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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-07-24, Collections de BAnQ.

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[" MUSIQUE Connaître ses classiques, version rap Muzion remonte sur scène le temps d\u2019une soirée, pour célébrer les 20 ans de son premier album PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR lors qu\u2019on célèbre les succès d\u2019une nouvelle génération d\u2019artistes hip-hop québécois qui emplissent le Centre Bell, composent des rythmiques pour des stars mondiales et effectuent des tournées en Europe, prenons un instant pour rappeler le travail des pionniers.Le groupe montréalais Muzion remontera sur scène demain pour souligner le 20e anniversaire de la parution de son premier album, Mentalité moune morne\u2026 (Ils n\u2019ont pas compris), monument du rap québécois, aux textes aussi pertinents aujourd\u2019hui qu\u2019à l\u2019été 1999.« L\u2019innocence d\u2019un artiste qui se lance dans la création de son premier album, c\u2019est précieux », estime le vétéran Imposs, attrapé avec sa sœur J- Kyll et son ami Dramatik pendant leur répétition en vue du concert de demain au Ausgang.« À l\u2019époque, on n\u2019avait aucune attente, aucune connaissance.On voulait simplement être créatifs et travailler avec les gens qu\u2019on aimait.On ne calculait même pas l\u2019impact que [l\u2019album] pourrait avoir à l\u2019époque.» Et impact il eut, sur cette planète musicale québécoise qui ne connaissait des musiques INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .A4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B2 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Chasse à l\u2019homme pour retrouver les auteurs d\u2019un triple meurtre | A 3 ÉCONOMIE La France adopte l\u2019AECG après un débat houleux B 5 MONDE Écoutez la science, à défaut d\u2019écouter vos enfants, dit Greta Thunberg Les membres de Muzion BÉATRICE NOËL GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Québec veut rajuster le tir avec les anglophones FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Il en rêvait depuis près de 40 ans.En prenant la direction du gouvernement britannique mardi, le nouveau chef élu du Parti conservateur, Boris Johnson, se prépare toutefois à faire son entrée au 10 Downing Street loin de l\u2019environnement politique et social qu\u2019il avait espéré.À la tête d\u2019un parti profondément divisé, sans majorité au Parlement et au sommet de la hiérarchie d\u2019un pays en crise après l\u2019échec à répétition d\u2019un Brexit qu\u2019il a pourtant promis de livrer coûte que coûte d\u2019ici le 31 octobre prochain, l\u2019homme entre en fonction sous la menace d\u2019une motion de défiance brandie par l\u2019opposition travailliste et au son des talons qui se tournent sur son passage au sein de sa propre formation politique, frappée depuis les derniers jours par une vague de démissions.Un couronnement sur fond de chaos qui annonce déjà une mise à l\u2019épreuve du populiste flamboyant à la tête d\u2019un gouvernement dont les jours sont finalement déjà comptés.Les 160000 membres du Parti conservateur qui ont voté pour faire de Boris Johnson le nouveau premier ministre du Royaume-Uni ne représentent que 1% de l\u2019électorat britannique, fait remarquer Miranda Green, du Financial Times, dans une chronique publiée mardi.Tout en se demandant comment les 99% restants vont accepter l\u2019ascension de ce personnage controversé.«Cela va dépendre de la réponse à deux questions, écrit-elle.Va-t-il conduire les Britanniques hors de l\u2019Union européenne, menant la première étape du Brexit à son terme là où sa pré- décesseure [Theresa May] a échoué?ROYAUME-UNI Les jours du nouveau premier ministre sont déjà comptés Boris Johnson entre en piste sous les critiques de son propre camp Boris Johnson a réitéré son intention de réaliser le Brexit le 31 octobre, avec ou sans entente avec ses partenaires européens.NIKLAS HALLE'N AGENCE FRANCE-PRESSE VOL.CX NO 164 / LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ UN CHOIX DÉSESPÉRÉ NOMMÉ BORIS, L\u2019ÉDITORIAL DE GUY TAILLEFER PAGE A 6 VOIR PAGE A 4 : JOHNSON Visé par plusieurs critiques de leaders anglophones insatisfaits de la manière dont il les traite, le gouvernement Le- gault tente de rajuster le tir et promet un « premier plan d\u2019action gouvernemental sur les relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise ».L\u2019initiative n\u2019apaise toutefois pas les doléances du principal organisme de la communauté.Le Quebec Community Groups Network (QCGN), qui rassemble 36 organismes communautaires de langue anglaise et est le principal interlocuteur du gouvernement pour les questions touchant les anglophones, a rapidement dénoncé mardi le projet dévoilé plus tôt par Christopher Skeete, adjoint parlementaire du premier ministre pour les relations avec les anglophones.Ce dernier mènera cet automne une « tournée de consultation » auprès de quelque 125 groupes communautaires représentant les différentes communautés anglophones du Québec.Au terme de l\u2019exercice, un plan d\u2019action sera adopté pour recentrer la mission du Secrétariat aux relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise \u2014 structure créée en 2017 et dont le ministre responsable est François Legault lui-même.« L\u2019idée est de prendre le pouls de la communauté pour s\u2019assurer que le Secrétariat fait un bon travail et que les orientations font consensus dans la communauté », indique M.Skeete en entretien.La tournée risque de concorder avec le dépôt du projet de loi qui prévoira l\u2019abolition des commissions scolaires.Le QCGN et d\u2019autres organismes sont fortement opposés à la disparition des commissions scolaires anglophones et promettent une vive contestation du projet caquiste.VOIR PAGE A 2 : ANGLOPHONES Une tournée de consultations permettra d\u2019élaborer et d\u2019adopter un « plan d\u2019action gouvernemental » VOIR PAGE A 4 : MUZION A ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Incroyable mais vrai, lorsque nous mangeons une pomme, nous ingurgitons de 10 à 100 millions de bactéries.Que le fruit soit biologique ou issu de l\u2019agriculture traditionnelle, il en recèle tout autant, mais pas nécessairement les mêmes.Selon une étude publiée dans la revue Frontiers in Microbiology, les pommes biologiques contiendraient légèrement moins d\u2019entérobactéries potentiellement pathogènes et plus de lactobacilles bénéfiques que les pommes traditionnelles.Mais le nombre de bactéries de ces deux groupes est si minime dans les deux catégories de pommes qu\u2019on ne peut prétendre à l\u2019avantage des fruits biologiques, affirme un chercheur de l\u2019Institut de nutrition et des aliments fonctionnels SCIENCE Au cœur de la pomme, des millions de bactéries Des critiques ANGLOPHONES SUITE DE LA PAGE A 1 « Tant mieux si le gouvernement souhaite connaître un peu mieux notre communauté », dit Geoffrey Chambers, président du QCGN.« Mais il faut un processus géré par la communauté : c\u2019est très intéressant que le Secrétariat soit présent et entende ce qui se dit.Mais qu\u2019il dirige le processus ?Ce n\u2019est pas comme ça que l\u2019on fonctionne dans les autres provinces.C\u2019est un principe bien établi, notamment en Ontario : la communauté fait le travail, le gouvernement est impliqué, mais il ne dirige pas.» Résultat: le QCGN pourrait bien ne pas participer à l\u2019exercice.«On verra.C\u2019est possible qu\u2019on soumette un mémoire, mais nous serons critiques d\u2019un processus qui est une tournée de relations publiques et qui, surtout, n\u2019est pas géré par la communauté.» À cela, M.Skeete réplique qu\u2019il «avait invité ce printemps M.Chambers à lui suggérer des thèmes, des idées, des gens pour la consultation.J\u2019attends toujours de ses nouvelles».Conflit Le torchon brûle depuis un moment entre M.Chambers et M.Skeete.En mai, une lettre ouverte du premier avait incité le second à dénoncer l\u2019attitude du QCGN qui, selon lui, « s\u2019indigne et fait des amalgames sur divers sujets qui ne sont pourtant pas reliés ».M.Skeete avait alors pris soin de préciser que le QCGN n\u2019était pas « l\u2019unique interlocuteur du gouvernement », et qu\u2019il avait des « échos positifs » d\u2019autres intervenants.L\u2019annonce de la tournée de consultation a ainsi été faite mardi en marge d\u2019une visite auprès de la communauté anglophone des Îles-de-la-Madeleine (représentée par le Council for Anglophone Magdalen Islanders).M.Chambers affirme que le processus du gouvernement lui permettra d\u2019avoir « des audiences sympathiques ».Christopher Skeete « a lancé ça à une rencontre organisée par le Secrétariat avec des organisations qu\u2019il finance déjà.Personne de Montréal n\u2019est là, personne des commissions scolaires », a-t-il noté.Par le Programme d\u2019appui aux organismes desservant les communautés d\u2019expression anglaise, le Secrétariat finance des organismes, institutions et réseaux qui offrent des services aux communautés.En août 2018, le gouvernement Couillard annonçait une première ronde d\u2019investissements, d\u2019une valeur de 6,9 millions.Le Réseau communautaire de santé et de services sociaux accaparait l\u2019essentiel de la somme (5,7 millions sur trois ans), qui servira aux 25 organismes qu\u2019il coordonne.Ce dernier n\u2019a pas répondu à nos appels mardi.L\u2019annonce du gouvernement Legault n\u2019a pas impressionné l\u2019opposition libérale.«C\u2019est un adjoint parlementaire, qui n\u2019est pas ministre, qui réagit de toute évidence à l\u2019impatience ou à la colère de plus en plus évidente des communautés d\u2019expression anglaise au Québec, a commenté le député David Birnbaum.C\u2019est assez modeste comme déclaration.» Litiges Le Devoir faisait état le 13 juillet des tensions entre plusieurs membres influents de la communauté anglophone et le gouvernement Legault, jugé «déconnecté» de leurs préoccupations.Geoffrey Chambers évoquait alors un «climat très, très inquiétant».Avec la Loi sur la laïcité, le transfert de deux écoles de la Commission scolaire English-Montréal dans le réseau francophone, la demande faite à l\u2019Hôpital de Lachute de mettre fin à l\u2019affichage bilingue dans l\u2019établissement et l\u2019abolition annoncée des commissions scolaires, la communauté anglophone a de nombreux dossiers en litige avec Québec.«Ils [les membres du gouvernement] sont ignorants des droits de la communauté [anglophone] et ce n\u2019est pas une priorité pour eux», disait M.Chambers il y a dix jours.«Ce gouvernement devra démontrer une meilleure compréhension du principe de ce que sont les droits des minorités», ajoutait pour sa part l\u2019ancien ministre libéral Geoffrey Kelley, président d\u2019une alliance d\u2019une quarantaine d\u2019organismes communautaires représentant les Québécois d\u2019expression anglaise et unis pour défendre les commissions scolaires (APPELE-Québec).D\u2019autres reportages ont soulevé les mêmes enjeux dans les jours suivants.Mais selon le bureau de M.Skeete, l\u2019annonce de mardi n\u2019a rien à voir avec ces critiques: voilà au moins deux mois qu\u2019elle se prépare, dit-on.(INAF) de l\u2019Université Laval.À l\u2019aide de méthodes d\u2019analyse génétique, trois chercheurs de la Graz University of Technology, en Autriche, ont mesuré le nombre et le type de bactéries présentes dans les différents tissus de pommes biologiques et cultivées de manière traditionnelle.Ils ont ainsi observé que les bactéries étaient nettement plus abondantes dans les pépins et dans le pédoncule que dans la pulpe du fruit et sa peau.Conséquemment, le fait de ne pas manger le cœur de la pomme et sa queue fait en sorte que nous n\u2019absorbons que 10 millions de bactéries plutôt que 100 millions ! « Les pommes synthétisent beaucoup de polyphénols dans la peau et dans la pulpe.Or, les acides polyphé- noliques sont des composés antibiotiques qui assurent à la pomme une certaine protection en empêchant la croissance des bactéries », avance Yves Desjardins, de l\u2019INAF, pour expliquer la moindre présence de bactéries dans la pulpe et la pelure.Les chercheurs de l\u2019étude affirment que le microbiome des pommes biologiques était globalement plus diversifié que celui des pommes traditionnelles, et ce, particulièrement dans la pulpe du fruit.Selon l\u2019auteure principale, cette plus grande variété de bactéries limiterait la prolifération de certaines espèces pathogènes.Les scientifiques ont par ailleurs mesuré une plus grande concentration de méthylobactéries \u2014 qui synthétisent des composés responsables de la saveur de fraise \u2014 dans la pulpe et la peau des pommes biologiques.Ils ont également relevé un plus grand nombre d\u2019entérobactéries dans les pommes traditionnelles que dans les biologiques.Selon M.Desjardins, ces bactéries potentiellement nocives ne sont toutefois pas suffisamment abondantes pour affecter la santé des consommateurs.« Ces bactéries proviennent probablement de l\u2019eau utilisée pour laver les pommes traditionnelles, lesquelles ont également été entreposées sous une atmosphère contrôlée et enveloppées dans des sacs de polythène avant l\u2019analyse de laboratoire, contrairement aux pommes biologiques qui n\u2019avaient subi aucun de ces traitements.Une telle différence de traitement discrédite complètement la comparaison entre les deux catégories de pommes et l\u2019étude elle-même », conclut M.Desjardins.GIUSEPPE VALIANTE À SAINT-HYACINTHE LA PRESSE CANADIENNE En visite mardi à l\u2019Expo agricole de Saint-Hyacinthe, au sud de Montréal, le chef conservateur, Andrew Scheer, a réitéré son engagement de réviser le nouveau Guide alimentaire canadien pour qu\u2019il reflète davantage les recherches menées par l\u2019industrie alimentaire.La semaine dernière, M.Scheer avait suscité l\u2019ire des libéraux en disant à des agriculteurs de Saskatoon que le nouveau guide était imparfait et qu\u2019il devrait être réexaminé.Le nouveau guide a fait table rase sur les groupes alimentaires et les portions, pour se concentrer sur des directives plus générales, notamment sur la consommation accrue de protéines végétales et d\u2019eau.Les libéraux affirment que le guide a été reçu très positivement au pays, y compris par des experts en nutrition.Ils estiment que M.Scheer s\u2019incline devant des intérêts particuliers et déclare la guerre aux recherches de Santé Canada.« La réaction est exagérée, ils méritent un Oscar », a-t-il ironisé en point de presse.« J\u2019ai promis une révision pour que toute la science soit considérée.On sait qu\u2019il y a des inquiétudes de quelques scientifiques, a-t-il soutenu.Ce n\u2019est pas à moi, comme premier ministre, de diriger le guide, c\u2019est à moi de s\u2019assurer que le processus est propre et que toute l\u2019information est incluse.» Bien que M.Scheer ait rejeté les accusations des libéraux selon lesquelles il serait à la solde de l\u2019industrie agricole, lui et les producteurs laitiers de la province ont une histoire commune.L\u2019ancien rival d\u2019Andrew Scheer à la direction du Parti conservateur du Canada, Maxime Bernier, l\u2019accuse d\u2019avoir travaillé de connivence avec les agriculteurs de la province au cours des derniers mois de la course de 2017.Selon M.Bernier, environ 10 000 Québécois se sont joints aux conservateurs pendant cette période, mais n\u2019ont pas renouvelé leur adhésion l\u2019année suivante.Maxime Bernier, qui souhaite l\u2019abolition du système fédéral de gestion de l\u2019offre qui protège l\u2019industrie de la volaille, des produits laitiers et des œufs de la concurrence étrangère, prétend que les agriculteurs ont adhéré au parti afin de s\u2019assurer qu\u2019il soit défait par M.Scheer, qui appuie la gestion de l\u2019offre.Andrew Scheer avait finalement remporté la course, par une très faible marge.Marcel Riendeau, âgé de 71 ans, était l\u2019un de ces agriculteurs qui ont voté pour M.Scheer dans la course à la direction du Parti conservateur.Mais il demeure membre du parti.« Quand (Justin) Trudeau s\u2019est présenté, j\u2019ai lâché de voter libéral, a affirmé cet agriculteur de Saint-Hya- cinthe.Il dit qu\u2019il se tient deboutte, mais il est pas deboutte, il est assis », a- t-il soutenu, faisant référence au dernier sommet du G7 à Charlevoix, lorsque le président américain Donald Trump avait traité le premier ministre canadien de « faible et malhonnête ».Andrew Scheer aura besoin de plus de gens comme M.Riendeau de son côté pour remporter la circonscription de Saint-Hyacinthe\u2013Bagot.La région agricole est actuellement représentée par la néodémocrate Brigitte Sansoucy et les conservateurs ont fini quatrièmes en 2015 avec un candidat vedette, l\u2019ancien journaliste Réjean Léveillé.Cette année, le candidat conservateur est l\u2019ancien analyste de boxe à la télévision, Bernard Barré.Lise Boulay, âgée de 56 ans, a confié que, même si elle a voté pour les libéraux en 2015, elle était ouverte à considérer d\u2019autres partis, mais pas les conservateurs.« Je ne crois pas, a indiqué cette électrice de la région de Granby.Ce n\u2019est pas dans mes convictions, dans mes valeurs.Il est trop conservateur.» NUTRITION Scheer casse du sucre sur le dos du Guide alimentaire Il faut tenir compte de l\u2019opinion de l\u2019industrie, dit le chef conservateur Le chef conservateur, Andrew Scheer, s\u2019est rendu à l\u2019Expo agricole de Saint-Hyacinthe, mardi, où il a réitéré ses critiques sur le nouveau Guide alimentaire canadien.JACQUES NADEAU LE DEVOIR C\u2019est possible qu\u2019on soumette un mémoire, mais nous serons critiques d\u2019un processus qui est une tournée de relations publiques et qui, surtout, n\u2019est pas géré par la communauté GEOFFREY CHAMBERS » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 CAMILLE BAINS LAURA KANE À VANCOUVER LA PRESSE CANADIENNE Deux jeunes hommes qui étaient portés disparus sont maintenant considérés comme des suspects dans la mort de trois personnes dans le nord de la Colombie-Britannique, a annoncé la Gendarmerie royale du Canada (GRC), mardi.Kam McLeod, âgé de 19 ans, et Bryer Schmegelsky, âgé de 18 ans, sont des suspects du meurtre de l\u2019Australien Lucas Fowler, de sa copine américaine Chynna Deese et d\u2019un homme non identifié qui a été retrouvé à quelques kilomètres du véhicule incendié des jeunes hommes.La police a indiqué mardi soir que MM.McLeod et Schmegelsky pourraient se trouver au Manitoba, où ils auraient été vus à Gillam, dans le nord de la province.Ils avaient aussi été aperçus dans le nord de la Saskatchewan, alors JUSTICE Chasse à l\u2019homme dans l\u2019Ouest canadien La GRC demande l\u2019aide du public pour retrouver deux hommes soupçonnés de meurtre en Colombie-Britannique MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Il n\u2019y a eu aucune partisanerie dans les correctifs apportés à la zone du moratoire qui interdit la reconstruction et la construction en zone inondable, a soutenu la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, mardi en entrevue au Devoir.« C\u2019est complètement farfelu de dire qu\u2019on y est allés en fonction des élus, mais en même temps, vous comprendrez qu\u2019on est 75 députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), alors ça se peut qu\u2019il y ait plus de comtés ou de municipalités qui sont travaillés », a-t- elle affirmé.La moitié des 12 municipalités retirées de la zone d\u2019intervention spéciale (ZIS) vendredi sont dans la circonscription de Soulanges, représentée par la députée caquiste Marilyne Picard.Or, dans la circonscription adjacente de Vaudreuil, détenue par la députée libérale Marie-Claude Nichols, la mai- resse de Notre-Dame-de-l\u2019lÎe-Perrot, Danie Deschênes, attend toujours.Un peu moins de 200 résidences de sa municipalité sont toujours sur la carte délimitant la ZIS, même si elles n\u2019ont jamais été inondées et qu\u2019elles ne sont pas à risque de l\u2019être.Certaines maisons sont même à cheval sur la zone.INONDATIONS La CAQ ne fait pas de partisanerie, réplique Andrée Laforest Que les municipalités fassent leur travail, demande la ministre des Affaires municipales « J\u2019en viens à me questionner : cou- donc, est-ce qu\u2019on fait de la politique partisane ici », avait demandé la mai- resse en entrevue au Devoir la veille.« C\u2019est incroyable d\u2019avancer cette possibilité-là, parce qu\u2019on y est toujours allés en fonction de la sécurité des citoyens et des municipalités, mais en même temps, les municipalités qui travaillent plus rapidement, on les traite plus rapidement », a répondu Mme Laforest.Elle soutient avoir suivi à la lettre la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme avant de décréter le territoire pour l\u2019application du moratoire.Elle rejette l\u2019idée qu\u2019elle aurait dû consulter les municipalités avant de publier la première carte délimitant la ZIS puisque cela aurait alimenté la « course aux permis ».« Il fallait déposer le plus rapidement possible le projet de décret parce qu\u2019on aurait eu énormément de construction encore en zone inondable », s\u2019est défendu la ministre en ajoutant que les crues coûtent « une fortune » aux contribuables.Un travail de moine La colère gronde dans certaines municipalités riveraines depuis la publication d\u2019une première carte contenant des inexactitudes.À celles qui se plaignent de devoir gérer ce fardeau inattendu en pleine période estivale, Mme Laforest répond qu\u2019il est normal qu\u2019elles le fassent.« Nous, comme gouvernement, on fait un énorme travail et les municipalités, c\u2019est leur travail d\u2019accueillir les demandes des citoyens », a-t-elle affirmé en ajoutant qu\u2019elle avait vécu le déluge du Saguenay en 1996.« C\u2019est aux maires et aux mairesses de rassurer les citoyens, a-t-elle fait valoir.Quand je vois une mairesse qui fait peur à ses citoyens, je trouve ça triste.» Ces propos ont sidéré l\u2019élue visée de Notre-Dame-de-l\u2019Île-Perrot.« Faut vraiment qu\u2019ils vivent sur une autre planète pour dire des choses comme ça, s\u2019est exclamée Danie Des- chênes au téléphone.Honnêtement, les citoyens eux-mêmes nous écrivent.On n\u2019invente pas de choses.» Elle a ajouté qu\u2019il était difficile pour sa municipalité de se dépêcher pour répondre au gouvernement puisqu\u2019elle dispose de ressources limitées.Notre- Dame-de-l\u2019Île-Perrot, qui a une population de quelque 10 500 habitants, compte trois employés dans son service d\u2019urbanisme.« C\u2019est du travail de moine parce qu\u2019il faut cogner aux portes, les gens sont en vacances, a indiqué pour sa part le maire de Beaconsfield, Georges Bourelles.La Ville a envoyé une lettre à chacun des 197 propriétaires dont la résidence ne devrait pas se retrouver dans la ZIS Bryer Schmegelsky Kam McLeod qu\u2019ils conduisaient une Toyota Rav 4 2011 de couleur grise.« Les membres de la GRC croient que les hommes continuent possiblement leur route, mais ignorent où ils se rendent », a précisé le sergent Guay.Les jeunes hommes, qui mesurent tous deux environ 1,95 mètre (6 pieds 4) et qui pèsent environ 76 kilos (169 livres), doivent être considérés comme dangereux, a affirmé le sergent Guay.Toute personne qui pourrait les apercevoir ne devrait pas s\u2019approcher d\u2019eux et plutôt composer le 911.L a p o l i c e c r o y a i t d\u2019a b o r d q u e MM.McLeod et Schmegelsky avaient disparu.Leur camionnette de camping incendiée avait été retrouvée à quelques kilomètres du corps d\u2019un homme non identifié, près de Dease Lake.« Compte tenu des renseignements les plus récents obtenus dans le cadre de l\u2019enquête, Kam McLeod et Bryer Schmegelsky ne sont plus considérés comme des personnes portées disparues, mais plutôt comme des suspects», a précisé le sergent Guay.Sa collègue, la sergente Janelle Shoi- het, n\u2019a pas pu donner de détails sur ce changement de cap.Mais elle a ajouté que la police prenait la décision « sans précédent » de demander à toute personne disposant d\u2019informations sur leur emplacement de se manifester.La GRC a également publié de nouvelles photos des jeunes hommes prises récemment dans le nord de la Saskatchewan.La police n\u2019a pas précisé dans quelle communauté ils ont été vus.La sergente Shoihet a signalé que les suspects pourraient avoir changé d\u2019apparence et conduire un véhicule différent.L\u2019enquête se poursuit L\u2019identité de l\u2019homme qui a été retrouvé mort près de la camionnette de camping n\u2019est toujours pas connue.La ser- gente Shoihet n\u2019a pu révéler comment il est mort, mais un portrait-robot de cet homme barbu d\u2019âge mûr a été publié.La police espère pouvoir l\u2019identifier.La GRC a été en contact avec les familles des deux jeunes hommes pour tenter de les retrouver.La police avait dit auparavant que les deux amis étaient partis au Yukon chercher du travail.L\u2019Australien Lucas Fowler, âgé de 23 ans, et sa compagne, Chynna Deese, 24 ans, de Charlotte, en Caroline du Nord, ont été retrouvés sans vie la semaine dernière le long de la route de l\u2019Alaska, près de Liard Hot Springs.Le corps de l\u2019homme non identifié a été découvert quelques jours plus tard près de Dease Lake, à environ 500 kilomètres de l\u2019endroit où ont été retrouvés les touristes.La police a aussi publié un portrait- robot d\u2019un homme qu\u2019un témoin a vu en train de parler avec le couple sur la route de l\u2019Alaska, également appelée route 97, dans la soirée du 14 juillet.Les agents souhaitent parler à cet individu.L\u2019homme conduisait une Jeep Cherokee, un ancien modèle, avec une ligne noire sur le capot.afin qu\u2019ils remplissent le formulaire à remettre au gouvernement.« On n\u2019a jamais eu d\u2019inondations », s\u2019est-il exclamé en précisant que le conseil municipal avait adopté une résolution d\u2019urgence le 15 juillet pour exprimer son désaccord.Deux lettres envoyées à la ministre sont demeurées sans réponse.Méthodologie critiquée La spécialiste du comportement des rivières, Pascale Biron, s\u2019interroge sur la méthodologie utilisée par le gouvernement.« C\u2019est comme s\u2019ils sont partis avec la prémisse de base que c\u2019était normal de présenter des cartes un peu approximatives pour ensuite les peaufiner, a-t- elle avancé.C\u2019est un peu étrange, selon moi, comme scientifique.» « C\u2019est un travail de rigueur qu\u2019on fait », a soutenu la ministre Laforest.Les citoyens touchés ont jusqu\u2019au 19 août pour demander des correctifs à leur municipalité, mais d\u2019autres modifications continueront d\u2019être apportées d\u2019ici là.Elle croit que la majorité soumettra les informations pertinentes au ministère à temps, mais précise que le gouvernement continuera à apporter des modifications après la date butoir si nécessaire.Depuis la publication de la première version de la carte délimitant la ZIS en juin, 42 municipalités ont été retranchées en totalité ou en partie.Cette zone doit en principe inclure des résidences situées dans des zones inondables de cote de récurrence de 20 ans et celles qui ont été inondées en 2017 et en 2019, mais elle comporterait encore des erreurs.Le fait d\u2019être inclus dans la ZIS peut avoir des conséquences importantes pour les citoyens.Le coût de leur assurance habitation peut monter en flèche, quand on ne leur refuse pas simplement une couverture.Ils perdent également la possibilité de faire quelque rénovation que ce soit.Scène d\u2019inondations à Rigaud en avril dernier JACQUES NADEAU LE DEVOIR Quand je vois une mairesse qui fait peur à ses citoyens, je trouve ça triste ANDRÉE LAFOREST » LEDEVOIR // LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 AVIS DE DÉCÈS E N B R E F Laïcité : la décision du juge Yergeau portée en appel Le Conseil national des musulmans du Canada (CNMC) et l\u2019Association canadienne des libertés civiles (ACLC) déposent une demande d\u2019autorisation d\u2019appel de la décision du juge Michel Yergeau, de la Cour supérieure du Québec, qui a rejeté jeudi dernier la demande de suspension de la Loi sur la laïcité de l\u2019État.Les deux organismes demandeurs estiment que le jugement contient un certain nombre d\u2019erreurs de droit importantes, ce qui motive leur demande à la Cour d\u2019appel du Québec.Mustafa Farooq, directeur exécutif du CNMC, estime que la décision du juge Yergeau permet à une loi discriminatoire de continuer à s\u2019appliquer, tout en causant un préjudice réel aux personnes qui souhaitent simplement exercer leur métier en accord avec leur croyance religieuse.La Presse canadienne Élections et fête juive La Cour fédérale a ordonné au directeur général des élections du Canada (DGE) de se pencher à nouveau sur la possibilité de déplacer le jour du scrutin d\u2019octobre, en raison d\u2019une fête religieuse juive.En vertu de la loi, les élections fédérales peuvent se tenir au plus tard le 21 octobre, jour qui coïncide cette année avec une fête juive appelée Chemini Atseret.Lors de cette fête, les juifs orthodoxes pratiquants ne sont pas autorisés à travailler, à voter ou à faire campagne.Élections Canada s\u2019est fait demander de changer la date, mais l\u2019organisme a refusé.La juge Ann Marie McDonald a statué qu\u2019il y avait un «manque de preuve» que M.Perreault avait assuré l\u2019équilibre entre la violation des droits des électeurs affectés et les objectifs de la loi électorale.Elle a ordonné à M.Per- rault de faire ce travail et de reconsidérer sa décision d\u2019ici le 1eraoût.La Presse canadienne Ottawa veut asseoir ensemble les représentants d\u2019Oka et de Kanesatake Fredericton \u2014 Ottawa a invité à une même table, vendredi, des représentants de la municipalité d\u2019Oka et de la communauté de Kanesatake afin de discuter d\u2019un litige concernant un projet foncier qui a fait renaître de vieilles tensions dans la région.Marc Miller, secrétaire parlementaire de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, a déclaré mardi que le gouvernement fédéral voulait permettre aux deux parties de s\u2019asseoir à une même table et de préciser leurs attentes.«La semaine dernière a été difficile, car beaucoup de paroles ont été échangées, certaines très vives, d\u2019autres irresponsables», a déclaré le député montréalais Marc Miller aux journalistes, mardi, en marge de l\u2019assemblée annuelle de l\u2019Assemblée des Premières Nations, à Fredericton.La Presse canadienne L\u2019étudiante à l\u2019origine de la contestation JACQUES NADEAU LE DEVOIR Mises en garde d\u2019anciens premiers ministres JOHNSON SUITE DE LA PAGE A 1 Peut-il offrir ce nouveau départ tant attendu par les conservateurs en respectant la date limite du Brexit, fixée au 31 octobre, chose qu\u2019il a présentée comme un acte de foi lors de sa course au leadership?» Ces deux choses sont loin d\u2019être certaines, alors que le début de mandat de l\u2019ancien maire de Londres et figure de proue de la campagne du Brexit en 2016 s\u2019amorce sous les critiques émanant de son propre camp.« Je suis très inquiet à l\u2019idée que Boris Johnson improvise et je pense qu\u2019il va droit vers une crise gouvernementale », a indiqué Alan Duncan, ministre d\u2019État aux Affaires étrangères, après avoir démissionné avec fracas lundi en réclamant au passage un débat d\u2019urgence en chambre sur la direction radicale qu\u2019annonce l\u2019ère Johnson.Dimanche, le ministre de l\u2019Économie et des Finances, Philip Hammond, a ouvert le bal d\u2019une série de départs en annonçant son retrait du gouvernement conservateur si Boris Johnson était nommé premier ministre.Dans les circonstances, sa menace va être mise à exécution mercredi.Depuis 24 heures, David Gauke, ministre de la Justice, Anne Miton, à l\u2019Éducation, et Rory Stewart, responsable du développement international et candidat déchu à la succession de Theresa May, ont claqué la porte du gouvernement.Ils ont préféré ne pas accompagner M.Johnson dans son exercice du pouvoir, qui s\u2019annonce plus que difficile avec un Parlement qui, tout comme cela a été le cas pour Mme May, ne lui sera pas plus favorable.En effet, les conservateurs n\u2019ont plus de majorité à Westminster depuis le déclenchement d\u2019élections anticipées en 2017, ce qui ne changera pas tant qu\u2019il n\u2019y aura pas de nouvelles élections législatives.Pis, la semaine prochaine, deux élections partielles, dans les comtés de Bre- con et de Radnorshire, détenus par les conservateurs depuis 2015, se préparent à soustraire deux députés conservateurs de plus au profit des libéraux- démocrates, qui mènent dans la course.« Les Britanniques méritent mieux que Boris Johnson », a d\u2019ailleurs indiqué lundi la nouvelle chef de cette formation politique, Jo Swinson, tout en promettant de s\u2019opposer à lui sur le terrain législatif.Elle fait ainsi écho à Alan Duncan qui, comme une poignée de députés conservateurs, doute, à voix haute et en public, de la capacité de M.Johnson à diriger le pays.« Le nouveau premier ministre doit choisir s\u2019il veut être le porte-parole d\u2019une faction d\u2019ultrabrexiters ou s\u2019il veut se mettre au service du pays qu\u2019il dirige, a résumé l\u2019ex-premier ministre John Major (de 1990 à 1997) dans une lettre ouverte.Il ne peut pas être les deux en même temps, et le choix qu\u2019il va faire déterminera la tonalité de son mandat dès la première minute.» En moins de 24 heures, trois ex-premiers ministres, dont Gordon Brown et Tony Blair, ont pris la plume pour mettre en garde le nouveau chef du gouvernement contre un populisme qui pourrait hypothéquer l\u2019avenir du pays.Du côté des travaillistes de Jeremy Cor- byn, la menace d\u2019une motion de défiance, formulée dans les derniers jours, a été reportée à l\u2019automne, afin d\u2019augmenter les chances de convaincre les conservateurs opposés à Boris Johnson de l\u2019appuyer et donc de défaire rapidement le gouvernement du nouveau premier ministre, résume The Guardian,qui évoque même le début de conversations entre ces conservateurs «rebelles» et l\u2019opposition en vue de former un gouvernement d\u2019unité nationale qui aurait le mandat de mettre fin à la crise du Brexit par la tenue d\u2019un nouveau référendum sur la séparation du pays d\u2019avec l\u2019Union européenne.Keir Starmer, figure respectée de la politique britannique et porte- parole de l\u2019opposition en ce qui concerne le Brexit, serait même courtisée pour en prendre les commandes.Selon un récent coup de sonde de l\u2019organisme YouGov, 57 % des Britanniques sont désormais favorables à l\u2019arrêt des procédures du Brexit, contre 29 % qui souhaitent rester sur cette voie.14 % des personnes sondées en juin dernier sont par ailleurs indécises quant à l\u2019issue à préconiser.La promesse de Boris Johnson de livrer le Brexit dans les temps pourrait faire changer ces perceptions.Mais elle pourrait également placer le nouveau premier ministre sur une trajectoire balisée à une autre époque par James Callaghan, premier ministre travailliste, à la fin des années 1970, qui a ouvert le chemin aux années Thatcher.Il avait alors hérité d\u2019un pouvoir fragile, tout comme M.Johnson, avec une minorité parlementaire et une crise sociale qui l\u2019ont handicapé durant toute la durée de son mandat avant de le faire sombrer au terme d\u2019un vote de confiance trois ans après son arrivée en poste.«D\u2019une certaine façon, la situation de Boris Johnson est pire, écrit Leo McKins- try dans les pages du Telegraph.Parce qu\u2019il n\u2019a que quelques mois avant la date limite du départ du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne, en octobre.Et durant cette période, il va devoir composer avec une phalange de quelque 30 députés [conservateurs pro-européens] conduits par les ex-ministres Philip Hammond et David Gauke, qui ont fait le serment de bloquer toute tentative de sortie de l\u2019Union sans accord négocié.» Ce que Boris Johnson a promis de faire.Un groupe très engagé politiquement MUZION SUITE DE LA PAGE A 1 urbaines que les tubes des vedettes américaines et ceux, plus R & B-pop et consensuels, du duo Dubmatique.À sa sortie, le premier album de Muzion a d\u2019abord bouleversé l\u2019image qu\u2019on pouvait avoir du rap d\u2019ici \u2014 tout comme l\u2019album 514-50 Dans mon réseau de Sans Pression paru quelques mois auparavant.C\u2019est l\u2019ancienne directrice artistique de la branche mont- réalaise de l\u2019étiquette BMG Anne Vivien qui avait recruté le groupe.« Elle a cru en nous, elle a reconnu notre potentiel, elle nous a donné confiance.Elle avait aussi le désir de sortir notre projet de l\u2019underground pour en faire un succès de masse », dit J-Kyll.Aujourd\u2019hui vice-présidente exécutive, musique et développement chez Québecor, Anne Vivien se rappelle avoir été captivée par ce groupe « extrêmement sûr de lui, possédant une énergie brute ».« Tu pouvais sentir l\u2019immense énergie créatrice chez eux, c\u2019était flagrant.Ils avaient vraiment envie d\u2019amener la révolution.Ils étaient engagés dans leurs textes \u2014 pour Haïti, pour la rue, pour les femmes.C\u2019est un groupe superengagé politiquement, quelque chose qu\u2019on n\u2019a pas assez souligné à l\u2019époque.» Muzion, qui enregistrait alors ses chansons dans des studios de fortune « grâce aux sous qu\u2019on économisait de peine et de misère », rappelle J-Kyll, se retrouvait du jour au lendemain avec les moyens de ses grandes ambitions.« À l\u2019époque, il y avait ce mythe des compagnies de disques internationales [comme BMG] qui modifiaient le son ou la vision de leurs artistes, note Im- poss.On n\u2019a jamais eu cette conversation : Anne nous a donné carte blanche, complètement.» La préproduction avec les frères Courcy a duré un mois, puis le projet a nécessité trois autres mois en studio avec le réalisateur Haig Vartzbedian, alors associé au succès de Bran Van 3000.« Tout d\u2019un coup, au lieu de prendre un sample, on pouvait avoir un trio de violons en studio, dit Dramatik.Tout ça était nouveau pour nous.Tout ce qu\u2019on voulait, c\u2019était travailler, enregistrer ensemble.» La chanson qui donne son titre à l\u2019album en est aussi la clé de voûte, en plein cœur de ce disque de 67 minutes, «la plus représentative de l\u2019album», affirme Imposs.«L\u2019idée de base était celle des quarante jours et quarante nuits», ajoute Dramatik, l\u2019image de la traversée du désert de ces rappeurs confinés à l\u2019underground, de ces Québécois d\u2019origine haïtienne qui connaissent parfaitement la définition du mot «épreuve».«Tout ce qu\u2019on a soulevé dans nos chansons il y a 20 ans, tout ce qu\u2019on a revendiqué, c\u2019est pareil aujourd\u2019hui.La forme musicale a changé depuis, mais le combat demeure», note Imposs.Parmi les autres morceaux mémorables de ce disque, le texte percutant de Rien à perdre en début d\u2019album, Tel père, tel vice (avec un refrain chanté par un jeune Corneille et l\u2019une de ses plus belles prestations studio) et, évidemment, La Vi Ti Neg, devenue une immortelle non seulement du rap québécois, mais de la musique québécoise tout court, « chantée même dans les fêtes de la Saint-Jean-Baptiste », relève J-Kyll.Une première version existait déjà avant celle enregistrée pour l\u2019album, avec sa mélodie kompa inspirée par un succès du chanteur Sweet Micky (Michel Martelly).« La première version studio était belle, mais on sentait qu\u2019on devait la rendre plus organique, faire en sorte qu\u2019elle touche plus de gens », dit Im- poss.Ils invitent alors le guitariste élite du jazz et du kompa Harold Faustin, pour ajouter plus de couleur créole à cette chanson festive au texte pourtant grave.« Elle est spéciale, cette chanson, parce qu\u2019elle ne parle pas seulement d\u2019Haïti ; elle s\u2019adresse à tout le monde, mais en montrant ses racines créoles.C\u2019est ça qui est beau dans l\u2019échange, les racines sont haïtiennes, mais elles touchent tout le monde.» Propulsés par la chanson La Vi Ti Neg, les rappeurs J-Kyll, Dramatik et Imposs ont vendu plus de 35 000 exemplaires de Mentalité moune morne\u2026 (Ils n\u2019ont pas compris).Ils en vendront encore quelques autres puisque Sony Music Canada réédite aujourd\u2019hui le disque en format CD et, pour la toute première fois, en vinyle.« On n\u2019avait même pas calculé qu\u2019on approchait du vingtième anniversaire », lance Imposs en rigolant.« On est tellement occupés par nos projets, chacun de notre côté.C\u2019est Sony qui nous a contactés pour discuter de la réédition.On s\u2019est dit que ça méritait d\u2019être souligné, ne serait-ce que pour pouvoir remercier tous ceux qui nous ont appuyés, ceux qui suivent notre travail depuis le début.» La prochaine résidence de Boris Johnson, le 10 Downing Street.JUSTIN TALLIS AGENCE FRANCE-PRESSE Elle [Anne Vivien] a cru en nous, elle a reconnu notre potentiel, elle nous a donné confiance, elle avait aussi le désir de sortir notre projet de l\u2019underground pour en faire un succès de masse J-KYL » LEDEVOIR // LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 5 AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON Les cerveaux d\u2019une quarantaine de diplomates américains victimes de phénomènes mystérieux à Cuba montrent des différences par rapport à un groupe témoin, ont annoncé mardi des chercheurs qui les ont analysés par imagerie médicale à la demande du gouvernement américain.L\u2019étude publiée par le Journal de l\u2019Académie américaine de médecine et menée par des professeurs et médecins de l\u2019Université de Pennsylvanie ne permet pas de dégager une cause aux symptômes observés chez les diplomates entre fin 2016 et mai 2018.Mais elle confirme que « leurs cerveaux ont subi quelque chose qui a causé ces changements », dit à l\u2019AFP Ragini Verma, pro- fesseure de radiologie à l\u2019Université de Pennsylvanie et spécialiste de l\u2019imagerie médicale.« Ce n\u2019est pas imaginaire, avance-t- elle.Cela s\u2019est bien produit dans leur cerveau.Tout ce que je peux dire, c\u2019est que la vérité reste à trouver.» Les États-Unis ont rappelé la majorité de leur personnel diplomatique de La Havane en septembre 2017.Certains sont aujourd\u2019hui rétablis, mais d\u2019autres restent en rééducation, selon Mme Verma.« Ce qui s\u2019est passé n\u2019est pas dû à un antécédent médical », a ajouté la spécialiste.Entre la fin de 2016 et mai 2018, des diplomates en poste à La Havane ainsi que des membres de leurs familles ont souffert de maux divers, y compris des problèmes d\u2019équilibre et de vertige, de coordination, de mouvement des yeux, ainsi que de l\u2019anxiété, de l\u2019irritabilité, et ce que des victimes ont appelé un « brouillard cognitif ».Le Canada, de son côté, a dénombré 14 «victimes» et, tout comme les États- Unis, a réduit au minimum ses effectifs à La Havane.En février dernier, les cinq diplomates canadiens et leurs proches ont accusé Ottawa de ne pas les avoir protégés, d\u2019avoir camouflé des informations cruciales et d\u2019avoir minimisé l\u2019importance des risques.Ils lui réclament plus de 28 millions en guise de dédommagement.MÉDECINE Séquelles neurologiques prouvées et confirmées Les cerveaux des diplomates américains « ont subi quelque chose » à Cuba, selon une étude de l\u2019Université de Pennsylvanie LA PRESSE CANADIENNE À FREDERICTON Le chef national de l\u2019Assemblée des Premières Nations (APN) demande à ses membres de faire pression sur tous les partis afin d\u2019influencer les plate- formes politiques en vue des élections fédérales d\u2019octobre.Lors de l\u2019assemblée générale de l\u2019APN, mardi, à Fredericton, Perry Bellegarde a tenu à « souligner l\u2019importance du vote et de l\u2019influence exercée sur les plateformes de tous les partis ».Il a affirmé que le groupe national avait été en mesure d\u2019influencer les promesses des partis en 2015 avec son document Closing the Gap (Éliminer l\u2019écart ), qui énonçait ses priorités.Pour ce faire, l\u2019APN avait organisé des rencontres avec ceux qui rédigent les plateformes, et l\u2019organisation compte faire la même chose cette fois-ci, a indiqué M.Bellegarde.Il a rappelé que 61,5?% des électeurs admissibles des Premières Nations avaient voté en 2015.M.Bellegarde souhaite que les électeurs autochtones soient encore plus nombreux cet automne.« Si vous voulez devenir premier ministre ou député, vous feriez mieux d\u2019écouter nos gens et nos préoccupations, car nous votons maintenant et avons un impact, a-t-il soutenu.C\u2019est ce qui va se passer en octobre.On ne va plus être mis de côté.» Climat et justice réparatrice M.Bellegarde a déclaré que la priorité absolue de l\u2019APN était le changement climatique.« J\u2019appelle cela la destruction du climat, a-t-il affirmé.Nous devons montrer à tout le monde le processus pour passer à l\u2019énergie propre.» La deuxième priorité est la justice réparatrice \u2014 cela implique de reconnaître le maintien de l\u2019ordre comme un service essentiel, mais également d\u2019adopter une vision plus large du droit, a-t-il expliqué.« Pourquoi y a-t-il tant de membres des Premières Nations en prison ?», a- t-il demandé.« Il n\u2019y a pas que la common law et le droit civil reconnus au Canada.Il doit y avoir une place pour le droit des Premières Nations et le droit naturel \u2014 le droit du Créateur », a-t-il souligné.M.Bellegarde a également dit qu\u2019il attendait de voir quels partis donneront suite à toutes les recommandations du rapport de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.Il a invité les membres des Premières Nations à faire un choix éclairé après avoir examiné les priorités des partis.Une assemblée chargée Parmi ceux qui doivent aussi prendre la parole mardi figure le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, et son ministre des Relations avec les Autochtones, Jake Stewart, de même que le maire de Fredericton, Michael O\u2019Brien, et la ministre fédérale des Relations Couronne-Autoch- tones et des Affaires du Nord, Carolyn Bennett.Mercredi, ce sera au tour de Seamus O\u2019Regan, ministre des Services aux Autochtones, de la chef du Parti vert, Elizabeth May, et des députés Cathy McLeod, du Parti conservateur, et Guy Caron, du Nouveau Parti démocratique.L\u2019ordre du jour comprend une multitude de thèmes, dont les langues autochtones, le logement, les infrastructures et les services de gestion des urgences, la protection de l\u2019enfance, l\u2019environnement et le changement climatique.Des séances des caucus régionaux de l\u2019APN auront lieu à chacun des trois jours du congrès.AUTOCHTONES Le chef de l\u2019APN incite ses membres à travailler pour influencer les partis Les baigneurs plongeaient à la queue leu leu, mardi, dans une piscine remplie d\u2019eau de mer à Saint-Malo, en France.Une seconde canicule en un mois assomme le nord-est de l\u2019Europe.Le temps sec continue d\u2019aggraver la sécheresse qui afflige déjà sévèrement plusieurs pays.Dans les prochains jours, on s\u2019attend à ce que de nouveaux records absolus de température soient battus, notamment à Paris ou à Cologne, où on prévoit 41 °C.Dans le sud-est de l\u2019Angleterre, les 37 °C attendus jeudi devraient établir un nouveau record pour juillet.Le mercure ne devrait finalement fléchir que vendredi.VALERY HACHE AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Europe encore assommée par la chaleur Washington n\u2019a jamais établi publiquement la nature du phénomène ni confirmé qu\u2019il pourrait s\u2019agir d\u2019énigmatiques « attaques acoustiques » ou mi- cro-ondes, comme la presse américaine s\u2019en est fait l\u2019écho sans toutefois apporter de preuve.Cuba nie toute responsabilité.À la demande du département d\u2019État américain, 44 diplomates et membres de leurs familles ont été envoyés à partir de mi-2017 au centre des traumatismes cérébraux de l\u2019Université de Pennsylvanie pour subir des examens par imagerie par résonance magnétique (IRM).Matière blanche Les chercheurs ont comparé leurs résultats à ceux de 48 personnes de groupes témoins.Les différences sont statistiquement significatives et concernent la matière blanche du cerveau ainsi que le cervelet, la partie qui contrôle les mouvements.Un porte-parole du département d\u2019État a dit saluer « l\u2019implication de la communauté médicale dans ce problème incroyablement complexe.La priorité du département reste la sûreté, la sécurité et le bien-être de son personnel ».La chercheuse Ragini Verma insiste sur l\u2019importance de suivre l\u2019ensemble des patients régulièrement pour suivre l\u2019évolution des changements dans leurs cerveaux.Avec Le Devoir ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR L\u2019église du Très-Saint-Sacrement, dans l\u2019arrondissement de La Cité-Limoilou, à Québec, est fermée pour une période indéterminée depuis mardi matin.Des raisons de sécurité sont invoquées et, devant l\u2019ampleur des travaux nécessaires, le lieu de culte pourrait ne jamais rouvrir ses portes.« Je ne vous cache pas que la fermeture pour une période indéterminée pourrait déboucher sur une fermeture définitive », énonce en entretien Georges Michel Parent, le directeur administratif de la paroisse Bienheu- reuse-Dina-Bélanger dont fait partie l\u2019église.La décision a été prise en vertu d\u2019un rapport sur l\u2019état de l\u2019église et les travaux nécessaires à sa préservation.La version finale du document n\u2019est pas encore ficelée, mais l\u2019assemblée de la fabrique, qui s\u2019est réunie lundi soir, a préféré éviter tout accident et fermer l\u2019église au plus vite, indique M.Parent.Selon lui, les deux clochers, une cheminée et une grande rosace sont sévèrement fragilisés.Des fissures auraient été décelées ailleurs dans le bâtiment, dont l\u2019état se dégradait depuis des années.En mai 2017, une partie d\u2019un mur de pierres extérieur s\u2019était effondrée.L\u2019incident n\u2019avait fait aucun blessé, mais avait semé la peur chez les paroissiens à l\u2019intérieur de l\u2019église s\u2019apprêtant à assister à une messe.M.Parent explique qu\u2019on a recommandé au conseil de fabrique au minimum la démolition des deux tours abritant les clochers.Le bâtiment devrait par la suite être adapté pour qu\u2019il soit protégé des intempéries.L\u2019opération coûterait 300 000 $ au bas mot, selon lui.« Même si on avait les sous pour la remettre en état, est-ce que ce serait réellement pertinent de le faire ?», se demande le directeur.La paroisse Bien- heureuse-Dina-Bélanger comprend deux autres églises situées à quelques centaines de mètres où l\u2019on continue à célébrer des messes.La construction de l\u2019église du Très- Saint-Sacrement a été achevée en 1924.Elle n\u2019est pas considérée d\u2019importance patrimoniale et ne dispose d\u2019aucun statut de protection.À l\u2019automne 2018, elle avait été mise en vente à la recommandation de la fabrique de la paroisse et en accord avec le diocèse.Les travaux de rénovation et d\u2019entretien s\u2019annonçaient déjà trop onéreux.Les célébrations s\u2019y poursuivaient jusqu\u2019à maintenant.D\u2019ici une éventuelle vente, la paroisse est tenue de maintenir sa propriété immobilière en bon état.S\u2019il semble improbable qu\u2019elle puisse financer les rénovations, la paroisse ne considère toutefois pas l\u2019option de la démolition pour l\u2019instant.Les paroissiens seront convoqués sous peu pour discuter « de la situation et des prochaines échéances dans ce dossier », selon un communiqué.Une porte-parole de la Ville de Québec n\u2019a pas voulu commenter la fermeture, en précisant que l\u2019église du Très- Saint-Sacrement ne faisait pas partie des églises dont la municipalité assure la protection.QUÉBEC L\u2019église du Très-Saint- Sacrement ferme ses portes La mesure temporaire, prise pour des raisons de sécurité, pourrait fort bien être définitive Le Canada, de son côté, a dénombré 14 « victimes » et, tout comme les États- Unis, a réduit au minimum ses effectifs à La Havane LEDEVOIR // LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin vatar de Donald Trump en même temps qu\u2019héritier au- toproclamé de Winston Churchill \u2014 tous les croisements étant possibles \u2014, Boris Johnson a été élu mardi chef du Parti conservateur sur promesse de divorce « coûte que coûte » avec l\u2019Union européenne (UE) d\u2019ici le 31 octobre.Dans son discours d\u2019acceptation, il a affiché sa typique désinvolture en déclarant que même certains de ses partisans pourraient « se demander ce qu\u2019ils viennent de faire ».Sans doute.Chose certaine, beaucoup de Britanniques se demandent aujourd\u2019hui ce qui leur arrive et comment ils ont pu en arriver là, accoutrés d\u2019un premier ministre pareil.Le fait est que la radicalisation du Parti conservateur qui se dessine ne traduit guère le sentiment populaire.Sur l\u2019enjeu du « no deal », une sortie de l\u2019UE sans accord, il se trouve que, selon les sondages, les deux tiers des militants conservateurs en appuient l\u2019idée, contre seulement 23 % des Britanniques dans leur ensemble.On pourrait ajouter que M.Johnson a été élu avec 66 % des voix des 160 000 des membres des tories \u2014 qui sont des hommes (à 97 %) et qui sont blancs (à 70 %), une uniformité dont on ne peut pas dire qu\u2019elle soit représentative de la société.Et dire que le oui au référendum de juin 2016, où Boris Johnson avait agi comme chef de la campagne pro-Brexit, a été largement interprété comme un appel des citoyens à se faire entendre des « élites », celles qui sont en l\u2019occurrence à Bruxelles.L\u2019une des grandes énigmes politiques des dernières années, écrit le chroniqueur du Guardian William Davies, est que la confiance déclinante dans ces élites « est souvent encouragée et exploitée par des figures au caractère autrement plus douteux que les technocrates et les politiciens » conspués par les électorats.M.Johnson est de cette énigme un exemple probant.Populiste ultralibéral et politicien excentrique, il est connu pour son «opportunisme légendaire » et est un homme « à qui mentir vient aussi facilement que respirer», affirme James Butler, autre journaliste britannique.Bien que né à New York, il a renoncé à la citoyenneté américaine pour échapper au fisc.Son passage à la tête du Foreign Office (2016-2018) fut un fiasco.Le voici premier ministre \u2014 il le sera officiellement mercredi après avoir vu la reine Elisabeth au palais de Buckingham \u2014 avec la promesse d\u2019aller renégocier l\u2019accord sur le Brexit à Bruxelles et d\u2019en revenir avec « le beurre et l\u2019argent du beurre» \u2014 conserver une relation étroite avec l\u2019UE sans en faire partie.Avec ce bagage, on se demande bien comment ce M.Johnson sans crédibilité réussira là où la première ministre sortante Theresa May a échoué ces trois dernières années, notamment au sujet la fameuse question du « backstop », l\u2019arrangement négocié pour tenter de surmonter le problème compliqué de la circulation des biens et des personnes entre l\u2019Irlande du Nord et la République d\u2019Irlande.Il dit compter sur son énergie et son charme pour changer la donne et pense que son chantage au « no deal » va faire plier Bruxelles.Du Trump tout craché.Sans compter qu\u2019à l\u2019intérieur, ses difficultés demeureront entières: son gouvernement, disposant aux Communes d\u2019une infime majorité de trois voix, dépend toujours pour sa survie des dix députés du DUP, parti nord-irlandais europhobe.Et cela, dans un contexte où les conservateurs se déchirent plus que jamais : il n\u2019est pas encore arrivé au 10 Downing Street que M.Johnson fait face à une révolte interne, plusieurs ministres-clés ayant déclaré qu\u2019ils démissionneraient plutôt que de participer à son gouvernement.C\u2019est dire, en somme, si la Grande-Bretagne s\u2019achemine tout droit vers des législatives anticipées.L\u2019élection de M.Johnson dénote en fait à quel point les militants conservateurs sont désemparés face au psychodrame du Brexit.Il est le choix d\u2019un parti désespéré.C\u2019est aussi un choix qui, au fond, relève de soucis ultrapar- tisans, s\u2019agissant de faire échec, d\u2019une part, à la montée du parti du Brexit du leader d\u2019extrême droite Nigel Farage et, d\u2019autre part, de bloquer un retour au pouvoir du Parti travailliste.Il reste une carte à M.Johnson, prêt à toutes les complaisances pour conclure au plus vite un accord de libre-échange avec Washington pour excuser et compenser la perte du marché européen.Un chemin semé d\u2019embûches.Reste que Trump et lui sont idéologiquement frères d\u2019armes.«Boris est dur et intelligent.Les gens l\u2019appellent le Trump britannique.Ils m\u2019aiment là-bas», a nar- cissiquement déclaré le président américain mardi.Leur collaboration, fût- elle confuse, va leur procurer un pouvoir certain de nuisance.Marc Tremblay Montréal « Nous étions venus explorer la Lune, nous avons découvert ce qu\u2019était la Terre », mentionnait Bill Anders, membre de la mission Apollo 8, après avoir pris la première photo de lever de Terre de l\u2019histoire.C\u2019était en décembre 1968, lors du premier vol orbital autour de la Lune.Plus encore que les célèbres paroles de Neil Armstrong, « Un petit pas pour l\u2019homme, un grand pas pour l\u2019humanité », ces paroles d\u2019Anders doivent nous interpeller.Elles nous rappellent au fond le vrai but des voyages dans l\u2019espace, qui ne sont pas différents de ceux que nous faisons sur terre: nous rapprocher de nous-memes.Nous qui sommes trop souvent appelés à mesurer le progrès sous l\u2019angle de la productivité, du rendement, de la production économique et de la richesse matérielle ne devrions jamais oublier que la science et la technologie doivent d\u2019abord être des instruments de libération de l\u2019homme.On a souvent, et à raison, critiqué les sommes colossales consacrées à l\u2019exploration spatiale alors qu\u2019il y a tant à faire ici, sur la Terre.Devant les contradicteurs, on a tôt fait d\u2019évoquer cette soif d\u2019apprendre et de connaître, cette insatiable curiosité de l\u2019homme qu\u2019on ne saurait freiner sous peine de nier sa nature profonde.On ne manque pas non plus d\u2019évoquer les progrès considérables de la science et de la technique que l\u2019exploration spatiale a permis.La physique, la chimie, la médecine et même la psychologie ont profité des programmes spatiaux.Et l\u2019on ne manque pas de rappeler tout ce que notre monde moderne doit aux voyages dans l\u2019espace : les premiers efforts réels de miniaturisation des ordinateurs, le velcro, le téflon, le coussin gonflable, l\u2019imagerie médicale, des crèmes pour la peau, les matériaux composites et une myriade d\u2019autres produits.Mais la plus grande conquête engendrée par les programmes spatiaux, qu\u2019ils soient américains, Les Québécois et les signes religieux Jagmeet Singh, le chef du NPD, était de passage à Drummond- ville au milieu de la semaine dernière pour rencontrer les gens et se faire connaître.À une dame lui demandant ce qu\u2019il portait sur la tête, il répondit avec le sourire qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un signe religieux sikh, ce à quoi elle ajouta « j\u2019aime ça votre look », et ils se tapèrent dans la main.Puis, Radio-Canada a mis en perspective les propos du candidat du Bloc québécois Martin Champoux, qui faisait lui aussi la promotion de son parti et qui en profita pour dire aux futurs électeurs que le NPD et son actuel député, François Choquette, n\u2019étaient plus dans Drummond une option à considérer puisque les Québécois, selon lui, « ne veulent plus de signes religieux dans l\u2019administration de l\u2019État ».À l\u2019évidence, il s\u2019agit d\u2019une grossière exagération, et donc d\u2019une fausseté.En effet, la loi 21 (l\u2019a-t-il lue ?) fait de l\u2019interdiction ciblée : ne sont visés que les juges, policiers, gardiens de prison, le personnel juridique de l\u2019État, de même que les président et vice- président de l\u2019Assemblée nationale, auxquelles personnes s\u2019ajoutent les enseignants et les directeurs d\u2019école tant au primaire qu\u2019au secondaire.Donc, en vertu de cette liste limitée, ici au Québec, une dame voilée pourra à la prochaine élection se faire élire pour siéger à l\u2019Assemblée nationale et donc, comme députée, continuer à porter le voile.Et ce, même si le ministre Jolin-Barrette a ajouté à sa loi, à la toute dernière minute avant son adoption, l\u2019amendement suivant qui en contredit l\u2019esprit : « Toute personne a droit à des institutions parlementaires gouvernementales et judiciaires laïques ainsi qu\u2019à des services publics laïques.» Voilà l\u2019heure juste.En fait, cette loi 21 traduit plutôt une certaine confusion quant à la laïcité voulue par les Québécois ! Je dénonce bien sûr cette conclusion simpliste et lapidaire du candidat du Bloc québécois dans Drummond, car elle ouvre la porte à une autre dérive possible, celle-là beaucoup plus grave.Celle, à des fins électorales, de diviser les Québécois sur la base de l\u2019identité, où nous aurions, d\u2019un côté, les bons Québécois soi-disant laïques et majoritaires, et de l\u2019autre, les mauvais Québécois minoritaires qui portent, eux, des signes religieux surtout ostentatoires.Si une telle approche se multiplie, au final, il se pourrait bien qu\u2019au désavantage du Bloc et de son projet d\u2019indépendance, les Québécois et Québécoises qui n\u2019aiment pas la division pour la division, et surtout le non-respect des personnes quant à leur identité, finissent par voter pour Jag- meet Singh et le NPD pour son programme progressiste, le 21 octobre prochain, se disant qu\u2019après tout, cet homme mérite le respect car il a le courage de son « look » et, surtout, comme Jack Layton, il aime les gens.Denis Forcier Shefford, le 21 juillet 2019 LIBRE OPINION LETTRES GRANDE-BRETAGNE Un choix désespéré nommé Boris ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER russes ou internationaux, ne se trouve ni dans l\u2019espace, ni sur la Terre, ni dans nos maisons.Elle se trouve en nous.La conquête de l\u2019espace démontre hors de tout doute que, si grandes soient nos ambitions, fragile demeure notre monde.Après ce fameux lever de Terre, l\u2019homme ne peut plus avoir le même regard sur lui-même.De l\u2019espace, aucune frontière n\u2019est visible.Les États-Unis, la Russie, le Canada et les 192 autres États de la planète n\u2019existent plus.Il n\u2019y a qu\u2019un constat qui s\u2019impose : cette Terre sur laquelle nous levons depuis si longtemps toutes sortes de titres de propriété ne nous appartient pas.Elle appartient à l\u2019Univers\u2026 Un constat qui force l\u2019humilité et façonne la conscience environnementale.L\u2019humilité, puisqu\u2019on en parle, était d\u2019ailleurs le passage obligé des astronautes.Car chaque étape de la mission était périlleuse.Les trois astronautes d\u2019Apollo 1 sont morts pendant les préparatifs de la mission ici, sur la Terre.Ceux d\u2019Apollo 13 ont bien failli y passer, et les sept occupants de Challenger sont morts pratiquement au décollage de la navette en 1986.Qui peut se vanter d\u2019être prêt à affronter la mort seul dans le vide sidéral ?Cette solitude de l\u2019astronaute dans l\u2019espace chantée par David Bowie dans Space Oddity, « Planet Earth is blue and there\u2019s nothing I can do\u2026 », c\u2019est à elle que renvoie la photo de Bill Anders.Mais cette solitude est aussi la nôtre, les habitants de la Terre.En photographiant le grand vaisseau bleu qui semble voyager si paisiblement dans l\u2019espace avec ses huit milliards de passagers, ce vaisseau qu\u2019on appelle la Terre, Anders et ses collègues nous rappellent, ironiquement, le défi premier de l\u2019humanité : être solidaire sur cette Terre comme doivent l\u2019être les astronautes dans leur capsule.C\u2019est la seule manière d\u2019assurer la survie.Qu\u2019on soit trois ou huit milliards d\u2019astronautes à bord.La conquête de l\u2019espace, un autre regard sur nous-mêmes La plus grande conquête engendrée par les programmes spatiaux, qu\u2019ils soient américains, russes ou internationaux, ne se trouve ni dans l\u2019espace, ni sur la Terre, ni dans nos maisons.Elle se trouve en nous.État et assurance condo Ne serait-il pas utile que des philosophes ou des sociologues se penchent sur le bien-fondé de certains aspects de la loi 141 visant principalement à améliorer l\u2019encadrement du secteur financier, notamment l\u2019obligation pour les condos d\u2019avoir un fonds d\u2019auto-assurance liquide et disponible à court terme en cas de sinistre.Est-il normal que l\u2019État s\u2019insère dans le domaine des assurances au point d\u2019entrer dans les détails de calcul des montants à réserver pour les franchises ou pour compenser un manque d\u2019argent dans le fonds de prévoyance?On peut comprendre qu\u2019on ait jugé utile jadis de créer la Régie du logement afin de servir d\u2019intermédiaire entre les locateurs et les locataires de logement.C\u2019était une question de bien commun.Mais tel n\u2019est pas le cas des condos, où la gestion financière relève de la régie interne d\u2019un bien privé.En été 2018, le gouvernement Couillard a cédé aux pressions exercées par les compagnies d\u2019assurances au moment où elles visaient la réduction des couvertures d\u2019assurances de toutes sortes.Peut-on dire qu\u2019en adoptant cette loi, c\u2019était l\u2019État au service du privé?Jean-Marie Desgagné Québec, le 22 juillet 2019 A On se demande bien comment ce M. Johnson sans crédibilité réussira là où la première ministre sortante, Theresa May, a échoué ces trois dernières années A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Encore Oka L a tension, pour l\u2019instant, est faible.Rien à voir avec le supplice d\u2019il y a 29 ans qui, des deux côtés des barricades, a marqué les esprits.Pas de Warriors mohawks ou de jeunes soldats canadiens à l\u2019horizon.Pas d\u2019ultimatums.Pas de routes ou de ponts bloqués.Pas de mort, surtout.La volonté d\u2019éviter une autre crise d\u2019Oka est, Dieu merci, évidente.Et pourtant, le maire d\u2019Oka, Pascal Quevillon, refuse de s\u2019excuser pour des propos jugés « inappropriés », le chef de Kanesatake, Serge Simon, hausse le ton \u2014 « Je n\u2019ai pas d\u2019affaire à m\u2019asseoir avec la municipalité [pour les questions territoriales] à ce point-ci », dit-il \u2014 et la réunion tant attendue entre le maire, le chef, et le gouvernement fédéral se fait bien sûr attendre.Qu\u2019on le veuille ou non, les propos se durcissent, les lignes se tracent dans le sable, le suspense dure.On demeure inquiets.Le plus étonnant dans tout ça ?Ce n\u2019est pas que le maire d\u2019Oka se plaigne des « cabanes à cigarettes », ni que le chef mohawk se plaigne de « racisme ».Les deux ont un peu raison.Le plus étonnant, c\u2019est que 29 ans après la plus importante crise autochtone au pays, celle qui nous a fait comprendre que les revendications territoriales étaient ici pour rester, rien n\u2019est encore réglé.Sans parler du fait que l\u2019affaire traînait depuis plusieurs siècles déjà.Si la pinède d\u2019Oka est aujourd\u2019hui le grand symbole de la résistance autochtone, c\u2019est précisément parce qu\u2019elle incarne une promesse territoriale jamais honorée.Et ça fait 300 ans que ça dure.On est en 1717.Les Sulpiciens sont en réalité les propriétaires de l\u2019île de Montréal et ont l\u2019intention de déménager les Mohawks, installés à Saut-au-Récollet, dans leur nouvelle « mission », celle de la seigneurie du Lac-des-Deux-Mon- tagnes, cadeau tout récent du roi de France.C\u2019est la deuxième fois que les Mohawks sont sommés de déménager.Ils sont bons joueurs.Les Mohawks traînent leurs pénates sur la rive nord avec la promesse qu\u2019ils pourront, cette fois, devenir propriétaires des terres.À la demande des Sulpiciens, ils vont même jusqu\u2019à planter des cèdres, ce qui explique leur attachement à la pinède d\u2019Oka bien des années plus tard.Le hic c\u2019est qu\u2019ils n\u2019accéderont pas à la terre promise.En 1840, les Sulpiciens se mettent à vendre des lopins de terre à des colons blancs.Les Mohawks vont se retrouver minoritaires sur le territoire qu\u2019ils habitent depuis plus d\u2019un siècle et le territoire, lui, de plus en plus morcelé.Les Mohawks de Kanesatake sont parmi les rares communautés amérindiennes au pays vivant éparpillés plutôt que dans un espace concentré.Aux Affaires indiennes, on considère qu\u2019il s\u2019agit de la situation territoriale « la plus difficile » au Canada.Ce qui explique certains délais dans les négociations, sans doute.Mais 29 ans d\u2019attente ?On a marché sur la Lune en à peine huit ans.Tout ça pour dire qu\u2019on peut regarder les cabanes à pot et n\u2019y voir que du feu, comme le font certains résidents d\u2019Oka.C\u2019est déprimant à l\u2019œil, c\u2019est sûr, sans parler des éléments criminels impliqués.On peut déplorer le manque de cohésion de la communauté de Kanesatake et ses incessantes luttes intestines, également.On peut regarder la situation par le petit bout de la lorgnette et grincer un peu plus des dents.Ou on peut la regarder par le grand bout, avec un certain recul historique, et comprendre qu\u2019il va falloir faire plus que simplement interdire la vente de cigarettes et de pot dans l\u2019ex-domaine des Sulpiciens.Il va enfin falloir honorer certaines promesses.Il faut que les Mohawks de Kanesatake deviennent maîtres chez eux.La réconciliation tant souhaitée avec les Premières Nations, où qu\u2019elles se trouvent, n\u2019aura pas lieu sans leur accorder plus d\u2019autonomie.Un concept que le Québec est bien placé pour comprendre.Les négociations gagneraient d\u2019ailleurs en efficacité, à mon avis, si le tout était du domaine provincial plutôt que fédéral.On n\u2019aurait pas à se demander constamment qui de la GRC ou de la SQ devrait prêter main-forte sur les réserves \u2014 et puis voir les deux corps policiers s\u2019en laver les mains.Des ménages à trois sont par définition difficiles; dans le cas qui nous occupe, c\u2019est une confusion de plus.Mais, bon, c\u2019est un combat pour un autre jour.Dans l\u2019immédiat, il faut assurer la cohésion territoriale de Kanesatake et le fédéral est, pour l\u2019instant, mieux capable de le faire.Ottawa s\u2019est porté acquéreur de ce qui restait des terres sulpiciennes en 1945 et a continué d\u2019acheter des terrains depuis.On se demande d\u2019ailleurs pourquoi c\u2019est un développeur immobilier et non le gouvernement fédéral qui, le premier, a offert une parcelle de terre aux gens de Kanesatake.À lui, donc, d\u2019agir, en commençant par le financement d\u2019une police autochtone, comme le réclame le grand chef Simon.Par respect pour leur autonomie, d\u2019abord, et puis parce qu\u2019on a tous intérêt à ce que la paix et l\u2019ordre règnent dans cette communauté.Il n\u2019y a rien de simple dans une situation qui pourrit depuis si longtemps.Mais peut-être doit-on commencer par comprendre d\u2019où l\u2019on vient pour mieux voir où l\u2019on va.FRANCINE PELLETIER Sonia Chénier Comité En vert et pour tous, Faculté de médecine vétérinaire de l\u2019Université de Montréal Lettre à Christian Rioux J\u2019ai lu avec grand intérêt votre dernière chronique, intitulée « Sainte Greta ».Il fallait un certain courage pour oser ainsi s\u2019attaquer publiquement (et non à l\u2019ombre des réseaux sociaux) à, et je vous cite, « la pasionaria du climat », soit Greta Thunberg.Je partage tout à fait votre opinion sur le fait qu\u2019il est ridicule d\u2019inviter une enfant à l\u2019Assemblée nationale française pour parler aux élus du climat et d\u2019en faire de la pâture à journalistes à sensation.Toutefois, et c\u2019est ici que mon analyse diverge complètement de la vôtre, le ridicule de cette situation n\u2019est pas que nous ayons été fascinés par cette jeune fille et l\u2019énergie qu\u2019elle a insufflée au mouvement écologiste, mais le fait que nous en soyons rendus là : 30 ans d\u2019inertie politique malgré les rapports qui s\u2019accumulent, le climat qui se dégrade et un consensus scientifique qui ne peut plus être ignoré, 30 ans d\u2019inertie face à une enfant de 16 ans qui n\u2019était donc même pas née ni imaginée lorsque nous avons commencé à discuter sérieusement des changements climatiques.Une question de priorité Je trouve d\u2019ailleurs hautement ironique et très significatif que vous mentionniez : « Mais que pourra donc apprendre cette militante en nattes et en baskets aux élus français et aux spécialistes du climat réunis à l\u2019Assemblée nationale, eux qui en savent beaucoup plus long qu\u2019elle sur le sujet ?» Ah oui, vraiment ?Mais s\u2019ils sont si savants, que font-ils ?Pourquoi ne puisent-ils pas dans ces connaissances pour réfléchir nuit et jour à des politiques environnementales au lieu de rester assis à écouter Greta et à se faire prendre en égopor- trait avec elle ?Pourquoi Nicolas Hu- lot a-t-il jugé nécessaire de démissionner de son poste de ministre de la Transition écologique ?Il jugeait, avec raison, que « l\u2019écologie n\u2019était pas la priorité de ce gouvernement ».En fait, l\u2019écologie n\u2019est la priorité d\u2019aucun gouvernement.Le Canada n\u2019atteindra pas les cibles qu\u2019il s\u2019est fixées pour 2020 et il est hautement improbable qu\u2019il atteigne celles de 2030.Et cette situation est généralisée, selon le rapport de 2017 des Nations unies sur l\u2019évolution des GES : nous sommes sur une courbe ascendante d\u2019émissions qui n\u2019a jamais flanché, sauf durant les dernières crises économiques, comme celle de 2008, pour ensuite repartir à la hausse de plus belle.Pourtant, les études sérieuses sur les effets climatiques de notre dépendance au pétrole remontent aux années 1950, au point qu\u2019en 1988 (je souligne : en 1988), James Hansen, directeur du Goddard Institute de la NASA, mentionna lors d\u2019une conférence internationale qu\u2019il était sûr à 99 % que notre climat se réchauffe à cause des activités humaines ; la Terre en péril fit même la une du Times cette année-là.Une conscience populaire et politique du réchauffement climatique était née : tout cela aboutit au protocole de Kyoto en 1997.Maintenant que l\u2019on regarde ces efforts avec des yeux de 2019, toute cette ébullition a l\u2019air d\u2019une bien bonne blague.Car avons- nous progressé ?Non, pas d\u2019un iota.Frapper le cœur Vous accusez Greta de « répéter des formules simples qui n\u2019ont rien à envier aux litanies d\u2019autrefois » afin de dénoncer le simplisme des formules employées.Pourtant, la science et la raison ont tenté pendant 30 ans de convaincre le politique de l\u2019urgence de la situation climatique sans succès : les journaux scientifiques, les rapports de l\u2019Organisation météorologique mondiale, de la NASA, rien n\u2019y fit.Les analyses et arguments complexes, nombreux et étoffés, ne sont donc pas parvenus à convaincre les décideurs.La raison et l\u2019intérêt suprême de notre humanité et de notre biosphère n\u2019ont pas eu le dessus sur la politicaillerie, la partisanerie et les vues économiques à court terme.Tous les yeux, dont les vôtres, sont obstinément fixés sur la laïcité et les problèmes migratoires.Alors, que nous reste-t-il, à nous, scientifiques de formation, militants écologistes de longue date, pour attirer enfin l\u2019attention sur cette catastrophe annoncée ?Un éveil populaire.Des formules simples qui frappent au cœur.Un cri primal.Celui-ci a spontanément pris la forme d\u2019une jeune fille et de milliers de jeunes dans le monde qui ont réalisé que cet avenir sombre était LEUR avenir.Pas le vôtre ni le mien, M.Rioux.Il semble que ce n\u2019ait pas été non plus celui des premiers ministres provinciaux quinquagénaires lors de la dernière rencontre du Conseil de la fédération, où le climat n\u2019a été abordé que sous l\u2019aspect de la contestation à la taxe carbone fédérale.Les jeunes ont pris cet enjeu à bras-le-corps, sans notre approbation, de leur propre volonté, et espérons qu\u2019ils ne le laisseront pas tomber.Je ne peux m\u2019empêcher, en vous voyant faire un parallèle entre le phénomène Greta et la ferveur religieuse, de vous rappeler la définition de ce qu\u2019est la religion : « Ensemble déterminé de croyances et de dogmes définissant le rapport de l\u2019homme avec le sacré » (Petit Larousse).Est-ce à dire que la science du climat est pour vous un ensemble de croyances et de dogmes ?C\u2019est en tout cas ce que les climatonégationnistes (donnons-leur leur vrai nom) essaient de nous faire croire.Vous apportez donc de l\u2019eau à leur moulin.Était-ce votre intention ?Je retiens toutefois que le Larousse propose également une définition parallèle de la religion, qualifiée de « littéraire» : «Toute organisation ou activité pour lesquelles on a un sentiment de respect ou de devoir à accomplir.» Si telle est votre définition, alors oui, nous, jeunes et vieux unis pour faire changer les choses, avons certainement le sentiment d\u2019un devoir à accomplir.Réponse de Christian Rioux Souligner le caractère irrationnel de cet engouement empreint de religiosité autour d\u2019une enfant de 16 ans n\u2019a rien à voir avec ce que vous appelez le « climatonégationnisme ».Faudrait- il taire toute critique de peur d\u2019apporter, comme vous l\u2019écrivez, « de l\u2019eau » au « moulin » des climatos- ceptiques ?Face à la difficulté réelle de convaincre les gouvernements, permettez que certains demeurent dans le camp de la rationalité et ne sombrent pas dans les prophéties apocalyptiques.Même portée par la voix d\u2019une enfant sincère, cette dictature de l\u2019émotion fera toujours plus de tort que de bien à la lutte contre le réchauffement climatique.CLIMAT Greta Thunberg et l\u2019éveil populaire Jean-Louis Bourque Politologue, Québec On en a beaucoup parlé et on en parlera encore beaucoup.Le troisième lien, une nécessité, une obligation, un besoin, un caprice, un gaspillage de fonds publics, une inutile folie, puis quoi encore ?Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que les avis sont largement divergents, les questions, souvent plus nombreuses que les réponses, et que les risques courus, les peurs et les inquiétudes s\u2019accroissent.Le projet répond-il à des besoins immédiats, à court terme, à moyen terme ou à long terme ?À qui s\u2019adresse-t-il et pourquoi ?Comment le réaliser, avec quel échéancier, à quel coût et à quel endroit géostratégique ?Il suffit d\u2019être pris dans la circulation aux heures de pointe et de grande congestion à Québec pour comprendre qu\u2019il y a véritablement un problème général de circulation routière et de mobilité [\u2026] entre les deux rives du fleuve Saint-Laurent dans la région de Québec.Pour résoudre ce problème de transport en commun et de circulation routière, on parle tantôt de construire un pont inter-rives à hauban, tantôt un pont-tunnel passant par la pointe de l\u2019île d\u2019Orléans, voire maintenant un tunnel dans le fleuve reliant les deux autoroutes du Québec, la 20 et la 40.Le but de ce projet de 3e lien, faut-il le rappeler ici, est de désengorger les deux ponts de Québec et de desservir la population régionale grandissante de l\u2019est du Québec et des provinces maritimes.Faiblesse majeure Dans une chronique récente, le journaliste François Bourque a fait un travail remarquable de synthèse en faisant le point sur ce choix arrêté et décidé par le gouvernement du Québec, celui d\u2019un tunnel sous-fluvial, présenté par l\u2019ingénieur Bruno Massicotte, un spécialiste des structures à Polytechnique.Que ce défi technologique soit énorme, c\u2019est, semble-t-il, en raison même de la nature des sols concernés.Qu\u2019il soit déjà avalisé par le ministre des Transports, François Bonnardel, envoyé seul pour l\u2019annonce, nous étonne grandement et nous laisse perplexe.Fort de plusieurs études incomplètes, non chiffrées et non encore validées, le journaliste Bourque analyse une dizaine de scénarios possibles sur la base de 39 critères, dont les principaux demeurent ceux-ci : les techniques utilisées pour la construction de l\u2019œuvre, la fluidité (ou la congestion) de la circulation routière, les coûts comparatifs, la protection de l\u2019environnement et des terres agricoles, le souci de l\u2019étalement urbain, les coûts de construction de l\u2019ouvrage et de son entretien, les dommages et les coûts collatéraux, la durée des travaux de la construction, etc.Bref, des études qui n\u2019en finissent plus de finir et qui nous laissent pantois.Faire une annonce officielle avec autant de questions laissées sans réponses constitue certes une erreur et une faiblesse majeure qui contribuent à augmenter le cynisme dans la population et à semer des inquiétudes et du scepticisme.Répondre à une simple promesse électorale, par les temps qui courent, est un argument souvent bien faible qui ne pèse finalement pas beaucoup dans la balance.L\u2019opinion publique en général est beaucoup plus exigeante que cela, elle attend des réussites, des certitudes et des preuves.Si le pont Samuel-De Champlain de Montréal a pu être réalisé en moins de quatre ans pour moins de 4 milliards de dollars, le 3e lien nécessaire de Québec devrait l\u2019être aussi rapidement, aussi efficacement et à des coûts professionnels comparables et compétitifs.Le premier ministre du Québec, François Legault, doit rapidement nous donner l\u2019heure juste à ce sujet et nous faire connaître le fruit de toutes ces études qui n\u2019en finissent plus de finir.Il doit rendre une décision appuyée notamment sur de possibles gains de fluidité de la circulation dans la région de Québec ainsi que sur des coûts globaux raisonnables.Il ne pourra à lui seul résoudre tous les problèmes des changements climatiques et du transport en commun.Il ne pourra tout au plus que contribuer à les diminuer et à les atténuer.Le troisième lien à Québec et les études qui n\u2019en finissent plus Alors, que nous reste-t-il, à nous, scientifiques de formation, militants écologistes de longue date, pour attirer enfin l\u2019attention sur cette catastrophe annoncée ?Un éveil populaire.Des formules simples qui frappent au cœur.Un cri primal.La réconciliation tant souhaitée avec les Premières Nations, où qu\u2019elles se trouvent, n\u2019aura pas lieu sans leur accorder plus d\u2019autonomie LEDEVOIR // LE MERCREDI 24 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Dans ce pays où l\u2019économie planifiée dépend fortement de l\u2019agriculture et des subsides de Moscou, les nouvelles technologies ont le vent en poupe depuis quelques années.Une industrie largement soutenue par le régime autoritaire d\u2019Alexandre Loukachenko.PATRICE SENÉCAL COLLABORATEUR SPÉCIAL À MINSK LE DEVOIR L\u2019anachronisme ne pourrait être plus frappant.En franchissant les portes de l\u2019édifice typiquement soviétique, un Mark Zuckerberg cartonné se poste là, dans le hall du centre Imaguru.Ici, « co-travail », « innovation » et « entre- preneuriat » constituent le mantra des disciples.À l\u2019étage du haut où l\u2019on retrouve fauteuils et table de ping-pong, un message de circonstance se détache du mur repeint : « Le futur, c\u2019est maintenant ».Bienvenue dans l\u2019univers start-up biélorusse, où près de 1500 entités sont hébergées dans ce centre.Née en 2013, l\u2019entreprise incubatrice est le refuge des aspirants « Steve Jobs » d\u2019Europe de l\u2019Est.« Ce qui est important chez nous, c\u2019est la communauté », se réjouit Anastasiya Markvarde, responsable des communications d\u2019Imaguru.«Nous voulons permettre à nos membres d\u2019échanger expériences et connaissances, leur offrir soutien et encadrement, explique la jeune branchée.Il y a un attrait grandissant à notre égard : nous avons plus de 10 000 visites sur notre site Internet par mois et les ambassades se montrent très intéressées.TECHNOLOGIES Les start-up chouchoutées par le régime de Loukachenko La Biélorussie domine désormais les exportations de logiciels dans le monde Des experts tiennent souvent des conférences pour initier les néophytes.Nous organisons parfois jusqu\u2019à huit événe- ments par jour ! » Et ça marche.Anastasiya nous pointe un babillard où sont affichés des portraits d\u2019entrepreneurs.« Vous voyez là, c\u2019est Peter Vesterbacka, le fondateur du jeu Angry Birds ! Il était l\u2019un de nos conférenciers l\u2019an dernier, c\u2019est une fierté pour nous d\u2019avoir pu l\u2019accueillir.» Internet, une « poubelle » ?Imaguru n\u2019est pas un cas d\u2019espèce en Biélorussie.C\u2019est qu\u2019au cours des dernières années, Minsk s\u2019est transformée en berceau de la technologie de pointe et des start-up.Le scénario semble improbable dans ce pays où 70 % des entreprises appartiennent à l\u2019État, principalement centrées sur l\u2019agriculture et le secteur manufacturier.Et pourtant, c\u2019est dans cette « dernière dictature d\u2019Europe» qu\u2019ont grandi des entreprises connues du monde entier.À commencer par la célèbre application de messagerie Viber, le fournisseur de conseils informatiques et d\u2019ingénierie logicielle EPAM, ou encore Masquerade, ce logiciel utilisé par Messenger et qui sert à envoyer des égo- portraits rigolos à son réseau d\u2019amis.Sans oublier le jeu vidéo guerrier, World of Tanks, mis au point en Biélorussie, qui compte pas moins de 120 millions d\u2019adeptes.Le petit Nikolaï, 14 ans, en est un régulier \u2014 et ce n\u2019est pas n\u2019importe qui.Son père, Alexandre Loukachenko, dirige le pays d\u2019une main de fer depuis 1994.Le président autoritaire brandit au- jourd\u2019hui le secteur des nouvelles technologies comme une fierté nationale.Un penchant sincère, alors qu\u2019il s\u2019était emporté, en 2011, fustigeant « cette poubelle nommée Internet » ?Ou un pilier stratégique, lui permettant de diversifier les sources de revenus du pays, vu que le pays est encore financièrement dépendant de Moscou ?Toujours est-il que les moyens visant à un eldorado pour des start-up ne manquent pas.Parlez-en à Kirill Zalessky, directeur de la coopération internationale du High-Tech Park, situé en plein cœur de Minsk.« Les dirigeants ont compris que nous devions créer ici un environnement propice aux technologies de pointe afin que les employés obtiennent un travail décent », explique-t-il derrière sa cravate, faisant l\u2019éloge des graphiques affichés sur grand écran devant lui.Sous la houlette du président depuis le décret l\u2019ayant inauguré en 2005, ce parc technologique jouit d\u2019un régime juridique particulier pour quiconque y adhère, étranger ou pas.Pas de taxe à payer, donc \u2014 et ce jusqu\u2019en 2049 \u2014, pour les actuels 47 500 ingénieurs issus de 563 compagnies différentes enregistrées au High-Tech Park du pays.Et depuis décembre 2017, on y a légalisé les cryptomonnaies, en plus de faire place à 36 autres domaines d\u2019activités (intelligence artificielle, biotechnologies et ainsi de suite).C\u2019est Loukachenko lui-même qui nomme le directeur du parc.Un détail hiérarchique qui ne semble pas déranger Kirill Zalessky.« Le fait que nous soyons proches du président, c\u2019est un gage de stabilité, ar- gumente-t-il.Le recrutement de professionnels étrangers se fait très facilement.Et nous voyons maintenant les professionnels d\u2019ici qui ne veulent plus partir.Même ceux qui nous ont quittés reviennent ! » À l\u2019écouter, la Biélorussie serait en train de devenir la prochaine Silicon Valley de l\u2019Europe de l\u2019Est.Et pour cause.Dans l\u2019immeuble entièrement aménagé pour accueillir poufs, écrans tactiles et grands espaces de co-travail, le nombre de participants a bondi ces deux dernières années.Plus de 20 000 ingénieurs qualifiés s\u2019y seraient enregistrés depuis 2017.« Ils ont tout pour combler leurs besoins, vante-t-il.On vit mieux ici en tant que développeur qu\u2019à Paris ! » Il faut dire qu\u2019avec un salaire allant jusqu\u2019à 2000$US par mois \u2014 le quadruple de ce que touchent les Biélorusses moyens \u2014, ce n\u2019est pas la misère.Un terreau fertile 15 000 : c\u2019est le nombre d\u2019étudiants bié- lorusses qui, chaque année, reçoivent un diplôme connexe à des programmes de technologie ou de mathématiques.« Il y a une demande incroyable pour ce secteur », s\u2019emballe Leonid Lozner, physicien de formation.En plus d\u2019attirer de plus en plus de programmeurs russes et de partout dans la région, la Biélorussie est une championne dans les exportations de logiciels et de services informatiques dans le monde.À ce chapitre, avec des ventes moyennes avoisinant les 168 $US par habitant, le pays s\u2019illustre loin devant les États-Unis (73 $) ou la Corée du sud (50 $).Ce phénomène start-up, Leonid Loz- ner est bien placé pour en parler : cet entrepreneur de la première heure est à l\u2019origine d\u2019EPAM, entreprise cofon- dée en 1993 avec son confrère Arkadiy Dobkin, devenu p.-d.g.Lors de la dissolution de l\u2019URSS, « au Bélarus, il n\u2019y avait ni marché intérieur structuré ni ressources naturelles profitables, explique-t-il.À l\u2019époque, nous nous sommes retrouvés avec un nombre important de personnes éduquées devant rester au pays, sans possibilité réelle de s\u2019installer à l\u2019étranger.» De quoi constituer un véritable terreau fertile pour l\u2019industrie numérique.Or, dans un pays où ont été muselés société civile, opposition politique et médias, ce secteur reste le dernier bastion des jeunes ambitieux en quête de débouchés.« Si vous n\u2019êtes pas trop engagé politiquement, ce qui est le cas de 95 % des ingénieurs ici, alors on ne vous embête pas », explique Leonid.Anastasiya, du centre Imaguru, a sa propre hypothèse : « On ne touche pas à ce domaine, puisque c\u2019est difficile à contrôler en quelque sorte, croit-elle.Il n\u2019y a pas de frontières physiques.Et pour être honnête, je ne crois pas qu\u2019ils comprennent grand-chose à ce que l\u2019on fait.» Capitale de la Biélorussie, Minsk s\u2019est transformée au cours des dernières années en berceau de la technologie de pointe et des start-up.SERGEI GRITS ASSOCIATED PRESS Dans un édifice typiquement soviétique, l\u2019entreprise Imaguru offre des locaux à la décoration branchée aux jeunes entrepreneurs.PATRICE SENÉCAL LE DEVOIR "]
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