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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-08-08, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 177 / LE JEUDI 8 AOÛT 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Les États-Unis du racisme Les Américains croient que la \u201crace blanche\u201d est menacée Accusé d\u2019attiser la haine raciale, Trump s\u2019est rendu mercredi à El Paso et à Dayton, théâtres de tueries ce week-end.Selon le démographe Hervé Le Bras, le racisme reste ancré dans la culture américaine.LÉA MASSEGUIN LIBÉRATION «Notre nation doit condamner d\u2019une seule voix le racisme, le sectarisme et le suprématisme blanc», a déclaré lundi Donald Trump.Deux jours plus tôt, un homme de 21 ans tuait 22 personnes dans un centre commercial d\u2019El Paso, ville à la frontière mexicaine.Avant de passer à l\u2019acte, il avait publié sur le forum 8Chan un manifeste dans lequel il dénonçait l\u2019«invasion» hispanique du Texas et embrassait la théorie du «grand remplacement» de l\u2019extrémiste Renaud Camus.Après les attaques à Charleston (2015), Pittsburgh (2018) et San Diego (avril), les États-Unis sont donc de nouveau confrontés aux violences d\u2019extrême droite.Selon le centre d\u2019analyse New America, ces dernières ont fait plus de victimes en 2017 et 2018 aux États-Unis que les attaques djiha- distes.Pour Hervé Le Bras, chercheur émérite à INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .A4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Le Cyclorama de Jérusalem sera classé bien patrimonial A 3 ACTUALITÉS Des galaxies noires émergent en pleine lumière A 5 L\u2019Orchestre symphonique de Montréal lançait mercredi soir sur l\u2019Esplanade du Parc olympique la 8e édition de sa Virée classique en interprétant le Requiem de Giuseppe Verdi.L\u2019orchestre et son mæstro, accompagnés par plus de 400 choristes, ont ainsi offert au public le préambule de ce qui sera la dernière saison de Kent Nagano à titre de directeur musical de l\u2019OSM.ADIL BOUKIND LE DEVOIR La dernière Virée classique de Kent Nagano GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Québec est de nouveau critiqué pour son application de la loi sur la laïcité vu qu\u2019il compte interdire le port de signes religieux aux éducatrices en service de garde qui feront le saut en maternelle 4 ans.« C\u2019est vraiment le comble de l\u2019absurdité », lance Violaine Cousineau, commissaire indépendante à la Commission scolaire de Montréal.Elle donne l\u2019exemple d\u2019une éducatrice portant le voile au service de garde, le matin et le soir, mais qui devra le retirer pendant les classes si elle a été embauchée comme enseignante de maternelle.« C\u2019est la même personne, s\u2019insurge- t-elle.Comment le gouvernement peut-il penser qu\u2019à un moment tu risques de faire du prosélytisme et que deux heures plus tard, tu ne poses plus aucun \u201cdanger \u201c.On vient de faire la preuve du non-sens de cette loi.» « C\u2019est tout le personnel de l\u2019école qui devrait être assujetti au devoir de neutralité religieuse de fait et d\u2019apparence.Ce n\u2019est pas le cas, et c\u2019est très regrettable », observe pour sa part Nadia El-Mabrouk, professeure et signataire d\u2019un mémoire sur le projet de loi 21.À ses yeux, « il y a là une incohérence, qui est très problématique pour les parents ».Celle-ci qualifie aussi de « discutable » la décision de Québec de ne pas soumettre les services de garde, incluant les Centres de la petite enfance (CPE), à la loi sur la laïcité de l\u2019État.« Surtout qu\u2019il s\u2019agit d\u2019enfants très jeunes, très influençables, très dépendants des adultes.Ce sont donc les premiers qu\u2019il faudrait protéger de tout prosélytisme, actif ou passif », soutient-elle.LAÏCITÉ Le statut fait foi du droit Faire le saut du service de garde à la maternelle ne sera pas sans conséquence pour les éducatrices portant un signe religieux ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR CLIMAT La Terre a besoin d\u2019un monde végétarien Q&R VOIR PAGE A 2 : RACISME Le président Donald Trump et son épouse, Melania, à leur descente d\u2019avion à El Paso.SAUL LOEB AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE A 7: « EL PASO, LA FAUTE À L\u2019\u201dALIÉNATION ÉCONOMIQUE\u201d ?», LA CHRONIQUE D\u2019ÉMILIE NICOLAS VOIR PAGE A 4 : CLIMAT VOIR PAGE A 4 : LAÏCITÉ Le GIEC plaide pour un changement de régime alimentaire afin d\u2019atténuer le réchauffement Limiter les bouleversements climatiques passe par une transition de notre régime alimentaire vers un régime largement végétarien, conclut le Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC) dans un nouveau rapport qui s\u2019attarde sur l\u2019utilisation des terres dans un contexte de réchauffement global.«Des régimes équilibrés avec des aliments d\u2019origine végétale, comme ceux basés sur des grains, des légumes, des fruits, des légumineuses et des noix, ainsi que de la nourriture d\u2019origine animale produite de façon durable et dans un contexte de faibles émissions de gaz à effet de serre, présentent des occasions majeures pour l\u2019adaptation et l\u2019atténuation du réchauffement climatique», résume Debra Roberts, coprésidente du groupe de travail du GIEC qui a rédigé ce rapport spécial publié ce jeudi matin.Ce changement de régime alimentaire aurait le potentiel de libérer, au cours des prochaines décennies, «des millions de kilomètres carrés de terre», en plus de représenter «un potentiel d\u2019atténuation du réchauffement».Le GIEC évalue ainsi qu\u2019un recul marqué de l\u2019utilisation des terres pour la production de produits d\u2019origine animale permettrait d\u2019éviter, à l\u2019horizon 2050, l\u2019émission de 700 millions à 8 milliards de tonnes de gaz à effet de serre (GES).« Certains choix de régime alimentaire nécessitent davantage de terres et d\u2019eau, en plus de générer davantage de gaz ayant un fort potentiel de réchauffement », dont le méthane, rappelle Mme Roberts, en référence à notre grande consommation de produits d\u2019origine animale.Les conclusions du GIEC rejoignent d\u2019ailleurs celles d\u2019autres analyses scientifiques qui ont démontré que les ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 8 AOÛT 2019 JOCELYNE RICHER LA PRESSE CANADIENNE À QUÉBEC La crise climatique deviendra la bouée de sauvetage du Parti libéral du Québec (PLQ), selon l\u2019aile jeunesse du parti, convaincue que c\u2019est en misant sur une protection exemplaire de l\u2019environnement que les libéraux reprendront le pouvoir en 2022.La promotion d\u2019un Québec plus vert que jamais sera au cœur des propositions présentées aux quelques centaines de membres de l\u2019aile jeunesse du parti réunis en congrès annuel à l\u2019Université Laval le week-end prochain.Entourés du chef par intérim, Pierre Arcand, des députés et organisateurs du parti, les jeunes militants libéraux devront dire s\u2019ils adoptent le ton alarmiste de leurs dirigeants en se prononçant sur une série de résolutions axées autour d\u2019une dizaine d\u2019orientations, la principale étant la lutte contre les changements climatiques, promue au rang de « projet de société ».La gestion efficace de la crise climatique devrait donc devenir, à leurs yeux, la priorité d\u2019un éventuel gouvernement libéral en 2022.Dès la prise du pouvoir, un gouvernement libéral devrait notamment décréter « l\u2019état d\u2019urgence climatique » et se doter d\u2019une loi le forçant à respecter ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES).On veut aussi accorder un statut juridique au fleuve Saint-Laurent, qui serait considéré comme un « sujet de droit », de même que rédiger une Charte québécoise de l\u2019environnement.« On a une crise à régler.Il faut absolument qu\u2019on trouve des solutions », a dit mercredi, en conférence de presse, le président de l\u2019aile jeunesse du PLQ, Stéphane Stril, qui veut voir le Québec devenir « un leader mondial » des technologies vertes.Redéfinir le parti Chassé du pouvoir en octobre dernier et pratiquement disparu de l\u2019ensemble du Québec, sauf dans la grande région de Montréal, le parti tente depuis de se reconstruire.Le congrès des jeunes constitue donc une étape importante dans le vaste mouvement actuel de redéfinition du parti et de son programme, avec en fond de scène la course au leadership, qui doit mener à l\u2019élection d\u2019un nouveau chef en mai prochain.M.Stril a dit souhaiter que le « nouveau » PLQ soit plus progressiste, plus nationaliste que par le passé et plus soucieux d\u2019accroître la place du Québec au sein du Canada.Il s\u2019est aussi dit pour le droit de vote à 16 ans.Le « nationalisme » à la sauce libérale devra cependant s\u2019éloigner, a prévenu M.Stril, de celui prôné par le gouvernement caquiste, « profondément conservateur, profondément identitaire ».Pour le gouvernement Legault, « la cause identitaire est vraiment au niveau ethnique, quasiment », misant sur les divisions et l\u2019interdiction de porter des signes religieux, alors que les libéraux revendiquent un nationalisme civique, « inclusif », et « qui ne voit pas la diversité comme un obstacle », a-t-il indiqué en substance.Un futur gouvernement libéral devrait également doter le Québec d\u2019une constitution et voter une loi promulguant un modèle d\u2019intégration des immigrants fondé sur l\u2019inter- culturalisme, « centré sur le respect des libertés individuelles », en tournant le dos au multiculturalisme à la canadienne.Un moyen proposé par les jeunes libéraux en vue de renforcer le statut du Québec au Canada serait de confier désormais à l\u2019Assemblée nationale le soin de désigner les sénateurs québécois à Ottawa.POLITIQUE Le salut du PLQ repose sur la crise climatique Les jeunes libéraux croient possible de reprendre le pouvoir en misant sur la protection de l\u2019environnement PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR Alors que le gouvernement du Québec mènera à partir du 26 août une commission sur l\u2019avenir des médias d\u2019information, le Centre d\u2019étude sur les médias (CEM) publiait cette semaine un état des lieux de ceux-ci, qui confirme les chutes de revenus, de profits et d\u2019effectifs de la majorité d\u2019entre eux.Le rapport de quelque 130 pages, réalisé par le chercheur Daniel Giroux, détaille la situation des différents secteurs, imprimés ou électroniques, et souligne notamment que la marge bénéficiaire brute des journaux quotidiens et des hebdomadaires a dégringolé depuis 2010.Alors qu\u2019elle était de 17,5 % en 2000 et de 14,4 % en 2010, le ratio du bénéfice par rapport au chiffre d\u2019affaires s\u2019est écrasé à 3,5% en 2014, et est même devenu négatif en 2016, à \u20130,1 %.Tandis que les magazines québécois voient leurs marges bénéficiaires jouer au yo-yo depuis 15 ans \u2014 avec une certaine tendance baissière \u2014, le monde de la télévision généraliste privée accumule les chiffres négatifs, encaissant « des pertes variant autour de 3 % de 2014 à 2017 », précise le rapport.Quant au monde de la radio, il semble encore à l\u2019abri à plusieurs égards de la crise médiatique.Publicité et effectifs en chute L\u2019enjeu des revenus publicitaires pour les entreprises œuvrant dans les médias est aussi abondamment chiffré dans le rapport du CEM, qui confirme que les annonceurs ont « massivement déplacé des centaines de millions de dollars vers les Google, Facebook, You- Tube, Twitter, Pinterest et autres supports non médiatiques ».Concrètement, entre 2012 et 2017, les médias dans leur ensemble ont perdu 29% de leurs revenus en publicité.Si les magazines ont subi le plus gros coup avec une chute de 63% de la publicité pendant cette période, les quotidiens sont tout près derrière avec une baisse de 53%.Au même moment, les «plateformes numériques hors médias» ont vu leur récolte publicitaire grimper de 122%.En triste logique, les effectifs dans les salles de nouvelles québécoises ont aussi connu une baisse, montrent les compilations du CEM.Citant l\u2019Observatoire de la culture et des communications du Québec qui tirait ses chiffres du dernier recensement mené par Statistique Canada, le chercheur Giroux met en lumière le fait que le nombre de journalistes au Québec a culbuté de 10 % entre 2006 et 2016.Le rapport souligne que les pertes d\u2019emplois seraient beaucoup plus fortes à Québec (35 %) et à Gatineau (30 %) qu\u2019à Montréal (3 %), mais note aussi que les données relatives à ces trois régions « doivent être interprétées avec prudence.» Dans l\u2019ensemble du Québec, en 2018, il y a en parts égales des lecteurs réguliers des quotidiens qui lisent ces derniers en format papier ou sur les plate- formes numériques (36 %), alors que 28 % d\u2019entre eux le font de manière hybride.Au total, quelque 53 % de la population adulte du Québec lit régulièrement un quotidien en semaine, illustre l\u2019étude du CEM.Ce taux issu des chiffres de Vividata laisse poindre « un certain fléchissement du lectorat », mais les variations sont moindres que les marges d\u2019erreur, précise l\u2019auteur.Les magazines généralistes québécois ont pour leur part connu une baisse de lectorat majeure entre 2003 et 2017, soit une chute de 44%, touchant le papier et le numérique.« Douze des dix-neuf magazines mesurés en 2017 qui étaient publiés en 2012 ont perdu des lecteurs.La perte atteint presque 20 % en ce qui concerne le magazine d\u2019information générale L\u2019actualité », note Daniel Giroux.Le rapport Les médias québécois d\u2019information \u2013 État des lieux résume par ailleurs les récentes mesures d\u2019aide de Québec et d\u2019Ottawa, mais collige aussi de nombreux modèles d\u2019appui à la presse ailleurs dans le monde, notamment en Europe.«La mesure de soutien la plus usuelle au sein des 24 pays que nous avons étudiés consiste à appliquer des taux préférentiels de la taxe à la valeur ajoutée pour certaines activités de la presse écrite», résume le document.La misère des médias Entre 2012 et 2017, les entreprises ont perdu 29 % de leurs revenus en publicité 27 % C\u2019est le pourcentage des Canadiens de langue française qui ont acheté un exemplaire papier d\u2019un journal la semaine précédant l\u2019enquête menée en 2019 par le Reuters Institute for the Study of Journalism et le Centre d\u2019études sur les médias.14 % C\u2019est le pourcentage de personnes disposées à faire un don à une entreprise de presse qu\u2019elles aiment si celle-ci ne peut faire ses frais autrement.8 % C\u2019est le pourcentage des répondants qui affirment avoir payé pour avoir accès à certains services de nouvelles en ligne au cours de l\u2019année.L\u2019influence du président Donald Trump RACISME SUITE DE LA PAGE A 1 l\u2019Institut national d\u2019études démographiques (INED), le racisme, que Trump est accusé d\u2019alimenter, reste profondément ancré dans la société américaine.Comment expliquer que la théorie du « grand remplacement » se propage aux États-Unis ?Là-bas, cette idée ne date pas d\u2019au- jourd\u2019hui.Au XIXe siècle, les mouvements nativistes étaient organisés à la faveur du rejet de l\u2019immigration, en particulier des Irlandais, des Italiens puis des populations d\u2019Europe centrale.Quelles sont les caractéristiques des mouvements adeptes de cette théorie ?Ceux-ci refusent le mélange et le métissage.Il s\u2019agit de la forme la plus pure du racisme.Dans son Essai sur l\u2019inégalité des races humaines (1855), Arthur de Gobineau, l\u2019un des grands théoriciens du racisme, s\u2019opposait déjà à ce que les Aryens se mélangent.Or, l\u2019histoire a montré que le métissage est de plus en plus répandu, y compris aux États-Unis, où toutes les unions mixtes sont en progression.Entre 1980 et 2008, la part des jeunes BORISLAV BAJKIC GETTY IMAGES mariés avec un époux ou une épouse de « race » ou « ethnie » différente est passée de 6,7 % à 14,6 %.La peur du mélange peut-elle s\u2019expliquer par le fait que les sociétés sont de plus en plus métissées ?Peut-être.Mais si on prend le cas de Gobineau, cette peur du métissage était abstraite.Il s\u2019agissait de quelque chose de plus profond qui repose sur l\u2019idée qu\u2019on ne devait pas mélanger son sang, plus qu\u2019un refus d\u2019un métissage qui progresserait.En 2012, le New York Times publiait par exemple un article intitulé « Les Blancs représentent moins de la moitié des naissances aux États-Unis ».En réalité, c\u2019est beaucoup plus compliqué que cela\u2026 C\u2019est-à-dire ?Avec le passé de l\u2019esclavage [1619- 1865], le pays a pris l\u2019habitude de mesurer les « races », de caractériser les personnes selon ce critère.Les Américains ont le sentiment que ces races sont séparées et que celle dite « blanche » est menacée.Mais quand on regarde en détail leurs statistiques, on voit que la notion de « Blanc » est très restrictive.Lors du recensement, les Hispaniques, mais aussi les personnes ayant indiqué plusieurs entrées à la question raciale [depuis 2001, plusieurs cases peuvent être cochées : Blanc, Noir, Amérindien, Asiatique, autres] ne sont pas considérés comme des Blancs.Or près de 95 % des Latino- Américains se déclarent Blancs et plus de 6 % des femmes cochent plusieurs cases à la naissance de leur enfant.Donc, certes, les Blancs représentaient moins de la moitié des nouveau- nés aux États-Unis il y a sept ans, mais avec cette définition très restrictive de ce qu\u2019est une personne blanche.Dans l\u2019acception la plus large, où l\u2019on compte toutes les naissances pour lesquelles au moins un des parents a indiqué une race blanche, cela concerne près de 80 % d\u2019entre elles.Peut-on donc dire que l\u2019Amérique est raciste ?Oui, absolument.Les statistiques excluent le métissage et les origines latines.Il s\u2019agit clairement de l\u2019un des critères les plus forts du racisme.On assiste au retour d\u2019une vieille règle américaine du temps de l\u2019esclavage et de la ségrégation appelée « One Drop Rule » [«la règle de l\u2019unique goutte de sang »], quand on comptait comme « Noir » tout individu ayant au moins un ascendant noir.Donald Trump contribue-t-il à nourrir la peur de l\u2019immigration ?Bien sûr.Mais ce qui est plus grave, c\u2019est que ses déclarations, jusqu\u2019à présent centrées sur la question de l\u2019immigration, ont même viré au racisme.C\u2019est de cela qu\u2019il est accusé après avoir invité quatre élues démocrates issues de minorités à « retourner d\u2019où elles venaient ».Ce climat peut pousser des gens à commettre des attaques en pensant qu\u2019ils agissent pour la bonne cause.On a une crise à régler.Il faut absolument qu\u2019on trouve des solutions.STÉPHANE STRIL » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 8 AOÛT 2019 LA PRESSE CANADIENNE À GILLAM, AU MANITOBA La chasse à l\u2019homme qui dure depuis plus de deux semaines dans l\u2019ouest du pays est enfin terminée.La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a retrouvé les corps de deux hommes dans le nord du Manitoba, mercredi matin, et les policiers croient qu\u2019il s\u2019agit des deux fugitifs soupçonnés d\u2019avoir commis trois meurtres en Colombie-Britannique.Une autopsie sera pratiquée à Winnipeg, a précisé la commissaire adjointe, Jane MacClatchy, en conférence de presse, pour confirmer officiellement qu\u2019il s\u2019agit bien de Bryer Schmegelsky, âgé de 18 ans, et de Kam McLeod, âgé de 19 ans.L\u2019intervention permettra du même coup de déterminer la cause des décès.Les deux corps ont été retrouvés dans un secteur où la végétation est très dense, à environ un kilomètre de l\u2019embarcation endommagée qui avait été repérée la semaine dernière sur les rives du fleuve Nelson, dans la région de Gillam, au Manitoba.Des plongeurs avaient été dépêchés sur place pour effectuer des recherches dans le cours d\u2019eau, qui n\u2019avaient donné aucun résultat, mais d\u2019autres recherches effectuées par des équipes spécialisées ont permis de repérer les corps dans un secteur qualifié d\u2019« inhospitalier » en raison de la végétation.Le ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, a salué le travail des enquêteurs qui, selon lui, ont « mené cette opération majeure avec une extraordinaire efficacité ».La chasse à l\u2019homme avait débuté le 23 juillet quand les deux jeunes hommes, d\u2019abord présentés comme des disparus, sont officiellement devenus des suspects du meurtre de l\u2019Australien Lucas Fowler et de sa copine américaine Chynna Deese.Ils ont ensuite été formellement accusés, le 24 juillet, du meurtre de Leonard Dyck, un professeur de l\u2019Université de la Colombie-Britannique.Des mandats d\u2019arrêt pancanadiens avaient à ce moment été lancés.Une question de temps En conférence de presse, la commissaire adjointe de la GRC, Jane Mac- Clatchy, a rendu hommage à la ténacité et à l\u2019ingéniosité des policiers sur le terrain.Bien que les suspects n\u2019avaient pas été vus depuis le 22 juillet, les enquêteurs étaient persuadés qu\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019une question de temps avant qu\u2019ils soient retrouvés.« Nos policiers savaient qu\u2019il suffirait de découvrir un seul élément de preuve pour faire avancer cette enquête », a-t- elle déclaré.Cette découverte est survenue vendredi dernier, le 2 août, quand des objets liés aux deux hommes ont été trouvés sur le rivage du fleuve Nelson.Cette piste a permis de réduire la zone de recherche et finalement de trouver les cadavres.Si la chasse à l\u2019homme semble effectivement terminée, l\u2019enquête concernant les trois meurtres en Colombie- Britannique est loin d\u2019être terminée a rappelé la GRC de la province à l\u2019extrême ouest du pays.Lors de sa conférence de presse, tenue en soirée mercredi pour offrir une mise à jour sur l\u2019évolution de l\u2019enquête, le corps de police a confirmé qu\u2019il lui restait encore bien du travail à accomplir.«Nous devons encore veiller à ce que les conclusions de notre enquête, qu\u2019il s\u2019agisse des déclarations, de chronologie des faits ou de preuves matérielles ou numériques continuent de confirmer notre théorie et d\u2019éliminer toute autre possibilité ou tout autre suspect.Tant que cette tâche ne sera pas terminée, le dossier ne sera pas clos », a déclaré la sergente d\u2019état-major Annie Linteau.Les enquêteurs en Colombie-Britannique se sont entretenus avec les familles des trois victimes afin de les informer des derniers développements de l\u2019affaire.Les corps des deux fugitifs au Manitoba ont été retrouvés SYLVIE ST-JACQUES LE DEVOIR Le Cyclorama de Jérusalem, installé à Sainte-Anne-de-Beaupré depuis 1895, sera finalement classé bien patrimonial.La ministre de la Culture et des Communications l\u2019a annoncé sur Twitter mercredi après-midi.Plus grand panorama d\u2019Amérique, cette œuvre gigantesque, exécutée à Munich de 1878 à 1882 par l\u2019artiste allemand Herr Bruno Piglhein, a définitivement fermé ses portes au grand public le 31 octobre 2018.À pareille date l\u2019année dernière, ses propriétaires, la famille Blouin, espéraient pouvoir le vendre 5 millions de dollars, faute de relève pour entretenir et exploiter le site.Jusqu\u2019à maintenant, le Cyclorama était en vente, mais ne trouvait pas preneur.Dans une lettre adressée à la ministre de la Culture et des Communications et appuyée par 70 cosignataires issus des milieux muséal et universitaire de plusieurs pays, Jean-Pierre Sirois-Trahan, professeur de littérature, de théâtre et de cinéma à l\u2019Université Laval, qualifiait le Cyclorama de Jérusalem de «trésor international toujours en danger ».« Le Cyclorama se démarque par son extrême rareté : il ne reste au monde qu\u2019une quinzaine de tels panoramas géants circulaires du XIXe siècle, et dans des états de conservation très variables.Celui de Sainte-Anne-de-Beaupré est l\u2019un des plus beaux, l\u2019un des mieux préservés et le plus grand (la circonférence de la toile peinte fait la longueur d\u2019un terrain de football américain et sa hauteur correspond à celle d\u2019un édifice de cinq étages !).Il est l\u2019un des trois derniers qui aient conservé sa rotonde d\u2019origine, ce qui rehausse son importance historique », évoquait la lettre.Patrimoine culturel et religieux Olivier Asselin, professeur d\u2019histoire de l\u2019art et d\u2019études cinématographiques à l\u2019Université de Montréal, parle de la place centrale qu\u2019occupe le cyclorama dans l\u2019histoire du divertissement de masse et de la culture moderne.« Avant l\u2019arrivée du cinéma en 1895, il existait des formes de spectacles importantes et le panorama en était un », relate cet historien, qui explique qu\u2019à la fin du XIXe siècle, les gens étaient à la recherche d\u2019un spectacle monumental et immersif qui renouvelait leur rapport à l\u2019image.Pour l\u2019historien du cinéma Louis Pelletier (également cosignataire de la lettre adressée à la ministre de la Culture), le Cyclorama de Sainte-Anne- PATRIMOINE Québec protège le Cyclorama Cette œuvre est considérée comme l\u2019un des plus beaux panoramas géants au monde de-Beaupré s\u2019inscrit dans la longue tradition des technologies et du spectacle immersif.« Ces spectacles du XIXe siècle témoignent de la richesse d\u2019une culture visuelle datant de cette époque », dit celui qui inclut toujours le cyclo- rama dans le contenu de ses cours d\u2019histoire du cinéma.Depuis quelques années, Jean-Pierre Sirois-Trahan et d\u2019autres historiens du cinéma, muséologues et universitaires, mènent une campagne pour mettre en valeur le Cyclorama de Jérusalem au sein du patrimoine culturel québécois.De l\u2019avis de Louis Pelletier, le classement patrimonial du site n\u2019est qu\u2019un début pour la pérennité du Cyclorama.« Il reste à savoir comment présenter et mettre en valeur un tel spectacle d\u2019un autre siècle », indique Louis Pelletier, qui estime que les héritages culturels et religieux doivent être considérés en complémentarité.Et que la valeur artistique du site dépasse son enrobage un peu kitsch.« Ce n\u2019est pas juste une curiosité, ni seulement un truc conçu pour faire de l\u2019éducation religieuse.Au contraire, l\u2019œuvre comporte une réelle valeur artistique », explique l\u2019historien, qui cite Robert Lepage parmi les artistes qui s\u2019inscrivent dans la continuité de ces œuvres immersives qui ont ouvert la voie à la conjugaison du théâtre, de la mise en scène, de la réalité augmentée et du numérique.Quant à la vocation future du Cyclo- rama de Jérusalem, Olivier Asselin pense que l\u2019expérience d\u2019une visite de ce site de Sainte-Anne-de-Beaupré s\u2019inscrit malgré tout dans les aspirations culturelles et touristiques des gens.« Ce qui est intéressant, c\u2019est qu\u2019en cette ère du virtuel, les spectateurs passent beaucoup de temps devant leurs petits ou moyens écrans mais, en même temps, entretiennent un désir très fort de vivre des expériences extérieures, de redécouvrir les espaces réels et de faire l\u2019expérience de spectacles collectifs.Une visite à Sainte- Anne-de-Beaupré peut être une expérience inoubliable, qui nous change de nos écrans.» ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR C\u2019est parti pour la « nouvelle ère » du Bloc québécois.Le parti a inauguré son premier local de campagne, mercredi soir, dans la circonscription de Laurier\u2013 Sainte-Marie, à Montréal.Un événement couru par de nombreux candidats venus d\u2019ailleurs au Québec et en présence de leur nouveau chef, Yves-Fran- çois Blanchet.Mais cette renaissance ne s\u2019est pas faite sans le soutien d\u2019un militant tout particulier : Gilles Duceppe.« C\u2019est important d\u2019avoir le même discours en tout temps et partout.Et ça, le Bloc l\u2019a toujours eu et l\u2019aura encore.Je pense à la laïcité, par exemple.J\u2019ai hâte de les entendre [à ce sujet] dans le débat en anglais », a fait valoir l\u2019ex-chef dans une courte allocution, en référant aux chefs des autres partis.Laurier\u2013Sainte-Marie, une circonscription fort symbolique pour le Bloc \u2014 elle a été représentée par M.Du- ceppe pendant une vingtaine d\u2019années \u2014 sera cet automne briguée par Michel Duchesne.Écrivain, réalisateur, chargé de cours à l\u2019UQAM, impliqué dans le milieu communautaire et de la diversité, M.Duchesne était devenu le premier candidat de la nouvelle mouture du parti, l\u2019hiver dernier, à l\u2019occasion d\u2019une élection partielle dans la circonscription d\u2019Outremont.Avec 11 % des voix, Une inauguration de local aux allures de renaissance pour le Bloc québécois il était arrivé quatrième, derrière les libéraux, les néo-démocrates et les verts.Aura-t-il une chance de remporter cette circonscription détenue depuis 2011 par Hélène Laverdière, du NPD, qui prend sa retraite politique et passe le relais à Nima Machouf, épidémiolo- giste, chercheuse en santé publique et épouse de l\u2019ex-député de Québec solidaire Amir Khadir ?« Il y a une tradition en politique qui dit qu\u2019on fait semblant que tous les comtés sont pareils, répond M.Blanchet.Mais il n\u2019y a personne d\u2019assez naïf pour croire ça.Il y a des circonscriptions dont la tradition est différente d\u2019autres.» Selon lui, Laurier\u2013Sainte- Marie est toujours un « terreau extrêmement fertile » pour le Bloc.Michel Duchesne affrontera aussi Steven Guilbeault, dont le passage en politique chez les libéraux avait fait sourciller, il y a quelques semaines.Diversité Dans le petit local de la rue Saint-Ca- therine, en plein Village gai, M.Du- chesne a déploré le « pink washing » que pratique le gouvernement de Justin Trudeau, qui fait valoir ses bons coups auprès des LGBT afin de faire oublier « qu\u2019il néglige certains dossiers ».Ottawa fait du « pink washing » « pour faire oublier qu\u2019on vend des armes à l\u2019Arabie saoudite, ou encore pour faire oublier qu\u2019on a des relations commerciales avec des pays où les femmes sont maltraitées, soumises et se battent pour l\u2019égalité », a-t-il dit.Le candidat a également mis en garde contre le retour en arrière que prêchent certains conservateurs, dont Maxime Bernier.Pas question de rouvrir le dossier de l\u2019avortement ou de mettre un terme aux cours d\u2019éducation sexuelle, a-t-il clamé.Son chef, Yves-François Blanchet, a quant à lui semblé rallier les militants.La crise provoquée par le passage de Martine Ouellet est-elle close ?M.Blanchet « est rassembleur.On voit la différence, c\u2019est assez évident », a dit Gilles Duceppe.Des historiens du cinéma, des muséologues et des universitaires mènent une campagne depuis quelques années pour mettre en valeur le Cyclorama de Jérusalem au sein du patrimoine culturel québécois.FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le candidat du du Bloc québécois dans Lau- rier\u2014Sainte- Marie, Michel Duchesne, était entouré pour l\u2019inauguration de son local de son chef, Yves- François Blanchet, et de l\u2019ancien chef du parti, Gilles Duceppe.ADIL BOUKIND LE DEVOIR LEDEVOIR // LE JEUDI 8 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F États-Unis : baisse des morts par surdose quand le cannabis est légal WASHINGTON \u2014 Les États américains où le cannabis à usage récréatif est légal ont observé une réduction d\u2019au moins 20% des décès par surdose d\u2019opiacés, affirme une étude publiée mercredi.Les opiacés ont provoqué la mort de 47 600 personnes en 2017 aux États-Unis, selon les centres de contrôle des maladies.La marijuana, légale dans 34 États et à Washington pour usage thérapeutique, l\u2019est de manière récréative dans 10 de ces États ainsi que dans la capitale américaine.En comparant les taux de décès par surdose avant et après la légalisation et entre les États à différents stades du processus de légalisation, l\u2019étude publiée dans Economic Inquiry a déterminé un effet de causalité «très solide» dans la réduction de la mortalité liée aux opiacés.Agence France-Presse Une autre baleine empêtrée L\u2019ÉTANG-DU-NORD \u2014 Pêches et Océans Canada a déclaré que son avion de surveillance a repéré une autre baleine noire de l\u2019Atlantique Nord empêtrée au large des côtes des îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint- Laurent.La baleine aurait été vue mardi à 90 km au nord-ouest du port de L\u2019Étang-du-Nord.Le ministère dit qu\u2019il évalue les options afin de lui venir en aide.Jusqu\u2019à présent, quatre baleines ont été trouvées empêtrées dans des cordes au cours du dernier mois.L\u2019une des baleines a été repérée par la Garde côtière canadienne à l\u2019est de Miscou, au Nouveau-Brunswick, avec une corde autour de la queue, semblant tirer quelque chose de lourd.Deux autres baleines ont été détectées quelques jours plus tard \u2014 l\u2019une à l\u2019est de Gaspé, au Québec, et l\u2019autre à l\u2019est de Miscou.La Presse canadienne Trois épaulards sont morts VANCOUVER \u2014 Trois épaulards résidents du sud ont été déclarés morts par le Center for Whale Research, un centre de recherche américain situé près de Vancouver.Ces trois décès ramènent donc à 73 la population de cette petite communauté d\u2019épaulards résidents du sud, en voie de disparition.Selon Pêches et Océans Canada, la population d\u2019épaulards résidents du sud a fluctué entre 70 et 99 individus depuis 1976, et elle était composée de 76 membres en 2017.L\u2019aire de répartition connue de l\u2019épaulard résident du sud va du sud-est de l\u2019Alaska jusqu\u2019au centre de la Californie.Au cours des mois d\u2019été, ces épaulards se concentrent au large de la pointe sud de l\u2019île de Vancouver et du nord de l\u2019État de Washington, précise le Ministère.La Presse canadienne ISTOCK Une façon de pallier le manque d\u2019enseignants LAÏCITÉ SUITE DE LA PAGE A 1 Le ministre de l\u2019Éducation, Jean- François Roberge, a déposé fin juin un projet de règlement pour élargir l\u2019accès à la profession enseignante.Parmi les mesures suggérées, celle de permettre aux éducatrices en service de garde d\u2019enseigner dans des classes de maternelle, moyennant une série de conditions.Ainsi, celles qui voudront faire le saut devront d\u2019abord avoir en poche un diplôme d\u2019études collégiales en technique d\u2019éducation à l\u2019enfance.Mais les intéressées devront également être inscrites à un baccalauréat en enseignement et avoir achevé au moins trois cours de leur formation.Qui plus est, les candidates devront cumuler quelque 3000 heures \u2014 soit environ deux ans \u2014 d\u2019expérience de travail jugée pertinente.Et un délai de Il faut aussi mettre un terme au gaspillage alimentaire CLIMAT SUITE DE LA PAGE A 1 produits d\u2019origine animale comptent pour 72 % à 78 % de toutes les émissions de GES du secteur agricole mondial, évaluées à 5,5 milliards de tonnes.À titre d\u2019exemple, la production d\u2019un seul kilogramme de bœuf peut générer 32,5 kg de CO2.Pour l\u2019agneau, on évalue le bilan à 33 kg par kilogramme produit, et à 2,9 kg pour le porc.A contra- rio, le bilan moyen est de 0,1 kg pour le soya, 0,06 kg en moyenne pour les légumes, 0,7 kg pour les noix et 1,18 kg pour le riz.En plus de la transition du régime alimentaire des êtres humains, le GIEC plaide pour une réduction du gaspillage alimentaire.Pas moins du tiers de la nourriture produite dans le monde est gaspillé, rappelle le rapport, tout en soulignant qu\u2019une réduction de ce gaspillage permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre imputables à la production alimentaire.Cette réduction du gaspillage est d\u2019autant plus nécessaire que le réchauffement climatique aura pour conséquence d\u2019augmenter « l\u2019insécurité alimentaire », qui affecte déjà plus de 800 millions de personnes à l\u2019échelle de la planète.« La sécurité alimentaire sera de plus en plus affectée par le réchauffement à venir en raison du déclin des rendements, de l\u2019augmentation des prix, de la réduction de la qualité et des perturbations de la chaîne d\u2019approvisionnement », prévient Priyadarshi Shukla, coprésident du groupe de travail du GIEC qui a produit ce « Résumé à l\u2019intention des décideurs », approuvé « ligne par ligne » par les représentants de plus de 195 pays au cours des derniers jours.Les conséquences de cette insécurité ne se feront pas sentir de la même façon dans tous les pays, « mais les répercussions seront plus sévères dans les pays à faibles revenus en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes », précise M.Shukla.Dégradation Le GIEC anticipe en outre une dégradation des terres découlant des bouleversements du climat.Or, les terres dé- neuf ans leur sera accordé pour terminer leur parcours universitaire.Pénurie Québec espère avec ce règlement pallier la pénurie de main-d\u2019œuvre secouant l\u2019ensemble du secteur de l\u2019éducation.Ce qui ne manque pas de faire sourciller la commissaire Violaine Cousineau.En interdisant le port de signes religieux aux éducatrices embauchées comme enseignantes au préscolaire, le gouvernement Legault « vient probablement de mettre un nouveau frein à l\u2019embauche de personnel ».« Comme s\u2019il n\u2019y en avait pas déjà assez », souffle-t-elle.« Quelqu\u2019un qui veut devenir enseignant au Québec sait que les signes religieux ne sont pas permis.C\u2019est un choix de société que nous avons fait », se défend le cabinet du ministre Roberge par la voix de son attachée, Catherine Major, qui ne croit pas non plus réduire ses chances de combler les postes vacants en maternelle 4 ans.Qu\u2019à cela ne tienne, cette situation pourrait donner lieu à de nouvelles contestations devant les tribunaux, note Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec.L\u2019organisation s\u2019inquiète surtout de voir le gouvernement provincial « déconstruire » le réseau de la petite enfance.Du côté de l\u2019Association québécoise des CPE, on préfère ne pas aborder la question du port de signes religieux.Mais la pression supplémentaire qu\u2019ajoute la promesse caquiste d\u2019une maternelle 4 ans universelle fait déjà craindre le pire.« On sent qu\u2019il y a une forme de concurrence qui s\u2019installe et ce n\u2019est pas ce qu\u2019on souhaite », note la directrice générale, Geneviève Bélisle, qui avoue avoir été prise par surprise par le projet de règlement du ministre Roberge.Celle-ci ne croit pas que les critères de Québec pour ouvrir la porte du réseau scolaire aux éducatrices freinent une vague de départs en CPE, au contraire.« On sait qu\u2019il y a beaucoup de jeunes qui font la technique d\u2019éducation à l\u2019enfance et qui poursuivent ensuite à l\u2019université.Il y a probablement des gens dans notre réseau qui seraient prêts à se lancer là- dedans.» « On vient chercher notre personnel dans un moment difficile de recrutement », dénonce à son tour Claudia Beaudin, du Regroupement des CPE de la Montérégie.À l\u2019instar de Mme Bé- lisle, elle s\u2019inquiète que les conditions de travail souvent meilleures \u2014 horaire, salaire, charge de travail \u2014 offertes dans les écoles séduisent bon nombre d\u2019éducatrices.Celle qui est aussi directrice générale du CPE L\u2019Attrait Mignon, à Longueuil, va même jusqu\u2019à anticiper la fermeture de services de garde en milieux familiaux.Pour combler les places vacantes par les enfants de 4 ans désormais à la maternelle, explique-t-elle, son centre n\u2019aura d\u2019autres choix que d\u2019aller chercher des tout petits en plus bas âge, au risque de les retirer aux garderies en milieux familiaux.« Ils vont se retrouver avec des poupons.Une éducatrice seule peut seulement en avoir deux, et quatre si elle est épaulée par quelqu\u2019un d\u2019autre.Ces milieux familiaux vont fermer.Et que va-t-on faire avec ces poupons ?», s\u2019interroge-t-elle.Le projet de règlement du gouvernement Legault fait actuellement l\u2019objet de consultations écrites auprès des acteurs du milieu de l\u2019éducation et de la petite enfance.Son entrée en vigueur est prévue pour la fin septembre.Les garderies voient d\u2019un mauvais œil cette nouvelle forme de concurrence gradées sont moins productives et elles absorbent moins efficacement le carbone, ce qui aggrave les changements climatiques, qui eux-mêmes vont « exacerber » cette dégradation.« Dans un avenir avec des averses plus intenses, les risques d\u2019érosion des sols sur les terres cultivables devraient augmenter », un processus qui, dans certains cas, « pourrait être irréversible », peut-on aussi lire dans le rapport des experts de l\u2019ONU sur le climat.Les nouvelles données démontrent en outre « une augmentation des risques » de sécheresse, d\u2019incendies, de dégradation du pergélisol et « une plus grande instabilité du système alimentaire », même avec un réchauffement de 1,5 °C.La situation serait bien pire avec un réchauffement de 2 °C, préviennent les scientifiques.Dans ce contexte, le GIEC insiste sur l\u2019importance de se tourner vers une gestion « durable » des terres \u2014 déjà accaparées à 70 % par l\u2019activité humaine \u2014, une avenue qui pourrait aussi amener des gains climatiques majeurs.« L\u2019agriculture, la foresterie et les autres types d\u2019utilisation de terres comptent pour 23 % des émissions de gaz à effet de serre.Mais les processus naturels des terres absorbent du dioxyde de carbone équivalent à près du tiers des émissions des énergies fossiles et de l\u2019industrie », explique Jim Skea, coprésident du groupe de travail du GIEC qui a rédigé ce rapport.« Les terres déjà utilisées pourraient nourrir le monde dans un contexte de changement climatique et fournir de la biomasse pour la production d\u2019énergie renouvelable, mais une action rapide et ambitieuse dans plusieurs secteurs est nécessaire », souligne un autre coprésident du groupe de travail, Hans-Otto Portner.« Même chose pour la conservation et la restauration des écosystèmes et de la biodiversité.» Le GIEC avait publié en octobre 2018 un rapport portant sur les conséquences d\u2019un réchauffement de 1,5 °C, mais aussi les moyens de ne pas dépasser ce seuil.Il y insistait sur le besoin de réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre.Selon ce qu\u2019on peut lire dans le document, l\u2019humanité devra réduire ses émissions de CO2 de 45 % d\u2019ici 2030, puis les faire complètement disparaître pour 2050.Le problème, c\u2019est que les engagements des États conduisent le monde vers une hausse moyenne des températures de plus de 3 °C.Une situation qui provoquerait une multiplication des événements climatiques extrêmes, un recul des zones cultivables et des ressources en eau dans plusieurs régions, une fonte irréversible des glaces des pôles, un dégel du pergélisol qui libérerait d\u2019énormes quantités de méthane, la montée considérable du niveau des océans, l\u2019afflux de millions de réfugiés climatiques et la disparition de pans majeurs de la bio- diversité mondiale.Un troisième rapport « spécial » dédié aux océans et à la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires) sera adopté fin septembre à Monaco, au moment où l\u2019ONU organisera un sommet sur le climat à New York.la production d\u2019un seul kilogramme de bœuf peut générer 32,5 kg de CO2 DUDA PINTO AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE JEUDI 8 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 5 AGENCE FRANCE-PRESSE À PARIS Le réseau social Twitter a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi que des données personnelles de ses utilisateurs avaient été utilisées à des fins publicitaires depuis mai 2018 sans leur consentement explicite.Le réseau précise que l\u2019erreur a été corrigée lundi et qu\u2019une enquête est en cours pour déterminer combien d\u2019utilisateurs ont pu être concernés, conseillant au passage à ces derniers de revoir leurs réglages en matière de partage des données.Selon Twitter, cela concerne deux cas de figure particulier : si un utilisateur a regardé ou cliqué sur une publicité pour une application mobile d\u2019une part, ou en envoyant des publicités basées sur l\u2019appareil utilisé pour se connecter au réseau d\u2019autre part.«Depuis septembre 2018, nous avons pu vous montrer des publicités basées sur des déductions que nous avons réalisées à partir de l\u2019appareil que vous utilisez, même si vous ne nous en avez pas donné la permission.Les données concernées sont restées entre les mains de Twitter et ne concernaient pas des informations comme les mots de passe ou les adresses électroniques», a expliqué le réseau.Twitter, qui présente ses excuses aux utilisateurs concernés, assure mettre en place les « étapes nécessaires pour [s\u2019]assurer que cela ne se reproduira plus » et invite ses utilisateurs à contacter son bureau de protection des données par un formulaire.Ces deux problèmes, liés au respect du consentement explicite des utilisateurs dans l\u2019usage de leurs données personnelles, sont apparus après l\u2019entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement européen de protection des données (RGPD).Le RGPD a notamment imposé aux plateformes et sites Web de s\u2019assurer du consentement explicite des utilisateurs pour collecter leurs données, notamment à des fins de ciblage publicitaire et lorsque cette collecte se fait pour des entreprises tierces.Le RGPD oblige également toute entreprise victime d\u2019une perte de données personnelles à en avertir les autorités compétentes du pays où se trouve son siège européen dans les 48heures suivant la découverte de cette fuite, et les personnes concernées le plus tôt possible.Twitter a utilisé sans autorisation des données personnelles AGENCE FRANCE-PRESSE À OUAGADOUGOU La société canadienne Iamgold Essa- kane a brièvement comparu mercredi devant la justice du Burkina Faso pour « fraude en matière de commercialisation d\u2019or » et « blanchiment de capitaux ».On la soupçonne d\u2019avoir dissimulé de l\u2019or dans des chargements de charbon pour éviter de payer des redevances.En plus de la minière canadienne, la société française Bolloré Transports et Logistics ainsi que douze personnes ont comparu en cour.L\u2019audience a été renvoyée à début octobre, quelques heures seulement après son ouverture.JUSTICE De l\u2019or caché dans des convois de charbon La compagnie minière canadienne Iamgold Essakane est accusée de trafic d\u2019or au Burkina Faso PASCALE MOLLARD-CHENEBENOIT À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE Ce sont des galaxies massives très anciennes, nées moins de deux milliards d\u2019années après le Big Bang, que les astronomes n\u2019avaient encore jamais repérées : grâce au radiotélescope ALMA au Chili, une quarantaine de ces galaxies « noires » ont pu être détectées, ont annoncé des astronomes.Une nouvelle importante pour le monde de l\u2019astronomie.« C\u2019est la première fois que l\u2019on trouve une aussi vaste population de galaxies massives datant des deux premiers milliards d\u2019années de notre Univers né il y 13,7 milliards d\u2019années », relève Tao Wang, premier auteur de l\u2019article paru mercredi dans la revue Nature.« Cela ne correspond pas à nos modèles théoriques actuels sur cette période de l\u2019évolution cosmique», constate ce chercheur à l\u2019Université de Tokyo et au Commissariat à l\u2019énergie atomique (CEA) français.Les galaxies « noires » sont invisibles pour le télescope spatial Hubble qui fournit des images depuis près de 30 ans et fouille les profondeurs de l\u2019Univers, permettant de voir dans le passé.«Ces galaxies apparaissent comme des zones noires dans les images du ciel prises en lumière visible.Mais elles constituent de véritables sources de lumière dans le domaine des ondes millimétriques.C\u2019est comme cela que nous les avons découvertes», explique l\u2019astro- physicien David Elbaz, directeur de recherche au CEA et coauteur de l\u2019étude.ASTRONOMIE Des galaxies « noires » émergent en pleine lumière Leur découverte ébranle la théorie sur la naissance de l\u2019Univers Iamgold exploite quatre mines d\u2019or dans le monde, dont une en Abitibi-Té- miscamingue.Son siège social est situé à Toronto et elle dispose d\u2019un bureau à Longueuil.Elle est la première productrice d\u2019or du Burkina Faso.Fin décembre 2018, 30 conteneurs appartenant à la société minière Iamgold Essakane ont été saisis à Bobo-Diou- lasso et deux autres à Ouagadougou par la Brigade nationale anti-fraude de l\u2019or (BNAF), après une alerte donnée par un journaliste d\u2019investigation.Du minerai qui contenait une forte teneur d\u2019or était en train d\u2019être transporté de « manière frauduleuse vers la République de Côte d\u2019Ivoire, par voie ferroviaire, pour ensuite être acheminé par voie maritime au Canada », selon le parquet.« L\u2019audience a été renvoyée à début octobre sur demande de plusieurs parties, dont la défense et la partie civile, pour diverses raisons », a rapporté à l\u2019AFP l\u2019un des avocats de Iamgold Essa- kane, Me Moumouni Kopiho.Important contributeur « Vu le niveau et l\u2019ampleur du dossier, on ne pouvait pas le retenir aujourd\u2019hui.Il faut que tous les avocats puissent prendre connaissance du dossier afin de développer les moyens de défense de leurs clients, a-t-il estimé.La société est le premier employeur du privé au Burkina Faso, avec 2500 personnes.» Iamgold est aussi un important contri- buteur au budget de l\u2019État avec près de 45 milliards de francs CFA (100 millions $) d\u2019impôts payés au Trésor public en 2018, a indiqué un avocat de la partie civile, Me Rodrigue Bayala.Outre les sociétés Iamgold Essakane et Bolloré Transports et Logistics, en tant que personnes morales, douze personnes physiques des deux sociétés et de l\u2019administration publique sont poursuivies pour « fraude en matière de commercialisation de l\u2019or et des substances précieuses, faux et usage de faux en écriture privée de commerce, exportation illégale de déchets dangereux, blanchiment de capitaux, franchise illégale ».Implanté dans le désert de l\u2019Atacama à 5000 mètres d\u2019altitude, ALMA est un radiotélescope très puissant composé de 66 antennes de grande précision.MARTIN BERNETTI AGENCE FRANCE-PRESSE Alors que certains de leurs collègues doutaient de l\u2019existence de ce type de galaxies massives aussi anciennes, une équipe internationale d\u2019astronomes est partie à leur recherche en partant de l\u2019hypothèse que la lumière de leurs étoiles était totalement cachée par de très grandes quantités de poussière interstellaire.« Nous avons accumulé des indices de leur existence dans des régions précises du ciel, puis nous avons pointé le télescope ALMA sur ces régions et là, surprise ! En moins de deux minutes de pause, ces galaxies ont émergé au milieu de nulle part», raconte David Elbaz.« Des galaxies dinosaures » Implanté dans le désert de l\u2019Atacama à 5000 mètres d\u2019altitude, ALMA (Atacama Large Millimeter Array) est un radiotélescope très puissant composé de 66 antennes de grande précision observant dans les longueurs d\u2019ondes millimétriques et submillimétriques.Cet équipement, inauguré en 2013, est le fruit d\u2019un partenariat entre l\u2019Observatoire européen austral (ESO) et des institutions scientifiques des États- Unis et du Japon.« C\u2019est la capacité d\u2019ALMA de capter les ondes millimétriques avec une finesse inégalée qui nous a permis de trouver la preuve de l\u2019existence des galaxies noires », souligne David Elbaz.Les 39 galaxies noires détectées sont en quelque sorte des « galaxies dinosaures », captées au moment où elles étaient encore vivantes, explique-t-il.Selon lui, elles sont « les ancêtres des galaxies géantes dites mortes \u2014 car elles ne forment plus d\u2019étoiles \u2014 » que l\u2019on peut observer dans l\u2019Univers.Les galaxies noires se sont révélées aussi massives (autour de 50 milliards de masses solaires) que notre galaxie, la Voie lactée.Pourtant leurs images remontent à 12 milliards d\u2019années dans le passé.L\u2019Univers est alors encore jeune.« Mieux encore, on les a trouvées alors qu\u2019elles formaient leurs étoiles à un rythme 50 fois plus intense que la Voie lactée ! » s\u2019enthousiasme l\u2019astronome.Jusqu\u2019à présent les modèles théoriques ne prévoyaient pas l\u2019existence de ces galaxies « adultes » géantes si tôt dans l\u2019histoire de l\u2019Univers, pointe l\u2019astrophysicien.« Elles sont victimes d\u2019un vieillissement ultrarapide pour une raison qui reste mystérieuse .» Les astronomes pensent que leur découverte pourrait permettre d\u2019avancer sur la connaissance des trous noirs su- permassifs.« Plus une galaxie est massive, plus le trou noir en son cœur est massif », relève le professeur Kotaro Kohno, de l\u2019Université de Tokyo.Un trou noir est un objet tellement dense qu\u2019il empêche toute matière ou lumière de s\u2019échapper.L\u2019équipe va à présent chercher s\u2019il n\u2019existe pas d\u2019autres galaxies lointaines inconnues.Elle attend avec impatience le successeur de Hubble, le James Webb Space Telescope, dont le lancement est prévu en mars 2021.Iamgold exploite quatre mines d\u2019or dans le monde.Son siège social est situé à Toronto et elle dispose d\u2019un bureau à Longueuil.En moins de deux minutes de pause, ces galaxies ont émergé au milieu de nulle part DAVID ELBAZ » LEDEVOIR // LE JEUDI 8 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin ui peut dire lequel sortira gagnant de la guerre commerciale en cours entre les États-Unis du populiste Donald Trump et la Chine de l\u2019ambitieux président à vie Xi Jinping?Pour le moment, les États-Unis ont le dessus grâce aux nombreux mécanismes de réaction rapide du marché qui permettent d\u2019absorber les coups au fur et à mesure qu\u2019ils surviennent.Et si l\u2019économie montre des signes de ralentissement, il reste toujours l\u2019intervention de la Réserve fédérale, comme on l\u2019a vu la semaine dernière, lorsque la banque centrale a réduit ses taux pour la première fois en dix ans.Mais la Fed ne peut pas sauver le monde à elle seule ! De son côté, la Chine, dont les exportations vers les États-Unis sont beaucoup plus élevées que les importations (500 milliards de dollars contre 120 milliards l\u2019an dernier), ressent durement les effets des tarifs de 25 % imposés sur les deux cinquièmes (2/5) de ses ventes aux États-Unis.Lesquels tarifs seront suivis dès septembre par une autre salve de 10 % sur les 300 milliards de dollars d\u2019exportations encore intouchées.Ce qui ne peut qu\u2019accentuer la baisse de l\u2019activité manufacturière chinoise, voire de l\u2019ensemble de l\u2019économie mondiale à laquelle la Chine est désormais intimement liée.Pour limiter les dégâts, la Banque populaire de Chine (BPC) a dévalué le yuan, en refusant cependant d\u2019admettre que la commande provenait du parti.Le genre d\u2019attitude dont rêve le président Trump, mais que la tradition d\u2019indépendance de la Fed l\u2019empêche de réaliser, heureusement.Les deux pays continuent de prétendre vouloir négocier un accord commercial qui mettrait fin aux tensions économiques.Mais au rythme où vont les choses, nous sommes loin d\u2019un tel accord, aucun des deux présidents n\u2019étant prêt à reculer.La Chine, surtout, qui refuse d\u2019adopter des lois qui interdiraient les subventions massives et récurrentes aux entreprises d\u2019État manufacturières et commerciales, le vol de propriété intellectuelle et les transferts technologiques obligatoires des sociétés étrangères vers leurs partenaires chinois.Puis, il y a la montée récente de très grandes entreprises chinoises, comme Huawei, qui est perçue par Washington comme une menace à sa sécurité.En fait, ce que craignent les Américains sans l\u2019avouer ouvertement, c\u2019est aussi de perdre l\u2019avance technologique qu\u2019ils ont mis cinquante ans à bâtir.L\u2019arrestation à Vancouver en décembre de la numéro deux de Huawei, Meng Wanzhou, n\u2019est pas sans lien avec la guerre technologique que se livrent Américains et Chinois.Et comme toujours, le Canada fait comme s\u2019il ne le savait pas en jouant seulement la carte juridique pour ne pas déplaire à M.Trump, dont on connaît la capacité à piquer une crise à la moindre contrariété, fût-elle le fait d\u2019un proche allié.On l\u2019a souvent dit, depuis que Donald Trump est président, les États-Unis font tout pour s\u2019isoler de leurs alliés, allant jusqu\u2019à renier les accords et les institutions qu\u2019ils ont eux-mêmes contribué à créer.On pense entre autres à l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) et aux traités commerciaux comme l\u2019ALENA que M.Trump n\u2019a pas manqué de décrire comme le pire accord jamais négocié.Devant une Chine menaçante, les États-Unis auraient évidemment eu tout intérêt à créer un front commun avec leurs alliés traditionnels que sont l\u2019Europe, le Japon, l\u2019Australie et le Canada.Après tout, ces pays sont aussi menacés par la montée en force d\u2019une Chine communiste peu respectueuse des règles du commerce international, et encore moins des droits de la personne.Au contraire, M.Trump a tout misé sur un protectionnisme tous azimuts à coups de tarifs assassins imposés à la presque totalité de ses partenaires commerciaux sous prétexte de sécurité nationale.Résultat: aucun d\u2019entre eux ne prend aujourd\u2019hui la défense des États-Unis dans sa guerre commerciale contre la Chine.Une guerre qui méritait d\u2019être menée, mais certainement pas sans préparation, sans consultation et sans plan d\u2019attaque à long terme auquel tous les pays victimes des tactiques chinoises déloyales auraient pu participer, dans le respect des règles et des traditions de négociation propres à l\u2019OMC.À cause de la bonne tenue de l\u2019économie américaine, qui profite d\u2019un cycle haussier d\u2019une durée record, d\u2019un taux de chômage de moins de 4 % et d\u2019un taux d\u2019inflation inférieur à 2 %, le président Trump continue de faire valoir les mérites de ses politiques à 15 mois des élections.Bien malin qui pourrait prévoir la suite.Ce qui est certain, c\u2019est que plusieurs facteurs précurseurs d\u2019un ralentissement mondial sont maintenant réunis, et tôt ou tard le ciel nous tombera sur la tête.Aussi bien nous y préparer.Louise Desmarais Militante féministe, auteure de La bataille de l\u2019avortement : chronique québécoise Marie Mathieu Militante féministe et sociologue (CRESPPA-CSU) Le 8 août 1989, les neuf juges de la Cour suprême du Canada annulaient à l\u2019unanimité l\u2019injonction qui interdisait à Chantal Daigle de se faire avorter.En substance, ils affirmaient que ni le Code civil du Québec ni la Charte québécoise ne confèrent au fœtus le statut d\u2019être humain et ne lui reconnaissent de personnalité juridique.Les droits du père en puissance n\u2019existent pas.Rien dans la législation québécoise et la jurisprudence n\u2019accorde le droit au géniteur de contraindre une femme à poursuivre une grossesse contre sa volonté.Nous voulons profiter du 30e anniversaire de cette victoire pour saluer le courage de Chantal Daigle qui a osé désobéir et défier le système judiciaire canadien.Elle a agi de manière responsable, refusant de poursuivre une grossesse dans un contexte de violence conjugale, qui aurait été dangereux pour elle et l\u2019enfant qui aurait pu naître.Sa victoire a permis de réaffirmer le droit de toutes les femmes du Canada de décider pour elles-mêmes.Nous rappeler ces événements est important, car s\u2019il est vrai que nous jouissons au Canada de la totale liberté en matière d\u2019avortement, et ce, depuis plus de trente ans, l\u2019histoire nous apprend que cet état de fait ne garantit pas l\u2019avenir.Nous avons d\u2019ailleurs été consternées d\u2019apprendre que, le 14 mai dernier, l\u2019Alabama avait adopté, par une majorité de 25 sénateurs \u2013 tous des hommes blancs, républicains \u2013 la loi la plus répressive des États-Unis en matière d\u2019avortement.Elle est le résultat prévisible des attaques répétées de la droite religieuse américaine et d\u2019un mouvement antiavortement de plus en plus puissant.Ce n\u2019est pas sans nous rappeler que 50 ans plus tôt, le 14 mai 1969, la Chambre des communes du Canada adoptait une loi semblable en ne permettant l\u2019avortement que dans le seul cas où la vie et la santé de la femme étaient en danger ! La diffusion au Canada et au Québec du film américain anti- avortement Unplanned à la veille du déclenchement des élections fédérales n\u2019est pas un hasard.Il s\u2019agit d\u2019une ingérence dans le processus électoral canadien du mouvement antiavortement américain qui juge inacceptable et dangereuse la liberté de choisir acquise par les Canadiennes.Nous ne sommes pas dupes, ce film est une réelle arme de propagande dans cette guerre menée contre les femmes et dont l\u2019enjeu est clair : faire élire le plus grand nombre de députés et députées conservateurs antiavortement afin de restreindre l\u2019exercice du droit à l\u2019avortement des Canadiennes et des Québécoises, voire à le supprimer.Nous dénonçons ces pratiques qui sont des actes violents envers les femmes.L\u2019avortement fait partie inté- La tragédie de la 440 : un cruel manque de signalisation avancée L\u2019insuffisance de la signalisation routière avancée est l\u2019une des plaies des routes du Québec, et c\u2019est sûrement l\u2019une des causes de la tragédie du 5 août 2019, sur la 440 Ouest, entre la sortie du boulevard Industriel et l\u2019embranchement vers l\u2019autoroute 15.Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, trompette depuis le 6 août une solution facile : allonger le marquage au sol par une ligne continue avant la sortie de la 440 Ouest qui mène à l\u2019autoroute 15 Nord.Le ministre et son ministère devraient aussi regarder plus haut et plus loin et rapidement augmenter la signalisation avancée.Et revoir la configuration routière pour l\u2019adapter à un flot énorme de voitures et de camions.J\u2019ai utilisé la 440 plusieurs fois en juin et en juillet pour aller dans les Laurentides ou en revenir.Mon parcours sur la 440 était court : entre la rue Papineau (devenue la 19) et l\u2019autoroute 15.J\u2019ai depuis renoncé à la 440 et repris l\u2019autoroute métropolitaine, mal- Chantal Daigle, la victoire d\u2019une femme pour toutes les femmes LIBRE OPINION LETTRES ÉTATS-UNIS\u2013CHINE Seul contre tous Q ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu lences obstétricales et conjugales et les féminicides.Les opposants à l\u2019avortement tiennent un discours sur des vies qui ne sont pas les leurs, s\u2019arrogeant le droit de décider pour les autres.Nous refusons de leur accorder le monopole du discours sur « le respect de la vie » ou encore « le droit à la vie ».De tout temps, les femmes ont pris soin de cette vie ou plutôt de ces vies incarnées, en assumant la plus grande part du travail domestique, de l\u2019éducation des enfants et du care dans les sphères familiale et professionnelle.Elles n\u2019ont pas à recevoir de leçons, étant encore et toujours celles qui s\u2019occupent et soignent les êtres vivants au quotidien.Pour elles, « le droit à la vie » n\u2019est pas seulement un principe qui n\u2019exige rien d\u2019autre que d\u2019être proclamé et que l\u2019on peut imposer à d\u2019autres.Les femmes doivent être libres de décider de se reproduire ou non, du nombre, du moment et des conditions de la mise au monde des êtres humains.Nous ne sommes pas et ne serons jamais des servantes écarlates vouées à la reproduction d\u2019une espèce, qui serait alors inhumaine.S\u2019attaquer au droit à l\u2019avortement, c\u2019est remettre en question l\u2019humanité de plus de la moitié de la population, c\u2019est priver les femmes de leur droit fondamental à la santé et à la sécurité, c\u2019est vouloir contrôler leurs corps et leurs vies.Le droit à l\u2019avortement sans condition n\u2019est pas négociable au Canada, au Québec ni même ailleurs! grante des trajectoires reproductives des femmes.Il est un acte médical sans risque pour la santé lorsqu\u2019il est légal et pratiqué dans des conditions sécuritaires.Nécessité absolue L\u2019avortement est et sera une nécessité absolue tant et aussi longtemps\u2026 qu\u2019une grande majorité d\u2019hommes n\u2019assumera pas ses responsabilités en matière de contraception, qu\u2019il n\u2019existera pas de moyens de prévention des naissances efficaces et sans risque pour la santé des femmes, que les différents modes de régulation des naissances ne seront pas gratuits pour toutes et tous, qu\u2019une éducation sexuelle positive, inclusive et émancipatrice ne sera pas dispensée à tous les niveaux d\u2019éducation.L\u2019avortement est et sera une nécessité absolue tant et aussi longtemps\u2026 que les femmes serviront de butin de guerre, que subsisteront les viols, les incestes, les rapports sexuels contraints, les mal- traitances gynécologiques, les vio- JEAN-ROBERT SANSFAÇON vernement d\u2019Ottawa semble, en première analyse, un jardin riche en boîtes de Pandore ! Récemment, de nombreuses rumeurs couraient sur le fait que la portion Montréal-Québec ne serait pas dans les plans pour cause de non- rentabilité ! Le projet déraille déjà, ça part bien ! Bien sûr, le ministre des Transports, M.Garneau, tel un preux chevalier, a tenu à rassurer les citoyens avec diligence en affirmant que le tronçon Montréal- Québec était bel et bien dans le projet.Cependant, sans en préciser la date de réalisation, voilà le piège ! Rappelons-nous qu\u2019il y aura une élection fédérale en octobre 2019.Les politiciens, une fois réélus pour quatre ans, seront bien capables de nous annoncer, candidement et sans ambages, un manque de budget et que la section Montréal-Québec, dans un plan B, fera partie de la deuxième étape du projet TGF.Bref, ce sera renvoyé aux calendes grecques.Il faudra donc passer par les élections suivantes pour concrétiser le tout.Rappelons-nous : entre une promesse électorale et sa réalisation complète, il y a un monde.Quelle odeur aura ce projet désarçonnant ?Voilà mon bémol craintif sur les finalités ! Michel Beaumont Québec, le 4 août 2019 gré les embouteillages, pour trois raisons.Trop de changements brusques de direction, sur une distance courte et souvent dans une circulation très dense.On doit passer de droite à gauche, puis de gauche à droite en un très court laps de temps.Des changements de direction mal indiqués.Par exemple, tant sur la 440 Ouest que sur la 440 Est une indication est invisible à cause d\u2019un important viaduc : on ne peut la voir qu\u2019à la dernière minute, à droite, après le viaduc.Il faut alors se rendre rapidement sur la droite si on veut utiliser la prochaine sortie\u2026 en coupant une ou deux voies de circulation.Peu d\u2019indications aériennes sur de grands panneaux routiers\u2026 contrairement à ce qui existe pour l\u2019entrée de Montréal en venant de l\u2019autoroute 20 et de la route 132.Il ne faut surtout pas que cette tragédie se reproduise.Quelques centaines de mètres de marquage au sol supplémentaires ne suffiront absolument pas à régler le problème.Marie-Agnès Thellier Montréal, le 7 août 2019 Un bémol sur le TGF Le projet de train à grande fréquence (TGF) annoncé par le gou- A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 8 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet El Paso, la faute à l\u2019« aliénation économique » ?L orsque Donald Trump a été élu en novembre 2016, un nombre incalculable de personnes de par le monde étaient sous le choc.Jusqu\u2019à la dernière heure, elles avaient refusé d\u2019y croire.Puis, on a cherché à comprendre.Sur toutes les chaînes, toutes sortes de personnalités ont dénoncé l\u2019arrogance des élites libérales américaines et le sentiment d\u2019aliénation économique d\u2019une classe moyenne toujours sous les coups de la crise de 2008.On parlait d\u2019une frustration populaire face à la mondialisation, et d\u2019une incapacité des démocrates à répondre aux besoins des cols bleus de l\u2019Amérique « profonde ».Tout de suite, d\u2019autres voix se sont élevées, principalement noires, latinos, musulmanes, juives, pour dénoncer le rôle du racisme et de la suprématie blanche dans les appuis populaires à Trump.Sous-représentées dans les médias grand public, ces perspectives ont cherché à mettre en garde la population contre la théorie de l\u2019aliénation économique.Quand le profil démographique des électeurs républicains a été rendu public, on a pu voir qu\u2019ils avaient raison.Les Américains les plus riches ont voté pour Trump en plus grande proportion que les plus pauvres.Les hommes blancs avec un diplôme universitaire ont voté en majorité pour Trump.Et malgré toutes les accusations d\u2019agression sexuelle qui avaient fait surface durant la campagne, une majorité de femmes blanches américaines ont voté pour Trump.À l\u2019opposé, les minorités raciales ont surtout appuyé le camp démocrate.Plus de 94 % des femmes afro-américaines ont voté pour Hillary Clinton.Malgré tout, la théorie de l\u2019aliénation des classes ouvrières a continué de tenir et de servir de base à un nombre incalculable d\u2019essais, de lettres ouvertes et de billets.Pourquoi les femmes noires, « aliénées économiquement » depuis le temps des treize colonies, sont-elles aussi celles qui appuient le moins Donald Trump ?Mystère et boule de gomme.Pourquoi, alors que Trump parlait ouvertement durant sa campagne des Mexicains comme des violeurs, a-t-on cherché à minimiser le rôle du racisme dans son élection ?La difficulté des journalistes blancs \u2014 même progressistes \u2014 à aborder les questions raciales y serait-elle pour quelque chose ?Le peu de place accordée dans les médias aux personnes qui maîtrisent les questions de racisme \u2014 principalement des personnes elles-mêmes racisées \u2014 a-t-elle contribué à la mauvaise information du public ?Poser ces questions, c\u2019est y répondre.Le problème n\u2019est par ailleurs pas exclusivement américain : au Canada aussi, le débat public sur la campagne de nos voisins du sud a fait écho au discours sur la frustration économique des hommes blancs qui minimise la dimension raciste de l\u2019idéologie promue par Trump.Comme si la nostalgie du « bon vieux temps » contenue dans le slogan « Make America Great Again » pouvait s\u2019adresser à quiconque sinon un public blanc.Quels autres Américains (ou Occidentaux, d\u2019ailleurs) peuvent associer le passé avec la belle vie ?L\u2019évidence n\u2019a toutefois pas été décelée par tous, loin de là.Près de trois ans plus tard, on doit faire sens au massacre d\u2019El Paso.Et le massacre d\u2019El Paso fait suite aux attentats dans l\u2019église afro-américaine de Christchurch, dans des synagogues à Pittsburgh et en Californie, et dans le club LGBTQ et latino d\u2019Orlando.Avant El Paso, il y a aussi eu le rassemblement néonazi à Charlottesville, le passage du gourou de l\u2019extrême droite Stephen Bannon comme stratège en chef à la Maison-Blanche, le « Muslim ban », l\u2019obstination à construire un mur motivant le plus long shutdown de l\u2019histoire, les déportations massives, des enfants d\u2019Amérique centrale détenus dans des cages, et une quantité innombrable de déclarations racistes de la part du président américain.Parallèlement, on a vu bien peu de mesures soulageant l\u2019« anxiété économique » du monde ordinaire.Petit à petit, on finit par comprendre.Mais pas encore tout à fait.Au Canada, une grande partie de ceux qui peuvent admettre une partie du problème au sud minimise son existence ici.Bien sûr, chaque pays a ses particularités.Mais les discours qui cherchent à motiver les inégalités des uns et des autres, réelles et devant la loi, remontent partout en Occident, aux États-Unis et ici aussi.Il s\u2019agit là d\u2019un défi majeur de notre époque, avec les changements climatiques.Je ne sais pas ce qu\u2019il faudra encore pour qu\u2019on cesse de considérer ces questions comme un sujet de « niche » ou une obsession militante.Nous sommes à la veille d\u2019une élection fédérale, qui oppose un Parti conservateur qui faisait campagne il y a quatre ans sur la chasse aux « pratiques culturelles barbares » à un homme, Maxime Bernier, qui trouve que sa famille politique n\u2019allait pas assez loin et semble s\u2019inspirer directement de Donald Trump pour alimenter son compte Twitter.Et puis, il y a Jagmeet Singh : ce sera la première fois au Canada que l\u2019un des principaux partis est mené lors d\u2019une campagne par une personne racisée, qui porte un signe religieux de surcroît.Réalise-t-on tous les risques de dérapages ?Quelle place fera-t-on à quelles voix durant cette campagne ?Est-on véritablement prêts à comprendre et à analyser ce qui s\u2019y passera ?Ou est-ce qu\u2019on se réveillera petit à petit, quelques années trop tard, avec un gros mal de tête, et un pays « great again » ?ÉMILIE NICOLAS Jean-Paul Dupré Juriste au gouvernement du Québec de 1977 à 2013 Québec Le 8 juillet dernier, le gouvernement du Québec complétait l\u2019équipe de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, instituée le 30 mai précédent, un mois après le décès tragique d\u2019une fillette de Granby.Formée au total de douze commissaires et de huit substituts, cette commission a un mandat très large et des délais très courts, son rapport étant attendu au plus tard le 30 novembre 2020.Issue d\u2019une vague spontanée d\u2019indignation et de culpabilité collectives, qualifiée de «véritable chantier national», cette commission suscite des attentes élevées; aussi nous la présente-t-on dès le début comme «non partisane et indépendante ».Elle démarre néanmoins dans la confusion : la conférence de presse annonçant son lancement passe près d\u2019être boycottée et des observateurs pourtant avisés la confondent avec une commission parlementaire, ce qu\u2019elle n\u2019est pas.Le gouvernement participe à cette confusion, principalement en y nommant comme commissaires quatre députés de l\u2019Assemblée nationale \u2014 à notre connaissance une première dans l\u2019histoire des commissions d\u2019enquête au Québec \u2014, chacun secondé par deux députés substituts de son parti, pour le remplacer « en cas d\u2019impossibilité d\u2019agir ».Mieux, certains commissaires semblent garder leur lien d\u2019emploi, rémunération y comprise, avec un organisme concerné par le mandat de la Commission, pour une partie ou toute la durée des travaux.Enfin, comme pour nous rassurer malgré ces incongruités, le gouvernement accole le qualificatif « spéciale » au titre officiel de la Commission, comme si chaque commission d\u2019enquête n\u2019était pas spéciale en soi.On veut bien croire à la bonne foi de tout le monde, mais une commission d\u2019enquête doit être «non partisane et indépendante » à sa face même.Or, aucune commission d\u2019enquête ne peut prétendre l\u2019être quand certains de ses commissaires sont des députés de l\u2019Assemblée nationale, nommés spécifiquement parce que «recommandés par leur parti respectif».Non plus quand trois de ces partis politiques sont ou ont été au pouvoir, donc responsables de l\u2019organisation et du financement des services de protection de la jeunesse, un des sujets d\u2019examen de la Commission, dont le mandat implique de remonter loin dans le temps.Non plus quand trois de ces députés commissaires ont été ministres dans ces précédents gouvernements, dont une a même été ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse.Non plus, évidemment, quand des commissaires semblent conserver un lien d\u2019emploi avec un organisme public relié à leur mandat.Assumer les conséquences Avec sa majorité en chambre, le gouvernement pouvait mettre en place une commission parlementaire, d\u2019autant plus que la collaboration de l\u2019opposition lui semblait acquise.Il a plutôt choisi la voie d\u2019une commission d\u2019enquête gouvernementale et il doit en assumer les conséquences.Il ne peut adapter le modèle à sa guise sans risquer d\u2019en entacher la crédibilité.La qualifier officiellement de « spéciale » ne le dispense pas d\u2019une approche rigoureuse.Si des députés disent pouvoir travailler de façon « non partisane et indépendante », qu\u2019ils en fassent la démonstration sur leur propre terrain, au sein des travaux réguliers de l\u2019Assemblée nationale, mais ils n\u2019ont pas leur place dans une commission d\u2019enquête.Par ailleurs, comme l\u2019écrit le juge Michel Bastarache dans son rapport de 2011 sur la nomination des juges, une commission d\u2019enquête doit aussi être « structurée », encore plus si on l\u2019annonce itinérante.Le travail des commissaires ne se limite pas aux audiences publiques.Bien sûr, il y a les équipes de recherche, mais la préparation de ces audiences en amont, et la rédaction du rapport en aval, pour ne prendre que ces exemples, doivent se faire en collégialité et en toute confidentialité.Comment celle-ci pourra-t-elle être structurée à douze commissaires et huit substituts ?Comment travailler de façon efficace avec ces commissaires substituts qui s\u2019immisceront dans les travaux de la Commission, au mieux au gré du programme de quelques députés commissaires, au pire selon les sujets abordés, le lieu des auditions ou la présence de caméras ou non ?En 1985, la commission Rochon sur les services de santé et les services sociaux avait démarré avec douze commissaires, ramenés à six quelques mois plus tard malgré un mandat élargi.La plupart des commissions d\u2019enquête, même avec des mandats complexes, ont très peu de commissaires : le juge Bastarache était seul pour son enquête sur la nomination des juges, la commission Poitras sur la Sûreté du Québec avait trois commissaires et la commission Charbonneau, commencée avec trois commissaires, s\u2019est terminée avec deux.Enfin, la commission présentement en cours sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec n\u2019a qu\u2019un seul commissaire, le juge Jacques Viens.La présidente de la Commission souhaite que le rapport éventuel soit réellement utile ; encore faudra-t-il qu\u2019il y ait un rapport et que celui-ci soit crédible.Avec douze commissaires et huit substituts, les risques de dérapage sont exponentiels.Surtout, la structure mise en place le 30 mai et achevée le 8 juillet offre trop prise à des négociations de coulisses, qui n\u2019ont manifestement pas leur place dans une commission d\u2019enquête gouvernementale.Dans l\u2019intérêt premier des enfants du Québec, le gouvernement doit donc exclure tous les élus de cette commission, puis s\u2019assurer qu\u2019aucun commissaire n\u2019a de lien d\u2019emploi avec un organisme impliqué de près ou de loin dans la protection de la jeunesse.Il faut revoir la composition de la Commission spéciale sur les droits des enfants Jacinthe Leclerc Professeure en sciences infirmières, Université du Québec à Trois-Rivières Le samedi 3 août paraissait dans Le Devoir un article présentant les résultats de nos recherches : chez plus de 500 000 Québécois traités pour des maladies cardiovasculaires et assurés par le régime public d\u2019assurance médicaments, l\u2019utilisation de médicaments génériques est associée à une augmentation de 8 à 20 % des consultations à l\u2019urgence et des hospitalisations.En réaction, le 6 août paraissait un article d\u2019opinion soulevant de nombreuses (et pertinentes) questions quant aux résultats présentés.En ce sens, il est important de clarifier certains points pour la population concernée par l\u2019utilisation des médicaments génériques.Est-ce que tous les patients qui prennent les médicaments génériques sont moins nantis que ceux qui prennent le médicament original?Non, ils ne le sont pas tous.Il faut savoir que, quelques mois après l\u2019arrivée d\u2019un médicament générique, 95 % de ceux qui utilisaient déjà le médicament original changeront celui-ci pour le générique, peu importe leur statut so- cioéconomique.Est-ce que les différences observées pourraient être expliquées par le fait que les gens moins nantis qui sont passés aux génériques ont tendance à consulter plus souvent ?Pas totalement.En lisant bien les articles publiés sur le sujet, on constate que l\u2019augmentation des visites à l\u2019hôpital est similaire chez les gens plus favorisés, moins favorisés et entre les deux.Il y aurait donc peu de chances que le statut socioéconomique explique l\u2019augmentation des hospitalisations chez les patients qui sont passés aux médicaments génériques par rapport à ceux qui prennent toujours l\u2019original.Même chose pour ce qui est du niveau de sévérité de la maladie : l\u2019augmentation des visites à l\u2019hôpital à la suite d\u2019un passage aux médicaments génériques a été observée tant au sein de la population plus malade qu\u2019auprès de celle qui est moins malade.Qu\u2019est-ce qui explique, alors, cette augmentation des visites à l\u2019hôpital des utilisateurs de génériques par rapport à ceux qui ont conservé les médicaments d\u2019origine?Possiblement des différences entre les deux types de médicaments, notamment dans la proportion de l\u2019ingrédient actif qui agit sur la circulation sanguine.Ces différences, induites par le fait que les ingrédients inactifs diffèrent entre les deux types de médicaments, sont jugées négligeables par plusieurs, faute de preuves suffisantes pour évaluer leur impact clinique.Nos résultats ébranlent ce statu quo.Les études sont-elles parfaites?Non, comme toutes les études scientifiques d\u2019ailleurs.Par contre, les chercheurs de ce milieu savent à quel point le processus de publication est exigeant, qui comprend une révision rigoureuse par les pairs.Nous répondons à des questions de recherche soulevées en clinique ou par des patients eux- mêmes.Évidemment, il faut toujours être prudents quant à l\u2019interprétation des résultats d\u2019une étude isolée ou de quelques études.Cela dit, devrait-on éviter de discuter publiquement de résultats de recherche « sensibles » comme ceux-ci ?Les médicaments génériques sont- ils sûrs?Nos études soulèvent davantage la question de la substitution que celle de l\u2019usage des génériques en tant que tel.Néanmoins, rappelons-nous qu\u2019à pareille date l\u2019été dernier, plusieurs millions de Canadiens (et citoyens de 21 autres pays) ont appris que leur antihy- pertenseur était contaminé par une impureté potentiellement cancérogène, et ce, depuis 2015.Ces antihyperten- seurs étaient tous des génériques.SANTÉ Médicaments génériques : lorsque des résultats ébranlent le statu quo Quelques mois après l\u2019arrivée d\u2019un médicament générique, 95 % de ceux qui utilisaient déjà le médicament original changeront celui-ci pour le générique, peu importe leur statut socioéconomique On veut bien croire à la bonne foi de tout le monde, mais une commission d\u2019enquête doit être « non partisane et indépendante » à sa face même.Or, aucune commission d\u2019enquête ne peut prétendre l\u2019être quand certains de ses commissaires sont des députés de l\u2019Assemblée nationale.Comme si la nostalgie du « bon vieux temps » contenue dans le slogan « Make America Great Again » pouvait s\u2019adresser à quiconque sinon un public blanc.Quels autres Américains (ou Occidentaux, d\u2019ailleurs) peuvent associer le passé avec la belle vie ?L\u2019évidence n\u2019a toutefois pas été décelée par tous, loin de là. LEDEVOIR // LE JEUDI 8 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Le village de Mangevo à Madagascar PHOTOS COURTOISIE Madagascar, vers un laboratoire qui y mène des analyses pour détecter la tuberculose.Ces villages, comptant au total environ 27 000 personnes, sont situés à une distance d\u2019une à cinq journées de marche de l\u2019infrastructure de santé la plus proche, ce qui nuit au dépistage de la maladie.« En étant non diagnostiqués et donc non traités, ces cas font proliférer l\u2019épidémie », souligne le docteur Grandjean Lapierre.Lorsque le diagnostic est confirmé, le drone emprunte le chemin inverse pour livrer la médication.Un agent de santé communautaire, qui se trouve sur place, fait le suivi avec le patient infecté.Et des outils technologiques permettent de s\u2019assurer que le patient prend sa médication jusqu\u2019à la fin de son traitement qui dure minimalement six mois.« On reçoit des signaux GPS ou télépho- aux poumons \u2014 se transmet par voie aérienne.« Quand (un porteur de la maladie) tousse, éternue ou crache, des particules restent en suspension dans l\u2019air pendant plusieurs heures.Il suffit que quelqu\u2019un d\u2019autre inspire ces particules pour être infecté », explique le docteur Grandjean Lapierre.Une fois contractée, la bactérie peut entrer en latence et se réveiller plusieurs années plus tard.En 2016, 1,7 million de personnes dans le monde sont décédées de la tuberculose ; le quart de la population mondiale serait porteuse d\u2019une tuberculose latente.« Il faut donc vraiment être très actif sur le traçage des cas et le traitement précoce pour que les gens arrêtent de transmettre la maladie.» De nombreuses applications En plus du transport bidirectionnel \u2014 comme dans le cas du projet-pilote à Madagascar pour la tuberculose \u2014 les drones peuvent également être utilisés dans le domaine de la santé pour livrer ou parachuter des médicaments dans des zones isolées ou pour effectuer des opérations de surveillance ou de reconnaissance dans des secteurs touchés par une catastrophe naturelle, par exemple.De tels projets ont vu le jour dans les dernières années dans d\u2019autres pays en développement, dont le Rwanda et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.Les villes de Bordeaux et de Zurich utilisent également des drones pour envoyer des échantillons d\u2019un centre hospitalier à un autre, rapporte le chercheur québécois.Et des communautés du Grand Nord canadien bénéficient de livraisons de médicaments par drones.Pour l\u2019instant à Madagascar, les drones sont uniquement utilisés dans la commune d\u2019Androrangavola, précise le docteur Grandjean Lapierre.Mais des projets par drones visant la lutte contre la malaria pourraient bientôt voir le jour ailleurs sur l\u2019île.Le chercheur espère que l\u2019utilisation de cette technologie deviendra bientôt plus systématique.« Il faut visualiser le drone non plus comme un outil pour une maladie dédiée dans une région dédiée, mais plutôt comme un outil pour un système de santé qui peut l\u2019utiliser lorsque bon lui semble.C\u2019est en changeant ce paradigme et en utilisant le drone comme une voiture ou un téléphone qu\u2019on va être vraiment capable de réduire les coûts et convaincre des bailleurs de fonds de soutenir ce genre de technologies dans une perspective de couverture de soins universels pour les populations rurales », croit-il.niques lorsque le pilulier du patient est utilisé de façon quotidienne.» Les résultats préliminaires du projet- pilote lancé en 2017 sont fort encourageants, détaille le chercheur, qui vient de cosigner un article sur le sujet dans le British Medical Journal.« On a observé une augmentation de 50 % de l\u2019accessibilité au diagnostic, ce qui veut dire que deux fois plus de patients symptomatiques sont testés.On trouve plus de cas, et parmi les cas identifiés, il y en a deux fois plus qui se rendent au bout du traitement.» Ce projet s\u2019inscrit dans le cadre de l\u2019initiative TB REACH financée par Affaires mondiales Canada et la fondation Bill et Melinda Gates, un programme visant à encourager la mise sur pied de solutions novatrices pour lutter contre la tuberculose.La tuberculose \u2014 provoquée par une bactérie qui s\u2019attaque particulièrement MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR C haque année, environ 10 millions de personnes dans le monde contractent la tuberculose, maladie provoquée par une bactérie particulièrement virulente dans les pays en développement.Or, actuellement, de 30 à 40 % des cas ne sont pas diagnostiqués en raison, entre autres, d\u2019infrastructures de transport et de communication déficientes.Afin d\u2019accroître le dépistage de la maladie, le chercheur québécois Simon Grandjean Lapierre, microbiologiste infectiologue au centre de recherche du CHUM, propose d\u2019utiliser des drones pour atteindre les populations isolées.Un projet-pilote prometteur est présentement en cours à Madagascar et pourrait bientôt faire des petits.« La tuberculose, c\u2019est la maladie infectieuse qui tue le plus d\u2019êtres humains dans le monde chaque année, avant le VIH et la malaria », indique le docteur Simon Grandjean Lapierre en entrevue depuis l\u2019île africaine.Dans le cadre de ses Objectifs de développement durable (ODD) adoptés en 2015, l\u2019ONU s\u2019est donné comme cible d\u2019éradiquer l\u2019épidémie de tuberculose d\u2019ici 2030.« Mais avec les mécanismes actuels, on n\u2019y arrivera pas.Il faut qu\u2019on innove et qu\u2019on trouve de nouvelles méthodes d\u2019intervention », souligne-t-il.Conjointement avec des chercheurs de l\u2019Université Stony Brook de New York et de l\u2019Institut Pasteur de Madagascar, le docteur Grandjean Lapierre a mis sur pied un projet-pilote visant à envoyer, par drone, des échantillons d\u2019expectoration, comme des crachats, de 61 villages isolés de la commune d\u2019Androrangavola, dans le sud-est de TECHNOLOGIES Des drones pour lutter contre la tuberculose À Madagascar, un chercheur québécois propose ces petits engins pour débusquer la maladie dans les villages éloignés pour éviter les épidémies Simon Grandjean Lapierre Les drones sont utilisés pour l\u2019envoi des prélèvements aux hôpitaux et le parachutage de médicaments dans des villages situés jusqu\u2019à cinq jours de marche du plus proche établissement de santé."]
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