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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-10-04, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 225 / LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B9 Culture .B1 Décès .B6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B8 Monde.A6 Mots croisés.B8 Sports.B9 Sudoku .B8 ZEITGEIST La machine à broyer les garçons, la chronique de Josée Blanchette | B 10 CULTURE Les Cowboys Fringants, face A et face B, avec Les antipodes, leur dixième disque Roger Taillibert, cet architecte français qui a conçu le Stade olympique de Montréal, une œuvre mal-aimée des Québécois, est décédé à 93 ans, à Paris, où il était retourné fin août après avoir éprouvé un malaise alors qu\u2019il était au Québec.VOIR PAGE A 10 SOURCE MUSEE DUFRESNE-NINCHERI L\u2019homme du Stade n\u2019est plus ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Dialogue de sourds entre Québec et Ottawa sur le logement Le Devoir est allé prendre le pouls de la course sur la côte Ouest.Aujourd'hui, une visite dans Vancouver-Granville.MARIE VASTEL À VANCOUVER LE DEVOIR ÉLECTIONS 2019 Indépendante de nature Jody Wilson-Raybould aura-t-elle sa revanche sur Justin Trudeau ?SUR LE TERRAIN PAULINE GRAVEL ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Un commerce destructeur Le marché des animaux sauvages menace la biodiversité La calao bicorne est une des espèces en danger d\u2019extinction.RAUL ARBOLEDA AGENCE FRANCE-PRESSE e commerce d\u2019animaux sauvages serait beaucoup plus florissant que ne le laissaient croire les estimations précédentes, révèle une étude publiée au- jourd\u2019hui dans la revue Science.Il viserait 5579 espèces différentes, soit 18 % de toutes les espèces de vertébrés terrestres.L\u2019étude appelle à la mise sur pied de politiques « proactives » et non pas simplement « réactives », pour contrer cette activité commerciale qui constitue l\u2019une des principales causes d\u2019extinction des espèces.Le marché des espèces sauvages qui sont achetées pour devenir des animaux de compagnie ou pour leur viande, leurs cornes, l\u2019ivoire, leurs plumes et autres attributs ayant une valeur médicale ou religieuse est une industrie générant des revenus de plusieurs milliards $US par année.La forte demande pour ces différents produits et animaux de compagnie a entraîné le déclin d\u2019espèces emblématiques comme les tigres, les éléphants, les rhinocéros et les grenouilles venimeuses, et même l\u2019extinction de sous- espèces, comme le rhinocéros de Java L VOIR PAGE A 4 : DIALOGUE VOIR PAGE A 2 : INDÉPENDANTE Jody Wilson-Raybould n\u2019a pas dit son dernier mot.Justin Trudeau a beau l\u2019avoir exclue de l\u2019équipe libérale, dans la foulée du scandale SNC-Lavalin, la députée de Vancouver-Granville refuse de se laisser écarter.Et, fait rare, elle pourrait bien réussir à se faire réélire en tant qu\u2019indépendante, car la lutte est archi-serrée entre elle et le rival libéral.Les locaux électoraux de Jody Wilson-Raybould et de Taleeb Noormohamed se trouvent à à peine 800 mètres l\u2019un de l\u2019autre.Dans les deux cas, les bénévoles s\u2019activent au téléphone et accourent pour faire du porte-à-porte, car à trois semaines du scrutin, la candidate indépendante et le libéral sont au coude-à-coude dans les sondages.Au quartier général de l\u2019ancienne ministre de la Justice, Joan et Rob offrent leurs services presque tous les jours pour aider leur députée à se faire réélire.Le couple lui avait déjà prêté main-forte en 2015.Il a quitté le Parti libéral avec elle, le printemps dernier, furieux du sort qui lui a été réservé dans la foulée de l\u2019affaire SNC-Lavalin.« Plus que furieux», renchérit Joan.Elle souhaite maintenant que Jody Wilson-Raybould retourne à Ottawa comme députée indépendante.« Pour envoyer un message », affirme-t-elle, les sourcils froncés et le ton sévère.Deux semaines avant le déclenchement des élections fédérales, la ministre québécoise de l\u2019Habitation, Andrée Laforest, a rejeté la dernière offre fédérale dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement (SNL) qui divise Québec et Ottawa depuis deux ans, a appris Le Devoir.Pendant ce temps, des investissements de dizaines de millions de dollars en logement social au Québec sont retardés.« Façons de faire inacceptables », offre d\u2019entente « irrecevable », la correspondance entre Québec et Ottawa obtenue en vertu de la loi d\u2019accès à l\u2019information révèle l\u2019ampleur des tensions depuis deux ans dans le dossier de la SNL.Ottawa insiste pour rendre les fonds conditionnels à certains critères auxquels le Québec refuse de se soumettre.Les documents révèlent en outre que l\u2019arrivée de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir en 2018 n\u2019a rien changé aux tensions qui remontent à 2017.« Le projet proposé présente toujours plusieurs éléments qui ne peuvent être acceptés par le Québec », a écrit la ministre de l\u2019Habitation, Andrée Laforest, dans une lettre le 30 août dernier où elle rejette « l\u2019offre finale » du gouvernement fédéral.Ottawa s\u2019est engagé à conclure une entente asymétrique avec le Québec.Or, les négociateurs d\u2019Ottawa, écrit Mme Laforest, « travaillent sur la base de « l\u2019entente générique qui a été proposée aux autres provinces et territoires », laquelle ne « peut constituer une base de négociation acceptable ».Lancée en 2017, la SNL est assortie d\u2019un plan de 55 milliards sur dix ans pour améliorer l\u2019accès à des logements à loyers abordables.Le Québec est la seule province à ne pas avoir convenu d\u2019entente sur la façon dont l\u2019argent de Tant les libéraux de Philippe Couillard que les caquistes de François Legault ont jugé irrecevables les propositions fédérales VOIR PAGE A 4 : COMMERCE LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 A 2 ÉLECTIONS E N B R E F Une déclaration de Blanchet perçue comme raciste OTTAWA \u2014 Une déclaration du chef blo- quiste, Yves-François Blanchet, lors du débat en français de TVA, mercredi soir, est perçue dans certains cercles du Canada anglais comme un appel au racisme.À la fin de la joute télévisée, M.Blanchet s\u2019est adressé à la caméra.Mettant en opposition le Bloc québécois et ses trois autres adversaires fédéralistes, il a dit : « Le 21 octobre, la décision va vous appartenir.Vous pouvez opter pour des femmes et des hommes qui vous ressemblent, qui portent vos valeurs, qui partagent vos préoccupations et qui travaillent et qui travailleront pour vos intérêts.Et seulement pour les intérêts des Québécoises et des Québécois.» Sur les réseaux sociaux, des journalistes et commentateurs anglophones ont débattu de la traduction exacte des mots « qui vous ressemblent ».Certains ont cru comprendre qu\u2019il parlait de l\u2019apparence physique des Québécois, en majorité blancs.D\u2019autres y ont vu un appel à la similarité des idées entre Québécois.Questionné à ce sujet jeudi matin, le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, a dit que l\u2019argument du Bloc était bien « faible » s\u2019il se fiait uniquement à l\u2019apparence physique des gens en 2019.Le chef conservateur, Andrew Scheer, a dit pour sa part qu\u2019il allait laisser M.Blanchet s\u2019expliquer, mais a ajouté que le Bloc a joué la « division » par le passé.M.Blanchet s\u2019est défendu par le truchement d\u2019une déclaration écrite en après- midi.« Des hommes et des femmes qui se reconnaissent dans le programme et les valeurs du Bloc québécois, ce sont les gens à qui on ressemble.Ils veulent un Québec prospère, avec une économie verte, laïque, français, accueillant et redevable envers ses aînés », a-t-il affirmé.La Presse canadienne May en a ras-le-bol du chef néodémocrate VICTORIA \u2014 Elizabeth May dit en avoir assez de son homologue néodémo- crate Jagmeet Singh, qu\u2019elle accuse de répandre des faussetés.Selon la cheffe du Parti vert, M.Singh a faussement attribué à son parti une position nébuleuse sur le droit à l\u2019avortement.Il aurait aussi accusé les verts d\u2019avoir des positions faibles sur l\u2019unité nationale et d\u2019être prêts à appuyer un éventuel gouvernement conservateur minoritaire.Mme May a rappelé que les verts appuyaient le droit des femmes au libre choix, défendaient un Canada uni et ne rejetaient pas l\u2019idée de parler à tous les autres partis dans un Parlement où aucune majorité ne se dégagerait.Mme May déplore que les néo- démocrates tentent de faire croire qu\u2019un vote pour les verts équivaut à un appui aux conservateurs.La Presse canadienne Le chef bloquiste lors d\u2019un arrêt dans un centre commercial de Belœil, jeudi.GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE « Je n\u2019avais jamais prévu de me trouver dans cette situation », dit Jody Wilson- Raybould dans son petit bureau électoral au sud du centre-ville de Vancouver.« J\u2019étais la candidate confirmée du Parti libéral dans la circonscription, jusqu\u2019à ce que le premier ministre m\u2019expulse.Je ne crois pas qu\u2019une personne seule puisse décider lorsque le travail d\u2019une autre personne en politique fédérale est terminé », dit-elle, sans jamais mentionner le nom de son ancien patron, contre qui elle est visiblement toujours en colère.Jody Wilson-Raybould indique qu\u2019elle veut encore servir, même si elle reconnaît que peu de candidats indépendants ont réussi à se faire élire au fédéral.Ils ont été six, au cours des 30 dernières années, dont Gilles Duceppe, Gilles Bernier (le père de Maxime Ber- nier) en Beauce et, plus récemment, valoir qu\u2019il est « essentiel de respecter le fait d\u2019avoir une position personnelle.Nous avons 37 millions de Canadiens, il n\u2019y a pas de consensus » sur cette question, a-t-il dit.«?Comme une grande majorité des Québécois, je suis catholique?», avait aussi suggéré M.Scheer lors du point de presse post-débat, sans expliquer ce que cela voulait dire de sa position personnelle.Les derniers recensements montrent que quelque 80 % des Québécois se disent catholiques (sans être nécessairement pratiquants).Mais un sondage Léger publié en 2018 indiquait aussi que 86 % des Québécois considèrent que l\u2019avortement devrait être légal partout dans le monde.Autre charge de Trudeau Les aveux pro-vie d\u2019Andrew Scheer sont survenus après que Justin Trudeau INDÉPENDANTE SUITE DE LA PAGE A 1 Le chef conservateur, Andrew Scheer, lors de son point de presse jeudi matin devant la caserne des service des incendies d\u2019Upper Kingsclear, au Nouveau-Brunswick.JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE notamment lancé Justin Trudeau lors du débat de mercredi.Le chef libéral lui avait demandé si, « en tant que chef, en tant que leader, en tant que père, en tant que mari, [vous croyez] que les femmes ont le droit de choisir?».Le chef néodé- mocrate, Jagmeet Singh, l\u2019a aussi invité à se positionner explicitement.Les journalistes ont pris le relais des politiciens pour talonner M.Scheer après le débat.« C\u2019est important de reconnaître le fait qu\u2019au Canada, c\u2019est essentiel pour notre premier ministre de ne pas rouvrir ce débat », a alors esquivé M.Scheer.Il a autrement fait Après avoir fait tous les détours possibles mercredi pour éviter de dire qu\u2019il était personnellement opposé à l\u2019avortement \u2014 ce qui a nourri plusieurs attaques de ses adversaires durant le débat présenté à TVA \u2014, Andrew Scheer a fini par revendiquer jeudi l\u2019étiquette pro-vie.« J\u2019ai toujours été très clair sur cette question : je suis personnellement pro- vie, j\u2019ai toujours répondu aux questions » à cet égard, a soutenu le chef conservateur lors d\u2019un arrêt au Nou- veau-Brunswick.M.Scheer a répété que, peu importe sa position personnelle sur cet enjeu, l\u2019important est qu\u2019il prend « l\u2019engagement, comme premier ministre, de ne pas rouvrir ce débat.Je vais voter contre n\u2019importe qui voudrait rouvrir le débat ».Le fait qu\u2019Andrew Scheer soit pro-vie ne surprendra aucun observateur de la scène politique.Entre 2006 et 2011, il a toujours voté aux Communes en faveur des projets de loi déposés par des collègues voulant restreindre le droit à l\u2019avortement.Il s\u2019est par ailleurs aussi opposé au mariage gai, et a voté contre l\u2019aide médicale à mourir.Durant la course à la direction du Parti conservateur, une vingtaine de députés pro-vie l\u2019ont appuyé.Mais depuis le début de la campagne électorale, M.Scheer refusait obstinément de répondre clairement aux questions portant sur sa position personnelle par rapport à l\u2019enjeu de l\u2019avortement.« Tu te caches à chaque réponse », lui a Finalement, Scheer est bel et bien pro-vie Le chef conservateur a revendiqué l\u2019étiquette jeudi, après avoir évité de l\u2019endosser mercredi lors du débat de TVA GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR André Arthur à Québec.« Je sais que c\u2019est un défi.Mais je sens chez les gens un réel désir de faire la politique un peu différemment.» L\u2019attrait d\u2019une équipe À cela, Taleeb Noormohamed rétorque qu\u2019il ne faut pas oublier que la politique est un sport d\u2019équipe.Jody Wilson- Raybould a beau répéter qu\u2019elle défend toujours les mêmes valeurs progressistes que lorsqu\u2019elle était au gouvernement libéral, celui qui tente de lui succéder note qu\u2019elle n\u2019a plus les mêmes moyens pour faire avancer ces idées.« Vous ne pouvez pas le faire seul », insiste cet ancien fonctionnaire du Bureau du Conseil privé à Ottawa.« Il ne s\u2019agit pas seulement de ce que vous voulez faire, mais de savoir comment vous allez y arriver.Vous êtes presque entièrement dépendant de la bonne volonté des autres, en tant qu\u2019indépendant.» La campagne de Taleeb Noormoha- med tourne à plein régime : huit personnes au téléphone tous les jours, des équipes qui se partagent le porte-à- porte dans cette circonscription aisée qui rassemble des maisons huppées mais aussi des appartements surpeuplés à cause de la crise du logement qui sévit dans la région.La centrale du parti a même dépêché de gros canons pour tenter de garder Vancouver-Granville dans le giron libéral.La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, était justement de passage pour encourager les bénévoles lundi.Sa collègue à l\u2019Environnement, Catherine McKenna, l\u2019a précédée au mois d\u2019août.Tout comme Jean Chrétien qui a fait le détour jusqu\u2019à Vancouver et l\u2019ex-chef libéral Bob Rae qui y sera prochainement.Taleeb Noormohamed, 42 ans, demeure moins connu que sa rivale, qui a défrayé la chronique et ouvert les bulletins de nouvelles tout l\u2019hiver après avoir accusé Justin Trudeau d\u2019avoir exercé une pression indue pour qu\u2019elle intervienne afin d\u2019accorder un accord de réparation à SNC-Lavalin.Sept mois plus tard, le scandale n\u2019est malgré tout que peu évoqué par les électeurs.« Les gens veulent passer à autre chose.Ils n\u2019ont pas de député au sein du gouvernement depuis maintenant près d\u2019un an et cette circonscription connaît de réels enjeux qui nécessitent l\u2019attention du fédéral, affirme M.Noormohamed, qui est revenu à Vancouver en 2007.Il y a un désir d\u2019avoir un député qui soit membre du gouvernement et qui les défende à la table de décisions.» Jody Wilson-Raybould corrobore le fait que les électeurs lui parlent peu du scandale en soi.Mais les gens en La voix « directe » des électeurs Une double nationalité Le directeur des communications de la campagne conservatrice, Brock Harrison, a confirmé jeudi qu\u2019Andrew Scheer avait la double nationalité canadienne et américaine.Par le passé, les conservateurs avaient attaqué l\u2019ancien chef néodémocrate Thomas Mulcair et l\u2019ancien chef libéral Stéphane Dion à cause de leur double citoyenneté, française et canadienne.Le Globe and Mail a rapporté que le père d\u2019Andrew Scheer est né aux États-Unis.En conséquence, M.Scheer et ses sœurs ont obtenu la nationalité américaine.Ils ont tous reçu des passeports américains lorsqu\u2019ils étaient enfants, mais M.Scheer n\u2019a pas renouvelé le sien.M.Harrison a ajouté que le chef conservateur avait décidé de renoncer à sa citoyenneté américaine avant le déclenchement de la campagne électorale.Andrew Scheer n\u2019a jamais profité de sa citoyenneté américaine pour voter lors d\u2019une élection aux États-Unis, a ajouté le porte-parole du parti.La Presse canadienne Il ne s\u2019agit pas seulement de ce que vous voulez faire, mais de savoir comment vous allez y arriver.Vous êtes presque entièrement dépendant de la bonne volonté des autres, en tant qu\u2019indépendant.TALEEB NOORMOHAMED » A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 ÉLECTIONS Singh revient sur l\u2019incident à Montréal Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) est revenu jeudi sur un incident survenu la veille lorsqu\u2019un Montréalais l\u2019a approché pour lui conseiller, en anglais, de retirer son turban afin de faciliter son élection.« J\u2019ai fait face à des choses comme [\u2026] ce qui s\u2019est passé hier à Montréal toute ma vie.Alors pour moi, c\u2019est quelque chose qui est rendu un peu normal », a relaté M.Singh, en point de presse.« C\u2019est tellement difficile pour plusieurs personnes qui [se font dire] : \u201cvous devez changer pour [faire] partie de la société ou vous devez changer votre identité pour avancer dans votre carrière\u201d », a-t-il dit.Il a ensuite exprimé le souhait de « bâtir une société où tout le monde peut être qui ils et elles sont ».La Presse canadienne Blaine Higgs apporte son soutien à Scheer MONCTON \u2014 Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a annoncé son soutien à Andrew Scheer, jeudi, jour où le chef du Parti conservateur faisait campagne dans la province.Devant un groupe de pompiers volontaires d\u2019Upper Kings- clear, M.Scheer a promis d\u2019étendre le crédit d\u2019impôt pour le matériel des équipes de recherche et de sauvetage et pour les pompiers volontaires.C\u2019est la troisième fois que M.Scheer promet un crédit d\u2019impôt d\u2019abord mis en place à l\u2019époque de Stephen Harper, mais le chef conservateur a rejeté l\u2019idée voulant qu\u2019il recyclait de vieilles mesures.M.Higgs a également déclaré que les idées nouvelles et novatrices du Parti conservateur étaient issues des « fondements » de la philosophie conservatrice.La Presse canadienne GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR VIGIE PARITÉ Une première élection en zone paritaire Les principaux partis fédéraux présentent plus de 40 % de candidatures féminines à l\u2019échelle canadienne (49,1 %).Au niveau national, le Parti vert suit avec 46,2%, devant les libéraux (39,4%) et les conservateurs (31,1 %).Ces deux derniers partis ont amélioré sensiblement la diversité de leur recrutement depuis les élections de 2015: les libéraux avaient alors eu 31 % de candidates, et les conservateurs 20 %.Les verts et les néodémocrates étaient déjà au-dessus du seuil minimal de la zone paritaire, établi à 40 %.Le Bloc est l\u2019autre parti qui a fait un bond notable : il y avait 28 % de candidates aux côtés de Gilles Duceppe il y a quatre ans, elles sont maintenant 44,9 % autour d\u2019Yves-François Blanchet.Au Québec, derrière le NPD et le Bloc, on trouve le PVC (42,3 %).Les libéraux et les conservateurs ont chacun recruté 39,7 % de femmes.Cela veut dire que par rapport à 2015, les conservateurs ont plus que triplé le nombre de candidates québécoises.L\u2019épreuve du scrutin Le groupe Femmes, politique et démocratie a salué plus tôt cette semaine « la performance et les efforts de chaque parti » au Québec.La présidente de l\u2019organisme, Thérèse Mailloux, a toutefois rappelé que plus de candidates ne garantit pas plus d\u2019élues.Au Québec, les quatre partis provinciaux ont recruté 47 % de candidates en 2018 : or, le pourcentage de femmes élues le 1er octobre a été de 43 %.« Au fédéral, les projections actuelles nous prédisent que la distorsion sera encore plus forte », dit Mme Mailloux en se basant sur les sites de projections de sièges.Chose certaine, les partis politiques fédéraux ont considérablement augmenté le rythme de nomination des femmes dans les semaines précédant la fin des mises en candidature, montre la Vigie parité.Parmi les 715 premiers candidats investis (soit la moitié des candidats aujourd\u2019hui en lice), on retrouvait environ 35 % de femmes.Si on ne considère que le deuxième bloc de candidats nommés, on dénombre plutôt 48 % de femmes.Vigie parité canadienne : 11e compilation Au pays, le nombre de circonscriptions s\u2019élève à 338.Femmes Hommes Autre 41,6 % 58,1 % Au Canada 1430 candidats dévoilés, tous partis confondus s 0,3 % a profité d\u2019un point de presse à Montréal pour enfoncer le clou qui avait poussé le chef conservateur dans les câbles mercredi soir.« Le débat qu\u2019on est en train d\u2019avoir [sur l\u2019avortement], c\u2019est parce qu\u2019on a un chef qui refuse de répondre à une question simple : est-ce qu\u2019il croit que les femmes ont le droit de choisir, oui ou non ?, a soutenu M.Trudeau.[\u2026] Je pense que les femmes peuvent voir qu\u2019Andrew Scheer ne sera pas là pour défendre leurs droits.» De passage à Toronto, Jagmeet Singh 31,1 % Vigie parité canadienne : 11e compilation Nouveau Parti démocratique 338 candidats dévoilés Au pays, le nombre de circonscriptions s\u2019élève à 338.39,4 % 68,9 % 60,6 % Parti conservateur du Canada 338 candidats dévoilés Parti libéral du Canada 338 candidats dévoilés Parti vert du Canada 338 candidats dévoilés Bloc québécois 78 candidats dévoilés (sur 78) 46,2 % 52,6 % 49,1 % 50,9 % Femmes Hommes Autres 55,1 % 44,9 % 1,2 % parlent, dit-elle, pour la remercier et saluer les politiciens « qui ont de l\u2019intégrité, qui sont honnêtes ».Et aux libéraux qui affirment qu\u2019elle aurait moins de poids comme députée indépendante qu\u2019un élu du gouvernement, l\u2019ancienne leader autochtone de 48 ans rétorque qu\u2019elle ne serait plus bâillonnée par un parti, justement.« Je peux représenter les électeurs directement, plutôt que de me faire dire quoi dire et comment voter, ce qui est la façon de faire des partis politiques.» L\u2019épouvantail conservateur Mme Wilson-Raybould se réjouit de voir les sondages nationaux prédire un gouvernement minoritaire.« Cela fait de meilleures lois et de meilleures politiques, puisque les gens doivent réellement s\u2019entendre et travailler ensemble pour faire adopter des projets de loi.» En tant qu\u2019ex-libérale, elle assure qu\u2019elle appuierait toute mesure progressiste présentée par un gouvernement, quel qu\u2019il soit.Elle refuse de dire si elle appuierait un gouvernement minoritaire conservateur.Ce que ne manque pas de souligner M.Noormohamed.Le candidat libéral répète en outre à ceux qui voudraient encourager une candidate indépendante, comme Joan a remarqué qu\u2019Andrew Scheer « a eu la chance de dire » qu\u2019il était pro-vie devant les Québécois, « mais il ne l\u2019a pas dit.Il le dit maintenant, après les débats [où il a eu une] question tellement directe, et ça montre qu\u2019il manque de courage ».Sur le même thème, Justin Trudeau a promis jeudi de tenter d\u2019améliorer l\u2019accès aux services d\u2019avortement partout au pays.Cet accès « peut être inégal » d\u2019une province à l\u2019autre, a-t-il reconnu.« Particulièrement dans les provinces où les gouvernements sont plus conservateurs », a soutenu le chef libéral.Environnement Justin Trudeau a par ailleurs dû défendre jeudi la décision des libéraux d\u2019utiliser deux avions pour faire campagne à travers le Canada.Les libéraux ont fait la même chose en 2015, mais Andrew Scheer a profité du débat de TVA pour demander à M.Trudeau de justifier cette décision en apparence polluante.«Vous avez deux avions, un pour vos habits et un pour vos canots», a-t-il raillé, avant de soutenir qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une autre preuve de «l\u2019hypocrisie» libérale en matière environnementale.« On a deux avions de campagne qui nous permettent de faire campagne dans tous les coins du pays, de faire plus d\u2019événements, de rencontrer plus de Canadiens que n\u2019importe quel autre parti politique », a précisé M.Trudeau pour se justifier jeudi, sans toutefois expliquer en quoi un seul avion ne pourrait pas lui permettre d\u2019aller partout au Canada \u2014 puisque les deux avions se suivent.« On a acheté des crédits carbone pour [compenser] notre transport, ce que M.Scheer n\u2019a pas fait », a rétorqué Justin Trudeau.« C\u2019est ce que font les conservateurs, les gens de droite [en anglais, il a parlé de « l\u2019extrême droite »], qui nient l\u2019existence des changements climatiques : quand ils se sentent menacées, ils essaient de détourner la conversation.» Pour le chef conservateur, « l\u2019argument voulant qu\u2019acheter des crédits donne la permission de brûler plus d\u2019essence » n\u2019est tout simplement pas valable.Mais il n\u2019a pas dit pourquoi les conservateurs n\u2019achètent pas de crédit compensatoire pour l\u2019avion qu\u2019ils utilisent pour la campagne électorale.Quatre ans après la formation d\u2019un cabinet paritaire à Ottawa, les cinq partis fédéraux font franchir un autre pas à la politique canadienne : pour la première fois, les formations présentes à Ottawa ont réussi à dépasser le seuil de 40 % de candidates à une élection.Il y a précisément 41,6 % de femmes parmi les candidats du Parti libéral du Canada (PLC), du Parti conservateur du Canada (PCC), du Nouveau Parti démocratique (NPD), du Parti vert du Canada (PVC) et du Bloc québécois, indique le relevé final du projet Vigie parité mené par Le Devoir depuis le 8 mars.La période de mise en candidature pour les élections du 21 octobre est terminée depuis lundi.Le taux de candidatures féminines s\u2019établit à 43,3 % si on ne considère que le Québec.Dans un cas comme dans l\u2019autre, c\u2019est le NPD qui enregistre les résultats les plus élevés, avec une parité parfaite au Québec, et quasi parfaite et Rob, qu\u2019un vote pour Jody Wilson- Raybould est un vote pour Andrew Scheer.Car dans une élection aussi serrée, tout siège perdu pour les libéraux aide en contrepartie les conservateurs.« Si vous souhaitez une politique qui se fait différemment, ce n\u2019est pas le résultat que vous obtiendrez.Et cela ne vous livrera certainement pas un gouvernement progressiste.Cela vous livrerait Andrew Scheer.» Un risque que rejette la principale intéressée.Le site de projections électorales 338Canada.com accordait 32 % d\u2019appuis à M.Noormohamed il y a 12 jours, contre 29 % pour Mme Wilson- Raybould et 21 % pour le candidat conservateur Zack Segal.Le NPD et le Parti vert suivaient loin derrière, à 9 % et 7 %.M.Noormohamed a beau avoir confiance de remporter la bataille, il lui faudra encore cogner aux portes.Car lundi soir, de la moitié des résidents qui étaient chez eux lors de son porte-à-porte, une seule lui a assuré son vote.Deux autres ont affirmé, un peu sèchement, que leur choix n\u2019était toujours pas arrêté.Un troisième a annoncé qu\u2019il voterait\u2026 « indépendant cette fois-ci ».Demain: La bataille de Victoria Les chiffres de la Vigie parité sont basés sur les informations transmises par les partis et ne comptent que les candidats officiellement investis.Le Parti populaire du Canada n\u2019a pas fourni ces données.Rectificatif Dans la chronique de Francine Pelletier intitulée «François Legault, sors de ce corps» et publiée en page A 7 dans notre édition du 2 octobre 2019, la chroniqueuse a écrit que le chef du Bloc québécois est un politicien qui veut protéger l\u2019environnement « tout en favorisant un troisième lien à Québec et un gazoduc au Saguenay».Il aurait fallu lire plutôt que M.Blanchet «ne s\u2019oppose pas» à un troisième lien à Québec et attend une évaluation environnementale avant de se prononcer sur le projet de gazoduc au Saguenay.Jody Wilson-Raybould prend la parole à l\u2019occasion d\u2019un rassemblement militant pour Jane Philpott, l\u2019ex-libérale aujourd\u2019hui candidate indépendante, le 21 septembre.COLE BURSTON LA PRESSE CANADIENNE 41,6 % C\u2019est le pourcentage de femmes candidates parmi les candidats des cinq principaux partis fédéraux.La période de mise en candidature pour les élections du 21 octobre prochain est terminée depuis lundi.Écrivez-nous ! Vous avez des questions?Envoyez-nous à l\u2019adresse courriel questions@ledevoir.com vos interrogations sur la campagne, et nous répondrons chaque semaine à l\u2019une d\u2019entre elles. ACTUALITÉS A 4 LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 E N B R E F Legault veut garantir l\u2019intégrité du territoire québécois QUÉBEC \u2014 Le premier ministre, François Legault, veut garantir l\u2019intégrité du territoire du Québec avant d\u2019adhérer à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.Québec solidaire a demandé au premier ministre, jeudi, de s\u2019engager à « reconnaître et mettre en œuvre » la Déclaration, comme le recommande le rapport de la commission Viens sur les services gouvernementaux dispensés aux communautés autochtones.M.Legault a répondu qu\u2019il voit dans l\u2019adhésion à la Déclaration un risque pour l\u2019intégrité du territoire et le droit à l\u2019autodétermination du Québec et « qu\u2019il faut être prudent ».Le principe de l\u2019intégrité du territoire québécois est reconnu depuis les années 1960.La Presse canadienne Nombre record de vérifications auprès des commerçants L\u2019Office de la protection du consommateur affirme avoir réalisé en 2018- 2019 le nombre le plus élevé de vérifications et d\u2019interventions auprès des commerçants depuis qu\u2019il cumule ces statistiques, en 2013.Il a ainsi réalisé 3386 « activités de surveillance », soit les vérifications, inspections et enquêtes additionnées.Au plan des interventions juridiques, l\u2019Office a effectué 254 poursuites pénales et émis 329 avis d\u2019infraction.Les interventions de l\u2019Office ont mené à des amendes de 751 717 $.Le rapport annuel de gestion de l\u2019OPC a été déposé jeudi à l\u2019Assemblée nationale par la ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia LeBel.La Presse canadienne McGill confirme avoir reçu des dons de la famille Sackler L\u2019Université McGill a confirmé jeudi avoir reçu un don de la famille Sackler, propriétaire de la société derrière l\u2019OxyContin.L\u2019institution montréa- laise soutient toutefois que le don reçu remonte à 2016, avant les poursuites intentées contre le fabricant de médicaments.Selon une enquête de l\u2019Associated Press, l\u2019Université McGill aurait touché plus de trois millions de dollars, à l\u2019instar de plusieurs autres éminentes universités.Purdue Pharma a déclaré faillite, le mois dernier, dans le cadre d\u2019un effort visant à régler quelque 2600 actions en justice l\u2019accusant d\u2019avoir alimenté la crise des opioïdes afin d\u2019encaisser plus de profits.La Presse canadienne François Legault JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Des besoins criants DIALOGUE SUITE DE LA PAGE A 1 a Stratégie nationale sur le logement (SNL) sera dépensé.Résultat : en deux ans, l\u2019Ontario a reçu 6,4 milliards de dollars, alors que le Québec n\u2019a obtenu que 1,9 milliard.La CAQ comme le PLQ Le Devoir a pu constater que les trois ministres responsables de l\u2019Habitation qui se sont succédé à ce portefeuille depuis deux ans ont tous haussé le ton dans ce dossier.Ainsi, en 2017, quelques semaines avant le lancement de la stratégie par Justin Trudeau, le ministre d\u2019alors, Martin Coi- teux, écrit à son vis-à-vis fédéral, Jean- Yves Duclos, pour l\u2019avertir que le Québec entend « demeurer maître d\u2019œu- vre » de la planification et de la gestion des services de logement sur son territoire et qu\u2019il ne compte « pas souscrire à la SNL ».« Au-delà de la problématique de cette nouvelle approche, plusieurs initiatives en découlant et envisagées par votre gouvernement en matière de logement soulèvent des préoccupations importantes », écrit-il.Le lendemain du lancement officiel de la Stratégie, le 23 novembre, la nouvelle ministre de l\u2019Habitation, Lise Thériault, écrit à son tour au ministre Duclos, lui reprochant d\u2019avoir lancé la stratégie de façon « unilatérale » sans les gouvernements des provinces et « sans avoir convenu au préalable des modalités avec eux ».Elle dénonce notamment sa décision d\u2019intégrer à la Stratégie des sommes qui devaient à l\u2019origine être transférées au Québec sans condition, en plus de se donner le droit d\u2019intervenir directement auprès des villes et des partenaires locaux.« Vous comprenez que pareilles façons de faire et approches [\u2026] dans un domaine de la pleine compétence du Québec, sont inacceptables », pour- suit-elle.Dans sa réponse, le ministre Duclos écrit qu\u2019il souhaite « travailler en collaboration » avec le gouvernement du Québec et promet que le Québec aura sa propre entente.Trois mois plus tard, la ministre lui Protéger les espèces COMMERCE SUITE DE LA PAGE A 1 dont le dernier représentant a été tué pour ses cornes au Vietnam en 2010, rappellent les auteurs de l\u2019étude avant de préciser que ces dernières espèces ne représentent qu\u2019une fraction de toutes les espèces animales qui font l\u2019objet de ce commerce.Soumis aux « variations des préférences culturelles, le commerce d\u2019animaux sauvages peut rapidement conduire une espèce à l\u2019extinction », préviennent David Edwards de l\u2019Université de Sheffield au Royaume-Uni, Brett Scheffers de l\u2019Université de Floride et leurs collègues.Par exemple, l\u2019émergence d\u2019une demande généralisée en Asie de l\u2019Est pour les écailles et la viande de pangolin a provoqué le déclin marqué de certaines espèces de ces fourmiliers en l\u2019espace de deux décennies.Et l\u2019engouement croissant pour le calao à casque rond, dont la protubérance au-dessus du bec ressemble à de l\u2019ivoire, a entraîné la vente de dizaines de milliers d\u2019oiseaux annuellement depuis 2012.Ces deux espèces sont au- jourd\u2019hui en danger de disparition.« Il est essentiel de prêter attention à cette étude, même en Amérique du Nord, où on ne voit pas le trafic d\u2019animaux sauvages comme une menace, juge Justina Ray, présidente et scientifique principale de la Wildlife Conservation Society Canada.On y participe en achetant des animaux de compagnie.» Afin de dresser un portrait plus précis de ce commerce à la fois licite et illicite, les chercheurs ont consulté les bases de données de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d\u2019extinction (CITES) et de la liste rouge de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).Ils ont ainsi remarqué que 5579 des 31745 espèces de vertébrés, soit 18% de toutes les espèces de vertébrés terrestres, font l\u2019objet d\u2019un commerce.Les oiseaux (23% des 10278 espèces aviaires) et les mammifères (27% des 5420 espèces mammifères) sont plus nombreux à être commercialisés que les reptiles (12% des 9563 espèces reptiliennes) et les amphibiens (9% des 6484 espèces).Comme on s\u2019en doute, les espèces \u2014 d\u2019oiseaux et de mammifères particulièrement \u2014 qui font l\u2019objet d\u2019une transaction sont plus menacées de disparition que celles qui ne le sont pas, « ce qui confirme que le commerce des espèces sauvages contribue au risque d\u2019extinction » de ces espèces, avancent les auteurs.Les chercheurs montrent également que le commerce des animaux sauvages vise des espèces appartenant à certains groupes spécifiques et dotées de caractéristiques particulières, et ils prévoient que les espèces parentes et ayant des similarités avec ces espèces commercialisées pourraient bien être convoitées à leur tour dans le futur, quand ces dernières seront devenues rares ou auront disparu.Ils estiment qu\u2019«entre 303 et 3152 espèces additionnelles sont à risque de devenir convoitées en raison de leurs similarités phylogénétiques avec les espèces actuellement sur le marché», comme notamment les oiseaux aux couleurs vives, tels que les tangaras, les serins et les tisserins, ainsi que les crapauds du genre rhinella et l\u2019espèce de chauve- souris dénommée petit rhinolophe fer à cheval.Une protection en amont Ainsi, les auteurs de l\u2019étude recommandent que les mesures de protection ne vi- réécrit : 144 unités de logement ont été construites au Nunavik sans que le Québec n\u2019ait été partie prenante des négociations, dénonce-t-elle.Pendant ce temps, le Québec reçoit moins d\u2019argent que le reste du Canada.« On voit que le Québec a reçu moins que sa part », déplore la porte-parole du Front d\u2019action populaire en réamé- nagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme.« Il n\u2019a eu que 15 % des sommes alors qu\u2019en temps normal c\u2019est 20,25 % ».Cet argent n\u2019est pas perdu puisqu\u2019il est réservé au Québec.Mais l\u2019impasse prive les locataires d\u2019occasions, selon Mme Laflamme qui avec d\u2019autres groupes sociaux réclame des engagements contre la pénurie de logements.« Dans le contexte de pénurie de logement et de spéculation immobilière effrénée à Montréal, les besoins sont super grands.On n\u2019a pas le luxe d\u2019attendre des années », a-t-elle dit.« C\u2019est sûr qu\u2019on prend du retard par rapport à d\u2019autres provinces », fait remarquer quant à lui Bruno Dion de la Fédération régionale des OBNL d\u2019habitation.« L\u2019argent est là, mais ne descend pas, alors ça ralentit la réalisation de projets d\u2019habitations », renchérit la directrice du groupe de ressources techniques SOSACO, Nathalie Genois.Les organismes en logement ne sont pas les seuls à s\u2019impatienter.Dans une autre lettre en date de juin obtenue par Le Devoir, l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) a écrit au ministre Du- clos que ses membres «attendent impatiemment la signature d\u2019une entente » et rappelle « l\u2019urgence » de signer.Au bureau de la ministre Laforest, on n\u2019a pas voulu commenter le dossier cette semaine pour ne pas s\u2019immiscer dans la campagne électorale.« Les échanges reprendront une fois que les élections fédérales seront terminées », a indiqué son attachée de presse, Bénédicte Trottier-Lavoie.Joint mercredi, le ministre Duclos, a dit « avoir grand espoir » de s\u2019entendre avec Québec « au lendemain des élections ».« Des progrès ont été faits », a- t-il dit.« On aurait aimé ça, conclure tout ça avant le déclenchement des élections fédérales.Il y a beaucoup d\u2019argent en banque pour le Québec », a-t-il aussi déclaré.sent pas seulement les espèces actuellement commercialisées, mais aussi celles qui risquent de le devenir.Justina Ray, qui est également profes- seure adjointe dans les universités de Toronto et de Trent, abonde dans le même sens.«Grâce à des prévisions basées sur la parenté, on aurait pu voir venir les dangers qui pèsent maintenant sur le perroquet jaco», donne-t-elle en exemple.Cet oiseau, très populaire à cause de sa loquacité, était encore abondant dans la nature dans les années 1990, quand elle a séjourné pendant trois ans en Afrique centrale.Il est maintenant considéré en danger par l\u2019UICN.Dans les pays acheteurs, un criblage automatisé des marchés en ligne, comme eBay et Facebook, permettrait d\u2019identifier les transactions d\u2019animaux à risque.Des amendes pourraient ainsi être distribuées aux marchands ne respectant pas les lois.Des efforts devraient également être entrepris dans les régions tropicales où on trouve la source de la plus grande partie des animaux qui font l\u2019objet de trafic, ajoutent les chercheurs.Cependant, il importe de prendre en compte la situation sociale et économique de ces pays, où on chasse souvent par «pure nécessité», écrivent-ils.Au Canada, au moins une espèce considérée en danger d\u2019extinction a fait l\u2019objet d\u2019une exploitation commerciale ces dernières années.Le requin mako, qui sillonne les océans du monde entier, y compris près de la côte atlantique du pays, est prisé en Asie pour sa chair et ses ailerons, auxquels on attribue une valeur thérapeutique.On le retrouvait parfois par hasard dans les filets de pêche canadiens, souligne Mme Ray.Au mois d\u2019août, son commerce a finalement été interdit par les États membres de la CITES, dont le Canada.« Il y a toujours un très grand délai avant que les nations agissent », se désole la biologiste.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIRT Dans le contexte de pénurie de logement et de spéculation immobilière effrénée à Montréal, les besoins sont super grands.On n\u2019a pas le luxe d\u2019attendre des années VÉRONIQUE LAFLAMME » Le marché décortiqué L\u2019article publié dans Science nous apprend que le commerce des animaux sauvages est particulièrement florissant dans les régions du monde où prospère une grande diversité d\u2019espèces, dont en Amérique du Sud (pour les oiseaux et les amphibiens surtout), en Afrique centrale et du Sud- Est, ainsi qu\u2019en Asie du Sud-Est (pour les mammifères), en Asie, en Indonésie, en Malaisie et dans l\u2019Himalaya (particulièrement pour les amphibiens et les mammifères), de même qu\u2019en Australie et à Madagascar (pour les reptiles).L\u2019étude précise également que les amphibiens et les reptiles sont le plus souvent vendus comme animaux de compagnie à la maison, pour des expositions, des cirques et des jardins zoologiques.Les oiseaux sont achetés comme animaux de compagnie, mais aussi pour les produits qu\u2019ils génèrent, soit leur chair, comme trophée de chasse, pour l\u2019habillement, pour des raisons médicales et religieuses.Les mammifères le sont quant à eux principalement pour leur chair, leur fourrure, et d\u2019autres attributs.Le prix des espèces possédant des caractéristiques exceptionnelles est habituellement plus élevé sur le marché, tout comme celui des espèces rares. ACTUALITÉS A 5 LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Après avoir choisi de se conformer au récent jugement sur l\u2019aide médicale à mourir, Québec et Ottawa sont maintenant appelés à harmoniser leurs lois par l\u2019avocat Jean-Pierre Ménard qui a mené la contestation en Cour supérieure.« Il y a des différences, comme pour la signature des témoins, qui sont déplaisantes, alors il faudrait absolument qu\u2019il y ait un comité fédéral-provincial qui normalise tout ça », a-t-il signalé en entrevue.L\u2019avocat estime par exemple que Québec pourrait s\u2019inspirer de la législation fédérale afin d\u2019élargir le bassin de professionnels de la santé autorisés à prodiguer ce soin de fin de vie, notamment les infirmières praticiennes.« Le Code criminel permet qu\u2019elles la prodiguent », souligne Me Ménard.Le gouvernement québécois a déjà annoncé son intention d\u2019« entamer les discussions » avec le prochain gouvernement fédéral pour harmoniser les deux lois à la suite de la décision de la Cour supérieure, qui a invalidé le critère de « fin de vie » de la loi québécoise et celui de « mort raisonnablement prévisible » du Code criminel pour permettre à des gens lourdement handicapés d\u2019y avoir accès.La ministre de la Santé, Danielle McCann, et la ministre de la Justice, Sonia LeBel, ont annoncé jeudi que le Québec n\u2019allait pas porter le jugement en appel et qu\u2019il entamait parallèlement une grande réflexion sur l\u2019élargissement de l\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir.« Au moment où on se parle \u2014 à l\u2019exception de M.Truchon et de Mme Gladu \u2014, le critère de fin de vie demeure pour les six prochains mois, ce qui va amener notre gouvernement à devoir agir dans des délais rapides, a expliqué Mme LeBel.Mais ce délai va quand même nous permettre de réfléchir à ce vers quoi nous voulons aller comme société.» Jean Truchon, atteint de triparalysie depuis sa naissance, et Nicole Gladu, accablée par un syndrome post-poliomyé- lite sévère depuis 25ans, avaient contesté les lois québécoise et fédérale parce qu\u2019ils ne pouvaient pas obtenir l\u2019aide médicale à mourir, n\u2019étant pas en fin de vie.« Les demandes d\u2019aide médicale à mourir demeurent, somme toute, rares, mais il est primordial que le recours à ce soin demeure strictement encadré et balisé par la loi », a souligné la ministre McCann.Elle a déjà entre les mains le rapport d\u2019un groupe d\u2019experts sur l\u2019élargissement de l\u2019aide médicale à mourir et a promis une vaste consultation sur le sujet.Présentement, au Québec, seules les personnes aptes à consentir peuvent recevoir les soins de fin de vie.Cela exclut donc les personnes atteintes de la maladie d\u2019Alzheimer qui ne peuvent donner leur consentement au plus fort de leurs symptômes.« On perçoit que la population a des attentes et qu\u2019elle est de plus en plus mûre par rapport au dossier de l\u2019élargissement de l\u2019aide médicale à mourir, par exemple, pour les demandes anticipées dans le cas d\u2019inaptitude », a-t- elle reconnu.L\u2019auteure de la Loi concernant les soins de fin de vie, Véronique Hivon, s\u2019est réjouie de la décision du gouvernement Legault.«Je pense que la société est encore plus prête à accepter cette possibi- lité-là, a constaté la députée péquiste.Il faut faire les choses correctement et c\u2019est plus complexe que ça en a l\u2019air au premier regard.» Elle a offert sa collaboration au gouvernement tout comme son collègue libéral André Fortin.La décision du gouvernement Le- gault a été bien accueillie par le Conseil pour la protection des malades qui plaide pour permettre les directives anticipées.Le Collectif des médecins contre l\u2019euthanasie s\u2019inquiète plutôt des possibles dérapages.Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a indiqué jeudi que les critères fédéraux de l\u2019aide médicale à mourir seraient également révisés si son parti formait à nouveau un gouvernement.« On a mis de l\u2019avant un projet de loi responsable et prudent il y a trois ans, mais on a toujours reconnu que les cours, les mœurs, la perception allaient évoluer au fil des années, a-t-il affirmé.C\u2019est pour ça qu\u2019on va absolument regarder la décision de la cour, et les améliorations qu\u2019on peut amener pour mieux respecter les droits des citoyens et la protection des plus vulnérables.Mais oui, on va alléger les critères par rapport à l\u2019aide médicale à mourir.» Le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, a confirmé dans une déclaration jeudi que le gouvernement fédéral ne porterait pas le jugement de la Cour supérieure en appel.Il avait jusqu\u2019au 10 octobre pour le faire, soit un peu plus d\u2019une semaine avant l\u2019élection.JUSTICE Harmoniser les lois sur l\u2019aide médicale à mourir MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le gouvernement caquiste refuse d\u2019appeler le projet de loi visant à empêcher tout nouvel arrêt des procédures dans des affaires criminelles en raison de l\u2019arrêt Jordan, qui avait été rédigé par Simon Jolin-Barrette.L\u2019élue péquiste Véronique Hivon s\u2019en désole.La ministre de la Justice, Sonia LeBel, juge inutile de légiférer afin de mettre à l\u2019abri tous les procès criminels de l\u2019arrêt Jordan comme le suggérait son confrère Simon Jolin-Barrette en mai 2017.«Il va toujours y avoir, comme dans tous les dossiers, des exceptions, mais on n\u2019est plus dans une crise systémique comme on l\u2019était au lendemain de l\u2019arrêt Jordan parce que 90%, 95% des dossiers sont à l\u2019intérieur des délais», a-t-elle expliqué dans une mêlée de presse, jeudi.«Il y aurait probablement eu, à cette époque-là, une justification de le faire.Là, je parle en théorie», a ajouté l\u2019élue caquiste.Pour cause, l\u2019adoption du projet de loi 890 présenterait «plusieurs difficultés juridiques», selon elle.En juillet 2016, la Cour suprême avait fixé le délai raisonnable pour la tenue d\u2019un procès au criminel à 18 mois à la Cour du Québec et à 30 mois à la Cour supérieure, et ce, sauf exception.Parmi eux, les délais causés par la défense.L\u2019arrêt Jordan a provoqué un «électrochoc au système de justice», le forçant à se ressaisir si bien que «tous les dossiers post-Jordan, dont les accusations qui ont été déposées depuis l\u2019arrêt Jordan, sont tous dans les délais prescrits, entre 18 et 30 mois», a indiqué Mme LeBel, jeudi.En chambre, l\u2019élue péquiste Véronique Hivon a demandé à ses consœurs et confrères d\u2019adopter une motion stipulant que « l\u2019Assemblée nationale exprime son inquiétude quant à la possibilité que d\u2019autres procès criminels, notamment dans des dossiers de fraude et d\u2019abus de confiance, puissent être l\u2019objet d\u2019un arrêt des procédures en raison de délais déraisonnables » et appelle le projet de loi 890 pour étude.Les députés péquistes, solidaires et indépendants \u2014 Guy Ouellette et Catherine Fournier \u2014 appuyaient son initiative, mais pas les élus caquistes et libéraux.Après ce revers, Mme Hivon a dit «continuer d\u2019être très inquiète par rapport à certains gros procès» qui pourraient s\u2019écrouler sous le poids des délais.Une épée de Damoclès plane toujours au-dessus du procès de l\u2019ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau et de l\u2019ex- collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté.«[Mme LeBel] ne pense-t-elle pas opportun de se prémunir contre d\u2019autres avortements de procès possibles?Elle pense vraiment que ça ne peut plus arriver?» a demandé Mme Hivon.JUSTICE Québec ne se protégera pas contre l\u2019arrêt Jordan La ministre de la Santé, Danielle McCann, dit vouloir entreprendre une « vaste consultation » sur l\u2019élargissement de l\u2019aide médicale à mourir.GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE L es journalistes qui connaissent bien Bruxelles savent qu\u2019elle est la capitale mondiale du maquignonnage.Dans le Berlay- mont, qui abrite la Commission européenne, tout se négocie au millimètre près, de la nomination des commissaires européens au moindre strapontin.Les habitués savent aussi qu\u2019à Bruxelles, tout est toujours sur la table tant que les négociations ne sont pas rompues.Et encore\u2026 C\u2019est pourquoi, plus qu\u2019ailleurs, il faut s\u2019y méfier des grandes déclarations pleines de nobles intentions.À moins d\u2019un mois du divorce annoncé, le premier ministre britannique, Boris Johnson, vient de relancer les dés.Pour en finir avec le backstop qui maintiendrait le Royaume- Uni indéfiniment dans le marché européen, il suggère que l\u2019Irlande du Nord demeure alignée pendant au moins quatre ans sur le marché européen.Grâce à un système de déclarations informatisées, la perception des droits de douane et les contrôles seraient réduits au minimum à la frontière des deux Irlandes.Les produits entrant sur l\u2019île seraient contrôlés dans les ports britanniques et les autres contrôles pourraient être décentralisés.Tout cela afin de préserver, du moins pour l\u2019essentiel, les accords du Vendredi saint qui, en 1998, avaient supprimé tout contrôle à la frontière.Même si le négociateur Michel Barnier répète depuis des mois qu\u2019il n\u2019y a rien de plus à négocier que ce qui l\u2019a déjà été avec Theresa May, pour l\u2019instant il y a de quoi s\u2019étonner de l\u2019accueil prudent qu\u2019a reçu la proposition britannique.Et cela, malgré son caractère parfois nébuleux, avouons-le.La presse aime bien peindre Boris Johnson en personnage erratique qui ne sait pas où il va et qui ne comprend même pas les enjeux du Brexit.Cela permet de présenter le Brexit comme une aberration.Et la majorité qui l\u2019a soutenu en 2016 comme une bande d\u2019illuminés frappés par une lubie passagère\u2026 qui finira bien par passer.Pourtant, on sent bien qu\u2019à Bruxelles on marche sur des œufs.Si la Commission européenne hésite à rejeter la proposition britannique, c\u2019est qu\u2019à l\u2019aube d\u2019une récession annoncée en Allemagne, elle redoute elle aussi le choc d\u2019un Brexit dur.Mais elle comprend aussi tout le parti que Boris Johnson pourrait tirer d\u2019un refus.En faisant monter la pression, l\u2019exubérant « Bojo » poursuit deux lièvres à la fois.Un compromis de dernière minute, fût-il sur des détails, serait perçu à Londres comme une victoire tant il semble depuis des mois si peu probable.L\u2019autre scénario, celui d\u2019un rejet catégorique, lui permettrait de rentrer dans ses terres en accusant Bruxelles d\u2019avoir fait échouer les négociations.Déjà en tête dans les sondages, Johnson aurait alors tout le loisir de faire du bouc émissaire bruxellois un puissant levier électoral afin d\u2019achever de plumer le pauvre Jeremy Corbyn.Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, depuis le référendum du 23 juin 2016, le Royaume-Uni est plongé dans une véritable crise constitutionnelle.Que le pays n\u2019ait pas de constitution écrite n\u2019y change rien.On ne peut pas appeler autrement une crise qui oppose la volonté majoritaire du peuple clairement exprimée par référendum à un certain nombre d\u2019élus qui ne s\u2019estiment pas liés le moins du monde par ce choix démocratique.Un peu comme si, en 1995, malgré la courte victoire du « Non », des députés du Parti québécois s\u2019étaient acharnés à décréter unilatéralement l\u2019indépendance du Québec ou à poser des gestes en ce sens en invoquant la prépondérance du Parlement sur le référendum.On aurait évidemment crié à la trahison.Boris Johnson a donc eu raison de suspendre ce Parlement hors sol qui n\u2019a eu de cesse en trois ans de prouver sa plus complète inanité.Un Parlement qui pousse d\u2019ailleurs l\u2019outrecuidance jusqu\u2019à refuser, sous l\u2019impulsion des travaillistes, des élections qui seules permettraient pourtant de sortir de cette impasse en retournant au peuple.Récemment, dans le New York Times, l\u2019historien Robert Thombs comparait la crise qui se joue à Westminster aux moments les plus dramatiques de l\u2019histoire parlementaire britannique.On pense au rappel des lois sur le maïs qui mit fin au protectionnisme et fit exploser le parti Tory en 1846.Ou encore au Irish Home Rule qui fragmenta le Parti libéral en 1885 et érigea les conservateurs en principal parti de pouvoir.Dans tous les cas, le Parlement et le peuple se sont retrouvés face à face.Or, depuis trois ans, dit Thombs, la « souveraineté parlementaire » et la « souveraineté populaire » sont à nouveau en porte-à-faux.En introduisant la pratique des référendums et des élections à date fixe pour limiter la toute-puissance de la Chambre, les parlementaires ne se doutaient probablement pas des conséquences de leur geste.Avec le Brexit, « pour la première fois depuis que la Grande-Bretagne est un pays véritablement démocratique, écrit Tombs, l\u2019establishment culturel et politique refuse pour divers prétextes d\u2019obéir à un vote populaire légal ».Même si personne ne sait comment se terminera le Brexit, on peut d\u2019ores et déjà prédire que le pays qui en sortira ne sera plus le même.Crise constitutionnelle à Londres CHRISTIAN RIOUX Boris Johnson a donc eu raison de suspendre ce Parlement hors-sol qui n\u2019a eu de cesse en trois ans de prouver sa plus complète inanité.Un Parlement qui pousse d\u2019ailleurs l\u2019outrecuidance jusqu\u2019à refuser, sous l\u2019impulsion des travaillistes, des élections qui seules permettraient pourtant de sortir de cette impasse en retournant au peuple. A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 FABIEN DEGLISE LE DEVOIR La communauté internationale, et le Canada en particulier, serait en train de « perdre toute crédibilité » en Haïti, et ce, en continuant à soutenir le régime de Jovenel Moïse qui, pour une énième fois depuis le début de l\u2019année fait face à un violent mouvement d\u2019opposition populaire.C\u2019est ce qu\u2019estime Solidarité Québec- Haïti qui appelle d\u2019ailleurs Ottawa à cesser de soutenir le gouvernement en place, au nom des principes démocratiques qui sont chers aux Canadiens.« La corruption est infiltrée à tous les niveaux dans ce gouvernement dont l\u2019élection [en 2016] est contestée par la population », résume à l\u2019autre bout du fil l\u2019activiste Marie Dimanche à l\u2019origine de ce groupe de pression qui s\u2019est formé en février dernier.Le pays faisait alors face à une des grèves générales les plus importantes de son histoire.Le scrutin de 2016, en plus d\u2019un taux de participation de moins de 20 %, est reconnu par la communauté internationale pour avoir été entaché par de nombreuses irrégularités.«Alors que la rue réclame la démission du président, le Canada doit entendre cette voix et accompagner cette demande en mettant fin à sa relation avec Jovenel Moïse», affirme Mme Dimanche.Depuis près de deux semaines, les rues de la capitale Port-au-Prince sont Le Canada appelé à lâcher Jovenel Moïse Haïti s\u2019enlise dans une nouvelle crise sociale Un activiste a supplié à genoux un policier de laisser des manifestants ériger une barricade sur une route principale de Port-au-Prince, mercredi, en guise de protestation contre le gouvernement Moïse.REBECCA BLACKWELL ASSOCIATED PRESS sous tension.Des milliers de citoyens, à l\u2019appel des partis d\u2019opposition, sont descendus massivement pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse, dont le mandat doit prendre fin en 2022.La pénurie d\u2019essence, mais également l\u2019augmentation de son prix, a donné du carburant à ce mouvement de contestation qui bloque l\u2019ensemble des activités économiques et sociales.« Le seul appui qu\u2019a ce président pour le moment, c\u2019est celui de la communauté internationale, résume le sociologue Jean-Claude Icart, chercheur à l\u2019UQAM au sein de l\u2019Institut d\u2019études internationales de Montréal.La révolte s\u2019amplifie dans un contexte de plus en plus difficile et tendu où tout peut déraper ».Appel au dialogue Haïti est placé actuellement face à une « situation dramatique et chaotique », a résumé l\u2019ancien premier ministre et proche de l\u2019actuel président, Evans Paul, cité par l\u2019Associated Press.Au début de la semaine, l\u2019homme a rencontré en privé les représentants du Core Group, groupe des pays amis d\u2019Haïti, dont le Canada fait partie avec la France, les États-Unis, qui, sans se prononcer sur le départ du président, ont appelé au dialogue entre les oppositions, le pouvoir en place et la société civile, a-t-il indiqué.Le climat social se dégrade continuellement en Haïti depuis janvier CHARLOTTE PLANTIVE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Après Kiev, Pékin.Menacé par une procédure de destitution, Donald Trump a ouvertement suggéré jeudi que la Chine enquête sur son rival Joe Biden, provoquant l\u2019indignation des démocrates qui l\u2019accusent de chercher « encore une fois » l\u2019aide d\u2019une puissance étrangère pour influencer la présidentielle américaine.L\u2019enquête menée par les démocrates est entrée dans le vif du sujet jeudi, avec la longue audition à huis clos d\u2019un premier témoin clé au Congrès.Le président américain est sous la menace d\u2019une mise en accusation (impeachment) parce qu\u2019il a demandé à son homologue ukrainien de l\u2019aider à rassembler des informations compromettantes sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l\u2019affronter lors de la présidentielle de 2020.Répétant que son échange avec Volo- dymyr Zelensky était « parfait », Donald Trump a franchi un nouveau cap jeudi en déclarant qu\u2019il pourrait « assurément » formuler la même demande auprès du président chinois.Le milliardaire républicain répète à l\u2019envi que Joe Biden et son fils Hunter ont « arnaqué la Chine et l\u2019Ukraine ».« La Chine devrait lancer une enquête sur les Biden parce que ce qui s\u2019est passé en Chine est tout aussi grave que ce qui s\u2019est passé en Ukraine », a-t- il insisté jeudi.« Monsieur le Président, vous ne pouvez pas extorquer des gouvernements étrangers pour vous aider à être réélu », a dit le premier intéressé, Joe Biden, sur Twitter.Ulcéré par une procédure qui, même si elle a peu de chances d\u2019aboutir à sa destitution pour cause de majorité républicaine au Sénat, jette une ombre sur sa campagne de réélection, Donald Trump est embarqué dans une surenchère verbale, dénonçant les « conneries » des démocrates et même un «coup d\u2019État».Les derniers sondages montrent un soutien en hausse des Américains à cette procédure de destitution.Mais aussi que ses nombreux tweets, messages et spots publicitaires contre M.Biden semblent avoir un effet : 41 % des personnes interrogées veulent qu\u2019on étudie de plus près les liens des Biden avec l\u2019Ukraine, selon USA Today jeudi.Hunter Biden, avocat et financier, a siégé au comité de surveillance d\u2019un groupe gazier ukrainien et a investi en Chine quand son père était vice-président de Barack Obama.Il n\u2019a jamais été inquiété par la justice de ces pays.Mais pour Donald Trump et son entourage, Hunter Biden a profité de la position de son père pour s\u2019enrichir.ÉTATS-UNIS Trump suggère à Pékin d\u2019enquêter sur Biden dernier et la publication d\u2019un rapport de la Cour des comptes sur le détournement des fonds du PetroCaribe prêté par le Venezuela à Haïti pour assurer le développement du pays.D\u2019anciens présidents et ministres sont ciblés par ces révélations qui font état d\u2019infractions aux lois sur les marchés publics, de fraude fiscale, de contrats accordés sans description des travaux ni échéancier ou de dépassements de coûts sans factures explicatives.Jovenel Moïse est mouillé par ce rapport.Les grandes manifestations de février réclamaient d\u2019ailleurs sa démission tout comme une enquête publique.La présidence n\u2019a acquiescé ni à l\u2019une, ni à l\u2019autre.Politiquement, Jovenel Moïse semble dans l\u2019impasse.Haïti n\u2019a pas adopté de loi de finances, pour un deuxième exercice fiscal de suite, ce qui empêche toute planification économique et laisse présager un bilan financier catastrophique.De plus, le Sénat n\u2019a pas ratifié le choix de son nouveau premier ministre, Fritz William Michel, désigné en juillet dernier.L\u2019homme est soupçonné d\u2019avoir surfacturé l\u2019État dans le cadre d\u2019un contrat public et d\u2019avoir acheté le vote de sénateurs pour faire passer sa déclaration de politique générale.L\u2019Observatoire haïtien des droits humains (OHDH) a exigé sa démission en rappelant, dans une note publiée le 20 septembre, que « la corruption entrave le développement économique d\u2019Haïti, compromet la démocratie, la justice sociale et l\u2019État de droit ».Élections reportées Les élections législatives prévues le 27 octobre prochain devraient être reportées, faute de l\u2019adoption d\u2019une loi pour les encadrer.Mercredi, une vingtaine d\u2019écrivains haïtiens, dont Anthony Phelps, Yanick Lahens et Gary Victor, ont appelé le reste du monde à se préoccuper de la situation en Haïti, pour ne pas laisser Jovenel Moïse s\u2019accrocher au pouvoir «au prix du sang du peuple, de la radicalisation et de la violence répressive», exposent-ils dans une lettre publiée dans le magazine français Le Point.« Nous en appelons aux citoyens du monde.L\u2019humanisme demande de choisir entre un peuple et un président, entre un peuple et ses bourreaux».Haïti est un des pays les plus pauvres du monde.Près de 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, fixé en deçà de 2,41 $ par jour, selon la Banque mondiale.L\u2019inflation a grimpé à 19 % en juillet et devrait dépasser les 20 % en octobre, selon les prévisions, soit un sommet depuis 2008.Cette mathématique va compliquer l\u2019accès à des produits de base et accentuer les tensions.Entre 2016 et aujourd\u2019hui, sous le régime de Jovenel Moïse, le Canada a versé 702 millions en aide à Haïti pour des projets toujours en cours, selon les données officielles du gouvernement canadien, compilées par Le Devoir.60 % Cette proportion de la population haïtienne vit en dessous du seuil de pauvreté, fixé en deçà de 2,41 $ par jour, selon la Banque mondiale.Nous en appelons aux citoyens du monde.L\u2019humanisme demande de choisir entre un peuple et un président, entre un peuple et ses bourreaux.UN COLLECTIF D\u2019UNE VINGTAINE D\u2019ÉCRIVAINS HAÏTIENS » A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 E N B R E F 18 morts liées aux cigarettes électroniques aux États-Unis WASHINGTON \u2014 Le bilan de l\u2019épidémie de maladies pulmonaires liées à la consommation de cigarettes électroniques aux États-Unis est passé jeudi à 18 morts et 1080 malades, ont annoncé les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).L\u2019augmentation est due à la reclassification de cas anciens ainsi qu\u2019à de nouveaux cas se présentant dans les hôpitaux.«Malheureusement, l\u2019épidémie [\u2026] continue à un rythme rapide», a déclaré Anne Schu- chat, haute responsable des CDC.78% des malades pour lesquels des informations sont disponibles ont indiqué avoir consommé des recharges de vapoteuses au THC, l\u2019agent psychoactif du cannabis.L\u2019âge médian des personnes décédées est de 49 ans et demi, mais 80% des malades ont moins de 35 ans.Agence France-Presse Hong Kong va interdire le port du masque HONG KONG \u2014 L\u2019exécutif hongkongais va bientôt bannir le port du masque lors des manifestations, afin d\u2019en finir avec quatre mois de crise politique, rapportent des médias locaux.Hong Kong est depuis début juin le théâtre d\u2019actions quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences grandissantes de Pékin dans les affaires de sa région semi-auto- nome.Pour ne pas être identifiés et éviter de futures poursuites judiciaires, les manifestants portent pour la plupart des masques, et souvent des casques, des lunettes de protection et des masques à gaz afin de se protéger des gaz lacrymogènes et des projectiles tirés par la police.À en croire le South China Morning Post, l\u2019exécutif local espère dissuader les manifestants de descendre dans les rues.Agence France-Presse Un tribunal russe ordonne de bloquer deux groupes LGBTQ populaires MOSCOU \u2014 Un tribunal de Saint-Péters- bourg a ordonné jeudi de bloquer en ligne deux groupes LGBTQ, accusés de diffuser des «valeurs antifamiliales».Ces groupes fonctionnaient sur le réseau social russe VKontakte, plateforme très populaire en Russie, similaire à Facebook.Une inspection a découvert sur les pages de ces groupes des informations «qui rejettent les valeurs familiales, font la propagande des relations sexuelles non traditionnelles et la promotion d\u2019une attitude irrespectueuse envers les parents», a indiqué le tribunal.L\u2019homosexualité était considérée en Russie comme un crime jusqu\u2019en 1993 et comme une maladie mentale jusqu\u2019en 1999.En 2013, la Russie a adopté une loi bannissant la «propagande» gaie auprès des mineurs.Agence France-Presse Un manifestant à Hong Kong VINCENT YU ASSOCIATED PRESS GREGORY DANEL À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE Quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, dont une femme, ont été tués jeudi à coups de couteau par un employé qui a été ensuite abattu par les forces de l\u2019ordre, dans une attaque inédite au mobile inconnu.L\u2019agression s\u2019est produite à l\u2019intérieur même de ce lieu emblématique qui regroupe plusieurs grandes directions de la police parisienne, situé dans le centre historique de la capitale française près de la cathédrale Notre-Dame.« Nous déplorons le décès de quatre personnes, trois hommes et une femme.Trois fonctionnaires de police et un agent administratif », a déclaré à la presse le procureur de Paris, Rémi Heitz.Né aux Antilles, âgé de 45 ans, l\u2019assaillant s\u2019était converti à l\u2019islam il y a 18 mois, a précisé une source proche du dossier.L\u2019assaillant « n\u2019avait jamais présenté de difficultés comportementales », a souligné le ministre de l\u2019Intérieur, Christophe Castaner, qui a reporté un déplacement en Turquie et en Grèce pour se rendre sur les lieux.Une autre victime a été évacuée et hospitalisée « en urgence absolue ».Une enquête a été ouverte pour « homicides volontaires ».Les enquêteurs explorent notamment la piste d\u2019un conflit personnel, selon des sources concordantes.Pour le moment, le parquet antiterroriste n\u2019a pas été saisi.« État de choc » Le président Emmanuel Macron a déploré « un véritable drame » et est allé à la rencontre des membres du personnel de la préfecture de police.« Ils sont en état de choc, c\u2019est un de leurs collègues qui en a abattu quatre autres », a-t-il déclaré dans la soirée.L\u2019assaillant travaillait depuis 2003 à la préfecture de police où il était dernièrement agent administratif, employé en tant qu\u2019informaticien, à la Direction du renseignement.Il souffrait d\u2019un handicap de surdité.L\u2019homme a d\u2019abord poignardé avec un couteau de cuisine trois personnes qui se trouvaient dans les bureaux de son service.Dans un escalier, il a ensuite mortellement touché une employée administrative.Dans la cour du bâtiment, un policier lui a intimé l\u2019ordre de lâcher son couteau, puis a fini par faire usage de son arme.Atteint à la tête, l\u2019assaillant a été tué.« J\u2019ai entendu un tir, j\u2019ai compris que c\u2019était à l\u2019intérieur », a témoigné Emery Siamandi, un interprète présent à l\u2019intérieur de la préfecture au moment de l\u2019attaque.« Quelques instants après, j\u2019ai vu des policières qui pleuraient.Elles étaient en panique.» L\u2019épouse de l\u2019agresseur a été placée en garde à vue, et son domicile en banlieue parisienne perquisitionné.« C\u2019est une personne ordinaire, quelqu\u2019un de très calme.Je le voyais aller à la mosquée, mais il avait une pratique normale», raconte à l\u2019AFP une voisine.Selon des habitants, il avait deux enfants de trois et neuf ans.« Voir un collègue s\u2019en prendre à d\u2019autres collègues, c\u2019est du jamais vu de mémoire de policier », a commenté à la chaîne de télévision BFMTV Denis Jacob, un responsable du syndicat Alternative police CFDT, qui a évoqué un contexte de « rupture du lien entre nous » et de « déshumanisation de l\u2019institution ».Manifestation Cette tuerie survient au lendemain d\u2019une manifestation de milliers de policiers à Paris pour une «marche de la colère ».Cette mobilisation inédite en près de 20 ans n\u2019a pas été motivée par un fait divers sanglant, mais par une surcharge de travail et de tensions liée au mouvement social des «gilets jaunes», entrés en fronde contre la politique sociale et fiscale du gouvernement depuis près d\u2019un an, et un bond des suicides au sein de la police (52 depuis janvier), un mal endémique dans l\u2019institution.Selon les organisations syndicales, 26 000 personnes ont pris part à cette action.Il y a près de 150 000 policiers en France.« Il y a aujourd\u2019hui des éléments qui s\u2019ajoutent les uns aux autres : après la vague d\u2019attentats terroristes, les forces de l\u2019ordre ont dû faire face avec les \u201cgilets jaunes\u201d à une mobilisation dans la durée, avec des conditions d\u2019intervention très difficiles.Il y a également la question des suicides qui ressurgit, mais aussi les relations détériorées avec la population », a expliqué Jacques Maillard, qui codirige un centre de recherches sur le droit et les institutions pénales.Si le mobile de l\u2019assaillant de la préfecture de police reste indéterminé, les forces de l\u2019ordre figurent parmi les objectifs récurrents des organisations djihadistes, dont le groupe État islamique, en France, en proie depuis 2015 à une vague d\u2019attentats islamistes sans précédent qui a fait 251 morts.FRANCE Quatre fonctionnaires de la police tués par un collègue à Paris Des protestataires ont capturé un véhicule blindé avant de l\u2019incendier, jeudi, au cours d\u2019une manifestation à Bagdad.HADI MIZBAN ASSOCIATED PRESSE AHMED AL-RUBAYE À BAGDAD AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Irak a vécu jeudi sa journée la plus sanglante depuis le début mardi de manifestations au cours desquelles 30 personnes ont été tuées lors d\u2019affrontements d\u2019une violence inédite entre manifestants et forces de sécurité.Parti de Bagdad, le mouvement réclamant des emplois pour la jeunesse et le départ des dirigeants « corrompus » a désormais gagné la quasi-tota- lité du sud du pays et franchi un nouveau palier dans la violence, avec des dizaines de blessés par balles dans diverses villes du pays, dont la capitale, deuxième plus peuplée du monde arabe.Si la contestation est le premier test populaire pour le gouvernement d\u2019Adel Abdel Mahdi, qui doit souffler sa première bougie à la fin du mois, la journée de vendredi sera un important test politique pour le chef de gouvernement, avec le sermon du grand ayatollah Ali Sistani.Plus haute autorité religieuse pour la grande majorité des chiites d\u2019Irak, il passe pour avoir son mot à dire, notamment pour nommer et démettre les premiers ministres.M.Abdel Mahdi ne s\u2019est exprimé jusqu\u2019ici que par communiqué, saluant « la retenue des forces armées » et annonçant le couvre-feu à Bagdad, tandis que son bureau affirmait avoir La violence franchit un nouveau palier en Irak rencontré des « représentants des manifestants ».Les autorités, qui dénoncent des « saboteurs » et proposent aux protestataires d\u2019appeler un numéro d\u2019information pour faire part de leurs revendications, semblent avoir choisi la fermeté, une décision critiquée jeudi par Amnistie internationale.L\u2019organisation a exhorté Bagdad à « ordonner immédiatement aux forces de sécurité de cesser d\u2019utiliser une force, notamment létale, excessive » et à rétablir la connexion, Internet étant toujours coupé dans une grande partie du pays et les réseaux sociaux inaccessibles.En soirée, les affrontements se sont poursuivis dans plusieurs villes du sud de l\u2019Irak, ainsi qu\u2019à Bagdad où les blindés des forces spéciales sont entrés en action pour repousser la foule, les forces de l\u2019ordre tirant sur le sol des balles qui ricochaient sur les manifestants, aussitôt transportés à bord de touk-touk par des camarades.Sans entamer la détermination d\u2019Ali, diplômé chômeur de 22 ans qui prévient : « On continuera jusqu\u2019à la chute du régime ».« Je veux travailler, je veux pouvoir me marier, je n\u2019ai en poche que 250 dinars », soit moins de 28 cents.Alors, dit-il, que « les dirigeants brassent des millions » dans le douzième pays le plus corrompu au monde, selon Transparency International.Les affrontements se sont poursuivis dans plusieurs villes du sud de l\u2019Irak, ainsi qu\u2019à Bagdad où les blindés des forces spéciales sont entrés en action pour repousser la foule LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e premier ministre François Legault a lancé le message cette semaine qu\u2019il était déterminé à revoir les fabuleuses ententes que le gouvernement libéral a signées avec les médecins spécialistes, dont la rémunération dépasse désormais celle de leurs homologues du reste du Canada.Il est bon de rappeler que le gouvernement Couillard, après des hausses de plus de 60 % consenties aux médecins spécialistes, y est allé en fin de mandat d\u2019un autre coup de manivelle avec une entente de cinq ans qui leur octroyait 4 milliards de plus sous diverses formes.L\u2019entente intervenue avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) prévoyait qu\u2019on commande une étude à l\u2019ICIS, plus détaillée que les évaluations comparatives que fournit l\u2019organisme de façon régulière, afin de comparer les rémunérations des médecins spécialistes québécois et de leurs confrères des autres provinces, étude qui tiendra compte de nombreuses variables, comme les différences de pratiques et de responsabilités, la productivité ainsi que le coût de la vie.En vertu de l\u2019entente, les conclusions de cette étude de l\u2019ICIS peuvent conduire à des modifications des émoluments des médecins spécialistes, mais seulement à la hausse.Pas à la baisse.Toute une entente ! Même Gaétan Barrette, écarté des négociations, avait exprimé des réserves.Dans une entrevue accordée à La Presse, Francois Legault a indiqué qu\u2019il entendait rouvrir cette entente qui échoit en 2023 en s\u2019appuyant sur l\u2019étude détaillée de l\u2019ICIS qui sera remise aux parties et en tenant compte du fait que le salaire moyen des professionnels est de 9 % inférieur au Québec que dans le reste du Canada.Le gouvernement a entre les mains les données brutes de l\u2019étude l\u2019ICIS, mais le rapport comme tel, attendu avant la fin de l\u2019année, n\u2019est pas encore rédigé.Le premier ministre souhaite arriver à une nouvelle entente négociée d\u2019ici la fin de l\u2019année.À défaut d\u2019entente, il a évoqué sinon la possibilité d\u2019imposer une loi spéciale.Selon les données générales de l\u2019ICIS, les médecins spécialistes empochent 428 941 $ par an au Québec contre 395 539 $ en Ontario, une différence de plus de 8 %.L\u2019étude prévue à l\u2019entente pourrait montrer un écart différent, compte tenu des variables dont on tient compte.Mais il s\u2019agit tout de même d\u2019une indication valable, d\u2019autant plus que ces données ont servi à documenter la plus faible rémunération des médecins québécois dans le passé.Déjà, la FMSQ est montée aux barricades, menaçant le gouvernement de poursuites si une loi spéciale est imposée et brandissant le spectre de l\u2019exode de médecins spécialistes.Foutaise que cet exode qui ne s\u2019est jamais matérialisé.Il tombe sous le sens que la rémunération des médecins doit être ajustée en fonction de facteurs comme le coût de la vie, qui est inférieur au Québec par rapport au reste du Canada.François Legault a raison d\u2019inclure dans l\u2019équation le salaire moyen des Québécois, qu\u2019ils soient professionnels ou non, d\u2019ailleurs : ce facteur permet de tenir compte de la capacité de payer des contribuables et, par incidence, du pouvoir d\u2019achat des médecins qui, à rémunération égale, est plus grand ici qu\u2019ailleurs au Canada.Il y a un autre principe qu\u2019il est bon de rappeler : ce n\u2019est pas aux autres provinces de dicter à l\u2019État québécois quelle rémunération il faut accorder aux médecins et quels salaires toucheront les autres professionnels de la santé, voire tous les autres employés de l\u2019État.Au moment où se préparent les négociations des conventions collectives avec les employés de l\u2019État, la rémunération excessive des médecins spécialistes pourrait apparaître pour ce qu\u2019elle est : mépris pour les contribuables et atteinte à la justice sociale.Jim Gordon Enseignant dans une école privée En lisant récemment dans Le Devoir que notre système scolaire se classe bon dernier sur l\u2019échelle de la justice sociale, et au moment où Québec s\u2019apprête à démanteler les commissions scolaires, je présente humblement mon témoignage en guise de piste de réflexion.J\u2019enseigne dans l\u2019un des plus prestigieux collèges privés de Montréal depuis bientôt quatre ans.Et pourtant, j\u2019ai fréquenté une très modeste école publique de Trois-Rivières.Milieu peu scolarisé, famille disloquée, adolescence plus que difficile : l\u2019éducation publique m\u2019a certainement sauvé du naufrage.Elle m\u2019a permis de me faufiler du cégep au collège militaire, de la littérature à la philosophie, pour aboutir à l\u2019enseignement au secondaire.Parcours ironique d\u2019un jeune homme qui détestait l\u2019école.Et qui aujourd\u2019hui enseigne dans une école privée.Honte à moi ! Vraiment ?Après des études de deuxième cycle en littérature et en philosophie, je fus pris par l\u2019envie de transmettre aux jeunes le savoir qui m\u2019avait sauvé.Mais n\u2019enseigne pas qui veut dans ce « système »\u2026 Dépourvu du brevet d\u2019enseignement, j\u2019ai dû subir, pendant trois ans et demi, la maîtrise « qualifiante » offerte à temps partiel depuis quelques années.L\u2019horreur ! Que de temps perdu ! Que de sectarisme ! Enfin, j\u2019ai tenu bon.Puis, deux stages non rémunérés dans des écoles publiques m\u2019ont permis de mesurer la terrifiante réalité des enseignants du « système » public.Aucune valorisation.Très peu de soutien.Une énorme machine administrative qui déshumanise le rapport à l\u2019école.Et, je dois le dire, des enseignants pas toujours motivés, souvent blasés, presque toujours étouffés par l\u2019anxiété et souffrant très souvent d\u2019une formation disciplinaire très lacunaire.Mais il va sans dire que les écoles publiques comptent aussi parmi leurs rangs des enseignants chevronnés qui changent le monde un élève à la fois.Enfin, c\u2019est à ce moment qu\u2019une alerte d\u2019emploi a surgi dans ma boîte de réception.Une entrevue, et je fus engagé.Du jour au lendemain, j\u2019étais devenu un enseignant.Et j\u2019étais parmi d\u2019autres enseignants au parcours atypique, des gens avec plusieurs diplômes, qui valorisent la culture et le savoir ; des gens qui me considéraient déjà comme leur égal.Ainsi l\u2019école privée me donna accès à un bureau personnel, à du soutien administratif, à une source de valorisation constante et à des moyens concrets pour atteindre mes objectifs pédagogiques.Allais-je refuser cette chance inouïe pour éviter d\u2019encourager un système à deux vitesses ?Allais-je plutôt m\u2019entêter à passer par l\u2019enfer de la suppléance, de la bureaucratie et des tâches d\u2019enseignement ridicules que l\u2019on offre aux nouveaux enseignants ?Non, merci.À vous qui avez du pouvoir : si vous voulez que l\u2019école publique rivalise avec l\u2019école privée, don- nez-lui les moyens de le faire.Cela commence par des enseignants passionnés qui se sentent soutenus et valorisés.Que ces professionnels de l\u2019éducation deviennent réellement une élite culturelle ! Et qu\u2019ils soient fiers, comme je le suis, d\u2019enseigner dans leur école.Pour cela, il faut décentraliser le « système ».Suivez le modèle norvégien et donnez davantage de pouvoir aux écoles.Et valoriser les études ne ferait pas de mal : comment est- ce possible qu\u2019un enseignant qui a 20 ans de scolarité ne puisse accéder in fine à un meilleur salaire qu\u2019un simple bachelier ?Je n\u2019y comprends rien.Non, selon moi, le problème du « système » ne réside pas dans les écoles privées, mais dans le sectarisme pédagogique des facultés d\u2019éducation, dans la mauvaise formation des maîtres, dans le sous- financement du réseau public et dans la déshumanisation de l\u2019appareil administratif des commissions scolaires.Mais qui suis-je pour juger ?Je ne suis après tout qu\u2019un enseignant\u2026 L\u2019école privée n\u2019est pas à blâmer LIBRE OPINION LETTRE AVIDITÉ DES MÉDECINS Vivement le retour du bon sens FACE-À-FACE DES CHEFS Des échanges révélateurs L e face-à-face des chefs, diffusé mercredi sur les ondes de TVA, s\u2019est avéré fort utile pour saisir les positions et valeurs des quatre principaux leaders.Ces deux heures d\u2019échanges, pour l\u2019essentiel cordiaux et respectueux, ont révélé une certaine incompréhension des formations fédéralistes à l\u2019égard de la singularité du Québec.À tour de rôle, Justin Trudeau, Jagmeet Singh et Andrew Scheer ont reproché au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, de chercher la chicane, d\u2019alimenter les divisions, voire de diluer le pouvoir politique du Québec au sein de la Confédération.En pareilles circonstances, l\u2019épouvantail de la souveraineté n\u2019est jamais bien loin, alors que M.Blanchet n\u2019en fait même pas un thème central de sa campagne.Empruntant la voie tracée par François Legault lors des élections québécoises d\u2019octobre 2018, Yves-François Blanchet défend ni plus ni moins les intérêts de la nation québécoise à l\u2019intérieur d\u2019un semblant de Canada uni.Personne n\u2019est assez dupe pour imaginer un seul instant que la relance de la marche vers le grand soir passe par un plan visant à semer la zizanie aux Communes.Le Bloc s\u2019emploie plutôt à défendre la singularité du Québec, une société distincte par ses aspirations, ses institutions et ses valeurs progressistes.Il est toujours étonnant de constater que ces formations politiques faisant la promotion du multiculturalisme et de la diversité ne le comprennent pas et qu\u2019elles soient toujours aussi tièdes lorsque le Québec affirme sa différence.C\u2019est faire une bien mauvaise lecture de la situation politique actuelle que de conclure que le Québec veut jouer l\u2019empêcheur de tourner en rond.Évidemment, tous les chefs ne sont pas égaux dans leur compréhension partielle de la réalité québécoise.De l\u2019avortement à l\u2019environnement, le chef conservateur Andrew Scheer est sans contredit l\u2019homme politique qui a paru le plus déphasé par rapport au Québec.Personne n\u2019est dupe de sa valse-hésitation au sujet de l\u2019avortement.Même s\u2019il n\u2019a jamais voulu répondre aux questions à ce sujet lors du débat, il s\u2019est révélé comme un pro-vie de placard.D\u2019ailleurs, il a fini par le reconnaître jeudi, mais ce fut trop tard pour dissiper l\u2019impression qu\u2019il avait quelque chose à cacher.M.Scheer ne relancera pas le débat sur l\u2019avortement, mais il permettra le vote libre des députés de sa formation.Cette position ferait honneur aux représentants de la droite conservatrice américaine, mais elle n\u2019impressionne guère vue d\u2019ici.L ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC BRIAN MYLES Nucléaire : une politique s\u2019impose La gestion des déchets nucléaires au pays est un sérieux dossier environnemental dont on ne parle pas en ce temps d\u2019élections.Le Canada n\u2019a pas de politique de gestion à long terme des déchets radioactifs autres que le combustible irradié.Cette absence de politique a ouvert la porte à trois projets aberrants d\u2019abandon de déchets radioactifs à proximité de cours d\u2019eau importants.À Chalk River, à cent mètres en bordure de la rivière Outaouais, il est projeté de créer un gigantesque monticule où on va confiner ad vitam æternam et pêle- mêle un million de mètres cubes de déchets nucléaires radioactifs.S\u2019ajoutent deux endroits où seront abandonnés les restes radioactifs de deux réacteurs : un à Rolphton, sur l\u2019Outaouais, et l\u2019autre à Pinawa, sur la rivière Winnipeg.Ces déchets sont pourtant sous la responsabilité exclusive du Canada.Encore plus étonnant, ces projets ont été confiés à un consortium d\u2019entreprises privées, lesquelles, en l\u2019absence de politique, agissent sans balises, comme bon leur semble, sous l\u2019œil complaisant de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).En septembre dernier, un rapport de l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie atomique (AIEA), sous l\u2019égide de l\u2019ONU, met en lumière les lacunes du gouvernement canadien en ce qui concerne sa stratégie de gestion des déchets radioactifs ainsi que la nécessité pour la CCSN d\u2019ajuster ses exigences aux normes internationales en matière de radioprotection.L\u2019AIEA lève le drapeau rouge en affirmant que ce comportement devrait inquiéter les Canadiens.Des inquiétudes se posent aussi pour les centrales nucléaires de Gentilly 1 et 2.Sans politique claire, ces sites pourraient devenir des dépotoirs semblables à ceux de Chalk River, Rolphton et Pinawa.Ce qui est aberrant.Dans ce contexte, il est impératif que le prochain gouvernement dote le pays d\u2019une politique et d\u2019une stratégie de gestion permanente de ses déchets nucléaires et qu\u2019il exige que la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) ajuste ses exigences aux normes internationales en matière de radioprotection avant de procéder à quelque chantier que ce soit sur les sites lui appartenant.Il est aussi impératif que nos élu(e)s s\u2019engagent à promouvoir un moratoire sur tous les projets englobant le secteur nucléaire et les contrats liant le gouvernement et le consortium, ainsi qu\u2019à tenir des audiences publiques fédé- rale-provinciales permettant la participation des Canadien(ne)s concerné(e)s par ce danger environnemental qui plane sur les générations présentes et futures.Le temps est venu d\u2019agir.Une politique s\u2019impose.Jean-François Gaudette Trois-Rivières, le 3 octobre 2019 A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Une créance I l a fallu trois années à Tamara Kotevska et Ljubo Stefanov pour filmer leur documentaire Honey- land, une fable écologique en chair et en os d\u2019une sensibilité qui n\u2019a rien à envier à L\u2019homme qui plantait des arbres.Le film, à l\u2019affiche chez nous depuis peu, nous transporte en Macédoine du Nord, dans un village à l\u2019abandon où Hatidze Mura- tova s\u2019occupe seule de sa mère vieillissante et de ses abeilles, qu\u2019elle soigne chaque jour avec abnégation.Elle élève ses ruches à l\u2019ancienne, récoltant patiemment le miel, un petit pot à la fois, en prenant grand soin de ne pas spolier les ouvrières.Un jour, une famille d\u2019éleveurs bovins plante sa caravane sur le terrain voisin, un couple et ses sept enfants.Leur troupeau ne suffit pas à nourrir toutes ces bouches, alors la famille, imitant la voisine, installe des ruches dans l\u2019espoir de vendre du miel à un marchand gourmand et manipulateur venu de Skopje, la capitale \u2014 un personnage qui ne s\u2019invente pas.Il faut récolter rapidement le miel, donc, alors les apiculteurs débutants brusquent les abeilles.Hatidze les avertit : cela finira par tuer la colonie, on ne peut pas voler les abeilles, il faut être reconnaissant, à l\u2019écoute, respecter l\u2019équilibre délicat de la ruche.Mais l\u2019appât du gain et, surtout, la peur d\u2019avoir faim l\u2019emportent.Les ruches s\u2019effondrent, décimant aussi celles d\u2019Hatidze.Lorsqu\u2019il ne reste plus rien, la famille repart.Hatidze reste seule au pied de sa montagne, à veiller sa mère au plus creux de l\u2019hiver.Au printemps, lorsque sa mère a rendu son dernier souffle, elle quitte le village pour de bon.Ce film est une prouesse documentaire.On jurerait une mise en scène tant les rebondissements qui ponctuent le récit sont évocateurs.Ils illustrent, à une échelle minuscule, le drame qui se vit aujourd\u2019hui à l\u2019échelle planétaire : le rapport malade qu\u2019entretiennent les sociétés humaines avec les écosystèmes, leur déni devant les conséquences pourtant prévisibles de leurs actions, ainsi que la misère qui contraint à prendre tout de suite ce qui devrait être cultivé, préservé dans la durée.La patience est un luxe dans un monde où l\u2019on fabrique la rareté pour les plus humbles et où le pouvoir refuse de renoncer aux privilèges conférés par l\u2019abondance.Lundi, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, présentait son plan pour l\u2019avenir de l\u2019industrie forestière, affichant fièrement son intention d\u2019accroître la coupe forestière et de faciliter l\u2019accès de l\u2019industrie à l\u2019exploitation des forêts.Son plan favoriserait même la captation du CO2.Il l\u2019a dit sans rire.On prévoit en effet de « gérer la forêt » en coupant plus de bois dans les forêts d\u2019arbres matures, améliorant ainsi leur capacité de capture du carbone.En gros, on veut raser plus de vieux pour planter du neuf, parce que le neuf, c\u2019est toujours mieux.Ce saut périlleux argumentaire donne le tournis, mais le gouvernement caquiste nous a habitués à cette gymnastique.Elle revient immanquablement pour donner des reflets verts à des projets qui iront de l\u2019avant de toute façon.Le ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charrette, nous en a fait la démonstration encore la semaine dernière en affirmant que le troisième lien contribuerait à réduire les émissions de GES \u2014 rien de moins.Le problème, c\u2019est que les scientifiques ne semblent pas partager l\u2019avis du ministre Dufour.Couper plus de bois dans les forêts, explique-t-on, n\u2019améliore pas en soi la capacité de capture du carbone.Comme l\u2019expliquait Luc Bouthillier, professeur de politique forestière à l\u2019Université Laval, dans une entrevue accordée au 15-18 mardi, le raisonnement du ministre comporte un raccourci : s\u2019il est vrai que les arbres matures captent moins de carbone, n\u2019oublions pas qu\u2019il faut du temps, parfois des décennies, pour qu\u2019un jeune arbre grandisse et devienne apte à séquestrer le carbone.De plus, dans une capsule de Découverte sur la compensation de l\u2019empreinte carbone, diffusée, comme par hasard, la veille de l\u2019annonce du ministre Dufour, on soulignait que les arbres ayant une croissance rapide ont un bois de plus faible densité.Ils stockent donc le carbone moins longtemps.Le plan du ministre fait aussi l\u2019impasse sur les risques que représentent les coupes pour la biodiversité et l\u2019équilibre des écosystèmes.Mais bien sûr, on ne peut pas voir cela lorsque les questions écologiques ne sont que de simples paramètres comptables qui infléchissent, mais à peine, les projets d\u2019exploitation du territoire.Comme Hatidze par l\u2019impatience de ses voisins, nous sommes perpétuellement coincés par cet empressement à exploiter la nature et ses fruits pour jouir du temps et des ressources empruntées.Ce n\u2019est pas un hasard si l\u2019on parle de « dette carbone » lorsque l\u2019on désigne la capacité d\u2019absorption des forêts.C\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit : une dette, qu\u2019il nous faut honorer avant qu\u2019il soit trop tard.Peut-être faudrait-il pour cela repenser notre rapport à la nature, en prenant au sérieux cette notion de créance, d\u2019imputabilité ; en reconnaissant qu\u2019on ne peut s\u2019inscrire dans les écosystèmes sans respecter des conditions strictes et essentielles.Sinon, les collectivités humaines finiront tôt ou tard par s\u2019effondrer comme des ruches que l\u2019on pille.AURÉLIE LANCTÔT Christian Savard Directeur général de Vivre en ville La semaine dernière, le Québec s\u2019est distingué à l\u2019occasion de la Semaine mondiale d\u2019action pour le climat.C\u2019est d\u2019abord la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui s\u2019est faite la porte- parole des villes du monde en tant que seule élue locale invitée à s\u2019adresser au sommet des Nations unies sur le climat.La semaine s\u2019est terminée en force avec, partout au Québec, des dizaines de manifestations sur l\u2019urgence climatique, dont celle de Montréal, la plus grande au monde avec 500 000 personnes ! Cette même semaine a vu le gouvernement québécois et le monde municipal conclure, après moult négociations, une entente fiscale et budgétaire de cinq ans.Les villes ont notamment obtenu l\u2019équivalent de la croissance des revenus d\u2019un point de TVQ.On parle ici de 660 millions de dollars supplémentaires, ce qui n\u2019est pas rien.Quel rapport entre le climat et les finances municipales ?Le rôle primordial des villes dans la lutte contre les changements climatiques, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019adaptation ou de réduction des émissions.Le nouveau pacte fiscal est-il à la hauteur des défis que doivent relever les villes en matière climatique ?La réponse est non.Il reste du travail à faire pour extirper les villes d\u2019une fuite en avant fiscale et environnementale.Il faut, d\u2019abord, prendre conscience que la plupart de nos municipalités vivent à crédit, selon un modèle qui s\u2019apparente à une chaîne de Ponzi \u2014 l\u2019intention criminelle en moins.[\u2026] Le développement urbain tel qu\u2019il se pratique depuis des décennies s\u2019apparente à ce système pyramidal.L\u2019urbanisation de nouveaux secteurs vient avec des revenus de taxes que les municipalités échangent contre des responsabilités à long terme d\u2019entretien, de réparation et de remplacement d\u2019infrastructures.Puisque le coût de construction des infrastructures de ces nouveaux secteurs est assumé par les promoteurs (et en partie par les gouvernements supérieurs), les taxes des nouveaux résidents sont disponibles pour payer le renouvellement des infrastructures des quartiers plus anciens.Au fil du temps, les municipalités se lancent dans une fuite en avant.Elles élargissent continuellement leur assiette fiscale en ouvrant de nouveaux secteurs au développement pour avoir accès à de nouveaux revenus « disponibles ».On est bien dans une chaîne de Ponzi ! Pour s\u2019en convaincre, on n\u2019a qu\u2019à voir l\u2019état de panique des municipalités qui arrivent au bout de leur périmètre d\u2019urbanisation et ainsi de leur réservoir potentiel de nouvelles taxes.Ce système est l\u2019une des raisons de la compétition entre les municipalités pour attirer le développement immobilier.Une compétition qui se fait trop souvent au détriment des milieux naturels et des terres agricoles.Vivre à crédit Si les villes vivent à crédit avec nos taxes, nous vivons tous à crédit vis-à- vis des écosystèmes.Et c\u2019est beaucoup en raison de notre mode de développement urbain.Nos villes bâties autour de l\u2019automobile surconsomment ce que la nature leur fournit et celle-ci peine de plus en plus à filtrer l\u2019eau, à purifier l\u2019air et à nourrir les populations.Avec la généralisation du modèle de développement suburbain, chaque fois que la population augmente de 1 %, la superficie occupée progresse de 5 %.En matière d\u2019environnement, on est donc aussi dans une fuite en avant.Si rien ne change, la chaîne se poursuivra jusqu\u2019au jour où la capacité des écosystèmes sera dépassée et où les entrées de revenus libres ne permettront plus aux municipalités d\u2019honorer leurs obligations.Sur le plan fiscal, les municipalités appréhendent un choc budgétaire accéléré par l\u2019évolution démographique, appelée à ralentir, et par la diminution prévisible de la demande en espaces de commerce, de bureaux et d\u2019industrie.Sur le plan environnemental, notre prise de conscience est collective.Il apparaît donc nécessaire de réformer en profondeur la fiscalité municipale, notamment pour mettre fin à la prime à l\u2019étalement urbain.C\u2019est là qu\u2019entre en jeu le récent pacte fiscal.En offrant aux villes une certaine marge de manœuvre sur un horizon de cinq ans, ce pacte instaure une accalmie dans le jeu des négociations et donne au gouvernement et aux municipalités l\u2019espace politique pour regarder en profondeur la question de la fiscalité.C\u2019est l\u2019occasion de sortir du sempiternel bras de fer Québec-municipali- tés pour mettre en place une véritable écofiscalité pour le monde municipal.Nous proposons quatre principes clés qui devraient guider cette réforme fiscale et budgétaire : assurer l\u2019équilibre des finances publiques à long terme, en faisant en sorte que les revenus couvrent non seulement les obligations courantes mais aussi les investissements requis ; assurer l\u2019équité, en reflétant mieux le coût des choix des ménages et des entreprises en services publics ; internaliser les coûts du développement, en particulier les dommages environnementaux et les frais assumés par les paliers supérieurs de gouvernement; favoriser l\u2019émergence de collectivités viables en encourageant les meilleures pratiques par la fiscalité.Cette réforme devra faire plus qu\u2019assurer la stabilité financière des municipalités pour un prochain mandat.Elle doit permettre aux municipalités de sortir de la spirale dans laquelle la plupart se savent prises, mais dont elles peuvent difficilement s\u2019extraire une par une.Il y a d\u2019autant plus urgence que la course au développement à tout prix a d\u2019importantes conséquences environnementales, en tendant à niveler par le bas les pratiques d\u2019aménagement et de développement.La semaine dernière, nous avons marché pour le climat.Nous devons maintenant réviser la fiscalité municipale pour le protéger.Ce sera une entreprise passionnante.Réviser la fiscalité municipale pour protéger le climat Jean-Claude Bernatchez Professeur titulaire en relations de travail à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières Sur le plan sociétal, la pyramide des âges des 8,48 millions de Québécois est révélatrice.Les personnes dont l\u2019âge fluctue entre 55 et 65 ans en forment le groupe le plus imposant.Elles sont précédées des baby-boomers maintenant âgés de 65 à 75ans, créant ainsi une pression sans pré- cédent en faveur d\u2019un développement accéléré des emplois de service.Mais l\u2019affaissement du taux de natalité au tournant des années 1990 a tout compliqué en réduisant, vingt ans plus tard, l\u2019émergence des nouveaux travailleurs sur le marché du travail.C\u2019est ainsi que les jeunes travailleurs sont présentement en nombre insuffisant pour répondre aux exigences d\u2019une société vieillissante.Sur le plan organisationnel, la pénurie de main-d\u2019œuvre dans les services publics est glaciale surtout dans les organismes normés, comme les hôpitaux ou les écoles.Les premiers manquent entre autres de professionnels de la santé et de préposés aux bénéficiaires.Les secondes se retrouvent avec des groupes d\u2019élèves sans enseignant.Et comme si cela n\u2019était pas assez, cette pénurie de personnel a transité vers l\u2019entreprise privée comme une maladie transmissible.Ainsi, le remplacement de la main-d\u2019œuvre s\u2019avère difficile surtout dans les organisations qui paient de faibles salaires, comme l\u2019industrie de la transformation alimentaire ou les grandes surfaces.La situation de la restauration est éloquente.Des restaurants n\u2019arrivent plus à trouver des cuisiniers sous-payés, spécialement depuis qu\u2019un jugement du Tribunal administratif du travail a interdit le partage des pourboires remis aux serveurs.Sur le plan individuel, les jeunes travailleurs sont des citoyens d\u2019une grande force morale et d\u2019une curiosité intellectuelle sans faille.Mais ils refusent le modèle antérieur des 55 ans et plus qui ont fait leur carrière spécialement dans le secteur tertiaire.Aux longues heures de travail hebdomadaires des boomers s\u2019ajoutaient souvent deux ou trois soirées dans les collèges ou les universités afin d\u2019obtenir un grade qui avait généralement pour effet de les faire travailler davantage.Les valeurs des 55 ans et plus étaient le travail d\u2019abord, la famille ensuite et le social s\u2019il reste du temps.À cet égard, les jeunes travailleurs ont fait une rupture culturelle par rapport au passé.C\u2019est la famille d\u2019abord, le social ensuite et le boulot par la force des choses.En outre, ils ont été socialisés d\u2019abord en garderie, où tout était organisé sur un axe de loisir.Après la garderie, tout était à nouveau centré sur un apprentissage plaisant, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019école ou du parascolaire dans un monde où l\u2019ascétisme faisait rarement partie de l\u2019équation.Valeurs ancrées par les boomers Or le marché du travail, qui a essentiellement conservé des valeurs ancrées par les boomers, ne récupère presque rien du mode de socialisation de proximité des jeunes.D\u2019une part, ceux-ci ne sont pas en nombre suffisant afin de pourvoir aux besoins de main-d\u2019œuvre des entreprises.D\u2019autre part, lorsqu\u2019ils entrent dans les entreprises, bon nombre de jeunes s\u2019y retrouvent désorientés.Il n\u2019est pas rare de voir certains d\u2019entre eux en phase « décompensa- toire » après seulement quelques années au boulot.Certes, ils ont exigé et obtenu quelques réformes légales, notamment plus de vacances annuelles et de congés à des fins familiales.Mais ces changements à la Loi sur les normes du travail, axés sur la satisfaction des besoins sociaux des jeunes, ne sont pas sans ajouter à leur tour une contrainte additionnelle à la pénurie de personnel précitée.Car accorder aux jeunes davantage de congés oblige a priori les employeurs à remplacer ces nouvelles absences en faisant appel à un bassin de recrutement quasi inexistant.Les jeunes doivent pleinement se ré- approprier le marché du travail et poursuivre leurs initiatives afin de construire une société à leur image.Si un flux migratoire de qualité peut soulager la pénurie précitée, rien ne saurait remplacer un meilleur soutien financier de l\u2019État en matière de natalité.Dès lors, le poids démographique des jeunes pourrait augmenter sensiblement dans la pyramide des âges du Québec dans environ deux décennies.Entre-temps, la pénurie de personnel semble là pour de bon ! EMPLOI Les jeunes doivent se réapproprier le marché du travail Il faut prendre conscience que la plupart de nos municipalités vivent à crédit, selon un modèle qui s\u2019apparente à une chaîne de Ponzi \u2014 l\u2019intention criminelle en moins Nous sommes perpétuellement coincés par cet empressement à exploiter la nature pour jouir du temps et des ressources empruntées LEDEVOIR // LE VENDREDI 4 OCTOBRE 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 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l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR A vant-gardiste, audacieux et opiniâtre à ses heures, l\u2019architecte français Roger Tailli- bert n\u2019est plus.Le concepteur du Stade olympique s\u2019est éteint jeudi matin à Paris à l\u2019âge de 93 ans.« Je lui ai parlé samedi.Je lui ai dit de se reposer », raconte François Renaud, conservateur au Centre d\u2019art Diane- Dufresne qui, pendant tout l\u2019été, a présenté une exposition des peintures et dessins de l\u2019architecte.Une première, puisque Roger Taillibert avait toujours refusé de dévoiler les œuvres qu\u2019il gardait dans son atelier, loin des regards.Alors qu\u2019il était au Québec fin août, l\u2019architecte a eu des ennuis de santé, ce qui l\u2019a forcé à retourner précipitamment à Paris.Il s\u2019agissait de sa dernière visite.Le Stade et son toit Architecte issu des Beaux-Arts, Roger Taillibert avait été choisi par le maire Jean Drapeau pour concevoir le stade des Jeux olympiques d\u2019été qui allaient se dérouler à Montréal en 1976.Avec sa tour inclinée et ses formes élégantes, le Stade olympique, demeure, 40 ans plus tard, une silhouette emblématique et reconnaissable entre toutes dans l\u2019est de Montréal.Mais Roger Taillibert a de nombreuses autres créations à son actif, dont le Parc des Princes de Paris, le stade Khalifa de Doha et la piscine de Deauville, de même que des centres sportifs, des écoles, des bibliothèques et même des centrales nucléaires.Si le Stade olympique est considéré comme l\u2019une de ses œuvres marquantes, il reste un monument mal- aimé à Québec en raison du coût astronomique de sa construction et des controverses au sujet de son toit.Le Stade ne sera terminé qu\u2019en 1986 et les Québécois n\u2019auront fini d\u2019en payer la facture qu\u2019en 2006.Roger Taillibert a toujours défendu son œuvre.À plusieurs reprises, il a publiquement critiqué les choix faits par la Régie des installations olympiques (RIO) concernant le toit et les travaux réalisés au fil des ans.Il a eu des paroles parfois dures envers ceux qui, estimait- ARCHITECTURE Une carrière marquée par un monument mal-aimé Le concepteur du Stade olympique, Roger Taillibert, s\u2019est éteint jeudi à Paris il, ont dénaturé son œuvre.« Ce qu\u2019il ne comprenait pas, c\u2019était qu\u2019on s\u2019était obstiné à ne pas installer la toiture qu\u2019il avait dessinée.On n\u2019a pas respecté sa volonté », se rappelle l\u2019éditeur Alain Stanké qui a entretenu une longue amitié avec l\u2019architecte.Le p.d.g.du Parc olympique, Michel Labrecque, connaît bien les récriminations de Roger Taillibert pour les avoir entendues souvent.En 2014 toutefois, il a proposé à l\u2019architecte une réconciliation.« C\u2019était quelqu\u2019un d\u2019extrêmement intense, avec un caractère bien trempé.Il connaissait sa valeur », relate Michel Labrecque.« Il y a peu d\u2019architectes qui peuvent marcher dans les rues de Montréal et se faire demander des autographes.» Les relations se sont adoucies par la suite, mais Michel Labrecque reconnaît qu\u2019il n\u2019a jamais réussi à convaincre l\u2019architecte du bien-fondé de la transformation du Vélodrome en Biodôme.« Roger Taillibert disait tout le temps : « Sortez-moi les pingouins de là »», se souvient-il.« Mais c\u2019est vrai que c\u2019est le plus beau vélodrome au monde.» Créer l\u2019émotion Le Stade demeure remarquable du point de vue architectural, estime Philippe Lupien, architecte et professeur en design de l\u2019environnement à l\u2019UQAM.Roger Taillibert a su intégrer trois défis majeurs dans un seul bâtiment : la tour inclinée, la toile rétracta- ble et le stade lui-même.« C\u2019est tellement bien intégré au niveau formel qu\u2019on oublie que ce sont trois défis indépendamment difficiles à résoudre », dit-il.Co-commissaire pour l\u2019exposition des œuvres de Taillibert Volumes et lumière présentée au Centre d\u2019art Diane- Dufresne cet été, l\u2019architecte Maxime- Alexis Frappier n\u2019a que de bons mots à l\u2019égard de son aîné.Roger Taillibert lui a donné des conseils qu\u2019il compte bien appliquer dans sa pratique.« Il nous disait : « Malgré les échéanciers et malgré vos budgets restreints, assurez-vous de créer de l\u2019émotion dans votre architecture ».Pour lui, c\u2019était très important que l\u2019architecture contribue à la société en mettant toujours l\u2019usager et l\u2019humain au cœur de ses réflexions », raconte-t-il.Roger Taillibert était très attaché au Québec et à Montréal.Il avait d\u2019ailleurs une maison à Saint-Sauveur où il passait ses étés.Alain Stanké indique que l\u2019architecte s\u2019était récemment montré très préoccupé par le développement de l\u2019est de Montréal.Il comprenait mal qu\u2019il y ait si peu de progrès en plusieurs décennies.Par voie de communiqué, la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a rendu hommage à l\u2019architecte.« Par son œu- vre, il a légué au Québec l\u2019un de ses monuments les plus emblématiques : notre Stade olympique, le symbole par excellence de Montréal à l\u2019international », a-t-elle indiqué.François Renaud croit que l\u2019injustice dont a été victime Roger Taillibert demande réparation.« Je pense que le gouvernement du Québec a une dette et devrait lui rétrocéder les droits d\u2019auteurs qu\u2019il n\u2019a pas pu toucher.C\u2019est scandaleux », dit-il.Pour sa part, la RIO réfléchit à une façon de rendre hommage au concepteur du Stade, a précisé Michel Labrecque.Cinq œuvres majeures Le Parc des Princes de Paris Ce stade se trouve dans le sud-ouest de Paris depuis 1897, mais Roger Taillibert l\u2019a remis à neuf en 1972.Il deviendra le premier d\u2019Europe à être doté d\u2019un éclairage intégré au toit et peut accueillir quelque 45 000 spectateurs.Qualifié d\u2019« avant-gardiste » par certains, le stade conçu par M.Tailli- bert est de forme elliptique et s\u2019appuie sur des portiques en porte-à-faux.Il accueille le célèbre club de football Paris Saint-Ger- main depuis 1974.Le stade Khalifa de Doha Ce stade qui compte aujourd\u2019hui 40 000 places serait le plus grand du Qatar.Il a été inauguré en 1976 pour accueillir la Coupe du Golfe des Nations de football, avant d\u2019être rénové à quelques reprises au fil des ans.Des travaux entamés en 2014 comprenaient l\u2019ajout de sièges et l\u2019installation d\u2019une membrane de toit pour recouvrir 70 % du stade.La piscine de Deauville Le site Internet de la mairie de Deauville souligne « l\u2019architecture singulière » de cette piscine imaginée par Roger Taillibert : « De l\u2019extérieur, elle ressemble à un coquillage.À l\u2019intérieur, c\u2019est une immense voûte qui capte la lumière ».Ce sera l\u2019un des premiers projets en France de M.Taillibert.Ce dernier opte « pour une réalisation audacieuse loin du style » Normand « alors en vogue sur la Côte Fleurie et met en « œuvre un procédé de voiles minces à longue portée, expérimenté au début des années 1960 et dont il devient le spécialiste ».Le Stadium Lille Métropole Le stade a été construit en 1975.Il pouvait à ce moment accueillir 35 000 spectateurs.Les championnats de France d\u2019athlétisme de 1976 sont la première grande épreuve sportive à y être organisée.Le Centre national sportif et culturel d\u2019Coque (Luxembourg) M.Taillibert a présenté son plan pour le centre en février 1974.Les installations de verre, de bois et de béton sont comprises dans six gigantesques coquilles de cuivre renversées.M.Taillibert se serait librement inspiré de ses travaux sur les installations olympiques de Montréal.Le centre comprend notamment une piscine couverte avec bassin olympique, un bassin pour enfants, une fosse de plongée de 15 mètres, une tour de plongeon de dix mètres, un terrain d\u2019entraînement pour équipes de sport, des restaurants, des salles de conférences et un centre d\u2019hébergement.La Presse canadienne Roger Taillibert GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE FRANCK FIFE AGENCE FRANCE-PRESSE "]
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