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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-09-28, Collections de BAnQ.

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[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 HÉLÈNE BUZZETTI À RICHMOND HILL LE DEVOIR ony est un baromètre.Le barbier qui tient boutique depuis 55 ans rue Avenue, à Toronto, sert d\u2019indicateur au député libéral sortant, Marco Mendicino, à qui il coupe les cheveux chaque mois depuis plus d\u2019une décennie.« C\u2019est lui qui me dit si j\u2019ai des problèmes », confie l\u2019élu.Et en cette belle journée ensoleillée de septembre, Tony est tout sourire pour le candidat en campagne.Les échos, lui fait-il comprendre, sont positifs.Mais exhiber une affiche libérale dans sa vitrine ?« C\u2019est trop délicat », bredouille Tony en déclinant.Cet épisode illustre l\u2019ambivalence électorale tout ontarienne.La province, et en particulier Toronto et ses pourtours, est le passage obligé de tout parti désireux de prendre le pouvoir à Ottawa.Cette zone bascule régulièrement du rouge au bleu, et inversement.L\u2019Ontario compte 121 circonscriptions et au scrutin de 2015, 39 d\u2019entre elles, jusqu\u2019alors conservatrices, étaient passées dans le giron du Parti libéral du Canada (PLC).Or, à l\u2019élection provinciale de l\u2019an dernier, 29 de celles-ci ont été balayées par le raz-de-marée Doug Ford.(En Ontario, la carte électorale est presque identique au provincial et au fédéral.) Aussi, quand Leona Alleslev est passée dans le camp conservateur en septembre 2018, trois mois après l\u2019élection À qui ira le Grand Toronto ?Au royaume de Doug Ford, des électeurs éprouvent les « remords de l\u2019acheteur » ontarienne, plusieurs analystes ont conclu que la députée fédérale d\u2019Au- rora-Oak Ridges-Richmond Hill estimait avoir plus de chances d\u2019être réélue sous la bannière d\u2019Andrew Scheer que celle de Justin Trudeau.Après tout, elle avait remporté son siège en 2015 par à peine 1093 votes d\u2019avance, alors que le député provincial conservateur venait de le rafler, lui, avec une avance de plus de 15 000 voix\u2026 Mais depuis, le gouvernement de Doug Ford est devenu si impopulaire à cause des compressions infligées dans les services sociaux que plus aucun pronostic ne tient.Un sondage Angus Reid paru mercredi indique que 42 % des Ontariens sont moins susceptibles de voter pour Andrew Scheer à cause de Doug Ford.Ce n\u2019est pas un hasard si, cette semaine, pendant que M.Trudeau annonçait son programme en santé à Hamilton, il a répété le nom de Doug Ford plus d\u2019une douzaine de fois.«Qui voulez-vous voir à la table pour négocier avec Doug Ford quand il s\u2019agit de santé?» C\u2019est l\u2019argument de vente principal qu\u2019invoque Leah Taylor Roy lorsqu\u2019elle tend la main aux électeurs.La candidate libérale dans Aurora-Oak Ridges- Richmond Hill fait valoir qu\u2019elle veut maintenir « un équilibre » en réélisant un gouvernement rouge à Ottawa.« D\u2019ordinaire, ça ne me dérange pas trop si les conservateurs sont élus, mais cette fois-ci, oui.Ils sont trop conservateurs », dit-elle en tendant la main à un électeur en ce mardi matin frisquet à la gare du train de banlieue Go Train d\u2019Aurora.C\u2019est pour cela qu\u2019elle s\u2019est sentie obligée de se lancer dans la mêlée, explique cette fille de politicien (son père a été maire de New Market, et son frère occupe désormais ce poste).Parce que c\u2019est une « élection où il faut regarder la vue d\u2019ensemble ».Sa collègue Helena Jaczek, qui brigue la circonscription voisine de Markham- Stouffville, fait aussi valoir l\u2019argument de la « balance », cette idée que le gouvernement fédéral peut faire contrepoids au gouvernement provincial.Marco Mendicino tient un discours similaire dans Eglinton-Lawrence, expliquant que c\u2019est en ce sens que doit être comprise la promesse de Justin Trudeau, faite justement à Waterloo la semaine dernière, de financer à hauteur d\u2019un demi-milliard de dollars supplémentaires de nouvelles places en service de garde avant et après les heures de classe : une façon pour Ottawa de réparer les pots cassés par Queen\u2019s Park.« Ces compressions que vous avez eues avec Ford, vous les aurez aussi avec M.Scheer », martèle M.Mendicino.Le candidat néodémocrate dans Aurora-Oak Ridges-Richmond Hill, Aaron Brown, approuve d\u2019une certaine manière la rhétorique libérale.M.Brown dit entendre beaucoup de frustration envers le gouvernement Ford.« On peut voir les effets de Doug Ford dans la région.Si vous avez des enfants à l\u2019école, vous le voyez : des classes plus grosses, des enseignants qui perdent leur sécurité d\u2019emploi, des budgets amputés pour les programmes, dit-il en entrevue avec Le Devoir.Et M.Scheer a la même idéologie.» M.Brown concède d\u2019emblée ne pas être dans la course dans cette circonscription, où le NPD a recueilli 6 % du vote en 2015.«Il n\u2019y a pas d\u2019association de circonscription ou de bénévoles », admet cet étudiant qui vit encore chez ses parents.Il n\u2019y a même pas de compte bancaire, et donc d\u2019argent, pour financer sa campagne.N\u2019empêche, il tient à offrir un troisième choix aux électeurs.Selon lui, «beaucoup de gens sont fâchés du passage de la députée vers l\u2019opposition.Les gens se sentent trahis.Je me sens trahi moi aussi dans le sens démocratique du terme».Mais il fait valoir que ce n\u2019est pas une raison pour voter pour le PLC puisque celui-ci a fait campagne à gauche en 2015 «et une fois au pouvoir, il a changé son fusil d\u2019épaule et s\u2019est mis copain avec le milieu des affaires.Et si on y regarde de plus près, les promesses libérales cette fois sont souvent vagues.C\u2019est ce que je dis aux gens qui me disent qu\u2019ils veulent n\u2019importe qui sauf les conservateurs».Qui dit banlieue de Toronto dit paradis de l\u2019auto.Ici, au nord de la métropole ontarienne, l\u2019urbanisme (ou son absence) est dicté par les boulevards à quatre voies \u2014 dans chaque direction ! \u2014 qui quadrillent le territoire.Les trottoirs sont une denrée rare et les commerces de proximité, un concept étranger.La taxe sur le carbone de Justin Trudeau devrait y être un puissant argument électoral pour les troupes d\u2019Andrew Scheer.Mais on ne le saura pas, car aucun des cinq candidats conservateurs de la région contactés par Le Devoir n\u2019a accepté de nous accorder d\u2019entrevue (voir texte en page B 3).Changements climatiques Dans cette région critique de l\u2019Ontario, les candidats libéraux espèrent donc que les électeurs resteront avec eux à cause du « remords » qu\u2019ils ressentent de s\u2019être jetés dans les bras conservateurs de Doug Ford l\u2019an dernier.Tous parlent du « remords de l\u2019acheteur », en référence au sentiment qui habite les acheteurs compulsifs à la réception de leur facture de carte de crédit.Les conservateurs ont répliqué à ces attaques en lançant cette semaine des publicités dans la province rappelant le gouvernement provincial de Kathleen Wynne, qui avait atteint des sommets d\u2019impopularité avant sa défaite de 2018.Marco Mendicino, lui, ne rate pas une occasion de rappeler les conservateurs au «mauvais» souvenir des gens.Sur son téléphone, il fait jouer avec délectation une entrevue accordée ce mois-ci au réseau Global par Joe Oliver, que M.Mendicino avait battu en 2015.On y entend l\u2019ancien ministre des Ressources naturelles puis des Finances de Stephen Harper expliquer que même si le Canada «saccageait» son économie pour lutter contre les changements climatiques, il est un si petit contributeur au problème mondial qu\u2019il n\u2019aurait aucun impact sur la tendance haussière des températures.Par contre, le Canada «serait un bénéficiaire» des changements climatiques parce que la saison agricole se prolongerait et des ressources naturelles non exploitées deviendraient accessibles.Il conclut que le chamboulement du climat «n\u2019est pas la catastrophe dramatique dont on nous parle».Le candidat libéral estime que tout est dit.« Ça ouvre pour les Canadiens une fenêtre sur l\u2019état d\u2019esprit [des conservateurs] sur les changements climatiques.Je pense que Joe Oliver, Andrew Scheer, Jason Kenney et Doug Ford ne croient pas à la preuve.» T QUESTIONNAIRE ÉLECTORAL, LA CHRONIQUE DE MICHEL DAVID EN PAGE B2 LE PRIX DE LA SANTÉ, L\u2019HEURE JUSTE DE MANON CORNELLIER EN PAGE B2 MENU ÉLECTORAL SUR LE TERRAIN MONDE Le revers juridique de Boris Johnson pourrait faire école au Canada B 8 DOSSIER Les 50 ans de la Loi sur les langues officielles B 4 à B 7 IDÉES Économie politique de la vérité, la chronique de Normand Baillargeon | B 11 SCIENCE S\u2019inspirer du passé pour faire face aux catastrophes climatiques | B 12 Questionnaire électoral L es chefs de quatre des six partis fédéraux s\u2019affronteront mercredi prochain sur les ondes du réseau TVA dans un premier débat télévisé en français.Si intéressante qu\u2019elle soit, la formule a ses limites et laisse souvent les auditeurs sur leur faim.Qui plus est, Elizabeth May et Maxime Bernier n\u2019ont pas été invités.Cette fois encore, voici une série de questions à choix multiples adressées à tous les chefs qui permettront peut-être de mieux cerner certains des enjeux qui ont été abordés depuis le début de la campagne.À Justin Trudeau: Qu\u2019est-ce qui a le mieux illustré votre respect de la diversité et du multiculturalisme?a) votre déguisement d\u2019Aladin b) votre imitation d\u2019Harry Belafonte c) votre défilé de mode indienne d) je m\u2019excuse profondément À Andrew Scheer: Quelles mesures proposez-vous pour combattre les changements climatiques?a) un corridor énergétique b) financer le « troisième lien » c) abolir la taxe sur le carbone d) les quoi ?À Jagmeet Singh: Qu\u2019est-ce qui traduit le mieux les valeurs québécoises que vous dites partager?a) la loi sur la laïcité b) le test des valeurs c) la baisse des seuils d\u2019immigration d) j\u2019ai inventé une poutine indienne À Élizabeth May: Au moment où l\u2019environnement est sur toutes les lèvres, qu\u2019est-ce qui explique les difficultés du Parti vert?a) vos propos ambigus sur l\u2019avortement b) vos propos ambigus sur les sables bitumineux c) vos propos ambigus sur Pierre Nantel d) it\u2019s a very good question À Yves-François Blanchet: Selon vous, le gouvernement Legault est\u2026 a) formidable b) extraordinaire c) fabuleux d) les mots me manquent À Justin Trudeau: Qu\u2019est-ce qui illustre mieux votre sens de l\u2019éthique?a) l\u2019affaire SNC-Lavalin b) votre séjour sur l\u2019île de l\u2019Aga Khan c) vos soupers avec des milliardaires chinois d) je m\u2019excuse profondément À Andrew Scheer: Quel est votre principal adversaire dans cette campagne?a) Jason Kenney b) Doug Ford c) Stephen Harper d) vous-même À Jagmeet Singh: Le NPD a remporté 44 sièges en 2015.Quel est l\u2019objectif cette fois-ci?a) les 21 sièges de 1997 b) les 13 sièges de 2000 c) les 9 sièges de 1993 d) l\u2019important est de participer À Elizabeth May: Selon vous, pourquoi n\u2019avez-vous pas été invitée au Face-à-face de TVA?a) je pas ne comprends b) comprends je pas ne c) pas ne comprends je d) could you repeat the question ?À Yves-François Blanchet: Vous ne parlez pas beaucoup de souveraineté\u2026 a) euh\u2026 b) c\u2019est-à-dire\u2026 c) vous trouvez ?d) de quoi ?À Justin Trudeau: Qu\u2019est-ce qui a le mieux illustré votre féminisme au cours des derniers mois?a) la rétrogradation de Jody Wilson-Raybould b) l\u2019expulsion de Jane Philpott c) l\u2019exclusion de la députée Eva Nassif d) toutes des &?#@%$ ! À Andrew Scheer: Pourriez-vous préciser votre position sur l\u2019avortement?a) je ne vais pas rouvrir le débat b) mes députés pourront déposer des projets de loi pro-vie c) ma position est très claire d) n\u2019essayez pas de faire diversion À Maxime Bernier: Selon vous, qui est responsable des changements climatiques?a) les immigrants b) Greta Thunberg c) Andrew Scheer d) la gestion de l\u2019offre HÉLÈNE BUZZETTI À TORONTO LE DEVOIR En cette campagne électorale, Andrew Scheer prend soin de ne pas être vu aux côtés du premier ministre ontarien Doug Ford.La cote de popularité de ce dernier est si famélique qu\u2019elle aspire vers le bas les chances électorales du Parti conservateur en Ontario.Mais le nom Ford n\u2019a pas que du mauvais.Dans Etobicoke-Nord, c\u2019est en misant sur ce même patronyme que le Parti populaire de Maxime Bernier espère faire un de ses rares gains au pays.Renata Ford, la veuve du controversé maire de Toronto Rob Ford, tente de ravir cette circonscription de l\u2019ouest de la ville.C\u2019est ici que Rob se faisait élire sur la scène municipale, et c\u2019est ici que règne aujourd\u2019hui son neveu Michael, qui ne porte le nom dynastique que parce qu\u2019il a abandonné celui de son père.C\u2019est surtout ici que s\u2019est fait élire à l\u2019échelon provincial Doug, le frère de l\u2019ex-maire.En entrevue avec Le Devoir, Mme Ford soutient qu\u2019elle ne pâtit pas de l\u2019impopularité du premier ministre actuel.« J\u2019ai toujours été aux côtés de mon mari, je l\u2019ai aidé pendant les campagnes électorales, pendant ses 16 années [de vie politique].Alors les gens m\u2019associent à Rob », dit-elle.Et Rob, n\u2019en déplaise à ses détracteurs, est très aimé, soutient-elle.« Les gens d\u2019Etobicoke-Nord nous ont appuyés, mon mari et moi, à travers les périodes très difficiles.Je veux leur rendre la pareille.Partout où je vais, les gens me racontent de belles histoires à propos de Rob, comment il les a touchés et comment il les a aidés.C\u2019est un plaisir.» On sent la méfiance de l\u2019équipe de Re- nata envers le beau-frère de cette dernière.Quand un électeur fait irruption dans le local électoral pour s\u2019informer du programme du Parti populaire, d\u2019emblée, le directeur de campagne murmure que c\u2019est peut-être «un espion de Doug».La relation n\u2019est pas au beau fixe entre Doug et Renata.Cette dernière le poursuit en justice pour 16,25 millions de dollars, alléguant qu\u2019il gère mal l\u2019entreprise familiale.La cause n\u2019a pas encore été entendue.Lorsque la poursuite a été déposée, la mère de la fratrie Ford, Diane, avait publié une déclaration alléguant que Renata avait de «sérieux problèmes de dépendance ».Renata Ford a écopé d\u2019un interdit de conduite de deux ans après avoir été pincée en 2016, quelque temps après le décès de son mari, pour conduite avec les facultés affaiblies.Lors de son entrée officielle en politique, en juin dernier, Renata a soutenu qu\u2019elle allait mieux.« Je suis plus en santé, je suis plus forte, j\u2019ai beaucoup d\u2019appui.Beaucoup de gens traversent des périodes difficiles et s\u2019en sortent.» En entrevue, elle évite de parler de son beau-frère.« Doug est le premier ministre, les gens l\u2019ont élu et dans quatre ans, ils pourront lui montrer la porte », se borne-t-elle à dire.Doug Ford appuie Andrew Scheer.Mme Ford explique s\u2019être plutôt rangée du côté de Maxime Bernier parce que son mari l\u2019aimait bien.« Mon mari Rob Ford avait appuyé la candidature de Maxime Bernier à la chefferie du Parti conservateur.Il pensait qu\u2019il était la bonne personne pour le poste.Quand cela n\u2019est pas arrivé et que Maxime a lancé son propre parti, j\u2019ai senti que ça me rejoignait et que ça rejoindrait les gens d\u2019Etobicoke-Nord.» Des chances ?Lorsque la Commission des débats des chefs a voulu savoir si elle devait inviter Maxime Bernier aux joutes télévisées, Un nom à double tranchant Renata Ford, veuve du controversé maire de Toronto Rob Ford, tente sa chance avec le Parti populaire de Maxime Bernier Le prix de la santé Les partis se défendent de marcher sur les orteils des provinces LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 B 2 PERSPECTIVES MICHEL DAVID Dans leur volonté d\u2019en faire plus en santé, presque tous les partis fédéraux oublient un élément essentiel : mieux financer ce qui existe.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Assurance médicaments, soins dentaires, santé mentale, achat d\u2019appareils d\u2019imagerie magnétique, élargissement du panier de soins\u2026 Les services de santé ont beau être une compétence provinciale, les partis fédéraux en ont long à dire sur le sujet durant cette campagne électorale.Et ils ont de l\u2019argent pour leurs projets.Mais dans leur volonté d\u2019en faire plus, presque tous oublient un élément essentiel : mieux financer ce qui existe.Tout le monde se défend de marcher sur les orteils des provinces, surtout pas celles du Québec qui, répète-t-on, a droit à un traitement asymétrique lui permettant de poursuivre son propre chemin.Mais en choisissant les domaines d\u2019investissement prioritaire financés au moyen de transferts leur étant consacrés, ces partis fédéraux orientent le système de santé et créent des attentes qui lient les provinces.Voilà ce que c\u2019est que d\u2019utiliser le pouvoir fédéral de dépenser pour se mêler des affaires des autres.À l\u2019origine, le fédéral payait la moitié du budget de l\u2019assurance maladie, mais sa part est aujourd\u2019hui inférieure à 25%.La quasi-totalité de sa contribution passe par le Transfert social canadien (TSC).Un autre fonds, de 11,5 milliards sur 10 ans, créé par le gouvernement Trudeau est consacré exclusivement aux soins à domicile et à la santé mentale.Les provinces préféreraient que tous les fonds soient réunis dans le TSC, leur laissant ainsi le soin de les utiliser là où les besoins l\u2019exigent.Mais elles demandent aussi que ce transfert aug- MANON CORNELLIER LE DEVOIR L\u2019HEURE JUSTE mente plus rapidement pour faire face à la hausse des coûts associés en particulier au vieillissement de la population, aux nouvelles technologies et à la flambée des prix des médicaments.Cette année, le TSC totalisera 40,4 milliards (9,1 milliards pour le Québec) et il devrait atteindre 41,8 milliards l\u2019an prochain.On est loin des hausses de 6 % par année qu\u2019on a connues entre 2004 et 2017, résultat d\u2019un accord sur la santé de dix ans conclu par le premier ministre Paul Martin et que le premier ministre Stephen Harper a reconduit pendant trois ans.Il avait toutefois averti qu\u2019à partir de 2017, les transferts continueraient de Renata Ford soutient qu\u2019elle ne pâtit pas de l\u2019impopularité du premier ministre actuel.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE La fantaisie des verts C ette semaine, le National Post a révélé qu\u2019une image retrouvée sur le site Web du Parti vert du Canada, sur laquelle la cheffe Elizabeth May tenait une tasse réutilisable arborant le logo du PVC et de laquelle sortait une paille en métal, avait été retouchée.Dans la photo originale, Mme May tenait une tasse jetable.Interrogée sur l\u2019apparente manipulation de cette image, une porte-parole du PVC avait menti avant de finalement avouer au journal que le parti s\u2019est servi de Photoshop pour éliminer toute trace de la tasse honnie.Il s\u2019agissait donc d\u2019un acte délibéré.Ce n\u2019est pas le seul raccourci dont est coupable ce parti qui prône pourtant la vertu environnementale.Les erreurs délibérées qui se trouvent dans certaines promesses du PVC sont en effet d\u2019une telle ampleur que ce serait une faute grave de les passer sous silence au prétexte que Mme May n\u2019a presque aucune chance de devenir première ministre.Cela ne la dispense pas pour autant de la responsabilité de présenter aux électeurs canadiens un programme électoral qui tient la route.Le PVC essaie d\u2019entretenir les électeurs dans l\u2019illusion que tout est possible en peu de temps.Il fait abstraction des obstacles à la réalisation de ses promesses, dont la géographie canadienne n\u2019est qu\u2019un exemple.Mme May a beau prétendre vouloir gouverner différemment, elle ne détient pas pour autant une baguette magique.Son idée d\u2019interdire les exportations de pétrole et de gaz canadien pour ainsi favoriser la consommation d\u2019énergies fossiles produites au Canada, tout en interdisant la construction de nouveaux oléoducs, ne serait tout simplement pas possible sans une hausse fulgurante du transport de pétrole par train.Le PVC n\u2019aborde pas ce problème dans son programme, préférant prétendre que la transition énergétique sera chose faite d\u2019ici quelques années.Selon le PVC, nous n\u2019aurons plus besoin de pétrole ou de gaz naturel en 2040.Même si cette idée est séduisante, elle n\u2019est pas pour autant réaliste.« Les activités actuelles de l\u2019industrie pétrolière et gazière se poursuivront en régressant progressivement, la production de bitume devant se terminer entre 2030 et 2035 », lit-on dans le programme du parti.Or, l\u2019industrie pétrolière et gazière canadienne a généré des revenus de 124 milliards de dollars en 2018, selon Statistique Canada, fournissant des emplois de qualité à plus de 400 000 Canadiens.Et ce, pendant une période de ralentissement économique.Qui plus est, les ressources naturelles étant la propriété des provinces selon la Constitution canadienne, aucun gouvernement fédéral ne peut à lui seul interdire leur exploitation.Le Québec et l\u2019Alberta s\u2019entendent sur cette question.N\u2019en déplaise à Mme May, nous ne sommes pas à la veille de nous libérer de notre dépendance pétrolière.Même au Québec, riche en ressources hydroélectriques, les énergies fossiles ont compté pour la moitié de l\u2019énergie consommée dans la province en 2018, selon l\u2019État de l\u2019énergie au Québec, le bilan annuel publié par la Chaire de gestion du secteur de l\u2019énergie de HEC Montréal.Ce n\u2019est pas une marche sur le climat, comme celle qui a eu lieu hier à Montréal, qui convaincra la majorité des Québécois d\u2019abandonner leurs VUS, qu\u2019ils achètent en plus grande quantité que jamais.Nier cette réalité, c\u2019est nier l\u2019ampleur du défi qui attend tout gouvernement dans sa tentative de faciliter la transition énergétique.Quand 68 % des Canadiens, selon un sondage Ipsos publié cette semaine, refusent de payer plus de 100 $ de plus par année pour lutter contre les changements climatiques, un travail de sensibilisation bien plus substantiel serait nécessaire avant de procéder à des politiques publiques radicales qui les forceraient à changer leurs habitudes du jour au lendemain.Sinon, on risque de se retrouver tôt ou tard avec un Donald Trump canadien à la tête du pays.À la limite, on peut pardonner au Parti vert de rêver en couleur quant à l\u2019exploitation des ressources.La lutte environnementale est après tout sa raison d\u2019être.Mais le cadre fiscal que le PVC a déposé cette semaine pour étayer ses promesses électorales n\u2019est pas pardonnable.Le parti a beau prétendre que son cadre fiscal avait été vérifié par le Directeur parlementaire du budget, ce dernier a émis tellement de réserves concernant ses évaluations de revenus et de dépenses que personne ne peut se fier aux comptables verts.En effet, le DPB a constaté « un degré d\u2019incertitude élevé » concernant presque toutes les promesses du parti.Par exemple, le PVC prétend récolter 15 milliards de dollars dès 2020-2021 en instaurant une taxe de 0,5 % sur les transactions financières, alors que la France ne récolte qu\u2019un milliard d\u2019euros (1,45 milliard de dollars canadiens) annuellement avec une taxe similaire de 0,3 %.« Le document ne fait pas la preuve d\u2019une gestion financière responsable, car les cadres de planification budgétaire à moyen et à long terme souffrent de sérieuses carences », a conclu l\u2019Institut des finances publiques et de la démocratie de l\u2019Université d\u2019Ottawa cette semaine en se penchant sur le cadre fiscal du PVC.En proposant une hausse de dépenses de près de 70 milliards de dollars dès la première année d\u2019un gouvernement vert, le cadre fiscal du parti n\u2019est pas un document digne de considération.Le PVC prétend être capable d\u2019équilibrer le budget fédéral en cinq ans en augmentant les taxes et les impôts d\u2019un montant similaire.Ce n\u2019est pas crédible ; c\u2019est risible.Les verts ont beau vouloir un monde meilleur, plus vert et plus équitable, ils n\u2019y arriveraient jamais en inventant des chiffres.Au contraire, ils nous éloigneraient ainsi de la terre promise.HÉLÈNE BUZZETTI À RICHMOND HILL LE DEVOIR Le parti d\u2019Andrew Scheer reproduit la manière de faire campagne qui prévalait à l\u2019époque de Stephen Harper.En 2008, les candidats conservateurs avaient reçu une directive leur enjoignant de ne pas s\u2019adresser aux médias pendant la campagne électorale et de ne pas participer aux débats locaux organisés dans leur circonscription.En 2019, il semble qu\u2019une consigne similaire ait été donnée, car aucun des candidats conservateurs contactés par Le Devoir n\u2019a accepté d\u2019accorder d\u2019entrevue.Dans Richmond Hill, Costa Menega- kis tente un retour en politique, lui qui a perdu son siège en 2015.Il affronte le député libéral sortant Majid Jawhari, qui avait remporté la circonscription avec 47 % du vote contre 43 % pour son rival conservateur.Une rencontre avec un journaliste ?« Nous ne sommes pas intéressés », a dit le directeur de campagne, Owen Macri.Dans la circonscription voisine d\u2019Au- rora-Oak Ridges-Richmond Hill, le scénario se répète.La conservatrice est la députée sortante Leona Alleslev, une transfuge qui a quitté le navire libéral il y a un an.La demande d\u2019entrevue est déclinée par sa directrice de campagne, Elisa Da- miano.«Malheureusement, Leona n\u2019est pas disponible», a-t-elle répondu, même si Le Devoir avait offert une fenêtre de cinq jours pour une rencontre.Plus au sud, dans Eglinton-Law- rence, libéraux et conservateurs se livrent aussi une chaude lutte.La candidate conservatrice Chani Aryeh- Bain s\u2019est fait connaître cet été en réclamant un changement de la date du scrutin parce qu\u2019il survenait en même temps qu\u2019une fête juive.Son directeur de campagne, David Hwang, invoque justement la foi de la candidate pour décliner l\u2019entrevue.« Elle dispose de moins de temps de campagne à cause de cela.» Dans Etobicoke Nord, juste à côté, les nombreux messages téléphoniques laissés à la candidate Sarabjit Kaur sont demeurés sans réponse.Dans Markham-Stouffville, le refus est encore plus catégorique.Le directeur de campagne, Paul Marks, refuse non seulement d\u2019organiser une entrevue, mais même de fournir l\u2019adresse du local électoral.« On est très occupés.Si vous vous pointez, vous risquez de vous cogner le nez à une porte close », avertit-il.Et ce n\u2019est pas personnel.Le directeur du mensuel Stouffville Free Press raconte avoir proposé à chaque candidat de la circonscription une entrevue pour rédiger des portraits d\u2019eux.Une belle vitrine pour vendre sa salade à son électorat, dit Bruce Stapley.Pourtant, la campagne conservatrice a décliné son offre.Lors de son passage dans la région de Vancouver, La Presse n\u2019a pas davantage été en mesure de parler aux deux candidats conservateurs contactés.Mais où sont-ils ?Sous Scheer comme sous Harper, les candidats conservateurs refusent les entrevues Le parti d\u2019Andrew Scheer reproduit la manière de faire campagne qui prévalait à l\u2019époque de Stephen Harper.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE croître, mais moins rapidement.Selon la nouvelle formule, que le gouvernement Trudeau a conservée, la progression du TSC est maintenant arrimée à la croissance économique, avec un taux plancher de 3 %.Si on ajoute le fonds consacré à la santé mentale et aux soins à domicile, on parle d\u2019une hausse moyenne d\u2019environ 3,5%.On est loin de la hausse de 5,2 % que les provinces demandent depuis près de trois ans, sur la base d\u2019une analyse faite par le Conference Board du Canada.Les premiers ministres provinciaux sont revenus à la charge cet été dans une lettre aux chefs fédéraux.Peine perdue.Le chef libéral, Justin Trudeau, parle encore de fonds pour des soins en santé mentale, l\u2019accès aux soins primaires et la mise en place d\u2019un régime d\u2019assurance médicaments.Le chef conservateur, Andrew Scheer, veut alléger la facture des provinces en finançant l\u2019achat d\u2019équipements, mais il a écrit aux premiers ministres pour leur dire que, sous son règne, la croissance des transferts fédéraux en santé resterait ce qu\u2019elle est.Le Nouveau Parti démocratique promet dans son plan qu\u2019il « va changer cela », mais sans plus de précision.Il a par contre promis au moins 10 milliards pour une assurance médicaments et la mise sur pied d\u2019une assurance dentaire fédérale pour les familles à faibles revenus.Le Parti vert a des projets similaires, mais il est le seul parti fédéraliste à promettre d\u2019accroître le TSC au rythme souhaité par les provinces.Le Bloc québécois vise plutôt une hausse annuelle de 6 %.Et ces deux partis sont les seuls à vouloir s\u2019attaquer aux effets pervers d\u2019un autre changement apporté au TSC par le gouvernement Harper et maintenu par le gouvernement Trudeau.Depuis 2015, les provinces reçoivent le même montant par habitant plutôt qu\u2019ajusté en fonction de leur capacité fiscale.Cela peut paraître plus équitable, mais en ne tenant pas compte des facteurs socioéconomiques et démographiques qui influencent les besoins en matière de soins, cette formule pénalise les provinces dont la population croît plus lentement mais vieillit plus vite.Ainsi, en 2017-2018, l\u2019augmentation du TSC a été inférieure à 3 % pour toutes les provinces de l\u2019est du pays, y compris le Québec.Le Nouveau- Brunswick n\u2019a eu droit qu\u2019à une hausse de 2 % alors que sa population est vieillissante.L\u2019Alberta, plus jeune, a bénéficié d\u2019une hausse de 3,5 %.Au-delà des chiffres, des professions de foi en faveur de l\u2019asymétrie québécoise et de la coopération avec les provinces, les formules privilégiées et les promesses faites \u2014 les conservateurs faisant bande à part \u2014 mettent en relief une vision encore trop bien ancrée du fédéralisme où Ottawa s\u2019arroge le rôle de chef d\u2019orchestre.Mais tout en protégeant, dans le cas du PLC et du PC, les finances fédérales contre les hausses de coûts entraînées par des besoins bien réels.Des besoins que les provinces, elles, doivent gérer.B 3 LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 PERSPECTIVES KONRAD YAKABUSKI Au-delà des chiffres, des professions de foi en faveur de l\u2019asymétrie québécoise et de la coopération avec les provinces, les formules privilégiées et les promesses faites mettent en relief une vision encore trop bien ancrée du fédéralisme où Ottawa s\u2019arroge le rôle de chef d\u2019orchestre elle a commandé un sondage à la firme Ekos Research pour déterminer les chances d\u2019élection de quatre candidats, dont Renata Ford.Des quatre, c\u2019est elle qui a recueilli le plus haut taux d\u2019appuis « certains », à 15,3 %.La pente demeure difficile à remonter : en 2015, la candidate libérale Kristy Duncan a remporté son siège avec 62 % des voix, contre 23 % pour le Parti conservateur et 12 % pour le NPD.Renata ne se laisse pas impressionner.Elle estime que Mme Duncan a joui de l\u2019appui des jeunes, qui désiraient la légalisation de la marijuana.« Je pense que beaucoup de gens qui ont voté la dernière fois votaient pour la première fois et ne voteront pas cette fois-ci.» Le niveau de revenus dans Etobi- coke-Nord est significativement inférieur à la moyenne provinciale.La circonscription est aussi extrêmement multiculturelle, avec une forte population indienne, somalienne, philippine et tamoule.Entre autres.Renata Ford ne pense pas pour autant que le discours du Parti populaire contre « l\u2019immigration de masse » lui nuira.Au contraire.« Les gens ont vu ce que donne l\u2019immigration de masse en Europe, dit- elle.Ça ne fonctionne pas.Les gens ont des problèmes et on ne veut pas cela ici.On vit dans une société pacifique et les gens veulent continuer à vivre dans une société pacifique.Et ça apportera des problèmes sociaux si on amène trop de gens et qu\u2019il n\u2019y a pas assez de ressources.Ça créera des tensions.» Elle donne l\u2019exemple de Toronto, où s\u2019installe une très grande partie des nouveaux arrivants et des migrants irréguliers.Cela cause, dit- elle, une pénurie de logements.« À Toronto, ça déborde.Nos infrastructures en souffrent.» Elle ne croit pas davantage que les reportages faisant état de membres de l\u2019extrême droite appuyant le Parti populaire lui nuiront.Car ici, dit-elle, les gens sont habitués à élire des gens malgré la mauvaise presse.« Les gens aimaient le maire de Toronto.Alors quand les médias attaquaient Rob, ils se sont portés à sa défense.Ils savaient qu\u2019il était une bonne personne, authentique, un bon politicien.Ils le respectaient et Rob les respectait.[\u2026] Les gens de ma circonscription sont habitués à cela, alors ils regardent au- delà de ça.» LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 DOSSIER LANGUES OFFICIELLES B 4 INSTITUT DES LANGUES OFFICIELLES ET DU BILINGUISME ILOB.UOT TAWA.C A/MA Université d\u2019Ottawa | University of Ottawa LA MAÎTRISE EN ÉTUDES DU BILINGUISME À L\u2019UNIVERSITÉ D\u2019OTTAWA \u2022 \u2022 \u2022 DÉCOUVREZ LE BILINGUISME SOUS TOUS SES ANGLES \u2022 \u2022 \u2022 enf oir et r omouv r P ts t emen anc v A t des langues officielles et linguistique appliquée nemen nseig E ammes de r r og r P é linguistique c alit er la du c or tissage des langues en iques en appr echnolog a v eux et inno igour che r echer vitalisa e R olitiques et aménagemen P ine poin F our t out p t , un a anadienne eurs t és minor ommunaut tion des c t linguistiques tion des langues alua v é \u2019 e de l t ous! es itair grande enquête du gouvernement fédéral sur le bilinguisme.Cette enquête verra le jour sous le nom de Commission royale d\u2019enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.Et ce sera Laurendeau qui en assurera la coprésidence, en compagnie de Davidson Dunton.Le rêve trahi d\u2019André Laurendeau Afin de réformer le Canada pour que les citoyens s\u2019y sentent des citoyens à part entière, André Laurendeau imaginait des réformes qui dépassaient de beaucoup le seul statut bilingue, explique Valérie Lapointe-Gagnon, professeure d\u2019histoire à la Faculté Saint-Jean de l\u2019Université d\u2019Alberta.« Il entrevoyait comme remède à la situation du pays une réforme constitutionnelle plus large.Il voulait reconnaître au Québec un statut spécial », comme cœur de la société canadienne- française.« Il y avait chez Laurendeau une volonté de repenser les rapports de force, de redonner un sentiment de fierté au Canada français.» Au cours de l\u2019année 1967-1968 s\u2019ouvre une fenêtre de possibilités susceptibles de changer le rapport de force qui prévaut, estime la professeure Lapointe- Gagnon.« Mais la fenêtre va vite se refermer.La mort de Laurendeau, en 1968, laisse un grand vide.» L\u2019homme qui le remplace à la commission, Jean-Louis Gagnon, voit dans le bilinguisme un levier majeur pour changer le Canada alors que Laurendeau ne le considérait que comme un instrument secondaire.« Laurendeau voyait deux grandes sociétés d\u2019accueil au Canada », pleines et entières.Laurendeau conçoit que le problème des langues au Canada ne sera jamais réglé si on n\u2019accepte pas de donner plus de poids au rôle sociologique du Québec.A JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR III LES 50 ANS DE LA LOI SUR LES LANGUES OFFICIELLES Une histoire sur le bout de la langue u Canada, « toutes les législatures des provinces ont légiféré contre le français », rappelle François Larocque, professeur de droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa et titulaire de la Chaire de la francophonie en droits linguistiques.En 1867, Londres adopte le British North America Act (BNA), une loi qui tient lieu de constitution à la colonie canadienne.Ce document reconnaît, en principe, l\u2019usage de deux langues au pays des érables : le français et l\u2019anglais.Dans les faits, le français ne va cesser de perdre du terrain, en raison de mesures légales qui sont prises contre son usage et sa perpétuation.Le politologue Guy Bouthillier, ancien porte-parole du Mouvement Québec français de 1984 à 1993, rappelle que, pendant des décennies, le rêve des Canadiens français a été de voir l\u2019État fédéral assurer à tous la possibilité de vivre dans leur langue, au minimum en regard des affaires du gouvernement.Passez à la banque « Des choses qui nous paraissent aujourd\u2019hui toutes petites prennent, à l\u2019époque, des proportions considérables, explique le politologue.C\u2019est le cas, en 1927, de la parution d\u2019un premier timbre poste bilingue, paru à l\u2019occasion du 60e anniversaire du BNA.Ce timbre affirme, à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur du pays, que le Canada est, du moins en théorie, un pays bilingue.Mais rien n\u2019indique, au moment de la parution de ce timbre, que ceux qui suivront seront aussi imprimés dans les deux langues! C\u2019est très timide comme avancée.La même chose se reproduit avec la création de la Banque du Canada au milieu des années 1930.Dans quelle langue seront imprimés les billets ?Grave question à l\u2019époque ! » Deux séries de billets de banque seront d\u2019abord imprimées, une en français, l\u2019autre en anglais.« Comment gérer qui se retrouve avec quels billets ! » Quand Mackenzie King décide que les billets seront désormais imprimés dans les deux langues, les Canadiens français voient là une autre victoire symbolique.«Il y aura, plus tard, les mêmes débats pour que le gouvernement fédéral émette des chèques bilingues.Pour le Québec, la question de cette reconnaissance tient lieu de revendication au droit à une existence nationale autant qu\u2019à l\u2019expression inquiète d\u2019un refus de l\u2019assimilation, rappelle Guy Bou- thillier.Mais il y a toujours eu une forte résistance aux avancées d\u2019un bilinguisme institutionnel.» Dans l\u2019Ouest canadien, on se demande par exemple si ce qu\u2019on fait pour le français on ne devra pas l\u2019accorder aussi à d\u2019autres langues, puisqu\u2019il existe dans cette portion de la fédération plusieurs groupes linguistiques différents.Les avancées, au final, apparaissent bien minces, tandis que des lois des différentes législatures provinciales continuent d\u2019interdire ou d\u2019entraver fortement la place du français en des lieux où, pourtant, des communautés françaises existent de longue date.Faut-il encore espérer d\u2019avancées qui vont à la rapidité de la tortue ?C\u2019est « trop peu, trop tard », écrit André Laurendeau dans un éditorial célèbre publié le 20 janvier 1962 dans les pages du Devoir, où il réclame une LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 DOSSIER LANGUES OFFICIELLES B 5 15% 20% 25% 30% 1971 1981 1991 2001 2006 2011 2016 2021 2026 25,7 % 24,6 % 23,3 % 22,0 % 21,4 % 21,0 % 20,5 % ?0% 5% 10% 15% 20% 65% 70% 75% 1 9 7 1 1 9 8 1 1 9 9 1 2 0 0 1 2 0 0 6 2 0 1 1 2 0 1 6 Anglais Français 0 5 000 000 10 000 000 15 000 000 20 000 000 25 000 000 1971 1981 1991 2001 2006 2011 2016 Français Anglais LA LOI CANADIENNE SUR LES LANGUES OFFICIELLES ARRACHAGE SYSTÉMIQUE ET SUBSTITUTION LINGUISTIQUE ! 50 ANS DE RECUL ! Graphique 1 : Recul du français ! Langue parlée le plus souvent à la maison au Canada : Évolution de l\u2019importance relative du français de 1971 à 2016 Graphique 2 : Le Canada défrancise ! Évolution de la connaissance unique des langues of?cielles en pourcentage Graphique 3 : Le Canada anglicise ! Évolution de la connaissance unique des langues of?cielles en nombre de personnes Source des données : Statistique Canada, recensements de la population Graphiques réalisés par Impératif français www.imperatif-francais.org Le Canada défrancise ! Des graphiques qui valent mille mots ! Les trois graphiques ci-contre con?rment, hors de tout doute, les conséquences des politiques et pratiques d\u2019arrachage systémique et de substitution linguistique en vigueur au Canada.Selon le graphique 1 sur la base de la langue principalement parlée, l\u2019importance relative du français est passée de 25,7 % à 20,5 % entre 1971 et 2016, une baisse de près de 20,2 % ! Quant aux Canadiens n\u2019ayant comme connaissance unique que l\u2019anglais comme langue of?cielle, leur nombre augmente de plus de 2 millions tous les 10 ans, alors que l\u2019importance relative de ceux et celles ne connaissant que le français diminue, comme le con?rment les graphiques 2 et 3.MANON CORNELLIER LE DEVOIR L\u2019Ontario français avait de quoi célébrer mercredi, Journée des Franco- Ontariens.Le projet d\u2019université francophone, victime des coupes du gouvernement Ford en novembre 2018, va finalement se réaliser grâce à une entente intervenue entre les gouvernements fédéral et provincial tout juste avant le déclenchement des élections.Même le chef conservateur fédéral, Andrew Scheer, a applaudi à cet accord et promis de le respecter.En réglant ce dossier, les libéraux de Justin Trudeau ont sûrement gagné quelques points auprès des francophones de tout le pays et retiré un caillou du soulier de M.Scheer, mais ils n\u2019ont pas clos le dossier des langues officielles.Les communautés minoritaires dans leur ensemble attendent davantage des partis fédéraux au lendemain de cette élection.Elles veulent tout particulièrement une Loi sur les langues officielles «avec plus de dents».Après 50 ans d\u2019existence, cette loi a montré ses limites.Les rapports annuels des commissaires aux langues officielles l\u2019illustrent tristement depuis longtemps.Les problèmes systémiques perdurent.Dans son rapport de mai dernier, le commissaire actuel Raymond Théberge parlait encore des plaintes de citoyens incapables de se faire servir dans leur langue, de fonctionnaires incapables de travailler dans leur langue dans des régions pourtant désignées bilingues, de postes bilingues occupés par des employés unilingues\u2026 Lui aussi en a assez et demande une refonte de la loi.Il faut un coup de barre, plaide le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Jean Johnson, sur toutes les tribunes.Le Quebec Community Groups Network est du même avis.Et selon M.Johnson, il le faut d\u2019autant plus que le français perd du terrain dans l\u2019espace public, que sa légitimité en tant que langue officielle est remise en question dans différentes régions et qu\u2019on revient encore sur les coûts du bilinguisme.Les problèmes ne sont pas nouveaux, mais il aura fallu attendre l\u2019été 2018 pour que le premier ministre Justin Trudeau annonce son intention de moderniser la loi.Mais pas tout de suite, seulement après la tenue d\u2019une vaste consultation que mènera la ministre responsable des langues officielles, Mélanie Joly.Le temps a manqué pour procéder ?Mais plus personne ne pourra dire, après le 21 octobre, qu\u2019il n\u2019a pas tout en main pour agir.À la consultation de Mme Joly s\u2019ajoutent les recommandations détaillées du commissaire Théberge et de ses prédécesseurs, les rapports des comités sur les langues officielles du Sénat et de la Chambre des communes, la proposition de projet de loi de la FCFA que pratiquement tous les groupes minoritaires appuient.Beaucoup de ses idées recoupent celles du commissaire.Dans les deux cas, on veut surtout une loi avec de la poigne, un leadership qui vienne de haut et, entre autres, le pouvoir d\u2019imposer des sanctions administratives aux institutions qui ne tiennent pas compte des recommandations du commissaire.La FCFA propose aussi que le préambule de la loi reconnaisse que « le français est la langue officielle minoritaire au pays et en Amérique du Nord et qu\u2019il faut des mesures spécifiques pour protéger cette langue », a rappelé M.Johnson dans un appel aux chefs de parti.La Fédération veut que les partis s\u2019engagent.Pour l\u2019instant, les plus importants ont dit appuyer la modernisation de la loi, mais on ne sait pas toujours jusqu\u2019où ils sont prêts à aller.De tous les chefs, celui du Bloc québécois, Yves- François Blanchet, est le seul à avoir consacré une de ses mêlées de presse à l\u2019enjeu des langues officielles.Il est aussi celui dont les intentions sont les plus précises.M.Johnson n\u2019a pas manqué de le relever dans un communiqué.Bien qu\u2019ils aient lancé l\u2019actuel processus de révision, les libéraux n\u2019ont pas encore été très précis, surfant sur un bilan qui leur est généralement favorable.M.Trudeau a toutefois choqué début septembre en nommant une anglophone unilingue au poste de lieute- nant-gouverneur du Nouveau-Bruns- wick, la seule province officiellement bilingue du pays.Nommer une personne capable de communiquer avec les francophones dans leur langue « était encore plus important cette année », s\u2019est indignée l\u2019Acadie nouvelle, qui rappelle que la province est dirigée par un premier ministre unilingue n\u2019ayant qu\u2019un seul député acadien et qui se maintient au pouvoir avec l\u2019appui d\u2019un parti opposé aux droits linguistiques des francophones.« C\u2019est décevant.Et insultant », a conclu le quotidien en parlant de cette nomination et de cette chanson de campagne mal traduite et incompréhensible en français, deux bavures qui signalent une sensibilité émoussée.Les communautés francophones ne lâchent pas parce que rien n\u2019est jamais acquis.L\u2019actualité le leur rappelle trop souvent.Encore cette semaine, celle de la Colombie-Britannique se battait en Cour suprême pour que les écoles francophones reçoivent le même financement que les écoles anglophones.Cinq provinces et un territoire ont appuyé la C.-B., qui invoque des raisons financières.Bref, qui dit que le respect des droits constitutionnels d\u2019une minorité est soluble dans l\u2019argent.Ça suffit, les vœux pieux Quelques jalons 1867 Les artisans canadiens-français de la nouvelle constitution adoptée à Londres sont convaincus d\u2019avoir entériné, dans un cadre colonial, « un pacte entre deux nations ».1871 La Colombie-Britannique crée un système scolaire public et laïque qui fonctionne en anglais seulement.Le Nouveau-Brunswick crée un système scolaire en anglais seulement.Il faut attendre 1977 pour que le français soit reconnu comme langue d\u2019enseignement.1890 Au Manitoba, le système scolaire public et laïque abolit les conseils scolaires catholiques et par conséquent francophones.1905 En Alberta, l\u2019anglais devient la seule langue officielle d\u2019instruction.Jusqu\u2019en 1971, la possibilité d\u2019user du français à l\u2019école reste limitée.En Saskatchewan, l\u2019anglais est la langue d\u2019instruction.1912 En Ontario, l\u2019éducation publique en français devient illégale après la deuxième année, sauf pour une heure par jour.Il faut attendre 1968 pour que le français, en Ontario, soit à nouveau enseigné à tous les niveaux.1928 À Terre-Neuve-et-Labrador, jusqu\u2019aux années 1960, des versions du Schools Act interdisent le français à l\u2019école.Ce n\u2019est qu\u2019en 1996 qu\u2019un Conseil scolaire francophone voit le jour.1962 La Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019organisation du gouvernement recommande que le gouvernement fournisse ses services en français et en anglais.Adoption des chèques bilingues.1967 Une des recommandations de la Commission royale d\u2019enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme est que le gouvernement du Canada fasse du français et de l\u2019anglais les langues officielles du Canada.1969 Le 7 septembre, la Loi sur les langues officielles entre en vigueur.1979 La Cour suprême du Canada conclut que le Manitoba, unilingue anglophone depuis 1890, doit s\u2019y conformer.1982 Adoption par Ottawa, sans l\u2019accord du Québec, d\u2019une nouvelle Constitution et de la Charte des droits et libertés.1988 La Loi sur les langues officielles est modifiée pour mieux répondre notamment au cadre de la Charte des droits et libertés.« Pierre Elliott Trudeau a laissé vivre la commission, mais il n\u2019a pas soutenu ses recommandations jusqu\u2019au bout.Le dernier livre des travaux ne paraîtra pas.» Si bien, constate l\u2019historienne, que le problème auquel faisait face la commission Laurendeau-Dunton n\u2019a fait que s\u2019aggraver après coup.Selon François Larocque, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, « les recommandations de la commission Laurendeau- Dunton allaient beaucoup plus loin que la Loi sur les langues officielles adoptée par Trudeau.On voulait par exemple faire d\u2019Ottawa un district bilingue, qui relèverait du gouvernement.L\u2019Ontario et le Nouveau-Brunswick auraient été officiellement bilingues.Mais le plan de Trudeau était déjà en place.Ça semble d\u2019ailleurs un peu arrangé avec le gars des vues, cette Loi sur les langues officielles : elle était déjà prête à être adoptée alors que la commission arrivait à sa fin.» « Trudeau va faire de la Loi sur les langues officielles son projet, sa réponse à la montée du mouvement indépendantiste au Québec », explique le politologue Guy Bouthillier.Avec l\u2019adoption d\u2019une Loi sur les langues officielles, Pierre Elliott Trudeau fait plaisir à bien des francophones hors Québec.« Il répondait à une vieille demande », mais en limitant sa portée.Un Commissariat aux langues officielles est créé en 1970.La refonte de la Loi sur les langues officielles, consécutive à l\u2019adoption en 1982 d\u2019une Charte des droits et libertés, fait du principe du bilinguisme un trait constitutif du Canada, observe Linda Cardinal, pro- fesseure à l\u2019École d\u2019études politiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Mais en pratique, présumer d\u2019une relation symétrique entre anglophones et francophones ne va pas de soi, dit-elle.MATHIEU LABRECQUE LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 DOSSIER LANGUES OFFICIELLES B 6 TOURISME DÉVELOPPEMENT DURABLE J E U N E S S E É C O N O M I Q U E rdee.ca I M M I G R A T I O N LE LEADER DE LA FRANCOPHONIE ÉCONOMIQUE CANADIENNE Depuis 1997, le Réseau de développement économique et d\u2019employabilité (RDÉE Canada) travaille à l\u2019épanouissement et au développement économique des communautés francophones en situation minoritaire.Il est présent dans 12 provinces et territoires (à l\u2019exception du Québec) par le biais des organismes membres de son Réseau national.F R A N C O P H O N I E É C O N O M I Q U E JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Des problèmes structuraux à revoir La Loi sur les langues officielles révèle les limites du cadre fédéral canadien Cinquante ans après l\u2019adoption de la Loi sur les langues officielles (LLO), le portrait de la situation linguistique au Canada est loin d\u2019être idéal, constate François Larocque, professeur de droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa et titulaire de la Chaire de la francophonie en droits linguistiques.«Chaque année, les rapports sur les langues officielles sont très déprimants.Mais est-ce qu\u2019on serait mieux sans la Loi sur les langues officielles ?Comme francophone qui vit en milieu minoritaire, je ne le crois pas.» Pour ce Franco-Ontarien, «savoir qu\u2019il y a des normes quasi constitutionnelles, que la Loi sur les langues officielles l\u2019emporte sur n\u2019importe quelle autre loi qui n\u2019est pas compatible avec elle, ce n\u2019est pas rien».Si la LLO n\u2019atteint pas ses objectifs, pense le professeur Larocque, c\u2019est en partie parce qu\u2019elle est captive d\u2019un système.« Cette loi montre les limites du système fédéral» tel qu\u2019il est.Linda Cardinal, professeure à l\u2019École d\u2019études politiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa, considère que la LLO était hypothéquée dès le départ.« Elle présume d\u2019une relation symétrique entre anglophones et francophones.» Il y a là une négation du sort fait au français au Canada à travers le temps.Dès les années 1960, on sait que «le problème des langues ne sera jamais réglé » si on n\u2019accepte pas de repenser le Canada, dit l\u2019historienne Valérie La- pointe-Gagnon, de l\u2019Université d\u2019Alberta.Champs de compétence Dans la structure même du fédéralisme canadien, les compétences en éducation sont du domaine des provinces.Or, en matière d\u2019éducation, champ majeur pour le développement du français, « le fédéralisme n\u2019est pas toujours à l\u2019avantage des minorités francophones », observe Linda Cardinal.« Je ne crois pas que je puisse nommer une seule province où la minorité française n\u2019a pas dû se retrouver devant les tribunaux pour défendre ses droits en matière d\u2019éducation.» C\u2019est une des zones d\u2019ombre de la LLO.La Cour suprême a affirmé que les minorités ont le droit de gérer leurs institutions.« Mais le fédéralisme laisse [la gestion] du financement aux provinces.Ça blesse.» Les résultats effectifs obtenus par la LLO doivent aussi être mesurés en fonction des entraves que cela pose à l\u2019administration et la vérification de ce qui est effectivement consacré pour le français dans chaque province.D\u2019ordinaire, cet aspect des choses « passe à peu près sous silence ».Les provinces continuent de faire ce qu\u2019elles veulent, indique Linda Cardinal.Pour les minorités francophones, cela a des conséquences difficiles, LLO ou pas.« Que font les provinces pour le financement des services aux minorités ?Où va l\u2019argent ?On ne le sait pas.Il n\u2019y a pas d\u2019études.C\u2019est une zone grise.Dans la structure même du fédéralisme canadien, les compétences en éducation sont du domaine des provinces.Or, en matière d\u2019éducation, champ majeur pour le développement du français, « le fédéralisme n\u2019est pas toujours à l\u2019avantage des minorités francophones ».MATHIEU LABRECQUE LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 DOSSIER LANGUES OFFICIELLES B 7 « » IDENTITÉ CULTURE LANGUE ART Voix politique des arts et de la culture de la francophonie canadienne et acadienne ci c m e ch m m o c e ave g a n e i g n o l p i r i ch u e q t s i t r e a u q a è i v i a r s l n a i d o o c m e ave t t e , r e l r a e à p ch r e g r e m r i a r f u o p e t r t u o p a t r a i p u q , , m o e c i e v r u e l l i e r ve u o r ve u o r e t r s u o e p i o c t e ave n u m 0 ans de c 5 e multidisciplinair t t artis e e t è o P ge Geor par de langue e e, ur ult ir T e eBlanc e L tt é tit t d'iden ème o é du p f fcc .w w w a c .Reprendre la réflexion L a dernière refonte de la Loi sur les langues officielles remonte à 1988.À quand la prochaine ?Qu\u2019est-ce qui devrait être fait ?Ce sont des questions que je me pose régulièrement.La Fédération des communautés francophones et acadienne, par exemple, a conçu un plan détaillé.Elle réclame que l\u2019on crée une agence centrale chargée de la mise en œuvre de la Loi dans tout l\u2019appareil fédéral, mais aussi un tribunal administratif capable d\u2019imposer des ordonnances exécutoires.On souhaite également que les francophones soient consultés dans la mise en œuvre de cette loi, notamment quant au renforcement des services en français, et que l\u2019on en finisse avec l\u2019exemption du bilinguisme pour les juges de la Cour suprême \u2014 entre autres choses.D\u2019autres organismes ont leurs idées.Les uns réclament plus de moyens pour l\u2019accueil des immigrants.D\u2019autres voudraient voir le retour des grands programmes d\u2019échanges scolaires.Personnellement, j\u2019ai toujours pensé qu\u2019il faudrait que le gouvernement fédéral cesse de s\u2019excuser d\u2019avoir une Loi sur les langues officielles.En 2019, le bilinguisme devrait être un critère obligatoire d\u2019embauche et de promotion des fonctionnaires fédéraux.À vrai dire, toutes ces idées me laissent un peu sur ma faim.Mais c\u2019est en m\u2019entretenant avec Serge Dupuis, auteur de Deux poids, deux langues.Brève histoire de la dualité linguistique au Canada (Septentrion), que j\u2019ai compris une évidence : ces solutions d\u2019actualisation de la Loi ne font qu\u2019effleurer le problème.Certes, le Canada reconnaît deux langues officielles, mais le français demeure celle des deux qui est toujours menacée.Selon Serge Dupuis, le débat sur une future Loi sur les langues officielles 2.0 doit s\u2019attaquer au fond du problème.Quelles sont les causes profondes de l\u2019assimilation massive ?Quel serait l\u2019idéal à atteindre ?Voilà les vraies questions.Les francophones hors Québec demeurent encore très minorisés, pour ne pas dire marginalisés.Serge Dupuis, qui a grandi près de Sudbury, vit désormais à Québec, mais il continue de fréquenter sa parenté franco-ontarienne, dont une bonne part s\u2019est assimilée à l\u2019anglais.« J\u2019ai des cousins qui refusent même de dire bonjour à ma fille en français », se désole-t-il.Ce qu\u2019il faut, c\u2019est donc de décortiquer le système qui favorise l\u2019assimilation massive.« Un des défauts d\u2019avoir pris une approche de droit individuel comme l\u2019a fait le gouvernement fédéral, c\u2019est que la plupart des Canadiens tombent dans le panneau de croire que l\u2019assimilation est un choix individuel.Or, l\u2019assimilation relève de causes sociologiques, économiques et politiques.C\u2019est une chose que les Québécois comprennent spontanément, mais ce n\u2019est pas une idée très répandue ailleurs au pays.» Certes, plus personne à Sudbury ne se fait battre parce qu\u2019il parle français, mais il subsiste une mentalité dominante qui marginalise et minorise le français.«J\u2019ai des amis qui sont parents d\u2019une fillette de trois ans qui refuse de leur parler en français.À trois ans, elle a intériorisé l\u2019idée que mieux vaut faire un transfert culturel vers les gagnants.Le choix de s\u2019assimiler n\u2019est pas libre et conscient.C\u2019est ça qu\u2019il faut examiner.» Nécessaire asymétrie Cela fait longtemps que je pense que le chemin vers une refonte de la Loi sur les langues officielles passe par la reconnaissance que la situation est asymétrique.Dans la conclusion de son livre, Serge Dupuis lance d\u2019ailleurs l\u2019idée qu\u2019il sera nécessaire de dissocier la réflexion sur la situation des Anglo- Québécois et celle des Franco-Cana- diens.« Au Québec, le bilinguisme a beaucoup progressé tant chez les francophones que chez les anglophones, mais l\u2019assimilation demeure marginale de part et d\u2019autre.» «Sudbury compte 30% de francophones, mais ce n\u2019est pas suffisant pour que la Ville, l\u2019hôpital ou le plus gros employeur, la mine de nickel, soient bilingues.C\u2019est ça, le problème», constate l\u2019auteur, qui ne croit pas que l\u2019on puisse jamais ressusciter la vieille idée de «districts bilingues» du premier rapport de la commission Lauren- deau-Dunton.Dès 1965, celle-ci prônait la création de 54 districts bilingues allant de la Nouvelle-Écosse à l\u2019Alberta où les services fédéraux, provinciaux et municipaux seraient offerts dans les deux langues officielles.«Mais il faut trouver une solution.Comment créer des obligations linguistiques pour certaines entreprises et certaines municipalités et dans quelles conditions?» Un certain nombre de mesures vont dans ce sens.Si 57 % des jeunes francophones des autres provinces maintiennent leur culture, c\u2019est beaucoup grâce au programme de Patrimoine canadien pour le soutien de la culture et de l\u2019éducation, en plus de mesures réparatrices.La décision de diriger 5 % des immigrants vers les communautés francophones locales montre qu\u2019il existe une volonté d\u2019aller plus loin, mais il faudrait exiger 10 ou 15 % pour réellement corriger le problème.Et Serge Dupuis de conclure : « Le gouvernement fédéral souhaite augmenter le bilinguisme de la population anglophone de 7 à 9 %.On ne peut pas être contre la vertu, mais ça ne suffira pas non plus.» Les provinces font ce qu\u2019elles veulent.L\u2019éducation n\u2019est qu\u2019un cas de figure : c\u2019est sur l\u2019ensemble des services donnés aux minorités francophones qu\u2019il faudrait se pencher.» La Charte des droits de 1982 entraîne une refonte de la LLO en 1988 qui fait de la dualité linguistique du Canada un élément clé de son identité.« Si on ne peut pas vivre dans sa langue, en français ou en anglais, on est considéré comme un citoyen de deuxième classe : c\u2019est ce que les tribunaux ont déterminé.Or, quand on observe ce qui se passe vraiment en français, on constate qu\u2019il y a une dissonance importante entre ce qu\u2019on dit promouvoir » et ce qui l\u2019est vraiment, affirme Linda Cardinal.« La progression de l\u2019égalité que met en avant la Loi sur les langues officielles ne passe pas le test en matière d\u2019éducation.Il y a encore des francophones qui doivent se battre pour avoir des écoles.» La LLO donnait au Canada une certaine ambition, croit François Larocque, qui l\u2019invite à abandonner l\u2019immobilisme.«La Loi sur les langues officielles est une reconnaissance partielle d\u2019un problème plus large.» Par contre, savoir qu\u2019il y a au moins des normes quasi constitutionnelles en matière linguistique n\u2019est pas négligeable.Cela permet désormais de mieux soutenir certaines revendications.Et les langues autochtones ?Qu\u2019en est-il des autres langues?«La Loi sur les langues officielles ne parle pas d\u2019autres langues que le français et l\u2019anglais», explique François Larocque.Ce sont les seules langues officielles du pays.Pourrait-il y en avoir d\u2019autres?Le fédéral a désormais sa Loi sur les langues autochtones.«On a créé avec cette loi une structure pour donner l\u2019espoir aux communautés autochtones de récupérer l\u2019usage de leurs langues, explique François La- rocque.On leur donne des outils de protection et de développement, l\u2019équivalent, si on veut, de la Charte de la langue française» adoptée au Québec en 1977.Selon le juriste, il est certain que plusieurs communautés autochtones voudront gagner en prestige en voyant leurs langues reconnues officiellement.« Cela pourra peut-être se faire si ces langues gagnent des locuteurs.» Pour le moment, en plusieurs domaines, le statut du français demeure fragile.«Dans l\u2019appareil fédéral, lorsqu\u2019il y a des violations, on est au moins très prompt à fournir des services en français », conclut-il.Certes, le Canada reconnaît deux langues officielles, mais le français demeure celle des deux qui est toujours menacée.Selon Serge Dupuis, le débat sur une future Loi sur les langues officielles 2.0 doit s\u2019attaquer au fond du problème.JEAN-BENOÎT NADEAU B 8 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Appel d\u2019offres ANNULATION D\u2019UN APPEL D\u2019OFFRES Veuillez prendre note que l\u2019appel d\u2019offres public numéro RP-IMM19-0528-11 ayant pour objet l\u2019exécution de travaux pour la construction des vestiaires de soccer au parc René Masson est annulé.Fait à Montréal, le 28 septembre 2019.Le secrétaire d\u2019arrondissement Charles-Hervé Aka, LL.M, OMA AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135,136 et 137 C.P.C.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER : Avis est donné à VÊTEMENTS HARLEQUIN lNC.que la partie demanderesse a déposé au greffe de la COUR DU QUÉBEC, du district de MONTRÉAL une demande introductive d\u2019instance.Une copie de cette demande et de l\u2019avis d\u2019assignation ont été laissés à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de MONTRÉAL, situé 1 RUE NOTRE- DAME EST À MONTRÉAL.dans le dossier 500-22-257234-198.Il est ordonné à la partie défenderesse de se présenter au Palais de justice dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À MONTRÉAL, le 26 septembre 2019 Isabelle Gagné, huissier de justice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE AVIS est donné que suite au décès de Michel Chabot, 2400 ch.Herron à Dorval, survenu le 18 août 2018, un inventaire de ses biens a été fait par Richard Chabot, lequel pourra être consulté au 249 St-Jacques, #010, Montréal.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (C.c.Q., art.795, al.2) Avis est par les présentes donné, qu'à la suite du décès de monsieur LAURENT GAMACHE, né le 27 septembre 1952 et décédé le 27 mars 2019, en son vivant résidant au 21, rue Tourangeau Est, Laval, province de Québec, H7G 1K1, un inventaire des biens du défunt a été fait par la liquidatrice successorale, madame Nancy Gamache conformément à la Loi.Il peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Nancy Roy, notaire, au 1305, boulevard Lebour- gneuf, bureau 402, Québec, province de Québec, G2K 2E4.Fait ce 25 septembre 2019 à Québec.Aurélie Lamontagne, notaire C A N A D A PROVINCE DE QUÉBEC C O U R SUPÉRIEURE DISTRICT DE BEAUHARNOIS No: 760-17-005486-199 LA BANQUE TORONTO DOMINION Demanderesse c.RÉAL ARSENAU Défendeur Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à RÉAL ARSENEAU de vous présenter au greffe civil de Salaberry-de-Valleyfield du district judiciaire de Beauhar- nois situé au 74, rue Académie à Salaberry-de-Valley- field dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en délaissement forcé aux fins d,être autorisée à vendre un immeuble sous contrôle de la justice qui a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à la demande introductive d'instance dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 24 septembre 2019 par le greffier adjoint de la Cour supérieure du district de Beau- harnois dans le dossier numéro 760-17-005486-199.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, le 26 septembre 2019 Me Audrey Levasseur, avocate Clôture d'inventaire Succession Vital MORIN Prenez avis que Vital MORIN domicilié au 6880, boulevard Gouin Est, appartement # 419, à Montréal (arrondissement Mon- tréal-Nord), province de Québec, H1G 6L8, est décédé à Montréal, le 11 avril 2019.Un inventaire peut être consulté au bureau du notaire Serge MAGNAN, 5695, rue d'Amos, bureau 101, Montréal, province de Québec, H1G 2Y3.Donné ce 26 septembre 2019 GARANT ET ASSOCIÉS, notaires (Avis dans le journal: art.795 C.c.Q.) Avis est par les présentes donné, qu'à la suite du décès d'Édith GIRARD, en son vivant domiciliée au 650, avenue Murray, Québec (Québec) G1S 4V8, survenu à Québec, le 26 avril 2019, un inventaire des biens de la défunte a été fait par le liquidateur successoral, Me Jean-Char- les GARANT, notaire, le 23 septembre 2019, devant Me Guillaume GOSSELIN, notaire, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Jean-Charles GARANT, notaire sise au 820, avenue Holland, Québec (Québec) G1S 3S3.Donné ce 26 septembre 2019.Me Jean-Charles GARANT, notaire AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135,136 et 137 C.P.C.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER : Avis est donné à WORKALI INC.que la partie demanderesse a déposé au greffe de la COUR DU QUÉBEC, du district de MONTRÉAL une demande introductive d\u2019instance.Une copie de cette demande et de l\u2019avis d\u2019assignation ont été laissés à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de MONTRÉAL, situé 1 RUE NOTRE- DAME EST À MONTRÉAL dans le dossier 500-22-257284-193.Il est ordonné à la partie défenderesse de se présenter au Palais de justice dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À MONTRÉAL, le 26 septembre 2019 Isabelle Gagné, huissier de justice FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Si loin et pourtant si proche.Le jugement de la Cour suprême du Royaume- Uni qui, cette semaine, a infirmé de manière spectaculaire la prorogation du Parlement britannique imposée par Boris Johnson, pourrait avoir des répercussions jusqu\u2019au Canada, où un tel stratagème a été utilisé en 2008 par Stephen Harper, estiment plusieurs experts consultés par Le Devoir.Selon eux, le plus haut tribunal britannique vient également de confirmer, par sa décision, le rôle primordial du pouvoir judiciaire dans la préservation des institutions démocratiques de pays gouvernés par des élus cherchant à imposer un programme populiste en se plaçant au-dessus des lois.«Ce jugement pourrait certainement influencer les tribunaux canadiens si, à l\u2019avenir, ils devaient être saisis pour les mêmes raisons, résume le constitution- naliste Daniel Turp, qui enseigne le droit à l\u2019Université de Montréal.La Constitution du Canada repose sur les mêmes principes que celle du Royaume-Uni.Les tribunaux pourraient donc exercer un contrôle, comme cela vient d\u2019être fait au Royaume-Uni, sur le pouvoir conféré au premier ministre de proposer au chef de l\u2019État la prorogation de la Chambre des communes».Mardi, à l\u2019unanimité, les onze juges de la Cour suprême britannique ont en effet qualifié d\u2019« illégale, nulle et sans effet » la prorogation des travaux du Parlement pendant cinq semaines provoquée par M.Johnson, et ce, à la veille d\u2019une sortie importante du pays de l\u2019Union européenne (UE) prévue le 31 octobre prochain.Début septembre, il avait conseillé à la reine de suspendre les activités de Westminster et obtenu cette prorogation, qualifiée par l\u2019opposition de tentative de museler les parlementaires largement opposés à la manière dont le premier ministre gère la sortie du pays de l\u2019Union européenne.Depuis le début de l\u2019année, le Brexit a mis Londres dans le brouillard et est au cœur d\u2019une crise politique qui semble interminable.« La cour est tenue de conclure que la décision [de Boris Johnson] de conseiller à [la reine Élisabeth II] de proroger le Parlement était illégale parce qu\u2019elle avait pour effet d\u2019aller à l\u2019encontre ou d\u2019empêcher le Parlement de s\u2019acquitter de ses fonctions constitutionnelles sans justification raisonnable », a résumé la juge Brenda Hale, présidente de l\u2019institution, en rendant public le jugement d\u2019une cinquantaine de pages.Le Parlement a repris ses travaux le lendemain.Sa rentrée avait été reportée à la demande du premier ministre, et contre la volonté des parlementaires, au 14 octobre prochain.Éclairer l\u2019avenir Pour le politicologue Nelson Michaud, de l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP), la décision de la Cour suprême revêt un caractère historique dont « nos propres dirigeants vont devoir tenir compte à l\u2019avenir », explique-t-il dans une lettre d\u2019opinion publiée dans nos pages numériques.« Elle apporte une validation au plus haut niveau du fonctionnement de nos institutions parlementaires et du rôle de contrôleur que le Parlement doit exercer sur le gouvernement.» Un rôle bafoué d\u2019ailleurs en 2008 au Canada, lorsque le premier ministre conservateur Stephen Harper, à la tête du gouvernement minoritaire, a obtenu, lui aussi, de la gouverneure générale la prorogation du Parlement.Le geste avait été à l\u2019époque largement décrié, mais pas contesté devant les tribunaux.« Notre gouverneure générale [Mi- chaëlle Jean à l\u2019époque] avait consulté plusieurs experts et décidé qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire », résume Armand de Mes- tral, professeur de droit à l\u2019Université McGill.Mais le recours aux tribunaux aurait été possible.» Au regard du jugement de cette semaine à Londres, « il est difficile de concevoir que cette prorogation de 2008 ait pu être fondée sur une justification raisonnable, ajoute Daniel Turp.Cette demande visait à empêcher la tenue d\u2019un vote de confiance, le 8 décembre, et portait elle aussi atteinte au principe de souveraineté parlementaire ».Dans le cas de Boris Johnson, la prorogation a été exploitée avant tout pour soustraire les affaires du Brexit des yeux du Parlement.L\u2019homme cherche en effet à imposer une sortie du pays de l\u2019Union européenne sans accord, contre la volonté des parlementaires, qui préfèrent un divorce avec accord.Rempart au populisme S\u2019il ne permet pas de réécrire l\u2019histoire canadienne, ce jugement permet toutefois de regarder l\u2019avenir autrement, Le revers juridique de Boris Johnson pourrait faire école au Canada La Cour suprême britannique a jugé « illégale » la prorogation des travaux du Parlement particulièrement lorsque des élus cherchent à bafouer les lois à des fins partisanes ou populistes.« Les juges semblent ainsi opposer au populisme le parlementarisme sur lequel est fondée la Constitution non écrite du Royaume-Uni », dit Daniel Turp.Un parlementarisme qui devient alors un « rempart » visant à protéger les institutions démocratiques désormais attaquées de l\u2019intérieur dans plusieurs pays par les détenteurs du pouvoir exécutif.Or, ce que vient d\u2019établir la Cour suprême britannique, c\u2019est que « quand le premier ministre n\u2019a plus l\u2019appui du Parlement, il ne peut plus faire de recommandation légitime au chef de l\u2019État ou à son représentant, explique en entrevue au Devoir Nelson Michaud.Les tribunaux sont là pour interpréter la loi dans le cadre de l\u2019État de droit.Dans cet État, tout le monde est soumis à la loi, y compris le gouvernement, y compris les décideurs publics.Si un premier ministre va à l\u2019encontre d\u2019une convention constitutionnelle, c\u2019est une infraction qu\u2019un tribunal peut sanctionner ».Cette soupape, « nécessaire et utile en temps de crise », dit-il, peut être utilisée lorsqu\u2019il est question de prorogation d\u2019un Parlement, et sans doute plus encore.« C\u2019est une façon de se protéger contre la montée d\u2019un pouvoir de l\u2019exécutif face au Parlement, ajoute Armand de Mestral.À l\u2019avenir, les parlementaires, au Royaume-Uni comme au Canada, vont se sentir plus courageux en prenant conscience que leur autorité est augmentée par rapport à l\u2019exécutif.» Et il ajoute : « On commence même à se demander si ce jugement pourrait avoir des implications plus larges, en matière de relations extérieures », pour s\u2019opposer, à titre d\u2019exemple, à une déclaration de guerre, à l\u2019usage de la force ou encore pour contraindre la signature d\u2019un traité.Des cas de figure tenant bien sûr de l\u2019hypothèse, tant qu\u2019un leader ne cherche pas à abuser de son pouvoir pour en faire des réalités.Rouen \u2014 Odeur entêtante, nausées : l\u2019inquiétude restait vive vendredi au lendemain de l\u2019incendie dans une usine chimique classée comme particulièrement dangereuse à Rouen, en Normandie, où les autorités ont reconnu la pollution.Déclenché dans la nuit de mercredi à jeudi, le feu était éteint vendredi, mais 120 pompiers restaient sur place.Une odeur persistante dans l\u2019air obligeait des habitants de Rouen à porter des masques.« La ville est clairement polluée » par les suies, a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.Évoquant les galettes d\u2019hydrocarbures qui ont fait leur apparition vendredi sur la Seine, « ce sont des suies, comme une pollution, comme des galettes par exemple de goudrons sur les plages », a- t-elle expliqué, en appelant les riverains à mettre des gants lors des opérations de nettoyage.« Je ne peux pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas de danger.» SDIS VIA AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019inquiétude plane sur la ville française de Rouen À l\u2019avenir, les parlementaires, au Royaume- Uni comme au Canada, vont se sentir plus courageux en prenant conscience que leur autorité est augmentée par rapport à l\u2019exécutif ARMAND DE MESTRAL » B 9 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 AMINU ABUBAKAR À KANO AGENCE FRANCE PRESSE Le Nigeria a découvert avec effroi vendredi l\u2019existence d\u2019une école coranique à Kaduna (nord), où plus de 300 garçons, dont des mineurs, étaient victimes de torture et de viol, avant d\u2019être secourus par la police.Lors d\u2019une descente menée jeudi soir dans une maison du quartier Rigasa, la police de Kaduna a découvert plus de 300 élèves et étudiants de « nationalités différentes » enfermés et enchaînés dans ce que les médias appellent désormais « la maison de l\u2019horreur ».Les responsables de l\u2019établissement les faisaient vivre dans « des conditions inhumaines et dégradantes sous couvert de leur apprendre le Coran et de les redresser » pédagogiquement, a expliqué à l\u2019AFP le porte-parole de la police de l\u2019État de Kaduna, Yakubu Sabo.Le propriétaire de l\u2019établissement et ses six assistants ont été arrêtés, a-t-il précisé.« Nous avons trouvé une centaine d\u2019élèves, dont des enfants de neuf ans à peine, enchaînés dans une petite pièce, dans le but de les corriger et de les responsabiliser », a déclaré M.Sabo.« Les victimes ont été maltraitées.Certaines d\u2019entre elles ont déclaré avoir été violées par leurs professeurs », a-t-il ajouté.La police a également trouvé une « chambre de torture », où des élèves étaient suspendus à des chaînes et battus lorsque les enseignants estimaient qu\u2019ils avaient commis une faute.Le raid policier a été lancé à la suite de plaintes répétées de voisins qui se doutaient que quelque chose d\u2019anormal se passait à l\u2019intérieur de l\u2019école.L\u2019école, ouverte il y a une dizaine d\u2019années, hébergeait des élèves amenés par leur famille pour leur apprendre le Coran, mais surtout pour remettre dans le droit chemin des petits délinquants, ou consommateurs de drogues.Le nord du Nigeria, majoritairement musulman, accueille un grand nombre de « maisons de correction » plus ou moins formelles dispensant un enseignement religieux strict, en l\u2019absence de structures publiques à même de prendre en charge les jeunes livrés à eux-mêmes.NIGERIA Plus de 300 garçons torturés et violés dans une école coranique ISSAM AHMED NATIONS UNIES, NEW YORK AGENCE FRANCE PRESSE Le premier ministre pakistanais, Im- ran Khan, a averti l\u2019ONU vendredi du risque que la crise au Cachemire ne conduise à une guerre nucléaire avec l\u2019Inde, avec des conséquences pour le monde entier.« Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang », a-t-il lancé devant l\u2019Assemblée générale des Nations unies.L\u2019Inde maintient la région himalayenne disputée sous une chape de plomb depuis qu\u2019elle a révoqué début août l\u2019autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu\u2019elle contrôle.Alors qu\u2019il n\u2019était autorisé à parler que 15 minutes, son discours enflammé s\u2019est prolongé pendant près d\u2019une heure.Dans le même temps, aux abords de l\u2019ONU, plusieurs milliers de manifestants s\u2019étaient réunis, les uns soutenant la politique indienne, les autres la dénonçant.New Delhi a imposé au Cachemire un intense déploiement sécuritaire, coupé les communications et restreint les déplacements, tout en arrêtant ou en plaçant en résidence surveillée de nombreuses personnes.Le chef du gouvernement pakistanais a dit redouter de nouveaux affron- CACHEMIRE Le Pakistan craint une guerre nucléaire avec l\u2019Inde Toutefois, l\u2019Inde accuse régulièrement le Pakistan de soutenir des groupes extrémistes tements entre les deux puissances nucléaires rivales si l\u2019Inde met en cause le Pakistan pour d\u2019éventuelles attaques de groupes locaux, en réponse à la répression dans ce territoire à majorité musulmane.« Si une guerre conventionnelle commence entre nos deux pays, tout peut arriver », a-t-il prévenu, tout en soulignant que le Pakistan, « sept fois plus petit que son voisin », aurait un choix difficile à faire : « soit la reddition, soit la lutte pour la liberté jusqu\u2019à la mort ».« Que ferons-nous ?Je me pose ces questions.Nous nous battrons », « et quand un pays nucléaire se bat jusqu\u2019au bout, cela peut avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières », a-t-il ajouté.« Cela peut avoir des conséquences pour le monde entier, et c\u2019est pour cela, je vous le répète, que je suis venu vous alerter, pas pour proférer des menaces.» Son homologue indien, Narendra Modi, avait pris la parole peu avant lui à la même tribune, sans évoquer la question explosive du Cachemire.Il a toutefois assuré que son pays, porteur d\u2019un « message de paix », voulait « mettre en garde le monde contre des réseaux terroristes », dans une apparente allusion à Islamabad qu\u2019il accuse régulièrement de soutenir des groupes extrémistes.JEROME TAYLOR JASMINE LEUNG À HONG KONG AGENCE FRANCE-PRESSE Les manifestants à Hong Kong ont entamé vendredi plusieurs journées de nouvelles manifestations, avant le 70e anniversaire de la Chine communiste qui doit être célébré en grande pompe mardi.Les manifestants prodémocratie dans le territoire semi-autonome sont décidés à ternir l\u2019éclat de ces festivités, après quatre mois d\u2019énormes manifestations, souvent marquées par des violences.Le mouvement prodémocratie entend également marquer samedi le 5eanniversaire du Mouvement des parapluies, qui avait réclamé un véritable suffrage universel à Hong Kong sans obtenir la moindre concession de Pékin.Vendredi soir, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur une place de l\u2019île principale de l\u2019ancienne colonie britannique, pour écouter les témoignages d\u2019activistes récemment arrêtés.Ceux-ci se sont plaints de s\u2019être vu refuser cet été l\u2019accès à des avocats et à des médecins dans un centre de détention proche de la frontière chinoise.Les organisateurs ont programmé quatre journées d\u2019action d\u2019ici mardi.De nouveaux affrontements paraissent inévitables, la police ayant décidé d\u2019interdire une marche de protestation le jour de l\u2019anniversaire lui- même, mettant en avant des problèmes de sécurité.Les précédentes interdictions ont été largement ignorées, et ont rapidement dégénéré, les manifestants les plus radicaux jetant pierres et cocktails Molotov sur les policiers anti- émeutes, ceux-ci répondant avec grenades lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau.L\u2019ex-colonie britannique traverse depuis juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions et des manifestations quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et l\u2019ingérence chinoise grandissante.En 2014 déjà, pendant 79 jours, les manifestants avaient occupé et paralysé des rues du centre-ville, campant devant le parlement, et des heurts les avaient opposés à la police.Le mouvement, marqué comme l\u2019actuel par d\u2019immenses manifestations, s\u2019était déclenché lorsque la police avait utilisé du gaz lacrymogène contre un petit rassemblement d\u2019étudiants.Son nom venait des parapluies que les protestataires utilisaient pour se protéger des gaz de la police.Comparé au mouvement actuel, marqué par 16 semaines consécutives de violents affrontements entre les manifestants et la police, le mouvement de 2014 était plus pacifique.Des étudiants mobilisés pouvaient sagement faire leurs devoirs, recycler leurs déchets et même s\u2019excuser pour le « dérangement » occasionné, tandis que la police tentait généralement d\u2019éviter l\u2019affrontement direct malgré des frictions.Cinq ans plus tard, l\u2019échec de l\u2019action pacifique et les violences policières ont conduit les militants prodémocratie à changer leur mode d\u2019action.HONG KONG Double anniversaire sous haute tension Plusieurs manifestations ont été programmées pour les prochains jours, qui marqueront les 5 ans du Mouvement des parapluies, ainsi que les 70 ans de la Chine communiste Bunny fait partie des manifestants qui sont désormais en première ligne lors des affrontements avec la police antiémeute.« Au cours de ces cinq années, je suis passée d\u2019une position raisonnable à une position plus intransigeante », explique la jeune femme, qui ne souhaite pas donner son vrai prénom.Jackool, 30 ans, technicien dans un théâtre, était sur les barricades en 2014, attendant un assaut de la police qui n\u2019est jamais venu.« Le Mouvement des parapluies, pour moi, c\u2019est un échec total », estime-t-il aujourd\u2019hui.Les « Parapluies » avaient finalement levé le camp mi-décembre 2014 en scandant « Nous reviendrons ! », Pékin ayant attendu que la lassitude fasse son effet chez les militants et la population.Lors d\u2019une descente menée jeudi soir, la police a découvert plus de 300 élèves enfermés et enchaînés dans ce que les médias appellent déjà « la maison de l\u2019horreur ».STR / AGENCE FRANCE-PRESSE Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang IMRAN KHAN » Les organisateurs ont prévu quatre journées d\u2019action d\u2019ici mardi et les affrontements semblent inévitables.VINCENT THIAN ASSOCIATED PRESS En 2014 déjà, pendant 79 jours, les manifestants avaient occupé et paralysé les rues LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019est un retour à la case départ, disent les médias.Dans une décision à huit contre un, la Cour suprême du Canada a renvoyé en première instance le litige sur la divulgation des sources de la journaliste Marie-Maude Denis.Pas si vite.« Je sens qu\u2019on avance dans la bonne direction pour la conscience de l\u2019importance de la liberté de presse, de la protection des sources », a déclaré, réjouie, Mme Denis, journaliste à Radio-Canada.Elle ne saurait si bien dire.La Cour suprême reconnaît à l\u2019unanimité la solidité de l\u2019édifice législatif érigé par le sénateur Claude Cari- gnan, qui est à l\u2019origine de la loi fédérale sur la protection des sources.On ne le remerciera jamais assez pour son intelligence fine dans ce dossier.Le tribunal confirme la viabilité de ce régime de droit nouveau, en vertu duquel la protection des sources des journalistes devient la règle, et non l\u2019exception.Le fardeau de la preuve est ainsi renversé.Il appartient à la partie qui veut connaître l\u2019identité d\u2019une source de faire la preuve que cette information est essentielle à la résolution d\u2019un litige et qu\u2019elle ne peut pas être obtenue autrement.En plus, un juge devra soupeser l\u2019intérêt de divulguer la source en fonction des répercussions sur la liberté de presse, le journaliste et sa source.La Cour suprême confirme l\u2019importance de la protection des sources pour l\u2019exercice d\u2019un journalisme d\u2019enquête « fort et efficace », lequel est essentiel dans une société démocratique pour forcer les institutions publiques à rendre des comptes.Les sources anonymes sont à la base de toutes les enquêtes journalistiques qui ont ébranlé les régimes corrompus et les auteurs de malversations en tous genres au fil du temps.Sans une protection adéquate, ces sources se tariront et l\u2019intérêt public en souffrira.La juge Rosalie Abella serait allée plus loin.Plutôt que de renvoyer l\u2019affaire en première instance, elle aurait carrément annulé la citation à comparaître de Mme Denis.En théorie, Marc-Yvan Côté a encore une chance de forcer Marie-Maude Denis à divulguer ses sources.Accusé de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption pour son rôle allégué dans le financement illégal du Parti libéral du Québec, M.Côté présume que seuls des hauts gradés au sein de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) ont pu divulguer à la journaliste de l\u2019émission Enquête des informations dommageables à son sujet.Ces fuites brimeraient son droit à un procès juste et équitable, «l\u2019État s\u2019étant assuré par les médias de sa condamnation de facto », déplore-t-il dans une requête en arrêt des procédures.Pour étayer ses soupçons, il a besoin de connaître les sources de MmeDenis.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a d\u2019abord prétendu que les fuites ne pouvaient venir que d\u2019un «ripou» ou d\u2019un groupe isolé au sein de l\u2019UPAC.Devant la Cour suprême, il a présenté sous scellés des faits nouveaux qui changent sa position.C\u2019est en raison de ce changement «lourd de conséquences» que la Cour suprême a la sagesse de renvoyer la requête de M.Côté devant la Cour du Québec pour une nouvelle analyse.La barre est très haute pour forcer la divulgation des sources.Il s\u2019agit d\u2019une solution de dernier recours, affirme la Cour suprême.La décision se lit comme un manuel d\u2019instructions à l\u2019intention des juges des tribunaux inférieurs qui auront à trancher des litiges en protection des sources à l\u2019avenir.Elle est truffée de références au rôle unique des médias dans la diffusion d\u2019informations critiques visant à combler le déficit démocratique des institutions publiques.« Au regard de ces valeurs fondatrices, il est aisé de comprendre pourquoi le fait de mobiliser un journaliste contre sa source est en porte-à-faux avec la liberté de la presse.Sans les lanceurs d\u2019alerte et autres sources anonymes, il serait bien difficile pour les journalistes de s\u2019acquitter de leur importante mission », affirme le tribunal.C\u2019est pourquoi l\u2019arrêt Denis représente une avancée significative pour les journalistes, les lanceurs d\u2019alerte et l\u2019ensemble des citoyens qui bénéficient des retombées d\u2019un journalisme d\u2019enquête pugnace et responsable.Eve-Lyne Couturier et François Desrochers Chercheurs, Institut de recherche et d\u2019informations socioéconomiques (IRIS) Dans son éditorial du 25 septembre, Jean-Robert Sansfaçon souligne avec justesse que les quelque 540 000 personnes travaillant pour l\u2019État québécois méritent un traitement juste et équitable dans le processus de négociation qui débutera en octobre.Il mentionne notamment que la rémunération dans le secteur public provincial est inférieure de 16 % à 35 % à celles du secteur privé syndiqué et des autres composantes du secteur public (administrations fédérale et municipale, entreprises publiques).Cela devrait suffire à donner raison aux travailleuses et travailleurs de l\u2019État québécois qui exigent de meilleures conditions d\u2019emploi.Cependant, un élément majeur est absent des discussions et doit absolument guider les décisions du Conseil du trésor : l\u2019aspect sexiste de ces écarts salariaux.En effet, le secteur public provincial est le seul qui soit « ségrégué selon le sexe », puisqu\u2019il est composé à 74 % de femmes, contre 55 % dans le secteur public fédéral, 37 % dans les entreprises publiques et 35 % dans les administrations municipales.La très forte proportion de femmes dans le secteur public provincial coïncide avec le fait que c\u2019est dans ce secteur que l\u2019on retrouve les métiers le plus souvent associés aux rôles traditionnellement féminins, soit les services de santé et assistance sociale (82 %) et d\u2019éducation (69 %).C\u2019est par ces emplois dits du « care », ou de soins, que les femmes ont largement intégré le marché du travail et acquis leur indépendance financière dans les années 1960 et 1970.Toutefois, comme ces métiers ont été, historiquement, exercés gratuitement au sein des ménages ou par des communautés religieuses, les femmes nouvellement salariées ont toujours eu de la difficulté à faire reconnaître la juste valeur de ce travail.La Loi québécoise sur l\u2019équité salariale, adoptée en 1996, stipule que son objectif est de: «corriger les écarts salariaux dus à la discrimination systémique fondée sur le sexe à l\u2019égard des personnes qui occupent des emplois qui sont dans des catégories à prédominance féminine».Or, cette loi permet de comparer des emplois typiquement féminins à des emplois typiquement masculins à l\u2019intérieur seulement d\u2019une même entreprise ou secteur; elle ne permet pas de comparer un secteur entier avec un autre.Cela a eu pour conséquence que les employées du secteur public québécois, lors de l\u2019exercice d\u2019équité salariale qui s\u2019est conclu en 2006, ont vu leur rémunération être comparée à celle de leurs collègues masculins, qui elle-même avait été fixée par rapport à la rémunération moyenne de leur secteur, à majorité féminine.Autrement dit, la rémunération des femmes a été fixée par rapport à celle des hommes, qui avait été fixée par rapport à celle des femmes.Un vrai cercle vicieux.De plus, les politiques d\u2019austérité des derniers gouvernements ont fait particulièrement mal aux personnes travaillant dans le secteur public provincial, qui sont les seules au sein du secteur public à avoir vu leur pouvoir d\u2019achat reculer au cours des vingt dernières années.Au même moment, les plans de relance économique en réponse à la crise de 2008 incluaient des investissements massifs dans les infrastructures, qui ont profité surtout au secteur de la construction, composé à 88 % d\u2019hommes.Cette réalité, combinée aux dynamiques discriminatoires qui furent également à l\u2019œuvre au cours des dernières décennies dans les autres secteurs, explique que les femmes québécoises gagnent toujours, en moyenne, seulement 90 % du salaire horaire des hommes.Dans une étude que l\u2019IRIS a publiée en février, nous avons démontré que le tiers de cet écart de rémunération entre les hommes et les femmes au Québec est attribuable au seul retard du secteur public québécois vis-à-vis des entreprises publiques (22 % d\u2019écart).Si le gouvernement du Québec veut réparer cette injustice, il devra modifier la Loi sur l\u2019équité salariale pour permettre les comparaisons entre les secteurs et procéder à un rattrapage salarial conséquent.En attendant, les négociations du secteur public de cet automne devraient être l\u2019occasion de reconnaître la valeur du travail typiquement féminin en accordant des hausses salariales dues depuis fort longtemps.Une jeune femme en colère Je n\u2019aurais pas dû lire les commentaires accrochés aux différentes publications ayant suivi le discours de Greta Thunberg à l\u2019ONU.Je n\u2019aurais pas dû lire les insultes et les insinuations à propos de son état mental, ni les accusations de brainwashing qui pèsent sur son entourage.Mais je les ai lus, évidemment.Et ce qui me frappe le plus, c\u2019est la manière dont on utilise l\u2019émotion de Greta Thunberg contre elle.Depuis des mois, elle répète de manière stoïque, presque mécanique, des chiffres et des pourcentages issus de publications scientifiques.Depuis des mois, elle affiche un calme et un aplomb surprenants Atteindre une véritable équité salariale dans le secteur public LIBRE OPINION LETTRES PROTECTION DES SOURCES L\u2019arrêt Denis est rassurant GRÈVE POUR LE CLIMAT Après la rue, le vote C l sera difficile d\u2019ignorer le consensus qui a rallié vendredi des millions de manifestants mobilisés sur tous les continents dans l\u2019espoir de forcer les dirigeants à agir.À Montréal, que la jeune Suédoise Greta Thunberg avait choisie pour passer son 58evendredi de grève pour le climat, un demi-million de personnes auraient participé au mouvement, ce qui en ferait le plus imposant de l\u2019histoire du Québec.Démarche artificielle, inutile et fausse?Impossible de faire la sourde oreille à une telle agitation, historique de surcroît.Agitation paisible et bon enfant, faut-il le dire: la déferlante vert espoir fut festive.Le Canada a vibré hier au rythme de deux pulsations croisées, celle d\u2019une campagne électorale et celle d\u2019une grève pour le climat.Le chef libéral Justin Trudeau, embarrassé en cette journée verte par le poids d\u2019un pipeline, a promis de compenser cette dépense anti-environnementale par la plantation de deux milliards d\u2019arbres.Il serait étonnant que ce tour de magie horticole suffise à convaincre.Lors du scrutin du 21 octobre, les millénariaux composeront le tiers des électeurs potentiels, pour un bassin de 10 millions de personnes.Ces 18-38 ans dont on dit qu\u2019ils sont apolitiques entretiennent un nouveau rapport au politique ; il se traduit notamment, comme ils ne cessent de le rappeler de vendredi en vendredi, par une conscience sociale aiguisée et un engagement concret.Comment se transféreront leur impatience et leurs réactions aux engagements des partis politiques le soir du vote ?C\u2019est une question cruciale.Entre 2011 et 2015, le taux de participation des jeunes de 18 à 24 ans aux élections fédérales a connu un sursaut positif, passant de 38,8 % à 57,1 %.Un sondage Léger-Le Devoir publié cette semaine a montré que l\u2019environnement semble être le premier facteur d\u2019influence du vote de 22 % de Canadiens de 18-34 ans, alors que l\u2019économie rallie 35 % de répondants.Au Québec, le rapport est inversé : 34 % jugent que la question climatique influencera davantage le vote, contre 24 % pour qui c\u2019est l\u2019économie.Sera-t-il possible de réconcilier les attentes des jeunes électeurs avec les engagements des partis politiques ?Il semble bien qu\u2019au-delà des promesses, ce qu\u2019ils souhaiteront surtout mesurer, ce sont le degré de sincérité et la capacité de passage à l\u2019acte des dirigeants potentiel qui tentent ces jours-ci le jeu de la grande séduction.I ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES MARIE-ANDRÉE CHOUINARD crié à l\u2019hystérie climatique.C\u2019est ce qui me dérange le plus.Ce n\u2019est pas d\u2019hier que les émotions sont méprisées.Ce n\u2019est surtout pas d\u2019hier que les émotions des femmes sont vues systématiquement comme autant de preuves de folie, de manque de contrôle et de lucidité.J\u2019ai pourtant l\u2019impression que personne n\u2019est plus lucide que cette jeune femme en colère.Que sa rage est légitime et saine face à une menace qui met notre survie en péril.Que ce sentiment agressif est empreint d\u2019empathie et de compassion pour les humains qui souffrent et souffriront bien davantage dans les décennies à venir.C\u2019est notre inaction, notre résistance au changement et notre indifférence devant le sort de l\u2019autre qui finiront par avoir raison de nous.Victor-Olivier Hamel-Morasse Trois-Rivières, le 25 septembre pour une jeune femme de 16 ans devant des adultes plus puissants qu\u2019elle.On a même trouvé le moyen de lui reprocher ce calme déterminé en la traitant de cyborg ou en surlignant à grands traits son diagnostic d\u2019autisme.Dans son discours à l\u2019ONU, à l\u2019inverse, la jeune femme peinait à retenir sa colère et ses larmes de frustration.Elle a paru, de mon point de vue, vulnérable et désespérée devant les dirigeants qu\u2019elle interpellait.Il me semble en effet qu\u2019il doit être difficile, voire enrageant, de se tenir devant ces tribunes, jour après jour, et d\u2019être applaudie à tout rompre pour ensuite constater qu\u2019au fond rien ne change.«Est-ce que mon micro est allumé?Me compre- nez-vous bien?Parce que je commence à me demander\u2026» disait- elle dans un précédent discours.On a donc ridiculisé sa colère et B 11 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Économie politique de la vérité L a science, on le sait, est une indispensable alliée des politiques publiques, qui doivent prendre appui sur elle partout où elle peut jeter ses précieux éclairages.Les citoyens et la conversation démocratique ne peuvent s\u2019en passer pour délibérer et s\u2019efforcer d\u2019influencer les décideurs dans le sens où conduisent leurs délibérations.L\u2019éducation a bien entendu un grand rôle à jouer dans tout cela, en préparant chacun à examiner en toute connaissance de cause et lucidement les arguments avancés par les uns et les autres.Cette vérité élémentaire a été comprise par tout le monde\u2026 y compris par ceux qui veulent faire primer leurs intérêts particuliers, même si cette victoire demandera de travestir la vérité.On pourra distinguer ici plusieurs cas de figure, plusieurs manières de fausser le jeu.J\u2019en évoquerai d\u2019abord quelques- unes, que l\u2019actualité nous rappelle, hélas, avant d\u2019attirer l\u2019attention sur un récent et troublant phénomène qui concerne la recherche universitaire.Fausser le jeu La chose ne date pas d\u2019hier et les cigarettiers ont il y a longtemps déjà développé cette redoutable technique, abondamment reprise depuis, qui consiste à semer le doute \u2014 doubt is our product, lit-on dans un fameux mémo de l\u2019industrie.On attend d\u2019ailleurs les réactions de l\u2019industrie du vapotage aux récents événements tragiques impliquant leurs produits.De nombreux think tanks niant la réalité du réchauffement climatique, son importance ou le rôle qu\u2019y joue l\u2019activité humaine travaillent sans relâche à cette tâche de créer et de semer le doute.Pour en rester à l\u2019actualité, au moment où Greta Thunberg livrait son passionné discours à l\u2019ONU, 500 scientifiques qui se désignent comme des « climatoréalistes » publiaient une lettre destinée justement au secrétaire général des Nations unies, lettre affirmant « qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019urgence climatique ».Pour qui n\u2019a pas le réflexe de demander qui sont ces gens (en quelle science sont-ils formés?Quels liens entretiennent-ils et avec qui?), cette affirmation ainsi signée peut, justement, semer le doute.Il faut pourtant savoir qu\u2019il y a bel et bien un consensus sur le réchauffement climatique, ses causes et ses effets, parmi les scientifiques experts dans le domaine, et que ce consensus, souvent estimé à 97% depuis 2013 et que Barack Obama a cité ce chiffre, va croissant depuis lors et est certainement plus élevé.Je vous invite donc à enquêter un peu sur ces 500\u2026 Ce sont encore ces pressions contre le consensus scientifique et le bien commun que mettait en lumière l\u2019affaire de ce courageux lanceur d\u2019alerte Louis Robert lors de son récent témoignage à l\u2019Assemblée nationale, qui dénonce la coupable complicité des organismes mandataires avec le lobby des pesticides.Qu\u2019en est-il de l\u2019université, lieu emblématique de la recherche désintéressée de la vérité ?Un nouveau péril à l\u2019université Certaines des menaces qui pèsent sur elle sont connues, et pour plusieurs bien documentées.Diverses formes de commercialisation de la recherche peuvent conduire, et conduisent en effet parfois, à ce que les entreprises finançant la recherche pèsent d\u2019un poids excessif sur les objets de recherche ou sur la décision de publier ou non, voire de partager les résultats obtenus.La recherche de financement peut aussi conduire à des pratiques et à des conduites pas toujours exemplaires dans le but de séduire les organismes subventionnaires.Un édifiant article paru en 2016 dans la revue Studies in Higher Education interrogeait des chercheurs sous le couvert de l\u2019anonymat et rapportait plusieurs exemples désolants de pratiques ou de conduites douteuses.Il y a dans tout cela une troublante corruption interne de la recherche de la vérité qui n\u2019est pas sans effets sur la conversation démocratique.Mais j\u2019en viens à un phénomène plus récent et lui aussi troublant.Revu par les pairs ?La recension par les pairs, en science, est un indispensable outil par lequel celle-ci cherche à garantir le sérieux et la possible véracité de ce qu\u2019on publie dans les revues.Un article est soumis par un, ou le plus souvent, des auteurs.La revue l\u2019envoie à des experts, qui le relisent.Ils peuvent le refuser.Ils peuvent aussi l\u2019accepter, mais typiquement en demandant des révisions, plus ou moins importantes.Les auteurs y travaillent, renvoient l\u2019article, qui est revu et ou accepté ou renvoyé pour de nouvelles révisions.Considérez à présent ce cas, bien réel, qui a contribué à révéler l\u2019affaire dont je veux parler.Un journaliste réputé, John Bohannon, a généré par ordinateur des articles au contenu similaire et présentant tous de graves erreurs scientifiques, des erreurs détectables selon lui par un étudiant de cégep.Sous le nom fictif d\u2019Ocorrafoo Cobange, un supposé biologiste au Wassee Institute of Medicine, à Asmara (qui n\u2019existe pas), il a soumis ces articles à 304 revues dites en libre accès.Plus de la moitié l\u2019ont accepté.Très rapidement, bien souvent ; sans condition, sans correction, mais contre paiement d\u2019une jolie somme.La liste de ces revues appelées prédatrices ne cesse, hélas, de croître, nouvelle incarnation des effets d\u2019un modèle marchand exacerbé appliqué à la recherche scientifique.On imagine les titres, très impressionnants, des revues dont seraient tirés les articles de la bibliographie accompagnant une lettre ouverte de scientifiques assurant que le réchauffement climatique n\u2019a pas lieu\u2026 Perle du jour Les fables de La Fontaine sont si anciennes qu\u2019on ignore le nom de leur auteur.NORMAND BAILLARGEON Gaston Bélanger Retraité, ex-d.g.de la Ville de Bécancour Greta Thunberg a raison d\u2019être furieuse : elle nous reproche à nous, les adultes, décideurs et électeurs (ce sont ces derniers qui font les décideurs), de parler beaucoup et d\u2019agir peu.Il nous faut donc un projet de société concret, qui sera mis en place rapidement, et qu\u2019on y consacre le financement nécessaire.En 1962, quand le président John F.Kennedy a lancé la course à la Lune, il a fixé un échéancier serré et il a eu le courage politique de lui assurer un financement.La technologie n\u2019existait pas encore pour réaliser le projet.Presque tout était à faire et plusieurs ingénieurs de la NASA étaient convaincus que le délai était trop court.Pourtant, le défi a été relevé.Au Québec, en 2019, la situation de la gestion des matières résiduelles n\u2019est pas reluisante : échec du recyclage, crise très peu médiatisée, mais non moins réelle, de l\u2019enfouissement.Mais on parle de sauver la planète des changements climatiques, de l\u2019implantation du zéro déchet, du bannissement des plastiques et du suremballage tout en expédiant des centaines de conteneurs en Asie à des fins de « recyclage », et ce, sans faire quelque vérification que ce soit sur la nature des opérations.Il va de soi qu\u2019on ne peut être contre la vertu et qu\u2019il faut réduire considérablement le volume de nos déchets.Il faut également se soucier de l\u2019impact des activités humaines sur le réchauffement climatique planétaire.Toutefois, il y a un coup de barre majeur et urgent à donner : il faut mettre fin à l\u2019enfouissement pour assurer l\u2019émergence d\u2019un recyclage systémique efficace, qui non seulement aura des bénéfices environnementaux, mais qui favorisera aussi l\u2019économie du Québec.Le Québec bénéficie d\u2019un avantage dont Kennedy ne jouissait pas : les technologies pour parvenir à « l\u2019enfouissement zéro » existent depuis plus de vingt ans et sont appliquées dans sept régions du Japon.Deux missions québécoises ont pu le constater en 2008 et en 2011.L\u2019enfouissement est donc un mal évitable.Il existe plusieurs technologies qui peuvent nous permettre d\u2019atteindre l\u2019enfouissement zéro, dont au moins une qui consiste en un recycleur ultime.Il s\u2019agit de la gazéification à haute température avec vitrification des résidus ultimes.Pas de cheminée, pas de déversement dans l\u2019eau ni dans le sol, pas d\u2019odeurs, et tous les déchets municipaux non recyclables sont traités.Des statistiques annuelles provenant d\u2019une étude citée par Eurostats visant 31 pays européens indiquent que plus on enfouit des déchets, moins on recycle ! Il s\u2019avère que la crainte que les municipalités se sentent obligées de « nourrir le monstre » et réduisent le recyclage est non fondée.Chaque année, ce sont 5,2 millions de tonnes de déchets municipaux qui sont enfouies au Québec.Imaginez un obélisque de 200 mètres de façade, aussi haut que la Place Ville-Marie ! Malgré toutes les précautions prises, il y a des fuites vers la nappe phréatique, des émanations de GES, des odeurs et d\u2019autres nuisances.En outre, la vaste majorité des sites hors d\u2019usage sont orphelins et occasionnent des frais importants de suivi et de remédiation au gouvernement du Québec.Qui plus est, les épisodes météorologiques extrêmes (inondations, canicules, etc.), qui s\u2019annoncent plus fréquents et plus violents, rendent ces terrains plus susceptibles de débordements et de dégradations, et entraînent la contamination de l\u2019environnement.Cette gestion surannée des matières résiduelles entraîne des dépenses faramineuses ; les millions de dollars injectés dans ces trous sans fond pourraient demeurer dans le trésor public si on osait considérer ces matières en produits transformables, utiles et réutilisables.En combinant différentes technologies de recyclage, de biométhanisa- tion, de compostage, de réutilisation et de gazéification à haute température avec vitrification des résidus ultimes, on peut atteindre le zéro enfouissement.Les technologies existent depuis une vingtaine d\u2019années au Japon.Les résultats ont démontré qu\u2019il est possible d\u2019atteindre l\u2019enfouissement zéro.II n\u2019est pas nécessaire d\u2019effectuer d\u2019études pilotes supplémentaires.Ces éléments sont facilement vérifiables sans nécessiter de connaissances poussées dans le domaine.Dès cette année, le gouvernement pourrait lancer un appel de propositions de technologies en indiquant son intention d\u2019encourager la fin de l\u2019enfouissement.Les coûts sont nuls pour le gouvernement.La gestion des matières résiduelles est de responsabilité municipale.La redevance actuelle à l\u2019enfouissement devrait être renommée taxe au recyclage.Cette taxe devrait être augmentée significativement et haussée chaque année afin de financer les organisations qui atteignent l\u2019enfouissement zéro.Une partie de cette taxe pourrait être versée à des groupes tels Recyc-Québec.Ce projet de zéro enfouissement sera très bien perçu par la population, sera bénéfique par rapport au gaspillage actuel et ne coûte rien au gouvernement.Exigeons de nos députés qu\u2019ils réclament la fin de l\u2019enfouissement, exigeons des mesures concrètes et un échéancier serré commençant dès l\u2019an prochain.On pourrait aussi envisager cette mesure comme un élément essentiel dans la concrétisation du Pacte pour la transition, qui sait ?Pour un véritable recyclage des matières Juliette Pagnon Étudiante à la maîtrise en science politique à l\u2019Université de Montréal J\u2019ai récemment quitté mon cocon familial pour emménager à Montréal.Sensible aux enjeux écologiques, j\u2019ai voulu profiter de cette « indépendance » pour adapter mon mode de vie et tendre vers le zéro plastique.Imaginez ma réaction quand je suis entrée pour la première fois dans un supermarché : suremballage, préem- ballage et barquettes en plastique à tous les rayons.Mais c\u2019est en voyant des personnes une gourde dans une main et un gobelet en plastique dans l\u2019autre que j\u2019ai été la plus surprise.C\u2019est cette contradiction qui m\u2019a amenée à prendre conscience d\u2019un certain paradoxe dans les comportements des consommateurs se disant sensibles à la cause écologique.Combien ont sommé le gouvernement d\u2019adapter sa politique climatique le 27 septembre sans même chercher à changer leurs propres habitudes ?Si les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur pétrolier et gazier ont explosé et expliquent en grande partie la hausse des GES du Canada, celles des ménages ne sont pas des moindres et représentaient 46 % en 2004 selon l\u2019organisme Environnement et Changement climatique Canada (ECCC).Selon un sondage de l\u2019institut CROP, 9 Canadiens sur 10 disent être prêts à agir pour diminuer leur impact environnemental.Mais combien vont au (super)marché avec leur sac sans sachets à légumes et utilisent des sacs plastiques ?Combien ne sont toujours pas passés au vrac et rachètent des bidons de lessive par facilité, ou couvrent leur gobelet de café biodégradable d\u2019un couvercle en plastique ?Les Canadiens jettent chaque année plus de 3 millions de tonnes de déchets plastiques.La moitié sont des emballages (ECCC), soit 23 % des déchets plastiques qui finissent dans les océans chaque année.Si l\u2019on regarde ce même sondage, c\u2019est finalement 1 Canadien sur 3 qui agirait concrètement.Et qu\u2019en est-il de ceux qui utilisent encore des VUS, les véhicules les plus vendus au Canada, pour se rendre au travail ?L\u2019Agence internationale de l\u2019énergie révèle que c\u2019est au Canada que les véhicules émettent le plus de CO2 par kilomètre.Le secteur du transport représente près de 25 % des émissions des GES du Canada, dont 48 % s\u2019expliquent par la conduite des ménages.Si les grandes distances sont souvent prétextées, il s\u2019avère que 80 % des Canadiens vivent en milieu urbain, où des transports en commun existent et où l\u2019usage de petites voitures à plus faible consommation suffit.Écoblanchiment Les plus condamnables sont certainement les grandes entreprises qui profitent de la détresse environnementale pour augmenter leurs chiffres.On assiste aujourd\u2019hui à une explosion des démarches « d\u2019écoblanchi- ment » pour attirer le consommateur : conditionnements et labels « écologiques » ornent aujourd\u2019hui les produits du quotidien.Mais beaucoup sont trompeurs et exigent du consommateur une certaine vigilance.Starbucks, l\u2019entreprise aux 4 milliards de gobelets non recyclables utilisés par an, nous rassure par exemple avec ses cafés certifiés « 99 % d\u2019origine éthique ».Mais un reportage Arte nous apprend que l\u2019entreprise a en fait créé son propre label et défini ses règles éthiques.On assiste aussi à un engouement pour le numérique au nom de la protection de l\u2019Amazonie, comme pour l\u2019envoi de factures.Mais l\u2019envoi d\u2019un simple courriel rejette 10 grammes de CO2 par an, et son stockage requiert 10 grammes de plus alors qu\u2019un arbre ne peut en moyenne absorber que 10 kilogrammes par année.Notre tendance à stocker nos courriels, dont 80 % ne sont jamais ouverts, n\u2019est donc pas sans effets.Il suffirait de supprimer une trentaine de courriels pour compenser la consommation d\u2019une ampoule allumée pendant 24 heures.En France, cette « pollution numérique » représente autant que l\u2019aviation civile, selon Cleanfox.Si la responsabilité environnementale des entreprises et gouvernements est indéniable, l\u2019effort commun est de rigueur.La rigidité de nos sociétés est contraignante, mais nous, marcheurs, ne sommes pas totalement démunis face aux changements climatiques.Des solutions simples existent et c\u2019est en adaptant nos habitudes et notre consommation, en devenant nous aussi écoresponsables, que nos revendications seront entendues.Il est de la responsabilité des gouvernements de nous donner les moyens d\u2019agir, et de la nôtre de les saisir.CHANGEMENTS CLIMATIQUES L\u2019effort commun est de rigueur Il faut mettre fin à l\u2019enfouissement pour assurer l\u2019émergence d\u2019un recyclage systémique efficace, qui non seulement aura des bénéfices environnementaux, mais qui favorisera aussi l\u2019économie du Québec C\u2019est en adaptant nos habitudes et notre consommation, en devenant nous aussi écoresponsables, que nos revendications seront entendues es sociétés ayant été dévastées par une catastrophe naturelle ou climatique se tournent souvent vers des stratégies technologiques coûteuses et peu durables pour se préparer aux futurs événements extrêmes.En fouillant les archives et en rencontrant des témoins du passé, Emmanuel Garnier, de l\u2019UMR CNRS Chrono-Envi- ronnement de l\u2019Université de Franche- Comté, a remarqué que plusieurs peuples autochtones et communautés traditionnelles adoptaient jadis des pratiques simples et efficaces pour réduire l\u2019impact des désastres naturels.Selon ce chercheur, ces pratiques disparues de la mémoire collective pourraient être « réhabilitées dans le but de diminuer la vulnérabilité des populations et de renforcer leur résilience tout en évitant le recours à une ingénierie coûteuse ».Cette perte de mémoire et de culture du risque s\u2019explique notamment par l\u2019exode rural et l\u2019urbanisation accélérée qui ont prévalu dans la majorité des pays.Puis par «l\u2019arrivée massive de populations d\u2019origine citadine dans des régions jusque-là peu urbanisées, mais attractives [les zones côtières notamment], et dont elles ne connaissaient absolument pas les risques», avance M.Garnier.La méconnaissance des risques résulte aussi en grande partie des décisions politiques prises depuis près de 50 ans en matière d\u2019aménagement du territoire.«De facto, la toute-puissance de l\u2019expertise de l\u2019ingénieur garantissant au politique qu\u2019il saura maîtriser la nature en colère a conduit à des aberrations dont nous avons fait régulièrement les frais ces dernières années.C\u2019est ainsi que la digue est devenue l\u2019arme par excellence de la politique d\u2019aménagement des littoraux, conduisant à bâtir dans des zones situées en dessous du niveau de la mer.Or, les dernières grandes catastrophes marines, comme celle de Xynthia en France [2010] et de Fukushima au Japon [2011], nous montrent les limites de ces solutions », souligne le chercheur.Minorités chinoises du Yunnan Au Yunnan, province du sud-ouest de la Chine, les ordres religieux français ont compilé dans leurs archives tout le savoir-faire et la connaissance accumulés pendant des siècles par les habitants des montagnes de la région pour affronter les multiples dangers naturels, tels que les risques d\u2019inondation, de glissements de terrain et de sécheresses sévères et périodiques, auxquels les habitants de la vallée étaient exposés.Par exemple, les paysans laissaient les parties les plus élevées des flancs de montagnes couvertes de forêts diverses et irrégulières dans lesquelles ils ne coupaient que les arbres dont ils avaient besoin afin d\u2019éviter de créer des aires ouvertes susceptibles d\u2019entraîner la dégradation du sol, le ruissellement et les glissements de terrain.Le bas des pentes était aménagé en terrasses pour la culture.Ces terrasses et les champs étaient bordés de haies qui protégeaient les cultures des avalanches et des glissements de terrain.Les terrasses évitaient le ruissellement trop rapide de l\u2019eau de pluie et permettaient de la réutiliser pour l\u2019agriculture tout en ralentissant l\u2019élévation du niveau de la rivière.Au pied des pentes, un village s\u2019étendait sur un plateau généralement artificiel qui était drainé par des canaux et des rigoles qui facilitaient l\u2019évacuation de l\u2019eau de pluie.Et les abords de la rivière étaient généralement inhabités et aménagés en marais pouvant accueillir le bétail.Les missionnaires relatent aussi la culture du risque chez les populations SCIENCE B 12 LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 S\u2019inspirer du passé pour faire face aux catastrophes climatiques Nos sociétés contemporaines ont la mémoire courte.Lorsqu\u2019elles sont frappées par une catastrophe naturelle ou climatique, elles abordent souvent l\u2019événement comme s\u2019il était inédit.Pourtant, si elles replongeaient dans leur passé, elles découvriraient que ces catastrophes sont récurrentes et que leurs ancêtres avaient souvent développé des stratégies originales et durables pour en prévenir les risques et en réduire les effets.PAULINE GRAVEL LE DEVOIR AGENCE FRANCE-PRESSE locales, qui les avaient informés des fortes pluies, de la fonte de la neige et des tremblements de terre susceptibles de générer des coulées de boue, des glissements de terrain ou des crues soudaines.Elles leur avaient également appris à reconnaître les signes précurseurs de ces désastres.Or, ces leçons de prévention sont au- jourd\u2019hui diffusées par les autorités chinoises actuelles sous la forme d\u2019affiches installées dans le centre des villages.Ces affiches décrivent comment se manifestent les coulées de boue, les dommages qu\u2019elles peuvent entraîner et les facteurs météorologiques qui les causent.Nouvelle-Calédonie La dizaine d\u2019îles du territoire français de la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique Sud sont particulièrement à risque de tsunamis en raison de leur proximité de la zone de subduction de la plaque australienne.Pourtant, aujourd\u2019hui, 40 % de la population résidante, 46% des écoles et 80% des installations touristiques sont concentrés en zone côtière.Une vingtaine d\u2019événements de ce genre ont été enregistrés depuis le tsunami de 1875 qui entraîna la mort de 25 personnes.«Mais en raison de leur faible incidence, les autorités locales et nationales, ainsi que les populations ont graduellement oublié la permanence du risque dans le développement des îles» jusqu\u2019au terrible tsunami du 26 décembre 2004 qui déferla sur l\u2019Asie du Sud et qui réanima la conscience du risque chez les responsables politiques français.Ces derniers mirent alors sur pied des solutions essentiellement techniques, telle l\u2019installation de sirènes et d\u2019un réseau d\u2019alerte automatique (Seismological NET work) des populations, qui réduit à cinq minutes le temps entre la détection d\u2019une vague de fond et la transmission de l\u2019information aux autorités locales, qui doivent alors prévenir les communautés locales, lesquelles déclencheront les sirènes.« Même si les sirènes lancent l\u2019alerte avant l\u2019arrivée de la vague, les populations concentrées sur le littoral n\u2019auront probablement pas le temps d\u2019évacuer les lieux et d\u2019échapper au raz-de-marée », fait remarquer M.Garnier.Les autorités françaises ont également adopté de nouveaux règlements inspirés de ceux appliqués en France métropolitaine qui, en plus de s\u2019avérer inadaptés au statut légal des terres des indigènes (les Kanaks), ont été appliqués sans coordination avec les habitants.« Ces mesures ont contribué à déresponsabili- ser les populations exposées au risque de tsunami qui se sentaient désormais rassurées par des mesures gouvernementales qu\u2019elles ne comprenaient pas vraiment en raison de leur trop grande complexité», souligne M.Garnier.Or, l\u2019étude des archives de Nouvelle- Calédonie a permis de savoir que la société kanake était organisée traditionnellement en hameaux familiaux aménagés le long de routes historiques dans des lieux dotés d\u2019un accès à de l\u2019eau douce.L\u2019arrivée en 1842 des catéchistes protestants chamboula cette organisation.La conversion des Kanaks entraîna le regroupement des familles et des clans autour des églises et des écoles situées sur les côtes, où les pasteurs et les autorités coloniales françaises avaient construit des réservoirs d\u2019eau douce.On comprend alors pourquoi le tsunami de 1875 fut aussi dévastateur.Syros dans la mer Égée L\u2019étude des archives de l\u2019île de Syros, située dans la mer Égée, en Grèce, et une enquête menée auprès d\u2019une dizaine de personnes âgées du coin ont permis de redécouvrir des techniques d\u2019agriculture traditionnelles en usage dans les Cyclades pendant des siècles et qui avaient été abandonnées en raison des nouvelles pratiques agricoles, de l\u2019exode rural et de l\u2019urbanisation.Ces techniques de culture en terrasses qui permettent de récupérer le maximum des rares précipitations, de prévenir l\u2019érosion et de pratiquer l\u2019agriculture pourraient sûrement aider plusieurs régions méditerranéennes actuellement aux prises avec des risques de sécheresse, de pénurie d\u2019eau et de crues subites, affirme M.Garnier.Les archives du XVIIIe siècle font également état du recours à la rotation des cultures : on ne cultivait pas de céréales sur certaines sections pendant une année, mais on y semait des plantes dites « anhydros » n\u2019exigeant pas d\u2019arrosage, comme des concombres, des melons, des tomates et des haricots verts.Aussi, pour compenser l\u2019absence d\u2019irrigation, les agriculteurs brisaient la terre afin qu\u2019elle ne devienne pas trop dure et que l\u2019humidité de la nuit puisse y pénétrer.« Nos études historiques montrent qu\u2019oublier les désastres passés contribue à accroître la vulnérabilité de nos sociétés modernes et de nos habitations depuis près d\u2019un siècle.Le savoir ancestral et ses stratégies ont souvent été dédaignés au profit d\u2019ouvrages de défense en dur [digues, barrages\u2026] dont les limites sont apparues évidentes lors de différents désastres », martèle M.Garnier.À l\u2019instar de ce qui est observé ailleurs dans le monde, la population québécoise fait aussi preuve d\u2019amnésie, fait remarquer Steve Plante, professeur au Département sociétés, territoires et développement de l\u2019UQAR.« La mémoire des inondations de ce printemps à Deux-Montagnes a été très éphémère, car dès le lendemain, des terrains étaient vendus dans les zones inondables de cette municipalité, dit-il.Si aucune inondation ne survient l\u2019année suivante, voire trois ans plus tard, les gens pensent que les scientifiques se sont trompés dans leurs prédictions.Il y a dans tout cela probablement une question de communication du risque », avance-t-il.Tout comme Emmanuel Garnier, Steve Plante déplore le fait que nos gestionnaires optent généralement pour des solutions entièrement issues du génie qui sont très coûteuses et peu durables.« Dès qu\u2019arrive un sinistre, on va voir des ingénieurs hydrauliques, on opte pour des mesures palliatives telles que détourner le cours de la rivière, construire des bassins de rétention ou des murs de protection.Mais l\u2019eau est aussi dépendante d\u2019une occupation du territoire\u2026 Il y a une croyance voulant que la technologie soit la source de toutes les solutions, ce qui entraîne une forme de déresponsabilisation », fait-il remarquer.« Quand on emprunte des approches plus sociales qui ne sont pas associées à des disciplines techniques et économiques, mais qui impliquent de travailler avec les communautés locales, et avec les municipalités \u2014 et non pour les municipalités \u2014, avec le souci que les gens comprennent la situation et aient ainsi un meilleur jugement, on passe pour des pel- leteux de nuages ! Un décloisonnement des secteurs d\u2019intervention permettrait pourtant de profiter d\u2019expériences du passé qui pourraient être adaptables à des situations à risque.Il permettrait aussi de réaliser qu\u2019il n\u2019existe pas de mesures mur-à-mur, qu\u2019une mesure qui sera adaptée pour Sainte-Marthe- sur-le-Lac ne le sera pas nécessairement pour Saint-André-de-Kamouraska », souligne-t-il.Et au Québec L LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 B 13 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R Saint-Adolphe-D\u2019Howard | Lac à la Cabane 2 695 000 $ 421 ch.des Verdier Fjiord du Saguenay 7 775 000 $ 66 ch.de la Pointe-à-Gagnon realta.ca | 514 789 2889 courtier immobilier agréé ÉQUIPE FRANÇOIS BISSONNETTE J\u2019ai fondé REALTA en janvier 2008 sur une promesse : faire du courtage immobilier de façon différente, résolument moderne.Pour nos clients.En faisant de la satisfaction de leurs exigences notre raison d\u2019être.C\u2019est notre image de marque et le fondement de notre succès.C\u2019est une question de valeurs.DOMAINES d\u2019EXCEPTION V I S I T E S L I B R E S d i m a n c h e 1 4 h à 1 6 h S U R R E N D E Z - V O U S c o n t a c t e z - n o u s ! 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