Le devoir, 28 septembre 2019, Édition de Québec
[" LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 9 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter.Papeter ie Casse - Noisette Une procédure de destitution au résultat bien incertain PARI SUITE DE LA PAGE A 1 dans les dernières semaines, permettant ainsi d\u2019attirer les regards sur l\u2019échange problématique.Échange dont la mécanique a été comparée au schème d\u2019intimidation exploité par les parrains de la mafia pour obtenir des faveurs, par Adam Schiff, président de la Commission du renseignement à la Chambre des représentants.Paradoxalement, Donald Trump a autorisé la divulgation de cette transcription, réalisée sur la base de note, dans l\u2019espoir de faire taire ses détracteurs.Elle pourrait se retourner contre lui.Mais pas totalement.Un pari risqué « La destitution est une stratégie risquée, particulièrement à l\u2019approche d\u2019une campagne électorale, explique le spécialiste de la politique américaine, Jean-François Drolet, professeur à l\u2019École de politiques et de relations internationales de la Queen Mary University de Londres, au Royaume-Uni.Surtout que la procédure amorcée par les démocrates cette semaine n\u2019a que très peu de chance d\u2019aboutir ».C\u2019est une question arithmétique, en effet.Pour mener au limogeage du président américain, une mise en accusation (impeachment) doit d\u2019abord récolter une majorité d\u2019appuis à la Chambre des représentants.Cette première étape pourrait être facile.Au dernier décompte réalisé par CNN, 219 élus appuient désormais la démarche.C\u2019est un de plus que la majorité de 218 nécessaire pour mettre en marche le processus de destitution.C\u2019est aussi un revirement de situation depuis le début de la semaine où 153 députés à peine allaient dans ce sens.Problème toutefois, la suite des choses doit se jouer devant le Sénat, détenu à majorité par les républicains, et dont les deux tiers doivent voter pour la destitution.Les 45 démocrates vont devoir convaincre 22 de leurs collègues républicains ou indépendants (il y a en 2) de la chambre haute de les suivre dans ce projet.« Même si l\u2019on n\u2019apprend rien de nouveau sur le comportement de Donald Trump, cette conversation téléphonique nous place une fois de plus face à quelque chose d\u2019extraordinaire », dit M.Drolet en parlant d\u2019un régime qui n\u2019a pas peur de dépasser les limites de la constitution et à le faire à mots même plus voilés.« Nous ne sommes plus devant des suppositions, mais bien des faits.Donald Trump joue avec la sécurité nationale et encourage l\u2019interférence étrangère dans une campagne électorale.Ce sont des sujets qui pourraient lui causer beaucoup de dommages.Et c\u2019est sans doute ce qui encourage les démocrates dans leur démarche ».Rappelons que Nancy Pelosi était encore, la semaine dernière, fortement du lanceur d\u2019alerte, après que le contenu de sa plainte a été présenté aux élus.« Il y a beaucoup de choses préoccupantes dans cette plainte », a- t-il indiqué, tranchant ainsi avec le discours des autres membres de son parti qui toute la semaine ont tenu les rangs serrés derrière le président.Et soutenu, tout comme leur représentant à la Maison-Blanche, l\u2019idée d\u2019une chasse aux sorcières et d\u2019un acharnement de l\u2019opposition sur le président américain.« Dans les rangs républicains, Donald Trump commence à être remis en question, c\u2019est vrai, dit Alexandre Blanchet, mais à l\u2019approche des élections, il faudrait qu\u2019il devienne extrêmement impopulaire, qu\u2019il représente un boulet pour le parti, pour être lâché ».« Dans le cas de Nixon [qui à l\u2019époque du Watergate a fait l\u2019objet d\u2019une procédure de destitution], les républicains l\u2019ont soutenu pendant longtemps, ajoute Jean-François Drolet.C\u2019est l\u2019accumulation de faits qui ont fini par éroder ses appuis », une accumulation dont le niveau, lorsqu\u2019il est question de Donald Trump, reste forcément plutôt complexe à mesurer, tant l\u2019homme politique a survécu à des dizaines d\u2019accusations très graves de corruption, d\u2019obstruction et de tricheries.« Il fait partie de cette mouvance populiste qui trouve son carburant dans la transgression des règles et des normes procédurales », poursuit-il.« Ceux qui l\u2019appuient ne sont pas dégoûtés par ce qu\u2019ils voient ».Et cette configuration de l\u2019opinion publique fait forcément d\u2019une destitution une arme à double tranchant.« Si les démocrates n\u2019arrivent pas à démontrer l\u2019abus de pouvoir, cela va se retourner contre eux », conclut M.Drolet.Ou peut-être pas.En 1999, Bill Clinton a survécu à une procédure de destitution, induite par les mensonges qu\u2019il avait proférés dans l\u2019affaire Monica Lewinsky.Le processus, mené à fond de train par les républicains, n\u2019a toutefois pas empêché ce parti d\u2019arriver au pouvoir l\u2019année suivante, avec George W.Bush à sa tête.opposée à une procédure visant la destitution du président, lui préférant la sanction des urnes en 2020.« Si elle a changé d\u2019avis, c\u2019est qu\u2019elle doit savoir que des choses encore plus dommageables s\u2019en viennent dans les prochaines semaines », poursuit l\u2019universitaire.Un vent qui tourne L\u2019élue démocrate ne semble d\u2019ailleurs pas être la seule à avoir changé d\u2019avis sur la question.Dans la population, l\u2019appui à la destitution a grimpé de 7 points cette semaine, indique un sondage Politico / Morning Consult Poll.43 % des Américains y sont en faveur, contre 36 % la semaine dernière.De plus, jeudi, le député du Texas, Will Hurd, est devenu le premier républicain, membre de la Commission sur le renseignement de la Chambre, à réclamer une enquête sur les allégations LEÏLA JOLIN-DAHEL MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR La grande marche pour le climat ne s\u2019était pas encore mise en branle, vendredi, que déjà les commentaires malveillants déferlaient sur les réseaux sociaux.« Moutons », « secte verte », « gang d\u2019imbéciles », « apôtres loboto- misés », « enverdeurs » : les insultes, L\u2019insulte au bout des doigts Greta Thunberg et les marcheurs pour le climat se font invectiver sur les réseaux sociaux tapées à la vitesse de l\u2019éclair, gonflaient à mesure que la foule, rassemblée aux quatre coins du Québec, prenait de l\u2019ampleur.Selon Paul Pulé, chercheur à l\u2019Université de technologie Chalmers, en Suède, qui a créé le premier centre d\u2019études sur le négationnisme du climat au monde, ces messages qu\u2019il qualifie de « vitrioliques » encouragent ni plus ni moins les gens « à arrêter de penser ».« Quand vous bâtissez votre pensée à partir de vos sentiments, c\u2019est très facile de blâmer, de critiquer, d\u2019attaquer [\u2026].» Plusieurs messages visaient directement Greta Thunberg, la jeune égérie du climat qui menait la marche vendredi à Montréal.Les internautes ne faisaient pas dans la dentelle pour vilipender celle qui exige des gouvernements un engagement inconditionnel pour répondre à l\u2019urgence climatique.À mesure que le mouvement de grèves pour le climat prend de l\u2019ampleur, les attaques envers l\u2019adolescente de 16 ans se multiplient.Plusieurs figures publiques s\u2019en sont directement prises à l\u2019adolescente ces dernières semaines, qu\u2019il s\u2019agisse de Maxime Bernier, de Nicolas Sarkozy ou de Donald Trump.Une menace Pour Paul Pulé, ce phénomène s\u2019explique avant tout par la peur.«Quand les gens ont peur et ne prennent pas leurs responsabilités pour affronter leurs peurs, ils blâment quelqu\u2019un d\u2019autre.» Selon le chercheur, les internautes qui propagent des messages hostiles ont en commun « une habitude de rassembler des gens autour d\u2019enjeux face auxquels ils se sentent menacés : les immigrants, les homosexuels, les féministes, les scientifiques, etc.».Masculinité « Je pense que nous faisons face à un problème de masculinité », expose-t- il, arguant qu\u2019un lien existe entre misogynie et climatoscepticisme.Selon le chercheur, les climatosceptiques sont souvent des « hommes occidentaux nantis à la tête d\u2019entreprises industrielles, qui craignent la chute de ces systèmes, car ils en sont les principaux bénéficiaires ».La rancoeur de certains internautes serait aussi peut-être animée par un conflit générationnel et par le fossé existant entre certains modes de vie.Ainsi, certains internautes ont écrit les phrases suivantes: « J\u2019allais à l\u2019école quand j\u2019étais jeune », « la colère des jeunes endoctrinés par la rapace bien pensante gauchiste », « allez donc travailler comme tout le monde ».C\u2019est la peur qui anime ceux s\u2019emparent des réseaux sociaux pour jeter leur fiel contre ceux qui pensent ou vivent autrement qu\u2019eux Donald Trump SAUL LOEB AGENCE FRANCE-PRESSE Donald Trump joue avec la sécurité nationale et encourage l\u2019interférence étrangère dans une campagne électorale JEAN-FRANÇOIS DROLET » ÉCONOMIE A 10 LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 PETITES ANNONCES AHUNTSIC- Métro Sauvé Rue Fleury, 6 1/2.Beau grand loft, r.d.c.3 ch.fermées.Meublé ou non meublé.À louer ou à partager.Près écoles privées.Poss.bureaux professionnels 514 522-9986 CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PARIS - Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com Au coeur des pistes à Val David 5 1/2, 3 ch., grand salon avec foyer, cuisine/sdb rénovées, planchers de pin.6 000 $ de nov.à avril.514 216-8373 / 983-4351 Bureau à sous-louer Laurier Ouest 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Pierre Fitzgibbon, qui refuse de baisser les bras.L\u2019entreprise Nemaska Lithium \u2014 dans laquelle Québec a injecté 130 millions de dollars \u2014 a notamment été aux prises avec d\u2019importants dépassements de coûts dans le cadre de son projet de mine et d\u2019usine de transformation de lithium, North American Lithium, qui souhaitait exploiter un gisement à La Corne en Abitibi, et est actuellement à l\u2019abri de ses créanciers.Cette minière doit près de 100 millions à l\u2019État, qui avait acquis pour 4,5 millions de dollars d\u2019actions.« Je pense qu\u2019on doit, comme gouvernement, contrôler comment le lithium est extrait et converti, et à qui on va le vendre », a expliqué M.Fitzgibbon, vendredi, en marge d\u2019une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).Au moment où plusieurs dizaines de milliers de personnes marchaient pour le climat dans les rues du centre-ville Fitzgibbon refuse d\u2019abdiquer sur le lithium Le ministre de l\u2019Économie reconnaît toutefois que l\u2019industrie n\u2019a pas tenu ses promesses AGENCE FRANCE-PRESSE À TOULOUSE Victime d\u2019espionnage, Airbus dit prendre toutes les mesures nécessaires de Montréal, le ministre, devant quelque 1300 personnes, a abordé, pendant plusieurs minutes, la question des changements climatiques.Selon M.Fitzgibbon, une partie de la solution passe par l\u2019électrification des transports, principalement les véhicules électriques, qui sont propulsés par des batteries au lithium-ion.L\u2019an dernier, un rapport publié par la banque américaine Morgan Stanley brossait un portrait plutôt négatif du marché, qui serait à la longue saturé par l\u2019offre croissante, nuisant ainsi aux projets de moins grande envergure, comme ceux au Québec.Le ministre a toutefois préféré citer une étude de KPMG réalisée pour le compte de Propulsion Québec suggérant que le nombre de véhicules électriques vendus en 2030 sera de 17 à 26 fois plus important qu\u2019aujourd\u2019hui.« Toutes les batteries [pour les véhicules] vont avoir du lithium, a dit M.Fitzgibbon.Je pense que le lithium est protégé en tant que source importante pour la création des batteries.Selon les projections du rapport de KPMG [\u2026], il va manquer de lithium.» Ainsi, une stratégie québécoise de développement de la filière de batteries lithium-ion est en préparation chez Investissement Québec et sera dévoilée au cours de l\u2019automne.Cela n\u2019empêche pas des projets comme ceux de Nemaska Lithium et North American Lithium d\u2019être « dans le trouble », a ajouté le ministre, qui estime cependant que le Québec doit continuer d\u2019apprivoiser le marché.Toujours en train de négocier avec un nouvel investisseur, Nemaska Lithium est impliquée dans un litige judiciaire avec des créanciers obligataires puisqu\u2019elle souhaite rembourser ces derniers, ce qui mettrait ainsi fin à leur contrat.Aide aux technologies propres Dans le cadre de son discours, M.Fitzgib- bon a également annoncé une enveloppe de 80 millions pour épauler les projets de «technologies propres», qui incluent «les nouveaux carburants», comme du gaz naturel et d\u2019autres biocarburants.«Pour moi, l\u2019important, c\u2019est que le gouvernement est prêt à mettre de l\u2019argent dans nos entreprises québécoises qui veulent innover», a répondu le ministre, lorsqu\u2019interrogé quant à savoir si cette mesure constituait du saupoudrage.Une somme de 40 millions sera allouée au développement de technologies visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), comme l\u2019électrification, la captation du carbone, le recyclage du plastique et les nouveaux carburants \u2014 ce qui comprend le gaz naturel.De plus, au cours des prochaines semaines, Québec déploiera deux appels de projets d\u2019environ 40 millions.Le premier volet, auquel le gouvernement Legault compte allouer 34millions, concerne l\u2019acquisition ainsi que la commercialisation d\u2019équipements, de procédés et de technologies propres dans le but de réduire les émissions de GES des compagnies québécoises.Pour chaque projet retenu, l\u2019aide financière non remboursable pourra couvrir jusqu\u2019à la moitié des dépenses admissibles et devrait osciller entre 200 000$ et 10 millions.LA PRESSE CANADIENNE La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), l\u2019un des principaux actionnaires d\u2019Eurostar, se retrouve au cœur d\u2019un important projet de fusion avec Thalys, qui donnerait naissance à un géant européen des réseaux ferroviaires à grande vitesse.La Société nationale des chemins de fer français (SNCF), qui est actionnaire des deux sociétés, a présenté vendredi un projet de regroupement baptisé « Green Speed », qui devrait obtenir l\u2019aval des parties concernées.À terme, les dirigeants espèrent faire passer le nombre de passagers annuels des réseaux combinés de 18,5 millions actuellement à près de 30 millions d\u2019ici 2030.En allongeant près de 850 millions de dollars en 2015, la CDPQ avait acquis 30% d\u2019Eurostar qui, grâce au tunnel sous la Manche, relie la Grande-Bretagne, la France et la Belgique.Thalys est présente en Belgique, en France, aux Pays-Bas, ainsi qu\u2019en Allemagne.La SNCF détient 55% d\u2019Eurostar, et l\u2019actionnariat est complété par la Caisse, la société Hermes Infrastructure et la Société nationale des chemins de fer belges.Les chemins de fer français possèdent aussi 60% de Thalys avec leurs homologues belges.Si la CDPQ dit voir la transaction d\u2019un bon œil, un porte-parole, Jean-Be- noît Houde, a indiqué qu\u2019il ne s\u2019agissait encore que d\u2019un projet et qu\u2019il était trop tôt pour dire si la participation de l\u2019institution serait diluée dans le cadre d\u2019un regroupement.Il pourrait s\u2019écouler jusqu\u2019à deux ans avant la conclusion de la fusion.EUROPE La Caisse au cœur d\u2019une fusion ferroviaire majeure L\u2019entreprise Nemaska Lithium, qui souhaitait exploiter un gisement de lithium en Abitibi, est actuellement à l\u2019abri de ses créanciers.NEMASKA LITHIUM Airbus prend « toutes les mesures nécessaires » pour faire face aux attaques informatiques, a assuré vendredi son directeur commercial, Christian Sche- rer, après que l\u2019AFP eut révélé que des pirates informatiques avaient attaqué l\u2019avionneur européen en s\u2019en prenant à des sous-traitants.« Nous nous protégeons contre les attaques informatiques.Vous pensez bien qu\u2019une société comme la nôtre maîtrise la technologie pour détecter, repousser et se protéger contre de telles attaques », a affirmé M.Scherer à la presse à l\u2019occasion de la livraison à Toulouse du premier gros-porteur A3 50 destiné à Air France.Airbus a été ces derniers mois la cible de plusieurs attaques informatiques lancées en passant par des sous-traitants du constructeur, a appris l\u2019AFP en enquêtant auprès de plusieurs sources de sécurité, qui soupçonnent ces opérations d\u2019espionnage industriel d\u2019être pilotées depuis la Chine.Les tentatives d\u2019intrusion informatique à des fins d\u2019espionnage sont « une réalité », a convenu Christian Scherer, se refusant à désigner l\u2019identité des auteurs des attaques.« Nous prenons toutes les mesures nécessaires », a-t-il ajouté.La Chine soupçonnée Les sources consultées par l\u2019AFP restent prudentes et refusent d\u2019attribuer formellement cette série d\u2019attaques, tout en s\u2019accordant à dire que les soupçons pèsent sur des piratages informatiques pilotés depuis la Chine.Le gouvernement chinois a rejeté vendredi ces soupçons.« Je peux vous assurer que la Chine défend fermement la sécurité des réseaux et s\u2019oppose fermement à toute forme de cyberattaque », a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.Dans l\u2019affaire du piratage de sous- traitants d\u2019Airbus, les pirates informatiques ont notamment ciblé des documents techniques de certification, une procédure officielle permettant d\u2019assurer que les différents éléments d\u2019un avion répondent aux exigences de sécurité.La Chine cherche à mettre au point depuis plusieurs années son premier moyen-courrier, le C919, mais peine à le faire certifier.Je pense qu\u2019on doit, comme gouvernement, contrôler comment le lithium est extrait et converti, et à qui on va le vendre PIERRE FITZGIBBON » Airbus a été ces derniers mois la cible de plusieurs attaques informatiques lancées en passant par des sous- traitants La Caisse est l\u2019un des principaux actionnaires d\u2019Eurostar.VEX VAN LIESHOUT AGENCE FRANCE-PRESSE B 9 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 AMINU ABUBAKAR À KANO AGENCE FRANCE PRESSE Le Nigeria a découvert avec effroi vendredi l\u2019existence d\u2019une école coranique à Kaduna (nord), où plus de 300 garçons, dont des mineurs, étaient victimes de torture et de viol, avant d\u2019être secourus par la police.Lors d\u2019une descente menée jeudi soir dans une maison du quartier Rigasa, la police de Kaduna a découvert plus de 300 élèves et étudiants de « nationalités différentes » enfermés et enchaînés dans ce que les médias appellent désormais « la maison de l\u2019horreur ».Les responsables de l\u2019établissement les faisaient vivre dans « des conditions inhumaines et dégradantes sous couvert de leur apprendre le Coran et de les redresser » pédagogiquement, a expliqué à l\u2019AFP le porte-parole de la police de l\u2019État de Kaduna, Yakubu Sabo.Le propriétaire de l\u2019établissement et ses six assistants ont été arrêtés, a-t-il précisé.« Nous avons trouvé une centaine d\u2019élèves, dont des enfants de neuf ans à peine, enchaînés dans une petite pièce, dans le but de les corriger et de les responsabiliser », a déclaré M.Sabo.« Les victimes ont été maltraitées.Certaines d\u2019entre elles ont déclaré avoir été violées par leurs professeurs », a-t-il ajouté.La police a également trouvé une « chambre de torture », où des élèves étaient suspendus à des chaînes et battus lorsque les enseignants estimaient qu\u2019ils avaient commis une faute.Le raid policier a été lancé à la suite de plaintes répétées de voisins qui se doutaient que quelque chose d\u2019anormal se passait à l\u2019intérieur de l\u2019école.L\u2019école, ouverte il y a une dizaine d\u2019années, hébergeait des élèves amenés par leur famille pour leur apprendre le Coran, mais surtout pour remettre dans le droit chemin des petits délinquants, ou consommateurs de drogues.Le nord du Nigeria, majoritairement musulman, accueille un grand nombre de « maisons de correction » plus ou moins formelles dispensant un enseignement religieux strict, en l\u2019absence de structures publiques à même de prendre en charge les jeunes livrés à eux-mêmes.NIGERIA Plus de 300 garçons torturés et violés dans une école coranique ISSAM AHMED NATIONS UNIES, NEW YORK AGENCE FRANCE PRESSE Le premier ministre pakistanais, Im- ran Khan, a averti l\u2019ONU vendredi du risque que la crise au Cachemire ne conduise à une guerre nucléaire avec l\u2019Inde, avec des conséquences pour le monde entier.« Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang », a-t-il lancé devant l\u2019Assemblée générale des Nations unies.L\u2019Inde maintient la région himalayenne disputée sous une chape de plomb depuis qu\u2019elle a révoqué début août l\u2019autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu\u2019elle contrôle.Alors qu\u2019il n\u2019était autorisé à parler que 15 minutes, son discours enflammé s\u2019est prolongé pendant près d\u2019une heure.Dans le même temps, aux abords de l\u2019ONU, plusieurs milliers de manifestants s\u2019étaient réunis, les uns soutenant la politique indienne, les autres la dénonçant.New Delhi a imposé au Cachemire un intense déploiement sécuritaire, coupé les communications et restreint les déplacements, tout en arrêtant ou en plaçant en résidence surveillée de nombreuses personnes.Le chef du gouvernement pakistanais a dit redouter de nouveaux affron- CACHEMIRE Le Pakistan craint une guerre nucléaire avec l\u2019Inde Toutefois, l\u2019Inde accuse régulièrement le Pakistan de soutenir des groupes extrémistes tements entre les deux puissances nucléaires rivales si l\u2019Inde met en cause le Pakistan pour d\u2019éventuelles attaques de groupes locaux, en réponse à la répression dans ce territoire à majorité musulmane.« Si une guerre conventionnelle commence entre nos deux pays, tout peut arriver », a-t-il prévenu, tout en soulignant que le Pakistan, « sept fois plus petit que son voisin », aurait un choix difficile à faire : « soit la reddition, soit la lutte pour la liberté jusqu\u2019à la mort ».« Que ferons-nous ?Je me pose ces questions.Nous nous battrons », « et quand un pays nucléaire se bat jusqu\u2019au bout, cela peut avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières », a-t-il ajouté.« Cela peut avoir des conséquences pour le monde entier, et c\u2019est pour cela, je vous le répète, que je suis venu vous alerter, pas pour proférer des menaces.» Son homologue indien, Narendra Modi, avait pris la parole peu avant lui à la même tribune, sans évoquer la question explosive du Cachemire.Il a toutefois assuré que son pays, porteur d\u2019un « message de paix », voulait « mettre en garde le monde contre des réseaux terroristes », dans une apparente allusion à Islamabad qu\u2019il accuse régulièrement de soutenir des groupes extrémistes.JEROME TAYLOR JASMINE LEUNG À HONG KONG AGENCE FRANCE-PRESSE Les manifestants à Hong Kong ont entamé vendredi plusieurs journées de nouvelles manifestations, avant le 70e anniversaire de la Chine communiste qui doit être célébré en grande pompe mardi.Les manifestants prodémocratie dans le territoire semi-autonome sont décidés à ternir l\u2019éclat de ces festivités, après quatre mois d\u2019énormes manifestations, souvent marquées par des violences.Le mouvement prodémocratie entend également marquer samedi le 5eanniversaire du Mouvement des parapluies, qui avait réclamé un véritable suffrage universel à Hong Kong sans obtenir la moindre concession de Pékin.Vendredi soir, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur une place de l\u2019île principale de l\u2019ancienne colonie britannique, pour écouter les témoignages d\u2019activistes récemment arrêtés.Ceux-ci se sont plaints de s\u2019être vu refuser cet été l\u2019accès à des avocats et à des médecins dans un centre de détention proche de la frontière chinoise.Les organisateurs ont programmé quatre journées d\u2019action d\u2019ici mardi.De nouveaux affrontements paraissent inévitables, la police ayant décidé d\u2019interdire une marche de protestation le jour de l\u2019anniversaire lui- même, mettant en avant des problèmes de sécurité.Les précédentes interdictions ont été largement ignorées, et ont rapidement dégénéré, les manifestants les plus radicaux jetant pierres et cocktails Molotov sur les policiers anti- émeutes, ceux-ci répondant avec grenades lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau.L\u2019ex-colonie britannique traverse depuis juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions et des manifestations quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et l\u2019ingérence chinoise grandissante.En 2014 déjà, pendant 79 jours, les manifestants avaient occupé et paralysé des rues du centre-ville, campant devant le parlement, et des heurts les avaient opposés à la police.Le mouvement, marqué comme l\u2019actuel par d\u2019immenses manifestations, s\u2019était déclenché lorsque la police avait utilisé du gaz lacrymogène contre un petit rassemblement d\u2019étudiants.Son nom venait des parapluies que les protestataires utilisaient pour se protéger des gaz de la police.Comparé au mouvement actuel, marqué par 16 semaines consécutives de violents affrontements entre les manifestants et la police, le mouvement de 2014 était plus pacifique.Des étudiants mobilisés pouvaient sagement faire leurs devoirs, recycler leurs déchets et même s\u2019excuser pour le « dérangement » occasionné, tandis que la police tentait généralement d\u2019éviter l\u2019affrontement direct malgré des frictions.Cinq ans plus tard, l\u2019échec de l\u2019action pacifique et les violences policières ont conduit les militants prodémocratie à changer leur mode d\u2019action.HONG KONG Double anniversaire sous haute tension Plusieurs manifestations ont été programmées pour les prochains jours, qui marqueront les 5 ans du Mouvement des parapluies, ainsi que les 70 ans de la Chine communiste Bunny fait partie des manifestants qui sont désormais en première ligne lors des affrontements avec la police antiémeute.« Au cours de ces cinq années, je suis passée d\u2019une position raisonnable à une position plus intransigeante », explique la jeune femme, qui ne souhaite pas donner son vrai prénom.Jackool, 30 ans, technicien dans un théâtre, était sur les barricades en 2014, attendant un assaut de la police qui n\u2019est jamais venu.« Le Mouvement des parapluies, pour moi, c\u2019est un échec total », estime-t-il aujourd\u2019hui.Les « Parapluies » avaient finalement levé le camp mi-décembre 2014 en scandant « Nous reviendrons ! », Pékin ayant attendu que la lassitude fasse son effet chez les militants et la population.Lors d\u2019une descente menée jeudi soir, la police a découvert plus de 300 élèves enfermés et enchaînés dans ce que les médias appellent déjà « la maison de l\u2019horreur ».STR / AGENCE FRANCE-PRESSE Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang IMRAN KHAN » Les organisateurs ont prévu quatre journées d\u2019action d\u2019ici mardi et les affrontements semblent inévitables.VINCENT THIAN ASSOCIATED PRESS En 2014 déjà, pendant 79 jours, les manifestants avaient occupé et paralysé les rues LEDEVOIR // LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin \u2019est un retour à la case départ, disent les médias.Dans une décision à huit contre un, la Cour suprême du Canada a renvoyé en première instance le litige sur la divulgation des sources de la journaliste Marie-Maude Denis.Pas si vite.« Je sens qu\u2019on avance dans la bonne direction pour la conscience de l\u2019importance de la liberté de presse, de la protection des sources », a déclaré, réjouie, Mme Denis, journaliste à Radio-Canada.Elle ne saurait si bien dire.La Cour suprême reconnaît à l\u2019unanimité la solidité de l\u2019édifice législatif érigé par le sénateur Claude Cari- gnan, qui est à l\u2019origine de la loi fédérale sur la protection des sources.On ne le remerciera jamais assez pour son intelligence fine dans ce dossier.Le tribunal confirme la viabilité de ce régime de droit nouveau, en vertu duquel la protection des sources des journalistes devient la règle, et non l\u2019exception.Le fardeau de la preuve est ainsi renversé.Il appartient à la partie qui veut connaître l\u2019identité d\u2019une source de faire la preuve que cette information est essentielle à la résolution d\u2019un litige et qu\u2019elle ne peut pas être obtenue autrement.En plus, un juge devra soupeser l\u2019intérêt de divulguer la source en fonction des répercussions sur la liberté de presse, le journaliste et sa source.La Cour suprême confirme l\u2019importance de la protection des sources pour l\u2019exercice d\u2019un journalisme d\u2019enquête « fort et efficace », lequel est essentiel dans une société démocratique pour forcer les institutions publiques à rendre des comptes.Les sources anonymes sont à la base de toutes les enquêtes journalistiques qui ont ébranlé les régimes corrompus et les auteurs de malversations en tous genres au fil du temps.Sans une protection adéquate, ces sources se tariront et l\u2019intérêt public en souffrira.La juge Rosalie Abella serait allée plus loin.Plutôt que de renvoyer l\u2019affaire en première instance, elle aurait carrément annulé la citation à comparaître de Mme Denis.En théorie, Marc-Yvan Côté a encore une chance de forcer Marie-Maude Denis à divulguer ses sources.Accusé de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption pour son rôle allégué dans le financement illégal du Parti libéral du Québec, M.Côté présume que seuls des hauts gradés au sein de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) ont pu divulguer à la journaliste de l\u2019émission Enquête des informations dommageables à son sujet.Ces fuites brimeraient son droit à un procès juste et équitable, «l\u2019État s\u2019étant assuré par les médias de sa condamnation de facto », déplore-t-il dans une requête en arrêt des procédures.Pour étayer ses soupçons, il a besoin de connaître les sources de MmeDenis.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a d\u2019abord prétendu que les fuites ne pouvaient venir que d\u2019un «ripou» ou d\u2019un groupe isolé au sein de l\u2019UPAC.Devant la Cour suprême, il a présenté sous scellés des faits nouveaux qui changent sa position.C\u2019est en raison de ce changement «lourd de conséquences» que la Cour suprême a la sagesse de renvoyer la requête de M.Côté devant la Cour du Québec pour une nouvelle analyse.La barre est très haute pour forcer la divulgation des sources.Il s\u2019agit d\u2019une solution de dernier recours, affirme la Cour suprême.La décision se lit comme un manuel d\u2019instructions à l\u2019intention des juges des tribunaux inférieurs qui auront à trancher des litiges en protection des sources à l\u2019avenir.Elle est truffée de références au rôle unique des médias dans la diffusion d\u2019informations critiques visant à combler le déficit démocratique des institutions publiques.« Au regard de ces valeurs fondatrices, il est aisé de comprendre pourquoi le fait de mobiliser un journaliste contre sa source est en porte-à-faux avec la liberté de la presse.Sans les lanceurs d\u2019alerte et autres sources anonymes, il serait bien difficile pour les journalistes de s\u2019acquitter de leur importante mission », affirme le tribunal.C\u2019est pourquoi l\u2019arrêt Denis représente une avancée significative pour les journalistes, les lanceurs d\u2019alerte et l\u2019ensemble des citoyens qui bénéficient des retombées d\u2019un journalisme d\u2019enquête pugnace et responsable.Eve-Lyne Couturier et François Desrochers Chercheurs, Institut de recherche et d\u2019informations socioéconomiques (IRIS) Dans son éditorial du 25 septembre, Jean-Robert Sansfaçon souligne avec justesse que les quelque 540 000 personnes travaillant pour l\u2019État québécois méritent un traitement juste et équitable dans le processus de négociation qui débutera en octobre.Il mentionne notamment que la rémunération dans le secteur public provincial est inférieure de 16 % à 35 % à celles du secteur privé syndiqué et des autres composantes du secteur public (administrations fédérale et municipale, entreprises publiques).Cela devrait suffire à donner raison aux travailleuses et travailleurs de l\u2019État québécois qui exigent de meilleures conditions d\u2019emploi.Cependant, un élément majeur est absent des discussions et doit absolument guider les décisions du Conseil du trésor : l\u2019aspect sexiste de ces écarts salariaux.En effet, le secteur public provincial est le seul qui soit « ségrégué selon le sexe », puisqu\u2019il est composé à 74 % de femmes, contre 55 % dans le secteur public fédéral, 37 % dans les entreprises publiques et 35 % dans les administrations municipales.La très forte proportion de femmes dans le secteur public provincial coïncide avec le fait que c\u2019est dans ce secteur que l\u2019on retrouve les métiers le plus souvent associés aux rôles traditionnellement féminins, soit les services de santé et assistance sociale (82 %) et d\u2019éducation (69 %).C\u2019est par ces emplois dits du « care », ou de soins, que les femmes ont largement intégré le marché du travail et acquis leur indépendance financière dans les années 1960 et 1970.Toutefois, comme ces métiers ont été, historiquement, exercés gratuitement au sein des ménages ou par des communautés religieuses, les femmes nouvellement salariées ont toujours eu de la difficulté à faire reconnaître la juste valeur de ce travail.La Loi québécoise sur l\u2019équité salariale, adoptée en 1996, stipule que son objectif est de: «corriger les écarts salariaux dus à la discrimination systémique fondée sur le sexe à l\u2019égard des personnes qui occupent des emplois qui sont dans des catégories à prédominance féminine».Or, cette loi permet de comparer des emplois typiquement féminins à des emplois typiquement masculins à l\u2019intérieur seulement d\u2019une même entreprise ou secteur; elle ne permet pas de comparer un secteur entier avec un autre.Cela a eu pour conséquence que les employées du secteur public québécois, lors de l\u2019exercice d\u2019équité salariale qui s\u2019est conclu en 2006, ont vu leur rémunération être comparée à celle de leurs collègues masculins, qui elle-même avait été fixée par rapport à la rémunération moyenne de leur secteur, à majorité féminine.Autrement dit, la rémunération des femmes a été fixée par rapport à celle des hommes, qui avait été fixée par rapport à celle des femmes.Un vrai cercle vicieux.De plus, les politiques d\u2019austérité des derniers gouvernements ont fait particulièrement mal aux personnes travaillant dans le secteur public provincial, qui sont les seules au sein du secteur public à avoir vu leur pouvoir d\u2019achat reculer au cours des vingt dernières années.Au même moment, les plans de relance économique en réponse à la crise de 2008 incluaient des investissements massifs dans les infrastructures, qui ont profité surtout au secteur de la construction, composé à 88 % d\u2019hommes.Cette réalité, combinée aux dynamiques discriminatoires qui furent également à l\u2019œuvre au cours des dernières décennies dans les autres secteurs, explique que les femmes québécoises gagnent toujours, en moyenne, seulement 90 % du salaire horaire des hommes.Dans une étude que l\u2019IRIS a publiée en février, nous avons démontré que le tiers de cet écart de rémunération entre les hommes et les femmes au Québec est attribuable au seul retard du secteur public québécois vis-à-vis des entreprises publiques (22 % d\u2019écart).Si le gouvernement du Québec veut réparer cette injustice, il devra modifier la Loi sur l\u2019équité salariale pour permettre les comparaisons entre les secteurs et procéder à un rattrapage salarial conséquent.En attendant, les négociations du secteur public de cet automne devraient être l\u2019occasion de reconnaître la valeur du travail typiquement féminin en accordant des hausses salariales dues depuis fort longtemps.Une jeune femme en colère Je n\u2019aurais pas dû lire les commentaires accrochés aux différentes publications ayant suivi le discours de Greta Thunberg à l\u2019ONU.Je n\u2019aurais pas dû lire les insultes et les insinuations à propos de son état mental, ni les accusations de brainwashing qui pèsent sur son entourage.Mais je les ai lus, évidemment.Et ce qui me frappe le plus, c\u2019est la manière dont on utilise l\u2019émotion de Greta Thunberg contre elle.Depuis des mois, elle répète de manière stoïque, presque mécanique, des chiffres et des pourcentages issus de publications scientifiques.Depuis des mois, elle affiche un calme et un aplomb surprenants Atteindre une véritable équité salariale dans le secteur public LIBRE OPINION LETTRES PROTECTION DES SOURCES L\u2019arrêt Denis est rassurant GRÈVE POUR LE CLIMAT Après la rue, le vote C l sera difficile d\u2019ignorer le consensus qui a rallié vendredi des millions de manifestants mobilisés sur tous les continents dans l\u2019espoir de forcer les dirigeants à agir.À Montréal, que la jeune Suédoise Greta Thunberg avait choisie pour passer son 58evendredi de grève pour le climat, un demi-million de personnes auraient participé au mouvement, ce qui en ferait le plus imposant de l\u2019histoire du Québec.Démarche artificielle, inutile et fausse?Impossible de faire la sourde oreille à une telle agitation, historique de surcroît.Agitation paisible et bon enfant, faut-il le dire: la déferlante vert espoir fut festive.Le Canada a vibré hier au rythme de deux pulsations croisées, celle d\u2019une campagne électorale et celle d\u2019une grève pour le climat.Le chef libéral Justin Trudeau, embarrassé en cette journée verte par le poids d\u2019un pipeline, a promis de compenser cette dépense anti-environnementale par la plantation de deux milliards d\u2019arbres.Il serait étonnant que ce tour de magie horticole suffise à convaincre.Lors du scrutin du 21 octobre, les millénariaux composeront le tiers des électeurs potentiels, pour un bassin de 10 millions de personnes.Ces 18-38 ans dont on dit qu\u2019ils sont apolitiques entretiennent un nouveau rapport au politique ; il se traduit notamment, comme ils ne cessent de le rappeler de vendredi en vendredi, par une conscience sociale aiguisée et un engagement concret.Comment se transféreront leur impatience et leurs réactions aux engagements des partis politiques le soir du vote ?C\u2019est une question cruciale.Entre 2011 et 2015, le taux de participation des jeunes de 18 à 24 ans aux élections fédérales a connu un sursaut positif, passant de 38,8 % à 57,1 %.Un sondage Léger-Le Devoir publié cette semaine a montré que l\u2019environnement semble être le premier facteur d\u2019influence du vote de 22 % de Canadiens de 18-34 ans, alors que l\u2019économie rallie 35 % de répondants.Au Québec, le rapport est inversé : 34 % jugent que la question climatique influencera davantage le vote, contre 24 % pour qui c\u2019est l\u2019économie.Sera-t-il possible de réconcilier les attentes des jeunes électeurs avec les engagements des partis politiques ?Il semble bien qu\u2019au-delà des promesses, ce qu\u2019ils souhaiteront surtout mesurer, ce sont le degré de sincérité et la capacité de passage à l\u2019acte des dirigeants potentiel qui tentent ces jours-ci le jeu de la grande séduction.I ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES MARIE-ANDRÉE CHOUINARD crié à l\u2019hystérie climatique.C\u2019est ce qui me dérange le plus.Ce n\u2019est pas d\u2019hier que les émotions sont méprisées.Ce n\u2019est surtout pas d\u2019hier que les émotions des femmes sont vues systématiquement comme autant de preuves de folie, de manque de contrôle et de lucidité.J\u2019ai pourtant l\u2019impression que personne n\u2019est plus lucide que cette jeune femme en colère.Que sa rage est légitime et saine face à une menace qui met notre survie en péril.Que ce sentiment agressif est empreint d\u2019empathie et de compassion pour les humains qui souffrent et souffriront bien davantage dans les décennies à venir.C\u2019est notre inaction, notre résistance au changement et notre indifférence devant le sort de l\u2019autre qui finiront par avoir raison de nous.Victor-Olivier Hamel-Morasse Trois-Rivières, le 25 septembre pour une jeune femme de 16 ans devant des adultes plus puissants qu\u2019elle.On a même trouvé le moyen de lui reprocher ce calme déterminé en la traitant de cyborg ou en surlignant à grands traits son diagnostic d\u2019autisme.Dans son discours à l\u2019ONU, à l\u2019inverse, la jeune femme peinait à retenir sa colère et ses larmes de frustration.Elle a paru, de mon point de vue, vulnérable et désespérée devant les dirigeants qu\u2019elle interpellait.Il me semble en effet qu\u2019il doit être difficile, voire enrageant, de se tenir devant ces tribunes, jour après jour, et d\u2019être applaudie à tout rompre pour ensuite constater qu\u2019au fond rien ne change.«Est-ce que mon micro est allumé?Me compre- nez-vous bien?Parce que je commence à me demander\u2026» disait- elle dans un précédent discours.On a donc ridiculisé sa colère et "]
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