Le devoir, 16 novembre 2019, Cahier D
[" Il s\u2019agit de célébrer l\u2019excellence en recherche et de mettre en valeur des chercheurs et chercheuses dont la carrière a atteint une certaine maturité et dont les réalisations sont particulièrement notables », explique la présidente de l\u2019Acfas, Lyne Sauvageau.On s\u2019en doute, la liste des lauréats est longue après 75 ans d\u2019existence, et plusieurs d\u2019entre eux ont fait et continuent de faire leur marque dans leur domaine de recherche, mais aussi dans la société.René Laprise, prix Acfas Michel-Jurdant en 2008, a fait partie de l\u2019équipe du GIEC qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2007.Le gagnant du prix Acfas Léo- Pariseau en 1997, Rémi Quirion, est devenu depuis scientifique en chef du Québec, tandis que Mona Nemer, lauréate du même prix en 2003, est maintenant conseillère scientifique en chef du Canada.« Recevoir un prix Acfas constitue une belle marque de reconnaissance, puisque le prix est remis par un jury de pairs, qui ont la tâche difficile de choisir entre plusieurs candidatures de grande qualité », souligne Lyne Sauvageau.Elle ajoute que c\u2019est aussi une bonne occasion de vulgariser certaines recherches scientifiques, mais surtout de montrer que derrière celles-ci, il y a le travail de femmes et d\u2019hommes qui consacrent leur vie à leur science.L\u2019Acfas vient par ailleurs de créer le prix Jeanne-Lapointe, qui sera décerné à partir de 2020 à des chercheurs et chercheuses des sciences de l\u2019éducation.« Le nombre de chercheurs et de chercheuses qui travaillent dans ce vaste domaine et l\u2019importance de cet objet d\u2019étude mérite d\u2019être mis davantage en évidence », soutient Lyne Sauvageau.Le prix sera offert en collaboration avec le Conseil supérieur de l\u2019éducation et le Fonds de recherche du Québec \u2013 Société et culture.Le choix du nom de Jeanne Lapointe (1915-2006) aidera à éviter que ne sombrent dans l\u2019oubli les contributions importantes de cette femme à la littérature, à l\u2019éducation et au féminisme.Née à Chicoutimi en 1915, elle a été la première femme à occuper le poste de professeure titulaire de la Faculté des lettres de l\u2019Université Laval.Elle en avait aussi été la première jeune laïque diplômée en 1938.Pionnière, elle a mis au programme de ses cours des auteurs québécois comme Saint-Denys Gar- neau, Anne Hébert et Gaston Miron.Mais elle ne s\u2019est pas du tout cantonnée aux salles de classe.Elle a aussi participé vigoureusement aux débats sociaux de son époque.Le sociologue Guy Rocher l\u2019a bien connue puisqu\u2019ils ont siégé ensemble à la commission Parent, qui a révolutionné l\u2019éducation au Québec dans les années 1960.Jeanne Lapointe a été la principale rédactrice du rapport tout autant pour son militantisme en faveur de la préservation des écosystèmes.Il a contribué à la sauvegarde de la forêt de Saraguay, qui a mené à la création des parcs-nature à Montréal.Il deviendra le directeur de thèse d\u2019Yves Bergeron.Ce dernier travaille alors sur les forêts de l\u2019Abitibi-Témiscamingue, très peu étudiées auparavant.« Ce qui m\u2019intéressait, c\u2019était les forêts naturelles, mais j\u2019ai vite été confronté au fait que celles-ci étaient aménagées pour l\u2019exploitation forestière, se rappelle Yves Bergeron.C\u2019est là que j\u2019ai vu tout l\u2019intérêt de lier écologie et foresterie.» Il faut dire qu\u2019à l\u2019époque, la conception que l\u2019on se faisait de l\u2019aménagement des forêts était bien loin de celle que l\u2019on connaît aujourd\u2019hui.Une idée reçue voulait qu\u2019en coupant les arbres de la forêt boréale tous les 70 ans, on imitait ce que faisait la nature avec les incendies.Sauf qu\u2019en y regardant de plus près, Yves Bergeron et d\u2019autres chercheurs en écologie forestière ont constaté que le rythme des coupes était beaucoup plus rapide que celui des incendies naturels.Cette approche rajeunissait donc les forêts beaucoup trop rapidement et faisait disparaître les plus anciennes.Les travaux de recherche en écologie forestière ont eu une grande influence sur l\u2019évolution des méthodes d\u2019aménagement de la forêt.Le nouveau régime forestier du gouvernement québécois fait de l\u2019aménagement écosystémique la voie à privilégier pour gérer les forêts boréales.« Il s\u2019agit d\u2019imiter le plus possible le fonctionnement naturel de la forêt dans son aménagement, ce qui signifie bien sûr qu\u2019il faut mener des recherches pour bien comprendre ce fonctionnement », explique le professeur.Yves Bergeron y travaille depuis de nombreuses années et a développé plusieurs collaborations internationales.Cet élan vers l\u2019extérieur débute à la fin des années 1990 avec des ententes entre l\u2019Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et l\u2019Université du Québec à Montréal et l\u2019Université de Montpellier, l\u2019École pratique des Hautes Études et l\u2019Université Paul-Sabatier, en France.Elles mèneront à la création du Laboratoire international associé sur les forêts montagnardes et boréales, qui s\u2019intéresse à l\u2019écologie forestière des forêts froides.« Le Québec et la France présentent des différences qui les rendent complémentaires, souligne Yves Ber- geron.En Europe, les forêts sont aménagées depuis très longtemps, il s\u2019y fait beaucoup de restauration, donc on peut s\u2019inspirer de leurs bons et moins bons coups.Au Québec, il reste des forêts naturelles.Cela permet aux Européens d\u2019avoir accès à des référents naturels qui n\u2019existent plus beaucoup chez eux.» Le partenariat Québec-France va rapidement s\u2019élargir, d\u2019abord à la Suède et à la Russie en 2015, puis deux ans plus tard à l\u2019Islande, la Norvège, la Finlande et la Chine avec la création du Laboratoire international sur les forêts froides.Ce groupe de recherche couvre ainsi toute la zone circumboréale terrestre, à savoir la zone tempérée froide de l\u2019hémisphère nord ainsi que l\u2019Arctique.Son objectif est de mieux comprendre le passé et le présent pour réussir à aménager l\u2019avenir.Les chercheurs étudient comment la forêt a été perturbée sur plusieurs millénaires par la dynamique des incendies et d\u2019autres phénomènes naturels, notamment par les changements climatiques.Ce dernier point est particulièrement important, puisque l\u2019on sait maintenant que les changements climatiques actuels modifieront les forêts boréales.Comprendre certains épisodes similaires dans le passé aidera à raffiner les prédictions sur les évolutions à venir et à mieux s\u2019y adapter.L\u2019écologie forestière a amené Yves Bergeron à voyager et à découvrir qu\u2019au fond, il est toujours un peu chez lui dans une forêt boréale.« Le milieu circumboréal est très similaire d\u2019un pays à l\u2019autre, raconte-t-il.Je l\u2019ai constaté dans le nord de la Chine, dans des forêts où l\u2019on retrouve des arbres de genres similaires à ceux qui existent au Québec, comme des érables, des chênes et des tilleuls.Je m\u2019y sentais un peu chez nous.» omme c\u2019est souvent le cas lorsque l\u2019on marche en forêt, Yves Bergeron a parcouru quelques sentiers avant d\u2019arriver à sa passion, l\u2019écologie forestière.Cet amoureux de la nature était surtout attiré au départ par le monde animal.Pendant ses études en biologie à l\u2019Université de Montréal, il a l\u2019occasion de suivre des cours au Jardin botanique.Il y découvre l\u2019univers des plantes, mais y fait surtout la rencontre, déterminante, d\u2019André Bouchard.Cet écologiste et biologiste, longtemps conservateur et même directeur du Jardin botanique, est reconnu pour ses travaux de recherche, notamment en aménagement du territoire et en agroforesterie.Mais il l\u2019est Quand je vois que je peux faire avancer les choses, même de façon minimale, quand je travaille sur des sujets où je peux faire découvrir et faire avancer les connaissances, c\u2019est ça qui me motive, lance la profes- seure à l\u2019École des relations industrielles de l\u2019Université de Montréal.Le jour où je n\u2019aurai plus d\u2019utilité par mon travail, je serai moins motivée à le poursuivre.» Être la lauréate de ce prix pour l\u2019engagement social est, pour Marie- Thérèse Chicha, « une reconnaissance non seulement des recherches universitaires, mais aussi de l\u2019engagement des universitaires dans la société ».Le parcours de Mme Chicha est parsemé de fiertés.Entre autres, elle a beaucoup contribué à l\u2019adoption de la Loi sur l\u2019équité salariale au Québec comme présidente du comité chargé de préparer cette loi.Elle a aussi été experte auprès du Bureau international du travail, où elle a été mandatée dans des pays membres, comme l\u2019Afrique du Sud, le Soudan ou la Chine.« J\u2019ai eu l\u2019occasion de donner des formations à des personnes qui venaient de différents pays dont le niveau de développement et les structures étaient extrêmement différents.Pour moi, c\u2019est important d\u2019expliquer ce principe d\u2019égalité à ceux qui ne sont pas familiers de ces questions de discrimination.» Toutefois, malgré les avancées, tout n\u2019est pas acquis.« Si on parle du Québec, on a beaucoup avancé en matière d\u2019équité salariale comme sur d\u2019autres fronts, mais je dirais que les lois, au fur et à mesure qu\u2019on les applique, on remarque leurs limites et leurs problèmes, observe-t-elle.En ce moment, il faut continuer à les améliorer plutôt que de rester figés sans s\u2019adapter aux changements.» L\u2019immigration, l\u2019une des expertises de recherche de Marie-Thérèse Chicha, représente un défi qui nécessite que l\u2019on revoie nos priorités sociétales.« Il est certain que l\u2019immigration contribue à combler certaines pénuries, même si, à mon avis, c\u2019est un peu exagéré comme attente, mais je pense qu\u2019il est important d\u2019arrêter d\u2019instrumentaliser l\u2019immigration, plaide-t-elle.On accepte les immigrants parce que ce sont des facteurs de production et qu\u2019ils vont aider à développer le pays.Et dès qu\u2019il n\u2019y a pas de pénurie, dès qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019eux, on les rejette.» Les questions de droits fondamentaux, le respect et la dignité doivent redevenir les points centraux du discours, au lieu de la croissance économique.Sans oublier l\u2019accès à l\u2019égalité, inhérente au concept d\u2019équité en emploi, pour laquelle la chercheuse se bat.« De nos jours, on parle beaucoup de diversité, d\u2019inclusion et on oublie qu\u2019au point de départ de ces préoccupations, il y a l\u2019équité, rappelle-t-elle.On va beaucoup mettre l\u2019accent sur le fait que la diversité est rentable, que ça rapporte aux entreprises, que c\u2019est source de créativité et d\u2019innovation, mais on oublie de faire avancer les droits à l\u2019égalité des personnes issues des Félicitations à quatre Uqamiens qui changent le monde, une recherche à la fois.Prix Thérèse Gouin-Décarie Sciences sociales Robert J.Vallerand Professeur au Département de psychologie Prix Adrien-Pouliot Coopération scienti?que avec la France Yves Bergeron Professeur au Département des sciences biologiques Prix Michel-Jurdant Sciences de l\u2019environnement Béatrix Elisabeth Beisner Professeure au Département des sciences biologiques Prix spécial du jury Concours La preuve par l\u2019image Fèmy Fagla Doctorant en études urbaines pas un français standard avec des erreurs, affirme la sociolinguiste.C\u2019est une variété à part entière, avec ses règles, tendances et structures propres peu importe les niveaux d\u2019instruction et les statuts socioéco- nomiques.Il diverge au maximum des normes associées au français écrit, ce qui n\u2019en fait pas pour autant une variété \u201cmoins bonne\u201d.» C\u2019est d\u2019ailleurs cette découverte de règles dans le chaos apparent qui a marqué un tournant dans la recherche de Mme Poplack.Il s\u2019en est suivi une série de recherches sur le parler d\u2019individus hautement bilingues.En effet, le mélange de langues représente la caractéristique la plus universelle du bilinguisme : on introduit des mots d\u2019une langue dans une langue receveuse, ou on alterne carrément des séquences d\u2019une langue, puis de l\u2019autre.C\u2019est le cas notamment du « franglais », qui a fait couler beaucoup d\u2019encre.« Ce mélange semble complètement chaotique, et, selon nous, il orsqu\u2019elle avait neuf ans, Shana Poplack a quitté la Pennsylvanie pour s\u2019installer à New York avec ses parents.Dès lors, elle remarque que ses camarades d\u2019école la montrent du doigt en raison de sa façon différente de prononcer les voyelles.S\u2019il s\u2019agissait en général de plaisanteries aimables à son égard, elle a tôt fait d\u2019observer que des jugements comparables étaient beaucoup moins tendres à l\u2019endroit de locuteurs minoritaires.« Les variétés d\u2019anglais qu\u2019ils parlaient, étiquetées Black English, Spanglish, Chinglish, etc., étaient considérées comme déficientes et inférieures, des attributs bien vite imputés aux locuteurs eux-mêmes », raconte la professeure au Département de linguistique de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Une réalité à laquelle elle s\u2019est constamment butée par la suite au fil de ses déménagements, que ce soit en France, où elle a vécu plusieurs années pendant ses études à la Sorbonne, ou encore au Canada, où le français canadien est différent du français parlé en Europe, et jugé moins bon par certains.« Tous ces jugements ont insufflé en moi le désir de savoir ce qu\u2019était en fait le \u201cbon français\u201d, c\u2019est-à-dire les caractéristiques d\u2019une langue standard », explique la chercheuse.Elle a fait de ces variétés de langues non standards que l\u2019on entend dans la langue parlée au quotidien, et qui sont stigmatisées, le travail de toute une vie.En 1981, Shana Poplack fonde le Laboratoire de recherche en sociolinguistique de l\u2019Université d\u2019Ottawa, qui accueille des chercheurs de partout dans le monde et des étudiants de tous les niveaux.Avec son équipe, elle entame un imposant projet de recherche, où elle épluche plus de 163 grammaires françaises, publiées de 1530 à 1998.Elle relève systématiquement les injonctions, les prescriptions et les interdictions des grammairiens.D\u2019une époque à l\u2019autre, ces derniers nous disent qu\u2019il faut, par exemple, parler comme les membres de la royauté ou certaines personnes prestigieuses, mais jamais comme le boucher ou l\u2019éboueur, illustre-t-elle.Son analyse révèle ainsi que ce qui est considéré comme correct a non seulement changé d\u2019un siècle à l\u2019autre, mais au cours d\u2019une même période, et parfois à l\u2019intérieur même d\u2019une seule grammaire.« Nous estimons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une idéologie d\u2019exclusion qui ne vise qu\u2019à écarter ceux qui n\u2019ont pas eu la chance d\u2019avoir la même éducation.» Les résultats de cette recherche montrent que, contrairement à ce qui est véhiculé, les parlers vernaculaires sont hautement structurés et stables, alors que la tradition grammaticale, elle, s\u2019avère changeante, vague et contradictoire.« De plus, le français parlé n\u2019est s\u2019agirait de la principale raison pour laquelle le bilinguisme en général est aussi craint au Canada et mal vu, avance-t-elle.Les gens sont convaincus qu\u2019il mène à la détérioration des deux langues concernées.» Or, après l\u2019étude de 40 000 occurrences de phrases mélangées, autant en anglais et en français que dans d\u2019autres langues, son équipe et elle ont trouvé que ces mélanges n\u2019étaient aucunement aléatoires, mais bel et bien très structurés.« Tous les bilingues suivent le même type de règles tacites, sans qu\u2019elles leur aient jamais été enseignées, ajoute-t-elle.Le résultat, qui est dénoncé sévèrement, est en réalité un phénomène normal, répandu et tout à fait fonctionnel.» Ce ne sont là que certaines des théories linguistiques sur le bilinguisme que les recherches de Shana Poplack ont contribué à façonner.Son influence dépasse ce seul domaine pour susciter d\u2019importantes discussions intracommunautaires.Ses travaux pourraient servir également de fondement à des politiques plus efficaces en matière d\u2019enseignement des langues.« J\u2019espère que les professionnels de la langue pourront tenir compte de ces faits et même célébrer la régularité, la structure et même la justesse de la langue parlée plutôt que de la stigmatiser », souligne-t-elle.minorités, des personnes racisées, des femmes, des Autochtones.» Si cet aspect fondamental est mis de côté, on ne fera que continuer de s\u2019éloigner de cet objectif d\u2019équité, en favorisant le profit.La situation des femmes préoccupe par ailleurs grandement la profes- seure, surtout le traitement du genre dans certaines études économiques ou sur le marché du travail, où l\u2019on a tendance à analyser la réalité des hommes et des femmes sans distinction de genre.« Beaucoup d\u2019études sont bâties comme si les femmes et les hommes étaient interchangeables alors que ce n\u2019est le cas, remarque-t- elle.Si on veut faire des politiques qui soient adaptées et qui se distinguent selon le genre, alors il faut des études qui soient spécifiques.» Et les études sur les hommes restent encore la référence, déplore-t-elle.Ce prix Acfas est ainsi l\u2019occasion de rendre visibles ces inégalités qui continuent d\u2019exister.« Et [ce droit à l\u2019égalité] doit être appliqué aussi bien aux femmes qui sont cadres dans des entreprises qu\u2019aux femmes qui sont ouvrières dans une manufacture », illustre Mme Chicha.Sa mission est de continuer à élargir les perspectives, comme elle le fait avec ses étudiants, auxquels elle expose plus que des théories économiques abstraites.Parent.« Sa contribution au rapport Parent est vraiment majeure, soutient le sociologue.Elle a apporté des idées d\u2019avant-garde lors des travaux de la commission, tout en sachant faire des compromis afin que nous puissions avoir un rapport unanime, ce qui était très important pour assurer sa crédibilité.» Lors de cette commission, Jeanne Lapointe proposait par exemple de recommander l\u2019adoption d\u2019une loi stipulant que les enfants des immigrants devaient être inscrits dans une école francophone.À l\u2019époque, les nouveaux arrivants envoyaient en masse leurs enfants à l\u2019école anglaise.Jeanne Lapointe s\u2019inquiétait de cette tendance sur l\u2019avenir francophone du Québec, bien avant le conflit autour des écoles anglaises de Saint-Léonard en 1969 et la crise linguistique qui a marqué le Québec avant l\u2019adoption de la loi 101.Elle évoquera aussi l\u2019idée que l\u2019on cesse de financer les écoles privées à l\u2019aide des fonds publics.« La commission a dilué cette proposition et on en voit les conséquences au- jourd\u2019hui puisque l\u2019enseignement privé a déstabilisé le système d\u2019éducation public au Québec », souligne Guy Rocher.Immédiatement après la fin de la commission Parent, Jeanne Lapointe rejoint une autre commission, fédérale celle-là.La commission Bird s\u2019intéresse au statut des femmes au Canada.« Cet engagement l\u2019a rendue encore plus féministe et la dernière partie de sa vie a beaucoup été marquée par sa contribution au développement du féminisme au Québec, notamment en ce qui concerne l\u2019accès des femmes à l\u2019éducation supérieure », poursuit le sociologue.Des textes de Jeanne Lapointe ont été rassemblés dans une anthologie publiée en octobre dernier.Avec le nouveau prix Acfas portant son nom, cet ouvrage permettra de garder vivante sa pensée, qui conserve une grande pertinence dans plusieurs débats actuels qui agitent le Québec.L\u2019Institut national de la recherche scientifique célèbre 50 ans de recherche scientifique et de formation.INRS.CA 50 ans d\u2019innovation par la recherche ecevoir un prix de l\u2019Acfas, une organisation presque centenaire, est particulièrement significatif pour Martin Aubé.« Lorsqu\u2019on fait de la recherche, on ne pense pas aux prix.Mais ce prix est important : il reconnaît le parcours du combattant du chercheur au collège », affirme-t-il.Le prix souligne en effet l\u2019excellence et le rayonnement des travaux et des actions d\u2019un chercheur au collégial.Professeur au Cégep de Sherbrooke depuis 2001, Martin Aubé a contribué à ouvrir de nouveaux champs de recherche en s\u2019intéressant à la télédétection des aérosols dans l\u2019atmosphère, puis aux liens entre la pollution lumineuse et la pollution atmosphérique.« En étant attaché au réseau collégial, je n\u2019ai pas la pression de publier, raconte-t-il.J\u2019ai pu me consacrer à un sujet qui, à l\u2019époque, n\u2019avait pas d\u2019allure.» Il a également développé des applications technologiques pour étudier ces phénomènes, tout en s\u2019engageant à fond dans son rôle de pédagogue.Petit, Martin Aubé rêvait de devenir astrophysicien.« J\u2019étais passionné d\u2019astronomie et de science, notamment à travers les Expo-sciences », se souvient-il.Peu intéressé par la physique, il se résigne tout de même à s\u2019y appliquer, comme un mal nécessaire pour atteindre son rêve\u2026 pour finalement y prendre goût, et enchaîner avec un baccalauréat en physique et une maîtrise en astrophysique.Après une pause pour enseigner au cégep, il entame un doctorat puis un postdoctorat à l\u2019Université de Sherbrooke en télédétection : « Je pensais alors avoir eu une idée géniale : utiliser la pollution lumineuse pour détecter les polluants atmosphériques » Idée qu\u2019il ne pourra concrétiser qu\u2019une quinzaine d\u2019années plus tard puisque les techniques de mesure n\u2019existaient pas encore ! Ses recherches l\u2019ont amené à tourner ses instruments vers la terre pour étudier les effets de la pollution lumineuse sur la santé humaine.M.Aubé s\u2019intéresse de plus en plus à l\u2019exposition à la lumière bleue et à ses effets (effets sur le cycle circadien, risques accrus de souffrir d\u2019un cancer du sein ou de la prostate).Aujourd\u2019hui devenu spécialiste de la question, il est sollicité par plusieurs chercheurs pour participer à des recherches collaboratives : « J\u2019avais vu ça venir et j\u2019avais déjà développé des outils dans ce sens, indique-t-il.Maintenant, il y a vraiment une explosion de collaborations.» Martin Aubé a également reçu ce prix de l\u2019Acfas pour souligner son engagement envers ses étudiants.Il s\u2019emploie en effet à partager sa passion pour la recherche avec eux.Des élèves particulièrement motivés l\u2019ont d\u2019ailleurs pris au mot il y a quelques années : « Je leur ai lancé en boutade qu\u2019ils avaient toutes les qualités pour faire de la recherche.» Devant l\u2019enthousiasme provoqué, M.Aubé a mis sur pied un projet novateur qui intègre ses étudiants à la recherche.Cette initiation à la méthode scientifique, même si elle exige un encadrement plus serré qu\u2019au niveau universitaire, contribue véritablement à l\u2019avancement de la recherche sur la pollution lumineuse : « Des problèmes se présentent toujours durant la recherche.Un étudiant a déjà eu un flash qui s\u2019est avéré être une solution tout à fait originale et créative à notre problème », illustre-t-il.Professeur associé à l\u2019Université de Sherbrooke et à l\u2019Université Bishop\u2019s, Martin Aubin intègre maintenant les étudiants de maîtrise et de doctorat qu\u2019il dirige à ces projets : « Ça crée une dynamique de men- torat et d\u2019interaction vraiment gagnante, entre les cégépiens et les étudiants de cycle supérieur », se réjouit-il.Le chercheur déploie aussi son rôle de pédagogue au-delà des murs du cégep, multipliant les conférences publiques et les entrevues dans les médias.« Je trouve que les scientifiques ne le font pas assez.Si on peut faire de la recherche, c\u2019est grâce au financement public.Je crois que mi- nimalement, je dois tenir au courant la population », affirme-t-il.Son sujet de prédilection se prête bien à cet impératif.Martin Aubé se fait en effet un devoir d\u2019informer le grand public sur les effets de la lumière sur la santé : « Ce n\u2019est pas vrai que je vais attendre 30 ans, sachant que les fabricants vendent des lumières toxiques aux municipalités, avant de dire quelque chose », s\u2019emporte-t-il.Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus.USherbrooke.ca Le professeur et chercheur Roger Lecomte remporte le Prix ACFAS Jacques-Rousseau, soulignant les réalisations scienti?ques exceptionnelles d\u2019une personne qui a établi des ponts novateurs entre différentes disciplines et secteurs de recherche.Félicitations, Professeur Lecomte.REPOUSSER LES FRONTIÈRES TECHNOLOGIQUES Roger Lecomte a transformé le domaine de l\u2019imagerie biomédicale.Il est reconnu comme un précurseur et un leader mondial dans le développement d\u2019appareils et de méthodes d\u2019imagerie moléculaire.La recherche à l\u2019UdeS stimule l\u2019innovation. Prix Jacques-Rousseau pour la multi- disciplinarité Spécialisé en biophysique et en physique nucléaire, Roger Lecomte est arrivé à faire sauter plusieurs des verrous technologiques qui paralysaient l\u2019évolution de la bio-imagerie médicale.Prix Léo-Pariseau pour les sciences biologiques et les sciences de la santé Médecin et chercheur, Sylvain Chemtob est reconnu comme une sommité mondiale dans le domaine des maladies de la rétine chez les prématurés, la plus importante cause de cécité de l\u2019enfance dans les pays développés.Prix Thérèse Gouin-Décarie pour les sciences sociales R o b e r t J .V a l l e r a n d a p l u s d e 35 ans de psychologie sociale derrière lui.Il s'interroge notamment sur les processus motivationnels qui fondent nos actions et développe des outils propres à en saisir les mécanismes.Prix Urgel\u2013Archambault pour les sciences physiques, mathématiques, informatique et génie Ce qui frappe le plus dans les travaux de Normand Voyer, c\u2019est leur caractère innovant.Son approche de construction de canaux ioniques artificiels, ces protéines de nos cellules qui contrôlent les échanges d\u2019ions, est aujourd\u2019hui reconnue mondialement comme une des plus efficaces.ces envahissantes, comme les algues bleues.« L\u2019idée n\u2019est pas d\u2019étudier un seul lac, mais bien l\u2019ensemble des lacs dans un paysage », explique Mme Beisner.Dans un article scientifique publié au milieu des années 1990, elle présente les résultats d\u2019une étude repiquant les effets des changements climatiques sur les planctons.Elle n\u2019ose alors pas inscrire le terme « changements climatiques », et opte plutôt pour « les effets d\u2019une hausse de température sur une communauté de planctons ».« Dans ces années-là, il était encore controversé de dire que les changements climatiques étaient dus à l\u2019activité humaine, raconte Mme Beis- ner.Maintenant, il n\u2019y a plus de questions.» Les conséquences des changements climatiques, en particulier celles qui concernent les lacs, occupent donc une place considérable dans son expertise.Par sa réflexion, elle souhaite révéler les changements majeurs que subissent l\u2019ensemble des systèmes et de leurs populations : la perturbation des habitats par l\u2019activité humaine mène à la disparition et à l\u2019homogénéisation des espèces.« On constate la dominance de certaines espèces dans un écosystème qui a perdu sa diversité, illustre la scientifique.Lorsqu\u2019on commence à y voir des vides, d\u2019autres espèces viennent toujours les combler.Les prédateurs les plus hauts dans le réseau trophique sont les plus menacés.Ils laissent place aux espèces envahissantes et à celles ayant un taux de croissance plus rapide.» l\u2019ensemble du processus menant à la régénération des écosystèmes, et s\u2019appliquent bien à la restauration de milieux dégradés, endommagés ou détruits.Elle est soutenue par plusieurs organismes, dont le Fonds d\u2019innovation et le National Contaminants Advisory Group de Pêches et Océans Canada.Et cet appui va jusqu\u2019au choix des communautés locales sur lesquelles elle intervient.Dans le cadre d\u2019une collaboration avec l\u2019Action du lac Bromont, elle a ainsi effectué des recherches liées aux sources de floraison de cyano- bactéries (algues bleues).Avec Oura- nos, un pôle d\u2019innovation québécois sur la climatologie régionale, elle étudie les effets de la toxicité dans les réseaux trophiques aquatiques proches de la région de la baie Mis- sisquoi (lac Champlain), afin que l\u2019on puisse mieux prédire les effets des changements climatiques.En 2015, elle prend la tête du GRIL, un regroupement stratégique de dix universités et instituts québécois, dont elle dirige aussi le pôle campé à l\u2019UQAM depuis près d\u2019une décennie.Le groupe de recherche est un chef de file international en écologie aquatique des eaux douces depuis 1989.Une des missions dont s\u2019est dotée la directrice du groupe est la démocratisation de la connaissance.Elle souhaite aussi accroître la collaboration du GRIL avec les organismes qui travaillent de près ou de loin sur les écosystèmes d\u2019eau douce.rofesseure au Département des sciences biologiques de l\u2019Université du Québec à Montréal, puis directrice du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL), Béatrix Beisner se consacre depuis le début des années 1990 à l\u2019étude des eaux douces.C\u2019est pour la vulgarisation de ses connaissances en dehors du milieu universitaire, croit-elle, que la scientifique reçoit cette année le prix Michel-Jurdant.« Mon premier amour a été l\u2019écologie, raconte Béatrix Beisner.J\u2019ai toujours été fascinée par la complexité de la nature, avec un attrait particulier pour les lacs.» Les écosystèmes ont été largement secoués par les changements climatiques au cours des dernières décennies.Pour les chercheuses et chercheurs qui s\u2019y intéressent, le travail ne manque pas.Et la lauréate est de ceux-là.« J\u2019essaie de comprendre les causes qui influencent la biodiversité dans les milieux d\u2019eau douce \u2014 une partie du fleuve, les lacs et les ruisseaux \u2014 selon des facteurs physiques, chimiques, biologiques et géologiques », résume la chercheuse.Ses travaux, surtout orientés sur les populations de planctons, touchent autant à l\u2019écologie des méta- communautés \u2014 espèces vivant dans plusieurs lacs reliés entre eux \u2014 qu\u2019aux interactions relatives aux espè- Elle ajoute que l\u2019on constate que toutes les saisons sont en train de se déplacer.Que l\u2019on sait que cette réalité mène à la fluctuation dans les espèces, mais qu\u2019on ne connaît pas encore l\u2019étendue des problèmes.La scientifique aborde la question de la biodiversité des écosystèmes d\u2019eau douce, à la fois de manière expérimentale, observationnelle et théorique.En reproduisant les écosystèmes aquatiques, l\u2019approche expérimentale permet de les manipuler selon les besoins de l\u2019étude.Par l\u2019échantillonnage de plusieurs lacs, l\u2019approche observationnelle détermine les facteurs les plus importants sur les communautés aquatiques.Puis, l\u2019approche théorique permet de prédire les effets des changements climatiques, par exemple.Ses recherches couvrent ainsi L\u2019Université de Montréal et de grandes avancées scienti?ques.De la datation de l\u2019arrivée des premiers humains en Amérique du Nord à la conception des caméras du futur télescope James-Webb en passant par la progression fulgurante de l\u2019intelligence arti?cielle et les progrès de l\u2019immunothérapie pour combattre le cancer, nos chercheurs continuent de repousser encore et toujours les frontières de la connaissance.Pour rester au fait de leurs dernières percées : nouvelles.umontreal.ca Rémi Tavon, Université de Sherbrooke Fort des expertises en urbanisme et accessibilité universelle de sa codirectrice de maîtrise, Lynda Bellalite, et de celles en intelligence artificielle de son directeur, Yacine Bou- roubi, Rémi Tavon s\u2019intéresse à un domaine nouveau pour ses études supérieures, celui de la géomatique.Depuis un an, Rémi tente de détecter des fissures et autres défauts de structure sur les trottoirs à partir de photos urbaines.Son objectif est double : mieux orienter des usagers en fauteuil roulant dans leurs déplacements urbains et outiller les villes dans la planification de leurs travaux de réfection.Alexandra Schilte, Université du Québec à Montréal Abandonner sa vie sédentaire pour se faire nomade est un phénomène social de plus en plus remarqué.En d\u2019autres mots, « tout plaquer » (ou presque) pour partir à l\u2019aventure, sans billet de retour.Et qui plus est, choisir de raconter cette aventure sur Internet.Ce nouveau nomadisme, purement volontaire et commandé par la recherche du plaisir et de l\u2019épanouissement personnel, passionne Alexandra Schilte.Elle s\u2019intéresse notamment aux nouveaux rapports au travail, à la technologie, aux autres et à la figure de l\u2019étranger, aux notions de temps et d\u2019espace, et aux questions relatives à la construction et à la présentation de soi.C\u2019est d\u2019ailleurs le sujet de son texte lauréat ainsi que le cœur de sa thèse en sociologie.Élise Bouchard, Université du Québec à Montréal Élise Bouchard est ingénieure forestière.Elle s\u2019intéresse grandement à l\u2019écologie et au fonctionnement des écosystèmes.Sa maîtrise consiste à observer comment les caractéristiques des arbres se distribuent selon le climat, les sols et l\u2019élévation.Soucieuse de transmettre le savoir scientifique, elle vulgarise les sciences auprès des jeunes dans des écoles primaires, en plus de publier des articles de vulgarisation pour un public adulte dans un magazine de foresterie.Elle élargit maintenant ses outils avec une première : la conception d\u2019une bande dessinée ! Mylène Legault, Jean-Nicolas Bourdon, Université du Québec à Montréal Jean-Nicolas Bourdon et Mylène Legault sont tous deux candidats au doctorat en philosophie, avec concentration en sciences cognitives.Réalisés en collaboration avec leur directeur, Pierre Poirier, leurs travaux ciblent l\u2019inclusion de la neuro- diversité dans les modèles standards de la cognition humaine.Sensibilisés à la diffusion du savoir et à l\u2019importance de la vulgarisation, ils commencent leur collaboration en avril 2018 par le lancement d\u2019une bande dessinée hebdomadaire intitulée Aspigurl mettant en avant sur un ton humoristique le quotidien des personnes autistes.Fèmy Fagla, École des sciences de la gestion de l\u2019UQAM Chaque matin, un jeune garçon se juche sur son radeau de fortune : un assemblage de bidons de plastique.Armé de sa perche, il parcourt 5 kilomètres pour rejoindre son école située à Ganvié, une cité lacustre de 40 000 habitants.Un bel exemple de débrouillardise propre aux populations de ces villages perchés sur les eaux du lac Nokoué, au Bénin.Le chercheur en urbanisme documente leur mode de vie et leur capacité d\u2019adaptation dans un contexte de changements climatiques.Pierre-Alexandre Goyette, Polytechnique Montréal Un fluide est injecté dans une ouverture située au centre de l\u2019image.Il se retrouve emprisonné dans un mince interstice, baigné aussi de fluide, et réaspiré par une deuxième ouverture située à droite de l\u2019image.À cette échelle du micromètre, les fluides ne connaissent pas de turbulence.Ils s\u2019écoulent de manière laminaire, comme en témoignent les microbilles fluorescentes scintillant dans le noir.Le contrôle précis des fluides sur des surfaces permet l\u2019amélioration de tests biomédicaux nécessitant le marquage de tissus biologiques.Laurent Drissen, en équipe avec Marcel Sévigny et Nicolas St-Louis, Université Laval et Université de Montréal Au cœur de cette gigantesque bulle de gaz se cache une étoile de type Wolf-Rayet.À la veille d\u2019exploser en supernova, elle éjecte, sous forme de vents stellaires, de phénoménales quantités de matière qui se déploient dans le nuage moléculaire environnant.Cette image Doppler montre l\u2019expansion inexorable de cette nébuleuse, dénommée NGC 2359.Ici, seules les longueurs d\u2019onde de la raie d\u2019hydrogène ionisé ont été sélectionnées et les couleurs correspondent aux vitesses des gaz : du bleu, se rapprochant de nous, au rouge en direction opposée.Julien Saguez, CEROM Ces drôles de « soucoupes volantes » sont en fait des dizaines d\u2019œufs posés sur les feuilles à la cime d\u2019un plant de maïs.Bientôt, ils libéreront les larves du ver-gris occidental du haricot, très friandes des épis en devenir.Ces œufs sont pondus par des papillons nocturnes originaires du centre des États-Unis et maintenant bien établis en Ontario.Portés par les vents jusqu\u2019au Québec, ils pourraient, craint-on, s\u2019installer ici à demeure.Pascale Chevarie, en équipe avec Stéphanie Arnold, Jean-François Laplante, Nicolas Toupoint et Francine Aucoin Merinov Voici Homarus americanus à l\u2019état de prélarve, récolté au large des îles de la Madeleine.La mesure du diamètre de l\u2019œil de cet embryon de homard, associée à la température de l\u2019eau, annonce l\u2019éclosion de l\u2019œuf d\u2019ici cinq semaines.Ces données, amassées en collaboration avec des pêcheurs, permettent d\u2019estimer l\u2019abondance des cohortes à venir.Il faudra à ce tout-petit quelque huit ans avant d\u2019atteindre la taille adulte commercialisable."]
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