019ai toujours \u201ctrippé\u201d sur la période romantique, qui fait quasiment l\u2019apologie du suicide, où on est toujours dans une sorte de sublimation de la mort.» Elle sourit maintenant, comme attendrie par la candeur de ce qu\u2019elle projetait à l\u2019époque sur le mystère de notre finitude commune.Impossible de conserver pareil rapport à la mort lorsque l\u2019on manipule quotidiennement des corps sans vie.«On est tellement peu en contact avec la mort que c\u2019est facile de l\u2019esthétiser.Les seuls cadavres que j\u2019avais vus, avant, ils avaient été embaumés, maquillés.Je n\u2019avais jamais vu la mort sans artifice.» Le temps de faire son deuil On en parle assez, de la mort, Maude Jarr y ?Elle fait très théâtralement non de la tête.« On vit dans une société qui, plutôt que d\u2019être proche de ses aînés, proche de ses défunts, a choisi de confier ces tâches-là à des entreprises, regrette-t-elle.Dans un monde idéal, les proches seraient davantage impliqués dans la planification et l\u2019organisation des rituels.» Selon les obligations et règles en vigueur au Québec, « l\u2019exposition du corps d\u2019une personne décédée doit être réalisée par une entreprise de services funéraires et avoir lieu dans un local aménagé».Après quatre ans de pratique, la jeune trentenaire quittait donc son emploi en avril dernier, déçue qu\u2019accompagner un défunt signifie d\u2019abord et avant tout accompagner un client.Malgré toutes les raisons qu\u2019invoque l\u2019industrie de la mort afin de faire la promotion de cette pratique en perte de vitesse, un corps peut très bien être pleuré pendant quelques jours sans passer par l\u2019embaumement, explique-t-elle.Pour peu, bien sûr, que l\u2019on tienne immédiatement les rituels souhaités.« Il y a l\u2019industrie qui veut vendre ses ser vices, mais il y a aussi que l\u2019embaumement a un aspect commode dans notre monde capitaliste.On embaume maman et on lui organisera une cérémonie dans deux semaines, un samedi de préférence, quand tout le monde sera disponible, quand on n\u2019aura pas de travail, quand on aura le temps.Avant, quand une mort survenait, tout s\u2019immobilisait, on prenait soin de nos morts.C\u2019était un long processus.Aujourd\u2019hui, si tu as la chance d\u2019avoir un congé payé, il vaut mieux être prêt à travailler quand tu reviens.» Rien ne sert d\u2019avoir peur Souvent, Maude Jarry était appelée d\u2019urgence au salon funéraire afin d\u2019effectuer des «retouches maquillage» sur certaines dépouilles laissant entrevoir un peu de bleu sur les mains (les endeuillés touchent beaucoup les mains d\u2019un mort).Et bien qu\u2019elle compatisse avec ces familles auxquelles la vue d\u2019une ecchymose ou d\u2019une cicatrice rappelle des mois de souffrance \u2014 «les corps qu\u2019on reçoit sont maga- nés», laisse-t-elle tomber en parlant à Maude Jarry ressemble à une comédienne que l\u2019on engagerait pour jouer une thanatologue dans une série télé mettant en vedette une thanatologue n\u2019ayant pas du tout la tête de l\u2019emploi.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR L\u2019écrivain au travail, c\u2019est Le Devoir qui, dans les prochaines semaines, repart à la rencontre d\u2019écrivains qui gagnent leur croûte grâce à des boulots \u2014 en apparence \u2014 éloignés de la littérature.ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « | 2 3 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Dictionnaire mélancolique de mon exil ?Morgan Le Thiec, Pleine Lune, Montréal, 2019, 168 pages « Je suis de mon enfance comme d\u2019un pays», écrit Saint-Exupéry dans Pilote de guerre.À sa propre enfance vécue dans un pays lointain, Morgan Le Thiec lie une forme de traumatisme : la destruction de la maison dans laquelle elle a passé une partie de son enfance en Bretagne.« Une maison n\u2019est jamais qu\u2019une simple maison.» Et c\u2019est un peu, écrit-elle, comme si elle avait « disparu physiquement » pour l\u2019aider à la quitter.En guise d\u2019exorcisme, l\u2019auteure de deux recueils de nouvelles et d\u2019un roman (Les questions orphelines, Pleine Lune, 2015) nous propose Dictionnaire mélancolique de mon exil.À partir de fragments, de débris et de souvenirs, Morgan Le Thiec, qui vit au Québec depuis plusieurs années et travaille dans le domaine du français langue seconde, partage ici ses réflexions et son expérience de l\u2019immigration, qu\u2019elle n\u2019hésite pas à qualifier d\u2019exil \u2014 mais d\u2019exil au « sens mou ».« Je suis restée, je me surprends à l\u2019être encore par fois, une personne en transit.Ce que j\u2019ai ressenti, ce que j\u2019ai vécu, je ne le souhaite à personne.» Avec à propos et sensibilité, elle exhume des fragments de son histoire familiale, mélange les souvenirs et les lectures (Annie Ernaux, Nancy Huston ou Abla Farhoud) en évoquant les multiples pertes entraînées par sa traversée de l\u2019Atlantique.Même si le projet prend son origine dans un blogue du même nom, il demeure, comme c\u2019est souvent le cas, que le choix formel du fragment relève d\u2019une certaine facilité.Ce dictionnaire un peu pêle-mêle n\u2019évite d\u2019ailleurs pas les répétitions \u2014 ceci expliquant sans doute un peu cela.Un travail d\u2019édition plus considérable aurait certainement pu enrichir l\u2019ouvrage.Christian Desmeules Débris d\u2019ailleurs Rêver dans le champ Pierre Bourgault a déjà dit quelque part qu\u2019il «détestait » le baseball, ce sport qui incarnait à ses yeux notre «côté américain» qu\u2019il honnissait tout autant.Et le Guillaume Plouffe de Lemelin, il était Américain, peut- être ?Et Jacky Robinson porté en triomphe au stade De Lorimier, il était Québécois ?Dans la première moitié du XXe siècle, en Mauricie, chaque petit village avait son «champ de balle » sans lequel je n\u2019existerais sans doute pas, puisque ce terrain a été le théâtre d\u2019au moins une partie des fréquentations de ma mère avec la grande asperge à lunettes qu\u2019elle allait y applaudir alors que son père, un fermier-poète, sosie du général Eisenhower qui officiait comme arbitre derrière le marbre, se faisait traiter de «coco plumé ».Le baseball, avec ses langueurs de lent ballet, est le sport caniculaire par excellence, et c\u2019est peut-être pourquoi, loin de la démesure olympique, des Montréalais continuent de rêver d\u2019un petit stade du centre- ville ouvert au caressant souffle de brise des belles soirées d\u2019été, là où ils acclameront la réincarnation des Expos et celle du maire Coderre en Youppi tout en ingurgitant un hot dog relish-moutarde et en sirotant une bière tiède dans un verre en carton, parce que fini, le plastique.Imaginez maintenant que, dans ce stade, l\u2019équipe locale, accomplissant le destin floridien du Québec, s\u2019appelle les Rays de Tampa Bay\u2026 Bour- gault, pauvre de lui, se retournerait dans sa tombe, si ce n\u2019est déjà fait.Je ne prétends pas que Joe Di- Maggio a été, dans la bouche de mon père, un aussi gros nom que Maurice Richard.Mais c\u2019est par lui que j\u2019ai d\u2019abord entendu parler de Joltin\u2019 Joe, en des termes qui ne laissaient aucun doute : nous avions bien affaire à un des héros sportifs de sa jeunesse, avec Joe Louis, Ali et le Rocket.Cette fois-là, il essayait sans doute seulement de m\u2019expliquer qui était le beau monsieur à la chevelure d\u2019argent bien coiffée qui, sur notre écran de télé, faisait de la réclame pour un produit capillaire ou l\u2019autre, une version états-unienne du « juste un peu de gris » de notre Maurice national.Joe DiMaggio, c\u2019est une époque.C\u2019est l\u2019espace traversé d\u2019éclairs qui sépare deux périodes clés de ce vieux mythe chéri que la présidence de Trump achève de piétiner : l\u2019innocence américaine.Du New Deal de LOUIS HAMELIN Roosevelt et de la veille de la Seconde Guerre mondiale jusqu\u2019à la fin des pépères et idylliques années 1950 \u2014 le triple avènement glorieux de la classe moyenne, de la banlieue et du centre commercial \u2014 et le début des turbulentes Sixties et du tourbillon Marilyn.Oui, Marilyn\u2026 Je savais que Di- Maggio avait été un des éphémères maris de la star, mais j\u2019ignorais les détails du conte de fées malheureux, hollywoodien, que ces deux-là, avec leurs encombrantes célébrités capables de rivaliser au moment de leur rencontre, vécurent à l\u2019apogée de la grande usine de mythes et d\u2019icônes que fut toujours la culture au pays de l\u2019oncle Sam.Je les ai appris dans l\u2019essai biographique (Joe DiMaggio, Éditions du Sous-sol, 2019, traduit de l\u2019américain par Marc Chénetier) que consacre Jerome Charyn au Yankee Clipper, dans la vie de qui le passage de la plus fameuse blonde de l\u2019univers connu eut l\u2019effet d\u2019un ouragan déferlant par la grille d\u2019une bouche d\u2019aération surchauffée dans un envol de jupe fatal et un flash de petite culotte.« Leur mariage, écrit Charyn, fut un désastre qui dura sept mois, mais leurs liens, à vrai dire, ne se délièrent jamais.Il demeura pour l\u2019éternité le soupirant de Marilyn\u2026 » DiMaggio avait succédé à nul autre que le Babe dans le cœur des féroces partisans des Yankees.Un bâton en frêne lourd à porter.Quant à Marilyn, son pouvoir de séduction conquis de haute lutte la dispensait désormais de coucher avec les producteurs de la fabrique d\u2019images, et une aura de taille à accoter celle des grands hommes la précédait dans le monde.Après le Champion, il y aurait un Arthur qui n\u2019était pas roi, juste dramaturge, puis le pouvoir en tant que tel, avec son parfum de légende, suprême et guerrier, qu\u2019incarnaient les frangins Kennedy.La culture de masse a voulu faire de Marilyn le type même de la « blonde idiote », enjôleuse et superficielle.Maintenant qu\u2019elle a été réhabilitée par des sommités telles que Norman Mailer et Joyce Carol Oates, il est difficile, aujourd\u2019hui, de ne pas la considérer comme la partenaire la plus intelligente du « couple princier » qu\u2019elle forma avec ce voltigeur au caractère secret, sombre et borné, dont la personnalité solitaire avait apparemment besoin du champ centre d\u2019un terrain de balle pour s\u2019exprimer.Lire un livre sur le baseball traduit en France ?Oui, je sais bien\u2026 Même sous la plume d\u2019un vieux routier comme Marc Chénetier, on s\u2019expose à lire des incongruités, comme, par exemple, qu\u2019une prise est «« l\u2019un des trois mouvements de bâton auxquels chaque frappeur a droit ».On aimerait pouvoir crier : «Out ! » la fois des avancées réjouissantes de la médecine et des ravages de l\u2019acharnement thérapeutique \u2014, la thanato- logue pense que nous gagnerions collectivement à moins avoir peur de tout ce qui évoque notre fin.«Il y a une normalité qui s\u2019installe quand on travaille quotidiennement avec la mort, c\u2019est sûr, sinon on ne survivrait pas.On ne peut pas chaque fois s\u2019attendrir et se demander ce qu\u2019était le passé de cette personne, car on ne dormirait pas le soir.Mais il y a aussi une normalité qui devrait être plus universelle: c\u2019est quand même bizarre qu\u2019on nous appelle parce qu\u2019une famille capote à la vue d\u2019un bleu sur une main.C\u2019est triste de penser que, dans ces contextes-là, voir une ecchymose, c\u2019est traumatisant.Pour une thanatologue, c\u2019est difficile d\u2019oublier que nos proches seront tous un jour des cadavres et que nous serons tous un jour des cadavres, et je pense que c\u2019est sain.» Il ne sert, de toute façon, absolument à rien d\u2019avoir peur de la fatalité, dans la mesure où avoir peur, c\u2019est déjà mourir un peu, écrit une certaine poète : « personne m\u2019avait jamais dit / que la peur est un chien pas docile / attaché à une clôture / une fois déchaîné / il détruit tout déchiquette / une série de petites morts / qui finissent sur le bureau du coroner / la peur lâchée lousse tue toute / un téléfilm de mor ts subites / qui passe tard après l\u2019autopsie / les lundis soirs à Canal D». L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 4 | Rome, cage ouverte Dans Le zoo de Rome, Pascal Janovjak explore les ambiguïtés d\u2019un jardin zoologique Extrait de Le zoo de Rome À la fin des années 1960, les Romains ont de bonnes raisons de ne pas aller au zoo.La plupart des foyers sont équipés d\u2019un poste de télévision : l\u2019investissement est considérable et les pères de famille décident de le rentabiliser en restant devant.C\u2019est d\u2019autant plus agréable qu\u2019une invention complémentaire s\u2019est répandue en Europe \u2014 on la doit à un certain Edward Lowe, habitant du Michigan et désormais multimillionnaire, car l\u2019homme a créé la litière.Celle-ci a permis la prolifération d\u2019une race nouvelle, le chat d\u2019appartement, et le grand avantage de ce dernier est qu\u2019il tient sagement sur les genoux, on peut le caresser à volonté en regardant la télé.Dans son deuxième roman, Le zoo de Rome, Pascal Janov- jak propose des allers-retours entre le passé du jardin zoologique romain et un chassé- croisé de quelques personnages qui s\u2019y rencontrent dans la Rome d\u2019aujourd\u2019hui.LAURA SALVINELLI é de mère française et de père slovaque à Bâle, en Suisse, en 1975, Pascal Janovjak habite Rome depuis 2011, d\u2019où il travaille aussi comme traducteur.Il avait auparavant vécu en Jordanie et au Liban, dirigé l\u2019Alliance française de Dhaka, au Bangladesh, et séjourné quelques années à Ramallah, en Palestine.Son nom risque de ne pas être inconnu des lecteurs québécois puisque l \u2019auteur a cosigné il y a quelques années À toi (Libre Expression, 2011), un échange épistolaire né d\u2019une rencontre avec Kim Thúy (Ru, Vi).« Le point de dépar t du Zoo de Rome est une promenade que j\u2019ai faite avec mes enfants dans le zoo », raconte Pascal Janovjak, qui est de passage à Montréal en ce moment même, mais à qui nous avons parlé quelques jours plus tôt, alors qu\u2019il se trouvait toujours dans une Rome écrasée de chaleur.« Je n\u2019y serais sans doute pas allé de moi-même, mais j\u2019ai été frappé de voir à quel point c\u2019était un endroit riche d\u2019histoire.Frappé surtout de constater à quel point c\u2019était un endroit ambigu.» Un lieu ambigu parce qu\u2019on peut y voir des animaux enfermés et qu\u2019on y amène nos enfants pour les voir, souvent sans beaucoup réfléchir aux enjeux que ça soulève.Créé au cœur de Rome en 1911 par l\u2019Allemand Karl Hagenbeck \u2014 un peu à l\u2019image de celui qu\u2019il avait bâti à Hambourg \u2014, sur 17 hectares de verdure tout près de la Villa Borghese, le jardin zoologique de Rome devait marquer le cinquantenaire de la création de l\u2019Italie moder ne.Arche des temps modernes, école, refuge, prison ou même miroir social, l\u2019endroit est un puissant symbole.C\u2019est ce que tente de cerner à sa manière Le zoo de Rome, deuxième roman de Pascal Janovjak, fait d\u2019allers- retours entre le passé du jardin zoologique romain et le chassé- croisé de quelques personnages qui s\u2019y rencontrent dans la Rome d\u2019au- jourd\u2019hui.Depuis sa fondation, en passant par les années de vache maigre.Mais déjà, au milieu des années 1920, le zoo était devenu une entreprise allant « à vau-l\u2019eau, comme le pays tout entier, une structure décadente, gangrenée par la paresse et le manque d\u2019ambition».Le zoo, miroir du XXe siècle Après des années de passage à vide, Chahine, architecte algérien en deuil d\u2019une fillette imaginé par ENTREVUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR N Le zoo de Rome Pascal Janovjak, Actes Sud, Arles, 2019, 256 pages On parle tellement d\u2019écologie, de préservation de la nature, on les retrouve dans presque toutes les grandes villes.J\u2019ai voulu explorer ce que ça voulait dire, quelle est cette réalité et comment ça marche.PASCAL JANOVJAK » | 2 5 L i r e Je u n e s s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 CRITIQUE CROISÉE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Voyage initiatique, expédition organisée, traversée qui mène de l\u2019enfance à l\u2019âge adulte, le thème du voyage se décline en autant de chemins qu\u2019il permet d\u2019en imaginer.Depuis le Congo, où un zoologue part sur les traces d\u2019une bête légendaire, à cette fillette qui, des rivages de la Grèce, se retrouve en Amérique, on découvre le projet immense d\u2019Angelo, minuscule bestiole qui rêve d\u2019aventures.Soif de vérité Persuadé de l\u2019existence du Mokélé- Mbembé, bête folklorique comparable au monstre du lac Memphréma- gog, Édouard Marlaud, zoologue au Musée d\u2019histoire naturelle, se rend sur le continent africain, glisse sur les eaux du fleuve Congo, fouille la jungle, fait plusieurs rencontres étonnantes, parmi lesquelles un immense python, un crocodile, des éléphants et documente ainsi son parcours aussi inattendu qu\u2019inespéré.L\u2019expédition du Mokélé-Mbembé, premier album jeunesse pour le graphiste et illustrateur Yannick NorY, plonge les lecteurs dans un univers empreint de découver tes, mais surtout de liberté.La soif de vérité entreprise par le scientifique se transforme rapidement en parcours parsemé d\u2019écueils, d\u2019embûches, de tout sauf ce qu\u2019il avait prévu.C\u2019est là l\u2019essence et la richesse des voyages, même les plus organisés.Les détours mènent ce chercheur sur des pistes inexplorées et lui permettent de réfléchir à l\u2019état de ces animaux sauvages, «beaucoup plus libres et majestueux [dans la nature] qu\u2019empaillés ou en cage dans [s] on pays».Bref et concis, le texte laisse toute la place aux illustrations qui épousent le thème de la découver te.Touf fues, colorées et toutes aussi denses que la forêt, elles pullulent ainsi de détails qui complètent les réflexions de l \u2019aventurier.L\u2019œil aver ti s\u2019amusera d\u2019ailleurs à chercher la piste du monstre mythique tant convoité par Marlaud.Vaste monde «Dans une contrée très très lointaine vivaient des êtres minuscules, plus petits encore que les lutins des contes», on les appelait des Presque- Rien.Parmi eux, Angelo rêve de découvrir ce qui existe de l\u2019autre côté du lac.Un jour, malgré la menace de rencontrer l\u2019Ogre et de finir dans sa salade, il par t sur son petit bateau bricolé dans une coque de noix.Après une heure de voyage, le géant, posté sur le bord de l\u2019étang, ramasse le petit et le met dans sa poche.En un seul pas, et au grand désespoir du héros, la traversée est terminée tout comme ses espoirs de De l\u2019autre côté du monde Trois œuvres jeunesse explorent avec finesse le voyage sous toutes ses formes le romancier, est pressenti pour transformer les l ieux en centre commercial nouveau genre.Gio- vanna, nouvel le directr ice des communicat ions de l \u2019établ isse- ment, se familiarise avec les lieux qu\u2019elle doit dépoussiérer, chargés de tous les fantômes du passé.Avec une cer taine finesse, Le zoo de Rome nous les montre en train d\u2019éprouver les limites étroites de leur propre liberté.« On parle tellement d\u2019écologie, de préservation de la nature, on les retrouve dans presque toutes les grandes villes.J\u2019ai voulu explorer ce que ça voulait dire, quelle est cette réalité et comment ça marche », poursuit Pascal Janovjak.Le jardin zoologique de Rome, en particulier, est le « miroir d\u2019un siècle troublé ».On y croise Mussolini posant symboliquement à côté d\u2019une lionne en bombant le torse, les mouvements de défense animale des années 1960 et 1970, un Salman Rushdie fasciné par le tout dernier spécimen de tamandin (un solitaire tamandus tubulidentatus), sorte de croisement entre un tapir et un fourmilier, un animal inventé par Janovjak.Tout cela, tandis que le regard porté sur les animaux en cage se transforme.Mouvements sociaux importants Bouleversé par les lieux, l\u2019architecte algérien finira par s\u2019enfermer dans sa chambre avant de se volatiliser à sa manière.Le premier roman de Pascal Janovjak, L\u2019invisible (Buchet Chastel, 2009), était une sorte de remake de la célèbre nouvelle de H.G.Wells, L\u2019homme invisible, sur fond d\u2019amitiés virtuelles et d\u2019atomisation sociale.« J\u2019aime bien l\u2019idée de personnages qui disparaissent », avoue l\u2019écrivain, qui reconnaît aussi sans détour l\u2019influence de Jean Echenoz sur son écriture.« En étudiant son histoire, pour- suit-il, je me suis rendu compte que le zoo traduisait toujours des mouvements importants de la société.Créé pour célébrer la fondation de l\u2019État italien, il a ensuite été utilisé par le fascisme pour vanter la politique coloniale.Il a souf fer t de la guerre, et a traduit ensuite, dans les années 1970, toute une idéologie d\u2019émancipation.Chaque fois, c\u2019est un peu comme une caricature de ce qui se passe dans la société.» Le libéralisme effréné dans lequel nous sommes plongés aujourd\u2019hui y trouve aussi un écho.Le zoo se veut aussi, bien entendu, le ref let de nos propres préoccupat ions pour la nature.« On peut projeter nos propres problèmes sur les animaux en cage », est ime Pascal Janovjak.« L\u2019animal nous ressemble, mais il ne répond rien.C\u2019est comme un réceptacle où on peut mettre tous nos fantasmes, toutes nos peurs ou nos préoccupat ions.C\u2019est quelque chose qu\u2019on a fait depuis l\u2019origine de l\u2019humanité.L\u2019animal a toujours ser vi à raconter des histoires, à suppor ter des fables ou des critiques sociales.» Inséparables, une fillette et sa petite robe fleurie passent le plus clair de leur temps ensemble jusqu\u2019au jour où la jeune fille quitte son pays natal.JULIE MORSTAD vivre mille et une aventures.Qu\u2019à cela ne tienne, il parvient à se sauver de la veste du monstre et décide de refaire le trajet à l\u2019envers.Dans un texte brodé de poésie, de candeur et d\u2019espoir les plus fous, Sé- verine Vidal of fre avec Voyage de poche un tendre récit initiatique.Le courage d\u2019Angelo, sa façon de faire face à l\u2019adversité, d\u2019af fronter l\u2019inconnu et les imprévus en font un personnage porté par une légèreté enviable.L\u2019histoire de ce petit Presque- rien est appuyée des illustrations enveloppantes et chaleureuses de Flo- rian Pigé.La rondeur du trait, les variations de perspectives, l\u2019abondance de couleurs chaudes appuient ainsi et avec finesse le parcours plein d\u2019espérance du voyageur.Fameux.Retour aux sources Inséparables, une fillette de bord de mer et sa petite robe fleurie passent le plus clair de leur temps ensemble jusqu\u2019au jour où la jeune fille quitte son pays natal et ses parents pour faire sa vie à New York.Pliée au fond d\u2019une malle, la robe entreprend alors un autre voyage, en parallèle à celui de sa maîtresse.Prétexte à mettre en scène le chemin emprunté par le personnage, depuis son enfance jusqu\u2019à son entrée dans le monde adulte, Le grand voyage, de Camille Andros, offre une perspective dif férente sur le temps qui passe et la nostalgie.La narration nous donne à entendre les réflexions de la robe, objet oublié, délaissé, alors que les illustrations signées Julie Morstad relatent le parcours de la protagoniste.La minutie du trait, le réalisme des scènes se lient à une variation de cadrages qui épousent le mouvement du temps qui passe.Ode aux souvenirs, à la vie pavée d\u2019étonnants hasards, cet album témoigne avec sensibilité du cycle de la vie.L\u2019expédition du Mokélé-Mbembé ?1/2 Yannick NorY, 400 coups, Montréal, 2019, 40 pages Voyage de poche ?1/2 Séverine Vidal et Florian Pigé, Alice, Bruxelles, 2019, 40 pages Le grand voyage ?Camille Andros et Julie Morstad, traduit de l\u2019anglais par Marie Ollier, Gallimard, Paris, 2019, 36 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 6 | CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Comme tous les jours, ou presque, Éric Deguide, universitaire engagé dans la défense des droits de la personne, quitte la maison pour un rendez-vous\u2026 et ne revient pas.En fait, il ne revient plus.Après avoir fait le tour des amis communs, dévastée, Emily Danjoux, la femme qui partage sa vie, alerte la police.Qui en vient très vite à favoriser la thèse du « départ volontaire », pour dire les choses gentiment.Drame\u2026 Quelque chose de très lourd\u2026 Emily n\u2019y croit pas.Impossible que l\u2019homme de sa vie l\u2019ait quittée ; encore moins sans un mot.Elle craque et, pour tenter de comprendre ce qui s\u2019est passé, se réfugie dans un petit village près du lac Majeur, où le couple a vécu un bonheur intense.Pour elle, Éric est retenu quelque part, contre son gré, et elle s\u2019engage à tout faire pour le retrouver.Les indices sont minces alors que la pâleur des jours et la tiédeur de sa nouvelle vie menacent d\u2019ef facer ses souvenirs.Mais des faits nouveaux surgissent : sur un blogue, quelqu\u2019un affirme avoir aperçu le brillant universitaire.À distance, et malgré l\u2019apathie des policiers, Emily se persuade encore plus que son amant est en danger et qu\u2019il faut absolument «faire quelque chose».Heureusement, elle n\u2019est pas la seule à croire que quelque chose de très lourd se cache sous la disparition d\u2019Éric ; une équipe de journalistes du Soir, le grand quotidien bruxellois, se lance à sa recherche.Éric Deguide avait promis un coup d\u2019éclat à ses contacts au journal et ceux-ci se mettent à fouiller lorsqu\u2019ils ne le voient pas réapparaître.Le dossier s\u2019épaissit peu à peu à mesure que s\u2019accumulent les découvertes : voilà même que des cadavres surgissent.Bientôt, la petite équipe du Soir établit des liens entre un journaliste allemand piégé, un trafiquant louche assassiné et la disparition d\u2019Éric.Sous les apparences, une affaire très sombre semble prendre forme dans laquelle il est même question de trafic d\u2019armes\u2026 Tout l\u2019art de Paul Colize consiste à mettre en relief les moindres replis de la vie ordinaire pour en faire ressortir la dimension potentiellement tragique.Sous les apparences du quotidien se cachent toujours les drames les plus sanglants.C\u2019est précisément ce qui apparaîtra sous l\u2019écriture méticuleuse du romancier belge.Le lecteur en viendra ainsi à soupçonner tout le monde, même Emily, chaque geste, chaque parole pouvant être interprété de façon différente selon le contexte.Et selon la position de l\u2019observateur, bien sûr, Gregory Bateson ne dirait pas mieux\u2026 Cette écriture fine, intimiste, donne chair à des êtres d\u2019une af fo- lante sensibilité, comme Emily, ou d\u2019une provocante inconscience, comme Fréderic Peeters, l\u2019un des jeunes journalistes d\u2019enquête lancés sur la piste d\u2019Éric Deguide.Tout au long, le récit se construit sur des personnages crédibles mettant en évidence le talent et la maîtrise d\u2019un écrivain trop mal connu.Un jour comme les autres , cela changera peut-être\u2026 Sous les apparences Un drame intimiste peut parfois cacher des histoires beaucoup plus sordides CRITIQUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR Vers les trois quar ts de Monsieur, après une succession d\u2019histoires de succession, justement, de trafic humain, de mariage forcé, de liaison interdite et de soft sexu, la protagoniste prise dans ce tourbillon se demande à quoi diantre elle s\u2019attendait en s\u2019embarquant dans tout cela.Rendus là, nous nous posons la même question.Après tout, ce truc est signé par E.L.James.L\u2019auteure qui a fait cadeau au monde de 50 nuances de Grey.Celle qui a conçu des phrases comme : « Son sourire salace me va droit au sexe.» Celle qui a notoirement fait passer un personnage de mec manipulateur et mesquin pour superdésirable.Délaissant cette fois-ci son univers pseudo-sado-maso, la Britannique nous entraîne dans un récit que l\u2019on dirait écrit il y a 200 ans.Par un enfant de 12 ans.Et qui va comme suit : un séducteur de la haute qui multiplie les conquêtes tombe soudain sous le charme de sa nouvelle femme de ménage (ciel !).Contrairement à la précédente, « cette vieille bique de Krystyna », une Polonaise âgée et ef ficace, celle-ci est jeune, timide, Albanaise, et elle possède des « yeux couleur de printemps ».(Kessé ça ?) En plus, elle porte « une grosse culotte rose » qu\u2019il entraperçoit pendant qu\u2019elle astique son piano.Coup de théâtre, elle sait en jouer, de ce piano.Monsieur est ébahi : « Qui l\u2019eût cru ?Ma petite femme de ménage aime la musique classique.» De toison et de raison «Je suis tombé amoureux de ma bonne.Quelle merde.» Les italiques ne sont pas de nous, mais bien de l\u2019auteure, qui souligne ainsi les pensées les plus profondes (ça se discute) de ses personnages.Nous les retrouverons, par exemple, dans ce passage : « Son inexpérience me refroidit.Initier une vierge, c\u2019est une énorme responsabilité.C\u2019est un sale boulot, mais si quelqu\u2019un doit se dévouer autant que ce soit moi.» Parlant de.Écrire une bonne scène de sexe, c\u2019est complexe.(Ce n\u2019est pas pour rien que les prix Bad Sex in Fiction existent.) Pour réussir, un point est primordial : il faut bien choisir son vocabulaire.Chose que E.L.James maîtrise\u2026 moyennement.Le narrateur nous parle ainsi de sa propre «toison pubienne» (quel gars dit ça?).Pour ne rien arranger, il ne cesse de reprendre sa « charmante petite bonne », lui intimant souvent de ne pas parler dans sa langue natale.Et se moquant d\u2019elle quand elle dit « Le Facebook ».Mais il ne faudrait pas croire que cet homme est fermé, que non ! Pour souligner sa grandeur d\u2019âme, l\u2019au- teure lui fait dire à répétition : « J\u2019ai tout.Elle n\u2019a rien.» Elle n\u2019a rien, donc, constate-t-il horrifié en découvrant qu\u2019elle ne possède qu\u2019une paire de jeans.Et zéro paire de bas.Chose qui le poussera à avouer, on vous le jure : « Je ne sais pas si l \u2019on por te des chaussettes en Albanie.» Et puisqu\u2019il est compréhensif, il se raisonne en se disant qu\u2019une femme kidnappée n\u2019a pas forcément envie de faire l\u2019amour.« Elle a besoin de temps, je le sais.J\u2019espère que ma queue va comprendre.» Ce qu\u2019il ne comprend pas, toutefois, c\u2019est «comment les femmes font [.] pour pleurer en silence ».On ne le sait pas, mais en lisant Monsieur, on a eu envie de le faire une fois ou deux.Des chaussettes en Albanie Vous aviez effacé 50 nuance de Grey de votre mémoire ?Voici Monsieur.Un jour comme les autres ?1/2 Paul Colize, Éditions Hervé Chopin, Paris, 2019, 446 pages L\u2019écriture fine et intimiste de Paul Colize donne chair à des êtres d\u2019une affolante sensibilité ou d\u2019une provocante inconscience.PAUL COLIZE CC Monsieur ?E.L.James, traduit de l\u2019anglais par Denyse Beaulieu, Dominique Defert et Carole Delporte, JC Lattès, Paris, 2019, 480 pages Délaissant cette fois-ci son univers pseudo-sado-maso, la Britannique E.L.James nous entraîne dans un récit que l\u2019on dirait écrit il y a 200 ans.Par un enfant de 12 ans.MICHAEL LIONSTAR | 2 7 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Sport toxique Il y a six ans aujourd\u2019hui, la Française Marion Bartoli gagnait le tournoi de tennis de Wimbledon.Cette victoire avait quelque chose de réjouissant.Elle représentait la revanche des négligés.Bartoli, en effet, était une joueuse atypique.Elle frappait revers et coups droits à deux mains, servait avec un mouvement bizarroïde, était entraînée par un père aux méthodes saugrenues et ne jouait pas, contrairement à plusieurs de ses adversaires, les starlettes.Si elle avait joué au hockey, on l\u2019aurait qualifiée de plombière excentrique.Sa surprenante victoire comportait donc une bonne nouvelle : le travail, à la fin, peut l\u2019emporter sur le talent.L\u2019histoire de Bartoli contient toutefois un autre message : le sport d\u2019élite a quelque chose de tordu.Les exploits des champions suscitent notre admiration, mais ils cachent souvent une sombre réalité.Monoma- niaques, les athlètes d\u2019élite sont parfois prêts à tout pour atteindre le sommet de leur discipline.L\u2019histoire de la cycliste Geneviève Jeanson, parmi d\u2019autres, en constitue une preuve éclatante.Dans sa chronique du 9 mars 2000, Pierre Foglia, grand amateur de sport, dissipait les illusions des naïfs.La sentence «un esprit sain dans un corps sain» ne s\u2019applique pas aux athlètes professionnels, ex- pliquait-il.Le volume d\u2019entraînement auquel ils se soumettent ne peut qu\u2019abîmer le corps.Quant à l\u2019esprit sain, holà ! Dans son style inimitable, Foglia évoquait ces athlètes égocentriques qui sont «plus déconnectés des réalités simples de la vie sociale que le fils unique du scheik Al bibine Sultan».Le sport d\u2019élite, concluait-il, « forme plus de caractériels que de citoyens modèles».Federer et les livres Ça s\u2019explique.Pour s\u2019imposer dans cette jungle, surtout dans les sports où le succès s\u2019accompagne de l\u2019argent, il faut en faire une obsession.Les champions, par conséquent, deviennent des êtres unidimensionnels.Parce qu\u2019il a, sur le terrain et ailleurs, une classe naturelle, le tennisman Roger Federer passe souvent pour un homme cultivé.Le journaliste américain L.Jon Wertheim, dans Federer contre Nadal (LER, 2010), fait entendre un autre son de cloche.«Federer quitta l\u2019école à 16 ans, note-t-il.[\u2026] Par exemple, voilà quelques années, on lui posa CRITIQUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR « Fuck you, Carreyrou ! Fuck you, Carreyrou ! » C\u2019est le chant élégant qui s\u2019est élevé dans les locaux de T h e r a n o s , f i n o c t o b r e 2 0 1 5 , lorsqu\u2019Elizabeth Holmes a rencontré son équipe pour lui annoncer qu\u2019elle ne se laisserait pas faire.John \u2014 Carreyrou de son patronyme, donc \u2014 venait de publier deux articles explosifs dans le Wall Street Journal.Le reporter de renom, ayant gagné deux fois le Pulitzer, y dévoilait le grenouillage et les tromperies sur lesquels l\u2019entreprise Theranos avait surfé.Depuis le tout début.Ceux qui ont suivi cette surréaliste affaire en connaissent déjà les détails : depuis l\u2019enfance, Miss Holmes était por tée par le désir de faire du fric (« Je veux être milliardaire », aurait- elle répondu, à l\u2019âge de neuf ans, lorsqu\u2019un ami de ses parents lui a posé la classique question «Que veux- tu faire lorsque tu seras grande?») Mais Elizabeth H.n\u2019a pas attendu d\u2019être vraiment grande.À 19 ans, elle a quitté ses études en chimie à Stanford (pf ft, des études, pas besoin) pour démarrer son entreprise.« N\u2019ayant peur de rien sauf des aiguilles », elle s\u2019est alors mise en tête de créer un « iPod de la santé », soit un dispositif portatif miniature censé analyser le sang du patient hyperra- pidement, à par tir d\u2019une simple goutte seulement.Ou, comme elle se plaisait à dire, « la chose la plus importante que l\u2019humanité ait jamais construite ».En réalité : que du vent.Près de 1 milliard de dollars perdus en investissements.Ceux qui ont suivi les révélations sur cette machination en connaissent les détails, donc.Reste que leur récapitulation dans Bad Blood se lit comme un polar.Et nous rappelle des détails méconnus ou oubliés depuis, sur l\u2019environnement de travail tragiquement toxique qui régnait au QG sis à Palo Alto.Nourri par plus d\u2019une centaine d\u2019entretiens, le journaliste dépeint ainsi le vil aplaventrisme dont ont fait preuve cer tains par tisans de celle que l\u2019on surnommait « la nouvelle Steve Jobs».Et il raconte aussi, avec force détails, le parcours de personnages loufoques ayant par ticipé à cette funeste fourberie.Comme Ra- mesh « Sunny » Balwani, amoureux du bling, ex-bras droit et petit ami de la d.g., qui faisait régner un climat de terreur parmi les employés.Point important, l\u2019histoire est loin d\u2019être finie.Vendredi dernier, un juge californien a fixé le procès d\u2019« Eli et de Sunny » à l\u2019été 2020.La même année où doit sortir un film retraçant l\u2019affaire (bien sûr) réalisé par Adam McKay, derrière Vice, et porté par la blonde et charismatique Jennifer Lawrence dans le rôle de la blonde et étrangement charismatique Elizabeth Holmes.Notons enfin que le bouquin signé John Carreyrou est paru en anglais l\u2019an dernier.Après avoir attendu la version francophone, le lecteur de la traduction devra encore attendre quelques chapitres avant de trouver le rythme.Car la fluidité est souvent entravée par un mélange étrange de temps de verbe.N\u2019empêche, malgré les accrocs, on comprend pourquoi le texte original a été encensé, inspirant, entre autres, le balado d\u2019ABC The Dropout (« la dé- crocheuse »).Difficile de décrocher de cet ahurissant récit, en effet.Mauvais sang John Carreyrou raconte le scandale Theranos, déterrant secrets et mensonges de la Silicon Valley Bad Blood ?John Carreyrou, traduit de l\u2019anglais par Aude Sécheret, éd.Larousse, Paris, 2019, 400 pages Le reporter John Carreyrou a été deux fois lauréat du prix Pulitzer.MICHAEL LOCCISANO AGENCE FRANCE-PRESSE LOUIS CORNELLIER une question concernant Sigmund Freud.Embarrassé, le champion reconnut que ce nom ne lui disait rien.» Dans une récente entrevue donnée à Paris Match (2 juin 2019), Federer avoue ne pas lire de livres.Ça limite les horizons.On dira peut-être que c\u2019est normal, que toute activité pratiquée à un haut degré d\u2019excellence exige une telle concentration obsessive.Pourtant, je connais plusieurs intellectuels de fort calibre qui font du sport, parfois même à un bon niveau.Des sportifs d\u2019élite cultivés, c\u2019est plus rare.Aussi, quand on leur enlève leur dada, qui est aussi leur doudou, ils deviennent perdus.C\u2019est ce que raconte, sans jamais se l\u2019avouer vraiment, Marion Bartoli dans Renaître (Flammarion, 2019, 304 pages), son autobiographie rédigée avec la collaboration de la journaliste Géraldine Maillet.Le parcours est à la fois inspirant et angoissant.Qui gagne perd Née en octobre 1984, Bartoli commence à jouer au tennis avec son père médecin à cinq ans.Rapidement, le jeu devient son obsession.Petite fille modèle, l\u2019enfant ressent que ses parents galèrent sur le plan financier \u2014 être médecin de campagne, en France, à cette époque, n\u2019est pas très payant \u2014 et veut être parfaite.Elle sera la meilleure à l\u2019école et championne au tennis.Dans le petit village de Retournac, elle s\u2019entraîne avec son père, l\u2019hiver, dans un boulodrome froid à la surface goudronnée.Ces conditions difficiles les forceront à trouver des méthodes d\u2019entraînement originales, une approche qu\u2019ils conserveront plus tard.Le couple père-fille est fu- sionnel.En 2000, le père abandonne la médecine pour tout risquer sur la carrière de sa fille de 16 ans.À partir de là, le lecteur se dit que ça sent le roussi.Pourtant, ce parcours du combattant connaîtra son apothéose avec la victoire à Wimbledon en 2013.Bartoli, qui dit sans cesse n\u2019avoir «aucun talent » et devoir, par conséquent, travailler plus fort que les autres, attribue sa réussite à la seule détermination du duo qu\u2019elle forme avec son père.La suite est calamiteuse.Épuisée, la joueuse prend sa retraite quelques semaines plus tard.Sans le tennis, c\u2019est la chute: relation amoureuse toxique avec un goujat, grave problème d\u2019anorexie vécu dans le déni et culpabilité par rapport à ses parents.«Je leur ai offert Wimbledon, mais je leur ai volé tout le reste», écrit-elle.Aujourd\u2019hui, dit-elle, ça va mieux, mais on sent néanmoins que ce livre, bien mené, participe d\u2019une thérapie en cours.Vouloir gagner à tout prix n\u2019est pas, de toute évidence, la voie du bonheur.«Amusez-vous», dirait plutôt mon père. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 L i r e F i c t i o n 2 8 | ENTREVUE NATALIA WYSOCKA COLLABORATRICE LE DEVOIR Stranger Things avant Stranger Things L\u2019auteure américaine Gwenda Bond s\u2019allie à Netflix pour se glisser dans l\u2019univers créé par les frères Duffer Gwenda Bond a adoré d\u2019emblée la série de Netflix Stranger Things, que même Stephen King, son auteur fétiche, a saluée.SARAH JANE \u2014 Il était bon, ton livre.Tu devrais écrire une suite.Je veux vraiment savoir ce qui est arrivé à la petite fille.\u2014 Euh, merci papa.Mais c\u2019est justement ce que raconte la série Strangers Things.\u2014 Ah.Et c\u2019est justement là que résidait le mandat de Gwenda Bond.Inventer un « avant » littéraire à l\u2019univers des frères Duf fer.Remonter dans le passé de la petite Onze, dite Eleven, incarnée à l\u2019écran par la jeune Millie Bobbie Brown.En apprendre davantage sur sa mère.Une femme que l\u2019on voit peu, et en flash-back, dans le supersuccès de Netflix.Un supersuccès que Gwenda Bond a adoré d\u2019emblée.Après tout, quand la première saison a été mise en ligne il y a trois ans, Stephen King avait gazouillé : « Regarder Stranger Things, c\u2019est comme regarder un best of de Stephen King.Dans le bon sens du terme.» Et comme il s\u2019agit de son auteur fétiche depuis qu\u2019elle est gamine, Gwenda Bond n\u2019a fait ni une ni deux et a dévoré les huit premiers épisodes.La seule chose qui lui a déplu ?« Ça manquait un peu de personnages féminins.» Elle laisse entendre un rire tonitruant.« J\u2019y ai remédié dans mon livre ! » En effet, les filles sont fortes dans ce Suspicious Minds (il s\u2019agit bien du titre de la traduction française.Soupir.) Autour de la maman d\u2019Onze gravitent ainsi plusieurs autres jeunes femmes.L\u2019une veut devenir mécanicienne.L\u2019autre est mise de côté par la société.Certaines remarques insérées par l\u2019auteure semblent d\u2019ailleurs très teintées de 2019 (pour ne pas dire un tantinet plaquées).« Je ne peux pas garder mon féminisme au loin bien longtemps ! » s\u2019exclame-t-elle de son accent modulé du sud des États-Unis.De choses étranges et d\u2019autres C\u2019est en partenariat avec Netflix que Gwenda Bond a conçu son livre (bienvenue au XXIe siècle).Le titan de la webdiffusion a-t-il eu son mot à dire sur son texte?«Quand ils m\u2019ont proposé ce projet, je me suis dit : \u201cHum.Voyons voir s\u2019ils vont me laisser mettre en scène une bande de filles\u201d, dit-elle.Mais ils étaient parfaitement partants.Ils m\u2019ont permis de raconter l\u2019histoire que je voulais raconter.» Pas de consignes à respecter, alors ?Si, quand même.Principalement en ce qui a trait aux éléments surnaturels.« C\u2019est vraiment là où j\u2019ai eu des règles à suivre.Parce que les frères Duffer, qui ont créé l\u2019émission, sont vraiment les seuls à connaître les mécanismes qui mènent cet univers.L\u2019Upside Down [le Monde à l\u2019envers].» Car, comme dans la série, Suspicious Minds entremêle monstres et vérité.La très réelle expérience MKULTRA, menée par la CIA des années 1950 à 1970, ser t ainsi de toile de fond au récit.Et ces tests sordides sur la manipulation mentale, auxquels ont participé plusieurs institutions et universités, américaines comme canadiennes, servent à introduire le personnage, fictif celui-là, du Dr Martin Brenner.« Tout en incorporant dans mon histoire des éléments surnaturels [qui ont fait la marque de la franchise], je voulais montrer à quel point ces recherches étaient immorales.» Ses héros \u2014 principalement des héroïnes \u2014 deviennent ainsi les cobayes soumis régulièrement à des essais de LSD, parfois à des électrochocs.« On dirait une théorie du complot complètement démente.Reste que c\u2019est la seule de ces théories qui s\u2019est avérée réelle », dit-elle.Sombre alors, ces Suspicious Minds ?Pas uniquement.À plusieurs endroits, l\u2019auteure résidant au Kentucky insère de petites blagues, des clins d\u2019œil.« Quand on traite de sujets si sérieux, il faut des moments de légèreté.Et puis, je suis une personne qui compense la mocheté du monde par l\u2019humour.» Le monde qu\u2019elle a décrit ici, c\u2019est celui de l\u2019été 1969.L\u2019été pendant lequel Bryan Adams a acheté sa première vraie six-cordes dans un « five-and- dime».Cette période si iconique de l\u2019histoire.«Je souhaitais que mon livre soit ancré solidement dans cette époque, de la même façon que l\u2019émission est plantée dans les années 1980, précise l\u2019auteure.Et pour bien saisir en l\u2019esprit, j\u2019ai fait une tonne de recherches.C\u2019était une époque si fascinante.Tumultueuse.» Qui se traduit par le débarquement sur la Lune, la guerre du Vietnam, les Beatles\u2026 Dans un chapitre, la Lucy des quatre garçons dans le vent se retrouve d\u2019ailleurs avec des démons plutôt que des diamants.Lucy in the Sky with Demons.«Je m\u2019étais créé une liste de chansons des années 1960 que j\u2019écoutais en boucle en écrivant», confie Gwenda Bond.Se plonger dans l\u2019esprit de l\u2019époque de la sorte lui a permis «d\u2019éviter les anachronismes».Par exemple, pour une scène de fête, elle s\u2019est renseignée sur les boissons alcoolisées prisées par les jeunes d\u2019alors.«C\u2019est là que j\u2019ai découvert que 1969 est la première année où les ventes de bière en cannette ont dépassé celles de bière en bouteille.» Autre chose dont elle s\u2019est rendu compte ?« Que c\u2019est à la fin des années 1960 que le Seigneur des anneaux est devenu particulièrement populaire auprès des étudiants américains.De façon hilarante parce qu\u2019il était perçu comme\u2026 psychédélique!» La référence a servi, une fois de plus, à faire un lien avec la série.«Plus particulièrement avec Donjons et dragons, auquel on fait beaucoup référence.» Tout comme les références faites aux bédés des X-Men, qu\u2019affectionne l\u2019une de ses protagonistes.«C\u2019était l\u2019un des rares comics de ces années-là peuplés de ce que l\u2019on qualifierait aujourd\u2019hui de personnages de filles nerds», s\u2019exclame-t-elle.Ayant elle-même signé plusieurs livres mettant en vedette l\u2019héroïne d\u2019une autre série de comics, à savoir Lois Lane, Gwenda Bond a voulu créer un univers cohérent pour ces Stranger Things.« Pour moi, l\u2019aspect horrifique de mon livre se trouve moins du côté des monstres que de celui du comportement monstrueux des êtres humains.» La suite sur votre Netflix.Suspicious Minds Gwenda Bond, traduit de l\u2019anglais par Céline Mozelle, Éd.Lumen, France, 2019, 448 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 | 2 9 C U L T U R E Les incontournables de Copland, Barry, Huntertones\u2026 BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR l\u2019avalanche des spectacles inhérents à chaque édition du Festival international de jazz de Montréal s\u2019ensuit tout logiquement une avalanche de CD.Afin de séparer le bon grain de l\u2019ivraie, pour rester poli, car les méandres financiers du monde de la musique commanderaient une expression beaucoup plus colorée, on a fait enquête.Oui, oui, comme Nestor Burma\u2026 Bon, en clair comme en un mot, on vous suggère aujourd\u2019hui des albums de certains artistes qui se sont produits dans le cadre de cette 40e édition.Tous les albums proposés ont été choisis selon le rapport qualité/prix.Car comme on l\u2019évoquait plus haut\u2026 Il est proprement hallucinant, pour rester encore là poli, de constater combien on a réduit le bipède à un cochon de payant, ainsi qu\u2019en témoignent les distorsions de prix entre tel réseau de distribution et tel autre.Passons.Les ar tistes retenus s\u2019appellent Marc Copland, Huntertones et Stephen Barry.Le cas du pianiste Copland s\u2019est avéré le plus compliqué.À cause justement des prix d\u2019un réseau à un autre, mais aussi de la magouille ayant pour nom le\u2026 changement de pochette ! Pour faire court, Amazon nous propose le même disque, mais avec une pochette différente et à un coût qui l\u2019est tout autant.De 19 $ à plus de 30$, franchement\u2026 Toujours est-il que de ce pianiste, digne héritier de Bill Evans et de Paul Bley simultanément, on suggère fortement Haunted Heart & Other Ballads.Disque d\u2019une sensibilité marquée que Copland a enregistré en 2001 au bénéfice de l\u2019étiquette suisse Hat Hut en compagnie du contrebassiste Drew Gress et du batteur Jochen Rückert.Au programme, il y a My Favorite Things, Crescent, Greensleeves, When We Dance, Easy to Love\u2026 Bref, que des ballades.La centrale d\u2019achats ArkivJazz.com propose le meilleur prix : 19$ sans les taxes.Sinon, de Copland, on a retenu aussi la série de trois albums intitulée New York Trio Recordings qu\u2019il avait réalisée en compagnie de Gary Peacock ou Drew Gress à la contrebasse et de Paul Motian ou Bill Stewart à la batterie.Mais voilà, comme ils ont été produits par l\u2019étiquette allemande Pirouet, ils se négocient à un prix avoisinant les 25 $ sans les taxes et les coûts de transport.De la fanfare Huntertones, on a retenu ce qui distingue justement ce type de formation des autres par son inclination pour l\u2019exubérance, la joie de vivre.En d\u2019autres mots, on suggère leur Live davantage que leur plus récent album, Passpor t.Cette production est à l\u2019image de leur prestation au Upstairs : très sympathique.Formé à Columbus dans l\u2019Ohio, mais domicilié aujourd\u2019hui à Brooklyn, cet orchestre regroupe Dan White aux saxophones, Jon Lampley à la trompette et au sousaphone, Chris Ott au trombone, Adam DeAscentis à la basse, John Hubbell à la batterie, Justin Stanton aux claviers et Josh Hill à la guitare.Note importante : ces messieurs ne proposent pas des interprétations des classiques qui ont fait la réputation de La Nouvelle-Orléans, mais bel et bien des compositions originales.Ce qui fait d\u2019ailleurs le grand intérêt de ce groupe.Le Live évoqué coûte 15$US sur leur site, qui propose le meilleur prix: huntertones.com Enfin, le Stephen Barry Band.De cette formation plus « vieille » que le FIJM, on a retenu Bluesville sur étiquette Bros.En compagnie d\u2019Andrew Cowan à la guitare et à la voix, de Jody Golick au saxophone ténor, de Gordon Adamson à la batterie et parfois de Bharath Rajakumar à l\u2019harmonica, le bassiste et chanteur Stephen Barry signe un disque extraordinaire par sa finesse, ses nuances et un programme tout simplement génial.Allier Muddy Waters à Percy Mayfield, Ike Turner, Mose Allison, Willie Dixon\u2026 Grazie mille ! Sur le site bros.ca, il se vend à 14$.Les artistes retenus dans notre enquête s\u2019appellent Marc Copland (en bas à droite), Huntertones (en bas à gauche) et le Stephen Barry Band (en haut).SYLVAIN LALANDE / GREGORY BERG / FRANCESCO PRANDONI À Fe s t i va l i n t e r n at i o n a l d e j a z z d e M o n t r é a l L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 0 | SAMEDI LE GRAND BLEU (4) Fr.1988.Aventures de Luc Besson avec Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette.- Pour récupérer son titre de champion du monde de plongée en apnée, Enzo Molinari entraîne son rival et ami d\u2019enfance Jacques Mayol dans des compétitions en eaux de plus en plus profondes.ARTV 12h BATMAN (3) É.-U.1989.Drame fantastique de Tim Burton avec Michael Keaton, Jack Nicholson, Kim Basinger.- Un justicier mystérieux qui se donne l\u2019apparence d\u2019une chauve-souris géante entre en lutte contre des criminels.MP 13h INDIANA JONES AND THE RAIDERS OF THE LOST ARK (3) (Raiders of the Lost Ark), É.-U.1981.Aventures de Steven Spielberg avec Harrison Ford, Karen Allen, Paul Freeman.- Un professeur aventureux se rend en Égypte où il doit retrouver l\u2019Arche d\u2019alliance avant les nazis.CTV 14h LA BELLE ET LE VÉTÉRAN (3) (Bull Durham), É.-U.1988.Comédie sentimentale de Ron Shelton avec Kevin Costner, Susan Sarandon, Tim Robbins.- Un joueur de baseball vétéran tombe amoureux d\u2019une enseignante qui a l\u2019habitude de prendre pour amant durant l\u2019été une recrue au talent prometteur.V 14h FISTON (5) Fr.2014.Comédie de Pascal Bourdiaux avec Kev Adams, Franck Dubosc, Nora Arnezeder.- Afin d\u2019attirer l\u2019attention d\u2019une camarade de classe, un lycéen timide demande l\u2019aide d\u2019un écrivain qui, 20 ans auparavant, a séduit la mère de la jeune fille.ARTV 15h LE RETOUR DE BATMAN (3) (Batman Returns), É.-U.1992.Drame fantastique de Tim Burton avec Michael Keaton, Danny DeVito, Michelle Pfeiffer.- Le justicier Batman s\u2019efforce de contrer les entreprises criminelles du Pingouin et de Catwoman.MP 15h30 TOUT EST ILLUMINÉ (4) (Everything Is Illuminated), É.-U.2005.Comédie dramatique de Liev Schreiber avec Elijah Wood, Eugene Hutz, Boris Leskin.- Un jeune juif timide aux manies étranges se rend en Ukraine pour retrouver la femme posée avec son grand-père sur une photo datant de 1940.MAX 17h30 RAMONA ET BEEZUS (4) (Ramona and Beezus), É.-U.2010.Comédie d\u2019Elizabeth Allen avec Joey King, Selena Gomez, John Corbett.- Une fillette gaffeuse mais bien intentionnée s\u2019efforce de résoudre les différents problèmes des membres de sa famille, avec des résultats loufoques et contre-productifs.TQ 18h LA FRONTIÈRE DES TÉNÈBRES (5) (Edge of Darkness), É.-U.2010.Drame policier de Martin Campbell avec Mel Gibson, Ray Winstone, Danny Huston.- Après que sa fille eut été assassinée sous ses yeux, un détective de police met au jour un vaste complot impliquant le patron de la défunte.V 18h30 40 ANS ET ENCORE PUCEAU (5) (The 40 Year-Old Virgin), É.-U.2005.Comédie sentimentale de Judd Apatow avec Steve Carell, Catherine Keener, Paul Rudd.- Poussé par ses collègues de travail, un homme au seuil de la quarantaine entreprend de remédier à sa totale inexpérience en matière de sexualité.MAX 19h30 LA FILLE DU PUISATIER (4) Fr.2011.Drame sentimental de Daniel Auteuil avec Daniel Auteuil, Astrid Berges-Frisbey, Kad Merad.- Dans les années 1940, un puisatier veuf chasse sa fille aînée, enceinte d\u2019un aviateur porté disparu au front, dont la riche famille refuse de reconnaître l\u2019enfant à naître.ARTV 20h SAGA TWILIGHT.RÉVÉLATION.1RE PARTIE (5) (The Twilight Saga: Breaking Dawn \u2013 Part 1), É.-U.2011.Drame fantastique de Bill Condon avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner.- Après avoir épousé un vampire, une jeune mortelle vit une grossesse imprévue et dangereuse de par sa nature surnaturelle.TVA 20h45 L\u2019INTERPRÈTE (4) (The Interpreter), É.-U.2005.Thriller de Sydney Pollack avec Nicole Kidman, Sean Penn, Catherine Keener.- Une interprète aux Nations unies surprend dans ses écouteurs une conversation où il est question d\u2019assassiner le dictateur d\u2019un pays africain.TQ 21h ROMY ET MICHELE, REINES DE LA SOIRÉE (4) (Romy and Michele\u2019s High School Reunion), É.-U.1997.Comédie de David Mirkin avec Mira Sorvino, Lisa Kudrow, Janeane Garofalo.- Deux copines un peu paumées font croire qu\u2019elles mènent la grande vie afin de bien paraître lors d\u2019une réunion d\u2019anciens de leur école.MP 21h LE DERNIER MÉTRO (3) Fr.1980.Comédie dramatique de François Truffaut avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Heinz Bennent.- À Paris, sous l\u2019Occupation, une comédienne continue à diriger le théâtre de son mari qui a disparu parce qu\u2019il était juif.TFO 21h BATMAN.LE COMMENCEMENT (3) (Batman Begins), É.-U.2005.Drame fantastique de Christopher Nolan avec Christian Bale, Katie Holmes, Michael Caine.- Traumatisé par le meurtre de ses parents, un milliardaire suit un entraînement rigoureux puis devient un ténébreux justicier masqué.V 21h LE GRAND BLEU Voir samedi, 12h.ARTV 23h L\u2019HOMME ORCHESTRE Voir dimanche, 21h.TFO 23h30 CRI ULTIME (3) (The Virgin Suicides), É.-U.1999.Comédie dramatique de Sofia Coppola avec Kirsten Dunst, James Woods, Kathleen Turner.- Dans une banlieue cossue, des adolescents sont fascinés par leurs voisines, des beautés blondes surprotégées par leurs parents.RC 0h40 LE DERNIER MÉTRO Voir samedi, 21h.TFO 1h30 DIMANCHE RAMONA ET BEEZUS Voir samedi, 18h.TQ 12h BATMAN À JAMAIS (4) (Batman Forever), É.-U.1995.Drame fantastique de Joel Schumacher avec Val Kilmer, Tommy Lee Jones, Jim Carrey.- Un justicier s\u2019oppose à un redoutable duo de criminels possédant un appareil qui permet de lire dans la pensée.MP 13h NOÉMIE.LE SECRET (5) Can.2008.Comédie dramatique de Frédérik D\u2019Amours avec Camille Felton, Rita Lafontaine, Nicolas Laliberté.- Une fillette à l\u2019imaginaire foisonnant entreprend de trouver un trésor qui aurait été caché dans l\u2019appartement de sa gardienne par le défunt mari de cette dernière.RC 15h ABSOLUMENT TOUT (5) (Absolutely Anything), G.-B.2015.Comédie fantaisiste de Terry Jones avec Simon Pegg, Kate Beckinsale, Sanjeev Bhaskar.- Pour tester les capacités des êtres humains, des extraterrestres donnent à un modeste enseignant des pouvoirs illimités, grâce auxquels il parvient à séduire sa belle voisine.TVA 16h15 TIREUR D\u2019ÉLITE (5) (Shooter), É.-U.2007.Thriller d\u2019Antoine Fuqua avec Mark Wahlberg, Michael Pena, Danny Glover.- Appelé à empêcher le meurtre du président des États-Unis, un ex-tireur d\u2019élite des Marines se retrouve piégé par ses employeurs et accusé du complot.TVA 19h30 MOMMY (3) Can.2014.Drame psychologique de Xavier Dolan avec Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon, Suzanne Clément.- La relation difficile d\u2019une veuve avec son adolescent hyperactif est apaisée par l\u2019irruption dans leur vie d\u2019une voisine un peu mystérieuse.ARTV 20h VITESSE EXTRÊME (5) (Faster), É.-U.2010.Drame policier de George Tillman Jr.avec Dwayne Johnson, Billy Bob Thornton, Oliver Jackson- Cohen.- Un ex-taulard entreprend de tuer l\u2019un après l\u2019autre les hommes responsables de la mort de son frère.V 20h L\u2019HOMME ORCHESTRE (4) Fr.1970.Comédie musicale de Serge Korber avec Louis de Funès, Noëlle Adam, Olivier de Funès.- Le directeur d\u2019une troupe de ballet doit s\u2019occuper du bébé d\u2019une de ses danseuses.TFO 21h GÉNÉRATION PERDUE (4) (The Lost Boys), É.-U.1987.Drame d\u2019horreur de Joel Schu- macher avec Jason Patric, Corey Haim, Kiefer Sutherland.- Un adolescent se rend compte que son frère est devenu un vampire après un rite d\u2019initiation bizarre que lui a fait subir une bande de motards.V 22h COMMENT SÉDUIRE UNE AMIE (5) (Playing it Cool), É.-U.2015.Comédie sentimentale de Justin Reardon avec Chris Evans, Michelle Monaghan, Topher Grace.- Un scénariste, qui n\u2019a jamais cru à l\u2019amour, a le coup de foudre pour une jeune femme déjà fiancée, avec qui il noue des liens d\u2019amitié platoniques.TVA 23h35 FISTON Voir samedi, 15h.ARTV 23h30 CALL HER GANDA (5) É.-U.2018.Documentaire de PJ Raval.- Une journaliste et des militants s\u2019efforcent d\u2019obtenir la condamnation d\u2019un soldat américain, qui a tué une prostituée transgenre lors d\u2019une permission aux Philippines en 2014.PBS (WCFE) 23h30 LES AVENTURES D\u2019ARSÈNE LUPIN Voir lundi, 21h.TFO 23h30 UN HOMME AU SINGULIER (4) (A Single Man), É.-U.2009.Drame psychologique de Tom Ford avec Colin Firth, Julianne Moore, Matthew Goode.- Incapable de surmonter le deuil de son conjoint, un professeur de littérature déterminé à mettre fin à ses jours voit son projet retardé ou compromis par diverses rencontres.RC 23h37 L\u2019HOMME ORCHESTRE Voir dimanche, 21h.TFO 1h30 LUNDI LA FABULEUSE GILLY HOPKINS (4) (The Great Gilly Hopkins), É.-U.2016.Comédie de Stephen Herek avec Sophie Nélisse, Kathy Bates, Julia Stiles.- Incapable d\u2019apprécier sa nouvelle famille d\u2019accueil, une fillette difficile met au point un plan pour retrouver sa mère biologique.TVA 13h CAFÉ DE FLORE (4) Can.2011.Drame psychologique de Jean-Marc Vallée avec Vanessa Paradis, Kevin Parent, Hélène Florent.- L\u2019histoire d\u2019une coiffeuse parisienne qui élève seule son fils trisomique en 1969 est étrangement liée aux tribulations sentimentales contemporaines d\u2019un DJ montréalais.VIE 13h MÉCHANTES ADOS (4) (Mean Girls), É.-U.2004.Comédie satirique de Mark Waters avec Lindsay Lohan, Rachel McAdams, Jonathan Bennett.- En se vengeant d\u2019une consœur populaire mais sournoise, une élève naïve tombe dans les mêmes travers qu\u2019elle.V 20h BUREAU DE CONTRÔLE (4) (The Adjustment Bureau), É.-U.2010.Science-fiction de George Nolfi avec Matt Damon, Emily Blunt, Anthony Mackie.- Un politicien se met à dos des agents du Destin qui l\u2019empêchent de poursuivre son idylle avec une danseuse de ballet.TQ 21h MÉCHANTS PATRONS (4) (Horrible Bosses), É.-U.2011.Comédie de Seth Gordon avec Jason Bateman, Jason Sudeikis, Charlie Day.- Trois amis, dont les patrons sont respectivement un manipulateur arrogant, une obsédée sexuelle d\u2019âge mur et un noceur incompétent, font un pacte pour les éliminer.MP 21h LES AVENTURES D\u2019ARSÈNE LUPIN (3) Fr.1957.Comédie policière de Jacques Becker avec Robert Lamoureux, Liselotte Pulver, O.E.Hasse.- Avec brio et ingéniosité, le célèbre Arsène Lupin s\u2019adonne à son sport favori: le vol.TFO 21h FANTÔMAS Voir mardi, 21h.TFO 23h30 LES AVENTURES D\u2019ARSÈNE LUPIN Voir lundi, 21h.TFO 1h30 MARDI JEUNE ADULTE (4) (Young Adult), É.-U.2011.Comédie dramatique de Jason Reitman avec Charlize Theron, Patton Oswalt, Patrick Wilson.- Une romancière divorcée retourne dans le patelin de sa jeunesse afin de reconquérir son ancien amoureux, marié et nouvellement père de famille.TVA 13h FANTÔMAS (4) Fr.1964.Comédie policière d\u2019André Hunebelle avec Jean Marais, Louis de Funès, Mylène Demongeot.- Fantômas, un bandit astucieux, se paie la tête d\u2019un policier et d\u2019un journaliste.TFO 21h FILM OSÉ (5) (Sex Tape), É.-U.2014.Comédie de Jake Kasdan avec Jason Segel, Cameron Diaz, Rob Lowe.- Ayant filmé ses ébats au moyen de la caméra d\u2019un iPad, un couple est stupéfait d\u2019apprendre que le fichier a été partagé par erreur dans le nuage.TVA 23h05 PLEIN SOLEIL Voir mercredi, 21h.TFO 23h30 KARAKARA (4) Jap.2012.Comédie dramatique de Claude Gagnon avec Gabriel Arcand, Youki Kudoh, Megumi Tomita.- Fuyant son mari violent, une Japonaise quadragénaire impose sa présence à un ex-professeur de littérature québécois, qui souhaitait faire à Okinawa un voyage empreint de tranquillité.TQ 0h53 FANTÔMAS Voir mardi, 21h.TFO 1h30 MERCREDI DÎNER ENTRE AMIS (4) (Dinner With Friends), É.-U.2001.Drame psychologique de Norman Jewison avec Dennis Quaid, Andie MacDowell, Toni Collette.- Un couple apparemment heureux se remet en question lorsque leurs meilleurs amis mettent fin à leur union.VIE 13h MADEMOISELLE DROT (4) Fr.2010.Drame de Christian Faure avec Louise Monot, Mélanie Bernier, Michaël Cohen.- En 1938, une fille-mère bannie par ses parents, nobles versaillais, trouve un emploi de domestique auprès d\u2019une famille juive de Paris.RC 14h LA RUMEUR COURT (5) (Rumour Has It), É.-U.2005.Comédie sentimentale de Rob Reiner avec Jennifer Aniston, Kevin Costner, Mark Ruffa- lo.- Après avoir découvert que sa famille a inspiré l\u2019histoire du film « The Graduate », une jeune femme cherche à en savoir plus sur ses véritables origines.V 20h LES AVENTURES DE ROCKETEER (4) (Rocketeer, The), É.-U.1991.Science-fiction de Joe Johnston avec Bill Campbell, Jennifer Connelly, Timothy Dalton.- Un espion nazi convoite une fusée tombée entre les mains d\u2019un jeune pilote qui s\u2019en sert pour voler comme un oiseau.Z 21h LE PARRAIN 3 (3) (The Godfather: Part III), É.-U.1990.Drame de mœurs de Francis Ford Coppola avec Al Pacino, Andy Garcia, Sofia Coppola.- Après avoir fait fortune grâce au crime, le parrain de la mafia américaine cherche à œuvrer dans la légitimité tout en étant secondé par un neveu impétueux.TQ 21h PLEIN SOLEIL (3) Fr.1959.Thriller de René Clément avec Alain Delon, Marie Laforêt, Maurice Ronet.- Un jeune homme sans scrupules tue son ami et se fait passer pour lui afin de s\u2019emparer de sa fortune et de séduire sa maîtresse.TFO 21h LES VACANCES DU PETIT NICOLAS Voir jeudi, 21h.TFO 23h30 PLEIN SOLEIL Voir mercredi, 21h.TFO 1h30 À LA RENCONTRE DE FORRESTER (4) (Finding Forrester), É.-U.2000.Drame psychologique de Gus Van Sant avec Rob Brown, Sean Connery, F.Murray Abraham.- Un adolescent afro-américain doué pour l\u2019écriture se lie d\u2019amitié avec un célèbre écrivain reclus et misanthrope.TQ 1h56 JEUDI AUSTIN POWERS (4) (Austin Powers \u2013 International Man of Mystery), É.-U.1997.Comédie fantaisiste de Jay Roach avec Mike Myers, Elizabeth Hurley, Mimi Rogers.- Placés en état d\u2019hibernation en 1967, un espion et un criminel se réveillent en 1997 pour reprendre leur affrontement.V 20h EX MACHINA (3) G.-B.2015.Science-fiction d\u2019Alex Garland avec Domhnall Gleeson, Oscar Isaac, Alicia Vikander.- Concepteur d\u2019une androïde dotée d\u2019une intelligence artificielle, le pdg d\u2019une compagnie de technologie confie à un employé le mandat de déterminer si celle-ci possède une conscience.TQ 21h LES VACANCES DU PETIT NICOLAS (4) Fr.2014.Comédie de Laurent Tirard avec Mathéo Boisselier, Valérie Lemercier, Kad Merad.- En vacances à la mer, un gamin convaincu que ses parents veulent le marier de force à une étrange petite fille met tout en œuvre pour faire échouer ce projet.TFO 21h MOMMY Voir dimanche, 20h.ARTV 23h SAUVAGES (4) (Savages), É.-U.2012.Drame de mœurs d\u2019Oliver Stone avec Aaron Taylor-Johnson, Benicio Del Toro, Blake Lively.- La dirigeante d\u2019un cartel mexicain enlève la petite amie de deux jeunes Californiens qui ont créé la meilleure marijuana au monde, pour les forcer à s\u2019associer avec elle.TVA 23h05 PETITS FRÈRES Voir vendredi, 21h.TFO 23h30 L\u2019ABYSSE (4) (The Abyss), É.-U.1989.Science-fiction de James Cameron avec Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael Biehn.- L\u2019équipage d\u2019un sous-marin nucléaire, écrasé au fond de l\u2019océan près d\u2019un gouffre, découvre la présence d\u2019entités étranges.TQ 0h53 LES VACANCES DU PETIT NICOLAS Voir jeudi, 21h.TFO 1h30 VENDREDI LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES D\u2019ADÈLE BLANC-SEC (4) Fr.2010.Comédie fantaisiste de Luc Besson avec Louise Bourgoin, Jacky Nercessian, Gilles Lellouche.- En 1912, une reporter tente de faire évader un vieux savant qui a lâché un ptérodactyle sur Paris, et qui devait ranimer la momie du médecin égyptien censé guérir sa sœur cataleptique.RC 9h LES MOTS (5) (The Words), É.-U.2012.Drame sentimental de Brian Klugman avec Bradley Cooper, Jeremy Irons, Dennis Quaid.- Un écrivain ambitieux ayant mis la main sur un vieux manuscrit d\u2019un auteur inconnu décide de le publier sous son propre nom.RC 14h LE POUILLEUX MILLIONNAIRE (3) (Slumdog Millionaire), G.-B.2008.Comédie dramatique de Danny Boyle avec Dev Patel, Freida Pinto, Madhur Mittal.- À une question près de remporter le gros lot d\u2019un jeu-question- naire télévisé, un garçon issu d\u2019un bidonville de Mumbai est interrogé par la police sur des soupçons de tricherie.RC 19h30 AUSTIN POWERS CONTRE L\u2019HOMME AU MEMBRE D\u2019OR (4) (Austin Powers in Goldmember), É.-U.2002.Comédie fantaisiste de Jay Roach avec Mike Myers, Beyoncé Knowles, Michael Caine.- L\u2019agent secret Austin Powers lutte contre deux génies du crime qui menacent de détruire la planète.V 20h PETITS FRÈRES (4) Fr.1998.Drame social de Jacques Doillon avec Stéphanie Touly, Iliès Sefraoui, Mustapha Goumane.- Une adolescente en fugue rencontre dans une cité HLM quatre garçons magouilleurs qui l\u2019aident à chercher sa chienne enlevée.TFO 21h LE MONDE DE CHARLIE (4) (The Perks of Being a Wallflower), É.-U.2012.Drame sentimental de Stephen Chbosky avec Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller.- Rentré d\u2019un long séjour en institut psychiatrique, un adolescent doué et solitaire réussit à se tailler une place au sein d\u2019un petit groupe d\u2019outsiders de son école.ARTV 23h MOMMY Voir dimanche, 20h.RC 23h05 DJANGO DÉCHAÎNÉ (3) (Django Unchained), É.-U.2012.Western de Quentin Tarantino avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio.- Un chasseur de primes et un esclave affranchi partent à la recherche de l\u2019épouse de ce dernier, propriété d\u2019un riche et cruel planteur.TVA 23h05 NOCES (4) Bel.2016.Drame de Stephan Streker avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi.- Éprise de liberté, une Belgo- Pakistanaise de 18 ans s\u2019oppose au mariage arrangé que lui imposent ses parents, sa sœur aînée et son grand frère.TFO 23h30 UNE JEUNE FILLE (4) Can.2013.Drame psychologique de Catherine Martin avec Ariane Legault, Sébastien Ricard, Marie-Ève Bertrand.- Une intimité inattendue se tisse entre une adolescente montréalaise en fugue et le fermier gaspésien qui l\u2019accueille chez lui.RC 1h23 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 1 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Spéciales et spatiales Le demi-siècle du premier pas d\u2019un être humain sur la Lune donne à voir et à entendre tout un lot de productions documentaires en format papier, audio et télévisuel.L\u2019histoire de l\u2019exploration spatiale se voit ainsi re- visitée de fond en comble par d\u2019ambitieux projets documentaires.À PBS, la minisérie Chasing the Moon, présentée dans le cadre d\u2019American Experience, propose sur six heures une chronologie de la course vers la Lune et la conquête de l\u2019espace à travers des archives visuelles et sonores en grande partie inédites et les commentaires de plusieurs astronautes (dont Buzz Aldrin), de gens qui ont gravité autour de la NASA, de journalistes et scientifiques, et même du fils de Nikita Kroutchev, qui a participé au programme spatial soviétique dans les années 1960.De son côté, le National Geographic Channel promet également des images et des archives sonores inédites ou très rares dans Apollo : Missions to the Moon, un documentaire consacré à l\u2019iconique programme spatial qui s\u2019est terminé en 1972.La chaîne spécialisée profite de cet anniversaire incontournable pour offrir une programmation spéciale spatiale qui va bien au-delà de la Lune durant toute la semaine.Chasing the Moon PBS, de lundi à mercredi, 21h Apollo : Missions to the Moon National Geographic Channel, dimanche, 21h ; en version française à Explora, samedi 20 juillet, 20h Explorer : Journey to Europa et Challenger Disaster : The Final Mission National Geographic Channel, lundi, 20h et 22h Mars : Inside SpaceX National Geographic Channel, mardi, 20h Hubble\u2019s Amazing Journey, suivi de Mission Pluto and Beyond et de Mission Saturn : Inside the Rings National Geographic Channel, mercredi, dès 20h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 É M I S S I O N S S P ÉC I A L E S S PAT I A L E S, P O L A RS F R A N C H O U I L L A R DS E T E N FA N TS V E D E T T E S Le visionnement en continu Les groupes pop créés de toutes pièces par l\u2019industrie musicale ne datent pas d\u2019hier\u2026 Les Monkees, ça vous dit quelque chose ?Par contre, il y a fort à parier que vous ne connaissez pas les Parchis, à moins d\u2019avoir grandi dans un pays hispanophone dans les années 1980.Ce documentaire raconte l\u2019histoire de ce groupe pop espagnol dont les membres sont des enfants repérés dans des auditions, un groupe qui a connu un énorme succès auprès d\u2019un jeune public dans la première moitié des années 1980, sur disque et à l\u2019écran.Les petits musiciens devenus grands racontent cette expérience d\u2019exception.Parchis : El documental Netflix, dès mercredi « Nanars » franchouillards Le thriller policier est un genre intimement lié à l\u2019été, du moins dans sa forme littéraire, puisqu\u2019il trouve souvent une petite place dans le sac de plage des vacanciers redevenus lecteurs.En cette période de disette de nouveautés télévisuelles francophones, on peut étirer le concept à la minisérie policière, à condition de ne pas s\u2019attendre à de grands chefs- d\u2019œuvre\u2026 Deux productions venues de l\u2019Hexagone entrent dans cette catégorie des polars prévisibles et bourrés de clichés, mais tout de même très accrocheurs\u2026 La première, Noces rouges (notre photo), une minisérie en six épisodes de Jeanne Le Guillou et Bruna Dega, relate une enquête sur le décès mystérieux d\u2019une toute nouvelle mariée le jour de la cérémonie qui ravive les secrets familiaux et amoureux des proches de la défunte.Dans les décors somptueux de Cassis et de ses Calanques, les invraisemblances et les intrigues savonneuses et prévisibles pullulent, mais quelques rebondissements bien placés en fin d\u2019épisode donnent le goût de voir la suite\u2026 La seconde est une adaptation de Jean-Christophe Grangé d\u2019un de ses romans, qui a par ailleurs déjà été mis en images au cinéma par Mathieu Kassovitz au tournant du siècle.L\u2019écrivain en a fait une série de quatre enquêtes de son commissaire Niémans, chacune bouclée en deux épisodes.La critique française n\u2019a pas été tendre envers cette collection d\u2019histoires, jugées redondantes, caricaturales, bourrées d\u2019invraisemblances.Il faut être fan\u2026 Noces rouges TV5, jeudi, 22h Les rivières pourpres Tou.tv Extra, dès jeudi AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 32 | À N E PAS M A N Q U E R Le dernier opus de Singleton Le cinéaste John Singleton (Boyz N the Hood), également cocréateur de cette chronique à la fois patiente et enlevante de la genèse de la première «épidémie » de crack à Los Angeles dans les années 1980 et de ses dessous politiques, est décédé en avril dernier, au cours de la production de cette troisième saison.L\u2019équipe de la série a d\u2019ailleurs trouvé le moyen de lui rendre un hommage senti (qu\u2019on vous laisse découvrir par vous-même\u2026) dans le dernier épisode de cette saison qui nous ramène à l\u2019été 1984, alors que les protagonistes réalisent l\u2019ampleur des ravages que peut causer cette drogue de rue si lucrative.Snowfall, saison 3 FX Canada, mercredi, 22h 07/08 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Discussions Galas ComédiHa! 2018 Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Dispari TVA TVA nouvelles Sucré Salé Refuge animal Fous du BBQ Chicago Fire: Caserne 51 Ma maison bien-aimée TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc BUREAU DE CONTRÔLE (2011) avec Emily Blunt, Matt Damon.Monde messe V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Mets-y le MÉCHANTES ADOS (2004) Lindsay Lohan.CSI Cyber 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Restaurants: suivez le guide?Marie-Antoinette: Ils ont jugé la reine Le faussaire qui Journal/ L'invité CANAL D Accident de star / Le Titanic Célèbres et fauchés Machines de génie Tanked (v.f.) Le cosmos dans tous / Le soleil Ruée vers l'or CANAL VIE Encan et flip au Texas Jamie et Doug Jamie et Doug Il y a de l'amour dans l'air Quoi ton plan?Quoi ton plan?Quoi ton plan?Quoi ton plan?Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 Les Capitales de Québec LMB Baseball - Concours de circuits (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Trésors décodés Trésors décodés La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Extraterrestres ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Arrivée de l'hiver Pour l'amour du country Peter Gabriel: Back to Front / En concert à Londres Pour emporter / Annick Cojean EXPLORA Le refuge de l'espoir Îles de beauté Stan Lee et les super-humains Vivre loin du monde Photographes Photographes Deux guerres Z Face Off / Au loup! Top Gear Diesel Brothers (v.f.) Américars / Lincoln surbaissée Animal Kingdom Westworld sav-media Maîtres peinture / De Vinci Archi branchés Archi branchés De garde 24/7 Gardiste/ Thèse Revenir les bras vides Question santé Question santé Couple nerds TFO MiniTFO/ Maxi Mirette/ S.O.S.! Les sapiens Top!/ Top! ONFR+/ ONFR+ 20h25 BRBR LES AVENTURES D'ARSÈNE LUPIN (1957) Cinéma AmourRo Planète Vanity Fair Confidential (v.f.) Sur la scène du crime Arletty, Coco Chanel Planète Chefs Face au feu Nos armes CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake Mysteries CBC News: The National Hello Goodbye CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang American Ninja Warrior Grand Hotel / The Big Sickout CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Abby's The Code / Secret Squirrel Bull / Split Hairs / Francie Swift Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelorette Grand Hotel / The Big Sickout News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Neighborhood The Code / Secret Squirrel Bull / Split Hairs / Francie Swift News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow American Experience / Chasing the Moon Amanpour UNIS Échappe Chair de poule Tournée générale Sel et Diesel Chars Esprit de cantine Hors série Les fermiers HBO1 Robin Williams: Come Inside My Mind Two Americas Years and Years Divorce Big Little Lies TVA Sports Les partants Ultimate Rush LE PROGRAMME (2015) avec Chris O'Dowd, Ben Foster.Question tue Le TVA sports Le TVA sports Le TVA sports 07/07 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Les Poilus Viens-tu faire un tour?1res fois / Patrice Bélanger Le Téléjournal Sports 23h05 Karaoké TVA TVA nouvelles VLOG LOL :-) TIREUR D'ÉLITE (2007) avec Danny Glover, Kate Mara, Mark Wahlberg.Mitsou et Léa / Face au cancer TVA nouvelles TQ Un chef à la cabane De garde 24/7 Banc public Y'a du monde à messe LA PETITE AURORE L'ENFANT MARTYRE 23h20 Le coût V BILLY MADISON (1995) avec Bridgette Wilson, Adam Sandler.VITESSE EXTRÊME (2010) Dwayne 'The Rock' Johnson.GÉNÉRATION PERDUE (1987) Jason Patrick.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Le 21e / Jean-Benoit Nadeau Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR Les petits meurtres d'Agatha Christie / Le crime ne paie pas Jacqueline Sauvage Jacqueline Sauvage Journal/ L'invité CANAL D Comédie Club / Billy Tellier Cauchemar sur l'autoroute Texas Chrome Docu-D / Jaune macaroni Le sport Outback CANAL VIE Chopped / C'est pas de la tarte! Gâteaux Rénover Simplement vedette Naissances Naissances Jamie et Doug Jamie et Doug Jamie et Doug RDS 15h45 Soccer PGA Golf - Open 3M Ronde finale CONCACAF Soccer - Coupe d'or Finale (D) HISTORIA Rois scrap Rois scrap Rois scrap Rois scrap Belles ordures Belles ordures Belles ordures Belles ordures Belles ordures Belles ordures Belles ordures ICI ARTV ICI on chante Pour emporter / Annick Cojean MOMMY (2014) avec Antoine Olivier Pilon, Suzanne Clément, Anne Dorval.Victoria EXPLORA Cerveau Cerveau Méga constructions Pharmachien Planète techno Hackers VolteFace Découverte Alex+Tyler, éco Z Diesel Brothers (v.f.) Roast Battle Talk show Déroute Comédie Vice Principals Vice Principals Vikings / La Plaisanterie South Park sav-media Lexique Génie d'ici Grand chapitre 19h50 Biblioth Musée/ Lexique Musée/ Fausses Kebec/ Nature Couple nerds Question santé Archi branchés Civilisations TFO Maya/ Maya Subito texto Flip Métiers/ Métiers Sapiens 20h45 Métiers L'HOMME ORCHESTRE (1970) Louis De Funes.Cinéma Un amour rose Planète 17h00 L'accusé Le dernier vol du Vulcan Natura Facebook & moi L'Antiquité Le cerveau CBC When Calls the Heart Heartland / Dare to Dream ESCAPE FROM PLANET EARTH (2013) Brendan Fraser.CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Mary's Kitchen The Big Bang The Amazing Race Canada The $100,000 Pyramid In the Dark / The Graduate National News GBL Global News Global National Security Security Big Brother Instinct / Broken Record The Good Fight Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Celebrity Family Feud The $100,000 Pyramid To Tell the Truth News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes Big Brother Instinct / Broken Record The Good Fight News PBS (33) Civilizations / Paradise on Earth The Great British Baking Show Masterpiece Classic / Poldark Masterpiece Mystery! / Endeavour: Deguello Jamestown UNIS Le p'tit cabaret La galère Le Loup-garou Le Loup-garou Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour HBO1 16h45 Artists 18h40 THE WIZARD OF LIES (2017) avec Michelle Pfeiffer, Robert De Niro.Big Little Lies Euphoria Years and TVA Sports 16h00 Baseball - Match des futurs espoirs (D) RAW 42: L'HISTOIRE DE JACKIE ROBINSON (2013) Chadwick Boseman.Le TVA sports 07/06 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille Les enfants de la télé ICI on chante Outlander / Vivre ensemble 22h10 Journal 22h40 Les grands reportages TVA TVA nouvelles LA 5E VAGUE (2016) avec Matthew Zuk, Chloë Grace Moretz.20h45 LA SAGA TWILIGHT: RÉVÉLATION PARTIE 1 (2011) Kristen Stewart.23h15 TVANou.TQ RAMONA ET BEEZUS (2010) avec Selena Gomez, Joey King.SOS sages-femmes L'INTERPRÈTE (2005) avec Sean Penn, Nicole Kidman.23h25 Banc p.V Cinéma LA FRONTIÈRE DES TÉNÈBRES (2010) avec Ray Winstone, Mel Gibson.BATMAN: LE COMMENCEMENT (2005) avec Michael Caine, Christian Bale.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal L'Épicerie Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 Les années bonheur / Gérard Lenorman, Serge Lama, Gilbert Montagné Journal/ L'invité CANAL D Routiers de l'Outback SOS Infesta.SOS Infesta.Célèbres et fauchés Galas ComédiHa! 2016 Comédie Club / Billy Tellier Tanked (v.f.) CANAL VIE Idées-grandeur Idées-grandeur Luxe au bord Rénover Mini-maisons sur mesure Merci de parta Mariages The Affair (v.f.) Encan et flip RDS Au 19e Sports 30 Sports 30 NASCAR Course automobile - Coke Zero Sugar 400 Série Coupe Monster Energy (D) Sports 30 HISTORIA La justice dans le sang La justice dans le sang La justice dans le sang La justice dans le sang Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV Pour emporter / Annick Cojean Pour l'amour du country LA FILLE DU PUISATIER (2011) avec Kad Merad, Daniel Auteuil.Notre vie / Toby Cinéma EXPLORA Photographes Photographes Deux guerres / Hitler et Staline La Semaine verte La folle histoire du gâchis alimentaire 22h50 Vu ciel Pharmachien Z 17h00 CROCODILE DUNDEE .Les hors-la-loi du volant Les hors-la-loi du volant Animal Kingdom Westworld / Kiksuya sav-media Cancer 18h55 Fausses Question santé Question santé L'Inis reçoit Maîtres 21h55 Guilleme L'ère robots L'ère robots 22h55 Robots TFO Maya/ Maya Subito texto Flip Métiers/ Métiers Sapiens 20h45 Métiers LE DERNIER MÉTRO (1980) Catherine Deneuve.23h10 Mallette Planète Les Paris du globe cooker Devoir d'enquête Energy Observer Puissante planète Rendez-vous avec Jane Birkin Face au feu CBC CBCNews marketplace ChewdaismMontreal I'LL FOLLOW YOU DOWN (2014) Calgary Stampede CTV CTV News Montreal W5 / The Narco Riviera Mary's Kitchen Mary's Kitchen Mary's Kitchen Mary's Kitchen The Big Bang The Big Bang National News GBL Global News Global National Security Security Rookie Blue / Ninety Degrees NO ONE WOULD TELL (2018) Shannen Doherty.Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend Shark Tank The Good Doctor / Xin The Rookie / The Ride Along News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Million Dollar Mile 48 Hours 48 Hours News PBS (33) Time Goes By Appearances Rev.Still Open Father Brown Doc Martin / Mysterious Ways The Bletchley Circle Austin City UNIS À plein gaz Filles de moto Chez nous File d'attente St-Nickel / La Pinata de troie SANS ELLE (2006) avec Maxim Gaudette, Karine Vanasse.Cinéma HBO1 17h40 Tickled 19h15 Say Her Name: The Life and Death of Sandra Bland CARMINE STREET GUITARS 22h25 FAHRENHEIT 451 TVA Sports Le TVA sports Avant-match (D) LMS Soccer / Minnesota United FC c.Montreal Impact (D) L'Impact Le TVA sports Dans le ring S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE ALICE ZANETTA LE DEVOIR C\u2019était elle qui allait mourir un jour sous la force des coups ou bien lui.Ce fut finalement lui, lorsqu\u2019elle décida de mettre fin à près de 50 ans de calvaire en tirant à trois reprises sur lui un soir de septembre 2012.Condamnée à dix ans de prison fermes par la justice, Jacqueline Sauvage sera graciée par le président français de l\u2019époque, François Hollande.Le téléfilm Jacqueline Sauvage, c\u2019était lui ou moi revient sur l\u2019histoire de cette femme battue coupable du meur tre de son mari, Norber t Marot, à travers l\u2019adaptation de son récit Je voulais juste que ça s\u2019arrête (Fayard, 2017).Lors de sa dif fusion en octobre dernier outre-Manche, près de huit millions de téléspectateurs étaient au rendez-vous.L\u2019histoire de la sexagénaire \u2014 devenue symbole de toutes les victimes, mais aussi personnage controversé \u2014 a tenu en haleine le pays et a révélé les failles du système judiciaire dans le traitement des cas de violences conjugales.Légitime défense ou femme déçue de son mariage ?se demandait-on alors à son procès.Le réalisateur Yves Rénier prend le parti de Jacqueline Sauvage, interprétée par la convaincante Muriel Robin, et navigue entre le tribunal et des scènes de violences quotidiennes difficiles à regarder.Alors que l\u2019entourage de Mme Sauvage était au courant des comportements abusifs de son mari, le film à saveur pédagogique souligne l\u2019isolement de cette femme contrainte au silence, qui, ne trouvant pas d\u2019aide pour s\u2019en sortir, en est venue à tuer.Jacqueline Sauvage, c\u2019était lui ou moi TV5, dimanche, 21h (les deux épisodes sont diffusés à la suite l\u2019un de l\u2019autre) Légitime défense Jacqueline Sauvage, c\u2019était lui ou moi retrace le parcours judiciaire et familial d\u2019une femme battue qui a secoué la France TV5 | 3 3 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Faire un « faux » qui a l\u2019air plus vrai que l\u2019authentique.C\u2019est ce que semble s\u2019être donné pour mission le collectionneur de livres anciens italien Massimo de Caro quand il a eu l\u2019idée, au début des années 2000, de produire un exemplaire « original » du Siderius Nuncius, ouvrage de référence de l\u2019astronome et physicien Galilée.Il pousse même l\u2019audace jusqu\u2019à autographier la copie de la signature du célèbre scientifique.En 2005, la « découverte » de cet exemplaire singulier, dont les illustrations de la Lune sont des aquarelles, secoue le marché du livre rare et ancien et laisse dubitatifs certains de ses experts\u2026 Quelques-uns de ces « sceptiques » témoignent dans ces deux documentaires récents consacrés à cette af faire, qui s\u2019est conclue en 2013 par la découverte du pot aux roses\u2026 Le faussaire en question, un grand admirateur de Galilée et «expert » en livres anciens, raconte dans les deux documentaires avec un plaisir évident comment il a réussi à fabriquer ce faux « parfait ».Les films se complètent dans la manière dont ils relatent cette histoire digne d\u2019une fiction et surtout dans la façon dont ils abordent cet étrange personnage qu\u2019est Caro, qui n\u2019a d\u2019ailleurs pas été poursuivi par la justice pour cette supercherie.Il a tout de même été reconnu coupable de vols de livres d\u2019une précieuse bibliothèque napolitaine la même année\u2026 Le faussaire qui aimait trop Galilée TV5, lundi, 22h Le faux manuscrit de Galilée.Enquête sur une incroyable imposture Arte.tv, dès maintenant Un faux presque parfait Deux documentaires reviennent sur une tromperie dans le monde du livre ancien TV5 07/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Pharmachien LE POUILLEUX MILLIONNAIRE (2008) avec Anil Kapoor, Dev Patel.Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Sucré Salé Du talent à revendre UN PIED DANS LA TOMBE (2003) avec DMX, Jet Li.TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Pat'Patrouille Passager Cuisine futée, Mc$ween De garde 24/7 Banc public Y'a du monde à messe Kebec 23h10 Cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire AUSTIN POWERS CONTRE L'HOMME AU MEMBRE D'OR (2002) CSI Cyber / Robin du web SQ ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Thalassa Les flots / Belize - Long Caye Journal/ L'invité CANAL D La ruée vers l'or: Dakota Boys Fugitifs / La cavale d'un caïd Motard espion Scènes de crime Craindre son voisin Billions (v.f.) CANAL VIE Encan et flip au Texas Mariages Rénover Naissances Naissances Idées-grandeur Idées-grandeur Idées-grandeur Idées-grandeur Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 Boxe - Shobox: La Nouvelle génération LCF Football / Argonauts de Toronto c.Blue Bombers de Winnipeg (D) HISTORIA Les trappeurs du Klondike Les trappeurs du Klondike Les montagnards Les montagnards Les montagnards Montagnards ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Anne Pour emporter ICI on chante Rétroviseur Mr Bean Cinéma EXPLORA Sous la peau du géant du Nil Îles de beauté Naissance continent / L'homme La vérité sur les vitamines Recyclage Recyclage Recyclage Z BattleBots: Combats de robots Américars / Lincoln surbaissée Top Gear Diesel Brothers (v.f.) Les Brown: génération Alaska Péril en mer sav-media Génie d'ici Génie d'ici L'ombre d'un doute Maîtres 20h55 Histoire Civilisations 21h50 Histoire Musée/ Gardiste Musée/ Gardiste Variées TFO MiniTFO/ Amélie 18h35 Amélie 19h05 Texto Top!/ Top! Métiers/ Doc 20h40 Doc PETITS FRÈRES (1998) Stéphanie Touly.Mallette/ Le déni Cinéma Planète Planète Safari Mâle vs.Femelle Nous demain Sauver Big Ben! Les Paris du globe cooker Enquête CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.The Nature of Things The Detectives / She Said CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Love Island Agents of SHIELD Partie 2 de 2 Blue Bloods / Blackout CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Mary Kills People Hawaii Five-0 Ransom Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Agents of SHIELD Partie 2 de 2 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Love Island Hawaii Five-0 Blue Bloods / Blackout News PBS (33) PBS NewsHour Whole Truth Vermont Week Wash.Week Firing Line Big Pacific / Voracious Great Yellowstone Thaw Amanpour UNIS Pas plus bêtes Chair de poule Le p'tit cabaret Galaxie près Galaxie près D'un rire à l'autre Trait d'humour Chars HBO1 16h40 BESSIE 18h35 I Be Knowin' 19h35 CARMINE STREET GUITARS Warrior / The White Mountain Amanda Seales: I Be Knowin' Jett TVA Sports Les partants LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Yankees de New York (D) Le TVA sports Action/ Action Le TVA sports 07/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Lâcher prise Magnifiques Le grand rire Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Réelle TVA TVA nouvelles Sucré Salé Pot Inc.UNE SECONDE CHANCE (2014) avec Michelle Monaghan, James Marsden.TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Conseils Génial! 180 jours EX MACHINA (2014) avec Domhnall Gleeson, Alicia Vikander.23h05 Cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire AUSTIN POWERS (1997) avec Elizabeth Hurley, Mike Myers.CSI Cyber / La reine de coeur 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Champions Les Princes Des racines et des ailes / Entre Rhin et Moselle Noces rouges Journal/ L'invité CANAL D Cauchemar sur l'autoroute Enchères Enchères Enchères Enchères Enchères Enchères Docu-D / Presque célèbre CANAL VIE Encan et flip au Texas Conquérants Gâteaux Chopped / Miam! Dim sum! The Affair (v.f.) Proprio Proprio Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 FIT Tennis - Wimbledon Femmes demi-finale Sports 30 HISTORIA FantomWorks FantomWorks Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Hors route ICI ARTV 17h30 Downton Downton Abbey Moi et l'autre Lumière sur.Guerre et paix Cirque Alfonse MOMMY EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Îles de beauté / Les Malouines Alex+Tyler, éco Recyclage Pharmachien Détourner Îles de beauté Îles de beauté Z BattleBots: Combats de robots Les Stupéfiants Les stupéfiants SEMI-PRO (V.F.) (2008) avec Woody Harrelson, Will Ferrell.HYP-GAGS sav-media Réparer nature 18h50 Nature Couple nerds Couple nerds En mouvement 20h55 Archi Saviez-vous L'ère robots Génie d'ici Génie d'ici Grand chapitre TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top! /19h45 Top! BRBR LES VACANCES DU PETIT NICOLAS (2014) 22h40 Rideau Un amour rose Planète Arletty, Coco Chanel Planète Chefs Mission couler le Tirpitz Le visiteur de l'Histoire Les oubliés Géants de l'océan CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.Dragons' Den CBC Docs POV CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Love Island Hollywood Game Night MasterChef CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight The Wall Big Brother Elementary / Miss Understood Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Holey Moley Family Food Fight Reef Break / Buried Things News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Love Island Big Brother Elementary / Miss Understood News PBS (33) PBS NewsHour Art & Spirit Magic Moments: The Best of '50s Pop Music Aging Backwards Amanpour UNIS Pas plus bêtes Chair de poule Bouffe en cavale Les fermiers Hooké Main à la pâte Web Thérapie Web Thérapie Peaky Blinders HBO1 18h05 Requiem for the Dead 19h15 I Love You, Now Die Partie 2 de 2 20h45 Big Little Lies 21h45 Big Little Lies 22h45 Say Her Name: Sandra TVA Sports Les partants Kevin Raphael Le Top MLB LMB Baseball / Astros de Houston c.Rangers du Texas (D) Le TVA sports 07/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes L'Épicerie Deuxième chance Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports TVA TVA nouvelles Sucré Salé Rénos d'Hugo Boomerang La recrue / Le contrat Esprits criminels TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc LE PARRAIN III (1990) avec Andy Garcia, Sofia Coppola, Al Pacino.V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire LA RUMEUR COURT (2005) Jennifer Aniston.CSI Cyber / Chasse au serpent 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les secouristes de l'extrême Complément d'enquête / Le Havre: coke en stock 100 jours Journal/ L'invité CANAL D Tanked (v.f.) Transports Éboueurs La ruée vers l'or: Dakota Boys Célèbres et fauchés Accident de star / Le Titanic Au pays des CANAL VIE Encan et flip au Texas Les gratteux Merci de parta Simplement vedette Design V.I.P.Design V.I.P.Design V.I.P.Design V.I.P.Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 Soccer FIT Tennis - Wimbledon Quart de finale Sports 30 UCI Cyclisme HISTORIA Fièvre encans Fièvre encans De l'acier et du feu / Le pata De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu L'acier et feu ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran Moi et l'autre Sherlock / Le banquier aveugle Sherlock / Le grand jeu EXPLORA Suprême animal Îles de beauté / Le Japon Cerveau Cerveau Les casse-cous du web Planète techno Gagner Hackers Z BattleBots: Combats de robots Déroute Comédie Talk show Roast Battle LES AVENTURES DE ROCKETEER (1991) Bill Campbell.HYP-GAGS sav-media Grand chapitre 18h50 Biblioth Le grand Encore plus L'ère robots Réparer nature 21h20 Nature Saviez-vous Couple nerds Couple nerds Question santé TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Métiers Les sapiens Top!/ Top! ONFR+ BRBR PLEIN SOLEIL (1960) avec Marie Laforêt, Alain Delon.LE PARI Planète Energy Observer Puissante planète L'enquête de ma vie Faites entrer l'accusé Solidream CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.The Great British Baking Show Just for Laughs CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Love Island MasterChef / Joe Takes a Risk Match Game CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Private Eyes Big Brother The InBetween Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition ESPY Awards News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Love Island Big Brother S.W.A.T./ Encore News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nova / Back to the Moon American Experience / Chasing the Moon Amanpour UNIS Échappe Chair de poule Web Thérapie Web Thérapie La galère St-Nickel / Croire aux licornes Le p'tit cabaret Vétérinaire HBO1 18h05 Stolen Daughters I Love You, Now Die Partie 1 de 2 I Love You, Now Die Partie 2 de 2 Big Little Lies TVA Sports Les partants Le Top MLB MONEYBALL: L'ART DE GAGNER (2011) avec Robin Wright, Brad Pitt.RAW Le TVA sports 07/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes S'aime chien Docteur Foster Bonsoir bonsoir! Le Téléjournal Sports/ Révolte TVA TVA nouvelles Sucré Salé Lâchés lousses / Mario Tessier Malaises Complexe G L'arme fatale / Frères et soeurs TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passe-Partout Cochon dingue Conseils Génial! Point doc House of Cards (v.f.) House of Cards (v.f.) Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire COACH EN MARIAGE ET.CÉLIBATAIRE! (2017) CSI Cyber / Excès de vitesse 911 ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chiens et chats Partir Autrement en famille Les Princes Sexe autour du monde / Japon Profilage / Jonah Journal/ L'invité CANAL D Douanes Douanes Douanes Douanes Cauchemar sur l'autoroute Les rois de la ferraille Routiers de l'Outback Fous bateaux CANAL VIE Encan et flip au Texas Maison jackpot Luxe au bord Mini-maisons sur mesure Idées grandeur Idées grandeur Idées grandeur Idées grandeur Flashpoint RDS Sports 30 Sports 30 Hors-jeu 2.0 LMB Baseball / Ligue Nationale c.Ligue Américaine - Match des étoiles (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV 17h30Cormoran Cormoran / Lettre d'Allemagne Quelle famille! Cirque Alfonse Guerre et paix Notre vie / Toby Victoria EXPLORA Animo S'aime chien Îles de beauté / Les Philippines Pharmachien Détourner La vérité sur le cerveau qui dort Alex+Tyler, éco Recyclage Naissance Z Face Off / Corps célestes Les Brown: génération Alaska Péril en haute mer Vikings / Une histoire simple Vice Principals Vice Principals Silicon Valley sav-media De garde 24/7 Gardiste/ Nature Musée/ Gardiste Musée/ Gardiste Face à Face uniVERT Kebec/ Nature Grand chapitre 22h50 Biblioth Archi branchés TFO Maxi/ Mirette Créatures! Les sapiens Top!/ Top! 20h10 ONFR+ BRBR FANTÔMAS (1964) Jean Marais.22h45 Mallette Failles/ Le déni Planète Plus près des étoiles Globe cooker Planète Safari Mâle vs.Femelle Un vrai sport de gonzesses Saint Brandon CBC CBCNews JFL: Gags Kim's Coronation St.Kim's Still Standing Schitt's Creek Workin' Moms CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Love Island The Amazing Race Canada The Big Bang The Big Bang CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight FBI NCIS / One Step Forward Blood & Treasure Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Am.Housewife Modern Family The Goldbergs Modern Family Black-ish News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Love Island The Big Bang Blood & Treasure News PBS (33) PBS NewsHour Places to Love Recon.Roots American Experience American Experience / Chasing the Moon Amanpour UNIS Échappe Chair de poule Ma vie made in Canada L'ENFANT PRODIGE (2010) Patrick Drolet.Ciné tout court Rire à l'autre HBO1 18h10 MY DINNER WITH HERVÉ (2018) Peter Dinklage.Years and Years I Love You, Now Die Partie 1 de 2 Divorce Big Little Lies TVA Sports Les partants Ultimate Rush COMMOTION (2015) avec Alec Baldwin, Will Smith.21h45 Action Le TVA sports Le TVA sports Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Istanbul, entre passé et modernité Le centre culturel et économique de la Turquie incarne un monde en perpétuel mouvement égapole de plus de 15 millions d\u2019habitants, Istanbul est un formidable creuset de cultures et d\u2019influences.Capitale des empires byzantin (395-1453) et ottoman (1453-1923) pendant plus d\u2019un millénaire et demi, l\u2019ancienne Byzance, puis Constantinople, possède une histoire d\u2019une grande richesse, qui s\u2019affiche aux quatre coins de la ville.Cependant, le centre culturel et économique de la Turquie est beaucoup plus qu\u2019un gigantesque musée.Il incarne également un monde en constant changement, écartelé entre religion et laïcité, entre conser va- tisme et modernité, entre l\u2019Europe et le Moyen-Orient.Incursion dans cette cité unique qui déstabilise, fascine et ensorcelle ses visiteurs depuis la nuit des temps.Église, mosquée et musée La place Sultanahmet est assurément un bon point de départ pour tenter de comprendre l\u2019importance qu\u2019a eue Istanbul au fil des siècles.Peu de lieux sur la planète exhibent une telle concentration de merveilles architecturales.S\u2019y font face, à quelques minutes de distance à pied, Sainte- Sophie et la Mosquée bleue, qui symbolisent chacune une période glorieuse de cette ville, située de chaque côté du détroit du Bosphore.Inaugurée par l\u2019empereur Justinien en 537, la basilique Sainte-Sophie devait incarner la grandeur de l\u2019Empire byzantin qui contrôlait, à son apogée, un vaste territoire qui s\u2019étendait autour de la mer Méditerranée du sud de l\u2019Espagne jusqu\u2019en Afrique du Nord.Représentant la plus imposante église du monde chrétien lors de son achèvement, elle fut richement décorée de mosaïques dorées, dont certaines ont traversé le temps et sont encore observables aujourd\u2019hui.Converti en mosquée en 1453 à la suite de la prise de Constantinople par les Ottomans, le lieu de culte fut transformé en musée en 1934 sous les ordres de Mustafa Kemal, le président et fondateur de la Turquie moderne.Grand promoteur d\u2019un État laïque et occidentalisé, celui-ci désirait désacraliser l\u2019édifice et ouvrir ses portes aux visiteurs du monde entier.Grâce à Kemal, le touriste d\u2019au- jourd\u2019hui peut s\u2019immerger dans un espace partagé par dif férentes religions, comme si les époques y avaient été superposées.Ainsi, d\u2019imposants disques noirs af fichant en arabe les noms d\u2019Allah, de Mahomet et de différents califes occupent les hauteurs de l\u2019ancienne mosquée, alors que des portraits de Jésus, des saints et des apôtres, parfois partiellement effacés par l\u2019usure du temps, ornent ses murs.S\u2019en dégage une forte impression de se trouver dans l\u2019épicentre de deux empires dont la puissance et l\u2019influence ont façonné une bonne partie du monde pendant plus de quinze siècles.En face, à l\u2019autre extrémité d\u2019un sympathique parc, la Mosquée bleue impressionne avec ses six minarets et ses nombreuses coupoles argentées.Érigée entre 1609 et 1616 par le sultan Ahmet 1er, elle a conservé sa vocation première.Ses cinq appels par jour à la prière continuent ainsi de se faire entendre à travers Istanbul, rythmant la vie de millions de Stambouliotes.À l\u2019intérieur, les céramiques multicolores, les motifs floraux et les arabesques virevoltantes enjolivent les murs et les dômes, jusqu\u2019à étourdir le visiteur qui ne s\u2019attendait peut-être pas à y trouver une telle richesse artistique.Les strates de lumière s\u2019échappant des vitraux tachettent le sol tapissé où les prieurs agenouillés, orientés vers La Mecque, récitent leurs prières dans une ambiance altérée où le temps semble s\u2019être arrêté.L\u2019art de la négociation Istanbul a toujours été une cité de marchands et aucun endroit n\u2019est Des loukoums à volonté dans le Grand Bazar REPORTAGE GABRIEL ANCTIL À ISTANBUL COLLABORATEUR LE DEVOIR Istanbul a toujours été une cité de marchands et aucun endroit n\u2019est plus indiqué pour s\u2019en convaincre que le labyrinthique Grand Bazar, un immense marché couvert dont la construction remonte à 1461 V I V R E M | 3 5 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 plus indiqué pour s\u2019en convaincre que le labyrinthique Grand Bazar, un immense marché couver t dont la construction remonte à 1461.S\u2019étendant sur une soixantaine de rues intérieures, débouchant sur 18 portes et contenant plus de 4000 échoppes, il est assurément l\u2019un des plus imposants bazars du monde.Fréquenté chaque jour par des milliers de gens qui s\u2019y entassent dans d\u2019étroits passages, il possède une ambiance chaotique et survoltée.De petites radios crachent à tue-tête les derniers succès locaux, des vendeurs de thé offrent leur boisson sucrée à qui désire se désaltérer tout en tentant de se frayer un passage dans cette mer agitée, alors que les commerçants font tout en leur pouvoir pour attirer l\u2019attention de clients potentiels qui sont sollicités de toutes parts\u2026 Vous aurez l\u2019impression de circuler dans une caverne d\u2019Ali Baba où les beaux objets s\u2019étalent par tout en grandes quantités : des lampes multicolores, des bijoux scintillants, des théières sculptées dans le bronze, des manteaux de cuir de grande qualité, des tapis finement tissés provenant des quatre coins du pays\u2026 Mais pour rapporter un précieux souvenir à la maison sans y laisser votre chemise, il vous faudra tenter de maîtriser l\u2019art de la négociation, qui atteint dans ces contrées des sommets rarement égalés.Un seul conseil : n\u2019hésitez surtout pas à partir si le prix est trop élevé.On vous rattrapera rapidement pour l\u2019abaisser.Répétez l\u2019action jusqu\u2019à obtenir le montant désiré.Le Grand Bazar est également un excellent endroit pour s\u2019initier à la délicieuse cuisine turque : baklavas dégoulinant de miel, loukoums aux parfums et aux couleurs variées, brochettes de viandes grillées ou kebabs épicés.Accompagné d\u2019un verre de raki, boisson nationale à saveur d\u2019anis, ou d\u2019un vin turc, le repas sera plus que satisfaisant.Hipsters et religieux Deux courants politiques et idéologiques s\u2019af frontent depuis des décennies dans le pays.Celui, plus conservateur et musulman, incarné par le parti AKP et le président Re- cep Tayyip Erdogan, qui dirige la Turquie d\u2019une poigne de fer depuis 2003, ainsi que celui, plus laïque et tourné vers l\u2019Europe, que tente de propulser le CHP, Parti républicain du peuple, héritier des idées de Mustafa Kemal.Cette formation a d\u2019ailleurs arraché, le 23 juin dernier, la mairie d\u2019Istanbul à l\u2019AKP, qui la contrôlait depuis 1994.Ces tendances s\u2019incarnent très clairement dans les nombreux et variés quartiers de la ville.Ainsi, il est fréquent de se promener dans une artère commerciale où l\u2019alcool coule L\u2019intérieur de la basilique Sainte-Sophie À gauche : la Mosquée bleue vue de Sainte-Sophie.À droite : le Grand Bazar avec le portrait de Mustafa Kemal, père de la Turquie moderne.PHOTOS GABRIEL ANCTIL à flots et où les gens sont habillés comme en Occident, puis de tourner un coin de rue pour soudainement se retrouver dans un univers complètement différent, où les hidjabs, les ni- qabs et les barbes sont de mise et où la religion dicte les règles de la vie quotidienne.C\u2019est le cas des quartiers voisins de Balat et de Fatih, situés sur la rive européenne d\u2019Istanbul.Balat est certainement l\u2019un des arrondissements les plus sympathiques et agréables de la métropole.Ancien quartier juif, il a gardé ses vieilles ruelles étroites et ses maisons de bois qui donnent l\u2019impression de déambuler dans un paisible petit village.Les artistes, les hipsters et les étudiants qui y vivent aiment discuter et échanger dans les nombreux bars, cafés et restaurants qui s\u2019y trouvent.Des installations artistiques agrémentent ses rues et ses escaliers, ajoutant de la couleur et de la fantaisie à l\u2019ambiance bohème qui y règne.Rien à voir avec les vêtements noirs, blancs et gris qui sont portés dans la très austère et religieuse Fatih, à quelques pas de là.Comme quoi Istanbul, de par son histoire et sa position géographique à cheval sur deux continents, est une ville surprenante, unique et captivante, où les idées du monde entier semblent converger dans un magnifique tourbillon à la forme sans cesse mouvante qui stimule et électrise tous ceux qui y posent les pieds.Gabriel Anctil était l\u2019invité de Turkish Airlines. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Vi v r e Ja r d i n 3 6 | BILLET LISE GOBEILLE COLLABORATEUR LE DEVOIR Mordre dans une figue mûre à point n\u2019a pas son égal, et pour connaître ce plaisir, il n\u2019y a pas d\u2019autre moyen que de cultiver ses figues.Pourquoi ?Parce que celles vendues au détail sont récoltées avant maturité et que ce fruit délicat, lorsque mûr, voyage mal.Pour vous aider à vous y retrouver, voici les conseils de deux experts, des trucs de culture et la vérité quant à la rusticité du cultivar Chicago Hardy.Steven Biggs, auteur et horticulteur connu de la région de Toronto, adore les figues, à un point tel qu\u2019il en a écrit un livre: Grow Figs Where You Think You Can\u2019t (No Guff Press, 2012).Lors d\u2019un sympathique appel, il m\u2019a expliqué que la culture en pot est la manière la plus simple.Idéalement, on met le pot en terre dans un endroit ensoleillé et chaud, par exemple contre un mur de brique emmagasinant la chaleur.Pour les cultivars, l\u2019horticulteur recommande ceux qui mûrissent avant le gel et qui donnent deux récoltes.Ainsi, on en profite doublement.Pour l\u2019entreposage des plants en dor- mance après la chute des feuilles, son choix va à un endroit frais, entre 7°C et -3°C, et sombre.Et voilà, pas plus compliqué que cela ! Passionné des figues, Dany Bon- neau est propriétaire de l\u2019entreprise Brugmansia-Québec.Sa figue coup de cœur ?« La Cvetco, pour ses gros fruits sucrés de la taille d\u2019un œuf, mais malheureusement, elle n\u2019est pas disponible actuellement.» À un moment donné, Dany Bon- neau avait dans sa collection plus d\u2019une centaine de cultivars.Maintenant, il en tient une trentaine, qu\u2019il a sélectionnés pour leur qualité gustative et leur productivité.Leur Cultiver des figues au Québec, c\u2019est possible et accessible ! Récolter chez soi ce fruit suave et onctueux ne demande que quelques connaissances faciles à maîtriser Au jardin Faites le tour de votre jardin, de vos boîtes à fleurs et de votre potager régulièrement tout au long de la saison pour les admirer, évidemment, mais aussi pour les inspecter afin d\u2019y constater la présence de ravageurs et d\u2019y remédier rapidement si nécessaire.Inspectez-les également pour tuteurer et attacher les plants avant qu\u2019ils ne soient tout tortueux, pour faire un suivi serré des besoins en eau et en engrais, pour récolter les légumes et les herbes quand ils sont prêts, etc.D\u2019ailleurs, notez que c\u2019est le moment pour la première récolte du thym, de la menthe, de l\u2019origan, de l\u2019estragon et de la verveine pour le séchage.diversité étonne : on retrouve des figues noires, des br unes, des vertes, des petites, des grosses, à chair ambre, rose ou blanche, au goût sucré ou très sucré, en forme de poire ou standard\u2026 Selon lui, les cultivars les plus productifs sont le Colasanti Dark, l\u2019EPSH, le Jean-Talon et le Colasanti White.Si on n\u2019a pas d\u2019endroit pour les entreposer au frais, il conseille de cultiver les figuiers dehors en pot jusqu\u2019à ce que les températures atteignent entre -5 °C à -10 °C.Ensuite, on les entrepose dans la maison et on les arrose au minimum, c\u2019est-à- dire environ une tasse d\u2019eau par mois.En janvier ou février, on remet les figuiers en végétation.« Sans période de froid, le plant produira moins ou peu», prévient-il.Rustique ou non ?Depuis quelques années, on vend sur le marché au Québec le figuier Chicago Hardy, lequel, selon son | 37 Vi v r e Ja r d i n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV inclus.Prix valide pour tous les départs en 2019.Permis du Québec (702378).www.beltour.ca 514 336-0033 / 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides experts et circuits captivants.Si elle est célèbre pour ses icônes : statue de la Liberté, Empire State Building, Times Square et Central Park, New York est aussi originale pour ses rues qui sont continuellement transformées pour demeurer vibrantes et actuelles.P h o t o : S h a r o n M o l l e r u s NEW YORK Originale et célèbre Départs tous les vendredis À partir de 205 $* Départs : plusieurs départs sont offerts jusqu'en octobre À partir de 265 $* BOSTON RÉSERVEZ TÔT Pour les départs de la fête du Travail et de l\u2019Action de grâce.Possibilité de réserver vos places avec un léger dépôt de 100 $ par personne.Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com POUR DES VOYAGES PAS COMME LES AUTRES ! BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT APPELEZ AU 514 985-3399 P h o y g p 2 D 3 Dé arts en 20 oupes 12 gr Crée par Mme Stéphanie\u2013Anne Ruatta, Docteur Un vo a e d\u2019e p p , 7 mars 15 février : é arts en 2020 e & 16 novembr e, 02 novembr 12 octobr : 19 evenus émerveillés sont partis, tous sont r e Classique et Sp e en Lettr e et l\u2019histoir xce tion axé sur la cultur P e r m i s d u Q u é b e c e e Ancienne.écialiste en Histoir e Beautés de la nature Virginie Aladjidi et Emmanuelle Tchoukriel, Albin Michel jeunesse, Paris, 2018, 512 pages Ce livre conjugue science et art, autant pour le plaisir des yeux que pour l\u2019intellect, dans sa description d\u2019une nature si proche et si lointaine.Extraites de dix ouvrages de la collection «Inventaires illustrés», les images à l\u2019encre noire et aquarelle de ce recueil illustrent la diversité du vivant et sa somptuosité: mammifères, insectes, oiseaux, arachnides\u2026 fruits et légumes, lichens, arbres, fleurs et mousses.Superbe! 40 ans de vie des Jardins du Grand-Portage Les remarquables Jardins du Grand-Portage à Saint-Didace célèbrent leur 40e anniversaire.Parfois d\u2019influence anglaise, parfois orientale, ces jardins uniques sont un mariage de fruits, de fleurs, ainsi que de plantes aromatiques et médicinales.Afin de souligner cet anniversaire, on vous invite aux dimanches ludiques avec brioches, musique, poésie, pommade et visite commentée.Jusqu\u2019au 15 septembre, on peut visiter les jardins tous les jours et participer aux ateliers offerts certains samedis.Pour plus d\u2019information sur les heures, les dates et les prix, consulter jardinsdugrandportage.com.Le passionné des figues Dany Bonneau tient une trentaine de culti- vars, qu\u2019il a sélectionnés pour leur qualité gustative et leur productivité.Leur diversité étonne : on retrouve des figues noires, des brunes, des vertes, des petites, des grosses, à chair ambre, rose ou blanche, au goût sucré ou très sucré, en forme de poire ou standard.À gauche : une branche de figuier avec fruits non mûrs.Il existe plusieurs variétés de figues, comme l\u2019attestent ces feuilles de figuier.PHOTOS STEVEN BRIGGS étiquette, serait rustique en zone 6, c\u2019est-à-dire la région de Montréal.Après enquête auprès de gens l\u2019ayant testé, on a appris que s\u2019il n\u2019est pas couché l\u2019hiver et protégé avec une matière isolante, comme le font les Italiens de Montréal depuis des décennies avec leurs figuiers, la plante finit par périr.Verdict : on n\u2019a pas encore trouvé de figuier rustique pour notre climat. e 17 juin dernier marquait un moment historique dans le domaine agroalimentaire canadien.Ce jour-là, on lançait la toute première politique alimentaire fédérale du Canada.L\u2019idée derrière cette politique consiste à donner accès à des aliments salubres, sains et diversifiés sur le plan culturel à tous les Canadiens.« La Politique alimentaire pour le Canada est la feuille de route qui nous permettra d\u2019établir un système alimentaire plus sain et plus durable au pays, a déclaré la ministre de l\u2019Agriculture et de l\u2019Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, en conférence de presse.Les investissements et les initiatives prévus dans la Politique contribueront à la croissance économique, à une meilleure nutrition et à la sécurité alimentaire pour tous les Canadiens.» En plus de la création du conseil consultatif canadien de la Politique alimentaire pour le Canada, un investissement de 134,4 millions de dollars sur cinq ans servira : à aider les collectivités canadiennes à se procurer des aliments sains, notamment grâce à un fonds pour les infrastructures alimentaires locales ; aux initiatives pour les communautés nordiques isolées ; à la promotion de l\u2019achat de produits canadiens au pays et à l\u2019étranger ; et à la réduction du gaspillage alimentaire.À titre de comparaison, le gouvernement du Québec a investi 349 millions sur cinq ans dans le cadre de sa politique bioalimentaire Alimenter notre monde, annoncée l\u2019année dernière.Notons aussi que la Politique alimentaire canadienne ne tient pas compte, à court terme du moins, d\u2019enjeux importants tels que l\u2019étiquetage des OGM et la gestion des pesticides, comme le controversé glyphosate.À la bonne heure ! Le Canada rejoint l\u2019Écosse, qui a mis en place sa politique alimentaire il y a dix ans.Il suit également le Royaume-Uni, qui l\u2019a lancée en 2010 ; l\u2019Australie, en 2013 ; et l\u2019Irlande, en 2015.Le Système alimentaire montréa- lais (SAM) a aussi pris un peu d\u2019avance dans le dossier en lançant le Conseil SAM (CSAM) en 2018.« Le CSAM agit présentement en amont des politiques, explique Richard D.Daneau, por te-parole du Conseil SAM et directeur général de Moisson Montréal.[\u2026] Le CSAM travaille en collaboration avec plusieurs partenaires de la métropole montréa- laise pour développer un plan d\u2019action intégré qui, nous l\u2019espérons, saura guider judicieusement les décideurs politiques.» Le Conseil cible d\u2019ailleurs les quatre chantiers suivants : la sécurité alimentaire pour tous ; la saine alimentation (qualité nutritionnelle des aliments) ; l\u2019accès au marché montréa- lais pour les produits sains et locaux ; et l\u2019empreinte écologique du système alimentaire.Cela rejoint la plupart des enjeux de la nouvelle Politique alimentaire canadienne, même si les exper ts sont déçus des sommes investies dans celle-ci.Pour les infrastructures locales, par exemple, « il restera environ 6 millions de dollars pour le Québec, explique Geneviève Mercille, profes- seure adjointe au Département de nutrition de l\u2019Université de Montréal, spécialisée dans les inégalités sociales de l\u2019alimentation et l\u2019insécurité alimentaire.Cela ne pourra financer que de très petits projets à l\u2019échelle microlocale ».Mme Mercille, qui siège aussi au Conseil SAM, salue toutefois le fait que ces enjeux importants sont désormais à l\u2019agenda du gouvernement fédéral.Pour sa part, le Réseau pour une alimentation durable (RAD) recommande cette politique depuis sa création en 2001.« [La Politique alimentaire canadienne] n\u2019est qu\u2019un premier pas, précise Gisèle Yasmeen, directrice générale du RAD.Il y a encore beaucoup de choses à faire, comme d\u2019ajouter des ressources supplémentaires pour la mise en œuvre [de la Politique] afin d\u2019assurer un impact à moyen et à long termes, de clarifier le processus de nomination des membres du conseil consultatif et arrimer ces programmes avec d\u2019autres initiatives fédérales dans les domaines agroalimentaire, de la santé, de l\u2019environnement et du développement économique et social.» Tout le monde à la même table ?L\u2019idée de métamorphoser notre système alimentaire pour qu\u2019il soit durable et que notre milieu de vie soit favorable aux saines habitudes de vie est sans doute l\u2019un des plus grands souhaits des professionnels de la santé et des acteurs environnementaux.Encore faut-il qu\u2019il soit accessible à tous.« Ça prend des politiques avec de l\u2019ambition et de la vision, ainsi qu\u2019une perspective intégrée et systémique, ajoute Gisèle Yasmeen.Il faut tenir compte de l\u2019importance de l\u2019accès aux aliments sains et durables tant d\u2019un point de vue économique que de proximité.Bien que la nouvelle politique fédérale ait des lacunes et un manque de ressources nécessaires, c\u2019est un bon pas en avant.» Puis, s\u2019il est tout à fait normal pour les professionnels de la santé de travailler ensemble pour veiller à la santé globale d\u2019un patient, il devrait en être de même dans le cadre d\u2019une politique alimentaire.«C\u2019est en travaillant avec toutes les parties prenantes du système alimentaire pour trouver des solutions équilibrées que l\u2019on peut relever le défi d\u2019une transformation plus juste et écologique de celui-ci, insiste Richard D.Daneau.L\u2019atteinte de cet objectif ne pourrait être réalisée qu\u2019en mobilisant les partenaires des secteurs économiques, environnementaux et so- ciosanitaires, afin de partager une vision commune et une stratégie d\u2019action intégrée à l\u2019échelle régionale autant que provinciale et fédérale.» Visiblement, les intervenants de tous ces secteurs, dont la mission et les champs d\u2019intérêt diffèrent largement, devront s\u2019écouter et se comprendre davantage.Ils devront surtout s\u2019ouvrir à l\u2019idée de revoir leur façon de faire afin de se pencher sur ces nombreuses problématiques ensemble pour le bien de tous.Et en attendant d\u2019avoir les réels moyens d\u2019y par venir, ils devront être créatifs, novateurs, peut- être même révolutionnaires.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Vi v r e A l i m e n t at i o n 3 8 | REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATRICE LE DEVOIR Tout le monde à table ! Ottawa annonce la première politique alimentaire canadienne Bien que la nouvelle politique fédérale ait des lacunes et un manque de ressources nécessaires, c\u2019est un bon pas en avant GISÈLE YASMEEN » L L\u2019idée derrière cette politique consiste à donner accès à des aliments salubres, sains et diversifiés sur le plan culturel à tous les Canadiens.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR | 3 9 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec le département de publicité au 514 985-3399 publicite@ledevoir.com À TABLE À déguster au: 296 Rue Champlain, Saint-Jean-sur-Richelieu Pour commander info@edoniasignature.com Côteaux Bourguignon Domaine Amarine, Stéphane Brocard -70% Gamay, 30% Pinot Noir Simple et expressif avec un nez et une bouche sur le fruit, qui nous apporte fraîcheur et plaisir.L'accord parfait : La crêpe de la mer avec pétoncles, homard, crevettes nordiques et une sauce crémeuse au vin blanc, citron et échalottes.en importation privéE LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel.L\u2019idée de métamorphoser notre système alimentaire pour qu\u2019il soit durable et que notre milieu de vie soit favorable aux saines habitudes de vie est sans doute l\u2019un des plus grands souhaits des professionnels de la santé et des acteurs environnementaux.JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Vi v r e S o c i é t é 4 0 | REPORTAGE HÉLÈNE BOUCHER COLLABORATRICE LE DEVOIR AU SÉNÉGAL Joal, berceau de la négritude senghorienne Pèlerinage au pays de Léopold Sédar Senghor, grand homme de lettres et premier Noir à l\u2019Académie française À l\u2019arrière de la maison familiale des Senghor s\u2019élève l\u2019arbre fétiche du Sénégal, un baobab vieux de 500 ans.\u2019il est un homme pour qui sa condition « nègre » est jubilation, Léopold Sédar Senghor incarne cet être dans toutes ses dimensions.Celui qui se définissait « nègre moralement et intellectuellement métissé de Français» ouvrit les yeux en 1906 à Joal, à un peu plus d\u2019une centaine de kilomètres au sud de Dakar, sur la côte.Homme de lettres et d\u2019État disparu en 2001, il balisa la prime démocratie postcolonialiste du Sénégal en 1960, sans s\u2019éloigner de son don poétique.Jusqu\u2019à 17 ans, l\u2019enfant issu d\u2019une lignée de 41 exprime à travers son tendre poème Joal sa nature originelle, les prémices de sa négritude intime.Foyer animiste Joal ! Je me rappelle.Je me rappelle les signares à l\u2019ombre verte des vérandas.En déambulant sous un soleil de plomb vers la maison natale de Senghor, devenue musée, il semble que flâne encore sa silhouette.Poser les pieds dans la cour avant, sur un chemin graveleux, en direction de la verte véranda, émeut.Étienne Guiranne Dieng, rieur conservateur du lieu miraculeusement préservé depuis 1850, accueille les curieux et relate l\u2019histoire d\u2019une généalogie de 2200 âmes.Une odyssée humaine en soi dont le prologue s\u2019écrit à partir de l\u2019imposante figure paternelle de Basile Diogoye Senghor et ses cinq femmes.Un père « phénomène » que Léopold désigne dans sa prose du titre de lion.«Sa force vient de son père.De sa naissance à sa mort, partout où il passera, Léopold sera toujours premier : premier Noir agrégé en grammaire française en 1935, premier Noir à l\u2019Académie française en 1983 \u2014 précédant Dany Laferrière \u2014 et premier Africain à démissionner en plein mandat, en 1980.Cela est un don qu\u2019il S | 4 1 Vi v r e S o c i é t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Combien ça coûte ?Le transport : Traverser les 120 kilomètres séparant Dakar de la contrée de Senghor s\u2019avère l\u2019expédition tout indiquée pour sympathiser et économiser dans la formule des voitures dites 7 places.Un prototype de guimbardes typiquement sénégalaises comptant autant de sièges, pour maximiser les déplacements à prix ridicules.Hébergement : À l\u2019auberge Le Djembé, sise à même le sable blanchâtre, à vol d\u2019oiseau de la maison Senghor, la Séné-Gauloise Élisabeth manie l\u2019art de l\u2019accueil et de la bonne table dans une formule familiale.Elle admire et adhère à l\u2019esprit de tolérance de Joal-Fadiouth.Des voyageurs de partout, même du Japon et d\u2019Amérique du Sud, séjournent dans son espace de quatre bungalows.Sur les murs des chambres, des toiles de l\u2019artiste Lodia s\u2019accrochent aux parois en guise de toile.Chambre pour deux à partir de 13 500 FCFA (30$).Quoi manger ?Sur l\u2019île aux coquillages, une joyeuse colonie porcine circule «en toute grâce» depuis des siècles.Ici, on a l\u2019habitude de les cuisiner au gril, pour combler les appétits des carnivores.Les végétariens trouveront leur compte avec l\u2019offre généreuse de poissons dont la lotte frite aux épices et les fruits de mer.Le village de Fadiouth, l\u2019île aux coquillages.Un territoire chrétien entièrement recouvert de coquillages où s\u2019érige l\u2019unique cimetière terrestre où dorment les âmes de trois cultes : islam, christianisme et animisme.PHOTOS BABACAR SONKOE a toujours su cultiver », louange l\u2019homme encyclopédie.Je me rappelle les voix païennes rythmant le Tantum Ergo, et les processions et les palmes et les arcs de triomphe.À l\u2019arrière de la maison s\u2019élève l\u2019arbre fétiche du Sénégal, un baobab vieux de 500 ans.Dans la culture sérère de sa souche paternelle, l\u2019enfant Senghor assiste à des rituels animistes, à des of frandes d\u2019alcool, de crème de mil et de lait versés pour recueillir des ver tus mystiques.L\u2019une des clés de compréhension de la devise même du Sénégal \u2014 « Un peuple, un but, une foi » \u2014 que le conservateur attribue à la dimension sociospirituelle de la teranga (hospitalité).« Le Sénégal est l \u2019un des rares pays africains où ont toujours cohabité les 10 % de chrétiens et 90 % de musulmans.Dans l\u2019esprit de Senghor, les forces animistes constituent le liant, la foi de cette mosaïque humaine », soutient-il, en rappelant que tout Africain reste profondément animiste, malgré les religions monothéistes imposées.D\u2019ailleurs, l\u2019un des points idéologiques de la négritude se définit ainsi, dans la langue de Senghor : « Une seule religion en Afrique : non pas intégriste mais intégrale, on voue un culte aux morts\u2026 » Néologisme nègre La réflexion de Senghor pour parvenir à l\u2019édification juste du concept de négritude surpassera son microcosme.Un autre jeune homme mar- tiniquais cherche, lui aussi, une voix libératrice à sa condition d\u2019assimilé colonial.Dans les années 1930, Aimé Césaire et Léopold Sedar Senghor sont tous deux étudiants à Paris et fondent, avec d\u2019autres acolytes de la diaspora, L\u2019étudiant noir, une revue laboratoire d\u2019où émergera le premier souffle du mouvement.« Pour asseoir une révolution efficace, notre révolution, il nous fallait d\u2019abord nous débarrasser de nos vêtements d\u2019emprunt \u2014 ceux de l\u2019assimilation \u2014 et af firmer notre être, c\u2019est-à-dire notre négritude.Cependant, la négritude, même définie comme l\u2019ensemble des valeurs culturelles de l\u2019Afrique noire, ne pouvait nous of frir que le début de la solution de notre problème, non la solution elle-même », envisage Léopold.Ces années folles, avant l\u2019indépendance du continent africain, qui portent le pas de Joséphine Baker, et louangent les formes ar tistiques jusqu\u2019au bout du pinceau de Picasso et de Chagall, annoncent bel et bien l\u2019éclosion attendue.Royaume d\u2019enfance Je me rappelle les festins funèbres fumants du sang des troupeaux égorgés, du bruit des querelles, des rhapsodies des griots.Nul pèlerinage sur les traces de Senghor ne peut se dévier d\u2019un lieu mythique insulaire : le village de Fadiouth, l\u2019île aux coquillages.Un territoire chrétien entièrement recouver t de coquillages où s\u2019érige l\u2019unique cimetière terrestre où dorment les âmes de trois cultes : islam, christianisme et animisme.Petit, auréolé de l\u2019empreinte de premier président du Sénégal, de 1960 à 1980, Léopold Sedar Senghor entretiendra un lien ombilical avec l\u2019endroit et ses habitants, son chef coutumier.La préservation du patrimoine de l\u2019île lui tient à cœur et il n\u2019hésitera pas à investir pour un projet de construction de pont pour faciliter les transpor ts et désenclaver l\u2019île jusqu\u2019à la terre ferme de Joal.Dans ce labyrinthe de bouts de route s\u2019échouant souvent en cul-de- sac sur des maisons en bouts de tôles et de pier res, réside une femme, amie de longue date de la famille Senghor.Marie Sarr, 85 ans, concocte son fameux riz au poisson et raconte, de sa voix solennelle grave et douce, un souvenir de l\u2019enfant chéri de Joal-Fadiouth.« Il passait ses vacances sur l\u2019île, où il retrouvait ses porte-bonheur, tels que cette calebasse sur laquelle il s\u2019amusait à frapper pour créer une rythmique », exprime-t-elle, en caressant le fameux objet\u2026 Dans l\u2019esprit de Senghor, les forces animistes constituent le lien, la foi de cette mosaïque humaine ÉTIENNE GUIRANNE DIENG » Marie Sarr, 85 ans, amie de longue date de la famille Senghor, raconte de sa voix grave et douce, des souvenirs de l\u2019enfant chéri de Joal-Fadiouth. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Vi v r e R e s t o 4 2 | L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Devenir magicien La folie Harry Potter n\u2019était-elle pas enfin terminée?La firme Niantic Labs, responsable du développement des jeux à réalité augmentée Pokémon Go et Ingress, tente de la faire revivre avec son petit dernier : Harry Potter Wizards Unite.Ici, nous ne nous retrouvons pas dans la peau de Harry, Hermione ou Ron\u2026 loin de là.Nous jouons ici le rôle d\u2019un employé du ministère de la Magie du monde Harry Potter.Notre mission : trouver les éléments magiques s\u2019étant échappés du monde des sorciers éparpillés un peu partout dans notre monde de «Moldus».En pratique, le jeu n\u2019est ni plus ni moins qu\u2019un clone du phénomène viral de 2016 Pokémon Go.Nous nous promenons dehors à la rencontre de points marqués sur une carte.Le jeu prend alors le contrôle de notre caméra, intégrant à notre réalité des bestioles magiques à contenir.Un ou deux coups de baguette magique et voilà : ils sont renvoyés dans leur monde.Wizards Unite ne prendra pas le monde d\u2019assaut comme l\u2019a fait son prédécesseur Pokémon Go.La formule de Niantic n\u2019est aujourd\u2019hui plus aussi impressionnante, et la nostalgie pour la franchise Harry Potter n\u2019est pas aussi populaire qu\u2019on aurait pu le croire.Mais l\u2019intérêt pour les jeunes demeure, puisque Wizards Unite nous fait bouger, comme si on était en 2016.Harry Potter Wizards Unite Offert pour iOS et Android Olivier Sylvestre Le Devoir veut savoir ce que vous faites sur votre téléphone! Faites parvenir vos histoires et une capture de votre écran d\u2019accueil à osylvestre@ledevoir.com.OLIVIER SYLVESTRE LE DEVOIR CRITIQUE CATHERINE FERLAND À QUÉBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Ouver t depuis deux ans, le Tapas & Liège me faisait de l\u2019œil chaque fois que je me rendais dans l\u2019avenue Maguire.Si ce type de concept est désormais bien établi au Québec, j\u2019étais curieuse de voir de quelle manière la chef Alexandra Romero se l\u2019était approprié pour y mettre en valeur les gastronomies mexicaine et sud-américaine.La ter rasse de l\u2019établissement étant bondée (Ah ! Qu\u2019il est beau de voir le Québec gourmand réinvestir ses espaces extérieurs !), on nous offre une table à l\u2019intérieur, juste à côté des immenses por tes largement ouvertes.Le menu aussi bien que l\u2019immense tableau noir orné de fleurs peintes, de mets calligraphiés et de volutes colorées, sont autant d\u2019alléchantes invitations.Le choix s\u2019annonce dif ficile.Oh, mais attendez : il est prévu de commander plusieurs plats à partager, c\u2019est l \u2019essence même des tapas ! C\u2019est donc en sirotant avec plaisir nos apéritifs, un Sagesse (cocktail sans alcool fait de pétillant de rhubarbe et d\u2019un mélange de jus d\u2019aloès, de lime et d\u2019ananas) pour mon invité, un Citron épicé (limoncello Luxardo, liqueur Strega, jus de citron et griottes) pour votre humble correspondante, que nous nous décidons pour quelques tapas.Pour faire bonne mesure, je commande aussi la dégustation de sauces (salsa roja, salsa verde, chimi- churri, molé, pico de gallo et crème sure), qui pourra être mise à profit tout au long du repas.Croustillant ou moelleux Débutons avec une savoureuse salade chaude de haricots verts accompagnés de noix, de fromage bleu et de lardons \u2014 inspirante combinaison que je tenterai assurément de reproduire à la maison \u2014 ainsi que des beignets de morue.Les six bouchées de poisson dans leur écrin de panure légère s\u2019avèrent très réussies.La découver te se poursuit avec le trio de tacos.Le premier, très « viande », est garni de bœuf barba- coa nappé de salsa verde et de guacamole.Un bon mariage, bien que la tor tilla soit un peu ramollie.Le deuxième, relevé à souhait, est un fish taco accompagné de mayo chi- potle et de salsa roja.Prendre la vie du bon côté au Tapas & Liège Avenue Maguire, on célèbre les gastronomies mexicaine et sud-américaine | 4 3 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 L A R EC E T T E D E M A R I E- É L A I N E T H I BAU LT Soupe froide de concombre et avocat, garniture de crevettes nordiques Pour 4 personnes Pas besoin de sauter dans la piscine pour se rafraîchir ! On peut plonger sa cuillère dans cette soupe froide de concombre et avocat ! Ingrédients pour la soupe 4 tasses de concombres coupés en gros cubes 1 tasse d\u2019eau 1 tête d\u2019oignon vert 1 tasse de yaourt grec nature 1 c.à soupe de jus de lime 2 c.à thé de sel 5 feuilles de menthe 1 petit avocat Ingrédients pour la garniture 1 tasse de crevettes nordiques 1/2 tasse de concombres coupés en dés Déposer tous les ingrédients pour la soupe dans un mélangeur et liquéfier jusqu\u2019à l\u2019obtention d\u2019une texture lisse et crémeuse.Laisser refroidir une heure au réfrigérateur.Verser dans un bol et déposer la garniture sur la soupe.Marie-Élaine Thibault est conceptrice et styliste culinaire.Pour la suivre : marielenfer.com, instagram.com/maryhellyeah et facebook.com/marielenfercuisine MARIE-ÉLAINE THIBAULT Le troisième est une proposition végé où grains de maïs, salsa, purée de haricots noirs, fins oignons frits et brins de coriandre créent une formidable synergie de saveurs typiquement mexicaine.Le service est un peu au ralenti.Nous apprenons qu\u2019en ce mercredi soir, l\u2019habituelle trentaine de convives attendue s\u2019est plutôt muée en petite foule de quelque 130 clients\u2026 Le ballet du personnel de ser vice montre qu\u2019on tente d\u2019accommoder tout ce beau monde af famé le plus ef ficacement possible.On profite de ce temps d\u2019attente pour admirer la déco intérieure, où les luminaires en bouteilles de verre qui surplombent le bar, ainsi que le mur entièrement couver t de bouchons de liège, rappellent plaisamment le nom du resto.Fraîcheur et bulles Nous continuons notre épopée gastronomique avec une burrata servie avec des cerises, du citron confit et du basilic.Cette proposition inhabituelle et d\u2019une grande fraîcheur me ravit ! Poursuivant sur le thème de la fraîcheur, la salade de crabe, juliennes de pomme verte et avocat, parsemée de fines tranches de radis, de pétales et de graines de tournesol et arrosée d\u2019une « vinaigrette » ji- cama et yuzu, est une très belle dé- couver te, par ticulièrement pour mon amoureux qui n\u2019est pour tant pas friand de fruits de mer.Le voyage se conclut en beauté avec nos deux dernières tapas, les pétoncles et la pieuvre.Les pétoncles U-10 poêlés à la perfection \u2014 vous savez, lorsque l\u2019extérieur, légèrement roussi et caramélisé, recèle un cœur à peine réchauffé ?\u2014 sont accompagnés d\u2019une sauce de champignons dont nous nous ferons un devoir de ne rien laisser.Mais le grand œuvre de la soirée est sans contredit la pieuvre al pastor, une proposition qui s\u2019écarte des standards habituels.Les tentacules grillés, joliment présentés avec des dés d\u2019ananas et des carrés de pain de maïs, sont déposés sur une succulente sauce crémeuse à base de maïs.Quelle belle finale ! Nous sommes aux prises avec un bien pénible dilemme : desser t ou pas de desser t, là est la question.Alléchés par les churros que nous avons vu (et senti) passer autour de nous une par tie de la soirée, mais n\u2019ayant plus objectivement faim, nous résolvons l\u2019impasse en commandant lesdites gourmandises pour emporter.Ce qui me permet de vous apprendre qu\u2019à défaut d\u2019être encore chauds, ils étaient à tout le moins encore bien croustillants le lendemain.Avant de sor t ir, je remarque qu\u2019avec la disparition du soleil à l\u2019horizon, on a allumé l\u2019éclairage : orientée vers le haut, la lumière s\u2019accroche aux innombrables bouchons de liège, créant un vaste trompe-l\u2019œil évoquant l\u2019effervescence.Une fort jolie trouvaille, au diapason de l\u2019endroit.Tapas & Liège ?$$$ 1297, avenue Maguire, à Québec, ?418 653-2727 Les plus : Une très belle variété de plats à partager, où tout (absolument tout, même les propositions inhabituelles) s\u2019est avéré excellent.Service chaleureux et ambiance animée.Les moins : Si j\u2019étais un peu déçue de ne pas trouver de ceviche au menu, malgré le fait qu\u2019il soit calligraphié au tableau noir, je me suis vite consolée.Repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 119$ Coût total pour deux, incluant alcool, taxes et service : 187$ En haut : la pieuvre al pastor, une proposition qui s\u2019écarte des standards habituels.En bas : un plat de mahi-mahi, argousier, habanero et lait de coco.PHOTOS FRANCIS VACHON LE DEVOIR Brèves culinaires de la région de Québec Les amoureux de la gastronomie italienne seront heureux d\u2019apprendre l\u2019ouverture du restaurant Il Cuginetto (qui signifie «le petit cousin» en italien) avenue Cartier.Les propriétaires, Christiana Lapegna et Oscar Tafuri, qui possèdent aussi le café Les Cousins depuis 11 ans, se sont associés au chef Karl Moran pour proposer un menu de type napolitain où la focac- cia sera en vedette, ainsi que d\u2019autres classiques de la cuisine de rue italienne tels que les arancini, supplì, polpette, etc., sans oublier les petites douceurs.Ouvert tous les jours pour les repas du midi et du soir.Troisième établissement du même nom, mais le premier à Québec, le Trèfle Limoilou vient d\u2019ouvrir ses portes dans ce dynamique secteur de la Vieille Capitale.Situé dans un nouvel immeuble à l\u2019angle de la 3e Avenue et de la 7e Rue, l\u2019établissement de près de 100 places propose une cuisine inspirée des pubs européens, dont l\u2019incontournable stew irlandais, qu\u2019on pourra arroser d\u2019une pinte de l\u2019une des 32 lignes de bière en fût, à moins que l\u2019on préfère choisir parmi la centaine de bières embouteillées ou bien parmi la sélection de whiskys, de bourbons et de scotchs.Toujours dans l\u2019arrondissement de Limoilou, signalons aussi le travail du chef d\u2019origine lyonnaise Julien Masia au resto ARVI, qui a pignon dans la 3e Avenue.Ayant fait ses classes dans plusieurs restaurants étoilés au guide Michelin en France et en Suisse, puis à plusieurs bonnes tables de Québec, dont l\u2019Initiale, l\u2019Utopie, le Laurie Raphaël et le Bistro B, ce jeune chef s\u2019est lancé voici quelques mois dans une formule de «cuisine libre» où la frontière entre la cuisine et la table est abolie.À découvrir, particulièrement si on recherche une atmosphère intimiste et la proximité avec le chef. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Vi v r e E s c ap a d e 4 4 | Jean Pierre Girard est l\u2019auteur de L\u2019Est en West, série de chroniques de voyages écrites avec sa fille Aurélie et parues dans Le Devoir (2001), puis chez Québec Amérique (2002).Cet été, il repart sur les routes du Québec avec le même Westfalia et ses chiens à la rencontre des Anges qui y habitent.Sur son site, vous pouvez réagir, suggérer une destination, l\u2019inviter, sait-on jamais.JEAN PIERRE GIRARD COLLABORATEUR LE DEVOIR Un peu comme à l\u2019époque, nous allons essayer de tisser une phrase qui dure un été, pour sortir de la torpeur ou y entrer, en se rappelant que nous sommes responsables d\u2019appeler la joie.C\u2019est déjà un contrat.Je n\u2019ai plus le lancer en suspension d\u2019il y a vingt ans, mais je viens d\u2019assister à une collation des grades à Laval, j\u2019ai traversé des tempêtes, sorti des voitures du fossé, réfléchi des mois dans le même fossé, alors peut- être que ça peut servir.Il y aura des Anges, des livres, des grenouilles, et plein de ces essentiels riens, architectes de nos jours.Il y aura des routes qui font pitié et des idées projetées vers notre bienveillance, idées avec lesquelles je ne suis pas plus confortable que vous, mais auxquelles nous pourrons réagir, comme celle-ci: c\u2019est un devoir d\u2019humilité d\u2019admettre que nos enfants trouveront les solutions qui nous échappent; il faut choisir la vie et permettre à nos descendants de réparer nos erreurs.(Des réactions à ça?) Ou celle-là : le seul livre dangereux de St-Exupéry est Le Petit Prince, mais autrement, quel écrivain immense, qui suggère d\u2019ailleurs que nous n\u2019avons pas à prévoir l\u2019avenir, mais que nous avons à le permettre.(Réactions ?) Et tout ça afin qu\u2019on en parle, doucement.Ce ne sera pas toujours très drôle, donc, mais combien est voluptueuse la densité du rire et de la satisfaction, après l\u2019effort profond ?(Serge Bou- chard \u2014 « Quatre paiements faciles », Le Devoir, 9 janvier 2001) \u2014, vous nous manquez, et pas seulement dans Québec Science.) Nous écrirons entre deux raviolis, deux brocolis, deux burgers-frites.Nous visiterons certes quelques cabanes à patates, mais quand Aurélie sera là, ce sera plus végé.Vos avis combleront les nids-de-poule, et vos confidences seront accueillies avec déférence, toujours poliment.(C\u2019est Gar y, encore, qui écrivait qu\u2019à la toute fin, ce que nous nous devons les uns les autres, au moins, c\u2019est la politesse, cette denrée rare sur les réseaux asociaux.) On parlera de mots offensants, de « loup solitaire », d\u2019incendiaires qui incendient, mais on parlera aussi de Pascal et de l\u2019art d\u2019agréer, car si nous souhaitons réellement la communication avec quelqu\u2019un, on ne s\u2019adresse pas à lui n\u2019importe comment, c\u2019est pas vrai.La politesse n\u2019empêche pas la fermeté.On s\u2019enverra quelques petites molles vanille, bien sûr, parce que dans ce Westfalia 1986, dont je suis la propriété depuis 1996 (l\u2019inversion est voulue), le souffle des chiens sert de climatisation.Le rien de la semaine Centre-du-Québec, retrouvailles d\u2019une centaine de gars pour honorer Retrouvailles De retour au volant de son West, Jean Pierre Girard sillonne les routes du Québec Bouille LeBlanc et Bocou-Bocou attendant leur maître.Dans le Westfalia 86, le souffle des chiens sert de climatisation.JEAN PIERRE GIRARD notre premier coach de football, j \u2019avais neuf ans.Cer tains entraîneurs ont agi comme des porcs avec des athlètes, mais le nôtre a été irréprochable, acteur de sa propre philosophie, parce que le football est une attitude, une façon de gagner et de perdre, avec respect, éthique, en homme.(Tiens : est-ce que ça veut encore dire quelque chose : « être un homme » ?Quoi donc ?Toujours afin qu\u2019on en parle doucement.) Dans la NFL, le tiers des joueurs a un casier judiciaire.André De- lorme, lui, a été droit : guide, prof, confident.(J \u2019ai quatorze ans, je m\u2019avance vers la ligne de mêlée en méditant les tracés des receveurs de passe, mon bloqueur à gauche est absent.Je regarde André.« Il est où Denis ?» André arrête la pratique, m\u2019amène hors du ter rain, s\u2019assoit face à moi.« Jean Pierre\u2026 Denis est mort hier, dans le silo à grains des Béliveau.») Mon salut, coach Delorme.Miró, MNBAQ Trop de choses à dire.Son refus des formes admises, son audace, et Hemingway, avant de publier son premier l ivre, qui lui achète La ferme, dont personne ne voulait, et qui l\u2019a conservé jusqu\u2019à sa célèbre fin.La visite guidée vaut le coup.Et descendez voir, revoir, revoir Rosa Luxembourg.Anges de la route Dans ce Québec qui sent la fracture, qui a besoin de pansements, les bandages sont parfois vivants.Caisse pop, deux guichets, le premier est occupé par une dame, l\u2019autre refuse ma pourtant risible réquisition, je pense au scandale du vol d\u2019identité et à Guy Cormier à la télé, je me demande si tous ses avoirs sont placés à la Caisse.La dame s\u2019en va, je change de guichet et celui-là veut bien me faire l\u2019aumône.Un monsieur se présente là où j\u2019étais.\u2014 Il fait la grève, dis-je en désignant l\u2019appareil.\u2014 Coudonc, que cé qui se passe avec Desjardins?Ma femme a appelé Équifax, attendu deux heures, rien.Il fixe mon guichet.\u2014 Ah, il marche, lui\u2026 M\u2019en avez- vous laissé ?Mmm\u2026 Si j\u2019avais du budget et assez d\u2019ironie, je lui donnerais mon NIP.(On parlera sûrement aussi d\u2019ironie.) Hasard comme on les aime : deux pour un aux membres Desjardins pour les billets de Miró le samedi après-midi.Détail\u2026 \u2026 adressé avec amitié à qui toiserait d\u2019un œil radical les litres d\u2019essence brûlés d\u2019ici l\u2019automne.Brian Myles écrivait (27 janvier 2018) : « Le Devoir est consulté au moins une fois, sur toutes ses plateformes confondues, par 1,07 million de lecteurs toutes les semaines.» Moi, je prends en West tous ceux qui le veulent, cet été.Ça s\u2019appelle du transport en commun.jeanpierregirard.com | 4 5 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Moins de 16 $ Carrelot des Amants Blanc 2018, AOC Brulhois, France (10,45$ \u2013 11675871) Dans ce tandem, sauvignon (ici à 80%) et gros manseng s\u2019entendent une fois de plus comme larrons en foire sans toutefois préparer de coups fourrés derrière.Parmi les meilleures offres sur le marché actuel en raison de la limpidité du propos, du redoutable équilibre entre fruité, acidité, amertume, densité et légèreté d\u2019ensemble.(5) ?1/2 La surprise L\u2019Arpent des Vaudons 2018, Sauvignon Blanc, J.-F.Mérieau, Loire, France (20,10$ \u2013 12564233) Si j\u2019avais à me réincarner dans une région vinicole, nul doute que la Loire arriverait en tête de liste.Tout y est possible.L\u2019expression des cépages, dont ce sauvignon, s\u2019y manifeste avec un naturel désarçonnant mais authentique, immensément convivial.Celui-ci évoque la finesse des graves bordelais, avec ce fruité soutenu précis, sa digestibilité de première.(5) ?Le blanc Loureiro 2017, Quinta D\u2019Amares, Vinho Verde, Portugal (16,80$ \u2013 13861125) Il apparaîtra superflu de recourir à tous ces «spritz» et autres cocktails délurés moussés aux essences de fruits quand il existe de tels loureiro.Nous avons ici du vin : intègre, léger (11,5 % alc./ vol.), friand, vivace, tonifiant et pourvu d\u2019un fin résiduel en gaz carbonique qui en catapulte le fruité salin jusque dans votre assiette de poissons frits.Pas belle, la vie ?(5) ?Le rouge Chianti Classico 2015, Tenuta Di Renieri, Toscane, Italie (22,80$ \u2013 13387136) Voilà un sangiovese qui se démarque.Sur le plan musical, je dirais que les violons sont bien accordés.Tout participe ici, en condensé, à cet équilibre qui annonce déjà le beau vin.Intensité de couleur, intégrité aromatique, saveurs fruitées bien serrées sous cette verve inimitable du sangiovese bien mûr.Bref, à boire.Largement! (5+) © ?Le bio Riesling «Évidence» 2017, Gustave Lorentz, Alsace, France (25$ \u2013 14023713) Le roi riesling, une fois de plus, impose sa loi.Une loi tranchante, telle une guillotine affûtée cisaillant déjà le palais d\u2019une dynamique verticale fruitée à vous faire perler quelques larmes.Il le fait de plus avec une autorité diabolique, sans le moindre sucre résiduel, avec tonus, énergie, substance et allonge.Dura lex, sed lex.(5+) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Parler de champagne ou, mieux, boire du champagne au cœur de l\u2019été n\u2019a rien de bien extravagant.Moi, je trouve ça extra et ça me va comme un gant.Pourquoi faudrait-il d\u2019ailleurs ne le confiner qu\u2019aux anniversaires, aux mariages et autres célébrations de fin d\u2019année ?Le prix, sans doute, mais pour ce qui est des occasions, disons que je peux vous en inventer jusqu\u2019à plus soif.L\u2019invitation de la maison Moët&Chandon (fondée en 1743) à célébrer les 150 ans de son Brut Impérial me permettait récemment de vérifier que la soif, elle, ne s\u2019invente pas.Astucieux tout de même, ces Champenois qui expédiaient déjà cette même soif en tonneaux en Angleterre au milieu du XVIIIe siècle pour dérider l\u2019Anglais et lui faire vibrer son Shakespeare intérieur.Une époque festive, là comme dans toute l\u2019Europe d\u2019ailleurs, où le célèbre mousseux moussait déjà avec une douceur à vous faire tituber sur place un diabétique en raison des sucres importants qu\u2019il contenait.Il faudra attendre une centaine d\u2019années plus tard, soit en 1869, pour que la maison, flairant une tendance pour les champagnes plus secs, trouve un nouveau modèle d\u2019équilibre avec une diminution drastique du dosage (aujourd\u2019hui à 9g/l).La fête ne pouvait que redoubler d\u2019intensité, avec des vins toujours aussi frais, mais surtout plus digestes.C\u2019est à cette date qu\u2019apparaît le Moët Impérial dont les premières exportations coïncident très exactement avec le 100e anniversaire de naissance de Napoléon Bonaparte.Impérial, donc.Le sens inné de la fête Dans son livre immense sur la Champagne, le colonel François Bonal nous apprend que le sens de la fête sous l\u2019occupation au XIXe siècle n\u2019avait rien, mais absolument rien à voir avec cette magie festive champenoise racontée par les Grimod de la Reynière, le journal républicain Le Charivari et cet autre ambassadeur du bon goût qu\u2019était le comte Rober t-Jean de Vogüe : «Dès la première occupation d\u2019Épernay, les Prussiens volent, violent et, comme les cosaques à Reims, vident les celliers et font des ponctions dans les caves qui n\u2019ont pu être murées à temps.» Ce qui fera dire alors à Jean-Rémy Moët, non sans un certain sens des af faires d\u2019ailleurs : « Je souris à la spoliation dont je suis l\u2019objet, et je me fais de tous ceux qui boivent mon vin autant de commis voyageurs qui, en rentrant dans leurs patries lointaines, feront l\u2019article pour ma maison.» Eh bien, de ma patrie lointaine 150 ans de constance La maison Moët & Chandon célèbre l\u2019anniversaire de son Brut Impérial L\u2019écrivain anglais Henry Vizetelly situe l\u2019apparition de la coupe à champagne au début de l\u2019ère victorienne en Angleterre et sous la Monarchie de Juillet en France, c\u2019est- à-dire autour de 1840 pour l\u2019un et l\u2019autre pays.JEAN AUBRY du Québec, c\u2019est fait, cher Monsieur ! Je n\u2019ai peut-être pas la tête d\u2019un cosaque ni la capacité de boire des kilomètres de cave (quoique), mais il ne m\u2019apparaît nullement déplacé à mon tour, quelque 150 ans après les premières mises en marché de ce Moët Impérial Brut (65,75 $ \u2014 453084 \u2013 (5) ?1/2), d\u2019en faire l\u2019éloge.Car le vin est bon, assurément.Les geeks et geekettes rétorqueront sans doute que ce champagne n\u2019est pas bio, que son goût est trop rassembleur (!) ou qu\u2019il ne sert qu\u2019à shampouiner la toison capillaire des sportifs ou à adouber plus encore la beauté des femmes lors de soirées mondaines, mais ce qu\u2019il y a dans le flacon après en avoir fait sauter le bouchon donne tout de même un sacré joli frisson.Plus que l\u2019exercice organoleptique conventionnel où les 3 « P » (pêche- pomme-poire) jouent d\u2019éclat et de lumière, c\u2019est l\u2019expérience hautement sensuelle dégagée qui séduit.Une espèce de ballet aérien où les fines crinolines de danseuses se meuvent, chatoient, fluctuent et s\u2019illuminent sous l\u2019empreinte d\u2019aurores boréales dont les courbes évanescentes invitent la nuit à entrevoir le jour.Ajoutez une texture qui relève tout autant de l\u2019organdi que du satin, une cohésion de bouche invitant le crémeux de la sève à jouer l\u2019aventure à table sur les sauces nappant veau, volailles et autres quenelles de crustacés ou de poissons fins, et vous voilà déjà dansant d\u2019aise sur votre strapontin.Et ce n\u2019est pas le chef de cave Benoît Gouez, en poste depuis 2005, qui déclinera l\u2019invitation de faire la fête avec vous! guideaubry @gmail.com L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 4 6 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 47 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement Solution du n° 458 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Épreuve de révision Antidote | O I R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V e à h c u a e g a d r i l e i s u n q o i t a t i e c n u r e m r o e à f r è i n a m e , d s a u b s d e s a c s e s l n a e d l l i r a g e l d us s s e d - u a s ne n o ol c s e s l n a s d e u n e t n o c s e r t t le s le z e lac P 6 70 .r e g n a h c t n e v eu p ts n e c c a e r p o r s p m o s n e .L s n o i t i n i f é d e m u q a h e c s d e r t t e s l e r è i n r e d s à p t o e m e d n î a h e c n z u e m r o F O C H A I N E É D I T I O N D U D E V A N S L A P R U T I O N P U B L I É E D O L S .e t i ro d I I I s e t l s e i m r e t p n o s s s e e d d i a \u2019 t à l t e o s i o r s t e r d i t r a 6 70 I I I 6 7 5 4 3 2 1 2 1 1 1 0 1 9 8 e t ci i l l i e c r e omm C 7.ue q i st u o ac l ei r a p p A .6 t a n e m e l l e v u o n e R .5 s té i l i t s o h s e d t rrê A .4 s a e r fè i m m a s m ro G .3 e s v i ro e t t d e l p u o C .2 g a s s e n m e u r d n e R .1 IX IV X I I V I V V V s e l l i u s fe e l d e u n n s e u q i t a u q s r e l b i g i l l e t n i n e i I I I e é u q a h e à c r t t e e l l u e e s n u \u2019 u q e i n r e e d t l r e e i m e r e p e l r t n E s a r u b s d O 0.1 o t m n e m e p u ro g e R .9 e u x u s l i fo r a é p r r a C .8 I u Q .I r V .I I S .I I e e r t n I r e t n a n a i l l V.a F C c u o é g r e n J e n u e m c r a r u o t e h o r é I R .X O o p p D t u o j , a t n e m e g n a h c e ( p a t t n a e g n a h e c n n t e , e t o r m 6 70 s i a l a é r t n x u IV fl u t r e v u O o p s n a r T r u o c u A m o c r u o T o r e n n o d u q r a m e r n e m e l a s n o i t a é r c e r v i u s A .4 .e c a l p e d d n o F m è t s y s e l s s u o P .1 i à l e p p a .1 1 .b u p .é v e h c a e l b m e s e n n e i r d n a .a l b m e S .é t u f s è r t s a p t n e m i a s i F .t ê r é t n i e r d n i o m e l s n a .t n e m m o c e t r o p m i \u2019 n r s e l l e b e d r u o P .n o i t c e j .u e i l i m e t s u j e l r e v u o r T .s e c .n o i s i c é d e d e s i r p a l e t i l i c s n a S .I V .e r è h p s o h t i l a l e d e h .n o c u a f e d e t ê t à u e i D .e i s e l t e M .I I V .i u h \u2019 d r u o j u a \u2019 d e l r u S .e t ê f n e s r u e e d s d n a h n u t i a f n e e l i g r i V .I I I V .r .e t ê t n e e é c a r T .l e n n o s r e P .s .n o i s n e c s a n o s t s e e l b i t s i s é .X .s i l b a t é s e t x e t x u a s e é s à t t i l i f t i fl s s u o M .e g r a l e l s r e v e r .e u q i t n a é t i C .0 1 .o l o c é t r .s e c n e d i f n o c s o n e d t n a .9 .s o a h c u d e i t r o S .t e l p .e t r o p a l e m r e F .8 .n e i r t n e N .7 .e n i s i u c n e s é t n e m e t r o F .r e u q r a m e r t t i a f e S .6 .n o t e l e n n o D .a l t n e d i A .5 .n o b t s e l i \u2019 s .s e s o h c e d p u o c u a e b t i D a s e v r e s é R .e l l i e t u o b .3 .t n e m e g n a r é d n e e t e M .2 .t n e m e g n a h c u a e a e u t f d e l b i s n e S .2 1 .e n g a m e l r a h c t i f r e i m e r p e L .e r d n e r A a , m s i m r e t p n o s s t n e c c s a e L v u o r , t ) e r t t e e l n u \u2019 t d i a r t e u r o E E T C PA R B SA II H i r o I t a P .R .I D e t a B t t e l E t r a c R x e é r v e l p m e \u2019 .e r p o r m p o n n u c u s a i .s e r i a i d é m r e t n s i t o s m e z l e II t n e m e l a t n o z .g R .e g a n i v e l A .I I .a t a t a p i t a e s i r p é M .V I .r o C .e r U .a m i e N .I V .s T .ê R .a l i s n E .V .é T .I V .é N .e g a l l i e r T .I I V .s i .X a r e r i A .s u r c E .X I .r e T .1 1 .r e T g e R .e g A n I .6 .a S .s p m e T e m r a P .1 a c i t r e V .a r e n i m a n o m u a r u o e r n u r e c a a .i o l i u p u D e p p i l i h P .s a r e s s e r g A .2 1 .a r e n i t t o r .a C .0 1 .é r r e t é D .e T .9 .n i a .8 .i a ç a L .é r a P .7 .e l b a s u .l I .i T .5 .x u e i c i r a v A .4 .e r t E .3 .e C .r e n é i l A .2 .r e i t n t n e m e l s .c e p s u s e u o s e r y t e s s d e r u g i s f e t d i a l o ff a t r r e b u H \u2019 u q .V s e m i l b u s s t e r c e s ts en c s té i c x e r u s su n o i t a r é t i l l a \u2019 , l t r a e p r t u a \u2019 .D t i a l l i c s o m y x o \u2019 , l e l o b r e p y h \u2019 t l e ote h t i l a e l r t n E p 14 o n e?! m s i m é h p u e e m r o n n é t u i a r e e s , c e l e r i : d t ri m o c z e r u a \u2019 s l u o s n e s s e e à s s s e s c n a s t i a r su s t r e b u , H e t u l co a an \u2019 t l e e r o T O M 9 5 4 ° N E M È L B O R P S É S I O R C S Philippe Dupuis est également l\u2019auteur Monde oisés du des mots-cr ser é s r oit ous dr .T ormatique inc 9 Druide inf 01 © 2 v i u e s s a r h a p s l n a e d m m o , c t n e v i u e s i s u q i t é p é a r t l s n e o i t a r é t i l l e a n \u2014 U que r a m e R m o l c i e : l p m xe e r ( e i l u g n i u s e d n n o s r e p e 3 é u g u j n o e c m r o a f t l s e t ri p m o C .r i vr u o c é d u v é d s s a .p t r a : p t ri p m o c * n o t n , e is pr m o c ).rs a l l do u n i d v i u t s s l e i \u2019 u t q e e r b m o e n e l n i m r e l t i \u2019 u q c l a n i d r a l c a r é m u e n : l s t n e c * n o t n , e nt e c e c u q l e u q r ( e r u m r u .M ) n o i t a r é t i all \u2019 l t : e j u s ( à r e r r su su .: v t i a r su s su * n o t n , e t i a r r su su o c s i .D .f : n e ut l o c a an * n o t n , e e h t u l co a an .s u l e p r d n e t n e e r i a n f r e u o s p n i o m e q l y t e s e d r u g i .F .f : n te o h t i l * n o t n , e tote i l s.é v x?u o a t é t t l ô i - t - a \u2019 é t h n t o T e : t n a s t o s m e s d n a e d n n o s n o e c m ê e m n u \u2019 n d o i t ).n o ç e a l t l i r p , e l p m i é s s s a u p a re d n re p m o c e b r e u v e d , e s d n e u s r a e d é c c .A re d n re p m o c e b r e ts n e c is- o r t e : l p m xe e e ( n i m r e t é l d i \u2019 u m q o p i t l u t m s l e i \u2019 t s n e m e l u e s s n c u e v t a i r c é \u2019 s nt e .e s s a x b i o e à v r i , d ) e s o h g n i u s e d n n o s r e p e , 3 f i t a c i d n i \u2019 e l t d i a f r a p m i \u2019 l s a r h e p n u \u2019 xe d a t n y a s s l n a e d r u t p u , r é t i u n i t n t i i d u n q o i s s e r p x e e n r u e s i l i t e à u t s i s n o i c u aham Co Abr une inconst ant dans la natur const de changement e monde e L ANCHE BL GRILLE 629 X JEU , é i l r e i l u .e CHÉS FLÉ S T MO y wle .ance ait e ser e s, et êtr e âtr st le thé US FÉR DES GRILLE Â B AL B A V AL P PL ORDINAIRE \u2022 CCORD A DÉS \u2022 ADES ALÉJ G \u2022 AL G TER \u2022 TER PES \u2022 AMPES T ES \u2022 T TES \u2022 TES OR -F X U EA \u2022 U OISEA \u2022 ANCHOIS \u2022 AIS CL AIS AIS L AIS AIS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J U I L L E T / 2 0 1 9 Evergon · Robert Mapplethorpe · Andy Warhol · Charles Eames LUNETTES "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.