Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2019-07-29, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" VOL.CX NO 168 / LE LUNDI 29 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Bonjour homards, adieu crevettes Les municipalités sont aux prises avec des problèmes d\u2019érosion.Des insectes ravageurs se multiplient.De nouvelles cultures deviennent possibles.Les pêches sont en transformation.Partout au Québec, on peut mesurer l\u2019effet des changements climatiques.Cette série estivale propose différents textes sur ces nouveaux enjeux.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR INDEX Société.A5 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Avis légaux .B2 Sports.B4 Décès .B4 Sur la route.B5 Religion .B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 ACTUALITÉS Sur les sentiers de la guerre.La suite de notre série estivale «Histoire de bois» | A 8 Egan Bernal (à gauche) a officiellement gagné la 106e édition du Tour de France, dimanche, en franchissant avec le maillot jaune la ligne d\u2019arrivée sur les Champs-Élysées, main dans la main avec son coéquipier de l\u2019équipe Ineos et vainqueur de l\u2019an passé, le Gallois Geraint Thomas.Le Colombien est ainsi devenu le premier Sud-Américain et, à 22 ans et 6 mois, le plus jeune cycliste depuis un siècle à s\u2019inscrire au palmarès.Le podium est complété par une autre première : la présence du Néerlandais Steven Kruijswijk.VOIR PAGE B 4 ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE FRANCE-PRESSE Chacun son Tour RUSSIE L\u2019opposition panse ses plaies La communauté internationale a condamné l\u2019usage excessif de la force par la police moscovite en fin de semaine Dans l\u2019immense et riche écosystème marin du golfe du Saint-Laurent, l\u2019impact des changements climatiques se fait déjà sentir.À la faveur de courants chauds, des visiteurs inhabituels, comme le grand thon rouge ou le grand requin blanc, font maintenant incursion dans nos eaux, alors que d\u2019autres espèces emblématiques du Québec, comme la crevette nordique, frisent la disparition.Cette année, les pêcheurs de homards ont encore pu mesurer l\u2019impact de ce lent mais constant réchauffement, avec des prises historiques recensées aux Îles-de-la-Madeleine, dépassant celles de 2017 et de 2018.Dans les ports de la moyenne Côte-Nord et d\u2019Anticosti, où le homard se fait d\u2019ordinaire plus rare, on assiste aussi à une augmentation spectaculaire des prises de 300% depuis 2015.« L\u2019aire de distribution du homard se déplace vers le nord.Les populations de la Nouvelle-Angleterre diminuent au profit de celles du Québec, au fur et à mesure que les eaux du golfe se réchauffent », explique Bernard Sainte-Marie, chercheur scientifique sur les crustacés d\u2019importance commerciale à Pêches et Océans Canada.Historiquement heureux dans les eaux du Maine et du sud du golfe Saint-Laurent, le homard se faisait plutôt rare sur la moyenne Côte-Nord, où peu de petits survivaient aux eaux glaciales.Mais ce n\u2019est plus le cas.VOIR PAGE A 2 : SAINT-LAURENT ROBERT F.BUKATY ASSOCIATED PRESS NOUVEAU CLIMAT ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR VOIR PAGE A 4 : RUSSIE MONDE Des dizaines de milliers de Hongkongais bravent l\u2019interdiction de manifester Au lendemain d\u2019une manifestation où plus d\u2019un millier de personnes ont été arrêtées à Moscou \u2014 un record depuis l\u2019hiver 2011-2012 \u2014, un grand nombre de contestataires étaient toujours détenus, tandis que d\u2019autres pansaient leurs plaies, dimanche.La communauté internationale, elle, a condamné l\u2019usage excessif de la force par la police.« Nous avons la confirmation d\u2019une vingtaine de cas où des gens ont été battus par la police, mais nous sommes certains qu\u2019il y en a beaucoup plus.Les images captées samedi font état de nombreux autres cas », affirme au Devoir Grigory Durnovo, coordonnateur de la surveillance menée par le mouvement bénévole OVD-Info, qui répertorie les arrestations politiques en Russie.L\u2019organisation a compté « au moins » 1373 arrestations en marge des événe- ments de samedi.Cent cinquante manifestants ont passé la nuit suivante en détention dans l\u2019un des quelques postes de police du centre de la capitale.Dimanche soir, la plupart étaient encore détenus, selon M.Durnovo.« Nous nous attendons à ce qu\u2019un grand nombre d\u2019entre eux comparaisse en cour lundi matin », indique-t-il.Selon les chiffres officiels des autorités, 3500 personnes ont pris part à la manifestation de samedi, interdite par le Kremlin.Criant « Liberté ! » ou « Nous voulons des élections libres » sur la rue Tverskaïa, principale artère de la ville, ils réclamaient des élections justes au Parlement de la ville de Moscou.Plusieurs candidats associés à 1373 C\u2019est le nombre estimé d\u2019arrestations survenues samedi à Moscou, selon le mouvement bénévole russe OVD-Info. ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 29 JUILLET 2019 Le golfe se réchauffe SAINT-LAURENT SUITE DE LA PAGE A 1 Aujourd\u2019hui, le crustacé dépérit en Nou- velle-Écosse et au Maine, et prolifère dans tous les secteurs du golfe du Saint- Laurent, où le taux de survie des rejetons est très élevé.L\u2019industrie québécoise de la pêche aux homards a de belles années devant elle, selon les spécialistes.En plus du réchauffement, le homard a profité des mesures prises pour sauvegarder la ressource, notamment l\u2019augmentation de la taille minimale des prises.Les deux facteurs combinés expliquent l\u2019explosion observée ces dernières années, explique Bernard Sainte- Marie.Sur tout le plateau madelinien, le réchauffement des eaux profite aussi aux pétoncles géants et d\u2019Islande, ainsi qu\u2019au mactre de l\u2019Atlantique.Quant au fameux crabe des neiges, habitant des profondeurs, son aire de distribution va du Labrador jusqu\u2019au sud de la Nouvelle-Écosse, où il se fait toutefois de plus en plus rare en raison des eaux tempérées apportées par le Gulf Stream.« Les conditions demeurent idéales dans la mer intérieure créée par le golfe, avec des températures de 3 à 4 °C entre 35 et 150 mètres, là où vit le crabe des neiges.Nos hivers sont encore assez froids pour refroidir cette couche », affirme Bernard Sainte-Marie.Mais pour combien de temps encore ?Un mouvement de fonds Lentement mais sûrement, le golfe se réchauffe, observe Peter Galbraith, chercheur scientifique en océanographie physique et responsable du Programme de monitorage de la zone Atlantique.Les eaux du golfe se divisent en trois couches, l\u2019une de surface, dont la température se réchauffe au même rythme que l\u2019air ambiant, une couche intermédiaire froide, près du point de congélation, et une couche profonde d\u2019eau salée allant jusqu\u2019à 500 mètres, à -1,7 °C, dit-il.« On observe des records centenaires à plus de 200 mètres », explique cet expert.En surface, l\u2019eau s\u2019est aussi réchauffée en moyenne de 0,9 °C, mais reste sujette à de très forts écarts de températures selon les années.Même minimes, ces variations suffisent à changer la population et la répartition de plusieurs poissons, entraînant La chute des stocks de crevettes pourrait être expliquée en partie par le retour massif du sébaste (redfish), qui prolifère dans le golfe du Saint- Laurent.ROBERT F.BUKATY ASSOCIATED PRESS un effet de domino sur la chaîne alimentaire.« Toutes les espèces nordiques sont affectées, de la crevette au flétan du Groenland.La difficulté est de savoir ce qui est dû au climat et ce qui est dû à la pêche », explique Julie Roux, chercheuse approche écosysté- matique aux évaluations des stocks pour Pêches et Océans Canada.Si des espèces de poissons pâtissent, d\u2019autres profitent allégrement d\u2019eaux plus chaudes.C\u2019est le cas du merlu argenté et de l\u2019encornet rouge nordique (calmar) qui se reproduit normalement le long des côtes des Carolines.Quant au sébaste (redfish), il prolifère à ce point que l\u2019espèce compte aujourd\u2019hui pour 80 % des jeunes poissons de fonds dans le golfe, explique Dominique Robert, professeur en écologie halieutique à l\u2019Institut des sciences de la mer de l\u2019Université du Québec à Ri- mouski.« On estime à trois millions de tonnes la biomasse de jeunes sébastes dans le golfe.Cette espèce, surpêchée il y a 20 ans, a tiré le bon billet à la loterie et le réchauffement a créé des conditions idéales pour son retour », dit-il.Ce retour massif du sébaste, qui vit jusqu\u2019à 25 ans, pourrait expliquer en partie la chute des stocks de crevettes.Déjà décimée par la surpêche, la morue, réchauffement ou pas, n\u2019arrive toujours pas à se repeupler, ajoute M.Robert.« La disparition de la crevette affecte aussi les petits poissons pélagiques comme le hareng, le lançon ou le capelan, qui s\u2019en nourrissent », souligne aussi la chercheuse Julie Roux.Quant au béluga, cette espèce arctique dont 900 individus subsistent dans les eaux froides de l\u2019estuaire du Saint-Laurent, son statut d\u2019espèce menacée est là pour durer.« C\u2019est clair que le réchauffement n\u2019est pas une bonne nouvelle pour lui.Mais comme la population compte peu d\u2019individus et que l\u2019espèce vit longtemps, l\u2019impact de ce facteur est encore difficile à mesurer », explique Dominique Robert.Voyageurs au long cours en éternelle quête de nourriture, les grands cétacés, eux, s\u2019accommodent de grands écarts de température et devraient continuer à croiser dans les eaux du golfe.La recrudescence du nombre de baleines noires observée dans nos eaux, souvent empêtrées dans des engins de pêche, est d\u2019ailleurs directement reliée au réchauffement du golfe, désormais plus favorable à la croissance du plancton dont elles se nourrissent, affirme ce spécialiste.SIMON VAN VLIET AGENCE SCIENCE-PRESSE Depuis bientôt 10 ans, des scientifiques testent en laboratoire des méthodes de génie génétique destinées à améliorer le contrôle des espèces nuisibles : le forçage génétique.Cette technique, qui consiste à introduire des mutations génétiques héréditaires dans une espèce donnée, est prometteuse en théorie, notamment pour éliminer des insectes transmettant des maladies, contenir des infections aux champignons ou contrôler des populations envahissantes de rongeurs, relève la revue Nature.Une équipe du Imperial College de Londres travaille avec une ONG internationale de recherche qui envisage d\u2019avoir recours au forçage génétique pour contrôler la malaria.L\u2019an dernier, l\u2019équipe dirigée par le professeur en pa- rasitologie moléculaire Andrea Cri- santi a réussi à décimer en laboratoire une population entière d\u2019Anopheles gambiae par un forçage génétique affectant un gène de fertilité du moustique femelle, principal vecteur de transmission de la malaria.En 2017, Rebecca Shapiro, alors chercheuse postdoctorale en génie biologique au Broad Institute et au Massachusetts Institute of Technology, avait testé avec succès une méthode de forçage génétique sur le champignon Candida albicans.Aujourd\u2019hui profes- seure adjointe au Département de biologie moléculaire et cellulaire à l\u2019Université de Guelph, cette diplômée de l\u2019Université McGill continue de s\u2019intéresser au potentiel des technologies génomiques comme CRISPR-Cas9 pour contrôler la virulence et la résistance aux antifongiques de certaines espèces de champignons nuisibles à la santé humaine et à l\u2019agriculture.Le Genetic Biocontrol of Invasive Rodents (GBIRd), un consortium regroupant une demi-douzaine d\u2019universités et d\u2019organisations internationales de conservation, propose pour sa part de déployer le forçage génétique pour éliminer des populations envahissantes de rongeurs insulaires.Promesses et périls Les bénéfices théoriques de ces méthodes de contrôle génétique des espèces nuisibles se heurtent encore à des questions pratiques.Par exemple, les scientifiques ne sont pas encore en mesure de proposer des méthodes sécuritaires pour tester le déploiement de forçage génétique dans la nature.Ils doivent pour l\u2019instant se contenter de reproduire en laboratoire les conditions naturelles ou d\u2019utiliser des modèles informatiques pour évaluer ou simuler l\u2019impact de l\u2019introduction de forçage génétique dans les écosystèmes naturels.L\u2019an dernier, le Burkina Faso a toutefois été le premier pays africain à auto- SCIENCE Vers un contrôle génétique des espèces nuisibles ?Une nouvelle technique prometteuse pourrait permettre d\u2019éliminer des insectes transmettant des maladies Une population entière d\u2019Anopheles gambiae, ce moustique porteur de la malaria, a pu être décimée en laboratoire par forçage génétique.BIBLIOTHÈQUE D'IMAGES DU SERVICE DE SANTÉ PUBLIQUE DES ÉTATS-UNIS riser des scientifiques à libérer des moustiques génétiquement modifiés.Quelque 6400 moustiques mâles dont le génome a été altéré par l\u2019équipe du professeur Crisanti pour les rendre stériles ont ainsi été relâchés au début juillet.Les modifications génétiques opérées sur ces insectes n\u2019incluent pas de forçage génétique à ce stade-ci, mais les chercheurs espèrent continuer leurs tests en vue d\u2019obtenir des autorisations pour des essais de terrain avec forçage génétique d\u2019ici environ trois ans.Avancée « remarquable » D\u2019ici là, des chercheurs continuent de tester des méthodes sans bio-in- génierie, mais tout aussi prometteuses.Dans un essai de terrain inédit sur deux sites en Chine, dont Nature rendait compte récemment, les populations d\u2019Aedes albopictus ont été presque entièrement décimées à l\u2019aide d\u2019une combinaison de deux techniques qui consistent respectivement à stériliser les femelles et à infecter les mâles avec une bactérie nuisant à sa capacité de reproduction.« Aedes albopictus est hautement in- vasif et s\u2019est répandu rapidement de son Asie natale sur tous les continents excepté l\u2019Antarctique depuis 40 ans », souligne Peter A.Armbruster du Département de biologie de l\u2019Université de Georgetown dans un commentaire accompagnant la publication dans Nature.Le fait que les chercheurs aient réussi à « éliminer presque entièrement un moustique vecteur \u2014 de plusieurs maladies, dont la dengue, le chikungunya et le Zika \u2014 notoirement difficile à contrôler est remarquable », salue le spécialiste du moustique-ti- gre (Aedes albopictus).Toutes les espèces nordiques sont affectées, de la crevette au flétan du Groenland.La difficulté est de savoir ce qui est dû au climat et ce qui est dû à la pêche.JULIE ROUX » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 29 JUILLET 2019 LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Un demandeur d\u2019asile menacé de déportation dit craindre pour sa vie disent que leurs histoires se ressemblent [\u2026], c\u2019est extrêmement hypocrite », soutient-il.Il somme en outre le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, de faire enquête sur l\u2019« extrême homophobie et [la] discrimination au sein de son ministère ».La demande de statut de réfugié de Karim a été rejetée en 2017, mais il a réussi à obtenir un permis de séjour temporaire qui lui a donné un sursis de six mois.L\u2019ASFC a toutefois refusé de prolonger ce délai.Il a également essuyé un refus de permis de résidence pour considérations d\u2019ordre humanitaire.Une dernière demande d\u2019examen des risques avant renvoi n\u2019a pas non plus donné de résultat en sa faveur.Soutiens nombreux Dans ses démarches, Karim a reçu le soutien de plusieurs organismes communautaires, ainsi que du député solidaire Andrés Fontecilla.«Le gouvernement canadien s\u2019apprête à commettre une très grande injustice qui aura de très lourdes conséquences sur la vie de Ka- rim », prédit le porte-parole en matière d\u2019Immigration à Québec solidaire.Meryem Benslimane, du groupe Action LGBTQ avec les immigrantEs et réfugiéEs, avoue quant à elle avoir du mal à comprendre la décision de renvoi.« Il y a tellement de preuves au dossier [\u2026].Ça a été jugé frauduleux et c\u2019est un problème qu\u2019il y a dans le système actuellement », constate-t-elle.« Ça n\u2019enlève rien au fait qu\u2019il soit une personne bisexuelle », dit-elle à propos du fait que Karim soit marié et qu\u2019il ait des enfants.D\u2019après Christian Tanguay, directeur général au Centre communautaire LGBTQ + de Montréal, les commissaires en matière d\u2019immigration peinent à comprendre la réalité sociologique de l\u2019homosexualité dans les pays d\u2019Afrique.« Il y a des personnes qui sont bisexuelles qui vont former des couples, avoir des enfants, mais qui ont aussi des relations homosexuelles à côté », illustre-t-il à propos des personnes de la communauté LGBTQ + vivant dans un contexte où elles sont en danger.Il suggère que le gouvernement forme ses employés à ce sujet.Me Istvanffy tentera d\u2019obtenir un sursis pour Karim lundi après-midi, lors d\u2019une audience devant la Cour fédérale.«Je vais invoquer le respect de la Charte des droits internationaux et le manque de respect pour toute la preuve », a-t-il annoncé.Au moment où ces lignes étaient écrites, ni le bureau du ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté ni celui du ministre de la Sécurité publique n\u2019avaient encore répondu aux demandes d\u2019entrevue du Devoir.ANDY BLATCHFORD À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE L\u2019abandon du tronçon Montréal-Qué- bec serait bénéfique pour le projet de Via Rail d\u2019un train à grande fréquence dans le corridor Québec-Toronto, indique un document interne du gouvernement fédéral.Étiqueté secret, ce document a été obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.La publication de cette note intervient à un moment où Via Rail cherche à obtenir du soutien financier pour la construction de nouvelles lignes ferroviaires, qui permettraient d\u2019offrir une plus grande fréquence des trains, de réduire la durée des trajets et de séparer les activités ferroviaires de transport de passagers et de marchandises.Une évaluation réalisée pour le compte de Transports Canada juge que l\u2019inclusion d\u2019un tronçon entre Montréal et Québec nuirait à la rentabilité du projet, selon un document d\u2019information préparé au début de l\u2019année pour le sous-ministre des Finances, Paul Rochon.Cette étude, réalisée par la firme EY, recommande que le tronçon québécois fasse l\u2019objet d\u2019un nouvel examen « en raison de son coût en capital élevé et de ses résultats médiocres sur le plan opérationnel », peut-on lire dans le document fédéral.VIA RAIL La viabilité du tronçon Montréal- Québec remise en question L\u2019inclusion de cette liaison nuirait à la rentabilité du projet de train à grande fréquence dans le corridor Québec-Toronto, selon une évaluation interne du gouvernement fédéral L\u2019homme guinéen s\u2019est adressé aux médias dimanche en tournant le dos aux caméras pour préserver son anonymat.Il tentera d\u2019obtenir un sursis lundi après-midi, lors d\u2019une audience devant la Cour fédérale.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Air France commande une soixantaine d\u2019Airbus A220 PARIS \u2014 La compagnie aérienne Air France annoncera cette semaine l\u2019achat d\u2019une soixantaine d\u2019Airbus A220, fabriqués au Québec et anciennement connus sous l\u2019appellation C Series du constructeur Bombardier.L\u2019entreprise entend renouveler une partie de sa flotte moyen-courrier, rapporte l\u2019hebdomadaire français Le Journal du Dimanche.Joints par l\u2019AFP, ni Airbus ni Air France n\u2019ont souhaité confirmer l\u2019information.«Aucune décision n\u2019est prise à ce stade», a fait savoir la compagnie aérienne française.Selon le JDD, aucune grosse commande n\u2019avait été effectuée depuis 2011 par Air France.Agence France-Presse Une panne entraîne des retards majeurs dans les aéroports canadiens Les passagers qui devaient franchir dimanche les douanes canadiennes dans les aéroports du pays ont dû prévoir de longs retards en raison d\u2019une panne nationale des bornes d\u2019inspection primaire de l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et des postes de déclaration du programme NEXUS.L\u2019aéroport international Montréal-Trudeau, où des voyageurs ont déclaré avoir attendu plus de 90 minutes, a indiqué en début de soirée avoir été informé par l\u2019ASFC que le service reprenait graduellement.D\u2019autres aéroports du pays ont eu recours à Twitter pour avertir les voyageurs de problèmes similaires, notamment ceux de Vancouver, Ottawa, Calgary et Toronto-Pearson.La Presse canadienne EN BREF Le déficit du service entre Québec, Montréal et Ottawa s\u2019est élevé à près de 24 millions, l\u2019an dernier.Environ 17 000 personnes en moyenne empruntaient ce train chaque semaine.Peu rentable Selon Matti Siemiatycki, un professeur de l\u2019Université de Toronto, les recherches ont démontré que les lignes ferroviaires à haute fréquence et à haute vitesse ne couvrent que rarement leurs coûts d\u2019investissement et d\u2019exploitation.Il croit que l\u2019analyse de Via Rail est très optimiste.M.Siemiatycki concède que l\u2019entreprise se retrouve dans « une situation difficile ».Il la félicite pour avoir tenté de trouver un moyen de faire avancer le projet.L\u2019analyse présente de bons arguments d\u2019un point de vue environnemental et social, mais il demeure difficile de la définir comme une bonne occasion d\u2019affaires.« Il sera intéressant de voir si elle peut trouver des investisseurs qui vont réellement risquer leur propre capital privé sur ce qui semble être une proposition à risque assez élevé », a-t-il dit.Il y a quelques semaines, le gouvernement a annoncé qu\u2019il donnerait à Via Rail une somme de 71 millions de dollars afin de lui permettre de mieux analyser la rentabilité du projet.Une partie du financement proviendra de la Banque canadienne d\u2019infrastructure.Le document explique que Via Rail a présenté une argumentation optimiste pour son projet de train à haute fréquence.« Via Rail prévoit que le projet récupérera ses coûts en capital et générera un excédent net le long de son réseau entre Toronto et Québec en raison d\u2019une augmentation substantielle de l\u2019achalandage et des revenus», indique la note de synthèse remise à M.Rochon.Selon l\u2019étude, le projet nécessite des dépenses de 4,4 milliards de dollars, dont 1,14 milliard pour le tronçon Montréal-Québec.Afin de le financer complètement, Via Rail devra aussi trouver un investissement privé.L\u2019entreprise devra assurer à ces investisseurs potentiels que leur projet leur permettra de gagner de l\u2019argent.Une porte-parole de Via Rail, Marie- Anna Murat, a indiqué par courriel que les études citées dans la note de service semblaient faire référence à la proposition initiale soumise par Via Rail au gouvernement en 2016.Elle a ajouté que cette étude n\u2019a pas été menée pour Via Rail.Parvenir à réaliser un bénéfice serait tout un retournement de situation pour la société d\u2019État.Par exemple, dans son rapport annuel de 2018, Via Rail reconnaissait que son service Montréal-Ottawa-To- ronto avait enregistré un déficit de près de 93 millions de dollars après avoir transporté en moyenne environ 49 000 passagers par semaine.l\u2019anonymat pour protéger sa femme et ses enfants, qui vivent cachés en Guinée.« Je n\u2019ai aucun soutien, je n\u2019ai rien dans mon pays », a-t-il raconté aux médias en conférence de presse, ajoutant avoir quitté le pays alors que sa fillette n\u2019était âgée que de trois mois.« Ma femme ne reçoit rien, sauf ce que je lui envoie pour manger », poursuit-il.À moins d\u2019une intervention de dernière minute en sa faveur, il sera expulsé le 3 août par l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).En entrevue avec les médias, son avocat, Stewart Istvanffy, estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une « lutte contre la bureaucratie ».« On ne tient pas compte des preuves », soutient-il, ajoutant disposer de « preuves par-dessus la tête des dangers pour lui en Guinée ».Le Devoir n\u2019a toutefois pas été en mesure de consulter ces documents.« Même le fait qu\u2019il y a un article de journal, où son propre parti politique l\u2019a dénoncé publiquement au début de janvier 2018, même le fait [qu\u2019il y ait eu] des manifestations où on brandissait sa photo et qu\u2019on criait pour sa mort en Guinée.On a donné des photos.Tout ce qu\u2019on a produit n\u2019a pas d\u2019importance », dénonce-t-il.Me Istvanffy accuse également le ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, de « [ne pas assumer] ses propres valeurs et les valeurs du Parti libéral du Canada ».« Lorsqu\u2019ils essaient de rejeter tout le monde, surtout parce qu\u2019ils Un demandeur d\u2019asile guinéen arrivé à Montréal en 2016 espère une intervention de la Cour fédérale pour lui éviter d\u2019être déporté vers son pays d\u2019origine.Faisant valoir que sa vie y est menacée en raison de son militantisme politique et de sa bisexualité, il a pourtant essuyé plusieurs refus lors de ses précédentes demandes de régularisation de son statut au Canada.« J\u2019ai fui mon pays parce que j\u2019étais persécuté, non seulement par le pouvoir en place, mais aussi par ma famille », clame Karim (nom fictif ), en arguant que « [ses] jours sont comptés ».L\u2019homme souhaite conserver Selon l\u2019étude, le projet nécessite des dépenses de 4,4 milliards de dollars, dont 1,14 milliard pour le tronçon Montréal- Québec Je n\u2019ai aucun soutien, je n\u2019ai rien dans mon pays KARIM » LEDEVOIR // LE LUNDI 29 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 LA PRESSE CANADIENNE À WINDSOR, ONTARIO Il est embarrassant que des Américains doivent se rendre au Canada pour y acheter des médicaments pour moins cher, a déclaré dimanche le candidat à l\u2019investiture démocrate en vue de l\u2019élection présidentielle américaine en 2020, Bernie Sanders, de passage à Windsor, en Ontario.Le sénateur du Vermont a accompagné un groupe de diabétiques américains venus acheter de l\u2019insuline à moindre coût.« Nous aimons nos voisins canadiens et nous les remercions beaucoup, mais nous ne devrions pas être obligés de venir au Canada », a dit M.Sanders aux journalistes à l\u2019extérieur d\u2019une pharmacie.En règle générale, un flacon d\u2019insuline pour soigner le diabète de type 1 coûte environ 340 $ US aux États-Unis, soit environ dix fois le prix au Canada.M.Sanders a écrit sur son compte Twitter que le coût élevé de l\u2019insuline mettait en danger la vie des diabétiques américains.Les sociétés pharmaceutiques constituent une des cibles favorites du sénateur, qui leur reproche le coût élevé des médicaments sur ordonnance.Il avait déjà effectué un voyage similaire au Canada en 1999.« En tant qu\u2019Américains, nous devons nous demander pourquoi le même médicament, l\u2019insuline dans ce cas, est vendu ici au Canada pour un dixième du prix qu\u2019il est vendu aux États-Unis », a souligné M.Sanders.L\u2019achat d\u2019insuline au Canada par des Américains, même à faible échelle, soulève des inquiétudes au sujet de l\u2019approvisionnement au pays.À la fin de juin, un groupe de diabétiques de type 1 du Minnesota avait franchi la frontière pour venir acheter de l\u2019insuline à London, en Ontario.Des organisations de santé canadiennes préoccupées par des lois aux États-Unis permettant aux Américains d\u2019importer des médicaments moins dispendieux du Canada ont récemment écrit une lettre au gouvernement fédéral le pressant d\u2019agir pour prévenir les pénuries.Une porte-parole du ministre fédéral de la Santé a déclaré plus tôt ce mois-ci que le gouvernement fédéral surveillait la situation.Les règles actuelles autorisent les Américains à emporter chez eux un stock personnel de médicaments achetés au Canada d\u2019une durée maximale de trois mois, et quatre États ont adopté une législation autorisant l\u2019importation en gros ou individuelle de médicaments.Étant donné que l\u2019insuline est en vente libre au Canada, il n\u2019y a pas de mécanisme de suivi permettant de déterminer la quantité qui pourrait être dirigée vers le sud.MÉDICAMENTS Bernie Sanders en croisade au Canada contre les entreprises pharmaceutiques américaines Bernie Sanders tenait un flacon d\u2019insuline, dimanche, lorsqu\u2019il s\u2019est adressé aux médias devant une pharmacie de Windsor.CARLOS OSORIO ASSCOATED PRESS «L\u2019opposition semble avoir changé de stratégie» RUSSIE SUITE DE LA PAGE A 1 l\u2019opposition ont été exclus de ce scrutin prévu en septembre en raison d\u2019irrégularités (qu\u2019ils contestent) dans leur dossier.Le samedi 20 juillet, plus de 20 000 personnes ont manifesté à leur invitation.« Certaines des mesures prises récemment par les autorités vont au-delà de l\u2019entendement.Avant même les manifestations de samedi, on avait procédé à l\u2019arrestation préventive d\u2019opposants », note France-Isabelle Lan- glois, directrice générale d\u2019Amnistie internationale Canada francophone.Elle souligne que de telles pratiques violent de manière évidente le respect des droits de la personne, en entorse avec les accords internationaux signés par Moscou.Dimanche, la porte-parole de l\u2019ambassade des États-Unis en Russie a écrit que « la détention de plus de 1000 manifestants pacifiques en Russie et l\u2019usage disproportionné de la force policière minent le droit des citoyens à participer au processus démocratique ».L\u2019Union européenne a également dénoncé la vague d\u2019arrestations.« Ces détentions et le recours disproportionné à la force contre des manifestants pacifiques [\u2026] portent une fois de plus gravement atteinte aux libertés fondamentales d\u2019expression, d\u2019association et de réunion », pouvait-on lire dans un communiqué citant la porte- parole de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.Une nouvelle stratégie Ainsi, en quelques jours, une élection locale d\u2019importance mineure s\u2019est transformée en impressionnante crise politique.Malgré tout, rien de nouveau sous le soleil, selon Maria Popova, pro- fesseure agrégée de science politique à l\u2019Université McGill : la contestation actuelle s\u2019inscrit en pleine continuité dans les efforts que mène l\u2019opposition depuis 2011, quand elle s\u2019était dressée contre le retour de Vladimir Poutine à la présidence.La différence, à son avis, serait simplement tactique.« L\u2019opposition semble avoir changé de stratégie.Plutôt que d\u2019attendre la tenue des élections, puis de dénoncer la falsification des résultats, elle s\u2019en prend à l\u2019exclusion de candidats.Il faut toutefois savoir que de telles mises à l\u2019écart de candidats ont eu lieu de nombreuses fois par le passé », explique la spécialiste des transformations étatiques post-soviétiques.En réplique à cette nouvelle stratégie, « le régime réagit plus fortement qu\u2019habituellement », poursuit Mme Po- pova.Vendredi et samedi matin, dans l\u2019espoir d\u2019étouffer la mobilisation, plusieurs chefs du mouvement ont vu leur domicile être fouillé et ont été interpellés dans le cadre d\u2019une enquête pour « entrave au fonctionnement d\u2019une commission électorale ».Ils risquent pour cela cinq ans de prison.Ces arrestations survenaient après que, mercredi, l\u2019opposant vedette Alexeï Navalny eut été condamné à 30 jours de prison pour avoir invité le public à participer à la manifestation.Dimanche, Navalny a été transféré de sa cellule de prison à l\u2019hôpital après une grave réaction cutanée, apparemment allergique, mais potentiellement due à une « substance chimique inconnue », selon son médecin.Vers une concession ?Maintenant que des manifestants arrêtés seront vraisemblablement appelés en cour dans les prochains jours, OVD- Info et d\u2019autres organismes leur offriront de l\u2019aide juridique.M.Durnovo s\u2019attend à ce que les convocations continuent dans les prochains mois.« Nos avocats seront prêts à les aider », assure-t-il, même s\u2019il ne se montre pas particulièrement optimiste quant à l\u2019issue des procès.« Typiquement, les cours de justice russes s\u2019en tiennent aux rapports policiers, dit-il.Même quand des preuves vidéo ou photographiques montrant l\u2019innocence sont présentées, elles remettent rarement en cause les conclusions des enquêtes.» « De quoi le régime a-t-il peur ?C\u2019est assez curieux », analyse Mme Popova.S\u2019il est raisonnable d\u2019imaginer que l\u2019opposition puisse décrocher quelques sièges à Moscou, ses chances d\u2019obtenir des gains ailleurs au pays sont minces, pense-t-elle.« Mon hypothèse, c\u2019est qu\u2019à force de réprimer la liberté d\u2019expression, le régime a du mal à évaluer sa réelle popularité », tente la professeure.Selon elle, même si l\u2019opposition a déjà appelé à tenir une « nouvelle manifestation d\u2019ampleur » samedi prochain, la contestation va tranquillement s\u2019évanouir.Mais peut-être le régime va-t-il permettre à Lioubov Sobol, une jeune juriste de 31 ans proche d\u2019Alexeï Navalny, de se présenter, pense Mme Popova.Permettre de concourir à cette populaire opposante, nouvelle venue en politique, constituerait une concession visant à faire taire l\u2019opposition.Avec l\u2019Agence France-Presse Un manifestant agitant un petit drapeau russe au moment de son interpellation, samedi PAVEL GOLOVKIN ASSOCIATED PRESS Plutôt que d\u2019attendre la tenue des élections, puis de dénoncer la falsification des résultats, l\u2019opposition s\u2019en prend à l\u2019exclusion de candidats MARIA POPOVA » SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 29 JUILLET 2019 ISABELLE BURGUN AGENCE SCIENCE-PRESSE SANTÉ Les nouveaux visages des proches aidants ne personne sur quatre est proche ai- dante au Québec.Cette réalité possède encore sa part d\u2019ombre \u2014 entre mal- traitance et épuisement \u2014, mais est aussi plus vaste que l\u2019image qu\u2019on s\u2019en fait, car toute personne offrant un soutien significatif à une personne vivant avec une incapacité peut se considérer comme un proche aidant.Famille, ami et même voisin : cette ressource informelle intéresse les chercheurs.« C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une situation et une sorte de proche aidant.Tout le monde reçoit un peu de soutien, mais il n\u2019y a pas de vision globale », soutient la professeure de l\u2019École de travail social et de criminologie de l\u2019Université Laval Sophie Éthier.Et si on s\u2019y intéresse, ce n\u2019est pas juste pour offrir un soutien financier ou du répit : il y a aussi « la nécessité de prendre en compte la santé physique et psychologique de cette indispensable ressource », composée en majorité de femmes.Depuis peu, les chercheurs se réunissent en un réseau \u2014 le RESPAI, pour Regroupement scientifique en proche aidance \u2014 afin d\u2019échanger et de se tenir au courant.« Il y a une nouvelle génération de chercheurs et la recherche devient très large au Québec.Nous devons nous connaître pour parler et collaborer », note Mme Éthier.Depuis le 18 juin 2018, le proche aidant, ce « travailleur » non rémunéré, figure au sein de la Loi des normes du travail.De plus, une politique québécoise et un plan d\u2019action sont actuellement en rédaction.Le visage des proches aidants change aussi \u2014 proches aidants LGBTQ, par exemple \u2014 et de nouveaux aspects émergent : la maltraitance ou encore les services de soutien en ligne.Sophie Éthier rappelle que « la maltraitance des aînés est connue, mais moins celle qui touche les proches aidants.Ils sont souvent perçus comme ceux qui maltraitent, moins comme victimes, alors qu\u2019ils vivent eux aussi de l\u2019agressivité et des abus de la part des aînés avec des problèmes cognitifs.Ou de la violence conjugale ».Sa récente étude auprès de 95 proches aidants et de 43 intervenants lui a permis de dénombrer quatre formes de maltraitance de l\u2019aidant : celle commise par les institutions, par le truchement des intervenants et de leurs structures et de leurs normes inadaptées ; celle de l\u2019entourage et de la famille, avec leurs critiques et leur culpabilisation; celle des aidés dont la maladie et les comportements agressifs blessent ; celle de l\u2019aidant lui-même quand il ne respecte pas ses besoins de sommeil ou qu\u2019il repousse l\u2019aide qu\u2019on lui propose.La solution passe alors par la prévention et la sensibilisation auprès des ai- dants, ainsi que par la promotion de la bientraitance à tous les niveaux, du premier cercle jusqu\u2019aux institutions.L\u2019équipe travaille actuellement sur un outil destiné à mettre en lumière ce problème.« On pointe souvent l\u2019entourage pas assez soutenant, mais la personne peut aussi en être la source quand elle oublie ses limites, ne prend pas soin d\u2019elle \u2014 par exemple, en négligeant ses propres visites chez le médecin \u2014 ou en repoussant toute forme d\u2019aide », explique la chercheuse.Une analogie avec la course à pied illustre bien selon elle le cheminement des proches aidants.Pour certains, ce parcours ressemble à un sprint intense ; pour d\u2019autres, c\u2019est un marathon ou une course à obstacles.« L\u2019important est de partir bien préparé, même si on ignore souvent à quoi va ressembler cette course.» Une route de solitude Au sein de familles «tissées serrées», le partage des tâches se déroule souvent bien.Par contre, avec l\u2019éloignement des enfants et l\u2019éclatement des familles, il incombera souvent à une seule personne de prendre en charge le malade ou l\u2019aîné.Un processus graduel d\u2019isolement s\u2019installe alors.« Le réseau social s\u2019effrite et la famille est loin, sans compter que certaines personnes ont toujours été isolées ou possèdent un très petit réseau », relève Mélanie Couture, du Centre de recherche et d\u2019expertise en gérontologie sociale du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l\u2019Île-de-Montréal.« Avec la personne malade, les déplacements s\u2019avèrent limités et les ai- dantes ont souvent le sentiment d\u2019être emprisonnées dans la maison.» La chercheuse a récemment mené une étude sur la perception des services offerts et les besoins de proches aidantes isolés et âgés.En participant à un programme de trois mois, les ai- dantes trouvaient des groupes de discussion, du soutien psychologique et la possibilité de s\u2019exprimer sur les insatisfactions qu\u2019elles rencontrent.Plus que les problèmes d\u2019accès aux services et à l\u2019information, les demandes ci- blent la mauvaise qualité des services et de leur logistique.« Quand cela occasionne trop de stress et trop d\u2019embûches, les aidantes s\u2019en passeront et le feront elles-mêmes», note MmeCouture.Elle relève également de nombreux blocages psychologiques qui poussent les aidantes à prendre en charge seule le malade « afin de le protéger et de conserver la même routine de soins, mais aussi de préserver l\u2019image sociale.Demander de l\u2019aide, c\u2019est encore perçu comme quelque chose de honteux ».Contrairement aux soins palliatifs, faits par du personnel de santé, ce rôle très intime d\u2019aide peut durer une dizaine d\u2019années, avec une situation qui se dégrade drastiquement vers la fin quand la maladie avance.Et au fil du temps, l\u2019épuisement et le désespoir s\u2019installent à demeure.Les besoins particuliers en région En région, les aidants manquent encore plus de services adaptés.« Il y a clairement un manque d\u2019accès, sans compter que les besoins diffèrent beaucoup entre ceux qui ont la charge d\u2019un aîné et ceux s\u2019occupant d\u2019un enfant malade », relève le professeur au Département sociétés, territoires et développement de l\u2019UQAR Marco Alberio.Au Bas-Saint-Laurent \u2014 130 municipalités pour environ 200 000 habitants \u2014, une personne sur quatre avait 65 ans et plus, contre une sur cinq pour l\u2019ensemble de la province, en 2016.Une récente étude menée par l\u2019équipe de recherche sur les proches aidants de cette région a mis en évidence les défis territoriaux liés aux transports collectifs et adaptés, mais aussi à la grande dépendance au soutien procuré par la famille.« Ici, tout le monde ou presque donne de l\u2019aide à un membre de la famille ou à un ami », assure le chercheur.Ils multiplient des congés sans solde, vivent de l\u2019isolement et de la précarité.Il s\u2019agit majoritairement de femmes, d\u2019où l\u2019importance de la conciliation travail-fa- mille, mais aussi d\u2019une certaine flexibilité de la part des employeurs.En l\u2019absence d\u2019une politique qui soutient le proche aidant, cela se règle le plus souvent « à la pièce » et dépendra du statut de l\u2019employé, de l\u2019employeur et du type d\u2019emploi.Cette situation peut alors provoquer des inégalités, de la précarité ou une mise à l\u2019écart de la personne par les autres employés.Sans compter le défi de l\u2019éloignement.Une des pistes de solution est le télétravail.«C\u2019est la «génération sandwich».La mère se trouvera entre les soins à donner aux enfants et ceux à fournir aux parents.Elle sera prise entre les deux demandes, mais aussi cumulera l\u2019aide aux parents avec celle aux beaux-parents.Quand on l\u2019a été une fois, on le redevient encore après», détaille M.Alberio.Cela prend donc une politique pour soutenir les proches aidants, avec des mesures et un budget, et une reconnaissance du statut de proche aidant.«D\u2019où l\u2019idée d\u2019un guichet unique qui tiendrait compte d\u2019une combinaison d\u2019interventions pour répondre à tous les besoins \u2014 financier, émotionnel, etc.\u2014 des proches aidants », souligne encore Mélanie Couture.Et à travers eux, aider aux mieux les personnes malades et vieillissantes.U Depuis le 18 juin 2018, le proche aidant, ce « travailleur » non rémunéré, figure au sein de la Loi des normes du travail.De plus, une politique québécoise et un plan d\u2019action sont actuellement en rédaction.ISTOCK Il n\u2019y a pas qu\u2019une situation et une sorte de proche aidant.Tout le monde reçoit un peu de soutien, mais il n\u2019y a pas de vision globale.SOPHIE ÉTHIER » LEDEVOIR // LE LUNDI 29 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin a filiale canadienne du géant chinois des télécommunications Huawei est sur les dents.La crise diplomatique entre la Chine et le Canada, provoquée par l\u2019arrestation de la directrice financière Meng Wenzhou à la suite d\u2019une demande d\u2019extradition américaine, mine la position commerciale de l\u2019entreprise et son image dans l\u2019opinion publique.En plus, Ottawa tarde à se prononcer sur la participation de Huawei au développement du réseau sans fil de cinquième génération (5G) canadien.Pour tenter de renverser la vapeur, Huawei Canada a lancé une opération charme, avec publicité, lobbying et, surtout, l\u2019annonce lundi dernier de son soutien au déploiement, d\u2019ici 2025, de services haute vitesse sans fil dans au moins 70 communautés nordiques, dont 50 dans le Nord-du-Québec.Pour ces collectivités, c\u2019est évidemment une bonne nouvelle.Dans son rapport de l\u2019automne dernier sur la connectivité des régions rurales et éloignées, le vérificateur général soulignait qu\u2019en 2016, seulement 39 % des Canadiens de ces régions avaient accès à l\u2019Internet haute vitesse, soit 5,4 millions de personnes dépendantes d\u2019un service plus lent.Le Comité permanent de l\u2019industrie, des sciences et de la technologie déplorait aussi ce fossé numérique dans ses rapports du printemps 2018 et de juin dernier.Depuis des années, le gouvernement fédéral, le CRTC, les provinces et l\u2019entreprise privée promettent d\u2019y voir, mais malgré les demandes répétées de comités consultatif et parlementaire, Ottawa tarde à se doter d\u2019une stratégie digne de ce nom.Il a des programmes, a promis des investissements, dont environ 6 milliards sur 10 ans inscrits dans le dernier budget.Il s\u2019y fixe d\u2019ailleurs pour cible de connecter à des services haute vitesse 95 % des ménages canadiens d\u2019ici 2026 et 100 % d\u2019ici 2030.Mais dans sa réponse au comité parlementaire, il ne fait pas mention d\u2019une stratégie, préférant une approche dite englobante axée sur le marché et reposant sur des investissements privés et publics.L\u2019annonce de Huawei fait donc son affaire, puisqu\u2019elle contribue à l\u2019atteinte de ses objectifs.Elle est d\u2019autant plus utile que le vérificateur général avait conclu que la politique du ministère de l\u2019Innovation, des Sciences et de la Technologie était inefficace à la lumière des sommes engagées et en l\u2019absence d\u2019une vraie stratégie assurant une optimisation des dépenses publiques.Mais quel est l\u2019intérêt véritable de Huawei dans cette affaire ?Est-on face à une entreprise simplement désireuse d\u2019entrer dans les bonnes grâces des Canadiens ou à une compagnie qui exploite une faille canadienne pour faire d\u2019une pierre deux coups, c\u2019est-à-dire charmer d\u2019un côté et, de l\u2019autre, servir les intérêts du gouvernement chinois ?La question se pose, et Ottawa devrait être aux aguets avant de permettre à l\u2019entreprise chinoise une position quasi monopolistique dans des communautés trop petites pour attirer la concurrence en matière de technologie sans fil.La Chine a des visées sur l\u2019Arctique, comme le décrivait bien un reportage de Radio-Canada au printemps dernier.Le gouvernement chinois ne s\u2019en cache d\u2019ailleurs pas.En janvier 2018, il a publié un livre blanc décrivant ses ambitions d\u2019édification d\u2019une « route de la soie polaire » qui mise sur l\u2019ouverture des voies maritimes arctiques pour, entre autres, accéder aux ressources.Ses entrepreneurs sont déjà actifs dans l\u2019Arctique canadien et au Groenland.Des communautés inuit ont été approchées avec des propositions d\u2019investissements dans des infrastructures importantes.Huawei est une entreprise chinoise, soumise à la loi chinoise.La réponse musclée de Pékin à l\u2019arrestation en décembre dernier de Mme Weng démontre l\u2019importance stratégique de ce fleuron industriel pour les autorités chinoises.La détention arbitraire de deux Canadiens accusés faussement d\u2019espionnage et les représailles commerciales contre des produits agricoles d\u2019ici ne visent qu\u2019à forcer le Canada à refuser l\u2019extradition de cette femme qui fait face à des accusations de fraude aux États-Unis.Le vice-président des affaires commerciales de Huawei Canada, l\u2019ancien conseiller conservateur Alykhan Velshi, a déploré lundi dernier le traitement réservé aux deux Canadiens incarcérés et a insisté sur l\u2019indépendance de son entreprise.Malheureusement pour lui, ce n\u2019est pas au Canada qu\u2019il trouvera solution à ses problèmes ; la source de ses ennuis est à Pékin et pas ailleurs.Luc Rabouin Candidat à l\u2019investiture de Projet Montréal pour la mairie du Plateau-Mont-Royal Auteur du livre Démocratiser la ville J\u2019ai pris connaissance du texte « Pauvre Montréal » signé par Pierre Delorme le vendredi 26 juillet.Après relecture, il m\u2019apparaît s\u2019agir davantage d\u2019une opinion d\u2019un contribuable en colère qui utilise de manière démagogique l\u2019argument de la démocratie et de la justice sociale pour justifier sa demande de baisse d\u2019impôt foncier et de stationnements gratuits que d\u2019une opinion basée sur des faits et émise par un professeur honoraire spécialisé en études urbaines.La thèse du contribuable De- lorme expose que l\u2019administration de Projet Montréal, positionnée à gauche donc sensible au sort des personnes les moins favorisées de la société, prend des décisions autoritaires qui vont à l\u2019encontre des intérêts de ces personnes.Il cite les exemples de l\u2019impôt foncier, qui serait refilé aux locataires, et de la tarification du stationnement à Outremont.La préoccupation sociale et démocratique exprimée est fort légitime, et je la partage sans réserve.Toutefois, le texte passe volontairement, selon moi, à côté des véritables enjeux.[\u2026] Tout d\u2019abord, bien qu\u2019il soit vrai que l\u2019augmentation de l\u2019impôt foncier fait partie du calcul de l\u2019augmentation du loyer, son impact est marginal en comparaison des véritables causes de la flambée des loyers à Montréal : taux d\u2019inoccupation très bas, non-respect des règles de fixation des loyers établies par la Régie du logement, disparition de l\u2019offre de logements locatifs au profit des plateformes commerciales, manque d\u2019investissement public dans la construction et la rénovation de logements sociaux.À titre d\u2019exemple, comme propriétaire d\u2019un triplex sur le Plateau, selon la grille de calcul de la Régie du logement, qui prend en compte l\u2019inflation, l\u2019impôt foncier (municipal et scolaire) et les assurances, j\u2019ai augmenté le loyer de ma locataire de 9 $/mois.La proposition de règlement sur l\u2019inclusion déposée par l\u2019administration de Projet Montréal, la mise en place d\u2019une direction de l\u2019habitation et les objectifs de création de 6000 logements sociaux sont des engagements clairs qui auront un véritable impact sur les personnes les plus pauvres, bien plus qu\u2019une baisse de l\u2019impôt foncier réclamée par M.Delorme.Pour la tarification du stationnement, je trouve qu\u2019on y accorde Réplique à propos de la communauté anglophone Pour répondre à la lettre de Christopher Eustace publiée le 26 juillet 2019, « Impatient de faire partie de la tournée de consultation auprès des anglophones », il est aberrant de croire que la communauté de langue anglaise au Québec est d\u2019accord avec le plan du gouvernement de la Coalition avenir Québec pour, selon lui, « faire le ménage du réseau d\u2019instruction publique et y instaurer une vraie démocratie ».Contrairement à l\u2019opinion minoritaire de M.Eustace, les résultats d\u2019un sondage Léger Marketing mené auprès de Québécois d\u2019expression anglaise démontrent qu\u2019ils sont unis dans leur opposition aux centres de services que le gouvernement du Québec veut mettre en place et sont résolus à protéger leur droit constitutionnel à gérer et à contrôler leur système scolaire.Les répondants sont fermement résolus à protéger les droits de leur collectivité : 90 % d\u2019entre eux disent que leur droit à l\u2019instruction dans la langue de la minorité leur Le déséquilibre fiscal impossible dans lequel la Ville de Montréal et les autres municipalités se retrouvent LIBRE OPINION LETTRES HUAWEI Les limites du charme L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MANON CORNELLIER ne pense sûrement pas à l\u2019administration précédente, qui a imposé la Formule E, qui voulait investir notre argent dans le retour des Expos et qui a aboli les corporations de développement économique communautaire sans aucune consultation.Ni à la période précédente, marquée par la collusion et la corruption symbolisées par le scandale des compteurs d\u2019eau.Ni à l\u2019ère Bourque, qui a aboli toutes les instances de consultation et de participation publiques.Peut-être est-il nostalgique de la période où le RCM était au pouvoir (1986- 1994) ?On ne sait pas.En terminant, ce qui me dérange le plus dans le texte de M.De- lorme, c\u2019est qu\u2019il connaisse très bien la réalité budgétaire montréa- laise et celle des municipalités en général.Il connaît très bien la situation de déséquilibre fiscal impossible dans laquelle la Ville de Montréal et les municipalités se retrouvent et il n\u2019en dit rien.Comme si cette situation ne mettait pas une pression énorme sur l\u2019impôt foncier et la tarification des services municipaux.[\u2026] une importance démesurée, comme si c\u2019était un droit de la personne fondamental qui était bafoué.En 2019, il m\u2019apparaît plutôt raisonnable d\u2019envisager que les utilisateurs du domaine public assument une partie des coûts liés à l\u2019entretien des espaces de stationnement.De plus, les personnes les plus pauvres habitant dans les quartiers centraux se déplacent généralement à pied, à vélo et en transport en commun.Ces personnes ont besoin de meilleurs services de la STM et d\u2019aménagements sécuritaires pour leurs déplacements à pied et à vélo afin qu\u2019elles puissent participer pleinement aux nombreuses activités et accéder aux services gratuits.C\u2019est exactement ce que fait Projet Montréal.Sur la question démocratique, il affirme que « la ville ne semble plus appartenir aux Montréalais.Elle est devenue la propriété d\u2019une poignée d\u2019élus qui prennent des décisions comme bon leur semble sans consulter les citoyens ».Pour- rait-il nous indiquer à quelle période merveilleuse il se réfère ?Il Pour la tarification du stationnement, je trouve qu\u2019on y accorde une importance démesurée, comme si c\u2019était un droit de la personne fondamental qui était bafoué.En 2019, il m\u2019apparaît plutôt raisonnable d\u2019envisager que les utilisateurs du domaine public assument une partie des coûts liés à l\u2019entretien des espaces de stationnement.Il nous faut une économie écologique Jamais Le Devoir n\u2019a publié un meilleur article sur les changements climatiques que celui de Sonia Chénier publié le 24 juillet en A 7, intitulé « Greta Thunberg et l\u2019éveil populaire ».Les gouvernements ont sans doute été négligents ou n\u2019ont pas encore compris que l\u2019on ne peut pas faire face pleinement à la menace du changement de climat aussi longtemps que l\u2019on reste piégé dans le système économique actuel.Il nous faut une économie basée sur une attitude envers la Terre qui met en priorité la santé de l\u2019éco- sphère.La mise en place de cette économie demandera de nombreux changements, entre autres: la mise en place d\u2019un mécanisme pour la création de fonds sans intérêts pour les enjeux importants afin qu\u2019aucun profit ne puisse être généré pendant de nombreuses années.Jusqu\u2019à maintenant, aucun des changements requis pour établir une économie écologique n\u2019a été mis en place, en dépit des progrès très positifs au sein de certaines industries.Derek Paul, physicien, professeur émérite à l\u2019Université de Toronto Montréal, le 25 juillet 2019 est très important, et 87 % pensent que les commissions scolaires devraient demeurer indépendantes du gouvernement du Québec pour protéger ces droits.D\u2019autre part, en ce qui a trait aux élections, 84 % des répondants conviennent que la population en général devrait pouvoir voter lors des élections des commissions scolaires quand il s\u2019agit de protéger les droits des Québécois d\u2019expression anglaise et de contrôler et de gérer leurs établissements d\u2019enseignement.Nos commissions scolaires sont profondément enracinées dans notre communauté, où elles jouent un rôle crucial pour s\u2019assurer que nos écoles élémentaires et secondaires répondent efficacement aux besoins de notre collectivité.Cette attaque gratuite de la part de M.Eustace contre des leaders communautaires \u2014 qui, soit dit en passant, parlent pour bien plus de Québécois que lui \u2014 ne contribue en rien au débat sur l\u2019avenir de nos écoles.M.Eustace peut bien emboîter le pas à Jean-François Roberge, mais gardons-nous de l\u2019illusion qu\u2019il parle au nom d\u2019un grand nombre de Québécois d\u2019expression anglaise.Geoffrey Chambers, président du Quebec Community Groups Network Le 26 juillet 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 29 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Yves-Thomas Dorval Président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec Ce texte veut répondre au texte « Perspectives démographiques et dynamiques territoriales » publié le 25 juillet.La sortie de l\u2019édition 2019 des Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066 de l\u2019Institut de la statistique du Québec, le 11 juillet, a eu le grand mérite de renforcer les discussions sur la question du vieillissement démographique au Québec, avec ses conséquences sur la disponibilité de main-d\u2019œuvre et aussi sur la question de la vitalité des régions.Beaucoup d\u2019amalgames peuvent encore être faits aujourd\u2019hui, dont celui d\u2019attribuer au Conseil du patronat du Québec (CPQ) une proposition de « déménager les familles des municipalités dévitalisées vers les régions où il y a de l\u2019emploi, sous-entendant Montréal et Québec ».Laissons de côté cette question pour le moment puisque nous avons eu l\u2019occasion de nous exprimer amplement sur le sujet en 2015 et de préciser notre pensée en répétant que « les pouvoirs publics et les parties prenantes doivent travailler ensemble à la mise en place de solutions durables.Le niveau de vie et la qualité de vie des citoyens, peu importe la localité ou la communauté, dépendent de l\u2019activité économique ».Le CPQ a toujours été clair quant à l\u2019importance de mettre en priorité l\u2019action gouvernementale, et ce, de façon concertée, en fonction de l\u2019impact sur la création d\u2019emplois économiquement viables, sur l\u2019employabi- lité en région et sur l\u2019acquisition de nouvelles compétences pour occuper ces emplois.Il est donc nécessaire d\u2019avoir une approche globale et cohérente qui prend en compte l\u2019aménagement du territoire et les enjeux socioécono- miques et environnementaux partout dans la province.Ces propositions, que nous avons déjà formulées, demeurent toujours pertinentes, à côté d\u2019autres rendues nécessaires par les nouvelles réalités.Grands besoins Grand nombre d\u2019employeurs, dans différentes régions du Québec, font face à des besoins de main-d\u2019œuvre sans pré- cédent.Le Québec connaît une situation inédite de plein emploi, situation complètement différente d\u2019il y a 5 ans où les gouvernements accumulaient les déficits et où le marché du travail n\u2019arrivait pas à absorber le surplus de travailleuses et de travailleurs.Cette situation a des répercussions considérables sur notre prospérité économique.La vigueur du marché du travail est en hausse depuis 2016, caractérisée par le plus faible taux de chômage (autour de 5%) depuis que les statistiques sont compilées.Il y a actuellement 118 000 postes à pourvoir dans l\u2019ensemble du Québec.Il est à noter que le taux de postes vacants à Montréal est légèrement inférieur à la moyenne du Québec.Selon la Banque de développement du Canada, près de 40 % des petites et moyennes entreprises canadiennes peinent déjà à embaucher de nouveaux employés, et la situation ne fait qu\u2019empirer.Cette situation a comme conséquence de suspendre des projets d\u2019investissements, de les reporter à plus tard, de les réaliser ailleurs et de provoquer un ralentissement des ventes sans compter l\u2019impact sur les perspectives de croissance économique du Québec en général.La question est donc de savoir comment faire pour que les employeurs en région puissent combler leurs besoins en main-d\u2019œuvre.La réponse est évidemment multiple.Plusieurs réponses La préoccupation grandissante des questions environnementales, auxquelles s\u2019intéresse le CPQ, et particulièrement les problèmes engendrés par la question de la mobilité à Montréal et à Québec, incite à repenser notre croissance économique en matière de révolution numérique, de télétravail, à la quête d\u2019une meilleure qualité de vie qui motive la nouvelle génération et qui rend les régions plus attractives, notamment pour les jeunes familles.Le déploiement des infrastructures numériques en région joue un rôle essentiel.Différents organismes, dont le CPQ, ont développé différents services pour aider les employeurs à répondre à leurs besoins en main-d\u2019œuvre.C\u2019est d\u2019ailleurs en région, dans le Centre-du- Québec, que le CPQ a lancé un service RH le 8 juillet aux côtés du ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, M.Jean Boulet, et de partenaires du Centre-du-Québec.Parmi les autres pistes : le renforcement de la formation et du développement des compétences, l\u2019intégration de certaines clientèles sous-représentées comme les personnes avec des limitations fonctionnelles ou les personnes autochtones ; l\u2019incitation au prolongement de la vie active des travailleurs.Évidemment, un autre levier important consiste à miser sur l\u2019immigration pour donner un coup de pouce aux régions qui souffrent du vieillissement de leur population et leur insuffler un dynamisme nouveau.Des pistes pour combler les besoins de main-d\u2019œuvre en région Léonie Derome Avocate et auxiliaire de recherche à la Chaire de recherche du Canada en économie politique internationale de l\u2019Université Laval La semaine dernière, la ratification de l\u2019Accord économique et commercial global (AECG ou CETA en anglais) par les députés de l\u2019Assemblée nationale française a été précédée de débats houleux dans l\u2019Hexagone, portés par les interventions fort médiatisées de Nicolas Hulot et de Greta Thunberg.D\u2019abord, l\u2019ancien ministre français de la Transition écologique et solidaire enjoignait lundi aux élus de s\u2019opposer à la ratification de l\u2019accord liant le Canada à l\u2019Union européenne, dénonçant l\u2019absence d\u2019un « veto climatique » ainsi que la position canadienne sur l\u2019utilisation de certains pesticides.Le lendemain, jour du vote, la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg s\u2019adressait aux députés français pour attirer leur attention sur l\u2019urgence climatique, coïncidence de calendrier que certains militants s\u2019opposant à la ratification de l\u2019AECG n\u2019ont pas manqué de souligner.Mais l\u2019AECG omet-il réellement de dûment tenir compte de considérations environnementales, comme les débats entourant ces deux interventions pourraient le laisser croire ?La Chaire de recherche du Canada en économie politique internationale de l\u2019Université Laval procède depuis 2015 à l\u2019analyse d\u2019accords commerciaux afin d\u2019y étudier les engagements qui y sont pris par les États en matière de protection de l\u2019environnement.Ces engagements environnementaux sont d\u2019un large éventail et peuvent porter autant sur l\u2019élaboration d\u2019une réglementation environnementale nationale que sur la coopération entre les États sur des questions précises comme les changements climatiques, la biodiversité ou les énergies renouvelables.Au total, nous avons relevé près de 300 différents types d\u2019engagements environnementaux contractés par les États dans 735 accords de commerce conclus entre 1947 et aujourd\u2019hui.Parmi ceux-ci, l\u2019AECG s\u2019illustre dans le palmarès des 10 accords commerciaux présentant la plus grande diversité de dispositions environnementales depuis 1947.Il contient 126 différents types d\u2019engagements et traite donc d\u2019une large variété de sujets liés à l\u2019environnement.Par ailleurs, l\u2019AECG prévoit un nombre considérable de 380 références à l\u2019environnement, ce qui le place à la 13e position des accords abordant le plus fréquemment cette question.Sur le plan des changements climatiques, le Canada et l\u2019Union européenne s\u2019engagent notamment à favoriser le commerce des biens et services permettant de limiter la progression du réchauffement planétaire, tels que les énergies renouvelables et les technologies vertes.Les États parties conviennent également de collaborer au moyen de politiques et programmes nationaux contribuant à la mitigation et à l\u2019adaptation aux changements climatiques, y compris le marché du carbone ou tout autre moyen de promouvoir l\u2019efficacité énergétique et le développement de technologies à faibles émissions de carbone.L\u2019accord prévoit au surplus l\u2019échange d\u2019information et de résultats de recherche sur les technologies de réduction des émissions par les automobiles et sur les véhicules électriques.Soulignons par ailleurs la présence de nombreux autres engagements, notamment en matière de gestion des déchets ménagers ainsi que de conservation des forêts, des ressources piscicoles et de l\u2019eau.Sur ce dernier point, l\u2019AECG prévoit même une disposition inédite, qui exclut l\u2019eau dans son état naturel du spectre du libre- échange en stipulant que l\u2019eau des lacs, rivières et fleuves ne constitue pas une marchandise ni un produit soumis aux obligations de libéralisation du commerce.L\u2019AECG s\u2019inscrit ainsi dans la tendance globale de multiplication des engagements environnementaux dans les accords de commerce.Au Canada, les trois accords commerciaux majeurs conclus par le gouvernement Trudeau depuis son arrivée au pouvoir en 2015 ne font pas exception : en plus de l\u2019AECG, il convient de souligner l\u2019Accord Canada\u2013États-Unis\u2013Mexique (ACEUM), qui se classe au sommet du palmarès des accords contenant la plus grande diversité de dispositions environnementales depuis 1947.L\u2019Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), conclu avec dix pays de la région Asie-Pacifique, fait également figure de pionnier sur le plan du nombre de références à l\u2019environnement, avec près de 900 mentions à ce sujet.Ainsi, une analyse comparative dans l\u2019historique des accords commerciaux permet difficilement de conclure que l\u2019environnement est insuffisamment pris en considération par le gouvernement canadien actuel lors de la négociation de traités de libre-échange.Évidemment, la présence de dispositions environnementales dans un accord de commerce ne saurait être interprétée en soi comme une garantie infaillible de leur efficacité, de leur mise en œuvre ou encore de la concrétisation d\u2019effets positifs sur la qualité de l\u2019environnement.L\u2019analyse se fait également sans tenir compte d\u2019un débat bien plus large sur les effets du libre-échange lui-même sur l\u2019environnement.Ceci étant dit, il demeure qu\u2019il serait erroné de percevoir l\u2019AECG comme étant un accord faisant fi des défis environnementaux auxquels nous nous heurtons actuellement, et ce, malgré ce que les propos de certains militants peuvent laisser entendre.ENVIRONNEMENT Les critiques de l\u2019accord Canada-Europe justifiées ?LANGUE FRANÇAISE Sortir du parisianisme I l est très rare que je fasse de l\u2019annonce, mais voici : l\u2019Observatoire de la langue française (OLF) lance un appel de projets afin d\u2019étudier les variétés de français dans divers pays africains et formuler des propositions pour une « gouvernance concertée ».J\u2019en parle sans biaiser parce que cette étude correspond au grand thème de cette chronique depuis son origine, il y a cinq ans.Je devrais aussi dire : enfin.Car cet appel de projets, qui émane d\u2019un organisme aussi important, marque une évolution considérable dans la manière dont on imagine la langue.Il est plus que temps que la langue française sorte d\u2019une conception littéraire héritée du XIXe siècle pour la mettre au diapason des connaissances en linguistique du 3e millénaire et la conformer à son profil réel de langue internationale.Il faut en finir avec le « parisianisme ».C\u2019est une évidence trop longtemps niée : dans une langue internationale parlée par 300 millions de locuteurs dans 50 pays, la variance est aussi naturelle au français qu\u2019elle l\u2019est pour l\u2019espagnol ou l\u2019anglais.En fait, les Québécois avec leur joual ne sont pas « tout seuls de leur gang », comme on dit.Même si les Africains instruits ont tendance à être ultrapu- ristes, on observe dans presque tous les pays francophones africains des variantes locales très fortes aussi distinctes du parler parisien que le joual, le chiac, le verlan et les dialectes bruxellois.Il n\u2019est pas ici question de dire que le nouchi, un argot populaire de Côte d\u2019Ivoire, ou le camfranglais du Cameroun deviennent la norme du français ivoirien ou camerounais.Pas plus que le joual ou le chiac ne constituent la norme québécoise ou néo-brunswickoise.Mais il faut en même temps reconnaître que ces usages oraux participent d\u2019un génie propre qui influence la norme locale, qui diverge forcément.Il faut donc pouvoir faire un portrait de la situation : décrire les usages locaux, évaluer leur influence et déterminer leur importance symbolique (ce que les sociolinguistes appellent la « représentation »).« On aimerait regrouper une équipe qui réunirait des linguistes, des sociolinguistes, des didacticiens et des spécialistes des politiques linguistiques », dit Alexandre Wolff, directeur général de l\u2019OLF, avec qui je me suis entretenu.L\u2019OLF ne veut absolument pas réinventer la roue.La première tâche des chercheurs sera de produire une bibliographie commentée des travaux réalisés.La recherche visera également à faire un inventaire des variétés existantes, mais aussi à décrire comment les usages locaux sont valorisés ou dévalorisés par l\u2019école.Le rapport devra également faire des propositions en vue d\u2019une gestion concertée des corpus.Ce dernier point signifie que l\u2019OLF envisage qu\u2019on en arrivera, dans 15, 25 ou 35 ans à une forme de dictionnaire ou de « collège des académies », pour reprendre l\u2019expression du président Emmanuel Macron.En 2016, lors d\u2019un colloque à Québec, j\u2019avais assisté notamment aux présentations d\u2019Adeline Simo-Souop, de l\u2019Université de Buéa, au Cameroun, et de Yannick Bosquet- Ballah, de l\u2019Université de Maurice.Manifestement, il y a du travail linguistique très solide qui se fait dans les universités africaines.Il s\u2019agit désormais de faire évoluer ces études vers une description plus poussée des usages locaux et de leur valorisation, officielle ou semi-officielle.« On ne s\u2019attend pas nécessairement à des conclusions définitives en quelques mois.L\u2019essentiel, pour nous, est d\u2019avancer dans nos réflexions », dit Alexandre Wolff.Car l\u2019OLF a relevé plusieurs freins à l\u2019expansion du français, qui va bon train.Le sous-investissement en éducation en est un, mais la dévalorisation des parlers locaux en est un autre.« L\u2019OLF a un excellent programme appelé ELAN, qui vise à favoriser l\u2019enseignement du français par la prise en compte des langues nationales, dit-il.Mais on commence à réaliser qu\u2019il faudrait aussi tenir compte des variétés locales de français.» Ce dont il est question ici, c\u2019est la diglossie.Cette notion essentielle de sociolinguistique décrit deux systèmes linguistiques concurrents jouissant de statuts divers.Il peut s\u2019agir de deux langues (anglais / français), mais aussi de deux dialectes (parisien / québécois).Si la domination de l\u2019un devient trop écrasante, elle peut produire un rejet massif.Cas extrême : en Louisiane, en 1968, l\u2019embauche massive d\u2019enseignants de français étrangers peu familiarisés avec le parler louisianais avait accéléré l\u2019assimilation des écoliers à l\u2019anglais.Plusieurs nouveaux membres du comité scientifique de l\u2019OLF, dont Koia Jean-Martial Kouamé, de l\u2019Université Fé- lix-Houphouët-Boigny à Abidjan, sont très conscients des enjeux.Dans la dernière édition de La langue française dans le monde (Gallimard 2019), ce dernier faisait valoir qu\u2019une meilleure prise en compte des variétés locales permettrait sans doute un enseignement plus efficace du français.« Il est très important, disait-il, que la Francophonie analyse et intègre ces évolutions.» Et comme on le dirait en nouchi, il faut que ça se fasse chap chap.L\u2019AECG s\u2019illustre dans le palmarès des 10 accords commerciaux présentant la plus grande diversité de dispositions environnementales depuis 1947 JEAN-BENOÎT NADEAU C\u2019est une évidence trop longtemps niée : dans une langue internationale parlée par 300 millions de locuteurs dans 50 pays, la variance est aussi naturelle au français qu\u2019elle l\u2019est pour l\u2019espagnol ou l\u2019anglais LEDEVOIR // LE LUNDI 29 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.En prévision du 125eanniversaire de la création du parc national des Laurentides, à l\u2019origine de l\u2019actuelle réserve faunique du même nom, Le Devoir est parti à la découverte des anciens sentiers entre Québec et le Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean.Avec le guide Louis Lefebvre, nous avons marché dans les pas des Autochtones et de la première touriste d\u2019aventure, MmeDavenport, parcouru l\u2019emplacement d\u2019un ancien camp de prisonniers allemands et gravi le mont Apica, sur lequel une station radar était posée durant la guerre froide.Récit.Troisième partie de quatre.DAVE NOËL MARCO BÉLAIR-CIRINO DANS LA RÉSERVE FAUNIQUE DES LAURENTIDES LE DEVOIR Sur les sentiers de la guerre Des vestiges d\u2019un camp de prisonniers allemands et d\u2019une station radar subsistent HISTOIRE DE BOIS Wôôôôô, on est en train de passer tout droit!» lance Louis Lefebvre en freinant brusquement.«Le camp de prisonniers allemands, selon mes souvenirs, serait dans ce genre de zone, en repousse.Faudrait savoir où exactement, c\u2019est ça le problème», ajoute-t-il, tout en immobilisant son Jeep Trailhawk à un jet de pierre du lac Fradette.Le récréologue à la retraite scrute l\u2019horizon au-dessus d\u2019un mur d\u2019épinettes.Pas facile de retrouver en plein été les vestiges des anciens baraquements qu\u2019il a aperçus lors d\u2019une expédition de ski de fond 30 ans plus tôt.D\u2019autant plus que le secteur entourant le plan d\u2019eau \u2014 sis à une quinzaine de kilomètres, à vol d\u2019oiseau, à l\u2019est de la route 175 \u2014 a été le théâtre de coupes récentes de la part de compagnies forestières.Louis Lefebvre a appris l\u2019existence de vestiges d\u2019un camp de prisonniers des années 1940 de la bouche d\u2019anciens bûche- rons qu\u2019il a connus alors qu\u2019il était le responsable des activités de plein air dans le parc des Laurentides.«Pour ces mes- sieurs-là, j\u2019étais le petit jeune un peu bizarre qui allait faire du vélo sur la 175.» C\u2019est sur la base des informations recueillies auprès d\u2019eux que M.Lefebvre se dirige en ski de fond vers le lac Fra- dette durant l\u2019hiver 1984.Il y découvre 15 bâtiments intacts alignés sur trois rangées.«C\u2019était un choc parce que c\u2019était des baraquements de planches en déclin, en longueur.C\u2019était une architecture que je n\u2019avais jamais vue dans le parc.Ce n\u2019était pas des rondins.» Le Hollandais L\u2019existence d\u2019un camp de prisonniers de la Seconde Guerre mondiale ne fait pas de doute pour Louis Lefebvre.D\u2019autant plus qu\u2019il a côtoyé l\u2019un des anciens captifs allemands\u2026 un Hollandais.« Il n\u2019était pas très jasant», se rappelle le ré- créologue à la retraite, appuyé sur ses bâtons de marcheur.«Mais on voyait qu\u2019il avait un accent germanique.C\u2019était un petit monsieur avec des lunettes, un peu baraqué.Il m\u2019avait juste dit qu\u2019il avait été enrôlé de force dans l\u2019armée allemande.» M.Lefebvre le soupçonne d\u2019avoir fait partie de l\u2019équipage du célèbre cuirassé Bismarck qui a sombré dans l\u2019Atlantique Nord en 1941.Remis en liberté à la fin du conflit, l\u2019ancien conscrit décide de rester dans le parc des Laurentides.« Quand il a été libéré, il n\u2019a pas vu l\u2019intérêt de retourner en Hollande.Parce que sa famille était complètement disparue.Lui, il avait pris goût à la forêt.Il a réussi à se faire engager par le gouvernement comme travailleur manuel.» Plus de 35 000 soldats allemands ont été incarcérés au Canada entre 1940 et 1947.Le camp du lac Fradette n\u2019est que l\u2019un des nombreux lieux où les captifs pouvaient gagner un peu d\u2019argent en bûchant pour des compagnies comme l\u2019Anglo Canadian Pulp and Paper Mills.Les épinettes faisaient office de barbelés pour ces hommes perdus au milieu des bois.Toutefois, aucune trace de l\u2019ancien camp à l\u2019approche du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.Les baraquements aperçus en 1984 étaient-ils un mirage ?« Moi, je les ai très bien vus [\u2026].Il s\u2019agirait d\u2019aller marcher dans la zone de repousse, si ça Immobilisés aux abords du lac Fradette, nous tentons de localiser le camp de prisonniers allemands avec l\u2019aide du récré- ologue à la retraite Louis Lefebvre (à gauche).PHOTOS MARCO BÉLAIR- CIRINO LE DEVOIR En haut : de la station radar du mont Apica, mise en service en 1952, ne subsiste qu\u2019un bâtiment carré en tôle sur lequel sont accrochées des antennes.En bas : vue depuis le sommet de la montagne, à 882 m d\u2019altitude.vous tente.» Peine perdue pour Le Devoir.La zone pointée par M.Lefebvre est recouverte d\u2019un tapis de mousse imbibée d\u2019eau.« Notre journée se compte en minutes, on a beaucoup de choses au programme », lance Louis Lefebvre en redémarrant le moteur de son véhicule arborant des écussons « Trail Rated ».« Si jamais je vais trop vite ou que vous avez mal au cœur, vous me le dites ! » Échos de radars Retour sur le chemin des Poteaux des années 1870, où des bouts de rondins bien affûtés affleurent sous le gravier.Le fonctionnaire à la retraite nous dépose aux Portes de l\u2019enfer, une vallée qui aboutit au pied du mont Apica.Ici se trouvait l\u2019une des stations radars de la ligne CADIN-Pinetree assurant la surveillance des cieux en prévision d\u2019une hypothétique Troisième Guerre mondiale.L\u2019endroit, datant de la guerre froide, n\u2019intéresse guère notre guide, qui préfère les vestiges plus anciens.Le Devoir entreprend donc seul l\u2019ascension des cinq kilomètres du sentier crevassé de la montagne, qui culmine à une altitude de 882 mètres.Détecter, identifier, intercepter, neutraliser : les militaires qui y étaient postés durant la guerre froide avaient pour tâches de repérer tout appareil non identifié dans l\u2019espace aérien canadien, puis d\u2019alerter leurs confrères de la base de Bagotville afin que ceux-ci interceptent les intrus à bord de leurs avions de chasse Voodoo.Les militaires de Bagotville ont l\u2019autorisation d\u2019ouvrir le feu au moindre signe d\u2019hostilité de la part de l\u2019appareil qu\u2019ils escortent tout au long de son identification.Après l\u2019établissement du Commandement de la défense aérospatiale de l\u2019Amérique du Nord, la station radar du mont Apica apparaît comme un maillon indispensable du système de défense aérienne contre les bombardiers soviétiques qui survoleraient nécessairement le Canada avant de larguer leurs bombes sur des cibles américaines.Les militaires du parc des Laurentides pouvaient détecter des fusées ennemies perçant le ciel dans un rayon de près de 5000 kilomètres.La station radar est mise en service en 1952 alors que Staline dirige l\u2019URSS d\u2019une main de fer.La construction du complexe au cœur de la forêt québécoise est un tour de force, notamment parce que la route du parc des Lauren- tides n\u2019était toujours pas pavée sur toute sa longueur.La forêt est défrichée.La vallée est dynamitée.Il ne reste toutefois plus rien des imposantes coupoles couvrant les antennes radar, posées sur des bâtiments de béton sans fenêtre jusqu\u2019à l\u2019effondrement de l\u2019Union soviétique.Ne subsiste qu\u2019un bâtiment carré en tôle sur lequel sont accrochées des antennes.On y retrouve également le belvédère d\u2019un relais de motoneige, duquel on aperçoit au loin des parcs éoliens.L\u2019historienne Russel-Aurore Bou- chard a pu visiter la base peu de temps après sa fermeture, en 1990.« Tout était là, il y avait même les miradors, avec des poches de sable.Pour moi, ça a été une révélation.C\u2019était un lieu d\u2019observation avec peut-être un ou deux francs-tireurs en cas d\u2019attaque.» La spécialiste des armes à feu regrette que le gouvernement fédéral ait démantelé le site.Celui-ci aurait pu devenir un attrait touristique pour la région du Sa- guenay\u2013Lac-Saint-Jean.« On détruit tout, tout ce qui est la mémoire.» Un village s\u2019était formé en contrebas du mont Apica.Il comptait 450 habitants en 1959.« Il y avait un beau restaurant typique des années 1950, une piscine, une glace de curling, un théâtre\u2026 C\u2019était très bien organisé », fait remarque MmeBouchard.Le village né de la guerre froide a lui aussi été rasé.« 35 000 C\u2019est le nombre de soldats allemands qui auraient été incarcérés au Canada entre 1940 et 1947."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.