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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-09-25, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 217 / LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Plaidoyer d\u2019une linguiste qui n\u2019a pas peur des mots Une analyse de l\u2019évolution de la langue et de ses travers CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR l fut un temps où le mot « langue » prenait tout son sens.C\u2019était l\u2019époque, avant la Révolution française, où la langue orale primait la langue écrite, et où l\u2019usage était roi.Loin de vouloir revenir à ces temps d\u2019avant l\u2019instruction publique obligatoire, Anne-Marie Beaudoin-Bégin, « l\u2019insolente linguiste », comme elle se désigne elle-même, suggère un peu plus de souplesse avec le français écrit.Elle publie ces jours-ci La langue racontée, le dernier d\u2019une série de trois livres sur la langue publiés aux Éditions Somme toute.Elle y poursuit son analyse de l\u2019évolution de la langue française, au-delà des normes édictées par les autorités langagières.Elle insiste cependant en entrevue : « Il y a des gens qui pensent que je dis toujours que tout est permis, dit-elle.Je dis simplement que parfois l\u2019usage ne se reconnaît plus dans la forme.» Plongeant dans les origines de la langue française, elle démontre que l\u2019usage a longtemps dicté la forme.Au XVIIe siècle, c\u2019est la langue parlée à la cour, et non la langue écrite, qui dictait cette forme.«C\u2019est donc dire que les écrivains du XVIIe siècle doivent copier les usages oraux dans leur écrit, car la norme est dite INDEX Avis légaux.B6 Culture .B8 Décès.B2 Économie.B4 Éditorial .A8 Grille TV.B9 Idées.A9 Météo.B7 Monde.B1 Mots croisés .B7 Sports .B7 Sudoku .B7 ACTUALITÉS Une formation accélérée pour pallier la pénurie d\u2019enseignants | A 5 ÉCONOMIE Nouvelle gifle pour Boris Johnson au Royaume-Uni B 1 ACTUALITÉS Au seuil de l\u2019abîme climatique A 10 GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR La polémique du blackface n\u2019a pas affecté les appuis de Justin Trudeau : un sondage Léger mené pour Le Devoir place ainsi les libéraux et les conservateurs exactement au même point que la semaine dernière.Mais ce portrait national stable cache des mouvements au Québec, où le Bloc québécois est maintenant le plus populaire auprès des francophones.Réalisé du 20 au 24 septembre, le coup de sonde de Léger accorde 34 % des intentions de vote national au Parti libéral du Canada (PLC), un point devant le Parti conservateur du Canada.Loin derrière se trouvent le Nouveau Parti démocratique (NPD, 13 %) et le Parti vert du Canada (PVC, 11 %).C\u2019est là une copie conforme des résultats enregistrés par Léger la semaine dernière, juste avant que ne soient dévoilées trois photos d\u2019un jeune Justin Trudeau au visage peint en blackface.Les adversaires du chef libéral ont vu dans ces images ce qu\u2019ils estiment être une preuve de plus du manque de jugement de M.Trudeau, et ils martèlent ce thème depuis.Les chiffres de Léger montrent toutefois que ce n\u2019est qu\u2019au Québec que les libéraux ont perdu des appuis dans les derniers jours.En une semaine, les libéraux ont vu leur avance passer de 14 à 9 points.Léger accorde au PLC 32 % des intentions de vote chez les Québécois, alors que les conservateurs et les bloquistes sont maintenant à 23 %.Le NPD (9 %, en hausse de deux points) et les verts (8 %, en baisse de deux points) suivent, devant le Parti populaire de SONDAGE LÉGER-LE DEVOIR L\u2019affaire des blackfaces laisse peu de traces Les libéraux n\u2019enregistrent un recul qu\u2019au Québec Le président américain, Donald Trump, était au siège de l\u2019ONU, mardi, à l\u2019occasion de l\u2019assemblée générale de l\u2019organisation, lorsqu\u2019on a appris que les démocrates avaient décidé de lancer une enquête sur les agissements du locataire de la Maison-Blanche, premier pas vers le lancement d\u2019une procédure de destitution.JOHANNES EISELE AGENCE FRANCE-PRESSE STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Il y a comme une nouvelle odeur de Watergate à Washington.Les dés de la destitution d\u2019un président sont à nouveau lancés aux États-Unis et advienne que pourra.Après des mois de tergiversations, de valse-hésitation et de refus fermes de s\u2019engager dans cette voie ultime, Nancy Pelosi, patronne des démocrates de la Chambre des représentants, a annoncé mardi en fin d\u2019après- midi qu\u2019elle « allait de l\u2019avant avec une procédure officielle de destitution » du président.Mme Pelosi a justifié la décision en disant que Donald Trump a « trahi son ÉTATS-UNIS Premier pas vers la procédure de destitution L\u2019affaire ukrainienne a eu raison des hésitations de Nancy Pelosi I VOIR PAGE A 6 : LINGUISTE PAGE A 2 : LE PLC PROPOSE UN CANADA CARBONEUTRE EN 2050 PAGE A 3 : LA DIFFÉRENCE VERTE, LA CHRONIQUE DE MANON CORNELLIER PAGE A 9 : LES DERNIERS HUMAIN, LA CHRONIQUE DE FRANCINE PELLETIER MENU ÉLECTORAL Anne-Marie Beaudoin-Bégin se définit comme une linguiste insolente.FRANCIS VACHON LE DEVOIR VOIR PAGE A 2 : SONDAGE VOIR PAGE A 4 : DESTITUTION LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 A 2 ÉLECTIONS E N B R E F Les verts s\u2019opposent fermement à GNL Québec Le Parti vert du Canada dit non au projet d\u2019exportation de gaz naturel Énergie Saguenay de GNL Québec.En point de presse mardi, Daniel Green, chef adjoint du parti, a soutenu que ce projet est une importante menace pour le climat, la biodiversité, les bélugas du fleuve Saint-Laurent.Et qu\u2019il causera d\u2019importantes émissions de gaz à effet de serre.Le projet prévoit la construction d\u2019un gazoduc de 750 kilomètres qui transporterait du gaz naturel de l\u2019Ouest jusqu\u2019à une usine de liquéfaction à Saguenay, pour ensuite l\u2019expédier à l\u2019étranger par des méthaniers (environ 120 par année).Le Parti vert dit craindre que le fédéral ne finance Énergie Saguenay, puisqu\u2019il l\u2019a fait pour le pipeline Trans Mountain.Le chef libéral, Justin Trudeau, n\u2019a pas pris position sur ce projet mardi.La Presse canadienne Hassan Guillet se présente comme indépendant Expulsé du Parti libéral du Canada pour des commentaires qualifiés d\u2019antisémites, Hassan Guillet se présente quand même comme indépendant dans la circonscription de Saint- Léonard\u2013Saint-Michel.Sans aller jusqu\u2019à accuser les instances du PLC d\u2019avoir orchestré la publication de ses propos passés pour le déloger au profit de la candidate d\u2019origine italienne Patricia Lattanzio, il s\u2019interroge tout de même sur le traitement que le parti lui a fait subir.Il soutient que ses propos, « qui sont utilisés comme excuse pour annuler [sa] candidature, étaient connus par le parti il y a très, très longtemps ».« Je sens qu\u2019il y a deux poids, deux mesures.Ça saute aux yeux », a-t-il dit mardi devant les médias et un petit groupe de partisans venus l\u2019appuyer.La Presse canadienne L\u2019Institut Munk annule son débat en l\u2019absence de Justin Trudeau OTTAWA \u2014 L\u2019Institut Munk a annulé le débat sur la politique étrangère qui devait se tenir mardi prochain, car le chef libéral Justin Trudeau refuse d\u2019y participer.Le Parti libéral du Canada veut s\u2019en tenir aux débats organisés par la commission mise sur pied par le gouvernement.Or M.Trudeau a accepté de se plier aussi à un « face à face » au réseau TVA le 2 octobre, le diffuseur ayant refusé de faire partie de l\u2019exercice organisé par la commission.L\u2019Institut Munk s\u2019est désolé de voir disparaître l\u2019occasion de débattre de politique étrangère.Le Parti conservateur n\u2019a pas tardé à reprocher à M.Trudeau son absence, laissant entendre que le premier ministre sortant cherche à « faire oublier son bilan de décisions désastreuses » à l\u2019international.La Presse canadienne Le chef adjoint du Parti vert et candidat dans Outremont, Daniel Green JACQUES NADEAU LE DEVOIR Maxime Bernier.Celui-ci, avec 3 % d\u2019appuis, ne sort pas de la marge d\u2019erreur.« Au Québec, le blackfacea beaucoup été couvert sous l\u2019angle du \u201cpas fort, mais pas grave\u201d », remarque Christian Bourque, vice-président de la firme de sondage.« Mais pourtant, on voit que ça a eu un impact pour les libéraux \u2014 et que les autres en bénéficient.» Les bloquistes d\u2019Yves-François Blanchet se réjouiront ainsi de pointer en tête des intentions de vote chez les francophones, avec 29 % d\u2019appuis.L\u2019avance est modeste (trois points devant les libéraux, qui en ont perdu quatre en une semaine ; cinq points devant les conservateurs), mais il y a maintenant « un potentiel pour le Bloc québécois d\u2019aller chercher des sièges » au-delà de ceux remportés en 2015, pense M.Bourque.Les conservateurs sont théoriquement au coude à coude avec le Bloc québécois, mais Christian Bourque relève LIA LÉVESQUE LA PRESSE CANADIENNE QUÉBEC Le français, essentiel à la citoyenneté SONDAGE SUITE DE LA PAGE A 1 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La promesse est ambitieuse, de son propre aveu.Justin Trudeau s\u2019engage à atteindre un seuil d\u2019émission de GES nul pour le Canada d\u2019ici 30 ans.Le plan libéral offre cependant peu de détails pour y arriver.Par manque de préparation, selon certains, ou par manque de courage politique, déplorent d\u2019autres experts et militants écologistes.Bien qu\u2019il n\u2019ait pas participé au Sommet des Nations unies sur le climat cette semaine, Justin Trudeau souhaite que le Canada emboîte le pas aux 65 pays qui y ont promis d\u2019être carboneutres d\u2019ici 2050.La cible canadienne viserait zéro émission nette, ce qui veut dire que la pollution qui serait toujours émise par certaines industries serait compensée par d\u2019autres mesures, comme la plantation d\u2019arbres ou des investissements en technologies vertes.Une loi viendrait légiférer des objectifs fédéraux quinquennaux et contraignants pour y parvenir.Un comité d\u2019experts serait en outre mis sur pied pour conseiller le gouvernement sur les cibles à adopter et les mesures à prendre pour les atteindre.Lesquelles n\u2019ont pas été précisées, mardi, pas plus que les pénalités qui seraient prévues pour les provinces ou les entreprises qui refuseraient de s\u2019y plier.« Je ne vais pas vous détailler notre plan précis d\u2019ici 2050, aujourd\u2019hui devant vous, parce que nous devons concevoir ce plan de concert avec les experts », a martelé la ministre sortante de l\u2019Environnement Catherine McKenna.Son patron, Justin Trudeau, n\u2019avait pas davantage de précisions à offrir.Le chef libéral a défendu son bilan en environnement : tarification du carbone, protection des océans, élimination progressive des centrales au charbon.M.Trudeau s\u2019est même permis de déclarer qu\u2019il dépasserait ses cibles de réduction de GES de 30 % d\u2019ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005.Et ce, même si tous les experts s\u2019entendent pour dire que le Canada est en voie de les rater complètement.« J\u2019ai hâte de discuter, au cours des prochains jours, des autres mesures que nous prendrons », a affirmé M.Trudeau, en laissant entendre qu\u2019il profitera de la Semaine du climat pour étoffer son plan environnemental.Un bon début\u2026 incomplet Normand Mousseau, qui dirige l\u2019Institut de l\u2019énergie Trottier à Polytechnique, ne s\u2019étonne pas du peu de détails de l\u2019annonce libérale.« Au Canada, l\u2019étude précise de ce qu\u2019il faut faire pour atteindre cette cible carbo- neutre n\u2019a pas encore été faite au fédéral », note-t-il.Un constat que déplore Patrick Bonin de Greenpeace.« Un parti qui a eu quatre ans, avec tout l\u2019appareil administratif, devrait arriver en campagne électorale avec des mesures identifiées et convaincantes quant à sa véritable volonté de dépasser sa cible et de se mettre sur la trajectoire de la carboneutralité.» Pierre-Olivier Pineau, qui est titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l\u2019énergie à HEC, croit que les libéraux savent au contraire très bien l\u2019énorme virage qui est nécessaire dans le comportement des Canadiens.«Ils connaissent les solutions, c\u2019est juste que c\u2019est politiquement impossible de les mettre en avant.» Signe que M.Trudeau reconnaît que la pédagogie n\u2019a pas encore été faite et que l\u2019idée d\u2019un Canada carboneutre risque d\u2019inquiéter la population, le chef libéral promet une aide de transition pour les travailleurs des industries qui seront touchées.Les libéraux réduiraient en outre de moitié le taux d\u2019impôt des entreprises qui développent des technologies ou des produits carboneutres \u2014 de 9 à 4,5 % pour les petites entreprises et de 15 % à 7,5 % pour les grandes compagnies.Une mesure qui coûterait 67 millions par année en 2023.M.Pineau estime toutefois que l\u2019objectif de zéro émission nette dans 30 ans « n\u2019est pas crédible » sans savoir qu\u2019elles seraient les mesures contraignantes pour y arriver.M.Mousseau se réjouit néanmoins que le Parti libéral présente enfin un plan à long terme ponctué de cibles tous les cinq ans, que réclament les experts depuis des années.Cela permettra de surveiller qu\u2019elles soient respectées et de corriger le tir au fur et à mesure, espère Patrick Bonin.Eddy Pérez, du Réseau Action Climat, dit lui aussi que l\u2019annonce est incomplète.Mais il salue « une très bonne nouvelle pour le débat environnemental, parce que ça permet de Un Canada carboneutre, objectif ou véritable plan ?Les libéraux fixent ce but à 2050, mais les détails pour y parvenir manquent Le Bloc québécois revient à la charge avec sa volonté de faire de la connaissance du français une condition pour obtenir la citoyenneté canadienne à partir du Québec.Le parti avait déjà déposé un projet de loi en ce sens, lors du dernier mandat.Et il s\u2019était fait accuser de racisme, a déploré mardi le chef du Bloc, Yves-Fran- çois Blanchet, au cours d\u2019une conférence de presse à Montréal.L\u2019idée, a-t-il assuré, serait d\u2019exiger une connaissance suffisante du français pour obtenir la citoyenneté à partir du Québec.À l\u2019heure actuelle, la connaissance de l\u2019anglais ou du français est exigée.La mesure toucherait les candidats à l\u2019immigration, et non les réfugiés.Et en cas d\u2019échec ?« Il y a plusieurs scénarios possibles lorsque ça se produit : soit plus de temps, une insistance aimable et particulière pour aller compléter le processus.Et je pense qu\u2019il faut commencer d\u2019abord par ça.On n\u2019est pas les tenants de commencer à renvoyer les gens chez eux », a expliqué M.Blanchet.Avec son annonce, le chef bloquiste fait le pari que comme le gouvernement Legault propose aussi un test de connaissance du français aux nouveaux arrivants, le contexte serait plus propice à l\u2019adoption du projet de loi.M.Blanchet a d\u2019ailleurs lancé un appel aux chefs des autres partis, leur demandant de s\u2019engager en faveur d\u2019un tel projet de loi déposé par le Bloc.« J\u2019attends des conservateurs et du NPD qu\u2019ils s\u2019engagent à voter avec nous; je n\u2019en attends pas tant des libéraux, parce que je pense qu\u2019ils imploseraient avant d\u2019y arriver », a lancé le chef bloquiste.Bref passage en Ontario M.Blanchet s\u2019est rendu mardi devant l\u2019imposant drapeau franco-ontarien qui trône au-dessus de la municipalité de Casselman, à moins d\u2019une heure de route d\u2019Ottawa, pour présenter des engagements qui bénéficieraient aussi aux minorités francophones hors Québec.Il propose de rendre obligatoire le bilinguisme pour les juges de la Cour suprême, de donner plus de pouvoirs au Commissariat aux langues officielles du Canada et de bonifier la Loi sur les langues officielles, afin d\u2019y inscrire la différence entre la situation des minorités francophones au Canada et celle des anglophones au Québec.Dans le cas d\u2019un Québec souverain, le chef bloquiste souhaite aussi inscrire une forme d\u2019entente afin que les minorités francophones au Canada soient aussi bien traitées que les Anglo- Québécois.À son avis, cette clause serait une « garantie solide de la pérennité d\u2019existence de communautés francophones et acadiennes à l\u2019extérieur du Québec ».M.Blanchet ne croit pas que la brève incursion de sa formation québécoise en Ontario allait être mal perçue.avec Catherine Lévesque Le Bloc en tête chez les francophones J\u2019attends des conservateurs et du NPD qu\u2019ils s\u2019engagent à voter avec nous ; je n\u2019en attends pas tant des libéraux YVES-FRANÇOIS BLANCHET » A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 ÉLECTIONS La différence verte L e coup de sang de Greta Thunberg a frappé dans le mille lundi lors du Sommet Action Climat des Nations unies.Aux dirigeants du monde venus l\u2019entendre, elle a posé la seule question qu\u2019ils méritaient de se faire lancer à la figure.« Nous sommes au début d\u2019une extinction de masse et tout ce dont vous pouvez parler, c\u2019est d\u2019argent et de contes de fées de croissance économique éternelle.Comment osez-vous ?» Oui, comment osent-ils, eux qui ont en main le rapport Bruntland sur le développement durable, paru il y a 32 ans, dans lequel on s\u2019inquiétait déjà de l\u2019impact sur le climat de la consommation croissante d\u2019énergies fossiles ?Comment osent-ils, après avoir signé en 1992, au Sommet de Rio, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ?Tous les gouvernements ne sont pas restés les bras croisés, mais ils ont avancé à pas de tortue.Ici et là, surtout en Europe, le rythme s\u2019est peu à peu accéléré, mais ailleurs, la procrastination a eu le dessus.Le Canada est de ceux qui ont beaucoup piétiné, au point de se retrouver relégué au rang de cancre durant l\u2019ère Harper.On aurait voulu croire que la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes aurait raison de la réticence des conservateurs, mais non.Leur plan a des allures de feuille de vigne.Il colle aux cibles fixées sous Stephen Harper et offre des mesures à l\u2019efficacité douteuse.Malgré l\u2019appel de l\u2019ONU, le chef Andrew Scheer refuse de s\u2019engager à mettre fin à toutes les subventions versées au secteur des énergies fossiles ou encore à adopter des cibles plus ambitieuses de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).Il a au moins le mérite de ne pas nier la contribution humaine au phénomène des changements climatiques, contrairement au chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier.Pour qui l\u2019environnement est une priorité, la réponse politique ne viendra évidemment pas de ce côté.Mais vers qui se tourner ?Le Nouveau Parti démocratique, le Parti vert et le Bloc québécois ont tous des propositions touchant les changements climatiques.Leur audace varie, bien qu\u2019elles soient toutes cohérentes et destinées, à des degrés divers, à ouvrir la voie vers une économie verte délestée des énergies fossiles.Et personne ne met en doute leurs convictions, mais leur capacité à mettre en œuvre leurs projets.Les libéraux, eux, doivent reconquérir une partie de leurs électeurs déçus s\u2019ils ne veulent pas voir certains sièges leur glisser entre les doigts.Comme le montrait le bilan paru dans nos pages, le gouvernement Trudeau a fait des gestes pour protéger l\u2019environnement : investissements dans les infrastructures vertes, moratoire sur le transport d\u2019hydrocarbures le long de la côte ouest, révision de la Loi sur l\u2019évaluation environnementale, plan d\u2019élimination des plastiques à usage unique, et ainsi de suite.Et, le gros morceau, l\u2019introduction de cette taxe sur le carbone imposée dans les provinces qui n\u2019ont pas de plan de réduction des GES et qui vaut aux libéraux une opposition farouche de tous les conservateurs du pays.Plusieurs écologistes estiment que les libéraux ont ainsi mis le pays sur la bonne voie, mais beaucoup d\u2019autres ne lui pardonnent pas d\u2019avoir conservé les cibles conservatrices de réduction des GES et, surtout, d\u2019avoir trahi la promesse d\u2019investir d\u2019abord dans les énergies propres.Ils ne digèrent pas l\u2019achat du pipeline Trans Mountain pour 4,5 milliards, ce qui pourrait permettre son expansion et, du coup, celle des sables bitumineux.Justin Trudeau a tenté mardi de redorer son blason en promettant d\u2019en faire davantage pour lutter contre les changements climatiques et pour aider les travailleurs et les communautés à faire la transition vers une économie plus verte.Il s\u2019est même engagé à légiférer des cibles de réduction des émissions de GES.Elles seraient encore plus ambitieuses que celles que le Canada n\u2019est pas sûr d\u2019atteindre en 2030 (30 % sous le niveau d\u2019émissions de 2005).La nouvelle cible serait zéro émission d\u2019ici 2050, ce que préconisent les Nations unies.Le chef libéral ne pouvait cependant pas dire avec clarté comment il s\u2019y prendrait.À part une réduction d\u2019impôt pour les industries productrices de technologies propres, il n\u2019avait rien de substantiel à offrir.Il a parlé d\u2019un comité d\u2019experts pour élaborer cette stratégie de transition, mais ce travail devrait déjà être fait.Tout cela laissait une impression d\u2019improvisation alors que c\u2019est sa crédibilité environnementale qu\u2019il doit rétablir.En cherchant à concilier développement des ressources pétrolières et lutte contre les changements climatiques, Justin Trudeau a terminé son mandat avec un bilan mitigé, et il est maintenant obligé de nous expliquer pourquoi ses nouvelles promesses n\u2019ont pas été mises en œu- vre plus tôt.Après tout, il dit lui-même qu'« on ne peut plus perdre davantage de temps ».En effet, on a déjà trop perdu de temps depuis la première alerte lancée en 1987.Mais pour tenir parole, fau- dra-t-il craindre de voir ces milliers de jeunes terminer leur marche dans l\u2019isoloir ?MANON CORNELLIER Singh s\u2019embourbe avec son droit de veto sur les oléoducs OTTAWA \u2014 Jagmeet Singh est sur la sellette après avoir promis un droit de veto à toute province qui refuserait un projet d\u2019oléoduc.Le chef du NPD l\u2019a promis au Québec.Et il assurait « aux autres provinces qu\u2019avec un gouvernement néodémocrate, on n\u2019imposera jamais un tel projet ».Le premier ministre albertain, Jason Kenney, s\u2019est indigné que M.Singh promette « de violer la Constitution », qui stipule que ces projets interprovinciaux sont de compétence fédérale.M.Singh a nié avoir fait cette promesse.« Je crois que le gouvernement fédéral a des pouvoirs constitutionnels importants.Mais je ne crois pas que ce soit efficace d\u2019imposer un oléoduc.[\u2026] Ce que j\u2019ai dit, c\u2019est que je n\u2019imposerais pas d\u2019oléoducs », a-t-il réitéré, en évitant d\u2019utiliser le mot « veto ».Le Devoir JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE En cherchant à concilier développement des ressources pétrolières et lutte contre les changements climatiques, Justin Trudeau a terminé son mandat avec un bilan mitigé, et il est maintenant obligé de nous expliquer pourquoi ses nouvelles promesses n\u2019ont pas été mises en œuvre plus tôt qu\u2019ils ont au Québec le même problème qu\u2019au Canada: un vote très concentré \u2014 et par extension, peu payant en terme de sièges.À ce titre, la région de Québec (44 % d\u2019appuis) joue un peu le même rôle que l\u2019Alberta (54 %) et les Prairies (48%) pour les conservateurs.Les libéraux dominent largement dans la région de Montréal (une vingtaine de points d\u2019avance).Le vote en dehors des régions de Québec et de Montréal se divise entre les trois formations, le Bloc détenant ici une légère avance (trois points).Le sondage montre autrement que les libéraux sont toujours en tête en Ontario (40 % d\u2019appuis, soit neuf points devant les conservateurs).Ils dominent aussi dans les provinces atlantiques, mais le faible échantillon incite à prendre ce résultat avec circonspection.Deuxième choix Globalement, les répondants québécois (ils étaient 1028) sont plus enclins à dire que leur vote pourrait changer: 53% des Québécois sont certains du choix qu\u2019ils feront le 21 octobre.À l\u2019échelle canadienne, près de deux répondants sur trois (63%) ont répondu la même chose.Tant au Canada qu\u2019au Québec, c\u2019est le vote vert et néodémocrate qui paraît le plus sujet à changement.Quand on demande aux répondants quel serait leur deuxième choix \u2014 une manière de mesurer le potentiel de croissance \u2014, c\u2019est le NPD de Jagmeet Singh qui obtient le plus de faveurs (21 %).Les verts (15 %), les libéraux (13 %), les conservateurs (10 %) et le Parti populaire (8 %) suivent.Au Québec, c\u2019est aussi le NPD qui est le deuxième choix le plus populaire (19 %), alors que le Bloc, les conservateurs, les libéraux et les verts obtiennent tous 13 % ou 14 %.Qui ferait le meilleur premier ministre?Pas de changement ici par rapport à la dernière lecture de Léger, Justin Trudeau demeure premier avec 27 %, six points devant Andrew Scheer.M.Singh (9%) et Elizabeth May (cheffe du PVC, 7%) sont derrière.Au Québec, Maxime Bernier (5%) vole l\u2019avant-dernière place à Mme May (4 %).Legault soutenu Le sondage montre aussi que les Québécois soutiennent largement les revendications faites par le premier ministre Legault envers les chefs des partis fédéraux.Chacune des demandes (plus de pouvoirs en immigration, application de la loi 101 dans les entreprises de compétence fédérale, pas d\u2019intervention fédérale pour contester la Loi sur la laïcité, etc.) obtient un assentiment de plus de 65 %.Le sondage a été mené en ligne auprès de 2153 Canadiens.Le suréchantillon de répondants québécois (1028 personnes) a été pondéré pour que les résultats nationaux demeurent valables.Les sondages menés en ligne ne sont pas probabilistes, mais un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de 2,1 % dans 19 cas sur 20.Une aide pour les petites entreprises, promet Scheer THOROLD \u2014 Le chef conservateur a promis moins d\u2019impôts et moins de règlements pour les petites entreprises.Andrew Scheer a promis de réduire la bureaucratie de 25 % en quatre ans au pouvoir.Il a également promis de faire disparaître deux règlements anciens pour chaque nouveau règlement imposé aux entreprises.Alors qu\u2019on lui demandait, une fois de plus, comment il livrerait toutes ces baisses d\u2019impôts en équilibrant le budget fédéral, M.Scheer a déclaré qu\u2019il publiera bientôt tous les chiffres.« Nous avons dit qu\u2019on va enlever les subsides pour les entreprises qui font beaucoup de profits et on va utiliser l\u2019argent de ça pour payer les baisses d\u2019impôts pour les petites entreprises », a-t-il dit, en attendant de donner tous ses calculs.La Presse canadienne Le chef libéral promet une aide de transition pour les travailleurs des industries qui seraient affectées par le plan de carboneutralité.PIERRE LAHOUD réfléchir aux politiques les plus ambitieuses pour contrer la crise climatique rapidement ».Aucun ne s\u2019inquiète de ce que les libéraux ne s\u2019engagent pas à fermer l\u2019industrie des énergies fossiles.Ce sera une fin en soi, si le Canada et la planète réduisent leurs émissions de GES ainsi que leur consommation d\u2019énergies fossiles et que la demande en pétrole diminue, explique M.Pineau.Plus ambitieux que les autres ?La promesse libérale a été critiquée à droite comme à gauche par les rivaux de Justin Trudeau.La cheffe des verts, Elizabeth May, s\u2019est dite déçue qu\u2019il ne modifie pas sa cible de réduction pour 2030 \u2014 cible qui était aussi celle du conservateur Stephen Harper.« La cible de 30 % rend absolument impossible l\u2019atteinte de leur cible annoncée de zéro carbone en 2050.» Le Parti vert doublerait cet objectif, en réduisant les GES de 60 %, et vise aussi zéro émission dans 30 ans.Le Nouveau Parti démocratique ne s\u2019est pas engagé en ce sens.Il promet une réduction de 40 % d\u2019ici 2030 par rapport à 2005.Le chef Jagmeet Singh a accusé M.Trudeau de prononcer « de belles paroles » en campagne électorale après avoir fait la même chose en 2015 sans respecter ses promesses.Il cite comme exemples les subventions aux énergies fossiles que verse toujours Ottawa et l\u2019achat de l\u2019oléoduc Trans Mountain.« Comment est-ce qu\u2019on peut croire qu\u2019un gouvernement qui a acheté un oléoduc peut dire maintenant qu\u2019on va avoir des cibles progressistes ?Ce n\u2019est pas possible.» Le chef conservateur, Andrew Scheer, s\u2019en tient à l\u2019objectif de réduction de 30 %.Il prédit que les libéraux imposeront des mesures dissuasives coûteuses aux Canadiens et hausseront le prix de la taxe carbone pour les forcer à modifier leurs habitudes.Yves-François Blanchet, le chef du Bloc, a qualifié le plan libéral de simple « slogan », car il n\u2019est pas accompagné de « mesures à court terme, mesurables et quantifiables ».65 % C\u2019est le pourcentage d\u2019appui que reçoit le premier ministre François Legault concernant ses revendications aux chefs des principaux partis fédéraux.53 % C\u2019est le pourcentage d\u2019électeurs québécois qui ont déjà fait leur choix pour le 21 octobre.À l\u2019échelle du pays, près de deux répondants sur trois (63 %) ont répondu la même chose. ACTUALITÉS A 4 LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 Le Festival international de la littérature (FIL) et la Société des arts technologiques présentent La réplique de Trump DESTITUTION SUITE DE LA PAGE A 1 serment d\u2019office, trahi notre sécurité nationale et trahi l\u2019intégrité de nos élections».Le président américain aurait demandé à son homologue ukrainien d\u2019intervenir à son avantage dans la politique partisane des États-Unis.La démarche exceptionnelle de révocation présidentielle vise ultimement à renverser le choix des électeurs exprimé en 2016.Les démocrates ont été divisés pendant des mois sur l\u2019opportunité d\u2019employer cette bombe atomique politique.«Mme Pelosi avait toujours résisté à lancer la démarche parce que, politiquement, ça peut être coûteux pour les démocrates», explique le professeur Fré- dérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand, directeur de l\u2019Observatoire sur les États-Unis de l\u2019UQAM.«Les sondages montrent qu\u2019une minorité d\u2019Américains souhaite cette procédure.Mme Pelosi était prudente jusqu\u2019ici.Mais elle disait que si elle disposait d\u2019une raison évidente de se lancer, elle n\u2019hésiterait pas à le faire.» Donald Trump a utilisé Twitter, sa pla- teforme de communication privilégiée, pour répliquer immédiatement après l\u2019annonce de la charge adverse.Il a parlé d\u2019une «chasse aux sorcières ordurière».Cette démarche dite d\u2019impeachement rappelle celle de 1973 visant le président Richard Nixon.Le scandale liant une affaire d\u2019espionnage des adversaires politiques démocrates et des mensonges publics à répétition avait entraîné la démission du président républicain l\u2019année suivante.Nixon, honni, avait ainsi évité l\u2019inévitable jugé encore pire pour sa réputation à jamais entachée.« Il y a certainement une odeur de Watergate dans l\u2019air », dit le spécialiste des États-Unis Philippe Fournier, chercheur postdoctoral du Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019UdeM.« C\u2019est par la formation d\u2019un comité semblable à celui annoncé par Nancy Pelosi qu\u2019a commencé la chute de Nixon.Le comité enquêtait sur un problème particulier et les choses avaient vite dégringolé par la suite.[\u2026] Mais connaissant le président Trump, il va lutter jusqu\u2019au bout et férocement.Jusqu\u2019à maintenant, il a été extraordinairement résilient.» Frédérick Gagnon accepte aussi les parallèles tout en appuyant sur une différence importante d\u2019une époque à l\u2019autre.« Ce qui a changé, c\u2019est la polarisation au sein de cette société, dit-il.Les républicains ne le disent pas ouvertement, mais maintenant ils pensent que, même si le président a mal agi, il faut le défendre et le soutenir dans cette épreuve.À l\u2019époque de Nixon, les républicains avaient fini par se rallier à la destitution.» Un lanceur d\u2019alerte La nouvelle décision explosive découle d\u2019une conversation du président avec son homologue ukrainien au cours de laquelle M.Trump aurait fait pression pour obtenir des enquêtes et des informations sur le comportement du fils de Joe Biden, candidat à l\u2019investiture démocrate pour la prochaine présidentielle.Le président, toujours combatif, a annoncé autoriser la publication mercredi de sa conversation avec Volodymyr Ze- lensky, nouvellement élu en Ukraine.Les démocrates réclament cette transcription, mais aussi la plainte d\u2019un lanceur d\u2019alerte à l\u2019origine de la fuite.L\u2019équipe Trump a déjà été visée par des accusations de collusion avec la Russie pour qu\u2019elle interfère dans les élections de 2016.Une vaste enquête menée pendant deux ans par le procureur spécial Robert Mueller n\u2019a pas conclu au complot russe tout en se disant incapable d\u2019exclure la possibilité que Donald Trump se soit rendu coupable d\u2019entrave à la justice.Le rapport en deux volumes, rendu public en avril, a été largement caviardé par le département de la Justice.Le rapport Mueller a caractérisé la première partie de la 45eprésidence.La procédure de destitution pourrait bien marquer la seconde.Et au total, les deux événements monuments portent sur les mêmes reproches de traîtrise et de forfaiture.« On verra bien l\u2019ampleur de la faute, commente le professeur Gagnon.Et si [mercredi] on voit qu\u2019il n\u2019y a pas grand- chose d\u2019incriminant, on va constater que Trump souhaitait faire perdre la face aux démocrates encore une fois.Je n\u2019exclus pas cette option.En même temps, je me dis que Mme Pelosi doit croire que la faute est plus évidente et plus facile à expliquer aux Américains.Le rapport Mueller était complexe et Trump avait eu beau jeu de le résumer en répétant qu\u2019il n\u2019y avait pas de collusion.» Deux camps Chose certaine, cette nouvelle apparence de l\u2019appel à un pays étranger pour s\u2019ingérer dans les élections américaines aura été «la goutte de trop», comme le résume M.Fournier.Le changement de ton de Mme Pelosi s\u2019explique aussi par les mutations de son caucus.Le parti démocrate est divisé depuis longtemps en deux camps sur la question du déboulonnage ultime, avec un bloc plus modéré ou prudent et un autre plus radical ou intrépide.Plusieurs candidats à l\u2019investiture du parti approuvaient déjà la procédure.Maintenant, même Joe Biden, du clan attentiste, bouge dans l\u2019autre sens, tout comme une majorité de membres de la Chambre des représentants.Le bloc pro-impeachment a gonflé à 160 élus environ.La majorité pour adopter la résolution d\u2019accusation se situe à 218 à la chambre basse.Reste que la procédure ne va pas nécessairement déboucher.La démarche impliquant éventuellement toute une série d\u2019enquêtes va durer des semaines, voire des mois.La destitution est d\u2019ailleurs moins une procédure légale qu\u2019une démarche politique.Pour l\u2019instant, le blocage central devrait venir du sénat figé jusqu\u2019en 2021, soit après les prochaines élections présidentielles.Les républicains y contrôlent 53 sièges, les démocrates 45 avec deux sénateurs indépendants en alliance.«Au final, il y a l\u2019obstacle ultime du sénat, conclut Philippe Fournier.Est-ce que le président va être destitué?D\u2019après moi, non.Avec ce sénat, Mme Pelosi sait que sa démarche n\u2019aboutira probablement pas.Mais les démocrates sentent la soupe chaude et ils se disent qu\u2019ils ne peuvent rester impassibles devant ce qui est en train de se passer.» Avant Donald Trump, seul un petit groupe de trois présidents avaient fait face à une procédure de destitution.Andrew Johnson et Bill Clinton avaient été acquittés après une enquête, tandis que Richard Nixon avait choisi de démissionner dans la foulée du scandale du Watergate.ASSOCIATED PRESS ACTUALITÉS A 5 LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Estimant être victimes d\u2019une «expropriation déguisée», trois des promoteurs du projet immobilier Cap-Nature, à Pier- refonds-Ouest, ont déposé une poursuite de 178 millions contre la Ville de Montréal et la mairesse Valérie Plante.La décision de l\u2019administration Plante de créer un grand parc dans l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal a réduit à néant le projet de développement immobilier de 5500 logements auquel ils travaillent depuis 14 ans, font valoir les promoteurs Développements Pierrefonds, les Immeubles L\u2019Équerre et Quartier de l\u2019Ouest de l\u2019Île.Lundi, lors d\u2019une allocution prononcée devant l\u2019ONU à New York, la mai- resse Plante a d\u2019ailleurs évoqué le projet immobilier que son administration a stoppé et qui aurait « détruit les derniers grands espaces verts de Montréal ».Dans la demande introductive d\u2019instance qu\u2019ils viennent de déposer en Cour supérieure, les promoteurs allèguent que la Ville, l\u2019arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, la mairesse Plante ainsi que le parti Projet Montréal ont agi de mauvaise foi envers eux et qu\u2019ils ont procédé à une « véritable confiscation » de leurs propriétés.Ils les tiennent solidairement pour responsables des dommages subis.Dans cette requête, ils relatent la rencontre qu\u2019ils ont eue avec la mairesse Plante le 4 septembre dernier en présence des avocats des deux parties.Ils soutiennent que la mairesse leur avait alors dit que le projet Cap-Nature ne serait pas réalisé, mais qu\u2019ils étaient en droit d\u2019être indemnisés pour la juste valeur marchande de leurs propriétés.Cette rencontre s\u2019est toutefois soldée par un « échec », concluent les promoteurs, qui se sont tournés vers la Cour supérieure.Ils réclament 160 millions de dollars à titre d\u2019indemnités d\u2019expropriation, de même que 11 millions pour les dommages liés à la vente de terrains à l\u2019organisme Canards illimités.Ils demandent aussi un remboursement de 2,1 millions pour les taxes scolaires et municipales de même que diverses indemnités pour un total de 178 millions.Le cabinet de la mairesse Plante n\u2019a pas voulu commenter la poursuite.« Mais cela ne modifie en rien la volonté de la Ville d\u2019aller de l\u2019avant avec ce projet porteur », a-t-on indiqué.URBANISME Poursuite de 178 millions contre Montréal et Valérie Plante MARCO FORTIER LE DEVOIR Pour venir à bout de l\u2019importante pénurie d\u2019enseignants et pour valoriser cette profession mal aimée, Québec doit créer un programme de maîtrise accélérée de 12 mois menant à un brevet d\u2019enseignement au secondaire.Cette proposition est inspirée des meilleurs systèmes scolaires dans le monde \u2014 ceux de Singapour, de la Finlande, des Pays-Bas et de l\u2019Ontario \u2014, fait valoir l\u2019Institut du Québec dans une nouvelle étude obtenue par Le Devoir.Les chercheurs de l\u2019Institut recommandent aussi de mieux encadrer les jeunes enseignants, pour éviter qu\u2019ils désertent la profession, et constatent un manque de vision et de planification du ministère de l\u2019Éducation.« Notre étude porte sur la qualité de l\u2019enseignement, parce que la recherche démontre que c\u2019est le facteur le plus important dans la réussite des élèves », dit Mia Homsy, directrice générale de l\u2019Institut du Québec.« Lorsqu\u2019il est question de la performance des élèves en lecture et en mathématiques, l\u2019impact des enseignants s\u2019avère deux à trois fois plus important que tout autre facteur scolaire.Les enseignants font une différence plus im- ÉDUCATION Une formation accélérée pour pallier la pénurie L\u2019Institut du Québec suggère un programme de maîtrise de 12 mois L\u2019Institut du Québec déplore l\u2019absence de planification au ministère de l\u2019Éducation.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR portante que les écoles, et leur impact est particulièrement prononcé dans le cas des élèves issus de milieux défavorisés », précise le rapport de 40 pages, qui sera dévoilé mercredi.D\u2019abord un premier diplôme Les pays les plus « performants » en éducation forment des profs qui ont d\u2019abord un diplôme universitaire dans une discipline enseignée au secondaire (français, mathématiques, histoire, et ainsi de suite), explique l\u2019étude.Ces enseignants ayant une base solide dans leur domaine obtiennent leur brevet après avoir fait une maîtrise en éducation qui leur donne des compétences en pédagogie.Le Québec offre une « maîtrise qualifiante » qui permet aux gens détenant un baccalauréat d\u2019enseigner leur discipline au secondaire, mais cette formation dure une éternité \u2014 généralement quatre années à temps partiel, déplorent les chercheurs de l\u2019Institut du Québec.La voie normale pour accéder à la profession est le baccalauréat de quatre ans en enseignement, assorti de quatre stages totalisant 700 heures.« La mise en place d\u2019une maîtrise de 12 mois offerte aux diplômés universitaires permettrait d\u2019attirer davantage de candidats.Ça aiderait à lutter contre la pénurie d\u2019enseignants, qui va s\u2019aggraver au secondaire dans les prochaines années », souligne Mia Homsy.Remplacements d\u2019urgence Le manque de suppléants donne des maux de tête aux gestionnaires scolaires, rappelle l\u2019Institut du Québec.Le recours aux « remplacements d\u2019urgence » \u2014 qui consiste à demander à un enseignant permanent d\u2019effectuer un remplacement de courte durée dans une autre classe de la même école \u2014 a bondi depuis trois ans : à la Commission scolaire de Laval, le nombre de périodes de dépannage a bondi de 317 à 2812 entre l\u2019année 2015-2016 et le 31 mai 2019 (une augmentation de 787 %).À la Commission scolaire de Montréal, le nombre d\u2019heures de dépannage a presque doublé au cours de la même période, en passant de 6700 heures à plus de 12 000 heures.Les auteurs de l\u2019étude déplorent aussi le manque de suivi et de planification du ministère de l\u2019Éducation au sujet de la qualité des programmes.« Le ministère ne semble pas assumer son rôle et lance la balle aux commissions scolaires.Ça fait un an et demi qu\u2019on essaie de savoir combien il manque d\u2019enseignants ! On gère à vue, sans évaluation des principaux programmes », dit Mia Homsy.Le projet de grand parc dans l\u2019ouest de la ville réduit à néant les projets immobiliers qui y étaient prévus LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 6 Grand choix de livres anciens et rares, illustrés, premières éditions et belles reliures 36e Salon du livre Ancien de Montréal les 28 et 29 septembre 2019 Samedi : 12-18h | Dimanche : 11-17h Université Concordia 1400 boulevard de Maisonneuve Ouest Sous le thème du Fantastique Admission 6 $ pour les 2 jours Quand la norme divise les classes de la société LINGUISTE SUITE DE LA PAGE A 1 avant d\u2019être écrite», écrit-elle.À cette époque, «tous les écrivains, tous les hommes (sic) cultivés font des fautes, de grosses fautes même, et n\u2019en sont pas gênés», écrit André Chervel à ce sujet.Quelques siècles plus tard, à l\u2019heure des commentaires Facebook et des SMS tous azimuts, il semble que l\u2019usage reprend du galon, et on ne s\u2019étonne plus de lire des textes comportant des phrases sans point ou encore, à la limite, à l\u2019orthographe purement phonétique, comme dans «Cpo pcq jai po mis dapostrophe que je ne suis pas capable d\u2019en mettre», cite la linguiste.D\u2019ailleurs, Anne-Marie Beaudoin- Bégin va jusqu\u2019à relever que le point après un oui, en langue numérique, exprime désormais l\u2019agacement, le mécontentement, voire la colère.Encore là, la disparition de certains signes de ponctuation s\u2019explique.« L\u2019usage est parfois stimulé par un simple besoin physique, comme dans le temps où la principale fonction des téléphones cellulaires était de téléphoner, et, pour envoyer un texto, il fallait appuyer à plusieurs reprises sur les chiffres du clavier.Les apostrophes et les autres signes diacritiques étant ainsi difficiles d\u2019accès, plusieurs se sont mis à écrire \u201cc\u201d, au lieu de \u201cc\u2019est\u201d, \u201cca\u201d ou \u201csa\u201d au lieu de \u201cça\u201d, etc.On pourrait croire qu\u2019étant donné le fait que maintenant, on a de meilleurs outils \u2014 les cellulaires sont aujourd\u2019hui dotés d\u2019un clavier en bonne et due forme \u2014 ces raccourcis ne sont plus nécessaires.Il semble cependant qu\u2019on les ait conservés », écrit-elle.Communication instantanée Ce qui est absolument révolutionnaire aujourd\u2019hui, grâce aux télécommunications, c\u2019est qu\u2019on utilise l\u2019écrit comme mode de communication instantané.« On n\u2019a jamais tant écrit », dit-elle.Même les lettrés écrivent plus qu\u2019avant.On écrit des commentaires, des blogues.Même ceux qui n\u2019écrivaient pas écrivent.On voit qu\u2019il y a des gens qui ne maîtrisent pas les règles », constate-t-elle.Dans ce contexte, les normes de français peuvent être « très discriminatoires », dit-elle.À ce chapitre, l\u2019histoire de la langue française, connue pour être de maîtrise difficile, est éloquente.Au moment de la Révolution française, le français est la langue de prestige par excellence.Et, paradoxalement, « c\u2019est à ce prestige qu\u2019on a voulu goûter », et c\u2019est ce prestige qu\u2019on a voulu faire goûter au peuple, ajoute-t-elle.Selon Mme Beaudoin-Bégin, c\u2019est à cette époque qu\u2019on aurait dû simplifier le français écrit pour le rendre plus accessible à tous.« C\u2019était le temps de simplifier les règles, de les rendre plus conviviales, de se débarrasser des illogismes et des exceptions.Avant que tout le monde ne sache écrire.Avant que tout le monde n\u2019ait souffert pour les apprendre et qu\u2019il ne se crée des groupes de soutien à l\u2019accent circonflexe.Mais les hommes responsables de la création et de l\u2019élaboration des règles du français ne l\u2019ont pas fait.» L\u2019écart entre les classes demeure.« Savoir écrire avait jadis été un signe social distinctif.Si tout le monde apprend maintenant à écrire, il faut un autre signe de clivage social : savoir bien écrire.» Au fil des ans, la maîtrise du français écrit serait devenue une sorte d\u2019attestation d\u2019études scolaires, plutôt qu\u2019un outil efficace de communication.« Depuis que le français est devenu une matière scolaire, on l\u2019a décrit comme un objet scolaire.On en a parlé comme d\u2019une matière fermée, qu\u2019il faut maîtriser sous la menace du crayon rouge.» « Il est trop tard, à mon avis, pour changer les règles.Mais peut-être pourrait-on changer l\u2019attitude par rapport aux règles ?» avance-t-elle.La langue racontée.S\u2019approprier l\u2019histoire du français Anne-Marie Beaudoin-Bégin, Somme toute, Montréal, 2019, 150 pages MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR QUÉBEC L\u2019aide de l\u2019État aux grands pollueurs dénoncée Faute de savoir Certaines expressions considérées comme fautives ont en fait des origines très anciennes.L\u2019usage du « mais que », pour dire « quand », utilisé dans certaines régions québécoises, nous vient de l\u2019époque où la conjonction « mais » pouvait avoir une connotation temporelle, comme dans « jamais », ou « désormais ».Quant à la prononciation « soucisses rou- ties » pour « saucisses rôties », qu\u2019on entend aussi dans certaines régions québécoises, elle proviendrait d\u2019une dispute entre les gens dits « ouistes » et « non-ouistes » survenue aux XVIe et XVIIe siècles, au moment du passage du latin au français.a affirmé M.Arcand à la presse.«M.Le- gault n\u2019est peut-être pas un climatoscep- tique, mais il est certainement un cli- mato-inactif», a-t-il renchéri.Le leader parlementaire du Parti québécois, Martin Ouellet, a dit « s\u2019attend[re] à ce que toutes les entreprises fassent les efforts nécessaires pour améliorer leur bilan et diminuer leurs émissions de GES », y compris la cimenterie de McInnis à Port-Daniel\u2013 Gascons, qui a pris forme sous l\u2019impulsion du gouvernement Marois.Le ministre des Finances, Eric Girard, a demandé à ses adversaires politiques de « reconnaître » que les grandes industries ont consenti à faire un « effort » depuis 1990.« Nous leur demandons de continuer à réduire leurs émissions, mais, puisqu\u2019elles sont dans un monde de concurrence et que nos partenaires commerciaux, l\u2019Ontario, l\u2019est des États-Unis, certaines juridictions mondiales, ne tarifent pas le carbone, il faut, bien sûr, les aider, et c\u2019est pour ça que nous les aidons à faire face à cette tarification du carbone », a- t-il soutenu dans le Salon bleu.Le gouvernement Legault a « démissionné » de la lutte contre les changements climatiques en promettant aux grands émetteurs de GES de les appuyer à perpétuer une « vieille économie », a fait valoir la co-porte-parole de QS, Manon Massé, « profondément choquée ».« L\u2019industrie qui émet doit être celle qui agit pour diminuer ses GES.Ça ne peut pas être toujours les citoyens, les citoyennes qui rattrapent ça en bout de ligne », a-t-elle déclaré.Interpellé par Greta Thunberg Ex-membre des gouvernements Cha- rest et Couillard, Pierre Arcand a dit s\u2019être senti interpellé par Greta Thun- berg.La jeune Suédoise a reproché lundi aux dirigeants de la planète de lui avoir «volé [ses] rêves et [sa] jeunesse» en demeurant les bras croisés face aux changements climatiques.« Tous les gouvernements doivent accepter une part de blâme », a convenu M.Arcand, avant d\u2019accabler les États-Unis d\u2019une « part plus grande [de blâme] que tous les autres gouvernements ».« Le gouvernement peut faire plus et mieux», a- t-il conclu, à trois jours de la marche mondiale pour le climat de Montréal, à laquelle Mme Thunberg participera.Mme Massé a suggéré au ministre de l\u2019Environnement, Benoît Charette, de « se mettre à l\u2019écoute des gens [\u2026] s\u2019il décide d\u2019être dans la rue » vendredi.L\u2019élue solidaire avait appelé M.Charette à battre le pavé pour le climat.Appuie-t- elle toujours la participation du ministre caquiste alors que les appels de jeunes demandant à M.Charette ne pas prendre part à la manifestation se multiplient?En guise de réponse, Mme Massé a rappelé qu\u2019elle avait demandé à tous les membres du Parlement de sortir « main dans la main pour dire aux jeunes : on vous comprend ».Les installations de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel\u2013Gascons, en Gaspésie.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Les partis d\u2019opposition s\u2019expliquent mal pourquoi les grands émetteurs de GES ne participeraient pas à l\u2019effort collectif Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, balaie l\u2019argument selon lequel les entreprises émettrices de gaz à effet de serre (GES) prendraient leurs cliques et leurs claques si l\u2019État québécois ne les épaulait pas dans leurs efforts de réduction de GES.« On a implanté une taxe du carbone, et il n\u2019y a pas grand monde qui a quitté le Québec », a mentionné l\u2019ex-ministre de l\u2019Environnement (2010-2012), mardi.À l\u2019instar de Québec solidaire et du Parti québécois, le PLQ déplore les « allégements » que le gouvernement caquiste consentirait à accorder aux plus grands émetteurs de GES.Selon Radio-Canada, l\u2019équipe de François Legault octroierait un statut spécial à certaines grandes industries, ce qui les dispenserait de tout effort de réduction de GES.«Pour un premier ministre qui dit s\u2019intéresser à l\u2019environnement, je trouve qu\u2019il n\u2019agit pas dans le bon sens», LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 7 FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Québec exhorté à adopter une politique contre le racisme Une étude dévoilée mardi indique que 78 % des actes haineux ne seraient jamais déclarés à la police MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le lanceur d\u2019alerte Louis Robert était à la fois content et sceptique avant son passage à la commission parlementaire sur les pesticides en fin de soirée mardi.Son congédiement pour avoir révélé l\u2019ingérence de cette industrie dans la recherche en agriculture avait incité les élus à se pencher sur ce phénomène.« Je pense que déjà qu\u2019il y ait des enjeux qui soient discutés dans les médias et en commission parlementaire, c\u2019est déjà un gigantesque pas en avant, a-t-il souligné en mêlée de presse.Je suis un petit peu sceptique quant à l\u2019aboutissement : est-ce qu\u2019on va vraiment avoir des solutions éprouvées qui vont nous amener sur le chemin de la réduction draconienne des pesticides ?Ça, j\u2019ai plus de doutes là-dessus.» Il a recommandé aux élus de séparer la vente des pesticides des services- conseils fournis par les agronomes pour éliminer toute ingérence de l\u2019industrie.« Le service-conseil intégré dans la vente du produit fait en sorte que la valeur marchande du service-conseil est tout le temps gardée basse », a-t-il expliqué.Comme il est interdit au médecin de vendre les médicaments qu\u2019il prescrit et au pharmacien de prescrire ce qu\u2019il vend.Les producteurs agricoles pourraient faire appel à des agronomes indépendants par l\u2019entremise de clubs agricoles déjà financés en partie par le gouvernement.Louis Robert a pu réintégrer son poste d\u2019agronome au mois d\u2019août après la publication en juin d\u2019un rapport sévère de la protectrice du citoyen sur la façon dont le ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation (MAPAQ) l\u2019avait traité.Il avait levé le voile sur l\u2019ingérence de l\u2019industrie des pesticides au Centre de recherche sur les grains (CEROM) en fournissant une note interne du ministère au Devoir et à Radio-Canada.Des chercheurs et des ex-employés avaient alors dénoncé faire l\u2019objet de pressions dans le cadre de leurs études sur les néo- nicotinoïdes, un produit tueur d\u2019abeilles.Au moment où ces lignes étaient écrites, l\u2019agronome s\u2019apprêtait à livrer son témoignage devant la commission.Réduction rapide exigée Plus tôt dans la journée, les apiculteurs québécois ont invité Québec à réglementer là où Ottawa a échoué pour qu\u2019il y ait moins de produits toxiques dans les champs.« On demande qu\u2019il y ait une réduction rapide et très importante de l\u2019utilisation des pesticides parce que du poison, ça reste du poison», a affirmé le premier vice-président des Apiculteurs et apicultrices du Québec, Raphaël Vacher, lors de la commission parlementaire sur les pesticides.La valeur de ses pertes annuelles se chiffre à un million de dollars depuis qu\u2019il a démarré son entreprise en 2006.La pire année a été 2015 quand il a perdu 80 % de ses ruches.« Je ne connais aucune autre production agricole qui serait capable de soutenir des pertes aussi élevées année après année », a-t- il remarqué.Le syndicat suggère que tous les pesticides utilisés de façon systémique soient soumis à une prescription agronomique pour en diminuer l\u2019usage.C\u2019est ce qui est arrivé avec l\u2019atrazine, un PESTICIDES L\u2019agronome Louis Robert livre son message aux élus Devant l\u2019augmentation des discours haineux dans la société et considérant les conséquences de ce racisme sur la vie des Québécois qui en sont victimes, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a exhorté mardi Québec à adopter une politique de lutte contre le racisme et toutes formes de discrimination.Dans un rapport publié mardi, l\u2019organisme recommande également au gouvernement de mettre en place un groupe de travail pour organiser la riposte contre les « discours de haine sur Internet ».L\u2019image et la représentation négatives dans les médias de minorités étant un des vecteurs de cette haine, résume la Commission.En conférence de presse, la vice-présidente de la Commission, Myrlande Pierre, a affirmé qu\u2019un problème de «racisme systémique» était perceptible au Québec, comme ailleurs dans le monde.«Le contexte international, avec la montée au pouvoir de partis populistes, voire d\u2019extrême droite, constitue un facteur supplémentaire qui participe de l\u2019essor de groupes anti-immigration et anti- musulmans, ici et maintenant», écrivent par ailleurs les auteurs d\u2019une vaste étude menée entre mars 2017 et octobre 2018 à travers le Québec.Le document, sur la base duquel s\u2019appuient les recommandations du rapport de la Commission, a été présenté dans le cadre du plan d\u2019action gouvernemental 2015-2018 sur la radicalisation au Québec.Dans la province, les minorités visibles et religieuses les plus ciblées par des crimes haineux déclarés sont les musulmans (24 %), les Arabes (11 %), les juifs (10 %) et les Noirs (7,5 %).La Commission souligne également que les groupes racistes sont mieux organisés, plus visibles et que leur parole s\u2019en retrouve, par le fait même, banalisée, alors qu\u2019elle ne devrait pas l\u2019être.Pour le président de la Commission, Philippe-André Tessier, cette documentation des actes haineux «ne signifie pas» que «la société québécoise est, dans son ensemble raciste ou islamophobe».En mêlée de presse, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a déclaré que son gouvernement était ouvert à agir davantage pour lutter contre les gestes haineux, mais qu\u2019il devait d\u2019abord étudier le rapport.puissant herbicide utilisé dans la culture du maïs, dont les ventes ont diminué de 40% depuis qu\u2019il est contrôlé.Un résultat que le ministère de l\u2019Environnement avait jugé «très encourageant» lors des premières auditions de la commission sur les pesticides en mai.« Nous, c\u2019est clair, on n\u2019a jamais demandé l\u2019arrêt total de l\u2019utilisation des pesticides, a précisé l\u2019une des administratrices du syndicat, Julie Fontaine.On ne veut juste pas que soit utilisé en champ ce qui n\u2019a pas à être utilisé.» C\u2019est le cas de l\u2019enrobage systémique des grains avec des néonicotinoïdes qui protègent les plantes des insectes nuisibles en les rendant toxiques.« [L]e gros du problème avec les pollinisateurs, c\u2019est que maintenant toutes les parties de la plante deviennent toxiques et, par lessivage, ces produits-là sont bus, ingérés par les plantes sauvages qui elles aussi deviennent toxiques.Il y a un effet boule de neige et là on se ramasse avec du pollen qui est contaminé.» L\u2019Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) qui relève de Santé Canada « est la porte d\u2019entrée » des pesticides dans les champs québécois.Or, l\u2019homologation de ces produits s\u2019appuie sur les études effectuées par l\u2019industrie.«Le Québec se doit de continuer sa réglementation pour qu\u2019elle soit plus efficace, plus restrictive parce que le fédéral ne fait pas sa jobet c\u2019est nous qui en subissons les conséquences », a constaté Mme Fontaine.«La prescription agronomique est nécessaire, elle doit demeurer et elle doit être étendue », a-t-elle ajouté.Cette recommandation est similaire a celle qui avait été suggérée la veille par l\u2019Ordre des agronomes du Québec.Les Apiculteurs et apicultrices du Québec critiquent l\u2019utilisation systémique de néonicotinoïdes, qui menace les pollinisateurs.ANNIK MH DE CARUFEL ARCHIVES LE DEVOIR L\u2019image et la représentation négatives dans les médias de minorités est un des vecteurs du discours haineux, selon l\u2019étude de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin es conventions collectives liant le gouvernement du Québec à ses 540 000 salariés des ministères et des grands réseaux de la santé et de l\u2019éducation viennent à échéance en mars prochain.C\u2019est donc le branle-bas de combat dans les instances syndicales pour consulter les membres avant la présentation des demandes d\u2019ici la fin octobre, comme le veut la loi.Le premier ministre Legault a déjà prévenu les syndicats qu\u2019ils n\u2019allaient pas partir avec la caisse.L\u2019argent des surplus budgétaires appartient à tous les Québécois, a-t-il ajouté, et non pas aux syndicats, aux municipalités ou aux groupes de pression.Soit, mais encore ?Les employés de l\u2019État ont droit à un traitement juste et équitable.Et compte tenu de la pénurie de main-d\u2019œuvre dans plusieurs corps d\u2019emploi, il faut même faire plus pour recruter et retenir des gens compétents.M.Legault a souvent laissé entendre que son gouvernement allait augmenter les salaires des préposés aux bénéficiaires en centres de longue durée, mais il n\u2019a rien dit des milliers d\u2019autres.Il a aussi promis de hausser le salaire des nouveaux enseignants, mais rien pour les plus expérimentés ?Bien sûr, tout cela fait partie du jeu de la négociation.On sait que les syndicats voudront non seulement couvrir la hausse du coût de la vie comme par le passé, mais ils tenteront de bonifier les salaires en termes réels et de réduire la charge de travail.Et pour y parvenir, ils ont des arguments, du moins sur papier.Selon les données compilées par l\u2019Institut de la statistique, à emplois comparables la rémunération globale des salariées de l\u2019État (salaires, avantages sociaux, retraites, heures de travail) accuse un retard de 16 % par rapport aux fonctionnaires fédéraux, de 24 % par rapport aux employés des sociétés d\u2019État et de\u2026 35 % par rapport à ceux des municipalités.Un écart qui était de 25 % il y a dix ans et de 15 % il y a vingt ans.Qui osera prétendre que les salariés des réseaux de la santé et de l\u2019éducation ne méritent pas autant que ceux des villes qui ne cessent d\u2019augmenter les taxes sous prétexte qu\u2019elles manquent de revenus ?Même le récent rééquilibrage de participation aux régimes de retraite des employés municipaux s\u2019est conclu par une compensation équivalente en augmentations salariales.Le gouvernement Legault en tient-il compte dans la négociation d\u2019un énième pacte fiscal ?Il fut un temps où la détermination syndicale stimulée par l\u2019arrivée de la cohorte du baby-boom a forcé les gouvernements à accorder des avantages supérieurs aux employés du secteur public qu\u2019à ceux du privé.Ce n\u2019est plus le cas puisque le secteur privé syndiqué profite aujourd\u2019hui d\u2019une avance de 17 % pour des emplois comparables.L\u2019adoption de lois contraignantes, mais aussi les conditions économiques difficiles et le vieillissement de la fonction publique ont eu raison des ardeurs militantes d\u2019une majorité de syndiqués désormais convaincus des avantages de la sécurité d\u2019emploi et d\u2019une retraite assurée par rapport aux seuls gains salariaux.Tout cela est en train de changer à cause de la pénurie de main-d\u2019œuvre.On l\u2019a vu au ministère des Transports où il est très difficile de recruter et de retenir de jeunes ingénieurs attirés par les firmes privées, elles- mêmes victimes de pénurie.Même chose en santé, en éducation, et pas seulement chez les professionnels.Si le gouvernement Legault croit en l\u2019importance d\u2019une fonction publique compétente et dévouée, il doit accélérer le travail de reconstruction et de consolidation des troupes.Il n\u2019y a pas que les médecins qui doivent être bien traités.Puis, il y a ce jugement de la Cour suprême qui place désormais le droit de grève au même rang qu\u2019un droit constitutionnel.Il n\u2019est donc pas certain que la menace habituelle d\u2019adoption d\u2019une loi d\u2019exception forçant le retour au travail ait le même effet dissuasif que par le passé.Cela dit, améliorer les conditions de travail du demi-million d\u2019employés de l\u2019État n\u2019est pas synonyme de satisfaire aux interminables listes d\u2019épicerie dressées par les instances syndicales.Toute amélioration des conditions de travail doit aller de pair avec une amélioration des services aux citoyens, cela va de soi.On a trop longtemps confondu l\u2019un et l\u2019autre, ce qui a contribué à la détérioration de plusieurs services.La mauvaise réputation de nos écoles secondaires publiques depuis trente ans en est un exemple.De part et d\u2019autre de la table de négociations, gouvernement et syndicats doivent travailler à placer la qualité des services publics en tête de leurs priorités, à la plus grande satisfaction des employés et des citoyens.Benoît Guérin Montréal Ma conjointe et moi habitons Vil- leray depuis 10 ans.Le bonheur : le marché Jean-Talon, la convivialité du voisinage, etc.À l\u2019automne 2018, le bruit des avions nous frappe soudainement.Jour après jour, du matin tôt au soir très tard, c\u2019est le défilé d\u2019avions à basse altitude au-dessus de nos têtes.On dirait qu\u2019ils ont adopté la rue Villeray comme autoroute pour rentrer au bercail ou quitter la ville.C\u2019est tellement dérangeant que nous envisageons, avec tristesse, de déménager\u2026 Une lettre de Simon Beauchesne parue en 2017 dans Le Devoir et intitulée Dans Villeray, les avions ont tué notre quartier rapportait la même situation : « Le problème est simple, nous vivons sous les avions.Des avions nous réveillent le matin, [\u2026] des avions nous empêchent de tenir une discussion le midi, [\u2026] des avions compliquent l\u2019heure du coucher et nous réveillent en pleine nuit.[\u2026] » Recommandation de l\u2019OMS Il s\u2019agit bien là de notre situation actuelle dans Villeray, à 15 km de l\u2019aéroport ! Selon les chiffres d\u2019Aéroports de Montréal (ADM), Montréal a connu une progression de 52 % du nombre de passagers accueillis depuis 2008-2009 pour atteindre 19,4 millions de passagers en 2018.Et c\u2019est loin d\u2019être fini : on projette 35 millions de passagers en 2035 en construisant une nouvelle aérogare ! Dans son rapport sur Le bruit et la santé en 2017, la Direction régionale de santé publique souligne que leurs études « démontrent que 60 % de la population de l\u2019île de Montréal serait exposée à des niveaux de bruit moyens qui excèdent la recommandation de l\u2019Organisation mondiale de la santé.» En fouillant, je découvre Les pollués de Montréal-Trudeau, un organisme qui depuis 2012 aide les citoyens victimes de pollution sonore causée par le passage intense des avions : représentations auprès des élus, aide aux démarches des citoyens touchés, installation de stations de mesure du bruit des L\u2019échec scolaire, c\u2019est l\u2019échec d\u2019une société Il y a quelques semaines, des milliers de jeunes sont rentrés à l\u2019école.D\u2019autres pas.Où sont-ils?Ils sont dans leur chambre, dans le sous-sol, ou même dans la rue.En connais- sez-vous?Ils ont fait le choix douloureux de décrocher.N\u2019oublions pas que d\u2019abandonner sa scolarité est un geste souffrant, un geste de résignation.Ce ne sont pas les jeunes qui ont abdiqué.C\u2019est nous tous, en tant que société, qui avons décroché.Il est vrai que le taux de diploma- tion a augmenté au cours des dernières années.Pourtant, 20% des jeunes au Québec sortent du système scolaire sans diplôme ou qualification.Et que dire des élèves qui, diplôme en main, sont passés si près de l\u2019échec après un parcours semé d\u2019embûches dans un système non adapté à leur réalité?Allons- nous fermer les yeux sur la situation en nous confortant à l\u2019idée que le gouvernement s\u2019occupe de cette problématique?Trop souvent, nous nous déres- ponsabilisons collectivement du décrochage scolaire en faisant reposer le poids de l\u2019échec sur les épaules de chaque jeune qui quitte les bancs d\u2019école ou de son entourage, qui ne l\u2019aurait pas assez encouragé à persévérer.On accepte allègrement le «chacun pour soi».C\u2019est donc à chaque jeune et à chaque parent de tenter d\u2019arrache- pied de trouver seul des solutions pour s\u2019en sortir?Force est de constater que ces solutions ne fonctionnent pas.Regardons autour de nous, chacun court après son temps en essayant de garder le cap dans une société marquée par un rythme effréné et par la recherche constante de performance.Nous imposons à nos jeunes «d\u2019entrer dans le rang» sans jamais remettre en question le fonctionnement et le bien-fondé de ces rangs.Pourtant, des symptômes montrent que la société ne va pas bien: l\u2019accroissement majeur du nombre de jeunes aux prises avec toutes sortes de difficultés, le taux encore trop élevé de pauvreté chez les familles, la hausse alarmante du taux de diagnostics et de l\u2019usage de médicaments pour arriver à réussir à l\u2019école, sans compter les problèmes créés par une éducation trop régie par les stéréotypes de genre.Ces constats démontrent qu\u2019il est plus que temps que l\u2019on se questionne sur les visées de notre système d\u2019éducation et qu\u2019on s\u2019attarde à ses inégalités.Levons le voile sur le tabou entourant les réelles causes du décrochage.Cessons de chercher des réponses individuelles, trouvons des solutions collectives adaptées aux réalités de notre société.Alors que l\u2019école devrait représenter un lieu sain d\u2019apprentissage et de socialisation, plusieurs élèves y subissent des pressions énormes et doivent évoluer dans cet environnement qui ne répond plus à leurs besoins.Prenons le temps de nous questionner, d\u2019écouter nos jeunes.Le 25 septembre, nous soulignons pour la première fois au Québec la Journée du refus de l\u2019échec scolaire.Pour l\u2019occasion, mobilisons-nous afin de dénoncer haut et fort que cette situation est socialement inadmissible et acceptons qu\u2019elle nous concerne tous.Pour nos jeunes, refusons de baisser les bras, refusons l\u2019échec scolaire.Mélanie Marsolais, directrice générale du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCLD) Le 24 septembre 2019 LETTRES NÉGOCIATIONS La fonction publique mérite mieux L ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu avions (voir www.ww-ans.net), démarches juridiques.J\u2019ai écrit à ADM et aux représentants gouvernementaux (fédéral, provincial, Ville de Montréal).La plupart m\u2019ont adressé à d\u2019autres et ADM m\u2019a dit agir en conformité avec les règlements.Seule une représentante de la Direction de la santé publique m\u2019a répondu qu\u2019il y a effectivement là une situation problématique, mais\u2026 qu\u2019elle ne peut rien y faire.J\u2019ai fermé les fenêtres, démarré ventilateurs et climatiseur pour passer l\u2019été et couvrir le bruit.J\u2019ai néanmoins signalé régulièrement à ADM le passage des avions dérangeants au moyen de l\u2019application AEROplainte.ca.J\u2019ai aussi précisé ma compréhension des problématiques en observant parfois flightradar24.com qui affiche en temps réel les avions qui passent (altitude, modèle, etc.).Par une belle journée de fin août, j\u2019ose rouvrir les fenêtres.Entre 18 h et 20 h, je soumets 20 plaintes.Un avion à basse altitude, toutes les 5 minutes ! Revoilà l\u2019aéroport Trudeau installé dans mon salon, à deux pas du marché Jean-Talon.À court terme, visons au moins des trajets d\u2019atterrissage et de décollage plus diversifiés, pour éviter les séquences de bruit intenses au même endroit, des avions circulant à plus haute altitude et des heures de passage décentes.Les autorités gouvernementales doivent faire appel à une expertise indépendante pour élaborer des solutions et les faire appliquer par ADM.Parallèlement, on doit favoriser le développement d\u2019avions moins bruyants avec des moyens de propulsion moins toxiques et limiter la quantité de trafic aérien à des niveaux convenables pour la santé.Le fossé se creuse entre les objectifs de santé publique et le développement économique.Si on souhaite continuer de voyager en avion avec une population en croissance et un environnement de plus en plus précaire, il nous faut bouger maintenant\u2026 Le bruit croissant des avions LIBRE OPINION Taxer les grosses cylindrées Dans le maelström d\u2019événements qui se précipitent autour des changements climatiques, une question me tarabuste depuis quelque temps.J\u2019habite la campagne et je possède une petite voiture qui satisfait parfaitement à mes besoins de déplacements.Au cours de ces déplacements, je constate avec grande frustration qu\u2019au bas mot, près d\u2019un véhicule sur trois est un VUS, au gabarit imposant, avec (approximativement), une fois sur quatre, une seule personne à bord.Cela dit, j\u2019imagine qu\u2019il vous arrive comme moi de fréquenter encore la télévision et d\u2019y observer à tout bout de champ les messages publicitaires souvent hallucinants qui vantent les mérites de ces véhicules dispendieux, gourmands et grands émetteurs de CO2.Dans la perspective de la lutte contre les changements climatiques, existe-t-il une bonne raison pour qu\u2019aucun gouvernement responsable n\u2019ait encore songé, comme cela se fait dans plusieurs pays européens, d\u2019imposer une taxe significative fondée sur la puissance de ces grosses cylindrées polluantes ?Si je ne m\u2019abuse, la France applique depuis de nombreuses années une taxe du genre nommée « taxe sur la puissance fiscale ».Au point où nous en sommes, n\u2019y aurait-il pas lieu de contraindre les automobilistes à plus de modération quand vient le moment de choisir un véhicule ?Claude De Gaspé Alleyn West Brome, le 23 septembre 2019 JEAN-ROBERT SANSFAÇON A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Les derniers humains O n nous dit de ne pas paniquer, de retenir les trémolos et les gros mots.La colère est malvenue, dit-on, même devant « l\u2019urgence climatique ».Alors, soyons positifs.N\u2019ajoutons pas au découragement ambiant et pointons calmement la lueur au bout du tunnel.La bonne nouvelle ?Nous n\u2019ignorons plus le monde (physique) dans lequel nous vivons.De la fonte des glaces à l\u2019érosion des berges et aux extrêmes climatiques, nous possédons aujourd\u2019hui une connaissance encyclopédique de l\u2019état des lieux.Les discrets murmures des premiers avertissements (rapport Meadows du Club de Rome, Silent Spring de Rachel Carson\u2026) se sont transformés en un perpétuel grondement impossible à ignorer.La prise de conscience a été remarquable, il faut le dire.Et puis, plusieurs esprits créatifs tentent de trouver des remèdes : de la taxe carbone à l\u2019énergie solaire, des jardins communautaires au burger végé, les initiatives se multiplient pour tenter de pallier cette crise sans précédent.La mauvaise, maintenant.Jamais l\u2019humanité n\u2019a dû contempler aussi froidement sa disparition.La crise n\u2019est pas qu\u2019écologique, elle est aussi morale et existentielle.Il ne s\u2019agit pas seulement de se battre contre la pollution, le plastique ou la disparition des abeilles, mais de se battre pour notre propre survie \u2014 nous, les humains.Cette révélation, en passant, est récente ; elle s\u2019est imposée à la suite de la léthargie désopilante des gouvernements face au réchauffement climatique.À mon avis, ça vaut bien quelques trémolos.« Vous avez volé mes rêves et mon enfance », disait, non sans raison, la jeune Greta Thunberg cette semaine à New York à l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU.Alors que nous savons désormais des tas de choses sur notre environnement, le grand inconnu, dans ce grand bouleversement, c\u2019est vous et moi.Au-delà de la dégradation matérielle du monde dans lequel on vit, il y a la réaction humaine face au cataclysme écologique qui s\u2019ajoute.Serons-nous à la hauteur du défi qui nous attend ?Voilà désormais la question à laquelle Greta, comme nulle autre, nous somme de répondre.« On ne peut qu\u2019espérer », dit, rempli d\u2019optimisme, Adam Frank, un astrophysicien qui étudie les différents scénarios qui nous guettent.À partir de l\u2019examen d\u2019autres planètes, le scientifique de l\u2019Université de Rochester a établi trois grands modèles probables.Premier scénario, surnommé « soft landing » (atterrissage réussi) : la civilisation planétaire s\u2019adapte aux changements climatiques, se transforme et survit.Deuxième scénario, « die off » (étiolement) : la population planétaire est réduite au minimum, détruisant toute civilisation technologique.Il y a quelque chose qui survit, mais on ne saurait dire qui ou quoi.(« C\u2019est quand même incroyable qu\u2019on soit encore vivants », le vers de Richard Desjardins, pourrait devenir ici un slogan).Troisième scénario, « collapse » (effondrement) : la population mondiale augmente, l\u2019état planétaire « surchauffe » et, même si certaines mesures ont été mises en place, la population est anéantie.Plus rien d\u2019humain ne subsiste sur la Terre.La planète a beau s\u2019inviter aux Nations unies, au Parlement et dans la rue, dont à Montréal vendredi, le sentiment d\u2019impuissance est à son comble.On comprend parfaitement pourquoi.Devant l\u2019avalanche de données dont nous disposons désormais se dresse un mur d\u2019inaction gouvernemental tout aussi impressionnant.Aucun des engagements pris lors du Sommet de Paris, pourtant salué comme un grand pas en avant, est en voie de réalisation.Les émissions de gaz à effet de serre, plutôt que de diminuer, ont augmenté depuis deux ans.Ça fait plus de 30 ans que nous ne faisons à peu près rien, comme le soulignait notre Jeanne d\u2019Arc devant l\u2019ONU, et voici qu\u2019il nous en reste seulement 30 autres pour atteindre la cible magique de zéro émission en 2050.Mais, surtout, ne nous énervons pas.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il y a urgence qu\u2019il faudrait agir comme s\u2019il y en avait une.Il nous faut changer radicalement de mode de vie, changer notre façon de manger, de nous déplacer, de construire nos immeubles et, surtout, de produire et de consommer de l\u2019énergie, et cela, en un temps record.Il faut faire ce que l\u2019humanité n\u2019a jamais fait auparavant : changer radicalement de direction en l\u2019espace de quelques années.Selon le Groupe intergouvernemental d\u2019experts sur l\u2019évolution du climat (GIEC), il s\u2019agirait d\u2019un « précédent historique », du jamais vu, mais continuons à prétendre que quelques demi-mesures \u2014 une taxe carbone sans véritables dents, du recyclage qui, une fois sur deux, rate sa cible \u2014 vont nous sortir du pétrin.Continuons, surtout, à construire un troisième lien et à permettre aux grands émetteurs de GES québécois, comme on vient de l\u2019apprendre, de diminuer leurs émissions d\u2019un dérisoire 4 % et d\u2019être remboursés, en plus, pour ce mini-ef- fort (!).Continuons à privilégier le court terme sur le long terme, les profits immédiats sur l\u2019avenir de nos enfants, et voyons où tout ça nous mène.Loin d\u2019être malvenue, la colère est la juste mesure de tout ce qui ne va plus.FRANCINE PELLETIER Antoine Baby Sociologue et professeur émérite à la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université Laval J\u2019apprends avec enthousiasme l\u2019initiative du Regroupement des organismes communautaires de lutte contre le décrochage (ROCLD), en collaboration avec l\u2019Association de la Fondation étudiante pour la ville (France), de tenir une « Journée du refus de l\u2019échec scolaire » le mercredi 25 septembre.Ce sera à n\u2019en pas douter une autre importante contribution de l\u2019action communautaire au plein épanouissement des jeunes de toutes conditions sociales.L\u2019idéal serait qu\u2019elle se répète annuellement pour se diriger aussi rapidement que possible vers l\u2019éradication complète de l\u2019échec scolaire.Mais vouloir éradiquer l\u2019échec scolaire et l\u2019abandon prématuré des études ne constitue-t-il pas une utopie ?Ma réponse à cette question en déroutera plusieurs, à charge pour moi de convaincre que j\u2019ai raison.Cette réponse, c\u2019est à la fois oui et non.Oui, ici au Québec, où c\u2019est doublement utopique, mais non, en certains autres pays, c\u2019est déjà une réalité.Commençons par voir en quoi c\u2019est une utopie au Québec.Ici, bon an mal an, les taux de diplomation en fin de secondaire naviguent autour de 65 %, ce qui veut dire que 35% des élèves sortent sans diplôme, et ce, en dépit d\u2019efforts considérables de recherche et d\u2019expérimentation depuis plus de trente ans.Force est de convenir que, face à une telle fixité, c\u2019est une utopie que de vouloir éradiquer l\u2019échec scolaire.D\u2019autant plus que notre système scolaire est un système à filières sélectives basées sur le rendement scolaire.Cela fait que l\u2019orientation scolaire des élèves au faible rendement se fait souvent par relégation: «Tu n\u2019es pas assez fort pour telle filière, alors tu t\u2019en vas dans telle autre filière.» Ce qui a pour effet d\u2019écarter systématiquement nombre d\u2019élèves du diplôme de fin d\u2019études secondaires! Mon hypothèse de travail propose aussi de considérer que, dans l\u2019état actuel des choses au Québec, il est doublement utopique de vouloir éradiquer l\u2019échec scolaire parce que de tels taux d\u2019échec et d\u2019abandon sont aussi systémiques, c\u2019est-à-dire inhérents à la nature même d\u2019un système scolaire néo- libéral.Son essence même est de produire la main-d\u2019œuvre dont l\u2019économie a besoin pour rouler et, dans sa lecture humanitaire, de fournir un gagne- pain au plus grand nombre.Dans ces conditions, changer le système scolaire supposerait qu\u2019on change d\u2019abord de gouvernement.Si l\u2019on veut une école progressiste, l\u2019école de tous et de toutes, il faut d\u2019abord se donner un gouvernement progressiste, le gouvernement de toutes et de tous.Or, le Québec ne s\u2019est jamais donné un tel gouvernement depuis celui de la Révolution tranquille qui nous a donné l\u2019école pour tous du rapport Parent ! Et l\u2019espoir d\u2019une école de tous d\u2019un rapport Parent 2.0 n\u2019est pas pour demain.Mais en quoi puis-je prétendre par ailleurs qu\u2019éradiquer l\u2019échec et le décrochage scolaires n\u2019est pas une utopie ?C\u2019est tout simplement qu\u2019il y a des pays où il n\u2019y a plus de décrochage, ou si peu.Des pays comme la Corée du Sud, Israël, la Lituanie et la Finlande ont régulièrement des taux de diplo- mation supérieurs à 90 %.L\u2019école fondamentale Je connais peu la situation des trois premiers pays mentionnés, mais je connais mieux celle de la Finlande.Même si ses performances aux épreuves du PISA ne sont plus ce qu\u2019elles étaient il y a cinq ou six ans, cela ne semble pas affecter ses taux de diplomation.En 2014, les taux finlandais de décrochage étaient de 1 % au primaire, 5 % au secondaire et 3 % aux études supérieures.Parmi les nombreux facteurs qui concourent à de tels taux de rétention scolaire en Finlande, celui qui semble jouer le rôle le plus important, c\u2019est ce qu\u2019on appelle là-bas l\u2019école fondamentale et qu\u2019on appelle ailleurs l\u2019école commune.Cette école fondamentale met à la disposition de tous les enfants finlandais de la 1re à la 9eannée inclusivement le même curriculum de formation générale défini sagement comme étant ce dont tout Finlandais a besoin pour accéder au rang de citoyenne, ou de citoyen à part entière.Les options n\u2019apparaissent qu\u2019en 7e année, encore qu\u2019il est interdit aux paliers supérieurs du système scolaire d\u2019en faire des préalables ou des pré- requis de sélection.De cette façon, tous les élèves sortent de l\u2019école primaire à 16 ans avec une formation de base qui n\u2019est pas d\u2019abord ordonnée à l\u2019obtention d\u2019un emploi, mais plutôt à l\u2019accession de tous sans distinction à une citoyenneté à part entière.Il faut se rappeler que ces mesures éducatives particulières s\u2019inscrivent dans le contexte d\u2019une culture sociopolitique scandinave et finlandaise où le partage de la richesse collective et l\u2019égalité des chances sont des valeurs établies.Il suffit donc que la disparition des taux élevés d\u2019échec et d\u2019abandon soit pratiquement chose faite en divers endroits de la planète pour conclure que si c\u2019est difficilement envisageable actuellement au Québec, tous les espoirs portés par la Journée du refus de l\u2019échec scolaire sont quand même permis, surtout si la volonté politique nous revient.D\u2019autant plus qu\u2019ici au Québec, cette école pour tous pourra compter sur les contreforts en aval et en amont d\u2019une action communautaire expérimentée, comme celle des organismes de lutte contre le décrochage.En guise de conclusion et pour devancer l\u2019objection suivant laquelle on ne va pas loin avec des utopies, je m\u2019en tiendrai à citer cette magnifique réflexion d\u2019Eduardo Galeano : « L\u2019utopie est à l\u2019horizon.Je fais deux pas en avant, elle s\u2019éloigne de deux pas.Je fais dix pas de plus, elle s\u2019éloigne de dix pas.Aussi loin que je puisse marcher, je ne l\u2019atteindrai jamais.Alors à quoi sert l\u2019utopie ?À faire avancer.» ÉDUCATION L\u2019école fondamentale contre l\u2019échec scolaire Me Stéphane Handfield Avocat en droit de l\u2019immigration Peut-on forcer un résident permanent à accepter un emploi en région ?La réponse est non, car l\u2019article 6 de la Charte canadienne des droits et libertés prévoit que les citoyens canadiens ainsi que les résidents permanents du Canada ont le droit de s\u2019établir sur tout le territoire canadien et le droit de gagner leur vie dans toutes les provinces.En revanche, qu\u2019en est-il du résident temporaire (travailleur étranger) ?Celui-ci n\u2019est pas visé par l\u2019article 6 de la Charte.Or, actuellement, il est possible pour un travailleur étranger d\u2019obtenir un permis de travail « fermé ».Cela signifie que son droit de travailler au Canada est rattaché à un employeur déterminé et unique, lequel est indiqué sur son permis de travail.Il n\u2019a donc pas la possibilité de travailler pour un autre employeur que celui mentionné sur son document de travail.Après une période de 12 mois, le travailleur étranger a la possibilité de soumettre une demande de résidence permanente au Canada, ayant au préalable obtenu un certificat de sélection du Québec (CSQ), lequel est délivré par le ministère de l\u2019Immigration du Québec.S\u2019il est possible d\u2019obliger un résident temporaire (travailleur) à travailler pour un employeur précis, alors pourquoi ne pas prévoir la possibilité de travailler dans une région déterminée du Québec ! Ainsi, le permis de travail « fermé » pourrait préciser non pas l\u2019employeur, mais une région désignée par le gouvernement du Québec par règlement.Ce permis de travail pourrait être valide pour trois ans.À l\u2019expiration de son permis, le résident temporaire serait autorisé à soumettre une demande de résidence permanente.Il devrait alors obtenir un certificat de sélection du Québec (CSQ ).Lors de sa demande d\u2019un CSQ , il devrait faire la démonstration qu\u2019il a occupé un emploi et s\u2019est établi dans la région du Québec indiqué sur son permis de travail.Il devrait également démontrer qu\u2019il maîtrise le français par la réussite du « fameux » test de français.S\u2019il remplissait ces critères, le certificat de sélection du Québec lui serait délivré et le candidat à l\u2019immigration pourrait soumettre sa demande de résidence permanente auprès d\u2019Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.Toutefois, s\u2019il lui était impossible de répondre aux critères de sélection du Québec, une décision négative serait prise en ce qui concerne la délivrance du CSQ.Il serait alors impossible pour le candidat à l\u2019immigration pour le Québec d\u2019obtenir sa résidence permanente.De cette façon, non seulement on s\u2019attaquerait au problème de pénurie de main-d\u2019œuvre en région, mais il serait possible de soumettre les candidats à l\u2019immigration pour le Québec au test de français sans devoir obtenir l\u2019aval du gouvernement fédéral.On éviterait aussi l\u2019introduction de la résidence permanente conditionnelle, laquelle a toujours reçu une fin de non- recevoir d\u2019Ottawa.Évidemment, une fois résident permanent, la personne serait assujettie à l\u2019article 6 de la Charte et aurait la possibilité de déménager.Cependant, quel serait l\u2019intérêt pour celle-ci de changer de région alors qu\u2019elle aurait un emploi stable depuis trois ans, un cercle d\u2019amis, des enfants scolarisés, bien intégrés dans leur communauté.Tous seraient gagnants.Une idée simple et facile d\u2019application.Pour un permis de travail temporaire rattaché à une région S\u2019il est possible d\u2019obliger un résident temporaire (travailleur) à travailler pour un employeur précis, alors pourquoi ne pas prévoir la possibilité de travailler dans une région déterminée du Québec ! Bon an mal an, les taux de diplomation en fin de secondaire naviguent autour de 65 % au Québec.Dans certains pays, il n\u2019y a plus de décrochage, ou si peu.STEPHANE DE SAKUTIN AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 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\u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.SEMAINE DU CLIMAT Au seuil de l\u2019abîme climatique Le GIEC redoute les répercussions irréversibles des bouleversements pour les océans et les glaciers ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR L e recours massif aux énergies fossiles a déjà irrémédiablement affecté les océans de la planète, les glaciers, les banquises et le pergélisol.Mais les répercussions pour la vie sur Terre seront bien pires au cours des prochaines décennies, à moins de réduire de façon draconienne les émissions de gaz à effet de serre imputables à l\u2019activité humaine.Tel est le constat d\u2019un nouveau « rapport spécial» du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC) qui porte sur les océans et la cryosphère (calottes glaciaires, banquises, glaciers, pergélisol).Ce rapport, consulté sous embargo par Le Devoir et qui est publié ce mercredi matin, a été rédigé par une centaine de chercheurs qui ont appuyé leur analyse sur près de 7000 publications scientifiques.« Les océans de la planète et la cryo- sphère ont encaissé le coup des changements climatiques depuis des décennies, et les conséquences pour la nature et l\u2019humanité sont étendues et sévères », résume la vice-présidente du GIEC, Ko Barrett.« Les changements rapides dans les océans et les parties gelées de notre planète forcent les citoyens des villes côtières jusqu\u2019aux zones reculées de l\u2019Arctique à modifier fondamentalement leurs modes de vie », ajoute-t-elle.Les données inscrites dans le rapport, approuvé mardi par les représentants de 195 gouvernements, mettent ainsi en lumière les effets négatifs des bouleversements du climat pour les océans, qui recouvrent plus de 70 % de la superficie de la planète.Ces océans, qui absorbent pas moins de 90 % de la « chaleur excessive » provoquée par l\u2019activité humaine (et jusqu\u2019à pour l\u2019Antarctique.Et dans le cas du continent Antarctique, la fonte de la glace qui se poursuivra inexorablement « a le potentiel de conduire à une hausse de plusieurs mètres au cours des prochains siècles ».Dans le cas des plus petits glaciers qu\u2019on retrouve en Europe centrale, en Asie, en Amérique du Sud et en Scan- dinavie, ils devraient perdre 80 % de leur masse actuelle d\u2019ici 2100, avec une disparition annoncée sans mesures draconiennes de réduction des gaz à effet de serre.Le GIEC estime que ce déclin aura notamment un impact sur l\u2019apport en eau pour plusieurs régions où elle est essentielle pour l\u2019agriculture.Ultimement, la montée du niveau des océans devrait provoquer une dégradation accélérée des milieux côtiers, une amplification de l\u2019effet des tempêtes et des fortes marées, mais aussi un recul des côtes.Ces phénomènes risquent d\u2019affecter des centaines de millions de personnes au cours des prochaines décennies.Les habitants des zones côtières, qui sont aujourd\u2019hui plus de 680 millions, devraient être plus d\u2019un milliard en 2050.« Des millions de personnes » pourraient donc être forcées de quitter ces régions, à titre de réfugiés climatiques.Les scientifiques plaident donc, de nouveau, pour une réduction sans précédent des émissions mondiales de gaz à effet de serre.« Si nous y parvenons, les conséquences pour les citoyens et leurs moyens de subsistance représenteront certes un défi, mais celui-ci sera potentiellement plus géra- ble pour ceux qui sont les plus vulnérables », affirme le président du GIEC, Hoesung Lee.Les scientifiques du climat se questionnent cependant sur l\u2019incidence attendue de la fonte du pergélisol, qui doit se poursuivre et s\u2019accélérer « pour le siècle à venir, et au-delà ».Or, souligne le rapport, le pergélisol des régions nordiques « contient de 1400 à 1600 milliards de tonnes de carbone », soit « près du double du carbone actuellement dans l\u2019atmosphère ».Si cette véritable « bombe » climatique composée en bonne partie de méthane est amorcée, il pourrait être impossible de limiter le réchauffement.30% des émissions mondiales de CO2), sont déjà frappés de divers maux aux conséquences « potentiellement irréversibles»: acidification, vagues de chaleur, extinction des récifs de corail, diminution des taux d\u2019oxygène et réduction de la circulation des nutriments essentiels à la vie marine.Tous ces phénomènes «affectent déjà la distribution et l\u2019abondance de la vie marine dans les zones côtières, en haute mer et dans le fond des océans», constate le GIEC.Insécurité Tout indique que les maux qui frappent les océans risquent en outre de s\u2019aggraver au cours des prochaines décennies.« Une diminution de la biomasse globale des communautés animales, de leur production et du potentiel de prises des pêcheries, ainsi que des changements dans la composition des espèces est prévue au cours du XXIe siècle dans les écosystèmes des océans, de la surface jusqu\u2019aux fonds marins, quel que soit le scénario des émissions [de gaz à effet de serre] », prévient le GIEC.Le rapport fait notamment état d\u2019une possible chute de 20 à 24 % du potentiel des pêcheries, un phénomène qui vient s\u2019ajouter à un effondrement de la plupart des stocks de poissons, en raison de la surpêche mondiale.Cette situation devrait avoir des retombées sur les centaines de millions d\u2019êtres humains qui dépendent directement des ressources de la mer.« Les futurs changements dans la distribution des poissons, ainsi que le déclin de leur abondance et du potentiel de captures imputables au changement climatique devraient affecter les revenus, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des communautés qui dépendent de ces ressources », peut-on lire dans le document.Dans plusieurs cas, ces communautés, souvent côtières, subiront en même temps les conséquences néfastes de la montée du niveau des océans.Déjà, le niveau a progressé de 15 centimètres au cours du XXe siècle.Le GIEC anticipe toutefois une hausse continue « pendant des siècles », qui pourrait atteindre dans un premier temps 30 à 60 centimètres d\u2019ici 2100, et ce, même si le réchauffement est limité à 2 °C.La hausse risque de dépasser « un mètre » si le réchauffement atteint les 3 °C, ce qui est actuellement le minimum prévu, en raison de la faiblesse des engagements des pays signataires de l\u2019Accord de Paris.« Au cours des dernières décennies, le rythme de la hausse du niveau des océans s\u2019est accéléré, en raison de l\u2019apport en eau provenant de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l\u2019Antarctique, mais aussi de la fonte des glaciers et de l\u2019expansion thermique des océans qui se réchauffent », résume Valérie Masson-Del- motte, vice-président d\u2019un groupe de travail du GIEC.Réfugiés Déjà, le Groenland perd chaque année plus de 278 milliards de tonnes de glace, contre 155 milliards de tonnes J O H A N N E S E I S E L E A G E N C E F R A N C E - P R E S S E Les changements rapides dans les océans et les parties gelées de notre planète forcent les citoyens des villes côtières jusqu\u2019aux zones reculées de l\u2019Arctique à modifier fondamentalement leurs modes de vie KO BARRETT » "]
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