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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-09-16, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 209 / LE LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM LITTÉRATURE Le problème imaginaire avec le joual INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .B3 Sports.B4 Sudoku .B6 Le Devoir de cité.B5 MONDE L\u2019exception tunisienne.La chronique de François Brousseau CULTURE Antigone, de la réalisatrice québécoise Sophie Deraspe, primé au Festival international du film de Toronto | B 8 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n\u2019a pas dit son dernier mot au Québec.Bien qu\u2019il soit en queue de peloton dans les sondages, le chef Jagmeet Singh a dévoilé dimanche une plateforme toute particulière pour la province, en promettant aux Québécois davantage de pouvoirs en matière d\u2019environnement et de langue française.Mais la liste de promesses néodémocrates s\u2019avère en partie une série d\u2019intentions.L\u2019objectif du NPD fait peu de doutes.Sa plateforme « Ensemble pour le Québec » reprend certaines propositions de longue date du Bloc québécois.Son chef adjoint Alexandre Bou- lerice s\u2019est même permis d\u2019emprunter le credo des bloquistes, en présentant son manifeste pour le Québec.« Le NPD est la meilleure force politique pour les Québécois.Le NPD, c\u2019est notre parti.On représente les intérêts du Québec.Et on s\u2019en va se battre pour vous à Ottawa », a-t-il lancé à Sherbrooke, alors que les bloquistes se targuent de défendre ces mêmes intérêts depuis 25 ans.STÉPHANE BAILLARGEON À BOUCHERVILLE LE DEVOIR Le budget du parti et la plateforme électorale sont adoptés à l\u2019unanimité.Le Bloc québécois (BQ) a son autocar de campagne, et le seul candidat manquant sera désigné sous peu.La formation nationaliste et souverainiste s\u2019engage donc maintenant à fond au Québec dans la campagne électorale fédérale, qui s\u2019étendra jusqu\u2019au 21 octobre.« Il y a un enthousiasme tout à fait propice au démarrage d\u2019une campagne électorale, dit le chef, Yves-François Blanchet.Nous avons beaucoup cheminé [depuis un an] et nous en sommes rendus à présenter une offre politique globale, complète, qui touche tous les aspects de la vie des Québécois et des Québécoises, sur lesquels le fédéral a une influence, parfois même parce qu\u2019il se donne une influence qu\u2019il ne devrait pas avoir.» M.Blanchet était en mêlée de presse dimanche midi, sur la Rive-Sud dans la région de Montréal, devant son nouvel autocar bleu de campagne orné du slogan « Le Québec, c\u2019est nous ».Le chef venait de répéter ce mot d\u2019ordre comme un mantra dans un discours Le Bloc et le NPD courtisent le Québec Le parti souverainiste propose une « offre globale » Jagmeet Singh emprunte au Bloc pour séduire L\u2019émission policière District 31 a trôné au sommet du palmarès du 34e gala des prix Gémeaux, dimanche, emportant huit trophées, notamment dans les catégories Meilleure série dramatique quotidienne et Meilleur premier rôle féminin dans une série dramatique quotidienne (Hélène Bourgeois-Leclerc, en photo).Sacrée, entre autres, Meilleure série dramatique annuelle, Unité 9 est repartie avec cinq prix.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Les policiers de District 31 et les prisonnières d\u2019Unité 9 dominent aux Gémeaux Faut-il adapter un livre québécois pour qu\u2019il rayonne plus chaleureusement ailleurs ?Au moment où plusieurs éditeurs québécois se lancent sur le marché français, relançons la discussion.Deuxième texte d\u2019une série de deux.CATHERINE LALONDE LE DEVOIR sion renippée et portée par l\u2019éditeur Nouvel Attila, cartonne.Ou score, selon votre allégeance langagière.Est-ce que le Querelle original, de chez nous, aurait pu connaître ce même succès en France ?Le travail de réédition sur le texte contribue-t-il à une meilleure réception, ou est-ce de l\u2019aplaventrisme ?Il y a les bons exemples : Mailloux, d\u2019Hervé Bouchard, publié ici d\u2019abord, en 2002, qui poursuit sa longévité, déjà rare, en étant réédité, tel quel malgré son chant indubitablement québécois (Nouvel Attila, 2016), et qui récolte une discrète mais certaine reconnaissance en France ; Querelle, qui attire ces jours- ci la lumière, et dont les critiques françaises vantent la langue.Mais il y a aussi les anecdotes qui font grincer des dents: l\u2019écrivain Christophe Bernard, invité à participer à une table ronde en France, qui se fait dire par l\u2019animatrice qu\u2019elle «attend la version française» de La bête creuse (Quartanier) pour comprendre.Si la littérature québécoise contemporaine suscite une curiosité ces temps-ci dans l\u2019Hexagone, la relation avec la langue d\u2019ici \u2014 qu\u2019on parle du joual ou d\u2019une ora- lité québécoise \u2014 y reste complexe.Et cette complexité ne date pas d\u2019hier.Après un premier élan d\u2019enthousiasme pour les écrits québécois uerelle de Roberval (Héliotrope), deuxième roman de Kevin Lambert, a récolté à sa sortie un joli succès ici.Succès qui pâlit comparé à ce que l\u2019édition française est à recueillir ces jours-ci, tant côté médias que prix littéraires potentiels.Querelle tout court, dans la ver- Q VOIR PAGE A 4 : NPD VOIR PAGE A 5 : BLOC VOIR PAGE A 2 : JOUAL Yves- François Blanchet Jagmeet Singh ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 Une langue, plusieurs imaginaires JOUAL SUITE DE LA PAGE A 1 dans les années 1960 porté par la langue des Hébert, Blais, Godbout, Ducharme, Aquin ou Miron, la bal- loune s\u2019est dégonflée.En 1994, Monique Proulx suppliait les Français de considérer la littérature québécoise comme étrangère, eux qui « nous aiment bien tant que nous leur renvoyons de nous une image qu\u2019ils croient reconnaître \u2014 la cabane au Canada, les gentils Indiens ».En 2006, David Homel doutait, dans Le Monde des livres, de l\u2019« exportabilité » de la littérature québécoise ; Madeleine Gagnon lui répondait au vitriol en nos pages.Un an plus tard, 44 écrivains si- traces, de teintes différentes dans la perception et l\u2019imaginaire linguistique selon qu\u2019on soit d\u2019un côté ou de l\u2019autre de l\u2019océan.« Historiquement, rappelle l\u2019écrivain et professeur en études littéraires et en histoire culturelle à l\u2019Université de Montréal Benoît Melançon, le français est la langue la plus centralisée au monde, avec un centre sis à Paris, et dans le 6e arrondissement.» Un centre aussi critique et médiatique.« Ça joue moins qu\u2019avant, mais symboliquement, l\u2019idée demeure.Dans l\u2019imaginaire linguistique actuel, il reste une hiérarchisation des français parlés, explique Melançon.Donc un écrivain français a tous les droits de jouer avec la langue, mais si un écrivain d\u2019ailleurs fait de même il est bizarre, au mieux régional, ou exotique.» « Quand Querelle de Roberval est sorti ici, on n\u2019en a pas fait une obsession linguistique, poursuit M.Melançon.» Quelques critiques ont mentionné la force de l\u2019oralité, de la langue, mais au passage.« Là, on ramène le texte à du linguistique parce qu\u2019il sort en France, alors que ce n\u2019est qu\u2019un des nombreux aspects intéressants du roman.Que Le Monde pour parler de Querelle joigne une entrevue sur le joual montre que les Français ont aussi une idée préconçue du français qui se parle et s\u2019écrit au gnaient Pour une littérature-monde en français, en appelant à une décentralisation de la langue française.De son côté, Nelly Arcan décriait l\u2019aplatissement de sa langue, elle qui revendiquait l\u2019usage des « gou- gounes », « débarbouillette » et « sous un soleil d\u2019été », alors que son éditeur exigeait par « standing littéraire », des « tongs », « gant de toilette » et « par un soleil d\u2019été », sous prétexte que « le mot arrête la lecture.On est quand même au Seuil, ici ».Qui peut jouer avec le français ?On n\u2019en est plus là.Certains croient qu\u2019une édulcoration du québécois se pratique encore dans les grandes maisons d\u2019édition française.Une expérience que n\u2019a pas connue Perrine Leblanc chez Gallimard.« Pour Mala- bourg, il n\u2019y a eu aucune intervention de la part de l\u2019éditeur, ni des réviseurs et correcteurs pour \u201cadapter\u201d la langue.Au contraire, la réviseure a protégé les expressions plus locales.Je n\u2019écris pas en \u201cquèb\u201d, mais il y a dans Malabourg des expressions et une couleur québécoise.J\u2019aime les régionalismes, les archaïsmes et les québécismes.Je n\u2019hésite jamais à les employer.» On n\u2019en est plus là, mais il reste des Québec, et qu\u2019ils plaquent cet imaginaire sur le texte.Ils font la même chose devant les films de Xavier Dolan.Parce que c\u2019est du québécois, il faudrait que la langue de Kevin soit un réalisme linguistique.» Ce dont Kevin Lambert lui-même se défend.« Ma démarche à la base n\u2019était pas mimétique, pas faite pour capter le réel ; mon rapport à la langue est beaucoup, beaucoup plus compliqué.La discussion autour du québécois comme langue laisse entendre qu\u2019il y aurait une langue authentique qu\u2019on ne ferait que transcrire, comme de l\u2019anthropologie, comme si le processus d\u2019écriture n\u2019était pas littéraire, créatif, déjà une trahison, déjà une traduction.C\u2019est quoi la langue authentique ?On a plein d\u2019auteurs au Québec qui écrivent une oralité pas du tout référentielle, presque inventée.» Claude Gauvreau, Vickie Gendreau, Mathieu Arsenault, Chloé Savoie-Bernard, nomme-t-il.« Faudrait écrire la vraie langue ?Ça n\u2019existe pas.Et suivre cette chaîne sémantique nous mène à l\u2019idée de la fondation identitaire, d\u2019un \u201cpure-lainisme québécois\u201d.Ça non plus, ça n\u2019existe pas.» Conséquemment, pense-t-il, pourquoi ne pas s\u2019adapter légèrement pour qu\u2019un plus grand nombre nous entende ?CAROLINE PLANTE À QUÉBEC LA PRESSE CANADIENNE La rentrée parlementaire à Québec s\u2019effectuera le mardi 17 septembre, alors que les élections fédérales battent leur plein.Voici un aperçu des plus gros événements attendus cet automne à l\u2019Assemblée nationale.Pacte fiscal et fonction publique Le gouvernement Legault, qui a d\u2019énormes surplus, sera mis à l\u2019épreuve lors de la négociation d\u2019un nouveau pacte fiscal avec les municipalités et du renouvellement des conventions collectives de plus d\u2019un demi-million d\u2019employés de la fonction publique.Les grandes centrales syndicales réclament de meilleures conditions afin de « reconstruire » les services publics, mais le gouvernement les prévient que les surplus budgétaires ne sont pas « infinis » et qu\u2019ils appartiennent aux Québécois.De leur côté, les municipalités rappellent au premier ministre François Le- gault sa promesse électorale de leur céder un point de TVQ , ce qui représente environ 1,7 milliard de dollars en ce moment.Médias et mise à jour économique Le gouvernement a promis de présenter un plan d\u2019aide aux médias, étouffés POLITIQUE La rentrée sera bien chargée à Québec Les quatre partis politiques seront très actifs en novembre, organisant tour à tour leur congrès national entre le 2 et le 24 de ce mois.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR par une crise des revenus causée en grande partie par les géants de l\u2019Internet.Le ministre de l\u2019Économie, Pierre Fitzgibbon, laisse entendre qu\u2019il serait prêt à offrir un crédit d\u2019impôt sur la masse salariale, afin notamment de sauver le Groupe Capitales Médias de la faillite.En outre, le ministre des Finances, Eric Girard, pourrait profiter de sa mise à jour économique pour abolir la contribution additionnelle modulée sur le revenu au service de garde, bonifier l\u2019allocation familiale et accélérer l\u2019harmonisation des taxes scolaires.Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, attend impatiemment l\u2019étude de l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé cet automne pour savoir s\u2019il pourra sabrer un milliard de dollars dans l\u2019enveloppe salariale des médecins spécialistes, comme son parti s\u2019y était engagé en campagne électorale.Écoles, Hydro et pesticides Les commissions scolaires telles qu\u2019on les connaît sont appelées à disparaître.Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, déposera un projet de loi pour abolir les élections scolaires et transformer les commissions scolaires en centres de services.Devant la levée de boucliers des commissaires, le gouvernement brandira le rapport « accablant » qu\u2019il a lui-même commandé, qui prouve, selon lui, la nécessité d\u2019une vaste réforme de la gouvernance.Le ministre Roberge aura un automne fort occupé : il devra également continuer de défendre son controversé projet de loi créant des milliers de classes de maternelles 4 ans partout au Québec à un prix faramineux.Par ailleurs, les députés étudieront le projet de loi 34, arme du gouvernement pour tenter de clore la saga des trop- perçus d\u2019Hydro-Québec.Il s\u2019agit d\u2019un plan de remboursement sur cinq ans, qui ferait économiser aux propriétaires d\u2019une maison unifamiliale 215 $, mais qui affranchirait la société d\u2019État de plusieurs contrôles de sa tarification par la Régie de l\u2019énergie.Il sera aussi question de pesticides à l\u2019Assemblée nationale cet automne ; une consultation sur leur usage se poursuit du 23 au 26 septembre.Historiquement, le français est la langue la plus centralisée au monde, avec un centre sis à Paris, et dans le 6e arrondissement BENOÎT MELANÇON » A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS Le plan mort E n 1541, alors qu\u2019ils remontent la rivière de Canada que nous appelons, après lui, fleuve Saint-Laurent, Jacques Cartier s\u2019arrête, avec son équipage, à l\u2019embouchure de la rivière du Cap Rouge.Ils y trouvent une pierre dure et translucide devant laquelle ils s\u2019agenouillent, tout de suite, pour tâcher de mieux la voir.L\u2019idée qu\u2019il s\u2019agisse de diamants fait briller d\u2019étoiles leurs yeux de marins.Mais leur rêve finira rapidement à fond de cale : les diamants espérés ne sont que des cristaux de quartz.« Faux comme les diamants du Canada » est une expression qui a fait son chemin.Le grand Jos Montferrand, Gilles Vigneault l\u2019a imaginé, aux fins de sa chanson, le cul posé sur le bord du cap Diamant, les pieds trempant dans l\u2019eau du Saint-Laurent.De diamants à Québec, on n\u2019en trouvera pas, sinon celui qu\u2019inaugure, ces jours-ci, sous forme de théâtre, Robert Lepage.Le Diamant de Lepage est bien entendu métaphorique : on le sait, c\u2019est sur le rêve créé et porté dans les consciences que la richesse du théâtre repose \u2014 Lepage le sachant mieux que quiconque.Il y aura bien d\u2019autres rêves de richesse crucifiés sur l\u2019autel de la réalité, des rêves fantasmés par d\u2019autres aventuriers, semblables en quelque sorte à l\u2019équipage de Jacques Cartier.En route pour l\u2019Angleterre, un navire chargé de pyrite de fer resta convaincu, tout au long de sa traversée, d\u2019être lesté de pépites d\u2019or.Une fois la cargaison analysée, ce sont des rires qui constitueront le seul profit de l\u2019équipage.Si je me souviens bien, c\u2019est avec ces pierres, surnommées « l\u2019or des fous », qu\u2019on construisit un mur banal, édifié le long d\u2019une route anglaise, qui continue depuis de baliser les chemins ordinaires de la vie, toujours moins dorée qu\u2019on la souhaiterait.En 2011, dans le cadre de l\u2019énoncé de son Plan Nord, le gouvernement de Jean Charest donna des voiles aux entreprises minières qui souhaitaient réclamer, au nom d\u2019un souffle politique projeté dans l\u2019aridité de la toundra, une contribution financière substantielle de l\u2019État québécois.Au nombre de ceux qui furent portés par ce vent, on trouve la mine Stornoway, devenue un symbole de cette nouvelle quête coloniale du Nord.Une entente fut signée cette année-là pour construire une route de 240 km, destinée en exclusivité à la minière.Le projet devait coûter au départ 332 millions de dollars, dont seulement 44 millions étaient payés par la compagnie, le reste étant à la charge de l\u2019État québécois.Dès l\u2019année suivante, des dépassements de coûts étaient constatés pour cette route, tout cela étant facturé aux Québécois.La facture totale risquait alors d\u2019atteindre 428 millions de dollars.Ce rêve de diamants gît désormais crevé, comme plusieurs s\u2019y attendaient depuis le début.La compagnie s\u2019est mise sous la loi de la protection de la faillite, ne continuant à souffler, au cours des derniers mois, que parce qu\u2019elle était sous perfusion et respiration artificielle, aux frais des pouvoirs publics.Cela me fait songer à l\u2019Australie.Ces jours-ci, on y discute d\u2019un projet de loi, en vigueur déjà dans certains États américains, qui vise à contraindre les bénéficiaires de l\u2019aide sociale à passer des tests de dépistage de drogue, afin de savoir s\u2019ils vivent au-dessus de leurs moyens.Ici, en tout cas, nul besoin de pareils tests pour comprendre que nos plus gros assistés sociaux, au nombre desquels se trouvent les compagnies minières, peuvent se doper à fond d\u2019argent public sans que personne y trouve rien à redire.Le Plan Nord fut lancé comme on lance de la poudre aux yeux.Jacques Parizeau sera parmi les premiers à déplorer ce voyage vers la Lune, en signalant que toute aide publique devrait au moins être assujettie à un mécanisme de réciprocité rigoureux qui obligerait les entreprises à céder à Québec une participation équivalente de leur actionnariat, au bénéfice direct des citoyens.On voit, par exemple, ce que cela aurait pu donner de différent dans le cas du renflouement récent de Bombardier\u2026 « Je ne vous dirai pas que ça fait \u201cbar ouvert\u201d, disait Pari- zeau, mais les compagnies qui ont des projets dans le Nord ont compris immédiatement ce qu\u2019elles pouvaient en tirer.Le Plan Nord laisse plusieurs portes ouvertes.» Les portes de la mine Stornoway viennent en fait de se refermer sur les doigts de toute une société qui les a tenues grandes ouvertes, sans suffisamment craindre de se faire un jour écraser les doigts.Le gouvernement du Québec a déjà perdu plus de 300 millions de dollars dans cette opération.Des milliers de petits actionnaires ont, eux aussi, tout perdu.Investissement Québec et la Caisse de dépôt ont vu couler, à eux deux, des centaines de millions.Après avoir comblé un trou financier, qu\u2019il a laissé se créer en rêvant devant pareils miroirs aux alouettes, l\u2019État se retrouve aujourd\u2019hui coactionnaire de Stornoway, main dans la main avec une société enregistrée dans un paradis fiscal : Triple Flag Mining Finance Bermuda Ltd.Et Québec pourrait continuer d\u2019offrir environ la moitié de l\u2019argent nécessaire sur les 20 à 25 millions de dollars qui risquent de devoir être dépensés encore au cours des prochains mois, ne serait- ce que pour maintenir la mine en activité.Tout un plan mort, en somme.Les conditions offertes aux compagnies minières continuent de défier l\u2019entendement.Sur les 25 mines en exploitation au Québec, rappelait à raison dans nos pages Jean-Robert Sansfaçon, les redevances touchées par l\u2019État n\u2019ont été que de 220 millions en 2017.L\u2019année précédente, c\u2019était la moitié moins ! Ce qui correspond, au mieux, à 1,5 % de la valeur du minerai prélevé du sol de ce demi-pays.Une honte.Des centaines de sites miniers abandonnés posent désormais de sérieux problèmes écologiques à l\u2019État.Mais on continue de se contenter, de la part des mines en activité, de redevances qui s\u2019apparentent aux cacahouètes offertes au temps de Maurice Duplessis.JEAN- FRANÇOIS NADEAU Les portes de la mine Stornoway viennent de se refermer sur les doigts de toute une société qui les a tenues grandes ouvertes MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Québec solidaire (QS) promet un automne vert pour la reprise des travaux parlementaires à l\u2019Assemblée nationale mardi.Sa co-porte-parole, Manon Massé, demande aux autres partis de suspendre les travaux le 27 septembre pour que l\u2019ensemble des élus puisse participer à la manifestation pour le climat et ainsi envoyer «un message très fort».Mme Massé entend également entamer des discussions avec l\u2019Assemblée nationale pour permettre à tous ses employés de manifester « sans craindre de mesures disciplinaires ».«C\u2019est une façon de dire à nos jeunes: on vous entend, on est présents et on veut répondre \u201cprésents\u201d à votre demande», a-t-elle déclaré dimanche à l\u2019issue de la première journée de réunion des députés solidaires à Québec en prévision de cette reprise des travaux mardi.Six jeunes militants écologistes, âgés de 14 à 20 ans, ont été invités à s\u2019adresser aux députés du parti.« On est ici pour vous dire à quel point on est inquiets, à quel point on a besoin de façon viscérale d\u2019une loi claire pour le climat qui nous indique que le Québec va faire tout de qui est en son possible avec toutes ses ressources, qu\u2019elles soient humaines, économiques, sociales, pour contrer les effets et les causes des changements climatiques », a affirmé Célestine Udhe.Elle a suggéré de réduire le suremballage, d\u2019interdire le plastique à usage unique et l\u2019obsolescence programmée et de faire du reboisement « de masse ».La manifestation du 27 septembre s\u2019inscrit dans un mouvement international de grève pour le climat.La jeune militante suédoise Greta Thunberg, devenue la figure de proue de la lutte contre les changements climatiques, sera à Montréal.Elle a été invitée à prononcer un discours dans l\u2019agora de l\u2019Assemblée nationale à Québec ce jour-là, mais elle ne pourra toutefois pas s\u2019adresser aux députés au Salon bleu.QS avait demandé à ce que l\u2019adolescente puisse s\u2019adresser à tous les parlementaires.« Si Greta était un businessman de 60 ans, M.Legault l\u2019aurait invitée il y a longtemps, a insisté le co-porte-parole solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.Mais on verra s\u2019il va venir lorsqu\u2019elle prendra la parole dans l\u2019agora et on souhaite qu\u2019il soit là.Ce serait une démonstration qu\u2019il prend au sérieux l\u2019urgence climatique.» Le premier ministre François Legault s\u2019est dit disposé à rencontrer la jeune militante lors de son passage à Montréal.Les solidaires veulent talonner le gouvernement caquiste sur la lutte contre les changements climatiques en soulevant la question toutes les semaines.« Le climat va être notre priorité tant que François Legault n\u2019en fera pas sa priorité », a indiqué M.Nadeau-Dubois.Un manque de courage ?Gabriel Nadeau-Dubois a aussi mis le premier ministre François Legault au défi de respecter son engagement sur la réforme du mode de scrutin.« Si la CAQ brise sa promesse, elle va devenir exactement le genre de parti qu\u2019elle a passé des années à critiquer dans l\u2019opposition, c\u2019est-à-dire un parti qui dit une chose pour se faire élire, mais qui fait autre chose pour rester au pouvoir », a-t-il remarqué en marge du caucus des solidaires dimanche.Contrairement à la ministre Sonia LeBel, le premier ministre Legault n\u2019a pas voulu s\u2019avancer vendredi sur le mode de scrutin qui serait utilisé lors des prochaines élections québécoises, en 2022.Il n\u2019écarte pas l\u2019idée de tenir un référendum pour savoir si les Québécois préféreraient le mode de scrutin actuel \u2014 uninominal majoritaire à un tour \u2014 ou un système proportionnel mixte qui comprend des députés de circonscription et des députés de liste.Les électeurs pourraient ainsi à la fois choisir un député local et voter pour un parti différent sur la scène régionale.Mme LeBel doit déposer un projet de loi avant le 1er octobre en vue d\u2019accomplir cette réforme.Celle-ci avait toutefois affirmé jeudi que les Québécois continueraient d\u2019utiliser le système actuel pour l\u2019élection générale de 2022, citant les délais de 30 ou de 42 mois évoqués par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour se préparer à un nouveau mode de scrutin.« Si la CAQ veut briser sa promesse, qu\u2019elle le fasse, et qu\u2019elle l\u2019assume comme l\u2019a fait Justin Trudeau au lieu de se cacher derrière le DGEQ, parce que le DGEQ l\u2019a dit et l\u2019a répété, c\u2019est possible de le faire à l\u2019intérieur de 30 mois », a rappelé M.Nadeau-Dubois.QS demande aux autres élus de l\u2019Assemblée nationale de manifester pour le climat LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR La maison patrimoniale, construite pour le renommé photographe Jules- Ernest Livernois en 1905, a été ravagée par les flammes, dimanche, à Québec, se désole un groupe qui souhaitait sauvegarder la Villa Livernois.« Je trouve cela d\u2019une désolation inouïe », déplore l\u2019historienne Catherine Ferland, de la Société d\u2019histoire Les Rivières, qui est aussi l\u2019une des animatrices de la page Facebook « Sauvons la villa Livernois».Elle dénonce ce qu\u2019elle dit être un exemple « du laisser-aller qu\u2019on observe un peu partout au Québec à plusieurs niveaux quand il est question du patrimoine bâti ».Dimanche matin, un appel a été fait au 911 vers 10 h 30 concernant la présence de flammes dans le bâtiment désaffecté et placardé du quartier Duberger\u2013Les Saules.Le creusage de tranchées a permis d\u2019éviter la propagation des flammes aux bâtiments connexes de la propriété située sur la rue Masson.Comme la structure interne de la villa était trop instable, les pompiers ont dû recourir à une pelle mécanique pour poursuivre leur travail, a expliqué au De- voirun porte-parole du Service incendie de la Ville de Québec, Bill Noonan.Il ajoute qu\u2019au plus fort de l\u2019incendie, 65 pompiers étaient sur place.« On est obligés de démolir au complet », a-t-il expliqué.Les pompiers ont réussi à éteindre les derniers foyers d\u2019incendie vers 18 h 30, dimanche.L\u2019enquête pour déterminer les causes de l\u2019incendie a été confiée au Service de police de la Ville de Québec, en collaboration avec le Commissariat aux incendies.L\u2019hypothèse criminelle n\u2019a pas été écartée.Un « flou juridique » La maison d\u2019architecture néo-Renais- sance italienne possédait une « valeur patrimoniale supérieure », selon la Ville de Québec.Elle ne bénéficiait toutefois d\u2019aucune protection à cet effet.« Le gros problème de la loi en ce moment est que, d\u2019un côté, on peut décréter qu\u2019un bâtiment est d\u2019un intérêt patrimonial élevé, mais cela ne s\u2019assortit d\u2019aucune contrainte pour le propriétaire, ça ne s\u2019assortit pas non plus d\u2019obligations de maintenir en état », explique Mme Ferland.L\u2019historienne fait également état d\u2019un « flou juridique » dans la loi de protection du patrimoine.« Du côté du ministère de la Culture, ce qu\u2019on nous avait dit, c\u2019est : \u201con ne peut rien faire, c\u2019est la Ville\u201d.À la Ville on dit : \u201cnon, on ne peut rien faire, c\u2019est au ministère\u201d », illustre Mme Ferland.Afin que d\u2019autres bâtiments patrimoniaux ne subissent pas le même sort que la Villa Livernois, Mme Ferland suggère d\u2019ailleurs une réflexion collective et des états généraux sur la préservation du patrimoine bâti.« Qu\u2019est-ce qu\u2019on veut préserver ?Qu\u2019est-ce qu\u2019on doit faire concrètement ?Comment le municipal peut parler au provincial ?Comment on peut mettre en place des structures pour éviter ce genre de chose ?» soulève-t-elle.« Au rythme où ça va, au rythme où les clochers tombent, où les moulins tombent, où les bâtiments patrimoniaux tombent, c\u2019est pas mal plus sous le poids de notre indifférence que sous le pic des démolisseurs », illustre-t-elle.Au moment où ces lignes étaient écrites, le ministère de la Culture et des Communications n\u2019avait pas répondu aux demandes d\u2019entrevue du Devoir.PATRIMOINE La Villa Livernois ravagée La maison construite pour le photographe Jules-Ernest Livernois en 1905 a été dévorée par les flammes, dimanche, à Québec L\u2019enquête pour déterminer les causes de l\u2019incendie a été confiée au Service de police de la Ville de Québec, en collaboration avec le Commissariat aux incendies.SERVICE DE PROTECTION CONTRE L\u2019INCENDIE DE QUÉBEC ÉLECTIONS A 4 LEDEVOIR // LE LUND Jagmeet Singh espère que son offre distincte saura convaincre les Québécois de lui donner une chance et de permettre à ses troupes de conserver ses 14 circonscriptions au Québec.Les derniers sondages le placent en quatrième ou en cinquième position, parfois derrière le Parti vert, et indiquent que le NPD pourrait ne conserver qu\u2019un ou deux sièges.« Reconnaître la particularité du Québec ne suffit plus : nous devons nous engager vers une nouvelle ère où Ottawa est un partenaire plutôt qu\u2019un donneur d\u2019ordres », promet donc la pla- teforme québécoise.Un gouvernement néodémocrate reconnaîtrait ainsi que les projets d\u2019infrastructures ayant une incidence environnementale \u2014 comme les oléoducs\u2013 \u2014 ne devraient pas échapper à une évaluation environnementale québécoise ni à l\u2019accord du gouvernement et de la population de la province.Bien que le NPD s\u2019engage à ne pas imposer de projet au Québec, il ne va pas jusqu\u2019à promettre de légiférer afin que la province ait un droit de veto.Même chose lorsque le parti dénonce l\u2019« erreur historique » qui a mené à ce que le Québec ne signe pas la Constitution canadienne.M.Singh souhaite « créer les conditions gagnantes » pour permettre au Québec d\u2019intégrer le cadre constitutionnel canadien, explique le NPD.Mais il ne s\u2019engage pas pour autant à tenir des négociations en ce sens.« Ça va prendre des efforts.Mais on est là et on a le courage de le faire », s\u2019est contenté de dire le chef néodémo- crate dimanche.Inspiration bloquiste Le NPD promet en outre de faire appliquer la loi 101 dans les entreprises relevant du fédéral \u2014 comme les banques ou les compagnies de télécommunications.Le parti avait appuyé un projet de loi bloquiste en ce sens, en 2009, et déposé sa propre version en 2011.Le Bloc dénonce cependant le fait que la version néodémocrate (morte au feuilleton) accordait au gouvernement le pouvoir d\u2019exempter toute entreprise et rendait en réalité, à son avis, le projet de loi inutile.Le Québec aurait par ailleurs droit à une hausse de son transfert fédéral en matière d\u2019immigration.Le NPD le ferait passer de 490 à 563 millions de dollars par année, dans l\u2019espoir que la province bonifie ses programmes de francisation.Le parti souhaite « s\u2019assurer que le Québec bénéficie au maximum de l\u2019immigration », selon sa plate- forme, qui ne fait pas mention de la volonté du gouvernement caquiste de réduire son accueil.Les néodémocrates réitèrent qu\u2019ils octroieraient au Québec un droit de retrait avec compensation de tout programme fédéral de dépenses dans des domaines de responsabilité provinciale.Ils rappellent aussi qu\u2019ils exigeraient que les juges nommés à la Cour suprême soient bilingues.Un gouvernement néodémocrate s\u2019engagerait même à formaliser le processus de sélection des magistrats québécois pour que la nomination provienne d\u2019une liste de candidats présélectionnés par le gouvernement québécois.Justin Trudeau a consulté Québec, en marge de la nomination du juge Nicholas Ka- sirer cette année, mais c\u2019est son comité consultatif qui avait retenu la liste de candidats potentiels.Un gouvernement néodémocrate taxerait les géants du Web.Il « consulterait formellement » le Québec lors de négociations commerciales internationales.Il « discuterait » avec Québec de la possibilité de céder les pouvoirs et le transfert fédéral en matière de culture.Il mènerait des consultations dans le but de voir s\u2019il peut moderniser ses lois pour contraindre les géants du Web à protéger la langue française \u2014 en exigeant une part de contenu francophone produit par Netflix, par exemple.Le NPD propose enfin \u2014 comme il l\u2019avait fait en 2015 et comme le Bloc avant lui en 2011 \u2014 de permettre aux artistes d\u2019étaler leurs revenus dans leurs déclarations de revenus pour équilibrer les bonnes et les moins bonnes années.Les néodémocrates exempteraient aussi d\u2019impôt la première tranche de 10 000 $ de revenus tirés de redevances artistiques.À chacun son optimisme Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, ne s\u2019est pas offusqué de voir le NPD reprendre ses idées.« Ce que j\u2019en ai vu, c\u2019est passablement du réchauffé », a-t-il commenté, en arguant que la plateforme du Bloc québécois offrait « plus » et « mieux » que celle du NPD.« Je ne suis pas un fanatique des sondages, mais les derniers que j\u2019ai vus mettaient difficilement le NPD au pouvoir », a-t-il raillé.Jagmeet Singh, lui, refuse de se laisser abattre par ces mêmes coups de sonde.« On peut faire des gains au Québec.On a un programme audacieux », a-t-il insisté.Et pour convaincre les Québécois, M.Singh a abondamment évoqué la mémoire de Jack Layton, qui avait détaillé son offre distincte pour le Québec à Sherbrooke, lui aussi, en 2006.« Cette offre est la suite logique du travail commencé par Jack Layton, a-t-il affirmé.Nous sommes convaincus que nous pouvons bâtir une société plus prospère, plus durable et plus juste ensemble.Mais pour réussir, nous avons besoin des Québécois.» Avec Stéphane Baillargeon Promesse d\u2019une « nouvelle ère » NPD SUITE DE LA PAGE A 1 E N B R E F l\u2019adoption de la loi 21 en juin, qui interdit le port de signes religieux à tout nouvel employé de l\u2019État en position d\u2019autorité, y compris les enseignants.« Nous, on n\u2019est pas d\u2019accord avec cette loi-là, a rappelé Manon Massé.Rendus au pouvoir, on ne va pas reconduire la clause dérogatoire, mais je pense que la question de la loi 21, ça appartient au Québec.Ça appartient aux Québécois et Québécoises et, dans ce sens-là, je pense que le fédéral doit s\u2019en tenir loin.» Le premier ministre François Legault a demandé à tous les partis fédéraux de s\u2019engager à ne jamais contester la Loi sur la laïcité de l\u2019État.Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Ar- cand, a refusé de se mêler du débat.Le Devoir Manon Massé demande à Justin Trudeau de se « mêler de ses affaires » QUÉBEC \u2014 Même si elle est contre la Loi sur la laïcité de l\u2019État, la co-porte- parole de Québec solidaire, Manon Massé, appelle Justin Trudeau à ne pas participer à une contestation judiciaire s\u2019il forme à nouveau un gouvernement.« Mêlez-vous donc de vos affaires, a-t-elle dit en marge du caucus des députés solidaires dimanche.Ça appartient au peuple québécois et, le jour où on fera l\u2019indépendance, on aura tous les moyens de pouvoir régler ces choses-là entre nous.» Le chef du Parti libéral du Canada a réitéré vendredi qu\u2019il « allait toujours défendre les libertés et les droits fondamentaux » et qu\u2019il ne fermait pas la porte à « une intervention éventuelle ».Tournant le dos au compromis Bouchard-Taylor, Québec solidaire s\u2019était fermement opposé à Jagmeet Singh demeure évasif sur la question de la laïcité OTTAWA \u2014 Le chef néodémocrate Jag- meet Singh ne cache pas, depuis des mois, qu\u2019il s\u2019oppose personnellement à la loi québécoise sur la laïcité, qu\u2019il juge discriminatoire.Mais il a refusé d\u2019indiquer, dimanche, s\u2019il la contesterait en tant que premier ministre du Canada.« En ce moment, ce que je peux vous dire, c\u2019est que je comprends que le Québec a la juridiction de légiférer au sein de ses compétences », a-t-il répliqué à la question.« Il y a une contestation judiciaire en cour et cette contestation est très importante.J\u2019appuie le droit de contester cette loi en cour », s\u2019est-il contenté d\u2019affirmer.Invité à deux reprises à préciser s\u2019il se joindrait à une contestation citoyenne ou s\u2019adresserait lui- même à la Cour suprême, M.Singh a refusé de répondre.Il venait de recon- Manon Massé VALÉRIAN MAZATAUD ARCHIVES LE DEVOIR MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR PARTI CONSERVATEUR Une baisse d\u2019impôt coûteuse La volonté d\u2019Andrew Scheer d\u2019abaisser le premier palier d\u2019imposition coûtera six milliards Le Parti conservateur promettait depuis des mois qu\u2019il annoncerait des baisses d\u2019impôt pour les Canadiens.La promesse dévoilée dimanche est ambitieuse.Andrew Scheer s\u2019engage à baisser le taux du premier palier d\u2019imposition fédérale, afin d\u2019en faire bénéficier tous les contribuables qui paient de l\u2019impôt.Mais la mesure ne coûtera rien de moins que six milliards de dollars.Un gouvernement conservateur ferait passer le taux d\u2019imposition du premier palier fédéral de 15 % à 13,75 % sur trois ans.Le taux d\u2019imposition de la tranche de revenus se situant entre 12 000 $ et 47 600 $ passerait ainsi à 14,5 % en janvier 2021, à 14 % en janvier 2022 et à 13,75 % en janvier 2023.Un changement qui ferait économiser, à terme, 440 $ aux particuliers ou 850 $ aux familles de deux personnes avec un salaire moyen de 47 000 $ chacun, selon le Parti conservateur.« Cela veut dire que tous les contribuables canadiens verront leurs impôts diminuer.Et ceux dont les revenus tombent dans cette première tranche d\u2019imposition en tireront le plus grand avantage, proportionnellement », a fait valoir M.Scheer, de passage en Colombie- Britannique pour faire sa plus importante annonce depuis le déclenchement de la campagne électorale la semaine dernière.«Tous les Canadiens méritent un gouvernement qui respecte vos efforts et qui comprend que vous payez déjà assez cher », a-t-il martelé.Or, ce changement de la grille fiscale entraînera une facture élevée pour le gouvernement.Le directeur parlementaire du budget évalue qu\u2019elle privera Ottawa de 5,9 milliards de revenus lorsqu\u2019elle aura été entièrement mise en œuvre, en 2023.Et cette somme continuera d\u2019augmenter pour atteindre 6,85 milliards en 2027.Andrew Scheer a pourtant promis un retour à l\u2019équilibre budgétaire en cinq ans, s\u2019il est élu le 21 octobre.Le chef conservateur n\u2019a pas précisé de quelle manière il s\u2019y prendrait pour respecter cette promesse, tout en en ajoutant une aussi coûteuse mesure.CATHERINE LÉVESQUE À MARKHAM LA PRESSE CANADIENNE Le Parti libéral du Canada (PLC) n\u2019a pas l\u2019intention de modifier sa chanson de campagne, qui a été ridiculisée sur les réseaux sociaux pour la mauvaise qualité de sa traduction française.Le parti a fait appel au groupe canadien The Strumbellas pour utiliser sa chanson One Hand Up pendant la campagne électorale.C\u2019est aussi le groupe qui a traduit et chanté lui-même la chanson dans sa version française.Le chef libéral Justin Trudeau a partagé le refrain de la chanson sur Twitter, samedi.Par la suite, de nombreux internautes ont souligné sur les réseaux sociaux que la chanson \u2014 dont le titre est Une main haute en français \u2014 semble avoir été traduite par Google Traduction.« Quand ta réélection repose sur une partie du vote québécois et francophone hors Québec, mieux vaut Les libéraux n\u2019ont pas l\u2019intention de modifier leur chanson mal traduite One Hand Up, devenue Une main haute, a été tournée en dérision sur les réseaux sociaux 13,75 % C\u2019est le taux d\u2019imposition qui serait associé au premier palier fédéral après la baisse promise par les conservateurs.Cette offre est la suite logique du travail commencé par Jack Layton.Nous sommes convaincus que nous pouvons bâtir une société plus prospère, plus durable et plus juste ensemble.Mais pour réussir, nous avons besoin des Québécois.JAGMEET SINGH » ÉLECTIONS A 5 DI 16 SEPTEMBRE 2019 naître, quelques minutes plus tôt, qu\u2019il était délicat de s\u2019opposer à la loi en territoire québécois, où l\u2019interdiction de signes religieux aux fonctionnaires en position d\u2019autorité demeure populaire.« Je sais que c\u2019est difficile de prendre une position contre à la loi 21, en particulier au Québec.Ce serait plus facile de dire que je pense que c\u2019est une bonne loi.Mais je veux montrer que je n\u2019ai pas peur des défis », a plaidé M.Singh.Le chef libéral Justin Trudeau a confirmé vendredi qu\u2019il ne fermait pas la porte à une intervention éventuelle du fédéral devant les tribunaux.Car arguer le contraire serait « irresponsable », a-t-il fait valoir.Le chef conservateur Andrew Scheer a statué qu\u2019il n\u2019interviendrait jamais, même s\u2019il n\u2019appuierait pas une telle loi au fédéral.Le Devoir Le maire de Vancouver veut une aide concernant la crise des opioïdes VANCOUVER \u2014 Le maire de Vancouver veut que tous les chefs de partis fédéraux examinent une proposition permettant aux toxicomanes d\u2019accéder à l\u2019héroïne de qualité pharmaceutique.Kennedy Stewart souhaite obtenir une exemption de Santé Canada autorisant la distribution de diacétylmorphine, un opioïde de substitution sans danger, par un organisme à but non lucratif.Selon lui, cette mesure permettrait de prévenir des cas de surdose mortelle liés au fentanyl.«Nous comptons des milliers de toxicomanes dans notre ville.L\u2019ampleur du problème n\u2019est tout simplement pas saisie», a-t-il déclaré en entrevue.M.Stewart dit avoir eu des entretiens informels sur le sujet avec trois des quatre principaux chefs de parti: Justin Trudeau, Jagmeet Singh et Elizabeth May.La Presse canadienne « Nous sommes déterminés à équilibrer le budget sur une période de temps responsable, soit cinq ans.Nous allons le faire tout en trouvant des façons de baisser les impôts et de remettre de l\u2019argent dans les poches des Canadiens.Je me suis engagé à le faire tout en m\u2019assurant que le financement de services importants, comme la santé et l\u2019éducation, continuera d\u2019augmenter d\u2019au moins 3 % », a-t-il assuré, sans toutefois donner plus de détails.La plateforme chiffrée du Parti conservateur sera présentée « dans les prochains jours » a-t-il simplement indiqué.Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, était de passage en Colombie- Britannique avec sa femme, Jill, dimanche, pour dévoiler un ambitieux plan de baisse des impôts.FRANK GUNN LA PRESSE CANADIENNE pôt qu\u2019avait consentie le chef libéral Justin Trudeau en arrivant au pouvoir en 2015.Le gouvernement libéral a baissé le second palier d\u2019imposition, pour les revenus de 45 000 $ à 90 000 $, de 22 % à 20,5 %.Une mesure qui avait coûté 1,2 milliard et qui avait été critiquée, car venant seulement en aide aux Canadiens gagnant plus de 45 000 $.En 2017, 18,4 millions de Canadiens ont déclaré des revenus de 46 000$ ou moins, sur les 27,8 millions qui ont fait des déclarations de revenus (66 %).Le directeur parlementaire du budget observait, au printemps dernier, que les baisses d\u2019impôt du gouvernement Trudeau avaient bénéficié à 45% aux contribuables s\u2019inscrivant dans le second palier d\u2019imposition fédéral, tandis que 55% des bénéficiaires avaient déclaré des revenus excédant 90 000$ par année.La promesse conservatrice ressemble néanmoins à la réforme libérale, en ce sens qu\u2019elle prévoit des baisses d\u2019impôt en contexte de déficit budgétaire.Un choix « paradoxal », de l\u2019avis de M.Godbout.« Il y a une certaine ressemblance entre les deux promesses, puisqu\u2019on promet des baisses d\u2019impôt pour une part de la grille fiscale en contexte déficitaire.Sauf que les conservateurs veulent y aller plus prudemment en l\u2019étalant dans le temps et visent plus de gens en choisissant le premier taux d\u2019imposition plutôt que le deuxième », observe le fiscaliste.« Les conservateurs choisissent le taux où il y a le plus de gens, qui va profiter à un plus grand nombre, mais qui va coûter plus cher.» Virage vert BLOC SUITE DE LA PAGE A 1 prononcé devant quelques centaines de militants et les 76 autres candidats désignés (lui-même étant le 77e) réunis en conseil général électoral pour adopter le programme.La chanson officielle du parti, composée pour l\u2019occasion par le rockeur Éric Lapointe, reprend aussi le slogan nationaliste.M.Blanchet a longtemps été l\u2019agent de M.Lapointe.La plateforme ne contient pas beaucoup de surprises, les annonces et promesses ayant été multipliées ces derniers mois ou ces derniers jours.Le BQ redit par exemple qu\u2019il faut taxer les géants du Web et redistribuer la cagnotte aux médias comme aux créateurs d\u2019ici.«Oui, il y a des éléments qui étaient déjà dans nos propositions, avoue le chef.Pourquoi?Parce que ça vient d\u2019un programme adopté au mois de mars.» Une exception notable: l\u2019idée d\u2019instaurer une péréquation verte, alors même que l\u2019actuel partage des revenus entre les provinces fait déjà l\u2019objet de vives critiques ailleurs au pays.«Je ne pense pas qu\u2019on va échapper les Québécois [avec ça], dit M.Blanchet.C\u2019est fort simple.Tu mets un cap au milieu.Ceux qui émettent plus de gaz à effet de serre que ce cap vont payer et ceux qui en émettent moins vont recevoir.Plutôt que d\u2019avoir un système de péréquation accroché à l\u2019État pétrolier canadien.» Ce virage vert du parti bleu se ressent dans le document programmatique développant 62 propositions sur une vingtaine de pages.En plus de cette idée de la péréquation verte, la section « L\u2019environnement, c\u2019est nous » comprend huit points pour cesser les subventions aux énergies fossiles, électrifier les transports, éliminer certains pesticides ou soutenir les rénovations écologiques.Le chef du parti est fier de préciser qu\u2019il a effectué ses tournées québécoises précédentes dans son véhicule électrique.Pour la présente campagne, les émissions de son gros autocar seront compensées deux fois plutôt qu\u2019une.«Je suis un militant écologiste depuis toujours, dit M.Blanchet.J\u2019ai été ministre de l\u2019Environnement.J\u2019ai été président du Jour de la Terre.Si vous pensez que je fais du racolage quand je parle d\u2019environnement, je vais vous envoyer mon CV.Je suis arrivé au Bloc en y apportant un certain nombre d\u2019idées.Le fait est que nous avons un gros avantage tactique.Nous, de votes dans les provinces pétrolières canadiennes, on n\u2019en veut pas.» Les conservateurs visés Dans son discours à sa base, le chef du Bloc a d\u2019ailleurs de nouveau accusé les conservateurs d\u2019être à la solde des intérêts pétroliers, mais aussi à la solde des groupes antiavortement.«Le Bloc québécois est pro-choix et défendra sans condition le droit des femmes à interrompre de façon volontaire leur grossesse», dit la 52eproposition adoptée hier sous les applaudissements des militants.« C\u2019est clair que [\u2026] le chef du Bloc a toujours été dans les estrades, pas sur la glace, a répliqué dimanche en Colom- bie-Britannique le chef conservateur, Andrew Scheer.C\u2019est les conservateurs qui ont toujours défendu les intérêts des Québécois.» Il a cité la reconnaissance de la nation québécoise, l\u2019obtention d\u2019un siège à l\u2019UNESCO pour le Québec et l\u2019appui à une déclaration de revenus unique.« C\u2019est seulement le Parti conservateur qui peut faire ça, dit M.Scheer.Et il y a juste moi qui peux remplacer Justin Trudeau.» À l\u2019oreille, selon les réactions du conseil général électoral, c\u2019est la défense de la laïcité qui a suscité le plus d\u2019enthousiasme des partisans.Yves-François Blanchet a promis qu\u2019il protégerait la loi 21 du gouvernement caquiste contre d\u2019éventuelles contestations, constitutionnelles ou autres, d\u2019Ottawa.Le programme bloquiste propose de «déposer un projet de loi interdisant d\u2019offrir des services publics à visage couvert» et de redéposer «un projet de loi exemptant le Québec de l\u2019application de la Loi sur le multiculturalisme».En même temps, la plateforme veut «considérer la totalité de la frontière comme un poste frontalier» et réclame «un droit de veto du Québec sur toute décision fédérale d\u2019expulser des réfugiés».À la dissolution du Parlement, le Bloc québécois comptait 10 députés, soit bien peu comparativement à la cinquantaine qu\u2019il a déjà fait élire par le passé.Le BQ a connu une décennie difficile de la vague orange de 2011 jusqu\u2019à ses déboires sous l\u2019ancienne cheffe Martine Ouellet.Avec Marie Vastel Nous sommes déterminés à équilibrer le budget sur une période de temps responsable, soit cinq ans.Nous allons le faire tout en trouvant des façons de baisser les impôts et de remettre de l\u2019argent dans les poches des Canadiens.Je me suis engagé à le faire tout en m\u2019assurant que le financement de services importants, comme la santé et l\u2019éducation, continuera d\u2019augmenter d\u2019au moins 3 %.ANDREW SCHEER » Un choix paradoxal Le fiscaliste et professeur à l\u2019Université Sherbrooke Luc Godbout confirme que la mesure conservatrice peut être qualifiée d\u2019« universelle » puisque tous les contribuables en bénéficieront.«Tout le monde a une économie égale, en proportion de l\u2019impôt payé.Et cette économie est plafonnée dès lors que votre revenu excède 47 600$», explique-t-il au Devoir.«Évidemment, si vous êtes trop pauvre pour en payer, vous n\u2019en profitez pas.» Et près de 40% des Canadiens ne paient pas d\u2019impôts.Reste que la promesse conservatrice serait plus généreuse que la baisse d\u2019im- confier le texte à quelqu\u2019un qui maîtrise cette jolie langue », a gazouillé la comédienne Salomé Corbo.Le député libéral provincial Gaétan Barrette, quant à lui, a dit avoir écouté la chanson « une quinzaine de fois » et ne pas encore comprendre toutes les paroles.L\u2019équipe de Justin Trudeau en a plutôt profité pour saluer l\u2019effort du groupe anglophone d\u2019enregistrer une chanson dans l\u2019autre langue officielle du Canada.« Nous remercions les Strumbellas de nous avoir permis d\u2019utiliser leur chanson pour la campagne et d\u2019avoir accepté d\u2019enregistrer une version en français», a simplement répondu Pierre-Olivier Herbert, un porte-parole du PLC.En terrain convoité Le chef libéral Justin Trudeau parcourt la grande région de Toronto, où il espère préserver ses acquis.Il y a 25 circonscriptions à Toronto et 30 autres dans ce qu\u2019il convient d\u2019appeler la « grande région de Toronto » \u2014 soit les banlieues de la Ville Reine.La région compte donc 55 sièges au total, ce qui en fait un terrain convoité.Afin de garder les 49 sièges acquis aux libéraux, M.Trudeau a l\u2019intention de miser sur l\u2019impopularité du gouvernement conservateur de Doug Ford, qui a coupé dans les services pour revenir à l\u2019équilibre budgétaire.Les armes dans le collimateur Au lendemain d\u2019une nouvelle fusillade, Justin Trudeau a aussi répété qu\u2019il durcirait le contrôle des armes à feu s\u2019il était réélu le 21 octobre.« Nous avons fait beaucoup sur le contrôle des armes à feu au cours de notre mandat, mais nous reconnaissons qu\u2019il y a plusieurs autres mesures à mettre en place et nous allons le faire » si les libéraux sont réélus, a assuré le premier ministre, en déplacement vers Mississauga.Il réagissait à une fusillade survenue la veille dans cette ville en banlieue de Toronto, qui a fait un mort et cinq blessés.Un rassemblement pour Bianca En soirée, dimanche, M.Trudeau a mis de côté la partisanerie pour adresser quelques mots lors d\u2019un rassemblement organisé pour la championne de tennis Bianca Andreescu.La jeune femme de 19 ans a gagné les Internationaux des États-Unis, la semaine dernière, ce qui fait d\u2019elle la première Canadienne de l\u2019histoire à remporter un titre de Grand Chelem en simple.Des milliers de partisans se sont rassemblés au centre-ville de Mississauga, en Ontario, d\u2019où est originaire Bianca Andreescu, pour fêter sa victoire.Des politiciens locaux étaient présents et M.Trudeau a été invité à titre de premier ministre, a indiqué un porte-parole.«Elle est une inspiration pour tous les Canadiens, jeunes et moins jeunes, mais pour être honnête, surtout une inspiration pour les jeunes Canadiens parce qu\u2019elle est la preuve que la jeunesse peut tout faire!» s\u2019est-il exclamé.Avec l\u2019Agence France-Presse JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Quand ta réélection repose sur une partie du vote québécois et francophone hors Québec, mieux vaut confier le texte à quelqu\u2019un qui maîtrise cette jolie langue SALOMÉ CORBO » LEDEVOIR // LE LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, manie drôlement ses cartes politiques en utilisant les dysfonctionnements administratifs de la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) pour justifier son projet d\u2019abolition des commissions scolaires.Les erreurs de gouvernance d\u2019un groupe ne peuvent raisonnablement servir de passeport pour éradiquer un palier scolaire entier.Mieux vaudrait pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec expliquer clairement en quoi consiste son projet de transformation des commissions scolaires en centres de services plutôt que de tournoyer autour du sujet sans en dévoiler le cœur.Promesse phare qui a précédé à l\u2019élection de la CAQ, l\u2019abolition des commissions scolaires demeure encore, dans l\u2019esprit des profanes tout autant que dans celui des fins connaisseurs, un engagement aux contours mystérieux.Que seront au juste ces « centres de services » et combien seront-ils ?Quel type d\u2019« école communautaire » le ministre Roberge veut-il créer ?Veut-il pousser la décentralisation jusqu\u2019à permettre autant de petits gouvernements scolaires qu\u2019il y aura d\u2019écoles ou son modèle d\u2019autonomie des établissements camoufle-t-il au contraire le souhait d\u2019un pouvoir ministériel exacerbé ?Toutes ces questions restent à ce jour en plan.Un projet de loi visant la transformation des commissions scolaires est en route, mais nul n\u2019en a vu la couleur.Les intentions générales du ministre de l\u2019Éducation sont claires : il souhaite réduire les coûts, alléger les lourdeurs de la bureaucratie et améliorer la réussite des élèves.« Les bureaucraties trop lourdes finissent invariablement par se nourrir d\u2019elles-mêmes : la machine se met au service de la machine », peut-on lire dans le Plan de gouvernance scolaire produit par la CAQ en janvier 2018.Dans le « système encrassé » actuel, l\u2019argent reste dans les coffres du ministère ou des commissions scolaires et n\u2019atteint pas à temps les écoles.Le réseau de l\u2019éducation est un enchevêtrement à la fois complexe et fascinant.Un ministère de l\u2019Éducation, navire amiral format poids lourd dirigeant l\u2019ensemble ; 72 commissions scolaires, couvrant les territoires superposés des réseaux linguistiques francophone et anglophone ; plus de 2000 écoles publiques, autant de conseils d\u2019établissements, un million d\u2019élèves, un parc immobilier comptant plus de 3500 bâtiments.Au gré des réformes et plans d\u2019action, cette carte scolaire québécoise s\u2019est considérablement améliorée et allégée.En 1948, le Québec comptait 1927 commissions scolaires ! Institutions démocratiques québécoises les plus anciennes, nées avant même la création des gouvernements municipaux, les commissions scolaires souffrent encore aujourd\u2019hui d\u2019être méconnues et, par conséquent, tout à fait incomprises.Elles organisent les services éducatifs destinés aux jeunes et aux adultes, gèrent les immeubles et les équipements, orchestrent une opération délicate nommée transport scolaire ; elles s\u2019assurent de la répartition sur un territoire donné des services donnés aux élèves handicapés et en difficultés d\u2019apprentissage, gèrent le service de la paie, la formation continue du personnel enseignant, l\u2019embauche, le déploiement des nouvelles technologies et, oui, elles servent de courroie de transmission entre le ministère et les écoles à la fois pour le respect du plan de réussite et pour la distribution des ressources.Alors qu\u2019on n\u2019en a que pour les commissions scolaires des grands centres, dont les problèmes de gestion et l\u2019entêtement à ne pas appliquer la loi 21 font la manchette, en milieu rural, les commissions scolaires jouent un rôle d\u2019une extrême importance pour assurer une distribution égale et juste des services et ressources entre les établissements éloignés les uns des autres.Sans conclure ici qu\u2019elles doivent demeurer exactement les mêmes, nous affirmons qu\u2019elles n\u2019ont pas un rôle diffus et secondaire.Sans conclure ici que rien ne peut être fait pour donner plus de souplesse aux écoles, nous demandons : outre l\u2019abolition des élus scolaires, en quoi les centres de services changeront de manière draconienne le paysage actuel ?L\u2019idée d\u2019une remise de l\u2019école « entre les mains de la communauté », tel que le formule le ministre Jean-François Roberge, n\u2019est pas inédite.Un certain Camille Laurin, alors ministre de l\u2019Éducation, en avait fait l\u2019idée maîtresse de son livre blanc L\u2019école québécoise : une école communautaire, responsable en 1982.Quelques propositions audacieuses y figuraient : transformer les écoles en corporations publiques dotées d\u2019un conseil d\u2019administration où les parents seraient majoritaires ; abolir le suffrage universel ; et transformer les commissions scolaires en coopératives de services administrées par des représentants élus des\u2026 municipalités.L\u2019heure est venue de faire connaître les intentions précises du gouvernement pour la refonte des commissions scolaires.La fin poursuivie est noble \u2014 réduction de coûts, amélioration de la réussite \u2014, mais quels seront les moyens justifiant cette fin ?Sébastien Bouthillier Chargé de cours, Management, HEC Montréal Le 5 septembre, le Parti québécois a enclenché sa refondation en dévoilant sa proposition principale.Le point J de la déclaration de principes surprend, la formation s\u2019engage à « en arriver à des décisions rassembleuses et courageuses qui s\u2019appuient sur les connaissances scientifiques ».Une réflexion sur le rôle de la science en politique éclairerait sous un nouvel angle la crise de légitimité des institutions démocratiques.Pendant ce temps, demeure la question fondamentale que plus personne ne soulève au Québec, celle de la légitimité du régime instauré par la Charte canadienne, qui neutralise la voix de l\u2019Assemblée nationale.Même le PQ, créé pour la poser, temporise.Pourtant, dans Après le naufrage, le militant et candidat pressenti à la chefferie du PQ Frédéric Bas- tien affirme qu\u2019un projet transcendant doit engager le peuple dans son avenir.Selon lui, la transcendance d\u2019un programme politique consiste dans sa capacité à projeter au-delà de la réalité immédiate.Mais si la formation recadre ses valeurs \u2014 liberté et nationalisme, protection de l\u2019environnement, équité et justice \u2014 dans le périmètre de la science, elle réduit la politique à la gestion publique et Image carboneutre ou mirage vert Viser la carboneutralité s\u2019avère essentiel si on veut lutter contre les changements climatiques.Les constats scientifiques se révèlent accablants.Nos enfants et nos petits-enfants nous interpellent.Lors de son conseil général sur l\u2019environnement, la Coalition avenir Québec était très fière d\u2019afficher la carboneutralité de l\u2019événement, précisant que les émissions de GES reliées au transport des participants étaient compensées par la plantation d\u2019arbres.Mais quelle valeur revêt cette image verte en comparaison des centaines de milliers d\u2019arbres qui devraient être abattus dans le corridor de 782km du pipeline de Ga- zoduq, un projet fortement appuyé par le gouvernement Legault?Dans sa campagne de relations publiques, la société Énergie Sa- guenay met aussi l\u2019accent sur l\u2019objectif de carboneutralité de sa potentielle usine de liquéfaction de gaz naturel.Encore là, que signifie cette belle intention si on la met en contrepoids avec l\u2019énorme quantité de GES qui serait émise en amont et en aval, de l\u2019extraction du gaz jusqu\u2019à son utilisation ?Alors que la CAQ a considéré l\u2019empreinte carbone des participants à son conseil général de leur région de provenance jusqu\u2019à destination, ainsi qu\u2019à leur retour, pourquoi le gouvernement refuse-t-il d\u2019évaluer et de prendre en compte le bilan carbone du cycle complet des activités de GNL Québec?Une image carboneutre peut Programme politique ou protocole scientifique au PQ ?LIBRE OPINION LETTRES COMMISSIONS SCOLAIRES Quel est le plan du ministre ?L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Certes, les politiciens s\u2019appuient sur les conclusions scientifiques pour délibérer sur la norme la plus juste à adopter.Mais le législateur n\u2019a pas à mener un débat selon la méthode scientifique, car il faut distinguer entre faits et normes.L\u2019objectivité, la neutralité et l\u2019impartialité incombent au chercheur, tandis que la conviction est l\u2019apanage des politiciens.Néanmoins, le point J laisse croire que les faits vrais dicteront les normes justes comme si un programme politique était un protocole scientifique.Vers le scientisme ?Le scientisme préconise que la science résolve tous les problèmes.Avant que les mesures gouvernementales soient promulguées, leurs effets devraient être prévus par des recherches, ce qui restreindrait la réflexion sur la justesse d\u2019une norme à un déterminisme causal propre aux sciences, surtout naturelles.Outre la Cour suprême pour invalider une loi québécoise, il suffirait d\u2019invoquer un cas faisant exception à la théorie scientifique inspiré de la falsification de Popper, qui doute d\u2019ailleurs de la scientificité des sciences humaines.retire aux valeurs leur capacité à nous mobiliser pour changer le monde.Le savant et le politique Le savant et le politique emploient chacun un discours qui possède sa logique propre, d\u2019après Weber.Tandis que la science est l\u2019affaire de méthodes servant à prouver la vérité des faits, un projet politique enjoint à une action justifiée sur la justesse de valeurs ou principes.Le fait scientifique est vrai ou faux ; la norme d\u2019action est juste ou injuste.Après Hume qui a critiqué l\u2019empirisme, Kant s\u2019est appuyé sur ses idées pour distinguer trois questions existentielles qui procèdent chacune d\u2019un raisonnement diffé- rent : Que puis-je savoir ?Que dois-je faire ?Que puis-je espérer ?Puis, Habermas a analysé le processus de rationalisation du monde, qui le décentre en sphères spécialisées : objective de la science, normative du droit et subjective de la personnalité.D\u2019ailleurs, convaincu qu\u2019il est encore possible de recentrer ces sphères sur le monde vécu, il a ancré la philosophie pratique dans la raison communicationnelle.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD élève par année pour les quatre prochaines années.Bien que l\u2019investissement de 80 millions de dollars soit en effet une bonne nouvelle, il faut faire bien plus.Malheureusement, de nos jours, des écrans de toutes les dimensions remplacent les livres, ce qui n\u2019est pas une bonne chose.Le gouvernement doit non seulement ajouter des fonds pour faire de nos bibliothèques des endroits plus attrayants, mais également fournir les fonds requis pour embaucher plus de bibliothécaires afin de guider les élèves à découvrir le plaisir de lire des ouvrages remarquables.Souvent, ces livres enseignent aux élèves l\u2019empathie, la compassion et la bonté.Chris Eustace, enseignant retraité Pierrefonds, le 7 septembre 2019 apparaître très séduisante.Si elle est utilisée dans le but principal de redorer son blason ou d\u2019obtenir l\u2019acceptabilité sociale, ne de- vient-elle pas fort discutable ?Au-delà des stratégies de communication des promoteurs et des élus, l\u2019accès à une information objective constitue un droit fondamental pour les citoyens et les citoyennes.Le rôle essentiel de la presse indépendante prend ici tout son sens.Merci au Devoir qui, par la plume d\u2019Alexandre Shields, réalise une couverture exceptionnelle des enjeux environnementaux impliqués dans le dossier de GNL Québec.Francine Duperré Québec, le 13 septembre 2019 Des livres dans nos bibliothèques d\u2019école Mes compliments au Devoir pour sa section spéciale : « Alphabétisation » avec des articles informatifs qui mettent en évidence les problèmes de l\u2019alphabétisation au Québec : « Un droit fondamental », « La littératie pour lutter contre la pauvreté » et « L\u2019éducation aux adultes, parent pauvre du système » (7 septembre).Il est bien triste d\u2019apprendre que plus d\u2019un million de Québécois ont du mal à lire et à écrire.Entre-temps, conformément à sa vision de mieux servir nos enfants, le gouvernement Legault a annoncé un investissement supplémentaire de 5 millions de dollars pour l\u2019achat de livres dans nos bibliothèques scolaires.Ces fonds viennent s\u2019ajouter à la somme de 15 millions de dollars déjà prévue et permettront à chaque école d\u2019acheter deux autres livres par Radars photo, cessez de pester ! Il n\u2019est pas rare d\u2019entendre vociférer les automobilistes contre la présence des radars sur nos routes, la nature humaine est ainsi faite.Certains argueront, à cor et à cri, que c\u2019est pour remplir les goussets du gouvernement, plus de 162 millions en dix ans.Un profit tranchant! En retour, j\u2019affirme que ce sont les contrevenants, par leur faute, qui paient pour leurs excès de vitesse.Ces indomptables chroniques, non éducables, ne comprennent pas que s\u2019ils observaient le Code de sécurité routière, comme les autres, ils épargneraient de l\u2019argent tout en privant le gouvernement de profits.Tout cela sans pester! Michel Beaumont Québec, le 6 septembre 2019 L\u2019objectivité, la neutralité et l\u2019impartialité incombent au chercheur, tandis que la conviction est l\u2019apanage des politiciens A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Daniel Turp Professeur titulaire à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal Le mardi 17 septembre 2019, trois mois après le dépôt de son instrument d\u2019adhésion auprès du Secrétaire général des Nations unies, le Canada deviendra le 105e État partie au Traité sur le commerce des armes (TCA), adopté le 2 avril 2013 et entré en vigueur le 24 décembre 2014.L\u2019on peut se réjouir du fait que le Canada sera dorénavant résolu à agir selon les principes énumérés à l\u2019article 1er du traité.L\u2019un de ces principes est celui qui rappelle l\u2019obligation de respecter et de faire respecter le droit international humanitaire, conformément, entre autres, aux Conventions de Genève de 1949, et de respecter et faire respecter les droits de l\u2019homme, conformément, entre autres, à la Charte des Nations unies et à la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme.Mais, encore faudra-t-il que le Canada en exécute maintenant de bonne foi les dispositions.L\u2019une de ces dispositions, l\u2019article 6 § 3, prescrit que l\u2019État partie ne doit autoriser aucun transfert d\u2019armes s\u2019il a connaissance, lors de l\u2019autorisation, que ces armes pourraient servir à commettre un génocide, des crimes contre l\u2019humanité, des violations graves des Conventions de Genève de 1949, des attaques dirigées contre des civils ou des biens de caractère civil et protégés comme tels, ou d\u2019autres crimes de guerre.Or, il ne fait aucun doute que le Canada a une connaissance de telles violations graves du droit international humanitaire et du droit international des droits de la personne, résultant de bombardement sur des civils et dont l\u2019Organisation des Nations unies a informé ses États membres dès le 31 mars 2015.Ces preuves se sont multipliées depuis.Tout récemment, dans son rapport du 9 août 2019, le Groupe d\u2019experts éminents des Nations unies sur le Yémen indiquait que les forces de la coalition dirigée par l\u2019Arabie saoudite au Yémen avaient enfreint le droit international et qu\u2019une enquête sur la commission crimes de guerre s\u2019imposait.Le rapport établissait le lien direct entre la catastrophe au Yémen et le soutien apporté par les gouvernements extérieurs aux forces combattantes au Yémen.Le groupe rappelle aussi que « le Traité sur le commerce des armes [\u2026] interdit aux États parties d\u2019autoriser le transfert d\u2019armes s\u2019ils ont connaissance que ces armes pourraient servir à commettre des crimes de guerre » et « constate que les armes qui continuent d\u2019être fournies aux parties au conflit au Yémen alimentent le conflit et perpétuent les souffrances de la population ».Une deuxième disposition du traité, l\u2019article 7 § 1, prévoit que chaque État partie exportateur, avant d\u2019autoriser l\u2019exportation d\u2019armes, évalue si l\u2019exportation de ces armes ou biens pourrait notamment servir à commettre une violation grave du droit international humanitaire ou à en faciliter la commission pour commettre une violation grave du droit international des droits de l\u2019homme ou à en faciliter la commission.L\u2019article 7 § 3 ajoute que si, à l\u2019issue de cette évaluation, l\u2019État partie exportateur estime qu\u2019il existe un risque prépondérant de commission de telles violations, il n\u2019autorise pas l\u2019exportation.À la lumière des faits portés à la connaissance du Canada par l\u2019ONU depuis 2015, toute évaluation doit inévitablement conduire à la conclusion qu\u2019il existe un risque prépondérant de commission de telles violations.Une telle évaluation (ou prise en considération selon les termes de l\u2019article 7.3 de la Loi sur les licences d\u2019exportation et d\u2019importation), modifiée pour permettre l\u2019adhésion du Canada au Traité sur le commerce des armes, doit amener le Canada à ne plus délivrer de licences JUSTICE Une nouvelle procédure pour faire cesser l\u2019exportation d\u2019armes vers l\u2019Arabie saoudite Pierre Chastenay Professeur de didactique des sciences, UQAM La rentrée télévisuelle ramène sur nos chaînes de télévision publiques des émissions de vulgarisation scientifique dont la popularité n\u2019est plus à démontrer et qui permettent à un large public de développer sa culture scientifique.J\u2019ai bien sûr nommé Le gros laboratoire sur ICI Explora, ainsi que Génial ! à l\u2019antenne de Télé-Québec.Une caractéristique qu\u2019ont en commun ces deux émissions est le vêtement que portent souvent leurs animateurs et animatrice : un sarrau blanc.Le stéréotype du sarrau est associé depuis tellement longtemps au travail des scientifiques qu\u2019il symbolise désormais plus que tout autre la profession de chercheuse et de chercheur.Mais faut-il absolument porter un sarrau pour être un ou une scientifique ?Le sarrau tel qu\u2019on le connaît au- jourd\u2019hui est d\u2019abord apparu dans la profession médicale au XIXe siècle.Auparavant, les médecins portaient traditionnellement des vêtements beiges ou noirs, ce qui ne permettait pas de les distinguer des guérisseurs, vendeurs d\u2019huiles miraculeuses et autres charlatans qui tentaient de tromper le public.La couleur blanche s\u2019est imposée à une époque où l\u2019on commençait à réaliser l\u2019importance de la salubrité dans le traitement des malades.Le blanc permettait non seulement de reconnaître plus facilement les médecins, mais il permettait égale- Tous les scientifiques portent-ils un sarrau ?L\u2019Arabie saoudite, à qui le Canada vend des véhicules blindés, a enfreint le droit international au Yémen, selon un nouveau rapport de l\u2019ONU publié en août dernier.BILL GRAVELAND LA PRESSE CANADIENNE d\u2019exportation, mais également à annuler les licences d\u2019exportation émises antérieurement.Le Traité sur le commerce des armes offre de nouvelles bases juridiques pour exiger qu\u2019il soit mis fin à ces exportations.Après avoir fait appel aux tribunaux pour faire cesser l\u2019exportation d\u2019armes vers l\u2019Arabie saoudite en application des Lignes directrices du cabinet fédéral de 1986 et sans obtenir gain de cause, je ferai parvenir le 17 septembre 2019 une nouvelle mise en demeure à la ministre des Affaires étrangères lui enjoignant d\u2019annuler immédiatement toutes les licences d\u2019exportation qui ont été délivrées à ce jour et de ne pas en délivrer de nouvelles pour l\u2019exportation d\u2019armes vers l\u2019Arabie saoudite.À défaut de recevoir une réponse favorable de la ministre avant le 30 septembre 2019, je compte lancer, en poursuivant ainsi l\u2019Opération Droits blindés, une nouvelle procédure judiciaire afin de faire respecter les obligations du Traité sur le commerce des armes ainsi que celles qui lui incombent aux termes de la Loi sur les licences d\u2019exportation et d\u2019importation.Je me réjouis par ailleurs de savoir que plusieurs organisations de la société civile canadienne et québécoise, notamment Amnistie Internationale, les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient, l\u2019Institut Rideau, Ox- fam Canada, Oxfam-Québec et Project Ploughshares, auxquelles je joindrai aussi ma voix, réclameront également la cessation des exportations d\u2019armes vers l\u2019Arabie saoudite.Alors que le Royaume-Uni et la Belgique ont cessé l\u2019exportation d\u2019armes vers l\u2019Arabie saoudite en raison de décisions de leurs tribunaux et que d\u2019autres pays, tels l\u2019Allemagne et les Pays- Bas, ont mis fin à leurs transferts d\u2019armes vers ce pays sans qu\u2019il ait été besoin d\u2019intenter de recours judiciaires, le Canada a maintenant l\u2019occasion \u2014 mais surtout le devoir \u2014 de promouvoir et de protéger les droits les plus fondamentaux de la personne humaine.Et d\u2019agir ainsi pour que soit donné, tant au Yémen qu\u2019en Arabie saoudite et partout ailleurs dans le monde, un veritable sens à l\u2019article 1er de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ».ment de détecter toutes sortes de saletés ou de contamination, contribuant ainsi à maintenir les salles d\u2019opération plus propres.Nul doute que les chimistes et les biologistes se sont inspirés de leurs collègues médecins puisque, au tournant des années 1920, la plupart d\u2019entre eux portaient le sarrau blanc dans leurs laboratoires.L\u2019archétype du scientifique en sarrau était né ! S\u2019il est vrai que certaines activités scientifiques exigent des vêtements de protection propres et blancs (ne serait- ce que pour déceler plus facilement les taches dues à des éclaboussures lors d\u2019expériences délicates), il n\u2019en demeure pas moins que la grande majorité des scientifiques n\u2019ont pas à porter de sarrau au quotidien ; la plupart n\u2019en ont même jamais porté un de leur vie ! Il se peut même que le port du sarrau soit contre-indiqué dans certains cas, plus particulièrement en médecine (cruelle ironie!), où l\u2019on a remarqué chez quelques patients une hausse marquée de la tension artérielle à la simple vue d\u2019un sarrau blanc.On appelle ce phénomène l\u2019effet «blouse blanche», bien qu\u2019il soit aussi possible que cette légère hypertension soit en partie due à l\u2019anxiété ressentie par le patient mal à l\u2019aise de se retrouver dans un cabinet médical.Plus grave et potentiellement plus dangereuse est la découverte, dans certains hôpitaux anglais, de bacilles de Staphylococcus aureus sur les manches des sarraus portés par des médecins en tournée auprès de leurs patients.Pour prévenir toute forme de contamination, le National Health Service anglais a entrepris en 2007 de bannir les sarraus des hôpitaux de Grande-Bretagne.Mais en fin de compte, il s\u2019agissait peut-être d\u2019une précaution inutile: une étude publiée en février 2011 dans le Journal of Hospital Medicine et portant sur l\u2019efficacité de l\u2019interdiction des sarraus dans les hôpitaux anglais n\u2019a montré aucune différence statistique dans les niveaux de contamination entre les médecins portant des sarraus à manches longues et ceux portant des blouses à manches courtes\u2026 Ce n\u2019est pas que chez les adultes que l\u2019aura du sarrau fait son effet : les enfants aussi, influencés par les stéréotypes véhiculés par les médias, y voient l\u2019attribut suprême du scientifique.Dans une étude publiée en 1957 dans la prestigieuse revue Science, Margaret Mead et Rhoda Métraux ont demandé à des élèves états-uniens de niveau secondaire de décrire ce qu\u2019était pour eux un scientifique.Les chercheuses résument ainsi l\u2019image la plus saillante qui se dégage de leur analyse : « Le scientifique est un homme qui porte une blouse blanche et travaille dans un laboratoire.» Difficile, avec une telle description, de ne pas voir le sarrau comme le vêtement par excellence sans lequel il ne peut pas se faire de réelle science\u2026 au masculin seulement, de surcroît ! En 1983, le chercheur états-unien David A.Chambers publiait les résultats d\u2019une étude similaire (menée en partie au Québec, à l\u2019Université McGill, où le chercheur a travaillé pendant quelques années) au cours de laquelle il a demandé à 4807 enfants de la maternelle à la cinquième année du primaire de dessiner un scientifique (le «Draw-A-Scien- tist Test»).Son but était de découvrir à partir de quel âge les principaux stéréotypes associés à la profession scientifique apparaissaient dans l\u2019imaginaire des enfants.Résultat: il semble que, déjà pour les élèves de deuxième année du primaire, un sarrau blanc habille tout scientifique qui se respecte\u2026 Pour la majorité des gens, le sarrau blanc porté par un homme (les chercheurs sont encore majoritairement masculins dans l\u2019esprit du public, malheureusement) en est donc venu à symboliser le travail de tous les scientifiques.Pas étonnant que la culture populaire se soit emparée de ce stéréotype, du savant fou dans son laboratoire secret jusqu\u2019au Doc Emmett Brown, du film Retour vers le futur, peut-être le meilleur archétype du scientifique qui soit ! Il est toutefois dommage que ce même stéréotype soit repris par des émissions de vulgarisation scientifique, comme Le gros laboratoire et Génial ! qui ont pour vocation d\u2019améliorer la culture scientifique du public, et non de perpétuer les clichés déjà existants.Ne serait-il pas temps que l\u2019on présente au petit écran les scientifiques tels qu\u2019en eux-mêmes, c\u2019est-à-dire des hommes et des femmes (de plus en plus nombreuses, heureusement) qui cherchent au quotidien à mieux comprendre les phénomènes naturels et sociaux qui nous entourent, afin d\u2019améliorer notre compréhension de la nature et notre qualité de vie\u2026 Le tout, sans sarrau ! La grande majorité des scientifiques n\u2019ont pas à porter de sarrau au quotidien; la plupart n\u2019en ont même jamais porté un de leur vie LEDEVOIR // LE LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 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Archives nationales du Québec, 2007.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR M algré l\u2019intérêt évident que revêt son œuvre, Arthur Guindon demeure à peu près inconnu.Même les spécialistes des arts visuels ignorent, en règle générale, son œuvre étrange, pétrie de fantastique, mélange sombre de visions héritées d\u2019une culture chrétienne conjuguée à des visions d\u2019un monde autochtone fabulé.Quelques- uns des rares tableaux de cet autodidacte, en particulier son Génie du Lac des Deux-Montagnes, peint vers 1920, n\u2019est pas sans faire penser quelque peu à des œuvres de Jérôme Bosch.Guin- don valse avec la mort et ses brouillards, comme dans une gravure intitulée Le bain des squelettes.Né à Saint-Polycarpe en 1864, très tôt atteint par la surdité, Arthur Guindon est envoyé, huit mois après le décès de son père, au séminaire de Montréal.On doit faire en sorte de trouver, pour en faire un curé, une poignée de dollars auprès d\u2019un parent éloigné.Sa formation religieuse le conduit à séjourner en France chez les Sulpiciens.Qu\u2019a-t-il pu voir là-bas en matière de peinture et d\u2019art pour parvenir à se former ?Fasciné par l\u2019épopée de la Nouvelle- France, Guindon va beaucoup se documenter sur cet univers qu\u2019il meuble de ses fantasmes.Chez les religieux, on va d\u2019abord hésiter à accepter ce fils de rien ou de si peu.Pauvreté et surdité invitent à le rejeter.Mais ses qualités personnelles, juge-t-on, sont propres à supplanter les réticences.Ce colosse d\u2019homme s\u2019avère éloquent.Il écrit avec aplomb et professe de la même manière.Sans compter qu\u2019il dessine avec passion, animé par cet intérêt pour l\u2019histoire et l\u2019ethnologie des Premières Nations.Quelques-unes des scènes fantastiques et oniriques de Guindon, rarement exposées, très peu connues, sont au nombre des biens accumulés dans des cellules de prêtres abandonnées du séminaire de Montréal.Toiles, gravures, collections de monnaie, mobiliers, prie- Dieu, instruments scientifiques, collections d\u2019histoire naturelle: plus de 10 000 objets ont été rassemblés dans ces petites pièces qui se suivent le long d\u2019un corridor sans fin.De ce nombre, après un tri difficile, moins de 3000 ont été conservés.Qu\u2019en fera-t-on?En 1907, au temps où l\u2019on achève la construction de la superbe chapelle du séminaire, les stalles en bois sculpté disposées de part et d\u2019autre de la grande nef accueillent les fesses de 350 prêtres.Aujourd\u2019hui, un peu plus d\u2019un siècle plus tard, ils ne sont plus qu\u2019une vingtaine à hanter de longs corridors plus que jamais pétris de silence.De vieux os Dans les chambres étroites de ces fils de Dieu, du moins avant les réformes de Vatican II, on pouvait posséder des autels particuliers voués à célébrer les Cieux.Chaque prêtre possédait une relique, un fragile fragment d\u2019os inséré dans une tablette de pierre.Ces reliques, dûment répertoriées, emballées dans un papier de soie et entourées d\u2019un mince fil rouge, que doit-on en faire au- jourd\u2019hui ?En attendant qu\u2019on en décide, elles ont été accumulées, pêle- mêle, dans une boîte de bois.On éprouve, devant elle, un sentiment étrange qu\u2019accentue ensuite la vue d\u2019un mouchoir ensanglanté, souvenir macabre de l\u2019autopsie de Mathurin-Clair Bonnissant, un prêtre sulpicien pour lequel on montrera une dévotion.Historien de l\u2019art formé à l\u2019école du Louvre, Jean Rey-Regazzi s\u2019est consacré, ces dernières années, à inventorier, à protéger et à valoriser la montagne d\u2019objets laissés par les Sulpiciens.Il explique que Mgr Bourget, sorte de pape du XIXe siècle canadien, PATRIMOINE Les trésors fragiles des Sulpiciens Ces anciens seigneurs de l\u2019île de Montréal ont accumulé en près de 400 ans des joyaux dont l\u2019avenir reste mal assuré En haut : un sextant fabriqué en 1631.À gauche : des coquillages montés sur cartons forts.À droite : un mouchoir lié à l\u2019autopsie d\u2019un prêtre sulpicien.PHOTOS JEAN- FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR tilles Petzval, des lanternes de bosq, une lentille de Fresnel, des verres polis, montés sur crémaillère.Du matériel de physique et de chimie, des cages de Faraday, des colonnes de verre, des cylindres gradués, des roues dentelées, des anneaux astronomiques, des quadrants, des goniomètres, des galvanomètres.Parfois, il s\u2019avère impossible de connaître les fonctions exactes de ces instruments d\u2019autrefois.Dans un coin, par exemple, gît un gros appareil complexe dont le fonctionnement vraisemblable s\u2019appuie sur l\u2019existence d\u2019une imposante colonne de mercure hautement toxique.« Celui-là, dit Jean Rey- Regazzi, il faut s\u2019en débarrasser.» Plus loin, dans une armoire de bois, à l\u2019abri des poussières comme des regards, des carcasses de crabe, des étoiles de mer et, surtout, des centaines de coquillages montés sur cartons forts, portant tous leur nom écrit à la plume, d\u2019une écriture soignée qui trahit l\u2019époque où ces mollusques ont été trouvés.Non loin, des oiseaux naturalisés, montés dans des poses qui se veulent naturelles mais qui donnent à leur maintien une allure plutôt inquiétante.Trône parmi tous ces objets un sextant, dont l\u2019année de fabrication, gravée, bien visible, indique qu\u2019il date de 1631, soit bien peu de temps après la fondation de Montréal.On se prend à rêver : cet objet, nécessaire aux marins, a pu en conduire jusque sur l\u2019île de Montréal.Peinture Subjugués par l\u2019impression que laissent en nous les œuvres d\u2019Arthur Guin- don, on en oublie presque l\u2019imposante collection d\u2019art des Sulpiciens.Au-delà des productions religieuses communes et plus ou moins abîmées, statues de plâtre ou de bouleau, chemins de croix, reproductions de la tête de Jean- Jacques Olier, le fondateur des Sulpiciens, et quelques croûtes touchantes, comme ce portrait naïf et coloré du cardinal Léger, on trouve çà et là des trésors étonnants.Par exemple, une toile qui provient vraisemblablement des ateliers parisiens de Charles Le Brun, peintre préféré de Louis XIV.Comment diable le portrait d\u2019un banquier français, réalisé par Henri Ger- vex, s\u2019est-il retrouvé à Montréal, entre les mains d\u2019un Sulpicien ?« Lorsque j\u2019ai contacté les experts de l\u2019œuvre de Ger- vex, ils savaient que le tableau existait, mais ignoraient qu\u2019il se trouvait à Montréal », explique Jean Rey-Regazzi, encore amusé par cette découverte.On trouve aussi des toiles et des gravures d\u2019Adrien Hébert.Un magnifique Marc-Aurèle Fortin.Le portrait d\u2019un jeune garçon en chemise verte exécuté par Eduard Gebhardt.Une œuvre de Paul-Émile Borduas, peinte à la manière de Fra Angelico.Et puis, au bout d\u2019un corridor, difficile de passer à côté d\u2019une œuvre immense de Jordi Bonnet.On en passe.On en oublie.Que signaler encore ?Des dizaines de calices, de croix, d\u2019horloges aux mécanismes fragiles, des crosses pour des cérémonies, des processions, des pièces de monnaie anciennes, certaines laissées par un prêtre, Alfred Morin, lequel fit des fouilles archéologiques à Jérusalem puis passa une partie de sa vie au Panama.C\u2019est sans parler du mobilier.Là, dans un coin, quelques pièces constituent de rares témoins des travaux d\u2019ébénisteries réalisés, dans les années 1930 et 1940, à l\u2019École du meuble de Montréal.Parmi les meubles plus anciens, des fauteuils Louis XV, réputés avoir fait partie du mobilier de Mgr de Pontbriand, au temps où celui-ci fuyait l\u2019invasion de Québec pour se réfugier à Montréal, où il mourut en juin 1760.La vaste coquille de la foi qui abritait les Sulpiciens s\u2019est effritée irrésistiblement.Qu\u2019adviendra-t-il de tous ces biens qui appartiennent toujours à l\u2019univers religieux ?Rien n\u2019est encore assuré pour l\u2019avenir.vouait une fascination à saint Zénon.« Du haut de son statut de cardinal, il a fait rapatrier de Rome les restes de saint Zénon et de ses multiples compagnons.» De cette passion religieuse du prélat demeurent des encadrements improbables où des restes humains sont présentés tantôt enrubannés, tantôt brodés, dorés, colorés.Que faire de tout cela ?Jean Rey-Regazzi se le demande encore, sachant que « disposer de ces collections d\u2019une manière ou d\u2019une autre pose des questions importantes : on ne peut pas faire ce que bon nous semble avec des restes humains ».Les Sulpiciens, longtemps dominés par la portion de ceux d\u2019entre eux nés en France, furent les seigneurs de Montréal.L\u2019île, toute l\u2019île, leur appartenait.Au nombre des trésors inusités que cette condition particulière leur permit d\u2019acquérir, on trouve une rare borne seigneuriale.Quelques-unes de ces anciennes chambres de prêtre abritent désormais une collection de matériel voué à l\u2019enseignement dans les collèges.Des len- "]
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