Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (7)

Références

Le devoir, 2019-11-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" a santé numérique est un concept large : « Ça couvre entre autres ce qu\u2019on appelait autrefois la cy- bersanté, mais aussi la science des mégadonnées et l\u2019application d\u2019algorithmes sur ces données via l\u2019intelligence artificielle », explique Yves Joanette, professeur à l\u2019École d\u2019orthophonie et d\u2019audiologie de la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal.De la conception à l\u2019application d\u2019outils numériques, la santé numérique inclut également l\u2019étude des répercussions de la technologie, autant sur les plans éthique, politique que sociétal.Les exemples de recherches dans ce domaine à l\u2019Université de Montréal sont multiples.Cela va de l\u2019utilisation de l\u2019intelligence artificielle pour développer de nouveaux médicaments plus rapidement et plus précisément à la médecine personnalisée développant des traitements spécifiques à des sous-groupes de patients.Les chercheurs en santé publique ont recours aux données massives pour surveiller la santé de la population, mais en santé animale, l\u2019intelligence artificielle pourrait aussi aider à repérer l\u2019émergence de maladies et ainsi éviter d\u2019avoir à administrer des antibiotiques de façon préventive.Le développement d\u2019applications en santé mentale pourrait par ailleurs permettre le monitorage de l\u2019état d\u2019un patient et aider à détecter de façon précoce les maladies en santé mentale.Devant la multiplicité des recherches touchant à ce domaine, l\u2019idée d\u2019une structure fédératrice a émergé à l\u2019Université de Montréal, une des seules universités au Canada regroupant toutes les disciplines des domaines de la santé, humaine comme animale.« L\u2019Université a aussi des forces évidentes avec ses écoles affiliées, comme Polytechnique, et dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle, avec MILA [Institut québécois d\u2019intelligence artificielle].Cette combinaison de forces est assez unique », explique le Dr Joanette, directeur du Consortium santé numérique depuis le 1er septembre.Le consortium est d\u2019ailleurs teinté de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l\u2019intelligence artificielle, à laquelle plusieurs professeurs de l\u2019UdeM ont participé.« Les différentes facultés de l\u2019Université de Montréal, ses écoles et centres de recherche affiliés ne sont pas organisés de façon optimale pour travailler ensemble sur des domaines qui les touchent tous, comme celui de la santé numérique.C\u2019est pourquoi il est apparu important de proposer l\u2019ajout d\u2019une structure afin de favoriser les échanges et le développement en santé numérique », explique le Dr Joanette.Rassemblant les différentes facultés, institutions et centres de recherche affiliés à l\u2019Université de Montréal ayant un intérêt en santé numérique, le Consortium santé numérique, créé au printemps dernier, cherchera à mieux soutenir, coordonner et planifier la recherche et la formation sur cette thématique.L\u2019idée de ce consortium a été inspirée par le plan d\u2019action de l\u2019Université de Montréal lancé en 2016, qui visait la création du Laboratoire d\u2019innovation.Ce laboratoire avait comme mission de déterminer des thématiques transversales à mettre en avant et à pérenniser.La santé numérique est ainsi apparue comme un domaine important pour l\u2019ensemble des acteurs. experts en reconstruction de l\u2019identité \u2014, ainsi que des ingénieurs spécialisés en modélisation et en impression 3D, voire des artistes numériques.L\u2019un des volets consiste à développer avec la réalité augmentée un « miroir magique pour se projeter dans l\u2019avenir », explique Jacques A.De Guise.De plus, le chercheur collabore avec des économistes et des décideurs du secteur de la santé afin de s\u2019assurer que les solutions trouvées pourront ensuite être mises en opération.« C\u2019est une de mes plus grandes expériences depuis que je fais de la recherche », signale le chercheur.Pourtant, Jacques A.De Guise a une longue feuille de route.La veille, lors d\u2019un colloque sur les écosystèmes d\u2019innovation ouverte et la recherche collaborative en technologies médicales qui se tenait au CHU Sainte-Justine, il a été présenté comme un pionnier au Québec dans l\u2019approche du laboratoire vivant.L\u2019ingénieur a raconté la genèse du Laboratoire en recherche en imagerie et en orthopédie, qu\u2019il dirige à l\u2019ETS depuis près de 25 ans.« Comme on n\u2019a pas de faculté de médecine, il fallait être un peu audacieux pour travailler en milieu hospitalier », considère-t-il.Dans tous ses projets de conception d\u2019outils, de dispositifs ou de modalités d\u2019intervention, les idées viennent de partenaires cliniques ou industriels et son laboratoire travaille avec des usagers des innovations.« Depuis des années, on parle de recherches centrées autour du patient, a-t-il soulevé.Dans notre cas, le défi, c\u2019est de voir comment le patient peut devenir un partenaire de recherche, voire un expert à part entière dans les équipes de recherche.» Il souligne l\u2019importance d\u2019intégrer des décideurs du système de santé dès la genèse d\u2019une démarche.« Il faut s\u2019assurer que ces personnes sont au courant des processus d\u2019innovation et des nouveaux projets pour ne pas surprendre le système avec de nouvelles technologies », insiste-t-il.Il suggère par ailleurs d\u2019abandonner le modèle dans lequel le rôle du chercheur universitaire se révèle important au départ, mais s\u2019estompe au fur et à mesure du développement de l\u2019innovation vers une commercialisation ou un transfert dans le milieu.Il propose plutôt un autre modèle, qu\u2019il nomme « l\u2019ADN de l\u2019innovation ouverte ».Dans celui- ci, « le chercheur, en partenariat avec différents acteurs cliniques, industriels et la communauté citoyenne, accompagne l\u2019entièreté du processus d\u2019innovation, de commercialisation et de premiers usages d\u2019une technologie ».Le parcours demeure néanmoins parsemé de défis.Carl-Éric Aubin, directeur général et scientifique de l\u2019Institut TransMedTech, a utilisé l\u2019image d\u2019un jeu de serpents et échelles pour illustrer le chemin entre l\u2019émergence d\u2019une idée et son implantation dans le système de santé.« Il y a plus de serpents que d\u2019échelles », précise-t-il.Pour « ajouter quelques échelles », l\u2019Institut TransMedTech, piloté par Polytechnique Montréal, soutient la création de technologies médicales à travers une approche de laboratoire vivant.« À chacune des étapes, on amène très tôt toutes les parties prenantes à revoir ensemble un projet pour faire ce qu\u2019on fait rarement dans une université : regarder le plan d\u2019affaires, le marché, les enjeux réglementaires et les aspects stratégiques en lien avec le développement.» Financé à hauteur de 95 millions par les différents organismes subvention- naires, cet institut créé en 2017 a déjà soutenu 47 projets en codéve- loppement.« Ce sont des projets qui parfois peuvent impliquer jusqu\u2019à huit partenaires différents.» Quand les collaborations prennent une dimension internationale, le degré de difficulté augmente.Pierre- Jean Arnoux, de l\u2019Institut français des sciences et technologies des transports, de l\u2019aménagement et des réseaux, a décrit les défis d\u2019un laboratoire qui réunit des chercheurs du Québec et de la France : le iLab-Spine.Des professeurs de Polytechnique Une vingtaine de membres s\u2019intéressant à la santé numérique autant humaine qu\u2019animale forment donc le consortium : facultés et écoles de l\u2019Université de Montréal (pharmacie, médecine vétérinaire, etc.), écoles affiliées (Polytechnique, HEC), centres de recherche actifs dans le secteur de la santé numérique, instituts de santé affiliés à l\u2019UdeM, etc.Avec le soutien du vice-rectorat responsable de la recherche et du vice-recto- rat des études, ce consortium réunit toutes les disciplines et se veut une structure véritablement pilotée par tous ses membres.« Voilà un bel exemple de l\u2019obligation de l\u2019université de s\u2019organiser autrement que par des spécialités additionnées l\u2019une à l\u2019autre », affirme le Dr Joanette.On le sait, l\u2019utilisation du numérique dans ces domaines soulève de nombreuses questions éthiques.« Il faut trouver une manière de rendre ces masses de données sécuritaires et confidentielles », illustre le Dr Joa- nette.Mais les questions éthiques sont aussi vastes que diversifiées.Par exemple, un participant à une étude clinique doit connaître la question exacte de recherche afin de donner son consentement éclairé.« Mais dans cette approche de santé numérique, on met de l\u2019avant le partage de données, qui permet des découvertes fortuites.C\u2019est le principe même de l\u2019intelligence artificielle, qui regarde les données et fait émerger des réponses auxquelles on n\u2019avait pas pensé », poursuit-il.Les acteurs en santé numérique doivent donc se demander comment faire évoluer la culture de l\u2019éthique pour répondre à ces défis, qui ont des implications juridiques et sociales.Dans cet environnement complexe, le consortium veut outiller ces acteurs et faire le pont entre toutes les disciplines concernées.« Le rôle du Consortium santé numérique n\u2019est pas de se substituer aux différentes directions de recherche et d\u2019enseignement dans chacun des secteurs de l\u2019université, mais bien de leur offrir un appui et de leur apporter, lorsque possible, des ressources complémentaires pour des actions qui auront des impacts collectifs », précise Yves Joanette.Le consortium sera ainsi appelé à faire le lien entre différents membres pour qu\u2019un maximum de personnes et de facultés profitent des subventions et des investissements majeurs dans le domaine.Il mobilisera les acteurs de l\u2019UdeM autour d\u2019enjeux stratégiques, et espère jouer un rôle dans le recrutement des professeurs comme dans la formation des professionnels et des chercheurs.Le consortium propose également des lieux d\u2019échanges.Il organise ainsi des rencontres-conférences, où tous les acteurs du domaine, chercheurs comme étudiants, sont conviés, une occasion de faire le point ou de débattre sur les occasions, les avenues et les obstacles en santé numérique.Un grand symposium aura également lieu à la fin janvier sur les approches responsables en santé numérique.Ce forum de la recherche permettra de discuter autour de quatre grandes questions en santé numérique : comment l\u2019innovation numérique vient-elle transformer le domaine de la santé ?Comment bien soigner avec des agents intelligents ?À quelle condition l\u2019innovation numérique est-elle transformative pour la santé et les systèmes de santé ?Comment l\u2019environnement bâti et les villes intelligentes peuvent-ils soutenir la santé ?« Le Canada et le Québec sont des leaders sur la scène internationale en numérique », constate celui qui a été coresponsable des initiatives stratégiques en cybersanté et du comité stratégique en intelligence artificielle de l\u2019Institut du vieillissement des Instituts de recherche en santé du Canada.« Quelque part, nous sommes condamnés à avancer », résume-t-il.erge Dulude a brandi une carte blanche sur la scène de la Société des arts technologiques (SAT) le 5 novembre dernier.« Je délaisse tout doucement le fait d\u2019être un patient.Je suis davantage un acteur, et je sors une carte qui dit maintenant que je suis un cochercheur », a-t-il dit lors de sa présentation dans un colloque sur les laboratoires vivants (living lab), organisé dans le cadre des Entretiens Jacques-Cartier (4 au 6 novembre dernier).« Cette petite carte me permet d\u2019ouvrir des portes de centres de recherche comme si je disais \u201cSésame, ouvre-toi ! » a-t-il aussitôt ajouté.Sa carte, Serge Dulude la possède car il participe en ce moment à une recherche hors-norme baptisée « De l\u2019ombre à la lumière », pilotée par le professeur Jacques A.De Guise de l\u2019École de technologie supérieure (ETS).Ce projet vise à revoir complètement le continuum de soins pour les personnes atteintes d\u2019un cancer de la tête et du cou.Il tente d\u2019améliorer le soutien aux patients, du moment où ils reçoivent un diagnostic à celui de leur réadaptation après une chirurgie, en passant par le moment où ils doivent choisir une prothèse faciale.« Durant toutes ces étapes, les patients ont peu d\u2019accompagnement du milieu médical », constate Serge Dulude, qui a traversé 19 chirurgies.Il précise qu\u2019à travers ces événements, « il faut apprendre à vivre différemment ».Seulement au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), près de 400 patients reçoivent un diagnostic de cancer de la tête et du cou par année et une vingtaine ont une reconstruction faciale.Lorsqu\u2019il a pris connaissance du projet de recherche de Jacques A.De Guise, Serge Dulude y a sauté à pieds joints.« Cela me permet de donner mon opinion, de proposer, de soumettre des réflexions aux spécialistes et je me dis que je vais pouvoir aider d\u2019autres patients.» Et les spécialistes sont nombreux : le projet met à contribution une foule d\u2019intervenants médicaux, mais aussi des chercheurs dans les domaines psychosociaux \u2014 notamment des Université du Québec à Montréal (UQAM) Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) Université du Québec à Rimouski (UQAR) Université du Québec en Outaouais (UQO) Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) Institut national de la recherche scientifique (INRS) École nationale d\u2019administration publique (ENAP) École de technologie supérieure (ÉTS) Télé-université (Université TÉLUQ) @Université du Québec @ReseauUQ www.uquebec.ca/risuq Le Réseau intersectoriel de recherche en santé de l\u2019Université du Québec (RISUQ) regroupe plus de 150 chercheurs des dix établissements du réseau qui abordent les enjeux de santé selon une perspective interdisciplinaire et intersectorielle.En partenariat avec les communautés, les décideurs et les acteurs en santé et en services sociaux de l\u2019ensemble des régions du Québec, le RISUQ favorise le développement, la mobilisation et le transfert des connaissances dans le cadre de recherches en : \u2022 Sciences biomédicales \u2013 mieux comprendre les maladies et développer de nouvelles molécules thérapeutiques \u2022 Neurosciences cognitives et santé mentale \u2013 mieux comprendre la relation entre le cerveau et le comportement \u2022 Mouvement et habitudes de vie \u2013 un corps sain dans un environnement sain \u2022 Organisation des soins de santé et des services sociaux \u2013 pour des populations et des territoires en santé Le réseau de l\u2019Université du Québec Pour le mieux-être des communautés « J\u2019applique mes formations en génie et en sciences sociales à la santé spécifiquement, indique-t-elle.Mes recherches portent beaucoup sur les soins primaires.Comment aider à rendre l\u2019accès aux informations plus facile pour les gens qui souhaitent chercher eux-mêmes ?» Les soins primaires comprennent les soins reçus dans une clinique de médecine familiale, au CLSC, de même qu\u2019à l\u2019urgence.Ce sont les soins et services de première ligne.L\u2019objectif de développer de tels outils est de réduire la charge dans ce domaine.Aux États-Unis, Holly Witteman a collaboré avec des collègues à un grand projet de recherche sur la prise de décision : « On a testé différentes façons de présenter les données pour améliorer la compréhension et pour diminuer l\u2019anxiété, explique-t-elle.Par exemple, quand les gens reçoivent un résultat qui est anormal, mais pas inquiétant, si le médecin présentait ça, il pourrait dire que c\u2019est un peu élevé, mais que ce n\u2019est pas grave.Comment traduit-on cela dans un système ?Nous avons travaillé là-dessus longtemps.C\u2019est un peu ça mon intérêt avec l\u2019équipe de Carnet santé Québec.C\u2019est de collaborer pour voir s\u2019il y a des façons d\u2019implanter de telles idées dans le système.» Pour la chercheuse, l\u2019important, c\u2019est de développer des outils qui seront utiles au public.Au Québec, Mme Witteman et son équipe travaillent sur plusieurs projets en parallèle.Avec des collègues de l\u2019Institut national de santé publique, par exemple, la chercheuse a conçu des outils d\u2019aide à la prise de décision pour les parents qui ont des enfants pouvant obtenir le vaccin contre le VPH.« On a essayé de présenter seulement les faits, de montrer les arguments pour d\u2019une dans des intervalles de six mois, et ce, jusqu\u2019à ce [que les enfants] entrent à l\u2019école maternelle », expli- que-t-elle.C\u2019est donc dire que les tous premiers enfants recrutés, nés en 2017 et aujourd\u2019hui âgés de 2 ans environ, ont déjà été observés au moins trois fois (6 mois, 12 mois et 18 mois).Chaque rencontre se déroule de la même manière.Pendant 90 minutes, la chercheuse, aussi affiliée au Groupe de recherche sur l\u2019inadaptation psychosociale chez l\u2019enfant et au Centre de recherche universitaire sur les jeunes et les familles, filme les enfants à leur domicile, toujours en présence des deux parents.« Il y a une portion entrevue, puis je laisse les parents jouer avec leur enfant comme à l\u2019habitude », détaille-t- elle.C\u2019est au cours de cette période de jeu qu\u2019elle peut observer les comportements (bons ou néfastes) des parents et de l\u2019enfant et leurs interactions, voire l\u2019absence d\u2019interactions, dans différents contextes de leur vie quotidienne.Bien que les données recueillies soient encore fragmentaires, Célia Matte-Gagné arrive à en dégager certaines tendances.« Dans les vidéos, je vois beaucoup de différences dans la manière de réagir des papas, tout comme dans leur façon de soutenir l\u2019autonomie de leur enfant », remarque-t-elle, ajoutant qu\u2019elle s\u2019intéresse également à la question de l\u2019attachement dans le cadre de son analyse.Le temps que passent les pères avec leur enfant varie d\u2019une famille élia Matte-Gagné, dont la thèse de doctorat portait sur la stabilité du soutien maternel à l\u2019autonomie et sur l\u2019influence de ce comportement sur le développement des enfants d\u2019âge préscolaire, cherche cette fois à « pallier une lacune dans la documentation » : « la recherche s\u2019est souvent penchée sur la présence ou l\u2019absence du père, mais n\u2019a pas regardé ses interactions avec les enfants, ou très peu, explique-t-elle.Je veux savoir comment [les pères] interagissent et comment ces comportements auront un impact sur le développement de leur enfant.» Bref, au-delà de l\u2019observation de la simple présence d\u2019une figure paternelle à la maison, la chercheuse analysera les faits et gestes du père tout en évaluant les tout-petits.Pour ce faire, elle a recruté quelque 170 familles biparentales par l\u2019entremise du Régime québécois d\u2019assurance parentale, et prévoit de grossir encore son échantillon afin de suivre de 200 à 300 familles d\u2019ici la fin de l\u2019enquête, en 2022.« Je les rencontrerai à de multiples reprises part, les arguments contre de l\u2019autre, et de dire : \u201cC\u2019est à vous de décider\u201d, raconte-t-elle.On aide les gens à arrimer leur décision avec ce que la science sait et ce qui est important pour eux.» Pour ce projet, Mme Witteman et ses collègues ont fait appel à des médecins spécialistes et à des épi- démiologistes afin de recueillir les données les plus pertinentes pour la population québécoise.Les outils numériques sont prometteurs puisqu\u2019ils sont flexibles, évolutifs et offrent de nouvelles possibilités de clarifier des concepts complexes à tous les niveaux de littératie de la population.Ces outils permettent aux patients d\u2019améliorer leurs connaissances et de prendre des décisions éclairées au sujet de leur santé ou de celle de leurs proches.Il existe de plus en plus d\u2019outils à l\u2019usage des professionnels de la santé, pour les aider à offrir les meilleurs soins possible.Cela dit, ils comportent aussi quelques défis : « Si on peut fournir des informations fiables, des données probantes, et si on aide les gens à prendre les décisions selon ce qui est important pour eux, ça améliore la santé, note la chercheuse.Le défi, c\u2019est de trouver les moyens de le faire, étant donné que ce n\u2019est pas tout le monde qui a accès à Internet.On travaille sur un moyen de fournir ces informations autrement pour aider les gens.» Montréal, du CHU Sainte-Justine, de l\u2019ETS et de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur de Montréal y participent.Leur objectif commun est d\u2019améliorer les connaissances en biomécanique pour modéliser le rachis \u2014 ou colonne vertébrale \u2014 dans le but de mieux traiter des traumatismes et des pathologies.Kathy Malas, adjointe au p.-d.g.et responsable de la stratégie d\u2019innovation en intelligence artificielle au CHUM, a demandé à M.Arnoux son plus grand apprentissage dans la démarche.« C\u2019est d\u2019apprendre à écouter et à comprendre les attentes de l\u2019autre, a-t-il répondu.D\u2019un pays à l\u2019autre, on n\u2019a pas forcément les mêmes attentes et les mêmes contraintes.Il faut se parler, se parler, encore et toujours se parler.» l est maintenant possible, pour une personne inscrite à Carnet santé Québec, de consulter en ligne ses résultats de prélèvements et d\u2019examens d\u2019imagerie médicale, ainsi que d\u2019accéder à la liste des médicaments inscrits à son dossier en pharmacie depuis les cinq dernières années.Holly Witteman, professeure agrégée au Département de médecine familiale et de médecine d\u2019urgence, et chercheuse au Centre de recherche sur les soins et les services de première ligne de l\u2019Université Laval, procède avec son équipe à l\u2019évaluation de l\u2019interface de ce site Web évolutif.« J\u2019y vois un intérêt à la fois professionnel et personnel parce que je suis diabétique de type 1 depuis l\u2019enfance, confie-t-elle.J\u2019ai des prélèvements assez souvent, et dans d\u2019autres systèmes de santé, j\u2019ai pu voir mes résultats en ligne.J\u2019étais très contente quand le Québec a commencé à le faire.» Mme Witteman travaille depuis sept ans sur plusieurs projets de développement d\u2019outils numériques dans le but de faciliter l\u2019accès à l\u2019information et la prise de décision dans le milieu de la santé.Dans le cadre de son doctorat en génie des facteurs humains à l\u2019Université de Toronto, elle a étudié les interactions cognitives chez les personnes qui utilisent les plateformes numériques pour chercher de l\u2019information à propos de leur santé.Elle a ensuite poursuivi ses recherches en réalisant un postdoctorat en sciences sociales, à l\u2019Université du Michigan, portant sur la prise de décision.L\u2019Institut national de la recherche scientifique célèbre 50 ans de recherche scientifique et de formation.INRS.CA 50 ans d\u2019innovation par la recherche elon le chercheur, les thérapies actuelles offrent très peu de précision dans leur manière d\u2019être diffusées dans l\u2019organisme.Elles ciblent les tissus malades, mais touchent aussi les tissus sains environnants.Ainsi, à force d\u2019être administré, un médicament peut s\u2019accumuler et causer des complications comptant de nombreux effets secondaires, communs en chimiothérapie, comme la perte de poids, la fatigue ou les changements cognitifs.Avec son équipe, Borhane Annabi a l\u2019intention de changer cet état de fait.Il a mis au point une « plateforme de conjugaison de médicaments ».« On a développé essentiellement une plateforme de ciblage et de délivrance de médicaments cytotoxi- ques, explique-t-il.On a augmenté la capacité des médicaments déjà utilisés en chimiothérapie à cibler de façon plus précise certains sous- types de tumeurs et de cellules cancéreuses et de minimiser les effets délétères secondaires associés à la chimiothérapie.» Ce ciblage s\u2019apparente à un jeu de dupes entre les chercheurs et les cellules cancéreuses.À la surface de celles-ci, certaines protéines sont surexprimées.« Les approches thérapeutiques classiques se basent sur la reconnaissance de ces protéines pour envoyer le médicament et espérer que cela fonctionne », indique M.Annabi.La stratégie du professeur est différente.Elle s\u2019inspire de ce qui se fait déjà, mais pour aller plus loin, en utilisant la stratégie du « cheval de Troie ».Le médicament développé procure en effet aux cellules, la capacité d'absorber la cy- totoxine, à savoir l'agent de chimiothérapie.C'est ce qu'on appelle l'internalisation.« En réalité, la cellule internalise ce qu\u2019elle croit être un ligand physiologique, développe M.Annabi.Cela lui permet de continuer à proliférer de façon déréglée.C'est ce qu\u2019on appelle la croissance tumorale.Et, oh ! surprise ! une fois que cet agent est internalisé, des enzymes se libèrent à l\u2019intérieur des cellules, qui vont permettre la libération de l\u2019agent cytotoxique et mener à la mort de la cellule.» Il s'agit donc bien de duper les cellules cancéreuses.Au cours de ces quatre dernières années de recherche, les résultats ont suscité beaucoup d\u2019optimisme.Cette foi en l\u2019efficacité de ce médicament vient du fait que les chercheurs en ont exploré les effets sur des modèles animaux en laboratoire.Les conclusions montrent qu\u2019ils ne présentent ni perte de poids ni fonctions cardiaques altérées et ont un déficit immunitaire très faible.« On a déjà trois lignes de preuves qui nous permettent de croire que notre médicament va contourner ces effets secondaires, affirme Borhane Annabi.Et nous avons bon espoir d\u2019arriver au premier traitement chez le patient dans l'année qui vient.Pour nous, c\u2019est une grosse étape de franchie.» Le professeur La preuve de la menace de ces substances sur la santé humaine n\u2019est plus à faire, selon la communauté scientifique.L\u2019expression « perturbateur endocrinien » est apparue au début des années 1990.Ces substances sont toutefois étudiées par les chercheurs depuis le milieu du XXe siècle.Avec son ouvrage Printemps silencieux, publié en 1962, la biologiste américaine Rachel Carson a lancé le signal d\u2019alarme sur les effets du pesticide DDT sur la faune sauvage et les oiseaux, surtout.Elle y pointait un amincissement des coquilles d\u2019œufs, une hausse de la mortalité et des problèmes de reproduction.Pour la plupart des études toxicologiques, les chercheurs administrent des doses croissantes de polluants à des animaux, raconte la professeure Plante.La quantité la plus faible à laquelle des effets sont observés sera considérée comme étant « la dose toxique », celle à laquelle les humains ne doivent pas être exposés.Les perturbateurs endocriniens ont des comportements un peu différents des polluants dits « normaux », cependant.« La dose toxique existe pour les PE, poursuit Mme Plante.Mais à des quantités plus faibles, ils ont aussi des effets souvent moins flagrants qui, à la longue, vont changer la façon dont les cellules répondent nor- teurs de flammes bromés dans le développement des glandes mammaires.Ces retardateurs sont des agents chimiques ajoutés aux produits de consommation courants, comme les meubles, tissus ou produits électroniques, pour réduire l\u2019ignition et la propagation des flammes.Certains sont considérés comme des perturbateurs endocriniens.« Les retardateurs de flammes ne sont pas fortement attachés à la matière, explique Mme Plante.Avec l\u2019usure, ils se retrouvent dans les poussières de maison.Ils entrent dans l\u2019organisme surtout par inhalation.» Ils pourraient ainsi prendre la forme de l\u2019œstradiol et de la progestérone libérés par les ovaires.« La glande mammaire est finement orchestrée par ces hormones », rappelle la chercheuse.Ainsi, une exposition chronique ou à de faibles doses, surtout dans les périodes cruciales de développement des seins (in utero, puberté, grossesse), peut provoquer une puberté précoce ou un cancer du sein subséquemment, par exemple.Géraldine Delbès étudie quant à elle l\u2019effet des composés oestrogéni- ques présents dans la pilule contraceptive sur l\u2019évolution du testicule et la fertilité adulte.L\u2019entièreté de ses recherches porte sur l\u2019incidence d\u2019une exposition périnatale.Il s\u2019agit de la période durant laquelle toutes les fonctions métaboliques et physiologiques vitales se mettent en place.La professeure explique que « 40 % des cas d\u2019infertilité masculine sont idiopathiques » (dont on n\u2019a pu attribuer la cause).« Nos études suspectent l\u2019environnement global et chimique », poursuit-elle.Plus de 50 % de ses recherches portent sur les perturbateurs endocriniens.« Nos études sont inspirées de ce qui se produit dans la nature : la quantité de plus en plus importante de xé- noestrogènes dans les cours d\u2019eau provoque la féminisation des poissons mâles », raconte la chercheuse.« La différenciation de l\u2019appareil reproducteur dépend des hormones, en particulier chez le mâle, poursuit- elle.Si on interfère avec la testostérone sécrétée par les testicules fœtaux, tout l\u2019appareil reproducteur mâle peut avoir des anomalies de développement.» Mme Delbès cite la non-descente des testicules dans le scrotum, le malement.» Les perturbateurs endocriniens remettent ainsi en question l\u2019idée que « la dose fait le poison ».Les hormones sont des substances naturelles qui agissent comme des messagers chimiques entre différentes parties du corps.Elles contrôlent de nombreuses fonctions, dont la croissance, la reproduction, la fonction sexuelle, le sommeil, la faim, l\u2019humeur et le métabolisme.Certaines cellules du corps sont composées de protéines appelées récepteurs qui réagissent à une hormone précise, à la manière d\u2019une clé dans une serrure.« Les perturbateurs endocriniens ont le même aspect que la clé.Ils vont pouvoir aller dans la serrure, mais entraîneront une réponse différente », illustre Mme Plante.Ils peuvent bloquer l\u2019action de l\u2019hormone en se fixant sur le récepteur avec lesquels elle interagit habituellement ou entraîner l\u2019effet opposé.Isabelle Plante s\u2019intéresse aux conséquences d\u2019une exposition aux retarda- éraldine Delbès et Isabelle Plante sont toutes deux professeures et chercheuses en toxicologie à l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS).L\u2019une étudie les causes potentielles de l\u2019infertilité masculine et l\u2019autre, le développement des glandes mammaires et du cancer du sein.Ce qui lie leur recherche respective : l\u2019effet des perturbateurs endocriniens (PE) sur le développement des cellules et des glandes.Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d\u2019origine naturelle ou artificielle étrangères au corps humain.Une fois dans l\u2019organisme, ils peuvent interférer avec le fonctionnement du système hormonal en « brouillant » les signaux naturels.Ce qui les rend particulièrement intéressants, selon les chercheuses, est leur omniprésence dans l\u2019environnement.Ils sont partout : dans les cosmétiques, les agents plastifiants, les produits industriels, les pesticides ou l\u2019alimentation en général.« Si ce matin vous vous êtes fait un shampooing, un maquillage et avez bu votre lait de soya, lance Mme Delbès, vous avez déjà été exposés à une combinaison de trois perturbateurs endocriniens.» NOTRE LA RECHERCHE MOTEUR l\u2019UQAM, qui ne compte pas de faculté de médecine.Le projet s\u2019est démarqué, aux côtés de ceux de l\u2019Université McGill et de l\u2019Université de Montréal.« Je me sens très fier de compétitionner dans la cour des grands, déclare M.Annabi.Il y a beaucoup de tabous et de préjugés envers l\u2019UQAM.On croit qu\u2019il n\u2019y a pas de recherche biomédicale de pointe qui s\u2019y fait, alors que c\u2019est complètement faux.» Après 18 ans de carrière, cette reconnaissance vient toucher le chercheur.« J\u2019ai bon espoir de participer au développement d\u2019un médicament qui va permettre réellement de guérir des patientes.C\u2019est vraiment exaltant, et le fait de le faire à l\u2019UQAM positionne vraiment la recherche biomédicale de mon université sur l\u2019échiquier national.» Le professeur avoue n\u2019avoir jamais travaillé aussi intensément dès le moment où son équipe et lui ont constaté qu\u2019il y avait une piste pour intervenir dans un territoire où les cellules cancéreuses se comparent à une violation de domicile.et dorment ainsi moins la nuit.Ils n\u2019ont donc pas vraiment de problèmes d\u2019insomnie.Pour d\u2019autres, le problème est réel, mais ils peuvent suivre une thérapie comportementale qui saura souvent les aider.En général, la prise de ces médicaments et d\u2019autres ne devrait se faire qu\u2019à court terme.Il ne faut pas en faire une habitude.» La chercheuse croit aussi qu\u2019il est plus simple et plus rapide, pour les patients et les médecins, de se tourner vers ces médicaments plutôt que d\u2019opter pour des solutions qui exigent du temps, des efforts et des ressources.« Or, il est bien connu que, lorsqu\u2019on prescrit un médicament, il est difficile ensuite d\u2019arrêter, » dit-elle.Il se crée souvent une accoutumance.Grâce à cette étude, Mme Sirois souhaite que les médecins et les pharmaciens en viennent à déprescrire les médicaments jugés non appropriés.Selon elle, les professionnels de la santé sont davantage sensibilisés à la polymédication aujourd\u2019hui et ouverts à la déprescription.« Les patients ont aussi un rôle à jouer, dit-elle.Ils doivent s\u2019informer davantage, poser des questions à leur médecin ou leur pharmacien et bien connaître les raisons pour lesquelles ils prennent les médicaments qu\u2019on l e u r p r e s c r i t .» M m e S i r o i s e s t d\u2019ailleurs membre du Réseau canadien pour la déprescription, un organisme qui vise à rendre l\u2019usage des médicaments plus sécuritaire, partout au pays.L\u2019appui de l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a été essentiel dans la réalisation de l\u2019étude.Cet organisme dispose, en effet, du Système intégré de surveillance des maladies chroniques, qui contient les dossiers de 1,1 million de Québécois atteints d\u2019une maladie chronique ou à risque d\u2019en développer une.Cette vaste base de données contient des renseignements sur les médicaments prescrits à ces personnes et compte les dossiers de 90 % des Québécois âgés de 65 ans et plus.Les chercheurs ont comparé les données figurant dans cette base de données à la liste des médicaments potentiellement inappropriés pour les personnes âgées dressée par l\u2019American Geriatrics Society.« L\u2019INSPQ fait ainsi la surveillance de la polymédication chez les aînés », souligne Mme Sirois.Quant à l\u2019étude de l\u2019Université Laval et de l\u2019Université de Limoges, elle aura des suites.« Nous comptons dresser un portrait de la surmédication au Québec, conclut la professeure.Cela permettra de développer des indicateurs qui pourront être utilisés par les médecins et les pharmaciens.Ces professionnels pourront ainsi déterminer s\u2019il y a des médicaments qui pourraient être retirés en toute sécurité.» n connaît tous au moins une personne âgée qui ingère chaque jour plusieurs médicaments différents.Ce phénomène, presque considéré comme normal jusqu\u2019ici, suscite au- jourd\u2019hui des interrogations dans le domaine de la santé.Toute cette médication est-elle nécessaire ?Selon l\u2019étude, la réponse est non.Les principaux médicaments jugés inappropriés sont les benzodia- zépines (26 %), prescrits contre l\u2019anxiété et l\u2019insomnie, et les inhibiteurs de la pompe à protons (21 %), prescrits contre l\u2019acidité gastrique.Comment en sommes-nous arrivés là ?« On en est venu à banaliser la poly- médication, et beaucoup croient que la prise de toutes ces pilules est sécuritaire », affirme Caroline Sirois, professeure au Département de médecine sociale et préventive de l\u2019Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche sur le vieillissement de la même université.Sécuritaires, les médicaments ?Ce n\u2019est pas toujours le cas.Selon l\u2019étude, un médicament est considéré comme potentiellement inapproprié lorsque les risques d\u2019effets secondaires indésirables liés à sa prise sont plus grands que les bénéfices et qu\u2019il existe d\u2019autres solutions pour traiter le patient.Or, dans plusieurs cas, d\u2019autres possibilités existent.Prenons le cas des benzodiazépines.« Les aînés les prennent parfois parce qu\u2019ils croient souffrir d\u2019insomnie, dit-elle.Or, en discutant avec eux, on se rend compte qu\u2019ils font des siestes le jour avoue dans le même souffle que le soutien financier arrive à point nommé.Les exigences financières sont en effet énormes et menaçaient le développement de cette technologie.Ce travail de longue haleine, qui a mobilisé des collègues chercheurs, des étudiants à la maîtrise et au doctorat et des stagiaires postdoctorat, est une grande fierté, surtout pour micropénis ou la non-fermeture du pénis, qui sont des symptômes toujours plus observés dans la population.« Les ambiguïtés de l\u2019appareil reproducteur à la naissance seraient probablement causées par une interférence avec le système hormonal pendant le développement », précise-t-elle.Ces mutations qui touchent la lignée germinale, qui comprend les cellules sexuelles permettant la reproduction sexuée, peuvent se transmettre à la descendance.La corrélation directe entre certaines malformations ou maladies et l\u2019exposition aux perturbateurs endocriniens n\u2019est pas démontrée hors de tout doute.« Il est très difficile d\u2019isoler une seule cause », fait valoir Mme Plante.Les études des chercheuses suggèrent toutefois d\u2019user de prudence en minimisant l\u2019exposition aux PE, bien que « certains perturbateurs soient assez difficiles à éviter », poursuit Mme Plante.Comme les retardateurs de flammes bromés, certains agents plastifiants ne sont liés que faiblement au plastique.Ils s\u2019en détacheront aussi avec l\u2019usure.Il est possible de limiter une exposition aux PE en évitant de réutiliser des plastiques à usage unique et les plats de plastique décolorés ou abîmés, par exemple.L\u2019OCDE et l\u2019Organisation mondiale de la santé ont déjà entamé une réflexion afin que les populations demeurent à des niveaux raisonnables d\u2019exposition, indique la professeure Delbès.La Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation protège les nouveau-nés et les enfants d\u2019une exposition « inutile » au bisphénol A (BPA), une substance chimique industrielle utilisée pour produire un plastique dur et transparent appelé polycarbonate (PC).Le BPA figure sur la liste des perturbateurs endocriniens.La loi interdit entre autres la fabrication, l\u2019importation, la publicité et la vente de biberons de PC contenant cette substance.« Si on comprend les effets des PE, on sera plus conscients de leur présence dans notre quotidien, note Mme Delbès.Il faut mieux éduquer la population quant aux risques éventuels que posent les produits de consommation sur les hormones endocrines.» Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.Les grandes idées n\u2019arrivent jamais trop tôt 35 programmes en lien avec la prévention en santé pour avoir un impact qui fait du bien.etudier.uqam.ca a biologie synthétique est « l\u2019ingénierie de la biologie pour créer des choses utiles », selon Stephen Chambers, p.-d.g.de SynbiCITE, un centre britannique qui promeut l\u2019adoption et l\u2019utilisation de la biologie synthétique par l\u2019industrie.« En général, elle implique d\u2019utiliser des composants d\u2019organismes vivants pour concevoir des systèmes biologiques remplissant de nouvelles fonctions, et qui pourront être bénéfiques pour la société », explique David Kwan.Par exemple, il est possible de modifier les gènes des micro-organismes pour produire des médicaments, des produits chimiques, des biocarburants ou encore des microbes qui peuvent nettoyer les toxines ou les polluants.Dans son laboratoire, M.Kwan et son équipe se concentrent plus particulièrement sur les protéines qui agissent comme des mécanismes de la « machinerie moléculaire des cellules ».Les enzymes, par exemple, sont des protéines qui permettent toutes sortes de réactions chimiques à l\u2019intérieur des cellules en opérant comme des catalyseurs.Nombre de médicaments offerts sur le marché sont en fait des molécules produites par des micro- organismes.« C\u2019est particulièrement vrai pour les antibiotiques, mais nous utilisons aussi certaines de ces molécules comme médicaments anticancéreux, précise David Kwan.Dans certains cas, elles sont chimiquement modifiées après avoir été isolées des micro- organismes qui les produisent afin d\u2019améliorer leur efficacité ou d\u2019atténuer leurs effets secondaires.» Dans la nature, les micro-organismes produisent des molécules à l\u2019aide d\u2019une série d\u2019enzymes.« Si nous arrivons à fabriquer ces enzymes, les cellules pourraient alors se modifier naturellement et nous n\u2019aurions plus besoin d\u2019utiliser la chimie conventionnelle », postule le chercheur.Cela aurait le potentiel de rendre la production de médicaments bien plus efficace.Une autre partie des travaux du chercheur porte sur le ciblage des enzymes présents dans les bactéries infectieuses qui permettent de construire leurs parois cellulaires.Plus particulièrement, son équipe étudie un type d\u2019enzymes qui forme les composants glucidiques des surfaces cellulaires bactériennes.« Notre objectif est d\u2019identifier les médicaments qui vont les désactiver et tuer les bactéries comme la Mycobacterium tuberculosis [Mtb] », indique-t-il.Mycobacterium tuberculosis, le pathogène responsable de la tuberculose, est actuellement la principale cause de décès par maladie infectieuse.Le bilan s\u2019élève à environ 1,6 million de personnes par année.Deux des préoccupations majeures sont que le nombre de médicaments pouvant être utilisés pour la traiter est limité, tandis que les souches résistantes aux médicaments sont, elles, de plus en plus nombreuses.« Il est donc important de pouvoir développer des méthodes pour trouver de nouveaux types de médicaments en ciblant des enzymes précis dans les bactéries », estime David Kwan.L\u2019augmentation de la résistance aux médicaments est une préoccupation non seulement pour le Mtb, mais aussi pour d\u2019autres bactéries infectieuses, selon le chercheur.« Nous espérons donc que les stratégies élaborées à partir de nos travaux pourront être appliquées pour trouver des traitements contre d\u2019autres bactéries », ajoute-t-il.En 2017, Kwan ainsi que le professeur et chercheur Steve Shih ont reçu plusieurs subventions, dont l\u2019une de la Fondation canadienne pour l\u2019innovation, pour poursuivre un projet d\u2019infrastructure visant à intégrer la robotique à leurs travaux de recherche.Le but principal de ces instruments est de permettre de réduire le temps nécessaire à la réalisation de certaines expériences par l\u2019automatisation d\u2019équipements.Ultimement, il s\u2019agirait de trouver de meilleures méthodes pour mettre au point des biocarburants et des vaccins.« L\u2019équipement réalise en une journée ce qui peut normalement prendre jusqu\u2019à plusieurs mois », indique David Kwan.Une grande partie du matériel complète les instruments robotiques de la Biofonderie de Concordia, qui a récemment reçu un soutien supplémentaire pour agrandir considérablement son infrastructure.Il est actuellement utilisé pour faire avancer de nombreux projets.Le laboratoire de David Kwan s\u2019en est d\u2019ailleurs servi pour mener à bien le travail récemment publié sur l\u2019élaboration d\u2019outils et de stratégies visant à trouver des médicaments anticancéreux.« Ces médicaments ciblent des enzymes précis dans les cellules tumorales responsables de la modification de la surface des cellules », explique-t-il.L\u2019ingénierie des enzymes possède aussi un important potentiel d\u2019application dans le domaine environnemental.Avec son équipe, M.Kwan se penche sur la création de solutions de rechange aux produits pétroliers, à l\u2019aide du même processus.« Nous cherchons actuellement des façons de produire des produits chimiques précieux à partir de la biomasse plutôt que du pétrole, car ce sera plus durable et plus écologique », précise-t-il.L\u2019un des gros défis dans la création de molécules synthétiques est de faire en sorte que les nouvelles méthodes soient plus efficaces et plus économiques que la production des mêmes molécules, mais à partir du pétrole.Son laboratoire travaille ainsi à l\u2019amélioration de ces méthodes par l\u2019ingénierie des enzymes et des voies enzymatiques dans les micro-organismes.Après ses études secondaires, David Kwan a étudié la biochimie et la biologie moléculaire à l\u2019Université de la Colombie-Britannique, avant de poursuivre au doctorat dans le même domaine, à l\u2019Université de Cambridge.Plus jeune, le fait d\u2019imaginer comment les nouvelles technologies pourraient façonner l\u2019avenir l\u2019enthousiasmait, et c\u2019est encore ce qui motive ses recherches aujourd\u2019hui au sein du Centre de biologie synthétique appliquée.Inauguré en 2012, le centre s\u2019est donné pour mandat de proposer des solutions inédites en matière de protection de l\u2019environnement, de fabrication durable, d\u2019agriculture, de production alimentaire et de développement de médicaments.Et il n\u2019est pas le seul, puisque l\u2019accroissement de l\u2019intérêt pour la biologie synthétique est exponentiel depuis une dizaine d\u2019années.L\u2019an passé, le premier forum national consacré à ce domaine de recherche, nommé « Canada Syn- bio 2018 », s\u2019est tenu au MaRS Discovery District à Toronto, en Ontario.Cet événement a été organisé conjointement par divers intervenants de la communauté de la biologie synthétique dans le but de promouvoir un dialogue national sur l\u2019avenir de la biologie synthétique au Canada.CONCORDIA .CA/SANTE LUTTER CONTRE DES MALADIES DÉVASTATRICES Nous concevons des labos sur puce qui servent à créer de nouveaux organismes pour traiter les maladies importantes.LA BIOLOGIE SYNTHÉTIQUE T 2 0 - 6 1 3 9 2 dont on a la charge, mais on planifie un plan B.C\u2019est là que la connaissance est primordiale.Pour prendre une décision éclairée, il faut avoir une conception fine des différentes options.» Le projet, qui vient tout juste d\u2019être lancé, va tenter de mettre en lumière la connaissance du public, son habileté à distinguer les différentes pratiques, sa capacité à reconnaître si un geste est légal ou non, ou si une option est valable, et comment ces connaissances influencent la vision de chacun sur les soins de fin de vie.Il y a beaucoup de confusion, affirme Mme Tapp.Selon les résultats préliminaires de l\u2019étude, le public associe des pratiques de soins palliatifs classiques à l\u2019aide médicale à mourir.Diane Tapp explique que, « pour certaines personnes, l\u2019arrêt de traitements ou encore le fait de donner de la morphine à un patient ou de l\u2019endormir, c\u2019est de l\u2019aide médicale à mourir ».Pourtant ces pratiques ont cours depuis plusieurs années, avec ou parfois sans le consentement du patient, et font partie des soins de fin de vie.Diane Tapp maîtrise parfaitement la question de la sédation palliative, puisqu\u2019elle en a fait un sujet d\u2019étude, et donne régulièrement des conférences sur le sujet.Elle rappelle que la morphine est un opioïde qui soulage les douleurs et qu\u2019elle est utilisée assez tôt dans la trajectoire d\u2019un patient.Elle se présente sous forme de comprimés ou d\u2019injections sous- cutanées ou encore de perfusions intraveineuses.Lorsque le patient n\u2019est plus capable d\u2019avaler, on lui administre sous forme d\u2019injection les doses équivalentes à ce qu\u2019il prenait auparavant.« C\u2019est une continuité dans les soins », précise Diane Tapp.L\u2019évolution de la maladie fait en sorte que les doses devront être augmentées, mais en aucun cas elles ne seront létales.La sédation palliative implique quant à elle d\u2019autres molécules que la morphine et vise à endormir le patient : « Cette démarche demande un consentement », affirme Diane Tapp.Toutefois, comme la sédation palliative ne soulage pas, le traitement pour contrer la douleur est poursuivi.Quant à l\u2019aide médicale à mourir, elle sera administrée sous forme d\u2019injection qui entraînera la mort dans les minutes suivantes.La chercheuse en est convaincue, il est primordial que le public soit bien informé de toutes ces nuances, seul moyen pour lui de faire les meilleurs choix en matière de soins de fin de vie.L\u2019étude de Diane Tapp fait suite aux enquêtes menées par Gina Bravo sur l\u2019aide médicale à mourir.Cette chercheuse, qui détient un doctorat en mathématiques de l\u2019Université de Sherbrooke ainsi qu\u2019une formation postdoctorale en épidémiologie clinique de l\u2019Université McGill, s\u2019intéresse à l\u2019aide médicale à mourir dans un contexte de démence et à « tout le débat concernant son extension aux gens qui seraient incapables de consentir en raison notamment de la maladie d\u2019Alzheimer », explique-t-elle.Ces enquêtes, menées auprès de personnes âgées de 65 et plus non atteintes de la maladie d\u2019Alzheimer, auprès de proches aidants, d\u2019infirmières et de médecins, visaient à mesurer les opinions par rapport à cette extension, à savoir si les répondants étaient ouverts ou non à cette possibilité.« Beaucoup de personnes se posent des questions sur le fait d\u2019aller de l\u2019avant ou pas avec cette population particulière considérant tous les risques qui se rattachent à cette décision », affirme Gina Bravo.Les résultats de ses enquêtes démontrent un appui élevé pour l\u2019extension chez les personnes âgées et les proches aidants, alors qu\u2019on observe un niveau d\u2019approbation moindre chez les infirmières et encore plus bas chez les médecins.« Toutefois, tous les groupes sondés sont plus favorables à l\u2019aide médicale à mourir qu\u2019à la sédation palliative, qui est la seule option qui existe actuellement pour les personnes atteintes de démence », précise-t-elle.ser à l\u2019urgence ou en clinique médicale, et ensuite pour les semaines qui suivront l\u2019incident.L\u2019idée de développer cet outil est venue lorsque la chercheuse au Centre de santé de l\u2019Université McGill et professeure à l\u2019Université de Montréal a constaté que de 10 à 15 % de ses patients atteints d\u2019un TCCL gardaient des séquelles après quelques mois et que peu d\u2019entre eux avaient reçu un diagnostic précis ou une information pertinente sur la récupération.L\u2019outil développé par Mme de Guise corrige ces lacunes.En quelques minutes, le personnel soignant a accès à de l\u2019information sur le diagnostic des TCCL chez l\u2019adulte et l\u2019enfant, les symptômes et les facteurs de risque, les outils d\u2019évaluation, les complications possibles et le processus de reprise des activités quotidiennes et sportives.On y trouve aussi une liste des cliniques spécialisées en traitement de TCCL et leurs coordonnées.Enfin, chose intéressante, les intervenants peuvent communiquer aux patients, directement sur leur téléphone ou tablette, les outils de reprise des activités intellectuelles ou sportives et des références pour leur assurer une guérison adéquate.Selon la neuropsychologue, le moment était parfait pour concevoir cette application puisque l\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et services sociaux et l\u2019Ontario Neuro- trauma Foundation disposaient de données toutes récentes sur le traitement de ce traumatisme.Élaine de Guise a donc collaboré avec ces organismes pour les intégrer à son application.L\u2019outil sera utile à tous, car personne n\u2019est à l\u2019abri d\u2019un traumatisme cra- niocérébral (TCC).Il peut survenir lors de la pratique d\u2019un sport de contact ou simplement lors d\u2019une activité quotidienne (ex.: chute), sur la route, au travail ou, plus rarement, lors d\u2019une agression physique.Au Québec, 12 000 personnes en sont victimes chaque année, selon le Regroupement des associations de personnes traumatisées craniocérébrales du Québec.Heureusement, dans la majorité des cas (85 %), il s\u2019agit d\u2019un traumatisme léger.Pour les 15 % restant, il s\u2019agit de traumatismes crâniens plus graves.Le temps de récupération d\u2019un TCCL varie d\u2019une personne à l\u2019autre.« Pour la population générale, il oscille entre 4 et 12 semaines alors que, pour les athlètes, il est de 7 à 10 jours en raison de leur bonne forme physique, affirme la chercheuse.Si les symptômes sont toujours présents après trois mois, il y a matière à s\u2019inquiéter, car ils peuvent alors devenir chroniques.» La prise en charge rapide du patient (chose que permet l\u2019application) a deux grands avantages, selon Mme de Guise.« Cela épargne des coûts au système de santé et cela limite l\u2019apparition de troubles chroniques tels que la dépression », indique-t-elle.Bien que l\u2019application ne soit offerte que depuis le printemps 2019, elle connaît déjà beaucoup de succès.« Elle est surtout utilisée à l\u2019urgence, où les médecins la consultent directement sur leur téléphone », note Élaine de Guise, qui ajoute qu\u2019elle peut être aussi consultée sur tablette ou ordinateur.Parmi les autres lieux intéressés par l\u2019application, mentionnons certains centres de réadaptation.Son usage ne se limite cependant plus au Québec.La chercheuse mentionne que des centres hospitaliers de pays comme l\u2019Australie, la France, l\u2019Angleterre et les États-Unis ont commencé à l\u2019utiliser.Enfin, l\u2019application est bilingue (français et anglais) et peut être téléchargée sur Apple Store ou Google Play.orsqu\u2019une personne se présente à l\u2019urgence atteinte d\u2019un traumatisme à la tête, les intervenants doivent réagir rapidement et efficacement.Ils doivent notamment déterminer s\u2019il s\u2019agit d\u2019un traumatisme craniocérébral léger (TCCL, aussi appelé commotion cérébrale).Si c\u2019est le cas, d\u2019autres questions viendront : quelle est sa gravité, doit-on procéder ou non à une résonance magnétique, doit-on garder le patient en observation quelque temps ?L\u2019application mobile développée par Mme de Guise aide à prendre les bonnes décisions sur les gestes à poe projet CAR (pour Con- naissance-Attitude-Re- connaissance), mené par Diane Tapp, membre du Réseau québécois de recherche en soins palliatifs et de fin de vie (RQSPAL), vise à documenter la perception de la population québécoise envers l\u2019aide médicale à mourir et les soins palliatifs.« Notre hypothèse partait du fait qu\u2019on n\u2019était pas certain que le public en général soit bien informé sur les soins palliatifs et sur ce qu\u2019est réellement l\u2019aide médicale à mourir », explique Mme Tapp.« On espère toujours le meilleur, mais on prévoit le pire, indique-t- elle.On vise la meilleure qualité de vie possible pour soi ou les personnes es projets de recherche de la Dre Ève Dubé portent sur le contexte socioculturel de l\u2019immunisation et s\u2019intéressent à l\u2019hésitation face à la vaccination.« Parfois quand on a peur, on préfère ne rien faire », note la chercheuse.Un de ses projets consiste à « faire des entrevues avec des mères durant la grossesse et après l\u2019accouchement alors que les bébés ont autour de trois ou quatre mois.On s\u2019intéresse à ce qu\u2019elles pensent de la vaccination, à leurs sources d\u2019information et, une fois leur bébé né, à leur décision et à ce qui l\u2019a influencée », explique Ève Dubé, qui ajoute : « L\u2019objectif est d\u2019améliorer les outils de communication de la santé publique sur le sujet et on essaie de creuser un peu plus et de voir l\u2019influence des réseaux sociaux et des professionnels de la santé dans tout ça.» Un autre de ses projets porte sur le programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), « un des vaccins pour lesquels on a les plus grandes hésitations à la vaccination.On essaie de comprendre les facteurs qui influencent la décision des parents.On a développé certaines interventions dans les écoles du Québec et on essaie de les évaluer et de voir ce qui pourrait être amélioré pour étendre la couverture vaccinale », précise-t-elle.Une troisième recherche porte plus précisément sur les perceptions des professionnels de la santé et ce qui influence leur décision de recommander ou non un nouveau vaccin.L\u2019enquête sonde aussi la population générale sur les raisons qui font qu\u2019on accepte ou refuse un vaccin.L\u2019opposition à la vaccination existait avant même que Louis Pasteur n\u2019inocule à un enfant le vaccin contre la rage en 1885.Mais aujourd\u2019hui, avec les réseaux sociaux et la mondialisation, le nombre de parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants est en hausse.Et même si on entend aujourd\u2019hui certaines personnes s\u2019en prendre à la gourmandise de l\u2019industrie pharmaceutique, les arguments anti-vaccins demeurent sensiblement les mêmes qu\u2019au XIXe siècle : « Les craintes sont circonscrites aux enjeux de sécurité, à la question des risques d\u2019effets secondaires réels ou non, à la pertinence de se faire vacciner contre certaines maladies et à l\u2019efficacité des vaccins », indique la chercheuse.Au Québec, malgré les hésitations, les couvertures vaccinales des bébés à 15 et à 24 mois étaient respectivement de 91 % et de 85 % en 2014.« L\u2019important, c\u2019est de maintenir ces taux », insiste Ève Dubé, parce que certaines maladies commencent à se frayer un chemin à travers la barrière vaccinale qui s\u2019affaiblit à certains endroits sur la planète.Par exemple, la rougeole refait son apparition : « Au Canada, on avait éliminé la transmission de la rougeole et ce statut est en péril à cause des cas récents », affirme-t-elle.Il faut savoir que la rougeole est une des maladies les plus contagieuses que l\u2019on connaisse.Elle se propage facilement ; il suffit d\u2019être dans la même pièce qu\u2019une personne infectée pour être à son tour atteint.« Pour la prévenir, on doit vacciner 95 % d\u2019une population », explique la chercheuse.Et la rougeole, ce n\u2019est pas anodin : c\u2019est la première cause de retard mental chez les enfants, elle tue une personne sur 3000 et, encore aujour- d\u2019hui, on n\u2019a pas de médicament ou de traitement qui la guérit.Le vaccin demeure donc la seule arme efficace pour s\u2019en protéger.Et si le vaccin était victime de son efficacité ?La peur est un grand mo- tivateur.Quand on voyait dans les années 1950 des enfants atteints de poliomyélite, cela incitait à protéger les siens.Grâce au vaccin, cette maladie a complètement disparu, tout comme la diphtérie, le tétanos et la coqueluche.Facile alors de penser qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire de se faire vacciner puisque ces maladies n\u2019existent plus.« L\u2019expérience nous apprend pourtant que lorsqu\u2019on cesse de vacciner, que ce soit contre la rougeole ou la coqueluche, les maladies reviennent », conclut Ève Dubé.USherbrooke.ca Les travaux de Marie-José Durand, titulaire de la Chaire de recherche en réadaptation au travail, visent à outiller les professionnels de la santé, employeurs, assureurs et syndicats a?n de soutenir l\u2019adoption de pratiques optimales de gestion des absences et des retours au travail.Sa vision : améliorer la situation des travailleurs aux prises avec des troubles musculosquelettiques, de santé mentale et celle des survivants du cancer.La recherche à l\u2019UdeS est un puissant outil de transformation sociale AU SERVICE DES TRAVAILLEUSES ET DES TRAVAILLEURS LA RECHERCHE EN SANTÉ « De désenchantement, tout du moins, précise-t-elle.Surtout si la personne avait des idées irréalistes pour sa retraite ou qu\u2019elle ne s\u2019y est pas préparée.C\u2019est le moment où l\u2019on fait le deuil de sa vie passée, du statut que conférait l\u2019emploi.C\u2019est une transition qui peut être très difficile à vivre, et c\u2019est là que la pleine conscience peut faire une différence.» La pleine conscience consiste à porter attention au moment présent, aux pensées, aux émotions, aux sensations physiques et à l\u2019environnement de façon délibérée et sans porter de jugement ou poser d\u2019étiquettes.Il s\u2019agit d\u2019être pleinement en contact avec l\u2019instant présent plutôt que de revivre le passé ou d\u2019anticiper l\u2019avenir.Elle peut être pratiquée par des activités telles que la méditation assise ou marchée et le yoga, ou encore en s\u2019efforçant d\u2019être pleinement présent à chaque instant dans les activités habituelles de la journée : boire, manger, écouter de la musique, regarder par la fenêtre, etc.« La respiration est très importante dans la pleine conscience, ajoute Guilhème Pérodeau.Parce qu\u2019elle est toujours là, avec nous.Nous vivons en permanence à l\u2019aveugle.Des événements surviennent et nous réagissons sous le coup de la peur, de la colère, de la surprise.Mais si je prends quelques secondes et que je respire de manière consciente, j\u2019ai alors la possibilité d\u2019accueillir l\u2019événement de façon conscience.Je prends du recul et il y a de grandes chances que l\u2019action que je fais en réaction soit plus adéquate.» Cette possibilité d\u2019être conscient de son expérience ouvre des options, ajoute la professeure Pérodeau.Et cela ne relève pas de la pensée magique, fait-elle valoir.Les images par résonance magnétique ont fait la preuve que la pleine conscience a un effet sur le cerveau et sur les émotions, et ce, par l\u2019entremise du nerf vague, le plus long des nerfs crâniens, qui contient des fibres motrices et sensorielles et passe par le cou et le thorax pour atteindre l\u2019abdomen et donc l\u2019estomac et les intestins.De récentes études démontrent que les intestins influent grandement sur les émotions et la motivation.« Savoir le stimuler au travers d\u2019exercices tels que la respiration diaphragmatique aide à réduire en grande quantité les émotions négatives, souligne Guilhème Pérodeau.Bref, nous savions instinctivement que respirer profondément permettait de se calmer.Nous avons maintenant la preuve scientifique que méditer permet de réduire le stress et de fortifier le système immunitaire.» Or, il ne faut pas minimiser les angoisses vécues par les retraités.Outre la transition qu\u2019ils opèrent, ils se retrouvent face à eux-mêmes et au regard que les autres portent sur eux.Dans une société qui prône la performance, où il faut être riche, jeune, rapide, productif, les retraités sont tout simplement des gens qui ne servent plus à rien, des bouches inutiles.« Comment être heureux alors que l\u2019on croit vivre un véritable naufrage ?demande la jeune retraitée.Or, nous sommes acculés au bonheur.On ne doit pas montrer ses failles parce que c\u2019est un aveu de faiblesse.Il faut continuer à sourire ou sinon, prendre des pilules.» Continuer à sourire alors même que l\u2019âgisme, très présent au sein de la population, fait en sorte que l\u2019aîné croit dur comme fer que vieillir signifie perte d\u2019autonomie, vie en résidence, démence, et ce, jusqu\u2019à ce que mort s\u2019ensuive\u2026 Or, ce sont des mythes, explique Mme Pérodeau.Ce n\u2019est pas vrai pour tout le monde.« La pleine conscience permet de faire la part des choses, explique la chercheuse.De faire la différence entre ce qui nous fait réellement souffrir nous, en tant qu\u2019individu, pas du fait de l\u2019image que les autres nous renvoient.Ça ne veut pas dire que tout va bien.Mais on se rend compte que ces pensées sont fluctuantes.D\u2019une journée à l\u2019autre, d\u2019une semaine à l\u2019autre, notre expérience fluctue.C\u2019est ce qu\u2019on appelle l\u2019impermanence.» L\u2019impermanence, comme son nom l\u2019indique, est ce qui n\u2019est pas permanent.La fleur est un parfait exemple de l\u2019impermanence : épanouie au- jourd\u2019hui, fanée demain, elle laissera sa place à un fruit, ou pas\u2026 « Ça signifie que je suis peut-être très malheureuse aujourd\u2019hui, mais que cela ne va vraisemblablement pas durer », ajoute Guilhème Pérodeau.Elle prévient cependant que la pleine conscience n\u2019est pas une thérapie et que les personnes qui souffrent de dépression majeure devraient plutôt consulter un spécialiste.Mais pour Monsieur et Madame Tout-le- Monde, la pratique régulière de la méditation permet de relever le défi de passer une retraite heureuse, épanouie et apaisée, affirme-t-elle.pécialiste du vieillissement, la professeure de l\u2019Université du Québec en Outaouais (UQO) Guil- hème Pérodeau, aujourd\u2019hui toute jeune retraitée, s\u2019est intéressée aux effets de la méditation et de la pleine conscience chez les baby-boomers, de plus en plus nombreux à prendre le chemin de la retraite.Elle publie un ouvrage présentant ses résultats de recherche et ceux de ses collègues, tout en proposant des pistes pour parvenir à mettre le pilote automatique sur off et accepter de suivre sa voix intérieure.« La retraite, c\u2019est une nouveauté, explique-t-elle.On a passé toute notre vie à travailler.On s\u2019est habitués à ce que d\u2019autres pensent pour nous, tout est structuré, notre espace de liberté est restreint.Et tout d\u2019un coup, on peut faire ce qu\u2019on veut lorsqu\u2019on se lève le matin.Mais qui sait réellement ce qu\u2019il veut ?Quelles sont ses intentions ?» Après ce que la professeure appelle « la lune de miel », une année ou deux durant lesquelles le jeune retraité opère un rattrapage et fait tout ce qu\u2019il s\u2019était promis de faire lorsqu\u2019il en aurait du temps, vient une période d\u2019angoisse.La pleine conscience Guide pour une retraite heureuse Guilhème Pérodeau, Édition PUL, Québec, 2019, 214 pages L\u2019Université de Montréal et du monde de la santé L\u2019Université de Montréal joue un rôle essentiel dans la qualité des soins que nous recevons.En formant la plus importante cohorte de professionnels de la santé du Québec et en réalisant des percées scientifiques qui sauvent des vies.umontreal.ca Plusieurs chercheurs québécois étudient la cellule familiale et, plus particulièrement, le rôle des pères sous différents angles.En voici un échantillon : Université du Québec à Trois-Rivières Dirigé par le professeur Carl Lacharité du Département de psychologie de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, le Centre d\u2019études interdisciplinaires sur le développement de l\u2019enfant et de la famille offre des perspectives variées sur la parentalité.Il comprend notamment un groupe de recherche qui s\u2019intéresse à la santé mentale des hommes en période postnatale et aux pratiques professionnelles en soins de première ligne.Université du Québec en Outaouais La professeure en sciences infirmières à l\u2019Université du Québec en Outaouais (UQO) Francine de Montigny dirige la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles, dont le financement a été renouvelé jusqu\u2019en 2020.Depuis 2010, cette chaire cherche à améliorer les interventions auprès des nouveaux parents en étudiant la santé psychosociale des pères et des mères en période périnatale.Toujours à l\u2019UQO, Diane Dubeau, de la Faculté de psychologie, a dirigé l\u2019étude « Soutenir les pères en contexte de vulnérabilités et leurs enfants : des services au rendez-vous, adéquats et efficaces », dont le rapport de recherche a été déposé en 2013.Actuellement, Diane Dubeau est coresponsable, avec Tamarha Pierce de l\u2019Université Laval, d\u2019un projet intitulé « Adaptation psychosociale et trajectoire paternelle d\u2019utilisation des services juridiques et psychosociaux à la suite d\u2019une séparation conjugale ».Université de Montréal Sous la direction de la professeure Annie Bernier, le laboratoire Grandir ensemble, basé au Département de psychologie de l\u2019Université de Montréal et affilié au Centre de recherche en neuropsychologie et cognition, au Centre de recherche en développement humain et au Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux, se préoccupe de « l\u2019influence du milieu familial sur le développement de l\u2019enfant, puis de l\u2019adolescent ».Les travaux du regroupement concernent donc autant les parents que le développement des enfants.Université Laval Marie-Christine Saint-Jacques, de la Faculté des sciences sociales de l\u2019Université Laval, travaille pour sa part avec 23 cochercheurs, 5 collaborateurs et 17 organismes sur une enquête d\u2019envergure portant sur la séparation parentale et la recomposition familiale.Dans le cadre de cette étude, pas moins de 2000 parents québécois sont appelés à s\u2019exprimer sur le sujet.intéressant au rôle des parents comme à celui des enseignants et passant sous la loupe le passage houleux du primaire au secondaire, les différents projets entrent dans un cheminement qui aura pour but ultime de réduire les inégalités sociales, explique Isabelle Plante.« Ce qu\u2019on sait, c\u2019est qu\u2019il y a certaines pratiques qui peuvent favoriser le succès chez tous les élèves, note la chercheuse.Ce qu\u2019on voudrait, c\u2019est être capable de mieux les identifier pour ensuite faire des recommandations qui soient empiriques et non anecdotiques, et qui soient soutenues par des connaissances scientifiques.» L\u2019anxiété de performance débute à un très jeune âge et pas moins de 40 % des élèves en ressentent les effets à un niveau ou à un autre, selon Mme Plante.Cet état de crainte est aussi le résultat d\u2019un contexte.« L\u2019anxiété de performance est vraiment liée aux évaluations, expli- que-t-elle.Il y a des contextes dans lesquels on met plus d\u2019emphase sur les évaluations que d\u2019autres.Il y a des périodes aussi.Puis, il y a des vulnérabilités individuelles.En ce sens, on peut conserver cette fragilité jusqu\u2019après l\u2019école, mais l\u2019anxiété est vraiment liée à un moment d\u2019évaluation.» Si Mme Plante a choisi précisément d\u2019étudier l\u2019anxiété de performance, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un élément sur lequel les enseignants et le contexte agissent systémiquement et indirectement, explique-t-elle.Mais aussi parce que cette anxiété n\u2019est parfois qu\u2019un état intermédiaire.La chercheuse souligne en effet que l\u2019anxiété de performance peut n\u2019être qu\u2019un indicateur de problèmes de santé mentale à diagnostiquer.Parmi les hypothèses qu\u2019Isabelle Plante aimerait vérifier, il y a celle voulant que l\u2019anxiété de performance génère du perfectionnisme.« Ça veut dire que les jeunes se mettent à être obsédés à propos du rendement, observe-t-elle.Ils ont des comportements compulsifs, ils se mettent à étudier, étudier, et au final ils ont un rendement plus élevé.Par contre, il y a un coût.C\u2019est toujours associé à un mal-être psychologique.» Le phénomène inverse s\u2019observe également.Celui-ci est communément appelé le chocking under pressure, soit « craquer sous la pression ».« On anticipe de façon négative l\u2019évaluation, on rumine, donc on évite, on se désengage, on a de la difficulté à se concentrer et finalement, on performe en deçà de notre potentiel », explique Mme Plante.L\u2019un des projets en cours se concentre sur les élèves de cinquième secondaire.Environ 1500 d\u2019entre eux seront questionnés à deux reprises durant l\u2019année scolaire.« On regarde comment ça évolue dans le temps et jusqu\u2019à quel point cela va affecter les choix de carrière, les choix de persévérer, de continuer au cégep ou non, mentionne Isabelle Plante.On a choisi d\u2019aller avec le secondaire 5, car la plupart des études sont menées exclusivement auprès de collégiens ou d\u2019étudiants universitaires.Or, ils sont déjà là où ils sont.On n\u2019a donc pas accès à tout l\u2019échantillon d\u2019élèves potentiels, mais seulement à ceux qui ont choisi de persévérer.» Les parents seront également sondés.Et afin d\u2019éviter d\u2019avoir un faible taux de réponse de leur part, les élèves pourront partager leur opinion sur les pratiques parentales.« On veut savoir ce qu\u2019ils en pensent, à quel point ils se sentent soutenus, s\u2019ils ressentent de la pression, comment est perçu le rendement à la maison, etc.», indique la chercheuse.Le projet s\u2019intéressant à la transition du primaire au secondaire en est, quant à lui, à l\u2019étape de l\u2019analyse de données.On y étudie particulièrement les pratiques enseignantes et les contextes favorisant l\u2019anxiété, comme ceux orientés vers la compétition.Toutefois, il y a certaines pratiques qui peuvent aussi agir comme facteurs de protection, en valorisant l\u2019effort et en amenant les élèves à s\u2019épanouir.Bien qu\u2019il faille attendre les analyses plus complètes, ce sont déjà les grandes idées qui ressortent, souligne Mme Plante.L\u2019objectif ultime est de développer une formation pour les enseignants se concentrant davantage sur les pratiques favorisant l\u2019apprentissage.On souhaite ainsi modifier le rapport à l\u2019échec ou à l\u2019erreur, par exemple.« Dans le fond, l\u2019échec peut être vu comme une fatalité, on met le doigt sur quelque chose qui ne va pas, indique Isabelle Plante.Mais ça peut être vu comme un processus normal et nécessaire à l\u2019avancement.Finalement, faire des erreurs, c\u2019est comme cela qu\u2019on apprend.Les enseignants peuvent favoriser à travers leurs pratiques ces conceptions-là.» Un enfant qui accepte l\u2019idée de tomber pour mieux se relever restera motivé et souffrira moins du sentiment d\u2019incompétence et de l\u2019anxiété qui accompagnent souvent l\u2019échec, ajoute Mme Plante.En plus des inégalités, la professeure est aussi préoccupée par l\u2019environnement de performance au Québec.« Présentement, on est beaucoup dans le rendement aux tests standardisés, dit-elle.Les examens ministériels, par exemple, sont encore la voie privilégiée pour évaluer.On sait que tous les ingrédients pour susciter de l\u2019anxiété de performance sont là.» Il ne suffit pas de travailler sur les pratiques quotidiennes, croit la pro- fesseure.Une remise en question d\u2019un système compétitif est nécessaire.« Mes recherches s\u2019inscrivent dans cette lignée, dans cet objectif à long terme pour remettre en question nos pratiques et mettre en œuvre le système que l\u2019on souhaite comme société.Un système qui favorise les apprentissages.» En attendant que cela arrive, Mme Plante s\u2019engage à contribuer à la compréhension du problème en continuant à le documenter, avant de faire ses recommandations.à l\u2019autre, « de 2 heures jusqu\u2019à plus de 70 heures par semaine dans le cas de ceux qui se prévalent du congé parental », dit la professeure.De nombreux facteurs à prendre en considération, donc, avant de tirer des conclusions.« Plus je passe de temps avec mon enfant, plus mes comportements risquent de l\u2019influencer, qu\u2019ils soient bons ou mauvais », suppose Célia Matte-Gagné.Les résultats finaux de cette recherche seront dévoilés en 2022."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.