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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-11-01, Collections de BAnQ.

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[" Les autres vertus du vaccin contre la rougeole PAULINE GRAVEL LE DEVOIR INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .A6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sports.B9 Sudoku .B9 ZEITGEIST Mémoires d\u2019outre- monde, la chronique de Josée Blanchette B 10 ACTUALITÉ À quoi rêve la cheffe du Parti vert, Elizabeth May ?A 3 MONDE L\u2019enquête sur la procédure de destitution de Donald Trump prend un nouvel élan A 6 Quelques enfants, souvent accompagnés de leurs parents, ont défié le temps pluvieux et ont passé outre la décision de Montréal et de plusieurs autres villes d\u2019annuler la tournée d\u2019Halloween du 31 octobre : costumés et maquillés comme il se doit, ils ont parcouru les rues de leur quartier jeudi soir, allant de porte en porte solliciter des friandises.VOIR PAGE A 4 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le joyeux apprentissage de la désobéissance civile ALEXANDRE SHIELDS MYLÈNE CRÊTE LE DEVOIR Québec reprend le contrôle du Fonds vert Certains déplorent que les enjeux environnementaux soient ainsi soumis à l\u2019arbitraire politique ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Le plan de la Ville de Montréal pour lutter contre le plomb dans l\u2019eau potable s\u2019avère plus restreint qu\u2019annoncé: les pichets filtrants ne seront pas offerts à tous et les propriétaires devront attendre 2021 avant que la Ville ne commence à remplacer leur partie des tuyaux.Dans la présentation de son plan d\u2019action le 23 octobre, la mairesse, Valérie Plante, a annoncé qu\u2019un pichet filtrant certifié contre le plomb sera donné aux Montréalais chez qui du plomb sera détecté lors des prochains dépistages.Rappelons que la Ville s\u2019est donné trois ans pour dépister les 100000 bâtiments encore susceptibles d\u2019avoir une entrée de service en plomb.Mais ce que l\u2019administration Plante n\u2019avait pas dit, c\u2019est que les résidents ayant déjà eu la confirmation de plomb dans leur eau dans un précédent dépistage de la Ville, ainsi que ceux en attente d\u2019un test, ne pourront pas, sauf exception, réclamer un pichet filtrant.Seules les femmes enceintes et les familles ayant un enfant de moins de six ans y auront droit, en autant qu\u2019elles sont à faible revenu et qu\u2019elles résident dans un secteur à risque, a récemment précisé la Ville sur son site Internet.Montréal dit évaluer présentement le nombre de ménages qui pourront demander ce pichet, qui coûte environ 50 dollars, mais contient uniquement l\u2019équivalent d\u2019une année de cartouches pour le filtre.Les citoyens devront ensuite s\u2019approvisionner eux-mêmes pour se protéger d\u2019ici la fin des travaux qui pourraient aller jusqu\u2019en 2030.« J\u2019ai la chance de pouvoir m\u2019acheter un filtre, mais ce n\u2019est pas le cas de tous.Ce plan, c\u2019est de la poudre aux yeux, c\u2019est un faux accommodement que de donner une protection à certains, mais pas à d\u2019autres », déplore Laetitia Bourgeois, qui loue un appartement dans PLOMB DANS L\u2019EAU Les pichets filtrants ne seront pas offerts à tous les Montréalais VOIR PAGE A 8 : MAINMISE SUR L\u2019ASSIETTE AU BEURRE, L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC VOIR PAGE A 2 : FONDS VERT JACQUES NADEAU LE DEVOIR hez les personnes n\u2019ayant pas été vaccinées contre la rougeole, non seulement le virus responsable de cette maladie cause-t-il de dangereux symptômes, mais il laisse leur corps sans défense contre les bactéries et les virus auxquels elles pourraient être exposées ultérieurement.Deux études publiées respectivement dans les revues Scienceet Science Immunologymontrent que le virus de la rougeole efface la mémoire que le système immunitaire avait accumulée au fil des infections contractées par la personne depuis sa naissance.Ces études soulignent aussi l\u2019importance de la vaccination, qui non seulement prévient cette maladie grave, mais préserve aussi la protection immunitaire que la personne avait acquise contre les infections passées et rend ainsi celle-ci moins vulnérable aux virus et aux bactéries avec lesquels elle pourrait entrer en contact.Des études épidémiologiques ayant montré que la rougeole entraînait une mortalité et morbidité accrues pendant plusieurs années suivant l\u2019infection, des chercheurs du Howard Hughes Medical Institute et de la Harvard Medical School C VOIR PAGE A 5 : VACCIN VOIR PAGE A 4 : PLOMB VOL.CX NO 248 / LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ Le gouvernement Legault prend le contrôle absolu du Fonds vert et des programmes d\u2019efficacité énergétique pour en faire des moteurs de développement économique.Le ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette, a déposé un projet de loi jeudi qui lui donne le dernier mot sur les initiatives financées par ce fonds controversé, ce qui ravive les craintes d\u2019ingérence politique de certains experts et des partis d\u2019opposition.« C\u2019est fini, les folles dépenses avec le Fonds vert, a-t-il déclaré en conférence de presse.Nous voulons le recentrer entièrement sur la lutte contre les changements climatiques, l\u2019électrification de notre économie et l\u2019adaptation aux changements climatiques.» Le Fonds vert, décrié depuis plusieurs années pour son inefficacité et les centaines de millions de dollars d\u2019argent public dépensés en vain, retournera ainsi pleinement dans le giron politique.Le gouvernement promet en contrepartie davantage de transparence et l\u2019atteinte des cibles climatiques du Québec.Il sera rebaptisé «Fonds d\u2019électrification et de changements climatiques».Le projet de loi 44 donne davantage de latitude au gouvernement en éliminant la règle selon laquelle les deux tiers des sommes générées par la Bourse du Transition énergétique Québec est aboli et ses responsabilités sont confiées au ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Nouvellement réélu, le gouvernement Trudeau a fermé la porte jeudi à l\u2019idée d\u2019accueillir en décembre la Conférence des Nations unies sur les change- Ottawa ne veut pas accueillir la COP25 Les chiens de garde du ministre de l\u2019Environnement PLAN VERT SUITE DE LA PAGE A 1 carbone doivent être utilisés pour financer des mesures dans le secteur des transports, responsable de 43 % des émissions de GES.Une plus large part sera également utilisée pour financer des mesures d\u2019adaptation aux effets des changements climatiques, comme la réduction des îlots de chaleur dans les villes.« De plus en plus, on va réaliser que, quand on va construire des infrastructures, il va falloir les construire correctement au cours des prochaines décennies pour qu\u2019elles puissent résister aux facteurs climatiques », a déclaré le directeur général du consortium de recherche Ouranos, Alain Bourque.Le projet de loi abolit le Conseil de gestion du Fonds vert (CGFV), créé en 2017 dans le but d\u2019améliorer la rigueur, la transparence et l\u2019efficacité de la gestion des sommes destinées à la lutte contre les changements climatiques, après la découverte de failles majeures par le Commissaire au développement durable.M.Charette se dote toutefois de deux « chiens de garde ».Il confie au Commissaire le mandat de produire un rapport annuel sur la gestion du Fonds d\u2019électrification et de changements climatiques et crée un nouveau comité d\u2019experts permanent qui sera formé majoritairement de scientifiques pour le conseiller.Les recommandations de ce comité-conseil seront publiques.Le Parti libéral et Québec solidaire doutent toutefois que ce « rebrassage de structures » rende la lutte contre les changements climatiques plus efficace.Ils craignent, à l\u2019instar du Parti québécois, le retour de l\u2019ingérence politique.« On approche de l\u2019élection, on va accorder tel projet parce que c\u2019est dans un comté qu\u2019on veut gagner, puis on ne donnera pas l\u2019autre parce que c\u2019est dans un comté qu\u2019on sait qu\u2019on ne gagnera pas de toute façon », a dit le député péquiste Sylvain Gaudreault.Nouveau rôle En plus d\u2019avoir la mainmise sur le Fonds vert, le ministre de l\u2019Environnement deviendra le conseiller du gouvernement pour la lutte contre les changements climatiques et aura donc pour responsabilité d\u2019élaborer une po- litique-cadre que tous les ministères et organismes devront suivre.Ce plan d\u2019action attendu au début de 2020 doit permettre au gouvernement de respecter sa cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) de 37,5 % sous les niveaux de 1990, d\u2019ici 2030.Il devra ainsi donner des avis à ses collègues du Conseil des ministres pour s\u2019assurer que les politiques du gouvernement respectent les objectifs de lutte contre les changements climatiques.Or, ces avis seront non contraignants et ils ne seront pas rendus publics.M.Charette osera-t-il s\u2019opposer à ses collègues ?« J\u2019aime mieux le mot \u201ccollaborer\u201d, a-t-il répondu au Devoir.Je vous donne un exemple d\u2019un projet qui pourrait être intéressant d\u2019un point de vue économique, mais qui pourrait engendrer des augmentations de nos émissions de gaz à effet de serre.Mon rôle, ce sera d\u2019accompagner le promoteur si les évaluations environnementales sont concluantes pour s\u2019assurer de minimiser l\u2019impact de ce projet-là.» Il s\u2019agit d\u2019une mesure intéressante aux yeux du Conseil patronal de l\u2019environnement du Québec.« Le secteur des entreprises souhaite toujours qu\u2019il y ait de la cohérence dans l\u2019appareil gouvernemental », a noté sa présidente, Hélène Lauzon.Énergies vertes ?Le gouvernement a aussi choisi d\u2019abolir Transition énergétique Québec (TEQ), créé il y a à peine trois ans dans le but de coordonner la mise en œuvre de l\u2019ensemble des programmes et des mesures nécessaires à l\u2019atteinte des cibles en matière de transition énergétique.L\u2019abolition de cet organisme, dont la création avait été saluée par les experts et les groupes environnementaux, renvoie la gestion de la transition et de l\u2019efficacité énergétique au cabinet du ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.Ce dernier a d\u2019ailleurs souligné jeudi que ce contrôle politique permettra une plus grande « agilité » dans les prises de décision.« Oui, le gouvernement aura plus d\u2019agilité, parce que si on enlève des évaluations, des critiques et des exigences, il est plus facile de dépenser de l\u2019argent.Mais on risque de perdre beaucoup d\u2019efficacité », a répliqué Normand Mousseau, ancien coprésident de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec.Il se montre d\u2019ailleurs très critique des changements mis en avant par le gouvernement, qui consacrent selon lui « l\u2019incohérence » de l\u2019action en matière de lutte contre les changements climatiques.«On garde la responsabilité de la transition énergétique au ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, sans soumettre cette responsabilité au ministre responsable de l\u2019Environnement », déplore-t-il, en soulignant que plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec sont liées à la consommation d\u2019énergie.« Ce projet de loi facilite la fragmentation des actions, ajoute Normand Mousseau.Le gouvernement va poser des gestes en transports, indépendamment du ministère de l\u2019Environnement.Et le dossier de l\u2019énergie sera piloté par un autre ministre, et non une organisation comme TEQ.On se retrouve donc avec plusieurs pôles de décisions qui sont tous politisés et qui n\u2019ont pas besoin de travailler dans la même direction.C\u2019est ce qui multiplie le gaspillage d\u2019argent.» À l\u2019instar de M.Mousseau, Greenpeace a dénoncé la disparition de TEQ.En l\u2019abolissant, «le gouvernement politisera davantage la transition, alors que les meilleures pratiques mondiales démontrent qu\u2019une agence indépendante et forte est en meilleure position pour restructurer rapidement la société ».Le porte-parole de l\u2019organisme, Patrick Bonin, a également déploré la porte ouverte au financement de projets gaziers, comme l\u2019usine de liquéfaction Énergie Saguenay.L\u2019usine et le gazoduc pourraient-ils être financés par le nouveau Fonds d\u2019électrification et de changements climatiques ?« On ne peut pas vous donner ce détail », a dit Benoit Charette, qui s\u2019en remet au « plan d\u2019action » climatique qui sera dévoilé début 2020.ments climatiques, après l\u2019annulation de cette COP25 prévue au Chili.L\u2019Espagne s\u2019est toutefois montrée prête à prendre le relais.« Le Canada ne planifie pas l\u2019organisation de la COP25 le mois prochain.Notre priorité demeure de livrer le mandat pour lequel les Canadiens ont élu ce Parlement », a indiqué jeudi le cabinet de la ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, dans une réponse écrite transmise aux médias.« Ces conférences sont essentielles à notre lutte mondiale contre les changements climatiques et nous sommes convaincus que l\u2019entité responsable trouvera une solution », a ajouté le bureau de la ministre.Après le désistement du Chili, mercredi, les trois partis d\u2019opposition à Québec avaient justement pressé le gouvernement de François Legault d\u2019offrir cette solution, en proposant d\u2019accueillir la COP25 au Québec.Même si la décision de tenir un tel événement revient uniquement au gouvernement fédéral, le premier ministre caquiste a clairement fait savoir jeudi qu\u2019il préférait passer son tour cette année, en raison de très courts délais.« Accueillir des milliers de personnes en si peu de temps de préavis représente un défi irréaliste qui ne servirait pas la cause environnementale.Une COP est un événement majeur, qui nécessite une préparation soutenue de plusieurs mois afin d\u2019en assurer son succès », a expliqué le cabinet du ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette.Le ministre « met toutes ses énergies dans l\u2019élaboration du prochain plan d\u2019électrification et de changements climatiques, qui sera le plus ambitieux dont s\u2019est jamais doté un gouvernement au Québec », a ajouté son bureau, dans une réponse écrite.François Legault n\u2019a toutefois pas fermé la porte à l\u2019idée d\u2019accueillir une future conférence climatique onusienne au cours des prochaines années.Montréal avait accueilli la COP11, en 2005.Hôte recherché D\u2019ici là, l\u2019ONU est surtout à la recherche d\u2019un lieu pour accueillir, d\u2019ici à peine un mois, les quelque 25 000 délégués attendus pour poursuivre les négociations de mise en œuvre de l\u2019Accord de Paris sur le climat, qui entre officiellement en vigueur en 2020.Cette 25e Conférence des Parties devait initialement se tenir au Brésil, mais le pays a décidé d\u2019annuler l\u2019événement après l\u2019élection du gouvernement clima- tonégationniste de Jair Bolsonaro.Le Chili a alors décidé d\u2019accueillir l\u2019événement annuel, avant de se désister mercredi, en raison d\u2019une profonde crise sociale qui a fait plus de 20 morts au cours des dix derniers jours.Jeudi, l\u2019Espagne a proposé au Chili de prendre le relais et de tenir, aux mêmes dates, à Madrid, la COP25.Si la proposition espagnole n\u2019était finalement pas retenue, la ville allemande de Bonn, où se trouve le siège de l\u2019ONU sur les changements climatiques, pourrait accueillir la rencontre.La COP26 doit pour sa part se tenir à Glasgow, en 2020.PIERRE LAHOUD ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 C ela fait plus de deux ans qu\u2019on l\u2019attend.Sitôt l\u2019élection terminée, la rumeur avait couru que le nouveau président ferait un grand discours sur la laïcité.Sujet central s\u2019il en est un et qui avait défrayé la chronique durant la campagne.C\u2019était pour dans un mois, disait-on.Puis, le temps a passé.C\u2019était pour dans deux mois, chuchotait à nouveau la rumeur.Les deux mois sont passés et rien n\u2019est jamais venu.Mais personne n\u2019a oublié.Le président non plus d\u2019ailleurs.Comment le pourrait-il?La question est partout.Les Français tenteraient de détourner le regard que les quatre assassinats commis le mois dernier par un islamiste à la préfecture de Paris leur rafraîchiraient la mémoire.À moins que ce soit la controverse sur le port du voile par les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires.Ou la tentative d\u2019incendie d\u2019une mosquée à Bayonne par un vieillard visiblement illuminé.Deux ans après l\u2019élection d\u2019Emmanuel Macron, la société française a rarement été aussi polarisée.Un sondage publié le 27 octobre dernier révélait que 78 % des répondants considéraient que le modèle français issu de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l\u2019État était « en danger ».61 % jugent même l\u2019islam « incompatible avec les valeurs de la société française ».Presque toute la France est d\u2019ailleurs convaincue que cette tension ne diminuera pas.C\u2019est ce qu\u2019explique depuis longtemps l\u2019un des meilleurs politologues français, Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol.De toutes les démocraties, dit-il, la France est sans doute la plus exposée à une amplification du vote protestataire.Pour de plus en plus d\u2019observateurs, ce pays est à deux doigts de rejoindre le vote qui s\u2019exprime déjà au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne, en Pologne et en Hongrie.À mi-chemin de son mandat, Emmanuel Macron ne peut plus feindre de l\u2019ignorer.Alors que tout laisse croire qu\u2019il affrontera à nouveau le Rassemblement national à la prochaine élection, il a donc décidé de prendre le taureau par les cornes.Après un court débat sur l\u2019immigration et une tournée à Mayotte où le problème est devenu intenable, il a pris tout le monde par surprise en accordant cette semaine une longue entrevue à l\u2019hebdomadaire de droite Valeurs actuelles.Le président a toujours aimé balayer large dans le choix de ses interlocuteurs.Il y a un an, il n\u2019avait pas hésité à répondre aux questions de Médiapart, un média qui est en quelque sorte le miroir inversé à gauche de Valeurs actuelles.L\u2019entretien n\u2019est pas exempt de lucidité.Le président y reconnaît « l\u2019échec » du modèle d\u2019intégration français.« Vous avez des gens qui ne sont pas intégrés, qui sont en sécession de la République », dit-il.Selon lui, cet échec « se conjugue avec la crise que connaît l\u2019islam », ce qui conduit, ajoute-t-il, « à des formes très dures d\u2019islam politique ».On ne peut que se réjouir de découvrir un président qui reconnaît enfin que l\u2019islamisme et ses déclinaisons les plus violentes ne viennent pas de nulle part, mais bien d\u2019une religion qui est partout en crise.Pourtant, à la lecture de cette entrevue, le malaise persiste.Comme tous ses prédécesseurs, l\u2019ancien banquier d\u2019affaires est convaincu qu\u2019il n\u2019y a pas de problème politique qui n\u2019ait de solution économique.De là à croire que le communauta- risme islamiste disparaîtra miraculeusement dès que diminueront la pauvreté et le chômage\u2026 Selon lui, le surgissement d\u2019une religion aussi totalisante que l\u2019islam n\u2019est pas un problème.« L\u2019équilibre français n\u2019a pas été bouleversé », dit-il.Ce qui est seul en cause, c\u2019est « la fabrique de l\u2019intégration par le modèle économique ».Et le président de se dire d\u2019accord avec cette excuse souvent entendue dans les banlieues : « Mon père, vous l\u2019avez mis au chômage, mes frères n\u2019ont jamais eu de boulot.» Cette analyse peine pourtant à expliquer pourquoi les milliards déversés sur les banlieues n\u2019y ont rien fait.Ni pourquoi des pays aussi prospères que la Suède, le Danemark, l\u2019Allemagne et l\u2019Autriche connaissent les mêmes problèmes d\u2019intégration que la France.On se rappellera à cet égard la citation prophétique de l\u2019ancien roi du Maroc Hassan II pour qui les Marocains ne seraient « jamais intégrés [en France] [\u2026] L\u2019exprimeront-ils qu\u2019ils ne le pourront pas », disait-il.D\u2019ailleurs, comment s\u2019étonner de cet « islam qui veut faire sécession » alors que, selon L\u2019Express, 70 % des imams qui exercent en France ne sont pas français.Nul doute que, lorsqu\u2019il affirmait à Mayotte que « le port du voile dans l\u2019espace public n\u2019est pas [son] affaire », Emmanuel Macron a creusé le fossé qui le séparait déjà de l\u2019immense majorité des Français et même de certains de ses ministres.Rien ne semble pouvoir freiner l\u2019affrontement qui se prépare.« Sur tous ces chantiers, l\u2019exécutif s\u2019est résigné au statu quo », affirmait récemment le quotidien L\u2019Opinion.Un statu quo qui ressemble comme deux gouttes d\u2019eau à celui de ses prédécesseurs et qui risque donc de produire les mêmes résultats.À une exception près : il faut reconnaître à Emmanuel Macron une habileté sans pareil à asphyxier la droite.Jusqu\u2019à quand ?Macron et l\u2019islamisme CHRISTIAN RIOUX HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Elizabeth May dirige le Parti vert depuis maintenant 13 ans et elle souhaite passer à autre chose.Et cette autre chose pourrait bien prendre la forme de la présidence de la Chambre des communes.La députée nouvellement réélue songe à se porter candidate au prestigieux poste afin de rétablir un peu d\u2019ordre et de discipline dans un Parlement qui en aura à son avis bien besoin en situation minoritaire.« Je suis certaine que je suis capable de faire un très bon job comme présidente.Et c\u2019est nécessaire pour le Parlement d\u2019avoir quelqu\u2019un non partisan avec la confiance des autres partis pour faire appliquer les règlements », explique Elizabeth May en entretien téléphonique avec Le Devoir.Le président de la Chambre des communes veille au bon déroulement des délibérations quotidiennes.Le poste exige une neutralité commandant à son titulaire de ne plus siéger au caucus de sa formation politique d\u2019origine.Le président est choisi par vote secret par les 338 députés le premier jour de séance suivant une élection générale.Mme May « ne pense pas que ce serait bizarre » qu\u2019elle accède à ce poste et prive du coup le maigre caucus de trois députés verts du tiers de ses effectifs.Au contraire, croit-elle.L\u2019amélioration de la qualité des institutions démocratiques est un pan important du programme du Parti vert, fait-elle valoir.« Ce serait une occasion de jouer un rôle comme un vert, mais non partisan, pour protéger la vraie démocratie, explique Mme May.C\u2019est le but de notre parti, de respecter le Parlement, d\u2019en relever l\u2019image auprès des électeurs qui pensent que c\u2019est affreux ce qui s\u2019y passe.Dans mon porte-à-porte, mes électeurs me demandent souvent comment on fait pour évoluer dans cette atmosphère impolie et incroyable.» Mme May ne veut pas trop révéler son jeu, mais elle soutient avoir quelques idées en tête pour amener les leaders de tous les partis à se rencontrer plus souvent et ainsi réduire la partisanerie.Elle promet une approche maternelle, empreinte de « tendresse ».« Je pense que c\u2019est important de parler plus bas et non plus fort, mais avec la force de l\u2019intégrité.Je tenterai d\u2019être la mère de la maison : pas quelqu\u2019un de trop strict, mais quelqu\u2019un de plus tranquille ayant à cœur les intérêts et le bien-être de tout le monde.» Le poste de président de la Chambre des communes est convoité, lui qui vient avec un appartement de fonction au Parlement, une résidence officielle champêtre, un chauffeur et une allocation annuelle de 85 500 $ s\u2019ajoutant au salaire de député de 178 900 $.Pour cette raison, dans la très grande majorité des cas, le président provient des rangs du parti formant le gouvernement.Mais en situation minoritaire où chaque vote compte, le parti au pouvoir est moins jaloux de sa prérogative puisqu\u2019il n\u2019aime pas l\u2019idée de renoncer à une voix.D\u2019ailleurs, une des exceptions à la règle est survenue entre 2006 et 2011, sous le règne minoritaire du conservateur Stephen Harper.Le libéral Peter Milliken a conservé son poste de président, qu\u2019il avait d\u2019abord obtenu sous le règne libéral de Jean Chrétien.Mme May ne ferait-elle donc pas une fleur à Justin Trudeau en prenant le poste et en affaiblissant d\u2019une voix l\u2019opposition ?« Considérant la mathématique de la situation actuelle, cela ne fera pas de différence pour les votes s\u2019il y a deux sièges pour les verts [au lieu de trois] », répond-elle.Justin Trudeau dispose de 157 sièges, soit 13 de moins que les 170 nécessaires à une majorité.Avec respectivement 24, 32 et 121 sièges, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti conservateur peuvent chacun, à eux seuls, fournir les voix manquantes aux libéraux.Les trois sièges du Parti vert ne sont stratégiques pour personne.Quitter la chefferie Pour poser sa candidature à la présidence de la Chambre des communes, Elizabeth May devra renoncer à son statut de cheffe du Parti vert, comme l\u2019exige le règlement parlementaire.Mme May indique que cela est déjà son intention, présidence ou pas.Elle n\u2019entend pas diriger le Parti vert à la prochaine élection fédérale, à moins que celle-ci ait lieu « d\u2019ici trois mois ».Elizabeth May a pris les rênes du Parti vert à l\u2019été 2006 et a présidé à sa destinée pendant les quatre élections générales qui ont eu lieu depuis.Selon elle, le parti doit songer à lui trouver un successeur d\u2019ici à ce que le gouvernement minoritaire actuel ne soit renversé, ce qu\u2019elle envisage d\u2019ici « 18 mois ou peut-être deux ans ».« Je pense que c\u2019est mieux d\u2019avoir un changement avant 2021, parce que c\u2019est mieux pour nos chances électorales d\u2019avoir quelqu\u2019un de nouveau, intéressant, inspirant et charmant », dit-elle au Devoir.Elle avait déjà songé à quitter le parti en 2015, découragée qu\u2019elle était de n\u2019avoir fait élire aucun député supplémentaire.Mais elle n\u2019avait pas trouvé de candidat acceptable.À cette époque, étant la seule députée de la formation, elle estimait avoir un mot à dire dans le choix de son éventuel patron.Plus maintenant.« Ce n\u2019est pas seulement à moi [de décider].Mon approche en 2019 est différente de mon approche en 2015, car le Parti vert a atteint un autre niveau de popularité et de représentation.» Elizabeth May lorgne la présidence de la Chambre des communes La cheffe du Parti vert avait déjà annoncé son intention de céder la direction de son parti.Mais voilà qu\u2019elle fait part de son désir d\u2019assumer un nouveau rôle à Ottawa, celui de présidente de la Chambre des communes.DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Je tenterai d\u2019être la mère de la maison : pas quelqu\u2019un de trop strict, mais quelqu\u2019un de plus tranquille ayant à cœur les intérêts et le bien-être de tout le monde ELIZABETH MAY » La fonction de président de la Chambre des communes s\u2019accompagne de certains avantages : un appartement de fonction, une résidence officielle champêtre, un chauffeur et une allocation annuelle de 85 500 $ qui s\u2019ajoute au salaire de député de 178 900 $ Comme tous ses prédécesseurs, l\u2019ancien banquier d\u2019affaires est convaincu qu\u2019il n\u2019y a pas de problème politique qui n\u2019ait de solution économique.De là à croire que le communautarisme islamiste disparaîtra miraculeusement dès que diminueront la pauvreté et le chômage\u2026 LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le gouvernement caquiste doit respecter sa promesse de récupérer un milliard de dollars par année des sommes versés aux médecins spécialistes, plaident le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS).Pas question, disent-ils, de se contenter des 250 millions de dollars par an offerts par la Fédération des médecins spécialistes du Québec.«Le premier ministre, au nom de la Coalition avenir Québec, s\u2019est engagé à récupérer un milliard par année du trop- perçu consenti aux médecins spécialistes.[\u2026] Or, aujourd\u2019hui, on apprend que l\u2019offre des médecins spécialistes, c\u2019est 250 millions de dollars par année, puis on n\u2019en parle plus», a déploré jeudi le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé.SANTÉ La baisse de salaire offerte par les médecins spécialistes est insuffisante, jugent le PQ et QS ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Qui aurait cru que l\u2019Halloween pouvait diviser le Québec à ce point?Après l\u2019annonce du report des tournées de bonbons par des dizaines de municipalités, une certaine confusion idéologique régnait: faut-il ou ne faut-il pas envoyer les enfants dans les rues le soir même de la fête macabre?L\u2019interdit municipal est-il un excès de zèle, de l\u2019ingérence dans la vie familiale, ou une sage décision?Jeudi matin, le premier ministre, François Legault, a refusé de se mouiller.« Je respecte l\u2019autonomie des municipalités.Donc, dépendamment de la température dans chacune des municipalités, ce sera à eux autres de décider », décla- rait-il dans les couloirs de l\u2019Assemblée nationale.« Moi, je veux souhaiter une bonne fête d\u2019Halloween à tous les petits monstres du Québec, que ce soit ce soir ou demain soir.» La population a-t-elle finalement tranché la question ?Le Devoir est allé passer l\u2019Halloween jeudi soir \u2014 bravant le report annoncé par la Ville de Montréal \u2014 dans le secteur du parc Molson de l\u2019arrondissement Rosemont, habituellement un haut lieu des festivités du 31 octobre.Il a certes fini par rencontrer quelques « résistants » autoprocla- més, mais pas de hordes de zombies, squelettes et magiciens battant le pavé sous la pluie battante.Récit d\u2019un Halloween rebelle.L\u2019histoire d\u2019un 31 octobre En fin d\u2019après-midi, à l\u2019heure des tout- petits, personne ne s\u2019était encore lancé.Chez Alexandre, on n\u2019avait pas cogné à la porte au moment de notre passage.FÊTES Récit d\u2019un Halloween rebelle Pirates et sorcières ont défié les appels à la prudence dans leur quête de friandises «Habituellement, en quinze minutes, on a 200 enfants.Ce soir, rien encore », dit-il.« L\u2019an dernier, en une heure ou deux, on n\u2019avait plus de bonbons », ajoute sa grande fille, Laurence.La petite Simone de 5 ans, déguisée en coccinelle, fait son entrée sur le perron.Va-t-elle aller faire le tour du quartier en quête de bonbons ce soir?«Oui, je fête l\u2019Halloween quand même», s\u2019exclame-t-elle.Non loin de là, une maison décorée de toiles d\u2019araignée semble d\u2019autant plus hantée qu\u2019aucune lumière n\u2019est allumée à l\u2019intérieur.Gisèle nous répond.« D\u2019habitude, on arrête de donner des bonbons après 400 enfants, sinon ça fait trop », dit-elle.Cette année, la distribution attendra au 1er novembre.La pluie tombe avec modération, la noirceur tombe, et pourtant, vampires, pompiers et agents secrets ne sortent pas de leur repère.Mais soudain, deux petits enfants, apparemment des sorciers sous leur manteau, surgissent.« On essaie de trouver des bonbons », expliquent-ils.Sitôt leur quête avancée d\u2019un sachet de plus, ils bondissent vers la voiture qui les attend et poursuivent leur tournée à l\u2019abri.Sur un balcon, une sorcière scrute les environs, dans l\u2019espoir de voir passer des enfants déguisés.Au bout de la rue, quelques silhouettes se dessinent.Deux petits, accompagnés de leur mère, sont en plein porte-à-porte.Finalement, y aura-t-il un peu d\u2019Halloween ce soir ?« Ben oui ! répond l\u2019une des mères.Les parents, on a des choses à faire les autres soirs de la semaine.Si c\u2019était si horrible la météo, on n\u2019enverrait pas nos enfants passer l\u2019Halloween de toute façon.On a du jugement.» « C\u2019est un peu démesuré, ajoute Joanne, l\u2019autre mère.Comme parent, on sait ce qu\u2019il faut faire.» Pendant ce temps, leurs deux petits sonnent à une autre porte.Elle s\u2019ouvre.« On va aller chercher des bonbons, on n\u2019était pas prêts », leur dit-on avec enthousiasme.Cependant, c\u2019est bien devant le cinéma Beaubien que Le Devoir a rencontré la faction la plus brave.Un pirate, un clown et une licorne, notamment, se posaient même en « résistants ».« Tout le monde est confus, lance l\u2019un des grands.La soirée est parfaite, pourtant.On a connu le froid.On a connu la neige.Là, c\u2019est juste un peu de pluie.» « Cette année, on s\u2019est fait voler notre Halloween », clame-t-il, sûrement un peu ironique.Le groupe avait convaincu ses voisins de défier les instructions municipales en leur compagnie.« Ce qui nous dérange, c\u2019est que la Ville nous a dit quoi faire », explique une dame à la perruque bleu et à l\u2019imperméable jaune.Il est maintenant passé 18 h et la première soirée d\u2019Halloween de la semaine semble avoir pris son envol, aussi modeste soit-il.Quelques dizaines d\u2019enfants déambulent dans les rues autour du parc Molson.La bonne humeur règne, et le mauvais temps n\u2019est finalement pas si mauvais.Le tout se fait dans le calme et la bonne humeur.Sauf peut-être pour un garçon.Ce jeune superhéros a cogné des dizaines de fois à une porte, sans succès.Les hôtes l\u2019ignorent royalement.Incrédule, il continue à frapper jusqu\u2019à ce que son père vienne s\u2019emparer de lui par la force des bras.À cette adresse, l\u2019Halloween c\u2019est vendredi.Avec Marco Bélair-Cirino Effets à long terme PLOMB SUITE DE LA PAGE A 1 Rosemont\u2013La Petite-Patrie avec ses deux enfants de 10 et 11 ans et son conjoint.Début octobre, dans le cadre de son enquête avec l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia et Global News, Le Devoir avait trouvé 19 parties par milliards de plomb dans l\u2019eau de son robinet, près de quatre fois la norme recommandée par Santé Canada.Mais la famille de Mme Bourgeois ne pourra pas bénéficier du dispositif de protection que propose la Ville.«Parce qu\u2019on ne correspond pas aux critères, on doit se débrouiller et attendre que la Ville se décide à changer sa partie des tuyaux dans notre rue, puisque notre proprio l\u2019a fait il y a déjà 10 ans», insiste Mme Bourgeois.« C\u2019est absurde », renchérit Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec.« Même si certaines personnes sont plus à risque, ça devrait être offert à tous.» Si les femmes enceintes et les jeunes enfants sont plus à risque d\u2019être affectés par une exposition au plomb, l\u2019ensemble de la population devrait s\u2019en protéger.D\u2019après l\u2019Organisation mondiale de la santé, il n\u2019existe pas de concentration de ce métal sans danger pour la santé.Même à de faibles niveaux dans le corps, le plomb a des effets néfastes sur le long terme.M.Roy-Allard craint ainsi que les résidents qui ne peuvent bénéficier de l\u2019aide de la Ville ne prennent pas la peine d\u2019acheter un filtre, pourtant disponible en grande surface.En entrevue avec notre équipe d\u2019enquête, peu avant l\u2019annonce du plan d\u2019action, le Dr David Kaiser, de la Direction régionale de la santé publique (DRSP) de Montréal, avait justement insisté sur l\u2019inefficacité des mesures volontaires.« Avec encore plusieurs années d\u2019exposition au plomb, c\u2019est important de rehausser les mesures volontaires avec un soutien aux ménages qui sont exposés au risque.Et ça devrait être offert à tout le monde », avait-il dit.Le Dr Kaiser a toutefois répondu au Devoir mercredi qu\u2019il juge que « l\u2019approche de la Ville est globalement cohérente avec les recommandations de la DRSP, [qui fera] des suivis réguliers de l\u2019implantation de ces mesures ».Remplacements partiels La municipalité a aussi annoncé qu\u2019elle obligera les propriétaires à remplacer leur partie privée des tuyaux en plomb, là où elle a déjà changé sa partie, côté public.La Ville compte d\u2019ailleurs retourner échantillonner l\u2019eau de ces bâtiments pour confirmer la présence d\u2019une entrée de service en plomb côté privé et en informer le propriétaire.Pour les travaux à venir, la Ville remplacera la partie des propriétaires en même temps que la sienne et leur enverra la facture, remboursable sur 15 ans.Mais ce programme d\u2019aide ne verra pas le jour avant 2021, a précisé récemment la Ville sur son site Internet.« Le règlement municipal est en cours de rédaction [et] il sera adopté dans le courant de l\u2019année 2020 », précise Mme Courchesne.Une fois le règlement adopté, la Ville fera une inspection pré-travaux chez les propriétaires concernés.« Des mesures pénales seront proposées dans le projet de règlement si le propriétaire refuse d\u2019obtempérer », ajoute la relationniste.Mais d\u2019ici 2021, la Ville continuera donc de faire des remplacements partiels, en changeant juste sa partie des conduits en plomb.« La Ville préconise toujours que le propriétaire réalise lui-même les travaux avant ceux de la Ville.Il pourra solliciter le marché, sélectionner son entrepreneur et réaliser les travaux selon ses disponibilités », soutient Mme Courchesne.Un plan qui n\u2019enchante guère la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).« Pourquoi des proprios iraient remplacer leur partie à leurs frais alors que la Ville n\u2019a pas encore changé la sienne dans la rue ?Enlever la moitié des tuyaux ne va pas régler le problème du plomb dans l\u2019eau et ça va surtout revenir plus cher aux propriétaires», s\u2019emporte son porte-parole, Hans Brouillette.Si plein de propriétaires recherchent en même temps un entrepreneur pour effectuer les travaux, les prix risquent d\u2019augmenter avec la demande, craint-il.«Le premier ministre avait dit, bel et bien, qu\u2019il n\u2019accepterait pas que les médecins spécialistes gagnent un milliard de trop», a souligné quant à lui le porte-parole en finances de QS, Vincent Marissal.Les deux hommes réagissaient à un article de La Presse révélant que les médecins spécialistes avaient offert au Conseil du trésor de réduire de 250 millions de dollars leur rémunération.En réponse aux questions du PQ, le premier ministre, François Legault, a avancé que cette offre était « insuffisante ».Les médecins doivent avoir le même écart de salaire avec leurs collègues du Canada anglais (9 %) que les autres travailleurs, a-t-il ajouté.Pour le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, cette offre « démontre » que le gouvernement avait raison d\u2019entamer des discussions avec les médecins spécialistes.Le porte-parole en finances de QS, Vincent Marissal, a rappelé que François Legault avait promis un milliard de dollars par année des sommes versés aux médecins spécialistes.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Maelly et Charlotte n\u2019ont pas craint la pluie, ni les rencontres inquiétantes, pour aller cogner aux portes, jeudi soir, à Rosemont.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Cette année, on s\u2019est fait voler notre Halloween ! UN GRAND PIRATE » LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 E N B R E F La peine de Richard Henry Bain est maintenue OTTAWA \u2014 La Cour suprême du Canada n\u2019entendra pas la cause de Richard Henry Bain, l\u2019homme qui a perpétré l\u2019attaque au Métropolis le soir de la victoire électorale du Parti québécois en 2012, tuant un technicien de scène et en blessant grièvement un autre.M.Bain a été reconnu coupable en 2016 du meurtre non prémédité de Denis Blanchette et de trois tentatives de meurtre.Après 11 jours de délibération, le jury avait rejeté la thèse de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux plaidée par la défense.Richard Henry Bain, alors âgé de 66 ans, a écopé d\u2019une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 20 ans.C\u2019est sur ce dernier aspect que portait la demande d\u2019appel à la Cour suprême.Le Devoir Les locaux du Parchemin ont trouvé preneur La Coop UQAM investira dès le 2 décembre les locaux de la librairie Le Parchemin, située dans la station de métro Berri-UQAM et actuellement en vente de liquidation.La boutique informatique de la coopérative quittera ainsi la rue Sainte-Catherine pour déménager ses pénates dans ce nouvel espace dont l\u2019ouverture est prévue pour début 2020.L\u2019entreprise planifie aussi y vendre des livres, des articles de papeterie et des jeux de société.Elle entend également aménager une épicerie zéro déchet spécialisée dans la vente de produits en vrac.La librairie Le Parchemin, ouverte depuis 1966, a annoncé en juillet devoir fermer ses portes, acculée à la faillite.Une vingtaine d\u2019employés ont perdu leur emploi.Le Devoir Le dépouillement judiciaire dans Hochelaga est autorisé Le dépouillement judiciaire demandé par le Bloc québécois dans la circonscription d\u2019Hochelaga, à Montréal, a été autorisé jeudi après-midi par la Cour supérieure, a indiqué la formation politique.Des rencontres entre des représentants d\u2019Élections Canada et de partis politiques sont prévues vendredi afin de clarifier la suite du processus, a précisé en soirée Carolane Landry, une attachée de presse du parti.Le Bloc québécois s\u2019attend également à connaître vendredi le résultat de sa demande de dépouillement judiciaire dans la circonscription de Québec.Le parti avait demandé ces deux dépouillements pour tenter de faire la lumière sur de présumées anomalies dans ces élections où les résultats avaient été très serrés.La Presse canadienne Richard Henry Bain JACQUES NADEAU LE DEVOIR ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR La ministre responsable de l\u2019Habitation, Andrée Laforest, envisage de légaliser les dépôts de garantie que réclament les propriétaires de logements pour mieux se prémunir contre les locataires délinquants.C\u2019est ce qu\u2019elle a expliqué lors d\u2019un échange nourri en commission parlementaire le 24 octobre dernier.Le dépôt de garantie est un montant d\u2019argent déposé par le locataire à la signature du bail.Le propriétaire peut puiser dedans pour acquitter un loyer impayé ou lors du départ du locataire si ce dernier laisse le logement en mauvais état.Les associations de propriétaires, qui le réclament depuis des années, ont convaincu le Parti libéral de les appuyer.La députée Lise Thériault a donc profité de l\u2019étude du projet de loi 16 \u2014 qui n\u2019abordait pas cette question \u2014 pour proposer de le légaliser dans un amendement.« Le dépôt de garantie se fait partout ailleurs au Canada sauf au Québec.Cette loi-là, on ne la rouvrira pas dans six mois, a-t-elle dit.Il faut battre le fer pendant qu\u2019il est chaud.Il y a un alignement des planètes parfait.» Le sujet « à l\u2019étude » Au Québec, la légalisation du dépôt de garantie nécessiterait une modification du Code civil.La proposition d\u2019amendement de Mme Thériault a finalement été rejetée.Toutefois, la ministre Andrée Laforest a laissé entendre qu\u2019elle l\u2019envisageait.«Oui, il y a eu des discussions à ce sujet, a-t-elle dit.Il y a des rencontres à faire encore.» Interrogé à ce sujet jeudi, son cabinet a répondu que, « pour le moment, aucune décision n\u2019est prise à ce propos ».LOGEMENT Le dépôt de garantie de nouveau à l\u2019étude JACQUES NADEAU LE DEVOIR Chose certaine, la proposition d\u2019amendement des libéraux a suscité de vives réactions le 24 octobre dernier.Elle a littéralement fait bondir le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.« La question du dépôt de garantie n\u2019a jamais fait partie des enjeux de ce projet de loi là, a-t-il dit.Introduire un amendement sur un enjeu aussi explosif serait une erreur gravissime.» Les groupes de défense des locataires s\u2019opposent farouchement au dépôt de garantie, dans lequel ils voient une barrière de plus au logement pour les locataires les plus pauvres.« Ce serait un très, très gros recul », fait valoir à cet égard le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Maxime Roy-Allard.«C\u2019est sûr qu\u2019il faut s\u2019attendre à une grosse opposition si ça va de l\u2019avant.» Une exception pour les démunis ?Une association de propriétaires suggère d\u2019exempter les ménages à faibles revenus d\u2019un éventuel dépôt de garantie.« Le dépôt pourrait prendre la forme d\u2019une garantie contractuelle en vertu d\u2019un programme de la Société d\u2019habitation du Québec », suggère la Corporation des promoteurs immobiliers du Québec (CORPIQ) dans un mémoire présenté en mai dernier.Or les regroupements en logement doutent que le gouvernement soit disposé à investir dans un tel programme.« J\u2019ai de grandes réserves quant au fait que l\u2019État québécois paie des garanties aux dizaines de milliers de personnes à faible revenu du Québec\u2026 Est-ce qu\u2019ils vont se porter garants de ce dépôt-là ?Tant que ce n\u2019est pas sur la table, je ne crois pas à ce scénario-là.» La force des anticorps VACCIN SUITE DE LA PAGE A 1 de Boston, ainsi que de l\u2019University Medical Center Rotterdam se sont appliqués à déterminer et à quantifier les effets à long terme de la rougeole sur le système immunitaire.Pour ce faire, ils ont eu accès à des échantillons de sang de 77 enfants (âgés en moyenne de 9 ans) d\u2019une communauté protestante orthodoxe des Pays-Bas qui n\u2019avaient pas été vaccinés.Les prélèvements sanguins avaient été effectués avant que les enfants soient frappés par une épidémie de rougeole, ainsi que sept semaines après l\u2019infection.À l\u2019aide d\u2019un outil permettant de dépister les anticorps spécifiques à des milliers d\u2019antigènes viraux et bactériens, les chercheurs ont alors remarqué que, dans les échantillons prélevés après l\u2019infection, le « répertoire d\u2019anticorps » avait diminué considérablement, allant jusqu\u2019à chuter de 73 % chez certains individus, par rapport à celui d\u2019avant l\u2019infection.En d\u2019autres termes, la plupart des différents types d\u2019anticorps avaient disparu, à l\u2019exception de ceux dirigés contre le virus de la rougeole.Par contre, aucune diminution de ce genre n\u2019a été observée chez les enfants qui avaient reçu le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO), et qui servaient de groupe de contrôle.Les chercheurs ont aussi observé des résultats comparables chez quatre macaques.Cinq mois après avoir contracté la rougeole, ces derniers avaient perdu de 40 à 60 % des anticorps qui les protégeaient contre les pathogènes autres que le virus de la rougeole.Des furets Une équipe du Wellcome Sanger Institute de Cambridge, au Royaume-Uni, a pour sa part induit une rougeole chez des furets qui avaient été préalablement vaccinés contre la grippe.Les chercheurs ont remarqué qu\u2019une fois l\u2019infection surmontée, les furets avaient perdu l\u2019immunité \u2014 les anticorps \u2014 qu\u2019ils avaient acquise contre le virus de la grippe lors de la vaccination, et ils étaient devenus par conséquent plus susceptibles de contracter à nouveau cette infection et d\u2019éprouver des symptômes beaucoup plus sévères.Ces observations prouvaient du coup que la rougeole pouvait effacer les effets des vaccins reçus antérieurement.Encore une fois, « ces résultats indiquent que la rougeole diminue la diversité des \u201clymphocytes-mémoires\u201d qui persistent dans l\u2019organisme après la résolution d\u2019une maladie et, par le fait même, contribue à compromettre l\u2019immunité acquise lors des infections et des vaccinations précédentes », soulignent les auteurs.« La rougeole réinitialise le système immunitaire, qui revient à un état immature.Chez certains enfants, l\u2019effet est si grand qu\u2019il ressemble à celui provoqué par l\u2019administration de puissants immunosuppresseurs », affirme l\u2019auteur principal de l\u2019étude, Colin Russell, de l\u2019Université d\u2019Amsterdam.Les auteurs des deux articles soulignent que l\u2019introduction du vaccin contre la rougeole a entraîné une diminution de la mortalité infantile, laquelle était probablement en grande partie causée par une amnésie du système immunitaire induite par la rougeole.En raison de cette amnésie, les enfants « étaient probablement plus à risque de décéder d\u2019autres infections que la rougeole », précise la Dre Caroline Quach, microbiologiste et infec- tiologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.Quand une personne contracte une infection, son système immunitaire fabrique des cellules et des anticorps qui s\u2019attaquent aux pathogènes responsables de cette infection.Une fois qu\u2019elle a surmonté l\u2019infection, son organisme conserve des cellules qui ont en mémoire ces pathogènes et qui sont prêtes à se multiplier dès qu\u2019elles rencontreront à nouveau ce genre de pathogènes, explique-t-elle.Mémoire immunitaire Ces deux études montrent que « le virus de la rougeole efface toute cette mémoire immunitaire.Une personne qui vient de faire une rougeole se retrouve à peu près comme un bébé qui n\u2019a jamais rien vu, n\u2019importe quelle infection peut donc devenir beaucoup plus grave, car la personne doit développer une nouvelle protection contre ce pathogène.Selon les auteurs, c\u2019est ce qui pourrait expliquer toutes les infections secondaires qui surviennent à la suite de la rougeole, telles que des otites, des pneumonies bactériennes », explique la Dre Quach.« La personne doit rebâtir toute cette mémoire immunitaire.Et les articles nous indiquent que cela prend des mois, voire des années à la rebâtir parce qu\u2019il faut être réexposé à chacun des pathogènes », ajoute-t-elle.Les auteurs des deux articles insistent donc sur le rôle vital du vaccin RRO, en rappelant que ce vaccin a permis de réduire de 80 % le nombre de cas de rougeole entre 2000 et 2017, sauvant ainsi la vie de 21,1 millions de personnes.Cependant, en raison de la recrudescence des campagnes anti-vaccin, des règles de certaines communautés religieuses s\u2019opposant à la vaccination et de l\u2019accès limité au vaccin dans certaines régions du monde, les cas de rougeole ont quadruplé depuis 2018, une situation pour le moins inquiétante à la vue des résultats des deux études.Ces dernières années au Québec, environ 2 % de la population n\u2019était pas vaccinée contre la rougeole.Le dépôt de garantie se fait partout ailleurs au Canada sauf au Québec.Cette loi-là, on ne la rouvrira pas dans six mois.Il faut battre le fer pendant qu\u2019il est chaud.Il y a un alignement des planètes parfait.LISE THÉRIAULT » Les auteurs des deux articles insistent donc sur le rôle vital du vaccin RRO, en rappelant que ce vaccin a permis de réduire de 80 % le nombre de cas de rougeole entre 2000 et 2017, sauvant ainsi la vie de 21,1 millions de personnes LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 A 6 MONDE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR « La plus grande chasse aux sorcières dans l\u2019histoire des États-Unis.» La ligne est connue et c\u2019est celle qu\u2019a brandie une nouvelle fois Donald Trump sur le réseau Twitter dans les trois minutes à peine qui ont suivi l\u2019adoption jeudi par la Chambre des représentants d\u2019une résolution visant à légitimer la procédure pour le destituer.À 232 voix contre 196, les élus américains, dans une chambre à majorité démocrate, ont donné un nouveau souffle à cette démarche en posant un cadre formel autour de l\u2019enquête en destitution.Ils ouvrent aussi grand la porte à la tenue d\u2019audiences publiques en vue de cette destitution, et ce, après cinq semaines de témoignages reçus à huis clos par les membres du Congrès.Ce premier vote formel place désormais ce processus, amorcé le 24 septembre dernier, dans le même cadre législatif que celui imposé en 1998 par les républicains dans l\u2019enquête en vue de destituer Bill Clinton.« Les démocrates viennent de donner un cadre au processus, mais leur projet reste encore et toujours une bataille d\u2019opinion publique », fait remarquer Vincent Raynauld, professeur au Département de communication de l\u2019Emerson College de Boston et spécialiste de la politique américaine.«?Depuis le début des procédures, on sent un léger glissement de l\u2019opinion par rapport au président, mais il n\u2019est pas majeur et les appuis de Donald ÉTATS-UNIS L\u2019enquête contre Trump trouve un nouveau souffle La tenue d\u2019audiences publiques, autorisées jeudi par la Chambre des représentants, risque de faire bouger une opinion publique figée dans ses camps politiques Trump sont encore très forts dans les rangs républicains.» Dimanche, dans le stade de baseball des Nationals de Washington qui affrontaient les Astros de Houston dans le cadre des séries mondiales, Donald Trump a pourtant été accueilli par les huées de la foule réclamant en chœur et en chantant son «emprisonnement» et sa «destitution».Une scène inédite depuis le début de sa présidence.«Le District de Columbia est fortement démocrate.Il n\u2019y a rien d\u2019étonnant à ça, fait toutefois remarquer l\u2019universitaire.À l\u2019inverse, au Texas et en Louisiane, où il s\u2019est rendu dans les derniers jours, Donald Trump est toujours reçu en héros.» Résolution adoptée Sans surprise, les démocrates à la Chambre ont massivement adopté la résolution jeudi, alors que les républicains l\u2019ont dans l\u2019ensemble rejetée.Seuls deux démocrates, un du Minnesota et un du New Jersey, n\u2019ont pas suivi la ligne de leur parti.Plus tôt dans la journée, l\u2019ex-républi- cain Justin Amash, du Michigan, qui siège comme indépendant, avait pourtant enjoint à ses anciens compagnons de prendre en compte le poids historique de leur vote.Lui a voté pour.« Ce président est au pouvoir pour une courte période de temps, alors que la complaisance à l\u2019égard de son mauvais comportement va ternir vos noms durablement », a-t-il écrit sur le réseau Twitter en appelant ses « collègues républicains » à sortir de leur « bulle sociale et médiatique » et à ne plus se te- AVIS DE DÉCÈS ALI CHOUKEIR À BAGDAD AGENCE FRANCE-PRESSE Le président Barham Saleh a proposé jeudi des élections anticipées en Irak, loin des espérances du mouvement de contestation qui réclame la « chute du régime » tout entier après des violences qui ont fait plus de 250 morts.M.Saleh, qui rencontre les chefs de parti depuis plusieurs jours, a ajouté que le premier ministre Adel Abdel Mahdi, sur la sellette, était « d\u2019accord pour démissionner » à condition que les blocs au Parlement s\u2019entendent sur un remplaçant, ce que ces derniers ne parviennent pas à faire.M.Abdel Mahdi, arrivé au pouvoir après les législatives de 2018, avait déjà proposé mardi de démissionner si les partis se mettaient d\u2019accord sur un nouveau premier ministre.Quel que soit le sort du chef de gouvernement, « j\u2019approuverai des élections anticipées » après le vote d\u2019une « nouvelle loi électorale », qui sera soumise au Parlement « la semaine prochaine », a déclaré M.Saleh.Mais pour Haydar Kazem, qui manifeste sur la place Tahrir de Bagdad, « la démission d\u2019Abdel Mahdi n\u2019est qu\u2019une partie de la solution », car « on a un problème avec tous les partis au pouvoir ».Barham Saleh « veut gagner du temps », accuse de son côté Sabah Ka- zem, qui manifeste à Nassiriya (sud).« À cause des politiciens, il y a maintenant deux classes en Irak : ceux qui ont de grosses primes et de gros salaires et ceux qui se font tuer en revendiquant leurs droits », poursuit-il.IRAK Les contestataires exigent plus que des promesses d\u2019élections La Turquie condamne la résolution française contre son offensive ISTANBUL \u2014 La Turquie a «fermement» condamné jeudi l\u2019adoption par le Parlement français d\u2019une résolution critiquant son opération militaire contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie.Par cette résolution, la France «affirme son indéfectible soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS)», principalement composées des Unités de protection du Peuple (YPG), une milice considérée comme «terroriste» par Ankara.«La perception de la réalité» des autorités françaises «est paralysée par un soi-disant \u201cromantisme du YPG\u201d, et elles restent aveugles aux persécutions perpétrées par cette organisation terroriste qui prétend représenter les Kurdes», a dénoncé le ministère turc dans son communiqué.Agence France-Presse Berlin échappe à un procès pour sa politique climatique BERLIN \u2014 Attaqué par trois agriculteurs, le gouvernement allemand a échappé jeudi à une évaluation par la justice de sa politique climatique, un tribunal de Berlin ayant jugé «irrecevable» cette extension de la lutte contre le réchauffement jusque dans les prétoires.L\u2019Allemagne a beau être certaine de manquer largement ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour 2020, cet engagement formulé en 2014 ne constitue «pas une réglementation juridiquement contraignante», affirment les juges administratifs de Berlin.Ils ont donc débouté les trois familles mobilisées depuis un an, avec l\u2019appui de l\u2019ONG environnementale Greenpeace: évoquant leurs récoltes en berne et les ravages des intempéries sur leurs terres, elles voulaient que la justice contraigne le gouvernement à agir plus énergiquement, sans réclamer d\u2019indemnités.Agence France-Presse EN BREF nir derrière les « défenses hypocrites, superficielles et fausses de cet homme».Témoignages Rappelons que la mise en accusation du président, l\u2019« impeachment », a été lancée par les démocrates après des révélations sur la teneur d\u2019une conversation téléphonique entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky qui s\u2019est tenue cet été.Dans celle-ci, le président américain demande à son homologue ukrainien de « se pencher » sur son rival politique Joe Biden et sur les affaires de son fils Hunter en Ukraine.Les manifestants mobilisés jour et nuit à Bagdad et dans des villes du Sud assurent qu\u2019ils ne rentreront chez eux qu\u2019une fois leurs exigences satisfaites : une nouvelle Constitution et un départ de l\u2019ensemble de la classe politique, jugée corrompue et inapte.Dans l\u2019un des pays les plus corrompus au monde, où les postes sont répartis en fonction des confessions et ethnies, le système politique créé après la chute de Saddam Hussein en 2003 doit être entièrement remanié, disent-ils.Mais, jusqu\u2019ici, ce sont ces divisions selon des lignes communautaires ou d\u2019allégeances aux puissances influentes ennemies \u2014 l\u2019Iran et les États-Unis \u2014 qui dictent la politique.Les principaux blocs au Parlement et les membres de la coalition gouvernementale sont divisés.D\u2019un côté, le populiste chiite Moqtada Sadr s\u2019est montré au milieu des manifestants.De l\u2019autre, Hadi al-Ameri, chef des paramilitaires pro-Iran du Hachd al-Chaabi, s\u2019est aligné sur l\u2019Iran, pour qui «le vide» mène au chaos.Dans une démonstration de force qui fait redouter des violences aux manifestants de Tahrir, des convois de voitures du Hachd ont défilé tard en soirée à Bagdad, dans un concert de klaxons et de musiques tonitruantes.Fatigue Le départ d\u2019Abdel Mahdi, un indépendant sans base partisane ou populaire, ne peut passer que par le Parlement, qui peut lui retirer sa confiance et lui trouver un remplaçant.Depuis lundi, cette Assemblée réclame qu\u2019il se présente devant elle, en vain.Elle a accepté jeudi sa condition : que la séance soit retransmise en direct à la télévision.« On est fatigués de la situation des 16 dernières années », clame Salwa Mazher, place Tahrir.Il faut « tous les arracher à la racine ».« Et même les religieux, qu\u2019ils quittent la politique, ils n\u2019ont rien à y faire », renchérit Houda, 59 ans, lunettes de soleil et visage encadré par un voile.Dans le sud, la mobilisation ne faiblit pas, selon des correspondants de l\u2019AFP sur place.À Diwaniya, les étudiants sont sortis, de même que les écoliers et les enseignants en grève générale, ou encore les fonctionnaires.À Hilla, Nassiriya, Samawa et Amara, de nouveaux rassemblements se sont aussi formés.Et à Bassora, des manifestants ont ces derniers jours bloqué la route menant au port d\u2019Oum Qasr, suscitant l\u2019inquiétude des autorités pour les importations, notamment alimentaires.La première semaine de contestation, du 1er au 6 octobre, s\u2019est soldée, selon un bilan officiel, par la mort de 157 personnes, surtout des manifes- Un manifestant portant un masque de Guy Fawkes a pris part, jeudi, à un rassemblement sur la place Tahrir, à Bagdad.AHMAD AL-RUBAYE AGENCE FRANCE-PRESSE A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 LAURE AL KHOURY À BEYROUTH AGENCE FRANCE-PRESSE Le groupe armé État islamique (EI) a confirmé jeudi la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, cinq jours après l\u2019annonce de son décès par Donald Trump dans une opération américaine en Syrie, et nommé son successeur en menaçant les États-Unis de représailles.« Ô musulmans, ô moudjahidines, soldats de l\u2019EI [\u2026], nous pleurons le commandeur des croyants Abou Bakr al-Baghdadi », déclare Abou Hamza al-Qourachi, présenté comme le nouveau porte-parole de l\u2019organisation extrémiste, dans un message audio posté sur l\u2019application Telegram.Le groupe djihadiste a également confirmé la mort, dans un autre raid, de son ancien porte-parole, Abou al- Hassan al-Mouhajir, bras droit d\u2019Abou Bakr al-Baghdadi.Le groupe EI a ajouté que le « Majlis al-choura [l\u2019assemblée consultative en arabe] » avait prêté allégeance à Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi en tant que « commandeur des croyants » et nouveau « calife des musulmans ».Ce nom avait rarement été mentionné parmi les potentiels successeurs de Baghdadi, dont la mort a été rapportée à de multiples reprises ces dernières années.Juge du groupe EI « Nous ne savons pas grand-chose de lui, sauf qu\u2019il est le principal juge du groupe EI et qu\u2019il dirige l\u2019Autorité de la charia [loi islamique] », a indiqué Hi- cham al-Hachemi, un expert irakien du groupe armé.C\u2019est le président américain, Donald Trump, qui avait annoncé dimanche, depuis la Maison-Blanche, la mort d\u2019Abou Bakr al-Baghdadi, considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d\u2019attentats sanglants.Dans son enregistrement audio d\u2019une durée de sept minutes, le nouveau porte-parole de l\u2019organisation djiha- diste a appelé à venger cette mort, en menaçant spécifiquement les États- Unis de représailles et en qualifiant son président de « vieil homme insensé ».« Ne te réjouis pas, Amérique [\u2026], est- il dit.Il est venu, celui qui te fera oublier les horreurs » d\u2019Abou Bakr al-Baghdadi et « les coupes amères [\u2026] dont le goût te paraîtra doux », a ajouté l\u2019organisation en référence à son nouveau chef.Depuis qu\u2019il s\u2019était autoproclamé, en 2014, « calife » d\u2019un territoire qui a compté jusqu\u2019à sept millions d\u2019habitants, à cheval entre l\u2019Irak et la Syrie, Abou Bakr al-Baghdadi était devenu l\u2019homme le plus recherché au monde.« On s\u2019attend à tout » Son successeur hérite d\u2019un mouvement djihadiste qui a dû, après la chute de son « califat » en mars et d\u2019autres défaites militaires, se dissoudre en une multitude de cellules clandestines en Syrie et en Irak, avec des communications difficiles dans des pays en plein chaos.Le nouveau chef djihadiste pourrait être amené à commander quelque 14 000 combattants dispersés en Syrie et en Irak et à se rapprocher du chef actuel d\u2019al-Qaïda, l\u2019Égyptien Ayman al- Zawahiri, a affirmé mercredi Russ Travers, directeur par intérim du National Counterterrorism Center, l\u2019organisme qui supervise la lutte antiterroriste aux États-Unis.Dans le message audio diffusé jeudi, le porte-parole du groupe EI a par ailleurs fait référence à l\u2019appel de l\u2019ex- chef du groupe djihadiste en faveur de la libération des détenus du groupe dans des prisons et des camps contrôlés par les forces kurdes.Celles-ci affirment détenir environ 12 000 djihadistes présumés du groupe État islamique, dont plus de 2000 étrangers en provenance de plus de 50 pays.Les forces kurdes en Syrie, partenaires de Washington durant les années de lutte contre cette formation djihadiste, ont dit craindre des représailles du groupe après la mort d\u2019Abou Bakr al-Baghdadi.Le groupe armé EI confirme la mort de son chef « L\u2019obsession sans limites de Nancy Pelosi [cheffe démocrate à la Chambre] et des démocrates à l\u2019endroit de cette mise en accusation illégitime ne font pas mal au président américain, a-t-elle dit.Elle fait mal au peuple américain.» « Nous avons dépassé l\u2019ère des faits observables pour entrer dans celle de l\u2019émotion et de la croyance, dit Vincent Raynauld.Avec des tweets percutants et des formules simples, Donald Trump arrive encore à convaincre sa base de son innocence.Et il va être intéressant de voir comment les démocrates vont chercher à reprendre le contrôle de la narration pour faire comprendre aux Américains qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une attaque contre les républicains, mais contre les problèmes d\u2019éthique et de gouvernance du président.» La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, annonce la clôture du vote sur une résolution officialisant l\u2019enquête contre le président Donald Trump.WIN MCNAMEE POOL / AGENCE FRANCE-PRESSE Et après ?Des témoignages publics: ce premier vote ouvre la voie à des audiences publiques et télévisées qui pourraient débuter au plus tôt le 12 novembre.Les démocrates comptent là-dessus pour faire taire les critiques du camp républicain qui dénoncent le manque de transparence des procédures en cours, mais aussi pour trouver des appuis à cette destitution dans le rang des électeurs indépendants et républicains.Actuellement, entre 43 et 48 % des Américains soutiennent cette démarche.En 1974, les audiences publiques ont fait grimper de 10 points dans les sondages l\u2019opinion favorable à la destitution de Richard Nixon et fait tourner le vent qui a ultimement forcé sa démission.Un deuxième vote: les démocrates espèrent pouvoir rédiger les chefs d\u2019accusation contre le président d\u2019ici le congé de Thanksgiving et tenir le vote à la Chambre des représentants sur ces accusations avant la fin de l\u2019année.Un procès en destitution: une fois la mise en accusation adoptée par la Chambre, le Sénat américain va ouvrir un procès en destitution, présidé par le juge en chef de la Cour suprême, sans doute au début de 2020.Les deux tiers du Sénat, à majorité républicaine, doivent approuver au moins un chef d\u2019accusation BACHIR EL KHOURY JEAN-MARC MOJON À BEYROUTH AGENCE FRANCE-PRESSE LIBAN Le président demande des ministres «compétents» Les contestataires reprennent les blocages et les rassemblements Depuis, une dizaine de diplomates et anciens conseillers de la Maison- Blanche ont, par leurs témoignages devant le Congrès, confirmé ce que les démocrates qualifient d\u2019abus de pouvoir du président, d\u2019intimidation et de non-respect de la séparation des pouvoirs au sein d\u2019une démocratie.Selon eux, durant plusieurs mois, Donald Trump a grenouillé en marge des canaux diplomatiques habituels, avec la complicité de son avocat personnel Rudy Giuliani, pour obtenir des informations compromettantes sur son opposant politique.Une importante aide militaire américaine de 391 millions de dollars a également été placée dans la balance lors de cette transaction comparée à un vulgaire «dealde drogue » par l\u2019ex- conseiller à la sécurité de la Maison- Blanche John Bolton, qui devrait être entendu sous peu par les enquêteurs chargés d\u2019instruire la procédure en destitution.Par la voix de son attachée de presse, Stephanie Grisham, Donald Trump a conspué les démarches des démocrates, démarches qu\u2019il qualifie de « coup d\u2019État ».tants abattus par des « tireurs » que l\u2019État n\u2019a toujours pas identifiés.Le mouvement a repris le 24 octobre et 100 personnes ont été tuées depuis.Viser pour tuer Au moins cinq personnes ont été mortellement touchées à Bagdad par des grenades lacrymogènes «jamais vues», selon Amnestie internationale.« Dix fois plus lourdes» que les grenades utilisées ailleurs dans le monde, elles peuvent briser des crânes, selon l\u2019ONG.Tirées «directement» sur les manifestants, «elles visent à les tuer, et pas à les disperser».Après ce lourd bilan, « l\u2019Irak est à la croisée des chemins », a estimé la mission de l\u2019ONU en Irak.« Soit il progresse dans le dialogue, soit il se divise dans l\u2019inaction.» Face à la rue, MM.Sadr et Ameri « ont intérêt à mettre fin à la crise », dit à l\u2019AFP Maria Fantappie, du centre de réflexion International Crisis Group.« Mais leurs besoins sont diamétralement opposés et ils savent qu\u2019il sera difficile de s\u2019accorder sur un remplaçant » à Abdel Mahdi.mant leur souhait de voir partir tous les dirigeants au pouvoir, sans exception.« Dégage, dégage, tu as affamé tout le monde » et « Le peuple veut la chute du régime », ont encore crié les manifestants qui suivaient le discours en direct, retransmis sur un écran géant.Certaines écoles et universités sont restées fermées jeudi, et des milliers de manifestants se sont de nouveau réunis en début de soirée à travers le pays.Tractations au point mort Plus tôt dans la journée, les tractations pour la formation d\u2019un nouveau gouvernement semblaient au point mort, alors que les appels en faveur d\u2019un cabinet de technocrates et d\u2019élections législatives anticipées se multiplient.Les manifestants qualifient unanimement la classe dirigeante de corrompue dans un pays au bord de la faillite économique et toujours en proie à des pénuries chroniques d\u2019eau et d\u2019électricité, 30 ans après la fin de la guerre civile (1975-1990).La démission de M.Hariri avait été suivie par la levée de la quasi-totalité des barricades érigées par les contestataires au travers des axes routiers, laissant penser à un tassement du mouvement.Mais blocages et rassemblements ont repris, en particulier à Tripoli, la grande ville du nord devenue un des fers de lance de la contestation.La presse libanaise spécule sur les scénarios possibles d\u2019une sortie de crise : M.Hariri serait prêt à reprendre la tête d\u2019un gouvernement à condition qu\u2019il soit composé de technocrates ou de personnalités incontestables.Le président libanais, Michel Aoun, a appelé jeudi à la formation d\u2019un gouvernement composé de ministres choisis pour leurs « compétences », au 15e jour d\u2019un mouvement de contestation inédit contre le pouvoir, accusé de corruption et d\u2019incompétence.Déclenché le 17 octobre, le mouvement, qui a pris de court les partis au pouvoir, a mobilisé des dizaines de milliers de Libanais à travers plusieurs régions du pays et a entraîné mardi la démission du gouvernement.Dans un discours télévisé, M.Aoun a appelé à la formation d\u2019un cabinet « compétent » et « productif », au moment où le Liban traverse une grave crise économique, en partie à l\u2019origine du soulèvement.«Les ministres devront être choisis en fonction de leurs compétences, non de leurs allégeances politiques [\u2026] d\u2019autant que le Liban se trouve à un tournant critique, notamment sur le plan économique, et a désespérément besoin d\u2019un gouvernement harmonieux capable d\u2019être productif », a déclaré M.Aoun.Le chef de l\u2019État s\u2019est engagé à « poursuivre la lutte contre la corruption » et à œuvrer en faveur de la formation d\u2019un cabinet capable de répondre aux « aspirations des Libanais [\u2026] et de réaliser ce que le gouvernement précédent a failli » à faire.À peine le discours terminé, les manifestants massés au centre de Beyrouth ont scandé « Tous veut dire tous », un slogan phare de la contestation expri- À peine le discours du président terminé, les manifestants massés au centre de Beyrouth ont scandé « Tous veut dire tous », un slogan phare de la contestation exprimant leur souhait de voir partir tous les dirigeants au pouvoir, sans exception LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, a présenté, jeudi, le projet de loi 44 qui abolit le Conseil de gestion du Fonds vert et le remplace par le Fonds d\u2019électrification et de changements climatiques (FECC), tout en éliminant l\u2019organisme Transition énergétique qu\u2019avale le ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles (MERN).Grâce à ce projet de loi, Benoit Charette met en œuvre les changements qu\u2019il a annoncés en juin quant à la «gouvernance» du Fonds vert et de la transition énergétique.On se rappellera qu\u2019en 2014, le Commissaire au développement durable avait sonné l\u2019alarme sur la gestion du Fonds vert.Par la suite, en 2017, le gouvernement Couil- lard mettait sur pied le Conseil de gestion du Fonds vert pour examiner, avec une certaine indépendance, les dysfonctionnements de ce fonds.Le Conseil avait produit un rapport dévastateur: plus de la moitié des projets subventionnés et commandés par divers ministères avaient eu peu d\u2019effet, ou pas du tout, sur la réduction des gaz à effet de serre (GES).Le Fonds vert reçoit environ 1 milliard de dollars par an, à partir principalement d\u2019une ponction évaluée à 4 cents le litre d\u2019essence.En vertu du projet de loi 44, le ministre de l\u2019Environnement assure la cohérence de l\u2019action gouvernementale en matière de lutte contre les changements climatiques.Il devra être consulté sur les mesures, élaborées par les autres ministères, qui pourraient avoir un effet sur cette lutte et peut de lui- même donner son avis à ses collègues ou à des organismes publics sur des projets qui pourraient être contraires aux objectifs énoncés dans une éventuelle politique-cadre sur les changements climatiques.Bref, le ministre de l\u2019Environnement, qui, depuis toujours, ne pèse pas lourd face à ses collègues des ministères à vocation économique, en mènera un peu plus large.Innovation valable, il sera conseillé par un comité consultatif, formé par une majorité de scientifiques, qui lui fournira des conseils qui seront rendus publics.Les membres du comité sont toutefois nommés par le ministre.Quant à la gestion du nouveau FECC, elle est assumée par le ministre, qui approuve chacun des projets soumis par ses collègues.C\u2019est le Commissaire au développement durable, qui relève du Vérificateur général, qui agira comme un garde-fou en produisant un rapport annuel sur l\u2019administration du FECC.C\u2019est la seule amélioration par rapport à la gestion du Fonds vert.En supprimant le Conseil de gestion, on remet les clés du coffre au seul ministre.L\u2019abolition de Transition énergétique Québec (TEQ) est une aberration.Cet organisme relève ultimement du MERN, mais il est doté d\u2019un conseil d\u2019administration, ce qui le protège de l\u2019arbitraire politique et lui permet de fonctionner de façon légère.Il faut rappeler les origines de TEQ : le gouvernement libéral avait créé l\u2019Agence d\u2019efficacité énergétique, un organisme indépendant, puis l\u2019Agence avait été abolie pour devenir un bureau au sein du ministère.Comme ce bureau était inefficace en raison des lourdeurs inhérentes à la prise de décision dans un ministère, le gouvernement libéral a créé à nouveau une agence indépendante, TEQ, dont la performance sur le terrain est reconnue.On revient ainsi à la case départ et on confie la gestion des programmes d\u2019efficacité énergétique au ministre responsable d\u2019Hydro-Québec et du gaz naturel.D\u2019ailleurs, Jonatan Julien ne manque jamais une occasion de mentionner que le gaz naturel est une formidable source d\u2019énergie de transition.Il faut comprendre que les subventions versées par le FECC (ou le Fonds vert) et par TEQ sont source de visibilité pour le parti au pouvoir.Ce sont des milliards de dollars qui soutiennent des centaines de projets dans toutes les régions du Québec.Tant Benoit Charette que Jonatan Julien voient dans cette manne un moyen de propulser le développement économique du Québec.Avec le projet de loi 44, on revient à une gouvernance qui laisse le pouvoir politique décider des projets censés réduire les GES.Or ce sont des ministres qui ont signé le gaspillage de milliards de dollars du Fonds vert.C\u2019est un ministre de l\u2019Environnement qui a décidé que le Fonds vert devait servir, par exemple, à subventionner l\u2019oléoduc d\u2019Ultramar ou des conduites de gaz naturel d\u2019Énergir.Ainsi, le pouvoir politique remet les mains dans l\u2019assiette au beurre, mais avec un peu plus de transparence qu\u2019auparavant.Il faut avoir une confiance inébranlable dans le principe de responsabilité ministérielle : si le ministre faillit à la tâche, il en assumera les conséquences.C\u2019est un beau principe, mais nous cherchons encore qui a reconnu sa responsabilité dans les déboires du Fonds vert et en a payé le prix politique.Georgia Vrakas Professeure agrégée, Département de psychoéducation, UQTR La nouvelle annoncée lors du Forum adultes et santé mentale sur le déploiement du nouveau programme d\u2019accès et d\u2019accompagnement en santé mentale et une stratégie québécoise de prévention du suicide me réjouit.Il est grand temps qu\u2019on se dote d\u2019une mise à jour, dans un contexte où le suicide demeure un problème de santé publique important dans un Québec qui n\u2019a pas de stratégie en matière de prévention de suicide depuis 1998.Il reste à voir les priorités qui seront mises en avant dans les deux cas.Évidemment, ce travail devra continuer d\u2019être guidé par les personnes concernées elles-mêmes, leurs proches, les intervenants et les chercheurs spécialistes dans le domaine.Ici, je donne mon avis non seulement en tant que psychologue et professeure spécialiste en santé mentale et en prévention du suicide, mais aussi comme personne ayant vécu avec la dépression et qui a eu recours aux services nécessaires pour se rétablir.En ce qui concerne la maladie mentale, on sait tout de même ce qui fonctionne.Je ne veux pas faire ici une liste exhaustive des meilleurs traitements validés empiriquement, mais en nommer quelques-uns, dont la psychothérapie qui, conjuguée à la pharmacothérapie, a fait ses preuves.Malheureusement, la psychothérapie n\u2019est pas rapidement ni gratuitement accessible au Québec.Un autre exemple, plus accessible, est l\u2019autogestion de la dépression, de l\u2019anxiété, des troubles bipolaires (entre autres) offerte sous forme d\u2019ateliers par des organismes communautaires à moindre coût.Le gouvernement devrait prioriser ces services éprouvés scientifiquement pour les rendre accessibles à tous ceux qui en ont besoin.Comprendre En ce qui concerne la prévention du suicide, plusieurs organismes, intervenants et chercheurs s\u2019investissent depuis des années pour tenter de comprendre les causes de celui-ci afin de diminuer le taux de suicide au Québec et de mettre en place les meilleures pratiques pour ce faire.On voit les effets positifs de ces actions par la diminution des morts par suicide depuis 1999.Mais le problème est tou- L\u2019apprentissage des immigrants Le ministre Simon Jolin-Barrette vient d\u2019annoncer que les ressortissants étrangers, qui souhaitent s\u2019établir au Québec, devront obtenir une « attestation d\u2019apprentissage des valeurs démocratiques et des valeurs québécoises exprimées par la Charte des droits et libertés de la personne ».Les valeurs exprimées par la Charte québécoise (articles 1 à 38) sont les suivantes : les libertés de conscience, de religion, d\u2019opinion, d\u2019expression, de réunion pacifique, d\u2019association, le droit à l\u2019égalité dans la reconnaissance des droits et libertés, les droits politiques et les droits judiciaires.Or, la Loi sur la laïcité de l\u2019État, qui est entrée en vigueur le 16 juin 2019, va à l\u2019encontre des valeurs exprimées par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.En effet, l\u2019article 33 de la Loi sur la laïcité stipule que cette loi, ainsi que les modifications qu\u2019elle apporte à la Loi favorisant la neutralité religieuse de l\u2019État\u2026 s\u2019appliquent malgré les articles 1 à 38 de la Charte des droits et libertés de la personne.Dans le cas où les ressortissants étrangers auraient à obtenir une attestation d\u2019apprentissage des valeurs démocratiques et des valeurs québécoises exprimées par la Charte des droits et libertés de la personne, comme le veut le ministre Simon Jolin-Barrette, il est important que ceux-ci soient informés que ces valeurs ne s\u2019appliquent pas dans le cadre de la Loi sur la laïcité qui contient une clause dérogatoire (article 33).En terminant, je me permets de dire que M.Lucien Bouchard n\u2019est sûrement pas le seul indépendantiste qui est contre la loi 21 (Loi sur la laïcité).Lorsque l\u2019idée de l\u2019indépendance du Québec a pris forme, ses tenants étaient pour la protection des droits des minorités et pour le respect des droits fondamentaux.Huguette Gagnon Le 30 octobre 2019 Santé mentale et prévention du suicide, une priorité LIBRE OPINION LETTRES CHANGEMENTS CLIMATIQUES Mainmise sur l\u2019assiette au beurre L ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu jours présent, bien sûr, d\u2019où la nécessité d\u2019une stratégie nationale en prévention du suicide.À mon avis, un des éléments nécessaires à la réussite des interventions auprès des personnes vivant avec des troubles mentaux ou qui sont suicidaires est la déstigmati- sation.Malheureusement, il existe encore un grand tabou face à la maladie mentale et au suicide.La population a tendance à penser qu\u2019on peut s\u2019en sortir avec de la volonté (chose qu\u2019on n\u2019oserait jamais penser de quelqu\u2019un qui a un cancer).Il y a aussi d\u2019autres mythes négatifs associés à la maladie mentale, par exemple la violence, ce qui n\u2019encourage pas les gens à s\u2019ouvrir et à demander de l\u2019aide.Oui, il est vrai qu\u2019on en parle de plus en plus et les gens sont encouragés à aller chercher de l\u2019aide par des campagnes comme la Semaine nationale de la santé mentale, la Semaine nationale de prévention du suicide et la Journée mondiale de la prévention du suicide, par exemple.Les témoignages comme celui de la ministre Marguerite Blais aident aussi grandement, à mon avis, à briser les barrières du tabou.C\u2019est d\u2019ailleurs pour contribuer à ma façon à cette déstigmatisation que j\u2019ai choisi de me dévoiler un peu dans ce texte.Je peux vous dire que ce n\u2019est pas facile pour moi de m\u2019ouvrir sur ce sujet, étant psychologue.Je peux aussi vous dire qu\u2019il a été ardu pour moi d\u2019aller chercher de l\u2019aide, donc je comprends très bien comment cela peut être difficile pour les autres de le faire.J\u2019ai eu la chance d\u2019avoir accès aux services dont j\u2019avais besoin pour mon rétablissement.Donc, lorsque je prône un plus grand investissement en santé mentale, je le fais non seulement en tant que psychologue-chercheuse, mais aussi en tant que personne ayant utilisé ces services qui ont été essentiels à ma survie et à ma vie.Je crois qu\u2019il est important de continuer à travailler sur la déstig- matisation, à démystifier, à éduquer, à sensibiliser, et ce, pas uniquement pendant une journée ou une semaine, mais à longueur d\u2019année, afin que les gens vivant avec une maladie mentale ou qui sont suicidaires se sentent écoutés, compris, accueillis et aillent chercher l\u2019aide nécessaire.Oui, il faut absolument investir dans les meilleurs pratiques, services et traitements.Cependant, si les personnes vivant avec des troubles mentaux ou qui sont suicidaires sont freinées par l\u2019image négative qu\u2019on nous renvoie (et qu\u2019on peut malheureusement in- ternaliser), on n\u2019aura pas plus accès aux services dont on a grandement besoin.Gouvernance canadienne et écologie S\u2019il est vrai que M.Trudeau a un défi gordien à résoudre, voici peut-être une piste de solution: la vérité.Ou bien le gouvernement ne croit pas aux changements climatiques ou il y croit.Dans le premier cas, il n\u2019a qu\u2019à soutenir, voire financer le nouveau pipeline Trans Mountain, forcer un pipeline vers l\u2019est, continuer les aides fiscales aux pétrolières, financer l\u2019inutile troisième lien, etc.Certes, il y aura quelques récriminations en Colombie-Britannique et au Québec, et peut-être même un réveil de l\u2019idée d\u2019indépendance au Québec, mais ce sera le prix à payer et on mettra fin à l\u2019idée d\u2019indépendance de l\u2019Ouest! Dans l\u2019hypothèse où le premier ministre croit aux changements climatiques, alors il faut être cohérent et ne rien faire des projets précédents, mais surtout cesser les belles paroles vides et de tenter de rouler tout le monde dans la farine.Il y a urgence à présenter un plan clair, qui devrait commencer par une date: quand prévoyons- nous que la fameuse période de transition sera terminée (je fais l\u2019hypothèse qu\u2019elle est commencée depuis quelques années déjà), c\u2019est-à-dire à quel moment la demande de pétrole aura (devra avoir) diminué de, disons, 80%?Si ce n\u2019est qu\u2019en 2150, alors cessons de nous énerver, mais si c\u2019est en 2050 ou même 2040, soyons honnêtes avec les citoyens de l\u2019Ouest: il faut cesser les nouveaux développements d\u2019énergie fossile et commencer à soutenir les travailleurs actuels et futurs dans une réorientation de carrière, comme cela s\u2019est fait pour une multitude d\u2019emplois depuis toujours.Ils pourront s\u2019investir dans l\u2019énergie éolienne et l\u2019énergie solaire, pour laquelle d\u2019ailleurs l\u2019Ouest a le plus important projet au Canada.Il y a peu d\u2019hommes ou de femmes politiques qui osent dire la vérité, mais l\u2019un d\u2019entre eux est bien connu: «Je n\u2019ai rien d\u2019autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur.» Et Churchill a gagné la guerre! Jacques L\u2019Espérance Le 30 octobre 2019 ROBERT DUTRISAC A 9 LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy, Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Une mémoire à constituer J e vous ai déjà parlé de Natacha Torres, lorsqu\u2019on s\u2019inquiétait de l\u2019état des classes d\u2019accueil pour les élèves immigrants et réfugiés, dans les écoles publiques de Montréal.Natacha a enseigné en zone de guerre en Colombie et dans le Grand Nord.Elle me confiait alors que les classes d\u2019accueil, dans les conditions actuelles, c\u2019était pire.Mais mardi, je me suis assise avec elle pour discuter de toute autre chose.Ces dernières semaines, elle s\u2019est mise à partager frénétiquement sur les réseaux sociaux des vidéos et des articles sur les soulèvements au Chili, dénonçant sans relâche la répression violente des citoyens qui descendent dans la rue.Natacha est née au Québec, quelques années après que ses parents, ouvriers et militants socialistes, ont fui la dictature militaire du général Augusto Pinochet.Tous deux étaient très actifs dans le mouvement d\u2019Allende, ils se sont rencontrés en Russie, où l\u2019on formait les militants pour la construction de l\u2019Unité populaire.Après le coup d\u2019État de 1973, son père, qui était dirigeant syndical, est arrêté et emprisonné dans un camp de concentration de la dictature, à Chaca- buco, dans le désert d\u2019Atacama.Il est détenu plus d\u2019un an, puis fuit vers l\u2019Argentine, où sa femme et sa fille aînée le rejoignent avant d\u2019émigrer au Canada.Natacha n\u2019a pas vécu la dictature, mais la dissidence a toujours fait partie de sa vie.Je n\u2019avais jamais remarqué, mais sur sa photo de profil Facebook, on la voit, petite fille, participant à une manifestation anti-Pinochet à Montréal.La photo est parue dans La Presse en 1986.Évidemment, la situation actuelle au Chili la bouleverse.Elle dénonce l\u2019hypocrisie du discours du gouvernement de Sebastian Piñera, qui brandit le spectre de la guerre pour justifier les arrestations arbitraires, la violence et les dénis de droit.Les citoyens, pourtant, ont raison de manifester.Il y a la vie chère et les ravages sociaux de trente années de politiques néolibérales, d\u2019abord.« C\u2019est impossible, vivre au Chili ! », s\u2019emporte Natacha, qui y a passé un peu plus d\u2019un an en 2011.Mais plus largement, on réclame une assemblée constituante, qui permettrait de se débarrasser enfin de l\u2019autoritarisme larvé de la constitution léguée par la dictature.Il faut aussi situer le soulèvement actuel dans le sillage des mobilisations étudiantes de 2011.Une génération entière, semble-t-il, se rassemble pour réclamer plus de justice et de démocratie.Peut-être aussi pour venger le silence de leurs parents, et la violence subie par leurs grands-parents.Un slogan a d\u2019ailleurs beaucoup été repris par de jeunes militants : « ¡ No son 30 pesos, son 30 años ! » Pas trente pesos, trente ans, en référence à l\u2019augmentation du prix du transport en commun, qui a mis le feu aux poudres dans les dernières semaines.Cet appel à la mémoire est particulièrement évocateur dans le cas chilien.J\u2019ai aussi discuté cette semaine avec Caroline et Nicholas Dawson, arrivés au Québec du Chili avec leurs parents dans les années 80, à l\u2019âge de 7 et 4 ans.Eux aussi m\u2019ont parlé de l\u2019onde de choc ressentie ces jours-ci.« J\u2019ai mal à regarder les mobilisations actuelles avec le même enthousiasme que certains de mes amis militants au Québec », dit Caroline.Elle ressent surtout du stress en pensant à sa famille inquiète, et parle de ces images de répression militaire qui ravivent en elle une angoisse inexplicable.Autant Natacha que Caroline et Nicholas m\u2019ont parlé du silence qui vient après l\u2019exil, et qui a perduré au-delà de la fin de la dictature.« C\u2019est comme si une génération entière avait voulu taire le traumatisme vécu », remarque Caroline.Nicholas consacre sa thèse de doctorat à ce nœud entourant la mémoire de la dictature, ce spectre qui hante non seulement les récits de ceux qui ont quitté le Chili et leurs descendants, mais la société chilienne tout entière.Après un séjour de plusieurs mois à Santiago l\u2019an dernier, Nicholas a constaté que bien des choses n\u2019avaient jamais été dites, après la fin du régime militaire.Le récit historique de la dictature peine à se constituer, remarque-t-il, ce qui, paradoxalement, semble moins vrai dans les familles qui sont parties.« Comme si l\u2019exil agissait comme un pivot narratif qui active la mémoire, le récit.» Natacha dit, pour sa part, avoir été aussi fascinée que frustrée par l\u2019indifférence de plusieurs de ses congénères, durant son année au Chili.Or, c\u2019est ce qui est saisissant dans les mobilisations en cours : l\u2019heure de la fin de l\u2019indifférence, semble-t-il, a sonné.Une image partagée par une adolescente sur les réseaux sociaux m\u2019a frappée.On la voit brandissant en pleine rue un drapeau chilien, où l\u2019on lit : « Mi abuelo tenía miedo.Yo no.» Mon grand-père avait peur, moi pas.Voilà le souffle de cette jeunesse qui semble déterminée à reprendre le rêve de justice sociale qui a été brutalement écrasé en 1973, avec la complicité des États du nord de l\u2019Amérique.« Le 19 octobre, j\u2019ai pensé à mon père qui, pour la deuxième fois de sa vie, s\u2019est réveillé avec des militaires qui tabassaient les gens de son quartier », me dit Natacha.« Au- jourd\u2019hui, il ne peut plus descendre dans la rue, il a du mal à marcher.Mais cette semaine, il m\u2019a dit : je savais bien que je ne pouvais pas partir sans voir le printemps arriver.» Alexandre Cusson Président de l\u2019UMQ et maire de Drummondville Le 30 octobre, le gouvernement du Québec et ses partenaires municipaux sont arrivés à une entente en vue de bonifier les transferts gouvernementaux destinés aux gouvernements de proximité.Résultat d\u2019un travail sur plusieurs mois, la signature du «Partenariat 2020-2024: pour des régions et des municipalités encore plus fortes » concrétise des gains importants pour toutes les municipalités, de toutes tailles et de toutes les régions, et représente l\u2019initiative la plus franche des dernières années en faveur d\u2019une révision en profondeur de la fiscalité municipale.Le monde municipal a de quoi se réjouir.L\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) et ses partenaires peuvent se féliciter que leur principale demande se trouve au cœur de l\u2019entente : le transfert de la croissance d\u2019un point de la taxe de vente du Québec (TVQ).Effectivement, pour la première fois dans l\u2019histoire du Québec, les municipalités pourront compter sur une source indépendante et pérenne de revenus qui repose non plus sur la taxation foncière, de laquelle le monde municipal tente de se sevrer, mais sur la croissance économique, à laquelle les gouvernements de proximité participent activement.Aujourd\u2019hui, 70 % des revenus des municipalités proviennent de l\u2019impôt foncier, avec les conséquences que l\u2019on connaît : une pression énorme sur les contribuables et un modèle de développement économique en porte-à- faux avec l\u2019urgence climatique.Ce transfert de la croissance d\u2019un point de la TVQ est donc une bonne nouvelle non seulement pour l\u2019ensemble des municipalités, mais aussi pour les citoyennes et les citoyens, parce qu\u2019il diversifie les sources de revenus tout en confirmant l\u2019importance du rôle du milieu municipal dans le développement de nos collectivités.Concret À temps pour l\u2019élaboration des budgets municipaux de novembre prochain, la signature de ce nouveau pacte fiscal représente une bonne occasion de bâtir sur du concret.Bien qu\u2019il reste encore du travail à faire, il faut mentionner l\u2019importance de la création du Fonds régions et ruralité, qui regroupe quatre volets existants et qui bénéficiera d\u2019une enveloppe de 1,3 milliard de dollars, et la bonification du Programme d\u2019aide à la voirie locale.La nouvelle compensation pour les terres publiques (21,5 millions) qui sera octroyée est aussi au registre des gains.Depuis 2018, le monde municipal travaille sans relâche pour convaincre de la nécessité de réinvestir dans les régions.On peut dire que c\u2019est mission accomplie.La conclusion d\u2019une entente au bénéfice de l\u2019ensemble des municipalités et à la satisfaction des parties est aussi une bonne nouvelle pour la solidarité des gouvernements de proximité.C\u2019est parce que les mairesses et les maires du Québec se sont serré les coudes que la prise de conscience collective de l\u2019importance des municipalités dans le quotidien des citoyennes et des citoyens a pu être possible.C\u2019est parce que le monde municipal s\u2019est uni que le gouvernement du Québec a acquiescé aux demandes municipales.Évidemment, tout n\u2019est pas réglé, les changements démographiques et le développement de l\u2019économie numérique pousseront à leur limite les capacités fiscales des municipalités.Encore plus, l\u2019argent se trouvera à Québec, alors que les besoins sont sur les terrains, dans les gouvernements de proximité.Le déséquilibre fiscal que l\u2019on connaissait avec le Canada prend donc un nouveau visage : celui de municipalités qui ne peuvent faire face seules à la croissance de leurs responsabilités.Elles sont appelées à continuer à jouer un rôle de première importance dans les années à venir.L\u2019UMQ et ses partenaires continueront à incarner le leadership nécessaire à la croissance des municipalités de toutes tailles et de toutes les régions avec pour objectif l\u2019essentiel : de meilleurs services à la population.PACTE FISCAL Une entente bénéfique pour les villes et les citoyens Michel Virard Ingénieur retraité Vous pensiez que la saga du Boeing 737 MAX tirait à sa fin ?Détrompez- vous, elle ne fait que commencer.Si j\u2019avais un conseil à donner à Air Canada, ce serait : « Débarrassez-vous des 737 MAX alors qu\u2019ils ont encore une certaine valeur, au moins une fois équipés d\u2019un nouveau logiciel.Annulez toutes vos commandes non livrées, même si cela vous coûte des pénalités.» Il semble que la direction de Boeing (et celle d\u2019Air Canada ?) souffre d\u2019une amnésie surprenante.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019un avion réputé « le plus avancé du monde » se révèle un cercueil volant.L\u2019histoire la plus emblématique d\u2019une grave erreur de design d\u2019avion commercial est probablement celle du Comet, de la compagnie britannique De Havilland.Lui aussi était un leader et De Havil- land, un pionnier réputé ; là n\u2019est pas la question.Le problème central avec l\u2019aviation commerciale est la confiance accordée à un appareil par le public, celui qui achète les billets.Lorsque ce lien de confiance est brisé, il semble que tous les efforts pour le réparer soient condamnés à rester infructueux.La compagnie De Havil- land, après avoir perdu en vol plusieurs avions par fatigue de la carlingue, a fini par comprendre le problème et a redessiné de nouvelles versions du Comet (II, IV), lesquelles se sont révélées fiables.Mais il était trop tard.Personne ne voulait plus voler sur des Comet, même redessinés de façon extensive.La marque « Comet » était définitivement brûlée.Une seule compagnie aérienne a continué à utiliser ces avions.Dans ces conditions, le reste des 114 Comet construits s\u2019est retrouvé dans des applications non commerciales, l\u2019aviation militaire en particulier.J\u2019ai d\u2019ailleurs volé sur un Comet IV de la Royal Air Force en 1970.C\u2019était un banc d\u2019essai volant pour les appareils de navigation aérienne que je développais, avec d\u2019autres ingénieurs, chez Canadian Marconi (Montréal).Comme les pilotes, nous étions une « clientèle » privilégiée, car, étant du métier, nous étions mieux en mesure d\u2019apprécier à sa juste valeur la sécurité d\u2019un avion.Stabilité J\u2019ai appris à piloter dans les années 1950.Je me souviens qu\u2019une des qualités qu\u2019on recherchait dans un avion, c\u2019était en particulier la stabilité.Non pas qu\u2019un avion « instable » ne puisse pas voler, mais c\u2019est un facteur de stress pour le pilote de savoir que son avion est instable.Cela complique sa tâche et il a déjà bien d\u2019autres soucis.Les deux accidents du Boeing 737 MAX ont montré que cette complication des tâches pouvait obscurcir les réflexes des pilotes.Il est probable que le nouveau logiciel qui sera installé va effectivement « prévenir tous les cas de figure » d\u2019instabilité, et que l\u2019appareil sera approuvé par la FAA (l\u2019agence américaine de l\u2019aviation).Cependant, cela ne suffira pas à rétablir la confiance dans ce type d\u2019appareil.Il faudrait faire une campagne de publicité sans précédent pour convaincre le grand public que cet appareil est maintenant sécuritaire.Dans la mesure où ils auront le choix, les voyageurs vont préférer tout autre type d\u2019avion.Cela va plomber les résultats des compagnies qui voudront quand même les remettre en service.Après un certain temps, elles se lasseront et revendront ces appareils à des compagnies moins regardantes.Les 737 antérieurs étaient et sont encore d\u2019excellents avions-cargo.Atten- dez-vous à la naissance de compagnies de fret aérien désireuses de s\u2019emparer d\u2019une flotte toute neuve à prix d\u2019aubaine.Quant à Boeing, je ne peux rien prédire, car la compagnie a bien d\u2019autres sources de revenus, mais si on regarde le sort de De Havilland, ce n\u2019est pas un sort enviable qui l\u2019attend.De Havilland a été absorbée par Hawker- Siddeley en 1960, alors que, huit ans plus tôt, elle était la conceptrice d\u2019avions de ligne la plus avancée et la plus respectée de la planète.Le doute va perdurer longtemps : Boeing savait et a laissé aller.Le grand public n\u2019aime pas ça, mais pas du tout.Le fait que la correction à faire est de nature logicielle ne va pas aider Boeing, bien au contraire: tous les voyageurs aériens ont eu à se battre, un jour ou l\u2019autre, avec des logiciels récalcitrants.À tort ou à raison, leur «foi» dans les logiciels pour des questions de vie ou de mort reste décidément très limitée.AVIATION Le Boeing 737 MAX comme générateur d\u2019illusions Des appareils Boeing 737 MAX cloués au sol sur une aire de stationnement aéroportuaire de Seattle, aux États-Unis ELAINE THOMPSON ASSOCIATED PRESSE AURÉLIE LANCTÔT LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 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1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.A HISTOIRE Pourquoi la maison du maire Drapeau a-t-elle été dynamitée ?u soir du 29septembre 1969, la résidence familiale de Jean Drapeau vole en éclats.Le souffle produit par la déflagration est si puissant qu\u2019une trentaine de maisons des environs subissent, elles aussi, des dommages importants.Par miracle, l\u2019attentat à la dynamite ne fait aucun mort.Sa femme et son fils réussissent, pieds nus, au petit matin, à sortir des décombres.Jean Drapeau ne se trouve pas chez lui.Les attentats et l\u2019intimidation, Jean Drapeau en a déjà eu l\u2019expérience.En 1954, lors de la campagne électorale qui le conduit à devenir maire pour la première fois, des fiers-à-bras cassent tout dans son local électoral et s\u2019emploient à sectionner les fils des téléphones.Drapeau a aussi été menacé auparavant alors qu\u2019il tentait d\u2019aider Pacific Plante dans une campagne de « moralité publique ».Plante dut s\u2019enfuir au Mexique, d\u2019où il reviendra pour rencontrer secrètement Drapeau en 1963.Des documents montrent que Drapeau tenta de récompenser son ami, injustement congédié selon lui, en lui obtenant le versement d\u2019une pension.Mais cet attentat à son domicile, qui en est responsable?Il n\u2019est pas revendiqué.Est-ce le Front de libération du Québec, dont Drapeau tend à voir des incarnations dans tous les groupes qui lui déplaisent?Rien ne l\u2019indique.Est-ce plutôt des policiers frustrés des conditions de travail que Drapeau entend leur imposer à la suite d\u2019un difficile et pénible bras de fer?Le maire, comme d\u2019autres, sera tout porté à le croire.Mais peut-être est-ce aussi la pègre qui tente de le faire chanter, puisque Jean Drapeau vient de lancer, malgré les moqueries du public, un chic restaurant privé où règne l\u2019opéra.Or, les restaurants, lit-on dans certaines coupures de presse que conserve Jean Drapeau, sont souvent soumis au chantage de pareils truands\u2026 Les archives de Jean Drapeau, rendues publiques il y a quelques jours, permettent d\u2019envisager certains faits historiques sous un éclairage différent.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR En matière d\u2019art comme de politique, Jean Drapeau est un conservateur décomplexé.Il sera d\u2019ailleurs plusieurs fois courtisé par des partis provinciaux et fédéraux de cette allégeance.ALAIN RENAUD LE DEVOIR tique.L\u2019écrivain Robert Choquette dit avoir apprécié, à l\u2019occasion d\u2019un déjeuner avec le maire, ses « commentaires sur l\u2019ignoble baragouin dont certains rêvent de faire notre idiome \u201cnational\u201d».Drapeau soutient volontiers une idée de Grande Culture qui se déploie à l\u2019écart de l\u2019État, en fonction du soutien que veulent bien lui accorder les entreprises privées.Il a ses favoris, comme le peintre Alfred Pellan.Il est vrai que celui-ci, dans sa correspondance, chante volontiers la gloire du maire.Est-ce par hasard si Drapeau lui ouvre toutes grandes les portes de l\u2019hôtel de ville pour une exposition \u2014 une première du genre \u2014 et qu\u2019il veille à présider lui-même la rétrospective qu\u2019offre à l\u2019artiste, quelques années plus tard, le Musée des beaux-arts?En 1957, à la suite d\u2019interventions personnelles auprès de grandes entreprises, Jean Drapeau permet au TNM d\u2019obtenir assez d\u2019argent pour se lancer, pour la première fois, dans une tournée théâtrale européenne.C\u2019est encore l\u2019entreprise privée, la puissante International Nickel Company of Canada (INCO), qui finit par doter Montréal, en 1967, de l\u2019immense stabile d\u2019Alexander Calder, tenu depuis pour un de ses principaux symboles.Puis, dès 1970, Drapeau entend tout bonnement envoyer cette œuvre à Osaka, au Japon.En matière d\u2019arts visuels, mais pas uniquement, le maire compte beaucoup sur le jugement du caricaturiste Robert LaPalme, un ami très proche à qui rien n\u2019est refusé.LaPalme se retrouve mêlé continuellement à ses projets, dont celui de déménager la tour Eiffel à Montréal pour l\u2019Expo 67.Hiérarchie Drapeau soutient une conception hiérarchisée de la société qui se conjugue avec son amour pour la Vieille France.Quand, en juillet 1967, il apprend par cœur son discours pour accueillir de Gaulle, c\u2019est l\u2019ordre d\u2019une France ancienne qu\u2019il entend saluer plutôt que les propos révolutionnaires du président qui vont tout de suite le révulser.Si la rumeur a longtemps laissé entendre que Drapeau avait souhaité répliquer par écrit au «Vive le Québec libre!», lancé depuis le balcon de l\u2019hôtel de ville, l\u2019idée ne semble pas s\u2019être matérialisée, du moins pas à en juger par une première plongée dans ses archives.En revanche, Jean Drapeau trouvera bon de plancher sur le manuscrit d\u2019une réponse au rapport du juge Malouf, lequel lui faisait reproche des turpitudes administratives qui ont entouré les Jeux olympiques.Jean Drapeau fut assisté, dans cette tâche jamais achevée, par le travail de plusieurs fonctionnaires qui s\u2019y employèrent à sa demande.Le 8 septembre 1969, Jean Drapeau vient d\u2019ouvrir Le Vaisseau d\u2019or, un restaurant nostalgique, inspiré de loin en loin par le romantisme de Nelligan, situé au sous-sol du Windsor, un vieil hôtel au chic suranné.Drapeau l\u2019ouvre à titre privé, mais tout en le faisant mousser volontiers à titre de maire.On l\u2019y trouve, soir après soir, qui accueille tout sourire la clientèle, des gens qui trouvent ainsi à bon compte l\u2019occasion de lui parler en tête à tête.Et Jean Drapeau de se laisser alors photographier avec tout un chacun, un verre de vin à la main.Tard, lorsqu\u2019il finit enfin par aller se coucher, le maire se rend souvent, plutôt que d\u2019aller chez lui, dans un immeuble qu\u2019il a fait construire rue Sherbrooke et où se trouve l\u2019adresse officielle du Parti civique.Au Vaisseau d\u2019or, qui se révèle un véritable fiasco, le maire a reconstitué, écrit-il dans ses documents personnels, un salon de la bourgeoisie d\u2019une « grande maison à Montréal, vers 1896- 1899 », écrit-il.« C\u2019est à l\u2019homme d\u2019au- jourd\u2019hui \u2014 à la femme aussi \u2014 que j\u2019ai pensé », écrit encore le maire.Le baragouin Quand il parle de culture, le maire s\u2019adresse toujours à une élite.Au début des années 1970, il méprise la langue populaire dont le dramaturge Michel Tremblay devient la figure embléma- Le 13juillet 1976, à quatre jours de l\u2019ouverture officielle des Jeux, le comité exécutif de Montréal fait démonter nuitamment, de façon illégale, une exposition intitulée Corridart, laquelle rassemble une soixantaine d\u2019artistes le long de la rue Sherbrooke.La plupart des œuvres sont détruites.Les artistes avaient pourtant, au cours des mois précédents, fait dûment approuver leur participation à cet événement financé par la Ville.Les archives Drapeau contiennent un document policier, estampillé du sceau « secret », qui fut remis au maire en amont de l\u2019affaire.Deux sergents détectives y indiquent que, parmi les œuvres, « aucune de ces photos ou aucun de ces tableaux [\u2026] ne nous sont apparus comme de la propagande communiste ou montrant un état subversif ».Des photographies montrent aussi des manifestations, disent-ils, mais aucune qui se serait déroulée rue Sherbrooke, croient-ils bon de préciser.Les deux agents s\u2019attardent à un dispositif sonore, le Télétron.Ils notent qu\u2019on y parle « de masturbation et d\u2019organes génitaux ».À charge contre Corridart, ils indiquent aussi qu\u2019on y trouve un « monologue parlant de la religion ».Un des responsables de l\u2019événement « se dit bisexuel », rapportent les enquêteurs, tout en jugeant bon de définir de quoi il s\u2019agit.En matière d\u2019art comme de politique, Jean Drapeau est un conservateur décomplexé.Il sera d\u2019ailleurs plusieurs fois courtisé par des partis provinciaux et fédéraux de cette allégeance.En 1962, le premier ministre canadien, John Diefenbaker, le rencontre, révèlent ses archives, avec la promesse à peine voilée de le voir lui succéder.Drapeau sera à nouveau courtisé par les conservateurs après l\u2019Expo 1967, alors qu\u2019il se trouve au sommet de sa gloire.En 1981, ce seront les restes de la vieille Union nationale de Duplessis qui lui seront servis sur un plateau d\u2019argent.À chaque fois, il repoussera du revers de la main.En 1986, il acceptera toutefois la proposition du premier ministre conservateur, Brian Mulroney, de le nommer ambassadeur du Canada pour l\u2019UNESCO à Paris.Corridart et l\u2019esprit conservateur Drapeau soutient volontiers une idée de Grande Culture qui se déploie à l\u2019écart de l\u2019État, en fonction du soutien que veulent bien lui accorder les entreprises privées "]
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