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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-09-07, Collections de BAnQ.

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[" ILLUSTRATION SÉBASTIEN THIBAULT MARCO BÉLAIR-CIRINO MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTS PARLEMENTAIRES À QUÉBEC LE DEVOIR Après avoir confié la responsabilité de la langue française au ministre Simon Jolin-Barrette mercredi, François Le- gault s\u2019est appliqué, sans que personne lui demande, à définir le nationalisme qu\u2019il prône.« En campagne électorale, la Coalition avenir Québec [CAQ] avait promis d\u2019être un gouvernement nationaliste », a déclaré le premier ministre d\u2019entrée de jeu à la presse.« Pour moi, être nationaliste, c\u2019est d\u2019abord fondé sur trois piliers : la langue française, la culture et la laïcité de l\u2019État.» Contrairement à ce qu\u2019il affirmait au Devoir en juin dernier, il n\u2019exclut plus la possibilité de rouvrir la loi 101 et promet «quelque chose d\u2019ambitieux» pour l\u2019industrie culturelle.« La culture, c\u2019est l\u2019âme d\u2019un peuple », a-t-il fait valoir.François Legault embrasse au- jourd\u2019hui le nationalisme autonomiste\u2026 après avoir défendu le nationalisme indépendantiste.Dans un entretien à la fin juin, le chef du gouvernement disait s\u2019affairer à accroître la fierté nationale québécoise.« Pour moi, c\u2019est important cette fierté- là.Moi, j\u2019ai toujours été nationaliste.J\u2019ai même été souverainiste », a-t-il dit.Que permet cette fierté ?« Ça permet d\u2019avoir des projets collectifs », a répondu M.Legault sans hésitation.Outil de rassemblement Tous les partis se réclament au- jourd\u2019hui d\u2019une forme de nationalisme.Pour cause, « aucune autre idéologie, aucun autre mouvement social n\u2019ont constitué un instrument de rassemblement aussi puissant depuis la Révolution française », souligne le politologue Louis Balthazar dans son ouvrage Nouveau bilan du nationalisme au Québec.Le politologue a défini le nationalisme comme «un mouvement qui consiste à accorder une priorité à l\u2019appartenance nationale et à lutter pour une meilleure reconnaissance de la nation à laquelle on appartient ».« Pour un petit peuple comme celui du Québec, le nationalisme est un ingrédient presque indispensable à son existence, à sa survie, à son développement», insiste-t-il.En tirant encore plus le tapis nationaliste sous ses pieds, la CAQ bouscule le Parti québécois (PQ).À trois ans des élections générales, la formation politique de François Legault veut-elle la peau du PQ ?« M.Legault voulait s\u2019attaquer lui aussi aux \u201cvraies affaires\u201d, aux questions économiques.Là, on découvre un PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES Coup de poker à Westminster B 4 PERSPECTIVES Michel David : « Choisir le plus faible » B 4 DEVOIR DE PHILO Woodstock et la liberté comme domination B 5 IDÉES Normand Baillargeon : « Le numérique en classe » | B 7 Quatre partis, quatre déclinaisons du nationalisme québécois M.Legault culturel de bout en bout : laïcité, culture, langue.Ça, c\u2019est déjà un étonnement.Pourquoi jouer la carte du nationalisme ?Est-ce que c\u2019est bêtement pour aller chercher un électorat péquiste tout en compliquant la vie aux libéraux, qui vivent de leur électorat anglophone depuis la Confédération ou à peu près ?» demande l\u2019historien Yvan Lamonde.Le professeur en sciences politiques de l\u2019Université Laval Réjean Pelletier en est persuadé.« La CAQ voit le PQ comme son adversaire principal, soutient-il.La clientèle qu\u2019elle peut encore courtiser est celle du PQ.Donc, plus il y aura de gens qui viennent du PQ, moins il sera fort et moins il sera un obstacle à la montée de la CAQ, et ça, pour assurer une plus longue vie au pouvoir à la CAQ.» Le leader parlementaire, Martin Ouellet, a dit cette semaine ressentir comme « un petit velours » la volonté de M.Legault de rouvrir la Charte de la langue française.Ce faisant, le gouvernement donne tort à « ceux et celles qui pensent que le Parti québécois est un parti moribond et n\u2019a rien à proposer », a affirmé M.Ouellet en marge d\u2019un caucus des neuf élus péquistes.Poussé dans ses retranchements, le parti politique fondé par René Lé- vesque poursuit l\u2019objectif de « fond[er] un pays, non pas [d\u2019assurer] la gestion ordinaire d\u2019une province », a insisté la présidente Gabrielle Lemieux.Pour le PQ ,le nationalisme conduit logiquement à l\u2019indépendance.N\u2019étant plus souverainiste, François Legault n\u2019est pour sa part «pas piégé par des contraintes ou des extrêmes », avance M.Lamonde.«Ce n\u2019est pas un idéologue.Il est très pragmatique.C\u2019est probablement pour ça qu\u2019il réussit.C\u2019est ce qui fait sa force.Ce que les libéraux et les péquistes n\u2019ont pas réussi à faire avec la laïcité, lui l\u2019a fait.Ce que les libéraux et les péquistes n\u2019ont pas réussi à faire avec une révision de la politique linguistique, lui a décidé de s\u2019y attaquer», poursuit-il.À Québec, le chef de l\u2019opposition officielle, Pierre Arcand, ne voulait pas être en reste.Le Parti libéral du Québec est nationaliste, a-t-il assuré, avant d\u2019être appelé à préciser sa vision du nationalisme.«Premièrement, la défense des intérêts du Québec», a-t-il déclaré tout en pointant le Plan Nord.Il s\u2019agissait d\u2019une initiative visant à favoriser la croissance de «nos entreprises» et l\u2019occupation du territoire.«Et je terminerai aussi en vous disant que, sur le plan de la culture, regardez, année après année, les sommes d\u2019argent qui ont été mises pour la culture au Québec [par le PLQ]», a-t-il ajouté.Le PLQ, qui est boudé par l\u2019électorat francophone, est aussi disposé à « améliorer certains éléments de la loi 101 », mais à condition de ne pas porter atteinte aux droits individuels, a poursuivi M.Arcand, provoquant l\u2019étonnement de ses adversaires politiques.Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, était ébaubi par cette nouvelle.Son confrère Harold LeBel dit avoir remarqué un changement de ton de la part des élus libéraux.À un moment durant les travaux de la commission parlementaire sur l\u2019avenir des médias, la députée de Verdun, Isabelle Melançon, préconisait le rapatriement de pouvoirs qui sont actuellement entre les mains du gouvernement fédéral.Qui plus est, la députée de Verdun acquiesçait à l\u2019évocation par des intervenants de la politique de «souveraineté culturelle» mise en branle par Robert Bourassa.« Tout le monde est nationaliste ici, autour de la table, d\u2019un coup sec!» a lancé M.LeBel.Québec solidaire aussi.Le parti de gauche se réclame d\u2019un « nationalisme civique » et indépendantiste qui, insiste la députée Catherine Dorion, ne fait pas de distinction entre les Québécois dit de souche et les néo-Québé- cois.« Ce qu\u2019on veut faire, nous autres, c\u2019est un projet de société qui est enthousiasmant, qui est emballant, qui ne met pas du monde de côté en disant \u201cToi, t\u2019es pas vraiment Québécois\u201d, a- t-elle expliqué.Ceux qui sont Québécois, c\u2019est ceux qui veulent l\u2019être.» Pour Louis Balthazar, « un véritable nationalisme ne peut que viser au rassemblement et à la solidarité de tous ceux qui composent la nation ».Tout le monde est nationaliste ici, autour de la table, d\u2019un coup sec ! HAROLD LEBEL » PERSPECTIVES B 2 BILAN FÉDÉRATION Quand les provinces se liguent contre Ottawa Les électeurs seront conviés aux urnes le 21 octobre prochain pour trancher une question somme toute assez simple : les libéraux méritent-ils de prolonger leur passage aux commandes du Canada ?En cette veille électorale, Le Devoir propose un bilan en sept volets du mandat hyperactif de Justin Trudeau.Aujourd\u2019hui : les relations fédérales-provinciales Enfin, contre toute attente, le Québec, qui avait été jusqu\u2019alors un allié d\u2019Ottawa en matière environnementale, s\u2019en est dissocié.La province s\u2019est attaquée au projet de loi C-69 réformant le processus d\u2019évaluation environnementale au motif qu\u2019Ottawa y réitère le droit d\u2019imposer un examen fédéral à un projet situé en sol québécois si celui-ci menace des espèces en péril, des oiseaux migrateurs ou des droits autochtones.De même, le Québec interviendra à la Cour suprême dans la contestation par la Saskatchewan de la taxe fédérale sur le carbone au nom du respect des compétences provinciales.Front conservateur Ces deux enjeux environnementaux servent justement de moteur à la fronde provinciale conservatrice qui se bâtit contre Justin Trudeau depuis un an ailleurs au pays.L\u2019Albertain Jason Kenney martèle que Justin Trudeau nuit à l\u2019industrie pétrolière si vitale à l\u2019économie de sa province.Il sort donc l\u2019arsenal légal.Primo, il demande à sa Cour d\u2019appel une opinion sur la constitutionnalité de la taxe sur le carbone, même si l\u2019Ontario et la Saskatchewan ont essuyé un revers dans leur propre contestation.Secundo, il promet de contester les projets de loi C-69 (au motif qu\u2019il rend trop ardue la construction d\u2019infrastructures pétrolières) et C-48, qui instaure un moratoire sur le transport maritime d\u2019hydrocarbures au nord de la Colom- bie-Britannique.M.Kenney a même créé un fonds de 10 millions de dollars pour aider les communautés autochtones favorables à des projets pétroliers à contrecarrer devant les tribunaux le discours des opposants.Jason Kenney a invité cet été ses concitoyens tentés par la séparation de l\u2019Alberta à plutôt se séparer de M.Trudeau, et il envisage de faire campagne pour Andrew Scheer en Ontario cet automne.Car Doug Ford, lui, se fera plus discret, ayant même fermé la législature jusqu\u2019à la fin d\u2019octobre pour rester loin des projecteurs.Le premier ministre ontarien atteint des sommets d\u2019impopularité que les troupes de Justin Trudeau n\u2019aspirent qu\u2019à exploiter.Déjà, lorsque Queen\u2019s Park a abandonné le projet d\u2019Université de l\u2019Ontario français, Ottawa est arrivé à la rescousse en allongeant 1,9 million pour maintenir en poste les employés déjà embauchés.Quand l\u2019Ontario a sabré un programme de plantation d\u2019arbres, Ottawa l\u2019a immédiatement rescapé en versant 15 millions.Et Ottawa a versé 25,7 millions pour préserver l\u2019aide juridique aux migrants abolie par M.Ford.Justin Trudeau s\u2019est par ailleurs retrouvé avec un important conflit sur les bras lorsque la Colombie-Britannique est passée aux mains de la coalition NPD-Parti vert.La province a cessé d\u2019appuyer le projet d\u2019agrandissement de l\u2019oléoduc Trans Mountain et s\u2019est retrouvée en porte à faux avec l\u2019Alberta.Les deux gouvernements, pourtant issus de la même famille politique, se sont engagés dans une guerre commerciale: l\u2019une bloquant les importations de vin, l\u2019autre tentant de plafonner les futures importations de pétrole.M.Trudeau a été contraint d\u2019interrompre un voyage à l\u2019étranger pour tenir un sommet avec les deux provinces.HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR \u2019est ce qu\u2019on pourrait appeler un revirement de situation.Quand Justin Trudeau a pris le pouvoir à Ottawa, il pouvait compter sur des homologues provinciaux bien rouges souvent prêts à l\u2019appuyer.Quatre ans plus tard, la marque de commerce libérale bat de l\u2019aile d\u2019un océan à l\u2019autre et le premier ministre sortant doit faire face à un front commun conservateur qui souhaite ouvertement son départ.À l\u2019automne 2015, il n\u2019y avait qu\u2019un seul gouvernement provincial conservateur, celui du Saskatchewan Party, ou deux si on considère que le Parti libéral de la Colombie-Britannique, au pouvoir à ce moment-là, est davantage affilié à la mouvance conservatrice.Tous les autres étaient libéraux (6) ou néodémocrates (2).Et M.Trudeau a pu compter sur leur appui.C\u2019est grâce à Kathleen Wynne en Ontario qu\u2019il a pu convaincre la fédération de bonifier le Régime de pensions du Canada.C\u2019est parce que le Nouveau- Brunswick de Brian Gallant \u2014 un ami personnel de Justin Trudeau \u2014 a le premier rompu le front commun provincial sur la santé qu\u2019Ottawa a pu plafonner le taux de croissance des transferts et instaurer des fonds consacrés à la santé mentale et aux soins à domicile.Et la néodémocrate albertaine Rachel Notley a fourni une importante caution morale à Justin Trudeau en appuyant sa taxe sur le carbone en échange de la promesse de construction de nouveaux pipelines.Aujourd\u2019hui, M.Trudeau ne peut plus compter que sur les libéraux de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve.Les bleus sont revenus en grâce en Alberta, au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et à l\u2019Île-du-Prince- Édouard.Sans compter qu\u2019au Québec, la CAQ a délogé Philippe Couillard.Positions divergentes Déjà, en 2016, Ottawa et Québec avaient eu un léger accrochage à propos de l\u2019aide médicale à mourir, le gouvernement Couillard estimant que la nouvelle loi fédérale était trop restrictive et empiétait sur les compétences provinciales en octroyant aux infirmières le droit d\u2019administrer cette aide.Ces accrochages sont devenus plus fréquents avec l\u2019arrivée de François Legault, même si les deux gouvernements ont eu à cœur de ne pas attiser ceux-ci sur la place publique.Ainsi, les libéraux ont opposé une fin de non-recevoir aux caquistes qui désiraient rendre l\u2019obtention de la résidence permanente conditionnelle à la maîtrise du français et des valeurs québécoises.Tout comme ils refusent encore que Québec gèle le nombre de réfugiés et de candidats à la réunification familiale accueillis.Ils ont cependant accédé à la demande de Québec et versé, quelques jours avant le déclenchement électoral, une compensation de 250 millions de dollars pour l\u2019accueil des migrants irréguliers arrivés par le chemin Roxham.Les libéraux ont aussi qualifié d\u2019« impensable » la loi caquiste sur la laïcité, mais se sont bien gardés de se joindre à la contestation judiciaire.Ottawa a refusé net d\u2019envisager la mise en place d\u2019une déclaration de revenus unique, ce qui a amené François Legault à rappeler candidement qu\u2019Andrew Scheer était d\u2019accord, lui.Les deux capitales ont aussi eu maille à partir à propos du financement du tramway de Québec.Le gouvernement libéral assurait que le montant de 1,2 milliard de dollars réclamé était sur la table, tandis que Québec déplorait que le montage financier proposé reposât sur l\u2019utilisation complète d\u2019une enveloppe pour les infrastructures vertes qu\u2019il destinait à d\u2019autres projets.Les deux parties se sont finalement entendues.C LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 3 Un gâchis libéral dans Saint-Léonard a victoire de l\u2019ancien imam Hassan Guillet lors de la course à l\u2019investiture libérale dans Saint-Léonard\u2013Saint- Michel en mai dernier avait semé la consternation au sein de la communauté italienne de cette circonscription montréalaise, qui avait jusque-là envoyé un député italo-canadien à Ottawa.La nomination de M.Guillet, un musulman d\u2019origine libanaise, témoignait certes de la transformation démographique de ce fief libéral du nord-est de l\u2019île de Montréal depuis l\u2019arrivée des immigrants de l\u2019Afrique du Nord et d\u2019Haïti au cours des dernières décennies.Mais la nomination de celui que les bonzes du PLC considéraient comme étant une grosse prise \u2014 M.Guillet avait reçu des éloges de partout dans le monde après avoir livré un sermon touchant lors des funérailles des victimes de la fusillade de la grande mosquée de Québec en 2017 en plus d\u2019être un symbole de la diversité si chère au premier ministre Justin Trudeau \u2014 avait néanmoins mis en colère les militants libéraux de longue date de Saint-Léonard\u2013Saint-Michel.Certains déploraient l\u2019absence de vin lors de l\u2019assemblée d\u2019investiture, une concession aux électeurs musulmans venus en grand nombre pour appuyer « leur » candidat.D\u2019autres reprochaient au PLC d\u2019avoir « parachuté » M.Guillet dans la circonscription, loin de son lieu de résidence à l\u2019extérieur de Montréal.Et même si c\u2019était surtout la division du vote des militants italo- canadiens qui avait permis à M.Guillet de se faufiler vers la victoire, plusieurs en voulaient tout de même au parti d\u2019avoir permis un tel dénouement.On comprend que la campagne de M.Guillet en vue des élections fédérales d\u2019octobre s\u2019annonçait difficile dès sa nomination.Placé contre un candidat conservateur issu de la communauté italienne et appuyé par des personnalités bien en vue, et aux prises avec le mécontentement provoqué par les politiques libérales telle la légalisation de la marijuana, M.Guillet n\u2019était pas devant une victoire assurée.Il faut dire que les trois derniers députés libéraux de Saint-Léonard\u2013Saint-Michel n\u2019ont pas laissé que des souvenirs heureux dans l\u2019esprit des électeurs de la circonscription.Le nom d\u2019Alfonso Gagliano demeurera à jamais associé au scandale des commandites sous le gouvernement de Jean Chrétien dans les années 1990.Son successeur, Massimo Pacetti, fut expulsé du caucus libéral par M.Trudeau en 2014 à la suite d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle.Nicola Di Iorio, qui avait raflé la circonscription en 2015 en gagnant presque 65 % des voix, avait démissionné de son poste de député en 2018 dans des circonstances pour le moins nébuleuses.Interrogé sur ses longues absences de la Chambre des communes comme député, il avait prétendu que le premier ministre lui-même lui avait confié « une mission secrète ».Cela étant dit, les libéraux auraient sans doute balayé de nouveau Saint-Léonard\u2013Saint-Michel le 21 octobre prochain si un candidat italo-canadien avait gagné l\u2019investiture du PLC en mai dernier.Mais la destitution de M.Guillet par les hautes instances du PLC la semaine dernière, à la suite d\u2019une plainte déposée contre lui par B\u2019nai Brith Canada, laisse les troupes libérales dans une position encore plus fâcheuse.M.Guillet a affirmé cette semaine que le PLC était au courant de ses propos antérieurs, jugés comme antisémites et anti-Israël, lorsqu\u2019il a été nommé.Il s\u2019agit d\u2019une accusation grave que le chef conservateur Andrew Scheer a vite reprise à son compte en reprochant aux libéraux d\u2019avoir tenté de « cacher les vues antisémites de l\u2019un de leurs candidats vedettes ».M.Guillet menace maintenant de se présenter comme candidat indépendant, ce qui risquerait de rallier bon nombre des électeurs musulmans de la circonscription que les libéraux avaient voulu rejoindre dans en premier temps avec la candidature M.Guillet.Le ministre de l\u2019Immigration, Ahmed Hussen, l\u2019avait pris sous son aile, et sa candidature avait fait les manchettes à travers le pays.La stratégie des libéraux risque maintenant de se retourner contre eux.Certains membres du parti imputent la responsabilité de ce gâchis au député d\u2019Honoré- Mercier et ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, responsable de la campagne du PLC au Québec.Peu importe, il incombe à M.Rodriquez de réparer les pots cassés pour éviter que Saint-Léonard\u2013Saint-Michel ne tombe entre les mains des conservateurs le mois prochain.Le candidat du PCC, Ilario Maiolo, qui fait campagne depuis plus d\u2019un an déjà, jouit de l\u2019appui du propriétaire des cinémas Guzzo, Vincenzo Guzzo, et du conseiller municipal Dominique Perri.Il reste à voir si la plupart des Italo-Canadiens, qui boudaient le PLC pendant que M.Guillet défendait sa bannière, rentreront au bercail si un membre de leur communauté est maintenant choisi pour représenter le parti lors des élections qui auront lieu dans à peine six semaines.Ou si le long règne des libéraux dans Saint-Léonard\u2013 Saint-Michel, circonscription maintenant pluricultu- relle, tire à sa fin.MANON CORNELLIER LE DEVOIR Le rituel est connu.Pour donner le vrai coup d\u2019envoi à leur campagne, les partis font tout un plat du dévoilement de leur slogan et de leurs premières publicités.Le lancement d\u2019une nouvelle marque de voiture serait à peine différent.Ce n\u2019est pas un hasard, le marketing politique est devenu indissociable depuis longtemps des rendez-vous électoraux.Le déclenchement officiel de la campagne n\u2019a pas encore eu lieu qu\u2019on y goûte déjà.Les publicités partisanes ont commencé à envahir le petit écran, la radio et les plateformes numériques, toutes affublées des fameux slogans.Les libéraux nous disent de « Choisir d\u2019avancer ».Au NPD, « On se bat pour vous ».Le Bloc québécois affirme que « Le Québec, c\u2019est nous ».Les Verts scandent « Ni à droite ni à gauche.Vers l\u2019avant ensemble».Et le Parti conservateur, lui, promet « Plus.Pour vous.Dès maintenant » en français et clame qu\u2019il est temps pour vous de passer devant (Time for you to get ahead).On peut se demander à quoi cela rime, mais tout ceci est soupesé pendant des mois par des stratèges et spécialistes des communications à l\u2019aide de consultations, sondages et groupes témoins.« Il n\u2019y a rien de fortuit », insiste Thierry Giasson, spécialiste de la question et professeur de sciences politiques à l\u2019Université Laval.Les slogans, puis les publicités, sont « des repères pour les électeurs, des raccourcis ou des indices de ce que le parti veut faire ».Ce sont les premiers jalons de la construction de la trame narrative de campagne, d\u2019où leur importance, explique-t-il.Quant au slogan, ajoute-t-il, il doit aussi inspirer la base militante et les supporteurs à qui il servira de cri de ralliement.Les partis ne s\u2019adressent pas à tous les électeurs, mais à ceux qu\u2019ils veulent garder dans leur giron et à ceux qu\u2019ils croient pouvoir rallier à leur cause, études de marché à l\u2019appui, si on peut parler ainsi.Et les partis savent où les trouver.Les banques de données des L\u2019HEURE JUSTE KONRAD YAKABUSKI L Les libéraux auraient sans doute balayé de nouveau Saint-Léonard\u2013Saint-Michel le 21 octobre prochain si un candidat italo-canadien avait gagné l\u2019investiture du PLC en juin dernier Les slogans, puis les publicités, sont « des repères pour les électeurs, des raccourcis ou des indices de ce que le parti veut faire ».La politique est marketing Les partis ne s\u2019adressent pas à tous les électeurs, mais à ceux qu\u2019ils veulent garder dans leur giron et à ceux qu\u2019ils croient pouvoir rallier à leur cause.Et ils savent où les trouver.En photo, le premier ministre, Justin Trudeau.DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE électeurs qu\u2019ils entretiennent avec tant de jalousie \u2014 et de secret \u2014 et les sondages pour lesquels ils dépensent volontiers servent à cela.Luc Dupont, professeur en communications à l\u2019Université d\u2019Ottawa, s\u2019intéresse depuis longtemps à ces slogans et publicités partisanes pour comprendre à qui s\u2019adressent les partis et décoder ce que pensent vraiment les stratèges en coulisses.Il note que seuls le PLC et le PC sont actuellement présents à la télévision, ce qui démontre leur intérêt pour une frange de la population plus indécise, moins informée mais plus friande de culture populaire télévisuelle.Il souligne aussi un fait nouveau à ses yeux, soit que tous les principaux partis, sauf le NPD, ont choisi des slogans qui ne se limitent pas à les identifier, mais à marquer l\u2019opposition avec l\u2019adversaire.Les libéraux martèlent en somme que choisir les conservateurs équivaut à retourner en arrière.Le Bloc affirme être le seul à pouvoir parler au nom des Québécois.Les conservateurs, eux, se présentent comme les défenseurs des laissés-pour- compte du gouvernement Trudeau.Dans le cas du NPD, l\u2019essentiel du message se retrouve dans les publicités et sur le site Web, note M.Dupont, et montre que ce qui préoccupe les stratèges est la méconnaissance du chef, Jagmeet Singh.Quant aux verts, leur appel à tous, en rappelant en sous-entendu que le sort de la planète préoccupe tout le monde, est audacieux, juge-t-il.Mais c\u2019est ce que les sondages démontrent, relève Thierry Giasson, et le parti a vu cet effet à l\u2019œuvre en Colombie-Britannique.Mais la donne serait-elle en train de changer ?Depuis quelques décennies, le consumérisme et le marketing politiques se sont imposés en politique avec pour résultat que les partis ne peuvent plus compter sur l\u2019attachement partisan des citoyens.L\u2019électorat est fragmenté et de plus en plus de citoyens abordent les campagnes électorales comme une opération de magasinage.Les partis, de leur côté, élaborent leurs politiques dans le même esprit, traitant l\u2019électeur en consommateur ou en contribuable et non plus en citoyen, a documenté la journaliste au Toronto Star, Susan Dela- court, dans son livre Shopping For Vote.Un large segment de la population aborde l\u2019offre politique avec ses seuls besoins individuels en tête, relève le professeur Giasson.L\u2019anxiété économique y est pour beaucoup et comme le spectre de la dernière récession flotte encore, les partis d\u2019opposition y font volontiers référence, note-t-il.Le mouvement écologiste a longtemps dénoncé cette approche consumériste qui a éclipsé la recherche du bien commun et freiné la réponse aux problèmes environnementaux, relève Mm e Delacourt dans son ouvrage.Mais si l\u2019anxiété économique est toujours dans le peloton de tête des inquiétudes des citoyens, celle provoquée par les changements climatiques la devancerait de quelques points, selon certains sondages.Le slogan du PC est le seul qui vise uniquement l\u2019anxiété économique.On saura le 21 octobre si cette approche peut encore suffire ou si, dans le contexte actuel, les électeurs recherchent des solutions capables de faire le pont entre leurs deux anxiétés. LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 4 Choisir le plus faible e premier ministre Legault a justifié la neutralité qu\u2019il a imposée aux députés de la CAQ lors de la prochaine campagne fédérale par son désir de s\u2019assurer de bonnes relations avec le prochain gouvernement canadien, peu importe le parti dont il sera issu.Pourtant, ses prédécesseurs libéraux ou péquistes ne sentaient pas la nécessité de cette sage réserve.Certes, le premier ministre lui-même s\u2019abstenait de prendre officiellement position, mais ses députés étaient libres d\u2019appuyer le candidat ou le parti de leur choix.Les libéraux faisaient campagne aux côtés de leurs vis-à-vis fédéraux et les péquistes se rangeaient derrière le Bloc québécois.Lors de l\u2019élection de 1988, Robert Bourassa, qui s\u2019était allié Brian Mulroney pour mener à bien l\u2019entente sur le libre-échange et l\u2019accord du lac Meech, avait néanmoins autorisé son ministre-organisateur, Marc-Yvan Côté, à appuyer le Parti libéral du Canada et à accueillir en grande pompe son chef, John Turner, dans sa circonscription de Charlesbourg.Si Andrew Scheer veut devenir premier ministre, il doit augmenter de façon significative sa députation au Québec, et les circonscriptions ciblées par les conservateurs sont situées essentiellement en territoire caquiste.Même si ses engagements demeurent vagues, M.Scheer s\u2019est montré plus ouvert aux demandes de M.Legault que Justin Trudeau, et il serait certainement reconnaissant d\u2019avoir un coup de main, mais la CAQ se veut une coalition et de nombreux électeurs qui ont contribué à la victoire du 1er octobre 2018 ne verraient pas d\u2019un bon œil qu\u2019elle favorise l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019un parti qui leur inspire les plus grandes craintes.Le gouvernement Trudeau fait actuellement pleuvoir les milliards sur le Québec.Global News a calculé que pour le seul moins d\u2019août, il y a fait 1300 annonces totalisant 2,7 milliards, contre 284 annonces et 1,9 milliard en Ontario, et ça continue.En revanche, il s\u2019oppose à l\u2019octroi de tout nouveau pouvoir.Même l\u2019instauration d\u2019une déclaration de revenus unique administrée par le Québec semble incompatible avec sa vision unitaire du Canada.La perspective d\u2019un gouvernement Scheer n\u2019a cependant rien de rassurant.Dans une lettre ouverte adressée aux Québécois vendredi, le chef conservateur est revenu à la charge avec son projet de « corridor énergétique », qui permettrait de faire transiter diverses sources d\u2019énergie d\u2019un bout à l\u2019autre du pays.M.Legault semble n\u2019y voir qu\u2019une lubie, mais son propre entêtement à établir un « troisième lien » sous-fluvial entre Québec et Lévis démontre bien qu\u2019il faut se méfier des lubies.Si M.Scheer devient premier ministre, il est permis de croire que Jason Kenney jouira d\u2019une influence bien plus grande à Ottawa que M.Legault, et il n\u2019abandonnera certainement pas son idée de ressusciter le projet de pipeline Énergie Est.Si M.Legault persiste à refuser, son homologue albertain va s\u2019employer à convaincre M.Scheer que la péréquation est décidément trop généreuse envers une province aussi peu encline à favoriser la croissance de l\u2019économie canadienne.Rouge ou bleu, le prochain gouvernement fédéral comportera son lot d\u2019inconvénients.Tout ce que doit souhaiter M.Legault, c\u2019est que ce gouvernement soit le plus faible possible.Qu\u2019il soit libéral ou conservateur, l\u2019histoire des cinquante dernières années enseigne que la présence d\u2019un gouvernement minoritaire à Ottawa a toujours été bénéfique pour le Québec.La période la plus faste à cet égard a sans conteste été celle où Lester B.Pearson dirigeait un gouvernement libéral minoritaire (1963-1968).Malgré la vive opposition de certains de ses ministres anglophones, M.Pearson a laissé le Québec se doter d\u2019un régime de pension distinct, qui a permis la création de la Caisse de dépôt, et accepté de lui céder plusieurs points d\u2019impôt.C\u2019est également sous son règne que le Québec a pu faire ses premiers pas sur la scène internationale.L\u2019arrivée de Pierre Elliott Trudeau a mis un terme à ce mouvement d\u2019émancipation.Du côté conservateur, Brian Mulroney a fait un réel effort pour réconcilier le Québec avec le reste du pays, mais l\u2019accord du lac Meech a échoué.Finalement, c\u2019est la période minoritaire du gouvernement Harper (2006-2011) qui a été la plus favorable : reconnaissance de la nation québécoise « au sein d\u2019un Canada uni », présence à l\u2019UNESCO, hausse de la péréquation\u2026 Ces largesses ont pris fin quand M.Harper s\u2019est assuré d\u2019une majorité à la Chambre des communes.L\u2019élection d\u2019un gouvernement minoritaire le 21 octobre ne constituerait pas une garantie, mais elle pourrait soudainement améliorer la compréhension de la différence québécoise à Ottawa.CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT À PARIS LE DEVOIR Cela ne fait plus de doute.Il y aura des élections précipitées au Royaume- Uni.Mais toute la question est de savoir quand.En quelques jours, les Britanniques ont vu leur premier ministre, Boris Johnson, qui avait promis à maintes reprises de ne pas déclencher d\u2019élections anticipées, en réclamer à cor et à cri.De l\u2019autre côté de la chambre, ils ont vu le chef de l\u2019opposition, le travailliste Jeremy Corbyn, voter contre la tenue d\u2019un scrutin qu\u2019il réclamait pourtant inlassablement depuis au moins deux ans.C\u2019est le monde à l\u2019envers ! Comment expliquer ce nouveau revirement dans une saga qui dure depuis maintenant trois ans ?Cette semaine, Boris Johnson, qui répète depuis son élection que la Grande-Bretagne doit absolument sortir de l\u2019Union européenne le 31 octobre prochain, quitte à le faire sans accord, a vite compris qu\u2019il n\u2019éviterait pas une élection avant le Brexit.Dans la seule journée de mercredi, il aura essuyé presque autant de gifles que sa prédécesseure, Theresa May, en plusieurs mois.En quelques heures, Boris Johnson a vu fondre sa faible majorité au Parlement et voter une loi l\u2019obligeant à demander à Bruxelles un report de l\u2019échéance du Brexit.Il a expulsé les 21 députés dissidents de son parti, mais n\u2019est pas parvenu à réunir les deux tiers de la chambre pour le déclenchement d\u2019élections le 15 octobre.Depuis 48 heures, dans une véritable partie de poker, Boris Johnson et Jeremy Corbyn tentent de faire en sorte que cette élection se tienne à la date qui leur sera la plus favorable\u2026 et qui nuira le plus à l\u2019adversaire.Boris Johnson est en effet convaincu qu\u2019il peut aller chercher cette majorité en chambre qui a toujours manqué à Theresa May pour faire appliquer le résultat du référendum de 2016.Et que ce sera d\u2019autant plus facile si l\u2019élection se tenait le 15 octobre.Le jeu demeurant ouvert et une négociation étant théoriquement toujours possible à Bruxelles, il pourrait alors solliciter plus facilement aussi bien les voix des partisans d\u2019une sortie unilatérale que de ceux d\u2019une sortie négociée.Annulant la loi le forçant à demander un report, il pourrait alors se présenter au sommet européen des 17 et 18 octobre en position de force et exiger un compromis de dernière minute.Une « trappe à éléphant » Chez les travaillistes, il aura fallu plusieurs jours aux députés pour convaincre leur chef que, même s\u2019il n\u2019avait cessé de réclamer des élections anticipées, il n\u2019avait pas avantage à ce que celles-ci se tiennent trop rapidement.L\u2019avertissement est d\u2019abord venu de l\u2019ancien premier ministre Tony Blair, pourtant ennemi juré de Corbyn, qui a déclaré lundi qu\u2019une telle élection serait « une trappe à éléphants ».L\u2019objectif d\u2019une élection qui se tiendrait plutôt en octobre ou en novembre est clair, écrit le chroniqueur du Telegraph Daniel Capurro : il s\u2019agit d\u2019ébranler la crédibilité du premier ministre, qui « a lié toute sa réputation à un départ de l\u2019Union européenne le 31 octobre ».Vendredi, Boris Johnson a répété qu\u2019il préférerait « être mort au fond d\u2019un fossé » plutôt que de demander un report du Brexit.Jeremy Corbyn, qui mène des discussions avec les indépendantistes écossais (SNP) et les autres chefs de parti, devrait donc rejeter la nouvelle proposition d\u2019élections anticipées que présentera Johnson lundi.Plusieurs estiment pourtant que ces plats calculs tactiques pourraient aussi se retourner contre le leader travailliste, qui traîne dans les sondages et dont le profil gauchisant n\u2019a jamais réussi à s\u2019imposer ni à sa députation ni à l\u2019électorat britannique.Boris Johnson n\u2019a pas hésité à traiter le chef de l\u2019opposition de « poule mouillée ».Il aura donc tout le temps de peindre son adversaire en chef de parti affaibli qui craint le jugement des urnes.« Retarder encore et encore les législatives équivaut à maintenir en vie de manière artificielle un Parlement inutile, écrit le Daily Telegraph.[\u2026] Cela renforce auprès des électeurs l\u2019idée que Boris Johnson les défend contre une élite anti-Brexit.» Si l\u2019élection se tient en novembre, Boris Johnson pourra aussi profiter de la suspension du Parlement et continuer à annoncer la fin des politiques d\u2019austérité, souligne le directeur des pages politiques du New Statesman, Stephen Bush.Un énorme pari Avec la nomination comme conseiller de l\u2019ancien stratège de campagne du Brexit Dominic Cummings, le 10, Downing Street ressemble aujourd\u2019hui beaucoup plus à un quartier général de campagne qu\u2019à celui d\u2019un gouvernement.Les sondages donnent pour l\u2019instant une avance de dix points à Boris Johnson.Certes, en 2017, Theresa May jouissait elle aussi d\u2019une telle avance.Mais, on s\u2019entend pour dire que May et Johnson n\u2019ont ni le même charisme ni les mêmes qualités de campainer.À gauche comme à droite, on est convaincu que l\u2019avantage penchera du côté de celui dont le camp sera le moins divisé.Cela pourrait favoriser Boris Johnson s\u2019il parvenait à préserver la lune de miel qui règne depuis son élection avec les électeurs du Brexit Party.On se souvient qu\u2019aux élections européennes, son leader, Nigel Farage, avait infligé une cuisante humiliation à Theresa May.Certains partisans évoquent même la possibilité d\u2019un pacte entre eux.Un pacte qui devrait cependant demeurer informel puisque Boris Johnson a aussi besoin des votes des conservateurs, qui préfèrent une sortie négociée.Le pari du Parti conservateur consistera à remplacer les circonscriptions qu\u2019il perdra inévitablement en Écosse et dans la région de Londres par des circonscriptions du Midland et du Nord-Est qui ont voté Leave en 2016.Il se pourrait d\u2019ailleurs que les divisions soient au moins sinon plus grandes dans le camp du Remain.Les analystes se demandent à quel point la position depuis toujours ambiguë de Corbyn sur le Brexit et ses hésitations à l\u2019idée d\u2019un second référendum risquent de favoriser Johnson.À l\u2019image des sept députés démissionnaires de février dernier, les sondages indiquent qu\u2019environ le quart de l\u2019électorat travailliste a déserté le parti.Ce qui explique probablement pourquoi le score des libéraux démocrates, clairs partisans du Remain, a doublé.Certains analystes, comme la chroniqueuse Camilla Tominey, n\u2019hésitent pas à parler d\u2019une véritable lutte de pouvoir au sein du Parti travailliste, où certains prédisent déjà la fin de l\u2019ère Corbyn.Le pari de Boris Johnson est énorme, estime le chroniqueur du Spectator James Forsyth.« Il pourrait tout perdre », écrit-il.Ou redéfinir pour longtemps les termes de la politique britannique\u2026 BREXIT Coup de poker à Westminster Cela ne fait plus de doute.Il y aura des élections précipitées au Royaume-Uni.Mais toute la question est de savoir quand.ISABEL INFANTES AGENCE FRANCE-PRESSE MICHEL DAVID Retarder encore et encore les législatives équivaut à maintenir en vie de manière artificielle un Parlement inutile.[\u2026] Cela renforce auprès des électeurs l\u2019idée que Boris Johnson les défend contre une élite anti-Brexit.THE DAILY TELEGRAPH » Rouge ou bleu, le prochain gouvernement fédéral comportera son lot d\u2019inconvénients.Tout ce que doit souhaiter M.Legault, c\u2019est que ce gouvernement soit le plus faible possible.Qu\u2019il soit libéral ou conservateur, l\u2019histoire des cinquante dernières années enseigne que la présence d\u2019un gouvernement minoritaire à Ottawa a toujours été bénéfique au Québec.L B 5 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.René Bolduc L\u2019auteur est professeur de philosophie au cégep Garneau et auteur de l\u2019essai Sincèrement vôtre.Petite introduction épistolaire aux philosophes (Poètes de brousse, 2018) Woodstock et la liberté comme domination Pour Marcuse, ce qu\u2019on conçoit comme un choix personnel relève souvent de l\u2019endoctrinement social L e mois dernier, c\u2019était le 50e anniversaire du mythique festival de Woodstock.Herbert Marcuse, philosophe qui a beaucoup inspiré les jeunes étudiants pendant cette période, ne pouvait que se montrer d\u2019accord avec cette ode à la liberté.Herbert Marcuse naît à Berlin en 1898.Il fait partie de l\u2019École de Francfort, un regroupement de penseurs qui s\u2019est donné pour tâche la critique de la société industrielle avancée.D\u2019origine juive, Marcuse quitte l\u2019Allemagne en 1933.Il s\u2019installe aux États-Unis et choisit d\u2019y demeurer après la guerre.Tout comme Wilhelm Reich avant lui, Marcuse combine les enseignements du marxisme et de la psychanalyse (freudo-marxisme) afin d\u2019en extraire la dimension émancipatrice.Dans son livre de 1955, Éros et civilisation, il analyse comment la civilisation requiert une répression des instincts.Selon Freud, les individus doivent renoncer à l\u2019assouvissement immédiat de leurs pulsions afin de jouir de la sécurité offerte en retour par la vie civile.Toute culture, selon le fondateur de la psychanalyse, se fonde ainsi sur la contrainte et le renoncement pulsionnel, le principe de réalité mettant au pas le principe de plaisir.Les pulsions de mort sont ainsi maîtrisées, mais aussi l\u2019énergie érotique (libido), laquelle se voit inhibée par les exigences du travail et de l\u2019ordre social.La surrépression Marcuse accorde à Freud qu\u2019une part de répression des instincts demeure nécessaire.En contexte de pénurie, on peut comprendre pourquoi « le plaisir est en \u201csuspens\u201d et [pourquoi] la douleur domine » (Éros et civilisation).Mais la pénurie n\u2019est-elle pas organisée afin d\u2019asservir la population ?Si tel est le cas et qu\u2019en réalité les richesses sont suffisantes, mais inégalement réparties, pourquoi le principe de plaisir devrait-il continuer à être réprimé ?Parce qu\u2019on donnerait libre cours à nos « bas » instincts en organisant, par exemple, un festival de musique rock pendant trois jours ?Aussi Marcuse condamne-t-il cette répression présente dans la société industrielle qui ne jure que par ce nouveau principe de réalité qu\u2019est le principe de rendement: concurrence, rentabilité, austérité.Il appelle surrépression ce contrôle injustifié, présent non seulement dans les sociétés capitalistes, mais aussi dans les sociétés socialistes et marxistes, lesquelles exercent des oppressions semblables.Woodstock et le plaisir Le festival de Woodstock eut lieu du 15 au 18 août 1969.On attendait 50 000 spectateurs, il en est venu près de 500 000.Il est devenu l\u2019emblème de la culture hippie : musique rock, soleil, drogue, nudité, pluie, bain de boue, bref un joyeux bordel.Les barrières, tant physiques que mentales, se sont ouvertes.Ces jeunes pacifistes ont fait un pied de nez à la morale de leurs parents en ouvrant les vannes du principe de plaisir.À l\u2019époque de ces « trois jours de paix et de musique », Marcuse a 71 ans.Il est déjà une sorte de rock star qui attire des foules.On veut l\u2019entendre.Sur certaines bannières, on associait trois M : Marx, Mao, Marcuse, porteurs d\u2019idées révolutionnaires.Grâce à l\u2019automation des tâches, Marcuse entrevoyait la possibilité de l\u2019avènement d\u2019une société qui nous affranchirait de la surrépression devenue enfin inutile : « L\u2019automation menace de rendre possible l\u2019inversion de la relation entre temps libre et temps de travail sur laquelle repose la civilisation actuelle : elle menace d\u2019offrir la possibilité de voir le temps de travail devenir marginal et le temps libre essentiel.Le résultat serait une transformation radicale du contenu des valeurs et un mode de vie incompatible avec la civilisation traditionnelle.» (Éros et civilisation) La jeunesse des années 1960 voulait en finir avec la société autoritaire, les conventions sociales, l\u2019hypocrisie ambiante, la bourgeoisie et la guerre : « Make love, not war.» Jimi Hendrix l\u2019a exprimé à sa façon en jouant une version tordue de l\u2019hymne national américain au dernier jour de Woodstock : sa guitare imitait le bruit des bombes tombant sur le Vietnam.Le rock, l\u2019amour libre, le psychédélisme, la consommation de drogue étaient censés ouvrir les portes de la perception.Marcuse fera remarquer aux esprits inquiets que libérer le plaisir humain n\u2019équivaut pas à la satisfaction immédiate de la moindre pulsion ressentie.La tolérance répressive Marcuse aurait sans doute aussi invité la génération Woodstock à aller au-delà du trip « sexe, drogue et rock\u2019n\u2019roll ».Sans condamner complètement la consommation de drogue \u2014 « Dans le \u201cvoyage\u201d s\u2019effectue une [\u2026] décomposition du moi tel qu\u2019il est façonné par la société établie » \u2014, il demeure bien conscient de ses limites : « Dans son refus volontaire de s\u2019engager, l\u2019individu se crée un paradis artificiel à l\u2019intérieur même de la société dont il veut se retirer.Il reste donc soumis à la loi de cette société.» (Vers la libération) Pour Marcuse, il s\u2019agit avant tout de changer radicalement la société répressive, et non de la fuir.Marcuse aurait aussi averti ces jeunes devant la récupération marchande de leur idéal de liberté.Il ne faut pas se leurrer : Woodstock, tel que pensé par ses organisateurs, se voulait d\u2019abord, mais est devenu seulement plus tard, une énorme entreprise commerciale.Cette récupération s\u2019observe aussi avec la sexualité qu\u2019on voulait libre.Au lieu de la sublimation non répressive d\u2019Éros, on assiste, avec sa marchandi- sation, à sa désublimation répressive, c\u2019est-à-dire à son détournement vers le principe de rendement.On n\u2019a qu\u2019à penser à la pornographie, à la sexualité devenue une injonction de performance et à l\u2019imposition des canons de beauté pour saisir ce que Marcuse entend par désublimation répressive.Une sublimation non répressive ne limite pas l\u2019énergie sexuelle à la génita- lité ; elle érotise l\u2019univers social, contribuant ainsi du même coup à contenir les pulsions destructrices.Dans L\u2019homme unidimensionnel (1964), Marcuse met en garde contre la pensée unique orchestrée par la société industrielle.Celle-ci réussit à l\u2019orchestrer tout en permettant une grande permissivité.« L\u2019indépendance de pensée, l\u2019autonomie, le droit à une opposition politique sont privés de leur fonction essentiellement critique dans une société qui, par son organisation, semble chaque jour plus apte à satisfaire les besoins individuels.» La critique est tolérée afin d\u2019être mieux étouffée.C\u2019est ce que Marcuse appelle la tolérance répressive.De petites révoltes peuvent bien prendre place, ici et là, mais le statu quo finit par s\u2019imposer par la récupération commerciale des mouvements contestataires.Marcuse distingue entre besoin social (produit par des marchandises toujours renouvelées) et besoin individuel fondamental.Les besoins sociaux sont conditionnés par les intérêts dominants.Ils contrôlent au lieu de libérer : marchandises inutiles, produits superflus, endettement, asservissement technologique, etc.Ces besoins répressifs reflètent ceux de l\u2019industrie qui, par de massives campagnes publicitaires, nous convainc de leur première nécessité.Même si on ressent un certain bonheur à la satisfaction de ces faux besoins, ce bonheur est faux « s\u2019il empêche l\u2019individu de percevoir le malaise général et de saisir l\u2019occasion de le faire disparaître.Le résultat est alors l\u2019euphorie dans le malheur » (L\u2019homme unidimensionnel).Se détendre selon les diktats de l\u2019industrie de la culture de masse demeure une forme de répression, fût-elle agréable.Ce qu\u2019on croit être un choix personnel relève de l\u2019endoctrinement social.Nous voilà donc acculés à l\u2019unidimensionnalité.Ainsi Marcuse en arrive-t-il à cette notion paradoxale de liberté comme domination.La liberté ne saurait se concevoir dans la quantité des choix qui nous sont offerts, mais dans la qualité de ce qu\u2019il nous est effectivement donné de choisir.« Le fait de pouvoir élire librement des maîtres ne supprime ni les maîtres ni les esclaves.» (L\u2019homme unidimensionnel) Ces contrôles sont si bien intériorisés qu\u2019on ne les perçoit même plus comme tels.Un paradis perdu ?Cinquante ans après Woodstock, que reste-t-il du grand rêve de l\u2019émancipation des jeunes ?Un grand trip de contre-culture, le plus souvent récupéré par l\u2019industrie de la nostalgie ?La génération du Flower Power a voulu changer le monde à coups de « Peace and love » et de fleurs dans les cheveux longs.Elle a choqué l\u2019esprit bourgeois.Elle a aussi voulu s\u2019ancrer dans le réel en dénonçant la guerre du Vietnam et en célébrant la vie communautaire.Les anciens hippies, devenus baby- boomers, nourrissent toujours ce désir de demeurer des adolescents perpétuels (forever young).Aujourd\u2019hui, vieillir est devenu tabou.Tout le monde est « jeune » à présent.Quarante ans après sa mort (29 juillet 1979), que reste-t-il de la pensée de Marcuse ?Freud et Marx ne nourrissent guère plus la pensée critique.Une grande partie de la gauche se préoccupe maintenant de diversité.On s\u2019inquiète pour l\u2019environnement, mais la critique de la société de consommation et de la propagande publicitaire ne semble plus être à l\u2019ordre du jour.L\u2019individu approuve ce que la société marchande lui impose.Ne voyant plus comment le monde pourrait être diffé- rent, notre imaginaire s\u2019est atrophié.À l\u2019époque des GAFAM, un totalitarisme des besoins facilement satisfaits s\u2019est mis en place.Dans ce contexte, prêter une oreille attentive à l\u2019enseignement de Marcuse s\u2019avère toujours pertinent.Trois jours de paix et de musique par- viendraient-ils aujourd\u2019hui à nous sortir de l\u2019unidimensionnalité et à faire miroiter un monde nouveau ?Herbert Marcuse a fait partie de l\u2019École de Francfort, un regroupement de penseurs qui s\u2019était donné pour tâche la critique de la société industrielle avancée.À l\u2019époque de Woodstock, Marcuse a 71 ans.Il est déjà une sorte de rock star.Il aurait sans doute invité la génération Woodstock à aller au-delà du trip « sexe, drogue et rock\u2019n\u2019roll » pour avant tout changer radicalement la société répressive, et non la fuir.ILLUSTRATION TIFFET Des suggestions ?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo : www.ledevoir.com/societe/ le-devoir- de-philo René Bolduc a Banque du Canada maintient son taux directeur à 1,75 %, du moins pour le moment puisqu\u2019il est probable qu\u2019elle le réduise d\u2019ici la fin de l\u2019année si la guerre commerciale se poursuit entre les États-Unis, la Chine et le Canada, qui détient toujours Meng Wanzhou, personnalité numéro deux de Huawei.Ce gel des taux d\u2019intérêt confirme la fin du mouvement haussier amorcé il y a deux ans, lorsque le taux directeur n\u2019était que de 0,5 %.Rappelons qu\u2019à cette époque, c\u2019est la surchauffe du marché immobilier qui inquiétait surtout la banque centrale.Ottawa avait donc resserré les règles d\u2019emprunt hypothécaire, et la Banque du Canada a haussé les taux d\u2019intérêt quatre fois en l\u2019espace d\u2019un an.C\u2019est à la suite de l\u2019intensification de la guerre commerciale initiée par le président Trump que les perspectives ont changé.Cela dit, il aurait été prématuré d\u2019aller plus loin en réduisant maintenant les taux puisque l\u2019économie canadienne se porte encore très bien.Baisser les taux peut avoir un effet positif sur la croissance quand un ralentissement s\u2019annonce, mais il s\u2019agit d\u2019une arme à deux tranchants quand les consommateurs et les entreprises sont déjà très endettés.Qui plus est, les banques centrales doivent reprendre le contrôle de leur outil privilégié que sont les taux d\u2019intérêt, réduits à presque zéro pour sortir de la crise de 2008.Ce qui est de moins en moins facile, car contrairement aux cycles précédents, cette fois-ci, l\u2019inflation reste faible malgré le plein emploi.Réunis la semaine dernière à Jackson Hole, au Wyoming, les grands patrons des banques centrales du monde ont constaté leur échec à revenir à un niveau de taux d\u2019intérêt « normal ».Inflation peu élevée, croissance anémique dans plusieurs régions de la planète, taux d\u2019intérêt au plancher et ce climat protectionniste que l\u2019on croyait réservé aux manuels d\u2019histoire économique\u2026 Nous voilà en territoire inconnu.Dans certains pays comme l\u2019Allemagne, les taux d\u2019intérêt ne sont pas seulement bas, ils sont négatifs.C\u2019est dire que les grands investisseurs, tels les régimes de retraite, doivent payer pour détenir des obligations garanties par l\u2019État.Nous n\u2019en sommes pas là au Canada et aux États-Unis, où les taux sont positifs, mais tout rentier sait que les placements en obligations ne rapportent presque rien.S\u2019il n\u2019en tenait qu\u2019au président Trump, la Federal Reserve américaine (Fed) devrait baisser ses taux encore plus rapidement pour soutenir la croissance menacée par cette guerre de tarifs qui ne montre aucun signe d\u2019apaisement.Une guerre commerciale est facile à gagner, disait M.Trump en 2017, et ça ne fera pas de mal aux Américains.À en croire ce président, la seule menace qui pèse sur l\u2019économie américaine provient donc de sa banque centrale, dont le patron qu\u2019il a lui-même nommé, Jerome Powell, serait devenu pire ennemi des États-Unis que le président chinois.Voilà le genre de commentaire inhabituel dans la bouche des présidents en exercice, lesquels se font généralement discrets pour éviter de confondre les marchés en donnant l\u2019impression que des motifs politiques sont à l\u2019origine des décisions monétaires.Avec M.Trump, cette bonne vieille pratique ne tient pas.Or, la principale menace qui pèse sur l\u2019économie américaine et même mondiale à l\u2019heure actuelle, ce n\u2019est pas la hauteur des taux d\u2019intérêt chez l\u2019Oncle Sam, mais la guerre improvisée, chaotique et destructrice que se livrent Américains et Chinois.À 14 mois des élections, M.Trump fait le pari qu\u2019il va remporter cette guerre en y mettant toute la pression nécessaire.Il va de soi qu\u2019une victoire l\u2019aiderait sur le plan politique tout en rassurant les marchés, les entreprises et les agriculteurs américains.Mais entre- temps, rien ne va plus, c\u2019est le grand bluff.Revenons chez nous, où des élections sont aussi au programme.En maintenant son taux directeur inchangé, la Banque du Canada reconnaît que la situation est fragile tout en protégeant le peu de munitions qu\u2019il lui reste pour prévenir un éventuel ralentissement, ou pire.Cette apparente neutralité lui sied bien en cette veille d\u2019élections, mais à moins qu\u2019une entente n\u2019intervienne dans le conflit des États-Unis et celui du Canada avec la Chine, il y a lieu de s\u2019attendre à quelques baisses de taux au cours de la prochaine année.Car il n\u2019y a pas que M.Trump qui soit en conflit avec le président Xi Jin- ping.En détenant Mme Meng Wanzhou à la demande expresse de Washington, le Canada, qui a beaucoup misé sur la Chine communiste pour ses exportations agricoles depuis une quinzaine d\u2019années, ne peut s\u2019en prendre qu\u2019à lui-même s\u2019il est aujourd\u2019hui victime de boycottage.Il y a un prix à payer pour ses principes quand on a affaire en même temps à Donald Trump et à Xi Jinping.LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Texte collectif* Le gouvernement Legault s\u2019est engagé à déposer un projet de loi sur la réforme du mode de scrutin le 1er octobre 2019 et nous l\u2019en félicitons.Cette réforme doit être l\u2019occasion de reconnaître davantage les gouvernements de proximité que sont les MRC et les municipalités en tant que vrais gouvernements responsables et autonomes.Pour cela, la réforme électorale doit renforcer le poids politique des régions et maintenir la relation de proximité entre les citoyennes et citoyens et leurs députées et députés.Nous croyons que l\u2019instauration d\u2019une plus grande proportionnalité des résultats ainsi que davantage de pluralisme permettront de renforcer notre démocratie et d\u2019offrir aux élues et aux élus municipaux des régions du Québec une occasion de se faire entendre plus facilement à l\u2019Assemblée nationale et auprès du gouvernement.Le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales nous permettra d\u2019avoir accès directement à une diversité de députées et de députés tant dans des circonscriptions locales que dans des circonscriptions régionales.Tous ces élus auront intérêt à bien collaborer pour mieux servir leurs électrices et leurs électeurs et ainsi bien représenter la volonté et les intérêts de leur population.Il est important de réaffirmer l\u2019ancrage territorial de notre système démocratique et surtout de garantir aux citoyennes et aux citoyens, qu\u2019ils vivent dans une grande métropole ou en région, que leur voix compte réellement.Cela fait 120 ans que nous parlons de réforme électorale au Québec.Il est temps de passer aux actes.Nous considérons que le gouvernement a la légitimité et les moyens d\u2019agir pour mettre en œuvre la réforme du mode de scrutin dès les élections générales de 2022, tel que solennellement promis.Nous tenons cependant à rappeler au premier ministre Le- gault qu\u2019une telle avancée historique pour la démocratie au Québec ne se fera que si le gouvernement se donne les moyens de ses ambitions.En effet, la nouvelle délimitation du territoire électoral que suppose la réforme rend indispensable l\u2019allocation de moyens additionnels aux députées et aux députés, en matière de budget et de nombre de bureaux, afin qu\u2019ils puissent répondre aux demandes grandissantes des élus municipaux.C\u2019est ainsi que nous bâtirons ensemble une démocratie de proximité véritablement représentative et juste au Québec.*Signataires : Pascal Binet, maire d\u2019Adstock (Chaudière- Appalaches) ; Jean-François De- lisle, conseiller municipal de Thet- ford Mines (Chaudière-Appa- laches) ; Éric Forest, ex-maire de Rimouski (Bas-Saint-Laurent) et ex-président de l\u2019Union des municipalités du Québec ; Mario Fortin, maire de Plessisville (Centre-du- Québec) ; Diane Lavoie, mairesse de Belœil (Montérégie) ; Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gati- neau (Outaouais) ; Marc-André Plante, maire de Terrebonne (La- naudière) ; Réjean Porlier, maire de Sept-Îles (Côte-Nord) ; Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie (Montérégie) et ex-présidente de l\u2019Union des municipalités du Québec ; Colette Roy-Laroche, ex-mai- resse de Lac-Mégantic (Estrie) ; Guillaume Tremblay, maire de Mascouche (Lanaudière) À quand la robotisation des rapports entre humains ?L\u2019article paru le 3 septembre dans Le Devoir sous le titre « Climat de travail malsain à l\u2019Assemblée nationale » fait état du sondage réalisé par la firme-conseil SPB Psychologie organisationnelle, sur la qualité de vie au travail et la mobilisation des employés du parlement entre mai et juin 2018.La conception de l\u2019« incivilité » véhiculée par le rapport me déboussole un peu.Selon les répondants au sondage, il s\u2019agirait de signes d\u2019« impatience », de gestes d\u2019« arrogance » et de « condescendance ».Illustré comme ceci : « Certaines personnes haussent le ton, d\u2019autres \u201cadoptent une ou des attitudes non verbales négatives\u201d comme \u201clever les yeux au ciel, soupirer [esquisser un] sourire en coin\u201d lorsqu\u2019un autre individu prend la parole.» Sous cet angle, qu\u2019en serait-il de bâiller, sourciller, griffonner, hausser les épaules, fixer le regard sur quelqu\u2019un ?Et les éclats d\u2019une voix animée par l\u2019enthousiasme ou l\u2019indignation ?Sommes-nous en voie de censurer toute forme d\u2019expression jugée « négative », de prôner l\u2019éviscéra- tion des rapports à autrui ?Consolation : grâce à l\u2019informatisation, on peut encore laisser libre cours à l\u2019expression de ce qui nous distingue (pour l\u2019instant) des robots \u2014 et viva les émoticônes.Gabrielle Lavoie Le 5 septembre 2019 Pour une voix plus forte pour les régions dès 2022 LIBRE OPINION LETTRES ÉCONOMIE Le territoire inconnu L ÉDITORIAL B 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu JEAN-ROBERT SANSFAÇON drait enrichir le Conseil supérieur de la langue française, dont le titulaire serait confirmé démocratiquement par les deux tiers des parlementaires de l\u2019Assemblée nationale, pourrait être considérée comme un grand pas en avant pour améliorer l\u2019efficacité de la loi 101 et la francisation réelle dans tous les milieux de travail au Québec.Encore faudrait-il que le commissaire soit autre chose qu\u2019un chien de garde, et sans moyens d\u2019action autre chose qu\u2019une coquille vide.Le diagnostic posé par les experts et les partis politiques est unanime.Le gouvernement doit donc bouger et décider d\u2019actions concrètes dans les meilleurs délais.Jean-Louis Bourque, politologue Québec, le 2 septembre 2019 Pour l\u2019efficacité de la loi 101 En cette époque où l\u2019on accepte bêtement l\u2019usage populaire, facile et commode du « Bonjour / Hi », où Québec solidaire a dû apprendre que le français est la seule langue officielle du Québec, on est en droit de s\u2019inquiéter sur l\u2019avenir de la langue française chez nous.On n\u2019a pas vraiment l\u2019impression que le premier ministre François Legault se passionne pour la question linguistique et culturelle.L\u2019avenir du français ne semble pas l\u2019empêcher de dormir.Cependant, la CAQ affiche des idées clairement énoncées dans le rapport de Claire Samson sur la protection et la promotion de la langue française Une langue commune à tous et pour tous.Mieux réussir la francisation des néo-Québécois.Ce rapport fait état d\u2019un grave recul en matière de francisation et d\u2019intégration des immigrants, qu\u2019il attribue à la négligence et au lais- ser-faire du gouvernement du PLQ durant 15 ans, et particulièrement à la diminution des ressources, notamment dans les COFI.Il propose un sérieux coup de barre pour redresser la situation.L\u2019idée d\u2019un guichet unique dans l\u2019esprit des COFI pour éviter l\u2019éparpillement des ressources en matière de francisation est certainement à retenir, tout comme le projet de franciser enfin les petites et moyennes entreprises de 10 à 50 employés.Pour ce faire, les institutions et le mandat qui leur est confié relativement à la loi 101 sont à revoir et à bonifier.La création d\u2019un poste de commissaire qui vien- Mad Max et Mlle Thunderberg Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a fait son Donald Trump en écrivant ce mi- cromessage : « Greta Thunberg est clairement mentalement instable.Autiste, mais aussi obses- sive-compulsive, trouble alimentation, dépression, léthargie [sic].Elle vit dans une peur constante et veut nous la communiquer.» Quel mépris ! Par les temps qui courent, où le changement climatique s\u2019accentue dangereusement sur notre planète « instable », je préfère une « mentalement instable » comme mademoiselle « Thun- derberg » à un « mentalement stable » comme « Mad Max » Bernier.Sylvio Le Blanc Montréal, le 3 septembre 2019 Il est important de réaffirmer l\u2019ancrage territorial de notre système démocratique et surtout de garantir aux citoyennes et aux citoyens, qu\u2019ils vivent dans une grande métropole ou en région, que leur voix compte réellement B 7 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Le numérique en classe I l y a une vingtaine d\u2019années sont apparus en éducation ceux que j\u2019appelais les technophiles, pour qui Internet et les NTIC (nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication) allaient tout changer.Seuls des passéistes technophobes butés comme moi pouvaient ne pas le voir ou exprimer des réserves.L\u2019État de la Californie, lui, n\u2019était ni buté ni technophobe, et en 2013 il donnait à chaque écolier un iPad sur lequel était té- léchargé le curriculum de la firme Pearson \u2014 coût de l\u2019aventure : 1,3 milliard $US, pour quelque 650 000 appareils.Les passéistes avaient pourtant des arguments.On fondait une part de notre scepticisme sur, justement, les gargantuesques intérêts financiers en jeu pouvant fausser la donne \u2014 ceux des entreprises impliquées, mais aussi ceux des chercheurs : c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas si facile de changer d\u2019idée quand le versement de ton salaire dépend du fait que tu ne changeras pas d\u2019idée\u2026.On rappelait aussi que certaines thèses avancées par les technophiles ne résistaient pas à l\u2019analyse et étaient des légendes pédagogiques.Elles se sont écroulées une à une.C\u2019est ainsi qu\u2019il n\u2019y a pas chez les nouvelles générations de changements des structures cognitives tels qui justifieraient que l\u2019école les tienne pour des « natifs du numérique ».Ils ne sont notamment pas meilleurs pour faire du multitâche, qui est aussi nocif pour eux que pour tous les autres.De même pour cette idée alors répandue qu\u2019avec Internet, tout le savoir de l\u2019humanité étant désormais accessible au bout des doigts, on n\u2019a plus à enseigner comme on le faisait autrefois.Prise au sérieux, cette idée aurait incité les successeurs d\u2019Aristote à fermer le Lycée et à recommander d\u2019envoyer tout le monde à la bibliothèque d\u2019Alexandrie\u2026 La mémoire de travail limitée, l\u2019importance des savoirs préalables et du regroupement restaient là, avec les mêmes effets.J\u2019ai souvent cité à ce sujet un exemple emprunté à E.D.Hirsch, qui nous demande d\u2019imaginer un novice cherchant de l\u2019information sur Internet à propos du mot «planète» et tombant sur ce qui suit: «Planète: Tout corps non lumineux qui tourne autour du Soleil.Le mot \u201cplanète\u201d est parfois utilisé en incluant les astéroïdes, mais exclut les autres membres du système solaire, les comètes et les météoroïdes.Par extension, tout corps similaire qu\u2019on découvre tournant autour d\u2019une autre étoile sera appelé planète.» Si on sait déjà pas mal de choses, on en apprendra beaucoup en lisant ce passage.Autrement\u2026 La recherche confortait notre scepticisme.Par exemple, on apprenait que les notes prises avec un appareil numérique font utiliser plus de mots (30%) qu\u2019avec un crayon et du papier et que les élèves qui le font ont de moins bons résultats aux évaluations, que la lecture virtuelle, avec liens sur lesquels cliquer, limite la compréhension et que l\u2019hypertexte et les hypermédias diminuent les performances en lecture, comparativement à la présentation linéaire traditionnelle.On apprenait bien d\u2019autres choses encore, toutes incitant au doute et à la retenue.Je reconnais aujourd\u2019hui mes torts : je n\u2019avais pas vu alors à quel point ces technologies non seulement peuvent ne pas être très utiles, voire être quelque peu nuisibles, mais peuvent être, et sont en fait aussi parfois, grandement dommageables \u2014 et pas seulement en éducation.Le récent ouvrage de Michel Desmurget (La fabrique du crétin digital) dresse un bilan documenté de ces dangers et s\u2019ajoute à d\u2019innombrables signaux mettant en garde contre les périls du numérique à l\u2019heure de son utilisation massive et hors de contrôle: troubles de la mémoire; atteinte à la vie privée; cy- berdépendance; troubles du sommeil, risques d\u2019AVC, prolifération de fausses nouvelles, dénialisme, etc.D\u2019où ces injonctions entendues cette semaine à bannir le cellulaire des écoles, une décision que le ministre les laisse libres de prendre ou non.Pourtant, il faut le dire, ce monde numérique est là pour de bon, et peut avoir des effets peut-être modestes mais bénéfiques en éducation.L\u2019heure est aujourd\u2019hui à se demander comment l\u2019utiliser intelligemment.Vaste question à laquelle je ne peux répondre.Mais j\u2019avance que, pour le faire correctement, il nous faudra prendre en compte les données probantes.Et elles disent, entre tant d\u2019autres choses, ceci.D\u2019abord, afin de contextualiser nos décisions et de penser en termes de coûts et de bénéfices, tout porte à croire que des stratégies pédagogiques éprouvées de gestion de classe et de mode d\u2019instruction ont des effets positifs bien plus grands et à bien moindre coût que ceux des TIC, même bien utilisés.Qu\u2019attend-on ?Ensuite, des projets-pilotes, modestes, ciblés, sérieusement et impartialement évalués, devraient toujours être d\u2019abord tentés.Enfin et surtout, la préparation des enseignants, leurs besoins, attentes, souhaits, tout cela doit jouer un rôle absolument premier dans tout ce qu\u2019on entreprendra, qui devrait adopter une approche non seulement informée par la recherche, mais aussi partant de la base \u2014 plutôt que de venir du sommet et d\u2019être imposée.Entre autres pour n\u2019avoir pas suivi ce sage précepte, l\u2019expérience californienne évoquée plus haut fut un immense, retentissant et coûteux échec.Deux ans plus tard, presque toutes les écoles avaient abandonné le projet.Au terme d\u2019une longue enquête du FBI sur l\u2019attribution du fameux contrat, le procureur des États-Unis a finalement renoncé à poursuivre Apple et Pearson.Truc et astuce de prof Truc mnémotechnique.L\u2019écrivain Marcel Pagnol rapporte ces vers, créés par son professeur de mathématiques : « La circonférence est fière D\u2019être égale à 2PiR ; Et le cercle est tout joyeux D\u2019être égal à PiR2» La perle de la semaine Elle est de Réjean Martin, qui a reçu une copie sur laquelle on cite l\u2019Ô Canada : « Ton histoire est une des pas pires » (pour : « Ton histoire est une épopée »).NORMAND BAILLARGEON Christian Gagnon Président de la Ligue d\u2019Action nationale Ce 7septembre est marqué par les 50ans de l\u2019entrée en vigueur de la Loi canadienne sur les langues officielles (LCLO) de 1969.Voilà un embarrassant anniversaire, forçant le gouvernement Trudeau à défendre une loi fondamentale du Canada qui n\u2019a pas du tout respecté ses promesses.Les recensements en dressent un bilan accablant.Au Canada hors Québec, la part des personnes parlant le plus souvent le français à la maison est passée de 4,3% en 1971 (676 000 individus sur un total de 15 541 000) à 2,3% en 2016 (619 000 francophones sur 26 701 000 personnes).Cela signifie que, pendant que la population du Rest of Canada (ROC) augmentait de près de 72%, celle des francophones hors Québec diminuait de plus de 8%, creusant un indéniable gouffre de décroissance des francophones.Et Statistique Canada prévoit qu\u2019il ne restera plus que 1,8% de francophones dans le ROC de 2036, consacrant dans ces provinces \u2014 à l\u2019exception notable du Nouveau-Brunswick \u2014 leur marginalisation électorale déjà patente.Bien sûr, la Constitution de 1982 a accordé de nouveaux droits scolaires aux minorités de langue officielle.Mais alors que, de la maternelle au postdoctorat, les Anglo-Québécois peuvent jouir d\u2019une éducation de qualité égale à celle offerte en français au Québec, les droits constitutionnels des francophones du ROC sont trop souvent violés par des gouvernements provinciaux s\u2019acharnant jusqu\u2019en Cour suprême pour éviter de remplir ses obligations.Et tandis que l\u2019offre des trois universités anglophones québécoises (626 millions en 2018) dépasse largement les besoins de notre minorité anglaise historique, au point où on y anglicise en grand nombre nos allo- phones, le gouvernement de Doug Ford se fait toujours prier d\u2019accorder 12 millions par an à ce qui serait la toute première université franco-onta- rienne.Le vocable « minorité linguistique », amalgame fédéral désignant à la fois les opulents Anglo-Québécois et les déclinants francophones du ROC, ne dissimule donc plus du tout ce marché de dupes que n\u2019a jamais cessé d\u2019être la LCLO.Les plus récents déboires juridiques franco-canadiens ont d\u2019ailleurs révélé la limite apparemment atteinte de l\u2019article 23 de la Charte canadienne des droits qui garantit des écoles publiques dans la langue de la minorité « là où le nombre de ces enfants le justifie ».La poursuite intentée par le Conseil scolaire francophone de Colombie-Britannique contre son gouvernement provincial, cause type sur laquelle misaient beaucoup les autres communautés francophones du pays, n\u2019a accordé en 2016 qu\u2019une seule des 22 nouvelles écoles revendiquées (415 millions).Dans le cas de quatre autres écoles, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a jugé que ces violations avérées de l\u2019article 23 étaient « raisonnables et justifiables dans une société libre et démocratique » en vertu de l\u2019article 1 de la même Charte, le motif accepté par les juges étant qu\u2019il en aurait coûté trop cher.À l\u2019inverse, au Québec, des écoles sous-occupées de la minorité anglophone viennent d\u2019être transférées au secteur francophone dont les écoles débordent.C\u2019est la récurrence de ces camouflets qui, le 25 juin, a fait admettre à la ministre Joly que les écoles des minorités francophones étaient sous-financées par rapport à celles de la majorité anglophone.Le 4 septembre, elle a ajouté 15 millions par an à son plan d\u2019action 2018-2023 déjà annoncé en juin pour l\u2019enseignement minoritaire.Mais cette nouvelle somme financera aussi les programmes d\u2019immersion française du ROC, qui ont un très gros inconvénient.L\u2019ancien conseiller scolaire Basile Dorion vient d\u2019obtenir un financement du Programme fédéral de contestation judiciaire pour poursuivre l\u2019Ontario et trois conseils scolaires francophones.Il leur reproche d\u2019accepter trop d\u2019anglophones dans leurs écoles.« Les parents [francophones] n\u2019envoient pas leurs enfants à l\u2019école pour les faire angliciser.En fait, c\u2019est ce qui arrive.Nos écoles deviennent des écoles de français langue seconde », déplore-t-il.L\u2019autre gros défaut du plan Joly est que les Québécois, exemplaires en financement d\u2019éducation anglophone, paieront via Ottawa le quart de ce que le ROC délinquant refuse à ses francophones, au mépris d\u2019une Constitution qu\u2019il a imposée au Québec.Le 17 octobre 1968, Pierre Elliott Trudeau présenta son projet de loi en déclarant ceci : «Je crois que les députés et la population de toutes les parties du Canada reconnaîtront que ce bill peut jouer un rôle de toute première importance lorsqu\u2019il s\u2019agira de promouvoir l\u2019unité nationale.» Sans doute la LCLO a-t-elle joué ce rôle.Mais elle a lamentablement échoué à assurer l\u2019épanouissement des francophones.Son 50e anniversaire n\u2019offre donc rien à célébrer.Et en cette pré- campagne électorale, les Québécois sont en droit de se demander pourquoi diable ils font partie de ce pays.Cinquante ans de gestion hypocrite du déclin des francophones Renée Goupil Étudiante à la maîtrise en didactique du français à l\u2019Université Laval Cinquante ans après la création des cégeps, enseigner au collégial est devenu une profession reconnue qui requiert des connaissances et des compétences précises.Les conditions d\u2019exercice actuelles s\u2019avèrent exigeantes.Pensons à la relativité des savoirs scolaires à l\u2019ère 2.0, à l\u2019hétérogénéité croissante de la communauté étudiante, à la prévalence de projets et d\u2019activités collaboratives sur l\u2019enseignement magistral.Considérant que la relève doit délaisser le modèle d\u2019enseignement-appren- tissage traditionnel et offrir des cours de qualité, adaptés au contexte éducatif contemporain, nous demandons une formation pédagogique et didactique obligatoire pour tous les enseignants du collégial.Le prérequis minimal pour enseigner au collégial correspond à un baccalauréat ou à une maîtrise dans une discipline enseignée au cégep (biologie, histoire, littérature, etc.).Ces formations n\u2019apportent pas ou peu de connaissances pour enseigner, ne s\u2019adressant pas seulement à de futurs enseignants.La formation pédagogique ou didactique (DESS, maîtrises ou microprogrammes en enseignement au collégial), quant à elle, bien qu\u2019elle soit considérée comme un atout par les employeurs, demeure encore facultative en 2019.Pourtant, nous savons que les connaissances sur l\u2019apprentissage se trouvent au centre de l\u2019action enseignante.Maintes intentions de rendre la formation pédagogique obligatoire ont pourtant été exprimées par diverses instances depuis la commission Parent.Le Conseil supérieur de l\u2019éducation a d\u2019ailleurs recommandé dès 2000 que la formation initiale des enseignants du collégial inclue une composante de formation professionnelle propre à cet ordre d\u2019enseignement.Aucune mesure à ce jour ! Croyons- nous encore que seuls l\u2019apprentissage « sur terrain » et la formation continue suffisent pour que les novices maîtrisent les actes à poser et les tâches complexes qui incombent aux enseignants ?Ceux qui tombent au combat dès leurs premières années d\u2019enseignement auraient-ils pu être mieux préparés ?Identité enseignante La recherche en sciences de l\u2019éducation présente la formation initiale pédagogique et didactique comme un moyen pour les spécialistes d\u2019une discipline de développer leur identité professionnelle.En fait, les programmes universitaires spécialisés en enseignement au collégial permettent aux futurs enseignants d\u2019aborder, en amont de leur pratique, les enjeux centraux du métier.Par exemple, les finalités d\u2019une discipline, les savoirs à enseigner pour favoriser le développement des compétences des étudiants, la relation en- seignant-étudiant, l\u2019élaboration de séquences de cours, d\u2019activités d\u2019apprentissage et d\u2019évaluation.Ces programmes représentent des espaces de réflexion, de discussion, d\u2019appropriation d\u2019outils didactiques et de pratique \u2014 certains intègrent des stages dans les cégeps.Les enseignants en devenir sont amenés à poser un regard critique sur les modèles d\u2019enseignement dominants, afin d\u2019éviter de les reproduire sans en avoir analysé auparavant la pertinence.Nous entendons fréquemment parler des contraintes politiques, institutionnelles, pédagogiques et matérielles qui alourdissent la tâche des enseignants à l\u2019heure actuelle.Vu le rôle que joue l\u2019éducation collégiale dans la société québécoise, nous croyons que la formation initiale de ces enseignants devrait reposer sur une solide formation disciplinaire, à laquelle s\u2019ajouterait une formation courte en pédagogie et en didactique.Non seulement cette préparation soutiendrait la réflexivité des futurs praticiens, mais elle favoriserait leur intégration dans leurs milieux professionnels, leur engagement dans un projet politique en éducation, leur pérennité dans le métier et, non le moindre, leur plaisir à enseigner.Une formation pédagogique et didactique pour enseigner au collégial En décembre dernier, des Franco-Ontariens manifestaient contre la suppression de services en français dans la province.PATRICK DOYLE LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R | L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 S E P T E M B R E 2 0 1 9 B 8 | SECTION SPÉCIALE | ALPHABÉTISATION Mme Meunier.« On réclame depuis plusieurs années une stratégie nationale de lutte contre l\u2019analphabétisme, ajoute-t-elle.Oui, il faut des mesures pour inciter les gens à lire davantage, mais ce n\u2019est qu\u2019une des solutions aux nombreuses facettes du problème.» Les deux experts soulignent ainsi l\u2019importance de se doter d\u2019un plan d\u2019action commun à tous les ministères qui viserait la prévention dès la petite enfance, le parcours scolaire des jeunes et le décrochage, la formation continue et la lutte contre la pauvreté, qui est indissociable de la question de l\u2019alphabétisation.Une étude de 2018 réalisée par l\u2019économiste Pierre Langlois pour la Fondation pour l\u2019alphabétisation et le Fonds de solidarité FTQ a également démontré un lien important entre littératie et employabilité.Ainsi, parmi les Québécois et Québécoises en situation de chômage, environ 60 % se situent sous le niveau 3 en matière de littératie.Ce chiffre atteint près de 68 % pour ceux en situation d\u2019assistance-emploi.La conclusion du rapport montre d\u2019ailleurs que de s\u2019attaquer à cette problématique permettrait aux deux ordres de gouvernement de réaliser des économies annuelles de 328 millions de dollars en réduisant les prestations d\u2019assurance-emploi et d\u2019assistance-emploi.« Il faudrait, d\u2019une part, qu\u2019ils investissent dans des outils de formation en ligne pour la main- d \u2019 œ u v r e , p r é c i s e M a t t h i e u L e Blanc.De cette manière, ils seraient à la portée de tous, notamment de ceux qui éprouvent de la gêne à demander de l\u2019aide aux organismes comme le nôtre.D\u2019autre part, il est nécessaire d\u2019outiller les entreprises pour qu\u2019elles forment leurs employés en littératie.» Les défis sont nombreux pour ces personnes, qui partagent certains points en commun.« Elles occupent souvent des emplois plus précaires, moins bien rémunérés, mentionne pour sa part Matthieu Le Blanc, vice- président de la Fondation pour l\u2019alphabétisation.Elles évoluent parfois dans des familles qui ne leur donnent pas la possibilité d\u2019avoir accès facilement à la lecture.On estime que 200 000 jeunes au Québec se trouvent annuellement dans une telle situation.» Caroline Meunier ajoute que ces personnes ont aussi souvent un parcours scolaire et des conditions de vie difficiles.Et c\u2019est là que le cercle vicieux commence dans certains cas : si on possède de faibles compétences en littératie, il devient plus difficile d\u2019accéder au marché du travail et à des postes bien rémunérés, rendant donc ses conditions de vie plus difficiles.Mis à part ces éléments communs, les profils sont hautement hétérogènes, quoi que certains en disent : jeunes, personnes plus âgées, hommes, femmes\u2026 « Il y a plein de mythes à déconstruire », soutient-elle.Par exemple, certains croient qu\u2019il s\u2019agit principalement des personnes migrantes, alors que 80 % des gens qui détiennent un niveau 1 de littéra- tie sont nés au Canada, et 72 % sont francophones.« On confond notamment alphabétisation et francisation : une personne qui se francise peut être très scolarisée, affirme-t-elle.Bien sûr, certains peuvent être analphabètes dans leur propre langue, mais il n\u2019y a pas nécessairement de lien entre ces deux réalités.» Le problème de littératie demeure donc bien actuel et ne s\u2019est pas amélioré depuis les dix dernières années, soit depuis l\u2019étude précédente du PEICA, qui remonte à 2003, affirme 80 % des personnes ayant un niveau de compétence 1 sont nées au Canada et 72 % sont francophones.64 % des gens qui ont un niveau 1 (très faible) en littératie occupent un emploi, tandis pour ceux qui possèdent un niveau inférieur au niveau 1 .41 % des personnes de niveau 1 sont âgées de 16 à 44 ans.internationale des compétences des adultes i la littératie au Québec était un portrait-robot, il aurait de multiples visages.Qui sont ces plus d\u2019un million de Québécois qui éprouvent des difficultés majeures à comprendre et à utiliser un texte écrit ?On entend parfois qu\u2019un peu plus de la moitié de la population québécoise serait « analphabète ».Ce chiffre provient du Programme pour l\u2019évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), une enquête internationale menée en 2013 par l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OC- DE).Celle-ci évalue les compétences en littératie, en numératie et en résolution de problèmes dans des environnements technologiques.Les 5911 adultes québécois âgés de 16 à 65 ans qui ont participé à l\u2019étude ont été classés dans six niveaux de compétence en littératie, laquelle est définie comme la capacité « de comprendre, d\u2019évaluer, d\u2019utiliser et de s\u2019approprier des textes écrits pour participer à la société, réaliser ses objectifs et développer ses connaissances et son potentiel ».Les résultats montrent que 4,1 % des adultes n\u2019atteignent pas le niveau 1 et 14,9 % se situent au niveau 1 (très faible), pour un total de 19 %, soit près d\u2019une personne sur cinq au Québec.C\u2019est en dessous de la moyenne canadienne, établie à 16,5 %.De plus, un peu plus du tiers se classe au niveau 2.« On considère que ceux qui tombent dans l\u2019un de ces trois niveaux de compétence sont ceux qui sont les plus pénalisés dans la société et sur le marché du travail», explique Caroline Meunier, responsable du développement des analyses et des stratégies au Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ).! \"# # $ & #'*+-& / 3/53& 9 : ; $ !#5 =?& : #& @A= B D # ?+$ & E # F ? L E D E V O I R | L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 S E P T E M B R E 2 0 1 9 SECTION SPÉCIALE | ALPHABÉTISATION | B 9 même moteurs de changement.Nous croyons que l\u2019alphabétisation est un droit [de la personne] fondamental.» À l\u2019approche des élections fédérales, le collège Frontière, un organisme national sans but lucratif œuvrant pour l\u2019alphabétisation, organise le 17 septembre prochain un dialogue national sur l\u2019alphabétisation et la participation citoyenne dans le but d\u2019explorer les différentes façons dont un faible niveau d\u2019alphabétisme peut faire obstacle à une pleine participation à la société, et de mettre en avant des pistes de solution.Amel Zaazaa est présidente de la Fondation Paroles de femmes.Elle fait partie des panélistes de l\u2019événement.Selon elle, lorsque l\u2019on parle de littératie, on se limite aux difficultés en lecture, en écriture et en calcul.« Or, c\u2019est bien plus large que cela, estime-t-elle.Une personne peu alphabétisée va avoir du mal à développer une pensée critique, à résoudre des problèmes et à comprendre l\u2019environnement dans lequel elle vit.Comment comprendre le fonctionnement des différents ordres de gouvernement, le système électoral, les grands enjeux de société ?Comment entrer dans un CA, appréhender la structure de l\u2019entreprise lorsque l\u2019on a du mal à s\u2019exprimer dans la langue commune ?» Mme Zaazaa insiste sur l\u2019importance de l\u2019éducation.Elle croit que les gouvernements devraient en faire plus pour que l\u2019école soit mieux adaptée aux besoins spécifiques des enfants qui sont en marge du système, ceux qui ont des difficultés d\u2019apprentissage, qui sont en situation de pauvreté, dont les parents ne parlent pas eux-mêmes le français, les décrocheurs, etc.« Lorsque le sujet est abordé, il l\u2019est trop souvent d\u2019un point de vue économique, regrette-t-elle.Or, avoir un faible niveau de littératie impacte certes la capacité à se trouver un travail, mais cela empêche d\u2019abord et avant tout d\u2019être un citoyen à part entière.» François-Xavier Michaux, directeur général d\u2019Exeko, un organisme mon- tréalais d\u2019innovation sociale, insiste lui aussi sur la littératie critique, un outil fondamental pour comprendre le monde qui nous entoure et donc, prendre sa place dans la société.« C\u2019est particulièrement important chez les personnes qui vivent l\u2019exclusion, car elles se situent souvent en état de marginalisation intellectuelle, explique-t-il.Il y a tout un ensemble de mécanismes qui font que la voix, les opinions, l\u2019intelligence des personnes marginalisées sont infériorisés, décrédibilisés, infantilisés, disqualifiés.C\u2019est une énorme richesse dont notre société se prive.» La participation citoyenne permet de créer des ponts entre les individus et ceux qui détiennent le pouvoir.Ceux qui ne participent pas d\u2019une manière ou !\"#$ %&' ( ) *+,' -) ( *.#' - ( d\u2019une autre demeurent dans l\u2019ombre et leurs besoins ne sont pas pris en compte.Il est d\u2019ailleurs peu question de litté- ratie dans les plateformes électorales.« Les candidats répondent aux besoins de ceux qui votent, déplore Amel Zaazaa.C\u2019est un cercle vicieux.Les gens marginalisés sont des sans-voix, ils ne se font pas entendre, donc on ne s\u2019occupe pas de leurs problèmes.» /0 * ) * 1 2 !\"# $ % &'( ) % *& ) $ % + , -+,./0 1 $% 2 ) % 32 ) #2 ) % &*4%) 5 ) 3 ) $ ) ) 636 ) $ % 6 7 % % 6 6 8 9::;% +, 3 ) 6 !$% 8% 2 8 7 % , < ) % ) ) ) ) )) \"73 % $= ) % +, +>?@##8AB0CD0 a participation citoyenne joue un rôle vital dans la vie quotidienne de tout un chacun.Les gens s\u2019engagent dans leurs communautés de nombreuses façons, par le vote, le bénévolat ou encore la défense de leurs droits.Or, différentes études démontrent que les faibles compétences en littératie sont des obstacles à la participation citoyenne et à l\u2019engagement communautaire.La stigmatisation associée à un faible niveau d\u2019alphabétisme peut en effet décourager certaines personnes de participer à des événements communautaires ou de faire du bénévolat.Des faibles compétences en litté- ratie font par ailleurs en sorte d\u2019empêcher une personne de comprendre quand, où et comment voter, ce qui fait en sorte que sa voix ne sera pas entendue.Il en résulte également un isolement, qui peut avoir un effet négatif sur le sentiment d\u2019appartenance, l\u2019estime de soi, la santé mentale et le bien-être global d\u2019une personne.« Notre démocratie ne répond pas équitablement aux besoins de tous les individus de notre grand pays puisque certains sont tout simplement en situation d\u2019invisibilité, souligne Mélanie Valcin, directrice régionale pour le Québec, le Nunavut et les provinces atlantiques au collège Frontière.Les différents ordres de gouvernement, les entreprises, les organismes communautaires et de charité, toute la société civile doit travailler ensemble pour établir des politiques et des pratiques permettant aux personnes ayant un faible niveau de littératie d\u2019apporter leur pleine contribution en tant qu\u2019électeurs, mais aussi en tant que bénévoles et !,.3 $! / 3 2 12H00 À 16H00 HAE ÉCOMUSÉE DU FIER MONDE 2050, RUE AMHERST, MONTRÉAL L\u2019inscription est gratuite.Les places sont limitées.Inscrivez-vous COLLEGEFRONTIERE.CA LA LANGUE EST DONC UNE HISTOIRE D\u2019AMOUR AU CINÉMA DÈS LE 11 OCTOBRE ORGANISEZ VOTRE PROJECTION SPÉCIALE À PARTIR DE 11 OCTOBRE 2019 Contactez Maison 4:3 au 438 387-1547 / info@maison4tiers.com UN FILM D\u2019ANDRES LIVOV DÉCOUVREZ UNE CLASSE PAS COMME LES AUTRES, CELLE DE MADAME LOISEAU, QUI TRANSMET LE FRANÇAIS À DES ARRIVANTS ADULTES.L E D E V O I R | L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 S E P T E M B R E 2 0 1 9 B 10 | SECTION SPÉCIALE | ALPHABÉTISATION laquelle plus de 400 organismes ont participé, dont 25 % se trouvent au Québec.Cette étude a pour objectif de mettre en avant les actions inno- vantes permettant de mieux desservir les populations qui en ont besoin.« Les personnes ayant un faible niveau de littératie multiplient les handicaps, explique Mélanie Valcin, directrice régionale pour le Québec, le Nunavut et les provinces atlantiques au collège Frontière.Ce n\u2019est pas qu\u2019une question de lecture, d\u2019écriture et de calcul.Il y a des conséquences moins évidentes sur l\u2019accès aux soins et au logement, la capacité à gérer un revenu, etc.Les conséquences sont multiples et souvent invisibles.» Au cœur du projet national de recherche réside la conviction selon laquelle l\u2019alphabétisation peut donner aux adultes peu qualifiés vivant dans la pauvreté les connaissances, la confiance, la résilience et l\u2019autonomie dont ils ont besoin pour surmonter les défis auxquels ils font face et mener une vie productive.« Ces compétences peuvent aider les individus à mieux comprendre la société dans laquelle ils vivent, insiste Mme Valcin.L\u2019alphabétisation est une étape clé sur la voie menant à l\u2019emploi, mais également à l\u2019inclusion sociale et à la pleine participation aux dimensions enrichissantes de la société, telles que l\u2019engagement social, citoyen et politique.» Le rapport recommande ainsi que les gouvernements reconnaissent que l\u2019alphabétisation est un droit de la personne fondamental et que, de ce fait, il doit figurer parmi les priorités politiques.« L\u2019alphabétisation devrait être reconnue comme une priorité stratégique exigeant une coopération interministérielle et intergouvernementale, souligne Mélanie Valcin.Elle devrait représenter un pilier central de toute stratégie globale de réduction de la pauvreté.Aussi, les financements des programmes d\u2019alphabétisation et de compétences essentielles nécessiteraient d\u2019être durables et prévisibles, tout en favorisant l\u2019innovation.» Parmi ces innovations, le travail de collaboration entre les différents fournisseurs de services, plutôt que la concurrence entre eux.Mélanie Valcin fait valoir par exemple que la mise en place de guichets uniques au sein desquels les personnes en situation de pauvreté peuvent trouver tous les services répondant à leurs besoins \u2014 alphabétisation, employa- bilité et formation professionnelle, banque alimentaire, etc.\u2014 est souvent une réussite.« Historiquement, les organismes de lutte contre la pauvreté et les groupes d\u2019alphabétisation ont des revendications communes, confirme Virginie Larivière.L\u2019éducation gratuite pour tous, des programmes pour les décrocheurs, le réinvestissement en éducation et, plus largement, le rehaussement du filet de protection sociale.Nous avons tout intérêt à travailler de concert.» Un travail qui semble avoir eu un premier écho du côté du gouvernement fédéral, puisque sa première Stratégie de réduction de la pauvreté, publiée il y a tout juste un an, reconnaît l\u2019alphabétisation comme un des moyens de lutte.La recherche nationale menée par le collège Frontière a d\u2019ailleurs été lancée dans la foulée et financée par le ministère de l\u2019Emploi et du Développement social.« Bien qu\u2019il y ait des signes encourageants en matière de soutien et d\u2019investissements dans l\u2019alphabétisation, conclut Mélanie Valcin, il y a encore de grands besoins sur le plan du financement provenant de tous les ordres de gouvernement afin que nous puissions aider tous les individus qui ont un faible niveau d\u2019alphabétisme.» ! \" #$% &'()) * + , % ! \" #$% & $ '() ! * $ $+ -./0123245607600 Plus les personnes vivent des situations de pauvreté, plus leur niveau de littéra- tie est bas, précise Virginie Larivière, co-porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.Lequel est la cause, lequel est la conséquence, c\u2019est difficile à établir, mais il y a un lien indéniable entre les deux.» Plusieurs éléments font en sorte que les gens se trouvent ou se retrouvent en situation de pauvreté et qu\u2019ils y demeurent à long terme.Le fait de ne pas avoir de diplôme en fait partie, non seulement parce que les revenus issus du travail sont généralement plus faibles que dans la population des diplômés, mais aussi parce que cela ne facilite pas le transfert de connaissances du parent à l\u2019enfant, selon le collège Frontière.« En outre, un bon niveau de lit- tératie permet de faire des choix éclairés, que ce soit du point de vue de ses dépenses mais aussi de sa santé et de son alimentation, ajoute Mme Larivière.Il est difficile de bien se nourrir lorsque l\u2019on n\u2019est pas capable de comprendre les étiquettes des produits ou le menu au restaurant.» Ce constat, le collège Frontière le partage entièrement.L\u2019organisme, fondé en 1899 sur le principe que l\u2019alphabétisation est un droit, vient de publier un rapport de recherche national portant sur l\u2019alphabétisation et le développement des compétences essentielles comme stratégies de lutte contre la pauvreté.Une étude à ( 8 1 8 1 9 - 3 1 0 Au Québec, plus de la moitié des personnes âgées de 16 à 65 ans éprouvent des problèmes de lecture.Ensemble, agissons pour DONNEZ Aidez-nous à faire du Québec la société la plus alphabétisée ! fondationalphabetisation.org L E D E V O I R | L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 S E P T E M B R E 2 0 1 9 SECTION SPÉCIALE | ALPHABÉTISATION | B 11 élèves en alphabétisation », ajoute-t- elle.Actuellement, 8736 élèves sont inscrits en alphabétisation sur un total de 190 000 élèves à la formation générale des adultes.Parmi eux se trouvent des gens qui ont quitté l\u2019école depuis longtemps et des jeunes qui ont décroché avant d\u2019avoir obtenu un diplôme et qui montrent des retards importants.Traditionnellement, il y a très peu de services aux élèves à besoins particu- nettement insuffisant pour répondre aux besoins de cette clientèle.» Pour maintenir ces élèves dans un parcours de raccrochage, il est primordial de leur fournir un accompagnement individuel, ajoute-t-elle.« Dans un contexte de pénurie de main-d\u2019œuvre comme celui que l\u2019on connaît, ce serait intéressant que ces personnes puissent être accompagnées et qu\u2019elles puissent aller chercher une formation qui les autorisera à intégrer ensuite la vie active et à contribuer à la société », affirme la vice-présidente.« Dans un sens, il en va de notre responsabilité sociale : on a le devoir d\u2019offrir à ces élèves des services qui leur permettent d\u2019aller au bout de leur potentiel, conclut Brigitte Bilo- deau.On entend souvent dire que le système d\u2019éducation devrait permettre aux élèves d\u2019atteindre leur plein potentiel : pour faire progresser les élèves en alphabétisation, il faut du soutien et des services appropriés à leurs besoins, qui sont immenses et différents d\u2019un individu à l\u2019autre.» liers à l\u2019éducation aux adultes.« Pendant des années, peu ou pas de ressources ont été allouées aux psychologues, aux travailleurs sociaux ou encore aux orthopédagogues, affirme Brigitte Bilodeau.Ça commence tout juste à changer, mais c\u2019est encore ! \" ! \" !\"#$%&'\"% !\" u Québec, les personnes inscrites en alphabétisation fréquentent des centres qui font partie de l\u2019éducation aux adultes, un secteur où les budgets ne sont pas toujours transparents : « On ne connaît pas toujours exactement les sommes consacrées à l\u2019alphabétisation puisque les enveloppes peuvent être dépensées à la discrétion des commissions scolaires », précise Brigitte Bilodeau, vice-présidente à la CSQ (Centrale des syndicats du Québec).Pourtant, un financement adéquat et réservé à cette fin aurait une grande importance pour les 8736 élèves en alphabétisation qui sont, pour plusieurs, des jeunes qui arrivent avec de multiples problèmes.Dans l\u2019attente de cet engagement de la part du gouvernement, « on commence toutefois à voir certains changements », explique la vice-présidente de la CSQ, qui ajoute que « 2 millions de dollars supplémentaires ont été octroyés aux SARCA ».Les SARCA sont des services d\u2019accueil, de référence, de conseil et d\u2019accompagnement mis sur pied par le ministère de l\u2019Éducation pour favoriser la persévérance et la réussite scolaires des personnes de 16 ans et plus.Il y a aussi 4 millions de dollars qui seront ajoutés à la mesure « Ac- croche-toi », qui vise les élèves ayant des besoin particuliers à la formation générale des adultes.Ce qui encourage Brigitte Bilodeau avec cette mesure, c\u2019est que chacune des commissions scolaires recevra un montant de base de 80 000 $.« On peut penser que cette mesure qui s\u2019adresse aux élèves ayant des besoins particuliers bénéficiera à de nombreux LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2019 B 12 PETITES ANNONCES NOUVEAUTÉ sur le marché à Outremont LAC BROME SUTTON LOIS HARDACKER Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Au Sommet, Agence Immobilière 450 242-2000 www.loishardacker.com R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R D E P R E S T I G E chauffé, terrain paysagé, étang.traditionnel avec sa grande cuisine et ses 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Louis MONTPLAISIR, co-liquida- teur de la succession, résidant au 4350, 1ère avenue, Laval, province de Québec, H7R 2X7, Canada.Donné ce 4 septembre 2019 Me André DUFRESNE, Notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (C.c.Q., art.795, al.2) Prenez avis que Rachel BRODEUR en son vivant domiciliée au 740, boulevard Montpellier, unité 403, Ville Saint-Laurent (Québec) H4L 5B1 est décédée à Montréal le 13 mai 2019.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Gabriel Perron-Oddo, notaire, située au 7575, route Transcanadienne, bureau 106, Montréal (Québec) H4T 1V6 du lundi au vendredi entre 9h et 17h sur rendez-vous.Fait à Montréal ce 5 mai 2019 Me Gabriel Perron-Oddo, notaire Avis est par les présentes donné que la faillite de : 8892512 Canada inc.Johnny Freight Situé au : 1281, Place Henri-Dunant, Joliette, Québec.J6E 3T4 est survenue le 29-08-2019 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 18-09-2019 à 10:00 Au bureau du syndic au: 200-1130, boul Curé-Labelle, Laval, Québec.H7V 3T7 Jean Fortin, Syndic autorisés en insolvabilité Tél.450-442-3260 JeanFortin.com Description : Lot no 1580817 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 1 Avenue Claremont, Westmount, Québec Propriétaire : Coralie-Catherine GERVAIS et Manuel Olivier GERVAIS No de matricule : 9637-26-1842-9-000-0000 Description : Lot no 1581222 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 319 Avenue Prince-Albert, Westmount, Québec Propriétaire : Sohrab SAIDI-GARAKANI No de matricule : 9637-84-5799-6-000-0000 Description : Lot no 1582929 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 628 Avenue Murray Hill, Westmount, Québec Propriétaire : Robyn LONDON No de matricule : 9638-34-5510-0-000-0000 Description : Lot no 1583808 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 14 Avenue Hudson, Westmount, Québec Propriétaire : 9350-2342 Quebec Inc.No de matricule : 9638-97-6018-0-000-0000 Description : Lot commun no 2626564 et lot exclusif no 2744535 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 4410 Chemin de la Côte-des-Neiges, Suite 402, Westmount, Québec Propriétaire : Christopher MACDONALD et Tracie Wai Yin WONG No de matricule : 9639-44-7768-9-001-0008 Description : Lot no 1584305 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 396 avenue Olivier, Westmount, Québec Propriétaire : Yaer OLIEL, Gracia MIMRAN et Gabriel OLIEL No de matricule : 9738-55-3279-7-000-0000 VENTE D\u2019IMMEUBLES POUR DÉFAUT DE PAIEMENT DES TAXES AVIS PUBLIC est donné, que lors de sa séance ordinaire tenue le 5 août 2019, le conseil municipal de la Ville de Westmount a ordonné au greffier de la Ville, ou dans son absence au greffier adjoint de vendre à l'enchère publique les immeubles décrits ci-après conformément à la Loi sur les cités et villes.Cette vente aura lieu le mercredi 25 septembre 2019, à 10 h, dans la salle du conseil de l'hôtel de ville, situé au 4333, rue Sherbrooke Ouest à Westmount.Un immeuble sera exclu de la vente si les taxes, les intérêts et les frais sont payés avant le moment prévu pour la vente.Le prix d'adjudication de ces immeubles sera payable immédiatement, en argent comptant, par chèque visé ou par traite bancaire fait à l\u2019ordre de la Ville de Westmount.Ces immeubles seront vendus avec, et sujet à, toutes les servitudes, actives et passives, apparentes ou occultes, les affectant ou pouvant les affecter, ainsi qu\u2019à toutes déclarations de copropriété pouvant les affecter.DESCRIPTION DES IMMEUBLES : DONNÉ à Westmount, le 7 septembre 2019.Andrew Brownstein, Greffier adjoint de la Ville Ville de Westmount POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres CONCOURS FOU DE CULTURE Inscrivez-vous à notre nouveau Courrier des écrans et courez la chance de gagner un de nos paniers Fou de culture, d\u2019une valeur de 1600?$.Pour participer, rendez-vous au www.ledevoir.com/foudeculture "]
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