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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-09-12, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 206 / LE JEUDI 12 SEPTEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM LIVRE La résistance s\u2019organise Margaret Atwood offre la suite de La servante écarlate CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR INDEX Avis légaux .B7 Culture .B1 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B8 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 CULTURE L\u2019argent, nerf de la guerre, la chronique d\u2019Odile Tremblay B 1 ACTUALITÉS La Cour supérieure du Québec élargit l\u2019aide à mourir A 3 ACTUALITÉS La valeur des propriétés grimpe de 13,7 % à Montréal, selon le nouveau rôle d\u2019évaluation | A 2 E n 2015, le chef libéral, Justin Trudeau, avait surpris par son énergie et la générosité de ses engagements.Ses fameuses « voies ensoleillées » avaient séduit après dix années d\u2019un gouvernement conservateur prompt à la confrontation et dirigé par un chef solide mais froid.Mercredi, première journée officielle de la campagne 2019, la passion avait un autre nom : Elizabeth May.Les convictions de la cheffe du Parti vert n\u2019ont jamais été mises en doute, mais son cri du cœur en faveur de la planète et d\u2019une action vigoureuse contre les changements climatiques tranchait par sa fougue et son authenticité.Pour elle, il ne fait pas de doute que la vraie question de l\u2019urne, celle qui fera la différence, sera celle-là.Le Parti vert n\u2019a toutefois pas les moyens de ses adversaires pour marteler son message à grande échelle.Il a par contre le vent dans les voiles, selon les sondages.Lui qui n\u2019avait récolté que 3,4 % des voix en 2015, voit ses appuis osciller autour de 11 % dans les dernières enquêtes d\u2019opinion.Cette montée semble se faire aux dépens du NPD qui se bat pour conserver au moins la troisième place aux Communes avec des appuis frôlant 13 %, alors qu\u2019il en avait récolté 19,7 % en 2015.Cet été, le chef, Jag- meet Singh, a d\u2019ailleurs reconnu que son parti ne pouvait aspirer à prendre le pouvoir cette fois-ci.Mme May, elle, se permet de viser haut.« Si vous voulez un vrai changement, changez votre vote et élisez un gouvernement vert », a-t-elle lancé mercredi.Elizabeth May n\u2019a pas tort de tenter de s\u2019approprier le thème du changement, aucun autre chef n\u2019arrivant à l\u2019incarner.Premier ministre sortant, Justin Trudeau ne peut échapper à la nécessaire défense de son bilan et à la promesse qu\u2019il doit et peut continuer dans la même veine, y compris en matière d\u2019environnement.Fidèle à la tradition du NPD, le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, promet des réformes ambitieuses en santé, en éducation, en environnement, mais son message, rendu sans vrai mordant, a les mêmes faiblesses que par le passé, celui de dépendre de l\u2019accord des provinces pour se réaliser.Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, est, de son côté, tout feu tout flamme pour sa première campagne, mais ce qu\u2019il offre est une version modernisée du message que le Bloc a toujours servi aux Québécois depuis ses débuts : On est là pour défendre les intérêts et le consensus québécois en attendant l\u2019indépendance.Le chef conservateur, Andrew Scheer, lui, a repris le thème fétiche de son parti qui est d\u2019en mettre plus dans la poche des citoyens.Il a toutefois démarré la journée en remettant en question, pour la énième fois, le sens éthique de Justin Trudeau.Il ne pouvait y résister après avoir lu, mercredi matin, la manchette du Globe and Mail Une question venue du cœur HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR Et c\u2019est parti pour cinq semaines et demie.Justin Trudeau a officiellement donné le coup d\u2019envoi de la campagne électorale fédérale mercredi matin à Rideau Hall, conviant comme convenu les électeurs aux urnes le 21 octobre.Mais lui qui voulait plaider la nécessité d\u2019un second mandat pour achever son œuvre de consolidation de la classe moyenne a été rattrapé par l\u2019affaire SNC-Lavalin.Le Globe and Mail a révélé en matinée que le privilège protégeant les secrets du Cabinet n\u2019avait pas davantage été levé pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qu\u2019il ne l\u2019avait été pour le Commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique.Ainsi, tout comme le Trudeau doit répondre de l\u2019affaire SNC-Lavalin Justin Trudeau a dû répondre à des questions sur l\u2019affaire SNC-Lavalin à la première journée de la campagne électorale.DAVE CHAN AGENCE FRANCE-PRESSE MANON CORNELLIER PAGE A 4 : UN NOMBRE DE CANDIDATES SANS PRÉCÉDENT PAGE A 5 : LE « MOINS PIRE », LA CHRONIQUE DE MICHEL DAVID MENU ÉLECTORAL VOIR PAGE A 5 : QUESTION orsque La servante écarlate a paru il y a trente-cinq ans, en 1985, pour la plupart des lecteurs il s\u2019agissait de science- fiction.Une terrifiante dystopie dans laquelle les États-Unis, à la suite d\u2019une crise mondiale et d\u2019une guerre civile interminable, se transformaient en théocratie puritaine et misogyne où les femmes sont asservies.Aujourd\u2019hui, à l\u2019heure de l\u2019urgence climatique et de la montée des populismes de droite un peu partout sur la planète, alors que la collapsologie semble faire des petits, les fictions de Margaret Atwood prennent l\u2019apparence d\u2019un cauchemar qu\u2019il nous faudrait peut-être envisager.C\u2019est l\u2019un des événements littéraires de l\u2019automne 2019, tous pays et langues confondus.Après quelques dizaines de romans, d\u2019essais, de recueils de nouvelles et de poèmes depuis 1969, l\u2019écri- vaine canadienne Margaret Atwood lançait cette semaine The Testaments, suite de La servante écarlate (Robert Laf- font, 1987) et fin de l\u2019histoire de la république totalitaire de Gilead.Le roman nous arrivera dans sa traduction française le 10 octobre chez Robert Laffont.Le livre est déjà sélectionné pour le prix L Margaret Atwood a mis 35 ans à imaginer la fin de La servante écarlate.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE VOIR PAGE A 2 : RÉSISTANCE Les secrets du Cabinet le sont aussi pour la GRC VOIR PAGE A 4 : SNC-LAVALIN ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 12 SEPTEMBRE 2019 Montréal a déposé son nouveau rôle d\u2019évaluation qui servira de base de calcul pour établir les taxes municipales et scolaires.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR La valeur des immeubles sur le territoire de l\u2019agglomération de Montréal a augmenté de 13,7 %, indique le rôle d\u2019évaluation déposé par la Ville de Montréal mercredi pour les trois prochaines années.Pour le secteur résidentiel, cette hausse atteint 15 %.L\u2019administration de Valérie Plante promet toutefois que les hausses de taxes des Montréalais seront limitées à 2 % en moyenne l\u2019an prochain.Les données du nouveau rôle d\u2019évaluation contrastent avec celles du pré- cédent rôle, qui fixait à 5,9 % la hausse de valeur pour l\u2019ensemble des propriétés de l\u2019île de Montréal.Ce sont les immeubles résidentiels de six logements ou plus qui ont connu la plus forte progression avec une croissance de 21,7 %.La valeur des unifami- liales a pour sa part augmenté de 16,7 %, tandis que celle des immeubles résidentiels de cinq logements ou moins a bondi de 13,6 %.Quant aux logements en copropriété divise (condominiums), dont la croissance avait été limitée à 2,2 % dans le rôle précédent, leur valeur a grimpé de 8,7 %.Leur valeur moyenne atteint 359 800 $ à Montréal.La valeur des immeubles non résidentiels a quant à elle augmenté en moyenne de 9,8% sur l\u2019île de Montréal.Verdun en tête À l\u2019échelle de la ville de Montréal, ce sont les arrondissements de Verdun (19,8 %), du Sud-Ouest (17,1 %), du Pla- teau-Mont-Royal (16,7 %), d\u2019Outre- MONTRÉAL La hausse de taxes ne dépassera pas 2 % en 2020, promet Valérie Plante La valeur des propriétés a bondi de 13,7 %, selon le nouveau rôle d\u2019évaluation mont (16,3 %) et de Rosemont\u2013La Pe- tite-Patrie (14,6 %) qui ont connu les hausses de valeur les plus importantes.Les arrondissements d\u2019Anjou (8,1 %), de Montréal-Nord (6,9 %) et de Ri- vière-des-Prairies\u2013Pointe-aux-Trem- bles (6,5 %) ferment la marche.Du côté des villes liées, L\u2019Île-Dorval (27,4 %) trône au sommet du palmarès des hausses de valeur, suivie de Bea- consfield (25,9 %), de Hampstead (23,6 %), de Mont-Royal (23,1 %), de Kirkland (22,6 %) et de Westmount (20,6 %).Un total de 488 683 unités sont inscrites dans ce rôle qui couvre les années 2020, 2021 et 2022, pour une valeur totale de 384,5 milliards de dollars, ce qui représente une hausse de 75,7 milliards par rapport au rôle précédent.Plusieurs facteurs ont pu contribuer aux hausses observées dans l\u2019ouest de l\u2019île, où elles avaient été plutôt mitigées lors du dernier rôle.« Il y a peut-être juste un rééquilibrage », note Joanie Fontaine, économiste à la firme JLR.Mais l\u2019effet du Réseau express métropolitain (REM) pourrait commencer à se faire sentir, non seulement dans les villes liées, mais aussi à Verdun \u2014 qui englobe L\u2019Île-des-Sœurs, où une station sera construite \u2014, avance-t-elle : « Il va y avoir une plus-value dans les secteurs qui sont à proximité du REM.» L\u2019impact sur les taxes Révisé tous les trois ans, le rôle foncier sert de référence au calcul des taxes scolaires et municipales.Il se base sur les données du marché immobilier au 1 e r j u i l l e t 2 0 1 8 .À c e t t e d a t e , 31 000 transactions avaient été enregistrées sur l\u2019île de Montréal.Les hausses de valeur n\u2019entraînent pas nécessairement une augmentation des taxes du même ordre puisque le rôle pourrait être étalé sur trois ans, et la Ville ajuste à la baisse le taux de taxation.Reste que les propriétaires dont la résidence est touchée par une valeur au-dessus de la moyenne peuvent s\u2019attendre à devoir assumer une hausse de taxes plus salée.Le président du comité exécutif, Benoit Dorais, a toutefois promis que les hausses de taxes se limiteraient à l\u2019indice des prix à la consommation (IPC) établi par le Conference Board, soit à une moyenne de 2 % pour le secteur résidentiel et à 1,5 % pour les immeubles non résidentiels.Ce taux n\u2019inclut pas les taxes locales que pourraient imposer certains arrondissements, a-t-il précisé.« 2 %, c\u2019est raisonnable, croit- il.C\u2019est sûr que ça se répartira différemment selon les arrondissements.» Le budget 2020 de la Ville, qui déterminera le taux de taxation et les hausses relatives à chacun des arrondissements montréalais, sera déposé plus tard cet automne.Le groupe citoyen Montréal pour tous n\u2019est pas rassuré par les promesses de M.Dorais.« L\u2019élastique de la taxation foncière actuelle ne peut plus être étiré », soutient l\u2019organisme, qui presse la Ville d\u2019adopter d\u2019autres mesures pour aider les contribuables comme demander à Québec 1 % de la TVQ et créer un programme de prêts à taux réduit qui permettrait aux propriétaires en difficulté de reporter le paiement de leur impôt foncier.MARCO FORTIER LE DEVOIR Les représentants de la communauté anglophone, qui cherchent à garder leurs commissaires scolaires élus par la population, notent des « progrès » dans leurs discussions avec le ministre Jean-François Roberge.Des membres de l\u2019organisation Quebec Community Groups Network (QCGN) sont sortis encouragés d\u2019une rencontre avec le ministre de l\u2019Éducation, il y a trois semaines.« Pour la première fois, on a senti une sorte de progrès », dit Geoffrey Chambers, président de l\u2019organisme qui représente les communautés anglophones du Québec.« Le ministre a cherché les détails de ce que nous voulons.Il est conscient de ce qui irait ou n\u2019irait pas pour nous.Il a vraiment étudié cette question », ajoute-t-il.Le cabinet du ministre Roberge a refusé de commenter l\u2019information révélée mercredi par l\u2019animateur Bernard Drainville, du 98,5 FM, selon laquelle le gouvernement maintiendrait les commissions scolaires anglophones dans son projet de loi à venir sur la gouvernance scolaire.Ce projet de loi vise à abolir les élections scolaires et à créer des « centres de services » aux écoles.Le premier ministre, François Le- gault, a indiqué que cet enjeu fera partie des discussions à la rencontre de deux jours des élus de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui aura lieu jeudi et vendredi à Rivière-du-Loup.« Nous avons toujours eu l\u2019intention de calmer les gens.Nous allons décentraliser [la gestion du réseau scolaire] et nous allons regarder les suggestions, dont celles des commissions scolaires anglophones », a-t-il dit.Si le gouvernement Legault préserve les commissions scolaires anglophones, il adoptera le « même compromis que celui adopté par la Nouvelle- Écosse » pour les francophones, s\u2019est réjouie sur Twitter la politologue Stéphanie Chouinard, du Collège militaire royal de Kingston et de l\u2019Université Queen\u2019s.La veille, elle a indiqué au Devoir que la jurisprudence est favorable aux minorités linguistiques canadiennes qui veulent garder le contrôle de leurs commissions scolaires.La communauté anglophone du Québec, en tout cas, est prête à se battre devant les tribunaux pour défendre le contrôle de ses écoles.Le QCGN envisage de se joindre à la bataille de la Commission scolaire English-Mont- réal pour garder ses commissions scolaires.« Nous avons des droits constitutionnels.S\u2019ils ne sont pas respectés, nous utiliserons tous les moyens pour les protéger », dit Geoffrey Chambers.Avec Mylène Crête COMMISSIONS SCOLAIRES Les discussions progressent, notent les anglophones Margaret Atwood, la visionnaire RÉSISTANCE SUITE DE LA PAGE A 1 Booker 2019 et son adaptation en série télévisée serait déjà en cours.Des nouvelles de Tante Lydia La fin de La servante écarlate nous apprenait que Defred, esclave reproductrice dont le récit se confondait avec le roman, était parvenue à kidnapper sa seconde fille avant de la confier à des gens qui la feraient passer au Canada, un pays neutre.Le destin de la narratrice, pour sa part, restait flou, et il va le demeurer.The Testaments, roman à trois voix, nous apprend ce qui est arrivé aux enfants de Defred quinze ans plus tard.Agnès, sa première fille confiée à un couple de hauts dirigeants, a évité de justesse à 13 ans un mariage forcé avec un vieillard.Avant d\u2019intégrer il y a neuf ans la caste des Tantes, seules femmes qui ont le droit de lire, une caste féminine chargée de forger et de faire appliquer les lois, d\u2019éduquer et de contrôler les filles.Exit Defred, la « servante écarlate » qui était au cœur du premier livre (et de la série télévisée), mère d\u2019Agnès et de « Bébé Nicole », qui a été envoyée clandestinement au Canada.Mais bienvenue à Tante Lydia, le personnage qui est au cœur de ce nouveau livre, grande vilaine du premier roman, qui a couché par écrit sa propre version de l\u2019histoire de la chute de Gilead.Comment le régime de Gilead a-t-il chuté ?Atwood raconte avoir écrit The Testaments pour répondre en partie à cette question.Juge pour la famille, Tante Lydia avait 53 ans au moment de son arrestation par les autorités de Gilead.Femme organisée et pragmatique, tout en œu- vrant en apparence pour réformer une société décadente et corrompue et appartenant aux « Fondatrices », elle se révèle une femme de tête puissante, qui tire les ficelles et complote pour mettre en œuvre un plan digne de Machiavel afin de faire tomber ce régime autoritaire.La réponse à un mystère Sans trop en dévoiler, disons que c\u2019est peut-être la plus grande surprise du roman.Qui vient aussi répondre à l\u2019un des plus épais mystères de La servante écarlate : comment des femmes peu- vent-elles accepter d\u2019asservir ainsi d\u2019autres femmes ?Atwood démonte la mécanique de la terreur.Elles y consentent parce qu\u2019elles n\u2019ont en réalité aucun choix.C\u2019est oui ou c\u2019est non.Mais la conséquence d\u2019un refus de collaborer, d\u2019humilier, de punir et de tuer équivaut à accepter de subir une mort violente.Semer la haine et la mort parce qu\u2019on aime trop la vie ?C\u2019est possible, nous dit Atwood en parlant de Tante Lydia.C\u2019est une réalité humaine, tout simplement.Aussi complexe que paradoxale.Mais les ficelles utilisées par l\u2019écri- vaine sont grosses, le plan pour ébranler les fondations de Gilead est abracadabrant et le récit manque de tension.De plus, de nombreux pans d\u2019ombre subsistent encore.Par ses descriptions et la dilution des voix narratives, cette suite est plus légère que le premier roman.On en apprend certes un peu plus sur la création de la république de Gilead, mais de manière allusive et avec certaines longueurs.Toutefois, nul ne saurait blâmer Margaret Atwood, 79 ans, d\u2019avoir cherché à répondre à des questions qu\u2019elle avait elle-même laissées en suspens, à boucler la boucle ou à surfer sur le succès de la série télé.Il reste que, si elle a mis trente-cinq ans à imaginer la fin, elle n\u2019en a pas mis autant pour l\u2019écrire.Et c\u2019est le talent visionnaire de l\u2019écri- vaine, raconteuse rebelle et un peu sorcière.Une séance photo pour le Sunday Times Stylenous la montrait d\u2019ailleurs posant en grande prêtresse de la fiction, drôlement échevelée, bardée de symboles liés au tarot \u2014 un sujet qu\u2019elle connaît bien et sur lequel elle a déjà écrit.La force, la véritable force du roman de Margaret Atwood transcende un peu ses pages.C\u2019est que, sans en avoir l\u2019air, elle nous parle d\u2019hier, d\u2019au- jourd\u2019hui et de demain.The Testaments ?1/2 Margaret Atwood, McClelland&Stewart, Toronto, 2019, 432 pages 19,8 % C\u2019est dans l\u2019arrondissement de Verdun qu\u2019on retrouve la hausse moyenne de la valeur des propriétés la plus élevée.27,4 % Le titre de ville liée ayant la plus forte augmentation revient à L\u2019Île-Dorval Nul ne saurait blâmer Margaret Atwood, 79 ans, d\u2019avoir cherché à répondre à des questions qu\u2019elle avait elle-même laissées en suspens, à boucler la boucle ou à surfer sur le succès de la série télé ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 12 SEPTEMBRE 2019 STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Un jugement de la Cour supérieure rendu mercredi matin à Montréal accorde l\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir aux personnes éprouvant des souffrances physiques ou psychologiques intolérables.Même si leur mort naturelle n\u2019est pas raisonnablement prévisible.Même si elles ne sont pas en fin de vie.Le premier ministre François Legault y voit un argument supplémentaire pour élargir l\u2019aide médicale à mourir.« Déjà, on avait annoncé qu\u2019on voulait voir à élargir la loi dans le cas de certaines personnes qui n\u2019étaient pas en fin de vie, a-t-il rappelé en sortant du conseil des ministres mercredi après- midi.Donc, je pense que ça vient juste ajouter une raison de plus pour regarder tout le dossier et, bon, on prendra des décisions : est-ce qu\u2019on va en appel, est-ce qu\u2019on change la loi ?On va vous revenir de ce côté-là.» Dans sa décision, la juge Christine Beaudoin déclare inconstitutionnelles les dispositions légales québécoise et canadienne contestées par deux citoyens souffrant de graves problèmes de santé et à qui le système médical refusait l\u2019accès à l\u2019assistance létale.Nicole Gladu et Jean Truchon faisaient cause commune dans cette cause entendue en janvier.La juge a salué « le courage et la détermination » des deux requérants qui ont « porté la cause sur leurs épaules » tout en les exemptant des frais de justice.Un appel demeure possible dans les trente jours.La demanderesse Nicole Gladu (73 ans) est accablée depuis un quart de siècle par un syndrome post-poliomyé- lite sévère.Le corequérant Jean Tru- chon (51 ans) est atteint pour sa part de triparalysie depuis sa naissance.Ils vont s\u2019exprimer en conférence de presse jeudi matin.Ces deux personnes conservent leurs fonctions cognitives et mentales intactes, « et même supérieures à la normale », résume le jugement.Les deux ont tenté d\u2019obtenir l\u2019aide médicale à mourir, en vain, parce qu\u2019elles n\u2019étaient pas jugées «en fin de vie», comme l\u2019exigent les lois adoptées il y a cinq ans.Vu les circonstances exceptionnelles de la cause, la Cour accorde aux deux législateurs une période de suspension de la déclaration d\u2019invalidité d\u2019une période de six mois pour permettre les ajustements nécessaires.Par contre, pour ne pas brimer encore davantage les droits des deux demandeurs, le tribunal leur accorde une exemption constitutionnelle, elle aussi valide pour six mois.Ils pourront donc se prévaloir de l\u2019aide létale recherchée «s\u2019ils satisfont aux conditions d\u2019admissibilité prévues par les lois fédérale et provinciale».Cette précaution est liée à la transformation possible de leurs conditions SOCIÉTÉ Le tribunal élargit l\u2019aide médicale à mourir Restreindre l\u2019assistance létale aux seules personnes en fin de vie est anticonstitutionnel, tranche la juge Christine Beaudoin GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR JUSTICE Se marier devant Dieu, aux conditions des hommes Nicole Gladu et Jean Truchon, deux personnes lourdement handicapées, ont mené leur combat avec l\u2019avocat Jean- Pierre Ménard.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La bataille n\u2019est pas finie, mais elle est bien engagée.Il y aura des suites.L\u2019élargissement, on en est là pour vrai.JEAN-PIERRE MÉNARD » VOIR PAGE A 6 : PLUS DE DIGNITÉ, MOINS DE RESTRICTIONS, L\u2019ÉDITORIAL DE MARIE-ANDRÉE CHOUINARD physiques et psychologiques, par exemple leur aptitude à consentir, leur souffrance ou leur condition médicale, «qui devront faire l\u2019objet d\u2019une nouvelle évaluation», dit la décision.Élargissement Ce jugement constitue une étape importante de plus dans la décriminalisa- tion de l\u2019aide médicale à mourir au pays.La loi accorde ce recours ultime tout en restreignant son usage.Il reste encore des interrogations fondamentales au sujet de l\u2019extension de ce droit à la mort assistée aux mineurs, aux personnes inaptes ou par directives médicales anticipées.Ces enjeux ne font pas l\u2019objet du présent jugement.«Nous sommes très, très, très satisfaits du jugement, pour mes clients d\u2019abord.C\u2019est un énorme soulagement pour eux, dit au DevoirMe Jean-Pierre Ménard, qui représente Mme Gladu et M.Truchon.C\u2019est un énorme soulagement.La bataille n\u2019est pas finie, mais elle est bien engagée.Il y aura des suites.L\u2019élargissement, on en est là pour vrai.Nous allons aussi développer des stratégies envers les gouvernements.» Québec a reçu en juin le rapport d\u2019un groupe d\u2019experts sur l\u2019élargissement des critères d\u2019accès à cette assistance de fin de vie.Les dix sages recommandent de reconnaître la formulation d\u2019une demande anticipée, par exemple en prévision d\u2019une maladie dégénérative incurable.Une étude menée par l\u2019Université de Sherbrooke en 2017 a montré que 91 % des proches aidants sont d\u2019accord pour étendre la mesure ultime aux personnes inaptes en phase terminale ayant préalablement exprimé par écrit leurs demandes.En plus, 72 % des répondants sont favorables à cette mesure létale même sans directive écrite.« La population a beaucoup d\u2019attentes, dit la ministre de la Santé et des S ervices sociaux, Danielle McCann, qui va rencontrer le groupe d\u2019experts.Je suis encore en train d\u2019analyser ce rapport.On veut en discuter dans une étape subséquente avec les collègues à l\u2019Assemblée nationale.On veut que ce soit en discussion de manière transpartisane.» Le porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de santé, le libéral André Fortin, prie la procureure générale du Québec, Sonia LeBel, de ne pas interjeter appel.Le groupe parlementaire libéral est disposé à épauler la ministre de la Santé afin de se conformer à la décision de la juge Christine Beaudouin.Avec Marco Bélair-Cirino et Mylène Crête à Québec Le Code civil n\u2019entrave pas la liberté de religion sous prétexte qu\u2019il impose des conséquences juridiques aux couples qui optent pour un mariage religieux, tranche la Cour d\u2019appel ISTOCK Un mariage religieux a des conséquences juridiques et les obligations qui y sont rattachées ne restreignent pas la liberté de religion, a tranché mercredi la Cour d\u2019appel du Québec.Le jugement met un terme à un épisode qui avait plongé dans l\u2019embarras le gouvernement Couillard en mars 2016.La Cour d\u2019appel a ainsi rejeté l\u2019appel d\u2019un homme qui prétendait « qu\u2019en associant des conséquences juridiques au mariage religieux, le Code civil du Québec entrave l\u2019exercice de la liberté de religion des individus ».Il faisait valoir que les croyants qui se sentent forcés de se marier pour vivre en conjugalité étaient désavantagés par rapport aux non-croyants, qui peuvent vivre en union libre et régler à leur bon vouloir les termes de la « dimension économique de leur conjugalité ».Au Québec, le mariage entraîne différentes obligations financières \u2014 partage des biens, pension alimentaire, protection de la résidence familiale, etc.\u2014, ce qui n\u2019est pas le cas des unions libres.La Cour d\u2019appel indique dans son jugement qu\u2019on « ne peut voir dans les conséquences juridiques rattachées au mariage célébré par un ministre du culte une entrave à la liberté qu\u2019a chacun de croire et de pratiquer ses croyances ».Le tribunal n\u2019y voit ainsi pas d\u2019entorse aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés.De la même manière, le fait de se marier ne cause pas de préjudice sur le plan économique, note-t-on.« Bénéficier du cadre juridique [du mariage], par opposition à celui des conjoints de fait, qui n\u2019ont pas droit à la même protection, ne peut être considéré comme un désavantage [\u2026].Au contraire, il favorise [les époux] et il ajoute à leurs droits en instaurant un régime qui met en œuvre un principe fort d\u2019égalité et de protection.» Le juriste Alain Roy, qui a agi comme consultant auprès de l\u2019appelant dans cette cause (et qui est impliqué de près dans le dossier de la réforme du droit québécois de la famille), note à cet égard que la Cour d\u2019appel « partage la prétention [soulevée par la Cour suprême dans le fameux dossier d\u2019Eric et Lola] selon laquelle les conjoints de fait subissent un désavantage par rapport aux conjoints mariés », puisque rien ne les protège sur le plan juridique.M.Roy a salué mercredi un «jugement étoffé».Pas d\u2019unions spirituelles ! La Cour rappelle autrement que tout célébrant d\u2019un mariage religieux a le devoir, en vertu du Code civil, de transmettre la déclaration de mariage au directeur de l\u2019état civil.Une évidence ?Oui\u2026 mais non, considérant ce que la Procureure générale du Québec (Stéphanie Vallée à l\u2019époque) avait plaidé il y a trois ans \u2014 et qui avait été retenu dans le jugement de la Cour supérieure qui vient d\u2019être renversé.La juge Alary avait alors stupéfié la communauté juridique québécoise.« Dans la mesure où des conjoints font appel à un ministre du culte pour célébrer un mariage uniquement religieux, le Tribunal ne voit pas pourquoi ce ministre devrait faire parvenir au directeur de l\u2019état civil la déclaration de mariage », disait-elle en reprenant un argumentaire développé dans ce procès par le procureur du gouvernement (et qui permettait de contourner les prétentions sur la liberté de religion et le droit à l\u2019égalité).La ministre Vallée avait eu fort à faire pour défendre cette position par la suite.Le concept des sous-mariages sans conséquences civiles \u2014 des « unions spirituelles » qui ouvraient selon plusieurs la porte aux mariages forcés \u2014 a finalement été abandonné, Québec ayant plaidé en Cour d\u2019appel le contraire de ce qu\u2019il avait défendu devant la Cour supérieure. ÉLECTIONS A 4 LEDEVOIR // LE JEUD E N B R E F pas un séparatiste ».Mais elle a ajouté qu\u2019elle parlerait à son candidat.« Parce que nous n\u2019aurons pas un candidat qui pense qu\u2019il peut travailler à rompre notre pays.» M.Nantel et Mme May ne s\u2019étaient toujours pas parlé mercredi soir au moment où ces lignes étaient écrites.En entrevue avec Le Devoir, Pierre Nantel explique que tout ceci constitue un « quiproquo ».« Il n\u2019y a pas de place pour un séparatiste au Parti vert ?Sincèrement, je ne pense pas que c\u2019est ce qu\u2019elle veut dire.Ce qu\u2019elle veut dire, c\u2019est qu\u2019on n\u2019est pas là pour faire l\u2019apologie du Québec indépendant à la Chambre des communes.Et je suis d\u2019accord.» Selon M.Nantel, Mme May « sait très bien que je suis souverai- niste ».Sur Twitter, son ancien collègue, le député du NPD Charlie Angus, a écrit que le départ de M.Nantel constituait un « bon débarras ».Hélène Buzzetti et Marie Vastel VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Pierre Nantel, souverainiste en sursis OTTAWA \u2014 À peine arrivé dans les rangs du Parti vert, le transfuge Pierre Nantel se retrouve dans l\u2019eau chaude pour avoir professé son appui à la souveraineté.En entrevue avec QUB radio mardi, M.Nantel a déclaré : « Sé- parons-nous au plus vite ! Non, mais, séparons-nous au plus vite ! » L\u2019ancien député néodémocrate de Longueuil \u2014 Saint-Hubert a ajouté que « s\u2019il y avait une question référendaire au Québec, je voterais oui, bien évidemment ».Il s\u2019est empressé d\u2019ajouter qu\u2019il ne militait pas activement pour autant pour la séparation.« Si je voulais m\u2019organiser pour que le Québec puisse enfin être indépendant, j\u2019irais faire de la politique provinciale.» Confrontée à ces déclarations, la cheffe du Parti vert, Elizabeth May, a indiqué qu\u2019elle était convaincue que Pierre Nantel « n\u2019est commissaire Mario Dion, la GRC n\u2019a pas eu accès à certains documents en lien avec l\u2019affaire SNC-Lavalin et les personnes qu\u2019elle rencontre sont limitées dans ce qu\u2019elles peuvent dire.La GRC n\u2019a pas ouvert d\u2019enquête officielle sur cette affaire, mais elle en interroge des acteurs pour déterminer s\u2019il y a lieu d\u2019en ouvrir une pour entrave à la justice.La GRC a rencontré mardi l\u2019ancienne ministre Jody Wilson-Raybould.Avant même de lancer sa propre campagne, le chef conservateur, Andrew Scheer, a demandé à son rival libéral de reconsidérer sa position.« La seule raison pour laquelle Justin Trudeau va continuer de refuser de lever le privilège, c\u2019est parce qu\u2019il y a quelque chose à cacher de plus grave que ce que l\u2019on sait aujourd\u2019hui.» M.Trudeau a soutenu que cette décision relevait du Conseil privé.« Nous respectons toujours les décisions prises par notre fonction publique.Nous respectons la décision du greffier », a-t-il dit.Mensonge, a rétorqué M.Scheer en soutenant que « la décision de lever le secret du Cabinet revient au premier ministre ».Deux sources consultées par Le Devoir donnent raison à M.Scheer.Le professeur de droit constitutionnel Peter Russell explique que le greffier du Conseil privé prend la décision, mais le premier ministre dont il relève peut la renverser.« M.Trudeau a choisi de ne pas désapprouver son greffier », résume M.Russell.L\u2019ancien greffier Mel Cappe (1999-2002) abonde dans le même sens.« Le secret du Cabinet relève du premier ministre et il peut le lever.Mais tous les greffiers conseilleront au premier ministre de ne PAS lever ce privilège.» Ceci afin de permettre aux ministres de parler librement.Ceci dit, secret levé ou pas, la GRC n\u2019entamerait pas d\u2019enquête maintenant, puisqu\u2019elle a pour règle de ne pas entamer d\u2019activités touchant la classe politique en période électorale.La GRC avait été blâmée pour avoir influencé le cours de la campagne de 2005-2006 en annonçant l\u2019ouverture d\u2019une enquête à propos de Ralph Goo- dale, ministre libéral qu\u2019elle avait finalement blanchi en 2007.La classe moyenne interpellée Le lancement des hostilités électorales a été l\u2019occasion pour chaque chef fédéral d\u2019exposer son offre politique.Sans surprise, le chef libéral a réclamé un second mandat pour poursuivre son œuvre.Justin Trudeau a rappelé que, pendant son règne, plus d\u2019un million d\u2019emplois ont été créés, le taux de chômage a atteint un creux historique et 300 000 enfants sont sortis de la pauvreté grâce à la nouvelle allocation canadienne pour enfants.Renouer maintenant avec les conservateurs ramènerait selon lui « l\u2019austérité ».« Nous avons un choix à faire : continuer d\u2019aller vers l\u2019avant et bâtir sur les progrès réalisés, ou retourner en arrière avec les politiques des années Harper.Les conservateurs aiment dire qu\u2019ils sont en faveur des gens, mais ils réduisent les impôts pour les mieux nantis et réduisent les services pour tous les autres.» Le chef conservateur Andrew Scheer, lui, a présenté M.Trudeau comme un premier ministre dépensier, déconnecté de la classe moyenne et qui « a perdu l\u2019autorité morale de gouverner ».« Le compte à rebours pour que le Canada se débarrasse de Justin Trudeau est officiellement lancé », a-t-il déclaré.M.Scheer a soutenu, sans le démontrer, que « Justin Trudeau a augmenté les taxes et les impôts de 80 % de la classe moyenne ».Le chef conservateur a donné le coup d\u2019envoi de sa campagne nationale à Trois-Rivières où il compte sur l\u2019ancien maire de la ville, Yves Lévesque, pour ravir cette circonscription au NPD et ainsi étendre la représentation de son parti au-delà de la région de Québec.De son côté, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a décidé de lancer sa campagne à Québec où le parti ne compte plus aucun député depuis le balayage de 2011.Dans cette région où la Coalition avenir Québec (CAQ ) est solidement implantée, le chef bloquiste a mis de l\u2019avant ses affinités avec le gouvernement caquiste.« C\u2019est à Québec qu\u2019il y a notre seul parlement national avec un gouvernement qui, pour la première fois depuis longtemps, affiche un nationalisme décomplexé qui, il faut le dire, fait du bien.» La laïcité s\u2019invite en cette première journée Justin Trudeau n\u2019écarte pas une participation éventuelle d\u2019Ottawa dans la contestation de la loi sur la neutralité de l\u2019État québécois MARIE VASTEL HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR Justin Trudeau a démarré sa campagne électorale avec une sortie qui a fait bondir son homologue québécois.Le premier ministre sortant a entrouvert la porte à ce qu\u2019un gouvernement libéral se joigne à une contestation judiciaire de la loi québécoise sur la laïcité.Ce qui a amené le premier ministre québécois, François Legault, à sommer les chefs fédéraux de se mêler de leurs affaires.Le ton de M.Trudeau semblait avoir changé, au premier jour de la campagne électorale fédérale.Jusqu\u2019ici, le chef libéral était resté flou lorsqu\u2019il se faisait demander si son gouvernement pourrait intervenir contre la loi 21 du Québec.Or, mercredi, il a laissé entendre que, bien qu\u2019une participation fédérale soit exclue « pour l\u2019instant », cela pourrait changer un jour.« Pour l\u2019instant nous trouvons que c\u2019est contre-productif pour un gouvernement fédéral de s\u2019engager directement dans cette cause », a indiqué Justin Trudeau, en conférence de presse à sa sortie de Rideau Hall pour lancer le bal de la campagne électorale.Le chef libéral avait été critiqué par des chroniqueurs du Canada anglais, qui lui reprochaient de ne pas s\u2019opposer assez farouchement à la loi québécoise.M.Trudeau s\u2019est dit mercredi « très content que les Québécois eux-mêmes soient en train de contester cette loi en cour, soient en train de défendre la Charte canadienne des droits et libertés ».« Nous allons suivre attentivement tout ce qui se passe dans le processus judiciaire et nous allons prendre nos décisions au fur et à mesure, si nous allons intervenir », a-t-il ajouté.Il n\u2019en fallait pas plus pour que François Legault prenne le micro à son tour afin de rappeler les aspirants premier ministre du Canada à l\u2019ordre.« Ce que je leur demande, c\u2019est de s\u2019engager \u2014 pas juste pour l\u2019instant, pour de bon \u2014 à ne jamais contester la loi qui interdit les signes religieux pour les personnes qui sont en autorité.C\u2019est aux Québécois de choisir.Les Québécois ont choisi.» Le premier ministre caquiste s\u2019est abstenu de critiquer directement Justin Trudeau.Mais il en avait visiblement contre son choix de mots.« Je voudrais que ce ne soit pas seulement \u201cpour l\u2019instant\u201d, mais pour de bon », a-t-il affirmé.Les autres ferment la porte Le chef conservateur Andrew Scheer, lui, a fourni une réponse catégorique.« Nous n\u2019avons aucune intention d\u2019intervenir dans cette cause », a-t-il déclaré en lançant sa campagne à Trois- Rivières.M.Scheer n\u2019a toutefois pas précisé s\u2019il estimait, comme ses homologues des principaux partis fédéraux, que la loi québécoise empiète sur les droits des citoyens.« Les gens qui s\u2019opposent à cette loi plaident leur cause présentement devant les tribunaux.C\u2019est leur droit.[\u2026] Pour notre part, nous ne déposerons pas ce genre d\u2019initiative au niveau fédéral », s\u2019est-il contenté de répondre.Du côté du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh s\u2019était déjà ravisé après sa course à la chefferie.Bien qu\u2019il ait au départ laissé entendre qu\u2019il se joindrait à une contestation judiciaire VIGIE PARITÉ Un nombre sans précédent de candidates GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR 42,7 % C\u2019est le pourcentage de femmes parmi les candidats nommés au Québec par les cinq principaux partis fédéraux.Le chef libéral peut-il lever le secret du C SNC-LAVALIN SUITE DE LA PAGE A 1 La campagne électorale fédérale s\u2019est mise en branle mercredi avec un contingent inédit de femmes candidates : elles composent actuellement près de 40 % de l\u2019ensemble des candidats investis par les cinq principaux partis fédéraux, montre une recension effectuée dans le cadre du projet Vigie parité du Devoir.Le Parti libéral du Canada (PLC), le Parti conservateur du Canada (PCC), le Nouveau Parti démocratique (NPD), le Parti vert du Canada (PVC) et le Bloc québécois ont d\u2019ores et déjà nommé 83 % de leurs candidats, et on compte parmi eux 39,7 % de femmes \u2014 à un cheveu du seuil minimal de la parité, établi à 40 %.En nombre absolu, elles sont 471 à être candidates\u2026 soit autant qu\u2019en 2015, mais il reste encore plus de 240 candidats à être investis.Au Québec, les partis dépassent présentement ce plancher, avec 42,7 % de femmes parmi les candidats nommés (79 % des effectifs ont été confirmés).Lors de la dernière campagne électorale provinciale \u2014 qui a mené à un nombre record d\u2019élues \u2014, les partis présents à l\u2019Assemblée nationale avaient présenté 47 % de femmes candidates, un autre record.Progression C\u2019est la neuvième lecture de l\u2019évolution du bassin de candidatures que Le Devoir mène depuis le 8 mars dernier, et chaque mise à jour a montré une progression du taux de candidatures féminines.La progression se mesure aussi par rapport à la dernière campagne fédérale, en 2015.À l\u2019époque, les femmes représentaient le tiers de tous les candidats (le dernier Parlement était composé de 26 % de femmes).À l\u2019échelle nationale, le NPD demeure le parti avec la plus forte proportion de candidates\u2026 mais aussi celui qui doit encore nommer le plus grand nombre de candidats \u2014 il lui en manque encore 158 sur 338.Les verts suivent, avec 43,5 % de femmes et des effectifs presque complets.Ces deux partis avaient déjà présenté le plus grand nombre de candidates aux élections de 2015.Les libéraux (31 % de femmes candidates il y a quatre ans) et les conservateurs (20 % lors de la dernière élection) améliorent cette année leur ratio.Avec une quarantaine de candidats à nommer, les libéraux comptent 39,5 % de femmes, alors que les conservateurs en ont 31,1 % (tous leurs candidats ont été nommés).Quant au Québec, les conservateurs (39,7 %), les libéraux (43,5 %) et les verts (42,7 %) frôlent ou dépassent le seuil paritaire.Le Bloc québécois est à 35,7 %, avec 56 candidats investis.Le NPD dépasse tout le monde (62,1 % de femmes), mais il lui manque toujours 49 candidats sur 78.Les chiffres de la Vigie parité sont basés sur les informations transmises par les partis et ne comptent que les candidats officiellement investis.Le Parti populaire du Canada n\u2019a pas fourni ces données. ÉLECTIONS A 5 DI 12 SEPTEMBRE 2019 Le « moins pire » uand arrive une élection, peu importe l\u2019ordre de gouvernement, plusieurs éprouvent un certain découragement en se rappelant l\u2019axiome de Joseph de Maistre : « Toute nation a le gouvernement qu\u2019elle mérite.» Sommes-nous si peu méritants pour avoir toujours cette impression de devoir choisir le « moins pire » ?Il arrive parfois qu\u2019on ait une agréable surprise.Il y a un an, un grand nombre de Québécois ont voté pour la CAQ avant tout pour se débarrasser des libéraux et ils ont découvert à François Legault des qualités qu\u2019ils ne lui soupçonnaient pas.Certes, personne n\u2019est parfait et cette lune de miel ne durera pas éternellement, mais le moral de la nation est indéniablement meilleur qu\u2019au cours des années précédentes.Il n\u2019y a pas eu de surprise dans le cas de Justin Trudeau, qui est devenu premier ministre parce que les Canadiens en avaient assez des conservateurs et que Thomas Mulcair a mené une campagne atroce.Durant son séjour dans l\u2019opposition, le chef libéral était perçu comme un bellâtre sans grande envergure, et c\u2019est exactement ce que les quatre dernières années ont confirmé.Certains défauts peuvent toutefois se transformer en qualités.Le premier ministre sortant paraît un peu insignifiant, parfois même niaiseux, comme lors de son voyage en Inde, mais il semble plutôt inoffensif.M.Harper n\u2019avait rien d\u2019un insignifiant, mais il faisait peur.Le problème de son successeur, Andrew Scheer, est qu\u2019il apparaît aussi insignifiant que M.Trudeau, mais qu\u2019il doit traîner le fantôme de son prédécesseur.Contrairement aux conservateurs de Stephen Harper, qui avaient trois mandats dans le corps, M.Trudeau en est à son premier.Il n\u2019a peut-être impressionné personne par son leadership et la magie de son nom opère moins qu\u2019avant, mais on ne sent pas, comme en 2015, ce « désir de changement » à tout prix qui a aussi eu raison du PLQ le 1er octobre 2018.Somme toute, le pays se porte plutôt bien et le premier ministre sortant apparaît encore comme le « moins pire ».Les sondages des dernières semaines laissent entrevoir la possibilité d\u2019un gouvernement minoritaire, vraisemblablement libéral.C\u2019est sans doute le scénario que privilégie le gouvernement Legault et qui a historiquement été le plus bénéfique au Québec.L\u2019expérience de 2015 montre toutefois qu\u2019une campagne électorale peut changer bien des choses, même si celle qui commence sera deux fois moins longue que la précédente.Troisième sur la ligne de départ à l\u2019époque, le PLC avait fait élire 184 députés et M.Trudeau avait pu former un gouvernement majoritaire que même les sondages effectués dans les derniers jours de la campagne n\u2019avaient pas prévu.C\u2019est au Québec que le revirement avait été le plus spectaculaire.À la mi-août 2015, le NPD dominait outrageusement avec 47 % des intentions de vote, soit une avance de 27 points sur le PLC.Au bout du compte, les libéraux ont fait élire 40 députés, par rapport à 7 en 2011, tandis que le NPD n\u2019avait sauvé que 16 des 59 sièges que la « vague orange » et Jack Layon lui avaient permis de remporter.Au moment où le PQ lutte pour sa survie, la performance du Bloc québécois aura valeur de présage.L\u2019arrivée d\u2019Yves- François Blanchet lui a permis de retrouver une certaine cohésion interne après les déchirements qui ont marqué le court règne de Martine Ouellet, mais les sondages n\u2019ont enregistré aucune progression de ses intentions de vote par rapport à 2015, année où il avait déjà recueilli moins de voix que lors du désastre de 2011.Personne ne s\u2019attend à ce que le Bloc retrouve sa position hégémonique d\u2019antan, mais un nouveau recul serait de très mauvais augure pour la tentative de refondation péquiste.De toute évidence, la souveraineté ne constitue pas le meilleur cheval de bataille aux yeux de M.Blanchet, qui se pose davantage comme un porte-parole du gouvernement Le- gault, dont il ne cesse de vanter les mérites.Au lancement de sa campagne, mercredi, son allusion à l\u2019indépendance ressemblait à une figure imposée.On en arrive presque à prendre Jagmeet Singh en pitié tellement la situation du NPD semble désespérée, mais personne ne vote par pitié.« On se bat pour vous », proclame son slogan de campagne.En réalité, le NPD et son chef se battent pour leur survie, et ce n\u2019est sans doute pas au Québec qu\u2019ils pourront sauver les meubles.La question est de plutôt savoir comment se fera le partage de ses dépouilles.MICHEL DAVID Justin Trudeau n\u2019a peut-être impressionné personne par son leadership et la magie de son nom opère moins qu\u2019avant, mais on ne sent pas, comme en 2015, ce « désir de changement » à tout prix.Un corridor énergétique, opposition ou non TROIS-RIVIÈRES \u2014 Le projet de corridor énergétique d\u2019Andrew Scheer se réalisera même si une province s\u2019y oppose, a laissé entendre le chef conservateur dans son premier point de presse de la campagne, à Trois-Rivières.« Je vais toujours appuyer le secteur énergétique et je suis convaincu que c\u2019est mieux d\u2019avoir le pétrole de l\u2019ouest du Canada que le vrai pétrole sale qui vient de l\u2019Arabie saoudite ou du Venezuela, des pays qui n\u2019ont aucun respect pour les droits de la personne », a répondu M.Scheer à une question portant sur les conséquences du refus d\u2019une province de laisser passer ce projet phare conservateur.M.Scheer présente souvent ce projet comme une grande collaboration entre le fédéral, les provinces, les communautés autochtones et le secteur privé.« Les projets de compétence fédérale sont de la responsabilité du fédéral, [mais] c\u2019est absolument essentiel pour le fédéral de travailler avec les provinces dans un esprit de collaboration », a-t- il réitéré mercredi.Le gouvernement Legault a déjà fait part de ses réserves au sujet du projet, qui créerait un corridor unique à travers le pays et dans lequel seraient à l\u2019avenir construits tous les oléoducs, gazoducs et lignes hydroélectriques.Mercredi, le cabinet de M.Legault faisait référence à une déclaration diffusée à la fin du dernier Conseil de la fédération, dans laquelle le gouvernement québécois rappelait « qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019acceptabilité sociale en ce qui a trait au passage de nouveaux oléoducs de pétrole sur son territoire ».On soulignait dans le même texte que Québec « demeure ouvert à favoriser l\u2019acheminement de l\u2019hydro- électricité et du gaz naturel sur les marchés ».Guillaume Bourgault-Côté faisant état du refus du Conseil privé de donner à la GRC accès à certains documents du cabinet portant sur cette affaire SNC-Lavalin.Cette controverse n\u2019a pourtant pas réussi à faire bouger les sondages estivaux favorables au Parti conservateur après le blâme adressé à M.Trudeau par le commissaire à l\u2019éthique mi-août.Fera-t-elle maintenant plus mal au chef libéral ?Difficile à dire, surtout qu\u2019il reste encore 39 jours de campagne et bien d\u2019autres enjeux capables d\u2019en atténuer le souvenir.En fait, Justin Trudeau doit être soulagé que ce nouveau soubresaut n\u2019arrive pas à la veille du scrutin du 21 octobre.Mais s\u2019il veut gagner, M.Scheer doit accroître ses appuis.Actuellement, son parti et le Parti libéral sont au coude à coude dans les sondages, mais leurs intentions de vote sont réparties de manière à donner moins de sièges au Parti conservateur.Ses appuis sont trop concentrés, alors que ceux des libéraux sont mieux distribués, indiquent les analyses de sondages de la CBC et de Maclean\u2019s.En plus, le PLC est en avance au Québec et en Ontario.Il a par contre reculé dans les provinces atlantiques et en Colombie-Britannique.Pour brasser cette donne, Andrew Scheer attaque l\u2019éthique de M.Trudeau qui, de son côté, prévient que son adversaire veut retourner en arrière.Et sur la Toile, des libéraux rappellent le conservatisme social de M.Scheer.De la politique tout ce qu\u2019il y a de plus traditionnel.Dans ce contexte, même sans grands moyens, Mme May peut marquer des points, frapper l\u2019imaginaire de ceux que le sort de la planète inquiète.Quand elle parle de courage collectif, de front commun non partisan pour agir plus vigoureusement contre les changements climatiques, de création d\u2019un conseil des ministres non partisan, comme en temps de guerre, pour s\u2019attaquer à la transformation de l\u2019économie, elle ramène le débat vers le bien commun.D\u2019autres partis, dont le NPD, le Bloc québécois, le Reform Party, pour ne nommer que ceux-là, ont démontré par le passé qu\u2019avec une masse critique de députés, ils pouvaient faire une différence et influencer l\u2019orientation des politiques publiques.Mme May a su, même seule, se faire entendre aux Communes.L\u2019écho qu\u2019elle continue à avoir et la montée de son parti dans les sondages devraient sonner comme un avertissement pour les autres formations.Écrivez-nous ! Vous avez des questions?Nous avons des réponses.En- voyez-nous à l\u2019adresse courriel questions@ledevoir.com vos interrogations sur la campagne électorale, et nous répondrons chaque jour à l\u2019une d\u2019entre elles.D\u2019ici là, rendez-vous sur nos plateformes numériques pour visionner Espace citoyen.M.Blanchet a soutenu qu\u2019après avoir « flirté » successivement avec les trois principaux partis fédéraux, les Québécois seront prêts à donner une nouvelle chance à son parti « renouvelé ».« C\u2019est notre devoir à nous de vous convaincre que la laïcité, c\u2019est nous, que le français, c\u2019est nous, que les régions, c\u2019est nous, que l\u2019énergie propre, c\u2019est nous », a-t-il lancé en évoquant son slogan électoral Le Québec, c\u2019est nous.Ce à quoi M.Scheer a répondu que les bloquistes « seront toujours des spectateurs impuissants qui jouent aux gérants d\u2019estrade ».Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a martelé qu\u2019il aura le «courage» de s\u2019en prendre aux «lobbyistes et intérêts corporatifs», aux «blanchisseurs d\u2019argent et spéculateurs », aux « lobbyistes du secteur des télécommunications » et aux « grands pollueurs » pour offrir aux citoyens ce dont ils ont besoin, soit un système de santé élargi, des logements abordables, des forfaits cellulaires moins coûteux et une lutte contre les changements climatiques plus robuste.Quant à la cheffe du Parti vert, Elizabeth May, elle a soutenu que ce sera « l\u2019élection la plus importante de l\u2019histoire du Canada ».« Nous dirons la vérité aux Canadiens quant à la gravité de l\u2019urgence climatique.Nous ne faisons pas cela pour effrayer les gens, mais pour leur donner de l\u2019espoir.Nous avons un plan.» Avec Guillaume Bourgault-Côté et Isabelle Porter Incarner le changement QUESTION SUITE DE LA PAGE A 1 Singh et son « défi suplémentaire » au Québec TROIS-RIVIÈRES \u2014 Le turban porté par le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, représente « un défi supplémentaire » pour les candidats du NPD au Québec.C\u2019est ce qu\u2019a candidement admis en entrevue le député néodémocrate Robert Aubin, qui brigue la circonscription de Trois-Rivières.Porté par la vague orange qui lui avait permis de récolter une majorité de près de 15 000 votes en 2011, Robert Aubin a vu sa majorité chuter à moins de 900 voix en 2015.Il sait que son siège est menacé, lui dont la formation politique se classe cinquième dans la circonscription selon un sondage publié dans Le Nouvelliste mercredi.Optimiste, il croit toutefois que la nouvelle publicité mettant en vedette Jagmeet Singh (avec et sans turban) contribue à ouvrir un autre regard sur son chef.La Presse canadienne de la loi ayant précédé la loi 21 \u2014 le projet de loi 62 du Parti libéral du Québec \u2014, M.Singh avait ensuite rajusté le tir en affirmant que ce n\u2019était « pas notre juridiction » et que le fédéral n\u2019avait pas à intervenir.De passage à London, en Ontario, pour donner le coup d\u2019envoi de sa campagne, M.Singh a fait valoir que le fait qu\u2019il porte lui-même des symboles religieux lui permettra de se connecter avec les Québécois parce qu\u2019il prouvera qu\u2019il accorde de l\u2019importance à l\u2019identité.« J\u2019espère que ma présence au Québec en tant que quelqu\u2019un qui porte le turban et la barbe démontrera aux gens que je suis prêt à me battre pour leur identité.[\u2026] Je veux être un allié pour le Québec et défendre la langue française et promouvoir l\u2019identité québécoise.» Le chef du Bloc québécois, Yves-Fran- çois Blanchet, a vivement dénoncé la sortie de Justin Trudeau, qui témoigne, selon lui, d\u2019un souhait de s\u2019immiscer dans les affaires du Québec.«J\u2019ai trouvé que, de façon très claire puisqu\u2019on est en campagne électorale, le premier ministre du Canada a sans équivoque laissé comprendre qu\u2019au besoin, l\u2019argent des Québécois va être utilisé pour lutter et rendre inopérante une loi adoptée en toute légitimité et largement consen- suelle au Québec.C\u2019est absolument inacceptable, a-t-il martelé.Les Québécois ont droit à leurs valeurs, à leurs priorités, à leur identité.» Le Parti vert n\u2019a pas commenté le dossier.La cheffe, Elizabeth May, avait dénoncé la loi québécoise au moment de son étude à l\u2019Assemblée nationale le printemps dernier, arguant qu\u2019« une telle intolérance religieuse n\u2019a pas sa place dans notre société ».Avec Guillaume Bourgault-Côté et Isabelle Porter Le premier ministre, François Legault, répond aux questions de la presse à Québec, à l\u2019occasion du lancement officiel de la campagne fédérale, mercredi.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Cabinet ?Q Libéraux et conservateurs sont au coude à coude dans les sondages, mais leurs intentions de vote sont réparties de manière à donner moins de sièges au parti d\u2019Andrew Scheer.VOIR AUSSI : « LA CHAMBRE DES COMMUNES SOUS LA LOUPE », UN ARTICLE INTERACTIF À LIRE SUR NOS PLATEFORMES NUMÉRIQUES. LEDEVOIR // LE JEUDI 12 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e courageux combat de Nicole Gladu et de Jean Tru- chon pour accéder à l\u2019aide médicale à mourir n\u2019aura pas été vain.Dans un jugement majeur dévoilé mercredi, la Cour supérieure a accédé à leur requête et invalidé les articles des lois fédérale et provinciale qui exigeaient qu\u2019un patient soit en « fin de vie » (Québec) ou que sa mort soit « raisonnablement prévisible » (Ottawa) pour qu\u2019on mette fin à ses souffrances.Le tribunal a été saisi par les témoignages de ces deux Québécois atteints de maladies incurables, Mme Gladu, 73 ans, accablée par un syndrome post- poliomyélite sévère et M.Truchon, 51 ans, atteint de triparalysie depuis la naissance.Lors de leur passage en cour, ils ont avec émotion et conviction fait le récit d\u2019une vie de douleurs, tant physiques que psychiques.La lourdeur du quotidien, la situation de dépendance face aux proches, l\u2019appréhension des douleurs sans cesse plus importantes, la détresse et le désespoir, la recherche de manières concrètes d\u2019en finir : le fil de ces vies à la fois fortes et fragiles a convaincu la juge, qui a souligné « le courage et la détermination » des deux plaignants.Elle a cru à l\u2019authenticité des souffrances relatées et à la véracité de leur quête.Deux cents pages de jugement pour traverser l\u2019écheveau de l\u2019aide médicale à mourir, avec en plein cœur une question humaine, médicale, morale et juridique : une personne adulte et apte peut-elle recevoir l\u2019aide médicale à mourir (AMM) alors qu\u2019elle ne se trouve pas au seuil de la mort ?Pour éviter de se diriger vers ce que certains ont appelé une « pente glissante », les législateurs avaient répondu non à cette question, faisant de la prévisibilité de la mort un critère d\u2019importance pour accepter ou refuser l\u2019AMM.En permettant à la souffrance extrême de s\u2019inviter dans la prise de décision, la juge Beaudoin offre une nouvelle perspective.C\u2019est un pas majeur et positif.En jugeant inconstitutionnels des pans de la loi du Québec et d\u2019autres de la loi canadienne, la juge Beaudoin force la main d\u2019élus qui n\u2019ont pas agi au moment où ils l\u2019auraient pu, et dû.L\u2019arrêt Carter rendu en 2015 par la Cour suprême ne faisait déjà aucune mention de l\u2019expectative de fin de vie pour donner accès à l\u2019AMM (on y parlait alors de capacité claire à consentir à mettre fin à sa vie et de problèmes de santé graves et irrémédiables causant d\u2019intolérables souffrances), mais la Loi canadienne sur l\u2019aide médicale à mourir de 2016 a joué d\u2019extrême prudence et n\u2019a pas suivi la marche à suivre dictée par la plus haute cour.Le Québec, précurseur modèle dans le champ de l\u2019AMM, n\u2019a pas indiqué s\u2019il fera appel de ce jugement, mais il serait malvenu qu\u2019il ne voit pas dans cette cause \u2014 tant dans la démarche des deux protagonistes que dans le jugement lui-même \u2014 l\u2019occasion d\u2019adoucir le cadre trop sévère de l\u2019AMM.La ministre de la Santé, Danielle McCann, n\u2019a pas que ce jugement à scruter de manière studieuse pour envisager l\u2019élargissement des critères d\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir.Un rapport d\u2019experts vient d\u2019atterrir sur son bureau sur une autre question d\u2019importance, celle de l\u2019accessibilité à l\u2019AMM pour des personnes devenues inaptes en fin de vie.L\u2019histoire tragique de Michel Cadotte, condamné pour avoir mis fin aux jours de son épouse affligée de la maladie d\u2019Alzheimer, ressurgit inévitablement quand on pense à ce que pourrait vouloir dire, pour des personnes aux prises avec une forme ou une autre de démence ou de pertes cognitives graves, la possibilité de donner un consentement écrit à l\u2019aide à mourir antérieur à la finale de la vie.Aux Pays-Bas, mercredi, s\u2019est conclue une affaire qui a causé tout un retentissement dans ce pays qui a légalisé l\u2019euthanasie en 2002 : la justice néerlandaise a acquitté une médecin qui était accusée d\u2019avoir donné la mort à une patiente atteinte d\u2019alzheimer sans s\u2019être assurée de manière suffisante de son consentement.Le tribunal a jugé que toutes les précautions avaient été prises au moment où la patiente était encore en mesure de décider.Un riche débat sur la démence profonde et le consentement a accompagné cette cause.Autant de questions délicates ne se tranchent pas aisément.Mais les élus, et ensuite les médecins, à qui on demandera de suivre la cadence légale, ont en main non seulement la jurisprudence mais aussi nombre d\u2019études et de rapports qui offrent des pistes visant à élargir un cadre aux limites trop restrictives.Le tout au nom de la dignité.Sylvie Marchand Artiste-militante Salut Pierre.Non, on ne se connaît pas personnellement.Mais comme je te considère comme mon frère, mon compatriote, et que tu me manques, tu me permettras.Ça fait maintenant dix ans que tu es parti.Si tu voyais ça\u2026 La lutte?Quelle lutte?«Vous êtes lutteur?Entraîneur?Arbitre!», disait Gratton au gars dans l\u2019avion.Il n\u2019y a plus de lutte, Pierre, il ne reste que des arbitres, des messieurs pis des « madames » qui commentent ce qui ne se passe pas, ce qui a déjà été, ce qui aurait pu être, ce qui aurait dû arriver.C\u2019est décourageant sans bon sens.La lutte pour l\u2019indépendance du Québec a lâchement été tablettée, devenue aujourd\u2019hui une mince affaire de fonctionnaires, du vieux souvenir made in Quebec tout poussiéreux des années passées, des douleurs ensevelies, pas du tout guéries, à peine soignées, que tolère encore, et lamentablement, ce peuple endormi.Car oui, l\u2019ami, notre peuple dort toujours au gaz, « cacanadien » et les autres.« Y est où le monde ?», t\u2019insur- geais-tu, il y a de cela quelques années.« Ils doivent être chez Ikea », tu répondais toi-même.Ils sont encore là, chez Ikea, au Dolla- rama, Walmart, etc.Sinon, ils ont les yeux rivés sur leur téléphone vraiment intelligent, leurs « sui- veux », leur Netflix, leur maudit « livre à faces » insupportable, égocentrique, narcissique\u2026 Si tu voyais ça, mon vieux, c\u2019est horripilant sans bon sens.Notre grand projet de nous donner un pays a été réduit à un vague dossier qui embaume le cèdre et les boules à mites quelque part, survivant frêle- ment dans les coulisses sombres de la petite politique québécoise, dite « provinciale »\u2026 Le dernier référendum, tu le sais, ça fait maintenant 24 ans.Vingt-quatre, Pierre ! Rien, il ne s\u2019est strictement rien passé depuis.Et c\u2019est précisément pour cette raison que tu me manques.Notre peuple, confrère, aurait certainement besoin d\u2019une grande gueule indépendantiste comme la tienne pour se faire secouer un brin, se faire botter le derrière\u2026 « Sais-tu c\u2019que ça t\u2019prendrait, toé ?C\u2019est d\u2019un bon coup d\u2019pied dans l\u2019cul ! », disait « tendrement » mon père quand j\u2019étais jeune.Il n\u2019avait pas complètement tort.Notre bon peuple québécois aurait effectivement besoin de se faire brasser la cage fédéraliste\u2026 avant que tous les indépendantistes soient rendus à Ottawa.Mais voilà, notre bon peuple, cher ami, comme tout animal bien dressé, domestiqué, reste dans sa cage.Elle est drôlement confortable, la cage, tu sais.Elle est même jolie, la maudite cage, dorée, reluisante, familière, sécurisante.Réponse à l\u2019article « L\u2019hydroélectricité propre, un mythe ?» La propreté de l\u2019hydroélectricité est loin d\u2019être un mythe.Selon l\u2019analyse du cycle de vie réalisé par le CIRAIG de l\u2019Université de Montréal, notre hydro- électricité émet 50 fois moins de gaz à effet de serre (GES) que les centrales thermiques, quatre fois moins que le solaire et se compare à l\u2019éolien.C\u2019est ce que confirment des dizaines d\u2019études et 200 000 mesures.Quant à nos écosystèmes boréaux, c\u2019est connu qu\u2019ils absorbent moins de CO2 sur une base annuelle que ceux des zones tempérées ou tropicales.D\u2019une part, les milieux terrestres (forêts et tourbières) absorbent du CO2 mais émettent aussi du méthane (CH4), surtout dans les tourbières, un gaz 34 fois plus efficace que le CO2 pour retenir la chaleur.D\u2019autre part, il ne faut pas oublier que les forêts boréales sont carbone neutre sur leur cycle de vie (sur une base de 100 ans).C\u2019est-à- dire que la totalité du CO2 absorbé par les arbres pendant leur existence sera retourné à l\u2019atmosphère à leur mort (maladies, invasions d\u2019insectes, feux de forêt).Tous ces éléments ont été considérés dans le bilan net des GES au réservoir de l\u2019Eastmain-1 réalisé par l\u2019Université du Québec à Montréal et McGill et publiés dans une revue scientifique en 2012 (Teodoru et al.2012).Nous travaillons actuellement à documenter un bilan net de GES au complexe de La Romaine.De plus, afin de réduire son empreinte environnementale, Hy- dro-Québec a planté des millions d\u2019arbres, revégétalise le bord de routes et aménage des milieux humides à la suite de la construction de nos infrastructures (ou barrages et centrales).Nos réservoirs sont des écosystèmes dynamiques et vivants, ils séquestrent du CO2, produisent de l\u2019oxygène et supportent de grosses communautés de poissons.Au Québec, l\u2019hydroélectri- cité propre, c\u2019est une réalité.Alain Tremblay, Ph.D.Le 10 septembre 2019 Salut Falardeau LIBRE OPINION LETTRES AIDE MÉDICALE À MOURIR Plus de dignité, moins de restrictions ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Et comme on la connaît déjà très bien, la cage, alors on reste dedans, de peur de voir ce qui se trame dehors, par crainte de découvrir ce qui se passe de l\u2019autre bord du grillage, et surtout, surtout, de peur d\u2019avoir à s\u2019affranchir.Car à ce moment-là, on serait alors obligé, comme peuple, de sortir de la cage, de se développer des gonades pis une précieuse colonne vertébrale, de se tenir enfin deboutte, une bonne fois pour toutes, de s\u2019impliquer, de se battre, de lutter, de s\u2019émanciper\u2026 Et tout ça, eh bien, ça donne le vertige.Devenir, s\u2019assumer, être fier, autonome, indépendant, avoir une identité claire et propre à nous, tout ça, dans la tête de bien des humains, je ne t\u2019apprends rien, c\u2019est immense, gigantesque, incommensurable.Ça semble même, par moments, une tâche colossale, une mission insurmontable.Alors on préfère encore la cage.On préfère encore, comme peuple, rester à genoux, dans notre marde.Oui Falardeau, c\u2019est toujours à vomir, icitte, dans ce presque- pays, malheureusement.À plus, camarade.Extrait de Les bœufs sont lents mais la terre est patiente : « Moi, j\u2019écris pour combattre le sentiment d\u2019impuissance qui m\u2019étreint jour après jour.J\u2019écris pour garder le moral.J\u2019écris pour me venger des salopards qui nous racontent des peurs.J\u2019écris pour lutter contre la bêtise et le mensonge médiatisé.[\u2026] Quand j\u2019écris, c\u2019est pour partager mon écœure- ment.J\u2019écris pour ne pas étouffer dans mes propres vomissures.J\u2019écris pour me libérer de ma haine dévorante.J\u2019écris pour respirer un peu d\u2019air pur dans toute cette marde.» Pierre Falardeau (1946-2009) MARIE-ANDRÉE CHOUINARD L Les politiciennes et le droit à l\u2019avortement Je suis si fière des femmes qui s\u2019impliquent dans la sphère politique, car, par le politique, nous les femmes, pouvons améliorer nos conditions de vie et celles de la société en général.Je suis horripilée d\u2019apprendre que certaines politiciennes telles que Madame Elizabeth May, cheffe du Parti vert, n\u2019empêcheraient pas la réouverture du débat sur l\u2019avortement.Ces politiciennes ont-elles oublié les combats réalisés par nos grands- mères et par nos mères pour le droit d\u2019être considérées comme des personnes, le droit de vote, l\u2019équité salariale, le droit d\u2019être maître de son corps à part entière.Que penseraient les femmes telles que Thérèse Casgrain, Lise Payette, Simonne Monet-Char- trand, qui se sont battues pour ces acquis ?Et « acquis » est un bien grand mot\u2026 Je vais voter pour le parti qui n\u2019ira pas à l\u2019encontre de ce droit qui est acquis pour plus de 50 % de l\u2019électorat.Mon corps m\u2019appartient, un point c\u2019est tout ! Marylin Nadeau Citoyenne engagée dans le mouvement féministe lavalois Le 10 septembre 2019 Le cas de l\u2019enseignante qui refuserait de retirer son voile islamique S\u2019entendant qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019une personne qui ne bénéficie pas d\u2019un « droit acquis » au sens de la loi 21, le comportement de l\u2019enseignante refusant de retirer son voile ne se distinguerait guère de celui de l\u2019employé qui persisterait à afficher à l\u2019école ses convictions politiques ou qui serait surpris à fumer dans le périmètre de l\u2019école.Cette enseignante serait, comme les autres, par ce comportement, à mon sens sujette à l\u2019application de mesures disciplinaires, suivant les règles prévalant largement en droit du travail, à savoir la gradation des sanctions, et la proportionnalité de la mesure à la faute, en regard des circonstances.Sans nécessité de réinventer le bouton à 4 trous ! Gabrielle Lavoie Le 10 septembre 2019 Ils ont les yeux rivés sur leur téléphone vraiment intelligent, leurs « suiveux », leur Netflix, leur maudit « livre à faces » insupportable, égocentrique, narcissique\u2026 En jugeant inconstitutionnels des pans de la loi du Québec et d\u2019autres de la loi canadienne, la juge Beaudoin force la main d\u2019élus qui n\u2019ont pas agi au moment où ils l\u2019auraient pu, et dû A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 12 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Linda Cardinal Professeure titulaire à l\u2019Université d\u2019Ottawa et professeure associée à l\u2019Université de l\u2019Ontario français Martin Normand Chercheur postdoctoral à l\u2019Université d\u2019Ottawa La campagne électorale fédérale ne sera pas de tout repos.Alors que la question de l\u2019environnement occupera sans doute une large place, et nous le souhaitons, qu\u2019en sera-t-il du dossier des langues officielles ?La population francophone et anglophone du Québec a été solidaire des francophones de l\u2019Ontario depuis l\u2019automne 2018 dans leur résistance aux compressions du gouvernement Ford.Toutefois, le Québec a aussi un rôle à jouer dans le domaine des langues officielles au-delà des enjeux ponctuels qui concernent les francophones dans les différentes provinces au pays.Cette campagne électorale constitue une bonne occasion pour la population québécoise d\u2019interpeller les candidats des différents partis politiques fédéraux afin de leur demander comment ils ou elles entendent faire avancer la promotion du français au pays.Cette question devrait la concerner autant que les francophones hors Québec.Voici quelques enjeux communs à tous les francophones au pays.Fonction publique La dualité linguistique au sein de la fonction publique fédérale : il existe des problèmes systémiques récurrents dans la mise en œuvre des obligations linguistiques par le gouvernement canadien au sein de la fonction publique fédérale.Un récent rapport à l\u2019intention du greffier du Conseil privé a bien mis en lumière qu\u2019une culture de dualité linguistique inclusive fait toujours défaut dans la fonction publique fédérale.De plus, l\u2019utilisation de nouvelles technologies dans la fonction publique fédérale s\u2019accélère, ce qui n\u2019est pas sans conséquence sur l\u2019égalité réelle du français et de l\u2019anglais.Par exemple, le recours à la traduction automatisée de l\u2019anglais vers le français engendre des communications qui ne sont pas de qualité équivalente dans les deux langues.Aussi, la mise en place d\u2019équipes décentralisées peut rendre le droit de travailler dans la langue de son choix difficile à opérationnaliser.Lentille francophone L\u2019absence d\u2019une lentille des langues officielles, c\u2019est-à-dire d\u2019un outil d\u2019analyse différencié, au sein du gouvernement et les pouvoirs limités du commissaire aux langues officielles à l\u2019égard des institutions récalcitrantes comme Air Canada sont autant d\u2019enjeux qui devraient aussi interpeller la population québécoise.Un outil d\u2019analyse différenciée selon les langues officielles pour la planification, la formulation, la mise en œuvre et l\u2019évaluation de politiques et de programmes devrait obligatoirement être utilisé par les institutions fédérales, comme l\u2019est l\u2019outil qu\u2019elles utilisent déjà en matière d\u2019analyse comparative entre les sexes.La langue, un vecteur d\u2019identité et de citoyenneté : la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada réclame une nou- Vincent Boucher Doctorant en science politique Charles-Philippe David Président de l\u2019Observatoire sur les États- Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM C\u2019était écrit dans le ciel depuis le printemps.Les jours du conseiller pour la sécurité nationale, John Bolton, étaient comptés, celui-ci contredisant le président sur la plupart des dossiers chauds de politique étrangère (Iran, Corée du Nord, Venezuela et Afghanistan).Bolton a été l\u2019artisan de ses propres malheurs.Par rapport à la nouvelle du départ de Bolton, on pourrait croire que ce dernier n\u2019est que la plus récente victime des sautes d\u2019humeur d\u2019un président improvisateur qui dirige une administration battant tous les records en matière de taux de roulement du personnel exécutif.Cependant, John Bolton, le faucon rompu à la rhétorique néoconserva- trice des « États voyous » et de la « troïka de la tyrannie », est aussi en grande partie responsable de son renvoi.En tant que conseiller pour la sécurité nationale, il a vécu et a péri par l\u2019épée.En voici les raisons.Connu pour ses idées belliqueuses, son entêtement et ses manœuvres bureaucratiques sans compromis, Bolton ne s\u2019est pas fait d\u2019amis à la Maison- Blanche de Trump.Que ce soit une altercation à deux pas du Bureau ovale avec l\u2019ancien chef de Bureau John Kelly ou la propagation de rumeurs au sujet du départ imminent de l\u2019ancien secrétaire à la Défense James Mattis, les anecdotes sur son style abrasif sont nombreuses.Ses méthodes singulières ont froissé aussi les piliers actuels de l\u2019administration, comme Mick Mulvaney, le chef de Bureau par intérim de la Maison- Blanche, et le secrétaire d\u2019État, Mike Pompeo.Ce dernier dissimulait d\u2019ailleurs très mal son sourire lors de la conférence de presse suivant l\u2019annonce du départ de son rival.Corée du Nord et Iran Contrairement à Pompeo, qui a su gagner la confiance de Trump en défendant tant bien que mal sa politique étrangère incohérente, Bolton a refusé de compromettre ses objectifs rigides quant à l\u2019usage de la puissance militaire américaine pour appuyer docilement les positions girouettes de son président.L\u2019exemple le plus frappant est survenu au début juillet dernier, quand Donald Trump a visité la zone démilitarisée entre les deux Corées pour une rencontre impromptue avec Kim Jong-un afin de poursuivre sa politique d\u2019ouverture vis-à-vis de Pyongyang.Plutôt que d\u2019accompagner son patron pour ce moment historique, Bolton a choisi d\u2019exprimer son désaccord et de garder ses distances par rapport à ce qu\u2019il estimait être une politique vouée à l\u2019échec.Il s\u2019est rendu en Mongolie pour y effectuer une visite diplomatique déjà prévue.Les rapports avec l\u2019Iran ont aussi attisé les tensions entre les deux hommes : Bolton militait en faveur des frappes que Trump a annulées à la dernière minute en juin et il s\u2019est opposé à l\u2019idée d\u2019un sommet entre Trump et le président iranien, Hassan Rohani.Ces deux dossiers illustrent à quel point les désaccords ont été profonds entre l\u2019ex- conseiller et le président.Mais ne s\u2019agit-il que d\u2019un débat d\u2019idées entre eux ?Ce départ révèle un problème plus profond qui a trait au rôle même du conseiller pour la sécurité nationale au sein du gouvernement Trump.En soi, être en désaccord avec ÉTATS-UNIS Quand Trump a raison de son faucon Trump et surtout l\u2019exprimer publiquement, comme le faisait fréquemment Bolton en entrevue ou sur Twitter, représente un affront de taille pour un président qui exige un niveau de loyauté de la part de ses subordonnés qui atteint des sommets de flagornerie.Car, au-delà des différences d\u2019idées, Bolton n\u2019a jamais bénéficié d\u2019une relation personnelle forte avec Trump, contrairement à d\u2019autres proches conseillers politiques, tels Stephen Miller et Jared Kushner.Bien que Trump l\u2019ait choisi pour remplacer H.R.McMaster en avril 2018 parce qu\u2019il appréciait ses interventions sur la chaîne Fox News et souhaitait s\u2019entourer de gens rompus à l\u2019idée de déchirer l\u2019accord sur le nucléaire iranien de 2015, il n\u2019a jamais vraiment apprécié John Bolton, dont il critiquait ouvertement l\u2019apparence \u2014 une moustache trop garnie \u2014 et les idées \u2014 Trump disait qu\u2019il freinait même le conseiller faucon dans sa volonté de déclencher une nouvelle guerre.Une lame à double tranchant Comment un habile manipulateur bureaucratique de la trempe de Bolton a- t-il pu ainsi être mis hors d\u2019état de nuire aussi aisément durant les derniers mois ?Désireux d\u2019exercer un contrôle quasi absolu sur la formulation de la politique étrangère et profitant du fait qu\u2019il était encore relativement dans les bonnes grâces de Trump, l\u2019ex- conseiller a rapidement démantelé le processus décisionnel formel que s\u2019était évertué à mettre sur pied son prédécesseur McMaster.En concentrant la formulation des politiques entre les mains d\u2019un petit groupe de loyalistes qu\u2019il avait positionné à différents postes clés au sein du Conseil pour la sécurité nationale (NSC), Bolton a pu exercer énormément de pouvoir pendant un temps sur le processus décisionnel.Il a par exemple réussi à contourner l\u2019annonce par Trump en décembre 2018 du retrait des troupes américaines de Syrie.Bolton a aussi mis en œuvre une politique de pression maximale sur le régime de Nicolás Maduro au Venezuela et a même convaincu Trump d\u2019appuyer une tentative de coup d\u2019État manqué survenu à la fin avril 2019.Certes, lorsque ses préférences concordaient avec celles du président, il a pu atteindre des objectifs de longue date, comme le retrait du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) de 1987.Mais au final, Trump a commencé à trouver Bolton encombrant.Si le démantèlement du processus décisionnel a largement profité à l\u2019ex- conseiller, ce changement a aussi aliéné Bolton auprès de tous ses collègues et provoqué une quasi-coalition de ceux-ci contre lui, avec en plus ses idées discordantes de celles du président utilisées comme prétexte pour convaincre Trump de se débarrasser de lui.Bolton a été victime de sa propre ambition, mais surtout a créé toutes les conditions décisionnelles favorables à son éjection.Avis à son successeur : il lui faut aimer inconditionnellement Donald Trump et laisser de côté ses convictions.John Bolton n\u2019a jamais bénéficié d\u2019une relation personnelle forte avec Trump, contrairement à d\u2019autres proches conseillers politiques, tels Stephen Miller et Jared Kushner.JESSICA HILL ASSOCIATED PRESS velle gouvernance des langues officielles au pays, des ententes fédé- rales-provinciales plus contraignantes pour les provinces, le bilinguisme obligatoire des juges à la Cour suprême et l\u2019obligation pour les institutions fédérales d\u2019utiliser les services du Bureau de la traduction dans le cadre de l\u2019exercice en cours de modernisation de la Loi sur les langues officielles piloté par la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.La population québécoise devrait appuyer ces revendications.Par ailleurs, l\u2019intervention du gouvernement canadien en matière de langues officielles au pays prend appui sur trois principes clés qui doivent continuer à guider son action en vue de la modernisation de la présente loi.Ce sont : 1.La langue est un puissant vecteur de cohésion sociale et doit continuer de l\u2019être.2.La langue française est un élément clé de la citoyenneté canadienne parce qu\u2019elle est aussi une langue de culture, de science, de vie publique.3.La progression de l\u2019égalité du français et de l\u2019anglais doit être soutenue, sans exclure par ailleurs la possibilité de permettre à d\u2019autres langues de s\u2019exprimer, en particulier les langues autochtones.La population francophone du Québec ne doit pas bouder le dialogue sur les langues officielles au pays.La campagne électorale qui s\u2019amorce constitue une bonne occasion de montrer qu\u2019elle en mesure l\u2019importance.Les élections fédérales, les langues officielles et le Québec John Bolton, le faucon rompu à la rhétorique néoconser- vatrice des « États voyous » et de la « troïka de la tyrannie », est aussi en grande partie responsable de son renvoi La présente campagne électorale constitue une bonne occasion pour demander aux candidats ce qu\u2019ils comptent faire pour faire avancer la promotion du français au Canada LEDEVOIR // LE JEUDI 12 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel 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du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Toujours pas de sanction pour les usagers de Lime Aucun utilisateur de trottinette électrique Lime n\u2019a été sanctionné par la compagnie depuis le déploiement du service à Montréal il y a près d\u2019un mois.Peu d\u2019usagers portent pourtant un casque \u2014 tel que le prescrit la réglementation \u2014 et de nombreuses trottinettes mal stationnées parsèment les trottoirs de la métropole.Le directeur principal du développement stratégique de Lime au Canada, Christopher Schafer, a rappelé mercredi que la compagnie a mis en place de nombreuses mesures pour sensibiliser ses utilisateurs au bon respect des règles.Si elle n\u2019a pas subi de sanctions de la part de la Ville de Montréal, Lime affirme avoir reçu une lettre de l\u2019administration municipale, le 23 août dernier, dans laquelle la Ville réclame des améliorations concernant la question spécifique du stationnement.Le Devoir Propos controversés : François Legault défend Geneviève Guilbault QUÉBEC \u2014 Le premier ministre, François Legault, a soutenu sa ministre Geneviève Guilbault, quelques heures après que celle-ci se fut excusée pour des propos controversés sur d\u2019ex-employés.Il a ridiculisé la demande des libéraux de changer de ministre à la tête de la Sécurité publique.MmeGuilbault a fait son mea culpa mercredi après avoir été questionnée par les journalistes sur le départ de quatre personnes au sein de son cabinet.Elle avait affirmé qu\u2019elle les avait congédiés parce qu\u2019ils n\u2019avaient pas la capacité de suivre le rythme de travail.Le Journal de Montréalavait fait état, jeudi dernier, du départ du directeur de cabinet de MmeGuilbault, Alain Lavigne, d\u2019un conseiller, Pierre-Paul Côté, ainsi que de l\u2019attachée politique Jacqueline Aubé.Le Devoir Les États-Unis vont interdire les cigarettes électroniques aromatisées WASHINGTON \u2014 Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi que les cigarettes électroniques aromatisées seraient interdites à la vente dans les prochains mois, pour contrecarrer leur succès croissant dans les collèges et lycées.Les autorités sanitaires ont annoncé en même temps l\u2019interdiction à venir des liquides aromatisés, par exemple au menthol, à la mangue ou à la fraise, parce qu\u2019ils attirent toute une génération de jeunes qui deviennent dépendants à la nicotine, effaçant des années de progrès contre la cigarette.Un lycéen sur quatre vapo- tait en 2019 aux États-Unis, selon une enquête publique annuelle, a annoncé le département de la Santé en révélant des résultats préliminaires.Agence France-Presse Les conservateurs encore majoritaires au Manitoba WINNIPEG \u2014 Brian Pallister et ses progressistes conservateurs ont déclenché des élections anticipées et ont gagné gros.M.Pallister a demandé la dissolution de la législature plus d\u2019un an avant la date prévue et le scrutin s\u2019est conclu mardi par la réélection d\u2019un gouvernement majoritaire conservateur.Le parti a remporté 36 des 57 sièges de l\u2019Assemblée législative et compte poursuivre son plan de réduction des dépenses, de rationalisation dans le secteur de la santé et de baisses d\u2019impôts.Les conservateurs ont toutefois échoué à égaler les 40 sièges qu\u2019ils avaient remportés en 2016, soit la plus grande majorité depuis un siècle au Manitoba alors qu\u2019ils mettaient fin à 17 ans de gouvernance néodémocrate.La Presse canadienne tions leur avaient permis de déterminer la distance à laquelle K2-18 b se trouve par rapport à son étoile, ainsi que la brillance et la température de cette dernière.Comme l\u2019étoile est une naine rouge « beaucoup plus petite que notre soleil, elle rayonne donc beaucoup moins de lumière et de chaleur.Mais comme K2-18 b se situe beaucoup plus proche de son étoile \u2014 elle fait une orbite autour de son étoile en 33 jours \u2014 que la Terre par rapport au Soleil, K2-18 b reçoit autant de chaleur de son étoile que la Terre du soleil », explique Björn Benneke.En collaboration avec des collègues de Toronto, les chercheurs de Montréal ont ensuite mesuré la masse de cette exoplanète qui est 8,6 fois plus grande que celle de la Terre, et dont le rayon est 2,5 fois celui de notre planète.« Très tôt, nous avons identifié cette planète comme une cible très intéressante dont on devrait caractériser l\u2019atmosphère en priorité car elle se situe dans la zone habitable de son étoile.En 2018, nous avons obtenu l\u2019accès au télescope spatial Hubble [qui est extrêmement convoité].Nous avons effectué nos observations en collaboration avec la NASA, puis téléchargé les données de ces observations et procédé à leur analyse.Nous avons finalement soumis un article relatant nos principales découvertes, dont notamment celle de vapeur d\u2019eau dans l\u2019atmosphère de la planète.L\u2019équipe de Londres a, quant à elle, simplement utilisé les données que nous avions produites [une fois qu\u2019elles sont tombées dans le domaine public] et a écrit un article dans Nature Astronomy sans nous avoir joints pour collaborer et en ayant comme principale motivation d\u2019aller plus vite que nous », raconte Björn Ben- neke.Ce dernier, en apprenant la publication imminente des chercheurs britanniques, a demandé que la publication de son article qui avait été soumis à l\u2019Astronomical Journal soit devancée à mardi soir.Alors que l\u2019équipe britannique fait également état de la présence de vapeur d\u2019eau dans l\u2019atmosphère de K2-18 b, celle de Montréal va encore plus loin en révélant la présence de fins nuages dans les couches médianes de l\u2019atmosphère dans lesquels «l\u2019eau peut se condenser».« Nous détenons des données probantes indiquant que de l\u2019eau liquide sous forme de gouttelettes forme des nuages semblables à ceux que nous connaissons sur Terre.On peut donc imaginer que certaines régions de la planète reçoivent de la pluie.Toutes ces caractéristiques font de K2-18 b une planète très similaire à la Terre », fait remarquer M.Benneke.« Toutefois, K2-18 b est très différente de la Terre, car elle ne possède pas de surface rocheuse comme elle.Cette planète est en majorité constituée de gaz, principalement de l\u2019hydrogène.Mais à mesure que l\u2019on s\u2019enfonce dans l\u2019atmosphère, cette dernière devient de plus en plus dense jusqu\u2019à ce qu\u2019on atteigne un fluide épais et dense.Il s\u2019agit donc d\u2019une planète hybride entre une planète rocheuse et une géante gazeuse, que l\u2019on pourrait appeler une mini-Neptune, explique-t-il.Pour posséder une surface rocheuse, il aurait fallu que K2-18 b ait une masse 20 fois plus grande que celle de la Terre compte tenu de sa plus grande taille.» « On ne trouve sûrement pas de formes de vie, comme des reptiles ou des humains sur cette planète.Mais étant donné que, dans le milieu de l\u2019atmosphère, on retrouve des conditions semblables à celles sur Terre, il est possible que des bactéries terrestres puissent survivre à cet endroit », affirme l\u2019astronome, qui est impatient de faire des observations avec le futur télescope spatial James Webb.Son équipe y aura accès en priorité car l\u2019Université de Montréal fournit l\u2019un des principaux instruments qu\u2019il comportera.ASTRONOMIE Une vive concurrence dans la chasse aux exoplanètes PAULINE GRAVEL LE DEVOIR L a compétition dans la course à la découverte d\u2019exoplanètes qui hébergeraient la vie est féroce.Un astronome de l\u2019Université de Montréal en a fait les frais au moment où une équipe de l\u2019University College de Londres annonçait mercredi dans la revue Nature Astronomy la détection de vapeur d\u2019eau dans l\u2019atmosphère d\u2019une exoplanète qui orbite dans la zone habitable de son étoile, et ce, en utilisant les données obtenues par l\u2019équipe montréalaise, laquelle s\u2019apprêtait à publier la même découverte et même plus dans l\u2019Astronomical Journal ! Pour l\u2019astronome Robert Lamon- tagne de l\u2019Université de Montréal, cette façon de faire est « disgracieuse » de la part de l\u2019équipe britannique, mais elle montre à quel point « la compétition est féroce dans la chasse aux exopla- nètes qui ressemblent à la Terre ».La découverte effectuée par l\u2019astronome Björn Benneke et son équipe de l\u2019Université de Montréal est prometteuse, car K2-18 b est la seule planète connue à ce jour à l\u2019extérieur du système solaire dont la température autorise la présence d\u2019eau liquide et qui possède une atmosphère contenant de la vapeur d\u2019eau, deux conditions nécessaires à la prolifération de la vie.L\u2019existence de cette exoplanète a été confirmée en 2017 par Björn Benneke et son équipe grâce au télescope spatial Spitzer.À l\u2019époque, leurs observa- M O D É L I S A T I O N M .K O R N M E S S E R E S A / H U B B L E V I A A S S O C I A T E D P R E S S L\u2019équipe de Londres a simplement utilisé les données que nous avions produites [une fois qu\u2019elles sont tombées dans le domaine public] et a écrit un article dans Nature Astronomy sans nous avoir joints pour collaborer et en ayant comme principale motivation d\u2019aller plus vite que nous BJÖRN BENNEKE » "]
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