Le devoir, 13 juillet 2019, Cahier B
[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 PERSPECTIVES Royaume-Uni : un ambassadeur sacrifié sur l\u2019autel d\u2019une guerre de pouvoir | B 5 MONDE Le secrétaire au Travail des États-Unis, Alexander Acosta, démissionne | B 7 IDÉES Le pari de Steven Guil- beault.Une chronique de Konrad Yakabuski.B 9 Le premier ministre François Legault a joint cette semaine sa voix à celles des provinces qui contestent l\u2019autorité fédérale en matière d\u2019environnement.S\u2019il a réaffirmé sa volonté de maintenir la tarification du carbone, il a soutenu qu\u2019il appartient aux provinces d\u2019en fixer les modalités, mais aussi d\u2019évaluer les projets industriels sur leur territoire.Or, si Ottawa se rendait aux arguments du Québec, le Canada risquerait d\u2019essuyer des reculs sur des enjeux environnementaux cruciaux.Réclamer plus de pouvoirs en environnement au détriment de l\u2019environnement ?Ottawa a un rôle majeur à jouer dans la protection de l\u2019environnement, estiment des experts Pour le premier ministre albertain, Jason Kenney, il est évident que le gouvernement fédéral dispose de tous les leviers décisionnels pour imposer un projet de pipeline aux provinces récalcitrantes, dont le Québec.La récente décision de la Cour d\u2019appel de Colombie-Britannique dans le dossier Trans Mountain semble d\u2019ailleurs lui donner raison.JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Dès mars 2014, au moment de présenter les détails de son projet Énergie Est, TransCanada avait été claire : la décision d\u2019autoriser ou non la construction de ce pipeline revenait uniquement au gouvernement fédéral.Et si la pétrolière acceptait de se soumettre à un examen environnemental mené par Québec, il n\u2019était pas question de produire une étude d\u2019impact selon les critères de la législation provinciale.Il aura fallu attendre jusqu\u2019en avril 2016 pour que TransCanada accepte, « dans un esprit d\u2019ouverture et de collaboration », de se conformer de façon « volontaire » aux différentes étapes de la procédure québécoise d\u2019évaluation, y compris la production d\u2019une étude d\u2019impact.Une procédure qui est finalement demeurée sans suite, en raison de l\u2019abandon du controversé projet pour des motifs essentiellement économiques.Que se passerait-il si une pétrolière présentait de nouveau un tel projet de pipeline ?Pour le premier ministre albertain, Jason Kenney, il est évident que le gouvernement fédéral dispose de tous les leviers décisionnels pour l\u2019imposer aux provinces récalcitrantes, dont le Québec.La récente décision de la Cour d\u2019appel de Colombie-Britannique dans le dossier Trans Mountain semble d\u2019ailleurs lui donner raison.François Legault reconnaît lui aussi qu\u2019un pipeline ou un gazoduc interpro- vincial relève de la « compétence fédérale », mais son cabinet a précisé cette semaine au Devoirque ce genre de projet doit être soumis « aux lois environnementales québécoises », et donc à la procédure qui mène à un examen du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement.En point de presse jeudi, à la fin du Conseil de la fédération, le chef caquiste est allé plus loin en affirmant que le Québec a « tous les pouvoirs, selon nous, pour accepter ou refuser un tel projet ».Dans l\u2019état actuel des choses, il est clair que « la décision finale » revient VOIR PAGE B 2 : ENVIRONNEMENT au gouvernement en place à Ottawa, rappelle cependant David Robitaille, professeur titulaire à la Faculté de droit de l\u2019Université d\u2019Ottawa.L\u2019intervention des autorités provinciales n\u2019en demeure pas moins pertinente, ajoute le spécialiste du droit constitutionnel.« En appliquant leurs processus environnementaux, les provinces peuvent imposer des mesures de gestion des risques aux promoteurs des projets, tant que celles-ci ne constituent pas une \u201centrave constitutionnelle\u201d et ne bloquent pas un projet.» Un projet, une évaluation M.Legault souhaiterait par ailleurs aller plus loin dans le contrôle des évaluations environnementales lorsque celles- ci portent sur des projets « de compétence québécoise ».Son cabinet estime que « seule la procédure d\u2019évaluation québécoise » devrait s\u2019appliquer, selon le principe «un projet, une évaluation».Même les projets portuaires, qui relèvent actuellement du fédéral, devraient être évalués de cette façon, a soutenu cette semaine le cabinet de M.Legault en réponse aux questions du Devoir.Le gouvernement y voit d\u2019abord une façon de faciliter la vie aux promoteurs qui doivent actuellement se soumettre à deux processus d\u2019évaluation.Selon ce qu\u2019a fait valoir cette semaine En appliquant leurs processus environnementaux, les provinces peuvent imposer des mesures de gestion des risques aux promoteurs des projets, tant que celles-ci ne constituent pas une \u201centrave constitutionnelle\u201d et ne bloquent pas un projet DAVID ROBITAILLE » ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Buegin, directeur général de la Commission de l\u2019écofiscalité du Canada, un groupe d\u2019économistes réputés qui s\u2019est donné pour mission de mieux faire connaître les outils à la disposition des gouvernements en matière d\u2019environnement.En fait, et contrairement à ailleurs dans le monde, la Bourse du carbone du Québec s\u2019applique même à une plus large proportion de son économie (environ 80 %) que, par exemple, la taxe carbone en Colombie-Britannique (environ 70 %).Si aucune étude n\u2019a encore été spécifiquement réalisée pour comparer l\u2019efficacité des à Saskatoon la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia Le- Bel, le fait d\u2019avoir un examen fédéral et un examen provincial « n\u2019a pas de plus-value pour la protection de l\u2019environnement, mais ça constitue très certainement un frein à notre économie et une entrave au développement de nos entreprises ».L\u2019avocate spécialisée dans les questions environnementales Karine Pé- loffy estime toutefois que ce serait une mauvaise idée d\u2019écarter le fédéral, puisque cela affaiblirait la protection de l\u2019environnement.« On est toujours plus forts lorsqu\u2019on a deux coffres à outils, dit-elle.Les deux gouvernements ont compétence sur les enjeux environnementaux et ils sont complémentaires, notamment lorsque vient le temps de traiter des enjeux autochtones, des questions climatiques ou des aspects liés à la protection des milieux humides ou marins.» Dans le cas des milieux marins, par exemple, l\u2019expertise est principalement détenue par les experts des ministères fédéraux.Mme Péloffy estime en outre que, dans certaines provinces où les procédures provinciales sont « inadéquates », l\u2019intervention du fédéral est nécessaire pour éviter des dommages environnementaux et assurer une meilleure protection des droits des citoyens.Même chose pour les espèces menacées, puisque le gouvernement fédéral est responsable de la mise en œuvre des mesures de protection pour plusieurs d\u2019entre elles, notamment en ce qui a trait à leur « habitat essentiel ».Taxe carbone Les intervenants consultés par Le Devoir jugent que le même constat prévaut dans le dossier de la taxe fédérale sur le carbone, même si François Le- gault estime qu\u2019il revient uniquement aux provinces de fixer les modalités de la tarification des émissions de gaz à effet de serre.« L\u2019urgence climatique est d\u2019intérêt national, d\u2019où le besoin d\u2019avoir une approche pancanadienne.Et la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario a confirmé la compétence du fédéral pour établir un standard minimal de tarification du carbone, tout en laissant aux provinces le pouvoir de mettre en œuvre leurs propres systèmes de tarification», fait valoir la di- LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 PERSPECTIVES B 2 ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR L\u2019expérience montre que les Bourses du carbone sont généralement moins efficaces que les taxes carbone tant comme source de revenus pour les gouvernements que pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.Le système québécois semble toutefois être une exception à cette règle.Bien que l\u2019on vise, dans les deux cas, à rattacher un prix aux émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de mettre à son service la logique de marché pour inciter les consommateurs et les entreprises à réduire la pollution, les systèmes de plafonnement et d\u2019échange de droits d\u2019émission de GES, communément appelés « Bourses du carbone », se révèlent, en pratique, de 30 % à 60 % moins efficaces que les taxes sur le carbone pour réduire les émissions de GES et rapportent aux pouvoirs publics de 50% à 70 % moins de revenus, révélait au mois de mai une analyse du Fonds monétaire international (FMI).Cette moins bonne performance tient notamment au fait que les Bourses du carbone s\u2019appliquent souvent à une proportion moins large de l\u2019économie, que leurs coûts de gestion peuvent être « prohibitifs » et que le succès d\u2019autres moyens de lutte contre les changements climatiques plombera la valeur de ses droits d\u2019émission vendus aux enchères.De ces tendances générales, l\u2019étude du FMI déduit que la Bourse du carbone au Canada \u2014 et que le Québec est désormais le seul à encore appliquer \u2014 serait 60 % moins efficace pour réduire les GES et rapporterait 85 % moins de revenus que le ferait une taxe carbone comme celle mise en place en Colom- bie-Britannique ou qu\u2019Ottawa impose à toutes les provinces qui n\u2019ont pas, ou n\u2019ont plus, de mécanismes de tarification de GES.Rappelons que le Québec, l\u2019Ontario et la Californie participaient à la même Bourse du carbone jusqu\u2019à ce que le nouveau gouvernement onta- rien de Doug Ford y mette fin en automne et transforme le trio en duo.Cette déduction théorique du FMI ne rend pas justice à la réalité canadienne et québécoise, estime toutefois Dale La Bourse du carbone québécoise est plus efficace que les autres Le système québécois n\u2019a pas à rougir de la comparaison avec la taxe carbone d\u2019Ottawa, estime un expert De l\u2019intérêt d\u2019avoir une approche pancanadienne ENVIRONNEMENT SUITE DE LA PAGE B 1 LE DEVOIR Bourse du carbone Taxe carbone Prix des émissions de GES prévisible et clair Simplicité d\u2019application pour les gouvernements et les entreprises S\u2019arrime facilement à d\u2019autres systèmes similaires ailleurs dans le monde Permet plus facilement d\u2019accorder des passe- droits à certaines industries Garantit la réduction du total d\u2019émissions de GES Plus facile à promouvoir politiquement ?Taxe ou Bourse du carbone ?La taxe carbone et le système de plafonnement et d\u2019échange de droits d\u2019émission de gaz à effet de serre (aussi appelé Bourse du carbone) ont beaucoup plus de points en commun que de différences.Les deux sont des mécanismes de tarification des émissions de GES qui, plutôt que de se baser sur le contrôle et la réglementation, comptent sur le signal des prix et la logique du marché pour amener les consommateurs et les entreprises à modifier leurs comportements.Taxe carbone.Le gouvernement fixe un prix pour les émissions de GES.Les recettes générées peuvent être retournées aux contribuables, être utilisées pour des programmes de transition verte ou venir simplement grossir les revenus de l\u2019État.Bourse du carbone.Des droits d\u2019émission de GES sont donnés ou vendus aux enchères en fonction de plafonds d\u2019émissions totales par année.Les entreprises peuvent ensuite se vendre entre elles leurs droits d\u2019émission en fonction de leurs besoins et de leur performance environnementale.Les recettes de la vente initiale des droits d\u2019émission peuvent être utilisées pour des programmes de transition verte ou venir simplement grossir les revenus de l\u2019État.On est toujours plus forts lorsqu\u2019on a deux coffres à outils.Les deux gouvernements ont compétence sur les enjeux environnementaux et ils sont complémentaires, notamment lorsque vient le temps de traiter des enjeux autochtones, des questions climatiques ou des aspects liés à la protection des milieux humides ou marins.KARINE PÉLOFFY » François Legault, ici avec Jason Kenney (gauche), reconnaît qu\u2019un pipeline ou un gazoduc interprovincial relève de la « compétence fédérale », mais son cabinet a précisé que ce genre de projet doit être soumis « aux lois environnementales québécoises ».JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le véritable problème, selon Dale Buegin, c\u2019est le manque général d\u2019ambition des cibles de réduction de GES au Canada et le fait qu\u2019on soit quand même en train de les rater rectrice des relations gouvernementales chez Équiterre, Ariane Bérubé.Professeur titulaire au Département d\u2019économique de l\u2019École de gestion de l\u2019Université de Sherbrooke, Alain Webster estime que la nouvelle prise de position du premier ministre du Québec serait liée au fait qu\u2019il redoute de se faire imposer un jour une taxe fédérale sur le carbone si le système de Bourse du carbone n\u2019est pas jugé équivalent à celui mis en place par Ottawa.Il faut dire que le prix de la tonne de carbone, à l\u2019échelle canadienne, doit atteindre 50 $ d\u2019ici trois ans.Or, souligne M.Webster, « au Québec, en 2022, on devrait être sous les 50 $ la tonne.Donc, le prix du carbone au Québec devrait être inférieur au prix de la taxe carbone fédérale.Que va-t-il se passer alors ?Est-ce que le fédéral va imposer une taxe au Québec ?» Mais au-delà des intérêts du gouvernement du Québec, M.Webster souligne que « cette dispute autour de la tarification du carbone est une mauvaise nouvelle environnementale, parce que ça affaiblit la position du fédéral dans les autres provinces ».La chose est d\u2019autant plus vraie dans un contexte où la Saskatchewan compte se rendre jusqu\u2019en Cour suprême pour contester la légitimité de la taxe fédérale sur le carbone, pièce maîtresse de la stratégie de lutte contre les changements climatiques du gouvernement Trudeau.Que se passerait-il si, au final, Ottawa jetait l\u2019éponge et renonçait à imposer sa taxe sur le carbone ?« Le Québec gagnerait en pouvoirs sur son territoire, mais ce serait une mauvaise nouvelle d\u2019un point de vue environnemental, parce qu\u2019on perdrait un instrument essentiel en matière de tarification du carbone.Dans un contexte de présence de gouvernements conservateurs climatosceptiques dans plusieurs provinces, qui plaident pour une croissance de la production pétrolière et gazière, ce serait un recul en matière de lutte contre les changements climatiques », prévient Alain Webster.deux approches en matière de réduction de GES, reconnaît l\u2019expert, « il n\u2019y a pas de raison de croire qu\u2019elle soit inférieure au Québec ».Le fait que le gouvernement fédéral n\u2019ait pas jugé nécessaire d\u2019y ajouter une tarification supplémentaire pour s\u2019assurer qu\u2019elle atteigne les cibles d\u2019Ottawa pour l\u2019ensemble du pays laisse entendre que la Bourse du carbone québécoise fait au moins un aussi bon travail, estime Dale Buegin.Il n\u2019est pas faux que Québec choisit parfois de donner plutôt que de vendre des droits d\u2019émission de GES à certaines industries, observe l\u2019expert, mais les autres gouvernements canadiens offrent aussi des congés de taxe carbone à certains secteurs.« On parle généralement de décisions politiques tout à fait justifiables.Ces privilèges sont souvent accordés à des entreprises qui, autrement, déménageraient vers d\u2019autres endroits où les normes environnementales sont moins contraignantes, ce qui serait mauvais pour l\u2019environnement.De plus, au Québec, si ces arrangements réduisent les recettes du gouvernement, ils ne changent rien au plafond d\u2019émissions de GES visé.» Le vrai problème Non, le véritable problème n\u2019est pas que la Bourse du carbone québécoise soit moins efficace que la taxe carbone canadienne, mais le manque général d\u2019ambition des cibles de réduction de GES au Canada et le fait qu\u2019on soit quand même en train de les rater, dit Dale Buegin.Il en veut pour nouvelle illustration, entre autres, le nouveau signal d\u2019alarme lancé récemment par le directeur parlementaire du budget.Dans un rapport dévoilé le mois dernier, Yves Giroux mesurait, en effet, l\u2019écart entre les cibles (relativement modestes) que s\u2019est fixées le Canada en matière de réduction des GES et les mesures mises en place pour les atteindre.L\u2019analyse du DPB concluait que, pour avoir une chance de réussir, le Canada ne pourrait pas se contenter, comme prévu, de faire passer le prix du carbone de l\u2019équivalent de 20$ la tonne aujourd\u2019hui à 50$ la tonne en 2030, et qu\u2019il devrait plutôt la porter à 102$. LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 PERSPECTIVES B 3 DÉSIR D\u2019ÎLE Se sentir chez soi et totalement dépaysé L\u2019année dernière, 75 000 personnes ont visité les îles de la Madeleine, dont une majorité de Québécois MONIQUE DURAND COLLABORATRICE LE DEVOIR 6 mai, 8 h 45.On peine à y croire parce qu\u2019il fait si beau sur le continent.Mais pas certain qu\u2019on puisse atterrir aux Îles à cause de la brume.« Quand le pilote est anglo, dit ma voisine de siège en rigolant, ça n\u2019atterrit pas.Quand il est franco, ça atterrit ! » Après une vaine première tentative, le commandant Labelle rentre le train d\u2019atterrissage et s\u2019adresse à nous : « On va faire un deuxième essai.» Ma voisine, au bagout intense pendant le vol, s\u2019est tue.On traverse des couches de purée de pois.Alain a la main posée sur le genou de sa compagne.J\u2019aperçois soudain, à travers la ouate, la crête des vagues.Et du sable ! Rose ! Mon cœur bondit.Comme les roues du Dash 8 touchant le sol.On applaudit à tout rompre.« Commandant, vous êtes mon héros ! » lâche Michèle Ladouceur, une directrice d\u2019école à la retraite de Québec.À force de venir aux Îles, elle a décidé de s\u2019y établir.Pareil pour Alain et Suzanne, aussi à la retraite.« On vient aux Îles depuis 40 ans.On a fini par s\u2019acheter une maison.» Et qu\u2019est-ce qui vous enchante ici ?« On a le sentiment de se sentir à la fois chez nous et totalement dépaysés.» Quinze pour cent des maisons made- liniennes appartiennent à des propriétaires saisonniers qui viennent d\u2019ailleurs au Québec.L\u2019année dernière, 75 000 personnes sont passées aux Îles, qui ne comptent que 12 000 habitants.La vaste majorité des touristes provient du Québec.Bref, les Québécois sont fous de « leurs » Îles.«Aux Îles, c\u2019est pas pareil », disent les insulaires.D\u2019abord, elles évoluent à l\u2019heure atlantique, ajustez vos montres ! Et puis, les paysages sont époustouflants, géophysique exceptionnelle, on marche sur la mer, littéralement.Entre l\u2019île du Cap-aux-Meules et l\u2019île du Havre-Aubert, dix kilomètres d\u2019hallucinations.Eau de chaque côté, lagunes, plages blondes, on devient un peu de vagues et de sel soi-même.Falaises rouges, sable rose, dunes d\u2019or.Des myriades d\u2019oiseaux.Et que dire des gens ?D\u2019une gentillesse époustouflante aussi.Et nous sommes ici en Acadie ! Une majorité de Madelinots est de descendance acadienne.« Nos liens sont très forts avec les Maritimes, plus proches de nous que le Québec », dit François Turbide, spécialiste en tourisme, résident des Îles.Les îles de la Madeleine drainent avec elles un puissant label, chargé d\u2019exotisme et de mystère.« On s\u2019en va aux Îles », un rêve ! « C\u2019est du homard des Îles », meilleur ! Aussi lointain soit- il, l\u2019archipel madelinot semble avoir obtenu ce à quoi aspirent tant d\u2019autres régions québécoises pourtant accessibles par la route : un afflux de visiteurs ; leur rétention, forcément, car on n\u2019y reste pas seulement 24 ou 48 heures ; et une saison touristique qui s\u2019étend depuis mai jusqu\u2019à octobre.« On manque de voitures ! » lance Amélie, qui loue des véhicules à l\u2019aéroport.Prendre l\u2019avion pour aller manger du homard ?Oui ! « Bien du monde prend prétexte de l\u2019ouverture de la saison de pêche en mai pour venir faire un tour ici.» 17 mai, 20 h.Quai 360, Cap-aux- Meules.Émie Audet, 25 ans, originaire de Québec, grande voyageuse, me sert un fabuleux côtes-du-rhône blanc, « 100 % grenache », dit-elle.« J\u2019aime l\u2019esprit des Îles, une vraie communauté.» Ici, aucun coquillage ou filet de pêche accroché aux murs, ni homard qui vous salue, mais un décor parfaitement urbain.On pourrait être à Montréal, à New York ou à Paris.Musique anglo- américaine.Éclairage tamisé.Cuisine raffinée.Un menu mettant en vedette des produits du cru, une bière comme la Corps mort parfumée au hareng.« La région des Îles-de-la-Madeleine est passée en deux ou trois décennies de communauté rurale à semi-urbaine», explique l\u2019ethnologue Hélène Chevrier, qui vit à Havre-aux-Maisons.Avec certains problèmes de ville, comme le manque d\u2019eau, le surcroît de déchets et la circulation à Cap-aux-Meules.« Même pas le temps d\u2019aller dîner chez nous, parfois ! » lance-t-elle en souriant.Et des intérêts parfois divergents entre résidents locaux et villégiateurs.Les quatre-roues sur les plages, par exemple.Pour certains, c\u2019est la liberté, s\u2019enivrer de sensations fortes dans l\u2019air sauvage ; pour d\u2019autres, il s\u2019agit d\u2019une nuisance ! « On vivait dans un monde insulaire avec une certaine cohésion, résume Hélène.Tout a changé très Les îles fascinent les humains depuis toujours.En apparence simples, elles sont des concentrés de complexité, à la fois lieux de respiration et d\u2019enfermement.Elles demeurent mystérieuses pour les continentaux.Deuxième de huit articles, à la rencontre de quelques îles d\u2019ici et d\u2019ailleurs, tout au long de l\u2019été.LE DEVOIR 1 Vue de Havre-aux-Maisons, aux Îles-de-la-Madeleine L\u2019île d\u2019Entrée est la plus haute des îles avec ses 174 mètres de haut.Une centaine de personnes y habitent.Falaise rouge caractéristique des Îles.PHOTOS MONIQUE DURAND rapidement.Et notre destinée est devenue difficile à contrôler.» « Même notre image de nous-mêmes a changé, prétend François Turbide.Nous qui avions des natures plutôt modestes, discrètes, à force de nous faire dire, par les gens de l\u2019extérieur, qu\u2019on est beaux et fins, on a pris confiance.» Attention, fragile Les îles de la Madeleine n\u2019échappent pas aux contraintes de tous les milieux insulaires du globe.Pas assez d\u2019espace pour enfouir les déchets.La gestion des matières résiduelles, expédiées sur le continent, accapare 20% du budget municipal.Pas de lacs ni de rivières, seulement la nappe phréatique où puiser, ce qui entraîne un problème récurrent d\u2019eau potable.Extrême fragilité des milieux humides, dunaires et du couvert forestier.Exposition constante des côtes aux assauts de la mer, aggravée par la hausse des eaux et les changements climatiques.Contrée grugée de plusieurs mètres chaque année.Touristes sans cesse plus nombreux, magnétisés par l\u2019idée de l\u2019île, ajoutant à la vulnérabilité des lieux.Comment empêcher l\u2019archipel de sombrer corps et biens un jour, comme certaines îles du Pacifique en train de se noyer ?Faut-il fermer le robinet touristique ?Interdire toute activité humaine sur une portion du territoire comme à l\u2019île de la Réunion ?Que fait-on par exemple de l\u2019île Brion ?Située au nord de l\u2019archipel, l\u2019île Brion est une réserve écologique, sauf pour une petite portion de sa surface.Certains résidents locaux voudraient avoir le droit d\u2019aller y chasser le loup marin, estimant qu\u2019ils sont là chez eux, depuis toujours.Les questions sont concrètes, immenses ; les défis, colossaux.« Les îles, par définition circonscrites, connaissent plus vite leurs limites, dit Hélène Chevrier.Elles pourront servir de leçon au continent.» 19 mai, 18 h.Bar Le Dragueur, Cap- aux-Meules.Un homme boit sa Bud calmement, le visage éclairé par TVA qui retransmet des images de Montréal comme d\u2019une lointaine planète.Juchés sur une petite scène, Michaël Noël et Joël Deraspe, guitare en bandoulière, entament une ballade venue de l\u2019Irlande, une autre île.Je crois entendre la mélopée des îles du monde, la lente mélancolie qui monte de cette pâte de lieux et d\u2019humains délavée par la mer et les naufrages, cernée par l\u2019écume des vagues et des jours, loin de tout et proche du sublime.Avoir appris à ne compter que sur elles-mêmes.Avoir tenu le coup des siècles, malgré l\u2019isolement, parfois l\u2019épidémie, la misère, la famine.Dans l\u2019imparable orgueil d\u2019être des îles. 1 LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 PERSPECTIVES EN IMAGES B 4 LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR 1 La Valette (Malte), 7 juillet 2019 L\u2019Alan Kurdi, un navire de l\u2019ONG allemande Sea-Eye, est arrivé dimanche soir à Malte avec 65 réfugiés à bord.Le premier ministre de Malte, Joseph Muscat, a écrit sur Twitter qu\u2019aucun des migrants ne resterait dans son pays, car « ce cas n\u2019était pas de la responsabilité des autorités maltaises ».Ils seront répartis dans plusieurs pays de l\u2019Union européenne.MATTHEW MIRABELLI AGENCE FRANCE-PRESSE 2 Hong Kong (Chine), 9 juillet 2019 Des militants et des avocats ont pris part à une marche silencieuse devant la cour d\u2019appel de Hong Kong.Ils soulignaient le 4e anniversaire de la vague de répression connue sous le nom « 709 ».Le 9 juillet 2015, plus de 200 avocats des droits de la personne de l\u2019ancienne colonie britannique ont été visés par une opération policière.Ils ont finalement été libérés pour la plupart, après plusieurs semaines d\u2019incarcération.ANTHONY WALLACE AGENCE FRANCE-PRESSE 3 Berlin (Allemagne), 12 juillet 2019 C\u2019est sous la pluie que la chancelière allemande Angela Merkel est arrivée à l\u2019ouverture de la galerie James-Si- mon.Conçu par l\u2019architecte David Chipperfield, le nouveau bâtiment servira à préserver les œuvres class é e s a u p at r i m o i n e m o n d i a l d e l\u2019UNESCO.MARKUS SCHREIBER ASSOCIATED PRESS 4 Lyon (France), 7 juillet 2019 Les joueuses américaines célèbrent leur victoire avec leur trophée.Elles ont remporté la finale de la Coupe du 2 3 4 5 6 monde féminine de football, battant les Néerlandaises par la marque de 2 à 0 au stade de Lyon dimanche.Il s\u2019agit de la deuxième fois d\u2019affilée et la quatrième fois de l\u2019histoire que les Américaines remportent la première place au tournoi.Le président français, Emmanuel Macron, a assisté à la grande finale, qui affichait complet.JEAN-PHILIPPE KSIAZEK AGENCE FRANCE-PRESSE 5 Montréal, 7 juillet 2019 Des visiteurs discutent sur la place Jean-Paul-Riopelle, près du palais des congrès de Montréal.C\u2019est là que s\u2019est déroulé le Comiccon, du 5 au 7 juillet dernier.Environ 60 000 personnes ont pris part à la 11e édition de l\u2019événement dédié à la culture populaire, incluant les univers de la bande dessinée, de la science-fiction, de l\u2019horreur, du dessin animé, du cinéma et du jeu vidéo.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR 6 Saint-Hubert, 10 juillet 2019 L\u2019astronaute québécois David Saint- Ja c q u e s e s t r e ve n u m e r c r e d i à l\u2019Agence spatiale canadienne (ASC), après avoir passé plus de six mois dans l\u2019espace.Il a entre autres été accueilli par le ministre de l\u2019Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, et par le président de l\u2019ASC, Sylvain Laporte.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le monde dans l\u2019œil des photographes Bref retour en images sur les événements qui ont fait la nouvelle Que ce soit à La Valette, Berlin, Hong Kong, Lyon ou encore ici, l\u2019actualité n\u2019a pas pris de vacances cette semaine. ROYAUME-UNI Un ambassadeur sacrifié sur l\u2019autel d\u2019une guerre de pouvoir La crise des câbles diplomatiques s\u2019inscrit dans une culture politique des coups bas chez les conservateurs d\u2019une séparation du Royaume-Uni d\u2019avec l\u2019UE.Un courriel privé envoyé par la femme de M.Gove, chroniqueuse politique, évoquant l\u2019impossibilité de faire confiance à Johnson avait été à l\u2019origine de ce coup de théâtre.Par ailleurs, la fin de règne de David Cameron avait également été marquée par une histoire sordide mise au jour à dessein dans les journaux en 2015 pour porter atteinte à sa crédibilité.Une biographie non autorisée l\u2019accusait en effet d\u2019outrage à un cadavre de porc à l\u2019époque où il était étudiant à Oxford, au milieu des années 1980.Aucune preuve de cet événement, baptisé le « Piggate », nié avec indignation par le bureau de M.Cameron et tenant sur une affirmation non vérifiée, n\u2019a été apportée par la suite dans les médias.Hasard ou coïncidence, le scandale est né sous la plume de la journaliste Isabel Oakeshott, une proche de Nigel Farage et des grands argentiers du Parti conservateur, également celle par qui l\u2019entrée des câbles diplomatiques dans la sphère publique est passée.Rien n\u2019indique toutefois que Boris Johnson pourrait tirer profit de cette fuite, qui vient d\u2019affaiblir le Royaume- Uni dans son rapport de force avec les États-Unis dans le contexte où un accord commercial complexe va devoir être négocié entre ces deux pays après le Brexit.Jeudi, les députés britanniques, que le prochain premier ministre va devoir convaincre d\u2019appuyer ce processus de sortie de l\u2019UE, ont fortement critiqué la gestion de la crise par M.Johnson et son manque d\u2019appui à l\u2019ambassadeur.« C\u2019est le plus ignoble geste de lâcheté que j\u2019aie vu chez un candidat à une fonction publique, et particulièrement chez l\u2019un qui aspire à être premier ministre, a indiqué la porte-parole de l\u2019opposition travailliste en matière d\u2019affaires étrangères, Liz McInnes, en chambre jeudi.C\u2019est le pire signal envoyé à notre service diplomatique et il devrait inquiéter l\u2019ensemble du pays, car si nous pensions que la première ministre actuelle a été faible face à Donald Trump, le pire reste à venir.» LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 PERSPECTIVES B 5 FABIEN DEGLISE LE DEVOIR La fuite était lourdement intéressée.Entre une course à la chefferie du parti conservateur et l\u2019interminable saga du Brexit, la crise de l\u2019ambassadeur britannique à Washington cette semaine aura été un épisode de plus dans les attaques sournoises qui rythment la fin de campagne entre les deux derniers aspirants au poste de premier ministre en Grande-Bretagne, Jeremy Hunt, ministre des Affaires étrangères, et Boris Johnson, figure forte du mouvement prônant un divorce radical du pays avec l\u2019Union européenne.Des coups bas alimentés par une culture politique singulière au sein de la formation politique de Theresa May et qui risquent de compliquer le travail du prochain premier ministre, une fois le choix des 160 000 membres du parti fait à la fin du mois.« Ce genre de campagne de dénigrement peut avoir des effets désastreux par la suite sur le travail entre ces candidats au sein d\u2019un cabinet gouvernemental, résume en entrevue au Devoir le sociologue Thomas Roulet, professeur à l\u2019Université de Cambridge, en Angleterre.Comment construire la confiance nécessaire à une collaboration efficace par la suite quand les candidats se sont attaqués » en se mettant dans l\u2019embarras plutôt qu\u2019en débattant de leurs idées ?demande-t-il.Rappel des faits.Dimanche, le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a dû faire face à la colère américaine après la publication, par le Mail on Sunday, d\u2019une série de câbles diplomatiques, frappés du sceau de la confidentialité et dans lesquels l\u2019ambassadeur britannique en poste aux États-Unis depuis 2016, Kim Darroch, porte un jugement sans concession sur le gouvernement Trump.Il la qualifie en substance de «dysfonc- tionnelle», d\u2019«imprévisible», de «maladroite» et d\u2019«inepte».L\u2019affaire des câbles diplomatiques a donné du carburant à la bête Donald Trump, qui s\u2019est fendue de plusieurs tweets pour insulter l\u2019ambassadeur, mais également pour critiquer vertement le fiasco du Brexit, qu\u2019il attribue au mauvais travail de Theresa May et au fait qu\u2019elle n\u2019a pas écouté ses conseils.La fuite est intervenue près de deux semaines après que Boris Johnson se fut retrouvé sur le gril à la suite de la publication par The Guardian d\u2019un témoignage d\u2019un de ses voisins à Londres racontant une altercation bruyante entre le candidat et sa conjointe, Carrie Sy- monds.La chose a nécessité l\u2019intervention de la police au domicile du politicien.Jeremy Hunt en avait alors profité pour mettre en relief le caractère instable et colérique de son opposant et exprimer des doutes sur ses aptitudes à diriger un pays.Une enquête a été ouverte par les services diplomatiques pour trouver l\u2019origine de cette mise au jour embarrassante d\u2019un contenu diplomatique dont la confidentialité nécessaire pour la bonne marche du monde est assurée depuis 1962 par la Convention de Vienne.Jeudi, le scénario de la fuite interne, plutôt qu\u2019un piratage des données du service diplomatique par une force extérieure, était toujours le plus sérieusement envisagé, avec des soupçons forts qui se sont concentrés toute la semaine sur l\u2019entourage de Boris Johnson et sur le camp des pro-Brexit, qui juge que Kim Darroch n\u2019a jamais été un diplomate rallié à leur cause.La démission de l\u2019ambassadeur mercredi a d\u2019ailleurs été applaudie de manière ostentatoire par Nigel Farage, figure de l\u2019extrémisme anti-européen, que Donald Trump aimerait bien voir nommé au poste d\u2019ambassadeur britannique à Washington.En 2016, au lendemain de son élection, le nouvel occupant de la Maison-Blanche avait jugé qu\u2019il ferait un «travail exceptionnel» avec ce ténor du Brexit si ce dernier devait un jour être nommé représentant diplomatique de Londres aux États-Unis.Le pouvoir et rien d\u2019autre Pour Alexander Macloed, professeur de science politique à l\u2019UQAM et fin observateur de la scène politique anglaise, ces « petites histoires » de coups bas font partie du décor depuis des années dans la politique en général, et au sein du Parti conservateur britannique en particulier, un « parti habité avant tout par la quête du pouvoir, plus qu\u2019autre chose », dit-il.« C\u2019est un parti qui se considère comme le parti naturel du pouvoir, un peu comme le Parti libéral du Canada.Et ces luttes internes ne sont pas nouvelles » et restent toujours aussi spectaculaires.« Les conservateurs anglais, pour leurs frasques et leurs affirmations parfois caricaturales, sont uniques en leur genre, ajoute Thomas Roulet.Ils rendent ces attaques ad hominem possibles, détournant ainsi au passage le débat politique vers un débat autour des personnalités des candidats qui peut finir par devenir extrêmement dangereux puisqu\u2019il fait oublier au public les vraies questions de société et les problèmes épineux qui nous attendent.» Les atermoiements qui ont rythmé l\u2019échec du Brexit, initialement programmé en mars dernier et reporté désormais au 31 octobre prochain dans la même incertitude, seraient en partie explicables par cette culture du coup bas qui a aussi accompagné l\u2019ascension de Theresa May en 2016 au poste de première ministre.À l\u2019époque, Michael Gove a barré la route à Boris Johnson, qu\u2019il appuyait pourtant au départ, facilitant la victoire de Mme May qui, elle, n\u2019était alors pas très emballée par l\u2019idée Comment construire la confiance nécessaire à une collaboration efficace par la suite quand les candidats se sont attaqués ?THOMAS ROULET » L\u2019ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis Kim Darroch a dû démissionner mercredi après que des câbles diplomatiques confidentiels au sujet du gouvernement Trump eurent fuité dans les médias.PAUL MORIGI GETTY IMAGES / AFP Les deux derniers aspirants au poste de premier ministre de la Grande- Bretagne, Boris Johnson (à gauche) et Jeremy Hunt (à droite) TOLGA AKMEN AGENCE FRANCE-PRESSE B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 AVIS LÉGAUX AVIS PUBLIC QLIXinc Services et solutions/9386-9253 Québec inc.porte à l'attention du public, qu'à titre d'agent de renseignements personnels, elle recueille et détient des données de nature personnelle ou financière sur des individus.Elle communique à ses clients des rapports de crédit au sujet du caractère, de la réputation et de la solvabilité de ces individus.À la présentation d'un document justifiant de votre identité, il vous est possible de savoir si nous détenons un dossier sur vous et, le cas échéant, de la consulter gratuitement dans nos bureaux.La consultation de votre dossier peut également se faire par demande écrite ou téléphonique.Des frais raisonnables peuvent être exigés pour la transcription, la reproduction ou la transmission des renseignements qui y sont contenus.Il vous est aussi possible, par demande écrite, de faire corriger dans votre dossier des renseignements inexacts, incomplets ou équivoques ou de les faire supprimer si leur collecte n'est pas autorisée par la loi.Votre demande de consultation ou de rectification doit être adressée à: Mme Noémie Limoges QLIXinc Services et solutions/ 9386-9253 Québec inc.7142, rue Beaulieu Montréal (Québec) H4E 3G7 Téléphone: (514) 424-2540 Courriel : bonjour@qlix.ca Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à 9260-0279 Québec Inc.et Maxime Pruneau de vous présenter au greffe de la Cour du Québec du district de Trois-Rivières situé au 850, Hart, Trois-Rivières, Qc, dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation et pièces P-1 à P-4 qui y ont été laissé à votre attention dans le numéro de cause 400-22-010153-191.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Louis-Philippe Tourigny, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier les procédures ci- haut mentionnées.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Laval, le 11 juillet 2019 Sylvain Brouillard, huissier POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres PETITES ANNONCES & AVIS DE DÉCÈS MÉTRO JEAN-TALON 3 1/2 condo neuf, clim.Semi-meublé, marché, hôpital J.-Talon, 1 150 $.Véri?cation régie/crédit.Texto : 514 276-5939 CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER PARIS - Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com LIBRAIRIE Bonheur d'Occasion achète livres de qualités en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES ACCOMPAGNEMENT DE FIN DE VIE Formation de 36 heures Albatros-Montréal À compter du 5 septembre infos: www.albatros-mtl.ca 514-255-5530 390 DIVERS VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.20 ans d'experience.Service à domicile.514 573-7039 Julien 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE La côte de la Louisiane évacuée avant l\u2019arrivée de la tempête tropicale Barry LA NOUVELLE-ORLÉANS \u2014 Les évacuations se poursuivaient vendredi sur les côtes de la Louisiane avant l\u2019arrivée de la tempête tropicale Barry, qui menace de se transformer en ouragan et devrait déverser des trombes d\u2019eau potentiellement dévastatrices sur cet État du sud des États-Unis.La tempête se trouvait vendredi matin à quelque 144km au sud-ouest de l\u2019embouchure du Mississippi et avançait lentement vers les côtes, selon le Centre national des ouragans (NHC).Si les prévisions se concrétisent, Barrysera, dans l\u2019Atlantique, le premier ouragan de la saison, qui s\u2019étire de juin à novembre.Il devrait être de catégorie 1 avec des vents d\u2019au moins 119km/h.On s\u2019attend à ce que l\u2019ouragan touche les côtes samedi matin.Agence France-Presse Une journaliste canado-somalienne périt dans une attaque à Mogadiscio Au moins une dizaine de personnes, dont une éminente journaliste canado-somalienne, ont perdu la vie dans une attaque perpétrée par des extrémistes en Somalie vendredi.Une station de radio indépendante établie à Mogadiscio a confirmé à l\u2019Associated Press que la journaliste Hodan Nalayeh et son mari Farid Jama Suleiman figurent parmi les victimes.« Je suis tellement triste et choquée d\u2019apprendre le décès tragique de Hodan et de son mari Farid dans un attentat terroriste, de même que d\u2019autres victimes de cette violence alimentée par la haine », a écrit la chef du Nouveau parti démocratique de l\u2019Ontario, Andrea Horwath, sur Twitter.Affaires mondiales Canada n\u2019a pas confirmé la nouvelle, mais dit être au courant d\u2019une attaque à la bombe en Somalie et tenter d\u2019obtenir plus d\u2019informations à cet effet.Les rebelles islamistes shebab ont revendiqué l\u2019attaque.La Presse canadienne EN BREF FULYA OZERKAN ET EZZEDINE SAID À ISTANBUL AGENCE FRANCE PRESSE La Turquie a pris livraison vendredi d\u2019une première cargaison de missiles russes S-400, faisant fi des avertissements de Washington et prenant le risque de s\u2019exposer à des sanctions américaines alors que son économie bat déjà de l\u2019aile.La livraison de ce système de défense antiaérienne sophistiqué marque un pic dans le réchauffement des relations entre la Russie et la Turquie, qui a pris ses distances avec le camp occidental depuis un coup d\u2019État manqué en juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.Ankara et Moscou avaient pourtant été au bord de la rupture en novembre 2015 lorsque des chasseurs turcs avaient abattu un bombardier russe au-dessus de la frontière syro-turque, avant de normaliser graduellement leurs relations pour coopérer notamment sur le dossier syrien.« La livraison de la première cargaison d\u2019équipements du système de défense antiaérienne S-400 a commencé le 12 juillet à la base aérienne Murted à Ankara », a indiqué le ministère turc de la Défense dans un communiqué.Appelée Akinci avant d\u2019être rebaptisée Murted, la base en question est considérée comme le QG des officiers putschistes qui avaient tenté de renverser M.Erdo- gan.Le troisième anniversaire de ce putsch manqué sera célébré lundi.À Moscou, une porte-parole du Service fédéral pour la coopération militaire et technique, Maria Vorobieva, a confirmé à l\u2019agence Interfax que « les systèmes S-400 ont commencé à être livrés à la Turquie ».Selon une source citée par l\u2019agence publique TASS, un autre avion avec d\u2019autres éléments des S-400 doit décoller « prochainement » et une troisième livraison de plus de 120 missiles de différents types sera envoyée à la fin de l\u2019été par voie maritime.Par ailleurs, une autre source a indiqué à TASS qu\u2019une vingtaine de militaires turcs avaient été formés en mai-juin en Russie à l\u2019utilisation des S- 400, et 80 autres doivent l\u2019être enjuil- let-août.La Turquie avait rejeté mercredi une énième mise en garde américaine concernant l\u2019achat de ces missiles russes, appelant Washington à ne pas prendre de mesures susceptibles de « nuire aux relations » bilatérales.Les États-Unis estiment en effet que les systèmes russes ne sont pas compatibles avec les dispositifs de l\u2019OTAN, dont Ankara est membre.Un haut responsable de l\u2019OTAN, parlant sous couvert d\u2019anonymat, a affirmé que l\u2019organisation était « préoccupée » par la livraison des missiles russes à la Turquie.« L\u2019interopérabilité de nos forces armées est essentielle dans la conduite de nos opérations et nos missions », a- t-il expliqué.Selon Nick Heras, du Center for a New American Security, le système S- 400 « change les règles du jeu en ce qui concerne la stratégie de défense antiaérienne de la Turquie ».« Ce n\u2019est pas un secret qu\u2019Erdogan veut faire de la Turquie une puissance eurasienne, ce qui suppose de trouver un équilibre entre les relations avec la Russie et la Chine d\u2019un côté et les États- Unis de l\u2019autre », a-t-il estimé.« Il n\u2019est pas sûr que la Turquie restera pour toujours dans le camp américain ».DÉFENSE La Turquie reçoit des missiles russes Ankara ignore les avertissements de Washington, s\u2019exposant à des sanctions Les missiles russes S-400 servent de système de défense antiaérienne.MINISTÈRE DE LA DÉFENSE TURC VIA AGENCE FRANCE-PRESSE B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 AGENCE FRANCE-PRESSE À PARIS FRANCE Un ministre refuse de démissionner François de Rugy est soupçonné de dépenses excessives «Très en colère», le ministre français de la Transition écologique, François de Rugy, au centre d'une polémique sur des dîners fastueux, des travaux dans son ministère et sur un logement dans l'ouest du pays, a affirmé vendredi qu'il ne démissionnerait pas, malgré ces accusations embarrassantes pour la majorité présidentielle.Photos, témoignages et documents à l'appui, le site d'investigation français Mediapart a révélé avoir recensé entre octobre 2017 et juin 2018 une dizaine de dîners qui mobilisaient à chaque fois le personnel de la résidence de M.de Rugy, alors président de l'Assemblée nationale.Homard, champagne et grands crus issus des caves de l'Assemblée nationale étaient servis à des tablées de dix à trente invités, appartenant pour l'essentiel au cercle relationnel et amical de l'épouse de M.de Rugy, Séverine de Rugy, journaliste au magazine de célébrités Gala, accuse Mediapart.L'image a marqué en France, qui pendant sept mois a connu la fronde du mouvement des gilets jaunes, des classes moyennes et populaires manifestant contre la pression fiscale et la baisse de leur niveau de vie.Lors d'un déplacement du ministre jeudi dans les Deux-Sèvres (centre-ouest), des manifestants l'ont accueilli avec un homard en plastique gonflable géant, scandant « François, du homard pour tous !», selon des vidéos.M.de Rugy, ancien membre du Parti écologiste rallié au président Emmanuel Macron, s'est défendu en expliquant que ces « dîners informels » faisaient partie d'un « travail de représentation » au titre de ses fonctions et niant toute « soirée fastueuse ».Il s'est en outre engagé le cas échéant à « rembourser chaque euro contesté ».Le ministre a été reçu jeudi près de deux heures par le premier ministre Édouard Philippe, et assuré avoir reçu mercredi le soutien du président Emmanuel Macron.« Je n'ai absolument pas de raison de démissionner.Je l'ai dit au premier ministre qui ne me l'a absolument pas demandé», a-t-il martelé vendredi aux médias BFMTV/RMC.Jeudi soir, le ministre s'est retrouvé empêtré dans une nouvelle affaire révélée par Mediapart, celle de la location d'un appartement près de Nantes (ouest) et qui serait «à loyer social préférentiel».« Cette information, si elle est avérée, je n\u2019en ai moi-même jamais eu connaissance », a réagi le ministre en publiant ses échanges de courriels avec l\u2019agence immobilière, son bail, et expliquant utiliser cet appartement pour accueillir ses enfants lorsqu'il en a la garde le week-end.Le ministre a également qualifié de « mensonge » une information du journal Le Parisien selon laquelle son épouse aurait acheté sur l'argent de l'Assemblée un sèche-cheveux doré à la feuille, pour 499 euros (755 $).Pour le député de Paris Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement, ces dépenses du ministre donnent « une image terrible » des hommes politiques quand le gouvernement français « demande des efforts ».La préfète Nicole Klein, ex-directrice de cabinet du ministre, a elle donné vendredi une interview cinglante au quotidien Ouest-France, dans laquelle elle l\u2019accuse d\u2019avoir «voulu sauver sa tête en offrant la (sienne) ».M.de Rugy l'a limogée jeudi après des informations de Mediapart concernant un logement social à Paris conservé de 2006 à 2018 alors qu'elle n'habitait plus la capitale.Enfin, dans un nouvel article vendredi soir, Mediapart explique que François de Rugy n'a pas été imposable en 2015 pour ses revenus déclarés de 2014.Conformément à la loi à l'époque, celui qui était alors député n'était pas imposable sur la totalité de son revenu.Il a pu également retrancher de son revenu imposable une partie des dons faits à des « organismes reconnus d'intérêt général », écrit le média en ligne.Il a enfin bénéficié de crédits d'impôt liés à la garde d'enfant.François de Rugy Le président américain, Donald Trump, aux côtés du secrétaire au Travail démissionnaire, Alexander Acosta BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE PRESSE JÉRÔME CARTILLIER À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE La cascade de départs dans l\u2019équipe Trump se poursuit : le secrétaire au Travail, Alexander Acosta, dans la tourmente pour sa gestion d\u2019une affaire d\u2019abus sexuels il y a une dizaine d\u2019années, a annoncé vendredi sa démission.Ce départ renforce l\u2019image d\u2019une équipe gouvernementale instable, peinant toujours, deux ans et demi après l\u2019arrivée de Donald Trump au pouvoir, à trouver un véritable rythme de croisière tant elle est minée par les scandales et les polémiques.M.Acosta se voyait reprocher depuis plusieurs jours d\u2019avoir en 2008, alors qu\u2019il était procureur fédéral en Floride, négocié un accord en justice jugé trop favorable à Jeffrey Epstein, riche investisseur en fonds spéculatifs.M.Epstein a de nouveau été inculpé lundi à New York d\u2019exploitation sexuelle de dizaines de mineures.Il encourt jusqu\u2019à 45 ans de prison.« J\u2019ai appelé le président [vendredi] matin pour lui dire que je pensais que démissionner était la meilleure chose à faire », a déclaré M.Acosta depuis les jardins de la Maison-Blanche.Debout à ses côtés, le président américain a longuement dénoncé le rôle de la presse et rendu un hommage très appuyé à son ministre sortant.« Le fait est qu\u2019il a été un fantastique secrétaire au Travail », a-t-il martelé, louant un homme «très doué» qui « est allé à Harvard ».Mercredi, M.Acosta avait, lors d\u2019une conférence de presse tendue, longuement défendu sa gestion du dossier Epstein.Le ministre a affirmé qu\u2019en 2008 \u2014 lorsqu\u2019il était procureur fédéral en Floride \u2014 son équipe avait opté pour cet accord parce qu\u2019elle craignait de voir M.Epstein sortir libre si elle poussait jusqu\u2019au procès en maintenant les chefs d\u2019inculpation plus graves.« Notre but était clair, a déclaré M.Acosta : envoyer Epstein en prison, nous assurer qu\u2019il soit inscrit sur la liste des délinquants sexuels, donner aux victimes les moyens de demander réparation.» En fait, l\u2019accord négocié par les procureurs sous l\u2019égide de M.Acosta avait à l\u2019époque évité un procès dégradant à Jeffrey Epstein, tenu à l\u2019écart de ses victimes, et prévu des conditions particulièrement favorables d\u2019aménagement de sa peine de détention.Les témoignages, ces derniers jours, de plusieurs des accusatrices du financier ont contribué à braquer un peu plus les projecteurs sur ce dossier.« Il m\u2019a violée, brutalement violée », a déclaré Jennifer Araoz dans un entretien diffusé par NBC, racontant comment elle avait été « recrutée » devant son établissement scolaire à New York par une jeune femme, à l\u2019automne 2001, lorsqu\u2019elle avait 14 ans.Cette rencontre l\u2019avait menée à se rendre à plusieurs reprises chez M.Epstein, qui avait d\u2019abord commencé à la payer pour des massages, qu\u2019elle faisait en sous-vêtements pendant qu\u2019il se masturbait.Jusqu\u2019au jour de son viol présumé, en 2002.« C\u2019est un homme nocif et il faut qu\u2019il se retrouve derrière les barreaux », a affirmé M.Acosta devant la presse.« Ses actes méritaient tout à fait une peine plus dure », a-t-il reconnu.Cette affaire a pris un relief particulier, car M.Epstein était proche de nombre de célébrités et de politiques, parmi lesquels, avec Donald Trump, l\u2019ex-président démocrate Bill Clinton ou encore le prince Andrew, fils de la reine Élizabeth II.Vendredi, M.Trump a une nouvelle fois insisté sur le fait qu\u2019il avait coupé les ponts avec ce dernier depuis plusieurs années.« Je n\u2019étais pas un fan de Jeffrey Epstein.Ce n\u2019est pas quelqu\u2019un que je respectais », a-t-il répété.ÉTATS-UNIS Alexander Acosta démissionne Le secrétaire au Travail était au cœur d\u2019une controverse sur sa gestion d\u2019une affaire d\u2019abus sexuels RAPHAELLE GRIFFON À ROME AGENCE FRANCE-PRESSE Après l\u2019incendie de plusieurs décharges, Rome croule sous des tonnes de déchets à l\u2019abandon.Une plaie récurrente pour la ville éternelle, mais qui atteint un tel niveau cet été que l\u2019Ordre des médecins a lancé une alerte et le parquet a ouvert une enquête.Chaque été, quand les foules de touristes doivent slalomer entre les tas d\u2019ordures macérant dans la chaleur étouffante, les Romains s\u2019insurgent.Sur Twitter, un concours a été lancé pour trouver les poubelles les plus répugnantes de la ville.Mais cette année, Antonio Magi, président de l\u2019Ordre des médecins de Rome, a saisi les autorités, évoquant pour l\u2019AFP une « alerte hygiénique » qui risque de se transformer en « alerte sanitaire ».En effet, les déchets attirent une faune insolite jusque dans le centre historique de la capitale italienne \u2014 goélands, rats, sangliers \u2014 et se répandent sur les trottoirs, laissant leurs miasmes s\u2019accrocher aux semelles des passants.Après avoir reçu de nombreuses plaintes, le parquet de Rome a ouvert cette semaine une enquête pour vérifier s\u2019il y a eu des manquements.Ce n\u2019est pourtant pas faute d\u2019y mettre les moyens : selon un rapport de la fondation OpenPolis, la ville de Rome a dépensé en 2017 plus de 597 euros (904 dollars canadiens) par habitant pour le traitement des ordures ménagères, de loin la plus forte moyenne du pays, devant Venise (353 euros) et Florence (266 euros).Selon Il Messaggero, le grand quotidien romain, la taxe sur les ordures ménagères s\u2019élevait en moyenne à 394 euros (596,5 $) pour une famille à Rome en 2018, contre une moyenne de 300 euros (454$) en Italie.Mais la ville manque d\u2019infrastructures pour éliminer ses déchets.Sur ses trois principales décharges, l\u2019une a fermé et les deux autres ont été détruites par des incendies ces derniers mois.Et les deux sites de traitement biologique ont réduit leurs activités pour des travaux d\u2019entretien.Les usagers ont aussi leur part de responsabilité : le manque de respect du tri sélectif complique le traitement des déchets et l\u2019on ne compte plus les matelas, frigos, canapés, etc.abandonnés au pied des bennes à ordures.Le traitement des déchets est un facteur de conflit majeur entre la mairesse de Rome, Virginia Raggi, issue du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisys- tème) et le président de la région du La- tium, Nicola Zingaretti, également patron du Parti démocrate (PD, centre gauche).Lors d\u2019une réunion mardi en présence du ministre de l\u2019Environnement, Sergio Costa, tous deux ont assuré s\u2019être entendus pour un retour à la normale « dans les 15 jours ».Mais pour cela, la ville qui produit près de 5000 tonnes de déchets par jour va devoir en exporter encore pour qu\u2019ils soient incinérés dans d\u2019autres régions ou à l\u2019étranger.«Tout le monde se plaint des déchets, mais personne ne veut d\u2019incinérateur», explique à l\u2019AFP un habitant de la ville.«Nous, on emmène les déchets à l\u2019étranger, en Autriche, en Allemagne ! » Les rues jonchées d\u2019ordures à Rome L\u2019Ordre des médecins de Rome a lancé une « alerte hygiénique ».TIZIANA FABI AGENCE FRANCE-PRESSE Homard, champagne et grands crus issus des caves de l'Assemblée nationale étaient servis à des tablées de dix à trente invités [Jeffrey Epstein] est un homme nocif et il faut qu\u2019il se retrouve derrière les barreaux.Ses actes méritaient tout à fait une peine plus dure.ALEXANDER ACOSTA » LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin utre épisode, cette semaine, dans la guerre de mots et les gestes d\u2019intimidation réciproque opposant l\u2019Iran et les États-Unis, mais avec ceci de particulier que Londres s\u2019en mêle \u2014 et s\u2019emmêle \u2014 de plus en plus sur le plan militaire.Une désescalade est difficile à imaginer dans l\u2019ordre actuel et tendu des choses, d\u2019autant que Boris Johnson, Brexiter enragé et trumpiste enthousiaste, deviendra dans quelques jours, sauf surprise, premier ministre de la Grande- Bretagne en remplacement de Theresa May, démissionnaire démontée.Les faits, apparemment fiables : trois bateaux iraniens ont tenté mercredi « d\u2019empêcher le passage » dans le stratégique détroit d\u2019Ormuz d\u2019un pétrolier appartenant à BP Shipping, en route vers le port irakien de Bassorah.En réaction, une frégate de la marine militaire du Royaume-Uni accompagnant le pétrolier s\u2019est interposée, armes pointées sur les bateaux iraniens, qui se sont résignés à faire demi-tour.Téhéran nie que cet incident se soit produit, un démenti qui ne tient pas vraiment debout dans la mesure où cet épisode fait suite à l\u2019arraisonnement \u2014 un acte de piraterie, a déclaré l\u2019Iran \u2014 d\u2019un pétrolier iranien par le Royaume-Uni au large de Gibraltar, la semaine dernière, au prétexte que le bâtiment acheminait sa cargaison de brut à la raffinerie de Banias en Syrie, en violation des sanctions imposées par l\u2019Union européenne.Que ceci survienne en représailles à cela est donc plausible, comme il est crédible, ainsi que l\u2019affirment non seulement Téhéran mais aussi Madrid, que les Britanniques aient mis le grappin sur le pétrolier iranien à la requête de Washington.L\u2019épisode \u2014 sujet vendredi à une nouvelle surenchère de menaces \u2014 se superpose aux bravades qui se sont multipliées ces dernières semaines avec le sabotage de pétroliers et le drone américain abattu\u2026 Entendu que le monde ne serait pas aux prises avec ces tensions si Donald Trump, jugeant insuffisamment contraignant l\u2019accord international de 2015 encadrant le développement de l\u2019industrie nucléaire iranienne, ne s\u2019en était pas retiré l\u2019année dernière pour ensuite rétablir des sanctions américaines qui asphyxient l\u2019économie iranienne.Une stratégie qui empêche l\u2019Iran de vendre son pétrole, qui le renvoie à son état d\u2019endiguement et qui se rend utile aux intérêts des Saoudiens et des Israéliens.Il se trouve que, pendant que le commun des Iraniens souffre, et souffre gravement, le régime théocratique, lui, reste robuste.Aux actions qu\u2019il mène dans le golfe Persique pour nuire au trafic pétrolier, l\u2019Iran jouxte des gestes calibrés \u2014 et réversibles \u2014 de rupture avec l\u2019accord nucléaire, ainsi qu\u2019il l\u2019a fait lundi en dépassant la limite négociée de l\u2019enrichissement de l\u2019uranium.Entre le refus de l\u2019Iran de se laisser intimider et la stratégie de « pressions maximales » du président Trump, l\u2019épreuve de force se corsera avant qu\u2019une logique de négociation prenne le relais de la diplomatie des armes.Une guerre ?Improbable, disent les experts patentés.Nul doute cependant que le degré de dangerosité de ces jeux navals va augmenter avec le projet annoncé par Washington de former à brève échéance une coalition militaire internationale pour assurer la liberté de navigation dans le Golfe.La Grande-Bretagne est dans une position qui prête le flanc à une ambiguïté croissante.Avec l\u2019appui de Londres et de Berlin, les deux autres capitales signataires de l\u2019accord, Paris mène une difficile médiation pour tenter de calmer le jeu et de sauver l\u2019accord, si tant est qu\u2019il puisse encore l\u2019être.Sauf que la plus récente poussée de fièvre donne à penser que l\u2019adhésion anglaise à l\u2019entente vacille.Ce glissement risque de s\u2019accentuer au vu de la polémique entourant la démission de l\u2019ambassadeur britannique à Washington, Kim Darroch, après la fuite de télégrammes diplomatiques dans lesquels il a qualifié le gouvernement Trump d\u2019« inepte » et de « dysfonctionnel ».Pour avoir refusé à répétition de défendre l\u2019ambassadeur, le probable nouveau premier ministre Johnson s\u2019est finalement trouvé, au grand dam du Foreign Office et d\u2019une bonne partie de la classe politique britannique, à s\u2019assujettir à M.Trump \u2014 faisant le calcul qu\u2019il ne lui fallait pas compromettre ses chances de conclure avec les États-Unis un accord de libre-échange, une fois le Brexit consommé.Suivant cette logique, disait un chroniqueur du Guardian, M.Johnson expose le Royaume-Uni à se voir transformer en « vassal d\u2019un État unilatéra- liste capricieux », où le futur premier ministre « serait le Carrie Lam britannique du Xi Jinping américain ».Encore que cette vassalisation a au moins un précédent : la soumission de Tony Blair à la guerre d\u2019Irak de George W.Bush \u2014 et à tous ses mensonges.Josée Boileau Journaliste au Devoir de 1989 à 1993, puis de 2001 à 2016, où elle a notamment été rédactrice en chef L\u2019histoire du Devoir est indissociable de la vie de Renée Rowan, qui y travailla de 1944 à 1990, comme le rappelle l\u2019article que le quotidien lui a consacré mardi pour annoncer son décès.Histoire de famille d\u2019abord, puisqu\u2019elle était la nièce du directeur Georges Pelletier, qui lui offrit d\u2019abord d\u2019être sa secrétaire.C\u2019est vite devenu une histoire d\u2019amour entre elle et le journal, et une grande histoire professionnelle puisque rapidement, à la fin des années 1940, elle a été invitée à devenir journaliste.Renée avait parfaitement conscience de son rôle comme femme dans un média, la première affectée au « général » plutôt qu\u2019à la page féminine dans le petit monde du journalisme montréalais.Je dis « Renée » parce que tout le monde l\u2019appelait ainsi en travaillant à ses côtés.Mais le prénom allait de pair avec le respect qui lui était dû comme pionnière et comme enfant de la maison.Même les plus machos des patrons \u2014 il n\u2019en a pas manqué durant ses années de pratique ! \u2014 lui accordaient une immense considération.Cette femme rigoureuse dans le travail était par ailleurs d\u2019une gentillesse exquise et d\u2019une grande générosité.Quand je fus embauchée au Devoir en novembre 1989, jeune journaliste très impressionnée par tous ces grands noms que j\u2019allais côtoyer, elle me fit installer au bureau à ses côtés et manifesta à mon égard un soutien constant, comme elle l\u2019avait fait avec tant d\u2019autres jeunes journalistes avant moi.Je ne l\u2019ai pas longuement côtoyée : à l\u2019hiver 1990, elle prenait sa retraite.Mais elle me dit alors ces mots marquants : elle pouvait partir parce que la relève était assurée.Et pour elle, la relève avait une connotation précise : ça voulait dire « féministe ».Déjà sensible aux sujets pouvant intéresser les femmes, elle avait tenu pendant des années, à partir de 1964, la chronique « Le panier à provisions », alors que la consommation n\u2019était pas encore un sujet à la mode dans les médias.Puis, à l\u2019approche de l\u2019Année inter- Renée Rowan, le journalisme au féminin Comme le disait Jean-François Nadeau dans Le Devoir, Renée Rowan a été une pionnière du journalisme féministe, mais elle était aussi une femme douce, généreuse, curieuse de l\u2019actualité, aimante et enjouée.Elle dévorait à une certaine époque plusieurs livres par semaine.J\u2019ai eu le bonheur de partager son amitié durant plus de 65 ans\u2026 Nous avons travaillé ensemble pendant plus de 15 ans.C\u2019est elle qui m\u2019a aidée à abolir la page féminine pour intégrer l\u2019information éducative et sociale à l\u2019ensemble du journal afin que les femmes et les hommes aient accès à la même information.Ce n\u2019était pas facile, car les annonceurs retiraient leur commandite et la direction hésitait.Mais nous avons réussi.Nous pratiquions à l\u2019époque un féminisme d\u2019intégration plutôt que de revendication.Nous prenions tous les moyens pour occuper les places qui semblaient nous revenir.Et cela a réussi.Merci, Renée, de m\u2019avoir épaulée.J\u2019ai eu le privilège de l\u2019embrasser une dizaine de jours avant son départ.Merci, Renée, au nom de ces centaines de femmes journalistes au Québec qui ont suivi tes traces.Solange Chalvin, journaliste texte Le 11 juillet 2019 Une grande dame nommée Renée LIBRE OPINION LETTRES ESCALADE PERSIQUE Donald, Boris et les autres A ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER tribué à quelqu\u2019un, il tombe entre les craques, passe sous le radar.Pour les femmes, c\u2019est là un grand piège.Restons vigilantes ! Message entendu ! Mon intérêt pour le féminisme était si manifeste que, comme elle, sans affectation nette, je proposais naturellement des sujets «de femmes» à mes patrons.Et je revenais à la charge même si on me disait non.Renée Rowan m\u2019appuyait totalement! Elle était solide, cette chère Renée.Et terre à terre.Et tellement rassurante.Sur le sort du Devoir par exemple.En 1989, le journal est pris dans de fortes turbulences financières.Encore une fois.Et cette fois-là semble la bonne.Encore une fois ! Renée me résumera ça bien simplement.Quand elle s\u2019est mariée en 1952, son conjoint lui a dit que le couple ne compterait pas sur son salaire vu le sort incertain du Devoir, toujours susceptible de fermer d\u2019un mois à l\u2019autre.En 1989, l\u2019anecdote la faisait toujours éclater de rire ! En 2019, peut-être a-t-elle encore eu la force d\u2019en rigoler franchement, bien fière de la survie de ce journal qu\u2019elle aimait tant.nationale de la femme de 1975, elle propose à ses patrons une chronique qui rendrait compte des activités multiples organisées par les groupes de femmes.Ils acceptent, et la page « Féminin pluriel » est ainsi créée.Quand 1975 prend fin, la chronique est vouée à disparaître.Ça ne dure qu\u2019une semaine ! Les groupes protestent tellement que la page revient, et elle sera publiée jusqu\u2019en 1986.Pour de jeunes féministes comme moi, c\u2019était là un véritable rendez-vous.Lorsque « Féminin pluriel » disparaîtra pour de bon, au nom de l\u2019égalité qui faisait en sorte, disaient les patrons, qu\u2019il n\u2019y avait plus à distinguer la condition féminine du reste, Renée Rowan continuera de suivre ce dossier, même sans y être spécifiquement affectée, comme on dit dans le métier.Elle n\u2019était pas dupe et m\u2019avait fait une mise en garde : quand un thème n\u2019est pas spécifiquement at- Renée Rowan, je me souviens Je veux saluer Renée Rowan, cette femme exceptionnelle qui nous a quittés il y a quelques jours.Nous avons été journalistes ensemble, notamment dans les années 1980.Je me souviens de l\u2019appui discret et amical qu\u2019elle prodiguait à ses collègues femmes plus jeunes.Je me souviens aussi de l\u2019ardeur et de l\u2019humilité qu\u2019elle déployait dans son travail.Elle était assise non loin de moi dans la salle de rédaction, rue Saint-Sacrement, de sorte que je la voyais à l\u2019œuvre.Elle voulait tout comprendre et semblait toujours avoir une dernière question pour son interlocuteur au téléphone.Elle a couvert beaucoup de conflits dans le secteur de la santé et savait bien, au-delà de l\u2019esbroufe, aller à l\u2019essentiel.Je me rappelle aussi qu\u2019à un moment, elle aidait sa fille Christine à dactylographier un travail de maîtrise ou de doctorat et que j\u2019en étais suprêmement impressionnée.Quelle belle relation elle a avec sa fille, me disais-je! Comment ar- rive-t-elle à tout faire?Plus tard, lorsque j\u2019ai moi-même été maman, j\u2019ai mieux compris les acrobaties auxquelles elle se livrait régulièrement, avec le plus grand naturel.Paule des Rivières Le 10 juillet 2019 Chère Renée ! Pour l\u2019avoir souvent accompagnée comme photographe lors de Québec, ville automobile Nous avons appris récemment, dans un média, que dans la ville de Québec, les piétons sont deux fois et demie plus pénalisés que les automobilistes par les policiers autour des passages piétonniers.Ça fait longtemps que j\u2019habite à Québec, et je suis habitué de voir des voitures passer sur les lumières jaunes, et rouges, au coin des rues et boulevards les plus achalandés de la ville.La Ville de Québec, son maire, et la police de Québec sont très bien renseignés sur ce fait, mais ils ne font rien.L\u2019article dudit média, mon texte d\u2019opinion, et les autres plaintes des citoyens à ce sujet (et il y en a en masse) ne changeront absolument rien\u2026 David Doyon Québec, le 2 juillet 2019 ses rencontres destinées aux articles publiés dans Le Devoir, j\u2019ai pu observer qu\u2019elle allait droit au but lorsqu\u2019elle posait des questions aux personnes interviewées, sans pour autant que celles-ci se sentent mal à l\u2019aise.Elle savait plutôt obtenir leurs confidences afin de mieux connaître la vérité.La soif d\u2019une franchise sans détour figurait parmi ses nombreuses qualités.Jacques Grenier Le 10 juillet 2019 À l\u2019approche de l\u2019Année internationale de la femme de 1975, Renée propose à ses patrons une chronique qui rendrait compte des activités multiples organisées par les groupes de femmes.Ils acceptent, et la page « Féminin pluriel » est ainsi créée. B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.ÉLECTIONS FÉDÉRALES Le pari de Steven Guilbeault En 2015, alors qu\u2019il était encore le directeur principal de l\u2019organisme environnemental Équiterre, Steven Guilbeault avait été choisi comme l\u2019une des 25 personnes les plus puissantes du Québec, selon le magazine L\u2019Actualité.Il occupait la 22e place, derrière les présidents des associations de médecins spécialistes et d\u2019omnipraticiens, mais devant André Pratte, alors éditorialiste en chef de La Presse.Le pouvoir de l\u2019environnementaliste le plus en vue du Québec ne découlait ni de son poste ni de sa richesse, mais plutôt de la force de ses idées, qu\u2019il avait su diffuser « grâce à une personnalité et à un charisme hors du commun ».Qui sait donc ce qui se serait produit si M.Guilbeault avait décidé de se lancer en politique cette année-là aux côtés du chef libéral Justin Trudeau.Serait-il devenu la conscience environnementale du gouvernement Trudeau, le poussant vers des objectifs toujours plus ambitieux en matière de réduction de gaz à effet de serre et dans l\u2019accélération de la transition énergétique ?Ou aurait-il claqué la porte du gouvernement devant la lenteur des progrès ?La décision de M.Guilbeault de se porter candidat du Parti libéral du Canada dans la circonscription de Laurier\u2013Sainte- Marie maintenant, en 2019, n\u2019est pas sans contradictions.Il se joint à une équipe dont le bilan en matière d\u2019environnement demeure, malgré l\u2019adoption d\u2019une taxe sur le carbone dans les provinces n\u2019ayant pas leur propre système de tarification, lourdement critiqué par ses anciens camarades d\u2019armes au sein du « mouvement ».Pense-t-il vraiment qu\u2019il pourra convaincre M.Trudeau d\u2019adopter des politiques environnementales plus robustes que celles qu\u2019il a déjà choisies, jusqu\u2019à renoncer à l\u2019expansion de l\u2019oléoduc Trans Mountain, projet auquel il vient de donner son approbation une deuxième fois ?M.Guilbeault a beau réitérer son opposition aux pipelines, il n\u2019aurait d\u2019autre choix que de se rallier à la décision du gouvernement Trudeau dans le dossier Trans Mountain s\u2019il souhaite siéger au Conseil des ministres, le principe de la solidarité ministérielle étant plutôt étanche dans notre système parlementaire.Et qu\u2019on ne se méprenne pas : si M.Guil- beault va à Ottawa, ce n\u2019est pas pour devenir député d\u2019arrière-ban.S\u2019il a si longtemps médité avant de se lancer en politique, c\u2019est au moins en partie parce qu\u2019il n\u2019avait pas envie de voir son influence diminuer plutôt que d\u2019augmenter.Il ne vise rien de moins que le pouvoir.« Je l\u2019ai fait pendant 25 ans, être à l\u2019extérieur, proposer des choses et critiquer.Je pense qu\u2019il est temps pour moi de passer à une autre étape et d\u2019essayer de faire changer les choses de l\u2019intérieur.Et c\u2019est ce que je vais faire », a dit M.Guil- beault mercredi, lors de sa nomination comme candidat dans Laurier\u2013Sainte-Marie.Le sourire de M.Trudeau, venu assister à la rencontre, en disait long sur son état d\u2019âme.L\u2019arrivée au sein de l\u2019équipe Trudeau de M.Guilbeault est une formidable preuve de la force d\u2019attraction du premier ministre, qui demeure intacte malgré une première moitié de 2019 qui laissait planer des doutes sur sa capacité à se relever de l\u2019affaire Jody Wilson- Raybould.Pour la première fois en presque 30 ans, un candidat libéral part favori dans Laurier\u2013Sainte-Marie, cette circonscription quasi mythique de l\u2019île de Montréal qui avait élu le premier député du Bloc québécois en 1990 et qui est passée aux mains du Nouveau Parti démocratique en 2011.Si M.Guilbeault semble destiné à occuper une place importante lors de la campagne électorale du PLC au Québec, sa candidature pourrait compliquer la tâche des libéraux à l\u2019extérieur du Québec.Le passé de M.Guilbeault à Greenpeace, un organisme qui a généralement la réputation d\u2019être le plus radical des groupes environnementaux qui militent au pays, sera abondamment souligné par les conservateurs dans le reste du pays.M.Guilbeault pourrait se voir obligé de répudier les tactiques controversées de son ancien employeur s\u2019il ne veut pas que M.Trudeau soit associé à un environnementaliste radical.Il est peut-être toujours fier d\u2019avoir escaladé la tour CN à Toronto en 2001 afin de dérouler une banderole de Greenpeace taxant les gouvernements canadien et américain de l\u2019époque de climate killers, en raison de leur non-rati- fication du protocole de Kyoto (le Canada sous Jean Chrétien a ensuite ratifié cette entente, mais le Canada a néanmoins raté les cibles de Kyoto en matière de réduction des GES), mais son coup d\u2019éclat serait utilisé contre lui et son parti dans certaines circonscriptions par les conservateurs.Il n\u2019en demeure pas moins que le saut en politique de M.Guilbeault est un développement heureux.Les candidats de son envergure demeurent trop peu nombreux par les temps qui courent.Et il peut donner l\u2019exemple avec sa façon toujours posée de débattre des enjeux.Reste néanmoins à voir s\u2019il saura imposer ses idées à Ottawa ou s\u2019il finira comme Nicolas Hulot, l\u2019environnementaliste vedette recruté par le président français Emmanuel Macron mais qui a démissionné du gouvernement l\u2019an dernier en déclarant ne plus vouloir se mentir à lui-même.Après tout, on n\u2019appelle pas la politique l\u2019art du possible pour rien.KONRAD YAKABUSKI Sam Haroun Auteur Il ne nous manquait plus que cela : bien droit dans ses bottes d\u2019autocrate, Vladimir Poutine fait la leçon aux démocraties, qu\u2019il juge trop molles en matière d\u2019immigration et trop complaisantes en ce qui concerne « les libertés sexuelles ».Tenant d\u2019un pouvoir « viril » et d\u2019un ordre moral inspiré de l\u2019orthodoxie religieuse à laquelle il s\u2019est converti sur le tard, Poutine ne voit dans la démocratie qu\u2019un régime fragile, décadent, livré aux influences délétères de la modernité.Pour ce qui est de l\u2019immigration, Pou- tine est mal placé pour en parler puisqu\u2019il serait étonnant que les Baltes, les Polonais et les Ukrainiens, proches voisins des Russes, veuillent émigrer en Russie, vu l\u2019état de servitude qu\u2019ils ont subi du temps de l\u2019Union soviétique, dont, du reste, il est un nostalgique fleuron : ils préfèrent émigrer en Europe occidentale, où les conditions de vie sont infiniment meilleures et les libertés, mieux assurées.Ce qui n\u2019a pas empêché les démocraties de prospérer et de s\u2019en mieux porter ! Quant à ces libertés, et pour la gouverne de M.Poutine, il n\u2019y a pas de « libertés sexuelles » en démocratie, mais des libertés individuelles qui irriguent et fécondent toutes les activités humaines et dont jouissent tous les individus, hommes et femmes de tous les horizons.Les autocrates ont un problème épidermique avec les libertés : ils en ont peur, ils pensent que celles-ci sont génératrices de troubles, d\u2019anarchie, qu\u2019elles sont une menace à leur autorité.Pour un libéral disciple de Locke et de Tocqueville, liberté n\u2019est pas licence, mais exigence, civisme, sens des responsabilités dans l\u2019État de droit.Le démocrate épris de liberté se fait violence, maîtrise ses instincts, alors que l\u2019autocrate, lui, fait violence aux autres et donne libre cours aux plus vilaines de ses pulsions : le premier s\u2019impose rigueur et discipline, le deuxième s\u2019abandonne aux excès de son pouvoir.Multiculturalisme et identité Le populisme n\u2019est pas nouveau.Dans l\u2019entre-deux-guerres (1919-1939), les libertés, l\u2019immigration, le parlementarisme et autres « dérives » démocratiques étaient la cible, entre autres, de l\u2019Action française de Charles Maurras en France, nationale-populiste avant l\u2019heure, qui vomissait la République parlementaire (qualifiée de « gueuse ») et vouait le juif aux gémonies parce que celui-ci déconstruisait (mot fétiche des populistes pour désigner le travail de sape des étrangers dans un pays d\u2019accueil) le tissu identitaire d\u2019un peuple.Hier le juif, aujourd\u2019hui le basané d\u2019Afrique et d\u2019Asie, notamment musulman : bref, chaque société sécrète son métèque ! Ce manichéisme repose sur un mensonge : l\u2019immigration n\u2019a pas empêché les démocraties d\u2019Europe et d\u2019Amérique de prospérer et de promouvoir les droits et les libertés, sans compter que le sens de l\u2019État et le sentiment national sont bien vivants, en France, en Allemagne et ailleurs.Au Québec, on a tendance à croire que la démocratie libérale privilégie le multiculturalisme, et donc altère le sentiment national des Québécois.Les populistes en font leurs choux gras et veulent subséquemment réduire les libertés et l\u2019immigration tout à la fois.C\u2019est un mauvais procès qu\u2019on fait à la démocratie libérale.Le multicultura- lisme tend à classer les individus selon les ethnies, la religion, les nationalités, ce qu\u2019on appelle les ethnocultures, alors que le libéralisme politique met l\u2019accent sur les individus et sur leur appartenance à un corps politique appelé société, État, nation.Dans une démocratie libérale, l\u2019individu est un citoyen, non l\u2019affilié à une ethnoculture.L\u2019introduction du multiculturalisme dans nos institutions (art.27 de la Charte canadienne) nuit au sentiment d\u2019appartenance à la nation.Par pitié, qu\u2019on cesse de confondre le multicul- turalisme avec le libéralisme politique ! Pour les adeptes des régimes autoritaires, tout est prétexte à dénigrer la démocratie : l\u2019immigration, la lenteur des procédures parlementaires et judiciaires, la multiplicité des débats, le pluralisme des partis politiques et des mouvements socioculturels, surtout l\u2019impression d\u2019un délitement (ou dé- construction) du tissu identitaire.Ils oublient que la nation est plus qu\u2019une identité, c\u2019est une adhésion à un passé, à des traditions, à des principes, à des représentations, c\u2019est une volonté d\u2019appartenance à une entité qui se forge continuellement en fonction du temps, de l\u2019évolution des mentalités et des lois.Pendant deux siècles, la démocratie libérale a accompagné l\u2019épanouissement des États et des nations dans le monde, elle ne l\u2019a nullement entravé comme veulent nous le faire croire les radicaux-populistes d\u2019Europe et d\u2019Amérique.La démocratie libérale face à la tentation autoritaire Éric Poirier Avocat et doctorant en droit Le 2 juillet dernier, on apprenait la signature d\u2019une entente unissant deux associations de défense des droits des francophones hors Québec et le groupe porte-parole des Anglo-Québécois (le Quebec Community Groups Network).Le lendemain, Le Devoir rapportait que la Commission scolaire English Montreal pouvait compter sur l\u2019appui de l\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario et de la Société de l\u2019Acadie du Nouveau-Brunswick dans son combat judiciaire visant à bloquer la décision du gouvernement québécois de transférer deux écoles anglophones à une commission scolaire francophone de Montréal.La nouvelle brise l\u2019élan qui, depuis plusieurs mois, favorisait un rapprochement entre le Québec et les francophones minoritaires.On rappelle souvent l\u2019intervention du procureur général du Québec devant la Cour suprême du Canada dans l\u2019affaire Commission scolaire francophone du Yukon, district scolaire #23 c.Yukon (2015).La commission scolaire francophone souhaitait se voir reconnaître le pouvoir de fixer elle-même les critères d\u2019admissibilité dans son école.Québec plaidait l\u2019inverse ; il voulait s\u2019assurer que ce pouvoir demeure entre les mains des gouvernements provinciaux (et dans cette affaire, du territoire).C\u2019était une façon de défendre la loi 101.Au sein de la francophonie minoritaire, la réaction à la plaidoirie du procureur général du Québec avait été vive.Le gouvernement québécois était presque accusé d\u2019être responsable de l\u2019assimilation des francophones hors Québec.Le 30 janvier 2015, le président d\u2019une association de défense des droits des francophones minoritaires écrivait ceci dans les pages du Devoir : « Je trouve vraiment déplorable que le Québec, qui est notre grand frère, n\u2019ait pas la capacité, ni le courage, de se tenir à nos côtés.» Mais à ce moment, on se souvenait moins de l\u2019autre côté de la médaille.Dans les affaires Nguyen (2009), Solski (2005) et MacDonald (1986), ce sont les associations de défense des droits des francophones minoritaires qui intervenaient en Cour suprême contre la position du Québec.On pourrait aussi rappeler les deux affaires Blaikie (1979 et 1981), dans lesquelles Georges Forest, l\u2019un des plus grands défenseurs du fait français au Manitoba, joignait sa voix aux adversaires de la loi 101.Dans l\u2019affaire Solski, le procureur général du Québec soutenait que le droit à l\u2019instruction dans la langue de la minorité prévu dans la Charte canadienne devait être interprété en tenant compte du contexte particulier du Québec.Des associations de défense des droits des francophones minoritaires étaient intervenues pour exprimer leur « profond désaccord » avec cette position.« Au contraire », écrivaient-elles dans leur mémoire, ce qu\u2019il faut, c\u2019est « imposer des balises nationales [pancanadiennes] en matière d\u2019éducation dans la langue de la minorité ».Dans l\u2019affaire MacDonald, le procureur général du Québec défendait le droit des municipalités québécoises de diffuser des documents de nature judiciaire rédigés uniquement en français.À l\u2019opposé, la Société franco-manito- baine soutenait, dans un mémoire déposé en anglais seulement, que la Constitution de 1867 « protège l\u2019utilisation de la langue de la minorité linguistique contre la tyrannie de la majorité », et que cet objectif serait trahi si la Cour tranchait en faveur du Québec, c\u2019est-à-dire « en faveur du pouvoir de la majorité [québécoise] [\u2026] d\u2019éradiquer l\u2019utilisation de l\u2019anglais dans tous les documents imprimés » (traduction libre).Un sommet pour 2020 On entend souvent dire que le Québec ignore les réalités de la francophonie minoritaire.L\u2019entente du 2 juillet rappelle que l\u2019inverse est aussi vrai.On aura entendu (le 12 juin 2019, alors que l\u2019entente était en préparation) le président de l\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario dire que les francophones minoritaires et les An- glo-Québécois vivent « la même situation ».On aura aussi entendu (le 12 juillet, lors de sa signature) le président de la Société de l\u2019Acadie du Nouveau- Brunswick faire des parallèles : « Dans les communautés anglophones du Québec, cela peut ressembler drôlement à ce que peuvent vivre les communautés acadiennes du Nouveau- Brunswick.» Les francophones hors Québec ne sont pas des dead ducks.De là l\u2019intérêt d\u2019un sommet sur « le rapprochement des francophonies canadiennes », qui doit avoir lieu en juin 2020 à Québec.Il faudra alors garder en tête l\u2019entente du 2 juillet.Et il faudra surtout poser la question du régime.Car la politique linguistique canadienne a été construite de façon à opposer le Québec et les minorités francophones.La francophonie canadienne peut-elle écrire sa propre histoire ?Québec a-t- il complètement repris goût à défendre ses intérêts nationaux ?L\u2019occasion est historique.FRANCOPHONIE Il faut revoir la politique linguistique canadienne La politique linguistique canadienne a été construite de façon à opposer les minorités francophones et le Québec.La francophonie peut-elle écrire sa propre histoire ?Au Québec, on a tendance à croire que la démocratie libérale privilégie le multiculturalisme, et donc altère le sentiment national des Québécois LEDEVOIR // LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 JUILLET 2019 B 10 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R Voir tous les détails sur MLS 12385814 DOMAINE PONTBRIAND | RAWDON Propriété de prestige unique sur le marché situé au domaine Pontbriand à Rawdon.Superbe construction en Maibec, avec piscine creusée intérieure.MICHEL BOILY 418-683-9300 COURTIER IMMOBILIER RE/MAX 1ER CHOIX M.B.SAINTE-PÉTRONILLE I.O.1619, rue Candide-Ducharme | 418.657.2599 Québec 735 000 $ Ville de LAC BROME LAC BROME LOIS HARDACKER Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Au Sommet, Agence Immobilière 450 242-2000 www.loishardacker.com in anchisé r F e immobilièr e Agenc dépendant D E P R E S T I G 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