Le devoir, 3 septembre 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 198 / LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Belles et rebelles du béton La flore urbaine présente une diversité étonnante JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR e 19 août dernier, des inscriptions insolites tracées à la craie sont apparues sur les trottoirs de Toulouse : les mentions « ruine de Rome », « benoîte des villes » et « verveine officinale », écrites au sol, n\u2019ont pas manqué d\u2019intriguer les passants.Les auteurs de cette mystérieuse opération ont fini par se manifester : Boris Presseq, botaniste au Muséum de Toulouse, et son collègue Pierre-Olivier Co- chard, naturaliste, ont voulu attirer l\u2019attention des citadins sur les discrets végétaux qui croissent en milieu urbain.C\u2019est connu, la nature a horreur du vide et une fissure de trottoir suffit pour que la vie s\u2019y engouffre.Malgré un environnement bétonné et inhospitalier, la flore urbaine présente une diversité étonnante.« On aimerait bien que les gens fassent attention à toutes les plantes qui poussent sur les trottoirs et que personne ne regarde vraiment.La meilleure manière de faire attention, c\u2019est de lire quelque chose sur un trottoir.C\u2019est un réflexe.Quel que soit ce qui est marqué sur le trottoir, on le lit », explique Boris Presseq en entrevue téléphonique au Devoir.L\u2019idée de ces graffitis botaniques leur est venue, à son collègue et à lui, d\u2019une initiative menée à Nantes par la conteuse Frédérique Soulard qui a voulu introduire un peu de poésie dans la grisaille de sa ville.Est né le projet « Belles de bitume » qui INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .B3 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 L BORIS PRESSEQ VOIR PAGE A 4 : FLORE ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR ENVIRONNEMENT GNL Québec a mal évalué les impacts sur le béluga L\u2019étude du promoteur du projet Énergie Saguenay est «incomplète», selon Pêches et Océans Canada Redouté depuis plusieurs jours, le premier ouragan majeur de la saison a fait au moins cinq morts aux Bahamas, selon un bilan préliminaire annoncé lundi par le premier ministre de l\u2019archipel.Le Centre national des ouragans américain a indiqué que Dorian avait été pratiquement à l\u2019arrêt au-dessus de l\u2019île de Grand Bahama.« Nous avons beaucoup de personnes affolées qui nous appellent », a déclaré à l\u2019AFP Don Cornish, un responsable des services de secours, alors que l\u2019eau montait et s\u2019infiltrait dans plusieurs maisons.Aux États-Unis, par ailleurs, des évacuations étaient en cours lundi.L\u2019ouragan devrait approcher de la côte est de la Floride entre mardi soir et mercredi matin, puis se diriger vers les côtes de Géorgie et de Caroline du Sud mercredi soir.VOIR PAGE B 1 NATIONAL OCEANIC AND ATMOSPHERIC ADMINISTRATION VIA ASSOCIATED PRESS Dorian tue aux Bahamas et se dirige vers la Floride Alors que si GNL Québec affirme que son projet d\u2019exportation de gaz naturel Énergie Saguenay peut se faire sans nuire au béluga du Saint-Laurent, Pêches et Océans Canada soutient que l\u2019évaluation des impacts du transport maritime sur l\u2019espèce est tout simplement « incomplète » et qu\u2019elle ne s\u2019appuie pas sur les « connaissances actuelles ».Qui plus est, le promoteur n\u2019a mené aucune étude pour tenter de trouver un emplacement qui serait situé en dehors de l\u2019habitat essentiel du cétacé, alors que la Loi sur les espèces en péril l\u2019exige.Après avoir été mise en demeure par des groupes environnementaux, l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale (ACEE) a finalement décidé d\u2019inclure le transport maritime dans son examen du projet d\u2019exportation de gaz albertain, et ce, du Sague- nay jusqu\u2019aux Escoumins, sur le Saint- Laurent.Le promoteur devra d\u2019ailleurs revoir plusieurs éléments de son étude des impacts du transport maritime, selon ce qui se dégage de la « demande d\u2019information » acheminée à GNL Québec par l\u2019ACEE.Après avoir analysé cette étude, les scientifiques de Pêches et Océans Canada soulignent ainsi que l\u2019évaluation des impacts du bruit engendré par les navires méthaniers et les navires d\u2019escorte sur le béluga est « incomplète ».Celle-ci ne tient pas compte de certaines données scientifiques essentielles, dont le fait que « le bruit d\u2019origine anthropique, particulièrement celui lié au transport maritime, est identifié comme ÉLECTIONS 2019 L\u2019environnement, premier volet de notre bilan du gouvernement Trudeau | A 8 CULTURE À 17 ans, le Festival de musique émergente est déjà mature | B 8 VOIR PAGE A 2 : BÉLUGA ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 En négociation depuis l\u2019automne 2018 ! La direction de l\u2019UQAM demande encore au personnel de faire un effort important pour atteindre l\u2019équilibre budgétaire : \u2022 Malgré une vague de compressions qui a conduit à l\u2019abolition de nombreux postes de personnel de soutien; \u2022 Malgré un taux de détresse psychologique de 53 % du personnel de soutien selon une étude indépendante.Pourtant, les employé.e.s de l\u2019UQAM contribuent grandement à la notoriété de l\u2019université : \u2022 En participant au succès des étudiantes et étudiants; \u2022 En soutenant les recherches de pointe des professeur.e.s; \u2022 En collaborant avec tout le personnel enseignant pour appuyer l\u2019encadrement de la formation universitaire; \u2022 En assurant à la communauté universitaire un milieu sain et sécuritaire.Madame la Rectrice, montrez aux employé.e.s que vous les respectez en proposant une offre décente.La croissance du trafic maritime sous-estimée BÉLUGA SUITE DE LA PAGE A 1 une des principales menaces pour le rétablissement de la population [de bélugas] et un environnement sonore adéquat est identifié comme une composante de son habitat essentiel».Le promoteur n\u2019a pas non plus « pris en compte » le fait que le trafic additionnel sur le Saguenay affectera un secteur « qui est assidûment fréquenté par des femelles, des juvéniles et des veaux, soit un segment particulièrement vulnérable de la population ».Or, selon Parcs Canada, « le principe de précaution doit être préconisé pour cette proportion des effectifs », qui nécessite « le plus de protection concernant l\u2019augmentation du trafic maritime ».Données manquantes GNL Québec sous-estime d\u2019ailleurs la croissance du trafic maritime associée à son projet d\u2019exportation de gaz naturel albertain.« Le transport maritime généré par le projet occasionnerait ainsi une augmentation de 8 % du trafic actuel dans ce secteur, ce qui représente le double de l\u2019estimation du promoteur.» En combinant ce projet et celui de terminal de la minière Arianne Phosphate (déjà approuvé par Ottawa), on prévoit que le trafic maritime sur le Saguenay devrait tripler au cours des prochaines années.Qui plus est, le promoteur n\u2019a pas utilisé des données concernant des méthaniers (des navires qui peuvent atteindre 300 mètres de longueur) pour Selon Pêches et Océans Canada, les femelles et les jeunes bélugas sont les plus vulnérables à l'augmentation de la pollution sonore générée par le trafic maritime.GREMM évaluer le bruit des futurs navires d\u2019exportation.« Parcs Canada est d\u2019avis que cela engendre un biais pour tout le reste de l\u2019analyse et ses conclusions.» GNL Québec n\u2019a pas non plus documenté s\u2019il allait être possible d\u2019imposer une réduction de vitesse aux méthaniers, ni si cette éventuelle réduction serait efficace pour réduire les impacts du bruit sur les bélugas.« Sans cette validation, cette proposition ne constitue pas une mesure d\u2019atténuation permettant de minimiser les conséquences des activités de navigation sur la population de bélugas du Saint-Laurent.» De façon plus globale, l\u2019ACEE souligne que « l\u2019état précaire de la population doit être pris en compte dans l\u2019évaluation du risque que le projet puisse nuire à sa survie ou à son rétablissement ».On ne compterait plus qu\u2019environ 880 bélugas dans le Saint-Laurent, alors qu\u2019ils étaient environ 1000 au moment où l\u2019espèce a été officiellement protégée, au début des années 1980.Emplacements à évaluer Dans ce contexte, l\u2019agence fédérale soutient que la proposition de projet gazier ne respecte pas les exigences de la Loi sur les espèces en péril, qui prévoit que « toutes les solutions de rechange susceptibles de minimiser les conséquences négatives de l\u2019activité pour l\u2019espèce soient envisagées et la meilleure solution retenue ».En effet, précise le document, « aucune étude de solutions de rechange spécifique au projet n\u2019a été réalisée pour le choix du site d\u2019implantation du terminal » et « aucun site situé en aval du Saguenay, hors de l\u2019habitat essentiel du béluga et des aires d\u2019alimentation intensive du rorqual bleu, deux espèces en voie de disparition au regard de la Loi sur les espèces en péril, n\u2019a été considéré ».Selon Pêches et Océans Canada, un tel scénario représenterait pourtant, pour le béluga, « la mesure la plus efficace afin d\u2019éviter l\u2019ajout de stresseurs additionnels affectant cette population et son rétablissement ».Questionné sur les nouvelles demandes de l\u2019ACEE, GNL Québec a indiqué que toutes les réponses seront fournies, en vue de l\u2019évaluation environnementale fédérale.« Nous allons répondre, comme nous l\u2019avons toujours fait depuis 2014, de manière rigoureuse et transparente aux demandes d\u2019information.La question du béluga et de la cohabitation avec les mammifères marins est une question importante prise en considération depuis le tout début du développement du projet », a souligné la directrice principale, affaires publiques et relations avec la communauté chez GNL Québec, Stéphanie Fortin.L\u2019entreprise dit également travailler avec « des experts de l\u2019industrie » maritime « afin de valider les futures caractéristiques des navires qui viendraient à notre terminal ».Aucun site situé en aval du Saguenay, hors de l\u2019habitat essentiel du béluga et des aires d\u2019alimentation intensive du rorqual bleu [.] n\u2019a été considéré L\u2019AGENCE CANADIENNE D'ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 Le chien fou E n 2018, aux États-Unis, un grand patron d\u2019entreprise gagnait en moyenne 221 fois le salaire de son employé.En 1965, soit un demi-siècle plus tôt, c\u2019était en moyenne 20 fois plus.En fait, depuis les temps des bas salaires engendrés par la Révolution industrielle, ce rapport de 1 pour 20 fut longtemps courant.Mais dès 1970, les 100 patrons les mieux payés aux États- Unis, indique le magazine Fortune, touchaient un salaire qui correspondait à 39 fois celui de l\u2019ouvrier moyen, soit près du double de ce qu\u2019on avait jugé jusque là suffisant.Cette situation, au désavantage des ouvriers, n\u2019allait pas s\u2019améliorer.En 30 ans seulement, de 1978 à 2018, la rémunération des patrons américains à la tête des 350 entreprises les plus riches a bondi de 940 %.Autrement dit, le salaire de ces gens-là ne se fonde plus, depuis un bon moment déjà, sur la conscience juste de leur valeur professionnelle, mais sur l\u2019élan débridé de la surexploitation de leurs semblables dont ils profitent.Bien sûr, le salaire du simple citoyen a progressé lui aussi.Ainsi, pendant ces « Trente désastreuses », le salaire du travailleur moyen a progressé de 12 %.Ce n\u2019est pas rien.Mais quand on compare ces gains avec les salaires orgiaques des patrons, est-ce qu\u2019on trouve vraiment matière à se consoler ?Ces chiffres, publiés au beau milieu de l\u2019été, proviennent d\u2019une étude réalisée par Lawrence Mischel et Julia Wolfe de l\u2019Economic Policy Institute de Washington.Ce ne sont pas, loin de là, les seuls indicateurs du genre.J\u2019en ai d\u2019ailleurs déjà évoqué quelques autres ici par le passé.Tous constatent que le fossé s\u2019avère de plus en plus grand entre les très riches \u2014 ceux que nous appelons désormais le 1 % \u2014 et le reste de la population qui les engraisse.Devant ces écarts de plus en plus disproportionnés, on continue néanmoins de plaider à répétition que la richesse est bonne en soi, sans que soit jamais repensé cet accaparement des richesses.La première pelletée de terre qui doit conduire au septième ciel les promoteurs du projet Le Phare à Sainte-Foy vient d\u2019être retardée de quelques mois, a-t-on appris.Il est intéressant de noter les propos favorables à l\u2019édification de cette tour, même lorsqu\u2019à l\u2019évidence la logique la jette par terre en moins de deux.Considérez ce qu\u2019en dit le milliardaire Vincent Chiara, l\u2019homme qui, ces derniers temps, espérait racheter Air Transat.Dans un Québec de plus en plus provincial, Vincent Chiara est devenu un des plus grands propriétaires immobiliers.Il a racheté, l\u2019an passé, quatre des six immeubles qui logent les quotidiens de Capitales Médias, ces journaux exsangues cédés par Power Corporation, sans qu\u2019on sache trop comment, à l\u2019ancien ministre libéral Martin Cauchon.Le parc immobilier de Vincent Chiara, deuxième en importance dans la Vieille Capitale, s\u2019est ainsi agrandi de l\u2019édifice où loge Le Soleil.Appelé à commenter la construction de la tour géante Le Phare, le grand projet du groupe Dallaire, le magnat de l\u2019immobilier eut ces mots l\u2019an passé : « C\u2019est sûr que c\u2019est le genre de projet qu\u2019on veut voir se réaliser, mais je ne crois pas qu\u2019il y ait de la profondeur dans le marché pour justifier un projet de cette envergure-là.Mais je répète que j\u2019espère que le projet va se réaliser parce que ça amène de la profondeur à tous les autres projets autour et ça crée de la valeur.» Mais de la valeur pour qui ?La religion du profit fait main basse sur la vie.Jusqu\u2019à engendrer des aberrations.Dans ce village de la valeur, tout est appelé à être sacrifié, au nom des intérêts de quelques grands prêtres du marché.La fin supposée du colonialisme et l\u2019industrialisation n\u2019ont pas aboli une concentration de plus en plus grande des richesses entre les mains de quelques-uns.Bien au contraire.En 1960, rappelait l\u2019économiste Serge Latouche, 70 % des revenus globaux bénéficiaient aux 20 % des plus riches de la population.Trois décennies plus tard, cette part grimpe à 83 %.Et l\u2019écart continue depuis de se creuser.Du haut du monticule où trônent le 1 % le plus riche de la population, est-il si difficile de voir les effets produits par cette érosion ?La cavalcade effrénée des profits de quelques-uns n\u2019a pas cessé de piétiner les intérêts du plus grand nombre.Dans le plus récent numéro du magazine offert à ses clients, le géant Costco publie, parmi ses toutes premières pages, les conseils d\u2019un gourou, Jim Clemmer, qui reproche aux consommateurs leur « insatisfaction chronique au travail ».Il entend « repérer les comportements contreproduc- tifs ».À l\u2019entendre, « chacun a le pouvoir de voir les choses autrement », pour autant que cela ne remette pas en cause les choses telles qu\u2019elles vont ! Dans cet esprit désormais commun, les problèmes collectifs sont sans cesse ramenés à une échelle individuelle : il faut travailler davantage, être productifs, demeurer flexibles, cultiver sa santé, collectionner les bons de réduction, espérer le maintien des taux d\u2019intérêt et surtout, cesser de se plaindre.Qu\u2019est-ce qui résulte de tout cela ?Sous le grand chapiteau de la consommation, où nous sommes tenus en laisse, notre société ressemble de plus en plus à un chien fou auquel on aurait accroché à la queue des boîtes de conserve vides.Sans d\u2019abord comprendre qu\u2019il doit en premier lieu s\u2019arrêter pour taire le bruit qui l\u2019accable, la pauvre bête continue de courir dans tous les sens, en s\u2019affolant davantage à mesure qu\u2019elle produit plus de nuisances.JEAN- FRANÇOIS NADEAU La religion du profit fait main basse sur la vie.Jusqu\u2019à engendrer des aberrations.Dans ce village de la valeur, tout est appelé à être sacrifié, au nom des intérêts de quelques grands prêtres du marché.MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Signes d\u2019impatience, harcèlement, contacts non souhaités : un climat de tension régnait il n\u2019y a pas si longtemps à l\u2019Assemblée nationale, montre une série de rapports internes « confidentiels » obtenus par Le Devoir.Au printemps 2018, le tiers des employés étaient « démobilisés », indique un sondage interne effectué auprès de 550 fonctionnaires, professionnels, ouvriers, agents de la paix, étudiants et stagiaires de l\u2019Assemblée nationale.L\u2019indice de démobilisation variait en fonction de la catégorie d\u2019emploi.Par exemple, 78 % des agents de la paix et 65 % des ouvriers se disaient « démobilisés ».La liste de griefs des employés était longue, a constaté Le Devoir à la lecture des documents produits par la firme- conseil SPB Psychologie organisationnelle à la demande de l\u2019Assemblée nationale du Québec (ANQ).Plusieurs personnes se sont plaintes d\u2019avoir fait l\u2019objet « de contacts physiques non désirés » \u2014 des attouchements, des frôlements ou des pincements \u2014 de la part de collègues ou encore de députés.Certaines d\u2019entre elles ont montré du doigt des espaces de travail communs exigus.«Les membres du personnel de l\u2019ANQ ne sont pas des objets sexuels, et il est important que les députés le comprennent », écrit sans détour SPB Psychologie organisationnelle dans un document daté du 29 novembre 2018.« [L] a réalité du harcèlement sexuel à l\u2019ANQ touche peut-être davantage de répondants qu\u2019on pourrait le croire à première vue», précise la firme-conseil, pointant le commentaire d\u2019un répondant selon lequel « il n\u2019était pas facile de répondre à certaines questions ».Incivilités Les signes d\u2019« impatience », les gestes d\u2019« arrogance » et de « condescendance » étaient les plus répandus sur la colline parlementaire.Deux répondants sur cinq ont indiqué à SPB Psychologie organisationnelle avoir été victimes de tels gestes d\u2019incivilité.Certaines personnes haussent le ton, tandis que d\u2019autres « adoptent une ou des attitudes non verbales négatives », comme « lever les yeux au ciel, soupirer, [esquisser un] sourire en coin » lorsqu\u2019un autre individu prend la parole, ont-ils relaté.« C\u2019est au sujet de leur condition sociale que les répondants disent avoir été l\u2019objet de commentaires négatifs le plus souvent, suivi de l\u2019âge », note la firme privée appelée à la rescousse par le Parlement.Par ailleurs, des membres du personnel administratif ont dit avoir fait l\u2019objet de « pression énorme pour répondre à, selon eux, de \u201cfausses\u201d urgences » de la part du personnel politique.« Les employés politiques ont tendance à transmettre au personnel administratif le stress et la pression qu\u2019ils subissent », résume SPB Psychologie organisationnelle en novembre 2018.La direction de l\u2019Assemblée nationale n\u2019est pas à l\u2019abri de reproches de la part de ses employés, loin de là.« Certains ont l\u2019impression d\u2019être perçus par la haute direction comme un mal nécessaire », est-il écrit dans l\u2019un des documents remis au Devoir.« Les commentaires désobligeants sont fréquents », « [l] a direction infantilise et dénigre les employés », ont indiqué des répondants.Pour échapper à une situation de harcèlement, des employés ont pris leur retraite ou demandé à être mutés dans une autre direction.C\u2019est à la demande de l\u2019Assemblée nationale que la firme-conseil SPB Psychologie organisationnelle a réalisé un sondage sur la qualité de vie au travail et la mobilisation des employés du Parlement entre mai et juin 2018.Ce sont quelque 550 personnes qui y ont répondu (80 % des employés).« Le climat de travail est généralement positif », indique l\u2019auteur de la synthèse des résultats remise à la fin novembre 2018.« Les répondants aiment leur travail et sont fiers de travailler pour l\u2019Assemblée nationale.Par contre, peu de gens ont réellement confiance en l\u2019évolution de l\u2019organisation, ce qui affecte la façon dont ils parlent de l\u2019Assemblée nationale à leur entourage.» Zéro harcèlement Au fil de la dernière année, l\u2019Assemblée nationale a « posé plusieurs gestes afin de miser sur l\u2019engagement de son personnel », indique la conseillère en communication et relations médias de l\u2019Assemblée nationale, Julie Champagne.Dès l\u2019ouverture de la 42e législature, l\u2019Assemblée nationale a déployé la campagne de sensibilisation « Zéro harcèlement », abordant les thèmes du harcèlement psychologique, sexuel et discriminatoire ainsi que l\u2019importance de la civilité au travail.Celle-ci était destinée au personnel administratif et politique ainsi qu\u2019aux députés.« L\u2019incivilité, le harcèlement, c\u2019est non ! J\u2019ai droit au respect, j\u2019en parle », pou- vait-on notamment lire sur les affiches accrochées aux murs des édifices de la colline Parlementaire et des bureaux de circonscription de novembre 2018 à mai 2019.En outre, plus de 600 membres du personnel administratif ont suivi l\u2019atelier de sensibilisation sur la gestion des situations d\u2019incivilité, de conflit ou de harcèlement depuis décembre 2016.Environ 55 députés, en plus d\u2019une vingtaine de membres de leur équipe, ont assisté à une formation semblable.Chacune des directions s\u2019est vue contrainte d\u2019élaborer un plan d\u2019action reprenant « les points à améliorer et les forces à consolider » mentionnés dans le rapport du sondage.Par ailleurs, la direction a convié tous les employés administratifs à une « soirée de reconnaissance », qui coïncidait avec l\u2019inauguration du nouveau pavillon d\u2019accueil en mai dernier, mentionne Mme Champagne au Devoir.Avec Dave Noël Climat de travail malsain à l\u2019Assemblée nationale Plusieurs rapports datés de l\u2019an dernier font état d\u2019attitudes déplacées et de gestes répréhensibles Les mesures temporaires de sécurisation de la voie Camillien-Houde, sur le mont Royal, ont pris fin ce mardi, à 5 h du matin.Le feu alterné sera retiré et le marquage au sol, modifié.La voie redeviendra à double sens entre la Maison Smith et le belvédère Camillien- Houde.Toutefois, les autres dispositifs d\u2019apaisement de la circulation, soit les dos d\u2019âne, les bollards le long de la ligne médiane, ainsi que les écluses de rétrécissement de la chaussée, seront maintenus jusqu\u2019au 31 octobre.Les mesures implantées depuis juin dernier et la surveillance effectuée au cours de l\u2019été permettront à la Ville de Montréal d\u2019orienter la réflexion quant à l\u2019aménagement de la voie Camillien-Houde et du chemin Remembrance.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Fin de mesures temporaires sur Camillien-Houde Les membres du personnel de [l\u2019Assemblée nationale] ne sont pas des objets sexuels, et il est important que les députés le comprennent SPB PSYCHOLOGIE ORGANISATIONNELLE » LEDEVOIR // LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 PORTES OUVERTES 7 SEPTEMBRE 2019 I 10h00 à 15h00 TARIF RÉDUIT 1ER COURS I 100$ I Atwater 3405 Atwater Ave.514.935.9585 www.thomasmore.qc.ca « Les plantes n\u2019ont pas de barrières politiques » mêle botanique, poésie et contes.Tout en respectant la rigueur scientifique, les deux graffiteurs de Toulouse ont voulu rendre la botanique accessible.« On n\u2019a pas choisi de mettre les noms latins, mais les noms communs des plantes.Des noms qui parlent, qui reflètent une utilisation et une propriété médicinale ou écologique.» Selon Boris Presseq, la grande région de Toulouse compterait quelque 900 espèces végétales.Mais dans le centre de Toulouse, elles se déclinent en 300 variétés, indique le botaniste, qui, avec son collègue, a commencé un inventaire de cette flore sauvage il y 10 ans.Environ 15 % des espèces seraient d\u2019origine exotique, ce qui n\u2019est pas nécessairement une tare, précise M.Presseq.« L\u2019artificialisation des milieux et le bétonnage sont des problèmes beaucoup plus importants que les introductions d\u2019espèces exotiques », avance-t-il.« Les plantes n\u2019ont pas de barrières politiques.La seule barrière qu\u2019elles ont, ce sont des barrières géographiques, qui sont aujourd\u2019hui levées », dit-il.Indisciplinées et sauvages, les « mauvaises herbes » sont importantes pour l\u2019écosystème urbain, fait valoir Boris Presseq.Elles entretiennent une biodi- versité animale.Des insectes butinent ces plantes ou s\u2019en nourrissent.Ces insectes deviennent la proie d\u2019oiseaux ou de chauves-souris.« Ces plantes sont importantes pour notre cadre de vie et pour l\u2019ambiance climatique de nos villes.Elles participent d\u2019une part à absorber l\u2019eau de pluie et le ruissellement et ça réduit forcément la température de la ville en été.» À ceux qui seraient tentés de dire que la présence de ces végétaux témoigne d\u2019un manque d\u2019entretien, Boris Pres- seq rétorque que les déchets laissés par les citadins, les chiens qui urinent et défèquent sur les trottoirs et les mégots de cigarette sont des maux bien pires que l\u2019indiscipline des végétaux.« On a complètement perdu le lien avec la nature ici, à Toulouse.Notre société dit depuis longtemps que la nature doit être dominée par l\u2019humain.Dans Toulouse, les arbres sont taillés et aucun d\u2019eux n\u2019a un port libre.C\u2019est une conception de la nature qui est très dominatrice.» La richesse des terrains vagues À Montréal aussi, la nature profite de chaque brèche dans le bitume.Roger Latour s\u2019intéresse depuis longtemps à cette flore rebelle.En 2009, il a d\u2019ailleurs publié le Guide de la flore urbaine (Fides) afin d\u2019aider le citadin à identifier les plantes croisées sur son chemin.Son lieu de prédilection pour étudier ces plantes : les terrains vagues.À l\u2019angle des rues Rachel et Molson, dans Rosemont\u2013La Petite-Patrie, les plantes ont colonisé le terrain caillouteux qui s\u2019étend sur quelque 8000 mètres carrés.« Tout ce qu\u2019on voit ici, c\u2019est le cortège classique d\u2019un jeune terrain vague», dit Roger Latour en montrant les fleurs de coronilles, les verges d\u2019or, les grandes molènes, les bardanes et les plants de carottes sauvages qui se sont établis sur ce terrain laissé à lui-même.Étonnamment, les plants d\u2019herbes à poux sont rares.Et bien sûr, il y a des asclépiades.« Dans tous les terrains vagues, il y a de l\u2019asclépiade», note le naturaliste.En revanche, 90% des espèces présentes \u2014 il y en aurait une cinquantaine en tout sur le terrain vague visité \u2014 ne sont pas indigènes à l\u2019Amérique du Nord, soutient le naturaliste.« Les hasards font que la composition exacte n\u2019est pas la même d\u2019un terrain à l\u2019autre.L\u2019ordre d\u2019arrivée change aussi.En général, les plantes dont les graines sont propagées par le vent ou qui sont très fines arrivent en premier », explique Roger Latour.Les oiseaux et les petits mammifères sont aussi responsables à leur insu de la présence de certaines plantes.En déambulant, il signale de jeunes peupliers.«Les peupliers sont d\u2019excellents colonisateurs.Ce sont en général les premiers arbres qui s\u2019installent», dit-il.Ce terrain abandonné devient aussi une oasis pour les papillons et les insectes bourdonnants.Lors de notre passage jeudi, plusieurs papillons patrouillaient dans les environs, dont un élégant monarque.«Moi, je me pâme devant ça.Je trouve que c\u2019est d\u2019une beauté infinie », lance Roger Latour en embrassant du regard cette plaine un peu hirsute qui, au fil des ans, s\u2019enrichira d\u2019une diversité biologique, jusqu\u2019à ce que le terrain soit récupéré pour un projet de développement.D\u2019ici là, le terrain vague devient un laboratoire pour les botanistes en herbe.« C\u2019est comme un jardin botanique au coin de la rue, un lieu d\u2019excursion et de découverte.» FLORE SUITE DE LA PAGE A 1 BORIS PRESSEQ LA PRESSE CANADIENNE Les taxis du Québec entameront mardi matin une grève rotative qui se poursuivra les jours suivants.Seuls les services jugés absolument nécessaires et essentiels seront assurés.Mardi, de 9 h à 11 h, les taxis de Vau- dreuil, Coteau-du-Lac, Valleyfield, Trois-Rivières, Sept-Îles, Prévost- Saint-Lin, Chandler, Gaspé, Tremblant, Mont-Laurier, Matane, Sainte- Thérèse, Alma, Magog, Shawinigan, Drummondville et Saint-Elzéar seront en grève.Mercredi, ce sont les taxis de Rivière- du-Loup, Granby, La Baie, Rimouski, Saint-Jérôme, Coaticook, Sainte-Anne- des-Monts, Farnham, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Terrebonne, Sainte-Agathe, Saint-Eustache, Joliette et Sherbrooke qui poursuivront la grève rotative.Le lendemain, jeudi, ce sera au tour des taxis de Laval, Hull, Le Gardeur, Lachute, Jonquière, Trois-Rivières, Granby, Baie-Comeau, Thetford Mines, Black Lake, Chicoutimi, Repentigny, Rouyn-Noranda, Gatineau, Cap-aux- Meules et Mont-Joli.Par la suite, le cycle des grèves recommencera.Les chauffeurs de taxi en grève Et Montréal dans tout ça ?« Je ne sais pas ce que les chauffeurs vont faire pendant ces grèves, peut-être des coups d\u2019éclat », a précisé le porte-parole des propriétaires de taxi de la métropole, Hassan Kattoua.Les propriétaires de permis de taxi sont insatisfaits de l\u2019indemnisation comprise dans la réforme du gouvernement du Québec.Celle-ci s\u2019élève à 814 millions de dollars, dont 250 millions versés en 2018 aux titulaires de permis, 250 millions annoncés en mars dernier, 270 millions sous la forme d\u2019une redevance perçue à chaque course et 44 millions offerts à l\u2019industrie pour se moderniser, provenant des redevances payées par Uber depuis 2017.Les chauffeurs de taxi réclament plus de 1,3 milliard de dollars de dédommagement pour la perte de valeur de leurs permis et leur rachat à la suite de l\u2019arrivée de l\u2019entreprise Uber dans le marché québécois.Hassan Kattoua a précisé que les chauffeurs ne veulent pas que la population paie pour dédommager l\u2019industrie: « Ce n\u2019est pas aux contribuables de payer la facture, c\u2019est Uber qui doit payer la facture, la population n\u2019a jamais demandé l\u2019abolition du système de taxi.» 1,3 milliard C\u2019est la somme que réclament les chauffeurs de taxi afin de compenser la perte de valeur de leurs permis. Si les jeunes représentent notre avenir, ne devrait-on pas investir dans le leur ?I n v e s t i s s e z d a n s l e u r a v e n i r a v e c I n d i c e E m p a t h i e Y M C A .o r g STEPHANIE LEVITZ À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Les chefs de partis fédéraux ont profité de la fête du Travail, lundi, pour faire la cour aux travailleurs dans une région particulièrement marquée par les luttes syndicales.Le premier ministre libéral, Justin Trudeau, le chef de l\u2019opposition conservatrice, Andrew Scheer, et le chef néo- démocrate, Jagmeet Singh, se sont tous les trois rendus à Hamilton, en Ontario, à l\u2019occasion de ce jour férié.Justin Trudeau et Jagmeet Singh ont pris part à un défilé et à des pique- niques.Andrew Scheer a quant à lui assisté à une partie de football opposant les Tiger-Cats d\u2019Hamilton aux Argonauts de Toronto, dans le cadre de la Classique de la fête du Travail de la Ligue canadienne de football.La ville d\u2019Hamilton a une longue histoire de luttes syndicales et entretient des liens étroits avec les mouvements de défense des droits des travailleurs.Elle représente en fait l\u2019épicentre de l\u2019industrie canadienne de l\u2019acier et de tout ce qui en découle.C\u2019est là, dans les années 1870, que les travailleurs ont lancé un mouvement visant à faire pression sur le gouvernement de l\u2019époque afin qu\u2019il légifère pour instaurer des journées de travail plus courtes.Une bataille qui a mené à la création d\u2019un premier syndicat national.La région d\u2019Hamilton compte cinq circonscriptions fédérales.Les libéraux et le Nouveau Parti démocratique (NPD) en détiennent chacun deux et les conservateurs, une seule.Plusieurs de ces circonscriptions pourraient connaître des courses serrées entre les trois partis.Jagmeet Singh s\u2019est adressé lundi aux travailleurs, promettant que, si le NPD est élu, son gouvernement interdira le recours aux briseurs de grève.Il a aussi promis de hausser le salaire horaire minimum fédéral à 15 $ et d\u2019instaurer des indemnités pour les travailleurs à temps partiel et les contractuels.« C\u2019est ce que vous obtenez avec un néodémocrate, a déclaré M.Singh lors d\u2019un rassemblement à Toronto avant de se déplacer vers Hamilton.Vous gagnez quelqu\u2019un à vos côtés.» Jagmeet Singh a été invité à Hamilton par une organisation locale de travailleurs, alors que Justin Trudeau a été invité par l\u2019association locale de l\u2019Union internationale des journaliers d\u2019Amérique du Nord, qui représente notamment les travailleurs de la construction.Perturbations Dans un communiqué, le premier ministre a mis de l\u2019avant les investissements de son gouvernement dans la formation professionnelle et la création de l\u2019Allocation canadienne pour la formation visant à favoriser le développement de compétences.Il a décrit la main-d\u2019œuvre canadienne comme « la pierre angulaire » de l\u2019avenir du pays.« Nous défendrons toujours les travailleurs et leurs familles.Nous allons veiller à ce qu\u2019ils aient le soutien dont ils ont besoin pour réussir dans les emplois d\u2019aujourd\u2019hui et de demain », a-t-il déclaré.Un groupe de manifestants a brièvement interrompu le défilé des syndicats, ce qui a forcé le premier ministre à rejoindre les marcheurs quelques intersections plus loin que prévu.Il s\u2019est ensuite dirigé vers un pique-nique où les mêmes manifestants l\u2019attendaient.Ceux-ci l\u2019ont interpellé afin que le gouvernement agisse et vienne en aide aux gens de la Première Nation de Grassy Narrows qui souffrent d\u2019empoisonnement au mercure.Le soutien des syndicats est traditionnellement partagé entre le Parti libéral et le NPD, mais ils sont généralement opposés au Parti conservateur.En 2015, les syndicats étaient unis contre l\u2019ex-premier ministre conservateur Stephen Harper et ils ont renouvelé cette alliance pour s\u2019opposer au Parti conservateur aujourd\u2019hui dirigé par Andrew Scheer.Dans sa déclaration de la journée, le chef conservateur a tout de même tenu à saluer le mouvement des travailleurs.« Quand les Canadiens réussissent, notre pays prospère, a-t-il souligné.À la fête du Travail, j\u2019encourage tous les Canadiens à réfléchir à notre histoire, à célébrer les travailleurs que vous connaissez et à accueillir les nouveaux Canadiens qui arrivent au Canada.» À Hamilton pour courtiser les travailleurs Justin Trudeau, Andrew Scheer et Jagmeet Singh ont pris part à des activités dans cette ville à l\u2019important passé syndical Des manifestants ont profité de la participation du premier ministre Justin Trudeau au défilé de la fête du Travail d\u2019Hamilton, lundi, pour exprimer leur mécontentement.ANDREW LAHODYNSKYJ LA PRESSE CANADIENNE Le chef bloquiste lors d\u2019un point de presse dans l\u2019enceinte du parlement canadien, en mars dernier JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 UGO GIGUÈRE LA PRESSE CANADIENNE « Le Québec, c\u2019est nous », entend claironner le Bloc québécois aux quatre coins de la province au cours de la prochaine campagne électorale fédérale.Un slogan qui vise à rallier tous les Québécois derrière un parti qui aspire à défendre leurs intérêts à Ottawa.En plus de ce slogan principal, une série de déclinaisons seront dévoilées au fil de la campagne, explique le chef du parti, Yves-François Blanchet.« C\u2019est aussi : \u201cLes régions, c\u2019est nous\u201d ; \u201cL\u2019environnement, c\u2019est nous\u201d ; \u201cL\u2019énergie propre, c\u2019est nous\u201d ; \u201cLe français, c\u2019est nous\u201d», énumère-t-il en disant vouloir mettre l\u2019accent sur des enjeux particulièrement chers aux Québécois.Si le fameux « nous » a pu être la source de certaines controverses pour le mouvement indépendantiste dans le passé, M.Blanchet refuse de tomber dans ce piège et insiste sur le fait que « n\u2019importe qui, qui met le pied sur le sol québécois et qui veut être Québécois, pour moi, c\u2019est un Québécois ».« C\u2019est un pronom personnel, première personne du pluriel dans la grammaire.S\u2019il fallait que l\u2019on exclue le mot \u201cnous\u201d du vocabulaire, on aurait un sacré problème.Je ne m\u2019inscris pas du tout dans cette fausse controverse qui a essentiellement toujours été alimentée par les adversaires.La notion [que ça] soit inclusif, ça va de soi, c\u2019est le sens du mot \u201cnous\u201d ! » renchérit celui qui sera candidat dans la circonscription de Belœil-Chambly.Pas question non plus d\u2019y voir une forme d\u2019opposition entre le « nous » des Québécois et le « eux » du reste du Canada, prévient Yves-François Blanchet.« La campagne que je veux proposer en est une où le Québec va parler de sa propre voix, avec ses propres propositions, promet le chef du Bloc.Dans la relation entre le Québec et le Canada, s\u2019il y a des choses que l\u2019on voit Le slogan de campagne du Bloc se veut inclusif de la même manière, on travaillera ensemble et si on voit des choses de manière différente, on fera chacun nos affaires.C\u2019est comme ça que devrait se construire une relation de nation à nation, d\u2019égal à égal.» Matériel promotionnel Par ailleurs, le parti travaille à la préparation de son matériel promotionnel en vue de la campagne électorale qui devrait être déclenchée d\u2019ici quelques semaines.Le chef s\u2019est fait photographier avec chacun des candidats du Bloc québécois afin de confectionner les affiches électorales.Fini le collage du chef par « Photo- shop» derrière chaque candidat.«On a passé quelque chose comme 80 heures en studio de photo ! révèle M.Blanchet.Sous toute réserve, il y a peut-être un ou deux candidats avec qui on n\u2019a pas réussi à avoir de rendez-vous, mais je pense qu\u2019on les a pas mal tous », af- firme-t-il, se disant très heureux d\u2019avoir eu l\u2019occasion de passer du temps avec chacun de ses candidats.C\u2019est un pronom personnel, première personne du pluriel dans la grammaire.S\u2019il fallait que l\u2019on exclue le mot \u201cnous\u201d du vocabulaire, on aurait un sacré problème.YVES-FRANÇOIS BLANCHET » LEDEVOIR // LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e retrait partiel des accusations portées contre l\u2019ex-mi- nistre libérale Nathalie Normandeau et cinq coaccusés est une nouvelle illustration des problèmes qui sapent les fondements de la lutte contre la corruption au Québec.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé vendredi le retrait de cinq des huit accusations de fraude, de complot et de corruption portées contre Mme Normandeau et ses coaccusés, parmi lesquels figure l\u2019ancien organisateur politique Marc-Yvan Côté.Le DPCP semble trouver du réconfort dans le fait que trois accusations de fraude tiennent toujours.Le procureur au Bureau de la grande criminalité et des affaires spéciales, Richard Rougeau, a affirmé que le retrait des accusations en cours de procédures judiciaires est une pratique courante.« Ça se passe quotidiennement dans les palais de justice.Un dossier, c\u2019est vivant, surtout quand ça dure trois ans », a-t-il dit.L\u2019affirmation relève d\u2019un sophisme bancal.Non, le retrait des accusations n\u2019est pas une pratique courante, surtout pas dans le contexte de l\u2019affaire Normandeau.Ce revirement survient 1361 jours après l\u2019arrestation de l\u2019ancienne vice-première ministre du gouvernement Cha- rest.Il s\u2019explique par la «découverte», pour le moins tardive, d\u2019informations qui ont été communiquées par l\u2019avocat de Mme Normandeau, Maxime Roy.Il s\u2019agit de documents publics qui n\u2019ont rien de secret et que le premier enquêteur trouverait dans l\u2019Internet à partir d\u2019une recherche.La belle affaire.Parmi les remparts érigés dans une société libre afin de protéger les citoyens contre l\u2019arbitraire de l\u2019État, la présomption d\u2019innocence est sans contredit le plus important.Avant même d\u2019enquêteur sur une personne, un policier doit avoir des motifs raisonnables et probables de croire qu\u2019une infraction a été commise.Au terme de son enquête, et après analyse du dossier, un procureur doit avoir la conviction morale qu\u2019il obtiendra une condamnation, et ce, hors de tout doute raisonnable, avant de se décider à porter des accusations.Cette conviction morale devait être supportée par un échafaudage intellectuel bien fragile si elle a volé en éclats dès qu\u2019un avocat de la défense a produit le résultat d\u2019une recherche sur Google au bénéfice de la Couronne.Il y a quelqu\u2019un au DPCP pour expliquer ce spectaculaire revirement ?Une partie de la réponse reposerait sur une omission des enquêteurs, avance Me Roy.S\u2019ils avaient interrogé Nathalie Normandeau dans le cadre de leur enquête, ils auraient obtenu facilement les informations la disculpant, a-t-il avancé.Il n\u2019y a pas de réponse toute faite sur la pertinence de rencontrer ou non un suspect en cours d\u2019enquête policière.Dans les affaires de corruption et de fraude, un monde fait de nuances et de zones de gris, ce surplus d\u2019attention peut s\u2019avérer utile, ne serait-ce que pour infirmer ou confirmer des soupçons, et contre-vérifier la valeur probante des déclarations faites par des informateurs ou des témoins civils.Toute cette histoire sent le réchauffé.C\u2019est le même film qui passe à l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) depuis quelques années.Des lacunes dans la compréhension fine des crimes de fraude, de corruption et de collusion, jumelées à la désuétude du Code criminel en ces matières, sont à la source de nombreux cafouillages dans les enquêtes, et ils expliquent pourquoi tant de procès finissent en queue de poisson.Sans se prononcer sur des affaires précises, le Comité de surveillance des activités de l\u2019UPAC, présidé par Claude Corbo, évoque ce problème de formation et de compétence dans son premier rapport d\u2019activité, déposé en juin dernier.Le Comité ose même remettre en question, en toute connaissance de cause, l\u2019un des dogmes inébranlables du monde policier, à savoir qu\u2019il faut nécessairement avoir fait ses classes comme patrouilleur-gendarme avant de devenir enquêteur.Cette obligation est même inscrite dans la Loi sur la police.Sans nier l\u2019importance et l\u2019expertise qu\u2019apportent les patrouilleurs-gendarmes, le Comité de surveillance suggère de recruter aussi des enquêteurs en dehors du champ traditionnel de la police, parmi les ingénieurs, les comptables, les fiscalistes, les avocats et d\u2019autres professionnels.Ceux-ci pourraient obtenir le statut d\u2019agent de la paix après avoir suivi une formation complémentaire à l\u2019École nationale de police du Québec.La complexité des enquêtes de corruption exige de nouvelles façons de faire et l\u2019ajout de nouvelles expertises au sein de l\u2019UPAC.À défaut, la lutte contre la corruption continuera de faire du sur-place.André Lafrance Boucherville Plus de 41 000 feux de forêt en Amazonie, enregistrés par les satellites cette année jusqu\u2019à maintenant, alertent les dirigeants des pays occidentaux lors du G7 le 25 août 2019.Ils signifient au président brésilien d\u2019extrême droite que son appui favorable à la déforestation par la politique des terres brûlées détruit une partie du poumon de la planète, le territoire autochtone et qu\u2019il doit, pour la sauvegarde climatique et de l\u2019humanité, agir de toute urgence.Quand un événement sur un territoire a un impact dommageable, par exemple sur la protection du climat ou sur le respect des droits de la personne, cela a une incidence sur nous tous.C\u2019est le cas avec le projet GNL Québec qui acheminerait par pipeline du gaz de schiste de l\u2019Ouest canadien jusqu\u2019à Saguenay où il serait liquéfié et transbordé sur des immenses bateaux pour être exporté à l\u2019international.Le 3 juin 2019, sur ce projet, 150 scientifiques ont écrit une lettre publiée dans Le Devoir dans laquelle on apprend que « les émissions totales associées à ce projet au Canada seraient comparables au total des réductions d\u2019émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec depuis 1990.» Mélissa Savoie Soulières, journaliste de Radio-Canada au Sague- nay\u2013Lac-Saint-Jean, dans son article du 3 juin 2019, cite la directrice des affaires publiques de l\u2019entreprise GNL Québec qui précise que 40 % des 11 millions de tonnes de gaz liquéfié à l\u2019usine de Saguenay Le service à l\u2019auto On parle de plus en plus de petits gestes individuels à faire pour réduire son empreinte écologique, mais avons-nous pensé au service à l\u2019auto des commerces de restauration rapide ?Nous qui sommes si déterminés à marcher pour sauver la planète et à signer pétition sur pétition, pourquoi utilisons-nous le service à l\u2019auto ?Toutes sortes de raisons peuvent être invoquées pour justifier l\u2019utilisation de ce service, mais est-ce que nous nous rendons compte de la pollution causée par tous ces véhicules dont le moteur tourne inutilement en attendant la livraison de la commande ?Sans compter gobelets, vaisselle et ustensiles qui seront jetés quelques instants plus tard ! Est-ce que nos gestes pourront suivre nos discours ?Pierre Lincourt Chicoutimi, le 22 août 2019 Citoyens et municipalités sont des partenaires prioritaires face à la crise climatique LIBRE OPINION LETTRES AFFAIRE NORMANDEAU Un procès bien fragile L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu veau local, mais d\u2019un projet contribuant à la crise climatique.Un enjeu dépassant les frontières d\u2019une municipalité et aux répercussions qui nous touchent tous.Tant de GES engendrés par ce projet viendraient effacer tous les efforts faits par les citoyens et les municipalités pour diminuer notre empreinte écologique.L\u2019urgence climatique est actuelle et commande des actions pour réduire de 50 % les GES d\u2019ici 2030.Les citoyens et les municipalités sont en première ligne devant les conséquences du dérèglement climatique, avec des coûts estimés pour les prochaines années à 2 milliards de dollars pour les grandes villes et le double pour l\u2019ensemble des municipalités selon une étude inédite dévoilée lors du sommet municipal Résilience climat organisé par l\u2019Union des municipalités du Québec en mars 2019.Dans le contexte actuel, il est dans l\u2019ordre des choses que les citoyens et leurs municipalités, à titre de partenaires prioritaires dans la lutte contre les dérèglements du climat, engagés dans des actions pour diminuer leur empreinte carbone, signifient au gouvernement du Québec que ce projet est incohérent avec la lutte pour la protection du climats\u2019ajouteraient au gaz à effet de serre mondial.Dans leur lettre au Devoir, les scientifiques avancent que pour mesurer l\u2019effet du cycle complet de ce gaz, on doit mettre dans la balance la combustion générée en aval ajoutant environ 30 millions de tonnes de CO2 à ceux de l\u2019usine de Saguenay.C\u2019est sans considérer, disent-ils, les importantes émissions fugitives survenant habituellement dans ce genre de projet.Comme citoyens.es ne serait-il pas opportun de faire front commun avec nos élus.es municipaux pour interpeller le gouvernement du Québec sur ce projet ?Ici, il n\u2019est pas question d\u2019une simple usine que l\u2019on retrouve habituellement dans les parcs industriels des municipalités avec des dommages mineurs à l\u2019environnement au ni- Les citoyens et les municipalités sont en première ligne devant les conséquences du dérèglement climatique, avec des coûts estimés pour les prochaines années à 2 milliards de dollars pour les grandes villes et le double pour l\u2019ensemble des municipalités presse régionale, les hebdomadaires n\u2019intéressent-ils aucun journaliste, aucun commentateur, aucun animateur ?Alors que cette crise touche et touchera plus largement à plus ou moins brève échéance tous les médias, je suis très étonnée que les journalistes qui la relatent aient si peu fouillé ce dossier.Sylvie Lagouarde Le 21 août 2019 presse hebdomadaire.Pourquoi a- t-elle si «mauvaise presse»?C\u2019est tout de même plus de 150 publications à travers la province de Québec\u2026 Un taux de lectorat provincial de plus de 60 %, des centaines d\u2019employés et un tirage de plus de 6 millions d\u2019exemplaires, qui entrent dans les foyers québécois gratuitement semaine après semaine, et ce, parfois depuis plus de 100 ans ! Saviez-vous que les îles de la Madeleine ont leur propre journal, distribué gratuitement à 2500 résidences ?Qu\u2019à Montréal, chaque quartier ou presque bénéficie d\u2019une publication, ce qui rejoint sans frais près de 450 000 foyers ?Ou encore que Farnham, petite localité de 8330 âmes au nord-ouest du lac Champlain, possède également son hebdo, qui est distribué dans les municipalités alentour dont Saint- Ignace-de-Stanbridge, qui abrite 638 habitants ?Voilà de quoi est faite cette presse locale hebdomadaire.De communautés parfois urbaines, souvent rurales, très éloignées des grands centres et fréquemment oubliées.Cette presse ne parle pas d\u2019une seule et unique voix, c\u2019est vrai, cependant, elle est très présente et importante dans toutes les régions du Québec.Elle est en Gaspésie, en Abitibi, en Beauce, dans le Bas- Saint-Laurent\u2026 Elle est présente dans la moindre petite localité, là où personne d\u2019autre ne publie\u2026 Est-elle moins importante pour autant ?Je ne le pense pas.Alors, pourquoi, dans cette tourmente médiatique qui entoure la Mutisme sur la presse hebdomadaire L\u2019information locale, j\u2019y crois ! Cette information locale est portée à bout de bras (et parfois à bout de souffle\u2026) par les six quotidiens du Groupe Capitales Médias dont on parle abondamment depuis quelques jours, certes\u2026 mais également par la presse hebdomadaire.Personne n\u2019en parle, de cette Le Canada, outil de négociation de Donald Trump Un article de Marie Vastel dans Le Devoir du 23 août 2019 nous apprend que « le président américain Donald Trump a lui-même, en février, évoqué d\u2019abandonner la demande d\u2019extradition (de Mme Meng) s\u2019il convenait d\u2019un accord avec Pékin pour régler leur différend commercial ».Si l\u2019on comprend bien, dans une telle éventualité, nous autres, Canadiens, en détenant Mme Meng pour le compte des Américains, aurions entraîné inutilement l\u2019emprisonnement de deux citoyens canadiens en Chine et nui à nos producteurs de canola, de porc et de bœuf simplement pour aider les Américains à régler leur différend commercial avec la Chine ! En langage clair, cela s\u2019appelle de l\u2019abus de confiance.Mais de la part de Donald Trump, cela ne surprendra personne\u2026 Jean-Marie Girardville Québec, le 23 août 2019 BRIAN MYLES Des lacunes dans la compréhension fine des crimes de fraude, de corruption et de collusion, jumelées à la désuétude du Code criminel en ces matières, sont à la source de nombreux cafouillages dans les enquêtes A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.SAMIR SAUL Professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Montréal La rentrée bat son plein et les institutions éducatives bourdonnent d\u2019activité, après l\u2019exode de l\u2019été.Elles reviennent sur le radar du public, les universités en particulier, tellement ce qui se passe dans leurs murs peut participer du mystère pour le commun des mortels.Sans doute suscitent-elles parfois une déférence propre au sacré.Plus souvent, elles ont droit à des remontrances senties pour ce que leurs détracteurs croient savoir sur leur compte.Les témoignages défilent comme autant de pièces à conviction : la mauvaise expérience de l\u2019un, le souvenir lointain de l\u2019autre, l\u2019ouï-dire prenant valeur de fait indubitable, etc.Tantôt des convives devisent à propos d\u2019un quidam «pelleteur de nuages» générant des articles hermétiques sur des sujets abstrus.Tantôt des chroniqueurs se rabattent sur l\u2019université, souffre- douleur avéré, pour caresser un certain lectorat dans le sens du poil.Reproches On fait grief aux universitaires de n\u2019écrire que pour leurs pairs, cercles d\u2019initiés et happy few aptes à pénétrer les arcanes de leur ésotérique pensée.Quant à leur vocabulaire, ce serait un jargon rebutant au possible.Pourquoi se livrent-ils à ces épreuves contre nature?Par soif de notoriété dans leur chapelle, dit-on sans ambages.Par carriérisme, ajoute-t-on pour faire complet.Ne sait- on pas que ces écrits confidentiels collectionnés comme des trophées valent leur pesant d\u2019or pour les promotions ?Mieux vaut aussi avoir une caisse bien garnie pour en produire.D\u2019où la chasse frénétique aux subventions qui rythmerait la vie universitaire.La boucle serait bouclée et la machine tournerait sur elle-même : des articles illisibles pour monter en grade et se procurer des fonds pour en sortir davantage.Quid de l\u2019enseignement ?Il serait fui comme la peste par les professeurs de carrière, un labeur de soutier refilé à des contractuels condamnés à mettre les mains dans le cambouis.De professeurs en chair et en os, les infortunés étudiants ne verraient pas plus souvent que des étoiles filantes.Tout à leurs prestigieuses et rayonnantes occupations, ces notabilités auraient pris la poudre d\u2019escampette des salles de classe.Humour en moins, tel est le portrait peu flatteur fait du monde universitaire.Il est fort éloigné de la réalité.Qu\u2019on permette au signataire d\u2019être une illustration vivante de ses dires.Il est l\u2019un de ces professeurs qui ont une pleine charge, qui enseignent tous les ans à un grand groupe de première année, qui sont disponibles pour rencontrer les étudiants, qui encadrent des maîtri- sants et des doctorants, qui ne sont pas accros aux subventions, qui font des recherches conduisant à des publications spécialisées, qui participent au fonctionnement de leur institution et qui rendent service à la collectivité.Bref, la gamme des fonctions professorales.Nombre d\u2019entre eux s\u2019adressent aussi au grand public dans un langage qu\u2019ils espèrent clair et accessible.L\u2019université, c\u2019est quoi ?Notre rôle est de développer et de transmettre du savoir.Il est de découvrir et d\u2019enseigner des connaissances, c\u2019est-à- dire des faits et des idées qui sont véridiques et vérifiables.Il est d\u2019habituer au travail appliqué et rigoureux.Il est d\u2019entraîner à réfléchir en procédant avec méthode et en faisant preuve d\u2019une approche critique, analytique et créatrice.Le savoir authentique exige un effort de recherche, de contre-vérification, de validation et de diffusion qui est forcément pointu.Mais il est le garant de la valeur du résultat.Cette recherche finira par alimenter la synthèse et la vulgarisation pour le grand public.Narcissisme ?Non, passion et persévérance.La démarche méthodique ne donne pas des résultats instantanés, mais la patience est payée de retour par des connaissances plus sûres.Elle ne vise pas à fournir des explications totali- santes mais elle y contribue en en posant les fondements.Les professeurs d\u2019université ne sont pas professionnellement des intellectuels publics, mais ils peuvent l\u2019être à titre personnel.Utilité sociale L\u2019éducation ouvre les esprits et les émancipe de la propagande, des carcans, des lieux communs, des sophismes, voire des préjugés benoîtement assénés.Et c\u2019est notre société qui en bénéficie.Plus notre monde est submergé de «communication», de désinformation, d\u2019intox, d\u2019infox, d\u2019enfumage, de post- vérité, de récits sélectifs, de fake news, de « faits alternatifs », de croyances farfelues et de simplismes de tout acabit, plus l\u2019université est indispensable.Elle constitue notre rempart collectif contre l\u2019envahissante manipulation parée des atours séduisants du marketing, et face à la marée montante des opinions toutes faites, préfabriquées et répercutées.Enfin, qu\u2019on soit rassurés : les professeurs ne se la coulent pas douce.Leur métier est constamment pesé, mesuré et évalué, à chaque étape et pour chaque activité.On trouvera des dérives, comme dans tous les milieux.L\u2019important est de savoir les identifier et de pouvoir les éliminer, sans confondre les exceptions et la règle.L\u2019université, cette grande incomprise TEXTE COLLECTIF * Nous refusons de faire l\u2019autruche.La crise climatique est bien réelle.Elle est la conséquence d\u2019une inaction collective et des choix que nos élites économiques et politiques ont faits depuis des dizaines d\u2019années.Nous, travailleuses et travailleurs du Québec, comme l\u2019ensemble de la population, devons composer avec les conséquences de cette crise et exigeons aujourd\u2019hui un plan structurant pour effectuer une transition énergétique et écologique juste ! C\u2019est pourquoi, inspirés par la mobilisation citoyenne des derniers mois, nous lançons aujourd\u2019hui le collectif La Planète s\u2019invite au travail.Ce nouveau collectif, qui travaillera en étroite collaboration avec La Planète s\u2019invite au Parlement, regroupe plus de 1,2 million de travailleuses et travailleurs de tous les secteurs et de toutes les régions du Québec.L\u2019heure n\u2019est plus aux promesses creuses.Selon plusieurs scientifiques, nous avons jusqu\u2019à 2030 pour atténuer le pire des conséquences de la crise climatique.Relisez bien cette phrase.Nous ne pourrons pas renverser la tendance, nous ne pourrons pas empêcher la crise, seulement en atténuer les effets.Pourquoi?Parce que nous n\u2019avons rien fait.Au lieu d\u2019agir, nos dirigeants ont décidé de pelleter par en avant.«On traversera la rivière lorsque nous serons rendus au pont», se sont-ils dit.Eh bien, nous y sommes à ce pont, emporté par la rivière qui déborde.Vers une transition juste Nous joignons notre voix à celle de millions d\u2019autres de par le monde pour dire à nos dirigeants que nous ne subirons pas passivement cette crise.Pour sécuriser notre qualité de vie et réaliser l\u2019indispensable transition vers une économie plus verte et plus sobre en émissions de carbone, il faut agir dès maintenant.Investissons massivement dans des technologies et des secteurs moins polluants et générateurs d\u2019emplois de qualité.Misons dès maintenant sur la formation continue et des programmes de re- qualification de la main-d\u2019œuvre.Bonifions notre filet de protection sociale et renforçons nos économies locales en les diversifiant et en soutenant davantage les initiatives allant dans le sens d\u2019une économie plus circulaire et carboneutre! Miser sur l\u2019expertise d\u2019ici Le Québec est riche d\u2019un réseau public de recherche bien enraciné partout sur son territoire.Un réseau au sein duquel il est possible de planifier et de soutenir la formation, la recherche et l\u2019innovation.Un réseau qui peut contribuer à sensibiliser aux actions nécessaires et à élaborer les pistes de politiques publiques qui permettront de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre sans accentuer les inégalités sociales.Nous avons le savoir- faire pour affronter cette crise.Le Québec compte aussi sur de nombreux organismes et entreprises qui développent, en ce moment même, des solutions innovantes pour faire face à la crise actuelle.Le gouvernement doit miser sur cette expertise que nous avons collectivement développée au cours des dernières années.Tous doivent travailler en collaboration et en concertation ! La Planète s\u2019invite au travail La crise climatique s\u2019invite dans nos milieux de travail.Que ce soit par l\u2019accroissement des risques de santé et sécurité dus au réchauffement global ou par celui de la charge de travail de celles et ceux qui travaillent auprès des personnes plus vulnérables aux effets de la crise.Nous voulons que le gouvernement mette en place une stratégie de décar- bonisation de l\u2019économie québécoise et des mesures pour assurer une transition juste, et nous ne resterons pas les bras croisés.La Planète s\u2019invite au travail n\u2019est pas un slogan, c\u2019est un cri de ralliement: nous agirons partout où nous le pourrons pour faire une différence! Que ce soit par la mise en place de comités environnement, par des efforts de réduction des gaz à effet de serre dans nos entreprises, par l\u2019instauration de politiques d\u2019approvisionnement responsable ou par d\u2019autres moyens, nous passerons à l\u2019action.Travailleuses et travailleurs du Québec, unissons-nous pour un avenir véritablement viable! * Ce texte est cosigné par les dirigeantes et dirigeants de neuf organisations syndicales.La liste complète des signataires peut être consultée sur nos plateformes numériques.CHANGEMENTS CLIMATIQUES Syndicats unis pour une transition juste La souveraineté numérique u\u2019il s\u2019agisse de la fiscalité, de l\u2019industrie des médias, du transport par taxi ou du « partage » des logements locatifs, il faut des règles du jeu.Par leurs lois, les États assurent les équilibres et le respect des droits et des valeurs chers à leur population.C\u2019est pour cela que les États exercent cette capacité de doter les collectivités nationales de leurs propres règles, ce qu\u2019on appelle la souveraineté.Dans le monde connecté, l\u2019espace qui compte est celui qui est défini par les réseaux.La souveraineté étatique recule, mais ne disparaît pas.Il y a de plus en plus de situations dans lesquelles les États doivent agir dans des cadres qui ne coïncident pas forcément avec leur territoire géographique.Cet été, le Sénat français a tenu des audiences pour étudier comment la souveraineté étatique doit dorénavant s\u2019exercer dans l\u2019univers numérique.Il y a quelques jours, des membres du Conseil du numérique français écrivaient que « la juste répartition de la valeur dans le numérique et la lutte contre l\u2019évasion fiscale ne sont pas des sujets techniques mais des choix politiques ».Ici, les débats sur la fiscalité des entreprises œuvrant sur Internet témoignent des effets de l\u2019indifférence à l\u2019égard des conséquences du basculement vers les environnements en réseau des activités qui contribuent aux équilibres économiques et démocratiques.Faute d\u2019avoir pris la mesure des changements dans la façon dont s\u2019exerce la souveraineté, les États sont en rattrapage.On constate un peu plus chaque jour combien il est devenu dangereux de pratiquer des législations et une fiscalité qui ignorent les activités accomplies dans les réseaux.Souveraineté en mutation Dans un rapport paru à l\u2019automne 2018, la Commission de réflexion sur la recherche en sciences et technologies du numérique, issue de plusieurs institutions de recherche françaises, constate que les conditions de la souveraineté nationale fondée sur la maîtrise du territoire physique sont radicalement modifiées.Le fonctionnement des réseaux complique la capacité effective des États de contrôler ce qui se passe sur leur territoire.On remarque que les conditions induites par la prééminence des environnements en réseaux forcent à s\u2019interroger sur « [\u2026] les souverainetés numériques des États, des organisations ou des citoyens, [\u2026] ou des souverainetés supranationales ».La souveraineté doit désormais s\u2019exercer dans des espaces de plus en plus virtuels.Il importe que les États se dotent des moyens de faire prévaloir les choix et les règles cohérents avec leurs valeurs.Ils doivent à la fois agir seuls et innover en se donnant les moyens d\u2019agir en concertation avec les autres États.L\u2019un des défis les plus évidents est la souveraineté des données : « La capacité de maîtriser toutes les données est un enjeu de souveraineté fondamental », peut-on lire dans le rapport des institutions de recherche.Les données personnelles des citoyens doivent être protégées, mais les données massifiées, par lesquelles se crée désormais la valeur, constituent une ressource concernant aussi bien les individus que les collectivités vivant dans des territoires nationaux.La souveraineté étatique se trouve mise à mal, car les données circulent dans les réseaux qui sont peu sensibles aux frontières territoriales.L\u2019avènement du monde connecté force au réexamen des processus par lesquels s\u2019exprime la souveraineté et s\u2019appliquent les lois des États.Dans le monde en réseau, les configurations techniques et la façon dont les objets sont connectés induisent une régulation par défaut des comportements.Les configurations du réseau et des objets techniques obligent et interdisent autant sinon plus que les lois étatiques ; elles ne sont pas neutres.Les États doivent assurer que le fonctionnement des activités en ligne soit équitable.Ils n\u2019ont plus le luxe de s\u2019en tenir aux slogans de ceux qui répètent que les États ne peuvent appliquer leurs lois dans le cyberespace.Des lois appliquées en réseau Plutôt que seulement réagir aux crises engendrées par les « disruptions » numériques, les États doivent agir de façon proactive.Ils doivent se doter d\u2019une meilleure capacité d\u2019agir en réseau.Par exemple, le Québec et la France ont entrepris d\u2019appliquer leurs lois fiscales aux acteurs d\u2019Internet.Une telle approche doit être appuyée par une concertation qui renforcera l\u2019efficacité des lois étatiques.Ce type de concertation existe déjà entre les États afin de lutter contre la cyber- criminalité.Ainsi, l\u2019application concertée des lois qui protègent contre la pédopornographie augmente le niveau de risque de ceux qui choisissent d\u2019agir en marge des lois.La protection des droits de tous dans les réseaux nécessite de dépoussiérer les modes d\u2019affirmation de la souveraineté étatique.Celle-ci doit s\u2019exercer de manière à supplanter les normes de conduite qui à ce jour s\u2019imposent par défaut en raison du choix de plusieurs États de laisser faire les acteurs du Web.Plutôt que de s\u2019en remettre à la croyance infantile dans le soi-disant libre marché, il faut insister pour que les lois nationales trouvent pleine application dès lors qu\u2019une activité a un effet significatif sur la population d\u2019un État.Sinon, le « marché » lui-même est à risque d\u2019y passer.Alors, qui pourra rétablir les équilibres ?L\u2019éducation ouvre les esprits et les émancipe de la propagande, rappelle l\u2019auteur.JACQUES GRENIER LE DEVOIR PIERRE TRUDEL Q LEDEVOIR // LE MARDI 3 SEPTEMBRE 2019 ÉLECTIONS 2019 A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.III BILAN ENVIRONNEMENT Des rouges vert pâle Les électeurs seront conviés aux urnes le 21 octobre prochain pour trancher une question somme toute assez simple : les libéraux méritent-ils de prolonger leur passage aux commandes du Canada ?En cette veille électorale, Le Devoir propose un bilan en sept volets du mandat occupé de Justin Trudeau.Aujourd\u2019hui : l\u2019environnement.HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR n matière d\u2019environnement, c\u2019est un euphémisme que de dire que le gouvernement libéral a navigué en eaux troubles.Les écologistes ne lui pardonnent pas d\u2019avoir acheté un oléoduc pour mieux en garantir l\u2019agrandissement et d\u2019avoir fait siennes les timides cibles conservatrices de réduction de gaz à effet de serre (GES).Mais d\u2019autres, l\u2019environnementaliste devenu candidat Steven Guilbeault en tête, font valoir que les libéraux ont enclenché une réforme qui, bien que frileuse, engage le Canada sur la bonne voie.Pour la première fois au pays, le gouvernement fédéral a imposé aux grands émetteurs industriels des plafonds d\u2019émissions de GES au-delà desquels ils doivent acheter des droits de pollution, soit auprès de l\u2019État, soit auprès d\u2019entreprises plus performantes.Le plan a été critiqué parce que les plafonds, qui devaient au départ correspondre à 70% des émissions moyennes de chaque secteur industriel, ont été relevés à 80%, voire 90% dans certains cas.Les fonctionnaires ont rétorqué que cela ne faisait pas de différence, car l\u2019instauration de limites, quelles qu\u2019elles soient, met un prix sur la pollution et incite à l\u2019action.Les libéraux ont aussi adopté des provinces qu\u2019elles se dotent d\u2019un plan de lutte contre les changements climatiques et imposé une taxe sur le carbone aux récalcitrantes, soit la Saskatchewan, le Manitoba, l\u2019Ontario, le Nouveau-Brunswick et, à compter de janvier, l\u2019Alberta.La taxe de 20 $ la tonne augmentera graduellement pour atteindre 50 $ en 2022.Mais voilà: les libéraux ont endossé la cible conservatrice de réduire les GES du pays de 30% sous leur niveau de 2005 d\u2019ici 2030, ce qui impliquerait de les ramener à 513 mégatonnes (Mt) d\u2019équivalent de CO2.Or, le plan libéral déboucherait plutôt sur un total de 592 Mt.Le directeur parlementaire du budget (DPB) a calculé que, pour combler cet écart de 79 Mt, il faudrait continuer d\u2019augmenter la taxe jusqu\u2019en 2030 pour qu\u2019elle atteigne 102$ la tonne.Les libéraux ont rejeté cette option (sans fermer pour autant la porte à une hausse) et soutiennent que l\u2019écart sera comblé par la plantation d\u2019arbres et le financement de nouvelles technologies.D\u2019autres mesures seront aussi annoncées en campagne, promet-on.La taxe sur le carbone rapportera 2,4 milliards au Trésor dès cette année, mais elle ne financera pas beaucoup le changement, car seulement 10% de la somme sont destinés à des projets d\u2019amélioration de l\u2019efficacité énergétique.Le reste est retourné aux contribuables sous forme de remboursement d\u2019impôt.Les libéraux se sont fait reprocher de faire des cadeaux électoraux en autorisant un premier versement ce printemps alors que la taxe n\u2019a commencé à être imposée que le 1er avril.Les libéraux ont aussi mis au rebut certaines réformes conservatrices.Ils ont ainsi mis fin à la discrimination des poissons qui faisait en sorte que seuls ceux pêchés à des fins récréatives, com- qui autorisait seulement les personnes « directement affectées » par un projet à participer aux audiences publiques.Et ils ont dressé une liste de 20 critères devant être pris en compte, notamment les connaissances autochtones, les solutions de rechange au projet proposé et sa contribution « à la durabilité ».Toutefois, la ministre conserve le pouvoir ultime d\u2019approuver un projet en prenant en compte l\u2019« intérêt public », critère qui a été dénoncé parce que subjectif et soumis aux aléas politiques.En parallèle, les libéraux ont instauré un moratoire sur le transport maritime d\u2019hydrocarbures au large de la Colom- bie-Britannique, entre la pointe nord de l\u2019île de Vancouver et l\u2019Alaska, soit une bande d\u2019environ 500 kilomètres.Si ces mesures ont été conspuées par l\u2019Alberta, la Saskatchewan et les conservateurs en général pour avoir, à leur avis, nui à l\u2019industrie pétrolière, elles n\u2019ont pas pour autant apaisé les progressistes, qui ne digèrent pas l\u2019achat de l\u2019oléoduc Trans Mountain au coût de 4,5 milliards de dollars (coût jugé élevé par le DPB).Ottawa a voulu par cette transaction faciliter les travaux d\u2019agrandissement du pipeline, la construction d\u2019une infrastructure fédérale pouvant moins facilement être bloquée en justice.Ottawa espère encore pouvoir revendre l\u2019oléoduc une fois tous les obstacles levés et plusieurs coalitions autochtones préparent une offre.Pour faire passer la pilule, Justin Trudeau a promis que les éventuels profits de la vente seront consacrés à la transition énergétique, tout comme le demi- milliard de dollars que le Trésor prévoit d\u2019engranger chaque année en revenus fiscaux supplémentaires lorsque la ressource canadienne sera vendue à meilleur prix à l\u2019étranger.Baleines, plastique et science En matière de lutte contre la pollution par le plastique, les libéraux s\u2019en sont tenus aux promesses.Ils entendent dresser d\u2019ici 2021 une liste d\u2019objets qui seront interdits « lorsque les données scientifiques et les circonstances le justifie[ront] ».Ils songent aussi à rendre les entreprises responsables du traitement post-consommation des objets- déchets qu\u2019elles produisent.Face à la mortalité de baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent, Ottawa a fermé des zones de pêche et imposé des limites de vitesse pour protéger cette espèce en voie de disparition.Comme ces mesures n\u2019ont pas empêché d\u2019autres décès de survenir, le gouvernement a financé une mission d\u2019observation pour mieux comprendre les risques de collision.Les libéraux ont aussi interdit la production, l\u2019utilisation et l\u2019importation de produits contenant de l\u2019amiante.Enfin, les troupes libérales se sont fait un devoir de réhabiliter la science au sein de l\u2019appareil gouvernemental.À peine 24 heures après leur arrivée au pouvoir, elles ont rétabli le questionnaire détaillé obligatoire du recensement et ont redonné aux fonctionnaires scientifiques le droit de parler aux journalistes.Elles ont aussi restauré le poste de scientifique en chef du Canada aboli en 2008.merciales ou traditionnelles voyaient leur habitat protégé lors de la construction d\u2019un projet affectant un cours d\u2019eau.De même, ils ont restauré l\u2019obligation d\u2019obtenir un permis fédéral pour construire un « ouvrage majeur » ayant une grande incidence sur la navigation.Sous les conservateurs, un permis était nécessaire seulement pour les projets touchant l\u2019un ou l\u2019autre des trois océans, 97 lacs et 62 rivières listés.De même, les libéraux ont opéré une vaste refonte du processus d\u2019évaluation environnementale des grands projets.Des durées maximales d\u2019évaluation ont été instaurées, une agence unique a été créée et le critiqué Office national de l\u2019énergie a été remplacé par une nouvelle instance au rôle similaire.Les libéraux ont annulé le changement de 2012 E "]
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