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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2019-07-23, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 163 / LE MARDI 23 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM ROYAUME-UNI Theresa May, première ministre marquée par ses échecs Son bilan est affligé par l\u2019impasse du Brexit, dans laquelle elle a été forcée d\u2019entrer FABIEN DEGLISE LE DEVOIR P arfois, l\u2019échec, lorsqu\u2019il devient trop gros, finit par faire de l\u2019ombre à des attributs bien plus singuliers.À la veille de remettre les clefs du 10, Downing Street à son successeur, Theresa May aurait pu quitter la prestigieuse adresse en laissant derrière elle l\u2019image de la seule femme politique britannique ayant réussi à cumuler deux très hautes fonctions au sein du gouvernement.Elle a été en effet secrétaire d\u2019État à l\u2019Intérieur, sous David Cameron, puis première ministre du Royaume- Uni, avant d\u2019annoncer son départ pour le 31 juillet et de déclencher une course à sa succession à la tête du Parti conservateur, qui va se solder mardi avec la victoire prévisible du populiste Boris Johnson.Mais à l\u2019heure des bilans, c\u2019est surtout l\u2019échec du Brexit, ce processus de sortie du Royaume- Uni de l\u2019Union européenne (UE), déclenché par un référendum populaire et remporté par une INDEX Décès .A4 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Avis légaux .B2 Économie.B4 Sports.B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 ACTUALITÉS Inondations : les changements de règles font rager les Villes | A 3 ACTUALITÉS Lourde amende pour Equifax aux États-Unis, mais pas au Canada | A 5 CULTURE La scénographe Léa Pennel propose une installation inspirée de Marguerite Duras | B 8 AMÉLI PINEDA GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR KANESATAKE « On est pris dans un méchant tourbillon » Le grand chef mohawk Serge Simon déplore la multiplication de « cabanes à pot » sur son territoire GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Il n\u2019y aura cette année ni sursis de dernière minute, ni montage d\u2019une programmation in extremis, ni salle à trouver la veille au soir, ni problème d\u2019argent, ni quoi que ce soit : malade, Serge Losique a décidé lundi d\u2019annuler l\u2019édition 2019 du Festival des films du monde (FMM).Une première depuis 1977.Selon un communiqué laconique transmis par une firme de communication (qui n\u2019avait pas de contact direct avec M.Losique), l\u2019annulation de l\u2019édition prévue fin août, mais pour laquelle aucun film n\u2019avait été sélectionné, vise à « mieux préparer l\u2019édition 2020 ».Âgé de 87 ans, Serge Losique n\u2019a accordé aucune entrevue lundi, cela « à cause de la fatigue extrême et sur l\u2019ordre de ses médecins ».Impossible, donc, de connaître les raisons précises à la source de cette décision : le FFM était devenu dans les dernières années l\u2019affaire d\u2019un seul homme, qui en portait tout le fardeau financier (aucune subvention publique depuis 2014) et organisationnel.M.Lo- sique muet, c\u2019est en quelque sorte le FFM entier qui se tait.Depuis plusieurs années, la question de l\u2019avenir du FFM s\u2019imposait à chacune de ses éditions.Mais contre vents et marées, Serge Losique parvenait toujours à faire mentir ceux qui annonçaient l\u2019extinction du festival.Cela s\u2019est toutefois fait au prix de multiples contorsions.Sur le plan artistique, le FFM n\u2019était, de l\u2019avis général, plus l\u2019ombre de l\u2019ombre de ce qu\u2019il avait été au début des années 1980.Et sur le plan financier, M.Losique cumulait les déboires, tant auprès de ses employés que des institutions publiques.L\u2019an dernier, le 42e FFM avait failli être annulé à cause d\u2019un litige opposant M.Losique et Revenu Québec, qui CINÉMA Sans Losique, point de FFM Victime d\u2019une « fatigue extrême », le patron de l\u2019événement annule l\u2019édition 2019 VOIR PAGE A 4 : FESTIVAL VOIR PAGE A 2 : KANESATAKE HENRY NICHOLLLS ASSOCIATED PRESS Au son des orchestres de salsa et des appels à la « démission », des dizaines de milliers de Portoricains ont réclamé lundi à San Juan le départ du gouverneur Ricardo Rosselló, empêtré dans un scandale mêlant propos homophobes et corruption.Dans une nuée de drapeaux aux couleurs de l\u2019île caribéenne, territoire américain non incorporé, les protestataires ont envahi l\u2019autoroute Las Américas, principale artère de la capitale, dans la plus grande manifestation depuis le début de la crise politique, le 13 juillet.À LIRE PAGE B 2 JOE RAEDLE AGENCE FRANCE-PRESSE Manifestation contre le gouverneur à Porto Rico VOIR PAGE A 4 : MAY La multiplication de « cabanes à pot » illégales à Kanesatake préoccupe le grand chef mohawk Serge Simon, qui dit se sentir démuni devant le problème.Tandis que la Sûreté du Québec (SQ) n\u2019entend pas intervenir et juge cette situation « hypothétique », le chef réclame la création d\u2019un corps de police autochtone pour sa communauté.« C\u2019est sûr que ça m\u2019inquiète comme chef, je vois dégénérer la situation [\u2026] on est pris dans un méchant tourbillon », confie en entrevue le grand chef Simon.Malgré un moratoire, établi en 2009, interdisant toute nouvelle construction de cabanes de cigarettes et de cannabis, au moins une vingtaine d\u2019individus auraient contourné les règles. Ces boutiques se trouvent ces jours-ci au cœur d\u2019une guerre de mots entre les responsables d\u2019Oka et de Kanesatake.Le maire d\u2019Oka, Pascal Quevillon, s\u2019oppose à la rétrocession de terrains aux Mohawks, disant craindre pour la pérennité de sa municipalité, située à l\u2019ouest de Montréal.Il soutient, entre autres choses, que la valeur des propriétés pourrait dégringoler devant l\u2019apparition de cabanes vendant des cigarettes et du cannabis ici et là.Si le grand chef Simon a fermement condamné les propos tenus par le maire Quevillon, il s\u2019avoue lui aussi alarmé par la prolifération de « cabanes à pot » dans sa communauté.« La façon dont ces gars opèrent actuellement m\u2019inquiète.Ils prennent des terrains, coupent les arbres et répandent leurs magasins », souligne-t-il.Le grand chef s\u2019inquiète de la présence de commerces de cannabis à proximité non seulement d\u2019une garderie et d\u2019une école primaire, mais aussi du centre de désintoxication de Kane- satake.« Ça, ça m\u2019écœure », lance-t-il.Il soupçonne également les revendeurs de s\u2019approvisionner à même l\u2019agriculture illégale.« Ce sont des gars de notre communauté, qui sont probablement soutenus par des intérêts de l\u2019extérieur [\u2026] L\u2019agriculture illégale, il y en a toujours eu et je suis prêt à dire que c\u2019est elle qui alimente les magasins de Kane- satake.Le commerce légal [SQDC], ils ont de la misère à s\u2019approvisionner, alors comment les magasins ici pourraient être full stock?» remarque-t-il.À court de moyens Le grand chef Simon se dit démuni face à la situation, puisqu\u2019il n\u2019a pas le pouvoir d\u2019intervenir, notamment en raison de l\u2019absence d\u2019un corps de police, ce qui, selon lui, permet à ces individus d\u2019opérer en toute impunité.« On pourrait avoir recours à la Cour supérieure du Québec ou à la Cour fédérale et aller chercher des injonctions et des mises en demeure, mais qui va les obliger à les respecter ?» demande-t-il.« La Sûreté du Québec est très limitée dans sa capacité d\u2019intervenir », ajoute-t-il.De son côté, la Sûreté du Québec a refusé de réagir directement aux propos du grand chef Simon.Questionné à savoir s\u2019il pourrait intervenir pour forcer la fermeture de ces « cabanes à pot » illégales, le corps policier n\u2019a pas voulu commenter « des situations hypothétiques », malgré la présence d\u2019une vingtaine de ces magasins à Kanesatake.« La Sûreté du Québec a effectivement la responsabilité de la patrouille dans ce secteur-là.On va continuer notre travail sur le territoire, mais on ne va pas s\u2019immiscer dans le débat actuel », précise une porte-parole de la SQ, Geneviève Bruno.ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 23 JUILLET 2019 Consulter la population et créer un corps de police autochtone KANESATAKE SUITE DE LA PAGE A 1 STÉPHANIE MARIN LA PRESSE CANADIENNE Le taux d\u2019agressions sexuelles signalées à la police a encore augmenté au pays en 201 8, relève S tatistiqu e Canada, et il ne semble pas y avoir d\u2019essoufflement dans le nombre de plaintes déposées par les victimes, près de deux ans après que le mouvement de dénonciation #MoiAussi est devenu viral.L\u2019année 2018 a connu une hausse des agressions sexuelles rapportées à la police de 15 % par rapport à l\u2019année précédente.Une « augmentation considérable », pour une deuxième année de suite, remarque l\u2019organisme fédéral de statistiques dans son plus récent rapport sur le crime, dévoilé lundi.En tout, quelque 28 700 agressions de cette nature ont été déclarées aux forces policières l\u2019an dernier.Le mouvement de dénonciation des agressions sexuelles #MoiAussi a connu son apogée dans les réseaux sociaux en octobre 2017.Tout de suite après, Statistique Canada a constaté que le nombre d\u2019agressions sexuelles signalées à la police et jugées fondées avait explosé.L\u2019agence rapportait alors que le nombre moyen de victimes d\u2019agressions sexuelles déclarées à la police au pays était passé de 59 par jour avant #MoiAussi à 74 après la naissance du mouvement.Bref, une hausse de 25 % pour la période d\u2019octobre à décembre 2017, comparée à la période équivalente en 2016.« Il y avait clairement un effet #MeToo », a commenté en entrevue Yvan Clermont, le directeur du Centre canadien de la statistique juridique, une division de Statistique Canada.Ce qui a été constaté à la fin de 2017 « s\u2019est poursuivi au cours des mois en 2018.Alors il ne semble pas y avoir eu d\u2019essoufflement du mouvement sur l\u2019incitation des victimes à rapporter ces crimes-là », a-t-il poursuivi.Mais cette tendance n\u2019a pas commencé en 2017 : l\u2019organisme fédéral de statistiques souligne qu\u2019il s\u2019agit de la quatrième augmentation annuelle d\u2019affilée du taux d\u2019agressions sexuelles signalées.La quasi-totalité (98 %) de ces agressions déclarées a été classée comme étant de niveau 1, ce qui veut dire qu\u2019elles n\u2019impliquaient pas d\u2019arme ou STATISTIQUE CANADA Les agressions sexuelles dénoncées en hausse Il ne semble pas y avoir d\u2019essoufflement dans le nombre de plaintes déposées par les victimes, près de deux ans après le mouvement #MoiAussi Données Statistique Canada Infographie Le Devoir 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000 Nombre d\u2019agressions sexuelles déclarées à la police au Canada n\u2019ont pas causé de lésions corporelles apparentes, ajoute Statistique Canada dans son rapport.Ce qui ne signifie pas qu\u2019elles ne laissent pas de blessures psychologiques.Malgré ces hausses des plaintes déposées auprès de la police, un triste constat s\u2019impose : cela ne serait encore que la pointe de l\u2019iceberg.« Le nombre d\u2019agressions sexuelles déclarées à la police est vraisemblablement une sous-estimation du nombre réel d\u2019agressions sexuelles survenues au Canada, puisqu\u2019il arrive souvent que ces types d\u2019infractions ne soient pas signalés à la police », est-il écrit dans le rapport.Il est estimé que seulement 5 % des victimes portent plainte.« C\u2019est très peu », juge M.Clermont.Un autre facteur ayant eu un effet sur les statistiques est la modification de la définition d\u2019un «crime jugé non fondé».Cela a fait en sorte que plus d\u2019infractions sont désormais considérées comme étant fondées, ce qui mène à une augmentation du taux de criminalité.Il faut aussi noter que ces chiffres ne permettent pas de conclure qu\u2019il y a eu une hausse des agressions sexuelles au pays.Ce qui est dégagé des données est que les présumées victimes ont été plus nombreuses à porter plainte auprès de la police.Fraude et cannabis Les données dévoilées lundi révèlent aussi une augmentation de 2 % des crimes au pays, toutes infractions confondues.Il s\u2019agit là aussi d\u2019une quatrième hausse d\u2019affilée, « alors que depuis 1991, on avait noté pratiquement que des baisses », rappelle M.Clermont.L\u2019indice de gravité des crimes a aussi augmenté de 2 % dans le même intervalle.Cet indice permet de tenir compte du fait que les crimes les moins graves sont souvent plus fréquents, alors que des crimes graves, comme les meurtres, sont plus rares.L\u2019augmentation de 13 % des fraudes \u2014 y compris le vol d\u2019identité et la fraude d\u2019identité \u2014 au Canada a contribué à l\u2019augmentation globale du crime.Statistique Canada a par contre noté une diminution de 13 % des crimes haineux.Ils avaient bondi en 2017.Quant au cannabis, on peut se demander si sa légalisation le 17 octobre 2018 a eu un effet sur le nombre de crimes commis relativement à cette drogue.Mais il est encore trop tôt pour le mesurer, dit M.Clermont.Statistique Canada ne détient les données que pour 2018, et le cannabis n\u2019a été légal cette année-là que durant deux mois et demi.Il faudra attendre pour tirer des conclusions, avertit-il.Mais de façon générale, les crimes reliés à cette substance avaient déjà commencé à baisser depuis le début des années 2010.Le directeur du Centre canadien de la statistique juridique note toutefois une « exception notable » qui l\u2019a étonné : en 2018, les infractions d\u2019importation et d\u2019exportation de cannabis ont augmenté de 22 %.Le grand chef Serge Simon se dit alarmé par la prolifération de « cabanes à pot » dans sa communauté.« La façon dont ces gars opèrent actuellement m\u2019inquiète.Ils prennent des terrains, coupent les arbres et répandent leurs magasins », souligne-t-il.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au ministère de la Sécurité publique (MSP), on « est au fait que du cannabis s e ve n d e n c o re i l l é ga l e m e n t a u Québec », nous dit-on.« Il revient aux corps de police de faire enquête lorsque des infractions sont commises, a fait savoir une porte-parole, Louise Quintin.Le MSP ne s\u2019immisce pas dans les enquêtes policières.» La semaine dernière, dans le dossier des revendications territoriales secouant Oka et Kanesatake, le maire Pascal Quevillon exprimait le souhait de voir la Gendarmerie royale du Canada (GRC) assuré la sécurité dans la communauté mohawk.La GRC soutient néanmoins que c\u2019est à la SQ que revient cette responsabilité.Rappelons qu\u2019au cours des derniers mois, le propriétaire privé Grégoire Gollin et le grand chef Serge Simon ont conclu une entente visant à restituer aux Mohawks un terrain de 60 hectares, dont une parcelle de la pinède qui a été au cœur de la crise d\u2019Oka, en 1990.M.Gollin serait également prêt à vendre 150 hectares supplémentaires au gouvernement fédéral afin que celui-ci puisse à son tour les redonner aux Mohawks.Pistes de solutions Le grand chef Simon croit que deux éléments sont essentiels pour arriver à régulariser la situation entourant le cannabis à Kanesatake: consulter la population pour obtenir son avis sur la vente de ce produit et de ses dérivés sur le territoire, et créer un corps de police autochtone.« On n\u2019a pas eu la chance de se prononcer sur la question du cannabis parce qu\u2019on n\u2019avait pas les ressources pour mener des consultations sur cette question et nous n\u2019avons pas non plus ici de corps de police pour faire appliquer les lois », explique-t-il.Selon lui, l\u2019implantation d\u2019un corps de police autochtone pourrait se faire avec une aide financière de 1,4 million de dollars.« Le provincial nous a déjà répondu favorablement et pourrait assumer 48 % [des coûts].Par contre, le fédéral ne donne pas suite à notre demande », indique-t-il.Au moment où ces lignes étaient écrites, le ministère canadien de la Sécurité publique n\u2019avait pas été en mesure de répondre aux questions du Devoir.La loi qu ébécoise encadrant le cannabis permet aux communautés autochtones de conclure des ententes avec le gouvernement afin de réglementer elles-mêmes la vente du produit sur leur territoire.Une lettre a d\u2019ailleurs été envoyée par Québec aux communautés pour les informer de cette possibilité.Or, aucune entente de cette nature n\u2019a été convenue jusqu\u2019à ce jour, selon le ministère de la Santé.« Conséquemment, seule la SQDC peut vendre du cannabis au Québec.La culture de cannabis à des fins personnelles est également interdite.» Malgré les tentatives de Québec et d\u2019Ottawa pour rétablir le dialogue entre le maire d\u2019Oka, qui s\u2019oppose à la rétrocession de terres aux Mohawks, et le grand chef de Kanesatake, l\u2019impasse persiste.La rencontre prévue cette semaine était toujours compromise lundi.Le grand chef Serge Simon a répété que tant que le maire Pascal Quevillon n\u2019aura pas reconnu ses torts, il est hors de question qu\u2019il le rencontre.«Tant qu\u2019il ne s\u2019excuse pas pour ses propos, je ne peux pas m\u2019asseoir avec lui», a dit le grand chef Simon.La semaine dernière, le maire Quevillon a soutenu que la valeur des propriétés d\u2019Oka pourrait dégringoler si les Mohawks récupéraient les terrains en question.Il a également prédit une nouvelle crise d\u2019Oka, mais cette fois amorcée par les non-autochtones.La ministre des Affaires autochtones du Québec, Sylvie D\u2019Amours, a toujours espoir que les tensions s\u2019apaisent.« Nous demeurons optimistes et maintenons notre invitation de réunir toutes les parties [pour] discuter et trouver ensemble des solutions gagnantes pour tous », a mentionné Mme D\u2019Amours.Au moment d\u2019écrire ces lignes, le cabinet de la ministre fédérale des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, n\u2019avait pas donné suite à notre demande d\u2019entrevue.L\u2019impasse sur les revendications territoriales persiste à Oka ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 23 JUILLET 2019 MIKE BLANCHFIELD À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Malgré des tensions diplomatiques avec Pékin, Ottawa aurait accordé à Huawei Canada son autorisation pour travailler avec une entreprise de télécommunications du Nord et une entreprise de développement inuite afin d\u2019étendre les services sans fil 4G à haute vitesse dans 70 communautés de l\u2019Arctique et du Nord québécois.C\u2019est du moins l\u2019annonce faite lundi par Huawei à Ottawa pour l\u2019élargissement du service 4G à des régions plus rurales et éloignées du Nord.Ce service est répandu dans les régions peuplées du sud du Canada.Huawei est une entreprise controversée au Canada parce que sa directrice financière, Meng Wanzhou, est au centre d\u2019une bataille diplomatique entre le Canada et la Chine depuis son arrestation à Vancouver en décembre.Le nouveau projet a été approuvé dans le cadre du Programme fédéral d\u2019examen de la sécurité, conçu pour protéger les infrastructures critiques.Selon un expert, le gouvernement fédéral a ainsi créé des conditions pour permettre au géant chinois des télécommunications de bénéficier d\u2019un monopole sur l\u2019Internet à haute vitesse dans le Grand Nord.Michael Byers, un spécialiste des affaires de l\u2019Arctique à l\u2019Université de la Co- lombie-Britannique, souligne qu\u2019étant donné la petite taille du marché dans le Nord, Huawei aura peu de concurrence dans cette région, où l\u2019entreprise chinoise dispose d\u2019un avantage concurrentiel en raison de son accès à la main- d\u2019œuvre chinoise bon marché.« La question est de savoir si une entreprise chinoise peut éventuellement détenir un monopole sur les communications dans les communautés éloignées de l\u2019Arctique canadien », a indiqué M.Byers.« Non pas parce que c\u2019est une menace pour la souveraineté, mais parce que cela laisserait ces communautés dans une position très vulnérable advenant que les relations entre la Chine et le Canada se détériorent.» L\u2019important contrat 5G Huawei attend une décision du gouvernement fédéral pour déterminer si l\u2019entreprise chinoise pourra fournir du matériel pour les réseaux sans fil 5G de prochaine génération dans le reste du pays.Les États-Unis font pression pour que le Canada ne fasse pas affaire avec une entreprise considérée comme un organe des services de renseignement chinois \u2014 une allégation que l\u2019entreprise a niée une fois de plus lundi.L\u2019attribution du contrat 5G est étroitement liée au sort de deux Canadiens qui ont été emprisonnés en Chine peu après l\u2019arrestation de Mme Meng.Le gouvernement Trudeau a qualifié d\u2019«arbitraire » l\u2019emprisonnement de l\u2019ex-di- plomate Michael Kovrig et de l\u2019entrepreneur Michael Spavor, et beaucoup considèrent leur arrestation comme une mesure de représailles de la part de la Chine.Pékin a également bloqué les importations de certains produits agricoles canadiens tels que le canola, ainsi que les expéditions de viande.Alykhan Velshi, vice-président des affaires commerciales de la branche canadienne de Huawei, a plaidé que l\u2019entreprise menait ses activités au Canada depuis 2008 sans problème, et qu\u2019elle entretenait une « coopération régulière avec les clients et les agences de sécurité », ce qui inclut l\u2019annonce, lundi, d\u2019un partenariat avec ICE Wireless et Iristel.Il a souligné à plusieurs reprises que l\u2019entreprise était gérée au Canada, soumise aux lois canadiennes, avec une structure transparente.Selon M.Byers, cette dernière déclaration est « fallacieuse ».« C\u2019est une filiale d\u2019une société chinoise.Elle est donc soumise au contrôle de son siège social.Ce siège est soumis au droit chinois, a-t-il soutenu.Quiconque pense que Huawei est indépendante du gouvernement chinois a tort.» Huawei déploiera un service Internet dans l\u2019Arctique MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La colère gronde toujours dans certaines municipalités sous le coup du moratoire imposé en juin par le gouvernement Legault pour interdire la reconstruction et la construction en zone inondable.« C\u2019est une catastrophe », s\u2019exclame la mairesse de Notre-Dame-de-l\u2019Île- Perrot, Danie Deschênes, en entrevue.Celle-ci doit faire face à la frustration des citoyens devant cette décision qui ne relève pas de la Ville.Un peu moins de 200 résidences de sa municipalité sont toujours sur la carte délimitant la zone d\u2019intervention spéciale (ZIS), même si elles n\u2019ont jamais été inondées et qu\u2019elles ne sont pas à risque de l\u2019être.Certaines maisons sont même à cheval sur la zone.« Ça a été mal pensé, mal conçu, mal envoyé, très mal communiqué, ajoute- t-elle.En fait, ils ont mis ça dans la cour des villes sans même nous demander notre avis, qui est quand même assez pertinent.On connaît notre territoire.» La nouvelle carte publiée la semaine dernière pour corriger une première version erronée contient toujours des inexactitudes, selon la mairesse.La ZIS doit en principe inclure les résidences situées dans des zones inondables de cote de récurrence de 20 ans et celles qui ont été inondées en 2017 et en 2019.« Ils ont fait un coup de pinceau sur le Québec sans même réfléchir à l\u2019impact humain qu\u2019il pouvait y avoir », remarque Mme Deschênes.Après avoir retranché 30 municipalités de la ZIS en début de semaine dernière, les ministères des Affaires municipales et de l\u2019Environnement en ont retiré 12 autres quelques jours plus tard \u2014 en totalité ou en partie.Mme Des- chênes a eu la surprise de constater que Notre-Dame-de-l\u2019Île-Perrot ne faisait pas partie de la liste.Or, la moitié des INONDATIONS Inexactitudes et changements de règles font rager des municipalités La zone du moratoire, même après deux correctifs, comporterait toujours des erreurs municipalités retranchées vendredi sont dans la circonscription voisine de Soulanges, représentée par la députée caquiste Marilyne Picard.Le comté adjacent de Vaudreuil est détenu par la députée libérale Marie-Claude Nichols.« J\u2019en viens à me questionner : cou- donc, est-ce qu\u2019on fait de la politique partisane ici ?Parce que les îles qui sont dans Soulanges ont été retirées et Notre-Dame-de-l\u2019Île-Perrot étant dans Vaudreuil, on ne regarde même pas la ville, ce qui est inacceptable », soutient Mme Deschênes.La députée libérale n\u2019a pas voulu présumer lundi des motivations du gouvernement, mais elle a dénoncé en entrevue l\u2019improvisation dont il fait preuve.« Je suis découragée parce que je me [demande si] on va faire un travail à la pièce, remarque Mme Nichols.C\u2019est la troisième version de la carte.Pourquoi est-ce qu\u2019on ne travaille pas de façon intelligente, de façon logique ?» Elle s\u2019attend à ce que d\u2019autres correctifs soient apportés avant le 19 août, date limite pour signaler toute inexactitude sur la carte de la ZIS.Le Devoir a tenté lundi d\u2019obtenir les commentaires de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, mais n\u2019a pas obtenu de réponse de son cabinet.Conséquences pour les citoyens À une vingtaine de kilomètres de No- tre-Dame-de-l\u2019Île-Perrot, l\u2019arrondissement montréalais de Pierrefonds- Roxboro a dénoncé par communiqué le manque de communication de la part du gouvernement et le fardeau administratif qu\u2019il a laissé, sans préavis, aux municipalités, en pleine période estivale.« C\u2019est eux qui ont lancé les règles et ils ne sont pas là pour les expliquer », regrette la porte-parole de l\u2019arrondissement, Joanne Palladini.Le fait d\u2019être inclus dans la ZIS peut avoir des conséquences importantes pour les citoyens.Le coût de leur assurance habitation peut monter en flèche, quand on ne leur refuse pas simplement une couverture.Ils perdent également la possibilité de faire quelque rénovation que ce soit.Les propriétaires qui veulent être exclus de la ZIS doivent, depuis le 15 juillet, remplir un formulaire signé par le directeur général de leur municipalité.« C\u2019est comme ça qu\u2019on a appris par les citoyens que le plan de match avait été changé », déplore Mme Palladini.Elle a invité les fonctionnaires du ministère des Affaires municipales à venir ouvrir un bureau temporaire dans les locaux de l\u2019arrondissement pour répondre aux questions des propriétaires résidentiels.Au moment où ces lignes étaient écrites, 76 citoyens de Pierrefonds-Rox- boro avaient rempli le formulaire pour contester leur inclusion dans la ZIS.« On nous demande de certifier la valeur de certains documents qui pourraient être fournis par les citoyens, mais on n\u2019a pas l\u2019expertise pour le faire », souligne la porte-parole.Plus de questions que de plaintes À l\u2019extérieur de la région de Montréal, la situation suscite moins de mécontentement.La Fédération québécoise des municipalités (FQM) dit avoir reçu davantage d\u2019appels de ses membres concernant des questions que des plaintes.Son président espère toutefois que le gouvernement terminera l\u2019élaboration des cartes des zones inondables rapidement.« Mettre un moratoire, pour moi, c\u2019est correct à ce stade-ci, mais il ne faut pas qu\u2019il traîne pendant un an ou deux », déclare Jacques Demers.La FQM demandera tout de même au gouvernement de reporter la date limite, d\u2019abord fixée au 19 août, pour donner le temps aux MRC de faire l\u2019analyse de chacun des cas particuliers.La durée du moratoire demeure indéterminée.Il sera levé lorsque le gouvernement se sera doté de nouvelles règles d\u2019aménagement du territoire en zone inondable et d\u2019une meilleure cartographie de ces endroits.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Génétiquement parlant, les Inuits du Nunavik n\u2019ont aucun égal.Une étude parue lundi dans la revue PNAS montre que cette population établie dans le nord du Québec dispose de mutations uniques au monde.«Les Inuits du Nunavik sont une toute petite population, très isolée, dont le profil génétique est très homogène », explique Sirui Zhou, chercheuse post- doctorale à l\u2019Université McGill et la première auteure de l\u2019article.« Ils sont très différents de ce qu\u2019on voit ailleurs sur Terre, et même des autres Inuits », ajoute-t-elle.Grâce à l\u2019analyse de l\u2019ADN de 170 Inuits du Nunavik originaires d\u2019une dizaine de villages, Mme Zhou et ses collègues ont constaté que certaines variations génétiques particulièrement saillantes chez cette population étaient impliquées dans la métabolisation des lipides \u2014 un trait qui pourrait découler d\u2019une adaptation à une alimentation riche en gras.Leurs analyses ont révélé en outre que la grande majorité des sujets n\u2019avaient pas connu de croisements avec les Européens ou les Premières Nations depuis des lustres.Les Inuits du Nunavik se seraient séparés de leurs plus proches cousins, les Inuits du Groenland, il y a plus de 10 000 ans.Par le truchement de comparaisons avec d\u2019autres populations, l\u2019étude confirme par ailleurs l\u2019hypothèse que les ancêtres des Inuits d\u2019aujourd\u2019hui seraient arrivés au Nunavik par sa pointe nord-ouest.Ils seraient par la suite descendus vers le sud le long des côtes des baies d\u2019Ungava et d\u2019Hudson.Une petite différence génétique persiste cependant entre ces deux groupes.Le singulier génome des Inuits du Nunavik Une étude révèle certaines adaptations chez ce peuple établi dans le nord du Québec Le programme de recherche a en outre été créé pour étudier une maladie dont la prévalence est particulièrement élevée chez les Inuits du Nuna- vik : l\u2019anévrisme intracrânien.En affaiblissant les parois des artères du cerveau, cette maladie provoque la formation de poches de sang dont la rupture peut causer la mort.À l\u2019échelle mondiale, l\u2019anévrisme intracrânien affecte environ une personne sur cent, mais sa fréquence est plus élevée chez les Inuits du Nunavik, dit Mme Zhou.On soupçonne que l\u2019anévrisme intracrânien pourrait être la conséquence d\u2019une métabolisation des lipides défectueuse.Pour trouver une explication génétique à cette tare, les participants au programme de recherche ont été recrutés parmi une cohorte d\u2019Inuits se rendant à Montréal pour des soins relatifs à un anévrisme intracrânien ou dans le cadre d\u2019un programme de dépistage.Parmi les 170 participants, une quarantaine avait reçu ce diagnostic.Les auteurs de l\u2019étude sont arrivés à relier statistiquement les cas d\u2019anévrisme intracrânien à une mutation génétique propres aux Inuits du Nunavik, qui pourrait être imputable à la sélection naturelle.« Souvent, les gens sont soignés comme s\u2019ils avaient un profil génétique européen, mais il y a des populations qui ont des signatures uniques », souligne Patrick Dion, un professeur à l\u2019Université McGill aussi impliqué dans l\u2019étude.À long terme, dit-il, une meilleure connaissance des particularités génétiques des Inuits du Nunavik pourrait aider à leur prodiguer des soins de santé plus adéquats.[Les ministères des Affaires municipales et de l\u2019Environnement] ont fait un coup de pinceau sur le Québec sans même réfléchir à l\u2019impact humain qu\u2019il pouvait y avoir DANIE DESCHÊNES » Les Inuits du Nunavik se seraient séparés de leurs plus proches cousins, les Inuits du Groenland, il y a plus de 10 000 ans.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR 330 sièges assurée jusqu\u2019en 2020, les conservateurs ressortent de cet exercice de renforcement affaiblis et minoritaires à la Chambre avec 317 sièges.Ils en ont perdu 5 de plus dans les années suivantes et n\u2019en détiennent désormais que 312.Pas assez pour faire passer un projet de loi ou un Brexit sans l\u2019appui d\u2019autres partis, chose qui ne s\u2019est jamais produite.Entre le 15 janvier et le 29 mars, à trois reprises, l\u2019accord de retrait négocié par Theresa May a été rejeté par des majorités écrasantes à Westminster.Il a également exacerbé les divisions au sein même du Parti conservateur, divisions que la première ministre n\u2019a jamais vraiment réussi à surmonter.Finalement, 286 députés de son parti ont appuyé son projet au troisième vote.Trop peu trop tard.« Nous allons nous souvenir d\u2019elle pour son stoïcisme, sa capacité d\u2019absorption des humiliations et son incapacité à se débarrasser d\u2019une poignée de petits intimidateurs immatures à qui l\u2019on aurait dû montrer la porte de sortie », écrivait dimanche l\u2019analyste politique Yvonne Roberts dans les pages de l\u2019hebdo britannique The Observer, en référence à tous les tiraillements internes et coup bas provenant de ses compagnons de route, auxquels elle a dû faire face.Sous son gouvernement, pas moins de 20 ministres ont remis leur démission avant la fin de leur mandat plutôt que de poursuivre un douloureux voyage sur un navire navigant à l\u2019aveugle sur une mer incertaine.Excès « d\u2019absolutisme » Le Brexit divise profondément la société britannique qui, selon les sondages, est désormais plus favorable à un maintien au sein de l\u2019Union européenne.Initialement prévu le 29 mars dernier, ce divorce a été remis au 31 octobre prochain, si Westminster approuve l\u2019accord de retrait, rejeté trois fois.Dans son discours d\u2019adieu, Theresa May a assumé l\u2019échec du Brexit, tout en dénonçant la « radicalisation du débat politique », qui selon elle l\u2019aura empêchée durant toute la durée de son mandat d\u2019arriver aux compromis nécessaires pour amorcer ce divorce difficile.« Quand le moment est venu pour le Parlement de ratifier l\u2019accord, le débat politique est alors revenu au stade binaire qui a précédé le référendum, à une confrontation sans merci entre partisans du maintien et de la sortie, a- t-elle dit.Or, quand le débat est aussi polarisé \u2014 et mû par l\u2019idéologie \u2014, il devient extrêmement difficile d\u2019atteindre un compromis.» Pour elle, cet excès « d\u2019absolutisme » affaiblit le « débat public », a maintenu le Brexit dans l\u2019impasse de laquelle elle se prépare à sortir cette semaine, et risque de donner le ton de la suite des choses, son successeur ayant usé de cette rhétorique populiste pour prendre sa place.trop faible majorité en juin 2016, qui va lui coller à la peau.Une sorte d\u2019injustice paradoxale d\u2019ailleurs pour cette conservatrice de longue date, arrivée au pouvoir pour « éradiquer » avant tout « les injustices sociales », disait- elle, et qui, pendant la campagne du Brexit, s\u2019est surtout affichée pour un maintien du pays au sein de l\u2019institution européenne.Point de rupture Opposée timidement à ce divorce, elle l\u2019aura toutefois défendu bec et ongles durant tout son mandat, au nom de la démocratie et du respect d\u2019un processus d\u2019expression du peuple par les urnes.Et ce, en encaissant des échecs et des humiliations à la chaîne, jusqu\u2019au point de rupture.« Theresa May s\u2019est obstinée dans une voie sans issue, me disait le politi- cologue Philippe Marlière, professeur à l\u2019University College de Londres, au lendemain de la démission de la première ministre en mai dernier.Elle a voulu mettre en œuvre le Brexit, mais elle n\u2019a jamais réussi à rassembler les conditions qu\u2019il fallait pour le faire.En plus, elle a donné des gages inconsidérés à l\u2019aile dure de son parti [radicalement pro-Brexit] sur sa capacité à mener à terme ce projet, ce qui, dans les circonstances, l\u2019a fait perdre sur tous les tableaux.» Le passage de Theresa May à la tête du gouvernement britannique a été marqué par une succession d\u2019erreurs, dont la plus importante aura été sans l\u2019ombre d\u2019un doute le déclenchement d\u2019élections législatives anticipées moins d\u2019un an après son entrée en poste.La stratégie visait à renforcer la majorité et la représentation des conservateurs au sein du Parlement pour se donner les coudées franches dans les négociations du pacte de divorce avec l\u2019UE et à légitimer son adoption par les élus par la suite.Mais coup de théâtre, avec une majorité de lui réclamait quelque 500 000 $ pour des taxes et des retenues à la source perçues, mais non remises.Le procès avait permis d\u2019apprendre que le FFM n\u2019avait plus de certificat d\u2019inscription en TVQ.M.Losique avait finalement accepté de verser un paiement de sûreté de près de 32 000 $ pour suspendre la demande d\u2019injonction et récupérer son certificat.Lundi, tant le cabinet de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, que la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) ne voulaient commenter l\u2019annulation du FMM 2019, puisqu\u2019un autre litige oppose Serge Losique à la société d\u2019État \u2014 qui fut la dernière institution publique à soutenir le patron du FFM.Elle lui réclame maintenant 886 000 $ pour recouvrer un prêt, alors que M.Losique poursuit la SODEC pour 2,25 millions \u2014 le procès doit avoir lieu à la fin novembre.Une occasion ?« L\u2019annulation de l\u2019événement n\u2019est pas une surprise : c\u2019était inéluctable que ça arrive, dit Marcel Jean, directeur général de la Cinémathèque québécois.Mais c\u2019est une surprise parce que Serge Losique surprenait toujours tout le monde et finissait par présenter son festival.» Pour Hélène Messier, p.d-g.de l\u2019Association québécoise de la production médiatique, le retrait du FFM doit être vu comme « une occasion pour peut- être rebâtir un festival qui serait plus consensuel.Ça peut être l\u2019occasion de repenser l\u2019avenir.Je ne vois pas ça comme une mauvaise nouvelle ».Selon Mme Messier, «Montréal a tout ce qu\u2019il faut pour avoir un FFM international digne de ce nom, qui pourrait avoir la grandeur de son passé».Elle énumère les avantages: ce genre d\u2019événement «donne une vitrine internationale à des films d\u2019ici, permet tout un réseau d\u2019échanges et de contacts qui peuvent mener à des coproductions, ça suscite chez les cinéphiles un intérêt pour le cinéma\u2026 C\u2019est toujours important ».Directeur général de K-Films Amérique, Louis Dussault rappelle que le FFM a été « le plus grand événement cinématographique d\u2019Amérique du Nord » pendant un temps.« Pendant 20-25 ans, quand on sortait du FFM, on était assuré d\u2019un bouche-à-oreille qui permettait de démarrer avec fougue.» Il ne croit pas pour sa part à l\u2019émergence d\u2019un autre grand festival de ce type.« Les enveloppes du FFM n\u2019existent plus et sont éparpillées dans plusieurs festivals de niche », dit-il en parlant notamment de Fantasia, du Festival du nouveau cinéma ou des Rencontres internationales du documentaire de Montréal.Marcel Jean croit justement que ces festivals comblent le vide laissé par le FFM.« Les supputations sur un festival qui reprendrait la place du FFM sont des supputations médiatiques qui n\u2019ont pas beaucoup de résonance dans la réalité, soutient-il.La place qu\u2019occupait le FFM il y a longtemps a été reprise par d\u2019autres festivals qui positionnent très bien Montréal à l\u2019international.Personne n\u2019attend un nouveau FFM », estime celui qui est aussi président du conseil d\u2019administration de Fantasia.« On peut vivre dans la nostalgie de ce qu\u2019était le FFM au début des années 1980, mais la réalité a beaucoup changé et ça ne reviendra pas.» Questionnée sur son intérêt à soutenir un nouveau festival, Québecor \u2014 qui avait racheté en 2017 la dette hypothécaire du cinéma Impérial, qui appartient au FFM par le truchement d\u2019un OBNL \u2014 a indiqué au Devoir qu\u2019elle « continuera à soutenir activement le milieu du cinéma ».L\u2019entreprise de Pierre Karl Péladeau est impliquée dans plusieurs festivals cinématographiques et finance le projet Éléphant \u2013 mémoire du cinéma québécois.LEDEVOIR // LE MARDI 23 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Ottawa soutient des organismes qui aident les vétérans en situation d\u2019itinérance OTTAWA \u2014 Un projet de la Mission Old Brewery à Montréal, qui vise à aider les anciens combattants en situation d\u2019itinérance à trouver notamment un logement, figure parmi les 22 initiatives du secteur communautaire qui seront soutenues par un fonds fédéral.Un autre projet aidera à répertorier les quelque 900 organisations, y compris des communautés autochtones et du Nord, qui soutiennent les anciens combattants à travers le pays.Une somme totale de 3 millions provenant du Fonds pour le bien-être des vétérans et de leur famille, créé en 2017, sera consacrée cette année à des initiatives liées aux vétérans sans-abri, à l\u2019embauche des vétérans, aux vété- ranes et à la santé mentale.La Presse canadienne Saint-Laurent : le sauvetage de la baleine noire reporté Les mauvaises conditions météorologiques ont forcé une équipe de sauvetage à reporter sa tentative de libérer une baleine noire de l\u2019Atlantique Nord empêtrée dans des filets de pêche.Le ministère fédéral des Pêches a publié dimanche soir une déclaration selon laquelle l\u2019équipe de sauvetage de baleines de Campobello n\u2019était pas en mesure d\u2019aider le cétacé de 18 ans, empêtré dans de l\u2019équipement de pêche dans le golfe du Saint-Laurent depuis au moins deux semaines.Une équipe de la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine a fixé un dispositif de suivi électronique à la baleine vendredi.L\u2019animal en péril, connu sous le numéro 3125, a été aperçu pour la première fois le 4 juillet par l\u2019équipage d\u2019un avion de Transports Canada à l\u2019est de la Gaspésie, au Québec.La Presse canadienne L\u2019Islande commémore son premier glacier englouti par le réchauffement REYKJAVIK \u2014 L\u2019Islande va dévoiler une plaque à la mémoire de l\u2019Okjökull, premier glacier de l\u2019île à avoir perdu ce statut à cause du réchauffement climatique, qui menace de disparition les 400 autres massifs glaciaires de l\u2019île.Une plaque commémorative sera inaugurée le 18 août sur le lieu de l\u2019ancien Okjökull (« glacier Ok » en islandais), dans l\u2019ouest de l\u2019île, a-t-on appris lundi, par des chercheurs islandais et de l\u2019Université Rice aux États-Unis, à l\u2019initiative du projet.« Il s\u2019agira du premier monument érigé à la mémoire d\u2019un glacier disparu à cause des changements climatiques dans le monde », a déclaré Cymene Howe, professeure d\u2019anthropologie à l\u2019Université Rice.L\u2019Okjökull a été déclassé par les glaciologues en 2014, une première sur l\u2019île.Agence France-Presse Le gouvernement veut « appuyer la création d\u2019initiatives, de recherches et de projets novateurs pour améliorer le bien- être des vétérans et de leur famille ».JACQUES NADEAU LE DEVOIR « L\u2019annulation n\u2019est pas une surprise » FESTIVAL SUITE DE LA PAGE A 1 Un passage marqué par une succession d\u2019erreurs MAY SUITE DE LA PAGE A 1 Serge Losique devant l\u2019affiche du Festival des films du monde, 30e édition, en août 2006 JACQUES GRENIER ARCHIVES LE DEVOIR Nous allons nous souvenir d\u2019elle pour son stoïcisme, sa capacité d\u2019absorption des humiliations et son incapacité à se débarrasser d\u2019une poignée de petits intimidateurs immatures à qui l\u2019on aurait dû montrer la porte de sortie YVONNE ROBERTS » LEDEVOIR // LE MARDI 23 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 5 BRUNO CRAVO À RODA, PORTUGAL AGENCE FRANCE-PRESSE Cultures perdues, maisons endommagées, la peur devant l\u2019absence des pompiers : au lendemain de « l\u2019enfer » vécu dans leur village quand les flammes l\u2019ont traversé, les habitants de Roda, dans le centre du Portugal, disaient lundi leur colère et leur détresse.Ce village d\u2019une centaine d\u2019habitants avait déjà été ravagé par le feu en 2003.En 2017, quand les incendies de forêt ont fait 114 morts dans la région, les flammes sont passées à une dizaine de kilomètres de là.« Heureusement que j\u2019avais plusieurs tuyaux d\u2019arrosage et ma grande cuve pour pouvoir combattre le feu, sinon je ne sais pas ce que je serais devenu », dit d\u2019un ton grave Adriano Dias Silva, retraité, alors qu\u2019il tente de réparer le moteur d\u2019un petit générateur.L\u2019homme de 69 ans à la voix rauque, habitant seul à Roda depuis qu\u2019il a laissé son travail de maçon à Sacavém, en banlieue de Lisbonne, à 200 km plus au sud, est parvenu sans aucune aide à stopper le feu aux portes de sa maison.En revanche, il a perdu tout son verger composé de mandariniers, de pommiers et d\u2019oliviers encore fumants.Perché sur une colline, Roda est entouré de pins et d\u2019eucalyptus, essence très inflammable.Mais l\u2019eucalyptus pousse rapidement et sans entretien, et l\u2019industrie du papier l\u2019achète à bon prix.À une cinquantaine de mètres en contrebas de son habitation, une maison a été complètement détruite par les flammes, et le feu progressait vers le haut de la colline.« Si je n\u2019avais pas eu de chance, ma maison était la prochaine à partir en fumée, et moi avec.La protection civile, c\u2019est la honte nationale de ce pays.J\u2019ai vu deux camions de pompiers passer ici, pas plus, et ils sont arrivés bien trop tard », souffle-t-il.Une femme inconsolable Un bob sur la tête et des lunettes sur le nez pour se protéger du soleil alors que le thermomètre frôle les 40 degrés, Nazaré Martins erre dans les rues de Roda, inconsolable.« On entendait à la radio qu\u2019il y avait 1200 pompiers mobilisés, mais où étaient-ils pour nous sortir de cet enfer ?Personne ici, on aurait tous pu y passer ! » s\u2019insurge-t-elle en pleurs alors qu\u2019une camionnette de la gendarmerie déboule dans la rue principale.Les incendies qui se sont déclarés samedi soir ont fait une trentaine de bles- PORTUGAL Des villageois en colère après « l\u2019enfer » de l\u2019incendie « La protection civile, c\u2019est la honte nationale de ce pays », fulmine un homme après avoir sauvé sa maison sans aide sés, dont un gravement brûlé, selon le dernier bilan de la protection civile.Opérée à une jambe en 2017, l\u2019ancienne couturière de 71 ans est incapable de courir.Son fils travaillant pendant le week-end à Lisbonne, elle a aussi dû faire face à l\u2019incendie en solitaire.« Le feu est arrivé en un instant, dit- elle, je n\u2019ai cessé d\u2019arroser le dépôt de bois près de ma maison, car je savais que si les flammes l\u2019atteignaient, j\u2019étais condamnée.» Au café du village de Cardigos, juste après Rodas, les conversations reviennent toujours aux pertes occasionnées par l\u2019incendie, empreintes d\u2019un sentiment de révolte.« Vous savez pourquoi les pompiers et les autorités ne viennent pas ici et laissent tout brûler ?Parce qu\u2019ils pensent que les gens ne valent rien ! » s\u2019emporte Joao Correia, éleveur de chèvres de 57 ans.Demande d\u2019aide à l\u2019Espagne Le Portugal a demandé lundi l\u2019aide des bombardiers d\u2019eau espagnols pour lutter contre les incendies de forêt qui ont repris dans la soirée, attisés par les vents, dans une région du centre du pays où le feu avait tué plus de cent personnes il y a deux ans.Lisbonne a demandé de l\u2019aide à l\u2019Espagne voisine, qui va envoyer « deux avions amphibies lourds » attendus en fin de journée, a annoncé le ministère de l\u2019Intérieur dans un communiqué.« L\u2019Union européenne est préparée pour renforcer son aide si nécessaire », a annoncé Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission européenne.L\u2019incendie était « pratiquement circonscrit dans la matinée, mais les conditions atmosphériques n\u2019ont pas permis une consolidation de la situation », a expliqué le premier ministre Antonio Costa à la presse.Les incendies de forêt, qui avaient pourtant été déclarés « maîtrisés à 90 % » lundi matin, ont été attisés par des vents aux directions changeantes qui ont provoqué des reprises dans des zones difficilement accessibles.Près de 1300 pompiers et 17 aéronefs, avec 318 véhicules, venus de toutes les régions du Portugal, étaient toujours mobilisés dans la région de Castelo Braco, à 200 km au nord de Lisbonne, pour venir à bout des flammes, selon l\u2019Autorité nationale de la protection civile.Une femme crie pour demander de l\u2019aide à l\u2019approche des flammes dans le village de Macao, au Portugal.PATRICIA DE MELO MOREIRA AGENCE FRANCE-PRESSE ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR La multiplication, aux États-Unis et en Europe, de sanctions financières salées imposées à des entreprises privées pour leur mauvaise gestion des données personnelles dont elles avaient la garde trahit un écart grandissant avec les règles canadiennes.Equifax aura à verser jusqu\u2019à 700 millions $US en amendes et en dédommagements aux 147 millions de victimes d\u2019un vol massif de données personnelles par des pirates informatiques en 2017, ont confirmé les autorités américaines lundi.L\u2019entente conclue entre, d\u2019un côté, la société d\u2019évaluation de crédit d\u2019Atlanta et, de l\u2019autre, deux agences fédérales, ainsi que les procureurs de 48 des 50 États américains, doit encore obtenir l\u2019aval des tribunaux, mais constituerait la plus lourde peine pour une perte de données du genre, a rapporté le New York Times.La sanction serait composée d\u2019une somme pouvant aller jusqu\u2019à 500 millions en dédommagements pour les inconvénients subis par les victimes et de 175 millions d\u2019amendes pour la piètre gestion de l\u2019entreprise de l\u2019événement.Ce record pourrait être rapidement battu, à en croire le Wall Street Journal qui rapportait, lundi, qu\u2019une autre entente hors cour visant, celle-là, la fuite des données de 87 millions d\u2019utilisa- DONNÉES PERSONNELLES Lourde amende pour Equifax aux États-Unis La société américaine s\u2019en tire sans pénalité financière au Canada en raison d\u2019une législation plus clémente Plus de 1700 pompiers ont été mobilisés contre les incendies de forêt ce week-end, selon la protection civile, et leurs camions montrent qu\u2019ils sont venus de toutes les régions du Portugal.teurs de Facebook au profit de la firme Cambridge Analytica était sur le point d\u2019être confirmée et qu\u2019elle s\u2019élèverait à 5 milliards $US.Ces règlements viendront s\u2019ajouter à d\u2019autres sanctions infligées en Europe dans des affaires similaires contre la chaîne d\u2019hôtels Marriott (111 millions d\u2019euros), le transporteur aérien British Airways (200 millions d\u2019euros) ou Google (50 millions d\u2019euros) en vertu de nouvelles règles européennes en la matière.Un autre monde Le contraste avec le Canada et le Québec est saisissant.Dans l\u2019affaire Equifax, qui aurait fait 19 000 victimes au Canada, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada n\u2019a pu obtenir mieux que l\u2019engagement de la compagnie à se prêter, tous les deux ans, à un examen de ses mesures de sécurité.Mais c\u2019est tout de même mieux que dans l\u2019affaire Facebook-Cambridge Analytica, qui a fait 622 000 victimes au pays.Le géant américain, qui n\u2019en est pas à son premier faux pas du genre, a non seulement refusé d\u2019apporter les changements exigés par les autorités canadiennes compétentes, mais ne reconnaît même pas avoir enfreint la loi, obligeant le commissaire fédéral à la protection de la vie privée d\u2019appeler à son aide les tribunaux.Il faut dire qu\u2019en matière de sanctions financières, les règles québécoises et canadiennes n\u2019ont pas autant de dents qu\u2019aux États-Unis ou en Europe, montrait un récent tableau comparatif réalisé par la firme d\u2019avocat Fasken pour le compte de la Commission d\u2019accès à l\u2019information du Québec.Au Québec, la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé \u2014 dont dépendra largement, par exemple, la récente affaire de la fuite des données de 2,7 millions de clients du Mouvement Desjardins \u2014 prévoit des amendes maximales de 10 000 $ à 50 000 $, selon le type de contravention, et du double en cas de récidive.Au Canada, le maximum est de 100 000 $.Dans les deux cas, d\u2019autres actions sont aussi possibles, notamment sous la forme de poursuites civiles en action collective.En guise de comparaison, en Europe, les sanctions peuvent aller jusqu\u2019à 4 % du chiffre d\u2019affaires annuel mondial d\u2019une grande compagnie, en vertu du nouveau Règlement général de la protection des données européen.Le bâton financier Dans sa nouvelle Charte canadienne du numérique, le gouvernement Trudeau promet des réformes qui garantiront, notamment, «des sanctions claires et sévères pour toute violation des lois et règlements ».« Les événements de l\u2019année passée ont mis en avant comme jamais auparavant le besoin urgent de moderniser la manière de protéger les droits relatifs à la vie privée dans notre pays », déclarait le commissaire canadien à la vie privée, Daniel Therrien, dans le texte d\u2019un discours prononcé à Toronto au mois de mai.Pour ce faire, il « devrait être habilité à rendre des ordonnances et à imposer des amendes conséquentes [\u2026] Mais même les amendes importantes pourraient ne pas suffire », prévenait-il.Les autorités au Canada devraient, comme en Europe, pouvoir aussi disposer du pouvoir de faire enquête sur les entreprises « de manière proactive », c\u2019est-à-dire sans devoir attendre que des victimes déposent des plaintes.Equifax aura à verser jusqu\u2019à 700 millions $US en amendes et en dédommagements aux 147 millions de victimes d\u2019un vol massif de données personnelles par des pirates informatiques en 2017, ont confirmé les autorités américaines.MIKE STEWART ASSOCIATED PRESS LEDEVOIR // LE MARDI 23 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019Institut national de santé publique (INSPQ) vient de lancer un outil en ligne fort prometteur permettant de comparer les causes de mortalité en milieux urbain et rural.De quoi guider l\u2019adoption de politiques publiques fondées sur des données probantes.Cet outil de l\u2019INSPQ recense les écarts existants entre les zones urbaines et rurales en fonction de trente indicateurs de santé, parmi lesquels figurent les décès par accident de voiture, l\u2019incidence de mortalité imputable à certains cancers, aux maladies pulmonaires et au tabagisme, le taux de suicide, la mortalité infantile, etc.Les données tranchent avec l\u2019idée reçue qu\u2019il fait bon vivre à la campagne, où l\u2019on respire l\u2019air pur à pleins poumons, par opposition à une glauque existence dans le smog urbain.Ces clichés ont la vie dure.La principale utilité de l\u2019outil développé par l\u2019INSPQ est de camper la discussion sur des données empiriques.Sur quinze indicateurs de mortalité, huit sont significativement plus élevés à la campagne qu\u2019en ville.C\u2019est le cas des décès causés par des accidents de voiture, des suicides, des cancers du poumon.L\u2019espérance de vie est plus élevée d\u2019environ un an dans les milieux urbains, autant pour les hommes que pour les femmes.De là à conclure qu\u2019il vaut mieux habiter en ville qu\u2019à la campagne pour notre santé, il y a une marge.Les données de l\u2019INSPQ n\u2019établissent pas de liens de causalité entre l\u2019habitat et les facteurs de risque.Qu\u2019il y ait plus d\u2019accidents à la campagne tombe sous le sens : les distances y sont plus grandes, les limites de vitesse plus élevées, et les déplacements plus fréquents qu\u2019en ville.De même, le fait que les mortalités dues à la maladie d\u2019Alzheimer et à la démence soient plus élevées en zone urbaine n\u2019est pas surprenant.C\u2019est dans les grands centres que les personnes âgées terrassées par cette infâme maladie trouveront les services de santé adaptés à leur condition.Qui plus est, les données colligées par l\u2019INSPQ réfutent cette dichotomie entre la ville et la campagne, dans la mesure où les chercheurs ont observé des disparités entre milieux comparables.Les milieux de vie ne constituent pas des déterminants de la santé, c\u2019est une nuance importance.Cet exercice permettra de pousser les enquêtes et d\u2019aiguiller les décideurs dans l\u2019élaboration de politiques publiques.Le tableau de bord sera d\u2019autant plus utile qu\u2019il sera enrichi de données additionnelles au cours des prochains mois, entre autres sur le taux d\u2019hospitalisation, les comportements et les habitudes de vie.L\u2019initiative de l\u2019INSPQ contribuera à l\u2019élaboration de programmes de prévention fondés sur des faits, et non sur des impressions ou des jugements de valeur.Du moins peut-on l\u2019espérer.Pour y parvenir, il faudra compter sur le sens des responsabilités des élus, à qui il incombe de prendre des décisions basées sur des faits et non sur l\u2019air du temps ou l\u2019humeur de l\u2019électorat.Les inégalités sociales et les déterminants de la santé ne peuvent se résumer à une histoire de code postal.Que l\u2019on s\u2019attarde à l\u2019insécurité alimentaire, au tabagisme, à l\u2019abus d\u2019alcool, à l\u2019espérance de vie, au suicide, à la di- plomation ou à tant d\u2019autres indicateurs, le constat demeure le même.La pauvreté est la mère de toutes les inégalités.Le Québec a fait figure de précurseur en se dotant d\u2019une loi visant à lutter contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale dès 2002.Le nouveau plan d\u2019action, adopté en 2017, a instauré un revenu de base pour des personnes qui ont des contraintes sévères à l\u2019emploi.Il s\u2019agit de la mesure phare d\u2019un plan de trois milliards pour permettre à 100 000 personnes de sortir de la pauvreté d\u2019ici 2023.Il serait utile de mesurer le chemin parcouru, car la réussite est loin d\u2019être assurée.En avril dernier, l\u2019Institut du Québec (IDQ) concluait dans une étude qu\u2019il y avait une réflexion à faire sur nos méthodes et nos politiques pour aider les Québécois les plus démunis à s\u2019affranchir de la pauvreté.Ils ne s\u2019en sortent pas plus vite qu\u2019ailleurs au Canada, et ils y demeurent parfois plus longtemps, alors que notre régime fiscal est parmi les plus égalitaires au pays.La proportion de personnes en situation de pauvreté reste stable à travers le temps, et les inégalités économiques sont maîtrisées, constate l\u2019IDQ dans son étude (Sortir de la pauvreté au Québec).La prospérité économique que vit présentement le Québec commande des avancées plus importantes.C\u2019est une responsabilité collective que l\u2019on oublie trop facilement.Geneviève Soly Musicienne (organiste et claveciniste) et musicologue (spécialiste de la musique de la Nouvelle-France) MONTRÉAL Je m\u2019intéresse au débat sur la laïcité de l\u2019État, à la loi 21, au port du voile et à toutes questions qui s\u2019y rattachent.À la suite de l\u2019article de Mylène Crête publié le 18 juillet, « La catho-laïcité de l\u2019État », j\u2019en suis venue à la conclusion que je ne suis pas d\u2019accord avec les revendications du Mouvement laïque québécois (MLQ), qui dénonce la protection accordée au crucifix dans les lieux publics par le gouvernement dans le cadre de la loi 21.On parle bien ici de l\u2019objet accroché au mur et non pas de la petite croix portée au cou par une personne chrétienne.De nos jours, on souhaite un État laïque et la liberté de religion pour tout le monde.Je crois cependant que le crucifix exposé dans plusieurs lieux du Québec appartient bel et bien au patrimoine et qu\u2019il ne relève plus directement du fait religieux.Je fais les distinctions suivantes : le crucifix dont on parle ne représente pas, pour la personne qui le regarde, l\u2019institution à laquelle il appartient ou qui le laisse en place, une affirmation de sa foi actuelle, mais bien un rappel de ce sur quoi ou comment notre société a été érigée par le passé.Par ailleurs, un foulard, un turban, une petite croix ou tout autre signe religieux visible porté de nos jours par une personne fait quant à lui référence à la foi présente de la personne en question (sauf exception, je présume).Patrimoine religieux Mon mari et mes enfants sont anticléricaux.L\u2019été, nous passons une semaine de vacances dans un lieu historique appartenant à la Société Provancher d\u2019histoire naturelle du Canada, qui, bien que fondée par des laïcs en 1919, est nommée en l\u2019honneur d\u2019un de nos plus éminents naturalistes, l\u2019abbé Léon Provancher, prêtre, le premier botaniste québécois (1820- 1892).Le frère Marie Victorin (un frère des Écoles chrétiennes du XXe siècle) a visité et habité ce lieu dans les années 1930.Les trois chalets de l\u2019endroit exhibent un gros crucifix au-dessus de la porte de la cuisine, encore plus gros que ceux que j\u2019ai toujours vus chez mes grands-parents, oncles et tantes, et même chez mes beaux-frères et belles-sœurs qui ne sont pas pratiquants ni même croyants.Personne dans ma famille ne se formalise de cet objet patrimonial accroché dans le chalet \u2014 qui est aussi loué par plusieurs autres familles au cours de la saison \u2014, et pourtant, les membres de ma fa- Le cœur du Vieux Québec a été transplanté Je suis aussi triste que Mme Mo- rency, qui a écrit un texte dans Le Devoir signalant que le départ du Marché du Vieux-Port crée un vide indéniable.Mais j\u2019aimerais lui faire partager la joie des travailleuses et des travailleurs du Marché, qui sont au paradis depuis leur déménagement.Je l\u2019invite à prendre une petite heure pour aller, comme moi, visiter le nouveau Marché.Ce lieu n\u2019a rien de commun avec un hall comme les autres.Si vous avez déjà visité le Marché Jean- Talon de Montréal, la comparaison s\u2019arrête aux producteurs agricoles.Le Grand Marché de Québec est à mille années-lumière, étant donné sa beauté, sa grandeur et sa facilité d\u2019accès à vélo, à pied ou en auto.Ce qui m\u2019a surpris agréablement dès mon entrée dans le Marché, c\u2019est la douce fraîcheur de la climatisation.En tant qu\u2019ex-tra- vailleur du Marché, je peux témoigner que l\u2019été, dans les baraques du Vieux-Port, il faisait une chaleur d\u2019enfer.Et que dire du froid sibérien pendant l\u2019hiver ! Mes propos restent seulement comparatifs, entre l\u2019ancien Marché et le nouveau.Je souhaite que le site fantomatique du vieux marché fasse place à un jardin de fleurs.Même si les fleurs, c\u2019est périssable, comme le chantait Jacques Brel.Elles sont présages de joie, d\u2019espoir et d\u2019amour.Ce nouveau havre de paix serait un lieu de rencontre pour les amoureux du vélo et de la randonnée pédestre.Consolez-vous, Madame Morency, la nature humaine a horreur du vide.Michel Houle Québec, le 22 juillet 2019 LIBRE OPINION LETTRES MODE DE VIE En ville ou à la campagne ?L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES mille ratent rarement une occasion de ridiculiser la religion\u2026 Sans les Clercs de Sainte-Croix, sans les Frères des Écoles chrétiennes, sans l\u2019abbé Provancher et le frère Marie-Victorin, ni le Cercle des jeunes naturalistes, ni le Jardin botanique de Montréal, ni « notre » refuge de plantes et d\u2019oiseaux n\u2019auraient été fondés ou florissants.Cela fait partie de notre histoire.Donc, de mon point de vue, le crucifix, symbole religieux chrétien exposé dans les hôpitaux, les classes de cours, etc.\u2014 et plus particulièrement adopté par les catholiques au Québec \u2014, représente notre patrimoine et non pas notre foi, qui comme on le sait, est surtout un fait du passé qui a permis la cohésion des Canadiens français.Mères fondatrices Par extension, je mentionne qu\u2019il m\u2019est tout aussi impossible de renier les bienfaits apportés du XVIIe au XIXe siècle par nos mères fondatrices religieuses et oh ! combien bonnes que sont Marie de l\u2019Incarnation, Catherine de Saint-Augustin, Marguerite Bour- geoys, Marguerite d\u2019Youville, mère Gamelin, Marie-Rose Durocher et mère Cadron-Jetté (j\u2019en oublie certainement) dans les domaines de l\u2019éducation (générale et\u2026 musicale), de la santé et du travail social.À force d\u2019amalgamer les concepts, les faits, les idées et même les siècles \u2014 c\u2019est beaucoup plus à partir du XXe siècle que les multiples dérives humaines de plusieurs religieux ont noirci l\u2019image de la religion au Québec \u2014, à force de rayer le patrimoine religieux ou de l\u2019ignorer, on noie tout en surface et on provoque un nuage indistinct et bien flou de notre histoire et du projet fondateur de la Nouvelle-France (de Québec et de Ville-Marie).Le crucifix accroché à certains murs au Québec peut nous rappeler ce projet fondateur, de même que l\u2019effet positif et de cohésion que la religion a eu aux XVIIIe et XIXe siècles, tout en soulignant notre résilience après la guerre de la Conquête et le traité de Paris.Le crucifix comme objet patrimonial et non de foi Pour une protection accrue des consommateurs québécois Le Mouvement Desjardins a pris les moyens de protéger ses membres à la suite de la fuite de renseignements personnels provoquée par le méfait de l\u2019un de ses employés.Ceci pourra éventuellement aider dans le futur des membres qui seraient victimes d\u2019une usurpation d\u2019identité.Mais à quel coût pour Desjardins et pour ses membres ! Et à quel coût également pour d\u2019autres institutions financières qui seraient victimes d\u2019un méfait semblable ! Alors, comme le déclarait le président du Mouvement Desjardins, M.Guy Cormier, devant un comité des Communes à Ottawa, les gouvernements ont un rôle à jouer sur le plan des lois qui régissent les activités commerciales et bancaires et la protection des consommateurs.Ce n\u2019est pas après, mais avant une vente que les consommateurs ont besoin d\u2019être protégés.Actuellement, un citoyen qui reçoit une facture pour un bien qu\u2019il n\u2019a pas acheté a le fardeau de prouver que ce n\u2019est pas lui qui a effectué l\u2019achat ni commandé la carte de crédit qui a servi à faire cet achat.Les lois canadiennes devraient être changées pour que ce soit le vendeur qui doive prouver hors de tout doute que le citoyen visé est l\u2019acheteur du bien.Sachant qu\u2019au Canada, le fardeau de la preuve d\u2019identité lui reviendrait, une compagnie canadienne ou étrangère serait forcée à plus de rigueur dans l\u2019identification de la personne ou de la société à qui elle vend un bien.N\u2019est-ce pas là un sujet sur lequel nous devrions interroger les candidats et les partis politiques à l\u2019approche des prochaines élections fédérales ?Philippe Barrette Québec, le 21 juillet 2019 À force d\u2019amalgamer les concepts, les faits, les idées et même les siècles [.], on noie tout en surface et on provoque un nuage indistinct et bien flou de notre histoire A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 23 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Benoît Laplante Professeur au Centre Urbanisation Culture Société de l\u2019INRS et président du Comité scientifique sur la démographie de la famille et le droit de la famille de l\u2019Union internationale pour l\u2019étude scientifique de la population.Il s\u2019exprime ici à titre personnel.Si on s\u2019intéresse aux relations économiques entre conjoints, les rapports et les mémoires que le ministère de la Justice a reçus sur la réforme du droit de la famille peuvent laisser perplexe.On voit trois propositions, toutes motivées par la volonté de réduire les inégalités dans le couple.Le comité consultatif propose de redonner aux époux la possibilité de choisir un véritable régime de séparation de biens et de laisser aux conjoints de fait la liberté d\u2019organiser leurs relations économiques, comme c\u2019est le cas actuellement, mais d\u2019imposer à tous les parents d\u2019un enfant commun, mariés ou non, un régime particulier dont le principal effet est, une fois le couple brisé, de permettre au parent qui estime avoir été désavantagé économiquement de voir sa perte compensée par son conjoint.Plusieurs associations proposent plutôt d\u2019imposer le régime du patrimoine familial aux conjoints de fait.Quelques voix semblent préférer qu\u2019on laisse les choses en l\u2019état.Imposer le régime du patrimoine familial aux conjoints de fait sans permettre de s\u2019y soustraire, ce que proposent certains, signifie que deux personnes ne pourraient plus vivre ensemble au Québec sans être soumises à ce régime.Il y a des territoires où l\u2019on donne à l\u2019union de fait des effets similaires à ceux du mariage \u2014 par exemple, l\u2019Ontario et le Brésil \u2014, mais on y permet aux époux et aux conjoints de fait de convenir par contrat de leurs relations économiques, y compris d\u2019établir la véritable séparation de biens.Il suffit de penser au nombre de personnes qui cherchent un conjoint financièrement indépendant et qui en font une condition de la relation conjugale pour saisir l\u2019ampleur des conséquences de la proposition.En France, ces couples utilisent le Pacte civil de solidarité (PACS) et, aujourd\u2019hui, on y enregistre presque autant de nouveaux PACS que de nouveaux mariages.Par ailleurs, en France, comme en Italie, la part des nouveaux mariés qui choisissent la séparation de biens augmente.On saisit mal pourquoi on ne verrait pas la même chose au Québec si on y offrait les mêmes possibilités.Droit privé et problèmes sociaux Le mariage n\u2019est ni un mécanisme de protection sociale, ni un mécanisme de réduction des inégalités sociales, ni un mécanisme de réduction des inégalités entre les sexes.Le mariage unit deux personnes pour le meilleur et pour le pire : qui épouse plus riche que soi vit mieux que de ses seules ressources, qui épouse moins riche que soi vit moins bien tout en faisant mieux vivre l\u2019autre.Imposer aux conjoints de fait les effets patrimoniaux du mariage améliorerait le sort des anciennes conjointes de fait moins fortunées que leur ancien conjoint.Tant mieux pour celles-ci, mais ça ne donnerait rien à celles dont l\u2019ancien conjoint est aussi pauvre ou plus pauvre qu\u2019elles.La prestation compensatoire que propose le comité consultatif souffre des mêmes défauts.Le droit privé n\u2019est pas fait pour régler les problèmes sociaux.L\u2019Allocation canadienne pour enfants fait plus pour les femmes chefs de famille qui ont peu de ressources que tout ce que pourrait faire le droit privé et avec moins d\u2019effets pervers.Le Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP) compense la perte de revenus de la mère causée par la naissance, peu importe le revenu du père et que la mère vive ou non avec le père.La réforme du droit de la famille peut être l\u2019occasion de réfléchir à la cohérence de nos choix.Le RQAP et les services de garde subventionnés sont copiés sur des mesures de la politique familiale suédoise.Les deux ont pour but d\u2019encourager les femmes à ne pas quitter leur emploi lorsqu\u2019elles deviennent mères et de modifier les rôles des parents.Dans leur pays d\u2019origine, ces mesures sont des éléments d\u2019une politique sociale plus vaste fondée sur une conception de l\u2019égalité des sexes héritière de la pensée d\u2019Alva Myrdal, selon laquelle les hommes et les femmes doivent être économiquement indépendants l\u2019un de l\u2019autre.En Suède, on ne cherche pas à corriger l\u2019inégalité entre les hommes et les femmes en se concentrant sur la richesse qui existe dans le couple.On agit de manière préventive pour réduire l\u2019inégalité entre les hommes et les femmes dans la société et permettre à chacun de ne pas dépendre de l\u2019autre.Véritable séparation de biens En Suède, le régime matrimonial légal est analogue à notre société d\u2019acquêts, mais les époux peuvent convenir autrement jusqu\u2019à établir la véritable séparation de biens.En l\u2019absence d\u2019entente, la résidence des conjoints de fait, si elle a été acquise pour l\u2019usage du couple, et RÉFORME DU DROIT DE LA FAMILLE De quel pays doit-on s\u2019inspirer ?Raphaël Gani Candidat au doctorat en éducation à l\u2019Université d\u2019Ottawa Le toponyme Atateken remplacera à la fin de l\u2019été celui d\u2019Amherst à Montréal.Des partisans d\u2019Atateken (signifiant « frères et sœurs ») soutiennent ce choix provenant d\u2019un « comité autochtone ».Des critiques suggèrent plutôt un autre choix : Pontiac.En se focalisant sur les décideurs (autochtones) ou sur leur choix (Atateken), on passe à côté de ce qui est franchement original dans ce changement de toponyme.L\u2019originalité de l\u2019histoire d\u2019Atateken se trouve dans la trajectoire d\u2019une décision « métissée » menant à un toponyme mohawk francisé.D\u2019abord, il faut savoir que Jeffery Amherst est un général de l\u2019armée britannique qui, en 1760, élabore la stratégie menant à la défaite des troupes françaises et de leurs alliés sur le territoire qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui Montréal.Il est un acteur de la « Conquête » comme Montcalm et Wolfe, devenus trois toponymes de rues voisines dans le Village.Au moins deux problèmes se posent avec le toponyme Amherst.Des francophones sont mécontents d\u2019avoir à célébrer un général anglais ayant contribué à leur « Conquête ».D\u2019autre part, des Autochtones et leurs alliés dénoncent, contrairement au site de la Commission de toponymie du Québec, le père de la guerre bactériologique pour son usage des fameuses couvertures infectées de variole envoyées à la confédération de Pontiac.Ces deux problèmes sont formulés depuis une trentaine d\u2019années, tantôt sur un ton nationaliste \u2014 on propose de remplacer Amherst par Pierre Falar- deau à la mort de ce dernier, \u2014 tantôt en s\u2019inspirant de la résurgence autochtone.Il faut attendre septembre 2017 pour que le maire de Montréal, Denis Coderre, use de son pouvoir au service de la réconciliation : « Je ne pense pas qu\u2019on puisse célébrer quelqu\u2019un qui voulait exterminer des Autochtones.Goodbye, Mister Amherst ! » Bien que l\u2019épisode des couvertures de variole ne fasse pas l\u2019unanimité chez les historiens (Amherst a-t-il vraiment fait parvenir ces couvertures ?) on s\u2019entend aujourd\u2019hui sur une vérité : l\u2019intention du général, imprimée noir sur blanc, d\u2019utiliser cette arme bactériologique contre des Autochtones pour « exterminer cette race exécrable ».Une décision « métissée » Le « Goodbye, Mister Amherst » se prononce le jour même de l\u2019inauguration des nouvelles armoiries de la mé- TOPONYMIE Atateken, une décision « métissée » leurs meubles sont partagés à parts égales, mais le couple est libre de convenir autrement.L\u2019état actuel du droit québécois découle des recommandations d\u2019un rapport du Conseil du statut de la femme publié dans les années 1970, qui reposaient sur des principes très proches de ceux que le droit suédois a adoptés à la même époque et ne renie pas aujourd\u2019hui.La société d\u2019acquêts et le partage du patrimoine familial ont été pensés pour le couple typique des années 1970, où la spécialisation des tâches était essentielle, la femme abandonnant le marché du travail le temps d\u2019élever ses enfants et l\u2019emploi du père étant la principale source de revenus de la famille.Au Québec, le régime impératif du partage du patrimoine familial a éviscéré la séparation de biens, qui ne sert plus qu\u2019à isoler les investissements des autres avoirs.Pourtant, la véritable séparation de biens convient aux couples où les deux époux peuvent chacun subvenir à leurs besoins et contribuer aux charges du ménage d\u2019abord et avant tout par leurs revenus.L\u2019union de fait telle qu\u2019elle existe aujourd\u2019hui au Québec crée des conditions très proches de la véritable séparation de biens.Elle permet aux conjoints de mettre en commun ce qu\u2019ils souhaitent, mais ne les oblige à rien.Ils doivent s\u2019occuper de leurs affaires, s\u2019entendre sur ce qui sera propriété commune \u2014 souvent au moins la résidence \u2014 et, comme dans le couple marié, mais peut-être avec plus de soin, préparer leur succession.Les couples ontariens, brésiliens, français, italiens et suédois, mariés ou pas, avec ou sans enfants, jouissent tous de cette possibilité.En Suède, on ne demande pas au droit privé de réduire les inégalités parce qu\u2019on admet qu\u2019il ne le peut pas.Faire dépendre le bien-être des femmes des ressources de leur conjoint est plutôt le rêve des républicains américains qui, il n\u2019y a pas si longtemps, souhaitaient réduire les dépenses de l\u2019aide sociale en contraignant les femmes peu fortunées à se marier.De qui voulons-nous nous inspirer ?La réforme du droit de la famille peut être l\u2019occasion de réfléchir à la cohérence de nos choix L\u2019artère reliant le fleuve Saint- Laurent et le parc La Fontaine portera le nom Atateken dès l\u2019automne.L\u2019annonce en a été faite le mois dernier par la mairesse de Montréal, Valérie Plante (à droite), en compagnie notamment du grand chef de Kahnawake, Joseph Tokwiro Norton, du grand chef de Kanesatake, Serge Simon et du chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.JACQUES NADEAU LE DEVOIR tropole (et de son drapeau), ornées désormais d\u2019un pin blanc au centre, symbolisant l\u2019Arbre de la Paix.Le choix du pin blanc provient d\u2019un comité constitué de membres des nations mohawk, anichinabée et innue et d\u2019un représentant du Centre d\u2019histoire de Montréal.En 2018, la nouvelle mairesse Valérie Plante fait sien le « Goodbye Amherst » de Coderre.Elle délègue à la titulaire d\u2019un tout nouveau poste à la Ville \u2014 commissaire aux relations avec les peuples autochtones \u2014 la création d\u2019un comité similaire au précédent.Ce comité compte une représentation mohawk significative, des membres de la communauté urbaine autochtone, anichinabée ou abénakise et, pour les épauler, des fonctionnaires de la Ville.Deux rencontres ont permis à ce comité d\u2019arriver à Atateken, un mot en langue mohawk suggéré par les membres autochtones, approuvé par consensus et relié à la question du territoire mohawk non cédé sur lequel s\u2019érige Montréal.Atateken n\u2019est probablement pas le choix idéal du comité, car comme le disait la mairesse Plante, il est issu d\u2019un compromis.Il fallait respecter les règles imposées par le gouvernement du Québec portant sur le caractère français du toponyme : un mot avec une graphie française, d\u2019une longueur acceptable et prononçable en français.Étaient donc exclus les mots et graphies en langue kanien\u2019kéhá:ka (en mohawk : ataté:ken) ; ces règles désavantagent aussi l\u2019anglais.Atateken est donc un toponyme mohawk francisé issu principalement d\u2019un partenariat métis entre alliés francophones et représentants autochtones.Il représente aussi un concept (fraternité) au lieu d\u2019un nom de personnage, ce qui démontre que l\u2019histoire se lit différemment à partir d\u2019une perspective autochtone.Afin de prendre au sérieux ce nouveau toponyme, le prononcer comme il se doit, en langue mohawk, est un bon point de départ.Cet exercice nous rappelle que de parler une langue a nécessairement des effets sur notre manière de voir le monde et le territoire ainsi que sur la pérennité des autres langues avec lesquelles nous sommes en relation.La responsabilité du gouvernement du Québec serait de modifier les règles toponymiques pour autoriser les graphies autochtones.Enfin, il faut prendre en exemple le processus qui a mené à Atateken.C\u2019est justement dans la manière de bâtir des relations à travers un chemin enfin parcouru ensemble que ce geste de « réconcili-action » est advenu.Atateken est donc un toponyme mohawk francisé issu principalement d\u2019un partenariat métis entre alliés francophones et représentants autochtones LEDEVOIR // LE MARDI 23 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.En Turquie, république laïque du Proche-Orient à majorité musulmane, le voile a longtemps été interdit dans les universités et dans toutes les institutions publiques.Avec l\u2019élection du gouvernement d\u2019Erdogan, ces interdits sont graduellement tombés, et une nouvelle génération de femmes voilées a fait son entrée dans la vie publique.Que reste-t-il de ces années d\u2019interdiction ?YASMINE MEHDI À ISTANBUL COLLABORATION SPÉCIALE LE DEVOIR RELIGION Les femmes turques voilées veulent prendre leur place Elle se réjouit aussi de l\u2019abandon de ces lois restrictives : « C\u2019est la liberté de religion, les gens peuvent exprimer leurs croyances.» Solidaire de ses camarades voilées, l\u2019étudiante s\u2019inquiète tout de même de la montée d\u2019un islam plus rigoureux en Turquie.«Les femmes non voilées peuvent parfois être traitées de façon humiliante.Par exemple, je ne me sens pas à l\u2019aise d\u2019aller à Fatih ou à Balat [quartiers conservateurs d\u2019Istanbul] », confie la jeune femme.Vers une société islamisée ?Les étudiantes de l\u2019Université Bogazici assurent que leur décision de porter le voile est personnelle \u2014 et surtout, qu\u2019elle n\u2019a rien de politique.Reste que cette liberté leur a été conférée par Re- cep Tayyip Erdogan, un président au bilan controversé sur les questions religieuses.Financement accru des écoles religieuses, construction d\u2019innombrables mosquées, taxes exorbitantes sur l\u2019alcool : autant d\u2019éléments qui inquiètent les défenseurs de la laïcité.« Le voile n\u2019est que la partie visible de l\u2019iceberg, mais ça va beaucoup plus loin que ça », croit Guillaume Perrier, ancien correspondant du Monde à Istanbul et auteur de la biographie Dans la tête de Recep Tayyip Erdogan.« Le système éducatif, la justice.toute la sphère publique a été investie de manière assez méthodique par les militants de l\u2019islam politique.[Le voile], ce n\u2019est pas uniquement une question de réclamer ses droits.Derrière, il y a un projet politique.» Selon le journaliste, Erdogan a « imposé un projet de transformation radicale de la société en réformant la vieille laïcité ».Dès sa création, la République de Turquie a instauré une laïcité stricte, qu\u2019elle a entérinée dans sa Constitution de 1937.Son fondateur, Mustafa Kemal Atatürk, espérait ainsi créer une identité nationale moderne, en rupture avec le défunt Empire ottoman.Or, signale Guillaume Perrier, cette laïcité stricte calquée sur le modèle français a été imposée aux « masses conservatrices [par] une élite sécularisée soutenue par l\u2019armée ».Le phénomène Erdogan en serait donc un de retour du balancier ; une revanche de l\u2019électorat religieux et conservateur sur l\u2019élite laïque et européanisée.Mais pour Binnaz Toprak, la rhétorique populiste de l\u2019actuel président n\u2019a pas suffi pour islamiser la société en profondeur.« Erdogan a dit plusieurs fois qu\u2019il voulait élever une génération religieuse, mais son gouvernement a rapidement réalisé qu\u2019on ne peut pas forcer les gens à vivre une vie islamique », affirme l\u2019ancienne députée du Parti républicain du peuple [CHP, parti pro-laïcité].Un récent sondage de la firme Konda [le Léger local] révèle en effet que la pratique religieuse est en déclin en Turquie et l\u2019athéisme, en progression.Entre 2008 et 2018, le pourcentage de répondants se revendiquant du conservatisme religieux a chuté de 32 à 25 %.À cela s\u2019ajoute la perte de vitesse de l\u2019AKP, le parti ayant essuyé de cinglantes défaites dans les grandes villes du pays à l\u2019issue des dernières élections municipales.« C\u2019est ce qui arrive quand on essaie de faire de l\u2019ingénierie sociale.Il y a un contrecoup », se réjouit Binnaz Toprak.L\u2019ex-députée soutient aujourd\u2019hui le port du voile dans la fonction publique et affirme qu\u2019il est « positif que les femmes de tous les milieux soient éduquées, travaillent et accèdent à des positions importantes ».Active dans la vie économique Bien qu\u2019il n\u2019existe pas de statistiques officielles sur la participation des femmes voilées dans l\u2019économie turque, l\u2019anthropologue et professeure à l\u2019Université de Stockholm Jenny White croit que leur nombre a augmenté de façon draconienne depuis l\u2019élection d\u2019Erdo- gan.« Soudainement, l\u2019interdiction a été levée, et de jeunes femmes voilées ont envahi les universités et le marché du travail.Maintenant, on les voit dans tous les domaines d\u2019activité.Il y a une nouvelle génération de femmes qui peuvent faire des choses dont elles n\u2019auraient jamais pu rêver.» La professeure à l\u2019Université de Stockholm rappelle que la question du voile n\u2019a réellement fait surface que dans les années 1980, lorsque l\u2019économie turque s\u2019est libéralisée et a vu l\u2019émergence d\u2019une nouvelle classe moyenne.«Jusque-là, les femmes voilées étaient dans vos cuisines, lavaient votre vaisselle et préparaient vos repas.» Jenny White constate maintenant l\u2019émergence d\u2019une nouvelle génération de femmes voilées et scolarisées qui « veulent travailler, avoir accès à la contraception, avoir un style de vie inspiré de la classe moyenne ».Retour au bord du Bosphore, sur le campus de l\u2019Université Bogazici : « Regarde, c\u2019est ma petite sœur », dit fièrement Yasemin en désignant son téléphone.Sur l\u2019écran, une jeune femme aux yeux clairs et aux traits identiques.Mais au lieu d\u2019un foulard noir, ses cheveux sont lâchés \u2014 et teints d\u2019un rose fuchsia éclatant.« Personne dans ma famille ne m\u2019a obligée à porter le voile », assure-t-elle.« Ça fait partie de mon identité, de qui je suis.Je veux aussi contribuer à la société.» Son amie Begüm, qui rêve de devenir enseignante de mathématiques, abonde dans le même sens.« Les gens pensent que je vais imposer mes croyances aux élèves, mais non.L\u2019objectif de l\u2019éducation est de développer un esprit critique.Je voudrais que mes élèves soient critiques à mon égard », fait valoir l\u2019étudiante.Critiques du gouvernement actuel, pleines de rêves et d\u2019ambition, ces jeunes femmes espèrent un jour contribuer à la vitalité de leur pays.Elles dévoilent l\u2019émergence d\u2019une nouvelle génération de femmes bien décidées à prendre leur place.Voilées ou non.quelques jours des examens finaux, le campus de l\u2019Université Bogazici, ou du Bosphore, vibre d\u2019activité.La bibliothèque est bondée, remplie d\u2019étudiants qui relisent frénétiquement leurs notes de cours.Dans les couloirs, les foulards fuchsia et fleuris coexistent avec les cheveux lâchés, teints ou rasés sans que personne s\u2019en préoccupe.Une scène banale, qui aurait été impensable il y a à peine 10 ans, lorsque le voile était interdit sur les campus universitaires et dans la fonction publique.Ce n\u2019est qu\u2019en 2010, sous l\u2019impulsion du gouvernement islamo-conserva- teur de Recep Tayyip Erdogan et à la suite de longues années de mobilisation, que ces restrictions sont tombées et que la présence de femmes voilées s\u2019est normalisée dans la vie publique.Yasemin Sungur, 26 ans, est la première de sa famille à pouvoir fréquenter l\u2019université en portant le voile.« Ma mère n\u2019a pas pu aller à l\u2019université, confie l\u2019étudiante.C\u2019était injuste.Les femmes ne pouvaient pas étudier ou travailler à cause de leur religion, alors que les hommes pouvaient parce qu\u2019ils ne portent pas de signe.» « Il n\u2019y a plus de discrimination, seulement la liberté », renchérit son amie Begüm Ihlamur, qui devait enlever son voile chaque matin pour aller au lycée.Zeynep Karlidag arbore une tignasse rousse et bouclée au lieu d\u2019un voile.En Turquie, une nouvelle génération de femmes voilées et scolarisées veut avoir un style de vie inspiré de la classe moyenne, constate l\u2019anthropologue Jenny White, de l\u2019Université de Stockholm.BULENT KILIC AGENCE FRANCE-PRESSE À "]
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