Le devoir, 5 septembre 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 200 / LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR INDEX Avis légaux .B7 Culture .B1 Décès .A4 Économie .B7 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B6 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Entretenir la flamme souverainiste.La chronique de Michel David A 3 CULTURE Rendez-vous au Festival international du film de Toronto avec Odile Tremblay La numéro un du régime de Hong Kong mise en place par la Chine, Carie Lam, a tenté d\u2019apaiser les choses dans la ville-État après trois mois de manifestations durement réprimées.Elle a annoncé le retrait du projet de loi sur les extraditions, un compromis nettement insuffisant et qui arrive beaucoup trop tard, selon les leaders du mouvement d\u2019opposition.VOIR PAGE B 3 VINCENT YU ASSOCIATED PRESS Le bâton et la carotte MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR LANGUE Rouvrir la loi 101 redevient possible MARCO FORTIER LE DEVOIR L\u2019imam Hassan Guillet, écarté comme candidat du Parti libéral du Canada (PLC) pour des propos jugés antisémites, affirme que l\u2019entourage de Justin Trudeau était au courant de ses affirmations controversées, mais l\u2019a viré sans avertissement à la dernière minute.Le leader musulman a affirmé mercredi qu\u2019il avait été tassé en raison de la grogne provoquée par sa candidature au sein du parti dans la circonscription de Saint-Léonard\u2013Saint-Michel, traditionnellement représentée à la Chambre des communes par un membre de la communauté italienne.M.Guillet se défend avec vigueur d\u2019être raciste et se sent «trahi» par le parti de Justin Trudeau.Les dirigeants du PLC « étaient convaincus que je ne suis pas raciste et que je ne suis pas antisémite.Ils avaient tout simplement peur des médias », a déclaré Hassan Guillet lors d\u2019une conférence de presse tenue à Saint-Léonard.Il était accompagné de sa femme, Nathalie Groulx, d\u2019un ami juif qui milite pour le rapprochement entre les religions, Jonathan Kramer, et d\u2019autres militants de la circonscription du nord de Montréal.Hassan Guillet a affirmé que le parti a commencé à élaborer dès la première semaine du mois d\u2019août un « plan d\u2019action » visant à démontrer l\u2019appui de membres de la communauté juive à sa candidature.Le PLC a largué son candidat vendredi dernier, au moment où le B\u2019nai Brith publiait un communiqué faisant état de déclarations passées de l\u2019imam Guillet.L\u2019organisation de défense de la communauté juive a indiqué qu\u2019elle avait informé le parti de ses trouvailles plus d\u2019une semaine auparavant.L\u2019imam Hassan Guillet s\u2019estime trahi par les libéraux Les libéraux ont caché l\u2019antisémitisme de leur candidat, dit Andrew Scheer VOIR PAGE A 4 : DIABLE VOIR PAGE A 4 : TRAHISON VOIR PAGE A 2 : LOI 101 ANALYSE Yann Moix, la part du diable our perdre sa réputation, il faut d\u2019abord en avoir une, non ?De quoi la renommée du romancier français Yann Moix est-elle faite ?L\u2019année se poursuit comme elle a commencé pour l\u2019écrivain chroniqueur : dans la mouise des controverses.Et l\u2019abonné aux polémiques sulfureuses se surpasse encore une fois.C\u2019est ce cinquantenaire à la gueule de boxeur qui a fait surchauffer les esprits et les médias en déclarant en début d\u2019année qu\u2019il ne couchait qu\u2019avec de jeunes Asiatiques et jamais avec des dames de son âge.C\u2019est lui aussi qui en a remis au printemps en disant que Michael Jackson ne pouvait pas être pédophile puisqu\u2019il était lui-même un enfant.Une enquête télé venait de documenter des agressions sexuelles répétées du roi de la pop sur deux jeunes assujettis.Le romancier chroniqueur vient de déclencher une nouvelle réaction en chaîne en larguant fin août le livre Orléans, bombe littéraire dans laquelle il raconte sa supposée vie d\u2019enfant battu, humilié, torturé.Ses parents (le père à la cognée, la mère à la criée) l\u2019auraient roué de coups, abandonné dans les bois, laissé sur une bretelle d\u2019autoroute, forcé à manger ses excréments.L\u2019ouvrage classifié comme « roman », sorti fin août, assez encensé par P E R I C F E F E R B E R G A G E N C E F R A N C E - P R E S S E Le premier ministre François Legault n\u2019écarte plus l\u2019idée de rouvrir la loi 101, un chantier qu\u2019il n\u2019envisageait pas il y a quelques mois à peine.Il a confié mercredi le dossier de la langue française au ministre Simon Jolin-Barrette, dépouillant ainsi sa collègue Nathalie Roy qui a fait l\u2019objet de critiques au cours des derniers mois.« On ne l\u2019exclut pas à ce moment-ci, a répondu M.Legault en conférence de presse mercredi.Ça fera partie des réflexions de Simon.Mais la grande priorité au Québec si on veut promouvoir et protéger le français, c\u2019est la francisation des immigrants, et c\u2019est là-dessus qu\u2019on va se concentrer d\u2019abord.» Le ministre Simon Jolin-Barrette a hérité de cette nouvelle responsabilité en plus de conserver celles qu\u2019il cumulait déjà.Celui qui dirige le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion \u2014 en plus d\u2019être le leader parlementaire du gouvernement en chambre \u2014 devient ministre responsable de la Langue française de même que ministre responsable de la Laïcité et de la Réforme parlementaire.Acteur important du gouvernement Legault, le jeune ministre de 32 ans a mené à terme deux projets de loi majeurs avant la relâche estivale, soit celui sur la laïcité de l\u2019État et celui sur la réforme de l\u2019immigration.« En campagne électorale, la CAQ avait promis d\u2019être un gouvernement nationaliste, a affirmé le premier ministre François Legault.Pour moi, être nationaliste, c\u2019est d\u2019abord fondé sur trois piliers : la langue française, la culture et la laïcité de l\u2019État.» François Legault retire le dossier de la langue à Nathalie Roy pour le confier à Simon Jolin- Barrette ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 Défense « transpartisane » LOI 101 SUITE DE LA PAGE A1 La Loi sur la laïcité de l\u2019État étant en vigueur depuis juin, M.Legault a dit vouloir s\u2019attaquer aux deux autres piliers.En ce qui concerne la langue française, il a rappelé la recommandation du rapport présenté en 2016 par la députée Claire Samson de rassembler l\u2019immigration et la francisation dans un seul ministère.Le rapport Samson suggérait également au gouvernement d\u2019offrir un programme obligatoire de francisation.Les mesures du gouvernement seront à la fois incitatives et obligatoires, selon le premier ministre.« On n\u2019écarte rien à ce moment-ci et on compte s\u2019inspirer du rapport Samson, a-t-il indiqué.Un élément important, c\u2019est : est-ce que le gouvernement fédéral va nous laisser imposer un test de français dans les trois premières années ?À partir de là, il y aurait comme un incitatif important pour les nouveaux arrivants à suivre les cours.» Le ministre Jolin-Barrette avait déjà augmenté en juillet l\u2019allocation versée aux immigrants qui suivent des cours à temps plein, la faisant passer de 141 $ à 185 $ par semaine.Le gouvernement songe maintenant à offrir les cours dans les petites entreprises sur l\u2019heure du midi pour faciliter l\u2019apprentissage.À l\u2019écoute de Pauline Marois ?Ce remaniement survient environ deux semaines après une rencontre entre M.Legault et l\u2019ex-première ministre péquiste Pauline Marois où il a été question de l\u2019avenir de la langue française.«L\u2019importance de s\u2019en préoccuper et de s\u2019en occuper, a-t-elle confirmé au Devoir.C\u2019est important qu\u2019on en fasse une priorité.» M.Legault a indiqué que son ancienne cheffe n\u2019avait eu aucune influence sur sa décision de confier le dossier de la langue française à un nouveau ministre.Elle pourrait toutefois être appelée par M.Jolin-Barrette à jouer un rôle.« Je pense que c\u2019est transpartisan, la défense et la promotion du français», a souligné le premier ministre.Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois avait tenté de solidifier la loi 101 en 2013, mais le projet de loi n\u2019avait pu aboutir, faute de l\u2019appui de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui ne voulait pas alourdir le fardeau réglementaire des entreprises.Trois ans plus tard, le rapport Samson formulait plusieurs autres recommandations audacieuses pour renforcer la langue française au Québec, notamment celle de revoir le mandat de l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) et celle de nommer un commissaire à la langue française.« Très certainement, on va s\u2019inspirer de ce qu\u2019il y avait dans le rapport Samson, mais toutes les options sont sur la table à ce stade-ci, et le premier ministre m\u2019a donné les coudées franches pour étudier les différents scénarios », a-t-il répondu et répété à quelques reprises.Le Mouvement Québec français s\u2019est réjoui de ce changement de garde.«On relève qu\u2019on est passé d\u2019une fermeture totale à l\u2019idée de rouvrir la loi 101 à une espèce d\u2019ouverture», a fait remarquer son président, Maxime Laporte, en entrevue.« Si la protection de la langue française était une vraie priorité pour le gouvernement, François Legault n\u2019aurait pas confié cette responsabilité à un ministre qui en a déjà plein les bras et qui devra en plus piloter la réforme parlementaire cet automne », a noté le co- porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a qualifié ce re- Vue aérienne du terminal de l\u2019oléoduc Trans Mountain, en Colombie-Britannique.Des groupes autochtones accusent Ottawa d\u2019avoir ignoré certains enjeux importants dans ses consultations pour le projet.JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR Les déboires judiciaires du projet d\u2019agrandissement de l\u2019oléoduc Trans Mountain ne sont pas encore terminés.La Cour d\u2019appel fédérale a jugé mercredi que des groupes autochtones pourront à nouveau contester devant les tribunaux l\u2019approbation du projet.Mais ils devront faire vite, car la Cour ne leur accorde que sept jours pour soumettre leur argumentaire.L\u2019agrandissement de Trans Mountain a été approuvé par le gouvernement fédéral à deux reprises déjà.La première approbation avait été invalidée en août 2018 par la Cour d\u2019appel fédérale.Le tribunal avait conclu qu\u2019Ottawa n\u2019avait pas suffisamment consulté les communautés autochtones affectées et n\u2019avait pas étudié l\u2019impact que l\u2019augmentation du trafic maritime découlant du projet aurait sur la population menacée d\u2019épaulards.Pour répondre au jugement, le gouvernement de Justin Trudeau a fait mener des consultations plus spécifiques auprès de certaines communautés autochtones et a notamment diminué les prises autorisées de saumon chinook (la source principale d\u2019alimentation de l\u2019épaulard).Il a approuvé une seconde fois le projet en juin.C\u2019est cette seconde approbation que les groupes autochtones tentent de faire annuler.Ils affirment notamment que la seconde consultation a été trop courte et n\u2019a été que de façade puisque Ottawa avait déjà décidé d\u2019aller de l\u2019avant.Rejet de certaines demandes Douze demandes de contestation ont été déposées à la Cour d\u2019appel fédérale, mais celle-ci en rejette la moitié, principalement au motif que les arguments mis en avant cette fois-ci sont similaires à ceux qui ont déjà été étudiés \u2014 ou qui auraient pu l\u2019être \u2014 lors de la première contestation.Écarté, donc, le plaidoyer de communautés autochtones mécontentes que la seconde consultation d\u2019Ottawa ait quand même débouché sur l\u2019approbation du projet.«En vertu du devoir de consultation, les Premières Nations et les communautés autochtones n\u2019ont pas de droit de veto sur un projet», note le juge David Stratas dans sa décision.Écartés, aussi, les arguments voulant que l\u2019Office national de l\u2019énergie n\u2019a pas suffisamment étudié les risques de déversement du projet ou ceux posés aux espèces menacées.Le juge Stratas accepte en revanche d\u2019entendre les demandes de contestation des communautés autochtones qui déplorent que la seconde série de consul- JUSTICE Trans Mountain pourra encore faire l\u2019objet de contestations Six des douze demandes de contestation contre le projet d\u2019oléoduc ont toutefois été rejetées par la Cour d\u2019appel fédérale tations du fédéral n\u2019ait pas été adéquate.Les groupes accusent Ottawa d\u2019avoir ignoré certains enjeux qui leur tiennent à cœur.Ils reprochent également au fédéral le fait que sa deuxième série de consultations a été trop courte et « insuffisante pour répondre aux manquements » relevés par la Cour d\u2019appel fédérale l\u2019an dernier.Les parties devront se rendre disponibles dès la semaine prochaine pour discuter, par téléconférence, d\u2019un «horaire très accéléré », prévient le magistrat, qui souhaite que la poursuite soit « plus ciblée » que la première.Le bureau du ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, a indiqué être « tout à fait prêt à défendre [sa] décision devant la Cour ».« Nous demeurons persuadés d\u2019avoir pris les mesures nécessaires pour bien faire les choses en suivant les directives établies par la Cour d\u2019appel fédérale », écrit le porte-parole du ministre.Dans l\u2019intérim, le projet peut aller de l\u2019avant.Les travaux de construction de l\u2019agrandissement doivent toujours débuter en septembre.Lors de la précédente contestation, les travaux n\u2019avaient été suspendus qu\u2019une fois rendue la décision sur le fond.En approuvant une seconde fois le projet en juin dernier, le gouvernement de Justin Trudeau s\u2019est engagé à consacrer à la transition énergétique les revenus fiscaux supplémentaires qui découleront de l\u2019obtention d\u2019un meilleur prix de la ressource canadienne sur les marchés internationaux.Il consacrera aussi à la transition les éventuels profits réalisés à la vente de Trans Mountain.Les communautés autochtones qui ont critiqué la seconde série de consultations du fédéral seront entendues maniement ministériel d\u2019opération de « marketing ».Depuis près d\u2019un an, l\u2019équipe de François Legault n\u2019offre que le « service minimum » de ce qui est attendu d\u2019un « gouvernement nationaliste », a-t-il déploré en marge du caucus présessionnel de son parti à Sa- laberry-de-Valleyfield.« C\u2019est flagrant que c\u2019est une rétrogradation pour la ministre Roy, qui n\u2019a pas su défendre son dossier, a déclaré la députée libérale Christine St-Pierre.Elle n\u2019avait même pas réussi à aller chercher de nouveaux crédits alors que le gouvernement nage dans l\u2019argent.» Le dossier de la langue française relevait auparavant de la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.Le premier ministre Legault a nié qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une rétrogradation, indiquant qu\u2019il était déjà prévu de jumeler l\u2019immigration et la francisation.« Le gouvernement de la CAQ, c\u2019est un gouvernement qui est nationaliste, et la culture et la langue française sont deux dossiers sur lesquels je souhaite qu\u2019on pose des gestes forts.» Les Québécois doivent donc s\u2019attendre à « quelque chose d\u2019ambitieux en culture », a-t-il fait valoir en évoquant la situation financière enviable du gouvernement.Avec Marco Bélair-Cirino On est passé d\u2019une fermeture totale à l\u2019idée de rouvrir la loi 101 à une espèce d\u2019ouverture MAXIME LAPORTE » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 M ême si le programme officiel du Parti québécois avait beau assurer que l\u2019indépendance était toujours l\u2019objectif ultime, le détour par le « chemin des victoires » et le report du référendum à un deuxième mandat en avaient convaincu plusieurs que le PQ avait oublié sa raison d\u2019être.Le retour aux sources consacré par la « Déclaration de principes » rendue publique mercredi est sans doute une condition essentielle à sa survie, mais elle ne la garantit aucunement.Si les raisons qui justifient toujours l\u2019indépendance y sont très bien exposées, rien n\u2019assure que le PQ soit encore le meilleur véhicule.En se limitant à quatre « valeurs fondamentales », il espère reconstituer la coalition qu\u2019il formait à l\u2019origine et transcender le clivage gauche-droite.Qu\u2019on soit progressiste ou conservateur, on peut être soucieux de liberté et de justice, se dire nationaliste et vouloir assurer la survie de la planète.Toute référence à la social-démocratie, qui était une des deux pierres d\u2019assise du PQ, a disparu.Après avoir vu sa base s\u2019éroder au point de voir son existence menacée, il lui faut ratisser le plus large possible.Il faudra toutefois que ces valeurs, auxquelles François Le- gault, Manon Massé ou même le prochain chef du PLQ pourraient souscrire, se traduisent dans des politiques concrètes.Le PQ voudrait dorénavant éviter les sujets susceptibles de diviser, mais il ne peut pas être simplement le parti de l\u2019indépendance et de la tarte aux pommes.Participer au débat public suppose de faire des choix, qui ne peuvent qu\u2019en indisposer certains.Le programme adopté en 2017 était à deux vitesses.Dans chaque domaine, on énonçait les mesures qu\u2019un gouvernement péquiste mettrait en avant dans le cadre constitutionnel actuel et ce qu\u2019il serait possible de faire dans un Québec indépendant.On a continuellement reproché au PQ de courir deux lièvres à la fois en prétendant faire la promotion de l\u2019indépendance tout en proposant aux Québécois de former un « bon gouvernement » provincial.La Déclaration de principes annonce la fin de cette schizophrénie.« Notre action politique se concentrera sur la fondation d\u2019un pays, non pas sur la gestion ordinaire d\u2019une province », peut-on y lire.Fort bien, mais il faudra être conséquent.En toute logique, refuser de gouverner une province implique de tenir un référendum le plus rapidement possible après l\u2019élection d\u2019un gouvernement péquiste et de démissionner en bloc si la population rejette la souveraineté.En 2006, un groupe de personnalités souverainistes, dont Jacques Beauchemin, Jean-Roch Boivin, Marc Brière, Guy Lachapelle, avaient signé un « Manifeste pour une approche réaliste de la souveraineté », dans lequel ils dénonçaient une telle stratégie, qu\u2019ils jugeaient suicidaire.« L\u2019électorat refuserait de courir un tel risque et pourrait bien rejeter à jamais et l\u2019option souverainiste et le parti qui la porterait avec autant d\u2019arrogance (après moi le déluge !) et de mépris envers son propre peuple.Comme le répète assidûment Gilles Duceppe, la stratégie du pire est la pire des politiques », écrivaient-ils.Certes, dans l\u2019état où il se trouve, le PQ a plus urgent à faire que de replonger dans le débat sur la façon d\u2019accéder à la souveraineté, même s\u2019il sera bien forcé de clarifier les choses d\u2019ici la prochaine élection.Le mot « référendum » n\u2019apparaît d\u2019ailleurs nulle part dans la Déclaration de principes.Redonner aux Québécois le goût de l\u2019indépendance, ou même simplement les convaincre d\u2019écouter ce que le PQ a à dire, représente déjà tout un défi.Sans parler de la nécessité de trouver un nouveau chef et les moyens financiers de poursuivre les activités du parti.Un curieux hasard a voulu que le PQ affirme dans un texte fondateur que la pérennité du français est le « défi permanent » du Québec le jour où le premier ministre Legault annonçait que la francisation allait devenir la grande priorité de son gouvernement et confiait le dossier à son homme de confiance, Simon Jolin-Barrette.On ne saurait mieux illustrer à quel point la CAQ a réussi à tirer le tapis nationaliste sous le pied du PQ.Si le gouvernement Legault a atteint un tel sommet de popularité, c\u2019est moins pour avoir renvoyé les libéraux dans l\u2019opposition que pour avoir redonné aux Québécois un sentiment de sécurité culturelle et même une certaine fierté, tout en les assurant qu\u2019ils n\u2019ont pas à prendre le risque de quitter le Canada.Ce qui n\u2019arrange rien pour le PQ est que bon nombre de souverainistes sont convaincus, à tort ou à raison, que M.Legault n\u2019a pas renoncé à son rêve d\u2019indépendance et qu\u2019à défaut d\u2019avoir un plan secret, les circonstances pourraient éventuellement lui offrir l\u2019occasion de le réaliser.D\u2019ici là, si d\u2019autres que lui veulent s\u2019employer à entretenir la flamme, au cas où, cela ne doit sans doute pas lui déplaire.Entretenir la flamme MICHEL DAVID On a continuellement reproché au PQ de courir deux lièvres à la fois en prétendant faire la promotion de l\u2019indépendance tout en proposant aux Québécois de former un « bon gouvernement » provincial.La « Déclaration de principes » annonce la fin de cette schizophrénie.« Notre action politique se concentrera sur la fondation d\u2019un pays, non pas sur la gestion ordinaire d\u2019une province », peut- on y lire.Tony Accurso et Frank Zampino photographiés lors d\u2019un voyage à Las Vegas, en 2006.COMMISSION CHARBONNEAU MARCO BÉLAIR-CIRINO À SALABERRY-DE-VALLEYFIELD LE DEVOIR La présidente du Parti québécois, Gabrielle Lemieux, appelle les membres de sa formation politique à adoucir le ton afin de « recréer le grand mouvement pour l\u2019indépendance du Québec».« À présent, le nouveau Parti québécois bâtira des consensus pour faire avancer la nation québécoise et l\u2019indépendance.Nous ne jouerons pas au jeu politique de la division.Nous n\u2019adopterons plus un ton revanchard quant au passé.Nous nous positionnerons de façon à faire avancer le Québec en prenant des décisions courageuses et rassembleuses », a-t-elle promis en marge du caucus présessionnel du PQ à Sala- berry-de-Valleyfield, mercredi.Mme Lemieux a profité d\u2019une séance de travail des neuf élus péquistes en Monté- régie pour dévoiler la proposition principale qu\u2019elle soumettra aux participants du congrès extraordinaire du PQ à Trois-Rivières les 9 et 10 novembre prochain.Celle-ci renferme à la fois une proposition de «Déclaration sur les fondements du PQ » ainsi qu\u2019une proposition de Statuts «réécrits de A à Z».En plus du « nationalisme » et de l\u2019«indépendance» pour lequel travaille le PQ, les quatre « valeurs fondamentales» du «nouveau PQ» y sont explicitées : la liberté, la justice et l\u2019équité, le nationalisme ainsi que la protection de l\u2019environnement.« Pas sept, pas huit comme d\u2019autres partis », a dit Mme Le- mieux, dans un clin d\u2019œil aux huit grandes valeurs du Parti libéral du Québec.« Tous ceux qui partagent nos valeurs et notre objectif sont les bienvenus », a-t-elle ajouté, plaidant pour l\u2019union des indépendantistes et des nationalistes sous la bannière du PQ.« Dès la prochaine session parlementaire, cet esprit va nous animer », a promis le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, avant de casser du sucre sur le dos de la CAQ pour avoir refusé d\u2019appuyer le projet de réforme de la Charte de la langue française de la ministre péquiste Diane De Courcy en 2013.La présidente du comité national des jeunes du PQ (CNJPQ), Frédérique St- Jean, s\u2019est dite ravie de voir l\u2019exécutif national ériger la lutte contre les changements climatiques comme une « priorité » d\u2019action du PQ.« Cet en- jeu-là est une priorité absolue, je pense, pour ma génération.Puis, le Parti québécois ne reviendra plus sur ce choix et sera maintenant et pour les années à venir une force de proposition en la matière », a-t-elle fait valoir à la presse mercredi.La porte-parole de l\u2019aile jeunesse s\u2019est aussi réjouie de la proposition de l\u2019exécutif national de mettre sur pied une « agora » où des acteurs de la société civile pourront interagir avec le PQ ainsi que des « comités d\u2019affinités ».Ceux-ci « rassemble[ront des individus] sur la base d\u2019intérêts, de caractéristiques ou d\u2019idées communes » : des entrepreneurs, des femmes ou encore des environnementalistes, a-t-elle illustré.« S\u2019impliquer dans des associations locales, c\u2019est cool.[\u2026] Mais, les gens qui vont vouloir s\u2019impliquer pour un enjeu spécifique pourront le faire », a expliqué la présidente du CNJPQ.« Pour les jeunes, le statut de membres ne veut pas dire grand-chose.C\u2019est peut-être même un peu repoussant.Mais, ils aiment s\u2019engager pour des causes.Maintenant, en donnant plus de place aux sympathisants, en permettant des consultations via le Web qui peuvent changer le programme et l\u2019action parlementaire, je pense qu\u2019on se donne des façons de faire qui vont permettre de convaincre notre génération d\u2019embarquer dans le mouvement indépendantiste », a-t-elle ajouté.Près d\u2019un an après sa défaite historique, l\u2019état-major du PQ n\u2019est toutefois pas encore prêt à changer d\u2019« image de marque », en modifiant par exemple son « nom », son « identité visuelle » ou encore son « logo ».Il n\u2019exclut pas de le faire d\u2019ici au prochain rendez-vous électoral, prévu en 2022.« On ne peut pas non plus mettre la charrue [avant] les bœufs », a lancé Gabrielle Lemieux, disant vouloir s\u2019attaquer en priorité au « fondamental » du PQ : « remet[tre] la promotion de l\u2019indépendance au cœur de ses activités ».« Fini l\u2019obsession du nombre de membres, la réunionnite et la lourdeur administrative de nos associations locales.» Le PQ promet un changement de ton « Nous ne jouerons pas au jeu politique de la division », dit la présidente JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR La Ville de Montréal déposera dans les prochains jours une poursuite de 26 millions de dollars contre les entreprises de Tony Accurso et contre l\u2019ancien président du comité exécutif, Frank Zam- pino, pour leur participation alléguée à un système de trucage de contrats.Montréal estime qu\u2019entre 1999 et 2009, les sociétés du groupe Accurso, soit Simard-Beaudry, Constructions Louisbourg, Usine d\u2019asphalte Montréal- Nord et Ciments Lavallée, ont pris une part active dans un système frauduleux à l\u2019occasion de travaux d\u2019égouts, d\u2019aqueducs, d\u2019asphalte et de trottoirs.Les entreprises du groupe Accurso ont obtenu 120 contrats de la Ville de Montréal et comme elles n\u2019ont pas participé au Programme de remboursement volontaire, Montréal a décidé de s\u2019adresser aux tribunaux.Montréal poursuit Accurso et Zampino pour 26 millions Dans un projet de requête, qui a été approuvé mercredi par le comité exécutif, la Ville réclame 20 % du montant total payé pour chacun de ces contrats.L\u2019ancien bras droit du maire Gérald Tremblay, Frank Zampino, est également visé solidairement par ces procédures.La Ville souligne ses liens étroits avec Tony Accurso et ses trois séjours sur son bateau baptisé Le Touch.« Le rôle central qu\u2019a joué Frank Zampino dans le système généralisé de collusion à la Ville de Montréal s\u2019étendait dans tous les domaines d\u2019octroi de contrats par la Ville », indique-t-on.« C\u2019est de l\u2019argent qui appartient aux Montréalais.On n\u2019aurait pas eu à dépenser autant s\u2019ils n\u2019avaient pas fait des ma- nœuvres dolosives», a commenté mercredi le président du comité exécutif de l\u2019administration Plante, Benoit Dorais.La preuve détenue par la Ville est « bé- ton », a-t-il dit.MM.Accurso et Zampino sont aussi poursuivis par la Ville de Montréal dans le dossier des compteurs d\u2019eau pour un montant de 14 millions.Rappelons que, l\u2019an dernier, M.Accurso avait été reconnu coupable de fraude et de corruption en lien avec des contrats à Laval.Il a interjeté appel.Pour sa part, Frank Zampino doit subir son procès relativement à un système allégué de partage de contrats à Montréal.Il a par ailleurs été acquitté dans le dossier du Faubourg Contrecœur.Benoit Dorais se dit convaincu que la Ville pourra récupérer les sommes réclamées.En juin 2018, l\u2019avocat de Tony Accurso avait toutefois évoqué les difficultés financières de son client.« C\u2019est sûr qu\u2019il ne va pas nous dire qu\u2019il est en bonne situation financière, que tout va bien et qu\u2019il se la coule douce sur le Touch.Mais nous, qu\u2019importe la situation, il y a différents actionnaires, différentes compagnies.On va aller chercher tout l\u2019argent qu\u2019on est capables », a commenté M.Dorais.Les représentants de Tony Accurso et Frank Zampino n\u2019ont pas rappelé Le Devoir.Montréal intente aussi un recours contre des laboratoires spécialisés dans le domaine du génie civil et de la géotechnique, dont le GHD Consultants, le Groupe ABS, et G & S Consultants.Selon la Ville, ces entreprises ont participé à un stratagème de collusion et elle leur réclame 833 000 $.Frank Zampino est aussi visé dans cette affaire. LEDEVOIR // LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Le retour d\u2019une enseigne emblématique L\u2019imposante enseigne verticale Ar- chambault a été réinstallée mercredi sur la façade de l\u2019immeuble où elle a trôné pendant près de 90 ans, à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine Est et Berri, au centre-ville de Montréal.Québecor devient propriétaire de ce panneau emblématique haut d\u2019environ quatre étages, et son président et chef de la direction, Pierre Karl Péladeau, affirme que la compagnie en assurera la préservation afin qu\u2019elle puisse continuer de briller.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, affirme que revoir l\u2019enseigne Archambault de nouveau accrochée au cœur de l\u2019arrondissement de Ville-Marie est une excellente nouvelle pour la préservation du patrimoine montréalais.La Presse canadienne Hugo Latulippe défendra les couleurs du NPD OTTAWA \u2013 Le cinéaste et militant écologiste Hugo Latulippe fait le saut en politique fédérale avec le Nouveau Parti démocratique.La nouvelle recrue annoncera ce jeudi, aux côtés du chef, Jagmeet Singh, à Montréal, qu\u2019il sera candidat dans la circonscription de Montmagny\u2013 L\u2019Islet\u2013Kamouraska\u2013Rivière-du-Loup.La circonscription du Bas-du-Fleuve est représentée par le conservateur Bernard Généreux.Le NPD y a fait une brève percée lors de la vague orange de 2011, lorsque François Lapointe a battu de justesse M.Généreux.Précédemment, cependant, la circonscription a été représentée sans interruption par le Bloc québécois depuis la création du parti en 1993.Aux dernières élections, M.Lapointe est arrivé troisième, derrière M.Généreux et la candidate libérale, tandis que le Bloc s\u2019est classé quatrième.Le Devoir Montréal donne 1 million au Centre de prévention de la radicalisation Après des mois d\u2019incertitude, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence recevra finalement un soutien de 975 000 $ de la Ville de Montréal.Au printemps dernier, le contrôleur général de la Ville avait soulevé plusieurs préoccupations quant à la gestion du centre créé en 2015.Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal avaient alors instauré une administration transitoire afin de revoir le mandat de l\u2019organisme.La responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville, Rosannie Filato, a indiqué mercredi que la mission communautaire du centre resterait la même, mais que le financement accordé serait réservé aux services offerts aux Montréalais.Le Devoir L\u2019enseigne Archambault a retrouvé sa place mercredi après-midil JACQUES NADEAU LE DEVOIR Où commence la vérité, où finit le mensonge en littérature ?DIABLE SUITE DE LA PAGE A 1 la critique (on lui a prédit le Goncourt), a subi une première contre-attaque quand le père de Yann a fermement démenti les accusations de sévices.Son plus jeune frère, Alexandre, s\u2019est aussitôt présenté comme véritable victime dans cette sale affaire, avec Yann seul aux commandes sadiques.C\u2019était déjà beaucoup et pourtant il en restait à découvrir.Le magazine L\u2019Express a publié le 26 août les preuves que Yann Moix a participé au début de sa vingtaine à une publication ouvertement raciste, antisémite et négationniste.Même les pierres doivent avoir honte devant l\u2019obscénité de ces abominations.Parler d\u2019un squelette dans le placard relève de l\u2019euphémisme : il y a un cimetière au grenier.Questionné sur ces faits, Yann Moix a d\u2019abord avoué être l\u2019auteur des caricatures abjectes puis il a tout avoué avec une autre de ses formules paradoxales : « Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite ».La contrition médiatisée a atteint un point culminant samedi quand Yann Moix est retourné à l\u2019émission On n\u2019est pas couché (ONPC) sur France 2 pour s\u2019excuser, là où il a longtemps été un redoutable commentateur sniper embauché pour passer au gril les invités.Il a dit avoir changé du tout au tout, citant son amitié avec le philosophe Bernard- Henri Lévy (qui a pris sa défense), son appui indéfectible d\u2019Israël, son apprentissage de l\u2019hébreu.« Ça va, il s\u2019est expliqué, stop », a ensuite prié l\u2019animateur d\u2019ONPC, Laurent Ruquier, devant la déferlante de nouvelles réactions acrimonieuses contre Yann Moix et l\u2019émission, jugée trop complaisante.Pour en rajouter, le frère Alexandre a lancé une poursuite en justice et obtiendra la diffusion d\u2019un message en bandeau pendant la prochaine diffusion d\u2019ONPC.Et vogue et divague la galère\u2026 Et moi, et moi et Moix Les plus généreux demandent tout de même de ne pas négliger Orléans, le livre pour le livre.L\u2019ouvrage se construit en deux parties.Dedans raconte la mort à petit et à grand feu à la maison ; Dehors montre la vie qui bat et se débat à l\u2019école.Les chapitres reprennent les années scolaires à la française (maternelle, seconde, première, etc.).La maîtrise moixienne de l\u2019art littéraire demeure indéniable et appréciable, surtout l\u2019écriture.N\u2019empêche, à la longue, le procédé devient redondant pour ne pas dire lassant, même dans Dedans, de loin le plus puissant des deux bouts.Chaque segment du récit entremêle immanquablement l\u2019invention d\u2019une nouvelle torture parentale et L\u2019imam se défend d\u2019être antisémite ou raciste TRAHISON SUITE DE LA PAGE A 1 Le député libéral sortant, Nicola Di Iorio, soutient que ce « désastre » à quelques jours du déclenchement électoral était prévisible.Les déclarations contestées de M.Guillet étaient connues depuis longtemps, et il ajoute qu\u2019elles avaient même été portées à l\u2019attention du Parti libéral.« Tout le monde était au courant de ça.Tout le monde.Les gens étaient embarrassés que le parti ne fasse rien avec ça », dit-il.Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a reproché aux libéraux d\u2019avoir tenté de « cacher les vues antisémites de l\u2019un de leurs candidats vedettes ».« Ce candidat a aussi révélé que, même s\u2019il connaissait ses opinions, Trudeau l\u2019a soutenu et s\u2019est dit \u201ccontent\u201d de sa candidature pour le Parti libéral du Canada, et travaillait à une stratégie visant à minimiser son extrémisme et à le garder comme candidat.Il est clair que cet individu pensait que ses vues extrémistes seraient à leur place au Parti libéral de Justin Trudeau », a ajouté le chef conservateur dans un communiqué.La décision de révoquer la candidature d\u2019Hassan Guillet « a été prise à la suite d\u2019un processus d\u2019examen interne rigoureux qui a été amorcé dès que le parti a reçu de nouvelles informations », a indiqué au Devoir William Harvey-Blouin, stratège à la mobilisation et au soutien aux candidats du PLC.« Cette décision est sans appel », a-t-il précisé.L\u2019imam Guillet affirme que lui et ses partisans se sentent « trahis et victimes au mieux de l\u2019incompétence, au pire de la mauvaise foi » de l\u2019organisation libérale.Antisémitisme ou non ?L\u2019équipe de Justin Trudeau a annulé la candidature de l\u2019imam Guillet en raison de propos qualifiés d\u2019antisémites qu\u2019il a tenus dans le passé sur sa page Facebook.M.Guillet a salué en 2017 la remise en liberté du militant israélien Raed Salah, sympathisant du Hamas, une organisation vouée à la destruction d\u2019Israël et placée sur la liste des groupes terroristes par le Canada et d\u2019autres pays.« Nous félicitons le la découverte salvatrice des livres et de la lecture par le « graphomane », notamment de Gide et de son récit autobiographique Si le grain ne meurt.Un peu de patience sera de mise pour voir si ce nouveau grain littéraire va germer ou mourir.Pour l\u2019instant, le jugement du livre, sa simple appréciation détachée et pour ainsi dire décontex- tualisée, semble, sinon impossible, au moins très difficile.L\u2019affaire Moix brouille complètement l\u2019appréciation.Le jury Goncourt a avoué ne pas avoir retenu le brûlot pour cette exacte et raisonnable raison.D\u2019excellentes et fondamentales questions se bousculent.Où commence la vérité, où finit le mensonge en littérature ?Le fait qu\u2019un poète soit un objectif salaud enlève-t-il du mérite à sa poésie ?L\u2019éthique et l\u2019esthétique ne font-elles qu\u2019une ?Et que faire d\u2019une ancienne ordure repentie ?Après tout, Yann Moix 2.0 répète qu\u2019il ne serrerait pas la main à la première version de lui-même, alors comment délier l\u2019un de l\u2019autre ?Avec le temps Le temps fait varier les réponses.Avec les ans, on s\u2019habitue au moins un peu, on pardonne mieux et on détachera peut-être l\u2019œuvre de l\u2019œuvrant, comme disent les savants des études littéraires.Peut-être qu\u2019Orléans sera lu plus sereinement dans un futur plus ou moins rapproché.Ou pas.L\u2019espace aussi modifie les perspectives.Franchement, vu d\u2019ici, toute cette querelle donne peine à voir et fait encore sourciller devant certaines polémiques hexagonales.Oui, oui, bien sûr le débat et la qualité des échanges intellectuels franco- français demeurent admirables à bien des égards.Mais la douce France, c\u2019est aussi parfois la très infréquenta- ble France, avec des excès extrémistes de tous bords, des intellos fachos ou cocos, des critiques assassins, une impression d\u2019enflure, un goût de la provoc.Ou tout simplement la maîtrise de l\u2019art de la dispute (la bonne vieille éristique) pour venir à bout de ses contradicteurs y compris en les humiliant publiquement avec des petites phrases et des vannes manipulées comme des couteaux à cran d\u2019arrêt.Laurent Baffie, ça vous dit quelque chose ?Voici donc l\u2019histoire d\u2019un enfant qui a été maltraité, ou pas, on verra, assurément devenu antisémite et raciste à l\u2019âge adulte, puis écrivain doué et chroniqueur vitriolique et polémiste provocateur.Voici un beau parleur surdoué du clavier qui a passé les dernières années à varloper en direct des personnalités culturelles ou politiques jusqu\u2019à ce qu\u2019une partie de son passé enténébré remonte à la surface et le fasse chuter.Pour perdre sa réputation, il faut d\u2019abord en avoir une, non ?cheikh Salah pour sa libération et sa résistance.[\u2026] Nous demandons à Dieu qu\u2019il accélère la libération de tous les prisonniers ainsi que celle de la mosquée al-Aqsa et de toute la Palestine », a écrit Hassan Guillet en arabe.Hassan Guillet a accusé Israël de pratiquer l\u2019apartheid.Il a aussi écrit que « les sionistes contrôlent la politique américaine ».M.Guillet se défend vigoureusement d\u2019être raciste ou antisémite, au contraire, dit-il.« Quelqu\u2019un qui critique les juifs parce qu\u2019ils sont juifs, c\u2019est un antisémite.[\u2026] Quelqu\u2019un qui appelle à la haine et à la violence contre les juifs, c\u2019est un antisémite.» L\u2019imam Guillet a rappelé ses apparitions publiques avec des rabbins et des chefs religieux catholiques, notamment pour dénoncer l\u2019attentat contre une synagogue à Pittsburgh en octobre 2018.L\u2019ex-candidat libéral a beau poser des gestes qui témoignent d\u2019un respect de toutes les religions, y compris celle du peuple juif, ses propos sur les « sionistes » peuvent être qualifiés d\u2019antisémites, estime Richard Moon, professeur de droit à l\u2019Université de Windsor, en Ontario.Il est spécialisé dans les aspects légaux de la liberté d\u2019expression au Canada.« La seule chose qui me frappe comme étant un cas classique d\u2019antisémitisme, c\u2019est la généralisation à propos des sionistes qui contrôlent le gouvernement », dit le professeur.Il était au courant de la controverse et a parcouru le dossier monté par le B\u2019nai Brith.Les affirmations de l\u2019imam Guillet ne sont toutefois pas des « propos haineux » au sens de la loi, estime Richard Moon.« Pour cela, il faudrait un discours très extrémiste, qui prônerait par exemple la destruction d\u2019une communauté ou qui dépeindrait ses membres comme des animaux ou des êtres dangereux », nuance le professeur.« Je ne le vois pas faire l\u2019objet d\u2019accusations en vertu du Code criminel, mais j\u2019imagine très bien le Parti libéral être mal à l\u2019aise avec ces commentaires », dit Richard Moon.Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes et le Conseil national des musulmans canadiens ont aussi dénoncé les propos de M.Guillet.Avec Hélène Buzzetti L\u2019imam Hassan Guillet devait porter les couleurs du Parti libéral jusqu\u2019à l\u2019intervention du B\u2019nai Brith, qui a ressorti des déclarations controversées du candidat que Justin Trudeau vient de le récuser.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le temps fait varier les réponses.Avec les ans, on s\u2019habitue au moins un peu, on pardonne mieux et on détachera peut-être l\u2019œuvre de l\u2019œuvrant. LEDEVOIR // LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 Alain Bergeron VP exécutif et chef des placements AVIS DE NOMINATION iA Groupe ?nancier annonce la nomination d\u2019Alain Bergeron à titre de vice-président exécutif et chef des placements.Il devient également membre du comité de plani?cation, qui établit la direction stratégique de l\u2019entreprise.M.Bergeron compte dix-neuf ans d\u2019expérience dans le domaine des placements, notamment chez Placements Mackenzie, où il a occupé le poste de vice-président principal au cours des six dernières années, ainsi qu\u2019à l\u2019Of?ce d\u2019investissement du régime de pensions du Canada.Il détient une maîtrise en ingénierie ?nancière de HEC Montréal.Au sein de iA Groupe ?nancier, M.Bergeron sera responsable de la gestion des actifs de la société.À propos de iA Groupe ?nancier iA Groupe ?nancier est un groupement de sociétés d\u2019assurance et de gestion de patrimoine parmi les plus importants au Canada.Il mène aussi des activités aux États-Unis.Fondée en 1892, l\u2019entreprise ?gure au nombre des grandes sociétés publiques au pays.Ses titres sont inscrits à la Bourse de Toronto sous les symboles IAG (actions ordinaires) et IAF (actions privilégiées).ia.ca Mike Stickney VP exécutif et chef de la croissance AVIS DE NOMINATION iA Groupe ?nancier annonce la nomination de Mike Stickney à titre de vice-président exécutif et chef de la croissance.Fort d\u2019une expérience de 40 ans dans le monde de l\u2019assurance, dont 20 ans au sein de iA Groupe ?nancier, M.Stickney occupait le poste de vice-président exécutif, Développement des affaires aux États-Unis depuis 2005.Dans ce nouveau rôle, créé pour soutenir les différents secteurs d\u2019activité dans la mise en œuvre de leurs stratégies de croissance, M.Stickney supervisera toutes les initiatives de croissance, tant au Canada qu\u2019aux États-Unis.Il travaillera aussi de près avec Lilia Sham, vice-présidente exécutive du développement corporatif, sur les occasions d\u2019acquisition.M.Stickney fait partie du comité de plani?cation de iA Groupe ?nancier, qui établit la direction stratégique de l\u2019entreprise.À propos de iA Groupe ?nancier iA Groupe ?nancier est un groupement de sociétés d\u2019assurance et de gestion de patrimoine parmi les plus importants au Canada.Il mène aussi des activités aux États-Unis.Fondée en 1892, l\u2019entreprise ?gure au nombre des grandes sociétés publiques au pays.Ses titres sont inscrits à la Bourse de Toronto sous les symboles IAG (actions ordinaires) et IAF (actions privilégiées).ia.ca ISABELLE PARÉ LE DEVOIR La Fondation David Suzuki veut que l\u2019usage des pesticides soit banni ou fortement restreint au Québec, tant dans les domaines agricole que domestique, en raison des doutes accrus liant ces produits neurotoxiques à des maladies comme l\u2019autisme et, surtout, la maladie de Parkinson.L\u2019organisme environnemental fera cette recommandation le 23 septembre à la Commission de l\u2019agriculture, des pêcheries, de l\u2019énergie et des ressources naturelles (CAPERN), lors des consultations sur l\u2019impact des pesticides, lancées dans la foulée du congédiement controversé de l\u2019agronome Louis Robert l\u2019hiver dernier.Ce fonctionnaire du ministère de l\u2019Agriculture avait été remercié pour avoir alerté les médias de l\u2019existence de conflits d\u2019intérêts entre la recherche sur les pesticides et certains lobbys favorables aux pesticides.À ces auditions, la Fondation fondera son attaque sur les risques engendrés par ces produits toxiques sur le développement de deux maladies en pleine augmentation au Québec : la maladie de Parkinson et l\u2019autisme.Selon la fondation, les preuves s\u2019additionnent pour conclure à une relation de causalité claire entre certains pesticides et la maladie de Parkinson.Pour ce qui est de l\u2019autisme, des études menées sur des modèles animaux supportent la thèse d\u2019un risque accru d\u2019autisme chez les enfants exposés aux pesticides durant la petite enfance ou nés de mères exposées pendant certaines périodes clés de la grossesse.« On n\u2019en est pas au lien de causalité avec l\u2019autisme, mais doit-on attendre une épidémie accrue pour appliquer le principe de précaution ?», a fait valoir Louise Hénault-Éthier, cheffe des projets scientifiques à la fondation.Pour cette raison, l\u2019organisme pressera Québec d\u2019interdire l\u2019usage des pesticides en milieu agricole à moins de 2 kilomètres de maisons, de routes ou de bâtiments publics.En milieu urbain, l\u2019usage des pesticides devrait être restreint à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur des écoles, des garderies et des établissements de santé, plaide-t-il.Dans les municipalités, la fondation veut interdire la vente de pesticides dans les 150 villes et villages qui en prohibent déjà l\u2019usage à des fins cosmétiques.Nuances de chercheurs Selon des experts joints par Le Devoir, les craintes soulevées par l\u2019organisation environnementale sont fondées pour la maladie de Parkinson, mais plus floues en ce qui a trait à l\u2019autisme.«La relation entre la maladie de Parkinson et les pesticides est claire depuis des décennies.Chaque fois qu\u2019on utilise des pesticides, surtout des insecticides, on augmente les risques», a indiqué le Dr Ron Postuma, neurologue de l\u2019Institut et hôpital neurologiques de Montréal (Le Neuro) et spécialiste de la maladie de Parkinson.Toutefois, dit-il, les pesticides ne sont pas en cause dans la majorité des diagnostics.Quant à l\u2019autisme, les preuves à l\u2019encontre des pesticides sont encore minces, mais elles sont légion pour ce qui est des multiples problèmes neurologiques et comportementaux qu\u2019ils peuvent entraîner chez les enfants, affirme Maryse Bou- chard, professeur de santé environnementale à l\u2019École de santé publique de l\u2019Université de Montréal et chercheuse au CHU Sainte-Justine.«L\u2019exposition pendant la grossesse est reliée à des problèmes comportementaux et à une baisse du quotient intellectuel chez les enfants nés de mères vivant à proximité de champs arrosés.Tout cela milite en faveur d\u2019une plus grande restriction.Surtout que, dans bien des cas, on peut s\u2019en passer.» ENVIRONNEMENT Appel à des interdits sévères sur les pesticides La Fondation David Suzuki va réclamer à Québec que leur usage soit banni ou fortement restreint La Fondation David Suzuki va presser Québec d\u2019interdire l\u2019usage des pesticides en milieu agricole à moins de 2 kilomètres de maisons, de routes ou de bâtiments publics.DENIS CHARLET AGENCE FRANCE- PRESSE Pour ce qui est de la maladie de Parkinson, les études avancées par la Fondation évaluent que le risque de développer cette maladie chez les fermiers et travailleurs exposés plus de dix jours par an avec des pesticides est plus que doublé (2,5), et de 1,7 fois plus pour toute personne en contact 30 jours par an aux pesticides domestiques, notamment aux herbicides de jardin accessibles en vente libre.«ll y a énormément de défaillances dans la régulation des pesticides.On en retrouve partout aux caisses des supermarchés.Il y a même des incitatifs à la vente», dénonce Mme Hénault-Éthier, déplorant l\u2019absence de réglementation sérieuse pour ces produits neurotoxiques.Elle déplore que l\u2019utilisation accrue de ces poisons contre les punaises de lits et autres insectes nuisibles qui prolifèrent dans les maisons expose tout particulièrement des personnes vulnérables aux substances délétères qu\u2019ils contiennent.Pesticides au Canada Insecticides : 345 sortes de pyré- thrinoïdes sont homologuées par Santé Canada pour combattre divers insectes considérés comme nuisibles dans les espaces domestiques.Le chlopyrifos, un produit utilisé en milieu agricole, est interdit dans huit pays d\u2019Europe et plusieurs États américains en raison des risques posés pour le développement du cerveau chez l\u2019enfant.Une étude relie ce produit à l\u2019autisme.Herbicides : 448 types de glypho- sates sont homologués au Canada comme désherbants.Ce produit fait l\u2019objet de multiples révisions en Europe, et l\u2019Allemagne vient de décider de l\u2019interdire en 2023. LEDEVOIR // LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin l y a tout un paradoxe à voir le premier ministre Boris Johnson entrer en guerre avec son Parlement et pousser la présomption jusqu\u2019à expulser du Parti conservateur 21 députés rebelles, dont plusieurs en étaient des piliers, lui qui a par ailleurs défendu l\u2019idée et le principe d\u2019un Brexit pur et dur au nom du rétablissement de la démocratie parlementaire britannique et, par extension, de la souveraineté du « peuple » face à l\u2019autoritarisme distant de Bruxelles.Il n\u2019est pas non plus sans ironie que ce Parlement lui mette des bâtons dans les roues de la même manière que le clan des Brexiters à tous crins, aujourd\u2019hui au pouvoir, a fini par avoir la peau de l\u2019ex-première ministre Theresa May.M.Johnson a jeté de l\u2019huile sur le feu en décidant d\u2019abord de suspendre les travaux parlementaires pour cinq semaines à compter de lundi prochain.Alors que point l\u2019échéance fatidique du 31 octobre, date butoir du Brexit, le geste est venu témoigner d\u2019un mépris grave à l\u2019égard du débat démocratique.Si bien qu\u2019il est heureux que, mercredi, les Communes aient approuvé en urgence une loi visant à empêcher que le premier ministre sorte le Royaume-Uni du giron européen le 31 octobre prochain sans accord préalable de rupture avec l\u2019UE.Ce qui, sur le fond, ne met pas fin à l\u2019impasse, bien entendu, sauf pour tenter d\u2019éviter dans l\u2019immédiat aux Britanniques d\u2019avoir à sauter dans le vide.Un Brexit sans accord demeure, du reste, possible.N\u2019empêche que, pour avoir posé mardi le geste extraordinaire d\u2019expulser les députés rebelles \u2014 devenus indépendants \u2014, le gouvernement Johnson a perdu sa majorité aux Communes, donnant à l\u2019opposition, certes divisée et disparate, le pouvoir d\u2019exiger du premier ministre qu\u2019il aille demander à Bruxelles un nouveau report du divorce avec l\u2019UE.Sur papier du moins, puisqu\u2019il n\u2019est pas question pour M.Johnson d\u2019obéir\u2026 et puisque, par ailleurs, la négociation a tourné à une fin de non-recevoir réciproque entre Londres et l\u2019Union européenne.Alors quoi ?Ces temps fous promettent dans les prochains jours d\u2019autres rebondissements et d\u2019autres culs-de-sac, liés à une panoplie de calculs partisans.Chose certaine, il devient clair qu\u2019il y aura, plus tôt que plus tard, de nouvelles élections en Grande-Bretagne.M.Johnson dit maintenant en vouloir \u2014 signe que sa marge de manœuvre se réduit \u2014 et souhaitait mercredi les voir se tenir le 15 octobre.Mais encore là, il n\u2019est pas maître du jeu, comme la règle exige qu\u2019il obtienne le feu vert des deux tiers des Communes pour déclencher des élections hâtives.Entendu que l\u2019incroyable bourbier dans lequel continue de s\u2019enfoncer la classe politique est à l\u2019image des déchirements qui secouent l\u2019ensemble de la société britannique dans le débat sur le Brexit.Du moins jusqu\u2019à un certain point.Il y a plusieurs peuples, n\u2019en déplaise aux populistes simplificateurs.Mais le fait est aussi que le débat au Parlement, ainsi que le relève le journaliste britannique James Butler, a viré en trop grande partie aux luttes de pouvoir partisanes et aux guerres procédurières « ésotériques » face auxquelles le commun des mortels en perd son latin.Si le référendum de juin 2016 a mis en exergue les lacunes de la construction européenne et la fatigue démocratique du monde occidental, alors en quoi a-t-il donné lieu depuis trois ans en Grande-Bretagne, se demande-t-il, à une réflexion sur le rôle de l\u2019État national, ou sur la politique migratoire, ou sur les relations compliquées avec l\u2019Irlande et entre les nations qui la constituent ?On désespère de voir ces enjeux soulevés en campagne électorale.Mis en déroute au Parlement, M.Johnson, qui n\u2019est devenu premier ministre qu\u2019à la fin du mois de juillet, aura défendu la thèse que la menace d\u2019un Brexit sans accord renforçait la position de négociation du Royaume-Uni face à l\u2019UE.Rien n\u2019est moins sûr.C\u2019est en tout cas la position qu\u2019il défendra en campagne, aiguillé par son conseiller principal, Dominic Commings, le Steve Bannon des Anglais.La stratégie est, comme chez les républicains aux États-Unis, de pousser le Parti conservateur bien à droite de l\u2019échiquier politique, en espérant compenser les pertes au sein de son électorat modéré par les voix extrémistes des partisans du Brexit Party de Nigel Farage.Stratégie risquée et peu amène.M.Johnson veut rebattre les cartes en creusant les divisions.On ne veut pas le voir réussir.Sylvio Morin Je me suis lancé en journalisme grâce à Pierre Nadeau.Il était le modèle à suivre.Il incarnait la probité, l\u2019intelligence, le savoir-faire du métier.Il donnait goût d\u2019embrasser cette profession qui, plus que jamais aujourd\u2019hui, lorsqu\u2019elle est pratiquée dans les règles de l\u2019art sans esprit mercantile, est le premier rempart de la sauvegarde de la démocratie.Ses reportages n\u2019étaient jamais ni trop simples ni trop complexes, comme pour ramener l\u2019information à un niveau de compréhension générale sans la vulgariser à l\u2019extrême, probablement par respect pour son auditoire qu\u2019il savait être capable de discernement et de réflexion.Il plaçait certes les choses pour un récit chargé d\u2019émotions en n\u2019oubliant pas de demeurer dans la mire de la rigueur.Dans son cas, il avait carrément le physique de l\u2019emploi.Beau comme un Adonis, il était un séducteur des ondes.Il gérait bien le paradoxe d\u2019être à la fois un journaliste de renom et, pendant un certain temps, le plus bel homme du Canada.Rien d\u2019incompatible ! Que dire de sa voix\u2026 C\u2019est par elle que tout passait.En entrevue au petit écran (« Avec lui, il devenait grand », a dit Simon Durivage), il transcendait, il crevait l\u2019espace télévisuel.Et venait quelquefois la question assassine qu\u2019il suivait généralement d\u2019un sourire mi-carnassier, mi-moqueur.En demeurant courtois et élégant.Pas de sensationnalisme mais de la sensation avec toujours la recherche de la vérité.Du vrai Nadeau.Pour moi, c\u2019était sa marque de commerce.Ses connaissances de la scène internationale en faisaient un reporter à part, hors pair, d\u2019exception, d\u2019instinct, allumé, crédible.Un sérieux Tintin globe-trotteur passionné.Jusqu\u2019à la fin.J\u2019ai eu l\u2019immense joie de côtoyer celui que je considère comme ma muse et mon idole.Nous étions voisins de bureau à l\u2019époque où il avait installé sa maison de production, Le Sagittaire, dans les locaux de Télé-Québec.Dans ces années-là, le gouvernement du Québec venait de sabrer le budget du télédiffuseur public, ce qui avait entraîné des dizaines de mises à pied.Ce faisant, beaucoup d\u2019espace avait été libéré et Télé-Québec avait décidé de louer ces espaces.Je me suis retrouvé dans un coin du 5e étage de l\u2019édifice D avec ma petite équipe de la Dictée des Amériques alors que M.Nadeau était installé dans le coin opposé avec, lui aussi, sa toute petite Pierre Nadeau, le reporter international Les témoignages élogieux fusent de toutes les sphères de la société québécoise, en particulier de ses ex-confrères et consœurs, depuis l\u2019annonce du décès du journaliste Pierre Nadeau.Parmi ces témoignages, plusieurs font ressortir l\u2019héritage qu\u2019aura légué Pierre Nadeau au monde journalistique.En ce qui me concerne, la qualité de ses reportages internationaux aura été la plus grande contribution de Pierre Nadeau.Parmi ces faits d\u2019armes, soulignons son reportage où il obtient une entrevue avec deux felquistes dans un camp d\u2019entraînement palestinien quelques mois seulement avant la crise d\u2019Octobre au Québec.De 1973 à 1975, il anime le très populaire magazine Le 60, qui traite de questions internationales et qui l\u2019amène à couvrir, entre autres, la guerre du Vietnam, la guerre du Liban, les jours précédant la chute du président chilien Salvador Allende, la crise à Chypre, la guerre israélo-arabe, les massacres au Burundi et la réalité des Palestiniens en Cisjordanie.Ses deux entrevues avec « Bébé Doc », le président haïtien Jean-Claude Duvalier, ont aussi grandement marqué sa carrière.En entrevue avec Bernard De- rome, il raconte à quel point les Pierre Nadeau, le prince communicateur LIBRE OPINION LETTRES BREXIT D\u2019impasses en élections ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu équipe.La scène était un peu loufoque, car nous étions les seuls à occuper tout l\u2019étage qui était à aire ouverte avec quelques panneaux de division.Il entendait mes rires tonitruants lorsque je parlais au téléphone, lesquels provoquaient sa propre hilarité.Un rire franc comme l\u2019homme vrai qu\u2019il était.Lorsque sa biographie L\u2019impatient est parue, j\u2019ai fait la longue queue au Salon du livre de Montréal pour qu\u2019il dédicace ma copie.Mon tour venu, il m\u2019a aussitôt reconnu et son magnifique sourire est apparu.Je ne me souviens pas de tout ce qu\u2019il a écrit, mais seulement que ça commençait par « À Sylvio, mon ami beauceron\u2026 ».Pierre Nadeau était un gentleman baveux et impertinent.Pour moi, il était un prince communicateur.Il était mon prince.Adieu mon prince et merci.Ses connaissances de la scène internationale en faisaient un reporter à part, hors pair, d\u2019exception, d\u2019instinct, allumé, crédible.Un sérieux Tintin globe- trotteur passionné.Jusqu\u2019à la fin.images de la famine de 1973 en Éthiopie l\u2019ont ébranlé.« Il y a un plan que je n\u2019oublierai jamais.[\u2026] Il durait peut-être deux minutes.[\u2026] À droite et à gauche, c\u2019étaient des gens, des femmes et des enfants, qui étaient vraiment en train de mourir de faim.[\u2026] Le regard de ces gens-là était comme une interrogation qui s\u2019adressait directement à la caméra.» Dans les années 1970, l\u2019information internationale, le parent pauvre de l\u2019information, était pratiquement absente du petit écran au Québec.Pierre Nadeau lui a donné vie, voire ses lettres de noblesse\u2026 Pour ce tour de force remarquable qui a ouvert les portes de l\u2019international aux Québécois, merci à vous, M.Nadeau ! Henri Marineau Québec, le 4 septembre 2019 Sommes-nous différents du Brésil ?Ces temps-ci, on voit le gouvernement du Canada réagir au sujet de la forêt amazonienne qu\u2019on laisse brûler.Mais sommes-nous si différents du Brésil ?Le gouvernement brésilien laisse de grosses compagnies agricoles brûler la forêt pour en faire des pâturages.Nous, nous détruisons des centaines d\u2019hectares de forêt pour\u2026 extraire du pétrole de sables bitumineux ! Où est la différence ?D\u2019un côté, on détruit la forêt pour en faire des pâturages éphémères et de l\u2019autre, on détruit la forêt pour produire du pétrole par une industrie qui est la plus grande productrice de gaz à effet de serre (GES) au Canada.Et on va bientôt lui permettre de tripler sa production par la construction du pipeline Trans Mountain.Le principal argument qu\u2019on entend actuellement pour l\u2019exploitation des sables bitumineux, c\u2019est : « La ressource est là ! Pourquoi ne pas l\u2019exploiter ?» Au Québec, nous avons des ressources dénombrées et bien connues d\u2019uranium et d\u2019amiante.Est-ce une raison de les exploiter pour autant ?En suivant le même raisonnement, on a failli exterminer la loutre de mer et la baleine bleue, au XIXe siècle, et il s\u2019en est fallu de peu, au XXe siècle, pour qu\u2019on extermine la morue de l\u2019Atlantique, n\u2019eût été le moratoire qu\u2019on a imposé sur sa pêche.« La ressource est là ! » Allons-y allègrement ! Comment le Canada va-t-il atteindre les objectifs qu\u2019il a signés à Paris en permettant à son principal producteur de GES de tripler sa production?Depuis sa construction, on dénombre plus de cent fuites provenant du pipeline Trans Mountain.Advenant un désastre écologique, qui paiera la note?Le pétrole issu des sables bitumineux est un pétrole lourd.Il cale au fond des eaux.En plus de détruire la flore et la faune de nos cours d\u2019eau, qui paiera la note pour fournir l\u2019eau potable de nos villes, qui la puise à même ces cours d\u2019eau?M.Trudeau, est-ce une farce?Vous voulez vraiment que le Canada diminue ses GES?Jules-Arthur Barrette Sutton, le 4 septembre 2019 GUY TAILLEFER I Ces temps fous promettent dans les prochains jours d\u2019autres rebondissements et d\u2019autres culs-de-sac, liés à une panoplie de calculs partisans.Chose certaine, il devient clair qu\u2019il y aura, plus tôt que plus tard, de nouvelles élections en Grande-Bretagne. A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Au nom de la sécurité I l y a maintenant près de deux ans, la direction de la résidence que je partageais alors avec plusieurs colocs d\u2019un peu partout dans le monde a décidé d\u2019installer, sans préavis, des caméras Google Nest à proximité de nos espaces communs.Le prétexte : surveiller les portes d\u2019entrée au cas où il y aurait des voleurs, à un coût plus modeste que celui de caméras extérieures.La réalité : les caméras d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas les machins d\u2019antan aux images floues stockées péniblement sur des VHS qu\u2019on s\u2019empresse d\u2019effacer.Les Google Nest sont dotées de technologie de reconnaissance faciale.Toutes les personnes qui entrent et sortent de la résidence sont identifiées par les caméras ; le nombre d\u2019allées et venues est calculé.Les engins sont connectés sur le réseau wi-fi de la résidence, tout comme nos téléphones : si on a son cellulaire sur soi, la caméra sait dans quelle pièce de la résidence chaque personne se situe, avec une grande précision.Les caméras sont aussi dotées de microphones assez puissants : nos conversations pouvaient être captées et enregistrées à un moment ou un autre.Finalement, elles sont contrôlées à partir d\u2019une appli cellulaire ; les responsables de la résidence pouvaient en tout temps écouter le fil vidéo (et audio), être alertés des allées et venues d\u2019un individu en particulier ou stocker des portions de notre vie privée dans un nuage.On a tout de suite eu l\u2019impression d\u2019être les participants non consentants à une émission de téléréalité.Certains de mes colocs avaient déjà subi de l\u2019espionnage dans des pays où les militants des droits humains sont ouvertement surveillés \u2014 voire emprisonnés \u2014 par les autorités nationales.Disons qu\u2019aucun d\u2019entre nous n\u2019a accueilli les caméras dans la joie et l\u2019allégresse, mais pour certains, la situation allait même réveiller des traumas.Et je vous le donne en mille : aucun voleur n\u2019a été attrapé au cours de notre séjour.Je vous épargne les détails de ce cas précis.Sachez seulement que les lois et normes sociales en matière de surveillance sont floues.Si floues que vous êtes probablement surveillés de la sorte vous aussi à votre insu.Plusieurs des grands centres commerciaux du Québec utilisent au- jourd\u2019hui la reconnaissance faciale non seulement pour la sécurité, mais aussi pour cerner le profil démographique de leur clientèle.Des caméras cachées lisent votre visage pour deviner votre genre, votre âge, votre humeur, votre niveau général de satisfaction et on ne sait quoi d\u2019autre.Sans annonce, sans avertissement, et sans processus de reddition de comptes.Les caméras Google Nest, ou de type similaire, sont aussi de plus en plus nombreuses dans les écoles.Il y en a un peu partout au Québec dans les autobus scolaires, près des salles de bains, à l\u2019entrée de salles de classe.La direction de l\u2019école Vanguard, à Saint-Laurent, est même poursuivie par son syndicat des enseignants en réponse à l\u2019installation d\u2019une soixantaine d\u2019appareils de ce type dans l\u2019établissement.Les profs disent se sentir constamment épiés, que la situation crée un stress important au travail.Selon La Presse, on comptait environ 35 caméras par école à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys\u2026 en 2013.Leur nombre a augmenté depuis.Par ailleurs, si vous habitez dans un complexe de condos ou si vous travaillez dans une tour à bureaux, je poserais quelques questions.On justifie bien des choses au nom de la sécurité.Depuis deux semaines, on commence tranquillement, et timidement, à réfléchir à la surveillance à la Ville de Montréal, à la suite d\u2019une motion déposée par un élu indépendant du conseil municipal de Montréal, Marvin Rotrand, demandant un moratoire sur l\u2019utilisation des technologies de reconnaissance faciale par le SPVM.C\u2019est que l\u2019an dernier, la Ville a fait l\u2019acquisition de 730 caméras de vidéosurveil- lance, et 415 de ces caméras ont été remises au SPVM.On sait que la Ville de Toronto s\u2019en sert, et que la Sûreté du Québec est en processus d\u2019appel d\u2019offres pour s\u2019en acheter aussi.Le SPVM, quant à lui, refuse encore de dire au public si, oui ou non, ces nouveaux gadgets ont été déployés dans la métropole.Cet obscurantisme est apparemment normal, en démocratie.Comme société, nous n\u2019avons pas conscience de la différence effarante entre les technologies d\u2019aujourd\u2019hui et les brontosaures à VHS de jadis.Au moment où quelques individus, encore isolés, soulèvent de peine et de misère ces questions fondamentales au Québec, les manifestants de Hong Kong doivent avoir recours à des pointeurs lasers pour brouiller les appareils de reconnaissance faciale installée dans les rues par les autorités chinoises avides de profilage et de répression politiques.Le Québec n\u2019est pas la Chine.Mais les Québécois gagneraient sûrement à écouter les témoignages des Chinois, des Turcs\u2026 et même des militants autochtones, environnementalistes, communistes ou sou- verainistes d\u2019ici, espionnés au fil du temps par la GRC, pour réaliser que la démocratie, les libertés civiles et les droits fondamentaux s\u2019érodent facilement, surtout sous prétexte de sécurité.Les utilisations possibles de ce qui s\u2019installe ici dans l\u2019indifférence sont beaucoup plus vastes que l\u2019on se l\u2019imagine.Et les répercussions sur la vie quotidienne peuvent se faire sentir rapidement, sans préavis.Vous pouvez me croire.ÉMILIE NICOLAS Marc-Antoine Durand Mia Laberge Le sit-in le plus connu des Québécois est sans doute celui de John Lennon et Yoko Ono (un bed-in pour être exact) survenu il y a 50 ans cette année dans la célèbre suite 1742 de l\u2019hôtel Reine Elizabeth de Montréal pour protester contre la guerre du Vietnam.Le sit-in reste aujourd\u2019hui un acte d\u2019occupation et de désobéissance fréquent, qui survient encore aux quatre coins du monde, que ce soit pour protester contre un projet de loi à Hong Kong ou pour demander des transformations politiques en Algérie.L\u2019actualité des prochains mois sera sans doute marquée par la nouvelle série de négociations des employés de la fonction publique québécoise.Tandis que ces négociations élevaient autrefois les passions, on oublie presque au- jourd\u2019hui que les employés de la fonction publique québécoise ont le droit de grève comme tous les travailleurs et travailleuses salariés au Québec.Dans le secteur de la santé et des services sociaux, cette réalité est d\u2019autant plus vraie que l\u2019exercice du droit de grève est farouchement encadré par le Conseil des services essentiels.Le calme qui a caractérisé les négociations dans le secteur public au Québec depuis quelques années pourrait nous faire oublier la proximité historique de certains grands conflits de travail.Le 5 septembre 2019 marque les 30 ans de la grève \u2014 illégale \u2014 des infirmières représentées par la Fédération des infirmiers et infirmières du Québec (FIIQ), aujourd\u2019hui la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).Il s\u2019agissait d\u2019un acte de désobéissance civile que les infirmières répéteront 10 ans plus tard, en 1999.[D]es « gestes illégaux ne ressemblent pas aux infirmières », tel que l\u2019avait affirmé le premier ministre de l\u2019époque, Lucien Bouchard.L\u2019histoire de la paix industrielle qui a suivi, nous la connaissons : réforme du réseau de la santé et des services sociaux, refonte des accréditations syndicales, imposition des conditions de travail par décret, décentralisation de la négociation dans le secteur public et parapublic puis une nouvelle réforme, la réforme Barrette.Des grèves, en quelque sorte La réalité concrète des établissements de santé tend à démontrer tout le contraire d\u2019une période de paix.Lorsque les gestionnaires n\u2019arrivent pas à mettre en place des équipes de travail sécuritaires, sans raison urgente ou exceptionnelle, les infirmières déclarent un sit-in ; elles refusent tout simplement de « prendre le rapport » interservices et exigent plutôt des conditions de travail décentes, sur-le-champ.En défenseur de l\u2019accès aux soins, le Conseil des services essentiels peut toujours être appelé à la rescousse par les employeurs du réseau de la santé.Le Conseil peut imposer les mêmes représailles qu\u2019en 1989 et 1999 : perte de salaire, amende, perte d\u2019ancienneté, représailles contre le syndicat.L\u2019agir politique des infirmières s\u2019en voit alors sévèrement réprimandé.Il se produit au Québec, chaque semaine ou presque, des arrêts de travail spontanés, des refus de travailler dans des conditions inacceptables, des grèves en quelque sorte.Des « grèves » non pas au sens du Code du travail, mais au sens large.Toutefois, ces bulles de désobéissance civile passent largement sous le radar médiatique, sauf exception.Les luttes des femmes ont par ailleurs trop souvent été rendues invisibles, cachées, ignorées.Il convient donc de remettre en exergue les femmes en tant que sujet historique.Les sit-in, ces « grèves » à la journée, démontrent la capacité des infirmières à s\u2019organiser, à résister, lorsque les conditions de travail dans lesquelles elles sont placées sont dangereuses : pour leurs obligations déontologiques, mais surtout parce qu\u2019elles jugent que la sécurité et la qualité des soins dispensés à la population québécoise sont menacées.Sans égard aux effets délétères pour les patients, c\u2019est monnaie courante, dans le réseau de la santé, de réduire les équipes de travail, de ne pas remplacer les absences, sous prétexte de pénurie de la main-d\u2019œuvre.Or, cette pénurie alléguée sert plutôt les intérêts d\u2019une gestion néolibérale \u2014 laquelle n\u2019hésite pas à faire porter les risques aux professionnelles en soins et aux patients.Comme quoi le soin est politique.Le sit-in apparaît alors comme le dernier rempart de protection de l\u2019intégrité du réseau public de la santé.Ce faisant, les infirmières s\u2019inscrivent dans un mouvement plus large qui confirme que l\u2019avancement des droits des travailleurs et des travailleuses, comme ceux d\u2019une société, a essentiellement été possible grâce à l\u2019action politique directe.Cette mobilisation des infirmières, dans leur milieu de travail, et en solidarité avec la communauté où se trouve ce milieu de travail, confirme ce rôle essentiel des femmes dans la préservation et l\u2019exercice de nos droits collectifs.Par ces grèves ponctuelles, ces sit-in, les infirmières sonnent l\u2019alarme sur l\u2019état de santé d\u2019un système malade.Elles font avancer les choses : les gestionnaires sont alors contraints de sortir de leur idéologie du rationnement et de trouver des solutions au manque de personnel.Ainsi, en dépit du semblant de paix industrielle, si chère aux décideurs, qui semble régner sur le réseau de la santé et des services sociaux, le potentiel de mobilisation et de contestation des professionnelles en soins demeurent vif et s\u2019exerce, comme nous l\u2019avons vu, régulièrement.À l\u2019abri des regards, la guerre de tranchées entre travailleuses et patrons pour le contrôle du travail n\u2019a rien d\u2019une relique de l\u2019histoire.L\u2019avenir nous dira si la prochaine négociation du secteur public s\u2019inscrira ou non en continuité avec le calme des dernières années.SANTÉ Les sit-in des infirmières MARC-ANDRÉ BLAIN SUTTON Il est réjouissant de constater que l\u2019on parle davantage des « vraies affaires » en matière d\u2019environnement.Il est question de pesticides, de zones inondables, d\u2019étalement urbain, etc.La gestion de nos matières résiduelles, notamment le verre, est d\u2019actualité et il faut dire qu\u2019elle soulève plus de questions que de réponses.Nos ministres de l\u2019Environnement et RECYC-QUÉ- BEC ont échoué en tant que chefs de file d\u2019un mouvement qui n\u2019a jamais pris son envol ; ils ont même entraîné le recyclage dans une impasse.Heureusement, des remises en question de nos habitudes et moyens semblent poindre.Il sera important de prendre les bonnes décisions, de s\u2019assurer qu\u2019elles seront à la hauteur des défis qui se dressent et de faire preuve de courage politique devant les différentes parties prenantes de cet enjeu.Le verre est un matériau singulier de par sa nature.Il nécessite une importante quantité d\u2019énergie et de matière première pour sa fabrication, mais en revanche, il offre un produit neutre, hygiénique et par-dessus tout réutilisable un nombre important de fois ; les bouteilles de bière et nos pots Mason en sont une preuve.Le verre représente un volume considérable de nos matières résiduelles et devrait non seulement être revalorisé, mais bonifié.Plusieurs boissons et produits alimentaires offerts dans des contenants de plastique pourraient être offerts dans du verre.La présence de produits non durables en plastique est fortement remise en question en raison de l\u2019omniprésence des résidus que l\u2019on trouve aux quatre coins de la planète.De plus en plus de consommateurs réagissent au suremballage et à l\u2019impact négatif de nos déchets.Ils exigent des contenants réutilisables pour leurs achats en alimentation, souvent en fournissant les leurs.Cette avenue, bien qu\u2019elle lance un message clair aux détaillants, n\u2019est pas la plus viable d\u2019un point de vue pratique, sanitaire et hygiénique, mais le secteur agroalimen- taire doit prendre acte de ces enjeux et viser à standardiser ses contenants qui pourraient ainsi être consignés et réutilisés.Plusieurs acteurs devront faire preuve d\u2019inventivité, de clairvoyance et d\u2019audace et poser des gestes concrets en matière de réutilisation de nos ressources.La SAQ , Lo- blaws, Metro, Couche-Tard et cie devront affronter ces défis et adopter des attitudes constructives.Le mode de gestion des contenants consignés n\u2019a pas été revu depuis les caisses de Coke en bois\u2026 Des points de dépôt et de gestion des contenants consignés pourraient être implantés, comme il en existe chez nos voisins ontariens, ils pourraient être financés par l\u2019industrie et en partie par RECYC-QUÉ- BEC.Ceci, en plus de libérer les détaillants d\u2019un fardeau quotidien, ouvrirait la porte à une grande variété de contenants consignés.Il est urgent de hausser le montant des consignes ; parions qu\u2019à un dollar le morceau, ils ne se retrouveront plus enfouis dans nos dépotoirs.Le moment semble propice pour mettre la main à la pâte et profiter de cette période de remue-méninges pour instaurer de nouvelles balises véritablement appuyées sur un développement durable ; notre environnement l\u2019exige.ENVIRONNEMENT Recycler ou réutiliser le verre ?Le verre représente un volume considérable de nos matières résiduelles et devrait non seulement être revalorisé, mais bonifié.ISTOCK Par ces grèves ponctuelles, ces sit-in, les infirmières sonnent l\u2019alarme sur l\u2019état de santé d\u2019un système malade LEDEVOIR // LE JEUDI 5 SEPTEMBRE 2019 ÉLECTIONS 2019 A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de 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région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.BILAN AFFAIRES ÉTRANGÈRES Le frein de la dure réalité diplomatique Les électeurs seront conviés aux urnes le 21 octobre prochain pour trancher une question somme toute assez simple : les libéraux méritent-ils de prolonger leur passage aux commandes du Canada ?En cette veille électorale, Le Devoir propose un bilan en sept volets du mandat occupé de Justin Trudeau.Aujourd\u2019hui : les affaires étrangères.pour l\u2019Asie-Pacifique) aux Philippines, où il a été accueilli en rock star.Justin Trudeau s\u2019est en outre rendu à Paris pour participer à la COP21 sur le climat et s\u2019y poser en grand défenseur de l\u2019environnement.Le chef libéral avait même invité les partis d\u2019opposition et les premiers ministres des provinces avec lui, question de démontrer tout le sérieux qu\u2019il accordait à la crise climatique et les efforts que consentirait le Canada pour rallier ses alliés aux causes qui lui tiennent à cœur.Mais à peine un an plus tard, le gouvernement a dû réorienter sa politique internationale pour s\u2019occuper d\u2019un seul et unique enjeu : les États-Unis.La nouvelle ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, s\u2019est vu confier le mandat de gérer à temps plein la relation avec le voisin américain et de renégocier l\u2019ALENA avant que le nouveau président, Donald Trump, n\u2019exécute sa menace de l\u2019abroger.Les négociations ont été difficiles et pour le moins tendues.Le Canada et le Mexique ont néanmoins fini par s\u2019entendre avec les États-Unis et signer un nouvel accord de libre-échange l\u2019automne dernier.La levée des tarifs imposés sur l\u2019aluminium et l\u2019acier canadiens a suivi.La ratification de l\u2019entente se fait toutefois toujours attendre.Aussitôt le dossier américain réglé, Justin Trudeau s\u2019est retrouvé en guerre avec un autre géant : la Chine.L\u2019arrestation en décembre de Meng Wanz- hou, directrice financière de Huawei, qui fait l\u2019objet d\u2019une demande d\u2019extradition des États-Unis, a enragé Pékin.En guise de représailles, deux Canadiens ont été arrêtés et envoyés en prison dans des conditions lamentables.Les exportations canadiennes de canola, de porc et de bœuf ont été limitées ou interdites d\u2019entrée.Justin Trudeau s\u2019est en outre mis à dos l\u2019Arabie saoudite l\u2019an dernier en dénonçant une vague d\u2019arrestations de militants des droits de la personne.Dans le lot se trouvait Samar Badawi, la sœur du blogueur Raïf Badawi, emprisonné depuis 2012.L\u2019Arabie saoudite n\u2019a pas digéré de se faire faire la morale par la ministre Freeland sur Twitter.L\u2019ambassadeur canadien a été expulsé de Riyad, et les relations diplomatiques et commerciales gelées.Cinq mois plus tard, en janvier, la ministre en a rajouté en accueillant personnellement à Toronto \u2014 et devant les caméras de télévision \u2014 la réfugiée saoudienne Rahaf Mohammed al-Qunun.Malgré ces remontrances, le Canada n\u2019a pas révoqué son contrat de vente de blindés à l\u2019Arabie saoudite.Le gouvernement Trudeau a par ailleurs tenté de se poser en pacificateur dans la foulée de la crise au Venezuela.Les libéraux ont aussi signé l\u2019accord de libre-échange avec l\u2019Union européenne (AECG), dont les conservateurs de Stephen Harper avaient signé l\u2019accord de principe.Et le Canada a ratifié le Partenariat transpacifique avec dix pays de la région.Et le grand retour à l\u2019ONU ?Justin Trudeau avait en outre fait campagne en 2015 en promettant de refaire du Canada un joueur important au sein des Nations unies, en redéployant les Casques bleus canadiens et en accordant un budget plus important à l\u2019aide internationale.Sur ce second front, M.Trudeau a bel et bien bonifié les budgets de l\u2019Agence canadienne de développement international et permis que les fonds de santé maternelle puissent à nouveau financer l\u2019avortement à l\u2019étranger (après que Stephen Harper l\u2019eut refusé).La politique d\u2019aide internationale canadienne est aussi devenue féministe, en s\u2019engageant à ce que tout nouveau projet permette de renforcer l\u2019égalité entre les sexes et le pouvoir des femmes à l\u2019étranger.La participation canadienne aux missions de paix onusiennes s\u2019est par contre fait attendre.Et ce, pendant trois ans.Le Canada a finalement dépêché pendant un an 250 soldats, deux hélicoptères de transport Chinook et quatre Griffon armés au Mali.Une participation jugée timide par certains critiques.Et les libéraux ont refusé de prolonger cette mission cet été, malgré les demandes des alliés.L\u2019armée canadienne a mené onze évacuations médicales en un an.Une seconde mission aérienne promise en Ouganda a en outre été retardée, le temps de mener celle au Mali.Un avion de transport Hercules et 25 soldats y ont été déployés fin août, à raison d\u2019une semaine par mois pendant un an.Du côté de l\u2019Irak et de la Syrie, les libéraux ont retiré les six avions de chasse qu\u2019y avait envoyés Stephen Harper pour combattre le groupe armé État islamique.M.Trudeau a privilégié une mission d\u2019entraînement des forces locales, en envoyant pour ce faire 200 soldats des forces spéciales.Au fil de leur mission, les soldats canadiens ont échangé à quelques reprises des tirs avec l\u2019en- MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR J ustin Trudeau proclamait en 2015 que le Canada était « de retour » comme grand leader sur la scène internationale.L\u2019ambitieux programme du premier ministre libéral a cependant rapidement été bousculé.Et quatre ans plus tard, au moment où la courte mission de paix du Canada au Mali vient de prendre fin, M.Trudeau tente surtout tant bien que mal de naviguer entre les écueils d\u2019une relation précaire avec les États-Unis et une guerre diplomatique avec la Chine.Le mandat de Justin Trudeau avait pourtant bien démarré.À peine élu, le nouveau premier ministre a fait le tour du monde pour participer à une série de sommets internationaux \u2014 notamment celui de l\u2019APEC (acronyme en anglais de la Coopération économique nemi.M.Trudeau a discrètement prolongé trois fois la mission, par voie de communiqué de presse, jusqu\u2019en 2021.Quelque 850 soldats s\u2019y trouvent encore, accompagnés de deux avions de transport Hercules et de sept Griffon.M.Trudeau avait par ailleurs promis de régler l\u2019interminable saga du remplacement des avions de chasse canadiens et d\u2019exclure du concours le F-35 de Lockheed Martin.La prochaine flotte n\u2019a cependant toujours pas été choisie.Les soumissions devraient être reçues cette année, le contrat être octroyé en 2022 et le premier avion être livré en 2025.Lockheed Martin pourra finalement soumissionner.L\u2019ambassade canadienne en Iran n\u2019a pas été rouverte non plus, malgré le fait que M.Trudeau s\u2019y soit engagé.Ses troupes arguent que des cas consulaires ont refroidi les pourparlers.La veuve d\u2019un universitaire irano-canadien mort en prison l\u2019an dernier, Kavous Seyed- Enami, est coincée en Iran depuis.Le pays ne reconnaît pas la double citoyenneté de Maryam Mombeini.Justin Trudeau a malgré tout toujours l\u2019ambition d\u2019obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies l\u2019an prochain.Le Canada sera en compétition contre la Norvège et l\u2019Irlande, qui espèrent elles aussi remporter l\u2019un des deux sièges temporaires pour le mandat de 2021-2022."]
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