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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-08-31, Collections de BAnQ.

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[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES Normand Baillargeon : « Plaidoyer pour la culture scientifique » | B 5 PERSPECTIVES Ces partis politiques qui adoptent la direction bicéphale | B 4 MONDE Arrestations dans le camp prodémocratie à Hong Kong | B 7 IDÉES Konrad Yakabuski : « Qui a peur d\u2019Andrew Scheer ?» | B 9 III ISRAËL ET PALESTINE 1000 visages, 1000 défis À la veille des élections israéliennes, Le Devoir a parcouru la région pour tenter d\u2019en cerner certains des enjeux.Jacques Nadeau en rapporte un photoreportage; Marco Fortier fait le point sur la campagne électorale.| B 2 et B 3 LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 2 MARCO FORTIER À JÉRUSALEM LE DEVOIR L es rues de Jérusalem se vident tous les vendredis en fin d\u2019après- midi.Les commerces ferment leurs portes.Les transports publics cessent de circuler.Les gens rentrent chez eux pour le shabbat, jour de repos dans la tradition juive et congé obligatoire en Israël.Un lourd silence s\u2019empare de la rue Jaffa, en temps normal une des plus animées de la ville.Une petite rue perpendiculaire détonne pourtant : trois cafés restent ouverts de façon fort joyeuse.Les clients savourent la fin de journée ensoleillée sur les terrasses.Ce geste en apparence anodin est une véritable déclaration politique : « On est un îlot de résistance contre l\u2019emprise de la religion sur nos vies », affirme sans détour Klil Lifshitz, propriétaire du Café Bastet.L\u2019établissement offre un menu végane et surtout non casher, une exception dans l\u2019État hébreu.Un drapeau arc-en-ciel aux couleurs de la fierté LGTBQ trône sur la façade du café.Ce restaurant discret est devenu célèbre partout au pays au printemps dernier.Devant une manifestation de religieux ultraorthodoxes venus harceler les clients de ce café « impie », les serveuses ont eu une idée de génie : elles sont sorties sur le trottoir et ont soulevé leurs chandails.« Les ha- redimn\u2019ont pas le droit de regarder les femmes.Ils sont partis immédiatement et nous laissent à peu près tranquilles depuis ce temps », raconte Klil Lifshitz en souriant.Les trois cafés de ce petit bout de rue incarnent un mouvement pour la laïcité de l\u2019État qui prend de l\u2019ampleur en Israël.La place de la religion dans l\u2019espace public est un des enjeux importants de la campagne électorale \u2014 la deuxième en cinq mois \u2014 qui bat son plein dans l\u2019État hébreu.Contrairement au Québec, les symboles religieux ne dérangent personne ici.Ce qui enflamme la société, ce sont les accommodements consentis aux juifs ul- traorthodoxes et l\u2019omniprésence de la religion dans les règles sociales.Ce débat déchirant sur la religion est un caillou dans le soulier du premier ministre sortant, Benjamin Nétanya- hou, chef du Likoud.Peut-être même plus qu\u2019un caillou : un boulet qui risque de le faire couler.L\u2019homme fort de la droite israélienne a régné durant 13 des 20 dernières années \u2014 un record de longévité \u2014 grâce à l\u2019appui de petits partis ultraorthodoxes.« Sans le soutien de cette minorité extrémiste, Nétanyahou a très peu de chances de prendre ou de garder le pouvoir, dans un système électoral proportionnel où les alliances entre partis sont incontournables », dit Reuven Hazan, Sourires, religion, détente et tension : images d\u2019Israël et de Palestine 1 2 Un prêtre participe à une cérémonie à l\u2019église du Saint- Sépulcre qui, selon la tradition chrétienne, abrite le tombeau de Jésus à Jérusalem.1 Une adepte de la trottinette électrique se déplace près d'un grand boulevard à Tel-Aviv, sous surveillance militaire.Israël à la croisée des chemins Usé par 13 années au pouvoir, Benjamin Nétanyahou joue sa survie politique professeur de sciences politiques à l\u2019Université hébraïque de Jérusalem.Un chef face à son destin Cette dépendance envers les ultraortho- doxes rend le chef du Likoud extrêmement vulnérable au marchandage, surtout qu\u2019il joue davantage que sa survie politique au scrutin du 17 septembre: une victoire électorale est son meilleur espoir de sortir indemne des procédures judiciaires qui seront entamées contre lui au cours de l\u2019automne.Nétanyahou risque d\u2019être inculpé d\u2019ici la fin de l\u2019année pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois dossiers distincts.C\u2019est ici que la religion vient hanter Nétanyahou.Avigdor Liberman, un ancien compagnon d\u2019armes de «Bibi», fait campagne contre les ultraorthodoxes.Liberman aurait pu former un gouvernement de coalition avec Nétanyahou après le scrutin du 9 avril dernier, mais il a monnayé cher son appui: il a exigé que les ultraorthodoxes, qui consacrent leur vie à la prière, fassent leur service militaire comme les autres Israéliens.Une condition bien sûr irrecevable pour Né- tanyahou, qui a les mains attachées par les ultraorthodoxes.Le premier ministre n\u2019est pourtant pas du tout religieux: il ne mange même pas casher! Largué par Liberman, Nétanyahou n\u2019a pu former un gouvernement, ce qui a précipité la tenue d\u2019un deuxième scrutin dans la même année, une première historique qui a plongé le pays dans une crise politique.Le chef du Likoud n\u2019est pas au bout de ses peines.Il tente par tous les moyens de faire de la sécurité nationale l\u2019enjeu principal du scrutin, parce qu\u2019il reste perçu comme le chef politique le plus susceptible de protéger Israël.Non pas 2 4 3 Klil Lifshitz, propriétaire du Café Bastet à Jérusalem JACQUES NADEAU LE DEVOIR PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 3 en faisant la paix avec ses voisins, mais en brandissant la force militaire.Il est vrai que, du point de vue des citoyens, la méthode dure semble fonctionner.Les attentats suicides qui dévastaient autobus et cafés lors de la deuxième intifada, au début des années 2000, sont chose du passé.Cet apaisement est arrivé avec l\u2019aménagement de la gigantesque « barrière de sécurité » entre Israël et les territoires occupés (dénoncée comme illégale par la communauté internationale).Le processus de paix avec la Palestine paraît mort et enterré.Nétanyahou a aussi accéléré le peuplement des colonies situées en Cisjordanie occupée, dans l\u2019indifférence de la communauté internationale \u2014 ce n\u2019est sûrement pas Trump qui va lui taper sur les doigts \u2014 et des électeurs israéliens.La majorité des citoyens de l\u2019État hébreu souhaitent pourtant la paix avec les voisins palestiniens, souligne le professeur Reuven Hazan.Il constate une fatigue des électeurs envers Nétanya- hou, usé par ses années tumultueuses au pouvoir.Hazan sent un intérêt des citoyens pour d\u2019autres enjeux que la sécurité nationale \u2014 santé, éducation, transports, logements sociaux\u2026 La toute récente alliance Bleu et Blanc (aux couleurs du drapeau israélien), qui unit trois partis de centre gauche et de centre droit, incarne ce désir de changement.Le Likoud de Nétanyahou et la coalition Bleu et Blanc ont obtenu chacun 35 sièges (sur un total de 120) aux élections d\u2019avril dernier.Ils auraient pu former un gouvernement de coalition, mais Bleu et Blanc refuse catégoriquement de s\u2019associer à Nétanyahou.« Le Likoud a été piraté par un discours extrémiste.C\u2019est pourtant le parti de Menahem Begin, qui a reçu le prix Nobel pour avoir fait la paix avec l\u2019Égypte », remarque Michal Cotler- Wunsh, une Montréalaise d\u2019origine qui est candidate pour Bleu et Blanc au scrutin du 17 septembre.Cette politicienne de 48 ans est la fille de l\u2019ancien ministre et député de Mont- Royal, Irwin Cotler.Elle s\u2019est établie en Israël en 1987.On la rencontre au siège social de Te- lem, un des trois partis du regroupement Bleu et Blanc.Nous sommes dans un immeuble anonyme de Tel-Aviv.Deux agents de sécurité fouillent nos sacs et scrutent nos passeports avant de nous autoriser à entrer.Unir la diversité «Israël est à la croisée des chemins», dit Michal Cotler-Wunsh, attablée dans une petite salle de réunion décorée d\u2019une affiche de Moshe «Bogie» Ya\u2019alon, fondateur de Telem.Cet ancien ministre de la Défense sous Nétanyahou et ancien chef d\u2019état-major de l\u2019armée a largué le chef du Likoud: Ya\u2019alon a déjà critiqué le travail des Forces israéliennes et s\u2019est déclaré favorable au mariage entre conjoints de même sexe.«Nous croyons que la majorité des gens veut la paix et la prospérité des deux côtés de la frontière; 90% de la population est d\u2019accord sur 90% des enjeux de société», dit Michal Cotler-Wunsh.« Israël est un pays où règne une incroyable diversité : 20 % de la population est d\u2019origine arabe, mais il existe aussi une multitude d\u2019identités juives \u2014 laïque, religieuse, issue de différents pays.On voit bien dans la rue, dans la vie de tous les jours, que les gens cohabitent en paix, mais ça ne se traduit pas sur le plan politique.» Le paysage politique particulier d\u2019Israël Israël élit ses députés au scrutin proportionnel.Les 120 sièges de la Knesset, le Parlement israélien, sont répartis en fonction du pourcentage des voix obtenu par chaque parti.Ce système oblige généralement les partis à former des coalitions pour pouvoir former un gouvernement.Pour la première fois dans l\u2019histoire récente, les partis d\u2019opposition se sont regroupés en blocs pour affronter le Likoud de Benjamin Nétanyahou.Les principaux partis et alliances sont les suivants : Likoud (droite) Bleu et Blanc (3 partis centristes) Shas (2 partis ultraorthodoxes) Judaïsme unifié de la Torah (ultraor- thodoxe) Liste unifiée (4 partis arabes) Union démocratique (3 partis de gauche) Yemina (3 partis de droite et d\u2019extrême droite) Israël Beytenou (droite) Parti travailliste-Gesher (gauche) 6 Des vacanciers profitent de la plage à Tel-Aviv au moment où les candidats au scrutin du 17 septembre préparent une campagne brève et intense.5 Scène de la vie quotidienne près d\u2019un point de contrôle en Cisjordanie occupée, en banlieue de Jérusalem.4 Une jeune Palestinienne cueille des figues de Barbarie près du village d\u2019Al-Auja, en Cisjordanie occupée.3 Des drapeaux palestiniens flottent dans des barbelés près de la barrière qui sépare Israël et la Cisjordanie occupée, en banlieue de Jérusalem.Page B 1 Une jeune Palestinienne fait paître son bétail près du village d'Al-Auja, en Cisjordanie occupée.7 Un soldat israélien patrouille dans la Vieille Ville de Jérusalem au moment où des milliers de fidèles musulmans sortent de la prière du vendredi.5 6 7 L\u2019alliance Bleu et Blanc cherche à ratisser large, au centre de l\u2019échiquier, loin des « extrémistes » de gauche ou de droite.Signe d\u2019une volonté de réduire l\u2019influence religieuse sur la vie politique, Bleu et Blanc inclut le parti Yesh Atid, de l\u2019ancien présentateur de nouvelles Yair Lapid.Ce parti a remporté 19 sièges en 2013 en proposant une plateforme résolument laïque.«La société israélienne est mûre pour se poser des questions fondamentales, dit Michal Cotler-Wunsh.Comment en- seigne-t-on l\u2019histoire dans les écoles laïques?Est-ce qu\u2019on parle de la Bible?Si tout ce qui est lié à la culture du peuple juif est qualifié de religieux, ça veut dire qu\u2019on ne peut pas enseigner l\u2019identité.D\u2019ailleurs, faut-il enseigner l\u2019identité ?Les écoles publiques doivent afficher le drapeau israélien, mais la plupart des écoles arabes et des écoles ultraortho- doxes [juives] ne l\u2019affichent pas.Devrait- on faire appliquer la loi?Comment?Et qu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec les écoles privées religieuses qui n\u2019enseignent pas le programme obligatoire ?On croit bien sûr que tous les enfants devraient apprendre les mathématiques.» Bleu et Blanc propose de modifier la controversée Loi sur l\u2019État-nation, adoptée en 2018, qui déclarait Israël comme le pays du peuple juif.Cette loi a eu une portée symbolique très forte auprès des minorités, qui se sont senties exclues.Le but du parti de Michal Cotler- Wunsh est ainsi d\u2019introduire une «identité civique» faite de valeurs communes aux Israéliens de toutes les origines \u2014 comme la démocratie ou l\u2019égalité entre citoyens.« En insistant sur ce qui unit les Israéliens, on augmente les chances que toutes les écoles aient envie d\u2019afficher le drapeau.» On voit bien dans la rue, dans la vie de tous les jours, que les gens cohabitent en paix, mais ça ne se traduit pas sur le plan politique.MICHAL COTLER- WUNSH » Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat\u2013 Le Devoir. LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 4 homme d\u2019affaires des secteurs pétrolier et hôtelier \u2014 a manifesté de l\u2019intérêt pour Le Quotidien et le Progrès Dimanche.Du côté de Sherbrooke, la Chambre de commerce a lancé un vaste mouvement de soutien à La Tribune.« Je suis d\u2019accord [avec la lettre des ministres].Ce n\u2019est pas juste à l\u2019État d\u2019agir », explique sa directrice, Louise Bour- gault.En même temps, la Chambre presse le gouvernement de taxer les GAFA.« Ça, oui, ça fait longtemps qu\u2019on en parle.» La Chambre a aussi envoyé un sondage à ses membres pour savoir s\u2019ils sont abonnés à La Tribune, s\u2019ils seraient prêts à investir dans le journal, s\u2019ils seraient prêts à ce que la Chambre le parraine, pour savoir aussi pourquoi ils ne lisent pas La Tribune, etc.« Il y a de petites choses qui peuvent changer », ajoute Mme Bour- gault, en ajoutant qu\u2019elle trouve parfois les textes de La Tribune un peu trop « sensationnalistes » et qu\u2019on pourrait parler d\u2019économie « plus positivement ».Du Lac à la Gaspésie C\u2019est connu : plus les propriétaires des médias sont proches de leurs journalistes, plus leur indépendance est difficile à préserver.La journaliste Marie- Ève Martel a abondamment traité de ce sujet dans son livre Extinction de Voix.Plaidoyer pour l\u2019information régionale, paru l\u2019an dernier.« Ça pose un risque, mais il peut y avoir des personnalités d\u2019affaires qui décident d\u2019investir dans un média et qui sont conscientes qu\u2019elles ne peuvent pas demander quelque chose en échange en matière de contenu.» La journaliste de La Voix de l\u2019Est juge, elle aussi, que les régions peuvent en effet en faire plus.«Les gens se rendent compte qu\u2019ils tenaient leurs quotidiens pour acquis.[.] La solution va passer notamment par les milieux locaux.Ça peut être aussi simple que de se réabonner.» Les députés Gabriel Nadeau- Dubois et Manon Massé se représentent en duo et se lient comme co-porte-parole de Québec solidaire.D\u2019où vient ce modèle et pourquoi l\u2019imiter, ou pas ?STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Il a fallu s\u2019y mettre à deux fois deux pour ébranler la monumentale chancelière Angela Merkel, et l\u2019audacieux pari est peut-être en train de réussir, au moins un peu.Les verts d\u2019Allemagne (officiellement Alliance 90 \u2013 Die Grünen) partent à l\u2019assaut de la forteresse conservatrice et espèrent des gains appréciables aux tout prochains scrutins.La force environnementaliste sera bientôt mise au test crucial dans trois Länder de l\u2019ancienne Allemagne de l\u2019Est.La Saxe et le Brandebourg votent dimanche ; la Thuringe ira aux urnes fin octobre.L\u2019extrême droite de l\u2019Alternative für Deutschland devrait le plus progresser, mais le succès surprenant des verts est annoncé par plusieurs signes.Cette réussite prévisible est attribuable en partie à deux duos de dirigeants, deux hommes et deux femmes, comme le veut une tradition qui remonte à 1990.Le parti écolo régional est dirigé par Katja Meier et Wolfram Günther, et la formation verte fédérale placée sous la gouverne de Robert Ha- beck et Annalena Baerbock.Ces deux-là comptent particulièrement.« Le nouveau duo de dirigeants, Habeck et Baerbock, se lance dans la campagne électorale en organisant des assemblées publiques et des manifestations en plein air dans les villes de l\u2019Est qui attirent des foules records », résumait cette semaine The Atlantic.Herr Habeck est maintenant la figure politique la plus populaire de la République, devant Frau Merkel, selon cer- CHEFFERIE À deux, est-ce mieux ?Pourquoi les partis politiques comme QS adoptent une direction bicéphale tains sondages.En obtenant les scores des sondages dépassant les 11 %, voire les 15 %, les verts pourraient entrer dans des gouvernements de coalition dans les trois États.Tours à deux Le modèle original de la direction bicéphale s\u2019étend.Le SPD, vieille formation de gauche en déliquescence, se cherche une nouvelle direction et songe à passer à la coprésidence.Die Linke, parti de gauche comme son nom l\u2019indique (La Gauche, pour les non-germanophones), l\u2019a adopté il y a longtemps.Il est maintenant dirigé par Katja Kipping et Bernd Riexinger.Nadine Labrosse Willmann, spécialiste de l\u2019Allemagne, professeure agrégée à l\u2019Institut politique de Strasbourg, connaît bien ce dernier cas, sur lequel elle a publié.« La direction bicéphale de Die Linke existe depuis 2010, explique la professeure jointe à Kehl, la ville allemande voisine de Strasbourg.Il y a toujours un homme et une femme, et un membre venant de l\u2019Est et un autre de l\u2019Ouest.» Die Linke est né comme héritier de l\u2019ancien parti unique de la République démocratique allemande.Il a fusionné avec un petit parti de l\u2019Ouest en 2007, il est présent partout, mais puissant surtout à l\u2019Est.La formation régionale compte 27 députés au Parlement sortant de Saxe, élus avec 19 % des voix.« La division du pouvoir permet d\u2019étendre la représentation des courants en tension, explique Mme La- brosse Willmann.Chez les verts, il y a un dirigeant fondamentaliste et un représentant plus libéral.Chez la Linke, il y a un porte-parole réformiste et un autre plus radical.» Ici comme ailleurs Le modèle original de la direction bicéphale est imité ici aussi par le duo formé de Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.Ils se présentent à leur propre succession comme co- porte-parole, en équipe indissociable.Ils seront donc à prendre ensemble ou à jeter ensemble au congrès de Québec solidaire (QS) de la mi- novembre.« C\u2019est une nouvelle approche.On invite les membres à nous prendre en paquet, en duo », a résumé au Devoir cette semaine Mme Massé en dévoilant la stratégie du billet lié.« On est très complémentaires, quand on réfléchit les choses, on le fait de manière globale.» La paire agit comme figure de proue du parti depuis mai 2017, et les statuts de la formation prévoient la désignation de deux co-porte-parole, un homme et une femme, tous les deux ans, sans interdire le renouvellement des mandats.Jusqu\u2019en 2016, le règlement prévoyait même qu\u2019un des deux membres du duo de tête ne soit pas député.« QS veut avoir un homme et une femme, mais aussi deux générations comme co-porte-parole pour des raisons évidentes d\u2019égalité, mais aussi pour éviter la concentration du pouvoir », explique Marc-André Bodet, professeur agrégé de science politique De plus en plus, les lecteurs se rendent compte qu\u2019ils tenaient leurs journaux pour acquis, à tort.ILLUSTRATION CLÉMENT DE GAULEJAC ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR a campagne « Mon journal j\u2019y tiens ! », vous connaissez?Non, ce n\u2019est pas le nouveau slogan de Groupe Capitales Médias (GCM) ou de la fondation du Devoir.C\u2019est le nom d\u2019une campagne lancée en 2017 par une éditrice d\u2019hebdos de la Montéré- gie, Marie-Andrée Prévost.«J\u2019étais trop en avance», dit-elle aujourd\u2019hui.À l\u2019époque, elle avait voulu dénoncer la décision du gouvernement libéral de lever l\u2019obligation qu\u2019avaient les villes de publier des avis publics dans les médias écrits locaux.Deux ans plus tard, Mme Prévost n\u2019a rien perdu de son indignation.« Les gouvernements ont le pouvoir de retourner l\u2019argent dans les communautés, le pouvoir de taxation, de ramener les avis publics, mais ils ne font rien », déplore-t-elle.Propriétaire de Viva Médias, cette femme d\u2019affaires a racheté en 2013 les journaux qu\u2019avait fondés sa mère en 1986 dans les secteurs de Valleyfield, Beauharnois et Salaberry.L\u2019an dernier, elle en a acheté deux autres.Oui, les investisseurs en région peuvent contribuer à la survie des médias, mais ils veulent se battre à armes égales, plaide-t-elle.« Avant de taxer les GAFA \u2014 parce que ça va prendre 50 ans \u2014, je créerais des avantages vraiment importants pour les entreprises qui investissent leur marketing et leur publicité dans les médias d\u2019ici, parce que c\u2019est la seule industrie qui est vraiment circulaire.» Les régions en pleine tempête Avec la fermeture possible de tous les quotidiens francophones à l\u2019extérieur de Montréal et de Québec, les régions se trouvent au cœur de la tempête actuelle.La commission parlementaire sur l\u2019avenir des médias se rendra d\u2019ailleurs en Abitibi et à Matane dans les prochaines semaines pour élargir la consultation, a-t-on appris ces derniers jours.Cette semaine, la ministre de la Culture, Nathalie Roy, et sa collègue au Développement régional, Marie-Ève Proulx, ont également publié une lettre enjoignant aux régions d\u2019en faire plus pour soutenir leurs médias.La crise, dit-elle, ouvre la porte à des « occasions d\u2019affaires ».Pour l\u2019éditeur du Courrier de Saint- Hyacinthe, Benoît Chartier, la situation actuelle rappelle celle de 2014 : « Les quotidiens vivent un peu ce qu\u2019on a vécu avec les hebdos quand Transcontinental a décidé de se départir de ses hebdos.Ils en ont trouvé, des acheteurs ! Chaque région a un sentiment d\u2019appartenance.[\u2026] Ils ont fait 20 transactions différentes pour vendre leur centaine de journaux.Moi, j\u2019en ai acheté deux.On peut refaire le même processus avec les mêmes quotidiens.» Le Courrier de Saint-Hyacinthe est l\u2019un des plus solides au Québec.Fondé en 1853, c\u2019est le plus vieux journal francophone au Canada et l\u2019un des rares à demeurer payants.Ne cherchez pas les enquêtes de ses journalistes sur le Web, il faut s\u2019abonner pour en lire plus que trois lignes.Mais ça marche.« On est très impliqués dans le milieu, explique-t-il.Il y a des entrepreneurs en région qui ont de l\u2019argent.Mais c\u2019est sûr qu\u2019on a un problème de revenus.» Des proprios locaux ?Des gens d\u2019affaires en région pourraient- ils reprendre les quotidiens de GCM ?Certains ont commencé à lever la main.À Saguenay, Éric Larouche \u2014 un MÉDIAS EN CRISE Les régions prêtes à en faire plus, mais\u2026 Invitées par la ministre de la Culture, Nathalie Roy, à en faire plus pour leurs médias, les régions répondent présent, mais pressent aussi le gouvernement de leur donner les moyens de réussir Ce qui se passe au caucus reste au caucus L LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 5 Plaidoyer pour la culture scientifique a rentrée des cégeps est en cours et fait entendre à qui prête, même négligemment, l\u2019oreille, les échos de débats et de polémiques, souvent vifs et profonds, qui depuis plusieurs années déjà traversent ces établissements.On demande, par exemple, ici de hausser les taux de diplomation ; on suggère ailleurs de repenser la formation générale ; on voudrait là abolir les cégeps ; ailleurs encore, on demande de les repenser sur le modèle du capital humain ; on se demande quoi faire de cette nécessité pour les cégeps en région de recruter à l\u2019étranger ; et j\u2019en passe, mais sans omettre de dire que, sur nombre de dossiers, nous manquons de données probantes ; que sur nombre d\u2019entre eux pèsent les intérêts particuliers ou corporatistes des intervenants ; que les finalités visées par les uns et les autres ne sont pas toujours conciliables ; sans oublier l\u2019immense poids dont pèsent en ces matières les partis politiques portés au pouvoir au gré des élections.On me permettra de me répéter : je vois dans tout cela un concentré des excellentes raisons pour lesquelles cette réflexion collective d\u2019ensemble, que j\u2019appelle une commission Parent 2.0, est urgente, souhaitable, et même nécessaire.Elle prendrait le temps de réunir en éducation les indispensables données probantes et de dégager des consensus par- delà les intérêts particuliers ; s\u2019agissant des cégeps, elle permettrait de repenser dans son ensemble une institution qui a merveilleusement servi le Québec, mais il faut désormais réinventer la manière dont elle s\u2019inscrit dans une société et une économie en profonde transformation.Imaginons que se tienne une telle commission.J\u2019irais y défendre une idée qui me tient à cœur depuis longtemps: l\u2019ajout à la formation générale d\u2019une composante de culture scientifique.Voici pourquoi et voici, pour en donner une petite idée, ce que je préconiserais qu\u2019on y enseigne.La culture scientifique au cégep La conception de la culture générale adoptée lors de la création des cégeps était, pour le dire vite, littéraire et humaniste.On l\u2019a certes quelque peu modifiée au fil des ans, mais sans en changer la substance.Mon idée est que le monde actuel demande qu\u2019on y ajoute cette culture scientifique dont je parle, devenue indispensable à la construction de l\u2019autonomie et à l\u2019exercice d\u2019une pleine citoyenneté.Parmi les raisons qui justifient cet ajout, je rappellerais l\u2019importance de cette culture pour comprendre tant de sujets aujourd\u2019hui débattus ; mais je parlerais aussi de tout ce qui s\u2019oppose à leur discussion sereine et rationnelle.Pensez ici aux fake news, à la « post-vérité », aux théories de la conspiration, au refus des vaccins, le tout étant amplifié par les nouveaux moyens de communication et nous amenant des aberrations comme le retour de l\u2019idée que la Terre est plate ! Tout cela a suggéré à des chercheurs un mot nouveau : dénialisme, pour décrire ce qui se produit.Je parlerais, bien sûr, également de tous ces efforts délibérés, organisés par des partis intéressés, pour instiller le doute sur des savoirs établis (ces think tanks niant le réchauffement climatique\u2026), mais aussi de ce qui peut, au sein même de la recherche scientifique, la pervertir : ces revues prédatrices ; les périls de la commercialisation de la recherche ; cette privatisation des résultats, avec ce possible refus des payeurs de publiciser des résultats non conformes à leurs désirs ; ainsi que les périls que font parfois peser les médias sociaux sur l\u2019accès à une information scientifique de qualité.Pour en donner une idée sommaire, je suggère qu\u2019un tel cours pourrait comprendre deux grandes dimensions, deux volets complémentaires.Je précise être persuadé que même les personnes étudiant en sciences en bénéficieraient, puisque plusieurs de ces questions ne sont guère, voire pas abordées dans leur formation.Ce cours devrait d\u2019abord, sans recours aux mathématiques, donner une idée intuitive de ce qu\u2019un citoyen ne peut absolument pas ignorer des sciences fondamentales.Un gros défi.Mais justement : il se fait aujourd\u2019hui, en livres, en revues, en radio et en télé, sur Internet, de la merveilleuse vulgarisation scientifique qu\u2019il faut faire connaître.De plus, ce cours, que je voudrais multidisciplinaire, serait donné par une équipe de professeurs (le cégep est le lieu idéal pour la constituer) comprenant des scientifiques, mais aussi, bien entendu, des philosophes.Le deuxième volet de ce cours serait justement celui de la philosophie des sciences.On y apprendrait par exemple ce qu\u2019est la science ; diverses manières de classer les différentes sciences ; ce que sont des faits scientifiques, des lois, des théories ; comment on mène une expérimentation ; ce qu\u2019est un test en double aveugle, etc.Et on ferait aussi une part importante à ces procédures institutionnelles par lesquelles la science vise le vrai : la révision par les pairs, la liberté de l\u2019enseignement et ainsi de suite.On peut rêver, non ?Trucs et astuces de prof Les suggestions sont de Marie-Élaine Turcotte.Pour la correction de travaux longs, comme les textes écrits : corriger une ou deux copies d\u2019élèves pour lesquels c\u2019est en général plus facile, histoire de se mettre dans l\u2019ambiance ; puis corriger trois ou quatre copies d\u2019élèves pour qui c\u2019est plus difficile ; alterner ! Pour les corrections monotones (du genre à choix multiples\u2026) : corriger tour à tour toutes les mêmes pages pour tous les élèves : ça permet d\u2019avoir les réponses en tête et de corriger plus vite.La perle de la semaine Elle est offerte par Ginette Cartier.« Quel est le système de l\u2019univers défendu par Galilée ?Réponse : l\u2019égocentrisme.» Pour partager vos trucs et perles : baillargeon.normand@uqam.ca Il y a par ailleurs des avantages à ce que les patrons soient plus près, avance Stéphanie Gagnon, du groupe jeannois Trium Médias.Avec sa partenaire d\u2019affaires Isabelle Quirion, elle a racheté les journaux de Transcontinental où elle travaillait au Lac-Saint- Jean.« Ce n\u2019était pas facile d\u2019être en région et de recevoir des directives de la Place Ville-Marie pour faire notre gazette, dit-elle.On a misé sur une recette très, très locale.Si on ne parle pas de nos petites municipalités, personne ne va en parler.» Le milieu pourrait-il en faire plus ?« Il en fait déjà beaucoup », répond la femme d\u2019affaires.Malgré le changement apporté à la loi l\u2019an dernier, plusieurs villes autour du lac Saint-Jean ont continué d\u2019afficher leurs avis publics dans ses hebdos.Quant aux GAFA, ils lui nuisent moins qu\u2019à d\u2019autres, mais elle pense « que ça fait longtemps » qu\u2019on aurait dû commencer à les taxer.Pendant ce temps, en Gaspésie, Gilles Gagné se demande ce qu\u2019il adviendra du Soleil.Dans l\u2019est du Québec, il n\u2019y a pas de quotidien, mais Le Soleil a trois collaborateurs dans le Bas-Saint- Laurent, en Gaspésie et sur la Côte- Nord.« Il y a 20 ans, 90-95 % de mes revenus provenaient du Soleil ; maintenant, ce n\u2019est plus que 30-35 % », explique le journaliste.Aujourd\u2019hui, ce vétéran de l\u2019information travaille aussi pour l\u2019hebdo anglophone The Gaspé Spec et pour Graffici, un hebdomadaire indépendant qui vivote depuis des années.Ce journal créé en 2000 avait particulièrement souffert des coupes dans les centres locaux et de développement (CLD), qui l\u2019avaient privé de revenus récurrents.Malgré tout, « on est gâtés » en Gas- pésie en ce qui a trait aux médias locaux, souligne M.Gagné en parlant notamment des trois hebdos locaux et des deux radios communautaires très dynamiques, avec des salles de nouvelles.Cette semaine, quand la ministre fédérale Diane Lebouthillier est venue à Chandler annoncer un investissement de 45 millions dans le train gas- pésien, ils étaient six journalistes pour poser des questions.Pas mal, pour une municipalité régionale de comté de 18 000 personnes.À son avis, le principal danger, si Le Soleil ferme, est que la Gaspésie se retrouve en vase clos.« Nos nouvelles vont rester ici, mais on n\u2019aura plus de fenêtre sur le reste du Québec.» à l\u2019Université Laval, spécialiste des partis.« C\u2019est un cas nouveau et assez rare dans le contexte nord-américain.Nos institutions parlementaires sont peu ou mal conçues pour gérer ce type de leadership.» Les alliances et les tensions entre deux pôles au sommet se vérifient au sein d\u2019autres modèles organisationnels, entre un président et un vice-président (comme aux États-Unis) ou un président et un premier ministre (comme en France).Le parlementarisme britannique ne divise pas les lieux de pouvoir.Le chef du parti au gouvernement demeure omnipuissant et le chef de l\u2019opposition reçoit toute l\u2019attention en Chambre.Tout va bien Imaginons que QS prenne du galon à la prochaine élection, demande le politologue.Comment se répartirait alors le pouvoir entre les deux porte- parole ?« Généralement, les choses vont bien avec ce type d\u2019organisation quand les enjeux sont de moindre envergure, dit le spécialiste.Quand les ambitions entrent en ligne de compte, quand les gains associés au leadership deviennent plus importants, les frictions apparaissent.La situation peut même devenir extrêmement toxique quand on a deux figures fort dissonantes qui veulent occuper les mêmes rôles.Pour le moment, c\u2019est une posture politique de la part de QS qui n\u2019a pas beaucoup de conséquences sur notre vie politique et parlementaire.» L\u2019ex-chef péquiste Jean-François Li- sée a tenté en vain de créer une controverse pendant la dernière ligne droite de la campagne électorale de 2018 en demandant qui dirigeait vraiment QS.Les registres électoraux désignaient un vieux trotskiste.Le rôle et la composition du Comité de coordination nationale avaient également été remis en question.Le plus ironique, c\u2019est que M.Lisée lui-même venait d\u2019imiter la direction bicéphale en nommant la plus populaire députée, Véronique Hivon, vice- chef du PQ.Bref, ce modèle bicéphale qui s\u2019étend en Allemagne semble avoir peu de chances d\u2019essaimer ici.« L\u2019électorat n\u2019aime pas la dissonance, conclut le professeur Bodet.De la Turquie à la France en passant par les États-Unis.Les électeurs n\u2019aiment pas les gens qui changent d\u2019idée et les idées contradictoires au sein d\u2019une même formation.C\u2019est le grand défi d\u2019un parti que de regrouper des gens aux positions différentes, de les faire travailler ensemble, de laisser émerger des stars sans créer de frictions apparentes pour le leadership.» Le mécanisme parlementaire de base dit que ce qui se passe au caucus reste au caucus pour ensuite suivre la ligne de parti.« Un parti politique fonctionne si quelqu\u2019un prend une décision claire et que le groupe s\u2019y tient, conclut le politologue.Quand émergent plusieurs voix, les affaires se compliquent.» QS veut avoir un homme et une femme, mais aussi deux générations, comme co-porte-parole pour des raisons évidentes d\u2019égalité, mais aussi pour éviter la concentration du pouvoir MARC ANDRÉ BODET » NORMAND BAILLARGEON L Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé JACQUES NADEAU LE DEVOIR Avec la fermeture possible de tous les quotidiens francophones à l\u2019extérieur de Montréal et de Québec, les régions se trouvent au cœur de la tempête actuelle Pour ne pas nager dans le plastique! Pourquoi recycler?Le placement publicitaire de la présente campagne s\u2019inscrit dans le cadre de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (chapitre Q-2) et de la réglementation relative.Les journaux assujettis sont tenus de contribuer en espaces publicitaires à leur juste part. B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 AIDAN JONES À HONG KONG AGENCE FRANCE-PRESSE Plusieurs figures du mouvement prodé- mocratie hongkongais, dont Joshua Wong et un député, ont été arrêtées vendredi, un coup de filet dénoncé par des associations comme une tentative chinoise de museler l\u2019opposition après l\u2019interdiction d\u2019une grande manifestation samedi.Un nouveau rassemblement massif était prévu samedi pour le cinquième anniversaire du refus par Pékin d\u2019organiser des élections au suffrage universel dans la ville, décision qui fut le déclencheur du Mouvement des parapluies de 2014, marqué par 79 jours d\u2019occupation du cœur financier et politique de Hong Kong.Mais après la confirmation de l\u2019interdiction de ce rassemblement, les organisateurs ont retiré vendredi leur appel à manifester pour ne pas jeter d\u2019huile sur le feu.D\u2019autres initiatives, toutefois, se préparent.Deux des grandes figures du Mouvement des parapluies, Joshua Wong et Agnes Chow, âgés de 22 ans et très populaires au sein de la contestation actuelle, ont été arrêtées vendredi à l\u2019aube, notamment pour «incitation à participer à un rassemblement non autorisé».Tous deux ont été inculpés dans l\u2019après- midi, et libérés sous caution.« Nous poursuivrons le combat, nous ne nous rendrons pas », a promis M.Wong à l\u2019extérieur du tribunal tout en fustigeant « l\u2019effet glaçant » des arrestations d\u2019opposants à Pékin.Ces interpellations illustrent la « propagation de la Terreur blanche à l\u2019égard des manifestants hongkongais », a déclaré Issac Cheng, du parti Demosisto, cofondé par Joshua Wong.Quelques heures plus tôt, un autre militant, Andy Chan, fondateur du Parti national (HKNP), minuscule formation indépendantiste qui avait été interdite par les autorités en 2018, avait été arrêté à l\u2019aéroport.Un quatrième manifestant prodémo- cratie, Rick Hui, un membre du conseil du quartier populaire de Sha Tin, a également été arrêté vendredi, de même que l\u2019ancienne leader étudiante Althea Suen.Et pour la première fois depuis le début en juin de la mobilisation, un député, Cheng Chung-tai, a aussi été arrêté, selon son parti Passion civique.La police a fait état de l\u2019interpellation d\u2019un homme de 35 ans en ne l\u2019identifiant que sous le nom de « Cheng », en précisant qu\u2019il était poursuivi pour « complot en vue de provoquer des dégâts criminels », en lien avec le sac du Parlement en juillet.Plus de 900 personnes ont été interpellées depuis le début de la contestation née du rejet d\u2019un projet de loi qui devait HONG KONG Coup de filet policier dans le camp prodémocratie CLARA WRIGHT À LONDRES AGENCE FRANCE-PRESSE Boris Johnson a mis en garde vendredi les députés contre un blocage du Brexit, prévu le 31 octobre, quelques heures après avoir remporté une première manche dans la bataille judiciaire engagée par ses opposants contre sa décision de suspendre le Parlement.Les députés « ont promis de mettre en œuvre le mandat du peuple, ils ont promis de mettre en œuvre le Brexit, et j\u2019espère qu\u2019ils le feront », a déclaré le premier ministre britannique à la chaîne de télévision Sky News.Dans le cas contraire, la « confiance du peuple dans la politique s\u2019érodera gravement », a-t-il prévenu.Le gouvernement de Boris Johnson fait face à plusieurs actions en justice visant à empêcher la suspension du Parlement, qu\u2019il a prévue pour la deuxième semaine de septembre et jusqu\u2019au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant le Brexit.Au Royaume-Uni, le premier ministre a le droit de suspendre le Parlement, après avoir reçu le consentement de la reine.Mais c\u2019est le moment choisi, dans la dernière ligne droite avant la date fatidique du Brexit, le 31 octobre, et la longue durée de la suspension (cinq semaines) qui sont contestés par les adversaires d\u2019un Brexit dur.En réduisant le temps de sessions, Boris Johnson est soupçonné de vouloir empêcher les députés de bloquer un Brexit sans accord, que son gouvernement souhaite mettre en œu- vre s\u2019il ne trouve pas de compromis avec l\u2019UE sur les conditions de la sortie britannique.Vendredi, ses opposants ont essuyé une première déconvenue : la plus haute instance civile d\u2019Écosse a rejeté une demande de près de 75 parlementaires proeuropéens de contrer en urgence la suspension.Ce rejet doit toutefois encore être confirmé lors d\u2019une audience sur le fond, le 3 septembre.Downing Street s\u2019est dit «ravi».La suspension «n\u2019empêche» pas les députés «de surveiller notre retrait de l\u2019UE», a décrété une porte-parole après le verdict.« Si nous ne pouvons pas réussir cette négociation [avec l\u2019UE], nous devons sortir dans tous les cas », a aussi martelé Boris Johnson.« J\u2019espère vraiment que les députés permettront au pays de conclure un accord tout en se préparant à une sortie sans accord.» Il avait aussi annoncé jeudi soir une accélération des rencontres entre négociateurs britanniques et européens, qui se réuniront deux fois par semaine à Bruxelles en septembre.Malgré ce premier revers judiciaire, la bataille continue.Les plaignants d\u2019Édimbourg restent optimistes.« Pour être parfaitement claire, aucune décision n\u2019a été prise [vendredi] sur les arguments », a twitté Joanna Cherry, députée du parti indépendantiste écossais SNP, qui a mené l\u2019action.« Tout reste à jouer », a-t-elle affirmé.Toutefois, selon des experts, même si la Cour déclare finalement illégale la décision de Boris Johnson, cela n\u2019obligera pas forcément le chef du gouvernement à revenir sur la suspension.L\u2019ancien premier ministre conservateur John Major, opposant au Brexit, a aussi annoncé vendredi qu\u2019il allait se joindre à une autre action en justice contre la suspension du Parlement, intentée par la militante anti-Brexit Gina Miller.L\u2019audience aura lieu le 5 septembre à Londres.Mme Miller avait déjà gagné en 2017 une bataille judiciaire pour forcer le gouvernement, alors dirigé par Theresa May, à consulter le Parlement sur le processus de retrait.Enfin, l\u2019examen d\u2019un troisième recours, commandé au nom d\u2019un militant des droits de la personne nord-ir- landais, Raymond McCord, prévu vendredi à la Haute Cour d\u2019Irlande du Nord, a été reporté au 3 septembre.BREXIT Boris Johnson met en garde les députés ADRIEN VICENTE À MADRID AGENCE FRANCE-PRESSE Plus de 150 migrants ont forcé vendredi la frontière terrestre entre le Maroc et l\u2019Espagne, au lendemain de l\u2019arrivée de centaines d\u2019autres sur l\u2019île grecque de Lesbos : le sud de l\u2019Europe reste soumis à une forte pression, qui attise les tensions entre pays de l\u2019Union européenne.À l\u2019aube, 155 migrants ont mis la brume à profit pour franchir les clôtures de Ceuta, une des deux enclaves espagnoles au Maroc, avec Melilla, qui forment les seules frontières terrestres de l\u2019Union européenne avec l\u2019Afrique.Tous originaires d\u2019Afrique subsaha- rienne et de Guinée en majorité, « certains ont escaladé la clôture, d\u2019autres ont cassé l\u2019une de ses portes», a déclaré un porte-parole de la préfecture locale.C\u2019est la première fois depuis un an qu\u2019un assaut aussi important de migrants réussit à Ceuta.Depuis le début de l\u2019année, 671 migrants étaient parvenus à entrer dans la ville, mais par d\u2019autres moyens, notamment en se cachant dans des véhicules.C\u2019est moins qu\u2019en 2018, année où l\u2019Espagne était la première porte d\u2019entrée de l\u2019immigration clandestine en Europe.Elle a été dépassée cette année par la Grèce, où jeudi environ 540 migrants sont arrivés sur l\u2019île de Lesbos à bord de 13 bateaux.Dans l\u2019ensemble de l\u2019Europe, la pression migratoire a reculé, avec quelque 46 500 personnes arrivées clandestinement au 28 août selon l\u2019Organisation EUROPE Nouvelles arrivées de migrants en Europe Ils ont notamment été plus de 150 à forcer la frontière terrestre entre le Maroc et l\u2019Espagne vendredi internationale pour les migrations (OIM), contre plus de 68 000 l\u2019an dernier à la même époque.Mais plus de 900 migrants sont morts depuis le début de l\u2019année.Et ceux que les bateaux des organisations humanitaires recueillent en mer restent indésirables en Italie et à Malte.Ainsi quinze migrants secourus par le bateau Open Arms ont débarqué vendredi dans le sud de l\u2019Espagne, après une odyssée de plusieurs semaines \u2014 le quota accepté par Madrid aux termes d\u2019une répartition conclue avec l\u2019Allemagne, la France, le Portugal et le Luxembourg.Un navire de guerre espagnol est allé les chercher après le refus catégorique du ministre italien de l\u2019Intérieur et leader d\u2019extrême droite, Matteo Salvini, de les accueillir.Le sort des migrants secourus en Méditerranée par des navires humanitaires fait régulièrement l\u2019objet de délicates négociations pour se répartir leurs passagers.Les pays du sud de l\u2019Europe, en première ligne, réclament aux autres États de l\u2019Union européenne de davantage prendre en charge les migrants débarquant sur leur territoire.« Les pays qui n\u2019ont pas de frontières maritimes doivent aussi assumer leur part de responsabilités », a déclaré jeudi la numéro deux du gouvernement espagnol, Carmen Calvo, devant le Parlement.autoriser les extraditions vers la Chine.La manifestation de samedi était convoquée par le Front civil des droits de l\u2019homme (FCDH), une organisation non violente qui a été à l\u2019origine des plus grands rassemblements de ces derniers mois.En particulier celui du 18 août \u2014 qui avait réuni 1,7 million de personnes, selon les organisateurs, et sans aucun débordement.Le Front ayant été débouté dans son recours contre l\u2019interdiction, une de ses responsables, Bonnie Leung, a dit que le FCDH n\u2019avait « pas d\u2019autre option que d\u2019annuler la manifestation de demain».Mais d\u2019autres initiatives s\u2019apprêtent à voir le jour, certains militants prodémo- cratie proposant un match de soccer, une sortie magasinage de masse ou encore un rassemblement religieux impromptu\u2026 Il est probable que l\u2019appel à la mesure du FCDH ne soit pas entendu par la frange la plus radicale, composée majoritairement d\u2019étudiants très jeunes.Et le risque de nouvelles violences est bien réel.« La police croit qu\u2019il y a des leaders dans le mouvement et que sa décision d\u2019interdire la manifestation va nous arrêter », confie à l\u2019AFP, sous couvert de l\u2019anonymat, une manifestante se faisant appeler Kelly.« Nous sommes nos propres chefs et nous continuerons de sortir.C\u2019est ce que le gouvernement ne comprend pas.» La ville espagnole de Ceuta se trouve à la frontière avec le Maroc.Des migrants d\u2019Afrique subsaharienne ont escaladé la clôture à la frontière des territoires.ANTONIO SEMPERE AGENCE FRANCE-PRESSE Nous poursuivrons le combat, nous ne nous rendrons pas JOSHUA WONG » Plus de 900 migrants sont morts depuis le début de l\u2019année LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019est sur un désaccord que les députés qui siègent à la Commission des finances publiques (CFP) se sont quittés mercredi quant à l\u2019étendue du mandat d\u2019initiative qu\u2019ils voulaient se donner sur la protection des données personnelles.Usant de leur majorité, les élus caquistes ont refusé d\u2019élargir ce mandat, insistant pour s\u2019en tenir à celui proposé en juillet par le Parti québécois.Seuls comparaîtraient Desjardins, qui s\u2019est fait subtiliser en juin les données personnelles de 2,9 millions de ses clients, Equifax, la firme chargée par Desjardins de les protéger contre les fraudes bancaires \u2014 ironiquement, elle- même a été la proie, en 2017, d\u2019un vol des données de 150 millions d\u2019Américains \u2014 et l\u2019Autorité des marchés financiers (AMF).Or, depuis, on apprenait que Capital One s\u2019était fait dérober les données de 6 millions de Canadiens et qu\u2019une fuite avait visé les renseignements personnels de 23 000 employés ou ex-employés de Revenu Québec.C\u2019est pourquoi \u2014 et étant donné que la question préoccupe grandement la population \u2014 tant les péquistes que les libéraux et les solidaires, qui, pour leur part, avaient demandé à la Commission des institutions d\u2019examiner les lois sur la protection des renseignements personnels dans les secteurs privé et public, ont réclamé que le mandat de la CFP soit élargi.On proposait que la commission entende non seulement des institutions financières comme Desjardins ou Capital One, mais aussi Revenu Québec, le dirigeant principal de l\u2019information du Québec, Benoit Boivin, l\u2019Office de protection des consommateurs, la Sûreté du Québec, le Service canadien du renseignement de sécurité ainsi que nombre d\u2019experts.Non sans condescendance, le premier ministre François Legault a déclaré qu\u2019il ne voulait pas « avoir des commissions parlementaires qui vont gérer à la place du gouvernement ».Comme si le fait que le pouvoir législatif, c\u2019est-à-dire les députés, se renseigne, par le truchement d\u2019un mandat d\u2019initiative, sur un sujet de l\u2019heure qui inquiète les citoyens pouvait entraver la capacité de « gérer » du pouvoir exécutif, alors que l\u2019enjeu transcende les intérêts partisans.Difficile à suivre, le député caquiste Youri Chassin a soutenu que la commission parlementaire ne doit pas mener à un procès qui contribuerait à entacher plus avant la réputation de Desjardins.Or, en restreignant le mandat d\u2019initiative, cette institution serait justement seule sur la sellette, alors que la question, qui est loin d\u2019être frivole, la dépasse amplement.Au gouvernement, on fait valoir que le ministre des Finances, Eric Girard, a annoncé son intention de déposer à l\u2019automne un projet de loi pour encadrer les agences de crédit, comme Equifax et TransUnion, en permettant à un citoyen dont on aurait volé l\u2019identité de mettre un « verrou » sur son dossier de crédit, comme cela se fait dans les autres provinces.On cite également le projet de loi 14 favorisant la transformation numérique de l\u2019administration publique, défendu par le ministre délégué Éric Caire, dont certains aspects touchent la protection des renseignements personnels détenus par l\u2019État.Bref, le gouvernement Legault serait déjà en action.C\u2019est un peu court.Les projets de loi que l\u2019on évoque sont d\u2019une portée limitée.Lors des prochaines consultations publiques, les experts appelés à commenter le projet de loi du ministre des Finances, projet de loi dont on ne connaît pas la teneur sinon qu\u2019il visera à remédier à une lacune bien précise, ne pourront s\u2019exprimer sur l\u2019enjeu d\u2019ensemble à moins d\u2019être hors sujet.Quant au projet de loi d\u2019Éric Caire, les débats qui l\u2019ont entouré ont mis en évidence l\u2019obsolescence de la loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur public, obsolescence qui touche aussi celle du secteur privé, adoptée il y a plus de 25 ans.En cette ère de bouleversements numériques, la protection des renseignements personnels, tant dans le secteur privé que dans l\u2019administration publique, doit faire l\u2019objet d\u2019une réflexion approfondie.En tant que législateurs, les députés ont le devoir de s\u2019y intéresser, d\u2019autant plus que cette commission parlementaire permettrait de renseigner la population sur un enjeu des plus actuels qui la concerne.François Legault ne perd rien à avoir dans ses rangs, ou même dans l\u2019opposition, des élus mieux informés.Et rien n\u2019empêche son gouvernement de plancher, de son côté, sur une réforme de la protection accordée aux renseignements personnels.Il est encore possible pour les élus d\u2019en arriver à un compromis.Mais pour ce faire, les membres caquistes de la CFP devront redresser l\u2019échine et se comporter en législateurs plutôt qu\u2019en sous-fifres infantilisés.François Bibeau Président de la Chambre des notaires du Québec L\u2019intérêt de l\u2019enfant est un fondement de notre société et de notre droit.Ce principe est d\u2019ailleurs au cœur de la Convention des Nations unies relative au droit de l\u2019enfant, ratifiée par le Canada et auquel le Québec s\u2019est déclaré lié.On peut y lire, en résumé, que l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant doit être une considération primordiale et doit guider toutes les décisions qui le concernent : que ces décisions soient prises par des organismes de protection sociale, des autorités administratives, des organes législatifs ou, bien sûr\u2026 des tribunaux.Le 16 août dernier, la Cour d\u2019appel du Québec rendait un jugement dans lequel elle refusait de se prononcer sur l\u2019opportunité qu\u2019un acte de naissance puisse reconnaître trois parents (tripa- renté).Depuis, la sphère médiatique s\u2019est emballée : pour certains, la reconnaissance de plus de deux parents sur l\u2019acte de naissance est inconcevable alors que, pour d\u2019autres, une telle possibilité ne ferait que traduire le reflet des nouvelles réalités familiales du Québec, comme de la société en général.Réforme du droit de la famille Ce débat apparaît donc légitime dans une société ouverte et moderne.D\u2019autant qu\u2019il se situe au cœur des réflexions et discussions entourant la réforme du droit de la famille.Je conserve d\u2019ailleurs la ferme conviction que l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant sera au cœur de cette réforme, tel que proposé par le Comité consultatif Crise des médias : cette fois doit être la bonne Cette semaine a eu lieu à Québec une commission parlementaire décisive pour rien de moins que la pérennité de la vie démocratique québécoise.La commission sur l\u2019avenir des médias d\u2019information est survenue tout juste une semaine après que le Groupe Capitales Médias se fut placé, avec ses six quotidiens, à l\u2019abri de ses créanciers.Si rien n\u2019est fait au-delà des 5 millions de dollars annoncés par Québec cette semaine, Le Soleil (Québec), Le Droit (Ottawa-Gatineau), La Tribune (Sherbrooke), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), La Voix de l\u2019Est (Granby) et Le Quotidien (Sague- nay) \u2014 de véritables institutions, qui font partie de l\u2019ADN de leur région \u2014 pourraient disparaître.Les Québécois sont sous le choc.On répète pourtant ad nauseam depuis des années qu\u2019il y a une crise dans les médias, mais des solutions tardent à être mises en place pour remédier à l\u2019exode des revenus publicitaires vers des L\u2019intérêt de l\u2019enfant est un fondement de notre société LIBRE OPINION LETTRES FUITE DE DONNÉES Députés infantilisés C ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC sur le droit de la famille (rapport Roy), entériné par la Chambre des notaires.Cela dit, je ne peux aujourd\u2019hui m\u2019empêcher de constater que ce fondement semble éludé du débat.Ne devrait-on pas exclusivement répondre à la question de savoir si on doit reconnaître une triparenté sur l\u2019acte de naissance dans la perspective suivante : est- ce dans l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant ?Si le jugement de la Cour d\u2019appel semble avoir habilement évité d\u2019y répondre, d\u2019autres jugements récents de la même institution ont néanmoins abordé cette question de front.Certains ont même été jusqu\u2019à reconnaître qu\u2019aucune mesure ne peut réellement avoir un caractère souverain et péremptoire devant l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant\u2026 pas même les interdictions entourant Ne devrait-on pas exclusivement répondre à la question de savoir si on doit reconnaître une triparenté sur l\u2019acte de naissance dans la perspective suivante : est- ce dans l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant ?la maternité de substitution ; c\u2019est dire ! Ainsi, à un moment où le ministère de la Justice planche activement sur un projet de loi destiné à jeter les premiers jalons de la réforme du droit de la famille, comme la ministre de la Justice, Sonia LeBel, s\u2019y est engagée, et à l\u2019aube des prochaines élections fédérales, alors que les promesses aux électeurs s\u2019accumulent et portent sur des sujets multiples et disparates, il est primordial de réaffirmer haut et fort que l\u2019intérêt de l\u2019enfant doit toujours primer et être au cœur des discussions.L\u2019enfant étant le gage de notre avenir, la base du tissu social québécois, il est crucial, aujourd\u2019hui, de ne pas le perdre de vue.Cela, afin que ses intérêts soient la pierre angulaire du débat sur la tri- parenté et\u2026 des autres à venir.En cette ère de bouleversements numériques, la protection des renseignements personnels, tant dans le secteur privé que dans l\u2019administration publique, doit faire l\u2019objet d\u2019une réflexion approfondie.En tant que législateurs, les députés ont le devoir de s\u2019y intéresser.géants du Web comme Google et Facebook.Ces derniers ont grossi en vampirisant le contenu produit par les médias traditionnels\u2026 et en ne donnant rien en retour, pas même leur juste part de taxes et d\u2019impôt.Même si Québec a bougé sur ce plan en demandant aux GAFA de percevoir la TVQ depuis janvier, rien n\u2019est en vue du côté d\u2019Ottawa pour rétablir l\u2019équilibre fiscal à court terme et les journaux attendent toujours l\u2019aide promise dans le dernier budget fédéral.On dit souvent que « les journalistes sont les chiens de garde de la démocratie », et ce n\u2019est pas une lubie.À l\u2019aube du déclenchement d\u2019une campagne électorale fédérale et à l\u2019ère des fake news, le journalisme est plus essentiel que jamais et la valeur démocratique de marques d\u2019information fiables, comme La Voix de l\u2019Est, Le Soleil ou les autres journaux de Groupe Capitales Médias, est immense.Espérons que cette énième consultation sera la bonne.Elle doit permettre non seulement de trouver comment assurer la survie des médias qui sont à la base de notre démocratie, mais aussi comment maintenir les emplois et les conditions de travail qui permettent la production d\u2019une information de qualité partout au Québec.Le gouvernement Legault doit rapidement développer une solution globale qui s\u2019adresse autant aux journaux qu\u2019à la télévision et à la radio.Il doit également faire pression sur Ottawa afin que la fiscalité et la réglementation soient adaptées au numérique pour éviter la fermeture d\u2019autres médias.Denis Bolduc, président du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ) Le 23 août 2019 Les arbres ne sont pas des fleurs ! Au printemps dernier, on a re- configuré la Plaza Saint-Hubert.Résultat : que du béton et du pavé.C\u2019est ahurissant ! Plus aucun arbre ! On se croirait sur une planète sans vie ! On me dira que bientôt on fera pousser de nouveaux arbres.Ouais\u2026 On les mettra dans des pots à fleurs.Des pots en béton.C\u2019est tendance ! Ou alors de tout jeunes arbres seront plantés avec seulement un mètre carré de terre pour capter l\u2019eau de pluie.On veut ça « propre » ! Pourtant, nos étés sont devenus torrides.Faut enlever du béton et retrouver le confort d\u2019une large canopée.Pas de bonsaïs dans des pots de béton ! Pas de fragiles aménagements horticoles ! Les changements climatiques obligent.Ça prend de vrais arbres sur notre Plaza Saint-Hubert.Diane Gariépy Montréal, le 23 août 2019 Lettre au rédacteur Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Stéphane Giroux, a absolument raison : « La FPJQ presse Québec d\u2019agir pour éviter \u201cl\u2019obscurantisme\u201d » (Le Devoir, 28 août 2019).En tant que rédacteur de lettres fréquentes aux rédacteurs de quotidiens francophones et anglophones, je ne vois pas comment Facebook, Google, You- Tube, etc.peuvent rendre justice dans leur reportage sur des questions de démocratie, de responsabilité et de transparence dans notre système d\u2019éducation publique.Plus que jamais, « la presse d\u2019investigation » est requise pour tenir le public et le gouvernement bien informés sur les fonds des contribuables.Investir dans des journalistes aujourd\u2019hui permettra la prise de meilleures décisions demain.Chris Eustace, enseignant retraité Pierrefonds, le 28 août 2019 B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet AVORTEMENT Qui a peur d\u2019Andrew Scheer ?C\u2019est bien connu.Andrew Scheer ne serait pas devenu le chef du Parti conservateur du Canada sans l\u2019appui des militants antiavortement lors de la course à la chefferie de son parti en 2017.Sa courte avance sur Maxime Bernier n\u2019aurait probablement pas été possible si le député saskatchewanais Brad Trost, dont la campagne tournait presque exclusivement autour de la question de l\u2019avortement, n\u2019avait pas donné son appui à M.Scheer lors de l\u2019avant-dernier tour de scrutin.Jusque-là, M.Bernier avait joui d\u2019une avance confortable sur son principal rival.« La plupart de mes partisans ont voté pour lui, donc je suis très content de tout, et nous nous avancerons ensemble », avait déclaré M.Trost après la victoire de M.Scheer.Ce dernier avait promis de faire de la liberté d\u2019expression le leitmotiv de son leadership, ce qui avait été perçu comme un signal à ses députés antiavortement pour faire des propositions de législation en ce domaine.Même si M.Scheer s\u2019était engagé à ne pas lui-même rouvrir le débat sur l\u2019avortement, les députés antiavortement se sont réjouis de sa victoire.Ils avaient compris qu\u2019ils auraient le droit de déposer un projet de loi privé visant à limiter l\u2019accès à l\u2019avortement, alors qu\u2019aucune loi n\u2019existe au Canada depuis 1988, alors que la Cour suprême déterminait que les restrictions de l\u2019époque violaient le droit des femmes à la sécurité de la personne.Et alors ?La pente serait donc extrêmement abrupte pour tout député qui souhaiterait introduire un projet de loi privé sur l\u2019avortement dans notre système du gouvernement.Mais la position de M.Scheer avait le mérite d\u2019être plus souple que celle du premier ministre Justin Trudeau, qui avait interdit à tout candidat libéral d\u2019exprimer la même liberté de conscience sur la question de l\u2019avortement, dévalorisant le rôle du député d\u2019arrière-ban dans l\u2019esprit de beaucoup de gens.Le lieutenant québécois de M.Scheer, le député Alain Rayes, a donc semé la confusion en fin de semaine dernière en déclarant dans une entrevue accordée au Journal de Montréal que son chef avait « confirmé qu\u2019il ne permettrait pas à l\u2019un de ses députés de présenter un projet de loi antiavortement».La candidate conservatrice vedette Sylvie Fréchette s\u2019est fiée aux propos de M.Rayes en affirmant la même chose lundi sur les ondes de la radio de Radio-Canada.Disons que, à la veille du déclenchement des élections fédérales, ce n\u2019était pas très fort.Est-ce que M.Rayes s\u2019est simplement trompé, ou est-ce qu\u2019il pensait que les conservateurs pouvaient entretenir un double discours, disant une chose au Québec et son contraire dans le reste du Canada, sans que personne s\u2019en aperçoive ?Pourquoi une telle improvisation de sa part ?Pour un parti qui a horreur d\u2019être accusé d\u2019avoir un programme secret, la controverse déclenchée par la déclaration de M.Rayes était la dernière chose dont avait besoin M.Scheer.Ce denier était déjà sur la défensive après la diffusion la semaine dernière par les libéraux d\u2019une vidéo datant de 2005 dans laquelle M.Scheer, alors un jeune député d\u2019arrière- ban, exprimait son opposition au mariage entre personnes de même sexe dans des termes pour le moins inélégants.Alors que les libéraux essayaient déjà de placer les questions sociales au centre de la campagne électorale, M.Rayes aura réussi à mettre son chef davantage dans le pétrin.Il fallut attendre jusqu\u2019à jeudi pour que M.Scheer remette les pendules à l\u2019heure.Le chef conservateur a profité d\u2019une rencontre de presse à Toronto pour clarifier de nouveau ses positions sur l\u2019avortement et le mariage gai.Catholique pratiquant, il ne laisserait jamais ses convictions religieuses dicter ses actions comme premier ministre.Un gouvernement conservateur ne rouvrirait pas le débat sur ces questions.M.Scheer n\u2019empêcherait pas non plus l\u2019un de ses députés de proposer une loi sur l\u2019avortement, mais il voterait contre lui si jamais un tel projet de loi arrivait à faire l\u2019objet d\u2019un vote à la Chambre des communes.Sa position est ainsi identique à celle de l\u2019ancien premier ministre conservateur Stephen Harper, qui a gouverné pendant dix ans sans que les femmes canadiennes aient eu à craindre pour leurs droits acquis en matière d\u2019avortement.Il en est de même pour le mariage gai.M.Scheer n\u2019interviendrait pas pour changer la loi actuelle et veillerait à ce que cette dernière soit respectée d\u2019un océan à l\u2019autre.Ce que les militants du droit à l\u2019avortement et certains médias ne semblent pas vouloir comprendre, c\u2019est que l\u2019on peut très bien s\u2019opposer personnellement à l\u2019avortement sans chercher à imposer ses croyances à autrui.C\u2019était d\u2019ailleurs la position de tous les premiers ministres depuis Brian Mulroney en passant par Jean Chrétien, Paul Martin et M.Harper.Les électeurs le moindrement intelligents peuvent faire la distinction.Ils le font d\u2019ailleurs à chaque élection, au moins depuis 1988.M.Scheer avait tout à fait raison en accusant les libéraux de vouloir faire abstraction de leur bilan en essayant de ressusciter un faux débat sur des enjeux sociaux qu\u2019on a déjà réglés.Les électeurs canadiens méritent mieux.KONRAD YAKABUSKI Steven High Professeur au Département d\u2019histoire de l\u2019Université Concordia Pour bon nombre d\u2019entre nous, la fête du Travail marque la fin de l\u2019été et le début d\u2019une nouvelle année scolaire.Les jours raccourcissent, le temps se rafraîchit.En 1894, la fête du Travail est instaurée au Canada afin de célébrer les travailleuses et les travailleurs de même que le syndicalisme.De nos jours, nous n\u2019entendons plus beaucoup parler de cette intention.C\u2019est dommage, car Montréal a un long passé en matière de syndicalisme et de conflits de travail.Ainsi, en 1843, un millier d\u2019ouvriers affectés à l\u2019agrandissement du canal de Lachine font la grève.Outre une augmentation de salaire, ils veulent être désormais payés en espèces plutôt que sous la forme de bons encaissables uniquement dans le magasin d\u2019un associé de leur employeur.À la fin du XIXe siècle, les discussions sur le socialisme font rage à Montréal.À ce sujet, l\u2019historien Ian McKay souligne la fondation de la Ligue socialiste canadienne \u2014 le premier mouvement socialiste né dans notre pays \u2014 à Pointe-Saint- Charles au cours de l\u2019été 1898.Il y a aussi des vagues de grèves.Par exemple, en 1903, l\u2019arrêt de travail des débardeurs du port de Montréal se transforme au bout de six semaines en un semblant de guerre civile \u2014 à un point tel que les autorités déploient des troupes de l\u2019armée régulière dans la ville.La même année, les travailleurs de la Montreal Tramway déclenchent une grève.Quand l\u2019entreprise recourt à des travailleurs de remplacement, des barricades se dressent dans certains quartiers.Au début du XXe siècle, les ouvriers qualifiés des ateliers ferroviaires du Grand Trunk \u2014 situés dans le Sud- Ouest montréalais \u2014 forment un important bassin de politique gauchiste.Ainsi, en octobre 1917, ils télégraphient un message de solidarité aux révolutionnaires russes.Le télégramme se lit comme suit : « Conservez vos acquis ; exigez davantage.» Pour les travailleurs de l\u2019industrie et leurs syndicats, les années 1930 se révèlent particulièrement pénibles.Compressions salariales à répétition et chômage généralisé poussent à bout les familles ouvrières.Au Québec, le gouvernement que dirige Maurice Du- plessis combat férocement les syndicats.Avec l\u2019entrée en vigueur de la « loi du cadenas », une mesure anticommuniste, il devient dangereux pour les militants d\u2019exercer des activités syndicales dans une résidence privée.Les communications par courrier ne sont plus sûres.À preuve, les dirigeants des Travailleurs unis de l\u2019électricité ordonnent à leurs organisateurs québécois d\u2019expédier sous pli neutre toute information destinée aux syndiqués, et ce, pour écarter les soupçons.Essor du syndicalisme Le mouvement syndical connaît un formidable essor durant la Seconde Guerre mondiale.À Montréal, le nombre de syndiqués passe ainsi de 35 000 en 1939 à 176 000 en 1945.La plupart des ouvriers qui se syndiquent travaillent pour des usines d\u2019armement, un secteur d\u2019activité qui relève du gouvernement fédéral.Les syndicats se font donc reconnaître par celui-ci et se soustraient dès lors à l\u2019autorité de Du- plessis.Dans plusieurs établissements, les militants doivent toutefois lutter contre un « syndicat jaune », c\u2019est-à- dire à la solde de l\u2019employeur.Peu à peu, des syndicats autonomes se forment.Mais avec le déclenchement de la guerre froide, seuls certains regroupements sont jugés acceptables.Ce n\u2019est certainement pas le cas des Travailleurs unis de l\u2019électricité, d\u2019allégeance gauchiste.En 1952, à la gigantesque usine qu\u2019exploite la RCA dans le quartier de Saint-Henri et qu\u2019ont syndiquée pendant la guerre Léa Roback et d\u2019autres militants, les membres du bureau syndical sont tous renvoyés.Selon les Travailleurs unis de l\u2019électricité, « le lendemain matin, des autopatrouilles de la police montréalaise encerclent l\u2019établissement.À l\u2019intérieur, des agents de sécurité de l\u2019entreprise et leurs renforts effectuent des rondes dans tous les services ».Quelques mois plus tard, les Travailleurs unis de l\u2019électricité sont bannis du Québec \u2014 événement qui n\u2019est pas sans rappeler le maccarthysme qui sévit aux États-Unis pendant la guerre froide.Le chef de la section canadienne des Travailleurs unis de l\u2019électricité trouve la conjoncture québécoise encore plus déplorable.Ainsi, il écrit : « À présent, en ce qui concerne les questions liées au travail, la situation au Québec se révèle aussi mauvaise, sinon pire, que tout ce que l\u2019on a pu constater dans le \u201cSud profond\u201d américain.» Néanmoins, les syndicats mènent leur combat et luttent pour la fixation d\u2019un salaire minimum vital, l\u2019établissement de régimes de retraite et l\u2019adoption de mesures favorisant la sécurité d\u2019emploi.À Montréal, l\u2019ère de la syndicalisation est relativement courte.Au cours des années 1960 et 1970, les usines et manufactures y ferment en grand nombre.Vers 1985, seules quelques entreprises maintiennent leurs activités le long du canal de Lachine \u2014 point de départ de la révolution industrielle au Canada.Toutes sortes de motifs sont invoquées pour justifier ces fermetures.Attirés par de meilleures conditions, certains établissements déménagent en banlieue ou dans une province voisine.D\u2019autres, alléchés par des taux de salaire inférieurs, vont s\u2019établir au Mexique ou en Asie.Enfin, l\u2019abaissement des barrières commerciales accentue la tendance.En effet, les détenteurs de capitaux peuvent désormais investir là où les profits sont les plus juteux.L\u2019adhésion de Justin Trudeau au Partenariat transpacifique s\u2019inscrit dans cette longue suite d\u2019événements dont les travailleuses et les travailleurs canadiens subissent encore aujourd\u2019hui les conséquences.FÊTE DU TRAVAIL Une longue tradition de syndicalisme à Montréal Laval Gagnon Journaliste à la retraite La crise qui frappe de plein fouet le Groupe Capitales Médias démontre éloquemment que, pour survivre, les journaux régionaux, individuellement ou collectivement, devront trouver un modèle d\u2019affaires solide, stable et créatif.La principale cause des déboires, on le répète abondamment, vient de la migration des revenus publicitaires vers les plateformes des géants numériques, surtout des GAFA, qui vampirisent le contenu sans en assumer le moindre coût.Il en résulte une dislocation fatale pour les journaux entre la production d\u2019information, la création de valeur et les revenus.Les appels du pied pointent en direction de déductions fiscales (salaires, dépenses numériques, abonnements), de fonds d\u2019aide aux médias, de philanthropie, de nouveaux modèles d\u2019affaires, dont le mode coopératif.Mais à ce jour, aucune simulation n\u2019a démontré la portée déterminante et pérenne de ces mesures sur la rentabilité de chacun ou de l\u2019ensemble des journaux de GCM ou toute nouvelle publication.C\u2019est inquiétant ! Une piste cruciale et féconde de financement demeure selon moi inexploitée, en raison malheureusement de la passivité des acteurs régionaux et du conformisme du milieu de l\u2019information.C\u2019est celle de la société civile.Cette société civile est constituée de dizaines, voire de centaines d\u2019organismes du milieu, des secteurs publics, parapublics, entreprises, sociétés, coopératives, groupes, syndicats, finances, etc.Cette société civile, avec ses ressources encore importantes, produit, anime et alimente largement l\u2019écosystème collectif, et depuis toujours est le théâtre même de l\u2019actualité régionale dans toutes les facettes de sa diversité.Comme d\u2019autres sociétés, notre région subit de diverses façons le tsunami numérique et tente avec ses moyens limités de s\u2019adapter.Conséquemment, les nombreux acteurs de la société civile régionale (pas uniquement les commerces) mettent beaucoup d\u2019argent dans ces nouvelles plateformes, dont Facebook ou d\u2019autres éditeurs de contenus.Il est impossible, à l\u2019échelon régional, de mesurer l\u2019ampleur des sommes investies par la société civile.J\u2019avance sans crainte de me tromper les six chiffres, et même les sept chiffres si on inclut toutes les ressources CRISE DES MÉDIAS Pour un journal régional Ce que les militants du droit à l\u2019avortement et certains médias ne semblent pas vouloir comprendre, c\u2019est que l\u2019on peut très bien s\u2019opposer personnellement à l\u2019avortement sans chercher à imposer ses croyances à autrui.En 1894, la fête du Travail est instaurée au Canada afin de célébrer les travailleuses et les travailleurs de même que le syndicalisme.De nos jours, nous n\u2019entendons plus beaucoup parler de cette intention.Une piste cruciale et féconde de financement demeure selon moi inexploitée, en raison malheureusement de la passivité des acteurs régionaux et du conformisme du milieu de l\u2019information.C\u2019est celle de la société civile.mobilisées et les salaires affectés à la cueillette, à l\u2019ordonnancement, à la production et à la diffusion d\u2019informations destinées à diverses clientèles, y compris le grand public.Ce faisant, disons les choses comme elles sont, ils deviennent des agents de détournement du marché médiatique régional, contribuent à son déclin et provoquent l\u2019affaiblissement et la dilution de la couverture du milieu.Un cercle vicieux qui en plus accentue l\u2019exode du capital financier en dehors de la région.Information commanditée Sans exclure les formes d\u2019aide énumérées plus haut, je suggère l\u2019ajout au modèle d\u2019affaires d\u2019une troisième catégorie de contenu, l\u2019information commanditée, indépendante évidemment des deux autres (rédaction et publicité commerciale).Le magazine L\u2019actualité et Le Devoir exploitent à divers degrés ce créneau.Il ne s\u2019agit pas d\u2019imiter aveuglément les plate- formes comme Facebook qui accueillent abondamment et sans restriction divers types de contenu commandité et rejoignent massivement une clientèle d\u2019abord individuelle ciblée par les algorithmes.Il s\u2019agit au contraire de régionaliser en les rassemblant sur un support médiatique à portée territoriale l\u2019information journalistique (les journalistes), le contenu so- ciétal (la société civile) et la publicité commerciale (les commerces).Bien sûr, le modèle doit ériger des cloisons étanches entre les catégories de contenu, adopter une charte déontologique rédactionnelle couvrant les trois catégories, présenter un graphisme distinguant clairement les catégories, proposer à la société civile une tarification attrayante et souple, rendre accessibles en permanence les contenus et les statistiques liées à l\u2019édition commanditée, etc.J\u2019en appelle aux acteurs de la société civile.S\u2019ils croient nécessaire un journal régional qui reflète nos intérêts communs et soit le creuset de notre collectivité régionale, il y a là un devoir de solidarité et d\u2019engagement. LEDEVOIR // LES SAMEDI 31 AOÛT ET DIMANCHE 1E R SEPTEMBRE 2019 B 10 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R | SHACK COURTIER IMMOBILIER MARIE SICOTTE | ROYAL 200 ch.des Bois-Francs, STONEHAM-ET-TEWKESBURY 143 ch.des Granites, LAC-BEAUPORT VISITEZ NOS PROPRIÉTÉS WWW.MARCBONENFANT.COM NOUVEAUTÉ ADOSSÉE AU GOLF LAC BROME LAC BROME LOIS HARDACKER Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Au Sommet, Agence Immobilière 450 242-2000 www.loishardacker.com Charlotte MICHAUD cmichaud@sutton.com 514.894.0866 10h à 22h groupe sutton-immobilia inc.Agence immobilière 514.272.1010 Depuis 31 ans OUTREMONT \u2014 CLÉ EN MAIN 2,389,000 $ NOUVEAUTÉ P R E S G D E 4 chambres, 1 bureau, vivoir ouverte sur jardin.cuisine italienne Pedini spectaculaire Rénovations majeures luxueuses dont Parements extérieurs brique et zinc.10 grandes pièces fonctionnelles.Cottage lumineux, avenue McDougall, T I E MLS : 22276298 869 000$ MLS : 18874673 389 000$ Sortie extérieure.Stationnements/lavage, s/fournaise, rangements, S/familiale, cuisinette, cave à vin, s/bains familiale et s/eau, à l\u2019étage.L M 284 A au sous-sol., S : 248 461 22 .MCDOUGALL V ec vues splendides + garage v ondo a C és disponible au c 2 unit 1 4 5 5 S H E R B R é M é Dor arr ille C oeur du M O O K E O enant disponible .Phase II maint e ts en pleine natur -lof o ic d de l errain au bor nifique t ag M oisin disponible ot v .L eau \u2019 1 4 5 0 0 0 $ garage triple, vue sur les monts.7+ acres.une étonnante gamme de fonctionnalités.Maison d\u2019invités, votre introduction à cette demeure spacieuse tout confort avec N TRÉSOR CACHÉ \u2013 000$ 850 1 e vous ?ez pas au GPS; contactez-moi pour 000$ 250 1 piscine à l\u2019eau salée.2 acres.spacieuse, 4 chambres avec sdb adjacentes, foyer immense, Résidence architecturale de marche au centre du village.à Knowlton, accès au lac et à distance TIER RECHERCHÉ QUAR AVIS LÉGAUX AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (art.795, C.c.Q.) Prenez avis que, à la suite du décès d'Annette Léves- que, en son vivant domiciliée au 8, 3e Avenue, en la ville de Rimouski, province de Québec, G5L 2N6, survenu le 7 février 2019, un inventaire de ses biens a été dressé par Solange Boucher et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Vincent Beauregard, notaire, située au 100-1691, rue Montarville, à Saint-Bruno- de-Montarville, province de Québec (450 653-7897).Fait à Saint-Bruno-de-Mon- tarville, ce 28 août 2019 Avis légaux et appel d\u2019offres TOMBÉES SPÉCIALES FÊTE DU TRAVAIL Jour de non publication : Lundi 2 septembre 2019 TOMBÉE : Publication du mardi 3 septembre : Réservation et matériel le jeudi 29 août avant 15 H TOMBÉES RÉGULIÈRES Les réservations doivent être faites avant 15 H pour les publications deux (2) jours plus tard.avisdev@ledevoir.com Téléphone : 514-985-3452 Télécopieur : 514-985-3340 RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN Appel d\u2019offres public Le Réseau de transport métropolitain (« exo ») demande des soumissions pour les biens ou services, ou l\u2019exécution des travaux, suivants : Travaux de modi?cation aux systèmes mécaniques et électriques de l\u2019édicule de la gare Sauvé Numéro : 1002014 Les documents et conditions de la présente demande sont diffusés par le site internet du système électronique d\u2019appel d\u2019offres, à l\u2019adresse : www.seao.ca Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège d\u2019exo, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26e étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, durant les heures d\u2019ouverture de celui-ci, AU PLUS TARD LE 25 SEPTEMBRE 2019 à 10h30, heure légale.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Exo ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Avis donné à Montréal, Québec, par : Dominique Lemay Directeur exécutif \u2013 Exploitation PETITES ANNONCES AVIS DE DÉCÈS OUTREMONT - À VENDRE OU À LOUER.Métro Outremont, loft béton, garage, ascenseur.2 ch, terrasse, balcon, a/c.LIBRE.PD Courtier 514 974-3319 CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PARIS - Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com LIBRAIRIE Bonheur d'Occasion achète livres de qualités en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.20 ans d'experience.Service à domicile.514 573-7039 Julien 101 PROPRIÉTÉS À VENDRE 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE "]
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