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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-08-23, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 190 / LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Machines de guerre Faut-il interdire les robots tueurs ?La robotisation et l\u2019intelligence artificielle vont marquer le XXIe siècle.Ce deuxième volet de la série se demande comment assurer l\u2019interdiction des robots tueurs autonomes et s\u2019il le faut.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR INDEX Avis légaux.B8 Décès .B6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sudoku .B9 ACTUALITÉS L\u2019Amazonie brûle.À qui la faute ?A 10 ACTUALITÉS Le Canada ne se taira pas devant la Chine | A 3 WEEK-END Verdun au pays des guignols B 5 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.ANNE-MARIE PROVOST LE DEVOIR Le gouvernement du Québec continue d\u2019utiliser du gaz naturel pour chauffer bon nombre des nouveaux édifices publics qu\u2019il construit, selon une compilation effectuée par Le Devoir.Le Québec se place ainsi en contradiction avec ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre, estiment des experts.Une liste de 130 bâtiments qui ont été construits ou agrandis depuis 2017 nous a été fournie par la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics.Une majorité des immeubles utilisent deux sources d\u2019énergie, dans des proportions différentes.L\u2019électricité est présente dans 107 bâtiments et le gaz naturel, dans 60.La géothermie suit avec 28.Le spécialiste des questions énergétiques de l\u2019Université de Montréal, Normand Mousseau, qui a analysé CLIMAT Québec se chauffe au gaz naturel Le combustible fossile est encore utilisé, même dans les édifices publics récemment construits, au grand dam de certains experts MARCO FORTIER LE DEVOIR LAÏCITÉ La fronde anglophone désamorcée ?notre document, est surpris.« Il y a beaucoup de gaz naturel, c\u2019est problématique.Ça n\u2019a aucun sens que le gouvernement, avec ses objectifs, continue à avoir des bâtiments qui chauffent aux combustibles fossiles », lance-t-il.Le parc immobilier du gouvernement pollue.Il représente près de 80 % des émissions de GES des activités de l\u2019État, selon le plan directeur en transition énergétique 2018-2023, rédigé par Transition énergétique Québec.Dans le document, on mentionne que c\u2019est par l\u2019utilisation des énergies renouvelables pour se chauffer que la clé se trouve pour réduire les émissions.Le gouvernement fixe notamment comme orientation l\u2019utilisation de l\u2019hy- droélectricité ou de la géothermie pour alimenter le système de chauffage principal, une cible qu\u2019il fixe à 80 %.Toutefois, deux nouvelles écoles construites depuis 2017 s\u2019approvisionnent à 80 % en gaz naturel et à 20 % en électricité.Quatre autres chauffent à 60 % au gaz naturel et à 40 % à l\u2019électricité.Selon Normand Mousseau, cela n\u2019est pas logique.« D\u2019ici 15 ans, il faudra refaire les systèmes de chauffage.Il faut réduire de près de 40 % nos émissions de GES d\u2019ici 2030.Au- jourd\u2019hui nous mettons en place un système qui génère des émissions.Ce sera coûteux à changer, donc il vaut mieux investir tout de suite dans un système qui ne génère aucune émission », soutient-il.Systèmes d\u2019urgence Le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur n\u2019a pas été en mesure de nous donner des détails sur l\u2019approvisionnement de ses bâtiments.Le Devoir a envoyé un fichier avec ses résultats au ministère de la Santé et des Une partie de l\u2019épave du Titanic, qui se trouve à 3800 mètres au fond de l\u2019océan Atlantique, à environ 596 kilomètres au sud de Terre-Neuve.L\u2019image est tirée d\u2019une vidéo tournée par Atlantic Productions lors d\u2019une récente expédition, la première depuis 14 ans.L\u2019épave se détériore rapidement en raison de la corrosion par le sel, des bactéries mangeuses de métal et des courants profonds.ATLANTIC PRODUCTIONS/AP Ce qu\u2019il reste du Titanic PORTRAITS- ROBOTS VOIR PAGE A 8 : « RETOUR À LA RAISON », L\u2019ÉDITORIAL DE MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Dans un rapport de février, le département de la défense des États-Unis a reconnu son intérêt pour l\u2019usage militaire de l\u2019intelligence artificielle, notamment pour résoudre des problèmes d\u2019espionnage ou de logistique tout en ajoutant être « loin de la question de la pleine autonomie [des armes] à laquelle semblent penser la plupart des gens ».Il y a certainement de la propagande derrière ces réalisations concrètes et certains appels au calme.Il y a aussi une évidence : la course aux armements autonomes est bel et bien commencée.L\u2019ONG pacifiste néerlandaise PAX a publié en mai un rapport spécial sur le sujet.« La nation qui sera en avance sur l\u2019intelligence artificielle contrôlera le monde », a clairement déclaré Bob Work, secrétaire adjoint à la Défense Le robot tueur est à nos portes.Terminator s\u2019en vient.Reste à savoir si on le laissera entrer en humanité, où, quand et comment.L\u2019armée russe a développé une gamme de machines de guerre parvenues à différents degrés d\u2019automatisation.Un inquiétant (ou fascinant) robot humanoïde russe baptisé FEDOR peut tirer du pistolet des deux mains en même temps.Il est présenté comme « un outil pour l\u2019exploration spatiale ».Comment en douter ?VOIR PAGE A 4 : GUERRE VOIR PAGE A 4 : LAÏCITÉ À une semaine de la rentrée scolaire, les deux commissions scolaires anglophones de l\u2019île de Montréal hésitent encore à appliquer la Loi sur la laïcité de l\u2019État, qui interdit aux enseignants et aux directions d\u2019école de porter des signes religieux.Les commissions scolaires English- Montréal (CSEM) et Lester-B.-Pearson (CSLBP) doivent débattre de cet enjeu chaud en conseil des commissaires la semaine prochaine.Les dirigeants des deux organisations affirment depuis des mois qu\u2019ils n\u2019appliqueront pas la Les commissions scolaires anglophones s\u2019inquiètent des conséquences d\u2019un non- respect de la loi VOIR PAGE A 2 : GAZ ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 AMÉLI PINEDA LE DEVOIR JUSTICE La peine de prison de Bertrand Charest réduite de 21 mois L\u2019ancien entraîneur de ski a été reconnu coupable en 2017 d\u2019agression sexuelle sur neuf jeunes athlètes Le dilemme de la biénergie GAZ SUITE DE LA PAGE A1 Services sociaux.En réponse, le Ministère a indiqué que lors de la construction d\u2019un bâtiment neuf ou d\u2019un agrandissement, le chauffage principal doit provenir d\u2019une énergie renouvelable, à hauteur de 75 %.Mais sur 35 bâtiments, 13 respectent cette cible.Dans son explication, le Ministère met l\u2019emphase sur le fait que des établissements doivent avoir une autonomie énergétique en cas d\u2019interruption de service.« Ces installations doivent être en mesure d\u2019assurer, dans le cas des hôpitaux, l\u2019entièreté de la charge de chauffage.Ainsi, pour tous les hôpitaux et de nombreux CHSLD, la présence de chaudières au gaz naturel / mazout reste nécessaire », écrit-on.De son côté, la Société québécoise des infrastructures (SQI) affirme que, même si du gaz naturel est encore présent, il y a une réduction de 15,2 % des GES en provenance de son parc immobilier depuis 2009-2010.Cela correspond à la cible fixée par le gouvernement.L\u2019explication réside dans le fait que le mazout n\u2019est presque plus utilisé.Remplacer le gaz Selon Transition énergétique Québec, des bâtisses institutionnelles utilisent un système de chauffage en biénergie qui fait appel à deux sources : l\u2019électricité et un combustible.En période de grand froid, par exemple, quand les besoins en électricité sont soudainement plus élevés, la production d\u2019hydroélec- Malgré une réduction du nombre de mois que passera derrière les barreaux l\u2019ancien entraîneur de ski Bertrand Charest, sa peine demeure exemplaire, soutient une victime, en soulignant que les accusations les plus graves de crimes sexuels ont été maintenues par la Cour d\u2019appel.« La peine est exemplaire », mentionne l\u2019ancienne skieuse Geneviève Si- mard.«Je pense à la jurisprudence que nous avons créée en dénonçant notre agresseur il y a plus de 4 ans », ajoute l\u2019athlète qui avait levé le voile sur son identité en juin dernier.Le plus haut tribunal de la province a accueilli en partie l\u2019appel de l\u2019ex-en- traîneur jeudi.M.Charest a vu sa peine d\u2019emprisonnement réduite de 21 mois par la Cour d\u2019appel du Québec.« Il serait injuste de laisser la peine totale à 12 ans », écrivent les juges François Doyon, Nicholas Kasirer et Marie-Josée Hogue.Au total, 16 des 37 accusations contre M.Charest ont été confirmées par la Cour d\u2019appel.Le tribunal l\u2019a cependant acquitté de neuf chefs concernant l\u2019exploitation sexuelle, puisque lors de son procès, il n\u2019a pas été prouvé que les plaignantes étaient bel et bien mineures au moment de l\u2019infraction reprochée.Les trois juges ont également annulé un chef d\u2019agression sexuelle concernant des gestes commis lors d\u2019un voyage en Nouvelle-Zélande avec une plaignante.« Les tribunaux canadiens n\u2019ont pas compétence sur [ce] chef », ont-ils noté dans leur jugement de 40 pages.La Cour d\u2019appel a également prononcé une suspension conditionnelle sur neuf chefs, puisque l\u2019ancien entraîneur n\u2019aurait pas dû être reconnu coupable à de multiples accusations pour un même événement.Finalement, le tribunal a ordonné un arrêt de procédures sur deux autres chefs d\u2019exploitation sexuelle.Dans le cadre de cet appel, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait reconnu que des erreurs de droit avaient été commises et avait indiqué que M.Charest devrait être acquitté ou obtenir un nouveau procès pour certains chefs d\u2019accusation.La Couronne estimait toutefois que la peine d\u2019incarcération de 12 ans devait être maintenue puisque le nombre de victimes demeurait le même.Retour au pénitencier La réduction du nombre de jours à passer derrière les barreaux survient donc à la suite de cette diminution des chefs retenus contre M.Charest.L\u2019ancien entraîneur, qui avait été remis en liberté en attendant la décision de son appel, devra retourner au pénitencier, même s\u2019il voit sa peine réduite de 12 ans à 10 ans et trois mois.Il lui reste quatre ans et neuf mois à purger.Malgré cette révision, la peine demeure sévère selon l\u2019avocat criminaliste Charles B.Côté.«Ça demeure une sentence forte et exemplaire», dit Me Côté.« Ce n\u2019est pas une victoire pour M.Charest qui cherchait à diminuer considérablement la sentence qui lui avait été imposée », rappelle-t-il.Au terme d\u2019un procès très médiatisé qui a duré trois mois, M.Charest avait été reconnu coupable en juin 2017 de 37 chefs d\u2019accusations de crimes sexuels sur neuf skieuses dans les années 1990, alors qu\u2019elles étaient âgées de 12 à 19 ans.Le juge Sylvain Lépine de la Cour du Québec l\u2019avait condamné à purger une peine de douze ans de pénitencier.Le juge Lépine a décrit le comportement de Bertrand Charest comme celui d\u2019un « véritable prédateur ».« L\u2019accusé a agi comme un véritable prédateur, tissant sa toile soigneusement pour y attirer des jeunes femmes, adolescentes, et exercer sur elles un ascendant total », a-t-il conclu dans son verdict.« Sa recherche du plaisir sexuel n\u2019avait aucune limite, alors qu\u2019il était en situation d\u2019autorité sur ces jeunes espoirs canadiens du ski de compétition.» À l\u2019occasion d\u2019une visite du chantier de l\u2019échangeur Turcot, jeudi, le ministère des Transports du Québec a annoncé que la bretelle allant de l'autoroute 15 Nord à l'A-20 Ouest rouvrira lundi prochain.La bretelle qui mène de l'A-20 Est vers l'A-15 Nord ainsi que celle de l'A-15 Sud vers l'A-20 Ouest devraient rouvrir d'ici la fin de 2019, d'après les prévisions de Québec.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Plus de 79 % des travaux du chantier de l\u2019échangeur Turcot terminés tricité du Québec ne suffit plus, souligne Cécile Bulle, professeure à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG).Le système bascule alors vers une énergie alternative, comme le gaz naturel.Selon la professeure, le gaz naturel est un moindre mal dans ce contexte.Si un bâtiment veut continuer à utiliser de l\u2019électricité lors des périodes de pointe, les autres options sont plus polluantes, selon ses calculs.Par exemple, importer de l\u2019électricité à base d\u2019énergie fossile des États-Unis ou de l\u2019Ontario génère plus de GES.« Un bâtiment en biénergie a, dans les faits, moins d\u2019impact environnemental qu\u2019un bâtiment 100 % électrique et fait, à mon avis, partie de la solution de transition », indique-t-elle.Mais cela ne convainc pas Mathieu Béland, de l\u2019organisme Nature Québec.Selon lui, il faudrait prioriser une biénergie renouvelable, parce que le gaz naturel reste un combustible fossile qui pollue.« Il y a des bâtiments qui utilisent la géothermie.Le concept d\u2019énergie de transition ne fonctionne pas », estime-t-il.Selon Christian Lemieux, chargé de projet chez Econoler, il y a des enjeux de coûts à considérer et une réflexion à avoir sur l\u2019énergie renouvelable à utiliser et à quel endroit on l\u2019utilise.«Des bâtiments pourraient se tourner vers la biomasse forestière pour se chauffer.Mais la biomasse il faut l\u2019apporter sur place.Si nous sommes en Mauricie ou en Gaspé- sie, ça peut être plus facile de s\u2019approvisionner localement.À Montréal, ça peut être plus difficile», dit-il.Dans la liste que Le Devoir a obtenue, seulement un bâtiment, une école proche de Québec, chauffe à la biomasse, à 80 %.La province devrait en compter plus, estime le professeur Normand Mousseau.Elle devrait également prendre exemple sur les nouvelles constructions qui s\u2019approvisionnent à la géothermie et à l\u2019électricité, comme c\u2019est le cas dans des écoles que nous avons recensées.Avec Dave Noël et Shannon Pécourt ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, refuse de céder aux critiques de la Chine, qui souhaiterait qu\u2019elle s\u2019abstienne de commenter les tensions à Hong Kong.Au contraire, malgré les remontrances du régime à son endroit, Mme Freeland martèle qu\u2019elle a bien l\u2019intention de continuer de défendre les valeurs canadiennes.Chrystia Freeland a essuyé les reproches des autorités chinoises cette semaine, lorsque le porte-parole du ministère des Affaires étrangères l\u2019a accusée personnellement \u2014 en la nommant, fait rare \u2014 d\u2019avoir publié trois déclarations sur la situation à Hong Kong.Selon le compte-rendu de la télévision nationale, le porte-parole a reproché au Canada de s\u2019être «gravement immiscé dans les affaires internes de la Chine» en formulant «des remarques irresponsables» et a sommé Ottawa d\u2019être «prudent».« Il y a 300 000 Canadiens à Hong Kong, et c\u2019est naturel et important pour le Canada de faire attention à ce qui s\u2019y passe », a répliqué Chrystia Freeland à Ottawa jeudi.La fin de semaine dernière, la ministre a publié une déclaration commune avec l\u2019Union européenne dénonçant un « nombre croissant d\u2019incidents violents » et appelant à « faire preuve de retenue » et à « s\u2019engager dans un processus de dialogue étendu et inclusif ».Le texte réitérait que le principe « un pays, deux systèmes » est inscrit aux accords internationaux.« Il est important pour le Canada de toujours défendre nos valeurs et l\u2019intérêt national dans le monde.Et nous allons continuer de le faire », a prévenu Mme Freeland, en conférence de presse aux côtés de son homologue américain, Mike Pompeo.Cette escalade des tensions entre le Canada et la Chine survient alors que les deux Canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig, demeurent emprisonnés par les autorités chinoises.Les deux hommes ont été arrêtés en décembre dernier, quelques jours après l\u2019arrestation à Vancouver de la dirigeante financière du géant de télécommunications Huawei, Meng Wanzhou.Le gouvernement canadien a suspendu jeudi tout déplacement en Chine pour ses employés locaux du consulat de Hong Kong.Ses diplomates canadiens ont quant à eux l\u2019immunité diplomatique.Il y a deux semaines, un employé hongkongais du consulat britannique a été arrêté par les autorités chinoises à son retour d\u2019un voyage en Chine continentale.L\u2019ancien ambassadeur canadien en Chine, David Mulroney, reconnaît qu\u2019il DIPLOMATIE Le Canada ne restera pas muet La Chine a beau s\u2019offusquer des critiques canadiennes, Chrystia Freeland continuera d\u2019appeler le régime chinois à plus de retenue à Hong Kong HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La campagne électorale est bel et bien \u2014 officieusement \u2014 commencée et les attaques fusent.Les libéraux ont retrouvé une vieille vidéo du chef conservateur, Andrew Scheer, dans laquelle il explique pourquoi, à son avis, un couple homosexuel ne devrait pas être autorisé à se marier.Les libéraux supputent que c\u2019est la raison pour laquelle leur adversaire refuse systématiquement d\u2019assister à un défilé de la fierté gaie.La vidéo date de 2005, époque où la Chambre des communes débattait d\u2019un projet de loi pour légaliser le mariage entre conjoints de même sexe.M.Scheer y déclare qu'« il n\u2019y a rien de plus important dans la société que d\u2019élever des enfants, car sa survie le requiert.Les unions homosexuelles, de par leur nature, sont contraires à cela.Il n\u2019y a pas de complémentarité des sexes.Deux personnes de même sexe peuvent bien utiliser leur libre arbitre accordé par Dieu pour poser des MARIAGE GAI Les libéraux tentent d\u2019embarrasser Andrew Scheer gestes, cohabiter ou posséder une propriété ensemble.Elles peuvent prendre l\u2019engagement de la monogamie.Elles peuvent s\u2019engager à demeurer dans une relation d\u2019amour pour la vie.En ce sens, elles affichent les caractéristiques collatérales du mariage, mais elles n\u2019en possèdent pas les caractéristiques inhérentes puisqu\u2019elles ne peuvent s\u2019engager dans la procréation naturelle des enfants.Elles ne peuvent donc pas se marier.» M.Scheer avait poursuivi en offrant une comparaison.« Combien de pattes aurait un chien si on comptait sa queue comme une patte ?La réponse est encore quatre.Ce n\u2019est pas parce que vous appelez une queue une patte que ça en fait une patte.Si cette loi gouvernementale passe, les Canadiens seront obligés d\u2019appeler une queue une patte.Rien de plus.» Lors du vote final de juin 2005, M.Scheer avait voté contre le projet de loi.Mais depuis, il s\u2019est engagé à ne pas rouvrir le débat sur le mariage entre conjoints de même sexe.Il a réitéré sa promesse au lendemain de son élection en tant que chef du Parti conservateur.En 2016, M.Scheer a même voté lors du congrès du parti pour que soit retiré du programme conservateur le passage définissant le mariage strictement comme l\u2019union entre un homme et une femme.Une attaque « désespérée » Jeudi, le Parti conservateur s\u2019est porté à la défense de son chef par communiqué de presse, qualifiant de « désespérée » l\u2019attaque libérale.« Quand ce vote a été tenu il y a plus de dix ans, M.Scheer a voté comme plusieurs libéraux, notamment certains députés qui siègent actuellement au caucus libéral et qui se présentent aux prochaines élections.M.Scheer soutient le mariage entre personnes de même sexe tel que défini par la loi et il est clair qu\u2019il va continuer de le faire comme premier ministre.» Quelques libéraux (ainsi qu\u2019une néo- démocrate et deux bloquistes) avaient aussi voté contre le projet de loi, dont certains siègent encore dans l\u2019équipe libérale, soit John McKay, Francis Scar- paleggia, Bill Casey (qui était alors un conservateur) et Lawrence MacAulay (aujourd\u2019hui ministre).M.Casey est le seul du lot qui ne se représente pas cet automne.Les libéraux invitent M.Scheer à « cesser de boycotter les événements de la Fierté » et à participer au défilé qui aura lieu dimanche à Ottawa, la ville natale du chef conservateur.M.Scheer est le seul chef d\u2019un parti fédéral comptant un député à la Chambre des communes à n\u2019avoir jamais participé à un défilé de la fierté gaie.ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR La décision de Bell Canada de réduire les dépenses pour le déploiement d\u2019Internet en région éloignée devrait avoir une incidence « minime » au Québec, selon le ministre de l\u2019Économie, Pierre Fitzgibbon.« L\u2019impact sur les foyers québécois est très très minime », a dit M.Fitzgib- bon en entrevue au Devoir, avant de préciser que son gouvernement allait « de toute façon » lancer un programme pour s\u2019assurer de brancher tout le monde.Cette semaine, Bell Canada a annoncé qu\u2019elle sabrerait son programme d\u2019expansion en milieu rural, ce qui pourrait affecter 200 000 foyers au Canada et a suscité beaucoup d\u2019inquiétudes au Québec.L\u2019entreprise disait agir en réaction à la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) de baisser les tarifs pour les concurrents qui utilisent ses infrastructures.Or, cela ne va pas ralentir le branchement à Internet des 340 000 foyers qui n\u2019en ont pas, promet le ministre de l\u2019Économie.Dans le pire des cas, dit-il, le gouvernement du Québec pourrait avoir à payer plus cher pour y arriver, puisque Québec, Ottawa et les télé- coms se partagent la facture.« On le paiera nous autres au complet, s\u2019il le faut.[\u2026] Ça change juste le montant que nous, on va avoir à débourser.» De plus, selon nos informations, la décision de Bell toucherait surtout d\u2019autres régions du Canada, notamment des secteurs très éloignés dans le Nord.Chez Bell, on n\u2019a rien voulu confirmer jeudi.« On n\u2019a pas encore établi le plan exact sur la localisation », a déclaré sa porte-parole Caroline Audet jeudi, en fin de journée.Pendant ce temps, cet enjeu très sensible en région rebondissait au Parlement.« Ça fait des années qu\u2019on allonge des centaines de millions de dollars de fonds publics pour que Bell et Vidéotron fassent des profits et donnent un mauvais service trop cher », s\u2019indignait le co- porte-parole de Québec Solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, jeudi.Du côté de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui avait soulevé des inquiétudes à ce sujet plus tôt cette semaine, on semblait également plus optimiste jeudi.« On ne sait pas encore qui ça va toucher.Ce que ça nous prouve, c\u2019est qu\u2019il faut être plus autonomes », faisait valoir son président, Jacques Demers.Nouveau programme Ces mouvements dans l\u2019industrie surviennent au moment où Québec élabore un nouveau programme pour brancher les secteurs mal desservis à haute vitesse.Ce nouveau programme serait basé sur les besoins des MRC.Des critères plus sévères dans les appels d\u2019offres forceraient les fournisseurs d\u2019Internet à répondre à l\u2019ensemble des besoins.Quant aux 82 projets de branchement qui étaient en attente dans le programme développé par l\u2019ancien gouvernement (Québec Branché), la plupart ont été lancés ces derniers mois, a signalé le ministre.« On est à 95 % signé et le déploiement a commencé.» En campagne électorale, la CAQ avait promis de brancher tous les Québécois à la haute vitesse d\u2019ici la fin du mandat.Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement parle plutôt d\u2019allouer des contrats à des compagnies d\u2019ici 2022 pour que ce soit fait.Mais, étant donné qu\u2019Ottawa est un partenaire financier, une partie des nouveaux fonds ne seront pas disponibles dès cet automne à cause de la tenue des élections fédérales, concède le ministre.« Mais je vais quand même annoncer des programmes [avant] parce que je ne veux pas qu\u2019on attende toujours après les autres », a-t-il ajouté.INTERNET Fitzgibbon se fait rassurant Bell Canada sabre son programme en milieu rural, mais l\u2019impact au Québec sera minime, selon le ministre Le secrétaire d\u2019État américain, Mike Pompeo, et sa vis-à-vis canadienne, Chrystia Freeland ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE est délicat de critiquer le régime chinois au moment où deux Canadiens y sont détenus en raison d\u2019accusations politiques.«La libération de nos Canadiens en prison doit être notre priorité.Mais il serait erroné de croire que cela nécessite que l\u2019on reste silencieux sur d\u2019autres enjeux importants », explique-t-il au Devoir.« Car cela ne ferait que renforcer la tendance de la Chine à mener une diplomatie de prise d\u2019otage.Quoi de mieux, comme résultat, que d\u2019obtenir le silence du Canada face à une agression et à des violations des droits de la personne commises par la Chine ?» Soutien américain Le secrétaire d\u2019État américain Mike Pompeo est venu réitérer au premier ministre Justin Trudeau et à la ministre Freeland, lors de leurs rencontres jeudi, que son gouvernement poursuit ses efforts pour faire libérer MM.Spavor et Kovrig.M.Pompeo s\u2019est abstenu de préciser les gestes précis posés par son gouvernement, en évoquant simplement des « activités diplomatiques ».Il a en outre catégoriquement nié que Meng Wanzhou puisse servir de monnaie d\u2019échange pour la libération des deux Canadiens ou dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.«Ce sont deux choses profondément différentes », s\u2019est-il insurgé.La « détention arbitraire » de Canadiens est «un enjeu de droits de la personne et de règle de droit », a-t-il argué, tandis que le Canada «a recours à la procédure officielle et à la règle de droit » en répondant à la demande d\u2019extradition de Mme Meng aux États-Unis.Le président américain Donald Trump a cependant lui-même évoqué, en février, d\u2019abandonner la demande d\u2019extradition s\u2019il convenait d\u2019un accord avec Pékin pour régler leur différend commercial.Il est important pour le Canada de toujours défendre nos valeurs et l\u2019intérêt national dans le monde.Et nous allons continuer de le faire CHRYSTIA FREELAND » Andrew Scheer VOIR PAGE A 8 : « RÉSISTER À L\u2019INTIMIDATION ».L\u2019ÉDITORIAL DE MANON CORNELLIER LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Nouvel outil pour la police à bicyclette La police de Montréal utilise depuis jeudi un petit appareil fixé aux guidons des vélos de certains de ses patrouilleurs qui sert à vérifier si les automobilistes qui ont circulé à côté d\u2019eux ont respecté une distance raisonnable.Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a mis en circulation en matinée le premier de quatre de ces appareils électroniques qu\u2019il possède lors d\u2019une opération menée à Sainte-Anne- de-Bellevue, dans l\u2019Ouest-de-l\u2019Île.Selon des normes de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ), le SPVM juge que dans une zone où la vitesse maximale permise est de 50 kilomètres à l\u2019heure, une automobile qui double une bicyclette doit respecter une distance d\u2019au moins un mètre.Les contrevenants s\u2019exposent à une amende de 313 $.La Presse canadienne Le repentir du ministre de l\u2019Éducation QUÉBEC \u2014 Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, s\u2019excuse d\u2019avoir contrevenu aux pratiques concernant le remboursement des dépenses de témoins en commission parlementaire.Il a finalement reconnu son erreur jeudi, lors d\u2019une mêlée de presse au Parlement, après avoir maintenu pendant plusieurs semaines qu\u2019il était acceptable que son ministère rembourse les frais de déplacement de New-Yorkais et d\u2019Ontariens favorables aux maternelles 4 ans venus appuyer son projet de loi.Mais loin d\u2019offrir des excuses par lui- même, il a attendu la toute fin de la mêlée de presse pour répondre à la question d\u2019une journaliste, qui a dû la lui poser plusieurs fois d\u2019ailleurs.La veille, le ministre Roberge s\u2019était fait rappeler à l\u2019ordre par le président de l\u2019Assemblée nationale, François Paradis.La Presse canadienne Un traitement-choc pour la planète Des médecins et des professionnels de la santé québécois veulent prescrire un traitement-choc à la planète qui est malade.S\u2019inquiétant des décès associés à la chaleur au Québec et redoutant les conséquences des changements climatiques sur la santé de leurs patients, comme les problèmes cardiorespiratoires, les allergies et l\u2019anxiété, ils lancent un mouvement de mobilisation nommé La planète s\u2019invite en santé.Cette campagne de sensibilisation du secteur de la santé \u2014 incluant médecins, infirmières, physiothérapeutes et autres professionnels \u2014 est mise en branle cette semaine en vue de la grève mondiale pour le climat qui aura lieu le 27 septembre prochain.Pour eux, il s\u2019agit d\u2019une occasion de faire comprendre les effets concrets des changements climatiques sur la santé.La Presse canadienne ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La résistance aux armes autonomes commence à s\u2019organiser GUERRE SUITE DE LA PAGE A 1 des États-Unis,en novembre 2017.Le président russe, Vladimir Poutine, a rajouté à peu près en même temps que « l\u2019État qui disposerait d\u2019une arme aux capacités surhumaines, littéralement, du point de vue de la force, de résistance et de précision, jouirait en théorie d\u2019un avantage décisif ».Un point de bascule Un drone contrôlé par un humain tuant à des milliers de kilomètres, c\u2019est déjà quelque chose.Un drone totalement libre de décider de tirer ou pas \u2014 et cette possibilité existe bel et bien \u2014 fait basculer dans une autre réalité éthique, légale et politique.« On peut parler de robot tueur quand l\u2019humain n\u2019est pas dans la boucle de décision, explique François La- violette, professeur titulaire du département d\u2019informatique et de génie logiciel de l\u2019université Laval.Ce n\u2019est pas la même chose que l\u2019inclure dans un système informatique pour appuyer la décision humaine.».Le philosophe Karl Jaspers parlait d\u2019une « situation limite » avec l\u2019apparition de la bombe atomique capable de détruire la vie et l\u2019humanité.En voici une autre avec l\u2019arme autonome.Les théoriciens de la guerre identifient d\u2019ailleurs maintenant un troisième temps de la technique militaire, après l\u2019ère de la poudre à canon et l\u2019âge nucléaire.La résistance s\u2019organise.Le Comité international pour le contrôle des armes robots a lancé une campagne mondiale en avril 2013 pour « stopper les robots tueurs ».Son manifeste milite en faveur d\u2019un usage pacifique de la robotique et d\u2019une interdiction des armes totalement autonomes par un traité.« Cinq protocoles existent déjà pour interdire certaines armes chimiques ou bactériologiques par exemple : on en veut un 6e sur les armes robotisées », a expliqué Noel Sharkey lors d\u2019une conférence sur le thème des Les francophones respecteront la loi LAÏCITÉ SUITE DE LA PAGE A 1 loi, mais s\u2019interrogent sur les conséquences de la désobéissance civile.« Nous allons discuter de la loi 21 à notre prochain conseil des commissaires », a indiqué Michael Cohen, de la CSEM.« Je vais vous revenir une fois qu\u2019on aura les réponses au sujet de notre décision », a renchéri Jim Hendry, de la CSLBP.Invité par Le Devoir à réagir aux hésitations à interdire les signes religieux, le ministre Jean-François Roberge s\u2019est fait insistant : « On s\u2019attend à ce que toutes les commissions scolaires appliquent la Loi sur la laïcité sans exception », a indiqué Francis Boucher, attaché de presse du ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.La Commission scolaire de Montréal (CSDM) \u2014 la plus grande au Québec \u2014 a fait une volte-face spectaculaire cette semaine : deux mois après avoir résolu à l\u2019unanimité de repousser d\u2019un an la mise en œuvre de la loi 21, elle vient de décider d\u2019appliquer dès maintenant l\u2019interdiction de porter des symboles religieux pour les enseignants et les directions d\u2019école.La direction de la commission scolaire a convaincu la majorité des commissaires élus que l\u2019organisation s\u2019expose à des poursuites, à des sanctions ou à la tutelle si elle ne respecte pas la loi.Devant la résistance de la CSDM, le ministre Jean-François Roberge avait rencontré la présidente, Catherine Harel Bourdon, à la fin du mois de juin.Le geste avait porté ses fruits, puisque la commission scolaire a changé d\u2019avis dans les semaines suivantes.Le ministre compte-t-il rencontrer à leur tour les deux commissions scolaires anglophones ?« Pas pour l\u2019instant.Nous sommes confiants [à savoir] qu\u2019elles appliqueront la loi, comme toutes les commissions scolaires », répond le cabinet du ministre.Les deux autres commissions scolaires francophones de Montréal, Pointe-de-l\u2019Île (CSPI) et Marguerite- Bourgeoys (CSMB), ont indiqué au Devoir qu\u2019elles appliqueraient la Loi sur la laïcité.La CSMB, deuxième en importance au Québec, ignorait à la fin du mois de juin si elle ferait respecter l\u2019interdiction du port de signes religieux, mais la réponse était oui jeudi.Inadaptée à Montréal Qu\u2019elles appliquent ou non la Loi sur la laïcité, les cinq commissions scolaires de l\u2019île de Montréal ont émis des réserves sur la pertinence de bannir le port de symboles religieux pour les enseignants dans le contexte de la diversité montréalaise.Cette interdiction contredit l\u2019identité même des écoles de l\u2019île, où des gens de toutes les cultures et de toutes les origines se côtoient au quotidien, font valoir les commissions scolaires.Une pression supplémentaire vient s\u2019ajouter, surtout dans les commissions scolaires francophones : la loi 21 risque d\u2019aggraver la pénurie de profs qui frappe fort depuis deux ans.Sans oublier que les droits des nouvelles enseignantes portant le voile sont bafoués, estiment les commissions scolaires et les syndicats de l\u2019enseignement.Déjà, la CSDM indique dans ses offres d\u2019emploi que la candidature de nouveaux profs portant des symboles religieux n\u2019est pas acceptée : « Les employés de la Commission scolaire de Montréal sont soumis à la Loi sur la laïcité de l\u2019État.Cette loi prévoit, entre autres choses, l\u2019interdiction pour les enseignants, les directions et directions adjointes d\u2019établissement, embauchés après le 27 mars 2019, de porter un signe religieux et l\u2019obligation pour l\u2019ensemble du personnel de la CSDM d\u2019exercer ses fonctions à visage découvert.» La communauté anglophone ne digère toujours pas cette interdiction des signes religieux.Des étudiants ont soumis de nombreuses questions à ce sujet au député de Sainte-Rose, Christopher Skeete, responsable des relations avec la communauté d\u2019expression anglaise, lors d\u2019un événement à l\u2019Université Bishop\u2019s de Lennoxville, la semaine dernière.« Il s\u2019agissait manifestement d\u2019une préoccupation pour les jeunes anglophones, dont beaucoup appartenaient à des communautés diverses », dit Rita Legault, responsable des communications du Quebec Community Groups Network.La loi 21 fait partie des gestes du gouvernement caquiste qui irritent la communauté anglophone.La transformation prévue des commissions scolaires en simples centres de services inquiète encore plus les anglophones, qui considèrent le contrôle de leurs institutions d\u2019enseignement comme un droit garanti par la Constitution canadienne.Killerroboter donnée en juin à l\u2019université Bauhaus de Weimar à laquelle a assisté Le Devoir.« Plus de 110 ONG, les plus grandes, sont de notre côté.Des Prix Nobel.Des grandes compagnies en intelligence artificielle aussi disent qu\u2019on va faire des erreurs à coup sûr.On veut une seule loi disant simplement qu\u2019on ne devrait pas permettre à des machines de traquer, sélectionner et abattre une cible sans un contrôle humain.» Un robot criminel de guerre ?Au moins quatre nations bloqueraient les négociations, la Russie, les É.-U., Israël et l\u2019Australie.Un rapport de l\u2019Organisation du traité de l\u2019Atlantique Nord rendu public le 9 juillet (IA : impact sur les forces armées de l\u2019OTAN) établit aussi que « certains experts doutent de la sincérité de la Chine » tout en soulignant qu\u2019un consensus existe dans la communauté internationale pour « conserver un contrôle digne de ce nom » sur tous les systèmes autonomes.« Les lois qui gouvernent la guerre ne seront pas respectées par les nouvelles armes, dit le juriste Thomas Chengeta de l\u2019université Oxford, interviewé à Weimar.Le droit de la guerre implique la possibilité de poursuivre un criminel de guerre.Mais comment poursuivre une machine ?» L\u2019ancienne espionne de l\u2019armée américaine Kara Frederick a été la seule du débat à ne pas jouer les Cassandres tout en restant relativement inquiète.Diplômée en « War studies » du King\u2019s College de Londres, chercheuse associée au Center for a New American Security, think tank de Washington, elle a été analyste des services de renseignement pour le commandement de la marine américaine.Elle a aussi été déployée trois fois plutôt qu\u2019une en Afghanistan pour appuyer les forces d\u2019opérations spéciales.« Il y a des raisons d\u2019être inquiets et d\u2019autres raisons d\u2019être optimistes, a dit Mme Frederick.La technologie pour identifier et suivre des cibles existe.Elle pourra même bientôt prendre des décisions.Si on veut se protéger, il faut le faire maintenant.Je suis une ancienne praticienne.J\u2019ai utilisé ces armes.Il y a une façon de faire, de telle sorte qu\u2019une machine ne décide pas par elle-même et que des principes de décision existent.Mais oui, bien sûr les risques sont énormes.» À lire demain : Le robot dans l\u2019imaginaire.Notre journaliste a séjourné à Weimar en juin à l\u2019invitation du Goethe-Institut.FEDOR, le robot développé par les Russes pour participer à l\u2019exploration spatiale, est aussi un habile tireur.YOUTUBE Francophones ou anglophones, les commissions scolaires de Montréal ont fait part de leurs réserves par rapport à la loi sur la laïcité LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 5 UNE ACTIVITÉ FESTIVE POUR TOUTE LA FAMILLE Joignez-vous à cette grande fête qui célèbre le monarque le long de sa route migratoire.Citoyens, scienti?ques et artistes témoigneront chacun à leur manière de leur amour de ce papillon et échangeront sur une foule de sujets, notamment sur les façons de le protéger.Billets en ligne: espacepourlavie.ca PIE IX JARDIN BOTANIQUE RÉALISÉ PAR L\u2019INSECTARIUM COLLOQUE | Les 4 et 5 octobre 2019 DE LA VILLE SOUS TENSION À LA VILLE JUSTE Organisé dans la foulée de la parution du numéro de la revue Relations, « À qui la ville?Les défis d\u2019une ville solidaire », en kiosques le 20 septembre CONFÉRENCE D\u2019OUVERTURE DE SASKIA SASSEN, SOCIOLOGUE DE RENOMMÉE INTERNATIONALE LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 À 19 H Centre Saint-Pierre, salle Marcel-Pepin (100) 1212, rue Panet, Montréal Contribution volontaire : 10 $ (frais inclus pour les personnes inscrites à la journée d\u2019étude).JOURNÉE D\u2019ÉTUDE LE SAMEDI 5 OCTOBRE 2019 DE 9 H 30 À 16 H Panel d\u2019introduction avec Jonathan Durand Folco et Bochra Manaï Visionnement du documentaire Quartiers sous tension de Carole Laganière Ateliers participatifs Maison Bellarmin 25, rue Jarry Ouest, Montréal Coût d\u2019inscription : 25 $, ou 10 $ pour étudiants et personnes à faible revenu (ce prix inclut le repas du midi et la conférence d\u2019ouverture) © W a r t i n P a n t o i s , L a b e a u t é s a u v e r a l e m o n d e INSCRIPTION ET PAIEMENT AVANT LE 27 SEPTEMBRE 2019 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les promoteurs du projet immobilier Cap Nature, dans Pierrefonds-Ouest, préviennent que les 125 millions de dollars annoncés mercredi pour la création d\u2019un grand parc urbain dans l\u2019Ouest-de-l\u2019Île de Montréal seront insuffisants pour racheter leurs terrains.Au lendemain de l\u2019annonce par Justin Trudeau d\u2019une contribution fédérale de 50 millions pour la réalisation du parc, trois des promoteurs, dont les terrains pourraient être expropriés, jugent irréaliste le plan de la Ville.« On parle d\u2019un projet qui a une superficie de 380 hectares.Ces 42 millions de pieds carrés ne pourront jamais être achetés pour 125 millions », avance Me Ali T.Argun, l\u2019avocat qui représente Développements Pierrefonds, Les Immeubles L\u2019Équerre et Quartier de l\u2019Ouest- de-l\u2019Île.Le financement fédéral vise d\u2019abord à effectuer des travaux d\u2019infrastructures pour contrer les inondations, pas uniquement l\u2019achat de terrains, rap- pelle-t-il.Et bien d\u2019autres terrains inclus dans le périmètre du futur parc devront aussi être acquis, ce qui fera gonfler la facture, ajoute-t-il.Pas de nouvelles sur la poursuite La semaine dernière, les trois promoteurs ont fait parvenir une mise en demeure à la mairesse, Valérie Plante, et menacent de poursuivre la Ville si leur projet immobilier de 5500 logements ne se concrétise pas.Ils évoquent la possibilité de réclamer les frais professionnels qu\u2019ils ont encourus, le remboursement des taxes municipales, ainsi que la valeur des terrains.« La facture commence à être salée.Les citoyens de la Ville de Montréal pourraient être appelés à payer une note très importante », souligne Me Argun.L\u2019avocat ne peut pas dire si ses clients iront de l\u2019avant avec une poursuite.Ils souhaitent plutôt s\u2019entendre avec la Ville, dit-il.Mercredi, la mairesse a toutefois été ferme : ces terrains seront transformés en parc, a-t-elle indiqué.MONTRÉAL Les rachats de terrains seront plus coûteux, disent les promoteurs de Cap Nature Les 380 hectares « ne pourront jamais être achetés pour 125 millions » JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Montréal insatisfaite du déploiement des trottinettes électriques Un peu plus d\u2019une semaine après l\u2019arrivée des trottinettes en libre-service à Montréal, l\u2019administration Plante se dit insatisfaite du déroulement du déploiement.La Ville a d\u2019ailleurs limité de moitié le nombre de véhicules en circulation.« Nous ne sommes pas satisfaits de la façon dont le service a été implanté », a indiqué la mairesse, Valérie Plante, jeudi matin.« C\u2019est un projet-pilote.Il y a déjà des ajustements, mais ultimement, si nous trouvons que l\u2019opérateur ne fait pas son travail \u2014 sécurité pour les usagers, mais aussi pour les autres citoyens \u2014, nous allons agir.» Déployées le 13 août dernier dans les rues de Montréal, les trottinettes électriques de Lime, une filiale de Google, doivent uniquement être garées dans les zones désignées sur la chaussée, de façon perpendiculaire au trottoir.Elles ne peuvent rouler sur les trottoirs et leur vitesse est limitée à 20 km/h.De plus, les usagers sont tenus de porter un casque.Pour l\u2019instant, elles ne sont autorisées que dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie et dans Westmount.Montréal s\u2019est dotée d\u2019un règlement pour encadrer ce service dans l\u2019espoir d\u2019éviter les dérapages observés dans de nombreuses villes ailleurs dans le monde.Mais en une semaine, plusieurs infractions ont été relevées, des véhicules ayant notamment été abandonnés sur les trottoirs.Le Journal de Montréal rapportait jeudi qu\u2019une trottinette s\u2019était même retrouvée au fond du canal Lachine.«C\u2019est aux opérateurs de se responsabiliser.Ça ne se passe pas à notre goût», a signalé Éric Alan Caldwell, responsable de l\u2019urbanisme et de la mobilité au comité exécutif.« Mais on a un règlement qui est mordant et, s\u2019il faut l\u2019appliquer, on va l\u2019appliquer.On rencontre l\u2019opérateur sur une base quotidienne.» Selon lui, la solution consiste en une meilleure communication entre Lime et ses usagers.«C\u2019est à l\u2019opérateur de s\u2019assurer que le règlement est respecté.Il n\u2019y a pas de voie de sortie.C\u2019est le respect du règlement ou rien.» L\u2019élu ne croit pas que le nombre de zones (239) disponibles pour garer ces véhicules soit insuffisant.La circulation des trottinettes sur les trottoirs, mais aussi leur stationnement sur ces espaces, pose problème.« Pour nous, c\u2019est important que les trottoirs soient dégagés », a dit la mairesse.Lime a reçu un permis pour 430 engins, mais M.Caldwell soutient qu\u2019à la demande de la Ville, il a réduit leur nombre à un peu plus de 200 trottinettes pour la première phase de son déploiement.Rappelons que la Ville pourrait révoquer le permis de Lime si elle juge que l\u2019entreprise ne respecte pas les règles en place.Des constats d\u2019infraction ont été dressés par les policiers contre des usagers circulant dans des endroits interdits, mais la Ville n\u2019a pas encore sévi contre les infractions en matière de stationnement, a précisé M.Caldwell.Rappelons qu\u2019en cas d\u2019infraction les amendes varient de 100 à 1000 $ pour les citoyens, en fonction du nombre de récidives.Pour les entreprises, les amendes peuvent atteindre 2000 $.Il n\u2019a pas été possible d\u2019obtenir les commentaires de Lime jeudi.KRISTY KIRKUP À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE MÉDICAMENTS Des patients s\u2019inquiètent des nouvelles règles sur les prix Certains patients et des groupes qui défendent leurs intérêts tirent la sonnette d\u2019alarme au sujet des récents changements apportés par le gouvernement fédéral à la réglementation du coût des médicaments brevetés.Partisan de longue date des libéraux, l\u2019avocat torontois Chris MacLeod, qui souffre de fibrose kystique, a déclaré que cela lui en coûtait beaucoup de s\u2019exprimer contre le gouvernement Trudeau.Mais il craint que de nombreuses vies soient mises en danger par ce qu\u2019il appelle une approche « totalement irresponsable ».« Au mieux, notre accès à un médicament sera retardé.Au pire, on n\u2019y aura pas droit du tout », a-t-il déploré.Santé Canada a récemment finalisé les modifications attendues depuis longtemps au processus d\u2019établissement du prix des médicaments.Avec ces changements, le Conseil d\u2019examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) sera notamment informé du coût des médicaments sur le marché plutôt que de recevoir une liste de prix majorés.Selon le Ministère, l\u2019organisme \u2014 créé il y a 30 ans pour s\u2019assurer que les entreprises en situation de monopole n\u2019en profitent pas pour facturer des coûts excessifs \u2014 peut désormais déterminer si le prix d\u2019un médicament Les trottinettes électriques de Lime, une filiale de Google, ont été déployées le 13 août dans les rues de Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR reflète réellement la valeur qu\u2019il représente pour les patients.Moins de nouveaux traitements ?M.MacLeod craint toutefois que ces changements, si le prix des médicaments est réduit, incitent les fabricants à ne pas importer au Canada de nouveaux remèdes révolutionnaires.La Canadian Organization for Rare Disorders dit partager les craintes de M.MacLeod.Elle ajoute que, même si tout le monde veut avoir accès à des médicaments à des prix abordables, les nouveaux traitements pourraient être moins disponibles au Canada.L\u2019organisation, qui défend les personnes atteintes de maladies rares, était l\u2019une des signataires d\u2019une lettre adressée en avril au premier ministre, Justin Trudeau, afin de le convaincre de changer de cap.« Si le prix des médicaments devient si bas que les entreprises en craignent les conséquences sur leur capacité à commercialiser leur produit, le Canada ne sera plus leur premier choix », a dit la Dre Durhane Wong-Rieger, qui dirige l\u2019organisme.Si nous trouvons que l\u2019opérateur ne fait pas son travail [.], nous allons agir VALÉRIE PLANTE » A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 JÉRÔME RIVET À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE Boris Johnson et Emmanuel Macron ont affiché jeudi un ton plus conciliant sur le Brexit en affirmant leur volonté de trouver un accord pour une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l\u2019Union européenne et en jugeant possible de s\u2019entendre sur la frontière irlandaise.«Je veux un accord», a déclaré le premier ministre britannique à son arrivée dans la cour de l\u2019Élysée pour la deuxième étape de sa première tournée à l\u2019étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet.«Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord» en vue d\u2019un Brexit le 31 octobre, a-t-il insisté.À ses côtés, Emmanuel Macron s\u2019est montré plus prudent, mais s\u2019est déclaré « confiant » à savoir qu\u2019une solution puisse être trouvée « dans les 30 prochains jours» entre Londres et les 27.Le président français s\u2019est ainsi placé sur la même ligne que la chancelière allemande Angela Merkel qui, en recevant M.Johnson mercredi, avait jugé possible de trouver « dans les 30 prochains jours» un accord pour éviter un «Brexit dur», redouté par le monde des affaires des deux côtés de la Manche.Les moyens de parvenir à un tel scénario devaient occuper l\u2019essentiel du déjeuner entre MM.Macron et Johnson, qui se retrouveront samedi pour le sommet du G7 à Biarritz, dans le sud- ouest de la France.Emmanuel Macron a rappelé qu\u2019il était souvent dépeint, notamment par la presse britannique, «comme le plus dur de la bande » au sein de l\u2019UE sur le dossier du Brexit.C\u2019est, a-t-il expliqué, « parce que j\u2019ai toujours dit très clairement: il y a un choix qui a été fait [par les Britanniques], donc ça ne sert à rien d\u2019essayer de ne pas appliquer ce choix».Mais, a-t-il insisté, « je suis, comme la chancelière Merkel, confiant quant à ce que l\u2019intelligence collective et notre volonté de construire doivent nous permettre de trouver quelque chose d\u2019intelligent dans les 30 jours, s\u2019il y a une bonne volonté de part et d\u2019autre ».Le nœud du «backstop» Le principal défi est de trouver une solution au principal point d\u2019achoppement : le mécanisme dit de « filet de sécurité », ou « backstop », prévu dans l\u2019accord conclu entre Londres et l\u2019UE en novembre 2018, mais rejeté ensuite à plusieurs reprises par le Parlement britannique.Cette disposition controversée, sorte de « police d\u2019assurance » pour l\u2019UE, vise à éviter qu\u2019émerge à nouveau après le Brexit une frontière entre l\u2019Irlande du Nord et la République d\u2019Irlande au sud, au risque de réveiller le conflit sur l\u2019île.Sur cette question, « un travail doit pouvoir se faire » d\u2019ici « 30 jours », a déclaré Emmanuel Macron, en insistant sur le fait qu\u2019il doit l\u2019être « dans le cadre de ce qui a été négocié » au cours des deux dernières années.Mais il a dans le même temps été très clair : le « backstop » est un « élément clé » qui apporte des « garanties indispensables à la préservation de la stabilité en Irlande et à l\u2019intégrité du marché unique », deux lignes jaunes infranchissables pour lui.« On ne va pas trouver un nouvel accord de retrait qui soit loin des bases » déjà trouvées, a-t-il insisté.« Les solutions techniques sont aisément disponibles », a assuré Boris Johnson, sans toutefois les dévoiler.Tout en réaffirmant que le Royaume-Uni ne voulait « à aucun prix établir des contrôles à la frontière ».Pour Londres, le « backstop » porte atteinte à la « souveraineté de l\u2019État britannique » et l\u2019empêcherait de mener une politique commerciale indépendante des règles de l\u2019UE.Mercredi, Emmanuel Macron avait souhaité que les discussions avec Londres soient « les plus amicales et confraternelles » possibles.En recevant M.Johnson, il a insisté sur le fait que la relation franco-britannique était « essentielle et inaltérable, quel que soit le moment et quelles que soient les circonstances ».Avant de souligner « la nécessité d\u2019entretenir », après le Brexit, « cette relation privilégiée », notamment en matière de politique étrangère ou de défense.« Faisons en sorte de réaliser le Brexit d\u2019une façon intelligente et pragmatique dans l\u2019intérêt des deux parties », a souhaité Boris Johnson, en appelant à « intensifier le partenariat » entre son pays et la France.Car, a-t-il précisé, « tandis que les bus français roulent dans les rues de Londres [\u2026] vos TGV circulent sur des rails construits par British Steel ».Le marathon diplomatique du chef du gouvernement britannique se terminera à Biarritz, en France, par la première participation du dirigeant conservateur à un sommet du G7, marquée en particulier par un entretien avec le président américain, Donald Trump, fervent partisan d\u2019un Brexit sans concession.BREXIT Johnson et Macron veulent y croire Les deux dirigeants jugent qu\u2019il est possible de s\u2019entendre sur la délicate question de la frontière irlandaise FRANÇOISE KADRI CATHERINE MARCIANO À ROME AGENCE FRANCE-PRESSE ITALIE Jusqu\u2019à mardi pour trouver une majorité Le Mouvement 5 étoiles négocie avec le Parti démocrate en vue d\u2019un potentiel accord de coalition SAJJAD QAYYUM À MUZAFFARABAD AGENCE FRANCE-PRESSE Le djihadisme pakistanais attisé par la crise du Cachemire Une nouvelle génération pourrait sombrer dans la radicalité Appels à une grève étudiante à Hong Kong HONG KONG \u2014 Des leaders étudiants de Hong Kong ont appelé jeudi à une grève des cours de près de deux semaines à la rentrée universitaire, du 2 septembre \u2014 date prévue de ladite rentrée \u2014 au 13 septembre, afin de maintenir la pression sur le gouvernement local.L\u2019ex-colonie britannique, rétrocédée à la Chine en 1997, est secouée depuis juin par des manifestations contre un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale \u2014 où la justice est sous l\u2019influence du Parti communiste.Le mouvement de protestation s\u2019est vite étendu à des revendications pour une plus grande démocratie, dans une ville où les jeunes font face à l\u2019envolée du coût de la vie et à la détérioration des perspectives d\u2019emploi.Agence France-Presse EN BREF Des appels croissants en faveur du dji- had résonnent au Pakistan pour se dresser contre le voisin indien dans le disputé Cachemire, mettant sous pression le gouvernement qui lutte pour régner sur les milices armées sur son sol tout en faisant face à New Delhi.La semaine dernière, des centaines de personnes se sont rassemblées à Muzaffarabad, la capitale du Cachemire pakistanais, pour demander des représailles armées contre la décision de l\u2019Inde de révoquer l\u2019autonomie de la partie sous son contrôle à majorité musulmane.Dans les mosquées et les marchés de Muzaffarabad, les appels au djihad prennent de l\u2019ampleur, alors même que les analystes avertissent que toute violence terroriste pourrait miner les soutiens diplomatiques recherchés par le Pakistan pour contester la décision de New Delhi.« Si l\u2019Inde ne met pas fin à l\u2019oppression, nous trouverons, si Dieu le veut, des armes à feu », a déclaré à l\u2019AFP Tariq Ismail lors du rassemblement organisé par le groupe Hizb-ul-Mujahideen, désigné comme terroriste par les États-Unis.À Muzaffarabad, les habitants estiment même que la décision de l\u2019Inde va pousser une nouvelle génération de jeunes pakistanais vers la radicalité, des années après l\u2019insurrection sanglante de la décennie 1980 au Cachemire indien, qui a fait des dizaines de milliers de morts.« J\u2019ai six enfants.Je les enverrai pour le djihad si Dieu le veut », assure Muhammad Amjad, un ancien insurgé de 47 ans.Bilouri Begum, âgée de 41 ans, a perdu son mari, son cousin et son neveu lors des précédentes guerres.« J\u2019ai élevé mes fils.Si Dieu le veut, je les enverrai [pour le dji- had] et j\u2019irai aussi avec eux », dit-elle à l\u2019AFP, les yeux emplis de larmes.Un enjeu national Ce sentiment ne se limite pas aux franges les plus extrémistes de la population.La puissante armée pakistanaise considère depuis longtemps le Cachemire comme la question centrale des relations tendues avec le voisin et ennemi indien.Une grande partie des Pakistanais attend d\u2019elle qu\u2019elle agisse.Les tensions au Cachemire, divisé entre l\u2019Inde et le Pakistan lors de l\u2019indépendance de 1947, ont déjà poussé les deux voisins dotés de l\u2019arme nucléaire à deux guerres entrecoupées d\u2019innombrables escarmouches au-dessus de la Ligne de contrôle (LOC), la frontière de facto entre les deux pays.Washington et New Delhi accusent depuis longtemps le Pakistan d\u2019attiser l\u2019insurrection au Cachemire indien et d\u2019armer les groupes djihadistes.Selon Amir Rana, analyste en sécurité, l\u2019Inde attend «la moindre occasion» pour tirer parti des difficultés du Pakistan avec ses groupes terroristes.Toute attaque «aura Nouvelle audience lundi dans l\u2019affaire Weinstein NEW YORK \u2014 Le producteur de cinéma déchu Harvey Weinstein, déjà inculpé à New York pour deux agressions sexuelles, retournera devant le juge lundi pour être informé d\u2019un nouvel acte d\u2019accusation contre lui, a indiqué vendredi le bureau du procureur de New York.Un porte-parole du procureur a décliné tout commentaire, en attendant la comparution de lundi, sur le contenu de ce nouvel acte d\u2019accusation contre l\u2019ex-produc- teur qui a catalysé le mouvement #MeToo.Il a cependant ajouté que le procès, qui doit s\u2019ouvrir le 9 septembre, restait prévu à cette date.Cela laisse supposer que le nouvel acte ne contient pas de nouveaux chefs d\u2019inculpation.Agence France-Presse Le suspense continue en Italie : le président Sergio Mattarella a décidé jeudi de donner jusqu\u2019à mardi aux formations politiques pour s\u2019entendre sur une nouvelle majorité, deux jours après la chute de la coalition formée par la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles (M5S).Peu avant l\u2019annonce du chef de l\u2019État, le Mouvement 5 étoiles (antisystème) a donné le mandat à ses dirigeants de négocier avec le Parti démocrate (PD, centre gauche) en vue d\u2019un accord de coalition.« Certaines forces m\u2019ont demandé de vérifier » la possibilité d\u2019une majorité au Parlement, a expliqué M.Mattarella, au terme de deux jours de consultations avec l\u2019ensemble des groupes parlementaires.Mais il faut faire « vite dans l\u2019intérêt du pays », a- t-il souligné, annonçant qu\u2019il « tiendra mardi de nouvelles consultations et prendra les décisions nécessaires ».Il Faisons en sorte de réaliser le Brexit d\u2019une façon intelligente et pragmatique dans l\u2019intérêt des deux parties BORIS JOHNSON » « J\u2019ai élevé mes fils.Si Dieu le veut, je les enverrai [pour le djihad] et j\u2019irai aussi avec eux », dit Bilouri Begum.SAJJAD QAYYUM AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 A 7 MONDE AGENCE FRANCE-PRESSE À DOHA Les États-Unis et les talibans afghans ont repris jeudi leurs négociations au Qatar, a rapporté une source américaine, avec pour objectif d\u2019aboutir à un accord historique qui permettrait le retrait des soldats américains d\u2019Afghanistan après 18 ans de conflit.Ce neuvième cycle des discussions entamées il y a un an entre insurgés et Américains s\u2019est ouvert vers 16 h locales, selon la source américaine proche des négociations, qui a requis l\u2019anonymat.Le général Scott Miller, commandant en chef des forces américaines et de l\u2019OTAN en Afghanistan, était présent sur le lieu où se tiennent généralement les négociations, a constaté un journaliste de l\u2019AFP.La rencontre se tient sur fond d\u2019effusion de sang en Afghanistan : deux soldats américains ont été tués mercredi, une dizaine d\u2019explosions ont secoué lundi la ville de Jalalabad (est) et le bilan d\u2019un attentat-suicide revendiqué par le groupe État islamique (EI) contre un mariage samedi à Kaboul est passé à 80 morts.Les États-Unis se sont dits prêts mercredi à conclure les pourparlers.L\u2019accord espéré devrait prévoir le retrait de plus de 13 000 soldats américains d\u2019Afghanistan, avec un calendrier à la clé.Il s\u2019agit de la principale revendication des talibans, qui s\u2019engageraient en retour à ce que les territoires qu\u2019ils contrôlent ne puissent plus être utilisés par des organisations « terroristes ».Un cessez-le-feu entre insurgés et Américains, ou à tout le moins une « réduction de la violence », devrait également figurer dans le texte, qui marquerait l\u2019histoire 18 ans après l\u2019invasion de l\u2019Afghanistan par les États-Unis pour chasser les talibans du pouvoir, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.Washington espère conclure un accord de paix avec les talibans d\u2019ici le 1er septembre, avant les élections afghanes prévues le même mois et la présidentielle américaine en 2020.Le processus de négociation «se passe bien», a affirmé jeudi à l\u2019AFP le négociateur en chef taliban Abbas Stanikzai.« On est là-bas depuis 18 ans, c\u2019est ridicule », a encore une fois pesté mardi le président américain Donald Trump.« Nous négocions avec le gouvernement et nous négocions avec les tali- bans », a-t-il ajouté.« Nous avons de bonnes discussions et nous verrons ce qu\u2019il advient.» Après ce nouveau cycle de négociations, l\u2019émissaire américain Zalmay Khalilzad doit se rendre à Kaboul pour « encourager » les préparatifs en vue des négociations interafghanes, d\u2019après le département d\u2019État américain.Certaines questions épineuses restent à régler, comme le partage du pouvoir avec les talibans, l\u2019avenir du gouvernement actuel et le rôle de puissances régionales comme l\u2019Inde ou le Pakistan.AFGHANISTAN Reprise des négociations entre les États-Unis et les talibans Le groupe Hizb- ul-Mujahideen, dont on voit le chef, Sayeed Salahuddin, entouré de militants en 2017, pourrait reprendre les armes « si l\u2019Inde ne met pas fin à l\u2019oppression ».SAJJAD QAYYUM AGENCE FRANCE-PRESSE de graves implications pour le Pakistan », a-t-il estimé.Un attentat suicide revendiqué par des rebelles pakistanais au Cachemire indien a failli déclencher une nouvelle guerre en début d\u2019année, entraînant des frappes aériennes entre les deux pays.Un nouvel attentat saperait l\u2019autorité morale d\u2019Islamabad sur ces groupes et entraverait les efforts pour remettre l\u2019économie sur les rails.Le Pakistan espère un nouveau renflouement du Fonds monétaire international et cherche à tout prix à éviter d\u2019être placé sur une liste noire par un organisme de surveillance du financement a averti qu\u2019il donnera son feu vert uniquement à un exécutif « capable d\u2019obtenir la confiance » du Parlement, avec une majorité solide, «autour d\u2019un programme de gouvernement» précis.Car l\u2019Italie est «un grand pays», qui fait face à de nombreux défis: «le début de nouvelles institutions européennes» et «une situation poli tique et économique internationale incertaine».À défaut, a- t-il reconnu, il n\u2019y aurait plus moyen d\u2019éviter un retour immédiat aux urnes, une perspective qui l\u2019inquiète, car ce scrutin tomberait au milieu de l\u2019élaboration du budget 2020 de la troisième économie de la zone euro, endettée et en panne de croissance.Pas de réconciliation M5S-Ligue Les promoteurs d\u2019un mariage PD-M5S disposent donc d\u2019un délai supplé - mentaire de quatre jours.Le chef du M5S, Luigi Di Maio, qui mènera les négociations pour son parti, a égrené 10 points impératifs pour une nouvelle « majorité au service des citoyens ».D\u2019abord, la réduction du nombre de parlementaires (à 600 contre 950, un record en Europe), qui attend d\u2019être adoptée en dernière lecture au Parle - ment.Autre revendication: «un budget équitable », avec l\u2019instauration d\u2019un Luigi Di Maio salaire minimum ainsi que des aides aux familles, des baisses d\u2019impôts pour les entreprises et un plan d\u2019investis - sement pour le Sud.Le patron du PD, Nicola Zingaretti, a estimé que les propositions de Di Maio et celles du PD « font émerger un cadre qui permet à coup sûr de commencer à travailler».M.Di Maio a en revanche fermé la porte à une réconciliation avec son ex- allié Matteo Salvini, critiquant « des caprices d\u2019été », à propos de l\u2019annonce abrupte le 8 août par le chef de la Ligue (extrême droite) de la « rupture unilatérale » de leur alliance.Aux yeux de Di Maio, le M5S ne peut pas retourner aux urnes comme le réclame M.Salvini, car il y a « encore tant de choses à réaliser ».Dans ses 10 points, le vice-premier ministre sortant n\u2019a pas mentionné l\u2019Europe, alors que le PD lui a demandé « une confirmation de la vocation européenne de l\u2019Italie », parmi cinq conditions « non négo ciables ».Les quatre autres conditions posées par le PD sont la « centralité du Parlement », une crois sance respec tueuse de l\u2019environ nement, un change ment de cap radical dans la gestion des migrations et un virage économique vers plus de redistribution et d\u2019inves tissements.Le M5S, né du rejet de la vieille classe politique, a fondé une partie de son succès sur ses critiques envers l\u2019Europe, mais pour cette formation tombée de 32 % aux législatives de 2018 à environ 15-16 % des intentions de vote aujourd\u2019hui, un scrutin anticipé serait catastrophique, selon les analystes.Maria Cartabia Avant le M5S, Matteo Salvini était monté au palais présidentiel du Quirinal pour réitérer son exigence d\u2019élections immédiates : « La voie royale ne peut pas être celle de jeux de pouvoir, de manœuvres de palais, c\u2019est celle des élections.» M.Salvini aurait voulu miser sur les sondages, qui créditent son parti de 36 à 38 % des voix, et plus de 50 % à l\u2019ensemble de la droite.Si une majorité PD-M5S se dégage, il faudra aussi une personnalité pour diriger le gouvernement.Un nom aurait la faveur du président, celui de Marta Cartabia, âgée de 56 ans, vice- présidente de la Cour constitutionnelle italienne, au profil de médiatrice et ouvertement pro-européenne.Ce serait une première pour l\u2019Italie, qui n\u2019a jamais été dirigée par une femme.Nous négocions avec le gouvernement et nous négocions avec les talibans DONALD TRUMP » du terrorisme.«Toute activité djihadiste au Cachemire causera d\u2019énormes dégâts au Pakistan, tant sur le plan diplomatique que sur le plan économique», a renchéri l\u2019analyste Khalid Ahmed.Selon lui, les djihadistes ne sont pas sous le contrôle total du gouvernement, «ils ne l\u2019ont jamais été».Myra MacDonald, experte des groupes djihadistes au Cachemire, a comparé l\u2019emprise d\u2019Islamabad sur les rebelles au fait d\u2019« ouvrir et fermer un robinet qui fuit ».« Quoi que fasse le Pakistan, il y aura toujours de l\u2019eau qui s\u2019écoulera.» Évoquant l\u2019attentat de Mumbai (Inde) en 2008 perpétré par des rebelles pakistanais du Lashkar-e-Taiba, qui a tué plus de 160 personnes, elle rappelle que « les groupes djihadistes étaient alors agités et avaient besoin d\u2019une attaque spectaculaire pour satisfaire leurs partisans ».« Un peu comme les grandes entreprises, ces groupes ont besoin de faire de la publicité pour leur marque de temps en temps afin de récolter de l\u2019argent et du soutien », a indiqué Myra MacDonald.Et selon elle, « ce risque persistera jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient complètement démantelés ». epuis l\u2019arrestation de la numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei par le Canada, à la suite d\u2019une demande d\u2019extradition américaine, Pékin ne cesse de montrer les crocs.La primauté du droit est le dernier souci du gouvernement chinois, qui veut uniquement la libération séance tenante de Meng Wanzhou.Les autorités chinoises ne lésinent pas sur les moyens pour tenter de faire plier Ottawa : détention arbitraire des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, accusés d\u2019espionnage, condamnation à mort de deux Canadiens trouvés coupables de trafic de drogue, représailles commerciales contre les exportateurs canadiens de canola, de porc et de bœuf\u2026 Le ton a monté d\u2019un autre cran cette semaine après que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Free- land, eut joint sa voix à celle de son homologue européenne Federica Mogherini pour inviter tous les protagonistes de la crise à Hong Kong à « faire preuve de retenue, [à] rejeter la violence et [à] prendre des mesures urgentes pour désamorcer la situation ».Cette réponse mesurée aux manifestations prodémo- cratiques qui durent depuis deux mois a valu à Mme Free- land, et seulement à elle, les remontrances du ministère chinois des Affaires étrangères.« Remarques irresponsables », « grossière ingérence dans les affaires internes de la Chine », a déclaré le porte-parole du ministre sur les ondes d\u2019une télévision locale.Et ça ne s\u2019est pas arrêté là.« Nous demandons au camp canadien de réfléchir profondément à ses erreurs, de se mettre dans une position plus correcte et de cesser ses méfaits avant qu\u2019il ne soit trop tard », a-t-il ajouté, menaçant.Selon l\u2019ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, on est face à la nouvelle diplomatie chinoise telle que pratiquée sous la présidence de Xi Jinping.On ne cherche plus à sauver la face et à éviter d\u2019embarrasser son interlocuteur, on joue du muscle.Le fait que la ministre canadienne soit une femme y est peut-être aussi pour quelque chose, mais c\u2019est avant tout sa réputation de solidité qu\u2019on veut ébranler.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas la première fois qu\u2019un gouvernement étranger la prend à partie parce qu\u2019elle se tient debout.Le président américain Donald Trump l\u2019a critiquée durant les négociations de l\u2019ALENA.Les Russes lui interdisent toujours de mettre les pieds chez eux.Ce dernier accrochage avec Pékin est aussi le reflet, note M.Saint- Jacques, des mauvaises relations qui sévissent entre les deux pays.De toute évidence, le Canada cherche encore comment interagir avec cette nouvelle Chine plus puissante et sûre d\u2019elle, peu soucieuse des règles internationales et encline à bousculer et à intimider ceux qui se trouvent sur son chemin ou qui se mêlent de ce qu\u2019elle considère comme une affaire intérieure.Mercredi, à Montréal, lors d\u2019un discours sur la politique étrangère, le premier ministre Justin Trudeau a souligné la longévité des relations diplomatiques sino-canadiennes, mais aussi les désaccords anciens et nouveaux.Mais dans ce cas, comme avec d\u2019autres partenaires puissants, « nous n\u2019intensifions pas les crises, mais nous ne cédons pas non plus ».Mme Freeland a déjà prouvé qu\u2019elle savait se tenir debout, elle doit persister même si face à la Chine, cela exige beaucoup de doigté pour qui veut à la fois défendre l\u2019ordre international et les intérêts canadiens, y compris ceux des citoyens pris en étau.Dans le cas de Hong Kong, le Canada doit continuer à faire front commun avec les autres pays qui défendent le respect de l\u2019accord de cession de ce territoire à la Chine, territoire où vivent 300 000 ressortissants canadiens et à qui on avait promis autonomie, état de droit, liberté d\u2019expression et de presse.LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Gilles Couture Blogueur Le Groupe des Sept \u2014 la France, l\u2019Allemagne, l\u2019Italie, la Grande-Bre- tagne, les États-Unis, le Canada et le Japon \u2014, mieux connu sous l\u2019abréviation G7, qui rassemble les chefs d\u2019État et de gouvernement de sept des principales puissances mondiales, se réunira du 24 au 26 août à Biarritz, dans le sud de la France.Cette année, ce qui rend distinct le G7, ce n\u2019est pas le thème consacré à la lutte contre les inégalités, qu\u2019elles soient sociales, environnementales ou encore sécuritaires, sur les cinq continents, déjà discutées dans les organisations internationales comme l\u2019ONU, mais la guerre commerciale entre Washington et Pékin, les tensions autour de l\u2019Iran et le bras de fer sur le Brexit.D\u2019autres sujets contextuels de préoccupation seront traités de manière informelle par les décideurs du G7, tels que la taxation des géants du numérique, la crise hong- kongaise, l\u2019élection éventuelle d\u2019un gouvernement d\u2019extrême droite en Italie hostile à l\u2019Union européenne et le cas de l\u2019Italie comme premier pays membre du G7 à intégrer le projet d\u2019infrastructures maritimes, ferroviaires et numériques en Europe et en Afrique lancé par Pékin en 2013.De manière globale, jamais cette réunion annuelle ne s\u2019est annoncée aussi tendue, pas même au moment où l\u2019axe Paris-Berlin en partenariat avec la Russie a refusé de participer à la guerre en Irak en 2003.La tenue d\u2019un G7 à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, aggrave les préoccupations indépendantistes au Pays basque, en Catalogne et en Galice, des troubles politiques et du désordre social menaçant l\u2019unité politique de l\u2019Espagne sont prévisibles.Dans les faits, l\u2019Espagne n\u2019est pas un État fédéral, mais un État des autonomies, dont l\u2019architecture institutionnelle est née en 1979 avec l\u2019approbation du statut d\u2019autonomie de la Catalogne, reconnue par la Constitution de 1978 comme une nationalité historique, de même que le Pays basque et la Galice.Mieux encore, pour une majorité d\u2019indépendantistes basques et catalans, un État hors de l\u2019Union européenne est aussi impensable.Leurs convictions sur l\u2019engagement des communautés autonomes dans la politique communautaire sont aux antipodes de celles de Donald Trump, Boris Johnson et Matteo Salvini, respectivement président américain, premier ministre britannique et peut-être futur premier ministre italien, qui seront présents au G7 de Biarritz.C\u2019est dans un tel contexte que la Direction générale de la sécurité intérieure de la France s\u2019attend à ce que des casseurs internationaux instrumentés convergent entre des territoires proches par leur localisation de l\u2019Eurocité basque Bayonne-San-Se- bastián, qui s\u2019étend le long de cinquante kilomètres de côtes du golfe de Gascogne, de part et d\u2019autre de la Bidassoa, petit fleuve qui forme la frontière entre la France et l\u2019Espagne.Les organisateurs du contre-som- met au G7, qui attendent 12000 participants, prendront leurs quartiers à Urrugne, commune voisine d\u2019Hen- daye.Ce contre-sommet est organisé par des mouvements sociaux du Pays basque, de la France et de l\u2019Europe.Le 24 août, une grande manifestation partira d\u2019Hendaye pour rejoindre Irun, en Espagne.Lors des conférences et ateliers du contre- sommet au G7, il sera question, entre autres, de migrations, de luttes féministes, d\u2019urgence climatique ou d\u2019autoritarisme.Des ONG nationales et internationales ont défini un cahier de leurs charges pour que les solutions envisagées par les décideurs du G7 de Biarritz ne soient pas décidées en vase clos, mais discutées avec les représentants de la société civile, et cela dans une perspective de démocratie citoyenne.Une sortie prématurée La rentrée scolaire est à nos portes et le branle-bas de combat médiatique est commencé.Je ne vous parlerai pas des maternelles 4 ans, ni des «nouvelles belles écoles», et encore moins des élucubrations du ministre de l\u2019Éducation.Je m\u2019attarderai plutôt à souligner le défi de plus en plus grand que pose l\u2019enseignement primaire et secondaire pour les enseignants et les enseignantes du secteur public québécois et le désengagement que cela provoque face à une tâche de plus en plus complexe, voire quasi impossible à réaliser pleinement dans les conditions actuelles.Comme un artisan qui peaufine son œuvre, l\u2019acte pédagogique se veut l\u2019aboutissement d\u2019un travail de réflexions créatrices, qu\u2019aucun artifice technologique ne pourra seul remplacer.On aura beau utiliser des tableaux interactifs, des ordinateurs, le Web ou tout autre gadget à la mode, rien ne viendra supplanter la relation privilégiée du prof avec ses élèves dans le processus d\u2019apprentissage.La tendance Qu\u2019est-ce qui rend distinct le sommet du G7 2019 à Biarritz ?LIBRE OPINION LETTRES RELATIONS CANADA-CHINE Résister à l\u2019intimidation SIGNES RELIGIEUX Heureux retour à la raison D \u2019année scolaire ne commence pas comme elle s\u2019est terminée, dans le tumulte et la crânerie.Du lot des commissions scolaires récalcitrantes qui avaient décidé de braver la Loi sur la laïcité de l\u2019État en permettant le port de signes religieux à leurs nouveaux enseignants, quelques-unes sont revenues à leurs sens et ont décidé de rentrer dans le rang.Elles respecteront la loi.Celle-ci interdit le port de signes religieux au personnel enseignant, mais prévoit une clause de droits acquis pour tous ceux qui ont été embauchés avant le 27 mars 2019.Voilà un heureux retour à la raison.Il eut été invraisemblable et surtout chaotique de se retrouver avec des écoles publiques adeptes de la désobéissance civile.Selon les informations obtenues par Le Devoir, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) suivra la consigne édictée par la direction générale, et malgré le désaccord de principe très marqué de certains élus, tout indique que, la semaine prochaine, la plus imposante commission scolaire du Québec activera le plan de mise en application de la loi.La CSDM avait erré deux fois plutôt qu\u2019une en matière de Loi sur la laïcité : en tournant le dos à la loi, et en plaçant ses directions d\u2019école dans l\u2019absurde en les forçant à colliger des données sur le port de signes religieux chez le personnel enseignant.D\u2019autres commissions scolaires entrent dans le rang : Marguerite-Bour- geoys et Pointe-de-l\u2019Île appliqueront la loi.Même chez les anglophones En- glish-Montréal et Lester-B.-Pearson, on hésite après avoir flirté avec l\u2019idée de l\u2019illégalité.Des décisions seront prises prochainement.Ces volte-face surviennent sûrement après l\u2019examen sérieux des conséquences possibles \u2014 la perspective d\u2019une mise en tutelle de la CSDM, telle qu\u2019évoquée par Québec, a sûrement pesé lourd dans la balance.Ces commissions scolaires, toutes dans le giron de Montréal, avaient plusieurs raisons de craindre l\u2019imposition de la loi : elles arguent que le recrutement de personnel, en pleine pénurie, sera ardu ; elles craignent le message d\u2019exclusion et d\u2019intolérance envoyé aux enfants ; elles ont peur enfin des poursuites et des coûts que celle-ci pourrait engendrer.Toutes ces peurs, si justifiées soient-elles, ne valent pas une fronde à la loi.Adopter la voie docile n\u2019exemptera pas les commissions scolaires et les écoles des situations difficiles avec lesquelles elles devront composer en raison de la Loi sur la laïcité, car des protestations sont à prévoir.Souhaitons que ces tracasseries se règlent en dehors des classes, n\u2019entraînent pas de bras de fer entre les directions d\u2019école et les commissions scolaires et ne détournent personne de leur mission première, soit la réussite des élèves.L ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Résoudre la crise Afin d\u2019aider et de protéger les médias écrits à long terme, je crois qu\u2019il serait beaucoup plus opportun d\u2019avoir une loi qui obligerait les gouvernements, villes et municipalités à dépenser un pourcentage X de leur budget dans les médias écrits, un peu comme la règle du 1% dans le domaine des arts lors de la construction d\u2019immeubles.Ces dépenses récurrentes pourraient servir à mieux informer les gens dans plusieurs autres aspects qui les concernent plutôt que se cantonner sur les seuls avis publics, qui ne sont lus que par une infime partie de la population.Je suis entièrement d\u2019accord avec le fait que les médias doivent être aidés tout en protégeant leur indépendance, mais encore faut-il que cette aide touche une information de qualité et serve la population.Richard Nardozza Le 20 août 2019 vers une déprofessionnalisation du métier de l\u2019enseignement par une multiplication des tâches à accomplir et une surveillance patronale tatillonne des gestes quotidiens au travail ont contribué à déshumaniser ce qui était pourtant simple et efficace.D\u2019autant plus que la lourdeur de la clientèle scolaire va en augmentant et que les ressources ne suivent pas cette progression.Il est temps que le gouvernement Legault prenne acte de ces régressions et propose des solutions réalistes au lieu de miser sur un tape- à-l\u2019œil qui ne règle pas le fond du problème.À cet effet, est-il normal que la classe enseignante au Québec soit la moins bien rémunérée au Canada ?La valorisation du travail des profs passe par une reconnaissance sociale de leur rôle, et le salaire en fait partie.La CAQ a beaucoup parlé d\u2019éducation lors de la campagne électorale et François Legault a même indiqué, lors du dernier congrès de la Commission de la relève, que l\u2019éducation était un beau projet de société.Espérons qu\u2019elle actualise ses promesses lors de la prochaine négociation pour le renouvellement de la convention collective des enseignants et des enseignantes.De même, les parents ne pourraient-ils pas faire une chaîne humaine autour des profs de leurs enfants pour les appuyer, afin qu\u2019ils n\u2019en viennent pas à quitter la profession, épuisés et désabusés?Marcel Perron Neuville, le 19 août 2019 MANON CORNELLIER MARIE-ANDRÉE CHOUINARD A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Un peuple de winners L a fin de semaine dernière, l\u2019aile jeunesse de la CAQ rejetait l\u2019idée d\u2019affranchir le Québec des paiements de péréquation, tout juste après que le premier ministre al- bertain, Jason Kenney, dans une vidéo publiée sur Twitter, eut reproché au Québec de se priver de revenus en refusant d\u2019exploiter ses gaz de schistes, pour profiter paresseusement de la richesse alber- taine via la péréquation.Dimanche, François Legault s\u2019est défendu en affirmant que la péréquation faisait partie du « deal original », celui sur lequel repose la fédération canadienne, et que le Québec n\u2019avait pas à avoir honte \u2014 présumant qu\u2019il y a un sentiment d\u2019une telle nature à dissiper.Ce printemps, Legault, qui entretient visiblement un rapport ambigu avec les principes de redistribution en général, affirmait que la péréquation constitue « le premier avantage » à rester dans le Canada, mais qu\u2019il faut néanmoins veiller à ne pas trop en recevoir, de peur d\u2019être mis « dans le même paquet que les provinces maritimes.» Pas de honte, donc, mais tout de même, le Québec doit prouver qu\u2019il peut, lui aussi, générer plus de revenus.Tout signe d\u2019interdépendance, tout recours à la solidarité, est un aveu de faiblesse pour quiconque voit dans la richesse une preuve de vertu, sans égard aux formes sociales que sous-tend sa création.Par ailleurs, lorsque Legault défend la péréquation en affirmant qu\u2019elle est au cœur du bricolage constitutionnel qu\u2019est le Canada, il applaudit l\u2019unité canadienne en se trompant sur ses fondements.Le premier ministre albertain le lui a d\u2019ailleurs rappelé, quoique de façon opportuniste, en soulignant sur Facebook que la péréquation ne fait pas partie du socle originel de la Confédération.Le politologue Louis Massicotte l\u2019expliquait bien, cette semaine, dans une lettre parue en ces pages : la loi constitutionnelle de 1867 prévoyait certes un paiement aux provinces pour assurer le fonctionnement de leurs institutions, mais cela n\u2019était pas réservé aux provinces les plus pauvres.Pour retracer l\u2019origine de la péréquation, il faut citer le rapport de la Commission Rowell-Sirois de 1940, qui évalue la répartition des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les provinces, en fonction de l\u2019impact économique de cette répartition.On y propose des mesures pour atténuer les inégalités financières entre les provinces, lesquelles ont été mises en relief par la crise de 1930.C\u2019est dans ce cadre qu\u2019on propose l\u2019élaboration d\u2019une formule de péréquation, qui entre en vigueur en 1957, à travers une loi qui instaure les versements aux provinces, mais ce système n\u2019est constitutionnalisé qu\u2019avec la loi constitutionnelle de 1982.Non, la péréquation ne fait pas partie du « deal original ».Mais plus encore, il faut dissiper l\u2019idée que la fédération canadienne soit fondée sur un quelconque principe de solidarité, et voir plutôt comment, après la guerre, et hanté par la crise des années 30, on a cherché à inventer un sens à ce pays fondé pour l\u2019essentiel sur un projet d\u2019exploitation.Le « deal original » dont parle François Legault n\u2019existe pas, ou si peu, ce qui d\u2019ailleurs est évident si l\u2019on compare avec nos voisins du Sud, qui eux connaissent leur moment fondateur.Ses traces sont bien visibles, dans les institutions, les lieux et, surtout, dans les textes qui fondent une idée nationale adossée à des écrits, à des récits (la Déclaration d\u2019Indépendance, la Constitution, la Bible, même).Avec cela vient bien sûr une charge de violence \u2014 vous connaissez ma méfiance face aux nationalismes de tous acabits.Mais faut- il rappeler que le Canada n\u2019a pas eu de constitution écrite et unifiée avant 1982 ?Il y a un vide au fondement de ce pays, qui laisse toute la place aux perpétuels tiraillements entre le nationalisme québécois et les rancœurs albertaines ; ou entre tous les morceaux de ce pays qui, au départ, est plutôt quelque chose comme un chemin de fer.En ce sens, la péréquation, pour y revenir, instaure une solidarité de façade.Elle distribue des fonds entre les provinces, sans considérer vraiment les conditions qui produisent la pauvreté, la défavorisation, là où elles se concentrent.Elle équilibre des parts selon un principe d\u2019attribution neutre, sans attachement particulier à une idée de justice ou d\u2019équité ; ce qui est au fond à l\u2019image de l\u2019État canadien, qui n\u2019incarne aucune idée du bien ou de l\u2019unité, s\u2019en remettant plutôt aux liens du droit et du marché.Quant à François Legault, lorsqu\u2019il défend la péréquation comme premier avantage de la fédération, défend-il vraiment un principe de redistribution que sa philosophie politique, attachée au règne de la business, refuse ?Mais non.Il y voit un prétexte à l\u2019émulation : le Québec, constatant qu\u2019il reçoit la grosse part du gâteau, doit saisir l\u2019occasion pour faire mieux, afin que le reste du Canada l\u2019aime un peu plus.Legault, nageant ainsi dans les mêmes eaux que Duplessis, veut d\u2019abord montrer que le Québec est une province de gagnants.Il ne s\u2019agit pas de revendiquer plus d\u2019autonomie, de dignité, de justice pour ses citoyens.Il s\u2019agit avant tout de prouver que nous sommes, nous aussi, un peuple de winners.AURÉLIE LANCTÔT Pierre Prud\u2019homme Laval La dernière infolettre du Réseau FA- DOQ nous apprend qu\u2019il y a un changement de garde à la présidence du Réseau de la Fédération de l\u2019âge d\u2019or du Québec, qui rassemble près de 535 000 membres.Mme Gisèle Tassé-Goodman y a été élue et nous l\u2019assurons de notre soutien dans l\u2019exercice de ses fonctions.Nous ne pouvons que nous réjouir du titre de l\u2019article dans lequel Mme Tassé-Goodman présente l\u2019esprit dans lequel elle entend travailler: «Vieillissement de la population: il faut agir au lieu de réagir».Parmi les priorités nommées par la nouvelle présidente, un enjeu important me semble sous-estimé, soit l\u2019impact sur le bien-être des aînés et sur celui de nos enfants et petits-enfants de la crise environnementale caractérisée particulièrement par le réchauffement climatique.L\u2019infolettre contient bien un article qui traite de « la santé des aînés menacée par le réchauffement climatique », ce qui permet au Réseau de prodiguer ses conseils pour éviter les excès de chaleur néfastes sur la santé.Conseils nécessaires et judicieux.Toutefois, rappelons-nous que ces épisodes de chaleur ne seront pas seulement plus fréquents, mais aussi de plus en plus intenses.Cet article est de l\u2019ordre de l\u2019adaptation aux conditions climatiques et de la réaction.Voici quelques questions sur lesquelles pourrait se pencher un Réseau FADOQ qui veut «agir» plutôt que «réagir».Comment les rapports du GIEC (Groupe international des experts sur l\u2019évolution du climat) influencent-ils le plan d\u2019action du Réseau FADOQ ?On se rappellera que le GIEC nous met en garde depuis des décennies contre les conséquences extrêmes du réchauffement climatique (multiplication de la fréquence et de l\u2019intensité des inondations, des périodes de sécheresse, des épisodes de chaleur extrême, des incendies de forêt dévastateurs, de la détérioration accélérée des infrastructures, etc.).Tout comme pour l\u2019ensemble de la population, les aînés sont touchés par ces réalités, et ils le seront encore davantage.Ce n\u2019est pas être alarmiste que de l\u2019affirmer.C\u2019est la science qui le dit.Qu\u2019est-ce que le Réseau entreprend pour mobiliser les aînés sur cet enjeu?Beaucoup d\u2019aînés vivent des fonds de retraite publics et privés.Comment le Réseau FADOQ se positionne-t-il vis-à- vis des investissements qui sont maintenus dans les entreprises à énergie fossile, nous transformant, par l\u2019utilisation de nos épargnes, en complices de la détérioration des conditions de vie de nos enfants et petits-enfants ?D\u2019autant plus qu\u2019il est démontré que des investissements dans d\u2019autres secteurs que les énergies fossiles sont souvent plus rentables que dans ces dernières et qu\u2019ils ne compromettent nullement notre sécurité financière.Notre santé psychique et physique peut-elle ne pas être altérée lorsque nos enfants et petits-enfants auront à subir les soubresauts du climat ?La destruction engendrée par les conséquences extrêmes du réchauffement du climat sollicitera de plus en plus d\u2019investissements publics, entre autres pour la reconstruction.Cela ne risque-t-il pas de représenter autant de ressources qui ne seront plus disponibles pour permettre à l\u2019État d\u2019assumer ses responsabilités sociales, par exemple dans les secteurs de la santé, de l\u2019éducation et de la culture?Le Réseau FADOQ a sûrement quelque chose à dire sur le développement des transports en commun, sur l\u2019aménagement du territoire, sur une transition vers une alimentation faisant plus de place aux protéines végétales, sur l\u2019électrification des transports, etc.La solidarité intergénérationnelle nécessaire à la qualité du vivre ensemble et à un meilleur partage des ressources n\u2019a pas de prix.Mais elle peut s\u2019avérer bien fragile.Quand les sautes d\u2019humeur du climat compromettront la sécurité de nos enfants et petits-enfants, ceux-ci seront en droit de se tourner vers nous et de nous rappeler ce que Greta Thunberg, cette adolescente suédoise de 16 ans, disait le 21 décembre dernier, à la COP 24 (24e Conférence des Parties à la conven- tion-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) à Katowice, en Pologne: «Vous n\u2019êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont.Même ce fardeau, vous le laissez à nous, les enfants\u2026 Notre biosphère est sacrifiée.Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout.Et pourtant, vous volez leur futur devant leurs yeux.» Se peut-il que la violence incroyable des termes utilisés par ceux qui tentent de la discréditer et même de la détruire dans son intégrité physique et psychique soit à la mesure de la dimension exacte de ce cri du cœur : celui d\u2019une génération entière qui demandera légitimement des comptes ?Nous, les aînés, n\u2019avons pas à porter la responsabilité totale de l\u2019état de la planète qui, particulièrement depuis 200 ans, a vu son écosystème être détruit par l\u2019activité humaine.Mais nous y avons contribué beaucoup plus que les efforts qu\u2019il nous aurait fallu consentir pour arrêter cette destruction alors qu\u2019il en était encore temps.Reconnaître cette responsabilité n\u2019a pas pour objectif d\u2019alimenter un sentiment de culpabilité stérile.Cela s\u2019avère un premier pas nécessaire pour nous amener à nous impliquer et pour faire en sorte que les jeunes sachent que les aînés sont à leurs côtés dans cette lutte pour une planète viable.Parce qu\u2019il en va de l\u2019intérêt de tous, cette lutte est aussi la nôtre.Et pour cela, je souhaite que le Réseau FADOQ, dont je suis fier d\u2019être membre, joue un rôle actif en ce sens.Pour une FADOQ solidaire des jeunes Pierre Chastenay Professeur en didactique des sciences, UQAM Dans son édition du 21 août dernier, Le Devoir nous apprenait que le ministre de l\u2019Éducation du Québec, M.Jean- François Roberge, n\u2019était pas en mesure de nous dire d\u2019où proviennent les enfants qui entreront bientôt dans les toutes nouvelles classes de maternelle 4 ans.Interrogé sur la question de savoir s\u2019il était possible que ces enfants aient été auparavant inscrits dans un service de garde, le ministre a candidement répondu qu\u2019il n\u2019avait aucune donnée à ce sujet : « Moi, je pense qu\u2019il y en a beaucoup qui n\u2019étaient dans aucun réseau parmi ceux qui s\u2019inscrivent en maternelle 4 ans.D\u2019après moi, il y en a beaucoup qui n\u2019étaient nulle part.» Sur quoi M.Roberge fonde-t-il son opinion ?« C\u2019est les échos que j\u2019ai.» Est-ce qu\u2019une opinion basée sur des échos est la meilleure base sur laquelle fonder des politiques publiques ?Comme on dit, poser la question, c\u2019est y répondre\u2026 Changeons de décor.Au Brésil, le président, Jair Bolsonaro, a récemment limogé le directeur de l\u2019Institut national de recherche spatiale (INPE) sous prétexte que les données recueillies par les satellites de l\u2019agence brésilienne concernant la déforestation de l\u2019Amazonie avaient été faussées en faveur des groupes environnementaux, que le nouveau gouvernement abhorre, et au détriment des éleveurs de bétail, premiers soutiens de la droite brésilienne, qui ont semble-t-il déjà entrepris de raser de vastes superficies de forêt au profit de leurs troupeaux.On en veut pour preuve l\u2019augmentation spectaculaire des incendies de forêt enregistrée dans cette partie du monde depuis un mois par les satellites de la NASA, entre autres.Quelle meilleure façon de se débarrasser d\u2019un message embarrassant que d\u2019éliminer le messager et ses données scientifiques qui nous contredisent ?À propos de ces incendies de forêt, le président brésilien accuse d\u2019ailleurs les ONG environnementalistes de les avoir allumés volontairement, tout en admettant n\u2019avoir aucune preuve à présenter pour étayer ses accusations.À propos d\u2019environnement, on n\u2019a qu\u2019à regarder vers nos voisins du sud pour constater là aussi un assaut contre les données probantes issues de la recherche.Depuis l\u2019arrivée au pouvoir du président étasunien Donald Trump, l\u2019EPA, l\u2019Environmental Protection Agency, subit une véritable saignée aux mains de son nouveau directeur, Andrew R.Wheeler, et de Scott Pruitt avant lui, deux climatosceptiques notoires.Et comment s\u2019y prend-on ?En réduisant les capacités de l\u2019agence à fournir des résultats scientifiques qui permettraient au gouvernement de prendre des décisions éclairées par les meilleures données disponibles.Ou, pour le dire autrement, qui empêcheraient le gouvernement de faire ce qu\u2019il veut pour plaire aux nombreux lobbys pour qui la protection de l\u2019environnement est un obstacle au profit.Il y a, à travers ces exemples, fort différents les uns des autres, reconnais- sons-le, une constante qui devrait tous nous inquiéter : la prise de décisions basée sur des opinions personnelles, des intuitions, des « échos », ou tout simplement sur une mauvaise science \u2014 ou pas de science du tout.Les politiques publiques ne seront jamais parfaites ni ne plairont à tous : elles sont le produit de compromis atteints par des personnes qui ont souvent des intérêts divergents.Mais on peut certainement rendre le processus plus rigoureux en se basant sur ce qui devrait faire consensus, c\u2019est-à-dire les données probantes issues de la recherche scientifique.La science nous offre les meilleures connaissances disponibles ici et maintenant à propos des phénomènes (naturels, sociaux, etc.) qui se déroulent autour de nous.Comme toute entreprise humaine, la science est faillible, bien entendu, mais elle se base aussi sur un processus autocorrecteur unique qui la fait converger vers une « vérité » toujours plus grande.Comme le clamait il y a quelques années la publicité d\u2019un courtier immobilier bien connu, la science, « on serait fou de s\u2019en passer » ! John Adams (1735-1826), l\u2019un des auteurs de la déclaration d\u2019indépendance américaine, et qui allait devenir le second président des États-Unis, a un jour dit : « Les faits sont têtus ; quels que soient nos désirs, nos inclinations ou les édits de nos passions, ils ne peuvent modifier l\u2019état des faits et des preuves.» Voilà qui devrait inspirer nos décideurs publics et nos représentants élus.À moins qu\u2019ils ne choisissent plutôt de s\u2019inspirer d\u2019une citation d\u2019un autre Américain célèbre, Mark Twain (1835-1910), qui écrivait : « Obtenez d\u2019abord les faits, vous pourrez ensuite les déformer à votre guise.» Où sont les données probantes sur lesquelles baser nos politiques publiques ?Faut-il rappeler que le Canada n\u2019a pas eu de constitution écrite et unifiée avant 1982 ?Il y a un vide au fondement de ce pays.Nous, les aînés, n\u2019avons pas à porter la responsabilité totale de l\u2019état de la planète [.].Mais nous y avons contribué beaucoup plus que les efforts qu\u2019il nous aurait fallu consentir pour arrêter cette destruction alors qu\u2019il en était encore temps.SERGEY AK GETTY IMAGES LEDEVOIR // LE VENDREDI 23 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 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Archives nationales du Québec, 2007.La forêt amazonienne, véritable « poumon de planète » et joyau unique de biodiversité, subit des incendies majeurs qui seraient directement liés à la déforestation.Une situation qui suscite de vives réactions et qui met en lumière la détermination du président brésilien Jair Bolsonaro à défendre le développement industriel en Amazonie.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR L\u2019Amazonie brûle.La faute à qui ?Cette image satellite, captée le 21 août, montre les incendies en cours dans les États brésilens du Mato Grosso (en bas à droite) et de Rondonia (en bas au centre).NASA/AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Amazonie doit être protégée », résumait jeudi sur Twitter le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gu- terres, se disant « profondément préoccupé » par l\u2019ampleur des feux de forêt qui frappent une région critique dans un contexte de crise climatique mondiale, puisqu\u2019elle est « une source majeure d\u2019oxygène et de biodiversité ».Les propos de M.Guterres ont fait écho aux multiples réactions politiques \u2014 le président français Emmanuel Macron évoquant une «crise internationale» qui sera au menu du G7 \u2014 et citoyennes qui, à l\u2019échelle internationale, ont essaimé au cours des derniers jours.Et pour cause.Selon des données publiées mardi par l\u2019Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE), une agence fédérale de surveillance de la déforestation et des incendies de forêt, le pays connaît cette année un nombre record de feux de forêt, soit déjà 74155 foyers d\u2019incendies.Uniquement depuis la dernière semaine, quelque 9500 nouveaux foyers actifs auraient été recensés, selon l\u2019INPE.Ce nombre représente une augmentation de 84 % par rapport à la même période l\u2019année dernière, mais aussi un record depuis le début de ce type de relevés, en 2013.La hausse a été particulièrement marquée dans les États du Brésil occupés en totalité ou partiellement par la forêt amazonienne, comme celui du Mato Grosso, situé dans l\u2019ouest du pays, avec 13 682 départs de feu (soit une hausse de 87 %).L\u2019ampleur des feux est telle que certaines villes, dont la mégalopole Sao Paulo, cœur financier du pays, se sont retrouvées envahies de nuages noirs imputables à la fumée provenant de secteurs de la forêt amazonienne en flammes.Qu\u2019est-ce qui a bien pu provoquer une telle augmentation des incendies?Le président d\u2019extrême droite, Jair Bolso- naro, a rapidement insinué, mercredi, que les organisations non gouvernementales qui se consacrent à la protection de l\u2019Amazonie pourraient avoir elles-mêmes allumé ces feux, afin d\u2019attirer l\u2019attention sur les compressions qui leur ont été imposées par le gouvernement Bolsonaro.Jeudi, il a accusé les médias d\u2019avoir déformé ses propos, tout en insinuant la même chose que la veille.Il a ainsi affirmé qu\u2019il pourrait tout aussi bien accuser « les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens.[\u2026] Tout le monde peut être suspect.Mais les plus forts soupçons viennent des ONG », a dit celui qui, depuis sa prise du pouvoir en janvier, a éliminé plusieurs postes clés dans les organisations gouvernementales consacrées à l\u2019analyse de la déforestation, à la lutte contre les crimes environnementaux et à la protection de la biodiversité.Feux et déforestation Concrètement, les feux ne sont toutefois pas le fait des organisations environnementales, mais plutôt une conséquence directe de la déforestation accélérée de la forêt amazonienne.« Les incendies ont toujours eu une origine humaine », a expliqué à l\u2019Agence France- Presse Paulo Moutinho, chercheur à l\u2019Institut de recherche environnementale sur l\u2019Amazonie.« Le feu est utilisé pour nettoyer des zones déjà défores- tées, pour ouvrir des pistes ou pour préparer des terres à la culture.Le manque de prévention fait que ces incendies se propagent à des zones plus sèches qui n\u2019étaient pas destinées à être brûlées.» «La déforestation explique la majorité des incendies», a-t-il insisté.«Historiquement, ils sont liés à l\u2019avancée de la déforestation, conjuguée à des périodes de saison sèche intense.Mais en 2019 nous n\u2019avons pas une sécheresse aussi sévère que lors des années précédentes.Or, il y a une hausse substantielle des incendies.Tout indique donc que la saison sèche n\u2019est pas du tout le facteur prédominant.S\u2019il y avait eu plus de sécheresse, cela aurait été bien pire.» Le facteur aggravant, cette année, serait donc plutôt l\u2019augmentation marquée de la déforestation, essentiellement dans le but de faire davantage de place au développement agricole, et notamment à l\u2019élevage bovin (le Brésil est un important exportateur de viande de bœuf ).Selon des données publiées au début du mois d\u2019août par l\u2019INPE, la déforestation au Brésil a bondi de 67% sur un an au cours des sept premiers mois « 40 000 Nombre d\u2019espèces végétales 400 Nombre d\u2019espèces de mammifères 1300 Nombre d\u2019espèces d\u2019oiseaux 3000 Nombre d\u2019espèces de poissons L\u2019amazonie, un joyau de biodiversité de 5,5 millions de km2 de l\u2019année.Entre janvier et juillet, pas moins de 4699 km2 de forêt tropicale ont été rayés de la carte, contre 2810km2 pendant la même période de 2018.Au cours du seul mois de juillet, 2255km2 de forêt amazonienne ont disparu.Bolsonaro attaque L\u2019ampleur du phénomène a d\u2019ailleurs incité la Norvège et l\u2019Allemagne à annoncer au cours des derniers jours qu\u2019ils bloqueraient plus de 60 millions de dollars de fonds publics qui étaient destinés au financement d\u2019initiatives de protection de zones boisées du Brésil.Jair Bolsonaro \u2014 un admirateur avoué du président américain Donald Trump \u2014 a répliqué sur les réseaux sociaux en accusant la Norvège de chasser la baleine (ce qui est vrai), mais en diffusant des images d\u2019une chasse aux dauphins menée en fait aux Îles Féroé, un archipel du Danemark.«L\u2019Amazonie est à nous, pas à vous», a ajouté le président brésilien.Ce dernier a d\u2019ailleurs promis, dès son arrivée au pouvoir, d\u2019accélérer le développement économique du pays en misant sur l\u2019exploitation des ressources naturelles, dont les immenses superficies de terres qui, une fois déboisées, pourraient favoriser l\u2019expansion du secteur agricole.L\u2019ancien militaire a aussi promis de revoir la protection des territoires autochtones, qui constituent dans plusieurs cas les seuls véritables remparts contre la déforestation ou l\u2019exploitation des énergies fossiles et des ressources minières.Outre la disparition de la biodiversité unique de ce vaste écosystème, la destruction du «poumon de la planète», situé à 60% en territoire brésilien, risque d\u2019aggraver les répercussions des changements climatiques.Puits de carbone, la forêt absorbe davantage de CO2 qu\u2019elle n\u2019en rejette: elle emmagasinerait 90 à 140 milliards de tonnes de CO2, selon les différentes évaluations disponibles.Cela représente de 7 à 12 fois les émissions annuelles de gaz à effet de serre de la Chine, premier émetteur mondial.Avec l\u2019AFP et AP "]
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