Le devoir, 2 novembre 2019, Cahier D
[" e thème s\u2019est imposé cette année parmi les membres de l\u2019AQOCI, composée d\u2019organismes de solidarité et de coopération internationale, pour orienter une partie importante de ses activités d\u2019éducation à la citoyenneté mondiale et de plaidoyer.« Certes, le sujet est d\u2019actualité, mais à titre d\u2019organismes de solidarité et de coopération, on est aussi aux premières loges pour constater que les pays les plus vulnérables sont situés au sud », soutient Michèle Asselin, directrice générale de l\u2019AQOCI.Une analyse sur le terrain qui est d\u2019ailleurs corroborée par la science.Ces pays commencent à réclamer à ceux du Nord de rétablir cet équilibre.« Ces rapports inégaux constituent une nouvelle forme de colonialisme, certains chercheurs parlant même de racisme environnementaliste, souligne Michèle Asselin.On a vu récemment que le Canada envoyait ses déchets aux Philippines, mais on le voit aussi avec l\u2019enfouissement de contaminants dans les Amériques, qui contamine l\u2019eau près des populations autochtones.» En plus de prioriser la justice climatique dans ses activités de cette année, l\u2019AQOCI en a fait son thème pour les Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI).Le slogan « Changeons le système, pas le climat » a particulièrement interpellé Christian Vanasse, auteur, humoriste et membre des Zapartistes, qui a accepté d\u2019être le porte-parole de l\u2019événement cette année, succédant ainsi à l\u2019humoriste Fred Dubé.« Le système capitaliste dans lequel 1 % de la population possède plus de la moitié des richesses crée énormément d\u2019inégalités et a accéléré cette urgence climatique à un point où on arrive à se dire que l\u2019on doit sauver la planète, déplore-t-il.Mais ce n\u2019est pas la planète qu\u2019il faut protéger, c\u2019est l\u2019humanité.La planète nous survivra.» À son avis, la seule chose que les humains peuvent faire, qui aura une influence sur la crise climatique, c\u2019est s\u2019attaquer au système économique en place.Son association à l\u2019événement s\u2019est faite tout naturellement, lui qui a maintes fois abordé les effets de la mondialisation avec Les Zapartistes, un groupe d\u2019humoristes québécois créé en 2001 qui se campait résolument du côté des altermondialistes.Les JQSI visent à susciter une réflexion autour de cet enjeu par des activités qui se tiendront dans 11 régions du Québec du 7 au 16 novembre.Une grande place a été faite aux jeunes, qui sont mobilisés partout sur la planète.À cet effet, une carte interactive est proposée sur le site, sur laquelle on peut visionner des vidéos de jeunes de partout dans le monde qui parlent de leurs enjeux.Une grande conférence offerte en trois langues avec traduction simultanée et diffusée sur le Web via Facebook donnera le coup d\u2019envoi à l\u2019événement le 7 novembre prochain.Trois femmes y prendront la parole : Tara Houska, avocate américaine en droit autochtone, qui a notamment été conseillère aux affaires autochtones pour Bernie Sanders lors de la précédente campagne à la présidentielle ; Isabel Zuleta, porte-parole du Agir ensemble pour bâtir l\u2019avenir.Depuis près de 60 ans, Cuso International jumelle des Canadiens quali?és et des communautés désireuses de sortir de la pauvreté.cusointernational.org NJEU poursuit le gouvernement fédéral au nom de tous les jeunes du Québec âgés de 35 ans et moins, en raison de son inaction climatique au cours du dernier quart de siècle.L\u2019organisme allègue que sa cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) est inadéquate et que le gouvernement n\u2019a même pas de plan réaliste pour atteindre cet objectif timoré.Le gouvernement canadien veut réduire ses émissions de GES de 30 % par rapport au niveau de 2005, d\u2019ici 2030.Entre 2005 et 2017, les émissions de GES du Canada ont diminué\u2026 de 2 %, selon Environnement Canada.ENJEU allègue que plusieurs droits fondamentaux des jeunes sont bafoués par cette inaction, notamment le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité, ainsi que le droit à un environnement sain, respectueux de la biodiversité et le droit à l\u2019égalité.Elle demande que le tribunal reconnaisse que le gouvernement canadien viole ces droits fondamentaux et lui intime de cesser de le faire, en plus de le condamner à 100 dollars par jeune à titre de dommages- intérêts.ENJEU ne souhaite pas que ces montants soient réellement versés, mais plutôt qu\u2019ils servent à mettre en place des mesures de lutte contre le réchauffement climatique.La poursuite a connu un premier de- mi-échec le 11 juillet dernier, lorsque le juge Gary D.D.Morrison de la Cour supérieure du Québec a refusé d\u2019accorder à ENJEU l\u2019autorisation d\u2019exercer cette action collective.« Le juge a toutefois reconnu que la question des changements climatiques et de ses impacts sur les droits fondamentaux de la personne était justiciable, c\u2019est-à-dire qu\u2019il est possible de soumettre une question de cette nature devant les tribunaux », se réjouit Catherine Gauthier, directrice générale d\u2019ENJEU.Le juge a aussi statué que les actions du gouvernement dans le domaine climatique étaient assujetties aux Chartes canadiennes et québécoises.Dans son jugement, le juge a en revanche estimé subjectif et arbitraire le critère de l\u2019âge (35 ans et moins) choisi par ENJEU, se demandant « pourquoi pas 20, 30 ou 40 ans ?Pourquoi pas 60 ans ?» Il a aussi critiqué la décision d\u2019ENJEU d\u2019inclure les jeunes Québécois de moins de 18 ans dans la poursuite.Cette analyse a passablement surpris la directrice générale.« Nous poursuivons le gouvernement au nom des jeunes, dans un souci de justice intergénérationnelle, donc il me semble difficile de prétendre que nous aurions pu inclure les gens de 60 ans, dit-elle.Nous avons opté pour une limite fixée à 35 ans, car c\u2019est généralement l\u2019âge que les gouvernements utilisent pour qualifier les jeunes, par exemple dans la Stratégie d\u2019action jeunesse québécoise ou à Statistique Canada.» ENJEU a officiellement fait appel de cette décision en août dernier.Des poursuites similaires ont par ailleurs été lancées dans plusieurs pays depuis quelques années.En octobre 2018, dans un jugement devenu célèbre, la Cour d\u2019appel de La Haye a sommé les Pays-Bas d\u2019intensifier leur lutte contre les changements climatiques, reprochant même au gouvernement d\u2019agir illégalement et en violation du devoir de diligence.Elle confirmait en cela un jugement de première instance rendu en juin 2015, à la suite d\u2019une poursuite de l\u2019organisation environnementale néerlandaise Urgenda.Le gouvernement est désormais tenu légalement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d\u2019au moins 25 % d\u2019ici 2020 par rapport au niveau de 1990.Des poursuites semblables ont été intentées par des jeunes ou des organisations aux États-Unis, en France, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et dans plusieurs autres pays.Au Canada, 15 jeunes ont déposé une poursuite contre le gouvernement fédéral le 25 octobre dernier, à l\u2019occasion du passage de la militante Greta Thun- berg à Vancouver.Mais pourquoi passer par les tribunaux pour faire avancer une cause de prime abord plutôt politique ?« Jusqu\u2019à maintenant, le gouvernement canadien n\u2019a jamais respecté ses engagements, il a toujours raté ses cibles de réduction des gaz à effet de serre et son objectif actuel est inadéquat, répond Catherine Gauthier.C\u2019est important de militer pour amener le gouvernement à prendre des engagements, mais s\u2019il ne les respecte pas, peut-être que les tribunaux deviendront les derniers garants de nos droits fondamentaux.» es terres dans la bande de Niayes, dans le nord-ouest du Sénégal, ont toujours été fertiles.Dans les années 1990, on pouvait avoir accès à l\u2019eau en creusant à une profondeur d\u2019un ou deux mètres.Aujourd\u2019hui, la réalité est tout autre : « À cause de la surexploitation de l\u2019eau et des changements climatiques, l\u2019eau superficielle est de plus en plus rare », raconte Babacar Samb, chargé de programme et représentant au Sénégal pour le Carrefour international.Pour puiser l\u2019eau, il faut creuser dans la nappe phréatique jusqu\u2019à 20 mètres de profondeur, une possibilité beaucoup plus difficile d\u2019accès pour les femmes.« Les femmes sont débrouillardes, explique M.Samb.Certaines, plus résilientes, avaient continué à produire avec de l\u2019eau potable, mais le coût devenait extrêmement élevé.» Malgré leur importance dans la production alimentaire tant pour leur propre ménage que pour la vente sur les marchés locaux, « les Sénégalaises sont défavorisées dans leur accès à la terre », explique le chargé de programme.Devant l\u2019accès en eau de plus en plus difficile, celles-ci n\u2019ont pas le loisir de se tourner vers une autre terre, comme le font les hommes.Un phénomène qui conduit par ailleurs depuis 2015 à l\u2019abandon de certaines terres.« Il y a également de la discrimination dans l\u2019accès à l\u2019information.Elles se retrouvent à avoir moins de connaissances et de moyens financiers, techniques et technologiques à leur disposition », poursuit-il.C\u2019est pour répondre à ces besoins criants que le projet Goutte à goutte a été lancé en décembre 2018, financé grâce au Fonds vert du ministère de l\u2019Environnement du Québec à hauteur de 730 000 $ et appuyé par le Réseau des organisations paysannes et pastorales du Sénégal (RESOPP), le partenaire local.Cette initiative du Carrefour international s\u2019adresse aux femmes de deux communautés de la région des Niayes, Cherif Lô et Pam- bal.Formations, mise sur pied de champs-écoles, aménagement d\u2019infrastructures pour l\u2019irrigation des terres et le stockage des récoltes sont en cours d\u2019implantation grâce à ce projet qui s\u2019étale sur 28 mois.Les groupements ont d\u2019abord été mobilisés ; 18 femmes de ces regroupements ont été formées à des techniques de production maraîchère et d\u2019agroécologie, qui permettent entre autres de connaître quel type de plantation résistera mieux aux changements climatiques.Des experts canadiens ont apporté leur soutien dans les formations, « mais on veut aussi former des experts sénégalais, pour renforcer les capacités locales », assure M.Samb.De retour dans leurs communautés, ces femmes deviennent elles-mêmes des formatrices et démultiplient leur savoir auprès de groupements, portant le nombre de femmes touchées à 633.Au total, Goutte à goutte veut et peuvent retourner à l\u2019école.Certaines familles peuvent aussi emménager dans une meilleure habitation.Les femmes entrepreneures créent des groupes d\u2019entraide et de solidarité.Ce projet, mené en collaboration avec une organisation locale, a d\u2019ailleurs aussi un impact sur l\u2019augmentation du degré d\u2019autonomie de ces femmes.« On voit leur statut dans le village changer, confirme Éloïse Savoie.Elles démontrent aussi un très grand esprit entrepreneurial.» L\u2019AIPE lutte contre le travail des enfants et leur exploitation depuis près de 20 ans.L\u2019organisme est actif en Inde, en Thaïlande et en Haïti.Ses projets visent à aider les enfants à sortir du monde du travail pour retourner à l\u2019école, à lutter contre leur exploitation sexuelle et à améliorer les conditions de vie des familles.Ces projets s\u2019inscrivent en droite ligne avec l\u2019idée qu\u2019une autre forme d\u2019économie est possible et souhaitable.Une économie sociale et solidaire qui favorise la justice sociale et environnementale.« Notre système économique capitaliste place la croissance et le profit au centre de l\u2019économie et promeut des modes de consommation non durables, critique Éloïse Savoie.L\u2019économie sociale et solidaire remet toucher 1500 femmes à travers la mise en place de structures de gestion et l\u2019aménagement de périmètres maraîchers.En plus de soutenir les femmes dans leurs connaissances, le projet Goutte à goutte prévoit la mise en place de plusieurs structures qui amélioreront l\u2019accès à l\u2019eau : forage de puits, construction de château d\u2019eau, mise en place d\u2019un réseau d\u2019irrigation goutte à goutte à l\u2019énergie solaire sur 11 sites.« La production irriguée démarrera après l\u2019installation des aménagements », précise le Carrefour international, mais 450 plants de moringa, un petit arbre à croissance rapide plus résistant à la sécheresse, ont déjà été plantés.L\u2019implantation du système d\u2019irrigation et la construction d\u2019entrepôts de stockage ont des retombées directes pour ces femmes.Ainsi, le maraîchage goutte à goutte rendra possible la culture de nouvelles plantes comme la pomme de terre, le gombo, l\u2019aubergine douce et amère, de même que l\u2019arboriculture fruitière (mangue, citron).En plus d\u2019aider à mieux pourvoir aux besoins alimentaires des femmes et de leurs familles, cette diversification leur permet d\u2019accéder aux grands marchés de distributeurs pour vendre leur production.« Grâce au magasin de stockage, nous pourrons générer plus de revenus », explique également Ramata Faye, présidente de la Dynamique féminine du RESOPP et bénéficiaire du projet.« Il y a 10 ans, les femmes ne faisaient pas le petit commerce ; désormais, nous sommes des en- trepreneures », confie la participante.Une façon bien concrète de valoriser le travail des femmes, rarement apprécié et rémunéré à sa juste valeur.l\u2019être humain au cœur de l\u2019économie.Elle cherche à répondre aux besoins des communautés et des citoyens, en proposant d\u2019autres modes de production, d\u2019échange et de consommation.Elle n\u2019oppose pas l\u2019économie au social, elle les lie.» Si l\u2019aide apportée aux familles en difficulté dans des pays étrangers est cruciale, les consommateurs des pays riches peuvent jouer un rôle très important aussi.Ces pays consomment une grande part des produits provenant des pays plus pauvres.Par exemple, la majorité du cacao produit dans le monde est consommée dans les pays développés, l\u2019Allemagne et la Belgique en tête, selon l\u2019industrie européenne du chocolat, des biscuits et confiseries.Or, dans plusieurs pays producteurs, le travail des enfants est très présent dans la culture du cacao, laquelle constitue aussi une grande cause de déforestation en Afrique de l\u2019Ouest.Selon l\u2019UNICEF, plus d\u2019un million d\u2019enfants participent chaque année à la récolte du cacao dans les plantations de Côte d\u2019Ivoire, le plus grand producteur mondial de cette fève.« En choisissant des produits issus du commerce équitable, on peut lutter contre l\u2019exploitation des enfants et favoriser une plus grande justice climatique », souligne Éloïse Savoie.loïse Savoie, directrice générale de l\u2019Aide internationale pour l\u2019enfance (AIPE), n\u2019en démord pas.Pour lutter efficacement contre l\u2019exploitation des enfants, il faut s\u2019attaquer à la pauvreté, notamment celle des parents.« C\u2019est précisément l\u2019objectif du projet de microcrédit que nous menons auprès de femmes dans une dizaine de villages de pêche indiens », ajoute-t-elle.Les hommes de ces villages pratiquent la pêche artisanale en mer, un métier à haut risque qui en laisse plus d\u2019un sur le carreau.Des pères de famille meurent régulièrement dans ces activités ou en ressortent plus ou moins invalides.Les mères se retrouvent alors responsables de faire vivre la famille.Malheureusement, il est très difficile pour une femme d\u2019accéder à un emploi en Inde.Ces mères de famille doivent donc souvent se résoudre à emprunter de l\u2019argent à des usuriers locaux, à des taux d\u2019intérêt très élevés.Il n\u2019est pas rare que ceux-ci avoisinent 50 % par année.La famille se retrouve rapidement très endettée et ce sont les enfants qui vont travailler pour contribuer au remboursement de la dette.« Pour briser ce cercle vicieux, l\u2019AIPE octroie de petits prêts, souvent moins de 300 dollars, sans intérêt, afin que les femmes puissent démarrer leur entreprise », explique Éloïse Savoie.Les idées de projet ne manquent pas.Certaines vendent des bijoux ou encore du poisson frais ou séché, d\u2019autres confectionnent des petits-déjeuners ou ouvrent de petites fruiteries ou épiceries.Même à petite échelle, ces entreprises leur permettent d\u2019augmenter leurs revenus et de se débarrasser de leur dette envers l\u2019usurier, ce qui est l\u2019objectif de départ.Les femmes ne commencent à rembourser l\u2019AIPE qu\u2019une fois cette étape franchie.Lorsque le montant prêté par l\u2019AIPE a été complètement repayé, l\u2019organisme fait un nouveau prêt aux femmes qui en font la demande.Elles disposent ainsi d\u2019un nouveau financement à investir dans leur entreprise, pour la consolider et la faire grandir.Le programme n\u2019a donc pas comme seul objectif de les sortir des griffes des usuriers, mais aussi d\u2019augmenter leur niveau de vie.Cela a généralement un effet positif sur les conditions de vie des enfants, qui mangent mieux JOURNÉES QUÉBÉCOISES DE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE CONFÉRENCE PUBLIQUE CHANGEONS LE SYSTÈME PAS LE CLIMAT Tara Houska Citoyenne de la Première Nation de Couchiching Anishinaabe, activiste environnementale, avocate spécialisée en droit autochtone, ancienne conseillère en affaires autochtones auprès de Bernie Sanders.Catherine Gauthier Activiste environnementale, directrice d\u2019ENvironnement JEUnesse, instigatrice de la première action collective intentée contre le gouvernement du Canada pour la justice climatique.Isabel Zuleta Sociologue et activiste, porte-parole du Mouvement colombien pour la défense des territoires et des personnes affectées par les barrages Ríos Vivos qui luttent contre le mégaprojet hydroélectrique Hidroituango.7 NOVEMBRE 19H15 GESÙ 1200, rue de Bleury, Montréal Place des Arts ANIMATION : ALEXANDRA PIERRE CONFÉRENCIÈRES : #JQSI2019 Pour plus d\u2019informations sur la programmation JQSI.QC.CA R O U L E A U P A Q U I N .C O M © L i l i a n e A u g e r \u2013 C S 3 R Q 1 9 - 1 0 - 2 0 matiques, c\u2019est que l\u2019électricité est souvent coupée dans les villages », explique M.Awounke, entre deux coupures de communication.Autre obstacle : les données libres météorologiques utilisées dans l\u2019application ne tiennent pas compte des petites variations locales.« Certaines utilisatrices nous disaient qu\u2019il était censé pleuvoir ce jour-là, mais à cause du vent, la pluie était tombée dans le village voisin », raconte le responsable au Cameroun.On réfléchit donc à la possibilité d\u2019installer de petites stations météorologiques pour corriger les données des stations mondiales.Le projet démarré en 2017 semble prometteur : « Les jeunes sont davantage attirées par l\u2019application et l\u2019utilisent plus régulièrement.» Malgré la fin du projet pilote cette année, CUSO international est à la recherche de financement pour poursuivre l\u2019expérience, et souhaiterait étendre le projet aux cinq zones écologiques du Cameroun.Transférer l\u2019expertise plutôt qu\u2019installer soi-même une technologie : voilà le pari qu\u2019a fait le Partenariat pour le développement des communautés (PARDEC).« Je fais le parallèle avec l\u2019ordinateur : aujourd\u2019hui, tout le monde y a accès, c\u2019est un simple outil de travail.Je ne peux pas croire que la technologie solaire doit être réservée aux experts », avance Baudoin Kutuka, directeur de PARDEC.L\u2019organisme a donc mis sur pied un projet pour former des femmes d\u2019Aguelmous, au Maroc, aux technologies solaires appliquées.Celui-ci a été mené en collaboration avec la commune d\u2019Aguelmous, et a été financé par le pupitre Maghreb du ministère des Relations internationales dans le cadre d\u2019une coopération bilatérale entre le Québec et le Maroc.Pour permettre aux femmes de palier les sérieux problèmes d\u2019énergie, d\u2019eau potable et de développement de l\u2019agriculture de la municipalité, une formation s\u2019étalant sur 48 heures a donc été offerte à huit femmes de milieux ruraux (six d\u2019entre elles l\u2019ont terminée).Des formateurs détachés par la filiale marocaine du Conservatoire national des arts et métiers de Paris (CNAM) ont assuré la formation sur la technologie solaire (comment poser les panneaux solaires, les orienter, etc.).PARDEC s\u2019est occupé de sensibiliser les participantes à l\u2019impact des composantes énergiques sur l\u2019environnement et sur la gestion de l\u2019équipement désuet (batterie, cellule voltaïque).« Dans les pays d\u2019Afrique, la femme est une vraie machine.C\u2019est la cheville ouvrière de la production agricole.Elle va dans les champs, puise l\u2019eau, prépare la cuisine et nourrit la famille », raconte M.Kutuka.Celles-ci sont donc aux premières loges lorsqu\u2019un changement climatique survient, et doivent aller chercher le bois ou l\u2019eau de plus en plus loin.En leur transmettant les compétences et les connaissances requises pour installer de petites centrales solaires, PARDEC et ses partenaires espèrent ainsi leur faciliter la vie : connecter une pompe pour un meilleur accès à l\u2019eau potable, ventiler ou éclairer leur maison, etc.Le projet visait également à développer l\u2019entrepreneuriat des femmes grâce à la mise sur pied d\u2019un groupe de travail .Les femmes formées travailleront avec la commune d\u2019Aguelmous pour gérer le déploiement de l\u2019énergie solaire dans les villages isolés.Ce faisant, elles gagnent un petit revenu.Le groupe sera également responsable de la gestion des batteries usagées.Avec des moyens modestes, le PARDEC tente de cibler des besoins très concrets.« En milieu rural, ce sont des éléments très ridicules qui font que les femmes meurent », soutient M.Kutuka.Accoucher la nuit à l\u2019hôpital signifie souvent accoucher sans électricité, à la lumière d\u2019une lampe de poche ou d\u2019une boîte d\u2019huile et un ruban.« Ça ne devrait plus être comme cela aujourd\u2019hui, à une époque où des milliers de personnes pourraient profiter de l\u2019énergie solaire », insiste le directeur de PARDEC.nancer des activités d\u2019adaptation aux changements climatiques ou d\u2019atténuation de ceux-ci, ajoute-t- elle.Les entreprises privées devraient aussi contribuer à amasser cette somme.Elles ont leur part de responsabilité dans cette injustice climatique.» Si l\u2019AQOCI n\u2019est pas contre la réalisation de grands projets de développement durable, elle recommande toutefois de se concentrer sur des initiatives qui ont un effet direct sur les collectivités locales.« Il ne faut pas oublier le développement de l\u2019économie sociale mené par les groupes qui vivent avec les populations, précise-t-elle.On doit particulièrement appuyer le leadership des femmes et des Autochtones.Ces groupes sont très près des collectivités et des familles et se préoccupent des conditions de vie.C\u2019est là que la coopération québécoise peut jouer un rôle d\u2019allié dans plusieurs pays.» Elle rappelle que les divers groupes touchés et les pays du Sud ne se tournent pas les pouces en attendant notre aide : ils se mobilisent pour trouver des solutions, comme le projet en Afrique visant à créer une barrière verte au nord pour freiner l\u2019avancement de la désertification.« On forme une grande chaîne sur la planète, donc chaque geste compte, à tous les niveaux, du citoyen aux gouvernements », conclut Mme Asselin.mouvement colombien en défense des territoires et des personnes affectées par les barrages en Colombie, et Catherine Gauthier, du mouvement ENvironnement JEUnesse, instigatrice de la première action collective intentée contre le gouvernement canadien pour la justice climatique.En axant toutes ses activités sur la justice climatique, l\u2019AQOCI veut ainsi éveiller les consciences sur les premières victimes des changements climatiques : les populations les plus vulnérables.Les changements climatiques provoquent de grandes sécheresses dans les pays du Sud, lesquelles conduisent à des famines, qui forcent les populations à migrer.« Ces migrants climatiques se dirigent tous vers les pays les plus près, ce qui crée une énorme pression sur les pays limitrophes », explique Michèle Asselin.Parmi les populations vulnérables, les femmes sont particulièrement touchées, laissées souvent seules après que les hommes eurent dû quitter leur village pour chercher un emploi et assurer un revenu familial.Elles doivent alors parcourir de longues distances à pied avec les enfants, s\u2019exposant au péril.« Le Canada doit collaborer pour que les solutions trouvées dans le Sud puissent se réaliser », affirme-t- elle.Comme les JQSI favorisent des gestes citoyens, l\u2019AQOCI prépare une pétition qui sera remise au gouvernement fédéral le Jour de la Terre, soit le 22 mai.Parmi les revendications, on compte la réduction de 45 % de nos gaz à effet de serre d\u2019ici 2030, sans quoi on se dirige vers une augmentation de la température oscillant entre 3 et 4 degrés.En contribuant au réchauffement climatique, le Canada subira aussi ses conséquences, plus particulièrement ses populations au nord, touchées directement par la fonte des glaciers, sans compter la faune et la flore.« Il faudrait mobiliser 4 milliards par année dès 2020 pour fi- ugmentation des sécheresses, météo instable : au Cameroun, les changements climatiques ont des répercussions bien concrètes.« Les pluies ne sont plus aussi régulières, tout change d\u2019un moment à l\u2019autre.Les femmes ne savent plus à quel moment planter, récolter, sécher les récoltes », explique François Awounke, représentant de CUSO international au Cameroun.Le projet Accroître la résilience des cultivatrices vise ainsi à donner un accompagnement technologique et technique pour réduire l\u2019écart entre les femmes et les hommes en agriculture.Cette initiative a été menée de concert avec le ministère de l\u2019Environnement et de la Protection de la nature, le ministère de l\u2019Agriculture, du Développement durable et l\u2019Institut de recherche agricole pour le développement du Cameroun.Le projet pilote a donc développé l\u2019application pour téléphone intelligent Champs au bout des doigts , qui donne accès à des données météo en temps réel, en plus de donner de l\u2019information sur des techniques de plantation modernes pour la banane plantain, le manioc et le maïs.« Ça permet de réduire l\u2019écart entre les centres de recherche et la communauté, en faisant découvrir par exemple les nouvelles variétés développées », explique M.Awounke.L\u2019application offre également une plateforme pour échanger entre cultivatrices et poser des questions.Que faire en cas d\u2019attaque de chenilles, ou lorsque les feuilles jaunissent ?Les questions sans réponses sont transférées à un centre de recherche, donnant accès en un temps record à des informations qui peuvent aussi profiter à tous les planteurs.Le projet pilote effectué dans quatre villages de la commune d\u2019Awaé, au Cameroun (deux villages pilotes, et deux témoins), rassemblait une quarantaine de femmes en tout.L\u2019équipe a pu tester l\u2019application et la modifier selon les commentaires des utilisatrices, et à la lumière de quelques défis.« Nous devons continuer à sensibiliser les gens à l\u2019utilisation de l\u2019application », explique M.Awounke\u2026 encore faut-il pouvoir allumer le téléphone.« Un des grands problèmes au Cameroun par rapport aux changements cli- EXIGEONS MONT RÉAL 8 MAI 2020 CLIMATIQUE LA JUSTICE INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT OXFAM.QC.CA/MARCHE-MONDE MARCHE MONDE 8 MAI 2020 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.l\u2019acceptation de nouvelles cultures auprès des gens, ajoute-t-il.Pour 2018- 2019, ce sont plus de 89 000 plants qui auront été produits et distribués.» Lentement, Zacher fait le deuil de sa plantation de café.Un jour, il comptabilisera peut-être sa longévité en récoltes de pois Congo, de gingembre ou de moringa.projet avec le Programme de coopération climatique internationale.« Cette fois, on se pencherait sur l\u2019irrigation, une autre pièce du délicat puzzle, note M.Boudreault.On est fier du projet, qui est déjà un succès.S\u2019il y avait une réticence au début, la présence de l\u2019IRATAM, qui s\u2019était déjà acquis la confiance des fermiers, a facilité tiques », précise M.Boudreault.Il n\u2019y a pas si longtemps, les projets de coopération, celui du CSI en particulier, appuyaient la culture du café.« Comme il y a eu beaucoup de déforestation en Haïti et que le caféier est un arbuste qui pousse sous la canopée, l\u2019idée de départ était de faire des jardins cachés », explique le coopérant.On fournissait alors aux fermiers différentes plantes et des arbres pour obtenir une forêt cultivable qui, tout en protégeant le café, offrait une sécurité alimentaire puisque d\u2019autres éléments, comme les tubercules, pouvaient être mangés.« L\u2019objectif était de diversifier les cultures autour du café », ajoute-t-il.Aujourd\u2019hui, on réalise que, même sous ces jardins cachés, le café ne pousse plus : « Les changements climatiques vont trop vite, les sécheresses sont trop régulières et les événe- ments climatiques extrêmes, sans même parler d\u2019ouragans, mais simplement de vents très forts, peuvent anéantir les cultures de café », précise Félix Boudreault, qui poursuit : « Le constat est clair : on ne peut plus encourager la culture du café ; on ne rend plus service à personne.acher a 46 ans ou, comme il le dit lui-même, 46 récoltes de café.En Haïti, il n\u2019est pas rare d\u2019entendre un fermier donner son âge ainsi tellement la culture du café fait partie du quotidien.Mais sur les collines de Mombin-Crochu, le village de Zacher dans le nord-est du pays, le caféier se meurt ; la plante est trop fragile pour résister aux changements climatiques.Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, aujourd\u2019hui touché par de terribles émeutes, est aussi le quatrième pays le plus vulnérable aux changements climatiques au monde\u2026 « En temps normal, le transport représente déjà un défi énorme en Haïti ; alors là, ça devient vraiment difficile de s\u2019approvisionner », lance Félix Boudreault, agent de communication et de financement au Carrefour de solidarité international (CSI).L\u2019organisme collabore depuis quelques années avec son partenaire terrain, l\u2019Institut de recherche et d\u2019appui technique en aménagement du milieu (IRATAM), pour la diversification agricole et la création de forêts cultivables résistantes et adaptées aux changements climatiques.Le projet Jaden nou, se vant nou, « Notre jardin, notre sécurité alimentaire » en créole, se développe dans le cadre du Programme de coopération climatique internationale, financé par le Fonds vert.« C\u2019est un programme qui vient de gagner un prix à l\u2019ONU.Il fonctionne très bien et il porte des fruits en aidant les agriculteurs à s\u2019adapter aux changements clima- Si la culture du café devient de plus en plus difficile et n\u2019est déjà plus rentable, les autres plantes de ces jardins cachés vont bien.Le meilleur exemple est le gingembre : c\u2019est une plante solide, qui va résister facilement aux changements climatiques, qui peut être cueillie n\u2019importe quand durant l\u2019année et qui, de plus, se vend très bien.« C\u2019est une plante d\u2019avenir pour Haïti ! » Toutes ces plantes choisies pour leur grande adaptation et la sécurité alimentaire qu\u2019elles offraient devaient servir à protéger le café.« Il faut changer les cultures.Les Haïtiens ne connaissent pas nécessairement les changements climatiques, même s\u2019ils les subissent », déplore M.Boudreault.Il y a donc toute une portion du projet qui est consacrée à l\u2019éducation et la formation.« Il faut aussi que les fermiers sachent qu\u2019ils vivent une période d\u2019adaptation pour qu\u2019ils puissent accepter les changements dans leurs cultures.» Après la formation vient l\u2019action : tout un réseau de pépinières collectives a été mis sur pied.« Elles se développent au sein des coopératives de producteurs de café.Les pépinières vont cultiver différentes plantules adaptées, qui seront ensuite distribuées aux agriculteurs.Ça leur permet de transformer petit à petit leurs plantations », précise le coopérant.Les agronomes de l\u2019IRA- TAM accompagnent les producteurs jusque dans la vente du produit.Aujourd\u2019hui, le projet du CSI tire à sa fin.Toutefois, l\u2019organisme espère poursuivre sa collaboration avec l\u2019IRATAM dans le cadre d\u2019un futur mis l\u2019accent sur le rôle de la femme », explique Elhem Mellouli.La chargée de projet explique que c\u2019est en sélectionnant des femmes sur une base volontaire que sont nées les ambassadrices de l\u2019eau : « À travers des activités, qui avaient pour objectif d\u2019accroître la participation des femmes dans leur communauté, on les a formées pour qu\u2019elles sensibilisent les ménages à la gestion efficace de l\u2019eau.» C\u2019est ainsi qu\u2019en faisant du porte-à-porte, les ambassadrices ont pu parler aux femmes en accédant facilement aux foyers durant le jour au moment où elles sont seules à la maison.« On a voulu démontrer aux femmes qu\u2019elles avaient un rôle à jouer dans leur communauté.Avec les ambassadrices, on a aussi créé des communautés d\u2019eau qui représentent les citoyens auprès des gouvernements pour rapporter les problèmes que vivent les femmes par rapport à l\u2019eau », ajoute-t-elle.Afin que les femmes puissent avoir encore plus de prise sur l\u2019épineux problème de l\u2019eau, l\u2019étape suivante est venue le plus naturellement du monde : amener les femmes à acquérir des compétences en plomberie.« Quarante-cinq femmes ont été formées aux techniques de plomberie et elles ont aussi bénéficié d\u2019une initiation à créer de petites entreprises.Oxfam a fourni du matériel afin qu\u2019elles puissent démarrer leur entreprise », renchérit la chargée de projet.C\u2019est ainsi qu\u2019il y a un an, Ma- riam a ouvert sa propre quincaillerie et a même créé des emplois.En avril dernier, Elhem Mellouli a eu l\u2019occasion de rencontrer Mariam : « Elle continue à travailler et malgré toutes les difficultés qu\u2019elle rencontre, elle y croit ! Lors d\u2019une soirée à l\u2019ambassade du Canada, elle a pu glisser sa carte professionnelle à l\u2019ambassadeur.Très impressionné, il lui a promis de l\u2019appeler en cas d\u2019urgence ! » Si Mariam est une inspiration, elle n\u2019est malheureusement pas encore la norme.En Jordanie, même si les femmes sont très éduquées, elles demeurent quatre fois moins nombreuses que les hommes sur le marché du travail.Toutefois, Mariam rêve de continuer de faire grandir son entreprise pour montrer au monde que les femmes peuvent tout faire.n se baladant dans les rues de Zarqa, dans le nord de la Jordanie, on croise une quincaillerie tout ce qu\u2019il y a de plus ordinaire\u2026 Pourtant, ce qui se passe ici est extraordinaire : c\u2019est la quincaillerie de Mariam.Cette femme de 44 ans, mère de trois enfants, a été formée à la plomberie il y a maintenant six ans.Et c\u2019est elle qui, à son tour, apprend aujourd\u2019hui ce métier à d\u2019autres femmes.Derrière Mariam se cache le projet quinquennal d\u2019Oxfam-Québec, AWANE.Mis en œuvre en 2015 grâce au soutien financier d\u2019Affaires mondiales Canada, le projet AWANE (Répondre aux besoins en eau des communautés d\u2019accueil en Jordanie) a pris fin cette année.C\u2019est El- hem Mellouli, chargée de projet chez Oxfam-Québec, qui en était responsable.« La Jordanie est depuis longtemps une terre d\u2019accueil, rappelle-t-elle.Depuis le début de la crise syrienne, le pays a accueilli plus d\u2019un million de réfugiés.C\u2019est dans ce contexte que le gouvernement jordanien a fait appel à l\u2019aide internationale pour répondre aux défis qu\u2019apportaient ces nouveaux arrivants.» La Jordanie est en effet un pays en partie désertique, aux prises avec un problème d\u2019eau criant d\u2019abord parce que l\u2019accès à celle-ci est très difficile, mais aussi parce que quelque 40 % du peu d\u2019eau disponible sont perdus par des fuites ou un mauvais entretien des tuyaux.Le projet AWANE avait donc pour objectifs une meilleure gestion de l\u2019eau et une amélioration des relations entre les prestataires de services en eau et les utilisateurs.Mais le véritable but était peut-être que les besoins et intérêts propres aux femmes soient mieux pris en compte.L\u2019action d\u2019Oxfam s\u2019est concentrée dans deux gouvernorats, ceux de Zarqa et de Balqa.Les infrastructures y ont été améliorées, le réseau a été agrandi et de nouveaux compteurs domestiques ont relié 8742 personnes au réseau.« On a aussi travaillé avec un partenaire local afin de promouvoir de meilleures pratiques de gestion et d\u2019utilisation de l\u2019eau par les ménages.On a Avec l\u2019appui financier du gouvernement du Canada, par l\u2019entremise d\u2019Affaires mondiales Canada.DEVENEZ VOLONTAIRE ET FAITES UNE DIFFÉRENCE UNITERRA.CA CONTRIBUEZ À UN MONDE PLUS ÉGALITAIRE 2030 & APRÈS DES SOLUTIONS SANS FRONTIÈRES L\u2019avenir de la planète L\u2019avenir des populations L\u2019avenir du travail foruminternational.ca Inscrivez-vous ! 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