Le devoir, 18 juillet 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 159 / LE JEUDI 18 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM PHOTOGRAPHIE Le Bas-Saint-Laurent dans l\u2019œil de Michel Dompierre BANQ vient d\u2019acquérir 8000 clichés du photographe JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR En photographie, les vacances, ça n\u2019existe pas ! » me dit Michel Dompierre au bout du fil.Bien que le photographe soit blessé au dos, et donc plus aussi mobile qu\u2019il le voudrait, son œil agile reste attaché au Rocher-Blanc, à la Pointe-aux-Anglais, aux différents pays du Saint-Laurent dans lesquels il ne cesse, depuis plus de quarante ans, de retremper son quotidien.À vélo, à pied, en auto, il part encore et toujours photographier, sans se lasser, même s\u2019il a délaissé les projets d\u2019envergure.Les Archives nationales du Québec ont fait savoir, il y a quelques jours, qu\u2019elles avaient acquis 8000 photographies de Dompierre.« Il reste encore à classer, à identifier, tout n\u2019est pas encore terminé pour BAnQ », dit- il en entrevue.Ces images léguées à la collectivité datent de 1975 à 2008.Elles s\u2019attachent, pour l\u2019essentiel, à la vie dans le Bas-Saint-Laurent.« J\u2019avais peur qu\u2019il arrive quelque chose à mes photos, de perdre tout.C\u2019est tout ce que je laisse.Et personne, dans mon entourage, ne peut conserver tout ça et s\u2019en occuper.En même temps, très honnêtement, j\u2019ai toujours pensé que ces photographies appartenaient d\u2019abord à la société.» Michel Dompierre a réalisé plusieurs livres sur les municipalités de son pays d\u2019adoption.Il a travaillé un peu comme photographe commercial.« J\u2019ai fait des photos d\u2019entreprises pendant six ans, pour Air Transat, pour quelques autres aussi.Je pense qu\u2019on aimait surtout le côté humaniste de mes photos.» Dompierre a aussi été le photographe officiel de Richard Desjardins.Il a suivi le poète-chanteur, dit- il, « pendant presque toute sa carrière ».À propos de l\u2019œuvre de son INDEX Éditorial.A6 Idées.A7 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B4 Décès .B4 Sports.B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Monde .B7 Avis légaux .B7 ACTUALITÉS Premier coup de semonce des syndiqués de la SEPAQ A 3 CULTURE Le metteur en scène russe Kirill Serebren- nikov triomphe au Festival d\u2019Avignon ACTUALITÉS Chronique en 11 images de la mission d\u2019Apollo 11 A 8 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR La multinationale du partage de logements entre particuliers, Airbnb, contrevient depuis sa création à la loi québécoise sur l\u2019affichage complet des prix, et ce, en toute impunité, l\u2019Office de protection du consommateur (OPC) fermant en effet les yeux sur cette non-conformité, a constaté Le Devoir.Ces infractions se font pourtant au grand jour sur l\u2019ensemble des sites et des applications de la compagnie qui, malgré les dispositions de la Loi sur la protection du consommateur (LPC), continue d\u2019afficher des résultats de recherche mettant à l\u2019avant-plan des prix incomplets ne tenant pas compte de plusieurs séries de frais, dont les frais de ménage ou de service.Au Québec, cette pratique est pourtant illégale puisqu\u2019elle vise à tromper les consommateurs sur la valeur réelle d\u2019un produit ou d\u2019un service en décomposant un prix pour le rendre plus attractif.Pour AFFICHAGE Airbnb triche en toute impunité les transactions effectuées depuis le territoire québécois, ce prix affiché ne peut exclure rien d\u2019autre que les deux taxes, résume l\u2019article 224 de la LPC, auquel toutes les entreprises installées ici, qu\u2019elles soient Québécoises ou étrangères, sont assujetties.Or, l\u2019OPC, qui est responsable de l\u2019application de cette loi, a confirmé au Devoir cette semaine n\u2019être «jamais entré en contact avec Airbnb» pour sensibiliser la compagnie américaine à l\u2019existence de cette loi ou encore pour la contraindre à s\u2019y conformer.«Cette entreprise a fait l\u2019objet de très peu de plaintes à l\u2019Office (six au cours des deux dernières années)», a justifié Charles Tanguay, porte-parole de l\u2019organisme dans un échange laconique par courriel.Même son de cloche du côté du ministère de la Justice qui indique ne pas avoir eu d\u2019échanges particuliers avec Airbnb sur cette question et renvoie la balle du côté de l\u2019OPC pour justifier son inertie dans ce dossier depuis plusieurs années.En 2010, deux mois après l\u2019entrée en vigueur de cette nouvelle disposition de la Loi, l\u2019agence provinciale de défense du consommateur n\u2019avait pourtant pas hésité à mettre en demeure plusieurs compagnies aériennes, dont Air Canada, pour les forcer à s\u2019y conformer.Rappelons que cette nouvelle règle d\u2019encadrement de l\u2019affichage des prix au Québec a été instaurée principalement pour mettre un terme à la publicité trompeuse dans les domaines de l\u2019aviation, du tourisme, de l\u2019automobile, de la téléphonie, de la câblodistribution et même du billet de spectacle qui abusaient des frais cachés afin de présenter, aux Une des nombreuses vues du fleuve signée Michel Dompierre BANQ RIMOUSKI VOIR PAGE A 2 : AIRBNB Le géant américain contrevient à la loi québécoise sur l\u2019affichage depuis plusieurs années sans jamais avoir été inquiété « VOIR PAGE A 4 : PHOTOGRAPHIE J\u2019ai toujours pensé que ces photographies appartenaient d\u2019abord à la société MICHEL DOMPIERRE » AMÉLI PINEDA À OKA LE DEVOIR Oka plus près d\u2019une autre crise que de la réconciliation VOIR PAGE A 4 : OKA Accusant les Mohawks de Kanesatake de mettre en péril la pérennité de la municipalité d\u2019Oka s\u2019ils récupèrent des terres ancestrales, le maire Pascal Quevillon s\u2019est défendu mercredi soir d\u2019alimenter un discours raciste et haineux.Lors d\u2019une séance d\u2019information, il a appelé les citoyens d\u2019Oka à se mobiliser pour s\u2019assurer d\u2019être consultés afin d\u2019éviter notamment de voir dégringoler la valeur de leurs propriétés.« Ce qu\u2019on constate à Kanesatake, ce sont des cabanes à cigarettes et à cannabis, de l\u2019enfouissement et des cours d\u2019eau remblayés par on ne sait même pas quoi.C\u2019est malheureusement une triste réalité », a répété à plusieurs reprises le maire Quévillon.Mercredi soir, les bancs de l\u2019Église de l\u2019Annonciation d\u2019Oka étaient pleins à craquer, si bien qu\u2019il a fallu diriger des citoyens vers le jubé.Le maire Qué- villon y avait convoqué les citoyens pour une séance d\u2019information sur le projet de réconciliation entre un propriétaire privé et la communauté mohawk.Dans les derniers mois, Grégoire Gollin, et le grand chef Serge Simon ont élaboré une entente visant à restituer aux Mohawks un terrain de 60 hectares dont une parcelle de la pinède qui a été au cœur de la crise d\u2019Oka en 1990.M.Gollin serait également prêt à vendre 150 hectares supplémentaires au gouvernement fédéral afin qu\u2019il puisse à son tour les redonner aux Mohawks.Le maire de la municipalité s\u2019oppose à la rétrocession de terres aux Mohawks ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 18 JUILLET 2019 Rectificatifs Dans le texte de Caroline Montpetit intitulé « Pierre Falardeau dix ans après », publié en page B 8 le 16 juillet 2019, il aurait fallu lire que le scénario Le jardinier des Molson portait sur la Première Guerre mondiale, et non spécifiquement sur la famille Molson.Aussi, le mémoire de maîtrise de Pierre Falardeau portait sur la lutte, et non sur la boxe.Une photo hors texte, publiée en page A 3 le 3 juillet 2019 et relatant le retour du maire de la Ville de Québec, Régis Labeaume, au conseil municipal, mentionnait que M.Labeaume se remettait d\u2019un cancer du pancréas.Il se remet plutôt d\u2019un cancer de la prostate.Le prix réel AIRBNB SUITE DE LA PAGE A 1 consommateurs, des prix trop bas pour être vrais.Comme le fait Airbnb aujourd\u2019hui.Air Canada avait alors refusé de s\u2019y plier, prétextant être une compagnie œuvrant sous juridiction fédérale.Elle se conforme désormais à la loi provinciale pour les transactions effectuées depuis le Québec.Ni l\u2019OPC, ni le ministère de la Justice et son Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) chargé de poursuivre les contrevenants aux lois du Québec, ne pouvaient toutefois ignorer la violation de la loi du Québec par Airbnb, puisque cette infraction fait l\u2019objet, depuis août 2017, soit presque depuis presque deux ans, d\u2019une demande en autorisation d\u2019une action collective.Le tribunal a accueilli partiellement cette demande car la multinationale met en doute la crédibilité du consommateur qui porte cette cause devant la justice.Il est autant un client d\u2019Airbnb qui a subi cette différence de prix lors d\u2019une transaction effectuée pour une location en Floride, qu\u2019un loueur de logement qui profite de ces frais cachés pour rendre plus attrayante son offre de logement par l\u2019entremise d\u2019Airbnb.Par ailleurs, l\u2019an dernier, l\u2019Union européenne a fédéré l\u2019ensemble des autorités responsables de la protection des consommateurs de ses membres afin de forcer Airbnb à appliquer une règle d\u2019affichage complet des prix sur la page des résultats de recherche, et ce, pour les transactions effectuées dans son espace commercial.La compagnie avait en premier lieu prétexté que son système globalisé de partage de logement ne permettait pas de le faire, puis a changé son fusil d\u2019épaule sous la menace de sanctions de l\u2019exécutif européen.La semaine dernière, Airbnb a indiqué avoir modifié ses conditions de service pour être désormais conforme aux règles européennes sur l\u2019affichage des prix.« Ces vacances d\u2019été, les Européens obtiendront tout simplement ce qu\u2019ils voient lorsqu\u2019ils réservent leurs vacances », s\u2019est d\u2019ailleurs réjouie la commissaire européenne chargée des droits des consommateurs, Vera Jou- rova, citée par l\u2019Agence France-Presse.Elle s\u2019est dite satisfaite qu\u2019Airbnb « se soit montrée disposée à coopérer ».Ici, cette transparence est encore lointaine, comme l\u2019a constaté Le Devoir.Depuis Montréal, la recherche d\u2019un appartement à New York fin juillet a fait apparaître un loft à Manhattan pour 38$ la nuit, qui après application des frais cachés (ménage et service) a révélé une facture finale de 306$, une différence spectaculaire de\u2026 705%.Un appartement dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal à 82$ pour une nuit a fini à 165$ au moment de terminer la transaction, soit 101% de plus.Et le même traitement a pu être constaté pour des recherches aléatoires de logement à Barcelone, Paris, San Diego et San Francisco, ville où Airbnb a été fondée en 2009.Joint par Le Devoir, Airbnb dit ne pas vouloir commenter cette série d\u2019infractions étant donné qu\u2019elle fait face à une action collective au Québec.Elle assure toutefois vouloir modifier « la façon de présenter les prix de locations sur sa plateforme destinée aux résidents du Canada », a indiqué au Devoir, Lindsey Scully, porte-parole de la multinationale sans plus de détails, et en précisant que « plus d\u2019informations seront communiquées dans les prochains mois ».Dans un autre domaine, Airbnb s\u2019oppose actuellement à un projet de règlement du ministère du Tourisme du Québec qui cherche à mettre de l\u2019ordre dans l\u2019offre de logement en location en forçant les loueurs de logements à obtenir un numéro d\u2019enregistrement auprès de la Corporation de l\u2019industrie touristique du Québec (CITQ), et ce, pour s\u2019assurer de la perception de taxes lors de la transaction.En substance.MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Les détenteurs de cartes de crédit devront débourser davantage pour rembourser celles-ci à compter du 1er août.De nouvelles règles porteront le seuil minimum de paiement à 2%.Il augmentera ensuite annuellement d\u2019un demi- point de pourcentage, jusqu\u2019à ce qu\u2019il atteigne 5% après une période de six ans.Le paiement minimum devra déjà être fixé à 5 % du solde pour les nouveaux contrats de carte de crédit.« On veut annoncer dès maintenant les changements qui s\u2019en viennent parce que les consommateurs qui ne paient systématiquement que le minimum ont souvent aussi des difficultés budgétaires, a noté le porte-parole de l\u2019Office de la protection du consommateur (OPC), Charles Tanguay.Certains peuvent avoir aussi des cartes avec des soldes importants ou même plusieurs cartes et, dans ces cas-là, le gouvernement est conscient que ça pourrait poser des difficultés de voir le paiement minimum augmenter.» L\u2019OPC a mis un calculateur en ligne pour tenter de susciter une certaine prise de conscience chez les gens qui tardent à rembourser la totalité de leur dette.« On souhaite aviser les consommateurs que c\u2019est coûteux de ne payer que le minimum, a-t-il indiqué.On peut faire la démonstration avec notre calculette qu\u2019on peut payer longtemps, pendant des décennies, si on a des soldes sur des cartes avec un taux d\u2019intérêt élevé.» Par exemple, pour un solde de 1000 $ sur une carte dont le taux de crédit est de 19,9 %, un consommateur qui ferait un paiement minimum fixé à 2 % rembourserait sa dette en 25 ans et 10 mois, en payant des frais de crédit de 3001,40 $.C\u2019est donc trois fois le prix de l\u2019achat initial.L\u2019OPC ne dispose pas de données précises sur le nombre de personnes qui remboursent seulement le minimum, mais leur proportion oscillerait entre 10 et 15 % des détenteurs de cartes de crédit.Le Mouvement Desjardins n\u2019entrevoit pas d\u2019impact important à la suite de l\u2019entrée en vigueur de ces nouvelles règles.«Nous avons déjà un paiement minimum de 5 % sur nos cartes de crédit à taux régulier, qui représentent la majorité des cartes Desjardins », a expliqué sa porte-parole, Chantal Corbeil.L\u2019Union des consommateurs estime que les détenteurs de cartes de crédit seront gagnants en définitive, puisque le paiement de leur dette se fera plus rapidement.«Il est possible que certains consommateurs aient des difficultés à faire leurs paiements, mais l\u2019augmentation n\u2019est pas énorme», a toutefois reconnu sa directrice, France Latreille.Elle a souligné du même souffle qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un retour au taux qu\u2019atteignait le paiement minimum dans les années 1990, avant que les institutions financières ne commencent à les baisser.Ces nouvelles règles avaient été adoptées par le gouvernement libéral de Philippe Couillard en 2017 dans le cadre du projet de loi 134 qui encadrait également les programmes de fidélisa- tion, pour éviter que les points accumulés ne deviennent périmés.Avec La Presse canadienne FINANCES PERSONNELLES Hausse du paiement minimum sur les cartes de crédit Le montant mensuel exigé passera à 2 % en août et atteindra 5 % en 2025 LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Québec souhaite modifier le Règlement sur les halocarbures, dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).Le projet de modification de règlement vise à interdire, dès 2021, la vente, la fabrication, l\u2019installation et la distribution d\u2019appareils de climatisation et de réfrigération commerciaux utilisant des hy- drofluorocarbones (HFC).Ces gaz réfrigérants avaient remplacé à l\u2019époque d\u2019autres composés chimiques en partie responsables de la détérioration de la couche d\u2019ozone.Ils sont toutefois mis en cause dans le réchauffement planétaire.Les appareils des particuliers ne sont pas touchés par cette modification.Le règlement vise certains secteurs commerciaux, dont les entrepôts de denrées alimentaires et les supermarchés.Dès 2025, Québec souhaite étendre cette interdiction aux équipements de type refroidisseur et de réfrigération dans les transports.Adopté en 2004, le Règlement visait à bannir progressivement les halocar- bures qui contribuaient à la détérioration de la couche d\u2019ozone et aux changements climatiques.Ces substances ont été remplacées par les HFC qui, bien que sans effets néfastes sur la couche d\u2019ozone, contribuent au réchauffement de la planète encore plus rapidement que les émissions de dioxyde de carbone (CO2).Québec souhaite modifier le règlement, estimant qu\u2019aucune restriction encadrant l\u2019utilisation de ces gaz n\u2019existe à l\u2019heure actuelle.« Là où d\u2019autres solutions sont disponibles sur le marché, ces dernières devraient être utilisées », déclare le ministre québécois de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.Le remplacement progressif des appareils utilisant des halocarbures « parvenus en fin de vie utile » permettra d\u2019éviter graduellement l\u2019équivalent de près de 6,6 millions de tonnes d\u2019émissions de CO2 dans l\u2019at- ENVIRONNEMENT Québec veut réduire l\u2019utilisation des HFC La nouvelle réglementation ne s\u2019appliquera pas aux appareils domestiques, ce que déplore Québec solidaire.JACQUES NADEAU LE DEVOIR mosphère entre 2021 et 2035, selon le ministère de l\u2019Environnement.L\u2019organisme environnemental Équi- terre accueille favorablement la modification du Règlement.« Il est essentiel en contexte de crise climatique de réduire leur [les HFC] utilisation au minimum et de s\u2019assurer que les appareils existants sont récupérés de manière responsable », a fait savoir par courriel au Devoir Caroline Brouillette, chercheuse senior en changements climatiques chez Équiterre.Du côté de Québec solidaire, on déplore toutefois que la modification ne s\u2019étende pas au secteur résidentiel.La porte-parole du parti en matière d\u2019environnement, Ruba Ghazal, reproche « l\u2019absence de contrôle sérieux et le désengagement de certains détaillants d\u2019électroménagers » dans la récupération des halocarbures, qu\u2019elle suggère de confier à des spécialistes comme ceux de l\u2019usine PureSphera.Elle suggère également l\u2019imposition d\u2019un « écofrais » sur les réfrigérateurs et les climatiseurs.« La récupération efficace des halocarbures n\u2019est pas un caprice d\u2019écolo, mais bien une démarche qui pourrait réduire nos émanations de GES de manière importante », soutient-elle.Contactés par Le Devoir, les porte-parole en matière d\u2019environnement du Parti libéral du Québec et du Parti québécois n\u2019ont pas été en mesure d\u2019émettre un commentaire.Les consultations concernant le projet de modification du règlement se poursuivront jusqu\u2019au 31 août.38 $ Un logement à Manhattan annoncé à ce prix pour une nuitée coûtait en réalité 306 $ après avoir ajouté les frais de ménage et de service. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 18 JUILLET 2019 GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Le conciliateur appelé en renfort pour débloquer le conflit entre la SEPAQ et ses employés a fait son entrée dans le dossier mercredi, alors qu\u2019une première journée de grève perturbait les activités du réseau.Mais sur la place publique, les deux camps font état d\u2019un véritable canyon entre les parties.« La contre-offre syndicale [déposée mardi] nous a choqués et déçus, commentait en milieu de journée le porte- parole de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), Simon Boivin.Le syndicat est revenu avec des demandes [salariales] plus élevées que les demandes initiales.» Depuis janvier, « on avait réglé pratiquement l\u2019ensemble des clauses normatives des neuf conventions à l\u2019intérieur du réseau.Compte tenu de ce qui s\u2019est passé mardi, on revient à la case départ.» M.Boivin a toutefois souligné plus tard qu\u2019à « travers le travail de conciliation, il sera certainement possible de reprendre la plupart des éléments à l\u2019endroit où ils en étaient.» Le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, tenait pour sa part un discours tout autre.« La SEPAQ a fait des offres en deçà du coût de la vie, dénonçait-il.Qu\u2019ils osent le dire publiquement, vous verrez que ce n\u2019est vraiment pas élevé.Ils offraient moins de 1 % d\u2019augmentation au départ, et ils ont à peine augmenté depuis.[\u2026] Les parties sont très loin.» M.Daigle nie que le syndicat ait déposé des demandes à la hausse.« Pas du tout, on a abaissé certaines demandes.» Impossible de vérifier dans le détail : les deux parties s\u2019entendent minimalement à l\u2019idée de garder les chiffres secrets\u2026 Le SFPQ affirme que le salaire moyen des employés est d\u2019environ 15 $.Ceux-ci ont touché des augmentations de salaire de 1 % par année entre 2015 et 2017, et de 2 % pour 2018.Conseil du Trésor À Québec, le gouvernement Legault s\u2019est tenu loin du conflit mercredi, même s\u2019il joue un rôle névralgique dans cette négociation.Puisqu\u2019elle implique une société parapublique, « le Conseil du Trésor octroie le cadre financier ainsi que les mandats et responsabilités de stratégie globale de négociation, a précisé Myrian Marotte, porte-parole du ministre Christian Dubé.Mais il ne mène pas directement la négociation, qui est la responsabilité de la société d\u2019État elle-même.» «Le cadre financier pourrait être bonifié sur demande de la SEPAQ au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs [Pierre Dufour], qui en ferait la demande au Conseil du trésor» a indiqué Mme Marotte.Sauf qu\u2019au cabinet de M.Dufour, on soutenait, mercredi, n\u2019avoir «aucun rôle à jouer» dans cette négociation\u2026 «On se croise les doigts pour que les Québécois ne soient pas privés des beautés de la SEPAQ, a commenté le porte- parole du ministre, Carl Charest.Mais on ne veut pas se mêler de la discussion entre la direction et ses employés.» Mercredi, la première journée de grève des employés a touché 300 employés et perturbé les activités dans cinq lieux du réseau.La situation pourrait être autrement plus problématique à compter de samedi, alors que débuteront les vacances de la construction: si les négociations n\u2019ont pas abouti, 2500 employés déclencheront alors une grève générale illimitée dans 23 parcs nationaux.Selon Simon Boivin, l\u2019accès aux parcs et aux établissements demeurera possible.« Mais il y aura des impacts sur l\u2019offre de services », par exemple les locations d\u2019embarcations.Une compensation de 20 % sera ainsi offerte aux clients en séjour.La négociation reprendra jeudi matin.Premier coup de semonce des syndiqués de la SEPAQ Quelque 300 employés en grève pourraient être rejoints par 2500 autres dès samedi MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La protection accordée aux crucifix dans la Loi sur la laïcité de l\u2019État est une nouvelle preuve de l\u2019incohérence du gouvernement Legault dans ce dossier, selon le Mouvement laïque québécois (MLQ).Le Devoir a révélé samedi que le gouvernement Legault avait discrètement mis les crucifix à l\u2019abri d\u2019actions judiciaires qui auraient pu forcer les institutions publiques à les retirer.La loi n\u2019empêche pas, non plus, une institution publique d\u2019accrocher de nouveaux symboles religieux.« C\u2019est vraiment un non-sens, a dénoncé le vice-président du MLQ, Daniel Baril, en entrevue.C\u2019est une contradiction incompréhensible qui mine la crédibilité de la loi.» Un amendement ajouté à la dernière minute dans les heures précédant l\u2019adoption de la Loi sur la laïcité de l\u2019État, en juin, empêche tout citoyen de demander le retrait d\u2019un symbole religieux.Des citoyens athées ne pourraient donc pas aller devant les tribunaux pour forcer les écoles publiques ou les hôpitaux à les décrocher.Cet amendement du gouvernement a été déposé lors du bâillon en juin et n\u2019a donc pas pu être étudié par les partis d\u2019opposition avant le vote.L\u2019article 17 stipule que le principe de laïcité de l\u2019État ne peut être interprété pour exiger que les institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires retirent ou modifient les symboles religieux dans leurs immeubles \u2014 crucifix, croix, statues \u2014, qu\u2019ils soient amovibles ou non.«Ça donne une teinte de catho-laïcité à cette loi, a critiqué M.Baril.L\u2019idée de la laïcité, c\u2019est pour les autres.Nous, on garde nos symboles religieux.» Celui-ci avait été témoin expert dans la cause qui opposait Alain Simoneau à la Ville de Saguenay, en 2008, pour mettre fin à la prière à l\u2019hôtel de ville.Or, la plainte concernait également le crucifix et une statue du Sacré-Cœur disposés dans les salles du conseil municipal, mais la question des symboles religieux n\u2019a jamais été tranchée par la Cour suprême, faute d\u2019enquête.La Commission des droits de la personne avait seulement choisi de mener une enquête sur la prière.«La Commission ne s\u2019est jamais expliquée, a rappelé M.Baril.En fait, ça nous a paru comme un laxisme.» Pour le spécialiste de l\u2019histoire religieuse Louis Rousseau, le geste du gouvernement évite que soient lancées de longues batailles judiciaires et, par conséquent, permet de maintenir une certaine paix sociale par rapport à cette nouvelle loi controversée.«Un temps de calme s\u2019impose pour qu\u2019on ait le temps de digérer tout ça, a-t-il dit en entrevue.Au fond, le principe de laïcité n\u2019est pas un principe d\u2019exclusion automatique radical de tout signe d\u2019appartenance religieuse.» Il note que le gouvernement donne tout de même le choix aux organismes publics de décrocher ou non les crucifix de leurs murs, comme cela a été fait discrètement par l\u2019Assemblée nationale la semaine dernière.Le ministre de l\u2019Éducation, Jean- François Roberge, et la ministre de la Santé, Danielle McCann, ont choisi, au lendemain de l\u2019adoption de la loi, de ne pas donner de directives pour qu\u2019on décroche ce symbole religieux, à l\u2019inverse de leur collègue Sonia LeBel qui a demandé qu\u2019on retire les 17 crucifix accrochés dans les salles d\u2019audience des palais de justice québécois.Les partis d\u2019opposition se sont abstenus de commenter la portée de l\u2019article 17, à l\u2019exception du Parti libéral qui s\u2019est limité à rappeler que le gouvernement avait refusé de répondre à ses questions sur les crucifix dans les édifices publics en commission parlementaire.Les libéraux n\u2019ont plus de porte- parole en matière de laïcité depuis que des changements ont été effectués dans leur équipe en début de semaine.L\u2019Assemblée des évêques catholiques du Québec a également refusé de faire des commentaires.«C\u2019est au gouvernement de décider», a affirmé son secrétaire général, Mgr Pierre Murray.La « catho- laïcité » de l\u2019État Le Mouvement laïque dénonce la protection accordée au crucifix Les 2500 employés des 23 parcs nationaux, dont celui du Bic que nous voyons sur cette photo, menacent de déclencher une grève générale dès samedi.OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Le rôle de la SEPAQ La SEPAQ remplit quel mandat précisément?«Donner accès au territoire, et faire de la conservation», résume le géographe Laurent Bourdeau, titulaire de la Chaire de recherche sur l\u2019attractivité et l\u2019innovation en tourisme.Celui qui a mené plusieurs projets de recherche avec la SEPAQ ne cache pas avoir un « parti pris » en faveur de la société d\u2019État, ce qui n\u2019exclut « pas certaines critiques ».Mais globalement, malgré les commentaires souvent entendus sur le « virage luxe » pris par la SEPAQ dans les dernières années (et des droits d\u2019accès de 8,75 $ par jour), M.Bourdeau estime que la société d\u2019État joue bien son rôle.« Il faut dégager un profit quelque part pour pouvoir mener les activités de conservation, dit-il.Ça peut amener une impression de commercialisation, mais il faut voir l\u2019écosystème général \u2014 les activités d\u2019éducation, les aménagements, etc.» GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Le conflit de la travail entre la SEPAQ et ses employés syndiqués survient alors que les situations financières de la société d\u2019État et du gouvernement sont bonnes.L\u2019an dernier, la société d\u2019État a dégagé un bénéfice de 2,8 millions sur un budget de 155,7 millions.Les salaires et avantages sociaux de l\u2019ensemble des employés (y compris les non-syndiqués) représentent 47 % des charges.Entre 2012 et 2017, le chiffre d\u2019affaires de la SEPAQ a augmenté de 13 %, révèle le Plan stratégique 2017-2022.La fréquentation est aussi à la hausse (7,5 millions de jours de visite l\u2019an dernier), mais se trouve légèrement sous l\u2019objectif fixé dans le plan stratégique (7,7 millions).On vise 10 millions de jours de visite en 2022.La SEPAQ s\u2019autofinance largement.Le gouvernement a apporté l\u2019an dernier 7 millions en subventions, ce qui représente moins de 5 % des revenus.Ceux-ci doivent être réinvestis dans la gestion et la conservation des parcs nationaux et des réserves fauniques \u2014 la société ne verse pas de dividendes au gouvernement.Le dernier budget provincial prévoyait autrement des investissements de 75 millions sur cinq ans dans les établissements de la SEPAQ, alors que le budget 2018 avait pour sa part mis 70 millions sur la table.« J\u2019en retiens qu\u2019on a des dizaines de millions en investissements, mais presque rien pour les employés », dit Christian Daigle.Une organisation en bonne situation financière Le bénéfice a été de 2,8 millions en 2018 Le conciliateur appelé en renfort mercredi pourra-t-il infléchir la position des parties avant le déclenchement de la grève générale ?13 % C\u2019est la hausse du chiffre d\u2019affaires qu\u2019a enregistrée la SEPAQ entre 2012 et 2017.GRÈVE DANS LES PARCS NATIONAUX DU QUÉBEC LEDEVOIR // LE JEUDI 18 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 Le grand chef Simon dénonce les propos du maire d\u2019Oka OKA SUITE DE LA PAGE A 1 « Cette rencontre a pour but de lancer un message clair à Ottawa, à l\u2019effet qu\u2019il doit aussi prendre en compte la protection des droits des citoyens d\u2019Oka », a fait valoir le maire Quevillon devant plus de 500 citoyens qui l\u2019écoutaient attentivement avec en arrière son, le rythme des tam-tam des Mohawks venus manifester pacifiquement.Lors d\u2019une brève présentation, qui a duré une dizaine de minutes, le maire a expliqué qu\u2019il craignait les répercussions de cette revendication territoriale.Toutefois, le manque de données concrètes appuyant ses dires a déplu à certains citoyens.« Vous nous présentez des faits incomplets, c\u2019est dangereux pour la cohabitation », a déploré Charles Dubé, un résident d\u2019Oka.Trois conseillers de Ville se sont d\u2019ailleurs dissociés de la position du maire et ont préféré assister à la rencontre à titre de citoyens.Gaetan Cataford, qui réside à Oka depuis sa naissance, partage les craintes du maire.« Je n\u2019ai rien contre le fait qu\u2019on restitue les terres aux Indiens, mais qu\u2019on nous donne un chèque pour qu\u2019on puisse partir [avant que nos maisons perdent de la valeur].Ça ne me tente pas d\u2019avoir des cabanes de cigarette devant chez moi.Disons que l\u2019histoire récente n\u2019est pas en leur faveur », a-t-il plaidé.Propos « incendiaires » Plus tôt mercredi, à quelques pas de l\u2019église, le grand chef Simon avait lui aussi organisé une rencontre citoyenne.« On comprend les craintes, mais il faut vraiment qu\u2019elles soient exprimées dans le respect », a insisté M.Simon.Il a d\u2019ailleurs averti le maire de cesser de cesser de jeter de l\u2019huile sur le feu en propageant un discours « incendiaire ».« Dire que, si les Mohawks sont pour rapatrier certaines terres, la valeur des propriétés des non-autoch- tones va baisser, c\u2019est inacceptable », a souligné M.Simon, qui avertit qu\u2019il envisage des options judiciaires et qu\u2019il a été avisé qu\u2019une plainte à la Sûreté du Québec pourrait être déposée par des membres de sa communauté.Mais pour le maire Quevillon, ses propos sont loin d\u2019être haineux, ils sont plutôt factuels.« Si le grand chef de Kanesatake dit que je suis haineux et raciste parce que je tiens ces propos-là, j\u2019ai envie de lui répondre qu\u2019on ne vit pas sur la même planète », a-t-il répliqué.Le chef Simon s\u2019est également étonné de voir le maire Quevillon prédire une deuxième crise d\u2019Oka, mais cette fois initiée par les non-autochtones.« La première crise n\u2019avait pas de pré- cédent [\u2026] Là on a tiré des leçons depuis presque les 30 dernières années de ce qui s\u2019est passé.C\u2019est irresponsable d\u2019aller dire des choses comme ça dans le contexte actuel », a déploré M.Simon.Le maire Quevillon assure ne pas vouloir provoquer de deuxième crise.« La question qui m\u2019a été posée, c\u2019était si je craignais une autre crise.J\u2019ai répondu que je n\u2019en voulais pas, mais que s\u2019il y en avait une, ce n\u2019était pas les Mohawks qui la déclencheront », a-t-il précisé.Seul aspect sur lequel semblent s\u2019entendre désormais le chef Simon et le maire Quevillon, c\u2019est que le dialogue sur le sujet devra passer par un tiers.« J\u2019ai demandé l\u2019aide de la ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Sylvie D\u2019Amours, et du chef de l\u2019Assemblée des Premières nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, parce que j\u2019ai besoin d\u2019aide », a reconnu le chef Simon.Quant au maire Quevillon, il estime que c\u2019est sur le gouvernement fédéral que repose désormais la responsabilité d\u2019assurer une consultation sur la question des revendications territoriales.Image et magie PHOTOGRAPHIE SUITE DE LA PAGE A 1 photographe, Desjardins écrira : « Sans autre mise en scène que celle offerte par la vie de tous les jours, ses clichés captent en une seule image l\u2019entière existence d\u2019un être ou l\u2019aventure particulière d\u2019une communauté.Un grand mariage entre la saga sociologique et la géographie où elle se déroule.Toujours en grande beauté formelle.Il faut une patience colossale pour en arriver à ce résultat qui sera admiré à toujours.» L\u2019empreinte Karsh Tout commence à Hull.« On m\u2019avait invité, à 17 ans, à visiter une chambre noire.Ce fut, au sens fort, une révélation ! De matériaux nobles, comme des sels d\u2019argent et du papier, jaillissaient des images, grâce à des chimies ! J\u2019étais envoûté.C\u2019était pour moi de l\u2019alchimie.Je me suis installé un laboratoire dans ma chambre, chez mes parents.Mon agrandisseur, un Kodak, était énorme.Pendant des heures, j\u2019occupais la salle de bains ! » Dans le mot « magie », dira-t-il, on trouve l\u2019anagramme du mot « image ».Né en 1945, d\u2019abord journaliste pour Radio-Canada, Michel Dompierre travaille un temps, dans le cadre d\u2019une émission, au célèbre Château Laurier.« Dans l\u2019ascenseur, à l\u2019hôtel, je croisais souvent Yousuf Karsh.Il y avait son studio.» Même si son travail a peu à voir avec celui du célèbre portraitiste, il place volontiers celui-ci au nombre de ses maîtres.« Une fois, je l\u2019ai vu sortir de l\u2019ONF [Office national du film] avec un grand portrait de la reine sous le bras.Ça aurait fait une image formidable.Il faisait souvent ses courses au marché By.Je lui avais demandé si je pouvais le photographier, mais je n\u2019ai jamais osé le faire.» Michel Dompierre quitte le journalisme, sans trop s\u2019éloigner de la photographie, pour devenir, en 1984, directeur des communications de la ministre Monique Vézina.« J\u2019habitais Ottawa.J\u2019étais bilingue.Elle ne l\u2019était pas.C\u2019est elle qui m\u2019avait demandé.Elle était très axée sur le social.Ça m\u2019allait.» L\u2019heure est au « beau risque ».René Lévesque accepte la main tendue du conservateur Brian Mulroney.L\u2019aventure ne durera pas.Pour Michel Dom- pierre, ce sera un retour, pour de bon, dans les bras de la photographie.Il a réalisé, dans les années 1980, un livre sur l\u2019Ontario.Dans OVO, peut- être la plus célèbre revue de photographie d\u2019ici, Michel Dompierre va à l\u2019occasion publier.« J\u2019avais des contacts avec eux, de temps à autre.Mais je vivais désormais dans le Bas-Saint-Laurent.Je me suis alors mis à documenter la vie là-bas, de La Pocatière à Routhierville.» Attaché d\u2019abord à la tradition humaniste en photographie, à l\u2019exemple d\u2019un Henri Cartier-Bresson, il photographie le forgeron de Trois-Pistoles ou encore la première femme électricienne de Mont-Joli.À l\u2019étranger, en Afrique comme en Amérique du Sud, il s\u2019emploie à fixer ces mêmes traces de vie dans la simplicité du quotidien.Comment vivre à titre de photographe ?Depuis son pays de Rimouski, il se lance dans la production de livres financés par les municipalités.« Avec ces livres promotionnels sur des municipalités et des MRC, je devais quitter la photographie de rue, plus politique.Je devais tomber dans quelque chose qui n\u2019était pas plus superficiel \u2014 ce n\u2019est pas le bon mot \u2014, mais qui demandait en tout cas moins d\u2019implication.» Il va réaliser six livres du genre.« Ces livres ont peu circulé en dehors des municipalités qui les ont financés.Je choisissais une ville, ou une région.Puis le livre était payé par les entreprises locales.On les laissait financer tout ça sur trois ans, pour ne pas les étouffer.Je n\u2019ai jamais touché une subvention de l\u2019État pour faire ça.Pour les entreprises, c\u2019était comme une redevance sociale.Je choisissais un écrivain pour les textes, par exemple Madeleine Gagnon ou Victor-Lévy Beaulieu.J\u2019avais carte blanche.» Couleurs Tout le drame de l\u2019écriture photographique en noir et blanc de ses commencements a vite cédé le pas à la fulgurance de la couleur, devenue un sujet en elle-même.Longtemps un inconditionnel de la Kodachrome, Dom- pierre a gardé de cette pellicule mythique un grand appétit pour la couleur saturée, dense, pleine d\u2019éclat.À travers sa photographie, depuis tant d\u2019années, qu\u2019est-ce que Michel Dompierre a souhaité communiquer ?« Honnêtement, je ne saurais pas vous dire ce qui me pousse à photographier.La lumière, la qualité de la lumière, sans doute.» Avec le temps, son attention s\u2019est fixée en priorité sur les paysages.« Des paysages habités », précise-t-il.Les oies blanches, les ciels rouges devant lesquels défilent des ombres humaines, l\u2019eau bleue, le vert des herbes folles\u2026 « J\u2019ai toujours détesté les couchers de soleil.Et là, j\u2019en fais.J\u2019ai réalisé qu\u2019il y a des ciels différents des autres.Que quelque chose vaut la peine de les figer dans le temps.» Longtemps un inconditionnel de la Kodachrome, Dompierre a gardé de cette pellicule mythique un grand appétit pour la couleur saturée, dense, pleine d\u2019éclat Le maire Quevillon a exposé son point de vue devant plus de 500 citoyens qui l\u2019écoutaient attentivement avec en arrière son, le rythme des tam-tam des Mohawks venus manifester pacifiquement.JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE JEUDI 18 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 5 UGO GIGUÈRE À LAVAL LA PRESSE CANADIENNE Neuf employés d\u2019une résidence de réadaptation du Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval ont été congédiés en raison d\u2019allégations de maltraitance envers des personnes atteintes de déficience intellectuelle ou d\u2019un trouble du spectre de l\u2019autisme.Ces neuf travailleurs étaient employés au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle en troubles du spectre de l\u2019autisme Louise-Vachon, situé boulevard Saint-Martin Ouest à Laval, a confirmé à La Presse canadienne un porte-parole du CISSS qui ne voulait pas être identifié.La présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSS de Laval, Marjolaine Aubé, précise que les allégations concernant ces travailleurs font état de gestes de maltraitance envers des bénéficiaires ainsi que de harcèlement et d\u2019intimidation envers des collègues de travail.Tous les employés congédiés sont des assistants en réadaptation, a précisé Mme Aubé.Celle-ci tenait particulièrement à souligner qu\u2019aucun agent d\u2019intervention, des travailleurs formés pour agir en cas d\u2019agression, n\u2019est visé.« Ce sont nos sauveurs ! », assure-t- elle en déplorant que le CISSS n\u2019en ait embauché que deux au lieu des trois personnes demandées.Selon les informations disponibles sur le portail Web du CISSS de Laval, l\u2019établissement offre « des services spécialisés d\u2019adaptation, de réadaptation et de participation sociale à ses bénéficiaires ».Une clientèle de per- Neuf employés congédiés dans une affaire de maltraitance au CISSS de Laval AGENCE FRANCE-PRESSE Le producteur américain d\u2019hydrocarbures ExxonMobil a annoncé mercredi qu\u2019un mélange d\u2019eau et de pétrole s\u2019était déversé dans l\u2019Atlantique Nord, à partir de la plateforme Hibernia située au large de l\u2019île canadienne de Terre-Neuve, formant une nappe de près de deux hectares.«Un mélange d\u2019eau et de pétrole a été déversé depuis l\u2019un des réservoirs de la plateforme ce matin (mercredi)», a indiqué dans un communiqué HMDC, le consortium exploitant Hibernia dans lequel ExxonMobil détient 33%, aux côtés notamment de Chevron (27%), de Sun- cor (20%) et d\u2019Equinor (ex-Statoil, 5%).ENVIRONNEMENT Du pétrole s\u2019échappe d\u2019Hibernia au large de Terre-Neuve CHRISTIAN PAAS-LANG À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Le choix des candidats pour les élections fédérales se fait de façon opaque et étonnamment peu compétitive, selon une nouvelle étude, une situation qui aurait de profondes conséquences pour la démocratie canadienne.Une nouvelle étude réalisée par le Centre Samara pour la démocratie, établi à Toronto, montre que, de 2003 à 2015, seulement 17 % des plus de 6600 candidats aux élections fédérales ont fait face à une course à l\u2019investiture, tandis que 2700 candidats ont été nommés directement par les partis.« Si vous considérez la candidature comme un élément d\u2019une chaîne démocratique » conduisant à l\u2019élection d\u2019un membre du Parlement, a souligné Michael Morden, directeur de la recherche à Samara, « je pense qu\u2019il est remarquable que, dans une écrasante majorité des cas, il n\u2019y ait pas de vraie décision prise par la population locale ».M.Morden a affirmé que des entretiens avec des députés avaient montré qu\u2019il existait une « compréhension large et discrète » dans les milieux politiques des carences du processus de nomination.Il a ajouté toutefois que la plupart des Canadiens n\u2019ont guère accès à la « boîte noire » du processus de nomination, ou n\u2019ont pas la capacité d\u2019en examiner le contenu, malgré l\u2019importance que revêt la manière avec laquelle les partis organisent leurs élections internes.Selon Samara, les partis politiques sont des organisations privées, mais ce sont aussi des « services publics », qui ont de profondes répercussions sur la démocratie canadienne.Le manque de concurrence pourrait indiquer une déconnexion inquiétante avec le public canadien, indique l\u2019étude.L\u2019étude avance plusieurs raisons pour lesquelles les processus sont si souvent non compétitifs.La tenue d\u2019élections précipitées en est une, de même que les règles qui profitent aux députés en place.Ensuite, il y a le fait que beaucoup d\u2019associations locales de partis sont trop désorganisées ou trop petites pour attirer de multiples candidatures.Diversité des candidatures Outre le manque de concurrence, l\u2019étude a également révélé que les règles de nomination avaient aussi des effets importants sur la diversité des candidats et, par conséquent, sur la diversité des membres élus à la Chambre des communes.M.Morden a noté que les partis justifient parfois la nomination de candidats sur la base de la diversité, mais les données dans l\u2019étude ne confirment pas cette corrélation.En fait, l\u2019étude laisse croire que les candidats nommés étaient moins susceptibles d\u2019être issus de minorités visibles ou d\u2019origines autochtones.La question de la représentation des femmes dans les processus de candidature est encore plus remarquable.Conformément aux conclusions selon lesquelles les femmes remportent les élections à peu près dans la même proportion que les hommes, l\u2019étude indique que les candidates à l\u2019investiture sont tout aussi susceptibles de gagner les courses internes que les hommes.Pourtant, seulement 28 % des candidats à l\u2019investiture couverts par l\u2019étude étaient des femmes.ÉLECTIONS Peu de course à l\u2019investiture, moins de démocratie HMDC a ouvert une enquête et « cherche actuellement à déterminer le volume de pétrole qui a été rejeté », ajoute le consortium, soulignant que des estimations préliminaires ont fait état d\u2019une nappe de 20 mètres de large sur 900 mètres de long qui « se dissipe ».La plateforme Hibernia, située à 315 km à l\u2019est de Saint-Jean de Terre- Neuve, est entrée en production en 1997.Le gisement qu\u2019elle exploite, par pompage sous-marin, possède des réserves estimées à plus de 1,2 milliard de barils de pétrole.Selon le consortium, il s\u2019agit d\u2019un incident « isolé » et « tout le personnel de la plateforme est en sécurité ».Des hommes en combinaison protectrice ont mis en terre une victime du virus Ebola à Beni, en République démocratique du Congo.Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), l\u2019épidémie d\u2019Ebola, qui a fait près de 1700 morts depuis l\u2019été dernier dans ce pays, est désormais une « urgence » sanitaire mondiale.Le directeur général de l\u2019OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué qu\u2019il « était temps pour le monde de prendre acte » de l\u2019épidémie.JEROME DELAY ASSOCIATED PRESS Épidémie d\u2019Ebola : une urgence sanitaire mondiale, selon l\u2019OMS sonnes aux prises avec des troubles graves de comportement profite également d\u2019un milieu de vie transitoire au centre Louise-Vachon.La majorité de la clientèle est adulte, mais certains patients mineurs seraient aussi traités à cet endroit.Une enquête policière aurait été déclenchée en janvier à la suite d\u2019une dénonciation du CISSS de Laval qui menait parallèlement sa propre enquête interne en ressources humaines.Tous les usagers ayant fréquenté l\u2019établissement et ayant été en contact avec les individus congédiés sont considérés comme des victimes potentielles.Outre la purge au sein du personnel, le CISSS de Laval affirme avoir déployé un plan d\u2019action à plusieurs volets qui inclut la révision complète des pratiques cliniques et des plans d\u2019intervention pour chaque usager.La direction du centre de santé a refusé de commenter davantage le dossier.« Un drôle de climat » Marjolaine Aubé ne peut faire autrement que de laisser échapper un rire jaune en prenant connaissance des mesures adoptées par la direction.Le syndicat réclame depuis un an la création d\u2019un troisième poste d\u2019agent d\u2019intervention, l\u2019installation de caméras de surveillance dans les coins cachés et dans le stationnement, ainsi que la révision des dossiers médicaux des patients.Ces nouvelles actions entreprises par le CISSS de Laval visent à endiguer la présente crise.De plus, selon Mme Aubé, un ancien sous-ministre aurait été dépêché sur place à titre de consultant externe pour soumettre des recommandations.La porte-parole syndicale mentionne qu\u2019il règne actuellement « un drôle de climat » à la résidence Louise-Vachon.Des gens seraient soulagés par les congédiements, alors que d\u2019autres seraient inquiets par la possibilité d\u2019une deuxième vague de renvois.Le syndicat a aussi exigé le maintien du programme d\u2019aide aux employés et la présence d\u2019un de ses officiers afin d\u2019offrir du soutien psychologique aux employés qui en auraient besoin.« On souhaite que le calme revienne et que la pression descende », conclut Mme Aubé.Le cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a réagi par courriel.L\u2019attaché de presse Alexandre Lahaie a indiqué que le cabinet salue «le message clair lancé par les dirigeants de l\u2019établissement par ces congédiements ».Un geste qui viendrait confirmer que la maltraitance et le harcèlement «sont extrêmement graves et inacceptables ».Après avoir découvert cette nappe, les employés d\u2019Hibernia ont procédé à « une dispersion mécanique » et ont « déployé des barrages absorbants » à partir d\u2019un navire.En outre, ajoute le communiqué, une bouée a été déployée sur la nappe afin de la suivre dans l\u2019Atlantique Nord.Contacté par l\u2019AFP pour savoir quelle direction le pétrole avait prise, et s\u2019il y avait un risque pour la faune dans cette zone où frayent nombre de baleines, ExxonMobil s\u2019est pour l\u2019instant refusé à tout autre commentaire.Un vol de surveillance devait par ailleurs être mené mercredi après-midi, a noté le consortium.On souhaite que le calme revienne et que la pression descende MARJOLAINE AUBÉ » La plateforme Hibernia photographiée à son lancement en 1997 LEDEVOIR // LE JEUDI 18 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin n raison de leur expérience préalable au Québec, les diplômés et les travailleurs temporaires qualifiés « ont déjà amorcé leur processus d\u2019intégration au marché du travail et à la société québécoise, ce qui en fait des candidats de choix à l\u2019immigration permanente ».Telle est l\u2019affirmation faite par le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion dans son document cadre sur la planification de l\u2019immigration au Québec pour la période allant de 2020 à 2022.Il est difficile de réconcilier cet énoncé de principe avec la décision récente de Simon Jolin-Barrette de suspendre le Programme de l\u2019expérience québécoise (le PEQ) jusqu\u2019au 1er novembre.L\u2019annonce était enfouie dans la Gazette officielle la semaine dernière.Pour atténuer l\u2019impact d\u2019une décision indélicate, on ne peut choisir meilleur format, ni meilleure période de l\u2019année.Le ministre titulaire de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion a fait des cachotteries inutiles aux citoyens et aux élus.Le PEQ a été mis en place en 2010 par le gouvernement de Jean Charest, afin d\u2019accélérer les démarches pour obtenir un certificat de sélection (la première étape menant à l\u2019octroi d\u2019une résidence permanente) pour les étudiants étrangers ayant obtenu leur diplôme au Québec et possédant une maîtrise du français parlé intermédiaire ou avancé.Environ 5000 diplômés sont passés par le PEQ pour demeurer au Québec l\u2019an dernier.La suspension du PEQ est marquée par l\u2019incohérence.Le ministre Jolin- Barrette aurait dû faire part de ses intentions au moment où il annonçait, le 5 juillet dernier, un réinvestissement nécessaire de 70 millions dans les programmes incitatifs de francisation des immigrants.Au moins, il aurait fait face à la musique devant les médias.La stratégie de communication laisse pantois, d\u2019autant plus que les raisons pour justifier la suspension du PEQ sont nébuleuses.Il s\u2019agirait de favoriser un deuxième volet du PEQ, moins connu, visant des travailleurs étrangers temporaires, afin de contrer la pénurie de main-d\u2019œuvre, selon un porte-parole du ministère.Ce raisonnement est spécieux.On voit mal comment il sera possible de résorber la pénurie de main-d\u2019œuvre en réduisant le bassin de candidats potentiels pour les quelque 120000 emplois vacants.D\u2019ailleurs, rien ne prouve que les emplois qualifiés, tout indiqués pour les diplômés du PEQ, seront comblés par les travailleurs immigrants.Oublions la pénurie de main-d\u2019œu- vre un instant.Selon les dernières projections de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ), il y aura plus de décès que de naissance au Québec à partir de 2030.La croissance de la population passera inévitablement par l\u2019apport de nouveaux arrivants, à moins que le Québec veuille gérer son déclin.Le ministre Jolin-Barrette ne cherche-t-il pas plutôt à atteindre coûte que coûte sa cible de réduction des seuils d\u2019immigration ?Qu\u2019accomplira-t-il en favorisant les travailleurs étrangers temporaires, soit de la main-d\u2019œuvre bon marché, et en envoyant sur une voie de garage les diplômés qualifiés ?Le gouvernement Legault envoie un bien mauvais message aux étudiants étrangers qui seraient tentés de s\u2019établir au Québec, sans compter qu\u2019il plonge les diplômés actuels dans l\u2019incertitude sur leur avenir.Il sape les efforts des universités et des employeurs qui cherchent à attirer et à retenir les talents étrangers.Il hypothèque son avenir en s\u2019aliénant une clientèle recherchée non seulement au Québec, mais dans tous les États occidentaux qui transitent vers l\u2019économie du savoir.Le gouvernement Legault refoule les immigrants les plus prometteurs pour son destin.Ces étudiants contribuent au financement des universités et ils enrichissent la vie universitaire.Ils ont obtenu un diplôme reconnu au Québec, au terme d\u2019un parcours qui les aura exposés au fait français, à ses institutions et à sa culture.Ils maîtrisent le français.Et ils veulent faire le choix du Québec ! Que leur faut-il de plus ?Le gouvernement Legault a bien raison d\u2019investir dans la francisation après des années de laisser-faire, et il est dans son droit d\u2019adopter des politiques publiques qui favoriseront l\u2019intégration des immigrants à la majorité francophone.Il oublie par contre que l\u2019immigration ne peut se réduire à une affaire de quotas, de seuils et de tests.C\u2019est d\u2019intégration des immigrants à la majorité francophone qu\u2019il devrait se soucier, et celle-ci passe par deux vecteurs : l\u2019éducation et le travail.Les étudiants internationaux qui bénéficient du PEQ possèdent déjà les bons ancrages de par leur formation et leur attractivité sur le marché du travail.Comme le font remarquer Force Jeunesse, l\u2019Union étudiante du Québec et la Fédération étudiante collégiale du Québec dans notre page Idées, il n\u2019y a pas meilleurs candidats à l\u2019immigration que des jeunes formés dans nos universités et nos collèges, domiciliés au Québec et attachés par le fil invisible de l\u2019amitié et des réseaux professionnels.Simon Jolin-Barette a pris une décision à court terme, pernicieuse pour l\u2019essor du Québec et son image.Personne ne le blâmera de reculer pendant qu\u2019il est encore temps.Jacques Lalonde Montréal Le décès récent de Laurent McCutcheon oblige le regard sur des années de combat, ceux de la communauté LGBTQ+, de ses succès et de ses échecs.Au- jourd\u2019hui, je souhaite m\u2019arrêter sur le double langage qui afflige cette communauté, la dénature et lui nuit.Le 14 mai dernier, l\u2019Assemblée nationale adoptait à l\u2019unanimité une motion reconnaissant le statut particulier du Village gai de Montréal comme lieu de refuge et d\u2019émancipation pour les communautés LGBTQ+ du Québec.Par angélisme pour les uns, par ignorance ou rectitude politique pour les autres, les politiciens travestissaient effrontément ce champ de ruines, lui prêtant des vertus qui se font rares rue Sainte-Catherine.Je m\u2019étonne de la facilité avec laquelle ces hommes et ces femmes se sont laissé berner.Accorder un statut particulier au Village, c\u2019est chercher à le figer, à le protéger en imaginant conserver une vitrine à l\u2019image de la communauté, comme un nouveau Chinatown, une petite Italie, une sorte de palais des nains où le chaland circule et se forge une opinion à partir de peu.Cette propension au repli est la source de tous les préjugés alors que, se résumant à des façades de commerces, le visiteur réduit la communauté LGBTQ+ à ce qu\u2019il voit : des bars, des saunas, des bars de danseurs et, bien entendu, des restaurants.Cela résume-t-il ce que nous sommes ?Je ne cache pas un certain pincement lorsque je vois ces cars de touristes s\u2019arrêter coin Atateken et Sainte-Ca- therine comme on s\u2019arrête devant la cage aux singes, prendre des photos et repartir avec la conviction que notre réalité n\u2019excède pas notre sexualité.Lieu de refuge et d\u2019émancipation ?Le Village ne croise pas la totalité de la communauté alors que les lesbiennes en sont pour ainsi dire absentes.D\u2019ailleurs, le journal Fugues qui prétend couvrir l\u2019actualité ne s\u2019adresse plus depuis longtemps qu\u2019aux gais.Aussi, le Village est terriblement normatif alors qu\u2019il enferre ces gais dans une conception étroite du corps qui ne correspond pas à la réalité, suscite des comportements sociaux étrangers aux velléités d\u2019intégra- Et si la CAQ tenait l\u2019autre discours sur l\u2019immigration ?Le discours et les décisions politiques du gouvernement de la CAQ sur l\u2019immigration laissent voir que celle-ci représente nécessairement un problème de société qu\u2019il faut contrer : suspension de l\u2019étude des demandes d\u2019immigration (ayant des coûts psychologiques et financiers pour les personnes) en attente depuis un certain temps ; diminution ou limitation du nombre d\u2019immigrants (malgré leur potentiel d\u2019intégration) ; arrimage des immigrants aux besoins du marché du travail (quasi impossible d\u2019après la loi du marché) ; décret ministériel en date du 10 juillet 2019 pour suspendre immédiatement les demandes faites, en vertu du programme de l\u2019expérience québécoise, qui permettait aux étudiants étrangers d\u2019immigrer au Québec après leurs études.Voilà les mesures qui semblent être prises par le gouvernement de la CAQ pour que l\u2019immigration ne devienne pas un « problème » ! Et le gouvernement abordait la question sous son autre aspect, à savoir l\u2019apport des immigrants, aux côtés des Québécois d\u2019ascendance canadienne-française, au développement du Québec moderne et contemporain.Depuis la Seconde Guerre mondiale, écrit Fernand Dumont dans Raisons communes, la vitalité du Québec «a tenu à une plus étroite proximité avec l\u2019existence réelle des gens d\u2019ici en même temps qu\u2019à une plus grande ouverture aux quêtes extérieures».En particulier depuis la Révolution tranquille, le Québec a montré sa capacité d\u2019intégration des gens venus d\u2019ailleurs pour son développement économique, social et culturel.Ainsi, dans la littérature (romans, poésies, essais, etc.) les arts, les chants, l\u2019humour, etc., des néo- Québécois écrivent, peignent et chantent, rient le Québec.Leurs apports se manifestent dans d\u2019autres secteurs de la société québécoise: l\u2019éducation, la haute technologie telle que la robotique, l\u2019entre- preunariat, l\u2019alimentation, la restauration, les industries d\u2019alimentation et de la restauration, etc.C\u2019est sur ce rôle historique que l\u2019immigration a joué et joue encore dans la société québécoise que devrait se porter le discours du gouvernement de la CAQ, et non sur celui de l\u2019air ambiant international.Ce qui fait l\u2019originalité du Québec, c\u2019est sa puissance assimilatrice des cultures autres pour produire la «québécitude» toujours vivante et évolutive autour d\u2019une «québé- cité» solide.Yao Assogba, professeur émérite de l\u2019Université du Québec en Outaouais Le 16 juillet 2019 LIBRE OPINION DIPLÔMÉS ÉTRANGERS Va-t-on tourner le dos à l\u2019avenir ?ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES tion et de reconnaissance de la communauté au sein du nombre et confine à la marginalisation davantage qu\u2019à l\u2019émancipation.Un exode lent Refuge, disions-nous?Un jeune gai qui arrive de sa région, avec les valeurs régionales et familiales qui l\u2019ont forgé et qui cherche une voie de passage entre ces valeurs et sa réalité, se voit littéralement décons- truit par un milieu comme le Village.D\u2019une part, à la sortie même du terminus d\u2019autobus il est immédiatement ciblé par les revendeurs de drogue qui identifieront les plus faibles, leur offriront de l\u2019aide avec à la clé leur première dose d\u2019héroïne gratuite et, éventuellement pour certains, la prostitution.Ensuite, il marchera parmi les sans-abri, la mendicité, la violence plurielle et endémique du milieu, la sexualité facile et périlleuse, contractera une première MTS et découvrira ces cliniques qui n\u2019invitent pas à la prudence puisque puisant dans la permissivité l\u2019essentiel de leur clientèle.Le Village aliène davantage qu\u2019il n\u2019émancipe, nivelant les gais à leur plus petit dénominateur commun, leur sexualité.Il est cette grande lessiveuse qui blanchit les capitaux et expurge les consciences.Sénile, il oublie les années 80 et incite à reproduire des comportements qui nous ont conduits à la grande épidémie, un oubli criminel mais payant.Car au Village, tout se marchande.On répondra que le Village ne se résume pas qu\u2019à une rue, mais s\u2019étend à l\u2019échelle d\u2019un quartier.Or, cette motion fut adoptée sans portrait démographique fiable, ne sachant pas l\u2019exode lent mais continu de la communauté LGBTQ+ par refus du ghetto, par souci de s\u2019intégrer à la ville, sous l\u2019effet de la gentrification ou par simple crainte de la nuit.Manon Massé est une femme honnête et admirable de probité.Mais cette motion n\u2019est pas son meilleur coup\u2026 À propos du Village gai de Montréal Oh ! Ma pauvre langue ! L\u2019autre jour, je me présente à Service Canada pour me procurer un formulaire.On m\u2019accueille par un jovial « Bonjour, welcome ! » J\u2019en reste bouche bée, au point d\u2019oublier de demander si en Alberta ou en Saskatchewan, on utilise la formule « Hi, bienvenue ! » Rentrée à la maison, je constate que j\u2019ai besoin d\u2019explications.J\u2019appelle donc Service Canada, une préposée me répond, je pose quelques questions, elle me renseigne fort gentiment, et pour élucider un dernier point, elle me demande : « Avez-vous une application ?» Je panique un peu, parce que pour moi, les applications, c\u2019est quelque chose d\u2019assez mystérieux.Je hasarde donc : « Une application Internet\u2026 une application sur mon téléphone mobile\u2026 » Perplexe, elle précise : « Avez-vous fait une application ?» J\u2019allume : elle veut savoir si j\u2019ai déjà « présenté une demande » ! On n\u2019aurait pas idée de demander à un contribuable anglophone : « Have you presented a demand ?» Cela me rappelle un autre formulaire où on demandait « pour » au lieu de « pendant » combien de temps une personne avait été invalide\u2026 mauvaise traduction de « for how long », bien entendu.Même à la télé de Radio-Ca- nada, combien de mots se perdent au profit de leurs faux amis anglais.Ainsi, on n\u2019entend plus jamais parler d\u2019« occasions », mais uniquement d\u2019« opportunités », plus jamais d\u2019« avenir », disparu au profit de « futur », on ne « prévoit » plus, on « anticipe » et ainsi de suite.Et que dire de mon GPS qui me demande de continuer « pour » (durée) au lieu de « sur » (distance) n kilomètres\u2026 Je ne pense pas que les anglophones du Québec aient à déplorer pareille érosion de leur langue! Madeleine Stewart Le 17 juillet 2019 LETTRES E A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 18 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet André Gagné Professeur agrégé au Département d\u2019études théologiques, Université Concordia La bataille qui fait maintenant rage dans plusieurs États américains sur les droits reproductifs des femmes est le résultat direct des efforts de la droite chrétienne pour imposer ses valeurs religieuses dans les sphères de la famille et de la politique.La polarisation autour de l\u2019avortement aux États-Unis est à un niveau tel que certains des dirigeants de ces groupes religieux intégristes nourrissent l\u2019idée de l\u2019avènement prochain d\u2019une seconde guerre civile américaine ! Il ne faut pas penser que certains des débats générés par la droite chrétienne aux États-Unis n\u2019auront pas d\u2019incidences au Canada.En effet, la sortie récente du film Unplannedmontre bien que cette coalition politico-religieuse « cherche à changer » les mentalités même au Canada.C\u2019est pourquoi il importe de prendre garde au combat que se livrent certains lobbies antiavorte- ment au pays.Des groupes tels Campaign Life Coalition (avec ses 200 000 membres) et RightNow travaillent d\u2019arrache-pied à faire élire des candidats pro-vie.Ils ont gagné leur pari en soutenant les candidatures des partis conservateurs provinciaux de l\u2019Ontario et de l\u2019Alberta.Pour eux, le débat sur l\u2019avortement est un débat sur les droits de la personne.À l\u2019instar de Sam Oos- terhoff, député conservateur du gouvernement Ford pour la région de Nia- gara-Ouest,âgé de 21 ans, certains veulent rendre impensable l\u2019idée même d\u2019avoir un avortement d\u2019ici une trentaine d\u2019années au Canada.Or, si criminaliser l\u2019avortement au pays est difficile à faire, il est néanmoins possible pour un gouvernement provincial d\u2019éliminer le financement destiné aux établissements offrant aux femmes le choix d\u2019obtenir un avortement.L\u2019influence politique de la droite chrétienne s\u2019est bien fait ressentir lors de l\u2019élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en 2016.En effet, l\u2019ascension au pouvoir du président américain vient du fait que 81 % des évangéliques « blancs », dits « nés de nouveau » (born again) ont voté pour Trump ; ce qui constitue 61 % des 62 millions d\u2019évangéliques aux États- Unis.Selon la firme de sondage Pew Research, Trump obtient encore son plus grand appui des personnes religieuses blanches à deux ans des élections de 2020, soit 69 % d\u2019évangéliques, 48 % de ceux des grandes traditions protestantes, et 44 % de catholiques, comparativement au faible pourcentage de protestants noirs, à 12 %, et de catholiques non blancs, à 26 %.Les commentaires racistes du président américain sur Twitter ces derniers jours contribueront davantage à la polarisation de cet électorat religieux aux États-Unis.Coalition religieuse Mais qu\u2019est-ce que la droite chrétienne ?C\u2019est une coalition religieuse aux visées politiques qui est composée principalement d\u2019évangéliques et de catholiques et protestants intégristes.Ils obtiennent aussi parfois l\u2019appui des mormons et de certains groupes juifs fondamentalistes.Cette coalition se fédère autour de causes communes telles que l\u2019activisme antiavortement, l\u2019opposition aux droits des personnes LGBTQ et aux cours d\u2019éducation sexuelle, la promotion de la prière à l\u2019école et de l\u2019enseignement du créationnisme (ou du dessein intelligent), la lutte contre l\u2019euthanasie, et la sauvegarde de la liberté religieuse.L\u2019ordre du jour de la droite chrétienne se résume essentiellement à ceci : l\u2019idée d\u2019un nationalisme GOUVERNANCE Le projet sociopolitique de la droite chrétienne Pierre Rivard Ex-agent de recherche, ex-adjoint au directeur général de l\u2019immigration et ex- conseiller en immigration Les médias nous apprenaient dernièrement que le gouvernement Legault et son ministre de l\u2019Immigration, Simon Jolin-Barrette, venaient de suspendre jusqu\u2019au 1er novembre 2019 (mais rien ne nous dit que cette suspension ne sera pas renouvelée) un volet du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ) qui, depuis 2010, permet notamment aux étudiants étrangers diplômés au Québec d\u2019immigrer de façon accélérée.Cette décision incongrue s\u2019ajoute à l\u2019invraisemblable suppression de 18 000 dossiers (correspondant à quelque 50 000 demandes de certificat de sélection \u2014 dites DCS) du Programme régulier des travailleurs qualifiés qui étaient en attente de traitement, suppression résultant de l\u2019adoption de la loi no 9 qui vise, paraît-il, « à accroître la prospérité socioéconomique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes ».Notons que, parmi ces 18 000 dossiers supprimés brutalement, quelque 3000 (équivalant à quelque 5000 ou 6000 DCS) provenaient de demandeurs vivant déjà au Québec, soit comme étudiants, soit comme travailleurs temporaires, Et le plus terrible dans tout cela, c\u2019est que le premier ministre et le ministre de l\u2019Immigration ne se rendent même pas compte que, tout à la fois, par ce geste brutal : ils bafouent l\u2019invitation à immigrer au Québec lancée à ces personnes par d\u2019innombrables campagnes de promotion réalisées par le gouvernement du Québec et le ministère de l\u2019Immigration, aussi bien à l\u2019étranger (France, Espagne, Europe de l\u2019Est, Amérique latine, Asie) qu\u2019au Québec (en ciblant les étudiants étrangers et les travailleurs temporaires) ; ils compromettent les immenses efforts déployés par le gouvernement québécois et le ministère de l\u2019Immigration depuis près de 30 ans pour positionner le Québec sur la scène internationale comme terre d\u2019immigration accueillante.En effet, depuis le début de la décennie 1990, le ministère de l\u2019Immigration et plusieurs délégations du Québec à l\u2019étranger n\u2019ont eu de cesse d\u2019inventer et d\u2019élaborer des stratégies visant à promouvoir la « destination Québec », qui était alors quasi inexistante sur le plan international (notamment en France), auprès d\u2019immigrants potentiels : d\u2019abord en France (je fus l\u2019auteur de la première de ces stratégies), puis en Europe de l\u2019Est, puis en Amérique latine, puis en Espagne, etc., sans compter tous les efforts qui ont été déployés auprès des étudiants et des travailleurs temporaires étrangers séjournant au Québec (les uns et les autres étant très souvent d\u2019origine française) pour les convaincre de s\u2019installer ici à la fin de leurs études ou de leur séjour de travail.Précisons d\u2019ailleurs que le certificat d\u2019acceptation du Québec (CAQ : eh oui, le CAQ !) délivré par le ministère de l\u2019Immigration à ces étudiants et travailleurs temporaires (le CAQ est un passage obligé pour la plupart de ces immigrants temporaires pour obtenir le visa d\u2019étude ou de travail temporaire délivré par le gouvernement canadien) a souvent été accompagné (du moins c\u2019était le cas dans le passé dans plusieurs territoires) d\u2019une « publicité » toute québécoise invitant ces personnes à considérer sérieusement, une fois au Québec, la perspective de faire une demande d\u2019immigration permanente.Il est donc plutôt ahurissant que des personnes si attentives au message du ministère de l\u2019Immigration soient au- jourd\u2019hui rembarrées par ce même ministère en voyant leur demande d\u2019immigration brutalement suspendue ou annulée.Sabotage caquiste Le premier ministre François Legault et le ministre Jolin-Barrette auraient voulu saboter consciemment la politique d\u2019immigration construite patiemment par tous les gouvernements du Québec depuis 30 ans, de même que son positionnement international, qu\u2019il n\u2019aurait pas pu mieux s\u2019y prendre.IMMIGRATION Ces apprentis sorciers qui nous gouvernent La décision de François Legault et Simon Jolin- Barrette d\u2019annuler 18 000 dossiers annihile en grande partie les fruits d\u2019efforts réalisés au cours des 30 dernières années Une affiche du Christ brandie lors de la marche pour la vie qui s\u2019est tenue le 9 mai dernier, devant la Parlement, à Ottawa.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Il ne faut pas penser que certains des débats générés par la droite chrétienne aux États-Unis n\u2019auront pas d\u2019effets au Canada chrétien où l\u2019établissement des « valeurs » judéo-chrétiennes est le fondement de la loi du pays.Pour accomplir ses objectifs, la droite chrétienne adopte une stratégie que l\u2019on appelle « dominioniste », où les chrétiens sont appelés à exercer le pouvoir et à dominer le monde, selon leur interprétation d\u2019une citation du livre de la Genèse (1,26-28).La représentation la plus commune de cette tactique est celle de la conquête des sept montagnes ou sphères de la culture (Seven Mountains Mandate ou Seven Moulders of Culture), en vue de réaliser la transformation sociale voulue.Ils visent donc à « changer les mentalités » et la société en influençant les sphères de la religion, de l\u2019éducation, de l\u2019économie, de la politique, des arts, des médias et de la famille.Mais pourquoi vouloir « changer les mentalités » et transformer la société ?Pour réaliser l\u2019établissement du Royaume de Dieu sur terre ; c\u2019est de vivre l\u2019expérience de la prière du Notre Père : « Que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel » (Mathieu 6,10).Ce projet sociopolitique nécessite la mobilisation des gens appartenant à des De la même façon, le premier ministre et le ministre de l\u2019Immigration auraient voulu liquider dix années d\u2019efforts pour retenir au Québec des immigrants temporaires (étudiants étrangers et travailleurs) formés et compétents qu\u2019ils ne s\u2019y seraient pas pris autrement non plus.Et c\u2019est d\u2019autant plus stupéfiant qu\u2019une proportion non négligeable de ces derniers est constituée d\u2019étudiants français (plus ou moins 30 % des étudiants étrangers au Québec) et de travailleurs temporaires français (notamment issus du Programme Va- cances-Travail \u2014 dit PVT), les uns et les autres constituant sans doute les deux principales sources d\u2019alimentation sur place du Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ ) et du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ ).La décision du premier ministre et du ministre Jolin-Barrette d\u2019annuler 18 000 dossiers pourtant dûment présentés et sollicités par le Québec et de suspendre le Programme de l\u2019expérience québécoise pour les étudiants étrangers diplômés au Québec annihile ainsi en grande partie les fruits de ces efforts gigantesques consentis au cours des 30 dernières années et transforme illico chaque personne concernée par ces dossiers et chaque intermédiaire en immigration présent dans ces dossiers (et bien au-delà de ces dossiers) en vecteur de promotion négative de la politique d\u2019immigration du Québec et de la « destination Québec ».La politique d\u2019immigration du Québec repose maintenant entre les mains d\u2019apprentis sorciers qui, de toute évidence, ne savent pas ce qu\u2019ils font, n\u2019en connaissent ni les tenants ni les aboutissants et, sans trop s\u2019en rendre compte, sont en train d\u2019en détruire tant les fondements que les potentialités.groupes ralliés aux causes de la droite chrétienne.Par exemple, les groupes dominionistes de tendance charismatique réussissent une telle mobilisation en formant ce qu\u2019ils appellent des « apôtres au travail » ; des gens qui ont pour objectif de pénétrer les sept sphères de la culture en vue d\u2019effectuer le changement escompté.Alors que nous sommes à l\u2019aube de l\u2019élection fédérale au Canada, les groupes associés à la droite chrétienne cherchent aussi à « changer les mentalités » en s\u2019introduisant progressivement dans les différentes « sphères de la culture » au pays.Ils donneront vraisemblablement leur appui au parti d\u2019Andrew Scheer, le candidat qui représente le mieux ses propres valeurs socioconservatrices.En fait, Andrew Scheer est actuellement dans une meilleure posture que Stephen Harper, puisqu\u2019il y a à ce jour six gouvernements provinciaux conservateurs ou à tendance conservatrice.Même si Andrew Scheer dit ne pas vouloir ouvrir à nouveau le débat sur cette question, dit-il vrai ?Nous le saurons peut-être dans un avenir rapproché. LEDEVOIR // LE JEUDI 18 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Soixante-six ans après les premiers vols motorisés des frères Wright, on marchait déjà sur la Lune.Le monde entier a suivi l\u2019événement au petit écran, mais les photos couleur prises par les astronautes et publiées quelques semaines plus tard dans les magazines Life et Paris Match ont donné vie à la mission.Nouvelle plongée en images pour ce deuxième article de notre série sur Appolo 11.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR 1 « L\u2019endroit est d\u2019une beauté frappante et singulière.C\u2019est un peu comme le désert américain.C\u2019est différent, mais très joli », disait Neil Armstrong.2 Une seule sortie extravéhiculaire de 2 h 30 sera réalisée par les astronautes d\u2019Apollo 11.Craignant de se poser sur un sol léger et mouvant, le module lunaire était équipé de pattes de 94 centimètres conçues pour limiter l\u2019enfoncement.3 Buzz Aldrin, dans l\u2019œil de Neil Armstrong 4 Le 16 juillet 1969, Neil Armstrong et Michael Collins, suivis d\u2019un technicien, arrivent à l\u2019aire de lancement d\u2019où s\u2019envolera leur fusée vers la Lune.5 Perchés au sommet de l\u2019immense fusée Saturn V, les membres d\u2019Apollo sont assis sur 2700 tonnes de carburant.6 Depuis la face cachée de la Lune, on ne voit jamais la Terre.Depuis sa face exposée, on la voit constamment.7 Pendant les 21 jours suivant leur retour sur Terre, les trois astronautes sont restés en quarantaine.8 S\u2019élevant de la surface de la Lune, le module lunaire s\u2019apprête à accoster le module de commande, où le pilote Michael Collins attend ses deux compagnons.Neil Armstrong et Buzz Aldrin sont restés 21 h 36 sur l\u2019astre.En arrière-plan, un croissant de Terre.9 Tout au long de leur mission, les astronautes se signalent à la salle de contrôle, à Houston.AÉROSPATIALE Mission historique, images d\u2019anthologie 1 2 3 4 5 6 7 8 9 "]
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