Le devoir, 3 octobre 2019, Cahier A
[" INDEX Avis légaux.B6 Culture .B1 Décès.B7 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B4 Monde .B7 Mots croisés.B4 Sports.B6 ACTUALITÉS Une première école au Michigan conçue pour éviter les tueries A 8 CULTURE Le Québec soutient la presse à hauteur de 50 millions par année en lui consentant des avantages fiscaux Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.ACTUALITÉS Les Autochtones accueillent la demande de pardon du Québec | A 3 MARCO FORTIER LE DEVOIR Un projet de loi visant à centraliser à Québec les achats de tous les organismes de l\u2019État soulève l\u2019indignation dans le milieu de l\u2019éducation, du préscolaire jusqu\u2019à l\u2019université.Les maisons d\u2019enseignement craignent de se faire dicter leurs besoins par des fonctionnaires éloignés des salles de classe et des laboratoires de recherche.Les 18 universités, 48 cégeps et 72 commissions scolaires s\u2019opposent à ce projet de loi qui les obligerait à faire des achats par le nouveau Centre d\u2019acquisitions gouvernementales (CAG), qui serait sous la responsabilité du Conseil du trésor.Cette initiative vise à augmenter la part des achats regroupés dans les organismes gouvernementaux, dans le but d\u2019économiser plusieurs dizaines de millions de dollars par année.Le projet permettrait au gouvernement d\u2019obliger les établissements d\u2019enseignement à faire certains achats de façon regroupée.Le Conseil du trésor pourrait même déterminer leurs besoins, notamment en matière de technologie, avec la création de l\u2019organisme Infrastructures technologiques Québec.« On est vraiment consternés, estomaqués, qu\u2019on aille dans cette direc- tion-là », dit Pierre Cossette, recteur de l\u2019Université de Sherbrooke et président du Bureau de coopération interuniver- sitaire (BCI), qui regroupe les universités québécoises.« Ça ne peut pas être des gens du Conseil du trésor, aussi bien intentionnés soient-ils, qui peuvent déterminer nos besoins dans les universités.Un jour, on va faire affaire avec des fonctionnaires qui vont appliquer en toute bonne foi le projet de loi devenu loi.Ce projet a un potentiel important de nuire à notre agilité et à notre imputabilité », ajoute le représentant des universités.Les établissements d\u2019enseignement de tous les niveaux achètent déjà une série de produits par le biais de regroupements : systèmes de téléphonie fixe et mobile, ordinateurs, tablettes, photocopieuses, fournitures de bureau, etc.Les écoles, collèges et universités ont cependant besoin de flexibilité pour acheter des produits et services qui répondent à leurs besoins \u2014 souvent à un moment bien précis: lors de la rentrée scolaire.« Objectif de collaboration » En entrevue avec Le Devoir, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, reconnaît que le projet lui donne le dernier mot pour déterminer les biens et services qui seraient obligatoirement RATIONALISATION Des économies, mais à quel prix ?Levée de boucliers du réseau de l\u2019éducation contre la volonté de Québec de centraliser les achats de tous les organismes d\u2019État PAULINE GRAVEL LE DEVOIR es bienfaits de l\u2019allaitement sur la santé du nouveau- né et celle de la mère sont connus depuis longtemps.Cette fois, un article scientifique publié dans le British Medical Journal souligne que l\u2019empreinte écologique de l\u2019allaitement est minime, voire nulle, comparativement à celle des préparations de lait maternisé dont la production contribue à la dégradation de l\u2019environnement et aux changements climatiques.ENVIRONNEMENT Allaiter son enfant, pour l\u2019amour de la planète GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Scheer au cœur des attaques Les positions sociales et environnementales du chef conservateur lui valent un tir groupé au débat de TVA VOL.CX NO 224 / LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM JACQUES NADEAU LE DEVOIR VOIR PAGE A 2 : ÉCONOMIES L VOIR PAGE A 4 : ALLAITER VOIR PAGE A 5 : DÉBAT Le premier débat des chefs aura souvent placé Andrew Scheer dans les câbles mercredi soir: que ce soit par rapport à ses positions sur des enjeux sociaux ou sur la question environnementale, il a essuyé de nombreux coups de la part de ses trois adversaires qui ont tenté de dépeindre le chef conservateur comme étant en porte-à- faux avec les valeurs québécoises.Questionné dès le début du débat présenté à TVA (un face-à-face qui n\u2019était pas terminé au moment d\u2019écrire ces lignes), M.Scheer a refusé d\u2019indiquer s\u2019il endossait le droit des femmes d\u2019interrompre une grossesse non désirée, comme le lui a demandé à répétition son adversaire libéral.« Tu te caches à chaque réponse », a lancé Justin Trudeau à son rival conservateur, qui a évité de dévoiler sa position personnelle sur la question, se limitant à dire que celle-ci était déjà connue.M.Scheer a répété la ligne qu\u2019il martèle depuis le début ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 L\u2019Université du Québec à Montréal et sa Faculté de science politique et de droit félicitent chaleureusement Me Jean-Pierre Ménard (LL.B., 1978), lauréat du Prix de la justice du Québec 2018.Ardent défenseur des droits des usagers du système de santé, Me Ménard est reconnu pour son engagement indéfectible à l\u2019endroit des personnes vulnérables ainsi que pour sa contribution remarquable à la promotion des droits des citoyens en matière de santé.L\u2019Université est ?ère de rendre hommage à ce diplômé et citoyen d\u2019exception qui a consacré sa carrière à la défense du bien commun.Félicitations à Me Jean-Pierre Ménard Lauréat du Prix de la justice du Québec 2018 Le milieu de l\u2019éducation a besoin de souplesse ÉCONOMIES SUITE DE LA PAGE A 1 achetés par un regroupement d\u2019établissements.Il dit cependant vouloir travailler en collaboration avec le réseau de l\u2019éducation.« Je ne suis vraiment pas dans un objectif d\u2019affrontement, je suis dans un objectif de collaboration, dit le ministre.Il est tout à fait normal que des gens se posent des questions.On aura amplement l\u2019occasion d\u2019écouter leur opinion en commission parlementaire.» Le but du projet de loi 37 est d\u2019augmenter de façon importante la proportion des biens et services du gouvernement acquis de façon regroupée.Christian Dubé estime qu\u2019à l\u2019heure actuelle, 15 % des achats sont regroupés dans le réseau de l\u2019éducation et de l\u2019enseignement supérieur.Il souhaite augmenter cette proportion à 50 %, comme dans le réseau de la santé, selon lui.Dans les universités, dans les cégeps et dans les commissions scolaires, on réplique que ce sont les établissements eux-mêmes \u2014 et les enseignants \u2014 qui peuvent déterminer les besoins dans les classes.Surtout que le gouvernement Legault parle de donner plus de pouvoirs aux établissements avec sa réforme qui abolit les commissions scolaires telles qu\u2019on les connaît.Occasion pour la Chine Par exemple, l\u2019Université de Sherbrooke achète régulièrement des meubles auprès de fournisseurs de l\u2019Estrie.C\u2019est une façon d\u2019encourager l\u2019économie locale, de réduire l\u2019empreinte carbone (en évitant de transporter les meubles sur de longues distances) et d\u2019acheter à bons prix des produits faits sur mesure, qui correspondent aux besoins de l\u2019établissement, souligne le recteur, Pierre Cossette.« Le projet de loi mènera sans doute à imposer d\u2019énormes fournisseurs.C\u2019est sûr que notre proportion de meubles chinois va augmenter.Je ne vois pas comment nos PME québécoises vont pouvoir se développer », dit-il.Autre exemple : 46 des 48 cégeps ont acheté des mannequins qui permettent de simuler des soins infirmiers.Les étudiants en inhalothérapie utilisent aussi des mannequins pour faire des simulations.Les cégeps ont acquis un modèle qui correspond exactement à leurs besoins grâce à Collecto, l\u2019organisme d\u2019achats regroupés créé il y a près de 30 ans par le réseau, explique Bernard Tremblay, président- directeur général de la Fédération des cégeps.« Tout le monde appuie l\u2019objectif de faire des économies et de regrouper les achats.Le problème, c\u2019est dans la manière.C\u2019est évident qu\u2019une mégastruc- ture comme celle qu\u2019ils veulent créer ne sera pas capable de livrer la marchandise.On a besoin de souplesse », dit-il.Le futur Centre d\u2019acquisitions gouvernementales (CAG) doit remplacer le Centre de services partagés du Québec (CSPQ), qui a connu des problèmes administratifs soulevés par le Vérificateur général.Le projet de loi prévoit que les employés des regroupements d\u2019achats du secteur de l\u2019éducation, y compris Collecto, iront rejoindre la fonction publique pour travailler au CAG.Pierre Cossette dit craindre la création d\u2019une aberration administrative comparable au système de paye Phénix à Ottawa.« Ils doivent commencer par régler le dossier avant de l\u2019imposer, dit- il.Au fédéral, ils ont tellement voulu centraliser.C\u2019est cette philosophie-là qui semble guider le gouvernement Legault.» ISABELLE PORTER MYLÈNE CRÊTE À QUÉBEC LE DEVOIR Le gouvernement fédéral ne portera pas en appel le jugement Beaudoin sur l\u2019aide médicale à mourir, a annoncé mercredi soir le chef libéral, Justin Trudeau, à l\u2019occasion de sa participation à un débat électoral à TVA.M.Trudeau a aussi indiqué qu\u2019un gouvernement libéral reverrait la loi fédérale sur l\u2019aide médicale à mourir dans les six mois suivant l\u2019élection.Dans sa décision, la juge Christine Beaudoin a déclaré inconstitutionnels certains des critères élaborés pour recevoir l\u2019aide médicale à mourir élaborés par le gouvernement québécois et le gouvernement fédéral.L\u2019aide médicale à mourir doit ainsi devenir accessible aux personnes qui éprouvent des souffrances graves et intolérables, qu\u2019elles soient physiques ou psychologiques, et ce, même si ces personnes ne sont pas en fin de vie comme le stipule la loi québécoise, ou que leur mort n\u2019est pas raisonnablement prévisible en vertu du critère fédéral.Le gouvernement Legault, qui songe à élargir l\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir, n\u2019a toujours pas fait savoir s\u2019il allait porter ce jugement en appel.L\u2019annonce de Justin Trudeau survient le jour même où la Commission sur les soins de fin de vie déposait son rapport annuel à l\u2019Assemblée nationale, déplorant notamment que les médecins spécialistes qui acceptent de pratiquer l\u2019aide à mourir sont trop peu nombreux au point de limiter l\u2019accès SOCIÉTÉ Ottawa ne contestera pas le jugement sur l\u2019aide médicale à mourir L\u2019AMA souffre du peu d\u2019intérêt des médecins spécialistes, note le comité de supervision au traitement à certains endroits.«La faible proportion de médecins spécialistes impliqués dans l\u2019aide médicale à mourir (AMM) inquiète la Commission», peut-on lire dans le rapport annuel de l\u2019organisme.Le nombre de médecins qui acceptent de pratiquer l\u2019AMM au Québec a augmenté de 31 % en 2018-2019 mais seulement 17 % d\u2019entre eux sont des médecins spécialistes (83 % sont des omnipraticiens).Cette situation compromet l\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir, particulièrement dans les hôpitaux universitaires où ils sont majoritaires, avance-t-on.De nombreux établissements ont de la difficulté à trouver des médecins lorsqu\u2019il y a des demandes, déplorent- ils dans leur rapport.Dès lors, pour plusieurs personnes en phase terminale, le délai est suffisamment long pour que la personne perde son aptitude à consentir aux soins, ne soit plus admissible ou qu\u2019elle décède avant de recevoir l\u2019AMM.Cela a pour effet que les médecins qui font de l\u2019AMM finissent par en administrer un grand nombre même s\u2019il s\u2019agit de patients qu\u2019ils ne connaissent pas.Or, selon les commissaires, il est préférable que l\u2019AMM soit administrée par un médecin qui a une relation avec le patient.«Moi, ce qui m\u2019importe, c\u2019est qu\u2019il y ait des ressources médicales en quantité suffisante pour prodiguer le soin parce que dans la loi, c\u2019est une obligation pour chaque établissement», a réagi le président-directeur général du Conseil pour la protection des malades Paul G.Brunet.Hausse du nombre d\u2019AMM Sur l\u2019ensemble des personnes qui ont demandé l\u2019AMM cette année, 65 % l\u2019ont reçue, ce qui correspond aux données de l\u2019an dernier.Les autres ne correspondaient pas aux critères (37%), sont décédés avant la fin de l\u2019évaluation de leur dossier (33%) ou ont retiré leur demande (19%).Par ailleurs, le nombre de personnes qui recourent à l\u2019AMM continue d\u2019augmenter au Québec, passant de 845 en 2017-2018 à 1279 cette année.C\u2019est l\u2019équivalent de 1,9 % de tous les décès survenus au cours de la même période.Le profil des personnes qui demandent l\u2019AMM a quant à lui peu changé.La très vaste majorité sont des personnes âgées de 60 ans et plus (88 %), ont le cancer (75 %) et on six mois ou moins à vivre (88%) et souffrent (89 %).Rappelons que la Commission a notamment pour rôle de veiller à ce que les demandes d\u2019AMM faites au Québec soient conformes à la loi.Ses 11 membres sont des spécialistes des domaines de l\u2019éthique et de la santé et ont tous été nommés par le gouvernement.À chaque fois qu\u2019ils prodiguent l\u2019aide à mourir, les médecins doivent remplir un formulaire et l\u2019en aviser.La Commission estime que 96 % des AMM prodiguées cette année étaient conformes.Dans les 13 cas où la loi n\u2019a pas été respectée, trois personnes n\u2019étaient pas atteintes d\u2019une maladie grave ou incurable et une n\u2019avait pas renouvelé sa carte d\u2019assurance maladie.Dans cinq cas, le second médecin consulté n\u2019a pas signé le formulaire au bon moment.Il est aussi arrivé que le médecin qui administre l\u2019AMM n\u2019ait évalué la personne qu\u2019une seule fois alors que la Loi exige des entretiens espacés dans le temps (2 cas).Dans un autre cas, la demande a été contresignée par une personne qui n\u2019était pas un professionnel de la santé et dans un autre, les deux médecins signataires avaient des liens familiaux.La croissance du nombre d\u2019AMM administrée est soutenue, passant de 845 à 1279 au cours de la dernière année Il est tout à fait normal que des gens se posent des questions.On aura amplement l\u2019occasion d\u2019écouter leur opinion en commission parlementaire.CHRISTIAN DUBÉ » ISTOCK 17 % C\u2019est le pourcentage d\u2019aide médicale à mourir qui a été administrée par des médecins spécialistes. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 F in 2002, un professeur d\u2019origine française fraîchement débarqué à l\u2019UQAM, Bertrand Jouve, avait observé avec fascination le combat inégal du ministre de la Santé de l\u2019époque, François Legault, contre la toute- puissante Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), dont les exigences salariales apparaissaient déjà démesurées.Dans une lettre publiée dans Le Devoir, il se disait frappé par le « silence assourdissant de la société civile » et « l\u2019impression d\u2019isolement du ministre ».« Le corps des médecins, en tant que groupe social, représente dans l\u2019imaginaire collectif, dans les représentations des Québécois, la dernière icône de la période historique connue sous l\u2019appellation de Grande Noirceur [\u2026] Ce qui se joue dans ce dossier, c\u2019est non seulement l\u2019issue du rapport de force entre un gouvernement et un groupe social organisé politiquement, mais, plus fondamentalement, la transformation de la société civile dans son rapport à qui a constitué un des symboles de l\u2019ordre politique et social que l\u2019on pensait révolu », écrivait-il.M.Legault n\u2019était ni le premier ni le dernier à goûter à la médecine de la FMSQ.Durant les années suivantes, plus particulièrement sous la présidence de Gaétan Barrette, cette dernière a continué à imposer ses volontés, non seulement en misant sur l\u2019aura qui entourait la profession médicale, mais aussi en exerçant un chantage à l\u2019exode qui n\u2019avait aucun fondement.Le retournement de l\u2019opinion publique s\u2019est fait graduellement, mais l\u2019austérité des années Couillard a marqué un tournant.Alors que l\u2019ensemble de la société faisait les frais des compressions budgétaires, les spécialistes exigeaient toujours plus, même si l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS) avait constaté dès 2016 qu\u2019ils gagnaient déjà depuis deux ans 15 % de plus que leurs confrères ontariens.En 2018, Claude Castonguay avait traduit le sentiment général en se disant révolté par la nouvelle entente intervenue entre la FMSQ et le gouvernement Couillard et par les « âneries » qu\u2019il proférait pour la justifier.Le père de l\u2019assurance maladie invitait les médecins spécialistes à conclure un nouveau « contrat social »\u2026 Le premier ministre Legault a raison de penser que les spécialistes ne bénéficieront pas de l\u2019appui de la population si son gouvernement décide de rouvrir l\u2019entente de 2018.Personne ne nie que la profession médicale est exigeante et que ceux qui l\u2019exercent doivent être rémunérés en conséquence, mais l\u2019avidité des spécialistes devient presque suicidaire.M.Legault a introduit dans le débat un élément qui n\u2019avait jamais été pris en compte dans les négociations précédentes, soit l\u2019écart de rémunération entre les autres professionnels de la santé et leurs vis-à-vis canadiens, qu\u2019il évalue à 9 %.La présidente de la FMSQ, Diane Francœur, s\u2019en offusque, mais on se demande bien pourquoi les médecins seraient les seuls à avoir droit à la parité.Il est vrai que M.Legault a lui-même ouvert les hostilités de façon brutale en évoquant le recours à une loi spéciale d\u2019ici la fin de l\u2019année.Même si les discussions semblent difficiles, ce genre d\u2019ultimatum n\u2019est sans doute pas de nature à améliorer les choses, mais cela signifie clairement que ces négociations se veulent différentes des précédentes.Même si la nouvelle étude comparative pancanadienne qui a été commandée à l\u2019ICIS n\u2019a pas encore été livrée, le premier ministre a déjà tiré ses conclusions.Il ne parle plus de récupérer un milliard par année, comme il prétendait le faire quand il était dans l\u2019opposition, mais un écart de 9 % avec la moyenne canadienne pourrait se traduire par une baisse de rémunération de l\u2019ordre de 20 %.À la veille d\u2019ouvrir les négociations pour le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public, le premier ministre a manifestement voulu envoyer un message clair : si certaines catégories d\u2019employés bénéficieront d\u2019un traitement de faveur, les médecins n\u2019en font pas partie.Une baisse importante de leur rémunération pourrait faire accepter plus facilement l\u2019augmentation limitée à l\u2019inflation qu\u2019il envisage d\u2019accorder à la grande majorité des employés de l\u2019État.Dès 2017, le regroupement Médecins québécois pour un régime public (MQRP) avait proposé un gel de la rémunération « pour mieux redistribuer ces sommes dans le système de santé et combler les besoins de la population de façon plus appropriée ».Cette voix est minoritaire au sein de la profession, mais elle devrait faire réfléchir.Bien sûr, les médecins ne manqueront jamais de patients, mais la perte de l\u2019estime sociale est incalculable.Quand l\u2019icône sera en miettes, ils ne devront s\u2019en prendre qu\u2019à eux-mêmes.L\u2019icône brisée MICHEL DAVID Le premier ministre François Legault salue les représentants des Premières Nations et des Inuits pendant que les autres parlementaires applaudissent à la suite du discours par lequel le Québec a présenté ses excuses aux Autochtones victimes de discrimination systémique.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Les excuses du premier ministre François Legault ont été accueillies avec circonspection mercredi par les représentants autochtones venus entendre sa déclaration à l\u2019Assemblée nationale.M.Legault a demandé pardon pour l\u2019échec de l\u2019État québécois envers les peuples autochtones, concrétisant ainsi la première recommandation inscrite dans le rapport de la commission Viens rendu public deux jours plus tôt.« Le rapport évoque des situations troublantes où des membres des nations autochtones sont victimes de discrimination.Ce constat évoque des sentiments douloureux », a-t-il déclaré en rappelant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question de « dignité humaine ».«Les femmes autochtones sont celles qui ont subi une large part des préjudices décrits dans le rapport de la Commission, a-t-il déclaré.L\u2019État québécois n\u2019en a pas fait assez et cette situation est indigne de la société québécoise.» « En conséquence, j\u2019offre aux membres des Premières Nations et aux Inuits du Québec les excuses les plus sincères de l\u2019ensemble de l\u2019État québécois.L\u2019État québécois a manqué à son devoir envers vous.Il vous demande aujourd\u2019hui pardon.» Le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (AQPNL), Ghislain Picard, a noté que des avocats du gouvernement du Québec contestaient le jour même devant un juge le droit à l\u2019autodétermination des Premières Nations dans une cause concernant le régime de retraite des Autochtones.« Appelons ça un malheureux hasard, que ça se fasse en même temps que le discours du premier ministre, a-t-il dit.Les excuses, c\u2019est une chose.C\u2019est quoi, les actions qui les suivent.» « On ne veut pas juste être consultés, on veut être partie prenante », a affirmé pour sa part la cheffe du Conseil de la nation anishnabe de Lac-Simon, Adrienne Jérôme.La conclusion du rapport Viens est brutale : les Premières Nations et les Inuits sont victimes de discrimination systémique dans leurs relations avec les cinq services publics analysés par les commissaires, soit les services policiers, judiciaires, correctionnels, les soins de santé et services sociaux et la protection de la jeunesse.Dans sa déclaration ministérielle livrée devant l\u2019ensemble des élus de l\u2019Assemblée nationale et une vingtaine de représentants des communautés autochtones et inuites, M.Legault a salué le courage des femmes autochtones de Val-d\u2019Or qui ont affirmé avoir subi des sévices de la part de policiers et dont le témoignage dans un reportage de l\u2019émission Enquête de Radio- Canada avait été l\u2019élément déclencheur de la commission.Elles sont considérées comme les grandes oubliées du rapport Viens.Le premier ministre a lu son discours tout en balayant du regard les leaders autochtones assis dans les tribunes du Salon bleu.Parmi eux, la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, et la commissaire de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues Michèle Audette.À la fin de son discours, les leaders autochtones se sont levés pour l\u2019applaudir, à l\u2019exception de quelques représentantes féminines, dont Viviane Michel.« On a soumis un plan d\u2019action pour la sécurité de nos femmes, donc il y a des manquements quand même dans le rapport de M.Viens, a-t-elle rappelé en mêlée de presse à sa sortie du Salon bleu.On veut encore aller plus loin et on va bouger encore plus parce que nos femmes doivent encore avoir la sécurité de la part d\u2019une entité policière.» Pas de « fatalité » Après « ces excuses nécessaires », François Legault a promis de « changer les choses ».Il a affirmé que son gouvernement allait étudier chacune des 142 recommandations de la commission Viens et « travailler de concert avec les communautés autochtones ».« Pour qu\u2019on réussisse, l\u2019État québécois doit absolument éviter d\u2019imposer des solutions », a-t-il déclaré.Il a pris soin de souligner la « responsabilité du gouvernement canadien ; pas pour nous décharger de la nôtre, mais pour en appeler à une collaboration de tous les instants ».Le premier ministre a dit vouloir terminer son discours sur une note d\u2019espoir.Il s\u2019est engagé à « réunir les conditions qui permettront aux communautés autochtones et aux Inuits du Québec de s\u2019épanouir », soulignant qu\u2019il n\u2019y avait pas « de fatalité » puisqu\u2019il y avait aussi « des réussites de cohabitation fructueuse entre nos nations respectives ».Les parlementaires ont ensuite applaudi les représentants autochtones, qui ont formé un cordon en se tenant la main.Chacun des chefs des partis d\u2019opposition a pris la parole à tour de rôle pour appeler le gouvernement à l\u2019action.« C\u2019est la faute de qui si les bottes de police ont écrasé le visage d\u2019une femme autochtone un soir d\u2019hiver à Val-d\u2019Or ?a demandé la co-porte- parole de Québec solidaire Manon Massé.C\u2019est la faute de qui si Xavier Moushoom a été trimballé dans une quinzaine de familles d\u2019accueil, s\u2019il en a perdu sa langue ?Bien, c\u2019est la faute du système.Notre système cultive l\u2019ignorance et repousse ce qu\u2019il ne comprend pas.Nous sommes tous et toutes, donc, responsables de ce monstre que le système a créé.» « Les excuses ne suffiront pas, a reconnu le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.Si nous sommes justes et honnêtes, nous donnerons une suite favorable et rapide à ces recommandations.» Le gouvernement devrait d\u2019abord soutenir les femmes et les filles autochtones et assurer « un accès universel et efficace aux services » publics.Seul le chef par intérim du Parti libéral, Pierre Arcand, a pris la peine de s\u2019adresser aux Premières Nations en anglais.« Nous avons la responsabilité collective de changer les choses », a-t- il dit, en soulignant que le rapport Viens devait « marquer un tournant dans nos relations avec les communautés autochtones ».Le fait que le discours du premier ministre Legault a été entièrement en français, alors que bon nombre de communautés autochtones s\u2019expriment en anglais, a choqué la grande cheffe de la nation algonquine anishihabeg, Verna Polson.«Ils disent qu\u2019ils veulent travailler avec les Premières Nations, alors il faut satisfaire à nos besoins, a-t-elle dit.Outre notre langue maternelle : il y a deux langues utilisées au Québec : le français et l\u2019anglais.» Avec Marco Bélair-Cirino RÉCONCILIATION Le Québec repentant La déclaration solennelle du premier ministre François Legault ne suffira pas à elle seule à cicatriser les blessures des Autochtones L\u2019État n\u2019a pas suffisamment cherché à comprendre, l\u2019État n\u2019a pas montré assez d\u2019ouverture, l\u2019État est trop souvent demeuré inflexible, l\u2019État a failli, nous avons failli PASCAL BÉRUBÉ » Le premier ministre Legault a raison de penser que les spécialistes ne bénéficieront pas de l\u2019appui de la population si son gouvernement décide de rouvrir l\u2019entente de 2018.Personne ne nie que la profession médicale est exigeante et que ceux qui l\u2019exercent doivent être rémunérés en conséquence, mais l\u2019avidité des spécialistes devient presque suicidaire.Pour amorcer cette réconciliation, l\u2019éducation nous apparaît être la meilleure arme afin de combattre les préjugés PIERRE ARCAND » Notre système cultive l\u2019ignorance et repousse ce qu\u2019il ne comprend pas MANON MASSÉ » LEDEVOIR // LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 Baisse de 28 % des GES à Montréal sur 25 ans Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont baissé de 28 % sur l\u2019île de Montréal entre 1990 et 2015, révèle un inventaire publié mercredi par la Ville de Montréal.Malgré la hausse de 21 % du nombre de véhicules en circulation depuis 25 ans, les émissions liées au transport n\u2019ont augmenté que de 2 %.La Ville attribue ce résultat à l\u2019efficacité accrue des véhicules et à l\u2019ajout obligatoire de biocarbu- rants dans l\u2019essence et le diesel depuis 2010.La baisse de la consommation de gaz naturel et de mazout, la réduction des activités industrielles et la fermeture d\u2019une raffinerie ont aussi contribué à la baisse des GES.Montréal s\u2019approche donc de son objectif d\u2019une diminution de 30 % des émissions de GES pour 2020.Le Devoir EN BREF THE OCEAN CLEANUP VIA ASSOCIATED PRESS LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR ÉLECTIONS 2019 Plaidoyer pour l\u2019abstention Avec son essai Nous n\u2019irons plus aux urnes, Francis Dupuis-Déri défend ceux qui ne votent pas Les citoyens qui délaissent les urnes seraient en fait plus engagés politiquement que certains exerçant leur droit de vote tous les quatre ans, d\u2019après Francis Dupuis-Déri, qui signe un essai se voulant un véritable plaidoyer pour l\u2019abstention.« Les abstentionnistes expriment et défendent leurs idées politiques, que ce soit dans des syndicats, dans des groupes de quartier, des groupes de gens, de militants anticapitalistes, antiracistes, écologistes, de femmes », lance-t-il en entrevue au Devoir.Contrairement au mythe qui veut que les abstentionnistes fassent preuve d\u2019apathie politique, ces derniers exercent selon lui plutôt leur réflexion ou leurs actions politiques en s\u2019impliquant davantage dans leur communauté, avance le professeur de science politique à l\u2019Université du Québec à Montréal.Après avoir d\u2019abord annulé son vote durant quelques élections, le spécialiste de l\u2019anarchisme rapporte avoir souvent été pris à partie par des proches quand il a décidé de tout simplement ne plus glisser son bulletin dans l\u2019urne.« Il y a une telle justification, une telle glorification pour justifier le vote qu\u2019il faut effectivement faire un peu de désordre pour expliquer pourquoi des gens sont raisonnables et rationnels lorsqu\u2019ils décident de s\u2019abstenir.» Il a donc entrepris d\u2019expliquer pourquoi certains, comme lui, boycottent les journées électorales.Mille raisons de s\u2019abstenir M.Dupuis-Déri relève que, tout comme lui, nombre d\u2019abstentionnistes considèrent que « le peuple est dépossédé de son pouvoir à travers les élections ».Ainsi, le fait de voter devient « faux, un mensonge, une illusion», car une minorité d\u2019élus décident pour une majorité de gens à leur place.Parmi les autres raisons invoquées par les abstentionnistes, l\u2019auteur observe également que des citoyens cessent de voter parce qu\u2019ils ne se reconnaissent dans aucun parti ou parce qu\u2019ils considèrent que soit « les politiciens sont un peu tous pareils, soit ils se préoccupent avant tout de leur propre carrière.Ils ne respectent pas leurs pro- Le professeur de science politique à l\u2019UQAM se spécialise dans l\u2019étude de mouvements sociaux, dont l\u2019anarchisme.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR messes ».Plusieurs de ces personnes désillusionnées du système parlementaire trouvent selon lui « ridicule » de continuer de voter « pour le moins pire des partis par défaut, en se bouchant le nez ».En cherchant à dresser le portrait de ceux qui ne votent pas, l\u2019auteur a aussi constaté qu\u2019ils sont souvent issus des couches sociales les plus pauvres, sont des femmes ou des Autochtones.« Au Québec, par exemple, les Mohawks de Kanesatake ont le plus haut taux d\u2019abstention, 98,4 %, aux élections [provinciales] de 2014.C\u2019est presque 100 % d\u2019abstentionnistes.» La très faible participation électorale des Autochtones un peu partout dans le monde s\u2019explique par le fait que ces peuples ne se reconnaissent pas dans le système associé à un « État colonial » qui n\u2019est pas le leur, ajoute-t-il.Une réforme qui ne change rien La semaine dernière, la Coalition avenir Québec a annoncé qu\u2019elle va demander par référendum aux Québécois de lui donner le feu vert pour l\u2019instauration d\u2019un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales.Une proposition que M.Du- puis-Déri qualifie d\u2019« aristocratie élective », qui revient à porter une élite issue des classes sociales moyennes et supérieures au pouvoir, qui gouverne en étant élue par une minorité de l\u2019électorat.Il concède toutefois que ce système réformé serait « plus équilibré » que le scrutin uninominal majoritaire à un tour, actuellement utilisé au Québec et au Canada.S\u2019il n\u2019en tenait qu\u2019à lui, cependant, il n\u2019y aurait pas de Parlement au Québec.Il plaide pour une société où les communautés seraient gérées de manière décentralisée, où les décisions seraient prises de manière autonome dans des assemblées générales.« Pas du tout dans des termes supercentralisés, super- hiérarchisés avec quelqu\u2019un qui prend des décisions pour sept millions de personnes au Québec et pour 35 millions de personnes au Canada», signale-t-il.Pour Francis Dupuis-Déri, la démocratie existe quand un peuple peut se gouverner directement.Il estime que les parlementaires ont « usurpé » le mot «démocratie» pour «justifier l\u2019usurpation du pouvoir du peuple».«Le fait que tous les partis qui promettent de réformer le mode de scrutin renient leur promesse une fois au pouvoir démontre très clairement que les parlementaires sont avant tout obsédés par le pouvoir et les avantages qu\u2019ils en retirent», lâche-t-il.En 2022, il reviendra cependant aux Québécois de décider s\u2019ils souhaitent changer le mode de scrutin\u2026 en allant aux urnes.Nous n\u2019irons plus aux urnes Francis Dupuis-Déri, Lux éditeur, Montréal, 2019, 192 pages L\u2019allaitement, un choix écologique ALLAITER SUITE DE LA PAGE A 1 Selon cet article signé par la Dre Natalie Shenker de l\u2019Imperial College London et ses collègues, allaiter au sein un nouveau-né pendant les six premiers mois de sa vie préviendrait la production de 95 à 153 kg de CO2 provoquée par l\u2019utilisation de lait maternisé.Inciter et aider les femmes britanniques à allaiter permettrait de réduire les émissions de carbone qu\u2019induisent entre 50 000 et 77 500 voitures par année.Les auteurs soulignent que la plupart des préparations de lait maternisé pour nourrissons sont constituées à base de lait de vache, et que l\u2019élevage de bovins dégage du méthane, un gaz à effet de serre (GES) qui piège 30 fois plus puissamment la chaleur dans l\u2019atmosphère terrestre que le dioxyde de carbone.« L\u2019industrie alimentaire, particulièrement la production laitière et de viande, est responsable de près de 30 % des GES générés sur la planète », rap- pellent-ils.Les chercheurs précisent aussi que la production d\u2019un kilogramme de poudre de lait de vache nécessite 4700 litres d\u2019eau.De plus, comme la poudre de lait de vache seule n\u2019est pas suffisante pour le développement optimal du bébé, cette poudre est enrichie par l\u2019ajout d\u2019huiles de tournesol, de colza, de coco et de palme, d\u2019huiles fongiques, de poissons et d\u2019algues, ainsi que de minéraux et de vitamines.« Bien qu\u2019il ne soit pas clair que ces suppléments sont vraiment appropriés du point de vue nutritionnel et du développement, leur production a par contre un effet indéniable sur l\u2019environnement », soulignent-ils.Qui plus est, les chercheurs ajoutent que, pour préparer un biberon de lait maternisé de façon sécuritaire, on doit dissoudre la poudre dans de l\u2019eau ayant été chauffée au minimum à 70° C.La dépense d\u2019énergie requise pour faire bouillir l\u2019eau nécessaire à la préparation du lait pour nourrir un bébé pendant une année entière correspond à celle pouvant servir à la recharge de 200 millions de téléphones intelligents, chaque année.Les auteurs relatent par ailleurs une étude ayant montré qu\u2019en 2009, 550 millions de conserves de lait maternisé, ce qui correspond à 86 000 tonnes de métal et à 364 000 tonnes de papier, étaient déversées dans les sites d\u2019enfouissement chaque année.Et ils affirment que l\u2019industrie des préparations pour nourrissons a plus que doublé depuis 2009.Peu d\u2019allaitement maternel Actuellement, seulement 40 à 50 usines de transformation de lait maternisé existent à travers le monde et produisent environ 3,8 millions de tonnes de préparations lactées pour nourrissons chaque année.Le transport des ingrédients de base jusqu\u2019à ces usines et celui des produits finis jusqu\u2019aux consommateurs partout dans le monde constituent une autre source importante d\u2019émission de GES, écrivent les chercheurs.Par contre, « l\u2019allaitement maternel requiert peu de ressources et produit très peu, voire aucun déchet ».Qui plus est, il améliore « la santé de la mère et des enfants qui, de ce fait, ont moins recours aux services de soins de santé », font remarquer les auteurs de l\u2019article.Selon ces derniers, l\u2019importante empreinte écologique des préparations de lait maternisé constitue un argument supplémentaire pour encourager les femmes à allaiter et pour leur venir en aide quand elles éprouvent des difficultés à le faire.Car l\u2019allaitement maternel n\u2019est encore aujourd\u2019hui pas adopté aussi souvent que le recom- La réouverture du Biodôme est retardée L\u2019ouverture du Biodôme de Montréal a été repoussée au printemps 2020.L\u2019institution, qui fait l\u2019objet de rénovations majeures depuis deux ans, devait rouvrir ses portes cette année.L\u2019entrepreneur a cependant fait face à plusieurs embûches, dont des difficultés d\u2019approvisionnement et une pénurie de main- d\u2019œuvre spécialisée.Le public devra donc attendre quelques mois supplémentaires avant de visiter les lieux.Selon Espace pour la vie, le nouvel échéancier n\u2019a pas de répercussions sur le bien-être des animaux qui ont été déplacés temporairement dans d\u2019autres parcs zoologiques au début du chantier.Le Devoir Ocean Cleanup récolte enfin du plastique Le système imaginé par l\u2019organisation The Ocean Cleanup semble finalement en mesure de récolter des débris à la dérive au cœur du «continent de plastique» de l\u2019océan Pacifique.Selon ce qu\u2019a annoncé mercredi le jeune Néerlandais à l\u2019origine du projet, Boyan Slat, le prototype de barrière flottante aurait récolté ses premiers débris divers, après avoir connu des ratés majeurs à la suite de sa mise à l\u2019eau, à la fin de l\u2019an denier.L\u2019organisation, qui a suscité espoir et scepticisme avec son projet de «nettoyage» du Pacifique Nord, a d\u2019ailleurs publié des photos montrant une récolte de filets de pêche, de divers objets en plastique et même d\u2019un pneu.Selon ce qu\u2019a précisé le porte-parole Niels Broe- khof au Devoir, «le Système 001 permet effectivement de ramasser du plastique, mais surtout dans le cadre de nouveaux tests.L\u2019équipe travaille actuellement à des ajustements nécessaires pour le rendre pleinement fonctionnel».Le Devoir Les absten - tionnistes expriment et défendent leurs idées politiques FRANCIS DUPUIS-DÉRI » mande l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), puisque seulement 40 % des 141 millions de bébés qui naissent annuellement sont allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie.Le Canada et le Québec font aussi piètre figure en la matière.Selon les plus récentes données disponibles sur le taux d\u2019allaitement au pays qui datent de 2011-2012, seulement 26 % des Canadiennes ont pratiqué l\u2019allaitement exclusif pendant six mois, et aussi peu que 19 % des Québécoises l\u2019ont fait.Selon le pédiatre Jack Newman, de Toronto, spécialiste de l\u2019allaitement maternel depuis 1984, ces taux n\u2019ont probablement pas augmenté depuis 2012 et demeurent représentatifs de la situation actuelle.Pourtant, « le lait maternel et le lait maternisé, ce n\u2019est pas du tout la même chose.Ils ont peut-être la même couleur blanche et sont tous les deux liquides, mais les ressemblances s\u2019arrêtent là.Tous les additifs qu\u2019on ajoute au lait de vache dans le lait maternisé n\u2019ont pas d\u2019importance », déclare-t-il.Ce manque d\u2019adhésion à l\u2019allaitement s\u2019explique en grande partie par le fait que « la majorité des médecins n\u2019ont jamais appris ce qu\u2019il faut savoir pour aider les mères à réussir leur allaitement.Et dans la plupart des hôpitaux, on ne donne pas aux mères les bonnes informations qui leur permettraient d\u2019allaiter adéquatement leur bébé.Par exemple, on leur dit qu\u2019il est normal que leurs mamelons soient douloureux, alors que ce n\u2019est pas vrai, et qu\u2019il faut soigner ce problème le plus tôt possible à l\u2019hôpital avant que ça devienne trop difficile.De plus, les médecins décident souvent à tort de donner des suppléments aux bébés qui semblent avoir perdu un peu de poids, et ce, sans avoir observé si les bébés tètent bien ou non au sein », affirme le Dr Newman qui insiste sur l\u2019importance de « traiter les problèmes d\u2019allaitement dès la première semaine après la naissance ou au plus tard durant la deuxième semaine.Sinon, ce sera probablement impossible de continuer d\u2019allaiter.» 95 kg C\u2019est la borne inférieure de l\u2019estimation des émissions de GES associées à six mois de préparation de lait maternisé, selon les auteurs de l\u2019étude. A 5 LEDEVOIR // LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 ÉLECTIONS Le PCC veut fermer le robinet aux eaux usées non traitées Un gouvernement conservateur travaillerait avec les provinces et les municipalités pour empêcher le rejet d\u2019eaux usées non traitées dans les cours d\u2019eau.« Nos cours d\u2019eau ne devraient pas servir de décharges toxiques, et nous avons la responsabilité de protéger ces biens naturels vitaux pour les futures générations », a annoncé le lieutenant québécois du parti, Alain Rayes.Environnement Canada estime que de 2013 à 2017, plus de mille milliards de litres d\u2019eaux usées non traitées ont fui ou ont été volontairement rejetés dans les cours d\u2019eau du pays.Les conservateurs montrent du doigt les infrastructures inadéquates, affirmant que le gouvernement libéral n\u2019a pas libéré les fonds requis pour soutenir des projets en ce sens.Ils ne donnent toutefois pas de précisions sur la manière dont ils mettraient fin au déversement des eaux usées.La Presse canadienne EN BREF La députée Eva Nassif PHOTO PARTI LIBÉRAL DU CANADA LA PRESSE CANADIENNE Le Bloc québécois ne propose pas de retour à l\u2019équilibre budgétaire, mais estime pouvoir contrôler les déficits du gouvernement fédéral avec de nouvelles sources de revenus.Le parti a dévoilé mercredi le cadre financier de sa plateforme électorale, alors que le chef Yves-François Blanchet se préparait à son premier débat électoral en français en soirée.« C\u2019est un plan qui respecte l\u2019expertise et les champs de compétence de Québec, tout en correspondant à ses besoins réels », a déclaré M.Blanchet dans un communiqué.Le Bloc limiterait les déficits grâce à de nouveaux revenus Le cadre financier de sa plateforme électorale prévoit des pertes de 12 à 18 milliards par année Un tir groupé DÉBAT SUITE DE LA PAGE A 1 de la campagne, à savoir que l\u2019accès à l\u2019avortement n\u2019avait pas changé sous le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper et qu\u2019il en resterait de même sous son leadership.« C\u2019est normal d\u2019avoir différentes perspectives sur les enjeux sociaux parce qu\u2019il y a des perspectives différentes dans la population canadienne.[\u2026] Rien ne va changer sur l\u2019accès.» Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a pour sa part répété qu\u2019il était en faveur du droit à l\u2019avortement et des droits des communautés LGBTQ.Le chef blo- quiste, Yves-François Blanchet, a alors pris l\u2019engagement de se montrer impitoyable sur la question de l\u2019avortement.« Un député qui souhaiterait déposer un projet de loi pour limiter le droit des femmes à disposer de leur propre corps serait exclu du caucus immédiatement.Il n\u2019y aura aucun compromis sur ce sujet.» M.Trudeau en a conclu que M.Scheer n\u2019était pas en phase avec les Québécois.« On est en train de voir Un site pour aider les Canadiens à détecter les fausses nouvelles TORONTO \u2014 La Fondation pour le journalisme canadien (FJC) met un site Web à la disposition des citoyens pour les aider à détecter les fausses informations.L\u2019organisme sans but lucratif dit s\u2019être basé sur des sondages récents qui constatent que les Canadiens sont régulièrement exposés à de la désinformation, mais qu\u2019ils ont rarement les connaissances pour les flairer.Le site, qui s\u2019intitule «Vous doutez?», ou «Doubt it?» en anglais, contient notamment un test et des messages de la part de personnalités issues des médias.Des sondages ont révélé que 90% des Canadiens s\u2019étaient déjà fait prendre par une fausse nouvelle.La Presse canadienne La garde rapprochée d\u2019Eva Nassif écartée à son tour par le PLC OTTAWA \u2014 Dimanche, le Parti libéral du Canada (PLC) a démis de leurs fonctions le président et l\u2019agent financier de l\u2019association libérale fédérale de la circonscription de Vimy, récupérant ainsi plus de 75 000 $ pour la campagne de la candidate parachutée dans la circonscription lavalloise.Furieux de voir la députée Eva Nassif écartée, l\u2019exécutif de l\u2019association n\u2019avait pas transféré l\u2019argent à la campagne d\u2019Annie Koutrakis.Mme Koutra- kis avait dû se tourner vers la maison mère pour payer ses pancartes.Elle avait aussi négocié avec le propriétaire de son local de campagne pour payer son loyer en retard.Celui qui a perdu son rôle de président d\u2019association se montrait amer, mercredi, devant l\u2019issue de cette affaire.Giuseppe Margiotta, militant libéral depuis presque 10 ans, assure qu\u2019il ne votera pas pour le PLC cette fois.Il croit qu\u2019ils seront plusieurs à l\u2019imiter, froissés par le traitement qu\u2019a subi la députée sortante.Mme Nassif s\u2019attendait à ce que le parti autorise sa candidature pour 2019.Elle avait remporté 46 % des votes en 2015.La Presse canadienne qu\u2019on est trois [partis] alignés sur les valeurs des Québécois et on a un quatrième, un Parti conservateur qui n\u2019est pas aligné, ni avec les droits des femmes, ni le droit des LGBTQ.» Aide médicale à mourir Sur la question de l\u2019aide médicale à mourir, le chef libéral a indiqué qu\u2019il ne porterait pas en appel le récent jugement invalidant les dispositions actuelles limitant l\u2019accès de cette aide aux seules personnes en fin de vie.« On va prendre des étapes, oui, pour changer la loi parce qu\u2019on comprend que la société évolue », a répondu M.Trudeau.« Oui, nous allons réviser la loi au cours des prochains six mois.Nous n\u2019irons pas en appel.» Le chef conservateur, lui, a indiqué qu\u2019il ferait tout le contraire et porterait la cause jusqu\u2019en Cour suprême.« Je crois que c\u2019est mieux d\u2019avoir une décision finale pour donner au Parlement le cadre à l\u2019intérieur duquel légiférer.Il faut en appeler de cette décision.» M.Singh et M.Blanchet, eux, ont indiqué qu\u2019ils désiraient que la loi soit assouplie.Sur la laïcité, M.Blanchet s\u2019en est pris à M.Trudeau après que celui-ci a indiqué que « la grande menace qu\u2019on voit à la laïcité de l\u2019État, c\u2019est justement les groupes d\u2019extrême droite qui poussent un agenda anti-femmes, anti-avorte- ment, anti-LGBT ».« Considérez- vous, a demandé le chef bloquiste, que 70 % des Québécois qui appuient cette loi ont une quelconque sympathie pour les groupes d\u2019extrême droite ?» Pipelines Le thème environnemental a lui aussi mis M.Scheer en porte-à-faux avec ses trois adversaires, même si Justin Trudeau a aussi eu droit à sa part de critiques.Jagmeet Singh a rapidement soutenu que le chef conservateur « ne comprend pas » le message porté par les jeunes manifestants réunis la semaine dernière par la marche pour le climat.« Vous allez imposer un pipeline au Québec, ce n\u2019est pas acceptable », a-t-il dit, en faisant référence au projet de corridor énergétique des conservateurs.Andrew Scheer a fait valoir que le corridor énergétique permettrait à Hy- dro-Québec d\u2019exporter son hydroélec- tricité.M.Scheer a rappelé « que le véhicule le plus vendu au Québec est le F150 [une camionnette].Les Québécois vont continuer à acheter du pétrole, et je préfère que ce soit le pétrole de chez nous que des États-Unis.» Globalement, Andrew Scheer estime que « ce sera meilleur pour la planète si le Canada peut réduire ses émissions de GES dans un contexte global ».Sur ce thème, Justin Trudeau a également été placé sur la défensive.« Com- prenez-vous que les électeurs [qui ont voté pour le programme vert des libéraux en 2015] se sentent trahis » par la décision d\u2019acheter le pipeline Trans Mountain ?, a demandé l\u2019animateur Pierre Bruneau au chef libéral.« Je comprends tout à fait, a reconnu M.Trudeau.C\u2019était une décision difficile.Mais le fait d\u2019avoir acheté ce pipeline nous permettra de réinvestir tous les profits » pour favoriser la transition énergétique, a-t-il soutenu.« Vous êtes un hypocrite sur la question environnementale », a lancé Andrew Scheer à Justin Trudeau.En défendant son bilan, celui-ci a, à plusieurs reprises, soulevé le fait que « ce sont les gouvernements provinciaux conservateurs qui essaient de bloquer » la lutte contre la pollution.« Ce n\u2019est pas Andrew Scheer qui va lutter contre les pétrolières.» Quant à lui, Yves-François Blanchet a soutenu que son expérience comme ministre de l\u2019Environnement dans le gouvernement Marois lui a fait comprendre qu\u2019il ne veut plus « jouer dans le film de prendre de l\u2019argent du pétrole pour essayer de réparer les dommages du pétrole », une allusion au projet d\u2019exploration pétrolière à Anticosti.La drogue ?Pas tout de suite Sur la question de savoir si les partis étaient ouverts à décriminaliser toutes les drogues afin de combattre la crise des opioïdes, M.Trudeau a par ailleurs eu une réponse surprenante : « Pas tout de suite », a-t-il dit.Le chef conservateur, Andrew Scheer, s\u2019en est emparé, y voyant la confirmation de ce qu\u2019il soupçonne depuis des mois.« \u201cPas tout de suite.\u201d C\u2019est votre agenda.» En réponse à cela, le chef libéral a reproché à M.Scheer de ne pas croire à l\u2019utilité des sites d\u2019injections supervisées.« Vous refusez la science qui dit qu\u2019on peut sauver des vies.» M.Scheer a répliqué qu\u2019il en allait de la consultation des citoyens.« Vous ignorez les inquiétudes des gens des communautés quand le gouvernement impose un site d\u2019injection supervisée.Les familles, les mères, les pères veulent faire entendre leur voix.Avec votre système, il y a aucune opportunité pour les inquiétudes d\u2019être considérées.» Le Bloc propose des déficits stables oscillant entre 12 milliards et 18 milliards chaque année, mais prévoit à terme que le déficit sera de 5,5 milliards de moins que le solde budgétaire du Directeur parlementaire du budget.Vendre Trans Mountain Le cadre financier du Bloc engage 54 milliards en nouvelles dépenses sur quatre ans, dont la part du lion (17 milliards) revient à une hausse des transferts en santé et en éducation et services sociaux.Le parti propose d\u2019augmenter le Trans - fert canadien en matière de santé et le Transfert pour les programmes sociaux et l\u2019éducation postsecondaire de 6 % par année, comme le Québec le demande depuis des années.Il veut aussi augmenter le pouvoir d\u2019achat des aînés par une hausse de la pension de la Sécurité de la vieillesse \u2014 une mesure qui coûterait 16 milliards sur quatre ans.Le Bloc veut également investir 11 milliards sur quatre ans pour accélérer le virage vers l\u2019économie verte et les secteurs de pointe \u2014 comme une politique de l\u2019aérospatiale, l\u2019électrification des transports et les carburants verts.Pour payer ces promesses, le parti pense être capable d\u2019aller chercher 59 milliards de nouveaux revenus pour l\u2019État en quatre ans.Cet argent serait récolté en mettant fin à l\u2019utilisation légale de l\u2019évitement fiscal (23 milliards), en luttant contre l\u2019évasion fiscale à l\u2019international (11 milliards), en vendant le pipeline Trans Mountain (9 milliards) et en imposant les géants du Web (5 milliards).Le Bloc estime aussi pouvoir faire des gains de quelque 5 milliards avec sa « péréquation verte », qui viendrait récompenser les provinces qui en font plus pour combattre les changements climatiques \u2014 comme le Québec.Vous êtes un hypocrite sur la question environnementale ANDREW SCHEER S\u2019ADRESSANT À JUSTIN TRUDEAU » Le chef conservateur, Andrew Scheer (à gauche), a dû essuyer plus d\u2019attaques que le premier ministre libéral, Justin Trudeau.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le chef du NPD, Jagmeet Singh, et son homologue du Bloc québécois, Yves-François Blanchet JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin rançois Legault a rempli la première des recommandations du rapport de la Commission d\u2019enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics \u2014 recommandations que son président, le juge à la retraite Jacques Viens, désigne sous le vocable d\u2019« appels à l\u2019action ».À l\u2019Assemblée nationale, en présence de chefs autochtones, le premier ministre a présenté aux Premières Nations et aux Inuits du Québec les excuses de l\u2019ensemble de l\u2019État québécois, un État qui « a manqué à son devoir envers vous ».Il en reste 141 autres.Mise sur pied par le gouvernement Couillard à la suite des reportages sur des femmes autochtones qui témoignaient des sévices que leur ont infligés des policiers de la Sûreté du Québec à Val-d\u2019Or, la commission Viens s\u2019est penchée non seulement sur la police, la justice et les services correctionnels, mais aussi sur les services de santé et de services sociaux ainsi que sur la protection de la jeunesse.Pour son président, il est impossible de nier que les membres des Premières Nations et les Inuits, dans leurs rapports avec ces services publics, sont victimes de discrimination systémique.Dans ses structures et ses pratiques, dans les lois, souvent, qu\u2019il applique, l\u2019État québécois fait montre d\u2019« une absence de sensibilité évidente aux réalités sociales, géographiques et culturelles des peuples autochtones », ce qui entache la qualité des services publics qu\u2019ils reçoivent et qui les prive parfois de ces services.C\u2019est la dignité de ces gens qui est atteinte, fait observer Jacques Viens, parce qu\u2019ils « sont maintenus dans des conditions de vie déplorables, en marge de leurs propres référents culturels ».C\u2019est un des constats centraux du rapport : cette absence de sensibilité, qui conduit à cette discrimination systémique, « trouve sa source dans la méconnaissance généralisée qu\u2019entretient la population à l\u2019égard des peuples autochtones », méconnaissance qui nourrit les préjugés et les stéréotypes, qui dresse un « mur d\u2019incompréhension » entre les membres des Premières Nations et les prestataires de services publics.De ces 142 recommandations, certaines sont très précises et pratiques, d\u2019autres sont de nature politique.Certaines exigent de l\u2019État qu\u2019il délie les cordons de sa bourse, plusieurs engagent le gouvernement fédéral, le premier responsable, à nos yeux, de la situation peu enviable de ceux qu\u2019il appelle « les Indiens » dans sa loi archaïque mais toujours en vigueur.Dans l\u2019esprit des conventions que le Québec a conclues avec les Cris, les Inuits et les Naskapies \u2014 Convention de la Baie-James et la Paix des Braves, entre autres \u2014, le gouvernement caquiste doit signer la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, comme le lui recommande Jacques Viens.L\u2019ancien juge y va d\u2019une autre suggestion fort judicieuse, soit celle de confier au Protecteur du citoyen, un organisme indépendant du gouvernement, le mandat d\u2019assurer le suivi de la mise en œuvre de ses « appels à l\u2019action ».Dans sa déclaration qui suivait celle du premier ministre à l\u2019Assemblée nationale, Manon Massé soulignait que, si les Autochtones connaissaient les Québécois, l\u2019inverse n\u2019était pas vrai.Elle invitait le peuple québécois « à prendre la main maintes fois tendue des peuples qu\u2019on côtoie depuis des siècles sans les connaître, à accepter d\u2019apprendre non par pitié, mais par plaisir et curiosité ».La députée solidaire a cent fois raison.C\u2019est d\u2019autant plus vrai qu\u2019un mouvement d\u2019affirmation culturelle et économique, comme le souligne Jacques Viens, s\u2019est mis en marche chez les Premières Nations, un mouvement d\u2019émancipation que la nation québécoise doit reconnaître et appuyer.Texte collectif* Le besoin de réduire à la source et le respect du choix de ne pas recevoir de circulaires font consensus parmi les partisans et les opposants du Pu- blisac.Or le système actuel permet d\u2019atteindre ces objectifs.Lorsque des citoyens exercent leur option de retrait, ou «opt-out», les quantités de circulaires à imprimer et de sacs à produire sont réduites en conséquence.Ni les annonceurs, ni les éditeurs, ni les distributeurs n\u2019ont intérêt à produire ce dont des gens ne veulent pas, tant d\u2019un point de vue économique que sur le plan environnemental.La Ville de Montréal tiendra au- jourd\u2019hui, le 3 octobre, une séance d\u2019information en prévision de la consultation publique sur le contrôle des circulaires, à la suite d\u2019une pétition du mouvement montréalais An- tipublisac.Celui-ci demande qu\u2019une circulaire ne puisse être distribuée que si le résident l\u2019accepte en affichant un logo à cet effet, ce que l\u2019on appelle l\u2019option d\u2019adhésion, ou «opt- in».Selon l\u2019étude de WSP commandée par la Ville de Montréal, l\u2019option d\u2019adhésion n\u2019existe nulle part ailleurs, l\u2019option de retrait étant la méthode habituelle.L\u2019option de retrait est facile à exercer, par une demande au service à la clientèle de Publisac de recevoir un pictogramme rouge à afficher.Une mise en place de l\u2019option d\u2019adhésion à Montréal signifierait la fin du Publisac au Québec puisque TC Transcontinental, propriétaire du Publisac, a indiqué que celle-ci n\u2019est pas viable à cause de la complexité et des coûts prohibitifs de la gestion d\u2019un système d\u2019abonnement de plus de trois millions de portes au Québec.La Commission de la Ville de Montréal devra choisir entre recommander le maintien de l\u2019option de retrait, avec de possibles améliorations, et recommander l\u2019option d\u2019adhésion.Le opt-in signifierait aussi la mise en péril des hebdos, déjà touchés par la crise des médias, et d\u2018une information locale de qualité, primordiale pour notre démocratie.Cela mènerait aussi à une perte d\u2019économies pour les ménages, étant donné que 87,1 % de ceux qui reçoivent des circulaires les consultent, selon le sondage de SEGMA Recherche commandé par Montréal.Enfin, on verrait disparaître le principal outil promotionnel des commerçants locaux face à la concurrence des géants de la vente en ligne, un appauvrissement de la vie de quartier, la perte de milliers d\u2019emplois directs et indirects, y compris de journalistes, et une atteinte à la liberté commerciale et au droit du public à l\u2019information.La seconde demande d\u2019Antipu- blisac est de « remplacer tout sac de plastique pour circulaires par un emballage qui n\u2019a pas à être séparé du contenu pour être recyclé ».Le plastique constitue certes une préoccupation environnementale que nous partageons.Ce sac demeure cependant la meilleure solution pour protéger les imprimés des intempéries.Le Publisac représente de plus une occasion de faire un pas important vers l\u2019économie circulaire du plastique, comme le Québec s\u2019est rallié par le passé pour créer une économie circulaire du papier.Soulignons que TC Transcontinental a fait des avancées impressionnantes à ce chapitre.Un nouveau sac fabriqué ici, au Québec, à 100 % de plastique recyclé, et toujours 100% recyclable, a été lancé à Montréal en septembre.Il sera déployé en octobre dans la CMM, puis partout au Québec d\u2019ici la fin de l\u2019année.Des tests sont en cours, en partenariat avec la Ville de Montréal, de sacs s\u2019ouvrant sous pression dans le camion de collecte, afin de contrer le problème du recyclage d\u2019un produit combinant plastique et papier.De plus, l\u2019entreprise teste ce mois-ci à Montréal le déploiement de jaquettes en papier pour des distributions intérieures.Nul besoin de poser un geste nuisible aux hebdos, aux commerçants, aux consommateurs et à l\u2019emploi.Laissons plutôt les citoyens décider de l\u2019avenir du Pu- blisac par leur utilisation des heb- dos et des circulaires, et le recours au libre choix de ne pas les recevoir si telle est leur volonté.*Pierre-Alexandre Blouin, président- directeur général, Association des détaillants en alimentation du Québec, Benoit Chartier, président du conseil, Hebdos Québec, Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction, Conseil du patronat du Québec, Stéphane Forget, président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec, Carole Hochu, présidente et chef de la direction, Association canadienne de l\u2019industrie des plastiques, Denis Lebel, président- directeur général du Conseil de l\u2019industrie forestière du Québec, et Andrew Mulé, vice-président et directeur général, Métro Média Changements climatiques: les faits sont là Nombreuses sont les personnes qui affirment ne pas croire aux changements climatiques.Or les changements climatiques ne sont pas un objet de croyance.La croyance est une adhésion à une représentation du monde subjectivement recevable, mais objectivement insatisfaisante et donc insuffisante.Il appert que l\u2019affirmation qu\u2019il y a effectivement des changements climatiques repose sur l\u2019observation du monde réel et sur des faits mesurables et non sur une quelconque représentation du monde qui relève plus d\u2019une vue de l\u2019esprit que d\u2019une véritable adhésion à la réalité.Dans cette perspective, il est primordial de se poser la question suivante: qu\u2019est-ce qui amène des gens à affirmer qu\u2019ils ne croient pas aux changements climatiques?Les raisons sont certainement diverses, mais il est essentiel de se pencher sur l\u2019une d\u2019entre elles: nier la réalité par refus de perdre ses privilèges, car les transformations profondes nécessaires pour faire face au défi que représentent les changements climatiques remettent nécessairement en question les privilèges des mieux nantis et des dominants, mais aussi de notre vie.Nous avons individuellement et collectivement à repenser l\u2019économie de fond en comble, à dé- construire et à se délester des dogmes économiques, telle la croissance illimitée, à remettre en question la trinité surproduction- surconsommation-surexploitation, à remettre en question notre sacro- saint mode de vie et notre relation à N\u2019éliminons pas le Publisac LIBRE OPINION LETTRE L\u2019ÉTAT ET LES AUTOCHTONES Agir COMMISSIONS SCOLAIRES L\u2019école à 10 vitesses ?emaine costaude en éducation : le hasard a voulu que le dévoilement du projet de transformation des commissions scolaires du gouvernement Legault suive la publication d\u2019un troublant rapport accusant le système scolaire québécois d\u2019être le plus inéquitable au pays et de fonctionner à trois vitesses au moins.Or, en remettant l\u2019école dans les mains des communautés comme elle affirme vouloir le faire, la CAQ ne risque-t-elle pas de nous mener vers l\u2019école à la carte ?Le mouvement L\u2019école ensemble a eu accès à des données scolaires inédites produites par l\u2019OCDE qui confirment ce que plusieurs redoutaient : différentes écoles se côtoient au Québec \u2014 école publique, programme particulier et sélectif dans l\u2019école publique, et école privée \u2014, ce qui crée des iniquités et de l\u2019injustice.Davantage d\u2019autonomie aux écoles, comme le promeut le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, viendra-t-il accentuer le phénomène ?À chacun sa grille horaire, sa grille matière, son petit projet ?Les directions d\u2019école, qui revendiquent cette marge de manœuvre depuis des lustres et qui croient à une école se faisant le reflet de sa communauté, sont les premières à demander des éclaircissements, car le projet de loi comporte ses zones d\u2019ombre.D\u2019autres réformes avant celle-ci avaient des velléités de décentralisation et ont fini par accentuer les pouvoirs dévolus au ministre.Quant aux objectifs de départ, trouvent-ils une réponse dans le projet de loi?1.Réduire les coûts.Une économie de 45 millions sur un horizon de quatre ans ne fera pas une différence majeure.Dans le budget des dépenses de 11,2 milliards pour l\u2019éducation préscolaire, primaire et secondaire, ce montant représente une économie annuelle de\u2026 0,1 %.2.Alléger les structures.Pour l\u2019instant, le seul palier qui disparaît de l\u2019équation concerne celui des élus, et il est vrai que les taux anémiques de participation aux élections scolaires commandaient une action radicale.Mais rien n\u2019indique que les « centres de services » ne conserveront pas cette bureaucratie qu\u2019on associe spontanément à la lourdeur \u2014 et qui dans les faits contribue à faire rouler l\u2019école : embauche, formation, transport scolaire, nouvelles technologies, service de la paie, élèves en difficulté.3.Améliorer la réussite.C\u2019est le pari le plus important de cette réforme, et il nous ramène inévitablement au constat formulé par l\u2019OCDE sur les inégalités du système.S\u2019y tapissent certains tabous habilement contournés au fil des administrations : l\u2019école publique s\u2019est de l\u2019intérieur « privatisée » en proposant des offres diversifiées et enrichies, et a fait de l\u2019école ordinaire un parent de plus en plus pauvre.S ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD la nature, à créer de nouveaux modèles de société en harmonie avec l\u2019environnement, à enclencher une décroissance équitable et gérable pendant qu\u2019il en est encore temps, à repenser nos modes de transport, à faire de la politique autrement, etc.Les défis sont grands.Il est impératif de choisir en toute conscience d\u2019y faire face et de mettre en œuvre les profondes transformations que requiert la situation inédite à laquelle l\u2019humanité est confrontée.Si nous ne les entreprenons pas de nous-mêmes, elles nous tomberont dessus par la force des choses, nous n\u2019y échapperons pas, car les changements climatiques ne sont pas une croyance.Ce sont des faits observables et dont les effets sont mesurables et bien réels.Que cela nous plaise ou non, la négation de la réalité ne change rien à cette réalité.Les faits sont là! Nelson Tardif Le 2 octobre 2019 F ROBERT DUTRISAC A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Se battre pour sa place dans son propre pays P our bien des Québécois, la « crise de Val- d\u2019Or » a commencé avec le reportage d\u2019Enquête, en octobre 2015, qui relayait la parole de femmes brutalisées et violées par la Sûreté du Québec.Pour nombre de communautés autochtones locales, la crise était déjà bien présente et durement vécue depuis bien des générations.D\u2019abord, on a pris possession des terres.Ensuite, on a pris les enfants.Les oblats ont ouvert le pensionnat de Saint- Marc-de-Figuery, tout près d\u2019Amos, dès 1955.Françoise Ru- perthouse, aujourd\u2019hui intervenante au Centre d\u2019amitié autochtone de Val-d\u2019Or, sait très bien ce que les pensionnats ont fait à la communauté.Après une petite enfance passée auprès de ses parents dans la forêt, elle y a été amenée de force, toute jeune, comme bien des enfants de la région.Elle sait aussi qu\u2019après la douleur de la séparation, ses parents n\u2019ont plus jamais été les mêmes.« Petite, on m\u2019appelait l\u2019enfant terrible.J\u2019étais celle qui refusait d\u2019obéir », me confie-t-elle en riant.« Je détestais, et j\u2019ai toujours continué de détester, l\u2019injustice.C\u2019est ce qui m\u2019a amenée à vouloir aider ma communauté, et à aller vers la politique pour défendre les miens.» Élue au conseil de bande de Pikogan entre 2011 et 2017, elle fait partie des trop rares femmes à avoir accès au leadership d\u2019une Première Nation sous le système de gouvernance imposé par la Loi sur les Indiens.Elle est maintenant représentante de la nation algonquine au conseil de Femmes autochtones du Québec.Si, traditionnellement, l\u2019esprit libre, curieux et engagé d\u2019un enfant avait été célébré dans sa culture d\u2019origine, défier l\u2019autorité n\u2019était déjà plus très bien perçu durant l\u2019enfance de Françoise.« Les curés allaient prôner l\u2019obéissance dans les communautés, depuis très longtemps \u2014 et pas seulement dans les pensionnats », m\u2019explique-t-elle.Heureusement, si la flamme de la résistance a manqué d\u2019oxygène pendant des générations, elle ne s\u2019est jamais complètement éteinte.Les survivants des pensionnats ont peu à peu désappris l\u2019obéissance aveugle et la soumission pour mieux se reconstruire.La Fondation autochtone pour la guérison, créée en 1998 pour appuyer les ex-pensionnaires et leurs familles partout au pays, a contribué à libérer la parole et à marteler dans les cœurs et les esprits que les injustices n\u2019étaient pas acceptables, qu\u2019il ne fallait plus les encaisser dans le silence.En 2010, le gouvernement Harper lui a coupé les vivres, au beau milieu des travaux de la commission Vérité et Réconciliation.Mais l\u2019appétit de la dénonciation, porté par la guérison collective entamée, allait continuer à transformer la société.Après la dénonciation des pensionnats sont venues les accusations contre les communautés religieuses, qui avaient régné pendant des décennies en rois et maîtres sur des peuples entiers.Françoise me parle du cas du père Edmond Brouillard, condamné en 1996 à cinq ans de prison pour avoir agressé sexuellement six enfants algonquins en Abi- tibi.Elle me dit que des dizaines d\u2019autres dénonciations ont été recueillies pour l\u2019action collective autorisée l\u2019an dernier contre les oblats.Quand un curé est entré dans la tente de sa mère, il y a plusieurs décennies, s\u2019élever contre l\u2019Église était alors inimaginable.Aujourd\u2019hui, les choses ont bien changé.De nos jours, des femmes autochtones violentées par des policiers peuvent parler à un média national et voir leur témoignage bouleverser le Québec.Avec la commission Viens, des communautés entières se sont jointes à elles pour dénoncer non seulement les services de police, mais aussi la DPJ, les services de santé et les services sociaux, les établissements carcéraux et le système de justice.Le premier ministre s\u2019est excusé au nom de l\u2019État québécois des sévices infligés au fil du temps et a promis d\u2019étudier sérieusement les 142 appels à l\u2019action du rapport déposé en début de semaine.Même si les suites du rapport sont pour l\u2019instant dans les mains du gouvernement, Françoise sait que la Commission a déjà eu son effet en Abitibi et un peu partout.Pour elle, chaque Autochtone qui est venu témoigner est un Autochtone qui a pris encore un peu plus l\u2019habitude de la dénonciation.Elle sait qu\u2019il faudra continuer à lutter pour briser le cycle de la « bienveillance » gouvernementale qui fait éclater les familles, des pensionnats de jadis aux services sociaux contemporains.Elle sait qu\u2019avec le temps, ils seront de plus en plus nombreux à le faire avec elle.Malgré tout, Françoise insiste pour ne pas oublier les femmes qui ont dénoncé la SQ en 2015, qu\u2019elle continue de côtoyer.Elles n\u2019ont pas obtenu justice, et la vie de plusieurs d\u2019entre elles est toujours aussi brisée \u2014 alors que certains des policiers accusés ont même obtenu des promotions.« Comment fait-on pour assurer leur sécurité et leur bien- être après qu\u2019elles sont venues témoigner ?Les personnes brutalisées, on s\u2019occupe d\u2019elles comment, maintenant ?» Même avec le dépôt du rapport, la question reste entière.En terminant, j\u2019ai demandé à Françoise s\u2019il y avait un message qu\u2019elle aimerait envoyer à la population québécoise, qui prendra connaissance du rapport Viens dans les prochains jours.Sa réponse : « J\u2019aimerais que les Québécois comprennent à quel point c\u2019est fatigant d\u2019avoir à se battre pour avoir sa propre place dans son propre pays.J\u2019aimerais qu\u2019ils sachent à quel point nous sommes épuisés d\u2019être abusés et ignorés dans nos droits, de nous sentir invisibles dans la société, alors qu\u2019on est chez nous.» Il n\u2019y a pas de retour en arrière possible.Les dénonciations continueront à venir.Le respect sera demandé tant qu\u2019il ne sera pas obtenu.Combien de temps encore les Françoise Ruperthouse de ce monde devront-elles s\u2019épuiser pour obtenir ce que les non-Autochtones tiennent pourtant pour acquis ?Cela dépend de notre réelle volonté d\u2019apprendre et de changer.Oscar Augusto Berg Doctorant en science politique, membre étudiant de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes de l\u2019UQAM Le politologue français Maurice Duver- ger voit la politique à l\u2019image de Janus, le dieu romain à double face : elle serait l\u2019expression tant d\u2019une lutte permettant la domination de certaines classes sur d\u2019autres que des efforts pour faire régner le bien commun.La réalité fait en sorte que la politique ne se résume jamais à une seule de ces faces, mais s\u2019exprime plutôt par leur cohabitation.Toute lutte politique incarne des conceptions de ce qui est juste et de ce qui relève de l\u2019ordre.De l\u2019Amérique trumpienne à la Hongrie de Viktor Orban, la contradiction oppression/intégration s\u2019exprime partout où la vague mondiale d\u2019un populisme conservateur fait aujourd\u2019hui surface.Prenons l\u2019exemple du Brésil.Au pouvoir depuis janvier 2019, Jair Bolsonaro se réclame de l\u2019étiquette de la droite « décomplexée », il joue la carte de la nostalgie de la dictature militaire et fait des déclarations controversées sa marque de commerce.Le 24 septembre dernier, il a encore volé la vedette de la politique internationale en prononçant un discours profondément imprégné de valeurs de guerre culturelle et révélateur de sa conception de la politique à l\u2019Assemblée générale des Nations unies.Sous la pression de la crise amazo- nienne et mis à mal par ses déboires diplomatiques récents, Bolsonaro devait répondre à ses critiques.Il n\u2019empêche, il a préféré consacrer une grande partie de son discours à dénoncer la gauche, le socialisme et même les régimes cubain et vénézuélien.D\u2019entrée de jeu, Bolsonaro a affirmé représenter un pays enfin libéré du socialisme.Une telle déclaration peut en surprendre plus d\u2019un.En écoutant son discours, nous avions le sentiment que quelque chose aurait pu nous échapper au sujet de l\u2019histoire brésilienne récente.La stabilité financière sous la gouverne de Cardoso (1995-2002), les politiques sociales universelles sous Lula (2003- 2010) ou encore le nationalisme économique prôné par Dilma Rousseff (2011- 2016)?À en croire Bolsonaro, du socialisme sauvage.Démocratie confuse Dans Theory of Democracy Revisited, Giovanni Sartori a écrit à la fin des années 1980 que nous vivions une ère de démocratie confuse dans laquelle même les opposants aux principes démocratiques se réclamaient du mot démocratie, faute d\u2019un consensus sur ce qu\u2019est la démocratie.C\u2019est à l\u2019intérieur de ce contexte qu\u2019il faut inscrire Bolso- naro.Chez lui, les notions de démocratie, de socialisme et de libéralisme n\u2019ont aucun lien avec la réalité, et encore moins avec la rigueur scientifique.Le sens qu\u2019il donne à l\u2019histoire prête à confusion.Selon lui, la dictature militaire de 1964-1985 aurait été dans les faits une résistance démocratique au socialisme.À l\u2019inverse, le gouvernement civil de transition de 1985-1989 et les 29 années de démocratie libérale qui suivirent auraient été des années socialistes.Cette confusion n\u2019a cependant rien de hasardeux.Elle découle d\u2019un processus bien réfléchi.L\u2019État janusien que la droite bolsonarienne met en place se constitue ainsi autour d\u2019une lutte contre les conceptions libérales qui sortirent gagnantes de la transition démocratique et de la constituante des années 1980 et que les gouvernements successifs de Cardoso, Lula et Dilma ont contribué à consolider.La notion d\u2019ordre public que Bolso- naro cherche à mettre à l\u2019ordre du jour se fait au détriment de la participation.Aussi fait-il la promotion des valeurs conservatrices et religieuses aux dépens de la diversité, du pluralisme et des libertés individuelles.Son délire anticommuniste y joue un rôle essentiel et lui procure la légitimité qu\u2019il aurait du mal à obtenir autrement.À la manière d\u2019un Néron \u2014 pour reprendre une deuxième référence à la Rome antique \u2014, Bolsonaro sème la panique d\u2019un éventuel retour en force de la gauche et se dresse comme le dernier rempart contre le fantasme socialiste.Même si cela signifie se servir d\u2019une tribune comme les Nations unies pour falsifier l\u2019histoire.Quitte, bien sûr, à faire mal à l\u2019image du Brésil.Et, justement, quid de l\u2019urgence climatique ?L\u2019environnement n\u2019aura occupé qu\u2019une place bien secondaire dans la prestation onusienne de Bolso- naro.L\u2019alerte sonnée par Greta Thun- berg, déjà précédée à maintes reprises de celles des communautés autochtone et scientifique brésiliennes, n\u2019a eu aucun effet.Ainsi, le Brésil bolsonarisé incarne un nouveau visage de la nature confuse de la démocratie : à une époque où des adolescents font preuve d\u2019une stature de chef d\u2019État, il y a des chefs d\u2019État qui se comportent comme des adolescents.Le délire anticommuniste du Brésil bolsonarisé André Larocque Sous-ministre à la réforme des institutions démocratiques dans les deux gouvernements de René Lévesque, 1977- 1985 Maintenant que l\u2019on sait ce que veulent les partis, soit un mode de scrutin dit « proportionnel mixte compensatoire » (que j\u2019appellerai ci-après MC), il serait plus que temps de demander aux citoyens ce qu\u2019eux veulent.On peut facilement deviner que les attentes citoyennes sont tout autres que celles des partis.D\u2019abord, la MC n\u2019est pas une proportionnelle.La proportionnelle cherche à reproduire une assemblée à l\u2019image de la volonté populaire exprimée.Son but principal est que chaque citoyen soit effectivement représenté à l\u2019Assemblée nationale, hormis ceux qui auraient choisi de voter pour un parti qui n\u2019aurait pas atteint un seuil minimal de participation\u2026 généralement 2,5 % ou 5 % du vote national.La MC vise non pas à refléter fidèlement le vote populaire, mais à mieux répartir les sièges entre les partis.C\u2019est un système pensé pour les partis, par les partis, non pas pour les citoyens.C\u2019est une autre illustration de ce qu\u2019un spécialiste britannique a dit : « British government is party politics ».Partant de la fameuse déclaration de René Lévesque selon laquelle « notre système électoral est démocratiquement infect », la MC choisit de conserver un système infect à 64 % ! Et ce faisant, il aggrave le présent système au lieu de l\u2019améliorer.Ainsi, en conservant 80 sièges assignés au scrutin uninominal, la MC préserve et empire le vieux mythe des partis voulant qu\u2019un député puisse représenter adéquatement tous les électeurs de sa circonscription\u2026 comme si François Legault représentait vraiment les électeurs libéraux de sa circonscription\u2026 Comme si le député de Gouin représentait à leur satisfaction les électeurs non socialistes de Gouin (et il doit quand même y en rester quelques-uns).Du même coup, la dimension « uninominale » est ce qu\u2019il y a de plus néfaste pour la représentation féminine.Pourtant, c\u2019est celle-là qui est retenue pour l\u2019élection de 64 % des députés.Il serait très surprenant que quelqu\u2019un, quelque part, ait manifesté le désir d\u2019agrandir les circonscriptions actuelles.Pourtant, en les portant de 125 à 80, chacune est agrandie de 36 % ! Se peut-il qu\u2019il y ait un seul député qui trouve qu\u2019il n\u2019a pas actuellement suffisamment de citoyens à représenter ?Il serait non moins surprenant que les citoyens tiennent absolument à avoir deux classes de députés, 64 % élus par le système infect actuel, et 36 % entrant à l\u2019Assemblée nationale par la porte d\u2019en arrière, non pas directement élus, mais par voie de compensation d\u2019un système que l\u2019on concède à l\u2019avance comme distordu et dont les distorsions ne peuvent même pas être connues de l\u2019électeur au moment de voter.Enfin, les citoyens expriment depuis des décennies la volonté que nos régions soient reconnues comme des territoires de décision politique (décentralisation), de développement économique, d\u2019organisation sociale, d\u2019enracinement culturel.Sont-ils vraiment prêts aujourd\u2019hui à renoncer à tout ça pour accepter que leur région serve simplement de base mathématique pour représenter des partis victimes d\u2019un système infect ?On pourrait faire bien d\u2019autres commentaires, mais l\u2019essentiel est plutôt d\u2019arriver à ce que notre système électoral soit fondé sur les citoyens et non pas sur les partis.Le gouvernement actuel du Québec réussit admirablement à gouverner en fondant son action sur l\u2019essentiel en démocratie, la volonté populaire.Pourquoi ne prolongerait-il pas sa démarche en créant les moyens de faire entendre cette volonté sur une question aussi importante que la représentation des citoyens à l\u2019Assemblée nationale ?Un moyen simple.Créer une commission populaire mandatée pour dégager après une année de consultation les attentes citoyennes.Une commission citoyenne\u2026 non pas une commission parlementaire ! Ne perdons pas de vue que 75 % des élus qui siègent présentement à l\u2019Assemblée nationale ont été élus même si une majorité de leurs électeurs n\u2019a pas voté pour eux ! D\u2019où leur viendrait au juste la légitimité pour se substituer aux citoyens sur une question centrale de notre fonctionnement démocratique ?Et si les partis traditionnels insistent pour soumettre au référendum leur exercice de rafistolage byzantin, pourquoi pas?À la condition qu\u2019on soumette en même temps la solution qu\u2019auront exprimée les citoyens.Y a-t-il quelqu\u2019un dans cette société qui douterait un instant du choix que feraient les citoyens?MODE DE SCRUTIN Il faut écouter les citoyens ÉMILIE NICOLAS Jair Bolsonaro a été élu président en janvier dernier.EVARISTO SA / AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE JEUDI 3 OCTOBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR ÉTATS-UNIS Apprendre à la dure Le Michigan réalise une première école à l\u2019épreuve des tueries paces communs, servent de boucliers aux cibles potentielles et réduisent la visibilité des tireurs.Les plans montrent une dizaine de ces ajouts (appelés wall wings) dans le hall d\u2019entrée.Des parois verticales en béton armé larges et hautes comme des portes peuvent servir d\u2019abri dans la bibliothèque, les laboratoires ou les classes.Les corridors de l\u2019école sont courbés pour réduire les lignes de tir et donc les cibles potentielles.Le verre des portes et des fenêtres est blindé.Un système automatique contrôlé par la direction permet de sécuriser très rapidement tous les accès à l\u2019école.L\u2019architecture réaliste La firme multidisciplinaire du Michigan TowerPinkster (architecture, génie, design) a accouché de cette proposition aussi troublante qu\u2019originale.D\u2019où est venue l\u2019inspiration, l\u2019idée même de construire une école offrant davantage de protection ?De la commission scolaire ou du bureau d\u2019architecte ?« TowerPinkster a élaboré plusieurs concepts autour de la sécurité et la commission scolaire Fruitport a décidé ce qui était approprié pour son école », répond au Devoir Matt Slagle, directeur du volet éducatif de l\u2019agence.M.Slagle a répondu laconiquement aux questions, par courriel, trois semaines après les premières demandes du Devoir.Il dit que la communauté de Fruitport a été « très favorable » au projet, ce que semble confirmer le donneur d\u2019ouvrage.Aucun parent n\u2019a réagi négativement et l\u2019école n\u2019a enregistré aucun commentaire négatif, au contraire.« Nous avons mis ces choses en place de telle sorte que si vous les regardiez, vous ne saviez pas que c\u2019était une mesure de sécurité », a déclaré au réseau NPR du Michigan, Bob Szymoniak, superviseur des écoles publiques de Fruitport.« Pour cette raison spécifique, nous voulons que les élèves aient le sentiment que l\u2019école est chaleureuse et accueillante, et non un type de refuge ou de bunker pour assurer leur sécurité.» Il a été impossible d\u2019obtenir une entrevue avec M.Szymoniak.L\u2019architecture réaliste Reste que l\u2019idée seule témoigne d\u2019un réalisme qui donne froid dans le dos.L\u2019architecture se résigne ainsi à l\u2019inéluctable.Elle ne prétend pas changer le monde.Elle l\u2019accepte comme il est en se disant que s\u2019il faut espérer le meilleur, il faut quand même se préparer au pire.La logique semble la même avec les exercices imposés aux classes pour apprendre à se protéger en cas d\u2019attaque.Les écoles du Québec montrent aussi à leurs enseignants et à leurs élèves comment s\u2019éloigner des vitres ou barricader les portes des locaux.Des messages codés d\u2019alerte, ici comme ailleurs, indiquent qu\u2019un danger vient de pénétrer dans l\u2019école.La Commission scolaire de Montréal n\u2019a pas répondu aux demandes d\u2019entrevues à ce sujet.« Je pense que ces idées sont utiles en cas d\u2019attaque, mais la conception d\u2019une architecture ne pourra jamais empêcher une personne déterminée à faire du mal », commente M.Slagle en parlant des solutions de sa firme.Sa réponse a été encore plus courte au sujet des questions éthiques soulevées par le contrat de Fruitport.Tower- Pinkster conçoit déjà des prisons et c\u2019est là qu\u2019elle a accumulé une partie de son expertise en conception sécuritaire avant d\u2019en transférer des bouts dans une première école.Et vice versa.Matt Slagle avoue que l\u2019idée de ce qu\u2019il appelle The Wing Wall, le grand hall et sa dizaine de murets, décrite comme « complètement originale », a déjà été récupérée par de nouveaux projets.« Nous avons depuis offert cette idée à d\u2019autres clients.» Un mouvement d\u2019architectes américains demande de refuser les contrats de construction de prisons ou de centres de détention dans un pays qui compte plus de prisonniers que la Chine.Y a-t-il un lien éthique à établir avec la construction d\u2019écoles bunkers ?« Je ne vois pas de parallèle », répond simplement Matt Slagle.Le chantier de reconstruction de l\u2019école secondaire de Fruitport a été ouvert cet été.Les élèves auront accès aux classes et à la cafétéria en janvier.La rénovation complète sera terminée à l\u2019été 2021.La future école secondaire de Fruitport aura dans son hall d\u2019entrée des murets de béton pour permettre aux élèves de se protéger d\u2019un éventuel tireur.De plus, ses corridors seront incurvés pour réduire au maximum les lignes de tir et donc les cibles potentielles.MICHIGAN TOWERPINKSTER De Sandy Hook à Parkland Le 14 décembre 2012, un jeune homme armé est entré dans l\u2019école élémentaire Sandy Hook de New- town au Connecticut où il a abattu de sang-froid 20 enfants et 6 adultes avant de se suicider.Le président Obama a versé des larmes en parlant en public de l\u2019épouvantable massacre, épouvantable même à l\u2019échelle de sa république surarmée.Les civils y possèdent maintenant 100 fois plus d\u2019armes que les militaires du pays.Les défenseurs d\u2019un contrôle plus strict de la vente d\u2019armes se disaient que si cette tuerie-là ne faisait pas avancer leur cause, rien n\u2019y ferait.Rien n\u2019y a fait.Au total, selon un recensement de la mi-décembre proposé par vox.com, il y a eu 2242 fusillades de masse depuis Sandy Hook qui ont fait 2534 morts et 9362 blessés.Les écoles ne sont toujours pas épargnées.Deux tireurs ont abattu un élève et en ont blessé huit autres à Highlands Ranch au Colorado en mai.En avril, un jeune de 14 ans a tiré à la carabine à plomb sur des enfants qui jouaient dans la cour de leur école à DeKalb County en Géorgie.En janvier, un élève de 15 ans a fait 2 morts et 16 blessés dans l\u2019école secondaire de Marshall County au Kentucky.Des rescapés de la fusillade de Parkland en Floride du 14 février 2018 (17 morts et 15 blessés) ont tenté de mobiliser l\u2019Amérique après le drame.Un demi-million de jeunes ont marché sur Washington le 24 mars.L\u2019âge minimum pour acheter une arme a été repoussé de 18 à 21 ans en Floride et les tueries continuent.es États-Unis sont aux prises avec une exceptionnelle épidémie de tueries, d\u2019épouvantables fusillades scolaires en particulier.Les débats sur le contrôle des armes n\u2019aboutissent à presque rien.D\u2019ailleurs, à quoi bon ?Même si un utopique interdit total sur la production et la vente d\u2019armes était décrété aujourd\u2019hui par Washington, les quelque 400 millions de revolvers, pistolets et fusils de tous calibres déjà en possession des civils vont demeurer fonctionnels pendant des décennies, voire des siècles.Alors que faire ?Le président Trump a proposé d\u2019armer le personnel des écoles.Depuis le mardi 1er octobre, une loi autorise les enseignants de la Floride à s\u2019armer au travail.Un nouveau programme de formation leur est offert par 39 des 67 comtés de l\u2019État.Il comprend une évaluation psychologique et des cours de maniement des pistolets.L\u2019État de New York a choisi au contraire d\u2019interdire d\u2019armer les enseignants.La protection contre les assauts scolaires peut prendre plusieurs autres chemins.Par exemple l\u2019installation de détecteurs de métal à l\u2019entrée des immeubles.La Fruitport High School vient de pousser cette logique préventive à un sommet inégalé.L\u2019établissement de l\u2019ouest du Michigan datant des années 1950 profite de sa rénovation de quelque 60 millions pour se reconstruire entièrement de manière à protéger au maximum ses élèves.Ça, franchement, le Lab école du Québec n\u2019y avait pas pensé\u2026 Concrètement, cela donne quoi ?En gros, les aménagements multiplient les caches pour s\u2019abriter : Des murets en béton hauts d\u2019environ deux mètres, érigés perpendiculairement aux murs principaux dans les es- L "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.