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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-08-05, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 174 / LE LUNDI 5 AOÛT 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM HAWAÏ Quand un projet astronomique et une contestation autochtone se télescopent La mobilisation contre le télescope de trente mètres, un observatoire géant, dont la construction devait commencer cet été sur le volcan endormi Mauna Kea, à Hawaï, a atteint son apogée ces dernières semaines.Le Canada, qui a promis près de 250 millions pour le projet, fait maintenant face à des demandes de retrait, et les astronomes québécois sont assis entre deux chaises.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR e vent sifflait et les gorges vibraient.Le 17 juillet, un groupe d\u2019autochtones hawaïens bloquait l\u2019unique route qui donne accès au sommet du volcan endormi.Devant leurs tentes, une escouade policière vient se confronter à eux.Un par un, les agents arrêtent la trentaine d\u2019aînés qui ne veulent pas bouger.Certains sont soulevés de terre, transportés vers des camionnettes.Sur les images du moment, on voit, aux alentours, les plus jeunes qui chantent toujours, mais qui pleurent aussi.Non loin du sommet de la montagne, tout était en place pour que débute finalement la construction du télescope de trente mètres (TMT, de Thirty Meter Telescope).Cet observatoire, évalué à près de 2 milliards de dollars, haut de 18 étages, doit aller rejoindre les treize autres télescopes qui coiffent déjà le Mauna Kea, montagne sacrée des Hawaïens.Fruit d\u2019un consortium réunissant États-Unis, Canada, Chine, Inde et Japon, le projet pourrait maintenant dérailler devant la contestation qui entre en éruption après une décennie de manifestations et d\u2019attaques en justice.Grâce à un miroir segmenté plus grand qu\u2019un terrain de basketball, disposant d\u2019une résolution dix fois supérieure à celle du télescope Hubble, le TMT doit permettre aux astronomes d\u2019observer les premières étoiles de l\u2019Univers, de scruter l\u2019atmosphère d\u2019exoplanètes et peut-être même d\u2019y détecter d\u2019éventuels signes de vie.Le Mauna Kea a été choisi pour ses conditions d\u2019observation astronomique INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B4 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Des saveurs au goût du jour A 8 LE DEVOIR DE CITÉ Le marché Jean-Talon entre morosité et relève B 5 VOIR PAGE A 2 : TÉLESCOPE Des citoyens participaient dimanche à une vigile à Dayton, en Ohio, près de l\u2019endroit où a eu lieu la fusillade lors de laquelle le tireur a tué, la nuit précédente dans un quartier festif, neuf personnes en moins d\u2019une minute, avant d\u2019être abattu par la police.PJOHN MINCHILLO ASSOCIATED PRESS La mobilisation a retenu l\u2019attention jusqu\u2019à Hollywood.Ici, l\u2019acteur Jason Momoa (à droite), qui a des origines autochtones hawaïennes, effectuait mercredi un salut traditionnel avec un protestataire.HOLLYN JOHNSON HAWAII TRIBUNE-HERALD / ASSOCIATED PRESS ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Les États- Unis frappés par le «terrorisme intérieur» L CULTURE Osheaga, l\u2019heure des bilans | B 7 Fin de semaine d\u2019horreur aux États- Unis : deux fusillades, au Texas et en Ohio, ont fait au moins 29 morts et des dizaines de blessés.Si les motivations de l\u2019auteur du second drame demeurent indéterminées, celles du présumé tueur d\u2019El Paso seraient alimentées par l\u2019idéologie du suprémacisme blanc.L\u2019affaire est d\u2019ailleurs considérée par les autorités comme un acte de terrorisme intérieur, et des accusations de meurtre ont été déposées dimanche.La plus récente tragédie, à Dayton, en Ohio, est survenue au petit matin, dimanche, quand un homme de 24 ans a ouvert le feu dans une rue fréquentée pour ses bars et ses restaurants.Sous ses balles mouraient neuf personnes, dont sa propre sœur, avant que le tireur soit abattu par les forces de l\u2019ordre moins d\u2019une minute après le début de la fusillade.Sans une intervention aussi rapide de la police, « des centaines de personnes auraient pu mourir », a souligné en conférence de presse la mairesse de la ville, Nan Whaley.Dans une première apparition télévisée après les tueries, Donald Trump a assuré dimanche après-midi que la VOIR PAGE A 2 : FUSILLADES ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 5 AOÛT 2019 Un problème « plus profond » TÉLESCOPE SUITE DE LA PAGE A 1 exceptionnelles: un ciel clair et sec, peu de pollution lumineuse, une atmosphère beaucoup moins épaisse qu\u2019au niveau de la mer.L\u2019élévation hors norme du volcan (4200 m) lui confère cependant aussi une importance culturelle majeure dans la culture hawaïenne.Traditionnellement, seulement les chefs les plus respectés pouvaient y grimper.Pour nombre d\u2019Hawaïens autochtones, le TMT représente l\u2019observatoire qui fait déborder la montagne.Mais surtout, s\u2019opposer au projet est pour eux l\u2019occasion de faire entendre leurs inquiétudes en matière de pauvreté, de logement et de souveraineté sur cette île annexée par les États-Unis en 1898.« Les manifestants n\u2019ont rien contre l\u2019astronomie.Le problème est beaucoup plus profond.C\u2019est une façon pour eux d\u2019aller chercher l\u2019attention de leur gouvernement et du reste du monde », explique Laurie Rousseau- Nepton, astronome québécoise et in- nue installée à Hawaï.« Je le comprends très bien », ajoute celle qui scrute le ciel depuis l\u2019Observatoire Ca- nada-France-Hawaï (OCFH), aussi assis sur le Mauna Kea.Depuis le 16 juillet, la route vers le sommet est bloquée et les activités d\u2019observation sont interrompues sur tous les télescopes sur le volcan.Tensions Pris entre l\u2019arbre et l\u2019écorce, les scientifiques canadiens disent adhérer aux revendications sociales et économiques des opposants, mais espèrent tout de même pouvoir un jour profiter de ce qui deviendrait le plus grand télescope de l\u2019hémisphère Nord.En 2015, le gouvernement Harper avait annoncé une contribution de 243,5 millions au projet TMT, notamment pour fabriquer le dôme d\u2019acier de 56 m coiffant le miroir.Le pays s\u2019engageait en outre à financer les coûts d\u2019opération des installations, en échange de temps d\u2019observation pour ses chercheurs.« On veut que toutes les voix soient entendues, que les relations restent harmonieuses, expose Nadine Manset, elle aussi astronome à l\u2019OCFH.Big Island n\u2019est pas une île très populeuse : chaque jour, on voit des visages familiers.On ne veut surtout pas construire de murs entre nous.» Dans la communauté astronomique canadienne, on commence toutefois à douter que le projet finisse par se concrétiser à Hawaï.Nicolas Cowan, le professeur qui représente l\u2019Université McGill à l\u2019Association canadienne d\u2019universités pour la recherche en astronomie \u2014 l\u2019organisme qui a initié la participation du pays au TMT \u2014 évalue maintenant à 50 % les chances de voir l\u2019observatoire s\u2019installer à Mauna Kea.L\u2019issue du conflit repose entre les mains des autochtones, dit-il, reconnaissant que le mégaprojet représente une forme de « colonialisme ».Car même si on fait de l\u2019astronomie depuis cinq décennies sur le Mauna Kea, on voit peu d\u2019Hawaïens autochtones parmi les scientifiques.« Quand on constate que les populations autochtones n\u2019ont souvent pas le niveau d\u2019éducation pour travailler dans les observatoires, c\u2019est qu\u2019il y a encore un problème», souligne-t-il.Malgré les efforts d\u2019inclusion du TMT, qui contribue à des programmes éducationnels sur l\u2019île, c\u2019est peut-être « trop peu, trop tard ».Selon lui, seule l\u2019expression d\u2019un fort appui autochtone permettrait la relance définitive du projet.Dans l\u2019immédiat, une suspension pour une durée indéterminée des travaux semble être la voie à suivre pour faire retomber la tension et redémarrer l\u2019observation dans les autres installations sur la montagne.Dans tous les cas, il faut remettre la décision aux autochtones hawaïens, estime Mme Rousseau-Nepton.« Si on annulait maintenant la construction sur le Mauna Kea, soulève-t-elle, ce serait comme si on enlevait le choix aux Autochtones hawaïens.Ce serait encore pire que de l\u2019imposer par la force.» Le Canada reste impliqué Il y a deux semaines, une pétition adressée au premier ministre, Justin Trudeau, demandait d\u2019annuler la contribution canadienne au projet.Même à l\u2019étranger, « le Canada doit respecter ses propres politiques en matière d\u2019éthique », pouvait-on lire dans la lettre portant la signature de six professeurs d\u2019universités canadiennes.Ils avançaient que c\u2019est avant tout le manquement à effectuer une consultation publique auprès de la communauté autochtone hawaïenne qui rend le projet « contraire à l\u2019éthique ».Le Conseil national de recherches Canada, qui tient les rênes de la contribution nationale, a fait savoir au Devoir qu\u2019il ne remettait pas en question sa participation au projet.« En principe, le Canada pourrait se retirer du projet, mais je pense que ce serait prématuré », juge M.Cowan, qui note qu\u2019aucun sondage ne démontre pour l\u2019instant une opposition majoritaire chez les Autochtones hawaïens.Et si Ottawa retirait ses pions, « il y aurait un risque que tout l\u2019argent s\u2019évapore.On abandonnerait dans ce cas tout le futur de l\u2019astronomie canadienne pratiquée depuis le sol.» « Si le TMT n\u2019est finalement pas construit à Hawaï, ce sera un coup dur pour les autres observatoires sur la montagne.Tout l\u2019avenir de l\u2019astronomie à Mauna Kea est en jeu », pense lui aussi le Québécois René Pierre Martin, professeur de physique et d\u2019astronomie à l\u2019Université d\u2019Hawaï à Hilo, et directeur du petit observatoire Hokukea sur la montagne.Au cas où le TMT ne viendrait pas au monde sur l\u2019archipel, un plan de rechange aux îles Canaries est déjà ficelé.Cependant, les conditions d\u2019observation y sont généralement considérées comme moins bonnes.Les astronomes canadiens n\u2019adhèrent d\u2019ailleurs pas en masse à ce plan de rechange, explique M.Cowan, ce qui signifie que la contribution d\u2019Ottawa pourrait d\u2019autant plus capoter advenant que l\u2019option hawaïenne flanche.L\u2019élévation hors norme du volcan (4200 m), dont la route a notamment été bloquée fin juillet, lui confère une importance majeure dans la culture hawaïenne DAN DENNISON/HAWAII DEPARTMENT OF LAND AND NATURAL RESOURCES / ASSOCIATED PRESS En principe, le Canada pourrait se retirer du projet, mais je pense que ce serait prématuré NICOLAS COWAN » La police soupçonne une motivation raciste FUSILLADES SUITE DE LA PAGE A 1 « haine » n\u2019avait pas sa place aux États- Unis.Il a appelé à mettre un terme aux tueries de grande ampleur qui affligent régulièrement son pays.« On a déjà fait beaucoup, mais peut-être qu\u2019on doit faire davantage », a-t-il dit.Le président s\u2019est toutefois gardé de parler de suprémacisme blanc, renvoyant l\u2019explication des deux drames à de graves cas de « maladie mentale ».À l\u2019autre bout du pays, l\u2019enquête se poursuivait dimanche pour brosser le contexte de la fusillade de samedi, au cours de laquelle un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu dans un magasin Walmart à El Paso \u2014 une ville où la majorité des résidents sont d\u2019ascendance latino-américaine.La police soupçonne une motivation raciste à cet attentat et l\u2019affaire est traitée comme un cas de « terrorisme intérieur », a annoncé la justice fédérale.Les procureurs ont indiqué qu\u2019ils allaient explorer l\u2019option de demander la peine capitale.Dimanche, la police fédérale a aussi confirmé que le manifeste anti-immigration publié en ligne peu de temps avant la tragédie était bien l\u2019œuvre du tireur accusé.Ce dernier réside en banlieue de Dallas, à une dizaine d\u2019heures de route du lieu de l\u2019attentat.Son manifeste électronique, consulté par de nombreux médias, dénonce notamment « une invasion hispanique du Texas » et reprend des idées de la théorie complotiste d\u2019extrême droite du « grand remplacement » selon laquelle les élites occidentales travaillent à la substitution de la population blanche par celle de couleur.Il a été publié quelques minutes avant l\u2019attaque sur la plateforme 8chan, où le manifeste de l\u2019auteur de la tuerie de Christchurch, qui a fait 51 morts en mars, avait également été déposé.L\u2019attaque néo-zélandaise est d\u2019ailleurs citée en modèle dans la lettre de 2300 mots.Il est fort probable que l\u2019accusé d\u2019El Paso se soit radicalisé en ligne, pense Francis Langlois, professeur d\u2019histoire au Cégep de Trois-Rivières et membre associé à l\u2019Observatoire sur les États- Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.« C\u2019est ce qu\u2019on a vu avec [le groupe armé] État islamique, et maintenant avec les terroristes de l\u2019extrême droite.Grâce à ces outils, les loups solitaires sont moins seuls qu\u2019on le pense.» Au sein de groupes isolés sur Internet, la haine raciste se concentre, mais son déferlement dans le monde réel dépend beaucoup des limites de l\u2019acceptable dans le discours ambiant.Or, un président des États-Unis qui n\u2019hésite jamais à parler d\u2019une « invasion » de migrants à la frontière sud et qui a refusé de condamner les manifestations violentes de l\u2019extrême droite à Charlottesville en 2017 « amène de l\u2019eau au moulin » aux suprémacistes blancs, souligne M.Langlois.La responsabilité de Trump Même si le présumé tueur d\u2019El Paso spécifie dans son manifeste que ses opinions sur l\u2019immigration « précèdent Trump et sa campagne présidentielle », les prétendants à l\u2019investiture démocrate ont été nombreux à tisser des liens entre l\u2019attentat d\u2019El Paso et Donald Trump, dimanche, en plus de critiquer l\u2019inaction du président en matière de contrôle des armes à feu.Le candidat Beto O\u2019Rourke, natif de la ville du drame, a déclaré que M.Trump « avait beaucoup à faire avec ce qui est arrivé à El Paso » et qu\u2019il « alimente le racisme dans ce pays ».Pete Buttigieg a quant à lui déclaré que les États-Unis ont un président qui « a fait sa carrière politique en démonisant les Mexicains ».« Maintenant, on apprend que le tireur avait le but de tuer autant de Mexicains que possible.Pas besoin de beaucoup d\u2019imagination pour relier les points », a-t-il dit.« Il faut appeler le suprémacisme blanc pour ce qu\u2019il est \u2014 du terrorisme intérieur.C\u2019est une menace pour les États-Unis, et on a vu ses répercussions cette fin de semaine.Il faut dénoncer le président lui-même pour sa promotion du racisme et de la suprématie blanche », a écrit sur Twitter la séna- trice Elizabeth Warren, l\u2019une des favorites de la primaire démocrate.Selon le centre d\u2019analyse New America, les violences d\u2019extrême droite ont fait plus de victimes aux États-Unis en 2017 et 2018 que les attaques djihadistes.Les autorités, qui avaient mis l\u2019accent sur le terrorisme international après le 11 Septembre, ont toutefois tardé à s\u2019ajuster à cette nouvelle réalité.«Même sous le gouvernement du démocrate Barack Obama, les services de renseignements ont souvent ignoré les menaces d\u2019extrême droite pour des raisons politiques », écrivait en mars Robert McKenzie, un analyste de New America.La fusillade d\u2019El Paso est la huitième plus meurtrière aux États-Unis depuis 1949.Avec l\u2019Agence France-Presse Une famille déposait des fleurs, dimanche, près du Walmart d\u2019El Paso où a eu lieu la fusillade.MARK RALSTON AGENCE FRANCE-PRESSE ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 5 AOÛT 2019 E N B R E F Un prisonnier fuit l\u2019Iran pour le Canada OTTAWA \u2014 Un Iranien purgeant une peine de prison à vie pour avoir conçu un site pornographique a fui l\u2019Iran à l\u2019occasion d\u2019une permission de sortir et a rejoint sa famille au Canada, ont indiqué les autorités iraniennes et canadiennes.«Le Canada se réjouit de l\u2019annonce de la réunification de Saeed Ma- lekpour avec sa famille au Canada», a commenté un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères.M.Malekpour est résident permanent canadien.Il avait été arrêté en 2008, alors qu\u2019il rendait visite à son père mourant.Il a été accusé d\u2019avoir «conçu et hébergé des sites pour adultes», «d\u2019agitation contre le régime» et «d\u2019insulte à l\u2019islam», selon ses proches.Il avait d\u2019abord été condamné à mort avant de voir sa peine commuée en prison à vie.Agence France-Presse Des plongeurs envoyés au Manitoba GILLAM \u2014 La Gendarmerie royale du Canada (GRC) affirme que des plongeurs ont été déployés dans le nord du Manitoba samedi soir pour participer aux recherches des deux suspects des meurtres survenus en Colombie- Britannique.La GRC a annoncé par voie de communiqué que des membres de son équipe de récupération sous-marine devraient commencer à fouiller dimanche une section du fleuve Nelson, au nord-est de Gillam.La région autour de Gillam est au centre de la traque de Bryer Schmegelsky, 18 ans, et Kam McLeod, 19 ans, accusés d\u2019avoir tué une personne et soupçonnés d\u2019en avoir tué deux autres le mois dernier en Colombie-Britannique.La Presse canadienne Le député libéral fédéral Denis Paradis annonce son départ Le député libéral de la circonscription fédérale de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, a annoncé dimanche son retrait de la vie politique.Âgé de 70 ans, M.Paradis en a fait l\u2019annonce par l\u2019entreprise de sa page Facebook.Denis Paradis a été élu député de Brome- Missisquoi une première fois lors d\u2019une élection partielle en 1995.Il a ensuite été réélu en 1997, 2000 et 2004 avant de mordre la poussière en 2006, 2008 et 2011.Il a pu savourer une revanche en 2015 en l\u2019emportant par plus de 11 000 voix.Il a été secrétaire d\u2019État chargé de l\u2019Amérique latine, de l\u2019Afrique et de la Francophonie de 2002 à 2003 et ministre d\u2019État pour les institutions financières de décembre 2003 à juillet 2004.La Presse canadienne Une embarcation en aluminium endommagée a été retrouvée sur la rive du fleuve Nelson lors de recherches par hélicoptère des deux suspects.GRC LA PRESSE CANADIENNE STÉPHANE BLAIS LA PRESSE CANADIENNE La cyberintimidation de la part d\u2019activistes véganes est un facteur de stress et de détresse de plus en plus important pour les agriculteurs, selon une psychologue qui travaille dans le milieu agricole.Un comité de la Chambre des communes se penche d\u2019ailleurs sur des stratégies pour contrer le problème.L\u2019agricultrice Mylène Bégin, copropriétaire de la ferme Princy en Abitibi- Témiscamingue, a créé, il y a quelques années, un compte Instagram pour « raconter le quotidien à la ferme », mais aussi pour lutter contre « la désinformation et l\u2019image parfois négative » de l\u2019agriculture.Aujourd\u2019hui, la jeune femme qui est suivie par 14 000 abonnées doit constamment se défendre contre ce qu\u2019elle qualifie d\u2019intimidation de la part de militants véganes.« J\u2019ai récemment modifié les paramètres de mon compte, parce que je recevais plus d\u2019une centaine de messages négatifs quotidiennement.Je devais me lever chaque jour une heure plus tôt seulement pour effacer des commentaires.» Plusieurs des internautes qui s\u2019en prennent à elle comparent l\u2019insémination artificielle des vaches au viol et utilisent les mots « meurtre » et «kidnapping» pour décrire le travail des éleveurs de bovins.Certains messages qu\u2019elle reçoit lui font craindre pour sa sécurité.«Il y en a un qui a pris des captures d\u2019écran de mes photos, il les a partagées sur son compte en ajoutant des couteaux dans mon visage et en écrivant le mot psychopathe dans le front.Il m\u2019a tellement fait peur», a relaté l\u2019agricultrice âgée de 26 ans.En entrevue à La Presse canadienne, elle a déploré que «des gens de la ville» qui ne connaissent pas l\u2019agriculture jugent aussi sévèrement les éleveurs.«Ça affecte psychologiquement, c\u2019est très lourd, même si on essaie de ne pas les lire.La population devient déconnectée Des agriculteurs cyberintimidés L\u2019activisme mené par certains véganes serait un facteur de stress et de détresse pour de nombreux agriculteurs de l\u2019agriculture, on a tous un grand- père qui a fait de l\u2019agriculture, mais aujourd\u2019hui, aux yeux de plusieurs personnes, on est des violeurs et des empoisonneurs, c\u2019est ce qui me fait le plus de peine.» Source de stress Pierrette Desrosiers, psychologue dans le milieu agricole, affirme que l\u2019intimidation de la part de militants véganes sur les réseaux sociaux est « une source de stress» avec laquelle doivent composer de plus en plus d\u2019agriculteurs.«À l\u2019école, des enfants d\u2019agriculteurs commencent à subir de l\u2019intimidation en se faisant traiter d\u2019enfants de pollueurs, ou alors des enfants répètent ce qu\u2019ils ont vu sur les réseaux sociaux et disent que les agriculteurs violent les vaches [en référence à l\u2019insémination artificielle].C\u2019est maintenant un facteur de stress important pour les producteurs, ça n\u2019existait pas il y a un an ou deux.» La psychologue, qui est aussi fille et femme d\u2019agriculteurs, a précisé que certains éleveurs craignent que leurs enfants refusent de prendre la relève en raison de «ces débats».Pierrette Desrosiers dénonce ce qu\u2019elle qualifie de stratégie de communication de certains groupes de protection des animaux et d\u2019associations véganes.«On cherche à toucher les émotions, à marquer très fort l\u2019imaginaire, on prend des mots comme viol et meurtre pour frapper l\u2019imaginaire.C\u2019est de l\u2019anthropomorphisme.» L\u2019anthropomorphisme est l\u2019attribution aux animaux des réactions et des sentiments propres à l\u2019espèce humaine.Au printemps dernier, le Comité permanent de l\u2019agriculture et de l\u2019agroali- mentaire de la Chambre des communes a présenté un rapport sur la détresse que vivent plusieurs agriculteurs.Les députés qui composent ce comité demandent au gouvernement d\u2019élaborer «des campagnes et des stratégies de sensibilisation du public ayant pour but de lutter contre le problème croissant de la cybe- rintimidation, de l\u2019intimidation et des menaces touchant les travailleurs agricoles du Canada ».Le comité recommande également qu\u2019Ottawa envisage « d\u2019inclure dans le Code criminel les formes d\u2019intimidation ou de cyberinti- midation ciblant des groupes de Canadiens en fonction de leur métier ou de leur lieu de résidence».Une tactique contreproductive Frédéric Côté-Boudreau, docteur en philosophie et auxiliaire d\u2019enseignement à l\u2019Université Queen\u2019s, s\u2019intéresse aux questions éthiques liées au mode de vie végane.Il est lui-même végane et souhaiterait qu\u2019on reconnaisse les animaux en tant qu\u2019égaux des humains.Il est toutefois d\u2019avis que le langage utilisé par certains défenseurs des droits des animaux sur les réseaux sociaux n\u2019aide pas la cause.« C\u2019est contreproductif pour les vé- ganes.J\u2019ai rarement vu quelqu\u2019un être convaincu avec ce genre d\u2019approche qui divise.Quand on se fait dire qu\u2019on est cruel, on est moins réceptif à ce que l\u2019autre dit.» Cependant, il soutient du même souffle qu\u2019il partage les préoccupations des militants les plus durs.« En même temps, je comprends l\u2019énergie et la passion des activistes qui sont dans cette position, je partage en partie ce qu\u2019ils ressentent envers les éleveurs, envers l\u2019exploitation, envers notre société qui ne prend pas au sérieux les violences que subissent les animaux, mais pour que le mouvement grandisse, il faut un discours beaucoup plus pacifique.» Sa thèse de doctorat défend notamment l\u2019idée que les animaux devraient avoir le droit de faire des choix, par exemple « de déterminer où vivre, avec qui développer des relations et quoi faire de leurs journées ».«On a amplement de preuves scientifiques sur la vie émotionnelle et sur la capacité à souffrir des animaux.C\u2019est très bien démontré que de se faire mutiler à froid, de se faire entasser, de ne pas pouvoir bouger normalement, de ne pas pouvoir développer des relations sociales saines, on sait que ça a d\u2019énormes impacts psychologiques et physiques sur les animaux.» Le langage utilisé par des défenseurs des droits des animaux sur les réseaux sociaux n\u2019aide pas leur cause, expriment certains.JEFF MCINTOSH LA PRESSE CANADIENNE LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Comme promis par la Coalition avenir Québec (CAQ) en campagne électorale, une somme de 20 millions de dollars a été annoncée dimanche pour la restauration du patrimoine culturel à caractère religieux au Québec.De ce montant, 15 millions seront investis en 2019-2020 pour restaurer des immeubles et des objets patrimoniaux à caractère religieux.« On ne parle pas d\u2019édifices qui sont vides, inutilisés ou qui risquent de s\u2019effondrer.On parle de bâtiments qui ont déjà une très grande valeur », précise la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.C\u2019est un total de 69 bâtiments, deux orgues, quatre biens mobiliers, ainsi qu\u2019un ensemble d\u2019œuvres d\u2019art qui seront restaurés à partir de ce budget.Une enveloppe de 5 millions servira quant à elle à la requalification des lieux de culte dans le but de préserver leur valeur patrimoniale.« On sait que les églises se vident au Québec, et ce sont de magnifiques bâtiments », se désole la ministre.«Si on peut leur donner une autre vie, on en fera une garderie, un centre d\u2019art, un centre d\u2019exposition, un centre de diffusion, une salle de spectacles, des logements, peu importe », illustre-t-elle, qualifiant le processus de « recyclage d\u2019édifices ».La présidente du Conseil du patrimoine religieux du Québec, Josée Grandmont, estime d\u2019ailleurs que la conversion des édifices religieux «s\u2019impose désormais comme la voie d\u2019avenir et une condition de conservation viable ».L\u2019annonce a été faite lors d\u2019une conférence de presse, dimanche, à l\u2019église Sainte-Famille, à Boucherville.Cette QUÉBEC 20 millions pour la restauration du patrimoine culturel religieux église construite en 1801 recevra une somme d\u2019un peu plus de 56 000 $ afin de restaurer ses vitraux.Questionnée à savoir si ce financement allait se poursuivre également l\u2019an prochain, la ministre Roy n\u2019a pas voulu se prononcer.« Chose certaine, ce qui me tient particulièrement à cœur, c\u2019est [\u2026] de donner seconde vie à des immeubles qui sont inoccupés », a- t-elle déclaré en promettant de « mettre de la pression là-dessus ».Les critères pour les projets de requa- lification de bâtiments à caractère religieux ne sont pas encore déterminés.Le directeur du Conseil du patrimoine religieux du Québec, Jocelyn Groulx, a expliqué que son organisme et le ministère de la Culture étaient « encore en discussion » à ce sujet.Il a ajouté qu\u2019ils seraient bientôt définis et annoncés au courant de l\u2019automne.Il y a près de 3000 églises au Québec, et une quarantaine d\u2019entre elles ferment leurs portes chaque année, selon le directeur du Conseil du patrimoine religieux du Québec.OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Les églises se vident au Québec, et ce sont de magnifiques bâtiments NATHALIE ROY » LEDEVOIR // LE LUNDI 5 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 4 PAUL BENKIMOUN LE MONDE Le ministère japonais chargé de la science et des technologies a donné son feu vert, le 24 juillet, à un projet d\u2019études visant à faire se développer un pancréas chez des rongeurs grâce à l\u2019utilisation de cellules souches humaines.Les embryons de rats ou de souris produiraient ainsi un organe humain utilisable pour une greffe.Le 1er mars, l\u2019interdit qui pesait sur la création de ce type de chimère hu- main-animal avait été levé au Japon.Cette technique, qui est proscrite en France, soulève des questions éthiques et pratiques.«Enfin, nous sommes en mesure de commencer de sérieuses études dans ce domaine après dix ans de préparation, s\u2019est réjoui Hiromitsu Nakauchi, de l\u2019Université de Tokyo, qui poursuit ces recherches de longue date.Nous ne nous attendons pas à créer immédiatement des organes humains, mais cela nous permet d\u2019avancer nos recherches sur la base du savoir-faire que nous avons acquis jusqu\u2019ici», précise-t-il dans des propos rapportés, le 25 juillet, dans le quotidien nippon Asahi Shimbun.Le procédé consiste à introduire des cellules souches humaines dites iPS (pluripotentes induites) \u2014 en l\u2019occurrence des cellules différenciées reprogrammées afin de pouvoir se différencier en n\u2019importe quel type cellulaire \u2014 dans un ovocyte fécondé.Ce dernier est ensuite transplanté dans l\u2019utérus d\u2019une femelle modifiée génétiquement afin de ne pas pouvoir produire un organe donné.Un organe différencié à partir des cellules souches humaines se développe alors chez l\u2019embryon à la place de celui propre à l\u2019espèce animale.Améliorer les connaissances en biologie fondamentale Le point de départ de ce type de recherches réside dans la possibilité de manipulation génétique, par inactivation ou recombinaison, qui a valu à Mario Ca- pecchi, Oliver Smithies et Martin Evans le prix Nobel de médecine en 2007.Ce dernier a, entre autres, introduit des fragments de génome humain dans des génomes de souris.Depuis l\u2019arrivée d\u2019outils d\u2019édition du génome très maniables, tel le système CRISPR-Cas9, ces manipulations sont devenues encore plus facilement réalisables.En 2010, l\u2019équipe de Hiromitsu Na- kauchi a publié des travaux décrivant l\u2019obtention de souris ayant des organes incluant des cellules de rat, dérivées de cellules iPS de rat injectées dans un ovocyte fécondé de souris et inversement.Elle démontrait également que des embryons de souris rendus génétiquement incapables de fabriquer spontanément un pancréas produisaient un pancréas de rat si des cellules iPS de rat avaient été préalablement introduites dans l\u2019ovocyte fécondé.Hiromitsu Nakauchi a déjà mené ce type d\u2019études à l\u2019Université de Stanford, en Californie, un établissement privé auquel il est également affilié.Les cellules iPS humaines étaient introduites dans des ovocytes fécondés de brebis transplantés ensuite dans l\u2019utérus d\u2019autres brebis.De tels travaux ont été justifiés par la perspective d\u2019améliorer les connaissances en biologie fondamentale, mais aussi par de potentielles applications thérapeutiques.D\u2019où des projets de créer des chimères humain-animal où deux populations de cellules génétiquement distinctes et d\u2019espèces différentes coexisteraient chez les animaux obtenus.L\u2019objectif serait de développer sans limitation de nombre des organes humains et de répondre ainsi à la pénurie de greffons pour les malades dont la vie en dépend.Il pourrait ensuite être possible de produire des organes sur mesure en utilisant les cellules du malade, ou les plus compatibles sur le plan immuno- logique, ce qui permettrait de réduire notablement, voire de supprimer le traitement immunosuppresseur à vie, actuellement nécessaire chez un greffé pour éviter un rejet.Problèmes éthiques La création de ces chimères humain- animal n\u2019en soulève pas moins des interrogations éthiques.Dans un article Le Japon autorise des embryons animaux-humains Un projet de recherche sur des chimères censées produire à terme des greffons d\u2019organes vient d\u2019être agréé Plusieurs drapeaux de la fierté trans flottaient dimanche après-midi au-dessus de la place de la Paix, à Montréal, où s\u2019étaient donné rendez-vous des centaines de militants de cette communauté pour réclamer une meilleure accessibilité à des soins adéquats.La Marche trans, organisée par le collectif Euphorie dans le genre, a adopté en son sixième anniversaire une liste de revendications élaborée de concert avec des organismes œuvrant dans le milieu.Parmi ces demandes figure la couverture par la RAMQ de l\u2019ensemble des traitements liés à la transition : prise d\u2019hormones, chirurgie faciale, augmentations mammaires, entraînements vocaux et épilation au laser sont notamment cités en exemple.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Marche pour les droits des personnes trans à Montréal sur le sujet publié en 2016 dans la revue Stem Cell Research & Therapy par une équipe du CHU de Montpellier, Rodolphe Bourret, John De Vos et leurs collègues relevaient que des pratiques ayant suscité un questionnement initial avaient ensuite été largement acceptées.Ils évoquaient le paradoxe qu\u2019il y aurait à accepter l\u2019utilisation chez l\u2019homme de valves cardiaques ou d\u2019insuline d\u2019origine animale et à interdire la création d\u2019un porc chimérique portant un pancréas d\u2019origine humaine.« Il faut se méfier du manichéisme en ne voyant que les dangers.Hiromitsu Nakauchi est un chercheur extrêmement sérieux, qui avance dans ce domaine depuis longtemps, avec prudence, et n\u2019a rien d\u2019un apprenti sorcier, insiste le professeur John De Vos, coordonnateur du Département d\u2019ingénierie cellulaire et tissulaire au CHU de Montpelllier.Dans l\u2019expérimentation qu\u2019il va mener, les animaux seront sacrifiés avant la fin de la gestation, aux deux tiers environ, afin d\u2019observer la manière dont les embryons se développent.Ce n\u2019est qu\u2019ensuite que la recherche passera à un animal plus gros, le porc.» Néanmoins, les auteurs français pointaient des problèmes éthiques liés à des préoccupations médicales autour du risque d\u2019humanisation de l\u2019animal : celui lié à la dissémination des cellules iPS dans le cerveau de l\u2019animal, ce qui pourrait altérer sa cognition au risque de voir se développer une forme de pensée ou de conscience analogue à celle de l\u2019homme, l\u2019apparition de caractères extérieurs (mains, pieds, visage) ressemblant à ceux d\u2019un humain et la crainte d\u2019une production de gamètes humains chez l\u2019animal.Dans un premier temps, l\u2019équipe de Hiromitsu Nakauchi entend se limiter pendant deux années à surveiller le développement postnatal des embryons de rongeurs, rats et souris, et ultérieurement de porcs, ce qui nécessitera une nouvelle autorisation.Les chercheurs japonais examineront notamment le cerveau des rongeurs chimériques, passé certains stades de développement.Ils ont annoncé se fixer un seuil : s\u2019ils détectent un taux de cellules humaines supérieur à 30 % dans le cerveau des animaux, ils interrompront l\u2019étude.En France, la création d\u2019embryons humains chimériques est interdite.L\u2019Allemagne interdit la combinaison d\u2019un embryon humain et de cellules animales, mais pas l\u2019introduction de cellules humaines dans un embryon animal.La législation du Royaume-Uni, amendée en 2008, n\u2019interdit pas la création d\u2019animaux chimériques ayant reçu une greffe de cellules embryonnaires humaines.Aux États-Unis, les lois fédérales n\u2019abordent pas le sujet, mais les autorités médicales recommandent de ne pas introduire des cellules souches humaines chez des embryons de primates et que les chimères humain-animal ne se reproduisent pas.De tels travaux ont été justifiés par la perspective d\u2019améliorer les connaissances en biologie fondamentale, mais aussi par de potentielles applications thérapeutiques NICOLE THOMPSON LA PRESSE CANADIENNE Les décès d\u2019enfants oubliés dans un véhicule laissé en plein soleil sont peut- être plus fréquents qu\u2019on le pense, mais selon les auteurs d\u2019une étude sur le sujet, les parents peuvent adopter de nombreuses attitudes pour empêcher de telles tragédies.Selon l\u2019étude de l\u2019Hôpital pour enfants malades de Toronto, un enfant meurt chaque année au Canada après avoir été laissé à l\u2019intérieur d\u2019un véhicule surchauffé par le soleil.L\u2019oubli a joué un rôle dans quatre des six décès enregistrés de 2013 à 2018, dit l\u2019étude publiée le mois dernier dans la revue officielle de la Société canadienne de pédiatrie, Pediatrics and Child Health.Les circonstances entourant un cas trop récent pour être recensé dans la recherche \u2014 la mort d\u2019un enfant de 16 mois à Burnaby, en Co- lombie-Britannique \u2014 font toujours l\u2019objet d\u2019une enquête policière.Coauteure de l\u2019étude, Joelene Huber dit que, si de tels accidents peuvent arriver à tout le monde, l\u2019adoption de nouvelles routines peut les prévenir.« Ne laissez jamais un enfant sans surveillance dans un véhicule automobile, même pendant une minute, recom- mande-t-elle.C\u2019est une règle que l\u2019on doit se fixer : même si on oublie quelque chose dans la maison, on doit rentrer à la maison avec l\u2019enfant.» Dans la majorité des cas étudiés par les chercheurs, le parent ou le responsable de l\u2019enfant avait oublié de le déposer à la garderie.Mme Hubert souligne que, pour éviter de telles tragédies, les parents doivent faire en sorte que les responsables des services de garde les appellent si l\u2019enfant est absent de manière inattendue.Elle conseille aussi aux parents de mettre en place quelques habitudes pour se prémunir contre les oublis.Par exemple, ils peuvent placer leur téléphone cellulaire sur le siège arrière du véhicule lorsqu\u2019un enfant y prend place.La coau- teure de l\u2019étude exhorte aussi les parents à se répéter comme un mantra : « Regarde avant de verrouiller les portes».Selon elle, le fardeau ne repose pas uniquement sur les épaules des parents.Les auteurs suggèrent d\u2019ajouter une section sur les dangers des véhicules chauds dans le Relevé postnatal Rourke, un guide factuel auquel se réfèrent souvent les médecins canadiens pour parler du développement de l\u2019enfant aux parents, l\u2019équivalent du Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans offert gratuitement à tous les nouveaux parents québécois.La population en général a aussi un rôle à jouer, mentionne Mme Huber.Les personnes qui aperçoivent un enfant seul dans un véhicule chaud doivent appeler immédiatement le 9-1-1, même si l\u2019enfant semble aller bien.Elle rappelle que l\u2019effet de serre qui se produit à l\u2019intérieur des véhicules peut faire grimper la température interne à des niveaux mortels, même si le mercure n\u2019atteint que 21 ou 22?C à l\u2019extérieur.Les répercussions peuvent être particulièrement graves pour l\u2019enfant, dont le corps est mal équipé pour réguler la température.Mme Huber raconte qu\u2019un enfant laissé dans un véhicule en pleine chaleur peut souffrir de délires, de crises d\u2019épilepsie avant de sombrer dans le coma et mourir.«Si l\u2019enfant est en détresse, la police, avec qui nous en avons parlé, recommande de faire tout ce qu\u2019on peut pour le sortir du véhicule.» ÉTUDE Un enfant meurt par année, oublié à bord d\u2019un véhicule « Regarde avant de verrouiller les portes » SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 5 AOÛT 2019 S Q & R « Il faut tout faire pour que l\u2019automatisation des métiers favorise l\u2019émancipation de l\u2019homme » elon le dernier rapport annuel sur les perspectives de l\u2019emploi de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié le 25 avril, 14 % des emplois dans les pays de l\u2019OCDE sont susceptibles de disparaître (16,4 % en France) et 32 % pourraient être profondément transformés (32,8 % dans l\u2019Hexagone) avec l\u2019automatisation des tâches et la multiplication des machines dans le monde du travail au cours des 20 prochaines années.Stefano Scarpetta, directeur de l\u2019emploi, du travail et des affaires sociales de l\u2019OCDE, estime qu\u2019il est urgent d\u2019adapter le système scolaire aux nouvelles réalités, et de donner aux travailleurs des occasions de développer de nouvelles compétences par la formation tout au long de leur vie professionnelle.Des études prédisent la disparition de 400 millions à 800 millions d\u2019emplois avec l\u2019automatisation.D\u2019autres prétendent au contraire que la robotisation va créer plus de postes qu\u2019elle ne va en détruire.Pourquoi une telle différence d\u2019appréciation ?Certains emplois vont disparaître, d\u2019autres vont changer de façon importante.En même temps, la technologie numérique va créer de nouveaux débouchés, dans les hautes technologies notamment, en complément de ce que les machines pourront accomplir à l\u2019avenir.C\u2019est pourquoi nous pensons, à l\u2019OCDE, qu\u2019il y aura plus de changements de nature des tâches que de pertes sèches d\u2019emplois.Nous ne sommes pas inquiets par la perspective de ce qu\u2019on appelle « un chômage technologique de masse ».Nous craignons davantage une forte augmentation des inégalités sur le marché du travail entre les personnes qui ont les compétences pour saisir ces nouvelles possibilités, et d\u2019autres, faiblement qualifiées, qui ont des compétences limitées pour répondre aux évolutions de l\u2019emploi qu\u2019elles occupent et qui resteront cantonnées dans des fonctions peu intéressantes et mal payées.Quels secteurs d\u2019activité sont les plus concernés par la robotisation ?Et pour quels types d\u2019emplois ?Presque tous les secteurs sont concernés : principalement la manufacture, car c\u2019est un secteur où les tâches sont répétitives ; l\u2019agriculture également est en train de changer de façon assez spectaculaire, car, même s\u2019il y a peu d\u2019emplois, de plus en plus de tâches sont réalisées avec le soutien de la technologie numérique.Dans les services, si vous prenez l\u2019exemple des banques, quand vous alliez au guichet il y a 15 ou 20 ans, il y avait encore du personnel pour aider les clients.Cela ne veut pas dire que l\u2019emploi dans les banques a diminué, mais simplement que les salariés font des choses différentes.Dans certains cabinets d\u2019avocats, aujourd\u2019hui, la recherche des décisions de justice se fait de manière automatisée.C\u2019est plus facile, beaucoup plus rapide.Quels avantages peut-on retirer de l\u2019automatisation ?Comme lors des précédentes révolutions technologiques, les machines vont accomplir des tâches répétitives, ennuyeuses et parfois risquées.Cela laisse aux humains l\u2019occasion de se concentrer sur des tâches plus novatrices, plus créatives, avec plus de travail d\u2019équipe \u2014 ce que l\u2019on appelle « l\u2019intelligence sociale ».Ça, c\u2019est la théorie.En pratique, cette révolution numérique met les travailleurs et l\u2019intelligence artificielle en compétition sur des tâches plus cognitives, parce que les algorithmes développent des capacités impressionnantes de traitement des données.Avez-vous des exemples précis où la machine entre en compétition avec l\u2019humain ?Beaucoup d\u2019entreprises utilisent déjà les algorithmes pour sélectionner du personnel, car ils ont la capacité d\u2019analyser le CV des candidats de façon très détaillée, d\u2019apporter des informations supplémentaires par rapport aux méthodes classiques de recrutement.Dans l\u2019agriculture, il existe des sondes qui permettent d\u2019apporter aux cultures la bonne dose de produit, un rôle qui auparavant était rempli par les agriculteurs\u2026 Sommes-nous tous égaux devant l\u2019automatisation du travail ?Il y a des tâches pour lesquelles les humains vont conserver un rôle prédominant : la créativité, les interactions complexes, l\u2019intelligence sociale sont plutôt des caractéristiques humaines.Mais d\u2019autres tâches, plus répétitives, pourront être accomplies par des algorithmes.Nous sommes tous exposés aux nouvelles technologies numériques, mais l\u2019impact sur nos professions est assez différent.Les postes les plus à risque d\u2019être automatisés dans les pays de l\u2019OCDE sont ceux à faible niveau de qualification, occupés par des personnes qui reçoivent le moins de formation professionnelle.Or, ce sont elles qui en ont le plus besoin.Il faut adapter le système scolaire aux nouvelles réalités, mais il faut aussi donner aux travailleurs des occasions de développer de nouvelles compétences par la formation tout au long de leur vie professionnelle.Dans les pays de l\u2019OCDE, près de la moitié des travailleurs ont des compétences numériques très limitées, voire nulles : ils savent utiliser un téléphone intelligent, naviguer sur Internet, mais pas vraiment se servir de la technologie numérique dans leur activité professionnelle.Tout le monde ne doit pas savoir coder, mais avoir un minimum de compétences numériques est important pour les métiers de demain.Comment aborder au mieux le virage de l\u2019automatisation ?Il faut tout faire pour que l\u2019automatisation des métiers favorise l\u2019émancipation de l\u2019homme : laisser aux machines les tâches ingrates et se concentrer sur les domaines les plus intéressants, des tâches plus créatives.L\u2019autre défi posé par l\u2019automatisation du travail est celui des moyens: la question du financement de la transition numérique pour les travailleurs est très importante pour réduire les tensions potentielles et les inquiétudes liées à cette révolution: savoir comment on finance la formation continue, comment on garantit la protection sociale à tous les travailleurs indépendants des plates- formes notamment\u2026 Il faut donner à tous les moyens de naviguer dans un marché du travail en évolution rapide.Il y a également un débat sur l\u2019éthique de l\u2019intelligence artificielle: comment faire en sorte que les algorithmes n\u2019aient pas de biais qui puissent avoir des conséquences négatives pour certaines catégories de travailleurs?Les experts disent que ce ne sont pas les algorithmes qui ont des biais dans leur codage informatique, mais que ce sont plutôt les données qu\u2019ils utilisent qui peuvent être biaisées, l\u2019algorithme ne faisant que répéter certains de ces biais.L\u2019automatisation dans le travail estelle inéluctable ?Il faut arrêter de croire que tout ce qui peut être accompli par des machines sera accompli par des machines.Il y a toujours des choix qui sont faits par les gouvernements, par les entreprises, par les travailleurs eux-mêmes.La question, c\u2019est plutôt : quelle utilisation fait-on des nouvelles technologies ?L\u2019exemple des voitures autonomes est un très bon exemple : la technologie est là, mais l\u2019utilisation de ces véhicules dépend des cadres réglementaires que les pays vont adopter pour minimiser les risques.On ne peut pas empêcher le progrès technologique, mais ce que l\u2019on peut réglementer, c\u2019est l\u2019utilisation de ces différentes technologies afin d\u2019en optimiser les bénéfices pour nos sociétés.La robotisation va-t-elle faire disparaître des emplois ou bien en créer ?Pour Stefano Scarpetta, directeur de l\u2019Emploi à l\u2019OCDE, elle met surtout les sociétés au défi d\u2019adapter leur scolarité et de développer la formation.Propos recueillis par Nicolas Lepeltier.LE MONDE Selon un rapport de l\u2019OCDE, 32 % des emplois dans les pays membres de l\u2019organisme pourraient au cours des vingt prochaines années être transformés avec l\u2019automatisation des tâches et la multiplication des machines dans le monde du travail.Sur la photo, un employé d\u2019une usine de production automobile en France surveille les tâches effectuées par des robots.PHOTO BY SÉBASTIEN BOZON AGENCE FRANCE-PRESSE Il faut adapter le système scolaire aux nouvelles réalités, mais il faut aussi donner aux travailleurs des occasions de développer de nouvelles compétences STEFANO SCARPETTA » LEDEVOIR // LE LUNDI 5 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e chef conservateur, Andrew Scheer, a cru nécessaire la semaine dernière d\u2019écrire aux premiers ministres des provinces pour leur dire que, sous son règne, la croissance des transferts fédéraux en santé resterait la même que maintenant.La manœuvre n\u2019a pas fait taire les libéraux qui brandissent l\u2019épouvantail des futures coupes conservatrices, à l\u2019image de celles imposées par l\u2019Ontarien Doug Ford.Ce que promet M.Scheer est pourtant simple : maintenir le taux de croissance des transferts pour la santé et les programmes sociaux qui est prévu dans la loi.Cela veut dire que leur progression restera arrimée à la croissance économique, avec un taux plancher de 3 %.Ce que promettent les libéraux ?La même chose.Aucun de ces deux partis ne va plus loin pour l\u2019instant.Il y aurait moyen de faire mieux.En juillet, les premiers ministres provinciaux, réunis à Saskatoon, ont fait une déclaration commune réitérant leur demande vieille de plus de trois ans pour un taux de croissance plus généreux, soit 5,2 %.Ce n\u2019est pas pour rien.Les nouvelles technologies, les avancées thérapeutiques et le vieillissement de la population, en particulier, exercent des pressions à la hausse sur les coûts de santé.Les premiers ministres ont demandé une rencontre avec leur homologue fédéral après les élections.Les libéraux veulent que les électeurs doutent de la parole de M.Scheer vu que le taux plancher de 3 % qu\u2019ils appliquent est celui mis en place par le gouvernement Harper.Annoncé en 2012 afin de donner le temps aux provinces de s\u2019ajuster, il est entré en vigueur en 2017.Au pouvoir, les libéraux n\u2019ont pas cru nécessaire de le changer.Le gouvernement Trudeau a bien créé un fonds de 11,5 milliards sur 10 ans pour les soins à domicile et les services en santé mentale, un montant bien maigre face à l\u2019ampleur du défi, mais même quand on en tient compte, on est loin du taux de 5,2 % suggéré par les provinces.En plus, pour profiter de cet argent, chaque province a dû négocier une entente et se soumettre à certaines conditions, sauf le Québec qui jouit d\u2019un traitement asymétrique.Bien que l\u2019entourage de M.Scheer insiste pour dire qu\u2019il maintiendra ce fonds pour les soins à domicile et la santé mentale, il ne l\u2019a pas mentionné dans sa lettre ni lors de sa conférence de presse.Les libéraux, la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, au premier chef, ont pris prétexte de cette omission pour faire un vigoureux procès d\u2019intention au chef conservateur.Or, depuis plus de 30 ans, c\u2019est un gouvernement libéral, celui de Jean Chrétien, qui a sabré le plus sévèrement, pour ne pas dire sauvagement, dans les transferts aux provinces pour la santé, l\u2019aide sociale et l\u2019éducation postsecondaire.Ils sont passés de 17,4 milliards en 1994-1995 à 12,4 milliards en 1997-98 et ce n\u2019est qu\u2019en 2002-03 que le total des transferts en espèces a rejoint et a légèrement dépassé le niveau de 1994-1995, le plus haut montant jusque-là.Rien dans le programme libéral de 1993 n\u2019annonçait ce coup de tronçonneuse.La crise qui a suivi se résorbe à peine et une chance qu\u2019il y ait eu un accord sur la santé en 2014 pour réparer en partie les pots cassés.Minoritaire, pressé par ses vis-à-vis provinciaux, le premier ministre Paul Martin a alors accepté d\u2019augmenter les transferts pour la santé de 6 % par année pendant dix ans, soit jusqu\u2019en 2014.Héritier en 2006 d\u2019une entente qui lui assurait la paix dans un dossier explosif, le premier ministre Stephen Harper a choisi non seulement de la respecter, mais de prolonger de trois ans le taux de 6 %.Stephen Harper, il faut le dire, n\u2019a jamais, lui, réduit les transferts pour la santé.Il a seulement ralenti leur croissance en mettant en place cette formule d\u2019indexation arrimée à la croissance économique, avec un taux plancher de 3 %.On peut être en désaccord, mais quand on fait la même chose, comme les libéraux, on devrait se garder une petite gêne.En ce moment, ni les libéraux ni les conservateurs ne s\u2019engagent à faire davantage.La campagne approche et on attend de voir les programmes.Les deux partis devraient en profiter pour offrir des réponses aux demandes des provinces qui gèrent le système et paient le gros de la facture.Et s\u2019ils les rejettent, qu\u2019ils expliquent pourquoi.C\u2019est le moins qu\u2019ils puissent faire.Germain Belzile Chercheur associé senior, IEDM Les États-Unis ont récemment annoncé leur intention de permettre l\u2019importation de médicaments provenant du Canada.L\u2019objectif de cette mesure est de réduire le prix des médicaments pour le consommateur américain.Il vaut la peine de fournir quelques explications quant aux implications de cette décision.Les compagnies pharmaceutiques pratiquent ce que les économistes appellent la « discrimination de prix ».Simplement dit : le vendeur choisit un prix différent dans chaque marché, en fonction de ce que les acheteurs sont prêts à payer.Les exemples de discrimination de prix sont nombreux autour de nous : prix d\u2019un billet de métro pour un étudiant, d\u2019une entrée au cinéma pour les moins de 12 ans, d\u2019un repas pour les étudiants dans certains restos, etc.Pour que cela fonctionne, il doit y avoir plus d\u2019un marché, et ceux- ci doivent être relativement étanches : il doit y avoir des barrières à la revente entre les marchés.Si ces conditions sont respectées, les entreprises maximisent leurs profits en choisissant les prix optimaux dans chaque marché.Dans le domaine pharmaceutique, les prix sont plus élevés aux États- Unis, en bonne partie à cause du revenu plus élevé des Américains.Au Canada et dans la plupart des pays développés, les prix des médicaments sont en bonne partie négociés entre les gouvernements et les producteurs.Or, les États- Unis et la Suisse sont des exceptions notables à cette règle.Ceci augmente encore davantage l\u2019écart de prix entre les États-Unis et le reste du monde.Le Canada et le reste de la planète sont des passagers clandestins (free riders) par rapport aux États-Unis, dans la mesure où la recherche et le développement de nouveaux médicaments sont financés par les prix plus élevés payés par les Américains.Le plan Le pont de l\u2019île Je connais à la fois l\u2019île d\u2019Orléans, que j\u2019habite depuis quarante-cinq ans, et le ministère de la Culture, où j\u2019ai longtemps travaillé à la sauvegarde du patrimoine.Si mon cœur est à jamais orléanais, j\u2019ai également foi en un ministère qui veille à ce que l\u2019île d\u2019Orléans conserve son âme et son cachet si particulier.Toutefois, je me désole devant les débats et les tiraillements actuels autour de règles apparemment inflexibles, imposées par le ministère aux habitants de l\u2019île.Nous avons tous et toutes une image idyllique de l\u2019île d\u2019Orléans.Son patrimoine architectural, ses traditions, son savoir-faire et la présence de Félix Leclerc en font un lieu symbolique pour l\u2019ensemble des Québécois.En 1936, alors que se construisait le pont qui allait relier l\u2019île à la rive nord du fleuve, la population a appréhendé avec un réel effroi l\u2019afflux de touristes et de nouveaux habitants qui, à n\u2019en pas douter, allaient tuer et anéantir ce réservoir des traditions françaises en Amérique.Il suffit, pour le constater, de parcourir les journaux de l\u2019époque.En 1970, l\u2019île d\u2019Orléans a été décrétée « arrondissement historique » en vertu de la Loi sur les Exporter les médicaments canadiens, une solution qui pourrait nous coûter cher LIBRE OPINION LETTRES ÉLECTIONS ET SANTÉ Du pareil au même L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu lentissement de l\u2019arrivée de nouveaux médicaments qui pourraient améliorer ou prolonger la vie des malades.Étant donné que certains pays (dont le Canada) contrôlent les prix à la baisse, les rares pays où les marchés sont relativement libres (dont les États-Unis et la Suisse) se retrouvent aujourd\u2019hui face à un dilemme : copier le reste du monde en poussant leurs prix à la baisse aux États-Unis, ce qui réduirait les profits et assécherait la recherche et, donc, l\u2019arrivée de nouveaux médicaments.Ou encore, continuer à accepter que la plupart des habitants de la planète sont des passagers clandestins.De toute évidence, le plan actuellement discuté par les Américains réduirait les différences de prix entre les États-Unis et le reste du monde, mais à un grand coût à long terme pour tous les utilisateurs potentiels de médicaments dans le monde.Le gouvernement américain actuel a démontré sa sensibilité au problème du passager clandestin, particulièrement dans son attitude quant à la Chine, qui bénéficie du libre-échange international sans se plier aux règles du jeu.Il ne faut donc pas s\u2019étonner de cette nouvelle proposition sur le prix des médicaments.Si cette politique est adoptée aux États-Unis, on peut s\u2019attendre à un conflit à propos des limitations canadiennes actuelles sur les exportations de médicaments.Espérons que nos politiciens s\u2019y préparent.annoncé récemment aux États- Unis revient à importer le contrôle des prix canadiens dans le monde pharmaceutique américain.Les marchés n\u2019étant plus étanches, les prix des deux côtés de la frontière devraient converger.Si cette politique américaine va de l\u2019avant, on peut s\u2019attendre aux effets suivants : à court terme, les profits des pharmaceutiques américaines devraient être drainés, ce qui pourrait perturber la production.Puisque les médicaments seraient exportés vers des régions plus payantes, le Canada pourrait faire face à des pénuries.À plus long terme, les prix seraient plus élevés au Canada et plus faibles aux États-Unis qu\u2019ils le sont en ce moment.La profitabilité des nouveaux médicaments serait réduite par les prix plus faibles aux États- Unis, ce qui mènerait à une chute de la recherche et développement.Bref, le choc serait double pour les consommateurs canadiens : à plus court terme, des prix plus élevés et des pénuries ; à long terme, un ra- MANON CORNELLIER Le choc serait double pour les consommateurs canadiens : à plus court terme, des prix plus élevés et des pénuries ; à long terme, un ralentissement de l\u2019arrivée de nouveaux médicaments qui pourraient améliorer ou prolonger la vie des malades ritoire, de ses paysages et de son histoire.En plaçant les gens de l\u2019île au cœur de cette démarche.Ce qui est irréversible peut être destructeur s\u2019il n\u2019est pas abordé avec doigté.En revanche, ce qui est réversible souffre rarement d\u2019être envisagé avec souplesse et ouverture.Pierre Lahoud, historien et photographe Le 2 août 2019 biens culturels.Ce statut a favorisé un développement le plus harmonieux possible des villages de l\u2019île et il a énormément contribué à mettre en valeur son patrimoine unique.Aujourd\u2019hui, l\u2019île d\u2019Orléans est un milieu de vie fort dynamique et d\u2019une extrême beauté.En 2019, le patrimoine ne peut plus se décliner comme en 1970.D\u2019une part, les joyaux de l\u2019île d\u2019Orléans sont désormais en relative sécurité et nous sommes très nombreux à rester vigilants.D\u2019autre part, 6800 personnes habitent l\u2019île en permanence et n\u2019échappent pas aux pressions inhérentes au XXIe siècle.Est-il nécessaire de leur en imposer davantage?Un toit doit- il absolument être refait en cèdre et coûter quatre ou cinq fois le prix que peuvent se permettre les propriétaires?Est-il obligatoire d\u2019imposer des délais interminables à ceux et celles qui souhaitent entreprendre des travaux de rénovation?Il est beaucoup question de ponts à l\u2019île d\u2019Orléans.Le pont actuel et sa réfection.Le pont souterrain qui fait rêver les climatos- ceptiques de tout acabit.Pourtant, le pont le plus important, selon moi, est celui qu\u2019il est urgent de rétablir entre le ministère de la Culture et les propriétaires et résidents de l\u2019île.Il est en effet grand temps de mettre un terme à l\u2019intransigeance et de travailler sur une véritable conservation du ter- Le pétrole sale plus propre que l\u2019électricité Il y a quelques semaines, la Cour suprême du Nouveau-Brunswick a confirmé le rejet du projet Northern Pass.Un dur coup pour Hy- dro-Québec, qui voulait passer par cette province pour exporter de l\u2019électricité en Nouvelle-Angle- terre.La raison?Le projet nuirait au tourisme et dévaloriserait les propriétés.Par ailleurs, le premier ministre néo-brunswickois, Blaine Higgs, ne s\u2019est pas gêné pour demander la réactivation du projet Énergie Est, de manière à ce que le pétrole albertain, qu\u2019on cherche à exporter vers d\u2019autres pays, soit acheminé par oléoduc au Nou- veau-Brunswick, via le Québec.Quelque chose m\u2019échappe.Sylvio Le Blanc Montréal, le 21 juillet 2019 « Je ne vois que le recours à des élections générales pour que les élus obtiennent un mandat suffisamment fort et précis pour trancher », observe l\u2019auteur.TOLGA AKMEN AGENCE FRANCE-PRESSE A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 5 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Georges Paquet Diplomate canadien à la retraite Ottawa Les « nouveaux protagonistes » du Brexit, ce sont le nouveau premier ministre de la Grande-Bretagne, la nouvelle présidente de la Commission européenne, la nouvelle directrice de la Banque centrale européenne et les nouveaux députés, élus en mai dernier au Parlement européen.Le « dilemme » consiste à réaliser le choix de 51,9 % des Britanniques exprimé lors du référendum du 23 juin 2016, soit de quitter l\u2019Union européenne (UE), mais sans mettre en péril la situation économique et l\u2019unité politique de la Grande-Bretagne, tout en envisageant des relations économiques et commerciales fructueuses avec l\u2019Union européenne.Je ne vois que le recours à des élections générales pour que les élus obtiennent un mandat suffisamment fort et précis pour trancher ce sérieux dilemme : sortir\u2026 à quelles conditions ?Ou rester.Il est important de noter que la Grande-Bretagne fait toujours partie de l\u2019Union européenne, que les 73 députés britanniques élus au Parlement européen en mai dernier ont pu participer au vote secret du mardi 16 juillet, qui a confirmé Ursula von der Leyen, ex-ministre de la Défense de l\u2019Allemagne, au poste de présidente de la Commission européenne pour les cinq prochaines années.Mais toutes les incertitudes du Brexit demeurent.Rappelons qu\u2019après les péripéties du printemps 2019, durant lesquelles les parlementaires britanniques ont refusé, à trois reprises, d\u2019entériner le traité de retrait négocié par la première ministre Theresa May, les chefs d\u2019État de l\u2019Union européenne ont autorisé les Britanniques à reporter de mois en mois, et finalement jusqu\u2019au 31 octobre prochain, leur sortie de l\u2019Union européenne.La date initiale du Brexit avait été fixée au 29 mars 2019 par la première ministre elle-même dans une lettre du 29 mars 2017, adressée à ses collègues européens.Cette décision s\u2019appuyait sur le résultat du référendum tenu en juin 2016, dans lequel 17 millions de Britanniques ont exprimé leur désir de voir la Grande-Bretagne quitter l\u2019UE, alors que 16 millions désiraient demeurer au sein de l\u2019Union.Traité de 600 pages Le nouveau premier ministre Boris Johnson est un fort partisan de la sortie de l\u2019UE, avec ou sans accord.L\u2019accord, s\u2019il y a lieu, consisterait en un traité d\u2019environ 600 pages assorti d\u2019une déclaration politique d\u2019une douzaine de pages que les parlementaires britanniques ont rejeté à trois reprises.Ces échecs répétés ont provoqué la démission de Mme May, tandis que les chefs d\u2019État de l\u2019Union européenne ont clairement indiqué qu\u2019ils n\u2019étaient pas disposés à reprendre ces négociations.Par ailleurs, les parlementaires britanniques ont adopté une résolution qui a pour but d\u2019empêcher le futur premier ministre de suspendre le Parlement à l\u2019approche de l\u2019échéance du 31 octobre, date à laquelle le Royaume-Uni quitterait automatiquement l\u2019Union européenne si aucun accord n\u2019est conclu d\u2019ici là.Cette résolution de la dernière chance a été soutenue par 46 députés conservateurs, et elle vise surtout à rappeler au nouveau premier ministre combien les députés sont opposés à toute forme de sortie de l\u2019Union européenne sans accord.On constate qu\u2019ils sont nombreux, les défis engendrés par ce Brexit.Il faut d\u2019abord compter sur la détermination de la première ministre de l\u2019Écosse de tenir éventuellement un référendum pour inviter les Écossais à exprimer leur détermination à continuer d\u2019appartenir à l\u2019Union européenne.D\u2019autre part, on ne sait pas comment sera résolue la question de la frontière, plus ou moins rigide, entre l\u2019Irlande, toujours membre de l\u2019Union européenne, et l\u2019Irlande du Nord, rattachée à la Grande-Bretagne, qui quitterait l\u2019Union européenne adve- nant la réalisation d\u2019un éventuel Brexit.Le gouvernement de Dublin ne serait sans doute pas le seul à s\u2019inquiéter de ce que les échanges avec l\u2019Irlande du Nord en arrivent à se détériorer.L\u2019Espagne, de son côté, exprime déjà son inquiétude à l\u2019idée que de nouvelles barrières tarifaires et autres viennent rendre plus difficiles les échanges avec Gibraltar, qui continuerait toujours d\u2019être rattaché à la Grande-Bretagne.Zone euro Par ailleurs, les négociateurs européens ne cessent de rappeler que les engagements à long terme que les Britanniques ont contractés dans le cadre des institutions européennes ne disparaissent pas à la sortie.Ceux-ci s\u2019élèveraient à près d\u2019une centaine de milliards de dollars.Par ailleurs, la Grande-Bretagne n\u2019ayant pas encore adopté l\u2019euro, sa sortie de l\u2019UE ne devrait pas influencer directement la stabilité de la zone euro.Intéressant de noter que cette sortie de la Grande-Bretagne prendrait donc effet au moment où les pourparlers débutent en vue de l\u2019admission éventuelle, en 2025, de plusieurs pays des Balkans.Et les conditions de sortie de la Grande-Bretagne, de même que leurs effets à court et à long termes, ne seront pas encore connues.On a vu les manifestations récentes de milliers de citoyens dans les rues de Londres, réclamant la tenue d\u2019un référendum sur les conditions de ce Brexit.Plusieurs autres demandent expressément que leur pays demeure au sein de l\u2019Union européenne.Pendant que se répètent les demandes des députés britanniques de pouvoir se prononcer officiellement sur ces mêmes conditions, il me semble que les arguments en faveur d\u2019un second référendum ont été affùaiblis par les votes négatifs à ce sujet par la Chambre des communes et par le passage du temps.On serait en droit de se demander qui devrait ultimement décider si les éventuelles conditions de sortie sont acceptables.Tout semble militer pour la tenue d\u2019une élection générale qui pourrait donner un nouveau gouvernement, idéalement majoritaire, qui aurait les moyens de proposer une solution que le Parlement pourrait adopter.BREXIT Nouveaux protagonistes, même dilemme Censure A u cours de paisibles vacances en France, loin de la tyrannie numérique, j\u2019ai été quand même perturbé par des articles dans la presse nationale au sujet du projet de loi qui mettrait la communication sur l\u2019Internet sous l\u2019égide d\u2019une censure dictée par l\u2019État.Défenseur depuis toujours des libertés civiles, je ne suis pas le seul à être consterné par une éventuelle régulation de la « haine » exprimée à travers les réseaux sociaux et j\u2019espère que le Sénat va freiner la course irréfléchie de l\u2019Assemblée nationale qui a voté la proposition par une écrasante majorité.Déjà, la censure d\u2019opinions désagréables, voire dégoûtantes, n\u2019est pas conforme avec les prétendues valeurs du pays de Voltaire et du principe chéri de la liberté d\u2019expression.En outre, l\u2019idée selon laquelle un juge pourrait ou devrait décider de la légitimité de telle et telle injure lancée par un fou depuis sa plateforme virtuelle me semble dangereuse pour la démocratie, et assurément pas pratique.La Toile mondiale, de nos jours, est comparable à la place publique d\u2019hier \u2014 les gens se « parlent » en ligne comme si c\u2019était avec le voisin d\u2019en face.Personne à part un Staliniste ne voudrait que la police soit physiquement à l\u2019écoute de chaque conversation aléatoire, constamment en quête d\u2019une méchanceté ou d\u2019un mensonge qui pourrait susciter, selon la députée Laetitia Avia, des violences contre des innocents.De surcroît, la France risque de se placer dans une position totalement hypocrite après l\u2019assassinat des douze infortunés de Charlie Hebdo.Comment peut-on diaboliser « la haine » en ligne et en même temps protéger jusqu\u2019au bout le « droit » de ridiculiser le prophète Mahomet sur papier ?Pour certains musulmans croyants, évidemment, une caricature du prophète remonte à la haine, ou pire.Pourtant, Laetitia Avia et ses alliés ne voient pas de contradiction dans le fait de poursuivre en justice « des sites voués à la propagation d\u2019une idéologie haineuse, qu\u2019elle soit raciste, antisémite, antimusulmane, homophobe ou sexiste ».« La haine est un sentiment, pas une notion juridique », a déclaré Le Figaro dans un éditorial.Tout à fait.Et la meilleure façon de combattre les sentiments vénéneux et malveillants est avec des sentiments contraires, à la fois fondés sur la raison et la tolérance.Je ne laisserais pas non plus à Emmanuel Macron et à Mark Zuckerberg, deux politiciens avant tout, la tâche de réguler quoi que ce soit comme paroles ou langage.Une telle « collaboration » entre gouvernement et pouvoir financier \u2014 annoncée après leur réunion le 10 mai à l\u2019Élysée \u2014 donne carrément froid dans le dos.Toutefois, je ne suis pas insensible à la nécessité de mettre les vrais innocents à l\u2019abri des menaces posées par un monde de plus en plus hostile à l\u2019innocence.Loin de Paris et des grands débats politiques, je suis tombé sur un article dans le Var-Matin qui racontait la protestation de cinq adolescentes contre des « amateurs de naturisme » déferlant sur la plage Jean-Blanc au Lavandou.Gênées par la subite arrivée d\u2019une vingtaine de nudistes dans leur refuge préféré, les filles, toutes Parisiennes, ont affiché des panneaux en carton revendiquant un retrait de l\u2019envahisseur : « Rangez vos fesses ! » « Pensez aux enfants ! » « Remettez vos maillots ! » Une des manifestantes, Louise, a frappé au cœur de la question de la censure appropriée : « En soi, je n\u2019ai rien contre le naturisme, c\u2019est un choix que je respecte, mais c\u2019est un choix ! Et un choix qui ne doit pas être imposé.» Facile de se moquer de la pudeur exhibée par Louise et ces copines comme l\u2019a fait un « médecin psychologue » cité dans la dépêche : « Il faut prendre ce geste avec humour, tel un clin d\u2019œil.» Sauf que l\u2019avalanche d\u2019images pornographiques et violentes dans l\u2019espace public n\u2019est pas une plaisanterie, et le conflit exposé par Louise reste pertinent.Est- ce que les mineurs ont vraiment « le choix » d\u2019éviter les images provocatrices et offensives qui inondent la culture quotidienne \u2014 sur la Toile, à la télévision et sur les panneaux d\u2019affichage ?N\u2019avons-nous pas une obligation de protéger les jeunes innocents des images psychologiquement nuisibles qui sans cesse les accablent ?Est-ce qu\u2019une image est l\u2019équivalent d\u2019une parole ou d\u2019une idée \u2014 est-ce qu\u2019elle mérite le même statut privilégié ?D\u2019une part, je pense que ce sont les parents qui, finalement, doivent assumer la responsabilité de défendre leurs enfants.Je me souviens de la vitesse avec laquelle j\u2019éteignais les publicités quasi pornographiques de la marque Guess lorsqu\u2019elles paraissaient devant mes filles, toutes petites, sur l\u2019écran du Taxi TV à New York (parfois, il fallait carrément le cogner).En revanche, on ne peut pas être partout ; quand elles sont devenues plus grandes, je savais que je n\u2019étais pas capable d\u2019occulter les images hypersexualisées qu\u2019elles devaient affronter dans les arrêts de bus ainsi que les vitrines de Victoria\u2019s Secret.Bien sûr, je ne veux pas qu\u2019on instaure une censure d\u2019art public qui démontre la sexualité ou la violence \u2014 je pense à la sotte décision prise par le conseil d\u2019établissement de détruire un mural dans un lycée public de San Francisco parce que sa représentation d\u2019un indigène mort et des esclaves aurait pu choquer les élèves.Néanmoins, ce sujet chargé mérite l\u2019attention des élus français, parmi d\u2019autres, qui feraient mieux de s\u2019occuper de la protection des enfants vulnérables plutôt que des adultes idiots qui n\u2019ont rien d\u2019autre à faire que de passer leur temps à lire les constats débiles d\u2019autres idiots dans le grand vide numérique.Pierre Hurteau Auteur de Homosexualités masculines et religions du monde Le sort réservé au Guinéen Karim (nom fictif ) par la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) et récemment par la Cour fédérale suscite de sérieuses questions sur la préparation des décideurs qui doivent apprécier le vécu et la réalité LGBTQ de citoyens ayant quitté leur pays en raison des mauvais traitements subis ou raisonnablement appréhendés.La réalité de la diversité sexuelle, que ce soit l\u2019homosexualité, la bisexualité ou le transgenrisme en Afrique ou en Asie, n\u2019a rien à voir avec le vécu des gais, lesbiennes, transgenres ou bisexuels du Québec ou du Canada.Plusieurs facteurs culturels et religieux font en sorte que l\u2019acceptation sociale dans ces pays ne fait aucune place à un concept comme celui de l\u2019orientation sexuelle ou de l\u2019homosexualité.L\u2019hétéronormati- vité y règne en maître.Les personnes homosexuelles ou bisexuelles doivent absolument vivre leur sexualité avec une personne du même sexe dans le placard.Faut-il rappeler qu\u2019encore 12 pays dans le monde condamnent à la peine de mort les relations sexuelles consensuelles entre personnes de même sexe, dont l\u2019Arabie Saoudite, le Nigéria et la Somalie ?Même si le Code pénal de Guinée ne prévoit pas la peine de mort, ce type de relation sexuelle reste passible de jusqu\u2019à 3 ans de prison et d\u2019une amende.On aura aussi compris que l\u2019incarcération en Guinée est loin d\u2019être une partie de plaisir, mais plutôt tout aussi cruelle que la prison, l\u2019homophobie et le rejet social, qui rendent la vie de ces personnes extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible.Afrobaromètre, un réseau de recherche panafricain indépendant qui sonde l\u2019opinion publique sur ce continent, a constaté dans une étude de 2016 que la Guinée figure parmi les pays les plus intolérants envers les homosexuels en Afrique.Le nombre d\u2019accusations contre les minorités sexuelles n\u2019est pas un indice valable pour juger du degré de stigmatisation sociale, de violence physique et de harcèlement psychologique dont les personnes ayant des relations homosexuelles sont victimes.En Guinée, comme dans beaucoup d\u2019autres pays, l\u2019État n\u2019offre que peu ou pas de protection aux membres des minorités sexuelles qui subissent de tels sévices, soit de la part de leur famille ou du voisinage.Leurs souffrances sont subies dans l\u2019isolement et le silence.Le détail du dossier de Karim n\u2019est pas connu publiquement ni les motifs qui ont mené aux décisions que l\u2019on connaît.Une chose est cependant claire: l\u2019homosexualité en Afrique ne peut s\u2019entendre à partir du concept de l\u2019orientation sexuelle propre aux sociétés occidentales.La grande majorité des homosexuels doivent vivre une double vie pour assurer leurs propres sécurité et intégrité.Tous ces éléments pris ensemble, il m\u2019apparaît que Karim est victime d\u2019une mauvaise lecture de la condition homosexuelle en Afrique de la part des autorités canadiennes.Il me semble qu\u2019il faudrait appliquer le principe de précaution et éviter le refoulement en application des principes contenus dans l\u2019article premier de la Convention de Genève: «Aux fins de la présente Convention, le terme \u201créfugié\u201d s\u2019appliquera à toute personne : [\u2026] 2) Qui craignant avec raison d\u2019être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n\u2019a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner.» Karim a bénéficié d\u2019un second sursis, tant mieux.Toutefois, un sérieux examen sur les mécanismes qui ont conduit aux décisions antérieures reste de mise.Sauvons Karim JOHN R.MACARTHUR La meilleure façon de combattre les sentiments vénéneux et malveillants est avec des sentiments contraires, à la fois fondés sur la raison et la tolérance LEDEVOIR // LE LUNDI 5 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 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Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Vie et mort d\u2019une saveur du mois l y a dix ans, le goût du bacon jouissait d\u2019un instant de gloire dans les assiettes et sandwichs des foodies.Ces jours-ci, ce sont plutôt la texture et les épices des saucisses au tofu grillé qui ravissent les sens des convertis à la façon végé.Récemment, les gourmands ont amadoué le goût du café au beurre, du lait d\u2019avoine, du kombucha, du bol poké, du champignon chaga, du latté au curcuma et autres curiosités qui apparaissent plus ou moins mystérieusement dans l\u2019écosystème des saveurs.Comment naissent, perdurent et parfois périssent les saveurs du mois ?Le site web du géant américain des glaces Ben & Jerry\u2019s comporte une section aussi amusante qu\u2019ironique : un cimetière des parfums.Les becs sucrés peuvent ainsi y apprendre que le défunt parfum «Vermonty Python» (arôme de liqueur au café, de biscuits et de fudge) a existé entre 2006 et 2008 ou encore que la saveur «Sugar Plum», composée de prunes et d\u2019un jet de caramel, est morte de sa belle mort en 1990, à l\u2019issue d\u2019une brève vie d\u2019un an.Les visiteurs du site, cela dit, sont invités à « ressusciter » les saveurs du mois reléguées qui méritent une seconde chance.Le monde n\u2019était-il tout simplement pas prêt pour une glace à la liqueur de café et au fondant au chocolat ?Comment l\u2019alchimie opère-t-elle pour lancer une saveur qui fera courir les foules le temps d\u2019une saison ?« À l\u2019instar des modes vestimentaires, plusieurs facteurs doivent être mobilisés pour que les astres s\u2019alignent, tant du côté des points de vente que des consommateurs », explique Jordan LeBel, chercheur en marketing à l\u2019école John-Molson de l\u2019Université Concordia.Les grandes entreprises de transformation alimentaire s\u2019y prennent souvent à l\u2019avance pour prévoir le lancement des saveurs qui se conforment aux modes saisonnières, explique Jordan LeBel.« En avril ou mai, on voit comment les marques comme Smirnoff activent leurs promotions pour positionner leurs boissons de l\u2019été», révèle le chercheur, qui a eu la chance d\u2019assister au processus de développement des saveurs en vogue lors de son passage comme consultant pour l\u2019entreprise suisse Firmenich.« L\u2019année où j\u2019ai travaillé pour eux, Oprah avait parlé de la baie d\u2019açaï et, soudainement, plusieurs grandes entreprises étaient à la recherche des meilleures méthodes d\u2019extraction pour ce produit.» Le pouvoir des influenceurs Dans un article publié en début d\u2019année 2019 dans la revue Cuisine: revue des cultures culinaires au Canada, Jordan Lebel se penche sur les cas des « tacos, de la sriracha et de la sauce soya» pour comprendre comment le marketing nous fait aimer des aliments venus d\u2019ailleurs.Dans ce texte coécrit avec Marie Le Bou- thillier, le chercheur met en lumière l\u2019importance de l\u2019entrepreneuriat et des influenceurs pour façonner la trajectoire commerciale d\u2019aliments et saveurs qui sortent des sentiers battus.Aux États-Unis, à la fin des années 1800, des vendeuses de rue d\u2019origine m e x i c a i n e s u r n o m m é e s « C h i l i Queens » ont proposé les premiers tacos dans des étals de rue, devenant les premières influenceuses ayant moussé ce mets immensément photographié ces jours-ci sur Instagram.Plus près de chez nous, Jehane Benoît, célèbre pour son livre L\u2019encyclopédie de la cuisine canadienne (1963), a suggéré l\u2019emploi de sauce soya dans son « poulet au miel », plus de cinq décennies avant que Gordon Ramsay et autres influenceurs moussent la popularité du thé matcha comme assaisonnement de maïs soufflé ou parfum pour un gâteau au fromage.« L\u2019aspect culturel est crucial : les Belges, par exemple, sont les seuls à raffoler des biscuits spéculoos.Et les Japonais, très friands de Kit Kat, ont le choix d\u2019une quarantaine de saveurs de cette tablette de chocolat.» En cette ère où plusieurs propriétaires de téléphone intelligent se sentent investis d\u2019une mission de photographier leurs trouvailles gustatives pour guider nos choix de saveurs, le pouvoir des in- fluenceurs de lancer une saveur tend à s\u2019évanouir, reconnaît Jordan LeBel.« En ce moment, les gens sont tannés des influenceurs du monde alimentaire », dit-il.En guise d\u2019exemple de cet essoufflement: le mois dernier, une publication qui a été affichée sur Instagram par le propriétaire d\u2019un populaire camion de glaces de Los Angeles, Joe Nicchis, rabrouait les influenceurs autoproclamés qui réclament des cornets gratuits en échange d\u2019une photo sur leur fil Insta- gram, avec une pancarte indiquant « double prix pour les influenceurs ».Tomber dans l\u2019oubli C\u2019est qu\u2019au royaume des découvreurs de saveurs, tous n\u2019ont pas le flair ou le pouvoir d\u2019influence d\u2019Oprah ou de Yo- tam Ottolenghi.Cela dit, il y a une grande part de mystère et de chance dans la commercialisation de nouvelles saveurs qui ne risquent pas de s\u2019éclipser aussi vite que le cronut ou le latté au charbon activé.La part de risque est grande pour les grandes entreprises qui lancent des saveurs.« À l\u2019époque où je travaillais pour Fir- menich, ajoute Jordan LeBel, en règle générale, pour 50 projets lancés, il était admis qu\u2019environ 25 allaient perdre de l\u2019argent, 10 réaliseraient le seuil de rentabilité et 10 seraient lucratifs.» Qu\u2019ils s\u2019appellent Cherry Garcia, matcha ou sriracha, tous les goûts risquent de basculer un jour ou l\u2019autre dans l\u2019indésirable catégorie des saveurs du mois.« C\u2019est un peu une question d\u2019alchimie, comme dans les théories de sociologie de la consommation, qui prétendent que quand l\u2019économie va bien, les couleurs vives deviennent populaires, alors que si l\u2019économie va mal, on préfère les couleurs moins flamboyantes et plus réconfortantes.» Les saveurs occupent une grande partie de l\u2019expérience humaine.En cette ère d\u2019alimentation mondialisée où les enjeux de sécurité alimentaire ne sont pas en contradiction avec la recherche du goût exquis, ces dernières gagnent en complexité.Cette série en trois volets explore les saveurs du mois, les saveurs artificielles et les saveurs oubliées.SYLVIE ST-JACQUES LE DEVOIR Le site web du géant américain des glaces Ben&Jerry\u2019s comporte une section consacrée aux saveurs disparues, appelée le «cimetière des parfums», où l\u2019on retrouve des saveurs comme «Fossil Fuel» et «Turtle Soup».Sur la photo, la crèmerie montréalaise Ca Lem propose des parfums plus conventionnels comme «fraise» et d\u2019autres, plus exotiques, comme «racine de taro» et «feuilles de pandan».VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Il y a une grande part de mystère et de chance dans la commercialisation de nouvelles saveurs qui ne risquent pas de s\u2019éclipser aussi vite que le cronut ou le latté au charbon activé HISTOIRE DE SAVEURS I "]
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