Le devoir, 28 septembre 2019, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer L E D E V O I R / / L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 S E P T E M B R E 2 0 1 9 M A G A Z I N E Vivre Amsterdam, où le vélo est roi Lire Le beau monstre de David Goudreault Des nouvelles de John Coltrane (bis) C U L T U R E 28 Entrevue David Goudreault met au monde un hybride d\u2019écrivains.24 25 27 30 33 34 Entrevue Pierre Anctil Véronique Côté Entrevue François Lévesque Jeunesse Louis Cornellier Littérature queer 4 Musique Une écoute studieuse du nouvel inédit de John Coltrane.5 68 10 12 15 22 36 Odile Tremblay Écrans Danse Disque Classique Cinéma Arts visuels Écrans et grilles L I R E V I V R E 42 Voyage Balade au fil des canaux d\u2019Amsterdam, où le vélo est toujours roi.44 46 48 50 52 53 Escapade Famille Série Dure est la chute Resto et recette Vin Jardin Photo de la une du D : Hugo van Gelderen/Anefo/cc Photo de la une Lire : Alice Chiche Le Devoir SOMMAIRE C U L T U R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Dans la peau des vieux Tout inclus, la pièce documentaire de François Grisé, rend compte de son étonnante immersion dans une résidence pour aînés Selon François Grisé, nous ne sommes pas préparés aux décisions qui s\u2019imposent à la vieillesse parce qu\u2019on vit dans le déni, alors que la société fait face à un phénomène inconnu : une espérance de vie plus longue.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 faire signer, par des personnes en perte cognitive, des testaments en leur faveur.« C\u2019est l\u2019un des côtés positifs des résidences : ils ne peuvent pas y entrer.» Sinon, ce qui a frappé Grisé, c\u2019est l\u2019ennui et l\u2019exclusion, combien « il n\u2019y a rien à faire » dans ces maisons.« Personne n\u2019écoute ces gens.Ils sont vraiment à part de la société.» Ceux pouvant s\u2019offrir ce type d\u2019établissements confortables sont certes privilégiés.Mais ils sont un peu oubliés.L\u2019auteur est encore ému par ce commentaire d\u2019un résident : « On est bien, mais depuis que je suis ici, mes enfants ne viennent pas me voir parce que je suis en sécurité\u2026 » « C\u2019est très dur, note-t-il.Ils sont devant des problèmes existentiels pour lesquels ils n\u2019ont plus de réponses.Plusieurs m\u2019ont dit : qu\u2019est-ce que je fais ici ?» Au Québec, province qui compte davantage d\u2019aînés et moins de propriétaires, environ 18 % des gens âgés de 75 ans et plus vivaient en résidence en 2019, « alors que la moyenne canadienne est de 6 % ».Un système d\u2019établissements mis en place depuis l\u2019industrialisation.François Grisé compare son expérience à la « pointe d\u2019un iceberg que personne ne veut voir ».Un sujet tabou dont on ne discute nulle part.Selon lui, nous ne sommes pas préparés aux décisions qui s\u2019imposent à la vieillesse parce qu\u2019on vit dans le déni, alors que la société fait face à un phénomène inconnu dans l\u2019histoire humaine : une espérance de vie plus longue.« Et on ne sait pas quoi faire avec cette réalité-là.C\u2019est un effet secondaire qu\u2019on n\u2019avait pas vu venir : on vit longtemps, mais on ne donne aucune place aux vieux dans la société.Ou alors très peu.À moins qu\u2019ils la prennent ! C\u2019est ce que j\u2019ai découvert : on vit notre vieillesse comme on a vécu notre jeunesse.Si on s\u2019au- todétermine toute notre vie, on s\u2019au- todéterminera aussi devant notre vieillesse, si on ne perd pas la tête.» On le fera en se préparant et en tentant d\u2019explorer diverses solutions.Expérience transformatrice François Grisé aborde sans fard la réalité, marquée par la lenteur et la dégénérescence du corps, de ceux Mise en abyme La pièce est tirée du verbatim d\u2019un journal de 300 pages que François Grisé a tenu durant les deux premières semaines de son séjour (« Je n\u2019enregistrais rien pour ne pas les effrayer ») puis d\u2019entrevues formelles qu\u2019il a menées auprès des résidents.Le comédien y joue son propre personnage et s\u2019adresse directement aux spectateurs.« Mon partenaire principal, c\u2019est le public.François lui livre ses réflexions sur ce qu\u2019il a vécu.» Un rôle que le metteur en scène Alexandre Fecteau aurait comparé en riant à celui d\u2019un correspondant dans un pays étranger\u2026 Marie Cantin, Marie-Ginette Guay et André Lacoste, qui incarnent des résidents, jouent aussi leurs propres rôles.« On a d\u2019abord travaillé avec des interprètes qui avaient vraiment 80 ans.Mais ils ne pouvaient pas suivre le rythme.Alors, on a choisi des acteurs dans la mi-soixantaine.Et eux vont nous parler de ce que ça leur fait de jouer ce spectacle-là.» À un âge où ils se rapprochent dangereusement du thème\u2026 « Il n\u2019y a presque pas de vieux sur nos scènes ! On va en voir de plus en plus, je crois, en raison de la nécessité de raconter ces histoires.» Les baby-boomers accèdent en masse à l\u2019âge d\u2019or.« Eux, ils ont l\u2019habitude de brasser la cage.Est- ce qu\u2019ils voudront rester dans des résidences pour personnes âgées ?» Tout inclus a pour but d\u2019amorcer une conversation.Conscients du caractère perturbant du sujet, ses créateurs se sont assurés de faire émerger « la vie, l\u2019humour » de cette expérience auprès de résidents.« Ces gens sont d\u2019une truculence incroyable, affirme François Grisé.Ils sont pleins d\u2019histoires, ils veulent parler.» La moindre des choses serait de les écouter.Tout inclus Texte : François Grisé.Dramaturgie : Annabel Soutar.Mise en scène : Alexandre Fecteau.Appui dramaturgique : Agathe Foucault.Avec Marie Cantin, François Grisé, Marie-Ginette Guay et André Lacoste.Une production de Porte Parole et Un et un font mille en collaboration avec Nous sommes ici.À La Licorne, du 1er au 25 octobre.ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR e n\u2019est généralement pas ce qu\u2019on entend par l\u2019expression « auteur en résidence ».En 2014, François Grisé, alors jeune quadragénaire, a fait un véritable saut dans le temps en effectuant deux séjours d\u2019un mois dans une résidence pour personnes âgées.Afin de mieux comprendre ce que vivaient ses parents, qui s\u2019adaptaient mal à leur nouveau milieu.Le comédien s\u2019est posé des questions après coup sur le réflexe qui les avait menés automatiquement, tous les trois, à choisir cette solution, sans même envisager d\u2019autres options.Le directeur artistique de la compagnie de performances in situ Un et un font mille raconte cette immersion exceptionnelle dans un projet développé ultérieurement avec la spécialiste de théâtre documentaire Annabel Soutar.À la manière du précédent spectacle de Porte Parole, J\u2019aime Hydro, la pièce est élaborée en segments.Créé à La Licorne, Tout inclus en décrit la genèse et l\u2019expérience de François Grisé à la résidence.Une autre phase, toujours en cours d\u2019écriture, et intégrant l\u2019enquête socioéconomique, sera présentée au Périscope, à Québec, en avril.On s\u2019en doute, ce fut très difficile pour l\u2019auteur de trouver une maison acceptant son singulier projet.« En 2013, quand je faisais mes appels, on commençait à parler de la maltraitance dans les CHSLD.Donc on doutait de mes intentions.» Son idée initiale d\u2019aller vivre avec ses parents ayant été refusée par l\u2019entreprise possédant la résidence, il a lancé un appel à tous.« Et ce qui est beau, c\u2019est que France Leclerc, la directrice des Jardins du Patrimoine de Val-d\u2019Or, s\u2019est dit, elle, que j\u2019allais apporter de la vie dans la maison, que je serais comme un animateur ! » (rires) Le « jeune » artiste a été bien accueilli par les résidents, bien qu\u2019il ait fallu une couple de semaines pour que tous croient en ses motifs.Une méfiance compréhensible.« Beaucoup de gens veulent s\u2019adresser aux personnes âgées pour leur soutirer des sous.» Pire : des fraudeurs tentent de C qu\u2019il « n\u2019hésite pas » à nommer les vieux.« On ne se reconnaît pas en eux, on ne veut pas les voir ! C\u2019est très confrontant, ça nous fait peur de regarder les vieux longtemps.» Pour lui, qui retourne quelques fois par an visiter ses co-résidents temporaires, l\u2019expérience fut transformatrice.« Elle a confirmé l\u2019importance de la présence, de prendre le temps d\u2019être avec les autres et de se confronter à soi aussi.On ne peut pas se mettre la tête dans le sable, ça va nous arriver.Et le seul rempart contre ça, au risque d\u2019être quétaine, c\u2019est le lien humain, l\u2019amour.» L\u2019auteur constate la déliquescence du tissu social.« En général, on s\u2019en câlisse, des autres ! C\u2019est moi et, à la rigueur, mon couple, ma famille.Et encore là.» En filigrane, Tout inclus raconte comment François, le protagoniste, réapprend à travers cette épreuve à connaître et à créer un lien plus fort avec ses parents.Un couple d\u2019ailleurs beaucoup plus heureux en résidence maintenant que celle-ci convient à leur degré déclinant d\u2019autonomie.« Ils ont déménagé trop tôt.» On ne se reconnaît pas en eux, on ne veut pas les voir ! C\u2019est très confrontant, ça nous fait peur de regarder les vieux longtemps.FRANÇOIS GRISÉ » Théâtre 3 Testez votre connaissance de la langue française en trouvant les cinq erreurs insérées volontairement dans le texte ci-contre.Trouvez les 5 erreurs : L\u2019abeille pollenisatrice butine sur la corrolle d\u2019une jolie équinacée, récoltant son doux nectar.Elle quitte ensuite la stigmate et s\u2019élance dans les airs, portant orgueilleusement la précieuse miellée qu\u2019elle remettra à sa reine et aux vingt-mille ouvrières qui compose sa ruchée.ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 26 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.Une épreuve présentée par LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Musique 4 GRAND ANGLE GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR our les enquêteurs coltraniens qui cherchaient ce que John Coltrane avait fait dans l\u2019après-midi du 24 juin 1964, la quête fut longue.Pas de note au registre, pas de disque au tableau : une journée sans histoire, peut-être bien.Jusqu\u2019à tout récemment, en fait, pas mal tout le monde ignorait ce qui s\u2019était passé ce jour-là dans la carrière du musicien américain.Mais arrive cette sortie de Blue World \u2014 sur étiquette Impulse !, tout chaud dans les bacs depuis vendredi \u2014 et tout s\u2019éclaire : Coltrane, ce jour-là, jouait du Coltrane, avec le plus fabuleux quartet qui soit, dans le plus légendaire studio jazz qui soit (celui de Rudy Van Gelder).Et tout ça au bénéfice du réalisateur Gilles Groulx.On connaît le scénario depuis l\u2019été dernier (Le Devoir en parlait dans son édition du 19 août ) : grand amateur de Coltrane, Groulx avait réussi à convaincre le saxophoniste d\u2019interpréter quelques-unes de ses compositions pour nourrir la trame sonore de son film Le chat dans le sac, une œuvre inspirée de la Nouvelle Vague française et produite par l\u2019Office national du film (ONF).Rendez-vous fut donné le 24 juin pour une session de trois heures dont l\u2019intégrale \u2014 huit prises de cinq morceaux \u2014 se retrouve sur Blue World.Gilles Groulx n\u2019utilisa dans son film qu\u2019une dizaine de minutes de la session (Coltrane avait enregistré sans voir d\u2019images du film).Et comme il s\u2019agissait de pièces que Coltrane avait déjà enregistrées en studio entre 1958 et 1962, pratiquement personne ne remarqua alors qu\u2019il s\u2019agissait de versions inédites.L\u2019ONF lui-même oublia l\u2019existence de ces bandes jusqu\u2019au début des années 2000.À partir de là, des questions de droit d\u2019utilisation \u2014 de même que le projet d\u2019Impulse ! autour d\u2019un autre inédit de Coltrane, Both Directions at Once : The Lost Album, paru en 2018 \u2014 retardèrent la sortie du disque jusqu\u2019à vendredi.Coltrane succinct Nous y voilà donc, et avec grand plaisir : Blue World ne révèle peut-être rien de nouveau sur Coltrane et son quartet (McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones), mais il souligne toutes les qualités de cette formation d\u2019exception qui était à quelques mois d\u2019enregistrer le chef-d\u2019œuvre A Love Supreme\u2026 et qui sortait de l\u2019enregistrement d\u2019un autre album passé à la postérité (Crescent).« Si j\u2019ai trouvé ça intéressant ?Certainement », répond sans hésiter le saxophoniste québécois Yannick Rieu après avoir écouté l\u2019album transmis par Le Devoir.« On sent bien qu\u2019il était restreint dans le temps, probablement à cause des contraintes du film, dit-il : les versions sont courtes [généralement moins de cinq minutes].Mais tout porte quand même sa signature.» Même écho auprès du pianiste François Bourassa, autre adepte de Coltrane, qui a pu écouter l\u2019album en amont.« On reconnaît bien son jeu partout, dit-il.Les versions des pièces sont plus courtes que ce qu\u2019il faisait en concert, il se concentre sur les thèmes.Ça donne un album assez facile d\u2019approche : des pièces succinctes, deux blues, une ballade\u2026 Et même si ça ne réinvente rien, le jeu est tellement puissant et passionné, très lyrique aussi.» C\u2019est aussi ce qui a sauté aux oreilles du producteur Ken Druker, responsable du projet Blue World au sein du groupe Universal.« Je crois que Coltrane et son groupe étaient bien conscients qu\u2019ils enregistraient la trame sonore d\u2019un film et qu\u2019ils devaient respecter certains paramètres, disait-il dans un échange écrit avec Le Devoir cette semaine.Mais on peut certainement entendre malgré cela la liberté et le confort que Coltrane ressentait avec ce groupe.» Des nouvelles de John Coltrane (bis) Une écoute studieuse de Blue World, l\u2019inédit du saxophoniste enregistré pour le film québécois Le chat dans le sac Blue World John Coltrane, Impulse ! Elles étaient là, dans les coffres montréalais de l\u2019Office national du film (ONF), oubliées : des bandes enregistrées en 1964 par John Coltrane pour le film québécois Un chat dans le sac.Trente-sept minutes qui permettent aujourd\u2019hui de saisir la profondeur de jeu d\u2019un saxophoniste en totale plénitude.Regards croisés sur un nouvel inédit du musicien.Dans l\u2019après-midi du 24 juin 1964, John Coltrane a répondu à l\u2019appel du réalisateur Gilles Groulx.Le musicien a enregistré une session de trois heures dont l\u2019intégrale \u2014 huit prises de cinq morceaux \u2014 se retrouve sur Blue World.JIM MARSHALL PHOTOGRAPHY LLC P LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 « La direction sonore dans laquelle Coltrane se dirigeait est déjà évidente dans plusieurs de ses solos, même s\u2019il ne les développe pas de manière aussi étendue qu\u2019il pouvait le faire à cette époque », ajoute-t-il.Consensuel Pour Ken Druker, qui avait également dirigé la sortie du Lost Album l\u2019an dernier, Blue World permet ainsi d\u2019entendre un Coltrane qui « va droit au cœur de ses compositions ».C\u2019est beaucoup quand il déployait longuement ses solos que « l\u2019énergie et l\u2019intensité » parfois abrupte de Coltrane prenaient forme, rappelle-t-il.Ce côté étant ici moins présent, l\u2019album est certainement « un bon disque pour s\u2019initier à Coltrane », pense-t-il.Yannick Rieu parle quant à lui d\u2019un album « assez consensuel ».« Sauf pour Traneing In, qui est à mon sens la meilleure pièce et qui se déploie un peu, j\u2019ai trouvé la section rythmique plutôt tranquille, assez sage.On ne développe pas beaucoup, mais on sent à quel point le groupe est à l\u2019aise avec le répertoire, à quel point il maîtrise la forme et l\u2019harmonie.Et c\u2019est toujours intéressant d\u2019entendre Coltrane essayer des idées différentes.» Par déformation professionnelle, peut-être, Bourassa confie avoir particulièrement aimé entendre le jeu de McCoy Tyner.« Les versions originales ont été enregistrées avec d\u2019autres pianistes \u2014 Red Garland, Wynton Kelly, Tommy Flanagan\u2026 \u2014, rappelle-t-il.Alors, entendre ici le langage si reconnaissable de Tyner, son côté modal, ses accords de quarte, c\u2019est précieux.» « À mon avis, l\u2019aspect le plus intéressant de ces bandes est d\u2019entendre ce groupe jouer des morceaux que Coltrane n\u2019avait jamais rejoués en studio après les avoir enregistrés, ajoute Ken Druker.Les deux versions de Naima, par exemple, sont très différentes \u2014 tant dans le son que dans la structure \u2014 de la version originale de 1959 [sur Giant Steps].» Il y a ça, et bien d\u2019autres détails aussi : dans chaque note de Coltrane, il y en a quelques-unes de sous-entendues.Et celles de Blue World permettent aujourd\u2019hui de dire que, non, ce 24 juin 1964 ne fut pas sans histoire.Si les choses étaient simples, ça se saurait.Ainsi le cas Woody Allen.Nébuleux à souhait\u2026 Grand cinéaste tournant plus vite que son ombre, porte-voix ironique de tous les citadins qui se veulent libérés sous nuées de contradictions, icône de plusieurs générations riant devant son miroir tendu.Ce poète acide du septième art a des zones d\u2019ombre, surtout des accusations collées à lui depuis plusieurs années, mais qui, dans le climat actuel, lui valent un statut de paria au pays.Rappelons que sa fille adoptive Dylan Farrow a renouvelé en 2018, dans la foulée du mouvement #MoiAussi, des accusations d\u2019agressions sexuelles qui remontent aux années 1990, lorsqu\u2019elle n\u2019avait que sept ans.Le fils de Woody, Ronan (Prix Pulitzer pour son enquête sur le scandale Weinstein), et sa mère Mia font bloc contre le cinéaste de Manhattan, lequel réfute les allégations avec une belle vigueur.Qui dit vrai ?On ne donnera pas le bon Dieu sans confession à ce névrosé pur jus.Il a épousé en 1997 une autre fille adoptive de son ex-compagne Mia Farrow, Soon-yi Preven.En couple avec elle depuis plus de 20 ans.Woody Allen n\u2019a pas à recevoir de traitement de faveur sous couvert de célébrité et d\u2019œuvre immense.S\u2019il a agressé en son âge tendre Dylan Farrow, il doit payer pour ses crimes.Mais deux longues enquêtes l\u2019ont innocenté de ces accusations.Que faire ?En réclamer une troisième ?Passer outre leurs conclusions ?Reste aussi le malaise de juger les œuvres à l\u2019aune des errances éventuelles de leurs auteurs.Ce révisionnisme risque d\u2019effacer des pans entiers de l\u2019histoire de l\u2019art.Peut-on même oser des questions ?Il le faudrait pourtant, sous peine de laisser pleins pouvoirs aux tribunaux populaires, fussent-ils bien intentionnés.On s\u2019éloigne de nos sociétés de droit\u2026 Deux camps opposés Un jour de pluie à New York (A Rainy Day in New York) a gagné les salles en France après avoir assuré l\u2019ouverture du Festival de Deauville.Ce dernier film d\u2019Allen y reçoit un accueil critique globalement enthousiaste.La comédie romantique, avec en vedette Timothée Chalamet, Elle Fanning, Rebecca Hall et Selena Gomez, raconte la séparation de jeunes amoureux entraînés à New York dans le tourbillon de la vie.On la dit tissée de quiproquos et d\u2019humour, pétillante et mélancolique, renouant avec la meilleure veine américaine du cinéaste, sur nouvelle génération de vedettes, étoiles scintillantes bien dirigées.Amazon, qui a produit le film (Allen poursuit la boîte pour 68 millions), refuse de le distribuer au foyer dans la foulée des accusations de Farrow.Point de diffusion prévue chez nous non plus, territoire très tributaire du marché américain.À moins qu\u2019un de nos distributeurs n\u2019en acquière les droits pour le Québec ou le Canada entier.Mais rien n\u2019est moins sûr.Le célèbre binoclard n\u2019a plus la cote de notre côté de l\u2019Atlantique.Reste qu\u2019en Europe, il est vendu un peu partout.En Turquie, en Argentine, en Israël, en Chine également.Ce boycottage américain, le réalisateur d\u2019Annie Hall le déplore avec un grain de philosophie à pleines tribunes de l\u2019Hexagone : « J\u2019ai 83 ans, je ne vais pas être là encore très longtemps, alors ce n\u2019est pas si grave.Mais ceux qui m\u2019attaquent font une erreur.» Woody Allen assure avoir eu une conduite irréprochable avec les centaines d\u2019actrices sous sa gouverne depuis 50 ans, leur versant en outre le même salaire qu\u2019à leurs homologues masculins.Ses acteurs Timothée Chalamet, Rebecca Hall et Elle Fanning ont juré publiquement : « Jamais plus de films avec lui ! » Ce dernier déclare les comprendre.Sans ce reniement, point de carrière américaine.Ils sont jeunes et doivent assurer leurs arrières.Les allégations contre Allen roulaient depuis des années.Ils étaient au parfum avant de tourner à ses côtés.Des interprètes de ses œuvres antérieures, Scarlett Johansson, Cate Blanchett, Jesse Eisenberg, Alec Baldwin et Kristen Stewart, refusent de le condamner sans preuves.Deux camps s\u2019opposent.Allen a déjà mis en branle à Barcelone son prochain film : Rifkin\u2019s Festival avec Christoph Waltz.Le cinéaste américain tournera en Europe tant qu\u2019il y trouvera un financement.Avec de futurs films non distribués outre-Atlantique encore ?Oui, ou non si le vent tourne.Quand même, ce serait bien qu\u2019on ait le choix de voir ou pas A Rainy Day in New York sur nos écrans.Chacun prenant ses propres décisions.Il y a moyen d\u2019être féministe (j\u2019en suis) et d\u2019appuyer la juste colère libérée des femmes sans remiser sa raison.Tant de questions se posent qui commandent de garder la tête hors de l\u2019eau.On ne saura sans doute jamais si Woody Allen a touché la petite Dylan dans le grenier de la maison familiale.Des gestes pédophiles réels ?Un coup de vengeance ultérieur du clan Farrow ?Mais la justice a doublement tranché en faveur du cinéaste.Et si elle n\u2019a plus un mot à dire, qui prendra sa place ?Le cas Woody Allen ODILE TREMBLAY Culture 5 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Écrans 6 GRAND ANGLE STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Une bonne blague dit que l\u2019humour juif fait rire avec des histoires à double sens qu\u2019on ne comprend qu\u2019à moitié.La définition s\u2019applique probablement au film Mossad, concentré apparent d\u2019autodérision.Mossad, c\u2019est évidemment le nom des services secrets d\u2019Israël, réputés parmi les plus efficaces du monde.Sauf qu\u2019ici, le traitement se fait en pochade, pour ainsi dire à la OSS 117.Elag Peleg, président fondateur de Daroma Productions, maison derrière le long métrage, cite plutôt Air Plane, Top Secret ou Naked Gun comme lointains modèles.« L\u2019histoire est bâtie autour d\u2019agents du Mossad, mais aussi de la CIA, qui essaient de sauver le monde, explique le producteur, joint par téléphone en Israël.C\u2019est une parodie qui permet de rire d\u2019un sujet sérieux.Notre film propose un autre point de vue sur le militarisme israélien.» La comédie a été lancée fin juin et a vite battu le record du départ en salle le plus fulgurant de l\u2019histoire du cinéma du pays, tout en rivalisant avec d\u2019autres longs métrages d\u2019été comme Toy Story 4 ou The Secret Life of Pets 2.Le succès repose en partie sur Tsahi Halevi, beau ténébreux talentueux plus habitué jusque-là aux rôles durs et sévères, comme dans la série When Heroes Fly.Mossad est déjà le film le plus populaire de 2019 sur les écrans du petit pays.Il est aussi déjà bien sûr vendu à l\u2019étranger, où il rejoindra un paquet de productions israéliennes alléchantes pour le cinéma ou la télé sur une foule de réseaux de distribution réputés parmi les plus exigeants.On en retrouve partout, sur Amazon, Hulu, HBO ou Netflix, mais aussi à Télé-Québec et à CBC.Trois genres israéliens se démarquent particulièrement en ce nouvel âge d\u2019or mondial de la série télé de qualité : la comédie (Stockholm commence cette semaine sur Gem, la plateforme de streaming de CBC) et le drame (In Treatment, par exemple) bien sûr, mais aussi et surtout le thriller d\u2019espionnage, devenu un genre quasi impérial avec des succès à la pelle, comme Prisoners of War, Fauda ou Mossad en dérision inversée.Un miracle Les ventes à l\u2019étranger de productions israéliennes ont rapporté environ 335 millions de dollars en 2016.Comment expliquer ce miracle dans un pays plutôt pauvre d\u2019à peine neuf millions d\u2019habitants ?Par la qualité des scénarios, du tournage, des comédiens ?C\u2019est bien le minimum.Le miracle israélien Comment expliquer la profusion de productions de qualité sur les écrans en provenance d\u2019Israël ?La comédie Mossad a été lancée fin juin et a vite battu le record du départ en salle le plus fulgurant de l\u2019histoire du cinéma d\u2019Israël.DAROMA PRODUCTIONS Fauda est une série télévisée israélienne, autour de l\u2019unité de forces spéciales de l\u2019armée de défense d\u2019Israël Mista\u2019arvim.NETFLIX Une production 9207-7569 QUÉBEC INCL\u2019HOMME DE LA MANCHA À LA QUÊTE DE L\u2019INACCESSIBLE ÉTOILE Du 24 septembre au 9 novembre 2019 rideauvert @rideauvert @rideauvertof?ciel rideauvert.qc.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 LES FLÂNEURS La joie de Julien Lacroix Irascible, méchant, imbu de lui-même, propriétaire d\u2019une belle gueule : le Julien Lacroix vu mardi soir lors de la première de son spectacle (jusqu\u2019ici tout va bien) a tout pour qu\u2019on le déteste.Pourquoi alors l\u2019aime-t-on autant ?Parce que ses emportements nous permettent d\u2019embrasser \u2014 par procuration \u2014 nos penchants les plus égocentriques et misanthropes, mais surtout parce que \u2014 c\u2019est patent malgré les mille couches d\u2019ironie \u2014 l\u2019humoriste ne pourrait éprouver plus de joie à se trouver sur scène afin de générer des rires (beaucoup de rires).La morsure de Chienne Chapeau bas à Chienne, le premier roman de Marie-Pier Lafontaine, publié chez Héliotrope.Pour sa force, sa colère, son art de plonger au cœur de l\u2019horreur, en enfonçant le couteau dans la plaie vive.Ce récit en plusieurs temps d\u2019une ex-enfant martyre soumise comme sa sœur aux violences sexuelles et physiques d\u2019un père omnipotent, glace les sangs.L\u2019urgence du style, par la description clinique des sévices atroces subis, est celle d\u2019une grande écrivaine et d\u2019une femme meurtrie à vie.Nul discours ne peut mieux démontrer les séquelles de la tyrannie subie en bas âge que ce livre coup-de-poing.Tout à croire Ce fut d\u2019abord un article publié sur le site ProPublica, gagnant d\u2019un prix Pulitzer.C\u2019est maintenant une série diffusée sur Netflix, et même si vous connaissez l\u2019histoire de cette jeune femme pratiquement forcée par la police d\u2019avouer qu\u2019elle avait menti en dénonçant une agression sexuelle armée chez elle, il y a beaucoup à apprendre en regardant Unbelievable.La cassante différence entre l\u2019approche des policiers face à une victime sous le choc est troublante.On la croit ou on ne la croit pas, et donc, on enquête ou pas.La série nous présente les deux situations, en parallèle, malgré les centaines de kilomètres et les trois années qui séparent le mieux du pire.Réjouissante punition La prémisse est simple, la démarche est exempte d\u2019artifices.Dans le documentaire radiophonique La punition, deux ex-détenus échangent des souvenirs de leur passage derrière les barreaux, réfléchissant avec une honnêteté désarmante sur la liberté et sur le temps, par-delà de savoureuses anecdotes.Lancée la semaine dernière sur les plateformes de Magnéto, la création de Marie-Lauren- ce Rancourt et d\u2019Antonin Wyss est (judicieusement) dépourvue de narration et laisse sa juste place aux silences.Un petit bijou d\u2019oralité, jamais longuet malgré ses 39 minutes.DOMINIC TARDIF ODILE TREMBLAY FÉLIX DESCHÊNES VALÉRIE DUHAIME À l\u2019évidence, les écrans israéliens sont d\u2019autant plus passionnants qu\u2019ils tendent un miroir plus ou moins déformant à leur société, elle-même d\u2019une complexité franchement folle.Israël fait plusieurs grands écarts en même temps avec ses immigrants, riches ou pauvres, venus du monde entier, et ses déchirures idéologico- politiques allant du socialisme laïque au sectarisme religieux de stricte obédience.C\u2019est aussi un État constamment menacé d\u2019entrer en conflit avec certains pays ou groupes ennemis plus ou moins proches.« Je pense qu\u2019habiter en Israël, c\u2019est vivre des conflits chaque jour », a déclaré leora Kamenetzky à la question de savoir pourquoi une si grande série télévisée avait vu le jour dans un État aussi minuscule.« Ce n\u2019est pas juste le conflit israélo-palestinien, c\u2019est un conflit entre les peuples, c\u2019est un conflit entre différents membres de la société.Et je pense que, depuis le jour de notre naissance, nous vivons un conflit.Et le conflit est la pierre angulaire du drame.Je veux dire, avez-vous déjà vu deux Israéliens se disputer une place de parking ?Cela peut aboutir à un meurtre.» Oleg Peleg enchaîne sur la même idée concernant sa société sous tensions.Lui-même a déjà une vingtaine de films de fiction et de documentaires à son actif, dont Between Worlds (2016) sur les relations entre une mère et son fils victime d\u2019une attaque au couteau et Alim adulim (2014) sur la vie difficile d\u2019un immigrant éthiopien.Il vient de mettre en chantier une série télé racontant une autre histoire impliquant un juif éthiopien (Falasha) victime de discriminations.« L\u2019atmosphère est assez unique au monde ici, ajoute-t-il.Les énormes tensions nourrissent un surplus de créativité.Nous recevons des immigrants de partout dans le monde.Nous vivons tous ensemble, nous sommes tous passionnés par notre pays, mais nous sommes tous très différents, et cette diversité multiplie encore les tensions.» Une polyvalence Le producteur ajoute une autre explication liée à une caractéristique nationale bien évidente dans l\u2019ingéniosité et l\u2019inventivité du pays dans le domaine des nouvelles technologies.« Nous sommes une société d\u2019entrepreneurs, dit M.Peleg.Ici, chacun pense qu\u2019il peut surmonter tous les obstacles pour arriver à ses fins.Cette culture se reflète partout dans notre industrie.Le preneur de sons se dit qu\u2019il peut aussi devenir monteur, et il le fait.Cette po- lyvalence permet de réduire les coûts de production et de dynamiser énormément les plateaux de tournage.» M.Peleg en rajoute sur les conditions de production.« Je ne suis pas riche, avoue-t-il.Chaque année je me débats pour soutenir de nouveaux projets.Ce contexte stressant est en même temps stimulant.Il nous force à nous réinventer et à nous surpasser chaque année.Il faut trouver les nouvelles excellentes histoires à raconter et de nouvelles manières originales de les raconter.» Le contexte national a aussi muté pour stimuler la créativité.Les maisons de productions naviguent d\u2019un écran à l\u2019autre avec une poignée de grandes boîtes qui dominent le secteur des séries.La maison Keshet a des bureaux de Los Angeles à Hong Kong.On lui doit par exemple The Beauty and The Baker, sur un triangle amoureux, une des séries les plus populaires des dernières années.Dans les années 1980 et 1990, une partie du budget de soutien étatique au cinéma allait aux salles pour réserver du temps d\u2019écran aux productions nationales, et même pour payer une partie des coûts de climatisation.Une nouvelle loi adoptée en 2001 a changé de stratégie en haussant plutôt de manière substantielle les subventions à la production.Et le miracle s\u2019est produit.En 2014, Zero Motivation est devenu le premier film israélien le plus populaire de l\u2019année au pays, surpassant même les films de superhéros américains.On saura fin décembre si Mossad établit un nouveau record.Le décalogue : 10 séries israéliennes à suivre Shtisel (Netflix) raconte le quotidien contemporain d\u2019une famille de juifs ultraorthodoxes du quartier de Geula à Jérusalem.Amazon TV a annoncé une adaptation transposée à Brooklyn.Srugim (Amazon Prime Video), dite à la Friends, avec cette fois des jeunes Israéliens religieux, mais pas orthodoxes, confrontés au féminisme, au divorce, à l\u2019homosexualité et à la crise de la foi.The Beauty and The Baker (Amazon Prime Video) suit les tribulations d\u2019un triangle amoureux on ne peut plus moderne.False Flag (Fox) raconte une enquête complexe menée à la suite d\u2019un enlèvement par les services secrets (ou pas.) Prisoners of War (Hulu), qui a inspiré Homeland, expose le retour à la maison de trois soldats israéliens ayant été retenus captifs pendant 17 ans et qui ont peut-être été retournés.When Heroes Fly (Netflix) lance quatre anciens potes d\u2019armée à la recherche d\u2019une fiancée disparue en Colombie.Mossad 101 (Netflix) suit l\u2019entraînement d\u2019agents secrets.Fauda (« chaos » en arabe) propose trois saisons gonflées à bloc d\u2019action et de rebondissements racontant la traque d\u2019un terroriste par une unité d\u2019élite.Cette série surpuissante a été décriée des deux bords du conflit israélo-palestinien, ce qui doit être une sorte de gage de qualité de plus.Hostage (Netflix) part de cette idée de base : un chirurgien doit opérer le premier ministre alors que des terroristes retiennent sa famille en otage pour que son illustre patient meure sur la table d\u2019opération.Stockholm (Gem de CBC) montre en rigolant jaune comment des proches d\u2019un économiste cachent sa mort le temps qu\u2019il reçoive son prix Nobel.Stockholm commence cette semaine sur Gem, la plateforme de streaming de CBC.CBC GEM Culture 7 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Danse 8 1966 pour les GBC et qui aura laissé un souvenir mémorable dans le cœur du public montréalais ?Comment, tout simplement, travailler cette partition après 21 ans d\u2019absence sur la scène de la compagnie montréalaise ?Pour le chorégraphe, le plus grand défi fut le traitement de la musique.« Au début, c\u2019était très difficile parce que j\u2019étais vraiment en lutte avec la musique.Je me suis dit tout de suite que ce serait trop simple et ennuyant de danser sur la partition musicale de Carl Orff parce que la musique est très populaire, presque trop connue, du moins le morceau du début et de la fin, O Fortuna.Je ne voulais pas que la danse aille dans le sens de la musique, je cherchais une relation subtile.Au départ, je pensais que tout le monde serait sur scène, musiciens, chanteurs et danseurs, mais cela n\u2019était pas possible, logistiquement parlant.J\u2019ai décidé de tout séparer.Et je pense que ça a été une très bonne décision.» Trouver son chemin Plusieurs modalités de travail sont possibles face à des œuvres existantes.Certains feront des recherches sur le contexte politique et socio-économique de la création, sur sa réception critique, quand d\u2019autres préféreront garder un rapport plus distant avec l\u2019œuvre.À chaque chorégraphe sa méthode, sa manière de se positionner par rapport au passé.« Globalement, explique Edward Clug, j\u2019essaie vraiment de comprendre la pièce puis de comprendre mon approche et le système que je vais créer.Je ne pourrais pas dire que je fais des recherches approfondies.Je m\u2019en tiens à certaines informations factuelles.Mon intention ici n\u2019était pas de me détacher de la musique et de son message, mais de trouver un chemin approprié, une compréhension théâtrale qui me permettent d\u2019entrer en dialogue avec Carmina Burana et les attentes du public et de créer une expérience proprement théâtrale, une expérience du partage.» Cela se fera notamment par la figure du cercle que le chorégraphe relie directement au sujet de Carmina Burana.Pour lui, il s\u2019agit d\u2019un rituel, des poèmes simples qui décrivent des moments de vie, des cycles, le printemps, le réveil de la nature, le réveil du désir, l\u2019attraction, la chaire.Le cercle, c\u2019est aussi la roue de la Fortune, symbole majeur dans O Fortuna.L\u2019absence de désir comme moteur de création « Chaque jour, j\u2019aime davantage ce que devient ce Carmina Burana parce qu\u2019au départ, je ne voulais pas le faire », confie Edward Clug ENTREVUE ENORA RIVIÈRE COLLABORATRICE LE DEVOIR e retour à Montréal, le chorégraphe d\u2019origine roumaine Edward Clug, directeur artistique du Ballet de Maribor au Slovene National Theatre (SNG) et chorégraphe sollicité par de nombreux et prestigieux ballets internationaux, recevait lundi Le Devoir entre deux répétitions, visiblement joyeux et même enthousiaste à quelques jours de la première de Carmina Burana.Avec ce ballet, il signe sa deuxième collaboration avec les Grands Ballets canadiens (GBC) après son Stabat Mater créé en 2017, qu\u2019il reprend dans la même soirée.Deux pièces de commande, donc, mais surtout deux monstres musicaux rétifs qu\u2019il lui a fallu dompter.« Si j\u2019avais eu le choix, je ne pense pas que j\u2019aurai fait un jour un Carmina Burana.De même pour Stabat Mater, confie le chorégraphe de but en blanc.J\u2019ai eu du mal à dire oui, car dans les deux cas je me suis dit : \u201cOh my God, on ne peut pas vraiment danser sur ce genre de musique\u201d.Je n\u2019ai jamais été très attiré par cette œuvre.Je suis beaucoup plus mini- maliste pour mes créations.Là, ça me pousse à avoir une approche différente.C\u2019est tout l\u2019intérêt.Et ce sera intéressant, je pense, de voir les deux pièces dans le même programme.» Plusieurs questions et défis s\u2019annonçaient d\u2019emblée : comment se positionner par rapport à cette œuvre si populaire dont les usages et la surexploitation ne sont plus à compter ?Quoi créer après le succès international du chorégraphe Fernand Nault de D JE CHERCHE UNE MAISON QUI VOUS RESSEMBLE À LA MÉMOIRE DE PAULINE JULIEN ET GÉRALD GODIN EN TOURNÉE AU QUÉBEC EN 2019-2020 PREMIER ARRÊT : THÉÂTRE OUTREMONT LES 2 ET 3 OCTOBRE 20H00 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Et comment ça se passe dans le studio face aux 36 danseurs avec lesquels il a passé quatre semaines à travailler et à retravailler cette soirée ?« Avec les danseurs, je travaille toujours en improvisation.Je ne veux pas tout penser en amont.Je fais ce métier depuis 25 ans.J\u2019essaie de ne pas répéter ce que je sais faire, mais d\u2019expérimenter de nouvelles choses.Nous n\u2019avons pas travaillé sur la musique.Nous avons créé des situations en silence.Le reste, c\u2019est de l\u2019instinct, de l\u2019intuition, ce sont mes outils » Edward Clug nous explique, avec une vivacité à relier à son impatience, qu\u2019il laisse très peu d\u2019espace aux danseurs, aussi par manque de temps.Il projette des images, il leur propose une manière très précise de bouger, il voit si cela fonctionne ou pas et s\u2019il a le moindre doute, il passe à autre chose.Ça doit aller vite.Une méthode qui, à son sens, fonctionne bien avec les danseurs des GBC, qu\u2019il juge tout à la fois merveilleux, sensibles et créatifs.Carmina Burana et Stabat Mater Chorégraphie : Edward Clug.Avec les danseurs des GBC.Chef d\u2019orchestre : Dina Gilbert.Musique pour Carmina Burana : Carl Orff.Solistes : Aline Kutan, Spencer Britten et Alexandre Sylvestre.Musique pour Stabat Mater : Giovanni Battista Pergolesi.Solistes : Maude Brunet, Kimy McLaren.À la Place des Arts, salle Wilfrid-Pelletier, du 3 au 19 octobre, 20 h.Les danseurs Maude Sabourin et James Lyttle lors d\u2019une répétition du ballet Carmina Burana PHOTOS ALICE CHICHE LE DEVOIR Et la version de Fernand Nault dans tout ça ?M.Clug n\u2019a pas eu l\u2019occasion ni éprouvé le besoin de la regarder.Il sait que le public aura des attentes et en tire son parti.« La chose la plus importante, c\u2019est ce moment ultime de partage avec le public.Je trouve cela intéressant qu\u2019il ait des attentes.La version de M.Nault, ça donne un repère, un point de départ à partir duquel expérimenter autre chose.» Pour le reste, il souhaite laisser place à la surprise.Culture Les 5, 6, 7 et 8 juin 2020 au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts Billets: TANGUY.ca MARIE-CHANTAL PERRON NORMAND D\u2019AMOUR CHRISTOPHE PAYEUR FRANCE CASTEL VIOLETTE CHAUVEAU ROGER LA RUE KATHERINE RIVA ANNE-MARIE BINETTE HILAIRE ST-LAURENT À 30 ANS, IL HABITE TOUJOURS CHEZ SES PARENTS.Mise en scène NORMAND CHOUINARD Adaptation Yves Morin.D\u2019après le scénario du ?lm « Tanguy » écrit par Étienne Chatiliez et Laurent Chouchan LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Musique 10 ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR près plus de huit ans sans nouvelles chansons \u2014 où elle n\u2019a pas chômé pour autant \u2014, Diane Tell n\u2019avait pas envie de se relancer dans la création en enfilant de vieilles pantoufles.Pour ce tout nouveau disque, Haïku, l\u2019Abitibienne qui vit en Suisse a engagé le détonnant Jeannois Fred Fortin comme réalisateur, qui, en plus de signer trois textes, a enrobé l\u2019album de sa touche unique.La rencontre de ces deux planètes n\u2019est pas superficielle sur ce nouvel album de l\u2019auteure de Si j\u2019étais un homme, Gilberto et Souvent, longtemps énormément.Sur les douze titres d\u2019Haïku, Tell et Fortin ont vraiment mélangé leurs univers respectifs.On retrouve la voix toujours vibrante de la chanteuse, mais elle se drape de musiques syncopées, entre le blues et le rock.« Et le prog », souligne-t-elle.Assez vrai, d\u2019autant que Fred n\u2019était pas seul dans l\u2019orchestre, mais plutôt accompagné par un groupe d\u2019élite capable de réveiller les morts avec du groove : les guitaristes Joe Grass et Olivier Langevin, le batteur Sam Joly et le claviériste François Lafontaine.« L\u2019idée, c\u2019est d\u2019aller chercher quelque chose d\u2019unique et d\u2019original, reconnaît Diane Tell.La plupart des gens, sur papier, auraient dit non, jugeant que c\u2019est bizarre.Mais c\u2019était un choix, une réelle envie de\u2026 to push the envelop, comme on dit en anglais, d\u2019aller plus loin que les limites déjà atteintes, de ce que moi j\u2019ai pu faire dans ma vie.» Se mettre en danger, quoi.Tell nuance.« Dans un sens léger, c\u2019est pas dangereux plus que ça.On risque rien, à part trouver des belles affaires neuves ! » Poreux Parmi les titres d\u2019Haïku, on trouve trois textes de l\u2019écrivain suisse d\u2019origine serbe Slobodan Despot (mais mis en musique par Tell), quatre pièces de la principale intéressée et trois Les « belles affaires neuves » de Diane Tell L\u2019Abitibienne qui vit en Suisse se drape du son du Lac grâce à Fred Fortin A LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 morceaux écrits et composés par son réalisateur Fred Fortin \u2014 dont une, Chat, que l\u2019on trouve aussi sur le dernier disque de Fortin sous le titre King Size.« On peut faire un album avec un réalisateur qui va réaliser un album de Diane Tell, et on va le chercher parce qu\u2019il est bon et qu\u2019il a fait des hits.Quand on va chercher un artiste, c\u2019est une autre affaire, illustre la chanteuse.C\u2019est presque\u2026 c\u2019est pas un duo parce que c\u2019est mon album, mais c\u2019est quand même un mélange.C\u2019est plus poreux.» Diane Tell explique que si elle a fait plusieurs pas vers le son de Fortin, le réalisateur a aussi eu son bout de chemin à faire.Par exemple, faire un album sans ballades, comme ici Il ne m\u2019aime pas, ou encore la pièce-titre, n\u2019aurait pas été possible, même si ce n\u2019est pas trop l\u2019affaire de Fortin.« Comme je lui disais, les ballades, ça fait partie de la game pour moi.Fais-les comme tu veux, mais il faut qu\u2019elles soient là.» Dans ses propos, ce nouveau disque danse autour d\u2019une certaine idée de la solitude, d\u2019un rapport à l\u2019autre et au temps qui passe.Sur Spoiler, Tell parle d\u2019un « parcours fléché / D\u2019amants de grand chemin », alors que sur Vie, elle chante la mélancolie, « une douce maladie / Que j\u2019entretiens et qui me berce ».Tell a moins cherché des thèmes clairs que « des beaux textes ».Et elle a remarqué que sans consignes en ce sens, les différents auteurs ont souvent laissé tomber « les refrains où on bassine les mêmes phrases continuellement ».Femme d\u2019affaires Le résultat, au final, donne quelque chose de différent de ses créations précédentes, mais « de ce qui existe aussi ».« Je me suis rendu compte en rentrant les données sur Spotify qu\u2019Haïku était un album difficile à comparer.» Dans les propos de Diane Tell, ce nouveau disque danse autour d\u2019une certaine idée de la solitude, d\u2019un rapport à l\u2019autre et au temps qui passe.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Euh, Diane Tell, vous entrez vous- mêmes vos données dans la platefor- me d\u2019écoute ?« Je suis la productrice, j\u2019ai un distributeur, mais, oui, c\u2019est moi qui fais ça.» Parce qu\u2019au-delà de la création de musique, Tell est une femme d\u2019affaires bien de son temps, qui a épousé depuis une dizaine d\u2019années les univers numériques.Elle a créé une entreprise pour chapeauter ses droits musicaux, et elle a mis plusieurs années à mettre en marché sa musique en ligne méthodiquement, en rema- triçant les morceaux pour les nouvelles plateformes, notamment.Diane Tell est aussi bien présente sur YouTube, et y a même télé- versé de nouvelles vidéos créées à partir de ses anciennes chansons, question d\u2019y exister pour la peine.« On est déjà à 10 millions de vues sur notre chaîne », dont plus de 8,7 millions uniquement pour Si j\u2019étais un homme, ajoutée il y a un peu plus de deux ans.Haïku verra par ailleurs le jour en vinyle, avec une pochette dans laquelle on retrouvera les textes en français, mais aussi en anglais.« Pourquoi on ne pourrait pas écouter de la musique québécoise francophone et l\u2019offrir aux personnes qui ne parlent pas notre langue, avec la possibilité de comprendre ?» Selon la chanteuse, les musiciens, sans être naïfs, doivent épouser le numérique et aussi en connaître les rouages à fond.« Il faut prendre ce monde- là en main et se demander où va l\u2019argent et pourquoi il ne va pas dans ma poche.Et battons-nous pour ça.» Elle conçoit que le nerf de la guerre ce sont les clics, mais qu\u2019il faut plutôt encourager le public à s\u2019abonner aux plateformes d\u2019écoute en continu plutôt que de vouloir les saborder.« Dans les années où j\u2019étais au sommet de ma carrière, les gens achetaient en moyenne deux ou trois albums par année.Aujourd\u2019hui, quel- qu\u2019un qui s\u2019abonne met 120 $ sur la table par année.Il y a de l\u2019argent qui rentre, maintenant il faut le répartir correctement.» On peut faire un album avec un réalisateur qui va réaliser un album de Diane Tell, et on va le chercher parce qu\u2019il est bon et qu\u2019il a fait des hits.Quand on va chercher un artiste, c\u2019est une autre affaire.C\u2019est presque\u2026 c\u2019est pas un duo parce que c\u2019est mon album, mais c\u2019est quand même un mélange.C\u2019est plus poreux.DIANE TELL » Haïku Diane Tell, Tuta Music.Disponible le 4 octobre.Culture Musique 11 LE MEILLEUR DES MONDES THÉÂTRE DENISE-PELLETIER Partenaire de saison DE GUILLAUME CORBEIL D\u2019APRÈS L\u2019ŒUVRE D\u2019ALDOUS HUXLEY MISE EN SCÈNE DE FRÉDÉRIC BLANCHETTE AVEC ARIANE CASTELLANOS BENOÎT DROUIN-GERMAIN MOHSEN EL GHARBI KATHLEEN FORTIN SIMON LACROIX ET MACHA LIMONCHIK PRODUCTION THÉÂTRE DENISE-PELLETIER 25 SEPT.AU 19 OCT.DENISE-PELLETIER.QC.CA BILLETTERIE 514-253-8974 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Classique 12 Schubert explosaient autour de lui.On peut avoir un exemple de cette nostalgie passéiste en écoutant le 2e Concerto pour piano de Franz Xaver, composé en 1818.Juxtaposer trois magnificat de la famille Bach, c\u2019est donc aussi accéder sur un même sujet et de manière concentrée à l\u2019évolution du langage musical de l\u2019époque.Le sujet a été parfaitement résumé par Richard Wigmore, auteur de la notice du disque Hyperion : « Le langage du haut baroque travaillé de façon très élaborée de l\u2019œuvre célèbre de Johann Sebastian Bach était déjà démodé en 1749, lorsque son deuxième fils Carl Philipp Emanuel composa un magnificat où des vestiges du baroque côtoient l\u2019Empfindsamkeit d\u2019Allemagne du Nord.[\u2026] Le magnificat de Johann Christian respire le langage de la \u201cgalanterie\u201d à l\u2019italienne, où les limites entre le sacré et le profane ne sont pas toujours très nettes.[\u2026] Selon certaines sources, Carl Philipp Emanuel se serait plaint un jour de ce que la musique de Johann Christian \u201ccomble l\u2019oreille, mais laisse le cœur indifférent\u201d : reproche injuste, mais compréhensible de la part d\u2019un compositeur qui réprouvait le style \u201cgalant\u201d matérialiste prévalent, et pour qui la musique ne devait pas simplement divertir, mais \u201ctoucher le cœur\u201d et \u201céveiller les passions\u201d.» Une lignée féconde Le programme Magnificat ! de Jonathan Cohen est l\u2019occasion rêvée de nous intéresser à l\u2019œuvre sacrée dans la famille Bach et, surtout, à des personnages moins connus de la lignée.Dans le catalogue de Carl Philipp Emanuel, qui considérait qu\u2019un musicien ne peut émouvoir que s\u2019il est ému lui-même, la plupart des œuvres religieuses ont été composées après son accession au poste de directeur de la musique de la ville de Hambourg (1768-1788) où il avait succédé à Telemann.Pour prolonger l\u2019écoute du Magnificat, trois oratorios se démarquent de sa production : Les Israélites dans le désert, La résurrection et l\u2019ascension de Jésus et Les dernières souffrances du Sauveur.Sigiswald Kuijken a fait beaucoup pour ces deux dernières œuvres, d\u2019autres interprètes (Bernius, Haenchen) l\u2019ont surpassé depuis.La production de Johann Christian, le dernier des quatre fils musiciens de Johann Sebastien que ce dernier eut avec Anna Magdalena, sa seconde épouse, est moins impressionnante.Éduqué musicalement par son demi-frère Carl Philipp Emanuel (il avait 15 ans quand son père est mort), Johann Christian est aussi un élève, à Bologne, de Padre Martini.Ses œuvres sacrées datent de cette période italienne.Il a composé un Dies Irae et un seul CD peut suffire au bonheur de la découverte.Il est paru en 2011 sous la direction de Hans-Christoph Rademann chez Harmonia Mundi sous le titre Missa da Requiem.L\u2019aîné des fils de Bach est Wilhelm Friedemann (1710-1784).Élève assidu de son père, il est celui qui a cultivé le plus la musique d\u2019orgue.Wilhelm Friedemann composa de la musique religieuse lorsqu\u2019il fut en poste dans la ville de Halle entre 1746 et 1764.Le style ressemble à celui de son père, mais avec un côté opératique marqué.Un très beau double album de Hermann Max chez Capriccio (2011) en donne un portrait éloquent, et le premier volume d\u2019un ensemble de cantates enregistrées par Ralf Otto pour Carus en 2010 apporte le complément idéal, avec notamment « Ach, dass du den Himmel zerrissest » (Que tu déchiras le ciel) et « Gott jäh- ret auf mit Jauchzen » (Cantate pour l\u2019Ascension).Cet ensemble de cantates est beaucoup plus qu\u2019une curiosité : il s\u2019agit d\u2019œuvres aussi importantes que les trois grands oratorios de Carl Philipp Emanuel et elles sont totalement négligées.Johann Christoph Friedrich (1732- 1795), le quatrième des fils musiciens de Bach, comme Johann Christian un fils de Johann Sebastian et Anna Magdalena, fut un musicien de cour.Son œuvre L\u2019enfance de Jésus, enregistrée par Hermann Max, se trouve notamment dans un passionnant coffret Capriccio de 4 CD « Musique sacrée de la famille Bach ».Le plus intéressant de la dynastie ne se déniche pas forcément chez les fils.Et c\u2019est ici qu\u2019il faut évoquer le nom de Johann Ludwig Bach (1667- 1731).C\u2019est grâce au disque compact, qui a tant élargi notre connaissance du répertoire, que « le Bach de Mei- ningen », comme on le surnommait, a refait surface.Ce Johann Ludwig Les magnifiques ressources de la famille Bach Les Violons du Roy ouvrent la porte à des découvertes de répertoire passionnantes ÉCLAIRAGE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR e concert d\u2019ouverture de la saison des Violons du Roy et de La Chapelle de Québec, samedi à Montréal, après un concert, mercredi, à Québec présente l\u2019originalité de réunir trois magnificat puisés au fil de trois générations de la famille Bach.Une dynastie qui a le dos encore bien plus large\u2026 Le programme présenté cette semaine par Jonathan Cohen à Québec et à Montréal reprend celui d\u2019un disque enregistré en Angleterre avec son ensemble Arcangelo et paru en février 2018 sur étiquette Hyperion.Pour éviter toute confusion dans la lignée, nous allons garder ici les prénoms germaniques originaux.Johann Christian (1735-1782), dit « le Bach de Londres », révéré par le jeune Mozart, sera donc désigné par son patronyme original et non celui, francisé, de Jean-Chrétien.Fils de Johann Sebastian et de sa seconde épouse Anna Magdalena, Johann Christian, comme son demi- frère Carl Philipp Emanuel (1714-1788), fait partie du programme choisi par Jonathan Cohen.Leurs magnificat, de 1760 (Johann Christian) et 1749 (Carl Philipp Emanuel), sont mis en parallèle avec le fameux Magnificat BWV 243 composé en 1723 par Johann Sebastian (1685-1750).À chacun son style L\u2019idée maîtresse de cette juxtaposition est de montrer que les descendants de Johann Sebastian n\u2019ont pas parodié la musique du patriarche, mais ont épousé les tendances musicales de leur temps, voire les ont lancées, comme dans le cas de l\u2019Empfindsamkeit (la sensibilité exacerbée) qui marque le style de Carl Philipp Emanuel.Cette démarche ne va pas de soi.Dans la dynastie Mozart, si Wolfgang Amadeus s\u2019est évidemment affranchi de son père Leopold, il n\u2019en va pas de même pour son fils Franz Xaver Wolfgang Mozart (1791-1844), qui n\u2019a cessé de décalquer la musique de son père, alors que les talents de Beethoven ou L LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Disques recommandés 1.Magnificat ! Œuvres de Johann Sebastian, Carl Philipp Emanuel.Jonathan Cohen, Hyperion, CDA 68157.2.Carl Philipp Emanuel Bach : Die Auferstehung und Himmelfahrt Jesu, Wq.240.Philippe Herre- weghe, Erato, 7777590695.3.Carl Philipp Emanuel Bach : Die letzen Leiden des Erlösers, Wq.233 (H776).Hartmut Haen- chen, Berlin Classics, BC 300575.4.Carl Philipp Emanuel Bach : Die Israeliten in der Wüste, Wq.238 (H775).Frieder Bernius, Ca- rus, 83292.5.Johann Christian Bach : Missa da Requiem.Hans-Christoph Rademann, Harmonia Mundi, HMC 902098.6.Wilhelm Friedemann Bach : Cantates.Hermann Max, Capriccio, 5083.7.Wilhelm Friedemann Bach : Cantates I.Ralf Otto, Carus, 83362.8.Johann Christoph Friedrich : L\u2019enfance de Jésus, dans « Musique sacrée de la famille Bach ».Hermann Max et autres, Capriccio, 7100.9.Johann Ludwig Bach : Motets.Hermann Max, Capriccio, 10560.10.Johann Ludwig Bach : Trauermusik.Hans-Christoph Rademann.Harmonia Mundi, HMC 902080.11.Johann Ludwig Bach : Cantates.Hermann Max, Carus, 83186.12.Johann Michael, Johann Chri- stoph et Johann Bach.Motets.Lionel Meunier, Ricercar, 347.13.Johann Michael, Johann Chri- stoph et Heinrich Bach.Cantates.Lionel Meunier, Ricercar, 401.Le programme Magnificat ! de Jonathan Cohen est l\u2019occasion rêvée de nous intéresser à l\u2019œuvre sacrée dans la famille Bach et, surtout, à des personnages moins connus de la lignée.ATWOOD PHOTOGRAPHIE est un cousin de Johann Sebastian.Diverses parutions nous ont fait découvrir un compositeur d\u2019un grand talent.Tout d\u2019abord Trauermusik, par l\u2019Akademie für Alte Musik Berlin, dirigée par Hans Christoph Rademann, une musique pour les funérailles (1724) du duc de Meiningen.Cette œuvre pour double chœur avait été révélée en 1998 par Hermann Max, qui a enregistré un disque de motets chez Capriccio et un CD de cantates chez Carus.La révélation d\u2019un cousin de Bach vous incitera peut-être à entreprendre une dernière étape, celle de la découverte des aïeux.L\u2019étiquette Ri- cercar était partie, à travers Philippe Herreweghe, Erik van Nevel et Pierre Cao, à la recherche des pépites laissées par Johann Bach (1604), Johann Michael Bach (1648-1694) et Johann Christoph (1642-1703), une démarche récemment reprise et magnifiée par Lionel Meunier et son ensemble Vox Luminis pour le même label.Johann Christoph, cousin du père de Johann Sebastian, était si doué que certaines de ses œuvres ont passé pour celles du célèbre compositeur, mais celui qui mérite une exploration encore plus poussée est Johann Michael, le père de la première épouse de Johann Sebastian.Cette dynastie à ramifications est source d\u2019inépuisables trésors.C ultur e Classique 13 OU LE TRIOMPHE DE LA MÉDECINE avec Alexis Martin + Evelyne de la Chenelière + Marie-Thérèse Fortin + Pierre Lebeau + Didier Lucien + Sylvie Moreau conseiller médical Dr Alain Vadeboncoeur À L\u2019AFFICHE tnm.qc.ca RONDEMENT DANS CE SPECTACLE MENÉ AU QUART DE TOUR ET LA PERTINENCE DE CE \u2014 François Jardon-Gomez, Le Devoir texte JULES ROMAINS mise en scène DANIEL BRIÈRE T N M À TOUT P R I X B I L L E T S À PAR T I R D E 35$ LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Disque 14 Il n\u2019en faut pas beaucoup pour perdre le fil, dans la courtepointe toute décousue de la musique au temps du numérique.Threads a déjà un mois d\u2019usure, autant dire une éternité : célébrons ce disque de duos et trios avant qu\u2019il ne s\u2019effiloche, ce serait trop injuste pour celle qui nous a si puissamment rappelés en juillet au Centre Bell ce que durable veut dire.Threads se veut un baroud d\u2019honneur pour l\u2019artiste, une sorte de grand merci aux amis et aux mentors.La liste est longue, l\u2019affiche exceptionnelle : la revoilà auprès d\u2019Eric Clapton, avec Sting et Brandi Carlisle le temps d\u2019une visite chez feu George Harrison (Beware of Darkness).Rebonjour Keith Richards, avec lequel Sheryl s\u2019offre une belle oubliée des Stones (The Worst).Bonnie Raitt et Mavis Staples, Kris Kristofferson, Neil Young, Emmylou Harris, James Taylor, Joe Walsh, Willie Nelson, et jusqu\u2019à Johnny Cash d\u2019outre-tombe, ils sont tous là, liés les uns aux autres et liés à elle.Le tissu humain est le plus résistant qui soit.Sylvain Cormier Threads 1/2 Sheryl Crow et invités, Big Machine DUOS Quand on ferme les yeux, il y a des couleurs qui ondulent, des néons qui clignotent.Il y a une fête, mais très floue.Les invités qui y prennent part bougent de façon alanguie, comme ralentis par quelque substance qui suspend les tracas.Sur ce septième album, les Américains Sanae Yamada et Ripley Johnson, meneurs d\u2019une mouvance marquée par la tradition psyché (si une telle chose existe), mais toujours encadrée par une idée claire de la structure, se distancient d\u2019une posture un peu rigide qui était la leur pour aborder les choses avec légèreté.Oserait-on même dire avec facétie ?Il y a un an et demi, Moon Duo a offert un mini fait d\u2019une reprise de Suicide et d\u2019une autre de The Stooges.Les illustres agitateurs auront laissé des marques profondes sur le groupe (Eye 2 Eye).Yamada et Johnson ont dit vouloir se détourner des recherches inspirées de l\u2019occulte qui les occupaient auparavant.Le résultat est une belle célébration de l\u2019ici et maintenant, sans renier le côté « lunaire ».Sophie Chartier Stars Are the Light Moon Duo, Sacred Bones ROCK PSYCHÉDÉLIQUE Des trois microalbums Encores, celui-ci est nettement le plus singulier, peut-être aussi le moins immédiatement éloquent.Presque deux ans après All Melody, voici le dernier des trois chapitres conçus par Nils Frahm \u2014 en studio, mais aussi sur scène \u2014 en écho à son album-élé- phant.Encores 3 clôt donc l\u2019expérience du Funkhaus avec trois compositions aux percussions et aux pulsations électroniques, sorte de nouveau monde à la matière évolutive et dense.S\u2019il s\u2019agit certainement d\u2019une suite logique d\u2019All Melody, les ponts entre Artificially Intelligent, qui ressuscite les chœurs moniaux à la manière d\u2019une machine déréglée, et Amirador, longue transe brumeuse entre aigus et graves qui dégonfle durant quatre minutes, ne sont pas clairs.Cela dit, les onze minutes d\u2019All Armed sont rudement bien menées : entre la musique de film, la transe de hangar et l\u2019intrigue tropicale, il n\u2019y a qu\u2019un pas.Cette fin mystérieuse à un projet longuement mis au monde n\u2019en est pas encore le point final : la trilogie, sous le nom All Encores, verra le jour en octobre.Geneviève Tremblay Encores 3 Nils Frahm, Erased Tapes EXPÉRIMENTAL Les disques de musique française pour piano se suivent et ne se ressemblent pas.Après le pataud, pompeux et plombé My Paris Years d\u2019Alain Lefèvre (Warner), voici une approche beaucoup plus légère et subtile (différence résumée dans la Sonatine de Ravel, leur point commun) dans un programme à connotation nocturne et aquatique.Débutant avec Tailleferre, Fauré (superbe 4e Nocturne, qui met le disque sur les rails), Poulenc et Chabrier, le projet dévie vers Debussy et Ravel.Le 4e des Préludes du 1er Livre de Debussy donne son titre au disque.Sons et parfums tournent dans l\u2019air du soir.La Habanera de Chabrier, d\u2019une douce et troublante moiteur, prouve que l\u2019air nocturne est bien capté.C\u2019est dans les miroitements de l\u2019élément aqueux que l\u2019on a entendu plus immatériel et translucide, notamment dans deux des Images de Debussy, Poissons d\u2019or et Reflets dans l\u2019eau, mais surtout dans des enregistrements anciens (Hans Henkemans, Marcelle Meyer).Dommage pour le gauche montage cinq secondes après le début de la Sonatine de Ravel.Christophe Huss Les sons et les parfums\u2026 Janina Fialkowska.Atma ACD2 2766.CLASSIQUE Si cet Expansion Pack de quatre nouvelles chansons (plus une brève chute) est une indication de la suite de l\u2019aventure, Les Louanges s\u2019enlignent pour pondre encore quelques albums classiques.Plus près des fusions rap/néo-soul de Kekaula, Ter- cel et Romains que de la chanson funk à la Pitou, Vincent Roberge embrasse à fond, et avec brio, le son californien des Anderson .Paak, Kendrick Lamar et cie.Loin de faire une pâle copie de ce genre de groove organique, l\u2019auteur-composi- teur-interprète raffine encore mieux ses orchestrations (cuivres et syn- thés magnifiques) pour offrir ces perles que sont Attends-moi pas en ouverture (un texte sur sa nouvelle vie incompatible avec une relation stable) et la sublime Parc Ex.Sur les suivantes, Les yeux sur la balle et Drumz, la rythmique se durcit, hip- hop au tapis, avec les collaborations de Robert Nelson et Marky Lavender.C\u2019est fameux, la plus éloquente adéquation entre notre langue vernaculaire et l\u2019esthétique musicale moderne depuis la parution de l\u2019album 4,99 $ d\u2019Alaclair Ensemble.Philippe Renaud Expansion Pack 1/2 Les Louanges, Bonsound DUOS Voilà l\u2019automne.Les journées raccourcissent.Safia Nolin lance un nouvel album de reprises tristounettes \u2014 son premier était paru en novembre 2016 \u2014 en plus d\u2019un EP de versions de chansons emo de Para- more et de My Chemical Romance, entre autres, qui tireront quelques larmes aux ados ayant pleuré sur ces refrains.Safia, la déprime faite folk, une posture pleinement assumée, sourire en coin (hilarante pochette !), toujours avec cette même indéniable sincérité qui transperce ses meilleures interprétations : l\u2019étonnante Et cetera (de\u2026 Gabrielle Destroismaisons), Destin (Céline Dion), Tous les cris les S.O.S.(avec Alexandra Stéliski au piano) et cette sombre version de Tu ne sauras jamais (Les B.B.).L\u2019émotion passe cependant moins sur sa version amorphe de Je t\u2019oublierai, je t\u2019oublierai et, aussi talentueuse soit-elle, Sofia ne fera jamais de Un ange qui passe (Annie Villeneuve) une bonne chanson.La surprise ?Cette reprise de nulle autre que Lorie avec son ex- Pomme, la tendre et magnifique Je serai (ta meilleure amie).Philippe Renaud Reprises vol.2 / xX3m0 $0ng $ 2 $! nG @L0nG 2Xx Safia Nolin, Bonsound POP L\u2019extraordinaire série documentaire Country Music de Ken Burns aura fait la part belle aux pairages de la scène et de la vie : amours, trahisons, pardons, ruptures, tout se vit dans les refrains partagés par les Tammy Wynette-George Jones et autres tourtereaux chantants.C\u2019était pareil de notre bord de la frontière : un double album de performances inédites d\u2019Ian et Sylvia Tyson, couple royal du folksong canadien, les inscrit au même hôtel des cœurs brisés.Au-delà de leur immortelle Four Strong Winds et leurs morceaux traditionnels, le répertoire du tandem était très, très country, constate-t-on : de Jimmie Rodgers (Jimmie\u2019s Texas Blues) à Buck Owens (Together Again), de Ray Price (Heartaches by the Number) à Lefty Frizzell (That\u2019s the Way Love Goes), leurs trémolos se prêtaient idéalement à ces flots de joies et de peines.Notez : la légendaire Lucille Starr (oui, celle du fameux album The French Song) se joint au couple pour deux chansons.Eh, Burns, la contrée country, c\u2019est aussi nous ! Sylvain Cormier The Lost Tapes Ian & Sylvia, Stony Plain ARCHIVES Lundi, nous écrivions que Charles Richard-Hamelin et Pavel Kolesni- kov étaient parmi les cinq ou six pianistes les plus magiques à l\u2019approche de la trentaine et voilà que Kolesni- kov nous sort un CD Chopin avec en commun les quatre impromptus, ici disséminés dans le désordre au milieu de quatre valses, neuf mazurkas et la grande Fantaisie opus 49.Koles- nikov récidive donc en proposant un nouveau « voyage personnel » après son parcours magique à travers une sélection de mazurkas.Si Charles Ri- chard-Hamelin est l\u2019ami chaleureux qui vient vous jouer Chopin avec son cœur sur l\u2019instrument qu\u2019il semble avoir hérité de ses parents, Kolesni- kov est le fascinateur qui, dans une ambiance sonore beaucoup plus calculée et sur un piano sans failles, vient vous hypnotiser et vous attirer dans son univers dès la Valse op.69 no 1.La différence entre Charles Richard-Hamelin et Pavel Koles- nikov est que le Québécois idéalise ce dont on a rêvé alors que le Russe matérialise ce que l\u2019on n\u2019imaginait même pas.L\u2019effet est le même ; la note aussi.Christophe Huss Frédéric Chopin 1/2 Hyperion CDA 68273.CLASSIQUE LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 ENTREVUE JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR La réalisatrice Louise Sigouin parle d\u2019une voix douce, très douce, un peu flottante, voire distante.Elle vient de consacrer un film, Amoureuses, tout juste sorti en salles, aux dernières moniales dominicaines du Québec, les sœurs cloîtrées de Berthierville.Qui sont ces femmes, voilées, âgées et à l\u2019évidence joyeuses ?« J\u2019ai beaucoup lu sur l\u2019histoire de ces religieuses cloîtrées.Leur histoire remonte à l\u2019an 300 après Jésus-Christ.Les moniales dominicaines, dans leur cas, existent depuis 800 ans.Vous savez, les femmes étaient du bétail pour les hommes\u2026 En s\u2019évangélisant, de petits groupes de femmes se sont émancipés.Ces femmes étaient des intellectuelles.Ce sont elles, par exemple, qui apprenaient aux hommes à lire.Il faut le dire.» Les chemins de l\u2019émancipation ne sont pas toujours ceux que l\u2019on suppose d\u2019emblée.« C\u2019est étonnant », souligne Louise Sigouin.Des sœurs cloîtrées ont accepté de se livrer pour la première fois devant la caméra de Louise Sigouin.Elles parlent de leur enfance, de leurs choix de vie, de leurs rapports au monde, à leurs familles, à leurs amis.À leur Dieu.Les moniales de Berthierville, seule communauté francophone de moniales dominicaines en Amérique du Nord, se livrent simplement.« Je témoigne d\u2019un temps qui nous glisse entre les mains », sans qu\u2019on s\u2019en rende compte, sans qu\u2019on en mesure d\u2019emblée les lourdes conséquences sur l\u2019avenir, explique Louise Sigouin au Devoir.Ce type de réflexion se trouve un peu au cœur de la démarche de Louise Sigouin.Elle a par exemple déjà consacré un livre aux commerces appelés à disparaître.Elle recueille volontiers les traces de passés fragiles, comme s\u2019il s\u2019agissait de promesses trop facilement oubliées, d\u2019un gage d\u2019un avenir sacrifié d\u2019avance, sans raison.Tout faire avec attention « Quand je me suis intéressé aux moniales, je souhaitais réaliser un projet sur des gens qui vivent une vie différente.Je trouvais qu\u2019il y avait là quelque chose de particulier.» Mais comment convaincre des religieuses qui se sont placées en retrait du monde de se laisser filmer pendant près d\u2019une année ?« On m\u2019a dit d\u2019abord que cela ne serait pas possible, d\u2019autant plus qu\u2019elles allaient vendre et quitter ce lieu.Mais j\u2019ai fini par les apprivoiser.J\u2019ai vécu là, avec L Voyage spirituel Les moniales dominicaines ont quitté leur édifice pour s\u2019installer à Shawinigan.Leur nombre a décliné.Comment soutenir un édifice aussi imposant, fruit des efforts d\u2019un architecte de l\u2019entre-deux-guerres, quand on n\u2019est plus qu\u2019une poignée de femmes plutôt âgées ?Un promoteur a fini par acheter cet imposant bâtiment, avec l\u2019intention avouée de le raser au plus vite pour y construire des maisons neuves.La Ville ne s\u2019est pas opposée à ce projet, affirmant qu\u2019elle n\u2019avait pas les moyens de préserver ce bâtiment quand ses moyens sont si pauvres.En dernier recours, à la suite d\u2019alertes lancées dans les médias, le ministère de la Culture a été forcé d\u2019intervenir, protégeant au moins temporairement le bâtiment.L\u2019affaire n\u2019est pas encore jouée en faveur d\u2019une reconversion, la menace d\u2019une destruction planant toujours à basse altitude.Louise Sigouin se désole qu\u2019on puisse seulement songer à détruire un bâtiment pareil, témoin et porteur d\u2019une part essentielle de l\u2019histoire québécoise.Est-ce que la société d\u2019aujourd\u2019hui aura assez de conscience d\u2019elle-même et de convictions pour éviter pareille destruction d\u2019un patrimoine commun ?La réalisatrice se le demande.« Les promoteurs, pour moi, ce sont des envahisseurs.Ils s\u2019approprient des lieux, au nom de l\u2019argent.On ne pense à rien d\u2019autre.On oublie tout.On est envahi par la laideur.Les centres d\u2019achats et les projets commerciaux prennent de plus en plus la place.Ils ont le dessus sur la vie de village, sur l\u2019esprit de communauté.» « Je pense qu\u2019avec ce film, je revendique pour le présent un autre temps qui est encore là, mais qu\u2019on ignore.En tout cas, j\u2019ai plus d\u2019impact avec ce film qu\u2019avec tout ce que j\u2019ai fait.Ce monastère et la vie de ces femmes constituent une part indissociable de nous-mêmes.Qu\u2019on le veuille ou non, on est reliés à ça.Le nier, vouloir l\u2019effacer, cela ne sert à rien.» C\u2019est au fond à un voyage spirituel qu\u2019invite ce film porté par la voix effacée de sa réalisatrice.« Je viens d\u2019une famille où les parents n\u2019allaient pas à la messe.Me retrouver ainsi, du jour au lendemain, avec ces femmes a activé quelque chose en moi que je ne soupçonnais pas.» A-t-elle eu un soudain élan religieux ?« Non ! Je ne peux pas supporter les dogmes de l\u2019Église ! Mais il y a quelque chose dans le rituel qui est nécessaire pour marquer le temps.Croyant ou pas, chacun devrait pouvoir goûter à cela, à un moment ou l\u2019autre de sa vie.C\u2019est nécessaire.» elles.J\u2019ai souvent dormi au monastère, qui est un lieu magnifique.» Le cloître et les jardins des moniales ont fait une forte impression sur Louise Sigouin qui a écouté, patiemment, la parole de ces femmes.Certaines ont été mariées.D\u2019autres savaient depuis l\u2019enfance qu\u2019elles souhaitaient devenir religieuses.Leurs parcours surprennent, dans certains cas.Mais ce documentaire calme et posé va au-delà du simple témoignage des principales intéressées.Il renvoie à une image de notre vie en société.On y entend par exemple le jardinier, qui a consacré les meilleures années de sa vie à la nature aux abords des bâtiments.« Le jardinier a planté là des milliers d\u2019arbres.Des milliers.C\u2019est magnifique.» On entend cet homme s\u2019exprimer sur le contraste entre cette richesse apparente des lieux et la pauvreté qui s\u2019y est vécue.Le plus marquant dans cette année passée chez des sœurs cloîtrées ?« L\u2019attention portée aux choses.Dans la vie, nous sommes toujours pressés pour tout.Chez elles, au contraire, tout est fait avec attention, avec amour, dans une attention constante portée aux autres.C\u2019est l\u2019attention à ce que tu manges, à ce que tu fais, à tes rapports aux autres.Il y a aussi des rites très forts chez elles.Je me suis rendu compte que nous avons besoin de rites, de ces marqueurs du temps qui passe.» Cette scansion du temps, Louise Sigouin l\u2019a savourée plus que tout.Et comme ces femmes, elle éprouve de plus en plus le besoin d\u2019échapper à l\u2019agitation du monde, sans pour autant s\u2019en couper.« Vous savez, les sœurs lisent Le Devoir.Sur papier.C\u2019est le seul lien qu\u2019elles ont, tous les jours, avec le monde.Et cela leur suffit.Comme à moi, au fond, de plus en plus.» Louise Sigouin recueille volontiers les traces de passés fragiles, comme s\u2019il s\u2019agissait de promesses trop facilement oubliées.ALICE CHICHE LE DEVOIR.15 Culture Cinéma Lever le voile sur les moniales Louise Sigouin témoigne d\u2019un temps qui nous glisse entre les mains avec Amoureuses LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Cinéma 16 On y suit l\u2019amitié indéfectible qui unit deux jeunes filles innues, Mikuan et Shaniss.Tandis que la première, éprise d\u2019écriture, est curieuse de découvrir le reste du monde, la seconde, déjà mère, s\u2019en méfie et préfère leur communauté d\u2019Uashat.Ce ne sont là que les grandes lignes d\u2019un film d\u2019exception ayant fait vivre une expérience marquante à ses deux vedettes, Sharon Ishpatao-Fontaine et Yamie Grégoire, mais aussi à Naomi Fontaine.Il faut savoir que lorsque la cinéaste Myriam Verreault l\u2019approcha avec l\u2019idée de tirer un film de ce qui était alors son premier ouvrage, Naomi Fontaine n\u2019accepta pas d\u2019emblée.« Kuessipan venait de paraître, et auparavant, le travail d\u2019écrivain, je ne connaissais pas ça.Alors là, celui de scénariste, encore moins.Collaborer avec une cinéaste pour faire un film de mon livre, pour moi, ça ne voulait rien dire : je n\u2019avais aucune idée de la manière dont on pouvait s\u2019y prendre », se souvient l\u2019auteure.Du même souffle, Naomi Fontaine précise qu\u2019au fond, sa circonspection s\u2019expliquait par une nécessité de développer un lien de confiance avec Myriam Verreault.Elle désirait en outre voir jusqu\u2019à quel point cette dernière était prête à s\u2019impliquer.« Là, je vais parler pour moi : quand les gens s\u2019intéressent à nos cultures, j\u2019ai toujours l\u2019impression qu\u2019ils vont aller dans le folklore ou des clichés, ou carrément dans des fantasmes n\u2019ayant rien à voir avec la réalité.Dans mon écriture, je m\u2019éloigne volontairement de tout ça.Ce que j\u2019ai envie d\u2019écrire, c\u2019est le visage des gens, tel qu\u2019il est, à Uashat.Avec toute sa souffrance, mais aussi toute sa beauté.» Ce qu\u2019elle continue d\u2019accomplir avec un mélange magnifique d\u2019épure et de puissance d\u2019évocation, en témoigne encore son tout récent Shuni.Dans ce récit qui se veut une longue lettre adressée à une amie d\u2019autrefois, Naomi Fontaine énonce certains Kuessipan nous mène au cœur d\u2019Uashat Les deux vedettes du film et l\u2019auteure du recueil qui l\u2019a inspiré partagent leur expérience Yamie Grégoire et Sharon Fontaine- Ishpatao dans Kuessipan, réalisé par Myriam Verreault MAX FILMS MÉDIA ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR près avoir séduit public et médias au TIFF, Kuessipan, de Myriam Verreault, a fait de même au Festival de cinéma de la ville de Québec, y raflant le Grand Prix.À raison.Inspirée par le superbe recueil éponyme signé Naomi Fontaine, Kuessipan, l\u2019adaptation, fait honneur à la source tout en proposant autre chose.Quelque chose d\u2019aussi beau.A Série BODY ELECTRIC Performance - Danse - Installations 2 ?11 OCT usine-c.com 514.521.4493 Soleil Launière Umanishish Andrea Peña & Artists Untitled I + III Daina Ashbee Serpentine Anne Thériault Récital © J u n e B a r r y a l i a s B O Y C O T T PARTENAIRE PRINCIPAL Exposition BOYCOTT LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 de ces clichés qu\u2019elle abhorre : « Ces toutes petites boîtes dans lesquelles les étrangers se croient en mesure de nous classer.Le bon Indien, l\u2019Indien spirituel, l\u2019Indien civilisé, l\u2019Indien sauvage et l\u2019Indien de misère.» À leur évocation en cours d\u2019entrevue, l\u2019auteure en complète l\u2019énumération à voix haute.Craignait-elle, en l\u2019occurrence, que Myriam Verreault, si bien intentionnée soit-elle, tombe dans ces ornières-là ?« On a parlé de ses motivations, mais ç\u2019a vraiment été lorsqu\u2019elle m\u2019a accompagnée pour l\u2019été à Uashat que le projet est devenu réellement possible à mes yeux.J\u2019ai tout fait pour lui montrer les plus beaux spots ; qu\u2019elle soit séduite par ma communauté.Qu\u2019elle rencontre les gens, qui sont fiers\u2026 Avant de voir la souffrance des gens, c\u2019est important de voir leur beauté », réitère-t-elle.Partenaires complémentaires C\u2019est d\u2019ailleurs sur place, à terme, que furent trouvées les Mikuan et Shaniss imaginées spécifiquement dans le scénario dont Myriam Verreault et Naomi Fontaine partagent le crédit au générique du film.Sharon Ishpatao-Fon- taine incarne Mikuan.Mikuan qui, en narration hors champ, récite des textes écrits par son personnage dont on retrouve la trace dans l\u2019œuvre de Naomi Fontaine.Yamie Grégoire, quant à elle, interprète Shaniss, qui mène une existence plus difficile.Ni l\u2019une ni l\u2019autre ne possède de formation en jeu.Toutes deux sont merveilleuses d\u2019authenticité dans le film.« Naomi était mon prof de français, et un jour, elle nous a annoncé que son livre allait devenir un film, et qu\u2019il allait y avoir des auditions.Je me suis dit que ce serait peut-être une belle occasion de me lancer dans quelque chose de différent.Plus tard, Myriam est venue dans la classe.Elle a expliqué un peu le film qu\u2019elle voulait faire, nous a parlé des personnages, des auditions à venir\u2026 Elle regardait pas mal tout le monde.Mais moi, je la fixais, et je lui disais mentalement \u201cc\u2019est moi : tu vas me choisir moi \u201d.Je pense que mon regard l\u2019a un peu intimidée cette fois-là », se souvient Yamie Grégoire en riant.Cette nature volontaire est pour le compte en phase avec le tempérament fort de Shaniss.Son de cloche inverse du côté de sa partenaire Sharon Ishpatao-Fontaine, qui, elle, n\u2019avait nulle intention de se présenter.« Des amis avec qui j\u2019avais tourné de petites vidéos m\u2019ont parlé des auditions.Je trouvais ça intimidant et je ne voulais pas devenir actrice.J\u2019ai donc refusé.Puis une autre personne, qui connaissait Myriam, m\u2019a demandé d\u2019essayer et j\u2019ai refusé de nouveau.À la troisième personne, je me suis décidée à aller jeter un coup d\u2019œil, voir comment ça se passait, et c\u2019est là que j\u2019ai rencontré Myriam et qu\u2019on a discuté.Ç\u2019a cliqué.Après ça, ça s\u2019est enchaîné.» Être chez soi Durant le processus de sélection, les interprètes potentiels, tous des non professionnels, bénéficièrent d\u2019ateliers de jeu.C\u2019est pendant ceux-ci que Sharon Ishpatao-Fontaine et Yamie Grégoire firent connaissance.De se souvenir la première : « Pendant un des exercices, il fallait inviter quelqu\u2019un à danser et je suis spontanément allée vers toi.Tu m\u2019intriguais.» « Je sais être intrigante quand je veux ! » de répliquer la seconde.Hormis le fait qu\u2019elles sont à juste titre très fières du film, chacune conserve un souvenir précieux de l\u2019aventure.« Je le referais mille fois », assure Ya- mie Grégoire.« Ça m\u2019a fait comprendre combien c\u2019est important d\u2019oser, de prendre des risques », confie pour sa part Sharon Ishpatao-Fontaine.Et Naomi Fontaine ?Fut-elle d\u2019office heureuse du résultat ?C\u2019est un euphémisme : « La première fois que j\u2019ai vu le film, c\u2019était le montage final auquel il ne restait à faire que quelques trucs comme l\u2019ajustement des couleurs et tout ça.Bref, le visionnement se passait dans un condo, à Montréal, mais pendant deux heures, j\u2019ai eu l\u2019impression d\u2019être chez moi.» Kuessipan prend l\u2019affiche le 4 octobre.Naomi Fontaine MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Là, je vais parler pour moi : quand les gens s\u2019intéressent à nos cultures, j\u2019ai toujours l\u2019impression qu\u2019ils vont aller dans le folklore ou des clichés, ou carrément dans des fantasmes n\u2019ayant rien à voir avec la réalité.Dans mon écriture, je m\u2019éloigne volontairement de tout ça.NAOMI FONTAINE » Culture VÉNEMENT CITOYEN ET TRAVAGANT EX \u2013 T GRATUI OBRE 019 \u2013 2 6 OCTOBRE EN CAS E D PLUIE) 5 OCT É 14H ( S REMI AU www.festivalphenomena.com PHÉNOMENA 8e FESTIVAL PARADE PHÉNOMÉNALE 2e ÉDITION COSTUMEZ- VOUS ET PARTICIPEZ ! LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Les écorchées, Juliette Binoche les incarne depuis très longtemps, et disons-le : elle excelle dans ce registre et on ne remerciera jamais assez Léos Carax (Mauvais sang) et André Téchiné (Rendez-vous) de lui avoir tracé ce chemin.Certains pourraient voir dans cette posture une impression de facilité, mais jamais sa dévotion ne saurait être remise en cause, et surtout pas devant Celle que vous croyez, de Safy Nebbou (Le cou de la girafe, Dans les forêts de Sibérie).Elle a beau ici s\u2019appeler Claire, rien n\u2019est plus opaque et contradictoire que les comportements de cette femme, pleine d\u2019assurance en pro- fesseure de littérature, vite désespérée en amante larguée deux fois plutôt qu\u2019une : d\u2019abord par le père de ses deux fils, parti dans les bras d\u2019une autre, et ensuite par son jeune amant, Ludo (Guillaume Gouix), qui ne voit en elle qu\u2019un divertissement nocturne.Pour se rapprocher de cet homme qu\u2019elle croit avoir dans la peau, Claire s\u2019invente un avatar sur Facebook prénommé Clara, s\u2019appropriant les photos d\u2019une splendeur blonde anonyme pour se rapprocher d\u2019Alex (François Civil), le colocataire de Ludo, de qui elle pourrait soutirer des informations sans en avoir l\u2019air.Leurs échanges virtuels deviennent vite frénétiques, tissant une liaison dangereuse (Claire évoque même le roman épistolaire de Laclos dans un de ses cours), mais totalement virtuelle, frustrant de plus en plus ce jeune et séduisant photographe qui ne s\u2019imagine pas en lien avec une quinquagénaire au lourd bagage sentimental.Tout cela ne pouvait aboutir qu\u2019à un échec, voire à une tragédie, et c\u2019est ce doute qui plane tout au long du récit, raconté de manière morcelée par cette amoureuse au bord du gouffre.Car elle se confie sans ambages à ce que l\u2019on croit une psychologue en cabinet privé, mais Claire et la dépositaire de ses secrets (Nicole Garcia, loin de sa flamboyance habituelle) évoluent dans un environnement beaucoup plus contrôlé, et contraignant.L\u2019objet du désir de Claire ne possède aucune existence complète et totale, à la différence de ceux et celles qui gravitent autour d\u2019elle.Après une suite de textos, et rapidement au téléphone, Alex est toujours tenu à distance, parfois observé, épié, par cette mythomane jouant un jeu dangereux.Par la suite, ce jeune romantique devient le héros d\u2019une fiction aux allures réalistes, une autre machination de cette femme toujours prête à fantasmer à outrance ses histoires d\u2019amour.Au point de se brûler les ailes, comme en témoignent souvent le visage défait et les yeux pleins de larmes de cette naufragée de l\u2019univers virtuel.Dans un Paris rarement pittoresque, Claire évolue dans un univers qui sans cesse lui renvoie une image froide et déshumanisante de sa propre existence.Entre les passerelles bétonnées de la bibliothèque Fran- çois-Mitterrand, les corridors vitrés du Centre Pompidou et la tour d\u2019habitation anonyme où elle habite, rien ne semble chaleureux ni réconfortant autour de cette femme qui a perdu pied, et à un point où même sa médecin en vient à se demander comment elle fera pour la raccrocher à une vie n\u2019ayant de sens que sous le signe de la passion amoureuse.Celle que vous croyez est entièrement dominé par la présence incandescente de Juliette Binoche, affichant dans certaines scènes à caractère sexuel le même abandon dont elle avait récemment fait preuve chez Claire Denis dans High Life.Dans cette radiographie du pouvoir, pervers et périlleux, de l\u2019imagination, l\u2019actrice mène le bal avec sa détermination coutumière.Elle est ici au service d\u2019un cinéaste qui, à travers l\u2019adaptation du roman de Camille Lau- rens, radiographie les travers technologiques de notre époque et ces sentiments universels, intemporels, que sont la solitude et la trahison amoureuse.Culture Cinéma 18 L\u2019insoutenable légèreté du virtuel Juliette Binoche au temps de la solitude urbaine et de l\u2019amour sur les réseaux sociaux Celle que vous croyez 1/2 Drame de Safy Nebbou.Avec Juliette Binoche, François Civil, Nicole Garcia, Guillaume Gouix.France, 2019, 102 minutes.Elle a beau ici s\u2019appeler Claire, rien n\u2019est plus opaque et contradictoire que les comportements de cette femme, pleine d\u2019assurance en professeure de littérature, vite désespérée en amante larguée deux fois plutôt qu\u2019une.AXIA FILMS CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Louis Bélanger, cinéaste rigolo ?Ce n\u2019était pas si clair avant qu\u2019il ne signe Les mauvaises herbes, comédie joyeusement déjantée, pimentée d\u2019humour noir et de situations absurdes.Parce qu\u2019avant cela, s\u2019il avait su jouer à l\u2019équilibriste, capable d\u2019osciller entre sourires et larmes (Route 132, Le génie du crime), il pouvait aussi poser sur le monde un regard cruel et désespéré, particulièrement dans Post Mortem, son premier long métrage de fiction.Gaz Bar Blues, une de ses plus belles réussites, possédait ce dosage parfait, en plus d\u2019afficher des éléments autobiographiques, supplément d\u2019âme à une chronique familiale qui n\u2019en manquait pas.Car de multiples photographies en noir et blanc de l\u2019Allemagne sens dessus dessous de la fin des années 1980 témoignaient de l\u2019esprit d\u2019aventure du cinéaste, l\u2019insufflant à l\u2019un de ses personnages que l\u2019on pouvait qualifier d\u2019alter ego.La filiation apparaît encore plus évidente dans Vivre à 100 milles à l\u2019heure, visite guidée d\u2019un passé tumultueux qui n\u2019est pas sans rappeler la douce folie de C.R.A.Z.Y., de Jean- Marc Vallée, la fumée de cigarette en (beaucoup) moins, et les drogues de toutes sortes en (beaucoup) plus.Au centre de cette plongée, de l\u2019enfance à l\u2019aube de l\u2019âge adulte, à Québec et dans ses banlieues, une figure domine : Louis, un garçon des années 1970, apprendra à écrire avec la méthode du sablier (le pauvre), mais surtout à transgresser les interdits, en particulier ceux liés au commerce de substances illicites, une entreprise dans laquelle il va s\u2019enrichir avec ses deux complices de tous les instants.Le premier, Daniel, sera le grand manitou de leur petite entreprise florissante, des corridors de leur polyvalente aux arcades du quartier, alors que le second, Éric, aura du mal à résister aux effets euphorisants des produits offerts à une clientèle qui en redemande.Non, ce n\u2019est pas un film « sur la dope », bien qu\u2019elle prenne une place prépondérante, parfois comique, parfois tragique.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un ambitieux récit d\u2019apprentissage s\u2019étalant sur plusieurs saisons et sur plus d\u2019une décennie, mais toujours centré sur ce trio soudé pour la vie que l\u2019on verra grandir (parfois, trois jeunes comédiens incarnent un même personnage Les mauvais coups La nostalgie débridée et tonifiante d\u2019un cinéaste revisitant sa jeunesse rock\u2019n\u2019roll LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Vivre à 100 milles à l\u2019heure Chronique de Louis Bélanger.Avec Rémi Goulet, Antoine L\u2019Écuyer, Félix- Antoine Cantin, Sandrine Poirier-Allard.Québec, 2019, 104 minutes.Vivre à 100 milles à l\u2019heure est un ambitieux récit d\u2019apprentissage s\u2019étalant sur plusieurs saisons et sur plus d\u2019une décennie.LES FILMS OPALE CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Octobre 1938.Dans le studio de la Metro Goldwyn Meyer vient de s\u2019amorcer le tournage du futur triomphe Le magicien d\u2019Oz.À une toute jeune Judy Garland, Louis B.Meyer lui-même explique qu\u2019elle n\u2019a pas le plus beau visage ni les plus belles dents, mais qu\u2019elle possède une voix hors du commun.Il y a quelque chose de sourdement menaçant dans la voix doucereuse du tout-puissant bonhomme.Et il y a ce compliment, qui ressemble davantage à de la destruction psychologique.Judy, le film, revient dans ce passé faussement brillant afin d\u2019éclairer le triste présent, l\u2019essentiel de l\u2019intrigue se déroulant trente ans plus tard, à une époque où l\u2019actrice et chanteuse désargentée en est réduite à courir le cachet.On découvre ainsi une Judy Garland contrainte de se produire au noir dans des bouis-bouis en compagnie de ses deux plus jeunes enfants.Vrai qu\u2019à l\u2019époque, elle était devenue impossible à assurer à force d\u2019engagements annulés ou ratés : accro aux médicaments de longue date, l\u2019ancienne fiancée de l\u2019Amérique\u2026 Jetée par le dernier hôtel qui acceptait encore de lui faire crédit, la voici à la rue avec sa progéniture.Dans le taxi qui les emmène vers une destination incertaine, Lorna, la fille cadette, supplie sa mère de ne pas s\u2019endormir en la voyant avaler un comprimé.« Ce n\u2019est pas un de ceux qui font dormir, chérie », répond Judy.L\u2019air inquiet mais résigné de la petite, celui, préoccupé mais absent de l\u2019adulte : rien à ajouter.Inadéquate de maintes façons, Judy n\u2019en aime pas moins ses enfants de tout son être.Or, pour pouvoir recouvrer leur garde, elle est contrainte d\u2019accepter une série de concerts à Londres, le seul endroit où un promoteur est encore disposé à l\u2019accueillir.Cruelle disgrâce après une série de comédies et de drames musicaux à succès comme Le chant du Missouri (Meet Me in St.Louis, où elle créa le classique Have Yourself a Merry Little Christmas) ou Une étoile est née (A Star Is Born, avec l\u2019autre classique The Man That Got Away), déjà un premier « retour » professionnel pour elle.C\u2019est qu\u2019Hollywood aime broyer ses vedettes.Qui plus est lorsque la vedette est femme et qu\u2019elle a passé l\u2019âge de jouer les ingénues.Remise en perspective D\u2019ailleurs, l\u2019un des aspects les plus émouvants du film implique un couple d\u2019admirateurs homosexuels dont la présence vient rappeler combien le public gai demeure fidèle \u2014 fervent \u2014 envers ses idoles féminines lorsque celles-ci avancent en âge et que l\u2019industrie se désintéresse d\u2019elles (Bette Davis, Elizabeth Taylor, Cher, Cyndi Lauper, Grace Jones, Madonna : la liste est sans fin).Tiré de la pièce End of the Rainbow, en référence à la chanson phare Over the Rainbow composée pour Le magicien d\u2019Oz (The Wizard of Oz), Judy aurait pu se résumer à un énième portrait de déchéance glamour dont le showbiz a le secret.À vrai dire, le film, dont la trame reste prévisible, est parfois cela.Ainsi, après une première réussie, les tendances autodestructrices de la star déchue la rattrapent.Dès lors, à chaque soir son suspense : pourra-t-elle chanter, voire se tenir debout ?Mais le film va au-delà de la formule, notamment avec ces retours en arrière déjà évoqués qui, loin d\u2019être accessoires, remettent en perspective les déboires du moment en leur donnant une genèse.On pense par exemple aux pilules coupe-faim (des dérivés d\u2019amphétamines) que le studio forçait Judy Garland à consommer, à l\u2019instar de somnifères, les premières provoquant de l\u2019insomnie atténuée par les secondes.L\u2019expression « bo- dy-shaming » n\u2019existait pas alors, mais c\u2019est bien ce qu\u2019on infligea à l\u2019adolescente de 16 ans.Ça laisse des traces.Et ça use prématurément.Le retour de Zellweger Ces blessures psychiques et physiques, Une étoile s\u2019est consumée Renée Zellweger est incandescente dans le rôle d\u2019une Judy Garland usée mais n\u2019ayant pas renoncé à différents âges), pas toujours en grâce et en sagesse.Leur famille respective est reléguée à la périphérie, des adultes le plus souvent inadéquats ou démunis devant une progéniture moins révoltée contre le système \u2014 celui où un même architecte peut concevoir à la fois une polyvalente et une prison\u2026 \u2014 que désireuse de s\u2019y insérer en toute illégalité.Vivre à 100 milles à l\u2019heure fourmille de scènes cocasses et de figures caricaturales, dont celle de la mère indigne (les pères ici sont cruellement absents), célébrant la franche camaraderie d\u2019un clan découvrant les périls de l\u2019amour et ceux du marché noir, l\u2019apprenant parfois avec une mâchoire cassée ou des culottes baissées, cruels moments d\u2019humiliation.Plus que jamais, Bélanger affiche sa grande admiration cinéphile pour un cinéma québécois d\u2019un autre temps, autrement moins léché, celui de l\u2019époque qu\u2019il décrit avec la complicité d\u2019un directeur photo qui a d\u2019ailleurs contribué à son esthétique.Pierre Mignot en reproduit parfaitement les aspérités, les lumières criardes des néons se répercutant sur des décors où le beige et le brun dominent outrageusement.Autre complice incontournable et fidèle, son frère Guy Bélanger déploie encore une fois tout son talent musical.Harmoniciste et compositeur attitré des films du cadet de la famille, il est ici personnifié en protecteur un brin moralisateur, rappelant au jeune Louis, celui du film, ce qu\u2019il en coûte de briser le cœur de ses parents.Cette chronique tonifiante et insolente d\u2019une jeunesse rock\u2019n\u2019roll nous donne franchement envie de tout lui pardonner.Renée Zellweger les porte dans son regard, dans sa posture, dans sa voix.Et quelle voix ! Car elle interprète elle-même toutes les chansons du film.On a beau l\u2019avoir entendue chanter dans Chicago, ici, c\u2019est autre chose.On est scié par la charge émotionnelle qu\u2019elle déploie, ses cordes vocales on ne peut plus à la hauteur d\u2019un point de vue purement technique.Pour le compte, c\u2019est là un « retour » pour elle également.Cette composition cousue main pour les Oscar rehausse considérablement le niveau d\u2019intérêt du film qui, on l\u2019évoquait, est loin d\u2019être sans qualités, mais ne casse rien non plus sur le plan cinématographique.Venu du théâtre, Rupert Goold signe en effet une première réalisation dont le confinement trahit davantage un petit budget jamais transcendé, faute d\u2019une réelle vision, qu\u2019un parti pris intimiste.Direction photo sobre, pas de caricature nostalgique à la direction artistique\u2026 Bref, c\u2019est adéquat, mais guère mémorable.En somme, on parle d\u2019un bon petit film bénéficiant d\u2019une grande performance.Ce que livre Renée Zellweger, incandescente en étoile qui achève de se consumer.Judy (V.O.et V.F.) Drame biographique de Rupert Goold.Avec Renée Zellweger, Jessie Buckley, Finn Wittrock, Rufus Sewell, Michael Gambon.États-Unis / Grande-Bretagne, 2019, 118 minutes.Les blessures psychiques et physiques du personnage, Renée Zellweger les porte dans son regard, dans sa posture, dans sa voix.Et quelle voix ! LES FILMS SÉVILLE Culture Cinéma 19 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 C ultur e Notr e s élection cinéma en s alle 2 0 Les nouveautés sont en rose Aquarela ?Vous en aurez plein la vue, et parfois plein les oreilles, devant cet hommage à l\u2019eau, élément capable de créer tout à la fois vie, beauté et destruction.Tout cela cohabite avec éclat et brio grâce au regard, et au courage, de Victor Kossa- kovsky, prêt à tout pour célébrer la puissance des flots et des glaciers ou s\u2019ap- Un grand voyage vers la nuit (V.O., s.-t.f.et V.O., s.-t.a.) ?1/2 De retour dans sa ville natale qu\u2019il a fuie naguère, un homme tente de retrouver une femme mystérieuse qu\u2019il aima alors.Et si elle n\u2019existait que dans ses souvenirs?Néo-noir onirique d\u2019une beauté stupéfiante, ce second long métrage de Bi Gan, un autodidacte à peine trentenaire, rend compte d\u2019un rare talent pour immerger le cinéphile dans l\u2019inconscient trouble d\u2019un antihéros livré aux chimères d\u2019un passé possiblement fantasmé.Car rien n\u2019est arrêté dans cette œuvre-fleuve dont la construction s\u2019avère sophistiquée sans être capricieuse.Riche tant sur les plans symbolique (horloges, éléments de fiction gigognes, tels roman et salle de cinéma) que chromatique (utilisation avisée du vert et du rouge), le film refuse de tout expliquer.À terme d\u2019ailleurs, on ne sait trop si ce à quoi l\u2019on a assisté relève d\u2019événements réels ou d\u2019une fiction à l\u2019intérieur d\u2019une fiction, voire d\u2019un film dans un film.Et ce doute, à l\u2019instar de la facture exquise, séduit.François Lévesque Ceux qui travaillent ?1/2 À la suite d\u2019une décision brutale de sa part, Frank est licencié par la société à qui il a tout donné.Olivier Gourmet est au sommet de son art en homme incapable d\u2019avouer son renvoi à sa famille, car s\u2019étant toujours défini par le travail.Parviendra-t-il à «se refaire»?Cra- quera-t-il avant?Il en résulte une fascinante étude de cas.Mais au fait, quelle est la teneur exacte de cette fameuse décision?La révélation informe autant sur la nature véritable de Frank que sur ce que certains en viennent à juger acceptable au nom de la marge de profit.Le récit s\u2019avère complètement imprévisible, mais parfaitement plausible.D\u2019un réalisme gris, la facture est en phase avec les dehors taciturnes du protagoniste: apparences trompeuses pour monstrueuse banalité.François Lévesque Soleils noirs ?1/2 Avec le documentaire Soleils noirs, le réalisateur Julien Élie (Le dernier repas) fait tout un retour sur les écrans.Lui qui n\u2019avait rien proposé en plus de 15 ans plonge non sans risques, et en Il pleuvait des oiseaux ?Il n\u2019y a pas d\u2019âge pour aimer, dit-on.Il pleuvait des oiseaux, adaptation extrêmement réussie par Louise Archam- bault du roman primé de Jocelyne Saucier, donne à voir une fort belle illustration de cet adage.On y parle d\u2019amour au temps de la dernière heure, mais également de liberté, et de ce qu\u2019il en coûte, parfois, pour vivre celle-ci jusqu\u2019au bout.Il y est aussi question d\u2019amitié pareillement têtue, d\u2019art, de mémoire\u2026 Ce, sur toile de fond sylvestre accueillante mais indomptée, comme les protagonistes.Du roman, Louise Archambault a su dans un premier temps tirer un scénario très solide, élaguant et fusionnant là où il le fallait.La construction dramatique est imparable.En résultent, hormis un enchaînement fluide à crescendo bien modulé, des partitions particulièrement riches qu\u2019une distribution de haut vol fait siennes.François Lévesque Vers les étoiles (V.F.de Ad Astra) ?1/2 Encore une fois, James Gray (The Immigrant, The Lost of City of Z) affiche haut et fort sa singularité, plus que jamais essentielle, quelque part entre Christopher Nolan (avec qui il partage un exceptionnel directeur photo, Hoye Van Hoytema) et David Fincher.Bien plus qu\u2019une conquête chevaleresque de notre système solaire à ses extrêmes limites, Ad Astra s\u2019affiche aussi, et surtout, comme une impressionnante plongée intérieure, avec des retrouvailles fils-père aux allures grandioses de space opera.Le magnétisme de la musique de Max Richter et un habillage visuel sobre, mais d\u2019un soin méticuleux rehaussent les enjeux dramatiques de ce voyage où les planètes sont autant de gares peuplées de figures inquiétantes et contaminées par les complots.Loin de la flamboyance récemment déployée chez Tarantino, Brad Pitt défend ici une partition d\u2019une émouvante intériorité, sans pour autant masquer sa dégaine de star pleine d\u2019assurance.André Lavoie Le cygne de cristal (V.F.de Crystal Swan) ?Par son style, on pourrait la croire sortie de l\u2019univers de Pedro Almodóvar, et son tempérament frondeur évoque les belles héroïnes délurées des premiers films de Milos Forman.Avec ses vêtements flamboyants et son allure excentrique, Velya ne passe pas inaperçue, et elle ne dissimule jamais son envie de fuir la Biélorussie des années 1990 pour conquérir l\u2019Amérique, si possible comme DJ.Cette quête sera marquée par quelques magouilles qui la conduiront de Minsk, la capitale, à une petite ville industrielle où il lui faudra attendre un coup de fil déterminant au milieu d\u2019une famille dont elle ignore tout.Une situation absurde dans un monde désorganisé par la faillite du système communiste illustrée avec un heureux mélange d\u2019insolence et de gravité par Darya Zhuk, qui témoigne des désillusions d\u2019une jeunesse dont le walkman fut l\u2019une des bouées de sauvetage.André Lavoie Downton Abbey ?Serait-ce un cadeau de Noël à l\u2019avance que nous livrent Julian Fellowes et Mi- noir et blanc, dans un Mexique miné par les disparitions et les meurtres non résolus.Le récit prend son origine dans Ciudad Juárez, ville célèbre depuis les féminicides des années 1990.Depuis, et partout au pays, les victimes se comptent parmi les journalistes, les migrants, les ouvriers, les étudiants.Plutôt que de montrer l\u2019ennemi et le sordide de ses crimes, le documentariste construit sa trame comme un suspense en six chapitres.La peur est constante, les témoignages, troublants, mais au bout des «soleils noirs» brille une lumineuse rage de vivre.Jérôme Delgado procher des événements météorologiques, de ces catastrophes naturelles.Pas de commentaires pompeux ou moralisateurs ici, pratiquement aucun dialogue, beaucoup de plages de silence et quelques musiques plus lyriques, ou métalliques, tout cela pour célébrer une force qui se déploie de mille façons aux quatre coins du monde, de la Russie à Miami, et du Groenland au Venezuela.Une magnifique célébration de l\u2019eau comme source de vie, et de poésie, souffrant parfois d\u2019une température fiévreuse pour cause de changements climatiques.André Lavoie çon sensible au regard aiguisé, et pas seulement grâce à son appareil photo, découvre ce qu\u2019il en coûte de dépasser les limites et de filer sur les routes de l\u2019illégalité.Un tour de force où plusieurs jeunes acteurs défendent un même personnage à différents âges, et une approche tonifiante de l\u2019univers de l\u2019adolescence qui n\u2019est pas sans rappeler les insolences de Jean-Marc Vallée dans C.R.A.Z.Y.Louis Bélanger a signé sa variation, tout aussi personnelle.André Lavoie Vivre à 100 milles à l\u2019heure ?Pas tout à fait reconnu comme un cinéaste de comédies, Louis Bélanger a affiché beaucoup d\u2019humour dans Les mauvaises herbes, et remet ça dans son dernier film, amusant et attendrissant récit d\u2019apprentissage où il a mis beaucoup de lui-même.Plus encore que dans Gaz Bar Blues, il revisite son passé avec franchise et inventivité, reconstituant les délirantes années 1970 à travers la camaraderie de trois délinquants en puissance pour qui l\u2019école était surtout un territoire de vente de drogues en tous genres.Au centre de cette petite entreprise, Louis, un gar- Celle que vous croyez ?1/2 Ce n\u2019est pas la première écorchée que Juliette Binoche incarne depuis le début de sa brillante carrière, et ça ne sera pas la dernière.Dans le nouveau film de Safy Nebbou (Le cou de la girafe, Dans les forêts de Sibérie), elle défend un personnage en apparence plein d\u2019assurance, surtout lorsqu\u2019elle enseigne la littérature.Ce n\u2019est pas le cas dans l\u2019intimité, d\u2019abord larguée par le père de ses deux fils, ensuite par un jeune amant, cherchant vite à reprendre contact.Elle le fera grâce à un avatar sur Facebook, tissant des liens virtuels avec son colocataire, Alex (François Civil), un séduisant photographe qui craque pour cette femme qu\u2019il croit aussi jeune que lui, ignorant qu\u2019il s\u2019emballe pour une quinquagénaire mythomane.Ces failles sont révélées dans le cabinet d\u2019une médecin (Nicole Garcia), désarçonnée devant la franchise et le désespoir de celle qui pourrait être l\u2019héroïne d\u2019un roman.Et qui le sera, d\u2019une certaine façon, une surprise parmi d\u2019autres dans ce récit captivant aux allures de troublante traversée du miroir.André Lavoie Abominable ?Dans cette histoire largement inspirée du fameux E.T.de Steven Spielberg, un adorable et très expressif yéti s\u2019échappe du laboratoire où il est confiné, en plein cœur d\u2019une métropole chinoise, et se réfugie sur le toit d\u2019un appartement.Il y fait la connaissance de Yi (Chloe Bennet), une adolescente introvertie.Ensemble, ils entreprennent une longue épopée à travers le pays vers le plus haut sommet du monde, poursuivis par de vilains chercheurs appâtés par le gain.Qu\u2019importent les clichés, c\u2019est dans les sublimes animations qu\u2019Abominable trouve son souffle.Car la réalisatrice Jill Culton, sans avoir les moyens et les technologies de ses concurrents chez Disney, tire de véritables merveilles des paysages de l\u2019empire du Milieu.Au-delà des sempiternelles leçons sur l\u2019amitié, la famille et le pouvoir des rêves, Abominable rappelle que la beauté et la rareté se trouvent juste sous nos yeux, et qu\u2019il ne tient qu\u2019à nous de les protéger.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Judy (V.O.et V.F.) ?Judy aurait pu se résumer à un énième portrait de déchéance glamour dont le showbiz a le secret.À vrai dire, le film, dont la trame reste prévisible, est parfois cela.Ainsi, après une première réussie à Londres où elle est forcée de se produire, les tendances autodestructrices de la star déchue la rattrapent.Mais on va néanmoins au-delà de la formule, d\u2019éclairants retours en arrière remettant en perspective les déboires du moment en leur donnant une genèse.Ces pilules coupe-faims et ces somnifères imposés par le studio à l\u2019adolescence, ce «body-shaming» avant la lettre: usée prématurément, Judy Garland.Ces blessures psychiques et physiques, Renée Zellweger les porte dans son regard, dans sa posture, dans sa voix.Et quelle voix! Sa composition cousue main pour les Oscar rehausse de beaucoup le niveau d\u2019intérêt d\u2019une production ne cassant rien rayon cinéma.Un bon petit film, certes, mais surtout, une grande performance.François Lévesque Culture LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Le Courrier des écrans, une nouvelle infolettre pour les vrais amateurs de maïs soufflé.Dès septembre.Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdesecrans Ma vie avec John F.Donovan (V.F.de The Death and Life of John F.Donovan) ?Pour son premier film en anglais, Xavier Dolan reste fidèle à son cinéma stylisé (musiques et cris y compris), à ses thèmes aussi (la relation mère- fils, notamment).On pourrait lui reprocher de faire du Dolan, tant ce récit identitaire porté par le rêve lui colle à la peau.D\u2019une grande complexité, la trame repose sur la relation épistolaire que Rupert, âgé de 11 ans, dit entretenir avec son idole, l\u2019acteur télé John F.Donovan.On navigue entre trois univers (le présent, le passé et l\u2019inaccessible), sans s\u2019y perdre, avec bonheur même.La distribution de haute voltige répond présente.Reste que le temps au cœur de l\u2019intrigue, celui qui fait la narration, sonne faux, frôle le règlement de comptes.Pour le meilleur et pour le pire, The Death and Life of John F.Donovan\u2026 est du Dolan.Jérôme Delgado Official Secrets ?Katherine Gun n\u2019avait rien d\u2019une militante, encore moins d\u2019une Mata-Hari.Or, en 2003, cette employée des services secrets britanniques se rend compte que son pays et les États-Unis s\u2019apprêtent à utiliser des moyens douteux pour faire pencher le Conseil de sécurité des Nations unies en faveur d\u2019une intervention militaire en Irak.Après qu\u2019elle eut dévoilé le stratagème, son geste de courage (plusieurs ont dit: de trahison) en a fait une bête traquée, compromettant la sécurité de son mari (de confession musulmane) et provoquant bien des remous politiques.Gavin Hood, un habitué de ce cinéma de la dénonciation (Rendition, Eye in the Sky), évoque le chemin de croix de cette héroïne, décortiquant au passage les remous journalistiques de l\u2019affaire et ceux du monde juridique.Des acteurs de premier plan jouent dans ce film empreint de classicisme, où tous les artifices sont au service d\u2019une cause, celle de la vérité non trafiquée par l\u2019État.André Lavoie ÇA.Chapitre 2 (V.F.de IT : Chapter Two) ?Après avoir vaincu, gamins, l\u2019entité dévoreuse d\u2019enfants qui sévissait dans leur patelin, un groupe d\u2019adultes se réunit pour en découdre une dernière fois avec le monstre.Mal construit, ce second volet de l\u2019adaptation du best-seller de Stephen King opère d\u2019incessants va-et-vient temporels.À une ou deux exceptions près, les flash-backs, plutôt que de propulser l\u2019intrigue, en freinent l\u2019élan.Que les jeunes acteurs soient meilleurs que leurs pairs adultes n\u2019aide pas.Idem pour l\u2019abus d\u2019humour, qui tue la tension.Le film confondant «répugnant» et «effrayant», le facteur «peur» est absent.Une poignée de séquences engendrent du suspense, mais une propension à s\u2019en remettre à des effets numériques moyens sabote ces moments.Ah, et le roman a beau compter plus de 1000 pages, jamais le film n\u2019arrive à justifier sa durée.À la fin, on troque la dimension ésotérique de King au profit d\u2019un jeu du chat et de la souris assez ridicule.Dommage.François Lévesque Menteur ?La quatrième comédie d\u2019Émile Gaudreault avec Louis-José Houde propose du plaisir décuplé\u2026 par une nouvelle dimension.Effets spéciaux en sus.Le récit s\u2019appuie sur une théorie aussi loufoque que séduisante.Menteur compulsif, Simon (Houde) ne se rend pas compte du mal qu\u2019il fait à ses proches, en premier lieu à son jumeau Phil (Antoine Bertrand).Une fois Simon puni par des forces supérieures, ses mensonges deviennent réalité et provoquent un chaos parfois gênant, parfois drôle.La distribution de haut calibre mêle, comme d\u2019habitude chez Gaudreault, humoristes et acteurs de formation.Et comprend la présence furtive, hilarante, d\u2019une grande dame du show-biz.Jérôme Delgado chael Engler?Toujours est-il que, malgré sa prémisse plutôt simple, le roi et la reine s\u2019amenant à Downton, cet élégant téléfilm saura charmer les fidèles de la luxueuse série britannique, dont l\u2019esprit n\u2019a aucunement été trahi.Sur fond d\u2019histoire de succession, le scénariste évoque au passage la condition féminine, l\u2019homosexualité, les rapports entre les classes, les traditions et l\u2019évolution des mœurs.Au menu: de rares moments d\u2019émotion, mais de nombreuses scènes comiques et répliques assassines de la comtesse douairière, incarnée par l\u2019impériale Maggie Smith.En résulte un ballet sophistiqué où le réalisateur dirige de main de maître une distribution au diapason dans une mise en scène qui ne révolutionne pas le genre, mais qui tire profit des somptueux décors.Manon Dumais Fourmi ?En France, un gamin doué au foot mais déconsidéré à cause de son gabarit menu prétend avoir été recruté par une équipe anglaise.Cela, afin de remonter le moral de son père divorcé, chômeur, dépressif et alcoolique (n\u2019en jetez plus).Voilà une prémisse au potentiel comique, mais également dramatique, certain.En effet, l\u2019idée de ce père qui a fait du don de son fils sa bouée de sauvetage existentielle offre ample matière à réflexion.Hélas, il n\u2019en résulte qu\u2019un récit aussi convenu que décousu.L\u2019équilibre entre humour et drame n\u2019est jamais atteint, plusieurs gags tombant à plat et quantité de scènes qui se veulent graves se soldant par une impression d\u2019inachèvement.Avec une meilleure structure narrative, une réalisation plus stimulante, peut-être la surabondance de bons sentiments aurait-elle été plus digeste.Seul véritable atout du film: des interprètes sympathiques à souhait.François Lévesque PRÉSENTEMENT AU CINÉMA DU RÉALISATEUR DE GAZ BAR BLUES ET LES MAUVAISES HERBES UN FILM DE LOUIS BÉLANGER « TOUT À FAIT CHARMANT, VRAIMENT RÉUSSI ! » Pénélope McQuade, ICI Radio-Canada AUSSI Marina Gadonneix Phénomènes Jean-Paul Jérôme Les abstractions lyriques Véronique Malo Les paysages entre nos corps Louise Robert Peinture et poésie Au Musée d\u2019art de Joliette cet automne PATRICK COUTU L\u2019ATTRACTION DU PAYSAGE Du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020 © Patrick Coutu, Récifs 1, 2, 4 (détail), 2015, bronze et aluminium, dimensions variables.Photo : Bart Synowiec Vernissage Samedi 5 octobre à 14 h Gratuit et ouvert à tous ! Navette aller-retour Montréal-Joliette Info : museejoliette.org LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 C ultur e Art s visuels 22 CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR Mathieu Grenier a jusqu\u2019ici créé des œuvres en s\u2019intéressant à celles des autres et surtout à leur contexte de présentation.C\u2019est d\u2019une certaine façon encore le cas dans sa plus récente production présentée chez René Blouin, qui s\u2019incarne dans un dialogue fécond avec l\u2019œuvre de Charles Gagnon (1934-2003).Cette exposition se présente comme une collaboration posthume qui, en plus de réactiver le regard sur le travail de Gagnon \u2014 avec des œuvres peu, voire jamais montrées \u2014, a le mérite de marquer un nouveau jalon dans le parcours encore jeune de Grenier.Plus personnel, il se dévoile en faisant de son processus créatif le sujet du présent corpus.C\u2019est par la photographie que les œuvres des deux artistes se répondent d\u2019abord, dans un face-à-face qui n\u2019a rien d\u2019oppositionnel.La mise en place cultive au contraire les échos formels.D\u2019un côté, plusieurs photos Polaroid des années 1970 de Gagnon s\u2019alignent en vis-à-vis de trois grands « tableaux » de Grenier, des armatures d\u2019acier, ajourées, supportant des photographies en noir et blanc.Le dispositif insiste sur la notion de fragment et de cadrage, ce qu\u2019explorait en série Gagnon, repérant dans le réel observé des jeux de lignes fournis par le bâti et ses ombres portées ou dans la nature.Ces petits morceaux aux limites de l\u2019abstraction, en comparaison avec les photos argentiques pratiquées à l\u2019époque en milieu urbain, ouvrent sur l\u2019espace de l\u2019atelier, aspect significatif pour Grenier.Ses images à lui, nous a-t-il indiqué, sont des vues prises depuis son atelier à Lyon, alors qu\u2019il était en résidence de création.L\u2019expo est faite de ce genre de parallèles entre les corpus qui ne sont pas redevables qu\u2019à des coïncidences.C\u2019est le fruit de recherches menées par Grenier qui l\u2019ont poussé à entrer en contact avec la succession de l\u2019artiste, avec qui une relation complice s\u2019est tissée, les arrimages se nourrissant mutuellement.Pour preuve, les travaux expérimentaux de Grenier au cyanotype ont permis de révéler des œuvres inédites de Gagnon partageant cette technique d\u2019impression photographique caractérisée par son bleu indigo.Fantômes Les cyanotypes de Gagnon apparaissent aussi dans les années 1970, période déterminante pour l\u2019artiste qui, alors qu\u2019il s\u2019était réalisé d\u2019abord en peinture, confirmait sa tendance interdisciplinaire après avoir intégré la photo et même le cinéma expérimental, une attitude très postmoderne.Dans l\u2019expo, deux toiles des années 1960 sont les témoins éloquents de cette production qui enviait déjà le langage photo et filmique.Dans Space blind-dark \u2013 Espace-écran-sombre (1968), aplat et découpage en périphérie peints à l\u2019huile renvoient à la surface de projection vierge, à l\u2019espace en soi de l\u2019image et à la notion de cadrage.De grands cyanotypes abstraits de Grenier sont les contrepoints de ces toiles qui doivent aussi au néo- dadaïsme.Les impressions sur coton présentent de larges taches informes parfois traversées de lignes droites, des empreintes laissées par une bâche et des tiges de métal manipulées par l\u2019artiste.Entre hasard et contrôle, Grenier a tiré le procédé photographique vers la peinture en donnant des résultats proches des canons de l\u2019expressionnisme abstrait américain qui étaient devenus familiers à Gagnon lors d\u2019un séjour à New York dans les années 1950 et dont sa pratique allait retenir les leçons, notamment pour ce qui est de la gestualité.En leur qualité indicielle, en tant que traces laissées par les objets sur la surface enduite d\u2019émulsion photosensible, les cyanotypes de Grenier nous ramènent à leur processus de fabrication et aux gestes de l\u2019artiste.Dialogue dans le temps et l\u2019espace Sur les traces de Charles Gagnon, Mathieu Grenier signe une collaboration posthume inspirée Suspended Space De Mathieu Grenier.Une collaboration posthume avec Charles Gagnon.À la galerie René Blouin, Montréal, jusqu\u2019au 12 octobre.Du cube blanc à la boîte noire En 2015, Mathieu Grenier retenait l\u2019attention avec Au-delà des signes.Il exposait tels des tableaux des fragments de murs du Musée d\u2019art de Joliette, alors en grand chantier.Ces restes gardaient en mémoire les canons de la peinture abstraite québécoise, la silhouette de leur empreinte là où ils avaient été placés.Après avoir interrogé le cube blanc qu\u2019est l\u2019espace muséal idéalisé, l\u2019artiste s\u2019est tourné en 2016 vers les cubes noirs en photographiant les dispositifs de projection d\u2019œuvres filmiques présentées dans des lieux notoires : MoMA PS1, Power Plant, Western Front.La peinture abstraite faisait retour, pour ainsi dire, dans certaines images centrées sur des halos.Sur cette lancée, l\u2019artiste diplômé en arts visuels de l\u2019UQAM poursuit des études de maîtrise à l\u2019University of Texas, à Austin, réputée très sélective, qui lui permet cette année d\u2019étudier à la Royal Academy of Art à Londres dans le cadre d\u2019un programme d\u2019échange.Mathieu Grenier, Fondation #8 et Fondation #9, 2019 SIMON BELLEAU La découpe en nuée des formes suggère une présence fantomatique qui est évocatrice de ce dialogue tenu avec la pratique de l\u2019artiste prédécesseur, bellement honorée par cet acte de remémoration et de réactivation.Inédits Lui-même à cheval entre des techniques qui défient les frontières entre la photo et la peinture, Grenier fait ressortir ce qui a fait de Gagnon un artiste marquant pour son époque.Et encore aujourd\u2019hui.Ce regain d\u2019intérêt passe par la présentation de certains de ses cyanotypes, la plupart inédits.On y reconnaît des images de son répertoire en photographie argentique, détails d\u2019architecture et de la nature.Du lot, il y a l\u2019œuvre connue Miller- ton (1971), assortie de son jumeau au Polaroid, dont une version fut de l\u2019historique expo Camerart (Optica, 1974-1975) et que Gagnon a réalisée dans le cadre d\u2019un atelier suivi avec le photographe Robert Frank, décédé récemment.D\u2019autres œuvres n\u2019ont jamais été exposées ou, par le fait même, encadrées, ce qui a demandé une intervention de Grenier pour celles comportant un assemblage de deux tirages.Cet exemple d\u2019œuvre complétée atteste la nature singulière de cette collaboration posthume qui, pour être riche conceptuellement, ne manque pas de sensibilité. L E D E V O I R // L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 S E P T E M B R E 2 0 1 9 LI RE Littérature queer Ce corps comme le mien Entrevue Le beau monstre de David Goudreault Le matin t'est donné, ne le prends pas comme un dû Guillevic F I P T R .C O M PRÉSENTÉ PAR FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA POÉSIE T R O I S - R I V I È R E S 35e DU 4 AU 13 OCTOBRE 2019 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Lire Essai 24 « Il faut parler de communautés au pluriel, explique Pierre Anctil.Il y en a au moins six principales, formées de 2000 à 3000 membres chacune.» Ainsi, les communautés Belz, Satmar, Yeshiva, Lubavitch, Tosh, Skver, etc.vivent côte à côte, en partageant une profonde adhérence aux valeurs religieuses traditionnelles, mais sans se mélanger les unes aux autres.« Souvent, ils ne fréquentent pas les mêmes écoles, ne vont pas dans les mêmes établissements pour prier et ne se marient pas entre eux.Il y a une volonté de maintenir une autonomie très forte.» Visibilité Les hassidim \u2014 qui observent intégralement en tout temps l\u2019ensemble des lois religieuses judaïques \u2014 représentent environ 16 % de la population juive montréalaise.Une proportion qui est vouée à s\u2019accroître, en raison de la fécondité élevée des femmes hassidiques (en moyenne cinq enfants par femme).Près de la moitié de la population hassidique a moins de 15 ans, et environ 65 % moins de 25 ans.En raison de leur habillement \u2014 qui reproduit la mode polonaise d\u2019antan \u2014, les hassidim sont une minorité qui res- ENTREVUE MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR ls sont près de 15 000 à habiter à Montréal, forment une communauté bien visible dans les rues de certains quartiers centraux de la métropole et font l\u2019objet de nombreux stéréotypes.Un véritable mur d\u2019incompréhension sépare les juifs hassidiques du reste de la communauté québécoise.Pour créer une brèche dans cette paroi \u2014 érigée à la fois par le désir des hassi- dim de vivre à l\u2019abri des assauts de la modernité et par l\u2019incompréhension qui taraude nombre de Québécois \u2014, un premier ouvrage en français vient d\u2019être publié sur la communauté juive hassidique montréalaise.Fraîchement sorti des Presses de l\u2019Université de Montréal, le recueil de neuf articles intitulé Les juifs hassidi- ques de Montréal, dirigé par les professeurs Pierre Anctil et Ira Robinson, se veut avant tout un exercice de démystification.« On voulait tracer un premier portrait général du sujet ; un portrait qui n\u2019est pas basé sur des points de vue fondés sur des impressions », soutient Pierre Anctil, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université d\u2019Ottawa, qui étudie le judaïsme montréa- lais depuis une trentaine d\u2019années.Puisque les stéréotypes et les idées reçues sont le corollaire du manque, voire de l\u2019absence d\u2019informations, il faut donc apprendre à connaître cet autre, si opaque et lointain, semble-t- il, nous disent les auteurs.Le premier élément à démystifier : il ne s\u2019agit pas d\u2019une communauté monolithique et homogène, loin de là.Apprendre à connaître les juifs hassidiques Un premier ouvrage vient de paraître sur cette communauté montréalaise Une scène d\u2019Outremont, à Montréal, où les juifs hassidiques sont presque 15 000, formant une communauté bien visible.JACQUES NADEAU LE DEVOIR I LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Dans le matin clair de cette fin d\u2019août, mes camarades de classe ont fermé les yeux, tout comme moi.Un bras étendu vers l\u2019est : « Pensez à la personne la plus vieille qui vous a touché, prise dans ses bras, quand vous étiez enfant.En quelle année était-elle née ?» Les esprits filent vers le début du XXe siècle, peut-être même un peu plus tôt.Je pense à Alice, arrière- grand-mère paternelle, dont je garde un souvenir de papier froissé et de parfum poudré, quelque part dans un coin ombragé de mon cœur.« Maintenant, tendez l\u2019autre bras vers l\u2019ouest, et pensez au plus jeune enfant dans votre vie \u2014 assez proche de vous pour l\u2019avoir tenu, étreint lui aussi.Combien de temps vivra-t-il ?Donnez-lui une longue vie.» Mon amour pour Antonin, filleul adoré, fuse dans la lumière dorée vers l\u2019an 2108.Bras grands ouverts, tendue entre ces deux pôles, je sens le temps se contracter, se condenser en moi, mon souffle presque coupé par l\u2019émotion inattendue charriée par cette introduction au cours sur la forêt.« Et voilà.Vous êtes debout au centre, au milieu de cette mémoire de 200 ans.Votre vie touchera, aura touché, ces deux cents années de l\u2019aventure humaine.» Dans le silence plein, je me figure 200 printemps, en une séquence symphonique d\u2019explosions d\u2019arbres en fleurs.Nous sommes 35 participants dans la grange assemblée en tenons-mor- taises qui accueille les classes théoriques de notre cours de design en permaculture.Chacun est arrivé sur les lieux enchanteurs de ce homestead de Sutton par des chemins fort différents.J\u2019y suis venue par une sorte d\u2019instinct brut : il me semble que se cache là, derrière ce mot énigmatique, « permaculture », une communauté de pensée qui pourra m\u2019aider à vivre mieux (et, avec un peu de chance, à m\u2019inquiéter moins).J\u2019ai raison, j\u2019ai 1000 fois raison.Je serai éblouie par ce que j\u2019apprendrai lors de ce PDC (Permaculture Design Certificate) offert par l\u2019organisme Mycélium.Pour le peu que j\u2019ai l\u2019espace de raconter ici : je découvrirai qu\u2019il existe des solutions à presque tous les défis que l\u2019époque nous lance dans les jambes.Il suffit d\u2019imiter les écosystèmes naturels, et il est possible de répondre aux besoins des êtres humains et des autres êtres vivants en régénérant notre environnement plutôt qu\u2019en l\u2019épuisant jusqu\u2019à la lie.La bonne nouvelle ?Certains (je les ai rencontrés) ont déjà commencé.C\u2019est la même intuition farouche, le même genre de prémonition frémissante qui m\u2019a fait aller vers les pages de Fais ta guerre, fais ta joie (Boréal), le tout dernier opus du plus que vivant Robert Lalonde.Le titre, déjà, résonne en moi comme un mantra.Bon sang ! Certainement ! Il faut tout faire nous-mêmes, nos guerres comme nos joies.Personne ne fera rien sinon.Personne ne fera sans nous.Dans cette plaquette chatoyante dont les ciels se glissent en nous comme les souvenirs d\u2019un long été d\u2019enfance, Lalonde convoque son « peintraillon » de père, authentique artiste aux prises avec toutes les réflexions jamais révolues qui hantent ceux qui se frottent à la création.Il trace tout au long des fragments qui constituent la trame du livre une ligne franche qui concentre la question brûlant au cœur de toute pratique artistique : « Tout grand artiste ne demande ni à triompher, ni à s\u2019enrichir, ni même à vivre mieux : il demande à continuer, un point c\u2019est tout.» Mais à bien y penser : est-ce que cette obsession de la durée ne serait pas devenue le besoin, l\u2019appétit, le rêve de toute notre espèce ?Est-ce que cette idée fixe de continuer ne serait pas en train de s\u2019emparer de nos imaginaires à tous ?« Enfant, vous imaginiez noirement une proche fin des temps : il allait falloir aller vite, énoncer sans expliquer les images, les pensées, les émois.Le temps vous était \u2014 vous est toujours \u2014 compté.» Il n\u2019est plus besoin d\u2019une imagination débridée pour échafauder l\u2019effondrement de notre monde, ou à tout le moins une fin : la nôtre.Face à l\u2019ampleur de notre tâche pour éviter le pire, mon initiation à la permaculture m\u2019a redonné des moyens et du courage.Si mon sens des responsabilités s\u2019est aiguisé, c\u2019est d\u2019abord parce que j\u2019ai trouvé là des stratégies pour agir concrètement, pour mettre en échec le sentiment d\u2019impuissance qui nous paralyse tous plus ou moins.Pour inventer au présent une façon de continuer, justement.Prendre soin de la terre.Prendre soin de l\u2019humain.Redistribuer équitablement les surplus.Réparer le paysage, régénérer les sols, stopper la désertification, assainir l\u2019eau, détoxi- fier des zones contaminées : les per- maculteurs savent mettre en œuvre tous ces miracles.Et, comme les artistes donner à voir la beauté grave dont nous sommes les dépositaires.« [\u2026] Ce qui existe, c\u2019est la lutte.Ce qui existe, c\u2019est l\u2019acharnement.Ce qui existe, c\u2019est l\u2019entêtement.Répète après moi ! [\u2026] Là, comment te sens-tu ?\u2014 Pareil.Pareil mais mieux.\u2014 C\u2019est ça, pareil mais mieux.Y faut pas en demander plus.Et on continue.\u2014 On continue.» VÉRONIQUE CÔTÉ Ce repli sur soi fait débat au sein de la communauté juive montréalaise, indique Pierre Anctil, précisant que la majorité des juifs choisissent une intégration plus affirmée dans la société québécoise.« Ce ne sont pas tous les juifs de Montréal qui apprécient cette volonté de mise à l\u2019écart.Mais les autres juifs les considèrent essentiellement comme les gardiens de l\u2019orthodoxie.» Une perception que détaille Simon- Pierre Lacasse dans le chapitre « L\u2019implantation des communautés hassidi- ques durant l\u2019après-guerre ».« Chez ces juifs canadiens sensibles à la perte d\u2019un mode de vie traditionnel en une époque de matérialisme très répandu, la création d\u2019une enclave juive qui aurait résisté aux assauts de la modernité pour assurer la pérennité du judaïsme de l\u2019Ancien Monde a tout pour susciter leur appui », écrit-il, ajoutant plus loin que « la dévotion qu\u2019exercent les Pieux est interprétée comme un sacrifice consenti au nom de la communauté juive entière ».Ouverture Depuis une dizaine d\u2019années, un processus d\u2019ouverture de la communauté hassidique envers la société québécoise est engagé, rend compte Pierre Anctil.Une ouverture qui se manifeste par diverses initiatives visant à engager la discussion, ou encore à permettre aux Montréalais une incursion, si brève soit-elle, dans la culture hassidique.À titre d\u2019exemple, un groupe de discussion, Les amis de la rue Hutchison, a vu le jour ces dernières années, et une soukka (cabane temporaire construite pour la fête de Souccot) a été érigée et rendue accessible dans un parc d\u2019Ou- tremont tout dernièrement.Et surtout, les hassidim ont investi la sphère politique.« La participation au processus politique, c\u2019est une preuve de volonté du vivre-ensem- ble », estime Pierre Anctil.Un prospectus électoral, distribué dans la communauté hassidique en vue des élections municipales de 2013, a été traduit du yiddish au français par la chercheuse Chantal Ringuet et reproduit dans l\u2019ouvrage.On y apprend qu\u2019un mot d\u2019ordre \u2014 bénéficiant de l\u2019assentiment des neuf dirigeants de la communauté hassidi- que montréalaise \u2014 y a été donné pour faire élire les conseillers municipaux de Projet Montréal dans Outre- mont et dans le Plateau\u2013Mile-End.Cette élection a d\u2019ailleurs permis à une première conseillère municipale hassidique, Mindy Pollak, d\u2019accéder au conseil d\u2019arrondissement d\u2019Outre- mont, ouvrant la porte à une nouvelle ère.« Ils ont un pouvoir politique du fait du nombre et comme tous les autres groupes organisés, ils comptent bel et bien l\u2019exercer », fait valoir Pierre Anctil.Les juifs hassidiques de Montréal Sous la direction de Pierre Anctil et d\u2019Ira Robinson, Les Presses de l\u2019Université de Montréal, 2019, 200 pages sort ostensiblement de la relative homogénéité sociale montréalaise.« Cette visibilité, c\u2019est aussi un outil pour garder une distance, explique Pierre Anctil.Par leur habillement, on comprend qu\u2019ils ont des comportements et des pratiques religieuses qui ne sont pas celles de la majorité \u2014 ils souhaitent être reconnus comme tels.» Arrivés à Montréal après la Seconde Guerre mondiale, les hassidim se sont regroupés dans des quartiers centraux de Montréal, particulièrement dans Outremont et le Mile-End.Petit à petit, ils y ont établi leurs commerces, leurs institutions religieuses, leurs écoles \u2014 un réseau parallèle de services et d\u2019institutions qui leur permettent d\u2019évoluer dans un cadre presque entièrement hassidique.Car « ces groupes cherchent [\u2026] à préserver leur hermétisme face à la société dominante au lieu d\u2019y adhérer », souligne Chantal Ringuet dans le chapitre « Traduire le Montréal yiddish aujourd\u2019hui ».Perception des autres juifs Cette séparation avec le monde extérieur est également surlignée par Steven Lapidus et William Shaffir dans le chapitre « La complétude institutionnelle parmi les hassidim ».« À travers une lentille manichéenne, ils perçoivent le monde comme dualiste, c\u2019est-à-dire pur à l\u2019intérieur de la communauté et plein de dangers et de contamination à l\u2019extérieur.Le \u201cmur de la vertu\u201d qui sépare l\u2019extérieur de l\u2019intérieur est considéré comme une nécessité pour maintenir l\u2019intégrité de leur univers », écrivent-ils.Un isolement social également nourri par une méconnaissance de la langue commune.Seulement 11 % des hassi- dim de Montréal \u2014 la communauté juive la plus orthodoxe d\u2019Amérique du Nord \u2014 seraient capables de tenir une conversation en français.Une faible proportion qui traduit l\u2019importance accordée à l\u2019apprentissage de l\u2019hébreu et du yiddish, mais qui tient aussi au fait que les futurs époux sont essentiellement recrutés à l\u2019extérieur de la communauté \u2014 à New York, par exemple.Il faut parler de communautés au pluriel.Il y en a au moins six principales.Souvent, elles ne fréquentent pas les mêmes écoles, ne vont pas dans les mêmes établissements pour prier et ne se marient pas entre eux.Il y a une volonté de maintenir une autonomie très forte.PIERRE ANCTIL » 25 Lire Si possible, durer LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 agir 25-26 octobre 2019 MONTRÉAL Musée des beaux-arts de Montréal - Université Concordia - La TOHU Programme et inscription sur ledevoir.com/lemondefestival LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 précise que son adolescence, bien que loin d\u2019avoir été un long fleuve tranquille, est également la source de merveilleuses amitiés et d\u2019aventures inoubliables.« Les difficultés, j\u2019essaie de les transformer en force, en moteurs créatifs.» Parmi ses meilleurs moments, la découverte du cinéma d\u2019horreur et de la littérature policière et d\u2019épouvante, influences qui se reflètent dans la plupart de ses œuvres.« J\u2019aime les mécanismes narratifs utilisés dans la littérature de genre, qui permettent de raconter une histoire et de mener les gens en bateau.Mais, ce qui m\u2019intéresse le plus, c\u2019est le volet psychologique, la construction de personnages plausibles et intéressants.» Littérature et cinéma Les références littéraires et cinématographiques sont légion dans ses romans.Dans Le Nord retrouvé, pour atteindre le ton mélancolique désiré, l\u2019écrivain s\u2019est plongé dans le célèbre Les fous de Bassan d\u2019Anne Hébert \u2014 « l\u2019une des plus belles choses que j\u2019ai lues de ma vie » \u2014 ainsi que dans les trames sonores de films d\u2019horreur des années 1980, parmi lesquels L\u2019enfant du diable, Le fantôme de Milburn et Psychose II.Parlant de cinéma, une productrice a d\u2019ores et déjà acquis les droits des deux précédents volets de la Trilogie boréale, dans l\u2019espoir de les adapter sur grand écran.« Mais tout cela demeure très embryonnaire.C\u2019est un beau projet, mais qui sait s\u2019il se réalisera ?» François Lévesque alterne entre le policier, l\u2019épouvante, le fantastique et le noir.ALICE CHICHE LE DEVOIR Dans une ville minière autrefois prospère, Maurice, Gilbert et Suzel- le combattent leurs démons, enclavés dans la solitude, le silence et l\u2019hypocrisie.Alors que Maurice perd doucement pied, assailli par des symptômes de démence, son fils unique, Jonathan, fait son grand retour dans le Nord, espérant faire la paix avec ce père, cet inconnu à qui il n\u2019a jamais su s\u2019ouvrir.Avec lui resurgissent les souvenirs douloureux de la disparition de Mikael, son amant, jeune Autochtone disparu depuis plus de vingt ans.Comme à son habitude, François Lévesque tisse habilement les fils de son intrigue et transmet de manière presque cinématographique l\u2019oppression et l\u2019isolement des forêts abitibiennes, entraînant le lecteur dans les surprenants dédales de son imaginaire teinté de mystères et d\u2019ombres spectrales.La plume, plus rythmée et poétique, ne fait plus qu\u2019une avec les pensées diffuses, la culpabilité intermittente et les rêves éveillés de personnages d\u2019une grande humanité.Le Nord retrouvé François Lévesque Tête première, Montréal, 2019, 264 pages Lire Fiction 27 ENTREVUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR epuis la parution de son premier roman, Matshi, l\u2019esprit du lac, en 2008, François Lé- vesque fait montre d\u2019une productivité qui n\u2019a rien à envier aux Michel Tremblay et Simon Boulerice de ce monde.En plus d\u2019écrire quotidiennement dans les pages Cinéma du Devoir, il publie près d\u2019un bouquin par année, flirtant en alternance avec le policier, l\u2019épouvante, le fantastique et le noir.« L\u2019écriture est le seul département de ma vie où je suis discipliné », avoue-t-il en esquissant un sourire coupable, attablé dans un café du Village gai.« Le fait d\u2019être critique de cinéma, de disposer d\u2019un temps limité pour rendre mes articles, d\u2019être obligé d\u2019écrire, peu importe mon degré d\u2019inspiration, m\u2019a imposé une certaine rigueur.La machine est toujours huilée, prête à se mettre en marche.Lorsque je me consacre à un roman, je rédige souvent la première mouture en un seul jet, l\u2019espace d\u2019un long week-end.Je persévère pour faire avancer l\u2019intrigue, et je retravaille après.» Souvenirs de jeunesse Sa nouvelle offrande, Le Nord retrouvé, constitue la touche finale de sa « Trilogie boréale », trois romans parfaitement autonomes, reliés par des thématiques et des ambiances similaires, et portés par une exploration stylistique plus exigeante et réfléchie.« L\u2019idée de la trilogie est venue bien après la rédaction du premier tome, poursuit l\u2019auteur.Tout a commencé par un besoin très fort d\u2019explorer de nouvelles avenues stylistiques, d\u2019expérimenter davantage avec la forme, le rythme et la respiration dans une pensée plus poétique.» La récurrence de certains thèmes \u2014 les tourments de l\u2019adolescence, la hantise du passé et de la mort \u2014 ainsi que l\u2019emprise des conifères abitibiens dans son imaginaire ont tôt fait de révéler des liens indéniables entre les histoires qui germaient en lui.« J\u2019ai ces épinettes noires tatouées sur le cœur », révèle François Lévesque en posant sa main d\u2019un air solennel sur sa poitrine.Ce troisième tome, qui raconte la solitude des habitants d\u2019une ville minière autrefois prospère, est avant tout une histoire d\u2019amour : celle de Jonathan et Mikael, de jeunes adolescents éperdument amoureux, dont la relation sera brusquement interrompue par la disparition du second.Des années plus tard, la figure spectrale du jeune Autochtone continue de hanter les lieux et les esprits de ceux qui l\u2019ont vu être.« C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un amour qui survit au temps et à la mort, poursuit l\u2019auteur.Comme j\u2019ai l\u2019imaginaire que j\u2019ai, ça se passe dans une ambiance auréolée de mystère, avec des relents de fantastique.La force de ce lien amoureux fait en sorte que la présence de Mikael ne s\u2019estompe jamais de l\u2019esprit des villageois, de leur culpabilité.» Car pour plusieurs, Mikael, constamment victime de moqueries et d\u2019intimidation, soupçonné de nombreux gestes criminels, aurait mieux fait de demeurer dans sa réserve et de restreindre ses ambitions.« Ce n\u2019est pas autobiographique, mais c\u2019est assurément mon roman le plus intime.À partir de l\u2019âge de huit ans, j\u2019ai commencé à me faire intimider verbalement et physiquement.Pendant que je me faisais traiter de tapette, les enfants autochtones de mon école subissaient aussi des railleries.Il s\u2019est alors passé quelque chose de fondamental dans ma compréhension du monde.Sans vouloir comparer ma douleur à la leur, disons que j\u2019ai compris assez tôt les mécanismes de l\u2019ostracisme.» Certains fantômes se glissent également à travers la figure de Mikael.« Une de mes amies au secondaire, Geneviève, partie beaucoup trop tôt, a inspiré le personnage, raconte l\u2019écrivain, visiblement ému.Ce regard ambitieux, cette volonté de fuir pour trouver des réponses, cette incapacité à trouver la paix, c\u2019est un regard que j\u2019ai connu.» À la mention de ces souvenirs, François Lévesque se ressaisit, et La hantise des forêts abitibiennes François Lévesque, écrivain et journaliste au Devoir, dévoile son roman le plus intime D LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Lir e Fiction québécoi s e 2 8 femme que j\u2019aurais voulu être.Elle me complète, c\u2019est mon antithèse.Je sens que, dans les salons du livre, plusieurs la condamneront, la détesteront, mais moi, je l\u2019admire.Elle a une soif de vie incroyable, mais en même temps, cette souffrance qu\u2019on retrouve chez les grands génies.» À personnage hybride, livre hybride.Ainsi Ta mort à moi se présente sous la forme d\u2019une biographie en chantier comprenant des extraits du journal de Marie-Maude, des réflexions préparatoires du biographe, un pastiche d\u2019une chronique de Richard Martineau et même une facture de Canadian Tire.« Relire pour la huitième fois La vie devant soi me fait sentir tout petit devant Romain Gary autant que lire la biographie que lui a consacrée Dominique Bona me le rend humain, me donne envie de le prendre dans mes bras et de l\u2019appeler mon frère.J\u2019ai donc voulu présenter Marie-Maude par la biographie pour la rendre accessible, humaine, attachante.» Comme il l\u2019a démontré dans ses précédents romans, La bête à sa mère (2015), La bête et sa cage (2016) et Abattre la bête (2017), David Gou- dreault aime la langue française, aime jouer avec les mots.Grouillant de clins d\u2019œil à ses écrivains fétiches, tant classiques que contemporains, Ta mort à moi dévoile au fil des pages la déclaration d\u2019amour vibrante de l\u2019auteur à la littérature.Du ludique au tragique « Je suis un passionné ; la littérature, c\u2019est le seul amour qui ne m\u2019a jamais déçu.J\u2019ai fait le choix d\u2019y aller à fond de train, avec u peu le risque que ça puisse ressembler à un étalage de culture.J\u2019ai fait plein de clins d\u2019œil dans la trilogie de la bête, mais c\u2019était un peu cabotin.Là, j\u2019y suis allé au point où je pense que je n\u2019y reviendrai pas dans mes prochains projets.» S\u2019il ne porte pas son chapeau de travailleur social lorsqu\u2019il écrit, David Goudreault admet tout de même que ce métier nourrit ses fictions : « Pour moi, la fiction sert à parler de la vérité et de la réalité, sinon je n\u2019y consacrerais pas autant de temps.Ma carrière de travailleur social m\u2019amène un sentiment d\u2019utilité que j\u2019ai besoin de retrouver à travers la littérature.Même si j\u2019écris de la fiction, j\u2019ai besoin de parler de choses concrètes qui résonnent pour moi et de vraies questions que je me pose.» Le beau monstre de David Goudreault Dans son quatrième roman, l\u2019auteur sherbrookois met au monde un hybride d\u2019écrivains de génie ENTREVUE MANON DUMAIS LE DEVOIR riand de biographies d\u2019écrivain, David Goudreault tombe un jour sur une phrase qui le bouleverse.« Je suis fatigué de ce visage dégueulasse », lit-il dans La vie d\u2019un homme (Boréal, 2011), biographie de Pierre Nepveu consacrée à Gaston Miron.« De pouvoir produire autant de beauté dans un tel moment de détresse, d\u2019une perception de laideur si grande, relève du génie.Un génie que j\u2019avais peu retrouvé dans les biographies », confie le poète, slameur, romancier et travailleur social au bout du fil.Germe alors en lui l\u2019idée d\u2019écrire le destin d\u2019une poète de génie luttant contre un mal de vivre incurable.Et Goudreault créa Marie-Maude Pranesh- Lopez, Beauceronne née 100 ans après Apollinaire \u2014 tout comme l\u2019auteur sherbrookois \u2014 d\u2019une mère hondurien- ne et d\u2019un père indien, en s\u2019inspirant d\u2019écrivains qu\u2019il admire, parmi lesquels Miron, Ducharme et Gary.« Marie-Maude, c\u2019est une Frankenstein lumineuse, un beau monstre.Je serais même prêt à dire que c\u2019est la F Pour moi, la fiction sert à parler de la vérité et de la réalité, sinon je n\u2019y consacrerais pas autant de temps DAVID GOUDREAULT » LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Du whisky, des cigarettes, un Québec où les serveuses de snack-bar n\u2019attendent même pas que vous commandiez un café pour vous servir un café, et où des habitués à la mine glauque, au fond du restaurant, semblent fomenter les pires scénarios derrière leurs frites sauce.Même si son nom n\u2019était pas inscrit sur la couverture, vous devineriez sans doute rapidement que Tempêtes est le nouveau livre d\u2019Andrée A.Michaud, auteure célébrée de Bondrée, Mirror Lake et Le ravissement.Difficile de ne pas reconnaître d\u2019emblée dans le paysage du Massif bleu \u2014 « cette montagne de laquelle se dégage une impénétrable froideur » que la narratrice rebaptisera Cold Mountain \u2014 ceux du village de Saint-Sébastien- de-Frontenac, à la frontière de l\u2019Estrie et de la Beauce, là où travaille et vit la romancière.« J\u2019ai toujours cru que les peurs qui ne se rattachent à aucun objet visible sont les plus subtiles et les plus tenaces », annonce Marie en intégrant la maison que lui a léguée son oncle Adrien \u2014 mort de façon inattendue \u2014 au pied de cette montagne.Elle ne pourrait mieux pressentir ce qui l\u2019attend : dans cette maison, des sorcières dansent aux fenêtres, des spectres émergent de partout et d\u2019étranges hommes des neiges frappent à la porte en pleine\u2026 tempête.Au-delà de cet amour pour les lettres, on retrouve dans ce roman où plane la mort \u2013 celle du petit Victor- Hugo, jumeau de Marie-Maude, celle de la poète, celle du couple Pranesh- Lopez \u2013 un amour pour l\u2019être humain, de même qu\u2019une empathie pour son prochain qui dérive.De fait, à travers les aventures rocambolesques de Marie-Maude au sein d\u2019un gang criminel en Asie, les croyances folles de son père et les bouchons de circulation que crée sa mère (qui semble vouer un culte à Yves Désautels), David Goudreault aborde le deuil, la dépression, le trouble de l\u2019attachement, le suicide.« Le paradoxe de ce livre-là, c\u2019est que je crois à la résilience.En tant que travailleur social, j\u2019ai accompagné des gens le plus loin possible dans la résilience.Un de mes bons amis s\u2019est suicidé, et ça a été extrêmement douloureux pour moi.Il y avait quelque chose de surnaturel dans le fait que mon ami est passé à l\u2019acte.J\u2019avais besoin à ce moment-ci de ma carrière de rappeler que nous ne sommes pas tous résilients : chaque année, dans le monde, il y a un million de suicidés.La vie est très dure et il faut garder un regard bienveillant sur ceux qui ne s\u2019en sortiront pas.» Hommage aux génies Parmi les auteurs à qui il rend hommage, le biographe narrateur, dont on ne connaîtra que très tard la véritable identité, rappelle que plusieurs ont commis l\u2019irréparable, tels Woolf, Mishi- ma, Aquin, Arcan : « Si les meilleurs d\u2019entre nous, les plus grands esprits, nos génies créateurs en viennent à se suicider, que valent nos vies, à nous ?» écrit-il.À Oublila, enfant unique de Ma- rie-Maude, David Goudreault fera dire : « Pour les génies, le suicide, c\u2019est une mort naturelle.» Manquons-nous de bienveillance envers nos génies ?« Je pense que les génies se célèbrent mieux morts.Les génies dérangent un peu et au Québec, pour le meilleur et pour le pire, on n\u2019aime pas le conflit, nos révolutions sont tranquilles\u2026 Même si on a eu en politique, en littérature et en peinture des génies qui nous ont tirés vers le haut, peut-être qu\u2019on a peur de nos génies au Québec.Le Québec est un personnage complexe : je crois qu\u2019on est un peuple à la fois courageux et peureux.» Enfant déjà, Marie-Maude souffrait d\u2019une inextinguible soif d\u2019absolu, une urgence d\u2019enluminer la routine pour rendre le quotidien supportable.Le monde étant ce qu\u2019il est, elle ne pouvait l\u2019extraordinaire qu\u2019en elle-même.De feu de paille en feu de paille, à chercher des incendies, elle a tout enflammé autour d\u2019elle.Andrée A.Michaud signe avec Tempêtes un thriller métaphysique.ANNICK SAUVÉ LE DEVOIR Le livre de David Goudreault se présente sous la forme d\u2019une biographie en chantier comprenant des extraits du journal de Marie-Maude, des réflexions préparatoires du biographe, un pastiche d\u2019une chronique de Richard Martineau et même une facture de Canadian Tire.ALICE CHICHE LE DEVOIR Pour savourer cette offrande de David Goudreault, il faut avoir envie de jouer avec lui, d\u2019accepter les ruptures de ton et de se perdre dans les dédales de ce foutoir savamment désorganisé où un biographe anonyme retrace le palpitant et funeste destin d\u2019une brillante poète.Tour à tour antipathique et pathétique, cette dernière paraît être une lointaine cousine de la bê- te des précédents romans.Certes, le trait est parfois gros, les situations, tirées par les cheveux et à tout moment l\u2019ensemble risque de crouler sous les références littéraires.Pourtant, la magie opère.Alors que le romancier jongle comme un forain avec les mots, se plaît à semer de fausses pistes, célèbre un Québec métissé et décomplexé, il transforme le tout en un bouleversant roman familial.Derrière toute la fulgurance qui se déploie dans le désordre des chapitres et des notes éparses, Goudreault garde le cap et livre une radiographie empreinte d\u2019humanisme d\u2019âmes en détresse où se profile le souvenir ému de grands écrivains.Ta mort à moi 1/2 David Goudreault, Stanké, Montréal, 2019, 338 pages Lire Fiction québécoi s e 29 Divisé en deux parties distinctes ayant peu de liens entre elles, si ce n\u2019est une géographie, Tempêtes creuse pour l\u2019essentiel les mêmes motifs que Routes secondaires (Québec Amérique, 2017), précédent thriller métaphysique de l\u2019auteure dans lequel foisonnaient les doubles et où presque tous les personnages se demandaient s\u2019ils étaient bien qui ils croyaient être.Après avoir découvert l\u2019écrivain Chris Julian dans une mare d\u2019« eau rose » au bord de sa piscine, Richard Dubois n\u2019a d\u2019autre choix que de se rendre à Fall-Jonction (Michaud a le chic pour les noms de villages exquisément banals).En effet, Ric était le visage public de Chris \u2014 cocktails, entrevues, histoires d\u2019un soir avec des admiratrices \u2014 pendant que Chris restait dans l\u2019ombre.Il devra trouver au camping des Chutes rouges, décor de l\u2019œuvre de son patron décédé, l\u2019inspiration nécessaire à ce que Chris Julian survive à Chris Julian, et à ce qu\u2019il puisse continuer à encaisser ses généreux chèques de droits d\u2019auteur.Les frontières entre la vie et la mort, la fiction et la réalité, le passé et le présent, les craintes légitimes et le délire sont donc ici plus que jamais poreuses.Andrée A.Michaud écrit d\u2019ailleurs sans doute ses meilleures pages lorsque l\u2019action est \u2014 en apparence \u2014 au neutre, et que sa narratrice Marie laisse son imagination, tyrannisée par la frayeur, partir en vrille.Le théâtre de sa psyché prise d\u2019assaut par l\u2019angoisse est en soi un cinéma d\u2019horreur lorsqu\u2019il se transforme en « enfer qu\u2019enflamme la peur ».Si bien que les mécaniques du polar et du suspense, pour l\u2019écrivaine, servent moins à mettre en scène des criminels aux desseins sinistres qu\u2019à rappeler que c\u2019est la mort qui se terre derrière tous nos effrois et qu\u2019il est inutile de tenter d\u2019y échapper.Au cœur de cet enfer qu\u2019enflamme la peur Trois ans après Bondrée, Andrée A.Michaud renoue avec ses motifs fétiches Tempêtes 1/2 Andrée A.Michaud Québec Amérique Montréal, 2019, 360 pages LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 CRITIQUE CROISÉE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Apprivoiser la perte, trembler devant l\u2019inconnu, tenter d\u2019alléger une atmosphère « lourde comme un sumo », puis sortir de la tourmente, « recommencer à zéro / Une nouvelle journée / Un nouveau feu de camp » ; voilà le réel qui tient lieu de fil rouge dans Perruche et Peigner le feu, recueils de poésie tout juste parus à La courte échelle.La notion de deuil tout et celle du recommencement se rejoignent ainsi quelque part au fond du cœur de deux garçons respectivement mis en scène par les poètes Virginie Beauregard D.et Jean-Christophe Réhel.Ce jour-là, Cœur-Coquin profite de l\u2019entrebâillement de la porte pour aller voir le monde.Coloré de mille et une plumes, le volatile ignore la douleur que son absence causera dans la vie de son ami humain : « je n\u2019aurais jamais cru / qu\u2019un cadre de porte / m\u2019arracherait mon oiseau », pleure le personnage de Virginie Beauregard D.dans Perruche.Mais au bout de la grisaille, « dans un battement régulier / [l\u2019enfant] [s]\u2019éloigne mystérieusement du drame / [il] [s\u2019]allège jusqu\u2019à sentir l\u2019air sous [s]es pieds / et de manière inattendue / prince de rien mais enflé d\u2019espoir / [il] se sen[t] tout à coup tellement fort ».Virginie Beauregard D.manie les mots avec une infinie douceur, une manière toute simple et vibrante de nous raconter la perte dans un quotidien reconnaissable, un décor familier.La maison, l\u2019humeur fragile des parents, les espadrilles perdues sous le divan, « celui qui mange tout », autant de détails par lesquels on est plongé dans « un agenda barbouillé ».Perruche, c\u2019est une traversée, un passage entre l\u2019enfance et l\u2019autonomie, c\u2019est apprivoiser le détachement, le tout présenté dans une poésie humble et clairvoyante, un souffle tendre et invitant.Une sensibilité qui nous donne à voir le cœur de ce petit qui, à l\u2019image de son oiseau, se fait plus léger, apprivoise la vie sans lui.Fameux.Dompter le réel Jean-Christophe Réhel offre avec Peigner le feu une traversée poétique tout aussi émouvante, celle d\u2019un garçon qui entre au secondaire et qui évoque, avec une lucidité désarmante, la peur de l\u2019inconnu, la solitude, l\u2019irrépressible envie de se « cacher derrière / D\u2019immenses buissons / [L\u2019]envie de disparaître derrière / Des arbres qu\u2019on a jamais touchés ».Cette peur sert de moteur à son imagination qui vagabonde, le transporte dans une forêt remplie de lianes, de grands arbres, où tout est immense.Perruche Virginie Beauregard D., La courte échelle, Montréal, 2019, 64 pages Peigner le feu Jean-Christophe Réhel, La courte échelle, 2019, 64 pages Lire Jeunesse 30 Avancer malgré tout Les poètes Virginie Beauregard D.et Jean-Christophe Réhel investissent le thème de l\u2019apprivoisement La fragilité et la sensibilité du garçon sont palpables dans ce réel inéluctable qui se mêle à l\u2019espoir d\u2019un monde plus ouvert, dans lequel « on ferait la paix / On planterait des cours plus grandes / On ferait pousser des cordes à linge moins lourdes ».Réhel exprime ici avec force et une candeur certaine ce besoin de dire l\u2019absurdité du monde et le trac que provoque l\u2019entrée dans le moule.Peigner le feu permet une incursion au cœur d\u2019images puissantes portées par un personnage entier qui parle des larmes de son amie comme autant de « bougies qu\u2019on allume », de sa mère qui est « plus douce que la pluie ».De la beauté à portée de yeux.GETTY IMAGES / VETTA Perruche, c\u2019est une traversée, un passage entre l\u2019enfance et l\u2019autonomie, c\u2019est apprivoiser le détachement, le tout présenté dans une poésie humble et clairvoyante, un souffle tendre et invitant Le Courrier des écrans, une nouvelle infolettre pour les vrais amateurs de maïs soufflé.Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdesecrans Librairie indépendante de quartier 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 Rencontre avec Yvon Rivard animée par Shanti Van Dun Jeudi 3 octobre à 19 h Contribution suggérée : 5 $ LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 CRITIQUE YANNICK MARCOUX COLLABORATEUR LE DEVOIR La révolution est-elle poétique, portée par des idéaux et par l\u2019espoir, ou résul- te-t-elle d\u2019un instinct animal, une pulsion de vie si puissante qu\u2019elle vient à bout de régimes qui, pendant des décennies, semblaient intouchables ?Dans son troisième roman, Ni poète ni animal, Irina Teodorescu dépeint la Roumanie de 1989, éreintée par 24 ans du régime de Ceausescu, recréant le paysage intime d\u2019une population qui s\u2019apprête à tout faire basculer.C\u2019est la mort de son ami le Grand Poète, son dernier lien avec la Roumanie, qui active les réminiscences de Carmen.Française d\u2019adoption, elle n\u2019avait alors que 10 ans, mais ses souvenirs des mois précédant les événe- ments décisifs du 24 décembre 1989 sont vifs.En plus de la sienne, elle fait rejaillir la mémoire de sa mère, Ema, ainsi que de sa grand-mère, Da- ni E.Au fil de la révélation de vies ordinaires, on parvient presque à oublier le régime de terreur qui mène le pays, sauf lorsque la narratrice retrouve ses poèmes juvéniles, aliénés ou naïfs, qui laissent deviner la scarification de l\u2019imaginaire de l\u2019époque : « Je pondis sans difficulté une dizaine de strophes dans lesquelles je chantais sans vergogne ses louanges, d\u2019abord en tant que père \u2014 le Parti avait remplacé Dieu et CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Jean Detrez, fonctionnaire à Bruxelles, expert de l\u2019avenir, a été chargé de rédiger un rapport sur les perspectives de la blockchain pour le Parlement européen.La technologie, les cryptomonnaies, la futurologie, c\u2019est son domaine.« Mais, autant le dire tout de suite, l\u2019avenir n\u2019existe pas \u2014 tout du moins, pas encore », estime le narrateur de La clé USB, le nouveau roman de Jean-Philippe Toussaint.Expert de l\u2019avenir, peut-être, mais un expert qui manque cruellement de perspective.« Depuis des mois, je me sentais enlisé dans un présent perpétuel.» Approché de façon informelle par des lobbyistes, dont un certain John Stavropoulos, soi-disant au nom d\u2019une société bulgare qui souhaite décrocher un important contrat lié au minage de bitcoins auprès de l\u2019Union européenne.« Il était de ces personnes qui donnent l\u2019impression, dans la vie réelle, d\u2019évoluer dans un univers de fiction », nous dit-il.Après une rencontre tendue avec Stavropoulos, il découvre une clé USB « échappée » par le sympathique « aigrefin » \u2014 une clé qu\u2019il s\u2019approprie \u2014, qui le met sur une piste qu\u2019il juge inquiétante.Il y découvre AlphaMiner 88, un prototype secret d\u2019ordinateur spécialisé produit en Chine par une société basée à Dalian.Et si ces nouveaux ordinateurs de technologie chi- Ni poète ni animal Irina Teodorescu, Flammarion, Paris, 2019, 211 pages La clé USB 1/2 Jean-Philippe Toussaint, Minuit, Paris, 2019, 192 pages La porte dérobée Dans La clé USB, une histoire de Jean-Philippe Toussaint en cache une autre Avec ce faux thriller, Jean-Philippe Toussaint nous dit peut-être que l\u2019essentiel est invisible pour les yeux.JOHN MACDOUGALL AGENCE FRANCE-PRESSE noise venaient avec un backdoor, un logiciel difficile à détecter qui transforme l\u2019ordinateur en cheval de Troie à l\u2019insu de son utilisateur ?Avec les Chinois, pense-t-il, il faut s\u2019attendre à tout.Puisqu\u2019il doit participer quelques jours plus tard à un colloque au Japon, l\u2019homme programme un court arrêt en Chine, où, de sa propre initiative et à ses frais, il entreprend de rencontrer les dirigeants de la société chinoise pour essayer d\u2019en apprendre un peu plus.Un séjour éclair dont il ne dit rien à personne, ni à sa famille, ni à sa hiérarchie.Ce « blanc » dans son emploi du temps, entre Bruxelles et Tokyo, prend en réalité l\u2019allure d\u2019un trou noir.Avant de partir, il se fait voler son ordinateur dans les toilettes d\u2019un hôtel de Dalian.Une catastrophe qui en cache une autre : le texte de la conférence qu\u2019il devait prononcer à Tokyo s\u2019y trouvait.C\u2019est le cœur lourd et les mains vides qu\u2019il atterrit au Japon, avant de s\u2019enfoncer dans l\u2019embarras le plus complet \u2014 couvé par ses hôtes japonais encore plus embarrassés que lui.De La salle de bain à Made in China, en passant par sa tétralogie Marie Madeleine Marguerite de Montalte, fidèle à sa manière méticuleuse, tout en spirales, décentrée et toujours un peu minimaliste, l\u2019écrivain belge nous met en face d\u2019un narrateur qui, en réalité, entreprend de noyer le poisson.Avec ce faux thriller aux multiples moyens de diversion, Jean-Philippe Toussaint nous dit peut-être que l\u2019essentiel est invisible pour les yeux.Et ce qui se dissimule, c\u2019est la maladie du père et l\u2019imminence de sa mort, que le narrateur se cachait à lui-même comme il a cherché à éluder son voyage éclair en Chine.C\u2019est la porte dérobée, le backdoor narratif par lequel le présent revient s\u2019imposer dans le roman.Un moyen par lequel il cherche à distraire tandis que, du côté où le lecteur ne regarde pas, se joue l\u2019émotion, le danger, la véritable disparition.était, on nous l\u2019avait assez martelé, notre père à tous.» Bien que les tableaux de son enfance soient universels, ils appartiennent plus à l\u2019anecdote qu\u2019à une époque, et il arrive que l\u2019on perde de vue leurs correspondances avec la grande histoire, nous donnant l\u2019impression d\u2019une enfilade de récits intimes.Néanmoins, par le truchement des monologues de sa mère \u2014 auxquels on accède grâce à ses enregistrements sur cassette \u2014 on devine parfois la fatigue du peuple, l\u2019étiolement des institutions et une méfiance rampante, conséquence de l\u2019omnipotence du régime : « Au deuxième étage du numéro 4 de la rue, on a vite repéré une camarade travailleuse dont le travail visiblement était de nous surveiller, nous, les greffières du bureau du Pénal.» Heureusement que survient la révolution, bien que tardive, que l\u2019auteure dépeint avec verve, offrant un nouveau souffle à l\u2019histoire.Parvenant alors à lier l\u2019intime à l\u2019universel, son souffle poétique attise les braises de la liberté et coiffe le roman de façon enlevante, aussi épique que sensible.L\u2019écrivaine a du rythme, se révélant juste tant par sa narration que par l\u2019oralité des monologues d\u2019Ema.L\u2019idée d\u2019explorer la latence révolutionnaire de l\u2019intérieur était séduisante, mais le quotidien de ces femmes ne révèle que trop peu, sinon des vies dans leur plus simple appareil.Comme si la révolution n\u2019était qu\u2019une rupture, sans lien avec ce qui l\u2019avait précédée.Teodorescu s\u2019est gardée de faire une narration téléologique de l\u2019histoire.Au contraire, la révolution y paraît aussi imprévisible que soudaine.Ni poète ni animal nous enseigne au moins ça : sur ces terres du désespoir, la révolution demeure en jachère, prête à resurgir, au moment où on ne l\u2019attend plus.Parce qu\u2019il arrive qu\u2019elle soit nécessaire.Dans son troisième roman, Irina Teodorescu dépeint la Roumanie de 1989, éreintée par 24 ans du régime de Ceausescu PASCAL ITO FLAMMARION 31 Lire Fiction La révolution pour dessert Immersion dans les mois qui ont précédé la révolution roumaine LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Le polar scandinave ne cesse de s\u2019enrichir en se diversifiant, on le constate chaque année un peu plus.Non seulement les tout petits pays que sont le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Suède et l\u2019Islande sont à eux seuls responsables d\u2019une énorme proportion des polars paraissant chaque année dans le monde, mais ils font aussi partie, depuis Henning Mankell, des plus lus et des meilleurs.Sans compter que les femmes sont extrêmement présentes dans le secteur \u2014 on n\u2019a qu\u2019à penser à Camilla Lackberg, à Lilja et à Yrsa Sigurdar- dottir, à Karin Fossum et à toutes les autres \u2014 et qu\u2019elles sont souvent traduites en français.Camilla Grebe fait partie de ces « jeunes louves » ; elle qui écrit aussi à quatre mains \u2014 avec Asa Träff, Ça aurait pu être le paradis, au Serpent à plumes \u2014 a remporté le prix du meilleur polar scandinave en 2018 avec Le journal de ma disparition.Elle nous raconte ici une histoire très sombre, où il est beaucoup question de perte, de manque et de compensation.Le récit se construit à partir de trois sources qui convergent à mesure que le roman se déploie : un jeune homme, Samuel, sa mère, Per- nille, et Manfred, le policier chargé de l\u2019enquête sur une série de disparitions suspectes.Tour à tour, chacun apporte ainsi son décor particulier, sa vie, ses drames petits et grands définissant un angle d\u2019approche de l\u2019affaire dans laquelle on les retrouve tous les trois.Cette mise en profondeur permet au lecteur de saisir rapidement que ce qui apparaissait au départ comme une histoire de drogue et de règlement de comptes ouvre sur une perspective beaucoup plus large.Sur une sorte de démission collective difficile à nommer\u2026 On rencontrera ici un personnage absolument étonnant, Rachel, une femme dans le début de la quarantaine qui consacre sa vie à Jonas, son fils handicapé.Vivant surtout seule, en retrait sur une petite île de l\u2019archipel de Stockholm, elle anime aussi un blogue traitant des enfants handicapés et des soins à leur apporter.Pour l\u2019aider à s\u2019occuper de son fils lorsque son compagnon voyage, Rachel engage souvent de jeunes gens pour tenir compagnie à Jonas en lui lisant des histoires ou en lui faisant écouter de la musique.C\u2019est ce que fera Samuel pour échapper aux pégreux qui le menacent dans la capitale.Mais quelque chose ne tourne pas rond\u2026 Manfred et son équipe continuent à découvrir de nouveaux cadavres, Per- nille à s\u2019autoflageller par rapport à son fils, bientôt considéré comme disparu, alors que Samuel, lui, se voit pris dans un piège dont il n\u2019avait pas même soupçonné l\u2019existence.L\u2019affaire se réglera à un rythme stupéfiant alors que toutes les données éparses de l\u2019enquête tomberont en place les unes après les autres.Grebe sait raconter des histoires, il n\u2019y a aucun doute ; sa façon de multiplier les contextes et les réalités camouflées sous les apparences en semant des pistes de solutions ici et là semble être sa marque de commerce.Sans compter un sens du rythme du récit \u2014 brillamment rendu par la traductrice \u2014 qui donne une profondeur assez rare à l\u2019ensemble.On en redemande.Lire 32 La tension croît avec l\u2019usage Une histoire ahurissante dont on ne saisit l\u2019ampleur qu\u2019à la toute fin CRITIQUE SÉBASTIEN VINCENT COLLABORATEUR LE DEVOIR Le géant Amazon constitue une entreprise qui « transforme le monde ».En 25 ans, son fondateur, Jeff Bezos, est passé de créateur d\u2019une start-up à gourou possédant une fortune de 150 milliards de dollars.Génie visionnaire pragmatique et sans doute cynique, il éprouve une peur : celle de l\u2019échec d\u2019Amazon, estime le journaliste Benoît Berthelot dans cette enquête fouillée qui révèle l\u2019envers de l\u2019écran de ce mastodonte du commerce en ligne.Véritable micro-État composé de 650 000 salariés, Amazon dispose d\u2019une capitalisation boursière dépassant les 1000 milliards de dollars.Vorace, l\u2019entreprise cherche constamment à accroître sa domination.Forte de 300 millions de clients, elle sert de plateforme de vente à des centaines de milliers de fournisseurs.Ceux- ci lui cèdent près du tiers des recettes empochées par son entremise.Marketplace, Amazon Prime, drones livreurs, enceinte connectée Alexa, logiciel de reconnaissance faciale, alimentation, banques, produits maison, médicaments, voire conquête spatiale si chère à Bezos, Amazon constitue un empire tentaculaire.Chef de file mondial de l\u2019hébergement Internet avec Amazon Web Services, qui offre de l\u2019espace de stockage Camilla Grebe possède un sens du rythme du récit qui donne une profondeur assez rare à l\u2019ensemble.ULRICA ZWENGER L\u2019ombre de la baleine Camilla Grebe, traduit du suédois par Anna Postel, Calmann-Levy Noir, Paris, 2019, 445 pages Le monde selon Amazon 1/2 Benoît Berthelot, Le Cherche Midi, Paris, 2019, 229 pages (cloud) dont Netflix et certains services gouvernementaux sont clients, l\u2019entreprise est aussi numéro trois de la publicité en ligne.Les sommes colossales ainsi générées nourrissent l\u2019objectif de Jeff Bezos, soit de siphonner chaque dollar de chaque porte-monnaie.Avec ses ambitions démesurées, ses méthodes commerciales agressives, son mépris du devoir fiscal et ses pratiques managériales choquantes, « Amazon est devenue une entité froide, distante, ciblée par des critiques naissantes ».Ses centaines d\u2019entrepôts fournissent des emplois précaires dans des zones socialement sinistrées et désin- dustrialisées.Rythme infernal, silence imposé, surveillance constante et risques graves encourus par les salariés sont de plus en plus dénoncés.Il en va de même de « la vision amazo- nienne du monde du travail : standardisée, robotisée, ultra-productiviste ».Les employés jugés les moins performants par les algorithmes de gestion apprennent leur licenciement sur une notice remplie sans intervention humaine.Ceux qui restent craquent.Conséquence : 70 % d\u2019entre eux s\u2019estiment en état de stress au travail.« Du pur Orwell » soutient un ancien cadre.Amazon constitue un nouveau type de monopole, qui repose sur une connaissance approfondie des préférences des consommateurs.Avec ses millions de biens jetés au rebut et sa production massive de CO2 occasionnée par les livraisons, son coût environnemental s\u2019avère considérable.Par ailleurs, son omniprésence dans le cloud soulève des enjeux liés à la souveraineté, à la régulation, à la sécurité informatique et à la confidentialité des données.Benoît Berthelot ne demande pas si nous devrions ou non acheter sur le site d\u2019Amazon.Son enquête pose plutôt une question politique : celle du choix de société que nous voulons.Portrait d\u2019un empire tentaculaire Benoît Berthelot passe au crible la multinationale Amazon Un employé d\u2019Amazon India vérifie des produits en vue de leur livraison.MANJUNATH KIRAN AGENCE FRANCE-PRESSE LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 En 1944 paraissaient les Contes pour un homme seul, premier livre de l\u2019écrivain Yves Thériault (1915- 1983).L\u2019œuvre est forte.Très forte.Elle a un style, d\u2019abord, puissamment original, demeuré unique dans nos lettres.La prose est un peu bizarre, elle semble parfois même flirter avec la maladresse, mais il s\u2019en dégage une prenante poésie, et sa constance témoigne d\u2019une indéniable maîtrise.Dans le premier conte du recueil, où on rencontre une fleur qui chante ainsi que l\u2019inquiétant personnage du Troublé, on lit cette évocation, dé- stabilisante mais magnifique, de l\u2019atmosphère matinale : « Dans le matin qui en était un bien clair, tout rempli de soleil, il y avait le grand silence bruyant de la mer et des champs, et des choses qui font le bruit de vivre tout en ne faisant, chacune d\u2019elles, aucun bruit qui compte vraiment.» Ce style époustouflant porte vingt courts récits qui, sous des airs paysans et marins, nous plongent au cœur d\u2019une condition humaine « sous haute tension », comme le souligne le critique Laurent Mail- hot.Ici, l\u2019envie ou l\u2019amour mènent au meurtre ; là, une innocente est lynchée et une jeune fille enceinte sacrifiée.Il n\u2019y a pas de message, sinon, pour reprendre les mots de Gilles Marcotte, une exploration des « grandes passions primitives ».Styliste de la misère Je viens, à l\u2019occasion de leur 75e anniversaire, de relire ces contes, déjà lus deux ou trois fois, dans la nouvelle édition que publie Le dernier havre, maison dirigée par Marie-José Thériault, la fille de l\u2019écrivain.Mon éblouissement demeure intact et me fait déplorer le relatif oubli réservé, de nos jours, à l\u2019œuvre de Thériault.Nous avons eu, dans nos lettres, un tel auteur et nous ne le savons presque plus ?C\u2019est une faute, je trouve, pour une petite nation comme le Québec, de ne pas assez chérir ses véritables grands créateurs.Dans la deuxième livraison des Cahiers Yves Thériault (Le dernier havre, 2019), Michel Lord, fin spécialiste de la nouvelle d\u2019ici, parle de Thériault comme d\u2019un « des plus grands stylistes de la littérature québécoise », malgré le fait, souli- gne-t-il, que l\u2019écrivain lui-même avouait avoir inventé son style pour surmonter ses incertitudes linguistiques.Il y a, en effet, quelque chose de profondément québécois dans cette force née de l\u2019embarras.Lord fournit une intéressante clé d\u2019interprétation de l\u2019œuvre en montrant que « Thériault est fasciné par les choses, les modes de vie qui s\u2019en vont », comme en font la preuve ses grands romans Aaron (1954), sur la communauté juive montréalaise, et Agaguk (1958), sur le monde inuit.La description d\u2019un vieux couple taciturne, dans les Contes pour un homme seul, illustre la constance de cette fascination chez l\u2019écrivain : « Ils n\u2019ont pas un mot l\u2019un pour l\u2019autre.Ce n\u2019est pas de l\u2019indifférence, c\u2019est plutôt une habitude routinière de ce lever matinal.Ils ne voient pas la beauté des gestes qu\u2019ils exécutent.Ils n\u2019en voient pas la grandeur non plus.» Et cette beauté, rude et sans apprêt, qui brûle les yeux quand on lit Thériault, c\u2019est celle de la condition humaine.Dans les Contes pour un homme seul, explique la professeure et romancière Christiane Lahaie, on peut vivre bien, « à condition d\u2019accepter sa misère ».Il n\u2019en va pas autrement dans l\u2019existence, me semble-t-il, et c\u2019est là une des leçons cruelles et nécessaires que l\u2019on doit à la meilleure littérature.L\u2019homme révolté « Je ne défends aucune cause, je me moque éperdument des questions sociales, politiques ou religieuses lorsque j\u2019écris un livre », affirmait Thériault.Ce parti pris libertaire ne l\u2019a pas empêché, en 1962, dans Si la bombe m\u2019était contée, qualifié par le critique Claude Janelle de « premier recueil de nouvelles de science-fiction de la littérature québécoise », de raconter à sa manière les dangers d\u2019un conflit nucléaire.Thé- riault n\u2019aimait pas ce livre, devenu difficile à trouver, mais la présentation qu\u2019en fait le professeur Patrick Bergeron dans les Cahiers donne furieusement le goût de le lire.Je souhaiterais, modestement, que ma chronique ait le même effet.L\u2019homme seul des Contes, écrit Mailhot dans la préface de la nouvelle édition, c\u2019est l\u2019homme abandonné des autres hommes, mais aussi celui qui ne l\u2019est pas.C\u2019est « l\u2019homme révolté contre sa condition, seul sur la terre, aux pieds fragiles, aux jambes blessées, à la démarche incertaine ».C\u2019est l\u2019homme, lucide ou confus, qui vit constamment dans la crainte « des orages qui menacent », suggère le critique.Ce sont, ajoute Lahaie, les humains « qui errent plutôt que de marcher dans un but précis ».L\u2019homme seul, c\u2019est moi, c\u2019est toi, c\u2019est nous, c\u2019est vous.Thériault, parce qu\u2019il a écrit ça avec un lyrisme plein de rudesse, « est assurément un des écrivains majeurs de la littérature québécoise », écrivait Gilles Marcotte en 1992.Ne le laissons pas seul.LOUIS CORNELLIER CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR En 2018, ici, quatre partis politiques, le PQ, la CAQ, QS et le Parti vert du Québec, ont signé une entente pour qu\u2019un projet de loi sur la réforme du mode de scrutin soit déposé au plus tard le 1er octobre prochain.En 2019, les députés du PLQ ont adhéré à l\u2019entente qui favorise le scrutin proportionnel mixte compensatoire avec liste régionale.Françoise David, de QS, croit que, malgré sa complexité, il sauverait notre démocratie.La nouvelle formule corrigerait en effet la grave distorsion entre le choix politique de l\u2019électorat et le résultat des élections selon notre mode de scrutin actuel, le mode majoritaire uninominal à un tour, hérité du bipartisme (Parti conservateur et Parti libéral, deux formations toujours distinctes mais au nom parfois variable).Ce mode est « issu du colonialisme britannique », rappelle Mercédez Roberge dans Des élections à réinventer, guide très complet de l\u2019amélioration technique de la démocratie.Préfacé par Paul Cliche, militant hors pair du Mouvement pour une démocratie nouvelle que Mercédez Roberge a présidé de 2003 à 2010, l\u2019ouvrage vise, résume l\u2019essayiste, à « s\u2019assurer que tous les votes comptent et que toutes les personnes comptent ».Dans le mode de scrutin actuel, les « votes perdus », c\u2019est-à-dire « ceux qui n\u2019ont pas désigné la personne gagnante pour la circonscription », atteignent, explique-t- elle, un niveau effarant.Les votes perdus des cinq dernières élections québécoises ont varié de 52 % à 57 %.Dans dix régions, ils ont atteint 60 %, voire plus.Ce fâcheux phénomène incite Mercédez Roberge à formuler cette inévitable conclusion : « Le système actuel favorise la croissance des partis politiques établis et il empêche celle des tiers partis.» Soucieuse d\u2019éviter toute tendance partisane, l\u2019essayiste en reste aux considérations abstraites.Cela ne l\u2019empêche pas de nous suggérer une réflexion qui relève plus de l\u2019histoire politique que du parti pris.Le PQ, fondé en 1968 par René Léves- que, ébranle le bipartisme traditionnel pour finir en 1976 par remplacer l\u2019Union nationale, formation conservatrice, comme véritable concurrent du PLQ.En formant en 2018 le gouvernement québécois, la CAQ, fondée en 2011 par François Legault, devient, changeant à son tour le bipartisme, la véritable concurrente du PLQ.À l\u2019élection de 2018, un tiers parti, QS, fondé en 2006, obtient un résultat presque égal à celui du PQ, relégué au rang de tiers parti.Cette nouvelle dynamique de la vie politique n\u2019appelle- t-elle pas les changements au mode de scrutin proposés dans l\u2019entente des partis en 2018 et explicités par Mercé- dez Roberge qui les compare, grâce à son savoir encyclopédique, avec les mesures prises ailleurs ?En rompant avec un bipartisme capable à long terme, par faiblesse, de compromettre l\u2019évolution, le Québec ne se tournerait-il pas vers un meilleur avenir social et constitutionnel ?Pour Mercédez Roberge, la réforme du mode de scrutin exprimerait pluralisme et changement Des élections à réinventer Un pouvoir à partager 1/2 Mercédez Roberge, Somme toute, Montréal, 2019, 408 pages La nouvelle formule corrigerait la grave distorsion entre le choix politique de l\u2019électorat et le résultat des élections selon notre mode de scrutin actuel, le mode majoritaire uninominal à un tour.ISTOCK 33 Du bipartisme au multipartisme Lire Thériault seul Essai LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Lir e Litt érature queer 34 CRITIQUE CROISÉE CHRISTIAN SAINT-PIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Billy-Ray Belcourt et Joshua Whitehead sont tous les deux Autochtones du Canada, bispirituels et vingtenai- res.Le premier est Cri, de la Première Nation de Driftpile en Alberta.Le second est Oji-Cri, de la Première Nation de Peguis au Manitoba.De Belcourt, les éditions Triptyque proposent Cette blessure est un territoire, un recueil de poèmes traduit de l\u2019anglais par Mishka Lavigne.De Whitehead, les éditions Mémoire d\u2019encrier offrent Jonny Appleseed, un roman traduit de l\u2019anglais par Arianne Des Rochers.Dans les deux cas, il s\u2019agit des confessions bouleversantes de jeunes gens ayant appris à aimer sur l\u2019application Grindr.Poèmes tristes D\u2019abord paru à Calgary en 2017, Cette blessure est un territoire réunit 37 fragments d\u2019une page ou deux, des poèmes en vers et en prose, mais également en listes et en dialogues, des textes aussi courts que denses, aussi percutants que laconiques, où il est d\u2019abord et avant tout question du corps.« Si j\u2019ai un corps, faites que ce soit un recueil de poèmes tristes.je suis sérieux.l\u2019autochtonie rend trouble l\u2019idée même d\u2019\u201cavoir\u201d un corps, donc si j\u2019ai, par un quelconque miracle, un corps, alors faites que ma peau soit un collage de méditations sur l\u2019amour et d\u2019identités éclatées.» Dans ces pages poignantes, remplies d\u2019images fortes, le corps est queer et autochtone, bien entendu, mais il est aussi sexuel et spirituel, colonisé et décolonisé, souillé et sacré, inadéquat et sublime.Être queer, c\u2019est « savoir que ton corps est à la fois trop et pas assez pour ce monde ».Quant au colonialisme, Belcourt écrit : il « nous a brisés, et nous essayons encore de voir comment on peut aimer et être brisés en même temps ».En somme, c\u2019est un corps en quête d\u2019incarnation que celui du narrateur, un corps en réappropriation, donc subversif, engagé dans une sorte de révolution, une forme de résistance.« Un jour j\u2019ouvrirai mon corps / pour libérer toutes les personnes prisonnières à l\u2019intérieur de moi.» L\u2019auteur, aussi étudiant au doctorat à l\u2019Université d\u2019Alberta, ne manque certainement pas de mots pour décrire sa démarche.En épilogue à son recueil, il écrit : « Cette blessure est un territoire, alors, n\u2019est autre qu\u2019un hommage au potentiel de la tristesse, pour montrer qu\u2019un corps qui se désincarne, une poétique du délai ou une chorégraphie de corps désarticulés peuvent changer la rhétorique de la revendication.» Animer sa douleur D\u2019abord paru à Vancouver en 2018, Jonny Appleseed est un roman initiatique composé de 49 courts chapitres, autant d\u2019instantanés dans la vie d\u2019un « NDN » \u2014 acronyme qui « représente un effort explicite et visible de réclamation du mot \u201cIndien\u201d par et pour les gens qu\u2019il désigne ».Jeune « travailleur du cybersexe » à Winnipeg, Jonny doit rentrer dans la réserve qui l\u2019a vu naître afin d\u2019assister aux funérailles de son beau-père.L\u2019imminence de ce retour aux sources l\u2019incite à se raconter, à évoquer avec une conviction étonnante les traumatismes et les émerveillements de son enfance, mais également à décrire quelques passages de son quotidien, des jeux de rôles devant webcam qui sont à la fois cruels et créatifs, qui peuvent être considérés comme dégradants, ou encore comme libérateurs.« Je suis un écran magique \u2014 chaque cellule de mon corps se définit au gré de vos désirs.» Puis il ajoute : « [\u2026] moi aussi j\u2019ai besoin de beaucoup d\u2019amour.Il y a en moi des tonnes de trous pas pénétrables qui demandent qu\u2019à être comblés.» La langue de Whitehead est parfois concrète, très contemporaine, truffée de références à la culture populaire, du film Titanic à la télésérie Stranger Things en passant par le jeu vidéo Crash Bandicoot.Par endroits, le ton se fait onirique, adopte une envergure mythique : description d\u2019une « plage en colère », du « chant apocalyptique des orques, des loups et des ours », ou encore du « ciel vide et satiné d\u2019étoiles qui ressemblent trop à du sucre ».Les pages qui concernent l\u2019enfance, souvenirs de première fois, tendres ou déchirants, traduisant le courage d\u2019une communauté ou mettant en relief de révoltantes inégalités, sont particulièrement puissantes.Il est beaucoup question d\u2019amour et d\u2019amitié , et de la frontière ténue entre les deux, comme en témoigne la relation de Jonny avec Tias.Les personnages de la mère et de la grand-mère (sa kokum) sont aussi fondamentaux, sans oublier les tantes et les oncles.Dans ses remerciements, l\u2019auteur nomme avec beaucoup de justesse le tour de force qu\u2019il est parvenu à accomplir : « Une bonne histoire est toujours une cérémonie de guérison », « on récupère, commémore et régénère les relations que nos histoires mettent au monde ».Puis il ajoute : « Lorsqu\u2019on anime sa douleur, elle devient quelque chose à laquelle on peut faire l\u2019amour.» Un corps comme le mien Billy-Ray Belcourt et Joshua Whitehead explorent leurs identités queer et autochtone Cette blessure est un territoire Billy-Ray Belcourt, traduit de l\u2019anglais par Mishka Lavigne, Triptyque « Queer », Montréal, 2019, 96 pages Jonny Appleseed Joshua Whitehead, traduit de l\u2019anglais par Arianne Des Rochers, Mémoire d\u2019encrier, Montréal, 2019, 272 pages Billy-Ray Belcourt et Joshua Whitehead sont des Autochtones de l\u2019Alberta et du Manitoba, bispirituels et vingtenaires.Dans leurs livres, on retrouve des confessions bouleversantes de jeunes gens ayant appris à aimer sur l\u2019application Grindr.MUSEUM OF NEW MEXICO / DOMAINE PUBLIC LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Sculptrice de la lumière, de la verticalité, de la répétition des formes, de la musicalité aussi, Lisette Lemieux possède plus d\u2019une affinité artistique avec Guido Molinari.C\u2019est du moins le prétexte derrière l\u2019exposition Consonance, combinaison de sons, en musique, présentée à la fondation du peintre décédé en 2004.Regroupant vingt-cinq œuvres réalisées en quarante ans, Consonance est à ranger du côté des expos rétrospectives, de celles qui donnent une (très) bonne idée de la pratique de l\u2019artiste concerné.Depuis les années 1970, Lisette Lemieux explore une multitude de matières sous différentes formes, sans pour autant perdre en cohérence.Si le verre est incontournable chez cette artiste qui se sert constamment de la lumière pour révéler ou modifier la réalité \u2014 elle utilise souvent du verre biseauté \u2014, on n\u2019a affaire ici ni au vitrail classique ni à l\u2019objet design, soufflé et précieux.Et il n\u2019y a pas que ça chez Lisette Lemieux.Le texte, ou la référence littéraire, d\u2019Hélène Monet- te à François Cheng, et l\u2019écriture, ou ce qui vient après elle \u2014 la si expressive Gommer (2011), faite de résidus de gomme à effacer \u2014, traversent aussi cette pratique sensible et réfléchie.On se demande quel genre de détour les musées prennent pour ne pas souligner l\u2019ampleur d\u2019une telle carrière.Mais bon, il y a des lieux comme la Fondation Guido Molinari et des éditeurs comme Plein sud, responsable de la monographie publiée pour l\u2019occasion, qui jouent leurs rôles.Consonance n\u2019est pas pour autant qu\u2019une rétrospective.Exposer à la fondation de l\u2019est de Montréal, c\u2019est exposer aux côtés de Molinari, en écho à ses œuvres.L\u2019idée, en soi, n\u2019était pas mauvaise.Aux bandes verticales du peintre, le commissaire invité, Richard Ga- gnier, restaurateur d\u2019œuvres dans une autre vie (au Musée des beaux- arts de Montréal), juxtapose des colonnes de la sculptrice, un motif récurrent chez elle, surtout dans les années 1980.À un tableau de la série des Triangulaires opaques de Molinari, des losanges translucides de Le- mieux.À un tracé du premier empreint de légèreté et de fugacité, l\u2019œuvre en porcelaine et en verre Fossile d\u2019Icare (2011) de la seconde.Molinari au second plan L\u2019idée n\u2019est donc pas mauvaise, tant les deux artistes, qui ne se sont jamais côtoyés, se répondent.Sauf qu\u2019il y a une évidente surcharge de l\u2019espace.La Fondation Guido Molinari nous avait habitués à des salles qui respirent.Pourtant, il n\u2019y a probablement pas beaucoup plus d\u2019œuvres exposées cette fois.C\u2019est sans doute la nature monumentale de la sculpture de Lisette Lemieux qui donne cette impression de trop-plein.De manière surprenante, la plupart des œuvres de Molinari passent au second plan.Sans doute une rétrospective Lemieux n\u2019avait pas besoin de la caution du maître de l\u2019abstraction.D\u2019emblée, c\u2019est la relation entre Colonne mémoire et Colonne dessin, deux sculptures de 1987, qui interpelle.Il faut dire que l\u2019une ne va pas sans l\u2019autre : la première en bois et en graphite est l\u2019empreinte de la seconde et de son fil métallique.Ailleurs, ce sont des pièces plus imposantes qui se démarquent, de manière individuelle.Au rez-de-chaussée domine À l\u2019ombre du Sphynx (1986), une structure pyramidale construite sur l\u2019accumulation de cubes de bois noirs et des lamelles de verre qui les relient et les transpercent en même temps.L\u2019œuvre, qui appartient au Musée national des beaux-arts du Québec, oppose la masse, ou l\u2019ombre, et la brèche de lumière dans cette muraille, du coup peu menaçante.Dans l\u2019espace qui servait jadis ici de coffre-fort, la toute récente Autodafé (2019) évoque le temps qui passe.Sorte de stèle funéraire \u2014 ce sont des cendres des documents de travail de l\u2019artiste et prof retraitée qui ont été comprimées dans des tubes transparents \u2014, l\u2019œuvre dessine un paysage mouvant, presque sablonneux.À l\u2019étage, c\u2019est une installation in situ, au sol, qui dicte les regards et la déambulation des visiteurs.Composée de moulages en plâtre de feuilles par nature envahissantes (des péta- sites et des rhubarbes), Échappée de culture (2019) évoque autant le travail minutieux de l\u2019artiste que l\u2019aspect incontrôlable de la vie.Au-delà du résultat, de l\u2019objet obtenu, c\u2019est du processus de création que parle l\u2019exposition.En cela, Liset- te Lemieux et Guido Molinari ne sont pas tellement loin l\u2019un de l\u2019autre.Le travail en atelier leur est primordial et ça se manifeste dans l\u2019exercice manuel, dans l\u2019exploration des formes, dans une écriture plastique propre à chacun.Consonance De Lisette Lemieux.À la Fondation Guido Molinari, jusqu\u2019au 17 novembre.La seule biennale d\u2019art performatif à Montréal clôt aujourd\u2019hui sa 7e édition.Dès 14 h, à son quartier général aux Ateliers Jean Brillant et dans les environs, l\u2019événement offre l\u2019occasion de découvrir une riche déclinaison des pratiques de cet art vivant, tant avec des figures locales que de l\u2019étranger.Des gestes lents et énergiques sont au menu dans des actions longue durée (Miao Jiaxin, Rosamond S.King) ou dans des mises en situation impliquant le corps avec des objets surprenants, tel un frigo en fonction (Emma-Kate Guimond).Autour d\u2019une « soupe de rêves », d\u2019après l\u2019idée du Colombien David Sebastien Lopez Restrepo, Viva ! invite aussi le public à manger, poursuivant la tradition d\u2019un art relationnel ancré dans la formule du repas partagé.La prestation des Women With Kitchen Appliances (WWKA) sera le clou de l\u2019événement, en soirée.Après 20 ans d\u2019existence, le collectif féministe fera son dernier tour de piste en performant sa dissolution.Vingt performeuses anonymes vont céder à qui le veut les objets de cuisine avec lesquels pendant toutes ces années les WWKA ont engendré des concerts bruitistes déjantés.Elles espèrent ainsi créer une archive commune en passant le flambeau à une autre génération.Marie-Ève Charron Des adieux et une offre variée à Viva ! Art Action SUR LE RADAR Lisette Lemieux, Échappée de culture, 2019 GUY L'HEUREUX 35 Arts vi suels C U L T U R E Lumière sur Lisette Lemieux La rétrospective de la sculptrice est teintée de familiarités avec Molinari LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Écrans 36 CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR On en voudrait presque à Marie- Andrée Labbé de mettre fin aux tribulations sentimentales, familiales et professionnelles des deux adorables sœurs Desbiens qu\u2019incarnent avec autant de fraîcheur que d\u2019aplomb Évely- ne Brochu et Virginie Fortin.En même temps, on voudrait la remercier d\u2019avoir su partir en beauté plutôt que de nous faire assister à la lente agonie d\u2019une si irrésistible comédie.Pas que l\u2019on croie que la scénariste ait pu manquer de souffle après trois saisons\u2026 Abordant les thèmes du renouveau et de l\u2019affirmation de soi, la 3e saison de Trop promet d\u2019être aussi riche en péripéties et en émotion que les deux précédentes si l\u2019on se fie aux deux premiers épisodes qu\u2019on a pu regarder en primeur.De fait, le rythme est plus que tonique, les répliques n\u2019ont rien perdu de leur piquant et les épreuves de la vie n\u2019ont en rien altéré la tendre complicité entre Isabelle (Brochu) et Anaïs (Fortin).Ensemble, c\u2019est tout De retour d\u2019Islande, Isabelle annonce à tous qu\u2019elle a quitté son job à la Station, « par courriel comme une grosse lâche » et désire se lancer en affaires.Grâce à Anaïs, elle trouve un superbe local pour y fonder le Saman (signifiant « ensemble » en islandais, comme elle le répétera souvent), resto- bar-spectacle pour artistes émergents.Côté sentimental, Isabelle n\u2019ose encore avouer à Marc-Antoine (Éric Bru- neau) la raison de ses nausées ni le contenu de ses amusants cauchemars mettant en vedette Danielle Henkel.Fidèle à elle-même, Anaïs vit des très hauts et des très bas en raison de son trouble bipolaire.En plus d\u2019être le sujet principal du documentaire que tourne son amoureux Romain (Pierre-Yves Cardinal), Anaïs doit composer avec les effets des hormones, elle qui tente de tomber enceinte pour le compte de Rachel (Macha Limonchik) et d\u2019Estaban (Iannicko N\u2019Doua).Toujours le cœur sur la main, Anaïs tentera d\u2019aider son coloc Olivier (Jean-François Provençal) à sortir de sa coquille.Ce faisant, elle croisera la route d\u2019un ex-petit ami, Raphaël (Vincent Fafard), qu\u2019Olivier juge « dangereux, très dangereux ».Parlant de nouveaux personnages, entrera en scène Jessie (Sarah Laurendeau), aspirante scénariste douée pour la rénovation.Quels secrets ca- che-t-elle ?Plus tard dans la saison, on fera la connaissance du conférencier Joseph B.(Alain Chanoine) et de Mariette (Louise Forestier), une dame en perte d\u2019autonomie.Et notre bouillant couple préféré dans tout cela ?Depuis l\u2019arrivée de la cigogne l\u2019an dernier, Manuela (Alice Pascual) et Samir (Mehdi Bousaidan) n\u2019ont toujours pas renoué, la première s\u2019étant réfugiée chez sa mère, le second étant à la recherche d\u2019un appartement.Contraints de travailler ensemble au Saman, ils ne voudront échanger ni un regard ni un mot.Dévoués envers leurs filles, Carole (Louise Portal) et Clément (Germain Houde) Desbiens seront également du rendez-vous, notamment au dernier Comment te dire adieu Après trois saisons, la délicieuse série Trop tire gracieusement sa révérence Les adorables sœurs Desbiens qu\u2019incarnent avec autant de fraîcheur que d\u2019aplomb Évelyne Brochu et Virginie Fortin.Trois saisons, c\u2019est peu quand c\u2019est si bon.Mais c\u2019est assez pour s\u2019inscrire dans la mémoire et le cœur des spectateurs. LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Trop 3 Véro.tv, dès lundi épisode, tourné à la demande de Marie- Andrée Labbé dans son Saguenay natal, selon ce qu\u2019a rapporté Le Quotidien.Pour ajouter au bonheur et assurer que cette ultime saison soit à la hauteur des deux premières, Chloé Robi- chaud (Féminin / Féminin) et Louise Archambault (Il pleuvait des oiseaux) se partagent de nouveau la réalisation.Une plume est née Trois saisons, c\u2019est peu quand c\u2019est si bon.Mais c\u2019est assez pour s\u2019inscrire dans la mémoire et le cœur des spectateurs.Certes, on se souviendra de Trop pour son univers chaleureux, pour la fougue de ses personnages, pour ses réparties qui décoiffent, pour la chimie palpable entre Évelyne Bro- chu et Virginie Fortin et, surtout, pour son illustration à la fois fine et frontale de la maladie mentale au quotidien.Comparée dès le départ à Isabelle Langlois (Lâcher prise), Marie-Andrée Labbé a prouvé qu\u2019elle avait une signature, une sensibilité et un humour bien à elle.L\u2019an dernier, la scénariste nous avait confié qu\u2019elle ne voulait pas la gloire, mais passer ses « journées en bobettes à écrire ! » Eh bien, pour elle comme pour nous, souhaitons que son vœu se réalise et que son nom apparaisse bientôt au générique d\u2019une nouvelle série télé.Abordant les thèmes du renouveau et de l\u2019affirmation de soi, la 3e saison de Trop promet d\u2019être aussi riche en péripéties et en émotion que les deux précédentes si l\u2019on se fie aux deux premiers épisodes qu\u2019on a pu regarder en primeur.PHOTOS ERIC MYRE Culture Écrans 37 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Culture Écrans 38 SAMEDI LA COULEUR DES SENTIMENTS (4) (The Help), É.-U.2011.Drame social de Tate Taylor avec Emma Stone, Viola Davis, Bryce Dallas Howard.- En 1963 au Mississippi, une journaliste blanche, choquée par les injustices dont sont victimes les domestiques de race noire, recueille leurs confidences pour les fins d\u2019un livre.ARTV 12h À TRAVERS L\u2019UNIVERS (3) (Across the Universe), É.-U.2007.Comédie musicale de Julie Taymor avec Jim Sturgess, Evan Rachel Wood, Joe Anderson.- Les tribulations sentimentales et politiques d\u2019un groupe de jeunes artistes marginaux à New York au cours des années 1960.V 14h LE HOBBIT.UN VOYAGE INATTENDU (4) (The Hobbit \u2013 An Unexpected Journey), É.-U.2012.Drame fantastique de Peter Jackson avec Martin Freeman, Richard Armitage, Ian McKellen.- Un paisible hobbit est choisi par un magicien pour escorter treize nains qui veulent se réap- proprier leur royaume niché dans une montagne lointaine, occupée par un féroce dragon.TVA 14h30 LES FEMMES DU 6E ÉTAGE (3) Fr.2010.Comédie de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Natalia Verbeke.- Fasciné par sa nouvelle bonne, un financier parisien découvre l\u2019univers des domestiques espagnoles qui logent dans les mansardes de son immeuble.ARTV 14h30 N\u2019IMPORTE OÙ SAUF ICI (4) (Anywhere But Here), É.-U.1999.Drame psychologique de Wayne Wang avec Natalie Portman, Susan Sarandon, Eileen Ryan.- Les difficultés d\u2019adaptation d\u2019une adolescente du Wisconsin, obligée d\u2019aller vivre à Beverly Hills avec sa mère exubérante, qui caresse des rêves de gloire.VRAK 15h GROSSESSE SURPRISE (4) (Knocked Up), É.-U.2007.Comédie de Judd Apatow avec Seth Rogen, Katherine Heigl, Paul Rudd.- Un jeune glandeur tente maladroitement de prendre ses responsabilités auprès d\u2019une journaliste qu\u2019il a mise enceinte lors d\u2019une aventure d\u2019un soir.MAX 15h30 ANALYSE-MOI CECI (5) (Analyze That), É.-U.2002.Comédie policière d\u2019Harold Ramis avec Billy Crystal, Robert De Niro, Lisa Kudrow.- À sa sortie de prison, un gangster notoire ayant feint une dépression nerveuse est placé sous la protection d\u2019un psychiatre qui l\u2019a déjà traité.MAX 18h MONDE JURASSIQUE (5) (Jurassic World), É.-U.2015.Science-fiction de Colin Trevor- row avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson.- Dans un parc thématique abritant des dinosaures, une nouvelle bête conçue pour être plus terrifiante et rusée s\u2019échappe, menaçant les neveux de la directrice, en cavale sur le site.TVA 18h30 LE WOLVERINE (4) (The Wolverine), É.-U.2013.Science-fiction de James Mangold avec Hugh Jackman, Tao Okamoto, Rila Fukushima.- Un mutant misanthrope aux griffes d\u2019acier se fait proposer un marché inattendu par un milliardaire japonais mourant dont il avait autrefois sauvé la vie.V 18h30 LA SOUPE AUX CHOUX (4) Fr.1981.Comédie fantaisiste de Jean Girault avec Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret.- Deux vieux paysans reçoivent la visite d\u2019un extraterrestre.ARTV 19h STRIP-TEASE (5) (Striptease), É.-U.1996.Comédie policière d\u2019Andrew Bergman avec Demi Moore, Ving Rhames, Burt Reynolds.- Une jeune strip-teaseuse est mêlée malgré elle à une affaire de meurtre impliquant un politicien.MAX 20h UNE NUIT POUR SURVIVRE (5) (Run All Night), É.-U.2015.Drame policier de Jaume Collet- Serra avec Liam Neeson, Joel Kinnaman, Ed Harris.- Pour protéger son fils, qui l\u2019avait renié, un tueur professionnel sur le déclin retourne son arme contre son ancien employeur et les mercenaires de ce dernier.TVA 21h FOOTLOOSE (4) É.-U.1984.Comédie musicale d\u2019Herbert Ross avec Kevin Bacon, Lori Singer, John Lithgow.- Dans une petite ville du Kansas où la danse et la musique rock sont interdites, un adolescent se démène pour organiser une soirée dansante.ELLE 21h LE PRÉDATEUR (4) (Predator), É.-U.1987.Science-fiction de John McTiernan avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Elpidia Carrillo.- Un commando qui s\u2019est aventuré dans la jungle dans le but de libérer un sénateur enlevé par des guérilleros doit faire face à un extraterrestre.V 21h15 PHIL SPECTOR (4) É.-U.2013.Drame biographique de David Mamet avec Helen Mirren, Al Pacino, Jeffrey Tambor.- Les difficultés rencontrées par l\u2019avocate chargée de défendre en cour le célèbre producteur de musique rock accusé en 2003 du meurtre d\u2019une starlette.TQ 22h PELHAM 1 2 3: L\u2019ULTIME STATION (4) (The Taking of Pelham 1 2 3), É.-U.2009.Drame policier de Tony Scott avec Denzel Washington, John Travolta, John Turturro.- Un répartiteur du métro de New York négocie avec des criminels qui ont pris en otages 18 passagers et réclament 10 millions de dollars en échange de leur libération.MAX 22h30 LA COULEUR DES SENTIMENTS Voir samedi, 12h.ARTV 23h RÉCONCILIATION.LE MIRACLE DE MANDELA (5) (Reconciliation: Mandela\u2019s Miracle), É.-U.2010.Documentaire de Michael Henry Wilson.- Rappel des tactiques, diplomatiques et politiques, employées par Nelson Mandela pour favoriser un rapprochement entre les citoyens blancs et noirs de l\u2019Afrique du Sud.TFO 23h30 KEANU (5) É.-U.2016.Comédie de Peter Atencio avec Jordan Peele, Keegan-Michael Key, Tiffany Haddish.- Pour convaincre un trafiquant de drogue de lui redonner son chaton, un trentenaire irresponsable et son cousin se font passer pour deux frères membres d\u2019un gang de rue.TVA 23h45 GANTS D\u2019ACIER (4) (Real Steel), É.-U.2011.Science-fiction de Shawn Levy avec Hugh Jackman, Dakota Goyo, Evangeline Lilly.- Dans un futur proche, un ancien boxeur devenu gérant de robots pugilistes renoue avec le fils qu\u2019il avait abandonné à sa naissance.RC 0h30 STRIP-TEASE Voir samedi, 20h.MAX 0h30 DIMANCHE LETTRES À JULIETTE (5) (Letters to Juliet), É.-U.2010.Comédie sentimentale de Gary Winick avec Amanda Seyfried, Vanessa Redgrave, Christopher Egan.- En Italie, une jeune Américaine et le petit-fils d\u2019une vieille dame anglaise accompagnent cette dernière dans la quête de son premier amour.TVA 10h DES EXTRATERRESTRES DANS LE GRENIER (5) (Aliens in the Attic), É.-U.2009.Comédie fantaisiste de John Schultz avec Carter Jenkins, Austin Butler, Kevin Nea- lon.- En vacances avec leurs parents dans une maison de campagne, des jeunes tentent de mettre en échec quatre extraterrestres déterminés à envahir la Terre.TVA 14h15 L\u2019INCOMPARABLE MADEMOISELLE C.(4) Can.2004.Comédie fantaisiste de Richard Ciupka avec Marie-Chantal Perron, Mylène St-Sauveur, Pierre Lebeau.- Une jeune femme excentrique redonne de la joie de vivre aux habitants moroses d\u2019une ville menacée par les plans d\u2019un roi du casino véreux.RC 15h TROIS ÉTRANGERS IDENTIQUES (4) (Three Identical Strangers), É.-U.2018.Documentaire de Tim Wardle.- En 1980, trois New-Yorkais de 19 ans découvrent par hasard qu\u2019ils sont des triplés identiques ayant été séparés peu après leur naissance.CD 19h MON AMI DINO (4) Can.2016.Docu-fiction de Jimmy Larouche.- À 72 ans, affaibli par la maladie, l\u2019acteur italo-québécois Dino Tavarone raconte les différentes étapes de sa carrière et de sa vie.ARTV 20h LES RISQUES DU MÉTIER (4) Fr.1967.Drame social d\u2019André Cayatte avec Jacques Brel, Emmanuelle Riva, René Dary.- Un jeune instituteur est accusé par quatre de ses élèves d\u2019attentat à la pudeur.TFO 21h LE FEU DE LA DANSE (5) (Flashdance), É.-U.1983.Drame musical d\u2019Adrian Lyne avec Jennifer Beals, Michael Nouri, Sunny Johnson.- Une jeune fille de Pittsburgh, qui exerce le métier de soudeur, rêve de devenir ballerine.ELLE 21h RENT (4) É.-U.2005.Drame musical de Chris Columbus avec Adam Pascal, Rosario Dawson, Anthony Rapp.- En 1989, à New York, un groupe de jeunes s\u2019efforcent de surmonter les nombreux obstacles qu\u2019ils rencontrent dans leur recherche du bonheur et de la réussite.MAX 21h30 OMBLINE (4) Fr.2012.Drame de Stephane Cazes avec Mélanie Thierry, Nathalie Bécue, Dounya Hdia.- Purgeant une peine de trois ans pour avoir agressé un policier, une jeune femme met au monde en prison un petit garçon, dont elle a la garde jusqu\u2019à ses dix-huit mois.TQ 22h LES FEMMES DU 6E ÉTAGE Voir samedi, 14h30.ARTV 23h VISITE LIBRE (5) (5 Flights Up), É.-U.2014.Comédie dramatique de Richard Loncraine avec Morgan Freeman, Diane Keaton, Cynthia Nixon.- Sur le point de vendre l\u2019appartement de Brooklyn qu\u2019ils habitent depuis 40 ans, un vieux peintre et sa femme s\u2019interrogent sur la pertinence de leur décision.TVA 23h15 LE SILENCE DES FUSILS (5) Can.1996.Drame social d\u2019Arthur Lamothe avec Jacques Perrin, Michèle Audette, Gabriel Gascon.- Alors que la police conclut à des accidents, un biologiste cherche à connaître les circonstances entourant la mort de deux Amérindiens.TFO 23h30 LIAISON ROYALE (3) Dan.2012.Drame historique de Nikolaj Arcel avec Mads Mikkelsen, Alicia Vikander, Mikkel Boe Folsgaard.- En 1767 au Danemark, le médecin du roi fou devient l\u2019amant de la reine, avec l\u2019aide de qui il écarte le cabinet ultraconservateur et passe des réformes progressistes.RC 0h25 LES RISQUES DU MÉTIER Voir dimanche, 21h.TFO 1h30 LUNDI SEUL EN MER (3) (All Is Lost), É.-U.2013.Drame de J.C.Chandor avec Robert Redford.- En plein océan Indien, un navigateur solitaire doit affronter l\u2019avarie de son bateau et de terribles tempêtes.TVA 13h LE VOLEUR DE VIES (5) (Taking Lives), É.-U.2004.Drame policier de D.J.Caruso avec Angelina Jolie, Ethan Hawke, Tcheky Karyo.- La police de Montréal obtient l\u2019aide d\u2019une agente du FBI pour traquer un tueur en série qui vole l\u2019identité de ses victimes.MAX 21h DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS (4) Fr.2017.Drame de Noémie Lvovsky avec Luce Rodriguez, Noémie Lvovsky, Mathieu Amalric.- Une fillette de neuf ans est élevée seule par sa mère, une femme fragile, guettée par la folie.TFO 21h THE SILENCE OF OTHERS (3) Esp.2018.Documentaire de Robert Bahar.- Des décennies après les exactions du régime franquiste, des citoyens espagnols en appellent aux cours internationales pour obtenir justice et réparation.PBS (WETK) 22h LA LOI Voir mardi, 21h.TFO 23h30 PLAN DE TABLE (5) Fr.2012.Comédie sentimentale de Christelle Raynal avec Louise Monot, Lannick Gautry, Audrey Lamy.- Au mariage de son ex-femme, qu\u2019il aime toujours, un jeune homme imagine les répercussions sur sa vie et sur celle des autres convives si le plan de table de la réception était différent.TVA 0h35 DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS Voir lundi, 21h.TFO 1h30 THE SILENCE OF OTHERS Voir lundi, 22h.PBS (WETK) 1h30 ELLE S\u2019APPELAIT SARAH (4) Fr.2010.Drame de Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott Thomas, Mélusine Mayance, Niels Arestrup.- Une journaliste découvre que le grand-père de son mari a pris possession de l\u2019appartement familial dans la foulée de la rafle du Vel d\u2019Hiv.ARTV 2h MARDI TROIS ÉTRANGERS IDENTIQUES Voir dimanche, 19h.CD 10h LE PASSEUR (4) (Giver, The), É.-U.2014.Science-fiction de Phillip Noyce avec Brenton Thwaites, Jeff Bridges, Odeya Rush.- Dans une société de l\u2019avenir ultra-conformiste l\u2019unique dépositaire de la mémoire de la race humaine découvre de terribles secrets sur sa communauté.TVA 13h LA LOI (4) Fr.2014.Drame social de Christian Faure avec Emmanuelle Devos, Lorant Deutsch, Flore Bonaventura.- Le 29 novembre 1974, au terme de trois jours de débats houleux, l\u2019Assemblée française adopte le projet de loi légalisant l\u2019avortement, défendu par la ministre de la Santé Simone Veil.TFO 21h LOST SONG Voir mercredi, 21h.TFO 23h30 TROIS ÉTRANGERS IDENTIQUES Voir dimanche, 19h.CD 0h LA LOI Voir mardi, 21h.TFO 1h30 MON AMI DINO Voir dimanche, 20h.ARTV 2h MERCREDI DÉDOUBLEMENT (5) (The Double), É.-U.2011.Drame d\u2019espionnage de Michael Brandt avec Richard Gere, Topher Grace, Martin Sheen.- Un ex-agent de la CIA fait équipe avec une recrue du FBI afin de traquer un insaisissable tueur russe, soupçonné du meurtre d\u2019un sénateur.TVA 13h HITCH (4) É.-U.2005.Comédie sentimentale d\u2019Andy Tennant avec Will Smith, Eva Mendes, Kevin James.- Alors qu\u2019il conseille un client gaffeur, un consultant en séduction masculine tombe lui-même amoureux d\u2019une journaliste effarouchée.VIE 13h LOST SONG (3) Can.2008.Drame psychologique de Rodrigue Jean avec Suzie LeBlanc, Patrick Goyette, Ginette Morin.- Après la naissance de son premier enfant, une chanteuse soprano dépassée par l\u2019ampleur de la tâche adopte un comportement étrange.TFO 21h LOUISIANE Voir jeudi, 21h.TFO 23h30 LOST SONG Voir mercredi, 21h.TFO 1h38 JEUDI ADIEU À CEMETERY JUNCTION (5) (Cemetery Junction), G.-B.2010.Comédie de Ricky Gervais avec Christian Cooke, Felicity Jones, Tom Hughes.- En 1973 en Angleterre, les tribulations de trois amis dans la vingtaine déterminés à s\u2019émanciper du milieu ouvrier dans lequel ils ont grandi.TVA 13h ZIVA POSTEC (4) Can.2018.Documentaire de Catherine Hébert.- Portrait de la monteuse israélienne Ziva Postec, qui a mis six ans à analyser et assembler les 350 heures de pellicule tournées par Claude Lanzmann pour son documentaire Shoah.TV5 14h LOUISIANE (5) (Louisiana), Can.1984.Mélodrame de Philippe de Broca avec Margot Kidder, Ian Charleson, Victor Lanoux.- Au XIXe siècle, les tribulations d\u2019une jeune femme volontaire qui prend le contrôle d\u2019une plantation de coton.TFO 21h MON AMI DINO Voir dimanche, 20h.ARTV 23h MARIA CHAPDELAINE Voir vendredi, 21h.TFO 23h30 L\u2019ÉNIGME D\u2019OXFORD (5) (The Oxford Murders), Esp.2008.Thriller d\u2019Alex de la Iglesia avec Elijah Wood, John Hurt, Leonor Watling.- Un professeur de mathématiques d\u2019Oxford fait équipe avec un étudiant américain pour résoudre les énigmatiques crimes d\u2019un tueur en série.TVA 1h20 LOUISIANE Voir jeudi, 21h.TFO 1h30 LES FEMMES DU 6E ÉTAGE Voir samedi, 14h30.ARTV 2h VENDREDI LE VOYAGE DE CENT PAS (5) (The Hundred-Foot Journey), É.-U.2014.Comédie dramatique de Lasse Hallstrom avec Manish Dayal, Helen Mirren, Om Puri.- Dans le sud de la France, un exilé veuf de Mumbai ouvre avec ses enfants un restaurant indien, juste en face de l\u2019établissement huppé d\u2019une rivale froide et manipulatrice.VIE 13h LES ÉTATS INVENTÉS D\u2019AMÉRIQUE (4) Can.2014.Documentaire d\u2019Alberta Nokes.- À travers les images et les sons recueillis durant dix ans par le photographe canadien Pierre Guimond, se dessine une vision singulière de l\u2019Amérique.TV5 14h LE SMOKING (5) (The Tuxedo), É.-U.2002.Comédie fantaisiste de Kevin Donovan avec Jackie Chan, Jennifer Love Hewitt, Jason Isaacs.- Un simple chauffeur se transforme en super agent secret lorsqu\u2019il revêt un smoking rempli de gadgets lui permettant d\u2019accomplir d\u2019étonnants exploits.MAX 20h MARIA CHAPDELAINE (4) Fr.1934.Drame de Julien Duvivier avec Madeleine Renaud, Jean Gabin, Jean-Pierre Aumont.- Installée avec sa famille sur une terre en friche dans la région du Lac-Saint-Jean, une jeune femme est courtisée par un bûcheron, un fermier et un citadin venu du Massachusetts.TFO 21h LA TUEUR DE GROSSE POINTE (4) (Grosse Pointe Blank), É.-U.1997.Comédie policière de George Armitage avec John Cusack, Minnie Driver, Dan Aykroyd.- Un tueur à gages poursuivi par des assassins rivaux retourne dans sa ville natale pour assister à une réunion d\u2019anciens de son école.MAX 22h 22 JUMP STREET (4) É.-U.2014.Comédie policière de Phil Lord avec Channing Tatum, Jonah Hill, Peter Stormare.- Deux officiers de la brigade des stupéfiants, l\u2019un athlétique, l\u2019autre rondouillard, mènent une opération d\u2019infiltration dans une université.TVA 22h35 YVES SAINT LAURENT (4) Fr.2013.Drame biographique de Jalil Lespert avec Pierre Niney, Guillaume Gallienne, Charlotte Le Bon.- Avec l\u2019aide de son amoureux et partenaire d\u2019affaires Pierre Bergé, le couturier français Yves Saint Laurent révolutionne l\u2019univers de la mode féminine.ARTV 23h FOOTLOOSE Voir samedi, 21h.ELLE 23h MON AMI DINO Voir dimanche, 20h.RC 23h05 PARFUM DE LAVANDE (4) (Ladies in Lavender), G.-B.2004.Comédie dramatique de Charles Dance avec Judi Dench, Maggie Smith, Daniel Brühl.- En 1936, dans un village côtier de l\u2019Angleterre, deux sœurs âgées accueillent chez elles un jeune naufragé polonais qui s\u2019avère être un violoniste prodige.TFO 23h30 KARAKARA (4) Jap.2012.Comédie dramatique de Claude Gagnon avec Gabriel Arcand, Youki Kudoh, Megumi Tomita.- Fuyant son mari violent, une Japonaise quadragénaire impose sa présence à un ex-professeur de littérature québécois qui souhaitait faire à Okinawa un voyage empreint de tranquillité.TQ 0h LE SMOKING Voir vendredi, 20h.MAX 0h MOROCCAN GIGOLOS (5) Bel.2013.Comédie d\u2019Ismaël Saidi avec François Arnaud, Eddy King, Reda Chebchoubi.- À Bruxelles, trois amis d\u2019enfance rêvant d\u2019ouvrir un snack-bar fondent une agence de gigolos dans le but d\u2019amasser l\u2019argent nécessaire.RC 0h29 MARIA CHAPDELAINE Voir vendredi, 21h.TFO 1h30 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Ils nous ont conquis\u2026 Les félins domestiques sont l\u2019objet d\u2019innombrables documentaires, souvent consacrés à leurs caractéristiques exceptionnelles de chasseur, à leur façon de communiquer entre eux ou avec leurs « sujets » humains.Le film de Jean-Philippe Brochu (Culture Cosplay) tente d\u2019expliquer les raisons pour lesquelles ces petites bêtes mignonnes mais pas toujours très sympathiques nous ont conquis, au point de devenir une véritable obsession pour plusieurs, dans la vie « réelle » et « virtuelle ».Ceux qui cherchent des explications philosophiques à cet attachement parfois maladif seront sans doute déçus.On y aborde toutefois l\u2019inutilité des chats, en comparaison aux compagnons canins, qui démontrerait le caractère très « civilisé » de cette cohabitation.On explique notre affection envers ces bêtes par certaines de leurs caractéristiques physiques qui rappellent celles des rejetons humains.Le documentaire se contente surtout d\u2019illustrer à travers de multiples exemples glanés un peu partout dans le monde de cet amour démesuré pour les chats, les dérives et les tendances singulières que ces relations particulières engendrent, comme la « catification », soit l\u2019art d\u2019aménager son domicile pour cohabiter harmonieusement avec son (ou ses) minets, les innovations technologiques de l\u2019industrie de la litière et la triste gestion de l\u2019immense population de chats errants en Amérique du Nord.Le dernier chapitre sur l\u2019obsession numérique pour les félins domestiques s\u2019avère le plus intéressant du lot, avec l\u2019apparition de nombreux « chats influenceurs », dont certains qui font gagner des fortunes à leurs maîtres dévoués et à des agents qui ont vu dans ces bêtes une manne insoupçonnée.Un panorama fascinant et troublant.Affrontement électoral Quelques jours avant les débats électoraux en anglais et en français organisés par le consortium des médias, chapeauté par la commission des débats, le réseau TVA, qui fait cavalier seul en cette matière depuis quelques élections, présente sa désormais traditionnelle émission de joute oratoire à laquelle participeront les chefs des quatre partis canadiens qui obtiennent le plus de votes au Québec.Le chef d\u2019antenne Pierre Bruneau sera à la barre de ce débat qui opposera le premier ministre sortant, Justin Trudeau, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, celui du NPD, Jagmeet Singh, et le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.Famille pas si accidentelle\u2026 En fin de cortège de cette rentrée automnale des grands réseaux américains nous arrive Almost Family, cette relecture d\u2019une comédie australienne, la bien nommée Sisters (disponible sur Netflix), inspirée de plusieurs histoires bien réelles de spécialistes en procréation assistée qui ont utilisé leur propre semence pour fertiliser leurs clientes.On y suit donc les conséquences de la révélation sur la place publique d\u2019une telle infraction par un certain docteur Bechley (incarné par Timothy Hutton), au soir de sa vie, sur l\u2019existence de sa fille « unique » Julie (Britanny Snow), qui se découvre ainsi une immense fratrie, dont deux sœurs qui prendront une place spéciale dans son quotidien.L\u2019original était charmant, donnons une chance à cette copie réalisée par Les- lye Headland, l\u2019une des créatrices de la surprenante comédie Poupée russe\u2026 Le visionnement de la semaine La liste des superhéros télévisuels continue de s\u2019allonger avec Comment élever un superhéros.Cette adaptation d\u2019une bande dessinée de Dennis Liu (qui avait déjà fait l\u2019objet d\u2019un court métrage) raconte les efforts d\u2019une veuve d\u2019un scientifique pour comprendre pourquoi son jeune fils développe des « pouvoirs magiques » et pour les garder secrets.SUR VOS ÉCRANS \u2014 QUELQUES CONQUÊTES Face-à-face 2019 TVA et LCN, mercredi, 20 h Empire félin Canal D, jeudi, 22 h Almost Family ABC et CTV, mercredi, 21 h Comment élever un superhéros (V.F.de Raising Dion) Netflix, dès vendredi Culture Écrans 39 CABARET 90e VENDREDI 4 OCTOBRE À 20 H SOIRÉE CINÉMA ET CHANSON FRANÇOIS-ÉTIENNE PARÉ À L\u2019ANIMATION AVEC HARMONIUM, PASCALE MONTPETIT, ÉMILE PROULX-CLOUTIER, INES TALBI ET PLUSIEURS SUPRISES! 514 495-9944 theatreoutremont.ca présente 9Seulement Taxes incluses ,90 $ LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 09/28 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Victoria / Et in arcadia La vérité Le Téléjournal Aznavour TVA TVA nouvelles MONDE JURASSIQUE (2015) avec Bryce Dallas Howard, Chris Pratt.UNE NUIT POUR SURVIVRE (2015) Liam Neeson.23h15 TVANou.TQ ODDBALL (2015) Shane Jacobson.19h45 Chasse Cette année-là Belle et Bum PHIL SPECTOR (V.F.) (2012) Al Pacino.V Cinéma LE WOLVERINE (2013) avec Will Yun Lee, Tao Okamoto, Hugh Jackman.21h15 LE PRÉDATEUR (1987) avec Carl Weathers, Arnold Schwarzenegger.ICI RDI Le Téléjournal Découverte Le National La Semaine verte Le Téléjournal La Facture Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 300 choeurs chantent les années 90 Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Enchères Méchante météo Vie de chantier Galas ComédiHa! 2018 Comédie Club Panique 401 CANAL VIE De taudis à logis Mères à boutte Naissances Maison jackpot Déco verte Body Bizarre (v.f.) Animaux VIP Mar.aveugle RDS Hockey 360° (D) LNH Hockey / Ottawa vs Montréal (D) L'avant-match Football / Montréal vs C.B.(D) HISTORIA Béliveau / L'ombre et la lumière Le lot du diable Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Extraterrestres ICI ARTV Génie: Einstein LA SOUPE AUX CHOUX (1981) Louis de Funès.Moi et l'autre Moi et l'autre Notre vie / Randall et Beth Cinéma EXPLORA Stanley Vollant Big History Big History La Semaine verte Un an dans la peau d'un bébé Pharmachien Z Seuls et tout nu / Survie à relais Krypton / La Parole de Rao Les Brown / Les liens du sang TRÉSOR NATIONAL: LE LIVRE DES SECRETS (2007) Nicolas Cage.sav-media Génie d'ici Question santé Grand chapitre 19h50 Biblioth Au coeur du cinéma québécois Balado 21h45 Conférences Savoir Biblioth 23h15 Publica.TFO Les sapiens Flip Top!/ Top! Amélie Wapos Bay La grande soif Le sens 21h50 L'assa PTango LE PARI 23h05 Magasin Planète Les présidents et les voyages Au fil du Mékong / Chine Rêver le futur Castro: Mythe Handicapé CBC CBCNews marketplace BlackBearEdgeWorld Diggstown / Kim Bond THE GRAND SEDUCTION (2013) avec Brendan Gleeson, Taylor Kitsch.CTV CTV News Montreal W5 GONE: FINDING MY DAUGHTER Cristina Rosato.The Big Bang The Big Bang CTV National GBL Global News Global National Security Security Ransom / A Free Man in Paris Private Eyes / Full Court Press Rookie Blue / Letting Go Global News ABC 15h30 Football Football Score.Football Score.NCAA Football / Ohio State c.Nebraska (D) News CBS 15h30 NCAA Football (D) Ch.3 News Friends Crimetime Saturday Crimetime Saturday 48 Hours News PBS (33) Time Goes By Appearances Fawlty Towers Still Open Father Brown Doc Martin The Bletchley Circle Austin City UNIS Le p'tit cabaret / Luc Langevin D'un rire à l'autre Le punch Balade SANS ELLE (2006) avec Maxim Gaudette, Karine Vanasse.Watatatow HBO1 18h15 Southern Rites 19h45 WITCH HUNT (1994) Dennis Hopper.21h25 THE WIZARD OF LIES (2017) Robert De Niro.TVA Sports Le TVA sports MLB: moments LMB Baseball / Cubs de Chicago c.Cardinals de St.Louis (D) L'histoire des Cubs Le TVA sports SAMEDI 09/29 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Gros labo Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG Révolution / Les auditions 20h45 Studio G 21h45 TVANou.22h15 Korine Côté: Mon show Cinéma TQ Les francs-tireurs Y'a du monde à messe / Fabienne Colas Anxiété: poison d'un société Like-moi! OMBLINE (2012) Mélanie Thierry.V Cinéma Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double ICI RDI Le Téléjournal Enquête Le National Les grands reportages Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Tout le monde joue./ Tout le monde joue au docteur Les fous du funk Champions Journal/ L\u2019invité CANAL D Patrouille GTI Docu-D / Trois étrangers identiques Nikola Tesla Asphalt Cowboys (v.f.) Un trésor vu CANAL VIE Nombreux et heureux Stage à la maternité 3 garçons et des sextuplés Les enfants Tourette Les gratteux Design V.I.P.Taudis à logis RDS 16h00 LNF Football (D) Sports 30 Images/sec.Blitz /20h15 LNF Football / Cowboys de Dallas c.Saints de Nouvelle Orléans (D) HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Nos ancêtres les extraterrestres Zodiaque / Le code déchiffré L'or perdu / La porte dérobée La malédiction d'Oak Island Chevaliers ICI ARTV Pour emporter / Martin Matte Pour l'amour du country MON AMI DINO (2016) Michel Côté.Quelle famille! De grandes espérances Cinéma EXPLORA Stupidité Stupidité Caillou univers / L'évasion Pharmachien Planète techno Titans des mers / Happy star Découverte Alex+Tyler, éco Z T'es pas game Garage Ridicule Comédie En rodage Talk show Galas Juste pour rire 2018 Rire sans tabous / LGBTQ+ Barry sav-media 18h05 36.9° 18h35 36.9° 19h05 36.9° Oser/ Gardiste Encore plus Archi branchés Couple nerds Génie d'ici Question santé Kebec Balado TFO Benjamin Petit ours Berenstain Maya l'abeille Citoyen monde Citoyen monde LES RISQUES DU MÉTIER (1967) Jacques Brel.Failles/ 8,75$ Cinéma Planète 17h00 L'accusé Les pharaons / Nasser Globe cooker / Japonais Miron, un homme L'Antiquité Brésil CBC When Calls the Heart Heartland / Wild One Anne With an E The Fifth Estate CBC News: The National CBCNews CTV 16h25 LNF Football (D) NFL on CTV God Friended Me / Joy Shark Tank The Rookie / Impact CTV National GBL Global News Global National Security Security S.W.A.T./ Encore NCIS: Los Angeles NCIS: New Orleans Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Celebrity Family Feud Shark Tank The Rookie / Impact News CBS 16h25 LNF Football (D) 60 Minutes God Friended Me / Joy NCIS: Los Angeles To Be Announced PBS (33) Gorongosa Park The Great British Baking Show Victoria and Albert Victoria and Albert Tales Royal Bedchamb Woman White UNIS Cow-boy urbain / Le rodéo Devenir adulte Jenny/ Jenny Les Parent Les Parent La galère Marchands de bonheur Liberté HBO1 16h40 HEMINGWAY & GELL.19h20 CAST A DEADLY SPELL (1991) Fred Ward.Succession Gemstones 22h40 Ballers 23h10 Last Wk TVA Sports 17h00 Soccer / ATL/MTL (D) L'Impact RAW MONEYBALL: L'ART DE GAGNER (2011) avec Robin Wright, Brad Pitt.Le TVA sports DIMANCHE 09/30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Discussions Une autre histoire Ruptures Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas Boomerang L'échappée / Les trois soeurs Alerte Amber TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Clovis Génial! Ça vaut le coût Les maîtres du rail Zone franche Like-moi! Mc$ween Dans médias V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Mets-y le Mets-y le L'Open Mic Occupation D Whiskey Cavalier Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Crevettes en eaux trouble La vie au temps des châteaux forts 21h35 Le travail a-t-il un sexe?22h45 Peinture Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Méchante météo Un trésor vu de l'espace Percer le mystère Alaska: La ruée CANAL VIE Design V.I.P.Soupers Quoi ton plan?Les gratteux Belle à ma façon Mariage à l'aveugle Nombreux et heureux Hung (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre Blitz 20h15 LNF Football / Bengals de Cincinnati c.Steelers de Pittsburgh (D) HISTORIA La malédiction d'Oak Island Chevaliers / Les templiers L'or perdu / Du béton nazi Malédiction La malédiction d'Oak Island Chasseurs Mystère de l'or ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Pour l'amour du country Jack Nicholson L'Orchestre 5 degrés EXPLORA Le refuge de l'espoir Animaux sauvages À l'épreuve d'une tribu Grande Muraille Apocalypse / La vengeance Big History Z Remorquage Maripier! Science Garage d'élite Américars / Dernière chance Combattants Garage Arrow / Le démon Dexter sav-media 18h05 36.9° 18h35 36.9° 19h05 36.9° Oser/ Gardiste Génie d'ici Encore plus Couple nerds Question santé 36.9° Couple nerds Grand chapitre TFO Les sapiens Maxi/ Maxi Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS (2017) L'assa/ Magasin 23h25 Tombe Planète Vanity Fair Confidential (v.f.) Sur la scène du crime Destierros Dans la peau d'un handicapé CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake Mysteries CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Conners Bob Hearts All Rise The Good Doctor / Debts CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Neighborhood 9-1-1 / Sink or Swim Prodigal Son / Annihilator Bull / Fantastica Voyage Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars / Movie Night The Good Doctor / Debts News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Bob Hearts All Rise Bull / Fantastica Voyage News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow POV / The Silence of Others UNIS Cochon dingue Main à la pâte Bouffe-cavale / Gaga du maïs Tournée générale Les instants fragiles Eau fraîche Hooké HBO1 17h40 TEMPLE GRANDIN (2010) Claire Danes.19h35 Rock and a Hard Place The Deuce Our Boys Gemstones TVA Sports 17h00 JiC LE REPÊCHAGE (2014) avec Chadwick Boseman, Kevin Costner.Le Top MLB Dave Morissette en direct Le TVA sports FASTBALL LUNDI CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Porté par sa légende, Charles Azna- vour a parcouru le monde une caméra vissée à la main pour capturer les coulisses de sa vie d\u2019artiste jet-setter.Le réalisateur Marc di Domenico a pu plonger dans ces précieuses archives tandis qu\u2019il suivait le chanteur, aussi acteur, pendant les dernières années de sa vie, telle une ombre bienveillante.En résulte une touchante biographie à quatre mains qui tombe à point puisqu\u2019on soulignera le 1er octobre le premier anniversaire de sa mort.« La mémoire, c\u2019est la plus belle chose qui existe au monde », laissera filer Charles Aznavour au détour d\u2019une conversation badine avec un ami croisé dans les coulisses d\u2019un de ses innombrables spectacles.Cette phrase en dit long sur le rapport engagé à la vie \u2014 et à tout ce qu\u2019elle recèle de contacts humains et de beautés multiples \u2014 du monument franco-arménien.On le sent encore plus intensément à travers les clichés et vidéos de sa main, qui dévoilent un œil toujours en éveil, complice et prompt à l\u2019émerveillement.Témoin privilégié de ce déballage, Marc di Domenico a tiré, en parallèle, des confidences touchantes, tantôt tendres, tantôt pétillantes d\u2019humour au fil de ses tournages avec la légende.Le mélange entre archives et confessions est délicatement exécuté.C\u2019est intime, livré avec un voile de distance trahissant une focale tout sauf désinvolte.Aznavour se révèle en effet un redoutable mémorialiste de sa vie plus grande que nature dont on pourra aussi rattraper un des derniers grands jeux à la scène le 14 en octobre prochain à Artv.Culture Écrans 40 Non, il n\u2019a rien oublié Charles Aznavour ouvre son cœur et ses archives dans une touchante biographie ICI TÉLÉ Aznavour autobiographie Radio-Canada, les samedis 28 septembre et 5 octobre à 22 h 30, RDI, les 1 et 2 octobre à 20 h, et le 7 octobre à 20 h 30 Difficile de démêler la réalité de la fiction dans ce « documenteur » que le cinéaste Jimmy Larouche (La cicatrice) consacre au comédien découvert sur le tard Dino Tavarone.La vedette de la série Omertà se livre ici à une performance bluf- fante de naturel en solitaire vieillissant et malade qui refuse de révéler à ses proches que sa fin approche\u2026 Les apparitions éclair de ses amis du milieu culturel (Michel Côté, Manuel Tadros, Joëlle Morin et l\u2019imprésario Ginette Achim), tous très justes, ajoutent une couche de mystère sur la « véracité » de cette œuvre de fiction qui émeut et ravit.À NE PAS MANQUER Mon ami Dino Artv, dimanche, 20 h et Radio-Canada, vendredi, 23 h 05 Dino, le vrai, le faux LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 10/01 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Toute la vie 5e rang Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Animaux retrai La Dérape L'heure bleue Les honorables TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Moi j'mange National Geographic House of Cards (v.f.) Poldark Francs-tireurs V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Les jeux des Titans L'Open Mic Occupation D NCIS: Los Angeles Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR La route des Grandes Alpes Guides d'aventures En marge du monde L'art du crime Journal/ C à dire CANAL D Harceleurs de stars Vie de chantier Asphalt Cowboys (v.f.) Panique sur la 401 Catastrophes en mer Paranormal CANAL VIE Comment rén.Comment rén.Déco verte Design V.I.P.Vendre ou rénover Vancouver?Les héros de la réno Quoi ton plan?Les gratteux Hung (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) Faites vos jeux La vie après L'antichambre (D) Sports 30 Hockey 360° HISTORIA 17h30 Island Chasseurs Le mystère de l'or confédéré Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Profession ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Quelle famille! Génie: Einstein Génie: Einstein Notre vie / Randall et Beth Espérances EXPLORA Animo S'aime chien Animaux sauvages Pharmachien Pharmachien Au coeur du cerveau Alex+Tyler, éco Villes Attention Z Remorquage Maripier! Les Brown / Un sacré pari Deadly Class (v.f.) / Saudade Surnaturel Krypton / La Maison de Zod Dexter sav-media Publications Katia De garde 24/7 Cancer 20h55 Thèse Civilisations 21h50 Gardiste Maîtres 22h55 Métiers Musée/ Histoire TFO Les sapiens Motel Monstre Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LA LOI (2014) Emmanuelle Devos.Mallette Hogtown Planète Les présidents et la table Or maison Incroyable Faune d'Afrique Histoire du tsunami Ma Guerre CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.Still Standing 22 Minutes TallBoyz Baroness CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident This Is Us Emergence CTV National GBL Global National Global News NCIS: New Orleans NCIS / Into the Light FBI / The Lives of Others New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Bless-Mess Mixed-ish Black-ish Emergence News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / Into the Light FBI / The Lives of Others NCIS: New Orleans News PBS (33) PBS NewsHour Places to Love Dest.Craft For the Love of Their Brother American Experience Amanpour UNIS Cochon dingue Jenny/ Jenny Les Parent Les Parent ROUTE 132 (2010) avec François Papineau, Sophie Bourgeois.Ciné tout court Rire à l'autre HBO1 18h05 BESSIE (2015) Bryan Greenberg, Real Time With Bill Maher DIEGO MARADONA (2019) 23h10 OurBoys TVA Sports 17h00 JiC Dave Morissette en direct LMB Baseball - Éliminatoires (D) MARDI 10/02 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Le monstre Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags LOL :-) Face à Face 2019 TVA nouvelles Denis L.TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Format familial L'amour et le sexe en Inde Les francs-tireurs La femme honorable 180 jours V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Ne jamais faire à la maison L'Open Mic Occupation D SEAL Team / Dans la douleur Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chacun son île Envoyé spécial Les routes de l'impossible Journal/ C à dire CANAL D Harceleurs de stars Patrouille GTI Alaska: La ruée vers l'or Pirates Inc.Méchante météo Pays Mitchifs CANAL VIE Les McGillivray déménagent Design V.I.P.Soupers Animaux VIP Mères à boutte Naissances Les enfants Tourette Hung (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre (D) LMB Baseball - Série de division de la ligue américaine (D) Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante Profession: brocanteur De l'acier et du feu De l'acier et du feu Chevaliers: l'ultime tournoi L'acier et feu ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires / Un oubli Moi et l'autre Les filles de Caleb Les filles de Caleb Les filles de Caleb Filles de Caleb EXPLORA Vitesse mortelle Animaux sauvages Stupidité Stupidité Un caillou dans l'univers Astronaute Titans mers Z Remorquage Maripier! Seuls et tout nu / Survie à relais Slobby Trésors tech Rire sans tabous / Aveugles Maintenance 22h35 Barry 23h05 Dexter sav-media L'inis reçoit.Claude Lelouch Archi branchés Encore plus Kebec L'ère robots Maîtres 21h50 Art Arrêt monde Cancer 23h25 Thèse TFO Les sapiens Métiers/ Métiers Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LOST SONG (2008) Suzie LeBlanc.22h50 Rideau Empreint/ 8,75$ Planète Au fil du Mékong / Chine Rêver le futur Vanity Fair / Dr La Mort Devoir d'enquête Food 3.0 / Bio Food Tête animal CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.Great Canadian / Bread Week Northern Rescue / Holding On CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Goldbergs The Masked Singer Almost Family / Pilot Stumptown CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols Modern Family Single Parents S.W.A.T./ Fire in the Sky Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Stumptown News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols SEAL Team Partie 1 de 2 S.W.A.T./ Fire in the Sky News PBS (33) PBS NewsHour Drawing Nature Nova / Inside the Megafire Wild Metropolis / Residents Amanpour UNIS Cochon dingue Louis la faune Cow-boy urbain Liberté Liberté L'usine et ma vil Tournée générale La galère HBO1 Cinéma Stolen Daughters 19h50 DIEGO MARADONA (2019) Succession Gemstones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct Hockey / S.J./V.G.K.(D) MERCREDI 10/03 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 100 génies / L'argent Enquête Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags Oeufs d'or Le bon docteur J.E.Face à la rue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Mc$ween 180 jours Dans les médias House of Cards (v.f.) Chef cabane V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Les jeux fous d'Ellen L'Open Mic Occupation D Chicago Police Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Champions Vingt-cinq Des racines et des ailes / Un hiver en Alsace Aux animaux la guerre Journal/ C à dire CANAL D Comédie Club Un trésor vu de l'espace Catastrophes en mer Paranormal sur le vif Docu-D / Empire félin CANAL VIE Mini-maisons Mini-maisons 3 garçons et des sextuplés Stage à la maternité Nombreux et heureux Design V.I.P.Design V.I.P.Hung (v.f.) RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Hurricanes de la Caroline (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Chevaliers: l'ultime tournoi De l'acier et du feu FantomWorks Transmission Rapides Hors route: défi extrême Détroit ICI ARTV 17h30 Downton Downton Abbey Moi et l'autre Pour l'amour du country Génie: Einstein Génie: Einstein Cinéma EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Nos voisines les araignées Alex+Tyler, éco Villes Pharmachien Pharmachien Animaux sauvages Animaux Z Remorquage Maripier! Ridicule En rodage Galas ComediHa! 2017 Talk show Comédie Tosh.0 T'es pas game Dexter sav-media 17h30 C Savoir Musée/ Thèse Civilisations 19h50 Gardiste Maîtres peinture / De Vinci EnRafal Archi branchés Kebec Encore plus L'ère robots TFO Les sapiens Flip Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LOUISIANE (1983) avec Ian Charleson, Margot Kidder.23h25 Failles Planète Destierros École 1918-1939 L'histoire dates Archives Or maison Incroyable Faune d'Afrique CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.Battle of the Blades Dragons' Den CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Young Sheldon Grey's Anatomy How to Get Away With Murder Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Superstore The Unicorn GoodPlace Carol's 2nd Act Evil / 177 Minutes Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy A Million Little Things How to Get Away With Murder News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Young Sheldon The Unicorn Mom Carol's 2nd Act Evil / 177 Minutes News PBS (33) PBS NewsHour Made Here Made Here Made Here Doo Wop Generations (My Music) Amanpour UNIS Cochon dingue Hôpital vétérinaire Louis la faune Eau fraîche Oiseaux Hooké Main à la pâte Bouffe-cavale / Gaga du maïs Peaky Blinders HBO1 18h05 ALL THE WAY (2016) avec Anthony Mackie, Bryan Cranston.20h25 Last Wk Silicon Valley Silicon Valley Silicon Valley Silicon Valley Silicon Valley TVA Sports 17h00 JiC Dave Morissette en direct LMB Baseball - Éliminatoires (D) JEUDI 10/04 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Faites-moi rire! / Ça c'est drôle Galas ComédiHa! / Kev Adams Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre / Les champions, 4e round TVA nouvelles 22h35 22 JUMP STREET (V.F.) TQ Encore plus Moi j'mange Cette année-là Y'a du monde à messe Like-moi! Zone franche Belle et Bum V Souper parfait Rire et délire L'arbitre Huissiers Huissiers Les jeux des Titans Heure limite / Témoin en fuite Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Décrypteurs Le National Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Guides d'aventures Faut pas rêver / Une année en Finlande En marge du monde Journal/ C à dire CANAL D Pirates Inc.Douanes Douanes Opération Police 60 jours en prison Crimes occultes GTI CANAL VIE Mères à boutte Naissances Design V.I.P.Design V.I.P.Les héros de la réno Belle à ma façon Mères à boutte Naissances Hung (v.f.) RDS 16h00 LMB Baseball (D) Faites vos jeux LMB Baseball - Série de division de la ligue américaine Match #1 (D) L'antichambre (D) HISTORIA Hors route: défi extrême Détroit / Prise deux Les montagnards Les montagnards Béliveau / L'engagement Le lot du diable ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter / Sophie Lorain C'est juste de la TV Esprit critique Cinéma EXPLORA Monde arctique / L'Islande Planète techno Vies de chiens Planète: Attention danger Au coeur du cerveau Océania Océania Z Remorquage Maripier! Garage Combattants Les pires chauffards canadiens Américars / Dernière chance Infiltration Infiltration Dexter sav-media Katia Arrêt monde Génie d'ici Question santé 36.9° Couple nerds Encore plus Couple nerds Grand chapitre 22h50 Biblioth Revenir les TFO Les sapiens Subito texto Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles MARIA CHAPDELAINE (1934) AmourRo PTango/ Tombe La meilleure Planète Incroyable Faune d'Afrique Histoire du tsunami Dans la peau d'un handicapé Les maîtres des saveurs Globe cooker Les présidents et les voyages CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.marketplace In the Making The Nature of Things CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang L.A.'s Finest / Déjà vu Magnum P.I.Blue Bloods / Naughty or Nice CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Hawaii Five-0 The Blacklist SEAL Team Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Fresh Off-Boat 20/20 News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Hawaii Five-0 Magnum P.I.Blue Bloods / Naughty or Nice News PBS (33) PBS NewsHour Outdoor Vermont Week Wash.Week Firing Line American Masters PBS Previews Amanpour UNIS Watatatow Watatatow Les intrépides Les intrépides Galaxie près Galaxie près Fais-moi peur! Fais-moi peur! Trait d'humour Le punch HBO1 17h45 TWISTED (2018) 19h20 One Nation Under Stress I Love You, Now Die 21h35 I Love You, Now Die Partie 2 de 2 Room 104 TVA Sports 17h00 JiC USports Football / Université McGill c.Université de Montréal (D) Dave Morissette en direct VENDREDI CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Diego Maradona.Même si on ne s\u2019intéresse pas du tout au soccer, ce nom ne nous est pas complètement étranger.Ce joueur de foot, que plusieurs considèrent toujours comme inégalé, a défrayé la chronique pour bien d\u2019autres raisons que son style de jeu légendaire : ses extravagances, ses accointances avec le monde interlope et certains hommes politiques controversés et sa dépendance à la cocaïne, qui aura finalement eu raison de sa prodigieuse carrière professionnelle.Maradona fascine les cinéastes depuis longtemps.Emir Kusturica lui a consacré un documentaire très personnel en 2008.C\u2019est au tour du cinéaste britannique Asif Kapadia, qui s\u2019est fait connaître pour ses documentaires biographiques Senna (2010) et Amy (2015), de proposer un film mettant en lumière le destin à la fois fabuleux et triste du « dieu » du ballon rond, en concentrant son observation sur les années pendant lesquelles Maradona a joué pour l\u2019équipe professionnelle de Naples, une formation de « fond de classement » qu\u2019il mènera jusqu\u2019au triomphe.Kapadia n\u2019utilise que des images d\u2019archives, d\u2019une richesse impressionnante, et des témoignages en voix hors champ du principal intéressé, de ses proches et de spécialistes du football, pour raconter ces sept années napolitaines, qui vont mener le prodige argentin issu d\u2019un bidonville de Buenos Aires à une gloire radieuse sur le terrain et de plus en plus pesante partout ailleurs.Il n\u2019est aucunement nécessaire de connaître le personnage pour apprécier ce portrait pas du tout complaisant de ce joueur d\u2019exception.Une certaine ignorance de son histoire est même bénéfique pour apprécier ce récit biographique truffé de montées dramatiques.Diego Maradona HBO et Crave, mardi, 21 h Les années napolitaines Asif Kapadia consacre un documentaire à l\u2019apogée puis à la déchéance de la carrière de Diego Maradona HBO Culture Écrans 41 V I V R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Près de 60 % de la population d\u2019Amsterdam âgée de 12 ans et plus enfourche un vélo chaque jour, dans un milieu urbain entièrement aménagé pour ce moyen de transport.GABRIEL ANCTIL LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 vérifient leurs angles morts avant de tourner, sont patients et respectueux, probablement parce qu\u2019ils sont minoritaires et se déplacent régulièrement, eux aussi, en deux-roues.Les infrastructures sont également de grande qualité.Des pistes cyclables bien marquées et protégées, des feux de circulation spécialement adaptés, plus de 225 000 supports dans toute la ville et des limites de vitesse à 30 km/h dans les quartiers.Disparaît alors peu à peu ce sentiment de peur qui habite en tout temps le cycliste québécois, qui doit rester constamment aux aguets, repérer et anticiper les nombreux dangers qui se présentent sur sa route, pour arriver sain et sauf à destination.Il ne reste que les touristes à bien surveiller, surtout lorsqu\u2019ils s\u2019agglutinent sans avertissement sur les pistes cyclables du centre de la ville, pour prendre un égoportrait ou une photo de groupe.Mais, contrairement à ce qu\u2019on pourrait penser, cet amour inconditionnel de la bicyclette est relativement récent aux Pays-Bas.Entre 1950 et 1970, le nombre d\u2019automobiles au pays explosa, passant d\u2019environ cent mille à plus de deux millions et demi.La voiture dominait alors largement les rues d\u2019Amsterdam.La mairie y avait même prévu d\u2019asphalter tous les canaux de la ville pour permettre aux véhicules motorisés de mieux circuler.Mais cette forte augmentation de déplacements à quatre roues fit en sorte que les routes du pays devinrent de plus en plus dangereuses, si bien qu\u2019en la seule année 1971, près de 3000 personnes \u2014 dont 450 enfants \u2014 y perdirent la vie.Ces événements dramatiques déclenchèrent une importante prise de conscience qui poussa la population à exiger de profonds changements dans la manière de concevoir les transports urbains.Après des décennies à prioriser la bicyclette, Amsterdam s\u2019est alors métamorphosée en une ville où la majorité des déplacements se fait désormais en pédalant, ce qui a grandement amélioré la sécurité, mais aussi la forme physique de ses habitants.Les bienfaits environnementaux y sont également énormes : l\u2019air y est moins vicié et la pollution sonore y a été grandement diminuée.Mais la conséquence la plus radicale de ce revirement de situation s\u2019est peut- être effectuée dans les consciences.De pédaler quotidiennement aux côtés de milliers de ses concitoyens insuffle une puissante impression d\u2019appartenir à une collectivité à visage humain, où chacun doit considérer les actions et les mouvements des autres pour le bien-être de la multitude.L\u2019individualisme de la voiture disparaît alors au profit de la fraternité qu\u2019engendre le vélo.Pas surprenant que les Pays-Bas soient ainsi devenus l\u2019un des pays les plus tolérants et égalitaires du monde.Comme si les Amstellodamois avaient suivi une formation en accéléré pour développer l\u2019empathie et le respect.Deux valeurs qui font souvent défaut à bord des voitures, où l\u2019autre devient un obstacle à surmonter ou à dépasser pour atteindre le plus rapidement possible sa destination.La cité des peintres Il serait extrêmement dommage de visiter Amsterdam sans profiter de ses magnifiques musées.Le Van Gogh Museum abrite la plus grande collection au monde du célèbre peintre rouquin, avec plus de 200 tableaux et 500 esquisses.Il propose, sur trois étages, une rétrospective chronologique de la vie et de l\u2019œuvre du génie.Il est ainsi possible d\u2019apprécier l\u2019évolution de celui qui se consacra à la peinture sur le tard et qui réussit à construire une des œuvres les plus importantes de l\u2019histoire de la peinture, en à peine une décennie.De ses sombres premières peintures dépeignant les pauvres paysans de son pays, jusqu\u2019à l\u2019explosion de couleurs qui caractérisent ses toiles peintes en Provence, c\u2019est tout un univers, vivant et ensorcelant, qui s\u2019y déploie.L\u2019immense Rijksmuseum expose quant à lui pas moins de 8000 pièces.Les peintres du XVIIe siècle y sont particulièrement bien représentés.Les chefs-d\u2019œuvre des Hals, Vermeer, Steen ainsi que pas moins d\u2019une vingtaine de toiles de Rembrandt, dont sa monumentale La ronde de nuit, s\u2019y côtoient et plongent le visiteur dans l\u2019âge d\u2019or artistique et économique d\u2019Amsterdam et des Pays-Bas.Après vous être rempli les yeux et le cœur de tant de beauté, vous pourriez reprendre votre vélo, emprunter la piste cyclable qui traverse littéralement le bâtiment du Rijksmuseum et vous rendre jusqu\u2019à la vieille ville à temps pour y observer la fin de journée.Vous pourriez alors admirer les doux rayons du couchant auréoler les différentes façades des maisons de briques si caractéristiques d\u2019Amsterdam, ou encore contempler leurs reflets flotter dans les nombreux canaux qui se transforment, à cette heure de la journée, en des centaines de miroirs liquides.Seules les péniches, qui s\u2019y promènent tranquillement, feront brièvement onduler leurs fragiles surfaces.Puis, une fois le soleil couché, vous apercevrez de petites lumières blanches apparaître sur les nombreux ponts qui enjambent les cours d\u2019eau.Elles ajouteront une touche de poésie à ce véritable musée à ciel ouvert que constitue cette « Venise du Nord ».Vous vous direz alors peut-être que cette ville est à ce point unique et magique, que vous n\u2019avez même pas eu besoin de faire une escale dans un coffee shop pour triper à fond.Des vélos stationnés sur un pont du canal d\u2019Amsterdam MARTTI KAINULAINEN AGENCE FRANCE-PRESSE REPORTAGE GABRIEL ANCTIL COLLABORATEUR LE DEVOIR À AMSTERDAM n plus d\u2019être l\u2019une des plus belles villes de la planète, Amsterdam peut se targuer d\u2019être la capitale mondiale de la bicyclette.Près de 60 % de sa population âgée de 12 ans et plus enfourche un vélo chaque jour, dans un milieu urbain entièrement aménagé pour ce moyen de transport.C\u2019est ainsi qu\u2019aux heures de pointe, ils sont des milliers à se lancer sur les 767 km de pistes cyclables que compte la capitale des Pays-Bas et à offrir aux touristes une impressionnante démonstration d\u2019habileté et d\u2019agilité.Avançant en parfaite coordination, ils donnent l\u2019impression d\u2019imiter les bancs de poissons, où chaque individu réussit à maintenir une distance sécuritaire avec ses voisins, tout en filant à pleine vitesse.Mais les Amstellodamois ne se contentent pas de pédaler le dos bien droit et d\u2019être élégants en toutes situations, portant des vêtements ajustés qui ont été conçus pour tomber parfaitement lorsqu\u2019ils sont en mouvement.Ils en rajoutent une couche en jouant aux acrobates.Des amoureux se promènent côte à côte en discutant, puis s\u2019embrassent soudainement, sans même ralentir ; un père traverse la vieille ville avec un premier garçon assis sur le guidon et le second, téméraire, debout sur le porte-bagages à l\u2019arrière, les mains placées sur les épaules du paternel ; un bricoleur tient sa poignée d\u2019une main et une planche de bois de l\u2019autre ; une jeune professionnelle parle au téléphone tout en négociant une courbe ; un étudiant déguste un café en se dirigeant vers l\u2019université.Le tout, sans le moindre casque à l\u2019horizon.Vous vous demanderez sûrement comment ils font pour maîtriser à ce point l\u2019art de se déplacer en deux- roues.Les locaux vous expliqueront, en souriant, qu\u2019ils ont appris à pédaler avant même de marcher, que ça fait partie de leur ADN.Ce qui vous donnera encore plus envie de sauter à votre tour sur une selle pour intégrer le trafic et ainsi découvrir Amsterdam à hauteur de bécane.Une autre façon de penser la ville La première chose qui frappe le cycliste nord-américain, habitué de devoir se battre, au risque de sa vie, pour faire sa place entre les voitures agressives et en surnombre, est que le vélo est roi à Amsterdam.La bicyclette a toujours priorité dans la circulation.Les automobilistes s\u2019arrêtent aux intersections pour les laisser passer, E 43 Voyage Amsterdam, où le vélo est roi Se déplacer à bicyclette est inscrit dans l\u2019ADN des Amstellodamois LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Vivre Escapade 44 des Laurentides.Classée difficile, cette randonnée vedette du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Mal- baie représente un défi pour toutes jambes, grandes ou petites.En zieutant la liste des sentiers dans le guide de la SEPAQ, nous comprenons d\u2019emblée que l\u2019Acropole est loin d\u2019être classé « Expérience famille », soit des balades de moins d\u2019un kilomètre.D\u2019accord, nous sortons des sentiers battus en planifiant l\u2019Acropole avec les fillettes, une expédition de 11,2 km, l\u2019attention et une réserve d\u2019énergie au moment où la fatigue guette.Nous planifions notre sortie avec une autre famille du même acabit.Nous jumelons la randonnée avec du camping.Stratégiquement choisi, le camping du Pin-blanc nous permet de dormir au pied du sentier de l\u2019Acropole.Sinon, il faut compter 162 km pour rallier le parc de Québec, et 414 km de Montréal.Pour les journaliers, des navettes desservent le départ du sentier et plusieurs autres points du parc.Lors de notre arrivée, en soirée, notre rythme prend d\u2019emblée celui du parc grâce à un porc-épic ! « Bienvenue dans la grande nature », nous fait- il comprendre en se dandinant nonchalamment devant la voiture.Il nous rappelle que nous sommes d\u2019humbles visiteurs dans son domaine.Message reçu.Au camping, nous profitons du ciel étoilé aux abords de la rivière.Quel spectacle ! Il n\u2019y a que dans ces vasti- tudes, loin de toute civilisation, que les citadins que nous sommes en voient autant.Presque oppressantes, les étoiles fusent de partout tant et si bien que nous peinons à trouver la Grande Ourse ! Puis, nous dormons au son de la rivière, à l\u2019air frais : le bonheur.pour un temps estimé de 4 à 6 heures.Mais avec des enfants de 8 à 10 ans habitués au plein air, nous sommes prêts à tenter le coup.Et, avouons-le, il nous tarde de vivre en famille la joie des « vraies » randonnées, plus compliquées à programmer depuis l\u2019arrivée des marmots.Les deux premiers kilomètres du sentier sont les plus ardus : 600 mètres de dénivelé sur le total d\u2019environ 800 mètres.Puisque c\u2019est un sentier aller-retour, la fin de la descente demande de L\u2019Acropole-des-Draveurs en défi familial Une randonnée idéale pour les enfants qui ont une grande expérience du plein air au parc des Hautes-Gorges-de-la-rivière Malbaie L\u2019Acropole-des-draveurs.À 1048 mètres d\u2019altitude, le sommet surplombe la chaîne de montagnes des Laurentides.PHOTOS MÉLANIE ROBITAILLE REPORTAGE MÉLANIE ROBITAILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR DANS CHARLEVOIX erions-nous audacieux au point de nous aventurer avec des enfants au sentier de l\u2019Acropo- le-des-Draveurs dans Charlevoix ?À 1048 mètres d\u2019altitude, le sommet surplombe la chaîne de montagnes S LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Au matin, voilà que deux orignaux, un mâle et une femelle, traversent la rivière vers nos sites de camping.Yeux exorbités, nous nous pinçons.Ils passent tout près et broutent plus loin dans la forêt.Quel moment ! Élégants et calmes, ils restent un temps puis s\u2019engouffrent dans la végétation.Au babillard du camping, on nous invite à inscrire nos observations fauniques.Au-dessus de notre porc-épic et de nos orignaux, nous lisons « mulettes », ces moules indigènes justement très nombreuses dans la rivière.Il y a aussi : renard roux, dindon sauvage, castor, ours noir, plongeon huard, écureuil roux, couleuvre, lièvre, grand héron, porc-épic et yéti.Yéti ?Le plat de résistance de notre escapade sera pour la deuxième journée complète, ce premier jour étant consacré à une petite mise en bouche composée de vélo, d\u2019une petite rando et d\u2019une croisière en bateau-mouche.Nous partons donc en pédalant gaiement du camping pour atteindre le centre de services du Draveur et voir le barrage \u2014 celui-là même dont la réfection a nécessité la fermeture du parc en 2014.C\u2019est un très beau centre avec une boutique et un service alimentaire avec produits de Charlevoix.Les enfants repèrent immédiatement le congélateur à friandises glacées.Nous promettons d\u2019y revenir au retour du sentier demain.Aux extrémités du barrage, des abris présentent d\u2019intéressantes photos d\u2019archives sur la drave \u2014 qui ne s\u2019est terminée qu\u2019en 1987 ! \u2014 et sur le barrage, maintes fois éprouvé par des sursauts de la nature.Nous traversons la rivière Malbaie par le barrage et nous grimpons jusqu\u2019au belvédère.Nous prenons alors la mesure du sommet auquel nous nous mesurerons le lendemain.Ouf ! La falaise abrupte en impose.La vallée, majestueuse, s\u2019étire à notre gauche et à notre droite.Le moment présent nous imprègne.Pour y aider, aucun signal cellulaire ne se rend dans cette enclave.Paysages époustouflants Nous partons ensuite à vélo le long de la rivière sur le sentier de gravier.La location de vélos est possible, tout comme la location de kayaks, de canots et autres.Les ondulations du sentier nous donnent à voir d\u2019autres paysages époustouflants.Nous descendons de nos bécanes à la Pointe-aux-Inukshuks pour profiter de la vue.Ensuite, hop sur le bateau- mouche pour une croisière instructive, animée par une guide-naturaliste.Pendant l\u2019heure, nous en apprenons sur la flore, la faune terrestre et aquatique, la géologie, l\u2019histoire de la drave Le grand jour arrive.Nous nous élançons tôt, avec des réserves de bouffe et d\u2019eau considérables, et la trousse de premiers soins.Une affiche nous rappelle que nous sommes responsables de notre sécurité et que les sauvetages seront facturés.C\u2019est dit.Les enfants courent presque devant nous.Les escaliers de pierre, naturels mais surtout aménagés, ne ralentissent pas leur enthousiasme.Parfois, quelques plaintes s\u2019élèvent : « J\u2019ai mal aux jambes ! » À quoi nous répondons : « Nous aussi ! » Ça brûle, c\u2019est sûr.Nous progressons avec constance.Les mètres passent, nous avalons les marches, et nous voilà à un point de vue.Si hauts déjà ?« Wow ! » Une gorgée et une collation, et nous continuons.Le ronron des autobus successifs au bas de la montagne se fait entendre.Puis, des séries de personnes nous atteignent et nous dépassent.Un prélude à ce que nous vivrons pour le reste de la journée.Souvent, nous devrons nous arrêter pour laisser passer ceux qui arrivent derrière.C\u2019est la rançon de la gloire pour l\u2019Acropole : une grande affluence de randonneurs.À la descente, ils passent parfois en courant.Ça altère l\u2019expérience.La partie très exigeante est terminée.Les autres kilomètres se passent bien et le premier des trois sommets s\u2019offre à nous.« C\u2019est mirifique ! » lance l\u2019une des filles.Après avoir mis notre coupe-vent, nous décidons de pousser jusqu\u2019au deuxième sommet pour dîner, quelques centaines de mètres plus loin.À l\u2019abri du vent derrière un rocher, nous regardons le dessus plat des Laurentides érodées qui se perdent dans l\u2019infini.Un mot qui vient, gang ?Plénitude.Fabuleux.Extraordinaire.Heureuse.Harmonie.Puant.Ah oui, il y a ça aussi ! La flore arctique alpine si délicate et particulière nous entoure.Véritables bonsaïs naturels, les conifères affrontent ici de très rudes conditions de croissance.Même les lichens poussent dans le sens du vent ! Le parc offre une diversité exceptionnelle de climats et de végétations.Les cordelettes rappellent aux visiteurs de respecter les limites de la réserve écologique des Grands-Ormes, qui protège à l\u2019état naturel 7 km2 de la montagne des Érables où nous sommes.Après avoir absorbé les panoramas des yeux et reposé un peu nos carrosseries, nous entamons la descente, dont la durée est presque aussi longue que la montée.Il faut du contrôle pour protéger genoux et chevilles.La lumière de l\u2019après-midi filtre à travers les conifères.Elle s\u2019accroche gracieusement sur leurs petites branches dénudées en fine dentelle boréale.Ça sent le champignon.Ça sent la résine.Ça sent l\u2019humus.C\u2019est magnifique.Dans la journée, nous aurons croisé peu d\u2019autres familles.Au retour, nous sommes fiers et impressionnés de l\u2019exploit des rejetons.Et alors, les filles, c\u2019était comment cette randonnée ?Entre deux lichettes de leur friandise glacée, elles répondent : « Fastoche ! » Conditions gagnantes pour une rando costaude avec des enfants Rassembler des enfants de capacités semblables pour assurer l\u2019effet de groupe.Présenter d\u2019avance le défi aux enfants et les motiver positivement.La veille, manger du spaghetti et se coucher tôt.Au déjeuner, manger du gruau et des protéines.Dormir près du départ du sentier pour commencer tôt, ne pas se sentir pressé et avoir le temps de profiter du sommet.Prévoir des collations physiques (boules d\u2019énergie, noix, fruits séchés), des collations psychologiques (jujubes et gâteries inhabituelles) et beaucoup d\u2019eau.Privilégier autant que possible une journée à la météo favorable.Prévoir des vêtements pour le vent froid du sommet et la pluie.Porter des bottes ou des chaussures de montagne.Garder les enfants regroupés et alterner le ou la chef de file.Faire fréquemment de petites pauses pour l\u2019eau et les collations.Les encourager souvent et garder l\u2019ambiance positive ! Un mot qui vient, gang ?Plénitude.Fabuleux.Extraordinaire.Heureuse.Harmonie.Puant.Ah oui, il y a ça aussi ! Vivre Escapade 45 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Vivre Famille 46 saient, quand j\u2019étais petite.Il n\u2019y avait pas de profs qui distribuaient des pilules aux élèves souffrant de problèmes d\u2019attention, même si je reconnais que cela est parfois nécessaire », dit Catherine L\u2019Ecuyer, en entrevue lors d\u2019un passage récent à Montréal.Forte d\u2019un doctorat en science de l\u2019éducation et en psychologie, et de sa propre expérience de mère de quatre jeunes enfants, cette Québécoise établie depuis vingt ans à Barcelone ne bascule pas dans le blâme ni ne propose de solutions rapides formatées pour régler ce qu\u2019elle perçoit comme un problème social de fond.Catherine L\u2019Ecuyer a puisé dans la philosophie, la neurologie, la pédiatrie, la psychologie de l\u2019éducation et d\u2019autres disciplines pour exposer et défaire des mythes, et exposer comment, comme société, nous pouvons et devons redonner aux enfants les moyens et outils pour qu\u2019ils puissent s\u2019épanouir.« L\u2019enfant naît avec le désir d\u2019apprendre et de connaître.C\u2019est quelque chose d\u2019inné en lui.Or, dans un monde de surconsommation, d\u2019espaces tapissés par des écrans, de bruit et de rythme effréné, l\u2019émerveillement s\u2019endort.» Plaidoyer pour le droit à l\u2019émerveillement Catherine L\u2019Ecuyer propose un antidote à la technocratisation de l\u2019enfance ENTREVUE SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATRICE LE DEVOIR n finir avec les mythes de la surstimula- tion à la « Bébé Einstein » et la scolarisation précoce façon « maternelle à quatre ans ».Révéler au grand jour les méfaits du divertissement comme béquille éducative et entrave à la créativité.Souligner les dangers de la surexposition aux écrans que subissent les jeunes enfants, tout en dénonçant le culte de « l\u2019enfant-trophée ».Et en revanche, défendre le droit à l\u2019émerveillement comme un antidote à la technocratisation de l\u2019enfance.Statistiques et constats de recherche à l\u2019appui, Catherine L\u2019Ecuyer, auteure de Cultiver l\u2019émerveillement (QA), offre un ouvrage fouillé qui prône le respect de l\u2019enfance comme étape de découverte et d\u2019exploration heureuse.« Les grands-mères le disent : les enfants ne sont plus comme ils étaient.Parfois, je fais aussi l\u2019effort de me rappeler comment les choses se pas- E « L\u2019enfant naît avec le désir d\u2019apprendre et de connaître.C\u2019est quelque chose d\u2019inné en lui.Or, dans un monde de surconsommation, d\u2019espaces tapissés par des écrans, de bruit et de rythme effréné, l\u2019émerveillement s\u2019endort », explique l\u2019auteure de Cultiver l\u2019émerveillement.ALAIN JOCARD AGENCE FRANCE-PRESSE LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Avocate de formation, Catherine L\u2019Ecuyer ne se destinait guère à une carrière d\u2019auteure et de conférencière passionnée par le développement.Après quelques années à faire ses armes dans une étude de droit montré- alaise, elle a mis le cap sur Barcelone où elle est devenue consultante dans le monde des affaires et a commencé à s\u2019intéresser à ce qui motive les gens à travailler et à apprendre.« En 2005, j\u2019ai eu mon premier enfant, et mon monde a basculé.Ayant laissé de côté le travail professionnel, j\u2019ai commencé à observer comment mes enfants posaient des questions, ce qui les motivait à agir et nourrissait leur désir de connaître.» Réapprendre l\u2019enfance Au fil de ses observations et de ses recherches, Catherine L\u2019Ecuyer est arrivée à plusieurs constats qui défont carrément certains mythes qui font pourtant figure de vérités dans le discours populaire.« Plusieurs des façons de voir l\u2019éducation \u2014 et pourquoi ne pas le dire, plusieurs des décisions politiques \u2014 sont basées sur de fausses croyances et des idées préconçues qui ne répondent pas à la réalité, ou aux lois naturelles de l\u2019enfant : le mythe du \u201cnatif numérique\u201d, de l\u2019\u201cenrichissement\u201d, des \u201ctrois premières années de vie\u201d, etc.Démonter ces fausses croyances, études en main, n\u2019était pas l\u2019objectif principal de l\u2019ouvrage, mais c\u2019était nécessaire pour répondre à la question principale : comment cultiver l\u2019émerveillement ?» Malgré sa facture visuelle légère et candide, Cultiver l\u2019émerveillement, traduit en 8 langues dans 60 pays, livre donc une critique sociale profonde, tout en mettant au jour les pathologies d\u2019un monde qui roule à toute vitesse et gave ses plus jeunes de stimulations technologiques, à défaut de bien étancher leur soif de découvertes.Il y a un peu de Carl Honoré (Éloge de la lenteur), pas mal du Dr Jean-François Chicoine (qui signe la préface) et de François Cardinal (Perdus sans la nature) dans les chapitres où elle expose les errances d\u2019une époque où la chaîne Télétoon et le jeu Grand Theft Auto font figure de gardiennes d\u2019enfants.Un monde où, comme l\u2019explique Catherine L\u2019Ecuyer, plusieurs jeunes utilisent des crayons roses et une esthétique artificielle à la Disney pour dessiner les animaux de la nature.L\u2019auteure fait d\u2019ailleurs un bout de chemin sur le paradoxe des hauts dirigeants de la Silicon Valley qui envoient leurs enfants dans des écoles d\u2019élite où on n\u2019utilise pas la technologie en classe.« Eux savent bien que l\u2019ensemble des études n\u2019a pas encore fait la preuve des avantages de la technologie pour l\u2019apprentissage des enfants.Au contraire, ils connaissent bien les risques d\u2019une utilisation précoce de la technologie.Ils sont chanceux puis- qu\u2019ils ont les moyens de se permettre le luxe des relations interpersonnelles.Je reçois chaque semaine des courriels de parents qui sont découragés parce que l\u2019école de leurs enfants, qu\u2019elle soit privée ou publique, leur a \u201cimposé\u201d la tablette.Et eux ne peuvent pas se permettre le luxe d\u2019une autre école.La nouvelle devise, ou monnaie d\u2019échange, du capitalisme numérique est l\u2019attention de nos enfants.Les écoles et les gouvernements ne devraient pas se prêter à ce jeu, parce qu\u2019on ne joue pas avec le futur de toute une génération.» Établissant une nette distinction entre la fascination et l\u2019émerveillement \u2014 la première étant une attitude passive et la seconde, une attitude active d\u2019ouverture face à la réalité \u2014, Catherine L\u2019Ecuyer propose ainsi de se libérer de l\u2019incessant attrait de la nouveauté pour mieux renouer avec la beauté profonde qui existe en toute chose.Et à ceux qui craignent qu\u2019une telle posture pédagogique isole les enfants, elle offre l\u2019explication suivante.« On a peur de les \u201cenfermer dans une bulle\u201d.Or, l\u2019enfance a absolument besoin de cette protection pour se dérouler normalement.Et il ne faut pas confondre le contrôle obsessif de l\u2019\u201chyperpaternité\u201d avec la protection de l\u2019innocence.Lorsqu\u2019on laisse l\u2019enfant tout voir, on brûle les étapes.Lorsqu\u2019on place l\u2019enfant devant un écran, c\u2019est comme si on allait s\u2019installer dans une maison au centre-ville d\u2019un pays inconnu et qu\u2019on ouvrait la porte principale pour que n\u2019importe qui entre dans la chambre de nos enfants et leur offre toutes sortes d\u2019idéologies, de croyances, de produits, de formes de violence, d\u2019expériences sexuelles, etc.Leur laisser tout faire avant même qu\u2019ils aient un critère propre et une volonté suffisante pour dire non, c\u2019est trahir le sens même de la notion de \u201cliberté\u201d.» MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Plusieurs des façons de voir l\u2019éducation \u2014 et pourquoi ne pas le dire, plusieurs des décisions politiques \u2014 sont basées sur de fausses croyances et des idées préconçues qui ne répondent pas à la réalité, ou aux lois naturelles de l\u2019enfant CATHERINE L\u2019ECUYER » Vivre BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com Départs : tous les vendredis À partir de 205 $* et le 11 octobre à partir de 225 $* NEW YORK ou BOSTON Départs : 20 et 27 septembre À partir de 265 $* 3 jours * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV inclus.Prix valide pour tous les départs en 2019.Permis du Québec (702378).www.beltour.ca 514 336-0033 / 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides experts et circuits captivants.Le Niagara est connu surtout pour ses chutes majestueuses et imposantes qui sont une merveille du monde.Quant à la région de Niagara-on-the-Lake, elle produit un effet unique sur les visiteurs, grâce à ses vignobles à perte de vue et ses somptueuses résidences.Majestueuse et impressionnante Départ : 14 octobre À partir de 320 $* NIAGARA RÉSERVEZ TÔT POUR l\u2019Action de grâce NEW YORK 3081, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : HÔTEL UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 6 OCTOBRE 2019 CORSE & PROVENCE BEAUTÉS CORSES ET PARFUMS DE PROVENCE Du 29 mai au 14 juin 2020 GRAND TOUR DES ÎLES BRITANNIQUES Du 30 mai au 23 juin 2020 ROUMANIE & BULGARIE Du 9 au 31 mai 2020 LE PORTUGAL & L\u2019ÎLE DE MADÈRE Du 10 au 27 mai 2020 LA FRANCE POITOU - CHARENTE - BRETAGNE - NORMANDIE Du 1 au 18 juin 2020 L\u2019ARCHIPEL DES AÇORES « LES ÎLES-JARDINS DU PORTUGAL » Du 26 juin au 10 juillet 2020 NOUVELLE-ZÉLANDE & AUSTRALIE Du 20 février au 13 mars 2020 10h00 10h00 11h45 11h45 13h30 13h30 15h15 Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Vivr e Dur e est la chut e 4 8 indestructibles comme d\u2019autres vendent des Tupperware.Le soir, il enseigne des clés de bras.Le week-end, il se gave de tacos, car il possède une solution miracle au stockage des graisses.Il est du côté de la police ; du moins, lorsque la police regarde.Le reste du temps, il est un sonar infaillible pour trouver la bisbille.Il est une cathédrale d\u2019ego dont le mauvais jugement coule de partout, comme si Gaudí l\u2019avait dessiné.Il est une garde-robe complète de vêtements de compression, une guirlande de techniques perdues dans les cercles de l\u2019enfer youtubien.Il est l\u2019homme que les médias sociaux nous renvoient trop souvent comme image des sports de combat.Il est surtout le quidam que Le Devoir a cherché dans trois dojos et qui, chaque fois, comme une ombre, se défilait au premier éclat de lumière : l\u2019agressif, le macho, l\u2019égocentrique.Et s\u2019il était, en premier lieu, l\u2019antithèse de l\u2019autodéfense ?Commando Krav Maga Le gars a les jambes lisses, et le journaliste qui a roulé 15 kilomètres à vélo pour arriver au centre sportif du cégep Édouard-Montpetit doit s\u2019accroupir afin de l\u2019empêcher de glisser en faisant des push-up.L\u2019exercice qui se déroule en équipe de deux se nomme la brouette.Le cours d\u2019Alex Bélanger vient tout juste de commencer et le tatami boit déjà la sueur d\u2019une cohorte bigarrée qui s\u2019adonne au Commando Krav Maga.Variation simplifiée d\u2019une méthode de combat au corps à corps à l\u2019origine enseignée aux militaires israéliens, le Commando Krav Maga ne met pas l\u2019accent sur les frappes.Mise au point par Moni Aizik, la méthode vise avant tout l\u2019efficacité.Originellement professeur de karaté kyokushin, Alex Bé- langer a reçu sa formation Commando Krav Maga en 2013.« On répétait les techniques des milliers de fois, question de faire entrer celles-ci dans notre mémoire musculaire.» Tuer l\u2019ego, le maître et le macho Mettons au tapis quelques clichés véhiculés sur les sports de combat SÉRIE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR l a la quarantaine et une gueule de béton nivelée au madrier.Chacune de ses phrases débute par « guys » et se termine par un high-five.Le matin, il vend des supports athlétiques I Le pugilat a la cote.La popularité des tutoriels en ligne en témoigne, tout comme les événements surmédiatisés et les questions légales soulevées par la pratique de certaines disciplines.Avec cette courte série, Le Devoir se penche sur le monde des arts de la guerre et s\u2019intéresse à quelques idées reçues.Aujourd\u2019hui : l\u2019autodéfense. LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 C\u2019est que Moni Aizik recrute ses instructeurs avec soin.« Un mauvais instructeur peut être dangereux pour ses étudiants », confie M.Bélanger, qui écorche au passage les soi-disant « maîtres » de pratiques no touch [sans aucun contact].« Je ne sais pas depuis combien de temps ça existe, mais ça devient populaire en ligne.C\u2019est ridicule.Tu ne peux pas contrôler ton adversaire avec la pensée.» Le cours d\u2019Alex Bélanger dure environ deux heures.Les élèves viennent du cégep, du monde des affaires, du tourisme, de l\u2019immobilier.« Le moron qui vient se défouler ne vient souvent qu\u2019une seule fois.Il finit par se rendre compte que ça ne marche pas comme ça.» Les techniques du Commando Krav Maga n\u2019emploient pas la force, car le système présuppose qu\u2019un adversaire peut toujours être plus fort.Plusieurs femmes ayant vécu des agressions y trouvent ainsi une méthode pratique.« Nous jouons sur les points vitaux et les luxations.» Exit la complexité.Efficacité et vigilance avant tout : « Plusieurs personnes ratent l\u2019essentiel : éviter les problèmes.Si tu dois te défendre, plus courte est ta riposte, mieux c\u2019est au niveau légal.» Systema Parmi les méthodes d\u2019autodéfense sur le dos desquelles on casse beaucoup de sucre, il y a le Systema.Une méthode russe, aussi dérivée de pratiques militaires, qui a connu moult variations après sa création au début du siècle dernier.Certaines de celles- ci sont parfois vues comme plus près du culte que de l\u2019autodéfense.Un repère de cabochons impulsifs ?C\u2019était un peu ce que nous espérions trouver\u2026 jusqu\u2019à ce que Kevin Secours ouvre la bouche.En entrant dans son dojo, avenue Somerled, à Montréal, on aperçoit l\u2019homme de dos.Bonne carrure, pantalons militaires, cheveux rasés\u2026 et t-shirt orné d\u2019une citation de Sénè- que.M.Secours est verbomoteur, bi- noncés par André-Jacques Serei au moment où l\u2019auteur de ces lignes regrette ses années passées à porter des chaussures inconfortables lui ayant abîmé les pieds.Inventeur du Système de défense Serei (SDS), l\u2019homme qui a émigré au Québec avec sa famille en 1958 (une famille d\u2019ailleurs légendaire tant dans le domaine des arts martiaux que dans celui de l\u2019esthétique), cumule près de 60 ans de chutes et de fractures : judo, aiki jujitsu, kobudo, savate et bien d\u2019autres.C\u2019est à la suite d\u2019une agression vécue par une amie qu\u2019il a repensé l\u2019enseignement de l\u2019autodéfense.« Quand j\u2019ai commencé, chaque personne qui enseignait les arts martiaux croyait enseigner l\u2019autodéfense.Savoir donner un bon coup de poing, c\u2019est un bel outil, mais les gens ne voient pas la différence entre le sport et l\u2019autodéfense.» Amateur d\u2019histoire et de littérature, M.Serei nous renvoie à l\u2019antiquité pour appuyer son idée, rappelant qu\u2019Alexandre Le Grand ne voulait pas que ses officiers pratiquent le pancrace (sport martial grec).Très présent sur les réseaux sociaux, le maître d\u2019armes fait état d\u2019un problème endémique : « Les gens confondent le machisme et l\u2019autodéfense.Surtout en ligne.Le citoyen le plus éclairé demeure celui qui ne se fait pas prendre.Et ça, c\u2019est le contraire du bagarreur macho, qui n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un agresseur potentiel.» En SDS, le plus important s\u2019avère donc la psychologie.« On apprend bien des choses avant d\u2019arriver à la technique », confirme le pédagogue dont le système de défense s\u2019est nourri d\u2019un travail de recherche auprès d\u2019avocats, de médecins, de psychologues et d\u2019experts de la violence.« J\u2019enseigne le contrôle des émotions.L\u2019autodéfense sert à pouvoir dire, à la suite d\u2019une altercation : \u201cMonsieur le juge, l\u2019individu devant moi avait les moyens et l\u2019intention de me faire mal, je ne pouvais pas me sauver, je n\u2019étais pas en sécurité, j\u2019ai fait ce que j\u2019avais à faire pour assurer ma survie.\u201d » André-Jacques Serei, inventeur du système de défense Serei (SDS) MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR lingue, capable de citer Oscar Wilde et surtout très drôle.« Ici, on n\u2019enseigne que des applications combatives et psychologiques du Systema à partir d\u2019un travail biomécanique.» Sa réputation publique le précède.Son compte YouTube est suivi par près de 20 000 personnes.Ses cours sont une espèce de stand-up où le quatrième mur est aboli.« J\u2019ai un sens de l\u2019humour, une pratique séculaire et je considère que tout le monde est le bienvenu.En fait, le type d\u2019extrême droite qui vient se défoncer ne trouve pas sa place.» M.Secours a été garde du corps et portier.« La violence est sérieuse dans ces métiers, mais elle l\u2019est pour tout le monde.Certains n\u2019ont subi que 15 secondes de violence et doivent composer avec cela toute leur vie.On croit néanmoins ici qu\u2019il faut pouvoir explorer l\u2019agression\u2026 et remplacer l\u2019appréhension par la familiarité.» Aujourd\u2019hui, 220 écoles enseignent cette méthode créée en 2010 par l\u2019ancien étudiant en beaux-arts qui a à cœur l\u2019idée du poète Rumi voulant que l\u2019élève ne doive pas idolâtrer le maître.« Me faire remettre en question n\u2019est pas une insulte, ça me pousse à aller plus loin.» Système de défense Serei « Si vous n\u2019avez mal nulle part, Monsieur Elawani, c\u2019est que vous êtes mort.» Ces mots, ce sont ceux pro- Le moron qui vient se défouler ne vient souvent qu\u2019une seule fois.Il finit par se rendre compte que ça ne marche pas comme ça.ALEX BÉLANGER »Vivre Dur e est la chute 49 Musée des beaux-arts de Montréal - Université Concordia - La TOHU Importation privée Événementiel Corporatif VOS MEILLEURS ALLIÉS POUR RECEVOIR Pour commander: info@edoniasignature.com Keller Estate Pinot Noir, Californie Tenuta de Angelis, Pecorino, Italie De la terre, Syrah, Nouvelle-Zélande Découvrez nos meilleures suggestions en importation privée! À TABLE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT APPELEZ AU 514 985-3399 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Vivre Resto 50 CRITIQUE CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC La communauté italienne de la Vieille Capitale est assez restreinte, mais son dynamisme compense largement cette faible représentation.Seuls ou en famille, plusieurs immigrants ont ouvert des établissements de restauration depuis les années 1950.Des pizzerias jusqu\u2019aux restaurants gastronomiques, des noms tels que Malnig, Boezio, Marcolin, Bragoli, Leoni, Sgobba, Cortina ou Monti sont indissociables du milieu de la restauration italienne à Québec.À cette énumération se sont ajoutés depuis peu d\u2019autres patronymes dont les établissements, certes plus modestes, méritent d\u2019être découverts.C\u2019est le cas de la Pizzeria Capriccio du chef Luca Cavalera, à Limoilou.Ouvert depuis l\u2019été dernier, le lieu propose un menu restreint où la pizza de type napolitaine, cuite au four à pierre chauffé au gaz, occupe pour le moment presque toute la place.Pour faire bonne mesure et remplir dignement cette mission-découverte, mon complice et moi choisissons donc de découvrir une sélection de six pizzas ! Blanche ou rouge Le restaurant propose des pizzas « blanches » (sans sauce tomate) et « rouges » (avec).Rappelons que la tomate n\u2019est arrivée en Europe qu\u2019au début du XVIe siècle et a mis un certain temps avant de s\u2019immiscer dans la cuisine italienne : rejoignant l\u2019ail, le fromage, la viande et les herbes pour créer tout un faisceau de nouvelles saveurs, la « pomme d\u2019or » est ensuite devenue Un caprice gourmand, de Naples à Limoilou Rouge ou blanche, la pizza se savoure sur une pâte élastique et croustillante à la Pizzeria Capriccio On ne vous l\u2019apprendra pas, les oies possèdent un bec.Et c\u2019est fou ce qu\u2019on peut faire avec! Attraper, pincer, cacarder, glousser : voilà les verbes parfaits pour faire perdre la tête à un petit village anglais au complet.Dans Untitled Goose Game, développé par le studio australien House House et publié par Panic Button, il s\u2019agit là de notre seule mission.Autres outils à notre disposition : une paire d\u2019ailes, qu\u2019on peut faire battre de façon menaçante sans vraiment faire peur à personne, et une paire de petites pattes palmées permettant de nager dans les quelques ruisseaux et étangs bordant la bourgade et de courir un peu maladroitement.On comprendra donc que notre instrument de zizanie principal sera notre bec.On détachera les lacets d\u2019un garçon, puis on le regardera tomber.On lui volera ses lunettes.On dérobera la glacière du jardinier et on la traînera, à reculons, jusqu\u2019à un banc de parc pour se faire un pique-nique.Une fois qu\u2019on aura assez semé le chaos dans une zone du village, un habitant, excédé, nous ouvrira le chemin vers le jardin de sa voisine ou vers la place du marché, espérant se débarrasser de nous.On fera la pagaille là aussi.Mais ce qu\u2019il ne sait pas, c\u2019est qu\u2019on reviendra! Olivier Sylvestre LES APPLICATIONS DE LA SEMAINE Untitled Goose Game Offert pour Mac, PC et Nintendo Switch.De deux à trois heures.Untitled Goose Game HOUSE HOUSE Agent du chaos La pizzeria du chef Luca Cavalera a ouvert ses portes l\u2019été dernier.Le Capriccio proposera bientôt des salades et recevra son permis pour offrir la formule « apportez votre vin ». LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 À la Pizzeria Capriccio, on a affaire à du travail bien fait, à des pizzas réalisées avec cœur, ce qui confère une authenticité qui fait du bien.Une suggestion de Marie-Élaine Thibault pour quatre personnes Ingrédients 500 g de moules 500 g de palourdes 2 calmars entiers coupés en rondelles 4 gros pétoncles 500 g de poisson à chair blanche coupé en morceaux de 2 pouces (morue, aiglefin) 500 g de crevettes 3 c.à soupe d\u2019huile d\u2019olive 1 oignon moyen haché 1/2 bulbe de fenouil haché 4 gousses d\u2019ail 1 c.à soupe de pâte de tomate 1 c.à thé d\u2019origan 1 branche de thym frais 2 feuilles de laurier 1/2 c.à thé de flocons de piment 1 c.à soupe de pâte de tomate 1 bouteille de jus de palourde (8 oz) 1 tasse de vin blanc 1 tasse d\u2019eau 796 ml tomate en dés Une poignée de persil frais haché Préparation Dans une grande poêle, faire suer l\u2019oignon et le fenouil dans l\u2019huile d\u2019olive à feu moyen-doux pendant 5 à 10 minutes.Ajouter les flocons de piment, l\u2019origan, le thym, les feuilles de laurier et l\u2019ail et cuire deux minutes de plus.Saler et poivrer.Ajouter la pâte de tomate, les tomates en dés, le jus de palourde, le vin, une tasse d\u2019eau et laisser mijoter doucement une quinzaine de minutes jusqu\u2019à ce que le fenouil soit tendre.Ajouter les palourdes et couvrir.Après cinq minutes, ajouter les moules et couvrir à nouveau.Lorsque les moules commencent à ouvrir, ajouter les crevettes, les pétoncles et les morceaux de poisson.Laisser mijoter doucement quatre minutes, ou jusqu\u2019à ce que le poisson s\u2019effiloche.Rectifier l\u2019assaisonnement en ajoutant du sel et du poivre au besoin.Servir dans des bols ou des assiettes creuses.Parsemer le tout de persil frais haché et l\u2019accompagner d\u2019un morceau de baguette fraîche.Marie-Élaine Thibault est styliste culinaire.Pour la suivre : https://www.facebook.com/marielenfercuisine / https://www.instagram.com/maryhellyeah https://www.marielenfer.com / LA RECETTE DE LA SEMAINE Cioppino, ragoût de fruits de mer façon San Francisco MARIE-ÉLAINE THIBAULT indissociable de la gastronomie de la péninsule.La Capriccio, plat emblématique du restaurant, est une pizza dite « blanche ».La pâte est simplement arrosée d\u2019huile d\u2019olive vierge extra parsemée d\u2019origan, puis garnie de speck (jambon cru), de mini-tomates, de mozzarella di bufala, de parmigiano, de noix et de roquette.Loin d\u2019être sèche, cette pizza permet au contraire d\u2019apprécier pleinement la qualité de la pâte et la fraîcheur irréprochable des ingrédients, pour la plupart importés directement d\u2019Italie.Suivant une progression gustative, nous nous attaquons ensuite aux pizzas « rouges », dont la sauce est mitonnée à partir de tomates San Marzano, dans la plus pure tradition napolitaine.La Margherita comporte de la sauce tomate, de la fior di latte, du basilic et de l\u2019huile d\u2019olive.Frais, frais, frais, le tout tient bien en place sur la pâte croustillante ! Assez semblable, la Bufala troque la fior di latte pour de la mozzarella di bufala et du parmigiano, conférant une saveur un peu plus salée, dont la grande simplicité plaît beaucoup à nos papilles nord- américaines souvent surchargées.Un petit côté relevé Mon coup de cœur va à la Crudo e ru- cola.Sur la pâte s\u2019étale la sauce tomate garnie de mozzarella di bufala, de prosciutto di Parma, de roquette, de petites tomates, de parmigiano et d\u2019huile d\u2019olive.Bien vive, la roquette \u2014 dont aucune feuille n\u2019est flétrie, témoignant ici aussi du soin apporté à chaque détail \u2014 amène ce beau côté vert et légèrement piquant qui accompagne si bien le prosciutto.Nous poursuivons d\u2019ailleurs avec une autre pizza mettant ce jambon à l\u2019honneur.La Prosciutto e funghi fourbit fièrement sa fior di latte, ses champignons, ses olives noires et son basilic, pour un résultat aussi coloré que savoureux.Pizzeria Capriccio $ 970, 1re Avenue, Québec 418 476-5657 Les plus Des pizzas formidables (le secret est dans la sauce ET dans la pâte !) à un prix plus qu\u2019amical.Petite équipe sympathique.Les moins Peu de choix de mets et de boissons sur place, alors, pour un repas complet, on privilégiera la commande pour emporter.Coût réel d\u2019un repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 35 $ Coût total réel pour deux, y compris taxes et service : 45 $ Le programme se conclut par la Diavola.La pâte devient une arène où le basilic et la fior di latte font équipe pour tenter de tempérer l\u2019impétueuse spianata calabra (une charcuterie très relevée) et les piments.Mais ces derniers ont le dessus : l\u2019effet piquant s\u2019accentue de minute en minute, procurant une sensation de chaleur qui irrigue bientôt tout le visage ! J\u2019admets avec candeur ne pas avoir essayé la pizza al trancio, à la pointe.Pour élaborer cette spécialité toscane, la pâte doit être étirée, assaisonnée et cuite dans de grandes casseroles de métal rondes, ce qui lui confère une texture décrite comme plus épaisse et moelleuse que celle de la pizza napolitaine.Nul doute que j\u2019improviserai tôt ou tard une occasion d\u2019y retourner, d\u2019autant plus que le Capriccio proposera bientôt des salades et recevra son permis pour offrir la formule « apportez votre vin ».D\u2019ici là, on joue le jeu de la simplicité ou alors on commande un petit bout d\u2019Italie pour emporter chez soi.Cuisine vraie On m\u2019a souvent demandé ce qui fait la qualité d\u2019un bon restaurant.S\u2019attendant sans doute à ce que je réponde « son raffinement gastronomique », mes interlocuteurs sont souvent surpris lorsque je parle d\u2019honnêteté.J\u2019ai beaucoup de respect pour une proposition où l\u2019on sent bien la personnalité du chef, où les ingrédients sont choisis pour ce qu\u2019ils communiquent réellement au nez et la bouche\u2026 et non simplement pour suivre un effet de mode ou faire grimper le prix de la facture.À la Pizzeria Capriccio, aucune surenchère ni poudre aux yeux : on a affaire à du travail bien fait, à des pizzas réalisées avec cœur, ce qui confère une authenticité qui plaît et fait du bien.Et cette honnêteté est, pour moi, indissociable du plaisir de manger.C\u2019est justement pourquoi on ne boudera pas son plaisir.Dave et moi nous laissons tenter par l\u2019unique dessert offert pour le moment au Capriccio, assez convenu mais dont la saveur entraîne un irrépressible élan de bonheur : la pizza au Nutella.Comment résister, dites-moi, à une pâte bien croustillante, un brin salée et aux arômes de feu, où s\u2019étend paresseusement une couche chocolatée parsemée de noix de Grenoble ?La Prosciutto e funghi fourbit fièrement sa fior di latte, ses champignons, ses olives noires et son basilic, pour un résultat aussi coloré que savoureux.PHOTOS FRANCIS VACHON LE DEVOIR Vivre Resto 51 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Vivre Vin 52 BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR La moitié de la surface de l\u2019appellation sauternes se tournait récemment vers la production de vins blancs secs.Quelle misère ! C\u2019est ce que nous livre en page 108 Alexandre de Lur Saluces dans son opus D\u2019Yquem à Fargues (Gallimard), avant d\u2019ajouter que, « paradoxalement, la région sauternaise n\u2019a jamais produit autant de bons sauternes et on n\u2019a jamais pris aussi peu de peine pour les distinguer, pour promouvoir les meilleurs d\u2019entre eux ».J\u2019aurais envie d\u2019ajouter : quelle perte pour l\u2019humanité ! Imaginez seulement tous ces « secs » déshabillés de leur enveloppe charnelle.C\u2019est un peu comme si l\u2019on prélevait au soleil un pan de sa brillance alors que l\u2019humanité a tant besoin de lumière ! L\u2019homme aux commandes d\u2019Yquem (depuis 1968) jusqu\u2019à ce qu\u2019il tombe dans l\u2019escarcelle du groupe LVMH bichonne depuis 2004 son château de Fargues, autre perle familiale dont la douceur subtile et la fraîcheur manifeste traduisent ces traditions ancestrales qu\u2019un négoce oublieux balaie cavalièrement sous le paillasson des pertes et profits.Ainsi, ces traditions ancestrales faites de mille petits gestes \u2014 dont cette patiente volonté à vouloir sublimer la noblesse de Botrytis cinerea \u2014 se heurtent à des habitudes de consommation qui se retrouvent aujourd\u2019hui diamétralement opposées aux principes mêmes de cette philosophie où le temps savait encore graver son épitaphe pour les siècles à venir.Pour reprendre Claudel, cité dans le livre de monsieur de Lur Saluces, « un grand vin n\u2019est pas l\u2019ouvrage d\u2019un homme, il est le résultat d\u2019une constante et raffinée tradition.Il y a plus de mille années d\u2019histoire dans un vieux flacon ».Encore faut-il en reconnaître le patrimoine immémorial.Je prends ce détour avec vous, bien sûr pour réaffirmer mon admiration pour ces grands « passeurs » de culture que sont les Lur Saluces et autres artisans du sauternais (ou d\u2019ailleurs), mais aussi pour rendre compte que ces vins doux ont aujourd\u2019hui la vie dure.Et que le temps pour les savourer, de les accompagner, à table ou avec rien du tout, est une denrée rare dont seuls quelques sybarites égarés au pays d\u2019Oscar Wilde semblent encore être en mesure d\u2019apprécier.Le cas Moulin Touchais Reconnue pour sa douceur de vivre, la Loire est aussi touchée par la grâce du Botrytis, que ce soit en appellation Bonnezeaux, Quart de Chaume ou Coteaux du Layon.Ici, les chenins sont drapés d\u2019une majesté à rendre jaloux rois et reines, qui n\u2019en perdaient pourtant pas une goutte lors de libations au château, cela même s\u2019ils risquaient l\u2019éventuelle crise de goutte.Des nectars liquoreux comme le sauternes certes, mais qui peuvent être aussi simplement moelleux ou encore « secs-tendres » avec des indices de sucrosité sous la barre des 100 grammes par litre.C\u2019est le cas du Moulin Touchais (1787), qui a trouvé dans le passerilla- ge sa raison d\u2019être, avec ses 35 hectares en appellation Coteaux du Layon (sur les 150 hectares du domaine au total).Le fameux Botrytis se fait ici plus rare en raison de l\u2019éloignement des parcelles de la rivière Layon avec, pour conséquence, un « allègement » des sucres qui le situe au niveau d\u2019une maturité de type auslese.Encore à ce jour, l\u2019imposant labyrinthe de caves dépositaires de plusieurs milliers de flacons ne libère qu\u2019au compte-gouttes ses millésimes, après un minimum de dix ans à l\u2019ombre.Vous avez encore souvenir de ces 1947, 1949, 1955, 1959, 1961, 1964 et autres 1969 vendus chez nous il y a 25 ans pour une bouchée de pain ?Aujour- d\u2019hui encore, la maison n\u2019a aucune difficulté à écouler sa production.Six millésimes dégustés récemment avec l\u2019ambassadeur de la maison Fre- derik Wilbrenninck affichaient pour ces blancs doux une grâce et une fraîcheur qui les rendaient des plus digestes.Plutôt un nectar de conversation, à l\u2019heure du thé, ou dans l\u2019alcôve.En attendant les 1979, 1985 et 2002 qui seront libérés au cours de l\u2019année, je vous incite fortement à vous procurer le splendide 1997 (57 $ \u2014 11177418 \u2014 (10+) ), d\u2019une parfaite harmonie d\u2019ensemble et qui n\u2019a pas dit son dernier mot ! Ces vins doux qui ont la vie dure Que se passe-t-il quand les traditions se heurtent aux habitudes de consommation ?LES VINS DE LA SEMAINE (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans © devrait séjourner en carafe Moins de 16 $ Wayne Gretzky Estates No 99, Riesling 2018, Niagara, Ontario, Canada (14,95 $ \u2014 13299136) Le caractère variétal du cépage y est, le fruité aussi, bien net quoique simple d\u2019expression, l\u2019équilibre d\u2019ensemble aurait sans doute bénéficié d\u2019une pointe d\u2019acidité supplémentaire pour équilibrer le tout, mais servez-le bien frais sur des trucs à l\u2019apéro ou sur un sandwich au thon, et voilà que tout baigne, comme dirait le plongeur.(5) La surprise Vermut Rojo, Lustau, Jerez de la Frontera, Espagne (28,55 $ \u2014 12979084) Trop bon pour le dénaturer sous forme de cocktail ! Car, oui, servi bien frais, sans glaçons, ce bonheur a du bon.Nous sommes à un niveau haute couture avec des lots de pedro xi- ménez et d\u2019amontillado élevés en solera pour une décennie avant d\u2019être infusés d\u2019une dizaine de plantes aromatiques et d\u2019épices macérées séparément, puis, assemblées avec brio.Top ! Le blanc 1/2 Tuvi (or not to be) 2018, Sumarroca, Penedès, Espagne (15,35 $ \u2014 13574687) Un beau dollar de moins que la version 2016, commentée ici même en mai 2018, et toujours ce sincère étonnement devant ce blanc sec bio où le xarel-lo dispute au riesling, « gewurz » et viognier un profil dont le charme opère une fois de plus.Saveurs nettes, de belle densité, à la fois suaves, fraîches et expressives.Servir bien frais sur les petites fritures.(5) Le rouge Montesecondo 2017, Toscane, Italie (24,45 $ \u2014 13897574) Ce sangiovese évoque une nature morte par son aspect immuable, classique et hors du temps, tout en suggérant, paradoxalement, une nature en liesse et des plus vivantes ! Derrière la robe juvénile soutenue, des arômes de fruits frais mûrs, mais modulés en discrétion, et une bouche de corps moyen, pourvue de savoureux tanins.La carafe s\u2019impose ici.(5) © Le bio Vouvray Brut 2016, Domaine Vincent Carême, Loire, France (26,05 $ \u2014 11633591) Cette appellation ligérienne me fascine en raison du caractère unique du chenin blanc issu des terroirs locaux, mais aussi par sa capacité à émerveiller, par sa droiture minérale, qu\u2019il soit vinifié en sec, en doux ou sous le cortège d\u2019un chapelet de bulles.Ce brut est tonique, peu dosé, festif et aérien ; surtout, il possède une griffe inspirée.(5) Le chenin blanc, appelé localement pineau de Loire, responsable, entre autres, du fameux Moulin Touchais en appellation Coteaux du Layon.WINE GRAPES (ECCO) lestudiovin @gmail.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 BILLET LISE GOBEILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR Pour profiter de ces fleurs légendaires dès la fonte des neiges, il faut avoir pris le temps de mettre leurs bulbes en terre l\u2019automne avant.Voici quelques questions auxquelles nous répondons dans ce billet.Pourquoi les bulbes de tulipes doivent-ils être plantés à l\u2019automne ?Sous les températures fraîches et les pluies régulières de cette saison, les bulbes développent leur système de racines pour bien s\u2019ancrer dans le sol.Ensuite, le froid de l\u2019hiver les fait entrer dans une période de dormance indispensable à son cycle de vie.Avec l\u2019arrivée du printemps et l\u2019augmentation des températures, les bulbes convertissent l\u2019amidon en sucre pour faire croître ses feuilles et sa fleur.Enfin, pour favoriser l\u2019accumulation d\u2019énergie dans le bulbe, les feuilles doivent jaunir sur le plant et on doit éliminer la capsule contenant les semences.Quelles formes de tulipes pour votre jardin ?Le Royal General Bulb Grower\u2019s Association a créé quinze groupes dans lesquels sont classées les tulipes selon leur forme et leur période de floraison.Voici une brève description des plus courants.Parmi les hâtives se trouvent cinq groupes : ceux dits à fleur simple ; ceux à fleurs doubles ; et trois groupes dits botaniques, soit Kaufmaniana à fleurs étoilées, Foste- riana aux pétales émoussés et Greigii au feuillage ornemental.Viennent ensuite cinq groupes de mi-saison : Triumph, aux fleurs spectaculaires de couleurs marbrées ; Darwin, aux grandes fleurs de couleur intense ; les Simples, aux hautes fleurs de couleurs brillantes ; les élégantes Fleur de lys aux pétales pointus ; et les Perroquets aux fleurs extraverties.Enfin, parmi les tardives se trouvent les Frangés, aux pétales effilés, très féminins, les artistiques Viridiflora aux lignes vertes, et les généreuses Doubles qui ressemblent à des pivoines.D\u2019où viennent les bulbes ?Des Pays-Bas, évidemment ! Toutefois vous serez surpris d\u2019apprendre qu\u2019il n\u2019y a aucune tulipe qui croisse naturellement dans ce pays.Elles sont indigènes de la Russie, du Kazakhstan, de l\u2019Ouzbékistan, de la Mongolie et de la Chine.Néanmoins, les Pays-Bas sont le chef de file mondial de l\u2019exportation de fleurs et de bulbes de tulipes, soit deux milliards de bulbes par année.Autres chiffres frappants : la moitié du territoire néerlandais serait consacrée à la production de bulbes, dont la moitié de cette moitié aux fleurs coupées de tulipes, selon Jane Eastoe dans son livre Des tulipes en septembre ?Leurs formes diverses et leurs couleurs après le blanc de l\u2019hiver amènent du bonheur Au jardin Au Québec, les bulbes sont plantés au cours du mois d\u2019octobre.En règle générale, on les plante par groupes de 5, 9, 11, etc.de la même variété à différents endroits dans l\u2019aménagement.Les nombres impairs et une telle répartition donnent un aspect plus naturel, plus relaxant.Il est recommandé de les planter à une profondeur de trois fois leur hauteur.Toutefois, pour déjouer les écureuils et le froid, on peut les planter plus creux.Pour être certain que les écureuils n\u2019y ont pas accès, on peut également mettre un grillage métallique que l\u2019on recouvre de terre.Ne négligez pas l\u2019arrosage des conifères à l\u2019automne, car ils doivent bien se gonfler d\u2019eau avant l\u2019hiver.Distribution de compost La prochaine distribution de compost de la Ville de Montréal aura lieu le samedi 12 et le dimanche 13 octobre 2019, de 8 h à 16 h, au Complexe environnemental de Saint-Michel, 2235, rue Michel-Jurdant, à Montréal.Photo du haut : parmi les tardives, on trouve les généreuses tulipes Doubles qui ressemblent à des pivoines.Ci-contre : bulbes de tulipes botaniques prêts pour la plantation.PHOTOS LISE GOBEILLE Tulips : Beautiful Varieties for Home and Garden.Puis, pour 100 000 hybridations réalisées, seulement 5 variétés atteindront le marché et ce cycle aura pris\u2026 20 ans ! Quel travail, quelle patience ! De quoi nous faire apprécier celles que nous achetons.Un livre sublime que l\u2019on savoure avec énormément de plaisir.De magnifiques photos originales constituent le cœur de l\u2019ouvrage.Près du tiers des quelque 350 spécimens du Jardin botanique s\u2019y retrouvent.Associées à certaines images, des citations de maîtres de bonsaïs et de maîtres de penjing d\u2019Asie et d\u2019Amérique du Nord teintent la dimension artistique d\u2019une touche philosophique.Au-delà du regard historique rendu par des témoignages de maîtres ayant participé à l\u2019élaboration des collections sont proposés des repères esthétiques pour apprécier ces sculptures vivantes.Ce livre a été réalisé grâce à un don d\u2019un amoureux des bonsaïs et ancien professeur de littérature à l\u2019Université McGill, Michael Trevor Cartwright.Bonsaï | Penjing.Les collections du Jardin botanique de Montréal Danielle Ouellette, Les Amis du Jardin botanique de Montréal, Montréal, 2019, 276 pages Vivre Jardin 53 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 Vivr e Mot s de t êt e 54 SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Vivre Mots de tête 55 LE DEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 470 Horizontalement I.Anticipation.II.Routinier.Ré.III.Rubens.Tubât.IV.Ar.Méprisant.V.Cri.Si.Ut.Go.VI.Hisseras.Bey.VII.Ecot.AU.Mura.VIII.Ui.Et.Tag.Ag.IX.Secrètes.Hie.X.Erpétologies.Verticalement 1.Arracheuse.2.Nourricier.3.Tub.Iso.Cp.4.Item.Stère.5.Cinèse.Têt.6.Inspira.To.7.Pi.Autel.8.Aetius.Aso.9.Trust.Mg.10.Ba.Bu.Hi.11.Orangeraie.12.Nettoyages.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 471 1.Propos que vous ne devriez pas comprendre.2.Aiment aller voir ailleurs.Préposition.3.Disposaient en ordre.4.Envoie les Etats Unis vers les étoiles.Hercule y rencontra un lion.5.Le titane.Joli coup au billard.6.Pas du tout ragoûtant.Adac sur nos terrains.7.Trois points sur quatre.Article.Sur place.8.Vaut mieux que la force.Champion des courts.9.Sépare au sommet.Facile et agréable.10.Nous veulent du mal.Personnel.11.Ouvre le journal.N\u2019importe qui.Se lance.12.Donnent de l\u2019intensité.I.Fait signe et annonce la suite.II.Au fond elle est là pour broyer.Reines de France et d'Angleterre.III.Ramassés sur le tapis.Mettent le feu dans la descente.IV.Comme un faucon que l\u2019on ne saura pas apprivoiser.Crie en forêt.V.Met la France à l\u2019échelle.A mis du vent dans ses voiles.Possessif.VI.Enfant de Gaïa.Perturbe le climat.VII.Finissent dans les corbeilles et les paniers.Vous fera une belle jambe.VIII.Agitation passagère.Accord de la France d\u2019en bas.IX.Le premier fut le Bon.Donnasse de la couleur.X.Aérées dans la page.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER N R O F P P N O V E M B R E O R E C O Q T O U R N E R P E L U R E S E D A M S E U N E C T E I E D I T E U R I R I S A X E L A C C E D E T R I L A I D E E G A M E T E N O E L P E S E E E C U I N C O M P L E T E S E T E R N I T E A P I B E C S V I R E E I D E A L V E R D I R E N N E M I A E R E P R E T S S E N S E S APRÈS 25 ANS D'UNION MOIS DES MORTS SUPPLIQUE HOLD-UP REMPORTÉ INCENDIE ON Y TROUVE DES ROSIERS QUI SAIT SE CONTRÔLER TOLÉRÉE ROUE À GORGE A COURS À OSLO HÉSITATION CUISINIER PEAUX ÔTÉES DES FRUITS METTRE À L'ENVERS RUE ÉTROITE FROMAGE IL VEND DES LIVRES VOISIN DU BOA IRIDACÉES BULBEUSES TROTTE DANS LA TÊTE DISQUE COLORÉ CADMIUM SAUT SUR PATINS SÉLECTION PÉNÈTRE DANS UN LIEU COUPS, AU KARATÉ MOCHE ATHÉE BERNACHES BORDS CELLULE REPRODUCTRICE APPUIE FÊTE DE FAMILLE COLLÉGIEN PARENTS ANCIEN BOUCLIER PLATINE ARAIGNÉE TEMPS TRÈS LONG ENTIÈRES NOIR ÉCLATANT PETIT FRUIT TOUCHE À L'IRAQ PARFAIT BISOUS TERME DE BELOTE VOYAGE RAPIDE TIRE-FOND DEVENIR COMME UNE FEUILLE PEUT ÊTRE MORTEL DISPONIBLES EXPOSE À L'AIR ONT LES DEUX PIEDS SUR TERRE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 S L O G A N P U G I L A T Y A L E I S O L O U V E M O T I V E S P A S T I S P S S O N O R E S L A C H U T A S P U I S T R I A L A V O C A T I H E M U E L E U R I N E I C E B E R G O V A L E S E T N A R E A L E E S T S A T I N E R P R E S S E 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 G A S P A C H O P O T A G E A V E U R O T U L E R O C R P L A I R E A I K I D O B O U L I E R A I L Z E N U R L D R E I G E M O T O R A C L E U N I S S O N M E T R E T R O T T R A M E O E U F S X E R E S O V I R I A L R E L U I R E E R E C R I C B E R L I N L E V E S E R P E E L O I O A M E R E A L E E V U L C E R E P R O T E G E R T O U R I S M E T O M A T E E T E I N T S P E C U L E R GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Les chaînes ne tiennent pas un mariage.Ce sont des fils, des centaines de fils minuscules, qui assemblent les gens au fil des ans.Simone Signoret MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE JUBÉ CUBE CURE MÛRE MAURE JEUX 921 928 928 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.928 1.Bleu, mais pas trop 2.Matrice 3.Malotru 4.Deux points 5.Pas besoin de timbre! 6.Rouille 7.Aimait un marin musclé 8.Fleurs jaunes 9.Vêtement 10.Fortifiant \u2022 LASCAR \u2022 CARMIN \u2022 MINERAI \u2022 RAISIN \u2022 SINISTRÉ \u2022 TRÉPAS \u2022 PASSE-PARTOUT \u2022 OUTREMER \u2022 MÈRE-GRAND \u2022 ANDOUILLE CUIRE MAÎTRE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R CORRIGÉ L\u2019abeille pollenisatrice butine sur la corrolle d\u2019une jolie équinacée, récoltant son doux nectar.Elle quitte ensuite la stigmate et s\u2019élance dans les airs, portant orgueilleusement la précieuse miellée qu\u2019elle remettra à sa reine et aux vingt-mille ouvrières qui compose sa ruchée.pollinisatrice, et non *pollenisatrice \u2014 adj.pollinisateur au fém.sing.(accord : abeille).Qui assure la pollinisation.corole ou corolle, et non *corrolle \u2014 n.f.Ensemble des pétales d\u2019une fleur.En orthographe rectifiée, corole s\u2019écrit avec des consonnes simples seulement.échinacée, et non *équinacée \u2014 n.f.Plante vivace aux fleurs de couleur blanche à pourpre, dont certaines espèces sont utilisées pour leurs propriétés médicinales.le, et non *la \u2014 dét.déf.Le nom stigmate (« extrémité du pistil recevant le pollen ») est masculin.composent, et non *compose \u2014 v.composer, ind.prés., 3e plur.(sujet : qui, mis pour vingt-mille ouvrières).Être l\u2019élément constitutif d\u2019un tout.Remarque \u2014 En orthographe rectifiée, les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d\u2019union (ex. : deux-mille-dix-neuf).© 2019 Druide informatique inc.Tous droits réservés.Épreuve de révision Antidote | no 26 Le matin t'est donné, ne le prends pas comme un dû Guillevic DU 4 AU 13 OCTOBRE 2019 FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA POÉSIE 35e PRÉSENTÉ PAR F I P T R .C O M 10 JOURS \u2022 80 POÈTES \u2022 25 PAYS \u2022 5 CONTINENTS \u2022 300 ACTIVITÉS À ne pas manquer cette année : 20 poètes et la musique du duo Contra-Danza 12 octobre à 20 h Maison de la culture 10 octobre 19 h 30 cocktail 20 h lectures et projections Chapelle du musée Pierre-Boucher Musique : Trio Martin Bellemare 13 octobre à 17 h Maison de la culture 5 & 6 octobre à 14h Maison de la culture Grande soirée Québecor de la poésie Poésie à la chandelle Musique du monde et poésie d\u2019ailleurs Situation de la poésie dans le monde "]
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