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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-09-30, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 221 / LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B4 Sports.B4 Sudoku .B6 MONDE Le Brexit dure.La chronique de François Brousseau ACTUALITÉS Les cétacés, ces alliés pour protéger le climat | A 8 MARCO FORTIER LE DEVOIR La vaste majorité des enfants qui fréquentent la maternelle 4 ans proviennent de services de garde, révèlent des données préliminaires obtenues par Le Devoir.Ces chiffres contredisent la volonté du gouvernement Legault d\u2019offrir des services éducatifs aux enfants de 4 ans qui ne sont dans aucun réseau scolaire ou de garde.Trois enfants sur dix (30 %) inscrits à la maternelle 4 ans ont le profil recherché par le gouvernement : ils étaient auparavant gardés à la maison, chez des membres de leur famille ou par d\u2019autres services non régis par l\u2019État.Ce sont les enfants qu\u2019on appelle « hors réseau », qui ne recevaient aucun service spécialisé en petite enfance.La nette majorité des enfants en maternelle 4 ans (70 %) pour l\u2019année scolaire 2019-2020 recevaient déjà des services éducatifs avant d\u2019entrer au préscolaire.Ils proviennent de centres de la petite enfance (CPE), de garderies privées subventionnées ou de services de garde en milieu familial reconnus par le gouvernement.Ces données ont été dévoilées en vertu de la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics.Il s\u2019agit de données préliminaires, établies d\u2019après un échantillon regroupant 29 des 72 commissions scolaires, dans toutes les régions du Québec.Ces chiffres représentent près de la moitié La maternelle 4 ans recrute dans les CPE (45 %) des enfants qui ont une place en maternelle 4 ans (3177 élèves sur 7080).Un échantillon d\u2019une telle ampleur révèle sans aucun doute une tendance de fond, estime la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), qui a obtenu ces données auprès des commissions scolaires.« La maternelle 4 ans ne rejoint pas les enfants qui n\u2019étaient nulle part, comme le voulait le gouvernement, mais plutôt MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Promesses et autres déficits chez les libéraux Justin Trudeau fait le pari d\u2019accumuler encore des déficits pour les quatre prochaines années.Car, si le Parti libéral compte faire des profits en taxant quelque peu les géants du Web et les biens de luxe, il promet en revanche aux électeurs toutes sortes de nouveaux investissements.Un gouvernement libéral réélu délierait ainsi à nouveau les cordons de la bourse.La plateforme libérale dévoilée dimanche prévoit des déficits plus importants que ceux prévus À l\u2019approche d\u2019une semaine où seront célébrés, en Chine, les 70 ans du régime communiste, les affrontements ont monté d\u2019un cran durant le week-end à Hong Kong.Dimanche, la police a fait usage de gaz lacrymogène, de balles en caoutchouc et de canons à eau contre des manifestants prodémocratie qui jetaient des pierres et des cocktails Molotov.VOIR PAGE B 2 KIN CHEUNG ASSOCIATED PRESS Hong Kong s\u2019embrase à la veille des festivités en Chine PAGE A 3 : : APPEL À UNE INSTALLATION PLUS SÉCURITAIRE DES PANCARTES PAGE A 3 : LE BLOC FAIT LA COUR AUX AÎNÉS MENU ÉLECTORAL VOIR PAGE A 2 : PLATEFORME VOIR PAGE A 5 : MATERNELLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Montréal et du Québec entier.«Mais le vrai espoir est l\u2019espoir/de pouvoir agir, même dans la mire/de l\u2019oiseau de proie et/sous l\u2019avalanche cruelle de nos angoisses», plaide le chanteur dans le dernier texte de cette traversée versifiée d\u2019une Amérique de paradoxes, doublée d\u2019une traversée intérieure des indignations et des petites révélations quotidiennes d\u2019un homme qui en a vu d\u2019autres.achary Richard a beau dire ne pas utiliser la poésie afin de défendre une cause \u2014 une saine distance entre création et militantisme qui l\u2019honore \u2014, difficile de ne pas entendre dans plusieurs des vers de son nouveau recueil, Zuma 9, l\u2019écho de certains slogans scandés vendredi dans les rues de VOIR PAGE A 4 : ESPOIR Z 70 % C\u2019est la proportion d\u2019enfants en maternelle 4 ans qui étaient déjà dans le réseau.POÉSIE Pour Zachary Richard, l\u2019espoir est un engagement LEDEVOIR // LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 A 2 ÉLECTIONS PLATEFORME SUITE DE LA PAGE A 1 dans le budget du mois de mars.Le déficit pour l\u2019année 2020-2021 atteindrait maintenant 27 milliards de dollars \u2014 contre 19,7 milliards prévus \u2014 et il se chiffrerait au terme d\u2019un mandat, en 2023-2024, à 21 milliards \u2014 contre 9,8 milliards prévus.Le document libéral base ses estimations sur les projections du directeur parlementaire du budget (DPB).Celles-ci sont en fait plus conservatrices que les données du ministère des Finances \u2014 ce qui signifie que, si les libéraux s\u2019étaient servis des chiffres du gouvernement, les déficits seraient légèrement moins élevés.Au total, les libéraux prévoient 94 milliards de dollars de déficits en quatre ans.Justin Trudeau avait promis des déficits modestes en 2015, qui ont finalement été trois fois plus importants que prévu, et atteint 73 milliards au terme du premier mandat.Le cadre financier de la plateforme libérale ne précise pas de date de retour à l\u2019équilibre budgétaire.M.Trudeau ne l\u2019a pas fait lui non plus, en point de presse à Mississauga.«Les conservateurs sont ceux qui sont obsédés avec l\u2019idée d\u2019équilibrer le budget sur le dos des services aux Canadiens, sur le dos de l\u2019éducation et de notre système de santé», a rétorqué le chef libéral.«Nous avons fait un choix très différent en 2015, de même que cette année, pour les quatre prochaines années.Nous choisissons d\u2019investir pour les gens et leurs communautés, tout en demeurant responsables en s\u2019assurant que le ratio de notre dette par rapport au produit intérieur brut continue de reculer chaque année.» Pour se défendre de multiplier les déficits, les libéraux martèlent que ce ratio de la dette par rapport au PIB continuera de diminuer.Mais ils modifient le point de départ pour tracer cette diminution.Ainsi, alors que le budget 2019 prévoyait un ratio de 30,5 % en 2020- 2021, celui-ci est maintenant revu à 30,9 % dans la plateforme libérale.En 2023-2024, les libéraux prévoient un ratio de 30 %, qui aurait cependant dû se chiffrer à 28 % en vertu du budget.Emprunts à gauche Au menu des revenus anticipés, Justin Trudeau compte imposer à compter de 2020 une taxe de 3% aux géants du Web sur leurs recettes tirées de la vente de publicité et, surtout, celles tirées du partage de données de leurs utilisateurs \u2014 ce qui permet de cibler la publicité pour l\u2019adapter aux habitudes de consommation de chaque internaute.Ottawa en tirerait 730 millions de revenus en 2023.M.Trudeau légiférerait aussi pour obliger les géants du Web et Netflix à offrir plus de contenu canadien sur leurs plateformes.Les libéraux imposeraient en outre une taxe de 10 % à l\u2019achat de biens de luxe, comme des voitures, des bateaux ou des avions privés, de plus de 100 000 $, ce qui rapporterait 621 millions de dollars au trésor fédéral en 2023.Et ils s\u2019attaqueraient aux échappatoires fiscales, en limitant les dépenses qu\u2019une entreprise peut déduire de ses revenus aux fins d\u2019impôts \u2014 pour des recettes de 1,4 milliard en 2023.Dans ces trois cas, le DPB note toutefois qu\u2019il y a un «degré d\u2019incertitude élevé» quant aux revenus qui peuvent être espérés.Mais Justin Trudeau s\u2019inspire, avec ces trois mesures, de demandes néo-démo- crates de longue date.Et ses promesses de dépenses ratissent également dans les plates-bandes du NPD: salaire minimum de 15$ l\u2019heure pour les employés sous responsabilité fédérale; assurance médicaments universelle; aide aux études postsecondaires en bonifiant le programme de bourses et en permettant de suspendre le remboursement des prêts étudiants si le nouveau diplômé devient parent ou tant qu\u2019il gagne moins de 35 000$ par année (trois mesures pour lesquelles le Québec serait compensé).Les libéraux bonifieraient aussi l\u2019assu- rance-emploi en prolongeant les prestations de congé maladie de 15 à 26 semaines, en créant une prestation d\u2019assurance carrière pour les employés dont l\u2019entreprise ferme ses portes, de même qu\u2019une nouvelle prestation pour les victimes de catastrophes naturelles.Toutes ces mesures seraient financées par la caisse d\u2019assurance-emploi et les cotisations n\u2019augmenteraient pas, mais diminueraient moins vite que promis.Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a nié que la plateforme libérale soit réellement progressiste, en déplorant notamment que M.Trudeau promette encore simplement d\u2019œuvrer à instaurer l\u2019assurance médicaments.« La plateforme n\u2019a aucun détail sur comment financer les belles paroles de Justin Trudeau », ont déploré les néo-démocrates.Dans une autre mesure qui rejoint celles du NPD, M.Trudeau souhaite que les contrevenants accusés de possession simple de drogue soient de facto dirigés vers des tribunaux de toxicomanie, plutôt qu\u2019un juge, et envoyés en cure de désintoxication, afin de traiter ces cas comme un problème de santé plutôt qu\u2019un enjeu criminel.Les libéraux se sont abstenus de parler de décri- minalisation des drogues, à laquelle ils s\u2019opposaient encore récemment.Critiques à droite Or, ce genre de mesure risque de faire tiquer les conservateurs, tout comme l\u2019engagement libéral de couvrir, en vertu de leur assurance médicaments, les médicaments de santé reproductive ou sexuelle.Également, les libéraux rendraient criminelle toute thérapie de conversion qui vise les membres de la communauté LGBTQ.La plateforme réitère qu\u2019un gouvernement libéral interdirait les armes d\u2019assaut et précise que le fédéral disposerait de 200millions de dollars pour racheter ces armes à leurs détenteurs.Le Parti libéral promet en outre une série de mesures ciblées : 5000 nouvelles bornes de recharge pour les voitures électriques, l\u2019obtention de la citoyenneté gratuite pour les résidents permanents, un chèque-cadeau de 200 $ aux enfants de 12 ans pour qu\u2019ils aillent voir des productions cinématographiques et théâtrales canadiennes, l\u2019aide juridique gratuite pour les victimes d\u2019agressions sexuelles et une formation obligatoire pour sensibiliser les juges aux préjugés sur les agressions sexuelles et les minorités raciales.Ce qui fait dire aux conservateurs que le coût des promesses libérales « augmente sans cesse ».« Justin Trudeau est prêt à dire ou à faire n\u2019importe quoi pour être réélu », a dénoncé le député Pierre Poilievre, en prédisant des hausses d\u2019impôt libérales pour rembourser toutes ces dépenses.Avec Hélène Buzzetti Dimanche, Justin Trudeau a présenté la plateforme libérale et son cadre financier à Mississauga, en banlieue de Toronto.RYAN REMIORZ Pas d\u2019horizon précis pour retrouver l\u2019équilibre 94 milliards C\u2019est la valeur du déficit que prévoient les libéraux en quatre ans. A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 ÉLECTIONS LA PRESSE CANADIENNE À RIMOUSKI Le chef du Bloc québécois, Yves-Fran- çois Blanchet, a présenté dimanche une ribambelle de propositions pour soutenir les aînés, dont une hausse de la prestation de la Sécurité de la vieillesse en l\u2019indexant aux salaires plutôt qu\u2019au coût de la vie.M.Blanchet a expliqué son choix de tenir sa conférence de presse à Ri- mouski, dans le Bas-Saint-Laurent, par sa volonté de soutenir l\u2019économie des régions \u2014 où la moyenne d\u2019âge est plus élevée \u2014 en augmentant le pouvoir d\u2019achat des aînés.« Pas mal de jeunes quittent les régions parce que l\u2019économie ne réussit pas à suivre le rythme à bien d\u2019autres endroits, a-t-il fait valoir.Il faut être capables de développer un modèle de création de richesse pour nos régions qui va faire en sorte que les jeunes ont envie d\u2019y rester.C\u2019est comme ça qu\u2019on va bien traiter de façon plus naturelle, de façon plus économiquement automatique si je peux dire, nos aînés, qui eux sont encore dans les régions.» En ce 19e jour de campagne électorale, le chef bloquiste est allé à la rencontre d\u2019un club de l\u2019âge d\u2019or, en matinée, avant d\u2019annoncer qu\u2019il compte faire pression sur le gouvernement fédéral pour augmenter les prestations mensuelles des Canadiens âgés de 65 ans et plus.Le Bloc suggère de porter la Sécurité de la vieillesse à 15 % du salaire moyen industriel d\u2019ici 2023, ce qui représenterait selon ses calculs une augmentation de près de 110 $ par mois.Inverser la « tendance » Yves-François Blanchet a rapidement énuméré dimanche une série d\u2019autres mesures qui profiteraient selon lui aux aînés, comme une ré- indexation à 6 % des transferts fédéraux en santé, des incitatifs fiscaux pour les travailleurs de 65 ans et plus et une modification du mécanisme de fixation des prix des médicaments.Il propose aussi, par exemple, de prolonger les prestations d\u2019assu- rance-emploi pour les proches ai- dants et que la pension et le Supplément de revenu garanti d\u2019un défunt soient versés à son conjoint pendant les trois mois suivant son décès.« Ces mesures-là devraient contribuer à ce qu\u2019on commence comme société à inverser cette espèce de tendance à imputer à nos aînés la charge fiscale de l\u2019ensemble de la société, alors que nous avons la chance de vivre sur les acquis qu\u2019ils ont construits, eux, au cours des dernières décennies », a tenu à souligner M.Blanchet.Le Bloc fait la cour aux aînés De passage à Rimouski, Yves- François Blanchet a promis des mesures qui augmenteraient leur pouvoir d\u2019achat E N B R E F Le NPD veut s\u2019attaquer à la violence chez les jeunes Le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, a promis la mise sur pied d\u2019un fonds de 100 millions de dollars afin de tenir les jeunes à l\u2019écart du crime organisé, si sa formation est portée au pouvoir.M.Singh explique que cet argent serait investi dans des programmes parascolaires et des centres d\u2019accueil pour permettre aux jeunes d\u2019entrevoir un avenir plus prometteur.« Il y a un grand problème de violence dans les centres urbains, a-t-il déclaré en français.Tous les experts ont dit qu\u2019on a besoin de faire des investissements dans la jeunesse parce qu\u2019elle manque souvent d\u2019espoir pour l\u2019avenir.On veut s\u2019assurer que les familles n\u2019ont pas peur pour l\u2019avenir, n\u2019ont pas peur que peut-être leur enfant va être en mauvaise compagnie.» La Presse canadienne Les conservateurs sont les premiers à atteindre la barre des 338 candidats OTTAWA \u2014 Les conservateurs disent être le premier parti à avoir enregistré officiellement des candidats auprès d\u2019Élections Canada dans les 338 circonscriptions fédérales.Le directeur de la campagne nationale des conservateurs, Ha- mish Marshall, a indiqué que le parti compte 107 candidates dans ses rangs, un sommet pour la formation.Selon les règles d\u2019Élections Canada, l\u2019échéance pour soumettre un acte de candidature est 21 jours avant le jour de l\u2019élection à 14h, heure locale, soit pour ces élections, lundi.Au dernier décompte de l\u2019agence fédérale, le NPD comptait 332 candidats, les libéraux et les verts en recensaient tous les deux 319.Le Parti populaire en avait 291.Au Québec, le Bloc n\u2019a toujours officiellement pas de candidats dans quatre circonscriptions.La Presse canadienne Les verts veulent protéger les travailleurs avec une « taxe sur les robots » VANCOUVER \u2014 Le Parti vert propose une «taxe sur les robots».Sa cheffe, Elizabeth May, a indiqué dimanche que chaque fois qu\u2019une entreprise remplacera un travailleur par une machine, un gouvernement vert obligera celle-ci à payer une taxe équivalant à l\u2019impôt sur le revenu payé par l\u2019employé licencié.Mme May a fait remarquer que le Canada était en voie de devenir un chef de file mondial dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle, mais les besoins des travailleurs doivent être le point de mire des débats politiques sur cette question.Les revenus tirés d\u2019une telle taxe seront investis dans des programmes d\u2019éducation et de reconversion «afin que les travailleurs et les travailleuses puissent effectuer une transition équitable vers la nouvelle économie».La Presse canadienne Le chef conservateur, Andrew Scheer, lors d\u2019un rassemblement, samedi NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Jérôme Plante a été pris en photo devant des pancartes de chacun des principaux partis qui étaient installées à hauteur jugée dangereuse.PHOTOS REGROUPEMENT DES AVEUGLES ET AMBLYOPES DU QUÉBEC LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR AFFICHAGE Appel à une installation plus sécuritaire des pancartes électorales Le Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec juge que plusieurs d\u2019entre elles sont dangereusement basses sécurité, les autorités peuvent la retirer sans en informer la personne qui en a autorisé la pose ».L\u2019administration gouvernementale ne fournit toutefois pas plus de détails.Du côté de la Ville de Montréal, on explique que les règles concernant l\u2019affichage varient selon les arrondissements et relèvent de la responsabilité de ces derniers.Une porte-parole de l\u2019administration municipale, Karla Duval, précise dans un courriel que chaque arrondissement peut régir la construction, l\u2019installation, le maintien, la modification et l\u2019entretien de toute affiche, en vertu de la Charte de la Ville de Montréal.Aucune hauteur minimale n\u2019est toutefois spécifiée.Ainsi, les employés de l\u2019arrondissement concerné pourraient retirer les affiches qui sont jugées « susceptibles de nuire à la sécurité publique, notamment en raison d\u2019une obstruction visuelle dangereuse », ajoute Mme Duval.Une porte-parole de l\u2019arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, où se situent les pancartes prises en photos par M.Plante, explique de son côté que le retrait d\u2019affiches par le personnel se fait surtout à la suite d\u2019une requête d\u2019un citoyen ou d\u2019un groupe.« C\u2019est sûr que si nos inspecteurs se promènent et remarquent quelque chose, ils vont réagir », précise-t-on.La porte- parole invite d\u2019ailleurs les résidents à signaler la pose d\u2019affiches problématiques au Bureau Accès Montréal de l\u2019arrondissement.Joints par Le Devoir, le Parti libéral du Canada, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti populaire du Canada ont indiqué qu\u2019ils avaient fait parvenir des directives à leurs équipes sur le terrain pour une pose d\u2019affiches sécuritaire.Le Parti conservateur du Canada n\u2019avait quant à lui pas répondu au moment où ces lignes étaient écrites.Un organisme qui milite pour le droit des personnes en situation de handicap visuel au Québec dénonce les risques de blessures que pose l\u2019emplacement de nombreuses pancartes électorales pour la campagne fédérale.« On fait très souvent le constat qu\u2019à chaque campagne électorale, peu importe [l\u2019ordre] gouvernemental, les pancartes sont toujours beaucoup trop basses et souvent placées de façon assez dangereuse pour beaucoup de gens, y compris pour nous », explique au Devoir Jérôme Plante, agent de promotion et d\u2019information au Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ).« Ce qui se passe toujours, parce que c\u2019est un classique, c\u2019est qu\u2019une personne qui se promène avec sa canne ou son chien guide devrait détecter la présence du poteau, mais ne détectera pas qu\u2019il y a quelque chose qui dépasse, à hauteur de son visage ou plus bas, et va se prendre la pancarte directement dans le visage ou sur le corps », illustre-t-il.« Ça ne blessera pas de façon importante, mais ça va laisser des marques et ça va aussi causer des blessures d\u2019amour- propre », ajoute-t-il.Dans la région de Montréal seulement, plus de 27 000 personnes vivaient avec un handicap visuel en 2012, selon les données de l\u2019Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ ).Hauteur déplorée Avec l\u2019un de ses collègues, M.Plante est allé se promener dans le quartier où sont situés les bureaux du RAAQ.Ensemble, ils ont pris une série de photos qu\u2019ils ont publiées sur Facebook, le 19 septembre, avec un message dénonçant la « tonne » d\u2019affiches électorales, tous partis confondus.Ils montrent du doigt le fait qu\u2019elles ne seraient pas installées assez haut pour éviter qu\u2019une personne en situation de handicap visuel ne s\u2019y heurte.« Ça mine le sentiment de sécurité qu\u2019on peut avoir dans nos déplacements », déplore M.Plante.Celui qui est lui-même non voyant explique que son intention est de sensibiliser les bénévoles œuvrant pour les partis, car ce sont eux qui posent les affiches dans bien des cas.« Ce qu\u2019on nous dit souvent, c\u2019est que les responsables des partis politiques sont au courant qu\u2019il y a des normes par rapport à l\u2019installation des pancartes, par exemple sur la hauteur, mais que l\u2019information ne se rendrait pas toujours à ceux qui les installent », rapporte-t-il.Élections Canada ne réglemente pas la hauteur des pancartes ni les lieux où elles sont installées ; cela relève du municipal.L\u2019article 325 de la Loi électorale du Canada prévoit toutefois que « si la pancarte présente un danger pour la Ce qu\u2019on nous dit souvent, c\u2019est que les responsables des partis politiques sont au courant qu\u2019il y a des normes par rapport à l\u2019installation des pancartes, par exemple sur la hauteur, mais que l\u2019information ne se rendrait pas toujours à ceux qui les installent JÉRÔME PLANTE » LEDEVOIR // LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 ÉCOLOGIE L\u2019arsenic du chacun pour soi epuis des semaines, toute une frange de la société répète que la place des étudiants et des enfants, même devant les enjeux que pose la crise climatique, est à l\u2019école plutôt que dans la rue.On devine que, pour ces gens- là, l\u2019école ne sert pas tant à former des esprits libres et bien équilibrés qu\u2019à reproduire un modèle social qui conforte leur existence, au point qu\u2019ils se sentent autorisés à exiger des nouvelles générations qu\u2019elles se contentent du pareil au même en souriant, « un peu comme les marmottes se passent le siffleux de père en fils », pour citer une phrase de Jacques Fer- ron tirée du livre Le monde a-t-il fait la culbute ?, un délicieux recueil de correspondance qui vient de paraître.Mario Dumont, ancien leader de la frange jeunesse du vieux Parti libéral, est un de ceux qui ont insisté, au cours des derniers jours, sur le fait que Greta Thunberg, à l\u2019instar de bien des adolescents accusateurs quant au devenir de la planète, sont en fait les produits privilégiés d\u2019un système d\u2019éducation.Greta Thunberg, soulignait-il, serait même issue d\u2019un des meilleurs systèmes d\u2019éducation au monde, celui de la Suède.Il est tout de même amusant de voir les purs produits de l\u2019éducation d\u2019«ailes jeunesse» de partis bedonnants manifester leur désaccord quand la jeunesse elle-même prend son envol.Depuis quand, pour déprécier des idées, s\u2019avère-t-il intelligent de montrer du doigt la grande qualité d\u2019un système d\u2019éducation qui a pu leur permettre de germer ?Devant les menaces d\u2019une idée neuve, une partie de la population adopte toujours un vieux réflexe de conservation.Ce qu\u2019on entend à l\u2019égard des jeunes, le mépris dont on les abreuve, est exactement du même ordre que ce qu\u2019on pouvait entendre en 2012, à l\u2019occasion du Printemps érable.Les étudiants se plaignent le ventre plein, entend-on.Ils sont privilégiés.Sous le prétexte fallacieux qu\u2019on leur offre du tout cuit dans le bec, ils doivent à la société un respect figé et on leur refuse par conséquent le droit de remettre en question le régime qu\u2019on veut leur faire avaler de force.Tout est mis en œuvre, aujourd\u2019hui comme hier, pour dévier les questions soulevées par ceux qui contestent la direction prise par la société dans laquelle ils sont en train de s\u2019inscrire.Les objets de ces deux mouvements sociaux, celui de 2012 et de 2019, sont différents mais pourtant étroitement liés.L\u2019éducation n\u2019est certainement pas sans lien avec le climat.Dans les deux cas, ce qu\u2019une frange conservatrice de la société se refuse à admettre est la nécessité urgente d\u2019échapper à la logique de la seule réussite person- D JEAN- FRANÇOIS NADEAU nelle, idéalisée au nom d\u2019une vision du monde où règne le chacun pour soi le plus étroit.Ce que dit et redit la jeunesse, au fond, est la nécessité de dépasser l\u2019horizon du présent où on veut bien la parquer définitivement.Un des effets positifs de l\u2019élan de 2012 a sans doute été de contribuer à sensibiliser davantage les nouvelles générations à un horizon qui ne se limite plus au strict intérêt personnel.En 2019, comme en 2012, les manifestants en ont contre cette vision du monde qui mise tout sur la réussite personnelle jusqu\u2019à refouler à cette fin la conscience sociale.Ils rappellent que le rôle premier de l\u2019État est de favoriser le progrès commun, plutôt que la prospérité individuelle et, qu\u2019à cet égard, l\u2019environnement ne saurait faire l\u2019objet d\u2019un marchandage.La valeur des idées n\u2019a jamais rien à voir avec l\u2019âge de ceux qui les défendent.Les idées valent pour ce qu\u2019elles sont.Le temps ne fait rien à l\u2019affaire, chantait Brassens.Quand on est con, on est con.« Qu\u2019on ait vingt ans, qu\u2019on soit grand-père.» S\u2019attarder à l\u2019âge des manifestants qui portent sur leurs épaules comme un fardeau l\u2019urgence climatique, c\u2019est une fois de plus faire la sourde oreille aux rapports scientifiques accablants et aux énoncés de solution avancés.Or devant la déferlante de ces centaines de milliers de jeunes qui, partout dans le monde, sortent dans les rues et font entendre leurs voix de colère, comme ce fut le cas à Montréal vendredi dernier, personne ne peut, du moins, se boucher les oreilles tout en se fermant les yeux.À quel point faut-il s\u2019aveugler volontairement pour considérer que l\u2019inquiétude collective face au drame climatique n\u2019équivaut qu\u2019à une énième crainte « millénariste » pétrie de sentiments religieux ?Nous ne sommes pas ici, par exemple, devant les élucubrations d\u2019un Louis Riel qui croyait, dur comme fer, en marge des révoltes nécessaires auxquelles il prêtait son concours, à une fin du monde prochaine, en lien avec sa foi catholique.La science, par définition, n\u2019est pas une religion.Et c\u2019est la science qui affirme, forte d\u2019études multiples, que nous fonçons tout droit vers la catastrophe climatique.Les jeunes ne font que le répéter, sans jouer les oracles.Le drame écologique n\u2019est pas seulement au loin, dans une forêt d\u2019Amazonie ou près de puits de pétrole alber- tains.Il semble souvent plus facile de regarder dans la cour du voisin que dans son propre jardin.À Rouyn-No- randa, par exemple, dans le quartier populaire Notre-Dame, les enfants sont, depuis des années, surexposés à l\u2019arsenic.Une fonderie, située à proximité des modestes demeures de leurs parents, jouit d\u2019une autorisation du ministère de l\u2019Environnement du Québec qui lui permet d\u2019émettre jusqu\u2019à 67 fois plus d\u2019arsenic dans l\u2019air que la norme autorisée d\u2019ordinaire.De quoi vous pomper l\u2019air et rappeler l\u2019urgence de la lutte pour préserver ce monde qui après tout ne nous est que prêté.On entend soudain une multitude de politiciens affirmer qu\u2019ils tendent la main aux défenseurs de l\u2019environnement.On les voit, comme jamais, devant les caméras, claironner leur bonne foi.Mais ces mains tendues restent vides.Leurs esprits, dans les faits, apparaissent bien peu réceptifs aux constats d\u2019urgence qui s\u2019établissent aujourd\u2019hui sur un plan universel.somes, il y a quelque part une hantise de sa propre identité.» Il ignorait tout, ou presque, du Québec lors de sa première visite en 1974, mais sera rapidement galvanisé par la ferveur d\u2019un peuple en marche.«Je ne m\u2019imaginais pas qu\u2019on pouvait passer sa journée en langue française », se rappelle en riant celui qui n\u2019a jamais demandé sa citoyenneté canadienne, mais qui «serait le premier dans la queue pour le faire si le Québec devenait pays.».« J\u2019ai été propulsé dans cette mouvance artistique et politique.J\u2019ai vécu le premier référendum avec autant de déception que les souverainistes purs et durs.Que tout ça ait été mis de côté, c\u2019est une déception.C\u2019est comme si c\u2019était un abcès, une infection, qu\u2019on n\u2019arrive pas à guérir, qui est toujours plus ou moins là.Ça rejoint le thème de Frenchie: le Français d\u2019Amérique n\u2019est pas capable d\u2019assumer son destin, donc aussi bien avoir des bonnes relations avec les patrons.» L\u2019extinction des dinosaures Et si notre commune humanité nous permettait de traverser le pire ?semble demander Zachary Richard tout au long de Zuma 9.Le métissage et la grandeur \u2014 d\u2019âme, de cœur \u2014 permettent aux Américains en particulier, et à la planète en général, de triompher du pire.Il évoque, au détour d\u2019une longue conversation, ces dames qui prennent soin de sa mère de 98 ans \u2014 «Elles ont probablement voté Trump» \u2014, mais qui se consacrent avec abnégation à cette vocation qui consiste à «torcher le cul des autres».Autrement dit: l\u2019ennemi est peut-être moins un ennemi qu\u2019on le croit, l\u2019Occident moins divisé qu\u2019on le dit.« Ça a beaucoup à voir avec les lunettes qu\u2019on porte.Je suis victime de ça aussi : je regarde CNN sans arrêt pour voir si ce clown est toujours à la Maison- Blanche.Il y a toute une campagne anti- médias, mais c\u2019est pour les mauvaises raisons.Moi, ce que je reproche à certains médias, c\u2019est que leurs histoires sont tellement séduisantes qu\u2019on se laisse emporter.On peut devenir obnubilés par toutes ces mauvaises nouvelles et on passe à côté de la lumière, de la beauté de ce monde qui sont aussi présentes que la misère et la difficulté.» La « société raciste blanche va encore donner des coups de pied dans tous les sens », prévoit-il, mais ses jours sont néanmoins bel et bien comptés.«La petite Greta représente l\u2019avenir, Trump représente le passé.Il fait partie de ces dinosaures qui vont s\u2019éteindre, mais qui ne vont pas s\u2019éteindre doucement.Lorsque vous me demandez si j\u2019ai l\u2019espoir, je dis oui, parce qu\u2019il le faut, parce qu\u2019on n\u2019a pas le choix, parce que sinon on arrête de vivre.Mais l\u2019espoir n\u2019est pas un cadeau du ciel.L\u2019espoir implique de l\u2019engagement.Si on espère vraiment, il faut travailler pour réaliser les choses qu\u2019on espère.On ne peut pas juste rester assis et attendre que ça se passe.» Sur la plage ESPOIR SUITE DE LA PAGE A 1 «Ce n\u2019est pas un choix, l\u2019espoir, c\u2019est un engagement, surtout à l\u2019époque de Trump », expliquait-il récemment lors d\u2019une entrevue accordée entre deux dates d\u2019une tournée québécoise qui se poursuit jusqu\u2019au 2 novembre.« C\u2019est sûr qu\u2019on est chaque jour assailli aux nouvelles par des absurdités qui peuvent nous faire perdre l\u2019espoir, mais c\u2019est là où je suis aidé par les années 1960.Je me souviens de la guerre du Vietnam, des années noires.Il faut mettre tout ça dans une perspective historique : si on est passés à travers Nixon, on peut passer à travers Trump.» À la fois eldorado et lieu de perdition, la plage de Malibu, qui donne son nom à ce cinquième recueil de Zachary Richard, devient entre ses mains le symbole d\u2019un monde croulant sous les préoccupations superficielles, mais également celui de la réelle possibilité de se réinventer, individuellement et collectivement.Sur la plage de Zuma 9, «là où la terre s\u2019arrête», ledouchebag comme le hippie sont invités à goûter au satori (un mot que Richard affectionne, désignant chez les bouddhistes une forme d\u2019éveil spirituel).Écrit entre sa résidence montréalaise d'« Outre le Mont » et celle, louisia- naise, des Chênes du Marais, Zuma 9 s\u2019inscrit donc plus que jamais dans une filiation directe avec les poètes de la Beat Generation, ces Jack Kerouac, Allen Ginsberg et Gary Snyder qui ont jadis « fait exploser une bombe dans l\u2019esprit » du jeune Zachary Richard.Comme chez eux, la contemplation permet dans Zuma 9 d\u2019accéder à un autre monde, celui qui se cache derrière le rideau des apparences, et la contestation d\u2019en rêver un meilleur, plus juste.Bien qu\u2019il consacre plusieurs poèmes aux hérons, aigrettes et autres cigales qu\u2019il observe depuis sa cour, Zachary Richard s\u2019autorise ainsi à nommer sa colère, en tentant à nouveau d\u2019exorciser la honte atavique du francophone minoritaire (Frenchie).La colonisation se veut pour sa part un réquisitoire désenchanté qui aurait pu s\u2019intituler Le confort et l\u2019indifférence, tant il arrive à une conclusion semblable à celle du film de Denys Arcand.« Ce manque de fierté, cette indécision, cette ambivalence par rapport à sa propre identité est un thème qui me choque, me bouleverse », confie celui qui célébrait son 69e anniversaire au début du mois.« En Louisiane, de nos jours, il n\u2019y a plus de cette amertume par rapport à la culture dominante, mais ça reste un peu dans nos chromo- Zuma 9 Zachary Richard, Écrits des Forges, Trois-Rivières, 2019, 136 pages J\u2019ai vécu le premier référendum avec autant de déception que les souve- rainistes purs et durs ZACHARY RICHARD » LEDEVOIR // LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 Contribuer à la révolution numérique.Des milliers de femmes et d\u2019hommes ingénieurs contribuent tous les jours à trouver des façons innovantes de faire le monde.Québec «rate la cible» MATERNELLE SUITE DE LA PAGE A 1 une majorité d\u2019enfants qui étaient en service de garde », dit Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ.Elle est convaincue que le gouvernement Legault « rate la cible » en offrant la maternelle à tous les enfants de 4 ans.« Le gouvernement a toujours dit qu\u2019il développerait les maternelles 4 ans en complémentarité avec notre réseau, mais on n\u2019en voit plus, de complémentarité.Vraiment, ils ont perdu le contrôle », dit la présidente du syndicat qui représente 12 500 éducatrices en milieu familial et en installation.Promesse électorale La provenance des enfants inscrits en maternelle 4 ans était le secret le mieux gardé en ville.Le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a reconnu au mois d\u2019août qu\u2019il ignorait d\u2019où viennent les élèves de maternelle 4 ans.Un des objectifs du programme est pourtant d\u2019offrir des services éducatifs aux enfants qui tombent entre les mailles du filet, parce qu\u2019ils n\u2019ont jamais fréquenté un CPE ou un autre service de garde reconnu par l\u2019État.C\u2019est pourquoi le ministre Roberge a demandé à toutes les commissions scolaires de sonder les parents d\u2019élèves de maternelle 4 ans pour savoir où étaient leurs enfants avant d\u2019entrer au préscolaire.Ce sont ces données que la FIPEQ a obtenues par la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.La présidente de la FIPEQ n\u2019est pas étonnée que les maternelles recrutent dans les garderies, parce que le gouvernement a fait des campagnes de promotion de la maternelle 4 ans dans les réseaux sociaux et a contacté les parents d\u2019enfants qui étaient en CPE.« Le premier ministre a la lubie de remplir une promesse électorale, il veut la cocher dans son calepin, mais on ne tiendra pas rigueur à M.Legault s\u2019il revient sur sa promesse », dit Valérie Grenon.Deux réseaux forts Loin de reculer, le gouvernement compte faire adopter cet automne le projet de loi 5, instaurant les maternelles 4 ans pour tous \u2014 et non plus seulement dans les milieux défavorisés, comme c\u2019est le cas jusqu\u2019à maintenant.Avec la création cette année de 250 nouvelles classes, ce sont 644 classes de maternelle 4 ans qui sont offertes en milieu défavorisé.Le ministre Roberge a décliné notre demande d\u2019entrevue, dimanche, à ce sujet.Il attend d\u2019avoir le portrait complet, dans toutes les commissions scolaires, pour commenter.En entrevue avec Le Devoir le 5 septembre, il avait toutefois assuré que le gouvernement tient à garder les deux réseaux (maternelle 4 ans et services de garde) forts et complémentaires.« Je ne suis vraiment pas inquiet pour les CPE, a-t-il dit.On a annoncé 10 000 ou 12 000 nouvelles places en CPE.Si on pensait que les CPE allaient se vider, on n\u2019en bâtirait pas de nouveaux.On est convaincus que les places qu\u2019on va ouvrir en CPE vont se remplir rapidement: il y a plus de 40 000 parents sur des listes d\u2019attente pour une place en CPE.C\u2019est un bon réseau qui sert bien les gens, et on va le développer.» La CAQ s\u2019est engagée à mettre fin à la modulation des tarifs de garde en fonction du revenu des familles, instaurée par les libéraux, rappelle Jean-François Roberge.Le retour du tarif unique redonnera de la « compétitivité » aux CPE, selon lui.Impact dans les CPE D\u2019ici là, les maternelles 4 ans vont chercher la majorité de leurs élèves dans les services de garde.Des commissions scolaires du Saguenay\u2013Lac- Saint-Jean, de la Côte-Nord, de la Gas- pésie, de la Montérégie, du Centre-du- Québec, de l\u2019Outaouais et de Québec y recrutent une nette majorité de leurs élèves de maternelle 4 ans.En Estrie et en Abitibi-Témiscamingue, le taux de réponse des parents a été moins élevé, mais la tendance indique aussi un recrutement des enfants dans les services de garde.Sur l\u2019île de Montréal, seules les données de la CSDM ont été rendues publiques à ce jour : moins d\u2019un enfant sur cinq (18 %) en maternelle 4 ans n\u2019avait aucun service éducatif avant d\u2019entrer au préscolaire 4 ans.Dans les services de garde, on confirme que l\u2019augmentation de l\u2019offre en maternelle 4 ans a commencé à se faire sentir.Un sondage interne mené par le Regroupement des CPE de la Montérégie indique que 3,5 % des enfants de 4 ans de la région qui avaient une place dans un CPE ont fait le saut en maternelle à temps plein.« Cette année, ça n\u2019a pas été l\u2019hécatombe, mais on est très préoccupés pour l\u2019avenir », dit Claudette Pitre-Ro- bin, directrice générale de l\u2019organisme qui rassemble 110 centres de la petite enfance de la Montérégie.« La raison principale invoquée par la grande majorité des parents [pour envoyer leurs enfants en maternelle 4 ans] est d\u2019alléger la gestion du quotidien.Il est plus facile pour eux d\u2019aller à un seul endroit matin et soir quand ils ont plusieurs enfants », précise la responsable des CPE de la Montérégie.JACQUES NADEAU LE DEVOIR ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR À l\u2019approche des négociations dans le secteur public, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) lance lundi une campagne pour briser l\u2019image de privilégiés qui colle aux employés de l\u2019État.« Dans les services publics, combien de personnes gagnent moins que le salaire moyen du Québec ?» peut-on lire sur les nouvelles affiches diffusées par la CSN.Le lecteur a comme choix de réponses : « aucune, elles sont riches comme Crésus », mais la bonne réponse est « près de 200 000 ».La CSN et les autres syndicats qui représentent les employés de l\u2019État doivent présenter à la fin octobre leurs demandes au gouvernement en vue du renouvellement de la convention collective qui arrive à échéance le 31 mars.À elle seule, la CSN représente 150 000 des 400 000 employés du secteur public, notamment dans les secteurs de la santé et de l\u2019éducation.Sa campagne vise à répliquer au discours de certains «chroniqueurs de droite» et politiciens sur les salaires « supposé- ment exorbitants » et la sécurité d\u2019emploi écrit Caroline Senneville, la responsable des négociations dans le journal interne de l\u2019organisation.Préposées aux bénéficiaires et cie La CSN souhaite aussi répliquer au premier ministre François Legault, qui a cherché récemment à faire baisser les attentes des syndicats à l\u2019approche de la négociation.« Les surplus n\u2019appartiennent pas aux syndicats », avait-il dit.« Ils appartiennent aux Québécois, et, moi, j\u2019ai promis de remettre beaucoup d\u2019argent dans le portefeuille des Québécois.» M.Legault avait aussi laissé entendre que les surplus dont jouit son gouvernement étaient déjà alloués à autre chose.Des propos jugés « méprisants » par la CSN.« Que dit M.Legault lorsqu\u2019il SECTEUR PUBLIC La CSN cherche à s\u2019attaquer aux préjugés Le syndicat réplique aux « chroniqueurs de droite » et aux politiciens à propos de salaires « supposément exorbitants » La décision s\u2019annonce d\u2019autant plus difficile que, contrairement à ce qui se fait normalement, le Conseil du trésor ne souhaite pas consentir la même hausse de salaire à tous ses employés.Le gouvernement Legault a plutôt l\u2019intention de prioriser certains groupes d\u2019employés, comme les préposés aux bénéficiaires au moyen d\u2019une négociation « différenciée ».Pour sensibiliser la population et le gouvernement, les syndicats répètent depuis des mois qu\u2019ils ont subi durement les années « d\u2019austérité libérale ».À la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), par exemple, le cahier de propositions adoptées par les membres s\u2019intitule « Travailler à se rendre malade, c\u2019est terminé ».Au terme de la dernière négociation, les syndicats avaient obtenu des hausses salariales successives de 1 % (2015), 1,5 % (2016), 1,75 % (2017), 2 % (2018) et près de 3 % (2019).L\u2019âge de la retraite était également passé de 60 à 61 ans.s\u2019exprime ainsi ?Que ses propres employés ne sont pas des citoyennes et des citoyens à part entière ?», dénonce Mme Senneville.Possible front commun ?Outre la CSN, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats du Québec (CSQ) sont les principales centrales actives dans le secteur public.Lors de la dernière négociation en 2014-2015, elles avaient constitué un front commun avec le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et l\u2019Association du personnel professionnel et technique de la santé (APTS) et lancé une grève tournante commune.Or on ignore pour l\u2019instant si ce sera le cas cette fois-ci.Des représentants des trois syndicats se sont rencontrés vendredi pour faire le point sur les consultations menées auprès de leurs membres.Mais la décision sur un éventuel front commun n\u2019a pas encore été prise, selon nos informations.La CSN souhaite aussi répliquer au premier ministre François Legault, qui a cherché récemment à faire baisser les attentes des syndicats à l\u2019approche de la négociation LEDEVOIR // LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin nfants, jeunes en difficulté, personnes âgées vulnérables ainsi que les plus démunis des bénéficiaires de l\u2019aide sociale sont les premières victimes des manquements de l\u2019État québécois, selon le dernier rapport annuel de la protectrice du citoyen, Marie Rinfret.Si le manque de personnel explique une partie de ces fautes, l\u2019attitude rigide et restrictive de l\u2019administration publique en est parfois la cause.Ainsi, Marie Rinfret est revenue à charge pour s\u2019opposer à l\u2019« interprétation restrictive » que fait la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) de sa loi en refusant la gratuité des soins aux enfants nés au Québec de parents au statut migratoire précaire, souvent des demandeurs d\u2019asile en attente d\u2019une décision concernant leur statut de réfugié, de ces ressortissants étrangers particulièrement démunis.Les soins médicaux de ces enfants doivent être couverts par la RAMQ compte tenu du cadre réglementaire de l\u2019organisme, mais aussi des engagements internationaux du Canada et du Québec en matière de droits de l\u2019enfant, plaide la protectrice du citoyen.La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui a mis sur pied un comité ministériel pour trancher la question, doit exercer son pouvoir discrétionnaire pour la délivrance de cartes d\u2019assurance maladie à ces enfants, comme le suggère Marie Rinfret.Autre cas de rigidité de la machine gouvernementale, cette fois-ci de la part du ministère des Finances.Plus de 40 000 prestataires de l\u2019aide financière de dernier recours ne reçoivent pas le crédit d\u2019impôt pour la taxe de vente du Québec (TVQ) auquel ils ont droit parce qu\u2019ils ne fournissent pas de déclaration de revenus.Il y a tout lieu de croire que nombre de ces 40 000 prestataires, soit 10 % des assistés sociaux, sont parmi les plus démunis d\u2019entre eux : ils peuvent être illettrés ou souffrir de maladie mentale.L\u2019État fait montre d\u2019une odieuse insensibilité à leur égard et perpétue froidement une iniquité manifeste.Le ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a le devoir de remédier à la situation.La protectrice du citoyen a aussi fait état d\u2019un enfant atteint de troubles du langage qui, en faisant son entrée à la maternelle, a perdu son droit d\u2019accès à des services d\u2019orthophonie dispensés par un centre de réadaptation du réseau de la santé.C\u2019est essentiellement un manque de ressources, associé à une hausse de la demande pour ces services, qui explique que l\u2019établissement prive cet enfant des services dont il a besoin.La pénurie de personnel dans les centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) entraîne aussi son lot de plaintes.Non seulement les soins de base ne sont pas pleinement fournis, mais des conflits surviennent entre les familles et le personnel soignant.Dans les centres de réadaptation pour les jeunes en difficulté, il arrive que les risques de suicide ne fassent pas l\u2019objet d\u2019une détection adéquate, a relevé la protectrice du citoyen.Les rôles des intervenants et les procédures sont mal définis depuis la fusion des établissements décrétée par la réforme Barrette.Il est d\u2019autant plus important que ces rôles soient précisés que « le personnel responsable d\u2019assurer un milieu de vie sécuritaire aux jeunes hébergés connaît un fort taux de roulement », fait observer Marie Rinfret.La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) fait d\u2019ailleurs face à énormément de pression.On apprenait cette semaine que le nombre de signalements d\u2019enfants maltraités avait augmenté de 10 % par rapport à l\u2019an dernier, alors que les centres jeunesse sont aux prises avec des pénuries de main-d\u2019œuvre et accusent des retards dans la prestation des services spécialisés.Il faudra attendre jusqu\u2019à la fin de l\u2019an prochain avant de connaître les conclusions de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, qui doit revoir l\u2019ensemble des services destinés aux jeunes en détresse.Comme les services publics connaissent des ratés, le Protecteur du citoyen, qui reçoit les plaintes des citoyens et mène des enquêtes, est une institution essentielle.Elle incite l\u2019État québécois à corriger ses lacunes et à améliorer les services à la population.Dans le cas de la rigidité bureaucratique et des interprétations restrictives de la loi, une dose de bon sens permettra sans doute de remédier aux manquements observés.En revanche, les problèmes d\u2019organisation et d\u2019accès aux services, quand ils sont liés au manque de ressources et à la rareté de la main-d\u2019œuvre, ne peuvent malheureusement pas disparaître comme par enchantement.Catherine Guenette Professeur au Département de lettres du Collège Maisonneuve et belle-fille de Renée Noiseux-Gurik Renée Noiseux-Gurik (décédée le 14 septembre) est née, comme ma mère, à une époque encore conservatrice à bien des égards, où les femmes devaient se marier pour devenir épouse.Puis elle est devenue adulte à ce moment charnière où les femmes commençaient à s\u2019émanciper, par l\u2019éducation entre autres, mais où la place qu\u2019elles se faisaient devait être gagnée de chaude lutte.Quand elle est enfant, sa mère la surnomme cyclone ou tornade tant elle est remuante ; pleine d\u2019imagination aussi puisque Renée nous racontait que sa mère lui reproche : « Cesse de parler toute seule, Renée ! » Elle nous racontait que, jeune fille, elle aime aller patiner sur l\u2019une des patinoires extérieures du quartier Notre-Dame-de-Grâce des années 1940.Elle nous racontait que, jeune femme, elle aime follement aller danser dans les nuits chaudes du Montréal des années 1950.Elle suit un cours de secrétaire pour acquérir son indépendance.Puis elle décide d\u2019étudier à l\u2019Institut des arts appliqués de Montréal, où elle obtient un diplôme de décoratrice.Elle décide ensuite d\u2019étudier à la nouvelle École nationale de théâtre du Canada, dont elle devient l\u2019une des premières diplômées en scénographie.Elle racontait que, lors des étés passés à Stratford, en Ontario, étant la seule personne bilingue, elle traduit de l\u2019anglais vers le français pour ses camarades unilingues, puis du français vers l\u2019anglais\u2026 Scénographe, elle conçoit de nombreux décors et costumes.On lui demande de participer à la création d\u2019une nouvelle école de théâtre qui deviendra L\u2019Option théâtre du cégep Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse, programme qu\u2019elle dirige de nombreuses années et où elle passe 35 années à défendre le théâtre et la culture, à former acteurs, techniciens et scénographes.Certains de ses anciens étudiants se souviennent de ses exigences élevées, de sa rigueur et de sa discipline, comme cette femme que j\u2019ai rencontrée par hasard, qui faisait une belle carrière, mais qui avait trouvé éprouvants les trois Manipulation éhontée de chiffres Antoine Baby, sociologue et professeur à la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université Laval, a publié dans Le Devoir du 25 septembre dernier un texte intitulé : « L\u2019école fondamentale contre l\u2019échec scolaire ».Je suis enseignant au secondaire et j\u2019en ai assez de me faire servir des salades sans cesse par n\u2019importe qui.M.Baby compare dans son texte le cancre québécois à la merveille finlandaise.Il dit qu\u2019au Québec, « bon an mal an, les taux de diplomation en fin de secondaire naviguent autour de 65 %, ce qui veut dire que 35 % des élèves sortent sans diplôme ».C\u2019est absolument faux ! D\u2019une part, pour assombrir le portrait québécois, Antoine Baby considère dans les faits seulement les diplômes que des élèves fréquentant le réseau public obtiennent dans le temps prescrit de cinq ans, soit 65,7 % (MEES, 2019).Ce nombre augmente à 82 % si les élèves prennent deux ans de plus pour terminer leurs études.Puis, pour glorifier l\u2019image de la Finlande, Antoine Baby semble utiliser le taux de di- plomation au secondaire que les Finlandais obtiennent dans toute leur vie, soit 99 % (OCDE, 2015).Hommage à Renée Noiseux-Gurik LIBRE OPINION LETTRES RAPPORT DE LA PROTECTRICE DU CITOYEN Les plus vulnérables écopent E ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC tous me semble si simple.En 2019, avec les multiples collaborations interdisciplinaires et les pouvoirs élargis pour nos pharmaciens, nos «super infirmières», nos infirmières et la présence de nos travailleurs sociaux, tout le monde n\u2019a PAS besoin de voir ou d\u2019avoir un médecin de famille, mais tout le monde a besoin d\u2019un accès à un groupe médical, de proximité si possible.Consolidons donc nos GMF (groupes de médecins de famille), en les distribuant selon les besoins géographiques et démographiques des sous-territoires (important rôle du ministère de la Santé ici).Tous les clients qui gravitent autour de ce lieu physique seront les bienvenus pour consulter.Selon la raison de consultation, ils seront dirigés aux intervenants médicaux qui répondront le mieux à leur situation clinique.Exit l\u2019obligation de l\u2019inscription à UN médecin de famille pour ouvrir les portes à des soins.En avant pour une médecine qui n\u2019est plus essentiellement mé- dico-centrée mais interdisciplinaire et qui répondra mille fois mieux aux besoins de tous.Voilà.C\u2019est tout.Bon dimanche.Moi, je continue ma clinique.Renée Laberge, docteure en médecine Le 15 septembre 2019 Ainsi, la fillette de 10 ans qui a doublé sa quatrième année fait partie des « décrocheurs » québécois selon Antoine Baby.Cependant, papi, lui, fait partie des diplômés finlandais.Cette manipulation est malhonnête.En regardant les statistiques normalement utilisées pour comparer les pays, on comprend mieux la ridicule comparaison mise en avant par Antoine Baby.Par exemple, 83 % des Canadiens de 25 ans et moins étaient diplômés du secondaire en 2015, contre 87 % des Finlandais (OCDE, 2015).La Finlande devient alors moins reluisante et tous vos discours alarmistes et apologistes s\u2019effondrent.Bruno Charette, enseignant au secondaire Montréal, le 25 septembre 2019 heureuse de partager ses lumières, de me faire remarquer des éléments de scénographie qui m\u2019avaient échappé, jeux dans l\u2019espace, objets, décors, éclairages, couleurs\u2026 Ces derniers mois, elle devenait, à l\u2019image du roi Béranger Ier, une femme dont l\u2019univers perdait petit à petit des parcelles, son monde se rétrécissant lentement, la faille de son mur s\u2019élargissant sans cesse.Si j\u2019évoque ici le héros de la pièce Le roi se meurt, de Ionesco, c\u2019est qu\u2019elle avait scéno- graphié l\u2019une des pièces de cet illustre auteur, Les chaises, et qu\u2019elle avait gardé chez elle, en souvenir, une chaise sur laquelle Ionesco lui-même s\u2019était assis lors de son passage à Montréal.Car ainsi était Renée Noiseux-Gurik : sa table était toujours ouverte à quiconque, de l\u2019humble étudiant au grand écrivain.Et l\u2019on ne saurait énumérer tous ceux qui partageaient avec elle la passion du théâtre et qui ont trouvé la porte de sa maison ouverte.Nombreux sont ceux et celles qui n\u2019auront pas su le rôle que cette femme aura joué dans l\u2019histoire de la scène au Québec des années 1960 jusqu\u2019au début de ce siècle ; c\u2019était un rôle à la fois modeste et essentiel, un rôle qui n\u2019attire guère les feux de la rampe, mais dont les effets pourtant réels perdureront.Adieu Renée, adieu Madame Gugu, adieu Madame Noiseux, adieu.ans de sa formation ; mais d\u2019autres, nombreux, se rappellent avec bonheur ces années de formation, sachant que cette femme généreuse, avec ses connaissances historiques vastes, pouvait leur ouvrir un monde jusque-là ignoré.Et plusieurs sont devenus des amies fidèles.Sans la moindre formation universitaire, elle s\u2019était pourtant acquis le respect d\u2019éminents chercheurs en théâtre, grâce notamment à sa persévérance et à sa minutie dans la quête d\u2019informations historiques sur ce sujet qui fut sa passion.De mon côté, j\u2019ai eu la chance incroyable d\u2019être, pendant des années, sa compagne spectatrice alors qu\u2019elle me permettait de profiter du privilège des nombreuses invitations au théâtre que lui conférait son rôle de juge à la défunte Académie de théâtre ou alors qu\u2019elle siégeait au Conseil des arts de la communauté de Montréal.Ces soirées furent pour moi une école, car elle était toujours prête, à mettre dans son contexte une pièce et son auteur, Nombreux sont ceux et celles qui n\u2019auront pas su le rôle que cette femme aura joué dans l\u2019histoire de la scène au Québec des années 1960 jusqu\u2019au début de ce siècle ; c\u2019était un rôle à la fois modeste et essentiel Il est où, mon médecin de famille ?Dimanche matin, 8 heures.C\u2019est mon tour de garde et je commence mon fameux sans rendezvous offert dans ma clinique pour dépanner les patients sans médecins ou ceux qui ne peuvent pas être vus par leur propre médecin.Encore une fois, je me dis que ça ne tourne pas rond au Québec avec tous ces gens qui m\u2019implorent de les prendre comme patient quand, pourtant, la solution pour répondre aux besoins de A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Et le Dictionnaire des francophones fut L e 15 novembre marquera une date importante dans l\u2019histoire de la langue française avec la mise en ligne du Dictionnaire des francophones (DDF).Outre la quantité (400 000 mots !), le DDF se veut à la fois scientifique et participatif.Il intégrera les bases de données reconnues, mais chacun pourra y intégrer des mots et des expressions de son quartier, de son pays, de son métier.Nous aurons donc enfin l\u2019outil unique qui nous dira ce que c\u2019est que l\u2019eau à ressort (eau gazeuse, Congo), un samaritain (un ambulancier, Suisse) et un cœur sale (jaloux, La Réunion).Et les Québécois, avec leurs écocentres et autres pourriels, ne seront plus achalés par le parisianisme.« Mon rêve serait d\u2019arriver à un million de mots et expressions », dit Bernard Cerquiglini, président du comité scientifique.Le linguiste réputé, joint chez lui à Paris, base son travail sur deux idées : « Ça doit être fait tout de suite et il faut que les gens se l\u2019approprient.La philosophie est très liée à celle de Wiki.Entre le purisme et la rapidité, nous misons clairement sur la rapidité.» « Il est plus que temps de se rendre à l\u2019évidence que la langue française se construit à partir d\u2019autres lieux », dit Paul de Sinety, délégué général à la langue française et aux langues de France, à qui le président Emmanuel Macron a confié la mission de réaliser un « dictionnaire mondial » en mars 2018.L\u2019affaire déboule très vite.Après la mise en ligne sur Internet le 15 novembre 2019, une application sera ouverte aux contributions du public dès le 20 mars 2020 \u2014 moins de deux ans après la commande présidentielle.L\u2019Institut international de la Francophonie, à Lyon, chargé de la réalisation, travaille actuellement à l\u2019agrégation de bases de données existantes, tels la Base de données lexicographiques panfrancophone (laquelle inclut le Dictionnaire historique du français québécois), le Trésor de la langue française informatisé, le Dictionnaire de l\u2019Académie, mais aussi des recueils de belgicismes et d\u2019africanismes.Espérons que l\u2019Office québécois de la langue française sera de la partie avec son Grand dictionnaire terminologique.« Ça marche très vite », raconte Bernard Cerquiglini, qui s\u2019étonne de voir que toutes les grandes universités acceptent de contribuer.« C\u2019est parce que le fruit était mûr.Tout le monde était prêt.Ce projet, tout le monde le réclamait depuis des années.» À l\u2019évidence, un dictionnaire qui agrège des bases de données très diverses, et qui en plus recueillera les contributions du public, aura les défauts de ses qualités.Sa logique d\u2019animation et sa réalisation très rapide en feront une œuvre disparate, qui provoquera des grincements de dents chez de nombreux scientifiques.L\u2019interface, répond Bernard Cerqui- glini, permettra une mise en contexte des termes proposés.Les contributeurs devront remplir un formulaire qui inclura la définition et des exemples, mais aussi le genre du mot, son pluriel et le contexte où il s\u2019emploie : jargon professionnel, expression familiale, de quartier.« Les fiches seront attachées à leur auteur.Les gens pourront dire que c\u2019est leur mot.Cela les responsabilisera également », dit Paul de Sinety.La vérification des ajouts se fera, au départ, dans un processus très similaire à celui de Wikipédia où primera l\u2019auto- correction et la correction entre utilisateurs.« C\u2019est le dictionnaire des francophones, on veut que les gens se l\u2019approprient.Il n\u2019y a pas tant d\u2019erreurs dans Wikipédia.Après, on fera jouer les comités d\u2019experts dans un deuxième temps », explique Bernard Cerquiglini, qui compte réunir les linguistes africains en comité afin de valider l\u2019apport du public africain.Selon moi, le DDF constitue une excellente nouvelle pour la langue française et le monde francophone.Ce dictionnaire, dont j\u2019ai souvent fait vœu depuis le début de cette chronique, marque un changement important dans l\u2019histoire de la langue française puisque les plus hautes instances disent enfin : le français s\u2019émancipe de la France.Il nous sort également d\u2019une conception scolaire et puriste de la langue pour consacrer la place de la linguistique et de l\u2019usage.Et il projettera aux yeux de tous la richesse, la modernité et la créativité de la langue française.Bien que l\u2019Agence universitaire de la Francophonie et l\u2019Organisation internationale de la Francophonie y contribuent sur le plan technique et financier, il est important que sa mise en œuvre soit française \u2014 surtout sur le plan symbolique.Car depuis au moins deux générations, l\u2019évolution naturelle du français est bloquée à la fois par les excès de purisme parigocentriste, mais aussi par l\u2019« anglolâtrie » des cercles de pouvoir à Paris, faisant le jeu de tous les détracteurs du français comme langue moderne et internationale.« Ce n\u2019est pas notre seul effort en ce sens », dit Paul de Si- nety.« Nous comptons proposer d\u2019autres outils pour le public professionnel.Nous voulons quelque chose qui parle à la société civile.L\u2019enjeu, c\u2019est la réactivité.» JEAN-BENOÎT NADEAU Les plus hautes instances disent enfin : le français s\u2019émancipe de la France Amélie Daoust-Boisvert Professeure adjointe au Département de journalisme de l\u2019Université Concordia La semaine dernière, le plus récent rapport du Groupe intergouvernemental d\u2019experts sur le climat (GIEC) rapportait que le réchauffement climatique touche irrémédiablement les océans.La situation s\u2019aggravera dans les prochaines années.Cela exige des actions « urgentes » au regard des répercussions à venir pour la vie sur Terre, y compris la vie humaine.La hausse du niveau des océans, pour ne donner qu\u2019un exemple, forcerait en 2050 la migration de « millions » d\u2019humains.La nouvelle, rapportée certes, discutée certainement, n\u2019a pas fait la une, dans les médias d\u2019ici comme d\u2019ailleurs.En octobre 2018, le GIEC rendait public un autre rapport, au ton plus alarmiste qu\u2019à l\u2019habitude.Un virage sans précédent devra s\u2019opérer pour éviter un seuil de réchauffement planétaire de 1,5 °C, avertissaient les scientifiques.Les émissions de CO2 doivent ni plus ni moins s\u2019abaisser de 45 % sous le niveau de 2010, d\u2019ici 2030, alors que la trajectoire des émissions est toujours, à ce jour, à la hausse.Là encore, d\u2019autres nouvelles ont supplanté celle-là.Parfois, la naissance d\u2019un bébé royal surclasse les nouvelles environnementales.Ou encore, une crise de la présidence de Donald Trump.Des actualités qui, malgré leur importance, touchent directement moins d\u2019humains sur Terre que la crise climatique, laquelle nous affectera tous dans un avenir beaucoup moins éloigné qu\u2019on se plaît à le croire.Complexité du sujet Plusieurs explications sous-tendent le phénomène, et loin de moi l\u2019idée de jeter la pierre à mes collègues.La complexité du sujet et des études qui en traitent, alors que les journalistes se retrouvent avec des centaines de pages à lire, à comprendre et à synthétiser, contraste avec la vitesse à laquelle la bête demande à être nourrie.Les rédacteurs et rédactrices en chef, avides de nouveauté, peuvent peiner à la trouver dans un énième rapport, qui semble à première vue répéter ce que l\u2019on sait depuis plusieurs décennies.L\u2019impression de jouer un air connu est très impopulaire dans une réunion éditoriale.On ne peut non plus négliger l\u2019efficacité des lobbys de toute sorte qui détiennent un intérêt immense à ce que se perpétue une économie basée sur les énergies fossiles.Ils mettent les moyens pour être entendus \u2014 que ce soit auprès des politiciens, des médias ou de la population elle-même Ajoutons que, pour se hisser au rang des priorités médiatiques, un sujet doit plus souvent qu\u2019à son tour figurer en haut de l\u2019agenda politique.On s\u2019inquiète : à force de crier à l\u2019urgence, plus personne n\u2019écoutera, tant les scientifiques et leurs équipes de communication que les médias partagent cette crainte.Les commentaires agressifs sur les médias sociaux sous les nouvelles environnementales peuvent aussi donner l\u2019impression aux médias de soulever une colère qui ne concerne qu\u2019une minorité bruyante et anonyme.Lire les propos que suscite toute nouvelle citant la militante Greta Thunberg suffit pour s\u2019en convaincre.Le cadrage politique des nouvelles nuit lui aussi à la couverture d\u2019enjeux complexes comme celui du climat.C\u2019est une question où tendre le micro à une source « pour » et une « contre » ne saurait relever de l\u2019objectivité.Les journalistes doivent se soumettre à un travail, difficile, sur la prépondérance des faits, lequel demande du temps et de l\u2019expertise.[\u2026] Une conversation s\u2019amorce Récemment les 300 partenaires de l\u2019initiative Covering Climate Now (CCN), dont The Guardian, l\u2019Agence France-Presse, Bloomberg, tout comme ici L\u2019Actualité et l\u2019Agence Science-Presse, ont fait fi de la concurrence.Chaque jour, des dizaines d\u2019histoires dans plusieurs langues ont été rendues disponibles aux uns et aux autres.Ces médias s\u2019étaient engagés, après l\u2019appel du pied des instigateurs, le Columbia Journalism Review et The Nation, à accroître et à améliorer leur couverture du climat, sans ligne éditoriale.Le nombre de médias à emboîter le pas touchait une audience combinée de plus d\u2019un milliard de personnes.La semaine de couverture intensive et de collaboration s\u2019achève, mais l\u2019initiative vivra, a-t-on écrit aux partenaires, dont mon département fait partie.CCN a le mérite d\u2019avoir amorcé une vaste conversation mondiale entre les différents médias.Une prise de conscience qu\u2019on peut faire plus, et surtout mieux, pour rendre justice à l\u2019importance de la crise climatique.Déjà, des médias d\u2019ici affectent davantage de ressources à l\u2019environnement et permettent à leurs journalistes de consacrer du temps à des enquêtes complexes \u2014 et coûteuses \u2014 sur la qualité de l\u2019eau, l\u2019efficacité réelle du recyclage ou le transport de pétrole par pipeline.Les journalistes se tiennent loin du militantisme.Mais ils peuvent certainement se permettre un certain « militantisme» pour les faits.Dans cette quête pour la vérité comme valeur centrale, les valeurs journalistiques et scientifiques se rejoignent.Sur les médias tout comme sur les scientifiques repose la responsabilité d\u2019exposer les faits, d\u2019éclairer les zones d\u2019ombre et d\u2019évaluer l\u2019efficacité des politiques actuelles ou proposées.Le flambeau décisionnel appartient ensuite aux citoyens, aux industries et aux élus.ENVIRONNEMENT Climat et couverture médiatique Violaine Cousineau Jean-Denis Dufort Commissaires indépendants à la CSDM Nous sommes commissaires scolaires.Nous croyons aux institutions que sont les commissions scolaires, de même qu\u2019à la gouvernance de proximité que constituent les conseils des commissaires.Nous ne sommes que 5 % à y croire et nous aurions beau nous débattre comme des diables dans l\u2019eau bénite, nous savons tous comment cette histoire va se terminer : par l\u2019abolition des élu(e)s scolaires.Faisons maintenant œuvre utile en tentant de voir comment sauver les meubles et éviter le modèle de centralisation des pouvoirs que ne manquera pas de nous dessiner prochainement le ministre de l\u2019Éducation.Sous couvert de décentralisation, il paraît d\u2019ores et déjà clair que c\u2019est en réalité à une concentration des pouvoirs entre ses propres mains qu\u2019il va nous convier.On peut se faire une bonne idée de ce qui nous attend quand on prend la mesure de ce que signifie la récente modification apportée par Québec quant aux façons d\u2019analyser les besoins en matière de construction et d\u2019agrandissement d\u2019écoles : désormais, tout ce travail sera effectué de Québec, par Québec, et c\u2019est Québec qui fixera les priorités en ce qui a trait à la gestion des espaces scolaires.Ça promet : ces questions sont extrêmement complexes et sensibles.Doivent être pris en considération l\u2019organisation des points de service (élèves HDAA et élèves de l\u2019accueil), les projets de construction domiciliaire, les barrières naturelles présentes en milieu urbain (autoroutes, cours d\u2019eau, boulevards\u2026), les travaux planifiés par la Ville qui peuvent nuire à la circulation entre les quartiers, etc.Dans nombre de pays qui n\u2019ont pas de palier de gouvernance chargé spécifiquement des questions scolaires, on confie néanmoins à une instance citoyenne intermédiaire le soin de s\u2019occuper de cette microgestion des espaces scolaires.Les municipalités, qui constituent des instances décisionnelles de proximité, peuvent ainsi être appelées à gérer le parc immobilier scolaire, le transport qui est intimement lié à l\u2019organisation des espaces scolaires, de même que les services alimentaires offerts aux élèves.Ces trois champs d\u2019action sont périphériques aux activités d\u2019enseignement elles-mêmes : ils ne concernent ni les programmes enseignés, ni l\u2019embauche du personnel, ni les services rendus aux élèves sur le plan strictement académique.Transférer aux municipalités une portion des pouvoirs que s\u2019apprêtent à perdre les élu(e)s scolaires, ce serait : S\u2019assurer que des élu(e)s, redevables à la population des décisions qui sont prises en son nom, continuent de débattre publiquement d\u2019enjeux essentiels au développement des communautés locales ; Conserver les précieux leviers de développement local que sont les écoles (primaires et secondaires), les centres de formation aux adultes et les centres de formation professionnelle ; Maximiser la mutualisation des infrastructures en confiant à une seule instance la gestion des auditoriums, des bibliothèques, des cours d\u2019école, des circuits d\u2019autobus, etc.; S\u2019assurer que les parents continuent d\u2019avoir des répondants locaux, des représentants vers qui se tourner quand des problèmes surviennent (surpopulation dans une école, quartier dépourvu d\u2019école, école de village menacée de fermeture, etc.).Chaque fois que cette avenue a été évoquée, des maires et mairesses de même que des associations de municipalités ont préféré tourner le dos à cette possibilité, notamment en raison des risques financiers liés à l\u2019administration d\u2019un parc immobilier dont l\u2019état de dégradation est bien connu.On peut comprendre ces élu(e) s de ne pas avoir envie de « s\u2019embarquer » dans un projet casse-cou ! La donne vient cependant de changer avec les récentes annonces ministérielles qui promettent des investissements historiques dans le parc immobilier scolaire et une mise à niveau rapide de l\u2019ensemble des bâtiments.Les élu(e)s municipaux n\u2019auront pas à faire des chaînes humaines aux côtés des parents pour exiger les moyens de venir à bout du déficit d\u2019entretien des bâtiments : sur ce plan, des avancées importantes ont été faites.Cela dit, oui: il reste des guerres à mener.Ces guerres sont même névralgiques et elles concernent l\u2019avenir de nos villes et de nos villages: veut-on avoir les leviers pour décider nous-mêmes de leur développement ou souhaite-t-on que désormais, ce soit Québec qui planifie l\u2019occupation du territoire?Oui, reprendre la gestion du parc immobilier, du transport et des services alimentaires, c\u2019est en partie un cadeau empoisonné.C\u2019est du travail en plus, de nouvelles préoccupations, de nouvelles attentes citoyennes.Mais oui : c\u2019est aussi et surtout l\u2019occasion de sauver les meubles en ne nous laissant pas dépouiller de ce qui est le plus important en démocratie : le pouvoir citoyen.Comment sauver les meubles La gestion centralisée des écoles ferait perdre le lien avec le terrain La hausse du niveau des océans forcerait en 2050 à migrer par « millions ».Mais l\u2019information n\u2019a pas fait la une.JOHANNES EISELE AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE LUNDI 30 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 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pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.ÉTUDE Mieux protéger les baleines pour mieux protéger le climat Le FMI plaide pour une hausse des stocks de cétacés afin de lutter contre les changements climatiques ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR S i elle souhaite lutter plus efficacement contre la crise climatique, la communauté internationale devrait prendre des mesures pour mieux protéger les baleines, puisque ces mammifères marins contribuent de façon très importante au stockage du carbone dans les océans de la planète, qui jouent eux-mêmes un rôle essentiel pour éviter un réchauffement irréversible et dévastateur pour l\u2019humanité.Ce constat pour le moins étonnant ne provient pas d\u2019une organisation écologiste, mais bien du Fonds monétaire international (FMI).Dans une analyse qui vient d\u2019être publiée, l\u2019organisation propose même d\u2019intégrer la protection des grands cétacés dans les objectifs de l\u2019Accord de Paris.En s\u2019appuyant sur les constats scientifiques des dernières années, la publication Finances et développement, du FMI, conclut ainsi qu\u2019« une stratégie de protection des baleines peut limiter les gaz à effet de serre et le réchauffement [planétaire] ».Le rôle climatique des baleines découle du fait que ces animaux, à travers leurs migrations annuelles de plusieurs milliers de kilomètres, contribuent à disperser, avec leurs excréments, des substances comme le fer et l\u2019azote, qui participent directement à la croissance du phytoplancton.La présence des baleines, et surtout la « fertilisation » qui en découle, a donc un impact considérable sur la croissance du phytoplancton.engins de pêche, de la pollution plastique et de la pollution sonore.Le document ajoute toutefois que la protection de ces animaux, et en particulier des grands cétacés comme le rorqual bleu, le rorqual commun, la baleine à bosse et le cachalot, « a un coût ».Le FMI propose donc de créer des « mécanismes financiers », comme des « subventions » ou des « compensations », notamment pour soutenir les États plus pauvres, pour financer les mesures de protection des baleines.Le même genre de mécanisme devrait être envisagé pour des entreprises qui seraient touchées par les effets des mesures de protection des cétacés, comme celles du secteur du transport maritime.Globalement, l\u2019analyse insiste par ailleurs sur l\u2019importance d\u2019agir rapidement pour protéger davantage ces animaux, qui constituent « un bien public international ».« En raison des conséquences des changements climatiques ici et maintenant, il n\u2019y a pas de temps à perdre pour identifier et mettre en place de nouvelles méthodes pour prévenir ou réparer les dommages [causés] aux écosystèmes.Cela est particulièrement vrai lorsque vient le temps d\u2019augmenter les mesures de protection pour les baleines, afin que leurs populations augmentent rapidement », insiste le FMI.« Accroître la protection des baleines [face aux] dangers posés par l\u2019activité humaine fournira des bénéfices » climatiques bien concrets, conclut le FMI.« La nature a eu des millions d\u2019années pour perfectionner sa technologie de capture de carbone basée sur les baleines.Tout ce que nous avons à faire, c\u2019est de laisser les baleines vivre.» Or, ce plancton végétal est à l\u2019origine d\u2019«au moins 50% de tout l\u2019oxygène présent dans notre atmosphère», en plus de capturer chaque année pas moins de 37 milliards de tonnes métriques de CO2, « soit près de 40 % de tout le CO2 produit ».« Pour mettre les choses en perspective, nous estimons que cela est l\u2019équivalent de la quantité de CO2 capturé par 1700 milliards d\u2019arbres », soit « l\u2019équivalent de quatre forêts amazo- niennes», calcule le FMI.Dans ce contexte, ajoute l\u2019institution, des populations de baleines en meilleure santé, et surtout plus abondantes, pourraient permettre de lutter plus efficacement contre les bouleversements climatiques qui menacent la vie sur Terre.Si les populations de baleines augmentaient jusqu\u2019au point de rétablir les stocks qui prévalaient avant la chasse commerciale intensive, soit 4 à 5 millions de baleines (contre 1,3 million au- jourd\u2019hui), « cela pourrait ajouter une quantité [considérable] de phytoplanc- ton dans les océans, et donc de carbone capté chaque année ».Selon les données reprises par le FMI, «même une augmentation de 1% de la productivité de phytoplancton permettrait de capturer des centaines de millions de tonnes de CO2 chaque année, soit l\u2019équivalent de l\u2019apparition soudaine de deux milliards d\u2019arbres matures».« Sachant que le rôle des baleines est irremplaçable dans l\u2019atténuation et la lutte contre les changements climatiques, leur survie devrait être intégrée dans les objectifs des 195 États qui ont signé l\u2019Accord de Paris en 2015 », suggère donc l\u2019analyse du FMI.Qui plus est, l\u2019organisation a attribué une « valeur monétaire » à chaque baleine, calculée en fonction des services écologiques et économiques rendus par ces animaux.« Notre estimation conservatrice évalue que chaque baleine vaut plus de deux millions de dollars, et donc plus de 1000 milliards de dollars pour l\u2019ensemble des populations actuelles de grandes baleines ».Protection accrue L\u2019organisation plaide donc pour la bonification des mesures de protection des grands cétacés, dont certaines populations sont toujours très menacées, et ce, même si la chasse commerciale est sous le coup d\u2019un moratoire international depuis 1986.Le document souligne ainsi que les baleines qui nagent dans les océans du monde sont aujourd\u2019hui victimes de collisions avec les navires, d\u2019empêtrement dans des Moratoire contesté La protection des cétacés fait l\u2019objet d\u2019affrontements politiques depuis plusieurs années à la Commission baleinière internationale (CBI), entre partisans de la chasse et pays soutenant une meilleure protection.Le Japon a d\u2019ailleurs décidé de quitter l\u2019organisation à la fin de 2018, afin de reprendre la chasse commerciale dans l\u2019océan Pacifique.La Norvège et l\u2019Islande pratiquent également la chasse en rejetant le moratoire en vigueur, et ce, depuis plusieurs années.Le Canada, qui est entouré de trois océans et dont les eaux sont fréquentées par plusieurs espèces de cétacés, n\u2019est pas membre de la CBI.A L E X A N D R E S H I E L D S L E D E V O I R "]
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