Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2019-07-31, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" La parité reste une fiction au cinéma Téléfilm Canada et la SODEC manquent d\u2019ambition, déplore un regroupement de réalisatrices JÉRÔME DELGADO LE DEVOIR INDEX Avis légaux.B4 Carrières.B5 Culture.B7 Décès .A4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 MONDE Les poursuites se multiplient contre Bayer aux États-Unis ACTUALITÉS L\u2019agronome Louis Robert réintègre son poste A 5 ACTUALITÉS Agriculture, un monde en mutation A 8 ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR VOL DE DONNÉES Capital One devra rendre des comptes, dit Morneau Mardi matin avait lieu la 15e édition du Grand Splash, un événement annuel lors duquel des citoyens, le temps d\u2019une baignade, réclament un meilleur accès aux berges de l\u2019île de Montréal.Des élus, dont la ministre provinciale responsable de la région métropolitaine, Chantal Rouleau, se sont joints à eux.Une analyse précédant la trempette a indiqué que la qualité de l\u2019eau était « excellente ».La baignade est normalement interdite dans les eaux du Vieux-Port de Montréal.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR À l\u2019eau tout le monde ! MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) veulent obtenir le soutien du gouvernement Legault pour leur controversé projet de dépotoir nucléaire sur le site de la centrale de Chalk River, en Ontario.L\u2019emplacement choisi pour entreposer les déchets radioactifs est situé à environ un kilomètre de la rivière des Outaouais, CHALK RIVER L\u2019appui de Québec sollicité pour un dépotoir nucléaire une source d\u2019eau potable pour de nombreuses villes québécoises, dont celles du Grand Montréal.L\u2019entreprise \u2014 dirigée par un consortium formé des firmes SNC-Lavalin, Jacobs et Fluor \u2014 a renouvelé en juillet son inscription au Registre des lob- byistes pour « informer le gouvernement du Québec du projet de gestion des déchets nucléaires à Chalk River afin de réduire [s]es inquiétudes et de s\u2019assurer d\u2019obtenir [son] appui politique dans le cadre du processus d\u2019approbation mené par la Commission sécurité nucléaire canadienne (sic).» Les LNC s\u2019étaient inscrits au registre en mai 2018.Depuis, deux rencontres ont eu lieu en novembre et en février avec des fonctionnaires du ministère de l\u2019Environnement, des membres de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) qui est chargée de faire l\u2019évaluation environnementale du projet et des représentants des LNC.Aucune rencontre n\u2019a encore eu lieu avec l\u2019entourage du premier ministre, VOL.CX NO 170 / LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ ISTOCK arité de façade ?Pas encore, mais le danger plane sur le milieu du cinéma.Selon Réalisatrices équitables (RE), les organismes subventionnaires abusent en prétendant que 50 % des œuvres financées sont réalisées par des femmes.« La parité dans le soutien financier n\u2019est pas encore atteinte, que ce soit dit, lit-on dans le communiqué du groupe qui représente 250 réalisatrices professionnelles.[Nous sommes] préoccupée[s] par la manière dont les institutions choisissent de présenter leurs résultats, utilisant des formules qui alimentent l\u2019illusion que la parité est pratiquement chose faite.» RE déplore le ton de Téléfilm Canada et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et leur habitude à mettre réalisatrices et scénaristes dans le même panier.L\u2019organisme québécois note aussi leur tendance à se satisfaire de la zone dite paritaire, qui débute à 40 %.Confrontés par Le Devoir, Téléfilm et la SODEC donnent raison à RE.Rien n\u2019est gagné, reconnaît-on du côté des sociétés parapubliques.« Ce qu\u2019on a P VOIR PAGE A 4 : PARITÉ Bill Morneau Ottawa entend faire toute la lumière sur le piratage des données personnelles de 6 millions de Canadiens détenteurs de cartes de crédit Capital One.«Nous sommes très préoccupés par la brèche inacceptable à Capital One, a déclaré mardi, sur le réseau social Twitter, le ministre des Finances, Bill Morneau.J\u2019ai demandé au [Bureau du surintendant des institutions financières] de mener une enquête et de veiller à ce que les mesures appropriées soient prises», a-t- il ajouté, précisant qu\u2019on avait aussi mis son collègue à la Sécurité publique, Ralf Goodale, sur le coup.La déclaration faisait suite à l\u2019annonce, en début de soirée lundi, selon laquelle 100 millions d\u2019Américains et 6 millions de Canadiens, tous détenteurs de cartes de crédit de Capital One Financial, avaient été victimes d\u2019un vol de données dont la responsable présumée venait tout juste d\u2019être arrêtée.Fournisseur au Canada notamment des cartes de crédit MasterCard des chaînes de magasins de Costco et La Compagnie de la Baie d\u2019Hudson, Capital One gardait ses données chez la compagnie Amazon, où la pirate informatique présumée, Paige Thompson, 33 ans, avait déjà travaillé.Les données compromises sont les noms, adresses, codes postaux, numéros de téléphone, les courriels, les dates de naissance, les revenus et, pour un million de Canadiens, les numéros d\u2019assurance sociale.«Je suis sincèrement désolé des préoccupations tout à fait compréhensibles que cet incident peut occasionner aux personnes touchées et je suis fermement engagé à prendre les bonnes mesures», a déclaré le président et chef de la direction de l\u2019institution financière américaine, Richard Fairbank.«Selon l\u2019analyse que nous avons effectuée à ce jour, nous estimons qu\u2019il est peu probable que l\u2019individu ait utilisé les VOIR PAGE A 4 : DÉPOTOIR VOIR PAGE A 2 : CAPITAL ONE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 JOANNA SMITH À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Ottawa a dépensé 17,7 millions en publicité ce printemps mois de l\u2019exercice financier fédéral ont augmenté de près de 21 %, comparativement à la même période en 2018.Le gouvernement fédéral avait jusqu\u2019au 30 juin pour effectuer ses dépenses publicitaires en vertu des nouvelles règles mises en place par les libéraux afin d\u2019imposer un moratoire sur la publicité gouvernementale jusqu\u2019à ce que les votes soient comptés.Les Canadiens peuvent plutôt s\u2019attendre à une vague de publicités politiques cet automne, lorsque les partis se disputeront leur vote par le biais de promesses et d\u2019attaques partisanes diffusées sur les écrans de télévision et les médias sociaux.À première vue, les données des dépenses peuvent suggérer que les libéraux ont intensifié leurs campagnes de sensibilisation en pleine année électorale, afin que les Canadiens soient au courant de tout, allant des crédits d\u2019impôt aux services offerts aux aînés.Mais un porte-parole de la présidente du Conseil du Trésor, Joyce Murray, a noté que ce montant était inférieur aux 56,2 millions de dollars dépensés par les conservateurs pour la même période avant les élections de 2015.Au bout du compte, toutefois, le gouvernement conservateur sortant et le nouveau gouvernement libéral avaient consacré 42,2 millions de dollars en publicité au total en 2015-2016.« Alors que le gouvernement conservateur précédent utilisait la publicité gouvernementale à des fins politiques, Les résultats des examens, publiés en ligne, suggèrent que l\u2019industrie a demandé et reçu des modifications de publicités.Ce printemps, par exemple, l\u2019examen a mis en avant une publicité imprimée et radiophonique pour le nouveau crédit d\u2019impôt relatif au climat pour les résidents de la Saskatchewan, du Manitoba, de l\u2019Ontario et du Nouveau- Brunswick, parce qu\u2019elle affirmait que cette mesure rendait « une économie plus propre plus abordable pour tous ».Cela, dit l\u2019examen « n\u2019est pas une déclaration neutre ».Le libellé a été modifié avant la publication ou la diffusion de la publicité.Néanmoins, un rapport du vérificateur général publié ce printemps indiquait que les fonds publics pourraient encore finir par soutenir la publicité partisane en raison de contrôles insuffisants.L\u2019organe de surveillance a souligné que seule une publicité gouvernementale de plus de 500 000 $ devait être examinée par un organisme indépendant, ce qui augmentait le risque de partialité dans les campagnes de moindre envergure, en particulier depuis que la publicité numérique est devenue moins coûteuse.En mai, Mme Murray a déclaré que les fonctionnaires du Conseil du Trésor examineraient le seuil de dépenses à partir duquel une révision était requise et examineraient les moyens de mieux évaluer les risques associés à la publicité sur les médias sociaux.nous fournissons aux Canadiens les informations dont ils ont besoin de manière responsable et non partisane », a écrit Farees Nathoo, porte-parole de Mme Murray, dans un courriel.Il a soutenu que cela s\u2019était traduit par des totaux annuels inférieurs.Le chiffre total pour l\u2019exercice 2018- 2019 n\u2019est pas encore disponible, mais le gouvernement fédéral a consacré 39,2 millions de dollars à la publicité en 2017-2018.Le chiffre annuel pour 2014- 2015, qui est le dernier exercice financier complet au pouvoir des conservateurs, a été de 68,7 millions de dollars.Publicité partisane Les libéraux ont fait campagne en 2015 en promettant d\u2019interdire la publicité gouvernementale partisane, après des années où les conservateurs ont été critiqués pour avoir apposé le logo de leur parti sur des chèques surdimensionnés ou avoir injecté une dose de bleu dans les publicités de projets d\u2019infrastructure et d\u2019autres programmes.Les libéraux ont dit qu\u2019ils nommeraient un commissaire à la publicité qui aiderait le vérificateur général à surveiller la publicité gouvernementale et à s\u2019assurer que les messages ne s\u2019égarent pas en territoire de partisanerie.Ils ont finalement délégué cette responsabilité à un tiers, demandant aux Normes de la publicité, un organisme d\u2019autoréglementation du secteur, d\u2019examiner toutes les campagnes publicitaires coûtant plus de 500 000 $.Le coût pour l\u2019entreprise CAPITAL ONE SUITE DE LA PAGE A 1 renseignements à des fins frauduleuses ou qu\u2019il les ait disséminés, a dit de sa pirate Capital One dans un communiqué.Cependant, nous poursuivons notre enquête.» Une fois que des données ont été sorties des canaux sécurisés, n\u2019importe quel partage est possible, a toutefois observé David Masson, directeur de la sécurité d\u2019entreprise pour la firme de cybersécurité Darktrace.« Si ces informations se sont trouvées ailleurs, il est maintenant possible pour quelqu\u2019un d\u2019autre d\u2019utiliser exactement les mêmes informations pour obtenir une carte de crédit, un compte bancaire, un prêt, une hypothèque, un instrument financier.» Toutes les personnes touchées par la fuite d\u2019information chez Capital One « seront informées de la situation de différentes façons », a indiqué la compagnie qui met en garde ses clients contre les appels téléphoniques et les courriels d\u2019arnaqueurs.Les personnes concernées se verront offrir gratuitement des services de surveillance de leur crédit et une assurance couvrant les coûts d\u2019un éventuel vol d\u2019identité.Capital One n\u2019est pas la seule, mais a été l\u2019une des premières institutions financières aux États-Unis à avoir choisi de confier la garde de ses données à une firme spécialisée extérieure (info- nuagique).L\u2019annonce, mardi, de sa faille de sécurité a provoqué un important remous dans plusieurs institutions financières où l\u2019on était pressé de comprendre ce qui était allé de travers, a rapporté le Wall Street Journal.« Cependant, je ne crois pas que cela change leur intention d\u2019aller vers l\u2019in- fonuagique », y observait un expert.Le problème, dans le cas de Capital Les mesures d\u2019aide aux victimes du vol de données personnelles pourraient coûter 150 millions à Capital One.JOHANNES EISELE AGENCE FRANCE-PRESSE Des données publiées récemment montrent que le gouvernement fédéral a dépensé près de 17,7 millions de dollars en campagnes de sensibilisation auprès du public entre avril et juin, juste avant le moratoire sur la publicité gouvernementale dans la période précédant la campagne de l\u2019automne.Les dépenses en publicités gouvernementales au cours des trois premiers One, comme dans de nombreuses autres affaires, semble moins tenir au fait de garder ou non les données à l\u2019intérieur des murs physiques de l\u2019entreprise qu\u2019au fait que la pirate venait de l\u2019intérieur de la compagnie, explique Anne-Sophie Letellier, chargée de cours à l\u2019Université du Québec à Mont- r é a l e t m e m b r e d e l \u2019 O B N L Crypto.Québec.« Ce genre d\u2019événement va fatalement se multiplier, pré- vient-elle.Mais cela aiderait si on se demandait plus souvent, comme entreprise et comme individu, si l\u2019on a besoin de demander et de donner toutes ces informations personnelles.» Capital One, Equifax, Desjardins\u2026 Capital One estime que ses mesures d\u2019aide aux victimes pourraient lui coû- ter jusqu\u2019à 150 millions et refuse de discuter des possibles amendes qui pourraient lui être infligées, a rapporté mardi le Wall Street Journal.La semaine dernière, la firme américaine d\u2019évaluation de crédit Equifax a convenu avec les autorités américaines de verser environ 175 millions en amendes et jusqu\u2019à 500 millions en frais d\u2019assurances et autres dédommagements à ses 147 millions de clients victimes en 2017 du vol de leurs données personnelles.Au Canada, où la fuite de données a fait 19 000 victimes et où les règles en la matière sont beaucoup moins sévères, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada n\u2019a pu obtenir mieux que l\u2019engagement de la compagnie à se prêter, tous les deux ans, à un examen de ses mesures de sécurité.Toutefois, cela n\u2019a pas empêché le ministre Morneau de montrer les dents sur Twitter, mardi, faisant valoir que Capital One devra rendre des comptes à un régime canadien de protection de la vie privée qu\u2019il qualifie de renforcé.« Tout manquement à se conformer pourrait entraîner des pénalités importantes.» Jusque-là, le record de la plus importante fuite de données personnelles pour une institution financière au Canada était détenu, depuis peu, par le Mouvement Desjardins.La coopérative financière a révélé, en juin, le vol des noms, des adresses, des dates de naissance et, parfois même, des numéros d\u2019assurance sociale d\u2019environ 2,7 millions de membres et 173 000 entreprises.Après avoir d\u2019abord offert aux victimes une assurance en cas de vol d\u2019identité ainsi que les services de surveillance du crédit d\u2019Equifax pour une année, puis pour cinq ans, Desjardins a annoncé qu\u2019il assurerait lui- même tous ces services et pour l\u2019ensemble de ses membres.« Les banques se contenteront toujours de faire le strict minimum de ce qu\u2019exigent les autorités financières et la réglementation à ce chapitre est minimale », dit Steve Waterhouse, chargé de cours en sécurité de l\u2019information à l\u2019Université de Sherbrooke.Si Desjardins en a fait plus, c\u2019est en raison de son rapport particulier à sa clientèle et de son importance au Québec.» Avec La Presse canadienne MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La fuite de donnée chez Capital One est préoccupante, mais elle ne remet pas en question la privatisation des centres de données du gouvernement québécois dont est responsable le ministre Éric Caire.« C\u2019est sûr que c\u2019est inquiétant de voir de grandes organisations comme ça être dans une telle situation, mais je pense que ça nous force collectivement à comprendre à quel point la cybersé- curité est un enjeu important », a-t-il affirmé en entrevue au Devoir.Le gouvernement Legault prévoit de stocker 80 % des informations de ses centres de données dans des serveurs du secteur privé.Les 20 % de données considérées comme très critiques, par exemple la liste des délateurs de la Sûreté du Québec, demeureront dans des serveurs appartenant à l\u2019État.Un responsable de la cybersécurité vient d\u2019être embauché pour s\u2019assurer que ces renseignements seront protégés adéquatement.Mais qu\u2019en est-il du reste des informations que les Québécois fourniront au gouvernement ?«Je ne peux pas garantir aux Québécois le risque zéro, ça, c\u2019est vrai, et il n\u2019y a aucune organisation qui pourrait le garantir, a-t-il reconnu.Par contre, ce qu\u2019on peut garantir, c\u2019est qu\u2019on peut mettre en place des processus, des façons de faire, des applications qui vont rendre ça tellement complexe que ça va être assez rare.» Il envisage l\u2019usage de cartes à puce et de données biométriques.M.Caire croit que la consolidation des centres de données permettra de rehausser leur sécurité puisqu\u2019ils seront beaucoup moins nombreux.Le gouvernement croyait initialement qu\u2019il en possédait 457, mais il s\u2019est ré- Québec compte toujours privatiser ses données cemment rendu compte que ce chiffre était plutôt de 550 ! « Ça veut dire qu\u2019on avait une centaine de centres qui n\u2019étaient même pas répertoriés », a constaté le ministre.Difficile dans une telle situation de savoir s\u2019il y a des intrusions malveillantes, selon lui.«Si toutes tes choses sont dispersées, tu n\u2019es pas capable de voir s\u2019il y a un mouvement qui n\u2019a pas d\u2019allure», a-t-il résumé.Le gouvernement devra donc s\u2019assurer que les entreprises auxquelles les contrats pour l\u2019infonuagique seront accordés aient des processus de détection et d\u2019intervention rapide en cas d\u2019intrusion.Je ne peux pas garantir aux Québécois le risque zéro ÉRIC CAIRE » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 CATHERINE GIROUARD Collaboration spéciale LE DEVOIR Karim* choisit un endroit à l\u2019ombre, un peu à l\u2019écart de l\u2019action du parc Émilie- Gamelin.Il fait beau et chaud.Une dizaine de personnes dansent devant la petite scène animée par un groupe de musiciens.Le Village sera encore plus festif dans quelques jours, quand le festival Fierté Montréal célébrera la communauté LGBTQ+.Mais Karim n\u2019a pas du tout le cœur à la fête.Menacé de mort dans son pays d\u2019origine en raison de son orientation sexuelle, le Guinéen qui a demandé l\u2019asile au Canada en 2016 risque la déportation samedi prochain pour une deuxième fois depuis son arrivée à Montréal.On ne croit pas son histoire de bisexualité, jugée frauduleuse, car trop similaire à trois autres cas passés.Et cela malgré les nombreuses preuves à son dossier transmises au Devoir.« Je me sens comme si j\u2019attendais le jour de ma mort », raconte Karim dans un français coloré par son dialecte guinéen.Rencontré lundi dernier, alors qu\u2019il venait d\u2019assister en silence à l\u2019ultime plaidoyer de son avocat pour sa cause, le trentenaire ne peut maintenant qu\u2019attendre que le verdict tombe, comptant les jours « avant d\u2019être envoyé à la boucherie » si la Cour fédérale n\u2019infirme pas la décision.Même si la déportation est prévue pour le 3 août, il doit quitter son loyer et son emploi dès jeudi, preuves à l\u2019appui.« Je ne souhaiterais même pas ma situation à mon pire ennemi », dit-il.Cette attente et la peur qui l\u2019accompagne, Karim les connaissait déjà.Après avoir essuyé un premier refus en 2017 à sa demande d\u2019asile, il voit sa requête de révision être aussi rejetée.Karim évite alors la déportation in extremis en novembre 2017, à quelques heures de son départ, grâce à la médiatisation de son histoire et à l\u2019intervention directe de Ahmed Hussen, le ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté qui en aura découlé.On lui accorde alors un permis de séjour temporaire de six mois.« J\u2019ai écrit une lettre au ministre Hus- sen après cela, pour le remercier de m\u2019avoir sauvé la vie », raconte Karim, encore reconnaissant.Mais l\u2019Agence des services frontaliers du Canada refuse ensuite de prolonger son permis.Sa demande de résidence permanente pour considération d\u2019ordre humanitaire est aussi refusée, et sa deuxième date de déportation est fixée à samedi prochain.Contactée par Le Devoir, l\u2019Agence des services frontaliers refuse de commenter le cas particulier de Karim.Elle indique cependant qu'« une personne visée par une mesure de renvoi du Canada a droit à l\u2019application régulière de la loi et peut dès lors en appeler devant différentes instances judiciaires.Le renvoi ne sera fait qu\u2019après épuisement de tous les recours prévus dans la loi.Une fois qu\u2019une personne a épuisé tous ses recours légaux, elle est tenue de respecter les lois du Canada et de quitter le pays, ou d\u2019être renvoyée.» Un asile non désiré S\u2019il tremble à l\u2019idée de retourner dans son pays, Karim n\u2019avait pourtant jamais désiré le quitter.Ni même envisagé la possibilité de vivre au Canada.À 27 ans, il avait son propre commerce dans son pays, gagnait bien sa vie.Il vivait avec sa femme et leurs IMMIGRATION Un sentiment « d\u2019attendre le jour de sa mort » Un réfugié guinéen sera déporté samedi si la Cour fédérale rejette une autre fois sa demande de sursis deux filles.Leur plus vieille fréquentait la petite école.Il en était fier.Impliqué et connu dans sa communauté, il militait au sein d\u2019un parti politique d\u2019opposition.« J\u2019avais une belle vie là- bas », dit-il.Jusqu\u2019à ce que la police frappe à sa porte avec un mandat d\u2019arrêt contre lui et contre son ancien amant.On avait découvert et dénoncé sa bisexualité.Dans ce pays de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, l\u2019homosexualité est considérée comme criminelle et passible de prison.Les homosexuels sont persécutés, lynchés.Sauf sa femme qui savait, l\u2019aimait et continue à l\u2019aimer, tout le monde renie alors Karim.Sa famille, ses amis, son parti politique.On le menace, on le persécute.Il fuit en catastrophe sans choisir où il ira pour sauver sa vie et celle de sa femme et de ses filles, qui se cachent depuis ce temps.« Ma plus jeune fille avait trois mois quand je suis parti, raconte Karim en fixant son regard quelque part au loin.Maintenant, elle a trois ans et elle ne me reconnaît plus.» Des larmes coulent sur ses joues.« Ce n\u2019est pas de ma faute si je suis bisexuel, continue-t-il.Je suis comme ça, je ne l\u2019ai pas choisi.Je ne suis pas un criminel.Ici, je peux sortir, je n\u2019ai pas à en avoir honte, mais là-bas\u2026 » Là-bas, son orientation sexuelle a été utilisée pour décrédibiliser son parti politique lors de la dernière campagne électorale.On l\u2019accusait dans les journaux, on brandissait sa photo dans des manifestations, on criait à sa mort.On a attaqué la maison de celui qui l\u2019a aidé LA PRESSE CANADIENNE Walmart Canada annonce mardi la mise sur pied d\u2019un nouveau programme à l\u2019intention des personnes présentant un trouble du développement, notamment en offrant des rémunérations à des stagiaires.L\u2019initiative est présentée une quinzaine de mois après que le détaillant ait mis fin à son programme d\u2019embauche de personnes handicapées.Walmart offrira des stages rémunérés ou non aux personnes handicapées La décision avait soulevé un tollé et, quelques jours après que des employés handicapés aient été mis à pied, Walmart avait fait marche arrière en annonçant leur réembauche.Réembauche Devant la catastrophe de relations publiques qui se dessinait, le géant du détail avait ajouté qu\u2019il travaillerait à trouver de nouveaux arrangements qui offriraient du soutien aux participants, ajoutant qu\u2019ils pourraient inclure la possibilité d\u2019embaucher directement ces personnes handicapées.Le programme dont il est question mardi prévoit, pour tous les participants actuels, une occasion de stage rémunérée ou une occasion de stage bénévole, avec possibilité de renouveler le contrat.Ces options seront possibles avec l\u2019appui des écoles, des établissements de soins de santé et de services so- à quitter le pays.On cherche sa femme, à qui on veut enlever les enfants.Celle- ci a dû déménager trois fois depuis le départ de Karim pour qu\u2019on ne les trouve pas, et ses filles ne vont plus à l\u2019école.« Nos jours sont comptés si on me renvoie là-bas », affirme-t-il.Un dossier solide ?Tous ces éléments ont été présentés dans le dossier de requête de Karim, avec de nombreuses preuves à l\u2019appui.Article d\u2019un journal guinéen au sujet de son homosexualité, photos de manifestations où on brandit la photo de Ka- rim, photo de l\u2019arrestation de son ex- amant, mandats d\u2019arrêt contre lui, son amant et la personne qui l\u2019a aidé à quitter le pays, lettre de sa femme qui l\u2019implore de ne jamais revenir pour la sécurité et l\u2019amour de sa famille, rapports médicaux, lettres d\u2019appui par dizaines\u2026 Malgré toutes ces preuves, il a été jusqu\u2019à maintenant impossible de faire changer la décision prise par le premier agent d\u2019immigration dans cette demande.Ce que déplore son avocat, Me Stewart Istvanffy, spécialisé en droit de l\u2019immigration.« Cette décision va à l\u2019encontre de la Charte des droits et libertés, argue-t-il.Au lieu de regarder leurs pratiques discriminatoires ou de dire qu\u2019ils se sont trompés dans leur premier jugement, ils s\u2019enfoncent dans leur folie.On protège le système au lieu de protéger les droits.» « Souvent, les personnes LGBTQ+ qui demandent l\u2019asile n\u2019ont pas beaucoup de preuves à fournir, car ils vivent cachés toute leur vie, fait valoir Me- ryem Benslimane, administratrice à AGIR (Action LGBTQ avec les immigrant.es et les réfugié.es).Mais dans le cas de Karim, il y a plusieurs preuves.On ne comprend pas pourquoi un dossier aussi solide est refusé.On se base toujours sur la décision initiale, c\u2019est de l\u2019acharnement.» Les cas de bisexuels sont très difficiles à gérer dans le système de demandes d\u2019asile, précise Mme Benslimane.« Malheureusement, les histoires comme celle de Karim arrivent trop souvent, affirme-t-elle.Ils ne sont pas crus parce qu\u2019ils ne correspondent pas aux stéréotypes du gai ou de la lesbienne, comme lorsqu\u2019ils ont une famille et des enfants comme Karim.» Si la décision de la cour fédérale attendue cette semaine est négative, seule une intervention du ministre, comme ce fut le cas en novembre 2017, pourrait faire stopper sa déportation samedi.« Je n\u2019ai plus de dignité » D\u2019ici là, Karim attend.S\u2019il n\u2019accepte de ne témoigner que sous un pseudonyme, c\u2019est pour protéger sa famille.« Je n\u2019ai plus peur pour moi, dit-il.Je n\u2019ai plus de dignité, je l\u2019ai perdue là- bas, tout le monde me déteste.Mais j\u2019ai peur pour ma femme et mes enfants.» De Montréal, Karim continue à prendre soin d\u2019eux autant qu\u2019il peut.Travaillant 40 heures par semaine pour le même employeur depuis 2017, il envoie régulièrement de l\u2019argent pour payer le loyer et la nourriture de sa femme et de ses filles, qui dépendent entièrement de lui financièrement.« Qui s\u2019occupera d\u2019elles si on me renvoie là-bas ?», de- mande-t-il les lèvres tremblantes.« Je veux respecter la loi, conclut Ka- rim.Si on me dit de m\u2019en aller, je m\u2019en irai.Tout ce que je demande, c\u2019est la protection, pour pouvoir rester en vie et m\u2019occuper de mes enfants.» *nom fictif Menacé de mort en Guinée en raison de son orientation sexuelle, Karim a demandé l\u2019asile au Canada en 2016.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ciaux et des organismes à but non lucratif qui s\u2019occupent de ces personnes handicapées.Contrat renouvelable Les nouveaux participants se joignant au programme en remplacement de participants actuels se verront offrir une occasion de stage rémunérée avec un contrat renouvelable.Dans les cas de stages bénévoles avec un contrat, celui- ci pourra être renouvelé une fois, pour un maximum de deux ans, permettant ainsi à ces nouveaux participants d\u2019acquérir de nouvelles compétences.Josée Monette, vice-présidente, Ressources humaines, chez Walmart Canada, croit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un programme bonifié mieux adapté à la réalité des personnes ayant un trouble du développement afin de leur offrir un environnement d\u2019intégration sociale.Ce n\u2019est pas de ma faute si je suis bisexuel.Je suis comme ça, je ne l\u2019ai pas choisi.Je ne suis pas un criminel.KARIM » LEDEVOIR // LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Importation illégale de déchets PHNOM PENH \u2014 Une entreprise cambodgienne qui avait importé illégalement environ 80 conteneurs de déchets de plastique en provenance des États-Unis et du Canada a été condamnée à une amende de près de 260 000$ US.L\u2019entreprise fera face par ailleurs à des accusations criminelles si les déchets ne sont pas renvoyés dans leurs pays d\u2019origine avant le 24 août, a indiqué en conférence de presse mardi le directeur général du service des douanes et accises du Cambodge, Kun Nhim.Les déchets avaient été importés par l\u2019entreprise Chungyuen Plastic Manufacture de septembre 2018 à ce mois-ci, dans 27 expéditions distinctes.M.Nhim a ajouté que l\u2019entreprise avait promis de retourner dans les délais les déchets qui se trouvent actuellement au port de Siha- noukville, dans le golfe de Thaïlande.Associated Press La chasse aux cyberpédophiles La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a signé de nouvelles ententes avec les autorités des Philippines pour protéger les enfants contre l\u2019exploitation sexuelle et identifier et traduire en justice les agresseurs.La GRC veut notamment épingler les Canadiens, qui sont nombreux à participer à cette industrie.Les Philippines sont considérées par l\u2019Unicef, comme «l\u2019épicentre de la pédopornographie diffusée en direct», mais le Canada est l\u2019un des pays «qui contribuent beaucoup à ce fléau» selon la spécialiste de la question à la GRC, la surintendante en chef Marie- Claude Arsenault.En 2018, le Centre national de coordination contre l\u2019exploitation des enfants (CNCEE) a reçu 61 174 plaintes relativement à des infractions d\u2019exploitation sexuelle sur Internet qui impliquaient des Canadiens.La Presse canadienne Des urgences achalandées La fréquentation des salles d\u2019urgence du Québec cet été semble normale ou élevée dans presque toutes les régions du Québec, sauf en Montérégie et sur l\u2019île de Montréal où plusieurs établissements affichent un taux d\u2019occupation très élevé.Le plus récent bilan affiché mardi par Index Santé révèle que dix hôpitaux de Montréal sont aux prises avec un taux d\u2019occupation de l\u2019urgence supérieure à 100 %.Les pires pourcentages sont constatés à l\u2019Hôpital général juif, à l\u2019Hôpital Royal Victoria, à l\u2019Hôpital de Verdun et au Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM).En Monté- régie, les taux d\u2019occupation sont très élevés dans quatre des huit hôpitaux.Dans les régions des Laurentides et de Lanaudière, la fréquentation se situe largement au-delà du 100 % dans trois hôpitaux.La Presse canadienne SEA SEAKLANG ASSOCIATED PRESS Le projet suscite une vive opposition depuis des années DÉPOTOIR SUITE DE LA PAGE A 1 François Legault, et celui du ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette, selon leurs attachés de presse respectifs.Le nouveau gouvernement ca- quiste se garde pour l\u2019instant de prendre position.« On va laisser le ministère faire son travail qui va à son tour laisser le fédéral faire son travail », a indiqué l\u2019attaché de presse du ministre Charette, Louis-Julien Dufresne.Cette façon de faire n\u2019étonne pas le journaliste à la retraite Gilles Provost, membre du Ralliement contre la pollution radioactive, qui a longuement étudié la documentation soumise à la CCSN.« Le gouvernement du Québec est le plus vigilant concernant le projet », a-t-il affirmé en faisant la comparaison avec l\u2019Ontario.Cette surveillance provient toutefois davantage des fonctionnaires que des élus qui semblent, selon lui, « avoir la volonté de ne pas s\u2019en mêler ».Les ministres de l\u2019Environnement du gouvernement libéral précédent, David Heurtel et Isabelle Melançon, s\u2019étaient gardés de critiquer le projet même s\u2019ils le jugeaient préoccupant.Le ministre Heurtel avait toutefois demandé que les audiences publiques dans le cadre de l\u2019évaluation environnementale aient lieu au Québec pour permettre aux citoyens touchés de se prononcer.Faible radioactivité L\u2019installation, qui serait construite pour gérer un million de mètres cubes de déchets nucléaires durant au moins 50 ans, suscite une vive opposition depuis quelques années.Les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal avaient adopté une résolution à l\u2019unanimité en avril 2018 pour s\u2019opposer au projet qui pourrait menacer leur approvisionnement en eau potable, en cas de fuite.La Ville de Laval avait fait parvenir une lettre à la CCSN en septembre 2017 pour exiger l\u2019ajout de conditions afin d\u2019« assurer la sécurité des populations riveraines de la rivière des Outaouais et ses tributaires.» Plus récemment, des manifes- Des pratiques et des expressions trompeuses PARITÉ SUITE DE LA PAGE A 1 atteint, comme le dit Johanne Larue, directrice générale de la SODEC, c\u2019est la porte d\u2019entrée ».Un tiers vaut la moitié Réalisatrices équitables sonne l\u2019alarme une semaine après le dévoilement par Téléfilm du financement de « douze longs métrages de langue française ».On y retrouve les projets de cinq réalisatrices (Caroline Monnet, Miryam Bouchard, Anaïs Barbeau-Lavalette, Sophie Dupuis, Louise Archambault) et d\u2019un duo réalisateur-femme scénariste (Ivan Grbovic-Sara Mishara).Le communiqué du 24 juillet affirme que « la moitié des projets sont réalisés ou scénarisés par des femmes ».« On ne dit pas que l\u2019information est fausse, ou que les institutions ne font pas leur travail.Seulement, crier à la parité-chose-faite nous inquiète », signale la réalisatrice Anik Salas, qui reconnaît les progrès obtenus sur la question du financement public.L\u2019exemple de Téléfilm est révélateur d\u2019une pratique trompeuse, selon la présidente de RE : 42 % des films retenus (5 sur 12) sont réalisés par des femmes ; en ajoutant Les oiseaux ivres, écrit par Mishara, on atteint 50 %.« Avec les mêmes données compilées de la même manière, [on] aurait pu écrire : Téléfilm Canada finance la production de douze longs métrages dont 68 % sont réalisés ou scénarisés par des hommes », synthétise le communiqué de RE.Le calcul tient compte de sept projets réalisés par des hommes, plus un scénarisé par un homme \u2014 celui réalisé par Miryam Bouchard.L\u2019organisme militant rappelle que la SODEC s\u2019appuyait sur une attitude similaire en 2018, en considérant qu\u2019un tiers de films de femmes représentait « près de la moitié des projets retenus ».RE exige que les « presque », « quasi » et autres formulations semblables ne soient plus associés au mot parité.Transparence et exactitude « Le communiqué [du 24 juillet] avait pour objectif de faire connaître les résultats de nos dernières décisions en matière de financement, commente par courriel Christa Dickenson, directrice générale de Téléfilm.Il n\u2019y avait et n\u2019y a aucune intention d\u2019induire en erreur.Nous comprenons qu\u2019il a été interprété autrement.» L\u2019institution fédérale annoncera jeudi les projets retenus pour l\u2019année 2018- 2019, qui refléteront « la présence de la parité ».Christa Dickenson a refusé de répondre à nos questions, mais écrit qu\u2019il lui est « important de communiquer les progressions notables ».« Les défis existent et nous continuerons de travailler ardemment pour atteindre la parité », affirme-t-elle.La transparence affichée par Mme Dickenson correspond à ce que RE réclame : un portrait exact de la réalité.« Œuvres de femmes ?À quel titre ?Si elle est scénarisée par une femme et réalisée par un homme, est-ce qu\u2019on parle encore d\u2019une œuvre de femme ?» Oui, répond la SODEC.« Quand on compte un film de femme scénariste, je m\u2019excuse, mais ça compte comme un film de femme.Une femme qui scé- narise arrive avec sa sensibilité et a un impact sur la diversité de la cinématographie », juge Johanne Larue, qui se base sur cette perception pour considérer qu\u2019en cinéma de fiction la parité a progressé.Le nombre de projets déposés par les femmes a augmenté depuis que la SO- DEC a instauré en 2017 la règle du « 1+1 » \u2014 un incitatif pour les boîtes de production à soumettre deux projets, « à condition que l\u2019un soit scénarisé ou réalisé par une femme ».Anik Salas est d\u2019avis que ce type de mesures est positif.Or, le nombre de films financés n\u2019est qu\u2019une partie du problème.Il faut aussi tenir compte des budgets, qui « sont loin d\u2019être paritaires », pèse-t-elle.« Les femmes, en fiction, sont bien représentées dans les enveloppes à petits budgets, comme Talents en vue [l\u2019ancien Programme de production à microbudget de Téléfilm].» Selon les chiffres compilés par RE, dans l\u2019année 2017-2018 de Téléfilm, seulement 28 % des 73 millions de dollars répartis parmi les longs métrages de fiction sont allés à des réalisatrices.Parité de façade, alors ?« Je crois qu\u2019il y a une réelle volonté [d\u2019atteindre la parité].Ce n\u2019est pas une parité de façade.La façade, elle est dans la volonté de l\u2019annoncer tout de suite, alors qu\u2019on n\u2019est pas rendu là », insiste Anik Salas.Les femmes, en fiction, sont bien représentées dans les enveloppes à petits budgets ANIK SALAS » L\u2019entrée du laboratoire de Chalk River sur lequel on veut implanter un dépotoir de déchets nucléaires SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE tants québécois et ontariens se sont rassemblés dans des embarcations sur la rivière des Outaouais pour faire part une nouvelle fois de leur objection.À la lumière des commentaires reçus du public, les LNC ont abandonné à l\u2019automne 2017 l\u2019idée d\u2019entreposer des déchets nucléaires de moyenne activité et se concentreront sur les déchets à faible activité radioactive.Le dépotoir comprendrait une membrane de deux mètres d\u2019épaisseur pour éviter les fuites et une usine de traitement des eaux usées.Des sols et des matériaux contaminés par la radioactivité depuis des décennies et qui se trouvent déjà à proximité de la rivière des Outaouais y seraient entreposés.Les LNC prévoient également de disposer de déchets qui seront produits au cours des dix prochaines années par le déclassement d\u2019une centaine d\u2019édifices pour le renouvellement de ses laboratoires de Chalk River.Le budget de cette importante revitalisation des lieux s\u2019élève à 800 millions de dollars.L\u2019évaluation du projet par la CCSN a débuté en 2016 et se rapproche lentement des dernières étapes.La documentation finale devra être soumise par son promoteur lors de la prochaine phase, mais aucune date d\u2019échéance n\u2019a encore été fixée.Lors d\u2019une étape précédente, le ministère québécois de l\u2019Environnement avait soumis une série de questions et de commentaires auxquels il a partiellement obtenu des réponses, lors des rencontres avec la CCSN et les LNC.Il attend la conclusion de l\u2019évaluation environnementale pour obtenir le reste des informations demandées.Le ministère voulait connaître, à propos des conséquences potentielles du dépotoir nucléaire, son risque environnemental et pour la rivière des Outaouais et les mesures d\u2019atténuation proposées.Il remettait également en question l\u2019emplacement choisi.Au moment d\u2019écrire ces lignes, les LNC n\u2019avaient pas donné suite à la demande d\u2019entrevue du Devoir. LEDEVOIR // LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 5 UGO GIGUÈRE LA PRESSE CANADIENNE Les militants écologistes qui luttent contre le changement climatique veulent augmenter la pression sur les gouvernements qu\u2019ils accusent d\u2019inaction face à l\u2019urgence mondiale décriée par les scientifiques de la planète.La prochaine étape pourrait bien être la désobéissance civile et un expert estime que leur argument est de plus en plus solide.Le 13 juillet dernier, 25 militants associés au groupe Extinction Rébellion Québec ont été volontairement arrêtés, sans aucune résistance, au terme d\u2019une occupation de la rue Sherbrooke, au centre-ville de Montréal, qui aura duré près de cinq heures.Il pourrait s\u2019agir du premier exemple d\u2019une nouvelle tendance alors que l\u2019organisation internationale Extinction Rébellion, qui s\u2019identifie par les initiales « XR », prône carrément la désobéissance civile dans ses campagnes de mobilisation.Rencontrée lors de la manifestation, l\u2019initiatrice de la branche québécoise du mouvement fondé au Royaume- Uni, Elza Kephart, soulignait que « de grands mouvements de désobéissance civile ont fait changer la société radicalement ».Elle faisait notamment référence au mouvement pour les droits civils des Afro-Américains ainsi qu\u2019aux suffragettes, qui réclamaient le droit de vote des femmes.« On est rendu à un tel point où seulement un changement radical de notre système peut sauver l\u2019humanité de l\u2019extinction.Ce n\u2019est pas mon imagination, mais la science qui le dit», déclarait-elle.Mouvement mondial Tout récemment, du 15 au 19 juillet, XR a tenu une semaine de désobéissance civile dans plusieurs villes du Royaume- Uni.Ses militants ont notamment bloqué des routes, érigé des campements sur des ponts et interrompu des chantiers de construction sans jamais avoir recours à la violence.Les villes de Londres, Bristol, Leeds et Cardiff, en Angleterre, ainsi que Glasgow, en Écosse, ont fait l\u2019objet de cette opération de « perturbation pacifique des activités quotidiennes », comme le résume l\u2019organisation qui a pris la peine d\u2019offrir ses excuses à la population pour les désagréments occasionnés.Dans le même ton, quelques minutes avant le début de la manifestation du 13 juillet à Montréal, le formateur en ENVIRONNEMENT La désobéissance civile devient nécessaire, selon des écologistes Créé au Royaume-Uni, le mouvement Extinction Rébellion prend une ampleur mondiale désobéissance civile chez XR Québec, François Léger-Boyer, tenait à insister sur l\u2019aspect « civisme » de la démarche.« Dans l\u2019expression \u201cdésobéissance civile\u201d, il y a le mot \u201ccivil\u201d, donc il faut le faire avec civisme.C\u2019est sûr que le mot \u201cdésobéissance\u201d prend toute la place, mais, dans le fond, on désobéit seulement quand le gouvernement n\u2019assure pas la dignité, la sécurité ou la survie des générations futures », s\u2019est-il défendu.Des médias internationaux rapportent d\u2019autres activités du genre à New York, à Paris, à Bordeaux et à Santiago.Le Guardian de Londres a recensé des actions militantes de XR au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Colombie, au Ghana, en Inde, en Australie, en Afrique du Sud et en Belgique.Utiliser la justice Au Royaume-Uni, où XR prend ses racines, certains militants arrêtés et traduits en justice ont voulu profiter de leur comparution devant le juge pour faire entendre leurs revendications et faire valoir ce que les juristes appellent une défense de nécessité en s\u2019appuyant sur les preuves scientifiques de l\u2019urgence climatique.Du côté de la branche québécoise, l\u2019organisation créée en janvier dernier affirme ne pas avoir déterminé de stratégie en ce sens et surtout ne pas avoir les ressources financières pour entreprendre ce genre de débat judiciaire très onéreux.Pour la coordonnatrice du comité juridique d\u2019Extinction Rébellion Québec, Me May Chiu, la décision de convenir d\u2019une stratégie de défense revient à chacune des personnes accusées et à leur avocat.Pour le moment, l\u2019organisme a choisi de se mobiliser pour faciliter la libération rapide des militants et pour minimiser les conséquences de leur arrestation.« Tout ce que je peux vous dire, c\u2019est que l\u2019on va fournir la meilleure défense possible à ces gens », a commenté Me Chiu.Dès l\u2019arrestation de ses manifestants, XR Québec leur a offert du soutien en leur fournissant une liste d\u2019avocats favorables aux mouvements progressistes.Ceux qui en ont les moyens vont s\u2019acquitter eux-mêmes du coût de leur défense.Toutes les personnes arrêtées au terme de l\u2019occupation du 13 juillet ont été libérées sous promesse de comparaître à une date ultérieure.Pour le moment, elles sont toutes accusées d\u2019entrave au travail des policiers.Les comparutions devant le juge sont prévues à la fin du mois de septembre.De plus en plus justifiable La défense de nécessité liée à un geste de désobéissance civile représente tout un défi.Selon le professeur à la faculté de droit de l\u2019Université de Montréal Hugo Tremblay, spécialisé en ressources naturelles et environnement, elle n\u2019aurait jamais été accueillie par un verdict favorable dans une cause écologiste au Canada.Le professeur Tremblay explique que cette défense est applicable en matière de droit pénal et criminel et qu\u2019elle permet de démontrer que, lorsqu\u2019on se trouve dans une situation de nécessité, on peut déroger à la loi, ou violer certaines normes juridiques, afin d\u2019éviter un mal plus grand que celui que l\u2019on choisit de causer.Celui-ci croit que des groupes militants écologistes pourraient avoir une cause défendable en ce sens.« L\u2019état du droit actuellement, dans la société occidentale et au Canada en particulier, est que l\u2019on peut détruire l\u2019environnement et en arriver de manière tout à fait légale à un écosystème invivable.Face à ce constat-là, oui, on peut s\u2019attendre à ce que des groupes de protection de l\u2019environnement en viennent à utiliser des moyens de résistance qui les mènent à poser des gestes illégaux auxquels ils pourraient opposer une défense de nécessité », observe l\u2019universitaire.Extinction Rébellion Québec a déjà annoncé qu\u2019elle participerait à la semaine de grève contre le changement climatique, du 22 au 27 septembre prochain, puis à la semaine d\u2019action organisée par leurs collègues du Royaume- Uni, le 7 octobre prochain.Vingt-cinq militants associés au groupe Extinction Rébellion Québec ont occupé une partie de la rue Sherbrooke, à Montréal, le 13 juillet dernier.JACQUES NADEAU LE DEVOIR On est rendu à un tel point où seulement un changement radical de notre système peut sauver l\u2019humanité de l\u2019extinction.Ce n\u2019est pas mon imagination, mais la science qui le dit.ELZA KEPHART » MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Louis Robert réintégrera son poste au ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec (MAPAQ).Joint par Le Devoir en fin de soirée mardi, l\u2019agronome a confirmé la nouvelle sans vouloir faire davantage de commentaires.Une source gouvernementale a toutefois indiqué qu\u2019il recommencera à travailler le 6 août au bureau de Saint- Hyacinthe, comme il l\u2019avait demandé.Une entente confidentielle pour recouvrer le salaire perdu depuis son congédiement a été conclue avec le gouvernement.M.Robert avait été congédié en janvier après 32 ans de service pour avoir transmis un document confidentiel à des journalistes et avoir contrevenu à ses obligations de discrétion.Il avait dénoncé ce qu\u2019il considère comme de l\u2019ingérence des compagnies du secteur privé dans la recherche publique sur l\u2019utilisation des pesticides.Le premier ministre, François Le- gault, avait promis que l\u2019agronome réintégrerait ses anciennes fonctions dans la foulée d\u2019un rapport accablant de la Protectrice du citoyen.Celle-ci avait conclu que le MAPAQ avait commis une violation de confidentialité majeure en dévoilant à plusieurs reprises l\u2019identité de l\u2019agronome, allant même jusqu\u2019à fournir le nom de M.Robert au ministère chargé d\u2019enquêter sur une fuite dans les médias.En mars 2018, en s\u2019appuyant notamment sur la note interne du MAPAQ transmise par M.Robert, Le Devoir et Radio-Canada révélaient que des problèmes d\u2019ingérence entachaient le Centre de recherche sur les grains, financé majoritairement par des sources publiques.La composition du conseil d\u2019administration était critiquée dans le document interne : une majorité de sièges étaient détenus par des organisations « qui ont des intérêts, déclarés publiquement, divergents de l\u2019intérêt public ».En outre, plusieurs chercheurs avaient indiqué subir des pressions les poussant à taire les résultats de leurs travaux sur les pesticides néonicotinoïdes.Dès le congédiement de Louis Robert, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ ) avait vigoureusement appuyé son membre dans sa tentative de récupérer son poste.Début mars, le SPGQ avait déposé un grief pour son membre contre le ministre de l\u2019Agriculture lui-même, André Lamontagne, à qui on reprochait d\u2019avoir dissimulé les réelles raisons du limogeage.Avec Alexis Riopel Louis Robert réintègre son poste L\u2019agronome avait été congédié par Québec après avoir dénoncé l\u2019ingérence du privé dans la recherche M.Robert avait été congédié en janvier après 32 ans de service pour avoir transmis un document confidentiel à des journalistes et avoir contrevenu à ses obligations de discrétion LEDEVOIR // LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin epuis la commission Charbonneau, les méthodes de collecte de fonds des partis politiques sont sous la loupe, surtout quand chefs et ministres y sont étroitement associés ou quand il est question d\u2019imposer des objectifs de financement aux élus.Samedi dernier, un reportage du Journal de Montréal a bien fait craindre l\u2019arrivée des pratiques contestées à Ottawa.L\u2019histoire, qui a semé un certain émoi, portait sur la décision du Parti libéral du Canada (PLC) d\u2019exiger de ses députés sortants d\u2019avoir dans leur cagnotte électorale au moins la moitié des fonds permis par la loi pour financer leur campagne locale, l\u2019automne prochain.Ceux incapables de respecter ces objectifs oscillant entre 50 000 $ et 64 000 $ pourraient faire face à une course à l\u2019investiture.Faut-il voir là une nouvelle version du financement sectoriel pratiqué par le Parti libéral du Québec sous Jean Charest et en vertu duquel les ministres devaient récolter 100 000 $ pour leur parti ?Cette façon de faire, qui supposait qu\u2019un ministre sollicite, directement ou non, les clients de son ministère, a été dénoncée par la commission pour son manque d\u2019éthique et les risques de corruption.L\u2019approche du PLC, expliquée sur son site Internet depuis plus d\u2019un an, est d\u2019un autre ordre.Avoir des cibles locales de financement est une pratique courante au sein des partis à l\u2019approche des élections, même si, à part le PLC et le Bloc québécois, ils ne le reconnaissent pas.Par ailleurs, les députés libéraux peuvent avoir amassé les fonds sur plusieurs années, ces derniers étant réservés à l\u2019association locale pour la campagne du candidat, ministre ou pas.Pas un sou n\u2019est destiné à l\u2019organisation centrale.Les ministres n\u2019ont aucune cible de financement à atteindre au profit de la campagne nationale.Les objectifs libéraux ont attiré l\u2019attention parce que le gouvernement Trudeau a fait face à des allégations de financement sectoriel en début de mandat.Cela a commencé quand la ministre de la Justice d\u2019alors, Jody Wil- son-Raybould, a accepté de participer à un cocktail de financement en avril 2016 dans les bureaux torontois d\u2019une grande firme d\u2019avocats.En octobre 2016, on apprenait que le ministre des Finances, Bill Morneau, avait assisté à des événements du genre avec des gens d\u2019affaires.Le premier ministre Justin Trudeau a finalement provoqué un tollé en participant à des réceptions privées, dont une qui a fait beaucoup de bruit organisée à la résidence d\u2019un membre influent de la communauté chinoise.Attaqué de toutes parts, le gouvernement a modifié la loi et les nouvelles règles, présentées au printemps 2017, sont entrées en vigueur en janvier de cette année.En vertu de cette loi, les partis doivent afficher sur le site d\u2019Élections Canada les événements de financement à venir auxquels participent les chefs, les ministres ou les candidats à la direction et publier ensuite un rapport identifiant les personnes présentes et précisant le prix d\u2019entrée.Pris à partie, le PLC a voulu laver plus blanc que blanc.D\u2019avril 2017 à janvier dernier, il a publié sur son site les informations exigées par la loi.Depuis janvier, seulement le Parti conservateur (PCC), le Parti populaire et le PLC ont affiché des événements sur le site d\u2019Élections Canada pour l\u2019année 2019.Le PLC en a tenu plus que tout le monde, mais aucun dans des résidences privées, ses activités étant maintenant toujours ouvertes aux médias.Il n\u2019a malheureusement pas cru bon d\u2019inscrire cette exigence dans la loi, ce qui permet aux autres partis de continuer de tenir des événements à huis clos et au PLC, s\u2019il le souhaite, de revenir en arrière.La nature privée de telles activités est problématique, en plus d\u2019accentuer l\u2019impression de copinage.En matière de financement politique, la plus grande transparence doit être la règle, d\u2019autant plus quand les contributions politiques permises sont élevées.Cette année, une personne peut donner jusqu\u2019à 1600 $ à un parti fédéral et autant à une association locale.Le prix d\u2019entrée des activités de financement n\u2019est pas toujours aussi élevé, mais dans bien des cas, seuls quelques privilégiés, souvent intéressés, peuvent se permettre de se frotter aux décideurs.À moins de trois mois des élections, tous les partis devraient s\u2019engager à l\u2019avenir à tenir toutes leurs activités de financement au grand jour et, au lendemain du scrutin, à inscrire cette exigence dans la loi.Jean-Louis Bourque Politologue, Québec La victoire possible de Justin Trudeau aux prochaines élections fédérales du mois d\u2019octobre 2019 rend le Bloc québécois, que l\u2019on croyait mort et enterré, plus nécessaire que jamais.Le Parti libéral de Justin Trudeau, dont le mandat arrive maintenant à terme, n\u2019a été qu\u2019une succession de mauvaises politiques et de mauvaises décisions pour le Québec en matière économique, politique, sociale et environnementale.Le nouveau traité de l\u2019ALENA avec les États-Unis et le Mexique a été notamment plus que néfaste pour les producteurs de lait du Québec.La politique de construction navale du Canada continue à se faire au détriment des Chantiers de Lévis, les chantiers d\u2019Halifax et de Vancouver, beaucoup moins performants, obtenant la quasi-totalité des parts du gâteau fédéral et ne laissant que des miettes au Québec.Une multinationale américaine des télécommunications, Netflix, ne paie toujours pas ses dettes et ses impôts au Canada et au Québec, contrairement à toutes les autres compagnies similaires.Les immigrants illégaux continuent à entrer de plus belle au Québec, via le chemin de Roxham, sans aucunement être inquiétés pour leur déportation prévisible, car ils constituent une manne inespérée pour des appuis potentiels et inconditionnels au fédéralisme canadien.Et maintenant, c\u2019est la taxe fédérale sur le carbone qui tombe sous un champ de compétences des provinces, et qui n\u2019a donc pas lieu d\u2019être, car c\u2019est toujours à chaque province de décider comment lutter contre les changements climatiques afin de réduire les GES\u2026 Comme si ce n\u2019était pas assez, le Canada multiculturel et libéral de Justin Trudeau s\u2019oppose au projet de loi de la laïcité du Québec, pourtant appuyé par une large majorité de Québécois, et promet de le combattre devant les tribunaux Ellen Davenport, une femme exceptionnelle J\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019intérêt l\u2019article de messieurs Marco Bé- lair-Cirino et Dave Noël, « L\u2019épopée de Mme Davenport », paru dans Le Devoir de samedi.Ils écrivent que le prénom de Mme Davenport n\u2019est pas connu.J\u2019écris actuellement un livre sur les femmes et le sport au Québec de 1800 à 1920 et lors de mes recherches, je me suis intéressé aux relations qu\u2019entretenaient certaines femmes, surtout des aristocrates ou bourgeoises de langue anglaise, avec les chevaux.C\u2019est dans ce cadre que m\u2019est apparue, en 1871, une jeune femme exceptionnelle, Mme Davenport.Ellen Davenport, née Ellen Parker, récemment arrivée d\u2019Angleterre avec son mari, le capitaine Malcolm Davenport, était née en mars 1848, dans le Lancashire, en Angleterre, et y retourna après le décès de son époux en 1888.Après son « épopée » Québec\u2013 Lac-Saint-Jean, racontée par messieurs Bélair-Cirino et Noël, elle devient une habituée des chasses à courre organisées par le nouveau Stadacona Hunt Club de Québec.Excellente cavalière et l\u2019une des rares femmes parmi les Le Bloc québécois, plus nécessaire que jamais LIBRE OPINION LETTRES ÉLECTIONS 2019 La course à l\u2019argent D ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MANON CORNELLIER de Yves-François Blanchette, c\u2019est à une nouvelle résurgence du Bloc québécois qu\u2019on assiste présentement.On a réussi à trouver d\u2019excellentes candidatures dans presque tous les comtés fédéraux, et de plus en plus de jeunes rejoignent les rangs et se mobilisent avec enthousiasme dans la perspective de la prochaine élection.Le financement populaire s\u2019accroît quotidiennement, les dissensions idéologiques se sont estompées pour faire place au réalisme politique de défense des intérêts nationaux du Québec et du peuple québécois, si bien que, dans une hypothèse optimiste, une présence réelle d\u2019une trentaine de députés à Ottawa semble tout à fait vraisemblable, réaliste et possible.Cela fait rêver à un équilibre des pouvoirs dans un gouvernement minoritaire qui permettrait d\u2019appuyer les demandes et les attentes du Québec indispensables à son développement complet et à son total épanouissement, que ce soit dans ou à l\u2019extérieur du Canada.au lendemain des élections.Sur la scène internationale, c\u2019est l\u2019ensemble des reculs et des désillusions pour le Canada tant en Europe, en Afrique, en Asie qu\u2019en Amérique latine, autant en matière économique qu\u2019en matière de langues et de culture.Du côté conservateur et néodé- mocrate, c\u2019est pratiquement du pareil au même.Désenclaver le pétrole sale de l\u2019Alberta et bâtir des oléoducs et des gazoducs pour contribuer à détruire un peu plus la planète Terre et nous empêcher d\u2019atteindre les objectifs minimaux des accords de Paris et des grandes institutions internationales et négliger de développer les alternatives de lutte contre les changements climatiques.Bref, rien de réjouissant que tout cela, si ce n\u2019est une ouverture historique de « possibles » pour le Bloc québécois, alors qu\u2019il y a encore peu de temps, on ne donnait pas cher de sa peau et on le croyait pratiquement en voie de disparition.Avec la nouvelle direction et le leadership intelligent et sérieux Avec la nouvelle direction et le leadership intelligent et sérieux de Yves- François Blanchette, c\u2019est à une nouvelle résurgence du Bloc québécois qu\u2019on assiste présentement En matière de financement politique, la plus grande transparence doit être la règle, d\u2019autant plus quand les contributions politiques permises sont élevées planète est capable de régénérer en un an.Passée cette date, l\u2019humanité puiserait donc de manière irréversible dans les réserves non renouvelables (à échelle de temps humaine) de la Terre.En 2019, l\u2019ONG a fixé cette date au 29 juillet.Or, à ce propos, lors de l\u2019émission 24/60 du 29 juillet sur RDI, l\u2019invité de Geneviève Asselin a émis une réserve importante sur la validité de ce jour du dépassement.En effet, selon lui, il est faux de déclarer que l\u2019humanité a consommé l\u2019ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an et qu\u2019en conséquence, à compter de cette date, le monde vit à crédit écologiquement.Toujours selon cet expert, l\u2019ONG erre dans son argumentaire en mixant plusieurs produits de consommation dans ses calculs, notamment la nourriture et le pétrole, pour arriver à fixer le jour du dépassement annuel.À cet effet, si l\u2019on exclut les produits de la terre des calculs de l\u2019ONG, nous constatons qu\u2019ils se développent à un rythme normal et que la pénurie, dans ce secteur de l\u2019économie, est un mythe.Autrement dit, il faut relativiser cette notion de « jour de dépassement » autour duquel gravite tout un amalgame de produits de consommation hétéroclites qui n\u2019ont aucun rapport entre eux\u2026 Henri Marineau Québec, le 30 juillet 2019 chasseurs, entourée d\u2019une meute de chiens, elle poursuit avec enthousiasme de pauvres renards.Pendant plus de dix ans, elle sera de presque toutes les sorties du Stadacona, et même parfois des chasses du Montreal Hunt Club.Ainsi, le 5 octobre 1872, lors d\u2019une chasse dans les environs de Char- lesbourg, Mme Davenport se surpasse.Précédant chasseurs et chasseuses, seule devant tous, elle se rit des différents obstacles (fossés, clôtures, ruisseaux) qu\u2019elle franchit avec une facilité déconcertante.Un an plus tard, à Montréal, à Longue-Pointe plus précisément, 55 chasseurs et 3 chasseuses (Mme Davenport, mademoiselle Ryland et mademoiselle King, une Américaine de Géorgie) participent à une chasse particulièrement difficile.De nombreux cavaliers sont désarçonnés, contrairement aux trois femmes, qui demeurent solides sur leurs montures.Gilles Janson, historien du sport Le 28 juillet 2019 Le jour du dépassement Selon Wikipédia, le jour du dépassement correspond à la date de l\u2019année calculée par l\u2019ONG américaine Global Footprint Network à partir de laquelle l\u2019humanité est censée avoir consommé l\u2019ensemble des ressources que la A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.J\u2019ai été hameçonnée J \u2019étais la troisième victime de la semaine, me dit, flegmatique, le technicien de la boutique Apple.Je devais changer tous mes mots de passe, en plus d\u2019effacer tout le contenu de mon ordinateur.Aussi bien dire, mourir un peu.Ayant une connaissance très sommaire du merveilleux monde de l\u2019algorithme, toute excursion inusitée dans ce domaine déclenche une certaine panique en moi.Toute ma vie, comme sans doute la vôtre, est au- jourd\u2019hui tenue par le collet par le « World Wide Web » : travail, loisirs, vie personnelle.Je contemplais soudain les profondeurs abyssales du néant.Moi qui croyais (fièrement) avoir échappé à une arnaque de 300 $ par un supposé technicien d\u2019imprimante, j\u2019étais en magasin pour y voir plus clair, j\u2019apprenais que mon prestidigitateur au suave accent indien, pendant qu\u2019il me faisait la description apocalyptique de mes bris de sécurité, de mes « logiciels malveillants », de mes piratages en tout genre, le fin finaud captait, imaginez-vous, mes contenus informatiques ! Croyant qu\u2019il était le digne représentant de la compagnie Hewlett-Packard, dont je possède une imprimante, j\u2019avais naïvement permis qu\u2019il prenne contrôle de mon ordinateur.(Je sais, je sais.Où avais-je la tête ?) « En 15 minutes, il aurait pu saisir une grande partie du contenu de votre ordi », me dit mon cool conseiller.« Si j\u2019étais vous, je changerais aussi de numéro de téléphone.» Comme si ça ne suffisait pas d\u2019avoir été parmi les piratés chez Desjardins, deux fois (car deux comptes) plutôt qu\u2019une, en plus d\u2019un vol semblable par l\u2019intermédiaire de Radio-Ca- nada/CBC quelque temps auparavant, surveillée en permanence par le grand Cerbère de la sécurité financière (Equi- fax), bien que même le chien à trois têtes n\u2019inspire plus tellement confiance par les temps qui courent.Me voilà royalement « hameçonnée », pour reprendre le terme employé par le département de fraude de la Caisse pop (qui m\u2019a au passage obligée à changer de carte de guichet).En plus de tout le reste.Oh, il pourrait m\u2019arriver pire.Aux États-Unis en ce moment, on note une épidémie de romance scams (arnaques sentimentales).Le FBI a reçu pas moins de 18 500 plaintes de personnes (presque toutes déposées par des femmes, mettons un 100 $ là-dessus) qui ont été bernées par des individus prétendant être des soldats en mission, photos de patriotes tatoués à l\u2019appui.Le tout se passe sur Facebook qui compte pas moins de 120 millions faux comptes (en tout genre) en circulation à l\u2019heure actuelle.Les victimes auraient perdu 372 $ millions de dollars US dans cette combine, une augmentation de 71 % depuis 2017.Certains jeunes Nigérians sont morts de rire.Une enquête du New York Times a relié plusieurs de ces correspondances frauduleuses à ce pays africain où la combinaison de la pauvreté, de l\u2019accès facile à l\u2019Internet et de l\u2019anglais pave la voie au commerce interlope.Il serait tentant de voir la chose comme une espèce de revanche du tiers-monde : les déshérités de la terre profitant des deux grands fléaux de ce monde \u2014 la solitude et l\u2019ignorance en matière informatique \u2014 pour combler leur fin de mois.Mais le problème est beaucoup plus large.Vous avez vu qu\u2019après les trois millions de membres piratés chez Desjardins, six millions de Canadiens viennent de subir le même sort aux mains de Capital One ?C\u2019est sans parler des piratages à Bell Canada, CBC, Uber, la chaîne hôtelière Marriott et j\u2019en passe.Des piratages qui ont été faits de l\u2019intérieur, pour la plupart.Sans parler de l\u2019effronterie de Facebook qui a vendu à des tiers, sans permission, les données de milliers de ses membres.À l\u2019heure actuelle, il est facile d\u2019imaginer que tout le monde va y goûter à un moment donné.Ce n\u2019est qu\u2019une question de temps avant qu\u2019on soit tous « hameçonnés » car le ver est non seulement dans la pomme, mais il en fait également intrinsèquement partie.Ce qui fait la merveille de la révolution numérique \u2014 la notion d\u2019un village global infiniment connecté où l\u2019information circule plus aisément que l\u2019eau des rivières et où chacun (en principe) peut venir s\u2019abreuver, s\u2019inventer des histoires, se monter une business, donner son opinion, se sentir moins seul \u2014 porte flanc également à tous les excès.Sa facilité, sa gratuité, le fait que par définition il n\u2019y a pas de barrières à l\u2019Internet, que tout est possible et que tout le monde est bienvenu, expliquent pourquoi, au sein de ce village global, les bandits pullulent et les autorités se tournent les pouces.Prenez la sanction de 5 milliards $US dont vient d\u2019écoper Facebook pour son manque de sécurité.L\u2019amende peut paraître salée, mais pas pour cette institution devenue, littéralement, le nombril du monde, et dont les profits équivalent à ce montant aux trois mois.En l\u2019absence de nouvelle réglementation vis-à-vis d\u2019Internet, la mesure équivaut à un soufflet, guère plus.Nous ne sommes pas prêts à remettre en question le fonctionnement des géants du Web, de peur de devoir renoncer au rêve d\u2019un monde au bout des doigts et aux possibilités infinies.Mais ça ne peut plus continuer.J\u2019ai eu ma leçon.À quand la vôtre ?FRANCINE PELLETIER À l\u2019heure actuelle, il est facile d\u2019imaginer que tout le monde va y goûter à un moment donné Cyrille Bret Professeur associé à l\u2019Institut d\u2019études politiques de Paris La Turquie vient de défrayer la chronique dans le petit monde du commerce des armes et des affaires stratégiques.Elle a confirmé l\u2019achat à la Russie de quatre batteries de missiles S-400.Et a ainsi déclenché l\u2019ire des États-Unis qui, depuis des années, menacent de rétorsions tous les États qui manifestent de l\u2019intérêt pour ces équipements, même l\u2019Inde et l\u2019Arabie saoudite.Comme la Turquie, ces deux partenaires historiques des États-Unis ont en effet envisagé de commander des batteries de S-400 à Almaz-Antey, le groupe public russe qui les produit.Pourquoi un tel psychodrame géos- tratégique ?Ces systèmes ne sont-ils pas des armes défensives pour lutter contre les avions et les missiles dans de petits théâtres d\u2019opérations (400 km) ?Si cette vente suscite l\u2019émoi, c\u2019est que les S-400 servent à Vladimir Poutine pour affirmer sa souveraineté à l\u2019intérieur, pour rassurer les alliés à l\u2019extérieur et pour diviser les alliés chez ses rivaux.Redessiner les frontières Les S-400 constituent un des fleurons du complexe militaro-industriel russe.Composée de radars très performants et de dizaines de missiles aux portées variables, une batterie de S-400 est capable de détecter et de frapper les avions de chasse, les drones, les hélicoptères ainsi que les missiles balistiques et de croisière autour de son point de déploiement.Déployer ces missiles, c\u2019est comme créer une bulle antiaérienne et rendre une zone presque inexpugnable par les airs.Les S-400 déployés à terre ont permis à la Russie réaffirmer sa souveraineté autour de ses villes majeures, mais aussi de manifester sa puissance retrouvée dans des régions stratégiques comme l\u2019Arctique, l\u2019Extrême- Orient russe et l\u2019enclave de Kalinin- grad au cœur de l\u2019Union européenne.Il n\u2019est pas jusqu\u2019à la Crimée, qui a reçu deux batteries de S-400 depuis son annexion.Les S-400 sont comme les gardes-frontières stratégiques de l\u2019espace russe.Là où il y a des S-400, c\u2019est la Russie, quoi qu\u2019en disent les voisins.Affermir les alliances Pour les amis de la Russie, acquérir ces systèmes de défense, c\u2019est bénéficier de technologies de pointe, mais c\u2019est surtout recevoir une marque de confiance.Le Belarus, allié à la Russie au sein de plusieurs organisations internationales militaires (CSTO) et économiques (UEEA), a demandé deux batteries de S-400 à titre gracieux dès 2007.De même, la Chine a acquis des unités en 2014, au sommet de la lune de miel diplomatique entre Pékin et Moscou, pour les déployer à ses frontières maritimes et terrestres.Quant à l\u2019allié syrien, il a indirectement bénéficié de ces systèmes sans avoir à les acheter : dans le sillage de l\u2019intervention russe de 2015 pour sauver le régime Al-Assad, les troupes russes présentes sur place ont déployé deux batteries, l\u2019une en 2015 pour protéger leur base aérienne dans le nord du pays, puis en 2017 dans le centre du pays.Le positionnement de tels missiles sur des théâtres hors de Russie peut changer la donne géopolitique de toute une région.Il y démultiplie le poids de la Russie et resserre les liens.Tester les alliances américaines Le commerce des S-400 bouscule même l\u2019OTAN et les réseaux d\u2019alliance occidentaux.Que l\u2019Iran ou l\u2019Algérie, alliés historiques de la Russie, se déclarent intéressés par ces équipements n\u2019a rien d\u2019étonnant.Mais que des partenaires historiques des États-Unis, comme l\u2019Arabie saoudite, l\u2019Inde et l\u2019Irak en fassent état peut changer la position géostratégique de Washington.En 2018, l\u2019Inde de Modi et l\u2019Arabie de Ben Salmane avaient tenté de secouer leur dépendance à l\u2019égard des États-Unis en soulignant leur intérêt pour les missiles russes.Elles s\u2019étaient immédiatement vues rappelées à l\u2019ordre par des menaces de rétorsions à peine voilées.Ce qui est en jeu dans la vente des S-400 est un défi symbolique : ce pays est, depuis 1952, le pilier de l\u2019alliance atlantique au Moyen-Orient.Ce contrat peut consacrer l\u2019éloignement d\u2019Ankara et de Washington et couronner le rapprochement entre Poutine et Erdogan en cours depuis la crise de 2015.Et il peut rappeler aux alliés des Américains que leur dépendance en matière d\u2019armement n\u2019est pas irrémédiable.Pour les États-Unis, les succès des S-400 sont des camouflets.D\u2019un point de vue opérationnel, les S-400 peuvent contester la suprématie aérienne mondiale des États-Unis.En Syrie comme en Iran, ils entravent les frappes, notamment par des missiles de croisière Tomahawk.Sur le plan technologique, le S-400 est perçu comme une assurance vie antiaérienne meilleur marché et plus efficace que les batteries PATRIOT que les États-Unis déploient en Roumanie et dans la Baltique.C\u2019est le leadership technique américain qui est en jeu.Enfin, les commandes de S-400 soulèvent un véritable problème géopolitique : s\u2019il est possible de trouver en la Russie un allié de revers, un fournisseur d\u2019armes efficaces et un protecteur, quel est l\u2019intérêt de se placer dans la dépendance politique et industrielle du gouvernement Trump ?La diplomatie des missiles russes, un défi pour les États-Unis Patrice Perreault Granby La loi 21 concernant la laïcité de l\u2019État est entrée en vigueur depuis quelques semaines.Ne s\u2019avère-t-il pas dommage que le gouvernement caquiste ne prévoie aucune campagne de sensibilisation et de vulgarisation de la portée de la loi 21 ?Bien des éléments circulant dans la société laissent à tout le moins fort perplexe au sujet de cette pièce législative.Par exemple, une confusion existe sur la portée de la laïcité inscrite dans cette loi : elle concerne la place du religieux dans la société.La loi 21 ne confine pas le religieux au domaine privé.Elle n\u2019interdit nullement des rassemblements à caractère religieux (comme la Marche chrétienne du pardon le Vendredi saint) ou le port, par des personnes, de signes ostentatoires sur la place publique ou en d\u2019autres lieux (comme le port du voile, du col romain ou de la kippa).Elle limite le port de signes religieux durant les heures de travail pour certaines catégories de fonctionnaires, notamment le corps enseignant au primaire et au secondaire de l\u2019école publique.Elle régit aussi l\u2019obligation de la prestation et de la réception des services publics à visage découvert (chapitre 3).La loi 21 ne proscrit pas le port de signes religieux dans les établissements d\u2019enseignement supérieur ni des institutions scolaires privées (primaires et secondaires).L\u2019interdit du port de signes religieux ne touche nullement les député.e.s (sauf pour la présidence et la vice-présidence de l\u2019Assemblée nationale).La loi 21 autorise même le maintien ou la modification de signes religieux sur le plan institutionnel (article 17).Cet article peut conforter l\u2019impression selon laquelle cette loi s\u2019inscrit dans un cadre républicain conservateur.Personnellement, je privilégie davantage le modèle de la laïcité de reconnaissance que celui préconisé par une approche républicaine.Une campagne de sensibilisation se révélerait fort pertinente pour éviter des dérapages comme ceux observés récemment.À la différence d\u2019une perception erronée, cette loi, à l\u2019exception du personnel visé par les prohibitions, n\u2019entrave aucunement le port de signes religieux sur la place publique.Dans cette optique, comment expliquer les récentes agressions disgracieuses et xénophobes rapportées par les médias ?LAÏCITÉ Loi 21 et sphère publique Ce contrat [de vente des S- 400] peut consacrer l\u2019éloignement d\u2019Ankara et de Washington et couronner le rapprochement entre Poutine et Erdogan en cours depuis la crise de 2015 Serait-ce possible que la loi 21 ait prêté flanc à un biais de confirmation auprès de personnes hostiles à certains groupes ?Rappelons que le biais de confirmation consiste à sélectionner, inconsciemment, les éléments qui privilégient les croyances et la vision du monde auxquelles nous adhérons.Les médias sociaux, par l\u2019usage des algorithmes, font office de véritables chambres de résonance et d\u2019écho (d\u2019où l\u2019importance de diversifier les sources d\u2019information).Autrement dit, est-ce possible que dans l\u2019esprit de certaines personnes, la loi 21 confirme l\u2019interdit du religieux dans la sphère publique ?Si cela s\u2019avère, n\u2019apparaît-il pas urgent, pour le gouvernement, de sensibiliser et d\u2019informer la population sur la portée de la loi 21 ?Une telle campagne aurait l\u2019avantage de délégitimer un discours ou des gestes à caractère xénophobe et / ou antireligieux.Cela ne relève-t-il pas de son devoir ?Les chefs d\u2019État turc et russe, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine ALEXANDER ZEMLIANICHENKO ASSOCIATED PRESS Une campagne de sensibilisation se révélerait fort pertinente pour éviter des dérapages comme ceux observés récemment LEDEVOIR // LE MERCREDI 31 JUILLET 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Utilisation de drones et de satellites pour gérer les sols, émergence de nouveaux marchés pour les protéines végétales, utilisation de déchets en agriculture urbaine, le monde de l\u2019agriculture est en mutation.Premier de trois articles sur ces transformations.MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR AGRICULTURE Des drones à la ferme Les cultivateurs utiliseront bientôt une technologie de haute précision pour réduire l\u2019empreinte écologique de leurs engrais tente de faire correspondre la quantité d\u2019intrants qui sera appliquée à la quantité d\u2019intrants dont la culture a réellement besoin », explique le chercheur.«L\u2019agriculture de précision, c\u2019est d\u2019accepter qu\u2019une parcelle agricole, ce n\u2019est pas uniforme, et que travailler avec la moyenne, ça ne fonctionne pas », détaille Philippe Vigneault, spécialiste en télédétection et en agrogéomatique et chef d\u2019équipe en géomatique et technologies d\u2019agriculture de précision au Centre de recherche et développement d\u2019Agriculture et Agroalimentaire Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu.Or, la plupart du temps, les producteurs appliquent les intrants \u2014 que ce soient les semences, l\u2019eau, l\u2019engrais ou les pesticides \u2014 de manière homogène sur une parcelle entière.« Mais quand je demande aux producteurs si le rendement de leur champ est uniforme, jamais on ne me répond oui », fait remarquer Louis Longchamps.Rompant avec ce modèle, l\u2019agriculture de précision vise à outiller les producteurs pour qu\u2019ils appliquent le bon intrant, au bon endroit, au bon moment et à un bon rythme ; c\u2019est la règle du 4R : right fertilizer source at the right rate, at the right time and in the right place.Un concept apparu il y a quelques décennies, mais qui prend aujourd\u2019hui une ampleur renouvelée grâce à la multiplication des nouvelles technologies et à la vitesse fulgurante avec laquelle l\u2019intelligence artificielle permet de traiter les données, mais aussi face à l\u2019urgence environnementale.Laboratoire à ciel ouvert Véritable laboratoire à ciel ouvert, les parcelles de terre de la ferme de Sainte- Clotilde permettent de perfectionner cette agriculture dite de précision, dans le but avoué de convaincre davantage de producteurs à faire le saut.Lors de la visite du Devoir, un drone sillonnait le ciel, captant d\u2019innombrables photos des laitues savamment alignées.«Chaque laitue a un numéro dans une base de données avec ses coordonnées GPS», explique Philippe Vigneault.Leur évolution \u2014 forme, géométrie, couleur \u2014 est ensuite modélisée dans le temps.« On travaille dans la haute résolution spatiale et dans la haute résolution temporelle », spécifie le géographe.Des capteurs multispectraux de type NDVI (Normalized Difference Vegetation Index) permettent de détecter en temps réel les changements dans le métabolisme de la plante.« S\u2019il y a une variabilité, ensuite, il faut aller voir : est-ce à cause de la présence d\u2019un ravageur, d\u2019un champignon, d\u2019un virus, d\u2019une bactérie, ou est-ce quelque chose dans le sol ou le système raci- naire ?», poursuit Philippe Vigneault.Une quantité phénoménale d\u2019informations est ainsi colligée.« Avec l\u2019intelligence artificielle et l\u2019apprentissage profond, on va ensuite trouver des algorithmes, qui vont établir des associations et des liens à faire entre les événe- ments qui se déroulent dans le sol et la variation détectée au-dessus du sol.» Précision, vous dites.Aux côtés des images captées par des drones, les chercheurs utilisent également des images satellitaires.La nouvelle génération de nanosatellites, « gros comme une boîte à chaussures », s\u2019avère d\u2019ailleurs fort prometteuse, souligne Louis Longchamps.« Au lieu d\u2019avoir trois ou quatre satellites dans une constellation, on peut maintenant en avoir 200 ou 300.Du coup, il y a un satellite qui passe au- dessus d\u2019un champ pour prendre des photos tous les jours.» Sans oublier les nombreux capteurs, stationnaires ou mobiles, qui permettent de colliger des données sur la conductivité électrique du sol, le niveau de chlorophylle, la pluviométrie, le taux d\u2019argile, la direction des vents, l\u2019humidité dans le sol, etc.« Plus la technologie devient disponible et puissante, plus ça permet d\u2019augmenter la quantité de données, la fréquence d\u2019échantillonnage et la précision des lectures, avance Louis Long- champs.La technologie, c\u2019est un facilita- teur pour mettre en pratique le concept d\u2019agriculture de précision.» Complexité Avoir l\u2019information la plus précise possible permet donc de prendre la meilleure décision pour la gestion des sols.Mais, même si l\u2019ensemble de ces outils technologiques établit, données à l\u2019appui, que chaque parcelle est caractérisée par une variabilité spatiale, encore faut-il convaincre les producteurs de moduler l\u2019application des intrants selon ces besoins précis.Une étape qui est encore loin d\u2019être acquise ici au Québec.« Les producteurs comprennent le concept, ils vont trouver qu\u2019il a bien du bon sens, mais quand vient le temps de faire la démonstration du gain économique, c\u2019est plus difficile », soutient Louis Longchamps.D\u2019autant plus que l\u2019épandage d\u2019engrais de manière uniforme est une pratique bien implantée.« La solution simple, c\u2019est de rajouter de l\u2019engrais ; 170 kilos d\u2019engrais à l\u2019hectare, ce n\u2019est pas compliqué.Si je vous dis qu\u2019à la place, on va utiliser des capteurs, on va colliger des informations pour ajuster l\u2019application \u2014 puisque l\u2019engrais qui est appliqué et qui n\u2019est pas absorbé par la plante, c\u2019est lui qui crée de la pollution \u2014, c\u2019est plus compliqué.Et pour le producteur, ça n\u2019a pas d\u2019impact sur la productivité de sa ferme.» Les gains sont toutefois bien réels, insiste le chercheur.« Il faut embrasser cette complexité pour que ça se réalise et pour mettre en place des solutions adaptées à chaque contexte.Sinon on va frapper un mur et on le sait.En ce moment, l\u2019agriculture que l\u2019on pratique n\u2019est vraiment pas une agriculture durable », conclut-il.e paysage apaise les yeux.Des éclats vert tendre se détachent du sol, d\u2019un noir immaculé.À intervalles réguliers, constants.Sur des mètres et des mètres.Des jeunes pousses de laitues, de carottes et d\u2019oignons gagnent leur ciel, millimètre par millimètre.En étant étudiées, analysées, scrutées à la loupe.Ou plutôt\u2026 au drone.Car, à la ferme expérimentale de Sainte-Clotilde, en Montérégie, des chercheurs d\u2019Agriculture Canada pratiquent l\u2019agriculture de précision.Une agriculture dans laquelle se mêlent intelligence artificielle, mégadon- nées et apprentissage profond.Une agriculture à cent lieues de l\u2019image conservatrice que l\u2019on peut se faire du milieu.GPS, drones, capteurs en tous genres, images satellites sont ici mis à profit pour améliorer la gestion des sols.L\u2019objectif : hausser la productivité des fermes, mais aussi et surtout réduire les effets néfastes de l\u2019agriculture sur l\u2019environnement.De 1990 à 2015, les émissions de GES découlant de la gestion des sols agricoles ont crû de 18 % au Québec.Le principal coupable : les engrais azotés, dont l\u2019utilisation est en hausse.Des engrais souvent utilisés en trop grandes quantités, puisqu\u2019appliqués de manière uniforme dans un champ.Les surplus, non absorbés par les plantes, se retrouvent donc dans l\u2019environnement.« À certains endroits, on met des doses d\u2019azote jusqu\u2019à 150 % supérieures à ce qui est requis », révèle Louis Long- champs, chercheur scientifique en agriculture de précision pour Agriculture Canada.Le mot-clé est donc ici « précision ».« Avec l\u2019agriculture de précision, on À la ferme expérimentale de Sainte-Clotilde, en Montérégie, des chercheurs d\u2019Agriculture Canada pratiquent l\u2019agriculture de précision.PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR L FERMES DE DEMAIN "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.