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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-07-15, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 156 / LE LUNDI 15 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Une wikipédienne pionnière prône la diversification des voix CATHERINE LALONDE LE DEVOIR a bibliothèque de l\u2019Université Concordia annonçait il y a quelques jours la nomination de l\u2019occupante de sa toute première résidence pour wikipé- diens, Amber Berson.Pendant la prochaine année, Mme Ber- son, doctorante en histoire de l\u2019art et wikipé- dienne d\u2019expérience, féministe, fascinée par le concept de l\u2019accessibilité, développera outils et formations pour penser ces idées à travers celles véhiculées par la giga-néo-encyclopédie virtuelle qu\u2019est Wikipédia.Elle entraînera aussi, côté pratico-pratique, de nouveaux rédacteurs et éditeurs, qui pourront, espère-t-elle, diversifier les voix et les points de vue contribuant à cette plateforme, grand œuvre collectif du savoir.« Tous mes projets tournent autour de l\u2019accès et de l\u2019accessibilité », explique en entrevue téléphonique Amber Berson.« J\u2019aime penser observer qui a accès à l\u2019information, à un lieu, à une institution.Ces idées me sont importantes.Wi- kipédia est à la base un projet de libre accès : techniquement, tout le monde peut y participer.» De là, il n\u2019y a qu\u2019un pas pour se demander qui a accès au libre accès, pas que Mme Berson franchit allègrement.« Dès le début de Wikipé- dia, on notait que les deux tiers des contributeurs possédaient un bac.Ce sont déjà des privilégiés, par l\u2019éducation, qui y ont contribué.Et si on pense même juste à l\u2019accès Internet ?Qui peut profiter d\u2019un accès fiable, peu coûteux ?Qui a assez de temps libre ou est rétribué autrement pour pouvoir donner du temps à Wiki ?Déjà se dessinent des situations privilégiées, même si on dit dans la définition de la plateforme que tous peuvent y participer.Entrent en ligne de compte des Avis légaux.A4 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 ACTUALITÉS En Pologne, la dernière forêt vierge d\u2019Europe est menacée |A 5 ACTUALITÉS Moins de parcs tondus, plus de plantes sauvages A 8 VOIR PAGE A 2 : WIKIPÉDIA ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR PÉTROLE Des milliers de wagons de kérosène traverseront Montréal Au terme de la finale la plus longue de l\u2019histoire du simple hommes aux Internationaux de tennis de Wimbledon, Novak Djokovic a gagné dimanche ce tournoi pour la cinquième fois de sa carrière.Il est venu à bout de Roger Federer au bris d\u2019égalité, à 13-12, lors de l\u2019ultime manche.Le Serbe a désormais seize titres du Grand Chelem dans sa collection, tandis que le Suisse reste bloqué à vingt.VOIR PAGE B 4 DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE Pour Djokovic, le bonheur est sur le gazon Le terminal maritime de carburant d\u2019avion qui sera construit dans l\u2019est de Montréal servira principalement à répondre aux besoins de l\u2019aéroport Pearson de Toronto.Près de 11 000 wagons-citernes chargés de kérosène partiront ainsi chaque année de ce terminal, traversant l\u2019île de Montréal d\u2019est en ouest, en direction de l\u2019Ontario.Un transport qui longera des secteurs habités et qui soulève des inquiétudes, même si les autorités affirment que tout est prévu pour assurer la sécurité des citoyens.Le gouvernement du Québec a officiellement approuvé au début du mois la construction de ce nouveau terminal de réception et de stockage de carburant d\u2019avion, qui sera installé par la Corporation internationale d\u2019avitaillement de Montréal (CIAM) sur le bord du fleuve Saint-Laurent, dans l\u2019est de la ville.La semaine dernière, le ministère de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a aussi mis en ligne différents « avis » concernant ce projet, dont un produit par la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP).Celui-ci stipule que le projet modifiera la chaîne d\u2019approvisionnement en carburant, notamment en augmentant le transport ferroviaire et par camions- citernes sur le territoire montréalais.Amber Berson MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR LE DEVOIR DE CITÉ À Montréal, l\u2019entreprise de trottinettes Lime veut être le bon élève B 5 VOIR PAGE A 2 : KÉROSÈNE L 11 000 C\u2019est à peu près le nombre de wagons-citernes qui traverseront l\u2019île d\u2019est en ouest. ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 15 JUILLET 2019 Améliorer la littéracie numérique WIKIPÉDIA SUITE DE LA PAGE A 1 notions d\u2019accessibilité et de privilèges qui font que pas mal de biais se glissent sur Wiki.Mais plus on forme de gens pour être rédacteurs ou éditeurs, plus on redistribue les fonds amassés par Wikimédia à des gens de partout dans le monde qui sont dans toutes sortes de situations, plus on ouvre la porte à de l\u2019écriture et de l\u2019édition non institutionnalisées, et à des voix diverses.» Des chronologies féministes À la bibliothèque de Concordia, rappelle Lorie Kloda, idéatrice de la résidence et directrice adjointe de la planification et des relations avec la communauté, un des mandats «est de soutenir et d\u2019améliorer la littératie numérique, incluant celle des étudiants et des professeurs.Un wikipédien en résidence pouvait aider cet aspect.Et Wikipédia est une ressource d\u2019une importance énorme pour tout le monde désormais, bien que nous en sachions très peu sur la plateforme, même lorsque nous croyons le contraire.» Le mandat de Mme Berson sera de travailler d\u2019abord avec les étudiants et profs de Concordia, mais ses formations et événements, en anglais et en français, seront ouverts à tous publics.« Je veux créer des liens entre ce qui se passe déjà à Montréal \u2014 comme les mardis Wiki de la Grande Bibliothèque ou l\u2019atelier mensuel pour les gens qui veulent apprendre \u2014 et l\u2019université», poursuit Mme Berson.La résidente inaugurale nomme aussi son intention de pousser une approche féministe.Elle rédigera un manuel des bonnes pratiques, «qui n\u2019existe pas encore.Wiki a toute une politique sur la manière d\u2019ajouter une citation, de travailler avec les fake news, mais pas de guide sur la manière de faire des modifications féministes.Je ne peux pas l\u2019écrire toute seule \u2014 ça ne serait pas féministe\u2026 Ça nécessite plusieurs voix et plusieurs discussions.Ce contexte universitaire, où je peux travailler aussi avec le grand public, est un bon lieu pour ça».Comment penser un Wikimédia plus féministe, comme Amber Berson le désire, plus ouvert aux femmes, aux trans, aux non-binaires ?« La base, c\u2019est d\u2019abord de former davantage de personnes qui ne sont pas des hommes blancs à Wiki.» En 2011, d\u2019après une étude de Wikipédia, seulement 8,5 % des rédacteurs étaient des femmes.Ensuite, croit Mme Berson, les nuances peuvent se faire par la chronologie ou la discussion.Un exemple?Éliminer l\u2019accent mis dans les premières lignes d\u2019une biographie sur les relations familiales, par exemple, surtout si la page porte sur une personnalité féminine, et les reléguer un peu plus bas.Mme Berson nomme Ada Lovelace (1815-1851) : « Elle mérite sa page Wiki et elle est célèbre parce qu\u2019elle a été une des meilleures programmatrices d\u2019ordinateurs au monde, point.Pas parce que son père, le poète Lord Byron, était célèbre.Oui, ça pique la curiosité, c\u2019est amusant de le savoir, mais ça n\u2019a pas à faire partie des premières choses à nommer sur Mme Lovelace.Il suffit souvent de simplement déplacer l\u2019information sur la page.» Autre exemple ?« Je voulais écrire un article sur l\u2019artiste montréalaise Jacqueline Hoang Nguyen, qui vit maintenant à Stockholm.Je me suis fait dire par la communauté que le magazine Canadian Art n\u2019était pas une référence assez crédible pour justifier une entrée sur elle, que cette couverture n\u2019était pas assez importante.Alors, je m\u2019engage, je poursuis la discussion, j\u2019explique que Canadian Art est plus que crédible et respectable, que c\u2019est un magazine spécialisé.Parfois, en appliquant certaines politiques de Wikipédia, on risque d\u2019exclure des pages qu\u2019on voudrait vraiment inclure.Il faut davantage de voix diverses qui discutent des politiques internes de Wikimédia, de ce que sont de \u201cbonnes\u201d sources et références.Éventuellement, nous pourrons valoriser ainsi, sur la plateforme, des connaissances non reconnues par les universités.Je pense à des sources qui ne sont pas traditionnelles, aux connaissances des Premières Nations ou aux traditions orales, par exemple.» N\u2019est-ce pas un programme ambitieux pour une petite année de résidence, à temps partiel (un jour par semaine) ?« Je suis là pour démarrer des projets qui pourront se poursuivre ensuite sans moi; pour ouvrir des portes», estime Amber Berson.La bibliothèque de Concordia évaluera plus tard si elle reconduit cette résidence.Des convois qui préoccupent KÉROSÈNE SUITE DE LA PAGE A 1 « Ces modifications substantielles dans la chaîne d\u2019approvisionnement accroissent le potentiel d\u2019incidents avec des conséquences pour l\u2019environnement et la santé des Montréalais plus élevées », ajoute la DRSP.Selon les données de la CIAM, entre 830 millions et 1,1 milliard de litres de kérosène déchargés au futur terminal seront destinés chaque année à l\u2019aéroport Pearson de Toronto, soit deux fois et demie la quantité destinée à l\u2019aéroport de Montréal.Tout ce carburant sera transporté dans des wagons-citernes de 110 000 litres chacun, à raison de « 20 à 30 wagons » par jour.Sur une base annuelle, le promoteur précise qu\u2019un total de 10 950 wagons pourraient être nécessaires.En supposant un convoi d\u2019une taille moyenne de 72 wagons, soit la taille du convoi de Lac-Mégantic en 2013, c\u2019est l\u2019équivalent de 152 convois qui quitteront chaque année les installations de la CIAM.Ces wagons chargés de kérosène traverseront l\u2019île de Montréal d\u2019est en ouest, en longeant plusieurs secteurs habités, notamment à Saint-Léonard, Ahuntsic, Dorval et Beaconsfield.Il faut ajouter à cela près de 3000 camions qui partiront chaque année de Montréal-Est et de l\u2019aéroport de Dorval (où le kérosène sera acheminé par le pipeline Trans-Nord, qui a connu plusieurs « incidents » au cours des dernières années) pour aller livrer du carburant à l\u2019aéroport d\u2019Ottawa, soit environ 150 millions de litres par année.LIANCHAO LAN À SHANGHAI AGENCE FRANCE-PRESSE Nie Feng, un jeune employé de Shanghai, jetait jusqu\u2019à présent négligemment ses sacs-poubelle avant de filer au travail.Mais ses habitudes ont dû changer avec le lancement du tri sélectif dans la ville, la plus grande en Chine à le faire à cette échelle.La métropole de 25 millions d\u2019habitants applique depuis le 1er juillet le plus ambitieux programme de tri des déchets jamais vu dans le pays, peu habitué à ces méthodes de collecte déjà bien connues en Occident.Mais il y a aujourd\u2019hui urgence, car avec 1,4 milliard de consommateurs, la Chine croule sous une montagne croissante d\u2019ordures.En cause : un mode de vie de plus en plus développé, et tourné vers une consommation effrénée.Peu habitué aux règles de tri, Nie Feng consulte un immense tableau accroché au mur, indiquant qu\u2019il lui faut désormais placer dans trois poubelles différentes les arêtes de poisson, les os de porc et les sacs plastiques.«Tout ça, c\u2019est bien pour la société, mais on continue de faire des erreurs de tri, dit en souriant M.Nie, employé d\u2019une société de négoce, en tentant de répartir Shanghai inaugure la «bataille» du tri des déchets en Chine Inquiétudes Tout ce transport de kérosène sur l\u2019île de Montréal inquiète Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution.Selon lui, ce transport par train et par camion représente un risque bien réel pour les citoyens, notamment ceux qui vivent le long du tracé du chemin de fer.« Le transport de substances explosives et toxiques devrait se faire afin d\u2019éviter les zones habitées.» Pour le président du Collectif en environnement de Mercier-Est, Raymond Moquin, il est aussi préoccupant de voir les convois ferroviaires de kérosène passer dans des secteurs habités.Il déplore que « Montréal, et notamment l\u2019est de Montréal, devra assumer des risques bien réels pour approvisionner principalement l\u2019aéroport de Toronto ».En tout, 77 % du carburant livré par bateau au nouveau terminal de la CIAM sera destiné à des aéroports situés en Ontario.Le promoteur du projet souligne pour sa part que le carburant destiné à l\u2019aéroport Pearson est actuellement transbordé à Québec, puis acheminé par wagons-citernes.Dans ce contexte, le terminal de Montréal doit permettre de raccourcir le trajet des convois ferroviaires.Mais même avec sa mise en service, environ 3000 wagons partiront toujours du port de Québec chaque année, précisent les documents officiels.La CIAM précise qu\u2019elle « exige » que les transporteurs par voie terrestre « répondent à toutes les normes et règles de sécurité, qu\u2019ils aient un plan de mesures d\u2019urgence en place et qu\u2019ils détiennent des polices d\u2019assurance selon les standards de l\u2019industrie ».Règles de sécurité C\u2019est Transports Canada qui s\u2019assure de la conformité des transporteurs.Le service des communications du ministère explique d\u2019ailleurs qu\u2019il « prend la sûreté et la sécurité du réseau ferroviaire et du transport des marchandises dangereuses au sérieux ».On rappelle notamment que les entreprises du secteur ferroviaire « doivent se conformer à la Loi sur le transport des marchandises dangereuses, à ses règlements et à ses normes ».En plus de règles sur la manutention des « marchandises dangereuses », Transports Canada impose des limites de vitesse, notamment «dans les zones les plus densément peuplées et lorsque ces marchandises sont transportées dans de plus vieux wagons-citernes circulant dans des zones à risque plus élevé».Dans le cas du carburant d\u2019avion destiné à l\u2019aéroport de Toronto, il devrait être transporté dans des wagons «DOT- 111 renforcés», et ce, jusqu\u2019en 2025.Les transporteurs ferroviaires doivent par ailleurs fournir des informations sur les matières dangereuses aux services d\u2019urgence des municipalités, « en vue d\u2019améliorer l\u2019évaluation du risque ».Est-ce que la Ville de Montréal a demandé et obtenu des précisions sur les mesures de sécurité ?Est- ce que la Ville croit que le transport par wagons-citernes du kérosène sera sécuritaire ?Le Devoir n\u2019a pas pu obtenir de réponses de la part du cabinet de la mairesse de Montréal.Au cabinet du ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette, on souligne que le projet de la CIAM permettra de « rendre le transport de ce carburant plus sécuritaire », notamment en réduisant « de façon significative le transport par voie terrestre », puisque le point de réception maritime du kérosène sera situé plus près des aéroports.La Chine ne produisait que 30 millions de déchets en 1980.Ce chiffre a grimpé à 210 millions en 2017.HECTOR RETAMAL AGENCE FRANCE-PRESSE correctement ses ordures dans les bacs de collecte.On doit apprendre à faire ça bien avant que les autorités commencent à vraiment infliger les amendes.» Shanghai est à la tête d\u2019un programme pilote de tri sélectif, prévu pour être ensuite étendu à toute la Chine.Ville la plus peuplée du pays, elle produit à elle seule 26 000 tonnes de déchets par jour.Le traitement de ces ordures est un casse-tête pour les municipalités en Chine, et provoque de l\u2019instabilité sociale.Début juillet, les autorités de la grande ville de Wuhan ont dû envoyer la police anti-émeute faire face à des milliers d\u2019habitants inquiets qui manifestaient contre la construction d\u2019un incinérateur à déchets.La municipalité a été contrainte de suspendre son projet.La Chine ne produisait que 30 millions de déchets en 1980.Ce chiffre a grimpé à 210 millions en 2017, selon la Banque mondiale.C\u2019est encore derrière les États-Unis, mais le pays asiatique rattrape rapidement son retard, et pourrait atteindre les 500 millions de tonnes en 2030.Le développement fulgurant de la vente en ligne en Chine, qui permet de se faire livrer très rapidement nourriture ou vêtements, mais produit aussi une grande quantité de déchets d\u2019emballage, explique en partie le phénomène.Avec le déploiement prévu du tri sélectif à l\u2019échelle nationale, l\u2019expérience de Shanghai est devenue l\u2019un des sujets les plus discutés entre amis ou sur les réseaux sociaux, dans toute la Chine.Beaucoup s\u2019étonnent des règles de tri qui semblent parfois contradictoires ou s\u2019amusent des agents municipaux qui vont inspecter les poubelles des habitants.D\u2019autres villes chinoises ont déjà essayé de mettre en place un tri sélectif.Mais sans véritable succès.« Le grand changement, cette fois-ci, c\u2019est que le gouvernement central s\u2019en mêle, et qu\u2019il encourage l\u2019opération.Ça change tout parce que maintenant tout le monde en parle, est impliqué et est en alerte », explique Alizée Buysschaert, fondatrice du cabinet de conseil Zero Waste Shanghai.Les amendes vont de 200 yuans (38dollars canadiens) pour les particuliers à 50 000 yuans (9500dollars canadiens) pour les entreprises.Mais les autorités laissent encore les gens s\u2019habituer aux changements avant de sanctionner.Certaines start-ups y voient déjà des occasions de développement: elles proposent par l\u2019entremise d\u2019applications mobiles de s\u2019occuper de la collecte ou du tri des ordures à la place des habitants.La base, c\u2019est d\u2019abord de former davantage de personnes qui ne sont pas des hommes blancs à Wiki AMBER BERSON » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 15 JUILLET 2019 Une grossière indécence E n 1945, au sortir de la guerre, des militaires peinent à trouver un endroit où poser leurs valises.Les logements manquent.À Montréal, certains en sont réduits à squatter des immeubles désaffectés.Pour les ouvriers de l\u2019industrie de guerre, on a construit tout au plus quelques maisons de carton, destinées à être rasées sitôt le conflit terminé.Elles seront toutefois préservées, faute d\u2019avoir su mieux planifier les effets sociaux du manque de logement.Plusieurs de ces maisons, améliorées il est vrai au fil des années, se transigent au- jourd\u2019hui à prix d\u2019or, au milieu de cette guerre qui continue de faire rage dans la société pour trouver à se loger.De retour du front, le soldat Henri Gagnon est un de ceux qui constatent la tristesse de la situation.Avec de ses camarades, qui tentent eux aussi, tant bien que mal, de se réintégrer à la vie civile, il entreprend de systématiser l\u2019occupation d\u2019immeubles désaffectés.Dans une suite de gestes médiatiques, ces anciens soldats espèrent alerter l\u2019opinion devant cette situation.Gagnon s\u2019inscrit dans l\u2019action de communistes qui fondent la Ligue des vétérans sans-logis, autrement connue comme le mouvement des squatteurs vétérans.Trouver à se loger doit-il forcément devenir une affaire d\u2019idéologie ?Le gouvernement fédéral exigera finalement la construction de maisons de vétérans.Ces maisons, de toutes petites structures, comptent un seul étage.Les plus petites, édifiées par des ouvriers empressés, peuvent être complétées en moins de vingt heures de travail.En France, à l\u2019orée des années 1950, l\u2019abbé Pierre dénonce lui aussi à sa manière le manque de logements.Il est invité à en parler à la télévision naissante de Radio-Canada.À propos de cette insulte à la dignité humaine qui résulte de l\u2019absence de logements pour tous, il répète partout que, « devant leurs frères mourant de misères, une seule opinion doit exister entre les hommes: la volonté de rendre impossible que cela dure».Les conséquences de l\u2019expansion démographique ne sont pourtant pas nouvelles.Dès le XIXe siècle, c\u2019est une crise du logement quasi permanente qui frappe les Montréalais, en particulier les plus pauvres d\u2019entre eux, à majorité des Canadiens français dépossédés de tout titre de propriété.En 1847, alors que la ville ne compte que 50 000 habitants, 68 % louent leur logement.La ville pousse comme un champignon, dans l\u2019improvisation à laquelle la confine son destin de colonie.Le très grand incendie de 1852 va accentuer la détresse sociale : un sixième de la population se retrouvera à la rue.Quel que soit le fil que l\u2019on tire en matière de logement, toute la pelote de la misère vient avec.Comme toutes les villes d\u2019Amérique du Nord, Montréal doit en large partie son expansion à la poussée irrésistible de l\u2019immigration.En 1881, sa population a presque triplé en trente ans.Le pourcentage de locataires s\u2019élève désormais à 85 %, un des plus hauts taux en Amérique du Nord, hormis New York.Voilà un peuple de locataires.Qu\u2019on ne se fasse pas croire le contraire : au début des années 1960 encore, l\u2019immense majorité de la population canadienne-française apparaît, dans les études de la commission Laurendeau- Dunton, comme tout à fait dépossédée.La situation a changé, mais le manque constant de planification en matière de logement reste dédaigneux des effets sociaux qu\u2019il produit.Au tournant de l\u2019an 2000, dans l\u2019une des pires crises du genre à Montréal, le gouvernement a dû accorder 5000 suppléments de loyer à des familles qui n\u2019arrivaient pas à se loger, créant de la sorte l\u2019illusion que ces recalés de la misère, de plus en plus nombreux, sont maintenus à flot alors que tout contribue dans les faits à les couler.Aujourd\u2019hui, si la crise semble moins grave, le problème du manque de logements n\u2019en apparaît pas moins récurrent.Au 1er juillet de cette année, date servant de butoir légal, depuis 1975, aux baux de location, ce sont 98 ménages qui n\u2019étaient pas parvenus à se reloger à Montréal.Les logements sociaux continuent de faire défaut, tandis qu\u2019on annonce partout, en grande pompe, la construction de ces logements dits de « prestige » dont les formes rappellent en fait, très souvent, celle du plat Tupperware.Jamais dans l\u2019histoire l\u2019esthétisa- tion de l\u2019insignifiance n\u2019aura été présentée avec autant d\u2019atours par des gens barricadés derrière une pseudo-mo- dernité qui confine le plus souvent à l\u2019insensibilité.Près de deux semaines après l\u2019échéance du 1er juillet, en pleine canicule, il se trouvait encore 74 ménages à Montréal qui n\u2019étaient pas parvenus à se reloger.C\u2019est beaucoup.De ce nombre, la moitié devait même compter sur l\u2019aide de l\u2019Office municipal d\u2019habitation pour être temporairement hébergé.Parmi ces gens-là, 42 enfants.Faut-il beaucoup insister pour faire comprendre l\u2019importance d\u2019un foyer pour le sain développement des enfants ?La presse électronique rapportait le cas d\u2019une de ces familles.Les parents ont tous les deux 40 ans.Ils travaillent.Leur fils a 11 ans.Depuis des mois, ils sont en quête d\u2019un logement de quatre pièces, avec un budget mensuel de 1100 $.Ils ont répondu à 30 ou 40 petites annonces, mais n\u2019ont jamais été sélectionnés.La rareté des logements décents entraîne, ont-ils été forcés de constater, une forme de pouvoir unilatéral des locateurs.Dans l\u2019attente, et pour patienter malgré l\u2019insécurité, ils ont été contraints de gruger leurs économies pour louer un appartement temporaire sur Airbnb et entreposer à grands frais leurs meubles.La quête d\u2019un logement se trouve au seuil d\u2019une bataille de l\u2019argent sourde aux plus démunis.Penser l\u2019émancipation de la société ne saurait pourtant se faire en laissant ainsi chaque année une portion de la population être éventrée de la sorte sans bruit, au nom d\u2019une quête individualiste qui ne carbure qu\u2019à l\u2019atroce loi du profit.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Aujourd\u2019hui, si la crise semble moins grave, le problème du manque de logements n\u2019en apparaît pas moins récurrent L\u2019étude menée entre 1989 et 2016 comporte des données relatives à près de 2,2 millions de naissances au Québec.JACQUES NADEAU LE DEVOIR SYLVIE SAINT-JACQUES LE DEVOIR Le recours aux opioïdes pour contrôler la douleur postopératoire peut non seulement créer une dépendance chez les patients, mais risque aussi d\u2019avoir des répercussions sur les bébés dont la mère a subi une intervention chirurgicale avant la grossesse, selon une récente étude du CHUM.Le travail de la Dre Nathalie Auger, chercheuse au Centre de recherche du Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal, et de son équipe apporte un nouvel éclairage sur la dépendance aux opioïdes par rapport au traitement de la douleur.Les bébés nés de mères ayant subi une chirurgie avant la grossesse présentent en effet un risque accru de manifester des symptômes de sevrage d\u2019opioïdes à la naissance, d\u2019après les résultats de cette étude de grande envergure, qui sont publiés dans le Canadian Medical Association Journal.« L\u2019un des problèmes est qu\u2019il est difficile de savoir pourquoi les femmes prennent des opioïdes à la grossesse, une problématique qui est à la hausse aux États-Unis et dans les provinces canadiennes de l\u2019Ouest », explique en entrevue téléphonique la Dre Auger, également professeure à l\u2019École de santé publique de l\u2019Université de Montréal.Menée entre 1989 et 2016, cette recherche comporte des données relatives à près de 2,2 millions de naissances au Québec.Elle révèle qu\u2019une chirurgie ayant précédé la grossesse était associée à un risque 1,6 fois plus élevé de syndrome d\u2019abstinence néonatale.Fait à noter : les femmes ayant une dépendance aux opioïdes reconnue ont été exclues de la recherche.Mieux comprendre la dépendance Les chercheurs ont aussi établi que les chirurgies cardiovasculaires, thoraciques, urologiques et neurologiques étaient associées à des risques de syndrome d\u2019abstinence néonatale plus élevés.Un jeune âge est aussi associé à des risques plus grands : près de 5 % des jeunes usagers d\u2019opioïdes poursuivent leur utilisation plusieurs mois après une chirurgie, et les jeunes femmes peuvent être susceptibles de prolonger leur utilisation aux opioïdes pendant leurs années reproductives.Selon la Dre Auger, s\u2019il est difficile de déterminer la raison exacte pour laquelle un laps de temps plus long entre chirurgie et grossesse augmente le risque, l\u2019une des hypothèses est que l\u2019accoutumance vient avec le besoin de doses plus fortes.« Dans ces cas, les fœtus sont exposés à des doses plus fortes et les niveaux de sevrage sont plus élevés.» Les complications associées au syndrome d\u2019abstinence néonatale incluent la fièvre, les complications respiratoires, la perte de poids et peuvent aussi se prolonger avec des désordres mentaux et comportementaux et des problèmes ophtalmologiques.« Il s\u2019agit de la première étude qui observe le syndrome de sevrage chez les nouveau-nés et les facteurs qui augmentent le risque », précise la Dre Nathalie Auger, qui espère que ces résultats apportent de nouveaux questionnements dans les pratiques de prescriptions de médicaments pour contrôler la douleur.« On espère que cela puisse contribuer au développement de façons de réduire les taux de dépendance.Trouver des options pour remplacer les opioïdes serait idéal.» SANTÉ Une dépendance aux opioïdes dès la naissance Les nourrissons nés de mères ayant subi une chirurgie avant la grossesse présentent un risque accru de manifester des symptômes de sevrage TERESA WRIGHT À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE L\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) obligera bientôt tous ses agents travaillant avec des migrants en détention à porter un équipement de protection, suscitant de nombreuses craintes quant à la prétendue « crimi- nalisation » des demandeurs d\u2019asile.L\u2019équipement obligatoire comprend des matraques, un vaporisateur de gaz poivré, un gilet pare-balles, mais pas d\u2019armes à feu.La politique nationale a été adoptée à l\u2019interne l\u2019année dernière après que l\u2019ASFC eut commencé à transférer dans l\u2019un des trois centres de détention de l\u2019Agence ceux qu\u2019elle juge comme des détenus migrants représentant un risque élevé pour la sécurité publique.Auparavant, ces personnes étaient détenues dans des prisons provinciales.Selon des documents obtenus en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, l\u2019agence a décidé que tous les agents travaillant dans ces centres devront être équipés d\u2019un équipement de protection afin d\u2019assurer une approche opérationnelle commune.« Cela nécessitera une plus grande présence des agents de l\u2019ASFC dans la gestion de la population de détenus dans les Centres de surveillance de l\u2019immigration (CSI), qui devront avoir la capacité de désamorcer et d\u2019intervenir physiquement si nécessaire, indique la note d\u2019information.Le fait de veiller à ce que les agents d\u2019exécution de la loi dans les bureaux intérieurs portent leur équipement de défense leur permettra de se protéger et de se défendre tout en protégeant les autres, si nécessaire, dans les CSI.» Inquiétudes Un groupe de médecins, d\u2019avocats, de juristes et d\u2019organisations de défense des droits de la personne a demandé, en vain, au ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, d\u2019annuler cette politique.Le syndicat représentant les agents de sécurité a aussi exprimé des craintes.Il s\u2019inquiète notamment des risques accrus liés à la présence d\u2019armes en cas de situation à haut risque ou si un affrontement se produisait.La décision d\u2019équiper les agents travaillant dans les centres de détention pour migrants a été prise « pour assurer une harmonisation nationale des normes de l\u2019ASFC de ses opérations et elle est conforme aux pratiques mises en œuvre à l\u2019échelle nationale et internationale en matière de détention », a déclaré une porte-parole de l\u2019ASFC, Rebecca Purdy, par communiqué.Devant les inquiétudes soulevées par les groupes de défenses des droits de la personne et le syndicat des agents frontaliers, Mme Purdy a soutenu que l\u2019ASFC « veille à ce qu\u2019un équilibre soit trouvé entre la sécurité et la sûreté des agents et des autres détenus ».Au Canada, les demandeurs d\u2019asile peuvent être détenus pour un certain nombre de raisons, notamment si les agents de l\u2019ASFC ont des raisons de croire qu\u2019il leur sera interdit de rester au pays pour des raisons de sécurité, de criminalité ou de cas de violation des droits de la personne.Un migrant peut également être détenu simplement si un agent de l\u2019ASFC croit que la personne pourrait ne pas se présenter à l\u2019audience de détermination du statut de réfugié.C\u2019était le cas, l\u2019an dernier, de 81 % des migrants détenus au pays, selon Ottawa.Les agents frontaliers bientôt équipés de matraques et de gilets pare-balles LEDEVOIR // LE LUNDI 15 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 JOCELYNE RICHER À QUÉBEC LA PRESSE CANADIENNE Le gouvernement Legault devra surmonter bien des obstacles avant de voir la lumière au bout du tunnel Qué- bec-Lévis.Le site choisi par le gouvernement pour réaliser son engagement électoral présente un degré de complexité et de difficulté jamais vu, selon un expert.Le tunnel s\u2019étendra sur un « site qui présente vraiment le plus haut degré de défi » technique imaginable, selon Bruno Massicotte, professeur de Polytechnique à Montréal.Cet ingénieur spécialisé en structures s\u2019était vu confier par le ministère des Transports, en 2016, le mandat de préparer une étude visant à démontrer la faisabilité technique d\u2019un tunnel construit entre Québec et Lévis et à en évaluer le coût.Son rapport, déposé il y a trois ans, est le seul produit récemment sur un éventuel troisième lien.Sa conclusion?Même s\u2019il est possible, techniquement parlant, de réaliser un tel projet, il n\u2019en demeure pas moins «hors norme » et « non conventionnel ».Fin juin, le ministre des Transports, François Bonnardel, annonçait qu\u2019il avait envisagé divers scénarios avant de décider que ce troisième lien serait un tunnel sous-fluvial.Long d\u2019une dizaine de kilomètres, il reliera l\u2019autoroute 40 à l\u2019est de Québec, sur la rive nord du fleuve, à l\u2019autoroute 20, sur la rive sud, en passant sous la pointe ouest de l\u2019île d\u2019Orléans.Ce tracé correspond à peu de chose près à celui que M.Massicotte avait étudié en 2016.Ce dernier souligne d\u2019emblée que son étude était «préliminaire» et qu\u2019il recommandait notamment au gouvernement de mener des études géotechniques plus poussées sur la nature des sols avant de procéder.Sables mouvants ?Car ce site présente des « particularités qui rendent le projet vraiment complexe », insiste M.Massicotte.« La plus grande incertitude » reliée au site porte sur l\u2019enjeu géotechnique, soit la nature exacte du sol sous le fleuve, sa consistance et sa solidité.« On ne sait pas dans quoi on creuse », explique l\u2019ingénieur, précisant que du côté de la rive nord, on doit s\u2019attendre à trouver des fonds sablonneux, des « dépôts meubles », soit du sable gorgé d\u2019eau.« Si on le brasse, il peut devenir comme du sable mouvant », augmentant d\u2019autant le degré de difficulté pour les constructeurs, qui risquent de devoir jouer les équilibristes entre le sable et le roc, tout en s\u2019assurant que la structure tiendra le coup en cas de tremblement de terre.Le caractère hasardeux \u2014 pour ne pas dire vaseux \u2014 du lit du fleuve à cet endroit ne facilitera pas l\u2019exécution des travaux, « qui présente des défis, sur le plan de la construction, qui sont très élevés ».Dans son étude de 2016, M.Mas- sicotte évaluait le coût de construction du tunnel à quelque 4 milliards de dollars, somme à laquelle il fallait ajouter les coûts d\u2019exploitation et d\u2019entretien de 2,3 milliards pour le siècle à venir.Et c\u2019est sans compter l\u2019inflation.Une ombre au tunnel Plusieurs défis qui se dressent sur le chemin d\u2019un éventuel troisième lien entre Québec et Lévis sont sans précédent, pointe un ingénieur Aujourd\u2019hui, M.Massicotte refuse de s\u2019aventurer à spéculer sur le coût total du projet, notamment en raison du manque d\u2019informations précises sur la nature des sols.Avec des ressources limitées, il affirme avoir fait ses calculs, en 2016, à partir de données incomplètes recueillies à l\u2019époque.Seules des études géotechniques plus poussées permettraient de dire si l\u2019évaluation du coût faite en 2016 demeure toujours valide aujourd\u2019hui, fait-il valoir.Il note que ce n\u2019est pas lui qui avait choisi le tracé de 2016, mais bien le ministère qui lui avait demandé d\u2019évaluer ce site précis.« On n\u2019a jamais vérifié si c\u2019était le meilleur tracé », précise-t-il, ajoutant qu\u2019il n\u2019avait pas reçu le mandat d\u2019examiner d\u2019autres sites ni d\u2019envisager la construction d\u2019un pont.Il n\u2019avait pas davantage le mandat d\u2019évaluer la pertinence d\u2019un troisième lien.Le ministre Bonnardel a jusqu\u2019à maintenant refusé d\u2019évaluer le coût du méga- projet, mais il prévoit être prêt à se prononcer dans environ un an.Commande de taille La complexité du projet tient aussi à sa taille, gigantesque.Avec les approches, le tunnel s\u2019étirera sur 10 kilomètres.En comparaison, le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, à Montréal, fait 1,4 kilomètre.Un des défis à relever pour une structure de cette envergure aura trait à l\u2019évacuation de la fumée, causée par un éventuel incendie, et du monoxyde de carbone émis par les véhicules, par des puits de ventilation.Est-ce qu\u2019on choisira d\u2019évacuer les indésirables « par les deux bouts [du tunnel] ou au milieu, par l\u2019île d\u2019Orléans ?» s\u2019interroge l\u2019expert, avant d\u2019ajouter que « les gens de l\u2019île n\u2019ont pas tout vu ».Peu d\u2019entreprises ont l\u2019expertise requise pour effectuer des travaux de cette ampleur.Il faut donc s\u2019attendre à ce qu\u2019une entreprise étrangère devienne maître d\u2019œuvre du tunnel, qui serait en fait constitué de deux tunnels de deux voies chacun à sens unique, reliés par une série de galeries d\u2019accès pour les services d\u2019urgence, si on retient les plans de 2016.Même si Québec a déjà procédé à l\u2019annonce du projet, quantité d\u2019impondérables demeurent, les études d\u2019impact environnemental à venir n\u2019étant pas les moindres.M.Massicotte dit souhaiter que l\u2019équipe chargée du dossier soit « assez vigilante et clairvoyante » pour guider le gouvernement et l\u2019aider à prendre les meilleures décisions.« J\u2019ose supposer, dit-il, que, dans un gouvernement responsable, ils ont suffisamment d\u2019informations qui leur indiquent que la faisabilité est quelque chose de contrôlable, avec un risque contrôlable.» Selon le scénario retenu par le ministre des Transports, François Bonnardel, le futur tunnel sous-fluvial passerait sous la pointe ouest de l\u2019île d\u2019Orléans (en arrière-plan).FRANCIS VACHON LE DEVOIR ANDY BLATCHFORD À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Des agents de l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments (ACIA) ont intercepté près de 900 produits alimentaires en provenance de Chine en raison de soupçons concernant des étiquettes défectueuses, des allergènes non indiqués et des contaminants dangereux comme du verre et du métal.Entre le 1er janvier 2017 et le 28 février 2019, des inspecteurs ont « détecté des problèmes » avec 889 aliments importés ou ingrédients alimentaires en provenance de Chine, d\u2019après le document obtenu par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.On trouve notamment dans cette liste des boules de gomme contenant un corps métallique « étranger », du chow mein instantané contenant un insecte et des tentacules de poulpes épicés présentant un « danger non précisé ».Or, selon les rapports trimestriels de l\u2019ACIA, seulement quatre expéditions de produits alimentaires en provenance de Chine se sont vu refuser l\u2019entrée au Canada.Une porte-parole de l\u2019agence a expliqué que l\u2019ACIA enquêtait sur les préoccupations soulevées par ses agents afin de déterminer si les produits représentent un danger ou s\u2019ils ne respectent pas les normes canadiennes.Au besoin, l\u2019agence peut exiger des corrections mineures sur les étiquettes, ordonner des rappels, saisir des produits, refuser les importations ou annuler des permis d\u2019importation.La ministre de l\u2019Agriculture, Marie- Claude Bibeau, a déclaré de son côté que les problèmes énumérés dans la liste de l\u2019ACIA n\u2019étaient pas nécessairement liés à un enjeu particulier concernant les produits alimentaires importés de pays étrangers.Elle soutient que CONSOMMATION Des centaines de produits alimentaires chinois interceptés aux douanes le système canadien est reconnu comme l\u2019un des meilleurs au monde et que le gouvernement est convaincu que tous les produits approuvés sont sans danger pour la consommation.La liste ne fournit que des chiffres pour la Chine et n\u2019inclut pas de données comparables pour les autres partenaires commerciaux du Canada.L\u2019inspection des aliments qui traversent la frontière a fait couler beaucoup d\u2019encre, notamment dans le cas des produits échangés entre le Canada et la Chine.L\u2019examen minutieux des produits agricoles se trouve au cœur d\u2019un différend diplomatique entre le Canada et la Chine.Les frictions bilatérales ont gagné en intensité depuis l\u2019arrestation en décembre, à Vancouver, d\u2019une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanz- hou.Deux Canadiens ont ensuite été arrêtés en Chine pour des allégations d\u2019espionnage.L\u2019opposition conservatrice à Ottawa presse le gouvernement libéral de réagir aux actions de la Chine en adoptant une ligne plus dure envers les importations chinoises.Au cours des dernières semaines, Pékin a demandé au Canada de suspendre tous ses certificats d\u2019exportation de viande vers la Chine après que des inspecteurs eurent détecté la présence de résidus d\u2019un additif dans le porc appelé ractopamine, une substance destinée à l\u2019alimentation animale.En l\u2019espace d\u2019un an, c\u2019est 889 aliments importés ou ingrédients alimentaires en provenance de Chine qui ont été jugés problématiques par des inspecteurs canadiens.ISTOCK La complexité du projet tient aussi à sa taille, gigantesque.Avec les approches, le tunnel s\u2019étirera sur 10 kilomètres.En comparaison, le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, à Montréal, fait 1,4 kilomètre. SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 15 JUILLET 2019 A ENVIRONNEMENT Mission de sauvetage pour la dernière forêt vierge d\u2019Europe La forêt Bia?owie?a, en Pologne, est de nouveau menacée par les coupes forestières dam Bohdan s\u2019engouffre dans un sentier discret de la forêt, où s\u2019élèvent de majestueux épicéas, les plus vieux d\u2019Europe.Accompagné d\u2019une bande d\u2019amoureux de la nature, il se lance, en quelque sorte, dans une mission de sauvetage.À l\u2019orée des bois, le petit commando a stationné la camionnette devant un écriteau: «Interdit d\u2019accès, danger».« C\u2019est un prétexte pour nous empêcher de passer par ici et de perturber leurs activités forestières », affirme Adam, sac sur les épaules et GPS en main.«Ils prétendent que les arbres par ici peuvent tomber sur les gens, c\u2019est n\u2019importe quoi.» Ce n\u2019est pas la première fois que ce biologiste de 43 ans se la joue rebelle.Surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de protéger de l\u2019abattage Bia?owie?a, la dernière forêt vierge d\u2019Europe.À cheval entre la Pologne et la Biélorussie, ces 150 000 hectares de végétation abritent plus de 250 espèces d\u2019oiseaux, 59 espèces de mammifères et quelque 600 bisons sauvages.«Bia?owie?a constitue un écosystème dynamique et unique, explique Adam.C\u2019est un laboratoire, où l\u2019on peut étudier le comportement d\u2019une forêt sauvage sans l\u2019impact des activités humaines.» Dans la zone délimitée du parc national polonais, la faune et la flore règnent en maîtres depuis plus de 10 000 ans.C\u2019est notamment la mainmise des rois chasseurs sur ces vastes espaces de végétation, durant une bonne partie du dernier millénaire, qui a permis à Bia?owie?a de rester intacte.« On voit les cicatrices » Le petit groupe bifurque soudain : on plonge dans la végétation, en marchant sur ce tapis de mousse multiforme.Quelques arbres morts jonchent le sol, çà et là.Plus loin, Bia?owie?a change de visage.De grandes traînées marquent le passage de machineries lourdes.Le couvert forestier est troué à plusieurs endroits.« On peut encore voir les cicatrices de ce qu\u2019il s\u2019est passé ici », se désole Adam, assis sur le tronc d\u2019un chêne tronçonné par les exploitants forestiers.« Ces coupes, dans une zone sous protection de l\u2019UNESCO, sont illégales.» C\u2019est dans ce secteur, entre autres, que s\u2019est joué un combat de taille pour la sauvegarde de la forêt, en 2017.Des coupes forestières y avaient été autorisées par le gouvernement conservateur du Parti droit et Justice (PiS).Sous prétexte de contrer l\u2019invasion d\u2019un insecte xylophage, le scolyte, l\u2019abattage de 180 000m3 d\u2019arbres sur dix ans était alors prévu.« Cet insecte fait partie de la forêt ! » s\u2019indigne encore Adam, rappelant que la présence du parasite n\u2019est pas nouvelle dans les cycles de l\u2019écosystème.En 2017, il était allé jusqu\u2019à s\u2019imposer contre les véhicules des forestiers.« Ces grosses machines pouvaient abattre jusqu\u2019à 300 arbres par jour», se rappelle-t-il.Katarzyna Guzek, de Greenpeace Pologne, en garde elle aussi un mauvais souvenir.« C\u2019était horrible.Des arbres pluricentenaires ont été coupés, parfois avec des nids à l\u2019intérieur, même s\u2019ils étaient censés être protégés selon En Pologne, scientifiques et écologistes ont uni leurs voix ces dernières années afin de stopper l\u2019abattage des arbres de Bia?owie?a, dernière forêt primaire d\u2019Europe.Cependant, début juin, la menace a refait surface : un plan de coupes forestières ravive les craintes des défenseurs de ces 150 000 hectares de végétation, où vivent encore quelque 600 bisons sauvages.PATRICE SENÉCAL À BIA?OWIE?A COLLABORATION SPÉCIALE LE DEVOIR la loi polonaise.Plusieurs espèces animales ont été affectées, déplacées, expulsées de leur habitat naturel.» Or, après plusieurs mois de tensions, les défenseurs de la forêt ont eu gain de cause.«C\u2019est la pression de la société civile qui a forcé le gouvernement à arrêter les travaux», soutient Katarzyna Guzek.Faisant planer la menace d\u2019une sanction financière s\u2019élevant à plus de 100000euros par jour en cas de non-respect de la directive, la Commission européenne a fait reculer Varsovie, fin 2017.Une autre menace ?Retour dans la forêt, aux côtés d\u2019Adam et de ses complices.Un drone s\u2019élève dans la clairière.Concentré sur les manettes, Alexander Janas explique que les images ainsi captées seront envoyées à la Commission européenne et à l\u2019ONU afin de sonner l\u2019alarme.« C\u2019est la seule façon de stopper l\u2019exploitation de la biodiversité et de lutter, par extension, contre les changements climatiques », détaille ce militant de 37 ans, qui espère éviter, à nouveau, la mise en œuvre d\u2019un plan d\u2019exploitation dans Bia?owie?a.« Nous voulons montrer que la forêt peut se régénérer par elle-même », renchérit son collègue Adam, scrutant l\u2019écorce d\u2019une épinette.Après l\u2019insecte, les incendies de forêt : fin mai, les autorités des Forêts d\u2019État de Pologne, un organisme gouvernemental, ont annoncé vouloir mettre en œuvre des « actions préventives » dans la forêt « en raison du risque d\u2019incendie très élevé », écrit la direction régionale dans un communiqué.En clair : on pourrait bientôt déplorer le retrait de plus de 800 000 arbres morts, même si l\u2019Union européenne a ordonné la fin des coupes.Un argument qui est loin de convaincre le camp des écologistes.« Ils ont besoin d\u2019excuses pour couper », affirme le biologiste Tomasz Wesolowski.Enraciné dans le village de Bia?owie?a depuis maintenant plus de 40 ans, ce professeur de l\u2019Université de Wroclaw déplore le fait que les autorités veulent «transformer cette forêt naturelle en un lieu d\u2019exploitation », en plus d\u2019entretenir une certaine connivence avec le gouvernement du PiS (parti d\u2019idéologie conservatrice et eurosceptique).« Ils détruisent la forêt et font d\u2019énormes déficits.Au lieu de considérer cette nature comme un bien patrimonial, ce parti nationaliste fait tout le contraire.Cela dépasse l\u2019entendement.» Deux visions de la forêt En plus d\u2019incarner le bras de fer entre l\u2019exécutif européen et Varsovie \u2014 le gouvernement polonais étant par ailleurs accusé par Bruxelles de porter atteinte à l\u2019État de droit \u2014, l\u2019enjeu autour de Bia?owie?a a pris une dimension locale.À Teremiski, aux portes de Bia?owie?a, deux visions de la forêt s\u2019affrontent.Impossible de manquer cette banderole à l\u2019entrée de la bourgade : « Pseudo-écologistes, enlevez vos sales mains de la forêt.» Ce fossé, Magdalena Siemaszko ne le nie pas.Installée depuis 2017 dans un chalet du village, devenu refuge d\u2019une dizaine de militants, cette anthropologue déplore toutefois les « manipulations » des gestionnaires forestiers sur les résidents du coin.« Ils croient qu\u2019ils ont la légitimité de décider de tout et ont une vision économique de la forêt.On nous accuse d\u2019être des envahisseurs, de venir de la ville et de ne pas comprendre les gens d\u2019ici, mais nous voulons au contraire nous allier à eux.» Dans la maison d\u2019à côté, Basia, 28 ans, tient un tout autre discours.«Les habitants ne seront jamais d\u2019accord pour élargir le parc national et nous enfermer dans une réserve», comme le réclament les militants opposés aux coupes, prétend- elle.«Les écologistes n\u2019ont pas à dire aux forestiers comment aménager la forêt.On voit plus d\u2019arbres morts aujourd\u2019hui, cet insecte pose un vrai risque pour la forêt.C\u2019était ridicule de les voir s\u2019enchaîner aux arbres, il y a deux ans.» Adam Wajrak, voisin de Basia et journaliste pour le quotidien libéral Gazet?Wyborcz?, préfère tempérer.« En Pologne, une conscience environnementale est en train de s\u2019éveiller.Les gens comprennent de plus en plus qu\u2019avec les changements climatiques, il est crucial de protéger la nature.» Et une forêt comme Bia?owie?a.Fin mai, l\u2019organisme des Forêts d\u2019État de Pologne a annoncé vouloir mettre en œuvre des « actions préventives » dans la forêt Bia?owie?a « en raison du risque d\u2019incendie très élevé ».En clair : on pourrait donc bientôt compter le retrait de plus de 800 000 arbres morts dans la zone végétale de 150 000 hectares, même si l\u2019Union européenne a ordonné la fin des coupes en 2017.HÉLÈNE BIENVENU Le biologiste et militant écologiste Adam Bohdan est un ardent défenseur de Bia?owie?a.HÉLÈNE BIENVENU Des arbres centenaires ont été coupés, parfois avec des nids à l\u2019intérieur, même s\u2019ils étaient censés être protégés selon la loi polonaise KATARZYNA GUZEK » LEDEVOIR // LE LUNDI 15 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin a France vient de faire une déclaration de souveraineté culturelle dont le Canada devrait s\u2019inspirer en décidant d\u2019imposer une taxe de 3 % aux entreprises des GAFA, en référence à Google, Apple, Facebook et Amazon.La France souhaite prélever 3 % du chiffre d\u2019affaires des entreprises réalisant des activités numériques de plus de 750 millions d\u2019euros dans le monde (1,1 milliard de dollars) et 28 millions d\u2019euros (41 millions) en France.La taxe peut sembler punitive à l\u2019égard des entreprises des GAFA, mais ce n\u2019est pas tout à fait vrai.Le commerce électronique mondial est dominé par un oligopole américain évoluant dans un cadre réglementaire anémique.Toute mesure visant à rétablir un certain sens de l\u2019équité fiscale frappera inéluctablement les entreprises de la Silicon Valley, puisqu\u2019elles représentent l\u2019alpha et l\u2019oméga du commerce électronique.En guise de protestations, les États-Unis ont annoncé l\u2019ouverture d\u2019une enquête contre la France pour pratiques commerciales déloyales, ce qui pourrait mener à l\u2019imposition de tarifs douaniers sur des produits d\u2019exportation français.Cette contre-offensive ne surprend guère de la part du gouvernement Trump, si friand qu\u2019il est des sanctions économiques contre ses alliés occidentaux.Cette taxe ne verra probablement jamais le jour, mais elle a le mérite de faire pression pour trouver une solution durable à l\u2019inacceptable situation d\u2019iniquité fiscale qui profite aux GAFA.Le ministre français de l\u2019Économie, Bruno Le Maire, a en effet confirmé que la taxe était «temporaire» et qu\u2019il la retirera dès que l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) trouvera «une solution crédible de taxation des activités du numérique».Les 129 pays membres du Cadre inclusif sur l\u2019érosion de la base d\u2019imposition et le transfert des bénéfices de l\u2019OCDE ont adopté, en mai dernier, une feuille de route à ce sujet.L\u2019OCDE cherche une solution globale pour résoudre les problèmes fiscaux engendrés par la numérisation de l\u2019économie.Le concept d\u2019établissement sur un territoire n\u2019est plus approprié pour taxer une entreprise.Il faudra prendre en considération que les activités d\u2019une entreprise numérique existent au-delà des frontières, d\u2019où la nécessité d\u2019imposer une partie des bénéfices dans les pays où se trouvent les clients ou les utilisateurs, comme le suggère l\u2019OCDE.Cette ambitieuse réforme est nécessaire pour préserver l\u2019unité du cadre fiscal des États et leur capacité de livrer les mesures sociales et programmes auxquels leurs citoyens sont en droit de s\u2019attendre.Le gouvernement Trudeau, si soucieux du confort de la classe moyenne, devrait réaliser qu\u2019il ne pourra pas répondre aux attentes de celle-ci s\u2019il ne donne pas un sérieux coup de barre pour rétablir l\u2019équité fiscale.Selon les estimations de l\u2019OCDE, les pertes de recettes fiscales engendrées par l\u2019érosion de la base d\u2019imposition et le transfert des bénéfices pourraient s\u2019élever jusqu\u2019à 240 milliards $US, soit 10 % des recettes fiscales globales.Nous assistons à un glissement inquiétant, faisant en sorte que les particuliers et les entreprises issus du « vieux monde » analogique assument un fardeau démesuré pendant que les GAFA empilent des milliards et des milliards de profits sans payer leur juste part en taxes et impôts.Si elle est laissée entre les mains des entreprises des GAFA et du gouvernement Trump, la révolution numérique deviendra l\u2019ultime révolution libertarienne.Cette révolution doit demeurer démocratique, au service de l\u2019intérêt public.Le gouvernement Trudeau a collaboré aux travaux de l\u2019OCDE, mais il hésite à jouer le rôle de chef de file.Agir, comme le fait la France, contribue à accentuer la pression sur l\u2019OCDE, à nourrir des alliances internationales et à contrecarrer l\u2019isolationnisme et le laisser-faire américains.Serge Gauthier Président de la Société d\u2019histoire de Charlevoix La Charlevoisienne, c\u2019est-à-dire de Charlevoix, je crois que Yolande Si- mard Perrault, qui vient de nous quitter, aurait bien aimé ce titre.Née à Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix, elle était la fille de Charles-Benjamin Simard, propriétaire d\u2019un magasin général célèbre alors dans la localité et où se produira un moment inoubliable pour notre culture québécoise.Car c\u2019est là, dans ce magasin, que son mari, le cinéaste Pierre Perrault, a rencontré Alexis Tremblay, celui qui deviendra son personnage principal dans sa célèbre trilogie cinématographique sur L\u2019Isle-aux-Coudres (Pour la suite du monde, Les voitures d\u2019eau, Le règne du jour).Bien sûr, Yolande Simard Per- rault y était pour quelque chose.Elle connaissait bien les gens de L\u2019Isle-aux-Coudres et depuis longtemps.Elle adorait répéter qu\u2019elle était, en quelque sorte, l\u2019entremetteuse discrète de cette rencontre d\u2019amour entre Pierre Perrault et L\u2019Isle-aux-Coudres.Et comme elle avait raison de l\u2019être.Une personne connaissant bien le couple m\u2019avait dit joliment que «Yolande Simard et Pierre Perrault étaient le couple le plus épousé qu\u2019elle avait jamais connu ».Je fus en mesure de constater cela lorsque Yolande Simard me reçut gentiment à son chalet de Baie- Saint-Paul en 1997.L\u2019amour qui vibrait entre ces deux personnes semblait alors palpable en quelque sorte.Je ne l\u2019ai pas oublié depuis.Yolande Simard et Pierre Per- rault ont marqué pour toujours Charlevoix et le Québec.C\u2019étaient des « passionnés du pays » jusqu\u2019à la racine même de leur être.La vie culturelle de Charlevoix aurait perdu une trace essentielle si Yolande Simard et Pierre Perrault n\u2019avaient pas été là.Je veux les en remercier sincèrement.J\u2019ai eu la chance de vivre des moments uniques avec Yolande Si- mard et Pierre Perrault, notamment lors de l\u2019hommage reçu par le célèbre cinéaste en 1998 à L\u2019Isle-aux-Coudres.Je les sentais alors touchés, sensibles aussi, car Pierre Perrault était déjà très malade, mais si fiers de voir que L\u2019Isle-aux-Coudres et Charlevoix leur étaient redevables pour leur travail, leur inspiration.J\u2019ai parfois revu ensuite Yolande Simard, notamment au Colloque Marius-Barbeau, tenu à Saint-Iré- née en 2014.Elle était heureuse de rendre hommage à ce grand ethnologue, dont elle voyait son mari comme un des héritiers.Elle voulait en témoigner.Elle vibrait et était presque resplendissante.Heureuse de savoir que la parole de son pays de Charlevoix demeurait comme un témoignage éternel et universel.Yolande, je crois, a beaucoup écouté.Elle a peut-être parlé moins que son mari, mais n\u2019a jamais été distante de son œuvre.Elle l\u2019a inspirée.Elle en a fait partie.Elle l\u2019a prolongée.J\u2019en suis certain, elle n\u2019était pas inquiète et elle savait que tout cela ne passerait pas.Que tout cela allait durer.Au-delà d\u2019eux-mêmes, par le fleuve, par les voitures d\u2019eau, par toutes les chasses aux marsouins légendaires, par toutes les voix à qui le cinéma de son mari a laissé la parole.Non, rien de l\u2019œuvre de Yolande Simard et de Pierre Perrault ne sortira jamais de nos mémoires tant que nous continuerons de croire encore, grâce à eux, au pays de Charlevoix et du Québec.Quand les promoteurs sont aux commandes du développement urbain L\u2019article du Devoir du 5 juin sur le marchandage éhonté auquel se livrent des promoteurs à Saint-Jé- rômerévèle une situation aberrante.Saint-Jérôme sera probablement, si ce n\u2019est déjà fait, une autre victime de la démolition de notre patrimoine.Et tout cela se fait sans grande mobilisation de la population, occupée par les festivals et les émissions d\u2019humour.Avoir une équipe de baseball et réussir le repêchage du Canadien sont des occupations plus importantes ! Je regardais dernièrement l\u2019émission Des racines et des ailes qui portait sur la région des Pyrénées.On y voyait des paysages harmonieux, avec un domaine bâti merveilleusement homogène et des bénévoles à l\u2019œuvre pour sauver des petits châteaux et des forteresses.Des gens de métiers à la retraite s\u2019employaient gratuitement à remettre ces édifices en état, se disant très fiers de contribuer à la Yolande, la Charlevoisienne LIBRE OPINION LETTRES ENCADREMENT DES GAFA La France donne le ton FRANCOPHONES HORS QUÉBEC Absurde front commun L n des problèmes que soulève le protocole d\u2019entente liant le Quebec Community Groups Network (QCGN) à l\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario (AFO) et à la Société de l\u2019Acadie du Nouveau-Brunswick, c\u2019est qu\u2019il s\u2019inscrit dans cette hypocrite symétrie qu\u2019impose le régime linguistique canadien aux minorités francophones hors Québec et à la majorité canadienne-an- glaise qui, paradoxalement, est traitée comme une minorité à protéger au Québec.Francophones hors Québec et anglophones québécois, même combat ! En soi, une telle affirmation apparaît comme une aberration, mais c\u2019est exactement ce qu\u2019on doit comprendre de cette entente qui amalgame deux situations bien différentes.Les deux groupes francophones tombent dans le panneau de cette fausse symétrie qui a contribué au recul du fait français au Canada.Qui plus est, en vertu de cette entente qui vise à faire des langues officielles un enjeu des prochaines élections fédérales, les deux associations francophones ont accordé un droit de veto au QCGN sur les positions qui seront défendues, les trois groupes s\u2019engageant à « être d\u2019accord de façon unanime ».Le combat que mènent les Anglo-Québécois contre la décision du gouvernement Legault de céder deux des trois écoles à moitié vides de la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) à la Commission scolaire de la Pointe-de-l\u2019Île montre de façon éloquente que leur situation n\u2019est pas celle des francophones hors Québec.Au lieu de ce transfert, la CSEM a proposé de faire coexister élèves anglophones et francophones dans les mêmes écoles.Or, les francophones hors Québec ont lutté pour éviter cette coexistence, qui n\u2019aurait pas manqué d\u2019accélérer leur assimilation.C\u2019est une preuve que de leur côté, les Anglo-Québécois ne craignent évidemment pas l\u2019assimilation.En outre, dans bien des régions, les francophones hors Québec manquent cruellement d\u2019écoles, les provinces se faisant tirer l\u2019oreille pour reconnaître leurs droits, alors que les Anglo-Québécois en ont trop.Comme le soulignaient dans nos pages des universitaires du reste du Canada, cette entente survient à un bien mauvais moment, alors que le Secrétariat québécois aux relations canadiennes et la Fédération des communautés préparent un sommet historique.À la suite des coupes sauvages de Doug Ford en Ontario, la population québécoise, spontanément, s\u2019est montrée solidaire des Franco-Ontariens.Ce n\u2019est pas de cet absurde front commun que nous avons besoin pour améliorer le sort des francophones hors Québec, mais d\u2019une relation renouvelée entre cette minorité réellement menacée et les Québécois.U ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES la santé dans l\u2019atmosphère.C\u2019est le docteur David Kaiser, à la Direction de la santé publique de Montréal, qui expliquait dernièrement les conclusions de sa recherche à un chroniqueur de Ra- dio-Canada quelque peu hébété par la faible teneur en gras des arguments de son interlocuteur sur le sujet.C\u2019est qu\u2019il étirait la pâte à pizza comme du bon pain, le bon docteur Kaiser, sans savoir réellement nous convaincre des retombées bienfaitrices de sa croisade pour la santé publique.Alors que la cité croule déjà sous la poussière de tous les chantiers et travaux qui l\u2019accablent au quotidien, qui n\u2019en finissent plus de finir, le niveau de pollution élevé de Montréal se situe au deuxième rang des villes canadiennes (un classement réalisé à partir de données compilées par l\u2019OMS dans 1100 villes réparties dans 91 pays du globe).Au plan environnemental, n\u2019y aurait-il pas lieu d\u2019étendre la portée de la recherche sur la santé publique montréalaise à un niveau beaucoup plus élevé que celui de la cuisson commerciale des bagels et de la pizza au four à bois?Je ne suis certainement pas le seul à le penser.Tiens, encore un car de touristes qui laisse tourner son moteur devant St-Viateur Bagel dans le Mile-End\u2026 Alain Petel Le 12 juillet 2019 sauvegarde de leur patrimoine, pendant qu\u2019ici nous sommes la proie des promoteurs qui sonnent aux portes des propriétaires pour les inciter à vendre leur maison en leur disant que de toute façon leur rue sera transformée.J\u2019étais à Québec il y a quelques semaines et je constatais à quel point la Grande Allée, avec ses immeubles en copropriété tous pareils, son église Saint-Cœur-de-Marie en démolition, son édifice H horrible, son complexe Saint-Patrice plutôt laid, est devenue complètement différente de la belle avenue qu\u2019elle fut quand je grandissais dans cette ville.Il semble que sauver le patrimoine est aussi important au point de vue économique en permettant de conserve un attrait touristique.Michèle Stanton-Jean Le 5 juillet 2019 Poussière sur la ville Après la loi sur la laïcité, passée sous le bâillon en juin dernier \u2014 comme quoi jamais gouvernement n\u2019aura affiché un tel degré de fermeture à l\u2019autre depuis\u2026 la fameuse Charte des valeurs péquiste(s) \u2014, voilà qu\u2019une nouvelle lubie, sortie d\u2019une boîte à surprise, s\u2019attaque maintenant aux pizzas et aux bagels cuits au four à bois dans la grande région métropolitaine, pour cause d\u2019émission de particules fines nocives pour ROBERT DUTRISAC A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 15 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Eric Deguire Enseignant d\u2019histoire et de français à la formation générale des adultes Alors que nous célébrons le 50e anniversaire du premier alunissage et de la première marche lunaire en ces 20 et 21 juillet, nous pouvons nous rappeler les événements d\u2019Apollo 11 comme étant assurément les plus spectaculaires et importants de toute l\u2019histoire humaine.« C\u2019est le plus grand événement de toute l\u2019histoire de la race humaine jusqu\u2019à présent.Aujourd\u2019hui, nous célébrons le Nouvel An de la première année.Si nous ne changeons pas le calendrier, les historiens le feront », ces paroles furent prononcées sur les ondes du réseau CBS par l\u2019auteur de science-fiction Robert Heinlein afin de décrire l\u2019ampleur historique du succès d\u2019Apollo 11.L\u2019être humain avait théorisé l\u2019espace depuis la Grèce antique et en passant par Copernic et Kepler dans les siècles suivants.Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin posaient le pied sur le sol de l\u2019astre le plus lumineux de la nuit terrestre.Ils laissent ainsi une trace humaine dans un monde bien lointain.En tant qu\u2019enseignant d\u2019histoire, cet événement me sert à décrire l\u2019émerveillement des années 1960.Alors que le système d\u2019éducation québécois se démocratise, cette époque est aussi marquée par la libération féminine et la dynamisation de la jeunesse et des arts.Les missions vers la Lune représentent le rêve et la potentialité des sixties.Dans le contexte plus large du XXe siècle, ces exploits représentent une prouesse technologique notable, alors que l\u2019invention de l\u2019avion remontait à seulement 60 ans auparavant.L\u2019exploration lunaire me sert aussi en enseignement du français, alors qu\u2019on peut travailler le récit historique.On peut amener les élèves à raconter l\u2019histoire de ces personnages en tentant de recréer les émotions vécues et les défis qu\u2019ils ont affrontés.Les défis étaient remarquables et les risques tellement importants que le président américain, Richard Nixon, avait en main un discours rédigé d\u2019avance ad- venant l\u2019échec de la mission.On pouvait y lire les paroles suivantes : « Dans les temps anciens, les hommes regardaient les étoiles et voyaient leurs héros dans les constellations.Dans les temps modernes, nous faisons à peu près la même chose, mais nos héros sont des hommes épiques de chair et de sang.» Cela rappelle d\u2019ailleurs que la mission Apollo 11 représente le point culminant de 2500 ans d\u2019analyses et de rêves de l\u2019Univers qui nous entoure.Douter de l\u2019événement Malgré tout, malgré les objets qu\u2019on a laissés sur la Lune et les roches rapportées, malgré les 400 000 personnes impliquées dans la réalisation de ce projet, malgré le fait que l\u2019Union soviétique \u2014 même dans le contexte de la guerre froide \u2014 n\u2019ait jamais formulé de doute sérieux par rapport aux succès d\u2019Apollo, de nombreux Américains et citoyens à travers le monde continuent de douter de cet événement.À petite échelle, je le vois chez mes élèves.Les arguments soutenant une conspiration se trouvent toujours à être les mêmes et sont ancrés dans un désir de ne pas accepter les événements les plus spectaculaires de notre existence.Mais, il n\u2019y a aucun doute que les missions d\u2019Apollo ont été véritables et, à force d\u2019entendre des réfutations de cet événement, j\u2019ai trouvé le meilleur des contre-arguments.Il suffit de rappeler qu\u2019après Apollo 11, la NASA a dirigé cinq autres missions réussies vers la Lune.Cela fait qu\u2019un total de 12 êtres humains, dans le cadre de six missions, ont marché sur la Lune entre juillet 1969 et décembre 1972.Alors que tous les arguments aussi cyniques qu\u2019absurdes touchent à Apollo 11, les critiques qui se sont généralement informés sur des sites Web peu crédibles oublient de considérer les autres missions.Ces dernières ne sont pas entrées dans le folklore américain, et leurs membres ne sont pas devenus des célébrités aussi marquantes qu\u2019Armstrong et Aldrin.On peut certainement se souvenir que c\u2019est dans le cadre des missions subséquentes que le rover lunaire a été utilisé afin d\u2019explorer une surface plus vaste.C\u2019est dans le cadre d\u2019Apollo 14 qu\u2019Alan Shepard jouera au golf sur la Lune, et ce sera le commandant de la mission Apollo 15, David Scott, qui laissera tomber simultanément un marteau et une plume qui toucheront le sol au même moment, prouvant ainsi qu\u2019il se trouve sur la Lune, dans un vide atmosphérique.Cinquante ans après la première exploration lunaire, la conquête de l\u2019espace se poursuit, mais de manière un peu moins spectaculaire.Je continue à croire que la NASA et différentes institutions internationales se doivent de consacrer davantage de ressources humaines et financières afin d\u2019envoyer une équipe humaine vers Mars, toujours dans le but de faire rêver la prochaine génération de scientifiques et de formuler, à nouveau, un souhait d\u2019unité et de paix pour l\u2019humanité.ESPACE Les conspirations et l\u2019enchantement d\u2019Apollo 11 Marie-Andrée Provencher Enseignante en francisation d\u2019adultes Montréal-Nord Le rapport de la vérificatrice générale du Québec (23 novembre 2017) ne concernait que la francisation offerte par le ministère de l\u2019Immigration : il constatait qu\u2019elle était désastreuse.Mais environ 40 à 50 % de la francisation sont assumés par le ministère de l\u2019Éducation.Or, son efficacité n\u2019a pas été examinée.Dans les écoles des commissions scolaires, tous les enseignants sont qualifiés, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils ont un diplôme en pédagogie, alors que ce n\u2019est pas obligatoire au ministère de l\u2019Immigration.Dans les commissions scolaires, le test de classement est effectué par un enseignant expérimenté, en personne.Depuis septembre 2016, au ministère de l\u2019Immigration, ce test est fait en ligne ! Il s\u2019agirait de 80 questions de compréhension orale et écrite, avec des réponses à choix multiples.D\u2019abord, qui passe le test ?Le candidat\u2026 ?Espérons-le\u2026 Puis, qu\u2019en est-il des personnes peu ou pas scolarisées ?Des personnes peu familiarisées avec l\u2019usage des nouvelles technologies ?De plus, on ne peut pas déduire avec un degré suffisant de précision la capacité d\u2019expression orale et écrite en se fiant uniquement au degré de compréhension.Au ministère de l\u2019Immigration, l\u2019enseignant ne peut pas effectuer un reclassement par lui-même : il doit remplir un formulaire pour l\u2019obtenir.Quand on connaît les lenteurs administratives, on se doute que la session est bien avancée quand l\u2019autorisation arrive\u2026 Il en va de même pour faire reprendre un niveau à un élève trop faible.Les conséquences sont catastrophiques.Les étudiants placés dans une classe trop forte perdent confiance dans leur capacité d\u2019apprentissage\u2026 et abandonnent.Les étudiants placés dans une classe trop faible sont mécontents du rythme trop lent, critiquent l\u2019enseignement\u2026 et abandonnent.Les besoins en français doivent être précisés \u2014 je dirais diagnostiqués \u2014 d\u2019après nos exigences pour accéder à un emploi dans le domaine de compétence de l\u2019arrivant.Il faut donner un accès rapide, avec allocation, aux cours appropriés.Exemples : un travailleur en entreprise : formation adéquate en milieu de travail après l\u2019acquisition d\u2019une base dans un cours intensif ; les enseignants diplômés à l\u2019étranger : préparation à l\u2019examen professionnel de français (TECFEE) ; les membres des ordres professionnels : préparation liée à leur profession, avec l\u2019aide de leur ordre ; un vendeur : perfectionnement à l\u2019oral.Il faut cesser d\u2019allouer un même temps d\u2019apprentissage à tous sans tenir compte des écarts linguistiques et culturels : sous cette justice apparente, une grande iniquité se dissimule.Le temps d\u2019apprentissage ne peut pas être le même pour un Asiatique unilingue et un latino bilingue ! Il faut donc offrir \u2014 ou même imposer ?\u2014 aux nouveaux arrivants, même francophones ou francisés, une courte session de formation axée sur les véritables habiletés de communication verbale et non verbale nécessaires pour « fonctionner » en emploi.Cette session doit comprendre une initiation au fonctionnement de la société québécoise, donc des connaissances de base sur certaines lois (par exemple : normes du travail ; vie familiale), sur les systèmes scolaires et gouvernementaux.Cette session permettrait non seulement d\u2019entamer une adaptation à la vie québécoise, mais aussi de survivre pendant la durée de l\u2019installation grâce à l\u2019allocation, maintenant légèrement augmentée.Ne perdons pas de vue que la francisation, ce n\u2019est pas de simples cours de français ; les enseignants sont aussi des interprètes culturels.Par ailleurs, rappelons la magnifique phrase de Léopold Senghor : « S\u2019intégrer, c\u2019est assimiler sans se faire assimiler.» En francisation, immigration contre éducation Jean-François Vallée Québec L\u2019hypocrite francisation « made in Quebec » des immigrants L\u2019ambition de la CAQ de gonfler le nombre d\u2019enseignants et de doper de 70 millions les budgets de francisation est fort louable.Mais il reste un facteur de taille sur lequel les millions n\u2019ont aucune influence : l\u2019anglomanie galopante des Québécois eux-mêmes\u2026 À quoi bon, en effet, faire miroiter aux immigrants une intégration harmonieuse en français quand, dans les faits, les Québécois sont devenus, cul- turellement, parfois plus anglophones que les anglos eux-mêmes ?L\u2019immigrant francisé à grands frais fréquentera les restaurants, les bars et les commerces de Natashquan à Val- d\u2019Or et de Rimouski à Montréal, et il n\u2019entendra (presque) que de la musique en anglais.À la radio, si ça et là, quelques chansons en français se faufileront, il apprendra vite que c\u2019est seulement grâce au CRTC, qui gonfle artificiellement à 65 % les quotas de chansons indigènes.Sans force de loi, ce chiffre friserait le zéro.Même Radio-Canada a cessé d\u2019exprimer une affection particulière pour le français ; la radio financée par nos impôts adule désormais le franglais, déroulant le tapis rouge à toutes ces chansons bilingues qui font florès dans les palmarès.Sur les ondes, le franglais fédère, et l\u2019anglais rallie.La loi 101 le forcera à envoyer ses enfants à l\u2019école française, mais il verra bien que nos écoles promeuvent de plus en plus l\u2019anglais intensif, voire exclusif, tout en comprimant jusqu\u2019à l\u2019asphyxie le programme des cours de français en 5e et 6e année.Il comprendra que les Québécois, bien qu\u2019issus de la grande civilisation française, la connaissent mal et la sous-estiment, alors qu\u2019en revanche, ils idolâtrent au quotidien les cultures anglaises et américaines.Il constatera avec quel empressement les employés francophones serviront un client anglophone, subjugués, comme s\u2019il parlait une langue magique.À dire vrai, on se fait souvent servir avec plus de déférence en anglais qu\u2019en français, l\u2019employé étant tout fier de « pratiquer son anglais »\u2026 Il verra des francophones passer docilement à l\u2019anglais dès qu\u2019un anglophone se joint à un groupe de francos.Et là où ils seraient censés pouvoir travailler en français, comme dans la fonction publique fédérale, de pénibles procès jugeront que si les anglophones de Toronto jouissent d\u2019un droit absolu de travailler en anglais, le privilège de travailler en français ne s\u2019applique aucunement aux francophones de Montréal.Alors pourquoi n\u2019envieraient-ils pas le prestige que leur confère la langue de Margaret Atwood et d\u2019Ernest Hemingway ?Pourquoi n\u2019aspireraient-ils pas eux aussi à ce que les Québécois souhaitent de plus en plus ouvertement, soit devenir des anglophones de plein droit et de pleins privilèges ?Tant et aussi longtemps que les Québécois n\u2019aimeront pas, ne défendront pas et ne consommeront pas assez la culture dans leur langue, les nouveaux arrivants seront séduits par l\u2019idée de basculer du côté anglais.C\u2019est l\u2019unique façon de contrebalancer le magnétisme hypnotisant de l\u2019anglais sur ce continent.Ne perdons pas de vue que la francisation, ce n\u2019est pas de simples cours de français ; les enseignants sont aussi des interprètes culturels Buzz Aldrin, photographié par Neil Armstrong NASA APOLLO ARCHIVE L\u2019immigrant francisé verra des francophones passer docilement à l\u2019anglais dès qu\u2019un anglophone se joint à un groupe de francos LEDEVOIR // LE LUNDI 15 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 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(Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Dix résidences pour aînés en grève Les quelque 1000 syndiqués de dix résidences privées pour personnes âgées ont mis dimanche leur menace à exécution en déclenchant une grève.Les travailleurs réclament de meilleures conditions de travail, dont un taux horaire de 15$.Neuf établissements seront touchés par une grève de sept jours, soit jusqu\u2019au 20 juillet, et un autre établissement sera touché par un arrêt de travail de trois jours.Ces résidences privées sont situées à Québec, à Gati- neau, à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Montréal, à Laval, à Saint-Lambert, à Saguenay et à Lévis.Le Syndicat québécois des employées et employés de service, affilié à la FTQ, avait annoncé l\u2019obtention du mandat de grève le 27 juin en espérant mettre de la pression sur les différents employeurs afin d\u2019accélérer les négociations.La Presse canadienne Trudeau rend hommage à la journaliste canadienne tuée en Somalie OTTAWA \u2014 Le premier ministre Justin Trudeau a condamné dimanche « l\u2019attaque terroriste ignoble » en Somalie qui a fait au moins 26 morts, parmi lesquels une journaliste canadienne d\u2019origine somalienne, dont Ottawa « pleure la perte ».M.Trudeau a présenté ses condoléances, « au nom de tous les Canadiens », à la famille et aux proches de Hodan Nalayeh, journaliste canadienne d\u2019origine somalienne tuée avec son mari Farid, lors de l\u2019attaque par des militants islamistes shebab d\u2019un hôtel de la ville portuaire de Kismayo, en Somalie.Cette attaque a pris fin samedi matin au terme d\u2019un siège qui a duré près de douze heures.Quelque 56 personnes ont également été blessées.Agence France-Presse Le président de Savoura toujours introuvable Les recherches aériennes se poursuivaient dimanche dans les Hautes- Laurentides pour retrouver le président de Sagami-Savoura, Stéphane Roy, et son fils de 14 ans, portés disparus depuis mercredi alors qu\u2019ils rentraient d\u2019un voyage de pêche en hélicoptère.La collaboration étroite entre les Forces armées canadiennes et la famille Roy a permis de réduire de moitié la zone de recherche.Initialement de 20 000 km2, elle a été réduite au secteur situé entre le chalet familial des Laurentides et la résidence principale de la famille, à Sainte-Sophie.Dimanche, un hélicoptère de bénévoles qui participaient aux recherches s\u2019est écrasé, ont rapporté plusieurs médias.La Sûreté du Québec a déclaré qu\u2019un des quatre occupants avait subi des blessures mineures.La Presse canadienne et Le Devoir La journaliste canadienne d\u2019origine somalienne Hodan Nalayeh FACEBOOK / LA PRESSE CANADIENNE François Croteau.« Mais certains citoyens trouvaient que ça avait l\u2019air abandonné et sale.On a rapidement pris conscience que ça prenait des outils de communication pour que les gens comprennent pourquoi on ne tondait pas le gazon.» Son administration compte aller plus loin l\u2019an prochain et étendre ces mesures à l\u2019ensemble des parcs de l\u2019arrondissement et aux terrains entre les trottoirs et la chaussée.« On pense à des espaces qui ne sont pas nécessairement utilisés pour la détente ou le loisir.On pourrait réintroduire manuellement des plantes indigènes afin qu\u2019elles prolifèrent par elles-mêmes par la suite », explique François Croteau.« Les canicules vont être de plus en plus présentes.Les changements climatiques sont vraiment une réalité.Les gens comprennent qu\u2019il faut des changements dans la gestion des espaces verts et qu\u2019il faut lutter contre les îlots de chaleur », croit l\u2019élu.Écosystèmes urbains À plus long terme, la Ville de Montréal envisage d\u2019éliminer le gazon de ses terre-pleins et de ses plates-bandes.Depuis le printemps, un projet-pilote est en cours dans Ahuntsic-Cartierville afin de créer des aménagements de vivaces, sans gazon.Le Laboratoire d\u2019intégration d\u2019écologie urbaine (LIEU), qui a été mandaté par la Ville pour réaliser ce projet, s\u2019affaire à créer des écosystèmes comportant des plantes susceptibles de résister à la vie urbaine et de fertiliser le sol.« Il fallait trouver des plantes qui durent au-delà d\u2019un an et résistent au sel de voirie et au stress de la vie urbaine, tout en prenant en considération l\u2019aspect esthétique », indique Alison Mun- son, professeure en écologie forestière à l\u2019Université Laval, qui codirige le projet.« On a plusieurs objectifs, notamment d\u2019augmenter la diversité des plantes en ville pour les insectes et les animaux et augmenter le carbone dans l\u2019aménagement.» Le projet s\u2019échelonnera sur deux ans et demi et les résultats pourraient guider la stratégie d\u2019aménagement à l\u2019échelle de la ville.Le LIEU entend élaborer un protocole et une liste de végétaux adaptés aux conditions urbaines.L\u2019organisme travaille aussi sur d\u2019autres projets au Québec, notamment sur les terrains de l\u2019Institut de réadaptation en déficience physique de Québec et au CHSLD Rousselot.« On a vu des cas où le sol était vraiment compacté après 50 ans de gazon.Les aménagements qu\u2019on fait avec des fleurs sont plus intéressants pour les marcheurs que les grandes pelouses vides », explique Alison Munson.La gestion différenciée gagne du terrain ici et ailleurs.Depuis le début des années 2000, le ministère des Transports du Québec a cessé de tondre systématiquement les terrains longeant les autoroutes, à l\u2019exception des deux premiers mètres.En Angleterre, en France et en Suisse, la nature reprend tranquillement ses droits en milieu urbain et le long des routes.Genève s\u2019est d\u2019ailleurs fixé pour objectif d\u2019adopter la gestion différenciée pour la totalité de ses espaces verts en 2020.À plus long terme, la Ville de Montréal envisage d\u2019éliminer le gazon de ses terre-pleins et de ses plates- bandes.JACQUES NADEAU LE DEVOIR es tondeuses seront moins actives dans les parcs de Rosemont \u2013La Petite-Patrie l\u2019an prochain.L\u2019arrondissement a décidé de réduire la tonte du gazon dans l\u2019ensemble de ses espaces verts afin de laisser plus de place aux fleurs sauvages et aux plantes indigènes.Petit à petit, le gazon perd du terrain à Montréal.Plus tôt cette année, François Croteau circulait à vélo sur la piste cyclable de la rue des Carrières pour se rendre à son bureau.Le maire de Rose- mont\u2013La Petite-Patrie croise alors des employés de la Ville affairés à tondre les abords de la voie ferrée.« Je me suis dit : quelle énergie dépensée pour un espace qui, ma foi, n\u2019est pas très large et où il y a un problème d\u2019herbe à poux.Pourquoi ne pas appliquer à cet endroit notre politique de biodiversité ?» ra- conte-t-il.Le lendemain, les panneaux étaient installés.Ceux-ci indiquent aux passants qu\u2019aucune tonte n\u2019est désormais effectuée sur cette bande de terrain.Plusieurs arrondissements montréa- lais expérimentent depuis des années la « gestion différenciée », qui consiste à réduire les interventions dans certaines zones gazonnées de manière à laisser d\u2019autres plantes s\u2019installer.L\u2019arrondissement de Saint-Laurent a renaturalisé le parc Marcel-Laurin et prévoit aménager un corridor de biodi- versité au cours des 10 prochaines années, sur 450 hectares.Depuis 2016, l\u2019arrondissement de Verdun a limité l\u2019entretien sur quelque 58 000 mètres carrés, répartis dans plusieurs de ses parcs.Le Plateau-Mont-Royal laisse la nature faire son œuvre à plusieurs endroits, dont sur le terre-plein du boulevard Saint-Joseph.Pas si écolo, la pelouse Le gazon résiste mal à la sécheresse, requiert beaucoup d\u2019eau, nécessite une tonte fréquente et sa valeur écologique est limitée.Dans le cadre d\u2019une étude publiée en novembre dernier, quatre chercheurs de l\u2019Université du Québec à Montréal, de l\u2019Université du Québec en Outaouais et de l\u2019Université de Montréal ont comparé quatre types de végétation basse.Ils ont notamment constaté que le gazon dissipait moins bien la chaleur que les autres surfaces végétales, la température y étant supérieure de cinq degrés Celsius en moyenne, et que sa tonte avait pour effet d\u2019éliminer la presque totalité des invertébrés, dont les insectes pollinisateurs.Après quatre semaines, la recolonisation était faible, ont-ils observé.La diversification des espèces végétales permet aussi un meilleur contrôle des plantes exotiques et envahissantes, en plus de réduire les coûts d\u2019entretien, avance François Croteau.En 2017, Ro- semont\u2013La Petite-Patrie a ciblé deux zones des parcs Étienne-Desmarteaux et Rosemont où la tondeuse ne passerait plus.« Après deux ans, il n\u2019y a plus aucune plante envahissante visible dans la butte.On voit les espèces indigènes reprendre leur place », constate JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR MONTRÉAL Le gazon en arrache Des arrondissements réduisent leurs interventions dans des zones gazonnées pour laisser plus de place aux fleurs sauvages et aux plantes indigènes L Les canicules vont être de plus en plus présentes.Les changements climatiques sont vraiment une réalité.Les gens comprennent qu\u2019il faut des changements dans la gestion des espaces verts et qu\u2019il faut lutter contre les îlots de chaleur.FRANÇOIS CROTEAU » "]
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