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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-11-05, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 251 / LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B4 à B7 Culture .B1 Décès .B8 Économie.A6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde .B8 Mots croisés.B9 Sports .B7 Sudoku .B9 ÉCONOMIE À quel point le vol de données fera du tort à Desjardins ?A 7 CULTURE Le Goncourt est décerné au Français Jean-Paul Dubois B 2 ACTUALITÉS Tir groupé contre le projet de loi du ministre de l\u2019Éducation sur l\u2019abolition des commissions scolaires | A 3 MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le Québec devrait changer les mœurs en matière de prostitution juvénile comme il l\u2019a fait jadis avec succès pour l\u2019alcool au volant, selon le directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet, et le représentant du Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) pour cette région, Jean Fallon, à l\u2019ouverture de la commission parlementaire spéciale sur la prostitution juvénile lundi.« Il faut que ça devienne odieux et inacceptable aux yeux de la communauté d\u2019acheter des services sexuels, a affirmé M.Brochet lors de son témoignage.Pour nous, c\u2019est la seule façon de réduire la demande.» « On a des milliers de citoyens au Québec qui disent à leurs voisins, qui di- COMMISSION PARLEMENTAIRE Prostitution juvénile, un fléau à endiguer HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR OTTAWA Un nouveau chef pour le Parti vert Elizabeth May quitte immédiatement la direction du parti Le sociologue Mark Fortier MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR sent à leurs amis «wô, wô, wô, t\u2019as bu, tu ne prends pas ton automobile, a ajouté M.Fallon.Je pense qu\u2019on a à travailler au Québec pour faire en sorte que l\u2019achat du corps d\u2019une personne, d\u2019un service sexuel, d\u2019une mineure devienne totalement inacceptable et qu\u2019entre nous citoyens, on puisse se dire, ça n\u2019a juste pas de bon sens qu\u2019on puisse penser au Québec à acheter une femme, acheter une fille, acheter un garçon.» Le phénomène de la prostitution juvénile s\u2019est répandu et est devenu banal avec l\u2019Internet et les nouvelles technologies à un point tel que de jeunes filles qui en sont victimes ne se perçoivent pas comme telles.« Elles-mêmes, elles banalisent ça en disant « c\u2019est pas grave, on fait de l\u2019argent et on s\u2019amuse » et c\u2019est inquiétant de voir qu\u2019elles-mêmes ne sont pas en mesure de voir l\u2019incidence que ça a sur leur vie », a-t-il constaté.Des dizaines d\u2019adolescentes de Laval en fugue ont été recrutées par des proxénètes au cours des dernières années, si bien que la police a mis sur pied des opérations pour tenter d\u2019enrayer la demande.Elle a arrêté 40 «clients abu- seurs », des citoyens ordinaires avec un emploi, une conjointe et des enfants, loin de l\u2019image clichée que l\u2019on pourrait s\u2019en faire.« Ce que ça nous a fait réaliser, c\u2019est que la demande est très, très, très forte, a constaté M.Brochet.Et si ce n\u2019est pas de la peur de se faire prendre, la demande va demeurer là.» Le député caquiste et ancien policier, Ian Lafrenière, qui préside cette commission parlementaire transpartisane, insiste sur le terme de « client abu- seur ».« Lorsqu\u2019on décide de payer pour coucher avec une [adolescente] de 12, 13, 14 ans, il n\u2019y a pas d\u2019histoire d\u2019âge, Les 20 millions d\u2019habitants de New Delhi continuaient de tousser et de se frotter les yeux lundi dans un brouillard de pollution dantesque, une urgence de santé publique qui a entraîné la fermeture d\u2019écoles et de chantiers.VOIR PAGE B 8 MANISH SWARUP ASSOCIATED PRESS New Delhi enveloppée par la pollution DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019ouragan Bock-Côté Mark Fortier a suivi mot à mot le chroniqueur durant un an chacun ses loisirs, à chacun sa conception du plaisir.En mai 2018, Mark Fortier entreprend, à la faveur de l\u2019enthousiasme suscité par une boutade lancée sur les réseaux sociaux, de lire pendant un an tout ce que le sociologue et chroniqueur Mathieu Bock-Côté publiera entre les pages du Journal de Montréal, sur son blogue du Journal de Montréal, à Paris dans Le Figaro, ou ailleurs.Gros contrat.« Il y a des journées où j\u2019avais du mal à tout lire.J\u2019ai trouvé ça stupéfiant, cette productivité-là, ce discours qui s\u2019engendre lui-même.C\u2019est un phénomène en soi : il écrit partout, tout le temps », raconte l\u2019auteur, qui assimile, dans l\u2019introduction de Mélancolies identitaires.Une année à lire Mathieu Bock-Côté, son exigeant marathon à celui auquel se soumet témérairement le À VOIR PAGE A 2 : PARTI Après 13 ans à la tête du Parti vert du Canada, Elizabeth May accroche ses patins.Elle quitte ses fonctions dès maintenant afin, dit-elle, de permettre à sa formation de lui trouver un successeur à temps pour la prochaine élection.Déjà, son homologue du Québec, Alex Tyrrell, se dit intéressé par le poste et l\u2019ex-député néodé- mocrate Pierre Nantel y songe.« Quand on regarde ce qui a besoin d\u2019être fait en vue de la prochaine élection, on ne peut remettre à plus tard la décision », a expliqué Mme May en conférence de presse à Ottawa lundi.Trop de politiciens partent lorsque tout le monde veut les mettre à la porte ELIZABETH MAY » VOIR PAGE A 4 : OURAGAN VOIR PAGE A 4 : PROSTITUTION ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 Inscription : corim.qc.ca 514 340-9622 Déjeuner-Causerie 12 novembre 11 h 45 à 13 h 45 Comment harmoniser les stratégies économiques internationales au Québec ?Avec l\u2019appui de : Alexandre Cusson Maire de Drummondville Président, Union des municipalités du Québec Josée Néron Mairesse de Saguenay Vicki-May Hamm Mairesse de Magog Présidente sortante, Fédération canadienne des municipalités Série Politique Présentée par SHAWN JEFFORDS La Presse canadienne À TORONTO Doug Ford a proposé lundi de tenir une rencontre anticipée des premiers ministres des provinces pour répondre à ce qu\u2019il a qualifié de « sentiment d\u2019aliénation de l\u2019Ouest » au lendemain des élections fédérales.Le premier ministre ontarien a fait cette annonce lors de sa première conférence de presse depuis la réélection des libéraux fédéraux, il y a deux semaines.Le Québec doit accueillir en juillet prochain la rencontre estivale des premiers ministres des provinces et territoires, dans le cadre du Conseil de la fédération.Les troupes de Justin Trudeau, qui forment un gouvernement minoritaire, n\u2019ont pas pu remporter un seul siège en Alberta et en Saskatchewan le 21 octobre.Le premier ministre Ford, qui s\u2019est récemment positionné comme une force unificatrice au pays, s\u2019est dit troublé par les résultats du scrutin fédéral, mais il assure également qu\u2019il a compris les préoccupations de l\u2019Ouest canadien.« Je n\u2019ai jamais vu un pays aussi divisé, mais nous devons rester unis », a déclaré M.Ford lundi.« Et je comprends tout à fait l\u2019Ouest [\u2026] Les gens de l\u2019Alberta, les gens de la Saskatchewan [\u2026] ils ont juste l\u2019impression d\u2019être ignorés.» M.Ford a déclaré que l\u2019idée d\u2019organiser une rencontre anticipée des premiers ministres avait été évoquée lors d\u2019une conférence téléphonique, vendredi dernier, avec presque tous ses homologues.Il a ajouté que les premiers ministres avaient également discuté d\u2019infrastructures, de dépenses en soins de santé et de la nécessité de forcer les libéraux fédéraux à respecter leurs engagements électoraux.« Nous devons travailler ensemble », a déclaré M.Ford à propos des premiers ministres.« Tous les premiers ministres avec lesquels [je me suis] entretenu ont pensé qu\u2019il serait bien de se réunir [\u2026] On doit aussi entendre les préoccupations des gens de l\u2019Ouest.» M.Ford a également déclaré qu\u2019il était important d\u2019écouter le Québec, d\u2019autant plus que le Bloc québécois y a fait un retour en force.Doug Ford veut réunir les premiers ministres Le leader ontarien veut apporter une réponse au sentiment d\u2019aliénation de l\u2019Ouest Le nouveau chef sera élu par l\u2019ensemble des membres PARTI SUITE DE LA PAGE A 1 «Le plus tôt sera le mieux», a-t-elle continué en faisant valoir que le parti jouit en ce moment d\u2019un bon «élan» sur lequel il faut bâtir.«La grande majorité des politiciens restent trop longtemps en poste.Trop de politiciens partent lorsque tout le monde veut les mettre à la porte.» Mme May a pris la tête du Parti vert à l\u2019été 2006 et a présidé aux destinées de la formation pendant quatre élections fédérales générales.Déjà après celle de 2015, elle avait songé à quitter son poste, mais comme elle était encore la seule élue du Parti vert et qu\u2019aucun remplaçant potentiel ne l\u2019avait séduite, elle avait décidé de rester pour un dernier affrontement.Cette fois, elle part l\u2019esprit rassuré par le fait que le caucus vert a triplé de taille et que la formation a obtenu 6,5% du vote le 21octobre dernier, soit presque le double des 3,4% obtenus en 2015 (mais moins que les 6,8% obtenus en 2008, le meilleur score historique de la formation).Le nouveau leader du Parti vert sera choisi au suffrage universel des membres, qui sont au nombre de 20 000 selon le parti.Les résultats seront publiés lors du congrès devant se tenir du 2 au 4 octobre 2020, à Charlottetown, soit dans exactement 11 mois.D\u2019ici là, Jo-Ann Roberts, qui était co-cheffe adjointe, prend le relais de Mme May.Elizabeth May demeure députée et assumera aussi le rôle de leader du parti à la Chambre des communes.Elle promet même qu\u2019elle sera candidate à la prochaine élection générale et que, si elle est réélue, elle postulera pour devenir présidente de la Chambre des communes.La cheffe sortante aspirait à ce poste prestigieux dès cette année, comme elle l\u2019avait expliqué en entrevue avecLe Devoir la semaine dernière, mais sa rencontre avec ses deux autres collègues députés en fin de semaine l\u2019en a dissuadée.«Franchement, ils n\u2019aiment pas l\u2019idée de m\u2019avoir dans le siège du président et d\u2019être traités par moi de manière impartiale comme tous les autres.» La cheffe nie que ce soit à cause d\u2019elle que le Parti vert n\u2019a pas su tirer profit d\u2019une campagne électorale dont le thème principal était les changements La cheffe démissionnaire du Parti vert, Elizabeth May, en compagnie des deux autres députés de la formation politique, Paul Manly et Jenica Atwin.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE climatiques.Mme May estime que faire élire trois députés au scrutin uninominal majoritaire à un tour relève en soi de l\u2019exploit.Elle ne pense donc pas avoir à se reprocher son aveu candide \u2014 qui a semé la controverse pendant la campagne \u2014 que les questions portant sur l\u2019avortement feraient l\u2019objet d\u2019un vote libre comme toutes les autres.Ou encore son accueil dans ses rangs du député transfuge Pierre Nantel, qui se disait encore souve- rainiste.Ou encore sa position contre l\u2019importation de pétrole étranger, qui a été interprétée comme un feu vert donné aux sables bitumineux canadiens.Elizabeth May ne pense pas davantage que son français à l\u2019occasion laborieux puisse avoir nui à sa performance électorale au Québec.Elle s\u2019est même dite surprise qu\u2019une journaliste lui pose cette question.«Je pense que ce n\u2019est pas un problème.C\u2019est la première fois que j\u2019entends que c\u2019est un problème au Québec.Nous avons doublé notre vote au Québec.C\u2019est essentiel d\u2019avoir un chef bilingue.» Le Parti vert a obtenu 4,4% du vote au Québec contre 2,2% en 2015.En coulisses, le son de cloche est diffé- rent.Une source du milieu écologiste estime que le français de Mme May l\u2019a rendue beaucoup moins percutante dans la province.«Les verts avaient tout entre les mains pour séduire et créer une vague qui n\u2019est jamais venue, en particulier au Québec.» Cette personne estime toutefois qu\u2019au-delà du chef, il y a au Parti vert une carence organisationnelle qui a besoin d\u2019être comblée.À gauche toute! Le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, a confirmé au Devoir qu\u2019il se portera probablement candidat à cette course.«Les gens sont à la recherche d\u2019un chef un peu plus jeune que Mme May qui est parfaitement bilingue et qui est expérimenté, et c\u2019est sûr que je réponds à ces trois critères», dit l\u2019homme de 31 ans qui dirige le Parti vert du Québec depuis six ans.«Je proposerais d\u2019être un peu plus un parti de militants, un parti un peu plus revendicateur.» Par exemple, il revendiquerait la fermeture immédiate et complète de l\u2019industrie des sables bitumineux.N\u2019y a-t-il pas un risque de marginaliser le parti?Alex Tyrrell ne le croit pas.«De toute façon, les gens vont toujours dire que le Parti vert est trop radical.[\u2026] Qu\u2019on propose 70 milliards de plus en dépenses ou le double, les critiques seront les mêmes.» M.Tyrrell avait publiquement critiqué Mme May en mai dernier à cause de son interdiction proposée des importations de pétrole.Une autre personne serait peut-être intéressée par le poste de chef, et c\u2019est l\u2019ex- député de Longueuil\u2013Saint-Hubert Pierre Nantel.Élu comme néodémo- crate en 2011 et 2015, M.Nantel était passé chez les verts cet été.Il n\u2019a pas été réélu.«Beaucoup de gens m\u2019en ont parlé», dit-il à propos de son éventuelle candidature.«Je suis un peu interloqué que ce soit annoncé si rapidement.Ça me prend un peu de court», admet-il.Il se donne quelque temps pour y réfléchir.Il songe à proposer une direction calquée sur celle de Québec solidaire, avec un chef pour le Québec et un autre pour le reste du Canada.Les gens sont à la recherche d\u2019un chef un peu plus jeune que Mme May, qui est parfaitement bilingue et qui est expérimenté, et c\u2019est sûr que je réponds à ces trois critères ALEX TYRRELL » Je n\u2019ai jamais vu un pays aussi divisé, mais nous devons rester unis .Et je comprends tout à fait l\u2019Ouest [\u2026] Les gens de l\u2019Alberta, les gens de la Saskatchewan [\u2026] ils ont juste l\u2019impression d\u2019être ignorés.DOUG FORD » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 La famille éclatée T out juste une semaine avant le congrès de « refondation » du PQ, la députée indépendante de Marie-Victorin, Catherine Fournier, a annoncé la création d\u2019un nouveau mouvement souverainiste baptisé Ambition Québec.Cette coalition de souverai- nistes indépendants aura le mandat de « mettre de côté les divergences et de faire l\u2019indépendance », a-t-elle expliqué dans une entrevue à La Presse.Elle en précisera les contours dans un livre à paraître le 19 novembre.Mme Fournier a dit ne pas s\u2019attendre à ce que « les gens très militants » à Québec solidaire et au PQ soient enchantés de son initiative.C\u2019est un euphémisme.Déjà, son départ du PQ a relégué le parti au rang de troisième groupe d\u2019opposition, et il lutte maintenant pour sa survie.Plusieurs diront que l\u2019objectif de ce mouvement sera plutôt de servir les ambitions de sa fondatrice.Il ne s\u2019agira pas simplement d\u2019ajouter à la multitude de groupes qui coexistent déjà sous le parapluie des Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI, que préside Claudette Carbonneau), mais de former une « coalition électorale de circonstance », dont les candidats lutteront contre ceux des partis souverainistes qui sont déjà représentés à l\u2019Assemblée nationale.L\u2019idéal serait évidemment que tous mettent temporairement leurs divergences idéologiques de côté pour reformer la grande coalition que le PQ se voulait au départ, mais il ne faut pas rêver en couleurs.Les lendemains difficiles du référendum de 1995 ont fait éclater la famille indépendantiste, et la réconciliation n\u2019est pas pour demain.La situation actuelle n\u2019a rien à voir avec celle de la fin des années 1960, quand le Ralliement national (RN) de Gilles Grégoire, qui occupait la droite de l\u2019échiquier politique, et le Rassemblement pour l\u2019indépendance nationale (RIN) de Pierre Bourgault, qui se situait à gauche, se sont fondus dans le PQ.Le RN avait seulement deux ans d\u2019existence lors de la fusion avec le Mouvement Souveraineté-Association (MSA), qui allait être rebaptisé PQ.À l\u2019élection de 1966, il avait obtenu seulement 3,2 % des voix.Fondé en 1960, le RIN était devenu un parti politique officiel en 1963 et avait recueilli 5,6 % du vote.Aucun des deux n\u2019avait pu faire élire un député, alors que le PQ et, dans une moindre mesure, QS ont déjà un long historique.S\u2019il est vrai que René Lévesque et Pierre Bourgault s\u2019entendaient comme chien et chat, on ne retrouvait pas la même animosité à la base.Le rejet de l\u2019alliance électorale avec le PQ et le procès que les délégués de QS lui ont fait ont laissé des traces qui ne sont pas près d\u2019être effacées.Les deux partis semblent plus désireux d\u2019abattre l\u2019autre que n\u2019importe quel adversaire fédéraliste.Même la « feuille de route » commune vers la souveraineté, pourtant très souple, négociée sous les auspices de Claudette Carbonneau a été reniée par QS.Pour l\u2019avenir prévisible, on voit mal comment la cohabitation au sein d\u2019une coalition même circonstancielle pourrait être envisageable.On discute depuis des années des causes du discrédit du projet indépendantiste.Elles sont sans doute nombreuses, mais les déchirements dont la famille souve- rainiste offre le spectacle en font certainement partie.Cette division constitue un facteur de paralysie, dont l\u2019ascension de la CAQ est en grande partie le résultat.« Notre action politique se concentrera sur la fondation d\u2019un pays, non pas sur la gestion ordinaire d\u2019une province », peut-on lire dans la « Déclaration de principes » qui sera soumise aux militants péquistes qui se réuniront en congrès spécial à Trois-Rivières à la fin de semaine prochaine.François Legault n\u2019avait cependant pas tort de dire que le « pays rêvé » ne doit pas empêcher de bâtir le « pays réel ».Tous les anciens péquistes qui se sont joints à lui ne sont pas nécessairement des opportunistes.De la même façon que Yves-François Blanchet a décidé que le Bloc québécois devait se préoccuper en premier lieu de défendre les intérêts du Québec dans le Canada, il faut aussi voir au mieux-être des Québécois dans le Québec actuel.Certes, cela n\u2019empêche pas de penser au « pays rêvé ».Les partis souverainistes étant incapables de régler leurs différends, les Organisations unies pour l\u2019indépendance ont annoncé au printemps dernier leur intention de convoquer « des assises de concertation du mouvement indépendantiste afin de trouver une voie de passage commune vers l\u2019indépendance », en s\u2019inspirant des États généraux du Canada français qui s\u2019étaient réunis dans les années 1960.Si séduisante que puisse paraître la coalition proposée par Mme Fournier, il serait préférable d\u2019attendre les conclusions de cet exercice.Il ne faudrait surtout pas compliquer encore les choses.MICHEL DAVID ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Même si Québec fait plutôt bonne figure pour limiter les concentrations de plomb dans l\u2019eau, des conseillers municipaux estiment qu\u2019il y a encore fort à faire pour documenter le dossier et informer les citoyens.« Il n\u2019y a aucun tuyau en plomb dans notre système de distribution, donc la responsabilité est bien vraiment aux propriétaires de l\u2019édifice », a signalé le responsable de l\u2019Ingénierie au comité exécutif, Steve Verret.Lundi soir, plusieurs conseillers de l\u2019opposition ont posé des questions sur l\u2019état de la situation dans la capitale.Selon l\u2019enquête menée par Le Devoir et l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia, la ville de Québec se classe plutôt bien par rapport aux autres par les précautions qu\u2019elle prend pour garantir la qualité de l\u2019eau qu\u2019elle distribue.Depuis dix ans, elle offre aussi des tests gratuits aux particuliers dont les résidences sont jugées à risque, a expliqué la conseillère responsable de l\u2019Environnement, Suzanne Verreault.On fait chaque année un envoi massif de 500 lettres dans des résidences qu\u2019on croit vulnérables parce que construites entre telle et telle année », a-t-elle expliqué.Or, le conseiller de l\u2019opposition Yvon Bussières a déploré que ce programme soit « volontaire » et a demandé à ce que la Ville documente la situation partout sur le territoire.Avec d\u2019autres conseillers de l\u2019opposition, il s\u2019est aussi enquis du sort de certaines écoles.Selon une autre enquête menée par le quotidien Le Soleil, la Ville a découvert des « concentrations significatives en plomb » dans l\u2019eau de certaines écoles.Les concentrations étaient particulièrement élevées à l\u2019école Saint-Sacre- ment ainsi qu\u2019à Saint-Malo.Dans certains cas, la contamination était de 4 à 72 fois au-dessus de la nouvelle limite fixée à 5 microgrammes par litre.Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, a depuis ordonné que des tests soient réalisés dans toutes les écoles du réseau.Depuis, la Ville dit qu\u2019elle travaille sur un plan d\u2019action qui sera prêt d\u2019ici un mois, selon Suzanne Verreault.La conseillère a aussi expliqué que la Ville offrait déjà des tests gratuits aux centres de la petite enfance (CPE) et aux écoles qui souhaitent faire des vérifications.Or, la Ville craint d\u2019avoir à mener des tests partout sans les moyens financiers pour le faire.« Il faut prendre ça très au sérieux, mais il ne faut pas que tout soit sur les épaules de la ville de Québec », a-t- elle dit.« S\u2019ils veulent que ce soit les municipalités qui ramassent tout, j\u2019espère qu\u2019on va avoir un appui financier.C\u2019est des ressources, c\u2019est des coûts.» Selon l\u2019enquête menée par Le Devoir et l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia, la ville de Québec obtient une cote de 3,5 sur 6, ce qui la place loin devant Montréal et Gatineau (0 sur 6) mais toutefois derrière Ottawa (4,5).Québec récolte notamment des points parce qu\u2019elle utilise un traitement efficace de la corrosion (l\u2019ortho- phosphate) depuis de nombreuses années.La Ville gagne aussi des points parce qu\u2019elle offre des tests gratuits à la population et rend ses données disponibles sur son site web.De plus, la capitale a beaucoup moins de bâtiments publics abritant des conduites en plomb qu\u2019ailleurs.L\u2019équipe d\u2019enquête estime leur nombre à 673, alors qu\u2019elle évalue qu\u2019il y en a entre 2000 et 48 000 dans les autres villes testées (Montréal, Gatineau, Halifax, Ottawa, Toronto et Saskatoon).Des conseillers municipaux de Québec préoccupés par le plomb dans l\u2019eau MARCO FORTIER LE DEVOIR Les commissions scolaires anglophones affirment que le projet de loi sur la gouvernance en éducation contrevient aux droits constitutionnels de la minorité à gérer ses écoles, malgré le compromis proposé par le gouvernement Le- gault.Elles envisagent de s\u2019adresser aux tribunaux pour que les administrateurs des futurs centres de services scolaires restent élus au suffrage universel, comme les commissaires actuels.Le ministre Jean-François Roberge a fait face à un barrage d\u2019opposition, lundi, au premier jour d\u2019audiences sur son projet de loi qui vise à abolir les commissions scolaires.Le projet de loi 40 « va être amélioré, c\u2019est certain », a affirmé le ministre de l\u2019Éducation en ouvrant les travaux de la commission parlementaire qui se penche sur cette promesse phare du gouvernement.Des « améliorations », les conseils d\u2019administration des futurs centres de services (qui remplaceront les commissions scolaires) en ont bien besoin, ont fait valoir des intervenants, lundi.Ces conseils d\u2019administration où les parents d\u2019élèves détiendront 8 des 16 sièges ont été dénoncés par les commissions scolaires et par les syndicats d\u2019enseignants et d\u2019autres membres du personnel scolaire.Les syndicats réclament au moins la parité entre parents et membres du personnel des écoles aux futurs conseils d\u2019administration des centres de services.Les anglophones, eux, veulent, des administrateurs élus démocratiquement.« Le suffrage universel nous a été enlevé.Quand on limite les candidats [qui peuvent se présenter aux élections], ce n\u2019est pas du suffrage universel », a lancé Stephen Burke, membre du comité exécutif de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec.Exception anglophone Le gouvernement Legault affirme avoir fait une exception pour les commissions scolaires anglophones : 12 des 16 membres du conseil d\u2019administration des centres de services seront élus par l\u2019ensemble des électeurs.Mais il ne s\u2019agira pas d\u2019un scrutin au suffrage universel, puisque ces 12 membres devront être 8 parents d\u2019élèves et 4 personnes issues de la communauté.La Charte canadienne des droits et libertés garantit pourtant aux minorités linguistiques la gestion et le contrôle de leur système scolaire, rappellent les commissions scolaires anglophones.Pour cela, tout membre de la communauté \u2014 et non seulement des parents ou d\u2019autres membres dictés par un projet de loi \u2014 doit pouvoir se porter candidat aux élections.« Il y a des limites dans les structures proposées qui, selon nous, enfreignent notre droit constitutionnel, a dit Russell Copeman, directeur général de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec.On ne veut pas que cette question-là soit réglée en cour.On veut une solution politique, mais c\u2019est sûr que la communauté anglophone ne renoncera jamais à l\u2019exercice de ses droits constitutionnels.» Le ministre Roberge a fait valoir que les 8 parents et les 4 membres de la communauté seront bel et bien élus par l\u2019ensemble des électeurs anglophones.Selon lui, cette mesure accorde aux anglophones la « gestion » et le « contrôle » de leur système scolaire, conformément à la jurisprudence établie par la Cour suprême du Canada.Les administrateurs des futurs centres de services francophones, eux, seront plutôt élus par des parents qui siègent dans des conseils d\u2019établissement, contrairement aux commissaires scolaires actuels, élus au suffrage universel.Il s\u2019agit d\u2019une forme de discrimination envers les francophones, a dénoncé la Fédération des commissions scolaires du Québec.COMMISSIONS SCOLAIRES Tir groupé contre le projet de loi du ministre Roberge Les anglophones exigent le maintien des élections au suffrage universel Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, compte remplacer les commissions scolaires par des centres de services.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE On discute depuis des années des causes du discrédit du projet indépendantiste.Elles sont sans doute nombreuses, mais les déchirements dont la famille souverainiste offre le spectacle en font certainement partie.Cette division constitue un facteur de paralysie, dont l\u2019ascension de la CAQ est en grande partie le résultat.À LIRE EN PAGE A 8 : FLINT EN CANADA, L\u2019ÉDITORIAL DE MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Le défi d\u2019Hydro-Québec Quelque 1400 travailleurs d\u2019Hydro- Québec étaient toujours à pied d\u2019oeuvre dans une dernière ligne droite pour re- brancher tous les clients privés d\u2019électricité après le passage de la violente tempête automnale de la semaine dernière.«D\u2019ici demain, il restera peut-être un ou deux cas d\u2019exception, mais notre objectif est d\u2019avoir rebranché tout le monde», a affirmé Éric Martel, en saluant la résilience des abonnés.La liste de clients dans la noirceur avait fait un bon lundi en raison d\u2019une fuite de gaz à Montréal qui a forcé l\u2019interruption du service pour quelque 5000 abonnés, situation qui s\u2019est résorbée rapidement.Mais ceux qui sont toujours débranchés représentent un défi particulier puisque les trois quarts des pannes restantes ne touchent qu\u2019une poignée de clients et la réparation ne redonne le service qu\u2019à cinq, 10 ou 20 clients.La Presse canadienne Éric Salvail choisit un procès devant juge seul Le producteur et animateur déchu Éric Salvail a changé son fusil d\u2019épaule et a finalement choisi de subir son procès devant juge seul.Sa décision a été annoncée par son avocat, lundi, l\u2019accusé étant lui-même absent de la cour.Éric Salvail est accusé d\u2019agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration.Il a été cité à procès en octobre par le juge Pierre Labelle à l\u2019issue d\u2019une courte enquête préliminaire qui n\u2019aura duré qu\u2019une journée et demie.Initialement, il avait indiqué vouloir subir un procès devant juge et jury, mais s\u2019est ravisé comme c\u2019est son droit à cette étape-ci des procédures.Le procès a été fixé au 17 février prochain et durera trois jours.Les éléments de preuve présentés à cette étape ne peuvent être rendus publics en raison d\u2019un interdit de publication ordonné par la Cour.La Presse canadienne Des sénateurs se regroupent OTTAWA \u2014 Onze membres du Sénat délaissent leurs affiliations et forment un nouveau Groupe des sénateurs canadiens (GSC).Huit d\u2019entre eux jusque-là siégeaient dans le Groupe des sénateurs indépendants (GSI), deux faisaient partie du caucus conservateur et un était non affilié.La sénatrice Josée Verner, nommée par le premier ministre conservateur Stephen Harper, fait partie du nombre.Les membres du nouveau GSC « sont libres de prendre position et de voter sur une initiative gouvernementale ou parlementaire indépendamment des affiliations politiques personnelles de chaque membre du groupe », précise le communiqué diffusé lundi matin pour annoncer la naissance du groupe.Ce communiqué insiste également sur l\u2019importance de la défense des intérêts régionaux, un des rôles du Sénat.La Presse canadienne Les abuseurs apprécient le côté « exotique » des Québécoises PROSTITUTION SUITE DE LA PAGE A 1 il n\u2019y a pas d\u2019histoire d\u2019être un client, vous êtes un abuseur », a-t-il tranché.Lorsqu\u2019elles ne sont pas exploitées au Québec, les jeunes filles recrutées pour faire de la prostitution sont déplacées en Ontario ou dans les provinces de l\u2019Ouest canadien.« L\u2019image du côté américain et du côté canadien est encore que le Québec est une plaque tournante », a indiqué M.Lafrenière, qui s\u2019est récemment déplacé aux États-Unis en prévision des travaux de la commission.Les jeunes Québécoises sont considérées comme « exotiques » sur le marché anglophone de «Le maître du \u201coui, mais\u201d» OURAGAN SUITE DE LA PAGE A 1 documentariste Morgan Spurlock dans Super Size Me (manger chez McDonald\u2019s trois fois par jour pendant un mois).Une comparaison volontairement provocatrice, qui ne peut tenir que dans la mesure où l\u2019on s\u2019empresse de préciser que cette «expérience de sociologie extrême » ne visait pas à jauger les effets de la prose bock-côtienne sur le corps, mais bien sûr l\u2019esprit humain.« Comment le monde apparaît-il à celui qui, chaque jour, s\u2019y rapporte avec en tête les propos d\u2019un tel agitateur ?» Oui, mais Premier constat : Mathieu Bock-Côté est un habile rhéteur.« C\u2019est le maître du \u201coui, mais\u201d», souligne en entrevue Mark For tier, avant de fournir quelques exemples typiques.« La crise écologiste, c\u2019est un problème sérieux, oui, mais les écologistes délirent.L\u2019égalité hommes-femmes, oui, mais les féministes culpabilisent le désir des hommes.Là-dessus, il est vraiment malin comme un singe.» Alors, que défend au juste le chroniqueur ?Un certain passé, une certaine tradition, certes, qu\u2019il définit pourtant peu, observe son lecteur, qui assure avoir voulu le fréquenter « avec une certaine générosité herméneutique.» «Ses chroniques sont des textes militants, qui tiennent par le sentiment.Si tu es irrité par les mêmes phénomènes, les mêmes personnes qu\u2019il mobilise, tu vas pouvoir le suivre.C\u2019est structuré par ce à quoi il s\u2019oppose et, quand tu te demandes ce qu\u2019il pense, lui, tu tombes vite dans le vide.C\u2019est comme un ouragan: à l\u2019extérieur, le vent arrache tout, mais à l\u2019intérieur, il ne se passe pas grand-chose.» Exercice à la fois caustique et sérieux, ponctué de piques ironiques témoignant d\u2019un vigoureux sens de la métaphore pas toujours flatteuse, Mélancolies identitaires se garde néanmoins d\u2019imiter le ton bêtement péremptoire qu\u2019adoptent sur les réseaux sociaux certains des critiques les plus farouches de Mathieu Bock-Côté.« Les néoconservateurs comme Mathieu Bock-Côté sont remontés contre le relativisme culturel, et le relativisme culturel peut être quelque chose de problématique, j\u2019en conviens.Le fait que tout souci de préservation de la langue puisse passer pour du racisme, ça peut être un problème.Le constructivisme peut être débattu philosophiquement.la prostitution juvénile parce qu\u2019elles parlent français.Elles deviennent ainsi prises au piège, loin de tous leurs repères, et incapables de communiquer pour demander de l\u2019aide.Le crime est payant pour les proxénètes qui peuvent faire entre 200 000 $ et 300 000 $ grâce à une seule victime.Ils en contrôlent généralement cinq ou six, selon l\u2019ex-policier.Déjudiciariser ?À l\u2019instar de Laval, le Service de police d\u2019Edmonton a décidé de cibler les « clients abuseurs ».Il a toutefois adopté une tout autre approche en les adressant à un programme de déjudi- ciarisation après une première offense.Ils les envoient à la John School dans l\u2019espoir qu\u2019ils ne récidivent pas.Il s\u2019agit d\u2019une formation d\u2019une journée pour leur faire comprendre les conséquences de leur geste sur les victimes d\u2019exploitation sexuelle.Une majorité d\u2019entre eux ne récidiveraient pas.Ce type de programme qui permet d\u2019échapper à une accusation criminelle envoie le mauvais message, selon le directeur du Service de police de Laval.« Je trouve que, quand on fait ça, on banalise, a-t-il dit en entrevue au Devoir.Vous savez, il y a une loi.Le Code criminel dit [que] t\u2019as pas le droit d\u2019obtenir les services sexuels d\u2019un enfant, d\u2019une mineure.» Il rappelle que les peines minimales obligatoires sont encore plus sévères depuis 2014.Il serait plus efficace, selon lui, de passer le message contraire à l\u2019aide du milieu hôtelier en incitant les établissements à afficher clairement leur « tolérance zéro » vis-à-vis de l\u2019exploitation sexuelle et à créer un registre où seraient colligées les coordonnées de toute personne accompagnée d\u2019un mineur.En tout, trente intervenants témoigneront durant la commission parlementaire qui se poursuivra jusqu\u2019à jeudi.D\u2019autres corps policiers seront entendus tout comme divers intervenants qui travaillent auprès des mineurs qui se font exploiter.Elle se rendra par la suite à Montréal et à Val d\u2019Or, pour tenir compte de la réalité des Premières Nations « surreprésentées » dans les statistiques.Le sociologue et chroniqueur Mathieu Bock-Côté écrit \u2014 et beaucoup \u2014 dans des journaux des deux côtés de l\u2019Atlantique.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Je ne suis pas contre, a priori, affirme Fortier.Ce qui est dangereux, c\u2019est de faire tenir ça par le ressentiment.» Marottes d\u2019omnicommentateur Malgré le p ouvoir d\u2019attraction qu\u2019exerce sa muse, les chapitres les plus passionnants de Mélancolies iden- titaires sont pourtant ceux, paradoxalement, où Mathieu Bock-Côté n\u2019apparaît qu\u2019en spectre, et dans lesquels For- tier réfléchit à sa manière à lui aux marottes de l\u2019omnicommentateur \u2014 la gauche, l\u2019immigration, la langue, l\u2019identité québécoise.À la Foire du livre de Francfort, l\u2019éditeur est soumis au saoulant soliloque du philosophe slovène d\u2019obédience marxiste Slavoj Žižek, une scène proprement burlesque ayant le mérite de rappeler que « cet invincible besoin de verbiage » qui afflige notre époque n\u2019appartient pas qu\u2019à la droite.« Ce qui me fait le plus peur, ce n\u2019est pas les fake news, c\u2019est le décrochage du langage par rapport au monde.Je pense que Mathieu Bock-Côtéparticipe de ça.Ce que je dis, c\u2019est qu\u2019il faut renouer avec un langage qui soit capable d\u2019aller toucher les choses elles-mêmes », plaide l\u2019auteur, lui aussi sociologue, pour qui Mathieu Bock-Côté ferait «une sociologie sans société», et signerait des chroniques dans lesquelles ne surgit que trop rarement le visage du Québécois et de la Québécoise.« Il ne va interviewer personne, il ne va pas voir les gens dont il parle et il produit énormément de tautologies, de concepts qui sont flous.Il passe pour une autorité sur le multiculturalisme, mais dire que le multiculturalisme est à la fois l\u2019instrument de Martine Del- vaux, de Francis Dupuis-Déri et de Justin Trudeau, que Foucault et Marx, c\u2019est du pareil au même, ça ne marche pas.En fait, ça marche si tu prends tout à un très grand niveau de généralités.» Mélancolies identitaires tient ainsi moins du pamphlet, encore moins de la condamnation, que de la réflexion sur le pouvoir délétère d\u2019une langue maniée de sorte à la rendre perméable à une panoplie de lectures, sans que celui qui la manie ait à porter la responsabilité de l\u2019adhésion que son discours générera chez certains lecteurs logeant aux extrêmes du spectre idéologique et politique.« Mathieu Bock-Côté, c\u2019est une usine à produire une phraséologie imprécise qui lui permet d\u2019avoir l\u2019air modéré, tout en lançant toutes sortes de signes qui font que ça peut plaire autant à François Legault qu\u2019à Marine Le Pen.Mathieu Bock-Côté, comme bien des néo- conservateurs, aime beaucoup citer Orwell.Or, rien n\u2019est plus près de la novlangue que du Bock-Côté.» À quand le débat ?Assistera-t-on un jour à un débat entre Mark Fortier et son improbable inspirateur ?L\u2019auteur préférerait pour l\u2019instant ne pas se retrouver dans la posture de celui qui doit à la fois présenter et défendre ses idées.Joint par Le Devoir, Mathieu Bock-Côté a quant à lui dit souhaiter prendre le temps de lire l\u2019essai avant de le commenter.« En mars prochain, on pourra se battre dans la boue ou avoir un débat sensé, suggère Fortier.Mais c\u2019est peut- être un défaut au Québec de vouloir que tout le monde s\u2019aime.Pour qu\u2019il y ait un accord, il doit passer par un tiers, par la société.Il faut qu\u2019on ait un lieu commun, des raisons communes.Pour les trouver, il faut parler avec les gens, s\u2019intéresser au monde dans lequel on est.Je pense que Mathieu Bock-Côté est dans un refus systématique de comprendre autre chose que le discours au- toréférentiel qu\u2019il est en train de construire, qui est un discours militant de droite radicale.C\u2019est dommage.» Mélancolies identitaires Une année à lire Mathieu Bock-Côté Mark Fortier Lux, Montréal, 2019, 176 pages En librairie jeudi Le Bloc renonce à un dépouillement judiciaire Le Bloc québécois a mis fin au processus de dépouillement judiciaire dans la circonscription d\u2019Hochelaga, à Montréal, confirmant la victoire de la candidate libérale Soraya Martinez Ferrada.Au terme d\u2019une première journée de recomptage des bulletins de vote en présence d\u2019un juge, le parti a convenu que l\u2019écart entre la candidate libérale et le candidat du Bloc, Simon Marchand, demeurait beaucoup trop grand pour espérer renverser le résultat annoncé le 21 octobre.À la suite de l\u2019ouverture des boîtes dont les résultats préliminaires semblaient erronés, une légère différence a été observée dans le nombre de voix accordées aux candidats, mais la tendance n\u2019était pas assez forte pour espérer combler l\u2019écart.La Presse canadienne C\u2019est comme un ouragan : à l\u2019extérieur, le vent arrache tout, mais à l\u2019intérieur, il ne se passe pas grand- chose MARK FORTIER » Une seule prostituée peut rapporter jusqu\u2019à 300 000 $ à son proxénète LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 On développe des technologies innovantes On mène des projets qui intègrent des panneaux solaires, des batteries pour stocker l\u2019énergie et des systèmes de gestion de la consommation.On innove depuis 75 ans, et on est résolument tournés vers l\u2019avenir.hydroquebec.com AMÉLI PINEDA LE DEVOIR L\u2019ancien haut dirigeant de SNC-Lava- lin, Sami Bebawi, suivait de près tous les faits et gestes posés en Libye, et parallèlement, la firme bénéficiait du soutien du fils de l\u2019ancien dictateur Mouammar Kadhafi, a raconté lundi le principal témoin à son procès pour fraude et corruption.« Il y avait des rapports hebdomadaires, sinon journaliers, de tous les projets en Libye, qui étaient suivis de façon rigoureuse et avec beaucoup de détails », a insisté Riadh Ben Aissa.Celui qui était également cadre chez SNC-Lavalin collabore avec la justice canadienne depuis son arrestation en Suisse, en 2012, dans un autre dossier.Il est le témoin vedette au procès de son ancien supérieur, Sami Bebawi, qui fait face à huit chefs d\u2019accusation de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d\u2019un agent public étranger.M.Bebawi a plaidé non coupable à toutes les accusations.Or, au troisième jour du procès, M.Ben Aissa a témoigné de leurs communications constantes malgré l\u2019océan qui les séparait.La Couronne a fait défiler tout au long de la journée des dizaines de messages électroniques que s\u2019envoyaient les deux hommes au sujet des contrats obtenus ou à obtenir ainsi qu\u2019aux pots-de-vin à redistribuer.« Je mettais beaucoup de détails », a souligné M.Ben Aissa, dont le témoignage était parfois ponctué d\u2019un brin de fierté dans la voix.L\u2019influence de Kadhafi Le premier témoin de la Couronne a aussi souligné que, sans l\u2019aide de Saadi, fils de Mouammar Kadhafi, SNC-La- valin n\u2019aurait pas été en mesure d\u2019obtenir d\u2019importants contrats en territoire libyen.PROCÈS SNC-Lavalin avait besoin du fils de Kadhafi Riadh Ben Aissa raconte qu\u2019il tenait Sami Bebawi informé de tous les détails entourant les transactions Sami Bebawi, un ancien vice-président de SNCl-Lavalin, subit son procès pour fraude et corruption.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE « Avec les interventions de Saadi Ka- dhafi, ç\u2019a été clairement dit [\u2026] que SNC devait obtenir le maximum de contrats », a-t-il affirmé.C\u2019est qu\u2019à la fin des années 90, SNC- Lavalin s\u2019était retrouvée en mauvaise posture en Libye dans le cadre d\u2019un contrat conclu avec la Great Man- Made River Authority (GMRA).Ce projet de construction de puits visait à alimenter les villes côtières en eau potable.Or, les travaux se sont avérés plus coûteux et la GMRA refusait de payer le montant supplémentaire réclamé par SNC-Lavalin.M.Ben Aissa avait donc été envoyé en Libye pour résoudre cette réclamation.Par un concours de circonstances, celui-ci a été présenté à Saadi Kadhafi et a pu conclure une entente avec la GMRA.Cela aura été un tournant pour la compagnie puisque, grâce à la proximité qui s\u2019est développée entre lui et le fils Kadhafi, SNC-Lavalin a pu obtenir de « gros projets », même si la firme n\u2019avait pas l\u2019expertise requise, a-t-il confié.SNC-Lavalin a obtenu entre autres un contrat de 400 millions de dollars pour un projet d\u2019usine nommé Sarir 1.« Quand [le président de la GMRA] a su que M.Kadhafi était derrière nous, toute la dynamique a changé », a mentionné M.Ben Aissa.Signe que SNC-Lavalin n\u2019était pas un grand acteur en Libye, la firme n\u2019arrivait pas à obtenir des prix concurrentiels pour certains matériaux, dont l\u2019acier, a expliqué le témoin.«On nous donnait des prix exorbitants.D\u2019ailleurs, on n\u2019avait même pas le temps d\u2019analyser l\u2019offre, qu\u2019elle était déjà échue», s\u2019est souvenu M.Ben Aissa.Il a raconté que les dirigeants ont paniqué lorsqu\u2019ils ont réalisé les potentielles pertes financières.« Sami m\u2019a demandé de trouver une solution alors j\u2019en ai discuté avec des gens de GMRA et ils m\u2019ont dit que la seule façon de m\u2019en sortir, c\u2019était de rentrer de la compétition », a-t-il mentionné.« Ils m\u2019ont orienté vers les Coréens, qui avaient été sortis [depuis que] les Allemands avaient le monopole », a-t-il ajouté.C\u2019est lui personnellement qui a rencontré des dirigeants.« Mon pouvoir de persuasion pour les faire entrer dans ce projet-là a permis à SNC de non seulement imposer ses prix, mais aussi d\u2019améliorer le cash-flow [les liquidités] », a-t-il fait valoir.M.Ben Aissa est également revenu sur l\u2019ouverture de comptes bancaires en Suisse afin de dissimuler l\u2019argent qui servait à payer les pots-de-vin.Peu de temps après l\u2019obtention de ce contrat, Saadi Kadhafi l\u2019a invité à se rendre avec lui à un salon nautique organisé à Cannes, en France.Sur place, le fils de l\u2019ancien dictateur avait manifesté un vif intérêt pour un yacht de luxe.Peu de temps après son retour en Libye, M.Ben Aissa a reçu un appel d\u2019un proche de Saadi Kadhafi, lui manifestant son intérêt pour un bateau 25 millions de dollars.Le témoignage de M.Ben Aissa se poursuit mardi au palais de justice de Montréal.SNC-Lavalin n\u2019était pas un acteur important en Algérie, selon Riadh Ben Aissa ÉCONOMIE A 6 LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (C.c.Q., art.795, al.2) Prenez avis que James Albert Clake en son vivant domicilié au 8686 Centrale, LaSalle, Québec, H8P 1N4 est décédé à Montréal, province de Québec, le 22 juin 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Isabelle Garneau, notaire, au 3964, Saint-Jacques, Montréal, Québec H4C 1H8, sur rendez-vous.Fait ce 8 octobre 2019 à Montréal.Me Isabelle Garneau, notaire E N B R E F Bond des ventes immobilières à Vancouver VANCOUVER \u2014 Les ventes de logements dans la région de Vancouver ont bondi de 45,4 % en octobre par rapport au même mois l\u2019an dernier, la baisse des prix ayant stimulé l\u2019activité sur le marché.La chambre immobilière du Grand Vancouver a dénombré 2858 ventes dans la région le mois dernier, comparativement à 1966 l\u2019an dernier.Le résultat d\u2019octobre est supérieur de 9,8 % à la moyenne pour ce mois des 10 dernières années.Le prix de référence composé a diminué de 6,4 % par rapport à l\u2019an dernier, passant à 992 900 $.Il s\u2019est déprécié de 1,7 % sur les six derniers mois.Le nombre de nouvelles inscriptions a diminué de 16,4 % et le nombre total d\u2019inscriptions actives a reculé de 5,8 %.La Presse canadienne L\u2019OIRPC achète Pattern Energy TORONTO \u2014 L\u2019Office d\u2019investissement du Régime de pensions du Canada (OIRPC) a annoncé lundi avoir signé un accord visant à acheter le producteur d\u2019énergie renouvelable Pattern Energy Group.La transaction, tout en espèces, évalue la société à 6,1 milliards de dollars américains, y compris sa dette, a précisé l\u2019OIRPC.Pattern Energy dispose d\u2019un portefeuille de 28 projets d\u2019énergies renouvelables d\u2019une capacité d\u2019exploitation de 4,4 gigawatts aux États-Unis, au Canada et au Japon.La Presse canadienne Accord D: 100 postes abolis Une centaine de postes seront abolis dans le cadre de la cessation progressive des activités liées au financement Accord D chez les commerçants, annoncée jeudi dernier par le Mouvement Desjardins.Mais puisqu\u2019il existe un millier de postes vacants à pourvoir au sein de l\u2019institution, Desjardins prévoit peu de pertes d\u2019emplois, précise dans un courriel sa porte-parole, Chantal Corbeil.L\u2019interruption progressive d\u2019Accord D auprès des commerçants à compter de l\u2019an prochain s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un partenariat à long terme conclu avec le géant mondial de paiement électronique Global Payments prévoyant l\u2019acquisition du portefeuille de commerçants actuellement regroupé sous la marque Mo- netico.Le financement Accord D à la caisse demeure accessible, a pris soin d\u2019ajouter l\u2019institution.Le Devoir JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE BANI SAPRA ET PAUL WISEMAN À WASHINGTON ASSOCIATED PRESS Les tarifs douaniers imposés l\u2019an dernier par le président Donald Trump sur l\u2019acier importé devaient protéger cette industrie aux États-Unis, même s\u2019ils faisaient par conséquent augmenter les prix pour les fabricants américains qui dépendent de ce métal.Or, ces tarifs de 25 % n\u2019ont même pas été très utiles pour le secteur qu\u2019ils devaient aider.Après avoir vécu une soudaine embellie l\u2019année dernière, les sidérurgistes américains ont connu une baisse de leurs bénéfices et un exode des investisseurs.Le secteur de l\u2019acier n\u2019a créé que 1800 emplois depuis février 2018, un mois avant l\u2019entrée en vigueur des tarifs ; pendant ce temps, les entreprises américaines en général ont ajouté près de 4 millions de travailleurs.En fait, les sidérurgistes emploient 10 000 personnes de moins qu\u2019il y a cinq ans.La promesse de Donald Trump de galvaniser ce secteur de l\u2019économie américaine l\u2019avait aidé à remporter des votes à l\u2019élection de 2016 dans des États clés comme l\u2019Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin.Trois ans plus tard, son incapacité à générer un boom dans cette industrie soulève des doutes quant à ses performances dans ces États clés à la présidentielle de 2020.La chute des prix de l\u2019acier s\u2019explique par divers facteurs, notamment une demande moins forte \u2014 due à une économie mondiale plus faible \u2014 et une hausse soudaine de production aux États-Unis après l\u2019entrée en vigueur des droits de douane.Pendant les premiers mois qui ont suivi l\u2019entrée en vigueur des tarifs douaniers, les prix de l\u2019acier ont augmenté pour atteindre 1006dollars américains la tonne métrique d\u2019acier à bande laminée à chaud en juillet 2018, selon le site SteelBenchmarker; aujourd\u2019hui, cet acier se vend 557$, soit moins qu\u2019avant l\u2019imposition des tarifs.La campagne du président Trump contre l\u2019acier étranger a été par ailleurs éclipsée par sa guerre commerciale avec la Chine \u2014 mais les tarifs douaniers sur l\u2019acier ont été imposés avant ce litige.Par ailleurs, en taxant l\u2019acier importé, M.Trump risquait d\u2019augmenter les coûts pour les nombreuses industries américaines qui utilisent ce métal, de nuire aux liens avec ses alliés américains, comme le Canada, et de défier les limites de son pouvoir de punir unilatéralement tous ses partenaires commerciaux.La décision de protéger les sidérurgistes était à certains égards étrange.Après tout, les avantages économiques sont modestes : l\u2019industrie emploie seulement 142 000 travailleurs \u2014 Home Depot emploie à lui seul 400 000 personnes.Et les nouvelles aciéries sont hautement automatisées : elles n\u2019ont pas besoin d\u2019autant de travailleurs que par le passé, de sorte que les gains potentiels en matière d\u2019emplois sont limités.Mais pendant des décennies, des emplois sidérurgiques bien rémunérés ont permis à des millions de ces travailleurs d\u2019accéder à la classe moyenne.Au départ, les métallurgistes ont d\u2019ailleurs applaudi aux tarifs douaniers, mais cet enthousiasme a été de courte durée.Et les premiers signes sont apparus sur les marchés boursiers : la valeur des actions des producteurs d\u2019acier à Wall Street a plongé de 32 % depuis l\u2019imposition des tarifs.Par contre, ces mesures n\u2019ont jusqu\u2019à présent rien fait pour affaiblir la domination de la Chine, qui compte pour 54 % de la production mondiale d\u2019acier \u2014 les États-Unis pèsent pour 5 %.ACIER Les tarifs douaniers imposés par Trump n\u2019ont pas eu l\u2019effet désiré Le secteur n\u2019a créé que 1800 emplois depuis février 2018 ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le gouvernement Legault doit se méfier de la vigueur presque insolente de l\u2019économie québécoise, préviennent des experts.Cette situation ne saurait durer éternellement L\u2019avertissement se répète depuis quelque temps.Lundi, c\u2019était au tour de l\u2019économiste de la Banque Nationale Matthieu Arseneau d\u2019adresser au ministre des Finances, Eric Girard, une mise en garde en cette veille de mise à jour économique, jeudi : l\u2019économie québécoise croît depuis des mois à un rythme supérieur à sa capacité fondamentale à long terme.Affichant un rythme de croissance économique de 3,4 % depuis le début de 2019 contre une moyenne de seulement 1,5 % dans le reste du Canada, le Québec est en voie d\u2019enregistrer une troisième année de croissance « spectaculaire » marquée par un taux de chômage à un plancher record, une rareté de main-d\u2019œuvre « très aiguë » et des salaires qui affichent « de loin leur plus forte croissance ».Cela ne surprendra personne, dans un tel contexte, si le gouvernement de François Legault annonce encore, jeudi, des recettes fiscales plus importantes que prévu.Cette manne vient toutefois d\u2019une extraordinaire conjonction de facteurs tout aussi favorables que temporaires, fait valoir Matthieu Arseneau.À commencer par des taux d\u2019intérêt que la Banque du Canada tient bas notamment pour donner un peu d\u2019oxygène aux provinces productrices de pétrole aux prises avec la morosité des prix de l\u2019or noir.Si le taux directeur de la banque centrale devait être fixé seulement en fonction de la réalité québécoise, il ne devrait pas être à 1,75 % comme maintenant, mais à 2,75 %, estime la Banque Nationale.Au Québec, les faibles taux d\u2019intérêt, la baisse des prix de l\u2019essence et la force du marché de l\u2019emploi profitent à la consommation des ménages ainsi qu\u2019au marché de l\u2019habitation qui n\u2019a pas à composer avec un resserrement aussi strict de ses règles qu\u2019à Toronto ou à Vancouver.Comme le retour à l\u2019équilibre budgétaire a déjà été fait à Québec, on n\u2019a pas non plus à subir les mêmes politiques d\u2019austérité qu\u2019en Ontario ou en Alberta.Au contraire, le gouvernement québécois est plutôt porté à augmenter ses dépenses.Déficits structurels De tels facteurs ont contribué à pousser le produit intérieur brut (PIB) québécois 2,8% au-dessus du niveau que son nombre de travailleurs et le rythme d\u2019amélioration de leur productivité permettraient normalement.Dans ces circonstances, l\u2019atteinte par le gouvernement du Québec du seul équilibre budgétaire deviendrait tout de suite « précaire si l\u2019économie revenait à une situation plus normale », avertit Matthieu Arseneau.En fait, dit-il, on devrait plutôt viser un surplus de l\u2019ordre de 0,4 % du PIB pour mieux amarrer les finances publiques à la réalité structurelle de l\u2019économie.Un petit calcul rapide permet de déduire que c\u2019est un surplus budgétaire d\u2019environ 1,7 milliard que l\u2019analyste de la Banque Nationale appelle ainsi de ses vœux, après le versement de 2,5 milliards prévu au Fonds des générations.L\u2019économiste n\u2019est pas le premier à servir un tel avertissement.La Chaire en fiscalité et en finances publiques de l\u2019Université de Sherbrooke prédisait, dans une étude à l\u2019été, le retour des déficits budgétaires structurels dès cette année.Quel - ques mois auparavant, elle avait mis en garde contre l\u2019incidence sur les finances publiques du vieillissement de la population québécoise, qui ne fera pas seulement exploser les dépenses en santé, mais qui plombera aussi la croissance économique et, par conséquent, les revenus de l\u2019État de 2022 à 2058.BUDGET Les surplus de Québec ne sont pas ce qu\u2019ils paraissent ISTOCK Les tarifs de 25 % n\u2019ont pas été utiles pour le secteur qu\u2019ils devaient aider.PETER POWER LA PRESSE CANADIENNE Le gouver - nement Legault doit se méfier de la vigueur presque insolente de l\u2019économie québécoise, préviennent des experts.Cette situation ne saurait durer éternel - lement. Uber ne déroge pas à son modèle d\u2019affaires axé sur la quête de parts de marchés.Ses revenus augmentent à un rythme accéléré, au prix de pertes abyssales.Le leader mondial de la réservation de voitures de tourisme avec chauffeur a comptabilisé une perte de 1,16 milliard de dollars américains au troisième trimestre, sur des revenus en hausse de 30 % sur un an, à 3,8 milliards.Cette perte s\u2019ajoute à celle de 5,24 milliards comptabilisée au deuxième trimestre, un chiffre qui renferme les coûts liés à son inscription à la cote de Wall Street.Exclusion faite de cet élément non récurrent, la perte atteint 1,3 milliard d\u2019avril à juin, s\u2019ajoutant à celle de 1 milliard au premier trimestre.Uber a indiqué lundi que le nombre de clients actifs sur sa plateforme a progressé de 26 % sur une base mensuelle pour atteindre les 103 millions.Et son chef de la direction de promettre la rentabilité pour l\u2019exercice 2021.Il lui faudra, d\u2019ici là, composer avec les effets du vote du Sénat cali- fornien appuyant un projet de loi contraignant les géants de la réservation de voitures à requalifier les chauffeurs en employés, ceux-ci étant pour l\u2019heure considérés comme des travailleurs indépendants.L\u2019action en recul Le texte doit désormais être approuvé par le gouverneur de l\u2019État, pour avoir force de loi en janvier.L\u2019action d\u2019Uber était en recul de 4 % lundi sur la cote électronique d\u2019après séance.Elle a perdu le tiers de sa valeur depuis son sommet après son inscription en Bourse, en mai.ÉCONOMIE A 7 LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 RSVP auprès de Josée Lafitte au 514 529-7552 ou par courriel à josee.lafitte@revivre.org   L\u2019ART DE FAIRE UNE DIFFÉRENCE UN ENCAN AU PROFIT DE REVIVRE FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR L\u2019augmentation du nombre de victimes de la fuite de renseignements au Mouvement Desjardins, qui touche désormais chacun des 4,2 millions de membres particuliers, force une fois de plus la réflexion sur la confiance des clients à l\u2019égard de leur institution financière.Pour mesurer l\u2019incidence réelle, il faudra un certain temps, selon un expert.« C\u2019est une grande firme avec des ressources, ce qui fait qu\u2019elle va mieux s\u2019en tirer que d\u2019autres», a résumé lundi Yany Grégoire, titulaire de la Chaire en commerce Omer DeSerres à HEC Montréal et spécialiste des échecs et des crises de produits et services.Il serait logique de prévoir une incidence sur la réputation, et peut-être sur le comportement des consommateurs, « mais puisque ça peut prendre un certain temps avant de changer nos comportements, c\u2019est quelque chose qu\u2019on va voir à plus long terme ».Lorsque Guy Cormier a annoncé vendredi que le nombre initial de 2,7 millions de membres particuliers venait de grimper à 4,2 millions, la presse a immédiatement soulevé la question de la confiance.« On a plus de 35 000 nouveaux membres depuis le début de l\u2019année et 15 000 depuis le mois de juin », a-t-il répondu.« Est-ce que les membres sont préoccupés ?La réponse, c\u2019est oui.Est-ce qu\u2019on les rassure ?La réponse, c\u2019est oui.» Facteurs à considérer Trois variables entrent en jeu lorsque vient le temps d\u2019évaluer l\u2019incidence d\u2019une fuite sur la valeur d\u2019une entreprise (inscrite en Bourse), selon une étude signée notamment par Shahin Rasoulian, un ancien de HEC Montréal, dans le Journal of the Academy of Marketing Science en 2017.Ces trois axes sont : l\u2019institution s\u2019est-elle excusée ?; offre-t-elle une indemnisation ?; a-t-elle clairement amélioré ses processus ?Résultat : les deux derniers sont associés à une baisse de la perception du niveau de risque.Le prochain palmarès des marques les plus influentes, généralement publié au printemps par la firme Ipsos, pourrait permettre de mesurer l\u2019incidence de la crise sur l\u2019opinion des consommateurs.En mars 2019, Desjardins s\u2019était classé au 12e rang, et au 1er rang des institutions financières.Le directeur général d\u2019Ipsos au Québec a décliné une demande d\u2019entrevue sur le sujet spécifique de Desjardins.Si l\u2019incident est une « leçon pour Desjardins, les autres institutions et les gouvernements », la confiance à l\u2019égard du Mouvement est encore au rendez-vous, croit un ancien président, Alban D\u2019Amours, dont le nom figurait dans la première vague des membres touchés.Pour certains membres, « c\u2019est inquiétant, et je le comprends », a-t-il dit, mais « Desjardins a bien relevé le défi ».« Compte tenu des mesures que Desjardins a prises\u2026 La protection offerte à tous ses membres pour les protéger contre le vol d\u2019identité, les frais qu\u2019ils peuvent subir, c\u2019est une protection à vie\u2026 C\u2019est un engagement assez considérable.Dans le monde de la finance, je n\u2019ai pas vu ça souvent », a dit M.D\u2019Amours.Dans un rapport intitulé « Baromètre RENSEIGNEMENTS PERSONNELS Quelle sera l\u2019incidence de la hausse du nombre de victimes chez Desjardins ?Il faudra du temps pour mesurer les effets, selon un expert JULIEN ARSENAULT LA PRESSE CANADIENNE La présence croissante de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ ) à l\u2019international continue à faire gonfler la masse salariale de son effectif œuvrant à l\u2019extérieur du Québec, qui a été de 59,4 millions l\u2019an dernier.Il s\u2019agit d\u2019une croissance de 56 % par rapport à environ 38 millions en 2017, indiquent des données obtenues par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.C\u2019est également huit fois plus comparativement à la somme allouée en 2014, lorsque le président et chef de la direction du gestionnaire de régimes de retraite, Michael Sabia, avait annoncé un virage plus prononcé sur la scène internationale.Depuis, le nombre d\u2019employés de la CDPQ situés à l\u2019extérieur du Québec est passé de 26 à 133, répartis dans ses 10 bureaux.Cela représente environ 8,6 % de son effectif total.La plus récente antenne de l\u2019institution a été ouverte l\u2019an dernier à São Paulo, au Brésil.Occasions d\u2019investissement « Nous embauchons les experts dont nous avons besoin pour aller chercher les meilleures occasions d\u2019investissement », a expliqué le porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon, au cours d\u2019un entretien téléphonique.Il a précisé que la progression de la masse salariale, qui comptabilise plusieurs facteurs, comme le salaire de base, les avantages sociaux et les primes, s\u2019explique notamment par la présence d\u2019employés spécialisés dans des secteurs comme les placements privés et les infrastructures \u2014 des actifs de plus en plus prisés par la CDPQ.En date du 31 décembre 2018, l\u2019actif net de la Caisse était de 309,5 milliards.Son exposition aux marchés mondiaux était de 64 %.En plus de São Paulo, la Caisse est également présente à New York, Washington, Londres, Paris, Mexico, New Delhi, Singapour, Shanghai et Sydney.La plupart des bureaux ont été ouverts entre 2014 et 2016.Un plateau « Cela commence à faire du monde, a souligné Luc Bernier, professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa et titulaire de la chaire Jarislowsky sur la gestion dans le secteur public.Oui, il faudrait que l\u2019on finisse par atteindre un plateau.[Le nombre d\u2019employés à l\u2019étranger] a plus que doublé en deux ans.C\u2019est du monde.» En dépit de la progression marquée de la masse salariale des employés de la Caisse à l\u2019étranger, M.Chagnon a tenu à rappeler que, dans l\u2019ensemble, les charges d\u2019exploitation et les frais de gestion de l\u2019institution sont demeurés stables, à 22 ¢ par 100 $ d\u2019actif net, de 2017 à 2018.« Nous avons une approche disciplinée, a-t-il dit.Mais nous n\u2019allons jamais hésiter à payer ces sommes pour aller chercher des milliards de dollars en rendements.» La Caisse a déjà exploité 11 bureaux à l\u2019étranger au début des années 2000, mais huit antennes avaient mis la clé sous la porte, alors que le président et chef de la direction était Henri-Paul Rousseau.GESTION La masse salariale de la Caisse de dépôt à l\u2019étranger bondit de 56 % L\u2019institution poursuit son virage plus prononcé à l\u2019international GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR AUTOMOBILE Uber ajoute à sa perte La fuite de renseignements au Mouvement Desjardins touche désormais les 4,2 millions de membres particuliers.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR de la perte des consommateurs : les enjeux économiques de la confiance », la firme KPMG a tenté plus tôt cette année de mesurer les attentes en matière de « confiance numérique ».Même si les consommateurs ne sont pas toujours à l\u2019aise avec la manière dont les entreprises gèrent les préoccupations entourant la protection du renseignement, peut-on lire, ils n\u2019ont pas nécessairement envie d\u2019aller ailleurs pour autant.Selon un sondage fait par KPMG auprès de 2151 consommateurs dans 24 marchés, « seulement 1,2 % des répondants changeraient définitivement de fournisseur de services financiers en cas de fuite ».Par ailleurs, 96,8 % des gens seraient « disposés » à demeurer en place, tant et aussi longtemps que « l\u2019organisation mettra en œuvre les mesures appropriées pour s\u2019occuper de leurs préoccupations ».Une dernière tranche de 2 % des gens resterait « définitivement » avec le même fournisseur. LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin es reportages s\u2019additionnent autour de la présence de plomb dans les conduites d\u2019eau, mais la tendance de fond première demeure toujours la même : minimiser les effets probables, rabaisser au plus faible dénominateur le degré de gravité possible, amoindrir les effets bénéfiques de techniques de dépistage raffermies.Le portrait dévoilé lundi par le consortium d\u2019enquête dont fait partie Le Devoir et l\u2019Institut du journalisme d\u2019enquête de l\u2019Université Concordia brosse un tableau pancanadien qui laisse un goût amer.Ceux qui voudront repousser d\u2019emblée la comparaison avec le scandale de l\u2019eau contaminée qui a ébranlé la ville de Flint, au Michigan, en 2015, devraient scruter attentivement les données tout juste dévoilées.« On a des Flint partout au Canada à cause de l\u2019absence de réglementation pour faire baisser les niveaux de plomb », dit Michèle Prévost, titulaire de la Chaire industrielle en eau potable à l\u2019École polytechnique, l\u2019une des chercheuses qui déplorent avec le plus de véhémence et d\u2019acharnement justifié l\u2019indolence des pouvoirs publics autour d\u2019un problème de négligence grave touchant des enjeux de santé publique.Après un an d\u2019une recherche colossale, 120 reporters provenant de 9 universités et 10 médias ont dévoilé un portrait simultané de ces négligences banalisées; 79 000 analyses d\u2019eau et 800 réponses à des demandes d\u2019accès à l\u2019information constituent le socle de cette enquête journalistique qui a le pouvoir de faire changer les choses.La force de frappe pancanadienne permet d\u2019établir des comparaisons, de voir qui joue le rôle de modèle et qui, tout en bas du tableau, n\u2019affiche rien qui permette de pavoiser.Il sera difficile de faire fi de ces révélations d\u2019importance, qui ont eu lundi des échos jusque dans la presse étrangère.Les conclusions sont troublantes : même si les municipalités interrogées s\u2019en défendent avec vigueur, dans certaines villes, des niveaux de plomb aussi élevés que ceux retrouvés jadis à Flint ont été décelés, qu\u2019on pense à Montréal, à Gatineau ou à Saskatoon par exemple.Le scandale de l\u2019eau potable au Michigan tenait à un changement de source d\u2019approvisionnement.Les niveaux de plomb alors trouvés à Flint sont tout à fait comparables à ceux détectés par le consortium d\u2019enquête.Montréal, avec sa moyenne de 7,3 parties par milliard (ppb), flirte dangereusement avec les niveaux de Flint (7,6 ppb).« Si Montréal était une ville américaine, ce ne serait pas autorisé », tout simplement, note le chercheur Marc Edwards de l\u2019Université Virginia Tech, l\u2019un de ceux qui ont contribué à exposer le scandale de Flint.Depuis les premières révélations du Devoir de juillet dernier sur les niveaux anormalement élevés de plomb dans l\u2019eau des écoles et des effets potentiellement néfastes sur le quotient intellectuel des enfants, les réactions gouvernementales sont passées de la tiédeur absolue à la promesse de recourir à de nouvelles méthodes de dépistage susceptibles de révéler les véritables niveaux de plomb dans l\u2019eau des conduites plutôt que d\u2019en minimiser la teneur.Le Québec a promis un certain réajustement, auquel il faut applaudir.Mais peut-on faire davantage ?Assurément.L\u2019Ontario ouvre la voie avec ses politiques modèles.Ottawa et Gati- neau puisent toutes deux leur eau dans la rivière des Outaouais, mais tandis que la première est championne de la transparence et de l\u2019action diligente, la seconde fait piètre figure.Entre les deux gît une différence nommée Walkerton, où une crise liée à la présence de la bactérie E.coli en 2000 a forcé un redressement majeur des politiques de traitement de l\u2019eau.Le Québec a pourtant connu sa propre crise du plomb dans l\u2019eau en 1992 à Sainte-Agathe-des-Monts, mais ce fut sans suite.Autre province, autres mœurs.Brice Caillié Lettre ouverte à MM.François Legault et Simon Jolin-Barrette Félicitations pour votre nouvelle politique d\u2019immigration.À travers elle, vous démontrez, au pire, une grande incompétence et, au mieux, une méconnaissance profonde du dossier.Vous avez banni les sciences humaines et sociales des domaines d\u2019études permettant d\u2019accéder au Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ).Saviez-vous que les étudiants dans ces filières ont généralement des valeurs humanistes très similaires à celles de votre fameux test des valeurs ?Certes, il est vrai que ces personnes ne produiront pas de richesse dans l\u2019industrie, mais qu\u2019elles seront plus souvent au service de la communauté à travers des organismes communautaires.Vous savez, le genre d\u2019organismes qui font des choses fantastiques pour les populations vulnérables avec des bouts de ficelle, car le financement est réduit chaque année ?Ce type d\u2019étudiant est donc bien évidemment indésirable au Québec.À travers les sciences humaines, vous avez également balayé l\u2019environnement.Pourquoi accueillir des gens qui vous disent qu\u2019une politique environnementale digne de ce nom, c\u2019est un peu plus que de construire un troisième lien pour faire rouler des voitures électriques dessus ?Peut-être que le dérèglement climatique et son effet sur les inondations vous ont forcés à conserver les étudiants en « Hydrologie et sciences de l\u2019eau (MAI) ».Je ne sais pas combien de maîtrises au Québec s\u2019intègrent dans ce domaine, mais en tout cas pas la mienne en sciences géographiques ni mon cursus en général.Pourtant, je dispose d\u2019une expertise pertinente dans ce domaine grâce à mes études.J\u2019ai fait un stage dans un service de prévision des crues et j\u2019ai travaillé pour un organisme de bassin versant.Pire encore, la grande majorité des étudiants de mon ancien laboratoire de recherche à l\u2019Université de Sherbrooke travaille sur la neige et l\u2019eau.Un sujet actuel parmi les autres : « Influence des changements climatiques sur le risque d\u2019exposition des populations humaines à des contaminants microbiens lors de baignade dans les lacs canadiens ».Investissement et intégration Le paroxysme est atteint lorsque l\u2019on regarde du côté investissement et intégration.Le Québec m\u2019a offert 42 000 $ de bourse par l\u2019entremise du Fonds de recherche québécois pour la nature et la technologie.Bon OK, la nature a définitivement pris le bord, toujours est-il que, sans Certificat de sélection du Québec (CSQ), cet investissement profitera à d\u2019autres qu\u2019aux Québécois.Aujourd\u2019hui, mon travail est d\u2019aider le Québec à respecter ses engagements d\u2019Aichi.Vous savez de quoi je parle ?Mais si, les engagements selon lesquels (entre autres), d\u2019ici à 2020, au moins 17 % des zones terrestres seront protégées.On en est où au Québec ?Qu\u2019avez-vous fait depuis votre élection pour, ne serait-ce qu\u2019essayer d\u2019atteindre ce but ?Je collabore ainsi étroitement avec le ministère de l\u2019Environnement et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, je suis marié avec une Québécoise, nous avons des animaux et un appartement, mais je dois avoir de gros problèmes d\u2019intégration.Nous allons probablement quitter le Québec, car je ne crois pas qu\u2019Arrima me permette d\u2019obtenir un CSQ avant l\u2019expiration de mon statut actuel puisque je n\u2019ai pas fait de test de français.Sait-on jamais, des fois que quelqu\u2019un aurait écrit mon mémoire à ma place ou que j\u2019aurais envoyé mon frère à l\u2019école à ma place durant toute ma scolarité.Pour tester mon expression orale, Messieurs les Ministres, je vous invite à m\u2019appeler personnellement, on pourra jaser un peu.Évidemment, je vous parle de moi, car c\u2019est l\u2019exemple criant que j\u2019ai sous les yeux de votre brillante politique migratoire.Comprenez bien cependant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une illustration et que je ne suis pas seul.Des centaines, voire peut- être des milliers de personnes sont dans une situation similaire à la mienne.Charlebois, 40 ans plus tard Il y a environ une quarantaine d\u2019années, j\u2019ai vu pour la première fois, l\u2019enfant terrible des Québécois, Robert Charlebois.Ce jeune homme, qui venait tout juste de sortir de l\u2019adolescence et qui avait la chevelure bouclée comme le petit saint Jean-Baptiste de nos défilés du 24 juin, incarnait tous nos espoirs.Le spectacle a eu lieu au domaine de l\u2019Estérel à Sainte-Marguerite- du-Lac-Masson à 1 h 20 au nord de Montréal.Si je prends la peine de vous spécifier l\u2019endroit, c\u2019est que je m\u2019en souviens comme si c\u2019était hier.Je ne vous cacherai pas que ce show a changé ma vie.Ce précurseur d\u2019une génération par sa musique et son espièglerie a bouleversé notre société.Ce jeune homme qui a aujourd\u2019hui 20 ans à quelques reprises a toujours la flamme.Dans son spectacle CharleboisScope, il scintille dans toute sa splendeur.Il est peu commun de voir des fans de toutes générations confondus se lever de leurs sièges au Grand Théâtre et danser comme des enfants heureux de se voir à travers cette icône.Les symboles graphiques du CharleboisScope apportent une contribution plus que tonifiante au spectacle.Alors, si vous n\u2019avez pas vu ce show, vous êtes passé à côté d\u2019une grande joie qui jaillit du cœur.Ma conjointe m\u2019a confié que c\u2019était l\u2019une des rares fois où elle avait vu mon bonheur se transposer en pas de danse.Michel Houle Québec, le 3 novembre 2019 Nous allons probablement quitter le Québec LIBRE OPINION LETTRES PLOMB DANS L\u2019EAU Flint en Canada FUITE CHEZ DESJARDINS Plus rien comme avant e président de Desjardins, Guy Cormier, a révélé, vendredi, que ce ne sont pas 2,7 millions de membres de l\u2019institution financière qui furent les victimes d\u2019un vol de leurs renseignements personnels, mais bien la totalité de ses membres, soit 4,2 millions de personnes.Comme l\u2019écrivait La Fontaine dans sa fable Les animaux malades de la peste, « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».Tous égaux dans le malheur, pourrait-on ajouter, ce qui, dans un sens, correspond à l\u2019esprit qui peut animer le mouvement coopératif dans les circonstances, mais ce qui ne peut apporter une quelconque consolation.Desjardins n\u2019avait aucune idée que ce vol de renseignements personnels, commis présumément par un simple employé de l\u2019institution, avait fait davantage de victimes.Guy Cormier a indiqué que c\u2019est la Sûreté du Québec qui l\u2019avait informé jeudi du nouveau décompte et non pas les services de sécurité informatique de Desjardins.Tout comme les autres victimes, ces membres auront accès, gratuitement et pendant cinq ans, à un service de surveillance et d\u2019alerte de leur dossier de crédit fourni par la filiale canadienne de la société américaine Equifax.Au dire de Desjardins, Equi- fax serait en mesure de répondre à la demande et, après quelques bavures, elle pourrait même le faire en français.Surtout, Desjardins offre sa propre protection à ses membres : pour leurs avoirs qui lui sont confiés et leurs transactions financières.Les transactions visant d\u2019autres institutions financières ne sont pas protégées, mais Desjardins rembourse certains frais engagés pour remédier à une usurpation d\u2019identité.La vulnérabilité de Desjardins et l\u2019ignorance dont le mouvement a fait preuve relativement à ce qui se passe en ses murs soulèvent bien des questions.« Le risque zéro n\u2019existe pas », a répété son président.Osons tout de même espérer que l\u2019institution a eu sa leçon.Le gouvernement Legault a l\u2019intention de présenter cet automne un projet de loi pour encadrer les agences de crédit : c\u2019est loin d\u2019être suffisant.Un autre projet de loi est en préparation afin de revoir en profondeur la loi sur la protection des renseignements personnels.Guy Cormier a lui-même plaidé pour l\u2019abandon des numéros d\u2019assurance sociale, un système dépassé, et l\u2019instauration d\u2019une identité numérique.Les partis d\u2019opposition voudraient qu\u2019une commission parlementaire examine ces enjeux.Compte tenu des préoccupations de millions de Québécois, un tel exercice s\u2019impose.ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD ROBERT DUTRISAC Rapport tabletté J\u2019apprends qu\u2019un rapport d\u2019enquête remontant à 2010 avait alerté les libéraux siégeant à Québec sur les graves lacunes de gestion prévalant à la Commission scolaire English- Montréal (CSEM).Il y était notamment recommandé de mettre sous tutelle l\u2019organisme, ni plus ni moins.Il est compréhensible que les troupes de Jean Charest n\u2019aient pas puni la CSEM à l\u2019époque, les anglophones votant massivement pour elles, mais comment se fait-il que le Parti québécois, qui a pris le pouvoir en septembre 2012, n\u2019ait rien fait de son côté pendant 19 mois?Le rapport leur serait-il passé sous le nez, gracieuseté des libéraux?Espérons que les caquistes, eux, sauront remédier à la situation en mettant au pas la CSEM.Sylvio Le Blanc Montréal, le 4 novembre 2019 L L A 9 LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy, Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Le droit pour le plus fort L e Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie « essais » a été attribué cette année au livre Le droit du plus fort, d\u2019Anne-Marie Voisard.Un ouvrage qui dénonce l\u2019univers oppressant du droit.Un univers où les tribunaux peuvent être pervertis pour faire taire.Le livre relate la saga judiciaire entreprise par de grandes sociétés multinationales contre l\u2019auteur et l\u2019éditeur du livre Noir Canada, un livre écrit par Alain Deneault qui jetait un regard critique sur les faits et gestes de grandes sociétés minières canadiennes.Anne-Marie Voisard était aux premières loges.Œuvrant au sein d\u2019Écosociété, la maison d\u2019édition qui a publié Noir Canada, elle a subi avec d\u2019autres la multiplication de procédures, la surveillance et les longs interrogatoires dans le cadre de recours où l\u2019on réclamait des sommes démesurées.Elle relate toutes sortes de gestes émanant d\u2019entreprises voulant à tout prix casser les critiques développées dans un livre qui, pour l\u2019essentiel, reprenait des faits troublants déjà mis en lumière par plusieurs observateurs.L\u2019affaire Noir Canada a constitué un catalyseur qui a amené le législateur québécois à adopter une législation sur les poursuites abusives.Une loi censée rétablir l\u2019équilibre entre ceux pour qui le recours aux tribunaux est une mini-dépense déductible d\u2019impôts et ceux qui sont susceptibles d\u2019y laisser leur dignité.À l\u2019usage, on s\u2019est rendu compte que ces protections contre les recours abusifs sont au mieux dérisoires.Procédures sans limites La procédure judiciaire est en effet « un ressort pour les assauts répétés du pouvoir, sa bêtise obstinée et ses efforts pour inventer sans cesse des exigences absurdes ».L\u2019au- teure évoque combien il est facile d\u2019y multiplier les allégués et de s\u2019en réclamer ensuite pour multiplier les interrogatoires sans fin et les demandes de documents.Des requêtes qui surviennent en dehors de toute forme de gestion de l\u2019instance et surtout en l\u2019absence d\u2019une quelconque médiation de la part d\u2019un juge.Car ce qui frappe dans cette saga est le temps qu\u2019il faut pour arriver à l\u2019étape où un juge pourra examiner les prétentions des protagonistes, sonner la fin de la récréation et exiger que l\u2019on s\u2019en tienne à des demandes qui ont un rapport démontrable avec les questions en litige.L\u2019auteure observe qu\u2019aucun critère ne permet d\u2019apprécier la légitimité des multiples demandes qui peuvent survenir dès lors qu\u2019une partie a enclenché une procédure.Anne-Marie Voisard montre à quel point «le dispositif judiciaire, dont on aurait été en droit d\u2019espérer qu\u2019il tende à atténuer les déséquilibres entre les parties, introduit, voire exacerbe entre les justiciables des dissymétries insurmontables.» Les critiques sur les dérives associées à la gestion de l\u2019instance civile par les avocats sans intervention du juge sont saisissantes.Alors que le livre Noir Canada aligne des faits troublants et revendique que les autorités canadiennes fassent la lumière, les poursuivants lui reprochent de ne pas avoir fait un travail selon les méthodes d\u2019établissement des faits qui sont attendues d\u2019un « journaliste raisonnable ».On mobilise les discours (parfois excessifs) sur l\u2019éthique journalistique pour fonder des demandes et interrogatoires- fleuves qui se solderont par la suppression du livre de l\u2019espace public.Les règlements à l\u2019amiable Car ce « droit du plus fort » ne s\u2019impose pas tellement par les procès et le propos des juges.Il se manifeste en amont, au cours des étapes préalables au procès qui peuvent durer assez longtemps pour venir à bout des ressources des parties les plus faibles.Surtout, il se manifeste dans cette justice qui se présente de plus en plus comme une justice « négociée ».Faisant écho à ce supposé changement de culture enchâssé en 2016 dans la révision du Code de procédure civile du Québec, l\u2019auteure démonte les travers de ces prétentions à une justice « participative », cette idée qui séduit aussi bien les tenants ultra-libéraux de la bonne gouvernance, « pressés d\u2019assigner un rôle réduit aux tribunaux étatiques », que les progressistes à la recherche d\u2019une justice alternative, moins autoritaire et à visage humain.Devant l\u2019ampleur des obstacles que ceux qui en ont les moyens sont en mesure de dresser sur le chemin conduisant au juge, les plus faibles n\u2019ont pratiquement d\u2019autre choix que de se résoudre à la recherche d\u2019un règlement du litige en dehors du regard du juge.Dans le cas de Noir Canada, l\u2019incertitude du droit découlant notamment du caractère excessif des lois censées protéger la réputation, conjuguée à la disproportion des moyens, a contribué à pousser le procès vers des « modes alternatifs » de règlement.Le récit d\u2019Anne-Marie Voisard permet de constater l\u2019effet concret de ces processus « alternatifs ».Ils ont bel et bien livré le résultat recherché par ceux qui étaient résolus à faire censurer le livre Noir Canada.Dans une troublante déclaration commune annonçant le règlement à l\u2019amiable de la poursuite, on peut lire que « Écosociété met fin à la publication et à l\u2019impression de Noir Canada et a effectué un paiement significatif à Barrick ».En somme, le système judiciaire aura permis d\u2019épuiser assez longtemps les auteurs et l\u2019éditeur pour obtenir le retrait du livre controversé.Le système judiciaire est ainsi configuré que le juge arrive trop tard, lorsque les forces de la partie la plus faible sont à bout de souffle.Le système ne permet pas de départager les prétentions, il fonctionne de manière à épuiser les parties les plus faibles.Ce sont ces dysfonctionnements que décortique le livre d\u2019Anne-Marie Voisard.Un ouvrage qui passionnera ceux qui s\u2019interrogent sur les limites du droit et du système judiciaire dans la société contemporaine.C\u2019est surtout un propos qui invite les juristes à une saine humilité.Isabelle Boisclair Professeure d'études littéraires et culturelles à l'Université de Sherbrooke « Quand des hommes lisent des textes de Femmes, ils se préparent à subir des choses sentimentales, des rêveries de jeunes filles qui ne savent rien du monde », écrit Madeleine Ouellette- Michalska dans le numéro spécial de Liberté sur « La femme et l\u2019écriture » (1976).Elle fait référence à un article de Jean Basile publié dans Le Devoir en avril 1975, intitulé «Encore un roman rébarbatif qu\u2019il aura fallu lire!».Dans sa critique de New Medea de Monique Bosco, le critique avoue candidement : « Chaque fois que je lis le livre d\u2019une femme, de Marie-Claire Blais à Anaïs Nin, je sens fatalement que quelque chose m\u2019échappe.» Entre 1975 et 1980, plusieurs critiques masculins expriment leur malaise \u2014 quand ce n\u2019est pas du mépris \u2014 et plusieurs femmes prennent la plume pour leur répondre et défendre leurs consœurs, posant ainsi un jalon menant à ce qu\u2019on appellera d\u2019abord une «critique-femme».Ainsi en est-il d\u2019un article de Louise Dupré au titre sans équivoque : « L\u2019urgence d\u2019une critique féministe» (Le Devoir, 1979).Sa lettre s\u2019attaque au paternalisme du critique Robert Melançon dans son compte rendu d\u2019un texte de France Théoret: «Que ceux qui ne comprennent pas l\u2019écriture des femmes aient du moins la décence de se taire.Le temps est venu pour eux de céder la parole à une critique féministe qui verra dans le désir des femmes autre chose que «la pire sentimentalité» et qui sondera la santé de l\u2019écriture au féminin autrement que sur «une baisse progressive de tension» comme des docteurs.» C\u2019est ainsi que se met en place une critique qui déplace le cadre de lecture et le regard tout à la fois.Les années 1979 et 1980 sont des années décisives à cet égard: 1979 est la date de publication du premier essai de critique-femme publié au Québec, D\u2019elles, de Suzanne Lamy ; en septembre 1980, Spirale publie un numéro spécial intitulé «Les femmes et la critique ».À partir de ce moment et au cours des années suivantes, le champ s\u2019ouvre sur de nouvelles réalités ; ce sont aussi les années qui verront fleurir le postmodernisme, dont une des valeurs primordiales est l\u2019hétérogénéité.Cette ouverture sera favorable aux femmes et à leurs écrits.Mais voilà, être reçue et reconnue est une chose, avoir le pouvoir de reconnaître et de légitimer en est une autre.Aussi les femmes investissent peu à peu le monde du livre.Entre-temps, deux maisons féministes ont été fondées: La Pleine Lune, en 1975 \u2014 qui délaissera peu à peu ce créneau à compter de 1992 \u2014, et Les éditions du remue-ménage, en 1976.Avec la critique, la mise en place de maisons d\u2019édition féministes contribue à faire augmenter la valeur des textes écrits par des femmes.Ils sont maintenant attendus, voire recherchés : un lectorat s\u2019est constitué.Hors du créneau féministe spécialisé, de plus en plus de femmes s\u2019invitent dans les maisons d\u2019édition et dans différentes instances du champ, changeant ainsi le paysage à mesure qu\u2019elles conquièrent le pouvoir suffisant pour en infléchir les valeurs, soit à mesure qu\u2019elles se font plus nombreuses au sein des organisations : la parole a plus de poids lorsqu\u2019elle est partagée par plusieurs.Sexualité Cela ne veut pas dire que tout est gagné.On pourrait évoquer la difficile réception, au tournant des années 2000, des textes autofictionnels des femmes en ne prenant pour exemple que Nelly Arcan.Dans les nombreuses entrevues qu\u2019elle a accordées, il semblait plus intéressant, pour les critiques, de parler d\u2019elle plutôt que de son écriture, même si elle-même n\u2019avait de cesse de recentrer son discours sur celle-ci.Il est vrai que la sexualité est au cœur de ses écrits, ce qui, en soi, dérange, mais plus encore, ce qu\u2019elle raconte dé- construit le récit phallocentré sur lequel reposent les scénarios sexuels dominants.Écrire la sexualité, c\u2019était, pour les femmes autofictionnaires, une façon de se la réapproprier, après qu\u2019elle eut fait l\u2019objet de tant de fantasmes masculins; une façon d\u2019affirmer leur subjectivité.Ces dernières années, où paraissent des œuvres mettant en scène des personnes homosexuelles, bisexuelles, pansexuelles, trans*, écrites par autant d\u2019auteurs et d\u2019autrices provenant souvent elleux-mêmes de ces « communautés », c\u2019est par l\u2019avènement du queer que le paysage change.Si les femmes ont proposé de nouvelles façons d\u2019être un homme ou une femme, le queer suggère qu\u2019on puisse refuser de devenir l\u2019un ou l\u2019autre ; qu\u2019on puisse s\u2019inventer hors des normes.Évidemment, le climat s\u2019est adouci ; le discrédit quasi systématique de l\u2019écriture des femmes, la disqualification hargneuse ne se font plus entendre.Cela ne veut pas dire que le temps soit toujours au beau fixe et qu\u2019on ne leur fasse pas sentir, à quelques occasions, leur différence.Dans un entretien au Monde en 2006, David Homel qualifie la littérature québécoise de «tranquille» et attribue cette fadeur au fait que la majorité des lecteurs, qui commandent l\u2019horizon d\u2019attente, sont des lectrices.En 2017, dans Le Devoir, le critique littéraire Christian Desmeules évoque « le mystère féminin ».On ne croyait pas qu\u2019une telle chose soit encore possible.À coup sûr, les lectrices se demandent encore de quel mystère il est question.Plus récemment, Mathieu Bélisle, dans un numéro de la revue L\u2019Inconvénient posant la question « L\u2019art doit-il être moral ?», fait écho aux propos de Basile de 1975.À propos de sa lecture de L\u2019événement d\u2019Annie Ernaux, il formule cet aveu : « [j] e ne sais pas si je dois avoir honte de le dire, j\u2019avais l\u2019impression de m\u2019avancer [\u2026] sur un terrain qui ne m\u2019appartenait pas, d\u2019aborder un sujet que je ne comprenais pas, ou plutôt : que je ne pouvais pas comprendre de l\u2019intérieur ».Il n\u2019a certes pas à avoir honte, mais on se demande ce que ces hommes croient que les femmes «font» avec les œuvres écrites par des hommes.Elles se trouvent aussi sur un «terrain qui ne leur appartient pas» \u2014 encore que: ne foulons- nous pas le même sol?Il ne s\u2019agit par ailleurs que de lire non pas pour se métamorphoser en l\u2019autre, mais bien pour s\u2019en approcher.N\u2019est-ce pas ce que l\u2019on dit toujours à propos des potentialités de la littérature Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Écrire dans l\u2019adversité Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue Liberté, automne 2019, no 325.Thomas Maxwell Candidat au doctorat et chargé de cours, Département de communication sociale et publique, UQAM Sur la base de sa promesse électorale de soumettre tout nouvel arrivant à un « test des valeurs », le gouvernement caquiste va donc de l\u2019avant en précisant les conditions d\u2019obtention de l\u2019attestation d\u2019apprentissage des valeurs démocratiques et des valeurs québécoises.L\u2019agitation médiatique qu\u2019avait provoquée ce thème de campagne, tout comme l\u2019avait fait la charte des valeurs proposée par le Parti québécois, témoigne de la volonté des gouvernements de fonder et de figer dans un texte, ou dans la réussite d\u2019un test, la « connaissance » des valeurs de la société d\u2019accueil.Quelle est, dans cet objectif, la pertinence d\u2019évaluer cette connaissance par un test ?Cette question mérite qu\u2019on s\u2019y attarde.La proposition du gouvernement s\u2019apparente à une proposition simpliste et systématique à une question complexe qui doit être analysée dans sa forme avant de succomber à la justification inepte du « pour ou contre ».En effet, faire passer un test des valeurs c\u2019est évaluer l\u2019Autre sur ce que nous (nous entendons ici un nous qui prétend représenter la majorité des citoyens québécois) valorisons.Comme le suggérait le philosophe John Dewey, nous évaluons lorsque nous soumettons nos appréciations immédiates à notre réflexion en nous interrogeant sur la valeur de quelque chose en lien ou en opposition à autre chose.Ainsi, l\u2019égalité entre les femmes et les hommes, explicitement revendiquée par le ministre de l\u2019Immigration, est-elle avant tout le fait d\u2019une évaluation consistant à mettre en lien l\u2019égalité d\u2019un sexe par rapport à l\u2019autre.La laïcité quant à elle, consiste à évaluer la neutralité religieuse par opposition à la pratique religieuse (port de signes religieux) chez les personnes en position d\u2019« autorité ».Rien n\u2019est évidemment condamnable dans la volonté de réaffirmer ces valeurs, et suivre un cours de 24 heures nous apparaît beaucoup plus fécond et riche sur le plan de l\u2019apprentissage qu\u2019un test.Pourquoi ?Si nous reprenons l\u2019idée d\u2019une évaluation qui consiste à valoriser quelque chose en lien ou par opposition à autre chose, il est fort probable que beaucoup de nouveaux arrivants apprécient de manière immédiate la valeur « vouloir s\u2019établir dans la société québécoise » en lien avec la peur d\u2019échouer au test, incitant le participant à se conformer à la réponse qu\u2019on attend de lui.Et c\u2019est là que le problème réside : le test réduit automatiquement ces valeurs à un niveau instrumental et normatif et n\u2019aborde pas la question plus importante de la valeur qu\u2019on attribue à un principe (qu\u2019il s\u2019agisse de la laïcité ou de l\u2019égalité) dans des contextes d\u2019évaluation spécifiques (politique pour le gouvernement et stratégique ou économique pour les nouveaux arrivants).D\u2019ailleurs à cet égard, la sociologie pragmatique nous invite à nous intéresser prioritairement non pas au résultat des évaluations, c\u2019est-à-dire à ce que le gouvernement pense que la majorité des Québécois valorise, mais au processus d\u2019évaluation lui-même.Ce processus étant pour le gouvernement d\u2019organiser l\u2019action d\u2019évaluer, c\u2019est-à- dire l\u2019action de nous faire évaluer ce test comme nécessaire et impératif.Les valeurs se vivent dans l\u2019expérimentation individuelle et collective, et ne sont pas le simple produit d\u2019un partage idéologique et historique de notre identité (ce que nous sommes ou voulons être) même si des traits distinctifs durables peuvent être repérés.Elles s\u2019imposent d\u2019elles-mêmes sans qu\u2019on ait besoin de les connaître ou les réciter.Ramener les valeurs de la société québécoise au rang d\u2019une connaissance à acquérir, les instrumentalise et les fragilise dans leur capacité à faire autorité.IMMIGRATION La valeur du test des valeurs PIERRE TRUDEL JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MARDI 5 NOVEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 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612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE Hillary Clinton contre Donald Trump, acte II ?La candidate déchue prépare-t-elle sa revanche ?À droite comme à gauche, certains veulent le croire our quelqu\u2019un qui n\u2019est pas dans la course en vue de la prochaine élection présidentielle, Hillary Clinton ne manque pas de visibilité sur la scène politique américaine depuis plusieurs semaines.Oui, la campagne de promotion du livre qu\u2019elle a coécrit avec sa fille, Chelsea, The Book of Gutsy Women, qui relate la vie de femmes courageuses, ré- silientes et inspirantes, explique en partie le regain d\u2019intérêt médiatique pour la candidate déchue face à Donald Trump en 2016.Mais il y aurait un peu plus.À un an du prochain scrutin et alors que la course à l\u2019investiture démocrate peine à faire émerger une candidature rassembleuse et suffisamment forte pour placer le milliardaire américain sur un siège éjectable en 2020, l\u2019ex-se- crétaire d\u2019État alimente aussi, avec une certaine intensité, le fantasme d\u2019une revanche officielle entre elle et l\u2019actuel président des États-Unis.Un ultime combat face aux urnes.« Elle se lance dans la course, a assuré l\u2019ex-conseiller de Donald Trump, Stephen Bannon, au début du mois d\u2019octobre sur les ondes du réseau Fox Business, donnant du carburant à une rumeur qui, depuis, se fait de plus en plus persistante.Elle essaye juste de voir comment elle va faire son entrée.» Au temps de l\u2019interprétation, les faits pourraient donner l\u2019impression en effet de s\u2019accumuler pour confirmer la thèse, tant Mme Clinton multiplie les présences et les déclarations fortes pour maintenir sa présence dans l\u2019agenda médiatique.Encore vendredi soir dernier à New York, lors d\u2019une présentation publique du documentaire de Netflix The Great Hack \u2014 sur le scandale Cambridge Ana- lytica qui s\u2019est joué lors des élections de 2016 \u2014, elle a forcément attiré les regards en sermonnant publiquement Mark Zuckerberg.Elle estime en effet que le patron de Facebook « devrait payer le prix » pour les dommages qu\u2019il est en train de causer à la démocratie.Il s\u2019est fait complice de ce « grand piratage », qui a mis la manipulation de données au service de la manipulation de l\u2019opinion publique au profit des républicains, et coûté la présidence, probablement, aux démocrates.Comme si ce n\u2019était pas assez, M.Zuckerberg a également soulevé l\u2019ire dans plusieurs cercles d\u2019initiés, la semaine dernière, en n\u2019interdisant pas sur son réseau aux 2,45 milliards de fidèles la publicité politique faisant usage de faux et de mensonges, afin de préserver les vrais revenus que ces campagnes de communication nauséabondes et mesquines lui rapportent.L\u2019ex-tête d\u2019affiche des démocrates a donné l\u2019impression d\u2019être en campagne jeudi dernier, en participant à un numéro comique dans l\u2019esprit d\u2019Halloween lors du Daily Show sur les ondes de Comedy Central.Elle y raconte comment le « bonhomme orange » a réussi à entrer dans la « Maison » avec l\u2019aide du mé- chant «collège électoral», à la manière des récits d\u2019épouvante qui se partagent, lampe de poche sous le menton, au coin du feu.En 2016, Mme Clinton a récolté, en frappant aux portes de l\u2019Amérique, trois millions de votes de plus que Donald Trump, mais la configuration électorale étant ce qu\u2019elle est aux États-Unis, c\u2019est l\u2019ex-vedette de la téléréalité qui a reçu les clés du bureau ovale.La veille, lors d\u2019une conférence à la faculté de droit de l\u2019Université Georgetown, Bill, son mari, est venu nourrir les conjectures en répondant avant elle à une question plutôt champ gauche du public sur l\u2019appui du couple à l\u2019équipe de baseball des Nationals de Washington, actuellement dans les séries mondiales.« Je crois que je devrais répondre en premier, a dit l\u2019ancien président américain, puisque je suis le seul qui ne se présente pour rien.Elle, elle peut se présenter ou pas pour quelque chose.Moi, légalement, je ne peux plus me présenter à la présidence.» Reviendra ?Reviendra pas ?« Étant donné le personnage, ce n\u2019est pas un scénario à exclure totalement, résume à l\u2019autre bout du fil le politicologue Pierre Martin, directeur de la Chaire d\u2019études politiques et économiques américaines de l\u2019Université de Montréal, même si cela paraît très lointain et peu probable pour 2020.Pour rester visible, pour la bonne marche de ses activités de conférencière et de responsable d\u2019une fondation, pour vendre des livres, elle a un intérêt personnel à entretenir les doutes sur ses intentions, à garder cette porte ouverte, de manière mystérieuse, sans en parler ouvertement.» Et elle ne serait d\u2019ailleurs pas la seule à en tirer des avantages.« Ce sont les républicains et la droite américaine qui font circuler ce genre de rumeurs pour amplifier le malaise actuel qu\u2019il y a du côté démocrate », estime Jean- François Drolet, professeur à l\u2019École de politiques et de relations internationales de la Queen Mary University de Londres, au Royaume-Uni.Malaise parfois angoissant face à une course à plusieurs pas très enlevante, précise-t- il, pour se choisir un candidat à opposer à Donald Trump.Après avoir dévoilé la semaine dernière un sondage plaçant Elizabeth Warren en tête des primaires de l\u2019Iowa, qui doivent se jouer le 3 février prochain \u2014 avec Joe Biden relégué à la quatrième place \u2014, The New York Times a exposé lundi une autre mesure d\u2019opinion qui montre qu\u2019un Joe Biden, un Bernie Sanders ou une Elizabeth Warren n\u2019arriveraient pas à déloger Donald Trump facilement dans des États clés comme le Michigan, l\u2019Arizona, la Floride ou la Caroline du Nord.Malgré les « affaires » qui lui collent à la peau.« L\u2019ascension de la gauche au sein des démocrates est alarmante pour plusieurs membres modérés de ce parti, dit Jean-François Drolet.Ils estiment que, sur papier, Trump devrait être facile à battre, mais que pour cela, il leur faut un candidat capable de faire le pont entre la gauche et la droite à l\u2019intérieur du parti, ce qu\u2019Hillary Clinton peut incarner, en tout cas, mieux qu\u2019Elizabeth Warren.» « Il y a toujours des inquiétudes dans les investitures », ajoute M.Martin, qui rappelle que le candidat qui va sortir des primaires démocrates va le faire avec une stature et des appuis qui ne peuvent, un an avant le scrutin, prédire sérieusement le résultat du vote.« Hillary Clinton a démontré en 2016 qu\u2019une candidature forte et claire n\u2019est pas le gage d\u2019une victoire assurée.À l\u2019inverse, beaucoup de doutes ont été exprimés sur la candidature de Bill Clinton en 1992, face à un George Bush qui a été battu.» Tout n\u2019est donc que suppositions et jeux de coulisses abordés avec opportunisme par la droite américaine.« Hillary Clinton prépare quelque chose, écrivait en juillet dernier le chroniqueur conservateur Michael Goodwin dans le New York Post.Cinq fois, rien que dans le dernier mois, elle a envoyé des courriels pour vanter le travail de son comité électoral dans sa campagne contre Donald Trump.» Alors que dans la garde rapprochée de la principale intéressée, c\u2019est le pragmatisme qui règne.Cette rumeur, « c\u2019est une création de Bannon », a décrit Philippe Reines, conseiller en communication de Mme Clinton depuis des lunes, dans les pages du quotidien politique The Hill, le 23 octobre dernier.Le ratio entre sa conviction profonde et sa volonté de semer la pagaille est difficile à établir.Mais de toute évidence, il n\u2019a aucune source.» Et pas de sources fiables au sein du Parti démocrate, où « les forces qui résisteraient à une candidature de Mme Clinton sont encore très fortes, dit M.Martin.Les conditions de sa défaite en 2016 n\u2019ont pas disparu.Sans compter que l\u2019électorat américain ne serait pas enchanté par cette même proposition », conclut-il.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Clinton et les autres Le malaise perceptible dans le camp démocrate en vue du scrutin de 2020 ne fait pas que faire remonter à la surface le nom d\u2019Hillary Clinton, comme arme potentiellement plus dangereuse que celles qui se battent dans l\u2019actuelle primaire démocrate, pour s\u2019assurer de déloger Donald Trump de la Maison- Blanche.Il y a quelques jours, le New York Times relatait en effet une rencontre de grands donateurs du parti où la question de ce « quelqu\u2019un d\u2019autre » capable de faire tourner la joute à venir au profit des démocrates a été évoquée.D\u2019autres noms ?Michelle Obama.La femme de l\u2019ex- président jouit d\u2019une popularité redoutable et d\u2019un charisme évident, qui pourraient venir changer la tonalité de la course et galvaniser les foules, avec une entrée tardive dans ces primaires, selon eux.Michael Bloomberg.Tout comme Hillary Clinton, l\u2019ancien maire de New York aurait dit en privé dans les dernières semaines que, si ses chances de remporter les primaires démocrates devenaient bonnes, il évaluerait alors la possibilité de faire son entrée dans la course.Un commentaire toutefois assez ambigu pour garder une porte ouverte tout en laissant le soin à d\u2019autres de la fermer.John Kerry.L\u2019ancien secrétaire d\u2019État a longtemps hésité avant de se lancer dans la course et aurait été déçu par les faux pas de Joe Biden dans cette investiture en marche.Il aurait été aussi pressenti par des ténors du parti pour une candidature tardive.Mais il reste persuadé, selon ses proches, que l\u2019ex-vice-président est toujours le bon candidat pour redonner le pouvoir aux démocrates.Hillary Clinton MARY ALTAFFER ASSOCIATED PRESS P "]
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