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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-08-28, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 194 / LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Femmes et tatouage Faire sa place dans un monde d\u2019aiguilles et de testostérone Le tatouage connaît un engouement sans précédent depuis des années.Au moins un Québécois sur quatre est tatoué, y compris le premier ministre du Canada.Deuxième article d\u2019une série qui analyse la signification globale du phénomène.CAROLINE CHATELARD LE DEVOIR INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Des ouvriers de la construction dans des cours de récréation, des enfants orphelins de titulaire, c\u2019est la rentrée 2019 | A 5 MONDE Bolsonaro veut bien de l\u2019aide internationale, si Macron lui présente des excuses L\u2019ENCRE DANS LA PEAU ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR La jeune militante environnementale Greta Thunberg souhaite prendre part à la manifestation qui se tiendra à Montréal le 27 septembre, dans le cadre de la journée mondiale de mobilisation pour le climat, a appris Le Devoir.Les discussions pour organiser sa venue au Québec sont d\u2019ailleurs déjà bien entamées avec l\u2019entourage de la figure emblématique de la mobilisation des jeunes contre la crise climatique.« Elle veut être présente ici.Cela nous a été confirmé », confirme Rose- monde Gingras, porte-parole du regroupement La planète s\u2019invite au parlement, qui a lancé l\u2019invitation à la jeune Suédoise qui a initié seule, l\u2019an dernier, le mouvement international de grèves scolaires pour le climat.Greta Thunberg a manifesté son souhait de venir à Montréal en raison de la forte mobilisation des jeunes Québécois sur l\u2019enjeu de la crise climatique mondiale.« Elle est très au fait de l\u2019ampleur de la mobilisation au Québec.Son équipe nous a aussi confirmé cela », souligne Mme Gingras.C\u2019est notamment à Montréal qu\u2019a eu lieu l\u2019une des plus importantes, sinon la plus importante manifestation dans le monde lors de la journée de grève étudiante pour le climat, le 15 mars dernier.Plusieurs dizaines de milliers de jeunes \u2014 plus de 150 000 selon les organisateurs \u2014 ont alors défilé pour réclamer des gestes nettement plus ambitieux afin de lutter contre les bouleversements du climat.Déjà, alors que Greta Thunberg n\u2019a pas encore terminé sa traversée de l\u2019Atlantique à bord d\u2019un voilier, « plusieurs échanges et des discussions » ont eu lieu avec des membres de son entourage, explique Mme Gingras.Ceux-ci gèrent notamment son horaire et ses déplacements.Ils doivent donc évaluer plusieurs « éléments techniques » avant de pouvoir donner une réponse définitive.Ils devront aussi très certainement répondre à d\u2019autres demandes, puisque Greta Thunberg a prévu de passer plus CLIMAT Montréal figure dans les plans de Greta Thunberg La militante souhaite participer ici à la grande manifestation du 27 septembre Greta Thunberg est à l\u2019origine du mouvement de grève des jeunes pour le climat.Elle est attendue d\u2019un jour à l\u2019autre à New York après sa traversée de l\u2019Atlantique en voilier.La jeune militante souhaite se rendre à Montréal et manifester avec les jeunes Québécois le 27 septembre.OLIVER BERG AGENCE FRANCE-PRESSE HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR ÉLECTIONS Scheer pourra compter sur les verts et les bloquistes Les deux partis sont disposés à collaborer avec un gouvernement minoritaire conservateur F is the key (Marie-Christine), tatoueuse professionnelle.ALICE CHICHE LE DEVOIR « Vous avez sûrement déjà vu des marins ou des soldats avec des tatouages au bras ou sur l\u2019estomac.Mais avez- vous déjà vu une femme tatouée?» Ça, c\u2019était en 1979.Rachel Verdon, dans s o n é m i s s i o n « Fe m m e s d\u2019a u - jourd\u2019hui », à la télévision de Radio- Canada, se penchait sur un phénomène nouveau dans la gent féminine de l\u2019époque.Estampillé macho, le tatouage s\u2019est depuis fait une place dans le monde des femmes.Ou plutôt, les femmes se font progressivement une place dans ce monde d\u2019aiguilles et de testostérone.« À partir du moment où tu deviens tatouée, tu deviens une propriété publique, balance la tatoueuse québécoise F is the key, qui se prénomme en VOIR PAGE A 4 : AIGUILLES C\u2019est un message que des stratèges conservateurs font circuler en coulisses depuis quelque temps : le 21 octobre prochain, ce sera une majorité ou rien du tout pour Andrew Scheer.Car, selon eux, puisque le Parti conservateur n\u2019a pas d\u2019alliés naturels dans les autres partis, il ne réussira pas à se maintenir en poste s\u2019il remporte seulement un mandat minoritaire.Mais le Bloc québécois et le Parti vert font voler en éclats cette analyse en se disant tous deux prêts à travailler autant avec M.Scheer qu\u2019avec Justin Trudeau.En entrevue avec Le Devoir, Yves François Blanchet et Elizabeth May admettent qu\u2019ils sont tout à fait disposés à collaborer avec le Parti conservateur s\u2019ils obtiennent la balance du pouvoir et qu\u2019Andrew Scheer décroche le plus de sièges à la Chambre des communes.Mais à condition d\u2019obtenir quelque chose en retour, préviennent-ils.Le chef du Bloc indique qu\u2019il appuiera tout gouvernement minoritaire au cas par cas, un vote à la fois.« Je n\u2019appuierai jamais les conservateurs.Je n\u2019appuierai jamais les libéraux.Mais on peut voter pour un projet de loi, à la pièce », explique-t-il au Devoir.M.Blanchet argue qu\u2019il userait de ce pouvoir pour exiger des gains pour le Québec : les compensations promises aux agriculteurs pour la gestion de l\u2019offre ou une déclaration de revenus unique, par exemple.En revanche, certaines propositions conservatrices priveraient le parti de l\u2019appui des blo- quistes, avertit-il, en citant l\u2019idée d\u2019un corridor énergétique traversant le Je n\u2019appuierai jamais les conservateurs.Je n\u2019appuierai jamais les libéraux.Mais on peut voter pour un projet de loi, à la pièce YVES-FRANÇOIS BLANCHET » VOIR PAGE A 4 : SCHEER VOIR PAGE A 2 : GRETA ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 En négociation depuis l\u2019automne 2018 ! La direction de l\u2019UQAM demande encore au personnel de faire un effort important pour atteindre l\u2019équilibre budgétaire : \u2022 Malgré une vague de compressions qui a conduit à l\u2019abolition de nombreux postes de personnel de soutien; \u2022 Malgré un taux de détresse psychologique de 53 % du personnel de soutien selon une étude indépendante.Pourtant, les employé.e.s de l\u2019UQAM contribuent grandement à la notoriété de l\u2019université : \u2022 En participant au succès des étudiantes et étudiants; \u2022 En soutenant les recherches de pointe des professeur.e.s; \u2022 En collaborant avec tout le personnel enseignant pour appuyer l\u2019encadrement de la formation universitaire; \u2022 En assurant à la communauté universitaire un milieu sain et sécuritaire.Madame la Rectrice, montrez aux employé.e.s que vous les respectez en proposant une offre décente.Rectificatif Dans l\u2019article intitulé «Aérospatiale : les aides ponctuelles posent problème, selon les Machinistes», publié mardi et signé par François Desjardins, il était écrit que le Canada ne compte aucun site capable de démanteler un aéronef.En fait, l\u2019entreprise Aerocycle a annoncé le mois dernier qu\u2019elle détient désormais une homologation officielle de l\u2019Aircraft Fleet Recycling Association pour ses activités à Mirabel.Des Hongkongais écartés du défilé de Fierté Montréal Des membres de la communauté LGBTQ+ d\u2019origine hong- kongaise, censés participer au défilé de la Fierté à Montréal le 18 août dernier, ont été exclus par les organisateurs en raison de « tentative potentielle de sabotage du défilé par les procom- munistes » communiquée par les autorités policières.Le vice- président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreault, a confirmé à La Presse canadienne que les organisateurs du défilé ont révoqué le droit de participer du groupe hongkon- gais après avoir reçu au moins dix menaces de personnes opposées à leur présence.Un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Jean-Pierre Brabant, a indiqué au Devoir qu\u2019« aucune demande n\u2019a été faite, aucun conseil n\u2019a été donné à Fierté Montréal ».La Gendarmerie royale du Canada (GRC) n\u2019avait pas encore rappelé Le Devoir.Le Devoir et La Presse canadienne EN BREF En mission pour mobiliser les jeunes contre la crise climatique de trois mois en Amérique, notamment pour se rendre au sommet de l\u2019ONU sur le climat, le 23 septembre.Elle compte même se rendre au Chili en décembre, afin de participer à la 25e Conférence des Parties (COP25).Mme Gingras n\u2019était donc pas en mesure, mardi, de confirmer la venue au Québec de la militante environnementale.Mais les discussions sont très avancées quant aux « intentions » de la jeune militante de venir à Montréal.« Le souhait a été clairement exprimé de sa part.» Si elle vient à Montréal, elle prendra part ici à une manifestation qui se tiendra le 27 septembre, soit en pleine campagne électorale fédérale, mais surtout dans le contexte d\u2019un mouvement de « grève mondiale pour le climat » prévu depuis déjà plusieurs mois.Cette grève est d\u2019ailleurs soutenue par Greta Thunberg, qui a appelé à une mobilisation internationale et intergénérationnelle autour de l\u2019enjeu climatique, en soulignant que les jeunes « ont besoin de l\u2019aide des adultes ».« C\u2019est un enjeu mondial qui affecte chacun d\u2019entre nous.Nous sommes tous sur le même bateau, donc tout le monde doit se sentir concerné », a-t-elle affirmé dans une vidéo produite pour promouvoir ce mouvement de débrayage.Figure de proue Encore inconnue à pareille date l\u2019an dernier, la jeune suédoise de 16 ans est devenue rapidement une figure emblématique du mouvement des jeunes en faveur du climat après que la vidéo de son intervention lors de la COP24, en pays présents à la COP24.« Vous dites que vous aimez vos enfants pardessus tout, mais vous volez leur futur sous leurs yeux », ajoute Greta Thunberg, qui sera par la suite invitée à présenter son plaidoyer au Forum économique de Davos.Après avoir entamé seule une campagne de grèves hebdomadaires chaque vendredi depuis août 2018, les choses ont d\u2019ailleurs changé radicalement après la COP24.En quelques semaines, des débrayages similaires vont se multiplier, des États-Unis au Japon, en passant par l\u2019Allemagne, l\u2019Australie, la Belgique ou encore le Québec.Professeure à l\u2019UQAM et spécialiste de l\u2019éducation à relative à l\u2019environnement, Lucie Sauvé n\u2019est pas surprise de la portée du mouvement de grèves scolaires pour le climat lancé par Greta Thunberg.« Son initiative a permis de braquer les projecteurs sur l\u2019angoisse des jeunes, parce qu\u2019elle est arrivée à un moment où il y avait déjà une anxiété grandissante chez les jeunes.Et cette angoisse est nourrie par les décideurs, qui ne bougent pas face à la situation actuelle.Les jeunes se demandent pourquoi ils doivent aller à l\u2019école, alors qu\u2019ils sont en train de se faire voler leur avenir.» Chargée de cours à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke, Eugénie Dostie-Goulet souligne pour sa part que, si l\u2019urgence d\u2019agir évoquée par la militante écologiste rejoint les jeunes, elle lui attire aussi des critiques parfois virulentes.« Elle prend position sur un enjeu qui demeure, encore au- jourd\u2019hui, polémique, ne serait-ce que par les solutions qui peuvent être mises de l\u2019avant.Ça peut heurter certaines personnes, notamment sur le plan économique.» Greta Thunberg plaide notamment pour la fin de l\u2019utilisation des énergies fossiles, alors que l\u2019exploitation pétrolière et gazière est plutôt en expansion au Canada.Elle refuse également de prendre l\u2019avion.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela qu\u2019elle a choisi de traverser l\u2019océan en voilier zéro carbone.Après avoir été retardé par les conditions météorologiques, le voilier doit arriver à New York mercredi ou jeudi GRETA SUITE DE LA PAGE A 1 décembre 2018, fut devenue virale sur les réseaux sociaux.« Vous parlez seulement d\u2019une éternelle croissance économique \"verte\", parce que vous avez trop peur d\u2019être impopulaires.Vous ne parlez que d\u2019aller vers l\u2019avant, avec les mêmes mauvaises idées qui nous ont conduits dans ce bourbier », affirme- t-elle alors avec aplomb, dans un discours destiné aux délégués des 195 Greta Thunberg a choisi de se rendre en Amérique en traversant l\u2019océan à bord d\u2019un voilier zéro carbone.BEN STANSALL AGENCE FRANCE-PRESSE ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le débat sur les débats des chefs est reparti de plus belle.À l\u2019approche de la campagne électorale, les conservateurs accusent Justin Trudeau d\u2019avoir l\u2019intention de « se cacher » des Canadiens puisque le chef libéral n\u2019a pas confirmé sa présence à deux des quatre débats organisés.Le Parti libéral, lui, refuse de se commettre.C\u2019est une querelle digne du jour de la marmotte, mais les rôles sont au- jourd\u2019hui inversés.Alors que Stephen Harper avait essuyé les critiques de ses opposants il y a quatre ans, après avoir refusé de participer au débat anglophone du consortium des médias, c\u2019est au tour de Justin Trudeau de subir les mêmes reproches.Le chef libéral participera aux deux débats organisés par la nouvelle commission des débats \u2013que son gouvernement a créé pour organiser des joutes oratoires remplaçant celles du consortium.Mais M.Trudeau n\u2019a pas encore précisé s\u2019il se joindrait aux débats du magazine Maclean\u2019s et de l\u2019Institut Munk.«Le fait que Trudeau ait beaucoup de choses à cacher ne justifie pas qu\u2019il ne participe pas aux débats», ont scandé les conservateurs, par voie de communiqué de presse.«Trudeau devrait venir expliquer ses échecs aux Canadiens.Il préfère fuir», ont-ils reproché.L\u2019équipe de M.Trudeau n\u2019a pas voulu répondre à ces attaques, mardi.« Le Parti libéral s\u2019est engagé à participer aux débats de la commission [\u2026 ].D\u2019autres organisations ont aussi commencé à exprimer leur intérêt pour la tenue de débats ou de forums, mais nous n\u2019avons encore pris aucun nouvel engagement ni aucune nouvelle décision », s\u2019est-on contenté d\u2019indiquer au PLC.Le magazine Maclean\u2019s ne se formalise pas de cette incertitude.Son débat ira de l\u2019avant, le 12 septembre, que Justin Trudeau y soit ou pas.« Nous allons tenir notre débat, soit avec les trois chefs qu\u2019on a, soit avec quatre chefs si M.Trudeau veut bien participer.L\u2019invitation reste ouverte », a expliqué au Devoir le journaliste et modérateur de la joute, Paul Wells.Le chef conservateur Andrew Scheer, celui du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, et la chef du Parti vert, Elizabeth May, ont tous confirmé leur participation.Un débat annulé ?Le sort du débat Munk est en revanche menacé par la décision éventuelle des libéraux.L\u2019institut envisage d\u2019annuler son débat du 1er octobre si M.Trudeau décline son invitation.« Si l\u2019un des chefs qui représente une part importante des intentions de vote des Canadiens n\u2019était pas sur la scène, la mission publique de l\u2019exercice serait compromise », reconnaît le président des Munk Debates, Rudyard Griffiths.Jagmeet Singh n\u2019a pas non plus confirmé sa présence à ce débat.Le NPD cite une série de détails à régler, en évoquant notamment la présence du chef libéral.Le gouvernement de Justin Trudeau a créé une nouvelle commission des débats, en déclarant vouloir ainsi mettre un terme aux « manœuvres partisanes » qui avaient mené à la multiplication des joutes oratoires en 2015.Il y avait alors eu cinq débats à géométrie variable, comptant chacun une brochette différente de chefs.Justin Trudeau s\u2019était joint aux cinq, en déclarant vouloir participer au plus grand nombre de débats possibles.Les consortiums anglophone et francophone organisent les débats de la commission les 7 et 10 octobre, respectivement.Le réseau TVA n\u2019a pas confirmé la date de son traditionnel Face à Face, qui serait en cours d\u2019organisation selon nos informations.Trudeau accusé de vouloir se « cacher » des Canadiens Les conservateurs déplorent la possible absence du PM à deux débats des chefs MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire À QUÉBEC LE DEVOIR Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Stéphane Giroux, presse le gouvernement caquiste de se porter à la défense des médias d\u2019information en difficulté, à défaut de quoi le Québec sombrerait dans l\u2019«obscurantisme».« Pourquoi les contribuables devraient payer pour soutenir une presse qui n\u2019est plus financièrement viable ?La réponse est simple : parce que le prix à payer pour la société québécoise serait énorme.Le prix à payer, c\u2019est la disparition des sources d\u2019information, la fin dans certaines régions de l\u2019essentielle pluralité des voix dans une démocratie en santé et le retour à l\u2019obscurantisme », a-t-il soutenu lors de son passage devant la commission parlementaire sur l\u2019avenir des médias, mardi.Il y a « urgence d\u2019agir », a-t-il martelé moins de 10 jours après l\u2019envoi d\u2019un avis d\u2019intention de se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l\u2019insolvabilité de la part de Groupe Capitales Média (GCM).Aux yeux de la FPJQ, la disparition des six quotidiens du GCM \u2014 la moitié des quotidiens de langue française au Québec \u2014 serait «catastrophique».«En région, ce sont souvent les journalistes de la presse écrite qui couvrent les assemblées des conseils municipaux, qui s\u2019intéressent au travail des élus par exemple.Sans eux, les décisions seraient prises derrière les portes closes sans que les citoyens ne soient avisés.C\u2019est la porte ouverte à des petites dictatures.On en a vu», a poursuivi M.Giroux.Selon lui, les entreprises de presse en difficulté n\u2019ont pas à être gênées de solliciter un coup de pouce financier de la part de l\u2019État.« Oui, la presse a besoin de l\u2019aide de l\u2019État en ce moment.Elle est loin d\u2019être la seule industrie dans cette situation », a-t-il affirmé tout en pointant des entreprises des secteurs aéronautique et culturel.L\u2019indépendance des journalistes demeurerait intacte dans l\u2019éventualité où le gouvernement accorderait une aide aux médias dans lequel ils travaillent, estime le porte-parole de la FPJQ.«Les journalistes travaillent pour le public, seulement pour le public», a-t-il dit avant de rappeler aux élus que les quelque 1800 journalistes membres de la FPJQ s\u2019engagent formellement à respecter le Guide de déontologie des journalistes du Québec.Précisément, la FPJQ appelle le gouvernement caquiste à notamment abolir la compensation exigée à la presse écrite dans la valorisation des matières résiduelles et à contraindre les municipalités du Québec à publier de nou- CRISE DES MÉDIAS La FPJQ presse Québec d\u2019agir pour éviter l\u2019« obscurantisme » HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le Parti conservateur se retrouve dans l\u2019embarras à cause de l\u2019épineux dossier de l\u2019avortement.La déclaration de la candidate Sylvie Fréchette laissant croire que la position du parti sur cet enjeu lui a été mal présentée a forcé le parti à rectifier le tir.Depuis, les autres candidates québécoises évitent de faire des commentaires.Lundi matin, sur les ondes de Radio- Canada, l\u2019ancienne athlète olympique a nié que des députés conservateurs, pendant un éventuel règne d\u2019Andrew Scheer, pourraient déposer des projets de loi restreignant l\u2019accès à l\u2019avortement.«Je peux vous confirmer que c\u2019est faux.C\u2019est faux, c\u2019est totalement faux.» Il faut dire que le message venait d\u2019en haut.Le lieutenant québécois du parti, le député Alain Rayes, a déclaré au Journal de Montréal en fin de semaine qu\u2019«Andrew Scheer a confirmé qu\u2019il ne permettrait pas à l\u2019un de ses députés de présenter un projet de loi antiavortement».Or, ce n\u2019est pas la position de M.Scheer.Le chef conservateur s\u2019est engagé à ne pas piloter un tel projet de loi gouvernemental, mais il n\u2019interdira pas à ses parlementaires de le faire à titre personnel.M.Rayes a été obligé de se rétracter.«Si j\u2019ai eu une interprétation différente de ce que [le chef] a dit, c\u2019est mon erreur et les Plusieurs candidates conservatrices du Québec silencieuses sur l\u2019avortement Le député conservateur Alain Rayes (à droite) a déclaré au Journal de Montréal ce week-end qu\u2019Andrew Scheer ne permettrait pas à l\u2019un de ses députés de présenter un projet de loi anti-avortement, contredisant ainsi son chef.JOHN WOODS LA PRESSE CANADIENNE mots du chef ont préséance», a-t-il déclaré au Huffington Post.Il a refusé les demandes d\u2019entrevues.Candidates silencieuses M.Rayes a-t-il aplani la position de son parti lorsqu\u2019il a recruté ses candidats au Québec ?Le Devoir a tenté de parler à toutes les autres candidates dans la province, 24 au total (en excluant Mme Fréchette, Sylvie Boucher, déjà élue, et une autre candidate s\u2019étant déjà prononcée).Très peu ont accepté de parler.Il y aurait eu, semble-t-il, un mot d\u2019ordre.«Je ne répondrai pas aux questions comme ça.On s\u2019est même fait aviser que des médias essayeraient de nous contacter aujourd\u2019hui», a expliqué Cynthia La- rivière, candidate dans Salaberry\u2013Suroît.Deux candidates ont indiqué qu\u2019elles n\u2019étaient pas disponibles et rappelleraient plus tard, ce qu\u2019elles n\u2019ont pas fait.Deux autres ont référé Le Devoir à la porte-parole du parti pour le Québec, Josée Morissette.Cette dernière nie avoir invité ses candidats au silence.« Je n\u2019ai muselé personne », a soutenu Mme Morissette.« Elles n\u2019ont pas eu de mot d\u2019ordre.» A-t-elle envoyé un message à ses candidats dans la foulée des reportages ?« Écoutez, j\u2019échange avec des candidats.Ils me disent \u201cQu\u2019est-ce qu\u2019on fait ?\u201d.Je leur dis des fois, si vous n\u2019êtes pas à l\u2019aise\u2026 C\u2019est certain, quand on a des nouvelles de même en ouvrant le journal, il faut qu\u2019ils sachent un peu quoi faire.Il y en a qui sont insécures, certains viennent d\u2019être nommés, d\u2019autres n\u2019ont jamais parlé à un journaliste de leur vie.» La candidate dans Gatineau, Sylvie Go- neau, a pour sa part répondu au Devoir qu\u2019elle était à l\u2019aise avec la position de son parti.«Je ne vois pas pourquoi personne ne déposerait un projet de loi.Pour nous, tous les conservateurs, de ce que j\u2019en comprends, le sujet est clos.C\u2019est ce que je me suis fait dire dès le début.» La candidate dans Rosemont\u2013La Pe- tite-Patrie, Johanna Sarfati, s\u2019est dite pour sa part à l\u2019aise avec la perspective qu\u2019un député d\u2019arrière-ban dépose un projet de loi, car il en va de la démocratie.«On ne peut pas empêcher des députés de déposer des projets de loi.» Elle est convaincue qu\u2019un tel projet de loi n\u2019aurait aucun succès.«Ça ne pourrait pas passer.Pas sous les conservateurs.» Le caucus conservateur compte 44 députés identifiés comme étant pro-vie sur un total de 95.Pendant le règne de Stephen Harper, au moins quatre projets de loi portant sur l\u2019avortement ou la reconnaissance des fœtus comme êtres humains ont été présentés par des élus conservateurs.Le chef libéral, Justin Trudeau, oblige ses candidats à s\u2019engager à ne pas déposer de projets de loi remettant en question le droit à l\u2019avortement.veau leurs avis publics dans les journaux.« On parle de millions de dollars.Au-delà des sous, c\u2019est une démocratie qu\u2019on enlève », a dit le porte-parole d\u2019Hebdos Québec, Benoit Chartier.Trous noirs médiatiques Seize journaux communautaires anglophones ont fermé leurs portes depuis 1980.Établi en 1845, le Stanstead Journal a publié son dernier numéro le 28 mai 2019, a rappelé la directrice générale de l\u2019Association des journaux régionaux du Québec, Sylvie Goneau.« Ces communautés n\u2019ont aucune autre source d\u2019information locale.Et c\u2019est cette même absence de nouvelles qui contribue au sentiment d\u2019isolement, de séparation et de désinformation dans les communautés anglophones du Québec », a déploré Mme Goneau devant la Commission de la culture et de l\u2019éducation.Les publications anglophones sont aux prises avec un rétrécissement de leur lectorat, qui est intimement lié à une décroissance démographique des communautés anglophones, et des revenus publicitaires en chute libre.Selon l\u2019Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ ), les journalistes demeureront imperméables à la pression politique, même si le gouvernement vient en aide aux médias.« L\u2019influence grandissante qu\u2019exercent les intérêts privés des propriétaires de médias et des annonceurs sur le travail des journalistes semble être une menace bien plus immédiate et réelle à l\u2019indépendance de la presse qu\u2019une hypothétique influence gouvernementale », a affirmé sa présidente, Gabrielle Bras- sard-Lecours.L\u2019élue solidaire Catherine Dorion a interpellé le président de la FPJQ sur l\u2019érosion de la confiance de la population à l\u2019égard des journalistes.M.Giroux l\u2019a attribué en partie à «une espèce de virage vers ce qui rapporte financièrement pour les entreprises de presse plutôt que la qualité » et « l\u2019arrivée de l\u2019Internet, des médias sociaux, qui a ouvert la porte à la désinformation».Pourquoi les contribuables devraient payer pour soutenir une presse qui n\u2019est plus financièrement viable ?La réponse est simple : parce que le prix à payer pour la société québécoise serait énorme.STÉPHANE GIROUX » Le chef conservateur s\u2019est engagé à ne pas piloter un projet de loi anti- avortement, mais il n\u2019interdira pas à ses parlementaires de le faire à titre personnel LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 4 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, brandit la menace d\u2019imposer un péage sur le futur troisième lien si le gouvernement fédéral ne contribue pas au financement du projet.Or, même à l\u2019approche de l\u2019élection, une aide d\u2019Ottawa semble loin d\u2019être acquise.À l\u2019heure actuelle, il n\u2019y a aucun programme de subventions pour ce genre de projet, signale une source au sein du gouvernement Trudeau.Le projet de troisième lien pourrait par contre avoir accès à certains programmes de subventions en transport en commun si le projet comportait une composante qui en fait la promotion, telle une voie réservée, signale-t-on.Le cabinet du ministre François-Phi- lippe Champagne affirme par ailleurs « n\u2019avoir rien contre le projet » \u2014 et ne pas avoir reçu encore de projet à évaluer de toute façon.Mardi, le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, a brandi la menace d\u2019imposer un péage sur le futur troisième lien si Ottawa ne contribue pas au financement du projet.Le gouvernement fédéral s\u2019est montré « frileux » dans le dossier, a-t- il souligné en mêlée de presse.Le fédéral n\u2019avait pas « levé la main » QUÉBEC Le troisième lien pourrait être à péage depuis le dévoilement du tracé, plus tôt cet été.« Si ce n\u2019est pas le cas, il faut évaluer les options en PPP (partenariat public-privé).» Évoquant lesdites options, M.Bon- nardel a notamment mentionné la possibilité de financement par la Banque de l\u2019infrastructure du Canada (BIC).Or, vérification faite, la BIC, qui est indépendante du gouvernement, ne finance que des projets qui génèrent des revenus.Dès lors, une contribution de la BIC n\u2019empêcherait pas un recours au péage.Plus de transparence L\u2019ouverture de M.Bonnardel au péage a suscité de vives réactions, d\u2019autant plus qu\u2019il avait exclu un tel scénario dans le passé.« Dieu sait que je ne veux pas défendre le gouvernement fédéral, mais s\u2019il en sait aussi peu que nous sur le projet, je peux comprendre qu\u2019aujourd\u2019hui, il utilise le prétexte de méconnaissance du dossier pour dire qu\u2019il n\u2019est pas prêt à l\u2019appuyer », a réagi le député péquiste Joël Arsenault.« Quand on lance un ballon comme ça, c\u2019est qu\u2019il y a quelque chose en dessous », a dénoncé quant à lui le porte- parole libéral en matière de transport, Gaétan Barrette.Avant de parler de péage, il faudrait d\u2019abord savoir combien coûtera ce troisième lien routier entre Québec et Lé- vis, selon lui.« Les Québécois ont le droit de savoir, a-t-il dénoncé.C\u2019est le projet unitaire le plus dispendieux au gouvernement du Québec au moment où on se parle.» « Ce que ça nous dit, en gros, c\u2019est que la CAQ ne sait pas comment le financer », a réagi pour sa part Catherine Dorion, de Québec solidaire.« En plus, on n\u2019est pas capables d\u2019avoir de l\u2019information à savoir pourquoi vous avez choisi de faire un tunnel ?» Le coût du troisième lien est estimé à un minimum de 4 milliards de dollars, si l\u2019on se fie à une étude commandée en 2016 par le ministère des Transports.Or, la facture pourrait facilement atteindre 7 ou 8 milliards, selon ce qu\u2019a dit son auteur, Bruno Massicotte, en entrevue au Devoir à la fin juin.L\u2019opposition libérale a demandé formellement mardi que la Commission des transports et de l\u2019environnement de l\u2019Assemblée nationale reçoive, cet automne, le directeur du bureau de projet du troisième lien afin d\u2019en savoir plus.Avec Mylène Crête Les conditions d\u2019un appui au gouvernement SCHEER SUITE DE LA PAGE A 1 Québec.« On va regarder ce que sont les mesures déposées au Parlement une par une.Et on va voter les mesures une par une.» La chef du Parti vert, elle, serait prête à aller plus loin et à prendre part à une coalition gouvernementale formelle.« Dans un gouvernement minoritaire, on doit parler avec tous les autres partis », dit-elle au Devoir.Seule condition : que le parti qui profiterait de son appui bonifie radicalement son plan de lutte contre les changements climatiques.« Si on a la balance du pouvoir, les autres partis devront changer leur position pour avoir la possibilité de former un gouvernement.» Autrement, Mme May prévient qu\u2019elle ne s\u2019empêchera pas de provoquer un retour rapide aux urnes.« Nous sommes prêts, comme verts, à rejeter tous les partis et à forcer une nouvelle élection immédiatement après les élections d\u2019octobre si nous avons la balance du pouvoir et que les autres partis refusent absolument de changer leur approche sur l\u2019urgence climatique.» Avec cet appui promis du Parti vert ou du Bloc québécois, ou des deux à la fois, la théorie des conservateurs s\u2019effondre.« Les conservateurs disent ça dans le seul et unique but de solliciter un gouvernement majoritaire », estime Yves-François Blanchet.Erreur néodémocrate ?La semaine dernière, lorsqu\u2019a ressurgi une vieille vidéo dans laquelle Andrew Scheer expliquait son opposition au mariage entre conjoints de même sexe, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a annoncé qu\u2019il L\u2019encre rebelle peut susciter la désapprobation AIGUILLES SUITE DE LA PAGE A 1 réalité Marie-Christine.Les gens commentent, critiquent.» Son visage est la seule zone de sa peau encore intacte.Ou presque.Ses bras sont noirs d\u2019encre tant elle a superposé les tatouages.«J\u2019ai arrêté de compter les couches! », lance- t-elle dans un éclat de rire.Ses tattoos, elle les aime.Elle les adore.Même s\u2019ils ne lui facilitent pas la vie.Pour une femme tatouée, voire abondamment tatouée comme Marie-Christine, les commentaires fusent au quotidien, de l\u2019entourage comme de parfaits inconnus : « C\u2019est laid.C\u2019est pas féminin ».Marie-Christine en a entendu tout un florilège depuis son premier tatouage, 17 ans plus tôt, mais aucun ne l\u2019a jamais dissuadée de s\u2019en faire de nouveaux.«Laid, c\u2019est un mot tellement relatif.J\u2019ai commencé parce que je trouvais ça fun et beau.C\u2019était artistique.Je me suis ré- approprié mon corps et maintenant, c\u2019est un work in progress.» Selon une étude de psychologie menée par Hawkes, Senn et Thom au Canada en 2004, les femmes tatouées sont perçu es comme plus actives, plus confiantes, mais sont aussi jugées plus négativement que les hommes tatoués.Cette dernière constatation, Hawkes et ses collègues la relient au refus des femmes tatouées de se conformer aux normes de genres et aux canons de beauté classiques.Le tatouage augmente la visibilité de la femme, alors que les normes de genres patriarcales, comme l\u2019a théorisé la sociologue et féministe Colette Guillaumin, exigent qu\u2019elle minimise sa place dans les lieux publics.De ce fait, l\u2019esthétique plus conventionnelle pour les femmes est de se faire faire des tatouages aux traits fins et de petite taille afin de rester féminine et attrayante.Il en résulte des stéréotypes dans le choix des motifs, de leur taille et de leur emplacement comme des fleurs, des papillons, des oiseaux, de taille modeste et placés à des endroits discrets ou au contraire sexy comme le fameux tramp stamp, c\u2019est-à- dire un petit motif tatoué sur la chute de reins.Car les femmes sont plus vigilantes à la façon dont leurs tatouages seront perçus, notamment par le sexe opposé, pour correspondre aux normes de beauté féminine.Pas plus tard qu\u2019en 2002, dans l\u2019article « Pretty in Ink » (Sex roles, septembre 2002), le professeur en sociologie Michael Atkinson relevait que 40% des femmes tatouées qu\u2019il avait interrogées avaient pris en considération la perception qu\u2019auraient les hommes de leur(s) tatouage(s) avant de les faire, même si cette tendance semble baisser avec les années.Certaines, en couple, viennent encore aujourd\u2019hui se faire tatouer avec leur compagnon et décident du motif ensemble.A contrario, d\u2019autres \u2014 beaucoup même \u2014 préfèrent envoyer valser les normes et les conventions.Se rebeller pour mieux se réapproprier l\u2019encre.« Moi, c\u2019est en me faisant tatouer où je veux, quand je veux et sans tenir compte des standards, lance Marie-Christine.Les femmes vont vouloir avoir l\u2019air plus tough, avoir les guts de challenger les standards de beauté.» Elle est même allée encore plus loin dans la démarche en devenant carrément tatoueuse.« C\u2019est un milieu où il est plus difficile de percer en étant une femme.Ce n\u2019est pas considéré comme un métier, il n\u2019y a pas de formation, donc il faut que quelqu\u2019un te prenne sous son aile.[\u2026] Mais quand j\u2019ai commencé, les tatoueurs hommes ne me prenaient pas au sérieux, ils disaient que j\u2019allais faire n\u2019importe quoi, ils étaient toujours en train de me critiquer, mais personne ne voulait m\u2019aider.» Résultat : Marie-Christine a dû apprendre en autodidacte.Convictions féministes Aujourd\u2019hui, elle est bien installée et il y a des mois d\u2019attente pour passer sous son aiguille.Les mauvaises expériences de ses débuts ont beaucoup influencé son attitude en tant que professionnelle.Autant que possible, elle va venir en aide aux tatoueurs débutants, mais surtout, elle place ses convictions féministes au centre de sa pratique, l\u2019une des raisons de sa popularité.Elle a d\u2019ailleurs monté au printemps, à la suite d\u2019une vague de dénonciations, un collectif de tatoueurs constitué de femmes et de personnes non binaires baptisé Les Griffes.À eux quinze, ils préparent un manifeste sur le droit à se faire tatouer dans la dignité.«Beaucoup de gens se sentent impressionnés par le job de tatoueur et n\u2019osent pas faire de remarques, explique-t-elle.Des tatoueurs se montrent abusifs dans leur attitude.Moi-même, j\u2019ai une fois été draguée par le tatoueur pendant la séance ! » Sa démarche féministe passe donc avant tout par le fait d\u2019offrir un espace rassurant pour ses clients, majoritairement des femmes.Une spécificité que tient à souligner le compagnon de Ma- rie-Christine, tatoué mais pas tatoueur, qui gère son salon : «Des hommes hétérosexuels qui correspondent aux standards de la masculinité, on en compte très peu dans la clientèle.» Ce grand barbu, aux tatouages loin d\u2019être aussi nombreux que ceux de sa conjointe, constate que ces messieurs sont réticents à l\u2019idée de se faire tatouer par une femme.Qui plus est, les gens qui rencontrent le couple pour la première fois présument que c\u2019est lui, le tatoueur.Un incident qui arrive « quasi systématiquement » précise le premier intéressé.« Parfois, les gens sont comme surpris ou déçus que ce soit moi », ajoute Ma- rie-Christine.« Surtout les hommes », renchérit son compagnon.Mais l\u2019un des aspects les plus épineux du problème reste le plan sexuel.Plusieurs études en psychologie ont démontré que les femmes tatouées sont vues comme plus accessibles par les hommes.Les tatouages accentuent le harcèlement de rue, en plus de donner un prétexte pour aborder la personne.Au point qu\u2019il y a mot pour ça : le tatcal- ling, qui fait l\u2019objet d\u2019un mot-clic sur Twitter.La plateforme regorge de témoignages de femmes ayant vécu des incidents plus ou moins sordides dont le point de départ a été leur(s) tatouage(s).La blogueuse Emily McCombs, sur sa page Huffpost personal raconte : « Dernièrement, j\u2019ai remarqué que presque toutes les interactions que j\u2019ai avec des hommes inconnus à propos de mes tatouages [\u2026] finissent par devenir glauques et prédatrices ».Ainsi, cet outil artistique de réappropriation du corps émancipe les femmes autant qu\u2019il se retourne contre elles.Au point que bien des tatouées prévoient parfois de se couvrir pour limiter l\u2019attention.ne soutiendrait pas le Parti conservateur dans un contexte minoritaire.Un «faux pas stratégique», selon Elizabeth May.«Je pense que M.Singh a fait une erreur, parce qu\u2019il a perdu le pouvoir de négocier.[\u2026] Si je dis avant le scrutin que je ne parlerai jamais à un parti, où est mon pouvoir de négocier?» Mme May qualifie la position de M.Scheer sur le mariage gai de « tout à fait inacceptable » et d\u2019« affreuse ».Elle ne craint pas pour autant de trahir ses valeurs en s\u2019associant éventuellement à lui.Car en contexte minoritaire, tout se négocie, dit-elle.Et elle poserait comme condition à son appui que ces enjeux ne soient pas abordés par le gouvernement.Du côté du NPD, on soutient que cette sortie de M.Singh, loin d\u2019être une erreur, était au contraire calculée.« Cela faisait longtemps qu\u2019on cherchait l\u2019occasion d\u2019annoncer qu\u2019on n\u2019appuierait pas M.Scheer », explique une source qui requiert l\u2019anonymat.Le NPD veut se distinguer du Parti vert en mettant en évidence le fait que cette formation n\u2019est pas, selon lui, aussi progressiste que les électeurs le présument.On espère ainsi stopper la saignée du vote néodémocrate vers les verts.À moins de deux semaines du déclenchement probable de la campagne électorale, les sondages sont unanimes : il y a de fortes chances que le scrutin élise un gouvernement minoritaire.L\u2019agrégateur de sondages de la CBC calcule que la probabilité d\u2019une minorité conservatrice (24 %) est presque égale à celle d\u2019une minorité libérale (21 %).La probabilité d\u2019une majorité libérale se chiffre quant à elle à 40 %, contre 15 % pour une majorité conservatrice.Une projection qui correspond à celle de Philippe J.Fournier, du site Qc125, qui évalue les chances d\u2019une minorité conservatrice à 23,8% et celles d\u2019une minorité libérale à 24,2 %, contre 34,7 % pour une majorité libérale et 16,7% pour une majorité conservatrice.Déjà, en 2006, les conservateurs prévoyaient qu\u2019ils ne pourraient survivre en situation minoritaire, faute d\u2019alliés au Parlement.Dans son livre The Longer I Am Prime Minister, Paul Wells avait d\u2019ailleurs révélé que les lettres de mandat remises aux ministres conservateurs, au lieu de porter sur une année comme cela est la norme, portaient seulement sur six mois.Les conservateurs de Stephen Harper ont finalement été réélus en 2008, puis furent majoritaires en 2011.Si on a la balance du pouvoir, les autres partis devront changer leur position pour avoir la possibilité de former un gouvernement ELIZABETH MAY » Le troisième lien prendrait la forme d\u2019un tunnel qui passerait à la pointe de l\u2019île d\u2019Orléans.FRANCIS VACHON LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 5 PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Malgré sa main-d\u2019œuvre qualifiée, ses solides centres de recherche et ses généreux crédits d\u2019impôt pour la recherche et le développement (R-D), le Canada voit une grande part des brevets déposés par ses chercheurs passer aux mains d\u2019entreprises étrangères, ruinant ainsi tout espoir que ces découvertes soient développées jusqu\u2019à leur commercialisation ici, au Canada.Une étude publiée par l\u2019Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) révèle qu\u2019en l\u2019espace de 20 ans la proportion des brevets d\u2019inventions canadiennes qui ont été attribués ou vendus à des sociétés extérieures est passée de 18 à 45 %.Parmi les pays de l\u2019OCDE, le Canada se place pourtant relativement bien en matière d\u2019innovation \u2014 qui est évaluée au nombre de brevets déposés aux États-Unis selon le PIB par habitant \u2014, puisqu\u2019il occupe le 7e rang derrière la Corée du Sud, Israël, les États-Unis, le Japon, la Suède et l\u2019Allemagne.Par contre, il se positionne moins bien quant à la proportion de brevets impliquant la contribution de résidents canadiens qui appartiennent toujours à des intérêts canadiens.Contrairement à la Corée du Sud, aux États-Unis, au Japon et à la Suède qui conservent la propriété des brevets déposés par leurs concitoyens, le Canada, comme Israël, le Royaume-Uni et l\u2019Allemagne notamment, cède une large part de ses brevets à des entités étrangères.Nancy Gallini, de la Vancouver School of Economics, et Aidan Hollis, de l\u2019Université de Calgary, qui ont concentré leur attention sur les brevets déposés par des résidents canadiens aux États-Unis, ont cherché les causes de cette tendance des inventeurs canadiens à attribuer ou à vendre leur brevet à des entreprises étrangères ou à des filiales d\u2019entreprises étrangères installées au Canada, plutôt que de les conserver et d\u2019en développer des applications commerciales, voire de créer des entreprises qui permettraient de poursuivre une recherche susceptible d\u2019aboutir à d\u2019autres inventions.Dans leur rapport, ces deux chercheurs soulignent le fait que la politique américaine en matière de propriété intellectuelle a créé un environnement beaucoup plus litigieux.« Dès que des chercheurs déposent un brevet, ils ris- quentde se faire attaquer par des concurrents possédant des brevets connexes.Par exemple, la société canadienne Research In Motion, qui a développé les BlackBerry, a grandement souffert du harcèlement des chasseurs de brevets, qui prétendaient que les technologies utilisées dans le téléphone intelligent de marque canadienne violaient des brevets qu\u2019ils détenaient.Ils menaçaient donc RIM de poursuites si la compagnie n\u2019acceptait pas de leur verser des redevances.Pour cette raison, et ce, d\u2019autant plus depuis l\u2019émergence de géants comme Apple et Google, qui détiennent un immense pouvoir Les brevets canadiens ont tendance à s\u2019américaniser de marché, il est devenu de plus en plus risqué et coûteux de tenter de développer l\u2019application émanant d\u2019un brevet», explique France St-Hilaire, vice-présidente à la recherche de l\u2019IRPP.Cette concurrence féroce handicape particulièrement les PME \u2014 qui produisent plus de 40 % de l\u2019innovation au Canada \u2014 qui n\u2019ont souvent pas les reins assez solides pour absorber, entre autres, les coûts juridiques de ces poursuites.Selon les auteurs de l\u2019étude, il ne serait toutefois pas sage que le gouvernement canadien empêche ou impose des contraintes à la vente de brevets à des intérêts étrangers « parce que cela pourrait nuire aux activités de recherche qui se font au Canada, car il est tout de même positif que des entreprises étrangères investissent dans nos institutions de recherche.Cet investissement favorise l\u2019amélioration de notre capacité d\u2019innovation, relate Mme St-Hilaire.À leurs yeux, mieux vaut trouver les moyens d\u2019encourager les PME canadiennes « afin de les inciter à déposer des brevets et à conserver leurs droits de propriété intellectuelle, car l\u2019innovation dans le domaine des nouvelles technologies est de plus en plus cumulative.Pour pouvoir poursuivre la recherche, il faut détenir les brevets qui existent déjà dans le domaine, ou sinon il faut acheter [à grands coûts] des licences d\u2019utilisation pour ceux qui ne nous appartiennent pas.Détenir ses propres brevets permet aussi de mieux se défendre face aux concurrents », précise Mme St-Hilaire.Cette étude soulève aussi un doute sur la réelle efficacité des crédits d\u2019impôt pour soutenir la R-D, fait remarquer Mme St-Hilaire.« Le Canada est un des pays les plus généreux en terme de crédits d\u2019impôt à la R-D, mais il y a lieu de se demander si cette politique est vraiment efficace, car dans certains pays qui semblent s\u2019en tirer mieux [c.- à-d.qui conservent la propriété des brevets déposés par leurs chercheurs], il y a plus d\u2019appuis directs aux entreprises », dit-elle.MARCO FORTIER LE DEVOIR ÉDUCATION Attention, enfants au travail Les jeunes reprennent le chemin de l\u2019école qui, dans plusieurs cas, est un chantier bruyant.Et nombre d\u2019entre eux seront orphelins de titulaire.À l\u2019école Saint-Jean-Vianney, comme dans bien d\u2019autres établissements scolaires, les ouvriers sont toujours à l\u2019œuvre alors que la rentrée des écoliers s\u2019amorce.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR voisine, c\u2019est une douzaine de groupes qui auront des suppléants, à cause de la pénurie.« Il n\u2019y a pas de panique au village par rapport à ça.On sait qu\u2019on trouvera des titulaires, même si c\u2019est un défi considérable », dit Miville Bou- dreault, président de la CSPI.Dans plusieurs commissions scolaires, la banque de suppléants se dégarnit rapidement, avant même le début des classes.Ça laisse présager une autre année difficile, où des suppléants se succéderont dans une même classe en cas d\u2019absence imprévue d\u2019un prof titulaire.« Il y a aura beaucoup de mouvement de personnel.Ce sera une grosse année », dit Catherine Beauvais-St- Pierre, présidente de l\u2019Alliance des pro- fesseures et professeurs de Montréal.Selon elle, deux techniciens en éducation spécialisée se sont fait demander de prendre la responsabilité d\u2019une classe à la CSDM, faute de prof.Chantiers en cours La multiplication des chantiers complique aussi la vie du personnel scolaire et des élèves.La CSDM a géré cet été 223 projets de rénovation, d\u2019agrandissement ou de construction dans 150 écoles, pour un budget de 540 millions de dollars.Plusieurs chantiers ne sont pas terminés.La CSDM refuse de dire combien, même si elle a un portrait de l\u2019état des travaux.Certaines écoles ne pourront offrir de récréation en après-midi à cause des travaux dans des cours d\u2019école, selon la présidente de l\u2019Alliance des profs.Une loi oblige pourtant toutes les écoles primaires à offrir deux périodes de récréation de 20 minutes chacune, une le matin et l\u2019autre en après-midi.La CSDM met tout en œuvre pour minimiser les répercussions sur les élèves et le personnel : les travaux bruyants ou qui causent des vibrations seront effectués les soirs et les fins de semaine, explique Catherine Harel Bourdon.L\u2019école primaire Saint-Jean-Vianney, dans le quartier Rosemont, est un véritable chantier de construction.Les murs extérieurs sont enveloppés dans une bâche de protection.Des échafaudages encombrent le périmètre du bâtiment.Une partie de la cour d\u2019école est fermée à cause des travaux (les clôtures seront enlevées, selon une gestionnaire du chantier).Le gymnase doit encore faire l\u2019objet de travaux.« Il y a des craintes pour le bruit et la poussière pendant les heures de cours, reconnaît le commissaire scolaire du quartier, Jean-Denis Dufort.La commission scolaire gère bien les chantiers avec les moyens dont elle dispose.Elle n\u2019a pas le choix de rénover les écoles : c\u2019est le résultat de 40 ans de sous-investissement dans l\u2019entretien des bâtiments.» La Loi sur la laïcité de l\u2019État continue d\u2019alimenter la discussion dans les écoles.Dans une lettre au Devoir, un groupe d\u2019une cinquantaine de personnalités réclame que les parents puissent retirer leur enfant d\u2019une classe supervisée par une enseignante voilée.Cette initiative de la professeure Nadia El-Ma- brouk est née à la suite d\u2019un article du Devoir révélant qu\u2019un père de Rosemont a demandé que sa fillette ne soit pas dans la classe d\u2019une enseignante de maternelle portant le foulard islamique.La CSDM a refusé : l\u2019enseignante peut afficher sa croyance religieuse en vertu de la clause dite des droits acquis.La Loi sur la laïcité exige pourtant que « toute personne ait droit à des institutions et à des services publics laïques », rappellent les signataires.« Un simple changement de classe permet de répondre à de telles demandes », indique la lettre.Pétition pour le droit de changer de classe 45 % C\u2019est le pourcentage de brevets canadiens qui sont vendus à des sociétés étrangères.Des bruits de marteau, de la poussière et des classes sans enseignants : la rentrée scolaire sera mouvementée ce matin pour des milliers d\u2019élèves qui reviennent sur les bancs d\u2019école après deux mois de vacances.Des élèves se présenteront dans des écoles aux allures de chantier après un été record en matière de rénovation de bâtiments scolaires.La pénurie d\u2019enseignants donne aussi des maux de tête aux gestionnaires d\u2019école, qui se démènent pour que chaque classe ait un prof titulaire.Des commissions scolaires savent déjà que certaines classes seront orphelines.Un enseignant se présentera devant les élèves, mais dans certains cas, ce sera un suppléant.La Commission scolaire de Montréal (CSDM) et la Commission scolaire de la Pointe-de- l\u2019Île (CSPI) se trouvent notamment dans cette situation précaire à cause de la pénurie de profs.« On s\u2019attend à ce que dans certaines classes, malheureusement, ce ne sera pas l\u2019enseignant titulaire.C\u2019est extrêmement malheureux, on sait que c\u2019est difficile pour des enfants, mais on est dans une situation de pénurie exceptionnelle », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.La plus grande commission scolaire du Québec a pris les grands moyens dans l\u2019espoir de venir à bout de la pénurie : embauche d\u2019enseignants non légalement qualifiés, recrutement à l\u2019étranger, partenariat avec les universités pour former ces enseignants venus d\u2019ailleurs, recours accru à des stagiaires, embauche d\u2019un conseiller pédagogique pour former des enseignants, mentorat auprès des jeunes profs pour les garder dans la profession\u2026 Mme Harel Bourdon ne peut dire combien de classes seront sans titulaires ce matin, mais à la commission scolaire C\u2019est extrêmement malheureux, on sait que c\u2019est difficile pour des enfants, mais on est dans une situation de pénurie exceptionnelle CATHERINE HAREL BOURDON » LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, se dit victime de censure aux mains de la « meute gauchiste totalitaire » à la suite du retrait, en début de semaine, de panneaux publicitaires payés par un tiers et reprenant son message contre « l\u2019immigration de masse ».Confrontée à un véritable tollé, l\u2019entreprise Pattison, propriétaire des panneaux, a décidé de les décrocher.Même le commanditaire, True North Strong and Free, a fini par prendre ses distances.M.Bernier rouspète, mais aurait-il voulu s\u2019offrir pareille publicité, il n\u2019y serait jamais parvenu.Le chef du PPC n\u2019a pas tout à fait tort de protester.Ces affiches arboraient une opinion qu\u2019il n\u2019est pas seul à partager et qui, bien que franchement choquante avec ses sous-entendus inquiétants, ne disparaîtra pas des esprits parce qu\u2019on l\u2019efface de quelques panneaux.Il aurait mieux valu y répondre sur le fond.L\u2019entreprise Pattison a eu le bon réflexe au départ en rappelant qu\u2019il ne lui revient pas de juger des idées des Canadiens tant que leurs messages respectent le Code des normes de la publicité.En cédant aux pressions sur la Toile, a-t-elle créé un pré- cédent cependant?Aujourd\u2019hui, ce sont celles de M.Ber- nier, mais quelles autres pourraient subir le même sort?Qui tranchera?Cette controverse donne aussi des munitions aux partisans de M.Bernier qui l\u2019estiment déjà victime des élites politique et médiatique (j\u2019aurais plutôt mis tout au pluriel, mais l\u2019autrice a probablement choisi le singulier intentionnellement ; peut-être vérifier par acquit de conscience) qui, selon eux, lui barrent la route vers les débats des chefs.Ce sera pourtant la première fois que les grands réseaux de télévision n\u2019auront pas le contrôle de ces rendez-vous avec des critères qui étaient souvent arbitraires.Deux débats, l\u2019un en français et l\u2019autre en anglais, seront organisés par une Commission aux débats des chefs et les critères ont été établis à l\u2019avance.Il y en a trois.Pour voir son chef invité, un parti doit en respecter deux.Le PPC a suffisamment de candidats pour se qualifier, mais n\u2019a aucun député élu sous sa bannière et n\u2019a pas obtenu au moins 4 % des suffrages lors du dernier scrutin ou, pour un nouveau parti, pas encore démontré que plus d\u2019un candidat a « une véritable possibilité d\u2019être élu lors de l\u2019élection » en cause.Le PPC, qui a mordu la poussière lors des élections complémentaires où il s\u2019est présenté, a soumis les noms de cinq candidats qu\u2019il juge assez connus pour faire une différence.Aucun sondage ne confirme toutefois ses dires.La commission compte vérifier, mais on se demande comment.Cela peut paraître subjectif, mais il y a un précédent très instructif et qui démontre qu\u2019il est possible de trancher sans porter un jugement sur les idées défendues (ce que suggérait de façon mal avisée le NPD pour trancher le cas de M.Bernier).En 1993, le chef bloquiste, Lucien Bouchard, et le chef réformiste, Preston Manning, ont été invités aux débats des chefs.Chacun avait fait élire un député sous sa bannière à l\u2019occasion d\u2019une élection complémentaire et, au lendemain des échecs constitutionnels successifs, ils dominaient les sondages dans leur région respective.Les ignorer aurait été impossible, car ils étaient porteurs de sentiments populaires puissants.Maxime Bernier, on l\u2019a compris, n\u2019appartient pas à cette ligue, et il le sait.À preuve, s\u2019il fait pression sur la Commission, il ne bouscule pas d\u2019autres organisations, comme Munk Debates, qui ne l\u2019ont pas invité à leurs rendezvous thématiques.M.Bernier veut de l\u2019attention et invoque, dans sa dernière lettre à la Commission, toute celle que lui portent les réseaux sociaux et les médias en général pour défendre sa participation.Il fait du bruit, mais la Commission, qui doit trancher d\u2019ici le 16 septembre, doit s\u2019assurer que le chef du PPC fait davantage, que son empreinte sort de la marge.JEAN-PHILIPPE Nom fictif du père dit biologique de l\u2019enfant Dans sa lettre d\u2019opinion du 27 août, le professeur de droit Robert Leckey commente la décision que la Cour d\u2019appel a rendue dans mon dossier.Un dossier qu\u2019il aborde froidement, comme si les personnes impliquées n\u2019étaient que des pions qu\u2019on peut déplacer sur un jeu d\u2019échecs.Ce sont pourtant des êtres humains qui sont en cause, parmi lesquels se trouve un enfant dont M.Leckey fait bien peu de cas.Contrairement à ce que vous prétendez, M.Leckey, je ne suis pas le « donneur » au projet parental des deux mères.Il a été convenu avant la conception, dès le départ, que je serais le papa, père de cet enfant (entente signée par les trois parents) et que j\u2019avais un projet avant de rencontrer les mères.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019a reconnu la Cour supérieure qui, contrairement à la Cour d\u2019appel, a entendu toutes les parties et évalué leur crédibilité.C\u2019est aussi l\u2019interprétation qu\u2019en retient depuis le début la mère de naissance de l\u2019enfant.Seule la conjointe de cette dernière, qui a changé d\u2019expression de genre depuis, me refuse ce rôle et ce statut, alors même qu\u2019elle avait signé tous les documents pour reconnaître mon statut.Vous saluez le jugement de la Cour d\u2019appel en indiquant qu\u2019il confirme que la transition, pour ne pas dire la transphobie, n\u2019a pas de portée juridique.Que voulez-vous sous-entendre exactement?Que ma requête véhicule ce comportement ou cette attitude abjecte?Je vous signale que je suis bisexuel et marié à un homme depuis 4ans.Je n\u2019ai pas de leçon à recevoir de qui que ce soit en termes d\u2019ouverture à la diversité.Mon plus grand souhait, au départ partagé par la mère et la co- mère, était que les trois parties au projet parental soient reconnues comme parents de l\u2019enfant à part entière.Le droit québécois ne le permet malheureusement pas.J\u2019ai placé toute ma confiance entre les mains des mères pour qu\u2019elles me permettent de jouer mon rôle de père dans les faits.Lorsque la co- mère s\u2019est retranchée derrière les limites du droit pour m\u2019évincer du décor, je suis resté fidèle à mon rôle, dans l\u2019intérêt de l\u2019enfant.Un rôle que j\u2019assume depuis la conception.Vous connaissez plusieurs donneurs ou similiparents de seconde zone qui sont présents à l\u2019accouchement, qui assument la plus grande partie des dépenses de l\u2019enfant, qui assistent à la première de tous les événements marquants de l\u2019enfance, qui prennent charge de l\u2019enfant sur une base régulière?Vous terminez votre article en affirmant que le jugement de la Cour d\u2019appel est une « décision juste ».Juste pour qui M.Leckey?Pour notre enfant de 5 ans dont j\u2019assume la garde partagée avec la mère de naissance depuis 3 ans et à l\u2019égard duquel la Cour d\u2019appel me réduit au rang de tiers, voire d\u2019étranger?C\u2019est pour cet enfant, M.Leckey, que j\u2019ai dû me résoudre à entreprendre des procédures judiciaires lorsque la co- mère, avant même sa transition, et lors de sa séparation avec l\u2019autre mère a voulu m\u2019en écarter.Parce qu\u2019un père, contrairement à un simple donneur, se bat pour son enfant.En affirmant que « le donneur de sperme n\u2019est plus le seul homme ou seul «papa» dans la vie de l\u2019enfant et [qu\u2019il] n\u2019en est pas content», vous faites preuve d\u2019une grande malhonnêteté intellectuelle qui ne fait pas honneur à votre statut.Je serais le plus heureux des hommes si le droit me permettait d\u2019exercer ma paternité conjointement avec la maman de naissance et le deuxième papa qu\u2019est devenue la co-mère.Un papa, père sans droit, mais qui remplit toutes ses obligations Feux en Amazonie : une offre de façade J\u2019ai suivi avec beaucoup d\u2019intérêt les divers reportages présentés dans les médias eu égard aux centaines de feux de forêt qui font rage depuis plusieurs jours dans la forêt amazonienne.D\u2019abord sous le choc devant l\u2019ampleur de ces incendies, j\u2019ai rapidement changé mon fusil d\u2019épaule lorsque j\u2019ai appris la véritable origine de ces feux de forêt qui sont provoqués sciemment par les agriculteurs dans le but d\u2019agrandir la superficie de leurs terres agricoles cultivées en grande partie pour la production du soja, et pour faciliter l\u2019accès à des terres de pâturage pour leurs vaches et leurs bœufs.La suite est encore tout aussi surprenante.En effet, les dirigeants du G7 ont laissé tomber une pluie de millions de dollars inutilement pour éteindre ces feux, quoique conscients qu\u2019ils allaient être rallumés dans les jours qui suivent avec la bénédiction du président brésilien, Jair Bolso- naro, qui a été élu en grande partie grâce à l\u2019appui de ces mêmes agriculteurs.En termes clairs, les membres du G7 ont opté pour la façade alléguant « sauver » la forêt ama- zonienne aux yeux du monde au détriment d\u2019une action commune visant à freiner ces comportements incendiaires de la part des agriculteurs\u2026 Quelle farce monumentale ! Henri Marineau Québec, le 27 août 2019 Jugement sur la triparenté : et l\u2019enfant dans tout ça ?LIBRE OPINION LETTRES MAXIME BERNIER Que de bruit ! SUBVENTIONS AUX EMPLOYEURS Travailleurs étrangers en mal de protection L e ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a annoncé différentes mesures, dont des subventions, pour soutenir les entreprises dans leurs démarches pour recruter des travailleurs étrangers temporaires.Ainsi, 21 millions seront consacrés jusqu\u2019en 2021 à financer 50 % des frais engagés par les entreprises pour leur recrutement à l\u2019étranger, jusqu\u2019à concurrence de 5000 $.En outre, une part des frais de déménagement des travailleurs recrutés sera remboursée, tandis que l\u2019État leur offrira des services d\u2019emploi ainsi qu\u2019à leur conjoint.Le gouvernement caquiste considère le recours aux travailleurs étrangers comme un des moyens pour atténuer la rareté de main-d\u2019œuvre, voire les pénuries, qui touchent les différents secteurs de l\u2019économie ainsi que les PME en région.Notons que, sur les 20 000 travailleurs étrangers répertoriés, on compte 12 000 ouvriers agricoles qui occupent un emploi saisonnier.Les 8000 autres répondent souvent à des besoins non pas temporaires, mais à l\u2019année : leur statut pourrait les conduire à devenir des candidats à l\u2019immigration économique, un parcours que privilégie le gouvernement Legault.On ne peut s\u2019opposer à l\u2019aide que Québec veut apporter aux employeurs qui doivent surmonter plusieurs embûches et assumer des frais non négligeables pour recruter à l\u2019étranger.En vertu des règles établies par le gouvernement fédéral qui gère le programme des travailleurs étrangers temporaires, ils doivent notamment fournir une étude d\u2019impact pancana- dienne sur le marché du travail pour chacun des candidats approchés.En revanche, on ne peut ignorer que ces travailleurs, qui sont liés par contrat à un employeur unique, ont souvent une piètre connaissance de leurs droits en sol québécois et peuvent être l\u2019objet d\u2019abus de la part d\u2019un patron qui peut les congédier de façon arbitraire et ainsi les forcer à rentrer dans leur pays.Le ministre Boulet a promis de publier un règlement, à la faveur d\u2019une récente modification de la Loi sur les normes du travail, pour encadrer les agences de recrutement qui devront s\u2019assurer que les travailleurs étrangers connaissent leurs droits.Les employeurs seront aussi soumis à certaines obligations.On attend toujours ce règlement.Mais les véritables changements doivent provenir d\u2019Ottawa, qui doit revoir son programme afin de réduire la vulnérabilité des travailleurs recrutés et les abus dont ils sont l\u2019objet, tout en assouplissant les exigences bureaucratiques imposées aux entreprises.L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC Se confier à l\u2019île J\u2019ai lu avec intérêt la série d\u2019articles de Mme Monique Durand sur les îles.Le dernier qu\u2019elle signe, et qui traite de l\u2019île aux Perroquets, m\u2019a particulièrement touché.J\u2019aime beaucoup le souffle poétique contenu dans la prose de Madame Durand, mais je trouve qu\u2019elle n\u2019écrit jamais aussi bien que lorsqu\u2019elle écrit sur la Gaspésie ou sur la Côte-Nord.Ses textes sur les autres îles, qu\u2019elle décrit dans sa série d\u2019articles, sont instructifs, intéressants et superbement écrits, mais celui sur l\u2019île aux Perroquets m\u2019a ému davantage parce que j\u2019y décèle une part de son âme, de son amour profond pour la Côte et le Saint-Laurent.Il en est de même lorsqu\u2019elle écrit sur la Gaspésie.Mon jugement est peut-être biaisé parce que je suis né Gaspé- sien, d\u2019une part, que j\u2019ai vécu la majeure partie de ma vie adulte sur la Côte-Nord, d\u2019autre part, et que je suis profondément attaché aux deux régions.Je remercie Le Devoir de donner à madame Durand l\u2019occasion d\u2019exprimer ainsi son talent et à nous, de pouvoir l\u2019apprécier.Réjean Langlois Sept-Îles, le 25 août 2019 Je serais le plus heureux des hommes si le droit me permettait d\u2019exercer ma paternité conjointement avec la maman de naissance et le deuxième papa qu\u2019est devenue la co-mère A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.La bascule A ppelons ça un point de bascule.Ce sentiment de frapper soudainement un trou dans l\u2019évolution humaine, de sentir que les moyens pourtant bien rodés à notre disposition sont tout à coup inadéquats, de se sentir pris entre deux portes, l\u2019une, le passé, qui se ferme et, l\u2019autre, l\u2019avenir, qui n\u2019est pas encore ouverte.C\u2019est l\u2019impression qui se dégageait ce week-end au moment où, d\u2019un côté du globe, l\u2019Amazonie brûlait, menaçant un des écosystèmes les plus vitaux de la planète, et, de l\u2019autre, les leaders du G7, réunis en conclave à Biarritz, contraints à ronger leur frein, et sans doute un peu leurs ongles.Que pouvaient les leaders des grandes puissances économiques, mêmes eux, devant le « mêlez-vous de vos affaires » du président brésilien ?La souveraineté étatique est un principe après tout bien établi.Le problème, évidemment, c\u2019est que l\u2019Amazonie ne concerne pas uniquement le Brésil.L\u2019Amazonie, c\u2019est une réserve planétaire d\u2019oxygène, c\u2019est un tiers des espèces mondiales, 15 % de l\u2019eau douce et le plus important capteur de carbone au monde : elle emmagasinerait 90 à 140 milliards de tonnes de CO2, selon les différentes évaluations disponibles.Le célèbre « poumon de la planète » est une question qui nous concerne tous.Sauf que nos systèmes de gouvernement n\u2019ont jamais été conçus pour gérer une telle situation.C\u2019est ici que le vertige vous guette quand même un peu.C\u2019est ici que le concept d\u2019État-nation, vieux de 350 ans et basé, justement, sur « tout le monde se mêle de ses affaires », rentre en collision avec une nouvelle idée, une nouvelle approche, la protection environnementale qui, elle, a besoin, au contraire, que tout le monde s\u2019en mêle.Tout ça pour dire que c\u2019est le même vertige, le même sentiment que le vieux est périmé, mais que le nouveau tarde à s\u2019ériger en système, qui vous prend à la gorge en contemplant la situation, également dramatique, des médias.Je fais le parallèle sciemment pour souligner combien les médias sont engagés, eux aussi, à sauver leur Amazonie, leur oxygène.On ne le comprend pas assez.On comprend, oui, les difficultés du moment, en commençant par les géants du Web qui gobent la majorité des revenus publicitaires, sans même payer de taxes.Et on s\u2019en indigne à juste titre.Mais comprend-on la petite révolution qui se profile derrière ?La notion de recevoir un petit paquet d\u2019informations au jour le jour, spécialement conçu pour vous informer sur ce qui se passe autour de vous et dans le monde, est apparue, en bonne et due forme, au cours du 17e siècle.La communication « de masse », née à peu près au même moment que l\u2019État-nation, bouleverse, elle aussi, profondément les mœurs.À l\u2019intérieur des pays qui se forgent, elle permet la libre circulation des idées, le développement du nationalisme, de la littératie et de la culture.C\u2019est le premier grand outil démocratique avant même l\u2019avenue de la démocratie comme telle.C\u2019est capital dans l\u2019évolution de l\u2019humanité.Ce processus de communication \u2014 qui implique des informations triées sur le volet par une petite élite, un processus forcément arbitraire, c\u2019est vrai, mais quand même sûr, les informations étant vérifiées et vérifiables \u2014 s\u2019est poursuivi, imperturbablement, jusqu\u2019à au- jourd\u2019hui.Plus précisément jusqu\u2019à l\u2019émergence des réseaux sociaux, il y a environ 15 ans.Le Titanic qu\u2019était devenue, avec le temps, la communication de masse venait soudainement de rencontrer son iceberg, le dénommé GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).Le problème n\u2019est donc pas seulement que les revenus publicitaires, y compris ceux de nos propres gouvernements (!), ont coulé vers les géants du Web.Le problème, c\u2019est que la nature de l\u2019information a changé.Elle n\u2019est plus uniquement triée sur le volet, plus nécessairement fiable, plus uniquement l\u2019affaire de professionnels, de gens formés pour faire ce travail.Le problème c\u2019est que l\u2019ère du numérique \u2014 qui est ici pour rester, c\u2019est clair \u2014 s\u2019est imposée à la va-comme-je-te-pousse, sans beaucoup d\u2019encadrement, en faisant fi d\u2019un vieux et important principe : le travail, ça se paie.Facebook et Google, notamment, font un commerce d\u2019informations pillées ailleurs.C\u2019est donc dire que ce qu\u2019il reste des médias traditionnels fait face à une concurrence déloyale \u2014 concurrence que tout le monde, vous, moi et jusqu\u2019à nos propres gouvernements, privilégie.Le problème est de taille.Ultimement, il faut se poser une question qu\u2019au cours de trois siècles de communication de masse on ne s\u2019est jamais (vraiment) posée.Sommes-nous prêts à payer pour l\u2019information ?Vraiment payer, s\u2019entend.Les annonceurs ont toujours épongé, jusqu\u2019à récemment, une partie importante des coûts.Et, si oui, qui doit le faire ?Qu\u2019elle est la responsabilité du consommateur ?Du gouvernement ?Du marchand ?Nous avons sans doute tous de nouvelles obligations à définir vis-à-vis des médias aujourd\u2019hui.À mon avis, il incombe au consommateur de payer pour l\u2019information qu\u2019il reçoit, quelle que soit la plateforme.La gratuité envoie un bien mauvais message.Mais il incombe encore davantage à nos gouvernements de paver la voie.FRANCINE PELLETIER LETTRE COLLECTIVE Les images qui nous arrivent depuis l\u2019Amazonie en feu, ces derniers jours, ont été prises par des satellites et par des photographes de presse professionnels, validées par des agences de presse et par des journalistes qui ont produit des articles d\u2019analyse.Si ces images avaient simplement circulé sur les réseaux sociaux, bon nombre de personnes auraient pu en contester la véracité.Les causes de la destruction en cours de l\u2019Amazonie, examinées par des journalistes avec le concours de scientifiques et de témoins sur le terrain, attestent de mises à feu délibérées pour élargir les zones de culture avec des effets d\u2019une gravité qui dépasse largement les intentions initiales, et sont autant d\u2019éléments à prendre en compte pour ce débat environnemental, économique et politique.Certains gouvernements populistes, parfois prêts à tout pour s\u2019assurer un soutien financier pour leur prochaine réélection, auraient pu avoir intérêt à remettre en question ces faits s\u2019ils n\u2019avaient pas été rigoureusement validés, ou encore à tenter d\u2019en reporter la responsabilité sur les défenseurs de l\u2019environnement.Ils auraient pu prétendre qu\u2019il s\u2019agissait de fake news pour faire passer leurs propres fausses nouvelles dans une communication directe avec un public moins informé; c\u2019est la mécanique même du populisme qui, aujourd\u2019hui, affaiblit les démocraties.Selon cette logique, comme les leaders peuvent parler directement au peuple, il n\u2019y a plus besoin du filtre des médias, de validation de faits ni d\u2019interprétation critique.Tout se résumerait à un acte de foi et de confiance.Les plus sombres périodes de l\u2019humanité ont été soumises à cette logique.Si des scientifiques au Brésil et des ONG ont prévenu les autorités des risques des politiques actuelles dites « de développement économique de l\u2019Amazonie », ce sont les médias et les journalistes, souvent au risque de leur vie, qui ont créé un levier pour exposer la situation.Ce sont eux également qui ont alerté le public pour que s\u2019arrête la destruction de l\u2019un des derniers trésors de biodiversité de la planète.Plus près de chez nous, des dizaines de professionnels de l\u2019information s\u2019affairent avec bon nombre de chercheurs à décortiquer les effets des pesticides sur notre environnement et notre santé.Sans eux, l\u2019agronome Louis Robert n\u2019aurait pas pu mettre en évidence l\u2019ingérence de l\u2019industrie dans la recherche publique en agriculture.Il n\u2019y aurait probablement pas eu de commission parlementaire cet automne sur les pesticides et l\u2019avenir de l\u2019agriculture du Québec.Sans le relais de journalistes, la tarification du carbone aurait pu être comprise comme une simple hausse de taxes.Sans un journalisme critique, soucieux de recherche scientifique indépendante, certains auraient pu laisser croire que l\u2019augmentation du dioxyde de carbone est bonne pour la planète.Partager le savoir Or, dans un contexte d\u2019effondrement de la biodiversité, d\u2019aggravation des événements météorologiques extrêmes et de bouleversements climatiques aux conséquences majeures pour nous tous et pour les générations futures, les fruits de la recherche doivent être partagés en conséquence.Nous donnons ici des exemples qui touchent à l\u2019environnement.Nous aurions pu parler de Nixon, du scandale des commandites ou d\u2019autres cas plus retentissants.Mais nous sommes des chercheurs, des scientifiques et des écologistes, et nous nous inquiétons pour l\u2019avancement et le partage des savoirs, si essentiels en démocratie.Or, au Québec, l\u2019existence de plusieurs médias jouant un rôle clé dans le partage des connaissances est actuellement menacée alors que le nombre de journalistes connaît un déclin marqué.Cet automne annonce un risque de concentration accrue des médias où seulement quelques groupes de presse pourront survivre.La diversité des voix, ayant la capacité de mettre en perspective les grands enjeux socioé- cologiques et scientifiques et de limiter les tentatives de manipulation, risque alors d\u2019être plus limitée.De nombreux médias en difficulté ont demandé que les gouvernements créent des conditions fiscales favorisant la pérennité de l\u2019information indépendante et la diversité de voix.Cela peut prendre différentes formes, dont des crédits d\u2019impôt à la masse salariale, mais cela exige surtout des politiques d\u2019équité fiscale face aux géants du numérique, et de nouveaux modèles d\u2019affaires.Dans la mesure où le bon fonctionnement des démocraties repose sur notre droit collectif à être bien informés, à partir d\u2019analyses diversifiées et étayées des enjeux qui sous-tendent les actions des décideurs, l\u2019idée de soutenir une presse indépendante devrait aller de soi.Ensuite, en tant que lecteurs, il faudra assurément se faire à l\u2019idée que payer un tant soit peu pour l\u2019information scientifique et la vulgarisation de qualité équivaut à défendre le bon fonctionnement de notre démocratie, lutter contre la fausse information, garder un œil vigilant sur nos décideurs et sauvegarder notre propre droit à rester informés.Pour la suite du monde, tout court.Cette lettre a été cosignée par des scientifiques, des intellectuels, et des organisations environnementales et citoyennes du Québec.La liste est publiée sur nos plate- formes numériques.SCIENCE Pour la suite du monde de l\u2019information GRÉGOIRE RENÉ Étudiant en philosophie, Université de Montréal On s\u2019attaque depuis quelques semaines au président brésilien Jair Bol- sonaro comme s\u2019il était l\u2019exception chez les chefs d\u2019État de la planète.Un président déconnecté de la réalité qui ne comprend pas la crise climatique.Le président français, Emmanuel Macron, l\u2019a d\u2019ailleurs qualifié de « menteur » par rapport à ses engagements en environnement.Plutôt que de circonscrire le problème à un individu ou à un gouvernement, il faut plutôt le voir comme un cas de figure illustrant le fonctionnement même du système néolibéral actuel.Dans un texte publié au Monde diplomatique en 1998, le sociologue Pierre Bourdieu tentait de décrire « l\u2019essence » de ce système néolibéral.Pour lui : « Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d\u2019action, s\u2019accomplit un immense travail politique [\u2026] qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la \u201cthéorie\u201d ; un programme de destruction méthodique des collectifs.» Les « collectifs » peuvent être compris comme toute structure pouvant faire obstacle à la logique pure du marché (orienté vers la croissance et la maximisation des profits).On pense par exemple à l\u2019État, aux syndicats, voire à la nation.La déréglementation (la dissolution du pouvoir de l\u2019État sur les marchés) est donc le principal outil de ce « programme de destruction méthodique des collectifs » et se situe à la base de la crise que traverse le Brésil et la planète dans son ensemble.C\u2019est ainsi que l\u2019élection de Bolso- naro fut accueillie favorablement par le milieu des affaires.La CBC parlait en octobre dernier de nouvelles « occasions favorables » pour les entreprises canadiennes grâce à la déréglementation massive promise par son administration.L\u2019occasion d\u2019affaires de l\u2019un, c\u2019est la destruction de la forêt pour permettre l\u2019exploitation des sols de l\u2019autre.Cette forêt qui ne rapporte rien financièrement doit être détruite, puisque son existence passive (incluant l\u2019existence des peuples qui l\u2019habitent) s\u2019oppose à la croissance.La maximisation des profits apparaît ainsi comme l\u2019impératif catégorique du système néoli- béral.C\u2019est en ce sens que l\u2019attitude de Bolsonaro lui est tout à fait cohérente.Le problème n\u2019est donc pas Bolso- naro, le problème est plutôt un système qui fait en sorte que le choix le plus cohérent à faire est celui de la destruction de la planète au nom de la sacro-sainte croissance.À ce titre, il est dangereux de prétendre que le président brésilien est une exception.C\u2019est seulement qu\u2019il se trouve dans une position singulière où la dévastation dont il est responsable peut prendre place sur une bien plus grande échelle.Ce ne sont pas tous les pays qui ont une forêt amazonienne à brûler, mais la même logique s\u2019applique lorsque le Canada exploite ses sables bitumineux.Il fait alors le choix de la croissance économique, et ce, même si son corollaire est la destruction de notre environnement.Parce que l\u2019économie a été élevée au rang de science, on prétend parler au nom de « l\u2019objectivité » lorsqu\u2019on en défend les lois.Une opposition à un principe aussi fondamental que la croissance est ainsi perçue par le pouvoir en place de la même manière qu\u2019une opposition aux lois de la physique ou à la théorie de l\u2019évolution.C\u2019est d\u2019ailleurs une conséquence de ce que Bourdieu décrit lorsqu\u2019il mentionne que « l\u2019utopie néolibérale tend à s\u2019incarner dans la réalité d\u2019une sorte de machine infernale, dont la nécessité s\u2019impose aux dominants eux- mêmes ».Nos États semblent impuissants à lui résister, puisqu\u2019elle se revendique d\u2019un discours vrai et objectif.Nous l\u2019avons vu avec la réaction des milieux d\u2019affaires à l\u2019élection de Bolso- naro, ce discours est complètement in- ternalisé comme vérité immuable par ceux et celles en position de pouvoir (hauts fonctionnaires, dirigeants d\u2019entreprise, chefs d\u2019État, etc.), et ce, même si, paradoxalement, personne n\u2019a intérêt à assister à la désintégration de notre planète.Pour lutter contre la crise climatique, il faut donc mettre en place des gouvernements capables de se tenir debout face aux milieux d\u2019affaires.La restructuration d\u2019un État qui ne rend pas légitimes les intérêts du grand capital, mais qui, au contraire, se positionne comme leur contre-pouvoir, est essentielle.En fin de compte, s\u2019affranchir du discours dominant sur la maximisation des profits est le geste radical qu\u2019il sera nécessaire de poser si l\u2019on souhaite tous éviter le pire.ÉCONOMIE Bolsonaro n\u2019est pas une exception Les causes de la destruction en cours de l\u2019Amazonie attestent de mises à feu délibérées pour élargir les zones de culture.CARL DE SOUZA AGENCE FRANCE- PRESSE LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS 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propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.L WORLD PRESS PHOTO Une sélection particulièrement émouvante e sud-ouest du Nigeria est la région du monde où le taux de naissance de jumeaux est le plus élevé.Il y est quatre fois plus haut qu\u2019ailleurs sur la planète.Dans la ville d\u2019Igbo-Ora, rares sont les familles qui n\u2019ont pas vu naître de jumeaux.Le phénomène a inspiré un reportage photo à Benedicte Kurzen et Sanne De Wilde, et a remporté le premier prix dans la catégorie Portraits du World Press Photo, dont l\u2019exposition ouvre ses portes à Montréal.Curieusement, cette omniprésence des jumeaux suscite des réactions complètement différentes d\u2019un village à l\u2019autre de cette région du monde.À certains endroits, la naissance de jumeaux est vue comme une malédiction, au point de générer des infanticides par la communauté, selon ce que les photographes ont entendu.Une première partie de leur reportage s\u2019est d\u2019ailleurs déroulée dans un orphelinat de Gwagwalada, où des familles viennent porter des jumeaux parce qu\u2019elles ont peur qu\u2019ils soient assassinés dans leur communauté, ou parce que leur mère est morte en couche.« C\u2019est illégal, précise Benedicte Kur- zen, qui est de passage à Montréal avec sa collègue Sanne De Wilde pour l\u2019exposition du World Press Photo.L\u2019infanticide est illégal au Nigeria.» Elle ajoute que cette hantise de la gémellité peut s\u2019expliquer par le risque qu\u2019elle comporte, tant pour la mère que pour les enfants, au moment de l\u2019accouchement.Dans la communauté d\u2019Igbo- Ora, désignée comme capitale mondiale des jumeaux, l\u2019approche de la gémellité est inverse.Les jumeaux sont considérés comme des dons du ciel et tous veulent s\u2019en approcher.La tradition veut d\u2019ailleurs que les jumeaux soient photographiés ensemble et qu\u2019ils portent des vêtements semblables jusqu\u2019à l\u2019âge adulte.Ces pratiques prennent racine dans la croyance selon laquelle chacun d\u2019entre nous a un double dans l\u2019au-delà.Lorsque des jumeaux naissent dans la réalité, les parents ne peuvent pas savoir quel enfant est réel, et quel autre est « spirituel » en quelque sorte.Dans un troisième lieu, Calabar, le travail d\u2019une missionnaire irlandaise, Mary Slessor, venue sur les lieux en 1876 et dont la fondation a protégé de nombreux jumeaux, a permis d\u2019éradiquer cette pratique de l\u2019infanticide.Les contraintes d\u2019affichage n\u2019ont pas permis aux deux photographes de déployer la totalité du projet Terre des jumeaux, mais on peut voir aussi certaines de leurs photos en plein air, à l\u2019angle des rues de la Commune et McGill, grâce à une collaboration avec SDC Vieux-Montréal.Des images émouvantes On le savait, la photo lauréate de l\u2019année, signée John Moore, montre une petite Hondurienne pleurant alors qu\u2019elle et sa mère sont placées en détention par la patrouille frontalière de McAllen, au Texas.« C\u2019est sûr que dans le choix d\u2019une photo comme celle-là, il y a quelque chose de politique », dit Matthieu Ritz, producteur du World Press Photo pour Montréal.La sélection du jury présente par ailleurs des images qui dégagent une grande sensibilité cette année.Une série de photos, prises par Catalina Martin-Chico, s\u2019intéresse à la grossesse de femmes colombiennes, anciennes guérilleras des FARC.Avant la fin de la guérilla, les FARC leur interdisaient de porter des enfants.Dans la catégorie Environnement, une photo de Mario Cruz montre un enfant allongé sur un matelas, parmi les détritus sur le fleuve Pasig, aux Philippines.Cet enfant récupère des matériaux de recyclage.En 2017, ce fleuve a été considéré comme le plus pollué de la planète.Des travaux ont été entrepris pour le nettoyer, mais il y a encore tant de déchets sur le Pasig qu\u2019on peut se déplacer dessus en marchant.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR 1 Sur la photo de l\u2019année, Yanela Sanchez, fillette hondurienne, pleure lorsqu\u2019elle et sa mère, Sandra Sanchez, sont placées en détention par des agents de patrouille frontalière américains à McAllen, Texas, aux États-Unis, le 12 juin.JOHN MOORE GETTY IMAGES 2 Petronella Chigumbura, membre d\u2019une unité de lutte contre le braconnage, exclusivement féminine, participe à une formation sur le camouflage dans la réserve de Phundundu, au Zimbabwe.BRENT STIRTON GETTY IMAGES 3 Des manifestants anti-Maduro, à Caracas, au Venezuela, en 2014.ALEJANDRO CEGARRA 4 Le Nigeria compte l\u2019un des taux de naissance de jumeaux les plus élevés au monde.Sur la photo, des jumelles côte à côte à Igbo-Ora.BÉNÉDICTE KURZEN ET SANNE DE WILDE NOOR Dans la catégorie des « photos isolées », l\u2019Américaine Mary F.Calvert présente la photo d\u2019un ancien marine de l\u2019armée américaine dans un bain.Traumatisé pour avoir été forcé de marcher nu avec d\u2019autres hommes sous les douches alors qu\u2019il était dans l\u2019armée, puis harcelé pour l\u2019avoir mentionné aux autorités, Ethan Hanson a dû démissionner de l\u2019armée.Depuis, il n\u2019est plus capable de prendre une douche.La légende de la photo mentionne que « des chiffres récents du ministère de la Défense indiquent des agressions sexuelles en hausse dans l\u2019armée.Comparés aux femmes, les hommes sont moins enclins à signaler un traumatisme sexuel, craignant des représailles et une stigmatisation ».Dans la même catégorie, Alyona Ko- chetkova s\u2019est photographiée, le crâne rasé, boudant son bortsch, pourtant son plat préféré, et illustrant ainsi les conséquences de la chimiothérapie.Une photo saisissante, prise par Fo- rough Alaei en Iran, dans la catégorie Sports, montre une femme qui s\u2019est déguisée en homme pour assister à un match de foot, dans un pays où c\u2019est interdit aux femmes.Mentionnons aussi qu\u2019à l\u2019étage, le World Press photo a consacré une petite salle au 25e anniversaire du journal L\u2019Itinéraire de Montréal.Depuis 1994, c\u2019est 2500 camelots qui ont vendu ce journal consacré à l\u2019inclusion sociale d\u2019itinérants.L\u2019exposition World Press Photo 2019 est présentée au Marché Bonse- cours jusqu\u2019au 29 septembre.1 2 3 4 "]
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