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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-08-07, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 176 / LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM ODILE TREMBLAY LE DEVOIR E lle avait un port majestueux, une plume incisive, poétique et jazzée, une rage au cœur que la gloire n\u2019aura jamais pu apaiser.Et comment réparer les traumatismes d\u2019une enfance noire dans son ghetto de Lorain en Ohio, durant la Grande Crise ?Comment se consoler des injustices perpétuelles dont était victime sa communauté ?La seule Afro-Américaine à avoir reçu le prix Nobel de littérature (en 1993), également première femme noire à enseigner à l\u2019Université de Princeton longtemps chasse gardée blanche, s\u2019est éteinte au Centre médical Montefiore de New York dans la nuit du 6 août à 88 ans d\u2019une cause toujours inconnue.Elle part sous le règne de Donald Trump, l\u2019adversaire de toutes ses luttes.L\u2019élection de Barack Obama lui avait fait croire un moment au miracle des lendemains possibles, lui qui lui aura remis en 2012 en un moment d\u2019intense émotion la médaille de la Liberté.Il l\u2019a qualifiée mardi de « trésor national » en lui rendant un émouvant hommage.Petite-fille d\u2019esclave et une dégaine de reine de Saba.Un cri à la bouche, mais aussi un humour ravageur, une confiance en elle à toute épreuve, un bagou d\u2019enfer et des œuvres de lucidité bril- INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .A4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Hivon ne briguera pas la direction du Parti québécois A 3 Le Québécois Félix Auger-Aliassime a remporté âprement, mardi après-midi, sa première victoire à la Coupe Rogers de Montréal, en battant son compatriote Vasek Pospisil.La 21e raquette mondiale affrontera mercredi Milos Raonic.À LIRE EN PAGE B 6.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Félix Auger-Aliassime réussit sa rentrée ANNE-MARIE PROVOST LE DEVOIR INTERNET Annuler un contrat pourrait coûter plus cher Le nouveau code du CRTC est plus permissif que la Loi québécoise de protection du consommateur Le nouveau code sur les services Internet du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui doit entrer en vigueur le 31 janvier prochain, pourrait faire perdre des acquis aux Québécois.Des frais beaucoup plus élevés lorsqu\u2019un client souhaite annuler un contrat sont au cœur des craintes.Le Québec encadre déjà les contrats entre les consommateurs et les fournisseurs Internet, à travers la Loi sur la protection du consommateur.Mais quelques éléments du nouveau code fédéral pourraient entrer en conflit avec la loi québécoise, auquel cas c\u2019est la réglementation canadienne qui serait appliquée.À l\u2019Union des consommateurs, on craint plus particulièrement que de résilier un contrat coûte plus cher aux Québécois, quand il est à durée déterminée et que le client a un appareil qui n\u2019est pas subventionné.« Dans le code du CRTC, il n\u2019y a pas de montant plafond.La différence est qu\u2019au provincial, il y a un montant plafond lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de bénéfices économiques.Il s\u2019agit de 50 $ ou 10 % du prix restant.Dans le code du CRTC, on dit que les frais sont sur 24 mois et qu\u2019il faut inscrire au contrat le mon- AMÉLI PINEDA LE DEVOIR La modification du marquage de la chaussée sur l\u2019autoroute 440, annoncée mardi par le ministre des Transports à la suite de la tragédie routière qui a fait quatre morts, est insuffisante pour prévenir d\u2019autres accidents, estiment usagers et experts.« Les conducteurs québécois ne respectent pas la ligne continue.Il y a énormément d\u2019automobilistes qui coupent à la dernière minute, alors les mesures annoncées par le ministre seront- elles suffisantes ?Je n\u2019en suis pas cer- Accident sur la 440 : Bonnardel veut modifier le marquage au sol Cette mesure sera insuffisante, estiment des usagers et des experts taine », dit Michèle St-Jacques, profes- seure titulaire au département de génie de la construction de l\u2019École de technologie supérieure.Le drame a forcé lundi la fermeture complète de l\u2019autoroute 440 Ouest à la hauteur du boulevard Industriel.Deux poids lourds et au moins sept autres véhicules sont entrés en collision, provoquant d\u2019importantes explosions.L\u2019accident a fait quatre morts et quinze blessés dont trois reposaient toujours dans un état critique mardi.Une seule victime a été identifiée par les autorités.Il s\u2019agit de Robert Tanguay?Laplante, qui était âgé de 26 ans.Au lendemain de l\u2019accident, le ministre François Bonnardel s\u2019est rendu sur les lieux du drame mardi pour visualiser et tenter de comprendre ce qui a pu se produire.Aussi achalandée que l\u2019échangeur Turcot à Montréal, la voie de desserte, qui voit défiler quelque 300 000 conducteurs chaque jour, était déjà connue pour être problématique, a indiqué le ministre.De 2014 à 2018, il y a eu 160 accidents dans ce secteur.De ce nombre, un a coûté la vie à un père de famille en 2016, puis deux autres ont fait des blessés VOIR PAGE A 2 : ACCIDENT VOIR PAGE A 4 : INTERNET VOIR PAGE A 4 : MORRISON LITTÉRATURE Mort d\u2019une icône noire de majesté Petite-fille d\u2019esclave, Toni Morrison était l\u2019écrivaine de la cause des Afro-Américains ÉCONOMIE Les économistes craignent l\u2019escalade d\u2019une guerre commerciale | B 4 G U I L L E R M O A R I A S A S S O C I A T E D P R E S S ACTUALITÉS Histoire de saveurs : à la recherche de goûts d\u2019antan A 8 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Alors que les résidents du Centre-Sud craignent de devoir quitter leur quartier autrefois ouvrier en raison de l\u2019embourgeoisement, ceux au sud de l\u2019autoroute Ville-Marie redoutent de voir le secteur devenir un désert alimentaire ou une banlieue à l\u2019intérieur de Montréal.C\u2019est ce qui se dégage du rapport de consultation publique sur l\u2019avenir du secteur des Faubourgs de l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui sera rendu public mercredi.Dans son rapport de 158pages, l\u2019OCPM formule 44 recommandations à l\u2019administration de Valérie Plante, notamment pour l\u2019arrondissement de Ville- Marie d\u2019effectuer un diagnostic prospectif plus détaillé du profil sociodé- mographique du secteur et l\u2019inventaire des infrastructures existantes.« Quand on parlait aux gens, on constatait que les personnes âgées avaient peur de ne pas pouvoir rester dans leur quartier, parce que ça s\u2019embourgeoisait tellement et que ça devenait tellement plus cher », souligne la présidente de l\u2019OCPM, Dominique Ol- livier.Elle ajoute que les plus jeunes, quant à eux, ne se voyaient pas nécessairement habiter le quartier dans un horizon de cinq à dix ans.Les gens au sud de l\u2019autoroute Ville- Marie craignent de leur côté de voir les environs devenir un désert alimentaire ou d\u2019avoir besoin d\u2019une voiture pour leurs déplacements.« Comment peut-on connecter tout ça pour que ça devienne un seul quartier avec une identité forte ?» s\u2019est demandé Mme Ollivier à propos du vaste territoire du secteur des Faubourgs.« Si on parle de faire venir des milliers de personnes sur une période de 20 ans, il faut non seulement réfléchir aux besoins [actuels], mais aussi aux besoins futurs que pourraient avoir ces personnes-là », ajoute-t-elle.L\u2019Office propose notamment de faire de la rue Sainte-Catherine Est le cœur du secteur et d\u2019y ajouter des promenades vertes.Il suggère également de connecter des réseaux d\u2019espaces verts et d\u2019étendre certaines artères.« Prolonger la rue de la Gauchetière sur le site de Radio-Canada fournirait l\u2019occasion de créer une voie piétonnière animée en direction du Faubourg Québec et du Vieux-Montréal », peut- on lire dans le rapport.Selon Mme Ollivier, cela permettrait qu\u2019un côté du secteur ne soit pas «déconnecté» par rapport à d\u2019autres.Elle ajoute que cela réglerait également certains nœuds de congestion routière et permettrait d\u2019organiser une trame commerciale favorable à la mixité sociale.Un meilleur accès au fleuve Le rapport de l\u2019OCPM donne également des orientations afin de rendre l\u2019accès aux berges du fleuve Saint-Lau- rent plus facile et plus sécuritaire.MONTRÉAL Les Faubourgs trop cher pour ses habitants ?Des résidents craignent la gentrification de l\u2019ancien quartier ouvrier, constate l\u2019Office de consultation publique À l\u2019heure actuelle, les gens qui désirent s\u2019y rendre doivent traverser l\u2019autoroute Ville-Marie.« Étant donné qu\u2019on a encore un port qui est en activité, et même en expansion, il faut voir comment on peut le faire », souligne Mme Ollivier.Dans son rapport, la commission salue les propositions de l\u2019arrondissement, telles que le prolongement de la promenade riveraine du Chemin-Qui-Marche entre la rue Atateken et la rue Alexandre- DeSève, ainsi que l\u2019extension de plusieurs rues qui iront à travers le site à l\u2019ouest de la tour de Radio-Canada, l\u2019axe Ville-Ma- rie\u2013Notre-Dame et le site de la brasserie Molson.Elle remet toutefois en question la pertinence d\u2019une passerelle étagée au- dessus de la gare de triage du port de Montréal.Elle soulève des raisons d\u2019accessibilité et de sécurité des usagers, ainsi que des raisons techniques.En juin dernier, la Ville de Montréal a conclu une entente de principe avec les promoteurs du site de Molson-Coors, Groupe Sélection et Groupe Montoni, pour acquérir des terrains permettant notamment la création d\u2019une promenade fluviale.Cette promenade de 1852 mètres carrés sur une longueur d\u2019un demi-kilo- mètre sera toutefois séparée du fleuve par des voies ferrées.L\u2019administration Plante devra prendre acte du rapport, pour ensuite préparer une réglementation qui permettra le contrôle du développement.Elle soumettra alors un programme particulier d\u2019urbanisme (PPU), qui fera également l\u2019objet de consultations publiques prochainement.L\u2019Office de consultation publique de Montréal propose de faire de la rue Sainte-Catherine Est le cœur des Faubourgs et d\u2019y ajouter des promenades vertes.Il suggère également de connecter des réseaux d\u2019espaces verts et d\u2019étendre certaines artères.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Saint-Hubert Sherbrooke Fullum Changer les habitudes ACCIDENT SUITE DE LA PAGE A 1 graves en 2014 et 2018 et 40 ont fait des blessés légers.Quant aux 117 autres, il s\u2019agissait d\u2019accrochages dont les dommages n\u2019ont été que matériels.D\u2019ailleurs, depuis le 1er août seulement, 25 plaintes concernant ce secteur précis ont été déposées à Transports Québec.En attendant les conclusions de l\u2019enquête, M.Bonnardel a annoncé que la ligne blanche menant à la voie de desserte sera prolongée pour éviter que les automobilistes s\u2019y glissent trop à la dernière minute.« Il faut changer le comportement des automobilistes », a-t-il insisté.« Malheureusement, la solution du ministre n\u2019est pas la bonne », mentionne Pierre Yergeau, formateur en camionnage chez Formation Nord Sud.« Il y a une erreur de configuration dans ce secteur-là et il faut la corriger », plaide-t-il.C\u2019est que la ligne pleine menant à la voie de desserte vers l\u2019autoroute 15 est actuellement trop courte pour contenir le nombre d\u2019automobilistes qui veulent sortir de l\u2019autoroute 440.La situation provoque donc un goulot d\u2019étranglement et un ralentissement de la circulation, parfois jusque dans la voie de gauche où les véhicules circulent à plus de 100 km/h.« Le secteur est névralgique et actuellement la marge de manœuvre pour les poids lourds qui y circulent est presque inexistante, alors ce n\u2019est pas un trait au sol qui va changer ça », dit M.Yergeau, qui n\u2019emprunte plus cette voie en raison des risques qu\u2019elle comporte.Des discussions sont actuellement en cours entre le ministère des Transports et la Sûreté du Québec (SQ) pour savoir s\u2019il y a possibilité d\u2019avoir une surveillance policière accrue dans le secteur.« Du marquage au sol sans qu\u2019on augmente la probabilité de se faire prendre à commettre une infraction ne sera pas efficace.Il faut que les automobilistes prennent conscience de leurs gestes », souligne Mme St-Jacques, qui estime également qu\u2019une amende plus salée pourrait inciter les conducteurs à être moins téméraires à l\u2019approche des échangeurs.Enquête en cours La configuration des lieux ne serait toutefois pas le seul élément pouvant expliquer le carambolage mortel de lundi.La distraction d\u2019un des chauffeurs concernés pourrait avoir provoqué l\u2019accident.Plusieurs médias rapportaient mardi que les policiers tentent d\u2019obtenir un mandat pour avoir accès à des données cellulaires.Un malheureux scénario déjà vu, qui est relaté dans le rapport du coroner concernant le décès de François Marcoux en 19 février 2016 dans le même secteur.Le père de famille, qui se rendait à la garderie de ses enfants, lorsqu\u2019il a percuté de plein fouet l\u2019arrière d\u2019un semi-remorque.Quelques secondes avant l\u2019impact, l\u2019homme avait texté sa conjointe.Le coroner concluait que l\u2019accident a été causé par la distraction du cellulaire, qui aurait été dans la main de M.Marcoux.Au moment de l\u2019impact, il aurait été éjecté au travers du pare-brise puisque les policiers n\u2019ont pas retrouvé le téléphone sur les lieux.Outre la distraction causée par le cellulaire, le rapport souligne aussi les problématiques dues à la configuration.« La congestion est toutefois fréquente au niveau de la bretelle de l\u2019autoroute 15, sur l\u2019autoroute 440 Ouest, entraînant une perte de fluidité de la circulation et les policiers y rapportent de nombreux accrochages », écrit la coroner Marie-Chantal Lafrenière dont le rapport a été rendu en décembre 2017.La SQ a fait un appel aux témoins de la collision ou du comportement des véhicules dans les moments qui ont précédé l\u2019accident de se manifester et de communiquer avec sa centrale de l\u2019information criminelle.Le ministre Bonnardel veut inciter les conducteurs québécois à modifier leurs habitudes sur la route.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR « Ce n\u2019est pas qu\u2019il y avait un manque d\u2019intérêt, loin de là, [\u2026] mais il arrive dans la vie que les conditions ne sont tout simplement pas réunies.» Prenant bien des observateurs de la scène politique par surprise, Véronique Hi- von a fait un pas de côté mardi en annonçant qu\u2019elle ne sauterait pas dans l\u2019arène visant à conquérir la direction du Parti québécois.La décision s\u2019est imposée d\u2019elle- même, a spécifié en mêlée de presse la députée de Joliette, invoquant une situation familiale «qui ne va pas changer dans trois jours ou trois semaines ».« J\u2019ai le sentiment, depuis que je suis en politique, que c\u2019est le moment où ma famille a le plus besoin de moi et où j\u2019ai le plus besoin d\u2019être là pour ma famille.» Plus tôt dans la journée, la députée, également maman, avait fait part de sa décision via sa page Facebook.« C\u2019est par souci de clarté et de transparence que je souhaite communiquer ma décision dès aujourd\u2019hui », avait-elle écrit, ajoutant vouloir préserver «le détail des raisons bien personnelles qui sont en cause par respect pour mes proches ».La course à la succession de Jean-François Lisée n\u2019aura lieu qu\u2019en 2020.Mais dès l\u2019automne prochain, le parti tiendra un congrès extraordinaire, permettant d\u2019adopter un nouveau texte fondateur et de déterminer les règles du jeu de cette course qui ne semble, pour l\u2019instant, ne susciter qu\u2019un faible intérêt auprès des Confronté à un nouvel épisode de mortalité très importante de baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent, le gouvernement fédéral vient de lancer une mission scientifique qui doit permettre de mieux comprendre le comportement de ces cétacés en eaux canadiennes, mais aussi les risques auxquels ils sont exposés.Une équipe de scientifiques de Pêches et Océans Canada doit ainsi naviguer au cours des 28 prochains jours sur les eaux du Saint-Laurent pour mener différents projets liés à la présence de la baleine noire, une espèce classée « en voie de disparition » et dont huit individus sont morts uniquement cette année dans le golfe.Selon ce qu\u2019explique au Devoir la chercheuse Véronique Lesage, un des objectifs est d\u2019installer des « émetteurs satellites » sur certaines baleines, afin de tenter de préciser quels sont les secteurs les plus fréquentés par ces animaux.Ces émetteurs doivent aussi permettre de comprendre si les baleines passent beaucoup de temps en surface, ou davantage en profondeur, selon les périodes de la journée.« Ces données vont nous aider à mieux prédire les risques de collisions ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Oka formule une série de demandes à Ottawa, à Québec ainsi qu\u2019à Kanesatake afin de faire entendre sa voix dans le dossier des revendications territoriales avec les Mohawks.Trois résolutions ont ainsi été présentées mardi soir aux citoyens lors d\u2019un conseil municipal.Oka demande d\u2019abord au fédéral d\u2019instaurer un moratoire sur l\u2019entente signée entre un propriétaire privé, Grégoire Gollin, et le conseil mohawk de Kanesatake en avril dernier.Cet accord de cession vise à restituer aux Mohawks un terrain de 60 hectares, dont une parcelle de la pinède qui a été au cœur de la crise d\u2019Oka en 1990.M.Gollin serait également prêt à vendre 150 hectares supplémentaires au gouvernement fédéral afin qu\u2019il puisse à son tour les redonner à la communauté autochtone.Le maire d\u2019Oka, Pascal Quevillon, s\u2019est opposé à la rétrocession de terrains aux Mohawks, disant craindre pour la pérennité de sa municipalité, située à l\u2019ouest de Montréal.Il a notamment soutenu que la valeur des propriétés pourrait dégringoler face à la prolifération éventuelle de cabanes vendant des cigarettes et du cannabis.Force policière À Ottawa, Oka réclame également une médiation avec le conseil de bande de Kanesatake, ainsi que la mise sur pied d'« un mécanisme de consultation » pour l\u2019ensemble des résidents.Ainsi, Ottawa pourrait informer la population des deux communautés voisines à propos de la politique sur les revendications particulières, a précisé M.Quevillon.La municipalité des Laurentides demande aussi à ce que ses citoyens puissent avoir accès au plan de « l\u2019aire de sélection prévue » dans l\u2019entente intervenue entre le grand chef de Kanesa- take, Serge Simon, et Grégoire Gollin, un document confidentiel.Au gouvernement québécois, le maire Quevillon a par ailleurs exprimé son souhait de voir un corps policier distinct patrouiller le territoire de Ka- nesatake, « afin [d\u2019y] gérer les situations d\u2019illégalité ».À l\u2019intention d\u2019un citoyen, le maire a plus tard précisé qu\u2019il souhaiterait voir des agents de la GRC accomplir ce travail, s\u2019attirant des applaudissements du public.Depuis 2004, la Sûreté du Québec assure la sécurité à Kanesatake.Le maire Quevillon a en outre tendu la main, mardi soir, au Conseil mohawk de Kanesatake, désireux de « s\u2019engager dans une réelle volonté de dialogue ».Il a exprimé le souhait qu\u2019Oka et Kanesa- take interpellent « ensemble » les deux ordres de gouvernement afin de trouver des solutions dans le dossier épineux des revendications territoriales.« Impasse » Depuis un mois, une guerre de mots persiste entre Pascal Quevillon et le grand chef Serge Simon.Le maire d\u2019Oka a répété à plusieurs reprises que « ce qu\u2019on constate à Kanesatake, ce sont des cabanes à cigarettes et à cannabis, de l\u2019enfouissement et des cours d\u2019eau remblayés par on ne sait même pas quoi ».Ces propos ont suscité la controverse, et M.Quevillon a été rabroué par le premier ministre Justin Trudeau et la ministre québécoise des Affaires autochtones, Sylvie D\u2019Amours.Les propos du maire ont surtout irrité le grand chef Simon qui a réclamé des excuses, en vain.Il y a une dizaine de jours, à la sortie d\u2019une rencontre de conciliation organisée dans le but d\u2019ouvrir le dialogue entre les deux parties, Serge Simon avait déclaré que sa relation avec le maire se trouvait dans une « impasse ».Le maire Quevillon s\u2019est à nouveau défendu mardi , affirmant avoir exprimé « la vérité ».TERRITOIRES Oka dresse ses demandes Le maire Quevillon souhaite clore le dossier pour de bon MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Ottawa cherche à mieux comprendre le comportement des baleines noires Le gouvernement lance une mission scientifique sur le fleuve Saint-Laurent candidats potentiels.Seul Sylvain Gaudreault, qui a été chef par intérim en 2016, s\u2019est montré intéressé à prendre les rênes du parti indépendantiste.Le goût de continuer En mêlée de presse, Véronique Hivon \u2014 qui était en réflexion depuis quelques mois et qui avait été candidate à la direction du Parti québécois en 2016 avant de se retirer pour des raisons de santé \u2014 a assuré ne pas vouloir quitter un navire à la dérive ; elle demeure d\u2019ailleurs députée de Joliette.« (Ma décision) n\u2019a rien à voir avec la situation du PQ aujourd\u2019hui.[\u2026] J\u2019ai le goût de continuer, j\u2019ai le goût de m\u2019investir », a-t-elle déclaré, se disant déterminée à « reconnecter » les Québécois avec le projet d\u2019indépendance.« Je crois qu\u2019on peut rebâtir les choses une brique à la fois.» Le Parti québécois s\u2019est lancé dans un vaste chantier de reconstruction au lendemain de l\u2019élection du 1er octobre dernier, qui lui a fait vivre sa pire dégelée de l\u2019histoire en ne récoltant que 17 % des voix.Des maigres dix députés que la formation souverainiste avait réussi à faire élire, une \u2014 Catherine Fournier \u2014 a depuis claqué la porte pour siéger comme indépendante.Le Parti québécois est aujourd\u2019hui le troisième groupe d\u2019opposition à l\u2019Assemblée nationale, derrière Québec solidaire.Le « quoi » avant le « qui » Ce nouveau chapitre dans l\u2019histoire du Parti québécois \u2014 une « page de liberté et de réinvention qui s\u2019ouvre » \u2014 a le potentiel d\u2019attirer de « très grands talents » prêts à reprendre la barre, croit Véronique Hivon que Jean-François Li- sée avait auréolée l\u2019an dernier du titre de vice-chef du Parti québécois.Et de l\u2019adversité naissent souvent de grandes choses, croit-elle.« La combativité ressort encore davantage et il y a un sentiment qu\u2019on n\u2019a rien à perdre.» Ces talents attendent toutefois la tenue du congrès extraordinaire avant de se manifester, analyse la députée de Jo- liette.« On fait cette démarche, qui est une première au parti, de mettre le congrès extraordinaire, le « quoi », avant le « qui » [\u2026] On a cette chance de bâtir notre socle commun ensemble, du bas vers le haut.» Une démarche qui permettra de redéfinir les idées et l\u2019identité du parti avant de choisir le messager.« Trop souvent dans le passé, on s\u2019est lancé dans des courses à la chefferie en cherchant un sauveur.[\u2026] Et en prenant la personne, on prenait les idées de cette personne », déplore-t-elle.Conciliation travail-famille En annonçant qu\u2019elle baissait pavillon en vue de la course à la chefferie, Véronique Hivon a insisté pour dire que cela ne signifiait en rien que la conciliation politique-famille est impossible.« Je pense d\u2019ailleurs en être un exemple clair (que c\u2019est possible), étant devenue députée et mère à dix jours d\u2019intervalle à peine, puis ministre, candidate à la chefferie et vice- chef », a-t-elle déclaré.Véronique Hivon dit « non » La députée de Joliette ne sera pas de la course à la direction du Parti québécois Les baleines noires ont tendance à nager souvent près de la surface, les rendant particulièrement vulnérables aux collisions avec les navires commerciaux.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR avec des navires et les risques d\u2019empê- trement dans des engins de pêche, notamment parce qu\u2019elles devraient nous permettre de mieux comprendre s\u2019il existe des moments et des secteurs où les animaux sont davantage en surface », résume Mme Lesage, une spécialiste des mammifères marins à Pêches et Océans Canada.Nourriture Il faut savoir que les baleines noires ont tendance à nager souvent près de la surface, notamment pour s\u2019alimenter, ce qui signifie qu\u2019elles sont particulièrement vulnérables aux collisions avec les navires commerciaux, qui sont plusieurs milliers à naviguer chaque année sur le Saint-Laurent.Les chercheurs prévoient aussi d\u2019installer des balises fixées par des ventouses sur certaines baleines.Ces dispositifs, qui demeurent en place seulement pendant quelques heures, permettent d\u2019obtenir des informations sur l\u2019environnement sonore dans lequel doivent vivre les cétacés.« Ces balises permettent de déterminer l\u2019exposition des baleines noires au bruit, mais aussi leurs réactions comportementales lorsqu\u2019elles sont exposées au bruit », fait valoir Véronique Lesage.La mission scientifique, qui sera menée à bord du navire Coriolis, cherchera par ailleurs à documenter la présence de la nourriture recherchée par les baleines noires, soit de petits crustacés nommés copépodes.Selon Mme Lesage, il peut exister une importante variabilité d\u2019une année à l\u2019autre, ou encore d\u2019une saison à l\u2019autre, en ce qui a trait aux secteurs où on retrouve ces crustacés.Mais ces données sont essentielles pour suivre les déplacements prévisibles des animaux, qui cherchent constamment à s\u2019alimenter.«La recherche nous aidera à respecter notre engagement à protéger ces baleines en voie de disparition tout en continuant à promouvoir des possibilités durables de croissance économique», a fait valoir mardi le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Jonathan Wilkinson.Malgré des mesures de protection instaurées par le gouvernement fédéral après l\u2019hécatombe de 2017 \u2014 12 baleines noires retrouvées mortes en eaux canadiennes \u2014, pas moins de 8 baleines ont été retrouvées mortes jusqu\u2019à présent cette année.Au moins 3 d\u2019entre elles seraient décédées après avoir été frappées par des navires.Vendredi dernier, le ministère des Transports a levé la limitation de vitesse qui s\u2019appliquait à tout un secteur du golfe, en rétablissant des couloirs dans lesquels les navires commerciaux peuvent naviguer à la vitesse de leur choix.Véronique Hivon 8 C\u2019est le nombre de baleines noires retrouvées mortes en eaux canadiennes jusqu\u2019à maintenant cette année.Depuis un mois, une guerre de mots persiste entre Pascal Quevillon et le grand chef Serge Simon LEDEVOIR // LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Les ventes de véhicules électriques grimpent avec le nouveau rabais fédéral OTTAWA \u2014 Plus de 14 000 véhicules automobiles électriques ont été vendus à l\u2019échelle nationale au cours des trois premiers mois du nouveau programme de rabais du gouvernement fédéral, ont révélé mardi les données de Transports Canada.Ottawa a commencé à offrir le 1er mai des rabais allant jusqu\u2019à 5000 $ sur l\u2019achat de certains véhicules électriques.Cette remise vise à rapprocher les prix des véhicules à zéro émission de celui de leurs cousins à essence.Le gouvernement fédéral souhaite que 10 % de tous les véhicules automobiles vendus n\u2019émettent pas de gaz polluants d\u2019ici 2025.Cette cible grimpe à 30 % des ventes d\u2019ici 2030 et à 100 % des ventes d\u2019ici 2040.La Presse canadienne Les travailleurs d\u2019une dixième succursale de la SQDC veulent se syndiquer Le SCFP a déposé une requête en vue de syndiquer les travailleurs d\u2019une dixièmesuccursale de la Société québécoise du cannabis, cette fois à Sainte- Agathe-des-Monts.La requête en accréditation a été déposée au cours des derniers jours auprès du Tribunal administratif du travail; la décision n\u2019a donc pas encore été rendue.Le Syndicat canadien de la fonction publique est l\u2019une des trois organisations syndicales à avoir déposé des requêtes ou à avoir déjà obtenu une accréditation pour représenter des travailleurs de la SQDC.Les deux autres sont les Travailleurs unis de l\u2019alimentation et du commerce (TUAC), qui sont affiliés à la FTQ tout comme le SCFP, et le Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools, rattaché à la CSN.La Presse canadienne Blindés saoudiens : des ONG s\u2019impatientent Une coalition d\u2019une dizaine d\u2019organisations de la société civile, dont notamment partie Amnistie internationale et Oxfam, s\u2019impatiente.L\u2019examen des permis d\u2019exportation d\u2019armes à l\u2019Arabie saoudite annoncé il y a plus de neuf mois par Ottawa n\u2019est toujours pas complété.Le cabinet de la ministre des Affaires étrangères confirme qu\u2019«aucune décision finale n\u2019a été prise», mais fait valoir qu\u2019aucun nouveau permis n\u2019a été délivré depuis.En octobre dernier, dans la foulée de l\u2019assassinat du journaliste Jamal Khashoggi par le régime saoudien, M.Trudeau avait annoncé la révision de tous les permis, y compris ceux nécessaires à l\u2019Ontarienne General Dynamics Land System pour exporter pour 15 milliards de dollars de blindés légers vers Riyad.Aucun de ces permis n\u2019a pour l\u2019instant été suspendu.Le Devoir Gloire mondiale MORRISON SUITE DE LA PAGE A 1 lante : Toni Morrison était une lumière pour sa communauté, mais aussi pour l\u2019univers littéraire international, tant l\u2019écrivaine de Beloved et de Délivrances sut transcender ses thèmes pour atteindre des accents universels.Née Chloe Wofford (du patronyme de l\u2019ancien maître planteur de ses grands- parents esclaves), elle se disait capable de survivre à Trump aussi.Rien ne pouvait l\u2019abattre.À sa feuille de route : seulement onze romans, mais des pièces et des essais dont Playing in the Dark en 1992.Celui- ci abordait la construction du corps noir en littérature blanche américaine, repoussoir de service aux angoisses d\u2019une blancheur en refus de regarder ses tares dans le miroir.« Tu dis que tu vois des esclaves plus libres que des hommes libres, écrivait- elle dans A Mercy (Un don).L\u2019un est un lion dans la peau d\u2019un baudet.L\u2019autre est un baudet dans la peau d\u2019un lion.» Pourtant abreuvée par sa grand-mère de rites et de mythes africains qui nourrirent son œuvre, lors de sa conversion au catholicisme, elle s\u2019était donné le nom d\u2019Anthony, transformé par l\u2019usage en Toni.Après des études en lettres, d\u2019abord à l\u2019université très noire d\u2019Howard à Washington, puis à Cornell, la dame amorça une carrière d\u2019enseignante en anglais et en littérature et fut éditrice chez Random House, tout militantisme dehors en faveur des droits civiques afro- américains.Son anthologie d\u2019auteurs noirs The Black Book y fit fureur et inspira de nombreuses vocations littéraires.Elle avait épousé l\u2019architecte Harold Morrison et après son divorce en 1964 après six ans de mariage, Toni Morrison, qui ne commença à écrire qu\u2019à l\u2019aube de la quarantaine après l\u2019éducation première de ses deux enfants, gardera ce nom de plume, qui lui plaisait.Les cris des femmes noires Déjà dans son premier roman L\u2019œil le plus bleu (The Bluest Eye) en 1970 sur une enfant noire qui se rêve avec des yeux bleus, allégorie de toutes les ségrégations, la lucidité sociale de Toni Morrison s\u2019exprimait : « Étant une minorité à la fois comme caste et comme classe, nous vivions sur l\u2019ourlet de la vie, en luttant contre notre faiblesse et en nous battant pour nous accrocher ou pour grimper sans aide dans les grands plis du vêtement.» Son Beloved publié en 1987, lauréat du prix Pulitzer, adapté à l\u2019écran par Jonathan Demme en 1998, aura été son passeport pour la gloire internationale et le Nobel.Cette histoire digne d\u2019une tragédie grecque, tirée d\u2019un fait divers du Kentucky en 1855, était celle d\u2019une femme qui égorge sa fille pour lui éviter son destin d\u2019esclavage avant de se voir hantée par son fantôme.Mais Toni Morrison avait déjà beaucoup écrit, dont Sula en 1973 sur la double destinée de femmes noires issue de l\u2019Ohio des années 20 et Le chant de Salomon (1977), tissé de traditions orales africaines.En 1986, sa pièce de théâtre Dreaming Emmet, abordait le lynchage au Mississippi d\u2019Emmet Till qui avait contribué à l\u2019éveil du mouvement des droits civils américains, alors que le spectre du racisme esclavagiste rôdait toujours dans le Vieux Sud.N\u2019en est-il jamais disparu, celui-là ?Beloved amorçait une trilogie sur sa communauté au fil du temps, poursuivie avec Jazz en 1992, roman historique situé surtout dans le Harlem des années 20 et Paradise (1997), aux accents épiques féminins, campé dans une petite communauté noire d\u2019Oklahoma, démarrant par un massacre de masse et cet incipit : « Ils tuent d\u2019abord la fille blanche.Avec les autres, ils peuvent prendre leur temps.» En 2005, son Délivrances, collé à l\u2019époque contemporaine, avec une plume de poésie et de réalisme magique, abordait la différence d\u2019une fille trop noire et trop belle, qui doit survivre aux humiliations de l\u2019enfance pour trouver sa splendeur intérieure.Dans toute son œuvre, Toni Morrison se sera beaucoup penchée sur les conditions difficiles des femmes noires, colonisées parmi les colonisés : « Elle avait eu le mors tellement de fois qu\u2019elle souriait.Même quand elle ne souriait pas, elle souriait, et pourtant, je n\u2019ai jamais vu son vrai sourire », écrivait-elle dans Beloved.Toni Morrison est applaudie après avoir rendu hommage à l\u2019auteure Maya Angelou à ses funérailles célébrées dans une église de Manhattan en septembre 2014.BEBETO MATTHEWS ASSOCIATED PRESS Conflit possible INTERNET SUITE DE LA PAGE A 1 tant, et il est réduit à 0 $ à la fin de la période couverte », souligne Anaïs Beaulieu-Laporte, analyste en réglementation de la télécommunication et de la radiodiffusion à l\u2019Union des consommateurs.« Donc, si une personne annule après seulement un mois, alors qu\u2019elle a un contrat de 24 mois, on ne sera pas à 50 $ ou à 10 % du prix restant.On peut être à un montant qui est beaucoup plus élevé », ajoute-t-elle.Elle craint que les fournisseurs décident de suivre le Code du CRTC sans se préoccuper de la loi au Québec quand viendra le temps de signer des contrats avec des clients.Flou du côté des fournisseurs Dix grandes entreprises sont visées par le nouveau code, ce qui représente 87 % des ménages canadiens.Ce qui n\u2019est pas encore clair est la façon dont elles composeront avec le nouveau cadre fédéral.De son côté, Cogeco a répondu par courriel au Devoir qu\u2019elle allait prendre « le temps d\u2019analyser le nouveau code » et qu\u2019elle évalue quelles sont les mesures à mettre en place pour s\u2019y conformer.Son approche, dit-elle, est de se « conformer à l\u2019ensemble des lois et réglementations en vigueur, autant au fédéral qu\u2019au provincial, et l\u2019arrivée de ce nouveau code ne changera pas notre approche ».De son côté, Vidéotron n\u2019a pas souhaité faire de commentaire.Telus n\u2019a pas donné suite à nos messages.La loi fédérale prépondérante Les entreprises préfèrent généralement se conformer à la réglementation fédérale, explique de son côté Patrick Taillon, professeur à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval.« Pour les grandes entreprises dans le secteur, c\u2019est plus facile d\u2019influencer un seul gouvernement et d\u2019y mettre les moyens en terme de lobbyisme pour avoir une loi qui va chercher à écarter les nombreuses exigences provinciales.Parce que non seulement elles vont s\u2019ajouter, mais elles vont varier d\u2019une province à l\u2019autre, et ça dérange les entreprises.Quand c\u2019est uniforme, c\u2019est plus simple.Alors c\u2019est clair que du côté des entreprises, elles vont être prêtes à mobiliser des ressources pour défendre cette vision centralisatrice », expose-t-il.De son côté, le CRTC ne nie pas qu\u2019il pourrait y avoir des conflits entre les deux réglementations, sans commenter le cas spécifique soulevé par l\u2019Union des consommateurs.L\u2019organisme a déclaré dans un cour- riel envoyé au Devoir « qu\u2019il n\u2019y avait pas de consensus sur l\u2019existence de conflits réels entre le Code sur les services Internet et d\u2019autres lois ».« En adoptant le Code, le Conseil a cherché à éviter de créer des conflits directs et importants avec d\u2019autres régimes législatifs », ajoute-t-on.On précise que si cette situation se produisait, c\u2019est le Code qui aurait préséance.Patrick Taillon est d\u2019accord avec cette interprétation.« Si dans un cas nous avons une norme qui dit blanc et l\u2019autre norme dit noir, il y a un conflit entre les deux.Dans ces cas-là, les tribunaux sont constants.Quand il y a incompatibilité, c\u2019est la loi fédérale qui a prépondérance », expose-t-il.Il n\u2019a pas été possible d\u2019obtenir les commentaires de l\u2019Office de la protection du consommateur du Québec.De son côté, le Bloc québécois a dénoncé le nouveau Code dans un communiqué.En entrevue avec Le Devoir, Monique Pauzé, porte-parole du parti en matière de patrimoine, a dit craindre pour les consommateurs du Québec.« Pour nous, c\u2019est inadmissible parce qu\u2019un contrat entre une entreprise et le consommateur, ça relève du Québec, du droit civil [\u2026].Nous sommes protégés ici au Québec contre les frais exorbitants si on veut résilier un contrat avec un fournisseur Internet.Le CRTC dit que son Code est au-deçà de notre loi.Pour nous, c\u2019est inadmissible et le gouvernement fédéral doit remettre le CRTC à sa place », dit-elle.Jugement en faveur de Telus Par ailleurs, la question des frais de résiliation de contrats a été au centre d\u2019un jugement de la Cour du Québec il y a quelques mois.Mais cette fois, cela concernait le Code sur les services sans fil du CRTC, qui est entré en vigueur en 2013.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait poursuivi TELUS parce que l\u2019entreprise ne se conformait pas à des articles de la Loi sur la protection du consommateur.Le juge avait tranché en faveur de TE- LUS, en argumentant que les articles en cause de la loi québécoise n\u2019étaient pas applicables.Dans un langage sans équivoque, le juge souligne que leur application « constitue une atteinte grave et importante » au cœur de la compétence fédérale en matière de télécommunications et qu\u2019il y a entrave.Le DPCP a toutefois porté ce jugement en appel.Pour nous, c\u2019est inadmissible parce qu\u2019un contrat entre une entreprise et le consommateur, ça relève du Québec, du droit civil MONIQUE PAUZÉ » PAUL SAKUMA ASSOCIATED PRESS HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le gouvernement canadien adresse une mise en garde aux géants du Web : s\u2019ils ne se dotent pas d\u2019outils pour prévenir la publication d\u2019images ou de vidéos à caractère sexuel concernant des enfants, il pourrait adopter une loi les rendant financièrement responsables des sévices subis par les jeunes victimes.La semaine dernière, les ministres de la Sécurité publique des pays membres du Groupe des cinq ou « 5-eye » (Canada, États-Unis, Grande-Bretagne, Australie et Nouvelle-Zélande) se sont rencontrés pour discuter notamment de l\u2019exploitation sexuelle en ligne des mineurs.Des représentants de Microsoft, Twitter, Facebook, Google, Snap et Roblox étaient présents.Les cinq ministres ont réitéré leur demande que l\u2019industrie conçoive des outils automatisés pour non seulement retirer rapidement ces images lorsqu\u2019elles sont publiées, mais en empêcher la publication en amont.Selon le ministre Ralph Goodale, les entreprises se sont engagées à collaborer avec le Groupe des cinq.Promesse creuse ?Le ministre ne le pense pas, car il n\u2019écarte pas la possibilité de légiférer pour instaurer un incitatif financier à agir.Montréal enclenche la première étape pour restaurer la Place des Nations au parc Jean-Drapeau, qui est fermée au public depuis quelques années à cause de son état critique.Le Devoir a appris que 275 000 $ seront débloqués pour effectuer des études.Le comité exécutif de Montréal votera sur la question mercredi matin.Dans un document obtenu par Le Devoir, il est mentionné que les études « sont la première étape afin de connaître l\u2019état du site, d\u2019élaborer le programme fonctionnel et technique et d\u2019effectuer les études d\u2019avant-projet ».La responsable du dossier du patrimoine, Émilie Thuillier, affirme qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un projet prioritaire de la Ville pour le parc Jean-Drapeau.«Nous allons avoir un plan d\u2019ensemble pour le parc Jean-Drapeau et des orientations claires, et un des premiers projets, ce sera la place des Nations.C\u2019est un projet patrimonial vraiment important», explique-t-elle.Il n\u2019est pas possible de savoir combien de temps prendront les études, ni d\u2019avoir une estimation des coûts d\u2019une réhabilitation du site, ni d\u2019avoir une idée détaillée du projet qui sera fait à la suite de ces études.Dans le sommaire décisionnel, il est néanmoins indiqué que ce projet complétera l\u2019amphithéâtre récemment inauguré et qu\u2019il « vise la restauration complète de tous les éléments caractéristiques de ce lieu phare de l\u2019Expo 67 (passerelles, mâts à drapeaux, sculptures, bassins, aires de services) ».La Place des Nations est dans un état délabré depuis quelques années et elle est barricadée à la suite d\u2019effondrements.Pour l\u2019instant, elle sert à entreposer du matériel dans le cadre du projet de réfection du pont de la Concorde.La Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) a indiqué au Devoir être très satisfaite de voir que la ville injectera de l\u2019argent pour faire des études qui permettront de voir ce qui sera nécessaire pour permettre la réhabilitation.Mais pourquoi la place a-t-elle été laissée à l\u2019abandon si longtemps ?Selon une responsable des communications du parc, la restaurer nécessite plusieurs études et beaucoup d\u2019argent.De plus, les changements d\u2019administrations à Montréal et au parc Jean-Drapeau ont ralenti le processus et le projet proposé en 2013 ne s\u2019est jamais concrétisé.LEDEVOIR // LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 5 ANNE-MARIE PROVOST LE DEVOIR Un pas vers la restauration de la Place des Nations MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Une église ferme ses portes pratiquement chaque semaine au Québec depuis 2003.Pendant que le patrimoine religieux de la province s\u2019étiole à petit feu, l\u2019annonce de l\u2019octroi par Québec d\u2019une enveloppe de 20 millions pour la restauration et la reconversion des églises apporte un léger baume, sans toutefois répondre entièrement aux besoins grandissants.« Ça prendrait pas mal plus si on voulait remettre les églises sur pied, mais c\u2019est un bon commencement », souligne Steeve Guérard, directeur général de la paroisse Saint-Charles-Borromée à Québec.« On vit principalement des dons des paroissiens.Sans l\u2019aide financière du gouvernement, on ne serait pas capable.Juste l\u2019électricité et le chauffage nous coûtent 75 000$ par année.» Dans Chaudière-Appalaches, à Disraeli, l\u2019église Sainte-Luce a besoin d\u2019investissements de 2,5 millions sur 5 ans.« Il y a des endroits où notre doigt rentre dans le mortier comme dans du sable », rend compte Dave Morin, directeur de la campagne de financement.« C\u2019est impossible pour une population de 2000 personnes de soutenir seule son église.» Cette année encore, les demandes de subventions reçues par le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) ont été deux fois plus élevées que l\u2019enveloppe allouée.« Les besoins sont là », expose Josée Grandmont, présidente du CPRQ.« On a reçu cette année, comme les années précédentes, des demandes touchant les 40 millions de dollars.» En tout, ce sont 69 projets de restauration pour des bâtiments religieux qui ont été retenus en 2019.En 2018, 15 millions de dollars avaient été accordés par l\u2019ancien gouvernement libéral pour la restauration des églises.Ce montant a été reconduit dimanche par le gouvernement ca- quiste, en plus d\u2019être bonifié d\u2019un 5 millions de dollars supplémentaires entièrement consacré à la requalification des églises, afin de leur trouver de nouvelles vocations.« De voir que l\u2019enveloppe n\u2019est pas amputée et qu\u2019à ce montant s\u2019ajoute un 5 millions de plus, c\u2019est vraiment bienvenu ; on ne régresse pas, on avance », se réjouit Mme Grandmont.Patrimoniales ou pas Petites ou grandes, patrimoniales ou non classées, les églises du Québec ont un grand besoin d\u2019amour.Avec des coûts d\u2019entretien, de chauffage et d\u2019électricité prohibitifs, ces édifices, autrefois au centre de la vie collective, n\u2019ont que cette subvention comme seul soutien financier du gouvernement du Québec.Avec plus de 2000 églises au Québec, la pointe de tarte est souvent bien mince.Et toutes les églises n\u2019ont pas la main aussi heureuse : le fonds gouvernemental pour la restauration des églises (qui couvre jusqu\u2019à 80 % des coûts des travaux) n\u2019est accessible qu\u2019aux édifices qui ont une valeur patrimoniale.Les autres églises (66 %) \u2014 qu\u2019elles soient récentes ou centenaires \u2014 n\u2019ont pratiquement aucune chance d\u2019obtenir cette subvention.Mais la nouvelle enveloppe de 5 millions de dollars destinée à la reconversion des églises pourrait être accessible à l\u2019ensemble des édifices religieux.Les critères pour obtenir ce soutien financier seront annoncés à l\u2019automne, indique Mme Grandmont.« C\u2019est utopique de croire qu\u2019on pourra sauver toutes les églises.Mais s\u2019il y a des projets qui sont porteurs, ils auront de l\u2019aide », soutient la présidente du CPRQ.Dans les dernières années, plusieurs projets novateurs ont vu le jour : à Neuville, la bibliothèque municipale a emménagé dans une section de l\u2019Église Saint-François-de-Sales, une fromagerie a ouvert ses portes dans l\u2019Église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie à Sainte-Élizabeth-de-Warwick et le Chic Resto Pop s\u2019est établi dans l\u2019Église Saint-Mathias-Apôtre à Montréal.À Disraeli, c\u2019est 8 % de la population qui fréquente l\u2019église Sainte-Luce.« C\u2019est loin d\u2019être la majorité.Mais sauver le patrimoine, c\u2019est ce qu\u2019il y a de plus important.Ensuite, on va trouver de nouvelles façons d\u2019utiliser l\u2019église.On peut pas mettre 2,5 millions de dollars dans l\u2019église pour que ça serve juste à 8 % de la population, ça tient pas la route », soutient Dave Morin, dont la tête fourmille déjà d\u2019idées.PATRIMOINE RELIGIEUX Les églises du Québec ont besoin d\u2019amour L\u2019enveloppe de 20 millions accordée par le gouvernement caquiste n\u2019apporte qu\u2019un léger baume sur des besoins grandissants La Place des Nations est dans un état délabré et elle est barricadée à la suite d\u2019effondrements.ADIL BOUKIND LE DEVOIR Goodale menace les géants du Web Il n\u2019écarte pas la possibilité de légiférer pour instaurer un incitatif financier à agir contre la pédopornographie « Si un tort est causé à un être humain, si un enfant est terrorisé pour le restant de ses jours à cause de ce qui lui est arrivé en ligne, alors peut-être que la plateforme [numérique] qui a rendu cela possible devrait être tenue financièrement responsable des conséquences », a-t-il déclaré en conférence de presse mardi.Poursuivre les plateformes La législation envisagée permettrait à une victime de poursuivre en justice le site à partir duquel son image a été propagée afin d\u2019obtenir un dédommagement.L\u2019entourage de M.Goodale assure que cette menace est bien réelle et qu\u2019elle a été communiquée à l\u2019industrie lors de la rencontre du Groupe des cinq.On n\u2019a cependant pas été en mesure de dire si le Canada a été le seul à évoquer cette option législative ou si les quatre autres pays ont abondé dans le même sens.Le Groupe des cinq a aussi demandé aux géants de l\u2019industrie d\u2019«aider» leurs plus petits compétiteurs n\u2019ayant pas nécessairement autant de savoir-faire technologique à faire la même chose.Par ailleurs, M.Goodale a annoncé que 15 des 22 millions de dollars sur trois ans promis dans le dernier budget pour combattre l\u2019exploitation sexuelle des enfants seront versés aux corps de police provinciaux et municipaux pour augmenter leur capacité d\u2019intervention sur Internet.C\u2019est utopique de croire qu\u2019on pourra sauver toutes les églises.Mais s\u2019il y a des projets qui sont porteurs, ils auront de l\u2019aide JOSÉE GRANDMONT » Ralph Goodale LEDEVOIR // LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin l est révoltant que Paolo Catania et son entreprise Construction Frank Catania, ainsi que ses comparses, qui faisaient face à 989 chefs d\u2019accusation de fraudes fiscales, aient échappé à leur procès.Ce n\u2019est rien pour maintenir la confiance du public dans le système de justice.Mais la faute en revient à la poursuite \u2014 l\u2019Agence du revenu du Québec et ses procureurs, dont le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019ils ont mal joué leurs cartes.Paolo Catania et son entreprise ont été accusés d\u2019avoir obtenu, entre 2005 et 2009, des crédits et des remboursements de taxes grâce à un stratagème de fausses factures, une fraude fiscale de l\u2019ordre de 1,2 million commise au détriment du fisc québécois, ce qui se doublait d\u2019une fraude de 700 000 $ relative à la taxe d\u2019accise fédérale.Revenu Québec réclamait aux accusés des amendes de 12 à 25 millions, assorties de peines d\u2019emprisonnement ferme.Les défendeurs ont plaidé non coupables.On ne saura jamais le fin mot de l\u2019histoire puisque la juge de la Cour du Québec, Magali Lepage, dans une décision accablante pour la poursuite, a ordonné la semaine dernière l\u2019arrêt des procédures pour délais déraisonnables en vertu des principes de l\u2019arrêt Jordan.Pour une cause devant la Cour du Québec, la Cour suprême a fixé le délai maximal pour la tenue d\u2019un procès à 18 mois, à quoi il faut ajouter des délais en raison de circonstances exceptionnelles \u2014 la maladie du juge qui l\u2019empêche de continuer à présider le procès, par exemple, ce qui fut le cas en l\u2019occurrence, ou encore pour des retards causés par la défense.Dans sa décision, la juge Lepage n\u2019y va pas de main morte.Établissant que le tribunal, qui « a fait des pieds et des mains » pour accueillir le procès, ne fut pas responsable des retards, elle constate de la part de la poursuite « un climat de désorganisation certaine qui frôle dangereusement l\u2019irrévérence ».L\u2019Agence et ses procureurs, qui ont fait preuve d\u2019un « manque de cohérence et de laisser-aller », n\u2019ont « jamais pris le virage imposé et enseigné dans Jordan », c\u2019est-à-dire d\u2019éviter les manœuvres qui retardent la tenue d\u2019un procès.Elle leur reproche de s\u2019être fait tirer l\u2019oreille pour divulguer la preuve aux procureurs des accusés, tout en se lançant dans des procédures exceptionnelles qui reportaient à 2020 le début du procès sur le fond, soit sept ans après la signification des chefs d\u2019accusation.C\u2019est la deuxième fois que Paolo Catania et des individus qui lui sont associés échappent aux accusations qui pèsent contre eux.En mai 2018, dans l\u2019affaire du Faubourg Contrecœur, l\u2019ex-entrepreneur et l\u2019ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, ainsi que quatre autres coaccusés avaient été acquittés d\u2019accusations portées à la suite d\u2019une enquête de l\u2019escouade Marteau, reprise par l\u2019Unité permanente anticorrup- tion (UPAC), pour des malversations qui avaient fait l\u2019objet d\u2019un chapitre entier du rapport de la commission Charbonneau : vente au rabais de terrains de la Ville à Construction Frank Catania, appels d\u2019offres truqués, copinage et collusion, financement politique illégal.Ils avaient été blanchis parce que la preuve présentée par la Direction des poursuites civiles et pénales (DPCP) ne reposait pas sur des faits tangibles et concrets, mais sur des possibilités et des impressions, avait conclu le juge Yvan Poulin.Si on peut parler de bavures dans le cas de cette poursuite pour fraudes fiscales, c\u2019est à un véritable fiasco qu\u2019on a assisté dans l\u2019affaire du Faubourg Contrecœur.Pour l\u2019avocat criminaliste Charles B.Côté, interrogé par Le Devoir, le poursuivant public n\u2019a pas appris de ses erreurs passées en cherchant notamment à éviter de divulguer la preuve.Certes, le fisc veut révéler le moins possible de ses méthodes de vérification et d\u2019enquête.Mais dans cette affaire, le poursuivant s\u2019est comporté comme si l\u2019arrêt Jordan n\u2019avait jamais été prononcé.L\u2019Agence peut toujours en appeler du jugement, mais il y a tout lieu de croire que ce serait tourner le couteau dans la plaie de sa turpitude.Ces deux procès avortés montrent la difficulté de mener à bien des poursuites quand elles portent sur des crimes économiques et de la collusion.Certains estiment que les poursuites criminelles ne sont pas le meilleur moyen de lutter contre la corruption.Sans doute.Toutefois, n\u2019oublions pas que les condamnations, si on parvient à les obtenir, non seulement découragent d\u2019éventuels fraudeurs à commettre des actes répréhensibles, mais procèdent de la justice élémentaire.Il y va de la confiance du public envers les institutions.C\u2019est au poursuivant public de faire preuve de la plus grande rigueur et d\u2019adapter ses stratégies au nouveau contexte judiciaire.Éric Morrissette Montréal La crise climatique est un fait.Nous en ressentons les effets d\u2019un océan à l\u2019autre à travers toutes sortes de perturbations climatiques qui mettent en péril nos écosystèmes : les incendies de forêt en Colombie-Britannique, les inondations dans l\u2019est du pays et les records de température entraînant une fonte des glaces sans pré- cédent au Nunavut.De surcroît, ce n\u2019est pas la seule crise à laquelle nous sommes confronté.e.s.Les inégalités économiques grandissantes, la précarité d\u2019accès à des logements abordables de qualité et la montée du racisme menacent nos collectivités et notre tissu social.Pourtant, la réaction des politicien.ne.s n\u2019est pas à la hauteur des défis de la crise ; les intérêts de nos dirigeant.e.s demeurent ceux des lobbys industriels et de la croissance infinie sans égard pour ses conséquences sur la population et la biodiversité.Des scientifiques indépendant.e.s nous ont clairement dit qu\u2019il était crucial de contenir le réchauffement de la planète en dessous de 1,5°C, sans quoi notre climat et nos écosystèmes pourraient se détériorer jusqu\u2019à un point de non-retour.Ils et elles nous ont lancé un ultimatum: nous devons agir sur les changements climatiques avant 2030.Je veux que nos dirigeant.e.s mettent en place des plans concrets qui nous aident à faire la transition vers une économie fondée sur l\u2019énergie propre afin que nous puissions protéger nos emplois, nos familles, nos collectivités et notre environnement.Je veux que le gouvernement fédéral actuel et futur mette en œuvre un New Deal vert.Fini le « doublespeak » ! J\u2019ai participé à l\u2019assemblée publique du New Deal vert à Montréal et je veux exprimer ce que mes concitoyen.ne.s et moi croyons être les mesures inévitables et nécessaires pour nous aider à combattre la crise climatique.Grâce à des investissements publics massifs dans l\u2019énergie renouvelable (tourner le dos aux énergies non renouvelables d\u2019ici 2040) et à la transition des usines d\u2019auto- La fierté, antidote à la honte Les fêtes et les défilés de la Fierté LGBT+ débuteront bientôt au Québec.Or, leur signification est encore mal comprise.La fierté dont il est question est celle de ne plus ressentir de honte, ne plus devoir se cacher ou supporter passivement le rejet.Il y a aussi la fierté d\u2019avoir obtenu la reconnaissance de droits fondamentaux, d\u2019avoir survécu à la discrimination et parfois à la haine.Beaucoup de gens n\u2019ont toujours pas cette chance.Il importe de leur rappeler qu\u2019il y a des alliés et des communautés pour les soutenir.Les jeunes LGBT+, en particulier, se trouvent parfois aux prises avec des formes insidieuses d\u2019intimidation et de harcèlement.Montrer que la diversité humaine peut être célébrée plutôt que combattue, voilà un message encore d\u2019actualité.La Fierté LGBT+ célèbre de surcroît la diversité dans la diversité: semblables et différents, nous le sommes tous et toutes, quels que soient notre sexe, notre genre, notre sexualité et leurs expressions.Les identités que recouvre le vaste parapluie LGBT+ (au long, cela donnerait plutôt LGBTQQIP2SAA) sont plurielles et inventives.Elles remettent souvent en question la façon binaire de voir le monde, comme étant hétéro ou homo, masculin ou féminin, mâle ou femelle.La réalité est bien plus complexe.La diversité sexuelle et de genre a de multiples visages.Pour un New Deal vert LIBRE OPINION LETTRES PROCÈS CATANIA Gâchis judiciaire I ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC matiques.Près de 90 % des emplois au Canada sont dans le secteur des services, dont bon nombre dans le secteur à faible teneur en carbone, comme les soins aux enfants, les soins de santé, les soins aux aîné.e.s et l\u2019enseignement.Les secteurs dans lesquels nous prenons soin les uns des autres sont ceux qui ont été touchés par des politiques d\u2019austérité.Un New Deal vert pourrait reconnaître l\u2019existence d\u2019une économie à faible émission de carbone et réinvestir massivement dans l\u2019économie sociale, en répondant aux besoins des familles et des communautés et en valorisant les travailleurs et travailleuses qui participent à optimiser notre société.Les droits et les savoirs autochtones sont essentiels pour faire face à la crise climatique.Un New Deal vert impliquerait la mise en œuvre intégrale de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), y compris le droit au consentement préalable, libre et éclairé (FPIC), et les 94 appels à l\u2019action de la Commission de vérité et réconciliation.Nous méritons mieux.Notre planète mérite mieux.Il est grand temps pour nous toutes et tous de prendre position et d\u2019exiger un New Deal vert.mobiles en usine de véhicules électriques et de transport en commun, nous pouvons créer des milliers d\u2019emplois, surtout dans les collectivités qui ont été touchées par les fermetures d\u2019usines et le ralentissement des industries primaires.Cette mesure pourrait remettre des centaines de personnes sur le marché du travail et aider à convertir les travailleurs et travailleuses des secteurs pétroliers et gaziers.Les frais de logement sont trop élevés dans la majorité des villes.Les solutions du New Deal vert peuvent aider à maintenir l\u2019accès au logement.Avec de nouvelles lois et de nouveaux financements pour soutenir les logements à faible émission de carbone, nous pouvons construire des dizaines de milliers d\u2019habitations abordables et respectueuses de l\u2019environnement pour toutes et tous.Trop de zones urbaines souffrent d\u2019embouteillages et de pollution atmosphérique.Un plan ambitieux pour des transports publics propres dans les villes pourrait aider les gens à se rendre au travail plus rapidement, en plus de leur offrir un air plus pur.De multiples secteurs de travail peuvent facilement être reliés à la lutte contre les changements cli- Un New Deal vert pourrait reconnaître l\u2019existence d\u2019une économie à faible émission de carbone et réinvestir massivement dans l\u2019économie sociale, en répondant aux besoins des familles et des communautés et en valorisant les travailleurs et travailleuses qui participent à optimiser notre société Célébrer la Fierté LGBT+, c\u2019est forcément avoir une pensée pour les pionniers et pionnières dont la militance et la persistance ont porté leurs fruits.Plusieurs d\u2019entre eux et d\u2019entre elles n\u2019ont pas vu leurs efforts récompensés de leur vivant.Méconnue, l\u2019histoire de l\u2019évolution des droits LGBT+ au Québec reste à faire et à raconter, par devoir de mémoire, certes, mais aussi pour rappeler que ce qui a été gagné depuis 50 ans le fut en général de haute lutte.Et ces acquis peuvent être fragiles.On voit ces derniers temps, aux États-Unis et au Brésil notamment, que de sérieux reculs se produisent quand des politiciens cherchent à désigner des boucs émissaires.Cette stratégie n\u2019est hélas pas nouvelle\u2026 Il y a assurément une fierté de vivre dans un des rares endroits au monde, le Québec, où l\u2019État lutte activement contre l\u2019homophobie et la transphobie par une politique comprenant plusieurs mesures et impliquant plusieurs ministères.Que des responsables de tous les grands partis (au Québec et au Canada, à une notable exception près dans ce dernier cas) marchent à la tête des grands défilés de la Fierté LGBT+, cela ne se voit pas beaucoup ailleurs dans le monde et mérite d\u2019être souligné.La fierté, ce n\u2019est pas tant un sentiment qu\u2019un processus d\u2019affirmation personnelle et collective, dans le respect des autres, bien évidemment, desquels la réciprocité est attendue.Rien de plus, rien de moins.Michel Dorais, sociologue de la sexualité, auteur de Nouvel éloge de la sexualité (VLB, 2019) Québec, le 3 août 2019 Résister à l\u2019énergie sale de l\u2019Alberta À la suite de la décision de l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale d\u2019approuver l\u2019exploitation de gisements de sables bitumineux du projet Frontier, j\u2019ai senti le besoin de monter aux barricades.L\u2019exploitation de ce gisement à ciel ouvert mettrait en danger la harde de bisons du lac Ronald ainsi que l\u2019équilibre fragile du parc national Wood Buffalo, le plus grand parc du Canada.Nous devrions avoir plus de reportages filmés des sites d\u2019exploitation de gisements de sables bitumineux de l\u2019Alberta.Notre boîte à images du petit écran ne devrait- elle pas nous mettre au parfum ?Ces cratères infâmes sont de véritables plaies d\u2019Égypte pour notre planète bleue.L\u2019environnement à proximité de ces lieux d\u2019enfer était paradisiaque avant la ruée vers cet or noir et sale.Allez demander aux communautés qui vivent dans cette région si elles boivent l\u2019eau des rivières.Des milliers de poissons et d\u2019oiseaux sont morts de s\u2019être abreuvés à des lacs contaminés de produits polluants comme le sulfate et le mercure.Il nous faut résister aux sirènes de l\u2019industrie pétrolière qui enregistre des profits de milliards de dollars sur le dos de l\u2019écologie.Notre existence est en jeu.Michel Houle Québec, le 4 août 2019 Ces deux procès avortés montrent la difficulté de mener à bien des poursuites quand elles portent sur des crimes économiques et de la collusion A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet La révolution culturelle de Donald Trump « Comment arrête-t-on ces gens-là ?» La question est de Donald Trump, posée lors d\u2019un récent rassemblement en Floride, le type d\u2019événement que sa base électorale affectionne et que l\u2019improbable président, porté par une houle de casquettes rouges (« Make America Great Again »), mange à la petite cuillère.Le démagogue en chef fait bien sûr référence aux « bandits, violeurs et trafiquants de drogue », selon sa désignation consacrée des immigrants latinos cherchant à entrer aux États-Unis.Un thème qui a certainement contribué à le faire élire en 2015 et qu\u2019il compte bien réutiliser dans la campagne qui s\u2019amorce.« Abattez-les », répond une femme dans la foule.Commande malheureusement mise à exécution le weekend dernier à la ville frontière d\u2019El Paso par un Américain de 21 ans.Bilan : 22 morts, 24 blessés.« Je défends simplement mon pays face à une invasion ethnique et culturelle », écrit le présumé tueur dans un manifeste publié sur les réseaux sociaux quelques heures auparavant.Donald Trump n\u2019a évidemment pas inventé l\u2019idéologie qui est derrière plusieurs des récents carnages.Né au lendemain de la guerre du Vietnam et rassemblant au départ des néonazis, des skinheads et des membres du Klu Klux Klan, le mouvement « white power » a connu un premier retentissement lors de l\u2019attentat d\u2019Oklahoma City en 1995.Malgré le fait que le terrorisme intérieur venait de faire une spectaculaire irruption (168 morts, 680 blessés), celui-ci n\u2019a jamais été pris au sérieux par les autorités américaines.Ni à ce mo- ment-là ni par après.À partir de l\u2019attentat du World Trade Center, six ans plus tard, toute l\u2019attention se portera sur le terrorisme islamique, laissant le nationalisme extrémiste blanc proliférer à son aise dans les caves humides de la nation et les coins sombres de l\u2019Internet.Les attentats de suprémacistes blancs qui se sont succédé, notamment depuis l\u2019élection de Trump, dont 39 tueries commises l\u2019année dernière seulement, ont donc été vus comme autant d\u2019actes isolés, perpétrés par des « malades mentaux » ou, mieux encore, des « obsédés de jeux vidéo ».L\u2019attentat d\u2019El Paso changera-t-il la donne ?Verra-t-on enfin la violence de l\u2019extrême droite pour ce qu\u2019elle est ?« La plus grande menace pour les États-Unis à l\u2019heure actuelle », selon la Anti-Defamation League.Osera-t-on enfin officialiser le lien entre la montée de cette violence et l\u2019actuel occupant de la Maison-Blanche ?Malgré les motivations on ne peut plus claires du tueur, malgré l\u2019inspiration que celui-ci a manifestement puisée chez Trump lui-même, copiant souvent les mêmes termes (« invasion », « frontières ouvertes », « fake news »\u2026), rien n\u2019est moins sûr.Si Trump a surpris en tenant un point de presse pour dénoncer, pour la première fois, le racisme et la suprématie blanche, c\u2019est le président en carton-pâte qui s\u2019est présenté au podium, lundi dernier.Celui qui se contente de réciter des phrases préparées, visiblement écrites par quelqu\u2019un d\u2019autre.À prendre avec de grosses pincettes, en d\u2019autres mots.Ce n\u2019est pas un acte de contrition, c\u2019est de l\u2019hypocrisie.Ce n\u2019est pas un nouveau départ pour Trump, c\u2019est un tout petit pas en arrière pour mieux réussir la prochaine galipette.Dites-vous bien que l\u2019homme qui s\u2019est contenté de rire en entendant « abattez-les » n\u2019a pas disparu.C\u2019est cet homme- là, après tout, celui qui traite les immigrants d\u2019extraterrestres (« aliens »), qui admire les dictateurs et les autocrates, qui se vante d\u2019agresser les femmes sexuellement, qui ne paie pas ses impôts, c\u2019est bel et bien le king de la triche et du plaqué or qui a réussi l\u2019exploit d\u2019être élu en 2017, et qui pourrait bien réussir à nouveau en 2020.Il a beau faire grincer des dents, Donald John Trump a non seulement réussi à garder sa base et à transformer le Parti républicain à son image, il a réussi une véritable révolution culturelle.« [Trump] est en train de redéfinir ce qu\u2019on peut dire et la façon dont un dirigeant peut agir, dit le chroniqueur du New York Times David Brooks.Il réaffirme un vieux modèle de masculinité, celui qui, à ses yeux, mérite d\u2019être écouté et auquel on obéit.[\u2026] Nous sommes tous un peu plus corrompus sous sa gouverne.Tout le long de cette campagne, il va se mettre, lui et ses valeurs, au centre de la conversation.Tous les jours, il va trouver un petit drame pour nous redéfinir, nous dire qui nous sommes et qui nous devons désormais haïr.» Donald Trump est un hors-la-loi qui, loin de s\u2019en repentir, s\u2019en tape les cuisses.Le drame, ce qui donne régulièrement envie de brailler dans les bras de sa mère, c\u2019est d\u2019assister, impuissants, à ce grand-guignol.C\u2019est de contribuer à légitimer un détournement de sens, un pillage de la démocratie, du simple fait que cet homme a été dûment élu.C\u2019est de constater que les règles démocratiques sur lesquelles Trump crache impunément lui confèrent, ô misère, une certaine normalité.Même chassé du trône, l\u2019effet corrosif de l\u2019homme risque d\u2019imprégner l\u2019air encore longtemps.La question à poser n\u2019est donc pas comment on arrête l\u2019immigration, mais bien comment on arrête Donald Trump.Félix Racine Étudiant au baccalauréat en science politique et philosophie Notre siècle a ceci de singulier qu\u2019il se révèle le support d\u2019un phénomène gravissime pour la continuité de l\u2019humanité dans ses conditions actuelles, c\u2019est-à-dire les changements climatiques.Sans pour autant être absolument exclusive, cette dynamique a ceci de spécifique qu\u2019elle survient durant un stade tardif de l\u2019évolution de notre civilisation, au sein d\u2019un régime capitaliste quasi omniprésent qui nécessite une quantité abyssale de ressources naturelles afin de fonctionner de façon optimale.En conséquence, le phénomène des changements climatiques nous pousse, en tant qu\u2019espèce humaine, à une réflexion éthique globale infiniment délicate, mais malgré tout requise.Le fruit de cette réflexion pourrait bien être garant de notre pérennité.Une fois cette conjoncture écologique reconnue, malgré la tentation causale qui pourrait viser à appliquer des mesures politiques radicales, il n\u2019en reste pas moins que la délibération populaire doit malgré tout persister à s\u2019exercer afin d\u2019adapter nos actions en fonction d\u2019une volonté populaire relative.En tant que sujets d\u2019une démocratie libérale, nous avons le droit de débattre en matière d\u2019écologie, tout comme des modalités économiques et des politiques adéquates au bien-être de la cité.Naturellement, le produit de cette délibération ne sera pas absolument homogène, cohérent et pur.Il y aura inévitablement des zones de tensions, ce qui est néanmoins vital à tout espace de débat le moindrement substantiel.Fascination spirituelle Cependant, de façon spectaculaire, la figure de Greta Thunberg vient bouleverser cet équilibre des choses.Cheval de Troie de l\u2019écologisme, il se développe autour de sa personne une fascination fondamentalement spirituelle qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019idéal type de la figure messianique.Au sein des tribunes médiatiques, il devient de plus en plus difficile d\u2019exprimer une quelconque critique quant à cette situation, même quand cela relève d\u2019arguments rationnels et légitimes.Pour ses fervents partisans, critiquer cette jeune Suédoise se ramène inéluctablement à une forme de climatoscepticisme, voire de négationnisme.Comme si l\u2019avenir de l\u2019humanité était désormais entre ses mains.Bien que ce type de rhétorique n\u2019ait rien de révolutionnaire en soi, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019un dossier aussi criant que les changements climatiques ne devrait être instrumentalisé ni par des idéologies quelconques ni par des forces partisanes particulières.Il importe de le rappeler, l\u2019écologie est un enjeu qui concerne l\u2019humanité dans son ensemble.Idéalement, ce sujet devrait transcender la partisa- nerie afin de pouvoir véritablement mener au développement d\u2019une coordination politique adéquate et transversale, quitte à opérer des changements structurels majeurs.Cependant, cela ne se fera pas sans délibération ni débat.C\u2019est pourquoi ce texte se veut un appel à l\u2019ouverture plutôt qu\u2019au sectarisme, afin de féconder une riche réflexion.Il est possible de critiquer la figure de Greta Thunberg et le phénomène qui entoure l\u2019engouement de masse pour sa personne sans pour autant être un quelconque antenvironne- mentaliste, négationniste ou inconscient.On peut prendre au sérieux l\u2019évolution climatique sans pour autant vouer un culte immodéré à la figure de Greta Thunberg.Après tout, le débat, garant de la diversité d\u2019opinions, est consubstantiel à la démocratie libérale.CHANGEMENTS CLIMATIQUES Greta Thunberg, figure messianique du XXIe siècle ?Clément Fontaine Journaliste et militant écologiste Chicoutimi Le développement économique de la ville de Saguenay s\u2019appuie traditionnellement sur l\u2019exploitation de l\u2019aluminium et du bois d\u2019œuvre, destinés surtout à l\u2019exportation.Deux de ses trois arrondissements, La Baie et Jonquière, portent l\u2019empreinte de ce développement industriel, tandis que Chicoutimi a plutôt une vocation commerciale et résidentielle.La région du Saguenay devient plus montagneuse à mesure que l\u2019on progresse, depuis la baie des Ha ! Ha !, le long de son fjord jusqu\u2019au fleuve Saint-Laurent, en passant par des municipalités comme Saint-Fulgence, Sainte-Rose-du-Nord et L\u2019Anse- Saint-Jean.Le fjord, d\u2019une longueur de 105 kilomètres, a naturellement acquis une vocation récréotouristique importante.Deux parcs, l\u2019un de juridiction fédérale et l\u2019autre provinciale, englobent une grande partie de ses eaux pour l\u2019un, et de ses espaces riverains pour l\u2019autre.Le développement industriel a cependant un impact important sur le fragile écosystème de la rivière.Les mammifères marins, tel le béluga, sont vulnérables au bruit engendré par les porte-conteneurs qui fréquentent les deux ports en eau profonde de La Baie.Sans oublier les paquebots de croisière à chaque fin d\u2019été.Or, trois grands projets industriels qui tentent présentement de s\u2019implanter chez nous, s\u2019ils devaient se réaliser, augmenteraient considérablement le nombre de transports par gros navires sur le Saguenay.L\u2019un d\u2019eux, Arianne Phosphate, a déjà obtenu toutes les autorisations requises des divers ordres de gouvernement ; il ne reste que quelques étapes à franchir pour les deux autres, Métaux BlackRock et Énergie Saguenay.Processus segmenté Comment est-ce possible ?Le processus d\u2019approbation gouvernemental concernant l\u2019impact environnemental de chaque projet a été segmenté de manière à éviter le cumul de ses retombées globales en matière d\u2019émissions de gaz à effet de serre et de bruit préjudiciable à la faune marine.L\u2019incidence totale des projets combinée avec l\u2019activité industrielle déjà existante a également été ignorée.L\u2019altération du paysage et la perte du potentiel touristique n\u2019ont pas été pris en considération dans le processus d\u2019évaluation.Arianne Phosphate affirme avoir besoin d\u2019un nouveau port près de Sainte- Rose-du-Nord afin d\u2019exploiter sa mine, pourtant située à 200 kilomètres plus au nord, au Lac à Paul ! D\u2019une hauteur de 65 mètres (l\u2019équivalent d\u2019un édifice de 20 étages) par 285 mètres de large, ce troisième port défigurerait une partie très visible du fjord, à proximité du parc marin du Saguenay\u2013Saint-Laurent.L\u2019entreprise veut acheminer son phosphate jusqu\u2019au Saguenay au moyen de camions hors normes à travers des chemins forestiers élargis pour ses besoins.Le transport du minerai par navires de grande taille ajouterait annuellement quelque 200 voyages (en comptant l\u2019aller-retour) dans le fjord, puis dans le fleuve vers l\u2019Atlantique.Le bon sens exigerait plutôt que le minerai soit transporté vers le port de Baie-Comeau sur la Côte-Nord, soit par ces mêmes camions, soit en empruntant la nouvelle voie ferrée de QcRail, dont la mise en service s\u2019effectuerait en 2024.Arianne Phosphate refuse ces solutions alternatives et cherche à démarrer ses opérations le plus rapidement possible.Énergie Saguenay est encore plus menaçante pour l\u2019écosystème du fjord.Ce projet de 14 milliards de dollars, financé par les Américains, comporte trois volets interdépendants.Il consiste à recueillir le gaz naturel provenant de l\u2019Ouest canadien au moyen d\u2019un nouveau gazoduc de 785 km qui, depuis le nord de l\u2019Ontario, traverserait le territoire québécois pour aboutir à la future usine de GNL Québec, en bordure du Saguenay.Une fois liquéfié au moyen de notre hydroélectricité, ce gaz serait expédié par méthaniers vers l\u2019Europe et en l\u2019Asie, prétendument pour remplacer le mazout et le charbon.Il y a bien sûr des inconvénients reliés au tracé du Gazoduq (nom officiel) à travers des terres arables, des milieux humides et des forêts encore intactes, en plus des conséquences néfastes de l\u2019augmentation, à l\u2019autre bout de la chaîne, du bruit sous-marin produit par les énormes méthaniers.Qui plus est, la communauté scientifique s\u2019accorde pour dire que le gaz de GNL Québec, obtenu en majeure partie par fracturation hydraulique, ne vaut pas mieux que le pétrole des sables bitumineux de même provenance.Des fuites de méthane, un puissant générateur de GES, sont inévitables aux puits de forage et lors du transport sur de longues distances.L\u2019utilisation de l\u2019électricité québécoise pour la liquéfaction de ce carburant fossile en vue de son exportation ne le rend pas plus socialement acceptable.Pression du milieu des affaires Si le gouvernement caquiste de François Legault refuse le projet de l\u2019oléoduc Énergie Est sur le territoire québécois pour le pétrole de l\u2019Ouest canadien, alors qu\u2019il appuie celui d\u2019Énergie Saguenay pour le gaz, c\u2019est uniquement parce que l\u2019usine de liquéfaction projetée à La Baie créerait des emplois et permettrait d\u2019utiliser nos surplus actuels d\u2019hydroélectricité.Les Saguenéens sont partagés entre la nécessité de préserver leur environnement et la perspective d\u2019un nouvel élan de prospérité.Les promoteurs peuvent compter sur l\u2019appui d\u2019une majorité d\u2019élus régionaux, sensible aux pressions du milieu des affaires.Mais la partie n\u2019est pas jouée.Les mouvements écologistes se sont multipliés et ont pris de l\u2019ampleur ces derniers mois : Coalition Fjord, Collectif de la Batture, Action Boréale, Nature Québec, Eau secours\u2026 Ils ont l\u2019appui de la plupart des partis d\u2019opposition.La pétition de la Coalition Fjord contre le projet Saguenay a recueilli à elle seule près de 40 000 signatures.Ces citoyens prônent l\u2019abandon du développement industriel basé sur l\u2019exploitation des ressources et des combustibles fossiles, au profit d\u2019une multitude d\u2019initiatives de PME locales axées sur les énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolien, géothermie, biomasse).L\u2019avenir nous dira si les Verts finiront par avoir gain de cause au royaume des Bleuets.Mobilisation verte au royaume du Saguenay Trois grands projets industriels qui tentent présentement de s\u2019implanter chez nous, s\u2019ils devaient se réaliser, augmenteraient considérablement le nombre de transports par gros navires sur le Saguenay FRANCINE PELLETIER La question à poser n\u2019est pas comment on arrête l\u2019immigration, mais bien comment on arrête Donald Trump etourner en enfance grâce à l\u2019arôme fumant de la sauce à spaghetti de votre grand-mère, dont la recette a été retrouvée au milieu d\u2019une pile de souvenirs familiaux.Renouer avec le délice suranné de déguster un « Tom Collins », le drink préféré d\u2019un vieil oncle qui affectionnait aussi le bridge et les cigarillos au raisin.Prendre un plaisir coupable à se gaver de « jellybeans », de « fun dips» et autres bonbons qui ont marqué notre enfance.Parfois déclassées par les saveurs du mois, celles d\u2019hier peuvent reprendre leur place au répertoire de nos préférées.Et dans certains cas, on peut même ressusciter des saveurs évanouies pendant plusieurs décennies.Lors d\u2019un passage à l\u2019émission culinaire de Josée DiStasio il y a une douzaine d\u2019années, Janette Bertrand a fait découvrir aux téléspectateurs québécois sa recette de «jambon au foin», héritée d\u2019une rencontre avec le fameux chef Bocuse.Dans le paysage culinaire, la mode était alors aux pâtes en version allégée, au foie gras déconstruit de Martin Picard ou aux tapas revisités.Mais Madame Bertrand, une indémodable, décidait d\u2019imposer au menu un colossal mets digne d\u2019Astérix chez les Gaulois.Voici un exemple parmi plusieurs de ces recettes venues du patrimoine français qui, longtemps, ont incarné le summum du raffinement culinaire dans nombre de foyers québécois.Mais que sont devenues les saveurs de bœuf bourguignon à la Pol Martin, des « aspics » au Jell-O, des vol-au-vent aux fruits de mer et autres petits plans désormais remplacés par des mets plus santé, moins calorifiques et plus adaptés à nos cuisines modernes ?Dans un article du Guardian intitulé « The Rise and Fall of French Cuisine », la journaliste Wendell Steavenson décrit le déclin de la cuisine française, très longtemps perçue comme un joyau inclassable de la gastronomie mondiale.« Pour les gens de la génération de mes parents et même 100 ans avant eux, la cuisine française était unanimement reconnue comme la meilleure.[\u2026] La vie de mon père et aussi, la mienne, celles de ses enfants, ont été forgées par les repas.Nous avons grandi en traversant des canaux pour nous rendre à des destinations étoilées Michelin, manger des cuisses de grenouilles avec nos doigts, goûter des vins\u2026 » Aucun goût ne se perd\u2026 Que les amoureux d\u2019escargots à l\u2019ail, de ris de veau et de boudin blanc soient rassurés : les résurrections sont fréquentes au cimetière des saveurs consacrées.Pensons notamment à la choucroute, aliment fermenté qui jouit ces jours-ci d\u2019une vaste popularité après des années de semi-confidentialité en épicerie.Ou encore à des légumes «anciens» qui reviennent au goût du jour comme le kohlrabi, le kale ou le salsifis.Le riz sauvage, une graminée qui pousse dans les marais ou le long des cours d\u2019eau dans le sud du Canada, fait aussi un retour dans le paysage culinaire.Des communautés anichinabées renouent avec cette plante annuelle qui n\u2019a rien à voir avec le LEDEVOIR // LE MERCREDI 7 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS 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propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.R En quête de saveurs perdues HISTOIRE DE SAVEURS Avec le renouveau des cocktails, il y a 10-15 ans, des néoclas- siques ont émergé JEAN-SÉBASTIEN MICHEL » riz que l\u2019on retrouve dans le commerce, connue en langue ojibwée sous le nom de manomin.Mais dans l\u2019art de faire revivre des saveurs que l\u2019on croyait mortes et enterrées, le monde des barmans et des cocktails est passé maître.Si on retrouve ces jours-ci le goût de siroter des Aperol Spritz, le gin gimlet, ou l\u2019Aviaton, c\u2019est parce que des aventuriers du goût se consacrent à détecter, recréer et populariser des saveurs oubliées ou délaissées.« Avec le renouveau des cocktails, il y a 10-15 ans, des néoclassiques ont émergé », partage Jean-Sébastien Michel, fondateur de la boutique Alam- bika, qui se spécialise dans tout ce qui touche à la préparation de cocktails.Jean-Sébastien Michel évoque notamment la renaissance de la liqueur de violette et de la crème Yvette, des liqueurs prisées dans les années 1920 et 1930 précédant la prohibition aux États-Unis.« Dans des cocktails classiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, certains classiques comme l\u2019Aviation Cocktail se préparaient avec de la liqueur de violette.Mais il était devenu impossible de les recréer en l\u2019absence de ces liqueurs qui permettaient d\u2019obtenir une couleur bleu clair lavande.» À l\u2019instar de l\u2019absinthe, réapparue dans les années 1990 après plusieurs décennies de dormance (ou d\u2019existence illicite), des bitters et des sirops liqueurs renaissent donc grâce à la curiosité des apothicaires modernes des bars.Et dans ce cercle d\u2019initiés, les saveurs naturelles ont la cote.« Le renouveau du cocktail a beaucoup été une question de retour aux sources.Avant la prohibition, dans les années 1930, être bartender était un métier honorable.À l\u2019époque, des centaines de compagnies faisaient des bitters, un aromate liquide créé avec des macérations d\u2019herbes, de racines, de fruits, de fleurs et de teinture d\u2019alcool.Quand la prohibition est arrivée avec des lois de santé sociale plus restrictives, une majorité de compagnies ont fait faillite.» Et avec elles, sont disparues plusieurs recettes qui revivent aujourd\u2019hui, comme la mémoire des sens qui se réveille avec la madeleine trempée dans la tasse de thé.Que les amoureux de délices perdues soient rassurés : les résurrections sont fréquentes au cimetière des saveurs consacrées.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Que l\u2019on appartienne au camp des foodies fines bouches ou à celui des mangeurs « fonctionnels », les saveurs occupent une grande partie de l\u2019expérience humaine.En cette ère d\u2019alimentation globalisée où les enjeux de sécurité alimentaire ne sont pas en contradiction avec la recherche du goût exquis, les saveurs auxquelles nous sommes exposés gagnent en complexité.Troisième et dernier texte de cette série.SYLVIE ST-JACQUES LE DEVOIR "]
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