Le devoir, 10 juillet 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 152 / LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM FESTIVAL D\u2019ÉTÉ DE QUÉBEC La pleine conscience de Jah9 PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR n concert jeudi au Festival international d\u2019été de Québec, samedi au Festival international Nuits d\u2019Afrique, l\u2019étoile montante du « conscious reggae » engagé et féministe Jah9 mène également une double vie de professeure de yoga.«J\u2019essaierai de trouver INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .A4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Un projet de loi contre les propos haineux suscite la controverse ACTUALITÉS Legault veut ouvrir un autre front des provinces contre le gouvernement fédéral A 2 CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Facile pour un artiste d\u2019ailleurs de venir au Canada ?Non, plus maintenant.Le Festival TransAmériques (FTA), habitué de la circulation internationale des spectacles, l\u2019a appris à ses dépens.À dix jours de son inauguration en mai dernier, six artisans de quatre spectacles n\u2019avaient toujours pas les visas canadiens nécessaires à leur entrée au pays.Si ces difficultés sont nouvelles à ce festival, elles sont devenues courantes à Nuits d\u2019Afrique \u2014 qui inaugurait mardi sa 33e édition \u2014 et récurrentes à Montréal, arts interculturels.Les causes ?Elles s\u2019additionnent lentement depuis une décennie : l\u2019incompréhension du statut de l\u2019artiste qui voyage par Immigration Canada, la sous-traitance des dossiers et, depuis 2018, l\u2019exigence d\u2019y ajouter les empreintes digitales et une photo numérique.« On a des problèmes pour 15 à 20 % Des artistes invités au Canada peinent à s\u2019y rendre des visas qu\u2019on demande », estime Colin Rigaud, responsable de la programmation de Nuits d\u2019Afrique, festival international qui reçoit de 30 à 40 groupes du monde par année.Les difficultés, note le programmateur, se sont exacerbées depuis deux ans.En 2017, Amadou a failli ne pas pouvoir rejoindre Mariam pour le concert d\u2019ouverture.Et en 2018, le Canada a élargi la collecte de données biométriques pour qu\u2019elle s\u2019applique à tous les demandeurs de visas de résident temporaire, de permis d\u2019études et de permis de travail (à l\u2019exclusion des ressortissants américains) ainsi qu\u2019à tous les candidats à la résidence permanente, comme le précise Rémi Lari- vière, des relations média d\u2019Immigration Canada.« Chaque fois qu\u2019on ajoute une démarche de sécurité dans la circulation transfrontalière, c\u2019est un obstacle à la venue d\u2019artistes », résume Frédéric Julien, directeur de la recherche et du développement à l\u2019Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA).« Dans certains pays d\u2019Afrique, il n\u2019y a pas de lieu pour saisir les données biométriques.Ça veut dire qu\u2019il faut aller dans un autre pays d\u2019abord, pour avoir la possibilité de venir ensuite faire un spectacle au Canada.» Cette situation a été vécue au printemps par Nuits d\u2019Afrique avec le Bénin International Musical, qui sera sur scène le 16 juillet, indique M.Rigaud.« Ils sont dix dans le groupe.Ils ont tous été obligés d\u2019aller au Ghana [à quelque 400 kilomètres] pour faire prendre leurs données biométriques.C\u2019est beaucoup de frais, de stress et de dérangements.» À ce jour, les services de collectes de données biométriques reconnus par le Canada sont offerts dans 104 pays sur les 197 recensés par l\u2019ONU en 2012.Il n\u2019y a parfois qu\u2019un seul bureau pour tout un pays.Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) et l\u2019Association canadienne des libertés civiles (ACLC) étaient au palais de justice de Montréal, mardi, pour demander au tribunal de suspendre l\u2019application de la Loi sur la laïcité de l\u2019État.Les deux organisations soutiennent notamment que la législation est discriminatoire et crée deux classes de citoyens.LIRE EN PAGE A 3 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Laïcité : une loi discriminatoire ?ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Airbnb mène une offensive contre les règles québécoises Jah9 sera en spectacle à Québec et à Montréal cet été.FEQ VOIR PAGE A 5 : ARTISTES « Pendant que le reste du monde va de l\u2019avant, le gouvernement du Québec est sur la voie d\u2019adopter une réglementation qui aura pour effet de faire reculer le Québec dans l\u2019économie numérique.» Sur son site Web, le géant cali- fornien Airbnb cherche à susciter l\u2019appui populaire des Québécois pour faire annuler la mise à jour réglementaire encadrant la location de résidences privées à court terme.Grâce à un formulaire en ligne, l\u2019équipe des relations publiques d\u2019Airbnb invite le public à écrire à huit ministres du gouvernement Legault pour faire annuler les nouvelles règles devant entrer en vigueur à l\u2019automne.« Ces règles auront pour conséquences de diminuer les options de voyage pour les consommateurs, d\u2019augmenter les coûts des voyages et d\u2019enlever aux personnes qui partagent leur résidence Les prétentions de l\u2019entreprise ne supportent pas l\u2019épreuve des faits VOIR PAGE A 4 : AIRBNB le temps d\u2019organiser des sessions de yoga dub quand je vous visiterai », promet l\u2019auteure, compositrice et interprète jamaïcaine.Ah oui, elle est zen, Jah9\u2026 à moins de l\u2019amener sur le terrain de la politique.Là, elle se fâche.L\u2019actualité jamaïcaine s\u2019invitait dans notre conversation.Notre rendez-vous téléphonique avait été pris l\u2019avant-veille de l\u2019enterrement du premier ministre sir Edward Seaga, chef historique du Jamaican Labour Party (JLP, centre droit), suivant les neuf soirs de veille du corps, les traditionnelles Nine Nights.Le pays s\u2019apprêtait alors à vivre des funérailles nationales d\u2019une ampleur rarement vue, sinon pour celles, il y a plus de vingt ans, de son grand rival Michael Manley (People\u2019s National Party, PNP, gauche), chef d\u2019État durant les brutales années 1970 et défait par Seaga au scrutin d\u2019octobre 1980.« Je n\u2019étais bien sûr pas au pays au moment de son décès, dit la musicienne, attrapée en Allemagne.Mais il faut reconnaître que sa mort en a touché plusieurs, particulièrement dans la capitale », et plus précisément dans le quartier Tivoli Gardens, son bastion.« Je comprends que de nombreux partisans soient attristés, même s\u2019il était âgé et qu\u2019on le savait malade.» E VOIR PAGE A 4 : CONSCIENCE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 E N B R E F Jean Chrétien hospitalisé à Hong Kong HONG KONG \u2022 L\u2019ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien est hospitalisé à Hong Kong, où il reçoit des traitements pour retirer une pierre au rein, a confirmé un porte-parole.« M.Chrétien a une pierre au rein », a indiqué Bruce Hartley, un ancien adjoint de l\u2019ex-premier ministre.« Il rentrera au Canada après avoir subi un traitement pour la retirer, à Hong Kong.» Jean Chrétien, 85 ans, devait prendre la parole mardi au Forum des relations commerciales et économiques entre les États-Unis et la Chine, à Hong Kong.Il a été emmené à l\u2019hôpital peu de temps après son arrivée à Hong Kong, lundi soir.La Presse canadienne Réjean Hébert veut être candidat pour le PLC L\u2019ancien ministre péquiste Réjean Hé- bert a confirmé mardi matin qu\u2019il souhaite être candidat pour le Parti libéral de Justin Trudeau à la prochaine élection fédérale qui aura lieu en octobre.M.Hébert briguera l\u2019investiture de la circonscription de Longueuil\u2013Saint-Hu- bert.Un autre candidat potentiel pour le PLC est déjà à pied d\u2019œuvre sur le terrain.S\u2019il est choisi comme candidat libéral, il devra affronter le député sortant, le néo-démocrate Pierre Nantel.Député de 2012 à 2014, l\u2019homme avait été ministre de la Santé sous la première ministre Pauline Marois.Il avait été défait à l\u2019élection de 2014.Le médecin est actuellement doyen de l\u2019École de Santé publique de l\u2019Université de Montréal La Presse canadienne 46 personnes intoxiquées WINNIPEG \u2022Quarante-six personnes ont été transportées à l\u2019hôpital, mardi, en raison d\u2019un empoisonnement au mo- noxyde de carbone dans un motel de Winnipeg.Parmi ces gens hospitalisés, 15 étaient dans un état critique, mais les autorités s\u2019attendent à ce que tout le monde survive.John Lane, chef du Service d\u2019incendie et de soins médicaux d\u2019urgence de Winnipeg, a indiqué que les services d\u2019urgence avaient évacué au total 52 personnes, dont deux enfants et des employés, ainsi qu\u2019un chien.La fuite provenait de la chaufferie du motel, selon M.Lane.Les 15 personnes dans un état critique le sont en raison de hauts niveaux de monoxyde de carbone dans leur sang.Les ambulanciers paramédicaux ne s\u2019inquiétaient toutefois pas pour leur vie.La Presse canadienne Les personnes ont été intoxiquées dans ce motel de Winnipeg.JOHN WOODS LA PRESSE CANADIENNE ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Le feu vert vient d\u2019être donné à une action collective contre le géant pharmaceutique Bayer au Québec visant à dédommager les femmes qui ont pris ou se sont fait prescrire les pilules contraceptives Yasmin ou Yaz.Selon l\u2019action, intentée par le bureau d\u2019avocats Siskinds Desmeules, la prise de ces contraceptifs oraux de quatrième génération augmenterait les risques de développer une thrombose artérielle, une maladie thromboembo- lique veineuse, une embolie pulmonaire ou encore une maladie de la vésicule biliaire.Toujours selon cette action, Bayer ne se serait pas assuré de l\u2019innocuité de ces contraceptifs oraux et n\u2019aurait pas « avisé adéquatement » la communauté médicale et les patientes au sujet des risques pour la santé associés à ceux-ci.L\u2019action collective vise ainsi à obtenir une compensation financière de la part de l\u2019entreprise pharmaceutique pour toutes les femmes résidant au Québec qui auraient subi des « préjudices physiques, matériels et moraux [découlant] de la consommation de Yasmin et/ou de Yaz » depuis leur arrivée sur le marché \u2014 respectivement en 2004 et 2009 \u2014 et le 30 novembre 2011.La demande d\u2019autorisation d\u2019exercer cette action collective avait été initialement déposée le 19 août 2010 par le bureau d\u2019avocats.Si elle est au- jourd\u2019hui autorisée, le tribunal n\u2019a pas encore statué si Bayer avait commis une faute dans ce dossier.L\u2019entreprise conteste d\u2019ailleurs cette action, précise le bureau d\u2019avocats Siskinds Desmeules.Bayer fait déjà face à d\u2019autres actions collectives intentées en Ontario et en Saskatchewan.La compagnie a aussi réglé à l\u2019amiable plusieurs poursuites aux États-Unis.En 2011, Santé Canada s\u2019est notamment penché sur l\u2019innocuité de ces pilules contraceptives, répertoriant en tout quelque 600 effets indésirables chez les utilisatrices.« L\u2019examen a aussi permis de déterminer que ces produits peuvent être associés à un risque de caillots sanguins 1,5 à 3 fois plus élevé que d\u2019autres contraceptifs oraux », concluait l\u2019organisme fédéral.Deux ans plus tard, Santé Canada révélait que Yasmin et Yaz pourraient avoir un lien avec la mort d\u2019au moins 23 Canadiennes, dont une âgée de seulement 14 ans.La plupart sont décédées des suites de la formation d\u2019un caillot sanguin.Santé Canada avait toutefois jugé difficile de déterminer avec certitude si un effet indésirable est la conséquence directe de la prise d\u2019un médicament donné, puisque d\u2019autres facteurs peuvent entrer en compte.CONTRACEPTION Feu vert à une action collective contre Bayer MARCO BÉLAIR-CIRINO À BIG RIVER FIRST NATION, SASKATCHEWAN LE DEVOIR Le premier ministre François Legault envisage d\u2019ouvrir un autre front judiciaire aux côtés de Jason Kenney pour accroître l\u2019autonomie des provinces : abroger la nouvelle loi fédérale modifiant le processus d\u2019évaluation environnementale (C-69).« À ce moment-ci, on n\u2019exclut rien », a-t-il lancé mardi, soit moins de 24 heures après avoir confirmé que le Québec serrera les rangs avec la Saskatchewan, l\u2019Alberta et l\u2019Ontario afin de faire invalider par la Cour suprême la taxe fédérale sur le carbone.« Il faudrait que [la façon de mettre un prix sur le carbone] soit décidée dans les provinces.C\u2019est pour ça qu\u2019on a décidé de contester la taxe sur le carbone fédérale.C\u2019est la même chose avec les évaluations environnementales », a-t-il expliqué dans son premier point de presse en Saskatchewan, où les premiers ministres provinciaux et territoriaux sont rassemblés cette semaine.M.Legault dit être opposé à la superposition de deux processus d\u2019évaluation environnementale \u2014 un canadien, un québécois , et ce, « d\u2019abord pour des raisons d\u2019efficacité et d\u2019économie ».Le gouvernement caquiste demande que le Québec effectue l\u2019évaluation environnementale des projets prévus sur son territoire, y compris les segments québécois de projets inter- provinciaux.Il se plaint aussi qu\u2019Ottawa conserve la prérogative de réquisitionner l\u2019évaluation environnementale d\u2019un projet si celui-ci entraîne des répercussions sur des espèces en péril, des oiseaux migrateurs ou encore les droits autochtones.« Et, oui, il y a une question qui se pose sur les champs de compétences », a ajouté le chef de gouvernement caquiste.En revanche, la procureure générale du Québec, Sonia LeBel, n\u2019interviendra pas dans le renvoi de la Colombie- Britannique auprès du plus haut tribunal du pays, a indiqué M.Legault.Le premier ministre John Horgan veut voir reconnaître le droit de la Colom- bie-Britannique de limiter, par une loi provinciale, la quantité de pétrole lourd circulant sur son territoire \u2014 dans le pipeline Trans Mountain notamment.Après avoir mordu la poussière devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, il tentera sa chance devant la Cour suprême du Canada.« Ça, ça ne concerne pas le Québec », a dit M.Le- gault à la presse mardi.Mais n\u2019y a-t-il pas là aussi une occasion de défendre l\u2019autonomie des provinces face aux poussées centralisatrices d\u2019Ottawa ?lui a demandé Le Devoir.« Oui, mais on parle du Québec.Dans ce projet-là, ça ne concerne pas le Québec », a rétorqué le premier ministre québécois.François Legault entend profiter de sa première présence au Conseil de la fédération afin de plaider auprès de ses homologues provinciaux et territoriaux pour une décentralisation des pouvoirs au sein de la fédération canadienne, y compris en matière d\u2019immigration.Le gouvernement québécois veut faire passer l\u2019immigration économique \u2014 travailleurs qualifiés et gens d\u2019affaires \u2014 de 59 % en 2020 à 65 % en 2022 en gelant le nombre de réfugiés et en n\u2019augmentant que légèrement le nombre de personnes admises en fonction du programme fédéral de regroupement familial au Québec.« On aimerait avoir le soutien de certaines autres provinces, a-t-il dit mardi.Donc, une province qui est plus forte, un Canada qui est plus décentralisé, où il y a plus d\u2019autonomie, plus de compétences, plus de pouvoirs qui sont donnés aux provinces : c\u2019est pas mal l\u2019objectif qui est visé », a-t-il conclu, avant de prendre part à une rencontre des premiers ministres des provinces et des territoires et des dirigeants autochtones.L\u2019élue péquiste Véronique Hivon trouve le chef de gouvernement ca- quiste « pour le moins difficile à suivre ».Elle se désole de voir M.Legault « refuse[r] de défendre l\u2019autonomie des provinces aux côtés de la Colom- bie-Britannique dans la cause Trans Mountain au moment où le chef conservateur canadien, Andrew Scheer, évoque l\u2019aménagement d\u2019un corridor énergétique pancanadien et où le premier ministre albertain, Jason Kenney, « a toujours les mêmes velléités de faire passer un pipeline au Québec ».« Il doit défendre les prérogatives du Québec en matière environnementale et énergétique partout et tout le temps », a-t-elle fait valoir dans un échange avec Le Devoir.CONSEIL DE LA FÉDÉRATION Legault veut ouvrir un autre front des provinces contre Ottawa Le premier ministre du Québec s\u2019oppose à la réforme de l\u2019évaluation environnementale Le grand chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, discute avec le premier ministre François Legault.JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Une province qui est plus forte, un Canada qui est plus décentralisé, où il y a plus d\u2019autonomie, plus de compétences, plus de pouvoirs qui sont donnés aux provinces : c\u2019est pas mal l\u2019objectif qui est visé FRANÇOIS LEGAULT » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Inconstitutionnelle et difficile à appliquer, la Loi sur la laïcité de l\u2019État discrimine une partie de la population et crée deux classes de citoyens, estiment deux organisations civiles qui la contestent devant la Cour supérieure.Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) et l\u2019Association canadienne des libertés civiles (ACLC) étaient au palais de justice de Montréal mardi pour demander à la cour de suspendre l\u2019application de la loi adoptée sous le bâillon le 16 juin dernier.Rappelons que cette loi interdit le port de signes religieux pour les employés de l\u2019État en position d\u2019autorité embauchés après le 27 mars 2019.Elle vise notamment les juges, les procureurs, les policiers, les gardiens de prison et les enseignants.Toute loi qui impose une vision morale sur la pratique de la religion est de juridiction fédérale et non provinciale, a fait valoir Me Catherine McKenzie devant le juge Michel Yergeau, mardi.Le gouvernement a recouru à une clause dérogatoire qui empêche les citoyens de contester sa validité, mais Me McKenzie a soutenu que cela n\u2019empêchait pas les tribunaux de se pencher sur les enjeux constitutionnels et le partage des pouvoirs au sein de la fédération.Application difficile Les conséquences de la loi seront importantes et son application sera difficile, étant donné que la définition des objets religieux est vague et risque d\u2019entraîner une gestion arbitraire en milieu de travail, a signalé sa collègue Me Olga Redko.« Comment déterminer qu\u2019une femme porte un foulard pour des raisons religieuses, pour des raisons de santé ou parce qu\u2019elle a envie d\u2019en porter un ?», a-t-elle souligné.« La loi qui a été présentée au gouvernement est en train de créer une seconde classe de citoyens et d\u2019entériner un régime d\u2019inégalités que l\u2019on ne souhaite pas dans notre société », a expliqué Bochra Manai, porte-parole du Conseil national des musulmans canadiens, en marge de l\u2019audience.« Toute personne qui rend visible sa croyance religieuse deviendra une cible de cette loi.On croit que ça déshumanise les gens.» Étudiante en éducation, Ichrak Nou- rel Hak est musulmane et porte le hid- jab.C\u2019est elle qui est à l\u2019origine de la contestation de la loi devant les tribunaux et elle fait partie de celles qui ne JUSTICE Québec crée un régime d\u2019inégalités, dénoncent des organismes La Cour supérieure entend la contestation de la Loi sur la laïcité de l\u2019État Quelques femmes musulmanes ont assisté mardi aux audiences de la Cour supérieure sur la contestation de la Loi sur la laïcité de l\u2019État.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le crucifix a été retiré de l\u2019Assemblée nationale pourront exercer le métier souhaité à moins de retirer leur voile.L\u2019intérêt public En après-midi, les procureurs du gouvernement ont fait valoir que la Loi sur la laïcité de l\u2019État avait été adoptée dans l\u2019intérêt public et que le gouvernement avait le pouvoir de légiférer en cette matière.Me Éric Cantin a indiqué que toute loi imposait des contraintes.Celle de la laïcité aurait un effet sur toutes les religions, a-t-elle dit : « Elle ne vise pas un groupe ou une religion en particulier ».La loi n\u2019empêche pas la pratique religieuse, mais réglemente la sphère publique, a-t-il ajouté.Quand le juge Yergeau lui a fait remarquer que des personnes comme Ichrak Nourel Hak pourraient être privées de poser leur candidature pour des postes qui les intéressent en attendant que le litige soit débattu sur le fond, Me Cantin a reconnu qu\u2019il s\u2019agissait de l\u2019un des effets de la loi, mais il a soutenu que l\u2019intérêt public devait être pris en compte.Le juge Yergeau a indiqué qu\u2019il comptait rendre une décision dans dix jours, soit d\u2019ici vendredi prochain.« Mais ce n\u2019est pas une promesse », a- t-il aussitôt ajouté, en mentionnant qu\u2019elle pourrait être rendue au retour de ses vacances.MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Une page d\u2019histoire s\u2019est tournée à l\u2019Assemblée nationale mardi matin.Un employé a discrètement décroché le crucifix du Salon bleu qui ornait le mur au-dessus du fauteuil du président depuis 1982.Des photos et une vidéo ont ensuite été envoyées aux médias.Cette croix, sculptée par Romuald Dion, avait remplacé le Jésus de plâtre qu\u2019avait fait installer le premier ministre Maurice Duplessis en 1936.Les deux crucifix seront exposés dans une vitrine muséale qui sera installée dans l\u2019une des alcôves situées entre le Salon bleu et le Salon rouge avec une mise en contexte.Les députés québécois avaient voté à l\u2019unanimité pour le retrait de l\u2019objet sacré en mars, le jour du dépôt du projet de loi sur la laïcité de l\u2019État.Le crucifix devait être retiré uniquement après l\u2019adoption de ce projet de loi qui a eu lieu sous bâillon en juin, lors de la dernière journée de travaux parlementaires avant la relâche estivale.La croix actuelle, qui était accrochée depuis 37 ans, a laissé une marque de décoloration sur le mur, lorsqu\u2019un employé muni de gants blancs l\u2019a retirée.Deux crucifix Ceux qui s\u2019ennuieront de ce crucifix pourront toujours aller se recueillir devant l\u2019alcôve où il sera bientôt placé, plus modestement, sur le parquet, entre le Salon bleu et le Salon rouge, d\u2019ici la fin de l\u2019été.On y trouvera en fait les deux crucifix ayant orné le Salon bleu au fil des ans : le premier, dès 1936, à l\u2019initiative du premier ministre Maurice Duplessis, et le second, qui était en place depuis 1982.Une notice explicative fournira l\u2019historique des deux objets religieux litigieux.Après des années de débats sur le sujet, le ministre Simon Jolin-Barrette a déposé une motion à l\u2019Assemblée nationale visant à retirer le crucifix.Elle a été adoptée à l\u2019unanimité le 28 mars.Cette motion stipulait que le Bureau de l\u2019Assemblée nationale (BAN) recevait le mandat de déplacer le crucifix du Salon bleu pour le mettre en valeur ailleurs, dans l\u2019enceinte du Parlement.Avec La Presse canadienne LEE BERTHIAUME À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE La promesse d\u2019un contingent de 200 soldats canadiens pour des missions de maintien de la paix n\u2019est toujours pas tenue, plus de 18 mois après une première annonce officielle du premier ministre Justin Trudeau.La « force de réaction rapide » était l\u2019une des promesses faites par M.Trudeau à l\u2019ONU lors d\u2019un important sommet sur le maintien de la paix à Vancouver, en novembre 2017 ; le premier ministre avait aussi promis alors une unité d\u2019hélicoptères et un avion de transport.Le Canada a bel et bien tenu promesse pour les hélicoptères, qui effectuent des évacuations médicales au Mali depuis le mois d\u2019août \u2014 ils sont d\u2019ailleurs sur le point de terminer leur mission dans ce pays.Et des sources aux Nations unies et au ministère de la Défense, qui ne sont pas autorisées à en parler publiquement, soutiennent qu\u2019un accord est presque conclu sur le déploiement de l\u2019avion de transport, qui devrait acheminer des vivres et des troupes en Afrique ; on espère que ces vols débuteront dès le mois prochain.FORCES ARMÉES L\u2019ONU attend encore ses 200 Casques bleus canadiens Mais le Canada n\u2019a pas encore inscrit la force de réaction rapide dans la base de données des Nations unies sur les engagements en matière de maintien de la paix, ce qui constitue habituellement la prochaine étape prise par les pays après s\u2019être engagés auprès de l\u2019ONU.On comprend que ce contingent canadien n\u2019a pas encore été officiellement offert aux Nations unies, qui réclament de telles forces pour réagir rapidement aux urgences telles qu\u2019une attaque contre des Casques bleus ou des civils.La force de réaction rapide du Canada a été « prévue comme la dernière d\u2019une série d\u2019engagements qui seront tenus consécutivement », a expliqué mardi dans un courriel le porte-parole du ministère de la Défense, Daniel Le Bou- thillier.L\u2019armée se concentre sur sa mission d\u2019hélicoptères au Mali, a-t-il ajouté, et la force de réaction rapide sera mise à disposition « en temps opportun ».L\u2019ironie de la chose Pourtant, en mai, l\u2019ONU indiquait que ces forces de réaction rapide constituaient l\u2019une des nombreuses exigences « primordiales » pour les missions de maintien de la paix dans le monde, afin de protéger les civils et faciliter la distribution de l\u2019aide humanitaire.Ces unités ont été déployées ces dernières années en République démocratique du Congo et en République centrafricaine, où elles ont dû affronter différents groupes armés alors que l\u2019ONU cherchait à assurer la sécurité et la stabilité.Walter Dorn, expert en maintien de la paix au Collège des Forces canadiennes à Toronto, estime qu\u2019il est ironique de constater à quel point la force de réaction rapide est.lente à se matérialiser.Pour le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan, il s\u2019agit d\u2019une autre promesse libérale non tenue en matière de maintien de la paix.« Trudeau est arrivé au pouvoir en disant (au monde) : » Le Canada est de retour, « ce qui signifie en grande partie que nous allons revenir à l\u2019ONU de manière importante », a-t-il soutenu.« Mais ce ne sont que des promesses et des platitudes non tenues, plutôt que de véritables batailles sur le terrain au sein de missions de l\u2019ONU.» En ce qui concerne les promesses des conservateurs en matière de maintien de la paix, M.Bezan plaiderait pour une force de l\u2019ONU en Ukraine et un réexamen des engagements pris « et ceux que nous devrions prendre ».Alors que les libéraux fédéraux ont fait campagne en 2015 en promettant de renouveler de manière importante l\u2019engagement et le rôle du Canada dans le maintien de la paix, le professeur Dorn estime que ces promesses sont tombées à plat jusqu\u2019ici.« En pratique, la mission au Mali est notre seule participation majeure dans le maintien de la paix, en termes de déploiement de personnel en uniforme », a-t-il estimé.« Le Canada a beaucoup parlé.» L\u2019armée canadienne se concentre pour le moment sur sa mission d\u2019hélicoptères au Mali, a indiqué le porte-parole de la Défense.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le gouvernement se veut rassurant, à trois mois de l\u2019élection fédérale.À l\u2019heure actuelle, les agences de renseignement ne voient pas encore de menaces directes sur le scrutin.Mais elles admettent du même souffle que les pays adeptes de cyberinfluence ne se gêneront pas pour tenter d\u2019influer aussi sur la joute électorale canadienne.Ottawa dévoilait mardi la directive du cabinet qui encadrera le panel mis sur pied pour veiller au respect de l\u2019intégrité de l\u2019élection du mois d\u2019octobre.Celui-ci pourra avertir les Canadiens s\u2019il constate qu\u2019un incident important «compromet la capacité des Canadiens de participer à des élections libres et justes » ou que l\u2019incident «mine la crédibilité de l\u2019élection».Le gouvernement fédéral annonçait la création de ce panel en janvier dernier pour répondre aux tentatives d\u2019ingérence étrangère constatées lors de l\u2019élection présidentielle américaine de 2016 ou celle d\u2019Emmanuel Macron en France en 2017.« Soyons clairs ! Pour le moment nous n\u2019avons pas vu de menaces directes à l\u2019élection générale de 2019 », ont assuré des fonctionnaires fédéraux mardi, lors d\u2019une séance d\u2019information sur les préparatifs en vue du scrutin.Le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) ne se fait toutefois pas d\u2019illusions.« Nous nous attendons à ce que les acteurs étrangers intensifient leurs activités plus l\u2019élection approche, car c\u2019est l\u2019un de leurs outils de prédilection pour promouvoir leurs intérêts », a reconnu un autre fonctionnaire, sans toutefois nommer la Russie ou la Chine.Reste que ce sont certains des pays que les autorités canadiennes ont à l\u2019œil.« Lorsque le processus démocratique a été fragilisé dans certaines grandes démocraties, c\u2019était par une influence étrangère », a rappelé un autre représentant fédéral, pour expliquer que le panel chargé de surveiller le bon fonctionnement de l\u2019élection surveille d\u2019abord et avant tout l\u2019ingérence provenant de l\u2019étranger.Une tentative interne pourrait cependant aussi être dénoncée par panel, si elle pose une réelle menace au processus électoral.Cinq hauts fonctionnaires seront chargés d\u2019évaluer les risques de désinformation ou de perturbation électorale, et d\u2019avertir le premier ministre sortant, les partis politiques, Élections Canada et le public canadien s\u2019ils constatent des «circonstances exceptionnelles qui pourraient nuire à la capacité du Canada de tenir des élections libres et impartiales», stipule la directive du cabinet.« Le seuil pour avertir le public sera très élevé », ont assuré les fonctionnaires mardi, afin d\u2019éviter que le public ne soit alerté à de nombreuses reprises et que l\u2019équipe du gouvernement se retrouve à être celle qui perturbe l\u2019élection.« Le rôle du panel ne sera pas d\u2019arbitrer le débat politique.C\u2019est un dernier recours.» Les hauts fonctionnaires devront trancher au cas par cas, en fonction des menaces décelées pendant la campagne électorale que leur rapporteront les agences de renseignement canadiennes.Ce qui est tout à fait normal, selon Stephanie Carvin, professeure adjointe en sécurité nationale à l\u2019Université Carle- ton.«Il n\u2019y a pas de ligne rouge bien définie.Et ce sera le plus gros défi.» Si le groupe tire la sonnette d\u2019alarme trop rapidement, son avertissement ne sera pas jugé crédible.Mais s\u2019il attend trop longtemps, il risque d\u2019être trop tard et l\u2019influence aura déjà commencé à «per- coler» dans l\u2019électorat.Le greffier du Conseil privé, le conseiller du premier ministre pour la sécurité nationale, et les sous-minis- tres de la Justice, de la Sécurité publique et des Affaires étrangères décideront à l\u2019unanimité s\u2019ils alertent les Canadiens d\u2019une tentative d\u2019ingérence.S\u2019il n\u2019y a pas de consensus quant à la gravité d\u2019une menace, les Canadiens n\u2019en seront pas avertis.Si les hauts fonctionnaires jugent au contraire qu\u2019il faut aviser le public d\u2019une menace crédible, à large échelle et qui n\u2019a pas été démystifiée, personne \u2013 pas même le premier ministre \u2013 ne pourra les en empêcher.Le groupe surveillera toutes les tentatives de faire chanter un candidat, de pirater un parti politique ou de propager avec une intention malveillante de la désinformation comme des fausses vidéos.INGÉRENCE ÉTRANGÈRE Il faudra éviter de crier au loup à répétition L\u2019intégrité du processus électoral pourrait souffrir d\u2019un trop grand nombre de mises en garde Ce qui fait hurler Jah9 CONSCIENCE SUITE DE LA PAGE A 1 Son engagement public de plus de quatre décennies vous a-t-il marquée ?« Ben, je ne suis pas politiquement engagée\u2026 Les politiciens ne m\u2019intéressent pas, je n\u2019ai jamais appuyé M.Seaga, par ailleurs une figure majeure de notre histoire, l\u2019un des derniers dinosaures de notre politique », répond prudemment la musicienne.« De toute façon, je ne considère pas ces grands politiciens comme des héros, alors je ne suis probablement pas la meilleure personne pour parler de l\u2019impact de M.Seaga\u2026 » Bien entendu, Madame.Changeons alors de sujet.Comment va votre tournée ?« Que du positif ! » lance la musicienne, invitée dans les plus grands festivals reggae d\u2019Europe, où l\u2019intérêt pour le conscious reggae ne s\u2019est jamais Le Québec s\u2019est inspiré de ce qui se fait ailleurs AIRBNB SUITE DE LA PAGE A 1 des revenus indispensables », peut-on lire dans une lettre pouvant être envoyée en quelques clics.En juin, la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a annoncé une mise à jour du règlement encadrant les activités réalisées sur cette plateforme qui permet aux personnes parties en vacances ou disposant d\u2019une chambre libre d\u2019obtenir un revenu d\u2019appoint, mais qui dans les faits est dominée par quelques exploitants commerciaux qui évitent de se conformer aux règles de l\u2019hôtellerie.Pour louer leur résidence principale, les hébergeurs devront désormais obtenir un numéro d\u2019enregistrement et le mentionner dans leurs annonces en ligne.Aucune limite au nombre de jours de location par année n\u2019est fixée par la province, mais les municipalités peuvent imposer des règlements supplémentaires.Pour les résidences secondaires, l\u2019affaire se complique.Pour l\u2019État, il est difficile de faire la différence entre un loft acheté expressément pour faire fortune sur Airbnb et un chalet familial loué quelques jours par année.Québec a donc choisi la ligne dure : pour louer une résidence secondaire, il faudra une classification touristique et un panonceau étoilé près de la porte.L\u2019activité devient commerciale.Dans sa tentative de faire monter la pression populaire, Airbnb ne cible pourtant aucune des mesures du panier.Au Devoir, la société californienne précise ce qu\u2019elle reproche aux nouveaux règlements de Québec : « une interdiction de facto » de louer une ré- Aucune menace sérieuse n\u2019a encore été décelée, mais personne ne doute que des acteurs étrangers intensifieront leur action à l\u2019approche de l\u2019élection affaibli.Révélée en 2010 par la fiévreuse Keep On Holding On, Jah9 a lancé un premier album en 2013, suivi de 9 trois ans plus tard, cette fois sous l\u2019étiquette VP Recordings.Entre roots reggae et poésie dub, la musicienne flirte aussi occasionnellement avec les chansons plus dansantes, notamment grâce à une série de collaborations avec des noms établis de la scène dancehall tels que Pro- toje et Chronixx.Et avec un nouvel album presque terminé, réalisé par le grand Clive Hunt et prévu à l\u2019automne, 2019 s\u2019annonce déterminante dans la carrière de la musicienne invitée au mythique Sumfest \u2014 le plus important concert estival en Jamaïque, qui se tient du 14 au 20 juillet.Aurez-vous de nouvelles chansons à présenter à votre public québécois ?« Oui, mais attendez un instant », lance la musicienne en haussant légèrement le ton.« Laissez-moi vous répondre encore ceci : je ne vote pas aux élections en Jamaïque.Étant issue d\u2019une nation postcoloniale, j\u2019ai compris que les décisions que prennent les gens au pouvoir ne sont pas pour l\u2019intérêt supérieur de la population, mais plutôt pour les riches et ceux qui investissent en Jamaïque.Pendant des années et des années, les politiciens ont fait des profits en opprimant les Jamaï- cains, alors parler d\u2019un politicien décédé comme d\u2019un grand homme, d\u2019un roi, je trouve ça déplorable, une claque au visage des gens.» Indignation On a réveillé la lionne qui sommeillait.Jah9 est remontée \u2014 comme l\u2019est d\u2019ailleurs la moitié de la population de cette Jamaïque divisée entre deux allégeances politiques.Edward Seaga a marqué son époque, mais ses années au pouvoir ont laissé des cicatrices, alors qu\u2019on accuse son parti d\u2019avoir accepté l\u2019aide de la CIA pour tenter de défaire, en armant les gangs favorables au JLP, les « socialistes » de Manley et du PNP.«Je suis trop jeune pour avoir connu son règne, mais j\u2019ai été affectée par ses politiques, ayant grandi dans la campagne durant les années 1980.J\u2019ai connu cette détresse, j\u2019ai vu l\u2019effet délétère que ses décisions ont eu sur le tissu social de mon pays.» Pour la petite histoire, ce sont les gardes du corps de Seaga qui ont fomenté la tentative d\u2019assassinat de Bob Marley en 1976; à l\u2019image de la majorité des grandes stars reggae de l\u2019époque, Marley était identifié comme favorable aux idées du PNP.« Veuillez m\u2019excuser de m\u2019emporter comme ça », dit Jah9, devenue intarissable sur ces questions d\u2019inégalités, d\u2019injustice, de soumission au pouvoir.« C\u2019est un sujet délicat pour moi, tout ça.On finit toujours par mettre de côté une partie de l\u2019histoire lorsque des gens comme ça décèdent\u2026 Mais je vous assure que, dans mes nouvelles chansons, j\u2019ai essayé d\u2019être encore plus personnelle, plutôt que de dénoncer les injustices et de relever ce qui cloche dans le monde.J\u2019avais cette fois plutôt envie d\u2019inviter les gens à réfléchir, à bien écouter cette petite voix intérieure pour qu\u2019elle nous guide vers le meilleur de nous-mêmes.À prendre conscience que nous sommes le centre de notre univers et qu\u2019il ne tient qu\u2019à nous de trouver le bonheur.» Je vous assure que, dans mes nouvelles chansons, j\u2019ai essayé d\u2019être encore plus personnelle, plutôt que de dénoncer les injustices et de relever ce qui cloche dans le monde JAH9 » sidence secondaire.« La réglementation proposée ne prend pas en considération la réalité de plusieurs hôtes, comme, par exemple, les milliers de Québécois qui partagent leur chalet ou les étudiants qui utilisent la plateforme pour faire profiter d\u2019autres personnes de leur logement quand ils retournent à la maison pour l\u2019été », explique dans un courriel Alexandra Dagg, gestionnaire des politiques publiques chez Airbnb au Canada.S\u2019il est vrai que le règlement proposé début juin rendra la location d\u2019une résidence secondaire plus compliquée, est-il exact de prétendre qu\u2019il fera « reculer le Québec dans l\u2019économie numérique » tandis que « le reste du monde va de l\u2019avant » ?Ailleurs dans le monde Un peu partout dans le monde, l\u2019idée d\u2019un numéro d\u2019enregistrement semble devenir la nouvelle norme.Berlin, Vancouver, Barcelone, Paris, Bordeaux et San Francisco, parmi tant d\u2019autres, imposent cette exigence.Dans la plupart des cas, le numéro doit être indiqué sur l\u2019annonce en ligne.Dans plusieurs villes, il existe par ailleurs une limite au nombre de jours qu\u2019un logement peut être loué dans une année.À Londres, à Seattle, à San Francisco, les propriétaires ou les détenteurs de bail ne peuvent louer plus de 90 jours par année.À Amsterdam, c\u2019est 60 jours.À cet égard, ces réglementations sont plus sévères que celle proposée par la ministre Proulx.La question du statut de la résidence \u2014 principale ou secondaire \u2014 est également récurrente.À Berlin, par exemple, s\u2019il est possible de louer un domicile principal pour autant de jours qu\u2019on le désire, une limite annuelle de 90 jours est fixée pour les résidences secondaires.À Vancouver, la location à court terme (moins de 30 jours) d\u2019une résidence secondaire est prohibée.À San Francisco, il faut dormir au moins 275 nuits par année dans une résidence pour pouvoir l\u2019offrir sur le marché du court terme.Avec environ 50 000 entrées sur Airbnb, la ville de New York est l\u2019une des métropoles qui disposent des règles les plus strictes en la matière.Selon une loi de l\u2019État, il est interdit de pratiquer la location à court terme dans un immeuble de trois logements ou plus, à moins que l\u2019hébergeur réside également dans un logement pendant le séjour.Autrement dit, il est essentiellement interdit de louer un appartement entier \u2014 principal ou secondaire \u2014 à New York par Airbnb, mais il est possible d\u2019offrir une chambre.En pratique, les autorités ont cependant du mal à faire respecter cette loi.Contactée par Le Devoir, la ministre Proulx souligne justement dans une déclaration écrite que la modernisation réglementaire qu\u2019elle a concoctée « s\u2019inspire [\u2026] des meilleures pratiques ailleurs au Canada et à l\u2019international ».« Plusieurs villes dans le monde ont adopté des réglementations visant l\u2019encadrement de l\u2019hébergement colla- boratif, dont Paris, Amsterdam, San Francisco, Chicago et Vancouver », écrit-elle.David Wachsmuth, professeur à McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en gouvernance urbaine, constate lui aussi que ce que Québec a annoncé est tout à fait conforme à ce qu\u2019on voit dans d\u2019autres pays.« Au cours des cinq dernières années, on a vu une tendance claire dans le monde à autoriser la location à court terme seulement pour une résidence principale, dit-il.Avant, on parlait beaucoup plus de limites quant au nombre de jours qu\u2019on pouvait louer un logement par année.Mais cette approche ne fonctionne pas, car Airbnb ne partage pas ses données.Par contre, vérifier si une adresse correspond à la résidence principale d\u2019une personne, c\u2019est très facile pour Revenu Québec.» « L\u2019idée que ce qu\u2019on voit au Québec est radicalement différent de ce qu\u2019on voit ailleurs dans le monde ne passe tout simplement pas l\u2019épreuve des faits », critique-t-il.« L\u2019histoire entretenue par Airbnb, qui parle de gens qui louent une chambre pour boucler leurs fins de mois, c\u2019est assez trompeur », ajoute Pier-An- dré Bouchard St-Amant, professeur à l\u2019École nationale d\u2019administration publique.« À Montréal, le marché est surtout contrôlé par de gros joueurs qui en font une activité commerciale.» S e l o n u n e é t u d e m e n é e p a r M.Wachsmuth et publiée en juin dans le Canadian Journal of Urban Research, presque la moitié des revenus générés l\u2019an dernier sur Airbnb au Canada l\u2019ont été par des exploitants commerciaux qui gèrent plusieurs logements.Un peu partout dans le monde, l\u2019idée d\u2019un numéro d\u2019enregistrement semble devenir la nouvelle norme.ANATOLI IGOLKIN GETTY IMAGES LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 5 Diplomatie culturelle ARTISTES SUITE DE LA PAGE A 1 Une diplomatie à sens unique ?« Oui, il y a un réel enjeu en mobilité des artistes au Canada », confirme Frédéric Julien, de la CAPACOA.« Les nombreuses embûches administratives vont à contresens des efforts gouvernementaux faits en stratégie d\u2019exportation créative, en diplomatie culturelle et en tourisme.» Des exemples ?Simon Brault, directeur du Conseil des arts du Canada, a prôné maintes fois « une approche et une vision qui reposent sur la réciprocité des échanges à l\u2019international, le leadership partagé et une refondation de la diplomatie culturelle ».Récemment, le Sénat a dévoilé son rapport recommandant de mettre « la diplomatie culturelle à l\u2019avant-scène de la politique étrangère du Canada ».« Le gouvernement doit prendre acte de la situation et apporter des correctifs, dit M.Julien.Le dernier budget annonçait des sommes majeures pour accélérer et améliorer le traitement des visas.Il y a une vraie sensibilité et un désir de rectifier la situation.Mais avant qu\u2019on voie l\u2019effet sur le terrain, il va y avoir des spectacles annulés.» Le directeur de la recherche prévoit que des festivals tels Impact ou Prismatic, en Ontario, qui invitent des artistes du Moyen-Orient et de l\u2019Afrique, connaîtront des problèmes.« Si un organisateur de conférences est en difficulté lorsqu\u2019un conférencier ne se présente pas, quand il manque un comédien dans une pièce, c\u2019est souvent l\u2019annulation pure et simple », ajoute-t-il.Une option que le FTA a dû envisager lors de sa dernière édition pour deux de ses spectacles, Kalakuta Républik et Savusun, de Sorour Darabi.« Ç\u2019aurait entraîné des pertes d\u2019au moins 100 000 $ », évalue le directeur général David Lavoie.« Ça nous était déjà arrivé qu\u2019à deux semaines du festival on ait une inquiétude à propos d\u2019un artiste ou des délais de traitement, mais je ne me souviens pas d\u2019avoir encaissé des premiers et deuxièmes refus de demandes de visa», précise-t-il.« Et cette année, on a eu des refus, des refus, des refus et des refus », illus- tre-t-il, en partageant les dossiers complets avec Le Devoir (voir autre texte).Deux des artisans de Kalakuta Répu- blik, de Serge Aimé Coulibaly, n\u2019ont jamais eu leur passeport à temps ; une danseuse, indispensable à la représentation, a récupéré le sien une petite quinzaine d\u2019heures avant la première, lui laissant tout juste le temps de sauter dans un avion pour danser lors de la première.Un tampon particulier ?« Il devrait y avoir un statut spécial pour les artistes professionnels permettant d\u2019accélérer l\u2019octroi de visas, estime le directeur de Nuits d\u2019Afrique.Ça fait deux ans de suite que j\u2019ai des rushs de fou à cause de ça, que je déploie énormément de temps et d\u2019énergie pour des démarches administratives qui devraient être normales, aisées.» David Lavoie renchérit : « Visiblement, le gouvernement canadien a de la difficulté à considérer le statut de l\u2019artiste, et de l\u2019artiste qui voyage.Il y a des questions de situation financière insatisfaisante qui reviennent souvent : ces artistes-là ne sont pas riches.» Au FTA, sur quatorze demandes faites par les artistes de la programmation, sept ont été problématiques, nécessitant des suivis administratifs, politiques et diplomatiques intenses.Son directeur aimerait aussi proposer au gouvernement l\u2019idée d\u2019une reconnaissance spécifique, semblable au « passeport talent » des Français, qui reconnaîtrait les artistes professionnels et faciliterait leurs démarches.Frédéric Julien croit de son côté que, si cette discussion est intéressante, l\u2019idée est inapplicable.« Si c\u2019est si compliqué d\u2019obtenir un visa, surtout quand on fait affaire avec des bureaux un peu partout dans le monde, loin des administrations canadiennes, imaginez pour reconnaître un statut particulier sur le passeport d\u2019un artiste étranger\u2026 » CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Le Festival TransAmériques a partagé ses dossiers avec Le Devoir pour illustrer les difficultés d\u2019obtention des visas des artistes venus jouer au Canada lors de sa dernière édition.Sorour Darabi, interprète et créateur de Savusun.Français d\u2019origine iranienne en finalisation de changement de sexe, M.Darabi jouait au Kunsten de Bruxelles tout de suite après Montréal, enchaînant ensuite les engagements à Vienne, Lisbonne, Gand ou Prague jusqu\u2019en octobre.Son dossier comprenait ces invitations, une attestation d\u2019embauche comme chorégraphe aux Météores, des bulletins de paie.Son visa a été refusé le 1er avril puis le 7 mai, car l\u2019ambassade n\u2019était pas convaincue que l\u2019artiste quitterait le Canada « compte tenu de la raison de la visite », « compte tenu des perspectives d\u2019emploi limitées dans votre pays», et « compte tenu de vos biens mobiliers et de votre situation financière ».La demande a été approuvée le 15 mai; la première du spectacle étant le 24, le FTA a dû penser à l\u2019annulation.Antonia Naouele, danseuse pour Kalakuta Républik.Après l\u2019acceptation du visa le 1er avril, passeport et dossier ont été déposés au bureau de Yaoundé, au Cameroun, le 16 avril, pour l\u2019impression dudit visa.Plus de nouvelles.« Les documents n\u2019avaient pas été envoyés au bon endroit » par l\u2019administration, démontre, courriel à l\u2019appui, David Lavoie, directeur général du FTA.«Il a fallu le retrouver, le faire envoyer à Dakar pour qu\u2019eux le retournent à Yaoundé où Antonia l\u2019attendait.» Le FTA a reporté son billet d\u2019avion trois fois avant de le perdre, a racheté un billet en classe affaires stand-by pour 6983 $.À l\u2019inauguration du FTA, le 21 mai, l\u2019équipe ne sait pas si elle devra annuler le lendemain les trois représentations.Mme Naouele a pu ramasser son passeport le 22 mai à 14 h, DIPLOMATIE Raisons multiples, refus multiples Les problèmes de visa ont causé des pertes de 12 000 $ à 15 000 $ pour un seul spectacle au FTA, selon son directeur se rendre à l\u2019aéroport trois heures plus tard pour un vol à 19 h 45.« Elle est arrivée le 23 mai à midi, s\u2019est reposée trois heures puis est entrée en salle.» Jean-Robert Koudogbo, danseur, et Hermann Coulibaly, éclairagiste pour Kalakuta Républik.Après de premiers refus les 18 et 25 avril, les artisans redéposent les dossiers, acceptés, mais le délai est très serré.« On s\u2019est fait dire que les visas se feraient imprimer à Ouagadougou, alors que c\u2019était à Dakar : ce transport a fait qu\u2019ils ne pouvaient venir faire le show.» Le dossier s\u2019est réglé seulement le lundi suivant le spectacle, le 27 mai, quand ils ont récupéré leurs passeports pour rejoindre à Londres le spectacle, qui débutait là le 30 mai.« On a cru un moment qu\u2019ils rateraient aussi le show de Londres à cause du Canada.» Seulement pour Kalakuta Républik, les problèmes de visas ont engendré de 12 000 $ à 15 000 $ de pertes pour le FTA « à force de report des billets d\u2019avion, de surcoût, de pertes de billets.Et les spectateurs de Montréal n\u2019ont pu voir le show dans son intégrité.Il manquait un danseur » et des problèmes techniques aux vidéos ont miné la première.Diana Osumy Sainz, interprète de Granma.Trombones de La Havane.Cubaine, elle dépose son dossier en janvier, un délai serré qui respecte les délais prévus de 26 jours ouvrables.Le 8 mai, l\u2019ambassade du Canada à Cuba ferme.« Il nous a fallu du temps pour retrouver son dossier, qui a connu \u201cun problème de traçabilité et de suivi du traitement du visa\u201d, et qui était rendu à Mexico.Comme elle avait un visa mexicain pour une résidence faite plus tôt dans l\u2019année, elle y est allée 48 heures faire tamponner son visa.C\u2019était impossible par messager, elle n\u2019aurait pu arriver à temps à Montréal.Les frais imprévus de 1500 $ ont été partagés avec Carrefour Théâtre à Québec, qui présentait aussi le spectacle », mentionne M.Lavoie.Steven Cohen, interprète et créateur de Put Your Heart Under Your Feet\u2026 And Walk! S\u2019il n\u2019a pas connu de problèmes, M.Cohen a trouvé insupportable la lourdeur du processus.On lui a demandé «d\u2019expliquer 10 ans de déplacements et de voyages, les détails sur la naissance de ses parents, trois mois de relevés bancaires, la preuve de sa propriété en France, ses informations bio- métriques».Vivant en France, d\u2019origine sud-africaine, il a dû faire deux voyages à Paris pour collecter ses données biomé- triques puis collecter son visa, à ses frais.En 2017, le Canada a refusé l\u2019entrée au pays à près de 600 000 demandeurs de visa désirant passer un court séjour au pays, un nombre qui a plus que doublé depuis 2012, selon les données qu\u2019a collectées le quotidien The Globe and Mail en 2018*.Le Globe a calculé que les citoyens d\u2019Afrique et du Moyen- Orient essuient la majorité des refus.« Dans les deux dernières années, le Canada a rejeté 75 % des demandes de visa de visiteurs venant de pays tels le Yémen, la Somalie, la Syrie et l\u2019Afghanistan », écrivaient alors Geoffroy York et Michelle Zilio.« Nos exigences en visas et en données biométriques sont des décisions que le Canada ne prend pas seul », rappelle Frédéric Julien, directeur de la recherche et du développement à l\u2019Association canadienne des organismes artistiques.« Comme la frontière canadienne est plus perméable avec les États-Unis qu\u2019avec d\u2019autres pays, pour faciliter la circulation, on aligne nos politiques de sécurité avec les leurs \u2014 aussi du fait qu\u2019on est de grands partenaires.Les visas, normalement, on devrait avoir plus de facilité et d\u2019autonomie à les délivrer, mais la diplomatie est impliquée.» Hausse importante des refus de visas Le silence des sous-traitants L\u2019Association canadienne des organismes artistiques ainsi que les festivals TransAmériques et Nuits d\u2019Afrique ont nommé d\u2019eux-mêmes la sous-traitance des traitements des dossiers comme un problème.« Avant, les missions canadiennes s\u2019en occupaient.On pouvait faire un suivi direct.Maintenant, même notre député a eu du mal à faire ajouter des notes au dossier », indique David Lavoie, directeur général du FTA.Désormais, des centres de réception des demandes de visa (CRDV) gérés par des entreprises privées ou des organismes internationaux offrent « des services de soutien administratif et de collecte de données biométriques aux demandeurs de visa en vertu d\u2019une entente officielle » conclue avec le Canada, explique Immigration Canada.Ces centres ont commencé à fonctionner en 2000, au moment où les organismes artistiques ont vu une différence dans la qualité du suivi.« Il est à noter que les CRDV ne jouent aucun rôle dans le processus décisionnel et qu\u2019il leur est explicitement interdit de donner des conseils en matière de visa », précise Rémi Larivière, des relations avec les médias d\u2019Immigration Canada.Sorour Darabi, interprète et créateur de Savusun ANDRE LE CORRE Ça nous était déjà arrivé qu\u2019à deux semaines du festival on ait une inquiétude à propos d\u2019un artiste ou des délais de traitement, mais je ne me souviens pas d\u2019avoir encaissé des premiers et deuxièmes refus de demandes de visa DAVID LAVOIE » LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin uand il est question de langue de travail dans la fonction publique fédérale, le droit des employés unilingues anglophones à Toronto supplante le droit des employés francophones bilingues à Montréal de travailler en français.C\u2019est ce qui découle de la décision déconcertante rendue la semaine dernière par le juge Peter B.Annis de la Cour fédérale qui a débouté André Dionne, un fonctionnaire du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) à Montréal.Le fonctionnaire se plaignait que l\u2019anglais lui était imposé comme langue de travail la très grande majorité du temps du fait de ses échanges quotidiens avec des employés unilingues du bureau de Toronto, des spécialistes en matière de supervision d\u2019institutions financières.Le généraliste poursuivait le BSIF, mais aussi le Commissariat aux langues officielles qui, dans un rapport d\u2019enquête à la suite d\u2019une plainte qu\u2019il avait déposée, lui avait donné partiellement raison mais dont les recommandations, selon M.Dionne, n\u2019allaient pas assez loin.Le juge Annis lui a donné tort sur toute la ligne, ainsi qu\u2019au Commissariat.Le demandeur s\u2019appuyait sur la partie V de la Loi sur les langues officielles qui énonce que les institutions fédérales doivent veiller, dans les régions désignées comme bilingues, à ce que le « milieu de travail soit propice à l\u2019usage effectif des deux langues officielles [permettant] à leur personnel d\u2019utiliser l\u2019une ou l\u2019autre ».La grande région de Montréal est désignée comme bilingue tandis que l\u2019Ontario, à l\u2019exception de la capitale nationale et de certaines municipalités de l\u2019est et du nord de la province, est unilingue anglaise.Véritable travail de moine, minutieux exercice de pinailleur, la décision du juge Annis, rédigée dans une langue indigeste que Gaston Miron aurait qualifiée de « traduidu » \u2014 le français est la langue seconde du magistrat \u2014 , s\u2019étend sur 238 interminables pages.Elle consiste principalement en une « analyse terminologique », selon les termes du juge, des versions anglaise et française de deux alinéas de l\u2019article 36 de la Loi sur les langues officielles.Surtout, le juge s\u2019est employé à démolir les interprétations avancées dans une autre décision de la Cour fédérale, celle du juge Denis Gascon dans l\u2019affaire Tailleur, qui a servi d\u2019appui au rapport du Commissaire aux langues officielles.Le juge Annis est d\u2019avis qu\u2019il revient aux employés anglophones de Toronto, une région unilingue, de choisir la langue que les employés de la région bilingue de Montréal doivent utiliser avec eux.« Il est présumé que le législateur a conçu des régions bilingues et unilingues basées sur la capacité des employés des régions bilingues de communiquer dans la langue de la région unilingue », écrit-il.Ce qu\u2019il appelle la « dotation collatérale bilingue », c\u2019est-à-dire le fait que le BSIF puisse pourvoir le bureau de Toronto de quelques employés francophones afin de renforcer le français comme langue de travail à Montréal \u2014 c\u2019était le compromis proposé par le Commissaire \u2014, contrevient à l\u2019article 91 de la Loi sur les langues officielles, tranche-t-il.Dans l\u2019affaire Tailleur, le juge Gascon estime qu\u2019une institution fédérale doit invoquer des exigences opérationnelles sérieuses et importantes pour obliger un employé bilingue à travailler en anglais avec un confrère unilingue anglophone.Le juge Annis s\u2019inscrit en faux : les employés bilingues peuvent être obligés de travailler en anglais en l\u2019absence de ces exigences impérieuses.De toute façon, « les Canadiens bilingues sont déjà avantagés dans les régions bilingues par l\u2019application du principe du mérite » dans leurs carrières au sein de l\u2019administration fédérale, estime le juge, sans parler de la prime au bilinguisme qu\u2019ils touchent.La réalité, c\u2019est que souvent, dans les régions bilingues, « la langue de travail est l\u2019anglais même avec des collègues bilingues [dont la langue première est l\u2019anglais] parce que les francophones ont généralement une plus grande facilité en anglais que les anglophones en français », admet pourtant le juge, qui reconnaît « le lourd fardeau supplémentaire » que doivent porter les employés bilingues.« Le francophone bilingue tient constamment compte des besoins des anglophones », concède le magistrat.Pour alléger ce fardeau, le logiciel Google Translate peut servir, écrit-il le plus sérieusement du monde.À notre avis, cette décision du juge Annis est éminemment contestable, d\u2019autant plus qu\u2019elle attaque une autre décision de la même cour.Espérons que le fonctionnaire portera sa cause en appel.En matière de langue de travail, l\u2019« égalité de statut et l\u2019égalité de droits et privilèges quant à leur usage dans les institutions fédérales », l\u2019objet même de la loi, sont loin d\u2019être atteintes.C\u2019est ce que démontre, de façon frappante et peut-être involontaire, le juge Annis.Honorable Serge Joyal Fiduciaire émérite du CCA Phyllis Lambert Présidente fondatrice, Centre canadien d\u2019architecture Lettre envoyée à Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme.Permettez-nous de nous adresser à vous à double titre, d\u2019abord comme ministre du Patrimoine canadien, responsable selon votre lettre de mandat de promouvoir « les histoires du Canada, façonnées par notre immense et riche diversité, [qui] devraient être célébrées par et partagées avec les Canadiens et le reste du monde », et ensuite comme ministre responsable de la Capitale nationale au Parlement, de la commission sensible aux symboles nationaux, aux commémorations historiques et en particulier aux événements d\u2019importance nationale qui se déroulent sur la colline parlementaire.Ce qui nous préoccupe profondément, c\u2019est que l\u2019on est en train de saccager l\u2019intégrité de l\u2019architecture originale du Château Laurier et que vous-même et la Commission avez déclaré forfait et vous en lavez les mains, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une banale histoire d\u2019arrière-cour.Peut-être qu\u2019un rappel historique pourrait éclairer le temps présent et nous faire réfléchir sur notre incapacité collective à prévenir la disparition de ce qui nous identifie et surtout nous inspirer des initiatives à entreprendre en puisant dans les leçons que nous enseigne un passé pas si lointain.En 1966, le ministère des Travaux publics dirigé à l\u2019époque par George McIlraith avait approuvé la démolition de la Gare Union (où siège maintenant le Sénat) pour, nous vous le donnons en mille, faire de la place pour un stationnement public ! La raison avancée apparaissait bien convaincante aux yeux du gouvernement : il devait y avoir une telle affluence de visiteurs à Ottawa, pour célébrer le centenaire de 1867, qu\u2019il apparaissait impérieux de dégager le centre de la ville pour faire place aux voitures des touristes, histoire de leur faciliter l\u2019accès à la capitale.C\u2019est un groupe de citoyens, réunis sous la bannière de l\u2019ancêtre d\u2019Héritage Ottawa qui, au prix de manifestations, de pétitions, de pressions, de lettres ouvertes dans les journaux, de suppliques aux parlementaires, finirent par convaincre le ministre McIlraith de reculer.Ce qui a fini par influencer la décision du gouvernement, c\u2019est que la Gare Union et le Château Laurier formaient un ensemble inséparable, promu à l\u2019origine personnellement par le premier ministre Sir Wilfried Laurier.Tous deux conçus par les mêmes architectes de Montréal, la firme Ross & Mac- Farlane, pour donner à Ottawa l\u2019al- Le crucifix n\u2019est plus Le crucifix a été retiré du Salon bleu du Parlement québécois.Voilà une bonne chose de faite.Mais n\u2019en restons pas là ! Le crucifix à l\u2019Assemblée nationale, c\u2019est beaucoup, mais c\u2019est encore peu en regard des nombreux hommages religieux qui trônent au milieu de nos vies.Ils sont sur des écoles, des rues, des montagnes, des rivières, des lacs, des villages, sur le fleuve et dans les prénoms.Ils persistent dans les devises et les chartes au fond monarchique dépassé nées avec les empires façonnant les murs et les plafonds des administrations publiques et de leurs réserves.Ce sont donc des milliers de mots, de noms, de liens et de sens qui sont à trouver, à retrouver, à rêver, à faire naître et apparaître, à imaginer, à dégager, à réaffirmer, à choisir, à faire résonner et à user.Poètes! Au verbe, au pré et au papier, il est vaste, ce pays de lieux à nommer.Le trésor de «la» langue ouvert, que la parole lui soit donnée\u2026 Mathieu Parent Montréal, le 9 juillet 2019 LIBRE OPINION LETTRES ADMINISTRATION FÉDÉRALE Le français bafoué Q ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu lure d\u2019une véritable capitale d\u2019un pays ancré, et oui, dans la grande histoire de l\u2019humanité.La gare devait être de style architectural classique/beaux-arts, alors que le château devait s\u2019inspirer du style médiéval/renaissance.Visionnaire ou utilitaire?Nous vous rappelons ces faits parce que la décision à laquelle vous faites face vous inscrira dans l\u2019histoire et marquera votre mandat à la tête de ce ministère : serez-vous visionnaire comme Laurier, en son temps, ou platement utilitaire comme l\u2019était au début le ministère de McIlraith en 1966, lui aussi responsable à cette époque de la Commission de la capitale nationale, laquelle s\u2019était benoîtement rangée devant l\u2019argutie administrative du ministère, tout comme la commission actuelle et son président devant ce projet bâclé ?En fait, comment voulez-vous faire l\u2019histoire ?C\u2019est ce à quoi vous êtes confronté : soit vous réfugier derrière le paravent de « ce n\u2019est pas moi, c\u2019est l\u2019autre \u2014 ce n\u2019est pas nous, c\u2019est le secteur privé », soit vous prenez le leadership de faire valoir avec toute l\u2019autorité morale et politique que votre titre vous confère de démontrer aux yeux de tous les Canadiennes et Canadiens que le cœur de la colline parlementaire n\u2019est pas un centre d\u2019achat qu\u2019on peut agrandir à volonté, mais qu\u2019il représente une valeur symbolique à laquelle les Canadiennes et Canadiens d\u2019un océan à l\u2019autre tiennent pardessus tout.Vous nous représentez tous à cet instant de notre vie nationale.Per- mettez-nous d\u2019espérer que vous ne nous renverrez pas une image d\u2019impuissance, mais plutôt celle d\u2019un leadership visionnaire, comme les plus distingués de vos prédécesseurs : demandez à rencontrer les membres de la famille Lalji ; expliquez-leur qu\u2019eux aussi partagent une responsabilité collective en étant propriétaires du château, un édifice historique, et que ce que nous cherchons, ce n\u2019est pas de les empêcher de s\u2019enrichir en agrandissant l\u2019hôtel, mais de le faire en respectant ce que nous avons été et ce que nous sommes.Des experts désintéressés sont disponibles pour les conseiller utilement.C\u2019est le geste de leadership que nous attendons de votre part.Il faut protéger le Château Laurier ROBERT DUTRISAC Pas un mot au sujet de l\u2019« After-FEQ » Non mais, il ne faut surtout pas se mettre à critiquer l\u2019appellation de la nouvelle activité du Festival d\u2019été de Québec, soit l\u2019After-FEQ.Premièrement, ça sonne si bien, n\u2019est- ce pas?De quoi rendre jaloux nos cousins français avec leur manie d\u2019angliciser tout ce qui bouge.Et puis, si on avait choisi « l\u2019Après-FEQ », ça aurait fait moins sexy, non ?Anyway, la programmation musicale du FEQ n\u2019est-elle pas majoritairement anglophone ?Voilà sans doute des éléments de réflexions de la direction du festival qui a opté pour le mot anglais after.Qui sait si, grâce au FEQ, ledit word ne se retrouvera pas dans un proche avenir dans le Larousse à titre de nouveau mot d\u2019adoption comme l\u2019est devenu le mot stop.After tout, il faut être de son temps.Not true ?Alors, pourquoi me mettrais-je à vilipender cet After-FEQ dudit festival qui se déroule dans notre vieille capitale française d\u2019Amérique et dont le slogan est de surcroît l\u2019accent d\u2019Amérique?Je ne serais certes pas dans la game en critiquant cet impair fait à notre langue.Alors je me garde une petite gêne.J\u2019attendrai plutôt le jour où l\u2019événement se nommera « The Summer Festival of Québec ».On pourra alors dire que le FEQ aura cessé de niaiser avec la puck et que son virage anglophone, amorcé depuis plusieurs années, sera définitivement closed.Yvan Giguère Saguenay, le 9 juillet 2019 La solidarité mitigée de Legault Le premier ministre de l\u2019Alberta, Jason Kenney, lors du traditionnel Stampede de Calgary, a profité de l\u2019événement pour inviter ses homologues conservateurs à créer un front commun visant à manifester leur désaccord sur la taxe carbone imposée par le gouvernement Trudeau en prévision de la dernière rencontre des premiers ministres avant le scrutin fédéral d\u2019octobre 2019.De son côté, lors d\u2019un point de presse, François Legault a tenu à préciser sa position à ce sujet en déclarant qu\u2019il appuyait l\u2019autonomie des provinces en ce qui concerne la taxe carbone imposée par Ottawa, en ajoutant toutefois son approbation à une façon obligatoire de taxer les polluants, laissant ainsi aux provinces le choix du moyen pour arriver à ces fins.En agissant de la sorte, François Legault remet sur la carte politique sa prédilection pour l\u2019autonomie des compétences provinciales, tout en se montrant solidaire du fédéral sur le devoir des provinces de contribuer aux moyens de pallier les effets polluants des gaz à effets de serre\u2026 Une solidarité que l\u2019on peut qualifier de mitigée eu égard à celle des gouvernements provinciaux conservateurs.Henri Marineau Québec, le 9 juillet 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Patrick White Journaliste indépendant Montréal* Je rentre tout juste de la 9e édition de la Cyber Week de Tel-Aviv, une conférence mondiale sur la cybersécurité qui a réuni 8000 participants, et force est de constater qu\u2019Israël est à l\u2019avant- garde dans le secteur des cyberat- taques de toutes sortes.Je ne suis pas sûr que l\u2019attaque contre le Mouvement Desjardins au Québec aurait pu avoir lieu en Israël, compte tenu de l\u2019écosystème unique créé depuis 2002 pour soutenir ce secteur en émergence de l\u2019économie du pays.Israël est deux fois plus petit que la Suisse mais compte neuf millions d\u2019habitants, soit une population légèrement supérieure à celle du Québec.Le secteur de la haute technologie y représente 8,4 % des emplois, 12 % du produit intérieur brut annuel et 43 % des exportations.De fait, les exportations d\u2019Israël en cybersécurité se sont élevées à 6 milliards $US en 2017.À elle seule, l\u2019Israel Innovation Authority injecte plus de 500 millions $US chaque année dans les start-up du pays.Au total, ce sont près de 940 millions qui ont été investis dans le domaine de la cybersécurité au pays en 2018, surtout par les grandes multinationales qui y ont établi des centres de recherche.Les 752 entreprises de cybersécurité recensées en Israël à la fin de 2018 (y compris les 367 firmes créées entre 2013 et 2018) ont pu compter sur un financement de 3,9 milliards.On parle de 20 500 employés dans ce secteur, dont la moitié sont des start-up privées.Investissement massif Israël mise sur la recherche et développement (R&D) et y consacre près de 4,3% de son PIB annuel, soit le double de la moyenne des pays membres de l\u2019OCDE (2,4%).Le Canada y fait piètre figure avec un maigre 1,6%.C\u2019est grâce à la R&D qu\u2019Israël a donné naissance aux Waze, ICQ et Sodastream de ce monde.Israël a une approche capitaliste dans ce domaine.L\u2019idée est assez simple : 95% des start-up connaissent un échec, mais le droit à l\u2019échec est l\u2019un des fondements de l\u2019écosystème du pays.Quelque 10 % des projets financés par l\u2019Israel Innovation Authority sont dans le domaine de la cybersécurité.Plusieurs des projets sont risqués, et une partie du capital de risque privé provient des États-Unis ou d\u2019acteurs importants, tels que la Jerusalem Venture Partners.Juste pour 2018, la valeur boursière des entreprises qui ont quitté le secteur privé ou qui ont fusionné a atteint 12,6 milliards $US en Israël.Cet écosystème repose également sur Israël en avance, le Canada en retard le service militaire obligatoire.Durant un minimum de trois ans, un certain nombre de jeunes de 21 à 24 ans sont intégrés à des unités de recherche en défense et en cybersécurité, comme celle de l\u2019Unité 8200.À leur sortie de l\u2019armée, une partie de ces gens créent des start- up privées en cybersécurité avec l\u2019aide des sociétés d\u2019État du pays.C\u2019est ce qui a donné naissance au fil des années à des entreprises florissantes et cotées en Bourse, comme Check Point Software Technologies et Cyber Ark.D\u2019ailleurs, Israël consacre 5 % de son budget annuel à la défense en raison des menaces régionales que constituent l\u2019Iran, l\u2019Arabie saoudite et la Syrie, par exemple.Quand on parle de cybersécurité en Israël, on parle de cyberattaques contre les infrastructures du pays (y compris les centrales électriques et nucléaires, les trains et les avions), les sites Web, les médias sociaux, les applications, les courriels, les objets connectés, l\u2019intelligence artificielle et la population en général.Les menaces sont de toutes sortes et vont des fausses nouvelles à la pédophilie en ligne.Dans notre monde connecté, tout est désormais susceptible d\u2019être «hacké» en raison de l\u2019explosion des données.Le piratage est le nouveau champ de bataille moderne et, d\u2019ici 2023, il y aura 80 milliards d\u2019objets connectés dans le monde, qu\u2019il s\u2019agisse de réfrigérateurs, d\u2019assistants vocaux maison ou d\u2019autres gadgets.Le coût de toute cette cybercriminalité ?600 milliards $US, selon Lior Div, p.-d.g.de la firme israélienne Cybereason.Fait à noter, il y a une pénurie de main-d\u2019œuvre dans le domaine de la cybersécurité en Israël en raison de la forte croissance des start-up privées.Avis aux intéressés : Israël a besoin de 800 employés par an dans le secteur et peine à recruter tous les talents, selon le quotidien Haaretz.Une des structures de cette industrie est Cyber Israel : l\u2019Israeli National Cy- ber Directorate (INCD), dirigée par Yi- gal Unna, qui lui-même relève du bureau du premier ministre.Ça donne une idée de l\u2019importance que le pays accorde à la cybersécurité.Cette agence est située en plein désert, à Beer-Sheva, le centre nerveux du pays en matière de cybersécurité et de recherche avec un centre de commandement fonctionnant 24 heures sur 24 (le CERT Israel).Des dizaines de multinationales y sont installées, comme PricewaterhouseCoopers (PwC), Apple et McAfee.Centre de recherche À l\u2019Université de Tel-Aviv, un centre de recherche sur la cybersécurité compte plus de 250 chercheurs.Le Blavatnik Interdisciplinary Cyber Research Center est dirigé par une sommité, le professeur Isaac Ben Israel.Preuve que le milieu universitaire est fortement impliqué dans tout l\u2019écosystème du pays, aux côtés du gouvernement et du secteur privé.Durant la semaine, j\u2019ai pu observer les entreprises comme Cylus (sécurité ferroviaire), NsKnox (sécurité des fin- tech), Check Point (solutions de cyber- sécurité) et Checkmarx (sécurité des applications).J\u2019ai pu constater de visu le retard du Canada dans le secteur crucial de la cybersécurité, et j\u2019ose croire que des collaborations plus approfondies entre les deux pays vont amener le Canada à se réveiller.Il n\u2019est pas trop tard, car Israël a déjà établi des partenariats avec 80 pays.Mais la manne des objets connectés sera une véritable menace pour la sécurité dans les cinq prochaines années, selon les spécialistes consultés à Tel-Aviv et à Beer- Sheva.Le pire n\u2019est pas encore arrivé.Des attaques cinétiques sont possibles et pourraient détruire des banques de données complètes.« Nous sommes tous attaqués.La cy- bercriminalité est en hausse, conclut le p.-d.g.de Check Point, Gil Shwed.La plupart des menaces sont globales.» *Patrick White était l\u2019invité de la Cyber Week 2019 de Tel-Aviv.À quand des lois cohérentes pour prévenir le vol d\u2019identité ?Florence Meney Montréal Un jour l\u2019abeille a disparu.C\u2019est mon fils qui me l\u2019a signalé, et j\u2019aurais dû prêter attention.Quand les abeilles disparaissent, ce n\u2019est pas bon signe, ce n\u2019est pas anodin.Au sein du Mouvement, les conseillers, jadis stables, passaient, restant toujours moins longtemps.De clients reconnus et appelés par notre prénom, nous redevenions chaque fois des anonymes, au gré des années, et de leurs ristournes en peau de chagrin.Bon, c\u2019était devenu ni plus ni moins qu\u2019une banque ordinaire, pas de quoi en faire un drame.Et puis un jour, 3 millions d\u2019entre nous apprenaient qu\u2019un type qui, lui, a le droit de conserver son identité et même de la cacher au monde, a décidé de monnayer nos profils, ces numéros et adresses qui constituent nos esquisses administratives de la naissance à la mort.Je dis un type, mais je devrais préciser un employé de Desjardins, dont ce dernier nous rassure qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un gestionnaire.Quelle chance, dites donc ! Plusieurs clients de Desjardins (réels ou plantés, allez savoir) se sont dépêchés de saluer au détour des pages Facebook la transparence, l\u2019esprit d\u2019aide et la proactivité de Desjardins dans ce dossier, et laissez-moi dire que cela me fait bien rire.Tout comme les lignes de presse des dirigeants, dans lesquelles la panique transparaît de plus en plus clairement.Le strict minimum Dans les faits, dans le b.a.-ba de la gestion de crise, Desjardins en a fait le strict minimum, et en fait même moins que le nécessaire pour soutenir les clients qui ont quand même été victime d\u2019une forme de viol virtuel, et c\u2019est pour cela qu\u2019aujourd\u2019hui la grogne s\u2019amplifie et dégénère.Voyez plutôt : comme première mesure pour nous, petits veinards, une année de surveillance avec Equifax (dont le bilan en la matière est moins que reluisant et qui est devenu un contre-exemple dans les ateliers de gestion de crise), et bien sûr à chaque client le soin de se débrouiller tout seul pour obtenir le service : Madame, s\u2019il fallait que Desjardins inscrive 2,9 millions de personnes ! me répondait un employé envoyé au casse- pipe sur les réseaux sociaux pour répondre à la masse montante du mécontentement.Sous-texte : Madame, ne faites pas l\u2019enfant gâté ! Impossible d\u2019assister les masses, mais encaisser les frais de service pour tous ces gens-là, fastoche.Quelques heures plus tard, à reculons, Desjardins étendait à 5 ans la surveillance Equifax.Les clients pestent toujours et peinent à s\u2019inscrire.Ils ne sont pas servis en français.En fait, ils ne sont pas servis du tout, à moins de disposer de longues heures à attendre, et encore.Erreur 404.Je ne parle pas des gens qui n\u2019ont pas Internet, ou des plus vulnérables.Ceux-là, bonne chance ! Aujourd\u2019hui, on nous annonce finalement que les clients pourront obtenir l\u2019assistance d\u2019accès D pour s\u2019inscrire\u2026 eh ben! Aussi douloureux que d\u2019arracher une dent, ou une aile à une abeille\u2026 Dans mon livre à moi, en ne répondant pas immédiatement aux appels à l\u2019aide de ces clients qu\u2019il dit si précieux, Desjardins a failli à sa mission et a fait montre d\u2019un manque de capacité à gérer la crise.Aujourd\u2019hui encore, Desjardins devrait étendre la protection Equifax à vie aux clients et indemniser chacun par un montant forfaitaire.Ce qu\u2019il ne fera pas, bien sûr, à moins qu\u2019un recours collectif ne parvienne à l\u2019y obliger.Aujourd\u2019hui Desjardins aurait bien besoin de son abeille.Son buzz n\u2019est guère bon.Desjardins, la petite abeille disparaît\u2026 CYBERSÉCURITÉ Le 20 juin 2019, nous avons appris que les données personnelles de 2,7 millions de membres ont été piratées par un employé du Mouvement Desjardins.Ce déplorable incident nous fait comprendre la vulnérabilité des renseignements personnels que nous donnons à des institutions financières et banquières.Pour rassurer ses clients, Desjardins offre une souscription gratuite à Equi- fax pendant 5 ans.Cette mesure, très onéreuse pour l\u2019institution, ne résout pas le problème de vol d\u2019identité.Quelles mesures concrètes Desjardins mettra-t-il en place pour que cela ne se reproduise plus ?Des millions de personnes resteront sur leurs gardes toute leur vie et, une fois les cinq années écoulées, vont continuer à payer leur contribution à Equifax.Le 21 février 2019, l\u2019émission Market Place sur CBC présentait un reportage éclairant sur le vol d\u2019identité, ses conséquences néfastes dans la vie des personnes lésées, les moyens à prendre pour se protéger, ainsi que les services offerts par Equifax et Trans-Union.Ils ont aussi observé des changements récents aux États- Unis : en cas de vol d\u2019identité, les comptes touchés sont automatiquement bloqués afin d\u2019éviter les suites néfastes de ce méfait.Par la suite, Market Place a présenté un reportage sur le projet de loi 8 proposé en Ontario pour forcer les agences à offrir gratuitement le blocage de crédit.La législation a été approuvée, mais elle n\u2019a pas été adoptée avant la tenue des dernières élections.Le nouveau gouvernement a reculé.On a aussi dévoilé les résultats d\u2019une enquête à travers les provinces du pays sur cette mesure.Voici ce qu\u2019avait à dire sur cette question la Commission d\u2019accès à l\u2019information de Québec : « La Commission a fait quelques recommandations pendant les derniers 5 ans sur la protection de l\u2019information personnelle, mais pas sur le blocage gratuit du crédit par les agences.» L\u2019enjeu est crucial : il ne s\u2019agit pas seulement de la responsabilité d\u2019une institution financière, il est aussi le résultat d\u2019une faille législative, que n\u2019ont pas suivi les changements de technologies.Qu\u2019attendent les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral pour changer la législation actuelle, soulager les individus victimes d\u2019un vol d\u2019identité et éviter que de telles situations continuent de se produire ?Mesures dépassées De nouvelles mesures doivent être prises pour vérifier l\u2019identité des citoyens canadiens.À quand une vraie carte d\u2019identité avec photo et empreintes digitales ?On peut constater, quand on voyage, que certains pays prennent des photos, des empreintes digitales et utilisent la biométrie oculaire pour vérifier l\u2019identité des étrangers qui rentrent sur leur territoire.La plupart des pays ont une carte d\u2019identité avec photo et empreintes digitales.Le Canada et, par conséquent, le Québec sont loin derrière, en matière de vérification d\u2019identité : avec le numéro d\u2019assurance sociale et la date de naissance, on peut usurper l\u2019identité d\u2019un individu, vendre sa maison, contracter un emprunt, obtenir une carte de crédit, etc.Pour récupérer notre identité, il faut alors engager un avocat dont les services, à moins d\u2019avoir contracté une assurance, sont coûteux et attendre des années pour obtenir un résultat.Quand nos gouvernements, tant fédéral que provincial, vont-ils assumer leurs responsabilités en adoptant des lois pour protéger leurs citoyens ?Mercedes M.Bisaillon Baie-D\u2019Urfé De nouvelles mesures doivent être prises pour vérifier l\u2019identité des citoyens canadiens.À quand une vraie carte d\u2019identité avec photo et empreintes digitales ?Le piratage est le nouveau champ de bataille moderne et, d\u2019ici 2023, il y aura 80 milliards d\u2019objets connectés dans le monde.ISTOCK LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 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Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Animal méconnu, mais très prisé en Chine, l\u2019holothurie représente un nouveau potentiel économique pour la Gaspésie.Si l\u2019on en prend soin\u2026 RÉMY BOURDILLON Collaboration spéciale ÉCONOMIE La pêche aux concombres Souvent ridiculisée, l\u2019holothurie pourrait devenir le nouvel or gluant de la Gaspésie En 2017, des pêcheurs de Gaspé ont émis l\u2019hypothèse que celle-ci perturbait l\u2019habitat du homard.Si son étude n\u2019est pas encore publiée, M.Belley peut d\u2019ores et déjà apaiser ces craintes grâce aux photos et vidéos qu\u2019il a prises : « Sur des sites où la pêche a été arrêtée il y a 4 à 6 ans, il semble y avoir un rétablissement de l\u2019habitat et de toutes les communautés benthiques.» De nombreuses précautions sont toutefois déjà prises : en Gaspésie, la pêche ouvre à la mi-juillet et le dragage ne peut se faire que dans une bande située entre 32 et 42 m de profondeur.Les homards sont alors plus près de la côte, car ils cherchent des eaux plus chaudes en été afin de muer.Du côté des Malécites, on a remplacé l\u2019an dernier les patins sous les traîneaux utilisés pour la drague par des roues, qui endommagent moins le fond marin.Guy-Pascal Weiner assure que 80 à 90 % des prises accidentelles (où il voit très rarement des homards) sont renvoyées à l\u2019eau vivantes.« Cette année, on s\u2019est équipés d\u2019une caméra sous-marine pour filmer le passage de la drague.On va essayer différents positionnements, dans le but d\u2019estimer la mortalité causée par la pêche.» La pêche n\u2019a pas encore un statut commercial, mais en attendant, sur la côte, on se frotte les mains : la Poissonnerie Cloridorme, dans le village éponyme, récupère tout le concombre de mer de Gaspésie et est devenue partenaire d\u2019Arctica Food.Une cinquantaine de personnes travaillent à éviscérer et sécher l\u2019animal qui, autrefois, partait vers des usines des États-Unis.« Il y a des opportunités de développement de nouveaux produits du concombre de mer » dit laconiquement le gérant Patrick Denis sans vouloir préciser ses plans.Il a transformé ses séchoirs à morues et durant l\u2019été, il ne fait plus que de l\u2019holothurie.Premières Nations, Gaspésiens et Sino-Québécois : gluant, le concombre de mer est aussi un curieux liant entre les peuples.Les plongeurs descendent jusqu\u2019à 18 m de profondeur pour ramasser de 2500 à 5000 livres d\u2019holothuries par jour.GUY-PASCAL WEINER / RÉNALD BELLEY tienne Couture a un travail hors du commun : c\u2019est un pêcheur de concombres.En été, ce plongeur sous-marin passe quatre heures par jour au fond des eaux très froides de la rive nord en Gaspésie, où il remplit d\u2019énormes sacs de Cucu- maria frondosa, le concombre de mer que l\u2019on trouve dans l\u2019Atlantique Nord, un échinoderme comme l\u2019étoile de mer.«Du vrai de vrai travail physique, s\u2019exclame ce jeune trentenaire.Il y a parfois beaucoup de courant.» Les plongeurs, travailleurs autonomes payés au poids, vont jusqu\u2019à 18m de profondeur et ramassent de 2500 à 5000 livres d\u2019holothuries (un autre nom de l\u2019animal) par jour.Pour travailler plus longtemps et ne pas faire de paliers de décompression, ils respirent du nitrox, un air enrichi en oxygène.Une éventuelle défaillance de leur équipement représente leur pire cauchemar, tout comme ces nombreux cordages qui les relient au bateau : « On est quatre au fond de l\u2019eau, et ça nous arrive tout le temps de nous emmêler dans les cordes\u2026 » Depuis qu\u2019on a commencé à pêcher l\u2019holothurie au Québec en 2008, la majorité des prises se fait à la drague, c\u2019est- à-dire en tractant un traîneau au fond de l\u2019eau.2019 sera la troisième année où la plongée sous-marine, généralement utilisée pour les oursins, est testée pour le concombre.« La plongée est beaucoup plus coûteuse, avec une marge de profit réduite », assure Guy-Pascal Weiner, coordonnateur aux pêches commerciales de la Première Nation malécite de Viger, la seule à pratiquer cette technique (et pour qui Étienne Couture travaille).Depuis un jugement de 1999 leur reconnaissant un droit ancestral de pêche (l\u2019arrêt Marshall), les Autochtones de l\u2019Est-du-Québec ont obtenu bon nombre de permis, en particulier pour les espèces dites émergentes.L\u2019inconnu du fond des mers Accroché sur les roches du fond du golfe, le concombre de mer a longtemps mené une vie paisible loin des regards indiscrets : on ne sait même pas combien d\u2019années il vit.Les scientifiques de l\u2019Institut Maurice-Lamontagne (IML) de Pêches et Océans Canada à Mont- Joli ont seulement déterminé qu\u2019au Québec, il se reproduit en juin.Ce suspensivore capte le plancton et la matière en suspension à l\u2019aide de tentacules qu\u2019il porte ensuite à sa bouche.Du même embranchement (échino- dermes) que l\u2019étoile de mer, il n\u2019en a pas l\u2019esthétique, ressemblant plutôt à un ballon de rugby.Lorsqu\u2019il veut se déplacer, il se gonfle d\u2019eau pour se faire emporter par le courant.Tout le monde continuerait à se moquer de cet étrange animal s\u2019il ne s\u2019agissait d\u2019un mets très prisé en Chine, où il se vend de 200 à 400 $ la livre.Ce superaliment riche en oméga-3, également considéré comme un aphrodisiaque, est utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise.Un appétit qui a provoqué une ruée vers cette ressource à l\u2019échelle mondiale : dans les États insulaires du Pacifique Sud, les stocks se sont effondrés.Des cas de braconnage ont été signalés de la Nouvelle-Calédonie jusqu\u2019à Madagascar.Une compagnie de Brossard, Arc- tica Food, pense pouvoir accrocher un marché de 40 millions en exportant celui du Saint-Laurent, une espèce non épineuse et plutôt dodue.Il est vendu séché et entier : nerfs, muscles, peau, tout y est.« C\u2019est un produit qui ne laisse personne indifférent, explique la vice- présidente Lory Wang : on aime ou on n\u2019aime pas.Sa saveur est très légère, et il prend le goût des aliments avec lesquels on le cuisine.» Tout est dans la texture : « On passe du mou au croquant, avec même un petit cartilage, puis on retourne dans le mou.» Des craintes à dissiper Au Québec, la pêche a encore un statut exploratoire, mais la biomasse de concombre de mer est mal connue : les quotas sont calculés à la suite d\u2019une étude menée en 2005, plusieurs années avant les premières prises.Une expédition scientifique menée par le biologiste de l\u2019IML, Rénald Bel- ley, à l\u2019automne 2018, sur les rives de la Gaspésie, va enfin permettre de remédier à cette situation.Elle doit aussi trancher la question des répercussions de la drague sur le fond marin.É "]
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