Le devoir, 24 août 2019, Cahier B
[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 PERSPECTIVES Place aux correspondantes de guerre B 4 CHRONIQUE Normand Baillargeon : « L\u2019actualité avec Aristote » | B 3 MONDE Climat et Amazonie au cœur des échanges au G7 | B 7 CHRONIQUE Konrad Yakabuski : « Nos djihadistes » B 9 CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Est-il trop tard ?La commission parlementaire sur l\u2019avenir des médias d\u2019information entamera lundi ses auditions des acteurs du milieu.Le but ?Dresser le portrait des médias d\u2019information d\u2019ici et, surtout, chercher des solutions pour la crise que vit le secteur.Cette réflexion d\u2019urgence survient en pleine « tempête parfaite », au moment où un autre navire médiatique, Groupe Capitales Médias (GCM), avec ses six quotidiens régionaux, est mis à mal, lui aussi, par le cumul des facteurs socioéconomiques qui, en quelques années, a débalancé un modèle d\u2019affaires et d\u2019information historiques.En amont, Le Devoir a pu consulter 11 des 36 mémoires (voir la liste en encadré à la page suivante) qui seront déposés à la commission \u2014 essentiellement ceux des organismes, syndicats et analystes.Les médias tels ceux de Québecor, Radio-Canada, La Presse, Le Devoir, La Gazette ou Télé- Québec ont réservé leurs observations pour le jour de leur audience.S\u2019il faut attendre la semaine prochaine pour voir la complexité de tout le portrait qui y sera dressé, des consensus semblent déjà se dessiner pour ce qui est des solutions envisagées pour préserver l\u2019information au Québec.Intervention de l\u2019État Tous les documents consultés prônent une intervention importante et rapide \u2014 urgente, même \u2014 de l\u2019État.De différentes manières, c\u2019est une même solution qui revient de document en document.Et tous soulignent que celle-ci doit se faire de manière à préserver entièrement l\u2019indépendance des médias.Un paradoxe?Le Centre d\u2019études sur les médias (CEM) et l\u2019Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) montrent l\u2019exemple du financement de la culture au Québec, qui arrive CRISE DES MÉDIAS À la rescousse de la presse Les acteurs du milieu prônent une intervention importante et rapide de l\u2019État à concilier soutien public et saine distance.La constitution d\u2019un Fonds pour le journalisme, qui ferait ainsi tampon entre l\u2019État et les médias, est une des grandes idées récurrentes qui permettrait de sauver la chèvre et le chou.Ce Fonds pourrait être financé par le gouvernement, suggèrent plusieurs, mais aussi par une taxe de vente prélevée par les géants étrangers de la vente numérique sur les transactions qu\u2019ils effectuent au Québec.On retrouve aussi, parmi les suggestions pour emplir cette enveloppe, celle d\u2019ajouter 1 % à la taxe lors de l\u2019achat d\u2019un écran pour équipements électroniques ou celle d\u2019augmenter la TVQ à la fois sur les services de téléphonie et sur les services des Netflix et Spotif de ce monde.Mais pour préserver la liberté de la presse, la majorité des actions de l\u2019État proposées sont indirectes.On retrouve souvent l\u2019idée que le Québec suive l\u2019exemple fédéral en accordant un crédit d\u2019impôt \u2014 certains proposent 25 %, d\u2019autres vont jusqu\u2019à 40 % \u2014 sur la masse salariale totale, ou seulement sur celle des salles de rédaction.L\u2019idée la plus partagée, dans sa forme et dans son fond, est celle du retour de la publicité gouvernementale dans les médias traditionnels ILLUSTRATIONS SÉBASTIEN THIBAULT VOIR PAGE B2 : PRESSE LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 2 Plusieurs pistes de solution PRESSE SUITE DE LA PAGE A 1 L\u2019idée la plus partagée, dans sa forme et dans son fond, est celle du retour de la publicité gouvernementale dans les médias traditionnels.L\u2019État, selon plusieurs, devrait donner là l\u2019exemple.Les investissements dans les médias d\u2019ici devraient au moins être égaux à ceux faits chez les géants du Web.Une motion plus radicale avait même été votée en ce sens en mai dernier, demandant au gouvernement « une réelle exemplarité dans ses dépenses publicitaires, afin de contrer l\u2019exode des revenus publicités des médias traditionnels vers les plateformes numériques étrangères et de garantir la justice fiscale entre celles-ci et les entreprises québécoises ».Pourtant, François Le- gault a rejustifié cette semaine ce placement publicitaire de son gouvernement, arguant que ces grandes plateformes sont incontournables pour rejoindre les gens.Dans la foulée, le retour de la publication des avis publics dans la presse écrite, par tous les niveaux \u2014 municipal y compris, même par obligation légale \u2014, est suggéré.Information régionale L\u2019inquiétude envers la survie de l\u2019information régionale, dont la vitalité est jugée essentielle par pratiquement tous les intervenants, traverse aussi les discours.Actuellement, « on assiste à la disparition des nouvelles locales au profit d\u2019une « mont- réalisation » de l\u2019information », note la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.Les manières de penser son soutien varient grandement : par un fonds ou des subventions ; par le truchement d\u2019investissements renouvelés à Télé-Québec qui serait chargée de les rediriger ; ou en exigeant un soutien de la part des municipalités.Un commun accord se dessine aussi autour d\u2019une révision ou d\u2019une exemption de la taxe sur le recyclage.Alors que les journaux papier paient une taxe pour le recyclage qui JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR « L\u2019idéal, ce serait deux journaux par municipalité », affirme Pierre Fitzgib- bon, ministre de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation du Québec, devant les journalistes qui l\u2019interrogent le 21 août.« C\u2019est sûr que plus il y a de compagnies indépendantes, mieux c\u2019est », a- t-il ajouté en réponse aux questions qui fusent depuis que le groupe de presse Capitales Médias, en situation de K.O.technique, a jeté la serviette et s\u2019est retrouvé placé sous perfusion par l\u2019État.Au Québec, les journaux se sont comptés par milliers.Les archives nationales en ont répertorié au moins 3300 différents en à peine 250 ans.Mais qu\u2019est-il arrivé pour que l\u2019information en vienne très vite à se concentrer entre quelques mains dorées, selon le modèle du grand magnat de presse illustré par le Citizen Kane (1941) d\u2019Orson Welles ?Le règne industriel Le règne des journaux se développe doucement, à partir de la fin du XVIIIe siècle.Mais l\u2019expansion du pouvoir des médias sur la société se fait surtout au siècle suivant, grâce à la Révolution industrielle : des routes, des machines rapides, des presses à turbines et la constitution d\u2019un État permettent aux journaux de s\u2019imposer.Leur nombre va cependant aller en diminuant à mesure que progresse la valse à mille temps des rachats et des successions.Dans les années 1970 seulement, soit bien avant les conditionnements de l\u2019ère numérique, on assiste à la fermeture consécutive de plusieurs journaux importants, dont L\u2019Action (1973), Le Jour (1977), La Patrie (1978), Le Petit Journal (1978), Le Montréal Matin (1978), le Montreal Star (1979).L\u2019uniformisation des contenus qu\u2019encourage un modèle d\u2019affaires qui consiste à vendre le plus grand nombre de lecteurs d\u2019un journal à des annonceurs afin de le financer par la publicité n\u2019est pas sans avoir entraîné les rédactions à se situer sous un même chapiteau d\u2019idées.Au début du XXIe siècle, la migration des budgets publicitaires vers Internet et l\u2019affirmation de la toute-puissance de ce réseau, auquel est par ailleurs consenti un laisser-faire quasi total en matière d\u2019imposition, portent un coup dur à plusieurs journaux.Le cas Power Corporation En novembre 2000, lorsque le groupe Gesca, une créature de Power Corporation, est constitué avec sept quotidiens, le grand mandarin de cet empire levant, M.Guy Crevier, affirme que « la diversité des opinions et l\u2019indépendance des rédactions seront préservées ».Les médias désormais compris dans cette entité affirment d\u2019une voix unie la même chose que lui.Qu\u2019est-ce que signifie la diversité de la presse?Le Nouvelliste, en première page, précise le 11 novembre que le patron de Gesca assure que, «dans tous les journaux, les pages dites \u201cforum\u201d, soit celles ouvertes aux opinions, aux idées et aux débats, font en sorte d\u2019assurer la liberté d\u2019expression de tous les points de vue et limitent les dangers de la promotion d\u2019une pensée unique».Au Soleil, en toute première page aussi, on explique aux lecteurs que cette concentration aux mains de Gesca constitue l\u2019aboutissement d\u2019un processus «naturel», en référence à des tentatives d\u2019achat précédentes.En 1971, le patron de Power Corporation, Paul Desmarais, avait avancé ses pions une première fois pour mettre la main sur Le Soleil.Le 10décembre 1971, il expliquait au quotidien The Gazette que cela était nécessaire pour repousser la «révolution sociale» dont il voit poindre le nez à gauche, chez les indépendantistes.Il indique alors sa volonté d\u2019exercer son contrôle sur la politique éditoriale.À la tête du journal Le Devoir à ce moment, Claude Ryan réplique.Les conséquences d\u2019une telle concentration ne sont pas dans l\u2019intérêt public, dit-il.Cette vente finira par être bloquée par l\u2019État.Le Soleil, Le Droit et Le Quotidien passent chez Unimédia, dirigé par Jacques Francœur, un ancien associé de Desmarais.Une nouvelle tentative d\u2019achat par Power Corp survient en 1987.Elle est à nouveau bloquée, au nom d\u2019un même principe de diversité.En 2000, ce n\u2019est plus seulement Le Soleil, mais aussi La Tribune, Le Nouvelliste, Le Droit, Le Quotidien et La Voix de l\u2019Est qui tombent dans une même escarcelle.La voix de Claude Ryan se fait de nouveau entendre.En vain.Des rapports défavorables à ce mouvement de concentration ne seront pas écoutés.L\u2019Assemblée nationale laisse faire, comme elle aura laissé Québecor concentrer entre ses mains un important nombre d\u2019instances médiatiques.L\u2019unification des différents journaux de Gesca dans un élan numérique commun se révélera un échec financier.Quand, en 2015, Power Corporation annonce qu\u2019elle ne supporte plus ces bilans et cède ces quotidiens, sauf La Presse, à l\u2019ex-ministre Martin Cauchon, proche de la famille Desmarais et sans aucune expérience dans ce milieu, le bureau du premier ministre du Québec indique qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une « transaction d\u2019affaires » et qu\u2019il n\u2019a pas l\u2019intention de s\u2019en mêler.Les dés sont jetés.Le bilan déposé, l\u2019État s\u2019est tout de suite trouvé enjoint de s\u2019en mêler.Les perspectives quant à l\u2019importance de l\u2019information ont-elles pour autant changé?Le ministre de l\u2019Économie, Pierre Fitzgibbon, ne semble pas, en tout cas, vouloir remettre en question les mécanismes qui ont fait que nous en sommes arrivés là.Le 21 août, il a plutôt déclaré qu\u2019«il faut que le mécanisme du journal fasse de l\u2019argent», en ajoutant que «de la rationalisation, il y en a partout».La concentration, de l\u2019exception à l\u2019acceptation Mémoires consultés par Le Devoir Le Devoir a pris connaissance des mémoires des organisations ou personnes suivantes : \u2014 Centre d\u2019études sur les médias \u2014 Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec \u2014 Fédération professionnelle des journalistes du Québec \u2014 Hebdos Québec \u2014 Urbania \u2014 L\u2019auteure et journaliste régionale Marie-Ève Martel \u2014 Association des journalistes indépendants du Québec \u2014 Confédération des syndicats nationaux et Fédération nationale des communications \u2014 Association des médias écrits communautaires du Québec \u2014 Association des radiodiffu- seurs communautaires du Québec \u2014 Le professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa Marc-François Bernier finance la collecte sélective des municipalités, les entreprises de commerce en ligne, comme Amazon, ne la paient pas, malgré les cartons et les emballages que leurs envois ajoutent aux bacs.« Il serait équitable, après toutes ces années, que le commerce de détail en ligne prenne la relève des journaux dans [ce] financement », propose la Confédération des syndicats nationaux-Fédération nationale des communications.Heb- dos Québec demande que ses membres soient soustraits à cette taxe, tout comme le sont les livres.Parmi les gestes plus politiques revient la demande que Québec intervienne auprès d\u2019Ottawa afin de trouver des manières d\u2019au moins freiner l\u2019avancée économique des géants d\u2019Internet et de la vente numérique sur le territoire.Ce pourrait être en revendiquant les pleins pouvoirs sur la réglementation d\u2019Internet et du numérique, sous prétexte de protection culturelle, ou en faisant davantage pression pour que taxes et impôts leur soient imposés.Chose certaine, l\u2019argument que « ça relève du fédéral », comme l\u2019a rétorqué M.Le- gault cette semaine, ne satisfait pas le milieu.Revient également la demande que Québec insiste sur la CRISE DES MÉDIAS LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 3 nécessité de réviser la Loi sur le droit d\u2019auteur \u2014 en suivant, propose la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, l\u2019Union européenne \u2014 mais aussi, parallèlement, celle sur l\u2019accès à l\u2019information, afin de faciliter le travail journalistique.La nécessité de forger une éducation aux médias est l\u2019une des rares solutions à long terme suggérées, et elle est partagée par quelques intervenants.D\u2019autres suggestions apparaissent de manière plus ponctuelle, comme de petits coups de pouce possibles.Exempter les journaux et les hebdos de la TVQ ; offrir un crédit d\u2019impôt aux abonnés des médias d\u2019information québécois comme aux philanthropes qui les appuient par des dons ; encourager par des incitatifs financiers la pub faite dans les médias locaux ou au contraire taxer celle faite par les entreprises d\u2019ici dans les médias étrangers, car « il est dommage de voir des commerçants québécois prêcher pour l\u2019achat local en faisant valoir que les retombées économiques générées par leurs [\u2026] activités demeurent au Québec alors qu\u2019eux-mêmes cessent d\u2019annoncer dans les médias locaux, privilégiant plutôt les Google et Facebook de ce monde », fait valoir la journaliste Marie-Ève Martel.D\u2019autres bouffées d\u2019air possibles ?Instaurer des bourses individuelles pour les journalistes ; proposer des subventions de démarrage aux initiatives citoyennes et communautaires d\u2019information ; reconnaître politiquement l\u2019importance des radios communautaires, etc.La Commission de la culture et de l\u2019éducation sur l\u2019avenir des médias d\u2019information débute lundi après-midi à Québec et se déroulera jusqu\u2019à vendredi prochain.Avec Jérôme Delgado Des modèles d\u2019affaires variés Au cœur de la tempête qui secoue le monde des médias, et dont la Commission de la culture et de l\u2019éducation se fera l\u2019écho dès lundi, se trouvent les journaux, ces entreprises de presse de longue tradition.Voici sur quoi reposent les principaux modèles d\u2019affaires présents au Québec et qui seront discutés lors des auditions sur l\u2019« avenir des médias d\u2019information ».Groupe Capitales Médias Présent avec six quotidiens dans six villes et/ou régions (Québec, Ottawa-Gatineau, Trois-Rivières, Sherbrooke, Saguenay\u2013Lac-Saint- Jean, Granby), Groupe Capitales Médias (GCM) souhaitait faire de l\u2019union sa force \u2014 notamment pour attirer les annonceurs.Créé en 2015, GCM a conservé les éditions papier, et le traditionnel modèle de vente, tout en misant sur la gratuité des éditions numériques.Malgré un soutien d\u2019Investissement Québec lié à un plan financier échelonné jusqu\u2019en 2020, le modèle ne semble pas avoir tenu, au vu du manque de liquidités qui l\u2019ont acculé à la faillite.Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec Les journaux frères, propriété de Québecor, s\u2019appuient sur la santé financière d\u2019une entreprise qui opère dans différents secteurs, notamment celui des médias électroniques comme TVA, Vidéotron et, depuis peu, Radio Qb.Québecor est l\u2019exemple souvent cité (et parfois décrié) pour évoquer la réalité de la concentration des médias.Ses journaux de Montréal et de Québec demeurent néanmoins soumis à la baisse de revenus publicitaires, dont souffre le milieu des médias.Le Devoir Unique en son genre au Québec du fait de son indépendance, Le Devoir mise sur l\u2019abonnement, sur la philanthropie et sur les revenus publicitaires pour rentabiliser ses opérations.«L\u2019équilibre est précaire, écrivait cette semaine en éditorial, le directeur Brian Myles, mais il nous place dans une situation unique pour poser des questions délicates».L\u2019option du Devoir, pour pallier notamment «l\u2019érosion des revenus de publicité», c\u2019est de s\u2019assurer, par l\u2019abonnement, d\u2019un soutien plus stable de ses lecteurs.La Presse En décidant de mettre fin à son quotidien imprimé en 2015, La Presse a opté pour la tablette numérique comme principal véhicule et pour l\u2019entière gratuité.Le modèle d\u2019affaires a depuis évolué jusqu\u2019à transformer l\u2019entreprise privée en un OBNL.Jadis propriété d\u2019une famille millionnaire, c\u2019est désormais une «fiducie d\u2019utilité sociale» qui détient l\u2019ensemble des actions et qui gère les fonds recueillis, que ceux-ci proviennent de la vente de publicité ou de donateurs.Metro Media Né en 2018, Metro Media est propriétaire du journal Métro et d\u2019une trentaine d\u2019hebdomadaires publiés à Montréal et à Québec et jadis propriété du groupe TC Transcontinental.Celui qui se présente comme « la force de la nouvelle locale » fait de l\u2019information gratuite, et en format papier, son identité.C\u2019est donc entièrement des revenus publicitaires que dépend l\u2019ensemble de ces publications.Metro Media a par ailleurs manifesté son intérêt pour acquérir GCM, tout comme Québecor, ou Le Devoir, qui s\u2019est dit intéressé à une alliance avec Le Soleil, un des titres de GCM.The Gazette Membre d\u2019un groupe (Postmedia Network) comprenant plus de 140 titres partout au Canada (National Post, Ottawa Citizen, Calgary Herald\u2026), The Gazette demeure fidèle au traditionnel modèle reposant sur les revenus publicitaires et d\u2019abonnement.Son site Web, accessible gratuitement, invite cependant les lecteurs à «considérer» soutenir le seul quotidien de langue anglaise au Québec.Jérôme Delgado OBÉSITÉ L\u2019actualité avec Aristote L \u2019Institut national de santé publique du Québec a rendu public cette semaine un rapport sur l\u2019obésité abdominale, laquelle a doublé en trente ans chez nous.Bien entendu, elle sévit aussi chez les enfants.Son site propose une fort instructive ligne du temps qui aide à comprendre le phénomène, ses causes sociales, économiques et culturelles, ainsi que ses effets, avérés et prévisibles.Depuis de nombreuses années, je collige des informations sur l\u2019augmentation de l\u2019obésité.Émanant de sources crédibles (Kino-Québec, Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, Santé Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, etc.), elles vont toutes dans le même sens, font de semblables mises en garde et lancent sensiblement les mêmes appels à l\u2019action.Il me semble que, depuis toutes ces années, l\u2019école québécoise n\u2019a pas correctement su répondre à ce grand défi.Et je dois dire que l\u2019annonce, au même moment, de l\u2019introduction dans le curriculum de « sports électroniques » n\u2019a rien pour me rassurer, et c\u2019est peu dire\u2026 Voici quelques modestes réflexions qui peuvent aider à comprendre pourquoi notre école ne répond pas correctement à ce défi.Avec l\u2019aide de mon cher Aristote, elles m\u2019inspirent même des solutions.Mais commençons par le diagnostic.L\u2019éducation physique à l\u2019école Pour commencer, rappelons que dans un curriculum déjà chargé, la place des composantes de la formation personnelle et sociale, parfois contestée et toujours limitée, fait en outre l\u2019objet d\u2019une concurrence interne entre les disciplines qui la composent.L\u2019éducation physique, qui demande des ressources souvent importantes et du matériel, ne s\u2019en tire pas toujours très bien.Plus profondément, je suggère que c\u2019est aussi le rapport du sport et de l\u2019exercice physique à l\u2019éducation qui fait problème.Je soupçonne qu\u2019un vieux fond de dualisme cartésien et religieux pourrait ici être en cause.Selon lui, l\u2019éducation concerne l\u2019esprit et l\u2019activité physique, le corps.On cherche alors à donner de grandes dimensions éducationnelles, cognitives, à l\u2019activité physique.C\u2019est ainsi que, malgré ses indéniables mérites, le programme de formation de notre école, pour le seul primaire, vise à ce que les élèves puissent « prendre position, de façon éclairée, sur des situations comportant un enjeu moral » ; développent « un répertoire d\u2019actions corporelles », un « répertoire de stratégies cognitives », « un sens critique pour la gestion judicieuse de sa santé » ; et j\u2019en passe, tout cela, bien entendu, « en construisant ses savoirs ».Ces nobles et beaux idéaux me semblent non seulement relever d\u2019une surthéorisation quelque peu artificielle d\u2019une activité (nager, jouer au football, courir, jouer au ballon- chasseur\u2026) qui peut fort bien s\u2019en passer, mais aussi se méprendre sur ce que peut modestement accomplir l\u2019école devant un problème politique et économique majeur, civilisa- tionnel, qui nous rappelle en outre les troublantes inégalités devant l\u2019école (les maux que l\u2019on veut corriger frappent plus fortement encore les personnes pauvres\u2026), un problème dont il revient aux adultes de s\u2019occuper sans penser le résoudre en se contentant de le confier à l\u2019école.Celle-ci peut certes faire quelque chose, mais ne nous illusionnons pas non plus à ce sujet.Une défense aristotélicienne de l\u2019activité physique Je suggère qu\u2019on gagnerait beaucoup si, pour commencer, on décidait d\u2019allouer temps et ressources à ce qu\u2019il vaudrait bien mieux nommer l\u2019activité physique à l\u2019école.Je suggère aussi que la justification de cette composante du curriculum pourrait s\u2019inspirer de ce qu\u2019Aristote défendait.Il n\u2019ignorait pas que l\u2019éducation vise à former l\u2019esprit par des savoirs.Mais il pensait aussi que certaines vertus (morales) souhaitables chez chacun et chez toute personne éduquée s\u2019acquièrent par la pratique.On devient ainsi courageux en posant des gestes courageux, ponctuel en pratiquant cette vertu ; et ainsi de suite.Qu\u2019apporte l\u2019activité physique sur ce plan ?Pratiquée avec modération et en conjonction avec les autres disciplines qui définissent l\u2019éducation, elle développe par la pratique des vertus comme le courage, la coopération, la tempérance et peut aider à durablement inscrire dans une vie des habitudes qui contribuent au bien-être physique et mental et qui, pour le dire dans les mots du philosophe, sont de nature à contribuer à l\u2019atteinte de l\u2019excellence.On dira peut-être que c\u2019est peu ; je pense que c\u2019est beaucoup.Je m\u2019en voudrais de ne pas rappeler, pour finir, que si Aristote est parfois appelé le péripatéticien, c\u2019est qu\u2019il enseignait en marchant, déambulant en plein air avec ses étudiants dans ce lycée qu\u2019il avait fondé, donnant ainsi l\u2019exemple de ce qu\u2019il préconisait.Truc et astuce de prof Glané sur Twitter.En début d\u2019année, cette enseignante écrit à chacun de ses élèves, mais aussi à leurs parents.Elle leur pose ces questions.« En juin prochain, qu\u2019espérez-vous que votre enfant dira de ce qu\u2019il a vécu cette année ?De quoi sou- haitez-vous qu\u2019il garde souvenir ?Qu\u2019aimeriez-vous me faire savoir au moment où je m\u2019apprête à construire une relation avec vous et avec votre enfant ?» La perle de la semaine Elle m\u2019a été proposée par François Charbonneau.Une élève écrit : « Sortant à peine de la grande noirceur, le Québec ressent le besoin en 1965 d\u2019adopter la doctrine gérer la joie » \u2014 en pensant à (Paul) Gérin-Lajoie.NORMAND BAILLARGEON Je suggère qu\u2019on gagnerait beaucoup si, pour commencer, on décidait d\u2019allouer temps et ressources à ce qu\u2019il vaudrait bien mieux nommer l\u2019activité physique à l\u2019école Il serait équitable, après toutes ces années, que le commerce de détail en ligne prenne la relève des journaux dans [le] financement [de la collecte sélective des municipalités] FNC-CSN » bus et balles ne font aucune différence entre la couverture de la guerre au masculin ou au féminin.L e d a n g e r e s t l e même.Il fait partie de la vie au front.Pourtant, il n\u2019y a pas si longtemps encore, une petite phrase assassine finissait toujours par exploser : « Ce n\u2019est pas une place pour une femme ! » «Ces mots, je les ai encore entendus en Syrie et en Libye\u2026 Dans les sociétés plus conservatrices, les gens ne comprennent pas pourquoi les femmes font ce travail.Pour eux, ce n\u2019est pas normal», rappelle Zeina Khodr, d\u2019Al-Jazeera, la « CNN arabe» basée au Qatar.Avec les rebelles libyens, elle a été une des trois reporters femmes à entrer dans Tripoli le dimanche 21 août 2011.La plupart des journalistes mâles ont couvert le début de la chute du régime de Mouammar Kadhafi du balcon du Rixos, leur hôtel cinq étoiles.Ils ne pouvaient faire autrement.Ils étaient retenus en otages par des hommes encore fidèles au « guide suprême ».« J\u2019ai échappé à la mort plusieurs fois, surtout à Alep, en Syrie\u2026 Mais c\u2019est le risque à prendre si vous voulez faire votre job correctement », déclare Khodr, 47 ans.« Plus de femmes journalistes » Maya Gebeily a vingt ans de moins.Elle a eu son baptême du feu il y a trois ans à Mossoul, en Irak, comme correspondante de l\u2019Agence France-Presse (AFP) à Bagdad, bureau dirigé par une femme.Une première.En 2017, elle est sur le front syrien de Raqqa.« Je suis retournée en Syrie en février dernier et chaque fois je vois de plus en plus de femmes journalistes.» Liz Sly, correspondante du Washington Post à Beyrouth, croit que la montée des femmes dans la couverture des conflits dans la région a commencé avec les enlèvements de journalistes mâles pendant la guerre civile libanaise (1975-1990).« Les femmes reporters n\u2019étaient pas jugées menaçantes.Aucune femme n\u2019avait alors été kidnappée.Ainsi, en 1985, les seuls journalistes occidentaux basés à Beyrouth étaient des femmes », précise celle qui a relayé dans le cybe- respace la photo d\u2019Alan Kurdi, le bambin syrien de trois ans d\u2019origine kurde mort sur une plage turque en 2015.« Une image emblématique de l\u2019échec du monde entier en Syrie », écrivait- elle dans son tweet.Aujourd\u2019hui, selon elle, le Moyen- Orient,avec ses nombreuses guerres, est un formidable aimant qui attire les journalistes du monde entier voulant se faire un nom, dont «bien sûr les femmes».« C\u2019est la plus grande histoire à couvrir de notre génération ! » La capitale libanaise est un point névralgique pour comprendre la région et la guerre en Syrie, où Liz Sly est allée une douzaine de fois depuis 2011.« Sans jamais porter de gilet pare-balles ou de casques.» Pas de parité Acil Tabarra, elle, a bourlingué d\u2019un conflit à l\u2019autre.« J\u2019ai couvert la fin de la guerre du Liban (1986-1990) pour l'AFP, j\u2019ai également ouvert les différentes invasions israéliennes du Liban (1996 et 2006) pour l\u2019AFP, j\u2019ai effectué des missions pour l\u2019AFP en Irak sous embargo et au Yémen, notamment.» Pour cette « ancienne combattante », aujourd\u2019hui journaliste à L\u2019Orient-Le Jour, le plus grand quotidien francophone du Liban, « avant, couvrir les zones de guerre était un métier masculin et les femmes étaient des exceptions.Aujourd\u2019hui, ce n\u2019est pas différent d\u2019autres métiers où les femmes ont percé au cours des dernières décennies ».Cep endant , la parité hommes- femmes est loin d\u2019être atteinte.«Impossible d\u2019avoir des statistiques à ce sujet, mais le nombre de reporters de guerre hommes dépasse encore de beaucoup celui des femmes pour plusieurs raisons, y compris dans certains cas pour des raisons culturelles», précise Jeremy Dear, de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), organisation basée à Bruxelles et qui rassemble plus de 600 000 professionnels des médias.Po u r l \u2019 h e u r e , l a « m o n t é e d e s femmes » dans la couverture médiatique des conflits se fait également sentir dans les pays arabes, « mais, contrairement à leurs collègues étrangères qui une fois chez elles retournent à la vie normale, les journalistes arabes restent pour continuer leur travail et défier toutes sortes de dangers », note Dalal Saoud, correspondante pendant 21 ans de l\u2019agence United Press International (UPI) à Beyrouth.« Une manière de mec » Dominique Roch a notamment couvert la guerre civile au Liban (1975- 1990), « le Vietnam de l\u2019époque », pour Radio France International (RFI).Exercer le métier quand l\u2019odeur de la mort n\u2019est pas loin a longtemps été une « manière de mec », qu\u2019il soit occidental ou arabe, explique-t-elle.L\u2019image du macho intrépide, buveur, fumeur, caracolant d\u2019un conflit à un autre, a peut-être disparu, mais « les hommes doivent toujours se prouver qu\u2019ils sont courageux.Ils prennent des risques insensés.Ils veulent montrer leur bravoure ».Samia Nakhoul, correspondante de l\u2019agence Reuters dans la capitale libanaise, acquiesce.Grièvement blessée à la tête lors de l\u2019entrée des troupes américaines à Bagdad en avril 2003, elle estime que les femmes journalistes sont « courageuses, résilientes, curieuses, et ne succombent pas plus aux pressions que les hommes ».Pour Sammy Ketz, l\u2019ancien directeur des bureaux de l\u2019AFP à Bagdad et à Beyrouth et vétéran de toutes les guerres du Moyen-Orient, «le courage des femmes au front est absolu, c\u2019est presque de la témérité.Elles veulent prouver\u2026 Alors nous, en bons machistes, on les suit, sinon on passe pour des lâches»! Ces dernières années, plus de la moitié des journalistes morts dans le monde ont péri au Moyen-Orient, et sur les 606 reporters «au combat» depuis 2009, 43 étaient des femmes, rappelle le Committee to Protect Journalism (CPJ) de New York.Parmi elles : l\u2019Américaine Marie Col- vin.Elle portait un bandeau après avoir perdu un œil au Sri Lanka.Elle est morte dans un bombardement à Homs, en Syrie, en 2011.Hollywood a retracé son parcours l\u2019an dernier dans A Private War.Lyse Doucet, la plus célèbre des journalistes canadiennes de la BBC, l\u2019a bien connue quand elle était correspondante à Jérusalem.«Elle était prête à prendre des risques que ni moi ni ma direction n\u2019aurions pris.Marie, elle, croyait que les journalistes ont un rôle crucial à jouer et devraient prendre des risques pour être là.» Pour Lyse Doucet, la vieille maxime « Aucune histoire ne mérite qu\u2019on meure pour elle» est la norme.Et si certains reporters sont prêts à mettre leur vie en danger pour «témoigner», une chose est sûre: le «no woman\u2019s land» est bel et bien chose du passé.LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 4 Profession : correspondantes de guerre Désormais, les femmes sont, elles aussi, légion à couvrir les conflits armés ANTOINE CHAR À BEYROUTH COLLABORATION SPÉCIALE LE DEVOIR J\u2019ai échappé à la mort plusieurs fois, surtout à Alep, en Syrie\u2026 Mais c\u2019est le risque à prendre si vous voulez faire votre job correctement.ZEINA KHODR » Avant, couvrir les zones de guerre était un métier masculin et les femmes étaient des exceptions.Aujourd\u2019hui, ce n\u2019est pas différent d\u2019autres métiers où les femmes ont percé au cours des dernières décennies.ACIL TABARRA » Dominique Roch avec Yasser Arafat à Tripoli au Liban en novembre 1983 durant le siège des loyalistes palestiniens par des forces adverses pro syriennes.DOMINIQUE ROCH ARCHIVES PERSONNELLES Judith Jasmin et le Press Club « On a peur des femmes à Washington, on n\u2019est pas encore admises partout.Je parle du club des journalistes.On ne veut pas que ces dames voient des scènes pénibles : voir ces messieurs boire au bar.» C\u2019est sur ce ton sarcastique que Judith Jasmin (1916-1972), première femme correspondante à l\u2019étranger pour Radio-Canada, se plaignait de l\u2019attitude sexiste de ses collègues américains.L\u2019une des plus célèbres journalistes du Québec a bourlingué partout dans le monde, mais elle ne pouvait aller au Press Club de Washington « établir des contacts professionnels » (Judith Jasmin, de feu et de flamme, Colette Beauchamp, avril 1996, Boréal).Il n\u2019y a pas si longtemps encore, couvrir les guerres dans le monde était un immense « Press Club » presque exclusivement masculin.O On vous a mis du bois.Vous pourrez vous faire un bon feu ! » lance Jean- Marc Collin, avant de sauter à bord du bateau de Parcs Canada pour rentrer sur le continent, à Longue-Pointe-de- Mingan, le village le plus proche.« À demain ! » Des employés de Parcs Canada ont passé la journée sur l\u2019île pour préparer la saison touristique et voir aux différents équipements.Leur bateau démarre bientôt dans des saluts sonores et des bras agités.Les oiseaux bondissent dans tous les sens.Et une baleine s\u2019avise de se joindre au bal.Assise au bout du quai qui s\u2019avance loin dans la mer, j\u2019observe longuement la nacelle emportant son lot d\u2019humains, jusqu\u2019à ce que l\u2019horizon l\u2019avale.Tout le monde est parti, je reste seule sur l\u2019île aux Perroquets.Un peu sonnée.Étourdie de grand air et d\u2019immensité.Impression d\u2019un vide, comme quand la visite s\u2019en va.Mais un vide plein.Plein d\u2019oiseaux.Jamais vu pareille kermesse ailée, goélands, sternes, cormorans, petits pingouins, hirondelles et les fameux macareux moines, ici appelés perroquets de mer.Un vide plein de cette journée du 21 juin 2019, la plus longue de l\u2019année.Bon, c\u2019est pas tout, ça.Je dois m\u2019installer un tant soit peu, m\u2019apprivoiser en solo à ces lieux dont la puissance est presque intimidante, me faire à mon ermitage.L\u2019île aux Perroquets est lilliputienne, 70 mètres par 330, un gros rocher calcaire aux falaises tranchées au sabre, d\u2019une altitude moyenne de 10 mètres au-dessus de la mer.Coiffée de quelques bâtiments, chaffaut, poulailler, phare et maison du gardien du phare, aujourd\u2019hui devenue auberge.Quand on s\u2019en approche, ce confetti tombé entre la côte nord du golfe Saint- Laurent et l\u2019île d\u2019Anticosti, à l\u2019entrée ouest de l\u2019archipel de Mingan, a l\u2019air d\u2019un gâteau rond orné de bougies.Oubliée pendant trente ans, l\u2019île aux Perroquets reprend vie, en ces temps où partout sur la planète se manifeste un désir d\u2019île.Les spécialistes parlent de la « réinsularisation des îles ».On remet en valeur leur histoire et leur patrimoine, on les rend à elles-mêmes.À mon programme des heures qui viennent ?Regarder.C\u2019est tout.« L\u2019île pousse à aimer, écrit le philosophe Emmanuel Fournier, et quand on aime, on regarde autrement.» Et parler aux oiseaux, ceux du ciel et ceux qui volettent dans ma tête.C\u2019est tout.C\u2019est beaucoup.Côté nord de l\u2019île, une balançoire de bois agitée par le vent.Des vies d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants ont accosté en ces lieux pour le meilleur et pour le pire.Dans la douceur ou le fracas des jours, la grâce des mers étales ou la misère des tempêtes, isolés et dépendants de tout.L\u2019île aux Perroquets, livrée à la fureur des éléments, fut souvent leur geôle de vent et de glace.L\u2019épouse du gardien Charles-Eustache Forgues a accouché seule ici en 1892, tandis que son homme, parti chercher une sage-femme, se noyait dans la bourrasque.L\u2019île est chargée de leurs songes.Et cette balançoire de bois berce encore leur destin tragique.Dans l\u2019écho de toutes les îles du globe, les mêmes cris d\u2019effroi des marins, des pêcheurs qui chavirent, la même détresse des femmes qui les attendent, les situations désespérées, les sauvetages héroïques, les histoires incroyables.Comme celle du père Emmanuel Crespel, qui s\u2019est passée à l\u2019île d\u2019Anticosti, pas loin d\u2019ici.Après le naufrage de son navire La Renommée en novembre 1736, il survivra pendant cinq mois en mangeant jusqu\u2019aux souliers de ses compagnons morts.Ou l\u2019histoire de Marguerite de Nontron, qui vivra deux ans dans une grotte sur l\u2019île de la Demoiselle, titre d\u2019une pièce de théâtre signée Anne Hébert, qui se déroule sur un caillou de la Basse- Côte-Nord.Marguerite sera rescapée marchant à quatre pattes, « racornie comme du vieux cuir, intraitable comme la pierre ».Histoire vraie ou fausse ?Peu importe, devenue légende.« Dans l\u2019univers fermé de l\u2019île, mythe et réalité coexistent dans un indestructible écheveau », affirme la géographe Françoise Péron.Il en a fallu, des naufrages et des drames autour des îles, pour qu\u2019on imagine enfin des abris de secours destinés aux équipages qui s\u2019y échoueraient.L\u2019île d\u2019Anticosti est équipée de plusieurs de ces abris.L\u2019île aux Perroquets a aussi le sien.C\u2019est là d\u2019ailleurs que je passerai ma nuit d\u2019île déserte.Juste pour voir.Pour sentir.À la guerre comme à la guerre! De toute façon, l\u2019auberge est encore fermée en cette avant-saison.Côté nord de l\u2019île toujours.Les perroquets de mer ont nidifié dans les rochers.On les chassait autrefois pour s\u2019en nourrir.Je les vois, becs au vent, plantés comme moi devant la lumière de cette journée de solstice.Curieux, au moment même où l\u2019on croit toucher enfin l\u2019été, il commence à nous échapper.Dès demain le jour aura raccourci de quelques secondes.Quand on pense le tenir dans nos mains, déjà, l\u2019été se dérobe.Côté sud de l\u2019île, une plage.Et des fleurs bleues toutes menues.Curieux aussi, la flore de l\u2019île aux Perroquets est différente de celle du continent, pourtant situé à courte distance.L\u2019île a engendré sa propre toison, plus tolérante au sel marin, composée de certaines plantes rares.Les milieux insulaires sont les exceptions qui confirment la règle des continents.Tandis qu\u2019il fait encore clair, j\u2019installe mon campement pour la nuit.Dans mon refuge, rien ou presque.Un peu de la poussière des ans.Un balai.Une fenêtre où une araignée a cuit.Fixés au mur, une civière de la Croix-Rouge, aussi un ouvre-boîte et un miroir remontant à Mathusalem.J\u2019étends mon sac de couchage sur la boîte à bois, dont j\u2019ai extirpé quelques bonnes bûches.J\u2019ai prévu allumettes et allume-feu, on n\u2019échappe pas complètement à son époque.Le ciel se couvre.Tout devient irréel, le soleil déclinant dans des fumées de brume et d\u2019or.Le jour le plus long tourne court.On voudrait tout retenir, tout enregistrer, peut-être pour sa petite éternité à soi.« Les îles, de tout temps reliées au sentiment du sacré, avance Françoise Péron, s\u2019inscrivent dans la géographie mentale à la façon des lieux de pèlerinage d\u2019autrefois.» La nuit étend son ombre.Sur l\u2019îlot voisin, appelé île de la Maison, des loups marins en colonie hurlent à pleine gueule.Je n\u2019avais jamais entendu pareil son.Des loups qui auraient troqué leurs pattes pour des nageoires.Il s\u2019est mis à pleuvoir.Je suis une petite île assise sur son grabat, grignotant des noix de cajou devant un feu de bois.Une petite île qui parle à une autre.Se confier à l\u2019île.C\u2019est le titre si beau d\u2019un livre coécrit par les Français Françoise Péron et Emmanuel Fournier qui a inspiré une partie de cette série.La pluie tambourine sur l\u2019abri des naufragés.« Faisons en sorte, dit Françoise Péron, que, de part en part de la Terre, demeurent des îles.» LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 5 Se confier à l\u2019île « Faisons en sorte que, de part en part de la Terre, demeurent des îles » Les îles fascinent les humains depuis toujours.En apparence simples, elles sont des concentrés de complexité, à la fois lieux de respiration et d\u2019enfermement.Elles demeurent mystérieuses pour les continentaux.Notre collaboratrice est allée à la rencontre des îles d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Dernier de huit articles.MONIQUE DURAND COLLABORATRICE LE DEVOIR « Vue de loin, l\u2019île aux Perroquets, située à l\u2019entrée ouest de l\u2019archipel de Mingan, a l\u2019air d\u2019un gâteau rond orné de bougies.FRANÇOIS ROBERT-DURAND Tout le monde est parti, je reste seule sur l\u2019île aux Perroquets.Un peu sonnée.Étourdie de grand air et d\u2019immensité.L\u2019abri des naufragés, au pied du phare de l\u2019île aux Perroquets MONIQUE DURAND DÉSIR D\u2019ÎLE B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PARIS - Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com LIBRAIRIE Bonheur d'Occasion achète livres de qualités en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com Évidence du jour Ce qui est unique n'arrive qu'une fois son corollaire : L'avenir n'égalera jamais le meilleur du passé.VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.20 ans d'experience.Service à domicile.514 573-7039 Julien 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES 390 DIVERS 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE PETITES ANNONCES & AVIS DE DÉCÈS Les migrants de l\u2019Ocean Viking seront accueillis À BORD DE L\u2019OCEAN VIKING \u2014 Après plus de dix jours d\u2019attente, un accord européen de répartition va permettre le débarquement des 356 personnes secourues à bord de l\u2019Ocean Viking, au grand soulagement de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, qui commençaient à manquer de vivres.« Tous les migrants à bord » du bateau humanitaire des deux ONG vont être transférés sur des bateaux militaires maltais, hors des eaux territoriales, et amenés ensuite à terre, a indiqué sur Twitter le premier ministre maltais, Joseph Muscat.Ils seront répartis entre « la France, l\u2019Allemagne, l\u2019Irlande, le Luxembourg, le Portugal et la Roumanie », a-t-il précisé sur la plateforme, notant que « personne ne restera à Malte ».Agence France-Presse Septième mois de contestation à Alger ALGER \u2014 Les Algériens ont manifesté à nouveau massivement contre le régime vendredi dans le centre de la capitale et les principales villes du pays, au lendemain de l\u2019entrée du mouvement de contestation dans son 7emois.Cette célébration a été ternie par une bousculade meurtrière à Alger, à l\u2019entrée d\u2019un concert de la vedette algérienne de rap Soolking, adulé des manifestants depuis qu\u2019il leur a dédié la chanson La liberté.Vendredi, des manifestants ont observé une minute de silence à la mémoire des cinq victimes.«Des irresponsables ont choisi le stade du 20-Août-1955», petit et vétuste, explique à l\u2019AFP Lamia Boukahari.Pour elle, ce drame est la conséquence d\u2019un système politique «irresponsable» et «corrompu».Agence France-Presse EN BREF Les Algériens manifestent chaque vendredi depuis six mois.RYAD KRAMDI AGENCE FRANCE-PRESSE ÉLÉONORE DERMY À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE FRANCE Une autre enquête ouverte sur Epstein Des milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine qui serpentait, vendredi soir, à travers Hong Kong, trente ans jour pour jour après la célèbre « voie balte » ou Baltic Way, chaîne que les pays baltes avaient organisée pour recouvrer leur indépendance.Au pied des gratte-ciel parés de leurs éclairages irisés et dans les quartiers commerçants de la célèbre baie de Hong Kong, ils étaient des milliers à se tenir la main ou à brandir la torche de leurs téléphones, tout au long de cette chaîne formée en signe d\u2019opposition au gouvernement pro-Pékin.PHILIP FONG AGENCE FRANCE-PRESSE Une grande chaîne humaine pour la démocratie à Hong Kong Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête pour « viols » et « agressions sexuelles », notamment sur des mineures, dans le cadre de l\u2019affaire du financier américain Jeffrey Epstein, déjà poursuivi aux États-Unis avant sa mort en prison, un mois après avoir été alerté sur de potentielles victimes françaises.Les investigations devront permettre de « mettre au jour d\u2019éventuelles infractions commises, non seulement sur le territoire national, mais aussi à l\u2019étranger au préjudice de victimes françaises » ainsi que d\u2019éventuels « auteurs de nationalité française », a expliqué dans un communiqué le procureur de Paris, Rémy Heitz.Cette enquête a également été ouverte pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes » et « association de malfaiteurs en vue de commettre des délits punis d\u2019au moins 5 ans d\u2019emprisonnement », a-t-il précisé.Il a ajouté que le parquet avait pris sa décision au terme de « vérifications et recoupements effectués sur la base des éléments » qui lui avaient été transmis et d\u2019« échanges » avec les autorités américaines compétentes.L\u2019association Innocence en danger, qui avait transmis un signalement au parquet fin juillet, puis appelé dans une lettre ouverte, deux jours après la mort d\u2019Epstein, à ouvrir une enquête, s\u2019est félicitée de cette annonce.Dans un communiqué, elle a indiqué qu\u2019elle réserverait « à l\u2019autorité judiciaire la teneur des informations et témoignages dont elle a été rendue destinataire au cours des dernières semaines ».Jeudi, cette association de protection de l\u2019enfance avait affirmé avoir reçu dix témoignages émanant principalement de victimes d\u2019actes « commis sur le sol français » en lien avec le multimillionnaire, qui possédait un appartement à Paris et se rendait régulièrement en France.Epstein avait été arrêté le 6 juillet et inculpé à New York pour avoir organisé, de 2002 à 2005 au moins, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles, certaines au secondaire, avec lesquelles il aurait eu des rapports sexuels contraints dans ses nombreuses propriétés, notamment à Manhattan et en Floride.Dans un témoignage datant de 2011, mais récemment rendu public aux États-Unis, une plaignante accusait déjà le financier d\u2019avoir abusé de très jeunes Françaises qui lui avaient été envoyées comme « cadeau d\u2019anniversaire surprise ».Selon des médias anglo- saxons, elle assurait également que ces jeunes filles avaient été envoyées aux États-Unis par un ancien proche d\u2019Epstein, le Français Jean-Luc Brunel.Le nom de M.Brunel, fondateur des agences de mannequins Karin Models et MC2 Model Management, était apparu dès la première enquête ouverte aux États-Unis contre Epstein et close en 2007, au terme de laquelle le financier avait plaidé coupable de sollicitation de prostituées.Il avait alors écopé de 13 mois de prison.Selon deux plaignantes, M.Brunel jouait alors le rôle de rabatteur pour Epstein, amenant aux États-Unis des «jeunes filles» venues de milieux modestes en leur faisant miroiter des emploisdans le mannequinat.À l\u2019époque, des messages troublants avaient été retrouvés par la police de Floride, dont celui-ci, noté en 2005 après un coup de fil de «Jean-Luc»: «Il a une prof pour vous, pour vous apprendre à parler russe.Elle a 2x8 ans, pas blonde». B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 D\u2019AUTOMNE VISITES Venez célébrer le 360e anniversaire de l\u2019arrivée des Hospitalières de Saint-Joseph Visites du jardin / crypte et chapelle / Vieux-Montréal Dessin, Francis Back, 2009 / Collection RHSJM Photo : Gilbert Langlois Musée des Hospitalières de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal 201, avenue des Pins Ouest, Montréal museedeshospitalieres.qc.ca 514.849.2919 GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Le sommet du G7 s\u2019ouvre ce samedi en France.Et les changements climatiques seront vraisemblablement au cœur des échanges entre les dirigeants, au moment où l\u2019Amazonie \u2014 le « poumon de la planète » \u2014 continue d\u2019être la proie des flammes.Les feux de forêt qui s\u2019y sont multipliés ces derniers jours ont vivement fait réagir citoyens, personnalités et politiciens.Ils ont été nombreux à exiger sur les réseaux sociaux une mobilisation des puissances étrangères.Le président français et hôte cette année du G7, Emmanuel Macron, a depuis annoncé qu\u2019il comptait faire de la plus vaste forêt tropicale du globe une « priorité » du sommet.Un souhait qu\u2019avait aussi exprimé la chancelière allemande, Angela Merkel.Le nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson, a estimé de son côté que les incendies touchant non seulement le Brésil, mais aussi la Bolivie et le Paraguay, constituaient une «crise internationale».Il a appelé à des «initiatives concrètes» à l\u2019issue de la rencontre.« Comme c\u2019est souvent le cas lors des sommets du G7, il y a l\u2019agenda qui était préparé des mois à l\u2019avance par le pays hôte, et puis il y a les sujets de l\u2019actualité qui s\u2019invitent dans la rencontre », explique Frédéric Mérand, directeur du Centre d\u2019études et de recherches internationales (CERIUM).La lutte contre les inégalités devait être l\u2019objectif de ce sommet, avait d\u2019abord statué Paris, en écho au combat que le pays veut livrer à l\u2019évasion fiscale et à la crise sociale des gilets jaunes.«Je ne suis pas certain qu\u2019on va beaucoup en parler», avance toutefois M.Mérand.Tirs croisés Le président français n\u2019a pas mâché ses mots jeudi à l\u2019endroit de son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, qu\u2019il a accusé d\u2019avoir «menti» sur ses engagements climatiques, ayant failli à protéger l\u2019Amazonie.En guise de représailles, M.Macron a fait savoir qu\u2019il s\u2019opposait désormais à l\u2019accord conclu en juin entre l\u2019Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay).L\u2019Irlande compte aussi s\u2019opposer au traité commercial, à moins que le gouvernement brésilien ne mette rapidement un terme à la déforestation industrielle, cause principale des feux ravageant présentement la forêt amazonienne.Visiblement irrité, Jair Bolsonaro a pour sa part dénoncé la «mentalité colonialiste» de M.Macron.«Le feu le plus ardent est celui de notre souveraineté sur l\u2019Amazonie», a d\u2019ailleurs écrit le président d\u2019extrême droite sur Twitter.Des manifestants d\u2019Oxfam personnifient les chefs de gouvernement des pays du G7, vendredi, à Biarritz PETER DEJONG ASSOCIATED PRESS Une rencontre Trump-Trudeau OTTAWA \u2014 Des responsables de la Maison-Blanche ont indiqué que le premier ministre Justin Trudeau aura un tête-à-tête avec le président Donald Trump cette fin de semaine, en marge du sommet du G7 en France.Parmi les sujets de discussion : les tensions actuelles à Hong Kong, où les manifestations prodémocra- tie s\u2019intensifient depuis des semaines.La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a exprimé son soutien au droit de manifester pacifiquement à Hong Kong.Elle a été réprimandée par la Chine, qui est déjà furieuse contre le Canada pour avoir arrêté la directrice financière du géant technologique Huawei, Meng Wanzhou.Celle- ci attend son extradition vers les États-Unis pour faire face à des allégations de fraude en violation des sanctions imposées à l\u2019Iran.Pékin a répliqué, en arrêtant notamment deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor.La Presse canadienne ment de marquer les échanges sur l\u2019état actuel de l\u2019économie mondiale, autre sujet important de ce prochain G7, ajoute Frédéric Mérand.La guerre commerciale que se livrent les États- Unis et la Chine a plongé les marchés dans l\u2019incertitude, alimentant les craintes d\u2019une prochaine récession.« C\u2019est une situation tout à fait différente des dernières années, où on était dans un climat plutôt d\u2019euphorie ou en tout cas de stabilité économique, dit celui qui est aussi professeur de science politique à l\u2019Université de Montréal.Alors que là, il y a beaucoup d\u2019indicateurs qui sont au rouge.» Menaces La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis s\u2019est d\u2019ailleurs envenimée vendredi.En matinée, Pékin a annoncé qu\u2019elle comptait imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d\u2019importations américaines.Furieux, le président Trump a répliqué sur Twitter que son gouvernement relevait à partir du 1er octobre les tarifs douaniers de 25 % à 30 % sur 250 milliards de dollars de marchandises chinoises.Et dès la fin du mois, les 300 milliards d\u2019importations restantes en provenance de Chine seront taxées à hauteur de 15 % au lieu de 10 %.« La réunion du G7 va probablement se dérouler dans un climat de confrontation entre les États-Unis et les six autres membres », prédit quant à lui l\u2019économiste Pierre Fortin.Ceux-ci \u2014 l\u2019Allemagne, le Canada, la France, l\u2019Italie, le Japon et le Royaume-Uni \u2014 sont « carrément opposés » au protectionnisme brandi par Trump, dit-il.Et d\u2019ajouter : « ils craignent énormément qu\u2019il y ait une expansion de la guerre commerciale de la Chine à l\u2019Europe.» Pierre Fortin ne serait pas surpris que le président américain menace à nouveau les pays européens de leur imposer des tarifs douaniers.Selon lui, le président n\u2019a pas digéré la décision de la France en juillet d\u2019imposer à hauteur de 3 % de leurs chiffres d\u2019affaires les géants du Web.« Trump n\u2019a pas caché qu\u2019il était très hostile à la taxe sur les GAFA, et qu\u2019il avait l\u2019intention d\u2019adopter des mesures de rétorsion », renchérit Frédéric Mérand du CERIUM.M.Mérand estime en outre que ce G7 pourrait réserver son lot de surprises.Exception faite de Donald Trump, il cite en exemple le nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson.« Il est le grand point d\u2019interrogation, note-t-il.Va-t-il plutôt suivre la lignée traditionnelle du camp européen, ou au contraire profiter de l\u2019occasion pour afficher sa différence et se rapprocher du président américain ?» FRANCE L\u2019Amazonie s\u2019invite au sommet du G7 Les changements climatiques seront vraisemblablement au cœur du sommet, qui s\u2019ouvre samedi en France Celui-ci avait causé la polémique en taxant des ONG d\u2019être à l\u2019origine des incendies, dans le but, a-t-il dit, de nuire à son gouvernement.Sous pression depuis, il a décidé vendredi d\u2019envoyer l\u2019armée pour lutter contre les feux.L\u2019imprévisible Trump Si une déclaration commune des dirigeants du sommet sur l\u2019urgence d\u2019agir pour préserver l\u2019Amazonie est possible, il n\u2019est pas dit que Donald Trump s\u2019y joindra, fait remarquer Patrick Le- blond, professeur d\u2019affaires publiques et internationales à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Le président américain a plusieurs fois réitéré son scepticisme quant aux changements climatiques, en plus de s\u2019être posé en allié de M.Bolsonaro, notamment lors du passage de ce dernier à Washington, en mars.Il n\u2019en demeure pas moins que le bouleversement du climat s\u2019invite de plus en plus au G7, note pour sa part Frédéric Mérand, du CERIUM.«Mais jusqu\u2019à maintenant, c\u2019était toujours : \u201cNous allons avancer ensemble pour faire la promotion de solutions globales au changement climatique\u201d.Avec l\u2019arrivée de Donald Trump aux États-Unis, c\u2019est devenu beaucoup plus compliqué.Vous avez maintenant un président américain qui est carrément hostile à toutes les propositions », dit-il.Le changement de ton risque égale- ar le truchement d\u2019une entente administrative, le gouvernement fédéral a accepté de transférer à l\u2019État québécois les sommes qu\u2019il consacre au soutien à l\u2019emploi des jeunes.C\u2019était une demande que formule depuis 20 ans le gouvernement du Québec qui a toujours considéré que la formation de la main-d\u2019œuvre relève de sa compétence.En 1997, les gouvernements Bouchard et Chrétien ont signé l\u2019entente Canada-Québec relative au marché du travail, qui transférait à l\u2019État québécois la responsabilité du soutien à l\u2019emploi et de la formation de la main-d\u2019œuvre, ainsi que les importantes sommes qui y étaient associées et qui, pour l\u2019essentiel, provenaient du compte de l\u2019assurance-emploi.S\u2019en est suivie une réorganisation majeure, marquée par l\u2019intégration de fonctionnaires fédéraux dans la fonction publique québécoise et le développement du réseau d\u2019Emploi-Québec, un déploiement qui, à ses débuts, ne s\u2019est pas fait sans heurts.Mais le gouvernement Chrétien a conservé un volet d\u2019intervention en main-d\u2019œuvre ciblant les jeunes, essentiellement pour des raisons politiques.Au lendemain d\u2019un référendum qui avait donné des sueurs froides au Canada anglais, Ottawa voulait s\u2019assurer d\u2019une présence et d\u2019une influence auprès des jeunes que d\u2019autres initiatives, comme les Bourses du millénaire ou les chaires de recherche fédérales, visaient aussi à consolider.Si on se fie à la chute de l\u2019appui des jeunes à l\u2019option souverainiste, on peut considérer que la stratégie fédérale a atteint ses objectifs, bien qu\u2019elle ne soit pas, à l\u2019évidence, le seul facteur en cause, ni, sans doute, le plus déterminant.Le Québec a mis sur pied un modèle unique au Canada avec la Commission des partenaires du marché du travail, qui réunit les centrales syndicales, le patronat, le milieu de l\u2019enseignement, les groupes communautaires de soutien à l\u2019emploi et les organismes gouvernementaux ainsi que les bureaux d\u2019Emploi-Québec et le réseau de Carrefours jeunesse emploi présents dans toutes les régions.Parallèlement, le gouvernement fédéral a poursuivi ses initiatives pour soutenir l\u2019emploi chez les jeunes au Québec avec sa Stratégie emploi et compétences jeunesse qui était source de chevauchements et dont l\u2019efficacité était plus que douteuse.Ce sont les sommes réservées à cette stratégie qui sont transférées en vertu de la dernière entente, soit 135 millions répartis sur cinq ans.Pour mettre ce montant en perspective, le gouvernement québécois dépense 200 millions par an pour des mesures actives d\u2019emploi destinées aux jeunes.Le ministre québécois du Travail, de l\u2019Emploi, et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a qualifié d\u2019« historique » cette entente et de « gain majeur » pour le Québec en vue d\u2019affirmer la différence au sein du Canada.Il s\u2019agit, à ses yeux, du transfert de la pleine compétence des programmes de formation professionnelle et de soutien à l\u2019emploi visant les jeunes, et ce, sans obligation de rendre des comptes.Ottawa nie qu\u2019il y ait transfert de compétence.D\u2019abord, l\u2019entente est d\u2019une durée limitée à cinq ans, a-t-on avancé.Ensuite, Québec devra rendre des comptes, tout en garantissant de la visibilité au gouvernement fédéral.Dans les faits, le gouvernement Legault devra produire un plan annuel, un état des dépenses engagées et une évaluation des résultats atteints.Mais ce sont là les mêmes exigences que celles contenues dans l\u2019entente de 1997 et ce sont des comptes que l\u2019État québécois compile de toute façon pour ses propres fins.En revanche, le gouvernement Legault devra rappeler la contribution financière du fédéral et Ottawa devra approuver toutes les activités de communication reliées aux sommes transférées.C\u2019est une exigence tatillonne qui va plus loin que l\u2019entente de 1997.Au-delà des susceptibilités fédérales, il est vrai que le Québec pourra dépenser ces 135 millions conformément à ses priorités et à ses programmes.Personne ne peut s\u2019opposer à davantage de cohérence et d\u2019efficacité pour assurer une meilleure participation des jeunes au marché du travail.Selon le Ministère, 120 000 jeunes québécois ne sont ni aux études, ni en emploi.C\u2019est considérable.En plus de cette entente sur les jeunes, Québec et Ottawa, après deux ans de négociations ardues, viennent de renouveler les ententes générales de transfert relatives au marché du travail qui portent sur une somme de 5,4 milliards d\u2019ici 2023, soit 680 millions de plus qu\u2019auparavant.Le gouvernement fédéral reconnaît ainsi que c\u2019est au Québec que la rareté de la main-d\u2019œuvre est la plus importante au Canada, comme l\u2019a souligné le ministre fédéral Jean-Yves Duclos.Et c\u2019est au gouvernement du Québec d\u2019assumer ses responsabilités à cet égard en exerçant pleinement ses compétences.LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Jacques Beaudry Essayiste Quand Brigitte Bardot, en 1960, tenta de s\u2019enlever la vie, le cinéaste Pier Paolo Pasolini déclara publiquement comprendre les résolutions de suicide de celle-ci, qui souffrait sans doute comme lui de se voir systématiquement falsifiée à force d\u2019être utilisée pour fabriquer l\u2019événement.Nelly Arcan avait gardé le souvenir honteux d\u2019une émission de télé où on s\u2019était ainsi servi d\u2019elle, où ça avait été à son tour d\u2019être travestie: invitée en tant qu\u2019écrivain, mais traitée comme une catin.On y avait fait du décolleté de sa robe l\u2019«événement».Elle avait été assommée ce soir-là, et si elle avait acquiescé à l\u2019invitation tristement crétine qui lui avait alors été faite d\u2019embrasser une fille à pleine bouche pour amuser la galerie, elle n\u2019aurait pas survécu une minute de plus.Elle a dit non, embarrassée, mais le seul fait qu\u2019on ait cru qu\u2019elle pourrait céder l\u2019avait déjà humiliée.La duplicité de Nelly Arcan dérangeait: elle était, tout ensemble, celle qui analysait lucidement le mimétisme consumériste sous la dictature des images, et qui lui disait non, et celle qui restait consciente du pouvoir marchand de sa propre image, et qui lui disait oui.Elle comptait sur deux choses pour contraindre les autres à la regarder: son corps et ses mots, dont elle allait s\u2019efforcer de tirer, de l\u2019un et de l\u2019autre, le maximum d\u2019effet.Elle voulait vivre simultanément dans les regards et dans les têtes d\u2019une multitude de personnes; son éclat et son intelligence les forceraient tous à tenir compte de sa présence.N\u2019arriver à éblouir qu\u2019une poignée d\u2019individus l\u2019aurait mortellement déçue.Une vraie douleur de vivre Que dissimulait chez Nelly Arcan ce qu\u2019elle appelait « l\u2019exigence de séduire » ?Il y avait, cachée là, une vraie douleur de vivre.Sa silhouette de poupée, c\u2019était du camouflage ; le visage lisse et les seins bombés, de la poudre aux yeux pour détourner l\u2019attention de la douleur de n\u2019être qu\u2019Isabelle Fortier.Nelly Ar- can a voulu exister en dehors de sa cage : du nom qu\u2019elle avait reçu à la naissance, du corps qui lui avait été donné et de l\u2019avenir quelconque qui lui était réservé.C\u2019est pour échapper au sort de « n\u2019être que » qu\u2019elle s\u2019est appliquée à se créer une nouvelle identité : un nouveau nom, une autre date de naissance, un corps remodelé, une œuvre, une renommée.Le pouvoir de captiver les autres appartient, dit-on, à l\u2019auteur captif de lui-même.Arcan a écrit pour venir à bout d\u2019elle-même et dans l\u2019incertitude du prix à payer pour y arriver.Dans ses récits Putain et Folle, l\u2019auteure qui sent son existence lui monter à la gorge est prise d\u2019une envie de hurler, mais elle a beau crier sa douleur à l\u2019univers entier, il y a des vérités que personne ne veut entendre et, parmi elles, « JE VAIS MOURIR, JE VAIS MOURIR » est une des pires.Le catastrophisme de certains écrits se mesure toujours trop tard, quand tout est fini.Nelly Arcan s\u2019est enlevé la vie le 24septembre 2009 à l\u2019âge de 36ans.Sa mort a pris tout le monde par surprise et a coupé le souffle aux étourdis qui auraient eu envie de l\u2019écraser de leur mépris.Des autorités, qui avaient laissé la romancière en plan de son vivant, lui ont fait crédit après qu\u2019elle eut basculé dans le néant.Ar- can, qui avait prédit que son avenir se réaliserait sans elle, est sortie du tombeau dans une forme éblouissante, la forme des morts devant lesquels on se prosterne, celle des décédés qui ont recouvré leur intégrité.La vie, il faut parfois lui échapper pour être sauvé.Il faut faire des choix payants pour tous Seuils d\u2019immigration pour le Québec.Pénurie de main- d\u2019œuvre.Deux expressions que nous avons entendues abondamment au cours des derniers mois ! Or, s\u2019il semble manifeste que le Québec fait face à une pénurie de main-d\u2019œuvre dans certains domaines, il faut s\u2019interroger à savoir qu\u2019il est possible que nous ayons moins besoin de travailleurs qualifiés et davantage de travailleurs moins spécialisés.Il est souvent question des secteurs de l\u2019agriculture, de l\u2019hôtellerie et de la restauration.Dans les circonstances, le Québec a-t- il toujours autant besoin de sélectionner un nombre élevé de « travailleurs qualifiés » ?Ainsi, certains réclament une augmentation significative des seuils d\u2019immigration pour les prochaines années.Il est même question d\u2019un minimum de 60 000 immigrants par année pour les trois prochaines années ! Il apparaît important de souligner que la question des seuils d\u2019immigration est pour beaucoup une question de moyens.En effet, il est de notre responsabilité d\u2019accueillir correctement les immigrants sélectionnés par Québec : « Il faut savoir intégrer adéquatement et efficacement ! » Par conséquent, Nelly Arcan, échapper à la vie pour être sauvée LIBRE OPINION LETTRES ENTENTES SUR LA MAIN-D\u2019ŒUVRE Une avancée pour le Québec P ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Clarifions les faits au sujet des ingénieurs Clarifions les faits, comme il a été écrit tout récemment avec bienveillance.L\u2019importance des honoraires d\u2019ingénieurs ne doit pas généralement prévaloir dans le choix d\u2019une firme.En effet, les coûts des services professionnels ne pèsent pas grandement dans ceux de l\u2019ensemble d\u2019un projet d\u2019infrastructure.La compétence, l\u2019expérience et l\u2019intelligence prévalent dans la poursuite du succès et de l\u2019économie générale dans les travaux.Ce sont ces vertus qui doivent dominer dans toute grille d\u2019analyse devant gouverner les choix d\u2019ingénieurs.Cela est davantage le cas lorsqu\u2019un projet est de nature complexe et requiert des recherches et des études comparatives.Par contre, on peut s\u2019attendre à ce que la valeur des honoraires demandés compte davantage pour un projet de nature élémentaire.En ce qui concerne les « enveloppes brunes derrière les portes closes » et le code de déontologie, il faut se rappeler que la corruption s\u2019est installée lorsque la politicaillerie a pris le contrôle des contrats et que l\u2019Ordre des ingénieurs a abdiqué sa responsabilité.Il faut s\u2019en souvenir, car rien ne dit que les profiteurs sont disparus et que la tutelle de cet ordre professionnel a tout réglé.Jean-Marie Desgagné, ingénieur Québec, le 23 août 2019 les seuils d\u2019immigration pour le Québec ne doivent pas augmenter plus rapidement que les ressources humaines, matérielles et financières qui sont destinées à l\u2019intégration et, par-dessus tout, à la francisation des immigrants.N\u2019oublions pas que le premier outil d\u2019intégration est la langue.Il faut impérativement accorder la priorité au français, et Québec devrait exiger la maîtrise de la langue aux immigrants économiques qu\u2019il sélectionne ! 30 000, 40 000, 50 000, 60 000 ! Pourquoi pas 20 000 ?On ne le répétera jamais assez souvent : les seuils d\u2019immigration ne doivent pas être déterminés à la légère.Ils doivent s\u2019appuyer sur des analyses rigoureuses de la situation actuelle du Québec en tenant compte du vieillissement de la population ainsi que de la pénurie de main- d\u2019œuvre dans certains domaines et certaines régions du Québec.De plus, ils doivent miser davantage sur un pourcentage élevé de rétention des immigrants sélectionnés.Est-ce que le nouveau système d\u2019immigration proposé par le ministre de l\u2019Immigration Simon Jo- lin-Barrette est la solution ?Peut- être ! L\u2019avenir nous le dira\u2026 Quoi qu\u2019il en soit, il semble nécessaire de rappeler que la maîtrise du français ainsi que l\u2019accès rapide au marché du travail sont des choix payants tant pour la société d\u2019accueil que pour les nouveaux arrivants\u2026 Me Stéphane Handfield, avocat en droit de l\u2019immigration Le 23 août 2019 Que dissimulait chez Nelly Arcan ce qu\u2019elle appelait « l\u2019exigence de séduire » ?Il y avait, cachée là, une vraie douleur de vivre.Sa silhouette de poupée, c\u2019était du camouflage ; le visage lisse et les seins bombés, de la poudre aux yeux pour détourner l\u2019attention de la douleur de n\u2019être qu\u2019Isabelle Fortier.ROBERT DUTRISAC Si vous avez besoin d\u2019aide, n\u2019hésitez pas à appeler la Ligne québécoise de prévention du suicide au 1 866 277-3553. B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Nos djihadistes L e secrétaire d\u2019État américain, Mike Pom- peo, était de passage à Ottawa cette semaine pour prêter main-forte à son homologue canadienne, Chrystia Freeland, qui subit ces jours-ci les foudres de la Chine.Mais si M.Pompeo voulait démontrer sa solidarité avec le Canada dans sa guerre froide avec Pékin, il a toutefois tenu à rappeler au gouvernement du premier ministre, Justin Trudeau, sa responsabilité dans l\u2019épineux dossier du rapatriement de ses citoyens de la Syrie, où certains d\u2019entre eux étaient partis se joindre au groupe armé État islamique (EI) il y a quelques années.« Nous avons été clairs avec le gouvernement canadien, a insisté M.Pompeo dans une entrevue accordée au réseau anglais de Radio-Canada.Nous voulons qu\u2019ils rapatrient leurs gens\u2026 Chaque pays a une obligation de s\u2019assurer qu\u2019ils ne retournent pas sur le champ de bataille.» Les propos de M.Pompeo faisaient ainsi écho à ceux de son patron, le président américain Donald Trump, qui, la veille, avait menacé de relâcher des milliers de combattants du groupe EI actuellement détenus par les forces kurdes, alliés des troupes américaines, si leurs pays d\u2019origine ne les rapatriaient pas.« Si l\u2019Europe ne les prend pas, je n\u2019aurai d\u2019autre choix que de les relâcher dans les pays d\u2019où ils sont venus \u2014 l\u2019Allemagne, la France et d\u2019autres endroits », a laissé tomber M.Trump.Même si le président américain ne met pas une telle menace à exécution, ses propos démontrent l\u2019impatience du gouvernement américain envers l\u2019inaction des pays, comme le Canada, qui cherchent à se laver les mains de leur responsabilité envers ces citoyens devenus indésirables.Pour le gouvernement Trudeau, les pressions américaines viennent compliquer ce qui était déjà un dossier qu\u2019il aurait préféré balayer sous le tapis, au moins le temps que dure la campagne électorale.Hélas ! C\u2019est le contraire qui est arrivé après que le gouvernement britannique de l\u2019ancienne première ministre Theresa May, dans l\u2019un de ses derniers actes au pouvoir, eut retiré la citoyenneté à Jack Letts.Surnommé « Jack le djihadiste » par les médias britanniques, M.Letts jouissait jusqu\u2019en juillet de la double citoyenneté canado- britannique grâce à son père né en Ontario.Or, même s\u2019il n\u2019a jamais vécu lui-même au Canada, cet homme âgé de 24 ans, et qui est allé en Syrie en 2014, est maintenant devenu la responsabilité de notre pays seul.M.Letts, tout comme ses parents, qui prétendent que rien ne prouve que leur fils se soit battu aux côtés des terroristes, veut que le Canada le prenne en main.Il serait toutefois difficile de traduire M.Letts en justice, puisqu\u2019il ne semble avoir violé aucune loi canadienne.Selon le Code criminel, il est interdit de quitter ce pays avec l\u2019intention de se joindre à un groupe terroriste.Mais M.Letts n\u2019a pas quitté le Canada pour aller en Syrie.Il est parti de l\u2019Angleterre.Si le Canada le rapatrie de la Syrie, où il est détenu depuis 2017, il pourrait se retrouver en toute liberté ici.À la veille du déclenchement des élections, on comprend pourquoi M.Trudeau ne s\u2019est pas empressé cette semaine de venir en aide à M.Letts.Après tout, le chef conservateur Andrew Scheer profite de ce cas pour souligner l\u2019approche de son parti envers le terrorisme.Un gouvernement conservateur, martèle M.Scheer, ne ferait aucun effort pour aider M.Letts.Or, M.Trudeau ne peut pas dire la même chose sans se faire traiter d\u2019hypocrite.Durant la campagne électorale de 2015, il s\u2019était attaqué au chef conservateur de l\u2019époque, Stephen Harper, pour avoir fait adopter une loi permettant au gouvernement fédéral de retirer la citoyenneté canadienne à des personnes ayant une double nationalité et ayant été condamnées pour terrorisme ou trahison.Le chef libéral avait alors accusé M.Harper d\u2019avoir «dévalué» la citoyenneté canadienne en la rendant conditionnelle et avait promis d\u2019abroger cette loi une fois porté au pouvoir.Lors d\u2019un débat en anglais sur la politique étrangère, M.Trudeau avait déclaré «un Canadien est un Canadien est un Canadien», une phrase qui est demeurée célèbre.Or, ces propos reviennent hanter M.Trudeau alors qu\u2019il refuse de dire si le Canada a l\u2019intention de venir en aide à M.Letts.Son ministre de la Sécurité publique, Ralph Goo- dale, insiste pour dire que, contrairement à ce que prétend le gouvernement américain, le Canada n\u2019a aucune obligation de rapatrier ces citoyens de la Syrie.Il s\u2019agit non seulement de ceux soupçonnés d\u2019avoir été membres du groupe EI et détenus dans les prisons kurdes, mais aussi de leurs femmes et leurs enfants.C\u2019est à se demander si les propos de 2015 de M.Trudeau ne valaient que le temps de la campagne électorale.Si les libéraux ont bel et bien aboli la loi de M.Harper, ils semblent prêts à laisser d\u2019autres pays s\u2019occuper des citoyens canadiens devenus djihadistes en Syrie.Selon les experts, environ 180 Canadiens sont allés en Syrie pour se joindre à l\u2019État islamique, dont le tiers seraient déjà revenus au pays de leur propre gré.Or, très peu d\u2019entre eux ont été jusqu\u2019ici poursuivis par le gouvernement Trudeau sans que le gouvernement ne puisse expliquer pourquoi.Serait-ce parce qu\u2019il manque de preuves suffisantes pour obtenir une condamnation ?Si tel est le cas, on comprend que le gouvernement soit réticent de rapatrier ceux qui restent en Syrie.Peu importe, le gouvernement Trudeau doit s\u2019occuper de leur sort.Après tout, un Canadien n\u2019est pas un Canadien seulement lorsque cela fait l\u2019affaire de M.Trudeau.KONRAD YAKABUSKI Andrée A.Michaud Écrivaine et citoyenne de Saint-Sébastien-de-Frontenac Lettre ouverte au ministère des Transports du Québec et à son ministre, M.François Bonnardel Le mercredi 21 août, un bruit infernal nous a tirés de notre travail, mon conjoint et moi, et poussés à aller voir à l\u2019extérieur ce qui produisait ce vacarme.Sur la route régionale qui passe devant notre maison, deux énormes engins du ministère des Transports du Québec s\u2019avançaient, rasant tout ce qui se trouvait dans le fossé sur une distance de cinq à six mètres de l\u2019accotement.En quelques heures, entre mon village et le village voisin, des dizaines, voire des centaines d\u2019arbres qui ne nuisaient en rien à la circulation ni à la visibilité des automobilistes sont tombés.Seulement devant notre maison, dix-sept petits arbres dont les branches n\u2019auraient probablement jamais atteint la route ont été abattus.Devant l\u2019ampleur des dégâts, je me suis précipitée pour demander à l\u2019homme qui supervisait les opérations s\u2019il pouvait m\u2019expliquer ce qui se passait.Il m\u2019a répondu que le ministère des Transports procédait à ce type de nettoyage régulièrement et qu\u2019ils avaient le droit de couper sans distinction jusqu\u2019aux poteaux d\u2019Hy- dro-Québec.Après quoi, voulant me rassurer, car j\u2019étais dans une colère noire, il m\u2019a dit de ne pas m\u2019en faire, que des arbres, il y en avait en masse et qu\u2019il allait toujours en rester\u2026 Je ne blâme pas cet employé, qui ne faisait que son travail et ne prend probablement pas part aux décisions.Je blâme par contre le ministère des Transports du Québec qui, en maintenant de tels procédés, soutient du même coup une culture de l\u2019indifférence que notre époque ne peut pas se permettre.Je blâme aussi ceux et celles qui établissent les règles qui régissent ce ministère pour leur manque total de discernement et pour s\u2019appuyer sur des normes dont l\u2019exercice est parfois aberrant.Qu\u2019une personne ou une entité administrative ait le droit de faire quelque chose ne l\u2019autorise pas pour autant à user de ce droit aveuglément.Depuis des années, des gens préoccupés par le sort que nous faisons à notre environnement nous incitent à planter des arbres, et voilà que l\u2019un de nos plus importants ministères détruit jour après jour les efforts que certains déploient, eux aussi, quotidiennement.Je suis d\u2019accord qu\u2019il faut assurer la sécurité routière, mais cet abattage sauvage, exécuté sans aucune forme de jugement, sans évaluation préalable des possibles dangers causés par les cerisiers, peupliers, jeunes bouleaux et autres espèces qui poussent près de nos routes, est totalement inutile.Ces façons de charcuter impunément un environnement riche en plantes ligneuses et protégeant une faune abondante sont non seulement révoltantes, mais coûteuses.Pourquoi n\u2019utiliserait- on pas plutôt l\u2019argent dépensé ici en pure perte pour débarrasser nos fossés des ordures qui s\u2019y accumulent et polluent les boisés et les cours d\u2019eau qui longent certains axes routiers ?Si, au moins, on utilisait le bois coupé pour en faire un combustible quelconque.Mais non, tout ce qui a été éliminé reste au sol et est destiné à pourrir sur place, parmi les déchets que personne ne ramasse, sauf quelques imbéciles dans mon genre, qui se promènent avec leurs sacs à ordures pour y entasser les dizaines de contenants de plastique, de métal, de styromousse, et j\u2019en passe, qui aboutissent on ne sait comment dans la nature.Si, au moins, on coupait proprement.Mais non, on arrache, on déchire, on laisse sur place des troncs déchiquetés, des branches à moitié coupées qui se balancent sur des chicots d\u2019arbres ou sur des arbres fendus par le milieu.Si, au moins, plutôt que de passer le décor à la tronçonneuse, on procédait à de la coupe sélective, fondée sur une évaluation de la dangerosité de certains arbres et sur l\u2019usage que l\u2019on peut faire du bois coupé.Mais non, on rase.On me répondra probablement ici à coups de chiffres, mais un entretien intelligent et responsable de nos bords de route coûterait assurément moins cher que ce type de massacre.Ces méthodes de nettoyage à blanc, si je peux dire, sont inadmissibles, et j\u2019espère sincèrement que quelques personnes avisées, au ministère des Transports du Québec, se pencheront sur l\u2019absurdité que je dénonce, car des arbres, il y en aura encore pour un certain temps, bien sûr, mais peut-être pas pour aussi longtemps et en aussi grand nombre que nous voulons le croire.Massacre dans le 2e Rang Calin Rovinescu Directeur général d\u2019Air Canada Hier, les actionnaires de Transat ont parlé.Leur acceptation de l\u2019offre d\u2019Air Canada, à hauteur de presque 95 %, augure d\u2019un avenir prometteur pour le regroupement des deux entreprises.D\u2019un côté se tenait Air Canada, qui a respecté toutes les règles et suivi le processus rigoureux mis en place par Transat, sorti son chéquier et déposé une offre inégalée.Air Canada qui, depuis 2012, a lancé 35 nouvelles destinations au départ de Montréal, faisant de la métropole l\u2019une des 50 villes les plus connectées au monde ; qui, depuis dix ans, a donné un rendement de plus de 5000 % à ses actionnaires, faisant du titre l\u2019un des plus florissants sur le marché boursier ; qui porte le titre de Meilleur transporteur aérien en Amérique du Nord, reconnaissance reçue l\u2019an dernier et six fois au cours des huit dernières années, de même que celui de transporteur écologique de l\u2019année au niveau mondial en 2018 ; et qui a reçu l\u2019appui du syndicat UNIFOR, des pilotes de Transat, de la Fédération des chambres de commerce du Québec, de Tourisme Montréal, d\u2019Aéroports de Montréal, de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain et du Conseil du patronat.De l\u2019autre côté se tenaient des prétendants amers s\u2019opposant à la transaction, sans expérience de l\u2019industrie aérienne et sans appui visible, qui n\u2019ont pas suivi les règles mises en place par Transat et dont les offres étaient inégalables puisqu\u2019elles se sont avérées inexistantes.Les actionnaires de Transat n\u2019ont pas hésité.Ces prétendants ont tenté de créer un climat incertain, négatif et pessimiste au sein de la population quant à l\u2019avenir de Transat, en s\u2019inscrivant à l\u2019encontre de la volonté des deux entreprises et de leurs parties prenantes.L\u2019un de ces prétendants a même eu l\u2019audace de mener sa campagne sur le thème de la concurrence, alors que son entreprise occupe une position dominante dans l\u2019univers médiatique au Québec.Notre regroupement est avantageux non seulement pour les actionnaires des deux entreprises, mais aussi pour leurs employés, les consommateurs et l\u2019économie du Québec.Le siège social de Transat sera conservé à Montréal et les marques de Transat seront maintenues.Le regroupement offrira une plus grande sécurité d\u2019emploi grâce à des perspectives de croissance accrues.Air Canada emploie près de 10 000 personnes au Québec, et a créé, depuis 2013, 2600 nouveaux emplois.Notre siège social, l\u2019un des plus importants au Québec, compte 2000 employés et est en pleine croissance.Le réseau d\u2019Air Transat sera renforcé par celui d\u2019Air Canada et les voyageurs profiteront de nouvelles destinations, de plus de correspondances et de plus de fréquences.L\u2019entreprise continuera d\u2019évoluer dans un environnement fortement concurrentiel, au Canada et à l\u2019international.Air Canada contribue considérablement à la prospérité du Québec.En plus de Montréal-Trudeau, nous desservons 10 aéroports au Québec.Nous avons passé une commande historique d\u2019appareils de la C Series (A220) en 2016, et en 2017, nous avons octroyé un contrat d\u2019entretien de 500 millions de dollars à notre partenaire de Trois-Ri- vières, assurant le maintien de 350 emplois spécialisés.Nous avons hâte d\u2019entreprendre les prochaines étapes de notre regroupement.Pour ma part, je suis extrêmement fier du succès d\u2019Air Canada et je suis convaincu que les équipes combinées d\u2019Air Canada et de Transat, deux magnifiques réussites québécoises et canadiennes, sauront nous rendre fiers de leurs réalisations futures.Les actionnaires de Transat ont parlé GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Le siège social de Transat sera conservé à Montréal et les marques de Transat seront maintenues LEDEVOIR // LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 AOÛT 2019 B 10 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R GEORGES BARDAGI courtier immobilier agréé DIMANCHE 25 AOÛT 13H30 \u2013 14H30 DIMANCHE 25 AOÛT 15H00 \u2013 16H00 EN FACE DU PARC PAINTER À DEUX PAS DU CENTRE DE VMR 2540 3100 PRÈS DES ÉCOLES CARLYLE & SAINT-CLÉMENT 2080 À DEUX PAS DU MÉTRO OUTREMONT 1130 TERRAIN DE 9 200 PI2 1810 TOUT PRÈS DU PARC CONNAUGHT 2820 OCCUPATION DOUBLE SPACIEUX REZ-DE-CHAUSSÉE AVEC SOUS-SOL 1960 1310 LES VISITES LIBRES Consultez les ?ches détaillées au Bardagi.com/[code de 4 chiffres] VOUS ATTENDENT CE DIMANCHE EN VISITE LIBRE! 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